WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé ENS Physique C PC 2020

Gravitation et secteur sombre de l'Univers

Cette épreuve remarquable de 6 heures aborde avec une grande élégance pédagogique la physique de la gravitation, depuis les fondements du principe d'équivalence d'Einstein jusqu'aux deux plus grandes énigmes contemporaines de l'astrophysique : la matière noire et l'énergie noire. Le sujet est remarquablement structuré, guidant le candidat à travers des calculs de champ newtonien, des bilans énergétiques cosmologiques et l'interprétation des données observationnelles modernes (missions spatiales Apollo 15, satellite MICROSCOPE, courbes de rotation galactiques).

D'un niveau conceptuel stimulant mais sans technicité mathématique superflue, cette épreuve constitue un support de révision exceptionnel pour décloisonner la mécanique du point, la mécanique céleste, l'analyse vectorielle et la thermodynamique appliquée à l'Univers en expansion. Elle permet de s'entraîner efficacement à la modélisation physique et aux ordres de grandeur astronomiques.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 4 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 6 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

14 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI : 50 questions sur 66, parties 3, 1.3, 1.4 et 2.3.

Où gagner des points

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie 3 (Q49 à Q66) est totalement indépendante des deux premières parties et peut se traiter sans avoir abordé la gravitation newtonienne ou les courbes de rotation galactiques.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie 1 : Gravitation et principe d'équivalence

1 · Équations du champ gravitationnel

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : équation de maxwell, force de lorentz

Rappeler les équations du champ électrostatique , ainsi que la force exercée par un tel champ sur une particule de charge . On notera la densité de charge électrique.

Voir l'indice

Citer les équations locales de Maxwell-Gauss et Maxwell-Faraday en régime stationnaire, ainsi que la force de Lorentz électrique.

Voir la réponse courte

Équations locales de l'électrostatique \mathrm{div}\vec{E} = \rho_q/\varepsilon_0 et \vec{\mathrm{rot}}\vec{E} = \vec{0}, et force de Lorentz \vec{F} = q\vec{E}.

Voir le corrigé complet

Le champ électrostatique \vec{E}(\vec{r}) est régi par les équations de Maxwell en régime stationnaire :

  • L'équation locale de Maxwell-Gauss, reliant la divergence du champ aux sources de charge volumique \rho_q :

    \boxed{\vec{\nabla} \cdot \vec{E} = \frac{\rho_q}{\varepsilon_0}}
  • L'équation traduisant le caractère irrotationnel (conservatif) du champ électrostatique, issue de l'équation de Maxwell-Faraday indépendante du temps :

    \boxed{\vec{\nabla} \wedge \vec{E} = \vec{0}}

    Cette équation assure l'existence d'un potentiel électrostatique V(\vec{r}) tel que \vec{E} = -\vec{\nabla} V.

Une particule ponctuelle portant la charge électrique q, plongée dans un champ électrostatique \vec{E}, subit la force électrostatique (composante électrique de la force de Lorentz) :

\boxed{\vec{F}_{\text{élec}} = q \vec{E}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

En vous appuyant sur l'analogie entre les forces électrostatique et gravitationnelle, écrire les équations régissant le champ gravitationnel . Ces équations feront apparaître une densité volumique qu'on définira, et dont on donnera la dimension.

Voir l'indice

Effectuer l'analogie formelle entre la loi de Coulomb et la loi de Newton en remplaçant la charge par la masse et 1/(4\pi\varepsilon_0) par -G.

Voir la stratégie
  1. Comparer la loi de Coulomb et la loi de Newton de la gravitation pour identifier les correspondances formelles entre les grandeurs sources, les constantes de couplage et les champs.
  2. Transposer les équations locales du champ électrostatique établies à la question Q1 au champ gravitationnel \vec{K}.
  3. Définir la densité de matière \rho(\vec{r}) et déterminer sa dimension à l'aide de l'analyse dimensionnelle.
Voir la réponse courte

Analogie avec l'électrostatique en remplaçant q/\varepsilon_0 par -4\pi G m : \mathrm{div}\vec{K} = -4\pi G\rho et \vec{\mathrm{rot}}\vec{K} = \vec{0}.

