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Corrigé détaillé Mines Physique 2 MP 2024

Thermodynamique du froid

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 1 question sur 25. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : MP2I 2 · BCPST1 3 questions.

Détail par partie
  • Partie I : Refroidissement des supraconducteurs0/112e année
  • Partie II : Réfrigérateur à détente de gaz1/14En partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Thermodynamique, Diffusion et transferts thermiques, Structure de la matière · 5 incontournables · 3 questions de première année
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Ce sujet aborde les enjeux thermiques et thermodynamiques de la cryogénie appliquée aux supraconducteurs. Il est constitué de deux problèmes totalement indépendants. Le premier traite des transferts thermiques conductifs et pariétaux intervenant lors du refroidissement d'une sphère ou de la stabilisation thermique d'un fil parcouru par un courant induit (prévention du redouté phénomène de quench). Le second s'intéresse à la modélisation statistique et thermodynamique des gaz réels, depuis la fonction de partition canonique d'un gaz parfait jusqu'à la liquéfaction par détente isenthalpique de Joule-Thomson d'un fluide de van der Waals. Il s'agit d'un problème très équilibré et complet, particulièrement recommandé pour réviser l'ensemble du cours de thermique et de physique statistique en filière MP.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,38/20)
Temps estimé
≈ 2 h 05 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

5 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Très partiellement en MPSI : 1 question sur 25.

Où gagner des points

17 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (17) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

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Sommaire

25 questions
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Partie I : Refroidissement des supraconducteurs

A · Refroidissement progressif d'un supraconducteur

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de la diffusion thermique, loi de fourier

Donner, en les justifiant, les unités (ou les dimensions) de et . Établir, dans le cas unidimensionnel, l'équation de diffusion thermique rappelée ci-dessus.

Voir l'indice

Utiliser les lois de Fourier et de Newton pour trouver les dimensions, puis appliquer le premier principe à une tranche élémentaire de solide d'épaisseur \mathrm{d}x.

Voir la stratégie
  1. Identifier les définitions physiques reliant k et \lambda aux flux thermiques pour déterminer leurs dimensions et unités dans le Système International.
  2. Effectuer un bilan d'énergie interne sur une tranche de conducteur d'épaisseur infinitésimale pendant une durée infinitésimale, puis combiner ce bilan avec la loi phénoménologique de Fourier unidimensionnelle.
Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle des flux pour les unités, puis bilan thermique sur une tranche unidimensionnelle \mathrm{d}x pour établir l'équation de diffusion.

Voir le corrigé complet

1. Unités de k et \lambda :

  • D'après l'énoncé, le flux thermique surfacique pariétal s'exprime selon la loi de Newton :

    j_{\mathrm{par}} = k (T - T_f)

    Un flux thermique surfacique représente une puissance par unité de surface, soit [j_{\mathrm{par}}] = \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2}. Une différence de température s'exprime en kelvins (\mathrm{K}). On en déduit :

    \boxed{ [k] = \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2}\cdot\mathrm{K}^{-1} }
  • La loi de Fourier relie le vecteur densité de courant thermique au gradient de température : \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} = -\lambda \, \vec{\operatorname{grad}} T. En coordonnées cartésiennes selon une direction x :

    j_{\mathrm{th}} = -\lambda \frac{\partial T}{\partial x}

    Le gradient thermique s'exprime en \mathrm{K}\cdot\mathrm{m}^{-1} et la densité de flux thermique en \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2}. Il vient donc :

    \boxed{ [\lambda] = \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1} }

2. Établissement de l'équation de diffusion thermique unidimensionnelle :

Considérons un barreau cylindrique conducteur de section constante S, d'axe (Ox), sans source interne d'énergie. On isole le système fermé constitué de la matière contenue entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x.

Le volume de cette tranche élémentaire est \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}x, et sa masse vaut \mathrm{d}m = \rho S\,\mathrm{d}x.

Durant l'intervalle de temps [t, t+\mathrm{d}t], la variation d'énergie interne de la tranche s'écrit, en l'absence de travail utile et pour une phase condensée indilatable et incompressible :

\mathrm{d}U = \mathrm{d}m \, c \, [T(x, t+\mathrm{d}t) - T(x, t)] = \rho c S\,\mathrm{d}x \, \frac{\partial T}{\partial t}(x, t) \, \mathrm{d}t

D'après le premier principe de la thermodynamique, cette variation est due aux transferts thermiques conductifs à travers les frontières en x et en x+\mathrm{d}x :

\begin{aligned} \delta Q &= \Phi(x, t)\,\mathrm{d}t - \Phi(x+\mathrm{d}x, t)\,\mathrm{d}t \\ &= \left[ j_{\mathrm{th}}(x, t)S - j_{\mathrm{th}}(x+\mathrm{d}x, t)S \right] \mathrm{d}t \\ &= - \frac{\partial j_{\mathrm{th}}}{\partial x}(x, t) \, S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t \end{aligned}

En égalant \mathrm{d}U et \delta Q, puis en simplifiant par S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t \neq 0, on obtient l'équation locale de conservation de l'énergie :

\rho c \frac{\partial T}{\partial t} = - \frac{\partial j_{\mathrm{th}}}{\partial x}

En appliquant la loi de Fourier unidimensionnelle j_{\mathrm{th}}(x, t) = -\lambda \frac{\partial T}{\partial x}(x, t) avec \lambda supposée uniforme :

- \frac{\partial j_{\mathrm{th}}}{\partial x} = \lambda \frac{\partial^2 T}{\partial x^2}

On en déduit directement l'équation de diffusion thermique unidimensionnelle :

\boxed{ \rho c \frac{\partial T}{\partial t} = \lambda \frac{\partial^2 T}{\partial x^2} }

qui correspond bien à \rho c \frac{\partial T}{\partial t} = \lambda \Delta T en dimension 1, où le laplacien scalaire se réduit à \Delta = \frac{\partial^2}{\partial x^2}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas mélanger dimensions SI et unités, bien respecter le cadre unidimensionnel et manipuler rigoureusement les éléments différentiels.

« Les analyses dimensionnelles demandées peuvent être soit en dimension SI ou en unité. Le mélange de ces deux conventions n’est pas convenable. »

« La démonstration de l’équation de diffusion est demandée à 1 dimension, il est important de respecter ceci ainsi qu’une juste manipulation des éléments différentiels. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : diffusivité thermique, temps caractéristique de diffusion

Rappeler l'expression de la diffusivité thermique d'un matériau. À quelle condition, portant sur la durée du refroidissement, l'hypothèse consistant à considérer la température du matériau comme uniforme est-elle légitime ? On se placera dans ce cas dans la suite.

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Exprimer D_{\text{th}} = \lambda/(\rho c) et comparer la durée caractéristique de diffusion interne au sein de la boule au temps global de refroidissement.

Voir la réponse courte

Expression D_{\text{th}} = \lambda/(\rho c) et condition d'uniformité \Delta t \gg R^2/D_{\text{th}} par comparaison des échelles de temps.

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L'équation de diffusion thermique s'écrit sous la forme canonique :

\frac{\partial T}{\partial t} = D_{\text{th}} \Delta T

Par identification avec l'équation \rho c \frac{\partial T}{\partial t} = \lambda \Delta T, la diffusivité thermique du matériau est :

\boxed{D_{\text{th}} = \frac{\lambda}{\rho c}}

Elle s'exprime en \mathrm{m^2 \cdot s^{-1}}.

Par analyse dimensionnelle sur l'équation de diffusion, le temps caractéristique de diffusion de la chaleur au sein de la boule de rayon R est :

\tau_{\text{diff}} \sim \frac{R^2}{D_{\text{th}}}

Pour que la température du matériau puisse être considérée comme uniforme à chaque instant, le transfert d'énergie par conduction interne doit être quasi-instantané à l'échelle de la durée caractéristique \Delta t de son refroidissement :

\boxed{\Delta t \gg \frac{R^2}{D_{\text{th}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut donner l'expression exacte de la diffusivité et ne pas oublier de construire puis interpréter le temps caractéristique.

« L’expression de Dth est parfois inversée ou exprimée avec des grandeurs sans rapport avec le sujet. La construction du temps caractéristique et son interprétation doit être présente. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : capacité thermique, résistance thermique

Exprimer en fonction des données la capacité thermique de la boule solide, ainsi que la résistance thermique d'isolement associée aux échanges pariétaux convecto-conductifs à sa surface.

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Intégrer la capacité thermique volumique sur le volume de la sphère et relier la résistance de convection pariétale au flux surfacique de Newton à travers l'aire 4\pi R^2.

Voir la réponse courte

Calcul direct C_{\text{th}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho c et résistance thermique de surface R_{\text{th}} = 1/(4\pi R^2 k) associée à la loi de Newton.

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La boule supraconductrice a pour rayon R, pour masse volumique \rho et pour capacité thermique massique c. Son volume est donc :

V = \frac{4}{3}\pi R^3

La capacité thermique de la boule solide s'exprime ainsi par le produit de sa masse par sa capacité thermique massique :

\boxed{C_{\text{th}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho c}

Le transfert thermique pariétal à la surface de la boule d'aire S = 4\pi R^2 est décrit par la loi de Newton :

j_{\text{par}} = k(T - T_f)

Le flux thermique total \Phi traversant cette surface s'écrit alors :

\Phi = \iint_S j_{\text{par}}\,\mathrm{d}S = j_{\text{par}} S = 4\pi R^2 k (T - T_f)

Par analogie électrocinétique, la résistance thermique associée à ce transfert est définie par \Phi = \frac{T - T_f}{R_{\text{th}}}, ce qui donne :

\boxed{R_{\text{th}} = \frac{1}{4\pi R^2 k}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démontrer simplement la résistance thermique sans la confondre avec sa définition et valider son résultat par analyse dimensionnelle.

