Corrigé détaillé ENS Physique C PC 2021
L'eau dans l'atmosphère
- 74 questions corrigées
- Sujet difficile
- Faisable en PCSI : 38 questions sur 74, parties 2, 4.1 et 4.5
- Vérifié question par question
Cette épreuve remarquable de l'ENS aborde la physique du climat à travers la modélisation complète du profil vertical de température de l'atmosphère terrestre et de sa sensibilité au dioxyde de carbone. Le sujet s'articule autour des deux rôles fondamentaux joués par l'eau atmosphérique : la libération de chaleur latente lors des transitions de phase et l'absorption radiative infrarouge.
Le problème progresse avec une très grande rigueur scientifique, partant de la formule de Clausius-Clapeyron et de la statique des fluides pour établir les gradients adiabatiques sec et saturé (critère de Schwarzschild pour la convection), avant d'aborder le transfert radiatif à deux flux de type Schwarzschild-Milne. Il aboutit à la construction guidée du célèbre modèle radiatif-convectif à une dimension de Syukuro Manabe et Richard Wetherald (prix Nobel de physique 2021). C'est un sujet d'entraînement d'un intérêt pédagogique exceptionnel pour la filière PC, combinant thermodynamique fine, bilans locaux et globaux, exploitation de documents récents et ordres de grandeur géophysiques.
En bref sur ce sujet
- Difficulté
- Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,41/20)
- Temps estimé
- ≈ 6 h 10 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Rayonnement thermique48 %
- Changements d'état du corps pur18 %
- Mécanique des fluides16 %
- Premier et second principes de la thermodynamique12 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en PCSI : 38 questions sur 74, parties 2, 4.1 et 4.5.
Où gagner des points
Rapides et accessibles (50) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
Points à signaler : erreur d'énoncé
Erreur d'énoncé
L'énoncé qualifie M_d = 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} de « masse volumique de l'air sec » en Q14 : l'unité et la valeur indiquent sans ambiguïté qu'il s'agit de la masse molaire moyenne de l'air sec.
Erreur d'énoncé
Sous l'équation (34) en Q70, le texte pose par inadvertance \Gamma = \partial T/\partial z. Il faut conserver la définition \Gamma = -\partial T/\partial z adoptée dans tout le sujet pour retrouver l'expression fournie.
Comment utiliser ce corrigé
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Partie 2 : Courbe de saturation de l'eau
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : équilibre liquide-vapeur, enthalpie de vaporisation
Écrire la relation entre les variations d'entropie et d'enthalpie associées à une transition de phase. Montrer que si les phases liquide et vapeur sont à l'équilibre thermodynamique, alors .
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À l'équilibre diphasique à température et pression fixées, l'enthalpie libre totale G est minimale, ce qui implique l'égalité des enthalpies libres massiques \zeta_l = \zeta_v, avec \Delta s = L/T.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler que pour un corps pur, le changement d'état à pression fixée est réversible, isobare et isotherme à la température T, ce qui relie directement la variation d'entropie massique \Delta s à la variation d'enthalpie massique \Delta h.
- Exprimer la différence \zeta_v - \zeta_l à partir de la définition de \zeta = h - Ts et injecter la relation précédente pour établir l'égalité.
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À l'équilibre diphasé réversible \Delta s = L/T, et l'égalité des potentiels chimiques molaires ou massiques impose \zeta_l = \zeta_v.
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Lors d'une transition de phase d'un corps pur à la température T (sous la pression d'équilibre correspondante), la transformation est réversible, isotherme et isobare. Pour l'unité de masse, le transfert thermique reçu est égal à la variation d'enthalpie massique :
D'après le second principe de la thermodynamique, l'entropie échangée pour une transformation réversible isotherme à la température T s'écrit :
Par définition de la grandeur massique \zeta = h - Ts (qui correspond à l'enthalpie libre massique g) :
En utilisant la relation établie précédemment T \Delta s = L(T), il vient :
On en déduit donc bien qu'à l'équilibre thermodynamique liquide-vapeur :
Résultat
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : identité thermodynamique, enthalpie libre massique
Montrer d'autre part que vérifie :
où est le volume massique.
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Différencier la définition \zeta = h - Ts et injecter l'identité thermodynamique massique \mathrm{d}h = T\mathrm{d}s + v\mathrm{d}P.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de la définition de l'enthalpie massique h = u + Pv et de la forme massique de l'identité thermodynamique issue de la section 1.3.
- Différencier l'enthalpie libre massique \zeta = h - Ts pour faire apparaître la différentielle recherchée.
