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Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2022

Mécanismes d'une propagation virale et conditions de formation d'un virus

Ce sujet interdisciplinaire d'une grande actualité aborde la modélisation physico-chimique de la pandémie de Covid-19 en deux volets indépendants. La première partie propose une étude hydrodynamique et diffusive remarquable de la dispersion des gouttelettes de salive (bilan de contamination, chute visqueuse sous traînée de Stokes, compétition advection-diffusion, puis évaporation en milieu humide). La seconde partie étudie les conditions thermodynamiques et électrostatiques régissant la stabilité d'une capside virale sphérique dans un électrolyte, via le modèle de Poisson-Boltzmann linéarisé et l'incorporation de l'ARN viral.

D'une longueur substantielle (51 questions), ce sujet exige une grande aisance en calcul d'ordres de grandeur sans calculatrice, une parfaite maîtrise des bilans locaux et globaux de transport, ainsi qu'une solide compréhension physique de l'écrantage ionique. Il constitue une excellente épreuve de révision pour consolider les ponts entre physique statistique, mécanique des fluides visqueux et électrostatique.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 3 h 25 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

9 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (43) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (6) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie 1 : Étude des mécanismes physiques dont dépend une propagation virale.

1.1 · Paramètres conditionnant le risque d'infection.

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : bilan de matière, régime stationnaire

Les phénomènes d'émission et de sédimentation fixent, conjointement, le nombre moyen de gouttelettes contenues dans le volume . Exprimer ce nombre en fonction de , et .

Voir l'indice

Écrire le bilan macroscopique à l'état stationnaire : le taux d'émission total compense exactement le taux de disparition par sédimentation N_\text{susp}/\tau_\text{sed}.

Voir la réponse courte

Bilan en régime stationnaire entre émission et disparition par sédimentation : N_{\mathrm{susp}} = p f_{\mathrm{em}} \tau_{\mathrm{sed}}.

Voir le corrigé complet

Considérons l'ensemble des gouttelettes en suspension dans le volume V de la pièce.

  • Les p personnes infectées émettent chacune des gouttelettes au taux f_{\text{em}}, ce qui correspond à un taux de création total :

    \left(\frac{\mathrm{d}N_{\text{susp}}}{\mathrm{d}t}\right)_{\text{ém}} = p\,f_{\text{em}}
  • Chaque gouttelette ayant une durée de vie moyenne \tau_{\text{sed}} dans l'air avant de sédimenter, le taux de disparition de ces gouttelettes s'écrit sous la forme d'une loi de relaxation d'ordre 1 :

    \left(\frac{\mathrm{d}N_{\text{susp}}}{\mathrm{d}t}\right)_{\text{séd}} = -\frac{N_{\text{susp}}}{\tau_{\text{sed}}}

Le bilan global sur le nombre moyen de gouttelettes s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}N_{\text{susp}}}{\mathrm{d}t} = p\,f_{\text{em}} - \frac{N_{\text{susp}}}{\tau_{\text{sed}}}

En régime stationnaire, ce nombre moyen est constant au cours du temps (\frac{\mathrm{d}N_{\text{susp}}}{\mathrm{d}t} = 0), d'où :

\boxed{N_{\text{susp}} = p\,f_{\text{em}}\,\tau_{\text{sed}}}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : concentration, bilan de matière

En déduire l'expression, en fonction de , , , et , du nombre moyen de virus contenus dans l'air de la pièce.

Voir l'indice

Multiplier le nombre de gouttelettes N_\text{susp} par le volume d'une gouttelette sphérique \frac{4}{3}\pi R^3 et par la concentration virale c_\text{vir}.

Voir la réponse courte

Multiplication du nombre de gouttelettes par le volume d'une gouttelette et par la concentration virale.

Voir le corrigé complet

Chaque gouttelette étant modélisée par une sphère de rayon R, son volume individuel s'écrit :

V_{\text{g}} = \frac{4}{3}\pi R^3

La concentration volumique en virus dans la salive constituant la gouttelette étant notée c_{\text{vir}}, le nombre moyen de virus contenu dans une seule gouttelette est :

n_{\text{vir}} = c_{\text{vir}} V_{\text{g}} = \frac{4}{3}\pi R^3 c_{\text{vir}}

D'après la question 1, le nombre moyen total de gouttelettes en suspension dans le volume V de la pièce est N_{\text{susp}} = p f_{\text{em}} \tau_{\text{sed}}.

Le nombre moyen total de virus N_{\text{vir}} présents dans l'air de la pièce s'obtient alors en multipliant le nombre total de gouttelettes par le nombre de virus portés par chacune :

N_{\text{vir}} = N_{\text{susp}} \, n_{\text{vir}}

soit finalement :

\boxed{N_{\text{vir}} = \frac{4}{3}\pi R^3 p f_{\text{em}} \tau_{\text{sed}} c_{\text{vir}}}

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur

Pour le virus SARS-CoV-2, de très récentes études ont permis d'estimer la concentration en virus dans la salive à la valeur . Par ailleurs, la fréquence d'émission, en parlant, est estimée à , pour des gouttelettes de rayon moyen . Le temps de leur sédimentation vaut approximativement .

En considérant qu'une seule personne contaminée parle (), estimer la valeur du nombre de virus contenus dans le volume .

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique avec précaution en convertissant les volumes : 1\text{ mL} = 10^{-6}\text{ m}^3 et R = 20\text{ }\mu\text{m}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume d'une gouttelette en utilisant la convention simplificatrice \pi = 3 fournie dans les données.
  2. Convertir rigoureusement les unités (notamment les \mathrm{mL} en \mathrm{m}^3) pour calculer le nombre moyen de virus par gouttelette puis le nombre total N_{\mathrm{vir}}.
Voir la réponse courte

Évaluation numérique du nombre total de virus en suspension dans la pièce.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q2, le nombre moyen de virus présents dans l'air s'écrit :

N_{\mathrm{vir}} = \frac{4}{3}\pi R^3 p f_{\mathrm{em}} \tau_{\mathrm{sed}} c_{\mathrm{vir}}

Avec la convention \pi = 3 donnée par l'énoncé, le volume d'une gouttelette sphérique vaut :

V_{\mathrm{g}} = \frac{4}{3}\pi R^3 = 4 R^3

Le volume V_{\mathrm{g}} d'une gouttelette de rayon R = 20\text{ }\mu\mathrm{m} = 2 \times 10^{-5}\text{ m} est :

V_{\mathrm{g}} = 4 \times (2 \times 10^{-5}\text{ m})^3 = 3{,}2 \times 10^{-14}\text{ m}^3 = 3{,}2 \times 10^{-8}\text{ mL}

Le nombre moyen de gouttelettes en suspension émises par la personne contaminée (p = 1) est :

N_{\mathrm{susp}} = p f_{\mathrm{em}} \tau_{\mathrm{sed}} = 1 \times 10^3\text{ s}^{-1} \times 10^3\text{ s} = 10^6

La concentration en virus étant c_{\mathrm{vir}} \simeq 10^6\text{ mL}^{-1}, on en déduit :

\begin{aligned} N_{\mathrm{vir}} &= N_{\mathrm{susp}} \times V_{\mathrm{g}} \times c_{\mathrm{vir}} \\ &= 10^6 \times (3{,}2 \times 10^{-8}\text{ mL}) \times (10^6\text{ mL}^{-1}) \\ &= 3{,}2 \times 10^4 \end{aligned}
\boxed{N_{\mathrm{vir}} \simeq 3 \times 10^4}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime stationnaire, temps caractéristique

Envisageons le cas d'une pièce aérée. Nous modélisons l'effet du renouvellement d'air en considérant qu'il induit une disparition de gouttelettes selon la fréquence , par gouttelette.

