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Corrigé détaillé Mines Physique 1 PSI 2021

Télécommunications

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 2 questions sur 24. Autres questions faisables en PCSI

Détail par partie
  • Partie I : Le fil du télégraphe1/15En partie
  • Partie II : La télégraphie sans fil1/9En partie

Le sujet en bref

Sujet accessible · Électromagnétisme, Électrocinétique et électronique, Optique géométrique · 5 incontournables · 2 questions de première année
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Ce sujet propose une étude complète et très formatrice des modes historiques et modernes de télécommunication, depuis les premières lignes télégraphiques filaires jusqu'à la radiodiffusion transatlantique par réflexion sur l'ionosphère. L'épreuve aborde successivement l'analyse des lignes de transmission avec et sans pertes, les phénomènes de réflexion et d'adaptation d'impédance, puis la propagation des ondes électromagnétiques dans un plasma ionosphérique non collisionnel.

D'un niveau très équilibré et fidèle aux exigences du concours commun Mines-Ponts, ce sujet constitue une référence incontournable pour les étudiants de la filière PSI afin de réviser les lignes de transmission guidées (modèle distribué, équations des télégraphistes, ondes stationnaires) ainsi que la dispersion et l'atténuation dans les milieux conducteurs et dispersifs.

Difficulté
Accessible, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,72/20)
Temps estimé
≈ 2 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

5 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Très partiellement en PCSI, MPSI et PTSI : 2 questions sur 24.

Où gagner des points

12 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (12) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie II (télégraphie sans fil) est totalement indépendante de la partie I et peut se traiter d'emblée à partir de Q16.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

24 questions
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Partie I : Le fil du télégraphe

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Électrocinétique et électronique › Électronique numérique

Notions : codage de l'information, débit binaire

L'alphabet cyrillique utilisé par Michel Strogoff comporte 32 lettres, plus les chiffres et quelques symboles de ponctuation. Combien de symboles binaires (les bits ou les points et traits du code Morse) faut-il prévoir pour coder chaque caractère d'un document écrit en cyrillique contenant du texte, des chiffres et de la ponctuation ?

A.N. : sachant qu'un opérateur compose 3 symboles binaires par seconde, combien de temps faut-il pour transmettre une page complète de texte comme celle-ci par exemple ? On d'étaillera l'évaluation proposée.

Voir l'indice

Dénombrer le nombre total de caractères à coder (lettres, chiffres, ponctuation élémentaire et espace) pour en déduire la plus petite puissance de deux supérieure ou égale à cette taille d'alphabet.

Voir la stratégie
  1. Recenser le nombre total de caractères distincts à coder (lettres, chiffres, ponctuation, espace) pour déterminer le nombre minimal n de symboles binaires vérifiant 2^n \ge N_{\text{caractères}}.
  2. Estimer le nombre de signes d'une page type (nombre de lignes \times nombre de caractères par ligne), en déduire le nombre total de symboles binaires à transmettre, puis la durée correspondante au débit donné.
Voir la réponse courte

Dénombrement des symboles pour déduire le nombre de bits par caractère, puis multiplication par la taille du texte pour obtenir la durée.

Voir le corrigé complet

Pour coder un ensemble de N caractères distincts à l'aide d'un mot de longueur fixe de n symboles binaires (bits prenant deux états, comme le point et le trait), il faut disposer d'au moins autant de combinaisons que de caractères :

2^n \ge N

Le document comporte :

  • 32 lettres de l'alphabet cyrillique ;
  • 10 chiffres (de 0 à 9) ;
  • quelques symboles de ponctuation usuels (point, virgule, point d'interrogation, tiret, guillemets, etc.) ainsi que l'espace inter-mots, soit au moins une dizaine de signes supplémentaires.

Le nombre total de caractères à coder est ainsi de l'ordre de N \approx 32 + 10 + 10 \approx 52. Comme 2^5 = 32 < N et 2^6 = 64 \ge N, il faut :

\boxed{n = 6 \text{ symboles binaires par caractère}}

Application numérique : Évaluons le nombre de caractères N_{\text{page}} d'une page complète de texte comme celle de l'épreuve :

  • une page compte environ N_{\text{lignes}} \approx 40 \text{ lignes} ;
  • chaque ligne contient environ N_{\text{c/l}} \approx 60 \text{ à } 70 \text{ caractères} (espaces comprises).

Une page représente donc environ :

N_{\text{page}} \approx 40 \times 65 \approx 2\,600 \text{ caractères}

Le nombre total de symboles binaires à transmettre vaut :

N_{\text{bits}} = n \times N_{\text{page}} \approx 6 \times 2\,600 \approx 1{,}6 \times 10^4 \text{ bits}

À raison d'une cadence de frappe de v = 3 \text{ symboles}\cdot\text{s}^{-1}, la durée de transmission \Delta t s'exprime par :

\begin{aligned} \Delta t &= \frac{N_{\text{bits}}}{v} = \frac{1{,}6 \times 10^4}{3} \approx 5{,}3 \times 10^3 \text{ s} \end{aligned}

En convertissant en heures et minutes (3\,600 \text{ s} = 1\text{ h} et 1\,700 \text{ s} \approx 28\text{ min}) :

\boxed{\Delta t \approx 5 \times 10^3 \text{ s} \approx 1{,}5 \text{ h} \quad (\text{soit environ } 1\text{ h } 30\text{ min})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Toute valeur cohérente pour la durée de transmission a été acceptée, mais attention à ne pas surévaluer de manière irréaliste le nombre de symboles binaires.

« Cette question est en général réussie mais le jury a été surpris de voir des candidats proposer 250 symboles binaires pour coder les caractères du texte. »

« Dans le calcul de la durée de transmission d’un message, le jury a accepté toutes les durées proposées par les candidats qui avaient été calculées de façon cohérente par rapport à leur décompte de caractères et cohérentes avec le nombre de symboles binaires déterminés avant. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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I.A · Transmission par une ligne bifilaire

Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : ligne de transmission, équation aux dimensions

Déterminer les unités usuelles des grandeurs , et .

Voir l'indice

Procéder à une analyse dimensionnelle terme à terme dans chacune des deux équations des télégraphistes couplées en identifiant les dimensions de la tension et du courant.

Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle pour déterminer les unités usuelles de résistance, conductance et inductance linéiques de la ligne.

Voir le corrigé complet

Les grandeurs u(z,t) et i(z,t) représentent respectivement une tension électrique en volts (\mathrm{V}) et une intensité électrique en ampères (\mathrm{A}). La coordonnée spatiale z s'exprime en mètres (\mathrm{m}) et le temps t en secondes (\mathrm{s}).

Analysons les dimensions terme à terme à partir des deux équations des télégraphistes :

\begin{aligned} -\frac{\partial u}{\partial z} &= \frac{R_0}{\chi_0} \frac{\partial i}{\partial t} + \frac{R_0}{\ell_0} i(z,t) \\ -\frac{\partial i}{\partial z} &= \frac{1}{R_0 \chi_0} \frac{\partial u}{\partial t} \end{aligned}
  1. Le terme de gauche de la première équation s'exprime en \mathrm{V\cdot m^{-1}}. Par homogénéité :

    • Le terme \dfrac{R_0}{\chi_0} \dfrac{\partial i}{\partial t} est homogène à \mathrm{V\cdot m^{-1}}, or \left[\dfrac{\partial i}{\partial t}\right] = \mathrm{A\cdot s^{-1}}, donc :

      \left[\frac{R_0}{\chi_0}\right] = \mathrm{V\cdot A^{-1}\cdot s\cdot m^{-1}} = \Omega\cdot \mathrm{s\cdot m^{-1}} = \mathrm{H\cdot m^{-1}}
    • Le terme \dfrac{R_0}{\ell_0} i est homogène à \mathrm{V\cdot m^{-1}}, or [i] = \mathrm{A}, donc :

      \left[\frac{R_0}{\ell_0}\right] = \mathrm{V\cdot A^{-1}\cdot m^{-1}} = \Omega\cdot \mathrm{m^{-1}}
  2. Le terme de gauche de la seconde équation s'exprime en \mathrm{A\cdot m^{-1}}. Par homogénéité :

    • Le terme \dfrac{1}{R_0 \chi_0} \dfrac{\partial u}{\partial t} est en \mathrm{A\cdot m^{-1}}, or \left[\dfrac{\partial u}{\partial t}\right] = \mathrm{V\cdot s^{-1}}, donc :

      \left[\frac{1}{R_0 \chi_0}\right] = \mathrm{A\cdot V^{-1}\cdot s\cdot m^{-1}} = \Omega^{-1}\cdot \mathrm{s\cdot m^{-1}} = \mathrm{F\cdot m^{-1}}

      ce qui conduit à :

      [R_0 \chi_0] = \Omega\cdot \mathrm{m\cdot s^{-1}}

En combinant les relations obtenues :

\begin{aligned} [R_0]^2 &= \left[\frac{R_0}{\chi_0}\right] \times [R_0 \chi_0] = (\Omega\cdot \mathrm{s\cdot m^{-1}}) \times (\Omega\cdot \mathrm{m\cdot s^{-1}}) = \Omega^2 \implies [R_0] = \Omega \\ [\chi_0]^2 &= \frac{[R_0 \chi_0]}{\left[\dfrac{R_0}{\chi_0}\right]} = \frac{\Omega\cdot \mathrm{m\cdot s^{-1}}}{\Omega\cdot \mathrm{s\cdot m^{-1}}} = \mathrm{m^2\cdot s^{-2}} \implies [\chi_0] = \mathrm{m\cdot s^{-1}} \\ [\ell_0] &= \frac{[R_0]}{\left[\dfrac{R_0}{\ell_0}\right]} = \frac{\Omega}{\Omega\cdot \mathrm{m^{-1}}} = \mathrm{m} \end{aligned}

Les unités usuelles dans le Système International sont ainsi :

\boxed{ [R_0] = \Omega \quad (\text{ohm}), \qquad [\chi_0] = \mathrm{m\cdot s^{-1}} \quad (\text{mètre par seconde}), \qquad [\ell_0] = \mathrm{m} \quad (\text{mètre}) }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait impérativement poser le système complet de trois équations à trois inconnues pour justifier rigoureusement la dimension de chaque grandeur.

« Le jury a été intransigeant : il n’a accordé les points qu’aux candidats qui ont pris le temps de poser correctement le système des 3 équations à 3 inconnues et qui ont montré ensuite qu’ils savaient justifier des dimensions des 3 quantités R0, χ0 et l0. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : ligne de transmission, masse électrique

Dans le cas du télégraphe terrestre du XIXe siècle, l'installation comportait en général un seul fil tendu sur des poteaux. Le modèle de transmission par ligne bifilaire reste-il applicable ? Expliquer.

Voir l'indice

Considérer la fermeture du circuit électrique : quel rôle joue le sol terrestre massif et conducteur vis-à-vis du courant de retour ?

Voir la stratégie
  1. Rappeler qu'un courant électrique ne peut s'établir que dans un circuit fermé : un conducteur de retour est indispensable.
  2. Identifier la nature du conducteur de retour dans l'installation historique du télégraphe.
  3. Conclure sur la validité du modèle bifilaire d'un point de vue électrocinétique et électromagnétique.
Voir la réponse courte

Le modèle bifilaire s'applique car le sol conducteur joue le rôle du second conducteur pour fermer le circuit électrique.

Voir le corrigé complet

Pour qu'un signal électrique (courant i(z,t) et tension u(z,t)) se propage, le circuit électrique reliant l'émetteur au récepteur doit être fermé.