« L’expression de Rth doit être démontrée simplement et ne pas être confondue avec la définition. Une vérification de la dimension aurait permis d’éviter beaucoup de fautes. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de laplace, symétrie sphérique

Montrer que

Voir l'indice

Écrire le laplacien scalaire en coordonnées sphériques à symétrie radiale pour un milieu stationnaire sans terme source, puis intégrer avec les conditions aux limites en r=R et r\to\infty.

Voir la stratégie
  1. Traduire l'hypothèse de capacité thermique massique négligeable du fluide pour obtenir l'équation régissant T_f(r,t) (approximation des régimes quasi-stationnaires).
  2. Exprimer le laplacien en coordonnées sphériques pour un champ à symétrie sphérique T_f(r,t) et intégrer l'équation différentielle par rapport à r.
  3. Déterminer les deux fonctions d'intégration A(t) et B(t) à l'aide des conditions aux limites en r = R et r \to +\infty.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation de Laplace en coordonnées sphériques avec les conditions aux limites en r=R et à l'infini.

Voir le corrigé complet

L'équation de diffusion thermique dans le liquide réfrigérant immobile s'écrit :

\rho_f c_f \frac{\partial T_f}{\partial t} = \lambda' \Delta T_f

En négligeant la capacité thermique massique du fluide (c_f \approx 0), cette équation se réduit à chaque instant à l'équation de Laplace (régime quasi-stationnaire) :

\Delta T_f = 0

La température du fluide ne dépendant que de la distance r au centre O de la boule, l'expression du laplacien scalaire en coordonnées sphériques (donnée dans le formulaire) se simplifie :

\Delta T_f = \frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T_f}{\partial r}\right) = 0

Pour tout r \geqslant R, on en déduit successivement :

\begin{aligned} r^2 \frac{\partial T_f}{\partial r} &= A(t) \\ \frac{\partial T_f}{\partial r} &= \frac{A(t)}{r^2} \\ T_f(r,t) &= -\frac{A(t)}{r} + B(t) \end{aligned}

où A(t) et B(t) sont des fonctions dépendant a priori du temps t.

Les conditions aux limites sont les suivantes :

  • À grande distance (r \to +\infty), le fluide est maintenu à la température constante T_0 :

    \lim_{r \to +\infty} T_f(r,t) = T_0 \implies B(t) = T_0
  • À la surface de la boule (r = R), la température du fluide est notée T_s(t) :

    T_f(R,t) = T_s(t) \implies -\frac{A(t)}{R} + T_0 = T_s(t) \implies A(t) = -R \left[T_s(t) - T_0\right]

En réinjectant ces constantes dans l'expression de T_f(r,t), on obtient :

\boxed{T_f(r,t) = T_0 + \left[T_s(t) - T_0\right] \frac{R}{r}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Exposer clairement l'hypothèse simplificatrice et expliciter l'exploitation des conditions aux limites lors de l'intégration.

« L’hypothèse simplificatrice doit être exposée. L’intégration doit se faire avec des conditions aux limites exploitées clairement. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique, flux thermique

Pourquoi est-il licite de décrire les transferts à travers le fluide en termes de résistance thermique ? Exprimer la résistance thermique associée au refroidissement conductif, en fonction de et .

Voir l'indice

Constater que le flux thermique total est conservé à travers toute surface sphérique concentrique, puis intégrer la loi de Fourier entre R et l'infini pour identifier R'_{\text{th}}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les deux conditions nécessaires pour définir une résistance thermique : un flux thermique conservatif (régime stationnaire ou quasi-stationnaire sans source interne) et une relation linéaire entre l'écart de température et le flux.
  2. Exprimer le flux thermique sortant \Phi traversant une sphère de rayon r à l'aide de la loi de Fourier et du profil T_f(r,t) déterminé à la question précédente, puis identifier R'_{\text{th}} via la relation \Delta T = R'_{\text{th}} \Phi.
Voir la réponse courte

Le régime quasi stationnaire valide la résistance thermique, obtenue par intégration du flux conductif : R'_{\text{th}} = 1/(4\pi \lambda' R).

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La description des transferts thermiques en termes de résistance thermique est licite car :

  • La capacité thermique massique du fluide étant négligée, le fluide se trouve en régime quasi-stationnaire sans terme source interne : le flux thermique \Phi traversant toute surface fermée entourant la boule (ici une sphère de rayon r \geqslant R) est conservatif (indépendant de r).
  • Les équations régissant le transfert (loi de Fourier) étant linéaires, l'écart de température T_s(t) - T_0 est directement proportionnel au flux thermique \Phi(t), par analogie directe avec la loi d'Ohm en électrocinétique.

D'après la loi de Fourier, le vecteur densité de flux thermique dans le fluide s'écrit :

\vec{\jmath}_{\text{th}}(r,t) = -\lambda' \vec{\nabla} T_f = -\lambda' \frac{\partial T_f}{\partial r} \, \hat{u}_r

En utilisant l'expression établie à la question Q4, T_f(r,t) = T_0 + [T_s(t) - T_0]\frac{R}{r}, le gradient radial vaut :

\frac{\partial T_f}{\partial r} = - [T_s(t) - T_0] \frac{R}{r^2}

Le flux thermique total \Phi évacué à travers une sphère de rayon r \geqslant R s'écrit :

\Phi = \iint_{\mathcal{S}(r)} \vec{\jmath}_{\text{th}} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = 4\pi r^2 j_{\text{th}}(r,t) = 4\pi \lambda' R \left[ T_s(t) - T_0 \right]

Par définition de la résistance thermique conductive R'_{\text{th}} entre la surface de la boule (r=R) et l'infini (r\to+\infty) :

T_s(t) - T_0 = R'_{\text{th}} \, \Phi

On en déduit immédiatement :

\boxed{R'_{\text{th}} = \frac{1}{4\pi \lambda' R}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'usage de la notion de résistance thermique doit impérativement être justifié par l'ARQS, ce qui est trop souvent négligé.

« L’ARQS doit justifier l’usage du concept de résistance thermique. L’emploi de cette approximation ne doit pas être confondu avec l’explication de la notion de résistance. Cette justification est trop souvent omise. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : loi de newton, premier principe

Déterminer l'équation d'évolution de la température de la boule solide ; on posera .

Voir l'indice

Appliquer le premier principe global à la boule isotherme en négligeant la résistance conductive du fluide devant la résistance de transfert pariétal.

Voir la stratégie
  1. Comparer les résistances thermiques du fluide (R'_{\text{th}}) et de l'interface (R_{\text{th}}) à l'aide de l'hypothèse \lambda' \gg Rk pour simplifier l'expression du flux thermique évacué.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la boule solide (de température spatialement uniforme T(t) d'après la question Q2) pour établir l'équation différentielle régissant T(t).
Voir la réponse courte

Bilan thermique global C_{\text{th}}\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = -k S(T - T_0) conduisant à l'équation différentielle du premier ordre avec \tau = \frac{\rho R c}{3k}.

Voir le corrigé complet

Le transfert thermique depuis la surface du supraconducteur jusqu'au fluide à l'infini met en jeu l'association en série de deux résistances thermiques :

  • la résistance pariétale d'interface R_{\text{th}} = \dfrac{1}{4\pi R^2 k} (établie à la question Q3) ;
  • la résistance conductive du fluide environnant R'_{\text{th}} = \dfrac{1}{4\pi \lambda' R} (établie à la question Q5).

Le rapport de ces deux résistances vaut :

\frac{R'_{\text{th}}}{R_{\text{th}}} = \frac{Rk}{\lambda'}

L'hypothèse \lambda' \gg Rk implique donc :

R'_{\text{th}} \ll R_{\text{th}} \implies R_{\text{tot}} = R_{\text{th}} + R'_{\text{th}} \approx R_{\text{th}} \quad \text{(ou encore } T_s(t) \approx T_0 \text{)}

Le flux thermique \Phi cédé par la boule au milieu extérieur à température T_0 s'écrit alors :

\Phi(t) = \frac{T(t) - T_0}{R_{\text{th}}} = 4\pi R^2 k \left[T(t) - T_0\right]

Appliquons le premier principe de la thermodynamique à la boule solide entre les instants t et t + \mathrm{d}t, en l'absence de travail et de source interne :

\mathrm{d}U = \delta Q = -\Phi(t)\,\mathrm{d}t

Sachant que \mathrm{d}U = C_{\text{th}}\,\mathrm{d}T avec C_{\text{th}} = \dfrac{4}{3}\pi R^3 \rho c (question Q3), on obtient :

\frac{4}{3}\pi R^3 \rho c \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = -4\pi R^2 k \left[T(t) - T_0\right]

Soit, en simplifiant par 4\pi R^2 :

\frac{\rho R c}{3k} \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + T(t) = T_0

En posant \tau = \dfrac{\rho R c}{3k}, on aboutit à l'équation différentielle du premier ordre :

\boxed{\tau \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + T(t) = T_0 \quad \text{ou} \quad \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + \frac{T(t) - T_0}{\tau} = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Exploiter directement l'hypothèse fournie pour établir l'équation différentielle, sans chercher à la résoudre à cette question.

