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Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2025

La lévitation électrique

Ce sujet d'une remarquable élégance traite du piégeage électrodynamique (piège de Paul) d'une nanoparticule de diamant sous vide, un domaine de pointe à l'interface entre l'optomécanique lévitée et les capteurs quantiques ultrasensibles. Il étudie successivement l'établissement du potentiel quadrupolaire et la théorie du potentiel effectif de Kapitza, la sensibilité aux bruits thermiques et aux collisions gazeuses, le piégeage angulaire de dipôles de charge, pour finir sur une analogie mécanique saisissante avec une selle de cheval en rotation rapide. D'une conception très soignée et représentative des épreuves de l'ENS et de Polytechnique, ce problème constitue un entraînement indispensable sur la séparation d'échelles de temps en dynamique oscillatoire et la physique statistique hors équilibre.

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Partie 1 : Le piège électrique

Question 1

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : équation de laplace, symétrie de révolution

On considère un piège électrique en forme d'anneau tel que celui montré à la Fig 1, placé dans le vide. On se donne un repère tel que est au centre du piège et est l'axe de symétrie de révolution de l'anneau. On note , et les vecteurs unitaires de ce repère. On note par ailleurs le rayon de l'anneau, en ignorant son épaisseur, exagérée sur la figure. À une position de coordonnées proche du centre du piège, où , et sont donc tous très petits devant , le potentiel électrique , dans le vide, prend la forme

où est la tension appliquée entre le piège et la masse (supposée à une distance de celui-ci grande devant ), et est un facteur sans dimension qui dépend de la géométrie du piège. On suppose jusqu'à la question 9 incluse que le fil (à gauche du piège) où se connecte le générateur perturbe peu le potentiel au centre du piège et qu'il y a invariance parfaite du potentiel par rotation autour de . Déterminer les coefficients et .

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Exprimer l'invariance par rotation autour de Oz pour relier \alpha et \beta, puis appliquer l'équation de Laplace \Delta V_{\mathrm{el}} = 0 dans le vide.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'invariance par rotation autour de l'axe Oz pour relier les coefficients \alpha et \beta.
  2. Appliquer l'équation de Laplace régissant le potentiel électrostatique dans le vide en l'absence de charges au voisinage du centre O.
Voir le corrigé complet

L'énoncé précise qu'il y a invariance du potentiel par rotation autour de l'axe Oz. Le potentiel ne doit donc dépendre des coordonnées transverses que par la distance à l'axe, r_\perp = \sqrt{x^2 + y^2} :

\alpha x^2 + \beta y^2 = \alpha (x^2 + y^2) \implies \alpha = \beta

Au voisinage du centre du piège, le milieu est le vide et ne comporte aucune densité volumique de charge (\rho = 0). D'après l'équation de Maxwell-Gauss \mathrm{div}\,\vec{E} = 0 et la relation \vec{E} = -\vec{\nabla} V_{\mathrm{el}}, le potentiel vérifie l'équation de Laplace :

\Delta V_{\mathrm{el}}(\vec{r}) = 0

En calculant le laplacien du potentiel sous la forme donnée par l'équation (1) :

\begin{aligned} \Delta V_{\mathrm{el}}(\vec{r}) &= \frac{\partial^2 V_{\mathrm{el}}}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 V_{\mathrm{el}}}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 V_{\mathrm{el}}}{\partial z^2} \\ &= \frac{\eta V}{l_0^2} \left( 2\alpha + 2\beta + 2 \right) = 0 \end{aligned}

On en déduit :

\alpha + \beta + 1 = 0

Comme \alpha = \beta, il vient immédiatement :

\boxed{\alpha = \beta = -\frac{1}{2}}

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Question 2

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : position d'équilibre, stabilité, équation de laplace

On place maintenant une particule supposée ponctuelle, de charge , au centre du piège. Pourquoi ne peut-elle pas y léviter de manière stable ?

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Rappeler le lien entre la force électrique et l'énergie potentielle, puis invoquer le théorème d'Earnshaw : le Laplacien de l'énergie potentielle étant nul, un extremum local ne peut pas être un minimum strict.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle électrostatique E_{\mathrm{p}}(\vec{r}) = q V_{\mathrm{el}}(\vec{r}) de la particule au voisinage du centre O.
  2. Établir la condition de stabilité d'un équilibre pour un système conservatif à plusieurs degrés de liberté (minimum local strict de l'énergie potentielle).
  3. Conclure sur l'impossibilité d'une lévitation stable (théorème d'Earnshaw).
Voir le corrigé complet

L'énergie potentielle électrostatique de la particule de charge q = -e dans le potentiel statique s'écrit, d'après les résultats de la question 1 :

E_{\mathrm{p}}(\vec{r}) = q V_{\mathrm{el}}(\vec{r}) = -\frac{e \eta V}{l_0^2}\left(z^2 - \frac{1}{2}x^2 - \frac{1}{2}y^2\right).

