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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2024

Autour d'une centrale nucléaire

Le sujet en bref

Sujet difficile · Diffusion thermique et diffusion de particules, Réactions en solution aqueuse : acide-base, précipitation, complexation, Machines thermiques et systèmes ouverts · 5 incontournables · 17 questions de première année
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Ce sujet propose une analyse transversale particulièrement riche et réaliste du fonctionnement d'un réacteur nucléaire à eau pressurisée (REP). Il balaie un spectre très complet du programme de physique et de chimie de la filière PSI à travers l'étude successive du circuit primaire (conduction thermique avec terme source et couplage fluide), du circuit secondaire (thermodynamique industrielle des cycles de vapeur eau-vapeur avec soutirages), de la conversion électromécanique au niveau de l'alternateur, ainsi que des équilibres chimiques en solution aqueuse (modération par l'acide borique et solubilité sous haute température des produits de corrosion du nickel).

L'épreuve est remarquablement équilibrée entre modélisation théorique fine (profils de température radiaux et axiaux résolus rigoureusement), exploitation rigoureuse de diagrammes thermodynamiques d'ingénierie et de chimie en conditions réelles d'exploitation, sans oublier une dimension numérique via Python. D'une technicité abordable mais demandant rigueur et endurance sur 39 questions, c'est un sujet d'entraînement de premier ordre pour réviser les grands classiques du concours Centrale-Supélec.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,21/20)
Temps estimé
≈ 4 h 05 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

5 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 17 questions sur 39, parties III, IV et V.B.

Où gagner des points

12 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (12) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : données en annexe
  • Données en annexe

    Deux documents réponses sont à joindre obligatoirement à la copie : le document réponse 1 pour les tracés des cycles thermodynamiques de Q18, Q19 et Q22, et le document réponse 2 pour le programme Python de Q36.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

39 questions
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Partie I : Étude du circuit primaire

A · Évolution de la température entre le cœur du combustible et le fluide caloporteur

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : flux thermique, surface d'échange

Exprimer la surface latérale totale, notée , de l'ensemble des crayons combustibles entourés de la gaine en fonction de , et .

Voir l'indice

Calculer l'aire d'un cylindre de diamètre d et de hauteur H, puis multiplier par le nombre total N de crayons.

Voir la réponse courte

Expression géométrique directe de la surface latérale totale des N crayons cylindriques : S_{tot} = N\pi d H.

Voir le corrigé complet

Chaque crayon combustible entouré de sa gaine est modélisé par un cylindre de diamètre extérieur d = 2R_4 et de hauteur H.

La surface latérale d'un crayon s'exprime par le produit de son périmètre circulaire \pi d et de sa hauteur H :

S_1 = \pi d H

Le réacteur contenant N crayons combustibles identiques, la surface latérale totale S_{\text{tot}} s'écrit :

\boxed{S_{\text{tot}} = N \pi d H}

Application numérique :

S_{\text{tot}} = 41\,448 \times \pi \times 9{,}5 \times 10^{-3} \times 3{,}66 \simeq 4{,}53 \times 10^3 \text{ m}^2

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, loi de fourier

Montrer que l'équation de la diffusion thermique vérifiée par la température dans le combustible s'écrit :

Exprimer en fonction de et .

Voir l'indice

Effectuer un bilan thermique radial sur une coquille cylindrique de rayon r, d'épaisseur \mathrm{d}r et de longueur H en utilisant la loi de Fourier \vec{j}_{\text{th}} = -\lambda_2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\vec{u}_r et le terme source volumique P_V.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries du problème (invariance par rotation autour de l'axe et par translation selon z, effets de bord négligés) pour expliciter le champ de température sous la forme T(r) et le flux thermique via la loi de Fourier.
  2. Effectuer un bilan d'énergie en régime stationnaire sur un volume de contrôle élémentaire constitué d'une coquille cylindrique d'épaisseur \mathrm{d}r.
  3. Identifier le terme A par comparaison avec la relation demandée.
Voir la réponse courte

Bilan thermique en coordonnées cylindriques stationnaires sur une coquille élémentaire avec terme source volumique P_V conduisant à A = P_V/\lambda_2.

Voir le corrigé complet

Compte tenu des hypothèses, les transferts thermiques sont purement radiaux et le régime est stationnaire : T = T(r). D'après la loi de Fourier, le vecteur densité de courant thermique s'écrit :

\vec{j}_{\text{th}}(r) = -\lambda_2\,\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,T = -\lambda_2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\,\vec{u}_r

Considérons une portion de combustible cylindrique de hauteur L, délimitée par les rayons r et r+\mathrm{d}r (avec \mathrm{d}r \ll r).

  • Le volume de cette coquille élémentaire est \mathrm{d}V = 2\pi r\,\mathrm{d}r\,L.
  • La puissance thermique générée au sein de ce volume par les réactions de fission vaut :

    \delta P_{\text{gén}} = P_V\,\mathrm{d}V = 2\pi r L P_V\,\mathrm{d}r
  • La puissance thermique traversant la surface cylindrique latérale de rayon r orientée vers l'extérieur s'écrit :

    \Phi(r) = j_{\text{th}}(r)\times 2\pi r L = -2\pi L \lambda_2\, r\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}

En régime stationnaire, la variation temporelle de l'énergie interne du système est nulle. Le premier principe de la thermodynamique appliqué à la coquille s'écrit :

\Phi(r) - \Phi(r+\mathrm{d}r) + \delta P_{\text{gén}} = 0

soit :

-\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}r}\mathrm{d}r + 2\pi r L P_V\,\mathrm{d}r = 0 \iff \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(-2\pi L \lambda_2\, r\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right) + 2\pi r L P_V = 0

En simplifiant par -2\pi L \lambda_2, on obtient directement :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right) + \frac{P_V}{\lambda_2}r = 0

Par identification avec l'équation fournie, on a :

\boxed{A = \frac{P_V}{\lambda_2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Moins de 1 % des copies obtiennent la note maximale ; il faut poser un bilan énergétique complet plutôt qu'adapter la constante par analyse dimensionnelle.

« Les réponses se limitant à une expression correcte de la constante A visiblement construite par analyse dimensionnelle, sans justification, n’est pas valorisée par le jury. »

« La question s’appuie sur des éléments de cours. Pourtant, la proportion de copies récompensées de la note maximale sur cette question s’élève à moins de 1 %. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : conduction thermique, équation de diffusion

Exprimer la température dans en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Intégrer deux fois l'équation différentielle en imposant la régularité de la dérivée en r=0 (soit \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}(0)=0), puis déterminer la constante d'intégration grâce à la condition aux limites T(R_3)=T_2.

Voir la stratégie
  1. Intégrer successivement deux fois l'équation différentielle établie à la question Q2.
  2. Déterminer la première constante d'intégration en éliminant la divergence du flux thermique sur l'axe du cylindre (r=0).
  3. Déterminer la seconde constante grâce à la condition aux limites en température à la surface externe du combustible (r = R_3).
Voir la réponse courte

Double intégration de l'équation différentielle radiale en imposant une température finie en r=0 et T(R_3)=T_2.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation différentielle obtenue à la question Q2 avec A = \frac{P_V}{\lambda_2} :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\,\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right) = -\frac{P_V}{\lambda_2}\,r

Une première intégration par rapport à r conduit à :

r\,\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\frac{P_V}{2\lambda_2}\,r^2 + C_1 \quad\implies\quad \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\frac{P_V}{2\lambda_2}\,r + \frac{C_1}{r}

où C_1 est une constante d'intégration.

Pour des raisons physiques d'absence de singularité sur l'axe de symétrie r = 0, la température et le gradient thermique \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} doivent rester finis (la densité de flux thermique radiale j_{\mathrm{th}} = -\lambda_2\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} est nulle en r=0 par symétrie). Il en résulte :

C_1 = 0

Une seconde intégration donne :

T(r) = -\frac{P_V}{4\lambda_2}\,r^2 + C_2

Le combustible \mathrm{UO}_{2(\mathrm{s})} s'étend de r = 0 à r = R_3. À l'interface combustible/gaine en r = R_3, la température vaut T(R_3) = T_2, d'où :

T_2 = -\frac{P_V}{4\lambda_2}\,R_3^2 + C_2 \quad\implies\quad C_2 = T_2 + \frac{P_V}{4\lambda_2}\,R_3^2

On en déduit l'expression du profil de température dans le combustible :

\boxed{T(r) = T_2 + \frac{P_V}{4\lambda_2}\left(R_3^2 - r^2\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut veiller à exprimer T(r) selon le jeu de variables imposé et éviter de compliquer inutilement l'intégration de l'équation différentielle.

« Il n’est pas nécessaire de recourir à la méthode de séparation des variables pour intégrer une équation différentielle de la forme f′(x) = x, voire f′(x) = cste. »

« Comme précisé plus haut, les candidats doivent s’efforcer d’exprimer la température T(r) en fonction d’un jeu de variables imposé pour répondre pleinement à la question posée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : flux thermique, loi de newton

Exprimer la température en fonction de , , , , , et .

Voir l'indice

Écrire la continuité du flux thermique total P_1 traversant l'interface combustible/gaine d'aire S_3 = N \pi (d-2e) H en utilisant la loi de Newton \Phi = h_2 S_3 (T_2 - T_3).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rayon R_3 de l'interface combustible-gaine en fonction des paramètres géométriques d et e.
  2. En régime stationnaire, relier la puissance thermique totale P_1 produite par les N crayons au transfert thermique traversant l'interface modélisé par la loi de Newton avec le coefficient h_2.
  3. En déduire l'expression de la température T_3.
Voir la réponse courte

Continuité du flux thermique surfacique de convection à l'interface crayon-fluide : T_3 = T_2 + P_1/(h_2 N \pi d H).

Voir le corrigé complet

Le rayon extérieur de la gaine est R_4 = d/2. L'épaisseur de la gaine étant e = R_4 - R_3, le rayon de l'interface séparant le combustible de la gaine s'écrit :

R_3 = \frac{d}{2} - e = \frac{d - 2e}{2}

L'aire latérale de cette interface pour l'ensemble des N crayons cylindriques de hauteur H vaut :

S_{23} = N \times (2\pi R_3 H) = N\pi (d - 2e)H

En régime stationnaire, l'ensemble de la puissance thermique P_1 générée par la fission au sein du combustible traverse cette interface par transfert conducto-convectif de l'intérieur (à la température T_2) vers l'extérieur (à la température T_3). D'après la loi de Newton :

P_1 = h_2 S_{23} (T_2 - T_3) = h_2 N\pi (d - 2e)H (T_2 - T_3)

On en déduit l'expression de la température T_3 :

\boxed{T_3 = T_2 - \frac{P_1}{N\pi (d - 2e)H h_2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut expliciter la continuité du flux thermique sans la confondre avec la loi de Newton, puis contrôler le résultat en comparant T3 et T2.

« Dans un tel contexte, la réponse doit nécessairement comporter une mention explicite relative à cette continuité que trop de candidats nomment « loi de New ton ». »

« Il convient de vérifier la pertinence du résultat en comparant T3 à T2. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : résistance thermique, loi de fourier

Exprimer la température en un point de la gaine en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

En l'absence de terme source dans la gaine (R_3 \le r \le R_4), le flux thermique cylindrique radial P(r) = -\lambda_3 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} (2\pi r H N) est conservé et vaut P_1. Intégrer entre r et R_4.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux thermique total \Phi(r) traversant la surface cylindrique de rayon r pour l'ensemble des N crayons à l'aide de la loi de Fourier.
  2. Utiliser la conservation de l'énergie en régime stationnaire sans source thermique dans la gaine (\Phi(r) = P_1) pour obtenir l'équation différentielle sur T(r).
  3. Intégrer cette équation entre r et la surface extérieure de la gaine où T(R_4) = T_4, en exprimant le résultat en fonction de la surface totale S_{\text{tot}} = 2\pi R_4 H N.
Voir la réponse courte

Intégration de la loi de Fourier en géométrie cylindrique stationnaire sans source à travers l'épaisseur de la gaine.

Voir le corrigé complet

Dans la gaine (R_3 \le r \le R_4), aucune réaction nucléaire n'a lieu : il n'y a donc pas de terme source volumique de chaleur.

En régime stationnaire et avec l'hypothèse de transferts purement radiaux, le flux thermique total traversant une surface cylindrique de rayon r et de hauteur H, pour l'ensemble des N crayons, est conservatif et égal à la puissance totale P_1 dégagée par le cœur :

\Phi(r) = P_1.

D'après la loi de Fourier, la densité de flux thermique radiale s'écrit :

j_{\text{th}}(r) = -\lambda_3 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}.

La surface d'échange à la distance axiale r pour les N crayons vaut S(r) = 2\pi r H N. Ainsi :

\Phi(r) = S(r) j_{\text{th}}(r) = -2\pi r H N \lambda_3 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = P_1.

D'après la question Q1, la surface latérale totale extérieure des N crayons s'écrit :

S_{\text{tot}} = N \pi d H = 2\pi R_4 H N \implies 2\pi H N = \frac{S_{\text{tot}}}{R_4}.

On en déduit l'équation différentielle vérifiée par la température :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\frac{P_1 R_4}{\lambda_3 S_{\text{tot}}} \frac{1}{r}.

En intégrant entre un rayon r \in [R_3, R_4] et le rayon externe R_4 où la température vaut T(R_4) = T_4 :

\begin{aligned} \int_{T(r)}^{T_4} \mathrm{d}T &= -\frac{P_1 R_4}{\lambda_3 S_{\text{tot}}} \int_r^{R_4} \frac{\mathrm{d}r'}{r'} \\ T_4 - T(r) &= -\frac{P_1 R_4}{\lambda_3 S_{\text{tot}}} \ln\left(\frac{R_4}{r}\right). \end{aligned}

On obtient finalement :

\boxed{T(r) = T_4 + \frac{P_1 R_4}{\lambda_3 S_{\text{tot}}} \ln\left(\frac{R_4}{r}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Seulement 10 % de réussite : il ne faut pas ajouter de terme source dans la gaine où aucune puissance n'est produite, P1 intervenant aux limites.

« Le raisonnement mené conduit à une équation de diffusion thermique correcte dans seulement 10 % des copies. »

« L’erreur commune est de considérer l’existence d’un terme source, probablement parce que la question demande d’exprimer la température en fonction de P1. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique

Notions : conduction thermique, résistance thermique

Calculer les températures , , et .

Voir l'indice

Calculer successivement T_4 à l'interface gaine/fluide à partir de P_1 = h_4 S_{\text{tot}}(T_4 - T_5), puis T_3 via l'expression de la gaine en r=R_3, T_2 avec la relation de Newton interne, et enfin T_1 = T(0).

Voir la stratégie

Pour déterminer successivement les températures de l'extérieur vers le centre :

  1. On utilise la loi de Newton à l'interface externe entre la gaine et le fluide caloporteur pour obtenir T_4 à partir de T_5.
  2. On utilise le profil de température dans la gaine établi à la question Q5 pour calculer T_3 en r = R_3.
  3. On déduit T_2 de la relation établie à la question Q4 à l'interface combustible/gaine.
  4. On évalue enfin la température maximale sur l'axe T_1 = T(r=0) grâce à la loi de température dans le combustible établie à la question Q3.
Voir la réponse courte

Applications numériques successives des températures d'interfaces de la périphérie vers le centre du crayon.

Voir le corrigé complet

1. Calcul de la température T_4

La puissance thermique totale P_1 traverse l'interface externe de surface S_{\text{tot}} selon la loi de Newton :

P_1 = h_4 \, S_{\text{tot}} \, (T_4 - T_5) \implies T_4 = T_5 + \frac{P_1}{h_4 \, S_{\text{tot}}}

Avec S_{\text{tot}} = N \pi d H \simeq 4{,}53 \times 10^3\text{ m}^2, h_4 = 25 \times 10^3\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}, P_1 = 2{,}776 \times 10^9\text{ W} et T_5 = 303^\circ\text{C} :

T_4 - T_5 = \frac{2{,}776 \times 10^9}{25 \times 10^3 \times 4529{,}7} \simeq 24{,}5^\circ\text{C}
\boxed{T_4 \simeq 328^\circ\text{C} \quad (601\text{ K})}

2. Calcul de la température T_3

D'après le profil établi à la question Q5, la température sur la face interne de la gaine (r = R_3) vaut :

T_3 = T(R_3) = T_4 + \frac{P_1 R_4}{\lambda_3 S_{\text{tot}}} \ln\left(\frac{R_4}{R_3}\right) = T_4 + \frac{P_1}{2\pi N H \lambda_3}\ln\left(\frac{R_4}{R_3}\right)

Avec R_4 = \frac{d}{2} = 4{,}75\text{ mm}, R_3 = R_4 - e = 4{,}15\text{ mm} et \lambda_3 = 16\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :

T_3 - T_4 = \frac{2{,}776 \times 10^9}{2\pi \times 41448 \times 3{,}66 \times 16}\ln\left(\frac{4{,}75}{4{,}15}\right) \simeq 182{,}1 \times 0{,}1350 \simeq 24{,}6^\circ\text{C}
\boxed{T_3 \simeq 352^\circ\text{C} \quad (625\text{ K})}

3. Calcul de la température T_2

D'après la relation établie à la question Q4 :

T_2 = T_3 + \frac{P_1}{N \pi (d - 2e) H h_2} = T_3 + \frac{P_1}{2\pi N R_3 H h_2}

Avec h_2 = 10 \times 10^3\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} :

T_2 - T_3 = \frac{2{,}776 \times 10^9}{2\pi \times 41448 \times 4{,}15 \times 10^{-3} \times 3{,}66 \times 10^4} \simeq 70{,}2^\circ\text{C}
\boxed{T_2 \simeq 422^\circ\text{C} \quad (695\text{ K})}

4. Calcul de la température T_1

La température T_1 correspond à la température sur l'axe du combustible (r = 0). D'après la question Q3 :

T_1 = T(0) = T_2 + \frac{P_V R_3^2}{4\lambda_2}

Comme la puissance totale dégagée dans les N cylindres de combustible de volume V = N \pi R_3^2 H est P_1, on a P_V = \frac{P_1}{N \pi R_3^2 H}, d'où :

T_1 = T_2 + \frac{P_1}{4\pi N H \lambda_2}

Avec \lambda_2 = 3{,}5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :

T_1 - T_2 = \frac{2{,}776 \times 10^9}{4\pi \times 41448 \times 3{,}66 \times 3{,}5} \simeq 415{,}9^\circ\text{C}
\boxed{T_1 \simeq 838^\circ\text{C} \quad (1111\text{ K})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de synthèse largement récompensée pour les calculs littéraux et numériques rigoureux des quatre températures demandées.

« Cette question constitue la synthèse de cette première partie et vient valoriser le travail des candidats ayant investi du temps pour mener une démarche rigoureuse d’appropriation du contexte et de résolu tion des premières questions. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : profil de température, conduction thermique

Représenter le profil température pour .

Voir l'indice

Tracer une parabole concave dans le combustible (0 \le r \le R_3), un saut décroissant à l'interface r=R_3, une allure logarithmique décroissante dans la gaine (R_3 \le r \le R_4), un second saut à l'interface externe r=R_4, puis un palier horizontal à T_5 dans le fluide.

Voir la stratégie

Pour représenter le profil T(r) sur l'ensemble de l'intervalle [0, R_5], on rassemble les résultats obtenus dans les questions précédentes :

  1. Dans le combustible (0 \le r < R_3) : profil parabolique établi à la question Q3, partant de T_1 avec une tangente horizontale en r = 0 (symétrie axiale) et atteignant T_2 en r = R_3^-.
  2. Aux interfaces r = R_3 et r = R_4 : les transferts conducto-convectifs modélisés par la loi de Newton imposent des sauts de température (résistances de contact/convection localisées), respectivement de T_2 à T_3 puis de T_4 à T_5.
  3. Dans la gaine (R_3 < r < R_4) : profil logarithmique établi à la question Q5, décroissant de T_3 à T_4.
  4. Dans le fluide caloporteur (R_4 < r \le R_5) : température uniforme T(r) = T_5 = 303\text{ }^\circ\text{C} selon l'hypothèse de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Allure parabolique décroissante dans le combustible, logarithmique dans la gaine et saut convectif dans le fluide.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q3 à Q6, le champ de température radial se décompose en trois régions distinctes séparées par deux interfaces à sauts de température :

  • Cœur du combustible (0 \le r < R_3) :

    T(r) = T_2 + \frac{P_V}{4\lambda_2}\left(R_3^2 - r^2\right)

    Il s'agit d'un arc de parabole concave vers le bas, avec une dérivée nulle en r = 0 :

    \left.\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right|_{r=0} = 0

    La température décroît de T(0) = T_1 \simeq 838\text{ }^\circ\text{C} jusqu'à T(R_3^-) = T_2 \simeq 422\text{ }^\circ\text{C}.

