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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 MP 2020

L'énergie électrique d'origine nucléaire

Ce sujet propose une analyse physique pluridisciplinaire et rigoureuse du fonctionnement d'une tranche nucléaire de type REP/EPR. Il aborde successivement l'origine de l'énergie nucléaire et le combustible (radioactivité, géochronologie, structure cristalline du dioxyde d'uranium), le dimensionnement thermique du cœur (conduction cylindrique avec source volumique interne, modélisation des gradients thermiques et limites physiques de puissance), puis l'étude thermodynamique approfondie du circuit secondaire de production d'électricité (détentes en turbines HP et BP, séchage, surchauffe et échangeurs thermiques).

C'est un sujet incontournable pour réviser deux pans majeurs du programme de deuxième année : d'une part la conduction thermique avec géométrie cylindrique et prise en compte de résistances thermiques de contact/convection, et d'autre part la thermodynamique des machines thermiques industrielles sur diagramme entropique avec débits multiples. Il constitue un excellent entraînement aux questions ouvertes et aux estimations d'ordres de grandeur.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,38/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

10 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (24) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Points à signaler : ambiguïté, parties indépendantes
  • Ambiguïté

    L'énoncé indique T_F = 281\ ^\circ\text{C} dans le texte et la figure 7, mais mentionne 250\ ^\circ\text{C} dans le tableau récapitulatif. Le jury a validé indifféremment les deux valeurs pour le tracé en Q26 et pour l'enthalpie lue en Q27.

  • Parties indépendantes

    Q1, Q13 et Q25 : Les trois parties du sujet (chimie nucléaire et cristallographie, diffusion thermique dans le crayon, thermodynamique du circuit secondaire) sont indépendantes et peuvent être traitées dans n'importe quel ordre.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : L'uranium, source d'énergie

I.A.1 · Évolution de la population d'uranium au cours du temps

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : constante radioactive, analyse dimensionnelle

Quelle est la dimension de la constante radioactive ?

Voir l'indice

Se référer à la définition probabiliste : une probabilité par unité de temps est homogène à l'inverse d'un temps.

Voir la réponse courte

La constante radioactive \lambda a la dimension de l'inverse d'un temps (\mathrm{s}^{-1}), analogue à une constante de vitesse d'ordre 1.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la constante radioactive \lambda représente la probabilité de désintégration d'un noyau par unité de temps.

Une probabilité étant une grandeur sans dimension, le rapport d'une probabilité par une durée a pour dimension l'inverse d'un temps :

\boxed{[\lambda] = \mathrm{T}^{-1}}

Dans le Système international d'unités (SI), \lambda s'exprime ainsi en \mathrm{s}^{-1}.

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : décroissance radioactive, cinétique d'ordre 1

On considère une population de noyaux radioactifs identiques, dont le nombre à l'instant est donné par . Relier à et puis montrer que l'évolution de est gouvernée par l'équation différentielle .

Voir l'indice

Exprimer la variation élémentaire \mathrm{d}N = N(t+\mathrm{d}t) - N(t) = -\lambda N(t)\,\mathrm{d}t traduisant le nombre moyen de désintégrations sur l'intervalle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre moyen de noyaux se désintégrant pendant l'intervalle de temps élémentaire [t, t+\mathrm{d}t] à partir de la probabilité \lambda\,\mathrm{d}t.
  2. Établir le bilan de population à t+\mathrm{d}t puis passer à la limite \mathrm{d}t \to 0 pour obtenir la dérivée temporelle.
Voir la réponse courte

Bilan de population entre t et t+\mathrm{d}t : \mathrm{d}N = -\lambda N(t)\,\mathrm{d}t, ce qui donne l'équation différentielle du premier ordre.

Voir le corrigé complet

D'après le préambule, la probabilité pour qu'un noyau donné se désintègre entre les instants t et t+\mathrm{d}t vaut :

\mathrm{d}p = \lambda\,\mathrm{d}t

Les désintégrations des différents noyaux étant des processus mutuellement indépendants, le nombre moyen de noyaux qui disparaissent pendant la durée \mathrm{d}t au sein d'une population de N(t) noyaux est :

\mathrm{d}N_{\text{dés}} = N(t)\,\mathrm{d}p = \lambda N(t)\,\mathrm{d}t

Le nombre de noyaux présents à l'instant t + \mathrm{d}t est donc relié à N(t) par :

\boxed{N(t + \mathrm{d}t) = N(t)\,(1 - \lambda\,\mathrm{d}t)}

La variation élémentaire de la population s'écrit \mathrm{d}N = N(t+\mathrm{d}t) - N(t) = -\lambda N(t)\,\mathrm{d}t. Pour une population macroscopique (N \gg 1), on peut assimiler N(t) à une fonction continue et dérivable du temps :

\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}(t) = \lim_{\mathrm{d}t \to 0} \frac{N(t + \mathrm{d}t) - N(t)}{\mathrm{d}t} = -\lambda N(t)

On obtient bien l'équation différentielle régissant l'évolution de la population :

\boxed{\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}(t) + \lambda N(t) = 0}

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps de demi-vie, constante radioactive

La période radioactive, notée , est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux se sont désintégrés. Établir le lien entre et .

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle et poser la condition N(T_{1/2}) = N_0 / 2 pour exprimer \lambda en fonction de \ln 2.

Voir la réponse courte

Intégration de la loi du premier ordre puis condition N(T_{1/2}) = N_0/2, d'où T_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}.

