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Corrigé détaillé ENS Physique Chimie L PC 2022 (page 4/4 : Chimie (questions 17 à 32))

Diffusion en hydrodynamique et chimie des capsaïcinoïdes

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Partie Chimie : Les capsaïcinoïdes (suite)

2 · Synthèse biosourcée des capsaïcinoides

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé

Notions : diagramme binaire, azéotrope

Représenter qualitativement le diagramme binaire eau-HBr sachant que l'azéotrope se situe à une fraction massique de 47,6

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du diagramme à tracer : un diagramme isobare d'équilibre liquide-vapeur (\theta, w_{\mathrm{HBr}}) à la pression de travail (supposée standard P^\circ = 1\text{ bar}).
  2. Repérer les températures de changement d'état des corps purs : \theta_{\text{eb}}(\mathrm{H_2O}) = 100\text{ }^\circ\text{C} et \theta_{\text{eb}}(\mathrm{HBr}) = -66{,}8\text{ }^\circ\text{C} (donnée de l'annexe).
  3. Constater que la température de l'azéotrope (\theta_{\text{az}} = 124{,}3\text{ }^\circ\text{C}) est supérieure à celles des deux corps purs : il s'agit donc d'un azéotrope à point d'ébullition maximal (azéotrope positif).
  4. Tracer les deux fuseaux se rejoignant en un maximum commun à tangente horizontale (théorème de Konovalov) et repérer les domaines de stabilité (liquide, vapeur, diphasique).
Voir la réponse courte

Tracé qualitatif du diagramme binaire isobare liquide-vapeur avec un azéotrope à maximum d'ébullition.

Voir le corrigé complet

Le mélange binaire eau-bromure d'hydrogène présente un équilibre liquide-vapeur. On trace le diagramme d'ébullition isobare (\theta, w_{\mathrm{HBr}}), où w_{\mathrm{HBr}} désigne la fraction massique en \mathrm{HBr} :

  • pour l'eau pure (w_{\mathrm{HBr}} = 0) : \theta_{\text{eb}}(\mathrm{H_2O}) = 100\text{ }^\circ\text{C} sous 1\text{ bar} ;
  • pour \mathrm{HBr} pur (w_{\mathrm{HBr}} = 1) : \theta_{\text{eb}}(\mathrm{HBr}) = -66{,}8\text{ }^\circ\text{C} (d'après l'annexe) ;
  • pour le mélange azéotropique : w_{\text{az}} = 47{,}6\,\% et \theta_{\text{az}} = 124{,}3\text{ }^\circ\text{C}.

Puisque \theta_{\text{az}} > \theta_{\text{eb}}(\mathrm{H_2O}) > \theta_{\text{eb}}(\mathrm{HBr}), le système forme un azéotrope à maximum de température d'ébullition.

Au point azéotropique, les courbes d'ébullition et de rosée sont tangentes entre elles et présentent une tangente horizontale commune (second théorème de Konovalov).

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : distillation fractionnée, azéotrope

En s'appuyant sur le diagramme précédent, expliquer comment il est possible d'obtenir expérimentalement une solution de HBr azéotropique.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la nature de l'azéotrope (azéotrope à maximum de température d'ébullition) établi à la question précédente (Q17) et en déduire la hiérarchie des volatilités.
  2. Décrire le principe d'une distillation fractionnée à partir d'un mélange de composition quelconque (w \neq w_{\text{az}}).
  3. Identifier la fraction recueillie (en tête ou dans le bouilleur) qui permet d'obtenir la solution azéotropique.
Voir la réponse courte

Obtention de l'azéotrope à maximum dans le ballon de distillation (résidu) par distillation fractionnée.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude menée à la question Q17, le système binaire eau-HBr présente un **azéotrope à maximum de température d'ébullition** (\theta_{\text{az}} = 124{,}3\text{ }^\circ\text{C} > \theta_{\text{eb}}(\mathrm{H_2O}) = 100\text{ }^\circ\text{C} > \theta_{\text{eb}}(\mathrm{HBr}) = -66{,}8\text{ }^\circ\text{C}). Le mélange azéotropique est donc le mélange le **moins volatil** du système.

Pour obtenir expérimentalement cette solution azéotropique, on procède à une **distillation fractionnée** :

  • On introduit dans le bouilleur une solution aqueuse de bromure d'hydrogène de titre massique différent de w_{\text{az}} = 47{,}6\,\%. En pratique, on part usuellement d'une solution aqueuse diluée (w < w_{\text{az}}).
  • Lors de la chauffe le long de la colonne à distiller (colonne de Vigreux), le distillat qui monte en tête s'enrichit en l'espèce la plus volatile :

    • si w < w_{\text{az}}, c'est l'eau pure qui distille en premier en tête de colonne à une température de 100\text{ }^\circ\text{C} ;
    • par conservation de la matière, le liquide contenu dans le bouilleur (le résidu) s'enrichit progressivement en \mathrm{HBr}.
  • Lorsque la composition du résidu atteint la composition azéotropique w_{\text{az}} = 47{,}6\,\%, la température dans le bouilleur atteint 124{,}3\text{ }^\circ\text{C}.
  • À partir de cet instant, la vapeur formée est de même composition que le liquide (w_{\text{v}} = w_{\text{liq}} = w_{\text{az}}). La température en tête de colonne monte et se stabilise à 124{,}3\text{ }^\circ\text{C}.

On peut alors :

\boxed{\text{Recueillir le distillat distillant à température constante de } 124{,}3\text{ }^\circ\text{C} \text{ (ou récupérer le résidu du bouilleur)}}

qui constitue la solution de \mathrm{HBr} azéotropique à 47{,}6\,\% en masse.

Résultat

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Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : stratégie de synthèse, mécanisme réactionnel

Proposer une séquence de deux étapes permettant le passage du composé à .

