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Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2021

Thermodynamique de l'atmosphère

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 13 questions sur 43. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PCSI 23 · MP2I 15 · BCPST1 28 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet accessible · Thermodynamique, Transformations chimiques, Mécanique des fluides · 9 incontournables · 28 questions de première année
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Ce sujet très riche aborde la physique atmosphérique à travers trois prismes thermodynamiques complémentaires : l'équilibre radiatif-convectif vertical (gradient adiabatique sec et humide), la modélisation de la circulation générale troposphérique comme un moteur thermique en temps fini (cycle d'endoreversibilité de Curzon-Ahlborn), et enfin les mécanismes microscopiques de condensation de la vapeur d'eau (nucléation homogène et hétérogène des nuages). D'un niveau d'exigence représentatif des concours X-ENS, l'épreuve allie questionnements qualitatifs conceptuels, calculs de bilans énergétiques rigoureux et modélisation physique fine. C'est un problème incontournable pour réviser la thermodynamique des transitions de phase, la stabilité convective et l'optimisation des machines réelles.

Difficulté
Accessible, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,46/20)
Temps estimé
≈ 3 h 50 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

9 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

20 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (20) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : ambiguïté, données en annexe
  • Ambiguïté

    En Q32, les notations T_f = 290\text{ K} (sol) et T_c = 220\text{ K} (sommet) inversent les indices chaud et froid de la modélisation théorique. Le sol constituant la source chaude, il faut poser \eta = 220/290 pour conserver \begin{aligned}\eta < 1\end{aligned}.

  • Données en annexe

    L'énoncé se termine par une annexe regroupant les constantes physiques nécessaires aux applications numériques de Q1 et Q2, ainsi que l'expression du potentiel chimique du gaz parfait utile en Q39.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

43 questions
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Partie 1 : Structure verticale de l'atmosphère

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de stefan-boltzmann, équilibre radiatif

Dans un premier modèle, on considère que la surface terrestre absorbe un flux solaire incident , considéré uniforme et indépendant du temps. À l'équilibre, la Terre ré-émet l'intégralité de l'énergie reçue par rayonnement vers le haut. En déduire la température d'équilibre de surface de la Terre dans ce modèle. Faites une application numérique en vous aidant de l'annexe. Commentez le résultat.

Voir l'indice

Écrire le bilan radiatif surfacique stationnaire : le flux solaire incident absorbé compense exactement le flux surfacique réémis selon la loi de Stefan-Boltzmann.

Voir la stratégie
  1. Écrire le bilan radiatif surfacique à la surface de la Terre à l'équilibre stationnaire entre le flux incident absorbé et le flux émis vers le haut selon la loi de Stefan-Boltzmann.
  2. Exprimer littéralement la température de surface T_0, puis effectuer l'application numérique à deux chiffres significatifs en utilisant l'indication mathématique fournie en annexe.
  3. Comparer la valeur obtenue à la température moyenne réelle de la surface terrestre afin de souligner le rôle de l'atmosphère.
Voir la réponse courte

Équilibre radiatif I = \sigma T_0^4, d'où la température d'équilibre de surface T_0 = (I/\sigma)^{1/4} \approx 249\text{ K}, inférieure à la température réelle.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre thermique stationnaire, la surface terrestre réémet vers le haut l'intégralité du flux surfacique d'énergie solaire absorbé I. D'après la loi d'émission radiative fournie dans l'énoncé, le flux surfacique réémis vers l'extérieur s'écrit \phi = s T_0^4. Le bilan de flux s'écrit donc :

I = s T_0^4

On en déduit l'expression de la température d'équilibre T_0 :

\boxed{T_0 = \left(\frac{I}{s}\right)^{1/4}}

Pour l'application numérique, on utilise les données de l'énoncé et de l'annexe :

\begin{aligned} I &= 220\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \\ s &= 5{,}67 \times 10^{-8}\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-4} \\ T_0 &= \left(\frac{220}{5{,}67 \times 10^{-8}}\right)^{1/4} = \left(\frac{220}{5{,}67}\right)^{1/4} \times 10^2\text{ K} \end{aligned}

En utilisant l'approximation fournie dans l'annexe, (220/5{,}67)^{1/4} \simeq 2{,}5, on obtient, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{T_0 = 250\text{ K} \quad (\text{soit } -23\text{ }^\circ\text{C})}

Commentaire : La température moyenne ainsi calculée (environ -23\text{ }^\circ\text{C}) est nettement inférieure à la température moyenne effective mesurée à la surface terrestre, qui est d'environ +15\text{ }^\circ\text{C} (288\text{ K}). Cet écart montre qu'un modèle sans atmosphère est insuffisant : l'atmosphère terrestre joue un rôle d'écran thermique grâce à l'effet de serre.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à vérifier la vraisemblance physique de vos résultats numériques.

« trouver des températures de 2,5K ou de 2,5.104 K devrait amener à s'interroger. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : effet de serre, équilibre radiatif

Un raffinement du modèle consiste à inclure une atmosphère infiniment fine située à une hauteur au-dessus de la surface de la Terre. Cette atmosphère est transparente au rayonnement solaire incident, mais elle est entièrement absorbante pour le rayonnement infrarouge émis par la Terre. Elle atteint une température d'équilibre , si bien qu'elle rayonne elle aussi un flux d'énergie vers le haut, mais aussi un flux vers le bas. Calculez la température d'équilibre de l'atmosphère, ainsi que la nouvelle température d'équilibre de surface de la Terre. Faites une application numérique en vous aidant de l'annexe. Commentez le résultat obtenu. Comment s'appelle l'effet mis en évidence par ce modèle simple ?

Voir l'indice

Poser deux équations de bilan radiatif net à l'équilibre : l'une sur la couche atmosphérique absorbante et l'autre sur la surface terrestre.

Voir la stratégie
  1. Réaliser un bilan de flux radiatifs à l'équilibre pour l'atmosphère seule, puis pour la surface terrestre (ou pour le système global {Terre + atmosphère}).
  2. Résoudre le système obtenu pour exprimer littéralement T_a et T_0 en fonction de I et s.
  3. Effectuer les applications numériques avec deux chiffres significatifs en utilisant les données de l'annexe, puis analyser l'effet mis en jeu.
Voir la réponse courte

Bilans radiatifs pour l'atmosphère et le sol : T_a = (I/(2\sigma))^{1/4} et T_0 = (2I/\sigma)^{1/4} \approx 297\text{ K}, illustrant l'effet de serre.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre radiatif, le flux surfacique absorbé est égal au flux surfacique émis pour chaque sous-système.

Bilan sur l'atmosphère : L'atmosphère est transparente au rayonnement solaire I, mais absorbe l'intégralité du rayonnement infrarouge émis par le sol, soit s T_0^4. Elle émet un flux s T_a^4 vers le haut et s T_a^4 vers le bas :

s T_0^4 = 2 s T_a^4 \quad \implies \quad T_0^4 = 2 T_a^4

Bilan sur la surface terrestre : Le sol reçoit le flux solaire incident I ainsi que le rayonnement infrarouge émis par l'atmosphère vers le bas, et émet le flux s T_0^4 :

s T_0^4 = I + s T_a^4

Détermination de T_a et T_0 : En combinant les deux bilans (ce qui revient également à écrire le bilan global hors atmosphère : flux solaire incident I égal au flux infrarouge émis vers l'espace s T_a^4) :

s T_a^4 = I \quad \implies \quad T_a = \left(\frac{I}{s}\right)^{1/4}
s T_0^4 = 2 I \quad \implies \quad T_0 = 2^{1/4} \left(\frac{I}{s}\right)^{1/4} = 2^{1/4} T_a
\boxed{T_a = \left(\frac{I}{s}\right)^{1/4}} \qquad \text{et} \qquad \boxed{T_0 = 2^{1/4} \left(\frac{I}{s}\right)^{1/4}}

Applications numériques : En utilisant les valeurs fournies en annexe, à savoir \left(\frac{220}{5{,}67}\right)^{1/4} \simeq 2{,}5 et 2^{1/4} \simeq 1{,}2 :

\begin{aligned} T_a &= \left(\frac{220}{5{,}67 \times 10^{-8}}\right)^{1/4} = 2{,}5 \times 10^2\text{ K} = 250\text{ K} \\ T_0 &= 1{,}2 \times 250\text{ K} = 300\text{ K} \end{aligned}

Avec deux chiffres significatifs :

\boxed{T_a = 2{,}5 \times 10^2\text{ K} = -23^\circ\text{C}} \qquad \text{et} \qquad \boxed{T_0 = 3{,}0 \times 10^2\text{ K} = 27^\circ\text{C}}

Commentaire et nom du phénomène : L'effet mis en évidence par ce modèle est l'effet de serre.

La présence d'une couche atmosphérique absorbant le rayonnement infrarouge tellurique et réémettant une partie de cette énergie vers le sol réchauffe notablement la surface (+50 K par rapport au modèle sans atmosphère). La température obtenue (300\text{ K}) est compatible avec la présence d'eau liquide et le développement de la vie, et s'approche de la température moyenne réelle observée à la surface de la Terre (\approx 288\text{ K} = 15^\circ\text{C}). Elle est légèrement surestimée ici car l'atmosphère réelle n'est pas un corps noir parfait absorbant à 100 % l'infrarouge (existence de fenêtres atmosphériques) et les transferts convectifs évacuent également de la chaleur vers l'altitude.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez l'éclairement solaire du flux émis par la Terre et identifiez l'effet de serre plutôt que le réchauffement climatique.

« certaines copies ont confondu l'éclairement solaire I avec le flux émis par la Terre, ou ont considéré que la Terre émettait le même flux que dans la question précédente. »

« L'effet mis en évidence est l'effet de serre et non le réchauffement climatique »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : composition de l'air, masse molaire

Rappelez quels sont les deux constituants principaux de l'atmosphère ainsi que leurs proportions. En déduire une valeur approchée de la masse molaire moyenne de l'air.

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Utiliser les proportions molaires approchées du diazote et du dioxygène dans l'air sec pour déterminer la masse molaire moyenne.

Voir la réponse courte

L'air est composé d'environ 80

Voir le corrigé complet

L'atmosphère terrestre (air sec) est principalement constituée de deux espèces chimiques :

  • le diazote \mathrm{N_2}, pour une proportion molaire (ou volumique dans l'approximation des gaz parfaits) d'environ x_{\mathrm{N}_2} \simeq 80\,\% (plus précisément 78\,\%) ;
  • le dioxygène \mathrm{O_2}, pour une proportion molaire d'environ x_{\mathrm{O}_2} \simeq 20\,\% (plus précisément 21\,\%).

Le pourcent restant est constitué majoritairement d'argon (0{,}9\,\%) et d'autres gaz traces (\mathrm{CO_2}, etc.).

D'après les masses molaires atomiques fournies en annexe (M_{\mathrm{N}} = 14\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} et M_{\mathrm{O}} = 16\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), les masses molaires moléculaires valent :

\begin{aligned} M_{\mathrm{N}_2} &= 2\,M_{\mathrm{N}} = 28\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} , \\ M_{\mathrm{O}_2} &= 2\,M_{\mathrm{O}} = 32\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} . \end{aligned}

La masse molaire moyenne de l'air est la moyenne pondérée par les fractions molaires :

M = x_{\mathrm{N}_2} M_{\mathrm{N}_2} + x_{\mathrm{O}_2} M_{\mathrm{O}_2}

L'application numérique donne, avec deux chiffres significatifs comme demandé par le préambule :

M = 0{,}80 \times 28 + 0{,}20 \times 32 = 28{,}8\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} \simeq 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
\boxed{M = 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 2{,}9 \times 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Précisez bien qu'il s'agit de diazote et de dioxygène pour mener à bien le calcul de la masse molaire moyenne.

« il était rare de lire qu'il s'agit de di-azote et di-oxygène. En conséquence, le calcul de la masse molaire du mélange n'était correct que dans 20% des copies »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : équilibre hydrostatique, gradient adiabatique

On s'intéresse au modèle isentropique, pour lequel l'entropie du gaz est supposée indépendante de la coordonnée verticale . Écrire tout d'abord l'équilibre hydrostatique d'une parcelle d'atmosphère, puis calculer le profil de température associé à ce modèle, en fonction de la température à la surface de la Terre, de l'accélération de la pesanteur (supposée constante), de la capacité calorifique molaire de l'air (supposée constante également), et de la masse molaire moyenne de l'air.

Voir l'indice

Combiner la condition d'isentropie (dS = 0) avec l'équation différentielle de la statique des fluides et l'équation d'état des gaz parfaits.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'équation de la statique des fluides en reliant la masse volumique \rho à la pression P et à la température T via l'équation d'état du gaz parfait.
  2. Exploiter la condition d'atmosphère isentropique (\mathrm{d}S = 0) à l'aide de l'expression différentielle fournie pour relier \mathrm{d}T et \mathrm{d}P.
  3. Combiner ces relations pour obtenir le gradient thermique \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z}, puis intégrer entre le sol (z = 0) et l'altitude z.
Voir la réponse courte

Combinaison de la statique des fluides \mathrm{d}P = -\rho g \mathrm{d}z et de l'isentropique \mathrm{d}h = v\mathrm{d}P pour obtenir \mathrm{d}T/\mathrm{d}z = -Mg/C_p.

Voir le corrigé complet

Considérons l'équilibre mécanique vertical d'une tranche d'air d'épaisseur \mathrm{d}z et de section S dans le champ de pesanteur \vec{g} = -g \vec{u}_z. La relation fondamentale de la statique des fluides s'écrit :

\boxed{\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\rho(z) g}

En assimilant l'air à un gaz parfait de masse molaire M, la masse volumique \rho s'exprime selon :

P = \frac{\rho}{M} R T \implies \rho = \frac{P M}{R T}

L'équation différentielle de l'équilibre hydrostatique devient donc :

\frac{1}{P} \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\frac{M g}{R T}

Dans le modèle isentropique, l'entropie S est constante selon la verticale, soit \mathrm{d}S = 0. L'expression de la différentielle de l'entropie donnée par l'énoncé conduit à :

\mathrm{d} \left[ \ln\left( T P^{\frac{1}{\gamma}-1} \right) \right] = 0 \iff \frac{\mathrm{d}T}{T} + \left(\frac{1-\gamma}{\gamma}\right) \frac{\mathrm{d}P}{P} = 0

D'après les définitions de \gamma = C_p/C_v et la relation de Mayer C_p - C_v = R, on a :

\frac{1-\gamma}{\gamma} = \frac{C_v - C_p}{C_p} = -\frac{R}{C_p}

On en déduit :

\frac{\mathrm{d}T}{T} = \frac{R}{C_p} \frac{\mathrm{d}P}{P}

En dérivant par rapport à z et en substituant \frac{1}{P}\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} :

\begin{aligned} \frac{1}{T} \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} &= \frac{R}{C_p} \left( -\frac{M g}{R T} \right) = -\frac{M g}{C_p T} \\ \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} &= -\frac{M g}{C_p} \end{aligned}

Les grandeurs M, g et C_p étant supposées indépendantes de l'altitude, le gradient thermique vertical est constant. L'intégration avec la condition aux limites T(0) = T_0 donne :

\boxed{T(z) = T_0 - \frac{M g}{C_p} z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dans le modèle isentropique, pression et température varient toutes deux, la température devant décroître avec l'altitude.

« dans beaucoup de copies, une hypothèse isotherme pour estimer le profil de pression ; puis une hypothèse isobare ont été faites implicitement, conduisant à un résultat faux : le modèle isentropique implique une variation de la pression et de la température. »

« Une température qui croît avec l'altitude, n'a semble-t-il, pas choqué certain.e.s candidat.e.s, pas plus que des gradients de l'ordre du Kelvin par mètre »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : gradient adiabatique, gaz parfait diatomique

Faites une application numérique pour le gradient de température dans ce modèle. On pourra considérer l'air comme un gaz parfait diatomique.

Voir l'indice

Relier la capacité thermique molaire à pression constante C_p à la constante R pour un gaz parfait diatomique via la relation de Mayer.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la capacité thermique molaire à pression constante C_p de l'air en modélisant celui-ci par un gaz parfait diatomique aux températures usuelles.
  2. Réaliser l'application numérique de \Gamma = \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = -\frac{M g}{C_p} établie à la question précédente en respectant la consigne d'un unique chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Application numérique avec C_p = \frac{7}{2}R, fournissant un gradient adiabatique sec \Gamma \approx -9{,}8\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Pour un gaz parfait diatomique aux températures atmosphériques usuelles, les degrés de liberté de translation (3) et de rotation (2) sont actifs, tandis que les modes de vibration sont gelés. La capacité thermique molaire à volume constant vaut donc :

C_v = \frac{5}{2} R

D'après la relation de Mayer C_p - C_v = R, on en déduit :

C_p = \frac{7}{2} R

D'après la question 4, le gradient vertical de température s'écrit :

\Gamma = \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = -\frac{M g}{C_p} = -\frac{2 M g}{7 R}

Avec les valeurs numériques :

  • M \simeq 2{,}9 \times 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} (d'après la question 3),
  • g \simeq 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2},
  • R = 8{,}314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1},
  • C_p = \frac{7}{2} \times 8{,}314 \simeq 29{,}1\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}.