Dans les lignes télégraphiques terrestres du XIXe siècle à un seul fil aérien (procédé mis en œuvre dès 1838 par Steinheil), le retour du courant s'effectue par le sol : la Terre, étant conductrice à grande échelle, sert de conducteur de retour grâce à des piquets de terre plantés aux deux extrémités de la ligne.

D'un point de vue électromagnétique, l'ensemble formé par le fil aérien cylindrique situé à une hauteur h au-dessus d'un sol plan conducteur est rigoureusement équivalent, par la méthode des images, à une ligne bifilaire composée du fil réel et de son image symétrique par rapport à la surface terrestre. Les grandeurs linéiques (inductance linéique, capacité linéique et résistance) sont ainsi bien définies.

\boxed{\text{Le modèle de ligne bifilaire reste donc applicable, la Terre jouant le rôle du second fil.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Très peu réussie, cette question demandait simplement d'indiquer que la Terre servait de référence de tension pour le circuit.

« Cette question n’avait pas d’impact pour la suite de l’épreuve et, heureusement, car il n’y a eu que très peu de bonnes réponses. Le jury attendait tout simplement que le candidat dise que la Terre pouvait jouer le rôle de référence pour les tensions. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : équation des télégraphistes, relation de dispersion

Déterminer l'équation aux dérivées partielles (équation de propagation) vérifiée par la seule fonction , puis l'équation de dispersion associée reliant la pulsation au vecteur d'onde .

Voir l'indice

Dériver l'une des équations par rapport à z et injecter l'autre équation dérivée par rapport à t, puis tester une onde plane progressive monochromatique de la forme \exp(\mathrm{i}(\omega t - kz)).

Voir la stratégie
  1. Pour éliminer la fonction i(z,t), on dérive la première équation des télégraphistes par rapport à la variable d'espace z, puis on utilise le théorème de Schwarz pour permuter les dérivées croisées.
  2. On remplace ensuite \frac{\partial i}{\partial z} par son expression tirée de la seconde équation des télégraphistes afin d'obtenir l'équation aux dérivées partielles régissant u(z,t).
  3. On injecte une onde plane progressive monochromatique sous la convention de l'énoncé en \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})} pour en déduire la relation de dispersion entre \omega et \vec{k}.
Voir la réponse courte

Couplage des équations des télégraphistes pour obtenir l'équation de propagation de u, puis injection d'une onde plane harmonique.

Voir le corrigé complet

Les équations des télégraphistes données par l'énoncé sont :

-\frac{\partial u}{\partial z} = \frac{R_0}{\chi_0}\frac{\partial i}{\partial t} + \frac{R_0}{\ell_0} i(z,t) \tag{1}
-\frac{\partial i}{\partial z} = \frac{1}{R_0 \chi_0}\frac{\partial u}{\partial t} \tag{2}

Dérivons l'équation (1) par rapport à z :

\begin{aligned} -\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} &= \frac{R_0}{\chi_0}\frac{\partial}{\partial z}\left(\frac{\partial i}{\partial t}\right) + \frac{R_0}{\ell_0}\frac{\partial i}{\partial z} \end{aligned}

En appliquant le théorème de Schwarz aux fonctions supposées régulières (\frac{\partial^2 i}{\partial z \partial t} = \frac{\partial^2 i}{\partial t \partial z}) et en substituant l'expression de \frac{\partial i}{\partial z} issue de (2), il vient :

\begin{aligned} -\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} &= \frac{R_0}{\chi_0}\frac{\partial}{\partial t}\left(-\frac{1}{R_0 \chi_0}\frac{\partial u}{\partial t}\right) + \frac{R_0}{\ell_0}\left(-\frac{1}{R_0 \chi_0}\frac{\partial u}{\partial t}\right) \\ -\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} &= -\frac{1}{\chi_0^2}\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} - \frac{1}{\chi_0 \ell_0}\frac{\partial u}{\partial t} \end{aligned}

On obtient ainsi l'équation de propagation régissant la tension u(z,t) :

\boxed{\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} - \frac{1}{\chi_0^2}\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} - \frac{1}{\chi_0 \ell_0}\frac{\partial u}{\partial t} = 0}

Pour déterminer l'équation de dispersion, on cherche une onde plane progressive monochromatique se propageant le long de l'axe (Oz), de vecteur d'onde \vec{k} = k\,\vec{e}_z. En adoptant la notation complexe associée à \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} imposée par le préambule :

\bar{u}(z,t) = \bar{U}_0\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})} = \bar{U}_0\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k z)}

Les opérateurs différentiels s'identifient à :

\frac{\partial}{\partial t} \longleftrightarrow \mathrm{i}\omega \quad \text{et} \quad \frac{\partial}{\partial z} \longleftrightarrow -\mathrm{i}k

En reportant dans l'équation de propagation :

(-\mathrm{i}k)^2 - \frac{1}{\chi_0^2}(\mathrm{i}\omega)^2 - \frac{1}{\chi_0 \ell_0}(\mathrm{i}\omega) = 0 \iff -k^2 + \frac{\omega^2}{\chi_0^2} - \mathrm{i}\frac{\omega}{\chi_0 \ell_0} = 0

Comme \vec{k}^2 = k^2, l'équation de dispersion s'écrit :

\boxed{\vec{k}^2 = \frac{\omega^2}{\chi_0^2} - \mathrm{i}\frac{\omega}{\chi_0 \ell_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'établissement de l'équation de propagation est réussi, mais l'utilisation d'une OPPH complexe pour obtenir la relation de dispersion a été discriminante.

« En général, les candidats ont su dériver les équations de départ et aboutir à l’équation de propagation mais utiliser le modèle onde plane progressive harmonique en complexes pour obtenir la relation de dispersion est tout de suite beaucoup plus discriminant. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : vitesse de phase, dispersion

En déduire la vitesse de phase des ondes de courant et de tension. Y a-t-il dispersion à cet ordre du développement ?

Voir l'indice

Exprimer la relation de dispersion sous la forme k(\omega), effectuer un développement limité au premier ordre pour de faibles pertes (\omega \ell_0 \gg \chi_0), et identifier la vitesse de phase v_\varphi = \omega / \mathrm{Re}(k).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur d'onde complexe \underline{k} sous la forme \underline{k} = k' - \mathrm{i} k'' en effectuant un développement limité au premier ordre par rapport au paramètre sans dimension traduisant les faibles pertes.
  2. Identifier la composante réelle k' pour en déduire la vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{k'}.
  3. Conclure sur l'existence ou non d'un phénomène de dispersion en examinant la dépendance de v_\varphi vis-à-vis de la pulsation \omega.
Voir la réponse courte

Développement de k(\omega) pour identifier la vitesse de phase v_\varphi = \omega/\mathrm{Re}(k) et conclure sur le caractère dispersif.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de dispersion établie à la question Q4, le carré de la norme du vecteur d'onde complexe pour une onde se propageant dans le sens des z croissants s'écrit :

\underline{k}^2 = \frac{\omega^2}{\chi_0^2} \left( 1 - \mathrm{i} \frac{\chi_0}{\omega \ell_0} \right)

Le transport du signal s'effectuant sur une grande distance, les pertes sont faibles et constituent une perturbation, ce qui correspond à la condition :

\frac{\chi_0}{\omega \ell_0} \ll 1

En choisissant la racine correspondant à une onde se propageant dans le sens z > 0 et s'atténuant avec la distance (\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - \underline{k} z)} avec \mathrm{Im}(\underline{k}) < 0), effectuons un développement limité au premier ordre en \frac{\chi_0}{\omega \ell_0} :

\begin{aligned} \underline{k} &= \frac{\omega}{\chi_0} \left( 1 - \mathrm{i} \frac{\chi_0}{\omega \ell_0} \right)^{1/2} \\ &= \frac{\omega}{\chi_0} \left( 1 - \frac{\mathrm{i}}{2} \frac{\chi_0}{\omega \ell_0} + \mathcal{O}\left( \left(\frac{\chi_0}{\omega \ell_0}\right)^2 \right) \right) \\ &= \frac{\omega}{\chi_0} - \frac{\mathrm{i}}{2 \ell_0} + \mathcal{O}\left(\frac{\chi_0}{\omega \ell_0^2}\right) \end{aligned}

La partie réelle du vecteur d'onde, qui régit la phase spatiale de l'onde, vaut donc au premier ordre :

k' = \mathrm{Re}(\underline{k}) = \frac{\omega}{\chi_0}

La vitesse de phase des ondes de courant et de tension s'en déduit directement :

v_\varphi = \frac{\omega}{k'} = \chi_0
\boxed{v_\varphi = \chi_0}

La vitesse de phase v_\varphi = \chi_0 est une constante indépendante de la pulsation \omega. Par conséquent, il n'y a pas de dispersion à cet ordre du développement.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu réussie en raison d'erreurs sur les complexes conduisant à des vitesses de phase complexes, bien que l'absence de dispersion soit comprise.

« Cette question est emblématique des difficultés des candidats avec les nombres complexes. Le jury a pu voir un très grand nombre de fois des vitesses de phase complexes, la question est très peu réussie. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 6

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : atténuation, puissance moyenne

On considère une onde de tension progressant le long de l'axe caractérisée par , montrer que la puissance électrique moyenne transportée par la ligne décroît lors de la propagation et déterminer la distance caractéristique de cette atténuation.

Voir l'indice

Calculer la puissance instantanée u(z,t)\,i(z,t), prendre sa moyenne temporelle et relier la décroissance spatiale exponentielle à la partie imaginaire de la constante de propagation complexe.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la tension complexe \bar{u}(z,t) associée à l'onde se propageant dans le sens des z croissants à l'aide de l'expression du vecteur d'onde complexe \underline{k} issue de la question Q5.
  2. Relier le courant complexe \bar{i}(z,t) à \bar{u}(z,t) via les équations des télégraphistes, au premier ordre du développement en régime de faibles pertes.
  3. Calculer la puissance active moyenne \mathcal{P}_m(z) et en déduire la loi de décroissance spatiale ainsi que la distance caractéristique d'atténuation.
Voir la réponse courte

Exploitation de la partie imaginaire du vecteur d'onde pour établir la décroissance spatiale exponentielle de la puissance moyenne.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q5, le vecteur d'onde complexe pour une onde se propageant dans le sens (Oz) s'écrit au premier ordre :

\underline{k} \approx \frac{\omega}{\chi_0} - \frac{\mathrm{i}}{2\ell_0}

L'onde de tension vérifiant la condition aux limites u(0,t) = U_0 \cos(\omega t) s'écrit en représentation complexe :

\bar{u}(z,t) = U_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - \underline{k}z)} = U_0 \mathrm{e}^{-z/(2\ell_0)} \mathrm{e}^{\mathrm{i}\left(\omega t - \frac{\omega}{\chi_0}z\right)}

La seconde équation des télégraphistes en régime sinusoïdal donne :

-\frac{\partial \bar{i}}{\partial z} = \frac{1}{R_0 \chi_0} \frac{\partial \bar{u}}{\partial t} \implies \mathrm{i}\underline{k} \, \bar{i}(z,t) = \frac{\mathrm{i}\omega}{R_0 \chi_0} \, \bar{u}(z,t)

D'où la relation entre courant et tension :

\bar{i}(z,t) = \frac{\omega}{R_0 \chi_0 \underline{k}} \, \bar{u}(z,t)

Au premier ordre du développement vis-à-vis des pertes (\frac{\chi_0}{\omega \ell_0} \ll 1), \underline{k} \approx \frac{\omega}{\chi_0}, de sorte que le courant de ligne est simplement en phase avec la tension :

\bar{i}(z,t) \approx \frac{\bar{u}(z,t)}{R_0}

La puissance électrique moyenne transportée à la cote z à travers la section de ligne vaut :

\begin{aligned} \mathcal{P}_m(z) &= \frac{1}{2} \operatorname{Re}\left( \bar{u}(z,t) \, \bar{i}^*(z,t) \right) \\ &= \frac{1}{2 R_0} |\bar{u}(z,t)|^2 \\ &= \frac{U_0^2}{2 R_0} \exp\left(-\frac{z}{\ell_0}\right) \end{aligned}

Puisque \ell_0 > 0, la puissance transportée \mathcal{P}_m(z) décroît exponentiellement au fur et à mesure de la propagation le long de l'axe (Oz), sous l'effet des pertes résistives.

