Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2023
Utilisation des batteries Li-ion
- 45 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en PCSI, MPSI et PTSI : 16 questions sur 45, partie I.A
- Vérifié question par question
Le sujet en bref
Sujet moyen · Oxydoréduction et électrochimie, Conversion de puissance, Diffusion thermique et diffusion de particules · 11 incontournables · 16 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet transverse et particulièrement formateur explore les enjeux physiques et chimiques liés à l'intégration des accumulateurs lithium-ion dans les véhicules électriques. Il aborde successivement la caractérisation électrochimique des cellules , les risques d'emballement thermique (thermochimie et cinétique chimique couplée), le contrôle thermique d'un pack d'accumulateurs (diffusion thermique avec pertes latérales, convection forcée et mécanique des fluides), avant de clore par l'alimentation photovoltaïque couplée à un hacheur parallèle élévateur (Boost).
Très complet et équilibré, le sujet balaie des pans entiers du programme de physique et de chimie de la filière PSI. Il constitue un support d'entraînement incontournable pour réviser les bilans macroscopiques d'énergie, l'électronique de puissance et les modélisations thermiques fines en géométrie cylindrique.
- Difficulté
- Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,32/20)
- Temps estimé
- ≈ 3 h 25 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Oxydoréduction et électrochimie19 %
- Conversion de puissance17 %
- Diffusion thermique et diffusion de particules16 %
- Mécanique des fluides14 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 16 questions sur 45, partie I.A.
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35 questions rapides et accessibles · 4 résultats donnés par l'énoncéAfficher ou masquer la section
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Rapides et accessibles (35) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
Points à signaler : parties indépendantes
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Sommaire
45 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
45 questionsPartie I : Étude d'un accumulateur Li-ion
I.A · Accumulateur lithium fer phosphate
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : anode, cathode, accumulateur
Identifier, en justifiant, la réaction se déroulant à l'anode et celle à la cathode.
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Identifier le sens de variation du degré d'oxydation ou le flux d'électrons : l'oxydation se déroule à l'anode et la réduction à la cathode.
Voir la stratégieStratégie
Pour identifier l'anode et la cathode :
- Rappeler les définitions générales valables pour tout système électrochimique (pile ou électrolyseur).
- Identifier la nature (oxydation ou réduction) de chacune des demi-équations (I.1) et (I.2) écrites dans l'énoncé.
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Oxydation à l'anode (oxydation de \text{LiC}_6) et réduction à la cathode (réduction de \text{FePO}_4).
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Par définition, quel que soit le mode de fonctionnement (générateur ou récepteur) :
- L'anode est l'électrode où se déroule une oxydation (libération d'électrons) ;
- La cathode est l'électrode où se déroule une réduction (consommation d'électrons).
Examinons les deux demi-équations proposées :
Dans la réaction (I.1) :
\mathrm{LiFePO}_{4\,(\mathrm{s})} \longrightarrow 0{,}6\,\mathrm{Li}^+ + 0{,}6\,e^- + \mathrm{Li}_{0,4}\mathrm{FePO}_{4\,(\mathrm{s})}des électrons sont libérés : il s'agit d'une oxydation.
Dans la réaction (I.2) :
\mathrm{Li}^+ + 6\,\mathrm{C}_{(\mathrm{s})} + e^- \longrightarrow \mathrm{LiC}_{6\,(\mathrm{s})}des électrons sont captés : il s'agit d'une réduction.
Ainsi, selon le sens d'écriture des réactions fournies :
Résultat
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L'identification des réactions aux électrodes doit impérativement être justifiée.
« Si l’identification est le plus souvent bien réalisée, rares sont les justifications proposées. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : équation de réaction, réaction d'oxydoréduction
Écrire l'équation bilan de la pile en fonctionnement.
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Multiplier les deux demi-équations par les coefficients adéquats pour égaliser les quantités d'électrons échangés (0{,}6\text{ mol de } e^-).
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- Identifier le nombre d'électrons mis en jeu dans chacune des demi-équations afin d'assurer l'électroneutralité globale du bilan.
- Multiplier la demi-équation cathodique (I.2) par 0{,}6 de façon à échanger 0{,}6\text{ mol} d'électrons avec la demi-équation anodique (I.1), puis sommer membre à membre pour éliminer les électrons et les ions \mathrm{Li}^+ libres.
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Somme des deux demi-équations électroniques : \text{LiC}_6 + \text{FePO}_4 \to 6\,\text{C} + \text{LiFePO}_4.
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D'après la question Q1, la réaction anodique correspond à l'oxydation (I.1) et la réaction cathodique à la réduction (I.2) :
Pour obtenir l'équation bilan globale, on multiplie la demi-équation (I.2) par le coefficient 0{,}6 afin d'égaler le nombre d'électrons échangés :
Les électrons e^- ainsi que les ions \mathrm{Li}^+ présents en quantités égales de part et d'autre se simplifient. Il vient :
On peut également exprimer cette équation avec des coefficients stœchiométriques entiers en multipliant par 5 :
Résultat
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L'équation bilan ne doit faire apparaître ni électrons ni ions Li+.
« Le jury regrette l’apparition d’ions Li+ dans le bilan ainsi que, plus rarement fort heureusement, d’électrons. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 3
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : capacité électrique, bilan de matière
En utilisant une approche électrochimique, proposer une estimation de la masse d'un accumulateur 18650 de capacité spécifique .
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Relier la charge totale disponible Q à la quantité d'électrons par la loi de Faraday Q = n_e \mathcal{F}, puis sommer les masses molaires des réactifs actifs.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la capacité électrique Q de l'accumulateur à la quantité de matière d'électrons échangés n(e^-) à l'aide de la constante de Faraday \mathcal{F}.
- Exprimer les quantités de matière minimales des matières actives (\mathrm{LiFePO}_4 et graphite \mathrm{C}) nécessaires pour échanger cette charge d'après les demi-équations ou l'équation bilan.
- Calculer les masses molaires respectives, puis sommer les masses des matières actives pour obtenir l'estimation demandée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Masse minimale calculée via Q = n_e F et la masse molaire des réactifs actifs anode et cathode.
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La capacité électrique Q correspond à la charge électrique totale débitée :
Avec Q = 2600\text{ mA}\cdot\text{h} = 2{,}60\text{ A}\cdot\text{h} = 2{,}60 \times 3600\text{ C} = 9{,}36 \times 10^3\text{ C}, on obtient :
D'après la demi-équation (I.1), l'extraction de 0{,}6\text{ mol} d'électrons nécessite 1\text{ mol} de \mathrm{LiFePO}_{4\,(\mathrm{s})}, d'où :
La masse molaire de \mathrm{LiFePO}_4 vaut :
La masse de \mathrm{LiFePO}_4 mise en jeu est donc :
D'après la demi-équation (I.2), chaque mole d'électrons implique 6\text{ mol} de carbone graphite \mathrm{C}_{(\mathrm{s})} :
Avec M(\mathrm{C}) = 12{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, la masse de graphite associée est :
En sommant les masses des matières actives des deux électrodes, on obtient une estimation de la masse minimale de l'accumulateur :
(ou \boxed{m(\mathrm{LiFePO}_4) \approx 25{,}5\text{ g}} si l'on ne comptabilise que l'électrode de \mathrm{LiFePO}_4).
Résultat
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Attention aux conversions d'unités de charge et de temps, et portez un regard critique sur les ordres de grandeur obtenus.
« plusieurs rencontrent des difficultés relatives à la conversion des mA.h en C ou encore des h en s. »
« Le jury déplore, dans ce cas, l’absence d’analyse critique par les candidats obtenant des masses de l’ordre du μg ou au contraire de la Gt sans s’alerter. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : accumulateur
La masse d'un tel accumulateur est mesurée à . Proposer une explication de la différence avec la masse obtenue à la question précédente.
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Songer aux éléments structurels indispensables qui n'interviennent pas dans la réaction rédox (boîtier en acier, collecteurs de courant, séparateur microporeux, électrolyte).
Voir la réponse courteRéponse courte
Prise en compte des éléments passifs indispensables : boîtier métallique, connecteurs, séparateur, électrolyte liquide.
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La masse mesurée de l'accumulateur (m = 45{,}5\text{ g}) est supérieure à la masse des seules matières actives estimée à la question Q3 (m_{\text{est}} \approx 32{,}5\text{ g}, voire 25{,}5\text{ g} si l'on ne comptabilisait que le matériau cathodique \mathrm{LiFePO}_4).
Cet écart s'explique par le fait que l'estimation précédente ne prend en compte que les espèces chimiques directement impliquées dans les réactions électrochimiques (les masses dites « actives »). Or, un accumulateur réel comporte de nombreux composants auxiliaires indispensables à son fonctionnement mécanique, électrique et sécuritaire, qui représentent environ 30\,\% à 40\,\% de la masse totale :
- Le boîtier externe et la connectique : l'enveloppe cylindrique en acier ou en aluminium assurant la tenue mécanique et l'étanchéité de la cellule 18650, ainsi que les pôles et connexions électriques ;
- Les collecteurs de courant : les feuillards métalliques (généralement en cuivre à l'anode et en aluminium à la cathode) sur lesquels sont déposés les matériaux actifs pour collecter les électrons ;
- L'électrolyte : le solvant organique (ici l'éthyl-propyl-carbonate EPC) et les sels de lithium dissous assurant la conduction ionique entre les électrodes ;
- Le séparateur : une membrane polymère microporeuse évitant le contact direct entre les deux électrodes (prévention des courts-circuits) tout en laissant passer les ions \mathrm{Li}^+ ;
- Les adjuvants d'électrode : les liants polymères (tels que le PVDF) et les additifs conducteurs (noir de carbone) améliorant la cohésion mécanique et la percolation électronique des matières actives ;
- Les éléments de sécurité : joints d'étanchéité, soupape d'échappement de surpression (vent) et disque de rupture thermique.
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Évitez les réponses stéréotypées invoquant simplement des pertes et proposez une réflexion en lien avec l'étude.
« Le jury regrette des réponses-réflexe se limitant « à négliger les pertes », dépourvues de réelle réflexion sur la démarche exposée plus tôt. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
I.B · Courbe galvanostatique
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Schéma ou tracé
Notions : courbe courant-potentiel, montage à trois électrodes
Décrire le montage à trois électrodes permettant de tracer une courbe courant-potentiel.
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Schématiser une cellule à trois électrodes comprenant l'électrode de travail, la contre-électrode et l'électrode de référence, pilotées par un potentiostat.
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Description de l'électrode de travail, de la contre-électrode et de l'électrode de référence avec potentiostat.
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Pour tracer une courbe courant-potentiel en s'affranchissant des chutes ohmiques et de la polarisation de la référence, on utilise un montage à trois électrodes piloté par un potentiostat :
- L'électrode de travail (ET) : c'est l'électrode à la surface de laquelle se déroule la réaction électrochimique que l'on souhaite étudier (ici, l'électrode de \mathrm{LiFePO_4} ou de graphite).
- L'électrode de référence (Réf) : électrode impolarisable de potentiel d'équilibre fixe et connu (par exemple ECS, \mathrm{Ag/AgCl}, ou \mathrm{Li^+/Li} en milieu non aqueux). Aucun courant ne la traverse afin de ne pas modifier son potentiel.
- La contre-électrode (CE) (ou électrode auxiliaire) : constituée d'un matériau chimiquement inerte (platine, carbone vitreux) et de grande surface pour ne pas être cinétiquement limitante. Elle assure le bouclage du circuit de courant avec l'électrode de travail.
Le potentiostat remplit une double fonction :
- Il contrôle et impose la différence de potentiel E = V_{\text{ET}} - V_{\text{Réf}} entre l'électrode de travail et l'électrode de référence (via un voltmètre à très haute impédance d'entrée, garantissant i_{\text{Réf}} \approx 0).
- Il mesure l'intensité i du courant circulant exclusivement entre l'électrode de travail et la contre-électrode (via un ampèremètre inséré dans cette boucle).
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Faites un schéma complet et légendé incluant générateur et électrolyte, puis détaillez le rôle de chaque électrode.
« 10 % seulement des candidats ont su formuler une réponse convaincante à cette question de restitution de cours. »
« Si la plupart des schémas proposés fait bien apparaitre trois électrodes, le générateur est le plus souvent absent, de même que l’électrolyte ou encore la légende. Le rôle des électrodes n’est que rarement précisé. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 6
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
Notions : courbe courant-potentiel, palier de diffusion
Attribuer à la portion (a) de la courbe la demi-équation d'oxydoréduction susceptible de se produire en s'appuyant notamment sur les données numériques.
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Calculer le potentiel standard du couple par rapport à l'électrode de référence au lithium et vérifier qu'il s'agit d'une réaction d'oxydation.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la nature du courant (j > 0) pour en déduire qu'il s'agit d'une oxydation anodique.
- Calculer le potentiel standard du couple \text{Li}^+/\text{LiFePO}_{4(\text{s})} repéré par rapport à la référence de l'axe, à savoir E^\circ(\text{Li}^+/\text{Li}_{(\text{s})}).
- Comparer ce potentiel à la valeur de seuil observée sur la figure 2 et conclure sur la demi-équation associée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Identification du palier anodique correspondant à l'oxydation de l'espèce en solution limitée par la diffusion.
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Sur la portion (a), la densité de courant est positive (j > 0), ce qui caractérise un processus anodique d'oxydation.