La force électrostatique subie par la particule est :

\vec{F} = -\vec{\nabla}E_{\mathrm{p}} = \frac{e \eta V}{l_0^2}\left(-x\,\vec{u}_x - y\,\vec{u}_y + 2z\,\vec{u}_z\right).

En \vec{r} = \vec{0}, la force s'annule : le centre O du piège est bien une position d'équilibre.

Pour que cet équilibre soit stable, l'énergie potentielle E_{\mathrm{p}} doit présenter un minimum local strict en O, ce qui impose que toutes les dérivées secondes partielles soient strictement positives :

\frac{\partial^2 E_{\mathrm{p}}}{\partial x^2} > 0, \quad \frac{\partial^2 E_{\mathrm{p}}}{\partial y^2} > 0 \quad \text{et} \quad \frac{\partial^2 E_{\mathrm{p}}}{\partial z^2} > 0.

Or, d'après l'expression de E_{\mathrm{p}} :

\frac{\partial^2 E_{\mathrm{p}}}{\partial x^2} = \frac{\partial^2 E_{\mathrm{p}}}{\partial y^2} = \frac{e\eta V}{l_0^2} \quad \text{et} \quad \frac{\partial^2 E_{\mathrm{p}}}{\partial z^2} = -2\frac{e\eta V}{l_0^2}.

Ces dérivées secondes sont de signes opposés :

  • si V > 0, le confinement est assuré dans le plan horizontal (x,y), mais l'équilibre est instable selon la direction verticale z ;
  • si V < 0, l'équilibre est stable selon z, mais instable dans le plan horizontal (x,y).
\boxed{\text{La particule ne peut pas léviter de manière stable : le point $O$ est un point-selle pour l'énergie potentielle.}}

Résultat

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Question 3

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : principe fondamental de la dynamique, équation différentielle

Pour résoudre ce problème, on impose une tension variable au cours du temps, de sorte que la particule est maintenant soumise au potentiel dépendant du temps

où . Écrire l'équation du mouvement pour les trois composantes du vecteur position de la particule dans le repère , soit , sous la forme

en faisant apparaître 3 paramètres que l'on écrira , où est une constante numérique et . On indiquera les valeurs de , et .

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Appliquer le principe fondamental de la dynamique selon chaque axe en dérivant le potentiel par rapport à x, y et z, puis identifier les coefficients sans dimension q_i par identification avec la forme demandée.

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On applique le principe fondamental de la dynamique à la particule de masse m et de charge q = -e, dans le repère Oxyz supposé galiléen. En l'absence d'autres forces mentionnées à ce stade, la particule est uniquement soumise à la force électrique :

\vec{F} = q \vec{E} = -e (-\vec{\nabla} V_{\mathrm{el}}) = e \vec{\nabla} V_{\mathrm{el}}(\vec{r}, t)

D'après le résultat de la question Q1, avec \alpha = \beta = -1/2 et V(t) = V_0 \cos(\Omega t), le potentiel s'écrit :

V_{\mathrm{el}}(\vec{r}, t) = \frac{\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2}\left(z^2 - \frac{1}{2}x^2 - \frac{1}{2}y^2\right)

On en déduit les composantes du gradient de V_{\mathrm{el}} :

\begin{aligned} \frac{\partial V_{\mathrm{el}}}{\partial x} &= -\frac{\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2} x \\ \frac{\partial V_{\mathrm{el}}}{\partial y} &= -\frac{\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2} y \\ \frac{\partial V_{\mathrm{el}}}{\partial z} &= \frac{2\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2} z \end{aligned}

La relation fondamentale de la dynamique m \ddot{\vec{r}} = \vec{F} se projette alors selon les trois axes :

\begin{aligned} m\ddot{x} &= - \frac{e\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2} x \iff \ddot{x} + \omega^2 \cos(\Omega t) x = 0 \\ m\ddot{y} &= - \frac{e\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2} y \iff \ddot{y} + \omega^2 \cos(\Omega t) y = 0 \\ m\ddot{z} &= \frac{2e\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2} z \iff \ddot{z} - 2\omega^2 \cos(\Omega t) z = 0 \end{aligned}

où l'on a posé \omega^2 = \dfrac{e\eta V_0}{m l_0^2}.

On identifie ces équations avec la forme demandée :

\ddot{r}_i + q_i \cos(\Omega t) \frac{\Omega^2}{2} r_i = 0

Il vient :

\begin{aligned} q_x \frac{\Omega^2}{2} &= \omega^2 \implies q_x = 2\left(\frac{\omega}{\Omega}\right)^2 \\ q_y \frac{\Omega^2}{2} &= \omega^2 \implies q_y = 2\left(\frac{\omega}{\Omega}\right)^2 \\ q_z \frac{\Omega^2}{2} &= -2\omega^2 \implies q_z = -4\left(\frac{\omega}{\Omega}\right)^2 \end{aligned}

Comme q_i = n_i\left(\dfrac{\omega}{\Omega}\right)^2, les entiers recherchés sont :

\boxed{n_x = 2, \quad n_y = 2, \quad n_z = -4}

Résultat

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Question 4

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : séparation d'échelles, moyenne temporelle

On suppose que . On admet que la variable peut alors s'exprimer comme une somme de deux variables, , où varie sur une échelle de temps beaucoup plus grande que et est un signal périodique de pulsation tel que et ses dérivées sont de moyenne nulle sur une période d'oscillation du potentiel. Montrer, en justifiant soigneusement chaque étape du raisonnement, que

où représente une moyenne sur une période d'oscillation, définie par

pour une grandeur quelconque dépendant du temps.