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Différentielle de l'enthalpie libre massique \mathrm{d}\zeta = \mathrm{d}(h - Ts) = -s\,\mathrm{d}T + v\,\mathrm{d}P.
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Considérons une masse m de corps pur sous une seule phase. L'identité thermodynamique fournie en section 1.3 pour un système fermé monophasique s'écrit :
En divisant par la masse fixée m, on obtient l'identité thermodynamique en grandeurs massiques (u = U/m, s = S/m, v = V/m) :
L'enthalpie massique est définie par h = u + Pv. Sa différentielle s'écrit :
En injectant l'expression de \mathrm{d}u, il vient :
Par définition, la fonction \zeta (enthalpie libre massique g) vaut \zeta = h - Ts. En différentiant cette relation :
En remplaçant \mathrm{d}h par son expression :
On en déduit immédiatement :
Résultat
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : formule de clapeyron, équilibre liquide-vapeur
La pression de vapeur saturante de l'eau, notée , est définie comme la pression partielle de vapeur d'eau lorsque l'équilibre thermodynamique liquide-vapeur est réalisé. Déduire des questions précédentes une relation entre , , , et .
Voir l'indiceIndice
Écrire la condition d'équilibre \mathrm{d}\zeta_v = \mathrm{d}\zeta_l le long de la courbe de saturation P = e_s(T) et utiliser la relation liant entropie et enthalpie de vaporisation.
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Égalité \mathrm{d}\zeta_l = \mathrm{d}\zeta_v le long de la courbe de saturation conduisant à la relation de Clapeyron \frac{\mathrm{d}e_s}{\mathrm{d}T} = \frac{L}{T(v_v - v_l)}.
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Lorsque les deux phases coexistent à l'équilibre à la température T sous la pression de vapeur saturante P = e_s(T), les enthalpies libres massiques des deux phases sont égales d'après la question Q1 :
Pour une variation infinitésimale de température \mathrm{d}T le long de la courbe de coexistence, la pression varie de \mathrm{d}e_s de sorte que l'équilibre soit maintenu, soit :
En utilisant la relation établie à la question Q2, \mathrm{d}\zeta = -s\,\mathrm{d}T + v\,\mathrm{d}P, avec \mathrm{d}P = \mathrm{d}e_s, il vient :
En regroupant les termes :
D'après la question Q1, la variation d'entropie massique de vaporisation s'écrit s_v - s_l = \dfrac{L(T)}{T}. On en déduit la relation de Clapeyron :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : enthalpie de vaporisation, capacité thermique
Exprimer en fonction de , où est une température fixée, de et des capacités thermiques pertinentes. Application numérique : estimer la variation de entre et , et montrer qu'elle est négligeable devant .
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Appliquer la loi de Kirchhoff \mathrm{d}L/\mathrm{d}T = c_{p,v} - c_{p,l} puis estimer numériquement \Delta L = (c_{p,v} - c_{p,l})\Delta T sur l'intervalle de 80\text{ K}.
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- Partir de la définition L(T) = h_v(T) - h_l(T) et différentier par rapport à la température en utilisant la première loi de Joule pour la vapeur (gaz parfait) et le modèle de la phase condensée incompressible pour le liquide.
- Intégrer la relation de Kirchhoff obtenue entre T_m et T sous l'hypothèse de capacités thermiques massiques constantes.
- Calculer la variation \Delta L sur l'intervalle [-40\,^\circ\text{C}, +40\,^\circ\text{C}] avec un chiffre significatif conformément aux consignes générales, puis évaluer le ratio \Delta L / L(T_m).
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Loi de Kirchhoff pour la vaporisation : \Delta L \simeq (c_{p,v}-c_{p,l})\Delta T, variation relative inférieure à quelques pourcents.
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Par définition de l'enthalpie massique de vaporisation (équation 6) :
En modélisant la vapeur d'eau comme un gaz parfait (dont l'enthalpie ne dépend que de T) et l'eau liquide comme une phase condensée indilatable et incompressible (pour laquelle l'influence de la pression sur l'enthalpie est négligeable), les enthalpies massiques vérifient :
où c_{p,v} et c_{p,l} sont les capacités thermiques massiques à pression constante respectives de la vapeur d'eau et de l'eau liquide.
On en déduit la relation de Kirchhoff différentielle :
En supposant les capacités thermiques constantes sur le domaine de température considéré et en intégrant entre T_m et T, il vient :
Application numérique : Entre les températures T_1 = -40\,^\circ\text{C} = 233\text{ K} et T_2 = +40\,^\circ\text{C} = 313\text{ K}, l'écart de température est \Delta T = T_2 - T_1 = 80\text{ K}.