D'après le tableau des potentiels standards fourni dans l'énoncé (référencés par rapport à l'électrode normale à hydrogène) :
L'axe des abscisses de la courbe courant-potentiel étant gradué selon E - E^\circ(\text{Li}^+/\text{Li}_{(\text{s})}), le potentiel standard du couple exprimé dans ce repère vaut :
La concentration en ions \text{Li}^+ étant égale à C_0 = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} (activité unité) et les autres espèces étant des solides purs, le potentiel d'équilibre de Nernst vaut précisément 3{,}6\text{ V} par rapport à cette référence.
Sur la figure 2, l'augmentation du courant démarre effectivement au voisinage de E - E^\circ(\text{Li}^+/\text{Li}_{(\text{s})}) \approx 3{,}6\text{ V}. La portion (a) correspond donc à l'oxydation de l'électrode de \text{LiFePO}_{4(\text{s})}, modélisée par la demi-équation (I.1) :
Résultat
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Appuyez obligatoirement votre attribution sur des arguments quantitatifs.
« Des réponses le plus souvent justes mais incomplètes en raison de l’absence d’argument quantitatif. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : courbe courant-potentiel, mur du solvant
Proposer une explication de l'augmentation brutale de la densité de courant sur la portion (c) de la courbe.
Voir l'indiceIndice
Comparer le potentiel atteint à la borne supérieure du domaine de stabilité électrochimique du solvant carbonate (EPC).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le potentiel de la limite anodique du domaine d'inertie de l'EPC par rapport à l'électrode de référence \mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\text{s})}.
- Comparer ce potentiel à la tension de seuil de la portion (c) sur la figure 2.
- Conclure sur la réaction responsable et sur l'absence de limitation diffusionnelle (effet de « mur du solvant »).
Voir la réponse courteRéponse courte
Oxydation du solvant (ou de l'électrolyte) marquant la borne du domaine d'inertie électrochimique.
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Les limites du domaine d'inertie électrochimique du solvant (EPC) sont données par rapport à l'électrode standard à hydrogène (ESH) :
D'après les données de l'énoncé, le potentiel standard du couple \mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\mathrm{s})} vaut E^\circ(\mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\mathrm{s})}) = -3{,}0\text{ V/ESH}.
La limite supérieure (oxydation du solvant) s'exprime donc, par rapport à l'électrode de référence au lithium, à la valeur :
Sur la figure 2, la forte augmentation de la densité de courant dans la portion (c) débute précisément autour de 5{,}1\text{ V} par rapport à \mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\mathrm{s})}.
On sort alors du domaine d'inertie électrochimique de l'électrolyte : la portion (c) correspond à l'oxydation du solvant (l'éthyl-propyl-carbonate). Comme le solvant est l'espèce très majoritaire, cette réaction n'est pas limitée par la diffusion (absence de palier de diffusion), ce qui engendre une augmentation vertigineuse du courant (« mur du solvant »).
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Prenez en compte le contexte de l'étude plutôt que de proposer l'oxydation de l'eau par automatisme.
« Il n’est pas rare de lire que l’augmentation brutale résulte de l’oxydation de l’eau. Le jury interprète là encore ce type de réponse-réflexe comme un manque d’effort des candidats à s’approprier le contexte de l’étude. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : courbe courant-potentiel, système rapide
Tracer l'allure de la branche de réduction du couple pour une électrode en graphite plongeant dans de l'EPC avec une concentration en ions de . On supposera que le couple considéré correspond à un système rapide. Justifier l'intérêt d'utiliser des concentrations élevées.
Voir l'indiceIndice
Tracer une vague cathodique rapide présentant un courant de palier de diffusion ; se rappeler que le courant limite est proportionnel à la concentration molaire des espèces réactives.
Voir la réponse courteRéponse courte
Allure de vague rapide sans surtension initiale ; concentration élevée pour repousser le courant limite de diffusion.
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1. Potentiel d'équilibre du couple \mathrm{Li}^+/\mathrm{LiC}_{6(\mathrm{s})}
La demi-équation de réduction s'écrit :
En considérant les solides sous forme pure ou de phases d'activité unitaire, la formule de Nernst donne :
avec C^\circ = 1{,}0\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} et C_0 = 4{,}0\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.
Sur l'échelle des potentiels évalués par rapport à E^\circ(\mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\mathrm{s})}), on obtient :
2. Allure de la branche de réduction
- Le système étant rapide, la surtension d'activation est nulle : le courant cathodique (j < 0) apparaît dès que E < E_{\mathrm{eq}}, avec une pente quasi-verticale en E_{\mathrm{eq}}.
- La concentration en ions \mathrm{Li}^+ en solution étant finie, le transfert de matière par diffusion limite le courant lorsque le potentiel diminue : il apparaît un palier de diffusion cathodique de densité de courant j_{\mathrm{lim, c}} < 0.
- Pour des potentiels encore plus négatifs, au voisinage de E - E^\circ(\mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\mathrm{s})}) \leqslant 0\text{ V} (potentiel de réduction du solvant EPC E_{\mathrm{EPC},1} - E^\circ(\mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\mathrm{s})}) = 0\text{ V} et de dépôt de lithium métallique), la densité de courant cathodique chute brutalement (mur du solvant / placage de lithium).
3. Intérêt d'utiliser des concentrations élevées en \mathrm{Li}^+
- Augmentation de la vitesse de charge admissible : la densité de courant limite de diffusion cathodique est proportionnelle à la concentration en réactif (|j_{\mathrm{lim, c}}| = \mathcal{F}\frac{D}{\delta}C_0). Une concentration élevée permet donc de charger l'accumulateur avec un courant plus important sans être limité par la diffusion.
- Amélioration de la conductivité ionique de l'électrolyte : une concentration plus forte augmente la conductivité \kappa de la solution, ce qui réduit la résistance interne de l'accumulateur et minimise les pertes par effet Joule.
- Éloignement du mur de dépôt du lithium : d'après la loi de Nernst, augmenter C_0 décale le potentiel d'équilibre vers des valeurs plus positives, offrant une plus grande marge de surtension avant d'atteindre 0\text{ V} vs \mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(\mathrm{s})}, seuil à partir duquel se produit le phénomène néfaste de placage de lithium métallique (lithium plating) et la formation de dendrites.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Nommez et étiquetez l'axe des potentiels avec son unité, commentez l'absence ou la présence d'un palier de diffusion et la réduction du solvant.
« L’absence d’étiquette sur l’axe des abscisses, supposé représenter soit le potentiel d’électrode Esoit le potentiel E−E°Li+/Li, ne permet pas de valoriser la réponse de nombreux candidats. »
« L’allusion à l’existence ou non d’un palier de diffusion est rare, de même que la réduction possible du solvant pour des potentiels légèrement inférieurs à la valeur précédemment calculée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
I.C.1 · Thermodynamique physique
Question 9
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : décharge de batterie, court-circuit
Estimer le temps de décharge d'une batterie Li-ion mise en court-circuit dont la résistance interne est , la tension à vide et la capacité spécifique .
Voir l'indiceIndice
Déterminer le courant de court-circuit via la loi d'Ohm I_{\mathrm{cc}} = U/r, puis en déduire le temps caractéristique de décharge \Delta t = Q/I_{\mathrm{cc}}.
Voir la stratégieStratégie
- Modéliser l'accumulateur par un générateur linéaire (modèle de Thévenin) de force électromotrice U et de résistance interne r.
- Exprimer le courant de court-circuit I_{\mathrm{cc}} traversant le dipôle.
- Relier la capacité de l'accumulateur Q au courant débité pour en déduire la durée de décharge \Delta t.
Voir la réponse courteRéponse courte
Débit de courant I = U/r et temps de décharge \Delta t = Q/I \approx 20\text{ s}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'accumulateur est modélisé par une source idéale de tension de force électromotrice U en série avec sa résistance interne r. Lors d'un court-circuit (tension aux bornes du dipôle nulle), le courant débité vaut :
En supposant, dans le cadre de cette estimation, que la force électromotrice et la résistance interne restent constantes au cours de la décharge, la quantité d'électricité totale disponible Q s'exprime par :
On en déduit le temps caractéristique de décharge :
Application numérique :
- Q = 2600\text{ mA}\cdot\text{h} = 2{,}60\text{ A}\cdot\text{h} = 2{,}60 \times 3600\text{ C} = 9{,}36 \times 10^3\text{ C}
- U = 3{,}7\text{ V}
- r = 7{,}7\text{ m}\Omega = 7{,}7 \times 10^{-3}\ \Omega
Le courant de court-circuit est considérable :
Le temps de décharge vaut ainsi :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Justifiez l'expression et ne confondez pas capacité d'une batterie, d'un condensateur et capacité thermique.
« Quelques confusions entre capacité d’une batterie et capacité d’un condensateur ou encore entre capacité d’une batterie et transfert thermique. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 10
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, effet joule
Déterminer s'il est possible qu'un court-circuit puisse être responsable d'une telle élévation de température.
Voir l'indiceIndice
Calculer l'énergie électrique stockée E = Q U puis évaluer l'échauffement adiabatique de l'accumulateur via sa capacité thermique \Delta T = E/(m c_p).
Voir la stratégieStratégie
- Calculer l'énergie électrique totale stockée initialement dans l'accumulateur et susceptible d'être dissipée sous forme thermique par effet Joule lors d'un court-circuit.
- Évaluer, dans l'hypothèse d'une transformation adiabatique (la décharge étant très rapide, de l'ordre de 20\text{ s} d'après Q9), l'élévation maximale théorique de température \Delta T de l'accumulateur de capacité thermique C = m c_p.
- Conclure en comparant la valeur obtenue à l'élévation de 900\text{ }^\circ\mathrm{C} mentionnée dans le texte, tout en nuançant avec le seuil d'amorçage de 100\text{ }^\circ\mathrm{C}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan thermique adiabatique : \Delta H = C\Delta T = U Q, prévoyant une hausse de plusieurs centaines de degrés.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons l'accumulateur comme un système fermé de masse m et de capacité thermique massique c_p.
L'énergie électrique initialement emmagasinée dans l'accumulateur pleinement chargé vaut :
avec :
- Q = 2600\text{ mA}\cdot\text{h} = 2{,}60\text{ A}\cdot\text{h} = 2{,}60 \times 3600\text{ C} = 9{,}36 \times 10^3\text{ C} ;
- U = 3{,}7\text{ V}.
Soit :
La capacité thermique de l'accumulateur est :
Pendant le court-circuit, toute cette énergie est dissipée par effet Joule dans la résistance interne. La décharge étant très brève (\Delta t \approx 20\text{ s} d'après la question Q9), on peut dans un premier temps négliger les pertes thermiques vers l'extérieur (bilan adiabatique) :
Application numérique :
L'énergie électrique stockée est donc du même ordre de grandeur que celle nécessaire pour provoquer une élévation de température de 900\text{ }^\circ\mathrm{C}.
De plus, pour franchir le seuil critique de 100\text{ }^\circ\mathrm{C} à partir de la température ambiante (25\text{ }^\circ\mathrm{C}, soit \Delta T' = 75\text{ }^\circ\mathrm{C}), l'énergie nécessaire n'est que de :
ce qui représente moins de 8\,\% de l'énergie totale de la batterie et est atteint en environ 1{,}4\text{ s}.
Un court-circuit peut donc indubitablement amorcer le phénomène et suffire, sur le plan purement énergétique, à provoquer une telle élévation de température.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Exposez clairement la démarche littérale : définissez le système, les instants choisis et les hypothèses pour appliquer le premier principe.
« L’utilisation du premier principe requiert de bien définir préalablement le système étudié et les instants entre lesquels il est appliqué ; il est aussi important de préciser les hypothèses de travail retenues »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
I.C.2 · Influence de l'électrolyte
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
Notions : enthalpie standard de formation, état standard de référence
Justifier que l'enthalpie standard de formation de est nulle.
Voir l'indiceIndice
Se référer à la convention standard fixant l'enthalpie de formation d'un corps pur simple dans son état de référence à toute température.
Voir la réponse courteRéponse courte
\text{O}_{2\text{ (g)}} est le corps pur simple dans son état standard de référence à 298\text{ K}, donc \Delta_f H^\circ = 0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, l'enthalpie standard de formation \Delta_f H^\circ(T) d'une espèce chimique est l'enthalpie standard de la réaction produisant une mole de cette espèce à partir des corps simples pris dans leur état standard de référence à la température T (sous la pression de référence P^\circ = 1\text{ bar}).
Pour l'élément chimique oxygène, l'état standard de référence à T = 298\text{ K} est le dioxygène gazeux \mathrm{O}_{2\text{ (g)}}. La réaction de formation de \mathrm{O}_{2\text{ (g)}} s'écrit donc :
Il s'agit d'une réaction formelle d'identité, pour laquelle l'enthalpie standard de réaction est identiquement nulle. Ainsi :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question de cours mal réussie : préciser qu'il s'agit d'un corps pur simple dans son état standard de référence.
