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Corrigé détaillé CCINP Physique PC 2024 (page 3/3 : Partie III)

Des plasmas pour la fusion thermonucléaire

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Partie III : Échauffement du plasma

III.1 · Température à atteindre pour initier la fusion

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle électrostatique, ordre de grandeur

La taille typique des noyaux d'hydrogène est de . En raisonnant dans le cadre de la mécanique classique, estimer l'ordre de grandeur de la température nécessaire pour que les réactions de fusion démarrent.

Voir l'indice

Égaler l'énergie cinétique thermique moyenne associée à l'agitation à la répulsion électrostatique coulombienne subie à une distance d'approche égale à la taille du noyau d.

Voir la stratégie
  1. Modéliser les noyaux comme deux charges ponctuelles identiques +e se rapprochant sous l'effet de l'agitation thermique.
  2. Évaluer l'énergie potentielle électrostatique de répulsion coulombienne maximale à la distance de contact d \approx 10^{-15}\text{ m}.
  3. Égaler l'énergie cinétique thermique moyenne à cette énergie potentielle pour estimer l'ordre de grandeur de la température d'amorçage classique.
Voir la réponse courte

Égalisation k_B T \sim e^2/(4\pi\varepsilon_0 d) menant à une estimation classique de l'ordre de 10^9 à 10^{10}\text{ K}.

Voir le corrigé complet

Considérons deux noyaux d'isotopes de l'hydrogène (deutérium et tritium), chacun de charge électrique q = +e.

Hypothèses de modélisation :

  • À des distances supérieures à la taille du noyau d = 10^{-15}\text{ m}, l'interaction nucléaire forte est négligeable et les noyaux ne sont soumis qu'à la répulsion électrostatique coulombienne.
  • Pour initier la réaction de fusion en mécanique classique, les noyaux doivent entrer en contact, ce qui impose d'atteindre une distance minimale de l'ordre de leur taille, soit r \le d.
  • L'énergie cinétique relative minimale requise doit vaincre la barrière coulombienne :

    E_{p,\max} = \frac{e^2}{4\pi \varepsilon_0 d}
  • D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie, l'énergie cinétique moyenne d'un noyau à la température T dans le plasma est reliée à la température par :

    \langle E_c \rangle = \frac{3}{2} k_B T

Pour que les chocs soient suffisamment énergétiques pour franchir la barrière coulombienne, l'ordre de grandeur de l'énergie cinétique thermique doit être au moins égal à l'énergie de la barrière de potentiel :

\begin{aligned} \frac{3}{2} k_B T &\sim \frac{e^2}{4\pi \varepsilon_0 d} \\ T &\sim \frac{e^2}{6\pi \varepsilon_0 k_B d} \end{aligned}

Application numérique : Avec les données du sujet :

  • e = 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ C}
  • \varepsilon_0 = 8{,}85 \cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}
  • k_B = 1{,}4 \cdot 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
  • d = 10^{-15}\text{ m}
\begin{aligned} T &\sim \frac{(1{,}6 \cdot 10^{-19})^2}{6\pi \times 8{,}85 \cdot 10^{-12} \times 1{,}4 \cdot 10^{-23} \times 10^{-15}} \\ T &\sim \frac{2{,}56 \cdot 10^{-38}}{2{,}335 \cdot 10^{-48}} \approx 1{,}1 \cdot 10^{10}\text{ K} \end{aligned}

On retient donc un ordre de grandeur de :

\boxed{T \sim 10^{10}\text{ K}}

(ou quelques dizaines de milliards de kelvins, qu'on utilise k_B T ou \frac{3}{2}k_B T).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dans cette question ouverte, expliciter la démarche et les hypothèses était indispensable pour obtenir tous les points.

« Question ouverte souvent bien résolue […] lorsqu’elle a été abordée ! À se demander s’il est pertinent d’indiquer qu’une question demande de l’initiative, tant cela semble faire fuir par principe les candidats »

« beaucoup de rédactions qui ont fait l’impasse sur la démarche et les hypothèses conduisant au résultat : c’est ainsi que des candidats ayant trouvé un résultat juste n’ont pas obtenu l’intégralité des points prévus par le barème. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : effet tunnel

La température à atteindre est en fait de l'ordre de 150 millions de degrés. Quel phénomène quantique est à l'origine de l'écart avec la température obtenue à la question précédente ?

Voir l'indice

Nommer le mécanisme quantique ondulatoire permettant le franchissement sous-barrière sans disposer de l'énergie mécanique requise classiquement (effet tunnel de Gamow).

Voir la réponse courte

L'effet tunnel quantique permet le franchissement de la barrière coulombienne à une énergie cinétique bien plus modeste.

Voir le corrigé complet

Le phénomène quantique responsable de cet écart est l'effet tunnel.

En mécanique classique, deux noyaux ne peuvent franchir la barrière de répulsion coulombienne que si l'énergie mécanique disponible dans le référentiel du centre de masse est supérieure au sommet de la barrière de potentiel (E \ge E_{p,\max}), ce qui imposait d'après la question précédente une température de l'ordre de 10^{10}\text{ K}.

En mécanique quantique, en vertu de la nature ondulatoire de la matière (longueur d'onde de de Broglie associée aux noyaux), la fonction d'onde décrivant l'état relatif des deux noyaux ne s'annule pas brutalement dans la région classiquement interdite sous la barrière de potentiel, mais y décroît de manière exponentielle. Il existe ainsi une probabilité de transmission non nulle par effet tunnel à travers la barrière coulombienne pour des énergies E < E_{p,\max}.

Les réactions de fusion peuvent par conséquent se produire à une énergie cinétique moyenne nettement inférieure à la hauteur de la barrière coulombienne, abaissant la température requise à environ 1{,}5 \cdot 10^8\text{ K} (soit environ 10\text{ à }15\text{ keV}).

Voir ce qu'a relevé le jury

Le phénomène quantique attendu à l'origine de cet écart était l'effet tunnel.

