WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 MP 2023

Errare humanum est, perseverare diabolicum

Le sujet en bref

Sujet moyen · Ondes électromagnétiques dans les milieux, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Oxydoréduction et électrochimie · 24 incontournables · 5 questions de première année
Afficher ou masquer la section

Ce sujet original et captivant s'intéresse à deux énigmes scientifiques qui se sont révélées être de fausses découvertes d'origine humaine : les « péritios » observés par le radiotélescope de Parkes (qui provenaient en réalité de l'ouverture prématurée d'un four à micro-ondes de la cafétéria) et les « éruptions de potassium » stellaires (dues à des allumettes craquées près du foyer du télescope).

La première partie balaye les grands classiques de l'électromagnétisme de seconde année : réflexion d'une onde plane sur un conducteur parfait, interférométrie centimétrique (analogie avec le Michelson), propagation dispersive au sein d'un plasma froid dilué, modes propres d'une cavité parallélépipédique résonante et dissipation ohmique par effet de peau dans des parois réelles. La seconde partie propose un problème complet de chimie : structure électronique du potassium, électrolyse de saumure sous contrôle cinétique, diagrammes du chlore et équilibres de solubilité sous contrôle thermique (loi de van 't Hoff). Un excellent sujet d'entraînement, riche et transversal.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,3/20)
Temps estimé
≈ 3 h 50 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

24 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Très partiellement en MPSI : 4 questions sur 52.

Où gagner des points

37 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
Afficher ou masquer la section

Rapides et accessibles (37) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : hors programme, erreur d'énoncé, parties indépendantes
  • Hors programme

    Question hors du programme actuel : Q44 (La règle de Klechkowski et la configuration électronique d'un atome ne figurent pas aux programmes de MP et MPSI).

  • Erreur d'énoncé

    Une coquille d'orientation figure en Q36 : le texte introductif définit \vec{B} selon \vec{u}_z alors que la question impose un champ selon \vec{u}_y. Le champ restant tangentiel à la paroi, la résolution scalaire demeure identique.

  • Parties indépendantes

    Q44 à Q52 : La partie II est totalement indépendante de la partie I : elle peut être traitée séparément pour aborder sans attendre les questions de chimie des solutions et de thermochimie.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

52 questions
Afficher ou masquer la section

Partie I : La chasse au péritio

I.A.1 · Un miroir pour les ondes électromagnétiques

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : équation de maxwell, régime libre

Énoncer les équations de Maxwell. Que deviennent-elles dans une région vide de charges et de courants ?

Voir l'indice

Rappeler les quatre équations locales de Maxwell en posant simplement \rho = 0 et \vec{\jmath} = \vec{0}.

Voir la réponse courte

Énoncé des quatre équations de Maxwell générales puis simplification dans une région vide de charges et de courants.

Voir le corrigé complet

Dans le vide en présence de sources (densité volumique de charge \rho et densité volumique de courant \vec{\jmath}), les équations de Maxwell locales s'énoncent :

  • Équation de Maxwell-Gauss (MG) :

    \operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0}
  • Équation de Maxwell-Thomson (conservation du flux magnétique) (MT) :

    \operatorname{div}\vec{B} = 0
  • Équation de Maxwell-Faraday (MF) :

    \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}
  • Équation de Maxwell-Ampère (MA) :

    \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \mu_0 \vec{\jmath} + \mu_0\varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

Dans une région de l'espace vide de charges et de courants, les densités de sources sont nulles : \rho = 0 et \vec{\jmath} = \vec{0}. Les équations de Maxwell deviennent alors :

\boxed{ \begin{aligned} \operatorname{div}\vec{E} &= 0 \\ \operatorname{div}\vec{B} &= 0 \\ \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} &= \mu_0\varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = \frac{1}{c^2}\frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned} }

où c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}} est la célérité de la lumière dans le vide.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, équation de maxwell

En déduire l'équation de propagation vérifiée par le champ électrique (équation de d'Alembert).

Voir l'indice

Appliquer le rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday et utiliser l'identité vectorielle \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\vec{E}) = \vec{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}\vec{E}) - \Delta\vec{E}.

Voir la stratégie

Pour éliminer le champ magnétique \vec{B} et obtenir une équation portant uniquement sur le champ électrique \vec{E}, on applique l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday, puis on utilise l'identité vectorielle fournie ainsi que l'équation de Maxwell-Ampère dans le vide.

Voir la réponse courte

On applique le rotationnel à Maxwell-Faraday et l'identité du laplacien vectoriel pour établir l'équation de d'Alembert du champ électrique.

Voir le corrigé complet

Dans le vide de charges et de courants, les équations de Maxwell s'écrivent, d'après la question Q1 :

\begin{aligned} \operatorname{div}\vec{E} &= 0 \\ \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} &= \mu_0\varepsilon_0\frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned}

Prenons le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday :

\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{E}) = \vec{\operatorname{rot}}\left(-\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) = -\frac{\partial}{\partial t}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{B})

en vertu du théorème de Schwarz qui permet d'intervertir les dérivées spatiales et temporelles.

En utilisant l'identité vectorielle du formulaire :

\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{E}) = \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div}\vec{E}) - \Delta \vec{E}

Or \operatorname{div}\vec{E} = 0, donc le membre de gauche se réduit à -\Delta \vec{E}.

En injectant l'équation de Maxwell-Ampère dans le membre de droite :

-\frac{\partial}{\partial t}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{B}) = -\frac{\partial}{\partial t}\left(\mu_0\varepsilon_0\frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) = -\mu_0\varepsilon_0\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2}

On en déduit :

-\Delta \vec{E} = -\mu_0\varepsilon_0\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2}

En posant c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}}, on obtient l'équation de d'Alembert vérifiée par \vec{E} :

\boxed{\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : onde plane progressive, relation de dispersion, polarisation

Préciser la direction et le sens de propagation de cette onde ainsi que son état de polarisation. Établir la relation, dite relation de dispersion, entre et .

Voir l'indice

Le terme de phase \omega t - kx fixe la direction et le sens ; la direction de \vec{u}_y donne la polarisation rectiligne. Injecter le champ dans l'équation de d'Alembert pour trouver \omega(k).

Voir la stratégie
  1. Identifier la dépendance spatio-temporelle de la phase de l'onde pour déduire la direction et le sens de propagation, puis examiner la direction du vecteur champ électrique pour caractériser sa polarisation.
  2. Injecter l'expression du champ électrique \vec{E}_i(M, t) dans l'équation d'onde de d'Alembert obtenue en Q2 afin d'en déduire la relation liant k et \omega.
Voir la réponse courte

Onde plane progressive vers les x croissants, polarisée rectilignement selon \vec{u}_y, donnant \omega = c k dans le vide.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique de l'onde incidente s'écrit :

\vec{E}_{i}(M, t) = E_{0} \cos (\omega t - k x) \vec{u}_{y}
  • Direction et sens de propagation : la phase de l'onde est \phi(x,t) = \omega t - k x. Les plans d'onde (surfaces équiphases \phi = \text{cste}) vérifient x(t) = \frac{\omega}{k}t + \text{cste}. Avec les grandeurs \omega > 0 et k > 0, la vitesse de phase v_{\varphi} = \frac{\omega}{k} est positive. L'onde se propage donc selon la direction de l'axe (Ox), dans le sens des x croissants (vers la plaque située en x = 0).
  • État de polarisation : le champ électrique vibre en permanence le long d'une direction fixe portée par \vec{u}_y. L'onde possède ainsi une polarisation rectiligne selon l'axe (Oy).

D'après la question Q2, le champ électrique vérifie dans le vide l'équation de d'Alembert :

\Delta \vec{E}_i - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}_i}{\partial t^2} = \vec{0}

Le champ \vec{E}_i ne dépendant spatialement que de la variable x, le laplacien vectoriel se réduit à :

\begin{aligned} \Delta \vec{E}_i &= \frac{\partial^2 \vec{E}_i}{\partial x^2} = -k^2 E_0 \cos(\omega t - k x)\vec{u}_y = -k^2 \vec{E}_i \\ \frac{\partial^2 \vec{E}_i}{\partial t^2} &= -\omega^2 E_0 \cos(\omega t - k x)\vec{u}_y = -\omega^2 \vec{E}_i \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation de propagation, on obtient :

\left( -k^2 + \frac{\omega^2}{c^2} \right) \vec{E}_i = \vec{0}

Pour que cette équation soit vérifiée en tout point et à chaque instant avec E_0 \neq 0, il vient la relation de dispersion :

\boxed{\omega = k c}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : conducteur parfait, champ électrostatique

Rappeler la définition d'un conducteur parfait. Que peut-on alors dire du champ dans un tel milieu ?

Voir l'indice

Un conducteur parfait possède une conductivité \sigma \to +\infty. En régime variable, le champ électrique \vec{E} y est strictement nul.

Voir la réponse courte

Conductivité infinie : le champ électrique intérieur et les courants volumiques sont nuls en régime variable.

Voir le corrigé complet

Un conducteur parfait est un modèle idéalisé de conducteur ohmique dont la conductivité électrique est infinie :

\sigma \to +\infty

Les porteurs de charge mobiles s'y déplacent ainsi sans aucune résistance, c'est-à-dire sans dissipation d'énergie par effet Joule.

D'après la loi d'Ohm locale, le vecteur densité volumique de courant s'écrit :

\vec{\jmath}(M, t) = \sigma \vec{E}(M, t)

Pour que \vec{\jmath}(M, t) conserve une valeur finie en tout point intérieur au conducteur, il est nécessaire que le champ électrique y soit identiquement nul :

\boxed{\vec{E}(M, t) = \vec{0}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : relation de passage, réflexion sur un conducteur parfait

Le champ électrique de l'onde décrite par l'équation (I.1) vérifie-t-il la relation de passage (I.2) ? Dans le demi-espace , règne aussi une onde de la forme . En utilisant les relations de passage, déterminer , et . Préciser la direction et le sens de propagation de cette onde ainsi que son état de polarisation.

Voir l'indice

La composante tangentielle du champ électrique est continue à la traversée de l'interface en x = 0, ce qui impose \vec{E}_i(0,t) + \vec{E}_r(0,t) = \vec{0} à tout instant.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la composante tangentielle du champ électrique total à la surface du conducteur parfait (x=0) à l'aide de la relation de passage (I.2) et du résultat de la question Q4.
  2. Identifier terme à terme la condition de continuité tangentielle pour tout instant t afin de déterminer \vec{E}_{0r}, \omega' et k'.
  3. Déduire du terme de phase et de la direction vectorielle les caractéristiques de l'onde réfléchie (propagation et polarisation).
Voir la réponse courte

Continuité de la composante tangentielle de \vec{E} en x = 0 imposant \vec{E}_{0r} = -\vec{E}_0, \omega' = \omega et k' = k.

Voir le corrigé complet

1. Vérification de la relation de passage pour l'onde incidente seule

Le milieu 1 correspond au demi-espace x < 0 (vide) et le milieu 2 au conducteur parfait occupant x > 0. Le vecteur unitaire normal sortant du milieu 1 vers le milieu 2 est \vec{n}_{1\to 2} = \vec{u}_x.

D'après la question Q4, le champ électrique est nul dans le conducteur parfait : \vec{E}_2(M, t) = \vec{0}. La relation de passage (I.2) s'écrit alors en x = 0 :

-\vec{E}_1(0, t) = \frac{\sigma(0, t)}{\varepsilon_0}\vec{u}_x

Le membre de droite étant purement normal à l'interface, la composante tangentielle du champ électrique doit être nulle en x = 0 :

\vec{E}_{1,\mathrm{tang}}(0, t) = \vec{0}

Or, pour l'onde incidente seule :

\vec{E}_{i}(0, t) = E_0 \cos(\omega t) \vec{u}_y

Cette composante est entièrement tangentielle et non identiquement nulle à tout instant t. L'onde incidente seule ne vérifie donc pas la relation de passage (I.2).

2. Détermination de \vec{E}_{0r}, \omega' et k'

En présence d'une onde réfléchie \vec{E}_r(M, t) = \vec{E}_{0r}\cos(\omega' t + k' x), le champ électrique total dans le milieu 1 est \vec{E}_1(x, t) = \vec{E}_i(x, t) + \vec{E}_r(x, t).

En x = 0, la condition aux limites impose :

\vec{E}_1(0, t) = \vec{E}_i(0, t) + \vec{E}_r(0, t) = E_0\cos(\omega t)\vec{u}_y + \vec{E}_{0r}\cos(\omega' t) = \vec{0}

car le champ incident n'ayant pas de composante normale, il n'y a pas de charges surfaciques induites (\sigma = 0).

Pour que cette égalité soit vérifiée pour tout t, il faut nécessairement :

\omega' = \omega \quad \text{et} \quad \vec{E}_{0r} = -E_0\vec{u}_y

L'onde réfléchie se propageant dans le vide (x < 0), elle vérifie l'équation de d'Alembert établie en Q2, ce qui impose la relation de dispersion (Q3) k' = \omega'/c, d'où :

k' = k = \frac{\omega}{c}
\boxed{\vec{E}_{0r} = -E_0 \vec{u}_y, \quad \omega' = \omega, \quad k' = k}

3. Propagation et polarisation de l'onde réfléchie

Le champ électrique de l'onde réfléchie s'écrit :

\vec{E}_r(x, t) = -E_0 \cos(\omega t + k x)\vec{u}_y = E_0 \cos(\omega t + k x + \pi)\vec{u}_y
  • La phase s'écrit sous la forme \omega(t + x/c) : l'onde se propage selon la direction de l'axe (Ox), dans le sens des x décroissants (sens de -\vec{u}_x).
  • Le champ électrique reste colinéaire au vecteur unitaire \vec{u}_y : l'onde possède un état de polarisation rectiligne selon l'axe (Oy).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il est crucial de bien distinguer les composantes normales et tangentielles des champs lors de l'utilisation des relations de passage.

« Afin de bien utiliser des relations de passage portant sur des champs vectoriels, comme demandé dans les questions Q5, Q12 et Q29, il est crucial de bien distinguer les composantes normales des composantes tangentielles, en utilisant si nécessaire une base de projection. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : onde stationnaire, équation de maxwell

Dans le milieu , établir l'expression des champs électrique et magnétique résultants. Comment qualifier l'onde correspondante ?

Voir l'indice

Sommer les champs incident et réfléchi à l'aide de formules trigonométriques pour faire apparaître une onde stationnaire, puis déduire \vec{B} par l'équation de Maxwell-Faraday.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe de superposition pour sommer les composantes incidente et réfléchie du champ électrique obtenues aux questions Q3 et Q5, puis factoriser à l'aide d'une identité trigonométrique.
  2. Déterminer le champ magnétique résultant, soit en sommant les champs magnétiques \vec{B}_i et \vec{B}_r associés à chaque onde plane progressive, soit par l'équation de Maxwell-Faraday.
  3. Conclure sur la nature de l'onde à partir de la structure factorisée (séparation des variables d'espace et de temps).
Voir la réponse courte

Superposition des ondes incidente et réfléchie donnant une onde stationnaire ; champ magnétique déduit par Maxwell-Faraday.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q3 et Q5, le champ électrique total dans le demi-espace x < 0 s'écrit comme la superposition de l'onde incidente et de l'onde réfléchie :

\vec{E}(x, t) = \vec{E}_i(x, t) + \vec{E}_r(x, t) = E_0 \left[ \cos(\omega t - kx) - \cos(\omega t + kx) \right] \vec{u}_y

En utilisant l'identité trigonométrique \cos(a - b) - \cos(a + b) = 2 \sin a \sin b, il vient directement :

\boxed{\vec{E}(x, t) = 2 E_0 \sin(kx) \sin(\omega t) \, \vec{u}_y}

Pour le champ magnétique, chaque onde plane progressive harmonique vérifie la relation de structure dans le vide \vec{B} = \frac{1}{c} \vec{u} \wedge \vec{E}, où \vec{u} est le vecteur unitaire de propagation :

  • Pour l'onde incidente se propageant selon +\vec{u}_x :

    \vec{B}_i(x, t) = \frac{1}{c}\vec{u}_x \wedge \vec{E}_i(x, t) = \frac{E_0}{c} \cos(\omega t - kx) \, \vec{u}_z
  • Pour l'onde réfléchie se propageant selon -\vec{u}_x :

    \vec{B}_r(x, t) = \frac{1}{c}(-\vec{u}_x) \wedge \vec{E}_r(x, t) = \frac{1}{c}(-\vec{u}_x) \wedge \left[-E_0 \cos(\omega t + kx)\vec{u}_y\right] = \frac{E_0}{c} \cos(\omega t + kx) \, \vec{u}_z

Par superposition :

\vec{B}(x, t) = \vec{B}_i(x, t) + \vec{B}_r(x, t) = \frac{E_0}{c} \left[ \cos(\omega t - kx) + \cos(\omega t + kx) \right] \vec{u}_z

L'identité \cos(a - b) + \cos(a + b) = 2 \cos a \cos b conduit à :

\boxed{\vec{B}(x, t) = \frac{2E_0}{c} \cos(kx) \cos(\omega t) \, \vec{u}_z}

Les variables spatiale x et temporelle t sont découplées sous la forme d'un produit f(x)g(t) : il s'agit d'une onde stationnaire (purement stationnaire du fait de la réflexion totale).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

I.A.2 · Un miroir pour les ondes électromagnétiques

Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : onde stationnaire, longueur d'onde

Déduire de l'enregistrement de la figure 3 la fréquence des ondes utilisées.

Voir l'indice

L'enregistrement présente des ventres et des nœuds consécutifs distants d'une demi-longueur d'onde spatiale \lambda/2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le signal mesuré U(d) en fonction de la structure de l'onde stationnaire établie entre l'émetteur et la plaque métallique.
  2. Relier la distance entre deux extrema consécutifs (ou la pseudo-période spatiale) à la longueur d'onde \lambda.
  3. Mesurer cette période spatiale sur plusieurs motifs de la figure 3 pour limiter l'incertitude de lecture, puis calculer la fréquence f = c/\lambda.
Voir la réponse courte

Mesure de la distance entre nœuds consécutifs \lambda/2 sur l'enregistrement pour obtenir \lambda puis la fréquence f = c/\lambda \approx 10\text{ GHz}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, la superposition de l'onde incidente et de l'onde réfléchie sur le conducteur parfait en x = 0 donne naissance à une onde stationnaire dont le champ électrique est de la forme :

\vec{E}(x,t) = 2 E_0 \sin(kx)\sin(\omega t)\vec{u}_y

L'antenne A mesure une tension proportionnelle à la moyenne temporelle \langle \vec{E}^2 \rangle, soit :

U \propto \langle \vec{E}^2 \rangle \propto \sin^2(kx) = \frac{1 - \cos(2kx)}{2}

La tension U varie donc spatialement de manière périodique en fonction de la position de l'antenne, avec une période spatiale \Delta d correspondant à la distance entre deux nœuds ou deux ventres consécutifs :

\Delta d = \frac{\lambda}{2}

Pour déterminer précisément la valeur de \Delta d, on mesure la distance sur plusieurs périodes spatiales sur la figure 3 :

  • Entre le premier minimum situé à d_1 \approx 37{,}3\text{ cm} et le cinquième minimum situé à d_5 \approx 42{,}75\text{ cm}, on compte 4\,\Delta d :

    4\,\Delta d = d_5 - d_1 \approx 42{,}75 - 37{,}3 = 5{,}45\text{ cm} \implies \Delta d \approx 1{,}36\text{ cm}
  • On vérifie sur les maxima : entre le premier maximum à d_{\max, 1} \approx 37{,}95\text{ cm} et le quatrième à d_{\max, 4} \approx 42{,}05\text{ cm}, on a 3\,\Delta d \approx 4{,}10\text{ cm}, soit \Delta d \approx 1{,}37\text{ cm}.

