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Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie MP 2026

Notre Terre : attractive, si chaleureuse et... magn(if)(ét)ique

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 12 questions sur 33. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : TSI1 10 · BCPST1 10 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Électromagnétisme, Mécanique, Transformations chimiques · 7 incontournables · 12 questions de première année
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Ce sujet transversal balaye un spectre très large du programme de physique et de chimie à travers l'étude géophysique de la Terre : champ de gravité, dynamique en référentiel tournant, mesure interférométrique de l'accélération de la pesanteur, thermochimie industrielle des ciments et pH des eaux de pluie, géothermie interne par conduction et décroissance radioactive, et enfin champ magnétique dipolaire.

L'épreuve est découpée en six parties indépendantes très fidèles aux exigences classiques des concours CCINP : le niveau technique est modéré et les questions s'enchaînent de manière très guidée, avec un accent particulier sur la rigueur des bilans locaux, le sens physique des approximations et l'exploitation de données graphiques ou numériques (sans calculatrice). C'est un excellent sujet de révision générale pour consolider les fondamentaux du cours et s'entraîner à la gestion du temps sur une épreuve longue.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,79/20)
Temps estimé
≈ 3 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

7 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

20 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (20) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : ambiguïté
  • Ambiguïté

    Q15 : Le tableau 2 présente les p_i en « % en masse ». Selon que p_i est manipulé comme un pourcentage ou comme une fraction massique entre 0 et 1, un facteur 100 apparaît ou non dans l'expression finale de r. Il convient de préciser la convention retenue.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

33 questions
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Partie I : Champ gravitationnel et champ de pesanteur

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : théorème de gauss, analogie électrostatique gravitation, champ gravitationnel

Donner les expressions des champs gravitationnel et électrostatique , créés en un point , respectivement par la masse ponctuelle et par la charge ponctuelle , chacune étant placée en . En déduire les analogues gravitationnels de la charge et de la permittivité diélectrique du vide . En utilisant l'analogie, écrire l'énoncé du théorème de Gauss intégral relatif au champ gravitationnel créé par une distribution volumique de masse contenue dans un volume délimité par une surface .

Voir l'indice

Écrire la loi de Coulomb et la loi de gravitation universelle pour identifier le rôle homologue de q et m, puis celui de \varepsilon_0 avec -1/(4\pi G). Appliquer ensuite cette substitution au théorème de Gauss classique.

Voir la réponse courte

Expression des champs coulombien et newtonien, identification de q \leftrightarrow m et \varepsilon_0 \leftrightarrow -1/(4\pi G), puis forme intégrale du théorème de Gauss gravitationnel.

Voir le corrigé complet

Le point M est repéré par \vec{OM} = r\vec{u}_r par rapport à l'origine O où se trouvent les sources ponctuelles.

  1. Expressions des champs :

    • Le champ gravitationnel créé en M par une masse ponctuelle m placée en O s'écrit :

      \boxed{\vec{G}(M) = -\frac{Gm}{r^2}\,\vec{u}_r}
    • Le champ électrostatique créé en M par une charge ponctuelle q placée en O s'écrit :

      \boxed{\vec{E}(M) = \frac{q}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\,\vec{u}_r}
  2. Analogues gravitationnels : En identifiant terme à terme les deux expressions :

    \vec{E}(M) = \frac{1}{4\pi\varepsilon_0}\frac{q}{r^2}\,\vec{u}_r \quad \longleftrightarrow \quad \vec{G}(M) = -G\frac{m}{r^2}\,\vec{u}_r

    on en déduit les correspondances suivantes :

    \boxed{q \longleftrightarrow m \quad \text{et} \quad \frac{1}{\varepsilon_0} \longleftrightarrow -4\pi G \quad \left(\text{soit } \varepsilon_0 \longleftrightarrow -\frac{1}{4\pi G}\right)}
  3. Théorème de Gauss intégral relatif au champ gravitationnel : En électrostatique, le théorème de Gauss pour une distribution volumique de charge \rho s'énonce :

    \oiint_S \vec{E}(M) \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \frac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_0} = \frac{1}{\varepsilon_0}\iiint_V \rho(P)\,\mathrm{d}V

    Par analogie gravitationnelle, en remplaçant \vec{E} par \vec{G}, Q_{\text{int}} par la masse intérieure M_{\text{int}} = \iiint_V \mu(P)\,\mathrm{d}V et \frac{1}{\varepsilon_0} par -4\pi G :

    Le flux sortant du champ gravitationnel \vec{G}(M) à travers une surface fermée S orientée vers l'extérieur est égal à -4\pi G fois la masse totale contenue dans le volume V délimité par S :

    \boxed{\oiint_S \vec{G}(M) \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = -4\pi G \iiint_V \mu(P)\,\mathrm{d}V = -4\pi G\, M_{\text{int}}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : théorème de gauss, champ gravitationnel, symétrie sphérique

Exprimer le champ gravitationnel créé par la Terre en tout point de l'espace.

Voir l'indice

Choisir une surface de Gauss sphérique centrée en O de rayon r et distinguer les domaines intérieur (r \le R_T) et extérieur (r \ge R_T) en calculant la masse intérieure M_{\text{int}}(r).

Voir la stratégie
  1. Déterminer la direction et les dépendances du champ gravitationnel à l'aide des symétries et des invariances de la distribution sphérique et homogène.
  2. Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel (établi à la question Q1) à travers une sphère de rayon r centrée en O.
  3. Exprimer la masse intérieure M_{\text{int}}(r) selon que le point M se situe à l'extérieur (r \ge R_T) ou à l'intérieur (r \le R_T) de la Terre.
Voir la réponse courte

Application du théorème de Gauss gravitationnel avec symétrie sphérique pour exprimer le champ gravitationnel intérieur et extérieur.

Voir le corrigé complet

La distribution de masse présente les symétries suivantes :

  • Tout plan contenant le centre O est plan de symétrie matérielle, donc le champ gravitationnel est porté par leur intersection : \vec{G}_T(M) = G_r(r,\theta,\varphi)\,\vec{u}_r.
  • La distribution est invariante par toute rotation autour de O, donc la composante radiale ne dépend que de la distance r = OM : \vec{G}_T(M) = G_r(r)\,\vec{u}_r.

On choisit pour surface de Gauss \mathcal{S} la sphère de centre O et de rayon r, orientée vers l'extérieur par le vecteur unitaire normal \vec{n} = \vec{u}_r. Le flux du champ gravitationnel à travers \mathcal{S} s'écrit :

\Phi = \oiint_{\mathcal{S}} \vec{G}_T \cdot \mathrm{d}\vec{S} = \oiint_{\mathcal{S}} G_r(r)\,\mathrm{d}S = G_r(r) \cdot 4\pi r^2

D'après le théorème de Gauss gravitationnel établi à la question Q1 :

\Phi = -4\pi G\, M_{\text{int}}(r) \implies G_r(r) = -\frac{G\,M_{\text{int}}(r)}{r^2}

Distinguons les deux domaines de l'espace :

  • À l'extérieur de la Terre (r \ge R_T) : toute la masse terrestre est incluse dans la surface de Gauss, soit M_{\text{int}}(r) = M_T = \frac{4}{3}\pi \mu_T R_T^3. D'où :

    \vec{G}_T(M) = -\frac{G M_T}{r^2}\,\vec{u}_r = -\frac{4\pi G \mu_T R_T^3}{3 r^2}\,\vec{u}_r
  • À l'intérieur de la Terre (r < R_T) : seule la boule de rayon r contribue à la masse intérieure :

    M_{\text{int}}(r) = \frac{4}{3}\pi r^3 \mu_T = M_T \left(\frac{r}{R_T}\right)^3

    On en déduit :

    \vec{G}_T(M) = -\frac{4\pi G \mu_T}{3}r\,\vec{u}_r = -\frac{G M_T}{R_T^3}r\,\vec{u}_r

En résumé :

\boxed{ \vec{G}_T(M) = \begin{cases} \displaystyle -\frac{4\pi G \mu_T}{3}r\,\vec{u}_r = -\frac{G M_T}{R_T^3}r\,\vec{u}_r & \text{si } r \le R_T \\[8pt] \displaystyle -\frac{4\pi G \mu_T R_T^3}{3 r^2}\,\vec{u}_r = -\frac{G M_T}{r^2}\,\vec{u}_r & \text{si } r \ge R_T \end{cases} }

Résultat

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Question 3

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : principe de superposition, gravimétrie, champ gravitationnel

En utilisant le principe de superposition, exprimer et la variation relative du champ gravitationnel en fonction de et de .

En présence de pétrole, indiquer avec justification si le champ gravitationnel devient plus intense ou moins intense.

Faire une estimation numérique de , en prenant : , et .

Commenter sachant que les gravimètres actuels ont une précision relative de l'ordre de .

Voir l'indice

Modéliser la poche de pétrole comme la superposition de la Terre pleine homogène et d'une sphère de rayon r' et de masse volumique effective (\mu_p - \mu_T).

Voir la stratégie
  1. Modéliser la Terre avec la poche de pétrole par le principe de superposition : la Terre homogène non perturbée (masse volumique \mu_T) à laquelle on superpose une sphère de centre C, de rayon r', et de masse volumique fictive \Delta\mu = \mu_p - \mu_T.
  2. Exprimer le champ gravitationnel en M créé par cette sphère fictive à l'aide du résultat de la question Q2 pour en déduire \vec{G}_{Tp}(M).
  3. Former le rapport \varepsilon, en déduire le sens de variation de la norme du champ gravitationnel, puis effectuer l'application numérique et la confronter à la précision des gravimètres.
Voir la réponse courte

Modélisation du gisement pétrolier par une sphère de masse volumique \mu_p - \mu_T < 0 et comparaison de l'anomalie à la précision des gravimètres.

Voir le corrigé complet

D'après le principe de superposition, la présence de la poche de pétrole équivaut à la superposition de :

  • la Terre supposée pleine et homogène de rayon R_T et de masse volumique uniforme \mu_T ;
  • une sphère de centre C, de rayon r' et de masse volumique fictive \Delta \mu = \mu_p - \mu_T.

Le point M se situe à l'extérieur de cette sphère (d > r'). D'après le résultat de la question Q2, le champ gravitationnel créé en M par cette sphère fictive est :

\vec{G}_{\text{fictif}}(M) = -\frac{4\pi G (\mu_p - \mu_T) {r'}^3}{3\, CM^2}\,\vec{u}_{CM}.

Or, M est sur la demi-droite [OC) orientée par \vec{u}_z, de sorte que \vec{u}_{CM} = \vec{u}_z et CM = d. Par ailleurs, le champ gravitationnel de la Terre homogène en M vaut :

\vec{G}_T(M) = -\frac{4}{3}\pi G \mu_T R_T\,\vec{u}_z = G_T(M)\,\vec{u}_z, \quad \text{soit} \quad G_T(M) = -\frac{4}{3}\pi G \mu_T R_T.

Par superposition :

\vec{G}_{Tp}(M) = \vec{G}_T(M) + \vec{G}_{\text{fictif}}(M) = \left[ G_T(M) - \frac{4}{3}\pi G (\mu_p - \mu_T)\frac{{r'}^3}{d^2} \right] \vec{u}_z.

En factorisant, on obtient :

\boxed{\vec{G}_{Tp}(M) = G_{Tp}(M)\vec{u}_z = -\frac{4}{3}\pi G \left[ \mu_T R_T - (\mu_T - \mu_p)\frac{{r'}^3}{d^2} \right]\vec{u}_z}

La variation relative s'en déduit directement :

\varepsilon = \frac{G_T(M) - G_{Tp}(M)}{G_T(M)} = \frac{\frac{4}{3}\pi G (\mu_p - \mu_T)\frac{{r'}^3}{d^2}}{-\frac{4}{3}\pi G \mu_T R_T},

soit :

\boxed{\varepsilon = \frac{\mu_T - \mu_p}{\mu_T}\frac{{r'}^3}{R_T d^2} = \left(1 - \frac{\mu_p}{\mu_T}\right)\left(\frac{r'}{d}\right)^2\left(\frac{r'}{R_T}\right)}

Intensité du champ gravitationnel :
Comme \mu_p = 900\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} < \mu_T = 5400\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, il y a un déficit local de masse sous le point M. Ainsi :

\varepsilon > 0 \implies G_{Tp}(M) = (1 - \varepsilon)\,G_T(M).

Comme G_T(M) < 0 et 0 < \varepsilon < 1, la norme du champ vérifie :

\|\vec{G}_{Tp}(M)\| = (1 - \varepsilon)\,\|\vec{G}_T(M)\| < \|\vec{G}_T(M)\|.

Le champ gravitationnel devient donc moins intense en présence de la poche de pétrole.

Estimation numérique de \varepsilon :
Avec \frac{\mu_p}{\mu_T} = \frac{1}{6}, \frac{r'}{d} = \frac{1}{2} et \frac{r'}{R_T} = \frac{10^{-3}}{4} :

\begin{aligned} \varepsilon &= \left(1 - \frac{1}{6}\right) \times \left(\frac{1}{2}\right)^2 \times \frac{10^{-3}}{4} \\ &= \frac{5}{6} \times \frac{1}{4} \times \frac{10^{-3}}{4} = \frac{5}{96}\cdot 10^{-3} \approx 5\cdot 10^{-5}. \end{aligned}
\boxed{\varepsilon \approx 5\cdot 10^{-5}}

Commentaire :
L'anomalie relative induite par le gisement est de l'ordre de 5\cdot 10^{-5}, valeur très nettement supérieure au seuil de détection des gravimètres actuels (10^{-8}). Les mesures gravimétriques de surface constituent ainsi un outil de prospection géophysique particulièrement performant pour détecter et cartographier les gisements pétrolifères ou les cavités souterraines.

Résultat

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Partie II : Forme de la Terre

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : champ de pesanteur, force d'inertie d'entraînement, accélération centrifuge

Justifier l'expression du champ de pesanteur donnée ci-dessus en précisant quel est le terme gravitationnel et quel est le terme d'inertie. Donner l'ordre de grandeur de sa norme à la surface de la Terre.

Voir l'indice

Identifier le terme d'attraction newtonienne et le terme d'accélération d'entraînement centrifuge \Omega^2 \vec{HM} issu du référentiel non galiléen ; donner la valeur usuelle g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition dynamique du poids d'un point matériel dans le référentiel terrestre non galiléen comme la résultante de l'attraction gravitationnelle et de la force d'inertie d'entraînement.
  2. Exprimer ces deux contributions pour identifier les deux termes de \vec{g}(M).
  3. Évaluer numériquement l'ordre de grandeur de la norme g à la surface terrestre (r = R_T).
Voir la réponse courte

Décomposition \vec{g} = \vec{G} + \Omega^2\vec{HM} en champ d'attraction gravitationnelle et terme d'inertie centrifuge, avec g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.

Voir le corrigé complet

Le référentiel terrestre \mathcal{R}', en rotation uniforme de vecteur rotation \vec{\Omega} = \Omega \vec{u}_z autour de l'axe des pôles par rapport au référentiel géocentrique \mathcal{R} supposé galiléen, n'est pas galiléen.

D'après le principe fondamental de la dynamique appliqué à un point matériel M de masse m dans \mathcal{R}', la somme des forces effectives comprend les forces réelles et les forces d'inertie :

m \vec{a}_{\mathcal{R}'}(M) = \vec{F}_{\text{ext}} + \vec{F}_{ie} + \vec{F}_{ic}

Par définition, le poids \vec{P} = m\vec{g}(M) regroupe l'attraction gravitationnelle exercée par la Terre \vec{F}_G et la force d'inertie d'entraînement \vec{F}_{ie} :

\vec{P} = \vec{F}_G + \vec{F}_{ie}
  • Terme d'attraction gravitationnelle : en modélisant la Terre comme une sphère à répartition sphérique de masse M_T, le champ gravitationnel extérieur créé en M vaut (d'après la question Q2) :

    \vec{F}_G = m \vec{G}_T(M) = - \frac{G M_T m}{r^2} \vec{u}_r
  • Terme d'inertie d'entraînement (force centrifuge) : l'axe de rotation passant par l'origine O et le vecteur rotation \vec{\Omega} = \Omega \vec{u}_z étant constant, l'accélération d'entraînement est purement centripète :

    \vec{a}_e(M) = \vec{\Omega} \wedge (\vec{\Omega} \wedge \vec{OM}) = \vec{\Omega} \wedge (\vec{\Omega} \wedge \vec{HM}) = -\Omega^2 \vec{HM}

    car \vec{u}_z \wedge (\vec{u}_z \wedge \vec{HM}) = - \vec{HM}. La force d'inertie d'entraînement s'écrit alors :

    \vec{F}_{ie} = -m \vec{a}_e(M) = m \Omega^2 \vec{HM}

En sommant ces deux contributions, on obtient le champ de pesanteur :

\boxed{\vec{g}(M) = \underbrace{- \frac{G M_T}{r^2}\vec{u}_r}_{\text{terme gravitationnel}} + \underbrace{\Omega^2 \vec{HM}}_{\text{terme d'inertie d'entraînement}}}

Ordre de grandeur à la surface de la Terre (r = R_T) :

  • Champ gravitationnel :

    G_T(R_T) = \frac{G M_T}{R_T^2} \approx \frac{6{,}7 \cdot 10^{-11} \times 6{,}0 \cdot 10^{24}}{(6{,}4 \cdot 10^6)^2} = \frac{40{,}2 \cdot 10^{13}}{41 \cdot 10^{12}} \approx 9{,}8 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
  • Terme centrifuge (maximal à l'équateur où HM = R_T) :

    \Omega^2 R_T \approx (7{,}3 \cdot 10^{-5})^2 \times 6{,}4 \cdot 10^6 \approx 5{,}3 \cdot 10^{-9} \times 6{,}4 \cdot 10^6 \approx 0{,}034 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2}

Le terme centrifuge étant négligeable devant le terme d'attraction gravitationnelle, la norme du champ de pesanteur à la surface vaut :

\boxed{g \approx 9{,}8 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \sim 10 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2}}

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : force de coriolis, ordre de grandeur, référentiel non galiléen

En général, la force de Coriolis peut être négligée devant le poids. Justifier cette approximation en prenant l'exemple d'un train TGV roulant à , c'est-à-dire .

