Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2022
Mécanismes d'une propagation virale et conditions de formation d'un virus
- 51 questions corrigées
- Sujet accessible
- Faisable en BCPST1 : 32 questions sur 51, partie 1.1
- Vérifié question par question
Ce sujet interdisciplinaire d'une grande actualité aborde la modélisation physico-chimique de la pandémie de Covid-19 en deux volets indépendants. La première partie propose une étude hydrodynamique et diffusive remarquable de la dispersion des gouttelettes de salive (bilan de contamination, chute visqueuse sous traînée de Stokes, compétition advection-diffusion, puis évaporation en milieu humide). La seconde partie étudie les conditions thermodynamiques et électrostatiques régissant la stabilité d'une capside virale sphérique dans un électrolyte, via le modèle de Poisson-Boltzmann linéarisé et l'incorporation de l'ARN viral.
D'une longueur substantielle (51 questions), ce sujet exige une grande aisance en calcul d'ordres de grandeur sans calculatrice, une parfaite maîtrise des bilans locaux et globaux de transport, ainsi qu'une solide compréhension physique de l'écrantage ionique. Il constitue une excellente épreuve de révision pour consolider les ponts entre physique statistique, mécanique des fluides visqueux et électrostatique.
En bref sur ce sujet
- Difficulté
- Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
- Temps estimé
- ≈ 3 h 25 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Diffusion thermique et diffusion de particules53 %
- Électrostatique24 %
- Cinématique et dynamique du point11 %
- Facteur de Boltzmann et physique statistique4 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en BCPST1 : 32 questions sur 51, partie 1.1.
Où gagner des points
Rapides et accessibles (43) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
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Partie 1 : Étude des mécanismes physiques dont dépend une propagation virale.
1.1 · Paramètres conditionnant le risque d'infection.
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : bilan de matière, régime stationnaire
Les phénomènes d'émission et de sédimentation fixent, conjointement, le nombre moyen de gouttelettes contenues dans le volume . Exprimer ce nombre en fonction de , et .
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Écrire le bilan macroscopique à l'état stationnaire : le taux d'émission total compense exactement le taux de disparition par sédimentation N_\text{susp}/\tau_\text{sed}.
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Bilan en régime stationnaire entre émission et disparition par sédimentation : N_{\mathrm{susp}} = p f_{\mathrm{em}} \tau_{\mathrm{sed}}.
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Considérons l'ensemble des gouttelettes en suspension dans le volume V de la pièce.
Les p personnes infectées émettent chacune des gouttelettes au taux f_{\text{em}}, ce qui correspond à un taux de création total :
\left(\frac{\mathrm{d}N_{\text{susp}}}{\mathrm{d}t}\right)_{\text{ém}} = p\,f_{\text{em}}Chaque gouttelette ayant une durée de vie moyenne \tau_{\text{sed}} dans l'air avant de sédimenter, le taux de disparition de ces gouttelettes s'écrit sous la forme d'une loi de relaxation d'ordre 1 :
\left(\frac{\mathrm{d}N_{\text{susp}}}{\mathrm{d}t}\right)_{\text{séd}} = -\frac{N_{\text{susp}}}{\tau_{\text{sed}}}
Le bilan global sur le nombre moyen de gouttelettes s'écrit alors :
En régime stationnaire, ce nombre moyen est constant au cours du temps (\frac{\mathrm{d}N_{\text{susp}}}{\mathrm{d}t} = 0), d'où :
Résultat
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : concentration, bilan de matière
En déduire l'expression, en fonction de , , , et , du nombre moyen de virus contenus dans l'air de la pièce.
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Multiplier le nombre de gouttelettes N_\text{susp} par le volume d'une gouttelette sphérique \frac{4}{3}\pi R^3 et par la concentration virale c_\text{vir}.
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Multiplication du nombre de gouttelettes par le volume d'une gouttelette et par la concentration virale.
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Chaque gouttelette étant modélisée par une sphère de rayon R, son volume individuel s'écrit :
La concentration volumique en virus dans la salive constituant la gouttelette étant notée c_{\text{vir}}, le nombre moyen de virus contenu dans une seule gouttelette est :
D'après la question 1, le nombre moyen total de gouttelettes en suspension dans le volume V de la pièce est N_{\text{susp}} = p f_{\text{em}} \tau_{\text{sed}}.
Le nombre moyen total de virus N_{\text{vir}} présents dans l'air de la pièce s'obtient alors en multipliant le nombre total de gouttelettes par le nombre de virus portés par chacune :
soit finalement :
Résultat
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : ordre de grandeur
Pour le virus SARS-CoV-2, de très récentes études ont permis d'estimer la concentration en virus dans la salive à la valeur . Par ailleurs, la fréquence d'émission, en parlant, est estimée à , pour des gouttelettes de rayon moyen . Le temps de leur sédimentation vaut approximativement .
En considérant qu'une seule personne contaminée parle (), estimer la valeur du nombre de virus contenus dans le volume .
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Effectuer l'application numérique avec précaution en convertissant les volumes : 1\text{ mL} = 10^{-6}\text{ m}^3 et R = 20\text{ }\mu\text{m}.
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- Exprimer le volume d'une gouttelette en utilisant la convention simplificatrice \pi = 3 fournie dans les données.