  • Interface combustible / gaine (r = R_3) : Le transfert thermique de Newton induit une chute de température finie :

    T(R_3^-) = T_2 \simeq 422\text{ }^\circ\text{C} \quad \longrightarrow \quad T(R_3^+) = T_3 \simeq 352\text{ }^\circ\text{C}
  • Gaine métallique (R_3 < r < R_4) :

    T(r) = T_4 + \frac{P_1 R_4}{\lambda_3 S_{\text{tot}}} \ln\left(\frac{R_4}{r}\right)

    Il s'agit d'un profil logarithmique décroissant (légèrement concave vers le haut, quasi rectiligne compte tenu de la faible épaisseur e \ll R_3), décroissant de T_3 \simeq 352\text{ }^\circ\text{C} à T_4 \simeq 328\text{ }^\circ\text{C}.

  • Interface gaine / fluide caloporteur (r = R_4) : Le transfert conducto-convectif avec l'eau sous pression se traduit par un second saut thermique :

    T(R_4^-) = T_4 \simeq 328\text{ }^\circ\text{C} \quad \longrightarrow \quad T(R_4^+) = T_5 = 303\text{ }^\circ\text{C}
  • Fluide caloporteur (R_4 < r \le R_5) : Selon la modélisation retenue, l'eau du circuit primaire est supposée à température uniforme :

    T(r) = T_5 = 303\text{ }^\circ\text{C} = \text{cte}

On en déduit la représentation graphique suivante :

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut respecter la concavité de la parabole en -r² dans le combustible et bien faire apparaître les discontinuités de température sur le graphe.

« Il n’est pas rare d’observer une parabole de forme convexe pour le champ de température en −r2, dans le combustible. »

« Comme évoqué précédemment, les modèles utilisés dans cette partie conduisent à des discontinuités de la température devant apparaitre sur le graphique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : pression de vapeur saturante, changement d'état

Expliquer pourquoi le bon fonctionnement du pressuriseur du circuit primaire fait partie des critères majeurs de sureté. Proposer une solution pour pouvoir évacuer une puissance plus importante.

Voir l'indice

Relier la pression imposée (155 bar) à la température d'ébullition de l'eau (345~^\circ\text{C}) pour éviter la crise d'ébullition (caléfaction) sur les gaines. Pour augmenter la puissance évacuée, augmenter le débit massique de caloporteur.

Voir la stratégie
  1. Comparer la température de la paroi de la gaine (T_4 \simeq 328\text{ }^\circ\text{C}) et celle du caloporteur (T_5 = 303\text{ }^\circ\text{C}) à la température d'ébullition sous 155\text{ bar} (T_{\text{sat}} = 345\text{ }^\circ\text{C}). Analyser les conséquences d'une baisse de pression sur l'état physique du fluide et l'efficacité des transferts thermiques (crise d'ébullition / caléfaction).
  2. Identifier les leviers permettant d'augmenter la puissance thermique transférée P = h_4 S_{\text{tot}} (T_4 - T_5) = D_m c_5 \Delta T (débit, surface d'échange, écart de température).
Voir la réponse courte

Éviter l'ébullition et la crise d'ébullition en maintenant une pression supérieure à P_{sat}(T) ; augmenter le débit ou la surface d'échange.

Voir le corrigé complet

1. Enjeu de sûreté lié au bon fonctionnement du pressuriseur

D'après les données de l'énoncé, la température de changement d'état de l'eau à la pression de service p = 155\text{ bar} est :

T_{\text{sat}}(155\text{ bar}) = 345\text{ }^\circ\text{C}

D'après la question Q6, la température à l'interface gaine-fluide vaut T_4 \simeq 328\text{ }^\circ\text{C}, tandis que le fluide caloporteur est à T_5 = 303\text{ }^\circ\text{C}. On constate que :

T_5 < T_4 < T_{\text{sat}}(155\text{ bar})

Le rôle du pressuriseur est de maintenir la pression à 155\text{ bar} afin de garantir que l'eau reste entièrement à l'état liquide au contact des crayons combustibles.

En cas de défaillance du pressuriseur entraînant une chute de pression :

  • La température de vaporisation T_{\text{sat}}(p) diminue et peut devenir inférieure à la température de paroi T_4.
  • Il se produit alors une vaporisation de l'eau au contact de la gaine. L'apparition d'un film de vapeur d'eau (phénomène de caléfaction ou crise d'ébullition) dégrade fortement le transfert thermique, car la vapeur présente une conductivité thermique très inférieure à celle du liquide (chute drastique du coefficient h_4).
  • Le combustible et la gaine ne sont plus refroidis efficacement : la température augmente brutalement, risquant de détériorer la gaine (rupture de la première barrière de confinement des produits de fission) ou de conduire à la fusion du cœur (\mathrm{UO}_2 fond à 2800\text{ }^\circ\text{C}).

Le maintien de la pression par le pressuriseur est donc un impératif de sûreté fondamental.

2. Solutions pour évacuer une puissance plus importante

La puissance thermique évacuée par convection s'écrit P_1 = h_4 S_{\text{tot}} (T_4 - T_5), ou encore sous forme globale P_1 = D_m c_5 (T_{\text{sortie}} - T_{\text{entrée}}). Pour augmenter cette puissance sans dépasser les limites de température admissibles, on peut :

  • Augmenter le débit massique de caloporteur D_m en augmentant la vitesse de circulation du fluide (pompes primaires plus puissantes). Cela permet à la fois d'accroître le coefficient de transfert convectif h_4 et de limiter l'échauffement global de l'eau.
  • Augmenter la surface d'échange totale S_{\text{tot}} (par exemple en augmentant le nombre de crayons combustibles N pour un même volume d'uranium, c'est-à-dire en diminuant leur diamètre, ou en utilisant des gaines à ailettes/rugosité optimisée).
  • Abaisser la température du fluide T_5 en améliorant l'échange thermique dans les générateurs de vapeur du circuit secondaire.
Voir ce qu'a relevé le jury

La réponse doit s'appuyer sur l'extraction des données fournies (pression de vapeur saturante et température de changement d'état) et non rester évasive.

« Cette question qualitative est rarement totalement comprise ; les réponses évoquent de façon éva sive un risque d’explosion par suite du dysfonctionnement du pressuriseur mais peu s’appuient sur une extraction pertinente des données de l’énoncé telles que pression de vapeur saturante et température du changement d’état liquide-vapeur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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B · Prise en compte de dépendances longitudinales pour la puissance thermique volumique et la température

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : premier principe, système ouvert

En réalisant un bilan thermodynamique pendant pour l'eau liquide entre les cotes et (avec ), en écoulement stationnaire dans l'espace annulaire, justifier que :

Voir l'indice

Appliquer le premier principe de la thermodynamique en système ouvert à la tranche de fluide comprise entre z et z+\mathrm{d}z, sachant que toute la puissance thermique de fission dégagée dans cette tranche traverse la paroi interne.

Voir la stratégie
  1. Définir un système fermé coïncidant à l'instant t avec le fluide contenu dans la tranche d'espace annulaire [z, z + \mathrm{d}z] et la masse \mathrm{d}m = D_m\,\mathrm{d}t qui s'apprête à y entrer.
  2. Exprimer la variation d'enthalpie \mathrm{d}H de ce système entre t et t+\mathrm{d}t en régime stationnaire.
  3. Évaluer le transfert thermique \delta Q reçu par cette tranche d'eau pendant \mathrm{d}t, sachant que la paroi extérieure en r = R_5 est athermane et que les transferts thermiques dans le combustible sont exclusivement radiaux.
Voir la réponse courte

Bilan d'enthalpie en régime stationnaire sur une tranche de fluide \mathrm{d}z recevant la puissance thermique cédée par le crayon.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué :

  • du fluide présent dans la tranche annulaire comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z à l'instant t ;
  • de la masse entrante \mathrm{d}m = D_m\,\mathrm{d}t située juste en amont de la section de cote z à l'instant t.

À l'instant t + \mathrm{d}t, par conservation de la masse en écoulement stationnaire, cette même masse \mathrm{d}m est sortie de la tranche par la section de cote z + \mathrm{d}z.

En négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle macroscopiques, le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système fermé entre t et t + \mathrm{d}t s'écrit :

\mathrm{d}H = \delta W_u + \delta Q

En l'absence de pièces mobiles dans le fluide, le travail utile est nul : \delta W_u = 0.

Le régime étant stationnaire, l'enthalpie du fluide contenu dans le volume de contrôle ne varie pas au cours du temps. La variation d'enthalpie du système fermé se réduit donc au bilan convectif :

\mathrm{d}H = \mathrm{d}m\,h(z+\mathrm{d}z) - \mathrm{d}m\,h(z) = D_m\,\mathrm{d}t\,\big(h(z+\mathrm{d}z) - h(z)\big)

Pour l'eau liquide modélisée comme une phase condensée indilatable et incompressible de capacité thermique massique c_5, la variation d'enthalpie massique s'exprime par \mathrm{d}h = c_5\,\mathrm{d}T, soit :

\mathrm{d}H = D_m\,c_5\,\big[T(z+\mathrm{d}z) - T(z)\big]\,\mathrm{d}t

Par ailleurs, l'eau liquide ne reçoit de transfert thermique \delta Q qu'à travers l'interface interne en r = R_4, la paroi externe en r = R_5 étant athermane. Les échanges thermiques au sein de la barre de combustible se faisant exclusivement dans la direction radiale, la totalité de la puissance thermique produite par fission dans la tranche de combustible de hauteur \mathrm{d}z est évacuée radialement vers la tranche d'eau associée.

Le volume de cette tranche de combustible étant \mathrm{d}V = \pi R_4^2\,\mathrm{d}z, la puissance thermique reçue par l'eau s'écrit :

\delta \Phi = P_V(z)\,\mathrm{d}V = P_V(z)\,\pi R_4^2\,\mathrm{d}z

Le transfert thermique reçu pendant la durée \mathrm{d}t est donc :

\delta Q = \delta\Phi\,\mathrm{d}t = P_V(z)\,\pi R_4^2\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t

En égalant \mathrm{d}H et \delta Q, puis en simplifiant par \mathrm{d}t, on obtient bien :

\boxed{D_m\,c_5\,\big[T(z + \mathrm{d}z) - T(z)\big] = P_V(z)\,\pi R_4^2\,\mathrm{d}z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Moins de 20 % de réussite : il faut appliquer le premier principe en écoulement stationnaire sans utiliser la formule de première année ni la loi de Joule.

« Seulement 20 % des candidats reconnaissent une situation d’écoulement stationnaire d’un fluide entre les cotes zet z+ dz et 17 % savent formuler correctement le premier principe pour un système en écoulement stationnaire. »

« C’est ici l’occasion de rappeler que la formulation du premier principe vu en première année n’est pas applicable dans le contexte et qu’une phase condensée ne vérifie pas la « loi de Joule ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : premier principe, transfert thermique

Exprimer en fonction de , , , et . Exprimer la température de l'eau liquide en fonction de , , et .

Voir l'indice

Intégrer la relation différentielle sur toute la hauteur du canal (0 à H) pour obtenir T_s - T_e, puis intégrer entre 0 et z pour déterminer T(z).

Voir la stratégie
  1. Partir du bilan thermique élémentaire établi à la question précédente pour formuler l'équation différentielle vérifiée par T(z).
  2. Intégrer cette équation sur toute la hauteur du crayon combustible (z \in [0, H]) pour relier l'échauffement global T_s - T_e aux paramètres du système.
  3. Intégrer entre 0 et z pour déterminer le profil T(z) et exprimer le résultat sous la forme demandée faisant intervenir T_e et T_s.
Voir la réponse courte

Intégration de la puissance linéique sinusoïdale sur la hauteur H pour relier T_s - T_e puis intégrale partielle pour T(z).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, le bilan thermodynamique sur une tranche d'eau liquide d'épaisseur \mathrm{d}z s'écrit :

D_m c_5 [T(z+\mathrm{d}z) - T(z)] = P_V(z) \pi R_4^2 \mathrm{d}z

En divisant par \mathrm{d}z, on obtient l'équation différentielle régissant la température du fluide caloporteur :

D_m c_5 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} = P_0 \pi R_4^2 \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)

Expression de T_s - T_e : En intégrant cette équation sur toute la hauteur active du combustible, c'est-à-dire entre z = 0 (où T(0) = T_e) et z = H (où T(H) = T_s) :

\begin{aligned} D_m c_5 \int_0^H \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} \,\mathrm{d}z &= P_0 \pi R_4^2 \int_0^H \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)\mathrm{d}z \\ D_m c_5 (T_s - T_e) &= P_0 \pi R_4^2 \left[ -\frac{H}{\pi} \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) \right]_0^H \\ D_m c_5 (T_s - T_e) &= P_0 \pi R_4^2 \left( \frac{2H}{\pi} \right) = 2 P_0 H R_4^2 \end{aligned}

On en déduit :

\boxed{T_s - T_e = \frac{2 P_0 H R_4^2}{D_m c_5}}

Expression de T(z) : En intégrant désormais entre 0 et une cote z quelconque :

\begin{aligned} T(z) - T_e &= \frac{P_0 \pi R_4^2}{D_m c_5} \int_0^z \sin\left(\frac{\pi z'}{H}\right)\mathrm{d}z' \\ &= \frac{P_0 \pi R_4^2}{D_m c_5} \left[ -\frac{H}{\pi} \cos\left(\frac{\pi z'}{H}\right) \right]_0^z \\ &= \frac{P_0 H R_4^2}{D_m c_5} \left[ 1 - \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) \right] \end{aligned}

En identifiant le préfacteur à l'aide de l'expression de T_s - T_e obtenue ci-dessus, on constate que :

\frac{P_0 H R_4^2}{D_m c_5} = \frac{T_s - T_e}{2}

On obtient ainsi l'expression finale du champ de température de l'eau liquide :

\boxed{T(z) = T_e + \frac{T_s - T_e}{2} \left[ 1 - \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) \right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne faut pas considérer PV(z) comme constante lors de l'intégration et prendre garde à la primitive de cos(pi*z/H) pour garder l'homogénéité.

« certains candidats intègrent sur zen considérant PV(z) comme une constante. »

« Le jury constate quelques méthodes d’intégration surprenantes (consistant notamment à remplacer zpar 0 et z+ dz par H) ou encore des erreurs sur la primitive de cos(πz/H) conduisant à une expression finale non homogène. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de newton, transfert convectif

Montrer que :

Exprimer et en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Écrire la continuité locale du flux thermique à la paroi du combustible en r=R_4 : P_V(z)\pi R_4^2 \mathrm{d}z = h_{cc}(2\pi R_4 \mathrm{d}z)(T_p(z) - T(z)) et substituer T(z).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux thermique traversant la paroi latérale en r = R_4 pour une tranche élémentaire de combustible de hauteur \mathrm{d}z à l'aide de la loi de Newton du transfert conducto-convectif.
  2. Utiliser l'hypothèse de transferts purement radiaux en régime stationnaire pour relier ce flux à la puissance thermique de fission dégagée dans cette même tranche, ce qui donne l'écart T_p(z) - T(z).
  3. Éliminer P_0 à l'aide de la relation reliant T_s - T_e à P_0 établie à la question Q10, puis combiner avec l'expression de T(z) pour identifier les coefficients B et C.
Voir la réponse courte

Utilisation de la relation de Newton à la paroi P_V(z) \pi R_4^2 \mathrm{d}z = h_{cc} 2\pi R_4 \mathrm{d}z (T_p - T) pour exprimer T_p(z).

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche élémentaire de crayon combustible comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z. La gaine étant négligée, la surface latérale d'échange de cette tranche avec le fluide caloporteur vaut :

\mathrm{d}S = 2\pi R_4\,\mathrm{d}z

D'après la loi de Newton, la puissance thermique cédée par la paroi du combustible à l'eau s'écrit :

\mathrm{d}\Phi(z) = h_{cc}\,\mathrm{d}S\,[T_p(z) - T(z)] = 2\pi R_4 h_{cc}\,[T_p(z) - T(z)]\,\mathrm{d}z

En régime stationnaire et dans le cadre de l'hypothèse de transferts purement radiaux, toute la puissance thermique volumique dégagée par fission dans ce volume cylindrique élémentaire \mathrm{d}V = \pi R_4^2\,\mathrm{d}z traverse la surface latérale en r = R_4 :

\mathrm{d}\Phi(z) = P_V(z)\,\pi R_4^2\,\mathrm{d}z

En égalant ces deux expressions, il vient :

T_p(z) - T(z) = \frac{P_V(z) R_4}{2 h_{cc}} = \frac{P_0 R_4}{2 h_{cc}} \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)

D'après le résultat de la question Q10, l'échauffement global du fluide s'écrit T_s - T_e = \dfrac{2 P_0 H R_4^2}{D_m c_5}, ce qui permet d'exprimer le préfacteur sous la forme :

\frac{P_0 R_4}{2 h_{cc}} = (T_s - T_e)\,\frac{D_m c_5}{4 h_{cc} H R_4}

Toujours d'après la question Q10, le profil de température de l'eau est donné par :

T(z) - T_e = \frac{T_s - T_e}{2} \left[1 - \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right)\right]

En sommant ces deux contributions, on obtient la température de paroi :

\begin{aligned} T_p(z) - T_e &= [T(z) - T_e] + [T_p(z) - T(z)] \\ &= \frac{T_s - T_e}{2} \left[1 - \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right)\right] + (T_s - T_e)\,\frac{D_m c_5}{4 h_{cc} H R_4} \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right) \end{aligned}

En divisant par T_s - T_e et en factorisant par \dfrac{1}{2} :

\frac{T_p(z) - T_e}{T_s - T_e} = \frac{1}{2} \left[1 - \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) + \frac{D_m c_5}{2 h_{cc} H R_4} \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)\right]

Par identification avec l'expression demandée, on en déduit :

\boxed{B = -1} \quad \text{et} \quad \boxed{C = \frac{D_m c_5}{2 h_{cc} H R_4}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut exploiter la continuité du flux thermique stationnaire et expliciter les constantes B et C avec le jeu précis de paramètres imposé.

« Il s’agit là encore d’exploiter la condition de continuité du flux thermique en régime stationnaire. Pour répondre pleinement à la question, il convient d’expliciter les constantes Bet Cet de les exprimer, comme demandé, en fonction d’un jeu précis de constantes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, conduction thermique

Déterminer la température dans la barre de combustible. Montrer que :

Exprimer , et en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation de la diffusion en régime stationnaire avec terme source P_V(z) en supposant les transferts thermiques purement radiaux à chaque altitude z, avec la condition aux limites T_c(R_4, z) = T_p(z).

Voir la stratégie
  1. Les transferts thermiques longitudinaux étant négligés devant les transferts radiaux, on intègre l'équation de diffusion thermique radiale stationnaire à chaque altitude z pour exprimer T_c(r, z) en fonction de la température de surface T_p(z) et de la puissance volumique P_V(z).
  2. On remplace P_V(z) = P_0 \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right) ainsi que l'expression de T_p(z) établie à la question Q11.
  3. On factorise par (T_s - T_e) pour identifier terme à terme les constantes adimensionnelles D, E et F.
Voir la réponse courte

Superposition de la conduction radiale stationnaire à chaque cote z et raccordement à la température de paroi T_p(z).

Voir le corrigé complet

Les transferts thermiques s'effectuant exclusivement selon la direction radiale, l'équation de la diffusion thermique stationnaire au sein de la barre de combustible s'écrit, à une altitude z fixée :

\frac{1}{r} \frac{\partial}{\partial r}\left(r \frac{\partial T_c}{\partial r}\right) + \frac{P_V(z)}{\lambda_2} = 0

Une première intégration par rapport à r donne :

r \frac{\partial T_c}{\partial r} = -\frac{P_V(z)}{2\lambda_2} r^2 + K_1(z)

Le flux thermique et le gradient de température devant rester finis sur l'axe en r = 0, la constante d'intégration est nulle : K_1(z) = 0. Il vient :

\frac{\partial T_c}{\partial r}(r, z) = -\frac{P_V(z)}{2\lambda_2} r

En intégrant entre r et la paroi externe r = R_4 où la température vaut T_c(R_4, z) = T_p(z) :

T_p(z) - T_c(r, z) = -\frac{P_V(z)}{4\lambda_2} \left(R_4^2 - r^2\right)

soit :

T_c(r, z) = T_p(z) + \frac{P_V(z) R_4^2}{4\lambda_2} \left(1 - \frac{r^2}{R_4^2}\right)

D'après la question Q10, la puissance volumique s'exprime en fonction de l'échauffement global T_s - T_e :

P_0 = \frac{D_m c_5 (T_s - T_e)}{2 H R_4^2} \implies P_V(z) = \frac{D_m c_5 (T_s - T_e)}{2 H R_4^2} \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)

Le second terme s'écrit alors :

\frac{P_V(z) R_4^2}{4\lambda_2} = (T_s - T_e) \frac{D_m c_5}{8 \lambda_2 H} \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)

En utilisant l'expression de la température de paroi T_p(z) obtenue à la question Q11 :

\frac{T_p(z) - T_e}{T_s - T_e} = \frac{1}{2}\left[1 + B\cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) + C\sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)\right]

avec B = -1 et C = \frac{D_m c_5}{2 h_{cc} H R_4}, on obtient :

\frac{T_c(r, z) - T_e}{T_s - T_e} = \frac{1}{2}\left[1 + B\cos\left(\frac{\pi z}{H}\right)\right] + \frac{C}{2}\sin\left(\frac{\pi z}{H}\right) + \frac{D_m c_5}{8 \lambda_2 H}\left(1 - \frac{r^2}{R_4^2}\right)\sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)

Par identification avec la forme demandée :

\frac{T_c(r, z) - T_e}{T_s - T_e} = \frac{1}{2}\left[1 + D \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right)\right] + \left[E + F\left(1 - \frac{r^2}{R_4^2}\right)\right] \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)

on en déduit les constantes :

\boxed{D = -1, \quad E = \frac{D_m c_5}{4 h_{cc} H R_4}, \quad F = \frac{D_m c_5}{8 \lambda_2 H}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu traitée où les constantes d'intégration dépendent de z et doivent être explicitement notées A(z) ou B(z).