Voir l'indice

Injecter la décomposition r_i = R_i + \xi_i dans l'équation de Mathieu et appliquer l'opérateur moyenne temporelle \langle \cdot \rangle en exploitant la quasi-constance de R_i sur une période 2\pi/\Omega.

Voir la stratégie
  1. Injecter la décomposition r_i(t) = R_i(t) + \xi_i(t) dans l'équation du mouvement (2) établie à la question 3.
  2. Appliquer l'opérateur de moyenne temporelle \langle\cdot\rangle sur une période T = 2\pi/\Omega.
  3. Justifier l'annulation de chacun des termes indésirables en exploitant les hypothèses de l'énoncé : la périodicité de \xi_i(t) et la séparation des échelles de temps pour la variable lente R_i(t).
Voir le corrigé complet

D'après l'équation (2), le mouvement selon la coordonnée r_i est régi par :

\ddot{r}_i(t) + q_i \frac{\Omega^2}{2} \cos(\Omega t) \, r_i(t) = 0

En introduisant la décomposition r_i(t) = R_i(t) + \xi_i(t), la dérivée seconde s'écrit par linéarité \ddot{r}_i(t) = \ddot{R}_i(t) + \ddot{\xi}_i(t), d'où :

\ddot{R}_i(t) + \ddot{\xi}_i(t) + q_i \frac{\Omega^2}{2} \cos(\Omega t) R_i(t) + q_i \frac{\Omega^2}{2} \xi_i(t)\cos(\Omega t) = 0

Prenons la moyenne temporelle \langle\cdot\rangle sur une période T = 2\pi/\Omega de cette relation, en utilisant la linéarité de l'intégrale :

\langle \ddot{R}_i \rangle + \langle \ddot{\xi}_i \rangle + q_i \frac{\Omega^2}{2} \langle R_i(t)\cos(\Omega t) \rangle + q_i \frac{\Omega^2}{2} \langle \xi_i(t)\cos(\Omega t) \rangle = 0

Examinons les deux termes centraux :

  • Pour le terme \langle \ddot{\xi}_i \rangle : par hypothèse, les dérivées de \xi_i(t) sont de moyenne nulle sur une période d'oscillation. On a en effet directement :

    \langle \ddot{\xi}_i \rangle = \frac{\Omega}{2\pi} \int_0^{2\pi/\Omega} \ddot{\xi}_i(t)\,\mathrm{d}t = \frac{\Omega}{2\pi} \left[ \dot{\xi}_i\left(\frac{2\pi}{\Omega}\right) - \dot{\xi}_i(0) \right] = 0

    puisque \dot{\xi}_i(t) est périodique de pulsation \Omega (donc de période T = 2\pi/\Omega).

  • Pour le terme \langle R_i(t)\cos(\Omega t) \rangle : la variable lente R_i(t) varie sur une échelle de temps caractéristique \tau \gg \Omega^{-1}. À l'échelle d'une période d'oscillation T = 2\pi/\Omega \ll \tau, R_i(t) peut être considérée comme quasi-constante. Elle se factorise donc hors de la moyenne temporelle :

    \langle R_i(t)\cos(\Omega t) \rangle \approx R_i(t) \langle \cos(\Omega t) \rangle

    Or, la fonction \cos(\Omega t) est de moyenne nulle sur une période :

    \langle \cos(\Omega t) \rangle = \frac{\Omega}{2\pi} \int_0^{2\pi/\Omega} \cos(\Omega t)\,\mathrm{d}t = 0

    Par conséquent, ce terme s'annule : \langle R_i(t)\cos(\Omega t) \rangle = 0.

En réinjectant ces deux résultats, on obtient bien :

\boxed{\langle\ddot{R}_i\rangle + q_i \frac{\Omega^2}{2} \langle\xi_i(t) \cos(\Omega t)\rangle = 0}

Résultat

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Question 5

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : séparation d'échelles, oscillateur forcé

Dans cette question, on néglige toutes les harmoniques de pulsation supérieure ou égale à . a - Quelle est la forme la plus générale de respectant les conditions spécifiées ? b - Exprimer en fonction de , et , puis en déduire l'expression de en fonction des mêmes grandeurs. On justifiera soigneusement le raisonnement. c - Dans le régime , que peut-on dire de par rapport à ?