Exprimer, en fonction de , et , le nombre moyen de virus contenus dans l'air, dans cette nouvelle situation (toujours pour ).

Voir l'indice

Introduire dans le bilan stationnaire un terme de perte supplémentaire -f_\text{air} N'_\text{vir} pour identifier le temps de séjour effectif en présence d'aération.

Voir la stratégie
  1. Établir l'équation de bilan sur le nombre de gouttelettes en suspension dans la pièce en régime stationnaire, en tenant compte des deux mécanismes de disparition indépendants (sédimentation et renouvellement d'air).
  2. Exprimer le nouveau temps caractéristique de séjour effectif des gouttelettes.
  3. Relier le nouveau nombre moyen de virus N'_{\mathrm{vir}} au nombre initial N_{\mathrm{vir}} par proportionnalité directe avec le nombre de gouttelettes.
Voir la réponse courte

Somme des taux de disparition par sédimentation et renouvellement d'air pour déterminer N'_{\mathrm{vir}}.

Voir le corrigé complet

Dans la pièce aérée, chaque gouttelette disparaît par sédimentation avec une fréquence \tau_{\mathrm{sed}}^{-1} et par renouvellement d'air avec la fréquence f_{\mathrm{air}}. Ces deux processus étant indépendants, la fréquence totale de disparition d'une gouttelette s'écrit :

f_{\mathrm{tot}} = \frac{1}{\tau_{\mathrm{sed}}} + f_{\mathrm{air}}

Le bilan sur le nombre moyen de gouttelettes en suspension N'_{\mathrm{susp}} pour une seule personne contaminée (p = 1), en régime stationnaire (\mathrm{d}N'_{\mathrm{susp}}/\mathrm{d}t = 0), s'écrit :

f_{\mathrm{em}} - f_{\mathrm{tot}} N'_{\mathrm{susp}} = 0 \implies N'_{\mathrm{susp}} = \frac{f_{\mathrm{em}}}{\dfrac{1}{\tau_{\mathrm{sed}}} + f_{\mathrm{air}}} = \frac{f_{\mathrm{em}}\tau_{\mathrm{sed}}}{1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}}

D'après la question Q1, sans aération, N_{\mathrm{susp}} = f_{\mathrm{em}}\tau_{\mathrm{sed}}. On a donc :

N'_{\mathrm{susp}} = \frac{N_{\mathrm{susp}}}{1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}}

Le nombre moyen de virus étant proportionnel au nombre de gouttelettes en suspension d'après la question Q2 (N_{\mathrm{vir}} = \frac{4}{3}\pi R^3 c_{\mathrm{vir}} N_{\mathrm{susp}}), on en déduit directement :

\boxed{N'_{\mathrm{vir}} = \frac{N_{\mathrm{vir}}}{1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}}}

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur

Estimer la valeur de pour chacun des taux de disparition et (ce qui correspond à et renouvellements d'air complets par heure). Commenter ce résultat.

Voir l'indice

Convertir au préalable f_\text{air} en \text{s}^{-1} (1\text{ h}^{-1} = \frac{1}{3600}\text{ s}^{-1}) et comparer la baisse relative de la charge virale en suspension.

Voir la stratégie
  1. Convertir les fréquences de renouvellement d'air f_{\mathrm{air}} en \text{s}^{-1} pour calculer le terme sans dimension f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}.
  2. Calculer N'_{\mathrm{vir}} à l'aide de la formule établie à la question Q4, en utilisant la valeur estimée à la question Q3 (N_{\mathrm{vir}} \simeq 3 \times 10^4).
  3. Commenter l'efficacité de la ventilation sur la diminution de la charge virale en suspension.
Voir la réponse courte

Calcul numérique montrant la réduction drastique de la charge virale avec l'augmentation du taux d'aération.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q4, le nombre moyen de virus en suspension dans une pièce aérée s'exprime par :

N'_{\mathrm{vir}} = \frac{N_{\mathrm{vir}}}{1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}}

Avec \tau_{\mathrm{sed}} \simeq 10^3\text{ s} \simeq \frac{1000}{3600}\text{ h} = \frac{1}{3{,}6}\text{ h} :

  • Pour f_{\mathrm{air}} = 5\text{ h}^{-1} :

    \begin{aligned} f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &= \frac{5}{3{,}6} \simeq 1{,}4 \\ 1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &\simeq 2{,}4 \end{aligned}

    En prenant la valeur issue de la question Q3 (N_{\mathrm{vir}} \simeq 3 \times 10^4) :

    N'_{\mathrm{vir}} \simeq \frac{3 \times 10^4}{2{,}4} \simeq 1{,}3 \times 10^4
    \boxed{N'_{\mathrm{vir}}(5\text{ h}^{-1}) \simeq 1{,}3 \times 10^4}

    (Si l'on utilise la valeur arrondie N_{\mathrm{vir}} = 10^4 introduite plus loin dans le sujet, on trouve N'_{\mathrm{vir}} \simeq 4{,}2 \times 10^3.)

  • Pour f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1} :

    \begin{aligned} f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &= \frac{20}{3{,}6} \simeq 5{,}6 \\ 1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} &\simeq 6{,}6 \end{aligned}

    D'où :

    N'_{\mathrm{vir}} \simeq \frac{3 \times 10^4}{6{,}6} \simeq 4{,}5 \times 10^3
    \boxed{N'_{\mathrm{vir}}(20\text{ h}^{-1}) \simeq 4{,}5 \times 10^3}

    (Avec N_{\mathrm{vir}} = 10^4, on obtient N'_{\mathrm{vir}} \simeq 1{,}5 \times 10^3.)

Commentaire : L'aération entraîne une diminution importante du nombre de virus en suspension : la charge virale est divisée par un facteur d'environ 2{,}4 pour 5 renouvellements par heure, et par près de 6{,}6 pour 20 renouvellements par heure. Le renouvellement d'air évacue les aérosols bien plus rapidement que la sédimentation naturelle seule (pour f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1}, le temps caractéristique d'évacuation par renouvellement d'air \tau_{\mathrm{air}} = 1/f_{\mathrm{air}} = 180\text{ s} est nettement plus court que \tau_{\mathrm{sed}} = 1000\text{ s}). L'aération est donc un levier majeur de réduction du risque de transmission aéroportée.