Voir l'indice

Calculer le rapport de l'accélération de Coriolis 2\Omega v_r sur l'accélération de la pesanteur g pour la vitesse maximale du train.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force d'inertie de Coriolis subie par le train dans le référentiel terrestre \mathcal{R}'.
  2. Majorer la norme de cette force et former le rapport avec le poids P = mg.
  3. Réaliser l'application numérique avec les grandeurs fournies pour justifier la validité de l'approximation.
Voir la réponse courte

Calcul du rapport 2\Omega v / g \approx 1{,}5\cdot 10^{-3} \ll 1, justifiant la négligence de Coriolis devant le poids.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel terrestre \mathcal{R}', en rotation uniforme de vecteur rotation \vec{\Omega} par rapport au référentiel géocentrique, un point matériel M de masse m animé d'une vitesse relative \vec{v}_r subit la force d'inertie de Coriolis :

\vec{F}_C = -2m\,\vec{\Omega}\wedge \vec{v}_r

La norme de cette force est maximale lorsque la vitesse relative \vec{v}_r est perpendiculaire à l'axe de rotation terrestre :

F_C = \|\vec{F}_C\| \le 2m\,\Omega\,v_r

Le poids du train a pour norme P = mg, avec g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} à la surface terrestre (d'après Q4). Le rapport des normes est donc majoré par :

\frac{F_C}{P} \le \frac{2\Omega v_r}{g}

Avec les valeurs numériques de l'énoncé :

  • \Omega = 7{,}3\cdot 10^{-5}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1},
  • v_r = 100\text{ m}\cdot\text{s}^{-1},
  • g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2},

on obtient :

\begin{aligned} \frac{2\Omega v_r}{g} &= \frac{2 \times 7{,}3\cdot 10^{-5} \times 100}{9{,}8} \\ &= \frac{1{,}46\cdot 10^{-2}}{9{,}8} \approx 1{,}5\cdot 10^{-3} \end{aligned}
\boxed{\frac{F_C}{P} \sim 10^{-3} \ll 1}

La force de Coriolis représente au maximum environ 0{,}15\,\% du poids du TGV : elle est donc tout à fait négligeable devant le poids dans l'étude de la dynamique locale du mobile.

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : force d'inertie d'entraînement, pesanteur apparente, ordre de grandeur

Montrer que le rapport des normes du terme d'inertie d'entraînement et du terme de gravitation à la surface de la Terre est majoré par une valeur qu'on exprimera en fonction de et de . Déterminer l'ordre de grandeur de la quantité et commenter.

Voir l'indice

Calculer le rapport (\Omega^2 R_T)/(GM_T/R_T^2) au niveau de l'équateur terrestre et exploiter les ordres de grandeur fournis.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les normes respectives du terme d'inertie d'entraînement \vec{a}_e = \Omega^2\overrightarrow{HM} et du terme de gravitation \vec{g}_G = -\frac{GM_T}{r^2}\vec{u}_r à la surface de la Terre (r = R_T).
  2. Exprimer leur rapport en fonction de la colatitude \theta, en déduire son majorant \eta obtenu à l'équateur, puis réaliser l'application numérique à l'aide des logarithmes décimaux fournis.
  3. Commenter la petitesse de \eta devant l'unité et ses conséquences physiques.
Voir la réponse courte

Majoration à l'équateur \eta = \Omega^2 R_T^3 / (GM_T) \approx 3{,}4\cdot 10^{-3}, confirmant le caractère correctif de l'inertie centrifuge.

Voir le corrigé complet

À la surface de la Terre (r = R_T), le terme d'accélération gravitationnelle a pour norme :

\|\vec{g}_G\| = \frac{G M_T}{R_T^2}

Le terme d'inertie d'entraînement (accélération centrifuge) a pour norme :

\|\vec{a}_e\| = \Omega^2 HM = \Omega^2 R_T \sin\theta

où \theta désigne la colatitude (angle entre l'axe polaire (Oz) et \overrightarrow{OM}).

Le rapport des normes s'écrit donc :

\frac{\|\vec{a}_e\|}{\|\vec{g}_G\|} = \frac{\Omega^2 R_T \sin\theta}{\frac{GM_T}{R_T^2}} = \frac{\Omega^2 R_T^3}{GM_T}\sin\theta

Comme 0 \le \sin\theta \le 1, ce rapport est maximal à l'équateur (\theta = \frac{\pi}{2}) et se trouve majoré par :

\boxed{\eta = \frac{\Omega^2 R_T^3}{G M_T}}

Application numérique :

À l'aide des données du tableau en annexe :

\begin{aligned} \log_{10}(\eta) &= 2\log_{10}(\Omega) + 3\log_{10}(R_T) - \log_{10}(G) - \log_{10}(M_T) \\ &= 2 \times (-4{,}14) + 3 \times 6{,}81 - (-10{,}17) - 24{,}78 \\ &= -8{,}28 + 20{,}43 + 10{,}17 - 24{,}78 \\ &= -2{,}46 = -3 + 0{,}54 \end{aligned}

La lecture du graphe de \log_{10}(x) en annexe donne pour 0{,}54 la valeur x \approx 3{,}5. Avec un seul chiffre significatif, on obtient :

\boxed{\eta \approx 3\cdot 10^{-3}}

Commentaire : La valeur \eta \ll 1 (environ 0{,}3\,\%) montre que le terme d'inertie d'entraînement est très faible devant le terme gravitationnel. Par conséquent :

  • en première approximation, le champ de pesanteur est purement gravitationnel : \vec{g} \approx \vec{g}_G ;
  • la force centrifuge entraîne toutefois une légère dépendance de la pesanteur avec la latitude (la pesanteur est minimale à l'équateur et maximale aux pôles) ainsi qu'un léger aplatissement de la Terre aux pôles.

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie ; Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : énergie potentielle d'entraînement, énergie potentielle de pesanteur, gradient

a) La force gravitationnelle dérive de l'énergie potentielle de gravitation . Donner l'expression de celle-ci pour une masse dans le champ de la Terre, en prenant une valeur nulle à l'infini.

b) La force d'inertie d'entraînement dérive de l'énergie potentielle d'inertie d'entraînement . Établir que celle-ci s'écrit pour une masse dans le champ de la Terre, en prenant une valeur nulle en .

c) En déduire l'expression de l'énergie potentielle de pesanteur en coordonnées sphériques.

Voir l'indice

Intégrer le travail élémentaire de chacune des deux forces (\vec{F}_G et \vec{F}_e) entre les références fixées et le point M, puis exprimer le terme d'entraînement en coordonnées sphériques sachant que HM = r\sin\theta.

Voir la stratégie
  1. Pour la force gravitationnelle, on intègre la relation différentielle \mathrm{d}E_{pG} = -\vec{F}_G \cdot \mathrm{d}\vec{r} avec la condition de référence à l'infini.
  2. Pour la force d'inertie d'entraînement axifuge, on exprime son travail élémentaire le long d'un déplacement quelconque en remarquant que \vec{HM} \cdot \mathrm{d}\vec{r} = \vec{HM} \cdot \mathrm{d}\vec{HM}.
  3. Par additivité des énergies potentielles, on somme les deux contributions et on exprime la distance à l'axe HM en fonction des coordonnées sphériques (r, \theta).
Voir la réponse courte

Intégration des forces conservatives pour obtenir E_{pG} = -GMm/r et E_{pe} = -\frac{1}{2}m\Omega^2 r^2\sin^2\theta, puis somme des deux potentiels.

Voir le corrigé complet

a) D'après la question Q2, le champ gravitationnel extérieur créé par la Terre s'écrit \vec{G}_T(M) = -\frac{G M_T}{r^2}\vec{u}_r. La force d'attraction gravitationnelle exercée sur la masse m est donc :

\vec{F}_G(M) = m\vec{G}_T(M) = -\frac{G M_T m}{r^2}\vec{u}_r

Cette force dérive de l'énergie potentielle E_{pG}(M) telle que \vec{F}_G = -\vec{\mathrm{grad}}\, E_{pG}. Pour un déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}r\,\vec{u}_r + r\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta + r\sin\theta\,\mathrm{d}\varphi\,\vec{u}_\varphi, le travail élémentaire s'écrit :

\delta W(\vec{F}_G) = \vec{F}_G \cdot \mathrm{d}\vec{r} = -\frac{G M_T m}{r^2}\,\mathrm{d}r = -\mathrm{d}E_{pG}

On en déduit par intégration :

E_{pG}(r) = -\frac{G M_T m}{r} + \text{cste}

La constante d'intégration est nulle compte tenu de la référence E_{pG}(r \to \infty) = 0, d'où :

\boxed{E_{pG}(M) = -\frac{G M_T m}{r}}

b) La force d'inertie d'entraînement s'écrit \vec{F}_e = m \Omega^2 \vec{HM}. En notant que le vecteur position s'écrit \vec{OM} = \vec{OH} + \vec{HM}, avec \vec{OH} = z\,\vec{u}_z parallèle à l'axe des pôles et \vec{HM} \perp \vec{u}_z, le déplacement élémentaire est \mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}\vec{OH} + \mathrm{d}\vec{HM}. Puisque \vec{HM} \cdot \mathrm{d}\vec{OH} = 0, le travail élémentaire de cette force s'exprime par :

\delta W(\vec{F}_e) = \vec{F}_e \cdot \mathrm{d}\vec{r} = m \Omega^2 \vec{HM} \cdot \mathrm{d}\vec{HM} = \mathrm{d}\left(\frac{1}{2}m\Omega^2 (\vec{HM})^2\right) = -\mathrm{d}E_{pe}

Par intégration, avec (HM)^2 = (\vec{HM})^2, on obtient :

E_{pe}(M) = -\frac{1}{2}m\Omega^2 (HM)^2 + \text{cste}

En r = 0, le point M coïncide avec l'origine O, si bien que H = O et HM = 0. La condition E_{pe}(r = 0) = 0 impose donc une constante d'intégration nulle :

\boxed{E_{pe}(M) = -\frac{1}{2}m\Omega^2 (HM)^2}

c) Le poids est la résultante de la force de gravitation et de la force d'inertie d'entraînement : \vec{P} = \vec{F}_G + \vec{F}_e. Par additivité, l'énergie potentielle de pesanteur est la somme des deux énergies potentielles :

E_{pp}(M) = E_{pG}(M) + E_{pe}(M)

Dans le triangle rectangle OHM rectangle en H, la distance du point M à l'axe de rotation OZ est donnée par :

HM = r \sin\theta

où \theta désigne la colatitude. En reportant cette relation ainsi que les expressions de E_{pG} et E_{pe}, il vient :

\boxed{E_{pp}(r,\theta) = -\frac{G M_T m}{r} - \frac{1}{2}m\Omega^2 r^2 \sin^2\theta}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 8

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : équipotentielle, aplatissement terrestre, développement limité

Montrer que, dans un plan méridien, la trace de cette surface équipotentielle peut être décrite par la forme approchée et exprimer la constante en fonction de et de . Dessiner l'allure de et exprimer le paramètre d'aplatissement sachant que vaut dans tout le plan équatorial.

Voir l'indice

Poser l'égalité des potentiels E_{pp}(r,\theta) = E_{pp}(r_n, 0), factoriser par le potentiel gravitationnel et effectuer un développement limité au premier ordre par rapport au petit paramètre sans dimension \eta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition d'équipotentielle E_{pp}(M) = E_{pp}(N) en utilisant l'expression établie en Q7c.
  2. Effectuer un développement limité au premier ordre en \eta \ll 1 pour isoler r(\theta) et identifier la constante \varepsilon.
  3. Évaluer le rayon à l'équateur (\theta = \pi/2) pour en déduire le paramètre d'aplatissement \varepsilon', puis tracer l'allure de la trace de la surface dans un plan méridien.
Voir la réponse courte

Égalité du potentiel de pesanteur au pôle et en un point courant, approximation au premier ordre en \eta et aplatissement \varepsilon' \approx \eta/2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q7.c, l'énergie potentielle de pesanteur d'une masse m en coordonnées sphériques s'écrit :

E_{pp}(r,\theta) = -\frac{G M_T m}{r} - \frac{1}{2}m\Omega^2 r^2 \sin^2\theta

Au pôle Nord N, la colatitude est \theta = 0 et le rayon vaut r_n = ON, d'où :

E_{pp}(N) = -\frac{G M_T m}{r_n}

L'équation définissant la surface équipotentielle (\Sigma) passant par N est E_{pp}(r,\theta) = E_{pp}(N), soit :

-\frac{G M_T m}{r(\theta)} - \frac{1}{2}m\Omega^2 r^2(\theta) \sin^2\theta = -\frac{G M_T m}{r_n}

En divisant par -G M_T m et en introduisant le paramètre sans dimension \eta = \frac{\Omega^2 R_T^3}{G M_T} défini à la question Q6 :

\begin{aligned} \frac{1}{r(\theta)} &= \frac{1}{r_n} - \frac{\Omega^2}{2 G M_T} r^2(\theta) \sin^2\theta \\ \frac{r_n}{r(\theta)} &= 1 - \frac{\eta}{2}\frac{r_n}{R_T^3} r^2(\theta)\sin^2\theta \end{aligned}

Comme \eta \ll 1 (\eta \approx 3\cdot 10^{-3}), l'écart entre r(\theta) et r_n est d'ordre 1 en \eta. On peut donc remplacer au premier ordre r(\theta) par r_n dans le terme correctif :

\frac{r_n}{r(\theta)} \approx 1 - \frac{\eta}{2}\left(\frac{r_n}{R_T}\right)^3 \sin^2\theta

En inversant au premier ordre selon (1-u)^{-1} \approx 1+u pour u \ll 1 :

r(\theta) \approx r_n \left(1 + \frac{\eta}{2}\left(\frac{r_n}{R_T}\right)^3 \sin^2\theta\right)

La trace de la surface équipotentielle dans un plan méridien s'écrit donc bien sous la forme :

r(\theta) \approx r_n(1 + \varepsilon \sin^2\theta)

avec la constante \varepsilon donnée par :

\boxed{\varepsilon = \frac{\eta}{2}\left(\frac{r_n}{R_T}\right)^3}

Dans le plan équatorial, la colatitude est \theta = \frac{\pi}{2}, ce qui donne \sin\theta = 1, d'où :

r_e = r\!\left(\frac{\pi}{2}\right) \approx r_n(1+\varepsilon)

Le paramètre d'aplatissement \varepsilon' s'en déduit immédiatement :

\boxed{\varepsilon' = \frac{r_e - r_n}{r_n} = \varepsilon = \frac{\eta}{2}\left(\frac{r_n}{R_T}\right)^3}

Résultat

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Partie III : Détermination optique du champ de pesanteur

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : chute libre, pesanteur uniforme, équation horaire

Le corps tombe en chute libre, sans vitesse initiale, parallèlement à lui-même à l'intérieur d'une chambre vide. a) Justifier l'hypothèse de la norme constante en donnant une estimation de la variation relative pour une hauteur de chute égale à . b) Déterminer, alors, l'équation horaire du mouvement de en fonction du temps : , en prenant la position initiale comme origine des espaces sur l'axe vertical descendant.

Voir l'indice

Différencier g(r) \propto 1/r^2 pour estimer la variation relative \Delta g/g \approx -2h/R_T, puis intégrer deux fois l'accélération constante pour trouver z_1(t).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ de pesanteur (dominé par le terme gravitationnel) en fonction de l'altitude ou du rayon, effectuer un développement limité au premier ordre en h/R_T \ll 1, puis évaluer numériquement l'écart relatif.
  2. Appliquer la deuxième loi de Newton au corps C_1 dans le référentiel terrestre supposé galiléen, et intégrer deux fois en utilisant les conditions initiales fournies.
Voir la réponse courte

Variation relative de g sur 1 m négligeable (\approx 3\cdot 10^{-7}), puis double intégration de l'accélération constante pour obtenir z_1(t) = \frac{1}{2}gt^2.

Voir le corrigé complet

a) Justification de la constance de g :

En négligeant le terme d'entraînement devant l'attraction gravitationnelle (ce qui est justifié car \eta \approx 3\cdot 10^{-3} \ll 1 d'après Q6), la norme du champ de pesanteur à une altitude z au-dessus du sol s'écrit :

g(z) \approx \frac{G M_T}{(R_T + z)^2} = \frac{G M_T}{R_T^2}\left(1 + \frac{z}{R_T}\right)^{-2}

Pour une faible variation d'altitude z \ll R_T, un développement limité à l'ordre 1 donne :

g(z) \approx g(0)\left(1 - \frac{2z}{R_T}\right)

Pour une élévation d'altitude h, la variation relative est donc :

\frac{g(h) - g(0)}{g(0)} \approx -\frac{2h}{R_T}

(Remarque : si h représente la hauteur de chute vers le sol, le corps se rapproche du centre de la Terre et le champ varie de +2h/R_T. Dans les deux cas, la valeur absolue reste la même).