« Moins de 35 % de réponses correctes sur cette question simple de restitution de cours. Avancer que l’espèce O2 est un corps simple ne peut constituer une réponse satisfaisante. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 12
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : loi de hess, enthalpie standard de réaction
Déterminer l'enthalpie standard de réaction à . Commenter son signe.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi de Hess en reliant l'enthalpie standard de la réaction aux enthalpies standard de formation des réactifs et des produits gazeux.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de \Delta_r H^\circ via la loi de Hess ; valeur négative traduisant une réaction fortement exothermique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de la réaction de combustion (I.3) à T = 298\text{ K} s'exprime en fonction des enthalpies standard de formation des réactifs et des produits :
D'après le résultat de la question Q11, \Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2\text{ (g)}}) = 0. À l'aide des données numériques :
- \Delta_f H^\circ(\mathrm{CO}_{2\text{ (g)}}) = -393{,}5\text{ kJ}\cdot\mathrm{mol}^{-1}
- \Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{\text{(g)}}) = -241{,}8\text{ kJ}\cdot\mathrm{mol}^{-1}
- \Delta_f H^\circ(\mathrm{C}_3\mathrm{H}_4\mathrm{O}_{3\text{ (l)}}) = -1165{,}30\text{ kJ}\cdot\mathrm{mol}^{-1}
On obtient l'application numérique :
Commentaire sur le signe : Le signe de \Delta_r H^\circ est strictement négatif (\Delta_r H^\circ < 0) : la réaction de combustion de l'acide pyruvique est exothermique. Elle dégage une quantité importante de chaleur, ce qui explique l'élévation brutale de température observée lors de l'emballement thermique de la batterie.
Résultat
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Reliez le signe de l'enthalpie réactionnelle au caractère exothermique/endothermique de la réaction et n'oubliez pas les unités.
« Le jury valorise les réponses des candidats s’efforçant de ratta cher le signe de ΔrH°(T) au contexte de l’étude. Quelques rares confusions entre les termes endothermique et exothermique et des oublis ou erreurs d’unités. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 13
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : calorimétrie, perte thermique
Déterminer, compte tenu de l'évolution de la température observée (figure 4), si le calorimètre est parfaitement calorifugé.
Voir l'indiceIndice
Observer l'évolution temporelle de la température après le pic d'échauffement : une décroissance progressive trahit l'existence de fuites thermiques.
Voir la stratégieStratégie
Pour savoir si une enceinte est parfaitement calorifugée, on analyse son comportement thermique en l'absence de source d'énergie :
- Rappeler qu'un calorimètre parfaitement calorifugé n'échange aucun transfert thermique avec le milieu extérieur (\delta Q = 0).
- Observer l'évolution de la température après l'explosion sur la figure 4 pour en déduire l'existence d'échanges thermiques avec l'extérieur.
Voir la réponse courteRéponse courte
La température redescend après le pic sur la figure 4 : le calorimètre n'est pas parfaitement calorifugé.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Un calorimètre est dit parfaitement calorifugé s'il constitue un système adiabatique vis-à-vis du milieu extérieur, c'est-à-dire sans aucun échange thermique avec l'environnement :
Dans cette situation idéale, une fois les réactions chimiques internes terminées et l'apport d'énergie externe coupé (après le pic d'explosion à t \approx 140\text{ min}), la température du système devrait rester rigoureusement constante et former un palier horizontal à la température maximale atteinte (T \approx 920\text{ }^\circ\text{C}).
Or, sur la figure 4, on constate que pour t > 140\text{ min} :
- la température diminue de façon continue et progressive au cours du temps ;
- elle décroît d'environ 920\text{ }^\circ\text{C} jusqu'à tendre vers la température ambiante (environ 30\text{ }^\circ\text{C} au bout de 400\text{ min}).
Cette baisse de température met en évidence des transferts thermiques dissipatifs (conduction, convection et rayonnement) à travers les parois de l'enceinte vers l'extérieur.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Exploitez directement l'allure de la courbe de température sans calculs inutiles et utilisez le vocabulaire thermodynamique avec rigueur.
« confusions entre les termes transfert thermique et température, ou encore fermé et isolé, adiaba tique et quasistatique, lent et réversible »
« Certains candidats se perdent dans des lignes de calculs tandis que l’énoncé mentionne explicitement de s’appuyer sur l’allure de l’évolution de la température observée (figure 4). »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : temps caractéristique, transformation adiabatique
En estimant le temps caractéristique de retour à la température ambiante, justifier que la transformation du contenu du calorimètre liée à l'explosion peut être assimilée à une transformation adiabatique.
Voir l'indiceIndice
Comparer la durée de l'explosion (inférieure à deux minutes) au temps caractéristique de relaxation thermique de la cuve vers l'extérieur.
Voir la stratégieStratégie
- Estimer graphiquement sur la figure 4 la durée \Delta t_{\text{expl}} de la phase d'explosion (montée brutale de température).
- Estimer le temps caractéristique \tau de retour à la température ambiante lors de la phase de refroidissement.
- Comparer ces deux échelles temporelles pour conclure sur le caractère adiabatique de la phase d'explosion.
Voir la réponse courteRéponse courte
Durée de la réaction très courte devant le temps caractéristique de refroidissement convectif vers l'extérieur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le profil de température de la figure 4 :
Durée de l'explosion : la montée en température de \theta_0 \approx 130\text{ }^\circ\mathrm{C} jusqu'au pic culminant à plus de 900\text{ }^\circ\mathrm{C} est extrêmement brutale et quasi-verticale sur le graphe ; sa durée est de l'ordre de :
\Delta t_{\text{expl}} \lesssim 1\text{ à }2\text{ min}.Temps caractéristique de refroidissement \tau : après le pic (t \approx 140\text{ min}), la température décroît lentement par transfert thermique vers l'extérieur. Si l'on modélise ce refroidissement par une loi phénoménologique du premier ordre :
T(t) - T_{\text{ext}} = (T_{\max} - T_{\text{ext}})\,\exp\left(-\frac{t - t_{\max}}{\tau}\right),avec T_{\max} - T_{\text{ext}} \approx 900\text{ K}, l'écart à la température ambiante est divisé par \mathrm{e} (soit T - T_{\text{ext}} \approx 330\text{ K}, correspondant à T \approx 360\text{ }^\circ\mathrm{C}) à un instant t \approx 165\text{ min}. On en déduit :
\tau \approx 165 - 140 \approx 25\text{ à }30\text{ min} \sim 1{,}5\times 10^3\text{ s}.(Le retour quasi-complet à l'ambiante demande plus de 200\text{ min}).
On constate que :
Pendant la durée très brève de l'explosion, l'énergie transférée thermiquement vers l'extérieur à travers les parois du calorimètre est négligeable devant l'énergie libérée par les réactions chimiques.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Comparez quantitativement les temps caractéristiques de l'explosion et du retour à la température ambiante de manière justifiée.
« Signaler qu’un temps est « très grand » ou « très petit » ne peut constituer une réponse satisfaisante. Le candidat peut comprendre qu’une comparaison explicite des temps caractéristiques liés à l’explosion d’une part, au retour à la température ambiante d’autre part, est attendue. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
Notions : bilan enthalpique, calorimétrie
En utilisant la figure 4, estimer la quantité de matière d'acide pyruvique mise en jeu lors de l'explosion.
Voir l'indiceIndice
Établir le bilan d'enthalpie adiabatique associant l'élévation thermique maximale observée \Delta T à l'énergie molaire libérée par la combustion.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier le système thermique et relever sur la figure 4 l'élévation de température \Delta T au cours de la phase explosive adiabatique (entre \theta_0 et T_{\max}).
- Exprimer le bilan enthalpique de l'explosion en tenant compte des hypothèses de l'énoncé (gaz et calorimètre négligeables).
- En déduire la quantité de matière d'acide pyruvique consommée n_{\mathrm{C}_3\mathrm{H}_4\mathrm{O}_3}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Égalité n |\Delta_r H^\circ| = C_{\text{cal}} \Delta T_{\max} pour déduire la quantité de matière brûlée.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q14, l'explosion est un phénomène très bref devant le temps caractéristique des pertes thermiques : elle peut donc être modélisée par une transformation adiabatique.
Selon les hypothèses de l'énoncé :
- la capacité thermique du calorimètre est négligeable ;
- la contribution thermique des gaz enfermés est négligeable ;
le système absorbant la chaleur est donc constitué uniquement de l'accumulateur, de capacité thermique :
C = m \, c_pl'énergie thermique libérée lors de l'explosion est modélisée par la chaleur de réaction à pression constante associée à la combustion de n moles d'acide pyruvique selon l'équation (I.3) :
Q_{\text{chim}} = - n \, \Delta_r H^\circ(298\text{ K})
Sur la figure 4, l'emballement thermique débute à \theta_0 = 129\text{ }^\circ\mathrm{C} et conduit à une température maximale lue au sommet du pic de :
Pour cette transformation globale adiabatique (\Delta H = 0), on décompose la variation d'enthalpie en la réaction chimique isotherme suivie de l'échauffement de l'accumulateur :
Avec les données :
- m = 45{,}5\text{ g}
- c_p = 0{,}73\text{ J}\cdot\mathrm{g}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1}, d'où C = 45{,}5 \times 0{,}73 = 33{,}2\text{ J}\cdot\mathrm{K}^{-1}
- \Delta_r H^\circ = -498{,}8\text{ kJ}\cdot\mathrm{mol}^{-1} = -498{,}8 \times 10^3\text{ J}\cdot\mathrm{mol}^{-1} (d'après Q12)
- \Delta T \approx 771\text{ K}
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Définissez clairement le système, les grandeurs et le cycle thermodynamique utilisé avant d'effectuer l'application numérique.
« Dans cette question non guidée, traitée par 58 % des candidats, les grandeurs introduites ne sont pas explicitées (ξ, ΔT, etc) ni les valeurs utilisées dans le calcul numérique précisées. »
« la réalisation d’un schéma représentatif, le plus souvent sous forme d’un cycle de transformation, a permis à quelques-uns de mieux appréhender la question, à condition de bien identifier le système. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : gaz parfait, bilan de matière
Déterminer la quantité de matière d'acide pyruvique conduisant à la pression dans le calorimètre.
Relecture : un point de ce corrigé reste à confirmer. Vérifiez le raisonnement avec votre cours. Pourquoi ?
Voir l'indiceIndice
Appliquer l'équation d'état des gaz parfaits au volume libre de la cuve à la température maximale pour déterminer la quantité de matière gazeuse produite.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la quantité totale de gaz n_{\text{gaz,tot}} présente dans le calorimètre en fin de réaction en fonction de la quantité d'air initiale et de l'avancement n = n_{\text{C}_3\text{H}_4\text{O}_3} de la réaction (I.3).
- Établir l'expression de la température finale T_f en fonction de n par un bilan enthalpique adiabatique sur l'accumulateur.
- Écrire l'équation d'état des gaz parfaits pour la pression limite p_{\text{lim}} et résoudre l'équation du second degré en n.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du nombre de moles de gaz formées via p_{\text{lim}} V = n_g R T, puis retour au réactif.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Bilan de matière sur la phase gazeuse :
L'air initialement enfermé dans le calorimètre de volume V_0 = 150\text{ mL} à T_i = 298\text{ K} sous P_i = 1{,}0\text{ bar} = 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa} représente une quantité de matière :
D'après les hypothèses de l'énoncé, le dioxygène nécessaire à la combustion provient d'une décomposition interne de la batterie (phase condensée) et est fourni en quantité juste suffisante. D'après l'équation (I.3) :
la consommation de n moles d'acide pyruvique produit 3\,n moles de \mathrm{CO}_{2\,(\mathrm{g})} et 2\,n moles de \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{g})}, soit 5\,n moles de gaz au total. La quantité de matière totale de gaz à l'état final s'écrit donc :
2. Couplage thermique et température finale :
La réaction d'explosion est adiabatique (question Q14). En négligeant la capacité thermique du calorimètre et des gaz devant celle de la batterie de capacité C = m\,c_p, le premier principe de la thermodynamique appliqué à l'ensemble donne :
où T_0 = \theta_0 + 273{,}15 = 129 + 273{,}15 = 402{,}15\text{ K} est la température au moment où l'explosion s'amorce. On en déduit l'expression de la température finale :
avec :
3. Résolution de la pression limite :
En appliquant l'équation d'état des gaz parfaits au volume disponible V_0 à la pression p_{\text{lim}} = 75\text{ bar} = 75 \times 10^5\text{ Pa} :
En développant, on obtient l'équation du second degré en n :
Calculons les coefficients numériques :
Le discriminant vaut :
d'où \sqrt{\Delta} \approx 6660\text{ K}. La racine positive est :
Remarque : si l'on prend l'état ambiant initial (T_i = 298\text{ K}) comme température de référence, on trouve de manière similaire n \approx 3{,}3 \times 10^{-2}\text{ mol}.
On retient donc :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
N'appliquez pas la loi des gaz parfaits à un liquide et dressez un tableau d'avancement centré sur les espèces gazeuses.
« Le jury rappelle que l’équation d’état d’un gaz parfait n’est pas applicable à l’espèce acide pyruvique supposée liquide dans le contexte de l’étude. »
« Le candidat gagnerait à dresser un tableau d’avancement en faisant apparaitre une colonne où figurerait la quantité de matière totale en espèces gazeuses »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 17
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : sécurité, soupape de surpression
Sachant que le calorimètre utilisé peut résister à une pression de , conclure quant à l'intérêt d'un des éléments constitutifs du calorimètre schématisé sur la figure 3.
Voir l'indiceIndice
Confronter la pression maximale calculée à la pression de rupture de l'enceinte pour expliciter la fonction de sécurité de la vanne de décharge.
Voir la réponse courteRéponse courte
La pression dépasse la limite admissible : nécessité d'un disque de rupture ou d'une soupape de décharge.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats des questions précédentes :
- la quantité de matière d'acide pyruvique mise en jeu lors de l'explosion réelle est estimée à n_{\mathrm{C}_3\mathrm{H}_4\mathrm{O}_3} \approx 5{,}1 \times 10^{-2}\text{ mol} (question Q15) ;
- la quantité maximale admissible pour ne pas dépasser la pression critique p_{\text{lim}} = 75\text{ bar} est n_{\mathrm{C}_3\mathrm{H}_4\mathrm{O}_3,\text{lim}} \approx 3{,}2 \times 10^{-2}\text{ mol} (question Q16).