Voir la stratégie

Pour concevoir la synthèse de l'acide 8-méthylnon-6-énoïque 10 à partir de l'acide 6-bromohexanoïque 8 :

  1. Réaliser le bilan en atomes de carbone et identifier les fragments : le composé 8 apporte 6 carbones (\mathrm{Br{-}(CH_2)_5{-}COOH}), tandis que la chaîne de 10 en comporte 9 (plus une ramification méthyle en C8). Il faut donc former une double liaison carbone-carbone entre le C6 (issu de 8) et un fragment à 4 carbones : le 2-méthylpropanal (isobutyraldéhyde).
  2. Identifier la réaction créatrice de liaison \mathrm{C=C} : la réaction d'oléfination de Wittig convient parfaitement et conduit précisément à un mélange d'isomères (Z) et (E) avec un ylure non stabilisé.
  3. Décomposer la transformation en deux étapes de synthèse.
Voir la réponse courte

Enchaînement de deux étapes (déprotection puis oléfination/déshydratation) pour passer de 8 à 10.

Voir le corrigé complet

La structure du produit 10 est :

\mathrm{(CH_3)_2CH{-}CH{=}CH{-}(CH_2)_4{-}COOH}

La création de la double liaison entre le carbone 6 de la chaîne dérivée de 8 et le carbone 7 s'effectue avantageusement par une réaction de Wittig en deux étapes :

  1. Étape 1 : Formation du sel de phosphonium
    On fait réagir l'acide 6-bromohexanoïque 8 avec la triphénylphosphine \mathrm{PPh_3} dans un solvant aprotique (toluène ou acétonitrile au reflux). Il s'agit d'une réaction de substitution nucléophile (\mathrm{S_N2}) conduisant au bromure de phosphonium :

    \mathrm{Br{-}(CH_2)_5{-}COOH} + \mathrm{PPh_3} \longrightarrow \left[ \mathrm{Ph_3P^{+}{-}(CH_2)_5{-}COOH} \right]\mathrm{Br^-}
  2. Étape 2 : Réaction de Wittig

    • Le sel de phosphonium est d'abord traité par une base forte (au moins deux équivalents, par exemple n-butyllithium n\text{-BuLi}, hydrure de sodium \mathrm{NaH} ou tert-butoxyde de potassium t\text{-BuOK}) afin de déprotoner la fonction acide carboxylique puis le carbone en \alpha du phosphonium pour former l'ylure de phosphore (carboxylate-ylure) :

      \left[ \mathrm{Ph_3P^{+}{-}(CH_2)_5{-}COOH} \right] \xrightarrow{2\text{ eq. Base}} \mathrm{Ph_3P{=}CH{-}(CH_2)_4{-}COO^-}
    • On ajoute ensuite le 2-méthylpropanal (isobutyraldéhyde, \mathrm{(CH_3)_2CH{-}CHO}) qui réagit sur l'ylure.
    • Enfin, une hydrolyse en milieu acide dilué (\mathrm{HCl} ou \mathrm{H_3O^+}) permet de protoner le carboxylate pour isoler l'acide carboxylique 10 sous forme d'un mélange de stéréoisomères (Z) et (E) avec libération d'oxyde de triphénylphosphine \mathrm{Ph_3P{=}O}.

Bilan de la séquence :

\boxed{\mathbf{8} \xrightarrow{\quad\text{1)\ }\mathrm{PPh_3}\quad} \left[\mathrm{Ph_3P^{+}(CH_2)_5COOH}\right]\mathrm{Br^-} \xrightarrow[\text{3)\ }\mathrm{H_3O^+}]{\substack{\text{2a)\ } 2\text{ eq. base}\\\text{2b)\ }\mathrm{(CH_3)_2CH{-}CHO}}} \mathbf{10}\ ((E)/(Z))}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : contrôle thermodynamique, stéréoisomérie

Expliquer pourquoi le chauffage du mélange de diastéréoisomère en milieu acide conduit à la formation du stéréoisomère .

Voir la stratégie

Pour expliquer la conversion stéréosélective d'un mélange de diastéréoisomères (Z)/(E) vers le stéréoisomère (E), il convient d'aborder :

  1. La stabilité thermodynamique relative des deux isomères (aspect stérique) ;
  2. Le rôle du chauffage et du milieu acide/nitreux permettant la réversibilité de l'interconversion par rupture temporaire de la liaison \pi (contrôle thermodynamique).
Voir la réponse courte

L'isomérisation acido-catalysée conduit à l'alcène le plus stable thermodynamiquement, de configuration (E) moins encombrée.

Voir le corrigé complet
  1. Stabilité thermodynamique relative : L'alcène (E) est thermodynamiquement plus stable que son diastéréoisomère (Z) en raison d'un encombrement stérique moindre. Dans la configuration (E), les deux groupements volumineux portés par les carbones de la double liaison (le groupe isopropyle -\mathrm{CH(CH_3)_2} et la chaîne -\mathrm{(CH_2)_5-COOH}) sont situés de part et d'autre de l'axe de la double liaison, ce qui minimise la répulsion stérique entre eux, contrairement à la configuration (Z) où ils sont du même côté.
  2. Levée du verrou cinétique et contrôle thermodynamique : À température ambiante, l'interconversion (Z) \rightleftharpoons (E) est bloquée cinétiquement par la forte barrière énergétique associée à la rupture de la liaison \pi.

    En milieu acide chaud (et en présence d'acide nitreux, réaction analogue à l'élaïdisation), une addition réversible (protonation de l'alcène ou addition réversible d'oxydes d'azote) convertit temporairement la double liaison \mathrm{C=C} en liaison simple \mathrm{C-C}. La rotation devient alors libre autour de cet axe. L'élimination ultérieure régénère la double liaison.

    Le chauffage apporte l'énergie thermique nécessaire pour franchir les barrières d'activation, plaçant la réaction sous contrôle thermodynamique. Le système évolue ainsi vers l'état de plus basse énergie, conduisant quasi exclusivement à la formation de l'isomère le plus stable, le stéréoisomère (E).