On remarque que M en \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} et C_p en \text{J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} ont des valeurs numériques très proches (29 \approx 29{,}1), de sorte que :

\Gamma = -\frac{2{,}9 \times 10^{-2} \times 9{,}8}{29{,}1} \simeq -9{,}8 \times 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1} = -9{,}8\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

Conformément aux instructions du sujet imposant un seul chiffre significatif à partir de cette question :

\boxed{\Gamma \simeq -1 \times 10^{-2}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1} = -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le gradient doit être négatif, d'un ordre de grandeur réaliste et obligatoirement accompagné de son unité.

« certaines copies trouvent un gradient de plusieurs dizaines de degrés par mètre, sans se rendre compte du problème. D'autres donnent un résultat positif, ou une valeur numérique sans unité. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : loi de laplace, détente adiabatique

Calculez la température du système à l'issue de cette transformation, en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Appliquer l'identité isentropique reliant température et pression pour un gaz parfait lors d'une détente adiabatique réversible.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'exposant intervenant dans la relation d'entropie (1) en fonction de R et C_p à l'aide de la relation de Mayer.
  2. Traduire le caractère adiabatique et réversible (donc isentropique) de la transformation subie par la parcelle pour relier l'état final (T_f, P_f) à l'état initial (T_i, P_i).
Voir la réponse courte

Utilisation de la loi de Laplace sous la forme T P^{-R/C_p} = \text{cste} pour exprimer la température finale T_f = T_i (P_f/P_i)^{R/C_p}.

Voir le corrigé complet

La transformation subie par la parcelle fermée de fluide est adiabatique et quasi-statique (réversible), elle est donc isentropique : \Delta S = 0.

D'après la différentielle de l'entropie fournie dans l'énoncé :

\mathrm{d}S = n C_p\,\mathrm{d}\!\left[\ln\left(T P^{\frac{1}{\gamma}-1}\right)\right] = 0

La grandeur T P^{\frac{1}{\gamma}-1} est donc conservée au cours de la transformation.

En utilisant la définition \gamma = C_p/C_v et la relation de Mayer C_p - C_v = R, on a :

\frac{1}{\gamma} - 1 = \frac{C_v - C_p}{C_p} = -\frac{R}{C_p}

La condition d'isentropie s'écrit par conséquent :

T P^{-\frac{R}{C_p}} = \text{cte} \quad \Longleftrightarrow \quad T_f P_f^{-\frac{R}{C_p}} = T_i P_i^{-\frac{R}{C_p}}

On en déduit l'expression de la température finale T_f :

\boxed{T_f = T_i \left(\frac{P_f}{P_i}\right)^{\frac{R}{C_p}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde aux erreurs de manipulation des signes dans les exposants.

« on a parfois vu (pi / pf)(-R/cp) devenir (pf / pi)(-cp/R) au lieu de (pf / pi)(R/cp) »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : instabilité convective, poussée d'archimède

Discutez le mouvement vertical ultérieur de la parcelle d'atmosphère, selon que ou . Quelle situation correspond à une atmosphère stable ? à une atmosphère instable ? On appelle ce phénomène l'instabilité convective.

Voir l'indice

Comparer la masse volumique de la parcelle déplacée à celle de l'air ambiant via la loi des gaz parfaits à pression égale, puis appliquer la poussée d'Archimède.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les masses volumiques de la parcelle déplacée et de l'air ambiant en fonction de leurs températures respectives, sachant que leurs pressions sont identiques (P_f).
  2. Réaliser le bilan des forces verticales (poids et poussée d'Archimède) pour déterminer le sens du mouvement induit et conclure sur la stabilité du milieu.
Voir la réponse courte

Comparaison des masses volumiques via la température : T_f > T_{\text{ext}} entraîne une poussée d'Archimède motrice ascendante (atmosphère instable), T_f < T_{\text{ext}} la stabilité.

Voir le corrigé complet

Considérons une perturbation déplaçant la parcelle vers le haut (\mathrm{d}z > 0). La parcelle s'équilibre instantanément à la pression extérieure locale P_f = P(z_i + \mathrm{d}z).

D'après l'équation d'état des gaz parfaits, la masse volumique du fluide à la pression P_f et à une température T s'écrit :

\rho = \frac{P_f M}{R T}

La masse volumique de la parcelle déplacée \rho_f et celle du milieu extérieur \rho_{\text{ext}} à l'altitude z_i + \mathrm{d}z valent donc respectivement :

\rho_f = \frac{P_f M}{R T_f} \quad \text{et} \quad \rho_{\text{ext}} = \frac{P_f M}{R T(z_i + \mathrm{d}z)}

La force volumique verticale nette (poids et poussée d'Archimède) s'exerçant sur la parcelle est :

f_z = (\rho_{\text{ext}} - \rho_f) g = \frac{P_f M g}{R} \left( \frac{1}{T(z_i + \mathrm{d}z)} - \frac{1}{T_f} \right)

On distingue deux cas :

  • Si T_f < T(z_i + \mathrm{d}z) : on a \rho_f > \rho_{\text{ext}}. La parcelle est plus froide et donc plus dense que le milieu environnant. La force nette est dirigée vers le bas (f_z < 0), ce qui tend à ramener la parcelle vers son altitude d'équilibre initiale z_i. Le même raisonnement pour un déplacement vers le bas (\mathrm{d}z < 0) montre que la force tend également à faire remonter la parcelle. Le profil d'atmosphère est donc stable.

    \boxed{T_f < T(z_i + \mathrm{d}z) \implies \text{atmosphère stable}}
  • Si T_f > T(z_i + \mathrm{d}z) : on a \rho_f < \rho_{\text{ext}}. La parcelle est plus chaude et donc moins dense que le fluide ambiant. La poussée d'Archimède l'emporte sur le poids (f_z > 0) : la parcelle continue d'accélérer vers le haut, s'éloignant indéfiniment de sa position de départ. La moindre perturbation engendre un mouvement d'ascension spontané : le profil d'atmosphère est donc instable.

    \boxed{T_f > T(z_i + \mathrm{d}z) \implies \text{atmosphère instable (instabilité convective)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Fondez votre raisonnement sur la comparaison entre la poussée d'Archimède et le poids via la densité de la parcelle.

« pour justifier le mouvement ultérieur de la parcelle, et la stabilité de l'atmosphère, il faut un argument mécanique rigoureux. Une pression plus élevée ou plus basse ne permet pas à elle seule de conclure, il faut considérer la résultante des forces de pression, c'est à dire la poussée d'Archimède, qui doit être comparée au poids. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : gradient adiabatique, stabilité convective

Le cas où s'appelle le cas « marginalement stable ». Quel est le gradient de température vertical de l'atmosphère dans cette situation marginalement stable ? Commentez, en lien avec les questions 4) et 5).

Voir l'indice

Développer l'expression de la température de la parcelle au premier ordre en dz et identifier la valeur du gradient thermique pour laquelle la perturbation s'annule.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité au premier ordre en \mathrm{d}z de la température finale T_f obtenue à la question Q6, en reliant la variation de pression \mathrm{d}P à l'altitude via l'équilibre hydrostatique et l'équation d'état des gaz parfaits.
  2. Écrire le développement de la température ambiante T(z_i + \mathrm{d}z) au premier ordre, faire intervenir le gradient \Gamma = \mathrm{d}T/\mathrm{d}z, et identifier \Gamma pour la condition de stabilité marginale T_f = T(z_i + \mathrm{d}z).
  3. Commenter la cohérence avec le modèle isentropique des questions Q4 et Q5.
Voir la réponse courte

Dans le cas marginalement stable, le gradient réel coïncide avec le gradient adiabatique sec \Gamma = -Mg/C_p.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, la température de la parcelle après son ascension adiabatique réversible s'écrit :

T_f = T_i \left( \frac{P_f}{P_i} \right)^{R/C_p}

La parcelle s'équilibre en pression avec le milieu extérieur à l'altitude z_i + \mathrm{d}z, soit P_f = P(z_i + \mathrm{d}z) = P_i + \mathrm{d}P. En appliquant l'équation de la statique des fluides et la loi des gaz parfaits à l'altitude z_i :

\mathrm{d}P = -\rho(z_i) g \, \mathrm{d}z = -\frac{P_i M}{R T_i} g \, \mathrm{d}z

Le rapport des pressions vaut donc au premier ordre en \mathrm{d}z :

\frac{P_f}{P_i} = 1 - \frac{M g}{R T_i} \mathrm{d}z

En développant T_f au premier ordre :

T_f = T_i \left( 1 - \frac{M g}{R T_i} \mathrm{d}z \right)^{R/C_p} = T_i \left( 1 - \frac{R}{C_p} \frac{M g}{R T_i} \mathrm{d}z \right) = T_i - \frac{M g}{C_p} \mathrm{d}z

Par ailleurs, le développement au premier ordre de la température du milieu ambiant s'écrit :

T(z_i + \mathrm{d}z) = T(z_i) + \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} \mathrm{d}z = T_i + \Gamma \, \mathrm{d}z

La condition de marginale stabilité T_f = T(z_i + \mathrm{d}z) impose :

T_i - \frac{M g}{C_p} \mathrm{d}z = T_i + \Gamma \, \mathrm{d}z

On en déduit l'expression du gradient vertical de température :

\boxed{\Gamma = -\frac{M g}{C_p}}

Commentaires :

  • Ce gradient coïncide exactement avec celui obtenu à la question Q4 pour une atmosphère isentropique : dans une telle atmosphère, une particule déplacée adiabatiquement reste en permanence en équilibre thermique et densitaire avec l'air environnant (équilibre indifférent).
  • L'application numérique menée à la question Q5 donne \Gamma \simeq -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1} (connu sous le nom de gradient adiabatique sec).
  • Ce gradient fixe la frontière entre la stabilité et l'instabilité convective :

    • si \Gamma > -\frac{Mg}{C_p} (décroissance plus lente de la température avec l'altitude), l'atmosphère est stable ;
    • si \Gamma < -\frac{Mg}{C_p} (décroissance plus rapide de la température, régime superadiabatique), l'atmosphère est instable et la convection thermique s'amorce spontanément.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez la parcelle de son environnement et effectuez un développement limité pour retrouver le gradient.

« Il convenait donc de bien distinguer la parcelle de fluide étudiée subissant une transformation isentropique et son environnement, dont on démontre qu'il suit le profil d'une atmosphère isentropique. »

« Ceci pouvait être conduit grâce à un développement limité du résultat de la question 6 permettant de retrouver la valeur du gradient du modèle isentropique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 9

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : instabilité convective, profil de température

Après avoir estimé le gradient de température dans les hautes et basses couches de ce modèle d'atmosphère, indiquez approximativement quelle partie de l'atmosphère est stable, et laquelle est instable, suivant ce modèle.

Voir l'indice

Estimer la valeur absolue de la pente |dT/dz| sur la courbe fournie et la confronter au gradient critique obtenu pour l'air sec.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le critère de stabilité convective déduit aux questions Q7 et Q8 en comparant le gradient thermique \Gamma = \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} au gradient marginalement stable \Gamma_{\text{ms}} \simeq -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}.
  2. Estimer numériquement le gradient de température par lecture graphique sur la figure 1 dans les basses couches (z < 5\text{ km}) et dans les hautes couches (z > 10\text{ km}).
  3. Conclure sur la stabilité de chaque zone de l'atmosphère.
Voir la réponse courte

Comparaison du gradient thermique radiatif au gradient adiabatique : instabilité convective dans les basses couches, stabilité dans les hautes couches.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q7 et Q8, l'atmosphère est :

  • convectivement stable si \Gamma = \dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} > \Gamma_{\text{ms}} = -\dfrac{Mg}{C_p} \simeq -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1} ;
  • convectivement instable si \Gamma = \dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} < \Gamma_{\text{ms}} \simeq -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}.

1. Dans les basses couches (z \lesssim 5\text{ km}) :

Par lecture de la figure 1 :

  • à z = 0\text{ km}, T(0) \approx 290\text{ K} ;
  • à z = 5\text{ km}, T(5\text{ km}) \approx 220\text{ K}.

Le gradient vertical moyen dans les premières couches vaut donc :

\Gamma_{\text{bas}} \approx \frac{220 - 290}{5 - 0} \approx -14\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

Au voisinage immédiat du sol (z \to 0), le profil est encore plus incliné horizontalement, avec un gradient local atteignant \Gamma \sim -20\text{ à } -30\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}. Dans tous les cas :

\Gamma_{\text{bas}} < -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

Les basses couches sont donc instables vis-à-vis de la convection.

2. Dans les hautes couches (z \gtrsim 10\text{ km}) :

Pour z \ge 10\text{ km}, la courbe devient pratiquement verticale sur le graphe (z en ordonnée, T en abscisse), ce qui traduit une couche quasi isotherme où T \approx 215\text{ K} :

\Gamma_{\text{haut}} \approx 0\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

On a donc très largement :

\Gamma_{\text{haut}} > -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

Les hautes couches sont donc stables vis-à-vis de la convection.

Conclusion :

\boxed{\text{La partie basse de l'atmosphère ($z \lesssim 8\text{ à } 10\text{ km}$) est instable, tandis que la partie haute ($z \gtrsim 8\text{ à } 10\text{ km}$) est stable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à obtenir une valeur finie et cohérente lors du calcul du gradient.

« le calcul d'un simple gradient a parfois donné lieu à des valeurs étonnantes, comme des gradients infinis dans la partie de haute altitude. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : troposphère, stratosphère

Commentez alors l'allure qualitative du profil de température du modèle simplifié d'atmosphère standard utilisé en aéronautique et fourni en figure 2, en lien avec le profil du modèle purement radiatif de la figure 1. Identifiez en particulier la troposphère et la stratosphère.

Voir l'indice

Distinguer la zone inférieure de brassage convectif actif où le gradient est constant de la zone supérieure radiativement stable.

Voir la stratégie
  1. Analyser les deux domaines distincts visibles sur la figure 2 : la couche inférieure où la température décroît linéairement, et la couche supérieure isotherme.
  2. Faire le lien avec le mécanisme d'ajustement convectif introduit par le texte : la convection remplace le profil radiatif trop raide (instable) par un profil proche de la stabilité marginale.
  3. Identifier formellement la troposphère, la stratosphère ainsi que la frontière entre les deux (la tropopause).
Voir la réponse courte

La troposphère est le siège de la convection (gradient proche de l'adiabatique), tandis que la stratosphère est stable radiativement avec inversion thermique.

Voir le corrigé complet

L'observation du profil de température de l'atmosphère standard (figure 2) met en évidence deux zones distinctes :

  • De z = 0 à z \simeq 11\text{ km} (la troposphère) : Dans le modèle radiatif (figure 1), le gradient de température au sol était excessivement pentu (\mathrm{d}T/\mathrm{d}z < -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}), ce qui entraînait une instabilité convective (mise en évidence aux questions 7 à 9). Le brassage convectif redistribue l'énergie et impose un gradient thermique vertical quasi uniforme :

    \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} \simeq \frac{216 - 288}{11} \simeq -6{,}5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

    Ce gradient est plus doux que le profil purement radiatif et proche du gradient de stabilité marginale (atténué par les effets d'humidité). Cette région le siège de la convection est la troposphère.

  • Pour z \gtrsim 11\text{ km} (la stratosphère) : La température devient sensiblement constante (T \simeq 216\text{ K}). Dans le modèle radiatif (figure 1), le profil était déjà stable vis-à-vis de la convection (\mathrm{d}T/\mathrm{d}z \simeq 0 > \Gamma_{\text{ms}}). L'instabilité convective n'y opérant pas, le profil de température reste piloté par les équilibres radiatifs. Cette zone stable est la stratosphère (la frontière entre troposphère et stratosphère à z \simeq 11\text{ km} étant la tropopause).
\boxed{\text{Troposphère : } z \in [0\,;\,11\text{ km}] \quad ; \quad \text{Stratosphère : } z \gtrsim 11\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soyez attentif à l'échelle des figures : le gradient des basses couches y est deux fois plus faible qu'à la question 9.

« très peu de copies ont noté la différence d'échelle entre les deux figures. Le gradient des basses couches atmosphériques est deux fois plus faible que dans la question 9. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Premier et second principes

Notions : condensation, convection humide

On considère cette parcelle d'atmosphère à une altitude donnée dans le profil de température marginalement stable calculé à la question 8). On suppose de plus que cette parcelle est initialement à la pression de vapeur saturante en vapeur d'eau. On imagine que cette parcelle subit un léger déplacement vers le haut, de façon quasi-statique et adiabatique (réversible). Expliquez qualitativement pourquoi, sous certaines conditions, la parcelle peut néanmoins continuer son mouvement ascendant alors même que l'atmosphère environnante n'est pas instable vis-à-vis du critère déterminé à la question 7). Que voit-on alors apparaitre dans le ciel ?

Voir l'indice

Considérer le terme de source thermique apporté par la condensation de la vapeur saturante lors de la détente ascensionnelle.

Voir la stratégie
  1. Décrire l'effet de l'ascension sur la pression et la température d'une parcelle saturée en vapeur d'eau.
  2. Identifier le rôle du changement d'état (chaleur latente de condensation) sur la température finale T_f de la parcelle par rapport à l'atmosphère environnante.
  3. Conclure sur la masse volumique de la parcelle, la poussée d'Archimède motrice, et la manifestation visuelle de cette condensation.
Voir la réponse courte

La condensation libère de l'enthalpie de changement d'état, réchauffant la parcelle par rapport à une détente sèche et entretenant l'ascendance avec formation de nuages.