Comme n_{\mathrm{C}_3\mathrm{H}_4\mathrm{O}_3} > n_{\mathrm{C}_3\mathrm{H}_4\mathrm{O}_3,\text{lim}}, la réaction complète de l'électrolyte en enceinte fermée sans détente engendrerait une pression interne nettement supérieure à 75\text{ bar}, risquant de détruire l'enceinte par éclatement mécanique.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Attention à ne pas faire de confusion sur le rôle du transducteur de pression.
« Des erreurs d’interprétation parfois, quant au rôle d’un transducteur de pression. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
I.D · Emballement thermique
Question 18
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : loi de vitesse, ordre de réaction
Exprimer la loi de vitesse donnant la vitesse de disparition de l'acide pyruvique en fonction de , , et la constante de vitesse .
Voir l'indiceIndice
Écrire la concentration restante d'acide pyruvique en fonction du taux d'avancement \alpha_{\mathrm{diss}} puis appliquer la loi cinétique d'ordre 1.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la quantité de matière puis la concentration molaire d'acide pyruvique restant à l'instant t en fonction de n_0, V et du taux d'avancement \alpha_{\text{diss}}(t).
- Appliquer la loi de vitesse d'ordre 1 pour obtenir la vitesse volumique de disparition v_{\text{disp}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Vitesse de réaction d'ordre 1 : v = k [\text{acide}] = k \frac{n_0}{V}(1 - \alpha_{\text{diss}}).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, le taux d'avancement \alpha_{\text{diss}}(t) représente la fraction d'acide pyruvique consommée à la date t :
La quantité de matière d'acide pyruvique restant dans le réacteur à l'instant t s'écrit donc :
Le volume V étant constant au cours de la réaction, la concentration molaire en acide pyruvique est :
La réaction étant d'ordre 1 par rapport à l'acide pyruvique (l'ordre partiel par rapport au dioxygène étant nul au vu de la question suivante), la loi de vitesse volumique de disparition s'écrit :
En remplaçant par l'expression de la concentration, on obtient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Prenez garde à introduire correctement le taux de dissociation défini par l'énoncé dans la loi de vitesse.
« De nombreux candidats n’introduisent pas correctement, dans la loi de vitesse, le taux d’avancement de la réaction pourtant défini dans l’énoncé. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 19
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : loi d'arrhenius, énergie d'activation
Rappeler la loi d'Arrhénius. Préciser l'influence de la température sur la vitesse de réaction.
Voir l'indiceIndice
Donner l'expression k(T) = A \exp(-E_a/(RT)) et commenter la dépendance strictement croissante de la vitesse avec la température.
Voir la réponse courteRéponse courte
k(T) = A \exp(-E_a/RT) ; la constante de vitesse augmente exponentiellement avec la température.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La constante de vitesse k d'une réaction chimique dépend de la température absolue T selon la loi empirique d'Arrhénius :
où :
- A (ou k_0) est le facteur pré-exponentiel (ou facteur de fréquence), homogène à la constante de vitesse k (ici en \text{s}^{-1} pour une réaction d'ordre 1) ;
- E_a est l'énergie d'activation de la réaction (E_a > 0, exprimée en \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}) ;
- R est la constante universelle des gaz parfaits (R = 8,31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}) ;
- T est la température thermodynamique (en \text{K}).
Influence de la température sur la vitesse de réaction :
L'énergie d'activation étant strictement positive (E_a > 0), la fonction T \mapsto \exp\left(-\frac{E_a}{RT}\right) est strictement croissante avec la température absolue T.
La constante de vitesse k(T) augmente donc lorsque la température s'élève. Par conséquent, à composition donnée des réactifs, la vitesse de la réaction augmente avec la température : la température est un facteur cinétique accélérateur.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne confondez pas constante de vitesse et constante d'équilibre, explicitez la positivité de l'énergie d'activation et précisez son unité.
« Il n’est ainsi pas rare que la constante de vitesse kdevienne K°(T) ; s’en suit une confusion certaine entre les approches cinétique et thermodynamique, la loi cinétique s’apparentant alors à la relation de van’ t Hoff. »
« conclure à l’élévation de la constante de vitesse knécessite de s’assurer que Eaest bien définie positive. Enfin, le jury souligne que l’unité usuelle de l’énergie d’activation est mal connue. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 20
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : emballement thermique, couplage thermocinétique
On considère une batterie de capacité thermique , siège de la réaction (I.3) de combustion de l'électrolyte. On décompose la transformation adiabatique entre et en une transformation chimique à température et pression constantes puis un échauffement isobare de la batterie. Exprimer la variation d'enthalpie lors de ces deux transformations infinitésimales. Montrer que l'évolution de température vérifie :
où est une constante positive à exprimer en fonction des constantes et données du problème.
Voir l'indiceIndice
Écrire le bilan enthalpique \mathrm{d}H = \Delta_r H^\circ \mathrm{d}\xi + C\,\mathrm{d}T = 0 et exprimer \mathrm{d}\xi/\mathrm{d}t à l'aide de la loi de vitesse volumique.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique sous forme enthalpique à la transformation adiabatique et isobare (\mathrm{d}H = 0) en décomposant celle-ci en une étape réactionnelle isotherme-isobare et une étape d'échauffement isobare.
- Relier la vitesse de réaction \mathrm{d}\xi/\mathrm{d}t au taux d'avancement \alpha_{\text{diss}} et à la constante cinétique k(T) via la loi d'Arrhénius.
- Identifier l'expression de la constante \beta, puis vérifier sa positivité et son homogénéité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan enthalpique élémentaire \mathrm{d}H = C\mathrm{d}T + \Delta_r H^\circ \mathrm{d}\xi = 0 menant à la loi d'évolution de T.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le système considéré est l'accumulateur et le mélange réactionnel qu'il contient. Entre t et t+\mathrm{d}t, la transformation est adiabatique (\delta Q = 0) et supposée isobare (\mathrm{d}P = 0). Le premier principe de la thermodynamique s'écrit donc :
L'enthalpie étant une fonction d'état, on décompose la transformation infinitésimale en deux étapes successives fictives :
Une réaction chimique d'avancement \mathrm{d}\xi à pression P et température T constantes :
\mathrm{d}H_1 = \Delta_r H^\circ(T)\,\mathrm{d}\xiUn échauffement isobare du système (sans réaction chimique) de T à T+\mathrm{d}T. En considérant la capacité thermique C de la batterie et en négligeant celle des gaz :
\mathrm{d}H_2 = C\,\mathrm{d}T
Le bilan enthalpique s'écrit alors :
D'après la définition du taux d'avancement de la combustion (avec un coefficient stœchiométrique de 1 pour l'acide pyruvique), l'avancement vaut \xi(t) = n_0\,\alpha_{\text{diss}}(t). La vitesse volumique de disparition s'écrit, d'après la question Q18 :
soit :
En introduisant la loi d'Arrhénius rappelée en Q19, k(T) = A\exp\left(-\frac{E_a}{RT}\right), on obtient :
En divisant le bilan enthalpique par \mathrm{d}t, il vient :
On identifie ainsi la loi demandée :
avec :
La combustion étant une réaction exothermique (\Delta_r H^\circ < 0), la constante \beta est bien strictement positive.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Définissez le système d'étude et ne confondez pas variation de l'avancement et vitesse volumique, ni extensivité et fonction d'état.
« le jury déplore l’absence de la définition du système d’étude et les confusions fréquentes entre variation temporelle de l’avancement et vitesse volumique. »
« certains candidats introduisent le caractère extensif de la fonction d’état pour justifier que la variation de l’enthalpie entre deux états est indépendante du chemin suivi. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 21
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : emballement thermique, rétroaction positive
Au regard de l'équation différentielle ci-dessus, justifier le terme d'emballement thermique lorsque l'avancement de la réaction est faible ().
Voir l'indiceIndice
Remarquer que pour un faible taux de conversion, la vitesse d'échauffement \mathrm{d}T/\mathrm{d}t croît de façon exponentielle avec la température, créant une boucle de rétroaction positive.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'élévation de température accélère la réaction exothermique, augmentant encore plus le dégagement de chaleur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lorsque l'avancement de la réaction est faible, c'est-à-dire pour \alpha_{\text{diss}} \ll 1, le facteur d'épuisement des réactifs est quasi unitaire : 1 - \alpha_{\text{diss}} \approx 1. L'équation différentielle établie à la question Q20 se simplifie alors en :
avec \beta > 0 et E_a > 0.
- D'une part, comme \beta > 0, on a \dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} > 0 : la température T augmente au cours du temps par dégagement de la chaleur de réaction.
- D'autre part, la fonction T \mapsto \exp\left(-\dfrac{E_a}{R T}\right) est strictement croissante avec la température T. Par conséquent, la dérivée \dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} augmente elle-même très rapidement avec T.
Il s'établit ainsi une boucle de rétroaction positive (ou auto-accélération thermique) :
T \nearrow \quad \Longrightarrow \quad k(T) \propto \exp\left(-\frac{E_a}{RT}\right) \nearrow \quad \Longrightarrow \quad \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} \nearrow \quad \Longrightarrow \quad T \text{ augmente encore plus vite.}
Tant que les réactifs ne sont pas significativement consommés et que les pertes thermiques vers l'extérieur sont négligeables, aucun mécanisme régulateur ne vient compenser cette production de chaleur : la vitesse de réaction et la température croissent de façon explosive. Cette divergence auto-entretenue justifie pleinement le terme d'emballement thermique (thermal runaway).
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Pour justifier l'emballement thermique, la positivité de β doit être complétée par une analyse dynamique de la rétroaction.
« L’argument β> 0 était incontournable mais pas suffisant pour justifier le terme d’emballement thermique. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
Notions : loi d'arrhenius, régression linéaire
En supposant que le modèle isobare reste valide, calculer l'énergie d'activation à l'aide de la courbe de la figure 5.
Voir l'indiceIndice
Identifier la pente de la régression linéaire du graphe \ln(\mathrm{d}T/\mathrm{d}t) en fonction de 1000/T à la valeur -E_a/(1000\,R).
Voir la stratégieStratégie
- Partir de l'équation obtenue à la question Q20 dans le régime initial où le taux d'avancement est négligeable (\alpha_{\text{diss}} \ll 1).
- Prendre le logarithme népérien pour obtenir une loi affine reliant \ln(\mathrm{d}T/\mathrm{d}t) à la variable portée en abscisse, X = 1000/T.
- Relier la pente expérimentale de la droite de régression à l'énergie d'activation E_a et réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pente de la droite \ln(\mathrm{d}T/\mathrm{d}t) = f(1/T) permettant d'extraire la valeur de -E_a/R.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q20, pour \alpha_{\text{diss}} \ll 1, l'équation différentielle régissant l'évolution de la température s'écrit :
En prenant le logarithme népérien de cette expression, on obtient :
En posant X = \frac{1000}{T} (exprimé en \text{K}^{-1}) et Y = \ln\left(\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}\right), la fonction Y(X) est une droite affine de pente p :
On remarque que le choix de l'unité de la vitesse de montée en température ({}^\circ\text{C}\cdot\text{min}^{-1}) ne modifie que la constante additive \ln \beta et n'affecte aucunement la pente de la droite.
Par lecture graphique sur la figure 5, on repère deux points sur la droite moyenne passant par les points de mesure :
- Point 1 : X_1 = 1{,}91\text{ K}^{-1} pour Y_1 = 6{,}0 ;
- Point 2 : X_2 = 2{,}14\text{ K}^{-1} pour Y_2 = 1{,}0.
La pente expérimentale vaut ainsi :
Avec la constante universelle des gaz parfaits R = 8{,}31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, on en déduit :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Soignez les propriétés élémentaires du logarithme, détaillez le calcul de pente et indiquez l'unité de l'énergie d'activation.
« Le jury est surpris que de nombreux candidats assimilent le logarithme d’un produit au produit des logarithmes. »
« Seule une démarche d’estimation explicite et soignée de la pente, nécessairement assortie d’une unité appropriée, est valorisée. De même, le jury ne peut récompenser qu’une valeur de l’énergie d’activation dont l’unité est correctement renseignée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Partie II : Contrôle thermique d'un ensemble d'éléments
II.A · Diffusion thermique
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : équation de diffusion, transfert conducto-convectif
À partir d'un bilan d'énergie sur un système judicieusement choisi, montrer que le champ de température vérifie l'équation aux dérivées partielles suivante :
Voir l'indiceIndice
Effectuer un bilan thermique sur une tranche élémentaire de cylindre de section \pi a^2 et d'épaisseur \mathrm{d}x, en prenant en compte la diffusion axiale, les pertes latérales par la loi de Newton et la puissance volumique p_J.
Voir la stratégieStratégie
- Choisir pour système fermé la tranche de cylindre de matière située entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x.
- Exprimer la variation d'énergie interne \mathrm{d}U du système entre t et t + \mathrm{d}t.
- Inventorier les flux d'énergie reçus pendant \mathrm{d}t : conduction axiale (loi de Fourier), échanges conducto-convectifs latéraux (loi de Newton) et puissance volumique dissipée (p_J).