Voir l'indice

Écrire \xi_i(t) = A \cos(\Omega t) + B \sin(\Omega t) avec une moyenne nulle. En observant que \ddot{\xi}_i \approx -\Omega^2 \xi_i domine \ddot{R}_i, identifier les termes oscillant à la pulsation \Omega pour exprimer \xi_i en fonction de R_i.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \xi_i(t) comme une combinaison linéaire de fonctions sinusoïdales à la seule pulsation \Omega (moyenne nulle et harmoniques supérieures négligées).
  2. Isoler la composante fluctuante rapide de l'équation du mouvement à l'ordre dominant en q_i \ll 1, puis utiliser \ddot{\xi}_i = -\Omega^2 \xi_i pour obtenir \xi_i(t).
  3. Comparer les amplitudes de \xi_i et R_i en exploitant la petitesse de q_i \propto (\omega/\Omega)^2 \ll 1.
Voir le corrigé complet

a - Forme générale de \xi_i(t)
La fonction \xi_i(t) est un signal périodique de pulsation \Omega, de moyenne nulle sur une période T = 2\pi/\Omega, et sans harmonique de pulsation supérieure ou égale à 2\Omega. Sa décomposition en série de Fourier se résume donc à son harmonique fondamentale à pulsation \Omega sans composante continue :

\boxed{\xi_i(t) = A_i \cos(\Omega t) + B_i \sin(\Omega t)}

où A_i et B_i sont des grandeurs quasi-constantes à l'échelle d'une période d'oscillation 2\pi/\Omega.

b - Expression de \ddot{\xi}_i(t) et de \xi_i(t)
En introduisant la décomposition r_i(t) = R_i(t) + \xi_i(t) dans l'équation du mouvement (2), on obtient :

\ddot{R}_i(t) + \ddot{\xi}_i(t) + q_i \frac{\Omega^2}{2} \cos(\Omega t) \bigl(R_i(t) + \xi_i(t)\bigr) = 0.

Soustrayons l'équation moyennée obtenue à la question 4, \langle \ddot{R}_i \rangle + q_i \frac{\Omega^2}{2} \langle \xi_i(t)\cos(\Omega t)\rangle = 0 :

\ddot{\xi}_i(t) + \bigl(\ddot{R}_i - \langle \ddot{R}_i \rangle\bigr) + q_i \frac{\Omega^2}{2} R_i(t) \cos(\Omega t) + q_i \frac{\Omega^2}{2} \bigl(\xi_i(t)\cos(\Omega t) - \langle \xi_i(t)\cos(\Omega t)\rangle\bigr) = 0.

Comme R_i(t) varie sur une échelle de temps très grande devant \Omega^{-1}, on a \ddot{R}_i \approx \langle \ddot{R}_i \rangle. De plus, dans le régime \Omega \gg \omega, on a |q_i| \ll 1 ; le terme en q_i \xi_i \cos(\Omega t) est d'ordre q_i^2, négligeable devant le terme en q_i R_i d'ordre q_i. Il en résulte, pour la composante oscillante rapide à la pulsation \Omega :

\boxed{\ddot{\xi}_i(t) \approx - q_i \frac{\Omega^2}{2} R_i(t) \cos(\Omega t)}

Puisque \xi_i(t) est purement harmonique à la pulsation \Omega et que R_i(t) est stationnaire à l'échelle de la période rapide, deux dérivations temporelles donnent simplement :

\ddot{\xi}_i(t) = -\Omega^2 \xi_i(t).

En identifiant les deux expressions de \ddot{\xi}_i(t), on en déduit immédiatement :

\boxed{\xi_i(t) = \frac{q_i}{2} R_i(t) \cos(\Omega t)}

(ce qui correspond à A_i = \frac{q_i}{2} R_i(t) et B_i = 0).

c - Comparaison de \xi_i et R_i
Dans le régime \Omega \gg \omega, le paramètre sans dimension q_i = n_i (\omega/\Omega)^2 vérifie :

|q_i| \ll 1.

L'amplitude maximale des oscillations rapides vaut :

\max |\xi_i(t)| = \frac{|q_i|}{2} |R_i(t)| \ll |R_i(t)|.
\boxed{|\xi_i(t)| \ll |R_i(t)|}

La variable rapide \xi_i(t) (appelée micromouvement) est donc d'amplitude très faible devant la composante séculaire lente R_i(t) : le mouvement global est une oscillation lente de grande amplitude autour du centre du piège sur laquelle se superpose un petit tremblement haute fréquence à la pulsation \Omega.

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Question 6

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : potentiel effectif, force pondéromotrice

Montrer que la variable lente a une dynamique qui se réduit à celle associée à un potentiel harmonique effectif

qui ne dépend pas du temps et dont on donnera la fréquence propre . Comparer à .

Voir l'indice

Remplacer l'expression de \xi_i(t) trouvée dans l'équation moyennée établie en Q4 pour obtenir \ddot{R}_i + \omega_i^2 R_i = 0, et identifier la pulsation propre \omega_i.

