Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 MP 2020
L'énergie électrique d'origine nucléaire
- 36 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en MPSI : 18 questions sur 36, parties I et II.A
- Vérifié question par question
Faisable en sup ?
Faisable en partie en MPSI : 18 questions sur 36, partie I en entier. Autres questions faisables en MPSI
Autres premières années : MP2I 14 · TSI1 15 · BCPST1 15 questions.
Détail par partie
- Partie I : L'uranium, source d'énergie12/12Faisable
- Partie II : Le cœur du réacteur5/12En partie
- Partie III : Du réacteur aux turbines1/12En partie
Le sujet en bref
Sujet moyen · Thermodynamique, Diffusion et transferts thermiques, Structure de la matière · 8 incontournables · 18 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet propose une analyse physique pluridisciplinaire et rigoureuse du fonctionnement d'une tranche nucléaire de type REP/EPR. Il aborde successivement l'origine de l'énergie nucléaire et le combustible (radioactivité, géochronologie, structure cristalline du dioxyde d'uranium), le dimensionnement thermique du cœur (conduction cylindrique avec source volumique interne, modélisation des gradients thermiques et limites physiques de puissance), puis l'étude thermodynamique approfondie du circuit secondaire de production d'électricité (détentes en turbines HP et BP, séchage, surchauffe et échangeurs thermiques).
C'est un sujet incontournable pour réviser deux pans majeurs du programme de deuxième année : d'une part la conduction thermique avec géométrie cylindrique et prise en compte de résistances thermiques de contact/convection, et d'autre part la thermodynamique des machines thermiques industrielles sur diagramme entropique avec débits multiples. Il constitue un excellent entraînement aux questions ouvertes et aux estimations d'ordres de grandeur.
- Difficulté
- Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,38/20)
- Temps estimé
- ≈ 2 h 50 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en MPSI : 18 questions sur 36, parties I et II.A.
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Sommaire
36 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
36 questionsPartie I : L'uranium, source d'énergie
I.A.1 · Évolution de la population d'uranium au cours du temps
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : constante radioactive, analyse dimensionnelle
Quelle est la dimension de la constante radioactive ?
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Se référer à la définition probabiliste : une probabilité par unité de temps est homogène à l'inverse d'un temps.
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Dimension de l'inverse d'un temps (\mathrm{s}^{-1}) déduite de la probabilité de désintégration par unité de temps.
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D'après l'énoncé, la constante radioactive \lambda représente la probabilité de désintégration d'un noyau par unité de temps.
Une probabilité étant une grandeur sans dimension, le rapport d'une probabilité par une durée a pour dimension l'inverse d'un temps :
Dans le Système international d'unités (SI), \lambda s'exprime ainsi en \mathrm{s}^{-1}.
Résultat
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : loi de décroissance radioactive, bilan de matière
On considère une population de noyaux radioactifs identiques, dont le nombre à l'instant est donné par . Relier à et puis montrer que l'évolution de est gouvernée par l'équation différentielle .
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Exprimer la variation élémentaire \mathrm{d}N = N(t+\mathrm{d}t) - N(t) = -\lambda N(t)\,\mathrm{d}t traduisant le nombre moyen de désintégrations sur l'intervalle.
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- Exprimer le nombre moyen de noyaux se désintégrant pendant l'intervalle de temps élémentaire [t, t+\mathrm{d}t] à partir de la probabilité \lambda\,\mathrm{d}t.
- Établir le bilan de population à t+\mathrm{d}t puis passer à la limite \mathrm{d}t \to 0 pour obtenir la dérivée temporelle.
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Bilan sur l'intervalle \mathrm{d}t : N(t+\mathrm{d}t) = N(t) - \lambda N(t)\mathrm{d}t, menant à l'équation différentielle du premier ordre.
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D'après le préambule, la probabilité pour qu'un noyau donné se désintègre entre les instants t et t+\mathrm{d}t vaut :
Les désintégrations des différents noyaux étant des processus mutuellement indépendants, le nombre moyen de noyaux qui disparaissent pendant la durée \mathrm{d}t au sein d'une population de N(t) noyaux est :
Le nombre de noyaux présents à l'instant t + \mathrm{d}t est donc relié à N(t) par :
La variation élémentaire de la population s'écrit \mathrm{d}N = N(t+\mathrm{d}t) - N(t) = -\lambda N(t)\,\mathrm{d}t. Pour une population macroscopique (N \gg 1), on peut assimiler N(t) à une fonction continue et dérivable du temps :
On obtient bien l'équation différentielle régissant l'évolution de la population :
Résultat
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : période radioactive, temps de demi-réaction
La période radioactive, notée , est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux se sont désintégrés. Établir le lien entre et .
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Intégrer l'équation différentielle et poser la condition N(T_{1/2}) = N_0 / 2 pour exprimer \lambda en fonction de \ln 2.
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition de la demi-vie N(T_{1/2}) = N_0/2, ce qui donne immédiatement T_{1/2} = \ln 2 / \lambda.
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L'intégration de la loi de décroissance radioactive établie à la question Q2 donne :
Par définition de la demi-vie (ou période radioactive) T_{1/2}, le nombre de noyaux restants à l'instant t = T_{1/2} est égal à la moitié du nombre initial de noyaux :
En substituant dans la loi horaire :
On obtient ainsi la relation entre \lambda et T_{1/2} :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Exploitez l'équation différentielle établie à la question précédente au lieu de proposer une formule fantaisiste pour la période radioactive.
« Certains candidats ne pensent pas à exploiter l’équation différentielle dont la démonstration faisait l’objet de la question précédente et proposent une expression fantaisiste de la période radioactive. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : constante radioactive, radioactivité
Calculer numériquement les valeurs des constantes radioactives et des noyaux respectifs d'uranium 238 et 235. Commenter ces valeurs en sachant que la constante radioactive du thorium est de environ.
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Convertir les périodes de demi-vie des années en secondes avant d'effectuer le rapport numérique \ln 2 / T_{1/2}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les constantes radioactives \lambda à partir de la relation établie à la question Q3 : \lambda = \dfrac{\ln 2}{T_{1/2}}.
- Convertir les périodes radioactives données en années dans l'unité du Système International (seconde), en cohérence avec la valeur fournie pour le thorium en « usi » (\mathrm{s}^{-1}).
- Comparer \lambda_{238}, \lambda_{235} et \lambda_{\mathrm{Th}}, puis relier les résultats aux indications du texte introductif et à l'échelle des temps géologiques.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de \lambda = \ln 2 / T_{1/2} et comparaison avec le thorium, soulignant la très longue durée de vie de ces isotopes.
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D'après la question Q3, la constante radioactive est reliée à la période radioactive par :
En prenant pour durée d'une année julienne 1\text{ an} = 365{,}25\text{ jours} = 365{,}25 \times 86\,400\text{ s} \approx 3{,}156 \times 10^7\text{ s} :
Pour l'uranium 238 (T_{1/2} = 4{,}468 \times 10^9\text{ années}) :
\begin{aligned} T_{1/2}(^{238}\mathrm{U}) &= 4{,}468 \times 10^9 \times 3{,}156 \times 10^7 \approx 1{,}410 \times 10^{17}\text{ s} \\ \lambda_{238} &= \frac{\ln 2}{1{,}410 \times 10^{17}} \approx 4{,}92 \times 10^{-18}\text{ s}^{-1} \end{aligned}Pour l'uranium 235 (T_{1/2} = 703{,}8 \times 10^6\text{ années}) :
\begin{aligned} T_{1/2}(^{235}\mathrm{U}) &= 703{,}8 \times 10^6 \times 3{,}156 \times 10^7 \approx 2{,}221 \times 10^{16}\text{ s} \\ \lambda_{235} &= \frac{\ln 2}{2{,}221 \times 10^{16}} \approx 3{,}12 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1} \end{aligned}
Commentaires :
Comparaison avec le thorium : On constate que :
\frac{\lambda_{238}}{\lambda_{\mathrm{Th}}} = \frac{4{,}92 \times 10^{-18}}{1{,}6 \times 10^{-18}} \approx 3{,}1Le thorium est bien environ trois fois moins radioactif que l'uranium 238, ce qui concorde parfaitement avec les indications du texte de la partie I.A.
Comparaison entre isotopes de l'uranium :
\frac{\lambda_{235}}{\lambda_{238}} = \frac{T_{1/2}(^{238}\mathrm{U})}{T_{1/2}(^{235}\mathrm{U})} \approx 6{,}35L'uranium 235 se désintègre plus de six fois plus vite que l'uranium 238.
- Ordre de grandeur : Ces constantes sont extrêmement faibles, ce qui correspond à des durées de demi-vie du même ordre de grandeur que l'âge de la Terre (\approx 4{,}5\text{ Ga}). C'est ce qui explique que ces éléments soient encore naturellement présents dans la croûte terrestre aujourd'hui.
Résultat
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Mentionnez explicitement les valeurs numériques utilisées dans vos calculs et veillez à respecter un nombre adapté de chiffres significatifs.
« Pour cette question, comme pour la plupart des applications numériques ultérieures, le jury attendait que les candidats mentionnent explicitement les données numériques retenues pour l’évaluation des grandeurs recherchées. Rappelons également que les résultats numériques doivent être écrits avec un nombre de chiffres significatifs adapté. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : décroissance radioactive, abondance isotopique
La proportion d'uranium 235 dans les minerais augmente-t-elle ou diminue-t-elle au cours du temps ?
Voir l'indiceIndice
Comparer les valeurs respectives de \lambda_{235} et \lambda_{238} pour savoir quel isotope disparaît le plus rapidement au cours des temps géologiques.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la proportion isotopique de l'uranium 235 à un instant t à l'aide des populations de noyaux N_{235}(t) et N_{238}(t).
- Exploiter les lois de décroissance radioactive et comparer les constantes radioactives \lambda_{235} et \lambda_{238} obtenues à la question Q4.
Voir la réponse courteRéponse courte
Comme \lambda_{235} > \lambda_{238}, l'uranium 235 décroît plus vite, donc sa proportion massique dans le minerai diminue.
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D'après les précisions de l'énoncé, en négligeant l'uranium 234, la proportion d'uranium 235 au sein de l'uranium naturel à l'instant t s'écrit :
La loi de décroissance radioactive établie à la question Q2 donne pour chaque isotope :
Le rapport des populations s'exprime donc sous la forme :
Or, d'après les résultats de la question Q4 :
Comme \lambda_{235} - \lambda_{238} > 0, le rapport \dfrac{N_{238}(t)}{N_{235}(t)} est une fonction strictement croissante du temps.
Par conséquent :
Résultat
Question 6
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : décroissance radioactive, abondance isotopique
Pour faire fonctionner un réacteur nucléaire, il faut disposer d'un minerai contenant beaucoup d'uranium et que cet uranium présente au moins d'uranium 235 de sorte que la fission puisse s'auto-entretenir. Entre la formation de la Terre et notre époque, y a-t-il eu une période pendant laquelle les minerais naturels étaient suffisamment riches en uranium 235 pour faire fonctionner un réacteur nucléaire ? Si oui, estimer la durée de cette période.
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Écrire la proportion p(t) = N_{235}(t) / [N_{235}(t) + N_{238}(t)] et remonter dans le passé (t < 0) jusqu'à atteindre une teneur de 3\,\%.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le rapport isotopique r(t) = \frac{N_{235}(t)}{N_{238}(t)} en fonction du temps écoulé depuis notre époque (ou en remontant le temps de \tau années dans le passé).
- Traduire la condition d'un minerai à au moins 3\,\% d'uranium 235 sur le rapport r.
- Déterminer la date \tau_c dans le passé à laquelle la proportion valait exactement 3\,\%, puis en déduire la durée de la période propice depuis la formation de la Terre (t_{\text{Terre}} \approx 4{,}5\text{ milliards d'années}).
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Résolution de N_{235}(t)/N_{238}(t) \ge 0{,}03, montrant l'existence d'une telle période dans le passé terrestre (réacteur d'Oklo).
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Soit \tau le temps compté positivement vers le passé depuis notre époque (\tau = 0). Les populations de noyaux étaient alors :
Le rapport isotopique r(\tau) = \frac{N_{235}(\tau)}{N_{238}(\tau)} s'écrit :
Une proportion minimale p_c = 3{,}0\,\% correspond à un rapport isotopique seuil :
La proportion d'uranium 235 était supérieure ou égale à 3\,\% pour toutes les dates \tau \ge \tau_c telles que r(\tau_c) = r_c, soit :
Effectuons l'application numérique avec les demi-vies fournies :
- \frac{1}{T_{1/2,235}} - \frac{1}{T_{1/2,238}} = \frac{1}{703{,}8 \times 10^6} - \frac{1}{4{,}468 \times 10^9} \approx 1{,}197 \times 10^{-9}\text{ an}^{-1}
- \lambda_{235} - \lambda_{238} = \ln 2 \times 1{,}197 \times 10^{-9} \approx 8{,}30 \times 10^{-10}\text{ an}^{-1}
- \frac{r_c}{r(0)} = \frac{0{,}030 \times 0{,}9928}{0{,}97 \times 0{,}0072} \approx 4{,}265 \implies \ln(4{,}265) \approx 1{,}450
On trouve ainsi :
La Terre s'étant formée il y a environ T_{\text{Terre}} \approx 4{,}5\text{ milliards d'années} (valeur cohérente avec la demi-vie de ^{238}\mathrm{U} donnée à \approx 4{,}47\text{ Ga}), les minerais naturels contenaient plus de 3\,\% d'uranium 235 entre la formation de la Terre et il y a 1{,}75\text{ milliard d'années}.
Oui, une telle période a existé ; elle a duré depuis la formation de la Terre jusqu'à \tau_c, soit une durée :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne soyez pas déstabilisé par l'obtention d'une date négative et ayez en tête l'ordre de grandeur de l'âge de la Terre.