- Convertir rigoureusement les unités (notamment les \mathrm{mL} en \mathrm{m}^3) pour calculer le nombre moyen de virus par gouttelette puis le nombre total N_{\mathrm{vir}}.
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Évaluation numérique du nombre total de virus en suspension dans la pièce.
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D'après le résultat de la question Q2, le nombre moyen de virus présents dans l'air s'écrit :
Avec la convention \pi = 3 donnée par l'énoncé, le volume d'une gouttelette sphérique vaut :
Le volume V_{\mathrm{g}} d'une gouttelette de rayon R = 20\text{ }\mu\mathrm{m} = 2 \times 10^{-5}\text{ m} est :
Le nombre moyen de gouttelettes en suspension émises par la personne contaminée (p = 1) est :
La concentration en virus étant c_{\mathrm{vir}} \simeq 10^6\text{ mL}^{-1}, on en déduit :
Résultat
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : régime stationnaire, temps caractéristique
Envisageons le cas d'une pièce aérée. Nous modélisons l'effet du renouvellement d'air en considérant qu'il induit une disparition de gouttelettes selon la fréquence , par gouttelette.
Exprimer, en fonction de , et , le nombre moyen de virus contenus dans l'air, dans cette nouvelle situation (toujours pour ).
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Introduire dans le bilan stationnaire un terme de perte supplémentaire -f_\text{air} N'_\text{vir} pour identifier le temps de séjour effectif en présence d'aération.
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- Établir l'équation de bilan sur le nombre de gouttelettes en suspension dans la pièce en régime stationnaire, en tenant compte des deux mécanismes de disparition indépendants (sédimentation et renouvellement d'air).
- Exprimer le nouveau temps caractéristique de séjour effectif des gouttelettes.
- Relier le nouveau nombre moyen de virus N'_{\mathrm{vir}} au nombre initial N_{\mathrm{vir}} par proportionnalité directe avec le nombre de gouttelettes.
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Somme des taux de disparition par sédimentation et renouvellement d'air pour déterminer N'_{\mathrm{vir}}.
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Dans la pièce aérée, chaque gouttelette disparaît par sédimentation avec une fréquence \tau_{\mathrm{sed}}^{-1} et par renouvellement d'air avec la fréquence f_{\mathrm{air}}. Ces deux processus étant indépendants, la fréquence totale de disparition d'une gouttelette s'écrit :
Le bilan sur le nombre moyen de gouttelettes en suspension N'_{\mathrm{susp}} pour une seule personne contaminée (p = 1), en régime stationnaire (\mathrm{d}N'_{\mathrm{susp}}/\mathrm{d}t = 0), s'écrit :
D'après la question Q1, sans aération, N_{\mathrm{susp}} = f_{\mathrm{em}}\tau_{\mathrm{sed}}. On a donc :
Le nombre moyen de virus étant proportionnel au nombre de gouttelettes en suspension d'après la question Q2 (N_{\mathrm{vir}} = \frac{4}{3}\pi R^3 c_{\mathrm{vir}} N_{\mathrm{susp}}), on en déduit directement :
Résultat
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : ordre de grandeur
Estimer la valeur de pour chacun des taux de disparition et (ce qui correspond à et renouvellements d'air complets par heure). Commenter ce résultat.
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Convertir au préalable f_\text{air} en \text{s}^{-1} (1\text{ h}^{-1} = \frac{1}{3600}\text{ s}^{-1}) et comparer la baisse relative de la charge virale en suspension.
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- Convertir les fréquences de renouvellement d'air f_{\mathrm{air}} en \text{s}^{-1} pour calculer le terme sans dimension f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}.
- Calculer N'_{\mathrm{vir}} à l'aide de la formule établie à la question Q4, en utilisant la valeur estimée à la question Q3 (N_{\mathrm{vir}} \simeq 3 \times 10^4).
- Commenter l'efficacité de la ventilation sur la diminution de la charge virale en suspension.
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Calcul numérique montrant la réduction drastique de la charge virale avec l'augmentation du taux d'aération.
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D'après la question Q4, le nombre moyen de virus en suspension dans une pièce aérée s'exprime par :
Avec \tau_{\mathrm{sed}} \simeq 10^3\text{ s} \simeq \frac{1000}{3600}\text{ h} = \frac{1}{3{,}6}\text{ h} :
Pour f_{\mathrm{air}} = 5\text{ h}^{-1} :
\begin{aligned} f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &= \frac{5}{3{,}6} \simeq 1{,}4 \\ 1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &\simeq 2{,}4 \end{aligned}En prenant la valeur issue de la question Q3 (N_{\mathrm{vir}} \simeq 3 \times 10^4) :
N'_{\mathrm{vir}} \simeq \frac{3 \times 10^4}{2{,}4} \simeq 1{,}3 \times 10^4\boxed{N'_{\mathrm{vir}}(5\text{ h}^{-1}) \simeq 1{,}3 \times 10^4}(Si l'on utilise la valeur arrondie N_{\mathrm{vir}} = 10^4 introduite plus loin dans le sujet, on trouve N'_{\mathrm{vir}} \simeq 4{,}2 \times 10^3.)
