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Corrigé détaillé CCINP Physique PC 2024

Des plasmas pour la fusion thermonucléaire

Le sujet en bref

Sujet moyen · Diffusion thermique et diffusion de particules, Cinématique et dynamique du point, Ondes électromagnétiques dans les milieux · 14 incontournables · 25 questions de première année
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Ce sujet aborde les principes physiques fondamentaux mis en œuvre pour le confinement et l'échauffement d'un plasma de fusion deutérium-tritium, en lien direct avec le réacteur de recherche international ITER. L'épreuve balaie avec rigueur et clarté une large portion du programme de deuxième année de la filière PC à travers trois volets indépendants : le confinement magnétique d'une particule individuelle (mouvement cyclotronique, configuration torique et bouteille magnétique), le transport collectif sous forme de diffusion ambipolaire résolue par décomposition modale, et enfin les méthodes d'échauffement (barrière coulombienne et effet tunnel, induction mutuelle pour le chauffage ohmique, et résonance cyclotronique électronique par onde électromagnétique polarisée).

Très guidé et progressif, ce sujet constitue un support de révision incontournable pour consolider les liens entre électromagnétisme, physique ondulatoire et phénomènes de transport. Les questions de modélisation phénoménologique et d'analyse d'ordres de grandeur y sont particulièrement formatrices pour les épreuves écrites.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,45/20)
Temps estimé
≈ 3 h 15 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

14 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

40 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (40) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les trois parties du sujet (confinement magnétique, diffusion ambipolaire et échauffement du plasma) sont indépendantes et peuvent être abordées dans le désordre.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

46 questions
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Partie I : Confinement magnétique du plasma

I.1 · Confinement d'une particule chargée dans un champ magnétique stationnaire et uniforme

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : champ magnétostatique, solénoïde, théorème d'ampère

Montrer que le champ magnétique à l'intérieur du solénoïde est de la forme , avec une constante qu'on exprimera, entre autres, en fonction de l'intensité . On admettra que le champ magnétique est nul à l'extérieur du solénoïde et on négligera les effets de bord.

Voir l'indice

Utiliser les symétries et invariances du solénoïde infini pour établir l'orientation axiale du champ magnétique, puis appliquer le théorème d'Ampère sur un contour rectangulaire enlaçant les spires.

Voir la stratégie
  1. Utiliser les symétries et invariances de la distribution de courant en coordonnées cylindriques pour déterminer la direction et les variables d'espace dont dépend \vec{B}.
  2. Appliquer le théorème d'Ampère sur un contour entièrement situé à l'intérieur pour prouver que le champ y est uniforme.
  3. Appliquer le théorème d'Ampère sur un contour traversant la paroi du solénoïde pour exprimer B_0 en fonction de I, N, d et \mu_0.
Voir la réponse courte

Symétries et théorème d'Ampère sur un rectangle enlaçant le solénoïde pour établir B_0 = \mu_0 n I.

Voir le corrigé complet

On adopte le système de coordonnées cylindriques (r, \theta, z) d'axe (Oz). Comme d \gg a et que les effets de bord sont négligés, on modélise le solénoïde comme infini.

1. Symétries et invariances

  • Invariances : La distribution de courant est invariante par toute translation selon z et par toute rotation autour de l'axe (Oz) (invariance selon \theta). Par conséquent, le champ magnétique ne dépend que de la coordonnée radiale : \vec{B} = \vec{B}(r).
  • Symétries :

    • Tout plan méridien (M, \vec{u}_r, \vec{u}_z) est un plan d'antisymétrie pour la distribution de courant (le sens du courant s'inverse par réflexion). C'est donc un plan de symétrie pour le champ magnétique \vec{B} (pseudo-vecteur) :

      \vec{B}(M) \in (M, \vec{u}_r, \vec{u}_z) \implies B_\theta(r) = 0
    • Tout plan orthogonal à l'axe (Oz), (M, \vec{u}_r, \vec{u}_\theta), est un plan de symétrie pour la distribution de courant. C'est donc un plan d'antisymétrie pour \vec{B} :

      \vec{B}(M) \perp (M, \vec{u}_r, \vec{u}_\theta) \implies B_r(r) = 0

On en déduit que le champ magnétique est purement axial :

\vec{B}(r) = B(r) \vec{u}_z

2. Uniformité à l'intérieur Considérons un contour rectangulaire fermé \mathcal{C}_1 entièrement situé à l'intérieur du solénoïde (r < a), orienté, dont deux côtés de longueur \ell sont parallèles à (Oz) aux distances r_1 et r_2, et les deux autres sont radiaux.

Puisque le contour n'enlace aucun courant (I_{\text{enlacé}} = 0) et que \vec{B} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = 0 sur les segments radiaux, le théorème d'Ampère donne :

\oint_{\mathcal{C}_1} \vec{B} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = [B(r_1) - B(r_2)] \ell = \mu_0 \times 0 = 0 \implies B(r_1) = B(r_2)

Le champ est donc uniforme à l'intérieur : \vec{B} = B_0 \vec{u}_z.

3. Expression de B_0 Considérons maintenant un contour rectangulaire \mathcal{C}_2 de longueur \ell, ayant un côté à l'intérieur parallèle à \vec{u}_z et un côté à l'extérieur où le champ est nul (\vec{B}_{\text{ext}} = \vec{0}).

Le contour enlace N \dfrac{\ell}{d} spires parcourues chacune par le courant I. D'après le théorème d'Ampère :

\begin{aligned} \oint_{\mathcal{C}_2} \vec{B} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} &= B_0 \ell + 0 + 0 + 0 = B_0 \ell \\ I_{\text{enlacé}} &= \frac{N \ell}{d} I \\ B_0 \ell &= \mu_0 \frac{N \ell}{d} I \end{aligned}

On obtient finalement :

\boxed{\vec{B} = B_0 \vec{u}_z \quad \text{avec} \quad B_0 = \mu_0 \frac{N}{d} I}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une analyse soignée des symétries et invariances, un schéma orienté du contour d'Ampère et le calcul rigoureux des courants enlacés étaient exigés.

« Cette question de cours n’a que rarement été traitée avec le niveau de précision requis. Le jury souhaitait une analyse des symétries et des invariances dans laquelle les candidats distinguent les causes (distribution de courants) des conséquences (champ magnétique). »

« En vue de l’application du théorème d’Ampère, le contour d’Ampère orienté devait figurer sur un schéma et on attendait une justification, même brève, de la nullité de la circulation sur trois des quatre segments. »

« Enfin, le calcul des courants enlacés devait distinguer sans ambigüité la longueur du contour de celle du solénoïde. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de lorentz, puissance d'une force, énergie cinétique

Montrer que la puissance de la force magnétique est nulle. En déduire que l'énergie cinétique du cation se conserve. Par la suite, on notera la norme constante de la vitesse du cation au cours de son mouvement.

Voir l'indice

Exprimer la puissance instantanée de la force de Lorentz \vec{F}_m \cdot \vec{v} à l'aide des propriétés du produit vectoriel, puis appliquer le théorème de l'énergie cinétique.

Voir la réponse courte

La force magnétique est orthogonale à la vitesse, sa puissance est nulle et l'énergie cinétique se conserve.

Voir le corrigé complet

Le cation, de charge électrique q = +e et de vitesse \vec{v} dans le référentiel du laboratoire (supposé galiléen), est soumis à la seule force magnétique de Lorentz :

\vec{F}_m = e \, (\vec{v} \wedge \vec{B})

La puissance instantanée développée par cette force s'écrit :

\mathcal{P}(\vec{F}_m) = \vec{F}_m \cdot \vec{v} = e \, (\vec{v} \wedge \vec{B}) \cdot \vec{v}

Par propriété du produit vectoriel, le vecteur \vec{v} \wedge \vec{B} est orthogonal au vecteur vitesse \vec{v} à chaque instant. On en déduit :

\boxed{\mathcal{P}(\vec{F}_m) = 0}

D'après le préambule, la force magnétique est la seule force agissant sur le cation. Le théorème de la puissance cinétique appliqué à la particule dans le référentiel galiléen donne :

\frac{\mathrm{d}\mathcal{E}_c}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}(\vec{F}_m) = 0

L'énergie cinétique se conserve donc au cours du mouvement :

\boxed{\mathcal{E}_c = \frac{1}{2} m v^2 = \text{cte}}

La masse m de la particule étant constante, la norme de la vitesse est elle aussi constante, notée v_0 :

v = \|\vec{v}\| = v_0 = \text{cte}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de lorentz, repère de frenet

Représenter sur un schéma le vecteur vitesse du cation, le vecteur champ magnétique perpendiculaire au plan de la feuille et la force magnétique . Esquisser la courbure de la trajectoire puis représenter les vecteurs unitaires du repère de Frenet.

Voir l'indice

Dessiner le vecteur vitesse et le champ magnétique entrant ou sortant, orienter la force magnétique orthogonale à la trajectoire vers l'intérieur de la courbure, et positionner la base (\vec{u}_T, \vec{u}_N).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force magnétique subie par le cation et utiliser la règle du trièdre direct (ou de la main droite) pour déterminer sa direction et son sens par rapport à la vitesse \vec{v} et au champ \vec{B}.
  2. En déduire l'orientation de la concavité de la trajectoire via le principe fondamental de la dynamique.
  3. Définir et positionner les vecteurs de la base de Frenet (\vec{u}_T, \vec{u}_N) au point considéré.
Voir la réponse courte

Schéma montrant la force centripète orthogonale à la vitesse et au champ magnétique avec les vecteurs de Frenet.

Voir le corrigé complet

Le cation, de charge électrique q = +e > 0, est soumis à la force magnétique de Lorentz :

\vec{F}_m = e\,\vec{v} \wedge \vec{B}

Choisissons un axe (Oz) perpendiculaire au plan de la feuille et dirigé vers le lecteur (symbole \odot), de sorte que \vec{B} = B_0 \vec{u}_z. Pour un vecteur vitesse \vec{v} orienté dans le plan de la feuille, le produit vectoriel \vec{v} \wedge \vec{B} donne une force magnétique \vec{F}_m :

  • orthogonale à \vec{v} ;
  • orientée vers la droite par rapport au sens d'avancement (règle du trièdre direct (\vec{v}, \vec{B}, \vec{F}_m)).

D'après le principe fondamental de la dynamique appliqué au cation dans le référentiel d'étude supposé galiléen :

m\vec{a} = \vec{F}_m

La force étant purement normale à la vitesse, l'accélération est centripète. La concavité de la trajectoire est donc tournée vers le côté pointé par \vec{F}_m.

Le repère local de Frenet (\vec{u}_T, \vec{u}_N) en un point de la trajectoire est défini par :

  • \vec{u}_T : vecteur unitaire tangentiel à la trajectoire, orienté dans le sens du mouvement, soit \vec{u}_T = \dfrac{\vec{v}}{v_0} ;
  • \vec{u}_N : vecteur unitaire normal, orthogonal à \vec{u}_T et dirigé vers le centre de courbure (dans le sens de la concavité).

Ainsi, \vec{F}_m et \vec{u}_N sont colinéaires et de même sens.

Voir ce qu'a relevé le jury

La base de Frenet ne doit pas être confondue avec la base polaire, et l'orientation de la force magnétique doit être cohérente avec la trajectoire.

« Beaucoup de difficultés sur cette question, en premier lieu parce que le base de Frenet est très mal connue de la plupart des candidats (souvent confondue avec la base polaire) »

« la trajectoire est souvent incohérente avec l’orientation de la force magnétique, ce qui révèle un manque de compréhension physique de l’effet d’une force sur la trajectoire. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : repère de frenet, principe fondamental de la dynamique, rayon de larmor

Donner l'expression de l'accélération du cation dans le repère de Frenet en fonction de sa vitesse et du rayon de courbure de la trajectoire. Montrer que la trajectoire du cation est circulaire, de rayon appelé rayon de Larmor, avec la pulsation cyclotron.

Voir l'indice

Écrire l'accélération dans le repère de Frenet \vec{a} = \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\vec{u}_T + \frac{v_0^2}{r}\vec{u}_N et projeter le principe fondamental de la dynamique sur l'axe normal pour relier r_L à la pulsation cyclotron.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur accélération dans la base de Frenet en tenant compte de la constance de la vitesse v = v_0.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au cation et projeter sur la normale principale pour en déduire le rayon de courbure r.
  3. Conclure sur la nature circulaire de la trajectoire et identifier le rayon de Larmor r_L ainsi que la pulsation cyclotron \omega_c.
Voir la réponse courte

Projection du PFD dans la base de Frenet : mouvement circulaire uniforme de rayon de Larmor r_L = v_0/\omega_c.

Voir le corrigé complet

Dans la base de Frenet (\vec{u}_T, \vec{u}_N), l'accélération d'un point matériel s'écrit de façon générale :

\vec{a} = \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\,\vec{u}_T + \frac{v^2}{r}\,\vec{u}_N

où r est le rayon de courbure local de la trajectoire. D'après la question Q2, la norme de la vitesse est constante (v = v_0), d'où \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = 0. Il vient donc :

\boxed{\vec{a} = \frac{v_0^2}{r}\,\vec{u}_N}

On applique le principe fondamental de la dynamique au cation de masse m et de charge +e dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen :

m \vec{a} = \vec{F}_m = e\,\vec{v} \wedge \vec{B}

Le mouvement ayant lieu dans un plan perpendiculaire au champ magnétique \vec{B} = B_0 \vec{u}_z, la force de Lorentz est purement normale et centripète (question Q3) :

\vec{F}_m = e\,v_0 B_0\,\vec{u}_N

En projetant le principe fondamental de la dynamique selon le vecteur unitaire normal \vec{u}_N, on obtient :

m \frac{v_0^2}{r} = e\,v_0 B_0 \implies r = \frac{m v_0}{e B_0}

Les grandeurs m, e, B_0 et v_0 étant des constantes, le rayon de courbure r est constant le long de la trajectoire. Le mouvement étant plan, une trajectoire à rayon de courbure constant est un cercle. La trajectoire est donc circulaire, de rayon noté r_L (rayon de Larmor) :

\boxed{r_L = \frac{v_0}{\omega_c} \quad \text{avec} \quad \omega_c = \frac{e B_0}{m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut mobiliser la base de Frenet et expliciter que la constance du rayon de courbure permet de conclure au caractère circulaire du mouvement.

« Les lacunes relatives à la base de Frenet empêchent les candidats de produire une démonstration convaincante du caractère circulaire de la trajectoire. »

« Pour les candidats qui parviennent à une expression du rayon de courbure, il faut mentionner que ce dernier est constant pour conclure que la trajectoire est circulaire. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : principe fondamental de la dynamique, trajectoire

En projetant le principe fondamental de la dynamique selon , montrer que la composante de la vitesse du cation selon est constante. En déduire que le mouvement est rectiligne. Peut-on affirmer que le cation est confiné ?

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique sur l'axe \vec{u}_z et constater l'absence de force magnétique longitudinale pour conclure sur la liberté de mouvement axial.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au cation et projeter sur l'axe (Oz) en exploitant la propriété d'orthogonalité du produit vectoriel.
  2. Exploiter la condition initiale de vitesse colinéaire à \vec{B} pour établir que la force magnétique reste constamment nulle, ce qui conduit à un mouvement rectiligne uniforme.
  3. Conclure sur le confinement en analysant la loi horaire z(t) et le risque de fuite aux extrémités du dispositif.
Voir la réponse courte

La composante de force selon z est nulle donc v_z = \text{cte} : le cation n'est pas confiné selon l'axe.