« 76 % des candidats qui ont abordé cette question ont vu leurs efforts au moins partiellement récompensés. »
« En revanche, de nombreux candidats ont été perturbés de trouver un instant négatif à l’issue du calcul et ont mal conclu leur raisonnement. À cette occasion, le jury a été surpris de constater que seuls 16 % des candidats fournissent un ordre de grandeur correct de l’âge de la Terre. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
I.A.2 · Radioactivité naturelle au XXIe siècle
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : puissance radioactive, activité
Estimer la puissance dégagée par la radioactivité de l'uranium sur une telle parcelle. Comparer avec la valeur donnée par l'extrait ci-dessus ( par tonne d'uranium).
Voir l'indiceIndice
Calculer l'activité globale en sommant les contributions des isotopes, puis multiplier par l'énergie des particules alpha ou utiliser la puissance massique de 0{,}082\text{ W/t}.
Voir la stratégieStratégie
- Calculer le nombre de noyaux de chaque isotope (^{238}\mathrm{U} et ^{235}\mathrm{U}) dans les m = 24\text{ kg} d'uranium naturel, puis leur activité respective A = \lambda N.
- En déduire la puissance dégagée par la désintégration \alpha de l'uranium seul : P = A_{238} E_{\alpha, 238} + A_{235} E_{\alpha, 235}.
- Comparer cette valeur (ou la puissance massique associée) à celle de l'extrait (0{,}082\text{ W}\cdot\text{t}^{-1}) et interpréter l'écart à l'aide de la chaîne de désintégration.
Voir la réponse courteRéponse courte
Puissance thermique calculée à partir de l'activité radioactive et de l'énergie par désintégration, en accord avec l'extrait.
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La masse totale d'uranium naturel présente sur la parcelle est m = 24\text{ kg}.
D'après les données, les proportions isotopiques en masse sont p_{238} = 99{,}28\,\% et p_{235} = 0{,}72\,\%. Le nombre de noyaux de chaque isotope s'écrit :
Les activités associées valent, avec les constantes radioactives issues de la question Q4 (\lambda_{238} \approx 4{,}92 \times 10^{-18}\text{ s}^{-1} et \lambda_{235} \approx 3{,}12 \times 10^{-17}\text{ s}^{-1}) :
Chaque désintégration libère une énergie E_{\alpha} :
La puissance dégagée par les désintégrations directes de l'uranium est donc :
Rapportée à la masse d'uranium, cette puissance correspond à une puissance massique :
Si l'on utilise directement la valeur fournie par l'extrait (0{,}082\text{ W}\cdot\text{t}^{-1}), la puissance totale dégagée sur la parcelle est :
Comparaison et commentaire : La puissance issue de la désintégration de l'uranium seul est environ 9{,}2 fois plus faible que la valeur globale indiquée dans le texte :
Cet écart s'explique parfaitement par la précision apportée dans le texte : la valeur de 0{,}082\text{ W}\cdot\text{t}^{-1} inclut l'uranium ainsi que ses descendants à l'équilibre séculaire. Par exemple, la chaîne radioactive complète de l'uranium 238 jusqu'au plomb 206 stable comporte 8 désintégrations \alpha et 6 désintégrations \beta^-, libérant une énergie totale cumulée de l'ordre de 48\text{ à }50\text{ MeV}, soit environ 8 à 10 fois l'énergie de la seule désintégration initiale de ^{238}\mathrm{U}.
Résultat
I.B.1 · Cristal de dioxyde d'uranium
Question 8
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie
Notions : structure fluorine, site tétraédrique
Indiquer sur cette figure la position des ions et . Comment s'appellent les sites du réseau de l'uranium occupés par les ions d'oxygène ?
Voir l'indiceIndice
Dans la structure fluorite type \mathrm{CaF}_2, le réseau hôte cubique à faces centrées est formé par les cations \mathrm{U}^{4+} et les anions \mathrm{O}^{2-} occupent tous les sites tétraédriques.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la nature du réseau formé par les cations \mathrm{U}^{4+} (cubique à faces centrées d'après l'énoncé) pour repérer leurs positions dans la maille conventionnelle.
- En déduire la position des anions \mathrm{O}^{2-} à l'intérieur de la maille (au centre de chacun des 8 octants).
- Caractériser l'environnement géométrique de ces sites interstitiels pour leur donner leur nom usuel en cristallographie.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les cations \mathrm{U}^{4+} forment un réseau CFC et les anions \mathrm{O}^{2-} occupent la totalité des huit sites tétraédriques.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'énoncé et la structure type fluorine (\mathrm{CaF}_2) représentée sur la figure A du document réponse :
- Ions uranium \mathrm{U}^{4+} : ils forment un réseau cubique à faces centrées (cfc). Ils occupent donc les 8 sommets et les 6 centres des faces de la maille conventionnelle cubique (sphères grises sur la figure A).
- Ions oxygène \mathrm{O}^{2-} : ils sont situés au centre de chacun des 8 sous-cubes d'arête a/2 (les 8 octants) formant un réseau cubique simple d'arête a/2 entièrement inclus dans la maille (sphères vertes au cœur de la maille).
Chaque ion \mathrm{O}^{2-} est équidistant d'un sommet et des trois centres de faces adjacents à ce sommet, formant ainsi un tétraèdre régulier de cations \mathrm{U}^{4+}. Les sites du réseau cfc occupés par les ions oxygène sont donc les :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La structure cristalline de UO2 a été bien comprise par les candidats.
« L’appropriation de la structure cristallographique de UO2 par les candidats est très satisfaisante. En revanche, la détermination du paramètre de maille s’est avérée plus laborieuse et la confrontation avec les rayons ioniques, pourtant classique, est source d’erreur. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 9
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie
Notions : population de maille, stœchiométrie
Vérifier que le nombre d'ions est cohérent avec la formule .
Voir l'indiceIndice
Dénombrer les atomes propres à la maille en affectant à chaque position son facteur de multiplicité (sommets, faces, intérieur).
Voir la réponse courteRéponse courte
Dénombrement dans la maille : 4 ions \mathrm{U}^{4+} et 8 ions \mathrm{O}^{2-}, en parfait accord avec la formule \mathrm{UO}_2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dénombrons les ions appartenant en propre à la maille élémentaire conventionnelle :
Ions uranium \mathrm{U}^{4+} (réseau cubique à faces centrées) :
- 8 ions situés aux sommets du cube, partagés chacun entre 8 mailles adjacentes : 8 \times \dfrac{1}{8} = 1 ;
- 6 ions situés aux centres des faces, partagés chacun entre 2 mailles : 6 \times \dfrac{1}{2} = 3.
Le nombre d'ions \mathrm{U}^{4+} par maille est donc :
N(\mathrm{U}^{4+}) = 8 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 4Ions oxygène \mathrm{O}^{2-} (sites tétraédriques) :
- 8 ions situés au centre des 8 sous-cubes d'arête a/2, donc entièrement intérieurs à la maille :
N(\mathrm{O}^{2-}) = 8 \times 1 = 8
Le rapport du nombre d'ions par maille vaut :
Ce résultat est parfaitement cohérent avec la formule stœchiométrique \mathrm{UO}_2.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La structure du dioxyde d'uranium a été bien assimilée par les candidats.
« L’appropriation de la structure cristallographique de UO2 par les candidats est très satisfaisante. En revanche, la détermination du paramètre de maille s’est avérée plus laborieuse et la confrontation avec les rayons ioniques, pourtant classique, est source d’erreur. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 10
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie
Notions : paramètre de maille, contact anion-cation
Quelle est la longueur du côté de la maille ? Commenter ce résultat. Comparer cette longueur avec les rayons ioniques des ions uranium et oxygène qui valent respectivement et .
Voir l'indiceIndice
Exprimer la masse volumique théorique \rho = Z M / (\mathcal{N}_A a^3) pour déduire l'arête a, puis vérifier la condition de contact suivant la diagonale du quart de cube.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la masse volumique \rho du cristal de dioxyde d'uranium en fonction du nombre Z de motifs \mathrm{UO}_2 par maille (déterminé en Q9), de la masse molaire M(\mathrm{UO}_2), de la constante d'Avogadro \mathcal{N}_A et du paramètre de maille a.
- En déduire la valeur numérique de la longueur d'arête a de la maille conventionnelle et commenter son ordre de grandeur.
- Analyser les conditions géométriques de contact dans la structure type fluorine (\mathrm{CaF}_2) entre le cation \mathrm{U}^{4+} et l'anion \mathrm{O}^{2-} pour confronter cette valeur aux rayons ioniques fournis.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du paramètre a à partir de la masse volumique et comparaison avec la distance de contact r_+ + r_- = a\sqrt{3}/4.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La maille élémentaire contient Z = 4 motifs \mathrm{UO}_2 (question Q9). La masse volumique du cristal s'exprime selon :
D'où l'expression du paramètre de maille a :
Pour le dioxyde d'uranium enrichi à 5\,\% en {}^{235}\mathrm{U} et 95\,\% en {}^{238}\mathrm{U}, la masse molaire de l'uranium vaut :
La masse molaire du dioxyde d'uranium est donc :
Avec \rho = 11{,}0\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} = 11{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \mathcal{N}_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} :
Commentaire : Cette valeur est tout à fait typique des paramètres de maille de cristaux ioniques, qui sont de l'ordre de quelques centaines de picomètres (quelques angströms).
Comparaison avec les rayons ioniques : Dans la structure fluorine, chaque ion oxygène \mathrm{O}^{2-} occupe le centre d'un sous-cube d'arête a/2. La plus courte distance entre un ion uranium \mathrm{U}^{4+} (situé à un sommet d'un sous-cube) et un ion oxygène \mathrm{O}^{2-} (au centre de ce sous-cube) correspond à la demi-diagonale du sous-cube :
Numériquement, avec a = 546\text{ pm} :
Or, la somme des rayons ioniques vaut :
La condition de contact cation-anion a\frac{\sqrt{3}}{4} = r(\mathrm{U}^{4+}) + r(\mathrm{O}^{2-}) conduirait à :
L'accord entre la valeur déduite de la masse volumique macroscopique (546\text{ pm}) et celle prédite par le modèle des sphères dures tangentes (547\text{ pm}) est remarquable (écart relatif inférieur à 0{,}2\,\%).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Soyez rigoureux sur le calcul du paramètre de maille et sur sa comparaison classique avec les rayons ioniques.
« la détermination du paramètre de maille s’est avérée plus laborieuse et la confrontation avec les rayons ioniques, pourtant classique, est source d’erreur. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
I.B.2 · Combustible utilisé dans les centrales
Question 11
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique
Notions : énergie de désintégration, ordre de grandeur
Quelle est l'énergie que va dégager cette pastille combustible si tout l'uranium 235 se désintègre naturellement (par radioactivité ) ? Un ordre de grandeur est attendu.
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Déterminer le nombre d'atomes de ^{235}\mathrm{U} dans la pastille de 7{,}5\text{ g} enrichie à 5\,\% en masse et multiplier par l'énergie unitaire de désintégration alpha.
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- Déterminer la quantité de matière puis le nombre d'atomes d'uranium 235 présents dans une pastille de dioxyde d'uranium enrichi de masse m = 7{,}5\text{ g}.
- Calculer l'énergie totale E_0 libérée lors de la désintégration \alpha de l'ensemble de ces noyaux à l'aide de l'énergie libérée par événement fournie dans les données.
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Énergie totale calculée par produit du nombre de noyaux d'uranium 235 par l'énergie libérée lors d'une désintégration \alpha.
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La pastille est constituée de dioxyde d'uranium \mathrm{UO}_2 enrichi à 5{,}0\,\% en uranium 235 (en proportion isotopique au sein de l'uranium). La masse molaire de l'uranium enrichi est :
La masse molaire du dioxyde d'uranium vaut ainsi :
Une pastille de masse m = 7{,}5\text{ g} contient une quantité de matière de \mathrm{UO}_2 :
Chaque formule unité \mathrm{UO}_2 apportant un atome d'uranium, le nombre total d'atomes d'uranium est N_{\mathrm{U}} = n(\mathrm{UO}_2)\,\mathcal{N}_A. Le nombre de noyaux d'uranium 235 dans la pastille s'écrit donc :
D'après les données, chaque désintégration \alpha d'un noyau d'uranium 235 libère une énergie :
Si la totalité des noyaux de ^{235}\mathrm{U} venait à se désintégrer par radioactivité \alpha, l'énergie totale dégagée serait :
Résultat
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Ne confondez pas émission alpha et fission, et utilisez bien la masse molaire de UO2 pour calculer le nombre de noyaux d'uranium 235.
« Cette question est globalement mal comprise. Le jury déplore ainsi de nombreuses confusions entre les processus d’émission αet de fission, ainsi que des erreurs sur l’isotope considéré. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 12
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique ; Thermodynamique › Premier et second principes
Notions : pouvoir calorifique, fission nucléaire
Un foyer composé de 4 personnes habitant dans une maison de avec chauffage électrique consomme en moyenne une énergie électrique correspondant à en une année. Évaluer les masses de combustible nécessaires pour alimenter un tel foyer en électricité pendant un an dans le cas d'une centrale au charbon, puis d'une centrale nucléaire de type REP. Commenter.
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Convertir la consommation électrique annuelle en joules, introduire un rendement de conversion électrique réaliste (\approx 33\,\%) et comparer les énergies massiques de combustion et de fission.
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- Convertir la consommation annuelle d'énergie électrique du foyer en joules, puis estimer l'énergie thermique primaire requise en adoptant un rendement de conversion thermodynamique typique (\eta \approx 33\%).
- Pour la centrale au charbon, utiliser la donnée du document réponse (tonne équivalent charbon) pour en déduire la masse de charbon nécessaire.
- Pour la centrale nucléaire, calculer l'énergie libérée par la fission d'un noyau d'^{235}\mathrm{U} (2{,}0 \times 10^2\text{ MeV}) afin de déterminer la masse d'uranium 235 consommée, puis en déduire la masse correspondante de combustible \mathrm{UO}_2 enrichi.
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Évaluation des masses nécessaires : plusieurs tonnes de charbon contre quelques dizaines de grammes de combustible nucléaire.