Voir le corrigé complet

La force gravitationnelle exercée par une masse ponctuelle m_1 sur une masse ponctuelle m_2 séparées d'une distance r s'écrit :

\vec{F}_{1 \to 2} = -G \frac{m_1 m_2}{r^2} \, \vec{u}_{1 \to 2}

Par comparaison avec la force de Coulomb :

\vec{F}_{1 \to 2} = \frac{1}{4\pi\varepsilon_0} \frac{q_1 q_2}{r^2} \, \vec{u}_{1 \to 2}

on déduit le dictionnaire d'analogie suivant :

\begin{aligned} q &\longleftrightarrow m \\ \vec{E} &\longleftrightarrow \vec{K} \\ \rho_q &\longleftrightarrow \rho \\ \frac{1}{4\pi\varepsilon_0} &\longleftrightarrow -G \quad \Longleftrightarrow \quad \frac{1}{\varepsilon_0} \longleftrightarrow -4\pi G \end{aligned}

En transposant les équations du champ électrostatique rappelées en Q1, on obtient les équations régissant le champ de gravitation \vec{K} :

\boxed{\vec{\nabla} \cdot \vec{K} = -4\pi G \rho(\vec{r}) \quad \text{et} \quad \vec{\nabla} \wedge \vec{K} = \vec{0}}

La grandeur \rho(\vec{r}) est la masse volumique (ou densité volumique de matière) au point \vec{r}. Elle est définie à partir d'un élément de volume mésoscopique \mathrm{d}^3V entourant la position \vec{r} contenant une masse \mathrm{d}m par :

\rho(\vec{r}) = \frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}^3V}

Sa dimension est celle d'une masse divisée par un volume :

\boxed{[\rho] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3}}

Dans le Système international d'unités, elle s'exprime en \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-3}.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse, charge électrique

Au-delà des équations de champ, voyez-vous une différence simple entre l'électrostatique et la gravitation ?

Voir l'indice

Considérer le signe des sources : les masses sont exclusivement positives, rendant l'interaction gravitationnelle toujours attractive, contrairement aux charges.

Voir la réponse courte

La masse est toujours strictement positive, ce qui rend l'interaction gravitationnelle toujours attractive, contrairement aux charges électriques de deux signes.

Voir le corrigé complet

La différence fondamentale la plus simple réside dans le signe des sources et la nature de l'interaction qui en découle :

  • Signe des sources : la masse est une grandeur toujours positive (\rho \ge 0), alors que la charge électrique peut être positive ou négative (\rho_q \gtrless 0).
  • Caractère de la force : l'interaction gravitationnelle entre deux masses est par conséquent exclusivement attractive, alors que l'interaction électrostatique est répulsive (charges de même signe) ou attractive (charges de signes contraires).

On peut également souligner deux autres différences majeures :

  • L'universalité (rapport charge/masse) : en gravitation, la « charge » gravitationnelle s'identifie à la masse inertielle (m_g = m_i, principe d'équivalence), conférant à tous les corps la même accélération dans un champ gravitationnel donné. En électrostatique, le rapport q/m dépend de la particule considérée.
  • L'intensité relative : à l'échelle microscopique (par exemple entre deux protons), l'interaction électrostatique surpasse l'interaction gravitationnelle d'environ 36 ordres de grandeur. À grande échelle, la matière étant globalement neutre électriquement, c'est au contraire la gravitation qui prédomine.

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : théorème de gauss, invariance et symétrie

On considère une boule homogène de rayon et de densité volumique de charge uniforme . Calculer le champ électrostatique à l'intérieur et à l'extérieur de cette boule. On précisera avec soin les considérations d'invariance et de symétrie effectuées.