Voir le corrigé complet

Lors de son ascension d'une hauteur \mathrm{d}z > 0, la parcelle d'air subit une détente motrice qui tend à abaisser sa température. L'air étant initialement saturé en vapeur d'eau (P_v = P_{\text{sat}}), ce refroidissement provoque la condensation d'une fraction de la vapeur d'eau sous forme d'eau liquide.

La condensation est une transition de phase exothermique : elle s'accompagne de la libération d'une enthalpie de condensation (\mathrm{d}H_{\text{cond}} > 0), qui réchauffe la parcelle d'air par rapport à une détente adiabatique sans changement de phase.

Par conséquent :

  • L'atmosphère environnante suit le profil marginalement stable établi à la question Q8, qui correspond à un refroidissement purement sec : T(z_i + \mathrm{d}z) = T_{\text{sec}}.
  • La parcelle humide bénéficie de l'apport thermique de la condensation, si bien que sa température finale T_f vérifie :

    T_f > T(z_i + \mathrm{d}z).

À la pression d'équilibre P_f = P(z_i + \mathrm{d}z), la loi des gaz parfaits indique que la masse volumique de la parcelle est inférieure à celle de l'air ambiant :

\rho_f = \frac{P_f M}{R T_f} < \rho_{\text{amb}} = \frac{P_f M}{R T(z_i + \mathrm{d}z)}.

La poussée d'Archimède exercée sur la parcelle est alors supérieure à son poids : la force nette résultante est dirigée vers le haut, ce qui auto-entretient et amplifie le mouvement ascendant de la parcelle.

Les fines gouttelettes d'eau liquide formées par condensation et maintenues en suspension constituent un nuage.

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez les réponses hors sujet telles que les arcs-en-ciel, les mirages ou les aurores boréales.

« il est étonnant de constater la fréquence élevée avec laquelle les arcs-en-ciel ont été évoqués. Nous avons aussi été surpris par l'évocation de mirages, de cyclones ou d'aurores boréales »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : fraction molaire, approximation

Proposez une expression approchée pour en fonction de et uniquement, lorsque la quantité de vapeur en phase gazeuse varie. On utilisera cette expression approchée dans ce qui suit.

Voir l'indice

Différencier la fraction molaire x_v \approx n_v/n_a en tenant compte du fait que la quantité d'air sec n_a reste constante dans le système fermé.

Voir la réponse courte

Avec n_v \ll n_a, la fraction molaire x_v \approx n_v/n_a, d'où par différentiation à n_a fixé \mathrm{d}x_v \approx \mathrm{d}n_v/n_a.

Voir le corrigé complet

Par définition, la fraction molaire de la vapeur d'eau dans la phase gazeuse s'écrit :

x_v = \frac{n_v}{n_a + n_v}

Le système fermé ne subit pas d'échange de matière avec l'extérieur, et l'air sec ne se condense pas aux températures atmosphériques, de sorte que la quantité de matière d'air sec n_a est constante (\mathrm{d}n_a = 0).

En différenciant x_v par rapport à n_v, on obtient :

\mathrm{d}x_v = \frac{\mathrm{d}n_v (n_a + n_v) - n_v \,\mathrm{d}n_v}{(n_a + n_v)^2} = \frac{n_a}{(n_a + n_v)^2}\,\mathrm{d}n_v

Compte tenu de l'hypothèse x_v \ll 1, soit n_v \ll n_a, on effectue un développement au premier ordre :

(n_a + n_v)^2 \simeq n_a^2

On en déduit l'expression approchée recherchée :

\boxed{\mathrm{d}x_v \simeq \frac{\mathrm{d}n_v}{n_a}}

Résultat

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Question 13

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : gradient pseudo-adiabatique, premier principe

On étudie l'évolution de la parcelle au cours de son mouvement ascendant, toujours supposé quasi-statique et sans transfert thermique avec l'atmosphère environnante, dont le profil de température est maintenant considéré arbitraire. On considère toujours , si bien que l'on peut continuer à décrire la phase gazeuse par la relation (1), dans laquelle on remplacera par (on néglige donc la vapeur dans l'évaluation de la densité, de la quantité de matière et de la masse molaire de la parcelle). Dans cette relation, la variation d'entropie est donnée par , où est l'enthalpie libérée par la condensation. En combinant cette relation avec l'équilibre hydrostatique, montrez alors que :

où et sont respectivement la température et la fraction molaire de vapeur dans la phase gazeuse, lorsque la parcelle passe à l'altitude . est l'enthalpie molaire de vaporisation de l'eau. Elle est considérée constante dans ce qui suit, de même que et .

Voir l'indice

Exprimer la variation d'entropie du fluide par transfert de chaleur latente dS = -\Delta_{\text{vap}}H \, dn_v / T et introduire l'équilibre hydrostatique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la différentielle d'entropie \mathrm{d}S donnée par la relation (1) en fonction de \mathrm{d}T et \mathrm{d}P.
  2. Relier l'enthalpie de condensation libérée \mathrm{d}H_{\text{cond}} à la variation de fraction molaire \mathrm{d}x_v via le résultat de la question Q12.
  3. Utiliser l'équilibre mécanique de la parcelle avec l'air ambiant (\mathrm{d}P = -\rho g\,\mathrm{d}z) et l'équation d'état des gaz parfaits pour relier \mathrm{d}P à \mathrm{d}z.
Voir la réponse courte

Bilan thermodynamique incluant le terme de chaleur latente de condensation et l'équilibre hydrostatique pour établir l'équation différentielle du profil de température humide.

Voir le corrigé complet

La relation (1) appliquée à la phase gazeuse, dominée par l'air (n \simeq n_a), s'écrit :

\mathrm{d}S = n_a C_p\,\mathrm{d}\left[\ln\left(T P^{\frac{1}{\gamma}-1}\right)\right]

En utilisant la relation de Mayer C_p - C_v = R, l'exposant vaut :

\frac{1}{\gamma} - 1 = \frac{C_v - C_p}{C_p} = -\frac{R}{C_p}

On en déduit :

\mathrm{d}S = n_a C_p \left(\frac{\mathrm{d}T}{T} - \frac{R}{C_p}\frac{\mathrm{d}P}{P}\right) = n_a C_p \frac{\mathrm{d}T}{T} - n_a R \frac{\mathrm{d}P}{P}

Par ailleurs, lorsqu'une variation \mathrm{d}n_v de quantité de vapeur a lieu, la quantité de vapeur condensée est -\mathrm{d}n_v. L'enthalpie libérée par cette condensation s'écrit :

\mathrm{d}H_{\text{cond}} = -\Delta_{\text{vap}}H\,\mathrm{d}n_v

D'après la question Q12, \mathrm{d}n_v = n_a\,\mathrm{d}x_v, d'où :

\mathrm{d}S = \frac{\mathrm{d}H_{\text{cond}}}{T} = -\frac{n_a \Delta_{\text{vap}}H}{T}\,\mathrm{d}x_v

En égalant les deux expressions de \mathrm{d}S et en simplifiant par n_a, on obtient :

-\frac{\Delta_{\text{vap}}H}{T}\,\mathrm{d}x_v = \frac{C_p}{T}\,\mathrm{d}T - \frac{R}{P}\,\mathrm{d}P

soit, en multipliant par T :

-\Delta_{\text{vap}}H\,\mathrm{d}x_v = C_p\,\mathrm{d}T - \frac{RT}{P}\,\mathrm{d}P

La parcelle s'équilibre instantanément en pression avec l'atmosphère extérieure qui obéit à l'équilibre hydrostatique :

\mathrm{d}P = -\rho g\,\mathrm{d}z

La phase gazeuse étant assimilée à de l'air sec pur de masse molaire M, la loi des gaz parfaits donne :

P = \frac{\rho}{M} R T \quad \implies \quad \frac{RT}{P} = \frac{M}{\rho}

Le terme de pression se réécrit donc :

-\frac{RT}{P}\,\mathrm{d}P = -\frac{M}{\rho}(-\rho g\,\mathrm{d}z) = M g\,\mathrm{d}z

En substituant cette relation et en divisant l'ensemble par \mathrm{d}z, on aboutit à :

\boxed{-\Delta_{\text{vap}}H \frac{\mathrm{d}x_v}{\mathrm{d}z} = C_p \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} + M g}

Résultat

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Premier et second principes

Notions : gradient de température, enthalpie de vaporisation

Calculez alors le gradient de température moyen en fonction de , , , , , et . est appelé le « gradient de température de l'atmosphère humide ».

Voir l'indice

Intégrer directement l'équation différentielle établie à la question précédente entre z=0 et z=h sous l'hypothèse de condensation intégrale de la vapeur.

Voir la stratégie
  1. Intégrer la relation différentielle établie à la question 13 entre le sol (z = 0) et le sommet de la troposphère (z = h), en tirant parti du fait que \Delta_{\text{vap}}H, C_p, M et g sont supposés constants.
  2. Utiliser les conditions aux limites données par le texte : au sol, la fraction molaire est x_v(0) = x_v^{(i)}, et au sommet toute la vapeur d'eau s'est condensée, soit x_v(h) = 0.
  3. En déduire l'expression de \Gamma_h = \dfrac{T(h) - T(0)}{h}.
Voir la réponse courte

Intégration de la relation précédente entre z=0 et z=h pour exprimer le gradient moyen \Gamma_h = -Mg/C_p - \Delta_{\text{vap}}H \Delta x_v / (C_p h).

Voir le corrigé complet

D'après la relation (2) établie à la question 13 :

-\Delta_{\text{vap}}H \frac{\mathrm{d}x_v}{\mathrm{d}z} = C_p \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} + M g

En intégrant cette équation entre z = 0 et z = h, et en considérant les grandeurs \Delta_{\text{vap}}H, C_p, M et g constantes, il vient :

\begin{aligned} -\Delta_{\text{vap}}H \int_0^h \frac{\mathrm{d}x_v}{\mathrm{d}z} \, \mathrm{d}z &= C_p \int_0^h \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} \, \mathrm{d}z + M g \int_0^h \mathrm{d}z \\ -\Delta_{\text{vap}}H \left[ x_v(h) - x_v(0) \right] &= C_p \left[ T(h) - T(0) \right] + M g h \end{aligned}

D'après les hypothèses de l'énoncé :

  • à l'altitude z = 0, la fraction molaire initiale est x_v(0) = x_v^{(i)} ;
  • à l'altitude z = h, toute la vapeur s'est condensée, d'où x_v(h) = 0.

Le membre de gauche s'écrit donc :

-\Delta_{\text{vap}}H \left(0 - x_v^{(i)}\right) = \Delta_{\text{vap}}H \, x_v^{(i)}

On obtient ainsi :

C_p \left[ T(h) - T(0) \right] = \Delta_{\text{vap}}H \, x_v^{(i)} - M g h

En divisant par h et par C_p, on obtient l'expression du gradient moyen \Gamma_h :

\boxed{\Gamma_h = -\frac{M g}{C_p} + \frac{\Delta_{\text{vap}}H \, x_v^{(i)}}{C_p h}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Lisez attentivement l'énoncé pour ne pas attribuer de valeur aberrante à la fraction molaire de vapeur.

« il fallait bien interpréter l'énoncé : on a vu souvent xv=1 (et parfois xv=100 !!!) pour z=h »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Premier et second principes

Notions : gradient pseudo-adiabatique, atmosphère standard

Donnez la valeur numérique du gradient de température de l'atmosphère humide , en considérant l'atmosphère comme un gaz parfait diatomique. On donne l'enthalpie de vaporisation de l'eau : . Commentez le résultat, en lien avec le profil du modèle international d'atmosphère standard fourni en figure 2.

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique et comparer ce gradient à celui calculé en atmosphère sèche à la question 5.

Voir la stratégie
  1. Exprimer numériquement les deux termes de \Gamma_h établi à la question Q14 avec C_p = \frac{7}{2}R.
  2. Calculer la valeur numérique de \Gamma_h et arrondir à un seul chiffre significatif comme demandé par les consignes générales.
  3. Comparer ce gradient au gradient de l'atmosphère standard (\Gamma_{\mathrm{ISA}} \simeq -6{,}5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}) et au gradient adiabatique sec (\Gamma_{\mathrm{sec}} \simeq -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}).
Voir la réponse courte

Calcul numérique donnant \Gamma_h \approx -6{,}5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}, valeur adoptée dans le modèle d'atmosphère standard internationale (troposphère).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, l'expression du gradient moyen de l'atmosphère humide est :

\Gamma_h = -\frac{M g}{C_p} + \frac{\Delta_{\mathrm{vap}}H \, x_v^{(i)}}{C_p h}

Pour un gaz parfait diatomique :

C_p = \frac{7}{2} R = \frac{7}{2} \times 8{,}314 \simeq 29{,}1\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}

Calculons séparément chacun des deux termes :

  • Le terme adiabatique sec (déterminé à la question Q5) :

    -\frac{M g}{C_p} \simeq -\frac{2{,}9 \times 10^{-2} \times 9{,}8}{29{,}1} \simeq -9{,}8 \times 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1} = -9{,}8\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}
  • Le terme de réchauffement latent dû à la condensation de l'eau :

    \begin{aligned} \frac{\Delta_{\mathrm{vap}}H \, x_v^{(i)}}{C_p h} &= \frac{4{,}1 \times 10^4 \times 0{,}04}{29{,}1 \times 10^4} \\ &\simeq \frac{1{,}64 \times 10^3}{2{,}91 \times 10^5} \simeq 5{,}6 \times 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1} = +5{,}6\text{ K}\cdot\text{km}^{-1} \end{aligned}

On en déduit la valeur du gradient moyen :

\Gamma_h \simeq -9{,}8 + 5{,}6 = -4{,}2\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}

Conformément à la consigne demandant un seul chiffre significatif :

\boxed{\Gamma_h \simeq -4\text{ K}\cdot\text{km}^{-1} = -4 \times 10^{-3}\text{ K}\cdot\text{m}^{-1}}

Commentaire :

  • Sur la figure 2, le profil de l'atmosphère standard dans la troposphère présente une décroissance d'environ \Delta T \simeq 217 - 288 = -71\text{ K} sur une épaisseur de 11\text{ km}, soit un gradient moyen :

    \Gamma_{\mathrm{ISA}} \simeq -\frac{71}{11} \simeq -6{,}5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}
  • Le gradient de l'atmosphère standard est compris entre le gradient adiabatique sec (\Gamma_{\mathrm{sec}} \simeq -10\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}) et le gradient adiabatique humide calculé ici (\Gamma_h \simeq -4\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}).
  • Ce résultat est physiquement très cohérent : l'atmosphère réelle n'est ni totalement sèche, ni partout saturée en vapeur d'eau. La libération de chaleur latente lors de la condensation atténue le refroidissement lors de l'ascension de l'air, rendant le gradient thermique moins abrupt dans les zones humides (notamment équatoriales) que dans l'air sec.

Résultat

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Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique ; Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : circulation de hadley, flux solaire

On représente sur la figure 3 la circulation de Hadley, qui est le principal courant méridional de l'atmosphère au voisinage de l'équateur. Pourquoi la température de surface est-elle supérieure au voisinage de l'équateur (), par rapport aux latitudes subtropicales () ? Commentez alors la structure de cette circulation : direction des mouvements d'air, présence de précipitations équatoriales, etc.

Voir l'indice

Justifier l'échauffement équatorial par l'angle d'incidence solaire zénithal, puis expliciter la cellule convective méridienne induite par flottabilité.

Voir la réponse courte

L'incidence zénithale des rayons solaires chauffe davantage l'équateur, induisant une ascendance convective humide (pluies équatoriales) et une cellule méridienne fermée.

Voir le corrigé complet

1. Origine de l'écart de température (T_1 > T_0)

La température d'équilibre dépend directement du flux solaire incident moyen absorbé par unité de surface horizontale :

  • Au voisinage de l'équateur (0^\circ), les rayons solaires arrivent quasi-perpendiculairement à la surface terrestre : le flux surfacique absorbé est maximal, ce qui conduit à une température de surface élevée T_1.
  • Aux latitudes subtropicales (\pm 30^\circ), l'inclinaison des rayons solaires (angle zénithal plus grand) étale la puissance reçue sur une surface plus étendue et allonge le trajet optique dans l'atmosphère (diffusion et absorption accrues). Le flux surfacique moyen est donc plus faible, d'où T_0 < T_1.