Voir la stratégie
  1. Injecter l'expression du micromouvement \xi_i(t) obtenue à la question 5b dans l'équation séculaire (3) établie à la question 4.
  2. Effectuer la moyenne temporelle en exploitant le fait que la variable lente R_i(t) est quasi-constante sur une période 2\pi/\Omega.
  3. Identifier l'équation du mouvement à celle d'un oscillateur harmonique sous potentiel effectif U_{\mathrm{eff}}(R_i), en déduire \omega_i et la comparer à \Omega.
Voir le corrigé complet

D'après la question 5b, le micromouvement s'écrit :

\xi_i(t) = \frac{q_i}{2} R_i(t) \cos(\Omega t)

Insérons cette expression dans le terme de couplage de l'équation séculaire (3) issue de la question 4 :

\langle \xi_i(t)\cos(\Omega t) \rangle = \left\langle \frac{q_i}{2} R_i(t)\cos^2(\Omega t) \right\rangle

Puisque R_i(t) varie sur une échelle de temps très grande devant la période d'oscillation 2\pi/\Omega, elle peut être considérée comme constante lors de l'intégration sur une période :

\begin{aligned} \langle \xi_i(t)\cos(\Omega t) \rangle &\approx \frac{q_i}{2} R_i(t) \langle \cos^2(\Omega t) \rangle \\ &= \frac{q_i}{2} R_i(t) \times \frac{1}{2} = \frac{q_i}{4} R_i(t) \end{aligned}

car \langle \cos^2(\Omega t) \rangle = \frac{\Omega}{2\pi}\int_0^{2\pi/\Omega} \frac{1+\cos(2\Omega t)}{2}\,\mathrm{d}t = \frac{1}{2}.

De plus, la dérivée seconde de la variable lente vérifie \langle \ddot{R}_i \rangle \approx \ddot{R}_i(t). L'équation séculaire devient alors :

\ddot{R}_i + q_i\frac{\Omega^2}{2}\left(\frac{q_i}{4} R_i\right) = 0 \iff \ddot{R}_i + \frac{q_i^2 \Omega^2}{8} R_i = 0

En multipliant par la masse m, on obtient l'équation du mouvement :

m\ddot{R}_i = -\frac{\mathrm{d}U_{\mathrm{eff}}}{\mathrm{d}R_i} \quad \text{avec} \quad U_{\mathrm{eff}}(R_i) = \frac{1}{2}m\omega_i^2 R_i^2

La pulsation propre associée à ce potentiel harmonique effectif est donc :

\boxed{\omega_i = \frac{|q_i|\,\Omega}{2\sqrt{2}}}

En utilisant la relation q_i = n_i\left(\frac{\omega}{\Omega}\right)^2 définie à la question 3, on peut également exprimer \omega_i sous la forme :

\omega_i = \frac{|n_i|}{2\sqrt{2}}\frac{\omega^2}{\Omega}

Comme on se place dans le régime \Omega \gg \omega, on a |q_i| \ll 1, d'où :

\boxed{\omega_i \ll \Omega}

Le mouvement séculaire s'effectue donc à une pulsation propre bien inférieure à la pulsation d'excitation du piège.

Résultat

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Question 7

Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantFaisable en Sup

Notions : force pondéromotrice, piège de paul

Puisque le potentiel électrique donné à la question 3 est de moyenne temporelle nulle, on aurait pu s'attendre à ce qu'il n'y ait pas de force de rappel. Expliquer, avec des dessins montrant la dépendance temporelle et spatiale de la composante de la force électrique selon la direction , dans le régime , pourquoi la particule subit bien, en moyenne sur une période , une force de rappel. On distinguera deux cas avec deux positions initiales et . Pour fixer les idées, on prendra , sachant que le même raisonnement s'appliquerait pour .

Voir l'indice

Observer que la particule s'éloigne davantage du centre pendant l'alternance où la force est répulsive et passe plus de temps près du centre lors de la phase attractive, ce qui produit une force moyenne nette vers l'origine.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la composante F_z(z,t) de la force électrique à partir du potentiel V_{\mathrm{el}} pour V_0 < 0, et rappeler la forme de la position instantanée z(t) = z_0 + \xi_z(t).
  2. Analyser l'effet du déphasage entre la force et le déplacement rapide \xi_z(t) (comportement inertiel en régime haute fréquence \Omega \gg \omega).
  3. Comparer l'intensité de la force lors de la demi-période de rappel (où la particule est plus éloignée de l'origine) et lors de la demi-période répulsive (où elle en est plus proche), pour z_0 > 0 puis z_0 < 0.
Voir le corrigé complet

Le potentiel électrique s'écrit au voisinage du centre :

V_{\mathrm{el}}(\vec{r},t) = \frac{\eta V_0 \cos(\Omega t)}{l_0^2}\left(z^2 - \frac{1}{2}x^2 - \frac{1}{2}y^2\right)

La particule portant la charge q = -e, la composante selon z de la force électrique subie est :

F_z(z,t) = -e E_z = e \frac{\partial V_{\mathrm{el}}}{\partial z} = \frac{2e\eta V_0}{l_0^2} z \cos(\Omega t)

