Corrigé détaillé ENS Physique Chimie L PC 2022 (page 2/4 : Physique (questions 18 à 34))
Diffusion en hydrodynamique et chimie des capsaïcinoïdes
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- Sujet accessible
- Faisable en PCSI : 21 questions sur 66
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Partie Physique : Étude d'un phénomène de diffusion en hydrodynamique (suite)
2.1 · Aspect énergétique
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : énergie potentielle, calcul intégral
Exprimer l'énergie potentielle du liquide dans l'état initial. On l'écrira sous la forme suivante :
La grandeur positive représente l'énergie potentielle du liquide lorsque sa surface est plane et horizontale. Le paramètre est un rapport positif. On donnera l'expression de en fonction de la masse du liquide, et , celle de en fonction de , et .
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Calculer l'intégrale pour une surface plane de hauteur h, puis intégrer le terme en Z(r)^2 pour en déduire le terme correctif sans dimension \alpha_p.
Expliquer la distillation fractionnée : quelle que soit la composition initiale de part et d'autre de l'azéotrope, le résidu dans le bouilleur évolue vers la composition azéotropique.
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- Exprimer tout d'abord l'énergie potentielle fictive E_{\mathrm{p}}^\star pour une surface plane et horizontale (Z(r) = h) à partir de l'intégrale obtenue à la question Q17.
- Calculer ensuite l'énergie potentielle initiale réelle E_{\mathrm{p}0} en injectant le profil de la surface libre Z(r) = h + k(2r^2 - R^2) établi à la question Q5.
- Factoriser par E_{\mathrm{p}}^\star pour identifier le rapport positif \alpha_{\mathrm{p}}.
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Calcul intégral de l'énergie potentielle initiale et mise sous la forme E_p^\star(1+\alpha_p).
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D'après la question Q17, l'énergie potentielle gravitationnelle du liquide s'écrit sous forme intégrale :
Énergie potentielle de référence E_{\mathrm{p}}^\star : Si la surface libre restait plane et horizontale, on aurait Z(r) = h pour tout r \in [0, R]. L'énergie potentielle associée s'écrirait alors :
La masse totale du liquide s'exprimant par m = \rho \pi R^2 h, on obtient immédiatement :
Énergie potentielle initiale réelle E_{\mathrm{p}0} : Dans l'état initial, la surface libre parabolique est décrite par l'équation (3) (question Q5) :
Développons son carré :
Calculons l'intégrale \int_0^R r Z^2(r) \, \mathrm{d}r terme à terme :
Premier terme :
\int_0^R r h^2 \, \mathrm{d}r = \frac{1}{2} h^2 R^2Terme croisé (nul en vertu de la conservation du volume du liquide incompressible) :
\int_0^R 2 h k (2r^3 - r R^2) \, \mathrm{d}r = 2 h k \left[ \frac{r^4}{2} - \frac{r^2 R^2}{2} \right]_0^R = 2 h k \left( \frac{R^4}{2} - \frac{R^4}{2} \right) = 0Dernier terme :
\begin{aligned} \int_0^R r k^2 (4r^4 - 4r^2 R^2 + R^4) \, \mathrm{d}r &= k^2 \int_0^R (4r^5 - 4r^3 R^2 + r R^4) \, \mathrm{d}r \\ &= k^2 \left[ \frac{2}{3} r^6 - r^4 R^2 + \frac{1}{2} r^2 R^4 \right]_0^R \\ &= k^2 R^6 \left( \frac{2}{3} - 1 + \frac{1}{2} \right) = \frac{1}{6} k^2 R^6 \end{aligned}
On en déduit l'expression de l'intégrale :
En multipliant par \pi \rho g, il vient :
avec :
Résultat
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : énergie mécanique, bilan énergétique
Établir que la variation d'énergie mécanique du liquide qui accompagne sa phase d'arrêt s'exprime selon la relation suivante :
On précisera la valeur du préfacteur numérique positif .
*Conseil : On ne remplacera le paramètre par son expression en fonction de et qu'à la dernière étape du calcul.*
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Faire la différence entre l'énergie mécanique finale au repos complet (E_{c,\infty} = 0, E_{p,\infty} = E_p^\star) et l'énergie mécanique initiale, puis substituer k = \Omega^2/(4g).
Former un sel de phosphonium quaternaire par réaction du dérivé bromé avec la triphénylphosphine, puis réaliser une oléfination de Wittig avec l'isobutyraldéhyde en milieu basique.
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- Exprimer l'énergie mécanique du fluide dans l'état final t \to \infty en utilisant l'immobilisation complète du fluide et la conservation du volume.
- Calculer la variation d'énergie mécanique \Delta E_{\mathrm{m}} = E_{\mathrm{m}}(t \to \infty) - E_{\mathrm{m}}(t = 0) à partir des expressions de E_{\mathrm{c}0} et E_{\mathrm{p}0} établies aux questions Q16 et Q18.
- Factoriser par -E_{\mathrm{c}}^\star, simplifier le terme correctif en fonction des paramètres du problème et injecter l'expression de k pour identifier \alpha^\star.
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Différence entre l'énergie finale au repos de surface plane et l'énergie initiale en rotation : expression de \Delta E_m.
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Dans l'état final (t \to \infty), le liquide s'est entièrement immobilisé :
Par conservation de la masse d'un fluide incompressible, la surface libre retrouve sa forme plane et horizontale d'altitude uniforme h. D'après la définition de E_{\mathrm{p}}^\star donnée à la question Q18 :
L'énergie mécanique finale s'écrit donc :
Dans l'état initial (t = 0), d'après les résultats des questions Q16 et Q18 :
La variation d'énergie mécanique s'en déduit :
En identifiant avec la forme proposée \Delta E_{\mathrm{m}} = -E_{\mathrm{c}}^\star (1 + \alpha), on a :
Exprimons le rapport E_{\mathrm{p}}^\star / E_{\mathrm{c}}^\star à l'aide des définitions :
En utilisant \alpha_{\mathrm{c}} = \dfrac{k R^2}{3h} et \alpha_{\mathrm{p}} = \dfrac{k^2 R^4}{3h^2}, le second terme devient :
Rappelons la relation établie à la question Q5 : k = \dfrac{\Omega^2}{4g}, soit \dfrac{g}{\Omega^2} = \dfrac{1}{4k}. Il vient alors :
On en déduit l'expression de \alpha en fonction de k :
En remplaçant enfin k par son expression k = \dfrac{\Omega^2}{4g} :
On a bien la forme requise avec :
Résultat
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, énergie interne
Établir un bilan énergétique (rigoureux et d'étaillé), portant sur le liquide, entre les situations initiale et finale. Nous supposerons, qu'au cours de la phase d'arrêt, l'échange de chaleur entre le liquide et le milieu extérieur (atmosphère et cylindre) peut être négligé.
