Corrigé détaillé E3A Physique Chimie MP 2021
Mission prolongée pour la sonde Juno
- 46 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en MPSI : 28 questions sur 46, parties Partie I.I.1, Partie I.I.2 et Partie II.II.2
- Vérifié question par question
Le sujet en bref
Sujet moyen · Mouvement dans un champ de force centrale, Électrostatique, Diffusion thermique et diffusion de particules · 17 incontournables · 28 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet pluridisciplinaire s'articule autour de la mission spatiale Juno et de l'exploration de Jupiter. Très varié, il balaie un large spectre du programme de physique-chimie de la filière MP : mécanique képlérienne, optique instrumentale, analogie gravitation-électrostatique, conduction thermique stationnaire, cristallographie du germanium et thermochimie industrielle.
D'un abord très accessible et sans piège calculatoire majeur, cette épreuve constitue un excellent support de révision transversale pour consolider les fondamentaux et s'entraîner à la rigueur de rédaction ainsi qu'au respect scrupuleux des unités.
- Difficulté
- Moyen, d'après le rapport du jury
- Temps estimé
- ≈ 3 h 10 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Mouvement dans un champ de force centrale20 %
- Électrostatique14 %
- Diffusion thermique et diffusion de particules11 %
- Thermodynamique chimique et équilibres11 %
Part des questions du sujet.
- Incontournables
17 questions classiques, à savoir refaire :
- Première année
Oui en MPSI : 28 questions sur 46, parties Partie I.I.1, Partie I.I.2 et Partie II.II.2.
Où gagner des points
38 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncéAfficher ou masquer la section
Où gagner des points
Rapides et accessibles (38) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.
Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
Parties indépendantes
Les trois parties (mécanique et champ gravitationnel, thermique et cristallographie, accumulateurs électrochimiques) sont totalement indépendantes et peuvent être traitées dans n'importe quel ordre.
Données en annexe
Les données astronomiques, cristallographiques et thermodynamiques utiles sont toutes rassemblées en fin d'énoncé.
Comment utiliser ce corrigé
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Sommaire
46 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
46 questionsPartie Partie I : Les caractéristiques de Jupiter
I.1 · Observer Jupiter depuis la Terre
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : loi de kepler, gravitation
Énoncer la troisième loi de Kepler, puis estimer la masse de Jupiter en précisant la méthode utilisée. Comparer cette valeur à celle fournie en fin de sujet.
Voir l'indiceIndice
Exprimer le rapport T^2/a^3 = 4\pi^2/(\mathscr{G}M_J) pour l'un des satellites galiléens puis en déduire la masse de Jupiter.
Voir la stratégieStratégie
- Énoncer la troisième loi de Kepler dans le cadre d'un système à deux corps où la masse du satellite est négligeable devant celle de l'astre attracteur.
- Exprimer littéralement la masse M_J de Jupiter à partir de la relation issue du principe fondamental de la dynamique appliqué à un mouvement circulaire uniforme.
- Réaliser l'application numérique sur un ou plusieurs satellites du tableau 1, puis calculer l'écart relatif avec la valeur fournie dans les données.
Voir la réponse courteRéponse courte
Troisième loi de Kepler T^2/a^3 = 4\pi^2/(\mathscr{G}M_J) appliquée à un satellite de Jupiter pour isoler et calculer M_J.
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1. Énoncé de la troisième loi de Kepler
Pour un satellite de masse m en orbite képlérienne autour d'un astre attracteur de masse M (avec m \ll M), le rapport entre le carré de la période de révolution T et le cube du demi-grand axe a de la trajectoire est une constante indépendante du satellite :
2. Estimation de la masse de Jupiter
Les orbites des satellites étant quasi circulaires de rayon r, le demi-grand axe s'identifie au rayon (a = r). La masse de Jupiter s'exprime donc sous la forme :
En convertissant les distances en mètres et les périodes en secondes (1\text{ jour} = 86\,400\text{ s}) :
Pour Io :
\begin{aligned} r_1 &= 4{,}218 \cdot 10^5\text{ km} = 4{,}218 \cdot 10^8\text{ m} \\ T_1 &= 1{,}769\text{ jour} = 1{,}769 \times 86\,400\text{ s} \approx 1{,}5284 \cdot 10^5\text{ s} \\ M_{J,\text{Io}} &= \frac{4\pi^2 \times (4{,}218 \cdot 10^8)^3}{6{,}67 \cdot 10^{-11} \times (1{,}5284 \cdot 10^5)^2} \approx 1{,}90 \cdot 10^{27}\text{ kg} \end{aligned}Pour les autres satellites :
- Europe : M_{J,\text{Europe}} \approx 1{,}90 \cdot 10^{27}\text{ kg}
- Ganymède : M_{J,\text{Ganymède}} \approx 1{,}90 \cdot 10^{27}\text{ kg}
- Callisto : M_{J,\text{Callisto}} \approx 1{,}90 \cdot 10^{27}\text{ kg}
La moyenne sur les quatre satellites donne :
3. Comparaison avec la valeur fournie
La valeur fournie en fin de sujet (Document 2) est M_{J,\text{énoncé}} = 1{,}97 \cdot 10^{27}\text{ kg}. L'écart relatif est :
L'accord est très satisfaisant ; le faible écart s'explique par les incertitudes sur les paramètres orbitaux et par l'approximation d'une orbite rigoureusement circulaire.
Résultat
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La troisième loi de Kepler est méconnue par une part importante des candidats.
« Question souvent mal traitée. La troisième loi de Kepler est méconnue par un nombre conséquent d’étudiants. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : masse volumique
Calculer la masse volumique moyenne de cette planète.
Voir l'indiceIndice
Rapporter la masse calculée au volume d'une sphère de rayon R_J : \rho_J = 3M_J/(4\pi R_J^3).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de la masse volumique moyenne \varrho = M_J / (\frac{4}{3}\pi R_J^3).
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La planète Jupiter est modélisée par une sphère de rayon R_J. Son volume s'écrit :
La masse volumique moyenne \rho_J de Jupiter est alors définie par le rapport de sa masse M_J sur son volume V_J :
D'après les données fournies en fin de sujet :
- M_J = 1{,}97 \cdot 10^{27}\text{ kg} ;
- R_J = 7{,}0 \cdot 10^4\text{ km} = 7{,}0 \cdot 10^7\text{ m}.
L'application numérique donne :
En conservant deux chiffres significatifs compte tenu de la précision sur le rayon R_J :
Remarque : En utilisant la valeur estimée à la question Q1 (M_J \approx 1{,}90 \cdot 10^{27}\text{ kg}), on obtient \rho_J \approx 1{,}3 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}.
Résultat
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La formule du volume d'une boule doit être connue et les chiffres significatifs respectés.
« Le volume d’une boule n’est pas toujours connu. Des applications numériques parfois absurdes et des problèmes de chiffres significatifs. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : diamètre apparent
Calculer l'angle maximal (en radians) sous lequel Jupiter est vue depuis la Terre.
Voir l'indiceIndice
À l'opposition, la distance minimale vaut d_J - d_T ; appliquer l'approximation des petits angles \alpha_{\max} \approx 2R_J/(d_J - d_T).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la distance Terre-Jupiter D et déterminer la configuration géométrique pour laquelle cette distance est minimale, ce qui correspond à l'angle apparent maximal \alpha_{\max}.
- Relier l'angle \alpha_{\max} au diamètre de Jupiter 2R_J et à la distance minimale D_{\min} dans l'approximation des petits angles.
- Effectuer l'application numérique avec les grandeurs fournies en fin de sujet.
Voir la réponse courteRéponse courte
Diamètre apparent maximal \alpha_{\text{max}} \approx 2R_J / (D_{SJ} - D_{ST}) obtenu lors de l'opposition.
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Les trajectoires de la Terre et de Jupiter étant modélisées par des cercles coplanaires et concentriques de rayons respectifs d_T et d_J, la distance D entre la Terre et Jupiter varie au cours du temps entre deux valeurs extrêmes :
- une distance maximale à la conjonction : D_{\max} = d_J + d_T ;
- une distance minimale à l'opposition : D_{\min} = d_J - d_T.
D'après la figure 2, l'angle \alpha représente le diamètre apparent sous lequel Jupiter est observée depuis la Terre. Cet angle est maximal lorsque la distance entre les deux planètes est minimale :
Puisque le rayon de Jupiter R_J est très petit devant la distance Terre-Jupiter (R_J \ll D_{\min}), on se place dans le cadre de l'approximation des petits angles :
L'angle maximal \alpha_{\max} s'exprime donc sous la forme :
Application numérique avec les données :
- R_J = 7{,}0 \cdot 10^4\text{ km}
- d_J = 7{,}80 \cdot 10^8\text{ km}
- d_T = 1{,}50 \cdot 10^8\text{ km}
En conservant deux chiffres significatifs :
Résultat
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Il est particulièrement recommandé d'illustrer la démarche par un schéma.
« Question assez bien traitée. Illustrer la démarche par un schéma est pertinent ! »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : période de révolution, vitesse angulaire
Cette situation est la plus favorable à l'observation et porte le nom d'opposition de Jupiter. À l'aide des données fournies, évaluer la période de révolution sidérale de Jupiter ainsi que la durée s'écoulant entre deux oppositions de celle-ci.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la 3e loi de Kepler pour l'orbite jovienne héliocentrique, puis écrire la relation des vitesses angulaires relatives pour la période synodique.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la troisième loi de Kepler aux mouvements de révolution de la Terre et de Jupiter autour du Soleil pour déterminer la période de révolution sidérale T_J.
- Exprimer la condition géométrique de retour à l'alignement Soleil-Terre-Jupiter (période synodique T_{\mathrm{syn}}) à partir des vitesses angulaires orbitales des deux planètes tournant dans le même sens.
Voir la réponse courteRéponse courte
Troisième loi de Kepler pour T_J, puis relation synodique 1/T_{\text{syn}} = 1/T_T - 1/T_J pour l'intervalle entre oppositions.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Période de révolution sidérale T_J de Jupiter
Dans le référentiel héliocentrique supposé galiléen, la troisième loi de Kepler s'applique à toute planète de masse négligeable devant celle du Soleil en orbite circulaire de rayon d :
En appliquant cette loi à la Terre et à Jupiter, on obtient :
D'où l'expression de la période sidérale de Jupiter :
Application numérique :
2. Durée s'écoulant entre deux oppositions (période synodique T_{\mathrm{syn}})
L'opposition correspond à la configuration où le Soleil, la Terre et Jupiter sont alignés dans cet ordre. Les deux planètes tournent autour du Soleil dans le même sens avec des vitesses angulaires respectives :
Comme d_T < d_J, on a \omega_T > \omega_J : la Terre tourne plus vite que Jupiter. Une nouvelle opposition se produit dès que la Terre a pris un tour complet d'avance sur Jupiter, soit un écart angulaire de 2\pi :
On en déduit l'expression de la période synodique :
Application numérique :
Résultat
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La détermination de la durée entre deux oppositions n'a été réussie que par de rares candidats.
« Seul(e)s quelques candidat(e)s ont su déterminer la durée entre deux oppositions de Jupiter. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : lunette astronomique, système afocal
À quelle condition l'œil d'un observateur, supposé sans défaut, n'accommode-t-il pas (ne se fatigue pas) ? En déduire la position relative de l'objectif et de l'oculaire dans ce cas de figure. Ce système optique possède-t-il des foyers ? Comment se nomme un tel système optique ?
Voir l'indiceIndice
Un œil emmétrope n'accommode pas lorsqu'il vise à l'infini ; le foyer image de l'objectif doit coïncider avec le foyer objet de l'oculaire (système afocal).
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler les caractéristiques d'un œil emmétrope au repos pour identifier la position de l'image finale.
- Chaîner les conjugaisons à travers l'objectif puis l'oculaire pour relier les foyers des deux lentilles et déterminer l'encombrement O_1O_2.
- Caractériser la nature du système optique global (position des foyers, dénomination).
Voir la réponse courteRéponse courte
Vision sans accommodation si l'image intermédiaire est au foyer oculaire (F'_1 = F_2) : le système est afocal sans foyers à distance finie.
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- Condition de non-accommodation de l'œil : Un œil normal (emmétrope), supposé sans défaut, n'accommode pas lorsqu'il observe un objet situé à son punctum remotum, qui est situé à l'infini. L'image définitive fournie par la lunette astronomique doit donc être rejetée à l'infini.
Position relative de l'objectif et de l'oculaire : L'astre observé étant situé à une distance quasi-infinie, l'objectif (\mathcal{L}_1) en donne une image intermédiaire A_1B_1 située dans son plan focal image, soit en F'_1.
Pour que l'oculaire (\mathcal{L}_2) donne de cette image intermédiaire une image finale à l'infini, A_1B_1 doit nécessairement être située dans le plan focal objet de l'oculaire, soit en F_2.
Les foyers F'_1 et F_2 doivent donc être confondus :
\boxed{F'_1 = F_2}La distance séparant les centres optiques des deux lentilles convergentes vaut alors :
\boxed{O_1O_2 = O_1F'_1 + F_2O_2 = f'_1 + f'_2}Avec f'_1 = 100\text{ cm} et f'_2 = 10\text{ cm}, l'encombrement de l'instrument est de O_1O_2 = 110\text{ cm}.
Propriétés du système global : Un objet situé à l'infini ayant son image à l'infini, ce système optique ne possède pas de foyers à distance finie.
Un tel système est qualifié de système afocal (la lunette est réglée en configuration afocale).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La coïncidence des foyers image de l'objectif et objet de l'oculaire devait être rigoureusement justifiée.
« l’explication permettant d’affirmer que le foyer principal image de l’objectif doit être confondu avec le foyer principal objet de l’oculaire est très souvent non justifiée ou mal justifiée. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : condition de gauss, tracé de rayons
Rappeler les conditions de Gauss. Reproduire la figure 3, sans respecter les échelles, et compléter la marche du rayon incident d'angle avec l'axe optique en faisant clairement apparaître les traits de construction. Indiquer l'angle sous lequel est vue la planète à travers l'instrument sous ces mêmes conditions.
Voir l'indiceIndice
Définir l'approximation paraxial (rayons peu inclinés et proches de l'axe) et construire le point intermédiaire dans le plan focal commun F'_1 \equiv F_2.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler les deux critères caractérisant les conditions de Gauss (rayons paraxiaux) et leur conséquence sur la qualité des images.