Voir le corrigé complet

L'intégration de la loi de décroissance radioactive établie à la question Q2 donne :

N(t) = N(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda t}

Par définition de la demi-vie (ou période radioactive) T_{1/2}, le nombre de noyaux restants à l'instant t = T_{1/2} est égal à la moitié du nombre initial de noyaux :

N(T_{1/2}) = \frac{N(0)}{2}

En substituant dans la loi horaire :

\begin{aligned} N(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} &= \frac{N(0)}{2} \\ \mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} &= \frac{1}{2} \\ -\lambda T_{1/2} &= \ln\left(\frac{1}{2}\right) = -\ln 2 \end{aligned}

On obtient ainsi la relation entre \lambda et T_{1/2} :

\boxed{T_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda} \quad \Longleftrightarrow \quad \lambda = \frac{\ln 2}{T_{1/2}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Exploitez l'équation différentielle établie à la question précédente au lieu de proposer une formule fantaisiste pour la période radioactive.

« Certains candidats ne pensent pas à exploiter l’équation différentielle dont la démonstration faisait l’objet de la question précédente et proposent une expression fantaisiste de la période radioactive. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps de demi-vie, constante radioactive

Calculer numériquement les valeurs des constantes radioactives et des noyaux respectifs d'uranium 238 et 235. Commenter ces valeurs en sachant que la constante radioactive du thorium est de environ.

Voir l'indice

Convertir les périodes de demi-vie des années en secondes avant d'effectuer le rapport numérique \ln 2 / T_{1/2}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les constantes radioactives \lambda à partir de la relation établie à la question Q3 : \lambda = \dfrac{\ln 2}{T_{1/2}}.
  2. Convertir les périodes radioactives données en années dans l'unité du Système International (seconde), en cohérence avec la valeur fournie pour le thorium en « usi » (\mathrm{s}^{-1}).
  3. Comparer \lambda_{238}, \lambda_{235} et \lambda_{\mathrm{Th}}, puis relier les résultats aux indications du texte introductif et à l'échelle des temps géologiques.
Voir la réponse courte

Calcul de \lambda = \ln 2 / T_{1/2} en \mathrm{s}^{-1} pour ^{238}\mathrm{U} et ^{235}\mathrm{U} et comparaison avec la stabilité encore plus grande du thorium.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q3, la constante radioactive est reliée à la période radioactive par :

\lambda = \frac{\ln 2}{T_{1/2}}

En prenant pour durée d'une année julienne 1\text{ an} = 365{,}25\text{ jours} = 365{,}25 \times 86\,400\text{ s} \approx 3{,}156 \times 10^7\text{ s} :

  • Pour l'uranium 238 (T_{1/2} = 4{,}468 \times 10^9\text{ années}) :

    \begin{aligned} T_{1/2}(^{238}\mathrm{U}) &= 4{,}468 \times 10^9 \times 3{,}156 \times 10^7 \approx 1{,}410 \times 10^{17}\text{ s} \\ \lambda_{238} &= \frac{\ln 2}{1{,}410 \times 10^{17}} \approx 4{,}92 \times 10^{-18}\text{ s}^{-1} \end{aligned}
  • Pour l'uranium 235 (T_{1/2} = 703{,}8 \times 10^6\text{ années}) :

    \begin{aligned} T_{1/2}(^{235}\mathrm{U}) &= 703{,}8 \times 10^6 \times 3{,}156 \times 10^7 \approx 2{,}221 \times 10^{16}\text{ s} \\ \lambda_{235} &= \frac{\ln 2}{2{,}221 \times 10^{16}} \approx 3{,}12 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\lambda_{238} \approx 4{,}92 \times 10^{-18}\text{ s}^{-1} \quad \text{et} \quad \lambda_{235} \approx 3{,}12 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1}}

Commentaires :

  • Comparaison avec le thorium : On constate que :

    \frac{\lambda_{238}}{\lambda_{\mathrm{Th}}} = \frac{4{,}92 \times 10^{-18}}{1{,}6 \times 10^{-18}} \approx 3{,}1

    Le thorium est bien environ trois fois moins radioactif que l'uranium 238, ce qui concorde parfaitement avec les indications du texte de la partie I.A.

  • Comparaison entre isotopes de l'uranium :

    \frac{\lambda_{235}}{\lambda_{238}} = \frac{T_{1/2}(^{238}\mathrm{U})}{T_{1/2}(^{235}\mathrm{U})} \approx 6{,}35

    L'uranium 235 se désintègre plus de six fois plus vite que l'uranium 238.

  • Ordre de grandeur : Ces constantes sont extrêmement faibles, ce qui correspond à des durées de demi-vie du même ordre de grandeur que l'âge de la Terre (\approx 4{,}5\text{ Ga}). C'est ce qui explique que ces éléments soient encore naturellement présents dans la croûte terrestre aujourd'hui.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Mentionnez explicitement les valeurs numériques utilisées dans vos calculs et veillez à respecter un nombre adapté de chiffres significatifs.

« Pour cette question, comme pour la plupart des applications numériques ultérieures, le jury attendait que les candidats mentionnent explicitement les données numériques retenues pour l’évaluation des grandeurs recherchées. Rappelons également que les résultats numériques doivent être écrits avec un nombre de chiffres significatifs adapté. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : décroissance radioactive

La proportion d'uranium 235 dans les minerais augmente-t-elle ou diminue-t-elle au cours du temps ?

Voir l'indice

Comparer les valeurs respectives de \lambda_{235} et \lambda_{238} pour savoir quel isotope disparaît le plus rapidement au cours des temps géologiques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la proportion isotopique de l'uranium 235 à un instant t à l'aide des populations de noyaux N_{235}(t) et N_{238}(t).
  2. Exploiter les lois de décroissance radioactive et comparer les constantes radioactives \lambda_{235} et \lambda_{238} obtenues à la question Q4.
Voir la réponse courte

Comme \lambda_{235} > \lambda_{238}, le rapport N_{235}(t)/N_{238}(t) décroît exponentiellement au cours du temps.