\boxed{\text{L'isomère } (E) \text{ est plus stable (moindre gêne stérique) ; le milieu réactionnel permet l'équilibration thermodynamique.}}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : chlorure d'acyle, activation de groupe

Proposer une transformation de permettant d'obtenir un meilleur rendement ainsi que les conditions opératoires permettant sa formation.

Voir la stratégie
  1. Identifier la cause du faible rendement de l'amidation directe : la réaction entre un acide carboxylique et une amine est dominée par un équilibre acido-basique conduisant au sel d'alkylammonium-carboxylate, non réactif à température modérée.
  2. Proposer la stratégie classique d'activation de la fonction acide carboxylique sous la forme d'un dérivé d'acide plus électrophile : le chlorure d'acyle (ou un anhydride mixte).
  3. Préciser le réactif d'halogénation ainsi que les conditions expérimentales requises (solvant anhydre, gestion des dégagements gazeux).
Voir la réponse courte

Activation de l'acide en chlorure d'acyle par \mathrm{SOCl}_2 pour favoriser l'attaque nucléophile de l'amine avec un bon rendement.

Voir le corrigé complet

La réaction directe entre l'acide carboxylique \mathbf{10} et l'amine primaire \mathbf{6} conduit majoritairement à une réaction acido-basique exothermique formant le sel d'ammonium-carboxylate :

\mathrm{R\text{--}COOH} + \mathrm{R'\text{--}NH_2} \rightleftharpoons \mathrm{R\text{--}COO^-} + \mathrm{R'\text{--}NH_3^+}

L'ion carboxylate \mathrm{R\text{--}COO^-} n'étant plus électrophile, la formation de l'amide (qui requiert une déshydratation thermique sous conditions dures) présente un faible rendement.

Pour obtenir un meilleur rendement, il est nécessaire d'activer l'acide carboxylique \mathbf{10} en le transformant en un dérivé d'acide hautement réactif vis-à-vis de l'attaque nucléophile de l'amine \mathbf{6}, typiquement le chlorure d'acyle correspondant : le chlorure de (6E)-8-méthylnon-6-énoyle.

Conditions opératoires de formation du chlorure d'acyle :

  • Réactif : utilisation du chlorure de thionyle \mathrm{SOCl_2} (ou du chlorure d'oxalyle (\mathrm{COCl})_2 avec quelques gouttes de N,N-diméthylformamide comme catalyseur).
  • Milieu : milieu strictement anhydre (présence d'un tube de garde à \mathrm{CaCl_2} ou travail sous atmosphère inerte de diazote/argon) pour éviter l'hydrolyse du chlorure d'acyle formé.
  • Solvant et température : au reflux dans un solvant aprotique apolaire anhydre (par exemple le dichlorométhane \mathrm{CH_2Cl_2} ou le toluène), ou à léger reflux de \mathrm{SOCl_2} pur utilisé en excès.
  • Gestion des effluents : piégeage des gaz acides dégagés (\mathrm{HCl} et \mathrm{SO_2}) à l'aide d'un bulleur contenant une solution aqueuse de soude.
\boxed{\text{Transformation de }\mathbf{10}\text{ en chlorure d'acyle par action de }\mathrm{SOCl_2}\text{ en milieu anhydre à reflux.}}

Lors de la mise en réaction subséquente avec la vanillylamine \mathbf{6} en présence d'une base organique non nucléophile (comme la triéthylamine \mathrm{NEt_3} ou la pyridine) pour neutraliser le \mathrm{HCl} formé, l'addition-élimination nucléophile est totale, rapide et quantitative à température ambiante.

Résultat

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3 · Détection électrochimique des capsaïcinoides en solution

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : demi-équation électronique, nombre d'oxydation

Donner la demi-équation d'oxydation de la capsaïcine et donner le nombre d'électrons échangés. Justifier alors que la réaction étudiée ici est irréversible.

Voir la stratégie
  1. Identifier la transformation subie par le noyau aromatique de la capsaïcine pour passer à la benzoquinone (Schéma 4) : il s'agit d'une oxydation du motif gaïacol (2-méthoxyphénol) en o-quinone, accompagnée du départ du groupement méthoxy sous forme de méthanol.
  2. Établir le bilan en éléments (C, H, O, N) et en charges pour déduire le nombre d'électrons échangés n.
  3. Justifier l'irréversibilité à partir de la stœchiométrie de la demi-équation (mécanisme de type transfert d'électrons suivi d'une étape chimique irréversible avec rupture d'une liaison \mathrm{C}-\mathrm{O} et départ de méthanol).
Voir la réponse courte

Demi-équation à 2\mathrm{e}^- et 2\mathrm{H}^+ d'oxydation du phénol en quinone, dont le mécanisme chimique couplé rend le pic irréversible.

Voir le corrigé complet

Notons \mathrm{R} = -\mathrm{CH_2-NH-CO-(CH_2)_4-CH=CH-CH(CH_3)_2} la chaîne latérale commune à la capsaïcine et à sa forme oxydée.

  • La capsaïcine présente un cycle aromatique porteur des fonctions phénol et éther méthylique : \mathrm{R-C_6H_3(OH)(OCH_3)}, de formule brute \mathrm{C_{18}H_{27}NO_3}.
  • La forme oxydée (Schéma 4) est une ortho-benzoquinone substituée : \mathrm{R-C_6H_3(=O)_2}, de formule brute \mathrm{C_{17}H_{23}NO_3}.