- Réaliser la construction géométrique pour une lunette afocale (F'_1 \equiv F_2) : utiliser le rayon incident auxiliaire non dévié passant par O_1 pour déterminer la position de l'image intermédiaire B_1 dans le plan focal image de l'objectif, puis le rayon auxiliaire issu de B_1 passant par O_2 pour déterminer la direction du faisceau émergent.
- Identifier et flécher les angles \alpha et \alpha' formés avec l'axe optique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Énoncé des conditions de Gauss et tracé du faisceau incliné émergeant parallèlement à travers l'oculaire avec définition de \alpha'.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Conditions de Gauss
Les conditions de Gauss sont satisfaites lorsque le système optique fonctionne dans l'approximation des rayons paraxiaux :
- les rayons lumineux sont peu inclinés par rapport à l'axe optique (petits angles d'incidence) ;
- les rayons traversent les dioptres ou lentilles au voisinage immédiat de l'axe optique (proches des centres optiques).
Ces conditions assurent un stigmatisme et un aplanétisme approchés, limitant ainsi considérablement les aberrations géométriques.
2. Marche du rayon lumineux et identification de l'angle \alpha'
D'après la question Q5, la lunette est afocale, de sorte que le foyer principal image de l'objectif F'_1 est confondu avec le foyer principal objet de l'oculaire F_2 :
Pour construire le trajet du rayon incident incliné d'un angle \alpha sur l'axe optique (\Delta) :
- On trace le rayon auxiliaire (fictif) parallèle au rayon incident et passant par le centre optique O_1 de l'objectif. Ce rayon n'est pas dévié et coupe le plan focal image commun en B_1, foyer secondaire image de (\mathcal{L}_1) ;
- Le rayon incident, après traversée de (\mathcal{L}_1) en un point I_1, passe nécessairement par ce point image B_1 et atteint l'oculaire (\mathcal{L}_2) en I_2 ;
- Puisque B_1 appartient au plan focal objet de (\mathcal{L}_2), tous les rayons issus de B_1 émergent de l'oculaire parallèlement entre eux, dans la direction de la droite (B_1 O_2) ;
- Le rayon émergent issu de I_2 est donc parallèle à la droite (B_1 O_2) et forme avec l'axe optique l'angle \alpha' sous lequel la planète est vue à travers l'instrument.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le tracé du rayon incident et le vocabulaire employé ont manqué de rigueur.
« Le tracé de la marche du rayon lumineux est souvent faux »
« Le jury souligne également le manque de rigueur dans le vocabulaire utilisé. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : grossissement, pouvoir de résolution
Déterminer le grossissement de la lunette en fonction de et de et calculer celui-ci. Jupiter pourra-t-elle être discernée correctement avec une telle lunette ?
Voir l'indiceIndice
Calculer le rapport angulaire G = \alpha'/\alpha = -f'_1/f'_2 et comparer le diamètre apparent amplifié au pouvoir séparateur de l'œil.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la taille de l'image intermédiaire A_1B_1 formée dans le plan focal image de l'objectif en fonction de \alpha et f'_1, puis en déduire l'angle d'émergence \alpha' à travers l'oculaire en fonction de f'_2 dans l'approximation de Gauss.
- Calculer le grossissement G, puis déterminer le diamètre apparent \alpha' de Jupiter à travers la lunette pour le comparer au pouvoir de résolution de l'œil \varepsilon_{\text{œ{}il}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Grossissement G = -f'_1/f'_2 et comparaison du diamètre apparent amplifié au pouvoir séparateur de l'œil.
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L'objet (Jupiter) étant situé à l'infini, l'objectif (\mathcal{L}_1) en donne une image intermédiaire A_1 B_1 située dans son plan focal image, qui coïncide avec le plan focal objet de l'oculaire (\mathcal{L}_2) (F'_1 \equiv F_2 \equiv A_1).
Dans le cadre de l'approximation paraxiale de Gauss, l'angle incident \alpha et la dimension algébrique de l'image intermédiaire vérifient :
Cette image intermédiaire sert d'objet pour l'oculaire. Comme elle est située dans son plan focal objet, les rayons émergent parallèles entre eux sous un angle \alpha' donné par :
(le signe négatif traduit le fait que le faisceau émergent est incliné vers le haut alors que B_1 est situé sous l'axe optique).
Le grossissement angulaire de la lunette afocale s'écrit donc :
En valeur absolue, le grossissement vaut :
Application numérique : Avec f'_1 = 100\text{ cm} et f'_2 = 10\text{ cm} :
Discernabilité de Jupiter :
Convertissons le pouvoir de résolution de l'œil en radians :
D'après la question Q3, le diamètre apparent maximal de Jupiter à l'œil nu est :
Comme \alpha_{\max} < \varepsilon_{\text{œ{}il}}, Jupiter ne peut pas être résolue à l'œil nu : elle est perçue comme un point lumineux.
À travers la lunette astronomique, le diamètre apparent sous lequel Jupiter est vue devient :
On constate que :
\boxed{\text{\text{Le diamètre apparent à travers la lunette dépasse largement la limite de résolution de l'œ{}il :}}} Jupiter n'apparaît plus comme un point, mais comme un disque étendu et peut donc être correctement discernée.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'utilisation de la valeur du grossissement pour conclure n'a pas été spontanée.
« L’utilisation de la valeur du grossissement pour déterminer si Jupiter peut être vue distinctement avec la lunette astronomique n’est pas spontanée. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
I.2 · La trajectoire de la sonde Juno
Question 8
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I
Notions : vitesse de libération, énergie mécanique
En appliquant le théorème de l'énergie mécanique à l'objet M entre l'instant initial (M à la surface de la Terre) et l'instant final (M à l'infini), déterminer la vitesse de libération en tenant compte de l'accélération de la pesanteur supposée constante à la surface de la Terre. Calculer numériquement .
Voir l'indiceIndice
Poser la conservation de l'énergie mécanique entre la surface terrestre et l'infini avec une vitesse résiduelle nulle, puis relier \mathscr{G}M_T à g R_T^2.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système et le référentiel d'étude, puis faire le bilan des forces (uniquement la force de gravitation conservative).
- Exprimer l'énergie mécanique initiale à la surface de la Terre et l'énergie mécanique minimale à l'infini pour un état de libération.
- Appliquer la conservation de l'énergie mécanique et relier le produit \mathscr{G} M_T à l'accélération de la pesanteur à la surface g.
Voir la réponse courteRéponse courte
Théorème de l'énergie mécanique avec \mathscr{E}_{m} \ge 0 à l'infini : v_\ell = \sqrt{2gR_T}.
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On étudie l'objet \mathrm{M} de masse m dans le référentiel géocentrique supposé galiléen. En négligeant les frottements atmosphériques, l'objet n'est soumis qu'à la force d'attraction gravitationnelle exercée par la Terre (assimilée à une distribution sphérique de masse M_T).
Cette force dérive d'une énergie potentielle gravitationnelle :
en choisissant l'origine de l'énergie potentielle à l'infini (E_p(\infty) = 0).
L'énergie mécanique de l'objet s'écrit :
Puisque la seule force appliquée est conservative, l'énergie mécanique se conserve au cours du mouvement : \Delta E_m = 0.
À l'état initial (à la surface de la Terre, r = R_T) :
E_m(i) = \frac{1}{2} m v_\ell^2 - \frac{\mathscr{G} M_T m}{R_T}À l'état final (r \to \infty) : pour que la vitesse de lancement soit minimale, l'objet doit arriver à l'infini avec une vitesse nulle (v_\infty = 0), d'où :
E_m(f) = E_c(\infty) + E_p(\infty) = 0
La conservation de l'énergie mécanique impose E_m(i) = E_m(f) = 0, soit :
À la surface de la Terre, l'intensité de la pesanteur g s'identifie au champ de gravitation :
On en déduit l'expression de la deuxième vitesse cosmique (vitesse de libération) :
Application numérique : Avec g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et R_T = 6{,}4 \cdot 10^3\text{ km} = 6{,}4 \cdot 10^6\text{ m} :
Soit, avec deux chiffres significatifs :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il ne fallait pas utiliser à tort l'expression de l'énergie potentielle de pesanteur uniforme.
« Cette question a souvent conduit à des réponses erronées en utilisant l’énergie potentielle de pesanteur Ep = mgz ! »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : référentiel galiléen, centre de masse
Dans quelle circonstance est-il légitime de supposer que le centre de Jupiter est immobile ? Justifier alors l'approximation galiléenne du référentiel jupiterocentrique.
Voir l'indiceIndice
Invoquer la disproportion des masses m \ll M_J ainsi que la faible accélération d'entraînement sur la durée considérée.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la cause du mouvement du centre de Jupiter : d'une part son orbite autour du Soleil, d'autre part l'influence gravitationnelle de la sonde Juno.
- Discuter les échelles de temps et de masse justifiant l'immobilité du centre O de Jupiter dans le référentiel héliocentrique.
- En déduire le caractère galiléen approché du référentiel jupiterocentrique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Masse de Jupiter prépondérante devant ses satellites et durée d'étude courte devant sa révolution héliocentrique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le centre O de Jupiter peut être considéré comme immobile dans le référentiel héliocentrique dans deux contextes complémentaires :
- Négligeabilité de l'action de la sonde sur la planète : la masse de la sonde est infime devant celle de Jupiter (m \ll M_J). Le centre de masse du système {Jupiter + sonde} est pratiquement confondu avec le centre O de Jupiter, de sorte que l'action en retour de la sonde sur Jupiter est rigoureusement négligeable.
- Échelle de temps de l'étude : la période de révolution orbitale de Jupiter autour du Soleil est d'environ T_J \approx 11{,}9\text{ ans} (d'après la question Q4), soit près de 4\,330\text{ jours}. Sur une durée d'étude courte devant cette période orbitale (comme une fraction de révolution de la sonde de période 53\text{ jours}), le mouvement orbital de Jupiter autour du Soleil peut être assimilé localement à un mouvement rectiligne uniforme, voire à une quasi-immobilité.
Le référentiel jupiterocentrique \mathscr{R} est en translation par rapport au référentiel héliocentrique (supposé galiléen). L'accélération d'entraînement d'un point lié à \mathscr{R} est donc l'accélération du centre de Jupiter : \vec{a}_e = \vec{a}(O)_{/\text{hélio}}.
- Si l'on néglige le mouvement orbital de Jupiter sur la durée d'observation (\vec{a}(O)_{/\text{hélio}} \approx \vec{0}), le référentiel jupiterocentrique est immobile par rapport au référentiel héliocentrique galiléen, donc galiléen.
- Plus rigoureusement, le référentiel jupiterocentrique étant en chute libre dans le champ gravitationnel solaire, le champ des forces d'inertie d'entraînement -m\vec{a}(O)_{/\text{hélio}} compense exactement la force gravitationnelle exercée par le Soleil sur la sonde (terme de marée solaire négligeable compte tenu de la très faible extension de l'orbite de la sonde par rapport à la distance héliocentrique d_J).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Les justifications relatives au caractère galiléen étaient trop souvent confuses.
« Les justifications données sont trop souvent confuses. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 10
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : moment cinétique, mouvement plan
En appliquant le théorème du moment cinétique dans le référentiel jupiterocentrique, montrer que le moment cinétique est constant au cours du temps. Conclure que le mouvement de la sonde est plan. Définir ce plan.
Voir l'indiceIndice
La force gravitationnelle étant centrale de centre O, son moment en O est nul ; en déduire que \vec{r} reste orthogonal au vecteur moment cinétique fixe.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le théorème du moment cinétique à la sonde P par rapport au centre fixe O dans le référentiel jupiterocentrique galiléen en exploitant le caractère central de la force de gravitation.
- Utiliser l'orthogonalité entre le vecteur position \vec{r} et le vecteur moment cinétique \overrightarrow{L_{O}} pour montrer que la trajectoire est contenue dans un plan fixe que l'on précisera.
Voir la réponse courteRéponse courte
La force gravitationnelle est centrale en O, donc \frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} = \vec{0} : conservation du moment cinétique et trajectoire plane.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On étudie la sonde Juno, assimilée au point matériel P de masse m, dans le référentiel jupiterocentrique \mathscr{R} supposé galiléen (d'après la question Q9).
La sonde est soumise à la seule interaction gravitationnelle de Jupiter :
Il s'agit d'une force centrale de centre O. Le moment de cette force par rapport au pôle O est donc nul à chaque instant :
Le point O étant fixe dans le référentiel galiléen \mathscr{R}, le théorème du moment cinétique appliqué au point P en O s'écrit :
Par conséquent :
Le moment cinétique est bien un vecteur constant au cours du mouvement.
Pour en déduire la nature de la trajectoire, effectuons le produit scalaire du vecteur position \vec{r} = \overrightarrow{OP} avec \overrightarrow{L_{O,P/\mathscr{R}}} :
Cette relation découle des propriétés du produit mixte, nul dès lors que deux vecteurs sont colinéaires.
La sonde étant sur une orbite non dégénérée, la vitesse initiale n'est pas colinéaire à la position initiale, donc \overrightarrow{L_{O,P/\mathscr{R}}} \neq \vec{0}. Le vecteur position \overrightarrow{OP} reste orthogonal au vecteur constant \overrightarrow{L_{O,P/\mathscr{R}}}.
Ce plan est le plan fixe passant par le centre O de Jupiter, orthogonal au vecteur moment cinétique \overrightarrow{L_{O,P/\mathscr{R}}}, et contenant la position initiale P_0 ainsi que le vecteur vitesse initiale \vec{v}_0.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'établissement de la planéité de la trajectoire a posé des difficultés.
« Des difficultés dans l’établissement de la planéité de la trajectoire. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I
Notions : coordonnée polaire, cinématique du point
Déterminer les expressions du vecteur position et du vecteur vitesse dans la base polaire .
Voir l'indiceIndice
Dériver le vecteur position \vec{r} = r\,\vec{u}_r par rapport au temps dans le référentiel jupiterocentrique.
Voir la stratégieStratégie
Le mouvement de la sonde P étant plan (d'après la question Q10), on repère le point P dans le plan de sa trajectoire par ses coordonnées polaires (r, \theta) de pôle O. On exprime le vecteur position, puis on le dérive par rapport au temps dans le référentiel jupiterocentrique \mathscr{R}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression des vecteurs position \vec{r} = r\vec{u}_r et vitesse \vec{v} = \dot{r}\vec{u}_r + r\dot{\theta}\vec{u}_\theta.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le repère polaire associé à la base orthonormée directe (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta), le point P est repéré par rapport au centre O par :
Le vecteur vitesse de la sonde dans le référentiel jupiterocentrique \mathscr{R} s'obtient par dérivation temporelle du vecteur position :
Or, la base locale tourne à la vitesse angulaire \dot{\theta} :
On en déduit l'expression de la vitesse :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'expression du vecteur vitesse en coordonnées polaires doit être impérativement sue.