On retient ainsi :

\Delta d \approx 1{,}36\text{ cm} \implies \lambda = 2\,\Delta d \approx 2{,}73\text{ cm} = 2{,}73 \times 10^{-2}\text{ m}

La célérité des ondes électromagnétiques dans l'air étant assimilée à celle dans le vide c = 3{,}00 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, on en déduit la fréquence :

f = \frac{c}{\lambda} = \frac{c}{2\Delta d}
f = \frac{3{,}00 \times 10^8}{2{,}73 \times 10^{-2}} \approx 1{,}1 \times 10^{10}\text{ Hz} = 11\text{ GHz}
\boxed{f \approx 11\text{ GHz}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas confondre la longueur d'onde avec la distance inter-ventres ou inter-nœuds.

« Dans l’étude d’une onde stationnaire (Q7 et Q31), il convient de ne pas confondre la longueur d’onde et la distance inter-ventres ou inter-nœuds. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Démarche expérimentale

Notions : incertitude de mesure, écart normalisé

Estimer l'incertitude-type sur la fréquence déterminée expérimentalement et discuter de l'acceptabilité de la mesure par rapport aux données constructeur par un calcul d'écart normalisé.

Voir l'indice

Déterminer l'incertitude-type u(\lambda) par lecture graphique, propager à f = c/\lambda, puis calculer l'écart normalisé E_n = |f - f_{\mathrm{cons}}|/\sqrt{u(f)^2 + u_{\mathrm{cons}}^2}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'incertitude-type u(f) par propagation des incertitudes à partir de la relation f = \frac{c}{2\Delta d}.
  2. Estimer l'incertitude-type de lecture sur la mesure de la distance \Delta d.
  3. Calculer l'écart normalisé E_n entre la valeur expérimentale et la valeur annoncée par le constructeur, puis conclure sur la compatibilité.
Voir la réponse courte

Estimation de l'incertitude-type sur la longueur d'onde, propagation sur f, puis calcul du z-score par rapport à la valeur nominale.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q7, la fréquence est reliée à la distance \Delta d entre deux minima successifs par :

f = \frac{c}{2\Delta d}

En considérant la vitesse de la lumière c parfaitement connue, la propagation des incertitudes conduit à l'incertitude-type relative :

\frac{u(f)}{f} = \frac{u(\Delta d)}{\Delta d} \implies u(f) = f \, \frac{u(\Delta d)}{\Delta d}

Pour minimiser l'incertitude de lecture, la mesure est effectuée sur plusieurs pseudo-périodes. En mesurant la distance L = 4\Delta d entre le premier minimum (d_1 \approx 37{,}3\text{ cm}) et le cinquième minimum (d_5 \approx 42{,}7\text{ cm}), soit L \approx 5{,}4\text{ cm} :

\Delta d = \frac{d_5 - d_1}{4}

L'incertitude de lecture sur chaque position peut être modélisée par une loi uniforme de demi-largeur \Delta = 0{,}05\text{ cm} (soit une graduation de 0{,}1\text{ cm}) :

u(d_1) = u(d_5) = \frac{\Delta}{\sqrt{3}} \approx 0{,}03\text{ cm}

L'incertitude-type sur la distance totale L = d_5 - d_1 vaut :

u(L) = \sqrt{u(d_1)^2 + u(d_5)^2} = \sqrt{2}\, u(d) \approx 0{,}04\text{ cm}

On en déduit l'incertitude-type sur \Delta d :

u(\Delta d) = \frac{u(L)}{4} \approx 0{,}01\text{ cm}

Avec f \approx 11\text{ GHz} et \Delta d \approx 1{,}35\text{ cm} :

u(f) = 11 \times \frac{0{,}01}{1{,}35} \approx 0{,}1\text{ GHz}
\boxed{u(f) \approx 0{,}1\text{ GHz}}

(une estimation moins optimiste de la lecture conduirait à u(f) \approx 0{,}2\text{ GHz}).

Pour tester la compatibilité de cette mesure avec la valeur constructeur f_{\text{cons}} = 11\text{ GHz} et son incertitude-type u_{\text{cons}} = 0{,}6\text{ GHz}, on calcule l'écart normalisé E_n :

E_n = \frac{|f - f_{\text{cons}}|}{\sqrt{u(f)^2 + u_{\text{cons}}^2}}

Avec f \approx 11{,}1\text{ GHz} :

E_n = \frac{|11{,}1 - 11{,}0|}{\sqrt{0{,}1^2 + 0{,}6^2}} = \frac{0{,}1}{0{,}61} \approx 0{,}2
\boxed{E_n \approx 0{,}2}

Comme E_n < 2, l'écart entre la valeur mesurée et la spécification constructeur n'est pas significatif : la mesure est pleinement acceptable et valide les données constructeur.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

I.A.3 · Un miroir pour les ondes électromagnétiques

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : interféromètre de michelson, polarisation

Expliquer le rôle des éléments , et . À quel autre montage rencontré en travaux pratiques ce montage est-il analogue ?

Voir l'indice

La plaque de bois aggloméré semi-réfléchissante sépare et recombine l'onde : reconnaître la structure de l'interféromètre de Michelson.

Voir la stratégie
  1. Identifier la fonction de chaque élément optique en analysant la propagation du faisceau issu de l'émetteur E jusqu'au récepteur R.
  2. Établir l'analogie avec un dispositif interférométrique classique étudié en travaux pratiques d'optique ondulatoire.
Voir la réponse courte

Les miroirs et la lame semi-réfléchissante réalisent un interféromètre de Michelson pour ondes centimétriques.

Voir le corrigé complet
  • Rôle de la plaque de bois aggloméré \mathrm{S} : Inclinée à 45^\circ par rapport à l'axe de propagation, cette plaque d'un matériau diélectrique peu absorbant réfléchit partiellement et transmet partiellement l'onde électromagnétique incidente. Elle réalise une division d'amplitude de l'onde incidente en deux faisceaux et assure ensuite leur recombinaison vers le récepteur \mathrm{R}. Elle joue le rôle d'une lame séparatrice.
  • Rôle des plaques métalliques \mathrm{P}_1 et \mathrm{P}_2 : Constituées d'un bon conducteur métallique, ces plaques réfléchissent totalement l'onde incidente sous incidence normale. Elles jouent le rôle de miroirs plans :

    • \mathrm{P}_1 constitue un miroir plan fixe ;
    • \mathrm{P}_2 constitue un miroir plan mobile (miroir chariotable), dont la translation d'abscisse x permet de faire varier la différence de marche entre les deux trajets.

Ce montage est l'analogue direct de l'interféromètre de Michelson utilisé en optique ondulatoire, transposé ici dans le domaine des ondes centimétriques.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analogie avec le Michelson a été bien repérée, mais le réinvestissement du formalisme de l'optique ondulatoire a posé des difficultés.

« Dans les questions Q9 à Q11, l’analogie avec l’interféromètre de Michelson a été repérée sans hésitation. Par contre, le redéploiement du formalisme de l’optique ondulatoire (formule de Fresnel, différence de marche, interprétation du contraste) a posé plus de difficultés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : interférence, différence de marche

Établir l'expression de la tension en introduisant les grandeurs utiles. Déduire des mesures une estimation de la fréquence des ondes.

Voir l'indice

Exprimer la différence de marche en fonction du déplacement x de la plaque mobile \mathrm{P}_2 (\Delta\delta = 2x), puis mesurer l'interfrange i = \lambda/2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique résultant au niveau du récepteur R comme la superposition de deux ondes issues de chacun des deux bras, en tenant compte du déphasage introduit par le déplacement x de la plaque \mathrm{P}_2.
  2. Calculer la moyenne temporelle \langle \vec{E}^2 \rangle pour obtenir la forme de la tension U(x) délivrée par le récepteur et identifier sa période spatiale.
  3. Mesurer la période spatiale sur l'enregistrement de la figure 4 et en déduire la longueur d'onde \lambda puis la fréquence f de l'onde.
Voir la réponse courte

Différence de marche \delta = 2x, signal d'interférence en 1 + \cos(2kx), et déduction de la fréquence via la période spatiale.

Voir le corrigé complet

L'onde émise par E est divisée par la séparatrice S en deux ondes de même pulsation \omega et de même polarisation, qui se propagent dans chacun des deux bras de l'interféromètre :

  • L'onde 1 se réfléchit sur \mathrm{P}_1 (position fixe) :

    \vec{E}_1(t) = E_{01} \cos(\omega t - \phi_1) \vec{u}_y
  • L'onde 2 se réfléchit sur \mathrm{P}_2 (position variable x). Un déplacement de la plaque de x fait varier le chemin optique de l'aller-retour de \Delta L = 2x, introduisant un déphasage supplémentaire de 2kx = \frac{4\pi x}{\lambda} :

    \vec{E}_2(t) = E_{02} \cos\left(\omega t - \phi_2(0) - \frac{4\pi x}{\lambda}\right) \vec{u}_y

Le récepteur R reçoit la somme de ces deux champs : \vec{E}_{\mathrm{tot}}(t) = \vec{E}_1(t) + \vec{E}_2(t). La puissance moyenne détectée est proportionnelle à \langle \vec{E}_{\mathrm{tot}}^2 \rangle :

\begin{aligned} \langle \vec{E}_{\mathrm{tot}}^2 \rangle &= \langle E_1^2 \rangle + \langle E_2^2 \rangle + 2\langle \vec{E}_1 \cdot \vec{E}_2 \rangle \\ &= \frac{1}{2} E_{01}^2 + \frac{1}{2} E_{02}^2 + E_{01}E_{02} \cos\left(\frac{4\pi x}{\lambda} + \Delta\phi_0\right) \end{aligned}

où \Delta\phi_0 = \phi_2(0) - \phi_1 est une constante de phase dépendant du choix de l'origine de x.

La tension continue délivrée par le boîtier est donc de la forme :

\boxed{U(x) = U_0 \left[1 + C \cos\left(\frac{4\pi x}{\lambda} + \Delta\phi_0\right)\right]}

avec U_0 \propto \frac{1}{2}(E_{01}^2 + E_{02}^2) la tension moyenne et C = \frac{2E_{01}E_{02}}{E_{01}^2 + E_{02}^2} le contraste des franges.

La fonction U(x) est périodique de période spatiale (interfrange) :

i = \frac{\lambda}{2}

Sur la figure 4, on repère par exemple les positions des extrema :

  • Les minima successifs se situent à x_1 \approx 1{,}35\text{ cm} et x_5 \approx 6{,}85\text{ cm}, soit sur 4 périodes :

    4i = x_5 - x_1 \approx 6{,}85 - 1{,}35 = 5{,}50\text{ cm} \implies i \approx 1{,}38\text{ cm}
  • Les maxima successifs confirment cette valeur (x_{\max,1} \approx 0{,}65\text{ cm}, x_{\max,5} \approx 6{,}15\text{ cm}, soit 4i \approx 5{,}50\text{ cm}).

On en déduit la longueur d'onde :

\lambda = 2i \approx 2{,}75\text{ cm} = 2{,}75 \times 10^{-2}\text{ m}

La fréquence de l'onde dans l'air (assimilé au vide) vaut :

f = \frac{c}{\lambda} = \frac{3{,}00 \times 10^8}{2{,}75 \times 10^{-2}} \approx 1{,}09 \times 10^{10}\text{ Hz}
\boxed{f \approx 11\text{ GHz}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'application du formalisme ondulatoire (formule de Fresnel, différence de marche) a posé des difficultés aux candidats.

« Dans les questions Q9 à Q11, l’analogie avec l’interféromètre de Michelson a été repérée sans hésitation. Par contre, le redéploiement du formalisme de l’optique ondulatoire (formule de Fresnel, différence de marche, interprétation du contraste) a posé plus de difficultés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : contraste, interférence

Estimer le contraste associé à la courbe expérimentale et proposer une explication à sa valeur.

Voir l'indice

Calculer le contraste \mathcal{C} = (U_{\max} - U_{\min})/(U_{\max} + U_{\min}) et interpréter l'écart à 1 par l'inégalité des amplitudes des deux faisceaux recombinés.

Voir la stratégie
  1. Relever sur l'enregistrement de la figure 4 les valeurs extrémales de la tension : les maxima U_{\max} et les minima U_{\min}.
  2. Calculer le contraste (ou visibilité) défini par \mathcal{C} = \dfrac{U_{\max} - U_{\min}}{U_{\max} + U_{\min}}.
  3. Identifier les causes physiques pour lesquelles le contraste est nettement inférieur à 1 (U_{\min} \neq 0).
Voir la réponse courte

Calcul du contraste V = (U_{\max}-U_{\min})/(U_{\max}+U_{\min}) et justification de sa valeur inférieure à 1 par l'inégalité d'amplitude des bras.

Voir le corrigé complet

Par définition, le contraste (ou visibilité des franges) associé au signal de détection s'écrit :

\mathcal{C} = \frac{U_{\max} - U_{\min}}{U_{\max} + U_{\min}}

D'après la figure 4, on relève les valeurs moyennes des extrema :

  • pour les maxima : U_{\max} \approx 6{,}3 \pm 0{,}1\text{ V} ;
  • pour les minima : U_{\min} \approx 2{,}2 \pm 0{,}1\text{ V}.

On en déduit l'estimation numérique du contraste :

\mathcal{C} = \frac{6{,}3 - 2{,}2}{6{,}3 + 2{,}2} = \frac{4{,}1}{8{,}5} \approx 0{,}48
\boxed{\mathcal{C} \approx 0{,}5}

Le contraste obtenu est significativement inférieur à la valeur idéale \mathcal{C} = 1 (qui correspondrait à U_{\min} = 0). Plusieurs facteurs physiques concourent à cette diminution :

  • Inégalité des amplitudes des deux ondes interférant au niveau de R : la séparatrice S est une simple plaque de bois aggloméré. En plus de ne pas vérifier strictement l'égalité des facteurs de réflexion et de transmission (R \neq T), le bois présente des pertes diélectriques par absorption. Les amplitudes E_1 et E_2 des deux faisceaux recombinés ne sont donc pas rigoureusement identiques, ce qui empêche une extinction destructive totale.
  • Rayonnement direct et diffusions parasites : les cornets d'émission et de réception ont un diagramme de rayonnement présentant une certaine ouverture angulaire. Une partie de l'onde émise par E peut ainsi parvenir directement au récepteur R sans traverser l'interféromètre, ou après réflexion sur les éléments environnants (table, supports). Ce champ parasite non modulé constitue un fond continu qui s'ajoute à la tension mesurée, relevant la valeur de U_{\min}.
  • Divergence du faisceau : lors du déplacement de la plaque \mathrm{P}_2, l'écart géométrique des trajets entraîne une légère dissymétrie supplémentaire d'atténuation géométrique entre les deux voies.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interprétation du contraste à l'aide des outils de l'optique ondulatoire a posé des difficultés.

« Dans les questions Q9 à Q11, l’analogie avec l’interféromètre de Michelson a été repérée sans hésitation. Par contre, le redéploiement du formalisme de l’optique ondulatoire (formule de Fresnel, différence de marche, interprétation du contraste) a posé plus de difficultés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

I.A.4 · Un miroir pour les ondes électromagnétiques

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation de passage, courant de surface

Déterminer la densité de courant surfacique sur le conducteur dans le cas représenté figure 1. Quelle est la source physique du champ réfléchi ?

Voir l'indice

Utiliser la relation de passage pour la composante tangentielle du champ magnétique : \vec{B}(0^-,t) \wedge \vec{u}_x = \mu_0 \vec{\jmath}_s.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la relation de passage du champ magnétique à l'interface x=0 entre le vide (milieu 1) et le conducteur parfait (milieu 2), sachant que \vec{B}=\vec{0} dans le conducteur.
  2. Exprimer \vec{\jmath}_s(M, t) par produit vectoriel avec la normale unitaire \vec{n}_{1\to 2} = \vec{u}_x.
  3. Interpréter microscopiquement le champ réfléchi comme le rayonnement émis par les charges libres du conducteur mises en mouvement par l'onde incidente.
Voir la réponse courte

Discontinuité de la composante tangentielle de \vec{B} donnant \vec{\jmath}_s ; ce courant induit rayonne l'onde réfléchie.

Voir le corrigé complet

Le milieu 1 correspond au demi-espace x<0 et le milieu 2 au conducteur parfait occupant le demi-espace x>0. La normale unitaire sortante de 1 vers 2 est \vec{n}_{1 \to 2} = \vec{u}_x.

D'après le préambule de la sous-partie I.A.4, le champ magnétique est nul dans un conducteur parfait :

\vec{B}_2(0^+, t) = \vec{0}

D'après la question Q6, le champ magnétique résultant dans le demi-espace x<0 s'écrit :

\vec{B}_1(x, t) = \frac{2E_0}{c} \cos(kx) \cos(\omega t) \vec{u}_z

En x = 0^-, sa limite vaut :

\vec{B}_1(0^-, t) = \frac{2E_0}{c} \cos(\omega t) \vec{u}_z

La relation de passage (I.3) s'écrit :

\vec{B}_2(0^+, t) - \vec{B}_1(0^-, t) = -\frac{2E_0}{c}\cos(\omega t)\vec{u}_z = \mu_0 \vec{\jmath}_s(M, t) \wedge \vec{u}_x

Le courant surfacique étant nécessairement tangentiel à la surface de la plaque, \vec{\jmath}_s \cdot \vec{u}_x = 0. En effectuant le produit vectoriel par \vec{u}_x, on a :

\begin{aligned} \vec{u}_x \wedge \left(\vec{B}_2 - \vec{B}_1\right) &= \mu_0 \vec{u}_x \wedge (\vec{\jmath}_s \wedge \vec{u}_x) \\ &= \mu_0 \left[(\vec{u}_x \cdot \vec{u}_x)\vec{\jmath}_s - (\vec{u}_x \cdot \vec{\jmath}_s)\vec{u}_x\right] = \mu_0 \vec{\jmath}_s(M, t) \end{aligned}

Il vient ainsi :

\begin{aligned} \vec{\jmath}_s(M, t) &= \frac{1}{\mu_0}\vec{u}_x \wedge \left(-\vec{B}_1(0^-, t)\right) \\ &= -\frac{2E_0}{\mu_0 c} \cos(\omega t) (\vec{u}_x \wedge \vec{u}_z) \\ &= \frac{2E_0}{\mu_0 c} \cos(\omega t) \vec{u}_y \end{aligned}
\boxed{\vec{\jmath}_s(M, t) = \frac{2E_0}{\mu_0 c} \cos(\omega t) \vec{u}_y}

Source physique du champ réfléchi :
L'onde incidente exerce sur les électrons de conduction du métal une force électrique \vec{F} = -e\vec{E}_i, ce qui génère un mouvement oscillatoire collectif de ces porteurs de charge, c'est-à-dire le courant surfacique induit \vec{\jmath}_s(M, t).
Ces charges accélérées rayonnent à leur tour une onde électromagnétique :

  • vers le demi-espace x>0, l'onde rayonnée interfère de façon parfaitement destructive avec l'onde incidente, assurant un champ nul au sein du conducteur ;
  • vers le demi-espace x<0, l'onde rayonnée se propage vers les x décroissants : elle constitue physiquement l'onde réfléchie \vec{E}_r(M, t).