L'oxydation du groupement diphénolique masqué s'accompagne de l'hydrolyse du pont méthoxy conduisant à la libération d'une molécule de méthanol \mathrm{CH_3OH} :

\mathrm{R-C_6H_3(OH)(OCH_3)} + \mathrm{H_2O} \longrightarrow \mathrm{R-C_6H_3(=O)_2} + \mathrm{CH_3OH} + 2\,\mathrm{H^+} + 2\,\mathrm{e^-}

ou, en formule brute globale :

\boxed{\mathrm{C_{18}H_{27}NO_3} + \mathrm{H_2O} \longrightarrow \mathrm{C_{17}H_{23}NO_3} + \mathrm{CH_3OH} + 2\,\mathrm{H^+} + 2\,\mathrm{e^-}}

Le nombre d'électrons échangés est donc :

\boxed{n = 2}

Justification de l'irréversibilité : La réaction d'oxydation ne se résume pas à un simple transfert d'électrons : elle s'accompagne d'une coupure irréversible d'une liaison covalente \mathrm{C-O} avec élimination d'une molécule de méthanol \mathrm{CH_3OH} (mécanisme de type \mathrm{EC}, où le transfert d'électrons est suivi d'une étape chimique). Le méthanol libéré diffuse immédiatement dans la solution aqueuse.

Pour régénérer la capsaïcine lors du balayage retour en potentiel (réduction), il faudrait réaliser simultanément une réduction de la quinone et une substitution/condensation nucléophile très improbable avec le méthanol dilué. La réaction inverse est donc cinétiquement et thermodynamiquement bloquée : le processus électrochimique est totalement irréversible.

Résultat

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de faraday, intensité du courant

Justifier que d'après la loi de Faraday, le courant est également donné par la relation :

Voir la réponse courte

Dérivation temporelle de la charge faradique Q = n F S \Gamma_{\mathrm{Red}} reliant l'intensité au flux molaire adsorbé.

Voir le corrigé complet

Considérons la réaction d'oxydation de la capsaïcine adsorbée à la surface de l'électrode d'aire S :

\text{Red} \longrightarrow \text{Ox} + n\,\mathrm{e}^-

La quantité de matière de forme réduite présente sur l'électrode à l'instant t s'exprime à partir de la concentration surfacique \Gamma_{\text{Red}}(t) par :

n_{\text{Red}}(t) = S\,\Gamma_{\text{Red}}(t)

Pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t, la variation élémentaire de la quantité de matière de réducteur est :

\mathrm{d}n_{\text{Red}} = S\,\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}

Cette quantité est négative puisque le réducteur est consommé au cours de l'oxydation.

D'après la stœchiométrie de la demi-équation électronique, l'oxydation de -\mathrm{d}n_{\text{Red}} moles de réducteur libère une quantité d'électrons :

\mathrm{d}n_{\mathrm{e}^-} = -n\,\mathrm{d}n_{\text{Red}} = -n\,S\,\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}

D'après la loi de Faraday, la charge électrique élémentaire \mathrm{d}q transférée à l'électrode (comptée positivement en convention de courant anodique, cohérente avec l'expression (2) où I > 0) s'écrit :

\mathrm{d}q = F\,\mathrm{d}n_{\mathrm{e}^-} = -nFS\,\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}

L'intensité du courant électrique traversant l'électrode est définie par I = \frac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}, d'où :

\boxed{I = -nFS\,\frac{\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}}{\mathrm{d}t}}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : cinétique électrochimique, équation différentielle

En utilisant les équations (1), (2) et (3), donner l'équation différentielle permettant de déterminer l'évolution temporelle de la concentration surfacique en capsaïcine.

Voir la stratégie

Pour obtenir l'équation différentielle régissant l'évolution temporelle de la concentration surfacique en capsaïcine \Gamma_{\text{Red}}(t) :

  1. Égaler les deux expressions du courant I issues de la cinétique électrochimique (équation 2) et de la loi de Faraday (équation 3).
  2. Exprimer la surtension \eta(t) = E(t) - E^\circ en fonction du temps t à l'aide de la loi de balayage linéaire du potentiel (équation 1).
Voir la réponse courte

Établissement de l'équation différentielle linéaire du premier ordre régissant \Gamma_{\mathrm{Red}}(t) sous balayage linéaire de tension.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (2), le courant d'oxydation irréversible s'écrit :

I = nF S k^0 \Gamma_{\text{Red}}(t) \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT} \eta(t)\right)

avec \eta(t) = E(t) - E^\circ. D'après l'équation de balayage linéaire du potentiel (1), on a E(t) = E_i + vt, d'où :

\eta(t) = E_i - E^\circ + vt

D'après la loi de Faraday (équation 3), ce courant s'exprime également par :

I = -nF S \frac{\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}}{\mathrm{d}t}

En égalant ces deux expressions et en simplifiant par nFS \neq 0, il vient :

\begin{aligned} -nF S \frac{\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}}{\mathrm{d}t} &= nF S k^0 \Gamma_{\text{Red}}(t) \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\left(E_i - E^\circ + vt\right)\right) \\ \frac{\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}}{\mathrm{d}t} &= -k^0 \Gamma_{\text{Red}}(t) \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\left(E_i - E^\circ + vt\right)\right) \end{aligned}

On obtient ainsi l'équation différentielle linéaire homogène du premier ordre vérifiée par \Gamma_{\text{Red}}(t) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\Gamma_{\text{Red}}}{\mathrm{d}t} + k^0 \exp\left[\alpha \frac{nF}{RT}(E_i - E^\circ + vt)\right] \Gamma_{\text{Red}}(t) = 0}

Résultat

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : cinétique électrochimique, intégration

En intégrant cette équation, exprimer en fonction de , , , , , , , , et de et respectivement la surtension et la concentration surfacique lorsque . Simplifier l'expression obtenue en introduisant les paramètres et .