« Quelques candidats ne savent toujours pas exprimer le vecteur vitesse en paramétrage polaire ! »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 12
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : constante des aires, loi des aires
On définit le vecteur par . En exprimant dans la base cylindrique orthonormée directe , montrer que est une constante du mouvement que l'on exprimera en fonction de .
Voir l'indiceIndice
Calculer le produit vectoriel \vec{r} \wedge \vec{v} dans la base polaire et identifier la composante axiale.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le vecteur \vec{C} = \frac{\overrightarrow{L_{O,P/\mathscr{R}}}}{m} = \vec{r} \wedge \overrightarrow{v_{P/\mathscr{R}}} à l'aide des expressions polaires établies à la question Q11.
- Effectuer le produit vectoriel dans la base orthonormée directe (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z).
- Utiliser la conservation du moment cinétique (établie à la question Q10) pour en déduire la constance de r^2 \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} et relier cette quantité à C = \vec{C} \cdot \vec{u}_z.
Voir la réponse courteRéponse courte
Produit vectoriel \vec{r} \wedge \vec{v} = r^2\dot{\theta}\vec{u}_z = C\vec{u}_z, établissant la loi des aires.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q11, les vecteurs position et vitesse de la sonde s'écrivent :
Le vecteur \vec{C} s'exprime donc par le produit vectoriel :
Sachant que (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z) est une base orthonormée directe, on a :
Il vient ainsi :
D'après la question Q10, le moment cinétique \overrightarrow{L_{O,P/\mathscr{R}}} est un vecteur constant au cours du temps, donc le vecteur \vec{C} est également un vecteur constant.
En projetant sur l'axe fixe (\vec{u}_z), la composante scalaire C = \vec{C} \cdot \vec{u}_z est constante, d'où :
La quantité r^2 \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} est donc bien une constante du mouvement, égale à la constante des aires C.
Résultat
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : énergie potentielle effective, énergie mécanique
Déterminer l'énergie mécanique de la sonde et montrer qu'elle se met sous la forme :
Justifier que se conserve.
Voir l'indiceIndice
Exprimer l'énergie cinétique en éliminant \dot{\theta} au profit de C, puis ajouter l'énergie potentielle gravitationnelle de référence nulle à l'infini.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'énergie cinétique de la sonde dans la base polaire et y substituer le terme orthoradial à l'aide de la constante des aires C obtenue à la question Q12.
- Déterminer l'énergie potentielle gravitationnelle E_p(r) associée à la force d'attraction de Jupiter.
- En déduire l'énergie mécanique \mathscr{E}_m = E_c + E_p pour faire apparaître l'énergie potentielle effective U_{\text{eff}}(r), puis justifier sa conservation en appliquant le théorème de l'énergie mécanique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Écriture de \mathscr{E}_m = \frac{1}{2}m(\dot{r}^2 + r^2\dot{\theta}^2) + E_p(r) et substitution de r\dot{\theta} = C/r.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q11, le vecteur vitesse de la sonde dans le référentiel jupiterocentrique \mathscr{R} s'écrit \overrightarrow{v_{P/\mathscr{R}}} = \dot{r}\,\vec{u}_r + r\dot{\theta}\,\vec{u}_\theta. L'énergie cinétique de la sonde est donc :
D'après la question Q12, la constante des aires vaut C = r^2\dot{\theta}, ce qui permet d'exprimer la composante orthoradiale en fonction de C :
La sonde n'est soumise qu'à la force d'interaction gravitationnelle exercée par Jupiter :
Cette force est conservative et dérive d'une énergie potentielle E_p(r) vérifiant :
En intégrant et en choisissant classiquement l'origine des potentiels à l'infini (E_p(\infty) = 0), on obtient :
L'énergie mécanique totale \mathscr{E}_m de la sonde s'écrit donc :
En regroupant les termes ne dépendant que de la coordonnée radiale r, on identifie l'énergie potentielle effective U_{\text{eff}}(r) :
Conservation de l'énergie mécanique : Dans le référentiel jupiterocentrique \mathscr{R} supposé galiléen (question Q9), la seule force appliquée à la sonde est la force gravitationnelle, qui est conservative et ne dépend pas explicitement du temps (\partial E_p/\partial t = 0). Aucune force non conservative n'effectue de travail. D'après le théorème de l'énergie mécanique, l'énergie mécanique totale \mathscr{E}_m est rigoureusement constante au cours du temps :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'obtention de l'expression de l'énergie potentielle effective a souvent reposé sur des calculs erronés.
« L’établissement de l’énergie potentielle effective Ueffa été souvent obtenue à partir de calculs faux. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : énergie potentielle effective, trajectoire
Tracer l'allure de et discuter les trajectoires possibles de la sonde en fonction de . On distinguera en particulier les états qualifiés de liés de ceux dits de diffusion.
Voir l'indiceIndice
Étudier les variations de la fonction U_{\text{eff}}(r) présentant une barrière centrifuge en 1/r^2 et un puits attractif en -1/r.
Voir la stratégieStratégie
- Étudier succinctement la fonction U_{\text{eff}}(r) (limites, dérivée, extremum) pour en tracer l'allure.
- Utiliser la condition de positivité de l'énergie cinétique radiale \frac{1}{2}m\dot{r}^2 = \mathscr{E}_m - U_{\text{eff}}(r) \ge 0 pour déterminer les domaines de distance accessibles.
- Classer les mouvements selon la valeur de \mathscr{E}_m en identifiant la nature de la trajectoire (cercle, ellipse, parabole, hyperbole) et le type d'état (lié ou de diffusion).
Voir la réponse courteRéponse courte
Allure de U_{\text{eff}}(r) avec puits de potentiel : états liés pour \mathscr{E}_m < 0 et de diffusion pour \mathscr{E}_m \ge 0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q13, l'énergie potentielle effective s'écrit :
1. Étude de U_{\text{eff}}(r) :
- Au voisinage de l'origine (r \to 0^+), le terme répulsif centrifuge domine : \lim_{r \to 0^+} U_{\text{eff}}(r) = +\infty.
- À l'infini (r \to +\infty), le potentiel tend vers zéro par valeurs négatives : \lim_{r \to +\infty} U_{\text{eff}}(r) = 0^-.
La dérivée par rapport à r s'exprime par :
\frac{\mathrm{d}U_{\text{eff}}}{\mathrm{d}r}(r) = -\frac{mC^2}{r^3} + \frac{\mathscr{G}mM_J}{r^2} = \frac{m}{r^3}\left(\mathscr{G}M_J r - C^2\right)Cette dérivée s'annule pour un unique rayon r_0 :
r_0 = \frac{C^2}{\mathscr{G}M_J}En ce point, le potentiel effectif atteint son minimum absolu noté U_{\min} :
U_{\min} = U_{\text{eff}}(r_0) = \frac{mC^2}{2\left(\frac{C^2}{\mathscr{G}M_J}\right)^2} - \frac{\mathscr{G}mM_J}{\frac{C^2}{\mathscr{G}M_J}} = -\frac{m(\mathscr{G}M_J)^2}{2C^2} < 0
2. Discussion des trajectoires en fonction de \mathscr{E}_m :
L'énergie cinétique radiale \frac{1}{2}m\dot{r}^2 = \mathscr{E}_m - U_{\text{eff}}(r) étant nécessairement positive ou nulle, le mouvement n'est possible que dans les domaines où \mathscr{E}_m \ge U_{\text{eff}}(r).
- Cas \mathscr{E}_m < U_{\min} : Aucune région de l'espace ne vérifie \mathscr{E}_m \ge U_{\text{eff}}(r) : le mouvement est impossible.
- Cas \mathscr{E}_m = U_{\min} : Le seul rayon accessible est r = r_0. La vitesse radiale est constamment nulle (\dot{r} = 0), la distance au centre reste constante : la trajectoire est un cercle de rayon r_0. C'est un état lié.
- Cas U_{\min} < \mathscr{E}_m < 0 : Le mouvement est confiné dans l'intervalle fini [r_{\min}, r_{\max}], où r_{\min} (périastre) et r_{\max} (apoastre) sont les points de rebroussement où \dot{r} = 0. La sonde ne peut s'éloigner indéfiniment de Jupiter : la trajectoire est une ellipse dont Jupiter occupe l'un des foyers. Il s'agit d'un état lié.
- Cas \mathscr{E}_m = 0 : Le domaine accessible est r \in [r_{\min}, +\infty[. La sonde peut s'éloigner à l'infini avec une vitesse résiduelle nulle : la trajectoire est une parabole. C'est le cas limite d'un état de diffusion.
- Cas \mathscr{E}_m > 0 : Le domaine accessible est r \in [r_{\min}, +\infty[. La sonde provient de l'infini, s'approche jusqu'au périastre r_{\min}, puis repart vers l'infini avec une vitesse résiduelle non nulle (v_\infty = \sqrt{2\mathscr{E}_m/m}) : la trajectoire est une hyperbole. Il s'agit d'un état de diffusion.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le tracé du graphe et la discussion sur la nature des trajectoires ont posé problème.
« Le tracé du graphe Ueff= f(r) ainsi que la discussion de la nature des différentes trajectoires a posé des problèmes. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : ellipse, énergie mécanique
En utilisant les données, déterminer le demi-grand axe de l'orbite elliptique de la sonde. Exprimer, sans justifier, en fonction de . En déduire une première équation liant la distance minimale , la distance maximale et . Montrer également que et vérifient la relation suivante :
Ces deux relations permettent de déterminer et , ce que l'on ne demande pas.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la troisième loi de Kepler à l'orbite de Juno, puis utiliser \mathscr{E}_m = -\mathscr{G}m M_J/(2a) et les points tournants où \dot{r}=0.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la troisième loi de Kepler au mouvement de la sonde autour de Jupiter pour calculer la valeur numérique du demi-grand axe a à partir de sa période orbitale T = 53\text{ jours}.
- Rappeler l'expression classique de l'énergie mécanique \mathscr{E}_m pour une trajectoire képlérienne elliptique en fonction de a, puis en déduire la relation géométrique entre r_{\min}, r_{\max} et a.
- Utiliser l'annulation de la composante radiale de la vitesse (\dot{r} = 0) aux apsides (r_{\min} et r_{\max}) dans l'équation de conservation de l'énergie mécanique pour former une équation du second degré en r et établir la relation demandée via le produit des racines.
Voir la réponse courteRéponse courte
Identification 2a = r_{\text{min}} + r_{\text{max}}, \mathscr{E}_m = -\mathscr{G}mM_J/(2a) et racines de l'équation du second degré U_{\text{eff}}(r) = \mathscr{E}_m.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Détermination du demi-grand axe a :
D'après la troisième loi de Kepler appliquée au mouvement orbital de la sonde autour de Jupiter (en négligeant la masse de la sonde devant celle de la planète géante) :
Avec les valeurs numériques fournies :
- \mathscr{G} = 6{,}67 \cdot 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2} ;
- M_J = 1{,}97 \cdot 10^{27}\text{ kg} ;
- T = 53\text{ jours} = 53 \times 86\,400\text{ s} \approx 4{,}579 \cdot 10^6\text{ s}.
L'application numérique donne :
2. Expression de \mathscr{E}_m et première relation liant r_{\min}, r_{\max} et a :
Pour une trajectoire képlérienne elliptique de demi-grand axe a, l'énergie mécanique s'écrit :
Sur une ellipse où le centre de force O occupe l'un des foyers, le grand axe correspond à la somme de la distance au péricentre r_{\min} et de la distance à l'apocentre r_{\max} :
3. Établissement de la relation pour le produit r_{\min} r_{\max} :
D'après l'expression établie à la question Q13 :
Aux points extrémaux de la trajectoire (péricentre r_{\min} et apocentre r_{\max}), la distance r(t) passe par un extremum, d'où \dot{r} = 0. Les distances r_{\min} et r_{\max} sont donc les deux solutions réelles de l'équation \mathscr{E}_m = U_{\mathrm{eff}}(r) :
En multipliant par r^2 et en réorganisant sous forme d'équation polynomiale du second degré en r :
Puisque \mathscr{E}_m \neq 0, cette équation du second degré admet pour racines r_{\min} et r_{\max}. Le produit des racines d'une équation de la forme A r^2 + B r + C_0 = 0 vaut r_{\min} r_{\max} = \frac{C_0}{A}. Ici :
On en déduit directement :
Résultat
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Question très sélective, abordée uniquement par les meilleurs candidats.
« Cette question n’a été traitée que par les meilleur(e)s candidat(e)s. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
I.3 · La structure interne de Jupiter
Question 16
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Question de cours
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I
Notions : champ de gravitation, force gravitationnelle
Comment s'exprime la force de gravitation exercée par une distribution de masse sur un point matériel P de masse en fonction du champ de gravitation ?
Voir l'indiceIndice
Écrire la relation de proportionnalité directe \vec{F} = m\,\vec{G}(P) entre la force et le champ gravitationnel.
Voir la réponse courteRéponse courte
Relation vectorielle fondamentale \vec{F} = m\vec{G}(P).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition du champ de gravitation \overrightarrow{G}(P), la force gravitationnelle \vec{F} exercée par la distribution de masse sur un point matériel P de masse m s'exprime sous la forme :
Résultat
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L'expression de la force de gravitation à partir du champ doit être maîtrisée.
« L’expression de la force d’interaction gravitationnelle subie en fonction du champ gravitationnel n’est pas toujours sue. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 17
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : analogie électrostatique, champ électrostatique
Dresser une analogie entre les équations (3) et celles de l'électrostatique. Quelle est la différence fondamentale entre l'électrostatique et la gravitation ?
Voir l'indiceIndice
Identifier le rôle analogue de \varrho avec \rho_{\text{ch}}/\varepsilon_0 et noter que la masse est toujours positive, rendant la gravitation purement attractive.
Voir la réponse courteRéponse courte
Analogie q \leftrightarrow m, \varepsilon_0^{-1} \leftrightarrow -4\pi\mathscr{G} ; masse toujours positive donc gravitation toujours attractive.