« Un sixième seulement des candidats s’est lancé dans cette question (pourtant indépendante de la précédente, au moins partiellement) et parmi eux, un quart en propose une réponse convaincante. »

« Le jury remarque fréquemment les notations Aou Bpour les constantes d’intégration qui sont en réalité des fonctions de z. Il convient dans ce cas d’utiliser les notations A(z) ou B(z) plus adaptées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : conduction thermique, profil de température

Exprimer la température sur l'axe de la barre de combustible à l'altitude en fonction de , , , , , , , et .

Voir l'indice

Évaluer l'expression précédente en r=0 en factorisant par T_s - T_e.

Voir la réponse courte

Évaluation de l'expression générale de T_c(r,z) en r=0.

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q12, le champ de température au sein du combustible s'écrit :

\frac{T_c(r, z) - T_e}{T_s - T_e} = \frac{1}{2}\left[ 1 + D \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) \right] + \left[ E + F\left(1 - \frac{r^2}{R_4^2}\right) \right] \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right),

avec :

\begin{aligned} D &= -1, \\ E &= \frac{D_m c_5}{4 h_{cc} H R_4}, \\ F &= \frac{D_m c_5}{8 \lambda_2 H}. \end{aligned}

En évaluant cette expression sur l'axe du cylindre en r = 0, le terme géométrique radial vaut simplement :

1 - \frac{0^2}{R_4^2} = 1.

On en déduit :

\frac{T_c(0, z) - T_e}{T_s - T_e} = \frac{1}{2}\left[ 1 - \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) \right] + (E + F) \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right).

La somme des deux coefficients E et F s'exprime par :

E + F = \frac{D_m c_5}{H} \left( \frac{1}{4 h_{cc} R_4} + \frac{1}{8\lambda_2} \right).

En multipliant par (T_s - T_e) et en isolant T_c(0, z), on obtient l'expression recherchée :

\boxed{T_c(0, z) = T_e + \frac{T_s - T_e}{2}\left[ 1 - \cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) \right] + (T_s - T_e) \frac{D_m c_5}{H} \left( \frac{1}{4 h_{cc} R_4} + \frac{1}{8\lambda_2} \right) \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La réussite de cette question dépend directement de la validité du résultat obtenu à la question précédente.

« Une réponse valide à cette question nécessite d’avoir correctement répondu à la précédente. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : extremum de température, sécurité thermique

En déduire l'altitude pour laquelle la température sur l'axe de la barre de combustible est maximale. Calculer la valeur de la température maximale sur l'axe ; on prendra . Préciser si un critère de sureté en température est respecté.

Voir l'indice

Dériver T_c(0,z) par rapport à z, annuler la dérivée pour obtenir une équation trigonométrique de la forme \tan(\pi z/H) = \text{cte}, en déduire z_{\max} puis calculer numériquement T_{c,\max} pour la comparer à 2800~^\circ\text{C}.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de la température sur l'axe T_c(0,z) établie en Q13 et exprimer la condition d'extremum \frac{\mathrm{d}T_c(0,z)}{\mathrm{d}z} = 0 pour déterminer l'altitude z_{\max}.
  2. Calculer la valeur numérique de z_{\max} et en déduire la température maximale T_{c,\max} = T_c(0, z_{\max}) par simplification trigonométrique.
  3. Comparer cette température au critère de sûreté donné dans le préambule du sujet (température de fusion du dioxyde d'uranium \mathrm{UO}_{2(\mathrm{s})}).
Voir la réponse courte

Annulation de la dérivée par rapport à z pour trouver la cote maximale, calcul numérique et vérification du critère de non-fusion.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q13, la température sur l'axe du combustible (r = 0) s'écrit sous la forme :

\frac{T_c(0, z) - T_e}{T_s - T_e} = \frac{1}{2} - \frac{1}{2}\cos\left(\frac{\pi z}{H}\right) + K \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right)

en posant :

K = E + F = \frac{D_m c_5}{H}\left(\frac{1}{4 h_{cc} R_4} + \frac{1}{8\lambda_2}\right).

La fonction T_c(0, z) est différentiable par rapport à z. Sa dérivée première s'annule en z_{\max} tel que :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}z}\left[\frac{T_c(0, z) - T_e}{T_s - T_e}\right]_{z=z_{\max}} = \frac{\pi}{H}\left[\frac{1}{2}\sin\left(\frac{\pi z_{\max}}{H}\right) + K\cos\left(\frac{\pi z_{\max}}{H}\right)\right] = 0,

ce qui conduit à :

\tan\left(\frac{\pi z_{\max}}{H}\right) = -2K.

Comme K > 0 et z_{\max} \in [0, H], l'angle \frac{\pi z_{\max}}{H} appartient au deuxième quadrant \left]\frac{\pi}{2}, \pi\right[, où la dérivée seconde est négative (assurant qu'il s'agit bien d'un maximum) :

\frac{\pi z_{\max}}{H} = \pi - \arctan(2K),

soit :

\boxed{z_{\max} = H \left(1 - \frac{\arctan(2K)}{\pi}\right)}.

Calculons numériquement E, F et K avec les valeurs numériques de l'énoncé :

  • D_m = 0{,}30\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, c_5 = 5750\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}, H = 3{,}66\text{ m},
  • R_4 = \frac{d}{2} = 4{,}75\times 10^{-3}\text{ m}, \lambda_2 = 3{,}5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1},
  • h_{cc} = 33\times 10^3\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}.

On obtient :

\begin{aligned} E &= \frac{D_m c_5}{4 h_{cc} H R_4} = \frac{0{,}30 \times 5750}{4 \times 33\times 10^3 \times 3{,}66 \times 4{,}75\times 10^{-3}} \simeq 0{,}752, \\ F &= \frac{D_m c_5}{8 \lambda_2 H} = \frac{0{,}30 \times 5750}{8 \times 3{,}5 \times 3{,}66} \simeq 16{,}83, \\ K &= E + F \simeq 17{,}58 \implies 2K \simeq 35{,}17. \end{aligned}

L'altitude du maximum vaut donc :

z_{\max} = 3{,}66 \times \left(1 - \frac{\arctan(35{,}17)}{\pi}\right) \simeq 3{,}66 \times \left(1 - \frac{1{,}542}{\pi}\right) \simeq 1{,}86\text{ m}.
\boxed{z_{\max} \simeq 1{,}86\text{ m}}.

À cette altitude, en posant u_0 = \frac{\pi z_{\max}}{H}, on a :

\cos u_0 = -\frac{1}{\sqrt{1 + 4K^2}} \quad \text{et} \quad \sin u_0 = \frac{2K}{\sqrt{1 + 4K^2}},

d'où :

-\frac{1}{2}\cos u_0 + K\sin u_0 = \frac{1 + 4K^2}{2\sqrt{1 + 4K^2}} = \frac{1}{2}\sqrt{1 + 4K^2}.

La température maximale sur l'axe s'exprime donc par :

\boxed{T_{c,\max} = T_e + \frac{T_s - T_e}{2}\left(1 + \sqrt{1 + 4K^2}\right)}.

Application numérique avec T_e = 284^\circ\text{C} et T_s = 322^\circ\text{C} (T_s - T_e = 38^\circ\text{C}) :

T_{c,\max} = 284 + \frac{38}{2}\left(1 + \sqrt{1 + (35{,}17)^2}\right) \simeq 284 + 19 \times (1 + 35{,}18) \simeq 971^\circ\text{C}.
\boxed{T_{c,\max} \simeq 971^\circ\text{C} \quad (1244\text{ K})}.

Critère de sûreté : La température de fusion du combustible \mathrm{UO}_{2(\mathrm{s})} vaut T_{\text{fus}} = 2800^\circ\text{C}. On constate que :

T_{c,\max} = 971^\circ\text{C} \ll 2800^\circ\text{C}.

La marge de sécurité est supérieure à 1800^\circ\text{C} : le critère de non-fusion du combustible nucléaire est très largement respecté en régime permanent de fonctionnement nominal.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La recherche du maximum se fait via l'annulation de la dérivée première et le signe de la dérivée seconde ; attention au calcul avec tan(pi*z0/H).

« Toute démarche visant à démontrer l’existence d’un maximum de la fonction Tc(r= 0, z) est valorisée, la démarche exposée la plus claire restant la recherche de la cote z0 conduisant à une dérivée première nulle et dérivée seconde négative. »

« Le passage de l’expression de tan(πz0/H) à πz0/Ha souvent conduit à une expression littérale incorrecte. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : transfert thermique, profil de température

Le graphe de la figure 4 représente l'évolution de la température de la paroi du crayon combustible avec la cote .

Justifier qualitativement son allure.

Voir l'indice

Remarquer que T_p(z) résulte de la compétition entre le chauffage cumulé du fluide (température croissante avec z) et la production volumique locale maximale à mi-hauteur (z=H/2), ce qui décale le maximum au-delà du milieu du réacteur.

Voir la stratégie

Pour interpréter l'allure de la courbe T_p(z) (figure 4), il convient de :

  1. Décomposer la température de paroi T_p(z) en la somme de la température du fluide T(z) et de l'écart conducto-convectif \Delta T(z) = T_p(z) - T(z) associé au flux thermique local.
  2. Analyser les évolutions respectives de ces deux contributions le long de l'axe vertical z.
  3. Conclure sur les valeurs aux limites (z = 0 et z = H) et sur la position du maximum dans la moitié supérieure du crayon.
Voir la réponse courte

Concurrence entre l'élévation globale de température du caloporteur le long de z et le profil de puissance en cloche.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Newton à la paroi du crayon en r = R_4 :

T_p(z) = T(z) + \frac{\varphi(z)}{h_{cc}} = T(z) + \frac{R_4}{2\,h_{cc}} P_V(z)

où T(z) est la température moyenne de l'eau à l'altitude z et \varphi(z) = \frac{R_4}{2} P_V(z) le flux thermique surfacique extrait du combustible.

L'allure de la courbe s'explique par la superposition de deux effets :

  • L'échauffement progressif du fluide caloporteur : l'eau liquide s'écoule du bas vers le haut et accumule continûment la chaleur libérée par la fission. Sa température T(z) croît donc de façon strictement monotone depuis la température d'entrée T(0) = T_e = 284\,^\circ\text{C} jusqu'à la température de sortie T(H) = T_s = 322\,^\circ\text{C}.
  • Le profil de puissance thermique volumique : P_V(z) = P_0 \sin\left(\frac{\pi z}{H}\right) est en cloche, nul aux extrémités (z = 0 et z = H) et maximal à mi-hauteur du réacteur (z = H/2 = 1{,}83\text{ m}). L'écart de température \Delta T(z) = T_p(z) - T(z) varie donc de la même manière.

On en déduit les caractéristiques observées sur le graphe :

  1. Aux extrémités : le flux thermique s'annulant en z = 0 et z = H, il n'y a pas d'écart de température à l'interface fluide-paroi. On retrouve bien T_p(0) = T_e \simeq 284\,^\circ\text{C} et T_p(H) = T_s \simeq 322\,^\circ\text{C}.
  2. Croissance initiale (0 < z < H/2) : la puissance dégagée augmente et le fluide s'échauffe ; ces deux effets se cumulent pour entraîner une montée rapide de la température de paroi.
  3. Position du maximum (z > H/2) : au-delà de la mi-hauteur, la puissance dégagée diminue (ce qui tend à abaisser l'écart \Delta T), tandis que la température du fluide T(z) continue d'augmenter. La compétition entre ces deux grandeurs conduit à un maximum décalé vers le haut, à une altitude z_{\max} > H/2 (ici observée autour de z \simeq 2{,}5\text{ m}, avec T_{p,\max} \simeq 337\,^\circ\text{C}).
  4. Décroissance finale : au voisinage de la sortie (z \to H), la chute du flux thermique devient prépondérante et fait redescendre T_p(z) jusqu'à la valeur finale T_s.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne suffit pas de décrire la courbe : il faut relier le profil thermique à la non-uniformité de la puissance issue des fissions.

« Décrire l’évolution de la fonction est ici insuffisant : il s’agit de confronter le comportement du champ de température et la puissance thermique non-uniforme générée par les réactions de fission. »

« Le jury tient à faire part de sa déconvenue à la lecture de remarques du type : « Comme Tp(z) est sinusoïdale, il est normal d’observer une forme parabolique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Partie II : Étude du circuit secondaire

A · Préliminaire

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : premier principe, système ouvert

Établir soigneusement la relation vérifiée dans ce cas par , et .

Voir l'indice

Effectuer un bilan d'enthalpie et d'énergie cinétique/potentielle sur un système fermé fictif coïncidant avec la machine pendant une durée \mathrm{d}t, en négligeant l'énergie mécanique macroscopique.

Voir la stratégie
  1. Définir un système fermé coïncident \Sigma^* entre les instants t et t + \mathrm{d}t, constitué de la matière contenue dans la machine et des tranches de fluide entrante et sortante.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à ce système fermé en régime stationnaire, en négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle macroscopiques.
  3. Détailler le travail des forces de pression aux frontières (travail de transvasement) et regrouper les termes pour faire apparaître l'enthalpie massique h = u + p v.
Voir la réponse courte

Démonstration classique du premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire : \Delta h = w_u + q.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé coïncident \Sigma^*, constitué à l'instant t par :

  • le fluide contenu dans le volume de contrôle de la machine, noté V_c ;
  • une masse élémentaire \mathrm{d}m de fluide située immédiatement en amont de la section d'entrée \text{E}, de volume \mathrm{d}V_e = v_e\,\mathrm{d}m (où v_e est le volume massique à l'entrée).

À l'instant t + \mathrm{d}t, cette masse \mathrm{d}m a pénétré dans la machine, et une masse identique \mathrm{d}m (en vertu de la conservation de la masse en régime stationnaire) est sortie par la section \text{S}, occupant un volume \mathrm{d}V_s = v_s\,\mathrm{d}m. Le système \Sigma^* occupe alors le volume formé par V_c et cette tranche sortante.

L'énergie mécanique macroscopique étant négligée devant les termes thermiques et enthalpiques (\Delta E_c \simeq 0 et \Delta E_p \simeq 0), l'énergie totale du système se réduit à son énergie interne U.

La variation d'énergie interne de \Sigma^* entre t et t + \mathrm{d}t s'écrit :

\begin{aligned} \Delta U_{\Sigma^*} &= U_{\Sigma^*}(t + \mathrm{d}t) - U_{\Sigma^*}(t) \\ &= \left[U_{V_c}(t + \mathrm{d}t) + u_s\,\mathrm{d}m\right] - \left[U_{V_c}(t) + u_e\,\mathrm{d}m\right] \end{aligned}

Le régime étant stationnaire, l'état du fluide dans le volume fixe V_c est indépendant du temps, d'où U_{V_c}(t + \mathrm{d}t) = U_{V_c}(t). Il vient :

\Delta U_{\Sigma^*} = (u_s - u_e)\,\mathrm{d}m

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué au système fermé \Sigma^* :

\Delta U_{\Sigma^*} = W + Q

où :

  • Q = q\,\mathrm{d}m est le transfert thermique reçu par la masse \mathrm{d}m ;
  • W est le travail total des forces extérieures reçues par \Sigma^*, qui se décompose en :

    • le travail utile reçu des parties mobiles de la machine : W_u = w_u\,\mathrm{d}m ;
    • le travail des forces de pression du fluide amont qui pousse la tranche entrante : W_{p,e} = + p_e\,\mathrm{d}V_e = + p_e\,v_e\,\mathrm{d}m ;
    • le travail des forces de pression du fluide aval qui s'oppose à la sortie de la tranche : W_{p,s} = - p_s\,\mathrm{d}V_s = - p_s\,v_s\,\mathrm{d}m.

On a donc :

W = \left(w_u + p_e\,v_e - p_s\,v_s\right)\mathrm{d}m

En égalant les deux expressions du premier principe :

(u_s - u_e)\,\mathrm{d}m = \left(w_u + q + p_e\,v_e - p_s\,v_s\right)\mathrm{d}m

En simplifiant par \mathrm{d}m > 0 et en réorganisant les termes :

(u_s + p_s\,v_s) - (u_e + p_e\,v_e) = w_u + q

En introduisant l'enthalpie massique h = u + p v, on obtient la relation du premier principe pour un système ouvert en écoulement stationnaire :

\boxed{h_s - h_e = w_u + q}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Moins de 2 % de réponses satisfaisantes : une démonstration complète du premier principe industriel est exigée, pas seulement l'énoncé du résultat.

« La formulation « établir soigneusement » doit inciter les candidats à produire une démonstration complète du premier principe appliqué au fluide en écoulement stationnaire, et non pas se contenter d’expliciter ce principe, même dans sa forme la plus complète, avant d’annuler simplement le terme de variation d’énergie mécanique macroscopique. »

« Les candidats traitant cette question obtiennent en moyenne un quart des points alloués. Moins de 2 % d’entre eux en fournissent une démonstration pleinement satisfaisante. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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B · Cycle de Hirn

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : diagramme des frigoristes, phase condensée

Expliquer pourquoi et . Préciser l'allure d'une transformation isentropique dans le domaine liquide du diagramme des frigoristes .

Voir l'indice

Utiliser l'incompressibilité du liquide pour relier \mathrm{d}h = v\,\mathrm{d}p + T\,\mathrm{d}s à \mathrm{d}s=0 ; en déduire que \Delta h \approx v\Delta p est très faible devant les échanges thermiques, ce qui correspond à un segment quasi-vertical dans le diagramme (p, h).

Voir la stratégie
  1. Modéliser l'eau liquide comme une phase condensée incompressible et utiliser l'expression de sa variation d'entropie pour en déduire l'égalité des températures.
  2. Exprimer le travail massique de pompage à l'aide du premier principe en écoulement stationnaire et le comparer aux autres transferts enthalpiques du cycle pour justifier l'égalité des enthalpies.
  3. En déduire l'orientation du segment de compression sur le diagramme des frigoristes (p, h).
Voir la réponse courte

Incompressibilité de l'eau liquide conduisant à \mathrm{d}h \approx v\,\mathrm{d}p \approx 0 et allure quasi-verticale des isentropiques dans le liquide.

Voir le corrigé complet

1. Égalité des températures T_0 \simeq T_1 :

La compression dans la pompe est supposée adiabatique réversible, c'est-à-dire isentropique :

s_1 - s_0 = 0.

En modélisant l'eau liquide comme une phase condensée incompressible de capacité thermique massique c, la variation d'entropie massique s'écrit, d'après le formulaire :

\Delta s = c \ln\left(\frac{T_1}{T_0}\right).

L'isentropicité de la transformation impose donc :

c \ln\left(\frac{T_1}{T_0}\right) = 0 \implies \boxed{T_1 = T_0 \simeq 29^\circ\text{C}}

2. Égalité des enthalpies massiques h_0 \simeq h_1 :

D'après le premier principe appliqué à la pompe en régime stationnaire sans variation d'énergie mécanique (établi à la question Q16), avec un transfert thermique nul (q = 0) :

h_1 - h_0 = w_u.

Pour un fluide incompressible de volume massique v = 1/\rho \simeq 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}, le travail utile massique reçu réversiblement s'écrit :

w_u = \int_{p_3}^{p_2} v\,\mathrm{d}p = v(p_2 - p_3).