Voir le corrigé complet

On étudie le cation de masse m et de charge électrique q = +e dans le référentiel d'étude supposé galiléen. Il est soumis uniquement à la force magnétique de Lorentz :

\vec{F}_m = e\,\vec{v}\wedge \vec{B} = e\,\vec{v}\wedge (B_0\,\vec{u}_z)

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m\,\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = e\,\vec{v}\wedge (B_0\,\vec{u}_z)

En projetant cette relation vectorielle selon le vecteur unitaire \vec{u}_z :

m\,\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} = \left[ e\,\vec{v}\wedge (B_0\,\vec{u}_z) \right] \cdot \vec{u}_z

Or, par propriété du produit mixte, le vecteur \vec{v}\wedge \vec{u}_z est orthogonal à \vec{u}_z, donc son produit scalaire avec \vec{u}_z est identiquement nul :

m\,\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} = 0 \implies \boxed{v_z = \text{cte}}

À l'instant initial, la vitesse \vec{v}(0) est parallèle au champ magnétique \vec{B} = B_0\,\vec{u}_z, c'est-à-dire :

\vec{v}(0) = v_0\,\vec{u}_z \quad \text{et} \quad \vec{v}_\perp(0) = \vec{0}

La force initiale est donc rigoureusement nulle : \vec{F}_m(0) = e\,\vec{v}(0)\wedge \vec{B} = \vec{0}, de sorte que l'accélération initiale est nulle. La particule n'acquiert aucune composante de vitesse perpendiculaire à \vec{u}_z (\vec{v}_\perp(t) = \vec{0} à tout instant), et sa vitesse s'écrit constamment :

\vec{v}(t) = v_0\,\vec{u}_z = \vec{\text{cte}}

Le vecteur vitesse étant constant et dirigé selon (Oz), le mouvement du cation est rectiligne uniforme d'axe (Oz).

Confinement : La position du cation selon l'axe (Oz) varie au cours du temps selon la loi horaire z(t) = z(0) + v_0\,t. La coordonnée z(t) croît indéfiniment en valeur absolue au cours du temps : le cation va inévitablement atteindre l'une des extrémités du solénoïde et s'échapper.

Par conséquent, on ne peut pas affirmer que le cation est confiné (absence de confinement longitudinal).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde à ne pas confondre la vitesse initiale et la vitesse à tout instant lors du calcul de la force magnétique.

« De nombreux candidats n’ont pas pris le temps d’une analyse attentive de la situation ; ils confondent vitesse initiale et vitesse à tout instant pour conclure que la force magnétique est nulle par colinéarité »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : confinement magnétique, trajectoire

Actuellement, la majorité des recherches sur le confinement magnétique portent sur les tokamaks, pour lesquels les bobines produisant le champ magnétique ne forment pas un cylindre (comme pour le solénoïde) mais un tore (figure 2), qui est un cylindre refermé sur lui-même. Le confinement magnétique du plasma est donc assuré par les bobines toroïdales (le rôle du solénoïde central sera étudié dans la sous-partie III.2). Quelle raison a conduit à retenir une géométrie toroïdale ?

Voir l'indice

Considérer le sort des particules chargées atteignant les extrémités d'un cylindre droit ouvert et analyser l'avantage topologique d'une ligne de champ refermée en anneau.

Voir la stratégie
  1. Partir du constat établi à la question précédente : dans un solénoïde linéaire fini, la vitesse parallèle v_z reste constante, ce qui entraîne une perte inévitable des particules aux deux extrémités du cylindre (fuites longitudinales).
  2. Expliquer comment le repliement du cylindre en un tore élimine ces extrémités et permet aux particules de s'enrouler indéfiniment le long de lignes de champ fermées sans rencontrer de paroi axiale.
Voir la réponse courte

Refermer le cylindre en tore supprime les extrémités ouvertes et évite les fuites axiales de particules.

Voir le corrigé complet

Dans un solénoïde cylindrique de longueur finie, le mouvement d'une particule chargée comporte une composante de vitesse v_z = \text{cte} le long de l'axe (Oz) (d'après la question Q5). La particule finit donc inévitablement par s'échapper par l'une des extrémités ouvertes du solénoïde et percuter les parois : il n'y a pas de confinement selon la direction parallèle au champ magnétique.

En refermant le cylindre sur lui-même sous la forme d'un tore, on élimine les extrémités :

  • les lignes de champ magnétique deviennent fermées (ou quasi-périodiques le long de la surface torique) ;
  • le mouvement d'avance parallèle au champ magnétique ne mène plus à une sortie du dispositif, mais boucle indéfiniment autour de l'axe du tore.
\boxed{\text{La géométrie toroïdale supprime les pertes longitudinales aux extrémités du cylindre.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La résolution correcte dépendait directement de la conclusion obtenue à la question précédente.

« Question bien traitée uniquement par les candidats ayant conclu correctement à la question précédente. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : rayon de larmor

Calculer le rayon de Larmor d'un cation d'hélium (masse ) de vitesse dans le tokamak d'ITER produisant un champ magnétique . Commenter, sachant que les rayons internes des bobines toroïdales sont de à l'horizontale et de à la verticale.

Voir l'indice

Remplacer directement les données numériques dans la formule du rayon de Larmor r_L = m v_0 / (e B_0) et comparer la valeur obtenue aux dimensions métriques de la chambre du tokamak.

Voir la réponse courte

Calcul de r_L \approx 1{,}0\text{ mm}, très petit devant les dimensions métriques du tokamak, garantissant un confinement transverse efficace.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q4, le rayon de Larmor d'une particule de masse m, de charge q = +e et de vitesse v_0 dans un champ magnétique uniforme B_0 s'écrit :

r_L = \frac{m v_0}{e B_0}

Pour un cation d'hélium ^{4}_{2}\mathrm{He}^+, avec les données fournies :

  • m = 6{,}6 \cdot 10^{-27}\text{ kg} ;
  • v_0 = 3 \cdot 10^5\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • e = 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ C} ;
  • B_0 = 12\text{ T}.

L'application numérique donne :

r_L = \frac{6{,}6 \cdot 10^{-27} \times 3 \cdot 10^5}{1{,}6 \cdot 10^{-19} \times 12} \approx 1{,}03 \cdot 10^{-3}\text{ m}
\boxed{r_L \approx 1{,}0\text{ mm}}

Commentaire : Le rayon de Larmor obtenu (r_L \approx 1{,}0\text{ mm}) est extrêmement petit devant les dimensions caractéristiques de la chambre du tokamak (2\text{ m} à l'horizontale et 3{,}4\text{ m} à la verticale) :

r_L \ll a_{\text{tokamak}} \quad (\text{rapport d'environ } 10^{-3})

La particule chargée s'enroule donc très étroitement autour des lignes de champ magnétique sans risquer d'atteindre les parois par son seul mouvement cyclotronique transversal. Le confinement magnétique transverse est donc particulièrement efficace.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Comparer le rayon de Larmor au rayon des bobines ne suffisait pas, il fallait conclure explicitement sur le confinement.

« L’application numérique est très souvent correcte. Mais comparer ce rayon au rayon des bobines ne suffit pas : il faut en déduire que le cation peut rester confiné dans le tokamak. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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I.2 · Bouteille magnétique

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : champ magnétostatique, ligne de champ magnétique

Comment évolue qualitativement l'intensité du champ magnétique lorsqu'on se rapproche des bords de la bouteille magnétique (c'est-à-dire lorsque augmente) ? Représenter graphiquement l'allure de la norme du champ magnétique sur l'axe .

Voir l'indice

Traduire le resserrement spatial des lignes de champ à l'approche des spires resserrées en termes d'augmentation locale de la norme du champ B(z) de part et d'autre de z=0.

Voir la réponse courte

Resserrement des lignes de champ vers les bobines d'extrémité : B(z) est minimal en z=0 et croît vers les bords.

Voir le corrigé complet

D'après les propriétés du champ magnétique, le flux de \vec{B} à travers un tube de champ se conserve car \mathrm{div}\,\vec{B} = 0. Ainsi, la norme du champ magnétique est d'autant plus grande que les lignes de champ sont resserrées.

Sur la figure 3 de l'énoncé, les lignes de champ se resserrent nettement lorsque l'on s'éloigne du centre z = 0 pour se rapprocher des bords (c'est-à-dire quand |z| augmente), sous l'effet de la diminution du rayon des spires.

Par conséquent :

\boxed{\text{L'intensité du champ magnétique } B(z) \text{ augmente lorsque } |z| \text{ augmente.}}

Par raison de symétrie par rapport au plan médian perpendiculaire à (Oz) en z = 0, la fonction B(z) est paire. Elle présente un minimum au centre (z = 0) et croît de part et d'autre pour atteindre des valeurs maximales au niveau des cols (ou étranglements) situés aux extrémités de la bouteille :

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'augmentation du champ doit être justifiée par la conservation du flux, et le tracé soigné en nommant les axes et les zones de champ uniforme.

« Si beaucoup de candidats savent interpréter le resserrement des lignes de champ magnétique comme une augmentation de l’intensité de ce champ, plus rares sont ceux qui le justifient par la conservation du flux. »

« Lors du tracé, les axes doivent être désignés et les zones de champ uniforme doivent être clairement représentées. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : moment magnétique, dipôle magnétique

Rappeler, schéma à l'appui, la définition du moment magnétique d'une boucle de courant plane.

Voir l'indice

Réaliser un schéma d'une boucle plane orientée de surface S parcourue par un courant I, et rappeler la formule liant le moment magnétique au vecteur surface orienté par la règle du tire-bouchon.

Voir la réponse courte

Définition \vec{\mu} = I S \vec{n} avec orientation de la normale fixée par la règle de la main droite.

Voir le corrigé complet

Considérons une boucle conductrice plane fermée, délimitant une surface d'aire S et parcourue par un courant électrique continu d'intensité I.

Le vecteur surface est défini par :

\vec{S} = S\,\vec{n}

où \vec{n} est le vecteur unitaire normal au plan de la boucle, dont le sens est déterminé par la règle de la main droite (ou du tire-bouchon) relativement au sens de circulation choisi pour le courant I.

Par définition, le moment magnétique \vec{\mu} de cette boucle de courant s'écrit :

\boxed{\vec{\mu} = I\,\vec{S} = I\,S\,\vec{n}}

Il s'exprime en \text{A}\cdot\text{m}^2 (ou de façon équivalente en \text{J}\cdot\text{T}^{-1}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne faut pas oublier le schéma et veiller à orienter l'intensité en cohérence avec le vecteur surface.

« Certains omettent de faire le schéma ou d’orienter convenablement l’intensité de façon cohérente avec le sens du vecteur surface. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : moment magnétique, rayon de larmor

Au voisinage de l'axe , le champ magnétique est localement uniforme et orienté selon : . Dans cette question, on suppose comme dans la Q4 que le mouvement du cation est circulaire, uniforme et de vitesse , perpendiculairement au champ magnétique. Montrer que le moment magnétique associé au cation a pour expression :

Voir l'indice

Associer à la giration cyclotronique de période T_c = 2\pi/\omega_c un courant moyen équivalent I = e/T_c, puis calculer le moment magnétique orbital d'une spire circulaire de rayon r_L.

Voir la stratégie
  1. Modéliser le cation en mouvement circulaire uniforme par une boucle de courant équivalente de période T, d'intensité I = e/T et de surface S = \pi r_L^2.
  2. Déterminer le sens de parcours de la trajectoire imposé par la force centripète de Lorentz afin d'orienter le vecteur normal \vec{n} selon la règle de la main droite.
  3. Injecter l'expression du rayon de Larmor r_L issue de la question Q4 pour obtenir l'expression finale.
Voir la réponse courte

Courant équivalent I = e\omega_c/(2\pi) et surface orbitaire pour aboutir au moment dipolaire diamagnétique \vec{\mu} = -(mv_\perp^2/2B)\vec{u}_z.

Voir le corrigé complet

Le cation de charge +e décrit à la vitesse v_\perp une trajectoire circulaire de rayon r_L. La période de ce mouvement orbital est :

T = \frac{2\pi r_L}{v_\perp}

Ce mouvement périodique équivaut à un courant électrique continu d'intensité :

I = \frac{e}{T} = \frac{e v_\perp}{2\pi r_L}

La trajectoire délimite un disque plan d'aire S = \pi r_L^2. La norme du moment magnétique équivalent vaut donc :

\mu = I S = \frac{e v_\perp}{2\pi r_L} \times \pi r_L^2 = \frac{1}{2} e v_\perp r_L

D'après l'étude menée à la question Q4, le rayon de Larmor s'exprime en fonction de B par :

r_L = \frac{v_\perp}{\omega_c} = \frac{m v_\perp}{e B}

En substituant r_L dans l'expression de \mu, il vient :

\mu = \frac{1}{2} e v_\perp \left(\frac{m v_\perp}{e B}\right) = \frac{m v_\perp^2}{2B}

Déterminons à présent l'orientation de \vec{\mu} = I S \vec{n} :

  • La force magnétique \vec{F}_m = e \vec{v}_\perp \wedge \vec{B} est centripète (dirigée vers le centre du cercle). Pour \vec{B} = B \vec{u}_z, le produit vectoriel impose que le cation tourne dans le sens rétrograde (sens des aiguilles d'une montre) par rapport à l'axe orienté par \vec{u}_z.
  • Le cation portant une charge positive +e, le sens conventionnel du courant I coïncide avec le sens de parcours de la particule.
  • D'après la règle du tire-bouchon de Maxwell (ou de la main droite), la normale \vec{n} associée à ce sens de parcours est orientée selon -\vec{u}_z.

On en déduit l'expression vectorielle du moment magnétique :

\boxed{\vec{\mu} = -\frac{m v_\perp^2}{2B}\vec{u}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait savoir adapter la démonstration du rapport gyromagnétique et justifier rigoureusement le signe moins.

« Il s’agissait pourtant d’adapter la démonstration de cours visant à établir le rapport gyromagnétique de l’électron. »

« Nous félicitons les quelques rares candidats qui ont su justifier proprement le signe moins apparaissant dans l’expression. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie mécanique, énergie potentielle

Montrer que est une constante. Quelle signification physique peut-on donner aux termes et du point de vue du dipôle magnétique ?

Voir l'indice

Décomposer l'énergie cinétique totale en composantes axiale et transverse, et identifier le terme transverse à l'énergie potentielle dipolaire E_p = -\vec{\mu} \cdot \vec{B}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle E_p = -\vec{\mu} \cdot \vec{B} à l'aide de l'expression de \vec{\mu} obtenue à la question Q10.
  2. Rapprocher l'expression de E de l'énergie cinétique totale de la particule et conclure sur sa conservation établie à la question Q2.
  3. Interpréter chaque terme dans le cadre d'un modèle unidimensionnel où le dipôle magnétique se déplace le long de l'axe (Oz).
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie cinétique totale et invariant adiabatique : E s'interprète comme l'énergie mécanique du mouvement axial sous potentiel E_p.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, le moment magnétique orbital associé au mouvement cyclotronique s'écrit au voisinage de l'axe :

\vec{\mu} = -\frac{m v_\perp^2}{2B} \vec{u}_z

Le champ magnétique étant localement colinéaire à l'axe, \vec{B} = B \vec{u}_z, l'énergie potentielle d'interaction dipolaire vaut :

\begin{aligned} E_p &= -\vec{\mu} \cdot \vec{B} \\ &= -\left( -\frac{m v_\perp^2}{2B} \vec{u}_z \right) \cdot \left( B \vec{u}_z \right) \\ &= \frac{1}{2} m v_\perp^2 \end{aligned}

En injectant cette relation dans l'expression de E, on obtient :

\begin{aligned} E &= \frac{1}{2} m v_\parallel^2 + E_p \\ &= \frac{1}{2} m v_\parallel^2 + \frac{1}{2} m v_\perp^2 \\ &= \frac{1}{2} m v^2 \end{aligned}

Or, d'après la question Q2, la puissance de la force de Lorentz magnétique est rigoureusement nulle, ce qui implique la conservation de l'énergie cinétique totale \mathcal{E}_c = \frac{1}{2} m v^2 de la particule. On en déduit immédiatement :

\boxed{E = \frac{1}{2}mv_\parallel^2 + E_p = \text{cte}}

Du point de vue du dipôle magnétique assimilé à une quasi-particule ponctuelle de masse m en mouvement le long de l'axe (Oz) :

  • Le terme \boxed{\frac{1}{2} m v_\parallel^2} représente son énergie cinétique de translation axiale (ou longitudinale) le long de l'axe (Oz).
  • La quantité \boxed{E} représente son énergie mécanique totale pour son mouvement unidimensionnel le long de l'axe (Oz) soumis au potentiel effectif E_p(z).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le cation devait être assimilé à un dipôle magnétique dont l'énergie mécanique s'identifie à l'énergie cinétique du cation.