Voir le corrigé completCorrigé complet
En électrostatique, le champ électrique \vec{E} créé par une distribution continue de charges stationnaire de densité volumique \rho vérifie les équations locales (équation de Maxwell-Gauss et caractère irrotationnel) :
En comparant avec les équations (3) régissant le champ de gravitation stationnaire :
on identifie l'analogie formelle suivante :
| Gravitation | Électrostatique | |
|---|---|---|
| Champ gravitationnel \vec{G} | \longleftrightarrow | Champ électrique \vec{E} |
| Masse volumique \varrho | \longleftrightarrow | Densité volumique de charge \rho |
| Masse m | \longleftrightarrow | Charge q |
| Constante -4\pi\mathscr{G} | \longleftrightarrow | Constante \displaystyle\frac{1}{\varepsilon_0} \quad \left(\text{soit } -\mathscr{G} \longleftrightarrow \frac{1}{4\pi\varepsilon_0}\right) |
Différence fondamentale :
- La masse m (et donc la masse volumique \varrho) est une grandeur toujours strictement positive. Par conséquent, l'interaction gravitationnelle entre deux corps matériels est toujours attractive.
- En revanche, la charge électrique q (et la densité \rho) peut être de signe positif ou négatif. Ainsi, les forces électrostatiques peuvent être aussi bien attractives (charges de signes contraires) que répulsives (charges de même signe).
Ce caractère exclusivement attractif de la gravitation se traduit mathématiquement par la présence du signe négatif devant la constante 4\pi\mathscr{G} dans l'équation de divergence locale.
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La différence fondamentale entre gravitation et électrostatique a rarement été trouvée.
« La différence attendue n’est pas souvent trouvée. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : potentiel électrostatique, équation de poisson
Le potentiel gravitationnel est pour l'analogue de ce qu'est le potentiel électrostatique pour le champ électrostatique. Laquelle des deux équations précédentes (3) permet d'assurer l'existence d'un potentiel gravitationnel pour le champ de gravitation ? Écrire l'équation existant entre et , au signe près. En déduire que le potentiel gravitationnel satisfait l'équation de Poisson et préciser alors le choix du signe effectué :
Voir l'indiceIndice
La nullité du rotationnel assure l'existence locale du potentiel scalaire vérifiant \vec{G} = -\vec{\nabla}\Phi.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la condition d'irrotationnalité parmi les équations locales (3) pour justifier l'existence d'un potentiel scalaire.
- Relier le champ de gravitation \vec{G} au gradient du potentiel gravitationnel \Phi au signe près.
- Appliquer l'opérateur divergence à cette relation et utiliser l'équation de Maxwell-Gauss gravitationnelle pour identifier le signe conduisant à l'équation (4).
Voir la réponse courteRéponse courte
Relation \vec{G} = -\vec{\nabla}\Phi assurée par \vec{\nabla}\wedge\vec{G}=\vec{0}, puis \Delta\Phi = 4\pi\mathscr{G}\varrho via Maxwell-Gauss gravitationnel.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation qui assure l'existence d'un potentiel gravitationnel scalaire \Phi est celle traduisant l'irrotationnalité du champ de gravitation :
En effet, sur un domaine simplement connexe, tout champ vectoriel de rotationnel nul dérive d'un potentiel scalaire, car l'identité vectorielle \overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,f) = \vec{0} est vérifiée pour tout champ scalaire f.
Au signe près, la relation entre le champ gravitationnel \vec{G} et son potentiel \Phi s'écrit :
Prenons la divergence de cette expression et utilisons la définition du laplacien scalaire donnée en fin de sujet, \Delta \Phi = \operatorname{div}(\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,\Phi) :
Or, d'après la première équation locale de (3) :
On en déduit :
Pour retrouver l'équation de Poisson imposée par l'énoncé, à savoir \Delta \Phi = 4\pi\mathscr{G}\varrho, il convient de choisir le signe moins :
On obtient bien alors l'équation de Poisson :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 19
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : théorème de gauss
Énoncer le théorème de Gauss liant le champ électrostatique à la distribution volumique de charge . En s'appuyant sur l'analogie établie entre l'électrostatique et la gravitation, montrer que le champ gravitationnel créé par une distribution de masse volumique satisfait la relation 5, étant la masse contenue à l'intérieur de la surface fermée ,
Voir l'indiceIndice
Partir de la forme locale \text{div}\,\vec{G} = -4\pi\mathscr{G}\varrho et intégrer sur le volume intérieur en appliquant le théorème de Green-Ostrogradsky.
Voir la stratégieStratégie
- Énoncer le théorème de Gauss en électrostatique sous forme intégrale en définissant clairement la surface fermée orientée et la charge intérieure.
- Rappeler le dictionnaire d'analogie entre électrostatique et gravitation déduit des équations locales de Maxwell-Gauss et de Newton.
- Transposer le résultat pour établir le théorème de Gauss gravitationnel (relation 5), puis le conforter éventuellement par le théorème de Green-Ostrogradski.
Voir la réponse courteRéponse courte
Énoncé de Gauss électrostatique et transposition directe par analogie pour obtenir le flux gravitationnel.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Énoncé du théorème de Gauss en électrostatique
Le flux du champ électrostatique \vec{E} à travers toute surface fermée \Sigma, orientée vers l'extérieur et englobant un volume \mathcal{V}_{\text{int}}, est égal au quotient par la permittivité diélectrique du vide \varepsilon_0 de la charge électrique totale Q_{\text{int}} contenue à l'intérieur de \Sigma :
où \overrightarrow{\mathrm{d}S_M} est l'élément d'aire orienté suivant la normale sortante à la surface \Sigma, et \varrho_e la distribution volumique de charge.
2. Analogie électrostatique - gravitation
D'après les équations locales régissant le champ gravitationnel (relation 3 de l'énoncé) comparées à l'équation de Maxwell-Gauss \operatorname{div} \vec{E} = \dfrac{\varrho_e}{\varepsilon_0}, les correspondances sont :
- Champ de force : \vec{E} \longleftrightarrow \vec{G} ;
- Densité volumique de source : \varrho_e \longleftrightarrow \varrho (masse volumique) ;
- Facteur de couplage : \dfrac{1}{\varepsilon_0} \longleftrightarrow -4\pi\mathscr{G} ;
- Source totale intérieure : Q_{\text{int}} \longleftrightarrow M_{\text{int}} = \iiint_{\mathcal{V}_{\text{int}}} \varrho(P) \, \mathrm{d}\tau.
3. Obtention de la relation (5)
En appliquant directement cette transposition formelle au théorème de Gauss électrostatique, on obtient le théorème de Gauss gravitationnel :
Remarque : On retrouve immédiatement ce résultat par application du théorème de la divergence (Green-Ostrogradski) combiné à l'équation locale \operatorname{div}\vec{G} = -4\pi\mathscr{G}\varrho :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le théorème de Gauss doit être énoncé par des phrases et chaque terme explicité.
« L’énoncé d’une loi ou d’un théorème (en l’occurrence ici le théorème de Gauss) doit être effectué à l’aide de phrases. Se contenter d’une formule sans explicitation des différents termes a été sanctionné. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : symétrie et invariances
Justifier très précisément que le champ de gravitation est nécessairement de la forme , où est la norme du champ de gravitation.
Voir l'indiceIndice
Invoquer les plans de symétrie passant par le centre O et l'invariance par rotation autour de tout axe passant par O.
Voir la stratégieStratégie
Pour déterminer la forme du champ de gravitation, on procède en trois étapes rigoureuses :
- Analyse des invariances de la distribution pour établir les variables dont dépend le champ ;
- Analyse des symétries de la distribution pour fixer la direction du vecteur champ ;
- Caractère attractif de l'interaction gravitationnelle pour justifier le sens du vecteur et l'apparition du signe négatif devant la norme G(r).
Voir la réponse courteRéponse courte
Tout plan contenant O et M est plan de symétrie de la distribution sphérique, d'où \vec{G}(M) = -G(r)\vec{u}_r.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Étude des invariances : La distribution de masse possède une géométrie sphérique et sa masse volumique \varrho(r) ne dépend que de la coordonnée radiale r. Elle est donc invariante par toute rotation d'angles \theta et \varphi autour du centre O. Le champ gravitationnel \overrightarrow{G}(M) ne dépend donc pas des coordonnées angulaires \theta et \varphi :
2. Étude des symétries : Soit M(r, \theta, \varphi) un point de l'espace. Tout plan contenant la droite (OM) est un plan de symétrie de la distribution de masse. En particulier :
- Le plan méridien (M, \vec{u}_r, \vec{u}_\theta) est plan de symétrie de la distribution ;
- Le plan (M, \vec{u}_r, \vec{u}_\varphi) est également plan de symétrie de la distribution.
Le champ gravitationnel étant un vecteur polaire (analogue au champ électrostatique, issu d'une force centrale en 1/r^2), le vecteur \overrightarrow{G}(M) appartient à tous les plans de symétrie de la distribution passant par M.
Il est donc porté par l'intersection de ces plans, c'est-à-dire la droite (OM) de vecteur directeur \vec{u}_r :
3. Sens du champ de gravitation : La masse étant une grandeur toujours positive (\varrho \ge 0), l'interaction gravitationnelle est exclusivement attractive. La force gravitationnelle \vec{F} = m\,\overrightarrow{G}(M) exercée sur une masse d'épreuve m > 0 est donc constamment dirigée vers le centre attracteur O.
Le champ gravitationnel est par conséquent centripète, c'est-à-dire orienté vers O, dans le sens opposé à \vec{u}_r. En notant G(r) = \|\overrightarrow{G}(M)\| > 0 la norme du champ, sa composante radiale est G_r(r) = -G(r). On en déduit :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'analyse des symétries et invariances doit être menée sur les sources du champ.
« On rappelle que l’étude des invariances et des symétries doit concerner les sources du champ gravitationnel pour en déduire des propriétés de symétrie de ce dernier. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 21
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I
Notions : distribution de masse, intégrale volumique
On note la masse contenue dans la boule de rayon . Montrer alors que :
Voir l'indiceIndice
Intégrer la masse volumique sur des coquilles sphériques concentriques de volume élémentaire 4\pi r'^2\mathrm{d}r'.
Voir la stratégieStratégie
Pour calculer la masse totale contenue dans une boule à symétrie sphérique, on intègre la masse volumique sur le volume de la boule, soit directement en coordonnées sphériques par découpage angulaire, soit par découpage en couches sphériques concentriques élémentaires.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration par couches sphériques d'épaisseur \mathrm{d}r' : \mathrm{d}M = \varrho(r') 4\pi r'^2 \mathrm{d}r'.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La masse M(r) contenue dans la boule \mathcal{B}(r) de rayon r centrée en O est donnée par l'intégrale volumique de la masse volumique \varrho :
En coordonnées sphériques (r', \theta, \varphi), l'élément de volume s'écrit :
Comme la distribution ne dépend que de la coordonnée radiale r', la fonction \varrho(r') est indépendante des angles \theta et \varphi. On peut ainsi séparer les intégrales :
On obtient bien la relation demandée :
Résultat
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Notions : théorème de gauss, potentiel électrostatique
En utilisant le théorème de Gauss pour la gravitation, déterminer dans le cas de ce modèle pour . On rappelle que est la masse de Jupiter que l'on définira à l'aide de . Tracer le graphe de pour . Donner l'expression du potentiel gravitationnel dont dérive le champ de gravitation pour en le prenant nul à l'infini.
Voir l'indiceIndice
Choisir une sphère de Gauss de rayon r > R englobant toute la masse M_J, puis intégrer \mathrm{d}\Phi/\mathrm{d}r = G(r) avec \Phi(\infty)=0.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la masse totale M_J de Jupiter à partir de la fonction de masse M(r) définie à la question Q21 en r = R.
- Choisir une surface de Gauss adaptée aux symétries sphériques du problème pour calculer le flux gravitationnel sortant et appliquer le théorème de Gauss (établi en Q19) afin d'isoler la norme G(r).
- Tracer le graphe de la fonction r \longmapsto G(r) pour r \ge R (décroissance en 1/r^2).
- Relier le champ de gravitation à son potentiel scalaire via la relation \vec{G} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,\Phi (établie en Q18) et intégrer en tenant compte de la condition aux limites à l'infini.
Voir la réponse courteRéponse courte
Flux sur la sphère de rayon r > R donnant G(r) = \mathscr{G}M_J/r^2, tracé et intégration pour \Phi(r) = -\mathscr{G}M_J/r.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La matière étant confinée dans la boule de rayon R (soit \varrho(r) = 0 pour tout r > R), la masse totale de la planète M_J s'identifie à la masse contenue dans la sphère de rayon R :
Pour déterminer le champ de gravitation pour r > R, choisissons comme surface de Gauss \Sigma la sphère de centre O et de rayon r > R, orientée par le vecteur normal unitaire sortant \vec{n} = \vec{u}_r. L'élément d'aire s'écrit \overrightarrow{\mathrm{d}S}_M = \mathrm{d}S\,\vec{u}_r.
D'après la question Q20, le champ gravitationnel est radial et s'écrit \overrightarrow{G}(M) = -G(r)\,\vec{u}_r. Le flux gravitationnel sortant à travers \Sigma vaut :
La masse contenue à l'intérieur de \Sigma étant égale à la masse totale de Jupiter (M_{\mathrm{int}} = M(R) = M_J), le théorème de Gauss pour le champ gravitationnel (question Q19) donne :
On en déduit immédiatement la norme du champ gravitationnel à l'extérieur de la planète :
ce qui correspond vectoriellement à :
D'après la question Q18, le champ de gravitation dérive du potentiel gravitationnel selon la relation \vec{G} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,\Phi. Par symétrie sphérique, \Phi ne dépend que de r, donc :
Il vient ainsi :
Par intégration pour r > R :
où C est une constante d'intégration. La condition d'un potentiel nul à l'infini (\lim_{r\to+\infty}\Phi(r) = 0) impose C = 0. On obtient donc :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : coordonnée sphérique, accélération centripète
Exprimer, en fonction de ses deux coordonnées sphériques et et de , le vecteur accélération du centre P du volume élémentaire dans le référentiel jupiterocentrique.
Voir l'indiceIndice
Exprimer la distance à l'axe de rotation H P = r\sin\theta et projeter l'accélération centripète normale -\omega_{\text{sid}}^2\overrightarrow{HP} sur la base sphérique.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la nature de la trajectoire du point P dans le référentiel jupiterocentrique : un mouvement circulaire uniforme autour de l'axe polaire (Oz), avec une vitesse angulaire \omega_{\text{sid}} et un rayon de rotation donné par la distance à l'axe.
- Exprimer l'accélération centripète associée en fonction de la distance à l'axe (Oz), R_c = r\sin\theta, et du vecteur unitaire radial cylindrique \vec{u}_\rho.