Numériquement, avec p_2 - p_3 \simeq 85{,}8\text{ bar} = 85{,}8 \times 10^5\text{ Pa} :

w_u \simeq 1{,}0 \times 10^{-3} \times 85{,}8 \times 10^5 \simeq 8{,}6\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

Ce travail est négligeable devant les variations d'enthalpie mises en jeu dans le générateur de vapeur et dans la turbine (où \Delta h \sim 10^3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}). Conformément à l'énoncé, qui invite à négliger le travail consommé par la pompe devant les autres termes énergétiques de l'installation, on a :

w_u \simeq 0 \implies \boxed{h_1 \simeq h_0 \simeq 121\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

3. Allure dans le diagramme des frigoristes (p, h) :

Dans le diagramme des frigoristes (p, h), l'enthalpie massique h est en abscisse et la pression p (en échelle logarithmique) est en ordonnée.

L'enthalpie massique restant pratiquement constante au cours de la compression isentropique d'un liquide (h_1 \simeq h_0), la transformation (0 \to 1) est représentée par un segment vertical ascendant (orienté vers le haut, de la basse pression p_3 vers la haute pression p_2).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter les confusions fréquentes entre isenthalpique et isentropique, adiabatique et isotherme, ou phase condensée et gaz parfait.

« entre les termes « isenthalpique » et « isentropique » ; »

« entre les termes « adiabatique » et « isotherme » ; ainsi, il n’est pas rare de lire « isentropique donc adiabatique (réversible) donc la température est constante » ; »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Notions : cycle de hirn, diagramme des frigoristes

Donner le nom des différentes courbes du diagramme des frigoristes du document réponse 1 et y représenter précisément le cycle décrit par le fluide.

Voir l'indice

Identifier les courbes d'ébullition et de rosée délimitant la cloche de saturation. Reporter les différentes transformations (pompage isentropique vertical, réchauffage et vaporisation isobares horizontaux, surchauffe, détente isentropique inclinée, condensation isobare).

Voir la stratégie
  1. Identifier la famille des courbes présentes sur le diagramme des frigoristes (\ln p, h) : courbe de saturation (ébullition, rosée, point critique), isothermes, isentropes, isobares et isovaleurs de titre.
  2. Décrire les différentes étapes du cycle de Hirn en précisant la nature de chaque transformation (isobare, isentropique, etc.) et les coordonnées remarquables des points 0, 1, 1', 2, 2' et 3.
  3. Représenter l'allure du cycle fermé orienté dans le plan (p, h).
Voir la réponse courte

Identification des courbes d'ébullition et de rosée, tracé précis des étapes (pompe, GV, surchauffe, turbine, condenseur).

Voir le corrigé complet

1. Nom des courbes du diagramme (p, h) :

  • Courbe de saturation (courbe en cloche) :

    • branche de gauche (titre en vapeur x = 0) : courbe d'ébullition (sépare le liquide sous-refroidi du mélange liquide-vapeur) ;
    • branche de droite (titre en vapeur x = 1) : courbe de rosée (sépare le mélange diphasé de la vapeur surchauffée) ;
    • le sommet de la cloche est le point critique (T_C = 374\,^\circ\text{C}, p_C = 221\text{ bar}).
  • Isothermes (T = \text{constante}) : quasi-verticales dans le domaine liquide, horizontales sous la cloche (paliers de changement d'état à p = p_{\text{sat}}(T)), puis incurvées vers le bas dans le domaine de la vapeur surchauffée.
  • Isentropes (s = \text{constante}) : courbes de pente positive inclinées vers le haut et la droite, traversant le domaine diphasé et le domaine vapeur.
  • Isobares (p = \text{constante}) : droites horizontales.
  • Isoenthalpiques (h = \text{constante}) : droites verticales.

2. Représentation du cycle de Hirn : Le cycle est décrit par les transformations suivantes :

  • \mathbf{0 \to 1} : compression isentropique de l'eau liquide dans la pompe de p_3 = 0{,}040\text{ bar} à p_2 = 85{,}8\text{ bar}. D'après Q17, h_1 \simeq h_0 = 121\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} : il s'agit d'un segment vertical ascendant longeant la courbe d'ébullition.
  • \mathbf{1 \to 1'} : échauffement isobare (p_2 = 85{,}8\text{ bar}) de l'eau liquide sous-refroidie jusqu'à la température de saturation T_2 = 300\,^\circ\text{C} : segment horizontal vers la droite jusqu'à la courbe d'ébullition (h_{1'} = 1345\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}).
  • \mathbf{1' \to 2} : vaporisation totale isobare et isotherme (p_2 = 85{,}8\text{ bar}, T_2 = 300\,^\circ\text{C}) : palier horizontal traversant le domaine diphasé jusqu'à la courbe de rosée (h_2 = 1345 + 1404 = 2749\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}).
  • \mathbf{2 \to 2'} : surchauffe isobare à p_2 = 85{,}8\text{ bar} dans le domaine vapeur de 300\,^\circ\text{C} à 500\,^\circ\text{C} : segment horizontal vers la droite jusqu'au point 2' (h_{2'} = 3391\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, s_{2'} = 6{,}68\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).
  • \mathbf{2' \to 3} : détente isentropique dans la turbine calorifugée de p_2 = 85{,}8\text{ bar} à p_3 = 0{,}040\text{ bar} : courbe descendante le long de l'isentrope s = 6{,}68\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, aboutissant dans le domaine diphasé au point 3.
  • \mathbf{3 \to 0} : condensation totale isobare et isotherme dans le condenseur à p_3 = 0{,}040\text{ bar} (T_0 = 29\,^\circ\text{C}) : segment horizontal vers la gauche ramenant le fluide au point 0 sur la courbe d'ébullition.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut nommer toutes les courbes sans confondre rosée et ébullition, puis numéroter précisément les états et orienter le cycle.

« Les candidats se contentent souvent de nommer uniquement la courbe de saturation sans allusion aux isothermes, isentropes, isobares, etc. »

« Le jury précise que les courbes de rosée et ébullition sont souvent confondues. »

« Les points représentatifs de l’état du fluide entre deux étapes doivent être précisément repérés (numérotés) et le cycle orienté. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : titre en vapeur, détente isentropique

Calculer, à partir de données du tableau 1 pour plus de précision, le titre massique en vapeur ainsi que l'enthalpie massique de la vapeur à la sortie de la turbine. Positionner le point représentatif de cet état sur le diagramme des frigoristes du document réponse 1.

Voir l'indice

Exprimer l'entropie de mélange s_3 = (1-x_3)s_{l3} + x_3 s_{v3} sachant que la détente est isentropique (s_3 = s_{2'}), en déduire le titre x_3 puis l'enthalpie h_3 = h_{l3} + x_3(h_{v3}-h_{l3}).

Voir la stratégie
  1. La détente dans la turbine calorifugée étant réversible (isentropique), l'entropie massique reste constante entre l'admission (état 2') et l'échappement (état 3) : s_3 = s_{2'}.
  2. L'état 3 étant diphasique à la pression p_3 = 0{,}040\text{ bar}, on applique la règle des moments (ou théorème des segments inverses) sur l'entropie pour déterminer le titre massique en vapeur x_3, puis on en déduit l'enthalpie massique h_3.
  3. On précise les coordonnées (h_3, p_3) pour positionner le point 3 sur le diagramme des frigoristes (p, h).
Voir la réponse courte

Conservation de l'entropie massique lors de la détente pour déterminer le titre massique x_v par théorème des moments, puis h.

Voir le corrigé complet

La turbine est calorifugée (q = 0) et le fonctionnement est supposé réversible, la détente 2' \to 3 est donc isentropique :

s_3 = s_{2'} = 6{,}68\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.

À la sortie de la turbine, le fluide se trouve sous une pression p_3 = 0{,}040\text{ bar} à la température T_0 = 29^\circ\text{C} sous forme d'un mélange liquide-vapeur. D'après le tableau 1, les grandeurs massiques de saturation valent :

  • liquide juste saturé : s_{l3} = 0{,}42\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et h_{l3} = 121\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • vapeur saturante sèche : s_{v3} = 8{,}47\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et h_{v3} = 2554\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

L'entropie massique du mélange s'écrit en fonction du titre massique en vapeur x_3 :

s_3 = (1 - x_3) s_{l3} + x_3 s_{v3} = s_{l3} + x_3 (s_{v3} - s_{l3}).

On en déduit l'expression du titre massique en vapeur :

x_3 = \frac{s_3 - s_{l3}}{s_{v3} - s_{l3}}.

Application numérique :

x_3 = \frac{6{,}68 - 0{,}42}{8{,}47 - 0{,}42} = \frac{6{,}26}{8{,}05} \simeq 0{,}778,

soit un titre massique en vapeur :

\boxed{x_3 \simeq 0{,}78 \quad (77{,}8\,\%)}.

L'enthalpie massique du mélange s'exprime de même selon :

h_3 = (1 - x_3) h_{l3} + x_3 h_{v3} = h_{l3} + x_3 (h_{v3} - h_{l3}).

Application numérique :

\begin{aligned} h_3 &= 121 + 0{,}7776 \times (2554 - 121) \\ &= 121 + 0{,}7776 \times 2433 \simeq 2013\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. \end{aligned}

Soit :

\boxed{h_3 \simeq 2{,}01 \times 10^3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}.

Positionnement du point 3 sur le document réponse 1 : Le point 3 est situé :

  • sous la courbe de rosée, à l'intérieur du domaine diphasique liquide-vapeur ;
  • sur l'isobare horizontale p_3 = 0{,}040\text{ bar} ;
  • à l'abscisse h_3 \simeq 2013\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, qui coïncide géométriquement avec l'intersection de cette isobare et de l'isentropique s = 6{,}68\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} issue du point 2'.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Moins de 20 % de réussite sur le théorème des moments ; les valeurs numériques doivent impérativement être extraites du tableau de données.

« Moins de 20 % des candidats écrivent convenablement le théorème des moments. »

« Seules les valeurs numériques justes et obtenues à partir des données du tableau sont retenues, conformément à la ques tion posée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : rendement thermique, cycle de hirn

Définir et calculer l'efficacité de ce cycle.

Voir l'indice

Définir le rendement thermique comme le rapport du travail mécanique massique net fourni au fluide -\frac{w_u}{q_c} \simeq \frac{h_{2'}-h_3}{h_{2'}-h_1} sur la chaleur massique reçue de la source chaude.

Voir la stratégie
  1. Définir l'efficacité thermique \eta du cycle moteur comme le rapport entre l'énergie utile fournie à l'extérieur (le travail mécanique net récupéré) et l'énergie thermique coûteuse reçue de la source chaude.
  2. Exprimer le travail massique utile de la turbine et le transfert thermique massique reçu dans le générateur de vapeur et le surchauffeur à l'aide du premier principe pour un système ouvert stationnaire (établi en Q16).
  3. Réaliser l'application numérique avec les valeurs d'enthalpies massiques issues de l'énoncé et de la question Q19.
Voir la réponse courte

Définition \eta = -w_u/q_c, lecture ou calcul des enthalpies et évaluation numérique du rendement.

Voir le corrigé complet

Ce cycle étant moteur, l'efficacité thermique (ou rendement) \eta est définie par le quotient de la puissance mécanique nette fournie à l'extérieur par la puissance thermique fournie au fluide par la source chaude. En régime stationnaire, cela revient au bilan massique :

\eta = \frac{-w_{\text{net}}}{q_c}

où :

  • -w_{\text{net}} = -(w_{\text{pompe}} + w_{\text{turb}}) est le travail massique net fourni à l'extérieur. Le travail de la pompe étant négligé selon l'énoncé (w_{\text{pompe}} \simeq 0), on a :

    -w_{\text{net}} \simeq -w_{\text{turb}}

    La turbine étant calorifugée (q_{\text{turb}} = 0), le premier principe en système ouvert (question Q16) donne :

    h_3 - h_{2'} = w_{\text{turb}} \implies -w_{\text{turb}} = h_{2'} - h_3
  • q_c est le transfert thermique massique reçu lors du réchauffage, de la vaporisation et de la surchauffe isobares (1 \to 2'). En l'absence de parties mobiles dans ces échangeurs (w_u = 0) :

    q_c = h_{2'} - h_1 \simeq h_{2'} - h_0

    puisque h_1 \simeq h_0 (question Q17).

L'efficacité thermique de ce cycle s'exprime donc par :

\boxed{ \eta = \frac{h_{2'} - h_3}{h_{2'} - h_0} }

Application numérique : D'après les données de l'énoncé et le résultat de la question Q19 :

  • h_{2'} = 3391\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • h_3 \simeq 2013\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • h_0 = 121\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

On a donc :

\begin{aligned} -w_{\text{turb}} &= 3391 - 2013 = 1378\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \\ q_c &= 3391 - 121 = 3270\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

d'où :

\eta = \frac{1378}{3270} \simeq 0{,}421
\boxed{ \eta \simeq 42\% }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'efficacité doit être argumentée en appliquant le premier principe industriel aux étapes clés pour identifier les transferts utiles et coûteux.

« Les candidats proposent des expressions du rendement sans recul sur le contexte, sans s’interroger sur les différents échanges coûteux et utiles eu égard au cycle décrit par le fluide. »

« Il s’agit donc d’appliquer un premier principe au fluide en écoulement sur les étapes clés afin de relier variation de l’enthalpie et travail récupéré dans la turbine pour faire fonctionner l’alternateur d’une part, variation de l’enthalpie et chaleur apportée au niveau du générateur de vapeur d’autre part. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : théorème de carnot, efficacité de carnot

Établir l'expression de l'efficacité de Carnot d'une machine cyclique ditherme fonctionnant en moteur entre une source chaude à la température et une source froide à la température . La calculer en prenant respectivement pour et les températures minimale et maximale du fluide dans le circuit secondaire. Commenter en justifiant l'écart éventuel avec la valeur de l'efficacité obtenue à la question précédente.

Voir l'indice

Utiliser le théorème de Carnot \eta_C = 1 - T_F/T_C en convertissant impérativement les températures en kelvins, et expliquer l'écart par l'irréversibilité thermique externe lors des échanges de chaleur non isothermes.

Voir la stratégie
  1. Réaliser les bilans du premier et du second principes de la thermodynamique pour un cycle réversible d'une machine ditherme motrice afin d'établir le rendement de Carnot.
  2. Identifier les températures extrêmes T_F et T_C du fluide dans le circuit secondaire à partir des données du texte et calculer la valeur numérique de \eta_C.
  3. Comparer \eta et \eta_C, puis interpréter physiquement l'écart en soulignant la non-isothermie des transferts thermiques le long du cycle de Hirn.
Voir la réponse courte

Expression \eta_C = 1 - T_F/T_C du cycle de Carnot et explication des irréversibilités externes dues aux écarts finis de température.

Voir le corrigé complet

Considérons une masse unité de fluide décrivant un cycle au sein d'une machine ditherme en contact avec deux thermostats de températures respectives T_C (source chaude) et T_F (source froide).

Le premier principe appliqué au fluide sur un cycle (\Delta h = 0) s'écrit :

-w = q_C + q_F

où w désigne le travail net massique reçu, -w > 0 le travail utile fourni, et q_C, q_F les transferts thermiques massiques reçus des sources chaude et froide.

Le second principe appliqué sur ce cycle (\Delta s = 0) s'écrit :

\frac{q_C}{T_C} + \frac{q_F}{T_F} + s_{\text{cr}} = 0

Le cycle de Carnot étant par définition entièrement réversible, l'entropie créée par cycle est nulle (s_{\text{cr}} = 0), d'où :

q_F = - q_C \frac{T_F}{T_C}

L'efficacité thermique motrice s'en déduit immédiatement :

\eta_C = \frac{-w}{q_C} = \frac{q_C + q_F}{q_C} = 1 + \frac{q_F}{q_C} = 1 - \frac{T_F}{T_C}
\boxed{\eta_C = 1 - \frac{T_F}{T_C}}

Application numérique : D'après les données du sujet pour le circuit secondaire :

  • Température minimale : T_F = T_0 = 29\,{^\circ\text{C}} = 302{,}15\text{ K} ;
  • Température maximale : T_C = T_{2'} = 500\,{^\circ\text{C}} = 773{,}15\text{ K}.
\eta_C = 1 - \frac{302{,}15}{773{,}15} \simeq 0{,}609
\boxed{\eta_C \simeq 61\,\%}

Commentaire et justification de l'écart : À la question Q20, l'efficacité obtenue est \eta \simeq 42\,\%, ce qui vérifie bien le théorème de Carnot :

\eta < \eta_C

Cet écart s'explique par les raisons physiques suivantes :

  • Le cycle de Hirn n'est pas un cycle de Carnot car l'apport thermique depuis la source chaude n'est pas isotherme : l'eau subit d'abord un échauffement liquide sensible de 29\,{^\circ\text{C}} à 300\,{^\circ\text{C}}, puis une vaporisation à 300\,{^\circ\text{C}}, et enfin une surchauffe de 300\,{^\circ\text{C}} à 500\,{^\circ\text{C}}. La température thermodynamique moyenne d'admission de la chaleur \overline{T}_C est donc nettement inférieure à la température maximale T_C = 500\,{^\circ\text{C}}, ce qui abaisse le rendement maximal théorique \left(1 - \frac{T_F}{\overline{T}_C}\right).
  • Des irréversibilités thermiques externes existent nécessairement lors des échanges de chaleur sous un écart fini de température avec les sources extérieures.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le schéma et les principes thermodynamiques doivent utiliser des conventions de signe cohérentes, avec des températures exprimées en kelvins.

« Néanmoins, la convention d’orientation qu’il choisit pour orienter les transferts dans le schéma de principe doit être en cohérence avec les signes et la formulation des premier et second principes »

« L’application numérique doit être effectuée avec des températures en kelvins et non en degrés Celsius. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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C · Cycle à double surchauffe

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Schéma ou tracé

Notions : cycle à surchauffe, diagramme des frigoristes

Représenter précisément le cycle décrit par le fluide dans le diagramme des frigoristes du document réponse 1. Définir et calculer l'efficacité de ce cycle.

Voir l'indice

Représenter sur le diagramme (p,h) les deux détentes successives avec le réchauffage intermédiaire à pression intermédiaire, et sommer les apports thermiques au dénominateur et les travaux des deux turbines au numérateur.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de chaque transformation du cycle à double surchauffe et placer successivement les états sur le diagramme des frigoristes (p, h).
  2. Relever ou calculer les enthalpies massiques associées aux différents états clés (4, 4' et 5).
  3. Exprimer le transfert thermique massique reçu de la source chaude q_c et le travail mécanique massique utile fourni -w_u, puis en déduire l'efficacité \eta et réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Tracé de la détente étagée avec resurchauffe et calcul du nouveau rendement thermique.

Voir le corrigé complet

1. Représentation du cycle sur le diagramme des frigoristes (p, h) :

Le cycle se décompose selon les étapes suivantes :

  • 0 \to 1 : compression isentropique dans la pompe d'alimentation du liquide saturé de p_3 = 0{,}040\text{ bar} à p_2 = 85{,}8\text{ bar}. L'eau liquide étant quasi-incompressible, cette étape est représentée par un segment vertical le long de l'isotherme T_0 \simeq T_1 = 29\,^\circ\text{C}, avec h_1 \simeq h_0 = 121\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • 1 \to 1' \to 2 \to 2' : échauffement, vaporisation complète et première surchauffe à la pression constante p_2 = 85{,}8\text{ bar} dans le générateur de vapeur puis le surchauffeur, jusqu'à la température T_{2'} = 500\,^\circ\text{C} (segment horizontal h_1 \to h_{1'} \to h_2 \to h_{2'}). Le point 2' est situé à h_{2'} = 3391\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et s_{2'} = 6{,}68\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
  • 2' \to 4 : détente isentropique dans la turbine haute pression (HP) le long de l'isentrope s = s_{2'} = 6{,}68\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} jusqu'à atteindre l'isotherme T_4 = 300\,^\circ\text{C}. L'intersection de l'isentrope s = 6{,}68\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et de l'isotherme T_4 = 300\,^\circ\text{C} fixe l'état 4 :

    p_4 \simeq 23\text{ bar} \quad \text{et} \quad h_4 \simeq 3020\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • 4 \to 4' : seconde surchauffe isobare à la pression intermédiaire p_4 \simeq 23\text{ bar} jusqu'à la température T_{4'} = 500\,^\circ\text{C}. L'intersection de l'isobare p_4 avec l'isotherme 500\,^\circ\text{C} donne l'état 4' :

    h_{4'} \simeq 3465\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \quad \text{et} \quad s_{4'} \simeq 7{,}38\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
  • 4' \to 5 : détente isentropique dans la turbine basse pression (BP) le long de l'isentrope s = s_{4'} \simeq 7{,}38\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} jusqu'à la basse pression du condenseur p_3 = 0{,}040\text{ bar}. L'état 5 se trouve dans le domaine diphasique :

    \begin{aligned} x_5 &= \frac{s_{4'} - s_{l3}}{s_{v3} - s_{l3}} = \frac{7{,}38 - 0{,}42}{8{,}47 - 0{,}42} \simeq 0{,}865, \\ h_5 &= h_{l3} + x_5 (h_{v3} - h_{l3}) = 121 + 0{,}865 \times (2554 - 121) \simeq 2225\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. \end{aligned}
  • 5 \to 0 : condensation isobare et isotherme totale à p_3 = 0{,}040\text{ bar} et T_0 = 29\,^\circ\text{C} (segment horizontal vers la gauche jusqu'à la courbe d'ébullition).