La distance caractéristique d'atténuation de la puissance est donc :

\boxed{\delta_{\mathcal{P}} = \ell_0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Très peu réussie, la question exigeait d'exploiter rigoureusement la forme complexe du vecteur d'onde pour mettre en forme tension et intensité.

« La question est très peu réussie car obtenir un vecteur d’onde complexe dans les questions précédentes est déjà peu fréquent. Ici, il s’agissait de bien mettre en forme tension et intensité en exploitant la forme complexe du vecteur d’onde. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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I.B · Câble coaxial

Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : schéma équivalent, équation de d'alembert

Représenter le schéma équivalent à une longueur infinitésimale du câble. Établir les équations de propagation des ondes de courant et de tension.

Voir l'indice

Tracer une maille élémentaire de longueur \mathrm{d}z comportant une inductance en série l_u\mathrm{d}z et une capacité en dérivation c_u\mathrm{d}z, puis appliquer les lois des mailles et des nœuds au premier ordre en \mathrm{d}z.

Voir la stratégie
  1. Représenter une cellule infinitésimale de longueur \mathrm{d}z sans pertes, constituée d'une inductance en série l_u\mathrm{d}z sur le conducteur central et d'une capacité en dérivation c_u\mathrm{d}z entre les conducteurs.
  2. Appliquer la loi des mailles et la loi des nœuds pour obtenir le système d'équations aux dérivées partielles du premier ordre couplant u(z,t) et i(z,t) (équations des télégraphistes sans pertes).
  3. Découpler les équations par dérivation croisée afin d'obtenir les équations de propagation de d'Alembert pour la tension u(z,t) et l'intensité i(z,t).
Voir la réponse courte

Schéma élémentaire d'un tronçon infinitésimal sans pertes, lois de Kirchhoff et dérivation pour aboutir à l'équation de d'Alembert.

Voir le corrigé complet

Le câble étant modélisé sans pertes, un tronçon de longueur élémentaire \mathrm{d}z compris entre z et z + \mathrm{d}z est équivalent à :

  • une inductance élémentaire \mathrm{d}L = l_u\mathrm{d}z en série modélisant l'énergie magnétique stockée par unité de longueur ;
  • une capacité élémentaire \mathrm{d}C = c_u\mathrm{d}z en dérivation modélisant l'énergie électrostatique stockée entre l'âme centrale et la tresse externe.

La loi des mailles appliquée à cette cellule s'écrit :

u(z, t) - l_u\mathrm{d}z\,\frac{\partial i(z,t)}{\partial t} - u(z + \mathrm{d}z, t) = 0

Soit, en développant u(z + \mathrm{d}z, t) = u(z,t) + \frac{\partial u}{\partial z}\,\mathrm{d}z au premier ordre en \mathrm{d}z :

\frac{\partial u}{\partial z} = - l_u \frac{\partial i}{\partial t}

La loi des nœuds appliquée au nœud situé entre l'inductance et la sortie s'écrit :

i(z, t) - i(z + \mathrm{d}z, t) - c_u\mathrm{d}z\,\frac{\partial u(z+\mathrm{d}z, t)}{\partial t} = 0

Au premier ordre en \mathrm{d}z, u(z+\mathrm{d}z, t) \approx u(z,t) dans le terme proportionnel à \mathrm{d}z, et i(z+\mathrm{d}z,t) = i(z,t) + \frac{\partial i}{\partial z}\,\mathrm{d}z, d'où :

\frac{\partial i}{\partial z} = - c_u \frac{\partial u}{\partial t}

Pour découpler ces deux équations, dérivons la première par rapport à z :

\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} = - l_u \frac{\partial^2 i}{\partial z\,\partial t} = - l_u \frac{\partial}{\partial t}\left( \frac{\partial i}{\partial z} \right) = - l_u \frac{\partial}{\partial t}\left( - c_u \frac{\partial u}{\partial t} \right) = l_u c_u \frac{\partial^2 u}{\partial t^2}

De même, en dérivant la seconde équation par rapport à z :

\frac{\partial^2 i}{\partial z^2} = - c_u \frac{\partial^2 u}{\partial z\,\partial t} = - c_u \frac{\partial}{\partial t}\left( \frac{\partial u}{\partial z} \right) = - c_u \frac{\partial}{\partial t}\left( - l_u \frac{\partial i}{\partial t} \right) = l_u c_u \frac{\partial^2 i}{\partial t^2}

Les ondes de tension et de courant vérifient ainsi des équations de d'Alembert :

\boxed{\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} - l_u c_u \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = 0}
\boxed{\frac{\partial^2 i}{\partial z^2} - l_u c_u \frac{\partial^2 i}{\partial t^2} = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait connaître le schéma équivalent du câble coaxial idéal, certains candidats ayant proposé à tort un modèle de corde de Melde.

« Cette question met clairement en évidence les candidats qui apprennent correctement leur cours et savent redonner le schéma du câble coaxial idéal entre z et z + dz. »

« Le jury a été extrêmement surpris de voir que quelques candidats proposaient un modèle de corde de Melde comme si l’on étudiait les ondes transversales sur une corde ! »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : célérité, temps de propagation

Définir, exprimer, calculer et commenter la célérité de propagation des ondes électriques dans le câble Belden 8213. Comparer au « délai » de la fiche technique.

Voir l'indice

Exprimer la célérité théorique de l'onde v = 1/\sqrt{l_u c_u} à partir des constantes linéiques données dans la fiche technique et relier cette vitesse au temps de propagation par mètre.

Voir la réponse courte

Expression c = 1/\sqrt{\Lambda \Gamma}, application numérique et vérification de la concordance avec le retard par unité de longueur.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de d'Alembert établie à la question Q7 pour la tension (ou le courant) :

\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} - l_u c_u \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = 0

la célérité v désigne la vitesse de propagation des signaux électriques (tensions et courants) le long de la ligne, sans déformation en l'absence de pertes. Par identification avec l'équation de d'Alembert canonique :

\boxed{v = \frac{1}{\sqrt{l_u c_u}}}

Application numérique : Avec les données de la table 1 :

  • l_u = 0,32\ \mu\mathrm{H\cdot m^{-1}} = 0,32 \times 10^{-6}\ \mathrm{H\cdot m^{-1}} ;
  • c_u = 53\ \mathrm{pF\cdot m^{-1}} = 53 \times 10^{-12}\ \mathrm{F\cdot m^{-1}}.

On a :

\begin{aligned} l_u c_u &= 0,32 \times 10^{-6} \times 53 \times 10^{-12} = 16,96 \times 10^{-18}\ \mathrm{s^2\cdot m^{-2}} \\ \sqrt{l_u c_u} &\approx 4,12 \times 10^{-9}\ \mathrm{s\cdot m^{-1}} = 4,1\ \mathrm{ns\cdot m^{-1}} \end{aligned}

D'où la célérité :

\boxed{v \approx 2,4 \times 10^8\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}}

Commentaire : La célérité obtenue est inférieure à la vitesse de la lumière dans le vide (v \approx 0,81\,c < c). Cet écart provient de la présence du polyéthylène, isolant diélectrique de permittivité relative \varepsilon_r > 1 entourant l'âme centrale, dans lequel la vitesse des ondes électromagnétiques guidées vaut v = c/\sqrt{\varepsilon_r}.

Comparaison au « délai » : Le « délai » \tau fourni par la fiche technique correspond à la durée de propagation de l'onde par unité de distance (temps de transit linéique) :

\tau = \frac{1}{v} = \sqrt{l_u c_u}

L'application numérique donne \tau \approx 4,1\ \mathrm{ns\cdot m^{-1}}, en excellent accord avec la valeur de 4,0\ \mathrm{ns/m} indiquée sur la fiche technique (écart relatif de l'ordre de 2,5\,\%, pleinement imputable aux arrondis des valeurs nominales).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La célérité est bien reconnue, mais toute application numérique doit être menée jusqu'à son terme pour être validée, même sans calculatrice.

« Il faut que les candidats sachent qu’une application numérique - même effectuée sans calculatrice - ne sera validée que si elle va jusqu’au bout. Il ne faut pas laisser des choses inabouties comme par exemple √ 17 ou comme 101,5. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : impédance caractéristique

Définir et exprimer l'impédance caractéristique du câble. Les données de la fiche technique ci-dessus sont-elles compatibles avec ce modèle ?

Voir l'indice

Définir l'impédance caractéristique comme le rapport de la tension au courant pour une onde purement progressive Z_0 = \sqrt{l_u/c_u}, et comparer la valeur calculée avec la spécification du câble Belden 8213.

Voir la réponse courte

Définition Z_0 = \sqrt{\Lambda/\Gamma}, calcul numérique et confrontation avec la valeur nominale issue de la documentation technique.

Voir le corrigé complet

Pour une onde se propageant dans le sens des z croissants (onde progressive aller), l'impédance caractéristique Z_0 est définie comme le rapport entre la tension et l'intensité du courant associées à cette seule onde :

Z_0 = \frac{u_+(z,t)}{i_+(z,t)}

D'après les équations des télégraphistes sans pertes obtenues à la question Q7 :

\frac{\partial u}{\partial z} = -l_u \frac{\partial i}{\partial t}

Une onde progressive se propageant vers les z croissants s'écrit sous la forme u_+(z,t) = f(t - z/v) et i_+(z,t) = g(t - z/v), avec v = 1/\sqrt{l_u c_u}. En injectant ces expressions dans l'équation précédente, on obtient :

\begin{aligned} -\frac{1}{v} f'\!\left(t - \frac{z}{v}\right) &= -l_u g'\!\left(t - \frac{z}{v}\right) \\ g'\!\left(t - \frac{z}{v}\right) &= \frac{1}{l_u v} f'\!\left(t - \frac{z}{v}\right) = \sqrt{\frac{c_u}{l_u}} f'\!\left(t - \frac{z}{v}\right) \end{aligned}

En l'absence de composante continue, on en déduit :

\boxed{Z_0 = \sqrt{\frac{l_u}{c_u}}}

D'après la table 1, les grandeurs nominales du câble Belden 8213 valent :

  • l_u = 0{,}32\ \mu\mathrm{H\cdot m^{-1}} = 0{,}32 \times 10^{-6}\ \mathrm{H\cdot m^{-1}} ;
  • c_u = 53\ \mathrm{pF\cdot m^{-1}} = 53 \times 10^{-12}\ \mathrm{F\cdot m^{-1}}.