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique et diviser par le volume élémentaire \mathrm{d}V et la durée \mathrm{d}t.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'énergie sur une tranche élémentaire \mathrm{d}x avec conduction, pertes de Newton latérales et terme Joule.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le système fermé constitué de la tranche cylindrique de batterie de rayon a, comprise entre les plans d'abscisses x et x + \mathrm{d}x, pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t.
- Son volume est \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}x = \pi a^2\,\mathrm{d}x, et sa masse est \mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}V.
- Sa surface latérale d'échange est \mathrm{d}\Sigma_{\mathrm{lat}} = 2\pi a\,\mathrm{d}x.
La matière étant condensée (incompressible et indilatable), la variation d'énergie interne du système entre t et t + \mathrm{d}t s'écrit :
Effectuons le bilan des transferts d'énergie reçus par le système pendant la durée \mathrm{d}t :
Conduction axiale : d'après la loi de Fourier, le vecteur densité de courant thermique axial est \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x, t) = -\lambda \frac{\partial T(x, t)}{\partial x} \vec{u}_x. Le transfert thermique net entrant à travers les sections droites en x et en x+\mathrm{d}x vaut :
\begin{aligned} \delta Q_{\mathrm{cond}} &= \left[ \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x,t)\cdot \vec{u}_x \, S - \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x+\mathrm{d}x,t)\cdot \vec{u}_x \, S \right] \mathrm{d}t \\ &= -\frac{\partial (\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}\cdot\vec{u}_x)}{\partial x}\,S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t = \lambda \frac{\partial^2 T(x, t)}{\partial x^2}\,\pi a^2\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t. \end{aligned}Échange conducto-convectif latéral : le flux sortant à travers la surface latérale orientée par la normale unitaire sortante \vec{u} est donné par la loi de Newton :
\delta Q_{\mathrm{lat}} = - \vec{\jmath}\cdot \vec{u} \;\mathrm{d}\Sigma_{\mathrm{lat}}\,\mathrm{d}t = - h_{cc}(T(x, t) - T_{\mathrm{ext}})\,2\pi a\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t = \frac{2 h_{cc}}{a}(T_{\mathrm{ext}} - T(x, t))\,\pi a^2\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t.Production interne d'énergie : chaque accumulateur dégage une puissance volumique constante p_J, d'où l'énergie reçue pendant \mathrm{d}t :
\delta W_J = p_J\,\mathrm{d}V\,\mathrm{d}t = p_J\,\pi a^2\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t.
En appliquant le premier principe de la thermodynamique, \mathrm{d}U = \delta Q_{\mathrm{cond}} + \delta Q_{\mathrm{lat}} + \delta W_J :
En simplifiant par le volume \mathrm{d}V = \pi a^2\,\mathrm{d}x et par \mathrm{d}t, on obtient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Menez un bilan d'énergie rigoureux sur un système fermé au repos avec schéma explicite, flux algébrisés et loi de Fourier.
« Le jury en attend un exposé rigoureux : définition du système, mention des instants considérés pour la réalisation du bilan énergétique, justification de l’absence de travaux, définition des transferts thermiques ou flux thermiques […] Le couplage de ce bilan à la loi phénoménologique de Fourier doit être explicitement mentionné. »
« appliquer le premier principe relatif aux systèmes en écoulement n’est évidemment pas pertinent eu égard au contexte d’étude. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 24
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : équation différentielle, longueur de diffusion
Simplifier l'équation précédente en régime stationnaire, en faisant apparaitre les grandeurs et .
Voir l'indiceIndice
Annuler la dérivée temporelle, diviser l'équation par la conductivité \lambda et factoriser le terme d'écart thermique sous la forme (T(x) - T_l)/H^2.
Voir la stratégieStratégie
- Traduire la condition de régime stationnaire par l'annulation de la dérivée temporelle, la température ne dépendant plus que de l'abscisse x.
- Regrouper les termes indépendants de la dérivée spatiale pour faire apparaître la température caractéristique T_l.
- Diviser par la conductivité \lambda pour identifier la longueur caractéristique H.
Voir la réponse courteRéponse courte
Annulation de la dérivée temporelle conduisant à \frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}x^2} - \frac{T - T_l}{H^2} = 0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
En régime stationnaire, le champ de température est indépendant du temps :
La dérivée spatiale devient alors une dérivée droite, et l'équation établie à la question Q23 s'écrit :
En factorisant par -\frac{2 h_{cc}}{a} dans les termes sources :
On reconnaît l'expression de la température limite T_l = T_{\text{ext}} + \dfrac{p_J a}{2 h_{cc}} :
En divisant l'ensemble par \lambda et en introduisant H^2 = \dfrac{a \lambda}{2 h_{cc}} (soit \dfrac{1}{H^2} = \dfrac{2 h_{cc}}{a \lambda}), on obtient l'équation différentielle simplifiée :
Résultat
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : longueur caractéristique, transfert thermique
Préciser la signification physique de la grandeur .
Voir l'indiceIndice
Interpréter H comme une distance caractéristique d'atténuation sur laquelle les pertes conducto-convectives équilibrent la conduction thermique axiale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Longueur caractéristique traduisant la compétition entre diffusion axiale et déperdition convective latérale.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La grandeur H = \sqrt{\dfrac{a\lambda}{2h_{cc}}} a la dimension d'une longueur :
Sur le plan physique, H représente la longueur caractéristique d'atténuation (ou de relaxation) thermique axiale le long du cylindre :
- Elle caractérise la compétition entre la diffusion thermique longitudinale (conduction le long de l'axe x, favorisée par une conductivité \lambda élevée) et les pertes thermiques latérales (convection vers l'air extérieur, favorisées par un coefficient h_{cc} élevé).
- Pour un tronçon de cylindre de longueur H, la résistance thermique de conduction axiale R_{\text{th, diff}} = \dfrac{H}{\lambda (\pi a^2)} est du même ordre de grandeur que la résistance thermique d'échange convectif superficiel R_{\text{th, conv}} = \dfrac{1}{h_{cc}(2\pi a H)}.
- Elle correspond à l'échelle spatiale sur laquelle l'influence thermique des extrémités (imposée à T_{\text{ext}}) pénètre à l'intérieur du bloc : sur une distance de quelques H depuis les bords, la température passe de la température imposée aux extrémités à la température limite T_l au cœur de la batterie.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Faites une analyse dimensionnelle pour identifier la nature de longueur caractéristique de H.
« Le jury est toutefois surpris de lire que la grandeur Hs’interprète pour certains comme une pulsation, un coefficient de diffusion ou encore une enthalpie, illustrant l’absence d’effort de recherche de sens physique. Une analyse dimensionnelle permet évidemment d’écarter l’ensemble de ces propositions. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 26
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : condition aux limites, profil de température
On admet que . En déduire que le profil de température peut se mettre sous la forme
où et seront des constantes exprimées en fonction de , , et .
Voir l'indiceIndice
Résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants en exploitant la parité du profil thermique T'(0) = 0 et la condition en x = \pm L.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler l'équation différentielle régissant le profil stationnaire obtenue à la question Q24.
- Exprimer la solution générale à l'aide des fonctions hyperboliques et de la solution particulière constante.
- Exploiter la parité du problème et les conditions aux limites en x = \pm L pour déterminer les constantes d'intégration.
Voir la réponse courteRéponse courte
Solution générale en cosinus hyperbolique et application des conditions aux limites symétriques en x = \pm L.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q24, le profil de température en régime stationnaire obéit à l'équation différentielle :
En posant la variable d'écart \theta(x) = T(x) - T_l, l'équation devient \theta''(x) - \frac{1}{H^2}\,\theta(x) = 0. La solution générale de cette équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants s'écrit :
où C_1 et C_2 sont deux constantes d'intégration réelles.
Les conditions aux limites imposées sont symétriques : T(-L) = T(L) = T_{\text{ext}}.
La différence des températures aux deux extrémités donne :
T(L) - T(-L) = 2 C_2 \sinh\left(\frac{L}{H}\right) = 0Comme L > 0 et H > 0, \sinh(L/H) \neq 0, d'où C_2 = 0. Le profil de température est donc une fonction paire de x.
La condition en x = L s'écrit :
T(L) = C_1 \cosh\left(\frac{L}{H}\right) + T_l = T_{\text{ext}} \implies C_1 = \frac{T_{\text{ext}} - T_l}{\cosh(L/H)}
Le profil de température se met donc bien sous la forme :
avec :
ce qui correspond à l'expression explicite :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Appliquez les conditions aux limites à la solution générale complète et non à la seule solution homogène.
« un nombre non négligeable de candidats cherche à exploiter les conditions aux limites sur la solution de l’équation homogène et non générale. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : profil de température, optimisation thermique
Ce modèle a permis de construire les représentations graphiques présentées figure 7. Commenter qualitativement ces simulations au regard des expressions de et . Parmi les valeurs proposées pour les paramètres et de ces simulations, préciser lesquelles permettraient de contribuer à une bonne gestion thermique de la batterie.
Voir l'indiceIndice
Analyser le comportement asymptotique de la température au centre selon les valeurs de H et T_l ; en déduire l'intérêt d'une forte conductivité thermique et d'un bon coefficient d'échange fluide.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'élévation de température T(x) - T_{\text{ext}} en fonction de H et T_l, puis interpréter le rôle de chacun des paramètres physiques \lambda et h_{cc}.
- Analyser successivement l'influence de la conductivité thermique \lambda (graphe de gauche) et du coefficient d'échange convectif h_{cc} (graphe de droite).
- Comparer les écarts de température obtenus aux contraintes du cahier des charges d'une batterie (écart maximal \leqslant 10\text{ \textdegree C} et température maximale modérée) pour identifier les paramètres optimaux.
Voir la réponse courteRéponse courte
Analyse des profils : maximiser h_{cc} et \lambda pour limiter la surchauffe centrale et homogénéiser T.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les questions Q24 et Q26, l'élévation de température dans le bloc s'écrit :
avec :
L'écart maximal de température est atteint au centre (x = 0) :
1. Commentaire qualitatif des simulations (figure 7) :
- À h_{cc} = 5\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} fixé (graphe de gauche) : L'écart asymptotique T_l - T_{\text{ext}} est constant. Lorsque la conductivité thermique \lambda augmente (0{,}4 \to 1 \to 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}), la longueur caractéristique H \propto \sqrt{\lambda} croît. Le rapport L/H diminue, donc \cosh(L/H) se rapproche de 1 : la diffusion thermique axiale évacue très efficacement la chaleur vers les extrémités x = \pm L maintenues à T_{\text{ext}}. Le profil s'aplatit considérablement et l'élévation maximale chute de 30\text{ K} (pour \lambda = 0{,}4) à environ 13\text{ K} (pour \lambda = 1) puis à seulement 1{,}5\text{ K} (pour \lambda = 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).
- À \lambda = 0{,}4\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} fixé (graphe de droite) : Lorsque h_{cc} augmente (1 \to 10 \to 100\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}), le terme source convectif T_l - T_{\text{ext}} \propto 1/h_{cc} diminue, favorisant l'évacuation surfacique latérale. Toutefois, pour une faible conductivité (\lambda = 0{,}4\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}), le transfert de chaleur reste limité par la conduction interne du matériau. Même en multipliant h_{cc} par 100, l'élévation au centre ne diminue que modérément, passant de 33\text{ K} à environ 20\text{ K}.
2. Choix des paramètres pour une bonne gestion thermique : Le préambule de la partie II impose :
- un écart de température entre éléments inférieur à 10\text{ \textdegree C} (\Delta T \leqslant 10\text{ K}) ;
- le maintien d'une température modérée (ne dépassant pas 40\text{ \textdegree C}, soit pour T_{\text{ext}} \approx 20\text{ \textdegree C} une élévation \Delta T \leqslant 20\text{ K}).
À \lambda = 0{,}4\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} (valeur intrinsèque des accumulateurs), même avec une convection très forte (h_{cc} = 100\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}), l'écart au sein du bloc reste d'environ 20\text{ K}, ce qui est incompatible avec la limite de 10\text{ K}.
En revanche, une conductivité élevée telle que \lambda = 10\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} conduit à un écart maximal \Delta T_{\max} \approx 1{,}5\text{ K} \ll 10\text{ K}, assurant une quasi-uniformité de température.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Raccordez l'influence des paramètres physiques aux grandeurs H et Tl, et bannissez les approximations de vocabulaire.
« Il est bienvenu d’étudier non seulement l’influence de λet hccsur le profil de température mais aussi sur les expressions de Het Tlpour les raccorder aux observations des représentations graphiques »
« L’usage du vocabulaire « proportionnel à » lorsque la relation n’est pas linéaire ou encore « profil parabolique » lorsque ce dernier s’apparente à un cosinus hyperbolique est malvenu »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
II.B · Étude sur banc d'essai
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : dimensionnement, géométrie d'écoulement
Les différents accumulateurs sont placés côté à côte selon un agencement (figures 8 et 9). Exprimer puis calculer , la distance caractéristique de l'écoulement entre les éléments.
Voir l'indiceIndice
Considérer la maille carrée formée par les centres de quatre cylindres contigus pour déterminer l'espacement minimal selon la diagonale.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser la géométrie du réseau formé par les accumulateurs d'après la figure 9 : les centres de quatre cylindres voisins forment un carré de côté d.
- Exprimer la distance entre les surfaces des deux cylindres situés sur la diagonale de ce motif carré en retranchant les deux rayons à la longueur de la diagonale.
- Réaliser l'application numérique avec le diamètre d = 18\text{ mm} fourni dans les données.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul géométrique de l'espace interstitiel entre les cylindres à partir du pas et du diamètre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 9, les accumulateurs cylindriques de diamètre d sont disposés selon un maillage carré régulier. Les cylindres adjacents horizontalement et verticalement sont tangents, de sorte que la distance entre leurs axes vaut d.