La source physique du champ réfléchi est donc l'ensemble des courants surfaciques induits \vec{\jmath}_s(M, t) oscillant à la surface du conducteur.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez bien composantes normales et tangentielles, et assimilez le rôle des courants surfaciques comme sources du champ.

« Afin de bien utiliser des relations de passage portant sur des champs vectoriels, comme demandé dans les questions Q5, Q12 et Q29, il est crucial de bien distinguer les composantes normales des composantes tangentielles, en utilisant si nécessaire une base de projection. »

« le rôle des courants surfaciques comme sources du champ, évoquée dans la question Q12, est mal compris. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : polarisation, réflexion sur un conducteur parfait

Dans chacun de ces trois cas, décrire le plus précisément possible le champ électrique observé en .

Voir l'indice

Décomposer le champ électrique incident sur les axes parallèle et perpendiculaire aux barreaux métalliques ; la composante parallèle est réfléchie, l'autre transmise.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le comportement électrodynamique de la grille : le champ électrique ne peut exciter de courants que le long des barreaux conducteurs, l'espace entre eux étant isolant.
  2. Analyser chaque orientation en décomposant si nécessaire le champ incident sur la direction parallèle aux barreaux (réfléchie) et la direction perpendiculaire (transmise).
  3. Exprimer le champ électrique transmis dans le demi-espace x > 0 pour chaque configuration.
Voir la réponse courte

Les fils parallèles au champ électrique imposent une réflexion totale, tandis que les fils perpendiculaires laissent passer l'onde sans perturbation.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, des courants de conduction surfaciques ne peuvent circuler que le long des barreaux métalliques. La composante du champ électrique parallèle aux barreaux induit un courant qui la réfléchit totalement (comportement d'un conducteur parfait), tandis que la composante perpendiculaire ne peut induire de courant et est intégralement transmise sans atténuation.

  • Cas no 1 : barreaux parallèles à l'axe Oy (parallèles à \vec{E})

    Le champ incident \vec{E}_i(x, t) = E_0\cos(\omega t - kx)\vec{u}_y est colinéaire aux barreaux. Des courants surfaciques \vec{\jmath}_s \parallel \vec{u}_y s'établissent librement et annulent le champ électrique tangentiel à la surface de la grille. L'onde incidente est donc totalement réfléchie comme sur une plaque conductrice pleine :

    \boxed{\vec{E}(x > 0, t) = \vec{0}}
  • Cas no 2 : barreaux parallèles à l'axe Oz (perpendiculaires à \vec{E})

    Le champ incident est orthogonal aux barreaux. Aucun courant ne peut circuler le long de \vec{u}_y à travers l'espacement isolant entre les barreaux. La grille est transparente pour cette composante :

    \boxed{\vec{E}(x > 0, t) = E_0\cos(\omega t - kx)\vec{u}_y}

    L'onde transmise est identique à l'onde incidente (propagation selon +x, polarisation rectiligne selon \vec{u}_y).

  • Cas no 3 : barreaux inclinés à 45^\circ dans le plan (yOz)

    Définissons le vecteur unitaire colinéaire aux barreaux \vec{u}_{\parallel} = \frac{1}{\sqrt{2}}(\vec{u}_y + \vec{u}_z) et le vecteur orthogonal dans le plan de la grille \vec{u}_{\perp} = \frac{1}{\sqrt{2}}(\vec{u}_y - \vec{u}_z). Le champ incident se décompose sous la forme :

    \vec{E}_i(x, t) = \frac{E_0}{\sqrt{2}}\cos(\omega t - kx)\vec{u}_{\parallel} + \frac{E_0}{\sqrt{2}}\cos(\omega t - kx)\vec{u}_{\perp}

    La composante parallèle est totalement réfléchie, seule la composante perpendiculaire est transmise :

    \boxed{\vec{E}(x > 0, t) = \frac{E_0}{\sqrt{2}}\cos(\omega t - kx)\vec{u}_{\perp} = \frac{E_0}{2}\cos(\omega t - kx)(\vec{u}_y - \vec{u}_z)}

    Il s'agit d'une onde plane progressive monochromatique se propageant selon +x, de pulsation \omega, polarisée rectilignement selon la direction perpendiculaire aux barreaux, d'amplitude E_0/\sqrt{2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interprétation des deux cas duaux a souvent été inversée en raison d'une mauvaise compréhension des courants surfaciques sources.

« Dans la question Q13, l’interprétation des deux situations duales décrites dans la figure 5 a souvent été inversée, sans doute parce que le rôle des courants surfaciques comme sources du champ, évoquée dans la question Q12, est mal compris. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : polariseur

À quel dispositif rencontré en travaux pratiques cette grille fait-elle penser ?

Voir l'indice

Ce filtre sélectif de polarisation joue le rôle d'un polariseur rectiligne à grille.

Voir la réponse courte

La grille métallique agit comme un polariseur par transmission pour les ondes électromagnétiques.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question précédente (Q13), la grille métallique ne transmet que la composante du champ électrique orthogonale à la direction de ses barreaux : elle sélectionne donc un état de polarisation rectiligne bien précis.

Ce dispositif se comporte ainsi exactement comme un polariseur rectiligne (ou film polaroïd, filtre polarisant), couramment utilisé en travaux pratiques d'optique ondulatoire (pour vérifier la loi de Malus ou réaliser des mesures de polarimétrie).

\boxed{\text{Cette grille fait penser à un \textbf{polariseur rectiligne}}.}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

I.A.5 · Un miroir pour les ondes électromagnétiques

Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : radiotélescope, réflexion

Proposer une réalisation pratique du miroir d'un radiotélescope de très grande dimension (de l'ordre de la centaine de mètres) fonctionnant dans le domaine des ondes centimétriques.

Voir l'indice

Un simple treillis ou grillage métallique dont le pas de grille est petit devant la longueur d'onde \lambda \approx 3\text{ cm} se comporte comme un conducteur continu réflecteur.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le résultat des questions précédentes (Q12 à Q14) : une structure conductrice ajourée réfléchit efficacement une onde électromagnétique dès lors que l'espacement entre conducteurs est très inférieur à la longueur d'onde \lambda.
  2. Adapter ce principe à une onde incidente de polarisation quelconque en superposant deux réseaux orthogonaux de fils conducteurs (grillage ou treillis métallique).
  3. Donner les critères dimensionnels pour les ondes centimétriques et justifier les avantages mécaniques et économiques décisifs pour une structure géante.
Voir la réponse courte

Utilisation d'un grillage métallique à mailles nettement plus petites que la longueur d'onde centimétrique afin d'alléger la structure.

Voir le corrigé complet

Pour une onde spatiale centimétrique, la longueur d'onde est typiquement \lambda \approx 1\text{ à }10\text{ cm}.

1. Choix du matériau réflecteur : un treillis ou grillage métallique

  • Les ondes cosmiques reçues n'ont pas de direction de polarisation privilégiée fixée à l'avance (ou sont non polarisées). D'après l'étude de la grille (Q13-Q14), une grille unidirectionnelle ne réfléchirait que la composante du champ électrique parallèle à ses barreaux et transmettrait l'autre.
  • Pour réfléchir toutes les polarisations comme une surface métallique pleine, la surface réflectrice doit être constituée d'un grillage métallique bidimensionnel (treillis à mailles carrées en aluminium ou acier inoxydable).
  • La condition de réflexion quasi-totale impose que la taille d'une maille a soit très inférieure à la longueur d'onde :

    a \ll \lambda \quad \implies \quad a \sim 1\text{ à }5\text{ mm}.

2. Conception mécanique pour une dimension de l'ordre de 100 m

  • Réaliser un disque plein de 100\text{ m} de diamètre serait irréaliste d'un point de vue mécanique : la masse surfacique et la prise au vent (effet de voile dévastateur lors de tempêtes) détruiraient la structure ou exigeraient des moteurs de pointage surdimensionnés.
  • L'utilisation d'un grillage métallique présente des atouts majeurs :

    • Allègement massif de la structure portée ;
    • Prise au vent considérablement réduite, l'air traversant la grille ;
    • Évacuation des intempéries (pluie, neige) sans accumulation sur la parabole.
  • En pratique, le miroir parabolique est segmenté en panneaux modulaires grillagés montés sur une armature métallique rigide en treillis, assurant la conservation de la forme parabolique avec une précision meilleure que \lambda/16 \sim \text{quelques millimètres}.
Signaler une erreurSommaire

I.B.1 · L'énigme des péritios

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : plasma, neutralité électrique

Montrer que le plasma reste localement neutre en présence de l'onde. Que peut-on alors dire de la densité volumique d'électrons dans le plasma ?

Voir l'indice

Le champ incident est transverse (\mathrm{div}\vec{E} = 0), d'où \rho = 0 d'après l'équation de Maxwell-Gauss : le plasma reste globalement et localement neutre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la divergence du champ électrique pour une onde plane transverse se propageant selon \vec{u}_x afin de relier cette grandeur à la densité volumique de charge \rho par l'équation de Maxwell-Gauss.
  2. En déduire la neutralité électrique locale du plasma, puis exprimer la densité volumique d'électrons n_e compte tenu de l'immobilité des ions.
Voir la réponse courte

Onde transverse de divergence nulle donc \rho = 0 via Maxwell-Gauss, assurant la neutralité locale et la constance de n_e.

Voir le corrigé complet

L'onde électromagnétique est modélisée par une onde plane harmonique transverse se propageant selon \vec{u}_x. Le champ électrique s'écrit en représentation complexe :

\underline{\vec{E}}(M, t) = \underline{\vec{E}}_0 \exp(\mathrm{i}(\omega t - \underline{k} x)) \quad \text{avec} \quad \underline{\vec{E}}_0 \cdot \vec{u}_x = 0

Calculons la divergence de ce champ :

\operatorname{div} \underline{\vec{E}} = -\mathrm{i} \underline{\vec{k}} \cdot \underline{\vec{E}} = -\mathrm{i} \underline{k} (\vec{u}_x \cdot \underline{\vec{E}}) = 0

D'après l'équation de Maxwell-Gauss :

\operatorname{div} \vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0}

on en déduit directement :

\boxed{\rho(M, t) = 0}

Le plasma reste donc rigoureusement neutre localement en tout point M et à tout instant t en présence de l'onde.

La densité volumique de charge s'exprime en fonction des densités volumiques des porteurs :

\rho = e n_c - e n_e = e(n_c - n_e)

Comme M \gg m, les cations sont immobiles sous l'effet de l'onde radio (modèle du plasma froid) ; leur répartition spatiale reste uniforme et inchangée par rapport à l'état de repos, soit n_c = n.

La neutralité locale \rho = 0 impose alors :

\boxed{n_e = n_c = n}

La densité volumique d'électrons reste uniforme, constante et égale à sa valeur d'équilibre n.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : conductivité complexe, plasma

En considérant que les électrons ne sont soumis qu'à la seule force électrique (on néglige l'effet du champ magnétique), montrer que la densité volumique de courant dans le plasma est reliée au champ électrique par une relation de la forme

et exprimer la conductivité complexe en fonction des données.

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron soumis à la force de Lorentz électrique en notation complexe, puis écrire \vec{\jmath} = -n e \vec{v}.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron soumis à la force électrique de l'onde dans le référentiel d'étude supposé galiléen.
  2. En déduire sa vitesse en notation complexe en régime sinusoïdal établi.
  3. Exprimer le vecteur densité volumique de courant total en tenant compte de l'immobilité des ions, puis identifier la conductivité complexe \underline{\theta}_B.
Voir la réponse courte

PFD sur les électrons soumis à \vec{E} puis expression du vecteur densité de courant volumique \underline{\vec{\jmath}} = -n_e e \underline{\vec{v}}.

Voir le corrigé complet

Considérons un électron de masse m, de charge -e et de vecteur vitesse \vec{v}. Dans le cadre du modèle du plasma froid dilué, on néglige les collisions entre particules ainsi que la composante magnétique de la force de Lorentz devant la composante électrique.

Dans le référentiel galiléen du laboratoire, le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -e \vec{E}(M, t)

En régime sinusoïdal établi, en adoptant la représentation complexe où la dépendance temporelle est en \exp(\mathrm{i}\omega t) (soit \frac{\partial}{\partial t} \leftrightarrow \mathrm{i}\omega), il vient :

\mathrm{i} m \omega \, \underline{\vec{v}} = -e \, \underline{\vec{E}} \implies \underline{\vec{v}} = -\frac{e}{\mathrm{i} m \omega}\underline{\vec{E}} = \mathrm{i}\frac{e}{m\omega}\underline{\vec{E}}

Puisque les ions sont considérés comme immobiles (M \gg m), ils ne contribuent pas au transport de charge. Avec n_e = n d'après la question Q16, le vecteur densité volumique de courant dans le plasma est uniquement dû aux électrons :

\underline{\vec{\jmath}} = -e n \, \underline{\vec{v}} = \frac{n e^2}{\mathrm{i} m \omega} \underline{\vec{E}} = -\mathrm{i} \frac{n e^2}{m \omega}\underline{\vec{E}}

On en déduit que \underline{\vec{\jmath}} et \underline{\vec{E}} sont bien reliés par une loi d'Ohm locale complexe \underline{\vec{\jmath}} = \underline{\theta}_B \underline{\vec{E}}, avec :

\boxed{\underline{\theta}_B = \frac{n e^2}{\mathrm{i} m \omega} = -\mathrm{i}\,\frac{n e^2}{m\omega}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation de dispersion, pulsation plasma

À partir des équations de Maxwell, établir la relation de dispersion sous la forme

où l'on exprimera la pulsation plasma en fonction de , , et .

Voir l'indice

Calculer \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\vec{E}) dans le plasma en y injectant \vec{\jmath} = \underline{\theta}_B \vec{E} et la pulsation plasma \omega_p^2 = n e^2/(m\varepsilon_0).

Voir la stratégie
  1. Écrire les équations de Maxwell dans le plasma froid en régime harmonique en utilisant la neutralité locale \rho = 0 (établie à la question Q16) et la loi d'Ohm locale \underline{\vec{\jmath}} = \underline{\theta}_B \underline{\vec{E}} (obtenue à la question Q17).
  2. Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday pour combiner les équations et aboutir à l'équation de Helmholtz vérifiée par \underline{\vec{E}}.
  3. Remplacer les opérateurs spatiaux et temporels pour une onde plane progressive harmonique, puis identifier l'expression demandée et celle de la pulsation plasma \omega_p.
Voir la réponse courte

Injection de la loi d'Ohm complexe dans l'équation de d'Alembert avec terme source et identification de la pulsation plasma \omega_p.

Voir le corrigé complet

Dans le plasma, la densité volumique de charge est nulle (\rho = 0), et le courant volumique s'écrit \underline{\vec{\jmath}} = \underline{\theta}_B \underline{\vec{E}}. En régime sinusoïdal de pulsation \omega (avec la convention temporelle \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}), les équations de Maxwell s'écrivent :

\begin{aligned} \operatorname{div}\underline{\vec{E}} &= 0 \\ \vec{\operatorname{rot}}\underline{\vec{E}} &= -\mathrm{i}\omega \underline{\vec{B}} \\ \vec{\operatorname{rot}}\underline{\vec{B}} &= \mu_0 \underline{\vec{\jmath}} + \mu_0\varepsilon_0 \frac{\partial \underline{\vec{E}}}{\partial t} = \left(\mu_0 \underline{\theta}_B + \mathrm{i}\mu_0\varepsilon_0\omega\right)\underline{\vec{E}} \end{aligned}

En appliquant l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday et en utilisant l'identité vectorielle \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\underline{\vec{E}}) = \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div}\underline{\vec{E}}) - \Delta \underline{\vec{E}} avec \operatorname{div}\underline{\vec{E}} = 0 :

\begin{aligned} -\Delta \underline{\vec{E}} &= -\mathrm{i}\omega \vec{\operatorname{rot}}\underline{\vec{B}} = -\mathrm{i}\omega \left(\mu_0 \underline{\theta}_B + \mathrm{i}\mu_0\varepsilon_0\omega\right)\underline{\vec{E}} \end{aligned}

Pour une onde plane se propageant selon l'axe Ox, de la forme \underline{\vec{E}}(x,t) = \underline{\vec{E}}_0 \exp(\mathrm{i}(\omega t - \underline{k} x)), le laplacien vectoriel se réduit à :

\Delta \underline{\vec{E}} = \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial x^2} = (-\mathrm{i}\underline{k})^2 \underline{\vec{E}} = -\underline{k}^2 \underline{\vec{E}}

L'équation de propagation devient alors :

\underline{k}^2 \underline{\vec{E}} = \left( \mu_0\varepsilon_0\omega^2 - \mathrm{i}\omega\mu_0 \underline{\theta}_B \right) \underline{\vec{E}}

En introduisant la célérité de la lumière dans le vide c = 1/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0} et l'expression de la conductivité complexe établie à la question Q17 (\underline{\theta}_B = -\mathrm{i}\frac{n e^2}{m\omega}) :

\begin{aligned} -\mathrm{i}\omega\mu_0 \underline{\theta}_B &= -\mathrm{i}\omega\mu_0 \left(-\mathrm{i}\frac{n e^2}{m\omega}\right) = -\frac{\mu_0 n e^2}{m} = -\frac{n e^2}{\varepsilon_0 m c^2} \end{aligned}

On en déduit :

\underline{k}^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \frac{n e^2}{m\varepsilon_0 c^2} = \frac{\omega^2 - \omega_p^2}{c^2}

avec :

\boxed{\omega_p = \sqrt{\frac{n e^2}{m \varepsilon_0}}}

qui est la pulsation plasma (pulsation de Langmuir).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : pulsation de coupure, onde évanescente

À quelle condition sur l'onde peut-elle se propager dans le plasma ?

Voir l'indice

L'onde se propage sans atténuation exponentielle si le vecteur d'onde k est réel, soit \omega > \omega_p.

Voir la stratégie
  1. Partir de la forme spatio-temporelle de l'onde \underline{\vec{E}}(x, t) = \underline{\vec{E}}_0 \exp(\mathrm{i}(\omega t - \underline{k}x)) et de la relation de dispersion établie à la question Q18.
  2. Identifier la nature du vecteur d'onde \underline{k} selon le signe de \underline{k}^2 pour distinguer propagation et évanescence.
Voir la réponse courte

Propagation non atténuée si le vecteur d'onde est réel, soit pour \omega > \omega_p ; onde évanescente pour \omega < \omega_p.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de dispersion établie à la question Q18, le carré du nombre d'onde s'écrit :

\underline{k}^2 = \frac{\omega^2 - \omega_p^2}{c^2}

L'onde est de la forme \underline{\vec{E}}(x, t) = \underline{\vec{E}}_0 \exp(\mathrm{i}(\omega t - \underline{k}x)). Deux régimes se présentent :

  • Si \omega < \omega_p, \underline{k}^2 < 0 : le nombre d'onde \underline{k} = -\mathrm{i}\alpha (avec \alpha > 0) est imaginaire pur. L'onde présente une décroissance exponentielle en espace \exp(-\alpha x), caractéristique d'une onde évanescente sans propagation d'énergie à grande distance.
  • Si \omega > \omega_p, \underline{k}^2 > 0 : le nombre d'onde k = \frac{1}{c}\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2} est réel non nul. La phase se propage le long de l'axe (Ox) sans amortissement.