La variation correspondante de chaleur latente est :
Avec les valeurs fournies :
Avec un chiffre significatif :
Comparons cette variation à la valeur de référence L(T_m) = 2,44 \times 10^6\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} :
Cette variation relative restant inférieure à 10\,\% sur une plage de température de 80\text{ K}, elle est négligeable en première approximation devant L(T_m).
Résultat
Question 5
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : formule de clapeyron, gaz parfait
Montrer que pour , la pression de vapeur saturante vérifie :
où est la masse molaire de l'eau, la constante des gaz parfaits, et où est à définir. Préciser la (les) approximation(s) effectuée(s).
Voir l'indiceIndice
Négliger le volume massique du liquide devant celui de la vapeur v_v - v_l \simeq v_v, assimiler la vapeur à un gaz parfait (v_v = R T / (M_e e_s)) et intégrer l'équation différentielle en considérant L constante.
Voir la stratégieStratégie
Pour intégrer la relation de Clapeyron obtenue à la question Q3, nous introduisons les approximations usuelles de l'équilibre liquide-vapeur loin du point critique, puis nous intégrons entre la température de référence T_m et T.
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En négligeant v_l devant v_v \approx RT/(M_e e_s) et pour L constant, intégration de la formule de Clapeyron.
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D'après la question Q3, la formule de Clapeyron s'écrit :
Sur l'intervalle de température [-40^\circ\text{C}, 40^\circ\text{C}], nous effectuons les trois approximations suivantes :
Volume massique du liquide négligeable devant celui de la vapeur :
v_l \ll v_v \implies v_v - v_l \simeq v_vEn effet, v_l \approx 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1} alors que pour la vapeur sous quelques dizaines d'hectopascals, v_v \gtrsim 10\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}.
Comportement de gaz parfait pour la vapeur d'eau sous la pression partielle e_s :
e_s v_v = \frac{R}{M_e} T \implies v_v = \frac{R T}{M_e e_s}- Enthalpie massique de vaporisation constante : d'après l'étude menée à la question Q4, on peut poser L(T) \simeq L = L(T_m) sur toute la plage considérée.
En injectant ces approximations dans la relation de Clapeyron, on obtient :
La séparation des variables conduit à :
On intègre cette équation différentielle entre la température de référence T_m = 273\text{ K} et une température quelconque T :
En prenant l'exponentielle, on retrouve l'expression demandée :
où e_m = e_s(T_m) est la pression de vapeur saturante de l'eau à la température T_m = 273\text{ K} (point de fusion sous 1 atm, soit 0^\circ\text{C}, où e_m \simeq 6{,}1\text{ hPa}).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : pression de vapeur saturante
La courbe de la pression de vapeur saturante déduite de l'équation (8) est tracée en figure 3. Décrire cette courbe en deux phrases maximum.
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Souligner la croissance exponentielle extrêmement rapide de e_s avec la température, passant d'environ 0{,}1\text{ hPa} à -40^\circ\text{C} à plus de 70\text{ hPa} à +40^\circ\text{C}.
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La courbe e_s(T) présente une croissance exponentielle très rapide avec la température.
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La pression de vapeur saturante e_s(T) est une fonction strictement croissante de la température, augmentant de près de trois ordres de grandeur entre -40\text{ }^\circ\text{C} (environ 0,1\text{ hPa}) et +40\text{ }^\circ\text{C} (environ 70\text{ hPa}). En représentation semi-logarithmique (\log_{10}(e_s) en ordonnée et T en abscisse linéaire), elle présente une allure quasi-rectiligne de pente positive, traduisant la croissance exponentielle rapide de la saturation avec la température.
Partie 4 : Profils verticaux
4.1 · Atmosphère isotherme sèche
Question 7
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : champ de pesanteur
Justifier simplement que la gravité peut être considérée indépendante de , où est la verticale dirigée vers le haut.
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Comparer l'épaisseur caractéristique de l'atmosphère (\sim 10\text{ à }100\text{ km}) au rayon terrestre R_T \approx 6400\text{ km} pour justifier que les variations relatives de gravité \Delta g/g \sim 2z/R_T sont très faibles.
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L'épaisseur de l'atmosphère z \ll R_T entraîne une variation relative négligeable de g(z) \simeq g_0(1 - 2z/R_T).
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L'accélération de la pesanteur à l'altitude z s'exprime, en assimilant la Terre à une sphère de rayon R_T \simeq 6{,}4 \times 10^3\text{ km} :
D'après le document 3.1 (lignes 31–33), 99 % de la masse de l'atmosphère est concentrée sous z \approx 30\text{ km}, et la quasi-totalité des phénomènes météorologiques se déroule dans la troposphère (z \lesssim 15\text{ km}).