« En considérant le cation comme un dipôle magnétique, on donnait une signification différente aux mêmes termes énergétiques : l’énergie cinétique du cation s’identifiait à l’énergie mécanique du dipôle magnétique. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle, état lié, miroir magnétique

Tracer l'allure de . Discuter qualitativement les différents mouvements possibles du cation dans la bouteille magnétique en fonction de la valeur de (états libres ou états liés). Dans quel cas peut-on dire que la bouteille magnétique se comporte comme un " miroir magnétique ", c'est-à-dire que le cation repart dans la direction opposée sur les bords de la bouteille ?

Voir l'indice

Représenter le profil de potentiel symétrique E_p(z) = |\mu| B(z) présentant deux barrières aux extrémités et discuter l'existence de points de rebroussement si E < E_{p,\max}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer E_p(z) à l'aide de la constante \mu = \frac{m v_\perp^2}{2B} pour relier directement le profil de potentiel à celui de B(z) obtenu en Q8.
  2. Tracer E_p(z) et utiliser la conservation de l'énergie mécanique E = \frac{1}{2}m v_\parallel^2 + E_p(z) avec la condition d'existence du mouvement \frac{1}{2}m v_\parallel^2 \ge 0 \iff E \ge E_p(z) pour discuter les types de trajectoires.
  3. Identifier les conditions de réflexion de la particule (effet de miroir magnétique).
Voir la réponse courte

Allure en cuvette de E_p(z) : si E < E_{p,\max}, réflexion aux points d'arrêt et confinement dans la bouteille.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q11, l'énergie potentielle du dipôle s'écrit :

E_p(z) = -\vec{\mu} \cdot \vec{B}(z) = \mu B(z) \quad \text{avec} \quad \mu = \frac{m v_\perp^2}{2B(z)} = \text{cte} > 0

L'énergie potentielle E_p(z) est donc directement proportionnelle à la norme du champ B(z). Elle admet un minimum en z = 0, noté E_{p,\min} = \mu B(0), et croît avec |z| jusqu'à atteindre un maximum E_{p,\max} = \mu B_{\max} aux étranglements (bords de la bouteille en z = \pm z_m).

La vitesse axiale v_\parallel vérifie à tout instant :

\frac{1}{2} m v_\parallel^2 = E - E_p(z) \ge 0 \implies E \ge E_p(z)

On distingue deux régimes selon la valeur de l'énergie mécanique E :

  • État lié (E_{p,\min} \le E < E_{p,\max}) : le mouvement selon (Oz) est restreint au domaine spatial [-z_r, +z_r], où les points de rebroussement vérifient E_p(\pm z_r) = E. La composante axiale de la vitesse s'y annule (v_\parallel = 0), et le cation effectue des oscillations périodiques de va-et-vient entre ces deux cotes. Le cation est confiné longitudinalement.
  • État libre (E > E_{p,\max}) : l'énergie de la particule dépasse la barrière de potentiel maximale. La vitesse v_\parallel ne s'annule jamais le long de l'axe : le cation franchit le col magnétique et s'échappe de la bouteille. Le cation n'est pas confiné.
\boxed{\text{Comportement en « miroir magnétique » lorsque } E < E_{p,\max}}

Lorsque cette condition est satisfaite, le cation s'approchant d'un bord voit B(z) augmenter. Pour conserver le moment magnétique \mu, son énergie cinétique transverse augmente au détriment de son énergie cinétique axiale \frac{1}{2}m v_\parallel^2. À la cote de demi-tour \pm z_r, v_\parallel s'annule et change de signe : la particule est réfléchie vers le centre de la bouteille.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question s'appuyait sur les résultats précédents et excluait les tracés hors-sujet d'énergie potentielle effective gravitationnelle.

« Question très peu traitée de manière satisfaisante car elle demandait une bonne appropriation des questions précédentes. »

« On regrette que certains candidats se lancent dans des réponses totalement horssujet, en traçant par exemple une courbe de type énergie potentielle effective dans un champ gravitationnel. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : miroir magnétique, confinement magnétique

Quel défaut présente la bouteille magnétique pour le confinement du plasma ?

Voir l'indice

Examiner le devenir des particules ayant une vitesse axiale initiale trop élevée ou subissant une collision réorientant le vecteur vitesse dans le cône de perte longitudinal.

Voir la réponse courte

Les particules à trop grande vitesse parallèle franchissent la barrière de potentiel et s'échappent (cône de perte).

Voir le corrigé complet

La bouteille magnétique présente un défaut majeur pour le confinement d'un plasma : le confinement longitudinal n'est pas parfait et présente des fuites inévitables aux deux extrémités.

Ce phénomène s'explique par deux mécanismes complémentaires :

  • L'existence d'un cône de perte : comme établi à la question précédente, seules les particules dont l'énergie mécanique vérifie E < E_{p,\max} sont piégées. Les particules dont la vitesse est trop inclinée par rapport au plan transverse (vitesse axiale v_\parallel trop grande devant v_\perp) possèdent une énergie E > E_{p,\max} ; elles franchissent le miroir magnétique et s'échappent définitivement du dispositif par les extrémités.
  • Le rôle des collisions : dans un plasma réel, les collisions entre particules redistribuent continuellement les directions des vitesses de façon aléatoire. Ainsi, des particules initialement piégées peuvent acquérir une vitesse axiale suffisante pour entrer dans le cône de perte et s'échapper, entraînant une vidange progressive du réacteur.
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Partie II : Diffusion du plasma

II.1 · Équation de diffusion ambipolaire

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en BCPST1

Notions : équation de diffusion, conservation de la matière

Établir l'équation locale de conservation des électrons :

Donner par analogie l'équation locale de conservation des ions.

Voir l'indice

Effectuer un bilan du nombre d'électrons pendant \mathrm{d}t dans une tranche unidimensionnelle comprise entre x et x+\mathrm{d}x en l'absence de terme de création ou de recombinaison volumique.

Voir la stratégie

Pour établir une équation locale de conservation unidimensionnelle :

  1. On définit un système ouvert de volume fixe (tranche de plasma entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x, de section droite d'aire S).
  2. On effectue un bilan du nombre d'électrons pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t, en reliant la variation temporelle du stock aux flux entrants et sortants (en l'absence de terme source).
Voir la réponse courte

Bilan de particules sur une tranche élémentaire unidimensionnelle pour obtenir la loi de conservation locale.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fixe délimité par une tranche de plasma comprise entre les plans d'abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite d'aire S orthogonale à l'axe (Ox), pendant une durée élémentaire \mathrm{d}t.

Le nombre d'électrons contenus dans cette tranche à l'instant t s'écrit :

N_e(t) = n_e(x,t)\,S\,\mathrm{d}x

La variation de ce nombre pendant la durée \mathrm{d}t est :

\mathrm{d}N_e = N_e(t+\mathrm{d}t) - N_e(t) = \frac{\partial n_e}{\partial t}(x,t)\,\mathrm{d}t\,S\,\mathrm{d}x

Par ailleurs, les recombinaisons et créations d'espèces étant négligées au sein du plasma, la variation de N_e n'est due qu'au flux de particules à travers les surfaces frontières :

  • nombre d'électrons entrant à l'abscisse x pendant \mathrm{d}t : \delta N_e^{\text{entrant}} = j_e(x,t)\,S\,\mathrm{d}t ;
  • nombre d'électrons sortant à l'abscisse x+\mathrm{d}x pendant \mathrm{d}t : \delta N_e^{\text{sortant}} = j_e(x+\mathrm{d}x,t)\,S\,\mathrm{d}t.

Le bilan de matière s'écrit donc :

\begin{aligned} \mathrm{d}N_e &= \delta N_e^{\text{entrant}} - \delta N_e^{\text{sortant}} \\ \frac{\partial n_e}{\partial t}(x,t)\,\mathrm{d}t\,S\,\mathrm{d}x &= -\left[j_e(x+\mathrm{d}x,t) - j_e(x,t)\right]S\,\mathrm{d}t \\ \frac{\partial n_e}{\partial t}(x,t)\,\mathrm{d}t\,S\,\mathrm{d}x &= -\frac{\partial j_e}{\partial x}(x,t)\,\mathrm{d}x\,S\,\mathrm{d}t \end{aligned}

En simplifiant par S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t \neq 0, on obtient l'équation locale de conservation des électrons :

\boxed{\frac{\partial n_e}{\partial t} + \frac{\partial j_e}{\partial x} = 0}

De façon tout à fait analogue, en l'absence de terme source ou puits pour les ions, le bilan sur les ions de charge +e conduit à :

\boxed{\frac{\partial n_i}{\partial t} + \frac{\partial j_i}{\partial x} = 0}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : conservation de la charge, condition aux limites

Les parois étant conductrices, les électrons libres et les ions arrivant sur les parois se recombinent entre eux de façon quasi-instantanée, si bien que sur les parois. En effectuant un bilan de charge électrique sur la paroi située en , établir la relation .

Voir l'indice

Écrire la condition de neutralité électrique globale de la paroi conductrice en imposant que le flux de charge total incident s'annule pour éviter une accumulation infinie de charge.

Voir la stratégie
  1. Considérer une surface élémentaire S de la paroi située en x = L, normale à l'axe (Ox) orienté par \vec{u}_x.
  2. Exprimer le bilan de charge électrique apportée par les ions (+e) et les électrons (-e) traversant cette surface pendant un intervalle de temps dt.
  3. Exploiter la recombinaison quasi-instantanée et l'absence d'accumulation de charge pour en déduire l'égalité des flux.
Voir la réponse courte

L'absence d'accumulation indéfinie de charges sur la paroi isolante ou équilibrée impose l'égalité des flux en x=L.

Voir le corrigé complet

Considérons une surface S de la paroi conductrice en x = L, dont la normale orientée vers l'extérieur du plasma est \vec{u}_x.

Pendant un intervalle de temps dt, les nombres de particules atteignant cette surface sont :

  • pour les ions (de charge +e) : dN_i = j_i(L, t)\, S\, dt,
  • pour les électrons (de charge -e) : dN_e = j_e(L, t)\, S\, dt.

La charge électrique totale nette apportée à cette portion de paroi pendant dt s'écrit donc :

dq = (+e)\, dN_i + (-e)\, dN_e = e \big(j_i(L, t) - j_e(L, t)\big) S\, dt

Les parois étant conductrices et la recombinaison entre ions et électrons étant quasi-instantanée, il ne peut y avoir d'accumulation de charge électrique nette sur la paroi. La densité surfacique de charge reste nulle (\sigma = 0), d'où :

\frac{dq}{dt} = 0 \implies e \big(j_i(L, t) - j_e(L, t)\big) S = 0

Comme e \neq 0 et S \neq 0, on obtient directement :

\boxed{j_i(x = L, t) = j_e(x = L, t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait s'approprier la méthode du bilan local pour l'adapter à une situation inhabituelle plutôt que de l'appliquer mécaniquement.

« Cette question, nettement moins réussie que la précédente, a permis de distinguer les candidats qui s’étaient véritablement appropriés la méthode du bilan local de ceux qui l’appliquaient de façon mécanique. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : quasi-neutralité, équation de diffusion

À l'aide des résultats des deux questions précédentes, montrer que .

Voir l'indice

Effectuer la différence des équations de conservation des deux espèces en exploitant l'hypothèse de quasi-neutralité locale n_i(x,t) = n_e(x,t) et la condition aux limites en x=L.

Voir la réponse courte

La quasi-neutralité n_i \approx n_e impose la divergence nulle du flux net, d'où j_i(x,t) = j_e(x,t) partout.

Voir le corrigé complet

D'après l'hypothèse de quasi-neutralité du plasma, les densités volumiques d'ions et d'électrons sont égales en tout point et à tout instant :

n_i(x,t) = n_e(x,t) = n(x,t)

Par dérivation temporelle, il vient :

\frac{\partial n_i}{\partial t} = \frac{\partial n_e}{\partial t}

En utilisant les équations locales de conservation établies à la question Q14 :

\begin{aligned} \frac{\partial n_i}{\partial t} + \frac{\partial j_i}{\partial x} = 0 \quad &\Longrightarrow \quad \frac{\partial j_i}{\partial x} = -\frac{\partial n_i}{\partial t} \\ \frac{\partial n_e}{\partial t} + \frac{\partial j_e}{\partial x} = 0 \quad &\Longrightarrow \quad \frac{\partial j_e}{\partial x} = -\frac{\partial n_e}{\partial t} \end{aligned}

On en déduit que la dérivée spatiale de la différence des densités de flux est nulle :

\frac{\partial}{\partial x}\big(j_i(x,t) - j_e(x,t)\big) = 0

La quantité j_i(x,t) - j_e(x,t) ne dépend donc pas de x, il existe une fonction C(t) telle que :

j_i(x,t) - j_e(x,t) = C(t)

Or, d'après la condition aux limites obtenue à la question Q15 sur la paroi en x = L :

j_i(L,t) = j_e(L,t) \quad \Longrightarrow \quad C(t) = 0

Cette égalité étant vérifiée pour tout t, on en déduit finalement que pour tout x \in [0,L] et tout instant t :

\boxed{j_i(x,t) = j_e(x,t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était indispensable de faire figurer une constante d'intégration et d'en justifier la nullité.

« La démarche a été souvent comprise, mais il était impératif de faire apparaître une constante d’intégration et de justifier sa nullité pour obtenir tous les points. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de fick, mobilité

Comment s'appelle la loi associée au terme apparaissant dans ces deux expressions ? Que traduit physiquement le terme ?

Voir l'indice

Nommer la première loi de diffusion de Fick pour le terme de gradient, et interpréter le second terme comme une vitesse de dérive induite par la force électrostatique.

Voir la réponse courte

Loi de Fick pour la diffusion moléculaire et terme de migration/dérive sous l'action du champ électrique.

Voir le corrigé complet
  • Le terme -D\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,n correspond à la loi de Fick (ou première loi de Fick), qui décrit le phénomène de diffusion moléculaire tendant à homogénéiser les concentrations sous l'effet de l'agitation thermique, des zones les plus concentrées vers les zones les moins concentrées.
  • Le terme \pm n\,\mu \vec{E} traduit le phénomène d'entraînement ou de dérive (migration) des particules chargées sous l'action de la force électrostatique \vec{F} = q\vec{E} créée par le champ électrique :

    • en régime permanent, l'équilibre entre la force électrique et la force de frottement fluide issue des collisions avec le milieu confère aux porteurs une vitesse moyenne de dérive \vec{v}_{\mathrm{d}} = \pm \mu \vec{E} (dans le sens de \vec{E} pour les ions de charge +e, en sens opposé pour les électrons de charge -e, avec des mobilités \mu_i > 0 et \mu_e > 0) ;
    • la densité de flux de particules correspondante est alors donnée par \vec{\jmath}_{\mathrm{d\acute{e}rive}} = n\,\vec{v}_{\mathrm{d}} = \pm n\,\mu \vec{E}.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne suffisait pas d'évoquer le champ électrique, il fallait mentionner explicitement l'action de la force électrique.

« La loi de Fick a été reconnue dans la grande majorité des copies. En revanche, l’interprétation du second terme a été trop vague : parler d’un terme « lié au champ électrique » ne suffisait pas, il fallait au minimum mentionner qu’il s’agissait d’une conséquence de la force électrique. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : diffusion ambipolaire, loi de fick

Après avoir exprimé en fonction de , montrer que avec le coefficient de diffusion ambipolaire, qu'on exprimera en fonction de , , et de .

Voir l'indice

Égaler les deux densités de flux pour exprimer le champ électrique ambipolaire E(x,t) en fonction de \frac{\partial n}{\partial x}, puis réinjecter ce champ dans l'une des deux équations de flux.