« L’effet tunnel a été peu cité. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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III.2 · Chauffage ohmique par induction

Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : inductance mutuelle, flux magnétique

Exprimer l'inductance mutuelle entre le solénoïde central et la boucle de courant, en fonction de et de . Calculer pour le tokamak ITER, sachant que et que le champ magnétique au centre du solénoïde est de pour un courant maximal de .

Voir l'indice

Calculer le flux magnétique propre généré par le solénoïde à travers une spire externe de rayon a_2 > a_1 en exploitant le confinement du champ dans la section \pi a_1^2, puis identifier M = \Phi / i_1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux du champ magnétique \vec{B}_1 créé par le solénoïde central à travers une surface s'appuyant sur la boucle de courant (le plasma).
  2. Identifier l'inductance mutuelle M via la relation constitutive \Phi_{1\to 2} = M i_1.
  3. Déterminer la constante \beta à l'aide des valeurs de champ et de courant données pour effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Calcul du flux mutuel \Phi_{1\to 2} = \beta \pi a_1^2 B_1 = M i_1 puis calcul numérique de M.

Voir le corrigé complet

Soit \mathcal{S}_2 une surface plane circulaire de rayon a_2 délimitée par la boucle de courant représentant le plasma. D'après la règle de la main droite appliquée au sens de circulation de i_2 (figure 7), la normale unitaire à \mathcal{S}_2 est orientée par \vec{e}_z.

Le flux du champ magnétique \vec{B}_1 à travers cette boucle s'écrit :

\begin{aligned} \Phi_{1\to 2} &= \iint_{\mathcal{S}_2} \vec{B}_1(r,t) \cdot \vec{e}_z \, \mathrm{d}S. \end{aligned}

Comme \vec{B}_1 = \beta i_1(t) \vec{e}_z pour r < a_1 et \vec{B}_1 = \vec{0} pour r > a_1, le champ magnétique est nul sur la zone annulaire a_1 < r < a_2. L'intégrale se réduit donc au disque de rayon a_1 sur lequel le champ est uniforme :

\begin{aligned} \Phi_{1\to 2} &= \iint_{r < a_1} \beta i_1(t) \, \mathrm{d}S = \beta \pi a_1^2 \, i_1(t). \end{aligned}

Par définition de l'inductance mutuelle, \Phi_{1\to 2} = M i_1(t), d'où :

\boxed{M = \beta \pi a_1^2}

Au centre du solénoïde, la relation entre le champ magnétique et le courant s'écrit B_1 = \beta i_1. On en déduit :

\begin{aligned} \beta &= \frac{B_{1,\max}}{I_{1,\max}}. \end{aligned}

D'où l'expression numérique de M :

\boxed{M = \frac{B_{1,\max} \pi a_1^2}{I_{1,\max}}}

Application numérique :

\begin{aligned} M &= \frac{13 \times \pi \times 2^2}{46 \cdot 10^3} \approx 3{,}55 \cdot 10^{-3}\text{ H} \approx 3{,}6\text{ mH}. \end{aligned}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait préciser la nullité du champ hors du solénoïde pour le flux et ne pas oublier que l'inductance s'exprime en henrys.

« le flux calculé ici est le flux extérieur sur la spire de rayon aa2 produit par le solénoïde, et il convient de préciser qu’il est non nul uniquement sur le disque de rayon aa1 car le champ magnétique est nul à l’extérieur du solénoïde. »

« En outre, de nombreux candidats ignorent qu’une inductance mutuelle s’exprime en Henry. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, circuit rl, induction mutuelle

Montrer que vérifie l'équation différentielle :

avec et qui seront exprimés en fonction de , , et de .

Voir l'indice

Écrire la loi de maille régissant le circuit secondaire équivalent au plasma en prenant en compte la force électromotrice mutuelle induite -M \frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t} et l'auto-induction.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux magnétique total à travers la boucle de plasma en incluant le flux propre et le flux mutuel.
  2. Appliquer la loi de Faraday et la loi des mailles pour établir l'équation différentielle régissant i_2(t).
  3. Injecter l'expression imposée de i_1(t) pour identifier les constantes de temps \tau_1 et \tau_2.
Voir la réponse courte

Loi des mailles induite R_2 i_2 + L_2 \mathrm{d}i_2/\mathrm{d}t + M \mathrm{d}i_1/\mathrm{d}t = 0 pour identifier les constantes de temps.

Voir le corrigé complet

Le flux magnétique total \Phi_2 traversant la boucle de courant représentant le plasma (circuit 2), orientée en cohérence avec le sens de parcours choisi pour i_2, s'écrit comme la somme du flux propre et du flux créé par le solénoïde central (circuit 1) :

\Phi_2(t) = L_2 i_2(t) + M i_1(t)

D'après la loi de Faraday, la force électromotrice induite dans la boucle 2 vaut :

e_2(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi_2}{\mathrm{d}t} = -L_2 \frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} - M \frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t}

La loi des mailles appliquée au circuit secondaire fermé sur sa résistance R_2 donne :

\begin{aligned} e_2(t) &= R_2 i_2(t) \\ L_2 \frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + R_2 i_2(t) &= -M \frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t} \end{aligned}

Pour t \in [0, t_1], l'expression du courant inducteur est i_1(t) = I_0 \left(1 - \frac{t}{t_1}\right), dont la dérivée temporelle est :

\frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t} = -\frac{I_0}{t_1}

L'équation différentielle devient ainsi :

L_2 \frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + R_2 i_2 = \frac{M I_0}{t_1}

En divisant par l'inductance propre L_2, on obtient :

\frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + \frac{R_2}{L_2} i_2 = \frac{M}{L_2 t_1} I_0

Cette équation est bien de la forme :

\boxed{\frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + \frac{i_2}{\tau_2} = \frac{I_0}{\tau_1}}

avec les constantes de temps :

\boxed{\tau_1 = \frac{L_2}{M} t_1 \quad \text{et} \quad \tau_2 = \frac{L_2}{R_2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le terme lié à l'induction mutuelle ne devait pas être oublié dans l'expression de la tension.