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1. Énergie électrique consommée et énergie thermique nécessaire
L'énergie électrique consommée en un an s'élève à :
Les centrales thermiques à flamme et les centrales nucléaires de type REP fonctionnent selon des cycles à vapeur dont le rendement global de conversion de l'énergie thermique en énergie électrique est de l'ordre de \eta \approx 33\,\% (environ un tiers). L'énergie thermique primaire à fournir est donc :
2. Cas de la centrale au charbon
D'après le tableau des données, une tonne équivalent charbon (tec) libère :
La masse de charbon nécessaire pour produire l'énergie thermique requise est :
(Sans tenir compte du rendement de la centrale, c'est-à-dire en supposant \eta = 1, il faudrait 2{,}5\text{ t}).
3. Cas de la centrale nucléaire de type REP
La fission d'un noyau d'uranium 235 libère une énergie E_{\text{fiss}} = 2{,}0 \times 10^2\text{ MeV} = 200 \times 1{,}60 \times 10^{-13}\text{ J} = 3{,}2 \times 10^{-11}\text{ J}.
L'énergie libérée par unité de masse d'uranium 235 fissionné vaut :
La masse d'^{235}\mathrm{U} qui doit effectivement fissionner est :
Le combustible utilisé est du dioxyde d'uranium enrichi à 5{,}0\,\% en ^{235}\mathrm{U}. La masse molaire de \mathrm{UO}_2 est :
La fraction massique en ^{235}\mathrm{U} dans ce combustible est w_{235} \approx 0{,}05 \times \frac{235}{270} \approx 4{,}35\,\%. En supposant une consommation complète du ^{235}\mathrm{U}, la masse correspondante de combustible \mathrm{UO}_2 enrichi est :
ce qui représente environ 8 pastilles de combustible de 7{,}5\text{ g}. Même en tenant compte d'un taux de combustion réaliste (le combustible n'est consommé qu'à hauteur de quelques dizaines de pourcents avant retraitement), la masse de combustible engagée reste de l'ordre de 100 à 200\text{ g}.
Commentaire :
- L'écart est d'environ six ordres de grandeur : il faut près de 7{,}4\text{ tonnes} de charbon contre seulement quelques dizaines de grammes de combustible nucléaire (2{,}7\text{ g} d'uranium 235 fissionné). Cela illustre directement le propos du texte introductif : « l'énergie récupérable est plus d'un million de fois supérieure à celle des combustibles fossiles pour une masse équivalente ».
- Cette immense densité énergétique confère au nucléaire un avantage logistique majeur en termes de transport et de stockage du combustible par rapport au charbon, tout en évitant l'émission de dizaines de tonnes de \mathrm{CO}_2 associées à la combustion fossile. En contrepartie, la gestion des produits de fission et actinides mineurs formés au sein du réacteur requiert des protocoles de confinement stricts.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Pour comparer les deux centrales, il ne faut pas se limiter à la densité énergétique mais obligatoirement prendre en compte leur rendement.
« 58 % des candidats ayant abordé cette question proposent une estimation cohérente de la masse de charbon consommée. En revanche, seuls 18 % de ce même échantillon proposent une estimation cohérente de la masse de combustible nucléaire. »
« Trop de candidats pensent que la densité énergétique d’un combustible est la seule caractéristique à prendre en compte pour comparer deux types de centrales électriques. En outre, le rendement des centrales électriques n’est quasiment jamais pris en compte dans le calcul. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Partie II : Le cœur du réacteur
II.A · Quelques analyses préliminaires
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : transfert thermique, géométrie cylindrique
Pourquoi produire le combustible sous forme de pastilles au lieu de cylindres prêts à mettre dans la gaine du crayon ? Quel est l'intérêt de faire une multitude de petits crayons de combustibles plutôt que quelques-uns, plus gros ?
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Considérer la fragilité mécanique du dioxyde d'uranium face aux contraintes thermiques différentielles et le rapport surface/volume maximisant le refroidissement externe.
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Cette question qualitative porte sur la conception thermomécanique et thermique du cœur d'un réacteur nucléaire. On traite successivement les deux aspects demandés :
- La segmentation d'un crayon de combustible de 4 mètres de long en petites pastilles céramiques d'environ 14 mm de hauteur (aspects de fabrication, tenue mécanique et dilatation).
- La division du combustible en une multitude de crayons de faible diamètre (optimisation des transferts thermiques et limitation de la température à cœur).
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Pastillage pour limiter les contraintes mécaniques et segmentation en crayons fins pour maximiser la surface d'échange thermique.
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1. Intérêt du conditionnement sous forme de pastilles :
- Fabrication et intégrité mécanique : le dioxyde d'uranium \mathrm{UO}_2 est une céramique réfractaire, très dure mais intrinsèquement fragile (cassante). Fritter un cylindre homogène de plusieurs mètres de longueur sans fissure ni déformation serait technologiquement difficile et extrêmement coûteux. En revanche, le frittage et le contrôle qualité de petites pastilles d'environ 14\text{ mm} de hauteur sont parfaitement maîtrisés.
- Contraintes thermiques et dilatation différentielle : en fonctionnement, le crayon subit d'importants gradients thermiques (température très élevée au centre, plus modérée en périphérie). Un long cylindre continu subirait des contraintes thermomécaniques considérables, conduisant à des ruptures incontrôlées risquant de perforer la gaine en alliage de zirconium. L'empilement de pastilles indépendantes permet d'accommoder les dilatations thermiques axiales et radiales.
- Comportement sous irradiation : les pastilles s'accommodent mieux du gonflement sous irradiation et facilitent le relâchement des gaz de fission (xénon, krypton) vers le plénum situé en haut du crayon.
2. Intérêt de multiplier les petits crayons de combustible :
Augmentation de la surface d'échange thermique : pour un volume total V de combustible fixé, divisé en N crayons cylindriques de rayon R et de hauteur H, le rapport de la surface latérale d'échange S sur le volume V vaut :
\frac{S}{V} = \frac{N \times 2\pi R H}{N \times \pi R^2 H} = \frac{2}{R}Réduire le rayon R augmente fortement le rapport S/V, ce qui maximise la surface d'échange thermique avec le fluide caloporteur du circuit primaire pour un encombrement donné.
- Limitation de la température maximale à cœur : le combustible étant un modeste conducteur thermique (\lambda \approx 5{,}0\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}), la différence de température entre le centre et la surface d'un crayon en régime stationnaire varie comme \Delta T \propto p_V R^2, où p_V est la puissance volumique libérée. Un faible diamètre (R \approx 4{,}75\text{ mm}) est impératif pour éviter que la température au cœur du combustible n'atteigne sa température de fusion (2865\text{ }^\circ\text{C}).
- Efficacité neutronique : une géométrie dispersée permet une circulation optimale de l'eau, qui joue à la fois le rôle de caloporteur et de modérateur (ralentissement des neutrons pour favoriser les fissions induites).
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Les arguments qualitatifs sont appréciés, mais attention à ne pas confondre réactions nucléaires et réactions chimiques de combustion.
« Les arguments avancés par les candidats sont souvent pertinents. Certains font preuve de bonnes connaissances, relevant de la culture générale, sur le fonctionnement du cœur d’une centrale nucléaire. À contrario, quelques candidats pensent qu’un réacteur nucléaire est le siège de réactions chimiques de combustion. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : réacteur nucléaire, barre de contrôle
Un assemblage est un quadrillage de emplacements. Or, il ne contient que 265 crayons de combustible. À quoi peuvent servir les autres emplacements ?
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Faire la différence entre le nombre total de positions du maillage 17 \times 17 et les crayons combustibles : les tubes vacants servent aux barres de contrôle et instruments.
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Les emplacements non occupés reçoivent les barres de contrôle en absorbant neutronique et les capteurs d'instrumentation.
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Un réseau carré de taille 17 \times 17 comporte au total :
Puisqu'il n'accueille que 265 crayons de combustible, il reste :
Ces 24 emplacements sont occupés par des tubes-guides qui remplissent plusieurs rôles essentiels au fonctionnement et à la sûreté du réacteur :
- Le contrôle de la réactivité et l'arrêt d'urgence : ils permettent le déplacement vertical des barres de commande (ou grappes de contrôle). Ces barres sont constituées de matériaux très absorbants pour les neutrons (cadmium, indium, argent, bore...) : leur insertion plus ou moins profonde dans le cœur permet de réguler la puissance neutronique ou d'étouffer immédiatement la réaction en chaîne en cas d'arrêt d'urgence (scram).
- L'instrumentation du cœur : certains tubes (tubes d'instrumentation) permettent d'introduire des détecteurs mobiles ou fixes (sondes de flux neutronique, thermocouples) afin de cartographier en continu le flux de neutrons et la température au sein de l'assemblage.
- La rigidité mécanique de l'assemblage : les tubes-guides sont solidaires des grilles de maintien (visibles sur la figure 3 de l'énoncé) et constituent le squelette structurel qui maintient les crayons de combustible espacés pour laisser circuler l'eau du circuit primaire.
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Les arguments qualitatifs sont généralement pertinents, mais gardez en tête qu'un réacteur nucléaire n'est pas le siège d'une combustion chimique.
« Les arguments avancés par les candidats sont souvent pertinents. Certains font preuve de bonnes connaissances, relevant de la culture générale, sur le fonctionnement du cœur d’une centrale nucléaire. À contrario, quelques candidats pensent qu’un réacteur nucléaire est le siège de réactions chimiques de combustion. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : surface d'échange, géométrie cylindrique
Vérifier que la surface totale d'échange entre l'eau du circuit primaire et les crayons indiquée dans les données (environ ) est cohérente avec la structure du cœur du réacteur.
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Calculer la surface latérale d'un cylindre de rayon nominal et de hauteur H \approx 4\text{ m}, puis la multiplier par le nombre total de crayons du cœur.
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- Dénombrer le nombre total de crayons de combustible présents dans le cœur à partir du nombre d'assemblages et du nombre de crayons par assemblage.
- Exprimer la surface latérale externe d'échange thermique d'un crayon cylindrique en relevant son diamètre dans les données et sa hauteur sur la figure 3 de l'énoncé.
- Calculer la surface totale d'échange thermique et la confronter à la valeur de 8000\text{ m}^2 indiquée dans les données.
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Multiplication de la surface latérale d'un crayon 2\pi R L par le nombre total de crayons dans le cœur, validant 8000\text{ m}^2.
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Le cœur du réacteur est constitué de N_{\text{ass}} = 241 assemblages, chacun comportant N_{\text{c}} = 265 crayons de combustible (données du sujet). Le nombre total de crayons est donc :
Chaque crayon est un cylindre de diamètre extérieur d = 9{,}5\text{ mm} et de hauteur H = 4\text{ m} (indiquée explicitement sur la figure 3).
La surface latérale d'échange thermique d'un crayon avec le fluide caloporteur du circuit primaire s'écrit :
La surface totale d'échange du cœur s'en déduit :
Effectuons l'application numérique :
On peut également estimer la hauteur active de combustible H à partir de la masse d'n_{\text{past}} pastilles. Avec une masse d'\mathrm{UO}_2 de 600\text{ kg} par assemblage répartie sur 265 crayons, chaque crayon contient une masse d'\mathrm{UO}_2 d'environ 2{,}26\text{ kg}, soit \frac{2264\text{ g}}{7{,}5\text{ g}} \approx 302 pastilles de hauteur 14\text{ mm}, ce qui correspond à une colonne fissile de hauteur H \approx 302 \times 14 \times 10^{-3}\text{ m} \approx 4{,}2\text{ m}. Avec cette hauteur effective, on trouve :
La valeur annoncée de 8000\text{ m}^2 est donc parfaitement cohérente avec la géométrie du cœur.
Résultat
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Les arguments avancés sont souvent pertinents ; veillez à ne pas confondre réactions nucléaires et combustions chimiques.
« Les arguments avancés par les candidats sont souvent pertinents. Certains font preuve de bonnes connaissances, relevant de la culture générale, sur le fonctionnement du cœur d’une centrale nucléaire. À contrario, quelques candidats pensent qu’un réacteur nucléaire est le siège de réactions chimiques de combustion. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
II.B.1 · Modélisation
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : symétrie cylindrique, loi de fourier
Justifier que la température est une fonction de uniquement. Que peut-on en déduire sur la densité de courant thermique ?
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Exploiter les invariances par translation selon l'axe (Oz) et par rotation autour de cet axe pour montrer que T = T(r), puis déduire la direction du vecteur densité de flux.
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- Exploiter les invariances géométriques et physiques du problème (symétrie cylindrique, grand allongement H \gg R) pour justifier l'indépendance de T vis-à-vis de \theta et de z.
- Appliquer la loi de Fourier en coordonnées cylindriques pour en déduire la direction et les dépendances du vecteur densité de courant thermique \vec{\jmath}.
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Invariances axiale et azimutale impliquant T=T(r), d'où un vecteur densité de courant thermique purement radial.
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1. Dépendance de la température :
Invariance par rotation autour de l'axe (Oz) : La géométrie cylindrique du crayon, la puissance volumique dégagée uniforme et les conditions aux limites à l'interface avec le fluide sont invariantes par rotation d'angle \theta quelconque autour de (Oz). Ainsi, la température ne dépend pas de \theta :
\frac{\partial T}{\partial \theta} = 0Invariance par translation le long de (Oz) : La longueur du crayon (H \approx 4\text{ m}) est très grande devant son rayon (R \approx 4{,}75\text{ mm}), avec un rapport d'élancement H/R \sim 10^3. En négligeant les effets de bord aux deux extrémités, le système est invariant par translation selon l'axe (Oz). Ainsi :
\frac{\partial T}{\partial z} = 0
On en déduit que le champ de température ne dépend que de la coordonnée radiale r :
2. Densité de courant thermique :
D'après la loi de Fourier, pour un milieu isotrope de conductivité thermique \lambda_{\mathrm{th}} :
En coordonnées cylindriques, l'expression du gradient pour T = T(r) se réduit à :
Le vecteur densité de courant thermique est donc purement radial et ne dépend que de r :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : profil de température, équation de diffusion thermique
La figure 5 présente quatre profils de température à l'intérieur du crayon, ainsi que les expressions analytiques de associées (pour chacune de ces expressions, la constante est une constante positive). Parmi ces profils, quel est le seul susceptible de correspondre au crayon radioactif étudié ? Justifier votre réponse à partir d'arguments qualitatifs uniquement (sans aucun calcul).