« avant tout développement, il faut exploiter l’hypothèse donnée. Ceci permet de trouver rapidement l’équation différentielle (la résolution n’est pas demandée en 6 ! ). »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : régime transitoire, temps caractéristique

On notera la température initiale du matériau. Tracer l'allure de la courbe et exprimer la durée au bout de laquelle le matériau débute la transition conducteur supraconducteur.

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle linéaire du premier ordre obtenue avec la condition initiale T(0)=T_i et résoudre l'équation T(\Delta t) = T_{\text{sc}}.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle du premier ordre établie à la question Q6 avec la condition initiale T(0) = T_i > T_{\text{sc}}.
  2. Identifier la condition sur T(t) marquant le début de la transition vers l'état supraconducteur, à savoir T(\Delta t) = T_{\text{sc}}, puis en déduire l'expression analytique de \Delta t.
  3. Tracer l'allure de la décroissance exponentielle en faisant figurer les grandeurs caractéristiques (T_i, T_{\text{sc}}, T_0, \tau, \Delta t).
Voir la réponse courte

Décroissance exponentielle vers T_0, durée \Delta t = \tau \ln\left(\frac{T_i - T_0}{T_c - T_0}\right) obtenue pour T(\Delta t) = T_c.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle obtenue à la question Q6 s'écrit :

\tau \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + T(t) = T_0

Sa solution générale, compte tenu de la condition initiale T(0) = T_i, est :

T(t) = T_0 + (T_i - T_0)\,\mathrm{e}^{-t/\tau}

Initialement, le matériau se trouve dans l'état normal (T_i > T_{\text{sc}}). Il amorce sa transition vers l'état supraconducteur dès que sa température atteint la température critique T_{\text{sc}} (avec T_0 < T_{\text{sc}} < T_i). À la date t = \Delta t, on a donc T(\Delta t) = T_{\text{sc}}, soit :

\begin{aligned} T_0 + (T_i - T_0)\,\mathrm{e}^{-\Delta t/\tau} &= T_{\text{sc}} \\ \mathrm{e}^{-\Delta t/\tau} &= \frac{T_{\text{sc}} - T_0}{T_i - T_0} \end{aligned}

En prenant le logarithme népérien et en réinjectant \tau = \frac{\rho R c}{3k} :

\boxed{\Delta t = \tau \ln\left(\frac{T_i - T_0}{T_{\text{sc}} - T_0}\right) = \frac{\rho R c}{3k} \ln\left(\frac{T_i - T_0}{T_{\text{sc}} - T_0}\right)}

Résultat

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B · Refroidissement stationnaire d'un fil supraconducteur

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : bilan thermique, puissance volumique

Exprimer la puissance totale évacuée par une hauteur de la partie du fil située au plus à la distance de l'axe avec , cf. figure 3.

Voir l'indice

Écrire le bilan d'énergie en régime permanent sur un cylindre fictif de rayon r et de hauteur H contenant une source volumique de puissance constante.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé constitué par la portion de fil cylindrique de rayon r \leqslant R et de hauteur H.
  2. Exprimer la puissance thermique volumique totale produite dans ce volume par effet électromagnétique.
  3. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour relier la puissance évacuée à la puissance produite.
Voir la réponse courte

Intégration de la puissance volumique p_u sur le cylindre de rayon r et de hauteur H : \mathcal{P}_s(r) = p_u \pi r^2 H.

Voir le corrigé complet

Considérons le cylindre coaxial au fil, de rayon r (avec 0 \leqslant r < R) et de hauteur H. Son volume s'écrit :

V(r) = \pi r^2 H

La puissance électromagnétique produite au sein de ce cylindre est issue de la densité volumique p_u, uniforme et constante :

\mathcal{P}_{\text{prod}}(r) = \iiint_{V(r)} p_u \, \mathrm{d}V = p_u V(r) = p_u \pi r^2 H

Le fil étant de très grande longueur, le système est invariant par translation selon l'axe (Oz) et par rotation autour de cet axe. Le flux thermique est donc purement radial : aucun flux thermique ne traverse les deux sections droites planes limitant la tranche de hauteur H.

En régime stationnaire, l'énergie interne du système est constante (\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = 0). Le bilan énergétique sur ce volume s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}_{\text{prod}}(r) - \mathcal{P}_s(r) = 0

On en déduit l'expression de la puissance totale \mathcal{P}_s(r) évacuée à travers la surface latérale de rayon r :

\boxed{\mathcal{P}_s(r) = \pi r^2 H p_u}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question globalement satisfaisante malgré des erreurs récurrentes sur les éléments géométriques.

« furent dans l’ensemble satisfaisantes. Des confusions dans les éléments géométriques ont parfois été constatées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : loi de fourier, flux thermique

En déduire, en régime permanent, l'intensité de la densité volumique de flux thermique conductif dans le fil.

Voir l'indice

Exploiter la symétrie cylindrique pour relier la puissance totale sortante au flux surfacique conductif traversant l'aire latérale 2\pi r H.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et invariances du cylindre infini pour déterminer la forme vectorielle de la densité de flux thermique \vec{\jmath}_{\text{th}}.
  2. Exprimer le flux thermique à travers la surface latérale du cylindre de rayon r et de hauteur H.
  3. Identifier ce flux à la puissance thermique \mathcal{P}_s(r) obtenue à la question Q8 pour en déduire j_{\text{th}}(r).
Voir la réponse courte

En régime permanent le flux évacué à travers la surface latérale compense la puissance dégagée, d'où j_{\text{th}}(r) = p_u r / 2.

Voir le corrigé complet

Le fil étant de très grande longueur et invariant par rotation autour de son axe (Oz) ainsi que par translation le long de cet axe, le champ de température ne dépend que de la coordonnée radiale : T = T(r).

D'après la loi de Fourier, le vecteur densité de flux thermique est radial et centrifuge :

\vec{\jmath}_{\text{th}}(r) = j_{\text{th}}(r)\,\hat{u}_r = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\,\hat{u}_r

Le flux thermique à travers les deux bases planes perpendiculaires à (Oz) est nul par symétrie (\vec{\jmath}_{\text{th}} \cdot \hat{u}_z = 0).

La puissance thermique totale \mathcal{P}_s(r) évacuée par la hauteur H du cylindre de rayon r traverse donc uniquement sa surface latérale d'aire S_{\text{lat}}(r) = 2\pi r H :

\mathcal{P}_s(r) = \iint_{S_{\text{lat}}} \vec{\jmath}_{\text{th}} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = j_{\text{th}}(r) \times 2\pi r H

En utilisant l'expression de \mathcal{P}_s(r) obtenue à la question Q8 :

j_{\text{th}}(r) \times 2\pi r H = \pi r^2 H p_u

On en déduit l'intensité de la densité de flux thermique conductif à la distance r de l'axe :

\boxed{j_{\text{th}}(r) = \frac{p_u \, r}{2}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : loi de newton, condition aux limites

Déterminer l'expression de la température de surface en fonction de , , et .

Voir l'indice

Appliquer la continuité du flux en surface r=R sous la forme du bilan de Newton entre la paroi du fil et le fluide réfrigérant.

Voir la stratégie

Pour relier la température de surface T_s aux données du problème :

  1. Exprimer le flux thermique pariétal cédé au fluide réfrigérant en r = R via la loi de Newton ;
  2. Écrire la continuité du flux thermique à l'interface solide-fluide, en utilisant le résultat de la question précédente (ou le bilan global sur le cylindre de rayon R).
Voir la réponse courte

Continuité du flux en surface r=R via la condition de Newton j_{\text{th}}(R) = k(T_s - T_0), donnant T_s = T_0 + p_u R / (2k).

Voir le corrigé complet

À la surface latérale du fil (r = R), les échanges avec le liquide réfrigérant à température T_0 sont modélisés par la loi de Newton :

j_{\mathrm{par}} = k(T_s - T_0)

Par continuité du vecteur densité de flux thermique à la traversée de la surface latérale, le flux conductif issu du solide compense exactement le flux pariétal transmis au fluide :

j_{\mathrm{th}}(R) = j_{\mathrm{par}}

En utilisant l'expression établie à la question Q9 pour r = R, soit j_{\mathrm{th}}(R) = \dfrac{p_u R}{2}, il vient :

\frac{p_u R}{2} = k(T_s - T_0)

On en déduit directement la température de surface :

\boxed{T_s = T_0 + \frac{p_u R}{2k}}

Résultat

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Question 11

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : profil de température, équation de la diffusion thermique

À quel endroit dans le fil la température est-elle maximale ? Déterminer l'expression de la valeur correspondante. Montrer que le phénomène de quench ne se produit pas si est inférieur à une valeur critique que l'on exprimera.

Voir l'indice

Intégrer la loi de Fourier radiale j_{\text{th}}(r) = -\lambda\,\mathrm{d}T/\mathrm{d}r pour trouver T(r), repérer le maximum au centre r=0 et poser T_{\max} < T_{\text{sc}}.