« Peu de démonstrations satisfaisantes. Le terme de mutuelle induction est le plus souvent oublié dans uu2. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : circuit rl, régime transitoire

En déduire . En supposant , simplifier cette expression par un développement limité au premier ordre en .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire avec second membre constant issue de la rampe de courant, puis développer l'exponentielle au premier ordre pour t/\tau_2 \ll 1.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants obtenue à la question Q33 en déterminant la solution générale sans second membre et une solution particulière constante.
  2. Déterminer la constante d'intégration grâce à la condition initiale sur le courant i_2, continu à travers l'inductance L_2.
  3. Effectuer un développement limité au premier ordre en t/\tau_2 du terme exponentiel pour obtenir la forme simplifiée demandée.
Voir la réponse courte

Intégration avec condition initiale nulle, puis développement limité de l'exponentielle au premier ordre pour t \ll \tau_2.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle établie à la question Q33 s'écrit, pour t \in [0, t_1] :

\frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + \frac{i_2}{\tau_2} = \frac{I_0}{\tau_1}

La solution générale de cette équation différentielle linéaire à coefficients constants et second membre constant est la somme de la solution de l'équation homogène et d'une solution particulière constante :

i_2(t) = K \exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right) + \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0

où K est une constante d'intégration.

Le circuit secondaire possédant une inductance propre L_2, le courant i_2(t) est continu à t=0. Comme i_2(t < 0) = 0, on a la condition initiale :

i_2(0^+) = 0 \implies K + \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0 = 0 \iff K = -\frac{\tau_2}{\tau_1} I_0

D'où l'expression de i_2(t) pour t \in [0, t_1] :

\boxed{i_2(t) = \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0 \left(1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right)\right)}

En remplaçant \tau_1 = \frac{L_2}{M} t_1 et \tau_2 = \frac{L_2}{R_2}, cette expression s'écrit également :

i_2(t) = \frac{M I_0}{R_2 t_1} \left(1 - \exp\left(-\frac{R_2}{L_2} t\right)\right)

Pour t \ll \tau_2, le développement limité au premier ordre de l'exponentielle donne :

\exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right) = 1 - \frac{t}{\tau_2} + o\left(\frac{t}{\tau_2}\right)

On en déduit au premier ordre :

1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right) \approx \frac{t}{\tau_2}

Le courant i_2(t) se simplifie alors sous la forme :

i_2(t) \approx \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0 \cdot \frac{t}{\tau_2} = \frac{I_0}{\tau_1} t

Soit, en explicitant \tau_1 :

\boxed{i_2(t) \approx \frac{M I_0}{L_2 t_1} t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à justifier la continuité du courant et veillez à ne pas faire d'erreur sur le développement limité.

« Question souvent bien traitée. Parfois, quelques erreurs sur le développement limité et des absences de justification de la continuité du courant. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet joule, bilan d'énergie

Exprimer l'énergie reçue par entre et en fonction de , , , et de , en supposant que . Quel est l'effet de cette énergie sur le plasma ?

Voir l'indice

Intégrer la puissance dissipée par effet Joule R_2 i_2(t)^2 sur l'intervalle [0, t_1] et préciser la conséquence macroscopique de cet apport d'énergie sur le plasma.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance instantanée dissipée par effet Joule dans la résistance R_2 modélisant le plasma : \mathcal{P}_{R_2}(t) = R_2\,i_2(t)^2.
  2. Utiliser l'approximation au premier ordre établie à la question Q34, valable pour tout t \in [0, t_1] puisque t \le t_1 \ll \tau_2, puis intégrer entre t = 0 et t = t_1.
  3. Discuter la nature de cette énergie transférée au plasma (chauffage ohmique).
Voir la réponse courte

Intégration temporelle de R_2 i_2(t)^2 pour obtenir l'énergie dissipée par effet Joule, qui chauffe le tore de plasma.

Voir le corrigé complet

La puissance instantanée reçue par la résistance R_2 s'écrit :

\mathcal{P}_{R_2}(t) = R_2 \, i_2(t)^2

L'énergie \mathcal{E}_{R_2} reçue par R_2 entre t = 0 et t = t_1 est donc :

\mathcal{E}_{R_2} = \int_0^{t_1} R_2 \, i_2(t)^2 \, \mathrm{d}t

D'après la question Q34, sous l'hypothèse t_1 \ll \tau_2, on a pour tout t \in [0, t_1] :

i_2(t) \approx \frac{M I_0}{L_2 t_1} \, t

On en déduit par intégration directe :

\begin{aligned} \mathcal{E}_{R_2} &= R_2 \left(\frac{M I_0}{L_2 t_1}\right)^2 \int_0^{t_1} t^2 \, \mathrm{d}t \\ &= R_2 \left(\frac{M I_0}{L_2 t_1}\right)^2 \left[ \frac{t^3}{3} \right]_0^{t_1} \\ &= \frac{R_2 M^2 I_0^2 t_1}{3 L_2^2} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{E}_{R_2} = \frac{R_2 M^2 I_0^2 t_1}{3 L_2^2}}

Effet sur le plasma : Cette énergie électrique reçue par R_2 est dissipée par effet Joule au sein du plasma. Elle est convertie en énergie thermique (agitation microscopique des ions et électrons), ce qui provoque l'élévation de la température T du plasma. Il s'agit du principe du chauffage ohmique (ou résistif) par induction.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas puissance et énergie, cette dernière devant s'exprimer sous forme d'intégrale.

« Question peu traitée, du fait de fréquentes confusions entre puissance et énergie. Le fait d’exprimer l’énergie sous la forme d’une intégrale semble très difficile pour nombre de candidats. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conductivité électrique, effet joule

Le physicien américain Lyman Spitzer a établi en 1950 que la résistivité d'un plasma soumis à un champ magnétique dépendait de la température du plasma proportionnellement à . À partir de cette information, quelle critique peut-on émettre sur la modélisation effectuée dans cette partie ?

Voir l'indice

Souligner que la montée en température du plasma fait chuter sa résistance R_2 en T^{-3/2}, rendant l'hypothèse de résistance constante inexacte et limitant l'efficacité du procédé à haute température.