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Appliquer le premier principe de la thermodynamique \Delta U + \Delta E_m = W_{\text{autres}} + Q à l'ensemble du fluide en considérant l'enceinte adiabatique et le fluide indilatable.
Invoquer l'addition réversible de radicaux \mathrm{NO_x}^\bullet ou de protons sur la double liaison rompant transitoirement la liaison \pi pour converger vers l'isomère (E) plus stable.
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- Définir clairement le système fermé constitué par le liquide de masse m entre l'instant initial t=0^+ (immédiatement après l'immobilisation de la cuve) et l'état final t \to \infty (repos complet).
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique sous sa forme générale incluant l'énergie mécanique macroscopique : \Delta U + \Delta E_{\mathrm{m}} = W + Q.
- Justifier l'annulation des transferts d'énergie thermique Q et de travail W avec le milieu extérieur.
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Premier principe pour le fluide isolé et indéformable : \Delta U + \Delta E_m = 0, dissipation visqueuse intégrale en énergie interne.
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Considérons le système fermé constitué par le liquide de masse m entre l'état initial (à t = 0^+, liquide en mouvement) et l'état final (t \to \infty, liquide totalement immobilisé).
Le premier principe de la thermodynamique appliqué à un système en mouvement macroscopique dans le référentiel galiléen \mathcal{R}_0 s'écrit :
où \Delta E_{\mathrm{m}} = \Delta E_{\mathrm{c}} + \Delta E_{\mathrm{p}} est la variation de l'énergie mécanique macroscopique (analysée à la question Q19), \Delta U la variation de son énergie interne, Q le transfert thermique reçu et W le travail des forces extérieures autres que la pesanteur (cette dernière étant prise en compte dans E_{\mathrm{p}}).
Détaillons les échanges énergétiques avec l'extérieur au cours de la phase d'arrêt :
Transfert thermique Q : l'énoncé stipule que tout échange de chaleur entre le liquide et le milieu extérieur (parois de la cuve et air ambiant) est négligeable, d'où :
Q = 0Travail des forces de pression atmosphérique W_{\text{atm}} : la pression atmosphérique p_0 étant supposée uniforme et constante, le travail exercé sur la surface libre s'écrit :
W_{\text{atm}} = -\int_{V_{\text{i}}}^{V_{\text{f}}} p_0 \,\mathrm{d}V = -p_0 \Delta VLe liquide étant incompressible, son volume global demeure rigoureusement constant (\Delta V = 0), d'où W_{\text{atm}} = 0.
Travail des forces exercées par les parois de la cuve W_{\text{cuve}} : la cuve est maintenue immobile pour tout t > 0. Les points de la paroi ont une vitesse nulle dans \mathcal{R}_0. Par condition d'adhérence du fluide visqueux sur les parois fixes, la vitesse du fluide au contact des parois est nulle. La puissance des forces de contact (pression et frottement visqueux) exercées par la cuve sur le liquide est donc identiquement nulle à tout instant :
\mathcal{P}_{\text{cuve}\to\text{liq}} = 0 \implies W_{\text{cuve}} = 0
Le travail total reçu par le liquide est donc nul :
On en déduit le bilan énergétique global :
En injectant le résultat de la question Q19, il vient :
Résultat
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, capacité thermique
Déduire de l'analyse précédente l'expression, en fonction de , , , et , de la variation de température du liquide accompagnant son immobilisation.
Estimer la valeur de pour . Commenter ce résultat.
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Relier la variation d'énergie interne à la capacité thermique massique \Delta U = m\, c_p\, \Delta T et effectuer l'application numérique avec les valeurs données.
Activer l'acide carboxylique sous forme de chlorure d'acyle à l'aide de chlorure de thionyle \mathrm{SOCl_2} avant couplage avec l'amine pour éviter la neutralisation acide-base.
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- Exprimer la variation d'énergie interne \Delta U du liquide pour une phase condensée indilatable et incompressible de capacité thermique massique c_p : \Delta U = m c_p \Delta T.
- Relier \Delta U à l'énergie mécanique dissipée calculée à la question Q20 (\Delta U = -\Delta E_{\mathrm{m}}) et en déduire l'expression littérale de \Delta T.
- Réaliser l'application numérique avec les données de l'énoncé et interpréter la petitesse de la valeur obtenue.
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Déduction de \Delta T = -\Delta E_m/(m c_p) et calcul numérique montrant une élévation de température infime.
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Le liquide étant assimilé à une phase condensée indilatable et incompressible, sa capacité thermique massique à pression constante se confond avec celle à volume constant. La variation d'énergie interne entre l'état initial et l'état final s'écrit donc :
D'après le bilan énergétique établi à la question Q20, on a :
En utilisant l'expression de E_{\mathrm{c}}^{\star} = \frac{1}{4} m R^2 \Omega^2 (question Q16) et celle de \alpha = \frac{1}{8} \frac{R^2\Omega^2}{gh} (question Q19), il vient :
En simplifiant par la masse m, on obtient :
Application numérique :
- R = 4\text{ cm} = 0{,}04\text{ m} ;
- h = 4\text{ cm} = 0{,}04\text{ m} ;
- g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} ;
- \Omega = 6\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} ;
- c_p = 4\times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
On calcule le terme correctif \alpha :
Ainsi, 1 + \alpha \simeq 1{,}02 \simeq 1. La variation de température vaut alors :
Commentaire : La hausse de température est extrêmement faible (de l'ordre de quelques microkelvins) et totalement indétectable avec un thermomètre usuel. Cela s'explique par la très forte capacité thermique de l'eau (c_p = 4\times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}) mise en regard de l'énergie cinétique massique macroscopique très modeste mise en jeu (\frac{1}{4}R^2\Omega^2 \sim 10^{-2}\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}). L'hypothèse d'une transformation isotherme est donc rigoureusement justifiée.
Résultat
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, travail mécanique
Si le cylindre avait été ralenti progressivement, au lieu d'être immobilisé brutalement, la variation de température du liquide aurait-elle été plus élevée ou plus faible ? Une argumentation rigoureuse et claire est attendue.
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Comparer le travail échangé avec le cylindre : lors d'un ralentissement progressif, le fluide cède un travail mécanique de freinage aux parois extérieures (W < 0), réduisant l'échauffement interne.
Écrire la demi-équation électronique d'oxydation à 2 électrons et 2 protons avec libération de méthanol, dont le caractère irréversible provient de la coupure de la liaison C–O.
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- Comparer les états thermodynamiques et mécaniques initial et final du liquide dans les deux situations (arrêt brutal et ralentissement progressif) pour déterminer si \Delta E_{\mathrm{m}} dépend du mode d'arrêt.