Voir la stratégie
  1. Projeter les relations vectorielles des densités de flux sur l'axe (Ox) pour j_i(x, t) et j_e(x, t).
  2. Exploiter l'égalité des flux j_i(x,t) = j_e(x,t) issue de la question Q16 afin d'isoler le champ électrique E(x, t) en fonction de \frac{\partial n}{\partial x}.
  3. Réinjecter cette expression de E(x, t) dans l'une des expressions de flux pour identifier le coefficient de diffusion ambipolaire D_a.
Voir la réponse courte

Élimination du champ électrique entre les deux expressions de flux pour isoler le coefficient de diffusion ambipolaire D_a.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la projection des vecteurs densité de flux d'ions et d'électrons sur le vecteur unitaire \vec{u}_x s'écrit :

\begin{aligned} j_i(x,t) &= n(x,t)\,\mu_i E(x,t) - D_i \frac{\partial n}{\partial x}(x,t) \\ j_e(x,t) &= -n(x,t)\,\mu_e E(x,t) - D_e \frac{\partial n}{\partial x}(x,t) \end{aligned}

D'après la question Q16, la quasi-neutralité impose l'égalité des flux : j_i(x,t) = j_e(x,t). On en déduit :

\begin{aligned} n\mu_i E - D_i \frac{\partial n}{\partial x} &= -n\mu_e E - D_e \frac{\partial n}{\partial x} \\ n(\mu_i + \mu_e) E &= (D_i - D_e)\frac{\partial n}{\partial x} \end{aligned}

Ce qui donne l'expression du champ électrique interne :

\boxed{E(x,t) = \frac{D_i - D_e}{\mu_i + \mu_e}\frac{1}{n}\frac{\partial n}{\partial x}}

En réinjectant cette expression de E(x,t) dans celle du flux d'ions j = j_i :

\begin{aligned} j &= n\mu_i \left(\frac{D_i - D_e}{\mu_i + \mu_e}\frac{1}{n}\frac{\partial n}{\partial x}\right) - D_i \frac{\partial n}{\partial x} \\ &= \left(\frac{\mu_i(D_i - D_e) - D_i(\mu_i + \mu_e)}{\mu_i + \mu_e}\right) \frac{\partial n}{\partial x} \\ &= \left(\frac{\mu_i D_i - \mu_i D_e - \mu_i D_i - \mu_e D_i}{\mu_i + \mu_e}\right) \frac{\partial n}{\partial x} \\ &= -\left(\frac{\mu_i D_e + \mu_e D_i}{\mu_i + \mu_e}\right) \frac{\partial n}{\partial x} \end{aligned}

On obtient bien la loi de Fick globale j = -D_a \frac{\partial n}{\partial x} avec le coefficient de diffusion ambipolaire :

\boxed{D_a = \frac{\mu_i D_e + \mu_e D_i}{\mu_i + \mu_e}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait mener à bien les calculs et simplifier l'expression finale du coefficient de diffusion ambipolaire.

« Les calculs, pourtant sans grande difficulté, ont été peu abordés. Il fallait simplifier au maximum l’expression de DDaa pour obtenir tous les points. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en BCPST1

Notions : équation de diffusion

En déduire l'équation de diffusion ambipolaire :

Voir l'indice

Insérer la relation de flux j = -D_a \frac{\partial n}{\partial x} dans l'équation locale de conservation de la matière.

Voir la réponse courte

Insertion du flux ambipolaire dans l'équation de conservation locale de la densité particulaire.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation locale de conservation des particules établie à la question Q14 et compte tenu de la condition de quasi-neutralité n_i = n_e = n associée à l'égalité des flux j_i = j_e = j (question Q16), la densité n(x,t) vérifie :

\frac{\partial n}{\partial t} + \frac{\partial j}{\partial x} = 0

En substituant l'expression de la densité de flux ambipolaire obtenue à la question Q18, j(x,t) = -D_a \frac{\partial n}{\partial x}, et sachant que les coefficients de transport (\mu_i, \mu_e, D_i, D_e) sont supposés constants et uniformes dans le plasma, le coefficient de diffusion ambipolaire D_a est indépendant de x :

\frac{\partial n}{\partial t} + \frac{\partial}{\partial x}\left(-D_a \frac{\partial n}{\partial x}\right) = 0

On en déduit l'équation de diffusion ambipolaire :

\boxed{\frac{\partial n}{\partial t} = D_a \frac{\partial^2 n}{\partial x^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le résultat étant fourni par l'énoncé, le détail explicite des calculs était indispensable.

« Le résultat étant donné, il était indispensable d’expliciter les calculs. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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II.2 · Résolution de l'équation de diffusion ambipolaire

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, séparation des variables

Montrer que l'équation de diffusion ambipolaire se ramène au système d'équations différentielles :

avec une constante homogène à un temps, qui sera introduite au cours du calcul et qu'on supposera positive dans les questions suivantes.

Voir l'indice

Substituer n(x,t) = F(t)G(x) dans l'équation de diffusion, diviser par F(t)G(x) pour séparer les variables et introduire une constante de séparation réelle homogène -1/\tau.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme à variables séparées n(x,t) = F(t)G(x) dans l'équation de diffusion ambipolaire obtenue en Q19.
  2. Séparer les variables en isolant la dépendance temporelle d'un côté de l'égalité et la dépendance spatiale de l'autre.
  3. Égaler les deux membres à une constante de séparation, notée -1/\tau, pour aboutir au système d'équations différentielles ordinaires demandé.
Voir la réponse courte

Recherche de solution sous forme produit F(t)G(x) et introduction de la constante de séparation -1/\tau.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, la densité n(x,t) vérifie l'équation de diffusion ambipolaire :

\frac{\partial n}{\partial t} = D_a \frac{\partial^2 n}{\partial x^2}

En introduisant la forme à variables séparées n(x,t) = F(t)G(x), les dérivées partielles s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial n}{\partial t}(x,t) &= \frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}t}(t) \, G(x) \\ \frac{\partial^2 n}{\partial x^2}(x,t) &= F(t) \, \frac{\mathrm{d}^2G}{\mathrm{d}x^2}(x) \end{aligned}

En reportant dans l'équation de diffusion et en divisant membre à membre par le produit non nul F(t)G(x) :

\frac{1}{F(t)}\frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}t}(t) = \frac{D_a}{G(x)}\frac{\mathrm{d}^2G}{\mathrm{d}x^2}(x)

Le membre de gauche est une fonction dépendant uniquement du temps t, tandis que le membre de droite dépend uniquement de la variable d'espace x. Par conséquent, ces deux expressions sont nécessairement égales à une même constante indépendante de x et de t.

En notant cette constante de séparation sous la forme -\dfrac{1}{\tau}, on obtient :

\begin{aligned} \frac{1}{F(t)}\frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}t} &= -\frac{1}{\tau} \implies \frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}t} + \frac{F}{\tau} = 0 \\ \frac{D_a}{G(x)}\frac{\mathrm{d}^2G}{\mathrm{d}x^2} &= -\frac{1}{\tau} \implies \frac{\mathrm{d}^2G}{\mathrm{d}x^2} + \frac{G}{D_a \tau} = 0 \end{aligned}

Comme \dfrac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}t} et \dfrac{F}{\tau} ont même dimension, [\tau] = [t] : \tau est bien une constante homogène à un temps.

On aboutit ainsi au système différentiel :

\boxed{\left\{\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}t} + \frac{F}{\tau} &= 0 \\[2mm] \frac{\mathrm{d}^2G}{\mathrm{d}x^2} + \frac{G}{D_a \tau} &= 0 \end{aligned}\right.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut préciser pourquoi deux termes dépendant de variables indépendantes sont nécessairement constants.

« Beaucoup de candidats ont bien fait apparaître une égalité entre deux termes s’exprimant à partir de variables indépendantes. Il faut toutefois bien préciser pourquoi ces deux termes sont nécessairement constants. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : équation différentielle, équation de diffusion

En déduire en fonction de , et de deux constantes d'intégration qu'on ne cherchera pas à déterminer à ce stade.

Voir l'indice

Résoudre l'équation temporelle du premier ordre en exponentielle décroissante et l'équation spatiale du second ordre en combinaison de fonctions trigonométriques sinus et cosinus.

Voir la réponse courte

Résolution des équations différentielles en temps (exponentielle) et en espace (combinaison de sinus et cosinus).

Voir le corrigé complet

D'après le système d'équations différentielles obtenu à la question Q20 :

\left\{ \begin{aligned} \frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}t} + \frac{F}{\tau} &= 0 \\[4pt] \frac{\mathrm{d}^2G}{\mathrm{d}x^2} + \frac{G}{D_a \tau} &= 0 \end{aligned} \right.
  1. Résolution de l'équation temporelle :

    Il s'agit d'une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants. Sa solution générale s'écrit :

    F(t) = C_0 \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)

    où C_0 est une constante réelle.

  2. Résolution de l'équation spatiale :

    Comme D_a > 0 et \tau > 0, le terme \frac{1}{D_a \tau} est strictement positif. L'équation différentielle du second ordre :

    \frac{\mathrm{d}^2G}{\mathrm{d}x^2} + \frac{1}{D_a \tau} G = 0

    est celle d'un oscillateur harmonique spatial de pulsation spatiale k = \frac{1}{\sqrt{D_a \tau}}. Sa solution générale s'écrit sous la forme :

    G(x) = A' \cos\left(\frac{x}{\sqrt{D_a \tau}}\right) + B' \sin\left(\frac{x}{\sqrt{D_a \tau}}\right)

    où A' et B' sont deux constantes réelles.

  3. Expression de n(x,t) :

    Par définition, n(x,t) = F(t)G(x). En absorbant la constante multiplicative C_0 dans les constantes spatiales (A = C_0 A' et B = C_0 B'), la solution générale fait intervenir exactement deux constantes d'intégration indépendantes A et B :

\boxed{n(x, t) = \left[ A \cos\left(\frac{x}{\sqrt{D_a \tau}}\right) + B \sin\left(\frac{x}{\sqrt{D_a \tau}}\right) \right] \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les constantes d'intégration devaient être regroupées pour n'en laisser que deux dans la solution finale.

« En revanche, il fallait rassembler les trois constantes apparaissant dans les deux solutions pour n’en faire apparaître que deux dans la solution produit. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : condition aux limites, équation de diffusion, mode propre

On rappelle que sur les parois, à tout instant. En utilisant ces conditions aux limites, montrer qu'il existe des modes de diffusion indicés par un entier tel que le temps caractéristique du mode a pour expression :

Voir l'indice

Appliquer les conditions de Dirichlet n(0,t)=0 et n(L,t)=0 pour annuler l'amplitude en cosinus et quantifier les pulsations spatiales autorisées par p\pi/L.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la condition aux limites en x = 0 à la forme générale établie à la question précédente pour éliminer la composante en cosinus.
  2. Appliquer la condition aux limites en x = L pour obtenir la condition de quantification du temps caractéristique \tau assurant l'existence d'une solution non identiquement nulle.
  3. Isoler \tau_p pour établir la relation demandée et expliciter les modes spatio-temporels n_p(x, t).
Voir la réponse courte

Annulation en x=0 et x=L fixant les composantes spatiales sinusoïdales et les temps caractéristiques \tau_p.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, la solution séparable s'écrit sous la forme :

n(x, t) = \left[ A \cos\left(\frac{x}{\sqrt{D_a \tau}}\right) + B \sin\left(\frac{x}{\sqrt{D_a \tau}}\right) \right] \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)

Les conditions aux limites imposent que la densité s'annule sur les deux parois en x = 0 et en x = L, et ce à tout instant t :

  • En x = 0 :

    n(0, t) = A \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) = 0 \quad \forall t \implies A = 0
  • En x = L :

    n(L, t) = B \sin\left(\frac{L}{\sqrt{D_a \tau}}\right) \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) = 0 \quad \forall t

Pour obtenir une solution non identiquement nulle (B \neq 0), l'argument du sinus doit être un multiple entier non nul de \pi :

\frac{L}{\sqrt{D_a \tau}} = p\pi \quad \text{avec} \quad p \in \mathbb{N}^*

(le choix de p < 0 ne conduirait qu'à un changement de signe de la constante d'intégration B, et p = 0 correspondrait à la solution identiquement nulle).

En élevant au carré, le temps caractéristique associé à l'entier p est quantifié et s'écrit :

\boxed{\tau_p = \frac{1}{D_a}\left(\frac{L}{p\pi}\right)^2}

À chaque entier p \in \mathbb{N}^* est ainsi associé un mode de diffusion :

n_p(x, t) = B_p \sin\left(\frac{p\pi x}{L}\right) \exp\left(-\frac{t}{\tau_p}\right)

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très largement réussie, avec plus de 75 % de bonnes réponses.

« Un taux de réussite très élevé à cette question (plus de 75% de réponses justes). »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : équation de diffusion, temps caractéristique

Si tous les modes de diffusion sont a priori présents à l'instant initial, seul le mode perdure de façon visible. Expliquer pourquoi. Donner l'expression de en fonction de , et d'une constante multiplicative, puis tracer sur l'intervalle pour deux instants et . Expliquer qualitativement pourquoi la densité de charge du plasma diminue au cours du temps.

Voir l'indice

Comparer les temps de décroissance \tau_p = \tau_1/p^2 des harmoniques d'ordre supérieur à celui du mode fondamental p=1, puis interpréter la décroissance par recombinaison sur les parois conductrices.

Voir la stratégie
  1. Comparer les temps caractéristiques \tau_p des différents modes pour interpréter l'atténuation préférentielle des harmoniques supérieures d'ordre p \ge 2.
  2. Exprimer le mode fondamental n_1(x,t) à partir des résultats de la question précédente en explicitant \tau_1 en fonction de D_a et L.
  3. Tracer les profils spatiaux sinusoïdaux amortis pour deux dates t_1 < t_2.
  4. Relier la diminution globale de la densité de particules chargées à la diffusion vers les parois et à la recombinaison de surface.
Voir la réponse courte

Les modes d'ordre supérieur s'amortissent plus vite (\tau_p = \tau_1/p^2) ; l'arche sinusoïdale s'affaisse par recombinaison pariétale.

Voir le corrigé complet

1. Prépondérance du mode fondamental p=1
D'après la question Q22, le temps caractéristique d'amortissement du mode p s'écrit :

\tau_p = \frac{\tau_1}{p^2} \quad \text{avec} \quad \tau_1 = \frac{L^2}{\pi^2 D_a}

Pour tout p \ge 2, on a \tau_p \le \frac{\tau_1}{4} \ll \tau_1. L'exponentielle temporelle \exp(-t/\tau_p) = \exp(-p^2 t / \tau_1) décroît beaucoup plus rapidement que celle du mode p=1.

Dès que t \gtrsim \tau_2 = \frac{\tau_1}{4}, les modes d'ordres supérieurs p \ge 2 sont fortement atténués : seul subsiste de façon significative le mode fondamental p = 1.

2. Expression de n_1(x,t)
En introduisant une constante multiplicative N_1, l'expression du mode fondamental s'écrit :

\boxed{n_1(x,t) = N_1 \sin\left(\frac{\pi x}{L}\right) \exp\left(-\frac{\pi^2 D_a}{L^2} t\right)}

3. Tracé des profils de densité à t_1 et t_2 > t_1
À chaque instant, la fonction x \mapsto n_1(x,t) présente une demi-arche sinusoïdale s'annulant en x = 0 et x = L, avec un maximum en x = L/2. Comme t_2 > t_1, le facteur d'amortissement vérifie \exp(-t_2/\tau_1) < \exp(-t_1/\tau_1), d'où une amplitude décroissante :

4. Diminution de la densité au cours du temps
Le gradient de densité dirige un flux net de diffusion de particules chargées (ions et électrons) du centre du plasma vers les bords x=0 et x=L. Arrivées au contact des parois conductrices, ces particules s'y recombinent quasi-instantanément pour former des espèces neutres (condition absorbante n=0).

Les parois jouent ainsi le rôle d'un puits de charges : le plasma perd continûment ses porteurs par diffusion et recombinaison surfacique, ce qui entraîne la décroissance globale de sa densité au cours du temps.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait justifier l'extinction des modes supérieurs et mener le calcul de la solution jusqu'à sa forme simplifiée.

« L’expression de nn1(xx, tt) devait être exprimée en fonction de DDaa et LL, puis simplifiée : des candidats perdent ainsi des points faute de prendre la peine de terminer leurs calculs. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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II.3 · Diffusion en présence de champ magnétique

Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, loi de fick

On suppose que le coefficient de diffusion peut s'exprimer en fonction de la vitesse quadratique moyenne de l'espèce diffusante et de la durée moyenne entre deux collisions. Par analyse dimensionnelle, exprimer en fonction de et de , à un facteur sans dimension près, qui sera pris égal à 1. Donner une explication physique de la dépendance de avec .