- Projeter ce vecteur dans la base sphérique locale (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_\phi) pour obtenir une expression explicite en fonction des coordonnées sphériques r et \theta.
Voir la réponse courteRéponse courte
Accélération centripète de rotation uniforme \vec{a} = -\omega_{\text{sid}}^2 r\sin\theta\,\vec{u}_\rho projetée en base sphérique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le référentiel jupiterocentrique supposé galiléen, le point matériel P (qui est fixe dans le référentiel lié à Jupiter) effectue un mouvement de rotation circulaire uniforme autour de l'axe (Oz) à la vitesse angulaire constante \omega_{\text{sid}}.
En notant H le projeté orthogonal de P sur l'axe polaire (Oz), le rayon de la trajectoire circulaire de P est la distance à l'axe :
où \theta est la colatitude.
L'accélération d'un point en mouvement circulaire uniforme est purement centripète, dirigée vers le centre de rotation H :
où \vec{u}_\rho est le vecteur unitaire radial des coordonnées cylindriques lié à l'axe (Oz).
Dans le plan méridien contenant l'axe (Oz) et le point P, le vecteur unitaire \vec{u}_\rho se décompose dans la base sphérique locale (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta) selon :
En substituant cette projection dans l'expression de l'accélération, on obtient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'expression de l'accélération en coordonnées sphériques a posé de nombreuses difficultés.
« L’expression du vecteur accélération a posé de nombreux problèmes. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : force centrifuge, pesanteur apparente
Jupiter possède la forme d'un ellipsoïde de révolution. Le rayon polaire possède la valeur et le rayon équatorial possède la valeur . Comment expliquer simplement la forme de cette planète ?
Voir l'indiceIndice
Interpréter le renflement équatorial par l'effet de la force d'inertie centrifuge perpendiculaire à l'axe des pôles.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la cause physique de la déformation : la rotation propre rapide de Jupiter autour de son axe polaire (Oz).
- Analyser l'effet mécanique dans le référentiel tournant lié à la planète (force d'inertie centrifuge) ou dans le référentiel jupiterocentrique galiléen (accélération centripète calculée en Q23).
- Conclure sur la conséquence géométrique : un renflement équatorial et un aplatissement polaire (R_E > R_P).
Voir la réponse courteRéponse courte
Force d'inertie d'entraînement centrifuge maximale à l'équateur et nulle aux pôles, bombant la planète à l'équateur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La forme aplatie aux pôles et renflée à l'équateur s'explique par la rotation propre rapide de Jupiter sur elle-même (T_{\text{sid}} \approx 0{,}41\text{ jour} \approx 9{,}8\text{ h}).
Plaçons-nous dans le référentiel tournant lié à Jupiter, non galiléen. Tout élément de fluide de masse \delta m, situé à une distance \rho = r\sin\theta de l'axe de rotation (Oz), subit en plus de l'attraction gravitationnelle :
une force d'inertie d'entraînement centrifuge dirigée orthogonalement vers l'extérieur de l'axe de rotation :
\vec{f}_{\text{ie}} = \delta m\,\omega_{\text{sid}}^2\,\vec{HP} = \delta m\,\omega_{\text{sid}}^2\,r\sin\theta\,\vec{u}_\rho
- Aux pôles (\theta = 0 ou \pi) : la distance à l'axe de rotation est nulle (\rho = 0), la force centrifuge est donc nulle. Seule l'attraction gravitationnelle s'exerce, sans effet d'éloignement.
- À l'équateur (\theta = \pi/2) : la distance à l'axe est maximale (\rho = R_E), la force centrifuge centrifuge est dirigée radialement vers l'extérieur, en opposition directe avec l'attraction gravitationnelle. Elle diminue la pesanteur effective locale.
Jupiter étant une planète géante essentiellement fluide (gazeuse et liquide), sa surface s'ajuste pour adopter une surface d'équilibre équipotentielle du champ de pesanteur effectif (combinant potentiel gravitationnel et potentiel centrifuge). Cette surface libre d'équilibre présente un renflement à l'équateur et un aplatissement aux pôles, ce qui conduit à :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait penser au caractère non galiléen du référentiel et à la force d'inertie d'entraînement.
« Le caractère non galiléen du référentiel d’étude ainsi que la présence d’une force d’inertie d’entraînement n’ont été que très peu cités. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 25
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Notions : moment d'inertie
Si Jupiter était assimilable en l'absence de rotation propre à une boule pleine, homogène, de masse volumique uniforme évaluée à la question Q2, quelle devrait être la valeur de la constante ?
Voir l'indiceIndice
Remplacer I_J par la formule fournie pour une boule homogène et utiliser l'expression de la masse M_J = \frac{4}{3}\pi\varrho R_J^3.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la masse M_J d'une sphère homogène de rayon R_J et de masse volumique uniforme \varrho.
- Utiliser l'expression du moment d'inertie diamétral I_J fournie par l'énoncé.
- Former le rapport sans dimension K = \dfrac{I_J}{M_J R_J^2}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Moment d'inertie d'une boule homogène I = \frac{2}{5}M_J R_J^2, d'où K = 2/5 = 0{,}4.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour une boule pleine de rayon R_J, à répartition volumique de masse homogène \varrho (évaluée en Q2), la masse totale s'écrit :
D'après l'énoncé, le moment d'inertie diamétral d'une telle distribution sphérique homogène vaut :
On en déduit la valeur de la constante sans dimension K :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La détermination et l'exploitation de la valeur de la constante ont posé problème.
« Lorsque la valeur de K a été trouvée, son interprétation a été bien plus problématique. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 26
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : moment d'inertie
L'étude du champ de gravitation par la sonde Juno permettra l'estimation de la constante . En quoi la connaissance de est-elle intéressante ?
Voir l'indiceIndice
La valeur réelle de K < 0{,}40 renseigne sur la distribution interne et la présence d'un cœur dense d'éléments lourds au centre.
Voir la stratégieStratégie
Pour expliciter l'intérêt de la mesure de la constante adimensionnée K = \frac{I_J}{M_J R_J^2}, on reliera :
- La valeur de K à la répartition radiale de la masse à l'intérieur de la planète (écart au modèle homogène K = 0{,}40) ;
- Les informations déduites sur le noyau interne aux deux scénarios de formation de Jupiter présentés en introduction du problème.
Voir la réponse courteRéponse courte
Un K < 0{,}4 indique une concentration de masse vers le cœur de la planète (structure interne différenciée).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le moment d'inertie diamétral s'écrit de manière générale pour une distribution sphérique de masse volumique \varrho(r) :
La constante K = \frac{I_J}{M_J R_J^2} est donc un indicateur direct de la concentration radiale de masse au sein de la planète :
- Si la masse est uniformément répartie, on a K = 0{,}40 (d'après la question Q25) ;
- Si la masse est d'autant plus concentrée vers le centre, les éléments de masse se situent à plus faible distance r, ce qui réduit I_J et conduit à K < 0{,}40 (en réalité, K \approx 0{,}25 pour Jupiter) ;
- Inversement, une répartition surfacique conduirait à K = \frac{2}{3} \approx 0{,}67.
L'estimation de K par la sonde Juno présente donc deux intérêts majeurs :
- Sonder la structure interne : elle permet de contraindre les modèles de structure interne (figure 6) en quantifiant la présence, la masse et l'extension d'un noyau dense d'éléments lourds (silicates, fer) et la transition vers l'hydrogène métallique ;
- Trancher entre les scénarios de formation (décrits en introduction) : confirmer l'existence d'un noyau massif d'une dizaine de masses terrestres soutient le premier scénario (nucléation par accrétion solide puis effondrement gazeux), tandis qu'un noyau diffus ou absent favoriserait le second scénario (effondrement gravitationnel direct du nuage protosolaire).
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'interprétation physique de la valeur de la constante a été rarement réussie.
« Lorsque la valeur de K a été trouvée, son interprétation a été bien plus problématique. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : facteur de boltzmann, distribution de boltzmann
Calculer la valeur de qui rend maximale. On l'appelle vitesse la plus probable d'agitation thermique et on la note .
Voir l'indiceIndice
Annuler la dérivée première de la fonction f(v_r) par rapport à v_r ou maximiser son logarithme.
Voir la stratégieStratégie
La fonction de distribution des vitesses de Maxwell-Boltzmann f(v_r) est strictement positive pour v_r > 0. Pour déterminer son maximum, il est particulièrement aisé d'étudier la dérivée de \ln f(v_r) par rapport à v_r.
Voir la réponse courteRéponse courte
Annulation de la dérivée de la densité de probabilité de Maxwell-Boltzmann f(v) pour obtenir v_c = \sqrt{2k_B T / m}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La densité de probabilité de la vitesse s'écrit, d'après l'équation (8) :
Pour v_r > 0, la fonction f(v_r) est strictement positive. La recherche du maximum de f équivaut à la recherche du maximum de sa fonction logarithme népérien :
En dérivant par rapport à v_r :
La dérivée s'annule pour une valeur positive v_c vérifiant :
Comme la dérivée seconde est :
cette valeur correspond bien à un maximum unique de la distribution.
La vitesse la plus probable d'agitation thermique vaut ainsi :
avec M = m \mathscr{N}_A la masse molaire de l'espèce considérée et R = k_B \mathscr{N}_A la constante des gaz parfaits.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le calcul littéral de la vitesse la plus probable exigeait une bonne aisance en calcul.
« L’expression de la vitesse la plus probable a été obtenue par les candidat(e)s à l’aise dans la conduite du calcul littéral. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : vitesse de libération, facteur de boltzmann
Expliquer alors pourquoi, contrairement à l'atmosphère terrestre, l'atmosphère de Jupiter peut être riche en dihydrogène ou hélium. On pourra comparer les valeurs des vitesses de libération de la Terre et de Jupiter.
Voir l'indiceIndice
Comparer la vitesse thermique la plus probable v_c au critère de fuite atmosphérique v_c \ll v_\ell pour la Terre et pour Jupiter.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer et calculer la vitesse de libération à la surface de Jupiter v_{\ell, J}, puis la comparer à celle de la Terre obtenue à la question Q8 (v_{\ell, T} \approx 11{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}).
- Évaluer la vitesse thermique la plus probable v_c pour les gaz légers (\mathrm{H}_2 et \mathrm{He}) sur Terre et sur Jupiter (à l'aide de la température indiquée sur la figure 6 pour la haute atmosphère de Jupiter).
- Conclure sur la capacité de rétention gravitationnelle (critère d'échappement de Jeans).
Voir la réponse courteRéponse courte
Comparaison de v_c avec la vitesse de libération jovienne : v_\ell \gg v_c, les gaz légers ne peuvent pas s'échapper.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Vitesse de libération de Jupiter
Par un bilan énergétique analogue à celui de la question Q8, la vitesse de libération à la surface de Jupiter s'écrit :
Application numérique :
À comparer à la vitesse de libération terrestre :
2. Vitesses thermiques caractéristiques
La vitesse la plus probable d'agitation thermique obtenue à la question Q27 s'écrit :
avec R = \mathscr{N}_A k_B \approx 8{,}31\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Sur Jupiter : dans les couches supérieures, la figure 6 indique une température T_J \approx 165\text{ K}.
\begin{aligned} v_{c, J}(\mathrm{H}_2) &= \sqrt{\frac{2 \times 8{,}31 \times 165}{2{,}0 \cdot 10^{-3}}} \approx 1{,}17 \cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 1{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \\ v_{c, J}(\mathrm{He}) &= \sqrt{\frac{2 \times 8{,}31 \times 165}{4{,}0 \cdot 10^{-3}}} \approx 0{,}83 \cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 0{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}- Sur Terre : à température ambiante (T_T \approx 300\text{ K}), v_{c, T}(\mathrm{H}_2) \approx 1{,}6\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}, et dans la haute atmosphère (exosphère où a lieu l'échappement, T \sim 1\,000\text{ K}), cette vitesse atteint environ 2{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.
3. Condition d'échappement atmosphérique (mécanisme de Jeans)
Pour qu'un gaz soit retenu gravitationnellement sur des échelles de temps géologiques (plusieurs milliards d'années), la vitesse de libération doit être nettement supérieure à la vitesse thermique : le critère d'échappement de Jeans impose typiquement :
En effet, la distribution des vitesses possède une queue exponentielle en \exp\!\left(-\frac{v_r^2}{v_c^2}\right) :
Pour la Terre :
\frac{v_{\ell, T}}{v_{c, T}(\mathrm{H}_2)} \sim 4 \text{ à } 7Cette valeur est insuffisante pour empêcher l'évaporation : une fraction non négligeable de particules légères (\mathrm{H}_2, \mathrm{He}) possède à chaque instant une vitesse supérieure à v_{\ell, T}. Ces gaz se sont donc progressivement échappés de l'atmosphère terrestre au cours des temps géologiques.
Pour Jupiter :
\frac{v_{\ell, J}}{v_{c, J}(\mathrm{H}_2)} \approx \frac{61}{1{,}2} \approx 50 \gg 6Le puits de potentiel gravitationnel est extrêmement profond et la température y est plus faible. La probabilité qu'une entité atteigne la vitesse de libération est proportionnelle à \mathrm{e}^{-50^2} = \mathrm{e}^{-2500} \approx 0 : l'échappement thermique est strictement impossible.
\boxed{\text{Jupiter retient intégralement ses gaz légers (\ce{H2}, \ce{He}) car } v_{\ell, J} \approx 61\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \gg v_c \approx 1{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\text{, contrairement à la Terre.}}Résultat
\text{Jupiter retient intégralement ses gaz légers (\ce{H2}, \ce{He}) car } v_{\ell, J} \approx 61\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \gg v_c \approx 1{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}\text{, contrairement à la Terre.}Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Cette question demandant de la prise d'initiative a recueilli très peu de réponses satisfaisantes.
« La question 28. demandait de l’initiative. Très peu de réponses satisfaisantes ont été obtenues. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Partie Partie II : Électronique embarquée dans la sonde
II.1 · Traitement thermique de cartes électroniques
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : équation de la chaleur, conduction thermique
À l'aide d'un bilan d'énergie effectué sur un système à préciser, déterminer la température qui règne dans la plaque en fonction des données ci-dessus.
Voir l'indiceIndice
Effectuer un bilan thermique sur une tranche élémentaire de plaque comprise entre x et x+\mathrm{d}x en régime permanent sans source interne.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système fermé constitué par une tranche élémentaire de la plaque entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire et en l'absence de source volumique de chaleur afin d'établir l'équation différentielle vérifiée par la température.