- Évaluer le travail W des forces extérieures (en particulier les actions de contact du récipient sur le liquide) dans le référentiel galiléen du laboratoire \mathcal{R}_0 lors d'un ralentissement progressif.
- Conclure sur \Delta U = m c_p \Delta T en appliquant le premier principe de la thermodynamique.
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Lors d'un freinage progressif, le cylindre reçoit un travail mécanique négatif, donc \Delta U et \Delta T sont plus faibles.
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Considérons le liquide comme système fermé entre :
- l'état initial : rotation en bloc à la vitesse angulaire \Omega,
- l'état final : liquide totalement au repos dans \mathcal{R}_0.
Ces deux états d'équilibre mécanique étant rigoureusement identiques à ceux de la question précédente, la variation d'énergie mécanique \Delta E_{\mathrm{m}} < 0 est strictement la même dans les deux cas.
Appliquons le premier principe de la thermodynamique dans le référentiel du laboratoire \mathcal{R}_0 :
L'enceinte étant toujours supposée athermane (Q = 0), on a :
Distinguons les deux situations pour le travail mécanique W reçu par le liquide :
Immobilisation brutale : les parois de la cuve sont immobiles dans \mathcal{R}_0 pour tout t > 0. Les forces surfaciques exercées par la paroi sur le fluide s'appliquent en des points de vitesse nulle dans \mathcal{R}_0, de sorte que la puissance reçue est nulle. Le travail reçu par le fluide est donc nul :
W_{\text{brutal}} = 0 \implies \Delta U_{\text{brutal}} = -\Delta E_{\mathrm{m}}Toute l'énergie mécanique initiale perdue est alors convertie en énergie interne par dissipation visqueuse interne.
Ralentissement progressif : le récipient est en rotation à une vitesse angulaire \Omega_c(t) > 0 qui décroît jusqu'à zéro. Le liquide tournant plus vite que le récipient en cours de décélération, la paroi exerce sur le liquide un couple résistant de freinage :
\vec{\Gamma}_{\text{paroi}\to\text{liq}} = \Gamma_z \vec{e}_z \quad \text{avec} \quad \Gamma_z < 0La puissance mécanique reçue par le liquide dans \mathcal{R}_0 s'écrit :
\mathcal{P}_{\text{reçue}} = \vec{\Gamma}_{\text{paroi}\to\text{liq}} \cdot \vec{\Omega}_c(t) = \Gamma_z \Omega_c(t) < 0Le travail mécanique reçu par le liquide est donc strictement négatif :
W_{\text{progressif}} = \int \mathcal{P}_{\text{reçue}}\,\mathrm{d}t < 0Le fluide fournit un travail mécanique au récipient (qui le transmet à son système de freinage extérieur).
Il s'ensuit que :
Comme \Delta U = m c_p \Delta T, on en déduit que :
La variation de température du liquide aurait donc été plus faible.
Résultat
2.2 · Évolution du profil radial de vitesse durant la phase d'arrêt
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Raisonnement qualitatif
Notions : viscosité, contrainte de cisaillement
Si l'on s'inspirait de la forme de l'expression, en repère cartésien, de la contrainte de cisaillement pour en déduire celle en repère cylindrique on omettrait le terme apparaissant dans l'équation (9). Proposer un argument (très simple) en faveur de sa présence.
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Considérer le cas d'un mouvement de rotation en bloc solide où la contrainte tangentielle visqueuse doit impérativement s'annuler alors que \partial v / \partial r \ne 0.
Relier la charge électrique totale transférée au nombre de moles d'électrons échangés par unité de temps selon la loi de Faraday I = -\mathrm{d}q/\mathrm{d}t = -nFS\,\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}/\mathrm{d}t.
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Pour tester la validité d'une loi de comportement visqueux, on examine une situation de référence où aucune force visqueuse ne doit apparaître : le mouvement d'ensemble de solide indéformable (rotation de bloc).
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En rotation de corps solide (v=\Omega r), la contrainte de cisaillement doit s'annuler, justifiant le terme -v/r.
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Dans le cas d'une rotation en bloc du fluide à vitesse angulaire uniforme \Omega (mouvement de solide indéformable), le champ de vitesse s'écrit :
Lors d'un tel mouvement, la distance entre deux particules fluides quelconques reste invariante au cours du temps : il n'y a aucune déformation relative du milieu, et par conséquent les forces de frottement visqueux doivent être strictement nulles, soit \tau = 0.
- Si l'on omettait le terme en v/r, la contrainte s'écrirait \tau = \eta \frac{\partial v}{\partial r} = \eta \Omega \neq 0, ce qui prédirait une dissipation visqueuse lors d'un simple mouvement de corps rigide, ce qui est absurde.
Avec l'expression (9), on constate que :
\begin{aligned} \frac{\partial v}{\partial r} - \frac{v}{r} &= \Omega - \frac{\Omega\,r}{r} = 0 \implies \tau = 0 \end{aligned}
La présence du terme -v/r est donc indispensable pour garantir l'absence de contrainte de cisaillement visqueuse lors d'une rotation globale de solide indéformable.
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Raisonnement qualitatif
Notions : force de viscosité, moment d'une force
Nous considérons un domaine annulaire élémentaire de liquide, d'axe et de volume . Établir l'inventaire des forces agissant sur ce domaine élémentaire. Identifier celles pouvant être responsables d'une composante de moment, selon l'axe , agissant sur ce domaine élémentaire.
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Inventorier les forces de pression normales, la pesanteur axiale et les forces tangentielles visqueuses sur les surfaces latérales interne et externe du cylindre fluide.
Égaler les deux expressions du courant faradique (cinétique et faradique) en introduisant la surtension \eta(t) = E_i - E^\circ + vt.
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Pour mener cet inventaire des actions mécaniques agissant sur l'élément annulaire :
- Recenser systématiquement l'action à distance (la pesanteur) et les actions de contact exercées par le reste du fluide sur les quatre surfaces délimitant l'anneau (pressions et contraintes de cisaillement visqueux).
- Calculer la composante selon l'axe (\mathrm{O}z) du moment de chacune de ces forces par rapport au point \mathrm{O} pour isoler celles contribuant au moment selon cet axe.
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Bilan des forces sur la couronne élémentaire : seules les forces tangentielles de cisaillement exercent un moment selon (\mathrm{O}z).
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Considérons le domaine annulaire délimité par les rayons r et r+\mathrm{d}r, et les cotes z et z+\mathrm{d}z. Il possède quatre surfaces frontières : deux surfaces horizontales en z et z+\mathrm{d}z, et deux surfaces cylindriques en r et r+\mathrm{d}r.