Pour f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1} :
\begin{aligned} f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &= \frac{20}{3{,}6} \simeq 5{,}6 \\ 1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &\simeq 6{,}6 \end{aligned}D'où :
N'_{\mathrm{vir}} \simeq \frac{3 \times 10^4}{6{,}6} \simeq 4{,}5 \times 10^3\boxed{N'_{\mathrm{vir}}(20\text{ h}^{-1}) \simeq 4{,}5 \times 10^3}(Avec N_{\mathrm{vir}} = 10^4, on obtient N'_{\mathrm{vir}} \simeq 1{,}5 \times 10^3.)
Commentaire : L'aération entraîne une diminution importante du nombre de virus en suspension : la charge virale est divisée par un facteur d'environ 2{,}4 pour 5 renouvellements par heure, et par près de 6{,}6 pour 20 renouvellements par heure. Le renouvellement d'air évacue les aérosols bien plus rapidement que la sédimentation naturelle seule (pour f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1}, le temps caractéristique d'évacuation par renouvellement d'air \tau_{\mathrm{air}} = 1/f_{\mathrm{air}} = 180\text{ s} est nettement plus court que \tau_{\mathrm{sed}} = 1000\text{ s}). L'aération est donc un levier majeur de réduction du risque de transmission aéroportée.
Résultat
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : débit volumique, concentration
Nous notons le volume d'air moyen inspiré par une personne, à chaque respiration, et sa fréquence respiratoire.
Exprimer, en fonction de , , et , le nombre moyen de virus inhalés par une personne, par unité de temps.
Estimer la valeur de (en ) pour une pièce de volume , , et .
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Calculer le débit volumique d'air inhalé D_V = f_\text{resp} V_\text{resp} et le multiplier par la concentration volumique de virus N_\text{vir}/V.
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Produit du débit volumique moyen inspiré par la concentration virale volumique dans la pièce.
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D'après les hypothèses du modèle, les gouttelettes et donc les virus sont répartis uniformément dans tout le volume V de la pièce. La concentration volumique moyenne en virus dans l'air s'écrit :
À chaque inspiration, une personne absorbe un volume d'air V_{\mathrm{resp}}. Le nombre moyen de virus inhalés par cycle respiratoire est donc :
La personne effectuant f_{\mathrm{resp}} inspirations par unité de temps, le débit moyen de virus inhalés \dot{N}_{\mathrm{resp}} est donné par le produit :
Application numérique : Avec les données fournies :
- V = 20 \times 2 = 40\text{ m}^3 ;
- V_{\mathrm{resp}} = 0{,}5\text{ L} = 0{,}5 \times 10^{-3}\text{ m}^3 ;
- f_{\mathrm{resp}} = 20\text{ min}^{-1} ;
- N_{\mathrm{vir}} = 10^4.
Le calcul donne :
Résultat
Question 7
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : ordre de grandeur
Nous modélisons l'effet protecteur du port de masque en considérant que la fréquence d'émission de gouttelettes est multipliée par un facteur () et que le nombre moyen de virus inhalés est, parallèlement, multiplié par un facteur ().
Exprimer, en fonction de , et , le nombre moyen de virus inhalés par une personne, par unité de temps, dans ces nouvelles conditions.
Estimer la valeur de (en ) pour et les données de la question (6).
Voir l'indiceIndice
Prendre en compte le double effet protecteur du masque en multipliant le taux d'émission par \eta_\text{em} et le taux d'inhalation par \eta_\text{resp}.
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Multiplication du taux d'inhalation par les facteurs d'efficacité d'émission et de filtration du masque.
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D'après les questions 1 et 2, le nombre moyen de virus en suspension dans la pièce à l'état stationnaire est directement proportionnel à la fréquence d'émission f_{\mathrm{em}} de la personne infectée :
Le port du masque par la personne infectée réduit la fréquence d'émission à f'_{\mathrm{em}} = \eta_{\mathrm{em}} f_{\mathrm{em}}, si bien que le nombre moyen de virus en suspension devient :
Par ailleurs, le port du masque par la personne saine filtre une fraction des virus présents dans le volume d'air inspiré, réduisant le flux inhalé d'un facteur supplémentaire \eta_{\mathrm{resp}}. D'après l'expression établie à la question 6, le nombre moyen de virus inhalés par unité de temps s'écrit alors :
soit :
Application numérique : Avec \eta_{\mathrm{em}} = \eta_{\mathrm{resp}} = 0{,}5 et \dot{N}_{\mathrm{resp}} = 2{,}5\text{ min}^{-1} d'après la question 6 :
En conservant deux chiffres significatifs :
Résultat
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : temps caractéristique, ordre de grandeur
Dans l'état actuel des connaissances, le nombre minimal de virus devant être inhalés pour entraîner une infection, chez un individu, n'est pas connu précisément. On peut toutefois estimer que ce nombre est assez bas pour le SARS-CoV2. Nous fixons sa valeur à .
Exprimer, en fonction de et , le temps (moyen) nécessaire au déclenchement d'une infection.
Estimer sa valeur dans les deux conditions extrêmes suivantes : (1) sans aération et sans masque ; (2) avec aération () et masque porté par la personne infectée et les autres. On se souviendra, pour faciliter les calculs, que les derniers résultats numériques furent obtenus pour .