Application numérique : avec h = 1\text{ m} et R_T = 6{,}4\cdot 10^6\text{ m} :

\left|\frac{g(h) - g(0)}{g(0)}\right| \approx \frac{2 \times 1}{6{,}4\cdot 10^6} \approx 3\cdot 10^{-7}
\boxed{\frac{g(h) - g(0)}{g(0)} \approx -3\cdot 10^{-7}}

Cette variation relative est infime (de l'ordre de quelques dixièmes de partie par million sur un mètre). Il est donc parfaitement légitime de considérer la norme g comme constante au cours de la chute.

b) Équation horaire du mouvement de O_1 :

  • Système : le solide C_1 assimilé à son centre O_1, de masse m.
  • Référentiel : référentiel terrestre lié au laboratoire, muni d'un axe vertical (Oz) descendant de vecteur unitaire \vec{u}_z. Pour une durée de chute de l'ordre de t = \sqrt{2h/g} \approx 0{,}45\text{ s}, le référentiel terrestre peut être considéré comme galiléen (la force de Coriolis est négligeable d'après Q5).
  • Bilan des forces : la chambre étant sous vide, le solide est uniquement soumis à son poids :

    \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{u}_z

D'après la deuxième loi de Newton :

m\frac{\mathrm{d}^2 \vec{r}_1}{\mathrm{d}t^2} = m\vec{g} \implies \ddot{z}_1(t) = g

Une première intégration avec la condition initiale de vitesse nulle (\dot{z}_1(0) = 0) donne :

\dot{z}_1(t) = gt

Une seconde intégration avec l'origine choisie en O_{10} à t=0 (z_1(0) = 0) conduit à :

\boxed{z_1(t) = \frac{1}{2}gt^2}

Résultat

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Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude

Notions : différence de chemin optique, interférence à deux ondes, interféromètre

a) Exprimer en fonction du temps la différence de chemins optiques entre ces deux rayons. b) On donne, en figure 3(b), la représentation graphique de l'intensité au point en fonction du temps. On note l'instant correspondant au premier minimum de l'intensité et les instants des autres minima d'intensité successifs, avec appartenant à . Exprimer la quantité . En déduire l'expression de en fonction de et de . c) On veut déterminer la valeur locale de . Il est commode d'exploiter le graphe d'une fonction linéaire affine : préciser ce qu'est la fonction . Les mesures expérimentales permettent d'obtenir . Sans effectuer le calcul numérique, indiquer comment on en déduit que .

Voir l'indice

Exprimer le chemin géométrique supplémentaire parcouru dans le bras vertical mobile en fonction de z_1(t) et z_2, repérer que le passage d'un minimum à un autre correspond à une variation de chemin optique d'un nombre entier de longueurs d'onde, et tracer la droite t_q^2 - t_0^2 en fonction de q.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la différence de chemin optique entre les deux bras en tenant compte de l'aller-retour sur chaque coin de cube : le coin C_1 est à la cote descendante z_1(t) = \frac{1}{2}gt^2 et le coin C_2 est fixe à la cote z_2.
  2. Utiliser la condition de minimum d'intensité (interférence destructive) pour relier la variation de différence de marche \Delta_q au nombre q de franges défilées et à la longueur d'onde \lambda.
  3. Remarquer que l'axe temporel de la figure 3(b) est gradué en microsecondes (\mu\text{s}), ce qui permet d'identifier la fonction linéaire y(q) = t_q^2 - t_0^2 exprimée en \mu\text{s}^2 et d'isoler g à partir de la pente.
Voir la réponse courte

Calcul de la différence de marche \delta(t) = gt^2, condition d'annulation de l'intensité, puis régression linéaire de t_q^2 - t_0^2 en fonction de q pour extraire g.

Voir le corrigé complet

a) Expression de la différence de chemins optiques \delta(P, t)

Le milieu de propagation est l'air d'indice n = 1. Un miroir en coin de cube renvoie tout rayon incident parallèlement à lui-même dans le sens opposé. Ainsi, lorsque le sommet du coin de cube se déplace d'une distance \Delta z, le chemin optique correspondant varie de 2\Delta z en raison du trajet aller-retour.

D'après la question Q9.b, la cote verticale descendante du sommet O_1 de C_1 vaut :

z_1(t) = \frac{1}{2}gt^2

Le coin de cube C_2 est fixe à la cote z_2 = 0{,}3\text{ m}. En choisissant la convention \delta(P, t) = L_2 - L_1, la différence de chemins optiques entre le rayon passant par O_2 et celui passant par O_1 s'écrit, à une constante géométrique près (nulle si l'interféromètre est parfaitement symétrique pour les parties fixes) :

\delta(P, t) = 2\bigl(z_2 - z_1(t)\bigr) = 2z_2 - gt^2

Si l'on adopte la convention inverse \delta(P, t) = L_1 - L_2, on obtient de même \delta(P, t) = gt^2 - 2z_2.

\boxed{\delta(P, t) = 2z_2 - gt^2}

b) Expression de \Delta_q et de l'accélération de la pesanteur g

L'intensité résultant de l'interférence à deux ondes s'écrit selon la formule de Fresnel :

I(t) = 2I_0\left(1 + \cos\left(\frac{2\pi\,\delta(P,t)}{\lambda}\right)\right)

Les minima d'intensité correspondent à des interférences destructives, vérifiant :

\frac{2\pi\,|\delta(P, t)|}{\lambda} = (2k + 1)\pi \iff |\delta(P, t)| = \left(k + \frac{1}{2}\right)\lambda \quad (k \in \mathbb{Z})

Entre l'instant t_0 (premier minimum) et l'instant t_q correspondant au q-ième minimum suivant (q \in \mathbb{N}^*), l'ordre d'interférence varie de q unités. La variation en valeur absolue de la différence de marche est donc :

|\Delta_q| = |\delta(P, t_q) - \delta(P, t_0)| = q\lambda

Avec \delta(P, t) = 2z_2 - gt^2, on a \Delta_q = \delta(P, t_q) - \delta(P, t_0) = -g(t_q^2 - t_0^2). En grandeur algébrique orientée selon le défilement (ou en valeur absolue) :

\boxed{|\Delta_q| = q\lambda}

Comme t_q > t_0 et g > 0, on en déduit :

\begin{aligned} g\left(t_q^2 - t_0^2\right) &= q\lambda \end{aligned}

soit :

\boxed{g = \frac{q\lambda}{t_q^2 - t_0^2}}

c) Détermination de la valeur locale de g

D'après la relation précédente, on a :

t_q^2 - t_0^2 = \frac{\lambda}{g}\,q

Sur la figure 3(b), le temps est mesuré en microsecondes (\mu\text{s}). Exprimons les temps en microsecondes en posant \tilde{t} = t / (10^{-6}\text{ s}). Alors :

\tilde{t}_q^2 - \tilde{t}_0^2 = \frac{t_q^2 - t_0^2}{10^{-12}\text{ s}^2} = \frac{\lambda}{g \cdot 10^{-12}\text{ s}^2}\,q

La fonction linéaire y(q) exploitée expérimentalement est donc :

\boxed{y(q) = \frac{t_q^2 - t_0^2}{10^{-12}\text{ s}^2}}

Le tracé de y(q) en fonction de q est une droite passant par l'origine de pente :

a = \frac{\lambda}{g \cdot 10^{-12}}

L'ajustement expérimental donnant y(q) = 64\,598\,q, la pente vaut a = 64\,598. On en déduit l'expression de g :

g = \frac{\lambda}{a \cdot 10^{-12}}

Avec \lambda = 632{,}82\text{ nm} = 632{,}82 \cdot 10^{-9}\text{ m} :

g = \frac{632{,}82 \cdot 10^{-9}}{64\,598 \cdot 10^{-12}} = \frac{632\,820}{64\,598} \approx \boxed{9{,}7961\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}}

Résultat

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Partie IV : Le calcaire et l'argile : des richesses du sol bon marché

IV.1 · Calcination du calcaire

Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : enthalpie de réaction, constante d'équilibre, entropie de réaction

a) La réaction (1) est-elle endothermique ou exothermique ? Justifier. b) Que vaut l'entropie standard de la réaction (1) ? Commenter son signe. c) Expliciter l'expression de la constante d'équilibre en fonction de la température . Déterminer la température à laquelle la constante d'équilibre est égale à 1. d) Expliciter le quotient réactionnel en fonction des activités.

Voir l'indice

Relier \Delta_r H^\circ au signe de la pente ou à l'ordonnée à l'origine de l'expression affine de \Delta_r G^\circ(T), puis utiliser l'entropie de réaction \Delta_r S^\circ = -\mathrm{d}\Delta_r G^\circ/\mathrm{d}T et la condition \Delta_r G^\circ(T_{1,i}) = 0.

Voir la stratégie
  1. Identifier les grandeurs thermodynamiques de réaction \Delta_r H_1^0 et \Delta_r S_1^0 par comparaison de l'expression affine fournie pour \Delta_r G_1^0(T) avec la relation fondamentale \Delta_r G^0(T) = \Delta_r H^0 - T\Delta_r S^0 (approximation d'Ellingham).
  2. Relier la constante d'équilibre standard K_1^0(T) à l'enthalpie libre standard de réaction par \Delta_r G_1^0(T) = -RT\ln K_1^0(T), puis en déduire la température d'inversion T_{1,i}.
  3. Exprimer le quotient réactionnel Q_r à partir de la définition des activités des différentes phases (solides purs et gaz parfait).
Voir la réponse courte

Réaction endothermique (\Delta_r H^\circ > 0), \Delta_r S^\circ > 0 due au dégagement gazeux, relation de Van 't Hoff pour T_{1,i} et quotient Q_r = P_{\mathrm{CO}_2}/P^\circ.

Voir le corrigé complet

a) D'après l'approximation d'Ellingham, l'enthalpie libre standard de réaction s'écrit sous la forme :

\Delta_r G_1^0(T) = \Delta_r H_1^0 - T\Delta_r S_1^0

Par identification avec l'expression donnée par l'énoncé \Delta_r G_1^0(T) = 177{,}4 - 0{,}1589\,T (avec \Delta_r G_1^0 en \text{kJ}\cdot\text{mol}^{-1}), on obtient :

\Delta_r H_1^0 = +177{,}4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}

L'enthalpie standard de réaction étant strictement positive (\Delta_r H_1^0 > 0), la réaction (1) est endothermique.

b) Par la même identification, le terme d'entropie standard vaut :

\boxed{\Delta_r S_1^0 = +0{,}1589\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} = +158{,}9\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}}

Commentaire : L'entropie standard de réaction est strictement positive (\Delta_r S_1^0 > 0). Cela est cohérent avec la stœchiométrie de la réaction, qui produit une mole de gaz (\Delta \nu_g = +1) à partir d'espèces condensées pures :

\mathrm{CaCO}_{3,\mathrm{(s)}} = \mathrm{CaO}_{\mathrm{(s)}} + \mathrm{CO}_{2,\mathrm{(g)}}

L'état gazeux étant beaucoup plus désordonné que l'état solide (entropie molaire standard d'un gaz bien supérieure à celle d'un solide), cette transformation s'accompagne d'une forte augmentation du désordre du système.

c) La constante thermodynamique d'équilibre K_1^0(T) est reliée à l'enthalpie libre standard de réaction par :

\Delta_r G_1^0(T) = -RT\ln K_1^0(T) \iff K_1^0(T) = \exp\left(-\frac{\Delta_r G_1^0(T)}{RT}\right)

En explicitant avec les expressions fournies :

\boxed{K_1^0(T) = \exp\left(-\frac{\Delta_r H_1^0 - T\Delta_r S_1^0}{RT}\right) = \exp\left(-\frac{177{,}4\cdot 10^3 - 158{,}9\,T}{RT}\right)}

ou sous la forme factorisée :

K_1^0(T) = \exp\left(-\frac{158{,}9\,(1116 - T)}{RT}\right)

La température T_{1,i} telle que K_1^0(T_{1,i}) = 1 vérifie :

\ln K_1^0(T_{1,i}) = 0 \iff \Delta_r G_1^0(T_{1,i}) = 0

Soit, d'après l'expression factorisée 0{,}1589\,(1116 - T_{1,i}) = 0 :

\boxed{T_{1,i} = 1116\text{ K} \quad (\approx 843\text{ }^\circ\text{C})}

d) Pour les phases en présence :

  • \mathrm{CaCO}_{3,\mathrm{(s)}} et \mathrm{CaO}_{\mathrm{(s)}} sont des solides purs seuls dans leur phase, leur activité est donc unitaire : a(\mathrm{CaCO}_{3,\mathrm{(s)}}) = 1 et a(\mathrm{CaO}_{\mathrm{(s)}}) = 1 ;
  • \mathrm{CO}_{2,\mathrm{(g)}} est assimilé à un gaz parfait, son activité s'exprime par le rapport de sa pression partielle à la pression standard : a(\mathrm{CO}_{2,\mathrm{(g)}}) = \dfrac{P_{\mathrm{CO}_2}}{P^\circ}.

Le quotient réactionnel s'écrit ainsi :

Q_r = \frac{a(\mathrm{CaO}_{\mathrm{(s)}}) \cdot a(\mathrm{CO}_{2,\mathrm{(g)}})}{a(\mathrm{CaCO}_{3,\mathrm{(s)}})}

Soit :

\boxed{Q_r = \frac{P_{\mathrm{CO}_2}}{P^\circ}}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : équilibre chimique, décomposition thermique, bilan de matière

a) Décrire ce qui se passe lorsqu'on chauffe ce mélange supposé formé des deux carbonates et sous la pression . Les deux équilibres peuvent-ils être simultanés ? Justifier la réponse. b) Lors du chauffage de ce mélange de carbonates, on observe une première perte de masse du solide, de et lorsqu'on continue à augmenter la température, on constate une deuxième perte de masse. En déduire la composition massique en carbonate de magnésium. Commenter.

Voir l'indice

Comparer les températures de décomposition thermodynamique de \mathrm{MgCO_3} et \mathrm{CaCO_3} sous P^\circ = 1\text{ bar} pour déterminer la chronologie des réactions de décarbonatation et relier la première perte de masse au départ stœchiométrique de \mathrm{CO_2} de \mathrm{MgCO_3}.

Voir la stratégie
  1. Pour la question a), comparer les températures de décomposition T_{1,i} et T_{2,i} sous P^\circ = 1\text{ bar}, puis vérifier si la condition d'égalité des pressions d'équilibre K_1^\circ(T) = K_2^\circ(T) (ou la règle des phases de Gibbs) permet la coexistence des deux équilibres.
  2. Pour la question b), associer la première perte de masse au départ de \mathrm{CO}_{2,(g)} issu de la décomposition complète du carbonate le moins stable thermiquement (\mathrm{MgCO}_3), puis relier par stœchiométrie la masse de \mathrm{CO}_2 dégagée à la teneur massique x.
Voir la réponse courte

Incompatibilité des équilibres simultanés à P^\circ fixé, décomposition successive des carbonates et déduction de la teneur en \mathrm{MgCO}_3 via la première perte massique.

Voir le corrigé complet

a) Description du chauffage et étude de la simultanéité des équilibres

Les deux réactions de calcination s'écrivent :

\begin{aligned} \mathrm{CaCO}_{3,(s)} &= \mathrm{CaO}_{(s)} + \mathrm{CO}_{2,(g)} \quad &(1) \quad &\Delta_r G_1^\circ(T) = 0{,}1589\,(1116 - T)\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \\ \mathrm{MgCO}_{3,(s)} &= \mathrm{MgO}_{(s)} + \mathrm{CO}_{2,(g)} \quad &(2) \quad &\Delta_r G_2^\circ(T) = 0{,}175\,(674 - T)\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

Sous la pression de travail P = P^\circ = 1\text{ bar}, la décomposition d'un carbonate débute dès que sa pression d'équilibre en dioxyde de carbone atteint la pression extérieure, soit P_{\mathrm{CO}_2}^{\text{eq}} = K^\circ(T) P^\circ = P^\circ, c'est-à-dire K^\circ(T) = 1 (\Delta_r G^\circ(T) = 0) :

  • pour \mathrm{MgCO}_{3,(s)} : T_{2,i} = 674\text{ K} (401\text{ }^\circ\text{C}) ;
  • pour \mathrm{CaCO}_{3,(s)} : T_{1,i} = 1116\text{ K} (843\text{ }^\circ\text{C}).

Description des phénomènes au cours du chauffage :

  • Pour T < 674\text{ K} : les pressions d'équilibre sont inférieures à 1 bar, les deux carbonates sont stables.
  • À T = 674\text{ K} : \mathrm{MgCO}_{3,(s)} se décompose intégralement en \mathrm{MgO}_{(s)} et \mathrm{CO}_{2,(g)} qui s'échappe, occasionnant une première perte de masse. \mathrm{CaCO}_{3,(s)} reste intact car K_1^\circ(674\text{ K}) \ll 1.
  • Pour 674\text{ K} < T < 1116\text{ K} : le solide est constitué du mélange de \mathrm{CaCO}_{3,(s)} et de \mathrm{MgO}_{(s)}.
  • À T = 1116\text{ K} : \mathrm{CaCO}_{3,(s)} se décompose à son tour en \mathrm{CaO}_{(s)} et \mathrm{CO}_{2,(g)}, ce qui produit une deuxième perte de masse.