1. Inventaire des forces agissant sur le domaine annulaire :
Action à distance : le poids de l'élément de volume,
\mathrm{d}^2\vec{P} = -\rho\,\mathrm{d}^2V\,g\,\vec{e}_z = -2\pi\rho g r\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_zForces de pression (actions normales) :
- Sur les bases horizontales : forces dirigées selon \pm\vec{e}_z ;
- Sur les faces cylindriques intérieure (r) et extérieure (r+\mathrm{d}r) : forces normales dirigées radialement selon \pm\vec{e}_r.
Forces de viscosité (actions tangentielles de cisaillement) :
- Sur les surfaces supérieure et inférieure : d'après les hypothèses du sujet, les contraintes de cisaillement de normale \pm\vec{e}_z sont nulles ;
- Sur la surface cylindrique interne en r : force de cisaillement tangentielle exercée par le fluide intérieur (r' < r), colinéaire à -\vec{e}_\theta ;
- Sur la surface cylindrique externe en r+\mathrm{d}r : force de cisaillement tangentielle exercée par le fluide extérieur (r' > r+\mathrm{d}r), colinéaire à +\vec{e}_\theta.
2. Identification des composantes de moment selon l'axe (\mathrm{O}z) :
Le moment élémentaire en \mathrm{O} d'une force \vec{F} appliquée en \mathrm{M} = r\vec{e}_r + z\vec{e}_z a pour projection sur l'axe (\mathrm{O}z) :
- Poids et forces de pression verticales : ces forces sont colinéaires à \vec{e}_z, d'où \overrightarrow{\mathrm{OM}} \wedge \vec{e}_z = (r\vec{e}_r + z\vec{e}_z) \wedge \vec{e}_z = -r\,\vec{e}_\theta, qui est orthogonal à \vec{e}_z. Leur moment selon (\mathrm{O}z) est strictement nul.
- Forces de pression radiales : ces forces sont colinéaires à \vec{e}_r et coupent l'axe (\mathrm{O}z). En effet, \overrightarrow{\mathrm{OM}} \wedge \vec{e}_r = (r\vec{e}_r + z\vec{e}_z) \wedge \vec{e}_r = -z\,\vec{e}_\theta, d'où une composante selon (\mathrm{O}z) nulle.
Forces de cisaillement visqueux : elles sont orthoradiales (selon \vec{e}_\theta). Or :
\overrightarrow{\mathrm{OM}} \wedge \vec{e}_\theta = (r\vec{e}_r + z\vec{e}_z) \wedge \vec{e}_\theta = r\,\vec{e}_z - z\,\vec{e}_rLa projection sur \vec{e}_z vaut donc r \neq 0.
Résultat
Question 25
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : théorème du moment cinétique, moment cinétique
Exprimer la composante, selon l'axe , du moment cinétique du domaine élémentaire, par rapport au référentiel . On fera apparaître, dans cette expression, la vitesse .
En appliquant le théorème du moment cinétique à ce domaine élémentaire, par rapport au point , établir l'équation aux dérivées partielles liant la vitesse à la contrainte . On se placera dans le référentiel galiléen .
Voir l'indiceIndice
Appliquer le théorème du moment cinétique projeté selon l'axe (Oz) au volume annulaire en reliant le bilan des couples visqueux à la dérivée temporelle de \mathrm{d}^2\sigma_z.
Séparer les variables et intégrer entre t=0 et t en effectuant le changement de variable u = \exp(\alpha\eta/p) pour obtenir l'exponentielle double.
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- Exprimer le moment cinétique élémentaire selon (\mathrm{O}z) en intégrant la contribution de chaque particule fluide de l'anneau de rayon r.
- Évaluer le moment par rapport à (\mathrm{O}z) des forces de cisaillement visqueux s'exerçant sur les frontières intérieure (r) et extérieure (r+\mathrm{d}r) de l'anneau.
- Appliquer le théorème du moment cinétique projeté sur (\mathrm{O}z) dans le référentiel galiléen \mathcal{R}_0.
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Expression du moment cinétique élémentaire et application du TMC reliant l'accélération angulaire au gradient de contrainte visqueuse.
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1. Moment cinétique du domaine élémentaire :
Le domaine annulaire élémentaire a pour volume \mathrm{d}^2V = 2\pi r\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}z et pour masse :
Tous les points de cet anneau sont situés à la même distance r de l'axe (\mathrm{O}z) et sont animés de la vitesse orthoradiale \vec{v}(r, t) = v(r, t)\,\vec{e}_\theta.
Le moment cinétique élémentaire en \mathrm{O} d'une particule de masse \mathrm{d}^3m située en \overrightarrow{\mathrm{OM}} = r\vec{e}_r + z\vec{e}_z vaut :
En intégrant sur \theta \in [0, 2\pi], le terme en \vec{e}_r(\theta) s'annule par symétrie. La composante selon l'axe (\mathrm{O}z) du moment cinétique du domaine annulaire s'écrit donc :
soit :
2. Théorème du moment cinétique et équation aux dérivées partielles :
D'après le bilan établi à la question précédente, seules les contraintes de cisaillement agissant sur les parois cylindriques de rayons r et r+\mathrm{d}r créent un moment non nul selon (\mathrm{O}z) :
En r+\mathrm{d}r : le fluide extérieur (r' > r+\mathrm{d}r) exerce sur le domaine annulaire une contrainte \vec{\tau}(r+\mathrm{d}r, t) = \tau(r+\mathrm{d}r, t)\,\vec{e}_\theta à travers l'aire \mathrm{d}^2S_e = 2\pi(r+\mathrm{d}r)\,\mathrm{d}z. Le moment résultant en \mathrm{O} selon (\mathrm{O}z) est :
\mathrm{d}\mathcal{M}_{z, e} = (r+\mathrm{d}r) \times \left[\tau(r+\mathrm{d}r, t)\,2\pi(r+\mathrm{d}r)\,\mathrm{d}z\right] = 2\pi (r+\mathrm{d}r)^2 \tau(r+\mathrm{d}r, t)\,\mathrm{d}zEn r : par la troisième loi de Newton, le fluide intérieur (r' < r) exerce sur le domaine annulaire la force opposée à celle que le domaine exerce sur lui, soit une contrainte -\vec{\tau}(r, t) = -\tau(r, t)\,\vec{e}_\theta à travers l'aire \mathrm{d}^2S_i = 2\pi r\,\mathrm{d}z. Le moment résultant en \mathrm{O} selon (\mathrm{O}z) est :
\mathrm{d}\mathcal{M}_{z, i} = -2\pi r^2 \tau(r, t)\,\mathrm{d}z
Le moment total selon (\mathrm{O}z) appliqué au système fermé de fluide contenu dans l'anneau vaut ainsi :
D'après le théorème du moment cinétique appliqué à ce système fermé dans le référentiel galiléen \mathcal{R}_0, et en tenant compte de la condition admise \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \frac{\partial\vec{v}}{\partial t} :
ce qui donne :
En simplifiant par 2\pi\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}z, on obtient l'équation aux dérivées partielles liant v(r, t) et \tau(r, t) :
Résultat
Question 26
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : équation de navier-stokes, viscosité
Établir que l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la vitesse prend la forme suivante :
Voir l'indiceIndice
Remplacer l'expression de la contrainte \tau(r, t) dans l'équation différentielle du moment cinétique et identifier l'expression du laplacien cylindrique fournie en préambule.