2. Définition et expression de l'efficacité du cycle :

L'efficacité \eta d'un cycle moteur est le rapport du travail mécanique massique net fourni au milieu extérieur -w_u sur le transfert thermique massique total reçu de la source chaude q_c :

\eta = \frac{-w_u}{q_c}.

Le travail utile est fourni lors des deux détentes dans les turbines (le travail de la pompe étant négligé) :

-w_u = -w_{u,\text{HP}} - w_{u,\text{BP}} = (h_{2'} - h_4) + (h_{4'} - h_5).

La chaleur est fournie par la source chaude lors de la première chauffe/surchauffe (1 \to 2') et lors de la seconde surchauffe (4 \to 4') :

q_c = (h_{2'} - h_1) + (h_{4'} - h_4).

En utilisant h_1 \simeq h_0, l'efficacité s'écrit :

\boxed{\eta = \frac{(h_{2'} - h_4) + (h_{4'} - h_5)}{(h_{2'} - h_0) + (h_{4'} - h_4)} = 1 - \frac{h_5 - h_0}{(h_{2'} - h_0) + (h_{4'} - h_4)}}

3. Calcul numérique de l'efficacité :

Avec les valeurs relevées et calculées :

\begin{aligned} -w_u &= (3391 - 3020) + (3465 - 2225) = 371 + 1240 = 1611\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, \\ q_c &= (3391 - 121) + (3465 - 3020) = 3270 + 445 = 3715\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, \end{aligned}

ce qui donne :

\eta = \frac{1611}{3715} \simeq 0{,}434.
\boxed{\eta \simeq 43\%}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas confondre une fraction x5 proche de 1 avec une égalité stricte, et justifier chaque valeur numérique de transfert avant le calcul du rendement.

« Une fraction de vapeur x5 proche de 1 a été interprétée comme une égalité stricte par de nombreux candidats, nécessitant de remettre en question l’une ou l’autre des hypothèses de travail. »

« Comme pour la question Q20., toute valeur numérique de transferts avancée doit être précédée d’une explication. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

Question déjà tombée ailleurs

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D · Cycle réel d'une tranche nucléaire

Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : bilan d'énergie, centrale nucléaire

Calculer l'efficacité du cycle en vous appuyant notamment sur les caractéristiques thermodynamiques du cycle fournies dans le tableau 2. En déduire la puissance disponible aux bornes de l'alternateur. En réalité, cette puissance disponible n'est que de 960 MW : proposer une explication.

Voir l'indice

Calculer la puissance totale fournie par les turbines en sommant les variations de débit enthalpique sur chaque tronçon entre soutirages, la rapporter à la puissance thermique reçue au générateur de vapeur, et justifier l'écart par le rendement de l'alternateur et les auxiliaires.

Voir la stratégie
  1. Exprimer et calculer la puissance thermique \mathcal{P}_{\text{th}} fournie au circuit secondaire dans les échangeurs principaux (générateurs de vapeur) à l'aide des données du tableau 2.
  2. Réaliser un bilan d'énergie en système ouvert stationnaire sur les deux corps de turbine (haute pression HP et basse pression BP), supposés adiabatiques, pour déterminer la puissance mécanique totale \mathcal{P}_{\text{méc}} recueillie sur l'arbre.
  3. En déduire l'efficacité thermique \eta = \frac{\mathcal{P}_{\text{méc}}}{\mathcal{P}_{\text{th}}} et la puissance théorique transmise à l'alternateur, puis analyser les causes physiques et technologiques de l'écart avec la valeur réelle mesurée de 960\text{ MW}.
Voir la réponse courte

Calcul du rendement net, déduction de la puissance électrique et justification des écarts par les rendements alternateur et auxiliaires.

Voir le corrigé complet

1. Puissance thermique fournie au fluide secondaire
Dans les échangeurs principaux (générateurs de vapeur), l'eau du circuit secondaire reçoit un transfert thermique de la part du circuit primaire. D'après le premier principe pour un fluide en écoulement stationnaire sans échange de travail utile ni variation d'énergie mécanique :

\mathcal{P}_{\text{th}} = D_{m,\text{GV}} \left( h_{\text{sortie GV}} - h_{\text{entrée GV}} \right)

D'après le tableau 2 :

\begin{aligned} D_{m,\text{GV}} &= 5412{,}1\text{ t}\cdot\text{h}^{-1} = \frac{5412{,}1 \times 10^3}{3600}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 1503{,}36\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \\ h_{\text{sortie GV}} &= 2788{,}4\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \\ h_{\text{entrée GV}} &= 941{,}7\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

On obtient :

\mathcal{P}_{\text{th}} = \frac{5412{,}1 \times 10^3}{3600} \times (2788{,}4 - 941{,}7) \times 10^3 = 2{,}776 \times 10^9\text{ W} = 2776\text{ MW}

On retrouve précisément la puissance thermique totale développée dans le cœur P_1 = 2776\text{ MW} donnée dans la partie I.

2. Puissance mécanique délivrée par les turbines
Les turbines sont calorifugées (détentes adiabatiques). En régime stationnaire, la puissance mécanique utile fournie par le fluide à chaque turbine est égale à la différence entre le flux d'enthalpie entrant et la somme des flux d'enthalpie sortants :

\mathcal{P} = D_{m,\text{entrée}} h_{\text{entrée}} - \sum_{\text{sorties}} D_{m,i} h_i

\bullet Turbine haute pression (HP) : Le fluide entre à l'admission et ressort par trois soutirages (6, 5 et 4) et à l'échappement vers le sécheur-surchauffeur :

\mathcal{P}_{\text{HP}} = D_{m,\text{adm,HP}} h_{\text{adm,HP}} - \left( D_{m,6} h_6 + D_{m,5} h_5 + D_{m,4} h_4 + D_{m,\text{éch,HP}} h_{\text{éch,HP}} \right)

On vérifie la conservation du débit massique :

214{,}3 + 208{,}4 + 402{,}1 + 4177{,}1 = 5001{,}9\text{ t}\cdot\text{h}^{-1} = D_{m,\text{adm,HP}}

Comme h_4 = h_{\text{éch,HP}} = 2562{,}8\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, l'application numérique donne :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\text{HP}} &= \frac{10^3}{3600} \times \left[ 5001{,}9 \times 2787{,}1 - \left( 214{,}3 \times 2682{,}5 + 208{,}4 \times 2622{,}6 + 4579{,}2 \times 2562{,}8 \right) \right] \times 10^3 \\ &= \frac{1\,083\,812{,}14 \times 10^6}{3600}\text{ W} \simeq 301{,}06\text{ MW} \end{aligned}

\bullet Turbine basse pression (BP) : Le fluide entre à l'admission de la BP et sort par trois soutirages (3, 2 et 1) et par l'échappement vers le condenseur :

\mathcal{P}_{\text{BP}} = D_{m,\text{adm,BP}} h_{\text{adm,BP}} - \left( D_{m,3} h_3 + D_{m,2} h_2 + D_{m,1} h_1 + D_{m,\text{cond}} h_{\text{cond}} \right)

On vérifie également la conservation du débit massique :

281{,}4 + 235{,}4 + 134{,}2 + 3053{,}0 = 3704{,}0\text{ t}\cdot\text{h}^{-1} = D_{m,\text{adm,BP}}

L'application numérique donne :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\text{BP}} &= \frac{10^3}{3600} \times \left[ 3704{,}0 \times 2970{,}4 - \left( 281{,}4 \times 2731{,}5 + 235{,}4 \times 2538{,}9 + 134{,}2 \times 2377{,}8 + 3053{,}0 \times 2242{,}2 \right) \right] \times 10^3 \\ &= \frac{2\,471\,523{,}08 \times 10^6}{3600}\text{ W} \simeq 686{,}53\text{ MW} \end{aligned}

La puissance mécanique totale recueillie sur la ligne d'arbre s'élève donc à :

\mathcal{P}_{\text{méc}} = \mathcal{P}_{\text{HP}} + \mathcal{P}_{\text{BP}} = 301{,}06 + 686{,}53 \simeq 987{,}6\text{ MW}

3. Efficacité du cycle
L'efficacité thermodynamique du cycle est le rapport de la puissance mécanique totale fournie par les turbines sur la puissance thermique reçue au générateur de vapeur :

\eta = \frac{\mathcal{P}_{\text{méc}}}{\mathcal{P}_{\text{th}}} = \frac{987{,}6}{2776} \simeq 0{,}356 = 35{,}6\%
\boxed{\eta \simeq 35{,}6\%}

4. Puissance disponible aux bornes de l'alternateur
En supposant un alternateur idéal sans pertes (\eta_{\text{alt}} = 1) et en négligeant le travail des pompes, la puissance disponible est égale à la puissance mécanique sur l'arbre :

\boxed{\mathcal{P}_{\text{alt,th}} = \mathcal{P}_{\text{méc}} \simeq 988\text{ MW}}

5. Explication de l'écart avec la valeur réelle de 960\text{ MW}
La puissance électrique nette disponible (960\text{ MW}) est inférieure à la puissance mécanique calculée (988\text{ MW}) en raison de plusieurs pertes incontournables :

  • le rendement électromécanique de l'alternateur \eta_{\text{alt}} < 1 (pertes par effet Joule dans les bobinages, pertes magnétiques fer et frottements mécaniques dans les paliers, typiquement \eta_{\text{alt}} \approx 98 à 98{,}5\%, ce qui représente déjà environ 15 à 20\text{ MW} de pertes) ;
  • la puissance mécanique ou électrique consommée par les auxiliaires de tranche indispensables au fonctionnement en continu, en premier lieu les pompes alimentaires et les pompes de circulation d'eau de refroidissement du condenseur.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question abordée par moins de 4 % des candidats : il fallait exploiter les débits et enthalpies pour les puissances sur les turbines et l'échangeur.

« Cette question est abordée par moins de 4 % des candidats. Il s’agit d’extraire les données utiles des débits et enthalpies permettant de calculer la puissance utile récupérée au niveau des turbines HP et BP, ainsi que la puissance thermique transférée au fluide entre l’entrée et la sortie de l’échangeur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Partie III : Étude de l'alternateur

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, impédance complexe

Déterminer l'expression de l'intensité du courant qui circule dans la spire en régime sinusoïdal forcé.

Voir l'indice

Calculer le flux magnétique à travers la spire \Phi(t) = B S \cos(\omega t), en déduire la force électromotrice induite e(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t}, puis utiliser la notation complexe dans un circuit (R, L) série.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux du champ magnétique extérieur \vec{B} à travers la spire en fonction du temps, compte tenu de sa rotation à la vitesse angulaire \omega.
  2. Appliquer la loi de Faraday et la loi des mailles en tenant compte de la résistance R et de l'inductance propre L de la spire.
  3. Résoudre l'équation différentielle en régime sinusoïdal forcé par la méthode des amplitudes complexes pour obtenir i(t).
Voir la réponse courte

Calcul de la fem induite par variation de flux puis détermination de l'intensité complexe avec impédance R + jL\omega.

Voir le corrigé complet

Le champ magnétique extérieur est uniforme et stationnaire : \vec{B} = B\,\vec{u}_x. À l'instant t, l'axe normal \vec{n}(t) à la spire, orienté selon la règle de la main droite avec le sens positif du courant i(t), forme l'angle \theta(t) = \omega t avec l'axe (Ox) :

\vec{n}(t) = \cos(\omega t)\,\vec{u}_x + \sin(\omega t)\,\vec{u}_y.

Le flux magnétique extérieur à travers la spire de surface S s'écrit donc :

\Phi_{\text{ext}}(t) = \iint_S \vec{B} \cdot \vec{n}\,\mathrm{d}S = B S \cos(\omega t).

D'après la loi de Faraday, la force électromotrice induite d'origine extérieure est :

e_{\text{ext}}(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi_{\text{ext}}}{\mathrm{d}t} = B S \omega \sin(\omega t).

En tenant compte du phénomène d'auto-induction lié à l'inductance propre L, le flux propre est \Phi_p = L i(t), soit une force électromotrice d'auto-induction e_p(t) = -L \frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}. La loi des mailles appliquée à la spire fermée sur elle-même de résistance R donne :

e_{\text{ext}}(t) - L\frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} = R i(t),

soit l'équation différentielle linéaire régissant le courant :

L\frac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t} + R i(t) = B S \omega \sin(\omega t).

En régime sinusoïdal forcé à la pulsation \omega, en associant à e_{\text{ext}}(t) = \operatorname{Im}\left(B S \omega \mathrm{e}^{j\omega t}\right) l'amplitude complexe \underline{E}_0 = B S \omega, le courant s'écrit i(t) = \operatorname{Im}\left(\underline{I}_0 \mathrm{e}^{j\omega t}\right) avec :

\begin{aligned} \underline{I}_0 &= \frac{\underline{E}_0}{R + j L \omega} = \frac{B S \omega}{\sqrt{R^2 + L^2 \omega^2}}\,\mathrm{e}^{-j\varphi}, \end{aligned}

où \varphi désigne le déphasage défini par \tan\varphi = \frac{L\omega}{R} avec \varphi \in \left[0, \frac{\pi}{2}\right[.

En revenant à l'expression temporelle, on obtient :

\boxed{i(t) = \frac{B S \omega}{\sqrt{R^2 + L^2 \omega^2}} \sin(\omega t - \varphi) \quad \text{avec} \quad \tan\varphi = \frac{L\omega}{R}}

ou, sous forme développée :

i(t) = \frac{B S \omega}{R^2 + L^2 \omega^2} \left[ R \sin(\omega t) - L\omega \cos(\omega t) \right].

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un tiers seulement des schémas équivalents sont exploitables ; respecter les conventions des composants et ne pas invoquer le théorème d'Ampère.

« la majorité des candidats réalise un schéma équivalent pour en extraire une équation différentielle satisfaite par le courant induit en régime sinusoïdal forcé, mais un tiers d’entre eux seulement produit un schéma exploitable. »

« Certains cherchent à utiliser le théorème d’Ampère de la magnétostatique pour exprimer ce qu’ils considèrent être l’intensité d’un courant ienlacé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace, couple électromagnétique

Obtenir l'expression de la valeur moyenne de la projection sur l'axe du moment du couple exercé par sur la spire en rotation. Interpréter son signe.

Voir l'indice

Calculer le moment dipolaire \vec{M}(t) = i(t)S\vec{n}, appliquer \vec{\Gamma} = \vec{M}\wedge\vec{B}, projeter sur l'axe Oz et prendre la moyenne temporelle de \sin(\omega t - \varphi)\sin(\omega t). Le signe négatif illustre la loi de Lenz (couple résistant).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment magnétique \vec{M}(t) de la spire et calculer le moment du couple des forces de Laplace \vec{\Gamma}(t) = \vec{M}(t) \wedge \vec{B}.
  2. Projeter \vec{\Gamma}(t) sur l'axe (Oz) puis déterminer sa moyenne temporelle \langle \Gamma_z \rangle en utilisant l'intensité i(t) issue de la question Q24 et la formule trigonométrique fournie.
  3. Interpréter physiquement le signe négatif de \langle \Gamma_z \rangle au regard de la loi de Lenz (couple résistant).
Voir la réponse courte

Moment magnétique en produit vectoriel avec \vec{B}, moyenne temporelle négative traduisant le couple résistant de Lenz.

Voir le corrigé complet

Le rotor est modélisé par une spire plane de surface S, de normale unitaire \vec{n}(t), parcourue par le courant i(t). Son moment magnétique dipolaire s'écrit :

\vec{M}(t) = i(t)\, S\, \vec{n}(t).

D'après la figure 7, l'angle entre \vec{u}_x et la normale \vec{n}(t) vaut \omega t, de sorte que :

\vec{n}(t) = \cos(\omega t)\,\vec{u}_x + \sin(\omega t)\,\vec{u}_y.

Le champ magnétique est uniforme et constant : \vec{B} = B\,\vec{u}_x. Le moment du couple subi par la spire vaut alors :

\begin{aligned} \vec{\Gamma}(t) &= \vec{M}(t) \wedge \vec{B} \\ &= i(t)\, S\, \bigl(\cos(\omega t)\,\vec{u}_x + \sin(\omega t)\,\vec{u}_y\bigr) \wedge \bigl(B\,\vec{u}_x\bigr) \\ &= i(t)\, S B \sin(\omega t)\, (\vec{u}_y \wedge \vec{u}_x) \\ &= - i(t)\, S B \sin(\omega t)\, \vec{u}_z. \end{aligned}

La projection de ce couple sur l'axe de rotation (Oz) est donc :

\Gamma_z(t) = - B S\, i(t) \sin(\omega t).

D'après la question Q24, l'intensité en régime sinusoïdal forcé s'écrit :

i(t) = I_0 \sin(\omega t - \varphi) \quad \text{avec} \quad I_0 = \frac{B S \omega}{\sqrt{R^2 + L^2\omega^2}} \quad \text{et} \quad \tan\varphi = \frac{L\omega}{R} \quad \left(\varphi \in \left[0, \frac{\pi}{2}\right[\right).

En injectant cette expression dans \Gamma_z(t) :

\Gamma_z(t) = - B S I_0 \sin(\omega t)\sin(\omega t - \varphi).

À l'aide de la formule trigonométrique donnée dans l'énoncé, \sin a \sin b = \frac{1}{2}\bigl[\cos(a-b) - \cos(a+b)\bigr] :

\sin(\omega t)\sin(\omega t - \varphi) = \frac{1}{2}\bigl[\cos\varphi - \cos(2\omega t - \varphi)\bigr].

Le terme \cos(2\omega t - \varphi) étant de moyenne temporelle nulle, la valeur moyenne de la projection du moment du couple s'écrit :

\langle \Gamma_z \rangle = -\frac{1}{2} B S I_0 \cos\varphi.

Or, à partir du triangle des impédances, on a :

\cos\varphi = \frac{R}{\sqrt{R^2 + L^2\omega^2}}.

En remplaçant I_0 et \cos\varphi par leurs expressions :

\begin{aligned} \langle \Gamma_z \rangle &= -\frac{1}{2} B S \left(\frac{B S \omega}{\sqrt{R^2 + L^2\omega^2}}\right) \left(\frac{R}{\sqrt{R^2 + L^2\omega^2}}\right) \\ &= -\frac{B^2 S^2 \omega R}{2(R^2 + L^2\omega^2)}. \end{aligned}
\boxed{\langle \Gamma_z \rangle = -\frac{1}{2} B S I_0 \cos\varphi = -\frac{B^2 S^2 \omega R}{2\left(R^2 + L^2\omega^2\right)}}

Interprétation du signe : Puisque R > 0, \omega > 0, B > 0 et S > 0, la moyenne \langle \Gamma_z \rangle est strictement négative. Le vecteur rotation de la spire étant orienté selon +\vec{u}_z, ce moment s'oppose à la rotation imposée : il s'agit d'un couple de freinage (ou couple résistant). Ce résultat illustre la loi de modération de Lenz, selon laquelle les effets induits (ici les forces de Laplace) s'opposent à la cause qui leur a donné naissance (la rotation du rotor).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interprétation physique du signe de la projection du moment du couple doit être reliée à la loi de Lenz.

« Le lien entre le signe de la projection du moment du couple en projection et la loi de Lenz n’est que trop rarement évoqué ; aussi, les interprétations du signe proposées sont généralement peu satisfaisantes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : bilan de puissance, effet joule

Déterminer la puissance mécanique moyenne de la turbine qui entraîne le rotor de cet alternateur, ainsi que la puissance moyenne dissipée par effet Joule. Comparer ces deux puissances.

Voir l'indice

Calculer \langle \mathcal{P}_{\text{méc}}\rangle = -\langle \Gamma_z \rangle \omega et la puissance dissipée par effet Joule R \langle i^2 \rangle, puis vérifier l'égalité traduisant la conservation de l'énergie en régime stationnaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le couple exercé par la turbine sur le rotor à l'aide du théorème du moment cinétique en régime de rotation uniforme (\omega = \text{cte}), puis en déduire la puissance mécanique moyenne fournie.
  2. Calculer la puissance moyenne dissipée par effet Joule dans la spire à partir de l'expression de l'intensité établie en question Q24.
  3. Comparer les deux puissances et interpréter le résultat sous l'angle du principe de conservation de l'énergie.
Voir la réponse courte

Égalité en moyenne de la puissance mécanique fournie par la turbine et de la puissance électrique dissipée par effet Joule.