Voir l'indice

Vérifier par les unités [D] = \mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1} le produit d'une vitesse au carré par un temps de vol libre moyen, et expliquer physiquement l'influence du temps entre collisions sur l'étalement spatial.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la dimension du coefficient de diffusion D à partir de la loi de Fick ou de l'équation de diffusion, puis poser D = (v^*)^\alpha (\tau^*)^\beta pour identifier les exposants par analyse dimensionnelle.
  2. Relier la durée libre de parcours \tau^* au libre parcours moyen \ell^* = v^* \tau^* pour interpréter physiquement l'efficacité du transport par diffusion.
Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle [D] = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1} donnant D \sim (v^*)^2\tau^* ; des chocs espacés augmentent le libre parcours moyen.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de diffusion \dfrac{\partial n}{\partial t} = D \dfrac{\partial^2 n}{\partial x^2} (ou la loi de Fick j = -D \dfrac{\partial n}{\partial x}), la dimension de D vérifie :

[D] = \frac{[x]^2}{[t]} = \mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-1}

Les grandeurs v^* et \tau^* ont pour dimensions respectives :

[v^*] = \mathrm{L} \cdot \mathrm{T}^{-1} \quad \text{et} \quad [\tau^*] = \mathrm{T}

En cherchant D sous la forme D = (v^*)^\alpha (\tau^*)^\beta, l'égalité aux dimensions impose :

\mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-1} = \left(\mathrm{L} \cdot \mathrm{T}^{-1}\right)^\alpha \cdot \mathrm{T}^\beta = \mathrm{L}^\alpha \cdot \mathrm{T}^{\beta - \alpha}

Par identification :

\begin{aligned} \alpha &= 2 \\ \beta - \alpha &= -1 \implies \beta = 1 \end{aligned}

Avec un facteur sans dimension pris égal à 1, on en déduit l'expression de D :

\boxed{D = (v^*)^2 \tau^*}

Explication physique : La grandeur \ell^* = v^* \tau^* représente le libre parcours moyen d'une entité entre deux collisions successives. Plus la durée \tau^* entre collisions est grande, plus ce libre parcours moyen est important : l'entité effectue de plus grands pas rectilignes dans l'espace avant de voir sa trajectoire déviée aléatoirement. Les collisions constituent un frein au transport macroscopique ; moins elles sont fréquentes (c'est-à-dire plus \tau^* est grand), plus l'entité s'éloigne rapidement de sa position d'origine par marche au hasard, ce qui se traduit par une diffusion spatiale plus rapide et donc une valeur accrue de D.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre la durée moyenne entre deux chocs avec la fréquence des collisions.

« Il n’en est pas de même pour l’interprétation physique, certains candidats confondant la durée entre deux chocs avec la fréquence des chocs, ce qui conduit à des discussions aberrantes. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : pulsation cyclotron, plasma

À quelle condition sur le terme peut-on affirmer que le plasma est magnétisé ? À quelle condition est-il non magnétisé ?

Voir l'indice

Comparer la fréquence cyclotronique au taux de collision : le plasma est magnétisé si une particule réalise un grand nombre de girations complètes entre deux chocs consécutifs.

Voir la réponse courte

Plasma magnétisé si \omega_c \tau^* \gg 1 (nombreuses gyroscillations entre chocs) et non magnétisé si \omega_c \tau^* \ll 1.

Voir le corrigé complet

Le coefficient de diffusion transverse des ions en présence d'un champ magnétique stationnaire et uniforme s'écrit :

D_i' = \frac{D_i}{1 + (\omega_c \tau^*)^2}
  • Plasma non magnétisé : par définition, l'effet du champ magnétique sur la diffusion transverse est négligeable, c'est-à-dire que D_i' \simeq D_i. Cela impose que le terme correctif au dénominateur soit négligeable devant 1 :

    (\omega_c \tau^*)^2 \ll 1 \iff \boxed{\omega_c \tau^* \ll 1}
  • Plasma magnétisé : le champ magnétique réduit notablement le coefficient de diffusion transverse (D_i' \ll D_i). Le terme correctif domine alors largement 1 au dénominateur :

    (\omega_c \tau^*)^2 \gg 1 \iff \boxed{\omega_c \tau^* \gg 1}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas écrire qu'une grandeur sans dimension est très supérieure à zéro.

« Question très bien traitée. Rappelons cependant qu’écrire ωωccττ∗≫0 n’a aucun sens. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : diffusion de particules, plasma

Montrer que pour un plasma non magnétisé, est proportionnel à , tandis que pour un plasma magnétisé, est proportionnel à l'inverse de . Vérifier qu'un plasma magnétisé l'est d'autant plus que le champ magnétique est intense.

Voir l'indice

Effectuer les approximations asymptotiques du dénominateur selon que \omega_c \tau^* \ll 1 ou \omega_c \tau^* \gg 1, et expliciter la dépendance de \omega_c vis-à-vis du champ B_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de diffusion en l'absence de champ magnétique D_i en fonction de la vitesse quadratique moyenne v_i^* et du temps moyen entre collisions \tau^* d'après la question Q24.
  2. Développer l'expression de D_i' donnée par l'énoncé dans les deux régimes limites définis à la question Q25.
  3. Relier le paramètre \omega_c \tau^* à l'intensité du champ magnétique B_0 pour conclure sur le degré de magnétisation.
Voir la réponse courte

Comportement asymptotique de l'expression fournie : D_i' \propto \tau^* à champ faible et D_i' \propto 1/(\omega_c^2 \tau^*) à champ fort.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q24, le coefficient de diffusion des ions en l'absence de champ magnétique s'écrit :

D_i = (v_i^*)^2 \tau^*

où v_i^* est la vitesse quadratique moyenne des ions. L'expression du coefficient de diffusion transverse est :

D_i' = \frac{D_i}{1 + (\omega_c \tau^*)^2} = \frac{(v_i^*)^2 \tau^*}{1 + (\omega_c \tau^*)^2}

Cas d'un plasma non magnétisé (\omega_c \tau^* \ll 1) : Le dénominateur se réduit au premier ordre à 1 + (\omega_c \tau^*)^2 \approx 1. Il vient immédiatement :

\boxed{D_i' \approx (v_i^*)^2 \tau^* \propto \tau^*}

Le coefficient de diffusion transverse D_i' est donc bien proportionnel à \tau^*.

Cas d'un plasma magnétisé (\omega_c \tau^* \gg 1) : Le terme dominant au dénominateur est (\omega_c \tau^*)^2. Par conséquent :

D_i' \approx \frac{(v_i^*)^2 \tau^*}{(\omega_c \tau^*)^2} = \frac{(v_i^*)^2}{\omega_c^2 \tau^*}

soit :

\boxed{D_i' \propto \frac{1}{\tau^*}}

Le coefficient de diffusion transverse D_i' est donc bien proportionnel à l'inverse de \tau^*.

Influence du champ magnétique : La pulsation cyclotron des ions est donnée d'après la question Q4 par \omega_c = \dfrac{e B_0}{m}. Le paramètre de magnétisation s'exprime ainsi :

\omega_c \tau^* = \frac{e B_0 \tau^*}{m}

Ce produit est strictement proportionnel à la norme B_0 du champ magnétique. Plus le champ magnétique appliqué est intense :

  • plus la condition \omega_c \tau^* \gg 1 est largement satisfaite ;
  • plus la diffusion transverse est entravée, le coefficient variant selon :

    D_i' \approx \left(\frac{m v_i^*}{e}\right)^2 \frac{1}{B_0^2 \tau^*} \propto \frac{1}{B_0^2}

Le plasma est donc bien d'autant plus magnétisé que le champ magnétique est intense.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut exprimer le coefficient de diffusion en fonction du temps moyen pour établir rigoureusement la proportionnalité.

« La notion de proportionnalité ne semble pas toujours bien comprise par les candidats. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : rayon de larmor, plasma

Identifier, en justifiant votre réponse, quelle figure correspond à un plasma magnétisé.

Voir l'indice

Rechercher sur les trajectoires la présence d'hélices bien formées entre les centres de choc pour caractériser la prépondérance du guidage magnétique.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le critère de magnétisation obtenu à la question Q25 reliant \omega_c \tau^* au nombre de révolutions cyclotroniques entre deux collisions successives.
  2. Analyser le comportement de la particule représenté sur chacune des deux figures (a) et (b) au regard de ce critère pour conclure.
Voir la réponse courte

Identification de la figure montrant des trajectoires hélicoïdales serrées entre collisions successives.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, un plasma est dit magnétisé lorsque :

\omega_c \tau^* \gg 1 \iff \tau^* \gg \frac{T_c}{2\pi}

où T_c = \frac{2\pi}{\omega_c} est la période cyclotron de la particule chargée. Cette condition signifie que la particule effectue un grand nombre de gyrations cyclotroniques autour d'une ligne de champ magnétique entre deux collisions successives avec des espèces neutres.

  • Sur la figure (a), la particule chargée (boule blanche) décrit plusieurs spires d'hélice complètes autour des lignes de champ magnétique \vec{B} entre deux chocs avec les diffuseurs (boules noires). La durée moyenne entre deux collisions \tau^* est donc nettement supérieure à la période cyclotron T_c, ce qui correspond bien à \omega_c \tau^* \gg 1.
  • Sur la figure (b), la trajectoire est interrompue par des collisions avant même que la particule n'ait le temps d'effectuer une révolution cyclotronique complète (\omega_c \tau^* \lesssim 1), ce qui caractérise un plasma non magnétisé.
\boxed{\text{La figure (a) correspond à un plasma magnétisé.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La justification attendue reposait sur la comparaison du temps entre chocs avec la période cyclotron, ou sur l'anisotropie.

« La réponse la plus rigoureuse, à savoir la comparaison de ττ∗ avec la période cyclotron, n’a presque jamais été formulée. »

« Dire que ττ∗ est plus grand dans la figure (a) que dans la figure (b) est inexact car on ne connait pas la vitesse de la particule dans chaque cas. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : diffusion de particules, centré-guide

Expliquer qualitativement, en vous appuyant sur la figure 6, pourquoi est d'autant plus faible que est élevé dans un plasma magnétisé.

Voir l'indice

Raisonner sur la marche au hasard du centre de guidage de la particule : le pas spatial transversal étant bloqué au rayon de Larmor, augmenter l'intervalle temporel entre sauts ralentit la progression moyenne.

Voir la stratégie
  1. Décrire le mouvement de la particule entre deux collisions d'après la figure 6(a) (piégeage cyclotronique autour d'une ligne de champ).
  2. Identifier le rôle d'une collision sur le déplacement transverse (saut du centre de guidage de l'ordre du rayon de Larmor r_L).
  3. En déduire l'expression microscopique de la diffusion transverse et conclure sur l'influence de \tau^*.
Voir la réponse courte

Le déplacement net du centre-guide ne s'effectue que lors des collisions ; espacer les collisions freine donc la diffusion.

Voir le corrigé complet

Dans un plasma magnétisé (figure 6(a), où \omega_c \tau^* \gg 1) :

  • Entre deux collisions, le cation effectue de nombreuses rotations cyclotroniques autour d'une même ligne de champ : son déplacement perpendiculairement à \vec{B} est borné et confiné dans un tube de rayon de l'ordre du rayon de Larmor r_L. Sans collision, il n'y aurait aucune diffusion transverse.
  • Une collision avec une espèce neutre modifie brutalement la direction de la vitesse du cation, ce qui déplace le « centre de guidage » de sa trajectoire d'une distance élémentaire transversale :

    \Delta r_\perp \sim r_L
  • La diffusion transverse s'interprète donc comme une marche au hasard du centre de guidage, dont la longueur de pas \Delta r_\perp \sim r_L est fixée par le champ magnétique et indépendante de \tau^*, et dont la durée entre deux pas est \tau^*.

Le coefficient de diffusion transverse s'écrit donc en ordre de grandeur :

\boxed{D_i' \sim \frac{(\Delta r_\perp)^2}{\tau^*} \sim \frac{r_L^2}{\tau^*}}

Ainsi, plus la durée moyenne \tau^* entre deux collisions est élevée (collisions plus rares), moins les sauts du centre de guidage sont fréquents : le cation reste piégé plus longtemps autour de la même ligne de champ, ce qui diminue le coefficient de diffusion transverse D_i'.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question demandant du sens physique nécessitait une explication claire et non confuse.

« Cette question demandant des qualités de sens physique a permis à certains candidats de se distinguer. La plupart en revanche s’engagent dans des explications confuses. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : confinement magnétique, rayon de larmor

Justifier brièvement l'intérêt d'un fort champ magnétique pour confiner un plasma de fusion tel que celui présent dans un tokamak (figure 2). On admettra que les conclusions qualitatives concernant l'influence du champ magnétique restent valables pour un plasma de fusion.

Voir l'indice

Relier la forte diminution du coefficient de diffusion transverse D_\perp \propto 1/B_0^2 à la réduction des pertes de particules chaudes vers les parois matérielles de la chambre.

Voir la réponse courte

Un champ intense réduit le rayon de Larmor et le coefficient de diffusion transverse, minimisant les fuites de plasma.

Voir le corrigé complet

Dans la géométrie toroïdale d'un tokamak, les lignes de champ magnétique sont refermées sur elles-mêmes : les particules chargées s'enroulent autour de ces lignes de champ et ne peuvent s'échapper vers les parois matérielles que par transport perpendiculaire (diffusion transverse).

Or, pour un plasma magnétisé (\omega_c \tau^* \gg 1), le coefficient de diffusion transverse établi en Q26 vérifie :

D' \approx \frac{D}{(\omega_c \tau^*)^2} \propto \frac{1}{B_0^2}

Un champ magnétique B_0 très intense présente ainsi un double intérêt :

  • Réduire drastiquement la diffusion transverse vers les parois (D' \propto B_0^{-2}), ce qui limite considérablement les pertes de matière et assure un temps de confinement suffisant des réactifs ;
  • Protéger les parois du tokamak en évitant le contact direct avec le plasma porté à des dizaines de millions de degrés.
Voir ce qu'a relevé le jury

Le point-clé à souligner était la limitation de la diffusion perpendiculaire vers les parois du tokamak.

« Beaucoup de tentatives d’explications ont été formulées, mais souvent sans mettre l’accent sur le point-clé, à savoir la limitation de la diffusion perpendiculaire vers les parois du tokamak. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Partie III : Échauffement du plasma

III.1 · Température à atteindre pour initier la fusion

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle électrostatique, ordre de grandeur

La taille typique des noyaux d'hydrogène est de . En raisonnant dans le cadre de la mécanique classique, estimer l'ordre de grandeur de la température nécessaire pour que les réactions de fusion démarrent.

Voir l'indice

Égaler l'énergie cinétique thermique moyenne associée à l'agitation à la répulsion électrostatique coulombienne subie à une distance d'approche égale à la taille du noyau d.

Voir la stratégie
  1. Modéliser les noyaux comme deux charges ponctuelles identiques +e se rapprochant sous l'effet de l'agitation thermique.
  2. Évaluer l'énergie potentielle électrostatique de répulsion coulombienne maximale à la distance de contact d \approx 10^{-15}\text{ m}.
  3. Égaler l'énergie cinétique thermique moyenne à cette énergie potentielle pour estimer l'ordre de grandeur de la température d'amorçage classique.
Voir la réponse courte

Égalisation k_B T \sim e^2/(4\pi\varepsilon_0 d) menant à une estimation classique de l'ordre de 10^9 à 10^{10}\text{ K}.

Voir le corrigé complet

Considérons deux noyaux d'isotopes de l'hydrogène (deutérium et tritium), chacun de charge électrique q = +e.