Par conséquent, l'onde peut se propager dans le plasma si et seulement si :

\boxed{\omega > \omega_p}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : vitesse de groupe, relation de dispersion

Établir alors l'expression de la vitesse de groupe en fonction de , et .

Voir l'indice

Différencier la relation de dispersion c^2 k^2 = \omega^2 - \omega_p^2 par rapport à k pour obtenir v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition de la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k}.
  2. Différencier la relation de dispersion établie à la question Q18 dans le domaine de propagation (\omega > \omega_p).
  3. Exprimer v_g en fonction de \omega, \omega_p et c.
Voir la réponse courte

Dérivation de la relation de dispersion \omega^2 = c^2 k^2 + \omega_p^2 conduisant à v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k = c \sqrt{1 - \omega_p^2/\omega^2}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, pour \omega > \omega_p, la relation de dispersion s'écrit :

\omega^2 = \omega_p^2 + c^2 k^2

où k = \frac{1}{c}\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2} > 0 correspond à une propagation dans le sens des x croissants.

Par définition, la vitesse de groupe est donnée par :

v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k}

En différentiant la relation de dispersion, on obtient :

2\omega\,\mathrm{d}\omega = 2c^2 k\,\mathrm{d}k \iff \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} = \frac{c^2 k}{\omega}

En remplaçant k par son expression en fonction de \omega, il vient :

v_g(\omega) = \frac{c^2}{\omega} \frac{\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2}}{c} = c \sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}}
\boxed{v_g = c \sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

I.B.2 · L'énigme des péritios

Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vitesse de groupe, milieu dispersif

Pourquoi ne peut-on pas écrire a priori ?

Voir l'indice

La densité électronique locale n_e et donc la vitesse de groupe v_g varient continûment le long du trajet interstellaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dépendance de la vitesse de groupe v_g établie à la question Q20 vis-à-vis des paramètres du milieu.
  2. Identifier la grandeur physique qui n'est pas constante dans le milieu interstellaire le long de la ligne de visée.
Voir la réponse courte

La densité électronique n_e varie le long du trajet interstellaire, rendant la vitesse de groupe dépendante de la position.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q18 et Q20, la vitesse de groupe s'écrit :

v_g(\omega) = c\sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}} \quad \text{avec} \quad \omega_p = \sqrt{\frac{n_e\,e^2}{m\,\varepsilon_0}}

Elle dépend directement de la pulsation plasma \omega_p, et donc de la densité volumique électronique n_e.

Or, le milieu interstellaire traversé par l'onde sur la distance L n'est pas homogène : la densité électronique varie le long de la ligne de visée, n_e = n_e(\ell). Il en résulte que la pulsation plasma \omega_p(\ell) et la vitesse de groupe v_g(\omega, \ell) dépendent de la position \ell :

v_g(\omega, \ell) = c\sqrt{1 - \frac{n_e(\ell)\,e^2}{m\,\varepsilon_0\,\omega^2}}

La vitesse de groupe n'étant pas uniforme le long du trajet, on ne peut pas la sortir de l'intégrale définissant le temps de parcours :

\boxed{t(\omega) = \int_0^L \frac{\mathrm{d}\ell}{v_g(\omega, \ell)} \neq \frac{L}{v_g(\omega)}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vitesse de groupe, temps de propagation

Établir l'expression de . Quelle est son interprétation physique ?

Voir l'indice

Faire tendre \omega vers l'infini dans l'expression de v_g(\omega) ; c'est le temps de parcours d'un signal voyageant à la vitesse de la lumière dans le vide.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la limite de la vitesse de groupe v_g(\omega) établie à la question Q20 lorsque la pulsation \omega tend vers l'infini.
  2. En déduire l'intégrale définissant le temps de parcours t(\infty) sur la distance L.
  3. Interpréter physiquement ce résultat en termes de réponse du milieu à très haute fréquence et de propagation dans le vide.
Voir la réponse courte

À très haute fréquence, la vitesse de groupe tend vers la célérité du vide c, donc t(\infty) = L/c.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, la vitesse de groupe dans le plasma s'écrit :

v_g(\omega) = c\sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}}

Pour une pulsation \omega \to \infty (c'est-à-dire \omega \gg \omega_p en tout point de la ligne de visée), le terme correctif s'annule :

\lim_{\omega \to \infty} v_g(\omega) = c

La célérité c étant constante et indépendante de la position le long du trajet, le temps de parcours à pulsation infinie vaut :

t(\infty) = \int_{0}^{L} \frac{\mathrm{d}\ell}{c} = \frac{L}{c}
\boxed{t(\infty) = \frac{L}{c}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : dispersion, retard de groupe

Quel est le signe de et quel sens concret donner à cette grandeur ?

Voir l'indice

Constater que v_g < c, d'où \tau(\omega) > 0 : il s'agit du retard de groupe accumulé par dispersion par rapport à un signal ultra-relativiste.

Voir la réponse courte

Comme v_g < c, le retard \tau(\omega) > 0 représente le délai supplémentaire accumulé par l'onde lors de la traversée du plasma.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la vitesse de groupe établie à la question Q20, pour toute onde se propageant dans le plasma (\omega > \omega_p) :

v_g(\omega) = c \sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}} < c

Par conséquent, en chaque point de la ligne de visée :

\frac{1}{v_g(\omega)} > \frac{1}{c}

En intégrant cette inégalité stricte sur le trajet de longueur L entre l'astre et la Terre, on obtient :

t(\omega) = \int_{0}^{L} \frac{\mathrm{d}\ell}{v_g(\omega)} > \int_{0}^{L} \frac{\mathrm{d}\ell}{c} = t(\infty)

On en déduit immédiatement le signe de \tau(\omega) :

\boxed{\tau(\omega) > 0}

Concrètement, la grandeur \tau(\omega) représente le retard de propagation (ou retard de groupe) accumulé par la composante spectrale de pulsation \omega lors de sa traversée du plasma interstellaire par rapport à une propagation dans le vide.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : mesure de dispersion, retard de groupe

Montrer que pour des ondes d'une fréquence de l'ordre du gigahertz, on peut écrire

où l'on exprimera en fonction de , , et .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre de 1/v_g pour \omega_p \ll \omega, puis intégrer le long de la ligne de visée.

Voir la stratégie
  1. Comparer la fréquence d'onde f \sim 1\text{ GHz} à la fréquence plasma f_p = \frac{\omega_p}{2\pi} à l'aide de la valeur typique de n_e donnée dans l'énoncé.
  2. Effectuer un développement limité à l'ordre 1 en \left(\frac{\omega_p}{\omega}\right)^2 du terme \frac{1}{v_g(\omega)} - \frac{1}{c} intervenant dans l'expression de \tau(\omega).
  3. Intégrer sur la ligne de visée et identifier le facteur A devant \frac{\mathrm{DM}}{f^2}.
Voir la réponse courte

Développement limité de 1/v_g pour \omega \gg \omega_p et intégration spatiale faisant apparaître la mesure de dispersion \mathrm{DM}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, la pulsation plasma locale s'écrit :

\omega_p = \sqrt{\frac{n_e e^2}{m \varepsilon_0}}

Pour n_e \approx 10^{-4}\text{ cm}^{-3} = 10^2\text{ m}^{-3}, on évalue l'ordre de grandeur de la fréquence plasma f_p :

f_p = \frac{\omega_p}{2\pi} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{10^2 \times (1{,}60\times 10^{-19})^2}{9{,}11\times 10^{-31} \times 8{,}85\times 10^{-12}}} \approx 9\times 10^1\text{ Hz} \sim 10^2\text{ Hz}

Pour des ondes d'observation du gigahertz, f \sim 10^9\text{ Hz} \gg f_p, soit \frac{\omega_p}{\omega} \ll 1.

En utilisant l'expression de la vitesse de groupe établie à la question Q20 :

v_g(\omega) = c\left(1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}\right)^{1/2}

le temps de parcours s'écrit :

t(\omega) = \int_0^L \frac{\mathrm{d}\ell}{v_g(\omega)} = \frac{1}{c} \int_0^L \left(1 - \frac{\omega_p^2(\ell)}{\omega^2}\right)^{-1/2}\mathrm{d}\ell

À l'ordre 1 en \left(\frac{\omega_p}{\omega}\right)^2, le développement limité donne :

\left(1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}\right)^{-1/2} = 1 + \frac{1}{2}\frac{\omega_p^2}{\omega^2} + o\left(\frac{\omega_p^2}{\omega^2}\right)

Le retard de groupe par rapport au vide s'obtient alors par :

\begin{aligned} \tau(\omega) &= t(\omega) - t(\infty) = \int_0^L \left(\frac{1}{v_g(\omega)} - \frac{1}{c}\right)\mathrm{d}\ell \\ &\approx \frac{1}{2c\omega^2} \int_0^L \omega_p^2(\ell)\,\mathrm{d}\ell \\ &= \frac{1}{2c (2\pi f)^2} \frac{e^2}{m\varepsilon_0} \int_0^L n_e(\ell)\,\mathrm{d}\ell \end{aligned}

En introduisant la mesure de dispersion \mathrm{DM} = \int_0^L n_e\,\mathrm{d}\ell, on obtient bien l'expression recherchée :

\tau(f) = A \frac{\mathrm{DM}}{f^2}

avec :

\boxed{A = \frac{e^2}{8\pi^2 \varepsilon_0 m c}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Négliger une grandeur devant une autre nécessite impérativement une application numérique pour être justifié.

« La comparaison de deux grandeurs en vue de négliger l’une d’elles (Q24 et Q34) ne peut être conduite honnêtement sans application numérique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : mesure de dispersion

Calculer la valeur de .

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique de A = e^2/(8\pi^2\varepsilon_0 m c) en utilisant scrupuleusement les constantes fondamentales données en fin de sujet.

Voir la réponse courte

Calcul numérique de la constante A = e^2 / (8\pi^2 \varepsilon_0 m c) en unités du système international.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q24, l'expression de la constante A est :

A = \frac{e^2}{8\pi^2 \varepsilon_0 m c}

Vérifions d'abord la dimension de A dans le Système International :

  • La force électrostatique donne [e^2 / (4\pi\varepsilon_0)] = [F \cdot r^2] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^3\cdot\mathrm{T}^{-2}.
  • Ainsi, [A] = \dfrac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^3\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{M}\cdot(\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1})} = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}, l'unité SI de A est donc le \mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}.

Procédons à l'application numérique avec les valeurs données par l'énoncé :

\begin{aligned} e &= 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C} \\ \varepsilon_0 &= 8{,}85 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} \\ m &= 9{,}11 \times 10^{-31}\text{ kg} \\ c &= 3{,}00 \times 10^{8}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

On obtient au dénominateur :

\begin{aligned} 8\pi^2 \varepsilon_0 m c &= 8\pi^2 \times (8{,}85 \times 10^{-12}) \times (9{,}11 \times 10^{-31}) \times (3{,}00 \times 10^8) \\ &\approx 1{,}910 \times 10^{-31}\text{ kg}\cdot\text{m}\cdot\text{C}^2\cdot\text{J}^{-1}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

et au numérateur :

e^2 = (1{,}60 \times 10^{-19})^2 = 2{,}560 \times 10^{-38}\text{ C}^2

D'où :

A = \frac{2{,}560 \times 10^{-38}}{1{,}910 \times 10^{-31}} \approx 1{,}34 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{A \approx 1{,}34 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : dispersion, signal dispersif

Cette relation est-elle qualitativement en accord avec l'enregistrement de la figure 6 ?

Voir l'indice

La loi montre que le temps d'arrivée décroît lorsque la fréquence augmente, ce qui correspond à une fréquence reçue décroissant avec le temps sur le spectrogramme.

Voir la stratégie
  1. Analyser la loi théorique t(f) = t(\infty) + A\,\dfrac{\mathrm{DM}}{f^2} : déterminer le sens de variation du temps d'arrivée t en fonction de la fréquence f (ou réciproquement, l'évolution de la fréquence f détectée au cours du temps t).
  2. Examiner la figure 6 (spectrogramme temps-fréquence) pour vérifier si la trace observée présente bien la même tendance et une courbure compatible.
Voir la réponse courte

Accord qualitatif : les fréquences élevées arrivent plus tôt que les basses fréquences, conformément à la loi en 1/f^2.

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q24 :

t(f) = t(\infty) + A\,\frac{\mathrm{DM}}{f^2}

avec A > 0 et \mathrm{DM} > 0.

  • Le temps de parcours t(f) est une fonction strictement décroissante de la fréquence f. Par conséquent, les composantes spectrales de plus haute fréquence se propagent plus vite (leur vitesse de groupe v_g est plus proche de c) et sont détectées en premier. Au fil du temps, la fréquence du signal reçu doit donc décroître.
  • Sur l'enregistrement de la figure 6 (spectrogramme temps-fréquence d'un péritio) :

    • vers t \approx 250\text{ ms}, le signal est détecté aux plus hautes fréquences de la bande (f \approx 1500\text{ MHz}) ;
    • vers t \approx 600\text{ ms}, le signal n'est plus présent qu'aux plus basses fréquences (f \approx 1250\text{ MHz}).

De plus, la dérivée \left|\dfrac{\mathrm{d}t}{\mathrm{d}f}\right| = \dfrac{2A\,\mathrm{DM}}{f^3} augmente lorsque la fréquence diminue, ce qui correspond bien à la concavité de la trajectoire observée dans le plan (t, f).

\boxed{\text{La relation théorique est qualitativement en parfait accord avec l'enregistrement de la figure 6.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'abscisse temporelle ayant une origine arbitraire, il ne fallait pas la confondre avec le retard calculé en Q24.

« Dans la figure 6 à exploiter pour répondre aux questions Q26 et Q27, le temps porté en abscisse est défini par rapport à une origine arbitraire. Il était donc important de ne pas le confondre avec le retard τexprimé dans Q24. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : mesure de dispersion

À partir de la figure 6, estimer la mesure de dispersion , en exprimant le résultat d'abord en unités du système international puis en .

Voir l'indice

Relever la variation de temps \Delta t entre deux fréquences extrêmes sur la figure 6 et en déduire \mathrm{DM}, puis convertir en \mathrm{pc}\cdot\mathrm{cm}^{-3}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le décalage temporel \Delta t = t_2 - t_1 entre deux points du signal à l'aide de la loi de dispersion établie en Q24 : \Delta t = A\,\mathrm{DM} \left( \frac{1}{f_2^2} - \frac{1}{f_1^2} \right).
  2. Relever les coordonnées de deux points extrêmes bien définis sur le spectrogramme de la figure 6 pour minimiser l'incertitude de lecture.
  3. Calculer la mesure de dispersion \mathrm{DM} en unités du système international (\mathrm{m}^{-2}), puis la convertir dans l'unité astronomique usuelle \mathrm{pc}\cdot\mathrm{cm}^{-3} grâce aux données numériques.
Voir la réponse courte

Exploitation de deux points du spectrogramme pour extraire la pente \Delta t / \Delta(f^{-2}) et calculer \mathrm{DM}.

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q24, l'instant d'arrivée d'une composante de fréquence f est donné par :

t(f) = t(\infty) + \tau(f) = t(\infty) + A\,\frac{\mathrm{DM}}{f^2}

Pour deux composantes de fréquences f_1 et f_2 arrivant respectivement aux instants t_1 et t_2, on a :

\Delta t = t_2 - t_1 = A\,\mathrm{DM}\left(\frac{1}{f_2^2} - \frac{1}{f_1^2}\right)

soit :

\mathrm{DM} = \frac{t_2 - t_1}{A \left(\dfrac{1}{f_2^2} - \dfrac{1}{f_1^2}\right)}

Effectuons une lecture graphique sur la figure 6 aux deux extrémités de la trace spectrale :

  • à haute fréquence : f_1 = 1500\text{ MHz} = 1{,}50 \times 10^9\text{ Hz}, on lit t_1 \approx 380\text{ ms} ;
  • à basse fréquence : f_2 = 1200\text{ MHz} = 1{,}20 \times 10^9\text{ Hz}, on lit t_2 \approx 650\text{ ms}.

Le retard relatif entre ces deux fréquences vaut :

\Delta t = t_2 - t_1 \approx 650 - 380 = 270\text{ ms} = 0{,}27\text{ s}

Calculons le facteur de fréquence :

\frac{1}{f_2^2} - \frac{1}{f_1^2} = \frac{1}{(1{,}20 \times 10^9)^2} - \frac{1}{(1{,}50 \times 10^9)^2} \approx 2{,}50 \times 10^{-19}\text{ s}^2

Avec A = 1{,}34 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} (calculé en Q25) :

\mathrm{DM} \approx \frac{0{,}27}{1{,}34 \times 10^{-7} \times 2{,}50 \times 10^{-19}} \approx 8{,}1 \times 10^{24}\text{ m}^{-2}
\boxed{\mathrm{DM} \approx 8 \times 10^{24}\text{ m}^{-2}}

Convertissons cette grandeur dans l'unité usuelle \mathrm{pc}\cdot\mathrm{cm}^{-3} :

1\text{ pc}\cdot\mathrm{cm}^{-3} = (1\text{ pc}) \times (1\text{ cm})^{-3} = (3{,}086 \times 10^{16}\text{ m}) \times (10^{-2}\text{ m})^{-3} = 3{,}086 \times 10^{22}\text{ m}^{-2}

On en déduit :

\mathrm{DM} = \frac{8{,}1 \times 10^{24}\text{ m}^{-2}}{3{,}086 \times 10^{22}\text{ m}^{-2}\cdot(\mathrm{pc}\cdot\mathrm{cm}^{-3})^{-1}} \approx 260\text{ pc}\cdot\mathrm{cm}^{-3}

Compte tenu de la précision de lecture sur le spectrogramme (de l'ordre de \pm 30\text{ ms}), on retient :

\boxed{\mathrm{DM} \approx 2{,}6 \times 10^2\text{ pc}\cdot\mathrm{cm}^{-3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre le temps lu sur le graphique (origine arbitraire) avec le retard théorique.

« Dans la figure 6 à exploiter pour répondre aux questions Q26 et Q27, le temps porté en abscisse est défini par rapport à une origine arbitraire. Il était donc important de ne pas le confondre avec le retard τexprimé dans Q24. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : astrophysique, mesure de dispersion

Les mesures de dispersion mesurées pour des objets extragalactiques sont usuellement de quelques centaines de . Peut-on exclure une origine extragalactique aux péritios ?

Voir l'indice

Comparer la valeur numérique obtenue à la valeur typique mentionnée pour les sources extragalactiques.

Voir la réponse courte

Comparaison de l'ordre de grandeur de \mathrm{DM} obtenu avec les valeurs typiques extragalactiques montrant qu'on ne peut l'exclure a priori.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q27, la mesure de dispersion estimée pour le péritio de la figure 6 est :

\mathrm{DM} \approx 2{,}6 \times 10^2\text{ pc}\cdot\text{cm}^{-3}

Cette valeur est précisément de l'ordre de grandeur de « quelques centaines de \text{pc}\cdot\text{cm}^{-3} » typiquement mesurée pour les sources radio extragalactiques (telles que les sursauts radio rapides).

Par conséquent, sur le seul critère de la mesure de dispersion \mathrm{DM}, on ne peut pas exclure une origine extragalactique aux péritios.

Signaler une erreurSommaire

I.C.1 · Le four à micro-ondes

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : cavité résonante, condition aux limites

Montrer que seules des valeurs discrètes de , et sont possibles, repérées respectivement par des entiers , et .