Faire tendre la limite \eta_0 \to -\infty, ce qui annule le terme exponentiel évalué à l'instant initial.
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Substitution de \tau(r,t) dans l'équation du mouvement pour obtenir l'équation de diffusion visqueuse sur v(r,t).
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D'après la question Q25, le théorème du moment cinétique appliqué au domaine annulaire élémentaire fournit la relation :
En injectant l'expression de la contrainte de cisaillement issue de l'équation (9) :
il vient :
Dérivons cette expression par rapport à r :
En divisant par r^2, on obtient :
Or, d'après l'expression (1) du formulaire, le laplacien scalaire d'une fonction ne dépendant que de r (ici v(r, t) à t fixé) s'écrit :
On en déduit :
En introduisant la viscosité cinématique \nu = \dfrac{\eta}{\rho}, on parvient à l'équation aux dérivées partielles demandée :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 27
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Mise en équation
Notions : condition aux limites, adhérence à la paroi
Associer, à l'équation aux dérivées partielles (10), les conditions initiale et limite devant être vérifiées par le champ de vitesse .
Voir l'indiceIndice
Formuler la condition initiale de profil linéaire v(r, 0) = \Omega r, la condition d'adhérence à la paroi externe immobile v(R, t) = 0 et la régularité sur l'axe v(0, t) = 0.
Injecter l'expression intégrée de \Gamma_{\text{Red}}(t) dans l'expression cinétique du courant I(\eta).
Voir la stratégieStratégie
Pour définir un problème aux limites bien posé associé à une équation de diffusion spatio-temporelle :
- On identifie la condition initiale à t = 0^+ décrivant l'état du fluide immédiatement après l'arrêt brutal du récipient.
- On formule les conditions aux limites spatiales aux deux extrémités du domaine radial : sur la paroi externe en r = R (interaction fluide-solide) et sur l'axe en r = 0 (régularité géométrique).
Voir la réponse courteRéponse courte
Conditions aux limites : adhérence en r=R (v=0), régularité en r=0 (v=0) et profil initial de corps solide v(r,0)=\Omega r.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Condition initiale (t = 0^+) :
Avant l'arrêt (t = 0^-), le liquide est animé d'un mouvement de rotation solide uniforme de vitesse angulaire \Omega, soit un champ de vitesse initial v(r, 0^-) = \Omega r.
Par inertie mécanique, le cœur du fluide ne s'arrête pas instantanément : pour tout point strictement intérieur au cylindre (0 \le r < R), on a :
2. Conditions aux limites spatiales :
À la paroi latérale (r = R) :
Le récipient est immobilisé pour tout t > 0. D'après la condition d'adhérence d'un fluide visqueux sur une paroi solide immobile, la vitesse relative du fluide par rapport à la paroi est nulle :\boxed{v(R, t) = 0 \quad \forall t > 0}Sur l'axe de symétrie (r = 0) :
Le vecteur unitaire orthoradial \vec{e}_\theta n'étant pas défini de manière univoque en r = 0, la continuité et la régularité du champ de vitesse \vec{v}(0, t) = v(0, t)\vec{e}_\theta au centre imposent que la vitesse s'y annule :\boxed{v(0, t) = 0 \quad \forall t \ge 0}
Remarque asymptotique :
Lorsque t \to +\infty, les frottements visqueux dissipent toute l'énergie cinétique du liquide, conduisant à l'arrêt complet :
Résultat
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : vorticité, circulation
Exprimer la vitesse sous forme d'une intégrale portant sur la vorticité . On veillera à distinguer la variable de la variable muette (par exemple, ) d'intégration spatiale..
Voir l'indiceIndice
Multiplier l'équation de définition de la vorticité par r, puis intégrer spatialement entre 0 et r en tenant compte de la condition d'annulation v(0, t) = 0.
Annuler la dérivée première de \ln I par rapport au potentiel pour trouver le potentiel de pic E_{\text{pic}}, puis réinjecter cette valeur dans l'expression de I.
Voir la stratégieStratégie
La définition de la composante axiale de la vorticité \omega(r, t) fournie par la relation (11) relie directement la dérivée radiale de r v(r, t) à \omega. Il suffit donc :
- d'isoler la dérivée \dfrac{\partial}{\partial r}(r v(r, t)) ;
- d'intégrer spatialement entre l'axe (u=0) et le rayon r, en exploitant la condition de régularité v(0, t) = 0 établie à la question Q27.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de la définition de la vorticité \omega = \frac{1}{r}\frac{\partial(rv)}{\partial r} pour exprimer v(r,t).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la relation (11) de l'énoncé, la vorticité \omega(r, t) s'écrit :
En multipliant par r, il vient :
En intégrant cette relation par rapport à la variable radiale muette u entre 0 et r, à l'instant t fixé :
Le membre de gauche s'évalue immédiatement :
D'après la question Q27, la vitesse reste finie sur l'axe et s'annule en u = 0 (v(0, t) = 0). Le terme limite en u=0 est donc nul :
On en déduit :
Soit, pour r > 0 :
Résultat
Question 29
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : vorticité, équation de diffusion
Exprimer, à partir du résultat précédent, chacune des dérivées partielles , et . Établir enfin que la vorticité vérifie l'équation aux dérivées partielles suivante :
Voir l'indiceIndice
Dériver l'intégrale par rapport au temps et aux coordonnées spatiales à l'aide de la règle de dérivation sous le signe intégral et de la formule de Leibniz.
Vérifier la linéarité stricte de I_{\text{pic}} avec la vitesse de balayage v et la variation logarithmique linéaire de E_{\text{pic}} en fonction de \ln v.
Voir la stratégieStratégie
- Dériver l'expression intégrale de la vitesse v(r, t) obtenue à la question Q28 par rapport au temps t et par rapport à la variable d'espace r (en utilisant la dérivation d'une intégrale dépendant de sa borne supérieure).
- Injecter ces dérivées dans le membre de droite de l'équation aux dérivées partielles vérifiée par v(r, t) (équation (10) de la question Q26) pour exprimer \Delta v - v/r^2 en fonction de la vorticité.