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Rechercher un profil vérifiant un maximum sur l'axe du crayon (r = 0), une évacuation de chaleur vers l'extérieur et une dérivée radiale nulle en r=0 par régularité.
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Pour discriminer les quatre profils proposés sans calcul, on utilise successivement deux propriétés physiques fondamentales :
- La direction de l'écoulement de la chaleur (du chaud vers le froid), imposée par la source interne et le refroidissement externe ;
- La condition de symétrie axiale en r = 0, imposant l'annulation du flux thermique et donc de la dérivée spatiale de la température sur l'axe.
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Sélection du profil parabolique concave décroissant : gradient nul en r=0, flux sortant et courbure négative due à la source.
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Le choix du profil repose sur deux arguments physiques qualitatifs :
Sens d'évacuation de la chaleur et température maximale au centre :
Les réactions de fission libèrent de l'énergie thermique au sein du combustible (r < R), et cette chaleur est évacuée à la périphérie (r = R) par l'eau du circuit primaire. D'après le second principe de la thermodynamique (ou la loi de Fourier \vec{\jmath} = -\lambda_{\mathrm{th}}\,\vec{\operatorname{grad}}T), la chaleur s'écoule spontanément des zones les plus chaudes vers les zones les plus froides. Le flux thermique est donc dirigé radialement vers l'extérieur (\vec{\jmath} = j_r \vec{u}_r avec j_r > 0), ce qui implique que la température doit être strictement décroissante avec r :T(0) > T(R)Pour K > 0, les profils 1 et 3 conduisent à T(0) = T(R) - KR < T(R) et T(0) = T(R) - KR^2 < T(R) : le cœur y est plus froid que la surface, ce qui est physiquement absurde. Les profils 1 et 3 sont donc exclus.
Symétrie cylindrique et régularité sur l'axe (r = 0) :
Tout plan contenant l'axe (Oz) est un plan de symétrie pour la géométrie du crayon et la distribution de puissance. Par symétrie, le vecteur densité de courant thermique sur l'axe doit appartenir à tous les plans méridiens, ce qui impose \vec{\jmath}(r=0) = \vec{0}. D'après la loi de Fourier, la pente du profil de température doit donc s'annuler sur l'axe :\left.\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right|_{r=0} = 0Le profil doit présenter une tangente horizontale en r = 0 (pas de point anguleux).
- Le profil 2 est linéaire (T(r) = T(R) - K(r-R)) : sa pente vaut \mathrm{d}T/\mathrm{d}r = -K \neq 0 en tout point, conduisant à une singularité anguleuse en r = 0, physiquement inadmissible.
- Le profil 4 est parabolique (T(r) = T(R) - K(r^2 - R^2)) : sa dérivée spatiale \mathrm{d}T/\mathrm{d}r = -2Kr s'annule bien en r = 0.
Le seul profil susceptible de correspondre au crayon radioactif est donc :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez de choisir à tort un profil affine en transposant de façon abusive le cas stationnaire 1D sans terme source du cours.
« Ensuite, le profil affine est souvent choisi à tort par généralisation abusive de la situation stationnaire, unidimensionnelle et sans terme source, vue en cours. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 18
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : terme source, équation de la chaleur
En admettant que le profil identifié représente réellement le champ de température à l'intérieur du crayon, relier la constante aux grandeurs physiques pertinentes dont les valeurs numériques sont données dans le document réponse.
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Établir l'équation de la chaleur stationnaire en géométrie cylindrique avec terme source volumique uniforme p_v ou appliquer le théorème de Gauss thermique sur un cylindre de rayon r.
Voir la stratégieStratégie
- Établir l'équation de la diffusion thermique en régime stationnaire avec terme source volumique uniforme p_v, et injecter le profil de température identifié à la question précédente pour exprimer K en fonction de p_v et de la conductivité thermique \lambda_{\mathrm{th}}.
- Exprimer le vecteur densité de courant thermique \vec{\jmath}(r) via la loi de Fourier, en déduire sa norme en périphérie j(R), puis relier K aux grandeurs directement tabulées dans le document réponse (j(R), la puissance linéique P_L, le rayon R et la conductivité thermique \lambda_{\mathrm{th}}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'énergie sur une coquille cylindrique avec terme source volumique conduisant à K = p_\text{v}/(4\lambda).
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Le combustible est le siège d'un dégagement de puissance thermique volumique uniforme p_v. En régime stationnaire, le premier principe de la thermodynamique appliqué à un volume élémentaire de combustible s'écrit sous forme locale :
Avec la loi de Fourier \vec{\jmath} = -\lambda_{\mathrm{th}} \vec{\operatorname{grad}} T = -\lambda_{\mathrm{th}} \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\,\vec{u}_r, l'équation de la chaleur en coordonnées cylindriques (compte tenu des invariances établies en question Q16) s'écrit :
D'après la question Q17, le profil de température est donné par :
Calculons les dérivées successives :
En réinjectant dans l'équation de la chaleur, il vient :
Par ailleurs, la densité de courant thermique en périphérie du crayon (r = R) est donnée par la loi de Fourier :
La puissance thermique dégagée par unité de longueur du crayon (puissance linéique P_L) vaut :
Les grandeurs dont les valeurs numériques figurent directement dans le document réponse étant la densité de courant thermique en périphérie j(R) (ou la puissance linéique P_L), le rayon R et la conductivité thermique moyenne \lambda_{\mathrm{th}}, on peut exprimer K sous les formes équivalentes :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Appliquez la loi de Fourier en périphérie du crayon à l'aide des grandeurs en annexe : une simple analyse dimensionnelle ne suffit pas.
« Il s’agissait de relier, grâce à la loi de Fourier, la constante Kà la conductivité thermique moyenne du matériau et à la densité de courant thermique en périphérie d’un crayon (ces deux grandeurs figurant dans les données de l’annexe). Un simple raisonnement par homogénéité ne peut s’avérer suffisant. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : puissance volumique, bilan de puissance
À l'aide des caractéristiques du cœur données dans le document réponse, proposer une estimation de la puissance volumique libérée dans le combustible lorsque le réacteur est en fonctionnement nominal.
Voir l'indiceIndice
Relier la puissance linéique nominale ou la densité de flux superficielle au flux total produit par unité de volume de combustible.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance thermique libérée par unité de longueur d'un crayon (puissance linéique P_L) en fonction de la puissance volumique p_v et de la section droite du combustible.
- Vérifier la cohérence entre la puissance linéique P_L et la densité de flux en périphérie j(R_{\text{ext}}) fournies dans le document réponse.
- Effectuer l'application numérique en précisant le rayon considéré (rayon de la pastille de combustible ou rayon extérieur du crayon).
Voir la réponse courteRéponse courte
Quotient de la puissance thermique totale du réacteur par le volume total de combustible nucléaire contenu dans les crayons.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans un tronçon de crayon de longueur L et de rayon R, la puissance thermique totale dégagée par les fissions s'écrit, pour une puissance volumique p_v uniforme :
La puissance linéique P_L = \frac{P_{\text{th}}}{L} s'en déduit directement :
Notons que le flux thermique traversant la surface latérale cylindrique en régime stationnaire assure également l'égalité :
Avec les données du document réponse pour le fonctionnement nominal :
On vérifie la parfaite cohérence :
Deux estimations de la puissance volumique p_v peuvent être proposées selon le volume attribué au dégagement de chaleur :
Puissance volumique au sein du dioxyde d'uranium seul (en considérant le rayon de la pastille R_{\text{pastille}} = \frac{d_{\text{pastille}}}{2} = \frac{8{,}19\text{ mm}}{2} = 4{,}095 \times 10^{-3}\text{ m}) :
\begin{aligned} p_v &= \frac{P_L}{\pi R_{\text{pastille}}^2} \\ p_v &= \frac{470 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}}{\pi \times (4{,}095 \times 10^{-3}\text{ m})^2} \approx 8{,}92 \times 10^8\text{ W}\cdot\text{m}^{-3} \end{aligned}\boxed{p_v \approx 8{,}9 \times 10^8\text{ W}\cdot\text{m}^{-3} = 890\text{ W}\cdot\text{cm}^{-3}}Puissance volumique moyenne rapportée au volume total du crayon (en assimilant le crayon à un cylindre plein homogène de rayon R_{\text{crayon}} = \frac{9{,}5\text{ mm}}{2} = 4{,}75 \times 10^{-3}\text{ m}, comme posé dans la modélisation du II.B.1) :
\begin{aligned} p_v &= \frac{P_L}{\pi R_{\text{crayon}}^2} = \frac{2\,j(R_{\text{crayon}})}{R_{\text{crayon}}} \\ p_v &= \frac{2 \times 1{,}57 \times 10^6\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}}{4{,}75 \times 10^{-3}\text{ m}} \approx 6{,}61 \times 10^8\text{ W}\cdot\text{m}^{-3} \end{aligned}\boxed{p_v \approx 6{,}6 \times 10^8\text{ W}\cdot\text{m}^{-3} = 660\text{ W}\cdot\text{cm}^{-3}}
Résultat
Question 20
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Résolution de problème
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : puissance linéique, température de fusion
Proposer une définition plausible de la puissance linéique. Confirmer (ou non) cette définition par un calcul d'ordre de grandeur (une page maximum). Comment expliquer l'existence d'une puissance linéique maximale ?
Voir l'indiceIndice
Définir la puissance linéique par unité de longueur d'un crayon ; justifier l'existence d'un seuil maximal par le risque de fusion à cœur de l'oxyde d'uranium.
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- Proposer la définition de la puissance linéique P_L comme puissance thermique dégagée par unité de longueur de crayon combustible, et la relier à la densité de flux thermique pariétal j(R).
- Réaliser l'application numérique avec les grandeurs du tableau pour vérifier la cohérence de cette relation avec la valeur nominale fournie (470\text{ W}\cdot\text{cm}^{-1}).
- Justifier l'existence d'une limite supérieure P_{L,\max} à partir de la relation liant l'élévation de température au centre à P_L (non-fusion du combustible), ainsi que des contraintes de tenue de la gaine et de non-caléfaction.
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Puissance par mètre de crayon ; la valeur maximale est imposée pour éviter d'atteindre la température de fusion de \mathrm{UO}_2 à cœur.
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1. Définition plausible de la puissance linéique
La puissance linéique, notée P_L, est la puissance thermique produite par unité de longueur d'un crayon de combustible :
Pour une section circulaire de rayon R présentant un dégagement de chaleur volumique uniforme p_v, on a :
En régime stationnaire, la puissance dégagée dans une tranche de cylindre de hauteur \Delta z est intégralement évacuée par sa surface latérale S_{\text{lat}} = 2\pi R\,\Delta z. La conservation de l'énergie impose :
où D = 2R est le diamètre externe du crayon.
2. Confirmation numérique par ordre de grandeur
D'après le tableau du document réponse :
- Diamètre d'un crayon : D = 9{,}5\text{ mm} = 0{,}95\text{ cm} ;
- Densité de courant thermique nominale : j(R) = 157\text{ W}\cdot\text{cm}^{-2}.
Calculons la puissance linéique correspondante :
Cette valeur coïncide parfaitement avec la valeur nominale fournie : P_L = 470\text{ W}\cdot\text{cm}^{-1}. La définition est donc pleinement confirmée.
3. Justification d'une puissance linéique maximale
D'après le profil de température établi en Q17 et Q18 :
On remarque que l'écart de température entre le cœur et la périphérie du combustible ne dépend pas du rayon R du crayon, mais uniquement de la puissance linéique P_L et de la conductivité thermique \lambda_{\mathrm{th}}.
Cette propriété implique une puissance linéique maximale pour plusieurs raisons :
Non-fusion du combustible au cœur : la température à l'axe ne doit jamais atteindre la température de fusion du dioxyde d'uranium (T_{\text{fus}} = 2865\text{ }^\circ\text{C}). Pour T(R) \approx 350\text{ }^\circ\text{C} et une conductivité effective à haute température \lambda_{\mathrm{th}} \approx 2{,}5\text{ à }3\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, l'écart maximal admissible \Delta T \approx 2500\text{ K} impose :
P_{L,\max} \sim 4\pi\lambda_{\mathrm{th}}\,\Delta T \approx 4\pi \times 2{,}5 \times 2500 \approx 78\,000\text{ W}\cdot\text{m}^{-1} \sim 600\text{ à }800\text{ W}\cdot\text{cm}^{-1}ce qui correspond bien à l'ordre de grandeur de la valeur seuil du tableau (590\text{ W}\cdot\text{cm}^{-1}). La fusion de l'\mathrm{UO}_2 entraînerait une perte de géométrie du cœur et une libération massive de produits de fission volatils.
- Intégrité de la gaine et risque de caléfaction (crise d'ébullition) : un flux thermique j(R) excessif entraîne la formation d'un film continu de vapeur isolant autour de la gaine (phénomène de caléfaction). Le coefficient d'échange thermique chute alors brutalement, provoquant une surchauffe immédiate de la gaine en alliage de zirconium et sa destruction.
Résultat
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Question sélective : seul un quart des candidats a su définir correctement la puissance linéique.
« Seul un quart des candidats propose une définition correcte de la puissance linéique. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : profil de température, température centrale
En supposant que la température en est celle de l'eau au voisinage des crayons, calculer numériquement la température au « cœur » du crayon (en ). Commenter.
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Utiliser la relation liant la différence de température centre-surface à la puissance linéique T(0) - T(R) = P_L / (4\pi \lambda_\text{th}) et comparer à T_\text{fus}.
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- Exprimer l'écart de température \Delta T = T(0) - T(R) à partir du profil parabolique établi à la question précédente.
- Calculer numériquement \Delta T à l'aide de la puissance linéique nominale P_L et de la conductivité thermique moyenne \lambda_{\mathrm{th}}.
- En déduire la température centrale T(0) en utilisant la température de l'eau au voisinage des crayons T(R) = T_{\text{eau}} = 332\text{ }^\circ\text{C}, puis commenter au regard de la température de fusion du dioxyde d'uranium et des hypothèses simplificatrices adoptées.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de T(0) = T(R) + K R^2 : la température dépasse 1000\text{ }^\circ\text{C}, restant sous le point de fusion du combustible.