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : débit volumique, concentration

Nous notons le volume d'air moyen inspiré par une personne, à chaque respiration, et sa fréquence respiratoire.

Exprimer, en fonction de , , et , le nombre moyen de virus inhalés par une personne, par unité de temps.

Estimer la valeur de (en ) pour une pièce de volume , , et .

Voir l'indice

Calculer le débit volumique d'air inhalé D_V = f_\text{resp} V_\text{resp} et le multiplier par la concentration volumique de virus N_\text{vir}/V.

Voir la réponse courte

Produit du débit volumique moyen inspiré par la concentration virale volumique dans la pièce.

Voir le corrigé complet

D'après les hypothèses du modèle, les gouttelettes et donc les virus sont répartis uniformément dans tout le volume V de la pièce. La concentration volumique moyenne en virus dans l'air s'écrit :

c_{\mathrm{air}} = \frac{N_{\mathrm{vir}}}{V}

À chaque inspiration, une personne absorbe un volume d'air V_{\mathrm{resp}}. Le nombre moyen de virus inhalés par cycle respiratoire est donc :

N_{\mathrm{insp}} = c_{\mathrm{air}} V_{\mathrm{resp}} = \frac{N_{\mathrm{vir}} V_{\mathrm{resp}}}{V}

La personne effectuant f_{\mathrm{resp}} inspirations par unité de temps, le débit moyen de virus inhalés \dot{N}_{\mathrm{resp}} est donné par le produit :

\boxed{\dot{N}_{\mathrm{resp}} = \frac{N_{\mathrm{vir}} f_{\mathrm{resp}} V_{\mathrm{resp}}}{V}}

Application numérique : Avec les données fournies :

  • V = 20 \times 2 = 40\text{ m}^3 ;
  • V_{\mathrm{resp}} = 0{,}5\text{ L} = 0{,}5 \times 10^{-3}\text{ m}^3 ;
  • f_{\mathrm{resp}} = 20\text{ min}^{-1} ;
  • N_{\mathrm{vir}} = 10^4.

Le calcul donne :

\dot{N}_{\mathrm{resp}} = \frac{10^4 \times 20 \times 0{,}5 \times 10^{-3}}{40} = \frac{100}{40} = 2{,}5\text{ min}^{-1}
\boxed{\dot{N}_{\mathrm{resp}} = 2{,}5\text{ min}^{-1}}

Résultat

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur

Nous modélisons l'effet protecteur du port de masque en considérant que la fréquence d'émission de gouttelettes est multipliée par un facteur () et que le nombre moyen de virus inhalés est, parallèlement, multiplié par un facteur ().

Exprimer, en fonction de , et , le nombre moyen de virus inhalés par une personne, par unité de temps, dans ces nouvelles conditions.

Estimer la valeur de (en ) pour et les données de la question (6).

Voir l'indice

Prendre en compte le double effet protecteur du masque en multipliant le taux d'émission par \eta_\text{em} et le taux d'inhalation par \eta_\text{resp}.

Voir la réponse courte

Multiplication du taux d'inhalation par les facteurs d'efficacité d'émission et de filtration du masque.

Voir le corrigé complet

D'après les questions 1 et 2, le nombre moyen de virus en suspension dans la pièce à l'état stationnaire est directement proportionnel à la fréquence d'émission f_{\mathrm{em}} de la personne infectée :

N_{\mathrm{vir}} \propto f_{\mathrm{em}}

Le port du masque par la personne infectée réduit la fréquence d'émission à f'_{\mathrm{em}} = \eta_{\mathrm{em}} f_{\mathrm{em}}, si bien que le nombre moyen de virus en suspension devient :

N'_{\mathrm{vir}} = \eta_{\mathrm{em}} N_{\mathrm{vir}}

Par ailleurs, le port du masque par la personne saine filtre une fraction des virus présents dans le volume d'air inspiré, réduisant le flux inhalé d'un facteur supplémentaire \eta_{\mathrm{resp}}. D'après l'expression établie à la question 6, le nombre moyen de virus inhalés par unité de temps s'écrit alors :

\dot{N}'_{\mathrm{resp}} = \eta_{\mathrm{resp}} \frac{N'_{\mathrm{vir}} f_{\mathrm{resp}} V_{\mathrm{resp}}}{V} = \eta_{\mathrm{resp}} \eta_{\mathrm{em}} \left(\frac{N_{\mathrm{vir}} f_{\mathrm{resp}} V_{\mathrm{resp}}}{V}\right)

soit :

\boxed{\dot{N}'_{\mathrm{resp}} = \eta_{\mathrm{em}}\eta_{\mathrm{resp}}\dot{N}_{\mathrm{resp}}}

Application numérique : Avec \eta_{\mathrm{em}} = \eta_{\mathrm{resp}} = 0{,}5 et \dot{N}_{\mathrm{resp}} = 2{,}5\text{ min}^{-1} d'après la question 6 :

\dot{N}'_{\mathrm{resp}} = 0{,}5 \times 0{,}5 \times 2{,}5 = 0{,}625\text{ min}^{-1}

En conservant deux chiffres significatifs :

\boxed{\dot{N}'_{\mathrm{resp}} \simeq 0{,}63\text{ min}^{-1}}

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps caractéristique, ordre de grandeur

Dans l'état actuel des connaissances, le nombre minimal de virus devant être inhalés pour entraîner une infection, chez un individu, n'est pas connu précisément. On peut toutefois estimer que ce nombre est assez bas pour le SARS-CoV2. Nous fixons sa valeur à .

Exprimer, en fonction de et , le temps (moyen) nécessaire au déclenchement d'une infection.

Estimer sa valeur dans les deux conditions extrêmes suivantes : (1) sans aération et sans masque ; (2) avec aération () et masque porté par la personne infectée et les autres. On se souviendra, pour faciliter les calculs, que les derniers résultats numériques furent obtenus pour .

Voir l'indice

Poser la relation simple T = N^\star_\text{resp} / \dot{N}_\text{resp} et calculer la durée d'exposition nécessaire pour les deux configurations.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le temps T comme le quotient de la dose minimale infectante N^\star_{\mathrm{resp}} par le débit moyen d'inhalation de virus \dot{N}_{\mathrm{resp}}.
  2. Pour la condition (1), utiliser directement la valeur de \dot{N}_{\mathrm{resp}} calculée à la question 6.
  3. Pour la condition (2), combiner les facteurs réducteurs dus aux masques (question 7) et à l'aération (questions 4 et 5) pour en déduire le nouveau débit d'inhalation et la nouvelle durée d'exposition T_2.
Voir la réponse courte

Rapport de la dose infectieuse au flux d'inhalation pour évaluer le délai avant contamination.