Hypothèses de modélisation :

  • À des distances supérieures à la taille du noyau d = 10^{-15}\text{ m}, l'interaction nucléaire forte est négligeable et les noyaux ne sont soumis qu'à la répulsion électrostatique coulombienne.
  • Pour initier la réaction de fusion en mécanique classique, les noyaux doivent entrer en contact, ce qui impose d'atteindre une distance minimale de l'ordre de leur taille, soit r \le d.
  • L'énergie cinétique relative minimale requise doit vaincre la barrière coulombienne :

    E_{p,\max} = \frac{e^2}{4\pi \varepsilon_0 d}
  • D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie, l'énergie cinétique moyenne d'un noyau à la température T dans le plasma est reliée à la température par :

    \langle E_c \rangle = \frac{3}{2} k_B T

Pour que les chocs soient suffisamment énergétiques pour franchir la barrière coulombienne, l'ordre de grandeur de l'énergie cinétique thermique doit être au moins égal à l'énergie de la barrière de potentiel :

\begin{aligned} \frac{3}{2} k_B T &\sim \frac{e^2}{4\pi \varepsilon_0 d} \\ T &\sim \frac{e^2}{6\pi \varepsilon_0 k_B d} \end{aligned}

Application numérique : Avec les données du sujet :

  • e = 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ C}
  • \varepsilon_0 = 8{,}85 \cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}
  • k_B = 1{,}4 \cdot 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
  • d = 10^{-15}\text{ m}
\begin{aligned} T &\sim \frac{(1{,}6 \cdot 10^{-19})^2}{6\pi \times 8{,}85 \cdot 10^{-12} \times 1{,}4 \cdot 10^{-23} \times 10^{-15}} \\ T &\sim \frac{2{,}56 \cdot 10^{-38}}{2{,}335 \cdot 10^{-48}} \approx 1{,}1 \cdot 10^{10}\text{ K} \end{aligned}

On retient donc un ordre de grandeur de :

\boxed{T \sim 10^{10}\text{ K}}

(ou quelques dizaines de milliards de kelvins, qu'on utilise k_B T ou \frac{3}{2}k_B T).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dans cette question ouverte, expliciter la démarche et les hypothèses était indispensable pour obtenir tous les points.

« Question ouverte souvent bien résolue […] lorsqu’elle a été abordée ! À se demander s’il est pertinent d’indiquer qu’une question demande de l’initiative, tant cela semble faire fuir par principe les candidats »

« beaucoup de rédactions qui ont fait l’impasse sur la démarche et les hypothèses conduisant au résultat : c’est ainsi que des candidats ayant trouvé un résultat juste n’ont pas obtenu l’intégralité des points prévus par le barème. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : effet tunnel

La température à atteindre est en fait de l'ordre de 150 millions de degrés. Quel phénomène quantique est à l'origine de l'écart avec la température obtenue à la question précédente ?

Voir l'indice

Nommer le mécanisme quantique ondulatoire permettant le franchissement sous-barrière sans disposer de l'énergie mécanique requise classiquement (effet tunnel de Gamow).

Voir la réponse courte

L'effet tunnel quantique permet le franchissement de la barrière coulombienne à une énergie cinétique bien plus modeste.

Voir le corrigé complet

Le phénomène quantique responsable de cet écart est l'effet tunnel.

En mécanique classique, deux noyaux ne peuvent franchir la barrière de répulsion coulombienne que si l'énergie mécanique disponible dans le référentiel du centre de masse est supérieure au sommet de la barrière de potentiel (E \ge E_{p,\max}), ce qui imposait d'après la question précédente une température de l'ordre de 10^{10}\text{ K}.

En mécanique quantique, en vertu de la nature ondulatoire de la matière (longueur d'onde de de Broglie associée aux noyaux), la fonction d'onde décrivant l'état relatif des deux noyaux ne s'annule pas brutalement dans la région classiquement interdite sous la barrière de potentiel, mais y décroît de manière exponentielle. Il existe ainsi une probabilité de transmission non nulle par effet tunnel à travers la barrière coulombienne pour des énergies E < E_{p,\max}.

Les réactions de fusion peuvent par conséquent se produire à une énergie cinétique moyenne nettement inférieure à la hauteur de la barrière coulombienne, abaissant la température requise à environ 1{,}5 \cdot 10^8\text{ K} (soit environ 10\text{ à }15\text{ keV}).

Voir ce qu'a relevé le jury

Le phénomène quantique attendu à l'origine de cet écart était l'effet tunnel.

« L’effet tunnel a été peu cité. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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III.2 · Chauffage ohmique par induction

Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : inductance mutuelle, flux magnétique

Exprimer l'inductance mutuelle entre le solénoïde central et la boucle de courant, en fonction de et de . Calculer pour le tokamak ITER, sachant que et que le champ magnétique au centre du solénoïde est de pour un courant maximal de .

Voir l'indice

Calculer le flux magnétique propre généré par le solénoïde à travers une spire externe de rayon a_2 > a_1 en exploitant le confinement du champ dans la section \pi a_1^2, puis identifier M = \Phi / i_1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux du champ magnétique \vec{B}_1 créé par le solénoïde central à travers une surface s'appuyant sur la boucle de courant (le plasma).
  2. Identifier l'inductance mutuelle M via la relation constitutive \Phi_{1\to 2} = M i_1.
  3. Déterminer la constante \beta à l'aide des valeurs de champ et de courant données pour effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Calcul du flux mutuel \Phi_{1\to 2} = \beta \pi a_1^2 B_1 = M i_1 puis calcul numérique de M.

Voir le corrigé complet

Soit \mathcal{S}_2 une surface plane circulaire de rayon a_2 délimitée par la boucle de courant représentant le plasma. D'après la règle de la main droite appliquée au sens de circulation de i_2 (figure 7), la normale unitaire à \mathcal{S}_2 est orientée par \vec{e}_z.

Le flux du champ magnétique \vec{B}_1 à travers cette boucle s'écrit :

\begin{aligned} \Phi_{1\to 2} &= \iint_{\mathcal{S}_2} \vec{B}_1(r,t) \cdot \vec{e}_z \, \mathrm{d}S. \end{aligned}

Comme \vec{B}_1 = \beta i_1(t) \vec{e}_z pour r < a_1 et \vec{B}_1 = \vec{0} pour r > a_1, le champ magnétique est nul sur la zone annulaire a_1 < r < a_2. L'intégrale se réduit donc au disque de rayon a_1 sur lequel le champ est uniforme :

\begin{aligned} \Phi_{1\to 2} &= \iint_{r < a_1} \beta i_1(t) \, \mathrm{d}S = \beta \pi a_1^2 \, i_1(t). \end{aligned}

Par définition de l'inductance mutuelle, \Phi_{1\to 2} = M i_1(t), d'où :

\boxed{M = \beta \pi a_1^2}

Au centre du solénoïde, la relation entre le champ magnétique et le courant s'écrit B_1 = \beta i_1. On en déduit :

\begin{aligned} \beta &= \frac{B_{1,\max}}{I_{1,\max}}. \end{aligned}

D'où l'expression numérique de M :

\boxed{M = \frac{B_{1,\max} \pi a_1^2}{I_{1,\max}}}

Application numérique :

\begin{aligned} M &= \frac{13 \times \pi \times 2^2}{46 \cdot 10^3} \approx 3{,}55 \cdot 10^{-3}\text{ H} \approx 3{,}6\text{ mH}. \end{aligned}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait préciser la nullité du champ hors du solénoïde pour le flux et ne pas oublier que l'inductance s'exprime en henrys.

« le flux calculé ici est le flux extérieur sur la spire de rayon aa2 produit par le solénoïde, et il convient de préciser qu’il est non nul uniquement sur le disque de rayon aa1 car le champ magnétique est nul à l’extérieur du solénoïde. »

« En outre, de nombreux candidats ignorent qu’une inductance mutuelle s’exprime en Henry. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, circuit rl, induction mutuelle

Montrer que vérifie l'équation différentielle :

avec et qui seront exprimés en fonction de , , et de .

Voir l'indice

Écrire la loi de maille régissant le circuit secondaire équivalent au plasma en prenant en compte la force électromotrice mutuelle induite -M \frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t} et l'auto-induction.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux magnétique total à travers la boucle de plasma en incluant le flux propre et le flux mutuel.
  2. Appliquer la loi de Faraday et la loi des mailles pour établir l'équation différentielle régissant i_2(t).
  3. Injecter l'expression imposée de i_1(t) pour identifier les constantes de temps \tau_1 et \tau_2.
Voir la réponse courte

Loi des mailles induite R_2 i_2 + L_2 \mathrm{d}i_2/\mathrm{d}t + M \mathrm{d}i_1/\mathrm{d}t = 0 pour identifier les constantes de temps.

Voir le corrigé complet

Le flux magnétique total \Phi_2 traversant la boucle de courant représentant le plasma (circuit 2), orientée en cohérence avec le sens de parcours choisi pour i_2, s'écrit comme la somme du flux propre et du flux créé par le solénoïde central (circuit 1) :

\Phi_2(t) = L_2 i_2(t) + M i_1(t)

D'après la loi de Faraday, la force électromotrice induite dans la boucle 2 vaut :

e_2(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi_2}{\mathrm{d}t} = -L_2 \frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} - M \frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t}

La loi des mailles appliquée au circuit secondaire fermé sur sa résistance R_2 donne :

\begin{aligned} e_2(t) &= R_2 i_2(t) \\ L_2 \frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + R_2 i_2(t) &= -M \frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t} \end{aligned}

Pour t \in [0, t_1], l'expression du courant inducteur est i_1(t) = I_0 \left(1 - \frac{t}{t_1}\right), dont la dérivée temporelle est :

\frac{\mathrm{d}i_1}{\mathrm{d}t} = -\frac{I_0}{t_1}

L'équation différentielle devient ainsi :

L_2 \frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + R_2 i_2 = \frac{M I_0}{t_1}

En divisant par l'inductance propre L_2, on obtient :

\frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + \frac{R_2}{L_2} i_2 = \frac{M}{L_2 t_1} I_0

Cette équation est bien de la forme :

\boxed{\frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + \frac{i_2}{\tau_2} = \frac{I_0}{\tau_1}}

avec les constantes de temps :

\boxed{\tau_1 = \frac{L_2}{M} t_1 \quad \text{et} \quad \tau_2 = \frac{L_2}{R_2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le terme lié à l'induction mutuelle ne devait pas être oublié dans l'expression de la tension.

« Peu de démonstrations satisfaisantes. Le terme de mutuelle induction est le plus souvent oublié dans uu2. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : circuit rl, régime transitoire

En déduire . En supposant , simplifier cette expression par un développement limité au premier ordre en .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire avec second membre constant issue de la rampe de courant, puis développer l'exponentielle au premier ordre pour t/\tau_2 \ll 1.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants obtenue à la question Q33 en déterminant la solution générale sans second membre et une solution particulière constante.
  2. Déterminer la constante d'intégration grâce à la condition initiale sur le courant i_2, continu à travers l'inductance L_2.
  3. Effectuer un développement limité au premier ordre en t/\tau_2 du terme exponentiel pour obtenir la forme simplifiée demandée.
Voir la réponse courte

Intégration avec condition initiale nulle, puis développement limité de l'exponentielle au premier ordre pour t \ll \tau_2.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle établie à la question Q33 s'écrit, pour t \in [0, t_1] :

\frac{\mathrm{d}i_2}{\mathrm{d}t} + \frac{i_2}{\tau_2} = \frac{I_0}{\tau_1}

La solution générale de cette équation différentielle linéaire à coefficients constants et second membre constant est la somme de la solution de l'équation homogène et d'une solution particulière constante :

i_2(t) = K \exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right) + \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0

où K est une constante d'intégration.

Le circuit secondaire possédant une inductance propre L_2, le courant i_2(t) est continu à t=0. Comme i_2(t < 0) = 0, on a la condition initiale :

i_2(0^+) = 0 \implies K + \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0 = 0 \iff K = -\frac{\tau_2}{\tau_1} I_0

D'où l'expression de i_2(t) pour t \in [0, t_1] :

\boxed{i_2(t) = \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0 \left(1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right)\right)}

En remplaçant \tau_1 = \frac{L_2}{M} t_1 et \tau_2 = \frac{L_2}{R_2}, cette expression s'écrit également :

i_2(t) = \frac{M I_0}{R_2 t_1} \left(1 - \exp\left(-\frac{R_2}{L_2} t\right)\right)

Pour t \ll \tau_2, le développement limité au premier ordre de l'exponentielle donne :

\exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right) = 1 - \frac{t}{\tau_2} + o\left(\frac{t}{\tau_2}\right)

On en déduit au premier ordre :

1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau_2}\right) \approx \frac{t}{\tau_2}

Le courant i_2(t) se simplifie alors sous la forme :

i_2(t) \approx \frac{\tau_2}{\tau_1} I_0 \cdot \frac{t}{\tau_2} = \frac{I_0}{\tau_1} t

Soit, en explicitant \tau_1 :

\boxed{i_2(t) \approx \frac{M I_0}{L_2 t_1} t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à justifier la continuité du courant et veillez à ne pas faire d'erreur sur le développement limité.

« Question souvent bien traitée. Parfois, quelques erreurs sur le développement limité et des absences de justification de la continuité du courant. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet joule, bilan d'énergie

Exprimer l'énergie reçue par entre et en fonction de , , , et de , en supposant que . Quel est l'effet de cette énergie sur le plasma ?

Voir l'indice

Intégrer la puissance dissipée par effet Joule R_2 i_2(t)^2 sur l'intervalle [0, t_1] et préciser la conséquence macroscopique de cet apport d'énergie sur le plasma.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance instantanée dissipée par effet Joule dans la résistance R_2 modélisant le plasma : \mathcal{P}_{R_2}(t) = R_2\,i_2(t)^2.
  2. Utiliser l'approximation au premier ordre établie à la question Q34, valable pour tout t \in [0, t_1] puisque t \le t_1 \ll \tau_2, puis intégrer entre t = 0 et t = t_1.
  3. Discuter la nature de cette énergie transférée au plasma (chauffage ohmique).
Voir la réponse courte

Intégration temporelle de R_2 i_2(t)^2 pour obtenir l'énergie dissipée par effet Joule, qui chauffe le tore de plasma.

Voir le corrigé complet

La puissance instantanée reçue par la résistance R_2 s'écrit :

\mathcal{P}_{R_2}(t) = R_2 \, i_2(t)^2

L'énergie \mathcal{E}_{R_2} reçue par R_2 entre t = 0 et t = t_1 est donc :

\mathcal{E}_{R_2} = \int_0^{t_1} R_2 \, i_2(t)^2 \, \mathrm{d}t

D'après la question Q34, sous l'hypothèse t_1 \ll \tau_2, on a pour tout t \in [0, t_1] :

i_2(t) \approx \frac{M I_0}{L_2 t_1} \, t

On en déduit par intégration directe :

\begin{aligned} \mathcal{E}_{R_2} &= R_2 \left(\frac{M I_0}{L_2 t_1}\right)^2 \int_0^{t_1} t^2 \, \mathrm{d}t \\ &= R_2 \left(\frac{M I_0}{L_2 t_1}\right)^2 \left[ \frac{t^3}{3} \right]_0^{t_1} \\ &= \frac{R_2 M^2 I_0^2 t_1}{3 L_2^2} \end{aligned}
\boxed{\mathcal{E}_{R_2} = \frac{R_2 M^2 I_0^2 t_1}{3 L_2^2}}

Effet sur le plasma : Cette énergie électrique reçue par R_2 est dissipée par effet Joule au sein du plasma. Elle est convertie en énergie thermique (agitation microscopique des ions et électrons), ce qui provoque l'élévation de la température T du plasma. Il s'agit du principe du chauffage ohmique (ou résistif) par induction.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas puissance et énergie, cette dernière devant s'exprimer sous forme d'intégrale.

« Question peu traitée, du fait de fréquentes confusions entre puissance et énergie. Le fait d’exprimer l’énergie sous la forme d’une intégrale semble très difficile pour nombre de candidats. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conductivité électrique, effet joule

Le physicien américain Lyman Spitzer a établi en 1950 que la résistivité d'un plasma soumis à un champ magnétique dépendait de la température du plasma proportionnellement à . À partir de cette information, quelle critique peut-on émettre sur la modélisation effectuée dans cette partie ?

Voir l'indice

Souligner que la montée en température du plasma fait chuter sa résistance R_2 en T^{-3/2}, rendant l'hypothèse de résistance constante inexacte et limitant l'efficacité du procédé à haute température.

Voir la réponse courte

La résistivité chutant en T^{-3/2}, le chauffage ohmique perd son efficacité à mesure que le plasma monte en température.