Voir l'indiceIndice
Poser la relation simple T = N^\star_\text{resp} / \dot{N}_\text{resp} et calculer la durée d'exposition nécessaire pour les deux configurations.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le temps T comme le quotient de la dose minimale infectante N^\star_{\mathrm{resp}} par le débit moyen d'inhalation de virus \dot{N}_{\mathrm{resp}}.
- Pour la condition (1), utiliser directement la valeur de \dot{N}_{\mathrm{resp}} calculée à la question 6.
- Pour la condition (2), combiner les facteurs réducteurs dus aux masques (question 7) et à l'aération (questions 4 et 5) pour en déduire le nouveau débit d'inhalation et la nouvelle durée d'exposition T_2.
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Rapport de la dose infectieuse au flux d'inhalation pour évaluer le délai avant contamination.
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À débit d'inhalation \dot{N}_{\mathrm{resp}} constant, le nombre cumulé de virus inhalés après une durée T vaut N_{\mathrm{inh}} = \dot{N}_{\mathrm{resp}}\, T. Le temps moyen nécessaire pour atteindre le seuil infectieux N^\star_{\mathrm{resp}} est donc :
1. Condition sans aération et sans masque : D'après la question 6, le débit d'inhalation vaut \dot{N}_{\mathrm{resp}} = 2{,}5\text{ min}^{-1} pour N_{\mathrm{vir}} = 10^4. On en déduit :
2. Condition avec aération (f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1}) et masques : Le port du masque par l'émetteur et le récepteur introduit un facteur multiplicatif \eta_{\mathrm{em}}\eta_{\mathrm{resp}} sur le débit inhalé (question 7). Par ailleurs, le renouvellement de l'air divise le nombre de virus en suspension par un facteur 1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} (question 4). Le nouveau débit d'inhalation s'écrit donc :
Le temps d'exposition nécessaire pour atteindre le seuil devient ainsi :
Avec \tau_{\mathrm{sed}} = 10^3\text{ s} = \frac{1000}{3600}\text{ h} = \frac{5}{18}\text{ h} et f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1} :
Avec \eta_{\mathrm{em}} = \eta_{\mathrm{resp}} = 0{,}5, soit \frac{1}{\eta_{\mathrm{em}}\eta_{\mathrm{resp}}} = 4 :
Compte tenu de la précision des données, on retient :
Résultat
1.2 · Sédimentation des gouttelettes, sans évaporation.
Question 9
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : principe fondamental de la dynamique, frottement fluide, temps caractéristique
Déduire, du principe fondamental de la dynamique appliqué à une gouttelette, l'équation différentielle vérifiée par chacune des composantes et de sa vitesse. On fera apparaître, dans chacune de ces équations, le temps caractéristique défini par le rapport suivant :
Attribuer une signification physique à cette grandeur.
Voir l'indiceIndice
Projeter le PFD dans le référentiel galiléen avec la force de Stokes -6\pi\eta R\vec{v} et le poids, puis identifier le temps caractéristique \tau^\star.
Voir la réponse courteRéponse courte
Projection du PFD avec force de traînée de Stokes et identification du temps de relaxation de la vitesse.
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On étudie la gouttelette de masse m et de rayon R, assimilée à un point matériel, dans le référentiel terrestre \mathcal{R}(\mathrm{O}, x, y, z) supposé galiléen.
La gouttelette sphérique est constituée d'eau de masse volumique \rho, d'où sa masse :
Elle est soumise à deux forces (la poussée d'Archimède étant négligée selon l'énoncé) :
- son poids : \vec{P} = m\vec{g} = -mg\,\vec{e}_z ;
- la force de traînée visqueuse de Stokes : \vec{F}_{\mathrm{v}} = -6\pi\eta R\vec{v}.
D'après le principe fondamental de la dynamique :
En divisant par m :
Or, le rapport \dfrac{m}{6\pi\eta R} s'écrit :
L'équation vectorielle devient donc :
Par projection sur les axes (\mathrm{O}x) et (\mathrm{O}z), on obtient les équations différentielles scalaires vérifiées par v_x et v_z :
Signification physique : \tau^\star représente le temps de relaxation visqueuse de la gouttelette (durée caractéristique du régime transitoire). C'est l'échelle de temps au bout de laquelle la composante horizontale de la vitesse s'amortit significativement (extinction de l'inertie initiale) et la vitesse verticale de chute s'approche de sa vitesse limite permanente.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 10
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : vitesse limite, frottement fluide
Exprimer, en fonction de et , la vitesse limite de chute . Calculer la valeur de pour chacun des rayons et .
Voir l'indiceIndice
Annuler la dérivée temporelle de v_z pour obtenir la vitesse limite de chute v_z^\star = -g\tau^\star, puis calculer numériquement sa valeur absolue.
Voir la réponse courteRéponse courte
Équilibre entre poids et traînée visqueuse donnant la vitesse limite de chute v_z^\star = -g\tau^\star.
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Lorsque la gouttelette atteint sa vitesse limite de chute, son accélération s'annule : \dfrac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} = 0.