Voir l'indice

Appliquer l'annulation des composantes tangentielles du champ électrique sur chacune des six faces métalliques de la cavité.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition aux limites satisfaite par le champ électrique à la surface d'un conducteur parfait : continuité de la composante tangentielle, qui est nulle dans le conducteur parfait.
  2. Appliquer cette condition d'annulation de la composante tangentielle \vec{E}_{\parallel} = \vec{0} sur chacune des six parois métalliques de la cavité.
  3. En déduire la discrétisation des composantes du vecteur d'onde k_x, k_y et k_z.
Voir la réponse courte

Annulation des composantes tangentielles du champ électrique sur les parois parfaitement conductrices imposant la quantification des composantes de \vec{k}.

Voir le corrigé complet

Les parois de la cavité (x=0, x=a, y=0, y=b, z=0 et z=d) sont constituées d'un conducteur parfait dans lequel règne un champ électrique nul (\vec{E}=\vec{0}). D'après la relation de passage du champ électrique (équation I.2), la composante tangentielle du champ électrique est continue à l'interface, ce qui impose sur chaque paroi intérieure :

\vec{E}_{\parallel} = \vec{0}

Examinons les composantes tangentielles sur les différentes faces :

  • Sur les parois en x = 0 et x = a : le vecteur normal est \vec{u}_x. Les composantes tangentielles sont donc E_y et E_z.

    • En x = 0 : \sin(k_x \times 0) = 0, donc E_y(0,y,z,t) = E_z(0,y,z,t) = 0 est naturellement vérifiée pour tout (y,z,t).
    • En x = a : E_y(a,y,z,t) = 0 et E_z(a,y,z,t) = 0 pour tout (y,z,t) impose :

      \sin(k_x a) = 0 \implies k_x a = m\pi \quad (m \in \mathbb{N})
  • Sur les parois en y = 0 et y = b : le vecteur normal est \vec{u}_y. Les composantes tangentielles sont E_x et E_z.

    • En y = 0 : \sin(k_y \times 0) = 0, les composantes sont nulles.
    • En y = b : E_x(x,b,z,t) = E_z(x,b,z,t) = 0 impose :

      \sin(k_y b) = 0 \implies k_y b = n\pi \quad (n \in \mathbb{N})
  • Sur les parois en z = 0 et z = d : le vecteur normal est \vec{u}_z. Les composantes tangentielles sont E_x et E_y.

    • En z = 0 : \sin(k_z \times 0) = 0, les composantes sont nulles.
    • En z = d : E_x(x,y,d,t) = E_y(x,y,d,t) = 0 impose :

      \sin(k_z d) = 0 \implies k_z d = \ell\pi \quad (\ell \in \mathbb{N})

Seules des valeurs discrètes de k_x, k_y et k_z sont donc autorisées :

\boxed{k_x = \frac{m\pi}{a}, \quad k_y = \frac{n\pi}{b}, \quad k_z = \frac{\ell\pi}{d} \qquad (m, n, \ell \in \mathbb{N})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il est essentiel de bien projeter et distinguer les composantes normales et tangentielles des champs.

« Afin de bien utiliser des relations de passage portant sur des champs vectoriels, comme demandé dans les questions Q5, Q12 et Q29, il est crucial de bien distinguer les composantes normales des composantes tangentielles, en utilisant si nécessaire une base de projection. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : cavité résonante, fréquence propre

En déduire l'expression des fréquences des modes propres possibles dans la cavité.

Voir l'indice

Injecter le champ électrique stationnaire tri-dimensionnel dans l'équation de d'Alembert pour relier la pulsation propre \omega aux composantes k_x, k_y, k_z.

Voir la stratégie
  1. Injecter l'expression du champ électrique stationnaire dans l'équation de d'Alembert vérifiée dans le vide intérieur à la cavité.
  2. En déduire la relation liant la pulsation \omega aux composantes k_x, k_y et k_z du vecteur d'onde.
  3. Exprimer la fréquence propre f_{mn\ell} = \frac{\omega}{2\pi} à l'aide des expressions discrétisées obtenues à la question Q29.
Voir la réponse courte

Utilisation de la relation de dispersion du vide \omega = c\|\vec{k}\| pour exprimer les fréquences propres discrètes f_{mn\ell}.

Voir le corrigé complet

Dans le vide intérieur de la cavité (0 < x < a, 0 < y < b, 0 < z < d), le champ électrique vérifie l'équation de d'Alembert (établie à la question Q2) :

\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}

Chacune des composantes cartésiennes E_u(x,y,z,t) (pour u \in \{x, y, z\}) est constituée de fonctions trigonométriques du type \cos ou \sin de pulsation spatiale k_x selon x, k_y selon y et k_z selon z, et de pulsation temporelle \omega. On a donc :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 E_u}{\partial x^2} &= -k_x^2 E_u, \quad \frac{\partial^2 E_u}{\partial y^2} = -k_y^2 E_u, \quad \frac{\partial^2 E_u}{\partial z^2} = -k_z^2 E_u \\ \frac{\partial^2 E_u}{\partial t^2} &= -\omega^2 E_u \end{aligned}

Le laplacien scalaire de chaque composante vaut ainsi :

\Delta E_u = -(k_x^2 + k_y^2 + k_z^2) E_u

L'équation de d'Alembert impose alors :

-(k_x^2 + k_y^2 + k_z^2) + \frac{\omega^2}{c^2} = 0 \iff \frac{\omega^2}{c^2} = k_x^2 + k_y^2 + k_z^2

En utilisant la relation entre pulsation et fréquence \omega = 2\pi f_{mn\ell} et les expressions des composantes du vecteur d'onde établies à la question Q29 :

k_x = \frac{m\pi}{a}, \quad k_y = \frac{n\pi}{b}, \quad k_z = \frac{\ell\pi}{d}

il vient :

\left(\frac{2\pi f_{mn\ell}}{c}\right)^2 = \left(\frac{m\pi}{a}\right)^2 + \left(\frac{n\pi}{b}\right)^2 + \left(\frac{\ell\pi}{d}\right)^2

On en déduit l'expression des fréquences propres de la cavité :

\boxed{f_{mn\ell} = \frac{c}{2}\sqrt{\left(\frac{m}{a}\right)^2 + \left(\frac{n}{b}\right)^2 + \left(\frac{\ell}{d}\right)^2}}

où (m, n, \ell) sont des entiers naturels, deux d'entre eux au moins étant non nuls pour assurer un champ non identiquement nul compatible avec \operatorname{div}\vec{E} = 0.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : mode propre, cavité résonante

Déterminer la valeur du triplet . La fréquence du mode propre observée est-elle en accord avec la valeur donnée pour le klystron ? Justifier précisément l'aspect de la figure 8b en s'intéressant aux conditions aux limites sur les parois et .

Voir l'indice

Compter le nombre de ventres (taches sombres) selon les directions x, y, z sur les trois coupes pour identifier m, n, \ell, puis calculer la fréquence correspondante.

Voir la stratégie
  1. Dénombrer le nombre de ventres (taches sombres dues à l'échauffement) selon les trois directions d'espace sur les différentes coupes de la figure 8 pour identifier le mode propre (m, n, \ell).
  2. Calculer la fréquence f_{mn\ell} associée avec les dimensions données et la comparer à celle du klystron (2{,}45\text{ GHz}).
  3. Écrire les composantes du champ électrique dans le plan de coupe x = a/2 (figure 8b) et analyser les composantes normales et tangentielles sur les parois y=0 et z=0 pour justifier les zones sombres et claires observées.
Voir la réponse courte

Identification du mode par comptage des fuseaux sur la cartographie du champ et vérification de la fréquence d'excitation.

Voir le corrigé complet

1. Détermination du triplet (m, n, \ell)

L'échauffement du papier (virage au bleu) est proportionnel à la puissance volumique dissipée, donc à la moyenne temporelle \langle \vec{E}^2 \rangle. Les taches sombres correspondent aux ventres du champ électrique.

  • Sur la figure 8a (coupe selon (Ox, Oz) à y = b/2) et la figure 8c (coupe selon (Ox, Oy) à z = d/2), on observe 3 motifs sombres selon la direction Ox, soit :

    m = 3
  • Sur la figure 8c (coupe selon (Ox, Oy)), on observe 2 rangées de taches selon l'axe vertical Oy, soit :

    n = 2
  • Sur la figure 8a et la figure 8b (coupe selon (Oz, Oy) à x = a/2), on compte 3 colonnes de taches selon la direction Oz, soit :

    \ell = 3

Le mode propre excité dans la cavité est ainsi caractérisé par le triplet :

\boxed{(m, n, \ell) = (3, 2, 3)}

2. Accord de fréquence avec le klystron

D'après la formule établie à la question Q30, la fréquence propre associée s'écrit :

\begin{aligned} f_{3,2,3} &= \frac{c}{2} \sqrt{\left(\frac{3}{a}\right)^2 + \left(\frac{2}{b}\right)^2 + \left(\frac{3}{d}\right)^2} \end{aligned}

Avec a = 0{,}360\text{ m}, b = 0{,}240\text{ m}, d = 0{,}265\text{ m} et c = 3{,}00 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} \frac{3}{a} &= \frac{3}{0{,}360} = 8{,}333\text{ m}^{-1} \\ \frac{2}{b} &= \frac{2}{0{,}240} = 8{,}333\text{ m}^{-1} \\ \frac{3}{d} &= \frac{3}{0{,}265} = 11{,}321\text{ m}^{-1} \end{aligned}

D'où :

\begin{aligned} \sqrt{\left(\frac{3}{a}\right)^2 + \left(\frac{2}{b}\right)^2 + \left(\frac{3}{d}\right)^2} &= \sqrt{2 \times (8{,}333)^2 + (11{,}321)^2} = \sqrt{267{,}05} \approx 16{,}342\text{ m}^{-1} \\ f_{3,2,3} &= \frac{3{,}00 \times 10^8}{2} \times 16{,}342 = 2{,}451 \times 10^9\text{ Hz} \approx 2{,}45\text{ GHz} \end{aligned}
\boxed{f_{3,2,3} \approx 2{,}45\text{ GHz}}

Cette valeur coïncide remarquablement avec la fréquence de fonctionnement du klystron (f = 2{,}45\text{ GHz}).

3. Justification de l'aspect de la figure 8b

La figure 8b correspond à la coupe x = a/2 = 18\text{ cm}. En cette position :

k_x x = \frac{3\pi}{a}\frac{a}{2} = \frac{3\pi}{2} \implies \cos(k_x x) = 0 \quad \text{et} \quad \sin(k_x x) = -1

Par conséquent, la composante E_x s'annule identiquement sur cette feuille (E_x = 0), et le champ électrique n'a que deux composantes non nulles :

\begin{aligned} E_y(a/2, y, z, t) &= -E_2 \cos(k_y y)\sin(k_z z)\cos(\omega t) \\ E_z(a/2, y, z, t) &= -E_3 \sin(k_y y)\cos(k_z z)\cos(\omega t) \end{aligned}

Examinons les conditions aux limites sur les parois métalliques conductrices parfaites :

  • Sur les parois horizontales y = 0 et y = b : la normale est \vec{u}_y. La composante tangentielle E_z s'annule car \sin(k_y y) = 0. En revanche, la composante normale E_y ne s'annule pas :

    E_y(a/2, 0, z, t) = -E_2 \sin(k_z z)\cos(\omega t)

    Elle présente 3 ventres le long de la paroi en z. C'est pourquoi les 3 taches sombres s'étendent et touchent directement les bords supérieur (y = b) et inférieur (y = 0).

  • Sur les parois verticales z = 0 et z = d : la normale est \vec{u}_z. La composante tangentielle E_y s'annule (\sin(k_z z) = 0). La seule composante non nulle est la composante normale :

    E_z(a/2, y, 0, t) = -E_3 \sin(k_y y)\cos(\omega t)

    Or, on constate sur la figure 8b que les bords verticaux z = 0 et z = d restent parfaitement clairs (absence totale d'échauffement). On en déduit que :

    \boxed{E_3 \ll E_2}

    L'onde injectée par le guide d'onde dans la cavité est principalement polarisée selon \vec{u}_y, de sorte que l'amplitude E_3 de la composante selon z est négligeable devant E_2.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas la longueur d'onde de l'onde stationnaire avec la distance entre nœuds ou entre ventres.

« Dans l’étude d’une onde stationnaire (Q7 et Q31), il convient de ne pas confondre la longueur d’onde et la distance inter-ventres ou inter-nœuds. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

I.C.2 · Le four à micro-ondes

Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : équation de maxwell-faraday, cavité résonante

Établir l'expression du champ magnétique dans la cavité. On notera son amplitude maximale, que l'on exprimera en fonction de .

Voir l'indice

Utiliser l'équation de Maxwell-Faraday \vec{\mathrm{rot}}\vec{E} = -\partial\vec{B}/\partial t et intégrer par rapport au temps.

Voir la stratégie
  1. Relier le champ électrique et le champ magnétique grâce à l'équation de Maxwell-Faraday dans le vide intérieur de la cavité.
  2. Calculer le rotationnel de \vec{E}(x, t) en coordonnées cartésiennes, puis intégrer par rapport au temps en l'absence de champ magnétostatique.
  3. Exprimer l'amplitude B_0 en fonction de E_0 à l'aide de la relation issue de l'équation de propagation (d'Alembert) vérifiée par le champ.
Voir la réponse courte

Calcul du rotationnel de \vec{E} puis intégration temporelle pour obtenir l'expression spatio-temporelle de \vec{B}.

Voir le corrigé complet

Dans le vide intérieur de la cavité, le champ électromagnétique vérifie l'équation de Maxwell-Faraday :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

Le champ électrique s'écrit \vec{E}(x, t) = E_y(x, t) \vec{u}_y = E_0 \sin\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \sin(\omega t) \vec{u}_y. En calculant son rotationnel :

\begin{aligned} \vec{\operatorname{rot}} \vec{E} &= \left(\frac{\partial E_z}{\partial y} - \frac{\partial E_y}{\partial z}\right)\vec{u}_x + \left(\frac{\partial E_x}{\partial z} - \frac{\partial E_z}{\partial x}\right)\vec{u}_y + \left(\frac{\partial E_y}{\partial x} - \frac{\partial E_x}{\partial y}\right)\vec{u}_z \\ &= \frac{\partial E_y}{\partial x} \vec{u}_z \\ &= E_0 \frac{n\pi}{a} \cos\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \sin(\omega t) \vec{u}_z \end{aligned}

On en déduit la dérivée temporelle du champ magnétique :

\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = - E_0 \frac{n\pi}{a} \cos\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \sin(\omega t) \vec{u}_z

En intégrant par rapport au temps, et en considérant qu'aucun champ magnétique statique ne s'ajoute au régime sinusoïdal établi, on obtient :

\vec{B}(x, t) = \frac{n\pi}{\omega a} E_0 \cos\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \cos(\omega t) \vec{u}_z

Par ailleurs, le champ électrique vérifie l'équation de propagation de d'Alembert dans le vide :

\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial x^2} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0} \implies -\left(\frac{n\pi}{a}\right)^2 \vec{E} + \frac{\omega^2}{c^2}\vec{E} = \vec{0}

Ce qui impose la relation de dispersion du mode :

\frac{n\pi}{a} = \frac{\omega}{c}

Il vient ainsi pour l'amplitude maximale B_0 :

B_0 = \frac{n\pi}{\omega a} E_0 = \frac{E_0}{c}

Le champ magnétique dans la cavité s'écrit donc :

\boxed{\vec{B}(x, t) = B_0 \cos\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \cos(\omega t) \vec{u}_z \quad \text{avec} \quad B_0 = \frac{E_0}{c}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : énergie électromagnétique, cavité résonante

Établir l'expression de l'énergie électromagnétique totale contenue dans la cavité, en fonction de , des caractéristiques de la cavité et de . Que constate-t-on ?

Voir l'indice

Intégrer la densité d'énergie électromagnétique w_{\mathrm{em}} = \frac{\varepsilon_0 E^2}{2} + \frac{B^2}{2\mu_0} sur tout le volume de la cavité.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les densités volumiques d'énergie électrique w_e(x, t) et magnétique w_m(x, t) à partir des champs établis en Q32.
  2. Intégrer ces densités sur le volume V = S a de la cavité pour obtenir les énergies W_e(t) et W_m(t).
  3. Exprimer l'énergie totale W(t) = W_e(t) + W_m(t) en fonction de B_0, S, a et \mu_0 grâce à la relation E_0 = c B_0, puis commenter sa dépendance temporelle.
Voir la réponse courte

Intégration sur le volume de la densité d'énergie électromagnétique montrant que l'énergie totale stockée reste constante au cours du temps.

Voir le corrigé complet

La densité volumique d'énergie électromagnétique s'écrit comme la somme des composantes électrique et magnétique :

w_{em}(x, t) = w_e(x, t) + w_m(x, t) = \frac{1}{2}\varepsilon_0 E^2(x, t) + \frac{B^2(x, t)}{2\mu_0}

En utilisant le champ électrique donné dans l'énoncé et le champ magnétique déterminé à la question Q32 :

\begin{aligned} w_e(x, t) &= \frac{1}{2}\varepsilon_0 E_0^2 \sin^2\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \sin^2(\omega t) \\ w_m(x, t) &= \frac{B_0^2}{2\mu_0} \cos^2\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \cos^2(\omega t) \end{aligned}

L'intégration sur le volume de la cavité, invariant selon les directions transverses d'aire S, donne pour l'énergie électrique :

W_e(t) = \iiint_{\text{cavité}} w_e(x, t) \, \mathrm{d}V = S \int_0^a \frac{1}{2}\varepsilon_0 E_0^2 \sin^2\left(\frac{n\pi x}{a}\right) \sin^2(\omega t) \, \mathrm{d}x

Comme n est un entier strictement positif, la valeur moyenne spatiale vaut :

\int_0^a \sin^2\left(\frac{n\pi x}{a}\right)\mathrm{d}x = \frac{a}{2}

D'où :

W_e(t) = \frac{1}{4} \varepsilon_0 E_0^2 S a \, \sin^2(\omega t)

Or, d'après la question Q32, E_0 = c B_0 et avec \varepsilon_0 c^2 = \frac{1}{\mu_0}, on a \varepsilon_0 E_0^2 = \frac{B_0^2}{\mu_0}, ce qui conduit à :

W_e(t) = \frac{B_0^2 S a}{4\mu_0} \sin^2(\omega t)

De la même manière, pour l'énergie magnétique, sachant que \displaystyle\int_0^a \cos^2\left(\frac{n\pi x}{a}\right)\mathrm{d}x = \frac{a}{2} :

W_m(t) = \frac{B_0^2 S a}{4\mu_0} \cos^2(\omega t)

L'énergie électromagnétique totale contenue dans la cavité est donc la somme :

W = W_e(t) + W_m(t) = \frac{B_0^2 S a}{4\mu_0} \left( \sin^2(\omega t) + \cos^2(\omega t) \right)
\boxed{W = \frac{B_0^2 S a}{4\mu_0}}

On constate que :

  • L'énergie électromagnétique totale W est indépendante du temps : l'énergie globale se conserve dans la cavité en l'absence de pertes (parois parfaitement conductrices).
  • Il y a un échange perpétuel d'énergie entre la forme purement électrique et la forme purement magnétique, en quadrature temporelle l'une par rapport à l'autre (analogue à un oscillateur harmonique sans amortissement).
  • Les valeurs moyennes temporelles vérifient l'équipartition : \langle W_e \rangle = \langle W_m \rangle = \frac{W}{2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas confondre énergie, puissance dissipée, densités volumiques et vecteur de Poynting.