Voir la stratégie
  1. Relier la densité de courant thermique au gradient de température par la loi de Fourier afin d'étudier les variations radiales de la température et identifier la position de son maximum.
  2. Intégrer l'équation différentielle satisfaite par T(r) entre le centre et la périphérie, puis injecter l'expression de la température de surface T_s obtenue à la question Q10.
  3. Exprimer la condition de non-apparition du phénomène de quench (T(r) < T_{\text{sc}} pour tout r, ce qui équivaut à T_{\max} < T_{\text{sc}}) pour en déduire la densité volumique de puissance critique p_{\max}.
Voir la réponse courte

Intégration de la loi de Fourier donnant un profil parabolique maximal sur l'axe, puis condition T_{\max} < T_c fixant p_{\max}.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Fourier en coordonnées cylindriques (l'invariance par translation selon z et par rotation autour de l'axe imposant \vec{\nabla}T = \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\hat{u}_r) :

\vec{\jmath}_{\text{th}}(r) = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} \hat{u}_r

D'après la question Q9, la densité de flux thermique s'écrit \vec{\jmath}_{\text{th}}(r) = \frac{p_u r}{2}\hat{u}_r. Par identification :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\frac{p_u r}{2\lambda}

Pour tout r \in ]0, R], \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} < 0 : la température T(r) est une fonction strictement décroissante de r. La température est donc maximale au cœur du fil, sur son axe de révolution (r = 0).

En intégrant cette relation entre r = 0 et r = R :

T_s - T(0) = \int_0^R \left(-\frac{p_u r}{2\lambda}\right)\mathrm{d}r = -\frac{p_u R^2}{4\lambda}

D'où l'expression de la température maximale T_{\max} = T(0) :

T_{\max} = T_s + \frac{p_u R^2}{4\lambda}

En remplaçant T_s par son expression établie à la question Q10, T_s = T_0 + \frac{p_u R}{2k} :

\begin{aligned} T_{\max} &= T_0 + \frac{p_u R}{2k} + \frac{p_u R^2}{4\lambda} \\ &= T_0 + p_u R \left( \frac{1}{2k} + \frac{R}{4\lambda} \right) \end{aligned}
\boxed{T_{\max} = T_0 + p_u \left( \frac{R}{2k} + \frac{R^2}{4\lambda} \right)}

Le phénomène de quench est évité si et seulement si le matériau reste supraconducteur en tout point, c'est-à-dire si la température en tout point ne dépasse pas la température critique T_{\text{sc}} :

T_{\max} < T_{\text{sc}} \iff T_0 + p_u \left( \frac{R}{2k} + \frac{R^2}{4\lambda} \right) < T_{\text{sc}}

Comme T_0 < T_{\text{sc}} et que le terme entre parenthèses est strictement positif, cette condition se réécrit p_u < p_{\max} avec :

\boxed{p_{\max} = \frac{T_{\text{sc}} - T_0}{\dfrac{R}{2k} + \dfrac{R^2}{4\lambda}} = \frac{4\lambda k (T_{\text{sc}} - T_0)}{R(2\lambda + kR)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veiller à traiter l'intégralité des points demandés : localisation, valeur de Tmax, critère de quench et expression de pmax.

« Il est important de répondre à l’ensemble de la question : localisation, valeur de Tmax, critère d’apparition du quench , et expression de pmax. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Partie II : Réfrigérateur à détente de gaz

A · Thermodynamique des gaz parfaits

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : facteur de boltzmann, probabilité canonique

Rappeler la loi statistique de BOLTZMANN. On notera .

Voir l'indice

Écrire la probabilité canonique de Boltzmann P_j proportionnelle au facteur exponentiel \exp(-\beta \varepsilon_j) normalisé par la fonction de partition Z(\beta).

Voir la réponse courte

Énoncé de la loi canonique de Boltzmann donnant la probabilité P_j = \exp(-\beta \varepsilon_j)/Z(\beta) d'occuper un micro-état d'énergie \varepsilon_j.

Voir le corrigé complet

Considérons une particule (ou un système microscopique) en contact thermique avec un thermostat à la température T, de sorte que \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}}T}.

Pour des niveaux d'énergie non dégénérés \varepsilon_j (j = 1, \dots, p), la loi statistique de Boltzmann énonce que la probabilité P_j pour la particule d'occuper le niveau d'énergie \varepsilon_j est proportionnelle au facteur de Boltzmann \exp(-\beta \varepsilon_j) :

\boxed{P_j = \frac{1}{Z(\beta)}\,\mathrm{e}^{-\beta \varepsilon_j} = \frac{\exp(-\beta \varepsilon_j)}{\displaystyle\sum_{k=1}^p \exp(-\beta \varepsilon_k)}}

où la constante de normalisation Z(\beta) = \displaystyle\sum_{j=1}^p \exp(-\beta \varepsilon_j), appelée fonction de partition, assure la condition de normalisation des probabilités :

\sum_{j=1}^p P_j = 1

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Donner l'expression complète de la loi de Boltzmann plutôt qu'une proportionnalité, et définir toute nouvelle grandeur introduite.

« La réponse pouvait être en ni ou en pi mais devait être complète, la proportionnalité fut donc jugée insuffisante. Il est important de prendre soin d’introduire les grandeurs qui ne sont pas dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : fonction de partition, énergie moyenne

Exprimer l'énergie moyenne d'une des particules du milieu en fonction de et sa dérivée. En déduire l'expression de l'énergie interne du système.

Voir l'indice

Exprimer l'énergie moyenne par particule comme la dérivée logarithmique -\mathrm{d}\ln Z/\mathrm{d}\beta et multiplier par N particules indépendantes.

Voir la réponse courte

Dérivation logarithmique classique \bar{\varepsilon} = -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta}, puis énergie interne macroscopique U = N\bar{\varepsilon}.

Voir le corrigé complet

Par définition de l'espérance en statistique de Boltzmann, l'énergie moyenne \bar{\varepsilon} d'une particule s'écrit :

\bar{\varepsilon} = \sum_{j=1}^{p} P_j \varepsilon_j = \frac{1}{Z(\beta)} \sum_{j=1}^{p} \varepsilon_j \exp(-\beta \varepsilon_j)

En dérivant la fonction de partition Z(\beta) = \sum_{j=1}^{p} \exp(-\beta \varepsilon_j) par rapport au paramètre \beta, on obtient :

\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}\beta} = \sum_{j=1}^{p} \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\beta}\left[\exp(-\beta \varepsilon_j)\right] = -\sum_{j=1}^{p} \varepsilon_j \exp(-\beta \varepsilon_j)

On en déduit immédiatement :

\sum_{j=1}^{p} \varepsilon_j \exp(-\beta \varepsilon_j) = -\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}\beta}

ce qui conduit à l'expression de l'énergie moyenne par particule :

\boxed{\bar{\varepsilon} = -\frac{1}{Z(\beta)}\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}\beta} = -\frac{\mathrm{d}\ln Z}{\mathrm{d}\beta}}

Dans le cadre du modèle du gaz parfait, les interactions entre particules sont négligées (particules indépendantes). L'énergie interne totale U(\beta) du système de N particules est donc la somme des énergies moyennes individuelles :

U(\beta) = N \bar{\varepsilon}

soit :

\boxed{U(\beta) = -\frac{N}{Z(\beta)}\frac{\mathrm{d}Z}{\mathrm{d}\beta} = -N\frac{\mathrm{d}\ln Z}{\mathrm{d}\beta}}

Résultat

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : fluctuation d'énergie, écart-type

Montrer qu'on peut exprimer, en fonction d'une somme (qu'on ne cherchera surtout pas à calculer), l'écart-type associé à la moyenne . Quel est l'écart-type associé ? Que peut-on en en déduire ?

Voir l'indice

Relier la variance \sigma_\varepsilon^2 à la dérivée seconde de \ln Z, puis sommer pour les N particules indépendantes afin d'évaluer la fluctuation relative \sigma_U/U \propto 1/\sqrt{N}.

Voir la stratégie
  1. Par définition en probabilités, la variance de l'énergie d'une particule s'exprime à l'aide des moyennes \bar{\varepsilon} et \overline{\varepsilon^2}, ou directement comme la moyenne de l'écart quadratique (\varepsilon_j - \bar{\varepsilon})^2.
  2. Le gaz étant parfait, les N particules sont mutuellement indépendantes : les variances s'additionnent pour donner la variance de l'énergie interne totale.
  3. Évaluer la fluctuation relative \sigma_U / U en fonction de N et commenter son comportement à la limite thermodynamique (N \sim \mathcal{N}_{\mathrm{A}}).
Voir la réponse courte

Relation variance-dérivée seconde de \ln Z, puis \sigma_U = \sqrt{N}\sigma_\varepsilon montrant que les fluctuations relatives s'annulent en 1/\sqrt{N}.