D'après l'équation différentielle établie à la question Q9 :
On en déduit immédiatement la composante verticale limite :
La valeur absolue de cette vitesse limite s'écrit donc :
Applications numériques :
Pour R = 20\text{ }\mu\mathrm{m} = 2{,}0 \times 10^{-5}\text{ m} :
|v_z^\star| = \frac{2 \times 10^3 \times 10 \times (2{,}0 \times 10^{-5})^2}{9 \times 2 \times 10^{-5}} = \frac{4}{90}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 4{,}4\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1}\boxed{|v_z^\star|_{R=20\,\mu\text{m}} \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}Pour R = 100\text{ }\mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-4}\text{ m} : Comme |v_z^\star| \propto R^2, le rayon étant multiplié par 5, la vitesse limite est multipliée par 5^2 = 25 :
|v_z^\star| = 25 \times \frac{4}{90}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = \frac{10}{9}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}\boxed{|v_z^\star|_{R=100\,\mu\text{m}} \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 11
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en PCSI
Notions : nombre de reynolds, frottement fluide
Compte tenu des résultats précédents, la relation de Stokes (équation (1)) semble-t-elle avoir été utilisée dans le bon cadre d'approximation ?
Voir l'indiceIndice
Évaluer le nombre de Reynolds \text{Re} = \rho_\text{air} |v_z^\star| (2R) / \eta pour vérifier si l'hypothèse de Stokes (\text{Re} \ll 1) reste valide.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler le critère de validité de la loi de Stokes pour une sphère se déplaçant dans un fluide, basé sur le nombre de Reynolds Re.
- Calculer le nombre de Reynolds associé au mouvement de chute limite pour chacun des deux rayons étudiés à la question précédente (R = 20\text{ }\mu\text{m} et R = 100\text{ }\mu\text{m}).
- Conclure sur la pertinence de l'approximation de Stokes selon la valeur de R.
Voir la réponse courteRéponse courte
Vérification que le nombre de Reynolds particulaire est très inférieur à 1 pour valider la formule de Stokes.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La formule de Stokes \vec{F}_{\mathrm{v}} = -6\pi\eta R\vec{v} modélise la traînée visqueuse en régime d'écoulement rampant, c'est-à-dire lorsque les forces d'inertie du fluide sont négligeables devant les forces visqueuses. Ce régime est caractérisé par un nombre de Reynolds :
où D = 2R est la dimension caractéristique de la gouttelette (son diamètre) et v sa vitesse par rapport à l'air.
En considérant la vitesse limite de chute |v_z^\star| calculée à la question Q10 :
Pour R = 20\text{ }\mu\text{m}, avec |v_z^\star| \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :
\begin{aligned} Re &= \frac{2 \times 1 \times 4{,}4 \times 10^{-2} \times 20 \times 10^{-6}}{2 \times 10^{-5}} = 8{,}8 \times 10^{-2} \simeq 0{,}09 \end{aligned}On a Re \ll 1 : la relation de Stokes est pleinement justifiée.
Pour R = 100\text{ }\mu\text{m}, avec |v_z^\star| \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :
\begin{aligned} Re &= \frac{2 \times 1 \times 1{,}1 \times 100 \times 10^{-6}}{2 \times 10^{-5}} = 11 \end{aligned}On a Re > 1 : les forces d'inertie du fluide ne sont plus négligeables devant les forces visqueuses. La relation de Stokes cesse d'être rigoureusement valable (il faudrait introduire une traînée non linéaire, intermédiaire entre le régime visqueux et le régime quadratique de Newton).
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : principe fondamental de la dynamique, frottement fluide
Exprimer la distance horizontale maximale parcourue par une gouttelette. On supposera que l'altitude de lancée est suffisante pour que cette distance soit atteinte avant l'arrivée au sol.
Estimer cette distance pour et chacun des rayons et .
Voir l'indiceIndice
Intégrer l'expression de la vitesse horizontale v_x(t) = v_0 \exp(-t/\tau^\star) entre t=0 et l'infini pour trouver la portée balistique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de la vitesse horizontale amortie pour déterminer la portée maximale x^\star = v_0 \tau^\star.
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D'après l'équation différentielle établie à la question Q9, la composante horizontale de la vitesse vérifie :
Avec la condition initiale v_x(0) = v_0, l'évolution temporelle de v_x s'écrit :
En intégrant entre t = 0 (où x(0) = 0) et un instant t, on obtient la position horizontale :
L'altitude de lancer étant supposée suffisante pour que la gouttelette atteigne sa portée horizontale avant de toucher le sol, la distance horizontale maximale parcourue x^\star correspond à la limite lorsque t \gg \tau^\star :
Applications numériques :
La vitesse initiale est v_0 = 100\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1} = 1{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
En réutilisant les valeurs de \tau^\star = |v_z^\star|/g issues de la question Q10 :
Pour R = 20\text{ }\mu\mathrm{m} :
\tau^\star \simeq 4{,}4 \times 10^{-3}\text{ s} \implies x^\star = 1{,}0 \times 4{,}4 \times 10^{-3} = 4{,}4 \times 10^{-3}\text{ m}\boxed{x^\star(20\text{ }\mu\mathrm{m}) \simeq 4{,}4\text{ mm}}Pour R = 100\text{ }\mu\mathrm{m} :
\tau^\star \simeq 0{,}11\text{ s} \implies x^\star = 1{,}0 \times 0{,}11 = 0{,}11\text{ m}\boxed{x^\star(100\text{ }\mu\mathrm{m}) \simeq 11\text{ cm}}
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : vitesse limite, chute libre
Établir que le temps de sédimentation , en négligeant le régime transitoire, s'exprime selon la relation suivante :
Estimer sa valeur pour et chacun des rayons et . Justifier que l'évaporation peut expliquer l'écart important entre ces valeurs et celle donnée () à la question (3).