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée temporelle en fonction de la surtension \eta(t) = \eta_0 + vt pour laquelle \mathrm{d}\eta = v\,\mathrm{d}t.
  2. Séparer les variables \Gamma_{\mathrm{Red}} et \eta, puis intégrer entre l'instant initial t = 0 et l'instant t.
  3. Introduire les paramètres p = \frac{RT}{nF} et K_{\mathrm{ads}} = p\frac{k^\circ}{v} pour simplifier l'expression finale.
Voir la réponse courte

Intégration analytique de l'équation différentielle après changement de variable temps-potentiel et introduction des grandeurs réduites.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, l'équation différentielle régissant l'évolution de \Gamma_{\mathrm{Red}}(t) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\Gamma_{\mathrm{Red}}}{\mathrm{d}t} = - k^\circ \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\eta\right) \Gamma_{\mathrm{Red}}

Le balayage linéaire en potentiel impose E(t) = E_i + vt, d'où pour la surtension :

\eta(t) = E(t) - E^\circ = (E_i - E^\circ) + vt = \eta_0 + vt

où \eta_0 = \eta(0) = E_i - E^\circ désigne la surtension initiale. On en déduit :

\mathrm{d}\eta = v\,\mathrm{d}t \iff \mathrm{d}t = \frac{\mathrm{d}\eta}{v}

En séparant les variables, l'équation différentielle devient :

\frac{\mathrm{d}\Gamma_{\mathrm{Red}}}{\Gamma_{\mathrm{Red}}} = -\frac{k^\circ}{v} \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\eta\right)\mathrm{d}\eta

En intégrant entre t = 0 (où \eta = \eta_0 et \Gamma_{\mathrm{Red}} = \Gamma_{\mathrm{Red},0}) et l'instant t (associé à la surtension \eta) :

\begin{aligned} \int_{\Gamma_{\mathrm{Red},0}}^{\Gamma_{\mathrm{Red}}(t)} \frac{\mathrm{d}\Gamma}{\Gamma} &= -\frac{k^\circ}{v} \int_{\eta_0}^{\eta} \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\eta'\right)\mathrm{d}\eta' \\ \ln\left(\frac{\Gamma_{\mathrm{Red}}(t)}{\Gamma_{\mathrm{Red},0}}\right) &= -\frac{k^\circ}{v} \frac{RT}{\alpha nF} \left[ \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\eta\right) - \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\eta_0\right) \right] \end{aligned}

On constate que la surface S de l'électrode n'intervient pas dans cette expression.

En introduisant les notations définies par l'énoncé :

p = \frac{RT}{nF} \quad \text{et} \quad K_{\mathrm{ads}} = p\frac{k^\circ}{v} = \frac{RT}{nF}\frac{k^\circ}{v}

le préfacteur se réécrit simplement :

\frac{k^\circ}{v} \frac{RT}{\alpha nF} = \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha}

Il vient ainsi :

\ln\left(\frac{\Gamma_{\mathrm{Red}}(t)}{\Gamma_{\mathrm{Red},0}}\right) = -\frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \left[ \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) - \exp\left(\frac{\alpha\eta_0}{p}\right) \right]

Soit, en prenant l'exponentielle :

\boxed{\Gamma_{\mathrm{Red}}(t) = \Gamma_{\mathrm{Red},0} \exp\left\{ -\frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \left[ \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) - \exp\left(\frac{\alpha\eta_0}{p}\right) \right] \right\}}

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : voltampérométrie, approximation

Lors de l'étude, le potentiel initial choisi est tel que . Dans ces conditions, toutes les capsaïcinoides sont initialement sous formes réduites soit . Simplifier alors l'expression obtenue précédemment dans le cas où , c'est-à-dire lorsque .

Voir la réponse courte

Simplification du terme aux limites en prenant la limite \eta_0 \to -\infty, annulant l'exponentielle initiale.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, l'expression générale de la concentration surfacique en réducteur au cours du balayage s'écrit :

\Gamma_{\mathrm{Red}}(t) = \Gamma_{\mathrm{Red},0} \exp\left\{ -\frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \left[ \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) - \exp\left(\frac{\alpha\eta_0}{p}\right) \right] \right\}

Les grandeurs \alpha et p = \frac{RT}{nF} étant strictement positives, la condition E_i \ll E^\circ, équivalente à \eta_0 = E_i - E^\circ \to -\infty, implique :

\lim_{\eta_0 \to -\infty} \exp\left(\frac{\alpha\eta_0}{p}\right) = 0

En tenant compte du fait que l'ensemble des molécules de capsaïcine est initialement sous forme réduite (\Gamma_{\mathrm{Red},0} = \Gamma_{\mathrm{tot}}), l'expression se simplifie directement en :

\boxed{\Gamma_{\mathrm{Red}}(t) = \Gamma_{\mathrm{tot}} \exp\left[ -\frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) \right]}

où \eta = E(t) - E^\circ.

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : voltampérométrie, courbe courant-potentiel

En déduire que le courant est relié au potentiel par la relation :

Voir la réponse courte

Réinjection de l'expression de \Gamma_{\mathrm{Red}}(t) dans l'équation du courant pour obtenir la courbe en cloche asymétrique.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (2) de l'énoncé, la loi cinétique reliant le courant I à la surtension \eta = E - E^\circ et à la concentration surfacique en réducteur \Gamma_{\mathrm{Red}} s'écrit :

I = nFSk^0\Gamma_{\mathrm{Red}} \exp\left(\alpha \frac{nF}{RT}\eta\right)

En introduisant le paramètre p = \dfrac{RT}{nF} défini à la question 25, cette relation prend la forme :

I = nFSk^0\Gamma_{\mathrm{Red}} \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right)

En substituant l'expression de \Gamma_{\mathrm{Red}} obtenue à la question 26 :

\Gamma_{\mathrm{Red}} = \Gamma_{\mathrm{tot}} \exp\left[ -\frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) \right]

il vient directement :

\begin{aligned} I &= nFSk^0 \Gamma_{\mathrm{tot}} \exp\left[ -\frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) \right] \exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) \\ &= nFSk^0\Gamma_{\mathrm{tot}} \exp\left[\frac{\alpha\eta}{p} - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha}\exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right)\right] \end{aligned}