Pour l'épaisseur utile de l'atmosphère (z \lesssim 30\text{ km}), la variation relative de pesanteur vérifie :
Cette variation étant négligeable devant les autres incertitudes du problème, on peut considérer g uniforme et indépendante de z :
Résultat
Question 8
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Mise en équation
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : statique des fluides, équilibre hydrostatique
Écrire l'équation qui traduit que le diazote est à l'équilibre hydrostatique.
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Traduire l'équilibre d'une tranche d'air sur la pression partielle : \mathrm{d}p_{\mathrm{N}_2}/\mathrm{d}z = -\rho_{\mathrm{N}_2} g avec \rho_{\mathrm{N}_2} = p_{\mathrm{N}_2} M_{\mathrm{N}_2} / (R T_0).
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Équation locale de l'hydrostatique appliquée au diazote : \frac{\mathrm{d}p_{\mathrm{N}_2}}{\mathrm{d}z} = -\rho_{\mathrm{N}_2} g.
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L'énoncé précise que les différents constituants de l'atmosphère se comportent comme des gaz parfaits n'interagissant pas entre eux. Chaque gaz peut donc être traité comme un système thermodynamique indépendant à la température T_0.
Considérons une tranche horizontale de diazote d'épaisseur \mathrm{d}z et de section droite S, située entre les altitudes z et z + \mathrm{d}z. Le diazote est soumis :
aux forces de pression exercées sur ses faces inférieure et supérieure :
\vec{F}_p = p_{\mathrm{N}_2}(z) S \,\vec{e}_z - p_{\mathrm{N}_2}(z+\mathrm{d}z) S \,\vec{e}_z = - \frac{\mathrm{d}p_{\mathrm{N}_2}}{\mathrm{d}z} S \mathrm{d}z \,\vec{e}_zà son propre poids :
\vec{P} = - \mathrm{d}m_{\mathrm{N}_2} g \,\vec{e}_z = - \rho_{\mathrm{N}_2}(z) S \mathrm{d}z \, g \,\vec{e}_zoù \rho_{\mathrm{N}_2} désigne la masse volumique du diazote dans l'atmosphère.
À l'équilibre mécanique (équilibre hydrostatique), la somme des forces est nulle, ce qui conduit à la relation fondamentale de la statique des fluides appliquée au diazote :
En utilisant la loi des gaz parfaits pour le diazote, p_{\mathrm{N}_2} = \dfrac{\rho_{\mathrm{N}_2}}{M_{\mathrm{N}_2}} R T_0, cette condition s'écrit également sous la forme d'une équation différentielle :
Résultat
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : atmosphère isotherme, échelle de hauteur
En déduire la pression partielle de diazote en fonction de . Calculer numériquement la longueur caractéristique qui apparaît dans le résultat.
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Intégrer l'équation différentielle pour obtenir une loi exponentielle décroissante p_{\mathrm{N}_2}(z) = p_{\mathrm{N}_2}(0)\exp(-z/H_{\mathrm{N}_2}) et calculer H_{\mathrm{N}_2} = R T_0 / (M_{\mathrm{N}_2} g).
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Avec la loi des gaz parfaits, profil exponentiel décroissant avec l'échelle de hauteur H_{\mathrm{N}_2} = RT/(M_{\mathrm{N}_2}g) \approx 8,5\text{ km}.
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D'après le résultat de la question Q8, la pression partielle de diazote vérifie l'équation différentielle :
La température T_0 et l'accélération de la pesanteur g étant supposées indépendantes de z, l'intégration directe de cette équation différentielle linéaire du premier ordre donne :
soit :
où p_{\mathrm{N}_2}(0) désigne la pression partielle de diazote au niveau du sol (z = 0), et où la longueur caractéristique (hauteur d'échelle) associée au diazote s'écrit :
Application numérique : Avec R = 8{,}31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, T_0 = 288\text{ K}, M_{\mathrm{N}_2} = 28\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 28 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} et g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :
En respectant la consigne d'un seul chiffre significatif :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 10
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : atmosphère isotherme, échelle de hauteur
Exprimer de même la pression partielle dioxyde de carbone , et calculer numériquement la longueur caractéristique associée.
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Appliquer la même relation au dioxyde de carbone avec sa propre masse molaire M_{\mathrm{CO}_2} = 44\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} pour trouver la hauteur d'échelle correspondante.
Voir la réponse courteRéponse courte
Même calcul pour le \mathrm{CO}_2 donnant H_{\mathrm{CO}_2} = RT/(M_{\mathrm{CO}_2}g) \approx 5,4\text{ km}.