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Négliger le temps d'établissement transitoire et relier directement la distance verticale z_0 à la vitesse limite |v_z^\star|.
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- Exprimer l'équation horaire du mouvement vertical en négligeant le régime transitoire, c'est-à-dire en considérant la vitesse constante égale à la vitesse limite v_z^\star.
- En déduire le temps mis pour atteindre le sol (z = 0) depuis l'altitude initiale z_0.
- Effectuer les applications numériques avec les valeurs de \tau^\star ou de |v_z^\star| calculées à la question Q10.
- Analyser physiquement l'effet de l'évaporation sur la taille des gouttelettes et donc sur leur vitesse de chute.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du temps de chute à vitesse limite et mise en évidence du rôle de l'évaporation sur la durée de suspension.
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En négligeant la phase transitoire (ce qui est justifié puisque la durée du transitoire \tau^\star \ll 1\text{ s} est très inférieure au temps de chute), la gouttelette se déplace selon la verticale à la vitesse limite constante :
Par intégration temporelle avec la condition initiale z(0) = z_0, l'altitude de la gouttelette s'écrit :
Le temps de sédimentation \tau_{\mathrm{sed}}^{(0)} correspond à l'instant où la gouttelette atteint le sol (z = 0) :
D'où l'expression recherchée :
Applications numériques : Avec z_0 = 2\text{ m} et les vitesses limites obtenues à la question Q10 :
Pour R = 20\text{ }\mu\mathrm{m}, |v_z^\star| \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (soit \frac{4}{9} \times 10^{-1}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) :
\tau_{\mathrm{sed}}^{(0)}(20\text{ }\mu\mathrm{m}) = \frac{2}{\frac{4}{9} \times 10^{-1}} = \frac{18}{0{,}4} = \mathbf{45\text{ s}}Pour R = 100\text{ }\mu\mathrm{m}, |v_z^\star| \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (soit \frac{10}{9}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) :
\tau_{\mathrm{sed}}^{(0)}(100\text{ }\mu\mathrm{m}) = \frac{2}{\frac{10}{9}} = \frac{18}{10} = \mathbf{1{,}8\text{ s}}
Rôle de l'évaporation : La valeur de référence de la question Q3 est \tau_{\mathrm{sed}} \simeq 10^3\text{ s} \approx 17\text{ min}, ce qui est bien supérieur aux 45\text{ s} calculées en l'absence d'évaporation. En s'évaporant dans un air non saturé en eau, la gouttelette voit son rayon R décroître continûment. Or, la vitesse limite de chute est proportionnelle au carré du rayon :
Au fur et à mesure que la gouttelette rétrécit, sa vitesse de chute chute drastiquement. Elle se transforme en un résidu d'aérosol microscopique qui reste en suspension beaucoup plus longtemps, ce qui justifie un temps de séjour effectif \tau_{\mathrm{sed}} considérablement plus long.
Résultat
1.3 · Sédimentation et diffusion des gouttelettes, sans évaporation.
Question 14
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
- Schéma ou tracé
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en BCPST1
Notions : bilan de matière, équation de diffusion
Établir, dans le cas unidimensionnel où , l'équation aux dérivées partielles liant à . On accompagnera d'un schéma le raisonnement tenu.
Dans une situation tridimensionnelle, nous admettrons que cette équation prend la forme suivante :
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Effectuer un bilan particulaire unidimensionnel sur une tranche [x, x+\mathrm{d}x] entre t et t+\mathrm{d}t en l'absence de création.
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Pour établir une équation locale de conservation :
- On choisit un volume de contrôle mésoscopique fixe entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite S normale à \vec{e}_x.
- On exprime la variation temporelle du nombre de particules dans ce volume entre t et t+\mathrm{d}t.
- On effectue le bilan avec les flux entrant en x et sortant en x+\mathrm{d}x (en l'absence de terme source ou puits), puis on développe à l'ordre un en \mathrm{d}x.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan unidimensionnel de matière sur une tranche d'épaisseur \mathrm{d}x entre les instants t et t+\mathrm{d}t.