Voir le corrigé complet

D'après les précisions de l'énoncé, en négligeant l'uranium 234, la proportion d'uranium 235 au sein de l'uranium naturel à l'instant t s'écrit :

p_{235}(t) = \frac{N_{235}(t)}{N_{235}(t) + N_{238}(t)} = \frac{1}{1 + \dfrac{N_{238}(t)}{N_{235}(t)}}

La loi de décroissance radioactive établie à la question Q2 donne pour chaque isotope :

N_{235}(t) = N_{235}(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda_{235} t} \quad \text{et} \quad N_{238}(t) = N_{238}(0)\,\mathrm{e}^{-\lambda_{238} t}

Le rapport des populations s'exprime donc sous la forme :

\frac{N_{238}(t)}{N_{235}(t)} = \frac{N_{238}(0)}{N_{235}(0)}\,\mathrm{e}^{(\lambda_{235} - \lambda_{238})t}

Or, d'après les résultats de la question Q4 :

\lambda_{235} \approx 3{,}12 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1} > \lambda_{238} \approx 4{,}92 \times 10^{-18}\text{ s}^{-1}

Comme \lambda_{235} - \lambda_{238} > 0, le rapport \dfrac{N_{238}(t)}{N_{235}(t)} est une fonction strictement croissante du temps.

Par conséquent :

\boxed{\text{La proportion d'uranium 235 dans les minerais diminue au cours du temps.}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : décroissance radioactive

Pour faire fonctionner un réacteur nucléaire, il faut disposer d'un minerai contenant beaucoup d'uranium et que cet uranium présente au moins d'uranium 235 de sorte que la fission puisse s'auto-entretenir. Entre la formation de la Terre et notre époque, y a-t-il eu une période pendant laquelle les minerais naturels étaient suffisamment riches en uranium 235 pour faire fonctionner un réacteur nucléaire ? Si oui, estimer la durée de cette période.

Voir l'indice

Écrire la proportion p(t) = N_{235}(t) / [N_{235}(t) + N_{238}(t)] et remonter dans le passé (t < 0) jusqu'à atteindre une teneur de 3\,\%.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport isotopique r(t) = \frac{N_{235}(t)}{N_{238}(t)} en fonction du temps écoulé depuis notre époque (ou en remontant le temps de \tau années dans le passé).
  2. Traduire la condition d'un minerai à au moins 3\,\% d'uranium 235 sur le rapport r.
  3. Déterminer la date \tau_c dans le passé à laquelle la proportion valait exactement 3\,\%, puis en déduire la durée de la période propice depuis la formation de la Terre (t_{\text{Terre}} \approx 4{,}5\text{ milliards d'années}).
Voir la réponse courte

Résolution de la condition d'enrichissement supérieur à 3\,\% dans le passé : cas du réacteur naturel d'Oklo il y a environ 2 milliards d'années.

Voir le corrigé complet

Soit \tau le temps compté positivement vers le passé depuis notre époque (\tau = 0). Les populations de noyaux étaient alors :

\begin{aligned} N_{235}(\tau) &= N_{235}(0)\,\mathrm{e}^{\lambda_{235}\tau} \\ N_{238}(\tau) &= N_{238}(0)\,\mathrm{e}^{\lambda_{238}\tau} \end{aligned}

Le rapport isotopique r(\tau) = \frac{N_{235}(\tau)}{N_{238}(\tau)} s'écrit :

r(\tau) = r(0)\,\mathrm{e}^{(\lambda_{235} - \lambda_{238})\tau} \quad \text{avec} \quad r(0) = \frac{p_{235}(0)}{p_{238}(0)} = \frac{0{,}72\,\%}{99{,}28\,\%} \approx 7{,}252 \times 10^{-3}

Une proportion minimale p_c = 3{,}0\,\% correspond à un rapport isotopique seuil :

r_c = \frac{p_c}{1 - p_c} = \frac{0{,}030}{0{,}97} \approx 3{,}093 \times 10^{-2}

La proportion d'uranium 235 était supérieure ou égale à 3\,\% pour toutes les dates \tau \ge \tau_c telles que r(\tau_c) = r_c, soit :

\tau_c = \frac{1}{\lambda_{235} - \lambda_{238}} \ln\left(\frac{r_c}{r(0)}\right) = \frac{1}{\ln 2 \left(\frac{1}{T_{1/2,235}} - \frac{1}{T_{1/2,238}}\right)} \ln\left(\frac{p_c\,(1-p_{235}(0))}{p_{235}(0)\,(1-p_c)}\right)

Effectuons l'application numérique avec les demi-vies fournies :

  • \frac{1}{T_{1/2,235}} - \frac{1}{T_{1/2,238}} = \frac{1}{703{,}8 \times 10^6} - \frac{1}{4{,}468 \times 10^9} \approx 1{,}197 \times 10^{-9}\text{ an}^{-1}
  • \lambda_{235} - \lambda_{238} = \ln 2 \times 1{,}197 \times 10^{-9} \approx 8{,}30 \times 10^{-10}\text{ an}^{-1}
  • \frac{r_c}{r(0)} = \frac{0{,}030 \times 0{,}9928}{0{,}97 \times 0{,}0072} \approx 4{,}265 \implies \ln(4{,}265) \approx 1{,}450

On trouve ainsi :

\tau_c \approx \frac{1{,}450}{8{,}30 \times 10^{-10}} \approx 1{,}75 \times 10^9\text{ années} = 1{,}75\text{ Ga}

La Terre s'étant formée il y a environ T_{\text{Terre}} \approx 4{,}5\text{ milliards d'années} (valeur cohérente avec la demi-vie de ^{238}\mathrm{U} donnée à \approx 4{,}47\text{ Ga}), les minerais naturels contenaient plus de 3\,\% d'uranium 235 entre la formation de la Terre et il y a 1{,}75\text{ milliard d'années}.