On retrouve bien l'équation (4) :

\boxed{I = nFSk^0\Gamma_{\mathrm{tot}} \exp\left[\frac{\alpha\eta}{p} - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha}\exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right)\right]}

Résultat

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Question 28

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : voltampérométrie, extremum

En utilisant l'expression (4), montrer que :

Voir la stratégie
  1. Pour trouver le maximum de courant, on dérive l'expression (4) du courant I par rapport à la surtension \eta (ce qui équivaut à dériver par rapport au potentiel E, puisque \mathrm{d}\eta = \mathrm{d}E). L'annulation de la dérivée fournit la surtension de pic \eta_{\mathrm{pic}}, d'où l'expression de E_{\mathrm{pic}}.
  2. On évalue ensuite le terme exponentiel en ce point, puis on injecte la définition de K_{\mathrm{ads}} = p\frac{k^0}{v} pour exprimer I_{\mathrm{pic}} en fonction des grandeurs demandées.
Voir la réponse courte

Annulation de la dérivée première \mathrm{d}I/\mathrm{d}\eta = 0 pour établir les expressions théoriques de E_{\mathrm{pic}} et I_{\mathrm{pic}}.

Voir le corrigé complet

L'expression (4) reliant le courant I à la surtension \eta = E - E^\circ s'écrit :

I(\eta) = nFSk^0\Gamma_{\mathrm{tot}} \exp\left[ \frac{\alpha\eta}{p} - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha}\exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) \right]

Le courant étant strictement positif, maximiser I(\eta) revient à maximiser la fonction f(\eta) située dans l'exponentielle :

f(\eta) = \frac{\alpha\eta}{p} - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha}\exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right)

Dérivons f par rapport à \eta :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}f}{\mathrm{d}\eta} &= \frac{\alpha}{p} - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \cdot \frac{\alpha}{p}\exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) = \frac{\alpha}{p}\left[ 1 - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha}\exp\left(\frac{\alpha\eta}{p}\right) \right] \end{aligned}

La dérivée s'annule pour une surtension particulière \eta_{\mathrm{pic}} vérifiant :

\begin{aligned} 1 - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha}\exp\left(\frac{\alpha\eta_{\mathrm{pic}}}{p}\right) = 0 &\iff \exp\left(\frac{\alpha\eta_{\mathrm{pic}}}{p}\right) = \frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}} \\ &\iff \frac{\alpha\eta_{\mathrm{pic}}}{p} = \ln\left(\frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\right) \end{aligned}

Comme \eta_{\mathrm{pic}} = E_{\mathrm{pic}} - E^\circ, on en déduit l'expression du potentiel de pic :

\boxed{E_{\mathrm{pic}} = E^\circ + \frac{p}{\alpha}\ln\left(\frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\right)}

Pour déterminer l'intensité maximale correspondante I_{\mathrm{pic}}, évaluons l'argument de l'exponentielle en \eta = \eta_{\mathrm{pic}} :

\begin{aligned} f(\eta_{\mathrm{pic}}) &= \ln\left(\frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\right) - \frac{K_{\mathrm{ads}}}{\alpha} \cdot \frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}} = \ln\left(\frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\right) - 1 \end{aligned}

L'exponentielle vaut alors :

\exp\left[f(\eta_{\mathrm{pic}})\right] = \exp\left[\ln\left(\frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\right)\right] \times \exp(-1) = \frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\exp(-1)

En reportant dans l'expression du courant :

I_{\mathrm{pic}} = nFSk^0\Gamma_{\mathrm{tot}} \frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\exp(-1)

D'après la question précédente, K_{\mathrm{ads}} = p\frac{k^0}{v} = \frac{RT}{nF}\frac{k^0}{v}, d'où le rapport :

\frac{k^0}{K_{\mathrm{ads}}} = \frac{v}{p} = \frac{nFv}{RT}

On obtient ainsi :

\begin{aligned} I_{\mathrm{pic}} &= nFS\Gamma_{\mathrm{tot}}\alpha \left(\frac{nFv}{RT}\right) \exp(-1) \end{aligned}
\boxed{I_{\mathrm{pic}} = \frac{n^2F^2S\alpha}{RT}v\Gamma_{\mathrm{tot}}\exp(-1)}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : voltampérométrie, validation de modèle

Montrer que les résultats obtenus sont cohérents avec l'étude menée précédemment.

Voir la stratégie

Pour montrer la cohérence entre les résultats expérimentaux et l'étude théorique :

  1. On explicite la dépendance théorique en v du courant de pic I_{\text{pic}} et du potentiel de pic E_{\text{pic}} établies à la question précédente.
  2. On compare ces lois de variation aux courbes expérimentales des figures 4A et 4B, en vérifiant la linéarité, l'ordonnée à l'origine et le signe de la pente.
  3. On vérifie la cohérence numérique de la pente de E_{\text{pic}} en fonction de \ln(v) avec la valeur attendue du coefficient de transfert de charge \alpha \in ]0, 1[.
Voir la réponse courte

Vérification de la proportionnalité entre le courant de pic I_{\mathrm{pic}} et la vitesse de balayage v, confirmant une espèce adsorbée.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question 28, le courant de pic s'écrit :

I_{\mathrm{pic}} = \left(\frac{n^2 F^2 S \alpha}{RT}\Gamma_{\mathrm{tot}}\exp(-1)\right) v

Tous les termes entre parenthèses étant indépendants de la vitesse de balayage v, le modèle théorique prévoit :

I_{\mathrm{pic}} \propto v

Le courant de pic doit donc être rigoureusement proportionnel à la vitesse de balayage v. Sur la figure 4A, les points expérimentaux sont parfaitement alignés sur une droite passant par l'origine, ce qui confirme cette relation de proportionnalité.