Voir le corrigé complet

La loi de Spitzer indique que la résistivité du plasma varie selon :

\rho(T) \propto T^{-3/2}

Cette dépendance permet de formuler deux critiques majeures à l'encontre de la modélisation proposée :

  1. Non-constance de la résistance R_2 : Dans le circuit équivalent étudié aux questions précédentes, la résistance R_2 du plasma a été supposée constante. Or, au fur et à mesure que le plasma s'échauffe par effet Joule (question Q35), sa température T augmente, ce qui entraîne une chute rapide de sa résistivité \rho et donc de sa résistance R_2. Le système est en réalité fortement non linéaire et couple l'équation électrique à un bilan thermique.
  2. Perte d'efficacité du chauffage ohmique à haute température : Puisque R_2 décroît en T^{-3/2}, le plasma devient un excellent conducteur à haute température. La puissance dissipée par effet Joule, donnée par \mathcal{P}_J = R_2\, i_2^2, diminue drastiquement lorsque la température s'élève.

Le chauffage ohmique par induction ne peut donc pas, à lui seul, permettre au plasma d'atteindre les températures extrêmes requises pour l'ignition thermonucléaire (environ 150\text{ millions de degrés}, évoqués en Q31), ce qui justifie le recours à des méthodes de chauffage complémentaires (comme les ondes électromagnétiques abordées dans la sous-partie III.3).

Voir ce qu'a relevé le jury

Affirmer simplement que le modèle ne prend pas en compte la température ne suffisait pas.

« Des explications peu convaincantes, les candidats se contentant d’affirmer que le modèle n’a pas pris en compte la température. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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III.3 · Échauffement par ondes électromagnétiques

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : équation de maxwell

Écrire les équations de Maxwell. On notera la densité volumique de courant et la densité volumique de charge.

Voir l'indice

Énoncer les équations locales de Maxwell sous leur forme générale avec sources volumiques \rho et \vec{\jmath}.

Voir la réponse courte

Écriture des quatre équations de Maxwell locales dans un milieu chargé en mouvement.

Voir le corrigé complet

Dans un milieu constitué de charges libres (plasma dilué) décrit par la densité volumique de charge \rho et le vecteur densité volumique de courant \vec{\jmath}, les quatre équations de Maxwell locales s'écrivent :

\begin{aligned} \text{Maxwell-Gauss :}\quad & \mathrm{div}\,\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0} \\ \text{Maxwell-Thomson :}\quad & \mathrm{div}\,\vec{B} = 0 \\ \text{Maxwell-Faraday :}\quad & \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \text{Maxwell-Ampère :}\quad & \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B} = \mu_0 \vec{\jmath} + \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned}
\boxed{ \left\{ \begin{aligned} \mathrm{div}\,\vec{E} &= \frac{\rho}{\varepsilon_0} \\ \mathrm{div}\,\vec{B} &= 0 \\ \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B} &= \mu_0 \left(\vec{\jmath} + \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) \end{aligned} \right. }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très bien réussie ; attention aux confusions scalaires/vecteurs lors de l'écriture du rotationnel.

« Question réussie dans presque toutes les copies. Le correcteur a sanctionné toute confusion scalaire/vecteur, en particulier sur l’écriture de l’opérateur rotationnel. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : équation de maxwell-gauss, onde plane

Montrer que le caractère transversal de l'onde implique .

Voir l'indice

Calculer la divergence du champ électrique pour une onde plane transversale dépendant uniquement de z avec E_z = 0, et conclure avec l'équation de Maxwell-Gauss.

Voir la réponse courte

Pour une onde plane, \mathrm{div}\vec{E} = -i\vec{k}\cdot\vec{E} = \rho/\varepsilon_0 ; la transversalité impose la nullité de \rho.

Voir le corrigé complet

L'onde électromagnétique étudiée est plane et se propage selon l'axe (Oz) : les grandeurs scalaires associées aux champs ne dépendent spatialement que de la variable z, ce qui implique :

\frac{\partial}{\partial x} = 0 \quad \text{et} \quad \frac{\partial}{\partial y} = 0.

Par ailleurs, le caractère transversal de l'onde électrique signifie que le champ électrique est orthogonal à la direction de propagation \vec{u}_z, soit :

\vec{E}(z,t) = E_x(z,t)\,\vec{u}_x + E_y(z,t)\,\vec{u}_y \implies E_z = 0.

La divergence du champ électrique s'écrit alors en coordonnées cartésiennes :

\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\partial E_x}{\partial x} + \frac{\partial E_y}{\partial y} + \frac{\partial E_z}{\partial z} = 0 + 0 + 0 = 0.

En utilisant l'équation de Maxwell-Gauss issue de la question Q37 :

\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0},

on en déduit immédiatement :

\boxed{\rho = 0}

Le plasma reste ainsi localement neutre au passage de l'onde électromagnétique transversale.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait expliciter l'opérateur divergence en coordonnées cartésiennes sans recourir prématurément à la notation complexe.

« Affirmer que div൫EEሬ⃗൯= 0 car l’onde est transversale n’est pas suffisant. On attendait une écriture explicite de l’opérateur divergence en coordonnées cartésiennes pour montrer sa nullité. »

« Certains candidats ont voulu passer par la notation complexe, ce qui n’était pas pertinent ici puisque l’hypothèse d’onde harmonique n’avait pas encore été formulée. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de d'alembert, équation de maxwell

Établir l'équation d'onde sur le champ électrique :

où sera exprimée en fonction de et de .

Voir l'indice

Calculer le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday, développer le double rotationnel à l'aide de la formule du formulaire et utiliser les équations de Maxwell-Gauss et Maxwell-Ampère.

Voir la stratégie
  1. Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday.
  2. Développer le membre de gauche à l'aide de la formule du double rotationnel fournie et utiliser la nullité de la divergence établie en Q38.
  3. Exprimer le rotationnel du champ magnétique au membre de droite grâce à l'équation de Maxwell-Ampère afin de faire apparaître le terme de source \vec{\jmath} et la dérivée temporelle seconde.
Voir la réponse courte

Utilisation de l'identité du double rotationnel combinée à Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère avec c = 1/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}.

Voir le corrigé complet

Partons de l'équation de Maxwell-Faraday (Q37) :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

En prenant le rotationnel de cette relation et en permutant les dérivées spatiale et temporelle :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E}\big) = -\frac{\partial}{\partial t}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B}\big)

D'une part, la formule du double rotationnel donnée dans le formulaire fournit :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E}\big) = \overrightarrow{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}) - \Delta \vec{E}

D'après l'équation de Maxwell-Gauss et le résultat de la question Q38 (\rho = 0), on a \mathrm{div}\,\vec{E} = 0, d'où :

\overrightarrow{\mathrm{rot}}\big(\overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{E}\big) = -\Delta \vec{E}

D'autre part, en substituant l'équation de Maxwell-Ampère (Q37) pour exprimer \overrightarrow{\mathrm{rot}}\,\vec{B} :

\begin{aligned} -\Delta \vec{E} &= -\frac{\partial}{\partial t}\left(\mu_0 \vec{\jmath} + \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) \\ &= -\mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}}{\partial t} - \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} \end{aligned}

En regroupant les termes portant sur \vec{E} dans le membre de gauche, il vient :

\Delta \vec{E} - \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}}{\partial t}

On identifie la célérité de la lumière dans le vide :

\boxed{c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}}}

On obtient ainsi l'équation de d'Alembert avec terme source recherchée :

\boxed{\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2} \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}}{\partial t}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul vectoriel devait être soigneusement détaillé puisque l'équation finale était fournie.

« Ce calcul classique manipulant les opérateurs vectoriels a été bien réalisé dans un grand nombre de copies. Il fallait cependant bien détailler les étapes intermédiaires, le résultat étant donné dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : plasma, vecteur densité de courant

Pour quelle raison peut-on faire l'hypothèse que les ions du plasma ont une contribution négligeable devant celle des électrons dans l'expression de ? Par la suite, on n'envisagera que la contribution des électrons dans l'expression de .

Voir l'indice

Comparer l'amplitude du mouvement oscillatoire induit sur les ions et les électrons en tenant compte du rapport de masse m_i \gg m_e.

Voir la réponse courte

L'inertie des ions (m_i \gg m_e) limite considérablement leur réponse oscillante à haute fréquence par rapport aux électrons.

Voir le corrigé complet

La densité volumique de courant \vec{\jmath} dans le plasma s'écrit comme la somme des contributions des espèces chargées (ions de charge +e et électrons de charge -e) :

\vec{\jmath} = n_i e \vec{v}_i - n_e e \vec{v}_e

Compte tenu de la quasi-neutralité du plasma (n_i \approx n_e = n_0), le rapport des densités de courant s'évalue à partir de celui des vitesses moyennes :

\frac{\|\vec{\jmath}_i\|}{\|\vec{\jmath}_e\|} \sim \frac{\|\vec{v}_i\|}{\|\vec{v}_e\|}

Sous l'action du champ électrique \vec{E} oscillant à haute fréquence \omega de l'onde électromagnétique, l'application du principe fondamental de la dynamique à une particule de masse m et de charge q = \pm e conduit, en négligeant dans un premier temps le terme magnétique devant l'accélération, à :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} \approx q \vec{E} \quad \Longrightarrow \quad v \sim \frac{e E_0}{m \omega}

L'amplitude de la vitesse acquise par une particule sous l'effet du champ électrique oscillant est donc inversement proportionnelle à sa masse.

Or, la masse d'un ion (m_i \ge m_p \approx 1{,}67 \cdot 10^{-27}\text{ kg} pour le proton, voire m \approx 6{,}6 \cdot 10^{-27}\text{ kg} pour l'hélium) est considérablement plus grande que celle d'un électron (m_e = 9{,}1 \cdot 10^{-31}\text{ kg}) :

\frac{m_i}{m_e} \gtrsim 2 \cdot 10^3 \quad (\text{voire } \approx 7 \cdot 10^3 \text{ pour l'hélium})

En raison de cette très grande inertie (m_i \gg m_e), les ions répondent beaucoup plus faiblement à l'excitation haute fréquence du champ électrique que les électrons :

\frac{\|\vec{\jmath}_i\|}{\|\vec{\jmath}_e\|} \sim \frac{m_e}{m_i} \ll 1
\boxed{\text{L'inertie des ions étant très supérieure à celle des électrons }(m_i \gg m_e)\text{, leur contribution à }\vec{\jmath}\text{ est négligeable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Invoquer la plus faible mobilité des cations par rapport aux électrons suffisait sans nécessiter de longs calculs.

« La comparaison des masses a été mentionnée dans les copies, parfois assortie de longs calculs. Invoquer la plus faible mobilité des cations par rapport aux électrons suffisait à obtenir les points. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : pulsation cyclotron, force de lorentz, plasma

En appliquant le principe fondamental de la dynamique à l'électron, montrer que et vérifient le système :

avec la pulsation cyclotron et à exprimer en fonction de , et de .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron soumis au champ électrique transverse et à la force de Lorentz due à \vec{B}_0, puis projeter en notation complexe.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, en tenant compte de la force électrique liée à l'onde en z = 0 et de la force de Lorentz magnétique due au champ statique \vec{B}_0.
  2. Écrire l'accélération et les forces en représentation complexe, sachant que la dépendance temporelle est en \exp(i\omega t).
  3. Projeter la relation vectorielle obtenue sur les axes \vec{u}_x et \vec{u}_y, puis réordonner les termes pour identifier les expressions du système et la grandeur \alpha.
Voir la réponse courte

PFD appliqué aux électrons en régime sinusoïdal forcé sous forces électrique et magnétique stationnaire.

Voir le corrigé complet

On étudie un électron de masse m_e et de charge q = -e, situé dans le plan z = 0, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen. En régime sinusoïdal permanent de pulsation \omega, sa vitesse s'écrit en représentation complexe :

\underline{\vec{v}}(t) = \left( \underline{v}_x \vec{u}_x + \underline{v}_y \vec{u}_y \right) \mathrm{e}^{i\omega t}.

D'après l'énoncé, en négligeant le poids et la composante magnétique de l'onde, l'électron n'est soumis qu'à :

  • la force électrique : \underline{\vec{F}}_e = -e \underline{\vec{E}}(0,t) = -e E_0 \mathrm{e}^{i\omega t} \left( \vec{u}_x - i \vec{u}_y \right) ;
  • la force magnétique due au champ statique \vec{B}_0 = B_0 \vec{u}_z :

    \underline{\vec{F}}_m = -e \left( \underline{\vec{v}} \wedge \vec{B}_0 \right) = -e B_0 \left( \underline{v}_x \vec{u}_x + \underline{v}_y \vec{u}_y \right) \wedge \vec{u}_z \, \mathrm{e}^{i\omega t} = -e B_0 \left( -\underline{v}_x \vec{u}_y + \underline{v}_y \vec{u}_x \right) \mathrm{e}^{i\omega t}.

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'électron en régime permanent s'écrit en complexes :

m_e \frac{\mathrm{d}\underline{\vec{v}}}{\mathrm{d}t} = i m_e \omega \underline{\vec{v}} = \underline{\vec{F}}_e + \underline{\vec{F}}_m.

En simplifiant par le facteur commun \mathrm{e}^{i\omega t}, on projette sur la base (\vec{u}_x, \vec{u}_y) :

\begin{aligned} \text{sur } \vec{u}_x : \quad & i m_e \omega \underline{v}_x = -e E_0 - e B_0 \underline{v}_y, \\ \text{sur } \vec{u}_y : \quad & i m_e \omega \underline{v}_y = i e E_0 + e B_0 \underline{v}_x. \end{aligned}

En introduisant la pulsation cyclotron \omega_c = \dfrac{e B_0}{m_e}, on divise chaque équation par i m_e \omega :

\begin{aligned} \underline{v}_x &= -\frac{e E_0}{i m_e \omega} - \frac{e B_0}{i m_e \omega}\underline{v}_y = \frac{i}{\omega}\left(\frac{e E_0}{m_e}\right) + \frac{i \omega_c}{\omega}\underline{v}_y, \\ \underline{v}_y &= \frac{i e E_0}{i m_e \omega} + \frac{e B_0}{i m_e \omega}\underline{v}_x = \frac{1}{\omega}\left(\frac{e E_0}{m_e}\right) - \frac{i \omega_c}{\omega}\underline{v}_x. \end{aligned}

On retrouve bien le système proposé :

\begin{cases} \underline{v}_x = \dfrac{i\alpha}{\omega} + \dfrac{i\omega_c}{\omega} \underline{v}_y \\[2mm] \underline{v}_y = \dfrac{\alpha}{\omega} - \dfrac{i\omega_c}{\omega} \underline{v}_x \end{cases}

avec :

\boxed{\alpha = \frac{e E_0}{m_e}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne forcez pas les calculs pour retrouver les signes du sujet et tenez compte du fait que l'étude se place en z = 0.

« Question plutôt bien traitée, mais certains candidats trafiquent leur calcul pour obtenir les signes de l’expression donnée dans l’énoncé. D’autres oublient qu’on se situe en zz= 0. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : pulsation cyclotron, résonance

Lorsque , l'onde électromagnétique échauffe le plasma : expliquer pourquoi. On parle alors de chauffage à résonance cyclotronique électronique. Justifier le terme de résonance employé dans cette situation.

Voir l'indice

Observer le dénominateur de la vitesse complexe en régime permanent et expliquer pourquoi une fréquence de champ électrique égale à la rotation propre entraîne un transfert résonant continu d'énergie.

Voir la stratégie
  1. Analyser l'accord de phase spatio-temporel entre le champ électrique tournant de l'onde et le mouvement cyclotronique propre des électrons à \omega = \omega_c.
  2. Relier le transfert continu d'énergie cinétique aux électrons à l'échauffement thermique macroscopique via les collisions.
  3. Justifier le terme de « résonance » par analogie avec un oscillateur harmonique forcé non amorti à sa pulsation propre.
Voir la réponse courte

Accord entre la fréquence de l'onde et la giration propre des électrons : l'absorption d'énergie électromagnétique est maximale.