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Dans le cadre du modèle d'une atmosphère isotherme à la température T_0, sèche et sans interactions entre constituants (assimilés à des gaz parfaits indépendants), le dioxyde de carbone \mathrm{CO}_2 vérifie la même équation d'équilibre hydrostatique que le diazote (établie aux questions Q8 et Q9) :
Par intégration, la pression partielle de dioxyde de carbone s'écrit :
où la longueur caractéristique associée (hauteur d'échelle du \mathrm{CO}_2) est donnée par :
Application numérique avec les données de l'énoncé (M_{\mathrm{CO}_2} = 44\times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}, R = 8,31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, T_0 = 288\text{ K} et g = 9,8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}) :
Soit, avec un chiffre significatif :
Résultat
4.2 · Profils de concentration
Question 11
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : profil de densité, atmosphère isotherme
Montrer que le profil de masse volumique de l'atmosphère standard (figure 4c) est raisonnablement en accord avec le profil du modèle de la partie 4.1.
Voir l'indiceIndice
Mesurer sur la figure 4c l'altitude pour laquelle la masse volumique est divisée par 10 (ou par e) et comparer à la hauteur d'échelle théorique de l'air sec.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le profil théorique de masse volumique \rho(z) issu du modèle isotherme et hydrostatique de la partie 4.1, et en déduire la hauteur d'échelle théorique H_{\mathrm{mod}} ainsi que la hauteur associée à une décade.
- Relever sur la figure 4c des points caractéristiques pour vérifier le caractère exponentiel (rectiligne en échelle semi-logarithmique) et estimer la hauteur d'échelle expérimentale H_{\mathrm{mes}}.
- Conclure sur l'accord quantitatif et commenter l'origine du faible écart observé.
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Comparaison de la décroissance exponentielle observée sur la figure 4c avec l'échelle de hauteur moyenne d'environ 8 km.
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D'après le modèle de la partie 4.1, chaque gaz constituant l'atmosphère est supposé parfait, isotherme à T_0 = 288\text{ K} et à l'équilibre hydrostatique. L'air sec étant très majoritairement constitué de diazote (M_{\mathrm{N}_2} = 28\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}) et de dioxygène (M_{\mathrm{O}_2} = 32\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), de masse molaire moyenne M \approx 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, la loi des gaz parfaits relie la masse volumique totale à la pression par :
Puisque P(z) décroît exponentiellement avec l'altitude selon la hauteur d'échelle H, la masse volumique suit la même loi :
Numériquement, avec M \approx 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, R = 8,31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, T_0 = 288\text{ K} et g \approx 9,8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :
En échelle semi-logarithmique décimale (abscisse en échelle logarithmique, ordonnée en échelle linéaire), la relation s'écrit :
Le modèle prédit donc une droite, avec une diminution d'une décade (\Delta \log_{10}\rho = -1) sur une épaisseur :
Sur la figure 4c, on constate que :
- La courbe \rho(z) est quasiment une droite en échelle semi-logarithmique de z = 0 à z = 50\text{ km}, ce qui confirme la forme exponentielle prévue par le modèle.
- À l'altitude z = 0\text{ km}, on lit \rho \approx 1,2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}.
- La masse volumique vaut \rho = 10^{-1}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} à z \approx 16\text{ km}, \rho = 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} à z \approx 32\text{ km}, et \rho = 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} à z \approx 48\text{ km}.
La hauteur par décade mesurée est donc très régulière et vaut :
ce qui correspond à une hauteur d'échelle mesurée :
Les valeurs H_{\mathrm{mod}} \approx 8\text{ km} et H_{\mathrm{mes}} \approx 7\text{ km} sont du même ordre de grandeur (écart relatif d'environ 15\,\%).
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : convection, mélange turbulent
En quoi le profil de la figure 6 est-il incompatible avec le résultat de la question Q10 ? La réponse doit être basée sur des arguments numériques quantitatifs. Quelle hypothèse du modèle utilisé dans la question Q10 explique cette différence ? Quel est le phénomène physique qui est responsable de cette différence ?
Voir l'indiceIndice
Comparer le profil quasi-vertical et homogène de la fraction molaire mesurée de \mathrm{CO}_2 sur la figure 6 à la séparation barométrique prédite par le modèle à gaz non interagissants ; invoquer le brassage turbulent.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la concentration relative (fraction molaire) théorique en dioxyde de carbone x_{\mathrm{CO}_2}(z) = p_{\mathrm{CO}_2}(z)/P(z) d'après le modèle isotherme où chaque gaz vérifie un équilibre hydrostatique indépendant.