Voir le corrigé complet

Par définition, la variance de l'énergie \varepsilon d'une particule s'écrit :

\sigma_{\varepsilon}^2 = \overline{\varepsilon^2} - \bar{\varepsilon}^2

où la moyenne du carré de l'énergie est donnée par la loi de Boltzmann :

\overline{\varepsilon^2} = \sum_{j=1}^p P_j \, \varepsilon_j^2 = \frac{1}{Z(\beta)} \sum_{j=1}^p \varepsilon_j^2 \exp(-\beta \varepsilon_j)

On en déduit l'expression de l'écart-type sous la forme d'une somme :

\boxed{\sigma_{\varepsilon} = \sqrt{\frac{1}{Z(\beta)} \sum_{j=1}^p \varepsilon_j^2 \exp(-\beta \varepsilon_j) - \bar{\varepsilon}^2} = \sqrt{\sum_{j=1}^p \frac{\exp(-\beta \varepsilon_j)}{Z(\beta)} (\varepsilon_j - \bar{\varepsilon})^2}}

L'énergie totale du gaz est la somme des énergies de chaque particule : E = \sum_{i=1}^N \varepsilon^{(i)}. Les particules d'un gaz parfait étant statistiquement indépendantes et identiquement distribuées, les variances s'ajoutent :

\sigma_U^2 = \mathrm{Var}(E) = \sum_{i=1}^N \mathrm{Var}\left(\varepsilon^{(i)}\right) = N \sigma_{\varepsilon}^2

L'écart-type associé à l'énergie interne U = N\bar{\varepsilon} vaut donc :

\boxed{\sigma_U = \sqrt{N}\,\sigma_{\varepsilon}}

On en déduit la fluctuation relative de l'énergie interne :

\frac{\sigma_U}{U} = \frac{\sqrt{N}\,\sigma_{\varepsilon}}{N\,\bar{\varepsilon}} = \frac{1}{\sqrt{N}}\,\frac{\sigma_{\varepsilon}}{\bar{\varepsilon}}

Pour un système macroscopique, N \sim \mathcal{N}_{\mathrm{A}} \sim 10^{23}, ce qui donne :

\frac{\sigma_U}{U} \sim \frac{1}{\sqrt{10^{23}}} \sim 10^{-12} \ll 1

Les fluctuations relatives de l'énergie interne sont totalement négligeables à l'échelle macroscopique : l'énergie interne est une grandeur quasi déterministe, ce qui justifie l'équivalence des descriptions canonique (température fixée) et microcanonique (énergie fixée) à la limite thermodynamique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Préférer une utilisation directe des définitions et veiller à conclure sur le passage à N particules et la limite thermodynamique.

« Beaucoup d’approches très mathématiques alors qu’une simple manipulation des définitions suffit pour réussir. »

« Le passage à N particules ainsi que la conclusion sur la limite thermodynamique sont souvent absents des compositions. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : densité d'états, analyse dimensionnelle

Préciser l'unité (ou la dimension) de la densité d'états .

Voir l'indice

Remarquer que \mathrm{d}g = q(\varepsilon)\mathrm{d}\varepsilon représente un nombre d'états sans dimension, ce qui fixe immédiatement la dimension de q(\varepsilon).

Voir la réponse courte

La densité d'états q(\varepsilon) = \mathrm{d}N/\mathrm{d}\varepsilon représente un nombre d'états par unité d'énergie, d'où la dimension \mathrm{J}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la relation définissant la densité d'états s'écrit :

\mathrm{d}g = q(\varepsilon)\,\mathrm{d}\varepsilon

où \mathrm{d}g représente un nombre d'états quantiques distincts (grandeur sans dimension, [\mathrm{d}g] = 1) et \mathrm{d}\varepsilon un intervalle d'énergie ([\mathrm{d}\varepsilon] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}).

Par conséquent, la dimension de q(\varepsilon) est :

[q(\varepsilon)] = \frac{[\mathrm{d}g]}{[\mathrm{d}\varepsilon]} = \mathrm{M}^{-1}\cdot\mathrm{L}^{-2}\cdot\mathrm{T}^2

Dans le Système International d'unités (SI), q(\varepsilon) s'exprime en :

\boxed{\mathrm{J}^{-1} \quad \text{(ou } \mathrm{kg}^{-1}\cdot\mathrm{m}^{-2}\cdot\mathrm{s}^2\text{)}}

En physique microscopique, on emploie également très couramment l'électron-volt à la puissance moins un (\mathrm{eV}^{-1}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il est préférable d'exprimer la grandeur en faisant apparaître le joule plutôt qu'uniquement des unités de base SI.

« Question bien réussie. Il est cependant regrettable de ne pas identifier le joule et de conserver une expression en système SI (ceci fut compté juste). »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique ; Physique quantique › Quantification et confinement

Notions : densité d'états, puits de potentiel

Montrer que est proportionnel à . Pour la suite, on pourra poser sans préciser la constante .

Voir l'indice

Relier le volume de l'espace des phases à une coquille sphérique d'impulsion de rayon p = \sqrt{2m\varepsilon} et d'épaisseur \mathrm{d}p.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre d'états accessibles (ou le volume de l'espace des phases) pour une particule classique dans un volume spatial V, dans une coquille sphérique d'impulsion [p, p+\mathrm{d}p] (ou de vitesse [v, v+\mathrm{d}v]).
  2. Relier l'impulsion p (ou la norme de la vitesse v) à l'énergie cinétique \varepsilon.
  3. Exprimer le volume élémentaire en fonction de \varepsilon et \mathrm{d}\varepsilon pour identifier la dépendance de la densité d'états q(\varepsilon).
Voir la réponse courte

Dénombrement des états quantiques dans l'espace des entiers (n_x,n_y,n_z) : le volume de l'octant donne N(\varepsilon) \propto \varepsilon^{3/2}, d'où q(\varepsilon) \propto \sqrt{\varepsilon}.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de la mécanique classique, l'état d'un atome ponctuel est repéré par sa position \vec{r} dans le récipient de volume V et par son impulsion \vec{p} = m\vec{v} (ou sa vitesse \vec{v}).

L'énergie de l'atome est purement cinétique :

\varepsilon = \frac{p^2}{2m} \quad \implies \quad p = \sqrt{2m\varepsilon}

En différentiant cette relation :

\mathrm{d}p = \frac{\sqrt{2m}}{2\sqrt{\varepsilon}}\,\mathrm{d}\varepsilon = \sqrt{\frac{m}{2\varepsilon}}\,\mathrm{d}\varepsilon

L'espace des positions étant borné au volume fixe V, l'intégration sur la position apporte un facteur spatial constant \int_V \mathrm{d}^3\vec{r} = V.

Dans l'espace des impulsions, les états ayant une énergie comprise entre \varepsilon et \varepsilon + \mathrm{d}\varepsilon correspondent aux impulsions de norme comprise entre p et p+\mathrm{d}p. Le volume de la coquille sphérique correspondante est :

\mathrm{d}^3\vec{p} = 4\pi p^2\,\mathrm{d}p

En exprimant ce volume élémentaire en fonction de l'énergie \varepsilon :

\mathrm{d}^3\vec{p} = 4\pi (2m\varepsilon) \left( \sqrt{\frac{m}{2\varepsilon}}\,\mathrm{d}\varepsilon \right) = 4\pi \sqrt{2}\, m^{3/2} \sqrt{\varepsilon}\,\mathrm{d}\varepsilon

Le nombre d'états \mathrm{d}g = q(\varepsilon)\,\mathrm{d}\varepsilon étant proportionnel au volume de l'espace des phases V\,\mathrm{d}^3\vec{p}, on en déduit directement :

\mathrm{d}g \propto \sqrt{\varepsilon}\,\mathrm{d}\varepsilon

La densité d'états q(\varepsilon) est donc bien proportionnelle à \sqrt{\varepsilon} :

\boxed{q(\varepsilon) = Q\sqrt{\varepsilon}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question technique valorisant l'aptitude à mener un calcul analytique de manière efficace.

« Une question technique qui met en lumière l’habilité du candidat, MP, de surcroît, à mener un calcul efficacement. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique

Notions : fonction de partition, intégrale gaussienne

En déduire l'expression de en fonction de , et de l'intégrale (il est aussi inutile de calculer ).

Voir l'indice

Effectuer le changement de variable sans dimension x = \beta \varepsilon dans l'intégrale donnant la fonction de partition continue.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fonction de partition continue Z(\beta) à l'aide de l'intégrale sur les énergies \varepsilon \in [0, +\infty[ et de la densité d'états q(\varepsilon) = Q\sqrt{\varepsilon} obtenue à la question précédente.
  2. Effectuer le changement de variable sans dimension x = \beta\varepsilon pour faire apparaître l'intégrale A.
Voir la réponse courte

Passage au continu Z = \int q(\varepsilon)\mathrm{e}^{-\beta\varepsilon}\,\mathrm{d}\varepsilon et changement de variable x = \beta\varepsilon pour trouver Z(\beta) = Q A \beta^{-3/2}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la fonction de partition continue pour une particule s'écrit :

Z(\beta) = \int_0^{+\infty} q(\varepsilon) \mathrm{e}^{-\beta\varepsilon}\,\mathrm{d}\varepsilon

En utilisant le résultat de la question précédente, q(\varepsilon) = Q\sqrt{\varepsilon}, on obtient :

Z(\beta) = \int_0^{+\infty} Q\sqrt{\varepsilon}\,\mathrm{e}^{-\beta\varepsilon}\,\mathrm{d}\varepsilon

Comme la température thermodynamique est strictement positive, \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}}T} > 0. On effectue le changement de variable :

x = \beta\varepsilon \iff \varepsilon = \frac{x}{\beta} \quad \text{d'où} \quad \mathrm{d}\varepsilon = \frac{\mathrm{d}x}{\beta} \quad \text{et} \quad \sqrt{\varepsilon} = \frac{\sqrt{x}}{\beta^{1/2}}

Les bornes d'intégration restent inchangées (x = 0 pour \varepsilon = 0, et x \to +\infty lorsque \varepsilon \to +\infty). L'expression devient :

\begin{aligned} Z(\beta) &= Q \int_0^{+\infty} \frac{\sqrt{x}}{\beta^{1/2}} \,\mathrm{e}^{-x} \,\frac{\mathrm{d}x}{\beta} \\ &= Q \beta^{-3/2} \int_0^{+\infty} \sqrt{x}\,\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x \end{aligned}

On reconnaît l'intégrale A = \displaystyle\int_0^{+\infty} \sqrt{x}\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x. On en déduit :

\boxed{Z(\beta) = Q A \beta^{-3/2}}

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Facteur de Boltzmann et physique statistique ; Description d'un système thermodynamique

Notions : théorème de l'équipartition, énergie interne

Déterminer enfin l'énergie interne du gaz, en fonction de et ; commenter le résultat obtenu et proposer une généralisation dans le cas d'un gaz parfait diatomique.