L'application numérique donne :

Z_0 = \sqrt{\frac{0{,}32 \times 10^{-6}}{53 \times 10^{-12}}} = \sqrt{\frac{320}{53} \times 10^3} \approx \sqrt{6{,}04 \times 10^3} \approx 78\ \Omega

La fiche technique indique une impédance nominale de 75\ \Omega. L'écart relatif n'est que de :

\frac{78 - 75}{75} \approx 4\,\%

Cet écart minime s'explique par les arrondis des valeurs fournies. Les données de la fiche technique sont donc parfaitement compatibles avec ce modèle.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de l'impédance caractéristique est satisfaisante, mais son calcul numérique ne devait pas être délaissé car faisable à la main.

« Le calcul numérique de cette impédance était tout à fait réalisable sans calculatrice, les candidats ne devraient pas le négliger. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : onde progressive, réflexion sur impédance

On impose d'abord dans la partie du câble une onde de tension incidente d'amplitude complexe , de pulsation et de vecteur d'onde .

Exprimer l'onde de courant associée en fonction de , , et .

Exprimer les ondes de tension et de courant réfléchies par le câble en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Relier tension et courant incidents via Z_0, puis écrire la continuité de la tension et la relation constitutive à la terminaison z=0 pour exprimer les amplitudes réfléchies par le coefficient de réflexion \underline{r}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'onde incidente de tension sous forme progressive, puis en déduire le courant incident grâce aux équations des télégraphistes (ou la définition de l'impédance caractéristique Z_0).
  2. Poser la forme générale des ondes réfléchies de tension et de courant (progressives selon les z décroissants).
  3. Appliquer la condition aux limites en z=0, où l'impédance de charge \bar{Z}_e impose \bar{u}(0,t) = \bar{Z}_e\,\bar{i}(0,t), pour exprimer les amplitudes réfléchies.
Voir la réponse courte

Utilisation des impédances d'onde pour relier courant et tension, puis conditions aux limites pour déterminer les composantes réfléchies.

Voir le corrigé complet

L'onde de tension incidente se propageant dans le sens des z croissants s'écrit en représentation complexe :

\bar{u}_+(z,t) = \bar{U}_+ \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kz)}

D'après l'équation des télégraphistes établie à la question Q7, \dfrac{\partial \bar{u}}{\partial z} = -l_u \dfrac{\partial \bar{i}}{\partial t}, ce qui donne pour cette onde progressive :

-\mathrm{i}k\,\bar{u}_+(z,t) = -l_u\,\mathrm{i}\omega\,\bar{i}_+(z,t) \implies \bar{i}_+(z,t) = \frac{k}{\omega l_u}\bar{u}_+(z,t)

Comme k/\omega = 1/v = \sqrt{l_u c_u} et Z_0 = \sqrt{l_u/c_u}, on a \dfrac{k}{\omega l_u} = \dfrac{1}{Z_0}. On en déduit :

\boxed{\bar{i}_+(z,t) = \frac{\bar{U}_+}{Z_0}\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kz)}}

L'onde réfléchie se propageant dans le sens des z décroissants, elle est de la forme :

\bar{u}_-(z,t) = \bar{U}_- \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kz)}

En réinjectant dans l'équation des télégraphistes, \dfrac{\partial \bar{u}_-}{\partial z} = +\mathrm{i}k\,\bar{u}_-(z,t) = -l_u\,\mathrm{i}\omega\,\bar{i}_-(z,t), soit :

\bar{i}_-(z,t) = -\frac{\bar{U}_-}{Z_0}\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kz)}

La tension totale et le courant total dans la ligne en z < 0 résultent de la superposition des ondes incidente et réfléchie :

\begin{aligned} \bar{u}(z,t) &= \bar{u}_+(z,t) + \bar{u}_-(z,t) = \left(\bar{U}_+ \mathrm{e}^{-\mathrm{i}kz} + \bar{U}_- \mathrm{e}^{\mathrm{i}kz}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} \\ \bar{i}(z,t) &= \bar{i}_+(z,t) + \bar{i}_-(z,t) = \frac{1}{Z_0}\left(\bar{U}_+ \mathrm{e}^{-\mathrm{i}kz} - \bar{U}_- \mathrm{e}^{\mathrm{i}kz}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} \end{aligned}

En z = 0, la charge impose la loi d'Ohm \bar{u}(0,t) = \bar{Z}_e\,\bar{i}(0,t), d'où :

\bar{U}_+ + \bar{U}_- = \bar{Z}_e \frac{\bar{U}_+ - \bar{U}_-}{Z_0}

En regroupant les termes en \bar{U}_- :

\bar{U}_- \left(1 + \frac{\bar{Z}_e}{Z_0}\right) = \bar{U}_+ \left(\frac{\bar{Z}_e}{Z_0} - 1\right) \implies \bar{U}_- = \frac{\bar{Z}_e - Z_0}{\bar{Z}_e + Z_0}\bar{U}_+

On obtient ainsi les expressions des ondes réfléchies :

\boxed{\bar{u}_-(z,t) = \frac{\bar{Z}_e - Z_0}{\bar{Z}_e + Z_0}\bar{U}_+ \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kz)}}
\boxed{\bar{i}_-(z,t) = -\frac{\bar{Z}_e - Z_0}{\bar{Z}_e + Z_0}\frac{\bar{U}_+}{Z_0} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kz)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'onde rétrograde d'impédance -Z0 et la condition aux limites en bout de ligne ont posé d'importantes difficultés.

« Ensuite, c’est beaucoup plus compliqué pour l’onde qui se propage à x décroissant pour laquelle l’impédance est −Z0. La condition en bout de ligne n’est pas très souvent exprimée correctement. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : coefficient de réflexion, adaptation d'impédance

Exprimer en fonction de et . À quelle condition aura-t-on ? On parle dans ce cas d'adaptation (ou accord) entre le câble et sa charge.

Voir l'indice

Décomposer l'onde totale sous forme d'une onde progressive pure et d'une onde stationnaire pure en factorisant par les amplitudes incidentes et réfléchies.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la tension totale réelle u(z,t) comme la somme de l'onde incidente et de l'onde réfléchie déterminées en Q10.
  2. Séparer l'onde incidente en deux contributions pour faire apparaître une onde purement progressive u_p(z,t) et une onde purement stationnaire u_s(z,t).
  3. Identifier les amplitudes U_p et U_s, en déduire le rapport \rho = U_s / U_p en fonction du coefficient de réflexion \underline{r}, puis expliciter la condition d'annulation \rho = 0.
Voir la réponse courte

Établissement de \rho = (\bar{Z}_e - Z_0)/(\bar{Z}_e + Z_0) et condition d'adaptation parfaite \bar{Z}_e = Z_0 pour annuler la réflexion.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, la tension totale complexe dans la ligne (z < 0) s'écrit :

\bar{u}(z,t) = \bar{u}_+(z,t) + \bar{u}_-(z,t) = \bar{U}_+ \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kz)} + \underline{r} \bar{U}_+ \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kz)}

avec le coefficient de réflexion en tension :

\underline{r} = \frac{\bar{Z}_e - Z_0}{\bar{Z}_e + Z_0} = r\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta}, \quad \text{où } r = |\underline{r}| = \left|\frac{\bar{Z}_e - Z_0}{\bar{Z}_e + Z_0}\right| \le 1

En choisissant sans perte de généralité l'origine des phases de telle sorte que \bar{U}_+ = U_+ > 0, la tension réelle s'écrit :

u(z,t) = U_+ \cos(\omega t - kz) + r U_+ \cos(\omega t + kz + \theta)

En décomposant l'onde incidente en une part progressive résiduelle d'amplitude (1-r)U_+ et une part d'amplitude r U_+ :

\begin{aligned} u(z,t) &= (1 - r) U_+ \cos(\omega t - kz) + r U_+ \big[ \cos(\omega t - kz) + \cos(\omega t + kz + \theta) \big] \\ &= (1 - r) U_+ \cos(\omega t - kz) + 2 r U_+ \cos\!\left(\omega t + \frac{\theta}{2}\right) \cos\!\left(kz + \frac{\theta}{2}\right) \\ &= (1 - r) U_+ \cos(\omega t - kz) + 2 r U_+ \cos\!\left(\omega t + \frac{\theta}{2}\right) \sin\!\left(kz + \frac{\theta}{2} + \frac{\pi}{2}\right) \end{aligned}

Par identification avec la décomposition donnée par l'énoncé, u(z,t) = u_p(z,t) + u_s(z,t) :

U_p = (1 - r) U_+ \quad \text{et} \quad U_s = 2 r U_+

Le rapport \rho s'exprime donc sous la forme :

\rho = \frac{U_s}{U_p} = \frac{2r}{1 - r}

soit, en fonction de Z_0 et \bar{Z}_e :

\boxed{\rho = \frac{2 \left|\bar{Z}_e - Z_0\right|}{\left|\bar{Z}_e + Z_0\right| - \left|\bar{Z}_e - Z_0\right|}}

On aura \rho = 0 si et seulement si son numérateur s'annule, c'est-à-dire :

|\bar{Z}_e - Z_0| = 0 \iff \boxed{\bar{Z}_e = Z_0}

L'impédance de charge doit être une résistance pure égale à l'impédance caractéristique de la ligne pour qu'il y ait adaptation d'impédance (l'onde est alors purement progressive dans tout le câble, sans onde stationnaire).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La quasi-totalité des candidats a échoué en confondant ce coefficient avec le coefficient de réflexion en amplitude pour la tension.

« Cette question est ratée par la presque totalité des candidats qui ont confondu ρ avec le coefficient de réflexion en amplitude pour la tension. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : perte en ligne, longueur d'atténuation

Proposer un schéma modifié de l'élément de longueur de câble. Établir la nouvelle équation de propagation de l'onde de tension ; définir et exprimer la longueur caractéristique d'atténuation de l'amplitude des ondes en fonction de , et .

Voir l'indice

Ajouter des résistances linéiques en série avec l'inductance élémentaire et reprendre la relation de dispersion avec pertes pour identifier la longueur d'atténuation \delta au premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Représenter une tranche infinitésimale de câble coaxial de longueur \mathrm{d}z en intégrant la résistance du conducteur intérieur r_u \mathrm{d}z, celle de la tresse extérieure r'_u \mathrm{d}z, l'inductance propre l_u \mathrm{d}z et la capacité entre armatures c_u \mathrm{d}z.
  2. Appliquer les lois de Kirchhoff (loi des mailles et loi des nœuds) pour établir les équations couplées reliant u(z,t) et i(z,t), puis éliminer le courant pour obtenir l'équation de propagation régissant u(z,t).
  3. Écrire la relation de dispersion pour une onde progressive dans l'approximation des faibles pertes, identifier la partie imaginaire du vecteur d'onde et en déduire la longueur d'atténuation spatiale \delta de l'amplitude.
Voir la réponse courte

Ajout des conductances de fuite et résistances linéiques, obtention de l'équation complète et expression de la distance d'atténuation.