Oui, une telle période a existé ; elle a duré depuis la formation de la Terre jusqu'à \tau_c, soit une durée :

\Delta t = T_{\text{Terre}} - \tau_c \approx 4{,}5 - 1{,}75 \approx 2{,}75\text{ Ga}
\boxed{\text{Oui, cette période a existé et a duré environ } 2{,}7 \text{ à } 2{,}8 \times 10^9\text{ ans (elle a pris fin il y a } 1{,}75\text{ Ga)}.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne soyez pas déstabilisé par l'obtention d'une date négative et ayez en tête l'ordre de grandeur de l'âge de la Terre.

« 76 % des candidats qui ont abordé cette question ont vu leurs efforts au moins partiellement récompensés. »

« En revanche, de nombreux candidats ont été perturbés de trouver un instant négatif à l’issue du calcul et ont mal conclu leur raisonnement. À cette occasion, le jury a été surpris de constater que seuls 16 % des candidats fournissent un ordre de grandeur correct de l’âge de la Terre. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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I.A.2 · Radioactivité naturelle au XXIe siècle

Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : activité radioactive, bilan d'énergie

Estimer la puissance dégagée par la radioactivité de l'uranium sur une telle parcelle. Comparer avec la valeur donnée par l'extrait ci-dessus ( par tonne d'uranium).

Voir l'indice

Calculer l'activité globale en sommant les contributions des isotopes, puis multiplier par l'énergie des particules alpha ou utiliser la puissance massique de 0{,}082\text{ W/t}.

Voir la stratégie
  1. Calculer le nombre de noyaux de chaque isotope (^{238}\mathrm{U} et ^{235}\mathrm{U}) dans les m = 24\text{ kg} d'uranium naturel, puis leur activité respective A = \lambda N.
  2. En déduire la puissance dégagée par la désintégration \alpha de l'uranium seul : P = A_{238} E_{\alpha, 238} + A_{235} E_{\alpha, 235}.
  3. Comparer cette valeur (ou la puissance massique associée) à celle de l'extrait (0{,}082\text{ W}\cdot\text{t}^{-1}) et interpréter l'écart à l'aide de la chaîne de désintégration.
Voir la réponse courte

Calcul de l'activité massique puis de la puissance thermique libérée par désintégration \alpha, en accord avec la valeur fournie.

Voir le corrigé complet

La masse totale d'uranium naturel présente sur la parcelle est m = 24\text{ kg}.

D'après les données, les proportions isotopiques en masse sont p_{238} = 99{,}28\,\% et p_{235} = 0{,}72\,\%. Le nombre de noyaux de chaque isotope s'écrit :

\begin{aligned} N_{238} &= \frac{p_{238} m}{M_{238}} \mathcal{N}_A = \frac{0{,}9928 \times 24 \times 10^3}{238{,}04} \times 6{,}02 \times 10^{23} \approx 6{,}03 \times 10^{25} \text{ noyaux} \\ N_{235} &= \frac{p_{235} m}{M_{235}} \mathcal{N}_A = \frac{0{,}0072 \times 24 \times 10^3}{235{,}04} \times 6{,}02 \times 10^{23} \approx 4{,}43 \times 10^{23} \text{ noyaux} \end{aligned}

Les activités associées valent, avec les constantes radioactives issues de la question Q4 (\lambda_{238} \approx 4{,}92 \times 10^{-18}\text{ s}^{-1} et \lambda_{235} \approx 3{,}12 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1}) :

\begin{aligned} A_{238} &= \lambda_{238} N_{238} \approx 4{,}92 \times 10^{-18} \times 6{,}03 \times 10^{25} \approx 2{,}97 \times 10^8\text{ Bq} \\ A_{235} &= \lambda_{235} N_{235} \approx 3{,}12 \times 10^{-17} \times 4{,}43 \times 10^{23} \approx 1{,}38 \times 10^7\text{ Bq} \end{aligned}

Chaque désintégration libère une énergie E_{\alpha} :

\begin{aligned} E_{\alpha, 238} &= 4{,}27\text{ MeV} = 4{,}27 \times 10^6 \times 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ J} \approx 6{,}83 \times 10^{-13}\text{ J} \\ E_{\alpha, 235} &= 4{,}68\text{ MeV} = 4{,}68 \times 10^6 \times 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ J} \approx 7{,}49 \times 10^{-13}\text{ J} \end{aligned}

La puissance dégagée par les désintégrations directes de l'uranium est donc :

\begin{aligned} P_{\mathrm{U}} &= A_{238} E_{\alpha, 238} + A_{235} E_{\alpha, 235} \\ &= 2{,}97 \times 10^8 \times 6{,}83 \times 10^{-13} + 1{,}38 \times 10^7 \times 7{,}49 \times 10^{-13} \\ &\approx 2{,}03 \times 10^{-4}\text{ W} + 1{,}03 \times 10^{-5}\text{ W} \approx 2{,}1 \times 10^{-4}\text{ W} \end{aligned}
\boxed{P_{\mathrm{U}} \approx 0{,}21\text{ mW}}

Rapportée à la masse d'uranium, cette puissance correspond à une puissance massique :

\mathcal{P}_{\mathrm{U}} = \frac{P_{\mathrm{U}}}{m} = \frac{2{,}13 \times 10^{-4}}{24 \times 10^{-3}\text{ t}} \approx 0{,}0089\text{ W}\cdot\text{t}^{-1}

Si l'on utilise directement la valeur fournie par l'extrait (0{,}082\text{ W}\cdot\text{t}^{-1}), la puissance totale dégagée sur la parcelle est :

P_{\text{tot}} = 24 \times 10^{-3}\text{ t} \times 0{,}082\text{ W}\cdot\text{t}^{-1} \approx 1{,}97 \times 10^{-3}\text{ W} \approx 2{,}0\text{ mW}

Comparaison et commentaire : La puissance issue de la désintégration de l'uranium seul est environ 9{,}2 fois plus faible que la valeur globale indiquée dans le texte :

\frac{0{,}082}{0{,}0089} \approx 9{,}2

Cet écart s'explique parfaitement par la précision apportée dans le texte : la valeur de 0{,}082\text{ W}\cdot\text{t}^{-1} inclut l'uranium ainsi que ses descendants à l'équilibre séculaire. Par exemple, la chaîne radioactive complète de l'uranium 238 jusqu'au plomb 206 stable comporte 8 désintégrations \alpha et 6 désintégrations \beta^-, libérant une énergie totale cumulée de l'ordre de 48\text{ à }50\text{ MeV}, soit environ 8 à 10 fois l'énergie de la seule désintégration initiale de ^{238}\mathrm{U}.