- Intégrer cette équation en utilisant la loi de Fourier et les conditions aux limites aux interfaces en x = 0 et x = e.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan thermique en régime stationnaire 1D : \mathrm{d}^2T/\mathrm{d}x^2 = 0, d'où profil affine T(x).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le système fermé constitué par la tranche de plaque indéformable comprise entre les sections planes d'abscisses x et x + \mathrm{d}x, d'épaisseur \mathrm{d}x et de surface S orthogonale à l'axe (Ox).
Le problème est unidimensionnel selon l'axe (Ox), de sorte que la température ne dépend que de x : T(x). En régime stationnaire, l'énergie interne U du système est constante au cours du temps, soit \dfrac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = 0.
Le bilan de puissance thermique sur cette tranche élémentaire, en l'absence de source interne d'énergie, s'écrit :
où \Phi(x) est le flux thermique algébrique traversant la section S à l'abscisse x dans le sens de \vec{u}_x.
Or, d'après la loi de Fourier unidimensionnelle, le vecteur densité de courant thermique est :
Le flux thermique à travers la section orientée S\vec{u}_x s'exprime donc par :
La conservation du flux thermique impose :
La conductivité thermique \lambda étant uniforme et non nulle, il vient :
Par intégration successive, le profil de température est linéaire :
où A et B sont des constantes déterminées par la continuité de la température aux limites :
- en x = 0, T(0) = T_1 \implies B = T_1 ;
- en x = e, T(e) = T_2 \implies A\,e + T_1 = T_2 \implies A = \dfrac{T_2 - T_1}{e}.
On en déduit l'expression du profil de température dans la plaque :
Résultat
Question 30
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
Notions : loi de fourier, flux thermique
Calculer la puissance thermique transférée depuis le milieu 1 vers le milieu 2 à travers la plaque.
Voir l'indiceIndice
Intégrer le flux thermique \mathscr{P} = j_{\text{th}} S = -\lambda S \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} à travers la section S.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance thermique (ou flux thermique) \mathscr{P}_{1\to 2} à travers la section S à l'aide de la loi de Fourier.
- Utiliser le gradient de température \dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} obtenu à la question précédente (Q29) pour exprimer \mathscr{P}_{1\to 2} en fonction des données (\lambda, S, e, T_1, T_2).
Voir la réponse courteRéponse courte
Application de la loi de Fourier : \mathscr{P}_{1\to 2} = \lambda S (T_1 - T_2)/e.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la loi de Fourier, le vecteur densité de courant thermique dans la plaque s'écrit :
La puissance thermique transférée depuis le milieu 1 (x < 0) vers le milieu 2 (x > e) correspond au flux du vecteur \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} à travers une section plane d'aire S orientée selon \vec{u}_x :
D'après le profil linéaire de température établi à la question Q29, T(x) = T_1 + \dfrac{T_2 - T_1}{e}\,x, la dérivée spatiale est constante et vaut :
En injectant cette relation dans l'expression de la puissance thermique, on obtient :
Résultat
Question 31
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : résistance thermique
Après avoir effectué une analogie précise avec l'électrocinétique, montrer que l'expression obtenue à la question précédente permet de définir une résistance thermique et l'exprimer en fonction de , et .
Voir l'indiceIndice
Faire l'analogie entre T_1 - T_2 (tension électrique), \mathscr{P} (courant électrique) et identifier la résistance thermique R_{\text{th}}.
Voir la stratégieStratégie
- Établir la correspondance terme à terme entre les grandeurs thermiques de conduction et les grandeurs de conduction électrique régies par la loi d'Ohm.
- Identifier la relation liant la différence de température au flux thermique sous la forme d'une loi d'Ohm thermique pour en déduire l'expression de la résistance thermique R_{\mathrm{th}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Analogie avec la loi d'Ohm U = RI avec \Delta T = R_{\text{th}} \mathscr{P}, d'où R_{\text{th}} = e/(\lambda S).
Voir le corrigé completCorrigé complet
En électrocinétique, un conducteur ohmique parcouru par une intensité électrique I du potentiel V_1 vers le potentiel V_2 obéit à la loi d'Ohm :
L'analogie formelle entre la conduction électrique et la conduction thermique stationnaire associe :
- la différence de potentiel électrique V_1 - V_2 à la différence de température T_1 - T_2 (qui constitue la force motrice du transfert) ;
- le courant électrique I (débit de charge) à la puissance thermique \mathscr{P}_{1\to 2} (débit d'énergie thermique) ;
- la conductivité électrique \gamma à la conductivité thermique \lambda.
D'après le résultat de la question Q30, la puissance thermique s'écrit :
On peut donc mettre cette relation sous la forme analogue à la loi d'Ohm :
Par identification directe, on en déduit l'expression de la résistance thermique de la plaque :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
Notions : résistance thermique, conductivité thermique
On considère que les transferts thermiques s'effectuent seulement selon la direction . Déterminer la résistance thermique d'une épaisseur de matériau, de surface , constituée d'une carte seule en plus de empilements plaque-carte. En déduire que l'empilement est équivalent à une épaisseur d'un matériau homogène de section dont on exprimera la conductivité thermique en fonction de , , et .
Voir l'indiceIndice
Additionner les résistances thermiques des N bicouches en série et identifier avec la résistance d'un bloc équivalent d'épaisseur totale L.
Voir la stratégieStratégie
- Les transferts thermiques étant unidirectionnels le long de l'axe (Ox) et sans pertes latérales, le flux thermique traverse successivement chaque couche : les différentes résistances thermiques sont donc associées en série.
- Exprimer la résistance thermique totale R_e pour (N+1) cartes et N plaques, puis simplifier grâce à l'approximation N \gg 1.
- Écrire l'épaisseur totale L \approx N(e_1 + e_2) et identifier la résistance thermique globale à celle d'un milieu homogène équivalent de section S et de conductivité \lambda pour en déduire l'expression de \lambda.
Voir la réponse courteRéponse courte
Sommation de résistances thermiques en série et identification de la conductivité équivalente \lambda = L / \sum (e_i/\lambda_i).
Voir le corrigé completCorrigé complet
En régime stationnaire et en l'absence de pertes latérales, la puissance thermique \mathscr{P} est uniforme le long de l'axe (Ox) et traverse successivement chacune des couches. Les différentes couches sont donc associées en série thermique.
D'après le résultat de la question Q31, la résistance thermique d'une couche d'épaisseur e_i, de conductivité \lambda_i et de surface transverse S vaut :
L'empilement comporte N plaques métalliques et N+1 cartes électroniques. La résistance thermique totale R_e s'écrit par additivité :
Comme le nombre de couches est très grand (N \gg 1), on a N+1 \approx N, d'où :
L'épaisseur totale de l'empilement vaut :
Si l'on modélise cet empilement par un bloc homogène de même section S, d'épaisseur L (ou d'épaisseur e = L) et de conductivité thermique équivalente \lambda, sa résistance thermique s'écrit :
En identifiant les deux expressions de R_e :
soit :
On en déduit l'expression de la conductivité thermique équivalente \lambda :
Résultat
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Il fallait bien lire l'énoncé pour exploiter la condition N >> 1 et veiller à l'homogénéité.
« Ces questions ont souvent donné lieu à des réponses fausses et des résultats non homogènes. »
« L’énoncé est souvent mal lu : la condition N ≫1 n’a trop souvent pas été exploitée. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 33
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : résistance thermique
Vérifier la pertinence du résultat précédent sur les deux cas particuliers suivants : • premier cas : ; • deuxième cas : et et étant du même ordre de grandeur.
Voir l'indiceIndice
Prendre les limites \lambda_1 = \lambda_2 (milieu unique) puis e_1 \ll e_2 dans la formule établie pour contrôler la cohérence physique.
Voir la stratégieStratégie
D'après la question Q32, la conductivité thermique équivalente de l'empilement s'écrit :
Pour chaque cas particulier, on injecte les hypothèses simplificatrices dans cette relation littérale, puis on compare le résultat obtenu à l'intuition physique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Vérification de la cohérence de l'expression aux limites \lambda_1 = \lambda_2 et e_1 \ll e_2.
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Premier cas : \lambda_1 = \lambda_2 = \lambda_0
En posant \lambda_1 = \lambda_2 = \lambda_0, l'expression de \lambda devient :
\lambda = \frac{e_1 + e_2}{\dfrac{e_1}{\lambda_0} + \dfrac{e_2}{\lambda_0}} = \frac{e_1 + e_2}{\dfrac{e_1 + e_2}{\lambda_0}} = \lambda_0\boxed{\lambda = \lambda_1 = \lambda_2}Ce résultat est tout à fait pertinent : si les deux milieux constitutifs possèdent la même conductivité thermique, l'ensemble se comporte vis-à-vis de la conduction comme un milieu continu homogène de conductivité \lambda_0, indépendamment des épaisseurs respectives e_1 et e_2.
Deuxième cas : e_1 \ll e_2 avec \lambda_1 et \lambda_2 du même ordre de grandeur
Puisque \lambda_1 et \lambda_2 sont du même ordre de grandeur, la condition e_1 \ll e_2 implique :
e_1 + e_2 \approx e_2 \quad \text{et} \quad \frac{e_1}{\lambda_1} \ll \frac{e_2}{\lambda_2} \implies \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2} \approx \frac{e_2}{\lambda_2}En effectuant le quotient au premier ordre :
\lambda \approx \frac{e_2}{\dfrac{e_2}{\lambda_2}} = \lambda_2\boxed{\lambda \approx \lambda_2}Ce résultat est physiquement attendu : si l'épaisseur des cartes est négligeable devant celle des plaques de séparation, l'empilement est quasi exclusivement constitué du matériau métallique (milieu 2), dont la résistance thermique impose le comportement de l'ensemble.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Attention aux résultats non homogènes et à la bonne exploitation des hypothèses de l'énoncé.
« Ces questions ont souvent donné lieu à des réponses fausses et des résultats non homogènes. »
« L’énoncé est souvent mal lu : la condition N ≫1 n’a trop souvent pas été exploitée. »
Source : rapport du jury E3A 2021
II.2 · Structure cristalline du germanium
Question 34
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : cristal, coordinence
Dessiner la maille conventionnelle du cristal de germanium. En déduire la coordinence d'un atome de germanium.
Voir l'indiceIndice
Représenter le réseau CFC avec remplissage d'un site tétraédrique sur deux alternés ; chaque atome engagé possède 4 plus proches voisins.
Voir la stratégieStratégie
- Représenter le réseau cubique à faces centrées (CFC) formant la sous-structure hôte, puis placer les atomes de germanium occupant un site tétraédrique sur deux (au centre de 4 des 8 sous-cubes d'arête a/2).
- Déterminer l'environnement géométrique d'un atome situé dans un site tétraédrique pour en déduire le nombre de plus proches voisins, puis conclure grâce à l'équivalence des atomes du réseau diamant.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé de la maille cubique diamant (CFC + demi-sites tétraédriques) et déduction de la coordinence 4.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La maille conventionnelle du germanium (structure diamant) est cubique d'arête a. Elle est constituée :
- d'atomes de germanium occupant les sommets et les centres des faces d'un réseau cubique à faces centrées (CFC) ;
- d'atomes de germanium occupant 4 des 8 sites tétraédriques disponibles, c'est-à-dire le centre de 4 petits cubes d'arête a/2 disposés en quinconce.
Chaque atome inséré dans un site tétraédrique se situe au centre d'un sous-cube d'arête a/2. Il est entouré de 4 atomes du réseau CFC situés aux sommets de ce sous-cube, formant un tétraèdre régulier centré sur le site. La distance à chacun de ces 4 plus proches voisins vaut :
La structure diamant pouvant être vue comme l'interpénétration de deux sous-réseaux CFC décalés du vecteur \left(\frac{a}{4},\frac{a}{4},\frac{a}{4}\right), tous les atomes de germanium sont chimiquement et cristallographiquement équivalents : un atome du sous-réseau CFC est également entouré tétraédriquement par 4 atomes occupant les sites tétraédriques adjacents.
La coordinence d'un atome de germanium est donc :
Résultat
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Le dessin de la maille conventionnelle doit être tracé avec soin sous peine de pénalité.
« Le jury souligne le manque de soin apporté à la représentation de la maille conventionnelle. Ceci a été sanctionné. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : compacité, cristal
Déterminer la compacité de cette structure.
Voir l'indiceIndice
Exprimer la condition de contact le long de la diagonale du cube 8R = a\sqrt{3} et calculer le rapport des volumes des 8 sphères sur a^3.
Voir la stratégieStratégie
- Dénombrer le nombre d'atomes de germanium appartenant en propre à la maille conventionnelle (multiplicité N).
- Exprimer le rayon atomique R en fonction du paramètre de maille a à l'aide de la condition de contact entre plus proches voisins.
- Calculer la compacité c, définie comme le rapport du volume occupé par les atomes au volume total de la maille.
Voir la réponse courteRéponse courte
Condition de contact le long de la diagonale du cube 8R = a\sqrt{3}, puis compacité C = 8 \times \frac{4}{3}\pi R^3 / a^3 = \frac{\pi\sqrt{3}}{16}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans la maille élémentaire cubique de volume V = a^3, les atomes de germanium occupent :
- les 8 sommets du cube, comptant pour 8 \times \frac{1}{8} = 1 atome ;
- les centres des 6 faces, comptant pour 6 \times \frac{1}{2} = 3 atomes ;
- la moitié des 8 sites tétraédriques, situés entièrement à l'intérieur de la maille, soit 4 \times 1 = 4 atomes.
Le nombre d'atomes par maille est donc :
Dans le modèle des sphères dures, le contact a lieu le long de la demi-diagonale d'un des huit sous-cubes d'arête a/2, entre un atome placé à un sommet et un atome situé dans le site tétraédrique correspondant (d'après la question Q34) :
Par définition, la compacité c de la structure s'écrit :
Numériquement :
Résultat
Question 36
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : masse volumique, cristal
Évaluer la masse volumique du germanium en .
Voir l'indiceIndice
Calculer le rapport de la masse de 8 atomes de germanium sur le volume a^3 de la maille conventionnelle.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la masse volumique \rho comme le rapport de la masse contenue dans une maille élémentaire par le volume de cette maille cubique (V = a^3).
- Exprimer la masse des N = 8 atomes de germanium de la maille à l'aide de la masse molaire \mathscr{M}_{\mathrm{Ge}} et du nombre d'Avogadro \mathscr{N}_A.