Pour V_0 < 0, posons k_0 = \dfrac{2e\eta |V_0|}{l_0^2} > 0. La force électrique s'écrit alors :

F_z(z,t) = - k_0 z \cos(\Omega t)

D'après les questions précédentes, dans le régime q_z \ll 1 (\Omega \gg \omega), le mouvement se décompose en une composante séculaire lente z_0 \approx R_z et une oscillation rapide de faible amplitude \xi_z(t) :

z(t) \approx z_0 + \xi_z(t) \quad \text{avec} \quad \xi_z(t) = \frac{q_z}{2} z_0 \cos(\Omega t)

Comme q_z = -4(\omega/\Omega)^2 avec \omega^2 \propto V_0 < 0, on a q_z > 0, de sorte que \xi_z(t) oscille en phase avec \cos(\Omega t).

1. Cas d'une position initiale z_0 > 0 :

  • Pour t \in \left[-\frac{\pi}{2\Omega}, \frac{\pi}{2\Omega}\right] modulo \frac{2\pi}{\Omega}, on a \cos(\Omega t) > 0 : la force F_z < 0 est attractive (orientée vers l'origine O). De plus, \xi_z(t) > 0, donc la particule est plus éloignée de l'origine : z(t) > z_0. Comme la force est proportionnelle à la distance z, l'intensité de cette force de rappel vers O est forte.
  • Pour t \in \left[\frac{\pi}{2\Omega}, \frac{3\pi}{2\Omega}\right] modulo \frac{2\pi}{\Omega}, on a \cos(\Omega t) < 0 : la force F_z > 0 devient répulsive (orientée vers les z croissants, s'éloignant de O). Mais comme \xi_z(t) < 0, la particule est alors plus proche de l'origine : z(t) < z_0. L'intensité de cette force répulsive est donc faible.

En moyenne sur une période T = 2\pi/\Omega, l'effet attractif l'emporte sur l'effet répulsif : \langle F_z \rangle < 0, la force moyenne ramène la particule vers O.

2. Cas d'une position initiale z_0 < 0 :

  • Lorsque \cos(\Omega t) > 0, la force F_z = -k_0 z \cos(\Omega t) > 0 est dirigée vers les z croissants, donc vers l'origine O. Comme \xi_z(t) \propto z_0 \cos(\Omega t) < 0, la particule s'éloigne encore plus de l'origine (|z(t)| > |z_0|), ce qui rend cette force de rappel vers O particulièrement forte.
  • Lorsque \cos(\Omega t) < 0, la force F_z < 0 repousse la particule loin de O (vers les z négatifs). Mais \xi_z(t) > 0, de sorte que |z(t)| < |z_0| : la particule est plus proche du centre et subit une répulsion plus faible.

En moyenne sur une période, on obtient \langle F_z \rangle > 0, orientée vers O.

Dans les deux situations, la non-uniformité spatiale du champ électrique couplée à la réponse en phase du micromouvement engendre une force de rappel séculaire dirigée vers le centre du piège :

\boxed{\langle F_z \rangle = -m \omega_z^2 z_0}

Résultat

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Question 8

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : confinement, potentiel effectif

Pourquoi faut-il que ne soit pas trop petit pour satisfaire aux critères d'une lévitation stable définie dans l'énoncé ?

Voir l'indice

Penser à la raideur effective du piège : si q_i est trop faible, la fréquence propre séculaire tend vers zéro, rendant le piège trop mou face aux perturbations extérieures (gravité, chocs thermiques).

Voir la stratégie
  1. Relier le paramètre q_i à la raideur effective du piège via la pulsation séculaire \omega_i obtenue à la question Q6.
  2. Confronter cette raideur à la définition de la lévitation stable donnée dans l'introduction du sujet (résistance aux perturbations intrinsèques et environnementales).
Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, le mouvement séculaire de la particule est régi par le potentiel harmonique effectif :

U_{\mathrm{eff}}(R_i) = \frac{1}{2} m \omega_i^2 R_i^2 = \frac{1}{2} k_{i,\mathrm{eff}} R_i^2

associé à une raideur effective :

k_{i,\mathrm{eff}} = m \omega_i^2 = \frac{m q_i^2 \Omega^2}{8}.

Si |q_i| est trop faible, la raideur k_{i,\mathrm{eff}} devient très petite : le puits de potentiel est extrêmement peu profond et lâche.

Or, comme le rappelle l'introduction du sujet, la stabilité de la lévitation exige que le piège soit suffisamment rigide pour confiner la particule au centre malgré les perturbations :

  • les perturbations environnementales, telles que les chocs avec les molécules du gaz résiduel (qui imposent, par le théorème d'équipartition de l'énergie, des fluctuations thermiques de position \langle R_i^2 \rangle \sim k_B T / k_{i,\mathrm{eff}}, conduisant à une déconfinement si cette amplitude dépasse l_0) ;
  • le poids de la particule, qui induirait un affaissement statique \Delta z \approx g/\omega_z^2 rédhibitoire ;
  • les perturbations intrinsèques du piège (asymétries résiduelles, anharmonicités).