D'autre part, en remplaçant K_{\mathrm{ads}} = p\,\frac{k^\circ}{v} dans l'expression du potentiel de pic obtenue à la question 28, il vient :

\begin{aligned} E_{\mathrm{pic}} &= E^\circ + \frac{p}{\alpha}\ln\left(\frac{\alpha v}{p k^\circ}\right) \\ &= E^\circ + \frac{p}{\alpha}\ln\left(\frac{\alpha}{p k^\circ}\right) + \frac{p}{\alpha}\ln(v) \end{aligned}

Le modèle prévoit ainsi une relation affine entre E_{\mathrm{pic}} et \ln(v) :

E_{\mathrm{pic}} = \text{constante} + \frac{p}{\alpha}\ln(v)

avec une pente positive égale à \frac{p}{\alpha} = \frac{RT}{\alpha n F} > 0.

Sur la figure 4B, le tracé de E_{\mathrm{pic}} en fonction de \ln(v) est effectivement une droite de pente positive. Estimons numériquement cette pente à partir de deux points de la droite :

\text{pente} = \frac{\Delta E_{\mathrm{pic}}}{\Delta \ln(v)} \simeq \frac{0{,}79 - 0{,}69}{6{,}0 - 3{,}0} = \frac{0{,}10}{3{,}0} \simeq 3{,}3 \times 10^{-2}\text{ V} = 33\text{ mV}

À la température ambirente (T \simeq 298\text{ K}) et pour n = 2 électrons échangés :

p = \frac{RT}{nF} \simeq \frac{8 \times 298}{2 \times 10^5} \simeq 1{,}2 \times 10^{-2}\text{ V} = 12\text{ mV}

On en déduit la valeur du coefficient de transfert de charge :

\alpha = \frac{p}{\text{pente}} \simeq \frac{12}{33} \simeq 0{,}36

Cette valeur vérifie bien la condition physique 0 < \alpha < 1 précisée par l'énoncé.

Conclusion : L'ensemble des résultats expérimentaux est en parfait accord avec les prédictions du modèle théorique de Laviron pour une espèce adsorbée subissant une réaction électrochimique irréversible.

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : voltampérométrie, validation de modèle

Montrer que ces expériences sont cohérentes avec l'étude théorique précédente.

Voir la stratégie

Pour confronter les résultats expérimentaux des figures 5 et 6 à l'étude théorique :

  1. Analyser la dépendance du courant de pic I_{\mathrm{pic}} avec la concentration volumique c en exploitant la relation de proportionnalité entre \Gamma_{\mathrm{tot}} et c (donnée du sujet) et la formule de I_{\mathrm{pic}} (question Q28).
  2. Examiner la position du potentiel de pic E_{\mathrm{pic}} en fonction de la concentration à la lumière de l'expression théorique établie à la question Q28.
  3. Comparer l'allure des voltampérogrammes de la figure 5 avec la courbe modèle de la figure 2.
Voir la réponse courte

Confirmation expérimentale de la proportionnalité entre l'intensité de pic et la concentration en capsaïcine en solution.

Voir le corrigé complet

L'étude théorique précédente a établi deux résultats fondamentaux pour une espèce adsorbée subissant une oxydation irréversible (question Q28) :

E_{\mathrm{pic}} = E^\circ + \frac{p}{\alpha}\ln\left(\frac{\alpha}{K_{\mathrm{ads}}}\right) \quad \text{et} \quad I_{\mathrm{pic}} = \frac{n^2 F^2 S \alpha}{RT}\,v\,\Gamma_{\mathrm{tot}}\exp(-1)

L'énoncé précise par ailleurs (préambule de la sous-partie 3) que la concentration surfacique totale en capsaïcine adsorbée est proportionnelle à la concentration volumique de la solution :

\Gamma_{\mathrm{tot}} \propto c

La cohérence entre l'expérience et la théorie se manifeste à travers trois observations :

  • Linéarité de I_{\mathrm{pic}} en fonction de la concentration c : Théoriquement, à vitesse de balayage v et température fixées, le courant de pic est directement proportionnel à \Gamma_{\mathrm{tot}}, donc à la concentration c :

    I_{\mathrm{pic}} \propto c

    Expérimentalement, la figure 6 montre que le courant de pic I_{\mathrm{pic}} est une fonction affine passant par l'origine en fonction de c, aussi bien sur la gamme globale (0{,}03 à 10\;\mu\mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}) que pour les très faibles concentrations présentées dans l'encadré (0{,}03 à 0{,}10\;\mu\mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}). L'accord est donc quantitatif et excellent.

  • Indépendance du potentiel de pic vis-à-vis de la concentration : L'expression théorique de E_{\mathrm{pic}} ne dépend que des constantes thermodynamiques (E^\circ), cinétiques (k^\circ, \alpha), de la vitesse de balayage v et de la température T ; elle est rigoureusement indépendante de \Gamma_{\mathrm{tot}} et de c. Sur la figure 5, on constate effectivement que l'abscisse du pic de courant reste pratiquement constante quel que soit le niveau de concentration (pour toutes les courbes de (a) à (h), E_{\mathrm{pic}} \approx 0{,}73 - 0{,}74\text{ V} par rapport à l'électrode \mathrm{Ag}|\mathrm{AgCl}).
  • Allure générale des courbes courant-potentiel : Les voltampérogrammes de la figure 5 présentent tous un pic bien individualisé, asymétrique, avec retour du courant à une ligne de base après consommation de l'espèce adsorbée à la surface, ce qui reproduit fidèlement le profil théorique issu de l'équation (4) représenté sur la figure 2.

Ces expériences confirment donc pleinement la validité du modèle cinétique d'adsorption et d'oxydation irréversible.

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Démarche expérimentale

Notions : dosage par étalonnage, protocole expérimental

Proposer alors un protocole permettant de déterminer la concentration d'un échantillon inconnu en utilisant cette électrode modifiée.