« Une certaine confusion semble régner au sujet des grandeurs énergétiques manipulées en électromagné tisme (Q33, Q38, Q39) : l’énergie des champs, la puissance dissipée, leur densité volumique et le vecteur de Poynting, sont souvent confondus ou utilisés à mauvais escient. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

I.C.3 · Le four à micro-ondes

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique

Notions : approximation des régimes quasi stationnaires, courant de déplacement

Comment se simplifie l'équation de Maxwell-Ampère si ? Cette condition est-elle vérifiée dans le cadre du four à micro-ondes ?

Voir l'indice

Négliger le terme du courant de déplacement \varepsilon_0 \partial\vec{E}/\partial t devant le courant de conduction \vec{\jmath} = \sigma\vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de Maxwell-Ampère dans un conducteur ohmique en faisant apparaître le courant de conduction et le courant de déplacement.
  2. Comparer les ordres de grandeur de ces deux termes en régime sinusoïdal de fréquence f pour simplifier l'équation sous la condition \varepsilon_0 f \ll \sigma.
  3. Effectuer l'application numérique avec les données du problème (\sigma, f, \varepsilon_0) pour vérifier la validité de cette hypothèse.
Voir la réponse courte

Le courant de déplacement est négligeable devant le courant de conduction dans un bon conducteur à cette fréquence.

Voir le corrigé complet

Dans un conducteur ohmique de conductivité \sigma, la loi d'Ohm locale s'écrit \vec{\jmath} = \sigma \vec{E}. L'équation de Maxwell-Ampère générale prend la forme :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \vec{\jmath} + \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = \mu_0 \sigma \vec{E} + \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

En régime harmonique à la fréquence f (pulsation \omega = 2\pi f), l'ordre de grandeur de la dérivée temporelle est donné par \|\partial \vec{E}/\partial t\| \sim \omega \|\vec{E}\|. Le rapport entre le courant de déplacement et le courant de conduction s'évalue donc par :

\frac{\left\|\varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right\|}{\|\vec{\jmath}\|} \sim \frac{\varepsilon_0 \omega}{\sigma} = \frac{2\pi \varepsilon_0 f}{\sigma}

Lorsque \varepsilon_0 f \ll \sigma, le courant de déplacement est tout à fait négligeable devant le courant de conduction. L'équation de Maxwell-Ampère se simplifie alors sous la forme :

\boxed{\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} = \mu_0 \vec{\jmath} = \mu_0 \sigma \vec{E}}

Vérifions numériquement cette condition pour les parois en acier inoxydable du four à micro-ondes avec f = 2{,}45\text{ GHz} = 2{,}45 \times 10^9\text{ Hz}, \sigma = 1{,}5 \times 10^6\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} et \varepsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} :

\varepsilon_0 f = 8{,}85 \times 10^{-12} \times 2{,}45 \times 10^9 \approx 2{,}17 \times 10^{-2}\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}

Le rapport vaut ainsi :

\frac{\varepsilon_0 f}{\sigma} = \frac{2{,}17 \times 10^{-2}}{1{,}5 \times 10^6} \approx 1{,}4 \times 10^{-8} \ll 1

La condition \varepsilon_0 f \ll \sigma est donc très largement vérifiée dans le cadre du four à micro-ondes.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La justification d'une simplification entre deux termes impose de réaliser une application numérique.

« La comparaison de deux grandeurs en vue de négliger l’une d’elles (Q24 et Q34) ne peut être conduite honnêtement sans application numérique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet de peau, équation de diffusion

Établir alors l'équation vérifiée par dans le conducteur. Qu'est-ce qui permet de dire qu'elle traduit un phénomène irréversible ? Citer un phénomène décrit par une équation analogue dans un autre domaine de la physique que l'électromagnétisme.

Voir l'indice

Appliquer le rotationnel à l'équation de Maxwell-Ampère simplifiée ; reconnaître l'équation de diffusion caractéristique des phénomènes dissipatifs (analogue à l'équation de la chaleur).

Voir la réponse courte

Établissement de l'équation de diffusion pour \vec{B} ; présence d'une dérivée première en temps traduisant l'irréversibilité comme en thermique.

Voir le corrigé complet

Dans le conducteur ohmique, en adoptant l'équation de Maxwell-Ampère simplifiée établie à la question Q34, les équations locales du champ électromagnétique s'écrivent :

\begin{aligned} \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} &= \mu_0 \sigma \vec{E} \\ \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \operatorname{div}\vec{B} &= 0 \end{aligned}

En appliquant l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Ampère et en utilisant l'identité vectorielle fournie par le formulaire :

\vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{B}) = \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div}\vec{B}) - \Delta\vec{B} = -\Delta\vec{B}

Par ailleurs :

\vec{\operatorname{rot}}(\mu_0 \sigma \vec{E}) = \mu_0 \sigma \, \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} = -\mu_0 \sigma \frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

On en déduit l'équation vérifiée par le champ magnétique :

\boxed{\Delta\vec{B} - \mu_0\sigma\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = \vec{0}}

Caractère irréversible :
Cette équation est une équation de diffusion (ou équation de la diffusion magnétique). Elle fait intervenir une dérivée temporelle d'ordre un, \frac{\partial \vec{B}}{\partial t}, alors que les dérivées spatiales sont d'ordre deux (\Delta). Par conséquent, elle n'est pas invariante par renversement du temps (t \mapsto -t) : sous cette transformation, le laplacien reste invariant alors que la dérivée temporelle change de signe. Cette rupture de la symétrie par renversement temporel traduit le caractère irréversible du phénomène, lié à la dissipation d'énergie électromagnétique sous forme thermique par effet Joule (\vec{\jmath}\cdot\vec{E} = \sigma E^2 > 0).

Phénomène analogue :
On retrouve une équation identique en thermique avec l'équation de la chaleur (diffusion thermique régie par la loi de Fourier) :

\Delta T - \frac{1}{D_{\mathrm{th}}}\frac{\partial T}{\partial t} = 0

où T est la température et D_{\mathrm{th}} la diffusivité thermique (on peut citer de façon analogue la diffusion de matière régie par les lois de Fick).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : épaisseur de peau, effet de peau

Établir et résoudre l'équation différentielle vérifiée par la fonction complexe , sachant que l'on impose en le champ . On posera une longueur caractéristique que l'on exprimera en fonction de , et .

Voir l'indice

Poser l'équation différentielle complexe \mathrm{d}^2\underline{f}/\mathrm{d}x^2 = \mathrm{i}\mu_0\sigma\omega\underline{f} et ne conserver que la solution tendant vers zéro en +\infty.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme proposée pour \underline{\vec{B}}(x,t) dans l'équation de diffusion magnétique établie à la question précédente afin d'obtenir l'équation différentielle sur \underline{f}(x).
  2. Introduire l'épaisseur de peau \delta reliant \mathrm{i}\mu_0\sigma\omega à une dérivée spatiale seconde, déterminer les racines de l'équation caractéristique et éliminer la solution divergente en x\to +\infty.
  3. Identifier la constante d'intégration à l'aide de la condition aux limites en x=0.
Voir la réponse courte

Résolution de l'équation différentielle spatiale avec la condition aux limites en x = 0 et définition de \delta = \sqrt{2/(\mu_0 \sigma \omega)}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, le champ magnétique dans le conducteur vérifie l'équation de diffusion :

\Delta \vec{B} - \mu_0\sigma \frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = \vec{0}

En introduisant la forme complexe proposée \underline{\vec{B}}(x,t) = \underline{f}(x)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\,\vec{u}_z, le laplacien vectoriel se réduit à :

\Delta \underline{\vec{B}} = \frac{\mathrm{d}^2\underline{f}}{\mathrm{d}x^2}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\,\vec{u}_z \quad \text{et} \quad \frac{\partial \underline{\vec{B}}}{\partial t} = \mathrm{i}\omega \underline{f}(x)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}\,\vec{u}_z

L'équation différentielle vérifiée par \underline{f}(x) s'écrit donc :

\frac{\mathrm{d}^2\underline{f}}{\mathrm{d}x^2} - \mathrm{i}\mu_0\sigma\omega\,\underline{f}(x) = 0

On introduit la longueur caractéristique \delta, appelée épaisseur de peau :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0\sigma\omega}}

Sachant que (1+\mathrm{i})^2 = 1 + 2\mathrm{i} - 1 = 2\mathrm{i}, on a :

\mathrm{i}\mu_0\sigma\omega = \frac{2\mathrm{i}}{\delta^2} = \left(\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}\right)^2

L'équation différentielle devient ainsi :

\frac{\mathrm{d}^2\underline{f}}{\mathrm{d}x^2} - \left(\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}\right)^2 \underline{f}(x) = 0

L'équation caractéristique associée, r^2 - \left(\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}\right)^2 = 0, admet pour racines :

r = \pm \frac{1+\mathrm{i}}{\delta}

La solution générale est donc de la forme :

\underline{f}(x) = \underline{C}_1\,\exp\left(-\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}\,x\right) + \underline{C}_2\,\exp\left(+\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}\,x\right)

Le conducteur occupant le demi-espace x > 0, l'amplitude du champ doit rester bornée lorsque x \to +\infty. Comme \mathrm{Re}\left(\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}\right) = \frac{1}{\delta} > 0, le terme en \underline{C}_2 diverge exponentiellement, ce qui impose :

\underline{C}_2 = 0

En x = 0, la condition aux limites impose \vec{B}(0, t) = B_0 \cos(\omega t)\,\vec{u}, soit en représentation complexe \underline{f}(0) = B_0. On en déduit \underline{C}_1 = B_0.

Finalement, la fonction complexe \underline{f}(x) s'écrit :

\boxed{\underline{f}(x) = B_0\,\exp\left(-\frac{x}{\delta}\right)\exp\left(-\mathrm{i}\frac{x}{\delta}\right)}

avec :

\boxed{\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0\sigma\omega}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet de peau, épaisseur de peau

Commenter l'expression du champ dans le conducteur. Donner l'interprétation de .

Voir l'indice

Décrire l'onde évanescente amortie et préciser la signification physique de l'épaisseur de peau \delta.

Voir la réponse courte

Onde amortie exponentiellement à l'intérieur du métal ; \delta correspond à la profondeur de pénétration caractéristique.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q36, l'expression réelle du champ magnétique dans le conducteur (x > 0) est :

\vec{B}(x, t) = B_0 \exp\left(-\frac{x}{\delta}\right) \cos\left(\omega t - \frac{x}{\delta}\right) \vec{u}

où \vec{u} est le vecteur unitaire de polarisation tangentiel à la paroi.

Commentaires sur l'expression du champ :

  • Il s'agit d'une onde plane progressive amortie se propageant dans le conducteur vers les x croissants.
  • Le terme oscillant \cos(\omega t - x/\delta) décrit la propagation d'une onde à la vitesse de phase :

    v_\varphi = \omega \delta = \sqrt{\frac{2\omega}{\mu_0\sigma}}

    associée à une longueur d'onde dans le métal \lambda_{\mathrm{m}} = 2\pi\delta.

  • Le facteur exponentiel \exp(-x/\delta) traduit une atténuation spatiale très rapide de l'amplitude du champ au fur et à mesure de sa pénétration dans le métal, due aux pertes par effet Joule associées aux courants de Foucault induits.

Interprétation de \delta : La grandeur \delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0\sigma\omega}} représente l'épaisseur de peau (ou profondeur de pénétration) :

\boxed{\text{$\delta$ est la distance d'atténuation caractéristique au bout de laquelle l'amplitude du champ est divisée par $\mathrm{e}$.}}

Au-delà de quelques épaisseurs de peau (à x \approx 3\delta à 5\delta), le champ électromagnétique ainsi que les densités volumiques de courant sont pratiquement nuls : les phénomènes électromagnétiques sont confinés dans une fine couche superficielle du métal (effet de peau ou effet Kelvin).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : puissance volumique, effet joule

Rappeler l'expression de la puissance volumique cédée par un champ électromagnétique à un conducteur ohmique.

Voir l'indice

Écrire la densité volumique de puissance reçue sous forme \mathcal{P}_V = \vec{\jmath}\cdot\vec{E} = j^2/\sigma.

Voir la réponse courte

Expression de la puissance volumique dissipée par effet Joule p_J = \vec{\jmath}\cdot\vec{E} = j^2/\sigma.

Voir le corrigé complet

La puissance cédée par un champ électromagnétique aux porteurs de charge par unité de volume correspond au travail de la force de Lorentz par unité de temps et de volume. La force magnétique ne travaillant pas, cette puissance s'écrit :

\mathcal{P}_V = \vec{\jmath} \cdot \vec{E}

Pour un conducteur ohmique régi par la loi d'Ohm locale \vec{\jmath} = \sigma \vec{E}, cette puissance volumique, entièrement dissipée sous forme thermique par effet Joule, s'exprime par :

\boxed{\mathcal{P}_V = \vec{\jmath} \cdot \vec{E} = \sigma E^2 = \frac{j^2}{\sigma}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à employer correctement les grandeurs énergétiques sans confondre densités volumiques et puissances.

« Une certaine confusion semble régner au sujet des grandeurs énergétiques manipulées en électromagné tisme (Q33, Q38, Q39) : l’énergie des champs, la puissance dissipée, leur densité volumique et le vecteur de Poynting, sont souvent confondus ou utilisés à mauvais escient. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 39

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Notions : effet joule, effet de peau

Établir l'expression de la puissance moyenne (temporelle) dissipée dans les deux parois de la cavité de section , en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Calculer la moyenne temporelle de la puissance volumique dissipée dans chaque paroi et intégrer sur la profondeur de pénétration x \in [0, +\infty[ pour les deux parois.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité volumique de courant \vec{\jmath} dans le conducteur métallique à partir du champ \vec{B} via l'équation de Maxwell-Ampère dans l'ARQS magnétique.
  2. Calculer la moyenne temporelle de la puissance volumique dissipée par effet Joule, puis l'intégrer sur l'épaisseur du conducteur pour obtenir la puissance dissipée dans une paroi de surface S.
  3. Sommer les contributions des deux parois situées en x = 0 et x = a, soumises à la même amplitude de champ magnétique tangentiel B_0.
Voir la réponse courte

Calcul du courant volumique par Maxwell-Ampère puis intégration de la puissance Joule moyenne sur l'épaisseur et la surface des parois.

Voir le corrigé complet

Dans le métal de l'une des parois, l'épaisseur de peau \delta \sim 8\ \mu\text{m} est infime devant les dimensions macroscopiques des parois ; on peut donc modéliser chaque paroi par un demi-espace semi-infini.

En repérant la profondeur de pénétration dans le conducteur par la coordonnée normale X \ge 0, le champ magnétique s'écrit sous forme complexe :

\underline{\vec{B}}(X, t) = B_0 \, \exp\left(-\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}X\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} \, \vec{u}_z

D'après l'équation de Maxwell-Ampère sans courant de déplacement (établie à la question Q34) :

\underline{\vec{\jmath}} = \frac{1}{\mu_0} \vec{\operatorname{rot}}\underline{\vec{B}} = \frac{1}{\mu_0} \frac{\partial \underline{B}_z}{\partial X} \vec{u}_y = - \frac{1+\mathrm{i}}{\mu_0 \delta} B_0 \, \exp\left(-\frac{1+\mathrm{i}}{\delta}X\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} \, \vec{u}_y

D'après la question Q38, la puissance volumique moyenne cédée au conducteur s'écrit :

\langle \mathcal{P}_V(X) \rangle = \frac{1}{2\sigma} |\underline{\vec{\jmath}}|^2 = \frac{1}{2\sigma} \frac{|1+\mathrm{i}|^2}{\mu_0^2 \delta^2} B_0^2 \, \mathrm{e}^{-2X/\delta} = \frac{B_0^2}{\mu_0^2 \sigma \delta^2} \, \mathrm{e}^{-2X/\delta}

En utilisant la relation définissant l'épaisseur de peau (question Q36), \delta^2 = \frac{2}{\mu_0 \sigma \omega}, soit \mu_0 \sigma \delta^2 = \frac{2}{\omega} :

\langle \mathcal{P}_V(X) \rangle = \frac{\omega B_0^2}{2\mu_0} \, \mathrm{e}^{-2X/\delta}

La puissance moyenne dissipée dans une paroi de surface S s'obtient par intégration sur le demi-espace :

\langle \mathcal{P}_{\text{paroi}} \rangle = \iint_S \mathrm{d}S \int_0^{+\infty} \langle \mathcal{P}_V(X) \rangle \, \mathrm{d}X = S \, \frac{\omega B_0^2}{2\mu_0} \left[ -\frac{\delta}{2} \mathrm{e}^{-2X/\delta} \right]_0^{+\infty} = \frac{B_0^2 S \omega \delta}{4\mu_0}

À l'autre paroi (x = a), l'amplitude du champ magnétique vaut |\cos(n\pi)| B_0 = B_0. Par symétrie, la dissipation est identique dans les deux parois. La puissance moyenne totale dissipée vaut ainsi :

\langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle = 2 \, \langle \mathcal{P}_{\text{paroi}} \rangle
\boxed{\langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle = \frac{B_0^2 S \omega \delta}{2\mu_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas la puissance dissipée avec les autres grandeurs énergétiques comme le vecteur de Poynting.

« Une certaine confusion semble régner au sujet des grandeurs énergétiques manipulées en électromagné tisme (Q33, Q38, Q39) : l’énergie des champs, la puissance dissipée, leur densité volumique et le vecteur de Poynting, sont souvent confondus ou utilisés à mauvais escient. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : facteur de qualité, cavité résonante

En admettant que l'on puisse prendre en première approximation l'expression de l'énergie totale établie en considérant les conducteurs des parois comme parfaits, établir l'expression du facteur de qualité de la cavité en fonction de et .

Voir l'indice

Utiliser la définition du facteur de qualité avec W calculé en Q33 et l'énergie dissipée par période \Delta W_T = \langle \mathcal{P}_{\mathrm{diss}}\rangle \times (2\pi/\omega).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie dissipée par période T = \frac{2\pi}{\omega} à partir de la puissance moyenne dissipée \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle établie à la question Q39.
  2. Relier le facteur de qualité Q à l'énergie totale stockée W (obtenue à la question Q33) et à \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle.
  3. Remplacer par les expressions littérales respectives pour simplifier et exprimer Q en fonction de a et \delta.
Voir la réponse courte

Utilisation de la définition Q = \omega W / P_{\mathrm{diss}} pour relier directement le facteur de qualité au rapport a/\delta.

Voir le corrigé complet

Par définition, le facteur de qualité de la cavité s'écrit :

Q = 2\pi \frac{W}{\Delta W_T}

où W est l'énergie électromagnétique stockée dans la cavité et \Delta W_T est l'énergie dissipée sur une période T = \frac{2\pi}{\omega}.

L'énergie dissipée par effet Joule au cours d'une période s'exprime en fonction de la puissance moyenne dissipée dans les parois par :

\Delta W_T = \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle \, T = \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle \, \frac{2\pi}{\omega}

Le facteur de qualité s'écrit donc sous la forme classique :

Q = \omega \, \frac{W}{\langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle}

D'après la question Q33, l'énergie totale stockée dans la cavité (en négligeant l'effet des pertes sur la structure du champ) vaut :

W = \frac{B_0^2 S a}{4\mu_0}

D'après la question Q39, la puissance moyenne dissipée dans les deux parois métalliques de la cavité est :

\langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle = \frac{B_0^2 S \omega \delta}{2\mu_0}

En injectant ces deux grandeurs dans l'expression de Q, il vient :

\begin{aligned} Q &= \omega \, \frac{\dfrac{B_0^2 S a}{4\mu_0}}{\dfrac{B_0^2 S \omega \delta}{2\mu_0}} \\ &= \frac{a}{2\delta} \end{aligned}
\boxed{Q = \frac{a}{2\delta}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 41

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : facteur de qualité

Calculer la valeur de pour un four à micro-ondes, avec .