Simultanéité des deux équilibres :

Si les deux équilibres coexistaient en présence d'une même phase gazeuse, la pression partielle de \mathrm{CO}_2 devrait vérifier simultanément :

\frac{P_{\mathrm{CO}_2}}{P^\circ} = K_1^\circ(T) = K_2^\circ(T) \iff \Delta_r G_1^\circ(T) = \Delta_r G_2^\circ(T)

Or :

177{,}4 - 0{,}1589\,T = 118{,}0 - 0{,}175\,T \iff 0{,}0161\,T = -59{,}4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \iff T < 0\text{ K}

ce qui est physiquement impossible.

Autre justification (variance) : Le système contient 5 constituants (\mathrm{CaCO}_3, \mathrm{CaO}, \mathrm{MgCO}_3, \mathrm{MgO}, \mathrm{CO}_2) formant 4 phases solides non miscibles et 1 phase gazeuse (\varphi = 5). Avec r = 2 équilibres indépendants, la variance de Gibbs vaut :

v = c - r + 2 - \varphi = 5 - 2 + 2 - 5 = 0

Un équilibre invariant ne peut pas subsister si la pression est fixée arbitrairement à P^\circ = 1\text{ bar}.

Les deux équilibres ne peuvent donc pas être simultanés sous P^\circ = 1\text{ bar} : les décompositions sont successives.

b) Composition massique en carbonate de magnésium

Les masses molaires utiles sont :

\begin{aligned} M(\mathrm{CO}_2) &= 12 + 2 \times 16 = 44\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} \\ M(\mathrm{MgCO}_3) &= 24 + 12 + 3 \times 16 = 84\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

Soit m_0 la masse initiale de calcaire. La première perte de masse \Delta m_1 = 0{,}022\,m_0 correspond exclusivement au départ du dioxyde de carbone formé lors de la décomposition complète de \mathrm{MgCO}_3. D'après la stœchiométrie de la réaction (2) :

n(\mathrm{CO}_2) = n(\mathrm{MgCO}_3) \implies \frac{\Delta m_1}{M(\mathrm{CO}_2)} = \frac{m(\mathrm{MgCO}_3)}{M(\mathrm{MgCO}_3)}

La fraction massique x en \mathrm{MgCO}_3 vaut donc :

x = \frac{m(\mathrm{MgCO}_3)}{m_0} = \frac{\Delta m_1}{m_0}\,\frac{M(\mathrm{MgCO}_3)}{M(\mathrm{CO}_2)}

Application numérique :

x = 0{,}022 \times \frac{84}{44} = 0{,}022 \times \frac{21}{11} = 0{,}002 \times 21 = 0{,}042 = 4{,}2\%
\boxed{x = 4{,}2\%}

Commentaire : La fraction massique obtenue vérifie x = 4{,}2\% \le 6\%. L'impureté en carbonate de magnésium ne dépasse pas le seuil limite imposé par le cahier des charges cimentier : le calcaire analysé est donc de qualité satisfaisante pour la fabrication du ciment.

Résultat

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IV.2 · Obtention d'un ciment

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : équation de réaction, stœchiométrie

Écrire les quatre équations de réactions d'obtention des composés A, B, C et D à partir de leurs oxydes.

Voir l'indice

Écrire la formation de chaque clinker solide en combinant stœchiométriquement les oxydes purs réactifs conformément aux formules brutes données dans le tableau 2.

Voir la réponse courte

Combinaison stœchiométrique des oxydes minéraux (\mathrm{CaO}, \mathrm{SiO}_2, \mathrm{Al}_2\mathrm{O}_3, \mathrm{Fe}_2\mathrm{O}_3) pour former les quatre constituants du clinker.

Voir le corrigé complet

À partir des formules chimiques et de l'écriture en oxydes données dans le tableau 2, les équations des réactions de synthèse des quatre constituants principaux du ciment (appelés phases de Bogue) à partir des oxydes réactifs s'écrivent :

  • Pour le composé A (alite ou silicate tricalcique, noté \mathrm{C_3S}) :

    \boxed{3\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{SiO_{2,(s)}} = \mathrm{Ca_3SiO_{5,(s)}}}

    (ou sous forme d'oxydes associés : 3\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{SiO_{2,(s)}} = 3\,\mathrm{CaO}\cdot\mathrm{SiO_{2,(s)}})

  • Pour le composé B (bélite ou silicate dicalcique, noté \mathrm{C_2S}) :

    \boxed{2\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{SiO_{2,(s)}} = \mathrm{Ca_2SiO_{4,(s)}}}

    (ou sous forme d'oxydes associés : 2\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{SiO_{2,(s)}} = 2\,\mathrm{CaO}\cdot\mathrm{SiO_{2,(s)}})

  • Pour le composé C (aluminate tricalcique, noté \mathrm{C_3A}) :

    \boxed{3\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{Al_2O_{3,(s)}} = \mathrm{Ca_3Al_2O_{6,(s)}}}

    (ou sous forme d'oxydes associés : 3\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{Al_2O_{3,(s)}} = 3\,\mathrm{CaO}\cdot\mathrm{Al_2O_{3,(s)}})

  • Pour le composé D (ferrite tétra-calcique ou aluminoferrite tétracalcique, noté \mathrm{C_4AF}) :

    \boxed{4\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{Al_2O_{3,(s)}} + \mathrm{Fe_2O_{3,(s)}} = \mathrm{Ca_4Al_2Fe_2O_{10,(s)}}}

    (ou sous forme d'oxydes associés : 4\,\mathrm{CaO_{(s)}} + \mathrm{Al_2O_{3,(s)}} + \mathrm{Fe_2O_{3,(s)}} = 4\,\mathrm{CaO}\cdot\mathrm{Al_2O_3}\cdot\mathrm{Fe_2O_{3,(s)}})

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Python
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : bilan de matière, programmation python, matrice stœchiométrique

Compléter le script ci-dessous à la ligne 5, qui définit la matrice gob par ses éléments exprimés en fonction des masses molaires .

Voir l'indice

Établir le bilan massique de chaque oxyde réactif i en sommant les contributions des composés formés j, de sorte que chaque coefficient \beta_{ij} représente la fraction massique de l'oxyde i dans le composé j.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les quantités de matière d'oxydes réactifs nécessaires pour former les quantités de matière des quatre constituants du ciment \mathrm{A}, \mathrm{B}, \mathrm{C} et \mathrm{D} à l'aide des équations de réaction établies à la question Q13.
  2. Traduire ces relations en masses, puis en pourcentages massiques p_1, \dots, p_4 en fonction de p_5, \dots, p_8 et des masses molaires M_1, \dots, M_8.
  3. Identifier les éléments \beta_{ij} de la matrice \mathrm{gob} tels que \mathrm{oxy} = \mathrm{gob} \cdot \mathrm{cim}, puis compléter la ligne 5 en syntaxe Python/NumPy.
Voir la réponse courte

Détermination des éléments matriciels reliant les masses d'oxydes et de constituants du ciment par conservation de la matière.

Voir le corrigé complet

Soit un échantillon de ciment de masse totale m. Les masses des constituants \mathrm{A}, \mathrm{B}, \mathrm{C} et \mathrm{D} sont données par m_j = p_j\,m pour j \in \{5, 6, 7, 8\}. Les quantités de matière correspondantes sont :

n_{\mathrm{A}} = \frac{p_5\,m}{M_5},\quad n_{\mathrm{B}} = \frac{p_6\,m}{M_6},\quad n_{\mathrm{C}} = \frac{p_7\,m}{M_7},\quad n_{\mathrm{D}} = \frac{p_8\,m}{M_8}

D'après les équations de réaction de la question Q13 :

  • Pour \mathrm{CaO} (oxyde 1, masse molaire M_1) : chaque mole de \mathrm{A}, \mathrm{B}, \mathrm{C} et \mathrm{D} contient respectivement 3, 2, 3 et 4 moles de \mathrm{CaO} :

    \begin{aligned} n_1 &= 3\,n_{\mathrm{A}} + 2\,n_{\mathrm{B}} + 3\,n_{\mathrm{C}} + 4\,n_{\mathrm{D}} \\ p_1 &= \frac{n_1 M_1}{m} = 3\frac{M_1}{M_5}p_5 + 2\frac{M_1}{M_6}p_6 + 3\frac{M_1}{M_7}p_7 + 4\frac{M_1}{M_8}p_8 \end{aligned}
  • Pour \mathrm{SiO}_2 (oxyde 2, masse molaire M_2) :

    \begin{aligned} n_2 &= n_{\mathrm{A}} + n_{\mathrm{B}} \\ p_2 &= \frac{n_2 M_2}{m} = \frac{M_2}{M_5}p_5 + \frac{M_2}{M_6}p_6 + 0\cdot p_7 + 0\cdot p_8 \end{aligned}
  • Pour \mathrm{Al}_2\mathrm{O}_3 (oxyde 3, masse molaire M_3) :

    \begin{aligned} n_3 &= n_{\mathrm{C}} + n_{\mathrm{D}} \\ p_3 &= \frac{n_3 M_3}{m} = 0\cdot p_5 + 0\cdot p_6 + \frac{M_3}{M_7}p_7 + \frac{M_3}{M_8}p_8 \end{aligned}
  • Pour \mathrm{Fe}_2\mathrm{O}_3 (oxyde 4, masse molaire M_4) :

    \begin{aligned} n_4 &= n_{\mathrm{D}} \\ p_4 &= \frac{n_4 M_4}{m} = 0\cdot p_5 + 0\cdot p_6 + 0\cdot p_7 + \frac{M_4}{M_8}p_8 \end{aligned}

Sous forme matricielle \mathrm{oxy} = \mathrm{gob} \cdot \mathrm{cim}, la matrice \mathrm{gob} = (\beta_{ij})_{1\le i,j\le 4} s'écrit :

\mathrm{gob} = \begin{pmatrix} \frac{3M_1}{M_5} & \frac{2M_1}{M_6} & \frac{3M_1}{M_7} & \frac{4M_1}{M_8} \\[6pt] \frac{M_2}{M_5} & \frac{M_2}{M_6} & 0 & 0 \\[6pt] 0 & 0 & \frac{M_3}{M_7} & \frac{M_3}{M_8} \\[6pt] 0 & 0 & 0 & \frac{M_4}{M_8} \end{pmatrix}

La ligne 5 du script Python se complète donc par :

gob = np.array([[3*M1/M5, 2*M1/M6, 3*M1/M7, 4*M1/M8],
                [M2/M5,   M2/M6,   0,         0        ],
                [0,       0,       M3/M7,     M3/M8    ],
                [0,       0,       0,         M4/M8    ]])
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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : stœchiométrie, fraction massique, bilan de matière

Pour obtenir du mortier, on mélange le ciment et l'eau. On suppose qu'une mole de chacun des 4 composés du ciment A, B, C et D réagit, respectivement, avec 3, 2, 6 et 10 moles d'eau. Donner l'expression du rapport eau-ciment en masses en fonction de , les masses molaires et la masse molaire de l'eau .

Voir l'indice

Sommer les quantités de matière d'eau requises pour hydrater un échantillon de ciment de masse m_c = 100\text{ g} et multiplier par la masse molaire M_0 de l'eau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les quantités de matière n_{\text{A}}, n_{\text{B}}, n_{\text{C}}, n_{\text{D}} des constituants du ciment présents dans une masse m_c de ciment à partir de leurs masses et de leurs masses molaires M_5, M_6, M_7, M_8.
  2. Utiliser la stœchiométrie des réactions d'hydratation pour en déduire la quantité de matière totale d'eau nécessaire n_e, puis la masse d'eau m_e = n_e M_0.
  3. Établir le rapport r = m_e / m_c en fonction des grandeurs demandées, en précisant la convention adoptée pour p_i (fraction massique ou pourcentage en masse).
Voir la réponse courte

Calcul de la masse d'eau nécessaire à l'hydratation totale en sommant les quantités stœchiométriques pondérées par les fractions massiques.

Voir le corrigé complet

Considérons un échantillon de ciment de masse totale m_c. Pour chaque composant i \in \{\text{A, B, C, D}\}, repéré par l'indice de masse molaire k \in \{5, 6, 7, 8\} :

  • composant A : masse m_{\text{A}}, masse molaire M_5 ;
  • composant B : masse m_{\text{B}}, masse molaire M_6 ;
  • composant C : masse m_{\text{C}}, masse molaire M_7 ;
  • composant D : masse m_{\text{D}}, masse molaire M_8.

Les quantités de matière associées sont données par :

n_{\text{A}} = \frac{m_{\text{A}}}{M_5}, \quad n_{\text{B}} = \frac{m_{\text{B}}}{M_6}, \quad n_{\text{C}} = \frac{m_{\text{C}}}{M_7}, \quad n_{\text{D}} = \frac{m_{\text{D}}}{M_8}

D'après les stœchiométries de réaction fournies par l'énoncé, chaque mole de A, B, C et D consomme respectivement 3, 2, 6 et 10 moles d'eau. La quantité totale d'eau nécessaire à l'hydratation complète du ciment est donc :

n_e = 3\,n_{\text{A}} + 2\,n_{\text{B}} + 6\,n_{\text{C}} + 10\,n_{\text{D}}

La masse d'eau correspondante est :

\begin{aligned} m_e &= n_e M_0 \\ &= M_0 \left( \frac{3\,m_{\text{A}}}{M_5} + \frac{2\,m_{\text{B}}}{M_6} + \frac{6\,m_{\text{C}}}{M_7} + \frac{10\,m_{\text{D}}}{M_8} \right) \end{aligned}

En divisant par la masse totale de ciment m_c :

r = \frac{m_e}{m_c} = M_0 \left( \frac{3}{M_5}\frac{m_{\text{A}}}{m_c} + \frac{2}{M_6}\frac{m_{\text{B}}}{m_c} + \frac{6}{M_7}\frac{m_{\text{C}}}{m_c} + \frac{10}{M_8}\frac{m_{\text{D}}}{m_c} \right)

1. Si p_5, p_6, p_7, p_8 désignent les fractions massiques (\sum p_i = 1) :

\boxed{r = M_0 \left( \frac{3\,p_5}{M_5} + \frac{2\,p_6}{M_6} + \frac{6\,p_7}{M_7} + \frac{10\,p_8}{M_8} \right)}

2. Si p_5, p_6, p_7, p_8 sont exprimés en pourcentages massiques comme indiqué dans le tableau 2 (m_i/m_c = p_i/100 avec \sum p_i = 100) :

\boxed{r = \frac{M_0}{100} \left( \frac{3\,p_5}{M_5} + \frac{2\,p_6}{M_6} + \frac{6\,p_7}{M_7} + \frac{10\,p_8}{M_8} \right)}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Acide-base, précipitation, complexation ; Courbes intensité-potentiel et corrosion

Notions : solubilité, ph, passivation

Les réactions des composants du ciment avec l'eau conduisent à des produits appelés gels ou hydrates et à l'hydroxyde de calcium . a) On assimile le mélange à une solution saturée en . Déterminer le pH de la solution sachant que le produit de solubilité de cet hydroxyde est . b) Le béton est un mortier renforcé par des barres de fer. En milieu basique, écrire la réaction d'oxydation du fer(0) en fer(III), mettant en jeu le couple . Expliquer ce qu'on entend par passivation du fer. c) Préciser ce qu'il se passerait en milieu acide. Commenter.

Voir l'indice

Écrire l'équilibre de dissolution de \mathrm{Ca(OH)_2} pour relier la solubilité s à K_s, en déduire [\mathrm{OH}^-] puis le pH ; pour le fer, écrire le couple rédox en milieu alcalin menant à un oxy-hydroxyde insoluble protecteur.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le produit de solubilité K_s de \mathrm{Ca(OH)}_{2,(s)} en fonction de la solubilité s, en déduire la concentration en ions hydroxyde [\mathrm{OH}^-], puis le \mathrm{pH} via le produit ionique de l'eau K_e.
  2. Écrire les demi-équations électroniques en milieu basique pour les couples du fer(III)/fer(0) et \mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}, puis en déduire l'équation-bilan globale. Définir le phénomène de passivation.
  3. Analyser le comportement des oxydes et hydroxydes de fer en milieu acide (dissolution acido-basique) et en déduire le risque de corrosion active pour les armatures en acier du béton armé.
Voir la réponse courte

Calcul du pH d'une solution saturée d'\mathrm{Ca(OH)}_2, équation d'oxydation du fer avec formation d'une couche d'oxyde protectrice et corrosion acide.