- Appliquer l'opérateur \frac{1}{r}\frac{\partial}{\partial r}(r\,\cdot) à cette relation pour obtenir l'équation régissant l'évolution temporelle de \omega(r, t).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul des dérivées partielles et déduction de l'équation de diffusion de la vorticité \partial \omega/\partial t = \nu \Delta \omega.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q28, le champ de vitesse s'exprime en fonction de la vorticité par :
1. Calcul des dérivées partielles de v(r, t) :
Dérivée par rapport au temps t : la dérivation sous le signe intégral donne immédiatement :
\frac{\partial v}{\partial t}(r, t) = \frac{1}{r}\int_0^r u\,\frac{\partial \omega}{\partial t}(u, t)\,\mathrm{d}uDérivée première par rapport à r : la fonction I(r, t) = \int_0^r u\,\omega(u, t)\,\mathrm{d}u a pour dérivée spatiale \frac{\partial I}{\partial r} = r\,\omega(r, t). En appliquant la règle de Leibniz :
\begin{aligned} \frac{\partial v}{\partial r}(r, t) &= -\frac{1}{r^2}\int_0^r u\,\omega(u, t)\,\mathrm{d}u + \frac{1}{r}\left[r\,\omega(r, t)\right] \\ &= -\frac{v(r, t)}{r} + \omega(r, t) \end{aligned}soit sous forme intégrale :
\frac{\partial v}{\partial r}(r, t) = \omega(r, t) - \frac{1}{r^2}\int_0^r u\,\omega(u, t)\,\mathrm{d}uDérivée seconde par rapport à r : en dérivant la forme \frac{\partial v}{\partial r} = \omega - \frac{v}{r} par rapport à r :
\begin{aligned} \frac{\partial^2 v}{\partial r^2}(r, t) &= \frac{\partial \omega}{\partial r}(r, t) - \frac{1}{r}\frac{\partial v}{\partial r}(r, t) + \frac{v(r, t)}{r^2} \\ &= \frac{\partial \omega}{\partial r}(r, t) - \frac{1}{r}\left(\omega(r, t) - \frac{v(r, t)}{r}\right) + \frac{v(r, t)}{r^2} \\ &= \frac{\partial \omega}{\partial r}(r, t) - \frac{\omega(r, t)}{r} + \frac{2v(r, t)}{r^2} \end{aligned}soit sous forme intégrale :
\frac{\partial^2 v}{\partial r^2}(r, t) = \frac{\partial \omega}{\partial r}(r, t) - \frac{\omega(r, t)}{r} + \frac{2}{r^3}\int_0^r u\,\omega(u, t)\,\mathrm{d}u
2. Équation aux dérivées partielles vérifiée par \omega(r, t) : Le champ de vitesse étant indépendant de \theta et z, le laplacien scalaire s'écrit, conformément au formulaire (1) de l'énoncé :
On calcule alors le terme intervenant dans l'équation (10) :
L'équation de Navier-Stokes projetée sur \vec{e}_\theta (équation (10) établie à la question Q26) s'écrit donc simplement :
En appliquant l'opérateur \frac{1}{r}\frac{\partial}{\partial r}(r\,\cdot) de part et d'autre :
Puisque l'ordre des dérivations spatiale et temporelle peut être interverti (théorème de Schwarz) :
De plus, la vorticité \omega ne dépendant ni de \theta ni de z, le laplacien de \omega est donné par le formulaire (1) :
On en déduit finalement :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : équation de diffusion, loi de fourier
Présenter les propriétés de l'équation (12) puis caractériser le phénomène qu'elle décrit. Proposer une analogie de la situation étudiée dans un autre domaine de la physique. S'en inspirer pour définir, sous forme algébrique, un flux surfacique de vorticité que nous noterons (grandeur scalaire, fonction de et ). On choisira son expression de telle manière que .
Voir l'indiceIndice
Établir l'analogie avec l'équation de la chaleur de Fourier ou la diffusion massique de Fick pour construire le vecteur densité de flux de vorticité \vec{j}_\omega = -\nu\vec{\nabla}\omega.
Exploiter la proportionnalité entre le courant de pic I_{\text{pic}} et la concentration initiale c issue de la relation \Gamma_{\text{tot}} \propto c illustrée sur les figures.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser la structure mathématique de l'équation (12) (ordre temporel et spatial, linéarité, symétrie temporelle) et expliciter le phénomène physique associé.
- Établir l'analogie avec les autres lois de transport par diffusion au programme (thermique, diffusion de particules).
- Utiliser une équation de conservation locale sous la forme d'un bilan pour identifier le vecteur densité de flux de vorticité, puis expliciter sa composante radiale \varphi_\omega(r, t) et contrôler sa dimension.
Voir la réponse courteRéponse courte
Équation de diffusion linéaire, analogie thermique (loi de Fourier) et définition du flux de vorticité \varphi_\omega = -\nu \frac{\partial \omega}{\partial r}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Propriétés de l'équation (12) et phénomène décrit
L'équation vérifiée par la vorticité \omega(r, t) :
présente les propriétés remarquables suivantes :
- Linéarité : elle est linéaire et homogène, ce qui permet l'application du principe de superposition.
- Ordres de dérivation : elle est du premier ordre par rapport au temps t et du second ordre par rapport aux coordonnées d'espace.
- Irréversibilité : la dissymétrie entre l'ordre 1 en temps et l'ordre 2 en espace brise l'invariance par renversement du temps (t \to -t) ; il s'agit d'une équation décrivant un phénomène dissipatif.
Cette équation décrit un phénomène de diffusion moléculaire de la vorticité (ou diffusion visqueuse de la quantité de mouvement), gouverné par la viscosité cinématique \nu qui joue le rôle de coefficient de diffusion. Elle rend compte de l'atténuation et de l'étalement spatial de la rotation du fluide vers les parois immobiles sous l'effet des frottements visqueux.
2. Analogie avec un autre domaine de la physique
Cette équation est formellement identique à :
l'équation de la chaleur régissant le champ de température T en conduction thermique pure (loi de Fourier) :
\frac{\partial T}{\partial t} = D_{\mathrm{th}} \Delta T \quad \text{avec } D_{\mathrm{th}} = \frac{\lambda}{\rho c}ou encore l'équation de diffusion de matière (première et deuxième lois de Fick) :
\frac{\partial c}{\partial t} = D \Delta c
La situation étudiée est ainsi directement analogue au refroidissement d'un cylindre solide initialement à température uniforme, dont la paroi latérale extérieure serait brutalement maintenue à température nulle.
3. Définition du flux surfacique de vorticité
En exprimant l'équation de diffusion sous la forme d'un bilan local de conservation de la vorticité :
et en constatant que \Delta \omega = \mathrm{div}(\vec{\nabla}\omega), on identifie le vecteur densité de flux de vorticité :
Le champ \omega ne dépendant que de r et t, le gradient s'écrit \vec{\nabla}\omega = \frac{\partial \omega}{\partial r}\vec{e}_r, de sorte que \vec{j}_\omega = \varphi_\omega(r, t)\,\vec{e}_r.