Voir l'indice

Calculer numériquement \delta à 2{,}45\text{ GHz} pour l'acier inoxydable puis en déduire Q = a/(2\delta).

Voir la réponse courte

Évaluation numérique de l'épaisseur de peau dans l'acier puis du facteur de qualité de la cavité micro-ondes (Q \sim 10^4).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q40, le facteur de qualité de la cavité s'écrit :

Q = \frac{a}{2\delta}

où l'épaisseur de peau dans les parois métalliques a été établie à la question Q36 :

\delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \sigma \omega}} = \sqrt{\frac{1}{\pi f \mu_0 \sigma}}

En combinant ces deux expressions, il vient :

Q = \frac{a}{2}\sqrt{\pi f \mu_0 \sigma}

Avec les valeurs numériques de l'énoncé :

  • a = 36\text{ cm} = 0{,}36\text{ m} ;
  • f = 2{,}45\text{ GHz} = 2{,}45 \times 10^9\text{ Hz} ;
  • \mu_0 = 1{,}26 \times 10^{-6}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • \sigma = 1{,}5 \times 10^6\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}.

L'épaisseur de peau vaut :

\delta = \sqrt{\frac{1}{\pi \times 2{,}45 \times 10^9 \times 1{,}26 \times 10^{-6} \times 1{,}5 \times 10^6}} \approx 8{,}3 \times 10^{-6}\text{ m} = 8{,}3\ \mu\text{m}

On en déduit la valeur du facteur de qualité :

Q = \frac{0{,}36}{2 \times 8{,}29 \times 10^{-6}} \approx 2{,}2 \times 10^4
\boxed{Q \approx 2{,}2 \times 10^4}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : facteur de qualité, régime transitoire

Montrer que l'énergie totale décroît avec un temps caractéristique que l'on exprimera en fonction de et .

Voir l'indice

Écrire le bilan d'énergie global \mathrm{d}W/\mathrm{d}t = -\langle \mathcal{P}_{\mathrm{diss}}\rangle = -(\omega/Q)W pour obtenir une loi de décroissance exponentielle.

Voir la stratégie
  1. Relier la puissance moyenne dissipée \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle à la variation temporelle de l'énergie totale stockée W(t) par un bilan d'énergie en l'absence de source.
  2. Utiliser la définition du facteur de qualité Q pour exprimer \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle en fonction de W(t), \omega et Q.
  3. Résoudre l'équation différentielle du premier ordre obtenue pour identifier le temps caractéristique \tau.
Voir la réponse courte

Bilan de puissance \mathrm{d}W/\mathrm{d}t = -P_{\mathrm{diss}} = -(\omega/Q)W donnant une décroissance exponentielle de constante de temps \tau = Q/\omega.

Voir le corrigé complet

En l'absence de source alimentant la cavité, la décroissance temporelle de l'énergie électromagnétique totale W(t) stockée dans la cavité est due à la dissipation par effet Joule dans les parois. Le bilan d'énergie moyenné sur une période s'écrit :

\frac{\mathrm{d}W}{\mathrm{d}t} = - \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle

Par définition du facteur de qualité Q donnée par l'énoncé, pour une période T = \dfrac{2\pi}{\omega} :

Q = 2\pi \frac{W(t)}{\Delta W_T}

où \Delta W_T est l'énergie dissipée au cours d'une période T :

\Delta W_T = \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle \, T = \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle \, \frac{2\pi}{\omega}

On en déduit :

Q = \frac{\omega \, W(t)}{\langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle} \iff \langle \mathcal{P}_{\text{diss}} \rangle = \frac{\omega}{Q} W(t)

En reportant dans le bilan d'énergie, W(t) vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}W}{\mathrm{d}t} + \frac{\omega}{Q} W(t) = 0

La solution est une décroissance exponentielle :

W(t) = W(0) \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right)

avec pour temps caractéristique de décroissance de l'énergie :

\boxed{\tau = \frac{Q}{\omega}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : cavité résonante, péritio

Calculer numériquement . Peut-on expliquer les péritios par le champ émis lors de l'ouverture d'un four à micro-ondes ?

Voir l'indice

Calculer \tau = Q/\omega et comparer cette durée de l'ordre de la microseconde aux durées typiques des péritios (centaines de millisecondes).

Voir la stratégie
  1. Réaliser l'application numérique pour déterminer le temps caractéristique \tau = \frac{Q}{\omega} à l'aide des résultats des questions Q41 et Q42.
  2. Comparer l'ordre de grandeur de \tau à la durée caractéristique d'un péritio donnée dans le texte et visualisée sur le spectrogramme de la figure 6.
  3. Conclure quant à la validité de l'hypothèse selon laquelle le péritio résulterait de la simple vidange de la cavité après coupure du générateur.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de \tau \sim 1\text{ }\mu\text{s} et comparaison à la durée des signaux pour discuter l'hypothèse de l'ouverture de porte.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q42, l'énergie contenue dans la cavité décroît avec le temps caractéristique :

\tau = \frac{Q}{\omega} = \frac{Q}{2\pi f}

Avec les valeurs obtenues en Q41 (Q \approx 2{,}2 \times 10^4) et la fréquence du four f = 2{,}45\text{ GHz} (\omega = 2\pi f \approx 1{,}54 \times 10^{10}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}) :

\tau = \frac{2{,}17 \times 10^4}{2\pi \times 2{,}45 \times 10^9} \approx 1{,}41 \times 10^{-6}\text{ s}
\boxed{\tau \approx 1{,}4\ \mu\text{s}}

D'après le préambule de la partie I.B et l'enregistrement de la figure 6, la durée typique d'un péritio est de quelques centaines de millisecondes (\Delta t \approx 200\text{ à }400\text{ ms}).

Le temps de relaxation de la cavité \tau \approx 1{,}4\ \mu\text{s} est inférieur de cinq ordres de grandeur à la durée observée des péritios. Par conséquent, la simple vidange de l'onde stationnaire piégée dans la cavité ne peut absolument pas expliquer les péritios.

Le rayonnement associé à un péritio ne provient pas de l'énergie rémanente stockée dans la cavité passive, mais du fait que le générateur (magnétron/klystron) continue à fonctionner et à émettre activement pendant la phase mécanique d'ouverture de la porte (temps de déclenchement des interrupteurs de sécurité de l'ordre de 100\text{ à }400\text{ ms}).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie II : Le mystère des étoiles à éruptions de potassium

Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en BCPST1

Notions : configuration électronique, nombre d'oxydation

Donner la structure électronique du potassium (). À quelle famille appartient-il ? Quel nombre d'oxydation non nul usuel peut-on prévoir ?

Hors programme actuel

La règle de Klechkowski et la configuration électronique d'un atome ne figurent pas aux programmes de MP et MPSI.

Voir l'indice

Établir la configuration électronique selon la règle de Klechkowski ; le potassium possède un électron sur sa couche externe de valence (métal alcalin).

Voir la réponse courte

Règle de Klechkowski pour Z = 19 (1\mathrm{s}^2 2\mathrm{s}^2 2\mathrm{p}^6 3\mathrm{s}^2 3\mathrm{p}^6 4\mathrm{s}^1), famille des alcalins, degré d'oxydation usuel +\mathrm{I}.

Voir le corrigé complet

Le potassium possède un numéro atomique Z = 19. D'après la règle de Klechkowski, les sous-couches électroniques se remplissent par ordre croissant de la valeur de n + \ell, puis de n :

1s \rightarrow 2s \rightarrow 2p \rightarrow 3s \rightarrow 3p \rightarrow 4s

La configuration électronique à l'état fondamental du potassium s'écrit donc :

\boxed{1s^2\, 2s^2\, 2p^6\, 3s^2\, 3p^6\, 4s^1 \quad \text{ou} \quad [\mathrm{Ar}]\, 4s^1}

Le potassium possédant un seul électron sur sa couche de valence (n=4), il appartient à la première colonne du tableau périodique (groupe 1) : c'est un métal alcalin.

La perte de cet unique électron de valence permet à l'atome d'adopter la configuration électronique de l'argon [\mathrm{Ar}], qui confère une grande stabilité (règle de l'octet). L'élément forme donc très facilement le cation \mathrm{K}^+. Le nombre d'oxydation non nul usuel du potassium est donc :

\boxed{+\mathrm{I}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 45

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : électrolyse, oxydant et réducteur

D'après les potentiels standard des couples en présence, écrire les réactions prévisibles à l'anode et à la cathode.

Voir l'indice

Classer les potentiels standard des couples en compétition : réduction la plus facile à la cathode, oxydation la plus facile à l'anode.

Voir la stratégie
  1. Recenser les espèces chimiques présentes en solution dans la saumure (\mathrm{Na}^+, \mathrm{Cl}^- et l'eau \mathrm{H}_2\mathrm{O}).
  2. À la cathode (siège d'une réduction), identifier les oxydants en compétition et déterminer thermodynamiquement celui qui se réduit en premier (potentiel standard le plus élevé).
  3. À l'anode (siège d'une oxydation), identifier les réducteurs en compétition et déterminer thermodynamiquement celui qui s'oxyde en premier (potentiel standard le plus faible).
Voir la réponse courte

Oxydation de l'eau à l'anode dégageant \mathrm{O}_2 et réduction de l'eau à la cathode dégageant \mathrm{H}_2.

Voir le corrigé complet

Une saumure est une solution aqueuse concentrée de chlorure de sodium. Les espèces chimiques initialement présentes en quantité notable sont les ions sodium \mathrm{Na}^+, les ions chlorure \mathrm{Cl}^- et le solvant eau \mathrm{H}_2\mathrm{O}.

À la cathode (réduction) : Les oxydants susceptibles d'être réduits sont :

  • l'eau (ou les ions \mathrm{H}^+) selon le couple \mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2 (E^\circ = 0{,}00\text{ V}) ;
  • les ions \mathrm{Na}^+ selon le couple \mathrm{Na}^+/\mathrm{Na} (E^\circ = -2{,}71\text{ V}).

Thermodynamiquement, l'oxydant qui est réduit le plus facilement est celui qui possède le potentiel standard le plus élevé. Comme :

E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) > E^\circ(\mathrm{Na}^+/\mathrm{Na})

la réaction prévisible à la cathode est la réduction de l'eau (ou des protons) :

\boxed{2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\text{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\text{aq})}} \quad \text{ou} \quad 2\,\mathrm{H}^+_{(\text{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\text{g})}

À l'anode (oxydation) : Les réducteurs susceptibles d'être oxydés sont :

  • l'eau selon le couple \mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O} (E^\circ = 1{,}23\text{ V}) ;
  • les ions chlorure \mathrm{Cl}^- selon le couple \mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^- (E^\circ = 1{,}36\text{ V}).

Thermodynamiquement, le réducteur qui s'oxyde le plus facilement est celui qui possède le potentiel standard le plus faible. Comme :

E^\circ(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) < E^\circ(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-)

la réaction prévisible à l'anode est l'oxydation de l'eau :

\boxed{2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{O}_{2(\text{g})} + 4\,\mathrm{H}^+_{(\text{aq})} + 4\,\mathrm{e}^-}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Avant d'invoquer les données thermodynamiques, il faut impérativement identifier les espèces présentes en solution.

« Afin d’analyser les réactions d’oxydoréduction intervenant dans une électrolyse (Q45 et Q46), il est certes très utile de faire appel aux propriétés thermodynamiques des espèces. Mais avant tout, il faut se demander lesquelles sont présentes en solution ! »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : courbe courant-potentiel, surtension

En réalité, on observe l'oxydation des ions chlorure à l'anode. Expliquer cette observation en appuyant votre réponse sur des courbes intensité-potentiel schématisées.

Voir l'indice

Prendre en compte la forte surtension anodique de dégagement du dioxygène sur l'électrode par rapport à celle du dichlore sur les courbes i(E).

Voir la stratégie
  1. Rappeler la prévision thermodynamique (l'oxydation de l'eau présente un potentiel d'équilibre plus faible que celui du chlorure) et identifier le facteur cinétique explicatif (la surtension anodique).
  2. Comparer la rapidité électrochimique des deux couples : le couple \mathrm{O_2/H_2O} est cinétiquement lent (forte surtension anodique \eta_a), tandis que le couple \mathrm{Cl_2/Cl^-} est rapide (faible surtension).
  3. Tracer les courbes intensité-potentiel montrant que le potentiel effectif de début d'oxydation des ions chlorure est inférieur à celui de l'eau.
Voir la réponse courte

La surtension anodique élevée de formation de \mathrm{O}_2 déplace la vague de l'eau au-delà de celle de l'oxydation de \mathrm{Cl}^-.

Voir le corrigé complet

D'un point de vue thermodynamique, le potentiel d'équilibre du couple de l'eau est inférieur à celui du couple du chlore :

E_{\text{eq}}(\mathrm{O_2/H_2O}) \approx 0{,}81\text{ V à pH } 7 \quad < \quad E_{\text{eq}}(\mathrm{Cl_2/Cl^-}) \approx 1{,}36\text{ V}.

L'oxydation de l'eau devrait donc se produire en premier.

L'inversion observée expérimentalement s'explique par des considérations cinétiques :

  • L'oxydation de l'eau en dioxygène (2\,\mathrm{H_2O} \to \mathrm{O_2} + 4\,\mathrm{H^+} + 4\,\mathrm{e^-}) est une réaction complexe impliquant le transfert de quatre électrons et la rupture de liaisons covalentes. Le couple \mathrm{O_2/H_2O} est un système lent, présentant une très forte surtension anodique \eta_a(\mathrm{O_2}) sur la plupart des matériaux d'anode (souvent comprise entre +0{,}5\text{ V} et +1\text{ V}) :

    E_{\text{ox}}(\mathrm{H_2O}) = E_{\text{eq}}(\mathrm{O_2/H_2O}) + \eta_a(\mathrm{O_2}).
  • L'oxydation des ions chlorure (2\,\mathrm{Cl^-} \to \mathrm{Cl_2} + 2\,\mathrm{e^-}) est en revanche un système rapide sur les électrodes usuelles (titane platiné, graphite, DSA), caractérisé par une faible surtension anodique \eta_a(\mathrm{Cl^-}) \approx 0{,}1\text{ V} :

    E_{\text{ox}}(\mathrm{Cl^-}) = E_{\text{eq}}(\mathrm{Cl_2/Cl^-}) + \eta_a(\mathrm{Cl^-}).
  • De plus, la solution étant une saumure concentrée en ions \mathrm{Cl^-} ([\mathrm{Cl^-}] \sim 5\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), le courant limite de diffusion associé est très élevé et le potentiel d'équilibre est légèrement abaissé.

Grâce à ces propriétés cinétiques, le potentiel effectif d'oxydation des ions chlorure est inférieur à celui de l'eau :

\boxed{E_{\text{ox}}(\mathrm{Cl^-}) < E_{\text{ox}}(\mathrm{H_2O})}

Lorsque l'on augmente le potentiel de l'anode E_A, c'est donc l'oxydation de \mathrm{Cl^-} en \mathrm{Cl_2} qui démarre en premier et supporte le courant d'électrolyse.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut identifier les espèces présentes et maîtriser le tracé et l'usage rudimentaire des courbes intensité-potentiel.

« Afin d’analyser les réactions d’oxydoréduction intervenant dans une électrolyse (Q45 et Q46), il est certes très utile de faire appel aux propriétés thermodynamiques des espèces. Mais avant tout, il faut se demander lesquelles sont présentes en solution ! »

« L’utilisation de courbes intensité-potentiel, même de la manière rudimentaire attendue dans Q46, semble inconnue de la plupart des candidats. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023

Signaler une erreurSommaire

Question 47

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : diagramme potentiel-ph, nombre d'oxydation

Identifier, en justifiant les réponses, les espèces correspondant aux domaines A, B, C et D.

Voir l'indice

Classer les degrés d'oxydation du chlore sur l'axe vertical et repérer la frontière acido-basique verticale pour séparer \mathrm{HClO} et \mathrm{ClO}^-.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le nombre d'oxydation (n.o.) du chlore dans chacune des quatre espèces proposées : les espèces de n.o. élevé se situent en haut du diagramme (potentiels élevés), celles de n.o. faible en bas.
  2. Pour un même degré d'oxydation, classer les espèces selon leur caractère acido-basique : la forme acide prédomine à pH plus faible (à gauche) et la forme basique à pH plus élevé (à droite).
  3. Identifier la nature des frontières (frontière verticale acido-basique, frontières obliques redox).
Voir la réponse courte

Identification par degré d'oxydation croissant verticalement (\mathrm{Cl}^-, \mathrm{Cl}_2, \mathrm{HClO}) et acido-basicité horizontalement (\mathrm{ClO}^-).

Voir le corrigé complet

Déterminons le nombre d'oxydation de l'élément chlore dans les espèces considérées :

  • dans l'ion chlorure \mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})} : \mathrm{n.o.}(\mathrm{Cl}) = -\mathrm{I} ;
  • dans le dichlore \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} : \mathrm{n.o.}(\mathrm{Cl}) = 0 ;
  • dans l'acide hypochloreux \mathrm{HClO}_{(\mathrm{aq})} : \mathrm{n.o.}(\mathrm{Cl}) = +1 - (-2) = +\mathrm{I} ;
  • dans l'ion hypochlorite \mathrm{ClO}^-_{(\mathrm{aq})} : \mathrm{n.o.}(\mathrm{Cl}) = -1 - (-2) = +\mathrm{I}.

Attribution des domaines :

  • Domaine A : Situé aux potentiels les plus faibles du diagramme (tout le bas), il correspond au degré d'oxydation le plus bas de la série, soit -\mathrm{I} : il s'agit de l'ion chlorure \mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})}.
  • Domaines C et D : Situés aux potentiels les plus hauts, ils correspondent au degré d'oxydation le plus élevé (+\mathrm{I}). Ces deux espèces constituent le couple acide-base \mathrm{HClO}/\mathrm{ClO}^- :

    \mathrm{HClO}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H_2O}_{(\mathrm{l})} \rightleftharpoons \mathrm{ClO}^-_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H_3O}^+_{(\mathrm{aq})}

    La forme acide \mathrm{HClO} prédomine à gauche (pH plus faibles, domaine C) et la forme basique \mathrm{ClO}^- prédomine à droite (pH plus élevés, domaine D). La frontière verticale séparant C et D à \mathrm{pH} \approx 7{,}5 correspond à l'égalité des concentrations, soit \mathrm{pH} = \mathrm{p}K_a(\mathrm{HClO}/\mathrm{ClO}^-) \approx 7{,}5.

  • Domaine B : Situé au degré d'oxydation intermédiaire 0, à pH acide, il correspond au dichlore gazeux \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})}. Ce domaine disparaît à plus haut pH par réaction de dismutation.
\boxed{\text{A : } \mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})}, \quad \text{B : } \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})}, \quad \text{C : } \mathrm{HClO}_{(\mathrm{aq})}, \quad \text{D : } \mathrm{ClO}^-_{(\mathrm{aq})}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : diagramme potentiel-ph, formule de nernst

On donne . Quelle est la valeur de la concentration de tracé utilisée pour ce diagramme ?