Voir le corrigé complet

a) Calcul du \mathrm{pH} d'une solution saturée en \mathrm{Ca(OH)}_{2,(s)}

L'équilibre de dissolution de l'hydroxyde de calcium s'écrit :

\mathrm{Ca(OH)}_{2,(s)} = \mathrm{Ca}^{2+}_{(aq)} + 2\,\mathrm{OH}^-_{(aq)}

En notant s la solubilité de l'hydroxyde de calcium (en \mathrm{mol}\cdot\mathrm{L}^{-1}), et en négligeant l'apport des ions hydroxyde issus de l'autoprotolyse de l'eau devant s :

[\mathrm{Ca}^{2+}] = s \quad \text{et} \quad [\mathrm{OH}^-] = 2s

Le produit de solubilité s'exprime donc par :

K_s = \frac{[\mathrm{Ca}^{2+}][\mathrm{OH}^-]^2}{{c^\circ}^3} = s \times (2s)^2 = 4s^3

D'où la concentration en ions hydroxyde :

[\mathrm{OH}^-] = 2s = 2\left(\frac{K_s}{4}\right)^{1/3} = (2K_s)^{1/3}

En prenant le logarithme décimal avec \log_{10}(2) \approx 0{,}30 (donnée de la courbe en annexe) et K_s = 10^{-5{,}2} :

\begin{aligned} \log_{10}\left(\frac{[\mathrm{OH}^-]}{c^\circ}\right) &= \frac{1}{3}\left(\log_{10}(2) - 5{,}2\right) = \frac{0{,}30 - 5{,}20}{3} = -\frac{4{,}90}{3} \approx -1{,}63 \end{aligned}

À 25\text{ }^\circ\mathrm{C}, avec K_e = 10^{-14} :

\mathrm{pH} = \mathrm{p}K_e + \log_{10}\left(\frac{[\mathrm{OH}^-]}{c^\circ}\right) = 14 - 1{,}63 = 12{,}37 \approx 12{,}4
\boxed{\mathrm{pH} \approx 12{,}4}

L'hypothèse [\mathrm{OH}^-] \approx 2{,}3\cdot 10^{-2}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \gg 10^{-7}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} est parfaitement vérifiée a posteriori.

b) Oxydation du fer en milieu basique et passivation

En milieu basique, l'espèce stable du fer(III) est l'hydroxyde de fer(III) \mathrm{Fe(OH)}_{3,(s)} (ou l'oxyde hydraté \mathrm{Fe}_2\mathrm{O}_3). Les demi-équations électroniques s'écrivent :

\begin{aligned} \text{Oxydation du fer :}\quad & \mathrm{Fe}_{(s)} + 3\,\mathrm{OH}^-_{(aq)} = \mathrm{Fe(OH)}_{3,(s)} + 3\,\mathrm{e}^- \quad (\times 4) \\ \text{Réduction du dioxygène :}\quad & \mathrm{O}_{2,(g)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(l)} + 4\,\mathrm{e}^- = 4\,\mathrm{OH}^-_{(aq)} \quad (\times 3) \end{aligned}

En combinant ces deux demi-équations, les ions \mathrm{OH}^- s'éliminent de part et d'autre :

\boxed{4\,\mathrm{Fe}_{(s)} + 3\,\mathrm{O}_{2,(g)} + 6\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(l)} = 4\,\mathrm{Fe(OH)}_{3,(s)}}

(Ou, sous forme déshydratée : 4\,\mathrm{Fe}_{(s)} + 3\,\mathrm{O}_{2,(g)} = 2\,\mathrm{Fe}_2\mathrm{O}_{3,(s)}).

La passivation du fer correspond à la formation à la surface du métal d'une couche d'oxydes ou d'hydroxydes insoluble, compacte et imperméable. Cette pellicule protectrice isole le métal sous-jacent du milieu oxydant extérieur et bloque cinétiquement la poursuite de la corrosion.

c) Comportement en milieu acide

En milieu acide, les oxydes et hydroxydes de fer sont instables et se dissolvent par réaction acido-basique avec les ions \mathrm{H}^+ :

\mathrm{Fe(OH)}_{3,(s)} + 3\,\mathrm{H}^+_{(aq)} \longrightarrow \mathrm{Fe}^{3+}_{(aq)} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(l)}

La couche passivante protectrice est alors détruite : c'est la dépassivation. Le fer à l'état métallique se retrouve directement au contact du milieu et subit une corrosion active, oxydé par le dioxygène dissous ou directement par les ions \mathrm{H}^+ :

\mathrm{Fe}_{(s)} + 2\,\mathrm{H}^+_{(aq)} \longrightarrow \mathrm{Fe}^{2+}_{(aq)} + \mathrm{H}_{2,(g)}

Commentaire : Dans le béton armé, le milieu fortement basique créé par la chaux (\mathrm{pH} \approx 12\text{--}13) est indispensable pour passiver et préserver les armatures en acier. En cas d'acidification (par carbonatation atmosphérique sous l'effet du \mathrm{CO}_2 ou par des pluies acides), la dépasse de passivation entraîne la corrosion des armatures. La formation de rouille, plus volumineuse que le fer initial, génère des contraintes mécaniques internes considérables qui provoquent la fissuration et l'éclatement du béton.

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : formule brute, bilan de matière, fraction massique

On considère une argile formée de l'oxyde ferrique et d'un minéral K de formule où et sont des entiers non nuls. Lorsqu'on chauffe K, on constate une perte de masse de vers . Une autre analyse de K montre qu'il contient de . Donner, sans calculs, le système de deux équations permettant de calculer les valeurs des deux inconnues et .

Voir l'indice

Associer la perte de masse au départ d'eau de constitution et la teneur en silice à la proportion massique de x\,\mathrm{SiO_2} sur la masse molaire totale du minéral hydraté.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse molaire M_K du minéral K de formule \mathrm{Al}_2\mathrm{O}_3 \cdot x\mathrm{SiO}_2 \cdot y\mathrm{H}_2\mathrm{O} en fonction de x, y et des masses molaires de chaque oxyde et de l'eau.
  2. Identifier l'origine de la perte de masse à 550\text{ }^\circ\mathrm{C} comme étant le départ de l'eau de constitution (déshydratation du minéral) pour poser la première équation.
  3. Utiliser la teneur massique en dioxyde de silicium \mathrm{SiO}_2 pour poser la seconde équation.
Voir la réponse courte

Traduction des pourcentages massiques en eau et en silice en un système linéaire de deux équations aux inconnues x et y.

Voir le corrigé complet

La masse molaire du minéral K s'exprime en fonction de x et y par :

M_K = M(\mathrm{Al}_2\mathrm{O}_3) + x\,M(\mathrm{SiO}_2) + y\,M(\mathrm{H}_2\mathrm{O})

D'après les données fournies dans les questions et tableaux précédents :

  • M(\mathrm{Al}_2\mathrm{O}_3) = 102\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • M(\mathrm{SiO}_2) = 60\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • M(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) = M_0 = 18\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}.

Soit numériquement :

M_K = 102 + 60\,x + 18\,y \quad (\text{en g}\cdot\text{mol}^{-1})

1. Perte de masse par chauffage à 550\text{ }^\circ\mathrm{C} : Le chauffage provoque le départ complet de l'eau présente dans la structure minérale sous forme gazeuse selon la réaction de déshydratation :

\mathrm{Al}_2\mathrm{O}_3 \cdot x\mathrm{SiO}_2 \cdot y\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(s)} \longrightarrow \mathrm{Al}_2\mathrm{O}_3 \cdot x\mathrm{SiO}_2\,_{(s)} + y\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(g)}

La perte de masse relative observée (14{,}0\,\%) est donc égale à la fraction massique en eau du minéral K :

w(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) = \frac{y\,M(\mathrm{H}_2\mathrm{O})}{M_K} = 0{,}140

2. Teneur massique en silice \mathrm{SiO}_2 : La fraction massique en dioxyde de silicium dans le minéral K est de 46{,}5\,\% :

w(\mathrm{SiO}_2) = \frac{x\,M(\mathrm{SiO}_2)}{M_K} = 0{,}465

Le système de deux équations à deux inconnues x et y s'écrit donc :

\boxed{\left\{ \begin{array}{l} \dfrac{18\,y}{102 + 60\,x + 18\,y} = 0{,}140 \\[1em] \dfrac{60\,x}{102 + 60\,x + 18\,y} = 0{,}465 \end{array} \right.}

Résultat

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IV.3 · Les pluies acides

Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Acide-base, précipitation, complexation

Notions : constante d'acidité, diagramme de distribution, pka

a) Écrire les deux équilibres acido-basiques de ce diacide et expliciter l'expression de leurs quotients réactionnels. On supposera les solutions aqueuses suffisamment diluées pour confondre les activités des solutés avec la valeur de leur concentration en quantité de matière volumique exprimée en . b) La figure 4 donne, en fonction du pH, les proportions, ou pourcentages, des différentes espèces acido-basiques issues de la dissolution du dioxyde de carbone dans l'eau : ces courbes sont notées (1), (2) et (3). Attribuer chacune de ces courbes aux trois espèces acido-basiques du diacide. c) Déterminer les valeurs des constantes d'acidités et pour le diacide étudié.

Voir l'indice

Écrire les déprotonations successives du dioxyde de carbone hydraté et lire les \mathrm{p}K_a aux points de demi-équivalence (croisements des courbes de distribution où deux espèces sont équimolaires).

Voir la réponse courte

Écriture des deux dissociations du diacide, identification des courbes par acidité décroissante et lecture des pK_a aux croisements des espèces consécutives.

Voir le corrigé complet

a) Équilibres acido-basiques et quotients réactionnels

Le dioxyde de carbone dissous se comporte comme un diacide faible noté (\text{CO}_{2\text{,(aq)}}, \text{H}_2\text{O}) ou \text{H}_2\text{CO}_{3\text{,(aq)}}. En prenant l'eau liquide comme solvant d'activité unitaire (a_{\text{H}_2\text{O}} = 1) et en confondant l'activité de chaque soluté avec la valeur numérique de sa concentration molaire (c^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}) :

  • Première acidité :

    \text{CO}_2,\text{H}_2\text{O}_{\text{(aq)}} + \text{H}_2\text{O}_{\text{(l)}} = \text{HCO}_{3\text{,(aq)}}^- + \text{H}_3\text{O}_{\text{(aq)}}^+

    Le quotient réactionnel associé s'écrit :

    \boxed{Q_{r,1} = \frac{[\text{HCO}_3^-][\text{H}_3\text{O}^+]}{[\text{CO}_2,\text{H}_2\text{O}]}}
  • Seconde acidité :

    \text{HCO}_{3\text{,(aq)}}^- + \text{H}_2\text{O}_{\text{(l)}} = \text{CO}_{3\text{,(aq)}}^{2-} + \text{H}_3\text{O}_{\text{(aq)}}^+

    Le quotient réactionnel associé s'écrit :

    \boxed{Q_{r,2} = \frac{[\text{CO}_3^{2-}][\text{H}_3\text{O}^+]}{[\text{HCO}_3^-]}}

b) Attribution des courbes de distribution

Lorsque le \text{pH} augmente, les espèces se déprotonent successivement :

  • À bas \text{pH}, c'est l'espèce la plus protonée, le diacide, qui prédomine : la courbe (1) correspond à \boxed{\text{CO}_2,\text{H}_2\text{O}\text{ (ou }\text{H}_2\text{CO}_3)}.
  • À \text{pH} intermédiaire, c'est l'ampholyte, base conjuguée de la première acidité et acide de la seconde, qui prédomine : la courbe (2) correspond à l'ion hydrogénocarbonate \boxed{\text{HCO}_3^-}.
  • À \text{pH} basique, c'est la base la plus déprotonée qui prédomine : la courbe (3) correspond à l'ion carbonate \boxed{\text{CO}_3^{2-}}.

c) Détermination des constantes d'acidité

À l'équilibre chimique, Q_{r,1} = K_{a1} et Q_{r,2} = K_{a2}, ce qui donne les relations de Henderson-Hasselbalch :

\begin{aligned} \text{pH} &= \text{p}K_{a1} + \log_{10}\left(\frac{[\text{HCO}_3^-]}{[\text{CO}_2,\text{H}_2\text{O}]}\right) \\ \text{pH} &= \text{p}K_{a2} + \log_{10}\left(\frac{[\text{CO}_3^{2-}]}{[\text{HCO}_3^-]}\right) \end{aligned}
  • À l'intersection des courbes (1) et (2), [\text{CO}_2,\text{H}_2\text{O}] = [\text{HCO}_3^-] (soit 50\,\% chacun), donc \text{pH} = \text{p}K_{a1}.
    La lecture graphique sur la figure 4 donne directement :

    \text{p}K_{a1} = 6{,}4

    D'où la valeur de la constante d'acidité :

    K_{a1} = 10^{-6{,}4} = 10^{0{,}60} \cdot 10^{-7}

    En lisant sur le graphe de \log_{10}(x) en annexe la valeur x pour laquelle \log_{10}(x) \approx 0{,}60, on trouve x \approx 4{,}0, soit :

    \boxed{K_{a1} \approx 4 \cdot 10^{-7}} \quad (\text{soit } \text{p}K_{a1} = 6{,}4)
  • À l'intersection des courbes (2) et (3), [\text{HCO}_3^-] = [\text{CO}_3^{2-}] (soit 50\,\% chacun), donc \text{pH} = \text{p}K_{a2}.
    La lecture graphique sur la figure 4 donne :

    \text{p}K_{a2} = 10{,}3

    D'où la constante d'acidité :

    K_{a2} = 10^{-10{,}3} = 10^{0{,}70} \cdot 10^{-11}

    En lisant sur le graphe de \log_{10}(x) en annexe la valeur x pour laquelle \log_{10}(x) \approx 0{,}70, on trouve x \approx 5{,}0, soit :

    \boxed{K_{a2} \approx 5 \cdot 10^{-11}} \quad (\text{soit } \text{p}K_{a2} = 10{,}3)

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Acide-base, précipitation, complexation

Notions : loi de henry, calcul de ph, réaction prépondérante

Montrer que la concentration en quantité de matière volumique du dioxyde de carbone dissous est constante à température et pression fixées. Établir l'expression du pH de cette solution à et déterminer les valeurs de toutes les concentrations des espèces présentes dans la solution.

Voir l'indice

Exprimer la pression partielle de \mathrm{CO_2} à l'aide de sa fraction molaire dans l'air, appliquer la loi de Henry (équilibre gaz-solution) et résoudre l'équation d'acidité en négligeant la seconde dissociation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la constante d'équilibre de dissolution de \mathrm{CO}_{2,(g)} en fonction des activités pour relier c à la pression partielle de \mathrm{CO}_2 et conclure sur sa constance.
  2. Écrire l'équation d'électroneutralité et identifier les espèces prédominantes pour établir l'expression analytique du \mathrm{pH} d'un système ouvert en équilibre avec l'atmosphère.
  3. Calculer numériquement le \mathrm{pH} et la concentration de chacune des espèces présentes, puis valider les approximations formulées.
Voir la réponse courte

Constance de la concentration en \mathrm{CO}_2 dissous par la loi de Henry, calcul du pH d'un monoacide faible et concentrations à l'équilibre.

Voir le corrigé complet

1. Constance de la concentration en dioxyde de carbone dissous

À l'équilibre de dissolution :

\mathrm{CO}_{2,(g)} + \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = (\mathrm{CO}_{2,(aq)}, \mathrm{H}_2\mathrm{O})

La constante d'équilibre associée s'écrit en fonction des activités :

K^\circ(T) = \frac{a(\mathrm{CO}_{2,(aq)}, \mathrm{H}_2\mathrm{O})}{a(\mathrm{CO}_{2,(g)}) \cdot a(\mathrm{H}_2\mathrm{O})}

L'eau étant le solvant, a(\mathrm{H}_2\mathrm{O}) = 1. En assimilant le gaz à un gaz parfait (a(\mathrm{CO}_{2,(g)}) = P_{\mathrm{CO}_2}/P^\circ) et la solution à une solution idéale diluée (a(\mathrm{CO}_{2,(aq)}, \mathrm{H}_2\mathrm{O}) = c/c^\circ avec c^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), il vient :

K^\circ(T) = \frac{c/c^\circ}{P_{\mathrm{CO}_2}/P^\circ}

La pression partielle du dioxyde de carbone atmosphérique sous la pression totale P est P_{\mathrm{CO}_2} = x_{\mathrm{CO}_2} P. On en déduit :

c = c^\circ \, K^\circ(T) \, x_{\mathrm{CO}_2} \frac{P}{P^\circ}

À température T fixée, K^\circ(T) est constante ; à pression atmosphérique P et composition atmosphérique x_{\mathrm{CO}_2} fixées, P_{\mathrm{CO}_2} est constante. Par conséquent, la concentration c est constante.

Sous la pression atmosphérique standard P = P^\circ = 1\text{ bar} à T = 298\text{ K} :

c = 1 \times (3{,}1\cdot 10^{-2}) \times (3{,}4\cdot 10^{-4}) = 1{,}05\cdot 10^{-5}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \approx \mathbf{1{,}1\cdot 10^{-5}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}}

2. Établissement de l'expression du pH

Le système étant en contact permanent avec l'atmosphère (réservoir infini de \mathrm{CO}_2), la concentration c = [\mathrm{CO}_{2,(aq)}, \mathrm{H}_2\mathrm{O}] reste fixée à sa valeur d'équilibre. Les équilibres acido-basiques en phase aqueuse vérifient :

\begin{aligned} K_{a1} &= \frac{[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+][\mathrm{HCO}_3^-]}{c} \\ K_{a2} &= \frac{[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+][\mathrm{CO}_3^{2-}]}{[\mathrm{HCO}_3^-]} \\ K_e &= [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+][\mathrm{OH}^-] \end{aligned}

L'équation d'électroneutralité de la solution s'écrit :

[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+] = [\mathrm{OH}^-] + [\mathrm{HCO}_3^-] + 2[\mathrm{CO}_3^{2-}]

La dissolution de ce gaz acide acidifie l'eau (\mathrm{pH} < 7). Compte tenu des valeurs \mathrm{p}K_{a1} = 6{,}4 et \mathrm{p}K_{a2} = 10{,}3 déterminées en Q18 :

  • en milieu acide, l'autoprotolyse de l'eau est négligeable devant la première acidité : [\mathrm{OH}^-] \ll [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+] ;
  • le \mathrm{pH} étant nettement inférieur à \mathrm{p}K_{a2}, la seconde dissociation est négligeable : [\mathrm{CO}_3^{2-}] \ll [\mathrm{HCO}_3^-].