Voir l'indice

Utiliser les invariances par rotation autour du centre et choisir une sphère de Gauss concentrique de rayon r.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et invariances de la distribution sphérique de charge pour réduire les composantes et les dépendances du champ électrostatique \vec{E}.
  2. Appliquer le théorème de Gauss sur une surface fermée adaptée à la géométrie (une sphère concentrique de rayon r) pour déterminer le champ à l'intérieur (r < R) puis à l'extérieur (r > R) de la boule.
Voir la réponse courte

Invariances et symétrie sphérique : application du théorème de Gauss sur une sphère de rayon r pour r < R et r > R.

Voir le corrigé complet

On repère l'espace en coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) dont l'origine O coïncide avec le centre de la boule chargée.

Considérations d'invariance et de symétrie :

  • Invariances : La distribution de charge est invariante par toute rotation autour du centre O, c'est-à-dire par translation selon \theta et \varphi. Par conséquent, les composantes du champ électrostatique ne dépendent que de la coordonnée radiale r :

    \vec{E}(r, \theta, \varphi) = \vec{E}(r).
  • Symétries : Tout plan contenant l'origine O et le point d'observation M (plan méridien défini par \vec{e}_r et un vecteur orthogonal) est un plan de symétrie de la distribution de charge. Le champ électrostatique étant un vecteur polaire, il appartient à l'intersection de tous ces plans de symétrie, qui est la droite radiale (OM). Ainsi, le champ est purement radial :

    \vec{E}(r) = E_r(r)\,\vec{e}_r.

Théorème de Gauss : On choisit comme surface de Gauss \mathcal{S}_G une sphère de centre O et de rayon r, orientée vers l'extérieur par la normale \vec{n}_{\text{ext}} = \vec{e}_r. Le flux du champ électrostatique à travers cette surface s'écrit :

\Phi = \oiint_{\mathcal{S}_G} \vec{E} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = \oiint_{\mathcal{S}_G} E_r(r)\,\vec{e}_r \cdot \vec{e}_r\,\mathrm{d}S = E_r(r) \oiint_{\mathcal{S}_G}\mathrm{d}S = 4\pi r^2 E_r(r).

D'après le théorème de Gauss, ce flux est relié à la charge intérieure Q_{\text{int}}(r) par \Phi = \frac{Q_{\text{int}}(r)}{\varepsilon_0}.

  • À l'intérieur de la boule (r \le R) : La charge comprise dans la sphère de rayon r vaut :

    Q_{\text{int}}(r) = \rho_{q,0} \times \frac{4}{3}\pi r^3.

    On en déduit :

    4\pi r^2 E_r(r) = \frac{\rho_{q,0}}{\varepsilon_0}\frac{4}{3}\pi r^3 \implies E_r(r) = \frac{\rho_{q,0}}{3\varepsilon_0} r.
    \boxed{\vec{E}_{\text{int}}(\vec{r}) = \frac{\rho_{q,0}}{3\varepsilon_0}\,\vec{r}}
  • À l'extérieur de la boule (r \ge R) : La surface de Gauss englobe toute la charge de la boule, notée Q_{\text{tot}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_{q,0} :

    Q_{\text{int}}(r) = Q_{\text{tot}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_{q,0}.

    On obtient :

    4\pi r^2 E_r(r) = \frac{Q_{\text{tot}}}{\varepsilon_0} \implies E_r(r) = \frac{\rho_{q,0} R^3}{3\varepsilon_0 r^2} = \frac{Q_{\text{tot}}}{4\pi\varepsilon_0 r^2}.
    \boxed{\vec{E}_{\text{ext}}(\vec{r}) = \frac{\rho_{q,0} R^3}{3\varepsilon_0 r^3}\,\vec{r} = \frac{Q_{\text{tot}}}{4\pi\varepsilon_0 r^3}\,\vec{r}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

On considère à présent une boule homogène de rayon et de densité de matière uniforme . Déterminer le champ gravitationnel à l'intérieur et à l'extérieur de cette boule. Montrer notamment qu'on retrouve hors de la boule :

où est la masse totale de la boule, et où le vecteur position a pour origine le centre de la boule.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel sur une sphère de rayon r, le flux de \vec{K} étant égal à -4\pi G M_{\mathrm{int}}(r).