Voir l'indice

Écrire la formule de Nernst sur la frontière \mathrm{Cl_2}/\mathrm{Cl}^- et utiliser le potentiel d'ordonnée lu pour déterminer c_0.

Voir la stratégie
  1. Écrire la demi-équation d'oxydoréduction associée au couple \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})}/\mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})} et en déduire l'expression du potentiel d'électrode par la formule de Nernst.
  2. Appliquer les conventions de tracé spécifiées dans l'énoncé (P(\mathrm{Cl}_2) = 1\text{ bar} et [\mathrm{Cl}^-] = c_0) pour exprimer le potentiel de la frontière horizontale séparant les domaines de \mathrm{Cl}_2 et de \mathrm{Cl}^-.
  3. Relever la valeur de ce potentiel sur le diagramme de la figure 10 et en déduire la concentration de tracé c_0.
Voir la réponse courte

Équation de Nernst sur la frontière horizontale \mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^- et détermination de la concentration de tracé c_0.

Voir le corrigé complet

La frontière horizontale séparant le domaine de \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} (domaine B) et celui de \mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})} (domaine A) correspond au couple \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})}/\mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})}, dont la demi-équation rédox s'écrit :

\mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{e}^- = 2\,\mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})}

D'après la formule de Nernst à 25\text{ }^\circ\mathrm{C} avec \frac{RT}{\mathcal{F}}\ln 10 = 0{,}06\text{ V} :

\begin{aligned} E &= E^\circ(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) + \frac{0{,}06}{2}\log\left(\frac{P(\mathrm{Cl}_2)/P^\circ}{\left([\mathrm{Cl}^-]/c^\circ\right)^2}\right) \\ &= E^\circ(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) - 0{,}06\log\left(\frac{[\mathrm{Cl}^-]}{c^\circ}\right) + 0{,}03\log\left(\frac{P(\mathrm{Cl}_2)}{P^\circ}\right) \end{aligned}

Sur la frontière entre une espèce gazeuse et une espèce dissoute :

  • la pression partielle du dichlore gazeux est fixée à P(\mathrm{Cl}_2) = 1\text{ bar} = P^\circ ;
  • la concentration en ions chlorure est égale à la concentration de tracé, soit [\mathrm{Cl}^-] = c_0.

Le potentiel de frontière prend donc l'expression :

E_{\text{frontière}} = E^\circ(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) - 0{,}06\log\left(\frac{c_0}{c^\circ}\right)

Sur la figure 10, chaque graduation élémentaire verticale vaut \frac{0{,}20\text{ V}}{5} = 0{,}04\text{ V}. La frontière horizontale entre B et A se situe à mi-chemin entre 1{,}40\text{ V} et 1{,}44\text{ V}, soit :

E_{\text{frontière}} = 1{,}42\text{ V}

On en déduit :

\begin{aligned} -0{,}06\log\left(\frac{c_0}{c^\circ}\right) &= E_{\text{frontière}} - E^\circ(\mathrm{Cl}_2/\mathrm{Cl}^-) = 1{,}42 - 1{,}36 = 0{,}06\text{ V} \\ \log\left(\frac{c_0}{c^\circ}\right) &= -1 \end{aligned}

D'où la concentration de tracé :

\boxed{c_0 = 1{,}0 \times 10^{-1}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 0{,}10\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 49

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : dismutation, diagramme potentiel-ph

Qu'arrive-t-il à l'espèce B quand on la met en solution pour ? Écrire la réaction correspondante pour et pour . Comment s'appelle cette réaction ?

Voir l'indice

Le dichlore est thermodynamiquement instable par dismutation en milieu basique et neutre.

Voir la stratégie
  1. Observer sur le diagramme E\text{--}\mathrm{pH} la frontière du domaine de l'espèce B (\mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})}) : pour \mathrm{pH} > 2{,}5, ce domaine n'existe plus, le domaine de \mathrm{Cl}^- étant directement contigu à ceux de \mathrm{HClO} puis \mathrm{ClO}^-.
  2. En déduire l'instabilité thermodynamique de \mathrm{Cl}_2 qui réagit sur lui-même (dismutation) pour donner l'espèce de degré d'oxydation supérieur présente dans la zone de \mathrm{pH} considérée (\mathrm{HClO} pour \mathrm{pH} < 7{,}5, \mathrm{ClO}^- pour \mathrm{pH} > 7{,}5) et l'espèce de degré d'oxydation inférieur (\mathrm{Cl}^-).
  3. Écrire et équilibrer les équations de réaction pour chaque domaine de \mathrm{pH}.
Voir la réponse courte

Dismutation du dichlore en chlorure et acide hypochloreux ou ion hypochlorite selon le domaine de pH.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 10, le domaine B associé au dichlore gazeux \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} disparaît pour \mathrm{pH} > 2{,}5. Pour un tel \mathrm{pH}, le dichlore n'est plus stable en solution aqueuse et subit une réaction d'oxydoréduction sur lui-même : une dismutation.

  • Pour 2{,}5 < \mathrm{pH} < 7{,}5 : l'espèce oxydée prédominante (degré +\mathrm{I}) est l'acide hypochloreux \mathrm{HClO} (domaine C) et l'espèce réduite (degré -\mathrm{I}) est l'ion chlorure \mathrm{Cl}^- (domaine A). Les deux demi-équations redox s'écrivent :

    \begin{aligned} \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} &= 2\,\mathrm{HClO}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- \\ \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{e}^- &= 2\,\mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})} \end{aligned}

    En sommant et en simplifiant par 2, l'équation-bilan de la réaction est :

    \boxed{\mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} + \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{HClO}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})}}
  • Pour \mathrm{pH} > 7{,}5 : l'acide hypochloreux est sous sa forme basique déprotonée, l'ion hypochlorite \mathrm{ClO}^- (domaine D). En milieu basique, en combinant la réaction précédente avec la neutralisation acide-base \mathrm{H}^+ + \mathrm{HO}^- = \mathrm{H}_2\mathrm{O}, il vient :

    \boxed{\mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{ClO}^-_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}}

    (ou, sous forme équivalente avec \mathrm{H}^+ : \mathrm{Cl}_{2(\mathrm{g})} + \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{ClO}^-_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})}).

Cette réaction s'appelle une réaction de dismutation.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 50

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : dismutation, constante d'équilibre

Montrer que les ions ne sont pas stables et se décomposent selon une réaction dont on écrira l'équation bilan et dont on calculera la constante d'équilibre.

Voir l'indice

Écrire la réaction de dismutation de l'ion hypochlorite en chlorate et chlorure, puis déterminer \log K^\circ à partir des potentiels standard fournis.

Voir la stratégie
  1. Comparer les potentiels standard des couples mettant en jeu l'ion hypochlorite \mathrm{ClO}^- à la fois comme oxydant et comme réducteur pour montrer son instabilité thermodynamique (dismutation).
  2. Écrire les deux demi-équations d'oxydoréduction et les combiner pour obtenir l'équation bilan de dismutation.
  3. Déterminer la constante d'équilibre K^\circ à 25\text{ }^\circ\mathrm{C} à l'aide de la formule de Nernst ou de l'enthalpie libre standard de réaction.
Voir la réponse courte

Réaction de dismutation 3\mathrm{ClO}^- = \mathrm{ClO}_3^- + 2\mathrm{Cl}^- et calcul de la constante d'équilibre à partir des potentiels standard.

Voir le corrigé complet

L'ion hypochlorite \mathrm{ClO}^- intervient dans deux couples redox :

  • en tant qu'oxydant dans le couple \mathrm{ClO}^-/\mathrm{Cl}^- avec E_1^\circ = 1{,}73\text{ V} ;
  • en tant que réducteur dans le couple \mathrm{ClO}_3^-/\mathrm{ClO}^- avec E_2^\circ = 1{,}32\text{ V}.

Puisque E_1^\circ > E_2^\circ, l'oxydant \mathrm{ClO}^- est plus fort que l'oxydant \mathrm{ClO}_3^- : l'ion \mathrm{ClO}^- peut donc réagir spontanément sur lui-même selon une réaction de dismutation. Sur la figure 11, le domaine de prédominance de \mathrm{ClO}^- n'est d'ailleurs pas stable face à \mathrm{ClO}_3^-.

Écrivons les demi-équations électroniques associées :

\begin{aligned} \text{Réduction de }\mathrm{ClO}^- : \quad & \mathrm{ClO}^- + 2\,\mathrm{H}^+ + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{Cl}^- + \mathrm{H_2O} \qquad (\times 2) \\ \text{Oxydation de }\mathrm{ClO}^- : \quad & \mathrm{ClO}^- + 2\,\mathrm{H_2O} = \mathrm{ClO}_3^- + 4\,\mathrm{H}^+ + 4\,\mathrm{e}^- \qquad (\times 1) \end{aligned}

En sommant ces deux demi-équations, les protons \mathrm{H}^+ et les molécules d'eau se compensent exactement, ce qui conduit à l'équation bilan :

\boxed{3\,\mathrm{ClO}^-_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{ClO}_{3\,(\mathrm{aq})}^- + 2\,\mathrm{Cl}^-_{(\mathrm{aq})}}

Cette réaction met en jeu le transfert de n = 4 moles d'électrons pour l'avancement unitaire. L'enthalpie libre standard de réaction s'écrit :

\Delta_r G^\circ = -n \mathcal{F}(E_1^\circ - E_2^\circ) = -R T \ln K^\circ

En utilisant la relation \dfrac{R T}{\mathcal{F}}\ln 10 = 0{,}06\text{ V} à 25\text{ }^\circ\mathrm{C}, on obtient :

\log K^\circ = \frac{n}{0{,}06}\left(E_1^\circ - E_2^\circ\right) = \frac{4}{0{,}06}\left(1{,}73 - 1{,}32\right) = \frac{4 \times 0{,}41}{0{,}06} = \frac{1{,}64}{0{,}06} \approx 27{,}33

D'où la valeur de la constante d'équilibre :

\boxed{K^\circ = 10^{27{,}33} \approx 2{,}1 \times 10^{27}}

La constante d'équilibre étant extrêmement grande (K^\circ \gg 1), la décomposition de l'ion hypochlorite par dismutation est thermodynamiquement quasi-totale.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 51

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation de van 't hoff, équilibre de dissolution

À partir des données thermodynamiques, justifier qu'un refroidissement favorise la précipitation de .

Voir l'indice

Calculer l'enthalpie standard de précipitation \Delta_r H^\circ grâce aux enthalpies de formation et appliquer la loi de van 't Hoff.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'enthalpie standard de la réaction de précipitation à l'aide de la loi de Hess et des enthalpies standard de formation.
  2. Déterminer le caractère endo- ou exothermique de la réaction à partir du signe de \Delta_r H^\circ.
  3. Conclure sur l'effet d'une baisse de température en appliquant la loi de modération de Le Chatelier ou la relation de van 't Hoff.
Voir la réponse courte

Dissolution endothermique (\Delta_r H^\circ > 0) : selon la loi de Van 't Hoff, un abaissement de température déplace l'équilibre vers la précipitation.

Voir le corrigé complet

L'équilibre de précipitation considéré s'écrit :

\mathrm{K}^+_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{ClO}_{3\,(\mathrm{aq})}^- = \mathrm{KClO}_{3\,(\mathrm{s})}

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de cette réaction est :

\Delta_r H^\circ = \Delta_f H^\circ(\mathrm{KClO}_{3\,(\mathrm{s})}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{K}^+_{(\mathrm{aq})}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{ClO}_{3\,(\mathrm{aq})}^-)

À l'aide des données du tableau :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= -397{,}7 - \left(-252{,}4 + (-104{,}0)\right) \\ &= -397{,}7 - (-356{,}4) \\ &= -41{,}3\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

Comme \Delta_r H^\circ < 0, la réaction de précipitation est exothermique.

L'évolution de la constante d'équilibre K^\circ(T) en fonction de la température est régie par la loi de van 't Hoff :

\frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R T^2} < 0

Par conséquent, la constante d'équilibre K^\circ(T) augmente lorsque la température diminue.

D'après le principe de Le Chatelier (loi de modération relative à la température), un refroidissement (diminution de T) déplace l'équilibre dans le sens qui tend à s'opposer à cette baisse de température, c'est-à-dire dans le sens de la réaction exothermique (le sens direct).

\boxed{\text{Un refroidissement favorise le sens direct, c'est-à-dire la précipitation de }\mathrm{KClO}_3\text{.}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 52

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : solubilité, relation de van 't hoff

Calculer la solubilité en gramme par litre de dans l'eau pure à et à .

Voir l'indice

Exprimer la constante de produit de solubilité K_s à 25^\circ\mathrm{C}, intégrer la relation de van 't Hoff pour obtenir K_s(T), puis déduire la solubilité massique s_m = M\sqrt{K_s}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'enthalpie libre standard de dissolution \Delta_r G^\circ_{\text{diss}}(T) à partir des grandeurs standard \Delta_r H^\circ_{\text{diss}} et \Delta_r S^\circ_{\text{diss}} calculées à la question précédente (dans le cadre de l'approximation d'Ellingham).
  2. En déduire le produit de solubilité K_s(T) = \exp\left(-\frac{\Delta_r G^\circ_{\text{diss}}(T)}{RT}\right), puis la solubilité molaire s = \sqrt{K_s}\,c^\circ.
  3. Convertir en solubilité massique s_m = s \, M(\mathrm{KClO}_3) aux températures de 10\text{ }^\circ\mathrm{C} (283{,}15\text{ K}) et 75\text{ }^\circ\mathrm{C} (348{,}15\text{ K}).
Voir la réponse courte

Intégration de Van 't Hoff pour calculer le produit de solubilité K_s(T) puis détermination de la solubilité massique à chaque température.

Voir le corrigé complet

L'équilibre de dissolution du chlorate de potassium s'écrit :

\mathrm{KClO}_{3\,(\mathrm{s})} = \mathrm{K}^+_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{ClO}_{3\,(\mathrm{aq})}^-

D'après les résultats de la question Q51, les grandeurs standard de dissolution (opposées à celles de précipitation) valent :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ_{\text{diss}} &= -\Delta_r H^\circ_{\text{prec}} = +41{,}3\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = 4{,}13 \times 10^4\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} \\ \Delta_r S^\circ_{\text{diss}} &= -\Delta_r S^\circ_{\text{prec}} = +121{,}7\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

Dans le cadre de l'approximation d'Ellingham (grandeurs \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ indépendantes de la température), l'enthalpie libre standard de réaction s'exprime par :

\Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ_{\text{diss}} - T\,\Delta_r S^\circ_{\text{diss}}

Le produit de solubilité K_s(T) associé à cet équilibre est donné par :

K_s(T) = \exp\left(-\frac{\Delta_r G^\circ(T)}{RT}\right)

Dans l'eau pure, la dissolution de s moles de \mathrm{KClO}_3 par litre d'eau conduit à [\mathrm{K}^+] = [\mathrm{ClO}_3^-] = s. Avec la concentration standard c^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, on a :

K_s = \left(\frac{s}{c^\circ}\right)^2 \implies s = c^\circ\sqrt{K_s}

La masse molaire du chlorate de potassium est :

M(\mathrm{KClO}_3) = M(\mathrm{K}) + M(\mathrm{Cl}) + 3\,M(\mathrm{O}) = 39{,}1 + 35{,}5 + 3 \times 16{,}0 = 122{,}6\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La solubilité massique vaut alors :

s_m(T) = s(T) \times M(\mathrm{KClO}_3) = M(\mathrm{KClO}_3)\,c^\circ \sqrt{K_s(T)}

1. À T_1 = 10\text{ }^\circ\mathrm{C} = 283{,}15\text{ K} :

\begin{aligned} \Delta_r G^\circ(T_1) &= 41{,}3 \times 10^3 - 283{,}15 \times 121{,}7 = 6{,}84 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} \\ K_s(T_1) &= \exp\left(-\frac{6{,}84 \times 10^3}{8{,}314 \times 283{,}15}\right) = \exp(-2{,}906) = 5{,}47 \times 10^{-2} \\ s(10\text{ }^\circ\mathrm{C}) &= \sqrt{5{,}47 \times 10^{-2}} \times 1{,}0\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 0{,}234\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \end{aligned}

D'où la solubilité massique :

s_m(10\text{ }^\circ\mathrm{C}) = 0{,}234 \times 122{,}6 \approx 28{,}7\text{ g}\cdot\text{L}^{-1}
\boxed{s_m(10\text{ }^\circ\mathrm{C}) \approx 29\text{ g}\cdot\text{L}^{-1}}

2. À T_2 = 75\text{ }^\circ\mathrm{C} = 348{,}15\text{ K} :

\begin{aligned} \Delta_r G^\circ(T_2) &= 41{,}3 \times 10^3 - 348{,}15 \times 121{,}7 = -1{,}07 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} \\ K_s(T_2) &= \exp\left(-\frac{-1{,}07 \times 10^3}{8{,}314 \times 348{,}15}\right) = \exp(0{,}370) = 1{,}45 \\ s(75\text{ }^\circ\mathrm{C}) &= \sqrt{1{,}45} \times 1{,}0\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 1{,}20\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \end{aligned}

D'où la solubilité massique :

s_m(75\text{ }^\circ\mathrm{C}) = 1{,}20 \times 122{,}6 \approx 147\text{ g}\cdot\text{L}^{-1}
\boxed{s_m(75\text{ }^\circ\mathrm{C}) \approx 1{,}5 \times 10^2\text{ g}\cdot\text{L}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Ondes électromagnétiques dans les milieux (64 % des questions, partie I), Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide (12 %) et Oxydoréduction et électrochimie (11 %, partie II). Plus ponctuellement : Interférences lumineuses, Thermodynamique chimique et équilibres, Atomistique, liaisons et cristallographie, Réactions en solution aqueuse : acide-base, précipitation, complexation et Diffusion thermique et diffusion de particules.

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 dès la première année (MPSI) ?

Peu : 4 questions sur 52 (8 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q47 à Q50.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 3 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q13 (polarisation), Q31 (mode propre), Q33 (énergie électromagnétique) et Q39 (effet joule).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 ?

Questions de cours : Q1 (équation de maxwell), Q2 (équation de d'alembert), Q3 (onde plane progressive), Q4 (conducteur parfait), Q6 (onde stationnaire), Q14 (polariseur), Q19 (pulsation de coupure), Q34 (approximation des régimes quasi stationnaires)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q5 (relation de passage), Q17 (conductivité complexe), Q18 (relation de dispersion), Q20 (vitesse de groupe), Q29 (cavité résonante), Q30 (cavité résonante), Q36 (épaisseur de peau), Q42 (facteur de qualité)….

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (36 sur 52), par exemple : Q1 à Q4, Q7 à Q9, Q11, Q12, Q14 à Q16, Q19 à Q23, Q25, Q26, Q28, Q30, Q34, Q35…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q17, Q18 et Q24.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Oui, 1 question : Q44 (La règle de Klechkowski et la configuration électronique d'un atome ne figurent pas aux programmes de MP et MPSI). Elle est signalée dans le corrigé.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury estime que ses exigences n'ont rien de démesuré, mais les questions d'analyse de résultats expérimentaux ont fait trébucher la majorité des candidats. Moyenne : 9,3/20 (écart-type 3,98, 4 415 présents).

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 52
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 52 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,3 et d'écart-type 3,98 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.