- Effectuer l'application numérique dans le système international d'unités (\text{kg}\cdot\text{m}^{-3}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de la masse volumique \varrho = \frac{8 M_{\text{Ge}}}{N_A a^3}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La masse volumique \rho du cristal de germanium est définie par le quotient de la masse m_{\text{maille}} contenue dans la maille conventionnelle par le volume V = a^3 de cette maille :
D'après la question Q35, la maille conventionnelle cubique contient en propre N = 8 atomes de germanium.
Avec les données numériques de l'énoncé :
- N = 8 ;
- \mathscr{M}_{\mathrm{Ge}} = 72{,}6\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 72{,}6 \cdot 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} ;
- \mathscr{N}_A = 6{,}02 \cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1} ;
- a = 5{,}66 \cdot 10^{-1}\text{ nm} = 5{,}66 \cdot 10^{-10}\text{ m}.
Le calcul numérique donne :
Résultat
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L'ordre de grandeur de la masse volumique des solides doit être connu pour vérifier son calcul.
« Connaître l’ordre de grandeur de la masse volumique des solides permet d’éviter de grossières erreurs d’application numérique. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Partie Partie III : Vers des accumulateurs électrochimiques de nouvelle technologie
III.1 · Accumulateur à base de lithium et de sodium
Question 37
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : pile
Quel intérêt y aurait-il à remplacer les électrodes à base de lithium par des électrodes à base de sodium ?
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Relever les arguments du document : abondance naturelle supérieure, moindre coût, absence de cobalt toxique et cinétique de recharge plus rapide.
Voir la stratégieStratégie
Pour répondre à cette question d'analyse documentaire, il convient d'extraire les éléments clés du document 1 complétés par les connaissances générales sur les éléments chimiques :
- Les aspects environnementaux, éthiques et économiques (abondance de la ressource, coût, élimination des métaux critiques comme le cobalt) ;
- Les performances d'utilisation (durée de charge, puissance disponible, cyclabilité et durée de vie).
Voir la réponse courteRéponse courte
Abondance naturelle et coût beaucoup plus faible du sodium par rapport au lithium.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'étude du document 1 et les propriétés comparées des éléments alcalins, le remplacement des électrodes à base de lithium par des électrodes à base de sodium présente plusieurs intérêts majeurs :
- Abondance et coût : le sodium est un élément extrêmement abondant sur Terre (notamment sous forme de sel \mathrm{NaCl} dans les océans) et uniformément réparti, contrairement au lithium qui est une ressource géologiquement rare, coûteuse et concentrée dans un nombre restreint de pays.
- Impact environnemental et éthique : l'extraction du lithium, sa toxicité et son recyclage posent d'importantes difficultés environnementales et sociétales. De plus, la technologie sodium-ion permet de s'affranchir de l'usage du cobalt (souvent présent dans les cathodes de batteries Li-ion telles que \mathrm{LiCoO_2}), dont l'extraction soulève de graves problèmes éthiques et humains.
Performances cinétiques et durabilité : les accumulateurs sodium-ion offrent :
- un temps de recharge considérablement plus court (environ 5\text{ min} contre 4\text{ h} pour les batteries Li-ion) ;
- une puissance délivrée plus importante ;
- une durée de vie et une cyclabilité bien supérieures (environ 4 000 cycles, soit une dizaine d'années d'utilisation).
Résultat
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Une lecture attentive du document fourni permettait de répondre convenablement.
« Cette question a été bien traitée par les étudiant(e)s prenant le soin de lire l’article proposé. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 38
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, MP2I
Notions : configuration électronique, potentiel standard
Donner la configuration électronique d'un atome de lithium dans son état fondamental. Comment justifier la valeur très basse du potentiel standard ? Quelle autre propriété intéressante du lithium cela reflète-t-il ?
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Écrire la configuration 1s^2 2s^1 ; la perte du seul électron de valence 2s confère la configuration stable du gaz noble hélium.
Voir la réponse courteRéponse courte
Configuration 1s^2 2s^1, électron de valence facile à arracher conférant un fort pouvoir réducteur et une faible électronégativité.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Configuration électronique du lithium : Le numéro atomique du lithium est Z = 3. Dans son état fondamental, le remplissage des sous-couches selon le principe de Pauli et la règle de Klechkowski donne :
Justification de la valeur très basse de E^\circ_{\text{Li}^+/\text{Li}_{(s)}} :
- L'atome de lithium ne possède qu'un seul électron de valence sur la sous-couche 2s. La perte de cet électron conduit au cation \text{Li}^+ de configuration stable en duet 1s^2, identique à celle du gaz noble hélium. L'énergie de première ionisation du lithium est donc faible.
- En phase condensée (solution), le cation \text{Li}^+ est de très petite taille, ce qui induit une densité de charge volumique très élevée et donc une enthalpie de solvatation particulièrement favorable (très exothermique).
Ces deux facteurs rendent l'oxydation de \text{Li}_{(s)} en \text{Li}^+ thermodynamiquement très favorable : le lithium métallique est un réducteur extrêmement puissant, ce qui explique la valeur très basse du potentiel standard (E^\circ = -3{,}0\text{ V}).
Autre propriété intéressante du lithium :
- Un potentiel standard aussi bas permet, lorsqu'on associe le lithium à une cathode de potentiel standard élevé (oxydant tel que \text{Li}_{1-x}\text{CoO}_2), d'obtenir une force électromotrice (tension de fonctionnement) élevée (de l'ordre de 3{,}6 à 4\text{ V}).
- Associée à la très faible masse molaire du lithium (M \approx 6{,}9\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), cette tension élevée confère aux accumulateurs à base de lithium une densité d'énergie massique (ou énergie spécifique) exceptionnellement élevée, ce qui est un atout décisif pour les applications spatiales et les appareils nomades.
Résultat
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Le lien entre électronégativité et pouvoir réducteur ne doit pas être affirmé sans justification.
« Le lien entre une faible électronégativité d’un élément et le caractère réducteur de l’entité concernée n’est pas automatique. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 39
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : équation de réaction, formule de nernst
Écrire les équations du lithium métal et du sodium métal avec l'eau en milieu acide. On précise que le nombre stœchiométrique du métal alcalin sera égal à 2. Déterminer les valeurs des constantes d'équilibre associées à ces équations à 298 K. Que peut-on en déduire a priori ?
Voir l'indiceIndice
Écrire les réactions redox avec \mathrm{H}^+ et calculer K^\circ = 10^{2\Delta E^\circ / 0{,}06} pour quantifier leur caractère thermodynamiquement total.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les couples d'oxydoréduction mis en jeu en milieu aqueux acide : \mathrm{H}^+/ \mathrm{H}_{2(g)} d'une part, \mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(s)} et \mathrm{Na}^+/\mathrm{Na}_{(s)} d'autre part.
- Écrire les demi-équations électroniques et en déduire l'équation bilan avec le coefficient stœchiométrique imposé égal à 2 pour le métal alcalin (ce qui correspond à l'échange de n = 2 électrons).
- Relier la constante d'équilibre standard K^\circ à la différence de potentiel standard \Delta E^\circ via la relation thermodynamique \Delta_r G^\circ = - n \mathscr{F} \Delta E^\circ = - RT \ln K^\circ.
- Analyser l'ordre de grandeur de K^\circ et comparer la réactivité relative prédite a priori par la seule thermodynamique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Réaction 2\text{M}_{(s)} + 2\text{H}^+ = 2\text{M}^+ + \text{H}_{2(g)} et calcul de K^\circ = 10^{2\Delta E^\circ/0{,}059} \gg 1 (réaction quantitative).
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En solution aqueuse en milieu acide, l'oxydant prépondérant apporté par le solvant est l'ion hydrogène \mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} (ou \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})}). Les couples rédox mis en jeu sont :
- à la réduction : \mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} / \mathrm{H}_{2(g)} : 2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,e^- \rightleftharpoons \mathrm{H}_{2(g)} ;
- à l'oxydation : \mathrm{M}^+_{(\mathrm{aq})} / \mathrm{M}_{(s)} (avec \mathrm{M} \in \{\mathrm{Li}, \mathrm{Na}\}) : \mathrm{M}_{(s)} \rightleftharpoons \mathrm{M}^+_{(\mathrm{aq})} + e^-.
En imposant un nombre stœchiométrique égal à 2 pour le métal alcalin, le nombre d'électrons échangés est n = 2. Les équations de réaction s'écrivent :
(ou sous forme hydratée : 2\,\mathrm{M}_{(s)} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} = 2\,\mathrm{M}^+_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_{2(g)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}).
À l'équilibre chimique, la relation entre l'enthalpie libre standard de réaction et la force électromotrice standard s'écrit :
ce qui conduit à :
avec n = 2 et \dfrac{RT}{\mathscr{F}}\ln(10) = 6{,}0 \cdot 10^{-2}\text{ V}.
Pour le lithium métal : E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}0\text{ V} et E^\circ(\mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(s)}) = -3{,}0\text{ V} :
Pour le sodium métal : E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}0\text{ V} et E^\circ(\mathrm{Na}^+/\mathrm{Na}_{(s)}) = -2{,}7\text{ V} :
Déduction a priori :
- Les constantes d'équilibre sont colossales (K^\circ \gg 10^4) : les deux réactions sont thermodynamiquement totales (quantitatives).
- Puisque K^\circ_1 > K^\circ_2 (associé à un potentiel standard plus réducteur pour le couple du lithium : -3{,}0\text{ V} < -2{,}7\text{ V}), la force motrice thermodynamique est plus grande pour le lithium. On en déduirait a priori que le lithium métal est plus réactif que le sodium métal.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'expression de la constante d'équilibre d'une réaction redox a posé des difficultés.
« L’expression de la constante d’équilibre associée à l’écriture d’une équation d’oxydoréduction est problématique. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 40
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : cinétique chimique, surpotentiel
Lequel de ces deux métaux apparaît finalement le plus réactif ? Une comparaison des propriétés thermodynamiques et cinétiques est attendue.
Voir l'indiceIndice
Observer sur les courbes intensité-potentiel que la surtension de réduction de l'eau est bien plus faible sur le sodium, favorisant une cinétique explosive.
Voir la stratégieStratégie
- Comparer d'abord les aspects thermodynamiques en s'appuyant sur les potentiels standard et les constantes d'équilibre obtenues à la question précédente.
- Analyser ensuite les aspects cinétiques à partir des courbes intensité-potentiel de la figure 10 en examinant le courant de corrosion (courant mixte) i_{\text{corr}}.
- Conclure sur le métal le plus réactif en mettant en évidence le contrôle cinétique de la réaction.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le lithium est plus réducteur thermodynamiquement mais le sodium réagit plus violemment cinétiquement (point de fusion bas, surtension plus faible).
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1. Comparaison thermodynamique
D'après les données de l'énoncé et les résultats de la question précédente :
- E^\circ(\text{Li}^+/\text{Li}_{(\text{s})}) = -3{,}0\text{ V} < E^\circ(\text{Na}^+/\text{Na}_{(\text{s})}) = -2{,}7\text{ V} ;
Les constantes d'équilibre associées à l'oxydation par l'eau vérifient :
K^\circ_1(\text{Li}) = 10^{100} > K^\circ_2(\text{Na}) = 10^{90}.
D'un point de vue thermodynamique, le lithium possède un pouvoir réducteur plus fort que le sodium, et sa réaction avec l'eau est la plus favorisée.
2. Comparaison cinétique
La vitesse effective de la réaction spontanée d'oxydation du métal par l'eau est gouvernée par le courant de corrosion i_{\text{corr}} au potentiel mixte E_{\text{corr}}, vérifiant la relation de neutralité électrique :
D'après les courbes intensité-potentiel fournies sur la figure 10 à \text{pH} = 7{,}0 :
- La réduction de l'eau sur le lithium présente une forte surtension cathodique (décalage prononcé de la vague cathodique vers les potentiels très négatifs), ce qui limite considérablement le courant mixte i_{\text{corr}}(\text{Li}).
Sur le sodium, la surtension cathodique de réduction de l'eau est nettement plus faible : la courbe cathodique est située à des potentiels plus élevés et présente une pente plus raide, conduisant à un courant de corrosion i_{\text{corr}}(\text{Na}) bien supérieur :
i_{\text{corr}}(\text{Na}) \gg i_{\text{corr}}(\text{Li}).
3. Conclusion
Bien que le lithium soit thermodynamiquement plus réducteur, la cinétique de réduction de l'eau est bien plus rapide sur le sodium. C'est donc le sodium qui apparaît finalement comme le métal le plus réactif dans l'eau.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez de confondre thermodynamique et cinétique, et reliez le courant de corrosion à la cinétique.
« Le lien entre l’intensité du courant de corrosion et la cinétique de la réaction d’oxydoréduction mise en jeu n’est que très rarement évoquée. »
« Des confusions entre propriétés thermodynamique et cinétique sont soulignées. »
Source : rapport du jury E3A 2021
III.2 · Accumulateur à base de soufre
Question 41
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : schéma de lewis
Donner un schéma de Lewis des molécules et .
Voir l'indiceIndice
Respecter la règle de l'octet pour l'oxygène et proposer des mésomères tenant compte de l'hypervalence du soufre.
Voir la stratégieStratégie
- Déterminer le nombre d'électrons de valence pour chaque atome à partir de leur numéro atomique (Z=16 pour \text{S} et Z=8 pour \text{O}), puis le nombre total de doublets électroniques à répartir.
- Disposer les atomes d'oxygène autour de l'atome central de soufre et répartir les doublets en assurant la règle de l'octet pour l'oxygène et en envisageant, pour le soufre (élément de la 3e période), l'hypervalence afin de minimiser les charges formelles.
Voir la réponse courteRéponse courte
Schémas de Lewis avec mésomérie et prise en compte de l'hypervalence éventuelle pour le soufre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les configurations électroniques des atomes dans leur état fondamental sont :
- Oxygène (Z=8) : 1s^2\,2s^2\,2p^4, soit 6 électrons de valence ;
- Soufre (Z=16) : 1s^2\,2s^2\,2p^6\,3s^2\,3p^4, soit 6 électrons de valence.
1. Molécule de dioxyde de soufre \text{SO}_2 : Le nombre total d'électrons de valence est :
Le soufre, appartenant à la troisième période, peut être hypervalent grâce à l'intervention de ses orbitales 3d. Deux représentations de Lewis sont couramment admises :
- Forme hypervalente (privilégiée car elle annule les charges formelles) : l'atome de soufre porte un doublet non liant et forme deux doubles liaisons avec les oxygènes. Chaque oxygène porte deux doublets non liants. Le soufre est entouré de 10 électrons.