Voir la réponse courte

La résistivité chutant en T^{-3/2}, le chauffage ohmique perd son efficacité à mesure que le plasma monte en température.

Voir le corrigé complet

La loi de Spitzer indique que la résistivité du plasma varie selon :

\rho(T) \propto T^{-3/2}

Cette dépendance permet de formuler deux critiques majeures à l'encontre de la modélisation proposée :

  1. Non-constance de la résistance R_2 : Dans le circuit équivalent étudié aux questions précédentes, la résistance R_2 du plasma a été supposée constante. Or, au fur et à mesure que le plasma s'échauffe par effet Joule (question Q35), sa température T augmente, ce qui entraîne une chute rapide de sa résistivité \rho et donc de sa résistance R_2. Le système est en réalité fortement non linéaire et couple l'équation électrique à un bilan thermique.
  2. Perte d'efficacité du chauffage ohmique à haute température : Puisque R_2 décroît en T^{-3/2}, le plasma devient un excellent conducteur à haute température. La puissance dissipée par effet Joule, donnée par \mathcal{P}_J = R_2\, i_2^2, diminue drastiquement lorsque la température s'élève.

Le chauffage ohmique par induction ne peut donc pas, à lui seul, permettre au plasma d'atteindre les températures extrêmes requises pour l'ignition thermonucléaire (environ 150\text{ millions de degrés}, évoqués en Q31), ce qui justifie le recours à des méthodes de chauffage complémentaires (comme les ondes électromagnétiques abordées dans la sous-partie III.3).

Voir ce qu'a relevé le jury

Affirmer simplement que le modèle ne prend pas en compte la température ne suffisait pas.

« Des explications peu convaincantes, les candidats se contentant d’affirmer que le modèle n’a pas pris en compte la température. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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III.3 · Échauffement par ondes électromagnétiques

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : équation de maxwell

Écrire les équations de Maxwell. On notera la densité volumique de courant et la densité volumique de charge.

Voir l'indice

Énoncer les équations locales de Maxwell sous leur forme générale avec sources volumiques \rho et \vec{\jmath}.

Voir la réponse courte

Écriture des quatre équations de Maxwell locales dans un milieu chargé en mouvement.

Voir le corrigé complet

Dans un milieu constitué de charges libres (plasma dilué) décrit par la densité volumique de charge \rho et le vecteur densité volumique de courant \vec{\jmath}, les quatre équations de Maxwell locales s'écrivent :

\begin{aligned} \text{Maxwell-Gauss :}\quad & \mathrm{div}\,\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0} \\ \text{Maxwell-Thomson :}\quad & \mathrm{div}\,\vec{B} = 0 \\ \text{Maxwell-Faraday :}\quad & \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \text{Maxwell-Ampère :}\quad & \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B} = \mu_0 \vec{\jmath} + \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned}
\boxed{ \left\{ \begin{aligned} \mathrm{div}\,\vec{E} &= \frac{\rho}{\varepsilon_0} \\ \mathrm{div}\,\vec{B} &= 0 \\ \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B} &= \mu_0 \left(\vec{\jmath} + \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) \end{aligned} \right. }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très bien réussie ; attention aux confusions scalaires/vecteurs lors de l'écriture du rotationnel.

« Question réussie dans presque toutes les copies. Le correcteur a sanctionné toute confusion scalaire/vecteur, en particulier sur l’écriture de l’opérateur rotationnel. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : équation de maxwell-gauss, onde plane

Montrer que le caractère transversal de l'onde implique .

Voir l'indice

Calculer la divergence du champ électrique pour une onde plane transversale dépendant uniquement de z avec E_z = 0, et conclure avec l'équation de Maxwell-Gauss.

Voir la réponse courte

Pour une onde plane, \mathrm{div}\vec{E} = -i\vec{k}\cdot\vec{E} = \rho/\varepsilon_0 ; la transversalité impose la nullité de \rho.

Voir le corrigé complet

L'onde électromagnétique étudiée est plane et se propage selon l'axe (Oz) : les grandeurs scalaires associées aux champs ne dépendent spatialement que de la variable z, ce qui implique :

\frac{\partial}{\partial x} = 0 \quad \text{et} \quad \frac{\partial}{\partial y} = 0.

Par ailleurs, le caractère transversal de l'onde électrique signifie que le champ électrique est orthogonal à la direction de propagation \vec{u}_z, soit :

\vec{E}(z,t) = E_x(z,t)\,\vec{u}_x + E_y(z,t)\,\vec{u}_y \implies E_z = 0.

La divergence du champ électrique s'écrit alors en coordonnées cartésiennes :

\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\partial E_x}{\partial x} + \frac{\partial E_y}{\partial y} + \frac{\partial E_z}{\partial z} = 0 + 0 + 0 = 0.

En utilisant l'équation de Maxwell-Gauss issue de la question Q37 :

\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0},

on en déduit immédiatement :

\boxed{\rho = 0}

Le plasma reste ainsi localement neutre au passage de l'onde électromagnétique transversale.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait expliciter l'opérateur divergence en coordonnées cartésiennes sans recourir prématurément à la notation complexe.

« Affirmer que div൫EEሬ⃗൯= 0 car l’onde est transversale n’est pas suffisant. On attendait une écriture explicite de l’opérateur divergence en coordonnées cartésiennes pour montrer sa nullité. »

« Certains candidats ont voulu passer par la notation complexe, ce qui n’était pas pertinent ici puisque l’hypothèse d’onde harmonique n’avait pas encore été formulée. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de d'alembert, équation de maxwell

Établir l'équation d'onde sur le champ électrique :

où sera exprimée en fonction de et de .

Voir l'indice

Calculer le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday, développer le double rotationnel à l'aide de la formule du formulaire et utiliser les équations de Maxwell-Gauss et Maxwell-Ampère.