Le flux surfacique algébrique de vorticité à travers une surface cylindrique d'axe (Oz) orientée vers l'extérieur par \vec{e}_r est donc :
Vérification dimensionnelle :
d'où :
ce qui correspond bien à la dimension imposée par l'énoncé.
Résultat
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : régime stationnaire, équation de laplace
Exprimer la solution stationnaire générale de l'équation (12) puis celle à retenir dans le cadre de notre étude. En déduire l'expression de la vitesse correspondante. Indiquer quelle(s) situation(s) cette solution peut décrire. Commenter brièvement ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Résoudre l'équation laplacienne \Delta\omega = 0 en coordonnées cylindriques et éliminer la divergence logarithmique en r=0 pour ne retenir qu'un champ de vorticité uniforme.
Décrire la méthode des ajouts dosés ou de la droite d'étalonnage externe en fixant rigoureusement le temps d'adsorption préalable (10 min) et la vitesse de balayage.
Voir la réponse courteRéponse courte
Solution stationnaire \Delta \omega = 0 régulière en 0 et nulle au bord, imposant l'arrêt complet du fluide (\omega=0, v=0).
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Solution stationnaire générale de l'équation de diffusion de la vorticité
En régime stationnaire, la dérivée temporelle de la vorticité s'annule : \dfrac{\partial \omega}{\partial t} = 0. L'équation (12) se réduit à l'équation de Laplace :
Compte tenu des invariances (symétrie de révolution selon \theta et indépendance en z d'après l'hypothèse \mathcal{H}_v), le laplacien scalaire donné par l'équation (1) de l'énoncé s'écrit :
Pour r > 0, cela conduit par intégrations successives à :
où C_1 est une constante réelle. On en déduit la forme générale de la solution stationnaire :
2. Solution à retenir dans le cadre de notre étude
Le domaine occupé par le liquide comprend l'axe de rotation r = 0. Or, le terme en \ln(r/R) diverge quand r \to 0. Pour des raisons de régularité physique, le champ de vorticité doit rester borné sur l'axe :
La vorticité stationnaire est donc spatialement uniforme :
3. Expression de la vitesse v(r) associée
En utilisant la relation intégrale établie à la question Q28 :
Il vient ainsi :
4. Situations physiques décrites
Le champ de vitesse associé est de la forme v(r) = \Omega^* r avec \Omega^* = \dfrac{\omega_0}{2}, ce qui correspond au profil de vitesse d'une rotation solide (ou rotation en bloc) à la vitesse angulaire constante \Omega^*. Cette solution stationnaire peut décrire :
- L'état initial (t < 0) : le liquide tourne en bloc avec le récipient à la vitesse angulaire \Omega, soit \Omega^* = \Omega. On a alors \omega_0 = 2\Omega et v(r) = \Omega r.
- L'état final (t \to \infty) : le récipient étant immobilisé, la condition d'adhérence à la paroi latérale v(R) = 0 impose \Omega^* = 0, soit \omega_0 = 0 et v(r) = 0. Cela décrit l'arrêt total du liquide au repos.
5. Commentaire
Pour un champ de vitesse linéaire v(r) = \Omega^* r, la contrainte de cisaillement visqueux s'annule identiquement :
Il n'y a donc aucun frottement visqueux interne ni dissipation d'énergie : la rotation solide et le repos complet sont les seuls régimes stationnaires possibles d'un fluide newtonien occupant un cylindre plein. Tout autre profil de vitesse induit un cisaillement qui se dissipe au cours du temps par diffusion visqueuse.
Résultat
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : profil de vitesse, diffusion
Représenter (qualitativement mais avec soin), sur le même graphique, l'allure du profil radial de vitesse dans la situation initiale () puis pour trois instants ultérieurs (). Faire de même, sur un autre graphique, pour la vorticité . Indiquer, par une flèche (), le sens du flux surfacique de vorticité introduit à la question (30).
Voir l'indiceIndice
Schématiser l'étalement progressif de la vitesse depuis la paroi r=R vers le centre avec diffusion du gradient de vitesse et perte globale de vorticité orientée vers l'extérieur.
Comparer les limites de détection micromolaires atteintes par cette méthode d'adsorption préconcentrée aux dosages volumétriques classiques de TP limités au millimolaire.
Voir la stratégieStratégie
Pour le profil de vitesse v(r, t) :
- À l'instant initial t_0 = 0^-, le liquide est en rotation solide uniforme : v(r, 0^-) = \Omega r, profil linéaire vérifiant v(0, 0^-) = 0 et v(R, 0^-) = \Omega R.
- Dès t > 0, l'arrêt brutal impose la condition d'adhérence à la paroi v(R, t) = 0 et la régularité sur l'axe v(0, t) = 0. Une couche limite visqueuse se développe depuis la paroi externe r = R vers le centre.
- Au fur et à mesure que le temps s'écoule (t_1 < t_2 < t_3), le freinage visqueux diffuse vers l'axe : le profil s'aplatit, son maximum décroît et se décale vers l'intérieur, pour tendre vers le repos complet (v \to 0).
Pour le profil de vorticité \omega(r, t) :
- À l'instant initial t_0 = 0^-, le champ de vorticité est uniforme : \omega(r, 0^-) = 2\Omega.
- Pour t > 0, la vorticité diffuse selon l'équation de la chaleur \frac{\partial \omega}{\partial t} = \nu\Delta\omega. Par symétrie axiale, la tangente en r = 0 est horizontale : \left.\frac{\partial \omega}{\partial r}\right|_{r=0} = 0.
- La vorticité décroît depuis le centre vers la périphérie : \frac{\partial \omega}{\partial r} \le 0.
- Le flux surfacique de vorticité \vec{\jmath}_\omega = \varphi_\omega \vec{e}_r = -\nu \frac{\partial \omega}{\partial r}\vec{e}_r est donc orienté selon +\vec{e}_r, c'est-à-dire du centre vers la paroi qui absorbe la vorticité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé qualitatif de l'amortissement du profil de vitesse et de vorticité se vidant vers la paroi extérieure par diffusion.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Profil radial de vitesse v(r, t)
Pour t = 0^-, le profil est rectiligne :
Pour t > 0, la condition aux limites à la paroi v(R, t) = 0 s'applique immédiatement. Une couche limite d'épaisseur caractéristique \delta(t) \sim \sqrt{\nu t} pénètre dans le fluide depuis la paroi r = R. Aux temps courts (t_1), le cœ ur du fluide conserve une rotation quasi-solide (v \approx \Omega r), puis pour t_2 et t_3, la diffusion de la quantité de mouvement ralentit l'ensemble du volume jusqu'à l'arrêt total (v \to 0 quand t \to \infty).