L'électroneutralité se réduit donc à :

[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+] \approx [\mathrm{HCO}_3^-]

En injectant cette relation dans l'expression de K_{a1} :

K_{a1} \approx \frac{[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+]^2}{c} \implies [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+] = \sqrt{K_{a1} c}

On en déduit l'expression du \mathrm{pH} :

\boxed{\mathrm{pH} = \frac{1}{2}\left(\mathrm{p}K_{a1} - \log_{10}\left(\frac{c}{c^\circ}\right)\right)}

3. Calcul du pH et des concentrations des espèces à 25 °C

Avec -\log_{10}(c/c^\circ) = -\log_{10}(1{,}05\cdot 10^{-5}) \approx 4{,}98 et \mathrm{p}K_{a1} = 6{,}4 :

\mathrm{pH} = \frac{1}{2}(6{,}4 + 4{,}98) = 5{,}69 \approx \mathbf{5{,}7}

On en déduit les concentrations des différentes espèces :

\begin{aligned} [\mathrm{CO}_{2,(aq)}, \mathrm{H}_2\mathrm{O}] &= c = \mathbf{1{,}1\cdot 10^{-5}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}} \\ [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+] &= 10^{-\mathrm{pH}} = 10^{-5{,}69}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \approx \mathbf{2{,}0\cdot 10^{-6}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}} \\ [\mathrm{HCO}_3^-] &\approx [\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+] \approx \mathbf{2{,}0\cdot 10^{-6}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}} \\ [\mathrm{OH}^-] &= \frac{K_e}{[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+]} = 10^{-(14 - 5{,}69)}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \approx \mathbf{5\cdot 10^{-9}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}} \\ [\mathrm{CO}_3^{2-}] &= K_{a2} \frac{[\mathrm{HCO}_3^-]}{[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+]} \approx K_{a2} = 10^{-10{,}3}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} \approx \mathbf{5\cdot 10^{-11}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}} \end{aligned}

Validation des hypothèses :

  • \frac{[\mathrm{OH}^-]}{[\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+]} = \frac{5\cdot 10^{-9}}{2\cdot 10^{-6}} \approx 2{,}5\cdot 10^{-3} \ll 1 ;
  • \frac{2[\mathrm{CO}_3^{2-}]}{[\mathrm{HCO}_3^-]} \approx \frac{10^{-10}}{2\cdot 10^{-6}} = 5\cdot 10^{-5} \ll 1.

Les approximations sont parfaitement légitimes.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Partie V : Quelques propriétés thermodynamiques de la Terre

V.1 · Mesure de la conductivité thermique d'une roche terrestre

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique, loi de fourier, conduction thermique

Donner la définition et l'expression de la résistance thermique d'un conducteur thermique de conductivité , de section et de longueur traversé par un flux thermique uniforme perpendiculaire à la section.

Voir l'indice

Définir la résistance thermique par analogie avec la loi d'Ohm R_{\text{th}} = \Delta T/\Phi et appliquer la loi de Fourier unidimensionnelle intégrée sur la longueur l.

Voir la réponse courte

Définition générale R_{\mathrm{th}} = \Delta T / \Phi et établissement de R_{\mathrm{th}} = l/(\lambda s) par intégration de la loi de Fourier unidimensionnelle stationnaire.

Voir le corrigé complet

Par analogie formelle avec la résistance électrique (R = \frac{U}{I}), la résistance thermique R_{\mathrm{th}} d'un élément conducteur reliant deux isothermes de températures T_1 et T_2 (T_1 > T_2) est définie par le quotient de la différence de température par le flux thermique (ou puissance thermique) \Phi qui le traverse de la face chaude vers la face froide :

\boxed{R_{\mathrm{th}} = \frac{T_1 - T_2}{\Phi}}

où T_1 - T_2 s'exprime en kelvins (\mathrm{K}), \Phi en watts (\mathrm{W}) et R_{\mathrm{th}} en \mathrm{K}\cdot\mathrm{W}^{-1}.

Considérons un conducteur cylindrique de longueur l, d'axe (Oz), de section constante s perpendiculaire à (Oz), en régime stationnaire et sans source thermique interne. Le transfert s'effectue selon z : le profil de température ne dépend que de z, T(z), avec T(0) = T_1 et T(l) = T_2.

D'après la loi de Fourier, le vecteur densité de flux thermique est :

\vec{j} = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z}\,\vec{u}_z

Le flux thermique traversant une section droite s orientée suivant \vec{u}_z s'écrit :

\Phi = \iint_s \vec{j}\cdot \vec{u}_z\,\mathrm{d}S = -\lambda s \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z}

En régime permanent et sans terme source, la conservation de l'énergie implique que le flux \Phi est indépendant de z. Par intégration entre z = 0 et z = l :

\begin{aligned} \int_0^l \Phi\,\mathrm{d}z &= -\lambda s \int_{T_1}^{T_2}\mathrm{d}T \\ \Phi\, l &= \lambda s (T_1 - T_2) \end{aligned}

On obtient ainsi :

T_1 - T_2 = \frac{l}{\lambda s}\,\Phi

Par identification avec la relation de définition, on en déduit l'expression de la résistance thermique :

\boxed{R_{\mathrm{th}} = \frac{l}{\lambda s}}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Démarche expérimentale
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique, résistance de contact, conduction thermique

Établir alors, la relation . Expliquer comment on peut déterminer expérimentalement, en s'affranchissant des indéterminations dues aux contacts.

Voir l'indice

Écrire la continuité du flux thermique \Phi à travers les différentes couches successives en série et exprimer le rapport des écarts de température sous la forme d'une fonction affine de l'épaisseur d de la roche.

Voir la stratégie
  1. En régime stationnaire et unidimensionnel (la température ne dépendant que de z), le flux thermique \Phi qui traverse chaque couche est uniforme et conservé.
  2. Exprimer les différences de température T_c - T_1 et T_1 - T_2 à l'aide de l'analogie électrocinétique en associant en série les résistances thermiques élémentaires.
  3. Effectuer le rapport des deux grandeurs pour obtenir la relation demandée, puis exploiter la linéarité par rapport à l'épaisseur d de la roche pour éliminer la contribution des résistances de contact.
Voir la réponse courte

Association série des résistances thermiques avec contacts imparfaits, et protocole à épaisseur d'échantillon variable pour isoler \lambda par régression linéaire.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire et en l'absence de pertes latérales (transfert thermique unidimensionnel suivant l'axe Oz), le flux thermique \Phi à travers la section droite s est conservatif : il conserve la même valeur à travers chaque tranche du dispositif.

1. Établissement de la relation :

  • À travers le bloc inférieur de laiton de longueur l et de conductivité \lambda_l, le flux s'écrit, d'après la question Q20 :

    T_c - T_1 = R_{\text{th, laiton}} \Phi = \frac{l}{\lambda_l s}\Phi
  • Entre les deux interfaces de température T_1 et T_2, la chaleur traverse successivement en série le contact 1, la roche et le contact 2. La résistance thermique équivalente de cet empilement est la somme des trois résistances :

    R_{\text{inter}} = R_{\text{th},1} + R_{\text{th, roche}} + R_{\text{th},2} = \frac{e_1}{\lambda_1 s} + \frac{d}{\lambda s} + \frac{e_2}{\lambda_2 s} = \frac{1}{s} \left(\frac{d}{\lambda} + \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2}\right)

    La différence de température s'exprime donc par :

    T_1 - T_2 = R_{\text{inter}} \Phi = \frac{\Phi}{s} \left(\frac{d}{\lambda} + \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2}\right)

En formant le rapport membre à membre de ces deux expressions, le flux \Phi et la section s se simplifient :

\frac{T_1 - T_2}{T_c - T_1} = \frac{R_{\text{inter}}}{R_{\text{th, laiton}}} = \frac{\frac{1}{s}\left(\frac{d}{\lambda} + \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2}\right)}{\frac{l}{\lambda_l s}}

On obtient ainsi la relation souhaitée :

\boxed{\frac{T_1 - T_2}{T_c - T_1} = \frac{\lambda_l}{l}\left(\frac{d}{\lambda} + \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2}\right)}

2. Détermination expérimentale de \lambda sans l'effet des contacts :

  • La relation obtenue est affine en fonction de l'épaisseur d de l'échantillon de roche :

    \frac{T_1 - T_2}{T_c - T_1} = \left(\frac{\lambda_l}{l\lambda}\right) d + \frac{\lambda_l}{l}\left(\frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2}\right)
  • En réalisant plusieurs mesures pour des échantillons de même nature (même conductivité \lambda) mais d'épaisseurs d variables, et en veillant à maintenir une qualité de contact identique (même pression de serrage, même graisse thermique), on peut tracer la courbe :

    Y = \frac{T_1 - T_2}{T_c - T_1} = f(d)
  • La pente p de la droite obtenue vaut :

    p = \frac{\lambda_l}{l\lambda} \implies \boxed{\lambda = \frac{\lambda_l}{l\, p}}

    Les termes de contact, regroupés dans l'ordonnée à l'origine, n'affectent pas la pente p et sont ainsi totalement éliminés de la détermination de \lambda.

Résultat

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V.2 · Évolution de la température à l'intérieur de la Terre

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : énergie potentielle de gravitation, énergie propre gravitationnelle

a) Exprimer l'énergie gravitationnelle finale des masse et . On considère l'énergie gravitationnelle nulle quand est infiniment éloignée de . b) On modélise la formation d'une sphère de centre , de rayon et de masse volumique uniforme par l'apport de coquilles sphériques, d'épaisseur et de volume , depuis l'infini jusqu'à la position occupée dans la sphère. Établir que l'expression de l'énergie gravitationnelle de cette distribution de masse totale est : . Commenter le signe.

Voir l'indice

Calculer le travail reçu par la sphère lors de l'amenée d'une coquille de masse \mathrm{d}m = \mu 4\pi r^2\mathrm{d}r depuis l'infini, puis intégrer la variable radiale de 0 à R.

Voir la stratégie
  1. Pour la question a), assimiler la sphère de masse m et de rayon r à une masse ponctuelle en O pour tout point extérieur ou à sa surface, et appliquer le résultat établi à la question Q7.a.
  2. Pour la question b), exprimer la masse m(r) de la boule de rayon r et la masse \mathrm{d}m de la couche sphérique de volume \mathrm{d}\tau = 4\pi r^2\mathrm{d}r en fonction de la masse volumique \mu.
  3. Intégrer de r = 0 à r = R puis substituer \mu par l'expression de la masse totale M = \frac{4}{3}\pi\mu R^3 pour aboutir à l'expression requise.
Voir la réponse courte

Intégration de l'énergie d'accrétion de coquilles sphériques depuis l'infini \mathrm{d}E_{pG} = -G m(r)\mathrm{d}m/r, le signe négatif traduisant un état lié.

Voir le corrigé complet

a) D'après le théorème de Gauss (ou le théorème de Newton), le champ gravitationnel extérieur et à la surface d'une sphère homogène de masse m et de rayon r est identique à celui d'une masse ponctuelle m concentrée en son centre O.

D'après le résultat de la question Q7.a, avec la convention d'une énergie potentielle nulle à l'infini, l'énergie potentielle gravitationnelle d'une masse \mathrm{d}m située à la surface de la sphère (soit à une distance r de son centre) s'écrit :

\boxed{\mathrm{d}E_{pG}(r) = -\frac{G\,m\,\mathrm{d}m}{r}}

b) À un stade intermédiaire de la formation de la sphère où celle-ci a atteint le rayon r, sa masse est :

m(r) = \mu \times \frac{4}{3}\pi r^3

La masse de la coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r apportée depuis l'infini et déposée à la surface est :

\mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}\tau = 4\pi \mu r^2\,\mathrm{d}r

L'apport de cette couche élémentaire contribue à l'énergie gravitationnelle à hauteur de :

\mathrm{d}E_{pG}(r) = -\frac{G}{r}\left(\frac{4}{3}\pi \mu r^3\right)\left(4\pi \mu r^2\,\mathrm{d}r\right) = -\frac{16\pi^2 G \mu^2}{3}\,r^4\,\mathrm{d}r

Pour former la sphère complète de rayon R, on intègre de r = 0 à r = R :

\begin{aligned} E_{pG}(R) &= -\frac{16\pi^2 G \mu^2}{3} \int_0^R r^4\,\mathrm{d}r \\ &= -\frac{16\pi^2 G \mu^2}{3}\left[\frac{r^5}{5}\right]_0^R \\ &= -\frac{16\pi^2 G \mu^2 R^5}{15} \end{aligned}

La masse totale de la sphère vaut M = \mu \times \frac{4}{3}\pi R^3, ce qui donne M^2 = \frac{16}{9}\pi^2 \mu^2 R^6, soit :

16\pi^2 \mu^2 = \frac{9 M^2}{R^6}

En reportant dans l'expression de E_{pG}(R) :

E_{pG}(R) = -\frac{G R^5}{15} \times \frac{9M^2}{R^6}

d'où :

\boxed{E_{pG}(R) = -\frac{3\,G}{5}\frac{M^2}{R}}

Commentaire du signe : L'énergie potentielle gravitationnelle est négative car l'interaction gravitationnelle est exclusivement attractive. L'assemblage constitue donc un état lié : le système gagne en stabilité lors de son effondrement gravitationnel. Pour dissocier la Terre et éloigner à nouveau tous ses constituants à l'infini (où l'énergie potentielle est conventionnellement nulle), il faudrait lui fournir l'énergie de liaison gravitationnelle -E_{pG}(R) > 0.

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : premier principe, capacité thermique, bilan d'énergie

La sphère précédente modélise la Terre. En supposant que l'énergie gravitationnelle est convertie totalement en énergie thermique, exprimer la température atteinte par la Terre à partir d'une température initiale voisine de , en fonction de et de (capacité thermique massique de la Terre). Estimer et commenter.

Voir l'indice

Égaliser l'énergie thermique totale acquise M_T C T_{\text{eq}} à l'énergie potentielle gravitationnelle totale libérée lors du rassemblement des masses terrestres.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique au processus d'accrétion de la Terre en convertissant l'énergie potentielle gravitationnelle libérée en énergie interne (thermique).
  2. Relier la variation d'énergie interne à l'élévation de température à travers la capacité thermique massique C.
  3. Effectuer l'application numérique à l'aide des données de l'énoncé et commenter l'ordre de grandeur obtenu au regard de la géophysique terrestre.
Voir la réponse courte

Conversion de l'énergie gravitationnelle libérée en énergie thermique interne \Delta U = M_T C T_{\mathrm{eq}}, menant à T_{\mathrm{eq}} \approx 30\,000\text{ K}.

Voir le corrigé complet

Lors de la formation de la Terre par accrétion à partir de matière initialement dispersée à l'infini au repos (E_{pG}(\infty) = 0 et T_i \approx 0\text{ K}), la variation d'énergie potentielle gravitationnelle est, d'après la question Q22.b :

\Delta E_{pG} = E_{pG}(R_T) - 0 = -\frac{3}{5}\frac{G M_T^2}{R_T} < 0.

L'énergie gravitationnelle libérée (-\Delta E_{pG} > 0) étant intégralement convertie en énergie thermique, elle correspond à l'augmentation d'énergie interne \Delta U du système constitué par la masse M_T de la Terre :

\Delta U = -\Delta E_{pG} = \frac{3}{5}\frac{G M_T^2}{R_T}.

En modélisant la Terre comme une phase condensée homogène de capacité thermique massique C constante, la variation d'énergie interne liée à l'échauffement depuis T_i \approx 0\text{ K} jusqu'à la température d'équilibre T_{\mathrm{eq}} s'écrit :

\Delta U = M_T C (T_{\mathrm{eq}} - T_i) \approx M_T C T_{\mathrm{eq}}.

En égalant les deux expressions, on obtient :

M_T C T_{\mathrm{eq}} = \frac{3}{5}\frac{G M_T^2}{R_T},

soit :

\boxed{T_{\mathrm{eq}} = \frac{3}{5}\frac{G M_T}{C R_T}}

Application numérique :

\begin{aligned} T_{\mathrm{eq}} &= \frac{3}{5} \times \frac{6{,}7\cdot 10^{-11} \times 6{,}0\cdot 10^{24}}{10^3 \times 6{,}4\cdot 10^6} \\ &= 0{,}6 \times \frac{40{,}2\cdot 10^{13}}{6{,}4\cdot 10^9} \\ &\approx 0{,}6 \times 6{,}28\cdot 10^4 \approx 3{,}8\cdot 10^4\text{ K}. \end{aligned}

Avec un seul chiffre significatif comme préconisé :

\boxed{T_{\mathrm{eq}} \approx 4\cdot 10^4\text{ K}}

Commentaire :

  • Cette température est extraordinairement élevée, très supérieure aux températures de fusion des roches silicatées et des métaux (de l'ordre de 1\,500\text{ K} à 3\,000\text{ K}), ainsi qu'à la température actuelle du centre de la Terre (\approx 5\,000\text{--}6\,000\text{ K}).
  • Ce résultat montre que l'énergie d'accrétion gravitationnelle a été largement suffisante pour fondre complètement la Terre primitive (stade d'« océan magmatique »), permettant ainsi la différenciation planétaire : migration du fer et du nickel vers le centre pour former le noyau dense, et flottement des silicates légers pour constituer le manteau et la croûte.
  • Il s'agit néanmoins d'une borne supérieure très idéalisée : l'accrétion s'étant étalée sur plusieurs dizaines de millions d'années, une part majeure de cette énergie a été réémise vers l'espace sous forme de rayonnement thermique au fur et à mesure de l'accrétion. De plus, les chaleurs latentes de changement d'état (fusion, vaporisation partielle) ont absorbé une fraction non négligeable de cette énergie.

Résultat

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique

Notions : décroissance radioactive, loi exponentielle

Déterminer l'expression en notant sa valeur à l'origine des temps.