Voir le corrigé complet

1. Schéma équivalent de la tranche \mathrm{d}z :

Le courant circule dans le conducteur intérieur et retourne par la tresse extérieure. En tenant compte des pertes ohmiques réparties, le schéma équivalent s'écrit :

2. Équations des télégraphistes et équation de propagation :

En appliquant la loi des mailles le long du contour élémentaire :

u(z+\mathrm{d}z,t) - u(z,t) = - r_u \mathrm{d}z \, i(z,t) - l_u \mathrm{d}z \frac{\partial i}{\partial t}(z,t) - r'_u \mathrm{d}z \, i(z,t)

d'où, au premier ordre en \mathrm{d}z :

\frac{\partial u}{\partial z} = -(r_u + r'_u)\,i - l_u \frac{\partial i}{\partial t}

La conservation du courant (loi des nœuds) sur la branche capacitive donne :

i(z+\mathrm{d}z,t) - i(z,t) = - c_u \mathrm{d}z \frac{\partial u}{\partial t}(z+\mathrm{d}z,t)

soit :

\frac{\partial i}{\partial z} = -c_u \frac{\partial u}{\partial t}

Dérivons la première équation par rapport à z et substituons \frac{\partial i}{\partial z} :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 u}{\partial z^2} &= -(r_u + r'_u)\frac{\partial i}{\partial z} - l_u \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{\partial i}{\partial z}\right) \\ &= -(r_u + r'_u)\left(-c_u \frac{\partial u}{\partial t}\right) - l_u \frac{\partial}{\partial t}\left(-c_u \frac{\partial u}{\partial t}\right) \end{aligned}

L'équation de propagation vérifiée par la tension s'écrit :

\boxed{\frac{\partial^2 u}{\partial z^2} - l_u c_u \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} - (r_u + r'_u) c_u \frac{\partial u}{\partial t} = 0}

3. Longueur caractéristique d'atténuation de l'amplitude :

On recherche une onde plane progressive harmonique se propageant dans le sens des z croissants sous la forme complexe \underline{u}(z,t) = \underline{U}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - \underline{k}z)}. En injectant cette forme dans l'équation de propagation :

(-\mathrm{i}\underline{k})^2 - l_u c_u (\mathrm{i}\omega)^2 - (r_u + r'_u)c_u (\mathrm{i}\omega) = 0 \implies \underline{k}^2 = l_u c_u \omega^2 - \mathrm{i} (r_u + r'_u)c_u \omega

En factorisant par le terme sans pertes k_0^2 = l_u c_u \omega^2 :

\underline{k}^2 = l_u c_u \omega^2 \left( 1 - \mathrm{i}\frac{r_u + r'_u}{l_u \omega} \right)

Dans le cadre de l'approximation des faibles pertes ((r_u + r'_u) \ll l_u \omega), un développement limité au premier ordre donne :

\underline{k} \approx \omega\sqrt{l_u c_u}\left( 1 - \frac{\mathrm{i}}{2}\frac{r_u + r'_u}{l_u \omega} \right) = \frac{\omega}{v} - \mathrm{i}\,\frac{r_u + r'_u}{2}\sqrt{\frac{c_u}{l_u}}

Or, l'impédance caractéristique de la ligne sans pertes s'écrit Z_0 = \sqrt{\frac{l_u}{c_u}}, d'où :

\underline{k} = k' - \mathrm{i}k'' \quad \text{avec} \quad k' = \frac{\omega}{v} \quad \text{et} \quad k'' = \frac{r_u + r'_u}{2 Z_0}

La tension s'exprime donc sous la forme :

u(z,t) = U_0 \mathrm{e}^{-k'' z} \cos(\omega t - k' z) = U_0 \mathrm{e}^{-z/\delta} \cos(\omega t - k' z)

La longueur caractéristique d'atténuation spatiale \delta de l'amplitude de l'onde est la distance sur laquelle l'amplitude est divisée par \mathrm{e} :

\boxed{\delta = \frac{2 Z_0}{r_u + r'_u}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas placer à tort la résistance linéique en parallèle du condensateur par confusion avec une conductance de fuite.

« Beaucoup d’erreurs dans le schéma puisque la résistance r′ udz a souvent été placée en parallèle du condensateur, sans doute par mimétisme avec un modèle étudié en classe où le condensateur présentait une conductance de fuite. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques ; Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : effet de peau, atténuation

A.N. : calculer et commenter la valeur de la distance caractéristique.

En pratique, on évite d'utiliser de tels câbles à très haute fréquence ( et plus). Pourquoi ?

Voir l'indice

Faire l'application numérique avec la résistance totale linéique (r_u + r'_u), puis penser à l'effet de peau à très haute fréquence qui modifie drastiquement la résistance effective.

Voir la réponse courte

Calcul de l'atténuation ; à très haute fréquence, l'effet de peau augmente la résistance linéique et accroît fortement les pertes.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q12, la longueur caractéristique d'atténuation spatiale de l'amplitude s'exprime par :

\delta = \frac{2 Z_0}{r_u + r'_u}

D'après les données de la table 1 :

  • Z_0 = 75\ \Omega ;
  • r_u = 8,5\ \Omega\cdot\mathrm{km}^{-1} et r'_u = 3,6\ \Omega\cdot\mathrm{km}^{-1}, soit r_u + r'_u = 12,1\ \Omega\cdot\mathrm{km}^{-1} = 1,21 \times 10^{-2}\ \Omega\cdot\mathrm{m}^{-1}.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} \delta &= \frac{2 \times 75}{1,21 \times 10^{-2}} \approx 1,2 \times 10^4\ \mathrm{m} = 12\ \mathrm{km} \end{aligned}
\boxed{\delta \approx 12\ \mathrm{km}}

Commentaire : La distance caractéristique d'atténuation \delta \approx 12\ \mathrm{km} est bien supérieure aux longueurs typiques de raccordement d'une antenne de télévision à un téléviseur (quelques mètres à quelques dizaines de mètres). L'atténuation est donc tout à fait négligeable à l'échelle d'une habitation.

Limitation à très haute fréquence (f \ge 1\ \mathrm{GHz}) :

À ces fréquences, deux phénomènes majeurs augmentent considérablement l'atténuation :

  1. L'effet de peau : le courant ne circule plus que sur une épaisseur de peau \delta_{\mathrm{p}} = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \gamma \omega}} \propto f^{-1/2}. Pour le cuivre à 1\ \mathrm{GHz}, cette épaisseur devient micrométrique (\delta_{\mathrm{p}} \approx 2\ \mu\mathrm{m}). La section efficace de conduction est fortement réduite, ce qui augmente les résistances linéiques comme \sqrt{f} et diminue d'autant \delta.
  2. Les pertes diélectriques : la réorientation rapide des dipôles de l'isolant dissipe de l'énergie (conductance de fuite non nulle g_u \propto f), ce qui amplifie les pertes en ligne.

C'est pourquoi on préfère utiliser, à ces fréquences, des guides d'ondes métalliques creux ou des fibres optiques.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Peu de candidats ont pensé à invoquer l'effet de peau pour expliquer l'atténuation aux très hautes fréquences.

« Difficile de réussir cette question sans avoir réussi la précédente, peu de candidats évoquent l’effet de peau pour justifier leur réponse. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 14

DifficileTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : impédance équivalente, onde réfléchie

Pourquoi n'y a-t-il pas d'onde réfléchie dans les câbles situés en ? Montrer qu'il en existe une dans le câble situé en et déterminer son amplitude.

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Utiliser le fait que les deux câbles de sortie sont adaptés pour éliminer toute réflexion venant de z > 0, puis calculer l'impédance équivalente vue en z=0 par la mise en parallèle des deux lignes.

Voir la stratégie
  1. Pour la zone z > 0, exploiter le fait que les deux câbles sont fermés sur des décodeurs adaptés d'impédance Z_0, ce qui annule toute réflexion aux terminaisons.
  2. En z = 0, modéliser la dérivation par la mise en parallèle de deux lignes adaptées, ou écrire directement les lois de Kirchhoff (continuité du potentiel et loi des nœuds) reliant les ondes incidentes, réfléchies et transmises.
  3. En déduire le coefficient de réflexion à la jonction et l'amplitude de l'onde réfléchie dans la ligne z < 0.
Voir la réponse courte

Câbles semi-infinis adaptés en bout sans onde retour ; rupture d'impédance au nœud de raccordement générant une onde réfléchie amont.

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1. Absence d'onde réfléchie pour z > 0 :
Les décodeurs D et D' placés aux extrémités des deux câbles situés en z > 0 sont adaptés à leur ligne respective : leur impédance de charge vaut \bar{Z}_e = Z_0. D'après la question 11, le coefficient de réflexion à l'extrémité de chaque câble est nul :

\underline{r} = \frac{\bar{Z}_e - Z_0}{\bar{Z}_e + Z_0} = 0

Aucune onde réfléchie n'est donc générée aux récepteurs. Comme ces lignes sont homogènes, il ne s'y propage que des ondes progressives dans le sens des z croissants : il n'y a pas d'onde réfléchie dans le domaine z > 0.

2. Existence et amplitude d'une onde réfléchie pour z < 0 :
Chacun des deux câbles en z > 0 se comporte, en l'absence d'onde réfléchie, comme une impédance d'entrée égale à son impédance caractéristique Z_0. La mise en dérivation des deux lignes en z = 0 présente donc une impédance équivalente :

\bar{Z}_{\text{eq}} = Z_0 \,//\, Z_0 = \frac{Z_0}{2}

Comme \bar{Z}_{\text{eq}} \neq Z_0, il y a rupture d'impédance caractéristique en z = 0 : une onde réfléchie apparaît nécessairement dans la ligne incidente (z < 0).

Exprimons les conditions de raccordement en z = 0 en notation complexe :

  • Continuité de la tension : \bar{u}(0^-, t) = \bar{u}(0^+, t), soit :

    \bar{U}_0 + \bar{U}_r = \bar{U}'_0
  • Loi des nœuds pour le courant (les deux câbles dérivés absorbent chacun le même courant transmis \bar{i}_t) : \bar{i}(0^-, t) = 2\,\bar{i}_t(0^+, t). En utilisant les relations entre courants et tensions issues de la question 10 :

    \frac{\bar{U}_0 - \bar{U}_r}{Z_0} = 2\,\frac{\bar{U}'_0}{Z_0} \iff \bar{U}_0 - \bar{U}_r = 2\,\bar{U}'_0

En éliminant \bar{U}'_0, on obtient :

\bar{U}_0 - \bar{U}_r = 2(\bar{U}_0 + \bar{U}_r) \iff 3\bar{U}_r = -\bar{U}_0

soit une amplitude complexe réfléchie :

\bar{U}_r = -\frac{1}{3}U_0

L'onde réfléchie dans le câble d'amenée (z < 0) a pour expression temporelle :

u_r(z,t) = -\frac{1}{3}U_0 \cos(\omega t + kz) = \frac{1}{3}U_0 \cos(\omega t + kz + \pi)

L'amplitude (positive par définition) de l'onde réfléchie vaut donc :

\boxed{U_r = \frac{1}{3} U_0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'adaptation d'impédance est comprise, mais la détermination de l'impédance équivalente de deux lignes en parallèle (Z0/2) a souvent posé problème.

« La notion d’adaptation d’impédance est relativement bien connue mais les candidats sont beaucoup plus fragiles sur la mise en parallèle des deux dispositifs identiques provoquant une impédance vue depuis le point de soudure de Zeq = Z0/2. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : coefficient de réflexion, détection de défaut

L'introduction de cette dérivation « pirate » est-elle détectable par une mesure de ou bien par celle de l'atténuation du signal incident au niveau du détecteur ?

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Évaluer le coefficient de réflexion global en amont de la jonction ainsi que la chute de puissance transmise au niveau du récepteur légitime.

Voir la réponse courte

Comparaison de la sensibilité : la mesure du coefficient de réflexion amont permet une détection immédiate de la dérivation clandestine.