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D'après l'expression du profil de température retenu (Profil 4) :
Au centre du crayon (r = 0), la température s'écrit :
D'après les résultats des questions Q18 et Q20, le terme K R^2 s'exprime directement à l'aide de la puissance linéique P_L :
Il vient ainsi :
Application numérique : D'après le tableau des données :
- Température au voisinage des crayons : T(R) = 332\text{ }^\circ\text{C} (soit 605\text{ K}) ;
- Puissance linéique en fonctionnement nominal : P_L = 470\text{ W}\cdot\text{cm}^{-1} = 4{,}70 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-1} ;
- Conductivité thermique moyenne : \lambda_{\mathrm{th}} = 5{,}0\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
L'écart de température entre le cœur et la périphérie vaut :
On en déduit la température au cœur du crayon :
Commentaires :
- Marge de sécurité thermique : La température de fusion de l'\mathrm{UO}_2 est donnée à T_{\text{f}} = 2865\text{ }^\circ\text{C}. La température calculée au cœur (1080\text{ }^\circ\text{C}) reste très nettement inférieure à cette limite, assurant l'intégrité physique du combustible en fonctionnement nominal.
- Gradient thermique colossal : Une élévation de près de 750\text{ }^\circ\text{C} sur un rayon d'à peine 4\text{ mm} représente un gradient thermique moyen de l'ordre de 2 \times 10^5\text{ K}\cdot\text{m}^{-1}, source de très fortes contraintes thermo-mécaniques dans le matériau céramique.
- Limites du modèle : L'hypothèse T(R) = T_{\text{eau}} sous-estime la température réelle à la surface de l'\mathrm{UO}_2, car elle néglige la résistance thermique de convection eau/gaine, la conduction à travers la gaine en alliage de zirconium et le jeu gazéifié pastille-gaine (point abordé dans la sous-partie II.B.2).
Résultat
II.B.2 · Amélioration du modèle
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : résistance thermique, transfert conducto-convectif
Pourquoi la température en ne vaut-elle pas exactement la température de l'eau indiquée dans les données ?
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Identifier les barrières thermiques intermédiaires entre le combustible et l'eau : la résistance de contact/lame de gaz, la conduction dans la gaine et la convection forcée.
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Pour expliquer pourquoi la température en périphérie du crayon T(R) est strictement supérieure à la température de l'eau T_{\text{eau}}, il faut analyser la chaîne de transfert thermique entre le combustible et le fluide caloporteur :
- Identifier la résistance thermique convective à l'interface solide-fluide ;
- Prendre en compte la structure réelle du crayon (présence d'une gaine et d'un jeu pastille-gaine).
Voir la réponse courteRéponse courte
La gaine métallique impose une résistance conductive et l'interface fluide-solide introduit une résistance convective non nulle.
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La température en r = R ne peut pas être rigoureusement égale à la température moyenne de l'eau du circuit primaire (T_{\text{eau}} = 332\text{ }^\circ\text{C}) pour deux raisons physiques majeures :
Résistance thermique de convection à l'interface crayon/fluide :
L'évacuation de la puissance thermique vers l'eau s'effectue par convection forcée. D'après la loi de Newton, la densité de flux thermique surfacique s'écrit :j = h\,(T_{\text{paroi}} - T_{\text{eau}})où h est le coefficient de transfert convectif. Comme la densité de courant thermique en périphérie est particulièrement intense (j(R) = 157\text{ W}\cdot\text{cm}^{-2} = 1{,}57 \times 10^6\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}), le maintien de ce flux requiert un gradient de température non nul au sein de la couche limite thermique, soit :
T_{\text{paroi}} > T_{\text{eau}}Présence de la gaine et du jeu pastille-gaine :
Le combustible nucléaire n'est pas directement au contact de l'eau du circuit primaire :- il est confiné dans une gaine métallique étanche d'épaisseur e = 0{,}57\text{ mm} (généralement en zircaloy) présentant une résistance thermique conductive ;
- il existe un interstice résiduel (jeu pastille-gaine, initialement rempli d'hélium) entre la pastille d'oxyde (D_{\text{pastille}} = 8{,}19\text{ mm}) et la gaine (D_{\text{crayon}} - 2e = 8{,}36\text{ mm}), qui oppose une résistance thermique de contact notable.
Le flux thermique étant orienté du centre vers l'extérieur, la somme de ces résistances thermiques en série impose :
Résultat
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L'invocation de la conducto-convection avec l'eau ou de la résistance de la gaine était attendue, mais leur modélisation a rarement abouti.
« Le phénomène de conducto-convection à l’interface entre le crayon et l’eau est souvent mentionné. Alternativement, le rôle joué par la résistance thermique de la gaine est invoqué. Ces deux propositions ont été acceptées sans distinction par le jury. Toutefois, la prise en compte de l’un de ces deux phénomènes dans la modélisation a rarement conduit à des développements satisfaisants. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 23
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résolution de problème
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : résistance thermique cylindrique, loi de newton
À l'aide d'une démarche à préciser (une page maximum), proposer un modèle conduisant à une meilleure estimation de la température au cœur du crayon en tenant compte du constat précédent. Ne pas hésiter, pour cela, à introduire les grandeurs physiques pertinentes en proposant, le cas échéant, des ordres de grandeur raisonnables.
Voir l'indiceIndice
Construire un schéma électrique équivalent en associant en série les résistances thermiques de la gaine métallique et du film de convection (loi de Newton).
Voir la stratégieStratégie
- Décrire la géométrie réelle du transfert thermique radial entre le centre du combustible et l'eau du circuit primaire, en identifiant les couches successives : combustible, jeu d'hélium, gaine métallique et couche limite convective.
- Établir les chutes de température successives \Delta T à l'aide des résistances thermiques linéiques associées à chaque transfert (conduction et convection).
- Proposer des ordres de grandeur réalistes pour les grandeurs non fournies (conductivité de la gaine \lambda_{\mathrm{g}}, coefficient de transfert convectif h, et conductance du jeu h_{\mathrm{jeu}}), puis évaluer la température corrigée au cœur du combustible T(0).
Voir la réponse courteRéponse courte
Modélisation par résistances thermiques en série (gaine et convection externe) pour relier la température de surface à celle du fluide.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Modélisation du transfert thermique radial
En régime stationnaire, la puissance thermique linéique P_L = 470\text{ W}\cdot\text{cm}^{-1} = 4{,}7 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-1} produite dans la pastille traverse successivement en direction radiale :
- la pastille de combustible de rayon R_p = \frac{8{,}19\text{ mm}}{2} \approx 4{,}10\text{ mm} ;
- un jeu annulaire pastille-gaine rempli de gaz sous pression (hélium) d'épaisseur e_{\mathrm{jeu}} = R_{g,\mathrm{int}} - R_p \approx 80\ \mu\text{m} ;
- la gaine métallique (alliage de zirconium, Zircaloy) de rayon intérieur R_{g,\mathrm{int}} \approx 4{,}18\text{ mm} et extérieur R_{\mathrm{ext}} = \frac{9{,}5\text{ mm}}{2} = 4{,}75\text{ mm} (épaisseur e_g = 0{,}57\text{ mm}) ;
- la couche limite convective entre la surface externe du crayon et l'eau sous pression du circuit primaire (T_{\mathrm{eau}} = 332\text{ }^\circ\text{C}).
Le flux thermique linéique P_L se conserve à travers toutes les couches situées au-delà de la pastille combustible.
2. Évaluation des différents écarts de température
Convection dans l'eau du circuit primaire :
D'après la loi de Newton, la densité de flux en périphérie vaut j(R_{\mathrm{ext}}) = h\,(T_{\mathrm{ext}} - T_{\mathrm{eau}}). L'eau pressurisée à 155\text{ bar} circule à grande vitesse (v \sim 5\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) en régime turbulent hautement efficace, pour lequel l'ordre de grandeur usuel du coefficient d'échange est h \sim 2 \text{ à } 4 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}. En retenant h \approx 3 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} avec j(R_{\mathrm{ext}}) = 157\text{ W}\cdot\text{cm}^{-2} = 1{,}57 \times 10^6\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} :\Delta T_{\mathrm{conv}} = T_{\mathrm{ext}} - T_{\mathrm{eau}} = \frac{j(R_{\mathrm{ext}})}{h} \approx \frac{1{,}57 \times 10^6}{3 \times 10^4} \approx 50\text{ K}.Conduction à travers la gaine :
Comme e_g \ll R_{\mathrm{ext}}, la conduction dans la gaine d'épaisseur e_g = 0{,}57\text{ mm} et de conductivité thermique \lambda_g \approx 15 \text{ à } 20\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} (alliage métallique de zirconium) induit un écart :\Delta T_{\mathrm{gaine}} \approx j(R_{\mathrm{ext}}) \frac{e_g}{\lambda_g} \approx 1{,}57 \times 10^6 \times \frac{0{,}57 \times 10^{-3}}{18} \approx 50\text{ K}.Transfert à travers le jeu pastille-gaine :
Le jeu d'hélium introduit une résistance thermique de contact caractérisée par une conductance d'interface h_{\mathrm{jeu}} \approx \frac{\lambda_{\mathrm{He}}}{e_{\mathrm{jeu}}} \approx 5 \text{ à } 10 \times 10^3\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1} (compte tenu du contact partiel par dilatation thermique). Le saut de température associé est de l'ordre de :\Delta T_{\mathrm{jeu}} \approx \frac{j(R_p)}{h_{\mathrm{jeu}}} \approx 100 \text{ à } 200\text{ K} \quad (\text{on prendra } \approx 150\text{ K}).Conduction interne au combustible :
D'après le résultat de la question Q20, l'échauffement interne de la pastille s'écrit :\Delta T_{\mathrm{comb}} = T(0) - T(R_p) = \frac{P_L}{4\pi \lambda_{\mathrm{th}}} \approx \frac{4{,}7 \times 10^4}{4\pi \times 5{,}0} \approx 748\text{ K}.
3. Température résultante au centre
En sommant l'ensemble de ces contributions :
Si l'on néglige le jeu (cas d'un contact intime pastille-gaine sous forte irradiation), on trouve une borne inférieure d'environ 1180\text{ }^\circ\text{C} (1450\text{ K}).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La conducto-convection fluide-crayon ou la résistance thermique de gaine étaient admises, mais ont rarement été modélisées de façon satisfaisante.
« Le phénomène de conducto-convection à l’interface entre le crayon et l’eau est souvent mentionné. Alternativement, le rôle joué par la résistance thermique de la gaine est invoqué. Ces deux propositions ont été acceptées sans distinction par le jury. Toutefois, la prise en compte de l’un de ces deux phénomènes dans la modélisation a rarement conduit à des développements satisfaisants. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 24
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : conductivité thermique, profil de température
En réalité, la conductivité thermique du dioxyde d'uranium n'est pas indépendante de la température mais possède le profil donné figure 6. Expliquer, de manière qualitative mais argumentée, de quelle manière est modifié le profil de température et, en particulier, si on peut s'attendre à une température plus élevée ou plus basse que celle calculée précédemment.
Voir l'indiceIndice
Intégrer \lambda(T)\,\mathrm{d}T entre le bord et le centre : une conductivité thermique plus faible aux températures élevées accroît le gradient et donc la température centrale.
Voir la stratégieStratégie
- Relever sur la figure 6 l'évolution de la conductivité thermique \lambda_{\mathrm{th}}(T) sur la plage de température de fonctionnement du combustible (T \in [600\text{ K} \,;\, 1600\text{ K}]).
- Exprimer le gradient thermique en fonction de \lambda_{\mathrm{th}}(T) à partir de la loi de Fourier et de la conservation de l'énergie.
- En déduire la déformation du profil de température et le sens de variation de la température au centre T(0).
Voir la réponse courteRéponse courte
La diminution de \lambda(T) vers le centre accroît localement la résistance thermique, accentuant le gradient et augmentant T(0).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les questions précédentes (Q21 et Q23), la température dans le crayon varie typiquement entre :
1. Évolution de la conductivité thermique sur cette plage La figure 6 montre que dans cet intervalle de température, la conductivité thermique du dioxyde d'uranium est une fonction strictement décroissante de la température :
- à la périphérie (T \approx 600\text{ K}), \lambda_{\mathrm{th}} \approx 7\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
- au cœur (T \approx 1500\text{ K}), \lambda_{\mathrm{th}} \approx 2{,}5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
La conductivité moyenne réelle sur cette plage est de l'ordre de 3{,}5 à 4\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, valeur nettement inférieure à la valeur moyenne forfaitaire de 5{,}0\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} retenue jusqu'ici.
2. Conséquence sur le gradient thermique et le profil En régime stationnaire, la conservation de l'énergie impose la densité de flux thermique à travers le cylindre de rayon r :
D'après la loi de Fourier, le gradient radial de température s'écrit :
- Au voisinage du centre (r \to 0) : la température est maximale, donc la conductivité \lambda_{\mathrm{th}}(T) est minimale (\approx 2{,}5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}). Pour évacuer le même flux thermique, le gradient de température doit être plus abrupt que dans le modèle à conductivité constante.
- Au voisinage de la périphérie (r \to R) : la température est plus basse, donc \lambda_{\mathrm{th}}(T) \approx 7\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} > 5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}. Le gradient thermique y est donc plus faible que dans le modèle parabolique.
Le profil de température n'est plus une parabole simple : il est plus « pointu » (plus resserré vers le haut) au centre et s'adoucit vers le bord.
3. Conséquence sur la température au cœur En intégrant la relation de conduction entre r=0 et r=R :
La puissance linéique P_L étant imposée par le fonctionnement du réacteur, l'intégrale \int_{T(R)}^{T(0)} \lambda_{\mathrm{th}}(T)\,\mathrm{d}T est fixée. Comme \lambda_{\mathrm{th}}(T) est plus faible que la constante 5{,}0\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} sur la majeure partie de la zone centrale, l'intervalle d'intégration T(0) - T(R) doit être plus grand pour que l'intégrale atteigne la valeur requise.
Résultat
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Ne vous contentez pas de décrire la courbe : explicitez les effets de la variation de conductivité et justifiez la conservation du flux thermique.