Il est donc indispensable que |q_i| ne soit pas trop petit afin de garantir une raideur de confinement suffisante pour maintenir la particule piégée.

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Question 9

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : piège de paul, ordre de grandeur

On suppose que permet d'obtenir un bon confinement dans la direction , dans un piège où , , et . La particule a toujours un électron à sa surface. Pour quelle gamme de tension électrique obtient-on un bon confinement dans cette direction ?

Voir l'indice

Utiliser la relation liant q_z, \omega et \Omega pour isoler la tension crête V_0 en fonction des données numériques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le paramètre de piégeage |q_z| en fonction de la tension V_0 à partir des définitions établies à la question Q3.
  2. Inverser la relation pour exprimer V_0 en fonction de |q_z| et des grandeurs physiques du piège.
  3. Réaliser l'application numérique pour les deux bornes de l'intervalle [0,1 \,;\, 0,3].
Voir le corrigé complet

D'après la question Q3, le paramètre sans dimension q_z s'écrit :

q_z = n_z \left(\frac{\omega}{\Omega}\right)^2 \quad \text{avec} \quad n_z = -4 \quad \text{et} \quad \omega^2 = \frac{e\eta V_0}{m l_0^2}

On en déduit l'expression de |q_z| en fonction de la tension V_0 :

|q_z| = \frac{4 e \eta V_0}{m l_0^2 \Omega^2}

En inversant cette relation, la tension V_0 s'exprime sous la forme :

V_0 = \frac{m l_0^2 \Omega^2}{4 e \eta} |q_z|

Procédons à l'application numérique avec les valeurs données par l'énoncé :

  • m = 2 \times 10^{-18}\text{ kg}
  • l_0 = 100\text{ }\mu\text{m} = 10^{-4}\text{ m} \implies l_0^2 = 10^{-8}\text{ m}^2
  • \Omega = 2\pi \times 10^3\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \implies \Omega^2 = 4\pi^2 \times 10^6\text{ rad}^2\cdot\text{s}^{-2} \approx 40 \times 10^6\text{ s}^{-2} = 4 \times 10^7\text{ s}^{-2} (en prenant \pi^2 \approx 10)
  • e = 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ C}
  • \eta = 0{,}1

Le préfacteur numérique vaut :

\frac{m l_0^2 \Omega^2}{4 e \eta} \approx \frac{(2 \times 10^{-18}) \times 10^{-8} \times (4 \times 10^7)}{4 \times (1{,}6 \times 10^{-19}) \times 0{,}1} = \frac{8 \times 10^{-19}}{6{,}4 \times 10^{-20}} = 12{,}5\text{ V} \approx 12\text{ V}

Pour la plage |q_z| \in [0{,}1 \,;\, 0{,}3], on obtient ainsi :

  • Pour |q_z| = 0{,}1 : V_{0,\min} \approx 0{,}1 \times 12{,}5\text{ V} \approx 1{,}2\text{ V} \approx 1\text{ V}
  • Pour |q_z| = 0{,}3 : V_{0,\max} \approx 0{,}3 \times 12{,}5\text{ V} \approx 3{,}7\text{ V} \approx 4\text{ V}

La gamme de tension assurant un bon confinement est donc :

\boxed{V_0 \in [1{,}2\text{ V} \,;\, 3{,}7\text{ V}] \quad (\text{soit de l'ordre de } [1\text{ V} \,;\, 4\text{ V}])}

Résultat

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Question 10

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : symétrie, invariance

On souhaite prendre en compte le fil qui permet de connecter le piège au générateur de tension (voir Fig. 1) dans le modèle. L'influence de ce fil peut être modélisée par l'ajout au potentiel d'un terme supplémentaire, anharmonique, de la forme

où est une longueur dont on ne précise pas la signification ici. En quoi ce potentiel respecte-t-il la symétrie du piège incluant le fil ?

Voir l'indice

Examiner les symétries spatiales du piège réel : plan de symétrie Oxy ou Oxz, parité par rapport à y et z, et asymétrie selon l'axe Ox le long duquel s'étend le fil de connexion.

Voir le corrigé complet

Analysons les symétries géométriques du dispositif constitué de l'anneau et du fil d'alimentation :

  • Plan de symétrie (Oxz) (y = 0) : l'anneau circulaire (situé dans le plan z = 0, centré en O) et le fil connecté le long de l'axe (Ox) (pour x < 0) sont invariants par la réflexion y \to -y. Le potentiel électrostatique doit donc être une fonction paire de y :

    V_a(x, -y, z, t) = V_a(x, y, z, t).

    Cette condition est bien satisfaite puisque la variable y n'apparaît dans V_a que sous la forme y^2.

  • Plan de symétrie (Oxy) (z = 0) : l'anneau et le fil sont contenus dans le plan horizontal z = 0. La distribution de charges est donc invariante par la réflexion z \to -z, ce qui impose la parité du potentiel par rapport à z :

    V_a(x, y, -z, t) = V_a(x, y, z, t).