Voir la stratégie
  1. Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday.
  2. Développer le membre de gauche à l'aide de la formule du double rotationnel fournie et utiliser la nullité de la divergence établie en Q38.
  3. Exprimer le rotationnel du champ magnétique au membre de droite grâce à l'équation de Maxwell-Ampère afin de faire apparaître le terme de source \vec{\jmath} et la dérivée temporelle seconde.
Voir la réponse courte

Utilisation de l'identité du double rotationnel combinée à Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère avec c = 1/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}.

Voir le corrigé complet

Partons de l'équation de Maxwell-Faraday (Q37) :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

En prenant le rotationnel de cette relation et en permutant les dérivées spatiale et temporelle :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E}\big) = -\frac{\partial}{\partial t}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B}\big)

D'une part, la formule du double rotationnel donnée dans le formulaire fournit :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E}\big) = \overrightarrow{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}) - \Delta \vec{E}

D'après l'équation de Maxwell-Gauss et le résultat de la question Q38 (\rho = 0), on a \mathrm{div}\,\vec{E} = 0, d'où :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E}\big) = -\Delta \vec{E}

D'autre part, en substituant l'équation de Maxwell-Ampère (Q37) pour exprimer \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B} :

\begin{aligned} -\Delta \vec{E} &= -\frac{\partial}{\partial t}\left(\mu_0 \vec{\jmath} + \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) \\ &= -\mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}}{\partial t} - \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} \end{aligned}

En regroupant les termes portant sur \vec{E} dans le membre de gauche, il vient :

\Delta \vec{E} - \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}}{\partial t}

On identifie la célérité de la lumière dans le vide :

\boxed{c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}}}

On obtient ainsi l'équation de d'Alembert avec terme source recherchée :

\boxed{\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2} \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}}{\partial t}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul vectoriel devait être soigneusement détaillé puisque l'équation finale était fournie.

« Ce calcul classique manipulant les opérateurs vectoriels a été bien réalisé dans un grand nombre de copies. Il fallait cependant bien détailler les étapes intermédiaires, le résultat étant donné dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : plasma, vecteur densité de courant

Pour quelle raison peut-on faire l'hypothèse que les ions du plasma ont une contribution négligeable devant celle des électrons dans l'expression de ? Par la suite, on n'envisagera que la contribution des électrons dans l'expression de .

Voir l'indice

Comparer l'amplitude du mouvement oscillatoire induit sur les ions et les électrons en tenant compte du rapport de masse m_i \gg m_e.

Voir la réponse courte

L'inertie des ions (m_i \gg m_e) limite considérablement leur réponse oscillante à haute fréquence par rapport aux électrons.

Voir le corrigé complet

La densité volumique de courant \vec{\jmath} dans le plasma s'écrit comme la somme des contributions des espèces chargées (ions de charge +e et électrons de charge -e) :

\vec{\jmath} = n_i e \vec{v}_i - n_e e \vec{v}_e

Compte tenu de la quasi-neutralité du plasma (n_i \approx n_e = n_0), le rapport des densités de courant s'évalue à partir de celui des vitesses moyennes :

\frac{\|\vec{\jmath}_i\|}{\|\vec{\jmath}_e\|} \sim \frac{\|\vec{v}_i\|}{\|\vec{v}_e\|}

Sous l'action du champ électrique \vec{E} oscillant à haute fréquence \omega de l'onde électromagnétique, l'application du principe fondamental de la dynamique à une particule de masse m et de charge q = \pm e conduit, en négligeant dans un premier temps le terme magnétique devant l'accélération, à :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} \approx q \vec{E} \quad \Longrightarrow \quad v \sim \frac{e E_0}{m \omega}

L'amplitude de la vitesse acquise par une particule sous l'effet du champ électrique oscillant est donc inversement proportionnelle à sa masse.

Or, la masse d'un ion (m_i \ge m_p \approx 1{,}67 \cdot 10^{-27}\text{ kg} pour le proton, voire m \approx 6{,}6 \cdot 10^{-27}\text{ kg} pour l'hélium) est considérablement plus grande que celle d'un électron (m_e = 9{,}1 \cdot 10^{-31}\text{ kg}) :

\frac{m_i}{m_e} \gtrsim 2 \cdot 10^3 \quad (\text{voire } \approx 7 \cdot 10^3 \text{ pour l'hélium})

En raison de cette très grande inertie (m_i \gg m_e), les ions répondent beaucoup plus faiblement à l'excitation haute fréquence du champ électrique que les électrons :

\frac{\|\vec{\jmath}_i\|}{\|\vec{\jmath}_e\|} \sim \frac{m_e}{m_i} \ll 1
\boxed{\text{L'inertie des ions étant très supérieure à celle des électrons }(m_i \gg m_e)\text{, leur contribution à }\vec{\jmath}\text{ est négligeable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Invoquer la plus faible mobilité des cations par rapport aux électrons suffisait sans nécessiter de longs calculs.

« La comparaison des masses a été mentionnée dans les copies, parfois assortie de longs calculs. Invoquer la plus faible mobilité des cations par rapport aux électrons suffisait à obtenir les points. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : pulsation cyclotron, force de lorentz, plasma

En appliquant le principe fondamental de la dynamique à l'électron, montrer que et vérifient le système :

avec la pulsation cyclotron et à exprimer en fonction de , et de .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron soumis au champ électrique transverse et à la force de Lorentz due à \vec{B}_0, puis projeter en notation complexe.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, en tenant compte de la force électrique liée à l'onde en z = 0 et de la force de Lorentz magnétique due au champ statique \vec{B}_0.
  2. Écrire l'accélération et les forces en représentation complexe, sachant que la dépendance temporelle est en \exp(i\omega t).
  3. Projeter la relation vectorielle obtenue sur les axes \vec{u}_x et \vec{u}_y, puis réordonner les termes pour identifier les expressions du système et la grandeur \alpha.
Voir la réponse courte

PFD appliqué aux électrons en régime sinusoïdal forcé sous forces électrique et magnétique stationnaire.

Voir le corrigé complet

On étudie un électron de masse m_e et de charge q = -e, situé dans le plan z = 0, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen. En régime sinusoïdal permanent de pulsation \omega, sa vitesse s'écrit en représentation complexe :

\underline{\vec{v}}(t) = \left( \underline{v}_x \vec{u}_x + \underline{v}_y \vec{u}_y \right) \mathrm{e}^{i\omega t}.