- Formes mésomères respectant la règle de l'octet : le soufre porte un doublet non liant, une liaison simple avec un oxygène chargé négativement et une liaison double avec l'autre oxygène, le soufre portant une charge formelle positive +1.
2. Molécule de trioxyde de soufre \text{SO}_3 : Le nombre total d'électrons de valence est :
De la même manière, on distingue :
- Forme hypervalente (charges formelles nulles) : le soufre forme trois doubles liaisons avec les trois atomes d'oxygène et ne possède aucun doublet non liant. Chaque atome d'oxygène dispose de deux doublets non liants.
- Forme mésomère respectant la règle de l'octet : une liaison double \text{S}=\text{O} et deux liaisons simples \text{S}-\text{O}^-, le soufre portant une charge formelle +2.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La notion d'hypervalence doit être maîtrisée pour établir correctement les schémas de Lewis.
« Les schémas de Lewis demandés sont souvent faux. La notion d’hypervalence d’un élément est méconnue par la plupart des candidat(e)s. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 42
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : enthalpie standard de réaction, loi de hess
Calculer l'enthalpie standard de réaction et l'entropie standard de réaction à 298 K associées à la réaction d'équation :
Rappeler en quoi consiste l'approximation d'Ellingham. Donner dans le cadre de cette approximation l'expression de en fonction de .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi de Hess pour \Delta_r H^\circ et l'entropie de réaction, puis poser \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la loi de Hess pour déterminer l'enthalpie standard de la réaction (9) à partir des enthalpies standard de formation du tableau de données.
- Appliquer la relation analogue pour l'entropie standard de réaction à l'aide des entropies molaires standard.
- Énoncer le principe de l'approximation d'Ellingham, puis en déduire l'expression affine de l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ(T).
Voir la réponse courteRéponse courte
Application de la loi de Hess pour \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ, puis approximation d'indépendance en T pour \Delta_r G^\circ(T).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons la réaction d'oxydation du dioxyde de soufre en trioxyde de soufre :
1. Calcul de l'enthalpie standard de réaction à 298\text{ K} :
D'après la loi de Hess appliquée à l'équation (9) :
Le dioxygène étant un corps pur simple dans son état de référence à 298\text{ K}, on a \Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2(g)}) = 0.
Avec les valeurs numériques du tableau à 298\text{ K} :
- \Delta_f H^\circ(\mathrm{SO}_{3(g)}) = -395{,}7\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
- \Delta_f H^\circ(\mathrm{SO}_{2(g)}) = -296{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
2. Calcul de l'entropie standard de réaction à 298\text{ K} :
L'entropie standard de réaction s'exprime à partir des entropies molaires standard selon :
Avec les valeurs du tableau :
- S_m^\circ(\mathrm{SO}_{3(g)}) = 256{,}7\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
- S_m^\circ(\mathrm{SO}_{2(g)}) = 248{,}1\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
- S_m^\circ(\mathrm{O}_{2(g)}) = 205{,}0\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
3. Approximation d'Ellingham et expression de \Delta_r G^\circ(T) :
L'approximation d'Ellingham consiste à supposer que l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ et l'entropie standard de réaction \Delta_r S^\circ sont indépendantes de la température dans le domaine d'étude, en l'absence de changement d'état physique des réactifs et des produits :
Par définition de l'enthalpie libre standard \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ(T) - T\,\Delta_r S^\circ(T), on obtient dans le cadre de cette approximation :
Numériquement, avec T en kelvins :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 43
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : relation de van 't hoff, déplacement d'équilibre
Toutes choses égales par ailleurs, l'augmentation de la température favorise-t-elle la production de trioxyde de soufre ?
Voir l'indiceIndice
Utiliser la loi de van 't Hoff : la réaction étant exothermique (\Delta_r H^\circ < 0), une élévation de température déplace l'équilibre vers la gauche.
Voir la stratégieStratégie
Pour déterminer l'influence d'une élévation de température sur la production de trioxyde de soufre \mathrm{SO}_{3(g)}, on étudie l'effet de T sur la constante d'équilibre K^\circ(T) grâce à la loi de van 't Hoff, en s'appuyant sur le signe de l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ calculée à la question précédente.
Voir la réponse courteRéponse courte
Relation de van 't Hoff : la réaction étant exothermique (\Delta_r H^\circ < 0), une hausse de température défavorise la production de \text{SO}_3.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q42, la synthèse du trioxyde de soufre selon l'équation
est caractérisée par une enthalpie standard de réaction :
La réaction est donc exothermique dans le sens direct (formation de \mathrm{SO}_3).
L'influence de la température sur la constante d'équilibre K^\circ(T) est régie par la relation de van 't Hoff :
Comme \Delta_r H^\circ < 0, il vient :
La constante d'équilibre K^\circ(T) est par conséquent une fonction strictement décroissante de la température.
D'après le principe de modération de Le Chatelier (ou par déplacement de l'équilibre chimique), à composition et pression fixées, une élévation de température déplace l'équilibre dans le sens endothermique, c'est-à-dire le sens indirect (consommation de \mathrm{SO}_3).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La loi de Van 't Hoff doit être connue pour prévoir l'effet de la température.
« La loi de Van’t Hoffest trop souvent méconnue. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 44
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : constante d'équilibre, loi d'action des masses
Donner l'expression de la constante d'équilibre en fonction des fractions molaires, de la pression totale notée et de la pression standard associée à l'écriture de l'équation 9.
Voir l'indiceIndice
Exprimer les pressions partielles P_i = x_i P dans le quotient réactionnel à l'équilibre en tenant compte de \Delta_r\nu_g = -1.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression K^\circ(T) = \frac{x_{\text{SO}_3}^2}{x_{\text{SO}_2}^2 x_{\text{O}_2}} \left(\frac{P^\circ}{P}\right)^{-1} = \frac{x_{\text{SO}_3}^2}{x_{\text{SO}_2}^2 x_{\text{O}_2}} \frac{P}{P^\circ}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation de la réaction considérée s'écrit :
Les espèces gazeuses intervenant dans la réaction sont modélisées par des gaz parfaits. L'activité de chaque constituant gazeux i s'exprime en fonction de sa pression partielle P_i, de sa fraction molaire x_i, de la pression totale P et de la pression standard P^\circ par :
D'après la loi d'action de masse, la constante d'équilibre K^\circ(T) associée à l'écriture de l'équation (9) est définie à l'équilibre par :
On obtient finalement :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 45
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : déplacement d'équilibre, constante d'équilibre
Toutes choses égales par ailleurs, l'augmentation de la pression totale favorise-t-elle la production de trioxyde de soufre ?
Voir l'indiceIndice
Appliquer le principe de déplacement de l'équilibre de Le Chatelier : une augmentation de pression favorise le sens de diminution du nombre de moles de gaz.
Voir la stratégieStratégie
Pour prévoir le sens de déplacement de l'équilibre lors d'une élévation de la pression totale P à température et composition initiales fixées, on peut :
- Exprimer le quotient de réaction Q_r en fonction des fractions molaires et de P à partir de la relation établie à la question Q44, puis comparer Q_r à la constante d'équilibre K^\circ(T).
- Ou appliquer directement le principe de modération de Le Chatelier relatif à la pression.
Voir la réponse courteRéponse courte
Une augmentation de pression déplace l'équilibre dans le sens d'une diminution du nombre de moles de gaz, favorisant \text{SO}_3.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q44, le quotient de réaction s'écrit en fonction des fractions molaires x_i et de la pression totale P sous la forme :
À un équilibre donné à la température T, on a Q_r = K^\circ(T).
Si la pression totale P augmente à composition et température fixées :
- la constante thermodynamique K^\circ(T) ne dépend que de la température et reste inchangée ;
- le facteur \dfrac{P^\circ}{P} diminue, ce qui entraîne Q_r < K^\circ(T).
Le système évolue donc spontanément dans le sens direct (sens de formation des produits), c'est-à-dire dans le sens de consommation des réactifs et de production de \mathrm{SO}_{3(g)}.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Veillez à ne pas confondre le quotient de réaction et la constante d'équilibre.
« Des confusions entre Qr et K◦(T) ont entraînée des réponses erronées. »
Source : rapport du jury E3A 2021
Question 46
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Raisonnement qualitatif
Notions : cinétique chimique, déplacement d'équilibre
En tant qu'ingénieur(e) des procédés physico-chimiques, quel(s) choix industriel(s) seriez-vous amené(e) à faire afin d'optimiser la production de ? Expliciter les compromis cinétiques, thermodynamiques et financiers en prenant en compte les résultats précédents concernant l'influence de la température et de la pression.
Voir l'indiceIndice
Discuter du compromis entre un rendement thermodynamique élevé à basse température et une vitesse de réaction acceptable nécessitant température modérée et catalyseur.
Voir la stratégieStratégie
Pour concevoir un procédé industriel efficace, l'ingénieur doit trouver le meilleur compromis entre la rentabilité globale, les lois de la thermodynamique (rendement à l'équilibre), la cinétique chimique (durée de l'opération) et les contraintes économiques/sécuritaires :
- Analyser le choix de la température en confrontant thermodynamique (réaction exothermique) et cinétique (loi d'Arrhenius), et introduire l'usage d'un catalyseur.
- Analyser le choix de la pression en confrontant le gain thermodynamique au coût financier d'une mise sous pression.
- Mentionner les leviers complémentaires (excès d'un réactif peu coûteux, procédé continu).
Voir la réponse courteRéponse courte
Compromis température modérée (favorable thermodynamiquement) avec catalyseur (pour la cinétique) et pression modérée (coût des installations).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour optimiser la production industrielle de trioxyde de soufre \text{SO}_{3(g)} selon la réaction :
l'ingénieur doit concilier des exigences contradictoires :
1. Compromis sur la température :
- Aspect thermodynamique : la réaction étant exothermique (\Delta_r H^\circ < 0), la loi de van 't Hoff indique qu'une température basse favorise le déplacement de l'équilibre vers la formation de \text{SO}_3 et augmente le rendement d'équilibre (question Q43).
- Aspect cinétique : d'après la loi d'Arrhenius, abaisser la température diminue considérablement la vitesse de réaction, conduisant à des temps de séjour rédhibitoires pour l'industrie.
- Choix industriel : on choisit une température modérée (typiquement entre 400^\circ\text{C} et 450^\circ\text{C}) et l'on emploie un catalyseur (industriellement, le pentoxyde de vanadium \text{V}_2\text{O}_5) afin d'accélérer la cinétique sans modifier la position de l'équilibre. Dans les procédés modernes (procédé de contact), on utilise souvent des lits catalytiques successifs avec refroidissement intermédiaire pour concilier vitesse initiale élevée et rendement final optimal.
2. Compromis sur la pression :
- Aspect thermodynamique : la réaction s'accompagnant d'une diminution du nombre de moles gazeuses (\Delta_r \nu_g = -1 < 0), une augmentation de la pression totale favorise la formation de \text{SO}_3 (question Q45).
- Aspect financier et technologique : travailler sous haute pression impose des surcoûts matériels très lourds (compresseurs coûteux, canalisations et réacteurs aux parois épaisses, entretien accru et normes de sécurité renforcées).
- Choix industriel : comme le taux de conversion à l'équilibre est déjà excellent (supérieur à 95\,\%) à température modérée, le gain thermodynamique d'une surpression ne justifie pas les investissements nécessaires. On opère donc à une pression proche de la pression atmosphérique (typiquement entre 1 et 2\text{ bar}).
3. Choix complémentaires :
- Excès d'air : l'utilisation d'air en excès apporte du dioxygène bon marché, ce qui déplace l'équilibre vers la droite et permet de convertir la quasi-totalité du \text{SO}_2, composé polluant et toxique.
- Extraction continue : piéger le \text{SO}_3 formé (par absorption dans de l'acide sulfurique concentré pour former l'oléum) déplace continûment l'équilibre dans le sens direct selon le principe de Le Chatelier.
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 ?
Surtout 4 chapitres : Mouvement dans un champ de force centrale (20 % des questions), Électrostatique (14 %), Diffusion thermique et diffusion de particules (11 %, partie II) et Thermodynamique chimique et équilibres (11 %, partie III). Plus ponctuellement : Atomistique, liaisons et cristallographie, Optique géométrique, Oxydoréduction et électrochimie, Cinématique et dynamique du point, Mécanique du solide…
Peut-on travailler le sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 dès la première année (MPSI) ?
En partie : 28 questions sur 46 (61 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la sous-partie Partie I.I.1 (Q1 à Q7), la sous-partie Partie I.I.2 (Q8 à Q15) et la sous-partie Partie II.II.2 (Q34 à Q36). Avec les autres programmes de première année : 28 en PCSI, 12 en PTSI et 27 en MP2I.
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 ?
Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie I est la plus longue (environ 2 h).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 ?
Aucune question n'est vraiment difficile : toutes sont cotées 1 ou 2 sur 4 dans ce corrigé.
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 ?
Questions de cours : Q1 (loi de kepler), Q5 (lunette astronomique), Q6 (condition de gauss), Q10 (moment cinétique), Q11 (coordonnée polaire), Q16 (champ de gravitation), Q18 (potentiel électrostatique), Q19 (théorème de gauss)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q8 (vitesse de libération), Q12 (constante des aires), Q13 (énergie potentielle effective), Q14 (énergie potentielle effective), Q22 (théorème de gauss), Q42 (enthalpie standard de réaction) et Q44 (constante d'équilibre).
Où gagner des points facilement dans le sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 ?
Le sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Le sujet E3A Physique-Chimie MP 2021 était-il difficile ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le rapport indique que le sujet a été 'volontairement conçu pour être très proche du cours', avec des questions d'initiative réservées aux meilleurs candidats ; la plupart des difficultés relevées viennent d'un manque de rigueur plutôt que de la nouveauté des notions.
Comment déterminer la durée entre deux oppositions à la question Q4 ?
Utiliser la relation des périodes synodiques \frac{1}{T_{\text{syn}}} = \frac{1}{T_T} - \frac{1}{T_J}, qui traduit que la Terre effectue un tour de plus que Jupiter autour du Soleil entre deux alignements consécutifs.
Comment obtenir la relation sur r_min rₘₐₓ à la question Q15 ?
Écrire l'annulation de la vitesse radiale \dot{r} = 0, équivalente à \mathscr{E}_m = U_{\text{eff}}(r). L'équation se met sous la forme d'un trinôme du second degré en r dont r_{\text{min}} et r_{\text{max}} sont les deux racines : leur produit donne directement -\frac{mC^2}{2\mathscr{E}_m}.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.