Voir le corrigé complet

À débit d'inhalation \dot{N}_{\mathrm{resp}} constant, le nombre cumulé de virus inhalés après une durée T vaut N_{\mathrm{inh}} = \dot{N}_{\mathrm{resp}}\, T. Le temps moyen nécessaire pour atteindre le seuil infectieux N^\star_{\mathrm{resp}} est donc :

\boxed{T = \frac{N^\star_{\mathrm{resp}}}{\dot{N}_{\mathrm{resp}}}}

1. Condition sans aération et sans masque : D'après la question 6, le débit d'inhalation vaut \dot{N}_{\mathrm{resp}} = 2{,}5\text{ min}^{-1} pour N_{\mathrm{vir}} = 10^4. On en déduit :

T_1 = \frac{100}{2{,}5\text{ min}^{-1}} = 40\text{ min}
\boxed{T_1 = 40\text{ min}}

2. Condition avec aération (f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1}) et masques : Le port du masque par l'émetteur et le récepteur introduit un facteur multiplicatif \eta_{\mathrm{em}}\eta_{\mathrm{resp}} sur le débit inhalé (question 7). Par ailleurs, le renouvellement de l'air divise le nombre de virus en suspension par un facteur 1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} (question 4). Le nouveau débit d'inhalation s'écrit donc :

\dot{N}_{\mathrm{resp}}^{(2)} = \frac{\eta_{\mathrm{em}}\eta_{\mathrm{resp}}}{1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}}\,\dot{N}_{\mathrm{resp}}

Le temps d'exposition nécessaire pour atteindre le seuil devient ainsi :

T_2 = \frac{N^\star_{\mathrm{resp}}}{\dot{N}_{\mathrm{resp}}^{(2)}} = T_1 \times \frac{1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}}}{\eta_{\mathrm{em}}\eta_{\mathrm{resp}}}

Avec \tau_{\mathrm{sed}} = 10^3\text{ s} = \frac{1000}{3600}\text{ h} = \frac{5}{18}\text{ h} et f_{\mathrm{air}} = 20\text{ h}^{-1} :

1 + f_{\mathrm{air}}\tau_{\mathrm{sed}} = 1 + \frac{20 \times 5}{18} = 1 + \frac{50}{9} = \frac{59}{9} \simeq 6{,}6

Avec \eta_{\mathrm{em}} = \eta_{\mathrm{resp}} = 0{,}5, soit \frac{1}{\eta_{\mathrm{em}}\eta_{\mathrm{resp}}} = 4 :

T_2 = 40\text{ min} \times 4 \times \frac{59}{9} \simeq 160 \times 6{,}56\text{ min} \simeq 1{,}05 \times 10^3\text{ min} \simeq 17{,}5\text{ h}

Compte tenu de la précision des données, on retient :

\boxed{T_2 \simeq 17\text{ h} \quad (\text{ou } 18\text{ h})}

Résultat

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1.2 · Sédimentation des gouttelettes, sans évaporation.

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, frottement fluide, temps caractéristique

Déduire, du principe fondamental de la dynamique appliqué à une gouttelette, l'équation différentielle vérifiée par chacune des composantes et de sa vitesse. On fera apparaître, dans chacune de ces équations, le temps caractéristique défini par le rapport suivant :

Attribuer une signification physique à cette grandeur.

Voir l'indice

Projeter le PFD dans le référentiel galiléen avec la force de Stokes -6\pi\eta R\vec{v} et le poids, puis identifier le temps caractéristique \tau^\star.

Voir la réponse courte

Projection du PFD avec force de traînée de Stokes et identification du temps de relaxation de la vitesse.

Voir le corrigé complet

On étudie la gouttelette de masse m et de rayon R, assimilée à un point matériel, dans le référentiel terrestre \mathcal{R}(\mathrm{O}, x, y, z) supposé galiléen.

La gouttelette sphérique est constituée d'eau de masse volumique \rho, d'où sa masse :

m = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho

Elle est soumise à deux forces (la poussée d'Archimède étant négligée selon l'énoncé) :

  • son poids : \vec{P} = m\vec{g} = -mg\,\vec{e}_z ;
  • la force de traînée visqueuse de Stokes : \vec{F}_{\mathrm{v}} = -6\pi\eta R\vec{v}.

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{P} + \vec{F}_{\mathrm{v}} = -mg\,\vec{e}_z - 6\pi\eta R\vec{v}

En divisant par m :

\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \frac{6\pi\eta R}{m}\vec{v} = -g\,\vec{e}_z

Or, le rapport \dfrac{m}{6\pi\eta R} s'écrit :

\frac{m}{6\pi\eta R} = \frac{\frac{4}{3}\pi R^3 \rho}{6\pi\eta R} = \frac{2\rho R^2}{9\eta} = \tau^\star

L'équation vectorielle devient donc :

\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \frac{\vec{v}}{\tau^\star} = -g\,\vec{e}_z

Par projection sur les axes (\mathrm{O}x) et (\mathrm{O}z), on obtient les équations différentielles scalaires vérifiées par v_x et v_z :

\boxed{\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}t} + \frac{v_x}{\tau^\star} = 0}
\boxed{\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} + \frac{v_z}{\tau^\star} = -g}

Signification physique : \tau^\star représente le temps de relaxation visqueuse de la gouttelette (durée caractéristique du régime transitoire). C'est l'échelle de temps au bout de laquelle la composante horizontale de la vitesse s'amortit significativement (extinction de l'inertie initiale) et la vitesse verticale de chute s'approche de sa vitesse limite permanente.

Résultat

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse limite, frottement fluide

Exprimer, en fonction de et , la vitesse limite de chute . Calculer la valeur de pour chacun des rayons et .

Voir l'indice

Annuler la dérivée temporelle de v_z pour obtenir la vitesse limite de chute v_z^\star = -g\tau^\star, puis calculer numériquement sa valeur absolue.

Voir la réponse courte

Équilibre entre poids et traînée visqueuse donnant la vitesse limite de chute v_z^\star = -g\tau^\star.

Voir le corrigé complet

Lorsque la gouttelette atteint sa vitesse limite de chute, son accélération s'annule : \dfrac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} = 0.

D'après l'équation différentielle établie à la question Q9 :

\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} + \frac{v_z}{\tau^\star} = -g

On en déduit immédiatement la composante verticale limite :

\boxed{v_z^\star = -g \tau^\star}

La valeur absolue de cette vitesse limite s'écrit donc :

|v_z^\star| = g \tau^\star = \frac{2\rho g R^2}{9\eta}

Applications numériques :

  • Pour R = 20\text{ }\mu\mathrm{m} = 2{,}0 \times 10^{-5}\text{ m} :

    |v_z^\star| = \frac{2 \times 10^3 \times 10 \times (2{,}0 \times 10^{-5})^2}{9 \times 2 \times 10^{-5}} = \frac{4}{90}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 4{,}4\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1}
    \boxed{|v_z^\star|_{R=20\,\mu\text{m}} \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}
  • Pour R = 100\text{ }\mu\mathrm{m} = 1{,}0 \times 10^{-4}\text{ m} : Comme |v_z^\star| \propto R^2, le rayon étant multiplié par 5, la vitesse limite est multipliée par 5^2 = 25 :

    |v_z^\star| = 25 \times \frac{4}{90}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = \frac{10}{9}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
    \boxed{|v_z^\star|_{R=100\,\mu\text{m}} \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : nombre de reynolds, frottement fluide

Compte tenu des résultats précédents, la relation de Stokes (équation (1)) semble-t-elle avoir été utilisée dans le bon cadre d'approximation ?