Résultat

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I.B.1 · Cristal de dioxyde d'uranium

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : réseau cfc, site tétraédrique

Indiquer sur cette figure la position des ions et . Comment s'appellent les sites du réseau de l'uranium occupés par les ions d'oxygène ?

Voir l'indice

Dans la structure fluorite type \mathrm{CaF}_2, le réseau hôte cubique à faces centrées est formé par les cations \mathrm{U}^{4+} et les anions \mathrm{O}^{2-} occupent tous les sites tétraédriques.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du réseau formé par les cations \mathrm{U}^{4+} (cubique à faces centrées d'après l'énoncé) pour repérer leurs positions dans la maille conventionnelle.
  2. En déduire la position des anions \mathrm{O}^{2-} à l'intérieur de la maille (au centre de chacun des 8 octants).
  3. Caractériser l'environnement géométrique de ces sites interstitiels pour leur donner leur nom usuel en cristallographie.
Voir la réponse courte

Les cations \mathrm{U}^{4+} forment un réseau CFC et les anions \mathrm{O}^{2-} occupent la totalité des 8 sites tétraédriques de la maille.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé et la structure type fluorine (\mathrm{CaF}_2) représentée sur la figure A du document réponse :

  • Ions uranium \mathrm{U}^{4+} : ils forment un réseau cubique à faces centrées (cfc). Ils occupent donc les 8 sommets et les 6 centres des faces de la maille conventionnelle cubique (sphères grises sur la figure A).
  • Ions oxygène \mathrm{O}^{2-} : ils sont situés au centre de chacun des 8 sous-cubes d'arête a/2 (les 8 octants) formant un réseau cubique simple d'arête a/2 entièrement inclus dans la maille (sphères vertes au cœur de la maille).

Chaque ion \mathrm{O}^{2-} est équidistant d'un sommet et des trois centres de faces adjacents à ce sommet, formant ainsi un tétraèdre régulier de cations \mathrm{U}^{4+}. Les sites du réseau cfc occupés par les ions oxygène sont donc les :

\boxed{\text{sites tétraédriques}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La structure cristalline de UO2 a été bien comprise par les candidats.

« L’appropriation de la structure cristallographique de UO2 par les candidats est très satisfaisante. En revanche, la détermination du paramètre de maille s’est avérée plus laborieuse et la confrontation avec les rayons ioniques, pourtant classique, est source d’erreur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : dénombrement d'atomes, stœchiométrie

Vérifier que le nombre d'ions est cohérent avec la formule .

Voir l'indice

Dénombrer les atomes propres à la maille en affectant à chaque position son facteur de multiplicité (sommets, faces, intérieur).

Voir la réponse courte

Dénombrement : 4 ions \mathrm{U}^{4+} et 8 ions \mathrm{O}^{2-} par maille, en parfait accord avec la stœchiométrie \mathrm{UO}_2.

Voir le corrigé complet

Dénombrons les ions appartenant en propre à la maille élémentaire conventionnelle :

  • Ions uranium \mathrm{U}^{4+} (réseau cubique à faces centrées) :

    • 8 ions situés aux sommets du cube, partagés chacun entre 8 mailles adjacentes : 8 \times \dfrac{1}{8} = 1 ;
    • 6 ions situés aux centres des faces, partagés chacun entre 2 mailles : 6 \times \dfrac{1}{2} = 3.

    Le nombre d'ions \mathrm{U}^{4+} par maille est donc :

    N(\mathrm{U}^{4+}) = 8 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 4
  • Ions oxygène \mathrm{O}^{2-} (sites tétraédriques) :

    • 8 ions situés au centre des 8 sous-cubes d'arête a/2, donc entièrement intérieurs à la maille :
    N(\mathrm{O}^{2-}) = 8 \times 1 = 8

Le rapport du nombre d'ions par maille vaut :

\frac{N(\mathrm{O}^{2-})}{N(\mathrm{U}^{4+})} = \frac{8}{4} = 2
\boxed{\text{La maille contient } 4 \text{ groupements formulaires } \mathrm{UO}_2 \ (Z = 4)}

Ce résultat est parfaitement cohérent avec la formule stœchiométrique \mathrm{UO}_2.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La structure du dioxyde d'uranium a été bien assimilée par les candidats.

« L’appropriation de la structure cristallographique de UO2 par les candidats est très satisfaisante. En revanche, la détermination du paramètre de maille s’est avérée plus laborieuse et la confrontation avec les rayons ioniques, pourtant classique, est source d’erreur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : paramètre de maille, masse volumique

Quelle est la longueur du côté de la maille ? Commenter ce résultat. Comparer cette longueur avec les rayons ioniques des ions uranium et oxygène qui valent respectivement et .