- Évaluer quantitativement la variation de x_{\mathrm{CO}_2} prédite par le modèle entre 15\text{ km} et 30\text{ km}, et la confronter aux valeurs quasi-constantes observées sur la figure 6.
- Identifier l'hypothèse simplificatrice mise en défaut ainsi que le phénomène physique réel à l'origine de l'homogénéité observée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le mélange turbulent par convection homogénéise la fraction molaire du \mathrm{CO}_2, infirmant l'équilibre hydrostatique espèce par espèce sans mélange.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Incompatibilité quantitative avec le résultat de la question Q10
La concentration relative en volume (ou en mole) du \mathrm{CO}_2 est donnée par le rapport de sa pression partielle sur la pression totale P(z) de l'air :
D'après les questions Q9 et Q10, la pression partielle d'un gaz de masse molaire M suit une loi barométrique régie par sa propre hauteur d'échelle H = \frac{R T_0}{M g}. L'air étant majoritairement composé de diazote et de dioxygène de masse molaire moyenne M_d \approx 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, la pression totale décroît avec une hauteur d'échelle H_d = \frac{R T_0}{M_d g} \approx 8\text{ km}, tandis que pour le \mathrm{CO}_2 (M_{\mathrm{CO}_2} = 44\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), la hauteur d'échelle calculée en Q10 est H_{\mathrm{CO}_2} \approx 6\text{ km} (ou 5,5\text{ km}).
Le modèle prévoit donc une concentration relative décroissant exponentiellement avec l'altitude :
où la longueur caractéristique de séparation gravitationnelle vaut :
Entre z_1 = 15\text{ km} et z_2 = 30\text{ km} (domaine couvert par la figure 6), la différence d'altitude est \Delta z = 15\text{ km} \approx H_\Delta. Le modèle prévoit ainsi que la concentration relative devrait chuter d'un facteur :
La concentration relative devrait donc chuter d'environ 60\,\%, passant d'environ 370\text{ ppm} à moins de 140\text{ ppm}.
Or, sur la figure 6, la concentration mesurée reste quasiment constante entre 15\text{ km} et 35\text{ km}, oscillant dans une plage très étroite de 365 à 370\text{ ppm} (variation inférieure à 2\,\%). Le profil de la figure 6 est donc quantitativement incompatible avec la prédiction du modèle.
0.5em 2. Hypothèse du modèle en cause
L'hypothèse erronée introduite au début de la partie 4.1 est de considérer que « les différents constituants de l'atmosphère n'interagissent pas entre eux », c'est-à-dire d'appliquer l'équilibre hydrostatique de manière indépendante à chaque constituant dans une atmosphère statique au repos (hypothèse de séparation barométrique pure).
0.5em 3. Phénomène physique responsable
Le phénomène physique responsable est le brassage dynamique macroscopique de l'atmosphère (mouvements convectifs, turbulents et advectifs). Ce mélange turbulent opère sur des échelles de temps considérablement plus courtes que la diffusion moléculaire, assurant l'homogénéisation de la composition de l'air sec dans toute la basse et moyenne atmosphère (couche appelée homosphère, jusqu'à environ 100\text{ km}).
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : condensation, réaction photochimique
Pourquoi la composition relative en eau n'est-elle pas indépendante de la hauteur ? Même question pour l'ozone.
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Mentionner la condensation de l'eau liée à la saturation et au profil thermique pour l'eau, et les réactions photochimiques dépendantes du flux solaire ultraviolet pour l'ozone.
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La vapeur d'eau se condense par refroidissement en altitude ; l'ozone est produit photochimiquement dans la stratosphère.
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La composition relative d'un constituant atmosphérique n'est homogénéisée par le brassage turbulent que si ce constituant est chimiquement inerte et ne subit pas de changement de phase (gaz passif et non condensable sur les échelles de temps du transport).
- Cas de l'eau : L'eau est une espèce condensable. Dans la troposphère, la température décroît avec l'altitude (figure 4a). D'après la loi de Clausius-Clapeyron (question Q5), la pression de vapeur saturante e_s(T) diminue de manière exponentielle avec l'altitude. Dès que la saturation est atteinte, la vapeur se condense en gouttelettes ou cristaux, puis est éliminée de l'atmosphère par les précipitations. Ce phénomène de condensation et de lessivage, renforcé par le « piège froid » de la tropopause (T \approx 215\text{ K}), assèche considérablement les couches supérieures (comme l'illustre la figure 4d, où la masse volumique de vapeur chute de 5 ordres de grandeur entre 0 et 15 km). La fraction relative en eau décroît donc fortement avec l'altitude.