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire d'ordre 1 décrivant la loi cinétique de désintégration radioactive.

Voir la réponse courte

Intégration de la cinétique du premier ordre de désintégration radioactive : N_i(t) = N_{i0}\mathrm{e}^{-\lambda_i t}.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle régissant l'évolution temporelle du nombre de noyaux radioactifs N_i(t) par unité de volume s'écrit :

\frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} = -\frac{\ln 2}{\tau_i} N_i

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants et sans second membre. En séparant les variables :

\frac{\mathrm{d}N_i}{N_i} = -\frac{\ln 2}{\tau_i}\,\mathrm{d}t

Par intégration entre l'instant initial t=0 où N_i(0)=N_{i0} et un instant t quelconque :

\ln\left(\frac{N_i(t)}{N_{i0}}\right) = -\frac{\ln 2}{\tau_i}\,t

On en déduit l'expression de la loi de décroissance radioactive :

\boxed{N_i(t) = N_{i0}\exp\left(-\frac{\ln 2}{\tau_i}\,t\right) = N_{i0}\,2^{-t/\tau_i}}

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : radioactivité, puissance volumique, bilan énergétique

Exprimer la puissance volumique pour l'élément dégagée par radioactivité dans les roches, en fonction des données utiles. En déduire la puissance totale dégagée par les trois éléments radioactifs.

Voir l'indice

Relier le nombre volumique initial N_{i0} à la fraction massique x_i, exprimer le taux d'activité volumique |\mathrm{d}N_i/\mathrm{d}t| et multiplier par l'énergie libérée \varepsilon_i par désintégration.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre initial de noyaux par unité de volume N_{i0} à partir de la masse volumique de la roche \mu, de la fraction massique x_i, de la constante d'Avogadro N_A et de la masse molaire M_i.
  2. Relier la puissance volumique p_{v,i}(t) au taux de désintégration -\frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} et à l'énergie \varepsilon_i libérée par chaque événement de désintégration.
  3. Sommer les contributions des trois éléments radioactifs (i \in \{1, 2, 3\}) pour obtenir la puissance volumique totale p_v(t).
Voir la réponse courte

Puissance volumique dégagée proportionnelle à l'activité et à l'énergie par événement, sommée sur l'ensemble des radio-isotopes.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume unité V = 1\text{ m}^3 de roche du manteau terrestre. Sa masse vaut m_{\text{roche}} = \mu V = \mu.

La masse de l'isotope X_i présente à l'origine des temps dans ce volume est :

m_{i0} = x_i \, \mu

Le nombre de noyaux par unité de volume à t=0 s'en déduit à l'aide de la masse molaire M_i et de la constante d'Avogadro N_A :

N_{i0} = \frac{m_{i0}}{M_i} N_A = \frac{\mu \, x_i N_A}{M_i}

D'après le résultat de la question Q24, le nombre de noyaux par unité de volume à l'instant t est :

N_i(t) = N_{i0} \exp\left(-\frac{\ln 2}{\tau_i} t\right)

Le nombre de désintégrations par unité de volume et par unité de temps (activité volumique) s'écrit :

a_{v,i}(t) = -\frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} = \frac{\ln 2}{\tau_i} N_i(t)

Chaque désintégration libérant l'énergie spécifique \varepsilon_i convertie en chaleur, la puissance thermique volumique dégagée par l'élément X_i est :

p_{v,i}(t) = \varepsilon_i \left( -\frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} \right) = \frac{\ln 2}{\tau_i} \varepsilon_i N_i(t)

En substituant l'expression de N_{i0}, on obtient :

\boxed{p_{v,i}(t) = \frac{\mu \, x_i N_A \varepsilon_i \ln 2}{M_i \tau_i} \exp\left(-\frac{\ln 2}{\tau_i} t\right)}

Par additivité des puissances thermiques libérées par les trois éléments radioactifs indépendants (i=1 pour ^{238}\text{U}, i=2 pour ^{232}\text{Th}, i=3 pour ^{40}\text{K}), la puissance volumique totale p_v(t) s'écrit :

\boxed{p_v(t) = \sum_{i=1}^3 p_{v,i}(t) = \mu N_A \ln 2 \sum_{i=1}^3 \frac{x_i \varepsilon_i}{M_i \tau_i} \exp\left(-\frac{\ln 2}{\tau_i} t\right)}

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique

Notions : temps de demi-vie, lecture graphique

Le graphe de la figure 6 schématise l'évolution de la puissance volumique avec le temps. Reproduire l'allure de ce graphe sur votre copie et en déduire, avec justification, la date à laquelle la puissance volumique sera réduite de moitié.

Voir l'indice

Relever graphiquement la valeur de la puissance volumique à t=0, diviser par deux cette valeur et lire sur l'abscisse temporelle la demi-vie globale apparente.

Voir la stratégie
  1. Lire sur le graphe la valeur initiale de la puissance volumique à la date t = 0.
  2. Calculer la moitié de cette valeur initiale, soit p_v(t_{1/2}) = \frac{p_v(0)}{2}.
  3. Repérer cette valeur sur l'axe des ordonnées, projeter horizontalement sur la courbe, puis verticalement sur l'axe des abscisses pour en déduire la date t_{1/2}.
  4. Reproduire l'allure du graphe en faisant figurer les axes gradués, la courbe et les pointillés de lecture.
Voir la réponse courte

Tracé de l'allure de la décroissance radioactive globale et lecture graphique de l'abscisse correspondant à la division par deux de la puissance.

Voir le corrigé complet

À l'origine des temps (t = 0), la lecture graphique donne :

p_v(0) = 12{,}55\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3}

Par définition de la date de demi-vie t_{1/2} de la puissance volumique :

p_v(t_{1/2}) = \frac{p_v(0)}{2} = \frac{12{,}55}{2} \approx 6{,}28\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3}

En traçant l'horizontale à l'ordonnée p_v \approx 6{,}28\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3} (située entre les graduations 6{,}15 et 6{,}35\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3}), on repère l'intersection avec la courbe expérimentale. La projection sur l'axe des abscisses conduit à :

\boxed{t_{1/2} \approx 4{,}9 \times 10^9\text{ ans} = 4{,}9\text{ milliards d'années}}

(une valeur comprise entre 4{,}8 et 5{,}0\text{ milliards d'années} est acceptable compte tenu de la précision de lecture).

Résultat

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : symétrie sphérique, flux thermique, loi de fourier

Justifier que le vecteur densité de courant thermique est radial. On pose . Préciser les invariances.

Voir l'indice

Invoquer l'invariance par rotation autour de tout axe passant par le centre O de la Terre pour justifier l'absence de composantes orthoradiales pour le flux thermique.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries de la Terre (sphérique et homogène, avec des sources volumiques et des conditions aux limites à symétrie sphérique) pour déterminer la direction du vecteur densité de flux thermique \vec{j}.
  2. Identifier les invariances par rotation pour déduire la dépendance spatiale de la composante algébrique j(M,t).
Voir la réponse courte

Invariance par rotation autour du centre de la Terre : la température ne dépend que de r, d'où un gradient et un flux purement radiaux.

Voir le corrigé complet

1. Caractère radial du vecteur densité de courant thermique

La Terre est modélisée par une sphère homogène dont les propriétés physiques (\mu, C, \lambda), les sources internes de chaleur radioactives et les conditions aux limites à la surface (r = R_T) présentent une symétrie sphérique de centre O.

Considérons un point M quelconque de la Terre distinct de O. Tout plan passant par le centre O et par le point M est un plan de symétrie de la distribution matérielle et des sources de chaleur. Le vecteur densité de courant thermique \vec{j}(M,t), étant un vecteur vrai (ou polaire), doit appartenir à tous les plans de symétrie du système passant par M.

L'intersection de ces plans étant la droite radiale (OM), le vecteur \vec{j}(M,t) est nécessairement porté par le vecteur unitaire radial \vec{u}_r :

\boxed{\vec{j}(M,t) = j(M,t)\,\vec{u}_r}

2. Invariances

Du fait de la symétrie sphérique du problème, le système est invariant par toute rotation autour d'un axe passant par le centre O. En coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) d'origine O :

  • la rotation d'angle quelconque autour de l'axe (Oz) confère l'invariance par rapport à l'angle azimutal \varphi : \dfrac{\partial j}{\partial \varphi} = 0 ;
  • la rotation autour de tout axe orthogonal à (Oz) assure l'invariance par rapport à la colatitude \theta : \dfrac{\partial j}{\partial \theta} = 0.

Les invariances sont donc les invariances par rotation autour du centre O (\theta et \varphi). Par conséquent, la composante j(M,t) ne dépend spatialement que de la distance radiale r :

\boxed{j(M,t) = j(r,t)}

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : bilan d'énergie, équation de diffusion, premier principe

On se place d'abord en régime variable et on prend comme système la coquille sphérique d'épaisseur , comprise entre les rayons et . Pendant la durée élémentaire , la température de ce système varie de . Expliciter le raisonnement qui permet d'obtenir la relation suivante :

Donner la signification physique de chacun de ces trois termes.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la coquille sphérique entre t et t+\mathrm{d}t en comptabilisant le flux thermique entrant en r, le flux sortant en r+\mathrm{d}r et la puissance interne générée par radioactivité.

Voir la stratégie
  1. Définir le système thermodynamique fermé correspondant à la coquille sphérique entre les rayons r et r+\mathrm{d}r.
  2. Exprimer la variation élémentaire de son énergie interne \mathrm{d}U pendant l'intervalle de temps \mathrm{d}t en fonction de la capacité thermique massique C.
  3. Établir le bilan d'énergie en recensant le transfert thermique net reçu par conduction à travers les deux surfaces limites et l'énergie thermique générée en son sein par les sources volumiques.
  4. Identifier la signification physique de chacun des trois termes de l'équation obtenue.
Voir la réponse courte

Bilan thermique sur une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r : terme de stockage thermique, flux net entrant et terme source radioactif.

Voir le corrigé complet

Considérons comme système thermodynamique fermé le milieu contenu à l'instant t dans la coquille sphérique fixe délimitée par les sphères de rayons r et r+\mathrm{d}r.

1. Volume et masse du système
L'épaisseur \mathrm{d}r étant infinitésimale, le volume élémentaire de la coquille s'écrit :

\mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r

La Terre étant supposée homogène de masse volumique \mu, la masse de cette coquille est :

\mathrm{d}m = \mu \, \mathrm{d}V = \mu \, 4\pi r^2 \mathrm{d}r

2. Variation de l'énergie interne
Le solide étant une phase condensée indilatable et incompressible, la variation d'énergie interne coïncide avec la variation d'enthalpie. Pendant la durée \mathrm{d}t, la température varie de \mathrm{d}T = \frac{\partial T}{\partial t}\mathrm{d}t ; la variation d'énergie interne du système vaut ainsi :

\mathrm{d}U = \mathrm{d}m \, C \, \mathrm{d}T = \mu C 4\pi r^2 \frac{\partial T}{\partial t} \mathrm{d}t \mathrm{d}r

3. Premier principe de la thermodynamique
En l'absence de travail utile et de travail des forces de pression (solide indilatable), le premier principe s'écrit :

\mathrm{d}U = \delta Q_{\text{cond}} + \delta Q_{\text{source}}
  • Transfert thermique par conduction :
    Le flux thermique traversant vers l'extérieur une sphère de rayon r est :

    \Phi(r) = \iint_{S(r)} \vec{j}(r,t)\cdot \vec{u}_r \, \mathrm{d}S = j(r,t) \times 4\pi r^2

    La chaleur nette reçue par la coquille à travers ses deux surfaces limites en r (entrant) et r+\mathrm{d}r (sortant) pendant la durée \mathrm{d}t est :

    \begin{aligned} \delta Q_{\text{cond}} &= \big[\Phi(r) - \Phi(r+\mathrm{d}r)\big] \mathrm{d}t \\ &= -\mathrm{d}\Phi \, \mathrm{d}t = -\mathrm{d}\!\left(j \, 4\pi r^2\right) \mathrm{d}t \end{aligned}
  • Énergie issue des sources internes :
    Pendant la durée \mathrm{d}t, la radioactivité libère dans le volume \mathrm{d}V l'énergie thermique :

    \delta Q_{\text{source}} = p_v' \, \mathrm{d}V \, \mathrm{d}t = p_v' 4\pi r^2 \mathrm{d}r \mathrm{d}t

En rassemblant ces contributions dans le bilan énergétique \mathrm{d}U = \delta Q_{\text{cond}} + \delta Q_{\text{source}}, on obtient la relation demandée :

\boxed{\mu C 4\pi r^2 \frac{\partial T}{\partial t}\mathrm{d}t\mathrm{d}r = -\mathrm{d}\!\left(j 4\pi r^2\right)\mathrm{d}t + p_v' 4\pi r^2 \mathrm{d}r \mathrm{d}t}

4. Signification physique des trois termes

  • \mu C 4\pi r^2 \frac{\partial T}{\partial t}\mathrm{d}t\mathrm{d}r représente le terme d'accumulation (ou de stockage) : c'est la variation élémentaire de l'énergie interne \mathrm{d}U emmagasinée par la coquille pendant la durée \mathrm{d}t.
  • -\mathrm{d}\!\left(j 4\pi r^2\right)\mathrm{d}t représente le terme d'échange conductif net : c'est l'énergie thermique nette reçue par conduction à travers les parois de la coquille pendant \mathrm{d}t.
  • p_v' 4\pi r^2 \mathrm{d}r \mathrm{d}t représente le terme de création ou de source : c'est l'énergie thermique générée au sein du volume de la coquille par la radioactivité pendant \mathrm{d}t.

Résultat

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Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation de diffusion, coordonnée sphérique, loi de fourier

a) Établir l'équation différentielle vérifiée par la température . b) Déterminer la loi de variation spatiale de la température dans la Terre en supposant que la température est finie au centre de celle-ci et que la puissance volumique est uniforme dans tout le volume de la Terre. La température du sol vaut . c) Déterminer l'expression de la puissance surfacique . d) On donne la puissance surfacique à la surface de la Terre . En déduire la valeur de . Commenter compte tenu de Q26.

Voir l'indice

Utiliser la loi de Fourier j = -\lambda\,\mathrm{d}T/\mathrm{d}r dans le bilan stationnaire, intégrer deux fois avec la condition de dérivée nulle en r=0 (température finie au centre) et appliquer la condition limite au sol.

Voir la stratégie
  1. En régime stationnaire, la dérivée temporelle dans le bilan d'énergie de Q28 est nulle. La loi de Fourier relie la densité de flux thermique j(r) au gradient de température pour former l'équation différentielle spatiale.
  2. On intègre successivement deux fois en appliquant les deux conditions aux limites : le caractère fini (ou la régularité par symétrie) de la température au centre r = 0, et la température imposée à la surface r = R_T.
  3. L'expression du vecteur densité de flux ou de la puissance surfacique s'obtient directement par la loi de Fourier ou par un bilan global sur une sphère de rayon r.
  4. L'application numérique fournit p_v', que l'on compare aux puissances volumiques radioactives de la figure 6.
Voir la réponse courte

Équation de diffusion stationnaire, profil parabolique T(r) avec régularité au centre, expression de j(r) et calcul de la puissance volumique moyenne actuelle.

Voir le corrigé complet

a) Équation différentielle vérifiée par T(r)

En régime stationnaire, la température ne dépend plus du temps : \frac{\partial T}{\partial t} = 0. Le bilan d'énergie établi à la question Q28 se simplifie en :

-\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(4\pi r^2 j\right)\mathrm{d}r + p_v' 4\pi r^2 \mathrm{d}r = 0 \iff \frac{1}{r^2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 j(r)\right) = p_v'

D'après la loi de Fourier, le flux conductif est purement radial :

\vec{j}(r) = -\lambda \vec{\operatorname{grad}} T(r) = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\vec{u}_r \implies j(r) = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}

En injectant cette relation dans l'équation de conservation de l'énergie, on obtient :

\boxed{\frac{1}{r^2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right) + \frac{p_v'}{\lambda} = 0}

ou encore, sous forme développée :

\frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}r^2} + \frac{2}{r}\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} + \frac{p_v'}{\lambda} = 0

b) Loi de variation spatiale de la température T(r)

En multipliant par r^2 puis en intégrant une première fois par rapport à r :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right) = -\frac{p_v'}{\lambda} r^2 \implies r^2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\frac{p_v'}{3\lambda}r^3 + C_1

soit :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\frac{p_v'}{3\lambda}r + \frac{C_1}{r^2}

Une seconde intégration donne :

T(r) = -\frac{p_v'}{6\lambda}r^2 - \frac{C_1}{r} + C_2
  • Pour que la température reste finie au centre de la Terre (r = 0), il est impératif que le terme en 1/r s'annule, d'où C_1 = 0 (ce qui traduit également la nullité du flux thermique au centre par symétrie sphérique).
  • La condition à la surface de la Terre r = R_T impose T(R_T) = T_s, ce qui fixe la constante C_2 :

    T_s = -\frac{p_v'}{6\lambda}R_T^2 + C_2 \implies C_2 = T_s + \frac{p_v' R_T^2}{6\lambda}

Le profil de température au sein de la Terre s'écrit donc :

\boxed{T(r) = T_s + \frac{p_v'}{6\lambda}\left(R_T^2 - r^2\right)}

c) Expression de la puissance surfacique j(r)

En utilisant la loi de Fourier et l'expression de la dérivée de la température :

j(r) = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\lambda \left(-\frac{p_v'}{3\lambda} r\right)

On trouve :

\boxed{j(r) = \frac{p_v'}{3} r}

d) Détermination numérique de p_v' et commentaire

En évaluant j(r) à la surface de la Terre (r = R_T) :

j(R_T) = \frac{p_v' R_T}{3} \implies p_v' = \frac{3\,j(R_T)}{R_T}

Application numérique avec les données :

\begin{aligned} j(R_T) &= 70\text{ mW}\cdot\text{m}^{-2} = 7{,}0\cdot 10^{-2}\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \\ R_T &= 6{,}4\cdot 10^6\text{ m} \end{aligned}

On calcule :

p_v' = \frac{3 \times 7{,}0\cdot 10^{-2}}{6{,}4\cdot 10^6} \approx \frac{21}{6{,}4}\cdot 10^{-8} \approx 3{,}3\cdot 10^{-8}\text{ W}\cdot\text{m}^{-3} = 33\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{p_v' \approx 3\cdot 10^{-8}\text{ W}\cdot\text{m}^{-3} = 30\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3}}

Commentaire : D'après la figure 6, la puissance volumique radioactive p_v(t) valait environ 12{,}5\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3} à l'origine (t = 0) et n'est plus que d'environ 4\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3} à 5\text{ nW}\cdot\text{m}^{-3} à l'époque actuelle (t \approx 4{,}5\text{ Ga}). La valeur p_v' nécessaire pour expliquer le flux géothermique surfacique en régime stationnaire est nettement supérieure (environ 6 à 8 fois plus grande). Cela montre que le flux géothermique actuel ne provient pas uniquement de la radioactivité résiduelle actuelle du manteau, mais résulte également du refroidissement séculaire de la Terre (chaleur primordiale d'accrétion stockée initialement, comme calculé en Q23) et de flux provenant du noyau.