Voir l'indice

Exprimer la masse volumique théorique \rho = Z M / (\mathcal{N}_A a^3) pour déduire l'arête a, puis vérifier la condition de contact suivant la diagonale du quart de cube.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse volumique \rho du cristal de dioxyde d'uranium en fonction du nombre Z de motifs \mathrm{UO}_2 par maille (déterminé en Q9), de la masse molaire M(\mathrm{UO}_2), de la constante d'Avogadro \mathcal{N}_A et du paramètre de maille a.
  2. En déduire la valeur numérique de la longueur d'arête a de la maille conventionnelle et commenter son ordre de grandeur.
  3. Analyser les conditions géométriques de contact dans la structure type fluorine (\mathrm{CaF}_2) entre le cation \mathrm{U}^{4+} et l'anion \mathrm{O}^{2-} pour confronter cette valeur aux rayons ioniques fournis.
Voir la réponse courte

Calcul de l'arête a = (4 M / (\rho N_A))^{1/3} et vérification du non-contact anion-anion ou condition de contact selon la diagonale.

Voir le corrigé complet

La maille élémentaire contient Z = 4 motifs \mathrm{UO}_2 (question Q9). La masse volumique du cristal s'exprime selon :

\rho = \frac{m_{\text{maille}}}{V_{\text{maille}}} = \frac{Z\,M(\mathrm{UO}_2)}{\mathcal{N}_A\,a^3}

D'où l'expression du paramètre de maille a :

a = \left(\frac{Z\,M(\mathrm{UO}_2)}{\mathcal{N}_A\,\rho}\right)^{1/3}

Pour le dioxyde d'uranium enrichi à 5\,\% en {}^{235}\mathrm{U} et 95\,\% en {}^{238}\mathrm{U}, la masse molaire de l'uranium vaut :

M(\mathrm{U}) = 0{,}05 \times 235{,}04 + 0{,}95 \times 238{,}04 = 237{,}89\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La masse molaire du dioxyde d'uranium est donc :

M(\mathrm{UO}_2) = M(\mathrm{U}) + 2\,M(\mathrm{O}) = 237{,}89 + 2 \times 16{,}0 = 269{,}9\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 0{,}2699\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}

Avec \rho = 11{,}0\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} = 11{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \mathcal{N}_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} :

\begin{aligned} a^3 &= \frac{4 \times 0{,}2699}{6{,}02 \times 10^{23} \times 11{,}0 \times 10^3} \approx 1{,}630 \times 10^{-28}\text{ m}^3 \\ a &= \left(163{,}0 \times 10^{-30}\right)^{1/3} \approx 5{,}46 \times 10^{-10}\text{ m} = 546\text{ pm} \end{aligned}
\boxed{a \approx 546\text{ pm} = 0{,}546\text{ nm}}

Commentaire : Cette valeur est tout à fait typique des paramètres de maille de cristaux ioniques, qui sont de l'ordre de quelques centaines de picomètres (quelques angströms).

Comparaison avec les rayons ioniques : Dans la structure fluorine, chaque ion oxygène \mathrm{O}^{2-} occupe le centre d'un sous-cube d'arête a/2. La plus courte distance entre un ion uranium \mathrm{U}^{4+} (situé à un sommet d'un sous-cube) et un ion oxygène \mathrm{O}^{2-} (au centre de ce sous-cube) correspond à la demi-diagonale du sous-cube :

d(\mathrm{U}^{4+}-\mathrm{O}^{2-}) = \frac{1}{2}\sqrt{\left(\frac{a}{2}\right)^2 + \left(\frac{a}{2}\right)^2 + \left(\frac{a}{2}\right)^2} = \frac{a\sqrt{3}}{4}

Numériquement, avec a = 546\text{ pm} :

d(\mathrm{U}^{4+}-\mathrm{O}^{2-}) = \frac{546 \times \sqrt{3}}{4} \approx 236{,}4\text{ pm}

Or, la somme des rayons ioniques vaut :

r(\mathrm{U}^{4+}) + r(\mathrm{O}^{2-}) = 97\text{ pm} + 140\text{ pm} = 237\text{ pm}

La condition de contact cation-anion a\frac{\sqrt{3}}{4} = r(\mathrm{U}^{4+}) + r(\mathrm{O}^{2-}) conduirait à :

a_{\text{th}} = \frac{4}{\sqrt{3}}\left(r(\mathrm{U}^{4+}) + r(\mathrm{O}^{2-})\right) = \frac{4 \times 237}{\sqrt{3}} \approx 547\text{ pm}

L'accord entre la valeur déduite de la masse volumique macroscopique (546\text{ pm}) et celle prédite par le modèle des sphères dures tangentes (547\text{ pm}) est remarquable (écart relatif inférieur à 0{,}2\,\%).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soyez rigoureux sur le calcul du paramètre de maille et sur sa comparaison classique avec les rayons ioniques.

« la détermination du paramètre de maille s’est avérée plus laborieuse et la confrontation avec les rayons ioniques, pourtant classique, est source d’erreur. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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I.B.2 · Combustible utilisé dans les centrales

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie de réaction, radioactivité

Quelle est l'énergie que va dégager cette pastille combustible si tout l'uranium 235 se désintègre naturellement (par radioactivité ) ? Un ordre de grandeur est attendu.

Voir l'indice

Déterminer le nombre d'atomes de ^{235}\mathrm{U} dans la pastille de 7{,}5\text{ g} enrichie à 5\,\% en masse et multiplier par l'énergie unitaire de désintégration alpha.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la quantité de matière puis le nombre d'atomes d'uranium 235 présents dans une pastille de dioxyde d'uranium enrichi de masse m = 7{,}5\text{ g}.
  2. Calculer l'énergie totale E_0 libérée lors de la désintégration \alpha de l'ensemble de ces noyaux à l'aide de l'énergie libérée par événement fournie dans les données.
Voir la réponse courte

Énergie totale égale au nombre initial de noyaux ^{235}\mathrm{U} multiplié par l'énergie libérée par chaque désintégration \alpha.