2. Structure et fonctionnement de la circulation de Hadley

Ce gradient thermique méridional engendre une cellule de convection thermique fermée :

  • Ascendance équatoriale : Au niveau de l'équateur, l'air chaud et saturé en humidité au contact de l'océan devient moins dense que l'air environnant et s'élève par poussée d'Archimède (flèches rouges verticales).
  • Précipitations équatoriales : Au cours de l'ascension, la baisse de pression entraîne un refroidissement par détente adiabatique. La saturation est rapidement dépassée, provoquant une condensation massive de la vapeur d'eau : cela donne naissance à d'épais nuages convectifs (cumulonimbus) et à de fortes précipitations caractéristiques de la Zone de Convergence Intertropicale (ZCIT).
  • Écoulement d'altitude : Vers z \approx h = 10\text{ km}, l'ascension est bloquée par l'inversion de température de la stratosphère (couche stable). L'air asséché diverge alors en altitude en direction des pôles (vers le nord et vers le sud, flèches bleues horizontales).
  • Subsidence subtropicale : En s'éloignant de l'équateur, l'air se refroidit par émission radiative vers l'espace, se densifie et redescend vers le sol vers \pm 30^\circ de latitude (flèches bleues descendantes). Cette compression adiabatique lors de la descente réchauffe et assèche l'air, ce qui inhibe toute formation nuageuse et explique la présence des grands déserts subtropicaux et des anticyclones permanents.
  • Courant de retour en surface : Pour fermer la boucle et conserver la masse, l'air retourne des subtropiques vers l'équateur à basse altitude (flèches rouges horizontales), formant au niveau du sol les vents réguliers appelés alizés (déviés vers l'ouest par la force de Coriolis).
Voir ce qu'a relevé le jury

N'expliquez pas la différence de température par une variation de distance au Soleil.

« un nombre préoccupant de copies imagine que la différence de température entre l'équateur et les tropiques serait due à la différence de distance au Soleil. On a ainsi lu dans plus de la moitié des cas "à l'équateur, on est plus proche du soleil". »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : enthalpie libre molaire, identité thermodynamique

Exprimez la différentielle de en fonction de , , et des différentielles de et . Exprimez de même la différentielle de en fonction de , , et des différentielles de et . En utilisant l'extensivité de l'enthalpie libre du système complet, donnez son expression en fonction de , , de la quantité de matière en phase vapeur et de la quantité de matière totale .

Voir l'indice

Utiliser la différentielle fondamentale dG_m = -S_m dT + V_m dP pour chaque phase et appliquer l'extensivité de l'enthalpie libre.

Voir la réponse courte

\mathrm{d}G_m = -S_m\mathrm{d}T + V_m\mathrm{d}P pour chaque phase, et par extensivité l'enthalpie libre globale vaut G = (n - n_v)G_{l,m} + n_v G_{v,m}.

Voir le corrigé complet

Pour une mole de corps pur sous une phase homogène donnée, l'enthalpie libre molaire G_m est définie par G_m = U_m + P V_m - T S_m. En différentiant cette relation et en utilisant le premier principe combiné au second pour une mole de phase pure (\mathrm{d}U_m = T\mathrm{d}S_m - P\mathrm{d}V_m), on obtient l'identité thermodynamique fondamentale pour l'enthalpie libre molaire :

\begin{aligned} \mathrm{d}G_m &= \mathrm{d}U_m + P\,\mathrm{d}V_m + V_m\,\mathrm{d}P - T\,\mathrm{d}S_m - S_m\,\mathrm{d}T \\ &= -S_m\,\mathrm{d}T + V_m\,\mathrm{d}P. \end{aligned}

En appliquant cette relation à chacune des deux phases (liquide et vapeur) :

\boxed{\mathrm{d}G_{l,m}(T, P) = -S_{l,m}(T, P)\,\mathrm{d}T + V_{l,m}(T, P)\,\mathrm{d}P}
\boxed{\mathrm{d}G_{v,m}(T, P) = -S_{v,m}(T, P)\,\mathrm{d}T + V_{v,m}(T, P)\,\mathrm{d}P}

L'enthalpie libre est une fonction d'état extensive. L'enthalpie libre totale G du système diphasique est donc la somme des enthalpies libres de chaque phase :

G = n_l \, G_{l,m}(T, P) + n_v \, G_{v,m}(T, P).

Le système étant fermé, la quantité de matière totale d'eau n = n_l + n_v est constante, d'où n_l = n - n_v. On en déduit l'expression de G :

\boxed{G = (n - n_v) G_{l,m}(T, P) + n_v G_{v,m}(T, P)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'enthalpie libre totale s'exprime par extensivité avec les quantités de matière et non avec les fractions molaires.

« Une confusion dans la définition des grandeurs molaires a souvent été constatée (bien que les candidat.e.s invoquent l'extensivité de G): G = nl * Gm,l + nv * Gm,v et non G = xl * Gm,l + xv * Gm,v »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : équilibre liquide-vapeur, potentiel chimique

On considère la situation où et sont imposées par un thermostat et un réservoir de pression. On admet que est un potentiel thermodynamique dans cette situation. Exprimez alors la condition d'équilibre liquide-vapeur en fonction de et .

Voir l'indice

Minimiser l'enthalpie libre globale du système à température et pression fixées par rapport à un transfert virtuel de matière entre phases.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de l'enthalpie libre \mathrm{d}G pour une transformation à température et pression fixées (\mathrm{d}T = 0, \mathrm{d}P = 0) lors d'un échange virtuel de matière \mathrm{d}n_v entre la phase liquide et la phase vapeur.
  2. Utiliser la propriété de potentiel thermodynamique de G à T et P fixées pour en déduire la condition d'équilibre en présence des deux phases.
Voir la réponse courte

À T et P fixées, le minimum d'enthalpie libre impose l'égalité des enthalpies libres molaires : G_{v,m}(T,P) = G_{l,m}(T,P).

Voir le corrigé complet

Le système étudié est fermé, de quantité de matière totale n = n_l + n_v constante, d'où :

\mathrm{d}n_l + \mathrm{d}n_v = 0 \iff \mathrm{d}n_l = -\mathrm{d}n_v

D'après l'expression de l'enthalpie libre obtenue à la question Q17 :

G = (n - n_v) \, G_{l,m}(T, P) + n_v \, G_{v,m}(T, P)

Lorsque la température T et la pression P sont imposées constantes par le milieu extérieur (\mathrm{d}T = 0 et \mathrm{d}P = 0), les grandeurs molaires intensives G_{l,m}(T, P) et G_{v,m}(T, P) sont fixées. La différentielle de G s'écrit alors :

\begin{aligned} \mathrm{d}G_{T,P} &= -G_{l,m}(T, P) \, \mathrm{d}n_v + G_{v,m}(T, P) \, \mathrm{d}n_v \\ &= \left[ G_{v,m}(T, P) - G_{l,m}(T, P) \right] \mathrm{d}n_v \end{aligned}

Puisque G est un potentiel thermodynamique à température et pression imposées, l'état d'équilibre thermodynamique correspond au minimum de G. Pour un état de coexistence liquide-vapeur (où 0 < n_v < n), le système peut échanger de la matière dans les deux sens (\mathrm{d}n_v > 0 ou \mathrm{d}n_v < 0). L'extremum est donc stationnaire :

\left(\frac{\partial G}{\partial n_v}\right)_{T,P} = 0

On en déduit la condition d'équilibre liquide-vapeur :

\boxed{G_{v,m}(T, P) = G_{l,m}(T, P)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La condition d'équilibre thermodynamique s'écrit dG = 0 et non G = 0.

« beaucoup de copies confondent la condition d'équilibre (dG = 0) avec la condition G = 0 (qui ne correspond à rien). »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : formule de clapeyron, équilibre liquide-vapeur

On considère deux points sur la courbe de coexistence liquide-vapeur, de coordonnées et . Écrire la condition d'équilibre liquide-vapeur aux deux points considérés en fonctions des enthalpies libres molaires des deux phases. Soustraire ces deux conditions d'équilibre pour obtenir la relation de Clapeyron :

En déduire le sens de variation de la pression de vapeur saturante avec la température.

Voir l'indice

Écrire l'égalité des enthalpies libres molaires aux deux températures voisines et utiliser la relation liant entropie et enthalpie de vaporisation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'égalité des enthalpies libres molaires aux deux points infiniment voisins de la courbe de coexistence liquide-vapeur.
  2. Par soustraction, identifier l'égalité des différentielles \mathrm{d}G_{v,m} = \mathrm{d}G_{l,m} le long de la courbe d'équilibre et y injecter les différentielles établies à la question Q17.
  3. Relier l'entropie molaire de vaporisation \Delta_{\text{vap}}S à l'enthalpie molaire de vaporisation \Delta_{\text{vap}}H à l'équilibre, puis étudier les signes des grandeurs pour déterminer le sens de variation de P_{\text{sat}}(T).
Voir la réponse courte

Différentiation de l'égalité des enthalpies libres molaires le long de la courbe de coexistence pour déduire la formule de Clapeyron et vérifier \mathrm{d}P_{\text{sat}}/\mathrm{d}T > 0.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q18, la condition d'équilibre liquide-vapeur au point (T, P_{\text{sat}}(T)) s'écrit :

G_{v,m}\big(T, P_{\text{sat}}(T)\big) = G_{l,m}\big(T, P_{\text{sat}}(T)\big) \tag{1}

Au point voisin (T + \mathrm{d}T, P_{\text{sat}} + \mathrm{d}P_{\text{sat}}) situé également sur la courbe de coexistence, la condition d'équilibre s'écrit :

G_{v,m}\big(T + \mathrm{d}T, P_{\text{sat}} + \mathrm{d}P_{\text{sat}}\big) = G_{l,m}\big(T + \mathrm{d}T, P_{\text{sat}} + \mathrm{d}P_{\text{sat}}\big) \tag{2}

En soustrayant membre à membre la relation (1) de la relation (2), on obtient l'égalité des différentielles le long de la courbe d'équilibre :

\mathrm{d}G_{v,m} = \mathrm{d}G_{l,m}

En utilisant les expressions des différentielles obtenues à la question Q17, il vient :

-S_{v,m} \, \mathrm{d}T + V_{v,m} \, \mathrm{d}P_{\text{sat}} = -S_{l,m} \, \mathrm{d}T + V_{l,m} \, \mathrm{d}P_{\text{sat}}

Soit, en regroupant les termes :

(V_{v,m} - V_{l,m}) \, \mathrm{d}P_{\text{sat}} = (S_{v,m} - S_{l,m}) \, \mathrm{d}T = \Delta_{\text{vap}}S \, \mathrm{d}T

Or, lors d'un changement d'état à température et pression fixées, la condition d'équilibre \Delta_{\text{vap}}G = 0 donne :

\Delta_{\text{vap}}G = \Delta_{\text{vap}}H - T \Delta_{\text{vap}}S = 0 \implies \Delta_{\text{vap}}S = \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{T}

On en déduit immédiatement la relation de Clapeyron :

\boxed{\frac{\mathrm{d}P_{\text{sat}}}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{T(V_{v,m} - V_{l,m})}}

Sens de variation :

  • La vaporisation est une transformation endothermique : \Delta_{\text{vap}}H > 0.
  • La température absolue est strictement positive : T > 0.
  • La masse volumique du gaz étant très inférieure à celle du liquide, le volume molaire du gaz est supérieur à celui du liquide : V_{v,m} > V_{l,m}.

Le second membre est donc strictement positif :

\boxed{\frac{\mathrm{d}P_{\text{sat}}}{\mathrm{d}T} > 0}

La pression de vapeur saturante est donc une fonction strictement croissante de la température.

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : équation de clausius-clapeyron, gaz parfait

On néglige le volume molaire de la phase liquide devant celui de la phase gazeuse, et on assimile la vapeur à un gaz parfait à la pression . On considère de plus que est indépendante de la température. Montrez alors que la pression de vapeur saturante s'exprime sous la forme :

où est une température de référence arbitraire, et où vous donnerez l'expression de .

Voir l'indice

Négliger le volume molaire liquide devant celui de la vapeur assimilée à un gaz parfait, puis intégrer l'équation différentielle à variables séparables.

Voir la stratégie
  1. Partir de la formule de Clapeyron obtenue à la question Q19.
  2. Injecter les deux approximations proposées : volume molaire du liquide négligeable devant celui de la vapeur, et équation d'état des gaz parfaits appliquée à la vapeur.
  3. Séparer les variables puis intégrer entre une température de référence T_0 et T en utilisant la constance de \Delta_{\text{vap}}H pour identifier la constante \mathcal{C}.
Voir la réponse courte

En négligeant V_{l,m} et en posant V_{v,m} = RT/P_{\text{sat}}, l'intégration donne la formule de Clausius-Clapeyron avec \mathcal{C} = \Delta_{\text{vap}}H/R.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, la relation de Clapeyron s'écrit :

\frac{\mathrm{d}P_{\text{sat}}}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{T(V_{v,m} - V_{l,m})}

Puisque le volume molaire de la phase liquide est négligeable devant celui de la phase gazeuse (V_{l,m} \ll V_{v,m}), on a :

V_{v,m} - V_{l,m} \simeq V_{v,m}

En modélisant la vapeur d'eau comme un gaz parfait à la pression P_{\text{sat}}, son volume molaire s'écrit :

V_{v,m} = \frac{RT}{P_{\text{sat}}}

En reportant cette expression dans la relation de Clapeyron, on obtient l'équation de Clausius-Clapeyron :

\frac{\mathrm{d}P_{\text{sat}}}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H \, P_{\text{sat}}}{R T^2}

En séparant les variables :

\frac{\mathrm{d}P_{\text{sat}}}{P_{\text{sat}}} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{R} \frac{\mathrm{d}T}{T^2}

Sous l'hypothèse que l'enthalpie de vaporisation \Delta_{\text{vap}}H est indépendante de la température, on intègre entre un état de référence (T_0, P_{\text{sat}}(T_0)) et l'état courant (T, P_{\text{sat}}(T)) :

\begin{aligned} \int_{P_{\text{sat}}(T_0)}^{P_{\text{sat}}(T)} \frac{\mathrm{d}P_{\text{sat}}}{P_{\text{sat}}} &= \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{R} \int_{T_0}^T \frac{\mathrm{d}T}{T^2} \\ \ln \left[ \frac{P_{\text{sat}}(T)}{P_{\text{sat}}(T_0)} \right] &= \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{R} \left[ -\frac{1}{T} \right]_{T_0}^T \\ \ln \left[ \frac{P_{\text{sat}}(T)}{P_{\text{sat}}(T_0)} \right] &= \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{R} \left( \frac{1}{T_0} - \frac{1}{T} \right) \end{aligned}

On retrouve bien la forme demandée :

\ln \left[ \frac{P_{\text{sat}}(T)}{P_{\text{sat}}(T_0)} \right] = \mathcal{C} \left( \frac{1}{T_0} - \frac{1}{T} \right)

avec :

\boxed{\mathcal{C} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H}{R}}

Résultat

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : fractionnement isotopique, pression de vapeur saturante

On considère que l'eau existe dans l'océan et l'atmosphère sous deux formes, et , formées respectivement avec les isotopes 16 et 18 de l'oxygène. Ces deux isotopes sont stables du point de vue de la radioactivité. Les deux types de molécules d'eau se caractérisent par des enthalpies molaires de vaporisation différentes, et donc des pressions de vapeur saturante différentes. Expliquez comment la fraction de dans les calottes glaciaires fournit un historique de la température de l'atmosphère terrestre.

Voir l'indice

Relier la différence de masse isotopique à l'enthalpie molaire de vaporisation et au fractionnement isotopique dépendant de la température lors des cycles météorologiques.

Voir la stratégie
  1. Relier la différence de masse isotopique aux grandeurs thermodynamiques de changement d'état (\Delta_{\text{vap}}H et P_{\text{sat}}).
  2. Décrire le transport des masses d'air vers les pôles et le phénomène de fractionnement isotopique par condensation successive (distillation de Rayleigh).
  3. Expliquer comment la température globale gouverne la teneur en \text{H}_2^{18}\text{O} des précipitations polaires et comment l'empilement des couches de glace archive cette information au cours du temps.
Voir la réponse courte

L'écart de masse molaire modifie \Delta_{\text{vap}}H et donc P_{\text{sat}}(T), reliant le rapport isotopique dans les glaces à la température de condensation passée.

Voir le corrigé complet

La molécule d'eau lourde \text{H}_2^{18}\text{O} a une masse supérieure à celle de \text{H}_2^{16}\text{O}. En raison d'une liaison intermoléculaire légèrement plus forte dans la phase condensée (énergie de point zéro plus basse), l'enthalpie molaire de vaporisation de \text{H}_2^{18}\text{O} est plus élevée que celle de \text{H}_2^{16}\text{O} :

\Delta_{\text{vap}}H(^{18}\text{O}) > \Delta_{\text{vap}}H(^{16}\text{O})

D'après la loi de Clapeyron établie à la question Q20, il en résulte une pression de vapeur saturante plus faible pour l'eau lourde à une même température :

P_{\text{sat}}(^{18}\text{O}) < P_{\text{sat}}(^{16}\text{O})

Ce phénomène entraîne un fractionnement isotopique lors des changements de phase :

  • Lors de l'évaporation au niveau des océans tropicaux et tempérés, l'isotope léger \text{H}_2^{16}\text{O} s'évapore préférentiellement : la vapeur atmosphérique initiale est donc enrichie en \text{H}_2^{16}\text{O} (et appauvrie en \text{H}_2^{18}\text{O}) par rapport à l'océan.
  • Au cours de leur transport vers les hautes latitudes (les pôles), les masses d'air se refroidissent progressivement. Puisque P_{\text{sat}}(^{18}\text{O}) < P_{\text{sat}}(^{16}\text{O}), l'eau lourde \text{H}_2^{18}\text{O} se condense plus facilement et précipite en priorité lors des pluies successives.

Ce processus continu de refroidissement et de précipitation appauvrit progressivement la masse d'air en \text{H}_2^{18}\text{O} au fur et à mesure de son trajet vers les pôles (distillation de type Rayleigh).