D'après l'énoncé, en négligeant le poids et la composante magnétique de l'onde, l'électron n'est soumis qu'à :

  • la force électrique : \underline{\vec{F}}_e = -e \underline{\vec{E}}(0,t) = -e E_0 \mathrm{e}^{i\omega t} \left( \vec{u}_x - i \vec{u}_y \right) ;
  • la force magnétique due au champ statique \vec{B}_0 = B_0 \vec{u}_z :

    \underline{\vec{F}}_m = -e \left( \underline{\vec{v}} \wedge \vec{B}_0 \right) = -e B_0 \left( \underline{v}_x \vec{u}_x + \underline{v}_y \vec{u}_y \right) \wedge \vec{u}_z \, \mathrm{e}^{i\omega t} = -e B_0 \left( -\underline{v}_x \vec{u}_y + \underline{v}_y \vec{u}_x \right) \mathrm{e}^{i\omega t}.

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'électron en régime permanent s'écrit en complexes :

m_e \frac{\mathrm{d}\underline{\vec{v}}}{\mathrm{d}t} = i m_e \omega \underline{\vec{v}} = \underline{\vec{F}}_e + \underline{\vec{F}}_m.

En simplifiant par le facteur commun \mathrm{e}^{i\omega t}, on projette sur la base (\vec{u}_x, \vec{u}_y) :

\begin{aligned} \text{sur } \vec{u}_x : \quad & i m_e \omega \underline{v}_x = -e E_0 - e B_0 \underline{v}_y, \\ \text{sur } \vec{u}_y : \quad & i m_e \omega \underline{v}_y = i e E_0 + e B_0 \underline{v}_x. \end{aligned}

En introduisant la pulsation cyclotron \omega_c = \dfrac{e B_0}{m_e}, on divise chaque équation par i m_e \omega :

\begin{aligned} \underline{v}_x &= -\frac{e E_0}{i m_e \omega} - \frac{e B_0}{i m_e \omega}\underline{v}_y = \frac{i}{\omega}\left(\frac{e E_0}{m_e}\right) + \frac{i \omega_c}{\omega}\underline{v}_y, \\ \underline{v}_y &= \frac{i e E_0}{i m_e \omega} + \frac{e B_0}{i m_e \omega}\underline{v}_x = \frac{1}{\omega}\left(\frac{e E_0}{m_e}\right) - \frac{i \omega_c}{\omega}\underline{v}_x. \end{aligned}

On retrouve bien le système proposé :

\begin{cases} \underline{v}_x = \dfrac{i\alpha}{\omega} + \dfrac{i\omega_c}{\omega} \underline{v}_y \\[2mm] \underline{v}_y = \dfrac{\alpha}{\omega} - \dfrac{i\omega_c}{\omega} \underline{v}_x \end{cases}

avec :

\boxed{\alpha = \frac{e E_0}{m_e}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne forcez pas les calculs pour retrouver les signes du sujet et tenez compte du fait que l'étude se place en z = 0.

« Question plutôt bien traitée, mais certains candidats trafiquent leur calcul pour obtenir les signes de l’expression donnée dans l’énoncé. D’autres oublient qu’on se situe en zz= 0. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : pulsation cyclotron, résonance

Lorsque , l'onde électromagnétique échauffe le plasma : expliquer pourquoi. On parle alors de chauffage à résonance cyclotronique électronique. Justifier le terme de résonance employé dans cette situation.

Voir l'indice

Observer le dénominateur de la vitesse complexe en régime permanent et expliquer pourquoi une fréquence de champ électrique égale à la rotation propre entraîne un transfert résonant continu d'énergie.

Voir la stratégie
  1. Analyser l'accord de phase spatio-temporel entre le champ électrique tournant de l'onde et le mouvement cyclotronique propre des électrons à \omega = \omega_c.
  2. Relier le transfert continu d'énergie cinétique aux électrons à l'échauffement thermique macroscopique via les collisions.
  3. Justifier le terme de « résonance » par analogie avec un oscillateur harmonique forcé non amorti à sa pulsation propre.
Voir la réponse courte

Accord entre la fréquence de l'onde et la giration propre des électrons : l'absorption d'énergie électromagnétique est maximale.

Voir le corrigé complet

D'après la relation fournie par l'énoncé :

\underline{\vec{v}} = i \frac{e}{m_e(\omega - \omega_c)} \underline{\vec{E}}

l'amplitude de la vitesse de l'électron tend formellement vers l'infini lorsque la pulsation de l'onde \omega s'approche de la pulsation cyclotronique \omega_c.

Mécanisme d'échauffement du plasma :

  • L'onde incidente présente une polarisation circulaire gauche : son champ électrique \vec{E}(z,t) tourne dans le plan transverse à la pulsation \omega, dans le même sens que la giration naturelle des électrons autour des lignes de champ magnétique statique \vec{B}_0 à la pulsation \omega_c.
  • Pour \omega = \omega_c, le champ électrique tourne à la même vitesse angulaire que l'électron. La force électrique \vec{F}_e = -e\vec{E} reste ainsi constamment orientée de manière à accélérer l'électron le long de sa trajectoire. La puissance fournie par l'onde à l'électron, \mathcal{P} = \vec{F}_e \cdot \vec{v}, est alors continûment positive et maximale, ce qui accroît considérablement l'énergie cinétique de celui-ci.
  • En pratique, cette énergie cinétique acquise par les électrons est ensuite redistribuée par collisions inélastiques et élastiques à l'ensemble des espèces du plasma (ions et neutres), ce qui se traduit macroscopiquement par une élévation de température : le plasma est échauffé.

Justification du terme de « résonance » : L'électron en giration cyclotronique se comporte comme un oscillateur à deux dimensions de pulsation propre \omega_0 = \omega_c, soumis à une force d'excitation extérieure périodique de pulsation \omega (l'onde électromagnétique).