    Cette condition est également vérifiée car z n'intervient que par son carré z^2.

  • Brisure de la symétrie selon Ox et perte de révolution : la présence du fil du seul côté x < 0 brise l'invariance par rotation autour de l'axe Oz ainsi que la symétrie par réflexion par rapport au plan (Oyz) (x \to -x). Le terme correctif d'ordre le plus bas doit donc être impair en x afin de distinguer x > 0 de x < 0. Dans l'expression de V_a, tous les termes sont de degré impair en x (x^3, x y^2 et x z^2), de sorte que :

    V_a(-x, y, z, t) = -V_a(x, y, z, t) \neq V_a(x, y, z, t).

Le potentiel V_a(\vec{r}, t) respecte donc parfaitement les symétries de la distribution de charges :

\boxed{V_a(x, -y, z, t) = V_a(x, y, z, t) \quad \text{et} \quad V_a(x, y, -z, t) = V_a(x, y, z, t)}

tout en traduisant l'asymétrie induite par le fil selon l'axe Ox.

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Question 11

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : équation de laplace

La présence du fil, et donc du terme anharmonique, modifie également l'expression de la partie harmonique du potentiel de l'Eq.(1), c'est-à-dire que les valeurs des coefficients ne sont plus nécessairement celles trouvées alors. On écrit donc cette partie harmonique sous la forme plus générale :

Quelles sont les deux équations que doivent vérifier les coefficients et ?

Voir l'indice

Écrire que le potentiel électrostatique total doit toujours vérifier l'équation de Laplace \Delta(V_{\mathrm{el}} + V_a) = 0 au voisinage du centre, à tout instant et indépendamment pour chaque ordre en coordonnées.

Voir la stratégie

Dans le vide et en l'absence de charges au centre du piège (\rho = 0), l'équation de Maxwell-Gauss en régime quasi-stationnaire impose que le potentiel électrique total vérifie l'équation de Laplace :

\Delta V_{\mathrm{tot}}(\vec{r}, t) = 0

Cette égalité devant être vérifiée en tout point (x, y, z) au voisinage du centre O, elle doit être satisfaite indépendamment à chaque ordre du développement spatial, c'est-à-dire séparément pour le terme harmonique d'ordre 2 (V_{\mathrm{el}}) et pour le terme anharmonique d'ordre 3 (V_a).

Voir le corrigé complet

1. Condition sur les coefficients de la partie harmonique (a_x, a_y, a_z) :

Calculons le laplacien de V_{\mathrm{el}}(\vec{r}, t) = \dfrac{\eta V(t)}{l_0^2} (a_x x^2 + a_y y^2 + a_z z^2) :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 V_{\mathrm{el}}}{\partial x^2} &= \frac{2\eta V(t)}{l_0^2} a_x \\ \frac{\partial^2 V_{\mathrm{el}}}{\partial y^2} &= \frac{2\eta V(t)}{l_0^2} a_y \\ \frac{\partial^2 V_{\mathrm{el}}}{\partial z^2} &= \frac{2\eta V(t)}{l_0^2} a_z \end{aligned}

En sommant ces dérivées secondes, la condition \Delta V_{\mathrm{el}} = 0 conduit immédiatement à :

\frac{2\eta V(t)}{l_0^2} (a_x + a_y + a_z) = 0

soit :

\boxed{a_x + a_y + a_z = 0}

2. Condition sur les coefficients de la partie anharmonique (b_x, b_y, b_z) :

Le potentiel anharmonique s'écrit :

V_a(\vec{r}, t) = \frac{\eta V(t)}{l_1^3} \left( \frac{b_x}{3} x^3 + b_y x y^2 + b_z x z^2 \right)

Calculons ses dérivées spatiales secondes :

\begin{aligned} \frac{\partial V_a}{\partial x} &= \frac{\eta V(t)}{l_1^3} (b_x x^2 + b_y y^2 + b_z z^2) \quad \Longrightarrow \quad \frac{\partial^2 V_a}{\partial x^2} = \frac{\eta V(t)}{l_1^3} (2 b_x x) \\ \frac{\partial V_a}{\partial y} &= \frac{\eta V(t)}{l_1^3} (2 b_y x y) \quad \Longrightarrow \quad \frac{\partial^2 V_a}{\partial y^2} = \frac{\eta V(t)}{l_1^3} (2 b_y x) \\ \frac{\partial V_a}{\partial z} &= \frac{\eta V(t)}{l_1^3} (2 b_z x z) \quad \Longrightarrow \quad \frac{\partial^2 V_a}{\partial z^2} = \frac{\eta V(t)}{l_1^3} (2 b_z x) \end{aligned}

Le laplacien de V_a vaut donc :

\Delta V_a = \frac{2\eta V(t)}{l_1^3} (b_x + b_y + b_z) x

Pour que \Delta V_a = 0 soit vérifiée pour tout x, il est nécessaire et suffisant que :

\boxed{b_x + b_y + b_z = 0}

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.