Lien avec la température terrestre : Plus la température de l'atmosphère le long du trajet et au-dessus des pôles est basse (période glaciaire), plus l'air doit se refroidir pour atteindre les pôles, plus la condensation a été précoce et intense en chemin, et plus la vapeur d'eau résiduelle arrivant aux pôles est appauvrie en \text{H}_2^{18}\text{O}. Inversement, lors d'une période plus chaude (période interglaciaire), le refroidissement est plus modéré et la neige polaire est relativement plus riche en \text{H}_2^{18}\text{O}.

Enregistrement dans les calottes glaciaires : Aux pôles, la neige tombe sans fondre et se tasse au cours des millénaires pour former des couches successives de glace. Chaque couche emprisonne la composition isotopique de l'eau au moment de sa précipitation. En forant des carottes glaciaires et en mesurant le rapport isotopique (noté usuellement \delta^{18}\text{O}) en fonction de la profondeur (donc de l'âge), on dispose d'un paléothermomètre permettant de reconstituer l'historique thermique continu de l'atmosphère terrestre sur des centaines de milliers d'années.

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Partie 2 : La troposphère vue comme une machine thermique

Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : moteur ditherme, rendement de carnot

On considère tout d'abord un moteur ditherme cyclique en interaction avec un thermostat chaud de température et un thermostat froid de température . Définissez le rendement de ce moteur. Établissez la valeur théorique maximale de ce rendement (le rendement de Carnot), atteinte si les transformations associées au cycle sont réversibles.

Voir l'indice

Définir le rendement comme le rapport du travail mécanique fourni sur la chaleur reçue de la source chaude, puis appliquer les deux principes de Carnot.

Voir la stratégie
  1. Définir le rendement \xi à partir du bilan d'énergie : rapport de l'énergie valorisable (travail mécanique fourni à l'extérieur -W) sur l'énergie coûteuse (transfert thermique reçu de la source chaude Q_c).
  2. Appliquer le premier et le second principes de la thermodynamique au fluide sur un cycle complet pour exprimer \xi en fonction des grandeurs échangées, puis majorer ce rendement par la condition de réversibilité.
Voir la réponse courte

Définition \xi = -W/Q_c et démonstration par les premier et second principes du théorème de Carnot \xi \le 1 - T_f/T_c.

Voir le corrigé complet

Considérons le fluide décrivant un cycle de fonctionnement au contact de deux thermostats de températures respectives T_c (source chaude) et T_f (source froide), avec T_c > T_f.

Pour un moteur thermique, le fluide reçoit un transfert thermique Q_c > 0 de la source chaude, cède un transfert thermique Q_f < 0 à la source froide, et fournit un travail mécanique -W > 0 au milieu extérieur. Le rendement \xi est défini par :

\boxed{\xi = \frac{-W}{Q_c}}

Appliquons les deux principes de la thermodynamique au fluide sur un cycle complet (\Delta U = 0 et \Delta S = 0) :

  • D'après le premier principe :

    \begin{aligned} \Delta U = W + Q_c + Q_f = 0 \quad \implies \quad -W = Q_c + Q_f \end{aligned}

    ce qui donne :

    \xi = 1 + \frac{Q_f}{Q_c}
  • D'après le second principe :

    \begin{aligned} \Delta S = S_e + S_c = \frac{Q_c}{T_c} + \frac{Q_f}{T_f} + S_c = 0 \quad \text{avec} \quad S_c \ge 0 \end{aligned}

    On en déduit l'inégalité de Clausius :

    \begin{aligned} \frac{Q_c}{T_c} + \frac{Q_f}{T_f} \le 0 \quad \implies \quad \frac{Q_f}{T_f} \le -\frac{Q_c}{T_c} \end{aligned}

Comme T_f > 0 et Q_c > 0, on obtient :

\begin{aligned} \frac{Q_f}{Q_c} \le -\frac{T_f}{T_c} \end{aligned}

En réinjectant dans l'expression de \xi :

\begin{aligned} \xi \le 1 - \frac{T_f}{T_c} \end{aligned}

Le rendement maximal théorique, ou rendement de Carnot \xi_c, est atteint lorsque les transformations sont entièrement réversibles (S_c = 0) :

\boxed{\xi_c = 1 - \frac{T_f}{T_c}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez le signe des grandeurs thermodynamiques plutôt que d'employer systématiquement des valeurs absolues.

« Des valeurs absolues fleurissent dès lors que le signe des quantités physiques manipulées n'est pas maîtrisé. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : moteur thermique, transfert thermique

Donnez les signes de , et dans ce qui vous semble être le régime de fonctionnement normal du moteur. Ordonnez les températures , , et dans ce régime de fonctionnement, en justifiant très brièvement. On supposera cet ordre des températures respecté dans la suite.

Voir l'indice

Appliquer la règle des signes thermodynamiques pour un système moteur et respecter le sens naturel du transfert thermique spontané du chaud vers le froid.

Voir la réponse courte

Moteur : W < 0, Q_1 > 0, Q_2 < 0. Le transfert thermique spontané du chaud vers le froid impose T_f < T_2 < T_1 < T_c.

Voir le corrigé complet

Dans le fonctionnement normal d'un moteur thermique cyclique, le fluide fournit du travail au milieu extérieur en prélevant de l'énergie thermique à la source chaude et en en rejetant une partie à la source froide. En adoptant les conventions thermodynamiques usuelles (grandeurs comptées positivement lorsqu'elles sont reçues par le système \mathcal{F}) :

  • W < 0 : le moteur cède un travail mécanique net au milieu extérieur (travail moteur utile -W > 0) ;
  • Q_1 > 0 : le fluide reçoit de l'énergie thermique de la source chaude ;
  • Q_2 < 0 : le fluide cède de l'énergie thermique à la source froide.

Pour ordonner les températures, on utilise le second principe de la thermodynamique (ou le sens spontané des transferts thermiques par conduction à travers les résistances thermiques R) :

  • Le transfert thermique s'effectue spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid : pour que Q_1 > 0, il faut que la source chaude soit plus chaude que le fluide, soit T_c > T_1.
  • De même, pour que le fluide cède de la chaleur à la source froide (Q_2 < 0), le fluide doit être plus chaud que la source froide, soit T_2 > T_f.
  • Enfin, le système \mathcal{F} fonctionne lui-même comme un moteur ditherme entre les températures effectives de contact T_1 et T_2, ce qui requiert T_1 > T_2.

On en déduit l'ordre des températures :

\boxed{T_c > T_1 > T_2 > T_f}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique, transfert thermique

Exprimez les transferts thermiques algébriques et reçus par le système pendant les étapes 1 et 3, en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Appliquer la loi phénoménologique de transfert thermique proportionnel à l'écart de température à travers la résistance R pendant la durée \tau.

Voir la réponse courte

Loi phénoménologique de conduction à travers la résistance thermique : Q_1 = \tau(T_c - T_1)/R et Q_2 = \tau(T_f - T_2)/R.

Voir le corrigé complet

Par analogie électrique (loi d'Ohm thermique), le flux thermique algébrique \Phi_{A \to B} circulant d'un milieu à température T_A vers un milieu à température T_B à travers une résistance thermique R s'écrit :

\Phi_{A \to B} = \frac{T_A - T_B}{R}

1. Étape 1 (isotherme à température T_1) :

Le système \mathcal{F} est à la température T_1 et reçoit la chaleur du thermostat chaud à température T_c à travers la résistance thermique R. Le transfert thermique a lieu pendant une durée \tau à flux constant :

Q_1 = \Phi_{\text{chaud} \to \mathcal{F}} \, \tau = \frac{T_c - T_1}{R}\tau

Comme établi à la question Q23, T_c > T_1, ce qui donne bien Q_1 > 0.

2. Étape 3 (isotherme à température T_2) :

Le système \mathcal{F} est à la température T_2 et échange de la chaleur avec le thermostat froid à température T_f à travers la même résistance thermique R. Le transfert thermique algébrique reçu par le système \mathcal{F} depuis le thermostat froid pendant la durée \tau s'écrit :

Q_2 = \Phi_{\text{froid} \to \mathcal{F}} \, \tau = \frac{T_f - T_2}{R}\tau

Comme T_2 > T_f d'après la question Q23, on retrouve bien Q_2 < 0 (le système cède de la chaleur à la source froide).

Les transferts thermiques algébriques reçus par le système \mathcal{F} s'écrivent donc :

\boxed{Q_1 = \frac{T_c - T_1}{R}\tau} \quad \text{et} \quad \boxed{Q_2 = \frac{T_f - T_2}{R}\tau}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Utilisez la loi d'Ohm thermique et non l'effet Joule pour éviter des expressions quadratiques en température.

« L'évocation de l'effet Joule en lieu et place de la loi d'Ohm a parfois conduit à des expressions erronées quadratiques en température. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : puissance mécanique, premier principe

Définissez la puissance motrice fournie par le moteur. Exprimez en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Exprimer le travail net par cycle via le premier principe W = -(Q_1 + Q_2) et diviser par la durée totale du cycle \Delta t = 2\tau.

Voir la stratégie
  1. Définir la puissance motrice fournie à l'extérieur comme le travail mécanique fourni par cycle divisé par la période du cycle.
  2. Évaluer la durée totale du cycle en tenant compte du caractère quasi-instantané des étapes adiabatiques.
  3. Exprimer le travail fourni en appliquant le premier principe de la thermodynamique au fluide \mathcal{F} sur un cycle.
Voir la réponse courte

Puissance moyenne P = -W/(2\tau) = (Q_1 + Q_2)/(2\tau) = [(T_c - T_1) + (T_f - T_2)]/(2R) d'après le premier principe sur un cycle.

Voir le corrigé complet

Le travail mécanique cédé par le moteur au milieu extérieur sur un cycle complet est -W. La durée totale d'un cycle est la somme des durées des quatre étapes. Les étapes adiabatiques ayant une durée négligeable devant \tau, la durée d'un cycle s'écrit :

\Delta t_{\text{cycle}} = \tau + 0 + \tau + 0 = 2\tau.

La puissance motrice P fournie par le moteur est donc la puissance mécanique moyenne délivrée sur un cycle :

P = \frac{-W}{\Delta t_{\text{cycle}}} = \frac{-W}{2\tau}.

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué au fluide \mathcal{F} sur un cycle fermé (\Delta U = 0) :

W + Q_1 + Q_2 = 0 \iff -W = Q_1 + Q_2.

En injectant les expressions de Q_1 et Q_2 établies à la question Q24, il vient :

-W = \frac{T_c - T_1}{R}\tau + \frac{T_f - T_2}{R}\tau = \frac{\tau}{R}\left(T_c - T_1 + T_f - T_2\right).

On en déduit l'expression de la puissance motrice :

P = \frac{\frac{\tau}{R}\left(T_c - T_1 + T_f - T_2\right)}{2\tau}.
\boxed{P = \frac{(T_c - T_1) + (T_f - T_2)}{2R}}

Résultat

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : second principe, égalité de clausius

À l'aide du second principe de la thermodynamique, établir une inégalité entre , , et . Pour simplifier les calculs, on admet que le rendement maximal est obtenu lorsque les transformations sont réversibles pour le système . On remplacera alors cette inégalité par une égalité dans ce qui suit.

Voir l'indice

Écrire le bilan entropique sur le système moteur cyclique et exploiter l'hypothèse de réversibilité interne du fluide.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le second principe de la thermodynamique au système \mathcal{F} sur un cycle complet.
  2. Identifier les températures des frontières lors des échanges thermiques : pendant l'étape 1, le transfert s'effectue à la température T_1, et pendant l'étape 3, à la température T_2.
  3. Exprimer les transferts thermiques Q_1 et Q_2 à l'aide des résultats de la question 24 pour aboutir à l'inégalité reliant T_1, T_2, T_f et T_c, puis poser l'égalité correspondant à la réversibilité interne de \mathcal{F}.
Voir la réponse courte

Pour le fluide interne opérant de façon réversible, le bilan d'entropie cyclique impose l'égalité de Clausius Q_1/T_1 + Q_2/T_2 = 0.

Voir le corrigé complet

Le fluide \mathcal{F} subit une transformation cyclique, donc sa variation d'entropie sur un cycle est nulle :

\Delta S_{\mathcal{F}} = 0

D'après le second principe de la thermodynamique :

\Delta S_{\mathcal{F}} = S_e + S_c \quad \text{avec} \quad S_c \ge 0

où S_e est l'entropie échangée et S_c l'entropie créée par d'éventuelles irréversibilités internes au système \mathcal{F}.

Au niveau de la surface frontière délimitant le système \mathcal{F} (au bord du domaine pointillé sur la figure 4), les transferts thermiques Q_1 et Q_2 sont échangés aux températures respectives T_1 et T_2. Les étapes 2 et 4 étant adiabatiques, l'entropie échangée par \mathcal{F} sur un cycle s'écrit :

S_e = \frac{Q_1}{T_1} + \frac{Q_2}{T_2}

On en déduit l'inégalité de Clausius pour le système \mathcal{F} :

\frac{Q_1}{T_1} + \frac{Q_2}{T_2} \le 0

En injectant les expressions des transferts thermiques obtenues à la question 24, Q_1 = \frac{T_c - T_1}{R}\tau et Q_2 = \frac{T_f - T_2}{R}\tau, il vient :

\frac{T_c - T_1}{R T_1}\,\tau + \frac{T_f - T_2}{R T_2}\,\tau \le 0

Comme \tau > 0 et R > 0, on simplifie par \frac{\tau}{R} :

\frac{T_c - T_1}{T_1} + \frac{T_f - T_2}{T_2} \le 0

soit encore :

\frac{T_c}{T_1} - 1 + \frac{T_f}{T_2} - 1 \le 0

ce qui conduit à l'inégalité recherchée :

\boxed{\frac{T_c}{T_1} + \frac{T_f}{T_2} \le 2}

Dans l'hypothèse où les transformations sont internement réversibles pour le système \mathcal{F} (S_c = 0), cette relation devient une égalité :

\boxed{\frac{T_c}{T_1} + \frac{T_f}{T_2} = 2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour le système considéré, l'échange thermique s'effectue aux températures T1 et T2, et non Tc et Tf.

« l'entropie échangée dépend de la température du thermostat avec lequel la chaleur est échangée. Vue la définition du système F, l'échange de chaleur a lieu aux températures T1 et T2, et non Tc et Tf. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : moteur d'endoreversibilité, puissance

À l'aide des réponses aux deux questions précédentes, éliminez pour exprimer la puissance sous la forme :

où l'on a introduit les paramètres et .

Voir l'indice

Exprimer la température intermédiaire T_2 en fonction de T_1 grâce à la condition d'égalité entropique, puis l'injecter dans la puissance motrice.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport adimensionné Y = T_2 / T_c en fonction de X = T_1 / T_c et de \eta = T_f / T_c à partir de la relation de réversibilité obtenue à la question Q26.
  2. Injecter cette expression dans la formule de la puissance motrice P établie à la question Q25 pour identifier la fonction sans dimension f(X, \eta).
Voir la réponse courte

Élimination de T_2 grâce à la condition d'endoreversibilité pour formuler la puissance motrice adimensionnée en fonction de X = T_1/T_c et \eta = T_f/T_c.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q26, l'égalité traduisant la réversibilité interne du fluide s'écrit :

\frac{T_c}{T_1} + \frac{T_f}{T_2} = 2

En introduisant les grandeurs adimensionnées X = \dfrac{T_1}{T_c}, \eta = \dfrac{T_f}{T_c} et Y = \dfrac{T_2}{T_c}, cette relation devient :

\begin{aligned} \frac{1}{X} + \frac{\eta}{Y} = 2 &\iff \frac{\eta}{Y} = 2 - \frac{1}{X} = \frac{2X - 1}{X} \\ &\iff Y = \frac{\eta X}{2X - 1} \end{aligned}

Soit, en revenant à la température T_2 :

T_2 = T_c \, \frac{\eta X}{2X - 1}

D'après le résultat de la question Q25, la puissance motrice moyenne fournie par le moteur s'écrit :

P = \frac{(T_c - T_1) + (T_f - T_2)}{2R} = \frac{T_c}{2R} \left[ (1 - X) + (\eta - Y) \right]

Exprimons le terme \eta - Y en fonction de X et \eta :

\begin{aligned} \eta - Y &= \eta - \frac{\eta X}{2X - 1} \\ &= \eta \left( 1 - \frac{X}{2X - 1} \right) \\ &= \eta \, \frac{X - 1}{2X - 1} \\ &= - \eta \, \frac{1 - X}{2X - 1} \end{aligned}

En factorisant par (1 - X), il vient :

\begin{aligned} (1 - X) + (\eta - Y) &= (1 - X) \left( 1 - \frac{\eta}{2X - 1} \right) \\ &= \frac{(1 - X)(2X - 1 - \eta)}{2X - 1} \end{aligned}

On obtient bien l'expression demandée :

\boxed{P = \frac{T_c}{2R} \times f(X, \eta)}

avec :

\boxed{f(X, \eta) = (1 - X) \left( 1 - \frac{\eta}{2X - 1} \right) = \frac{(1 - X)(2X - 1 - \eta)}{2X - 1}}

Résultat

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Question 28

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : moteur d'endoreversibilité, domaine de validité

À l'aide des réponses aux questions précédentes (en particulier la question 23), montrez que .