Voir l'indice

Évaluer le nombre de Reynolds \text{Re} = \rho_\text{air} |v_z^\star| (2R) / \eta pour vérifier si l'hypothèse de Stokes (\text{Re} \ll 1) reste valide.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le critère de validité de la loi de Stokes pour une sphère se déplaçant dans un fluide, basé sur le nombre de Reynolds Re.
  2. Calculer le nombre de Reynolds associé au mouvement de chute limite pour chacun des deux rayons étudiés à la question précédente (R = 20\text{ }\mu\text{m} et R = 100\text{ }\mu\text{m}).
  3. Conclure sur la pertinence de l'approximation de Stokes selon la valeur de R.
Voir la réponse courte

Vérification que le nombre de Reynolds particulaire est très inférieur à 1 pour valider la formule de Stokes.

Voir le corrigé complet

La formule de Stokes \vec{F}_{\mathrm{v}} = -6\pi\eta R\vec{v} modélise la traînée visqueuse en régime d'écoulement rampant, c'est-à-dire lorsque les forces d'inertie du fluide sont négligeables devant les forces visqueuses. Ce régime est caractérisé par un nombre de Reynolds :

Re = \frac{\rho_{\mathrm{air}} v D}{\eta} = \frac{2\rho_{\mathrm{air}} v R}{\eta} \ll 1

où D = 2R est la dimension caractéristique de la gouttelette (son diamètre) et v sa vitesse par rapport à l'air.

En considérant la vitesse limite de chute |v_z^\star| calculée à la question Q10 :

  • Pour R = 20\text{ }\mu\text{m}, avec |v_z^\star| \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

    \begin{aligned} Re &= \frac{2 \times 1 \times 4{,}4 \times 10^{-2} \times 20 \times 10^{-6}}{2 \times 10^{-5}} = 8{,}8 \times 10^{-2} \simeq 0{,}09 \end{aligned}

    On a Re \ll 1 : la relation de Stokes est pleinement justifiée.

  • Pour R = 100\text{ }\mu\text{m}, avec |v_z^\star| \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

    \begin{aligned} Re &= \frac{2 \times 1 \times 1{,}1 \times 100 \times 10^{-6}}{2 \times 10^{-5}} = 11 \end{aligned}

    On a Re > 1 : les forces d'inertie du fluide ne sont plus négligeables devant les forces visqueuses. La relation de Stokes cesse d'être rigoureusement valable (il faudrait introduire une traînée non linéaire, intermédiaire entre le régime visqueux et le régime quadratique de Newton).

\boxed{\text{La formule de Stokes est valable pour } R = 20\text{ }\mu\text{m}\ (Re \simeq 0{,}09 \ll 1)\text{, mais n'est plus adaptée pour } R = 100\text{ }\mu\text{m}\ (Re \simeq 11 > 1).}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, frottement fluide

Exprimer la distance horizontale maximale parcourue par une gouttelette. On supposera que l'altitude de lancée est suffisante pour que cette distance soit atteinte avant l'arrivée au sol.

Estimer cette distance pour et chacun des rayons et .

Voir l'indice

Intégrer l'expression de la vitesse horizontale v_x(t) = v_0 \exp(-t/\tau^\star) entre t=0 et l'infini pour trouver la portée balistique.

Voir la réponse courte

Intégration de la vitesse horizontale amortie pour déterminer la portée maximale x^\star = v_0 \tau^\star.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation différentielle établie à la question Q9, la composante horizontale de la vitesse vérifie :

\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}t} + \frac{v_x}{\tau^\star} = 0

Avec la condition initiale v_x(0) = v_0, l'évolution temporelle de v_x s'écrit :

v_x(t) = v_0 \exp\left(-\frac{t}{\tau^\star}\right)

En intégrant entre t = 0 (où x(0) = 0) et un instant t, on obtient la position horizontale :

x(t) = \int_0^t v_x(t')\,\mathrm{d}t' = v_0 \tau^\star \left[1 - \exp\left(-\frac{t}{\tau^\star}\right)\right]

L'altitude de lancer étant supposée suffisante pour que la gouttelette atteigne sa portée horizontale avant de toucher le sol, la distance horizontale maximale parcourue x^\star correspond à la limite lorsque t \gg \tau^\star :

\boxed{x^\star = v_0 \tau^\star = \frac{2\rho R^2 v_0}{9\eta}}

Applications numériques :

La vitesse initiale est v_0 = 100\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1} = 1{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

En réutilisant les valeurs de \tau^\star = |v_z^\star|/g issues de la question Q10 :

  • Pour R = 20\text{ }\mu\mathrm{m} :

    \tau^\star \simeq 4{,}4 \times 10^{-3}\text{ s} \implies x^\star = 1{,}0 \times 4{,}4 \times 10^{-3} = 4{,}4 \times 10^{-3}\text{ m}
    \boxed{x^\star(20\text{ }\mu\mathrm{m}) \simeq 4{,}4\text{ mm}}
  • Pour R = 100\text{ }\mu\mathrm{m} :

    \tau^\star \simeq 0{,}11\text{ s} \implies x^\star = 1{,}0 \times 0{,}11 = 0{,}11\text{ m}
    \boxed{x^\star(100\text{ }\mu\mathrm{m}) \simeq 11\text{ cm}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse limite, chute libre

Établir que le temps de sédimentation , en négligeant le régime transitoire, s'exprime selon la relation suivante :

Estimer sa valeur pour et chacun des rayons et . Justifier que l'évaporation peut expliquer l'écart important entre ces valeurs et celle donnée () à la question (3).

Voir l'indice

Négliger le temps d'établissement transitoire et relier directement la distance verticale z_0 à la vitesse limite |v_z^\star|.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'équation horaire du mouvement vertical en négligeant le régime transitoire, c'est-à-dire en considérant la vitesse constante égale à la vitesse limite v_z^\star.
  2. En déduire le temps mis pour atteindre le sol (z = 0) depuis l'altitude initiale z_0.
  3. Effectuer les applications numériques avec les valeurs de \tau^\star ou de |v_z^\star| calculées à la question Q10.
  4. Analyser physiquement l'effet de l'évaporation sur la taille des gouttelettes et donc sur leur vitesse de chute.
Voir la réponse courte

Calcul du temps de chute à vitesse limite et mise en évidence du rôle de l'évaporation sur la durée de suspension.