Lorsque la fréquence de l'excitation coïncide avec la fréquence propre du système (\omega = \omega_c), il y a transfert optimal et continu d'énergie de l'onde vers les particules, et la réponse en vitesse présente un pic infini en l'absence d'amortissement : il s'agit par définition d'un phénomène de résonance.

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour expliquer la résonance, il fallait préciser que la pulsation imposée coïncide avec la pulsation cyclotron propre de l'électron.

« indiquer que la vitesse passait par un maximum était correct, mais remarquer de plus que la pulsation de résonance était la pulsation cyclotron (celle qu’adopte l’électron en l’absence d’excitation extérieure) montrait une compréhension physique plus aboutie de ce qu’est une résonance. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 43

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation de dispersion, pulsation plasma

On note la densité volumique d'électrons (en ) dans le plasma. Établir l'expression de , puis montrer que la relation de dispersion de cette onde s'écrit :

avec la pulsation plasma.

Voir l'indice

Exprimer le courant électronique \underline{\vec{\jmath}} = -e n_0 \underline{\vec{v}}, l'injecter dans l'équation d'onde vectorielle en régime harmonique et factoriser \omega^2/c^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité volumique de courant \underline{\vec{\jmath}} en régime permanent en ne retenant que la contribution électronique (justifiée en Q40) et en utilisant la relation liant la vitesse \underline{\vec{v}} au champ électrique \underline{\vec{E}}.
  2. Injecter la forme spatio-temporelle de l'onde dans l'équation d'onde établie en Q39 afin d'obtenir la relation de dispersion liant \underline{k} et \omega.
Voir la réponse courte

Expression de la densité de courant électronique \underline{\vec{\jmath}} puis injection dans l'équation d'onde pour trouver \underline{k}^2(\omega).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q40, la contribution des ions au courant est négligeable devant celle des électrons. La densité volumique de courant s'écrit donc :

\underline{\vec{\jmath}} = -e \, n_0 \, \underline{\vec{v}}

En utilisant la relation donnée entre la vitesse de l'électron et le champ électrique, \underline{\vec{v}} = i\,\frac{e}{m_e(\omega - \omega_c)}\,\underline{\vec{E}}, on obtient :

\boxed{\underline{\vec{\jmath}} = -i\,\frac{n_0 e^2}{m_e(\omega - \omega_c)}\,\underline{\vec{E}}}

L'onde plane se propageant selon \vec{u}_z, le champ électrique dépend uniquement de z et de t via le facteur \exp(i(\omega t - \underline{k}z)). Les opérateurs différentiels appliqués aux grandeurs complexes s'écrivent :

\begin{aligned} \Delta \underline{\vec{E}} &= \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial z^2} = (-\underline{k}^2)\,\underline{\vec{E}} \\ \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial t^2} &= (-\omega^2)\,\underline{\vec{E}} \\ \frac{\partial \underline{\vec{\jmath}}}{\partial t} &= i\omega\,\underline{\vec{\jmath}} = \frac{n_0 e^2 \omega}{m_e(\omega - \omega_c)}\,\underline{\vec{E}} \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation d'onde établie à la question Q39 :

\Delta \underline{\vec{E}} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \underline{\vec{\jmath}}}{\partial t}

on obtient, après factorisation par \underline{\vec{E}} \neq \vec{0} :

-\underline{k}^2 + \frac{\omega^2}{c^2} = \mu_0 \frac{n_0 e^2 \omega}{m_e(\omega - \omega_c)}

En introduisant la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\dfrac{n_0 e^2}{m_e \varepsilon_0}} et la relation \varepsilon_0 \mu_0 = \dfrac{1}{c^2} (Q39) :

\mu_0 \frac{n_0 e^2 \omega}{m_e(\omega - \omega_c)} = \mu_0 \varepsilon_0 \omega_p^2 \frac{\omega}{\omega - \omega_c} = \frac{\omega^2}{c^2} \frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}

Il vient alors immédiatement :

\boxed{\underline{k}^2 = \frac{\omega^2}{c^2}\left(1 - \frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question est globalement réussie, mais les correcteurs sanctionnent les calculs forcés pour aboutir au résultat fourni.

« Le passage à la notation complexe est souvent bien mené et la question est globalement réussie. Comme à la Q41, quelques tentatives de fraude pour obtenir le résultat de l’énoncé. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : pulsation plasma, application numérique

Calculer la pulsation plasma au sein du tokamak ITER dans lequel .

Voir l'indice

Calculer numériquement \omega_p = \sqrt{n_0 e^2 / (m_e \varepsilon_0)} en veillant à la manipulation des puissances de dix.

Voir la réponse courte

Calcul direct \omega_p = \sqrt{n_0 e^2/(m_e \varepsilon_0)} \approx 5{,}6 \cdot 10^{11}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression rappelée à la question Q43, la pulsation plasma électronique s'écrit :

\omega_p = \sqrt{\frac{n_0 e^2}{m_e \varepsilon_0}}

Avec les données numériques fournies :

  • n_0 = 1 \cdot 10^{20}\text{ m}^{-3} ;
  • e = 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ C} ;
  • m_e = 9{,}1 \cdot 10^{-31}\text{ kg} ;
  • \varepsilon_0 = 8{,}85 \cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}.

Le calcul numérique donne :

\begin{aligned} \omega_p &= \sqrt{\frac{1 \cdot 10^{20} \times (1{,}6 \cdot 10^{-19})^2}{9{,}1 \cdot 10^{-31} \times 8{,}85 \cdot 10^{-12}}} \\ &= \sqrt{\frac{2{,}56 \cdot 10^{-18}}{8{,}05 \cdot 10^{-42}}} \\ &\approx \sqrt{3{,}18 \cdot 10^{23}} \approx 5{,}6 \cdot 10^{11}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\omega_p \approx 5{,}6 \cdot 10^{11}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à attribuer une unité correcte à la pulsation plasma.

« Des unités fantaisistes pour la pulsation plasma. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : coupure, relation de dispersion

Déterminer, en justifiant votre réponse, pour quel(s) intervalle(s) de pulsations l'onde peut se propager dans le plasma.