Cas de l'ozone (\mathrm{O_3}) : L'ozone est une espèce chimiquement et photochimiquement réactive. Sa présence résulte d'un équilibre photochimique (cycle de Chapman) :
- il est produit principalement par photodissociation du dioxygène \mathrm{O_2} sous l'effet du rayonnement ultraviolet solaire (\lambda < 240\text{ nm}), produisant des atomes \mathrm{O} qui se recombinent selon \mathrm{O} + \mathrm{O_2} + \mathrm{M} \to \mathrm{O_3} + \mathrm{M} ;
- il est détruit par photolyse UV et par des cycles catalytiques.
Le flux solaire UV nécessaire est maximal en haute altitude mais la densité moléculaire y est très faible, tandis qu'en basse altitude le flux UV efficace a été totalement absorbé en amont. Le taux de production net présente ainsi un maximum très marqué à une altitude intermédiaire (entre 20 et 30 km, visible sur le pic de concentration de la figure 4e). Le temps caractéristique de ces réactions photochimiques étant court devant les temps de mélange vertical dans cette zone, l'ozone n'est pas brassé uniformément.
Question 14
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : mélange de gaz parfaits, composition atmosphérique
Justifier simplement que la masse volumique de l'air sec (c'est-à-dire sans vapeur d'eau ni eau liquide) peut être considérée comme indépendante de dans la troposphère et la stratosphère. Dans la suite, nous noterons cette masse volumique de l'air sec.
Voir l'indiceIndice
L'homosphère est intensément brassée par la turbulence et la convection, maintenant une composition molaire et donc une masse molaire moyenne M_d rigoureusement constante jusqu'à environ 85\text{ km}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les proportions de \mathrm{N}_2 et \mathrm{O}_2 restent constantes grâce au brassage convectif, d'où une masse molaire moyenne constante de l'air sec.
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L'énoncé mentionne la « masse volumique » tout en lui attribuant l'unité \mathrm{g}\cdot\mathrm{mol}^{-1} et la notation M_d : il s'agit manifestement d'un lapsus du sujet pour désigner la masse molaire moyenne de l'air sec (la masse volumique variant quant à elle fortement avec l'altitude, comme vu à la question Q11).
La masse molaire moyenne de l'air sec s'exprime en fonction des fractions molaires x_i (égales aux proportions volumiques pour des gaz parfaits) et des masses molaires M_i des constituants :
- Dans la troposphère et la stratosphère (zone appelée l'homosphère, jusqu'à environ 85\text{ à }100\text{ km}), le brassage convectif et turbulent prédomine très largement sur la diffusion moléculaire (séparation gravifique).
- Les constituants majeurs de l'air sec (\mathrm{N}_2, \mathrm{O}_2, \mathrm{Ar}), qui représentent plus de 99,9\,\% en volume (tableau 1), ne subissent ni condensation ni réactions chimiques notables à ces altitudes : leurs proportions relatives x_i sont donc strictement indépendantes de z.
D'après le tableau 1 (x_{\mathrm{N}_2} \approx 0,78, x_{\mathrm{O}_2} \approx 0,21, x_{\mathrm{Ar}} \approx 0,01) :
La masse molaire moyenne de l'air sec est donc bien uniforme dans la troposphère et la stratosphère :
Résultat
4.3 · Atmosphère isentropique sèche
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : premier principe, détente isentropique
Montrer que l'enthalpie généralisée est constante.
Voir l'indiceIndice
Pour une transformation isentropique (\mathrm{d}s = 0), utiliser l'identité \mathrm{d}h = v\mathrm{d}P et l'équilibre hydrostatique \mathrm{d}P = -\rho g\mathrm{d}z = -(1/v)g\mathrm{d}z.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la différentielle de l'enthalpie massique h à l'aide de l'identité thermodynamique massique.
- Exploiter le caractère isentropique de l'atmosphère (\mathrm{d}s = 0) ainsi que la condition d'équilibre hydrostatique reliant \mathrm{d}P et \mathrm{d}z.
- En déduire que la dérivée de h_* = h + gz par rapport à l'altitude est nulle.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour une transformation isentropique réversible sans travail autre que la pesanteur, conservation de l'enthalpie généralisée \mathrm{d}h + g\,\mathrm{d}z = 0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'enthalpie massique d'un fluide est définie par h = u + Pv, où u est l'énergie interne massique, P la pression et v = 1/\rho le volume massique.