Voir l'indice

Examiner le dénominateur de l'expression de la température absolue T_2 pour garantir qu'elle reste strictement positive.

Voir la stratégie

Pour établir cette minoration sur X = T_1/T_c, on utilise la relation d'égalité établie à la question Q26 reliant T_1 et T_2, ainsi que le fait que les températures absolues du cycle sont strictement positives, conformément à l'ordre des températures dégagé à la question Q23.

Voir la réponse courte

Exploitation des conditions de signe sur les transferts thermiques et l'ordre des températures pour borner inférieurement le paramètre X.

Voir le corrigé complet

D'après la relation obtenue à la question Q26 sous l'hypothèse de réversibilité interne au fluide \mathcal{F} :

\frac{T_c}{T_1} + \frac{T_f}{T_2} = 2 \iff \frac{1}{X} + \frac{\eta}{Y} = 2

où X = \dfrac{T_1}{T_c}, \eta = \dfrac{T_f}{T_c} et Y = \dfrac{T_2}{T_c}.

D'après la question Q23, le moteur fonctionne entre deux sources à températures absolues positives et l'on a la hiérarchie T_c > T_1 > T_2 > T_f > 0.

En particulier, T_2 > 0 et T_f > 0, de sorte que le rapport \dfrac{T_f}{T_2} = \dfrac{\eta}{Y} est strictement positif :

\frac{1}{X} = 2 - \frac{T_f}{T_2} < 2

Puisque T_1 > 0, la variable adimensionnée X = \dfrac{T_1}{T_c} est strictement positive. Par inversion de l'inégalité précédente, on obtient directement :

\boxed{X > \frac{1}{2}}

Résultat

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Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : puissance maximale, rendement de curzon-ahlborn

En pratique, les moteurs réels fonctionnent dans un régime où (et donc ) est choisie pour maximiser la puissance motrice délivrée, à et fixées. Calculez la valeur de associée à ce maximum, en fonction de . Donnez la valeur du maximum de puissance en fonction de , et .

Voir l'indice

Dériver la fonction de puissance f(X, \eta) par rapport à la variable adimensionnée X pour localiser son maximum.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fonction f(X, \eta) établie à la question précédente à l'aide d'un changement de variable judicieux pour simplifier la dérivation.
  2. Annuler la dérivée première par rapport à X pour déterminer la valeur optimale X_+.
  3. En déduire la puissance motrice maximale correspondante P_{\max}.
Voir la réponse courte

Annulation de la dérivée de f(X, \eta) par rapport à X donnant X_+ = (1 + \sqrt{\eta})/2, puis substitution pour obtenir la puissance maximale.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q27, la puissance motrice s'écrit :

P(X) = \frac{T_c}{2R} \, f(X, \eta) \quad \text{avec} \quad f(X, \eta) = (1 - X)\left(1 - \frac{\eta}{2X - 1}\right)

Posons la variable auxiliaire u = 2X - 1. Comme X > 1/2 (question Q28), on a u > 0, et 1 - X = \frac{1 - u}{2}. La fonction f s'exprime alors simplement sous la forme :

\begin{aligned} f(u, \eta) &= \frac{1 - u}{2} \left( 1 - \frac{\eta}{u} \right) \\ &= \frac{1}{2} \left( 1 - u - \frac{\eta}{u} + \eta \right) \\ &= \frac{1}{2} \left[ 1 + \eta - \left( u + \frac{\eta}{u} \right) \right] \end{aligned}

Pour \eta fixé, la maximisation de f équivaut à la minimisation de la fonction g(u) = u + \frac{\eta}{u} sur \mathbb{R}_+^*. La dérivée de g par rapport à u est :

g'(u) = 1 - \frac{\eta}{u^2}

Cette dérivée s'annule pour u^2 = \eta, soit u = \sqrt{\eta} car u > 0. De plus, g''(u) = \frac{2\eta}{u^3} > 0, ce qui garantit qu'il s'agit bien d'un minimum de g, donc d'un maximum de f.

En revenant à la variable X, on obtient :

2X_+ - 1 = \sqrt{\eta}

soit :

\boxed{X_+ = \frac{1 + \sqrt{\eta}}{2}}

Calculons la valeur correspondante de la fonction f au maximum :

f(X_+, \eta) = \frac{1}{2} \left( 1 + \eta - 2\sqrt{\eta} \right) = \frac{1}{2}(1 - \sqrt{\eta})^2

La puissance motrice maximale délivrée par le moteur vaut donc :

\boxed{P_{\max} = \frac{T_c}{4R} (1 - \sqrt{\eta})^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Donnez un argument explicite pour éliminer l'une des deux solutions de l'équation.

« l'équation (2X-1)2=1 admet a priori 2 solutions, et un argument doit être donné pour exclure l'une des deux. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : rendement de curzon-ahlborn, rendement de carnot

Donnez l'expression du rendement du moteur en fonction de et . Montrez que le rendement du moteur à puissance maximale vaut . Comment cette expression du rendement se compare-t-elle au rendement de Carnot ?

Voir l'indice

Calculer le rapport -W/Q_1 pour la valeur optimale X_+ et comparer ce rendement de Curzon-Ahlborn à la limite théorique de Carnot.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rendement \xi = -W/Q_1 à l'aide du premier principe ou du caractère réversible du cycle décrit par le fluide \mathcal{F}, puis introduire les variables réduites X et \eta.
  2. Évaluer ce rendement en X = X_+ déterminé à la question précédente.
  3. Comparer \xi(X_+) au rendement de Carnot \xi_c = 1 - \eta en étudiant le signe de la différence ou en comparant \sqrt{\eta} et \eta pour \eta \in ]0, 1[.
Voir la réponse courte

Calcul du rendement à puissance maximale \xi = 1 - \sqrt{\eta} = 1 - \sqrt{T_f/T_c} (Curzon-Ahlborn), strictement inférieur au rendement de Carnot.

Voir le corrigé complet

Le rendement du moteur est défini par le rapport entre le travail fourni par le fluide sur un cycle et le transfert thermique reçu de la source chaude :

\xi = \frac{-W}{Q_1} = \frac{Q_1 + Q_2}{Q_1} = 1 + \frac{Q_2}{Q_1}

D'après la question Q26, les transformations subies par le système \mathcal{F} sont modélisées comme réversibles, d'où la relation de Clausius :

\frac{Q_1}{T_1} + \frac{Q_2}{T_2} = 0 \implies \frac{Q_2}{Q_1} = -\frac{T_2}{T_1}

Le rendement s'écrit donc simplement :

\xi = 1 - \frac{T_2}{T_1}

Or, d'après les questions Q26 et Q27, le rapport des températures effectives s'exprime en fonction de X = T_1/T_c et \eta = T_f/T_c selon :

\frac{T_2}{T_1} = \frac{\eta}{2X - 1}

On en déduit l'expression du rendement en fonction de X et \eta :

\boxed{\xi(X, \eta) = 1 - \frac{\eta}{2X - 1}}

Remarque : On retrouve de manière identique cette expression via la puissance motrice :

\xi = \frac{-W}{Q_1} = \frac{2\tau P}{Q_1} = \frac{\frac{T_c}{R} f(X, \eta)\tau}{\frac{T_c(1-X)}{R}\tau} = \frac{f(X, \eta)}{1 - X} = 1 - \frac{\eta}{2X - 1}

Au régime de puissance maximale, le paramètre X prend la valeur optimale établie à la question Q29 :

X_+ = \frac{1 + \sqrt{\eta}}{2} \implies 2X_+ - 1 = \sqrt{\eta}

En injectant cette valeur dans l'expression du rendement, on obtient :

\xi(X_+) = 1 - \frac{\eta}{\sqrt{\eta}} = 1 - \sqrt{\eta}

soit :

\boxed{\xi(X_+) = 1 - \eta^{1/2}}

Comparaison au rendement de Carnot :

Le rendement de Carnot s'écrit \xi_c = 1 - \frac{T_f}{T_c} = 1 - \eta. Puisque le fonctionnement d'un moteur impose 0 < T_f < T_c, on a :

0 < \eta < 1 \implies \eta < \sqrt{\eta} \implies 1 - \sqrt{\eta} < 1 - \eta

On a donc rigoureusement :

\boxed{\xi(X_+) < \xi_c}

Le rendement à puissance maximale est strictement inférieur au rendement de Carnot.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 31

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : création d'entropie, irréversibilité thermique

La différence de valeur entre ces deux rendements signifie que certains processus apparaissant sur la figure 4 sont irréversibles. Quels sont-ils ? On définit le taux de création d'entropie comme le rapport de l'entropie créée par ces processus irréversibles pendant un cycle divisée par la durée d'un cycle. En appliquant le second principe de la thermodynamique à un système judicieusement choisi, calculez en fonction de et dans le régime de fonctionnement à puissance maximale du moteur.

Voir l'indice

Isoler le système global incluant les résistances thermiques conductrices et calculer la production globale d'entropie par cycle.

Voir la stratégie
  1. Identifier les sources d'irréversibilité en observant que le fluide \mathcal{F} est supposé intérieurement réversible (hypothèse d'endoréversibilité adoptée à la question 26).
  2. Choisir pour système global l'ensemble constitué du fluide \mathcal{F} et des deux résistances thermiques. Ce système effectue un cycle fermé de durée \Delta t = 2\tau et échange de la chaleur uniquement avec les thermostats à T_c et T_f.
  3. Appliquer le second principe de la thermodynamique à ce système sur un cycle pour en déduire l'entropie créée S_c, puis le taux de création d'entropie \dot{\mathcal{S}} = S_c / (2\tau) en fonction de X et \eta, et enfin en X = X_+.
Voir la réponse courte

L'irréversibilité provient du transfert thermique sous écart fini de température ; bilan entropique global donnant le taux de création \dot{\mathcal{S}}.

Voir le corrigé complet

1. Processus irréversibles

Les transformations subies par le fluide \mathcal{F} étant supposées réversibles (absence de frottements visqueux internes, détentes et compressions quasi-statiques), l'entropie n'est pas créée au sein du fluide. Les processus irréversibles sont exclusivement les transferts thermiques sous un écart fini de température à travers les deux résistances thermiques :

  • le transfert de la source chaude à T_c vers le fluide à T_1 < T_c ;
  • le transfert du fluide à T_2 vers la source froide à T_f < T_2.

2. Calcul du taux de création d'entropie \dot{\mathcal{S}}

Considérons le système fermé \Sigma = \{\mathcal{F} + \text{les deux résistances thermiques}\}. Au cours d'un cycle de durée \Delta t = 2\tau, l'état du système est périodique, d'où une variation globale d'entropie nulle :

\Delta S_\Sigma = 0

Le système \Sigma n'échange de l'énergie thermique qu'avec les deux thermostats idéaux à T_c et T_f, recevant respectivement les chaleurs Q_1 et Q_2. Le second principe de la thermodynamique appliqué à \Sigma donne :

\Delta S_\Sigma = S_e + S_c = 0 \implies S_c = -S_e = -\left(\frac{Q_1}{T_c} + \frac{Q_2}{T_f}\right)

Le taux moyen de création d'entropie \dot{\mathcal{S}} = \frac{S_c}{2\tau} s'écrit donc :

\dot{\mathcal{S}} = -\frac{1}{2}\left(\frac{Q_1}{\tau T_c} + \frac{Q_2}{\tau T_f}\right)

En utilisant les expressions des transferts thermiques établies à la question 24 :

\begin{aligned} \frac{Q_1}{\tau T_c} &= \frac{T_c - T_1}{R T_c} = \frac{1 - X}{R} \\ \frac{Q_2}{\tau T_f} &= \frac{T_f - T_2}{R T_f} = \frac{\eta T_c - Y T_c}{\eta R T_c} = \frac{1}{R}\left(1 - \frac{Y}{\eta}\right) \end{aligned}

D'après la question 27, la relation de réversibilité interne donne \frac{Y}{\eta} = \frac{X}{2X - 1}, de sorte que :

1 - \frac{Y}{\eta} = 1 - \frac{X}{2X - 1} = -\frac{1 - X}{2X - 1}

On en déduit :

\begin{aligned} \frac{Q_1}{\tau T_c} + \frac{Q_2}{\tau T_f} &= \frac{1 - X}{R}\left(1 - \frac{1}{2X - 1}\right) = -\frac{2(1 - X)^2}{R(2X - 1)} \end{aligned}

D'où le taux de création d'entropie pour un point de fonctionnement quelconque :

\dot{\mathcal{S}} = \frac{(1 - X)^2}{R(2X - 1)}

3. Évaluation au régime de puissance maximale

Au régime de puissance motrice maximale, la variable X prend la valeur optimale X_+ = \frac{1 + \sqrt{\eta}}{2} déterminée à la question 29. On a alors :

\begin{aligned} 1 - X_+ &= \frac{1 - \sqrt{\eta}}{2} \\ 2X_+ - 1 &= \sqrt{\eta} \end{aligned}

En injectant ces grandeurs dans l'expression de \dot{\mathcal{S}}, on obtient :

\boxed{\dot{\mathcal{S}} = \frac{(1 - \sqrt{\eta})^2}{4R\sqrt{\eta}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez soin de définir précisément le système étudié avant de répondre.

« pour traiter cette question peu abordée par les candidat.e.s, le système devait être correctement défini »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : énergie atmosphérique, puissance mécanique

En supposant que le système fonctionne à puissance maximale, calculez approximativement l'énergie cédée aux vents et courants atmosphériques par unité de temps.

Voir l'indice

Multiplier le flux solaire global absorbé par la Terre par le rendement thermodynamique optimal à puissance maximale.

Voir la stratégie
  1. Identifier la source chaude (le sol à T_{\text{chaud}} = 290\text{ K}) et la source froide (le sommet de la troposphère à T_{\text{froid}} = 220\text{ K}), afin de déterminer le rapport de températures \eta adapté à la formule du rendement.
  2. Exprimer le transfert thermique solaire total reçu par unité de temps sur toute la surface de la Terre, modélisée comme une sphère de rayon R_T = 6400\text{ km}.
  3. En déduire la puissance mécanique fournie aux vents à l'aide du rendement à puissance maximale \xi(X_+) = 1 - \sqrt{\eta} établi à la question Q30, en respectant la consigne d'arrondi à un seul chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Évaluation numérique de la puissance mécanique totale générée par la machine thermique atmosphérique à partir des données de température et de flux.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle thermodynamique de la troposphère, le sol constitue la source chaude à la température T_{\text{chaud}} = 290\text{ K}, tandis que le sommet de la troposphère joue le rôle de la source froide à T_{\text{froid}} = 220\text{ K}. Le rapport des températures effectives des réservoirs thermique vaut ainsi :

\eta = \frac{T_{\text{froid}}}{T_{\text{chaud}}} = \frac{220}{290} \simeq 0{,}76

D'après la question Q30, le rendement de la machine fonctionnant à puissance motrice maximale est donné par la relation de Curzon-Ahlborn :

\xi = 1 - \sqrt{\eta}

Numériquement :

\xi = 1 - \sqrt{\frac{220}{290}} \simeq 1 - 0{,}87 = 0{,}13

Le rayonnement solaire incident apporte une intensité surfacique moyenne I = 220\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} répartie sur toute la surface de la Terre, assimilée à une sphère de rayon R_T = 6400\text{ km} = 6{,}4 \times 10^6\text{ m}. L'énergie thermique reçue par unité de temps par la troposphère est donc la puissance totale absorbée :

\mathcal{P}_{\text{in}} = I \times 4\pi R_T^2

Soit numériquement :

\mathcal{P}_{\text{in}} \simeq 220 \times 4 \times \pi \times (6{,}4 \times 10^6)^2 \simeq 220 \times 5{,}1 \times 10^{14} \simeq 1{,}1 \times 10^{17}\text{ W}

L'énergie cédée aux vents et courants atmosphériques par unité de temps correspond à la puissance motrice développée :

\mathcal{P}_{\text{vents}} = \xi \, \mathcal{P}_{\text{in}} = (1 - \sqrt{\eta}) \, 4\pi R_T^2 I

En effectuant l'application numérique :

\mathcal{P}_{\text{vents}} \simeq 0{,}13 \times 1{,}1 \times 10^{17}\text{ W} \simeq 1{,}4 \times 10^{16}\text{ W}

En conservant un seul chiffre significatif conformément aux consignes de l'énoncé :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{vents}} \sim 1 \times 10^{16}\text{ W}}

Résultat

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : dissipation d'énergie, ordre de grandeur

On admet que les courants atmosphériques ainsi engendrés dissipent leur énergie cinétique à un taux (énergie dissipée par unité de temps), de l'ordre de , où est la masse totale de la troposphère et la vitesse typique des courants atmosphériques. En déduire un ordre de grandeur de . Commentez.

Voir l'indice

Égaler la puissance mécanique injectée dans la troposphère au taux de dissipation turbulente \mathcal{D} pour en déduire U.