« Dans la plupart des copies, on ne lit qu’une description de la courbe proposée, sans qu’aucune conséquence des variations de la conductivité thermique vis-à-vis de la température ne soit explicitée. »
« Quelques candidats ont l’intuition d’un flux thermique inchangé mais n’arrivent pas à formaliser, ni à justifier, cette propriété. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Partie III : Du réacteur aux turbines
III.A · Approche générale
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : premier principe industriel, bilan enthalpique
Montrer que .
Voir l'indiceIndice
Effectuer un bilan du premier principe de la thermodynamique entre les instants t et t+\mathrm{d}t sur un système fermé coïncidant avec le volume de contrôle.
Voir la stratégieStratégie
Pour établir le premier principe pour un écoulement en régime stationnaire dans un système ouvert :
- On définit un système fermé coïncidant avec le contenu de l'élément à l'instant t, augmenté de la masse entrante pendant \mathrm{d}t.
- On applique le premier principe de la thermodynamique à ce système fermé entre les instants t et t+\mathrm{d}t, en négligeant les variations d'énergie cinétique macroscopique et d'énergie potentielle de pesanteur.
- On sépare le travail des forces de pression aux frontières (travail de transvasement) des autres travaux, ce qui fait naturellement apparaître l'enthalpie H = U + PV.
Voir la réponse courteRéponse courte
Premier principe pour un système ouvert stationnaire monofluide négligeant les variations d'énergies cinétique et potentielle.
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Considérons le système fermé \Sigma défini de la façon suivante :
- à l'instant t, \Sigma(t) = \Sigma_0 \cup \delta m_{\text{e}}, où \Sigma_0 est le volume fixe de l'élément et \delta m_{\text{e}} la masse de fluide qui va y pénétrer pendant la durée \mathrm{d}t ;
- à l'instant t + \mathrm{d}t, \Sigma(t + \mathrm{d}t) = \Sigma_0 \cup \delta m_{\text{s}}, où \delta m_{\text{s}} est la masse de fluide sortie pendant \mathrm{d}t.
Le régime étant stationnaire, la masse totale contenue dans \Sigma_0 est constante, d'où la conservation de la masse :
Appliquons le premier principe de la thermodynamique au système fermé \Sigma entre t et t+\mathrm{d}t. En négligeant les variations d'énergies cinétique et potentielle de pesanteur macroscopiques devant les variations d'énergie interne, le bilan s'écrit :
1. Variation d'énergie interne :
En régime stationnaire, l'état thermodynamique de \Sigma_0 ne dépend pas du temps, donc U_{\Sigma_0}(t+\mathrm{d}t) = U_{\Sigma_0}(t). Il reste :
où u_{\text{e}} et u_{\text{s}} désignent respectivement l'énergie interne massique du fluide en entrée et en sortie.
2. Travail et transferts thermiques reçus :
- Le transfert thermique reçu par le fluide pendant \mathrm{d}t est : \delta Q = P_{\text{th}}\,\mathrm{d}t.
- Le travail des forces autres que pressantes (arbres en rotation, parties mobiles) est : \delta W_{\text{u}} = P_{\text{u}}\,\mathrm{d}t.
Le travail des forces de pression extérieures exercées sur les frontières mobiles du système fermé (travail de transvasement) comprend :
- à l'entrée, le fluide amont pousse la masse \delta m de volume \delta V_{\text{e}} = v_{\text{e}}\,\delta m : \delta W_{P,\text{e}} = + P_{\text{e}}\,\delta V_{\text{e}} = P_{\text{e}} v_{\text{e}}\,\delta m ;
- à la sortie, le fluide aval résiste à l'évacuation de la masse \delta m de volume \delta V_{\text{s}} = v_{\text{s}}\,\delta m : \delta W_{P,\text{s}} = - P_{\text{s}}\,\delta V_{\text{s}} = - P_{\text{s}} v_{\text{s}}\,\delta m.
Les parois de l'élément étant indéformables, les forces de pression sur ces parois ne travaillent pas. On a donc :
3. Bilan d'enthalpie : En réinjectant ces expressions dans le premier principe :
En introduisant l'enthalpie massique h = u + Pv et le débit massique R = \frac{\delta m}{\mathrm{d}t}, on obtient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Définissez clairement le système avec un schéma, mentionnez l'hypothèse d'écoulement stationnaire et justifiez le travail des forces de pression.
« Le système à considérer n’est quasiment jamais défini rigoureusement. Un schéma, même rudimentaire, sur lequel figurent le volume de contrôle et le système fermé étudié est utile pour clarifier le bilan réalisé. »
« La plupart du temps, la restitution de la démonstration vue en cours est approximative : le caractère stationnaire de l’écoulement, bien qu’indispensable à la démonstration, est rarement invoqué et l’expression du travail massique développé par les forces de pression est donnée sans justification. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
III.B · Analyse du cycle
Question 26
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Schéma ou tracé
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Changements d'état du corps pur
Notions : diagramme entropique, cycle de rankine
Placer tous les états sur le diagramme de l'eau fourni dans le document réponse.
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Placer les isobares à 70, 11 et 0{,}05\text{ bar}, puis positionner chaque point selon son état de saturation (courbes d'ébullition et de rosée) et son titre massique x.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier pour chaque point du circuit la pression P, la température T, ainsi que le titre massique en vapeur x à partir de la figure 7 et des tableaux de données.
Utiliser les données thermodynamiques de saturation de l'eau aux trois pressions de travail (70\text{ bar}, 11\text{ bar} et 0{,}05\text{ bar}) pour situer chaque point par rapport à la courbe de saturation :
- courbe d'ébullition (x = 0) pour les liquides saturants ;
- courbe de rosée (x = 1) pour les vapeurs saturantes sèches ;
- sous la cloche diphasique à l'intersection du palier de changement d'état isotherme/isobare et de la courbe d'isotitre x correspondante ;
- dans le domaine de vapeur surchauffée (T > T_{\text{sat}}(P)) à l'intersection de l'isobare et de l'isotherme associées.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé des différents états du fluide sur le diagramme (T,s) en identifiant isobares, détentes isentropiques et zones diphasiques.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les caractéristiques thermodynamiques de chaque état se déduisent des données du sujet :
- État A : sortie du générateur de vapeur, vapeur saturante sèche à P_A = 70\text{ bar} (x_A = 1).
D'après les données de saturation, T_A = 286\text{ }^\circ\text{C} et s_A = s_{\text{v}}(70\text{ bar}) = 5{,}81\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Le point A est sur la courbe de rosée (x=1). État B : sortie de la turbine haute pression (HP), mélange diphasique à P_B = 11\text{ bar} de titre x_B = 0{,}90.
La température est la température de saturation T_B = 184\text{ }^\circ\text{C}, et l'entropie vaut :s_B = (1 - x_B)s_{\ell}(11\text{ bar}) + x_B s_{\text{v}}(11\text{ bar}) = 0{,}10 \times 2{,}18 + 0{,}90 \times 6{,}55 = 6{,}11\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}Le point B est sous la cloche, sur le palier à 184\text{ }^\circ\text{C} à l'intersection avec la courbe x = 0{,}90.
- État C : sortie liquide du séparateur gravitaire, liquide saturant à P_C = 11\text{ bar} (x_C = 0).
T_C = 184\text{ }^\circ\text{C} et s_C = s_{\ell}(11\text{ bar}) = 2{,}18\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Le point C est sur la courbe d'ébullition (x=0). - État D : entrée du générateur de vapeur, liquide comprimé sous P_D = 70\text{ bar} à T_D = 76\text{ }^\circ\text{C}.
L'eau liquide étant très peu compressible, l'état se situe quasiment sur la courbe limite liquide (x=0) à l'ordonnée T = 76\text{ }^\circ\text{C} (s_D \approx 1{,}0\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}). - État E : sortie vapeur du séparateur, vapeur saturante sèche à P_E = 11\text{ bar} (x_E = 1).
T_E = 184\text{ }^\circ\text{C} et s_E = s_{\text{v}}(11\text{ bar}) = 6{,}55\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Le point E est sur la courbe de rosée (x=1). - État F : sortie du surchauffeur, vapeur surchauffée à P_F = 11\text{ bar} et T_F = 250\text{ }^\circ\text{C} (ou 281\text{ }^\circ\text{C} selon le schéma de la figure 7).
Comme T_F > T_{\text{sat}}(11\text{ bar}) = 184\text{ }^\circ\text{C}, le point F est situé hors de la cloche, à droite, à l'intersection de l'isobare 11\text{ bar} et de l'isotherme T_F. État G : sortie de la turbine basse pression (BP), mélange diphasique à P_G = 0{,}05\text{ bar} de titre x_G = 0{,}88.
La température est T_G = 33{,}0\text{ }^\circ\text{C}, et l'entropie vaut :s_G = (1 - x_G)s_{\ell}(0{,}05\text{ bar}) + x_G s_{\text{v}}(0{,}05\text{ bar}) = 0{,}12 \times 0{,}476 + 0{,}88 \times 8{,}39 = 7{,}44\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}Le point G est sous la cloche, sur le palier à 33\text{ }^\circ\text{C} à l'intersection avec la courbe x = 0{,}88.
- État H : sortie du condenseur, liquide saturant à P_H = 0{,}05\text{ bar} (x_H = 0).
T_H = 33{,}0\text{ }^\circ\text{C} et s_H = s_{\ell}(0{,}05\text{ bar}) = 0{,}476\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Le point H est sur la courbe d'ébullition (x=0). - État I : sortie de condensation du surchauffeur, liquide saturant à P_I = 70\text{ bar} (x_I = 0).
T_I = 286\text{ }^\circ\text{C} et s_I = s_{\ell}(70\text{ bar}) = 3{,}12\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Le point I est sur la courbe d'ébullition (x=0).
| État | P\text{ (bar)} | T\text{ (}^\circ\text{C)} | x | s\text{ (kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}\text{)} | Positionnement sur le diagramme (T,s) |
| A | 70 | 286 | 1 | 5,81 | Courbe de rosée (x=1) à 286\text{ }^\circ\text{C} |
| B | 11 | 184 | 0,90 | 6,11 | Sous la cloche, palier 184\text{ }^\circ\text{C}, courbe x=0{,}90 |
| C | 11 | 184 | 0 | 2,18 | Courbe d'ébullition (x=0) à 184\text{ }^\circ\text{C} |
| D | 70 | 76 | liq. comp. | \approx 1{,}0 | Courbe limite liquide à 76\text{ }^\circ\text{C} |
| E | 11 | 184 | 1 | 6,55 | Courbe de rosée (x=1) à 184\text{ }^\circ\text{C} |
| F | 11 | 250\text{ ou }281 | vap. séche | \approx 6{,}9\text{ à }7{,}0 | Vapeur surchauffée, isobare 11\text{ bar}, isotherme T_F |
| G | 0,05 | 33 | 0,88 | 7,44 | Sous la cloche, palier 33\text{ }^\circ\text{C}, courbe x=0{,}88 |
| H | 0,05 | 33 | 0 | 0,48 | Courbe d'ébullition (x=0) à 33\text{ }^\circ\text{C} |
| I | 70 | 286 | 0 | 3,12 | Courbe d'ébullition (x=0) à 286\text{ }^\circ\text{C} |
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le jury a accepté les valeurs de 281 °C et de 250 °C pour la température au point F en raison d'une ambivalence dans le sujet.
« Le jury a été vigilant au fait que la température au point F pouvait être prise égale à 281 °C ou à 250 °C, selon que le candidat se référait à la figure 7 de l’énoncé ou aux valeurs données dans le document-réponse. Cette ambivalence dans le choix de TFa d’ailleurs été prise en compte jusqu’à la fin du barème. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
III.B.1 · Enthalpies massiques
Question 27
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Exploitation de document
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Changements d'état du corps pur
Notions : diagramme entropique, enthalpie massique
Par lecture graphique, déterminer la valeur de l'enthalpie massique de l'eau dans l'état .
Voir l'indiceIndice
Lire l'enthalpie à l'intersection de l'isobare 11\text{ bar} et de l'isotherme donnée en sortie de surchauffeur sur le diagramme (T, s).
Voir la stratégieStratégie
- Repérer l'état (F) dans le diagramme (T, s) à l'intersection de l'isobare P = 11\text{ bar} et de l'isotherme correspondant à la température de surchauffe indiquée dans l'énoncé (T_F = 281\ ^\circ\text{C} dans le texte et sur la figure 7, ou 250\ ^\circ\text{C} dans le tableau récapitulatif).
- Lire la valeur de l'enthalpie massique h_F en suivant le réseau des courbes isenthalpiques (courbes en traits pleins inclinées vers le bas à droite).
Voir la réponse courteRéponse courte
Détermination graphique de l'enthalpie massique du point F par lecture sur le réseau d'isenthalpiques du diagramme.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'état (F) est une vapeur surchauffée (vapeur sèche) sous une pression P = 11\text{ bar}.
Cas T_F = 281\ ^\circ\text{C} (texte p. 6 et figure 7) : Sur le diagramme (T, s), on se place à l'ordonnée T_F = 281\ ^\circ\text{C} et sur l'isobare P \approx 11\text{ bar} (légèrement au-dessus de l'isobare 10\text{ bar}). Le point représentatif se situe pratiquement sur la courbe isenthalpique h = 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. On lit :
Cas T_F = 250\ ^\circ\text{C} (données du tableau p. 11) : Si l'on utilise la valeur T_F = 250\ ^\circ\text{C} issue du tableau des caractéristiques du circuit secondaire, l'intersection de l'isotherme 250\ ^\circ\text{C} et de l'isobare 11\text{ bar} se situe entre les isenthalpes 2900\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, aux alentours du tiers supérieur de l'intervalle :
La valeur h_F \approx 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (correspondant à T_F = 281\ ^\circ\text{C}) est généralement privilégiée car elle tombe directement sur une ligne repère graduée du diagramme.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1
Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Systèmes ouverts en écoulement
Notions : titre en vapeur, enthalpie de changement d'état
Calculer les valeurs des enthalpies massiques et à partir des données numériques fournies.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la formule du mélange diphasique liquide-vapeur h = (1-x)h_\text{liq} + x h_\text{vap} avec les grandeurs tabulées aux pressions de sortie.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul des enthalpies massiques diphasiques par la relation de mélange h = h_\text{l} + x (h_\text{v} - h_\text{l}).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les états B et G sont des mélanges diphasiques liquide-vapeur situés sous la courbe de saturation, caractérisés chacun par leur pression et leur titre massique en vapeur x.