Voir le corrigé complet

1. Puissance mécanique moyenne de la turbine

Le rotor tourne à la vitesse angulaire \omega constante autour de l'axe fixe (Oz) et les frottements mécaniques sont négligés. D'après le théorème du moment cinétique appliqué au rotor et projeté sur l'axe (Oz) :

J_z \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}t} = 0 = \Gamma_{\text{turb}} + \Gamma_z \implies \Gamma_{\text{turb}}(t) = -\Gamma_z(t)

où \Gamma_{\text{turb}} désigne le moment exercé par la turbine et \Gamma_z le moment des forces de Laplace calculé à la question Q25.

La puissance mécanique instantanée délivrée par la turbine au rotor est :

\mathcal{P}_{\text{turb}}(t) = \Gamma_{\text{turb}}(t) \, \omega = -\Gamma_z(t) \, \omega

En prenant la moyenne temporelle et en utilisant le résultat de la question Q25 :

\langle \mathcal{P}_{\text{turb}} \rangle = -\langle \Gamma_z \rangle \, \omega = -\left(-\frac{B^2 S^2 \omega R}{2(R^2 + L^2 \omega^2)}\right) \omega
\boxed{\langle \mathcal{P}_{\text{turb}} \rangle = \frac{B^2 S^2 \omega^2 R}{2(R^2 + L^2 \omega^2)}}

2. Puissance moyenne dissipée par effet Joule

La puissance instantanée dissipée par effet Joule dans la spire de résistance R s'écrit :

\mathcal{P}_J(t) = R \, i^2(t)

Le courant étant purement sinusoïdal d'amplitude I_0 = \frac{B S \omega}{\sqrt{R^2 + L^2 \omega^2}} (question Q24), la valeur moyenne du carré de l'intensité vaut \langle i^2 \rangle = \frac{1}{2} I_0^2. On en déduit :

\langle \mathcal{P}_J \rangle = \frac{1}{2} R I_0^2 = \frac{1}{2} R \frac{B^2 S^2 \omega^2}{R^2 + L^2 \omega^2}
\boxed{\langle \mathcal{P}_J \rangle = \frac{B^2 S^2 \omega^2 R}{2(R^2 + L^2 \omega^2)}}

3. Comparaison des deux puissances

On constate l'égalité rigoureuse entre ces deux grandeurs :

\boxed{\langle \mathcal{P}_{\text{turb}} \rangle = \langle \mathcal{P}_J \rangle}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convient de vérifier la cohérence du résultat avec le théorème de la conversion de puissance.

« Ne pas retrouver un résultat conforme au théorème de la conversion de puissance doit alerter les candidats. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Partie IV : Contrôle de la concentration en bore dans le circuit primaire

A · Titrage pH-métrique

Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI

Notions : constante d'équilibre, complexation

Calculer la constante d'équilibre K de la réaction de formation de , avec un coefficient stœchiométrique unité, à partir de l'acide borique et du D-mannitol aqueux à 25 °C. Commenter le résultat.

Voir l'indice

Exprimer la réaction globale comme la somme des équations (IV.1) et (IV.2) pour exprimer K en fonction de K_a et K_2. Conclure sur le renforcement du caractère acide.

Voir la réponse courte

Combinaison des constantes d'équilibre acido-basique et de formation de complexe, montrant que le complexe est très stable.

Voir le corrigé complet

La réaction de formation du complexe \mathrm{C}^-_{(\mathrm{aq})} à partir de l'acide borique et du d-mannitol \mathrm{M}_{(\mathrm{aq})} s'obtient en combinant les deux équilibres fournis :

\begin{align*} \mathrm{H}_3\mathrm{BO}_{3(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} &= \mathrm{B(OH)}_4^-{}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} &\qquad& K_a = 10^{-\mathrm{p}K_a} = 10^{-9{,}25} \tag{\text{IV.1}} \\ \mathrm{B(OH)}_4^-{}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})} &= \mathrm{C}^-_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} &\qquad& K_2 = 10^5 \tag{\text{IV.2}} \end{align*}

En sommant membre à membre ces deux équations chimiques, on élimine l'intermédiaire \mathrm{B(OH)}_4^-{}_{(\mathrm{aq})} :

\mathrm{H}_3\mathrm{BO}_{3(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{C}^-_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}

Cette équation présente bien un coefficient stœchiométrique égal à l'unité pour \mathrm{C}^-_{(\mathrm{aq})}. La constante d'équilibre thermodynamique associée s'écrit :

K = \frac{a_{\mathrm{C}^-} \, a_{\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+} \, a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}{a_{\mathrm{H}_3\mathrm{BO}_3} \, a_{\mathrm{M}}^2} = \underbrace{\left(\frac{a_{\mathrm{B(OH)}_4^-} \, a_{\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+}}{a_{\mathrm{H}_3\mathrm{BO}_3} \, a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^2}\right)}_{K_a} \times \underbrace{\left(\frac{a_{\mathrm{C}^-} \, a_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}}^4}{a_{\mathrm{B(OH)}_4^-} \, a_{\mathrm{M}}^2}\right)}_{K_2} = K_a \cdot K_2

D'où l'application numérique à 25\text{ }^\circ\mathrm{C} :

K = 10^{-9{,}25} \times 10^5 = 10^{-4{,}25}
\boxed{K \simeq 5{,}6 \times 10^{-5} \quad (\text{soit } \mathrm{p}K = 4{,}25)}

Commentaire : La constante d'acidité propre de l'acide borique est très faible (\mathrm{p}K_a = 9{,}25), ce qui rend son titrage direct par la soude impossible avec une détection précise du saut de pH (saut trop faible et étalé). L'addition de d-mannitol consomme les ions tétrahydroxoborate \mathrm{B(OH)}_4^- par complexation (K_2 = 10^5 \gg 1), déplaçant ainsi l'équilibre de dissociation acide vers la droite selon la loi de modération de Le Chatelier. L'acidité globale est renforcée de 5 unités de \mathrm{p}K (\mathrm{p}K = 4{,}25), ce qui permet un titrage \mathrm{pH}-métrique quantitatif et précis.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter les erreurs élémentaires sur les logarithmes et ne pas confondre arguments thermodynamiques et cinétiques dans le commentaire.

« Trop de candidats assimilent le logarithme d’un produit au produit des logarithmes. »

« Il n’est pas rare de constater des confusions entre arguments thermodynamique et cinétique de la transformation. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : constante d'acidité, pka apparent

Exprimer en fonction de , et de la concentration standard .

Voir l'indice

Relier K_{a,\text{app}} à la constante K en tenant compte du terme [M]^2/(c^\circ)^2 issu de la loi d'action de masse.

Voir la réponse courte

Définition de l'acidité apparente en présence d'un grand excès de polyol : \mathrm{pK}_{a,\mathrm{app}} = \mathrm{pK} - 2\log([\mathrm{M}]/c^\circ).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q27, la réaction globale régissant la formation de l'ion complexe \mathrm{C}^-_{(\mathrm{aq})} s'écrit :

\mathrm{H_3BO}_{3(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{C}^-_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H_3O}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H_2O}_{(\ell)}

En assimilant les activités des espèces en solution diluée à leurs concentrations adimensionnées (a_i = [i]/c^\circ) et en prenant pour le solvant eau a_{\mathrm{H_2O}} = 1, la constante d'équilibre K s'exprime par la loi d'action de masse :

K = \frac{a_{\mathrm{C}^-} \, a_{\mathrm{H_3O}^+}}{a_{\mathrm{H_3BO}_3} \, a_{\mathrm{M}}^2}

L'activité du D-mannitol en solution s'écrivant a_{\mathrm{M}} = \dfrac{[\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})}]}{c^\circ}, on reconnaît dans le quotient d'activités la constante d'acidité apparente K_{a,\mathrm{app}} = \dfrac{a_{\mathrm{C}^-} \, a_{\mathrm{H_3O}^+}}{a_{\mathrm{H_3BO}_3}} définie par l'énoncé :

K = \frac{K_{a,\mathrm{app}}}{\left(\dfrac{[\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})}]}{c^\circ}\right)^2} \iff K_{a,\mathrm{app}} = K \left(\frac{[\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})}]}{c^\circ}\right)^2

En prenant le cologarithme décimal (-\log) de part et d'autre, il vient :

\begin{aligned} \mathrm{pK}_{a,\mathrm{app}} &= -\log K_{a,\mathrm{app}} \\ &= -\log K - \log\left[\left(\frac{[\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})}]}{c^\circ}\right)^2\right] \\ &= \mathrm{pK} - 2\log\left(\frac{[\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})}]}{c^\circ}\right) \end{aligned}
\boxed{\mathrm{pK}_{a,\mathrm{app}} = \mathrm{pK} - 2\log\left(\frac{[\mathrm{M}_{(\mathrm{aq})}]}{c^\circ}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs de signe et à ne pas introduire un facteur 20 par confusion avec le gain en décibels.

« De nombreuses erreurs de signe sont relevées. Il apparait parfois un facteur 20, par suite d’une confusion avec la définition du gain en dB. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en PCSI

Notions : titrage acido-basique, diagramme de distribution

Déterminer ainsi que les valeurs de notées respectivement , et ayant conduit à chacune des courbes (a), (b) et (c).

Relecture : un point de ce corrigé reste à confirmer. Vérifiez le raisonnement avec votre cours. Pourquoi ?

Voir l'indice

Repérer le saut de pH à l'équivalence pour déterminer le volume équivalent commun V_{B,\text{eq}}, en déduire C_0 par neutralisation à une mole pour une mole, puis utiliser les pH à la demi-équivalence pour déterminer les \mathrm{pK}_{a,\text{app}} et les masses x correspondantes.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le volume équivalent V_{B,\text{eq}} commun aux trois titrages pour calculer la concentration C_0 de la solution initiale d'acide borique.
  2. Identifier la courbe correspondant à x = 0 en comparant le pH à la demi-équivalence (V_B = V_{B,\text{eq}}/2 = 5{,}0\text{ mL}) au \mathrm{pK}_a = 9{,}25 de l'acide borique seul.
  3. Pour les deux autres courbes, lire le pH à la demi-équivalence égal au \mathrm{pK}_{a,\text{app}}, en déduire la concentration en D-mannitol [\text{M}] via la relation établie en Q28, puis la masse x correspondante.
Voir la réponse courte

Exploitation du volume équivalent pour trouver C_0 et détermination de la constante apparente selon la dose de mannitol ajoutée.

Voir le corrigé complet

1. Détermination de la concentration C_0

La réaction support du titrage s'écrit globalement :

\mathrm{H_3BO_3(aq)} + 2\,\mathrm{M(aq)} + \mathrm{HO^-(aq)} = \mathrm{C^-(aq)} + 3\,\mathrm{H_2O}

ou, en l'absence de mannitol :

\mathrm{H_3BO_3(aq)} + \mathrm{HO^-(aq)} = \mathrm{B(OH)_4^-(aq)}

Dans tous les cas, la stœchiométrie entre l'acide borique et les ions hydroxyde est de 1 pour 1. La quantité de matière initiale d'acide borique introduite est n_0 = C_0 V_0 avec V_0 = 10\text{ mL}. À l'équivalence :

n_0 = C_0 V_0 = C_B V_{B,\text{eq}} \implies C_0 = C_B \frac{V_{B,\text{eq}}}{V_0}

Sur la figure 8, les trois courbes présentent leur saut ou point d'inflexion pour :

V_{B,\text{eq}} = 10{,}0\text{ mL}

On en déduit :

C_0 = 0{,}10 \times \frac{10{,}0}{10} = 0{,}10\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}
\boxed{C_0 = 0{,}10\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}}

2. Identification de la courbe (a) et valeur de x_a

À la demi-équivalence (V_B = 5{,}0\text{ mL}), les concentrations de la forme acide et de la forme basique sont égales, ce qui conduit à \mathrm{pH}(V_{B,\text{eq}}/2) = \mathrm{pK}_{a,\text{app}}. Sur la courbe (a), on lit à V_B = 5{,}0\text{ mL} :

\mathrm{pH} \simeq 9{,}25 = \mathrm{pK}_a(\mathrm{H_3BO_3})

Le saut de pH est par ailleurs quasiment indétectable car l'acide est trop faible. La courbe (a) correspond donc au cas sans D-mannitol :

\boxed{x_a = 0\text{ g}}

3. Détermination des masses x_b et x_c

D'après la question Q28, avec \mathrm{pK} = 4{,}25 (Q27) :

\mathrm{pK}_{a,\text{app}} = \mathrm{pK} - 2\log\left(\frac{[\mathrm{M}]}{c^\circ}\right) \implies [\mathrm{M}] = c^\circ \, 10^{\frac{\mathrm{pK} - \mathrm{pK}_{a,\text{app}}}{2}}

Le D-mannitol étant en large excès devant l'acide borique (C_A = C_0 V_0 / V_{\text{tot}} = 5{,}0 \times 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), sa consommation est négligeable et sa concentration dans le volume préparé V_{\text{tot}} = 200\text{ mL} s'écrit :

[\mathrm{M}] \simeq \frac{x}{M_D \, V_{\text{tot}}} \implies x = M_D \, V_{\text{tot}} \, c^\circ \, 10^{\frac{\mathrm{pK} - \mathrm{pK}_{a,\text{app}}}{2}}

avec M_D \, V_{\text{tot}} \, c^\circ = 182{,}17 \times 0{,}200 \times 1 = 36{,}43\text{ g}.

  • Courbe (b) : à V_B = 5{,}0\text{ mL}, on lit \mathrm{pH} \simeq 6{,}9 (soit \mathrm{pK}_{a,\text{app}} \simeq 6{,}9).

    \begin{aligned} [\mathrm{M}]_b &= 10^{\frac{4{,}25 - 6{,}9}{2}} = 10^{-1{,}325} \simeq 4{,}7 \times 10^{-2}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \\ x_b &= 36{,}43 \times 10^{-1{,}325} \simeq 1{,}7\text{ g} \end{aligned}
    \boxed{x_b \simeq 1{,}7\text{ g}}

    On vérifie bien que [\mathrm{M}]_b \simeq 4{,}7 \times 10^{-2}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \gg C_A = 5{,}0 \times 10^{-3}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.

  • Courbe (c) : à V_B = 5{,}0\text{ mL}, la courbe se situe au-dessus de la ligne médiane 5{,}5 ; on lit précisément \mathrm{pH} \simeq 5{,}6 (soit \mathrm{pK}_{a,\text{app}} \simeq 5{,}6).

    \begin{aligned} [\mathrm{M}]_c &= 10^{\frac{4{,}25 - 5{,}6}{2}} = 10^{-0{,}675} \simeq 0{,}21\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \\ x_c &= 36{,}43 \times 10^{-0{,}675} \simeq 7{,}7\text{ g} \end{aligned}
    \boxed{x_c \simeq 7{,}7\text{ g}}

    La condition de grand excès est très largement respectée ([\mathrm{M}]_c \approx 42\,C_A).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut justifier le caractère total via la condition sur les concentrations, équilibrer la réaction de titrage et justifier la lecture graphique.

« Il est important de vérifier que la transformation est bien totale avant de l’affirmer. Rares sont les candidats qui exploitent à bon escient la condition [M] ≫[H3BO3]. »

« La relation à l’équivalence du dosage n’a de sens que si elle accompagne une équation de réaction de titrage correctement équilibrée. La détermination graphique du volume de solution titrante versé à l’équivalence est rarement justifiée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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B · Titrage conductimétrique

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : conductivité, loi de kohlrausch

Déterminer la loi de conductivité en fonction notamment du volume de solution titrante versé avant et après l'équivalence.

Voir l'indice

Établir un tableau d'avancement pour exprimer les concentrations de chaque ion présent en solution (\text{Na}^+, \text{B(OH)}_4^-, \text{OH}^-) en fonction du volume V_B versé, avant et après l'équivalence.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de la réaction support du titrage entre l'acide borique et les ions hydroxyde, et calculer sa constante d'équilibre pour vérifier son caractère quasi-total.
  2. Dresser le bilan de matière des espèces ioniques présentes en solution avant et après l'équivalence en fonction de V_B et V_{B,\text{eq}}.
  3. Appliquer la loi de Kohlrausch pour exprimer la conductivité \sigma(V_B) dans chacun des deux domaines.
Voir la réponse courte

Expression de la conductivité molaire avant équivalence (formation d'ions) et après équivalence (excès de soude titrante).

Voir le corrigé complet

L'acide borique \mathrm{H_3BO_3} est titré par la solution d'hydroxyde de sodium (\mathrm{Na^+ + OH^-}). La réaction support de titrage s'écrit :

\mathrm{H_3BO_3(aq)} + \mathrm{OH^-(aq)} = \mathrm{B(OH)_4^-(aq)}

Sa constante thermodynamique d'équilibre à 25\text{ }^\circ\text{C} vaut :

K^\circ = \frac{K_a}{K_e} = 10^{\mathrm{pK}_e - \mathrm{pK}_a} = 10^{14{,}00 - 9{,}25} = 10^{4{,}75} \simeq 5{,}6 \times 10^4

En modélisant cette transformation comme quasi-totale, l'équivalence est repérée par :

C_A V_A = C_B V_{B,\text{eq}} \implies V_{B,\text{eq}} = \frac{C_A V_A}{C_B}

1. Avant l'équivalence (V_B \le V_{B,\text{eq}}) :

Le réactif limitant est l'ion \mathrm{OH^-}. Les espèces ioniques majoritaires présentes dans le volume total V_{\text{tot}} = V_A + V_B sont :

  • les ions spectateurs \mathrm{Na^+} : [\mathrm{Na^+}] = \dfrac{C_B V_B}{V_A + V_B} ;
  • les ions formés \mathrm{B(OH)_4^-} : [\mathrm{B(OH)_4^-}] = \dfrac{C_B V_B}{V_A + V_B}.

Les concentrations en \mathrm{H_3O^+} et \mathrm{OH^-} sont négligeables devant celles de ces espèces. D'après la loi de Kohlrausch :

\sigma = \lambda_{\mathrm{Na^+}}[\mathrm{Na^+}] + \lambda_{\mathrm{B(OH)_4^-}}[\mathrm{B(OH)_4^-}]

Soit :

\boxed{\sigma = \frac{C_B V_B}{V_A + V_B}\left(\lambda_{\mathrm{Na^+}} + \lambda_{\mathrm{B(OH)_4^-}}\right)}

2. Après l'équivalence (V_B > V_{B,\text{eq}}) :

L'acide borique a été intégralement consommé. Les ions \mathrm{OH^-} sont introduits en excès. Les espèces ioniques majoritaires dans le milieu sont :

  • les ions spectateurs \mathrm{Na^+} : [\mathrm{Na^+}] = \dfrac{C_B V_B}{V_A + V_B} ;
  • les ions formés \mathrm{B(OH)_4^-} : [\mathrm{B(OH)_4^-}] = \dfrac{C_A V_A}{V_A + V_B} = \dfrac{C_B V_{B,\text{eq}}}{V_A + V_B} ;
  • les ions en excès \mathrm{OH^-} : [\mathrm{OH^-}] = \dfrac{C_B (V_B - V_{B,\text{eq}})}{V_A + V_B}.

La concentration en ions \mathrm{H_3O^+} demeure tout à fait négligeable. Par la loi de Kohlrausch :

\begin{aligned} \sigma &= \lambda_{\mathrm{Na^+}}[\mathrm{Na^+}] + \lambda_{\mathrm{B(OH)_4^-}}[\mathrm{B(OH)_4^-}] + \lambda_{\mathrm{OH^-}}[\mathrm{OH^-}] \\ &= \frac{C_B}{V_A + V_B} \left[ \lambda_{\mathrm{Na^+}} V_B + \lambda_{\mathrm{B(OH)_4^-}} V_{B,\text{eq}} + \lambda_{\mathrm{OH^-}}(V_B - V_{B,\text{eq}}) \right] \end{aligned}

Soit, en regroupant les termes :

\boxed{\sigma = \frac{C_B}{V_A + V_B}\left[ (\lambda_{\mathrm{Na^+}} + \lambda_{\mathrm{OH^-}})V_B + (\lambda_{\mathrm{B(OH)_4^-}} - \lambda_{\mathrm{OH^-}})V_{B,\text{eq}} \right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dresser un tableau d'avancement avant et après l'équivalence permet d'exprimer rigoureusement la conductivité avec la loi de Kohlrausch.

« Un tableau d’avancement peut permettre de déterminer correctement les concentrations des espèces présentes avant et après l’équivalence et obtenir ainsi l’expression de la conductivité de la solution à l’aide de la loi de Kohlrausch (rappelée dans le formulaire). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI

Notions : titrage conductimétrique, loi de kohlrausch

Représenter, justifications à l'appui, l'allure de en fonction de en y repérant le volume réel versé à l'équivalence. Conclure sur la possibilité de titrer ainsi le bore en solution.