Voir la stratégie
  1. Exploiter directement l'analogie électrostatique-gravitation établie aux questions Q2 et Q4 en substituant les grandeurs correspondantes.
  2. Exprimer la masse totale M de la boule pour établir la relation demandée à l'extérieur de la distribution.
Voir la réponse courte

Application du théorème de Gauss gravitationnel à la sphère de masse M : champ radial attractif en -GM/r^2 à l'extérieur.

Voir le corrigé complet

Les propriétés de symétrie et d'invariance de la boule homogène de masse sont rigoureusement identiques à celles de la boule chargée étudiées à la question Q4. D'après l'analogie mise en place à la question Q2, les équations du champ gravitationnel se déduisent de celles de l'électrostatique par les substitutions :

\vec{E} \longrightarrow \vec{K}, \quad \rho_{q,0} \longrightarrow \rho_0 \quad \text{et} \quad \frac{1}{\varepsilon_0} \longrightarrow -4\pi G

En transposant directement les expressions obtenues à la question Q4 :

  • À l'intérieur de la boule (r \leqslant R) :

    \begin{aligned} \vec{K}(\vec{r}) &= \frac{\rho_0}{3} (-4\pi G) \, \vec{r} \end{aligned}

    soit :

    \boxed{\vec{K}(\vec{r}) = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 \, \vec{r}}
  • À l'extérieur de la boule (r \geqslant R) :

    \begin{aligned} \vec{K}(\vec{r}) &= \frac{\rho_0 R^3}{3 r^3}(-4\pi G) \, \vec{r} = -\frac{4\pi \rho_0 R^3}{3} \frac{G \vec{r}}{r^3} \end{aligned}

La masse totale M de la boule homogène de rayon R s'écrit :

M = \iiint_{\text{boule}} \rho_0 \, \mathrm{d}^3V = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_0

On en déduit immédiatement le champ à l'extérieur de la boule :

\boxed{\vec{K}(\vec{r}) = -GM\frac{\vec{r}}{r^3}}

ce qui correspond bien à l'équation (4) de l'énoncé.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

2 · Chute libre et principe d'équivalence

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de lorentz, champ électrostatique

Dans le cas électrostatique expliquer brièvement comment il est possible de déterminer la direction et la valeur du champ électrique par des expériences locales (qui peuvent mettre en jeu des particules chargées). Aucun développement calculatoire n'est attendu ici.

Voir l'indice

Décrire l'action d'une force électrique sur une particule chargée au repos ou la déviation d'un faisceau de charges.

Voir la réponse courte

Mesure locale de la force subie par des particules de charges différentes ou de signes opposés pour isoler \vec{E}.

Voir le corrigé complet

L'observateur n'étant pas chargé électriquement, il n'est soumis à aucune force électrostatique et reste au repos dans le référentiel galiléen. Pour mesurer le champ \vec{E} localement, il peut :

  • Mesure statique : suspendre une particule test de charge connue q > 0 à un dynamomètre (ou un fil étalonné). À l'équilibre mécanique, la force électrostatique compense la tension du dynamomètre : \vec{F}_{\text{élec}} = q\vec{E} = -\vec{T}. La direction et le sens de l'élongation donnent ceux de \vec{E}, et la norme de la force permet de déterminer l'amplitude E = \|\vec{T}\|/q.
  • Mesure dynamique : lâcher sans vitesse initiale une particule de masse m et de charge q connues. L'accélération initiale mesurée est \vec{a} = \frac{q}{m}\vec{E}. La trajectoire rectiligne initiale indique la direction et le sens du champ, et la mesure de l'accélération donne la norme E = \frac{m}{q} a.