Voir le corrigé complet

En négligeant la phase transitoire (ce qui est justifié puisque la durée du transitoire \tau^\star \ll 1\text{ s} est très inférieure au temps de chute), la gouttelette se déplace selon la verticale à la vitesse limite constante :

v_z(t) = v_z^\star = -g\tau^\star

Par intégration temporelle avec la condition initiale z(0) = z_0, l'altitude de la gouttelette s'écrit :

z(t) = z_0 + v_z^\star t = z_0 - g\tau^\star t

Le temps de sédimentation \tau_{\mathrm{sed}}^{(0)} correspond à l'instant où la gouttelette atteint le sol (z = 0) :

0 = z_0 - g\tau^\star \tau_{\mathrm{sed}}^{(0)}

D'où l'expression recherchée :

\boxed{\tau_{\mathrm{sed}}^{(0)} = \frac{z_0}{g\tau^\star} = \frac{z_0}{|v_z^\star|}}

Applications numériques : Avec z_0 = 2\text{ m} et les vitesses limites obtenues à la question Q10 :

  • Pour R = 20\text{ }\mu\mathrm{m}, |v_z^\star| \simeq 4{,}4 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (soit \frac{4}{9} \times 10^{-1}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) :

    \tau_{\mathrm{sed}}^{(0)}(20\text{ }\mu\mathrm{m}) = \frac{2}{\frac{4}{9} \times 10^{-1}} = \frac{18}{0{,}4} = \mathbf{45\text{ s}}
  • Pour R = 100\text{ }\mu\mathrm{m}, |v_z^\star| \simeq 1{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (soit \frac{10}{9}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) :

    \tau_{\mathrm{sed}}^{(0)}(100\text{ }\mu\mathrm{m}) = \frac{2}{\frac{10}{9}} = \frac{18}{10} = \mathbf{1{,}8\text{ s}}

Rôle de l'évaporation : La valeur de référence de la question Q3 est \tau_{\mathrm{sed}} \simeq 10^3\text{ s} \approx 17\text{ min}, ce qui est bien supérieur aux 45\text{ s} calculées en l'absence d'évaporation. En s'évaporant dans un air non saturé en eau, la gouttelette voit son rayon R décroître continûment. Or, la vitesse limite de chute est proportionnelle au carré du rayon :

|v_z^\star| \propto R^2

Au fur et à mesure que la gouttelette rétrécit, sa vitesse de chute chute drastiquement. Elle se transforme en un résidu d'aérosol microscopique qui reste en suspension beaucoup plus longtemps, ce qui justifie un temps de séjour effectif \tau_{\mathrm{sed}} considérablement plus long.

Résultat

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1.3 · Sédimentation et diffusion des gouttelettes, sans évaporation.

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en BCPST1

Notions : bilan de matière, équation de diffusion

Établir, dans le cas unidimensionnel où , l'équation aux dérivées partielles liant à . On accompagnera d'un schéma le raisonnement tenu.

Dans une situation tridimensionnelle, nous admettrons que cette équation prend la forme suivante :

Voir l'indice

Effectuer un bilan particulaire unidimensionnel sur une tranche [x, x+\mathrm{d}x] entre t et t+\mathrm{d}t en l'absence de création.

Voir la stratégie

Pour établir une équation locale de conservation :

  1. On choisit un volume de contrôle mésoscopique fixe entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x, de section droite S normale à \vec{e}_x.
  2. On exprime la variation temporelle du nombre de particules dans ce volume entre t et t+\mathrm{d}t.
  3. On effectue le bilan avec les flux entrant en x et sortant en x+\mathrm{d}x (en l'absence de terme source ou puits), puis on développe à l'ordre un en \mathrm{d}x.
Voir la réponse courte

Bilan unidimensionnel de matière sur une tranche d'épaisseur \mathrm{d}x entre les instants t et t+\mathrm{d}t.

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche d'espace fixe (volume de contrôle mésoscopique) délimitée par les plans perpendiculaires à l'axe (Ox) d'abscisses x et x + \mathrm{d}x, d'aire transverse S. Le volume élémentaire vaut :

\mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}x

Le nombre de gouttelettes contenues dans ce volume à l'instant t s'écrit :

\mathrm{d}N(t) = c(x, t)\,\mathrm{d}V = c(x, t)\,S\,\mathrm{d}x

Entre les instants t et t + \mathrm{d}t, la variation du nombre de gouttelettes est :

\mathrm{d}[\mathrm{d}N] = \left[ c(x, t+\mathrm{d}t) - c(x, t) \right] S\,\mathrm{d}x = \frac{\partial c}{\partial t}(x, t)\,S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t

En l'absence de création ou de destruction de gouttelettes au sein du volume élémentaire (pas de réactions ni de dépôts internes), cette variation est uniquement due aux échanges de matière à travers les frontières :

  • en x, le nombre de gouttelettes entrant dans la tranche pendant \mathrm{d}t est :

    \delta N_{\mathrm{entrant}} = j_x(x, t)\,S\,\mathrm{d}t
  • en x + \mathrm{d}x, le nombre de gouttelettes sortant de la tranche pendant \mathrm{d}t est :

    \delta N_{\mathrm{sortant}} = j_x(x + \mathrm{d}x, t)\,S\,\mathrm{d}t

Le bilan de matière s'écrit donc :

\begin{aligned} \mathrm{d}[\mathrm{d}N] &= \delta N_{\mathrm{entrant}} - \delta N_{\mathrm{sortant}} \\ &= \left[ j_x(x, t) - j_x(x + \mathrm{d}x, t) \right] S\,\mathrm{d}t \end{aligned}

Un développement de Taylor à l'ordre un donne :

j_x(x + \mathrm{d}x, t) = j_x(x, t) + \frac{\partial j_x}{\partial x}(x, t)\,\mathrm{d}x

On obtient ainsi :

\frac{\partial c}{\partial t}(x, t)\,S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t = -\frac{\partial j_x}{\partial x}(x, t)\,S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t

En simplifiant par S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t \neq 0, on aboutit à l'équation locale de conservation :

\boxed{\frac{\partial c}{\partial t} = -\frac{\partial j_x}{\partial x}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en BCPST1

Notions : flux convectif, vecteur densité de flux

Nous supposons que les gouttelettes se déplacent verticalement à la vitesse caractéristique () constante (se reporter à la question (10)).

Exprimer la densité de flux d'advection en fonction de la concentration et de . Ce calcul peut, avantageusement, s'appuyer sur un schéma.

Voir l'indice

Exprimer le flux convectif à travers une section horizontale : les gouttelettes traversent la surface avec la vitesse uniforme v_z^\star\vec{e}_z.

Voir la stratégie

Pour relier la densité de flux d'advection \vec{j}_{\mathrm{A}} à la concentration c et à la vitesse \vec{v} = v_z^\star \vec{e}_z :

  1. On considère une surface élémentaire traversée par les particules pendant une durée \mathrm{d}t.
  2. On détermine le nombre de particules franchissant cette surface à l'aide d'un volume élémentaire de transport (cylindre d'advection).
  3. On identifie le vecteur densité de flux à partir de la définition du flux de particules.
Voir la réponse courte

Définition du vecteur densité de flux d'advection comme le produit de la concentration par la vitesse de sédimentation.