2. Profil radial de vorticité \omega(r, t) et sens du flux \varphi_\omega
À t = 0^-, le liquide étant en bloc :
Pour t > 0, la paroi freine le fluide, ce qui induit une perte de vorticité en périphérie. Le gradient spatial de vorticité est négatif (\frac{\partial \omega}{\partial r} \le 0) et la tangente en r = 0 est horizontale par parité/symétrie axiale. Le vecteur densité de flux de vorticité s'écrit :
Puisque \frac{\partial \omega}{\partial r} < 0, la composante algébrique est positive : \varphi_\omega > 0. Le flux surfacique de vorticité est donc dirigé vers l'extérieur (du cœ ur du fluide vers la paroi).
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : analyse dimensionnelle, temps caractéristique
Établir l'équation différentielle vérifiée par la fonction du temps (on introduira les grandeurs caractéristiques nécessaires). Exprimer le temps caractéristique qui y apparaît.
Voir l'indiceIndice
Écrire le bilan de la quantité de vorticité intégrée sur le volume du cylindre en égalant sa décroissance temporelle au flux sortant à travers la paroi latérale en r=R.
Voir la stratégieStratégie
- Définir la « quantité de vorticité » contenue dans le liquide en l'exprimant à l'aide du volume total et de la vorticité caractéristique \omega_0(t).
- Établir un bilan global pour cette quantité, le seul échange avec l'extérieur se faisant par diffusion à travers la paroi latérale du cylindre.
- Estimer le flux surfacique de vorticité à la paroi par une approximation d'ordre de grandeur du gradient radial pour obtenir l'équation différentielle et identifier \tau.
Voir la réponse courteRéponse courte
Estimation par séparation de variables ou analyse dimensionnelle du temps caractéristique de diffusion visqueuse \tau \sim R^2/\nu.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le liquide contenu dans le récipient, occupant un volume caractéristique V \approx \pi R^2 h. Dans le cadre du modèle simplifié proposé, la quantité globale de vorticité Q_\omega(t) s'écrit :
Pendant la durée \mathrm{d}t, la variation de cette quantité de vorticité est due au flux surfacique sortant à travers la frontière du domaine. Les hypothèses de l'énoncé précisent qu'aucune contrainte de cisaillement n'agit sur les surfaces d'altitudes extrêmes (normale \pm \vec{e}_z) ; la diffusion s'effectue donc uniquement à travers la surface latérale du cylindre, d'aire S_{\mathrm{lat}} = 2\pi R h.
Le bilan global de quantité de vorticité s'écrit ainsi :
où \varphi_\omega(R, t) est la composante radiale du flux surfacique de vorticité défini à la question Q30 :
Dans ce modèle très simple à une seule dimension spatiale, le gradient radial à la paroi peut être approché par l'écart caractéristique de vorticité entre la paroi (où le fluide est immobilisé, \omega(R, t) \approx 0) et le centre (\omega(0, t) = \omega_0(t)), sur la distance caractéristique R :
Il vient alors :
En injectant cette relation dans le bilan global :
Soit, en simplifiant par \pi h :
On obtient l'équation différentielle régissant l'évolution de la vorticité :
avec pour temps caractéristique d'immobilisation :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 34
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : temps caractéristique, couche limite
Estimer la valeur du temps caractéristique . Expérimentalement on obtient , pour une vitesse angulaire initiale voisine de . Proposer des explications à l'écart entre la valeur de et celle de . On se reportera, en particulier, à la réponse donnée à la question (14).
Voir l'indiceIndice
Calculer numériquement \tau \sim R^2/\nu et interpréter la forte surestimation par la présence d'une couche limite d'Ekman au fond qui accélère l'arrêt par pompage visqueux tridimensionnel.
Voir la stratégieStratégie
- Réaliser l'application numérique de \tau à partir des données de l'énoncé (\nu = \eta / \rho, R).
- Comparer l'ordre de grandeur obtenu (\sim 10^3\text{ s}) à la valeur expérimentale (\sim 1\text{ min} = 60\text{ s}).
- Justifier l'écart en analysant les limites des hypothèses de l'écoulement \mathcal{H}_v détaillées à la question Q14 (frottement au fond, écoulement secondaire et recirculation d'Ekman / spin-down).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de \tau \sim 10^3\text{ s} et explication du ralentissement bien plus rapide en pratique par les couches d'Ekman au fond.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Estimation du temps caractéristique \tau
La viscosité cinématique de l'eau vaut :
Avec le rayon du cylindre R = 4\text{ cm} = 4 \times 10^{-2}\text{ m}, le temps caractéristique de diffusion visqueuse radiale déterminé à la question Q33 s'évalue selon :
(ou \tau \sim R^2/\nu = 1600\text{ s} \approx 27\text{ min} en ordre de grandeur dimensionnel).
2. Explications de l'écart avec la valeur expérimentale \tau_{\exp} \sim 1\text{ min}
Le modèle de diffusion purement radiale surestime considérablement la durée de ralentissement : le fluide s'arrête en réalité beaucoup plus rapidement (\tau_{\exp} \ll \tau). Cet écart s'explique par les hypothèses simplificatrices de \mathcal{H}_v (détaillées à la question Q14) :
- Absence de dépendance en z et omission du frottement au fond : le modèle néglige les contraintes de cisaillement sur les surfaces horizontales de normale \pm\vec{e}_z. Or, le fond du récipient est immobile en z = 0, imposant par adhérence \vec{v}(r, \theta, z=0, t) = \vec{0}. Le gradient vertical de vitesse \partial v/\partial z dissipe une part majeure de l'énergie cinétique.
Écoulement purement orthoradial (v_r = 0, v_z = 0) : à l'arrêt brutal des parois, le gradient de pression radial dans le fluide entraîne le liquide du fond vers le centre car la vitesse orthoradiale y est fortement ralentie (la force centrifuge ne compense plus le gradient de pression). Cela crée un écoulement secondaire méridien (circulation d'Ekman) qui pompe le fluide du cœur vers la couche limite visqueuse du fond. Ce phénomène classique de « spin-down » conduit à un temps caractéristique de freinage :
\tau_{\text{Ekman}} \sim \frac{h}{\sqrt{\nu \Omega}} \sim \frac{0{,}04}{\sqrt{10^{-6} \times 2\pi}} \sim 16\text{ s} \sim 1\text{ min}qui correspond parfaitement à la valeur observée expérimentalement.
- Régime d'écoulement initial : le nombre de Reynolds basé sur l'échelle globale vaut \mathrm{Re} = \frac{\Omega R^2}{\nu} \sim \frac{2\pi \times 16 \times 10^{-4}}{10^{-6}} \sim 10^4. L'écoulement initialement cisaillé peut être turbulent, ce qui augmente le transport effectif de quantité de mouvement par rapport à la seule viscosité moléculaire laminaire.
Résultat
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