L'existence de charges positives, négatives ou nulles permet ainsi de caractériser sans ambiguïté le champ électrostatique local.

Signaler une erreurSommaire

Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force d'inertie d'entraînement, principe d'équivalence

Dans le cas gravitationnel, l'observateur initialement au repos est lui-même soumis au champ gravitationnel. On dit qu'il est en chute libre. Dans son référentiel, comment est modifiée la deuxième loi de Newton par rapport au référentiel galiléen initial ?

Voir l'indice

Écrire la force d'inertie d'entraînement \vec{f}_{\mathrm{ie}} = -m\vec{a}_e dans le référentiel accéléré avec \vec{a}_e = \vec{K}.

Voir la réponse courte

Dans le référentiel en chute libre, la force d'inertie d'entraînement compense exactement la force de gravitation homogène locale.

Voir le corrigé complet

Soit \mathcal{R} le référentiel galiléen d'étude dans lequel règne le champ de gravitation uniforme et stationnaire \vec{K}.

L'observateur en chute libre définit un référentiel \mathcal{R}' en translation accélérée par rapport à \mathcal{R}, d'accélération d'entraînement :

\vec{a}_e = \vec{K}.

Puisqu'il s'agit d'une translation pure, le vecteur rotation est nul (\vec{\Omega} = \vec{0}), de sorte que la force d'inertie de Coriolis est nulle (\vec{F}_{ic} = \vec{0}).

Dans le référentiel non galiléen \mathcal{R}', la deuxième loi de Newton appliquée à une particule de masse m s'écrit en ajoutant la force d'inertie d'entraînement \vec{F}_{ie} :

\begin{aligned} m \vec{a}' &= \sum \vec{F}_{\text{vraies}} + \vec{F}_{ie} \\ &= \vec{F}_{\text{autres}} + m\vec{K} + (-m \vec{a}_e) \\ &= \vec{F}_{\text{autres}} + m\vec{K} - m\vec{K} \\ &= \vec{F}_{\text{autres}}. \end{aligned}

La deuxième loi de Newton est donc modifiée par l'apparition d'une force d'inertie d'entraînement \vec{F}_{ie} = -m\vec{K} qui compense exactement la force de gravitation subie par la particule :

\boxed{m \vec{a}' = \vec{F}_{\text{autres}}}

Dans le référentiel en chute libre, le champ gravitationnel local disparaît donc entièrement de la dynamique des corps.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : principe d'équivalence, chute libre

Dans ce dernier cas, est-il possible pour l'observateur en chute libre de déterminer la direction et la valeur du champ gravitationnel par des expériences locales ?

Voir l'indice

Constater que la force de gravitation est exactement compensée par la force d'inertie d'entraînement pour tout corps d'épreuve.

Voir la stratégie

Pour répondre, on exploite le résultat établi à la question précédente : dans le référentiel en chute libre, la force gravitationnelle et la force d'inertie d'entraînement s'annulent rigoureusement pour tout point matériel. On analyse ensuite les conséquences physiques mesurables par un observateur confiné localement.

Voir la réponse courte

Impossible localement car tous les corps et l'observateur subissent la même accélération gravitationnelle (principe d'équivalence faible).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q7, dans le référentiel \mathcal{R}' de l'observateur en chute libre au sein d'un champ gravitationnel uniforme \vec{K}, la force d'inertie d'entraînement subie par une particule quelconque de masse m compense exactement la force gravitationnelle :

\vec{F}_{\text{grav}} + \vec{F}_{\mathrm{ie}} = m \vec{K} - m \vec{K} = \vec{0}.

En l'absence d'autres interactions (\vec{F}_{\text{autres}} = \vec{0}), toute particule libre de masse quelconque est animée d'un mouvement rectiligne uniforme dans \mathcal{R}' (ou reste immobile si elle est lâchée sans vitesse initiale). L'observateur constate ainsi un état d'impesanteur totale.