Considérons le motif carré délimité par les centres de quatre accumulateurs voisins :
- la longueur du côté du carré est d ;
- la longueur de la diagonale joignant les centres de deux cylindres opposés est donc d\sqrt{2}.
La distance caractéristique de l'écoulement d_{\text{écoulement}} correspond à l'espacement libre mesuré le long de cette diagonale entre les surfaces des deux cylindres opposés. En retranchant le rayon R = d/2 de chacun des deux cylindres, on obtient :
Application numérique : Avec d = 18\text{ mm} :
Résultat
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : conservation du débit volumique, écoulement stationnaire
Estimer la vitesse de l'écoulement entre les accumulateurs, en supposant l'écoulement parfait.
Voir l'indiceIndice
Calculer la section droite totale offerte au passage de l'air en retranchant la surface occupée par les cylindres, puis utiliser la conservation du débit volumique.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la section totale du caisson et la section occupée par les accumulateurs dans le plan perpendiculaire à l'écoulement.
- En déduire la section libre offerte au passage de l'air.
- L'écoulement étant supposé parfait et incompressible en régime permanent, le profil de vitesse est uniforme sur la section de passage ; la vitesse découle alors de la conservation du débit volumique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Conservation du débit volumique D_v = S v entre la section totale d'entrée et la section de passage utile.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'air s'écoule parallèlement aux axes des accumulateurs le long des 4 rangées longitudinales. Dans la section droite transverse (figure 9), les accumulateurs forment une grille de 6 \times 6 = 36 cylindres de diamètre d.
Le caisson étant de section parfaitement ajustée aux dimensions du pack, sa section totale est un carré de côté 6d :
La section transverse occupée par les 36 accumulateurs cylindriques vaut :
La section libre disponible pour l'écoulement de l'air est donc :
Sous l'hypothèse d'un écoulement parfait et incompressible en régime stationnaire, la vitesse de l'air est uniforme à travers toute la section de passage. La conservation du débit volumique s'écrit :
On en déduit l'expression de la vitesse d'écoulement entre les accumulateurs :
Application numérique :
- Q_{V,e} = 80\text{ m}^3\cdot\text{h}^{-1} = \dfrac{80}{3600}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \approx 2{,}22 \times 10^{-2}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}
- d = 18\text{ mm} = 1{,}8 \times 10^{-2}\text{ m}
- S_{\text{libre}} = 36 \times (1{,}8 \times 10^{-2})^2 \times \left(1 - \dfrac{\pi}{4}\right) \approx 2{,}50 \times 10^{-3}\text{ m}^2
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Prenez du recul sur l'ordre de grandeur de la vitesse calculée pour repérer d'éventuelles erreurs.
« Quelques erreurs de calculs sont néanmoins relevées ; les ordres de grandeur de vitesse obtenus doivent être analysés et critiqués en cas de doute par le candidat. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 30
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : nombre de reynolds, régime d'écoulement
Estimer le nombre de Reynolds pour l'écoulement entre les accumulateurs. Conclure sur le régime de l'écoulement.
Voir l'indiceIndice
Calculer le nombre de Reynolds \mathrm{Re} = v\,d_{\text{écoulement}}/\nu et le situer par rapport aux seuils usuels de transition laminaire-turbulent.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le nombre de Reynolds \mathrm{Re} à partir de la vitesse moyenne de l'écoulement v, de la viscosité cinématique de l'air \nu et de la dimension spatiale caractéristique calculée précédemment (d_{\text{écoulement}} ou le diamètre d).
- Effectuer l'application numérique avec les grandeurs issues des questions Q28 et Q29.
- Comparer \mathrm{Re} à la valeur critique usuelle pour déterminer le régime d'écoulement.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de Re = \frac{v d}{\nu} et comparaison à la valeur critique pour conclure au caractère turbulent.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le nombre de Reynolds sans dimension caractérise le rapport des forces d'inertie sur les forces visqueuses :
où :
- v \approx 8{,}9\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} est la vitesse de l'air entre les éléments (d'après Q29) ;
- d_{\text{écoulement}} \approx 7{,}5\text{ mm} = 7{,}5 \times 10^{-3}\text{ m} est la distance caractéristique de passage de l'air (d'après Q28) ;
- \nu = 1{,}6 \times 10^{-5}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} est la viscosité cinématique de l'air.
L'application numérique donne :
Remarque : si l'on choisit le diamètre externe des cylindres d = 18\text{ mm} comme échelle spatiale caractéristique du système, on obtient :
Le nombre de Reynolds obtenu (\mathrm{Re} \sim 4 \times 10^3 à 10^4) est nettement supérieur au nombre de Reynolds critique de transition pour un écoulement confiné (\mathrm{Re}_c \approx 2000). L'écoulement de l'air entre les accumulateurs est donc en régime turbulent.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Explicitez chaque terme de Re, contrôlez la cohérence physique de sa valeur et limitez le nombre de chiffres significatifs.
« Les grandeurs introduites dans l’expression définissant le nombre de Reynolds Re doivent être explicitées. »
« Là encore, une analyse du sens physique est la bienvenue : un nombre de Reynolds de l’ordre de 10−5 dans l’air, à cette vitesse, interroge tout autant qu’une valeur de l’ordre de 1012 ! De même, afficher une valeur de Re avec un nombre de chiffres important n’a aucun sens. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : premier principe industriel, système ouvert
Démontrer, à l'aide d'un bilan d'énergie sur un système judicieusement choisi et en explicitant toute hypothèse éventuellement utile, l'équation
où et sont les enthalpies massiques de l'air respectivement en sortie et en entrée du caisson, est la puissance thermique échangée entre l'ensemble des accumulateurs et le fluide et le débit massique d'air.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le premier principe en système ouvert à la traversée du caisson calorifugé en négligeant les variations d'énergies cinétique et potentielle.
Voir la stratégieStratégie
Pour établir le premier principe pour un fluide en écoulement, on applique le premier principe de la thermodynamique à un système fermé judicieusement délimité entre deux instants t et t+\mathrm{d}t (méthode du système fermé coïncident).
Voir la réponse courteRéponse courte
Premier principe en système ouvert stationnaire sans travail utile transvasé : \mathcal{P} = D_m \Delta h.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le volume de contrôle fixe (\mathcal{V}) délimité par les parois intérieures du caisson entre la section d'entrée e et la section de sortie s. On définit le système fermé \Sigma^* constitué :
- de la masse de fluide présente dans le volume de contrôle (\mathcal{V}) à l'instant t ;
- de la masse élémentaire de fluide \delta m = D_m\,\mathrm{d}t entrant dans (\mathcal{V}) à travers la section d'entrée pendant \mathrm{d}t.
À l'instant t + \mathrm{d}t, ce même système \Sigma^* est constitué de la masse de fluide présente dans (\mathcal{V}) à t + \mathrm{d}t et de la masse \delta m sortie de (\mathcal{V}) à travers la section de sortie.
On formule les hypothèses suivantes :
- Régime stationnaire : les grandeurs thermodynamiques en tout point du volume de contrôle sont indépendantes du temps ;
- Énergies cinétique et potentielle négligeables : les variations d'énergie cinétique macroscopique et d'énergie potentielle de pesanteur entre l'entrée et la sortie sont négligeables devant la variation d'enthalpie ;
- Absence de travail utile : aucun organe mécanique mobile n'échange de travail avec le fluide dans ce tronçon (\delta W_u = 0) ;
- Caisson calorifugé : les parois extérieures ne laissent passer aucun transfert thermique vers l'extérieur, de sorte que le seul transfert thermique reçu par le fluide provient des accumulateurs : \delta Q = \mathcal{P}\,\mathrm{d}t.
L'enthalpie du système fermé s'écrit aux deux instants :
En régime stationnaire, H_{(\mathcal{V})}(t+\mathrm{d}t) = H_{(\mathcal{V})}(t). La variation d'enthalpie du système fermé s'élève donc à :
D'après le premier principe appliqué au système fermé \Sigma^*, en tenant compte du travail des forces de pression aux frontières qui est incorporé dans l'enthalpie :
En identifiant les deux expressions de \mathrm{d}H_{\Sigma^*}, on obtient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question très sélective : définissez rigoureusement le système fermé coincident avec schéma et justifiez les termes négligés.
« Comme pour Q23., le jury attend un exposé rigoureux pour cette question, physiquement riche, contribuant pour une part importante au barème global de l’épreuve, allant de la définition précise du système fermé considéré assortie d’un schéma explicite, à la justification des termes supposés nuls ou négligeables. »
« moins de 9 % des candidats obtiennent la moitié des points et seulement 0,2 % fournissent une démonstration convaincante. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 32
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : premier principe industriel, gaz parfait
Déterminer l'expression de la puissance échangée entre l'ensemble des accumulateurs et l'air supposé se comporter comme un gaz parfait, puis calculer sa valeur numérique à partir des mesures de températures et .
Voir l'indiceIndice
Exprimer la variation d'enthalpie massique de l'air \Delta h = c_{p,\text{air}}(\theta_s - \theta_e) et relier le débit massique au débit volumique via la masse volumique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression \mathcal{P} = D_m c_p (\theta_s - \theta_e) et calcul numérique de la puissance thermique évacuée.
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D'après la question Q31, la puissance thermique échangée entre le pack d'accumulateurs et l'air s'écrit :
L'air étant modélisé par un gaz parfait, il vérifie la deuxième loi de Joule : son enthalpie ne dépend que de la température. Avec une capacité thermique massique à pression constante c_{p\text{,air}} supposée indépendante de la température sur la plage considérée, la variation d'enthalpie massique s'exprime par :
Le fluide étant supposé incompressible, sa masse volumique \rho_{\text{air}} est uniforme et le débit massique s'exprime à partir du débit volumique d'entrée Q_{V,e} :
On en déduit l'expression de la puissance thermique reçue par l'air :
Application numérique :
- \rho_{\text{air}} = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
- Q_{V,e} = 80\text{ m}^3\cdot\text{h}^{-1} = \frac{80}{3600}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \approx 2{,}22 \times 10^{-2}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}
- c_{p\text{,air}} = 1{,}0\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} = 1{,}0 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}
- \theta_s - \theta_e = 25{,}5 - 20{,}0 = 5{,}5\text{ }^\circ\text{C} = 5{,}5\text{ K}
Compte tenu des deux chiffres significatifs sur les données \rho_{\text{air}} et c_{p\text{,air}}, on retient :
Résultat
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : loi de newton, coefficient conducto-convectif
En fonctionnement, la température du pack est mesurée à et est supposée uniforme sur l'ensemble du pack. On note , la température moyenne de l'air circulant autour du pack. Estimer la valeur du coefficient conducto-convectif .
Voir l'indiceIndice
Égaliser la puissance thermique évacuée par l'air à la puissance globale transférée selon la loi de Newton sur la surface latérale totale des N éléments.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance thermique totale \mathcal{P} cédée par le pack d'accumulateurs à l'air par la loi de Newton globale, faisant intervenir la surface totale d'échange et l'écart moyen de température.
- Déterminer la surface totale d'échange S_{\text{tot}} correspondant aux surfaces latérales des N = 144 cylindres constituant le pack.
- En déduire l'estimation numérique du coefficient d'échange conducto-convectif h_{cc}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan global \mathcal{P} = h_{cc} S_{\text{tot}} (\theta_{\text{pack}} - \bar{\theta}) pour déterminer h_{cc}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la loi de Newton, la puissance thermique échangée entre le pack maintenu à température uniforme \theta_{\text{pack}} et l'air à la température moyenne \bar{\theta} s'écrit :
où S_{\text{tot}} est la surface d'échange entre les accumulateurs et l'air. L'air circule le long des N = 144 accumulateurs cylindriques de diamètre d et de hauteur h. En considérant que l'échange thermique a lieu essentiellement à travers leurs surfaces latérales cylindriques, la surface d'échange totale vaut :
On en déduit l'expression de h_{cc} :
La température moyenne de l'air est :
d'où un écart moyen :
La surface totale d'échange vaut :
Avec la puissance thermique obtenue à la question précédente \mathcal{P} \approx 147\text{ W} :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Prenez garde à la détermination géométrique de la surface totale d'échange thermique.
« L’estimation de la surface d’échange semble poser problème aux candidats. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 34
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : perte de charge, viscosité
Les manomètres mesurent une chute de pression de part et d'autre des accumulateurs. Expliquer l'origine de cette variation de pression.
Voir l'indiceIndice
Interpréter la différence de pression comme la perte de charge totale résultant du frottement visqueux le long des parois et des turbulences d'impact.
Voir la réponse courteRéponse courte
Frottements visqueux pariétaux et décollements de couche limite créant une traînée et une perte de charge.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'air étant un fluide réel de viscosité non nulle (\nu = 1{,}6 \times 10^{-5}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}) et l'écoulement étant turbulent (\mathrm{Re} \approx 4 \times 10^3, d'après la question Q30), le passage du flux d'air à travers le réseau d'accumulateurs s'accompagne d'une dissipation d'énergie mécanique sous forme d'énergie thermique (dissipation visqueuse).
Cette dissipation se traduit macroscopiquement par des pertes de charge entre l'amont et l'aval :
- Pertes de charge singulières prépondérantes : la géométrie complexe du réseau d'accumulateurs provoque des variations brutales de section (rétrécissement à l'entrée, élargissement à la sortie) ainsi que le décollement de la couche limite créant des zones de recirculation et des sillages tourbillonnaires en aval de chaque cylindre (traînée de forme) ;
- Pertes de charge régulières : frottements visqueux pariétaux de l'air le long de la surface latérale des accumulateurs et des parois du caisson.