Voir le corrigé complet

La pastille est constituée de dioxyde d'uranium \mathrm{UO}_2 enrichi à 5{,}0\,\% en uranium 235 (en proportion isotopique au sein de l'uranium). La masse molaire de l'uranium enrichi est :

M(\mathrm{U}) = 0{,}050 \times M({}^{235}\mathrm{U}) + 0{,}950 \times M({}^{238}\mathrm{U}) \approx 0{,}050 \times 235{,}04 + 0{,}950 \times 238{,}04 \approx 237{,}9\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La masse molaire du dioxyde d'uranium vaut ainsi :

M(\mathrm{UO}_2) = M(\mathrm{U}) + 2\,M(\mathrm{O}) \approx 237{,}9 + 2 \times 16{,}0 = 269{,}9\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} \approx 270\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

Une pastille de masse m = 7{,}5\text{ g} contient une quantité de matière de \mathrm{UO}_2 :

n(\mathrm{UO}_2) = \frac{m}{M(\mathrm{UO}_2)} = \frac{7{,}5}{270} \approx 2{,}78 \times 10^{-2}\text{ mol}

Chaque formule unité \mathrm{UO}_2 apportant un atome d'uranium, le nombre total d'atomes d'uranium est N_{\mathrm{U}} = n(\mathrm{UO}_2)\,\mathcal{N}_A. Le nombre de noyaux d'uranium 235 dans la pastille s'écrit donc :

\begin{aligned} N_{235} &= 0{,}050 \times n(\mathrm{UO}_2)\,\mathcal{N}_A \\ N_{235} &= 0{,}050 \times 2{,}78 \times 10^{-2} \times 6{,}02 \times 10^{23} \approx 8{,}4 \times 10^{20}\text{ noyaux} \end{aligned}

D'après les données, chaque désintégration \alpha d'un noyau d'uranium 235 libère une énergie :

e_{\alpha} = 4{,}68\text{ MeV} = 4{,}68 \times 10^6 \times 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ J} \approx 7{,}49 \times 10^{-13}\text{ J}

Si la totalité des noyaux de ^{235}\mathrm{U} venait à se désintégrer par radioactivité \alpha, l'énergie totale dégagée serait :

\begin{aligned} E_0 &= N_{235}\,e_{\alpha} \\ E_0 &= 8{,}37 \times 10^{20} \times 7{,}488 \times 10^{-13} \approx 6{,}3 \times 10^8\text{ J} \end{aligned}
\boxed{E_0 \approx 6 \times 10^8\text{ J} \quad (\sim 10^9\text{ J} = 1\text{ GJ})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas émission alpha et fission, et utilisez bien la masse molaire de UO2 pour calculer le nombre de noyaux d'uranium 235.

« Cette question est globalement mal comprise. Le jury déplore ainsi de nombreuses confusions entre les processus d’émission αet de fission, ainsi que des erreurs sur l’isotope considéré. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, pouvoir calorifique

Un foyer composé de 4 personnes habitant dans une maison de avec chauffage électrique consomme en moyenne une énergie électrique correspondant à en une année. Évaluer les masses de combustible nécessaires pour alimenter un tel foyer en électricité pendant un an dans le cas d'une centrale au charbon, puis d'une centrale nucléaire de type REP. Commenter.

Voir l'indice

Convertir la consommation électrique annuelle en joules, introduire un rendement de conversion électrique réaliste (\approx 33\,\%) et comparer les énergies massiques de combustion et de fission.

Voir la stratégie
  1. Convertir la consommation annuelle d'énergie électrique du foyer en joules, puis estimer l'énergie thermique primaire requise en adoptant un rendement de conversion thermodynamique typique (\eta \approx 33\%).
  2. Pour la centrale au charbon, utiliser la donnée du document réponse (tonne équivalent charbon) pour en déduire la masse de charbon nécessaire.
  3. Pour la centrale nucléaire, calculer l'énergie libérée par la fission d'un noyau d'^{235}\mathrm{U} (2{,}0 \times 10^2\text{ MeV}) afin de déterminer la masse d'uranium 235 consommée, puis en déduire la masse correspondante de combustible \mathrm{UO}_2 enrichi.
Voir la réponse courte

Comparaison des masses de combustible requises : quelques tonnes de charbon contre quelques dizaines de grammes d'uranium pour 20\,000\text{ kWh}.

Voir le corrigé complet

1. Énergie électrique consommée et énergie thermique nécessaire

L'énergie électrique consommée en un an s'élève à :

E_{\text{elec}} = 20\,000\text{ kW}\cdot\text{h} = 20\,000 \times 10^3 \times 3600\text{ J} = 7{,}2 \times 10^{10}\text{ J}

Les centrales thermiques à flamme et les centrales nucléaires de type REP fonctionnent selon des cycles à vapeur dont le rendement global de conversion de l'énergie thermique en énergie électrique est de l'ordre de \eta \approx 33\,\% (environ un tiers). L'énergie thermique primaire à fournir est donc :

E_{\text{th}} = \frac{E_{\text{elec}}}{\eta} \approx \frac{7{,}2 \times 10^{10}}{0{,}33} \approx 2{,}2 \times 10^{11}\text{ J}

2. Cas de la centrale au charbon

D'après le tableau des données, une tonne équivalent charbon (tec) libère :

e_{\text{charbon}} = 29{,}3 \times 10^9\text{ J}\cdot\text{t}^{-1}

La masse de charbon nécessaire pour produire l'énergie thermique requise est :

m_{\text{charbon}} = \frac{E_{\text{th}}}{e_{\text{charbon}}} = \frac{2{,}18 \times 10^{11}}{29{,}3 \times 10^9} \approx 7{,}4\text{ t}

(Sans tenir compte du rendement de la centrale, c'est-à-dire en supposant \eta = 1, il faudrait 2{,}5\text{ t}).