Voir le corrigé complet

Analysons les deux grandeurs selon l'endroit où la mesure est effectuée :

  1. Au niveau du récepteur D (dans la zone z > 0) :

    • Le décodeur D étant parfaitement adapté à la ligne (\bar{Z}_D = Z_0), aucune onde ne se réfléchit en son entrée. L'onde se propageant dans le câble vers D est donc strictement progressive (d'après la question 14) :

      U_s = 0 \implies \rho = \frac{U_s}{U_p} = 0

      Une mesure de \rho au niveau du détecteur D donne \rho = 0 et ne permet donc pas de déceler la présence de la dérivation clandestine.

    • En revanche, l'amplitude de la tension transmise vaut (question 14) :

      U'_0 = \frac{2}{3}\,U_0

      La puissance reçue par le décodeur D est alors :

      \mathcal{P}' = \frac{{U'_0}^2}{2 Z_0} = \frac{4}{9}\,\mathcal{P}_0 \approx 0{,}44\,\mathcal{P}_0

      ce qui correspond à une atténuation de :

      A = -10 \log_{10}\left(\frac{4}{9}\right) \approx 3{,}5\text{ dB}

      Si la puissance nominale fournie par l'antenne est connue, cette chute de tension de plus de 33\,\% (et de plus de moitié en puissance) est directement détectable par une mesure de l'atténuation.

  2. En amont du raccordement (dans la zone z < 0, côté antenne P) :

    • Le raccordement crée une discontinuité d'impédance équivalente à \bar{Z}_{\text{eq}} = Z_0/2. Le coefficient de réflexion en tension vaut \underline{r} = -1/3, soit |\underline{r}| = 1/3.
    • D'après le résultat de la question 11, le coefficient \rho dans la portion z < 0 vaut :

      \rho = \frac{2|\underline{r}|}{1 - |\underline{r}|} = \frac{2/3}{1 - 1/3} = 1

      Une mesure de \rho (ou du rapport d'ondes stationnaires) effectuée sur la ligne principale en amont de la soudure permettrait donc immédiatement de détecter le piratage.

\boxed{\text{Au niveau de } D\text{, le piratage n'est détectable que par l'atténuation du signal incident (car } \rho = 0\text{ en } z > 0\text{).}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez la clarté et la précision de votre argumentation pour éviter des pertes de points dues à des formulations équivoques.

« Les candidats marquent, ici, nettement moins de points qu’il ne leur était possible de faire tout simplement parce que la façon dont ils rédigent leurs réponses est assez défaillante. Les phrases doivent être claires et ne pas laisser place à des formulations équivoques. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Partie II : La télégraphie sans fil

II.A · Échos ionosphériques

Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Réflexion, réfraction et fibres optiques

Notions : réflexion géométrique, portée radio

Représenter sur un schéma les points d'émission et de réception du signal radio correspondant à cette transmission. Montrer qu'elle n'est possible que si la distance vérifie et exprimer en fonction de et du rayon terrestre .

A.N. : calculer et conclure.

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Faire un schéma représentant la Terre de rayon R_T avec la ligne de visée tangente au sol reliant l'antenne surélevée au récepteur au sol, puis appliquer le théorème de Pythagore.

Voir la stratégie
  1. Réaliser une coupe géométrique du globe terrestre passant par le centre de la Terre O, le récepteur R (au sol) et l'émetteur E (à l'altitude h).
  2. Exprimer la condition de visibilité directe : le rayon rectiligne ER ne doit pas être intercepté par la Terre, la portée maximale correspondant au rayon rasant tangent au sol en R.
  3. Appliquer le théorème de Pythagore dans le triangle rectangle en R pour en déduire d_{\max}, puis comparer à la distance transatlantique (3\,500\text{ km}).
Voir la réponse courte

Condition d'incidence rasante sur l'horizon terrestre pour déterminer la portée maximale géométrique d_{\max} \approx 2\sqrt{2R_T h}.

Voir le corrigé complet

Le récepteur R se situe au niveau du sol (OR = R_T), tandis que l'émetteur E est à l'altitude h (OE = R_T + h). En l'absence de diffraction et de réfraction atmosphérique, la propagation des ondes radio en ligne droite n'est possible que si la ligne de visée (ER) n'est pas occultée par le globe terrestre.

La configuration limite de portée maximale correspond au cas où le rayon rectiligne (ER) est tangent à la surface de la Terre. Comme le récepteur R est situé au sol, le point de tangence est nécessairement le point R.

Dans le triangle ORE, rectangle en R :

\begin{aligned} OE^2 &= OR^2 + ER^2 \\ (R_T + h)^2 &= R_T^2 + d_{\max}^2 \\ d_{\max}^2 &= 2R_T h + h^2 \end{aligned}

L'altitude h = 180\text{ m} étant négligeable devant le rayon terrestre R_T = 6\,400\text{ km} (h/R_T \approx 3\times 10^{-5} \ll 1), on obtient :

\boxed{d_{\max} = \sqrt{2R_T h + h^2} \approx \sqrt{2R_T h}}

Application numérique :

\begin{aligned} d_{\max} &\approx \sqrt{2 \times 6\,400\times 10^3 \times 180} = \sqrt{12\,800 \times 10^3 \times 180} = \sqrt{2\,304 \times 10^6}\text{ m} \\ d_{\max} &= 48\times 10^3\text{ m} = 48\text{ km} \end{aligned}
\boxed{d_{\max} = 48\text{ km}}

Conclusion : La distance transatlantique entre l'Angleterre et le Canada (d \approx 3\,500\text{ km}) est très largement supérieure à la portée en visibilité directe (d_{\max} = 48\text{ km}). La courbure de la Terre interdit donc toute liaison directe en ligne droite : le succès de l'expérience de Marconi s'explique nécessairement par des réflexions sur la haute atmosphère (les échos ionosphériques).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un schéma soigné permettait d'appliquer immédiatement le théorème de Pythagore, qui a pourtant posé des difficultés.

« Le succès à cette question reposait sur un schéma propre car, ensuite, la réponse tombait sous le sens puisqu’il s’agissait du théorème de Pythagore dont on pourrait espérer une meilleure maîtrise de la part des candidats. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : onde plane progressive harmonique, vecteur d'onde

Exprimer la représentation complexe du champ électrique de l'onde incidente d'amplitude ; on prendra l'origine des phases au point origine .

Voir l'indice

Écrire le champ électrique incident en projetant le vecteur d'onde incident \vec{k} sur les axes (Ox) et (Oz) en tenant compte de la polarisation selon \vec{e}_y.

Voir la stratégie
  1. Identifier la direction et le sens de propagation de l'onde dans le repère (O, \vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) à partir de la figure 5 afin d'expliciter le vecteur d'onde \vec{k} dans la basse atmosphère (assimilée au vide).
  2. Exprimer le produit scalaire \vec{k}\cdot\vec{r} avec la position \vec{r} = x\vec{e}_x + y\vec{e}_y + z\vec{e}_z.
  3. Prendre en compte la polarisation rectiligne selon (Oy), l'amplitude E_0 et l'origine des phases en O.
Voir la réponse courte

Écriture vectorielle du champ électrique en incidence oblique en projetant le vecteur d'onde selon l'angle d'incidence \theta.

Voir le corrigé complet

Dans la basse atmosphère assimilée au vide, la relation de dispersion d'une onde électromagnétique plane progressive monochromatique s'écrit :

k = \|\vec{k}\| = \frac{\omega}{c}

D'après la figure 5, l'onde se propage dans le plan (xOz), vers les x croissants et les z croissants (en direction de l'ionosphère située en z \geqslant H). La direction de propagation fait un angle \theta avec l'axe vertical (Oz), ce qui donne pour le vecteur d'onde :

\vec{k} = \frac{\omega}{c}\left(\sin\theta\,\vec{e}_x + \cos\theta\,\vec{e}_z\right)

Pour un point repéré par \vec{r} = x\,\vec{e}_x + y\,\vec{e}_y + z\,\vec{e}_z, la phase spatiale s'écrit :

\vec{k}\cdot\vec{r} = \frac{\omega}{c}\left(x\sin\theta + z\cos\theta\right)

L'onde est polarisée rectilignement selon l'axe (Oy), d'amplitude réelle E_0, et la phase à l'origine O (x=0, y=0, z=0) à l'instant t=0 est choisie nulle. En adoptant la convention temporelle en \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, la représentation complexe du champ électrique incident s'écrit :

\boxed{\bar{\vec{E}}(\vec{r},t) = E_0 \exp\left[\mathrm{i}\left(\omega t - \frac{\omega}{c}(x\sin\theta + z\cos\theta)\right)\right]\vec{e}_y}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très décevante montrant un manque de cours sur les OPPM ; la forme du champ était de surcroît suggérée dans la suite du sujet.

« Les réponses proposées à cette question sont très décevantes. Cela n’est pas normal parce que cela montre un déficit notoire d’apprentissage du cours sur les ondes électromagnétiques planes. »

« De plus, les candidats, dont la mémoire est défaillante, auraient pu s’inspirer de la forme du champ électrique donné dans le paragraphe de l’énoncé qui suit la question. . . »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : relation de passage, loi de snell-descartes

Expliciter et les composantes et en fonction de , et .

Voir l'indice

Écrire la continuité spatio-temporelle de la phase à l'interface plane z = H, ce qui impose l'égalité des fréquences et l'invariance de la composante tangentielle du vecteur d'onde.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la condition de continuité du champ électromagnétique à l'interface plane z = H, valable pour tout instant t et tout point (x,y) du plan de séparation.
  2. En déduire l'égalité des pulsations (invariance temporelle) et des composantes tangentielles du vecteur d'onde (invariance par translation spatiale le long de l'interface).
Voir la réponse courte

Continuité de la phase spatio-temporelle à l'interface plane pour déterminer la pulsation \omega' et la composante tangentielle k'_x.

Voir le corrigé complet

À l'interface z = H, la continuité du champ électromagnétique doit être vérifiée pour tout instant t et pour toutes les coordonnées transverses x et y.

  • L'invariance par translation dans le temps impose l'égalité des fréquences temporelles entre l'onde incidente et l'onde transmise :

    \boxed{\omega' = \omega}
  • L'invariance par translation spatiale selon les directions \vec{e}_x et \vec{e}_y, parallèles au plan de l'interface, impose la conservation de la composante tangentielle du vecteur d'onde (loi de Snell-Descartes pour la réfraction) :

    \begin{aligned} k'_x &= k_x \\ k'_y &= k_y \end{aligned}

D'après le résultat de la question Q17, le vecteur d'onde incident s'écrit :

\vec{k} = \frac{\omega}{c}\sin\theta\,\vec{e}_x + \frac{\omega}{c}\cos\theta\,\vec{e}_z

d'où k_x = \frac{\omega}{c}\sin\theta et k_y = 0. On en déduit immédiatement :

\boxed{k'_x = \frac{\omega}{c}\sin\theta} \quad \text{et} \quad \boxed{k'_y = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les conditions de continuité des champs et leurs répercussions sur les phases des ondes doivent être bien assimilées.

« Les candidats n’ont pas bien assimilé les conditions de continuité des champs surtout les conséquences sur les éléments que l’on trouve dans les phases des ondes. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : plasma, pulsation de coupure

En déduire en fonction de , , et et en déduire que l'onde transmise ne peut pas se propager dans le plasma si et exprimer la pulsation limite en fonction de et .

Voir l'indice

Injecter les composantes du vecteur d'onde dans la relation de dispersion du plasma pour isoler k_z'^2, puis étudier le signe de ce terme pour définir la condition de coupure.