Entre deux sections droites identiques en amont et en aval, le théorème de Bernoulli généralisé (bilan d'énergie mécanique en écoulement stationnaire incompressible) donne :
La chute de pression observée \Delta P = 10\text{ mbar} correspond donc à la perte de charge totale engendrée par le faisceau d'accumulateurs.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Expliquez la chute de pression en analysant les pertes de charge dues aux écarts au modèle parfait.
« L’énoncé fait allusion aux écarts au modèle de l’écoulement parfait. Toute réponse pertinente et contextualisée est valorisée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : puissance aéraulique, rendement
Exprimer puis calculer la puissance électrique consommée par le ventilateur en considérant que le rendement électromécanique du ventilateur vaut . Commenter ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Calculer la puissance mécanique aéraulique \mathcal{P}_{\text{aéro}} = Q_{V,e}\,\Delta P et la diviser par le rendement électromécanique du ventilateur.
Voir la réponse courteRéponse courte
Puissance fluide \mathcal{P}_{\text{aéro}} = D_v \Delta P, d'où la puissance électrique P_e = \mathcal{P}_{\text{aéro}}/\eta.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour vaincre les pertes de charge \Delta P à travers le banc d'accumulateurs et assurer un écoulement à débit volumique Q_{V,e} d'un fluide incompressible, le ventilateur doit fournir au fluide une puissance utile (puissance aéraulique) donnée par :
En introduisant le rendement électromécanique \eta du ventilateur, la puissance électrique consommée \mathcal{P}_{\text{él}} s'exprime sous la forme :
Avec les valeurs numériques de l'énoncé :
- Q_{V,e} = 80\text{ m}^3\cdot\mathrm{h}^{-1} = \frac{80}{3600}\text{ m}^3\cdot\mathrm{s}^{-1} \approx 2{,}22 \times 10^{-2}\text{ m}^3\cdot\mathrm{s}^{-1},
- \Delta P = 10\text{ mbar} = 1{,}0 \times 10^3\text{ Pa},
- \eta = 0{,}60,
on obtient :
Commentaire :
- Cette consommation électrique représente environ 25\text{ }\% de la puissance thermique évacuée par l'air (\mathcal{P} \approx 147\text{ W}, calculée à la question Q32), ce qui constitue un coût énergétique non négligeable pour le refroidissement à cette échelle.
- Extrapolée à la batterie complète d'un véhicule électrique comptant environ 2000 accumulateurs (soit un facteur 2000 / 144 \approx 14), la puissance de ventilation serait de l'ordre de 500\text{ W}. Cette puissance est facilement délivrée par le réseau de bord d'un véhicule et demeure très modeste par rapport à la puissance du groupe motopropulseur (plusieurs dizaines à centaines de kilowatts).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Justifiez la formule employée pour la puissance et explicitez clairement les notations utilisées dans le rendement.
« Une nouvelle fois, les candidats privilégient une réponse se limitant à une formule sans explication, résultant probablement d’une analyse dimensionnelle. Le rendement est en général bien défini quoique les notations manquent régulièrement d’être explicitées. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Partie III : Utilisation de panneaux solaires
III.A · Puissance nécessaire pour une voiture
Question 36
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : force de traînée, bilan de puissance
On considère le véhicule présenté figure 10 roulant sur un sol horizontal. En admettant que les frottements de l'air sont prépondérants devant toute autre forme de dissipation d'énergie et à l'aide des figures 11 et 12, proposer une estimation de la vitesse maximale que peut atteindre ce véhicule, sans tenir compte de la présence de tout dispositif de stockage d'énergie.
Voir l'indiceIndice
Égaliser la puissance résistive des frottements de l'air F v = \frac{1}{2} C_x \rho_{\text{air}} S v^3 à la puissance photovoltaïque crête captée par les panneaux solaires.
Voir la stratégieStratégie
Il s'agit d'une question ouverte (repérée par une barre en marge dans l'énoncé) d'estimation de puissance et de vitesse en régime permanent.
- Évaluer la puissance maximale captée et convertie en énergie électrique par les cellules solaires à partir de la surface de panneaux (figure 10), du rendement des cellules tandem (figure 11) et du pic d'éclairement solaire journalier (figure 12).
- Exprimer la puissance nécessaire pour vaincre la traînée aérodynamique à vitesse constante v_{\max} en estimant la surface frontale du véhicule.
- Égaler ces puissances (en l'absence de stockage et en supposant un rendement de motorisation unitaire) pour déduire v_{\max}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Égalité entre puissance motrice solaire disponible et puissance résistive aéro P = \frac{1}{2}\rho S C_x v^3.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Puissance électrique maximale fournie par les panneaux :
D'après la figure 12, le pic d'irradiation solaire surfacique reçue au sol est d'environ :
\Pi_{\max} \approx 750\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}- La surface de panneaux solaires intégrée au véhicule est S_{\text{pan}} = 5\text{ m}^2 (figure 10).
- Le rendement certifié des cellules photovoltaïques en tandem pérovskite/silicium est \eta = 29{,}15\% \approx 0{,}292 (figure 11).
La puissance électrique maximale collectée s'élève à :
2. Puissance aérodynamique résistante : Sur sol horizontal à vitesse constante v, les frottements de l'air étant supposés prépondérants devant toute autre résistance (résistance au roulement négligée) :
où :
- \rho_{\text{air}} = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} (données du sujet) ;
- C_x = 0{,}23 (figure 10) ;
- la surface frontale S peut être estimée à partir de la largeur l = 1{,}82\text{ m} et de la hauteur h = 1{,}40\text{ m}. En tenant compte de la garde au sol et des arrondis de la carrosserie, on peut modéliser la surface frontale par S \approx 0{,}8 \times l \times h \approx 2{,}0\text{ m}^2 (ou simplement par le rectangle englobant S \approx l \times h = 2{,}55\text{ m}^2).
La puissance mécanique nécessaire pour entretenir ce mouvement vaut :
3. Vitesse maximale atteignable : En l'absence de stockage d'énergie et en supposant idéale la chaîne de transmission/motorisation (\mathcal{P}_{\text{méc}} = \mathcal{P}_{\text{él}}) :
Application numérique :
Avec S \approx 2{,}0\text{ m}^2 :
v_{\max} = \left(\frac{2 \times 1{,}09 \times 10^3}{0{,}23 \times 1{,}2 \times 2{,}0}\right)^{1/3} \approx \left(3{,}95 \times 10^3\right)^{1/3} \approx 15{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 57\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}Avec S = l \times h = 2{,}55\text{ m}^2 :
v_{\max} = \left(\frac{2 \times 1{,}09 \times 10^3}{0{,}23 \times 1{,}2 \times 2{,}55}\right)^{1/3} \approx \left(3{,}11 \times 10^3\right)^{1/3} \approx 14{,}6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 53\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}
Compte tenu des incertitudes inhérentes à cette estimation, on retient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Détaillez la démarche de résolution de cette question non guidée et commentez la valeur numérique obtenue.
« Si le résultat final est le plus souvent le bon, un exposé clair de la démarche de la résolution fait défaut. La valeur numérique obtenue doit par ailleurs interpeler ; le jury regrette que les candidats n’en fassent aucun commentaire. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
III.B.1 · Phase active 0 t < α T
Question 37
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : convertisseur boost, cellule de commutation
On admet que . Justifier que la diode est bloquée. Représenter alors le schéma du circuit équivalent pour cette phase active supposée débuter à l'instant .
Voir l'indiceIndice
Déterminer le potentiel aux bornes de la diode lorsque l'interrupteur commandé conduit : l'anode est à la masse tandis que la cathode est à la tension positive v_s, bloquant la diode.
Voir la stratégieStratégie
- Choisir le rail inférieur comme référence des potentiels (0\text{ V}) et déterminer les potentiels de l'anode et de la cathode de la diode D lorsque l'interrupteur commandé T_r est passant.
- En déduire le signe de la tension aux bornes de la diode et conclure quant à son état de conduction.
- Dessiner le schéma équivalent qui en résulte, mettant en évidence le découplage entre la partie source-inductance et la partie condensateur-charge.
Voir la réponse courteRéponse courte
Interrupteur K fermé imposant un potentiel à l'anode inférieur à la cathode, bloquant la diode.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Fixons le potentiel du rail inférieur commun à 0\text{ V}.
Durant la phase active (0 \leqslant t < \alpha T), l'interrupteur T_r est fermé. Comme il est supposé idéal, la tension à ses bornes est nulle :
Le potentiel à l'anode A de la diode D est donc imposé à :
Le potentiel à la cathode K de la diode est quant à lui relié au nœud supérieur de sortie, soit :
La tension directe anode-cathode aux bornes de la diode s'écrit alors :
L'énoncé précisant que v_s > 0, on a :
La diode est donc polarisée en inverse. S'agissant d'une diode idéale, elle est bloquée et se comporte comme un circuit ouvert (i_D = 0).
Le circuit équivalent pour cette phase active est constitué de deux circuits totalement découplés :
- à gauche, la source de tension V_{ps} alimente directement la bobine L à travers l'interrupteur fermé T_r ;
- à droite, la diode bloquée isole la cellule constituée du condensateur C et de la résistance de charge R.
Résultat
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Tracez un schéma soigné aux symboles conventionnels avec interrupteurs modélisés, et ne confondez pas loi des mailles et loi des nœuds.
« Des confusions entre les intitulés loi des mailles et loi des nœuds. »
« Le schéma équivalent doit être soigné, les traits tirés à la règle, les fils conducteurs reliés et les interrupteurs Tret Dreprésentés par des court-circuit et coupe-circuit. Le jury déconseille aux candidats de faire figurer – R–, – C– et – L– au lieu d’en représenter les symboles conventionnels respectifs »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 38
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : circuit rl, régime transitoire
En déduire l'expression de avec pour condition initiale .
Voir l'indiceIndice
Écrire la loi des mailles pour la branche d'entrée contenant le générateur et la bobine : L\,\mathrm{d}i_L/\mathrm{d}t = V_{ps}.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire la loi des mailles dans la boucle d'entrée du circuit équivalent établi à la question précédente.
- Exprimer la tension aux bornes de la bobine en convention récepteur, puis intégrer l'équation différentielle obtenue en utilisant la condition initiale i_L(0) = i_{L,\min}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Loi des mailles V_{ps} = L \frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t}, d'où une croissance linéaire i_L(t) = i_{L,\min} + \frac{V_{ps}}{L}t.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le schéma équivalent de la phase active (interrupteur T_r fermé et diode D bloquée), la maille d'entrée comprenant la source de tension, la bobine et l'interrupteur fermé donne la loi des mailles :
L'interrupteur T_r étant fermé et supposé idéal, la tension à ses bornes est nulle : v_{Tr}(t) = 0. On a donc :
En convention récepteur pour la bobine, la tension s'écrit :
On en déduit l'équation différentielle vérifiée par le courant i_L(t) sur l'intervalle 0 \leqslant t < \alpha T :
La tension d'alimentation V_{ps} étant continue et constante, l'intégration par rapport au temps donne immédiatement :
En tenant compte de la condition initiale i_L(0) = i_{L,\min}, on obtient pour tout t \in [0, \alpha T[ :
Résultat
Question 39
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : constante de temps, filtrage
Indiquer le temps caractéristique associé à l'ensemble résistance-condensateur. En déduire une condition sur pour que la tension puisse être considérée comme constante.
Voir l'indiceIndice
Exprimer la constante de temps \tau = RC du filtre de sortie et imposer qu'elle soit très supérieure à la période de hachage T pour lisser la tension.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la constante de temps du dipôle parallèle formé par la résistance R et la capacité C.
- Analyser l'évolution de la tension de sortie v_s(t) pendant la décharge du condensateur (phase active).
- Exprimer le critère de variation relative négligeable de v_s(t) sur une période de découpage T.
Voir la réponse courteRéponse courte
Constante de temps \tau = RC \gg T, assurant une décharge négligeable du condensateur sur une période.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le temps caractéristique associé à l'ensemble constitué de la résistance R et du condensateur de capacité C en parallèle est :
Pendant la phase active (0 \leqslant t < \alpha T), la diode D est bloquée. Le sous-circuit de sortie est alors isolé de la source et de la bobine : le condensateur se décharge dans la résistance R selon l'équation différentielle :
ce qui conduit à une décharge de la forme :
Pour que la tension v_s(t) puisse être considérée comme constante au cours du cycle de découpage, la chute relative de tension durant la phase active (de durée \alpha T) ou plus globalement sur toute la période T doit être négligeable, ce qui impose que le temps caractéristique \tau soit très supérieur à la période de commande T du hacheur :
On en déduit la condition sur la capacité C :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Vérifiez la dimension du temps caractéristique et exprimez la condition sur C par comparaison à une grandeur de même dimension.
« une analyse dimensionnelle permet d’écarter l’expression 1/(RC) malheureusement rencontrée de nombreuses fois. Une justification de la condition sur Cest attendue. Le jury relève dans de nombreuses copies des conditions du type « C≫1 », « C≫1/R» ou encore « Cgrand » qui ne sont évidemment pas valides. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
III.B.2 · Phase de roue libre α T t < T
Question 40
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Schéma ou tracé
Notions : convertisseur boost, roue libre
Représenter le schéma équivalent du convertisseur Boost durant la phase de roue libre.