En différentiant et en utilisant l'identité thermodynamique massique issue de l'équation (1) (\mathrm{d}u = T\,\mathrm{d}s - P\,\mathrm{d}v), on obtient la première identité thermodynamique pour l'enthalpie massique :
Par hypothèse, l'atmosphère considérée est isentropique, ce qui signifie que l'entropie massique ne dépend pas de l'altitude z :
D'autre part, l'atmosphère est à l'équilibre hydrostatique dans le champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\,\vec{e}_z :
En combinant ces deux relations, la variation verticale d'enthalpie s'écrit :
On en déduit immédiatement :
L'enthalpie généralisée h_* = h + gz est donc indépendante de l'altitude :
Résultat
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : gradient thermique adiabatique, atmosphère sèche
En déduire une expression du gradient thermique défini par :
où l'indice d permet de préciser qu'il s'agit de la valeur pour une atmosphère isentropique sèche. Calculer numériquement la valeur de ce gradient. Comment se compare t-elle à la valeur de l'atmosphère standard (figure 4a) ?
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Différencier h_* en utilisant \mathrm{d}h = c_p\mathrm{d}T pour l'air sec, puis comparer le gradient adiabatique sec \Gamma_d = g/c_p à la pente de la troposphère sur la figure 4a.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la variation d'enthalpie massique \mathrm{d}h à la variation de température \mathrm{d}T pour l'air sec assimilé à un gaz parfait (loi de Joule).
- Exploiter le résultat de la question précédente (Q15) établissant la constance de l'enthalpie généralisée h_* = h + gz.
- Évaluer numériquement le gradient adiabatique sec \Gamma_d, puis mesurer la pente \left|\mathrm{d}T/\mathrm{d}z\right| dans la troposphère sur la figure 4a pour comparer les deux valeurs.
Voir la réponse courteRéponse courte
\mathrm{d}h = c_p\,\mathrm{d}T = -g\,\mathrm{d}z, d'où \Gamma_d = g/c_p \approx 9,8\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}, supérieur au gradient standard moyen (6,5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}).
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L'air sec étant assimilé à un gaz parfait, son enthalpie ne dépend que de la température (deuxième loi de Joule) :
D'après la question Q15, l'enthalpie généralisée est constante dans une atmosphère isentropique sèche en équilibre hydrostatique, ce qui donne :
On en déduit l'expression du gradient thermique adiabatique sec :
Application numérique : Avec g \approx 9,8 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et c_p = 1,006 \times 10^3 \text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} :
Avec un chiffre significatif :
Comparaison avec l'atmosphère standard (figure 4a) : Sur le profil de température de la troposphère (figure 4a), la température décroît linéairement depuis T(0) \approx 288\text{ K} à l'altitude z = 0 jusqu'à T(H_t) \approx 217\text{ K} au niveau de la tropopause à z = H_t \approx 11\text{ km}. Le gradient thermique observé dans l'atmosphère standard vaut donc :
On constate que :
La décroissance de température observée dans l'atmosphère réelle est nettement moins rapide que celle prédite par le modèle adiabatique sec.
Résultat
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique C PC 2021 ?
Surtout 4 chapitres : Rayonnement thermique (48 % des questions, partie 5), Changements d'état du corps pur (18 %, partie 2), Mécanique des fluides (16 %) et Premier et second principes de la thermodynamique (11 %). Plus ponctuellement : Diffusion thermique et diffusion de particules, Thermodynamique chimique et équilibres, Cinématique et dynamique du point, Mouvement dans un champ de force centrale, Cinétique chimique…
Peut-on travailler le sujet ENS Physique C PC 2021 dès la première année (PCSI) ?
En partie : 38 questions sur 74 (51 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie 2 en entier (Q1 à Q6), la sous-partie 4.1 (Q7 à Q10) et la sous-partie 4.5 (Q21 à Q31). Avec les autres programmes de première année : 26 en MPSI, 26 en PTSI, 26 en MP2I, 26 en TSI1 et 38 en BCPST1.
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique C PC 2021 ?
Environ 6 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie 5 est la plus longue (environ 3 h 45).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique C PC 2021 ?
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique C PC 2021 ?
Questions de cours : Q1 (équilibre liquide-vapeur), Q2 (identité thermodynamique), Q30 (stabilité convective), Q32 (loi de wien) et Q34 (loi de beer-lambert). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q3 (formule de clapeyron), Q5 (formule de clapeyron), Q8 (statique des fluides), Q9 (atmosphère isotherme), Q16 (gradient thermique adiabatique), Q19 (poussée d'archimède), Q35 (transfert radiatif) et Q44 (constante solaire).
Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique C PC 2021 ?
Le sujet ENS Physique C PC 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Le sujet ENS Physique C PC 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le jury signale une forte hétérogénéité des copies, une moyenne de 9,41 sur 20 et des questions comme Q44 ou Q63 auxquelles aucun candidat n'a répondu correctement. Écart-type : 3,56 (359 présents).
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