Résultat

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Partie VI : Le champ magnétique terrestre

Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : dipôle magnétique, champ dipolaire, coordonnée sphérique

Donner les trois composantes du champ magnétique dans la base sphérique.

Voir l'indice

Projeter le vecteur dipolaire \vec{m} = -m\vec{u}_z = -m(\cos\theta\vec{u}_r - \sin\theta\vec{u}_\theta) dans l'expression vectorielle intrinsèque du champ dipolaire.

Voir la stratégie
  1. Décomposer le vecteur unitaire \vec{u}_z de l'axe de révolution dans la base sphérique (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_\varphi).
  2. Exprimer le moment dipolaire \vec{m} = -m\vec{u}_z et calculer le produit scalaire \vec{m}\cdot\vec{r}.
  3. Injecter ces grandeurs dans la formule intrinsèque donnée par l'énoncé pour identifier les composantes (B_r, B_\theta, B_\varphi).
Voir la réponse courte

Expression des composantes sphériques du champ dipolaire : B_r = \frac{\mu_0 m\cos\theta}{2\pi r^3}, B_\theta = \frac{\mu_0 m\sin\theta}{4\pi r^3} et B_\varphi = 0.

Voir le corrigé complet

Le point M est repéré par son vecteur position :

\vec{r} = \overrightarrow{OM} = r\,\vec{u}_r

Le vecteur unitaire \vec{u}_z de l'axe des pôles se projette dans la base sphérique sous la forme :

\vec{u}_z = \cos\theta\,\vec{u}_r - \sin\theta\,\vec{u}_\theta

D'après l'énoncé, le moment dipolaire s'écrit \vec{m} = -m\,\vec{u}_z (avec m > 0), soit :

\vec{m} = -m\cos\theta\,\vec{u}_r + m\sin\theta\,\vec{u}_\theta

Le produit scalaire avec le vecteur position \vec{r} = r\,\vec{u}_r vaut :

\vec{m}\cdot\vec{r} = -m\,r\cos\theta

Calculons le numérateur de l'expression intrinsèque du champ dipolaire :

\begin{aligned} 3(\vec{m}\cdot\vec{r})\vec{r} - r^2\vec{m} &= 3(-m\,r\cos\theta)(r\,\vec{u}_r) - r^2\left(-m\cos\theta\,\vec{u}_r + m\sin\theta\,\vec{u}_\theta\right) \\ &= -3m\,r^2\cos\theta\,\vec{u}_r + m\,r^2\cos\theta\,\vec{u}_r - m\,r^2\sin\theta\,\vec{u}_\theta \\ &= -2m\,r^2\cos\theta\,\vec{u}_r - m\,r^2\sin\theta\,\vec{u}_\theta \end{aligned}

En injectant dans l'expression du champ magnétique :

\vec{B}(M) = \frac{\mu_0}{4\pi}\frac{3(\vec{m}\cdot\vec{r})\vec{r} - r^2\vec{m}}{r^5} = -\frac{\mu_0 m}{4\pi r^3}\left(2\cos\theta\,\vec{u}_r + \sin\theta\,\vec{u}_\theta\right)

On en déduit immédiatement les trois composantes du champ magnétique dans la base sphérique :

\boxed{ B_r = -\frac{2\mu_0 m}{4\pi r^3}\cos\theta, \quad B_\theta = -\frac{\mu_0 m}{4\pi r^3}\sin\theta, \quad B_\varphi = 0 }

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : ligne de champ, dipôle magnétique, équation différentielle

Déterminer l'équation d'une ligne de champ magnétique et tracer l'allure du graphe d'une ligne de champ dans un plan méridien.

Voir l'indice

Écrire l'équation différentielle des lignes de champ \mathrm{d}r/B_r = r\,\mathrm{d}\theta/B_\theta et séparer les variables pour intégrer en \ln(r).

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'appartenance d'un déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{\ell} à une ligne de champ dans le plan méridien (\mathrm{d}\varphi = 0).
  2. Séparer les variables pour intégrer l'équation différentielle reliant r et \theta.
  3. Déterminer le sens de parcours de la ligne de champ à partir du signe des composantes obtenues en Q30, puis tracer la courbe en coordonnées polaires.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle des lignes de champ \mathrm{d}r/B_r = r\mathrm{d}\theta/B_\theta menant à r(\theta) = r_0\sin^2\theta, puis tracé de l'allure.

Voir le corrigé complet

Une ligne de champ magnétique est une courbe tangente en chacun de ses points au vecteur champ magnétique \vec{B}. Dans un plan méridien (\varphi = \text{cste}, soit \mathrm{d}\varphi = 0), le vecteur déplacement élémentaire s'écrit :

\mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}r\,\vec{u}_r + r\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta

La colinéarité entre \mathrm{d}\vec{\ell} et \vec{B} se traduit par :

\frac{\mathrm{d}r}{B_r} = \frac{r\,\mathrm{d}\theta}{B_\theta}

En utilisant les composantes établies à la question précédente :

B_r = -\frac{2\mu_0 m}{4\pi r^3}\cos\theta \quad \text{et} \quad B_\theta = -\frac{\mu_0 m}{4\pi r^3}\sin\theta

on obtient, après simplification des facteurs communs :

\frac{\mathrm{d}r}{2\cos\theta} = \frac{r\,\mathrm{d}\theta}{\sin\theta} \iff \frac{\mathrm{d}r}{r} = 2\frac{\cos\theta}{\sin\theta}\,\mathrm{d}\theta = 2\frac{\mathrm{d}(\sin\theta)}{\sin\theta}

L'intégration directe donne :

\ln r = 2\ln(\sin\theta) + \text{cste} = \ln\left(\sin^2\theta\right) + \text{cste}

soit, en notant r_0 la distance maximale atteinte dans le plan équatorial pour lequel \theta = \frac{\pi}{2} :

\boxed{r(\theta) = r_0 \sin^2\theta}

Orientation et allure de la ligne de champ :

  • À l'équateur (\theta = \pi/2) : B_r = 0 et B_\theta < 0, ce qui indique que le champ \vec{B} est dirigé dans le sens opposé à \vec{u}_\theta, c'est-à-dire vers le pôle Nord géographique.
  • Dans l'hémisphère Nord (\theta < \pi/2) : \cos\theta > 0, donc B_r < 0 : le champ \vec{B} rentre vers l'intérieur de la Terre.
  • Dans l'hémisphère Sud (\theta > \pi/2) : \cos\theta < 0, donc B_r > 0 : le champ sort de la Terre.

Les lignes de champ sortent donc de l'hémisphère Sud et convergent vers l'hémisphère Nord.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : champ magnétique terrestre, coordonnée sphérique, projection de vecteur

En un lieu du sol terrestre de latitude , expliciter la composante horizontale et la composante verticale du champ magnétique terrestre en fonction de et de .

Voir l'indice

Identifier les composantes projetées au sol : la composante horizontale dirigée vers le nord s'obtient à partir de -B_\theta et la composante verticale descendante à partir de -B_r, puis substituer \theta = \pi/2 - \Lambda.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les fonctions trigonométriques de la colatitude \theta en fonction de la latitude \Lambda = \frac{\pi}{2} - \theta.
  2. Évaluer le champ magnétique \vec{B} à la surface de la Terre (r = R_T) à partir des composantes établies à la question Q30.
  3. Identifier la composante horizontale (tangente au méridien, dirigée vers le pôle Nord) et la composante verticale (selon la normale locale).
Voir la réponse courte

Projection du champ dipolaire dans le repère local terrestre à la latitude \Lambda pour obtenir les composantes horizontale et verticale.

Voir le corrigé complet

La latitude d'un point à la surface de la Terre est reliée à la colatitude \theta par :

\theta = \frac{\pi}{2} - \Lambda

On en déduit immédiatement les relations trigonométriques :

\begin{aligned} \cos\theta &= \cos\left(\frac{\pi}{2} - \Lambda\right) = \sin\Lambda \\ \sin\theta &= \sin\left(\frac{\pi}{2} - \Lambda\right) = \cos\Lambda \end{aligned}

D'après le résultat de la question Q30, le champ magnétique créé par le dipôle \vec{m} = -m\vec{u}_z en coordonnées sphériques s'écrit pour r = R_T :

\begin{aligned} B_r(R_T, \theta) &= -\frac{2\mu_0 m}{4\pi R_T^3} \cos\theta = -\frac{2\mu_0 m}{4\pi R_T^3} \sin\Lambda \\ B_\theta(R_T, \theta) &= -\frac{\mu_0 m}{4\pi R_T^3} \sin\theta = -\frac{\mu_0 m}{4\pi R_T^3} \cos\Lambda \\ B_\varphi &= 0 \end{aligned}

Définissons le repère local terrestre au point M :

  • Le vecteur unitaire vertical ascendant est \vec{u}_r (vers le zénith).
  • Le vecteur unitaire horizontal dirigé vers le Sud géographique est \vec{u}_\theta (puisque \theta croît du pôle Nord vers le pôle Sud), le vecteur unitaire dirigé vers le Nord magnétique et géographique est donc \vec{u}_{\mathrm{Nord}} = -\vec{u}_\theta.

La composante horizontale \vec{B}_h, tangente au sol terrestre, est orientée vers le Nord géographique :

\vec{B}_h = B_\theta \vec{u}_\theta = -B_\theta \vec{u}_{\mathrm{Nord}} = B_h \vec{u}_{\mathrm{Nord}}

soit une composante horizontale :

\boxed{B_h = \frac{\mu_0 m}{4\pi R_T^3}\cos\Lambda}

La composante verticale locale, projetée sur l'axe vertical ascendant \vec{u}_r, s'écrit :

\boxed{B_{v,\mathrm{asc}} = B_r = -\frac{2\mu_0 m}{4\pi R_T^3}\sin\Lambda}

Si l'on adopte la convention usuelle en géomagnétisme où la composante verticale B_v est comptée positivement vers le bas (axe orienté vers le centre de la Terre, selon -\vec{u}_r) :

\boxed{B_{v,\mathrm{desc}} = -B_r = \frac{2\mu_0 m}{4\pi R_T^3}\sin\Lambda}

Résultat

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Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : moment dipolaire, champ magnétique terrestre, ordre de grandeur

Application numérique : sur le sol de l'équateur, l'intensité du champ magnétique est . En déduire une estimation de la valeur du dipôle magnétique terrestre.

Voir l'indice

Prendre \Lambda = 0 (équateur) où le champ est purement horizontal et inverser l'expression pour exprimer m en fonction de B, R_T et \mu_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la norme du champ magnétique au sol à l'équateur (\Lambda = 0) en exploitant les expressions établies à la question Q32.
  2. Isoler la norme m du moment dipolaire magnétique terrestre.
  3. Effectuer l'application numérique à l'aide des données du sujet et de l'annexe logarithmique.
Voir la réponse courte

Calcul du moment magnétique terrestre m = \frac{4\pi R_T^3 B}{\mu_0} \approx 6{,}7\cdot 10^{22}\text{ A}\cdot\text{m}^2 à partir de la valeur équatoriale du champ.

Voir le corrigé complet

À l'équateur terrestre, la latitude est nulle (\Lambda = 0, soit \theta = \frac{\pi}{2}). D'après les expressions obtenues à la question Q32 :

B_v = \frac{2\mu_0 m}{4\pi R_T^3}\sin(0) = 0 \quad \text{et} \quad B_h = \frac{\mu_0 m}{4\pi R_T^3}\cos(0) = \frac{\mu_0 m}{4\pi R_T^3}

Le champ magnétique est donc purement horizontal au niveau de l'équateur, et sa norme s'écrit :

B = B_h = \frac{\mu_0 m}{4\pi R_T^3}

On en déduit l'expression du moment dipolaire magnétique de la Terre :

m = \frac{4\pi}{\mu_0} B R_T^3

Sachant que \frac{\mu_0}{4\pi} = 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1} = 10^{-7}\text{ T}\cdot\text{m}\cdot\text{A}^{-1}, on a :

\begin{aligned} m &= \frac{B R_T^3}{10^{-7}} \end{aligned}

Par passage au logarithme décimal :

\log_{10}(m) = \log_{10}(B) + 3\log_{10}(R_T) + 7

Avec les données :

  • B = 2{,}6\cdot 10^{-5}\text{ T}, d'où \log_{10}(B) = -5 + \log_{10}(2{,}6) \approx -5 + 0{,}41 = -4{,}59 (d'après la courbe annexe pour x=2{,}6) ;
  • \log_{10}(R_T) = 6{,}81 (d'après le tableau de l'annexe), soit 3\log_{10}(R_T) = 20{,}43.

Il vient :

\log_{10}(m) \approx -4{,}59 + 20{,}43 + 7 = 22{,}84

La lecture inverse sur la courbe de l'annexe pour \log_{10}(x) \approx 0{,}84 donne x \approx 6{,}9 \approx 7.

Par calcul direct :

m = \frac{2{,}6\cdot 10^{-5} \times (6{,}4\cdot 10^6)^3}{10^{-7}} = 2{,}6 \times 262\cdot 10^{20} \approx 6{,}8\cdot 10^{22}\text{ A}\cdot\text{m}^2 \approx 7\cdot 10^{22}\text{ A}\cdot\text{m}^2

En conservant un chiffre significatif conformément aux consignes de l'énoncé :

\boxed{m \approx 7\cdot 10^{22}\text{ A}\cdot\text{m}^2}

(ou \text{J}\cdot\text{T}^{-1}).

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2026 ?

Surtout 4 chapitres : Thermodynamique chimique et équilibres (18 % des questions, partie IV), Diffusion thermique (17 %, partie V), Référentiels non galiléens et forces d'inertie (14 %, partie II) et Dipôles électrique et magnétique (12 %, partie VI). Plus ponctuellement : Électrostatique, Acide-base, précipitation, complexation, Atomistique et classification périodique, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Cinématique et dynamique du point…

Peut-on travailler le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2026 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 12 questions sur 33 (36 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q9, Q13 à Q15, Q17 à Q19 et Q22 à Q26. Avec les autres programmes de première année : 12 en PCSI, 12 en PTSI, 12 en MP2I, 10 en TSI1 et 10 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2026 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie IV est la plus longue (environ 55 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CCINP Physique-Chimie MP 2026 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q3 (principe de superposition), Q8 (équipotentielle), Q10 (différence de chemin optique) et Q29 (équation de diffusion).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2026 ?

Questions de cours : Q1 (théorème de gauss), Q4 (champ de pesanteur), Q11 (enthalpie de réaction), Q18 (constante d'acidité), Q20 (résistance thermique), Q24 (décroissance radioactive), Q27 (symétrie sphérique) et Q30 (dipôle magnétique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (théorème de gauss), Q22 (énergie potentielle de gravitation), Q28 (bilan d'énergie) et Q31 (ligne de champ).

Où gagner des points facilement dans le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2026 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (20 sur 33), par exemple : Q1, Q2, Q4 à Q6, Q9, Q13 à Q15, Q17, Q18, Q20, Q23 à Q27, Q30, Q32 et Q33. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q7, Q8, Q21, Q22 et Q28.

Le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2026 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge le sujet de niveau adapté et à difficulté graduelle, mais légèrement long, avec une moyenne de 8,79 sur 20. Écart-type : 3,57 (6 790 présents).

Comment gérer la divergence en r = 0 pour la diffusion thermique en Q29 ?

Imposer une température finie au centre de la Terre. Comme le milieu est plein et ne comporte pas de singularité physique, la solution générale issue de l'intégration comporte un terme en 1/r dont la constante multiplicative doit être fixée à zéro.

Quel piège de signe guette l'expression du champ dipolaire en Q30 ?

L'orientation du moment dipolaire : l'énoncé pose \vec{m} = -m\vec{u}_z, dirigé vers le pôle Sud. Les composantes sphériques B_r et B_\theta comportent donc un signe moins par rapport aux formules classiques du cours établies pour un dipôle aligné selon +\vec{u}_z.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.