Voir la stratégie

La proportionnalité démontrée aux questions précédentes entre le courant de pic I_{\text{pic}} et la concentration c en capsaïcine (Figure 6) permet d'utiliser une méthode de dosage par étalonnage :

  1. Réalisation d'une gamme étalon et mesure du signal sous des conditions opératoires strictement identiques (temps d'adsorption de 10 min, vitesse de balayage v, électrolyte support).
  2. Mesure de l'échantillon inconnu dans les mêmes conditions (avec dilution si nécessaire).
  3. Détermination de la concentration par régression linéaire.
Voir la réponse courte

Protocole de dosage par ajouts dosés ou droite d'étalonnage mesurant I_{\mathrm{pic}} pour déterminer une concentration inconnue.

Voir le corrigé complet

Pour déterminer la concentration d'un échantillon inconnu en capsaïcine à l'aide de l'électrode modifiée, on propose le protocole de dosage par étalonnage externe suivant :

  1. Préparation d'une gamme de solutions étalons :

    • À partir d'une solution mère de capsaïcine de concentration connue, préparer par dilutions successives une série d'au moins 4 à 5 solutions étalons de concentrations c_i réparties dans le domaine de linéarité mis en évidence à la question Q30 (par exemple entre 0{,}1\;\mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1} et 10\;\mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}), en présence d'une même quantité d'électrolyte support.
  2. Mesure sur les solutions étalons : Pour chaque solution étalon de concentration c_i, sous température régulée :

    • Immerger l'électrode de travail modifiée (graphène-Ti-nafion) dans la solution sous agitation pendant une durée strictement contrôlée de 10\text{ min} afin de saturer l'adsorption dans les mêmes conditions ;
    • Arrêter l'agitation, appliquer un balayage linéaire de potentiel à vitesse fixée (par exemple v = 100\text{ mV}\cdot\text{s}^{-1}) entre E_i = 0{,}3\text{ V} et 1{,}0\text{ V} par rapport à l'électrode de référence \mathrm{Ag/AgCl} ;
    • Enregistrer le voltampérogramme I = f(E) et déterminer la hauteur du pic d'oxydation I_{\text{pic}, i} après soustraction du courant résiduel (ligne de base capacitive) ;
    • Nettoyer/régénérer ou renouveler la surface de l'électrode entre chaque mesure pour désorber la capsaïcine résiduelle.
  3. Tracé de la droite d'étalonnage :

    • Tracer la courbe I_{\text{pic}} = f(c) et vérifier son alignement ;
    • Déterminer l'équation de la droite d'étalonnage I_{\text{pic}} = a \cdot c par régression linéaire.
  4. Mesure et détermination de la concentration inconnue :

    • Préparer l'échantillon inconnu (le diluer par un facteur F si sa concentration est susceptible de dépasser le domaine de linéarité 10\;\mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}, ou pour s'y ramener) en ajoutant l'électrolyte support ;
    • Appliquer le protocole de mesure précédent dans des conditions rigoureusement identiques (immersion pendant 10\text{ min}, même vitesse v) ;
    • Relever la valeur expérimentale du courant de pic I_{\text{pic, inc}} ;
    • Calculer la concentration de l'échantillon par la relation :

      \boxed{c_{\text{inc}} = F \times \frac{I_{\text{pic, inc}}}{a}}

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : limite de détection, dosage

Comparer les concentrations accessibles grâce à cette méthode aux concentrations usuellement accessibles à l'aide des techniques que vous avez abordées en TP. Commenter.

Voir la réponse courte

Comparaison de la sensibilité sub-micromolaire de la voltampérométrie avec les limites millimolaires des titrages ou de la spectrophotométrie usuels.

Voir le corrigé complet

D'après les figures (5) et (6) de l'énoncé, la méthode électrochimique développée permet d'accéder à un domaine de concentrations :

c \in [0{,}03\ \mu\mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}\ ;\ 10\ \mu\mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}] = [3\times 10^{-8}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}\ ;\ 10^{-5}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}]

Comparons cette gamme aux ordres de grandeur des méthodes d'analyse couramment mises en œuvre en travaux pratiques :

  • Titrages directs avec détection de fin de réaction (pH-métrie, conductimétrie, potentiométrie) : les concentrations des espèces titrées sont usuellement comprises entre 10^{-3}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1} et 10^{-1}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}. En deçà de 10^{-3}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}, la netteté des sauts de potentiel ou de pH s'estompe fortement et la conductivité propre du solvant masque les variations du titrage.
  • Spectrophotométrie UV-visible (étalonnage selon la loi de Beer-Lambert) : le domaine de linéarité de l'absorbance (0{,}1 \le A \le 1{,}5) correspond généralement à des concentrations comprises entre 10^{-5}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1} et 10^{-3}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1} (la limite de détection descend exceptionnellement vers 10^{-6}\ \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1} pour des espèces ayant un très fort coefficient d'absorption molaire \varepsilon \sim 10^5\ \mathrm{L}\cdot\mathrm{mol}^{-1}\cdot\mathrm{cm}^{-1}).
\boxed{\text{Cette méthode atteint des limites de détection de } 2 \text{ à } 4 \text{ ordres de grandeur inférieures aux méthodes de TP.}}

Commentaires :

  1. Effet de préconcentration : la remarquable sensibilité de la méthode provient de la phase initiale d'adsorption (10 minutes) de la capsaïcine sur le composite graphène-Ti-nafion. Cette accumulation surfacique permet de concentrer l'analyte à la surface de l'électrode avant l'étape de balayage voltampérométrique (principe de la voltampérométrie de redissolution par adsorption, AdSV).
  2. Dosage de traces : cette technique relève de l'analyse de traces et d'ultra-traces, particulièrement adaptée aux matrices réelles (piments, préparations alimentaires, fluides biologiques) où les principes actifs se trouvent à de très faibles teneurs, sans nécessiter d'étape préalable complexe et lourde de purification ou d'évaporation.

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