Voir l'indice

Calculer -\mathrm{d}\ln Z/\mathrm{d}\beta à partir de la dépendance en \beta^{-3/2}, puis ajouter les degrés de liberté de rotation pour un gaz diatomique.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la relation établie à la question Q13 reliant l'énergie interne U(\beta) à la dérivée logarithmique de la fonction de partition Z(\beta), dont l'expression a été trouvée en Q17.
  2. Commenter le résultat en réintroduisant la température T (loi de Joule, équipartition de l'énergie pour les 3 degrés de liberté de translation).
  3. Proposer la généralisation au gaz diatomique en ajoutant les degrés de liberté supplémentaires (rotation, puis vibration).
Voir la réponse courte

Calcul de U = \frac{3}{2}Nk_{\mathrm{B}}T, interprétation par l'équipartition (3 degrés de translation), et extension à \frac{5}{2}Nk_{\mathrm{B}}T pour le gaz diatomique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, la fonction de partition d'un atome s'écrit :

Z(\beta) = Q A \beta^{-3/2}

où Q et A sont indépendants de \beta. On en déduit :

\ln Z(\beta) = \ln(Q A) - \frac{3}{2}\ln \beta \implies \frac{\mathrm{d}\ln Z}{\mathrm{d}\beta} = -\frac{3}{2\beta}

En utilisant l'expression de l'énergie interne établie à la question Q13 :

U = -N \frac{\mathrm{d}\ln Z}{\mathrm{d}\beta}

il vient directement :

\boxed{U = \frac{3}{2}\frac{N}{\beta}}

Commentaires sur le résultat :

  • Avec \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}} T}, l'énergie interne s'écrit U = \frac{3}{2}Nk_{\mathrm{B}}T = \frac{3}{2}nRT. Elle ne dépend que de la température : le gaz parfait vérifie la première loi de Joule.
  • L'énergie moyenne par atome vaut \bar{\varepsilon} = \frac{3}{2}k_{\mathrm{B}}T. On retrouve le théorème de l'équipartition de l'énergie : chacun des trois degrés de liberté de translation (associés aux termes quadratiques d'énergie cinétique selon x, y et z) contribue pour \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T à l'énergie moyenne.

Généralisation à un gaz parfait diatomique :

  • Une molécule diatomique possède, outre ses 3 degrés de liberté de translation, 2 degrés de liberté de rotation autour des axes orthogonaux à la liaison internucléaire. Aux températures usuelles, les rotations sont dégelées tandis que les vibrations restent gelées, soit 5 degrés de liberté actifs :

    \boxed{U = \frac{5}{2}\frac{N}{\beta} = \frac{5}{2}Nk_{\mathrm{B}}T}

    ce qui correspond à un coefficient adiabatique \gamma = \frac{7}{5} = 1{,}4.

  • À température plus élevée, le mode de vibration s'active (contribuant pour 2 \times \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T par molécule, énergie cinétique et potentielle), conduisant à U = \frac{7}{2}\frac{N}{\beta} (\gamma = \frac{9}{7}).
  • De façon générale, l'énergie interne s'écrit sous la forme U = \frac{N k_{\mathrm{B}} T}{\gamma - 1} = \frac{N}{(\gamma - 1)\beta}.

Résultat

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B · Le modèle de van der Waals

Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : interaction de van der waals, potentiel de lennard-jones

Quelle est la nature des interactions décrites ici ? Quel est le signe de ?

Voir l'indice

Identifier les forces de dispersion de van der Waals (forces de London) et exploiter le caractère attractif du potentiel pour déduire le signe de \alpha.

Voir la réponse courte

Interactions de Van der Waals (forces dispersives de London) ; \alpha > 0 correspond à un potentiel attractif en -1/r^6.

Voir le corrigé complet

L'énergie potentielle d'interaction entre deux molécules varie en -1/r^6. Il s'agit des interactions de van der Waals, qui décrivent l'attraction électrostatique à moyenne distance entre dipôles électriques (permanents, induits ou instantanés, notamment les forces de dispersion de London).

Pour déterminer le signe de la constante \alpha, exprimons la force d'interaction \vec{F} exercée par la molécule située à l'origine sur une molécule repérée par \vec{r} = r\,\hat{u}_r :

\vec{F} = -\frac{\mathrm{d}\varepsilon_p}{\mathrm{d}r}\,\hat{u}_r = -\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(-\frac{\alpha}{r^6}\right)\hat{u}_r = -\frac{6\alpha}{r^7}\,\hat{u}_r

L'interaction étant attractive, la force est dirigée vers l'origine, c'est-à-dire dans le sens opposé au vecteur unitaire \hat{u}_r. On en déduit :

-\frac{6\alpha}{r^7} < 0

soit :

\boxed{\alpha > 0}

Résultat

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Question 20

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : potentiel de van der waals, intégration spatiale

Quel est le nombre (moyen) de molécules dont le centre est situé à une distance de comprise entre et ? En calculant une intégrale, déduire l'énergie potentielle d'interaction moyenne de la molécule centrée sur avec toutes les autres. On pourra considérer que pour évaluer les bornes d'intégration.

Voir l'indice

Multiplier la densité numérique N/V par le volume d'une coquille sphérique 4\pi r^2\mathrm{d}r, puis intégrer de la distance d'approche minimale 2r_0 jusqu'à l'infini.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume de la coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r, puis multiplier par la densité particulaire n^* en tenant compte du volume exclu (r \geqslant 2r_0).
  2. Sommer (intégrer) les contributions élémentaires d'énergie potentielle \varepsilon_p(r) \, \mathrm{d}N de r = 2r_0 à +\infty, en justifiant la borne supérieure grâce à la condition V \gg r_0^3.
Voir la réponse courte

Coquille sphérique \mathrm{d}N = (N/V)4\pi r^2\,\mathrm{d}r, puis intégration du potentiel de paire de r_0 à l'infini pour trouver \bar{\varepsilon}_1.

Voir le corrigé complet

Le volume élémentaire d'une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r centrée sur la molécule O est :

\mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r

Les molécules étant assimilées à des sphères indéformables de rayon r_0, la distance minimale entre les centres de deux molécules est 2r_0. Pour r < 2r_0, aucune autre molécule ne peut pénétrer dans cette région (volume exclu). Pour r \geqslant 2r_0, la densité particulaire moyenne est uniforme et vaut n^* = \frac{N}{V}.

Le nombre moyen de molécules dans cette coquille est donc :

\boxed{\mathrm{d}N = \begin{cases} 0 & \text{si } r < 2r_0 \\ 4\pi n^* r^2 \mathrm{d}r = \dfrac{4\pi N}{V} r^2 \mathrm{d}r & \text{si } r \geqslant 2r_0 \end{cases}}

L'énergie potentielle d'interaction moyenne \bar{\varepsilon}_1 de la molécule centrale avec l'ensemble des autres molécules s'obtient en intégrant l'interaction binaire \varepsilon_p(r) = -\dfrac{\alpha}{r^6} sur tout l'espace disponible :

\bar{\varepsilon}_1 = \int_{r=2r_0}^{R_{\text{max}}} \varepsilon_p(r) \, \mathrm{d}N(r) = \int_{2r_0}^{R_{\text{max}}} \left(-\frac{\alpha}{r^6}\right) \left(\frac{4\pi N}{V} r^2 \mathrm{d}r\right) = -\frac{4\pi N\alpha}{V} \int_{2r_0}^{R_{\text{max}}} \frac{\mathrm{d}r}{r^4}

Puisque le volume macroscopique V vérifie V \gg r_0^3, la taille macroscopique du récipient R_{\text{max}} \sim V^{1/3} est immensément plus grande que le rayon microscopique r_0. De plus, la fonction à intégrer décroît très vite (en 1/r^4) à l'infini. Il est donc tout à fait légitime de repousser la borne supérieure à +\infty :

\int_{2r_0}^{+\infty} \frac{\mathrm{d}r}{r^4} = \left[ -\frac{1}{3r^3} \right]_{2r_0}^{+\infty} = \frac{1}{3(2r_0)^3} = \frac{1}{24 r_0^3}

On en déduit :

\bar{\varepsilon}_1 = -\frac{4\pi N \alpha}{V} \times \frac{1}{24 r_0^3} = -\frac{\pi N \alpha}{6 V r_0^3}
\boxed{\bar{\varepsilon}_1 = -\frac{\pi N \alpha}{6 V r_0^3}}

Résultat

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : équation d'état de van der waals, énergie interne

En déduire l'expression de l'énergie interne du fluide se met sous la forme

dans laquelle on exprimera la constante en fonction de et .