Voir la stratégie
  1. Injecter les composantes de \vec{k}' et la pulsation \omega' établies à la question Q18 dans la relation de dispersion du plasma.
  2. Isoler k_z'^2 et l'exprimer en fonction des grandeurs demandées.
  3. Discuter le signe de k_z'^2 pour identifier la condition sous laquelle l'onde devient évanescente selon la direction verticale z, et en déduire l'expression de \omega_\ell.
Voir la réponse courte

Injection dans la relation de dispersion du plasma pour exprimer k'^2_z et condition de réflexion totale \omega < \omega_p/\cos\theta.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de dispersion dans le plasma fournie par l'énoncé :

\omega'^2 = \omega_p^2 + c^2 \vec{k}'^2 = \omega_p^2 + c^2 \left( k_x'^2 + k_y'^2 + k_z'^2 \right)

En utilisant les résultats de la question Q18 (\omega' = \omega, k_x' = \frac{\omega}{c}\sin\theta et k_y' = 0), il vient :

\begin{aligned} \omega^2 &= \omega_p^2 + c^2 \left( \frac{\omega^2}{c^2}\sin^2\theta + k_z'^2 \right) \\ &= \omega_p^2 + \omega^2 \sin^2\theta + c^2 k_z'^2 \end{aligned}

En isolant k_z'^2, on obtient :

c^2 k_z'^2 = \omega^2 (1 - \sin^2\theta) - \omega_p^2 = \omega^2 \cos^2\theta - \omega_p^2

soit :

\boxed{k_z'^2 = \frac{\omega^2 \cos^2\theta - \omega_p^2}{c^2}}

L'onde transmise dans le plasma a pour dépendance spatio-temporelle :

\exp\left[ \mathrm{i}\left(\omega t - k_x' x - k_z' z\right) \right]
  • Si k_z'^2 > 0, la composante k_z' est réelle : l'onde se propage dans le plasma le long de l'axe vertical (Oz).
  • Si k_z'^2 < 0, la composante k_z' est imaginaire pure. En choisissant la solution physiquement admissible pour z > H (amplitude qui reste bornée lorsque z \to +\infty), on a k_z' = -\mathrm{i}\kappa_z avec \kappa_z = \frac{\sqrt{\omega_p^2 - \omega^2\cos^2\theta}}{c} > 0. Le facteur de propagation devient \mathrm{e}^{-\kappa_z z} \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - k_x' x)} : l'onde est alors purement évanescente dans la direction z et ne transporte aucune énergie vers les altitudes élevées du plasma.

La condition de non-propagation dans le plasma s'écrit ainsi :

k_z'^2 < 0 \iff \omega^2 \cos^2\theta - \omega_p^2 < 0 \iff \omega < \frac{\omega_p}{\cos\theta}

La pulsation limite de coupure en incidence oblique s'identifie donc à :

\boxed{\omega_\ell = \frac{\omega_p}{\cos\theta}}

Résultat

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Question 20

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : réflexion ionosphérique, fréquence de coupure

A.N. : pour l'ionosphère on prendra et . Calculer puis la fréquence limite dans le cas d'une transmission sur une distance totale (en négligeant l'influence de la courbure terrestre). Conclure.

Voir l'indice

Relier la géométrie de la liaison (distance d et hauteur de couche H) à l'angle d'incidence \theta par trigonométrie élémentaire sur un triangle isocèle modélisant la réflexion.

Voir la stratégie
  1. Relier l'angle d'incidence \theta aux grandeurs géométriques H et d par la trigonométrie élémentaire dans le triangle rectangle formé par l'émetteur, le point d'impact ionosphérique et la projection au sol (en supposant la Terre plane selon la consigne).
  2. Calculer \cos\theta puis la fréquence limite f_\ell = f_p / \cos\theta.
  3. Interpréter physiquement la condition de réflexion totale et comparer la portée obtenue à celle de la visibilité directe (question Q16).
Voir la réponse courte

Calcul géométrique de \cos\theta, déduction numérique de la fréquence de coupure oblique et validation de la propagation par rebonds.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation d'une Terre plane, le trajet de l'onde pour un écho simple (un seul rebond sur l'ionosphère) est symétrique. Le point de réflexion sur l'ionosphère, située à l'altitude H, se trouve à mi-distance entre l'émetteur et le récepteur, soit à une distance horizontale d/2.

L'angle \theta étant repéré par rapport à la normale verticale (Oz), la trigonométrie du triangle rectangle donne :

\tan\theta = \frac{d/2}{H} = \frac{d}{2H}

On en déduit l'expression de \cos\theta :

\cos\theta = \frac{1}{\sqrt{1 + \tan^2\theta}} = \frac{1}{\sqrt{1 + \left(\frac{d}{2H}\right)^2}}

Avec d \sim 3\,500\text{ km} et H \sim 175\text{ km}, il vient :

\frac{d}{2H} = \frac{3\,500}{2 \times 175} = \frac{3\,500}{350} = 10

D'où :

\cos\theta = \frac{1}{\sqrt{1 + 10^2}} = \frac{1}{\sqrt{101}} \approx \frac{1}{10} = 0,10
\boxed{\cos\theta \approx 0,10}

D'après le résultat de la question Q19, la pulsation limite s'écrit \omega_\ell = \omega_p / \cos\theta, soit en fréquence :

f_\ell = \frac{\omega_\ell}{2\pi} = \frac{f_p}{\cos\theta}

Avec f_p \sim 1\text{ MHz} :

f_\ell \approx \frac{1\text{ MHz}}{0,10} = 10\text{ MHz}
\boxed{f_\ell \approx 10\text{ MHz}}

Conclusion : Pour toute fréquence f < f_\ell \approx 10\text{ MHz}, l'onde ne peut pas se propager dans le plasma ionosphérique (k_z'^2 < 0) et subit une réflexion totale. Ce phénomène de « miroir ionosphérique » permet de guider l'onde autour du globe et d'établir une liaison transatlantique (d \sim 3\,500\text{ km}), surmontant ainsi largement la limite de visibilité directe (d_{\max} \approx 48\text{ km}, Q16) imposée par la rotondité de la Terre.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne négligez pas le schéma géométrique et menez à bien l'application numérique qui était particulièrement simple.

« Cette question représente un écueil pour les candidats qui ne savent pas faire un schéma propre de la situation ou bien rechignent à faire l’application numérique qui était, en l’occurrence, très facile avec les valeurs numériques choisies. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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II.B · L'ionosphère

Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : modèle de drude, conductivité complexe

Dans le cadre non relativiste, en justifiant les simplifications, expliciter l'équation du mouvement des électrons et en déduire la densité volumique de courant dans ce milieu sous la forme ; préciser l'expression, le nom et la dimension de la grandeur complexe .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron soumis au champ électrique seul (force magnétique négligée), en régime sinusoïdal établi sans terme de collision.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron du plasma en justifiant les approximations usuelles (poids, force magnétique, collisions, terme convectif).
  2. Passer en régime sinusoïdal forcé pour exprimer la vitesse complexe \bar{\vec{v}}, puis en déduire le vecteur densité volumique de courant \bar{\vec{J}} = -n e \bar{\vec{v}}.
  3. Identifier \bar{\gamma}(\omega), expliciter sa formule, son nom physique et sa dimension.
Voir la réponse courte

PFD sur les électrons sous l'action du champ électrique harmonique, calcul du courant volumique et conductivité imaginaire pure.

Voir le corrigé complet

On étudie le mouvement d'un électron (masse m_e, charge q = -e) dans le référentiel d'étude supposé galiléen. L'électron est soumis à la force de Lorentz et à la pesanteur :

m_e \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -e\left(\vec{E} + \vec{v}\wedge\vec{B}\right) + m_e\vec{g}

Les simplifications suivantes sont justifiées :

  • Poids négligeable : pour des amplitudes usuelles de champ électrique, eE \gg m_e g, la pesanteur est donc totalement négligée.
  • Absence de collisions : l'ionosphère étant un plasma « peu dense », le temps moyen entre collisions est grand devant la période 2\pi/\omega de l'onde ; on néglige tout terme de frottement fluide.
  • Cadre non relativiste : les électrons ont une vitesse v \ll c. Pour l'onde électromagnétique, B \sim E/c, d'où \|\vec{v}\wedge\vec{B}\| \sim (v/c)E \ll E : la composante magnétique de la force de Lorentz est négligeable devant la composante électrique.
  • Linéarisation : l'accélération convective (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} \sim v k v \sim (v/c)\omega v est d'ordre 2 par rapport aux petites perturbations et négligeable devant l'accélération locale \partial\vec{v}/\partial t \sim \omega v. On a donc \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} \approx \frac{\partial\vec{v}}{\partial t}.

L'équation du mouvement se simplifie ainsi en :

m_e \frac{\partial\vec{v}}{\partial t} = -e\vec{E}

En notation complexe avec la convention \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, l'opérateur \frac{\partial}{\partial t} devient \mathrm{i}\omega, d'où :

\begin{aligned} \mathrm{i} m_e \omega \bar{\vec{v}} &= -e \bar{\vec{E}} \\ \bar{\vec{v}} &= -\frac{e}{\mathrm{i}m_e \omega} \bar{\vec{E}} = \frac{\mathrm{i}e}{m_e \omega} \bar{\vec{E}} \end{aligned}

Les ions étant très massifs devant les électrons, ils sont considérés comme immobiles (\vec{v}_{\text{ion}} \approx \vec{0}). La densité de courant est donc uniquement due au déplacement des électrons de densité particulaire n :

\bar{\vec{J}} = -n e \bar{\vec{v}} = \frac{n e^2}{\mathrm{i}m_e \omega} \bar{\vec{E}} = -\mathrm{i}\frac{n e^2}{m_e \omega}\bar{\vec{E}}

Par identification avec \bar{\vec{J}} = \bar{\gamma}(\omega)\bar{\vec{E}}, on obtient :

\boxed{\bar{\gamma}(\omega) = \frac{n e^2}{\mathrm{i}m_e \omega} = -\mathrm{i}\frac{n e^2}{m_e \omega}}
  • Nom : la grandeur \bar{\gamma}(\omega) est la conductivité électrique complexe du plasma (loi d'Ohm locale généralisée).
  • Dimension : \bar{\gamma}(\omega) a la dimension d'une conductivité électrique, dont l'unité SI est le siemens par mètre (\mathrm{S}\cdot\mathrm{m}^{-1} ou \Omega^{-1}\cdot\mathrm{m}^{-1}). En unités de base du SI, [\bar{\gamma}] = \mathrm{M}^{-1}\cdot\mathrm{L}^{-3}\cdot\mathrm{T}^{3}\cdot\mathrm{I}^{2} (\mathrm{kg}^{-1}\cdot\mathrm{m}^{-3}\cdot\mathrm{s}^3\cdot\mathrm{A}^2).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait justifier rigoureusement la négligence de la force magnétique de Lorentz et ne pas oublier l'unité de la conductivité électrique.

« Mais, la simplification de la partie en ⃗v ∧⃗B de la force de Lorentz n’est pas assez souvent expliquée correctement. »

« Ensuite, γ est souvent appelée - à juste titre - conductivité électrique mais son unité en Ω−1 · m−1 l’est beaucoup plus rarement. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : équation de dispersion, pulsation plasma

Montrer que cette expression de permet d'obtenir une équation de dispersion (ED) ; préciser en particulier l'expression de la grandeur .

Voir l'indice

Injecter la loi d'Ohm microscopique dans l'équation de Maxwell-Ampère et combiner avec l'équation de Maxwell-Faraday pour faire apparaître le laplacien vectoriel et identifier \omega_p.