L'enthalpie massique d'un mélange liquide-vapeur de titre en vapeur x s'exprime sous la forme :
où h_{\ell} et h_v sont respectivement les enthalpies massiques du liquide saturant et de la vapeur saturante sèche à la pression considérée.
1. Enthalpie massique à l'état B :
L'état B est à la pression P_B = 11\text{ bar} avec un titre x_B = 0{,}90. D'après les données fournies pour l'eau à 11\text{ bar} :
- h_{\ell}(11\text{ bar}) = 781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_v(11\text{ bar}) = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
On en déduit :
2. Enthalpie massique à l'état G :
L'état G est à la pression P_G = 0{,}05\text{ bar} avec un titre x_G = 0{,}88. D'après les données fournies pour l'eau à 0{,}05\text{ bar} :
- h_{\ell}(0{,}05\text{ bar}) = 137{,}8\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- h_v(0{,}05\text{ bar}) = 2561\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
On en déduit :
Résultat
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Changements d'état du corps pur
Notions : phase condensée, enthalpie massique
Estimer la valeur de l'enthalpie massique .
Voir l'indiceIndice
Approximer l'enthalpie d'un liquide sous-refroidi par celle du liquide saturant à la même température : h(T, P) \approx h_\text{liq}(T).
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la phase et les coordonnées thermodynamiques de l'eau à l'état D d'après les données et le schéma du cycle.
- Utiliser le modèle de la phase condensée incompressible et indilatable pour relier l'enthalpie massique h_D à la température T_D, soit par la capacité thermique massique de l'eau liquide, soit par interpolation à partir des données de saturation fournies dans l'énoncé.
Voir la réponse courteRéponse courte
Enthalpie de l'eau liquide sous-refroidie assimilée à celle du liquide saturé à la même température : h_D \approx h_\text{l}(T_D).
Voir le corrigé completCorrigé complet
À l'état D, l'eau se trouve à l'état liquide sous la pression P_D = 70\text{ bar} et à la température T_D = 76\text{ }^\circ\text{C} = 349\text{ K}.
Or, à cette pression de 70\text{ bar}, la température d'ébullition vaut T_{\text{sat}}(70\text{ bar}) = 286\text{ }^\circ\text{C} (donnée du tableau « Sur l'eau »). L'état D correspond donc à un liquide comprimé (ou sous-refroidi), très éloigné des conditions critiques.
Pour une phase condensée (liquide) considérée comme incompressible et indilatable de capacité thermique massique c_{\text{liq}} et de volume massique v_{\text{liq}} \approx 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}, la différentielle de l'enthalpie massique s'écrit :
Plusieurs démarches concordantes permettent d'estimer h_D :
Méthode 1 : Utilisation de la capacité thermique massique usuelle de l'eau liquide Avec la convention usuelle h(0\text{ }^\circ\text{C}, P_{\text{sat}}) \approx 0 et la valeur usuelle c_{\text{liq}} \approx 4{,}18\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :
Méthode 2 : Interpolation à partir des tables fournies À l'état liquide saturant sous P_H = 0{,}05\text{ bar}, pour lequel T_{\text{sat}} = 33{,}0\text{ }^\circ\text{C}, les données indiquent h_{\text{liq}} = 137{,}8\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. En intégrant entre cet état de référence liquide et l'état D :
Méthode 3 : Lecture sur le diagramme (T,s) Sur le diagramme (T,s) fourni (page 9), en suivant la courbe d'ébullition (x = 0) jusqu'à l'ordonnée T = 76\text{ }^\circ\text{C}, on relève une valeur d'enthalpie située nettement entre 200\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et 400\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, voisine de 320\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
On retient donc :
Résultat
III.B.2 · Calcul des différents débits
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : conservation de la masse, séparateur d'humidité
Exprimer les relations simples qui existent entre les débits , et , puis entre , et (titre de vapeur au point ) et enfin entre , et .
Voir l'indiceIndice
Écrire les équations de conservation du débit massique global à la bifurcation de sortie du GV, ainsi que la séparation liquide/vapeur opérée par le ballon séparateur.
Voir la réponse courteRéponse courte
Relations de débits issues de la séparation liquide-vapeur : R_2 = x_B R_1 pour la vapeur sèche et R_4 = (1-x_B) R_1 pour l'eau liquide.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Relation entre R_0, R_1 et R_3 :
En régime stationnaire, la conservation du débit massique au nœud de dérivation situé à la sortie du générateur de vapeur (état A) impose que le débit incident R_0 se sépare entre le débit R_1 alimentant la turbine haute pression (HP) et le débit R_3 alimentant le surchauffeur :
\boxed{R_0 = R_1 + R_3}Relation entre R_2, R_1 et x_B :
Le mélange diphasique issu de la turbine HP entre dans le séparateur avec un débit total R_1 et un titre massique en vapeur x_B. Ce séparateur sépare physiquement la phase gazeuse (débit R_2 de vapeur saturante en haut, état E) de la phase liquide (débit R_4 de liquide saturant en bas, état C).
Par définition du titre en vapeur comme rapport du débit massique de vapeur au débit massique total :
x_B = \frac{R_{\text{vap}}}{R_{\text{tot}}} = \frac{R_2}{R_1}On en déduit immédiatement :
\boxed{R_2 = x_B R_1}Relation entre R_4, R_1 et x_B :
Le débit de liquide R_4 correspond à la fraction liquide du fluide entrant :
1 - x_B = \frac{R_{\text{liq}}}{R_{\text{tot}}} = \frac{R_4}{R_1}Ce qui donne directement :
\boxed{R_4 = (1 - x_B) R_1}On vérifie bien la conservation globale de la masse dans le séparateur : R_2 + R_4 = x_B R_1 + (1 - x_B) R_1 = R_1.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Les bilans de masse sont bien formulés, mais n'oubliez pas d'invoquer la stationnarité de l'écoulement.
« Les bilans de masse sont en général bien compris et bien formulés. Seule l’absence de l’argument de stationnarité est à déplorer. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : échangeur de chaleur, premier principe industriel
Le surchauffeur est un simple échangeur de chaleur entre deux fluides ; il n'y a donc aucune puissance mécanique mise en jeu. En supposant que le surchauffeur soit parfaitement calorifugé, trouver une relation entre les débits et faisant intervenir des enthalpies massiques à préciser.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le premier principe généralisé au surchauffeur calorifugé sans travail utile échangé avec l'extérieur.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système ouvert constitué par le surchauffeur dans son ensemble en régime permanent.
- Identifier l'ensemble des entrées et des sorties de fluide ainsi que les débits massiques correspondants.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour un système ouvert à plusieurs entrées et sorties, en exploitant l'absence de puissance utile (P_{\mathrm{u}} = 0) et le caractère calorifugé de l'échangeur (P_{\mathrm{th}} = 0).
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan enthalpique global sur l'échangeur sans pièces mobiles ni pertes externes : R_2(h_C - h_{B'}) + R_3(h_H - h_A) = 0.
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Considérons le surchauffeur comme un système ouvert fonctionnant en régime stationnaire. Il comporte deux courants de fluide indépendants qui n'entrent pas en contact direct :
- le fluide chaud (débit R_3) qui entre à l'état A (vapeur saturante à 70\text{ bar}) et ressort entièrement liquéfié à l'état I (liquide saturant à 70\text{ bar}) ;
- le fluide froid (débit R_2) qui entre à l'état E (vapeur saturante à 11\text{ bar}) et ressort à l'état surchauffé F (vapeur à 11\text{ bar} et T_F).
D'après le premier principe généralisé pour un système ouvert à plusieurs entrées et sorties donné dans le préambule de la partie III.A :
Puisque le surchauffeur est dépourvu de pièces mobiles, il ne fournit ni ne reçoit de puissance utile : P_{\mathrm{u}} = 0. De plus, l'échangeur étant supposé parfaitement calorifugé vis-à-vis du milieu extérieur, la puissance thermique échangée avec l'extérieur est nulle : P_{\mathrm{th}} = 0.
Le bilan d'enthalpie s'écrit donc :
ce qui conduit immédiatement à la relation :
ou de manière équivalente :
Les enthalpies massiques mises en jeu sont :
- h_A : enthalpie massique de la vapeur saturante sous 70\text{ bar} (h_A = 2772\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) ;
- h_I : enthalpie massique du liquide saturant sous 70\text{ bar} (h_I = 1268\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}), de sorte que h_A - h_I = \Delta h_{\mathrm{vap}}(70\text{ bar}) = 1504\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} représente la chaleur latente de condensation de la vapeur HP ;
- h_E : enthalpie massique de la vapeur saturante sous 11\text{ bar} (h_E = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) ;
- h_F : enthalpie massique de la vapeur surchauffée sous 11\text{ bar} déterminée à la question Q27.
Résultat
Question 32
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Application numérique
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : débit massique, bilan enthalpique
Calculer numériquement les différents débits.
Voir l'indiceIndice
Résoudre le système algébrique linéaire liant les débits massiques en exploitant la valeur numérique du débit d'alimentation R_0.
Voir la stratégieStratégie
- Rassembler les équations obtenues aux questions Q30 et Q31 reliant les débits R_0, R_1, R_2, R_3 et R_4.
- Exprimer R_1 en fonction de la donnée d'entrée R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} et des enthalpies massiques, puis en déduire successivement R_3, R_2 et R_4.
Voir la réponse courteRéponse courte
Résolution numérique du système d'équations reliant les débits à partir de la puissance thermique globale du cœur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les questions Q30 et Q31, le système régissant les débits massiques s'écrit :
En injectant la relation (2) dans le bilan thermique (4), on obtient :
En reportant cette expression dans le bilan global (1), il vient :
d'où l'expression littérale de R_1 :
Les débits restants s'en déduisent immédiatement par :
Application numérique : D'après les tableaux de données :
- R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} ;
- x_B = 0{,}90 ;
- À P = 70\text{ bar} : h_A = 2772\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et h_I = 1268\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, d'où h_A - h_I = 1504\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
- À P = 11\text{ bar} : h_E = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
En adoptant la valeur h_F \approx 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} déterminée à la question Q27 (température T_F = 281\text{ }^\circ\text{C} indiquée sur le schéma et le texte) :
On calcule alors :
Remarque : si l'on prend la température T_F = 250\text{ }^\circ\text{C} du tableau (h_F \approx 2930\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}), on trouve x_B\frac{h_F - h_E}{h_A - h_I} \approx 0{,}089, ce qui conduit à : R_1 \approx 588\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_2 \approx 529\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_3 \approx 52\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} et R_4 \approx 59\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}.
Résultat
III.B.3 · Au niveau des turbines
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : détente en turbine, irréversibilité
Les transformations dans les turbines HP et BP sont-elles réversibles ? Justifier soigneusement votre réponse. Dans le cas où les transformations sont irréversibles, quelles sont les causes de cette irréversibilité ?
Voir l'indiceIndice
Comparer l'entropie massique de sortie à celle d'entrée pour les deux détentes : une création d'entropie positive révèle le caractère irréversible causé par les frottements fluides.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le second principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour un écoulement adiabatique (détente très rapide et machine calorifugée).
- Comparer les entropies massiques d'entrée et de sortie calculées à la question Q26 pour conclure sur le caractère réversible ou irréversible.
- Identifier les causes physiques d'irréversibilité à partir de la description du texte (vitesse de rotation élevée, écoulement visqueux turbulent, présence de gouttelettes liquides).
Voir la réponse courteRéponse courte
Détentes réelles irréversibles dues aux frottements visqueux du fluide en écoulement turbulent et aux pertes aérodynamiques.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le second principe de la thermodynamique appliqué à un fluide en écoulement stationnaire à travers un système ouvert à une entrée et une sortie s'écrit :
En raison de la compacité de la machine et des vitesses d'écoulement très élevées (temps de transit très court), les échanges thermiques avec l'extérieur sont négligeables : les détentes dans les turbines sont considérées comme adiabatiques (P_{\mathrm{th}} \approx 0).
Une transformation adiabatique réversible se ferait donc à entropie massique constante (s_{\mathrm{s}} = s_{\mathrm{e}}). Or, d'après les valeurs obtenues à la question Q26 :
Pour la turbine haute pression (HP) :
\begin{aligned} s_A &= 5{,}81\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \\ s_B &= 6{,}11\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} > s_A \implies s_{\mathrm{cr},\mathrm{HP}} = s_B - s_A = +0{,}30\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} > 0 \end{aligned}Pour la turbine basse pression (BP) :
\begin{aligned} s_F &\approx 6{,}95 \text{ à } 7{,}02\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \\ s_G &= 7{,}44\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} > s_F \implies s_{\mathrm{cr},\mathrm{BP}} = s_G - s_F > 0 \end{aligned}
Les causes de cette irréversibilité sont :
- La dissipation visqueuse et les turbulences : les vitesses d'écoulement de la vapeur et les vitesses de rotation des aubages (plusieurs milliers de tours par minute) sont très élevées, engendrant de forts gradients de vitesse, des décollements de couche limite, des tourbillons et des frottements fluides importants.
- Le caractère diphasique de la vapeur : en fin de détente, le fluide devient une vapeur humide (x_B = 0{,}90 et x_G = 0{,}88). L'apparition de gouttelettes liquides en suspension entraîne des frottements interphasiques supplémentaires et des chocs inélastiques avec les aubes en rotation.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
III.B.4 · Au niveau du condenseur
Question 34
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : échangeur thermique, capacité thermique
Déterminer l'expression du débit que doit avoir le circuit tertiaire pour que son élévation de température ne dépasse pas . Estimer puis commenter son ordre de grandeur. Justifier l'existence d'une limite supérieure de l'élévation de température.