Voir l'indice

Sommer l'interaction sur l'ensemble des paires de molécules en n'oubliant pas le facteur 1/2 pour éviter le double comptage, puis ajouter l'énergie cinétique moyenne.

Voir la réponse courte

Somme sur les N molécules avec facteur 1/2 pour ne pas compter deux fois les paires : identification de a = 2\pi\alpha/(3r_0^3).

Voir le corrigé complet

L'énergie interne U du fluide est la somme de l'énergie cinétique microscopique totale et de l'énergie potentielle d'interaction totale :

U = \bar{E}_c + \bar{E}_p

L'énergie cinétique moyenne est donnée dans le préambule de la partie II.B :

\bar{E}_c = \frac{N k_{\mathrm{B}}}{\gamma - 1} T

L'énergie potentielle totale d'interaction résulte de la somme des interactions entre toutes les paires distinctes de molécules \{i, j\}. En sommant l'énergie d'interaction moyenne \bar{\varepsilon}_1 de chaque molécule avec toutes les autres, chaque paire est comptée deux fois. Il vient donc :

\bar{E}_p = \frac{1}{2} \sum_{i=1}^N \bar{\varepsilon}_1 = \frac{N}{2} \bar{\varepsilon}_1

En utilisant l'expression de \bar{\varepsilon}_1 établie à la question précédente :

\bar{\varepsilon}_1 = -\frac{\pi N \alpha}{6 V r_0^3}

on obtient :

\bar{E}_p = -\frac{N}{2} \left( \frac{\pi N \alpha}{6 V r_0^3} \right) = - \frac{\pi \alpha}{12 r_0^3} \frac{N^2}{V}

En sommant les deux contributions, l'énergie interne s'écrit bien sous la forme :

\boxed{U = \frac{N k_{\mathrm{B}}}{\gamma - 1} T - \frac{N^2 a}{V}}

avec :

\boxed{a = \frac{\pi \alpha}{12 r_0^3}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : covolume, modèle de van der waals

Justifier physiquement le signe de .

Voir l'indice

Utiliser la relation thermodynamique liant la dérivée partielle de l'entropie par rapport à la température à volume constant avec la capacité thermique C_V > 0.

Voir la stratégie

Pour déterminer le signe de la constante c, on peut analyser la variation de l'entropie S avec la température T à volume fixé V :

  1. microscopiquement, une hausse de température accroît l'agitation thermique et donc le désordre ;
  2. macroscopiquement, la condition de stabilité thermique impose une capacité thermique à volume constant strictement positive (C_V > 0).
Voir la réponse courte

Le paramètre traduit l'effet des interactions répulsives à très courte distance ou du covolume moléculaire inaccessible.

Voir le corrigé complet

L'expression de l'entropie fournie s'écrit sous la forme :

S(T, V) = S_0 + k_{\mathrm{B}} N \left[ c \ln\left(\frac{T}{T_0}\right) + \ln\left(\frac{V - u}{V_0 - u}\right) \right]

La dérivée partielle de l'entropie par rapport à la température à volume fixé vaut :

\left(\frac{\partial S}{\partial T}\right)_V = \frac{k_{\mathrm{B}} N c}{T}

Or, d'après l'identité thermodynamique fondamentale T\,\mathrm{d}S = \mathrm{d}U + P\,\mathrm{d}V, on a à volume constant :

\left(\frac{\partial S}{\partial T}\right)_V = \frac{1}{T}\left(\frac{\partial U}{\partial T}\right)_V = \frac{C_V}{T}

La condition de stabilité thermodynamique d'un fluide homogène impose une capacité thermique isochore strictement positive :

C_V > 0

Puisque k_{\mathrm{B}} > 0, N > 0 et T > 0, il vient nécessairement :

\boxed{c > 0}

Résultat

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : équation d'état de van der waals, première relation de clapeyron

En déduire en fonction de ainsi que l'équation d'état du fluide . Commenter.

Voir l'indice

Différencier l'expression de S(T,V) et identifier les différentielles avec la relation fondamentale T\mathrm{d}S = \mathrm{d}U + P\mathrm{d}V.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les différentielles \mathrm{d}U et \mathrm{d}S en fonction des variables d'état indépendantes (T,V) à l'aide des expressions obtenues en Q21 et fournies par l'énoncé.
  2. Identifier terme à terme dans l'identité thermodynamique \mathrm{d}U = T\mathrm{d}S - P\mathrm{d}V pour obtenir c puis la pression P(T,V,N).
  3. Commenter la forme de l'équation d'état en interprétant physiquement le terme de covolume u et le terme de pression interne N^2 a / V^2.
Voir la réponse courte

Utilisation de la relation thermodynamique (\partial U/\partial V)_T = T(\partial P/\partial T)_V - P pour déduire c et l'équation de van der Waals.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q21, l'énergie interne du fluide \mathcal{F} s'écrit :

U(T,V) = \frac{N k_{\mathrm{B}}}{\gamma - 1} T - \frac{N^2 a}{V}

Sa différentielle par rapport aux variables (T, V) est donc :

\mathrm{d}U = \left(\frac{\partial U}{\partial T}\right)_{\!V} \mathrm{d}T + \left(\frac{\partial U}{\partial V}\right)_{\!T} \mathrm{d}V = \frac{N k_{\mathrm{B}}}{\gamma - 1}\,\mathrm{d}T + \frac{N^2 a}{V^2}\,\mathrm{d}V

Par ailleurs, l'entropie donnée par l'énoncé s'écrit :

S(T,V) = S_0 + k_{\mathrm{B}} N \left[ c \ln\left(\frac{T}{T_0}\right) + \ln\left(\frac{V - u}{V_0 - u}\right) \right]

Sa différentielle est :

\mathrm{d}S = \left(\frac{\partial S}{\partial T}\right)_{\!V} \mathrm{d}T + \left(\frac{\partial S}{\partial V}\right)_{\!T} \mathrm{d}V = \frac{c N k_{\mathrm{B}}}{T}\,\mathrm{d}T + \frac{N k_{\mathrm{B}}}{V - u}\,\mathrm{d}V

En injectant \mathrm{d}S dans l'identité thermodynamique \mathrm{d}U = T\mathrm{d}S - P\mathrm{d}V, on obtient :

\mathrm{d}U = c N k_{\mathrm{B}}\,\mathrm{d}T + \left(\frac{N k_{\mathrm{B}} T}{V - u} - P\right)\mathrm{d}V

Par identification avec la différentielle de U calculée précédemment :

  • Sur le terme en \mathrm{d}T :

    c N k_{\mathrm{B}} = \frac{N k_{\mathrm{B}}}{\gamma - 1} \implies \boxed{c = \frac{1}{\gamma - 1}}

    Comme \gamma > 1, on retrouve bien c > 0, en accord avec la question Q22.

  • Sur le terme en \mathrm{d}V :

    \frac{N k_{\mathrm{B}} T}{V - u} - P = \frac{N^2 a}{V^2} \implies \boxed{P(T,V,N) = \frac{N k_{\mathrm{B}} T}{V - u} - \frac{N^2 a}{V^2}}

Commentaires :

  • L'équation d'état peut se réécrire sous la forme canonique de l'équation d'état de van der Waals :

    \left(P + \frac{N^2 a}{V^2}\right)(V - u) = N k_{\mathrm{B}} T
  • Le terme u, proportionnel au volume propre des particules, représente le covolume : le volume accessible au mouvement des molécules est réduit à V - u en raison de la répulsion stérique à courte portée.
  • Le terme \dfrac{N^2 a}{V^2} est la pression interne (ou pression moléculaire) : les forces d'attraction à longue portée (Van der Waals) exercent une cohésion interne qui diminue la force exercée par les molécules sur les parois du récipient, et donc la pression mesurée P.
  • À la limite des faibles densités (V \gg u et V^2 \gg N^2 a / P), on retrouve l'équation d'état du gaz parfait P V = N k_{\mathrm{B}} T.

Résultat

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C · Refroidissement par détente adiabatique

Question 24

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique ; Premier et second principes

Notions : enthalpie, gaz de van der waals

Montrer que l'enthalpie molaire du fluide s'écrit où et et sont des constantes que l'on exprimera en fonction des données.

Voir l'indice

Partir de H = U + PV, exprimer PV au premier ordre en développant l'équation d'état pour les faibles densités (V \approx RT/P), et regrouper les termes sous la forme demandée.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition de l'enthalpie molaire H = U + PV.
  2. Effectuer un développement au premier ordre en A et B du volume molaire V(T,P) à partir de l'équation d'état.
  3. Injecter ce développement dans les expressions de U et de PV, puis sommer pour obtenir H(T,P) et identifier les constantes C_P et K.
Voir la réponse courte

Expression H = U + PV développée au premier ordre aux faibles pressions pour établir la forme proposée et les constantes C_P, K, T_r.