\boxed{m_{\text{charbon}} \approx 7\text{ à }8\text{ tonnes}}

3. Cas de la centrale nucléaire de type REP

La fission d'un noyau d'uranium 235 libère une énergie E_{\text{fiss}} = 2{,}0 \times 10^2\text{ MeV} = 200 \times 1{,}60 \times 10^{-13}\text{ J} = 3{,}2 \times 10^{-11}\text{ J}.

L'énergie libérée par unité de masse d'uranium 235 fissionné vaut :

e_{\text{fiss}} = \frac{\mathcal{N}_A E_{\text{fiss}}}{M_{235}} = \frac{6{,}02 \times 10^{23} \times 3{,}2 \times 10^{-11}}{235{,}04 \times 10^{-3}} \approx 8{,}2 \times 10^{13}\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}

La masse d'^{235}\mathrm{U} qui doit effectivement fissionner est :

m_{235} = \frac{E_{\text{th}}}{e_{\text{fiss}}} = \frac{2{,}18 \times 10^{11}}{8{,}2 \times 10^{13}} \approx 2{,}7 \times 10^{-3}\text{ kg} = 2{,}7\text{ g}

Le combustible utilisé est du dioxyde d'uranium enrichi à 5{,}0\,\% en ^{235}\mathrm{U}. La masse molaire de \mathrm{UO}_2 est :

M(\mathrm{UO}_2) \approx 0{,}95 \times 238 + 0{,}05 \times 235 + 2 \times 16 \approx 270\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La fraction massique en ^{235}\mathrm{U} dans ce combustible est w_{235} \approx 0{,}05 \times \frac{235}{270} \approx 4{,}35\,\%. En supposant une consommation complète du ^{235}\mathrm{U}, la masse correspondante de combustible \mathrm{UO}_2 enrichi est :

m_{\mathrm{UO}_2} = \frac{m_{235}}{w_{235}} \approx \frac{2{,}7\text{ g}}{0{,}0435} \approx 62\text{ g}

ce qui représente environ 8 pastilles de combustible de 7{,}5\text{ g}. Même en tenant compte d'un taux de combustion réaliste (le combustible n'est consommé qu'à hauteur de quelques dizaines de pourcents avant retraitement), la masse de combustible engagée reste de l'ordre de 100 à 200\text{ g}.

\boxed{m(^{235}\mathrm{U})_{\text{fiss}} \approx 2{,}7\text{ g} \quad \text{soit environ } 60\text{ g de combustible }\mathrm{UO}_2}

Commentaire :

  • L'écart est d'environ six ordres de grandeur : il faut près de 7{,}4\text{ tonnes} de charbon contre seulement quelques dizaines de grammes de combustible nucléaire (2{,}7\text{ g} d'uranium 235 fissionné). Cela illustre directement le propos du texte introductif : « l'énergie récupérable est plus d'un million de fois supérieure à celle des combustibles fossiles pour une masse équivalente ».
  • Cette immense densité énergétique confère au nucléaire un avantage logistique majeur en termes de transport et de stockage du combustible par rapport au charbon, tout en évitant l'émission de dizaines de tonnes de \mathrm{CO}_2 associées à la combustion fossile. En contrepartie, la gestion des produits de fission et actinides mineurs formés au sein du réacteur requiert des protocoles de confinement stricts.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour comparer les deux centrales, il ne faut pas se limiter à la densité énergétique mais obligatoirement prendre en compte leur rendement.

« 58 % des candidats ayant abordé cette question proposent une estimation cohérente de la masse de charbon consommée. En revanche, seuls 18 % de ce même échantillon proposent une estimation cohérente de la masse de combustible nucléaire. »

« Trop de candidats pensent que la densité énergétique d’un combustible est la seule caractéristique à prendre en compte pour comparer deux types de centrales électriques. En outre, le rendement des centrales électriques n’est quasiment jamais pris en compte dans le calcul. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?

Surtout 4 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (33 % des questions, partie II), Cinétique chimique (19 %, partie I), Machines thermiques et systèmes ouverts (19 %, partie III) et Premier et second principes de la thermodynamique (12 %). Plus ponctuellement : Atomistique, liaisons et cristallographie et Changements d'état du corps pur.

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 14 questions sur 36 (39 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q12), ainsi que Q15 et Q28. Avec les autres programmes de première année : 14 en PCSI, 11 en PTSI, 11 en MP2I, 11 en TSI1 et 11 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q7 (activité radioactive), Q20 (puissance linéique), Q23 (résistance thermique cylindrique), Q24 (conductivité thermique variable) et Q36 (resurchauffe).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?

Questions de cours : Q1 (constante radioactive), Q3 (temps de demi-vie), Q8 (réseau cfc), Q16 (symétrie) et Q25 (premier principe pour un système ouvert). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (décroissance radioactive), Q9 (dénombrement d'atomes), Q18 (équation de diffusion), Q28 (enthalpie massique) et Q35 (rendement de cycle).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (22 sur 36), par exemple : Q1, Q3 à Q5, Q8 à Q11, Q13 à Q17, Q19, Q21, Q22, Q27 à Q31 et Q33. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q2 et Q25.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge la longueur raisonnable, mais la partie II a donné des résultats décevants et les questions non guidées, qui pèsent un tiers du barème, ont été rarement réussies en fin d'épreuve. Moyenne : 9,38/20 (écart-type 4,13, 5 115 présents).

Que modéliser pour améliorer l'estimation de température en Q23 ?

Prendre en compte soit le transfert conducto-convectif entre le crayon et l'eau caloportrice, soit la résistance thermique de conduction de la gaine (ou les deux en série). Le jury a accepté ces modélisations sans distinction, pourvu que les ordres de grandeur physiques introduits soient cohérents.

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