Voir l'indiceIndice
Exprimer le flux thermique cédé au condenseur et le relier à l'échauffement calorimétrique \Delta T de l'eau du circuit de refroidissement.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire au condenseur (système ouvert calorifugé échangeant uniquement de la chaleur entre le circuit secondaire et le circuit tertiaire).
- En déduire le débit massique minimal R_{\text{tert}} en fonction de l'élévation maximale de température \Delta T_{\max} = 5\,^\circ\text{C} et de la capacité thermique massique de l'eau liquide c.
- Effectuer l'application numérique pour un condenseur (puis pour les 4 boucles de la centrale) et commenter l'ordre de grandeur obtenu (comparaison avec le débit d'un fleuve).
- Justifier la limitation réglementaire de \Delta T par les impacts écologiques sur le milieu aquatique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du débit d'eau de refroidissement par bilan au condenseur ; limitation pour préserver la faune et la flore du cours d'eau.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Expression du débit du circuit tertiaire
Le condenseur est un échangeur de chaleur diphasique/monophasique parfaitement calorifugé vis-à-vis de l'extérieur, sans parties mobiles (P_{\mathrm{u}} = 0 et P_{\text{th, ext}} = 0).
D'après le schéma de la figure 7, le fluide secondaire traversant le condenseur provient de la turbine basse pression (état G) et en ressort à l'état de liquide saturant (état H). Le débit massique correspondant est donc celui qui traverse la turbine BP, soit :
Le bilan enthalpique global pour les deux fluides traversant le condenseur en régime stationnaire (question Q25) s'écrit :
L'eau du circuit tertiaire (eau de fleuve ou de mer) reste entièrement liquide à une pression voisine de 1\text{ bar} ; la variation d'enthalpie massique s'exprime au moyen de la capacité thermique massique de l'eau liquide c \approx 4{,}18\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :
La puissance thermique cédée par la vapeur en condensation est :
Pour que l'élévation de température ne dépasse pas la valeur limite \Delta T_{\max} = 5\,^\circ\text{C} = 5\text{ K}, le débit massique de liquide de refroidissement doit satisfaire à :
2. Estimation numérique et commentaire
À la pression P = 0{,}05\text{ bar}, l'état H est du liquide saturant (h_H = h_{l}(0{,}05\text{ bar}) = 137{,}8\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) et l'état G possède un titre en vapeur x_G = 0{,}88 (d'après Q28) :
Avec le débit R_2 \approx 509\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} calculé à la question Q32, la puissance thermique évacuée par un condenseur vaut :
Le débit minimal d'eau tertiaire pour cette boucle s'élève à :
Puisque la masse volumique de l'eau liquide est \rho \approx 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, cela correspond à un débit volumique d'environ 52\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} pour une boucle.
Pour la tranche nucléaire complète (comportant 4 circuits secondaires identiques, soit une puissance thermique totale évacuée au condenseur d'environ 4{,}3\text{ GW}) :
Commentaire sur l'ordre de grandeur : Un tel débit (> 200\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}) est gigantesque : il est du même ordre de grandeur que le débit moyen de la Seine à Paris (\sim 300\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}) ou représente une fraction notable de celui du Rhône (\sim 1700\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}). Cela explique impérativement l'implantation des centrales nucléaires en bord de mer ou le long de fleuves à très grand débit. Pour les centrales installées sur des cours d'eau plus modestes, un circuit ouvert direct est impossible : l'évacuation de la chaleur s'effectue alors vers l'atmosphère au moyen de tours aéroréfrigérantes par évaporation partielle d'eau.
3. Justification d'une limite supérieure d'échauffement
L'élévation de température de l'eau rejetée est strictement encadrée par la réglementation environnementale pour plusieurs raisons écologiques majeures :
- Solubilité du dioxygène : la solubilité des gaz dans l'eau diminue lorsque la température augmente. Un échauffement excessif abaisse la teneur en O_2 dissous, menaçant d'asphyxie la faune piscicole.
- Perturbation de la faune et de la flore : de nombreuses espèces aquatiques (poissons, invertébrés) sont sténothermes ; un choc thermique perturbe leur métabolisme, leur reproduction et leurs routes migratoires.
- Prolifération microbienne et algale : le réchauffement des eaux favorise l'eutrophisation et la prolifération de micro-algues ou de bactéries pathogènes (amibes, légionelles).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
III.C.1 · Rendement effectif
Question 35
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Machines thermiques
Notions : rendement thermique, cycle de hirn
Définir et calculer un rendement pour l'ensemble du circuit secondaire. Comparer ce rendement à d'autres rendements connus. (Pour information, chaque réacteur est en fait associé à 4 circuits secondaires identiques.)
Voir l'indiceIndice
Définir le rendement comme le quotient du travail mécanique net total extrait sur les turbines par la puissance thermique fournie au générateur de vapeur.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le rendement thermique \eta du circuit secondaire comme le rapport de la puissance mécanique utile développée par les turbines sur la puissance thermique fournie par le circuit primaire dans le générateur de vapeur.
- Exprimer et calculer la puissance thermique reçue au générateur de vapeur ainsi que la puissance mécanique totale fournie par les turbines HP et BP (le travail de pompage du liquide étant négligeable).
- Calculer numériquement \eta, vérifier la cohérence avec la puissance électrique totale de l'EPR (1600 MWe pour 4 circuits), puis le comparer au rendement de Carnot théorique et aux rendements d'autres filières thermiques.
Voir la réponse courteRéponse courte
Rapport de la puissance mécanique totale fournie par les turbines sur la puissance thermique reçue au générateur : \eta \approx 35\,\%.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Définition du rendement
Le fluide du circuit secondaire reçoit de la chaleur au niveau du générateur de vapeur (GV) et fournit du travail mécanique utile au niveau des deux turbines (HP et BP). Le travail nécessaire à la recompression du liquide dans le récupérateur-compresseur étant très faible devant le travail fourni par la vapeur lors des détentes, le rendement thermique du cycle s'écrit :
2. Puissances mises en jeu pour un circuit secondaire
D'après le premier principe pour un écoulement stationnaire sans pertes thermiques au niveau des turbines :
Puissance thermique reçue par l'eau dans le générateur de vapeur (D \to A) :
P_{\mathrm{th, GV}} = R_0 \left( h_A - h_D \right)Puissance mécanique fournie par la turbine HP (A \to B) :
P_{\mathrm{HP}} = R_1 \left( h_A - h_B \right)Puissance mécanique fournie par la turbine BP (F \to G) :
P_{\mathrm{BP}} = R_2 \left( h_F - h_G \right)
3. Application numérique
En utilisant les valeurs établies précédemment (R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_1 \approx 566\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_2 \approx 509\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, h_A = 2772\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_B = 2581\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_D \approx 325\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_F \approx 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_G \approx 2270\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) :
La puissance mécanique totale produite par un circuit vaut donc :
On en déduit le rendement :
(Une valeur de h_F \approx 2930\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} conduirait de même à P_{\mathrm{BP}} \approx 336\text{ MW} et \eta \approx 28\text{ à } 29\%.)
4. Comparaison et cohérence
- Puissance totale du réacteur : avec 4 circuits secondaires identiques, la puissance mécanique totale développée vaut 4 \times 480\text{ MW} \approx 1920\text{ MW}. En tenant compte du rendement des alternateurs (\eta_{\mathrm{alt}} \approx 97\%) et de la consommation des auxiliaires, on retrouve bien une puissance électrique nette délivrée de l'ordre de 1600\text{ MWe}, valeur annoncée pour l'EPR.
Rendement de Carnot : la source chaude se trouve à la température de changement d'état à 70 bar (T_{\mathrm{c}} = 286\,^\circ\text{C} = 559\text{ K}) et la source froide au condenseur à 0,05 bar (T_{\mathrm{f}} = 33\,^\circ\text{C} = 306\text{ K}). Le rendement maximal théorique associé vaut :
\eta_{\mathrm{Carnot}} = 1 - \frac{T_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{c}}} = 1 - \frac{306}{559} \approx 45\%Le rendement réel représente environ 70\% de cette borne théorique, ce qui est caractéristique d'une installation industrielle affectée par les irréversibilités de détente et d'échange thermique.
Comparaison avec d'autres filières :
- Centrales thermiques au charbon ou fioul supercritiques : \eta \approx 38\text{ à } 42\%, car la vapeur peut y être surchauffée à plus de 550\,^\circ\text{C}.
- Centrales à cycle combiné gaz (turbine à combustion + cycle à vapeur) : \eta \approx 55\text{ à } 62\%.
- En centrale nucléaire REP, la température de la vapeur est bornée par la tenue mécanique et la pression admissible de la cuve et des gaines, ce qui limite structurellement le rendement autour de 30\text{ à } 35\%.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
III.C.2 · Intérêt du surchauffeur
Question 36
DifficileTemps estimé : ≈ 10 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Résolution de problème
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Machines thermiques
Notions : rendement thermique, surchauffe
À l'aide d'une démarche à préciser, déterminer une estimation du rendement que l'on obtiendrait en l'absence de surchauffeur. Commenter.
Voir l'indiceIndice
Considérer une détente directe de la vapeur saturante jusqu'à la basse pression sans étage de surchauffe et analyser l'élévation du titre en liquide qui en résulterait.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les modifications du circuit en l'absence de surchauffeur (dérivation vers le surchauffeur supprimée : R_3 = 0, donc R_1 = R_0).
- Caractériser la nouvelle entrée de la turbine basse pression (état E direct, sans apport thermique intermédiaire) et estimer le travail massique de détente w_{\mathrm{BP}}'.
- Calculer la nouvelle puissance mécanique totale fournie par les turbines et en déduire le rendement \eta'.
- Commenter la faible variation du rendement et mettre en lumière la raison d'être essentielle du surchauffeur (titre de vapeur et intégrité mécanique des aubes).
Voir la réponse courteRéponse courte
Évaluation du cycle sans surchauffe montrant une baisse de rendement et un titre de vapeur trop bas néfaste aux turbines BP.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Démarche et modification des débits
En l'absence de surchauffeur :
aucun débit de vapeur n'est dérivé à la sortie du générateur de vapeur, d'où R_3 = 0 et le débit traversant la turbine HP devient le débit total :
R_1' = R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}la turbine HP détend ce débit de l'état A à l'état B, fournissant un travail massique inchangé :
w_{\mathrm{HP}} = h_A - h_B = 2772 - 2581 = 191\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}le séparateur extrait la phase vapeur avec le titre x_B = 0{,}90, soit un débit envoyé à la turbine BP de :
R_2' = x_B R_0 = 0{,}90 \times 640 = 576\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}- la vapeur entre alors directement dans la turbine BP à l'état E (vapeur saturante sèche à 11\text{ bar}, T_E = 184^\circ\text{C}, h_E = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, s_E = 6{,}55\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).
2. Estimation du travail de la turbine BP
Considérons une détente isentropique depuis l'état E jusqu'à la pression du condenseur P = 0{,}05\text{ bar} :
Le titre isentropique en fin de détente vaut :
L'enthalpie isentropique correspondante est :
Dans le cycle réel étudié en Q28, la turbine BP possède un rendement isentropique de détente :
En retenant un rendement isentropique similaire (\eta_{\mathrm{is, BP}} \approx 0{,}84) pour la détente depuis E, la variation d'enthalpie réelle est :
3. Bilan de puissance et estimation du rendement
La puissance totale fournie par les turbines sans surchauffeur s'écrit :
La puissance thermique fournie au niveau du générateur de vapeur reste :
Le rendement thermique obtenu sans surchauffeur est donc :
4. Commentaires
- Sur le rendement énergétique : le rendement thermodynamique n'est que très peu affecté (il reste voisin de 31\%). La surchauffe intermédiaire n'a pas pour objectif premier d'augmenter le rendement global de l'installation.
Sur l'intérêt réel du surchauffeur : en l'absence de surchauffeur, le titre de vapeur en sortie de BP s'effondre :
h_{G'} = 2781 - 659 = 2122\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \implies x_{G'} = \frac{2122 - 137{,}8}{2561 - 137{,}8} \approx 0{,}82Un titre de 82\% correspond à 18\% de liquide sous forme de microgouttelettes. Projetées à des vitesses de plusieurs centaines de mètres par seconde sur les ailettes des derniers étages de la turbine BP, ces gouttelettes provoqueraient une érosion mécanique et une corrosion destructrices. Le rôle indispensable du surchauffeur est d'assécher la vapeur lors de la détente pour maintenir x_G \gtrsim 0{,}88, garantissant ainsi la longévité de la turbine.
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Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?
Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique (33 % des questions, partie II), Systèmes ouverts en écoulement (25 %, partie III) et Atomistique et classification périodique (24 %, partie I). Plus ponctuellement : Cristallographie, Changements d'état du corps pur, Machines thermiques et Premier et second principes.
Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 dès la première année (MPSI) ?
En partie : 18 questions sur 36 (50 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q12) et la sous-partie II.A (Q13 à Q15), ainsi que Q19, Q20 et Q28. Avec les autres programmes de première année : 18 en PCSI, 18 en PTSI, 14 en MP2I, 15 en TSI1 et 15 en BCPST1.
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?
Environ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?
Q36 (rendement thermique), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?
Questions de cours : Q1 (constante radioactive), Q3 (période radioactive), Q8 (structure fluorine), Q16 (symétrie cylindrique) et Q25 (premier principe industriel). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (loi de décroissance radioactive), Q10 (paramètre de maille), Q18 (terme source) et Q28 (titre en vapeur).
Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 ?
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge la longueur raisonnable, mais la partie II a donné des résultats décevants et les questions non guidées, qui pèsent un tiers du barème, ont été rarement réussies en fin d'épreuve. Moyenne : 9,38/20 (écart-type 4,13, 5 115 présents).
Comment calculer l'enthalpie massique de l'eau liquide comprimée en Q29 ?
En assimilant l'enthalpie du liquide comprimé à celle du liquide saturé à la même température T_D = 76\ ^\circ\mathrm{C} : h_D \approx c_{\mathrm{eau}}\,(T_D - 0\ ^\circ\mathrm{C}). Le terme correctif de pression v\,\Delta P reste négligeable devant l'échauffement thermique.
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.
- Note estimée
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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 36 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,38 et d'écart-type 4,13 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
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