Voir le corrigé complet

Par définition, l'enthalpie molaire du fluide s'écrit :

H = U + PV

L'équation d'état molaire donnée s'écrit :

\left(P + \frac{A}{V^2}\right)(V - B) = RT \iff V - B = \frac{RT}{P}\left(1 + \frac{A}{PV^2}\right)^{-1}

À l'ordre zéro en A et B (modèle du gaz parfait), on a V \approx \frac{RT}{P}. En développant au premier ordre en A et B, il vient :

\begin{aligned} V &= B + \frac{RT}{P}\left(1 - \frac{A}{PV^2} + \dots\right) \\ &= \frac{RT}{P} + B - \frac{RT}{P}\frac{A}{P\left(\frac{RT}{P}\right)^2} \\ &= \frac{RT}{P} + B - \frac{A}{RT} \end{aligned}

On en déduit le terme PV au premier ordre :

PV = RT + PB - \frac{AP}{RT}

De même, l'énergie interne molaire s'exprime au premier ordre en remplaçant V par \frac{RT}{P} dans le terme correctif en A :

U = \frac{RT}{\gamma - 1} - \frac{A}{V} = \frac{RT}{\gamma - 1} - \frac{AP}{RT}

En sommant ces deux contributions, on obtient l'enthalpie molaire :

\begin{aligned} H &= \left(\frac{R}{\gamma - 1} + R\right) T + P\left(B - \frac{2A}{RT}\right) \\ &= \frac{\gamma R}{\gamma - 1} T - \frac{2A}{R} P \left(\frac{1}{T} - \frac{BR}{2A}\right) \end{aligned}

Puisque RT_r = \dfrac{2A}{B}, on a \dfrac{1}{T_r} = \dfrac{BR}{2A}. L'expression s'identifie alors sous la forme :

\boxed{H = C_P T - KP \left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_r}\right)}

avec :

\boxed{C_P = \frac{\gamma R}{\gamma - 1} > 0 \quad \text{et} \quad K = \frac{2A}{R} > 0}

puisque \gamma > 1, A > 0 et R > 0.

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Premier et second principes

Notions : détente de joule-thomson, température d'inversion

Comment nomme-t-on la détente adiabatique et isenthalpique d'un fluide ? La transformation ainsi décrite est-elle réversible ? À quelle condition une détente de ce type permet-elle un refroidissement ? Faire l'application numérique pour et et conclure.

Voir l'indice

Identifier la détente de Joule-Thomson, rappeler son caractère spontané et irréversible, et déterminer la condition sur la température initiale pour observer un refroidissement (\Delta T < 0 lors d'une détente \Delta P < 0).

Voir la stratégie
  1. Identifier le nom usuel de la détente adiabatique et isenthalpique en écoulement stationnaire ainsi que son caractère irréversible.
  2. Exprimer la différentielle de l'enthalpie H(T,P) à partir de la relation établie à la question Q24 pour en déduire le signe de \left(\frac{\partial T}{\partial P}\right)_H.
  3. Déterminer la condition sur la température T pour qu'une baisse de pression entraîne une baisse de température.
  4. Calculer numériquement la température d'inversion T_r = \frac{2A}{RB} pour \mathrm{N}_2 et \mathrm{H}_2, puis comparer à la température ambiante pour conclure sur la liquéfaction.
Voir la réponse courte

Détente de Joule-Thomson irréversible ; refroidissement si T < T_r, vérifié à température ambiante pour \mathrm{N}_2 mais pas pour \mathrm{H}_2.

Voir le corrigé complet

1. Nom de la détente et réversibilité

La détente adiabatique et isenthalpique d'un fluide s'écoulant à travers un étranglement ou une paroi poreuse est appelée la détente de Joule-Thomson (ou détente de Joule-Kelvin).

Cette transformation est irréversible : elle est le siège de frottements visqueux intenses au passage du milieu poreux ou du détendeur (phénomène dissipatif de perte de charge), ce qui conduit à une création d'entropie S_{\text{cr}} > 0.

2. Condition pour obtenir un refroidissement

D'après la question Q24, l'enthalpie molaire au premier ordre s'écrit :

H(T,P) = C_P T - KP\left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_r}\right)

Pour une détente isenthalpique, \mathrm{d}H = 0. En différentiant H(T,P) et en négligeant le terme en K\frac{\mathrm{d}T}{T^2} qui relève du second ordre en correction d'interaction devant C_P \mathrm{d}T, on obtient :

\mathrm{d}H \approx C_P \mathrm{d}T - K\left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_r}\right)\mathrm{d}P = 0

Le coefficient de Joule-Thomson \mu_{\mathrm{JT}} = \left(\frac{\partial T}{\partial P}\right)_H vaut ainsi :

\mu_{\mathrm{JT}} = \left(\frac{\partial T}{\partial P}\right)_H = \frac{K}{C_P}\left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_r}\right)

Une détente correspond à un abaissement de pression (\mathrm{d}P < 0). Elle conduit à un refroidissement (\mathrm{d}T < 0) si et seulement si :

\left(\frac{\partial T}{\partial P}\right)_H > 0 \iff \frac{1}{T} - \frac{1}{T_r} > 0

Comme les températures absolues sont strictement positives, la condition nécessaire et suffisante pour obtenir un refroidissement est :

\boxed{T < T_r}

où T_r = \frac{2A}{RB} est la température maximale d'inversion de Joule-Thomson.

3. Applications numériques et conclusion

On calcule la température d'inversion T_r = \frac{2A}{RB} pour chacun des deux gaz avec deux chiffres significatifs :

  • Pour le diazote \mathrm{N}_2 (A = 1{,}4\cdot 10^{-1}\ \mathrm{SI}, B = 3{,}9\cdot 10^{-5}\ \mathrm{SI}, R = 8{,}3\ \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-1}\cdot\mathrm{mol}^{-1}) :

    T_r(\mathrm{N}_2) = \frac{2 \times 1{,}4\cdot 10^{-1}}{8{,}3 \times 3{,}9\cdot 10^{-5}} = \frac{0{,}28}{3{,}24\cdot 10^{-4}} \approx \boxed{8{,}6\cdot 10^2\ \mathrm{K}}
  • Pour le dihydrogène \mathrm{H}_2 (A = 2{,}5\cdot 10^{-2}\ \mathrm{SI}, B = 2{,}7\cdot 10^{-5}\ \mathrm{SI}) :

    T_r(\mathrm{H}_2) = \frac{2 \times 2{,}5\cdot 10^{-2}}{8{,}3 \times 2{,}7\cdot 10^{-5}} = \frac{0{,}050}{2{,}24\cdot 10^{-4}} \approx \boxed{2{,}2\cdot 10^2\ \mathrm{K}}

Conclusion : À température ambiante usuelle (T_{\mathrm{amb}} \approx 293\text{--}300\ \mathrm{K}) :

  • Pour le diazote \mathrm{N}_2, T_{\mathrm{amb}} < T_r(\mathrm{N}_2) : une détente de Joule-Thomson effectuée directement à température ambiante refroidit le gaz, ce qui permet d'amorcer le procédé de liquéfaction sans pré-refroidissement.
  • Pour le dihydrogène \mathrm{H}_2, T_{\mathrm{amb}} > T_r(\mathrm{H}_2) : une détente de Joule-Thomson à température ambiante provoquerait au contraire un échauffement du gaz (\mathrm{d}T > 0). Pour liquéfier le dihydrogène, il est indispensable de le pré-refroidir en dessous de 220\ \mathrm{K} (par exemple à l'aide d'azote liquide) avant de procéder à la détente.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2024 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique (42 % des questions, partie I), Facteur de Boltzmann et physique statistique (24 %) et Description d'un système thermodynamique (22 %). Plus ponctuellement : Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires, Premier et second principes, Quantification et confinement et Systèmes ouverts en écoulement.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2024 dès la première année (MPSI) ?

Peu : 1 questions sur 25 (4 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q19.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2024 ?

Environ 2 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2024 ?

Q24 (enthalpie), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2024 ?

Questions de cours : Q1 (équation de la diffusion thermique), Q2 (diffusivité thermique), Q12 (facteur de boltzmann), Q13 (fonction de partition), Q15 (densité d'états), Q19 (interaction de van der waals) et Q25 (détente de joule-thomson). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q6 (loi de newton) et Q16 (densité d'états).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (16 sur 25), par exemple : Q1 à Q3, Q5 à Q10, Q12, Q13, Q15, Q17 à Q19 et Q22. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4, Q16, Q21 et Q24.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 MP 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury indique que beaucoup de questions proches du cours ont permis à l'ensemble des candidats de rebondir dans le sujet, tout en soulignant un fort contraste entre les parties du programme de MPSI et de MP. Moyenne : 10,38/20 (écart-type 4,76, 5 100 présents).

Pourquoi la borne inférieure d'intégration vaut-elle 2r₀ dans la question Q20 ?

Deux molécules sphériques de rayon r_0 étant indéformables et impénétrables, la distance minimale séparant leurs centres est leur diamètre 2r_0. L'intégration spatiale s'effectue donc entre r = 2r_0 et l'infini, évitant une sous-estimation d'un facteur 2^3 = 8.

Pourquoi introduire un facteur 1/2 pour l'énergie interne dans la question Q21 ?

Pour ne pas compter deux fois chaque interaction de paire : la force entre les molécules i et j contribue à l'énergie de i et à celle de j. L'énergie potentielle totale du gaz s'écrit donc \bar{E}_p = \frac{1}{2}N\bar{\varepsilon}_1.

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