Voir la stratégie
  1. Écrire les équations de Maxwell dans le plasma assimilé à un milieu neutre sans aimantation (\varepsilon_0, \mu_0).
  2. Établir l'équation de propagation satisfaite par le champ électrique \vec{E} à l'aide de la formule du rotationnel du rotationnel.
  3. Injecter la forme de l'onde plane progressive monochromatique ainsi que la loi d'Ohm locale \vec{J} = \bar{\gamma}(\omega)\vec{E} obtenue à la question Q21 pour en déduire l'équation de dispersion et l'expression de \omega_p.
Voir la réponse courte

Combinaison des équations de Maxwell avec le courant électronique pour établir la relation de dispersion et identifier \omega_p.

Voir le corrigé complet

Dans le plasma, la neutralité électrique macroscopique impose \rho = 0. Les équations de Maxwell s'écrivent :

\begin{aligned} \mathrm{div}\,\vec{E} &= 0 \\ \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B} &= \mu_0 \vec{J} + \frac{1}{c^2}\frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \quad \text{avec} \quad c^2 = \frac{1}{\varepsilon_0 \mu_0} \end{aligned}

En prenant le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday et en utilisant l'identité vectorielle \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}) = \vec{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}) - \Delta \vec{E} :

-\Delta \vec{E} = -\frac{\partial}{\partial t}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B}) = -\mu_0 \frac{\partial \vec{J}}{\partial t} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2}

Soit l'équation aux dérivées partielles :

\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \vec{J}}{\partial t}

Pour une onde plane progressive monochromatique de pulsation \omega et de vecteur d'onde \vec{k}', le champ électrique s'écrit \vec{E} = \vec{E}_0' \exp\left[\mathrm{i}\left(\omega t - \vec{k}'\cdot\vec{r}\right)\right]. Les opérateurs différentiels se traduisent par :

\Delta \rightarrow -\vec{k}'^{\,2} \quad \text{et} \quad \frac{\partial}{\partial t} \rightarrow \mathrm{i}\omega

En utilisant l'expression de la densité volumique de courant obtenue à la question Q21, \vec{J} = \bar{\gamma}(\omega)\vec{E} = -\mathrm{i}\frac{n e^2}{m_e \omega}\vec{E}, la dérivée temporelle de \vec{J} vaut :

\frac{\partial \vec{J}}{\partial t} = \mathrm{i}\omega \vec{J} = \mathrm{i}\omega \left(-\mathrm{i}\frac{n e^2}{m_e \omega}\right)\vec{E} = \frac{n e^2}{m_e}\vec{E}

En injectant ces relations dans l'équation d'onde, on obtient :

-\vec{k}'^{\,2}\vec{E} + \frac{\omega^2}{c^2}\vec{E} = \mu_0 \frac{n e^2}{m_e}\vec{E}

Pour une onde non nulle (\vec{E} \neq \vec{0}), cette équation conduit à :

\omega^2 = \mu_0 c^2 \frac{n e^2}{m_e} + c^2 \vec{k}'^{\,2} = \frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e} + c^2 \vec{k}'^{\,2}

On retrouve bien l'équation de dispersion (ED) annoncée \omega^2 = \omega_p^2 + c^2 \vec{k}'^{\,2}, avec la pulsation propre du plasma (ou pulsation plasma) :

\boxed{\omega_p = \sqrt{\frac{n e^2}{\varepsilon_0 m_e}}}

Résultat

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux

Notions : puissance volumique de joule, réflexion totale

Que peut-on dire de la puissance moyenne dissipée dans ce milieu lors du passage de l'onde ? Que devient la puissance incidente électromagnétique dans le cas d'un écho ionosphérique ?

Voir l'indice

Calculer la moyenne temporelle du produit scalaire volumique \vec{j}\cdot\vec{E} en notant le déphasage de \pi/2 entre courant et champ, et conclure sur le bilan de flux du vecteur de Poynting.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance volumique moyenne dissipée par effet Joule à partir de la relation \vec{J} = \bar{\gamma}(\omega)\vec{E} établie en Q21, en exploitant le caractère imaginaire pur de la conductivité.
  2. Pour l'écho ionosphérique (\omega < \omega_\ell), analyser la nature de l'onde dans le plasma (onde évanescente) et appliquer le principe de conservation de l'énergie pour conclure sur la puissance réfléchie.
Voir la réponse courte

La conductivité imaginaire induit un déphasage de \pi/2 entre \vec{J} et \vec{E} : dissipation nulle et réflexion intégrale de l'énergie.

Voir le corrigé complet

La puissance volumique moyenne cédée par le champ électromagnétique aux porteurs de charge (puissance dissipée par effet Joule) s'écrit en notation complexe :

\langle p_J \rangle = \langle \vec{j} \cdot \vec{E} \rangle = \frac{1}{2} \operatorname{Re}\!\left(\bar{\vec{J}} \cdot \bar{\vec{E}}^*\right) = \frac{1}{2} \operatorname{Re}(\bar{\gamma}) |\bar{\vec{E}}|^2

D'après la question Q21, la conductivité complexe du plasma sans collisions s'écrit :

\bar{\gamma}(\omega) = -\mathrm{i}\frac{n e^2}{m_e \omega} \in \mathrm{i}\mathbb{R}

Sa partie réelle étant strictement nulle, on en déduit :

\boxed{\langle p_J \rangle = 0}

La puissance moyenne dissipée dans le plasma est rigoureusement nulle : le courant d'électrons oscille en quadrature de phase avec le champ électrique, échangeant réactivement de l'énergie cinétique sans dégradation thermique.

Dans le cas d'un écho ionosphérique, la pulsation vérifie \omega < \omega_\ell (question Q19). La composante k'_z est imaginaire pure (k'_z = -\mathrm{i}\kappa) : l'onde transmise est purement évanescente. Le flux moyen du vecteur de Poynting selon z dans le plasma est donc nul (\langle \vec{\Pi}' \rangle \cdot \vec{e}_z = 0).

En l'absence de dissipation dans le milieu et d'évacuation d'énergie vers l'espace (z \to +\infty), le bilan énergétique global impose que le facteur de réflexion énergétique soit égal à l'unité :

\boxed{R = 1}

La puissance électromagnétique incidente est ainsi intégralement réfléchie vers la Terre : il y a réflexion totale.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait penser à justifier rigoureusement l'absence d'absorption de l'onde au sein du plasma.

« Une bonne partie des candidats qui abordent cette question ne justifie pas correctement de l’absence d’absorption de l’onde dans le plasma. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électrocinétique et électronique › Électronique numérique

Notions : spectre électromagnétique, bande passante

Citez l'ordre de grandeur des fréquences utilisées actuellement pour ce type de signaux. Quels sont les avantages et les inconvénients d'une transmission à haute fréquence ?

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Donner les fréquences usuelles de la radio FM et des bandes TV/micro-ondes (VHF/UHF), puis mettre en balance la directivité/débit d'information et l'atténuation/perte de l'horizon visuel.

Voir la réponse courte

Ordre de grandeur des ondes décamétriques HF et compromis entre portée par réflexion ionosphérique et débit d'information maximal.

Voir le corrigé complet

Ordre de grandeur des fréquences actuelles : Les bandes de fréquences couramment utilisées pour la radiodiffusion et la télévision sont :

  • la radio FM (bande VHF) : de l'ordre de 100\text{ MHz} (typiquement 87{,}5 - 108\text{ MHz}) ;
  • la télévision numérique terrestre (bande UHF) : de l'ordre de 500 à 800\text{ MHz} ;
  • la télévision par satellite et les liaisons sans fil modernes (bandes SHF) : de quelques gigahertz à une dizaine de gigahertz (1 à 12\text{ GHz}).

Ces signaux se situent donc globalement dans une plage de 100\text{ MHz} à 10\text{ GHz}, satisfaisant bien la condition \omega \gg \omega_p (avec f_p \sim 1\text{ MHz}).

Avantages d'une transmission à haute fréquence :

  • Débit d'information élevé : la bande passante disponible \Delta f est d'autant plus large que la fréquence de la porteuse f est élevée, ce qui permet de transmettre des volumes de données considérables (son haute fidélité, flux vidéo haute définition).
  • Compacité et directivité des antennes : les dimensions optimales d'une antenne sont proportionnelles à la longueur d'onde (\lambda \sim c/f). Une fréquence élevée correspond à des longueurs d'onde décimétriques ou centimétriques, ce qui autorise des antennes compactes (intégrables dans les appareils portables) ou des réflecteurs directifs (antennes paraboliques).
  • Traversée de l'ionosphère : à ces pulsations (\omega > \omega_\ell), l'ionosphère est transparente (k'_z \in \mathbb{R}), ce qui rend possibles les télécommunications satellitaires et spatiales.

Inconvénients d'une transmission à haute fréquence :

  • Portée terrestre limitée en visibilité directe : en l'absence de réflexion ionosphérique, la propagation terrestre ne peut plus contourner la courbure terrestre ; la portée est restreinte à la visibilité directe, imposant un réseau dense de pylônes relais ou l'usage de satellites géostationnaires.
  • Sensibilité aux obstacles et atténuation : les phénomènes de diffraction sont beaucoup moins efficaces à courte longueur d'onde (création de zones d'ombre nettes derrière les obstacles et le relief), et l'absorption atmosphérique (vapeur d'eau, précipitations) augmente sensiblement au-delà de quelques gigahertz.
Voir ce qu'a relevé le jury

L'ordre de grandeur des fréquences associées aux ondes radio doit être connu.

« La connaissance de l’ordre de grandeur des fréquences des ondes radio n’est pas très répandue parmi les candidats. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 ?

Surtout 2 chapitres : Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques (60 % des questions, partie I) et Ondes électromagnétiques dans les milieux (23 %, partie II). Plus ponctuellement : Électronique numérique, Réflexion, réfraction et fibres optiques et Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

Peu : 2 questions sur 24 (8 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI : Q1 et Q16.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 ?

Environ 2 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 ?

Q14 (impédance équivalente), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 ?

Questions de cours : Q8 (célérité), Q9 (impédance caractéristique), Q11 (coefficient de réflexion), Q17 (onde plane progressive harmonique), Q21 (modèle de drude), Q23 (puissance volumique de joule) et Q24 (spectre électromagnétique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (équation des télégraphistes), Q7 (schéma équivalent) et Q22 (équation de dispersion).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q1 à Q3, Q5, Q8, Q9, Q11, Q13, Q17, Q18, Q23 et Q24. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q19 et Q21.

Le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet Mines-Ponts Physique 1 PSI 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet plutôt accessible. Le jury considère l'épreuve comme largement accessible dans la majorité des questions et adaptée à 3 heures, la fin de l'étude du câble coaxial étant plus difficile. Moyenne : 8,72/20 (écart-type 3,86, 3 510 présents).

Faut-il négliger la force magnétique de Lorentz dans l'ionosphère en Q21 ?

Oui : pour des électrons non relativistes (v \ll c), la composante magnétique e\vec{v}\wedge\vec{B} est négligeable devant la composante électrique -e\vec{E}, car leur rapport est de l'ordre de v/c. Le jury exigeait explicitement cette justification.

Quelle est l'impédance équivalente au point de dérivation pirate en Q14 ?

Z_{\text{eq}} = Z_0 / 2. Les deux branches avales étant adaptées, chacune présente une impédance d'entrée égale à Z_0. Montées en parallèle au niveau de la jonction, elles imposent une impédance équivalente moitié, responsable de la réflexion amont.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 24
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 24 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,72 et d'écart-type 3,86 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.