Voir l'indiceIndice
Dessiner le circuit équivalent où l'interrupteur commandé est ouvert et la diode est modélisée par un interrupteur fermé reliant la bobine à la charge RC.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier l'état de chaque composant de commutation (T_r et D) durant la phase de roue libre (\alpha T \leqslant t < T).
- Représenter le schéma équivalent correspondant en conservant les orientations des grandeurs électriques (V_{ps}, i_L, v_L, v_s).
Voir la réponse courteRéponse courte
Schéma équivalent avec interrupteur ouvert et diode passante connectant la bobine à la charge.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Durant la phase de roue libre, définie pour \alpha T \leqslant t < T :
- le transistor T_r est commandé à l'ouverture : il se comporte comme un circuit ouvert ;
- la bobine impose la continuité de l'intensité i_L(t) (qui est strictement positive en conduction continue) ; ce courant ne pouvant plus traverser la branche du transistor, il circule nécessairement à travers la diode D, ce qui la polarise dans le sens direct. La diode idéale se comporte donc comme un interrupteur fermé (court-circuit).
On obtient le schéma équivalent représenté ci-dessous :
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Fournissez un schéma équivalent rigoureux, soigné et utilisant les symboles conventionnels.
« Comme pour la question Q37., le jury attend un schéma soigné et conforme. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 41
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : convertisseur boost, loi des mailles
On pose . En déduire l'expression de en fonction de , , , et .
Voir l'indiceIndice
Écrire la loi des mailles pendant la phase de roue libre : L\,\mathrm{d}i_L/\mathrm{d}t = V_{ps} - v_s, puis intégrer entre \alpha T et t.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire la loi des mailles dans le circuit équivalent de la phase de roue libre obtenu à la question Q40.
- Exprimer la tension v_L(t) aux bornes de la bobine en fonction de V_{ps} et v_s.
- Intégrer la relation constitutive de l'inductance entre \alpha T et t en exploitant la condition initiale i_L(\alpha T) = i_{L,\max} et l'approximation d'une tension de sortie v_s constante.
Voir la réponse courteRéponse courte
Loi des mailles V_{ps} - v_s = L \frac{\mathrm{d}i_L}{\mathrm{d}t}, intégrée linéairement entre \alpha T et t.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Durant la phase de roue libre (\alpha T \leqslant t < T), l'interrupteur T_r est ouvert et la diode D est passante (v_D = 0). D'après le schéma équivalent établi à la question précédente, la loi des mailles s'écrit :
En convention récepteur pour la bobine idéale d'inductance L, la relation tension-courant est :
En considérant la tension v_s constante sur la période (justifié par la condition sur C établie en Q39), on obtient l'équation différentielle :
Par intégration directe entre l'instant initial de la phase \alpha T et une date t \in [\alpha T, T[ :
Avec la condition initiale i_L(\alpha T) = i_{L,\max}, on en déduit l'expression de l'intensité :
Résultat
III.B.3 · Valeurs moyennes sur une période
Question 42
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : ondulation de courant, convertisseur boost
Déterminer deux expressions distinctes de la valeur de l'ondulation de l'intensité , en fonction de , , , et .
Voir l'indiceIndice
Calculer la hausse du courant sur l'intervalle [0, \alpha T] puis sa baisse sur [\alpha T, T], égales en amplitude en régime établi.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter la continuité de l'intensité i_L(t) traversant la bobine à l'instant de commutation t = \alpha T à partir de l'expression établie lors de la phase active (question Q38).
- Exploiter la condition de périodicité i_L(T) = i_L(0) = i_{L,\min} en régime établi à la fin de la période t = T à partir de l'expression établie lors de la phase de roue libre (question Q41).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de \Delta i_L sur la phase active \frac{V_{ps}}{L}\alpha T et sur la phase de roue libre \frac{v_s - V_{ps}}{L}(1-\alpha)T.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'intensité du courant i_L(t) traversant une bobine d'inductance L est une fonction continue du temps.
Première expression (issue de la phase active) :
D'après la question Q38, l'évolution de l'intensité sur l'intervalle [0, \alpha T[ s'écrit :
i_L(t) = i_{L,\min} + \frac{V_{ps}}{L}\,tPar continuité de i_L en t = \alpha T, on a i_L(\alpha T) = i_{L,\max}, d'où :
i_{L,\max} = i_{L,\min} + \frac{V_{ps}}{L}\,\alpha TOn en déduit la première expression de l'ondulation de courant :
\boxed{i_{L,\max} - i_{L,\min} = \frac{V_{ps}}{L}\,\alpha T}Seconde expression (issue de la phase de roue libre) :
D'après la question Q41, l'évolution du courant sur l'intervalle [\alpha T, T] s'écrit :
i_L(t) = i_{L,\max} + \frac{V_{ps} - v_s}{L}\,(t - \alpha T)Le régime périodique étant établi, le courant vérifie la condition aux limites de périodicité :
i_L(T) = i_L(0) = i_{L,\min}En évaluant l'expression précédente en t = T, il vient :
i_{L,\min} = i_{L,\max} + \frac{V_{ps} - v_s}{L}\,(T - \alpha T)Soit, en réarrangeant les termes et en factorisant par T :
\boxed{i_{L,\max} - i_{L,\min} = \frac{v_s - V_{ps}}{L}\,(1 - \alpha)T}
Résultat
Question 43
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Schéma ou tracé
Notions : chronogramme, ondulation de courant
Représenter l'allure de l'évolution de l'intensité sur une durée de deux périodes.
Voir l'indiceIndice
Tracer l'évolution temporelle périodique en dents de scie de i_L(t) oscillant sans s'annuler entre i_{L,\min} et i_{L,\max}.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler l'expression de l'intensité i_L(t) obtenue sur chaque sous-intervalle d'une période d'après les questions Q38 et Q41.
- Préciser la continuité du courant dans l'inductance et le caractère affine par morceaux du signal.
- Tracer le graphe de i_L(t) sur l'intervalle [0, 2T] en faisant apparaître clairement les instants caractéristiques (0, \alpha T, T, (1+\alpha)T, 2T) ainsi que les valeurs extrêmes i_{L,\min} et i_{L,\max}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé triangulaire périodique de l'intensité i_L(t) entre i_{L,\min} et i_{L,\max}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats des questions Q38 et Q41, l'intensité i_L(t) traversant la bobine vérifie sur la première période [0, T] :
pour t \in [0, \alpha T] (phase active) :
i_L(t) = i_{L,\min} + \frac{V_{ps}}{L}\,tLe courant croît linéairement de i_{L,\min} à i_{L,\max} avec une pente positive constante \dfrac{V_{ps}}{L}.
pour t \in [\alpha T, T] (phase de roue libre) :
i_L(t) = i_{L,\max} - \frac{v_s - V_{ps}}{L}\,(t - \alpha T)Le courant décroît linéairement de i_{L,\max} à i_{L,\min} avec une pente négative constante \dfrac{V_{ps} - v_s}{L} (car v_s > V_{ps}).
Par continuité du courant traversant une inductance et périodicité du régime permanent établi de période T, la courbe présente une forme triangulaire périodique (mode de conduction continue, i_L(t) > 0).
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Étiquetez soigneusement les axes du tracé et représentez le signal sur au moins deux périodes.
« Les étiquettes en abscisse et ordonnée doivent être précisées et la durée d’au moins deux périodes respectée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 44
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : valeur moyenne, tension aux bornes d'une inductance
En déduire et , les valeurs moyennes sur une période des tensions et , en fonction de et .
Voir l'indiceIndice
Exploiter la propriété fondamentale selon laquelle la tension moyenne aux bornes d'une inductance en régime périodique établi est rigoureusement nulle.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter le régime périodique établi pour une bobine idéale afin de déterminer la tension moyenne \langle v_L(t) \rangle.
- Exprimer \langle v_L(t) \rangle par intégration par morceaux sur une période à l'aide des résultats des phases active et de roue libre (ou égaler les deux expressions de l'ondulation obtenues en Q42), puis en déduire la tension moyenne de sortie \langle v_s(t) \rangle.
Voir la réponse courteRéponse courte
En régime périodique \langle v_L \rangle = 0, ce qui implique directement \langle v_s \rangle = \frac{V_{ps}}{1-\alpha}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La relation constitutive d'une bobine idéale d'inductance L s'écrit :
Par définition de la valeur moyenne sur une période T :
Le régime périodique étant établi, le courant est strictement périodique de période T, soit i_L(T) = i_L(0) = i_{L,\min}. On en déduit :
Par ailleurs, la tension v_L(t) prend les valeurs suivantes au cours d'une période :
- pour 0 \leqslant t < \alpha T (phase active) : v_L(t) = V_{ps} ;
- pour \alpha T \leqslant t < T (phase de roue libre) : v_L(t) = V_{ps} - v_s(t).
Sous l'hypothèse d'une tension de sortie quasi-constante (v_s(t) \approx \langle v_s(t) \rangle), ou en intégrant directement :
Comme \langle v_L(t) \rangle = 0 (ce qui revient également à égaler les deux expressions de l'ondulation de courant \Delta i_L établies à la question Q42) :
On obtient ainsi :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Calculez les valeurs moyennes à partir de leur définition intégrale explicite plutôt que de parachuter les résultats.
« Les expressions des deux valeurs moyennes attendues sont rarement correctes lorsqu’elles sont parachutées sans justification ; aussi, le jury apprécie lorsque le calcul s’appuie sur une définition explicite de la valeur moyenne temporelle d’une grandeur périodique. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Question 45
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : hacheur survolteur, rapport cyclique
Justifier la dénomination de hacheur-survolteur associée au convertisseur Boost. Déterminer la valeur du rapport cyclique pour permettre la recharge de la batterie étudiée si la tension aux bornes de l'association des panneaux solaires est de .
Voir l'indiceIndice
Vérifier que le gain en tension 1/(1-\alpha) est toujours supérieur ou égal à 1, puis résoudre l'équation pour une tension d'entrée de 72\text{ V} et de sortie de 350\text{ V}.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter la relation entre la tension moyenne de sortie \langle v_s(t) \rangle et la tension d'entrée V_{ps} établie à la question précédente en examinant l'intervalle de variation du rapport cyclique \alpha.
- Isoler \alpha dans cette relation de transfert et effectuer l'application numérique avec la tension de la batterie à charger (350\text{ V}) et la tension d'entrée des panneaux solaires (72\text{ V}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Comme 1-\alpha < 1, \langle v_s \rangle > V_{ps} (survolteur) ; calcul numérique du rapport cyclique \alpha.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q44, la relation entre la tension moyenne de sortie et la tension continue d'entrée s'écrit :
Le rapport cyclique \alpha représente une fraction temporelle sur une période T, il vérifie donc strictement 0 < \alpha < 1 en fonctionnement normal, d'où :
Le convertisseur hache la tension d'entrée grâce aux commutations périodiques des interrupteurs et délivre en sortie une tension moyenne strictement supérieure à la tension continue d'entrée : c'est pourquoi il est qualifié de hacheur-survolteur (ou boost).
Pour recharger la batterie dont la tension est fixée à V_s = 350\text{ V} (d'après le préambule de la partie III.B) à partir de la tension d'alimentation V_{ps} = 72\text{ V} issue des panneaux solaires, on doit avoir :
Application numérique :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question très peu abordée par les candidats : moins de 20 % de taux de traitement.
« Question traitée par moins de 20 % des candidats. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2023
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2023 ?
Surtout 4 chapitres : Oxydoréduction et électrochimie (19 % des questions), Conversion de puissance (17 %, partie III), Diffusion thermique et diffusion de particules (16 %) et Mécanique des fluides (14 %). Plus ponctuellement : Premier et second principes de la thermodynamique, Cinétique chimique, Thermodynamique chimique et équilibres, Circuits électriques et régimes transitoires et Cinématique et dynamique du point.
Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2023 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2023 ?
Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 1 h 30).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2023 ?
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2023 ?
Questions de cours : Q1 (anode), Q5 (courbe courant-potentiel), Q11 (enthalpie standard de formation), Q19 (loi d'arrhenius), Q25 (longueur caractéristique), Q31 (premier principe industriel), Q34 (perte de charge) et Q44 (valeur moyenne). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (équation de réaction), Q12 (loi de hess), Q23 (équation de diffusion), Q30 (nombre de reynolds) et Q38 (circuit rl).
Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2023 ?
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le rapport juge le sujet de longueur raisonnable, avec des questions de difficulté variable, de la simple restitution de cours à des questions demandant analyse et réflexion. Moyenne : 9,32/20 (écart-type 4,04, 4 166 présents).
Quelle référence de potentiel est utilisée sur la figure 2 ?
Quelle température initiale utiliser pour le bilan thermique en Q15 ?
La température de début d'emballement \theta_0 = 129\text{ }^\circ\text{C}. La montée préalable depuis 25\text{ }^\circ\text{C} est assurée par le chauffage externe du calorimètre ; seule l'élévation autonome jusqu'à 900\text{ }^\circ\text{C} est imputable à la réaction chimique.
Faut-il convertir la dérivée temporelle en secondes en Q22 ?
Non : la pente du graphe \ln(\mathrm{d}T/\mathrm{d}t) en fonction de 1000/T est invariante par changement d'unité de temps, qui n'ajoute qu'une constante. En revanche, il faut impérativement tenir compte du facteur 1000 présent sur l'axe des abscisses pour calculer E_a.
Où je me situe, question par question
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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 45 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,32 et d'écart-type 4,04 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.