Voir l'indice

Calculer les pentes des segments de droite de la fonction (V_A+V_B)\sigma avant et après l'équivalence à l'aide des conductivités molaires ioniques tabulées. Remarquer que la rupture de pente est nette mais que la présence de mannitol simplifie grandement l'équivalence pH-métrique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la grandeur corrigée de la dilution G(V_B) = (V_A + V_B)\,\sigma à partir des relations établies à la question précédente Q30 pour V_B \le V_{B,\text{eq}} et V_B > V_{B,\text{eq}}.
  2. Déterminer les pentes respectives des deux régimes linéaires à l'aide des conductivités molaires ioniques fournies et les comparer.
  3. Tracer l'allure de la courbe en prenant en compte l'arrondi au voisinage de l'équivalence dû au caractère incomplet de la réaction, et conclure sur la faisabilité du titrage.
Voir la réponse courte

Pente positive avant puis plus forte après équivalence, permettant de repérer précisément le bris de pente équivalent.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q30, la conductivité corrigée de la dilution s'écrit :

  • Avant l'équivalence (V_B \le V_{B,\text{eq}}) :

    (V_A + V_B)\,\sigma(V_B) = C_B \left(\lambda_{\mathrm{Na}^+} + \lambda_{\mathrm{B(OH)}_4^-}\right) V_B = p_1 \, V_B

    La courbe est un segment de droite passant par l'origine, de pente positive :

    p_1 = C_B \left(\lambda_{\mathrm{Na}^+} + \lambda_{\mathrm{B(OH)}_4^-}\right)

    Numériquement :

    \lambda_{\mathrm{Na}^+} + \lambda_{\mathrm{B(OH)}_4^-} = 5{,}01 + 6{,}70 = 11{,}71\text{ mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1}
  • Après l'équivalence (V_B > V_{B,\text{eq}}) :

    (V_A + V_B)\,\sigma(V_B) = p_2 \, V_B + \text{cste}

    avec une pente également positive :

    p_2 = C_B \left(\lambda_{\mathrm{Na}^+} + \lambda_{\mathrm{OH}^-}\right)

    Numériquement :

    \lambda_{\mathrm{Na}^+} + \lambda_{\mathrm{OH}^-} = 5{,}01 + 19{,}8 = 24{,}81\text{ mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1}

Le rapport des pentes vaut :

\frac{p_2}{p_1} = \frac{24{,}81}{11{,}71} \simeq 2{,}12

La pente est donc multipliée par plus d'un facteur 2 après l'équivalence.

Au voisinage immédiat de l'équivalence, la réaction de titrage (\mathrm{H_3BO_{3(aq)}} + \mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{B(OH)}_{4(\mathrm{aq})}^-, de constante K^\circ = 10^{14 - 9{,}25} = 10^{4{,}75} \simeq 5{,}6\times 10^4) n'est pas strictement totale : l'hydrolyse de l'ion tétradihydroxyborate \mathrm{B(OH)}_4^- libère des ions \mathrm{HO}^-, ce qui conduit à une courbe réelle située légèrement au-dessus du point d'intersection des deux asymptotes et présentant un arrondi.

Conclusion sur la possibilité de titrer le bore en solution :

\boxed{\text{Le titrage conductimétrique du bore sans mannitol est tout à fait possible.}}

En effet, bien que la réaction présente un arrondi au voisinage immédiat de l'équivalence en raison d'une constante d'équilibre modérée (K^\circ \simeq 5{,}6\times 10^4), la rupture de pente est nette (p_2/p_1 \simeq 2{,}1) et l'extrapolation linéaire des deux portions éloignées de l'équivalence permet de déterminer précisément le volume équivalent V_{B,\mathrm{eq}}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le tracé de l'allure sous forme de portions de droites doit être rigoureusement justifié.

« Le plus souvent, l’allure proposée fait apparaitre des portions de droites, sans justification. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Partie V : Étude de la contamination des circuits par les produits d'activation

A · Préliminaire

Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI

Notions : diagramme d'existence, produit de solubilité

Représenter un diagramme de prédominance ou d'existence en fonction du pH relatif aux espèces , à une température de 300 °C. On prendra une concentration de frontière .

Voir l'indice

Écrire le quotient réactionnel de dissolution de \text{NiO}_{(\text{s})}, utiliser la condition d'équilibre à saturation avec C_{\text{fr}}' et la loi d'action de masse liée à \mathrm{pK}_4 pour calculer la valeur frontière de pH.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le quotient de réaction à l'équilibre pour la dissolution de l'oxyde de nickel \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} en milieu acide à partir de la réaction fournie.
  2. Calculer la valeur de \mathrm{pK}_4 à la température T = 300\text{ }^\circ\mathrm{C} = 573{,}15\text{ K}.
  3. Établir la condition définissant la frontière d'existence de la phase solide pour [\mathrm{Ni}^{2+}] = C'_{\mathrm{fr}}, en déduire le \mathrm{pH} de frontière et tracer le diagramme sur un axe de \mathrm{pH}.
Voir la réponse courte

Calcul du pH de début de précipitation de l'oxyde \mathrm{NiO} ou hydroxyde à partir du produit de solubilité à 300 °C.

Voir le corrigé complet

L'équilibre hétérogène de dissolution de l'oxyde de nickel s'écrit :

\mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}

La constante d'équilibre associée s'exprime en fonction des activités :

K_4 = \frac{\left[\mathrm{Ni}^{2+}\right]/c^\circ}{\left(\left[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+\right]/c^\circ\right)^2} = \frac{\left[\mathrm{Ni}^{2+}\right]}{c^\circ}\,10^{2\,\mathrm{pH}}

D'après la loi fournie, à la température T = 300 + 273{,}15 = 573{,}15\text{ K} :

\mathrm{pK}_4 = 6{,}093 - \frac{5513{,}46}{573{,}15} \simeq -3{,}527

À la frontière entre le domaine de prédominance de l'ion aqueux \mathrm{Ni}^{2+} et le domaine d'existence du précipité \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})}, le solide est en équilibre avec une solution où [\mathrm{Ni}^{2+}] = C'_{\mathrm{fr}} = 1{,}0 \times 10^{-1}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} :

\begin{aligned} -\mathrm{pK}_4 &= \log\left(\frac{C'_{\mathrm{fr}}}{c^\circ}\right) + 2\,\mathrm{pH}_{\mathrm{fr}} \\ \mathrm{pH}_{\mathrm{fr}} &= \frac{1}{2}\left(-\mathrm{pK}_4 - \log\frac{C'_{\mathrm{fr}}}{c^\circ}\right) \end{aligned}

Numériquement :

\mathrm{pH}_{\mathrm{fr}} = \frac{1}{2}\left(3{,}527 - \log(0{,}10)\right) = \frac{3{,}527 + 1{,}000}{2} \simeq 2{,}26

On retiendra \mathrm{pH}_{\mathrm{fr}} \simeq 2{,}3.

  • Pour \mathrm{pH} < \mathrm{pH}_{\mathrm{fr}}, le milieu est suffisamment acide pour dissoudre l'oxyde : le solide n'existe pas (pour une concentration globale inférieure ou égale à C'_{\mathrm{fr}}) et \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} est l'espèce prédominante.
  • Pour \mathrm{pH} > \mathrm{pH}_{\mathrm{fr}}, la solubilité diminue en dessous de C'_{\mathrm{fr}} et l'oxyde \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} précipite : le domaine d'existence du solide est réalisé.

On représente ce résultat sur un axe de \mathrm{pH} :

\boxed{\mathrm{pH}_{\mathrm{fr}} \simeq 2{,}3}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le diagramme de prédominance doit impérativement être justifié par le calcul rigoureux de la valeur du pH à la frontière.

« Les diagrammes de prédominance non justifiés – notamment par la recherche du pH à la frontière – ne sont pas retenus, de même que les diagrammes faisant apparaitre des valeurs de pH à la frontière fantaisistes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : produit d'activation, corrosion

Expliquer l'origine de l'irradiation possible des intervenants lors des opérations de maintenance dans le circuit primaire et la préconisation du choix d'un pH supérieur à 3 dans l'eau du circuit primaire à une température de 300 °C.

Voir l'indice

Expliquer que les ions nickel libérés par corrosion sont activés en cobalt sous flux neutronique au cœur du réacteur ; le maintien d'un pH supérieur à la frontière d'existence de l'oxyde empêche la dissolution acide des matériaux.

Voir la stratégie
  1. Décrire le cycle de contamination par les produits d'activation : corrosion des parois en Inconel, transport par l'eau du circuit primaire, activation neutronique au niveau du cœur, puis redéposition hors du cœur.
  2. Exploiter le diagramme de la question Q32 pour interpréter le rôle protecteur de la couche de \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} pour \mathrm{pH} > 3.
Voir la réponse courte

Mise en solution du nickel en milieu acide transporté dans le cœur et activé en cobalt radioactif par capture neutronique.

Voir le corrigé complet

1. Origine de l'irradiation des intervenants en maintenance

  • Corrosion et transport : les alliages constituant les tubes des générateurs de vapeur (Inconel 690, contenant 58 % de nickel ainsi que du fer, du chrome et des impuretés de cobalt) subissent une légère corrosion par l'eau du circuit primaire. Des espèces métalliques sont alors relarguées en solution ou sous forme de fines particules colloïdales.
  • Activation neutronique dans le cœur : entraînées par l'eau caloporteur, ces impuretés traversent le cœur du réacteur où elles sont soumises à un flux neutronique intense. Des réactions nucléaires d'activation transforment des noyaux stables en radioisotopes émetteurs de rayonnements ionisants (\beta et \gamma) hautement pénétrants (notamment ^{58}\mathrm{Ni}(\mathrm{n},\mathrm{p})^{58}\mathrm{Co}, ou activation du cobalt résiduel en ^{60}\mathrm{Co}).
  • Dépôt hors cœur : ces produits d'activation circulent et se redéposent sur les parois des tuyauteries, de la cuve, des pompes et des boîtes à eau des générateurs de vapeur. Lors des opérations de maintenance à l'arrêt, les intervenants se trouvent à proximité immédiate de ces composants contaminés et subissent une irradiation externe (essentiellement par les photons \gamma).

2. Préconisation d'un \mathrm{pH} > 3 à 300\,^\circ\mathrm{C}

D'après l'étude menée à la question Q32, la frontière entre l'ion soluble \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et le solide \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} se situe, à 300\,^\circ\mathrm{C}, à \mathrm{pH}_{\mathrm{fr}} \simeq 2{,}3 (pour une concentration de référence de 0{,}10\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}) :

\mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} \rightleftharpoons \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}
  • Pour \mathrm{pH} < 3, le milieu est acide : l'oxyde de nickel se dissout préférentiellement sous forme d'ions libres \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}, provoquant une corrosion active et continue des tubes en Inconel.
  • Pour un \mathrm{pH} > 3, on se place dans le domaine d'existence de l'oxyde \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})}. Celui-ci forme une couche de passivation protectrice compacte et adhérente sur les parois métalliques, ce qui inhibe la corrosion et minimise le rejet de nickel dans le fluide primaire.
Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter les réponses réflexes dénuées de sens critique et bien s'approprier le contexte pour identifier l'espèce à l'origine du risque.

« Le jury relève bon nombre de « réponses-réflexe » appuyée sur la nature de l’espèce prédominante à pH < 3 mais dénuées de sens critique. Tantôt l’espèce « dangereuse » susceptible d’être activée est l’ion Ni2+, tantôt l’oxyde solide NiO, selon que le candidat positionne correctement ou non ces espèces dans le diagramme de la question Q32.. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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B · Modèle de Palmer

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI

Notions : diagramme de prédominance, constante d'acidité

Représenter un diagramme de prédominance en fonction du pH relatif cette fois-ci aux espèces et à la température de 300 °C.

Voir l'indice

Écrire la réaction de passage entre \text{Ni}^{2+} et \text{Ni(OH)}_2 de constante K_5, et trouver le pH frontière à l'égalité des concentrations.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la constante d'équilibre K_5 associée à l'équilibre entre \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et l'espèce soluble \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}.
  2. Établir la condition d'équiconcentration (frontière de prédominance) reliant le pH à \mathrm{pK}_5.
  3. Calculer numériquement \mathrm{pK}_5 à T = 300\ ^\circ\mathrm{C} = 573{,}15\ \mathrm{K} puis représenter le diagramme sur un axe de pH.
Voir la réponse courte

Calcul du pH frontière égal au pKa du couple \mathrm{Ni}^{2+} / \mathrm{Ni(OH)}_2 et tracé de la frontière verticale.

Voir le corrigé complet

L'équilibre acido-basique entre les deux espèces solubles s'écrit :

\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})}

Sa constante thermodynamique d'équilibre s'exprime, en assimilant les activités des solutés à leurs concentrations réduites par c^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} et celle de l'eau liquide à 1 :

K_5 = \frac{\left[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}\right]\left[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+\right]^2}{\left[\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}\right]{(c^\circ)}^2}

En prenant le cologarithme décimal :

\log\left(\frac{\left[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}\right]}{\left[\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}\right]}\right) = 2\,\mathrm{pH} - \mathrm{pK}_5

À la frontière de prédominance, \left[\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}\right] = \left[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}\right], soit :

\mathrm{pH}_{\text{frontière}} = \frac{\mathrm{pK}_5}{2}

D'après l'énoncé, la dépendance thermique de \mathrm{pK}_5 est donnée par :

\mathrm{pK}_5(T) = -6{,}09 + \frac{7282{,}7}{T} + 0{,}009476\,T \quad (T\text{ en kelvins})

Pour T = 300\ ^\circ\mathrm{C} = 573{,}15\text{ K} :

\begin{aligned} \mathrm{pK}_5(573{,}15\text{ K}) &= -6{,}09 + \frac{7282{,}7}{573{,}15} + 0{,}009476 \times 573{,}15 \\ &= -6{,}09 + 12{,}706 + 5{,}431 = 12{,}05 \end{aligned}

On en déduit la valeur du pH de frontière :

\mathrm{pH}_{\text{frontière}} = \frac{12{,}05}{2} \simeq 6{,}0

Ainsi :

  • pour \mathrm{pH} < 6{,}0, \left[\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}\right] > \left[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}\right] : le cation \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} prédomine ;
  • pour \mathrm{pH} > 6{,}0, \left[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}\right] > \left[\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}\right] : l'espèce soluble neutre \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} prédomine.
\boxed{\mathrm{pH}_{\text{frontière}} = \frac{\mathrm{pK}_5}{2} \simeq 6{,}0}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : solubilité, produit de solubilité

Retrouver par le calcul les équations de droite du diagramme simplifié de la figure 9 représentant en fonction du pH pour un pH compris entre 3 et 11.

Voir l'indice

Exprimer la solubilité s dans les deux domaines de pH : en milieu très acide, s \approx [\text{Ni}^{2+}] dépend du pH avec une pente de -2, tandis qu'en milieu neutre à basique, s \approx [\text{Ni(OH)}_2] devient indépendante du pH.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les concentrations à l'équilibre de \mathrm{Ni^{2+}_{(aq)}} et \mathrm{Ni(OH)_{2(aq)}} en présence de \mathrm{NiO_{(s)}} en fonction du \mathrm{pH} et des constantes K_4 et K_5.
  2. Selon le domaine de \mathrm{pH} défini à la question Q34, assimiler la solubilité s = [\mathrm{Ni^{2+}}] + [\mathrm{Ni(OH)}_2] à la concentration de l'espèce prédominante (tracé simplifié par morceaux).
  3. Établir l'équation de chacune des deux demi-droites et calculer numériquement leurs coefficients.
Voir la réponse courte

Expression de s = [\mathrm{Ni}^{2+}] + [\mathrm{Ni(OH)}_2], asymptotes de pente -2 en milieu acide puis palier horizontal en milieu basique.

Voir le corrigé complet

La solubilité de l'oxyde de nickel s'écrit par définition :

s = [\mathrm{Ni^{2+}_{(aq)}}] + [\mathrm{Ni(OH)_{2(aq)}}]

En présence d'oxyde de nickel solide \mathrm{NiO_{(s)}}, la loi d'action de masse appliquée à la réaction (4) :

\mathrm{NiO_{(s)}} + 2\,\mathrm{H_3O^+_{(aq)}} = \mathrm{Ni^{2+}_{(aq)}} + 3\,\mathrm{H_2O} \quad (K_4 = 10^{-\mathrm{pK}_4})

conduit, avec a(\mathrm{NiO_{(s)}}) = 1 et a(\mathrm{H_2O}) \simeq 1, à :

K_4 = \frac{[\mathrm{Ni^{2+}}]/c^\circ}{([\mathrm{H_3O^+}]/c^\circ)^2} = \frac{[\mathrm{Ni^{2+}}]/c^\circ}{10^{-2\,\mathrm{pH}}} \implies \frac{[\mathrm{Ni^{2+}}]}{c^\circ} = 10^{-\mathrm{pK}_4 - 2\,\mathrm{pH}}

En combinant les réactions (4) et (5), on obtient l'équilibre de dissolution en complexe neutre :

\mathrm{NiO_{(s)}} + \mathrm{H_2O} = \mathrm{Ni(OH)_{2(aq)}} \quad (K_d = K_4 K_5)

La loi d'action de masse donne directement :

\frac{[\mathrm{Ni(OH)_{2(aq)}}]}{c^\circ} = K_4 K_5 = 10^{-(\mathrm{pK}_4 + \mathrm{pK}_5)}

Cette concentration est strictement indépendante du \mathrm{pH}.

Aux températures considérées (T = 300^\circ\mathrm{C} = 573{,}15\text{ K}), les valeurs obtenues aux questions Q32 et Q34 sont :

\mathrm{pK}_4 \simeq -3{,}53 \quad \text{et} \quad \mathrm{pK}_5 \simeq 12{,}05

Sur le diagramme simplifié (asymptotique) de la figure 9, on distingue deux domaines selon la prédominance des espèces solubles :

  • Pour 3 \le \mathrm{pH} \le 6{,}0 : l'ion \mathrm{Ni^{2+}} prédomine largement devant \mathrm{Ni(OH)}_2, d'où s \simeq [\mathrm{Ni^{2+}}]. L'équation de la droite est :

    \begin{aligned} \log(s/c^\circ) &= \log\left(\frac{[\mathrm{Ni^{2+}}]}{c^\circ}\right) = -\mathrm{pK}_4 - 2\,\mathrm{pH} \\ &= 3{,}53 - 2\,\mathrm{pH} \end{aligned}

    Il s'agit d'une droite de pente -2. Pour \mathrm{pH} = 3, \log(s/c^\circ) = -2{,}47 \simeq -2{,}5, ce qui correspond parfaitement à la figure 9.

  • Pour 6{,}0 \le \mathrm{pH} \le 11 : l'espèce \mathrm{Ni(OH)}_{2\mathrm{(aq)}} prédomine largement devant \mathrm{Ni^{2+}}, d'où s \simeq [\mathrm{Ni(OH)}_2]. L'équation de la droite est :

    \begin{aligned} \log(s/c^\circ) &= \log\left(\frac{[\mathrm{Ni(OH)}_2]}{c^\circ}\right) = -(\mathrm{pK}_4 + \mathrm{pK}_5) \\ &= 3{,}53 - 12{,}05 = -8{,}52 \end{aligned}

    Il s'agit d'un palier horizontal d'ordonnée \log(s/c^\circ) \simeq -8{,}5.

L'intersection des deux droites a lieu pour :

3{,}53 - 2\,\mathrm{pH} = -8{,}52 \iff \mathrm{pH} = \frac{\mathrm{pK}_5}{2} \simeq 6{,}0
\boxed{ \log(s/c^\circ) = \begin{cases} -2\,\mathrm{pH} + 3{,}53 & \text{pour } 3 \le \mathrm{pH} \le 6{,}0 \\ -8{,}52 & \text{pour } 6{,}0 \le \mathrm{pH} \le 11 \end{cases} }

Résultat

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Python
  • Faisable en PCSI

Notions : diagramme de distribution, python

Compléter le programme Python du document réponse 2 permettant d'obtenir le tracé du diagramme de distribution donnant en pourcentages et en fonction du pH à la température de 300 °C. Le programme doit également représenter sur le même graphique une droite verticale correspondant au pH de l'eau neutre à 300 °C.