Voir l'indice

Rechercher les zones du graphe de la figure 10 où \omega^2 / k^2 > 0, condition nécessaire et suffisante pour que le vecteur d'onde k soit purement réel.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition de propagation d'une onde plane progressive monochromatique : le vecteur d'onde \underline{k} doit être réel non nul, ce qui équivaut à \underline{k}^2 > 0 (soit \frac{\omega^2}{\underline{k}^2} > 0).
  2. Analyser le signe de l'expression de \underline{k}^2 établie à la question Q43 ou exploiter directement la courbe fournie sur la figure 10 pour conclure sur les intervalles de pulsations autorisés.
Voir la réponse courte

Recherche des domaines où k^2 > 0 par étude du signe de la relation de dispersion.

Voir le corrigé complet

Une onde électromagnétique se propage sans amortissement spatial si le module d'onde complexe \underline{k} est réel non nul. Si \underline{k}^2 < 0, alors \underline{k} = \pm i \alpha (avec \alpha \in \mathbb{R}^{+*}), ce qui correspond à une onde évanescente (atténuation exponentielle sans propagation). La condition de propagation s'écrit donc :

\underline{k}^2 > 0 \iff \frac{\omega^2}{\underline{k}^2} > 0

D'après la relation de dispersion obtenue à la question Q43 :

\underline{k}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} \left( 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)} \right) = \frac{\omega^2}{c^2} \, \frac{\omega^2 - \omega_c \omega - \omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}

Le trinôme du second degré au numérateur, P(\omega) = \omega^2 - \omega_c \omega - \omega_p^2, admet pour discriminant \Delta = \omega_c^2 + 4\omega_p^2 > 0 et pour unique racine positive :

\omega_g = \frac{\omega_c + \sqrt{\omega_c^2 + 4\omega_p^2}}{2} > \omega_c

Étudions le signe de \underline{k}^2 pour \omega > 0 :

  • Pour \omega \in ]0, \, \omega_c[ : \omega - \omega_c < 0 et P(\omega) < 0. Le rapport est strictement positif, donc \underline{k}^2 > 0 : l'onde se propage.
  • Pour \omega \in ]\omega_c, \, \omega_g[ : \omega - \omega_c > 0 et P(\omega) < 0. Le rapport est strictement négatif, donc \underline{k}^2 < 0 : l'onde est évanescente (bande interdite).
  • Pour \omega \in ]\omega_g, \, +\infty[ : \omega - \omega_c > 0 et P(\omega) > 0. Le rapport est strictement positif, donc \underline{k}^2 > 0 : l'onde se propage.

Ce résultat est en parfait accord avec la figure 10, où \frac{\omega^2}{\underline{k}^2} n'est tracé que sur les domaines où il est réel et strictement positif. L'onde peut donc se propager sur les deux intervalles :

\boxed{\omega \in ]0, \, \omega_c[ \quad \text{et} \quad \omega \in ]\omega_g, \, +\infty[}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter directement le graphe et rappeler que la propagation impose un vecteur d'onde k réel, soit k^2 > 0.

« Certains candidats se lancent dans des calculs inutiles, alors qu’il s’agissait ici d’exploiter le graphe. Peu de candidats pensent à rappeler qu’il y a propagation si kk est réel donc si kk2 > 0. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vitesse de phase, résonance

Déterminer la vitesse de phase de l'onde pour . Interpréter.

Voir l'indice

Exprimer la vitesse de phase v_\varphi = \omega/k à partir du graphe lorsque \omega s'approche de la pulsation cyclotron \omega_c, et interpréter la divergence de l'indice optique en termes d'absorption.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{k} à partir de la relation de dispersion établie à la question Q43 ou par lecture de la figure 10.
  2. Évaluer la limite de v_\varphi lorsque la pulsation tend vers la pulsation cyclotron \omega_c par valeurs inférieures.
  3. Interpréter physiquement l'annulation de la vitesse de phase et la divergence du vecteur d'onde (phénomène de résonance, longueur d'onde tendant vers zéro et absorption efficace de l'énergie de l'onde par les électrons).
Voir la réponse courte

À \omega \to \omega_c^+, le vecteur d'onde diverge, v_\varphi \to 0 et l'onde subit une absorption résonnante complète.

Voir le corrigé complet

Par définition, la vitesse de phase de l'onde s'écrit :

v_\varphi = \frac{\omega}{k} = \sqrt{\frac{\omega^2}{k^2}}

D'après la relation de dispersion obtenue à la question Q43, pour \omega \in ]0, \omega_c[ :

\frac{\omega^2}{k^2} = \frac{c^2}{1 - \dfrac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}}

Lorsque \omega \to \omega_c^- (par valeurs inférieures dans le domaine de propagation) :

\omega - \omega_c \to 0^- \implies -\frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)} \to +\infty

Le dénominateur tend vers l'infini, de sorte que :

\lim_{\omega \to \omega_c^-} \frac{\omega^2}{k^2} = 0 \implies k \to +\infty

On en déduit la vitesse de phase pour \omega = \omega_c :

\boxed{v_\varphi(\omega_c) = 0}

Interprétation physique :

  • La condition k \to +\infty caractérise une résonance du milieu (par opposition à une coupure où k = 0). La longueur d'onde \lambda = \frac{2\pi}{k} tend vers zéro : les fronts d'onde s'accumulent au voisinage de la zone où règne cette pulsation.
  • L'onde ralentit jusqu'à s'immobiliser en phase (v_\varphi = 0) : elle ne peut pas se propager au-delà de cette surface de résonance.
  • Au voisinage de cette zone résonante, le champ électrique de l'onde tourne à la même fréquence que les électrons sur leur orbite cyclotronique, ce qui maximise le couplage onde-particule : l'énergie de l'onde est intégralement absorbée par les électrons, assurant un chauffage localisé et très efficace du plasma (chauffage ECRH).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une simple lecture graphique suffisait ; la vitesse de phase n'est pas égale à c.

« Ici encore, il suffisait de lire le graphe. Des candidats affirment que la vitesse de phase est égale à cc. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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