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Considérons une tranche d'espace fixe (volume de contrôle mésoscopique) délimitée par les plans perpendiculaires à l'axe (Ox) d'abscisses x et x + \mathrm{d}x, d'aire transverse S. Le volume élémentaire vaut :
Le nombre de gouttelettes contenues dans ce volume à l'instant t s'écrit :
Entre les instants t et t + \mathrm{d}t, la variation du nombre de gouttelettes est :
En l'absence de création ou de destruction de gouttelettes au sein du volume élémentaire (pas de réactions ni de dépôts internes), cette variation est uniquement due aux échanges de matière à travers les frontières :
en x, le nombre de gouttelettes entrant dans la tranche pendant \mathrm{d}t est :
\delta N_{\mathrm{entrant}} = j_x(x, t)\,S\,\mathrm{d}ten x + \mathrm{d}x, le nombre de gouttelettes sortant de la tranche pendant \mathrm{d}t est :
\delta N_{\mathrm{sortant}} = j_x(x + \mathrm{d}x, t)\,S\,\mathrm{d}t
Le bilan de matière s'écrit donc :
Un développement de Taylor à l'ordre un donne :
On obtient ainsi :
En simplifiant par S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t \neq 0, on aboutit à l'équation locale de conservation :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Mise en équation
- Faisable en BCPST1
Notions : flux convectif, vecteur densité de flux
Nous supposons que les gouttelettes se déplacent verticalement à la vitesse caractéristique () constante (se reporter à la question (10)).
Exprimer la densité de flux d'advection en fonction de la concentration et de . Ce calcul peut, avantageusement, s'appuyer sur un schéma.
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Exprimer le flux convectif à travers une section horizontale : les gouttelettes traversent la surface avec la vitesse uniforme v_z^\star\vec{e}_z.
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Pour relier la densité de flux d'advection \vec{j}_{\mathrm{A}} à la concentration c et à la vitesse \vec{v} = v_z^\star \vec{e}_z :
- On considère une surface élémentaire traversée par les particules pendant une durée \mathrm{d}t.
- On détermine le nombre de particules franchissant cette surface à l'aide d'un volume élémentaire de transport (cylindre d'advection).
- On identifie le vecteur densité de flux à partir de la définition du flux de particules.
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition du vecteur densité de flux d'advection comme le produit de la concentration par la vitesse de sédimentation.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons une surface élémentaire plane \mathrm{d}S, orientée par le vecteur normal unitaire \vec{n}, située au point \vec{r} à l'instant t. Les gouttelettes sont entraînées par le champ de pesanteur avec la vitesse constante d'advection :
Pendant l'intervalle de temps élémentaire \mathrm{d}t, les gouttelettes qui traversent la surface \mathrm{d}S dans le sens de \vec{n} sont exactement celles qui se trouvaient initialement à l'intérieur du cylindre élémentaire de base \mathrm{d}S et de génératrice \vec{v}\,\mathrm{d}t.
Le volume de ce cylindre vaut :
La concentration c(\vec{r}, t) étant supposée uniforme à l'échelle mésoscopique du volume \mathrm{d}^2V, le nombre de gouttelettes traversant \mathrm{d}S pendant \mathrm{d}t s'écrit :
Le flux particulaire algébrique \mathrm{d}\Phi_{\mathrm{A}} à travers \mathrm{d}S s'exprime donc par :
Par définition du vecteur densité de flux de particules \vec{j}_{\mathrm{A}}, défini par \mathrm{d}\Phi_{\mathrm{A}} = \vec{j}_{\mathrm{A}}\cdot\vec{n}\,\mathrm{d}S, on identifie :
En introduisant l'expression de la vitesse verticale \vec{v} = v_z^\star \vec{e}_z, on obtient :
Résultat
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en BCPST1
Notions : équation de diffusion, loi de fick
Déduire alors, de l'équation (5), l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la concentration .
On donne la relation suivante :
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Remplacer l'expression du flux total \vec{j} = \vec{j}_\text{D} + \vec{j}_\text{A} dans l'équation de conservation tridimensionnelle.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la densité de flux totale \vec{j} comme la somme des composantes diffusive \vec{j}_{\mathrm{D}} et advective \vec{j}_{\mathrm{A}}.
- Calculer la divergence de chacun des deux termes en exploitant la constance de D_R et de la vitesse de sédimentation v_z^\star, ainsi que la relation vectorielle fournie pour le laplacien.
- Réinjecter cette divergence dans l'équation locale de conservation (5) pour obtenir l'équation advecto-diffusive.
Voir la réponse courteRéponse courte
Insertion du flux total (diffusion de Fick et advection) dans l'équation locale de conservation de la matière.
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La densité de flux volumique totale de gouttelettes s'écrit comme la somme de la contribution diffusive et de la contribution advective :
En utilisant la loi de Fick (équation (6)) et le résultat de la question 15, il vient :
Calculons la divergence de cette densité de flux par linéarité :
Pour le terme de diffusion, le coefficient D_R étant supposé uniforme, la relation (7) donne :
\mathrm{div}\,\vec{j}_{\mathrm{D}} = \mathrm{div}\left(-D_R \vec{\mathrm{grad}}\,c\right) = -D_R\,\mathrm{div}(\vec{\mathrm{grad}}\,c) = -D_R\,\Delta cPour le terme d'advection, la vitesse v_z^\star étant constante dans l'espace :
\mathrm{div}\,\vec{j}_{\mathrm{A}} = \frac{\partial}{\partial z}\left(c\,v_z^\star\right) = v_z^\star\,\frac{\partial c}{\partial z}
La divergence totale est donc :
En reportant cette expression dans l'équation de bilan local (5), \dfrac{\partial c}{\partial t} = -\mathrm{div}\,\vec{j}, on obtient l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la concentration c(\vec{r}, t) :
que l'on peut également écrire sous la forme \dfrac{\partial c}{\partial t} = D_R \Delta c - v_z^\star \dfrac{\partial c}{\partial z}.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : analyse dimensionnelle, facteur de boltzmann
Former une distance caractéristique en dessous de laquelle nous pouvons considérer que la diffusion domine l'advection. Exprimer d'abord cette distance en fonction de et .