Voir le corrigé complet

D'après la relation fournie par l'énoncé :

\underline{\vec{v}} = i \frac{e}{m_e(\omega - \omega_c)} \underline{\vec{E}}

l'amplitude de la vitesse de l'électron tend formellement vers l'infini lorsque la pulsation de l'onde \omega s'approche de la pulsation cyclotronique \omega_c.

Mécanisme d'échauffement du plasma :

  • L'onde incidente présente une polarisation circulaire gauche : son champ électrique \vec{E}(z,t) tourne dans le plan transverse à la pulsation \omega, dans le même sens que la giration naturelle des électrons autour des lignes de champ magnétique statique \vec{B}_0 à la pulsation \omega_c.
  • Pour \omega = \omega_c, le champ électrique tourne à la même vitesse angulaire que l'électron. La force électrique \vec{F}_e = -e\vec{E} reste ainsi constamment orientée de manière à accélérer l'électron le long de sa trajectoire. La puissance fournie par l'onde à l'électron, \mathcal{P} = \vec{F}_e \cdot \vec{v}, est alors continûment positive et maximale, ce qui accroît considérablement l'énergie cinétique de celui-ci.
  • En pratique, cette énergie cinétique acquise par les électrons est ensuite redistribuée par collisions inélastiques et élastiques à l'ensemble des espèces du plasma (ions et neutres), ce qui se traduit macroscopiquement par une élévation de température : le plasma est échauffé.

Justification du terme de « résonance » : L'électron en giration cyclotronique se comporte comme un oscillateur à deux dimensions de pulsation propre \omega_0 = \omega_c, soumis à une force d'excitation extérieure périodique de pulsation \omega (l'onde électromagnétique).

Lorsque la fréquence de l'excitation coïncide avec la fréquence propre du système (\omega = \omega_c), il y a transfert optimal et continu d'énergie de l'onde vers les particules, et la réponse en vitesse présente un pic infini en l'absence d'amortissement : il s'agit par définition d'un phénomène de résonance.

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour expliquer la résonance, il fallait préciser que la pulsation imposée coïncide avec la pulsation cyclotron propre de l'électron.

« indiquer que la vitesse passait par un maximum était correct, mais remarquer de plus que la pulsation de résonance était la pulsation cyclotron (celle qu’adopte l’électron en l’absence d’excitation extérieure) montrait une compréhension physique plus aboutie de ce qu’est une résonance. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 43

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation de dispersion, pulsation plasma

On note la densité volumique d'électrons (en ) dans le plasma. Établir l'expression de , puis montrer que la relation de dispersion de cette onde s'écrit :

avec la pulsation plasma.

Voir l'indice

Exprimer le courant électronique \underline{\vec{\jmath}} = -e n_0 \underline{\vec{v}}, l'injecter dans l'équation d'onde vectorielle en régime harmonique et factoriser \omega^2/c^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité volumique de courant \underline{\vec{\jmath}} en régime permanent en ne retenant que la contribution électronique (justifiée en Q40) et en utilisant la relation liant la vitesse \underline{\vec{v}} au champ électrique \underline{\vec{E}}.
  2. Injecter la forme spatio-temporelle de l'onde dans l'équation d'onde établie en Q39 afin d'obtenir la relation de dispersion liant \underline{k} et \omega.
Voir la réponse courte

Expression de la densité de courant électronique \underline{\vec{\jmath}} puis injection dans l'équation d'onde pour trouver \underline{k}^2(\omega).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q40, la contribution des ions au courant est négligeable devant celle des électrons. La densité volumique de courant s'écrit donc :

\underline{\vec{\jmath}} = -e \, n_0 \, \underline{\vec{v}}

En utilisant la relation donnée entre la vitesse de l'électron et le champ électrique, \underline{\vec{v}} = i\,\frac{e}{m_e(\omega - \omega_c)}\,\underline{\vec{E}}, on obtient :

\boxed{\underline{\vec{\jmath}} = -i\,\frac{n_0 e^2}{m_e(\omega - \omega_c)}\,\underline{\vec{E}}}

L'onde plane se propageant selon \vec{u}_z, le champ électrique dépend uniquement de z et de t via le facteur \exp(i(\omega t - \underline{k}z)). Les opérateurs différentiels appliqués aux grandeurs complexes s'écrivent :

\begin{aligned} \Delta \underline{\vec{E}} &= \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial z^2} = (-\underline{k}^2)\,\underline{\vec{E}} \\ \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial t^2} &= (-\omega^2)\,\underline{\vec{E}} \\ \frac{\partial \underline{\vec{\jmath}}}{\partial t} &= i\omega\,\underline{\vec{\jmath}} = \frac{n_0 e^2 \omega}{m_e(\omega - \omega_c)}\,\underline{\vec{E}} \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation d'onde établie à la question Q39 :

\Delta \underline{\vec{E}} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \underline{\vec{\jmath}}}{\partial t}

on obtient, après factorisation par \underline{\vec{E}} \neq \vec{0} :

-\underline{k}^2 + \frac{\omega^2}{c^2} = \mu_0 \frac{n_0 e^2 \omega}{m_e(\omega - \omega_c)}

En introduisant la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\dfrac{n_0 e^2}{m_e \varepsilon_0}} et la relation \varepsilon_0 \mu_0 = \dfrac{1}{c^2} (Q39) :

\mu_0 \frac{n_0 e^2 \omega}{m_e(\omega - \omega_c)} = \mu_0 \varepsilon_0 \omega_p^2 \frac{\omega}{\omega - \omega_c} = \frac{\omega^2}{c^2} \frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}

Il vient alors immédiatement :

\boxed{\underline{k}^2 = \frac{\omega^2}{c^2}\left(1 - \frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question est globalement réussie, mais les correcteurs sanctionnent les calculs forcés pour aboutir au résultat fourni.

« Le passage à la notation complexe est souvent bien mené et la question est globalement réussie. Comme à la Q41, quelques tentatives de fraude pour obtenir le résultat de l’énoncé. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : pulsation plasma, application numérique

Calculer la pulsation plasma au sein du tokamak ITER dans lequel .

Voir l'indice

Calculer numériquement \omega_p = \sqrt{n_0 e^2 / (m_e \varepsilon_0)} en veillant à la manipulation des puissances de dix.

Voir la réponse courte

Calcul direct \omega_p = \sqrt{n_0 e^2/(m_e \varepsilon_0)} \approx 5{,}6 \cdot 10^{11}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression rappelée à la question Q43, la pulsation plasma électronique s'écrit :

\omega_p = \sqrt{\frac{n_0 e^2}{m_e \varepsilon_0}}

Avec les données numériques fournies :

  • n_0 = 1 \cdot 10^{20}\text{ m}^{-3} ;
  • e = 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ C} ;
  • m_e = 9{,}1 \cdot 10^{-31}\text{ kg} ;
  • \varepsilon_0 = 8{,}85 \cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}.

Le calcul numérique donne :

\begin{aligned} \omega_p &= \sqrt{\frac{1 \cdot 10^{20} \times (1{,}6 \cdot 10^{-19})^2}{9{,}1 \cdot 10^{-31} \times 8{,}85 \cdot 10^{-12}}} \\ &= \sqrt{\frac{2{,}56 \cdot 10^{-18}}{8{,}05 \cdot 10^{-42}}} \\ &\approx \sqrt{3{,}18 \cdot 10^{23}} \approx 5{,}6 \cdot 10^{11}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\omega_p \approx 5{,}6 \cdot 10^{11}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à attribuer une unité correcte à la pulsation plasma.

« Des unités fantaisistes pour la pulsation plasma. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : coupure, relation de dispersion

Déterminer, en justifiant votre réponse, pour quel(s) intervalle(s) de pulsations l'onde peut se propager dans le plasma.

Voir l'indice

Rechercher les zones du graphe de la figure 10 où \omega^2 / k^2 > 0, condition nécessaire et suffisante pour que le vecteur d'onde k soit purement réel.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition de propagation d'une onde plane progressive monochromatique : le vecteur d'onde \underline{k} doit être réel non nul, ce qui équivaut à \underline{k}^2 > 0 (soit \frac{\omega^2}{\underline{k}^2} > 0).
  2. Analyser le signe de l'expression de \underline{k}^2 établie à la question Q43 ou exploiter directement la courbe fournie sur la figure 10 pour conclure sur les intervalles de pulsations autorisés.
Voir la réponse courte

Recherche des domaines où k^2 > 0 par étude du signe de la relation de dispersion.

Voir le corrigé complet

Une onde électromagnétique se propage sans amortissement spatial si le module d'onde complexe \underline{k} est réel non nul. Si \underline{k}^2 < 0, alors \underline{k} = \pm i \alpha (avec \alpha \in \mathbb{R}^{+*}), ce qui correspond à une onde évanescente (atténuation exponentielle sans propagation). La condition de propagation s'écrit donc :

\underline{k}^2 > 0 \iff \frac{\omega^2}{\underline{k}^2} > 0

D'après la relation de dispersion obtenue à la question Q43 :

\underline{k}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} \left( 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)} \right) = \frac{\omega^2}{c^2} \, \frac{\omega^2 - \omega_c \omega - \omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}

Le trinôme du second degré au numérateur, P(\omega) = \omega^2 - \omega_c \omega - \omega_p^2, admet pour discriminant \Delta = \omega_c^2 + 4\omega_p^2 > 0 et pour unique racine positive :

\omega_g = \frac{\omega_c + \sqrt{\omega_c^2 + 4\omega_p^2}}{2} > \omega_c

Étudions le signe de \underline{k}^2 pour \omega > 0 :

  • Pour \omega \in ]0, \, \omega_c[ : \omega - \omega_c < 0 et P(\omega) < 0. Le rapport est strictement positif, donc \underline{k}^2 > 0 : l'onde se propage.
  • Pour \omega \in ]\omega_c, \, \omega_g[ : \omega - \omega_c > 0 et P(\omega) < 0. Le rapport est strictement négatif, donc \underline{k}^2 < 0 : l'onde est évanescente (bande interdite).
  • Pour \omega \in ]\omega_g, \, +\infty[ : \omega - \omega_c > 0 et P(\omega) > 0. Le rapport est strictement positif, donc \underline{k}^2 > 0 : l'onde se propage.

Ce résultat est en parfait accord avec la figure 10, où \frac{\omega^2}{\underline{k}^2} n'est tracé que sur les domaines où il est réel et strictement positif. L'onde peut donc se propager sur les deux intervalles :

\boxed{\omega \in ]0, \, \omega_c[ \quad \text{et} \quad \omega \in ]\omega_g, \, +\infty[}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter directement le graphe et rappeler que la propagation impose un vecteur d'onde k réel, soit k^2 > 0.

« Certains candidats se lancent dans des calculs inutiles, alors qu’il s’agissait ici d’exploiter le graphe. Peu de candidats pensent à rappeler qu’il y a propagation si kk est réel donc si kk2 > 0. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vitesse de phase, résonance

Déterminer la vitesse de phase de l'onde pour . Interpréter.

Voir l'indice

Exprimer la vitesse de phase v_\varphi = \omega/k à partir du graphe lorsque \omega s'approche de la pulsation cyclotron \omega_c, et interpréter la divergence de l'indice optique en termes d'absorption.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{k} à partir de la relation de dispersion établie à la question Q43 ou par lecture de la figure 10.
  2. Évaluer la limite de v_\varphi lorsque la pulsation tend vers la pulsation cyclotron \omega_c par valeurs inférieures.
  3. Interpréter physiquement l'annulation de la vitesse de phase et la divergence du vecteur d'onde (phénomène de résonance, longueur d'onde tendant vers zéro et absorption efficace de l'énergie de l'onde par les électrons).
Voir la réponse courte

À \omega \to \omega_c^+, le vecteur d'onde diverge, v_\varphi \to 0 et l'onde subit une absorption résonnante complète.

Voir le corrigé complet

Par définition, la vitesse de phase de l'onde s'écrit :

v_\varphi = \frac{\omega}{k} = \sqrt{\frac{\omega^2}{k^2}}

D'après la relation de dispersion obtenue à la question Q43, pour \omega \in ]0, \omega_c[ :

\frac{\omega^2}{k^2} = \frac{c^2}{1 - \dfrac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)}}

Lorsque \omega \to \omega_c^- (par valeurs inférieures dans le domaine de propagation) :

\omega - \omega_c \to 0^- \implies -\frac{\omega_p^2}{\omega(\omega - \omega_c)} \to +\infty

Le dénominateur tend vers l'infini, de sorte que :

\lim_{\omega \to \omega_c^-} \frac{\omega^2}{k^2} = 0 \implies k \to +\infty

On en déduit la vitesse de phase pour \omega = \omega_c :

\boxed{v_\varphi(\omega_c) = 0}

Interprétation physique :

  • La condition k \to +\infty caractérise une résonance du milieu (par opposition à une coupure où k = 0). La longueur d'onde \lambda = \frac{2\pi}{k} tend vers zéro : les fronts d'onde s'accumulent au voisinage de la zone où règne cette pulsation.
  • L'onde ralentit jusqu'à s'immobiliser en phase (v_\varphi = 0) : elle ne peut pas se propager au-delà de cette surface de résonance.
  • Au voisinage de cette zone résonante, le champ électrique de l'onde tourne à la même fréquence que les électrons sur leur orbite cyclotronique, ce qui maximise le couplage onde-particule : l'énergie de l'onde est intégralement absorbée par les électrons, assurant un chauffage localisé et très efficace du plasma (chauffage ECRH).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une simple lecture graphique suffisait ; la vitesse de phase n'est pas égale à c.

« Ici encore, il suffisait de lire le graphe. Des candidats affirment que la vitesse de phase est égale à cc. »

Source : rapport du jury CCINP 2024

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CCINP Physique PC 2024 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (27 % des questions, partie II), Cinématique et dynamique du point (22 %, partie I) et Ondes électromagnétiques dans les milieux (16 %). Plus ponctuellement : Magnétostatique, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Induction électromagnétique, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Circuits électriques et régimes transitoires…

Peut-on travailler le sujet CCINP Physique PC 2024 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 23 questions sur 46 (50 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q13) et la sous-partie III.2 (Q32 à Q36), ainsi que Q24, Q27 et Q29 à Q31. Avec les autres programmes de première année : 22 en MPSI, 22 en PTSI, 22 en MP2I, 22 en TSI1 et 13 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CCINP Physique PC 2024 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CCINP Physique PC 2024 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q43 (relation de dispersion).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CCINP Physique PC 2024 ?

Questions de cours : Q1 (champ magnétostatique), Q2 (force de lorentz), Q9 (moment magnétique), Q14 (équation de diffusion), Q17 (loi de fick), Q25 (pulsation cyclotron), Q31 (effet tunnel), Q37 (équation de maxwell)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (repère de frenet), Q19 (équation de diffusion), Q30 (énergie potentielle électrostatique), Q33 (loi de faraday) et Q38 (équation de maxwell-gauss).

Où gagner des points facilement dans le sujet CCINP Physique PC 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (28 sur 46), par exemple : Q1, Q3, Q5 à Q9, Q13, Q17, Q21, Q24 à Q32, Q34 à Q38, Q40, Q42, Q44 et Q46. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q2, Q4, Q10, Q11, Q14 à Q16, Q18 à Q20, Q22, Q33, Q39, Q41 et Q43.

Le sujet CCINP Physique PC 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge la longueur adaptée et note une nette hausse de la moyenne, mais la partie I a été la moins réussie et les questions 10 et 15 ont dérouté plus de la moitié des candidats. Moyenne : 10,45/20 (écart-type 3,49, 4 148 présents).

Comment justifier le signe négatif du moment magnétique en Q10 ?

Le cation positif tourne sous l'effet de la force de Lorentz dans un sens tel que son courant équivalent crée un champ opposé à \vec{B}. La normale à l'orbite orientée par la règle du tire-bouchon pointe donc selon -\vec{u}_z, conférant au plasma son comportement diamagnétique.

Quelle est la vitesse de phase de l'onde à la résonance cyclotron en Q46 ?

La vitesse de phase est nulle. À la pulsation \omega = \omega_c, le graphe de dispersion fourni montre que le vecteur d'onde k diverge, ce qui conduit directement à v_\varphi = \omega/k \to 0, et non à la vitesse de la lumière c.

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 46 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,45 et d'écart-type 3,49 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.