Voir l'indice

Compléter les fractions molaires en divisant par 1 + 10^{\mathrm{pK}_5 - 2\mathrm{pH}} et utiliser \mathrm{pH}_{\text{en}} = \frac{1}{2}\mathrm{pK}_e(300~^\circ\text{C}) pour le tracé vertical de neutralité.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les constantes d'équilibre K_4(T) et K_5(T) à partir des relations fournies pour \mathrm{pK}_4 et \mathrm{pK}_5 : K = 10^{-\mathrm{pK}}.
  2. Convertir la température de 300\text{ }^\circ\mathrm{C} en kelvins et déterminer le \mathrm{pH} de l'eau neutre à 300\text{ }^\circ\mathrm{C} via \mathrm{pH}_{\mathrm{en}} = \frac{1}{2}\,\mathrm{pK}_e(300\text{ }^\circ\mathrm{C}).
  3. Exprimer les pourcentages des espèces \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} en fonction de h = 10^{-\mathrm{pH}} et de K_5(T) grâce à la loi d'action des masses de la réaction (5).
  4. Compléter les arguments des fonctions d'affichage de matplotlib.pyplot.
Voir la réponse courte

Complétion du script Python calculant les pourcentages molaires des formes solubles du nickel et tracé du \mathrm{pH}_{eau}.

Voir le corrigé complet

1. Constantes d'équilibre et température D'après les données de l'énoncé :

\begin{aligned} \mathrm{pK}_4 &= 6{,}093 - \frac{5513{,}46}{T} \implies K_4(T) = 10^{-\mathrm{pK}_4} \\ \mathrm{pK}_5 &= -6{,}09 + \frac{7282{,}7}{T} + 0{,}009476\,T \implies K_5(T) = 10^{-\mathrm{pK}_5} \end{aligned}

La température d'étude est T = 300\text{ }^\circ\mathrm{C} = 573{,}15\text{ K}.
Le produit ionique de l'eau à 300\text{ }^\circ\mathrm{C} vaut \mathrm{pK}_e = 11{,}41, d'où le \mathrm{pH} de la neutralité :

\mathrm{pH}_{\mathrm{en}} = \frac{\mathrm{pK}_e}{2} = \frac{11{,}41}{2} = 5{,}705

2. Fractions de distribution en pourcentages La constante d'équilibre associée à la réaction :

\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})}

s'écrit, avec h = [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+]/c^\circ :

K_5(T) = \frac{[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}]\,h^2}{[\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}]} \implies [\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}] = [\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}]\,\frac{K_5(T)}{h^2}

Les fractions molaires relatives s'écrivent donc :

\begin{aligned} y_1 &= \frac{[\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}]}{[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}] + [\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}]} = \frac{1}{1 + \frac{K_5(T)}{h^2}} = \frac{h^2}{h^2 + K_5(T)} \\ y_2 &= \frac{[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}]}{[\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})}] + [\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})}]} = 1 - y_1 = \frac{K_5(T)}{h^2 + K_5(T)} \end{aligned}

Exprimées en pourcentages (de 0 à 100), ces fractions valent respectivement 100 \times y_1 et 100 \times y_2.

3. Programme Python complété (Document réponse 2)

import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt

# Fonctions de calcul des constantes d'equilibre K4 et K5 associees respectivement a pK4 et pK5
def K4(T): # Temperature T en kelvins
    return 10**(-(6.093 - 5513.46 / T))

def K5(T): # Temperature T en kelvins
    return 10**(-(-6.09 + 7282.7 / T + 0.009476 * T))

# Temperature en kelvins
T = 300 + 273.15

# Valeur du pH de l'eau neutre a la temperature T
pHen = 11.41 / 2

N = 1000 # Nombre de points
pHmin = 3 # pH de depart pour la representation
pHmax = 11 # pH de fin pour la representation
pas = (pHmax-pHmin)/(N-1) # Pas entre deux valeurs successives du pH

pH = np.zeros(N) # Tableau de N valeurs nulles
y1 = np.zeros(N)
y2 = np.zeros(N)

for i in range(N):
    pH[i] = pHmin+i*pas # Valeur du pH pour le point d'indice i
    h = 10**(-pH[i]) # Valeur de h=[H3O+]/c°
    # Part y1 = [Ni2+]/([Ni(OH)2]+[Ni2+])
    y1[i] = 100 * h**2 / (h**2 + K5(T))
    # Part y2 = [Ni(OH)2]/([Ni(OH)2]+[Ni2+])
    y2[i] = 100 * K5(T) / (h**2 + K5(T))

# Realisation du trace en fonction du pH
# avec une ordonnee en pourcentage (valeurs comprises entre 0 et 100)
plt.figure()
plt.plot(pH, y1) # Courbe relative a [Ni2+]/([Ni(OH)2]+[Ni2+])
plt.plot(pH, y2, linestyle='--') # Courbe relative a [Ni(OH)2]/([Ni(OH)2]+[Ni2+])
plt.plot([pHen, pHen], [0, 100], linestyle=':') # Courbe relative au pH de l'eau neutre
plt.xlabel('pH')
plt.ylabel('%')
plt.grid() # Affichage de la grille
plt.show()
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C · Modèle de Tremaine et Leblanc

Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI

Notions : diagramme de prédominance, complexation

Représenter un diagramme de prédominance en fonction du pH relatif aux espèces , et à la température de 300 °C.

Voir l'indice

Déterminer le \mathrm{pK}_a du couple \text{Ni(OH)}_2 / \text{Ni(OH)}_3^- en combinant les équilibres K_{s3}, K_4 et K_5, puis dresser l'axe de prédominance des trois espèces avec les deux pH frontières.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la frontière de prédominance entre \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} obtenue à la question Q34.
  2. Déterminer la réaction acido-basique reliant \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} et \mathrm{Ni(OH)}_3^{-}{}_{(\mathrm{aq})} en combinant les équations d'équilibre fournies par l'énoncé, puis calculer sa constante d'équilibre à T = 300\text{ }^\circ\mathrm{C} = 573{,}15\text{ K}.
  3. En déduire le \mathrm{pH} de frontière associé, puis tracer l'axe de prédominance en fonction du \mathrm{pH}.
Voir la réponse courte

Calcul des deux pH frontières séparant \mathrm{Ni}^{2+}, \mathrm{Ni(OH)}_2 et le complexe anionique \mathrm{Ni(OH)}_3^-.

Voir le corrigé complet

1. Frontière entre \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} :

D'après la question Q34, l'équilibre entre ces deux espèces s'écrit :

\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} \quad (K_5)

La condition d'égale concentration [\mathrm{Ni}^{2+}] = [\mathrm{Ni(OH)}_2] conduit à :

\mathrm{pH}_1 = \frac{1}{2}\,\mathrm{pK}_5(300\text{ }^\circ\mathrm{C}) \simeq \frac{12{,}05}{2} \simeq 6{,}0

2. Frontière entre \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} et \mathrm{Ni(OH)}_3^{-}{}_{(\mathrm{aq})} :

Les données fournissent les équilibres suivants :

\begin{aligned} (4) \quad &\mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+ = \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} && (K_4) \\ (5) \quad &\mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+ && (K_5) \\ (s3) \quad &\mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_3^{-}{}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+ && (K_{s3}) \end{aligned}

La combinaison linéaire (4) + (5) donne l'équilibre de dissolution neutre :

\mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} + \mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} \quad \text{de constante} \quad K_s = K_4 K_5

En effectuant (s3) - \left[(4) + (5)\right], on obtient la réaction acido-basique entre \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} et sa forme basique \mathrm{Ni(OH)}_3^{-}{}_{(\mathrm{aq})} :

\mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_3^{-}{}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} \quad (K_a)

La constante d'acidité associée vaut :

K_a = \frac{K_{s3}}{K_4 K_5} \implies \mathrm{pK}_a = \mathrm{pK}_{s3} - \mathrm{pK}_4 - \mathrm{pK}_5

À T = 300\text{ }^\circ\mathrm{C} = 573{,}15\text{ K} :

\begin{aligned} \mathrm{pK}_{s3} &= -\log\left(1{,}699 \times 10^{-18}\right) \simeq 17{,}77 \\ \mathrm{pK}_4 &= 6{,}093 - \frac{5513{,}46}{573{,}15} \simeq -3{,}53 \\ \mathrm{pK}_5 &\simeq 12{,}05 \end{aligned}

On en déduit :

\mathrm{pK}_a = 17{,}77 - (-3{,}53) - 12{,}05 = 9{,}25

La frontière de prédominance [\mathrm{Ni(OH)}_2] = [\mathrm{Ni(OH)}_3^-] correspond donc à :

\mathrm{pH}_2 = \mathrm{pK}_a \simeq 9{,}25

3. Diagramme de prédominance :

Comme \mathrm{pH}_1 = 6{,}0 < \mathrm{pH}_2 = 9{,}25, les domaines de prédominance se succèdent dans l'ordre croissant du \mathrm{pH} :

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Question 38

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI

Notions : solubilité minimale, extremum

Déterminer par le calcul les valeurs de pH où la solubilité est minimale pour les températures de 300 °C et 90 °C. On négligera les variations de avec la température.

Voir l'indice

Exprimer la solubilité totale s(\text{pH}) comme somme des concentrations des trois espèces dissoutes, dériver par rapport à [\text{H}_3\text{O}^+] et annuler pour déterminer le pH de solubilité minimale à chaque température.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la solubilité s = [\mathrm{Ni}^{2+}] + [\mathrm{Ni(OH)}_2] + [\mathrm{Ni(OH)}_3^-] en présence de solide \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} en fonction de h = 10^{-\mathrm{pH}} (ou directement du \mathrm{pH}) et des constantes thermodynamiques.
  2. Identifier que la contribution de [\mathrm{Ni(OH)}_2] est indépendante du \mathrm{pH}, de sorte que la minimisation de s revient à minimiser la somme [\mathrm{Ni}^{2+}] + [\mathrm{Ni(OH)}_3^-].
  3. Dériver par rapport à h (ou au \mathrm{pH}) pour obtenir la condition d'annulation, en déduire l'expression analytique de \mathrm{pH}_{\min}, puis réaliser l'application numérique pour T = 300\ ^\circ\mathrm{C} et T = 90\ ^\circ\mathrm{C}.
Voir la réponse courte

Expression de la solubilité totale à trois espèces, dérivation par rapport à [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+] pour déterminer le pH de solubilité minimale.

Voir le corrigé complet

En présence d'oxyde de nickel solide \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})}, les équilibres mis en jeu s'écrivent :

  • Dissolution acide :

    \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+ = \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}, \quad K_4 = 10^{-\mathrm{pK}_4}

    ce qui donne :

    \frac{[\mathrm{Ni}^{2+}]}{c^\circ} = K_4 \, h^2 = 10^{-\mathrm{pK}_4 - 2\,\mathrm{pH}}

    où h = [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+]/c^\circ = 10^{-\mathrm{pH}}.

  • Formation du complexe neutre :

    \mathrm{Ni}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+, \quad K_5 = 10^{-\mathrm{pK}_5}

    ce qui donne :

    \frac{[\mathrm{Ni(OH)}_2]}{c^\circ} = K_5\,\frac{[\mathrm{Ni}^{2+}]/c^\circ}{h^2} = K_4 K_5 = \text{constante indépendante du pH}
  • Dissolution basique (modèle de Tremaine et Leblanc) :

    \mathrm{NiO}_{(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} = \mathrm{Ni(OH)}_3^- + \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+, \quad K_{s3} = 1{,}699 \times 10^{-18}

    soit \mathrm{pK}_{s3} = -\log K_{s3} = -\log(1{,}699 \times 10^{-18}) \simeq 17{,}770. D'où :

    \frac{[\mathrm{Ni(OH)}_3^-]}{c^\circ} = \frac{K_{s3}}{h} = 10^{-\mathrm{pK}_{s3} + \mathrm{pH}}

La solubilité totale s'écrit donc :

s(\mathrm{pH}) = c^\circ \left( K_4\,h^2 + K_4 K_5 + \frac{K_{s3}}{h} \right) = c^\circ \left( 10^{-\mathrm{pK}_4 - 2\,\mathrm{pH}} + 10^{-(\mathrm{pK}_4+\mathrm{pK}_5)} + 10^{-\mathrm{pK}_{s3} + \mathrm{pH}} \right)

Le terme intermédiaire étant constant, le minimum de s est atteint lorsque la dérivée par rapport à h s'annule :

\frac{\mathrm{d}s}{\mathrm{d}h} = c^\circ \left( 2 K_4 h - \frac{K_{s3}}{h^2} \right) = 0 \iff 2 K_4 h_{\min}^3 = K_{s3}

En prenant le cologarithme décimal :

\begin{aligned} -\log(2) - \log(K_4) - 3\log(h_{\min}) &= -\log(K_{s3}) \\ 3\,\mathrm{pH}_{\min} - \log 2 + \mathrm{pK}_4 &= \mathrm{pK}_{s3} \end{aligned}

On en déduit l'expression du \mathrm{pH} de solubilité minimale :

\boxed{ \mathrm{pH}_{\min} = \frac{1}{3}\left( \mathrm{pK}_{s3} - \mathrm{pK}_4 + \log 2 \right) }

1. À la température de 300\ ^\circ\mathrm{C} (T_1 = 573{,}15\text{ K}) :

\mathrm{pK}_4(T_1) = 6{,}093 - \frac{5513{,}46}{573{,}15} = 6{,}093 - 9{,}6196 \simeq -3{,}527

On obtient :

\mathrm{pH}_{\min}(300\ ^\circ\mathrm{C}) = \frac{1}{3}\left( 17{,}770 - (-3{,}527) + \log 2 \right) = \frac{21{,}598}{3} \simeq 7{,}20
\boxed{ \mathrm{pH}_{\min}(300\ ^\circ\mathrm{C}) \simeq 7{,}2 }

2. À la température de 90\ ^\circ\mathrm{C} (T_2 = 363{,}15\text{ K}) : En négligeant la variation de K_{s3} avec la température (\mathrm{pK}_{s3} = 17{,}770) :

\mathrm{pK}_4(T_2) = 6{,}093 - \frac{5513{,}46}{363{,}15} = 6{,}093 - 15{,}182 \simeq -9{,}089

On obtient :

\mathrm{pH}_{\min}(90\ ^\circ\mathrm{C}) = \frac{1}{3}\left( 17{,}770 - (-9{,}089) + \log 2 \right) = \frac{27{,}160}{3} \simeq 9{,}05
\boxed{ \mathrm{pH}_{\min}(90\ ^\circ\mathrm{C}) \simeq 9{,}1 }

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : corrosion, radioprotection

Expliquer pourquoi il est essentiel de bien choisir le pH lors du fonctionnement en puissance du circuit primaire. Préciser une valeur optimale du pH relativement au nickel. Citer le(s) risque(s) encouru(s) par le personnel lors des opérations de maintenance si le pH n'est pas modifié lors de l'arrêt à froid.

Voir l'indice

Montrer que si le pH n'est pas réajusté lors du refroidissement (arrêt de tranche), la solubilité augmente considérablement, dissolvant des dépôts hautement radioactifs qui contaminent tout le circuit primaire et irradient le personnel.

Voir la stratégie

Cette question de synthèse industrielle et de radioprotection s'articule en trois volets :

  1. Identifier le lien fondamental entre le pH à chaud (300~^\circ\text{C}), la solubilité des oxydes métalliques constitutifs des parois (notamment l'Inconel des GV), l'activation neutronique dans le cœur et la formation de dépôts ;
  2. Donner la valeur optimale du pH à 300~^\circ\text{C} issue de l'étude de solubilité de \mathrm{NiO_{(s)}} (question Q38) ;
  3. Analyser l'évolution de la solubilité à basse température (90~^\circ\text{C}) si le pH reste inchangé et expliciter les risques radiologiques encourus lors des interventions humaines (irradiation et contamination).
Voir la réponse courte

Maintien d'un pH limitant la dissolution en température et prévention de relargages brutaux de dépôts radioactifs lors du refroidissement.

Voir le corrigé complet

1. Choix du pH lors du fonctionnement en puissance

Lors du fonctionnement en puissance (T \approx 300~^\circ\text{C}), l'eau sous pression du circuit primaire est en contact avec les parois en alliage métallique (Inconel des générateurs de vapeur, riche à 58\,\% en nickel). Bien choisir le pH est indispensable pour :

  • Minimiser la corrosion et la dissolution des matériaux de structure en se plaçant au minimum de solubilité de l'oxyde protecteur \mathrm{NiO_{(s)}} ;
  • Limiter le transport de matière vers le cœur : les espèces solubilisées entraînées dans le flux caloporteur traversent le cœur du réacteur où elles sont soumises à un flux de neutrons intenses et s'activent (par exemple, ^{58}\mathrm{Ni}(\text{n},\text{p})^{58}\mathrm{Co} ou activation d'impuretés de cobalt ^{59}\mathrm{Co}(\text{n},\gamma)^{60}\mathrm{Co}) ;
  • Éviter l'encrassement thermique (dépôts de « CRUD ») sur la surface des crayons combustibles, ce qui dégraderait l'échange thermique et pourrait créer des points chauds dangereux.

2. Valeur optimale du pH à chaud relativement au nickel

D'après l'étude menée à la question Q38, la solubilité de \mathrm{NiO_{(s)}} à 300~^\circ\text{C} atteint son minimum absolu (s_{\min} \approx 3\times 10^{-9}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, soit \log s \approx -8{,}5) pour :

\boxed{\mathrm{pH}_{\text{opt}}(300~^\circ\text{C}) \simeq 7{,}2}

(une plage comprise entre 7{,}0 et 7{,}4 est retenue en pratique).

3. Risques encourus par le personnel lors de l'arrêt à froid

À l'arrêt à froid (T = 90~^\circ\text{C}), le profil de solubilité se translate vers les pH plus basiques et le minimum de solubilité est reporté à \mathrm{pH}_{\min}(90~^\circ\text{C}) \simeq 9{,}1 (question Q38).

Si le pH n'est pas modifié et reste calé sur la valeur de fonctionnement à chaud (\mathrm{pH} \approx 7{,}2) :

  • La solubilité de \mathrm{NiO_{(s)}} à 90~^\circ\text{C} pour ce pH est considérablement plus élevée (\log s \approx -5, soit s \approx 10^{-5}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}, soit une solubilité plus de 10^3 fois supérieure à celle à chaud) ;
  • Cela provoque une dissolution massive et brutale des oxydes métalliques déposés dans les circuits (phénomène de relargage), chargeant l'eau du circuit primaire en produits d'activation hautement radioactifs (isotopes du cobalt, du nickel, etc.) ;
  • Lors de l'ouverture du circuit primaire pour les opérations de maintenance (visite des boîtes à eau des générateurs de vapeur, décuvage), le personnel encourt :

    • Un risque d'irradiation externe accru par rayonnement gamma émis par les produits d'activation en solution ou redéposés hétérogènement dans les zones d'intervention ;
    • Un risque de contamination radioactive (externe par contact avec les effluents, ou interne par inhalation d'aérosols radioactifs ou ingestion accidentelle).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question indépendante demande simplement d'extraire avec soin les informations pertinentes de la figure 11.

« Nul besoin d’avoir correctement traité les questions précédentes pour formuler une réponse satis faisante à cette question, qui s’appuie sur l’extraction de données pertinentes de la figure 11. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2024 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (33 % des questions, partie I), Réactions en solution aqueuse : acide-base, précipitation, complexation (31 %, parties IV et V) et Machines thermiques et systèmes ouverts (15 %, partie II). Plus ponctuellement : Changements d'état du corps pur, Induction électromagnétique, Premier et second principes de la thermodynamique, Mécanique des fluides, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2024 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 17 questions sur 39 (44 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la partie III en entier (Q24 à Q26), la partie IV en entier (Q27 à Q31) et la sous-partie V.B (Q34 à Q36), ainsi que Q1, Q8, Q21, Q32, Q37 et Q38.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2024 ?

Environ 4 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est un peu long, il faut avancer sans s'attarder. La partie I est la plus longue (environ 1 h 30).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2024 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q12 (équation de diffusion), Q14 (extremum de température) et Q38 (solubilité minimale).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2024 ?

Questions de cours : Q16 (premier principe), Q18 (cycle de hirn) et Q21 (théorème de carnot). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q20 (rendement thermique), Q24 (loi de faraday) et Q25 (force de laplace).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2024 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q1, Q4, Q7, Q8, Q13, Q15, Q17, Q28, Q33, Q34, Q37 et Q39. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q2, Q9, Q11, Q12 et Q16.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le jury reconnaît un sujet long, qu'il qualifie en conclusion de dense et exigeant. Moyenne : 9,21/20 (écart-type 4,06, 4 176 présents).

Comment déterminer l'altitude de température maximale en Q14 ?

Dériver la température axiale par rapport à z et annuler cette dérivée. L'équation aboutit à \tan(\pi z/H) = -2K avec K > 0 : comme z \in [0, H], la solution physique s'écrit z = H(1 - \arctan(2K)/\pi). Vérifier ensuite la négativité de la dérivée seconde.

Peut-on aborder la question Q39 sans avoir traité le reste de la partie V ?

Oui : la question Q39 est indépendante des calculs de solubilité menés en Q37 et Q38. Elle demande seulement d'extraire les informations pertinentes de la figure 11 pour identifier le pH optimal et les risques d'irradiation lors du refroidissement.

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