Voir la stratégie
  1. Établir le bilan de puissance en régime stationnaire : la puissance mécanique motrice \mathcal{P}_{\text{vents}} calculée à la question précédente est intégralement dissipée par viscosité et frottements au sein de l'atmosphère, soit \mathcal{P}_{\text{vents}} = \mathcal{D}.
  2. Exprimer la masse totale de la troposphère \mathcal{M} en fonction de la géométrie de la Terre (\rho, h et la surface S = 4\pi R_T^2).
  3. Isoler la vitesse typique U, mener l'application numérique avec un seul chiffre significatif et comparer à l'ordre de grandeur des vents réels.
Voir la réponse courte

À l'état stationnaire, égalité entre puissance motrice et taux de dissipation visqueuse \mathcal{D}, fournissant une vitesse typique du vent réaliste U \sim 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, l'énergie cinétique globale de la troposphère est constante en moyenne : le travail mécanique cédé par le cycle thermique par unité de temps compense exactement le taux de dissipation visqueuse \mathcal{D} :

\mathcal{P}_{\text{vents}} = \mathcal{D}

La troposphère est une couche sphérique de faible épaisseur (h \ll R_T), de surface S = 4\pi R_T^2 et d'épaisseur h. Sa masse totale s'écrit donc :

\mathcal{M} \simeq \rho \, S \, h = 4\pi R_T^2 \rho h

En injectant cette expression dans la formule du taux de dissipation :

\mathcal{D} \simeq 0{,}05 \times \frac{\mathcal{M} U^3}{h} = 0{,}05 \, \rho \, S \, U^3

Or, d'après la question précédente, la puissance motrice générée vaut :

\mathcal{P}_{\text{vents}} = \xi(X_+) \, I \, S = (1 - \sqrt{\eta}) \, I \, S

En égalant les deux puissances, la surface S de la Terre et la hauteur h s'éliminent, ce qui conduit à :

0{,}05 \, \rho \, U^3 = (1 - \sqrt{\eta}) \, I

On en déduit l'expression littérale de la vitesse typique des vents :

\boxed{U = \left( \frac{(1 - \sqrt{\eta}) \, I}{0{,}05 \, \rho} \right)^{1/3} = \left( \frac{20 \, (1 - \sqrt{\eta}) \, I}{\rho} \right)^{1/3}}

Avec les données numériques :

  • I = 220\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} ;
  • \rho = 1\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \eta = \frac{T_c}{T_f} = \frac{220}{290} \simeq 0{,}76, d'où 1 - \sqrt{\eta} \simeq 1 - 0{,}87 = 0{,}13.

Le calcul donne :

U^3 = 20 \times 0{,}13 \times 220 \simeq 5{,}7 \times 10^2\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-3}

Puisque 8^3 = 512 et 9^3 = 729, on obtient avec un seul chiffre significatif :

\boxed{U \sim 8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\text{soit } \sim 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \text{ ou } \sim 30\text{ km}\cdot\text{h}^{-1})}

Résultat

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Partie 3 : Nucléation et formation des nuages

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : potentiel chimique, équilibre de phase

Donnez la relation entre le potentiel chimique de l'eau liquide, supposé ne dépendre que de la température, et le potentiel de la vapeur d'eau à la pression de vapeur saturante ?

Voir l'indice

Écrire la condition d'égalité des potentiels chimiques à l'équilibre de coexistence liquide-vapeur.

Voir la réponse courte

À saturation, équilibre de transfert de matière entre phases pure liquide et vapeur : \mu_l(T) = \mu_v(T, P_{\text{sat}}(T)).

Voir le corrigé complet

À l'équilibre thermodynamique diphasique liquide-vapeur d'une interface plane à la température T, la pression partielle de la vapeur d'eau est par définition égale à la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T).

L'absence d'échange net de matière entre les deux phases impose l'égalité des potentiels chimiques de l'eau dans la phase liquide et dans la phase vapeur :

\boxed{\mu_l(T) = \mu_v\bigl(T, P_v = P_{\text{sat}}(T)\bigr)}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : tension de surface, enthalpie libre

Exprimez la différentielle de l'enthalpie libre du système en fonction de , , , , et/ou leurs différentielles.

Voir l'indice

Ajouter le terme d'énergie interfaciale \sigma dA à l'expression de la différentielle de Gibbs pour un système ouvert multiphasique.

Voir la stratégie
  1. Prendre en compte la contribution volumique usuelle de l'enthalpie libre ainsi que le terme d'interface \sigma A indiqué par l'énoncé.
  2. Exprimer la différentielle de G en exploitant les contraintes imposées : température et pression constantes (\mathrm{d}T = 0, \mathrm{d}P = 0), ainsi que la conservation de la matière pour l'air et pour l'eau (n_{\mathrm{air}} = \text{cste} et n_l + n_v = \text{cste}).
Voir la réponse courte

À T et P fixées, différentielle de l'enthalpie libre avec le terme interfacial \sigma \mathrm{d}A et conservation de matière : \mathrm{d}G = \sigma\mathrm{d}A + (\mu_l - \mu_v)\mathrm{d}n_l.

Voir le corrigé complet

L'enthalpie libre totale G du système comprend la contribution volumique des différentes espèces chimiques et la contribution surfacique liée à l'interface liquide-gaz :

G = G_{\text{vol}} + \sigma A

Pour le mélange constitué de l'air (considéré inerte vis-à-vis des changements de phase), de la vapeur d'eau et de l'eau liquide, la différentielle de la contribution volumique s'écrit :

\mathrm{d}G_{\text{vol}} = -S\,\mathrm{d}T + V\,\mathrm{d}P + \mu_{\text{air}}\,\mathrm{d}n_{\text{air}} + \mu_l\,\mathrm{d}n_l + \mu_v\,\mathrm{d}n_v

Le système évolue à température et pression constantes, donc :

\mathrm{d}T = 0 \quad \text{et} \quad \mathrm{d}P = 0

De plus, la quantité d'air est constante (\mathrm{d}n_{\text{air}} = 0) et la conservation du nombre total de moles d'eau n_{\mathrm{tot}} = n_l + n_v impose :

\mathrm{d}n_v = -\mathrm{d}n_l

La tension de surface \sigma étant constante, la différentielle du terme interfacial est simplement \mathrm{d}(\sigma A) = \sigma\,\mathrm{d}A. En sommant ces contributions, on obtient :

\mathrm{d}G = \mu_l\,\mathrm{d}n_l + \mu_v\,(-\mathrm{d}n_l) + \sigma\,\mathrm{d}A
\boxed{\mathrm{d}G = (\mu_l - \mu_v)\,\mathrm{d}n_l + \sigma\,\mathrm{d}A}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Assurez-vous de l'homogénéité différentielle de l'expression : le terme interfacial s'écrit avec dA et non A.

« une expression différentielle doit comparer des termes d'ordre comparable. La présence d'un terme en σA (au lieu de σ dA) dans l'expression de dG s'apparente à une faute d'homogénéité. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : nucléation homogène, énergie de surface

On suppose que la phase liquide consiste à tout instant en une gouttelette d'eau sphérique de rayon et de masse volumique constante . Exprimez la différentielle de l'enthalpie libre en fonction de , , , , , et , où est la masse molaire de l'eau.

Voir l'indice

Relier la masse et la surface de la gouttelette sphérique à son rayon r, puis exprimer dn_l et dA en fonction de dr.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume V_l et la quantité de matière liquide n_l de la gouttelette sphérique en fonction du rayon r, puis en déduire \mathrm{d}n_l.
  2. Exprimer l'aire superficielle A de la gouttelette et sa différentielle \mathrm{d}A en fonction de r et \mathrm{d}r.
  3. Injecter ces différentielles dans l'expression de \mathrm{d}G obtenue à la question Q35.
Voir la réponse courte

Substitution des grandeurs géométriques de la goutte sphérique (A = 4\pi r^2 et n_l = \frac{4}{3}\pi r^3 \rho_0/M) pour exprimer \mathrm{d}G(r)/\mathrm{d}r.

Voir le corrigé complet

Pour une gouttelette liquide sphérique de rayon r, le volume s'écrit :

V_l = \frac{4}{3}\pi r^3

La masse de la gouttelette est m_l = \rho_0 V_l, de sorte que la quantité de matière d'eau sous forme liquide s'exprime par :

n_l = \frac{\rho_0 V_l}{M_{\text{H}_2\text{O}}} = \frac{4\pi \rho_0}{3 M_{\text{H}_2\text{O}}} r^3

Par différentiation par rapport au rayon r, on obtient :

\mathrm{d}n_l = \frac{4\pi \rho_0}{M_{\text{H}_2\text{O}}} r^2 \, \mathrm{d}r

L'aire de la surface de la gouttelette sphérique est :

A = 4\pi r^2 \implies \mathrm{d}A = 8\pi r \, \mathrm{d}r

D'après la question Q35, la variation d'enthalpie libre du système à température et pression fixées vaut :

\mathrm{d}G = (\mu_l - \mu_v)\mathrm{d}n_l + \sigma \mathrm{d}A

En y remplaçant \mathrm{d}n_l et \mathrm{d}A par leurs expressions en fonction de r et \mathrm{d}r, il vient :

\boxed{\mathrm{d}G = \left[ \frac{4\pi \rho_0}{M_{\text{H}_2\text{O}}} (\mu_l - \mu_v) r^2 + 8\pi \sigma r \right] \mathrm{d}r}

Résultat

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Question 37

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : enthalpie libre, barrière de nucléation

Intégrez cette relation pour obtenir l'enthalpie libre (à une constante près, qui ne joue pas de rôle dans ce qui suit). Tracez l'allure de pour et fixés. On distinguera les cas et .

Voir l'indice

Intégrer par rapport à r et tracer l'allure de la fonction selon la compétition entre le terme volumique en r^3 et le terme surfacique en r^2.

Voir la stratégie
  1. Intégrer par rapport à r la forme différentielle \mathrm{d}G obtenue à la question précédente en posant la constante d'intégration égale à G(0).
  2. Étudier le signe de la dérivée première \mathrm{d}G/\mathrm{d}r selon le signe de (\mu_l - \mu_v) afin de déterminer le sens de variation et les extrema éventuels.
  3. Tracer l'allure des deux profils correspondants.
Voir la réponse courte

Intégration menant à G(r) = 4\pi \sigma r^2 + \frac{4}{3}\pi \frac{\rho_0}{M}(\mu_l - \mu_v)r^3, avec tracé d'un profil présentant un maximum quand \mu_l < \mu_v.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q36, la différentielle de l'enthalpie libre s'écrit :

\mathrm{d}G = \left[ \frac{4\pi \rho_0}{M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}} (\mu_l - \mu_v) r^2 + 8\pi \sigma r \right] \mathrm{d}r

En intégrant par rapport à r, on obtient l'expression de G(r) à une constante additive près (notée G_0 = G(0) correspondant à l'enthalpie libre en l'absence de gouttelette) :

\boxed{G(r) = \frac{4\pi \rho_0}{3 M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}} (\mu_l - \mu_v) r^3 + 4\pi \sigma r^2 + G_0}

Étudions les deux situations en posant \Delta G(r) = G(r) - G_0 :

  • Cas 1 : µ_l > \mu_v (sous-saturation)
    La vapeur est thermodynamiquement plus stable que le liquide. Les deux coefficients devant r^3 et r^2 sont strictement positifs. La dérivée :

    \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} = 4\pi r \left[ \frac{\rho_0}{M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}(\mu_l - \mu_v) r + 2\sigma \right]

    est strictement positive pour tout r > 0. La fonction G(r) est donc strictement croissante sur \mathbb{R}^+. L'état de minimale enthalpie libre est r = 0 : une gouttelette tend spontanément à s'évaporer.

  • Cas 2 : µ_l < \mu_v (sur-saturation)
    Le liquide est thermodynamiquement plus stable que la vapeur à l'échelle macroscopique volumique. Le terme volumique en r^3 est négatif, tandis que le terme surfacique en r^2 est positif.

    • Pour r petit, le terme surfacique en r^2 domine : \mathrm{d}G/\mathrm{d}r > 0, l'enthalpie libre commence par croître.
    • Pour r grand, le terme volumique en -r^3 l'emporte : G(r) \to -\infty.
    • La dérivée s'annule en un rayon critique non nul :

      r_c = \frac{2\sigma M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}{\rho_0 (\mu_v - \mu_l)} > 0

      La fonction G(r) présente ainsi un maximum local en r = r_c.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 38

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : rayon critique, énergie d'activation

Discutez l'évolution de la gouttelette suivant son rayon initial, en distinguant à nouveau les cas et . Quand cela est pertinent, on identifiera une valeur remarquable de , dont on donnera l'expression en fonction des mêmes paramètres qu'à la question 36). On définira également une « énergie d'activation » pour l'apparition de la phase liquide, lorsque l'on part uniquement d'un mélange gazeux air-vapeur d'eau, dont on donnera l'expression en fonction de ces mêmes paramètres.

Voir l'indice

Annuler la dérivée première de l'enthalpie libre pour déterminer le rayon critique r_c, puis calculer la hauteur de la barrière de potentiel.

Voir la stratégie
  1. À température et pression fixées, le second principe impose qu'une évolution spontanée s'accompagne d'une diminution de l'enthalpie libre (\mathrm{d}G \le 0). Le signe de la dérivée \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} dicte donc le sens d'évolution du rayon r (\mathrm{d}r < 0 si \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} > 0 et \mathrm{d}r > 0 si \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} < 0).
  2. Dans le cas métastable (\mu_l < \mu_v), identifier le rayon critique r_c annulant \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r}, puis caractériser la stabilité de cet extremum.
  3. Calculer la barrière d'enthalpie libre \Delta G^* = G(r_c) - G(0), qui représente l'énergie d'activation requise pour la nucléation homogène.
Voir la réponse courte

Pour \mu_l < \mu_v, annulation de la dérivée au rayon critique r_c = 2\sigma M / [\rho_0(\mu_v - \mu_l)] formant une barrière d'activation \Delta G^* = G(r_c).

Voir le corrigé complet

À température et pression constantes, la condition d'évolution spontanée d'un système thermodynamique s'écrit \mathrm{d}G \le 0. Le sens d'évolution d'une gouttelette de rayon initial r est donc déterminé par le signe de \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} :

  • Si \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} > 0, l'évolution spontanée impose \mathrm{d}r < 0 : la gouttelette s'évapore.
  • Si \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} < 0, l'évolution spontanée impose \mathrm{d}r > 0 : la gouttelette grossit par condensation.

1. Cas µ_l > \mu_v (air sous-saturé en vapeur d'eau) :

D'après l'expression établie à la question 36 :

\frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} = \frac{4\pi \rho_0}{M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}} (\mu_l - \mu_v) r^2 + 8\pi \sigma r > 0 \quad \forall r > 0

Pour tout rayon initial r, \mathrm{d}G/\mathrm{d}r > 0. La gouttelette s'évapore donc spontanément jusqu'à disparition complète (r \to 0). La phase vapeur est thermodynamiquement stable : aucune gouttelette ne peut se former ou subsister.

2. Cas µ_l < \mu_v (air sursaturé en vapeur d'eau) :

Le terme volumique devenant négatif, la dérivée s'annule pour une valeur remarquable de r, appelée rayon critique r_c :

\frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r}\bigg|_{r_c} = 0 \iff 8\pi \sigma r_c - \frac{4\pi \rho_0}{M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}} (\mu_v - \mu_l) r_c^2 = 0

Pour r_c > 0, on obtient :

\boxed{r_c = \frac{2\sigma M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}}{\rho_0 (\mu_v - \mu_l)}}

La discussion de l'évolution selon la taille initiale de la gouttelette est la suivante :

  • Si r < r_c, \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} > 0 : la gouttelette est instable et s'évapore (\mathrm{d}r < 0). L'effet de tension superficielle est dominant.
  • Si r > r_c, \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} < 0 : la gouttelette croît spontanément par condensation (\mathrm{d}r > 0). Le gain enthalpique volumique l'emporte sur le coût de surface.
  • r = r_c correspond à un équilibre instable (maximum de G(r)).

3. Énergie d'activation :

Partant d'une phase purement gazeuse (r = 0), l'apparition d'un germe viable de phase liquide capable de croître spontanément nécessite de franchir la barrière de potentiel correspondant au maximum de G(r) en r = r_c. Cette barrière définit l'énergie d'activation \Delta G^* :

\begin{aligned} \Delta G^* &= G(r_c) - G(0) = 4\pi \sigma r_c^2 - \frac{4\pi \rho_0}{3 M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}} (\mu_v - \mu_l) r_c^3 \end{aligned}

En utilisant la relation \frac{\rho_0 (\mu_v - \mu_l)}{M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}} r_c = 2\sigma, le terme cubique se réécrit :

\begin{aligned} \Delta G^* &= 4\pi \sigma r_c^2 - \frac{4\pi}{3} (2\sigma) r_c^2 = \frac{4\pi}{3} \sigma r_c^2 \end{aligned}

En remplaçant r_c par son expression en fonction des paramètres du problème :

\boxed{\Delta G^* = \frac{16\pi \sigma^3 M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{3 \rho_0^2 (\mu_v - \mu_l)^2}}

Résultat

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Question 39

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : relation de kelvin, sursaturation

On modélise la phase gazeuse comme un mélange de gaz parfaits. À l'aide de l'expression du potentiel chimique donnée en annexe, que l'on appliquera à la vapeur d'eau, exprimez le rayon critique au-delà duquel une gouttelette croît spontanément en fonction de la « sursaturation » et de , , , et .