Voir le corrigé complet

Considérons une surface élémentaire plane \mathrm{d}S, orientée par le vecteur normal unitaire \vec{n}, située au point \vec{r} à l'instant t. Les gouttelettes sont entraînées par le champ de pesanteur avec la vitesse constante d'advection :

\vec{v} = v_z^\star \vec{e}_z \quad (\text{avec } v_z^\star \le 0)

Pendant l'intervalle de temps élémentaire \mathrm{d}t, les gouttelettes qui traversent la surface \mathrm{d}S dans le sens de \vec{n} sont exactement celles qui se trouvaient initialement à l'intérieur du cylindre élémentaire de base \mathrm{d}S et de génératrice \vec{v}\,\mathrm{d}t.

Le volume de ce cylindre vaut :

\mathrm{d}^2V = (\vec{v}\cdot\vec{n})\,\mathrm{d}S\,\mathrm{d}t

La concentration c(\vec{r}, t) étant supposée uniforme à l'échelle mésoscopique du volume \mathrm{d}^2V, le nombre de gouttelettes traversant \mathrm{d}S pendant \mathrm{d}t s'écrit :

\mathrm{d}^2N = c(\vec{r}, t)\,\mathrm{d}^2V = c(\vec{r}, t)(\vec{v}\cdot\vec{n})\,\mathrm{d}S\,\mathrm{d}t

Le flux particulaire algébrique \mathrm{d}\Phi_{\mathrm{A}} à travers \mathrm{d}S s'exprime donc par :

\mathrm{d}\Phi_{\mathrm{A}} = \frac{\mathrm{d}^2N}{\mathrm{d}t} = c(\vec{r}, t)\,\vec{v}\cdot\vec{n}\,\mathrm{d}S

Par définition du vecteur densité de flux de particules \vec{j}_{\mathrm{A}}, défini par \mathrm{d}\Phi_{\mathrm{A}} = \vec{j}_{\mathrm{A}}\cdot\vec{n}\,\mathrm{d}S, on identifie :

\vec{j}_{\mathrm{A}}(\vec{r}, t) = c(\vec{r}, t)\,\vec{v}

En introduisant l'expression de la vitesse verticale \vec{v} = v_z^\star \vec{e}_z, on obtient :

\boxed{\vec{j}_{\mathrm{A}}(\vec{r}, t) = c(\vec{r}, t)\,v_z^\star\,\vec{e}_z}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : équation de diffusion, loi de fick

Déduire alors, de l'équation (5), l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la concentration .

On donne la relation suivante :

Voir l'indice

Remplacer l'expression du flux total \vec{j} = \vec{j}_\text{D} + \vec{j}_\text{A} dans l'équation de conservation tridimensionnelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité de flux totale \vec{j} comme la somme des composantes diffusive \vec{j}_{\mathrm{D}} et advective \vec{j}_{\mathrm{A}}.
  2. Calculer la divergence de chacun des deux termes en exploitant la constance de D_R et de la vitesse de sédimentation v_z^\star, ainsi que la relation vectorielle fournie pour le laplacien.
  3. Réinjecter cette divergence dans l'équation locale de conservation (5) pour obtenir l'équation advecto-diffusive.
Voir la réponse courte

Insertion du flux total (diffusion de Fick et advection) dans l'équation locale de conservation de la matière.

Voir le corrigé complet

La densité de flux volumique totale de gouttelettes s'écrit comme la somme de la contribution diffusive et de la contribution advective :

\vec{j}(\vec{r}, t) = \vec{j}_{\mathrm{D}}(\vec{r}, t) + \vec{j}_{\mathrm{A}}(\vec{r}, t)

En utilisant la loi de Fick (équation (6)) et le résultat de la question 15, il vient :

\vec{j}(\vec{r}, t) = -D_R \vec{\mathrm{grad}}\,c(\vec{r}, t) + c(\vec{r}, t)\,v_z^\star\,\vec{e}_z

Calculons la divergence de cette densité de flux par linéarité :

  • Pour le terme de diffusion, le coefficient D_R étant supposé uniforme, la relation (7) donne :

    \mathrm{div}\,\vec{j}_{\mathrm{D}} = \mathrm{div}\left(-D_R \vec{\mathrm{grad}}\,c\right) = -D_R\,\mathrm{div}(\vec{\mathrm{grad}}\,c) = -D_R\,\Delta c
  • Pour le terme d'advection, la vitesse v_z^\star étant constante dans l'espace :

    \mathrm{div}\,\vec{j}_{\mathrm{A}} = \frac{\partial}{\partial z}\left(c\,v_z^\star\right) = v_z^\star\,\frac{\partial c}{\partial z}

La divergence totale est donc :

\mathrm{div}\,\vec{j} = -D_R\,\Delta c + v_z^\star\,\frac{\partial c}{\partial z}

En reportant cette expression dans l'équation de bilan local (5), \dfrac{\partial c}{\partial t} = -\mathrm{div}\,\vec{j}, on obtient l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la concentration c(\vec{r}, t) :

\boxed{\frac{\partial c}{\partial t} + v_z^\star \frac{\partial c}{\partial z} = D_R \Delta c}

que l'on peut également écrire sous la forme \dfrac{\partial c}{\partial t} = D_R \Delta c - v_z^\star \dfrac{\partial c}{\partial z}.

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : analyse dimensionnelle, facteur de boltzmann

Former une distance caractéristique en dessous de laquelle nous pouvons considérer que la diffusion domine l'advection. Exprimer d'abord cette distance en fonction de et .

L'exprimer ensuite en fonction de , et la masse d'une gouttelette. Analyser ce résultat.

Calculer la valeur de pour et .

Voir l'indice

Comparer les ordres de grandeur des termes \frac{D_R}{z_\star} et |v_z^\star|, puis injecter la relation de Stokes-Einstein pour relier z_\star à k_\text{B}T et mg.

Voir la stratégie
  1. Comparer l'ordre de grandeur du terme advectif et du terme diffusif dans l'équation régissant la concentration spatiale c sur une échelle spatiale z, pour définir la longueur de coupure z_\star.
  2. Exprimer |v_z^\star| et D_R à l'aide de la loi de Stokes et de la formule de Stokes-Einstein afin de simplifier le rapport.
  3. Interpréter la longueur obtenue sous l'angle énergétique (statistique de Boltzmann).
  4. Mener l'application numérique avec les données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Comparaison des flux conductif et convectif pour identifier la hauteur d'échelle z_\star = k_{\mathrm{B}}T/(mg).