L'exprimer ensuite en fonction de , et la masse d'une gouttelette. Analyser ce résultat.
Calculer la valeur de pour et .
Voir l'indiceIndice
Comparer les ordres de grandeur des termes \frac{D_R}{z_\star} et |v_z^\star|, puis injecter la relation de Stokes-Einstein pour relier z_\star à k_\text{B}T et mg.
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- Comparer l'ordre de grandeur du terme advectif et du terme diffusif dans l'équation régissant la concentration spatiale c sur une échelle spatiale z, pour définir la longueur de coupure z_\star.
- Exprimer |v_z^\star| et D_R à l'aide de la loi de Stokes et de la formule de Stokes-Einstein afin de simplifier le rapport.
- Interpréter la longueur obtenue sous l'angle énergétique (statistique de Boltzmann).
- Mener l'application numérique avec les données de l'énoncé.
Voir la réponse courteRéponse courte
Comparaison des flux conductif et convectif pour identifier la hauteur d'échelle z_\star = k_{\mathrm{B}}T/(mg).
Voir le corrigé completCorrigé complet
À une échelle spatiale caractéristique z, les ordres de grandeur spatiaux des termes d'advection et de diffusion intervenant dans l'équation régissant la concentration (question Q16) s'écrivent :
La diffusion domine l'advection dès lors que :
La distance caractéristique cherchée est donc :
D'après la relation de Stokes-Einstein (équation (4)) :
Par ailleurs, à la vitesse limite de sédimentation, le poids compense exactement la traînée de Stokes (la poussée d'Archimède étant négligée) :
En effectuant le rapport des deux grandeurs, le facteur de friction hydrodynamique 6\pi\eta R se simplifie :
Analyse du résultat : Cette longueur z_\star correspond à l'altitude pour laquelle l'énergie potentielle de pesanteur d'une gouttelette compense l'énergie d'agitation thermique :
Il s'agit précisément de la hauteur d'échelle (ou longueur de sédimentation) apparaissant dans le facteur de Boltzmann d'une atmosphère isotherme, \exp\left(-\frac{mgz}{k_{\mathrm{B}}T}\right) = \exp\left(-\frac{z}{z_\star}\right). Pour des altitudes inférieures à z_\star, l'agitation thermique empêche la sédimentation et homogénéise la répartition des particules.
Application numérique : Pour une gouttelette de rayon R = 1\text{ }\mu\mathrm{m} = 10^{-6}\text{ m}, avec \pi = 3 et \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\mathrm{m}^{-3} :
Avec g = 10\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-2} et k_{\mathrm{B}}T = 4 \times 10^{-21}\text{ J} :
Résultat
Question 18
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en BCPST1
Notions : analyse dimensionnelle, ordre de grandeur
Paraît-il alors justifié de négliger la diffusion dans l'étude de la sédimentation (étude de la partie (1.2)) ?
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Comparer la hauteur caractéristique z_\star à la hauteur typique de chute z_0 \sim 2\text{ m}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Comparaison entre la hauteur caractéristique z_\star et la taille de la pièce montrant la prépondérance de l'advection.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q17, la diffusion ne domine l'advection que sur des distances spatiales caractéristiques inférieures à la hauteur d'échelle :
Pour R = 1\text{ }\mu\text{m}, nous avons obtenu z_\star = 10^{-7}\text{ m} = 0{,}1\text{ }\mu\text{m}.
Dans la partie 1.2, les gouttelettes étudiées ont des rayons bien supérieurs, typiquement R = 20\text{ }\mu\text{m} et R = 100\text{ }\mu\text{m}, et évoluent sur une hauteur de chute z_0 = 2\text{ m} :
Pour R = 20\text{ }\mu\text{m} :
z_\star(20\text{ }\mu\text{m}) = \frac{z_\star(1\text{ }\mu\text{m})}{20^3} = \frac{10^{-7}}{8\times 10^3} \simeq 1{,}2 \times 10^{-11}\text{ m}- Pour R = 100\text{ }\mu\text{m} : z_\star(100\text{ }\mu\text{m}) \simeq 10^{-13}\text{ m}.
Ces échelles spatiales sont d'ordre sub-nanométrique, voire inframoléculaire, et sont totalement négligeables devant la hauteur de chute macroscopique z_0 = 2\text{ m} (z_\star \ll z_0). L'advection gravitaire gouverne ainsi entièrement le mouvement vertical des gouttelettes.
Résultat
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Pourquoi l'évaporation d'une gouttelette de salive s'arrête-t-elle en Q30 ?
L'évaporation concentre les solutés non volatils, ce qui abaisse l'activité de l'eau et la pression de vapeur saturante effective au niveau de l'interface. Dès que cette pression équilibre l'humidité relative ambiante H, le flux net d'évaporation s'annule et le rayon se stabilise à la valeur finie R_{\mathrm{ev}}.
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