Voir l'indice

Exprimer l'écart de potentiel chimique à l'aide de la loi logarithmique du gaz parfait en fonction du taux de sursaturation \chi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'écart de potentiel chimique \mu_v - \mu_l à l'aide de la loi du potentiel chimique d'un constituant d'un mélange de gaz parfaits et de la condition d'équilibre à saturation trouvée à la question Q34.
  2. Réinjecter cette expression dans la formule du rayon critique r_c obtenue à la question Q38.
Voir la réponse courte

En utilisant \mu_v - \mu_l = RT \ln \chi, déduction du rayon critique de nucléation sous forme de la relation de Kelvin r_c = 2\sigma M / (\rho_0 RT \ln \chi).

Voir le corrigé complet

D'après la formule (7) de l'énoncé, le potentiel chimique de la vapeur d'eau assimilée à un gaz parfait à la température T et sous la pression partielle P_v s'écrit :

\mu_v(T, P_v) = \mu_v^{(0)}(T) + RT \ln \left(\frac{P_v}{P_0}\right)

À la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T), il vaut :

\mu_v\bigl(T, P_{\text{sat}}(T)\bigr) = \mu_v^{(0)}(T) + RT \ln \left(\frac{P_{\text{sat}}(T)}{P_0}\right)

Or, d'après la question Q34, l'équilibre diphasique à saturation assure l'égalité :

\mu_l(T) = \mu_v\bigl(T, P_{\text{sat}}(T)\bigr)

Par différence, l'écart de potentiel chimique entre la vapeur et le liquide s'écrit donc simplement en fonction du taux de sursaturation \chi = P_v / P_{\text{sat}}(T) > 1 :

\mu_v - \mu_l = RT \ln \left(\frac{P_v}{P_{\text{sat}}(T)}\right) = RT \ln \chi

Comme \chi > 1, on a bien \mu_v > \mu_l (la phase liquide macroscopique est thermodynamiquement plus stable que la vapeur sursaturée).

En reportant cette relation dans l'expression du rayon critique r_c établie à la question Q38, on obtient :

\boxed{r_c = \frac{2\sigma M_{\text{H}_2\text{O}}}{\rho_0 R T \ln \chi}}

Résultat

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Question 40

DifficileTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels ; Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : loi d'arrhenius, facteur de boltzmann

À partir de vos connaissances sur la loi d'Arrhénius, ou sur le facteur de Boltzmann, proposez une expression pour la dépendance de la vitesse d'apparition des gouttelettes dans l'atmosphère en fonction de la sursaturation (cette expression sera obtenue à une constante multiplicative près). Commentez cette dépendance en .

Voir l'indice

Modéliser la probabilité de franchissement de la barrière d'énergie par un facteur de Boltzmann proportionnel à \exp(-\Delta G^*/k_B T).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie d'activation \Delta G^* établie à la question Q38 en introduisant l'expression de \mu_v - \mu_l = RT \ln \chi issue de la question Q39.
  2. Relier la vitesse de nucléation (apparition des germes) au facteur de Boltzmann \exp\left(-\frac{\Delta G^*}{k_B T}\right) ou à la loi d'Arrhénius.
  3. Analyser le comportement mathématique de cette vitesse en fonction de la sursaturation \chi et en tirer la conclusion physique pour l'atmosphère.
Voir la réponse courte

Loi de type Arrhenius/Boltzmann J \propto \exp(-\Delta G^*/RT) où \Delta G^* \propto (\ln \chi)^{-2}, impliquant une nucléation homogène négligeable sauf très forte sursaturation.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q38, la barrière d'enthalpie libre à franchir pour former une gouttelette de rayon critique r_c (énergie d'activation par gouttelette) s'écrit :

\Delta G^* = \frac{4\pi}{3} \sigma r_c^2 = \frac{16\pi \sigma^3 M_{\mathrm{H_2O}}^2}{3\rho_0^2 (\mu_v - \mu_l)^2}

D'après la question Q39, pour un gaz parfait à la sursaturation \chi = P_v / P_{\mathrm{sat}}(T) > 1, on a :

\mu_v - \mu_l = R T \ln \chi

On en déduit l'expression de l'énergie d'activation en fonction de \chi :

\Delta G^* = \frac{16\pi \sigma^3 M_{\mathrm{H_2O}}^2}{3\rho_0^2 (RT)^2 (\ln \chi)^2}

D'après la théorie des fluctuations thermiques (facteur de Boltzmann) ou la cinétique chimique (loi d'Arrhénius), la probabilité de franchir cette barrière par fluctuation thermique — et donc la vitesse v_{\mathrm{nuc}} d'apparition des gouttelettes par unité de volume (taux de nucléation homogène) — est proportionnelle au facteur :

v_{\mathrm{nuc}} \propto \exp\left(-\frac{\Delta G^*}{k_B T}\right)

Comme R = \mathcal{N}_A k_B, le terme dans l'exponentielle s'écrit :

\frac{\Delta G^*}{k_B T} = \frac{16\pi \sigma^3 M_{\mathrm{H_2O}}^2 \mathcal{N}_A}{3\rho_0^2 R^3 T^3 (\ln \chi)^2}

En regroupant l'ensemble des grandeurs indépendantes de \chi dans une constante positive B = \frac{16\pi \sigma^3 M_{\mathrm{H_2O}}^2 \mathcal{N}_A}{3\rho_0^2 R^3 T^3}, on obtient :

\boxed{v_{\mathrm{nuc}} = A \exp\left( - \frac{B}{(\ln \chi)^2} \right)}

où A est une constante pré-exponentielle et B > 0.

Commentaire sur la dépendance en \chi :

  • Lorsque \chi \to 1^+ (saturation ou très faible sursaturation), \ln \chi \to 0^+, donc \frac{B}{(\ln \chi)^2} \to +\infty : la vitesse v_{\mathrm{nuc}} tend vers 0 de façon extrêmement rapide (platitude essentielle de l'exponentielle). Il n'y a rigoureusement aucune apparition spontanée de gouttelettes à faible sursaturation.
  • La fonction présente un comportement de seuil très marqué : tant que \chi reste en-deçà d'une valeur critique élevée (typiquement \chi \approx 4 à 5 pour l'eau à 300\text{ K}), v_{\mathrm{nuc}} est quasi-nulle, puis croît de manière explosive au-delà.
  • Dans l'atmosphère terrestre réelle, les sursaturations dépassent rarement 1\,\% (\chi \lesssim 1{,}01). La nucléation homogène est donc totalement inopérante pour former les nuages. Ce constat met en lumière la nécessité d'un autre mécanisme : la nucléation hétérogène sur des aérosols solides (noyaux de condensation).

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Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : nucléation hétérogène, angle de contact

On fait l'hypothèse que seule l'interface liquide-gaz intervient dans le terme de tension de surface, et donc que l'interface solide-liquide n'engendre aucun terme de tension de surface. Exprimez la différentielle de l'enthalpie libre en fonction de , , , , , , et .

Voir l'indice

Calculer le volume du cône d'eau et l'aire de l'interface plane supérieure en fonction du rayon r et du demi-angle \theta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume V(r) et la surface de l'interface liquide-gaz A(r) du domaine conique en fonction de r et du demi-angle \theta.
  2. Relier la variation élémentaire de la quantité de matière d'eau liquide \mathrm{d}n_l à \mathrm{d}r via la masse volumique \rho_0 et la masse molaire M_{\text{H}_2\text{O}}.
  3. Injecter \mathrm{d}n_l et \mathrm{d}A dans l'expression générale de la différentielle de l'enthalpie libre établie à la question 35.
Voir la réponse courte

Prise en compte de la géométrie de calotte sphérique pour réécrire la différentielle de G en fonction du rayon r et de l'angle de mouillage \theta.

Voir le corrigé complet

D'après la géométrie du cône de demi-angle au sommet \theta, la hauteur \ell et le rayon de base r sont reliés par :

\tan\theta = \frac{r}{\ell} \iff \ell = \frac{r}{\tan\theta}

Le volume d'eau liquide s'écrit alors :

V(r) = \frac{\pi r^2 \ell}{3} = \frac{\pi r^3}{3\tan\theta}

La quantité de matière d'eau liquide n_l contenue dans ce volume est :

n_l = \frac{\rho_0 V}{M_{\text{H}_2\text{O}}} = \frac{\pi \rho_0 r^3}{3 M_{\text{H}_2\text{O}}\tan\theta}

Par différentiation par rapport à r, on obtient :

\mathrm{d}n_l = \frac{\pi \rho_0 r^2}{M_{\text{H}_2\text{O}}\tan\theta}\,\mathrm{d}r

L'interface liquide-gaz est le disque circulaire de rayon r fermant la cavité. Son aire vaut donc :

A(r) = \pi r^2 \implies \mathrm{d}A = 2\pi r\,\mathrm{d}r

Comme l'énoncé précise que l'interface solide-liquide n'engendre aucun terme de tension de surface, seule l'interface liquide-gaz contribue au potentiel. D'après la relation établie à la question 35 :

\mathrm{d}G = (\mu_l - \mu_v)\,\mathrm{d}n_l + \sigma\,\mathrm{d}A

En substituant \mathrm{d}n_l et \mathrm{d}A, on aboutit à :

\boxed{\mathrm{d}G = \left[ \frac{\pi \rho_0 (\mu_l - \mu_v)}{M_{\text{H}_2\text{O}} \tan\theta}\,r^2 + 2\pi \sigma r \right] \mathrm{d}r}

Résultat

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Question 42

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : nucléation hétérogène, barrière d'activation

Comme à la question 38), identifiez une valeur remarquable de . Exprimez l'énergie d'activation associée en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Déterminer le nouveau maximum de l'enthalpie libre par dérivation par rapport à r et évaluer l'énergie d'activation correspondante.

Voir la stratégie
  1. Annuler la dérivée \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} obtenue à la question Q41 pour identifier le rayon critique r_c, correspondant à l'extremum d'enthalpie libre dans le cas sursaturé (\mu_v > \mu_l).
  2. Intégrer \mathrm{d}G entre r=0 et r_c pour obtenir la hauteur de la barrière de potentiel thermodynamique, c'est-à-dire l'énergie d'activation \Delta G^* = G(r_c) - G(0).
Voir la réponse courte

Le rayon critique r_c reste inchangé mais l'énergie d'activation est atténuée par un facteur géométrique f(\theta) < 1 lié au mouillage.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q41, la dérivée de l'enthalpie libre par rapport au rayon r de l'interface s'écrit :

\frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r} = -\frac{\pi \rho_0 (\mu_v - \mu_l)}{M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} \tan\theta} \, r^2 + 2\pi \sigma r

Dans le cas sursaturé où la vapeur est métastable par rapport au liquide (\mu_v > \mu_l), la fonction G(r) présente un extremum non trivial pour une valeur non nulle r_c annulant cette dérivée :

\frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}r}(r_c) = 0 \iff 2\pi \sigma r_c - \frac{\pi \rho_0 (\mu_v - \mu_l)}{M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} \tan\theta} \, r_c^2 = 0

On en déduit le rayon critique de nucléation dans la cavité :

\boxed{r_c = \frac{2\sigma M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} \tan\theta}{\rho_0 (\mu_v - \mu_l)}}

Par intégration directe de \mathrm{d}G depuis l'état sans germe liquide (r = 0) jusqu'au rayon r :

G(r) - G(0) = \pi \sigma r^2 - \frac{\pi \rho_0 (\mu_v - \mu_l)}{3 M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} \tan\theta} \, r^3

En évaluant cette expression en r = r_c, où le second terme vaut -\frac{2}{3}\pi \sigma r_c^2, on obtient l'énergie d'activation \Delta G^* = G(r_c) - G(0) associée à la nucléation :

\Delta G^* = \frac{1}{3}\pi \sigma r_c^2

En injectant l'expression de r_c, il vient :

\boxed{\Delta G^* = \frac{4\pi \sigma^3 M_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2 \tan^2\theta}{3\rho_0^2 (\mu_v - \mu_l)^2}}

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres ; Thermodynamique › Changements d'état du corps pur

Notions : nucléation hétérogène, aérosol

Expliquez alors pourquoi la présence de particules en suspension dans l'atmosphère favorise l'apparition de nuages.

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Comparer les hauteurs de barrière énergétique de nucléation avec et sans cavité conique pour des angles d'ouverture étroits.

Voir la stratégie
  1. Comparer l'énergie d'activation de nucléation dans la cavité conique (nucléation hétérogène, question Q42) à celle d'une gouttelette sphérique isolée (nucléation homogène, question Q38).
  2. Relier cette diminution de la barrière énergétique au taux de formation des gouttes grâce à la dépendance de type Boltzmann / Arrhenius (question Q40).
  3. Conclure sur le rôle fondamental des aérosols comme noyaux de condensation nuageuse dans l'atmosphère réelle.
Voir la réponse courte

L'abaissement drastique de la barrière d'activation par nucléation hétérogène sur les aérosols permet la formation de nuages à très faible sursaturation.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q38 et Q42, le rapport entre l'énergie d'activation de nucléation hétérogène dans une cavité conique \Delta G^*_{\text{cav}} et celle de nucléation homogène en phase gazeuse pure \Delta G^*_{\text{hom}} vaut :

\frac{\Delta G^*_{\text{cav}}}{\Delta G^*_{\text{hom}}} = \frac{\tan^2\theta}{4}

Pour une cavité ou une anfractuosité étroite (\theta \ll 1\text{ rad}), ce rapport est très inférieur à 1 : la présence de la cavité abaisse considérablement la barrière énergétique que doit franchir le système pour former un germe liquide stable.

Or, d'après la loi d'Arrhenius établie à la question Q40, la vitesse d'apparition des germes liquides dépend de façon exponentielle de l'énergie d'activation :

v_{\text{nuc}} \propto \exp\left( -\frac{\Delta G^*}{k_B T} \right)

Une diminution même modeste de \Delta G^* entraîne donc une augmentation de plusieurs ordres de grandeur de la vitesse de nucléation à sursaturation \chi fixée.

\boxed{\text{Les particules solides en suspension réduisent drastiquement la barrière d'activation de nucléation, permettant la condensation à très faible sursaturation.}}

Dans l'atmosphère réelle, la nucléation homogène nécessiterait des taux de sursaturation irréalistes (\chi \approx 3 à 4, soit plusieurs centaines de pourcents d'humidité relative). Grâce aux particules solides en suspension (poussières, suies, sels marins), qui jouent le rôle de noyaux de condensation nuageuse (CCN), la nucléation hétérogène devient quasi-immédiate dès que l'air atteint la saturation (\chi \gtrsim 1{,}001), ce qui déclenche la formation des gouttelettes nuageuses.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique MP 2021 ?

Surtout 4 chapitres : Changements d'état du corps pur (26 % des questions), Machines thermiques (26 %, partie 2), Premier et second principes (13 %) et Thermodynamique chimique et équilibres (12 %). Plus ponctuellement : Statique des fluides, Rayonnement thermique, Description d'un système thermodynamique, Diffusion thermique, Cinétique chimique et mécanismes réactionnels…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique MP 2021 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 13 questions sur 43 (30 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q3, Q6, Q12, Q22, Q23, Q25 à Q30, Q32 et Q33. Avec les autres programmes de première année : 23 en PCSI, 13 en PTSI, 15 en MP2I, 13 en TSI1 et 28 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique MP 2021 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie 1 est la plus longue (environ 1 h 45).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique MP 2021 ?

Q13 (gradient pseudo-adiabatique), Q31 (création d'entropie), Q40 (loi d'arrhenius) et Q42 (nucléation hétérogène), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique MP 2021 ?

Questions de cours : Q3 (composition de l'air), Q8 (gradient adiabatique), Q17 (enthalpie libre molaire), Q18 (équilibre liquide-vapeur), Q19 (formule de clapeyron), Q22 (moteur ditherme) et Q34 (potentiel chimique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (équilibre hydrostatique), Q7 (instabilité convective) et Q20 (équation de clausius-clapeyron).

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique MP 2021 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (19 sur 43), par exemple : Q1, Q3, Q5, Q6, Q8, Q10 à Q12, Q15, Q17, Q18, Q22 à Q25, Q34 à Q36 et Q43. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q13, Q19, Q20, Q27, Q28 et Q30.

Le sujet X-ENS Physique MP 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet X-ENS Physique MP 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet plutôt accessible. Le jury indique que l'épreuve a été bien réussie en moyenne, avec plusieurs copies à la note maximale et une moyenne de 10,46 pour les candidats français. Écart-type : 3,48 (1 380 présents).

Faut-il connaître le modèle de Curzon-Ahlborn pour aborder la partie 2 ?

Non : l'étude de la machine thermique endoréversible et le calcul de son rendement à puissance maximale sont intégralement guidés pas à pas entre Q22 et Q30. Seuls les principes de thermodynamique de première année sont exigés.

Comment éliminer l'une des deux racines du maximum de puissance en Q29 ?

Par la condition de fonctionnement moteur : l'ordre des températures T_c > T_1 > T_2 > T_f impose X = T_1/T_c \in ]1/2, 1[. Seule la racine X_+ = (1 + \sqrt{\eta})/2 vérifie cet encadrement, la seconde étant inférieure à 1/2.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
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0 question réussie sur 43
Position estimée
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des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 43 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,46 et d'écart-type 3,48 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.