Voir le corrigé complet

À une échelle spatiale caractéristique z, les ordres de grandeur spatiaux des termes d'advection et de diffusion intervenant dans l'équation régissant la concentration (question Q16) s'écrivent :

\left| v_z^\star \frac{\partial c}{\partial z} \right| \sim \frac{|v_z^\star| \, c}{z} \quad \text{et} \quad \left| D_R \frac{\partial^2 c}{\partial z^2} \right| \sim \frac{D_R \, c}{z^2}

La diffusion domine l'advection dès lors que :

\frac{D_R \, c}{z^2} > \frac{|v_z^\star| \, c}{z} \iff z < \frac{D_R}{|v_z^\star|}

La distance caractéristique cherchée est donc :

\boxed{z_\star = \frac{D_R}{|v_z^\star|}}

D'après la relation de Stokes-Einstein (équation (4)) :

D_R = \frac{k_{\mathrm{B}} T}{6\pi \eta R}

Par ailleurs, à la vitesse limite de sédimentation, le poids compense exactement la traînée de Stokes (la poussée d'Archimède étant négligée) :

m g = 6\pi \eta R |v_z^\star| \iff |v_z^\star| = \frac{m g}{6\pi \eta R}

En effectuant le rapport des deux grandeurs, le facteur de friction hydrodynamique 6\pi\eta R se simplifie :

\boxed{z_\star = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{m g}}

Analyse du résultat : Cette longueur z_\star correspond à l'altitude pour laquelle l'énergie potentielle de pesanteur d'une gouttelette compense l'énergie d'agitation thermique :

m g z_\star = k_{\mathrm{B}}T

Il s'agit précisément de la hauteur d'échelle (ou longueur de sédimentation) apparaissant dans le facteur de Boltzmann d'une atmosphère isotherme, \exp\left(-\frac{mgz}{k_{\mathrm{B}}T}\right) = \exp\left(-\frac{z}{z_\star}\right). Pour des altitudes inférieures à z_\star, l'agitation thermique empêche la sédimentation et homogénéise la répartition des particules.

Application numérique : Pour une gouttelette de rayon R = 1\text{ }\mu\mathrm{m} = 10^{-6}\text{ m}, avec \pi = 3 et \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\mathrm{m}^{-3} :

m = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho = \frac{4}{3} \times 3 \times (10^{-6})^3 \times 10^3 = 4 \times 10^{-15}\text{ kg}

Avec g = 10\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-2} et k_{\mathrm{B}}T = 4 \times 10^{-21}\text{ J} :

z_\star = \frac{4 \times 10^{-21}}{4 \times 10^{-15} \times 10} = 10^{-7}\text{ m}
\boxed{z_\star = 10^{-7}\text{ m} = 0{,}1\text{ }\mu\mathrm{m} = 100\text{ nm}}

Résultat

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : analyse dimensionnelle, ordre de grandeur

Paraît-il alors justifié de négliger la diffusion dans l'étude de la sédimentation (étude de la partie (1.2)) ?

Voir l'indice

Comparer la hauteur caractéristique z_\star à la hauteur typique de chute z_0 \sim 2\text{ m}.

Voir la réponse courte

Comparaison entre la hauteur caractéristique z_\star et la taille de la pièce montrant la prépondérance de l'advection.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, la diffusion ne domine l'advection que sur des distances spatiales caractéristiques inférieures à la hauteur d'échelle :

z_\star = \frac{k_{\mathrm{B}}T}{mg} \propto \frac{1}{R^3}

Pour R = 1\text{ }\mu\text{m}, nous avons obtenu z_\star = 10^{-7}\text{ m} = 0{,}1\text{ }\mu\text{m}.

Dans la partie 1.2, les gouttelettes étudiées ont des rayons bien supérieurs, typiquement R = 20\text{ }\mu\text{m} et R = 100\text{ }\mu\text{m}, et évoluent sur une hauteur de chute z_0 = 2\text{ m} :

  • Pour R = 20\text{ }\mu\text{m} :

    z_\star(20\text{ }\mu\text{m}) = \frac{z_\star(1\text{ }\mu\text{m})}{20^3} = \frac{10^{-7}}{8\times 10^3} \simeq 1{,}2 \times 10^{-11}\text{ m}
  • Pour R = 100\text{ }\mu\text{m} : z_\star(100\text{ }\mu\text{m}) \simeq 10^{-13}\text{ m}.

Ces échelles spatiales sont d'ordre sub-nanométrique, voire inframoléculaire, et sont totalement négligeables devant la hauteur de chute macroscopique z_0 = 2\text{ m} (z_\star \ll z_0). L'advection gravitaire gouverne ainsi entièrement le mouvement vertical des gouttelettes.

\boxed{\text{Il est parfaitement justifié de négliger la diffusion dans la partie 1.2.}}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique BCPST 2022 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (53 % des questions, partie 1), Électrostatique (24 %, partie 2) et Cinématique et dynamique du point (11 %). Plus ponctuellement : Facteur de Boltzmann et physique statistique, Thermodynamique chimique et équilibres, Réactions en solution aqueuse : acide-base, précipitation, complexation, Mécanique des fluides, Changements d'état du corps pur…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique BCPST 2022 dès la première année (BCPST1) ?

En partie : 32 questions sur 51 (63 %) ne demandent que le programme de BCPST1. Blocs abordables : la sous-partie 1.1 (Q1 à Q8). Avec les autres programmes de première année : 26 en MPSI, 27 en PCSI, 26 en PTSI, 26 en MP2I et 26 en TSI1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique BCPST 2022 ?

Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie 1 est la plus longue (environ 2 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique BCPST 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : notamment Q20 (diffusion thermique), Q30 (équilibre liquide-vapeur), Q34 (principe fondamental de la dynamique), Q35 (vitesse limite), Q47 (énergie potentielle) et Q48 (énergie électrostatique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique BCPST 2022 ?

Questions de cours : Q9 (principe fondamental de la dynamique), Q14 (bilan de matière), Q15 (flux convectif), Q19 (conservation de la masse), Q39 (développement limité) et Q40 (longueur de debye). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q10 (vitesse limite), Q12 (principe fondamental de la dynamique), Q22 (équation de diffusion), Q23 (loi de fick), Q27 (bilan de matière), Q28 (équation différentielle) et Q36 (potentiel électrostatique).

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique BCPST 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (36 sur 51), par exemple : Q1 à Q8, Q10 à Q12, Q15 à Q19, Q21 à Q23, Q28, Q29, Q31 à Q33, Q36 à Q45, Q49 et Q51. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q9, Q13, Q14, Q20, Q24 à Q27, Q30, Q34, Q35, Q46 et Q48.

Le sujet ENS Physique BCPST 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Que faut-il maximiser pour trouver le rayon r_ en Q20 ?

Il faut maximiser le nombre de gouttelettes \mathrm{d}^2N contenues dans la bague élémentaire, et non la concentration volumique. Le facteur géométrique r\,\mathrm{d}r déplace le maximum à r_\star > 0, alors que la concentration locale c(r) est maximale sur l'axe en r = 0.

Pourquoi l'évaporation d'une gouttelette de salive s'arrête-t-elle en Q30 ?

L'évaporation concentre les solutés non volatils, ce qui abaisse l'activité de l'eau et la pression de vapeur saturante effective au niveau de l'interface. Dès que cette pression équilibre l'humidité relative ambiante H, le flux net d'évaporation s'annule et le rayon se stabilise à la valeur finie R_{\mathrm{ev}}.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.