Les lois de la mécanique dans ce référentiel local sont rigoureusement identiques à celles observées dans un référentiel galiléen loin de toute source gravitationnelle. Par conséquent :

\boxed{\text{Il est impossible pour l'observateur de déterminer localement la direction ou la valeur de }\vec{K}.}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : impesanteur, chute libre

Pourquoi un astronaute est-il en impesanteur dans la station spatiale internationale ?

Voir l'indice

Expliquer que la station spatiale et l'astronaute subissent la même accélération de pesanteur et sont conjointement en chute libre orbitale.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le mouvement réel de la Station spatiale internationale (ISS) dans le référentiel géocentrique pour préciser l'intensité du champ de pesanteur à son altitude.
  2. Appliquer le résultat de la question précédente (Q7) en se plaçant dans le référentiel lié à la station, qui est en chute libre.
Voir la réponse courte

L'astronaute et l'ISS sont tous deux en orbite de chute libre autour de la Terre : la force gravitationnelle est compensée par l'inertie d'entraînement.

Voir le corrigé complet

La Station spatiale internationale (ISS) orbite autour de la Terre à une altitude d'environ h \approx 400\text{ km}. À cette altitude, le champ gravitationnel terrestre n'est nullement négligeable : il conserve environ 90\,\% de sa valeur au sol (g \approx 8{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}).

L'ISS n'est soumise (en première approximation) qu'à l'attraction gravitationnelle de la Terre : elle est donc en état de chute libre permanente.

Dans le référentiel lié à la station, qui possède une accélération d'entraînement \vec{a}_e = \vec{K}, un astronaute de masse m est soumis à :

  • la force gravitationnelle terrestre : \vec{F}_{\text{grav}} = m \vec{K} ;
  • la force d'inertie d'entraînement : \vec{F}_{\text{ie}} = -m \vec{a}_e = -m \vec{K}.

Ces deux forces se compensent exactement en tout point de son corps :

\vec{P}_{\text{app}} = \vec{F}_{\text{grav}} + \vec{F}_{\text{ie}} = \vec{0}

Le poids apparent de l'astronaute est donc nul, ce qui place ce dernier en situation d'impesanteur.

Signaler une erreurSommaire

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, principe d'équivalence

Écrire dans un référentiel galiléen l'équation régissant la dynamique d'une particule de masses inertielle et grave dans un champ de gravitation . Est-il possible d'identifier un équivalent du terme en électrostatique ? Commenter.

Voir l'indice

Appliquer le PFD en distinguant m_i \vec{a} = m_g \vec{K} ; en électrostatique, le rapport analogue fait intervenir le rapport charge sur masse q/m_i.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique en distinguant rigoureusement la masse inertielle m_i (qui quantifie l'inertie du corps face à l'accélération) et la masse grave m_g (qui mesure le couplage au champ de gravitation).
  2. Établir par analogie l'équation du mouvement dans un champ électrostatique pour identifier le ratio correspondant, puis commenter la différence fondamentale de comportement entre gravitation et électrostatique.
Voir la réponse courte

Le PFD s'écrit m_i \vec{a} = m_g \vec{K} ; le rapport m_g/m_i est universellement égal à 1, alors que q/m_i varie selon les particules en électrostatique.

Voir le corrigé complet

Dans un référentiel galiléen, le principe fondamental de la dynamique appliqué à une particule soumise uniquement au champ de gravitation \vec{K} s'écrit :

m_i \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m_g \vec{K}

En introduisant le ratio \alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{m_i}{m_g}, l'accélération de la particule s'exprime sous la forme :

\boxed{\vec{a} = \frac{1}{\alpha_{\mathrm{eq}}} \vec{K}}

En électrostatique, la force exercée par un champ \vec{E} sur une particule de charge électrique q est \vec{F}_{\text{élec}} = q \vec{E}. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit alors :

m_i \vec{a} = q \vec{E} \iff \vec{a} = \frac{q}{m_i}\vec{E}

Par analogie, la charge électrique q joue le rôle de la masse grave m_g. On peut donc identifier comme équivalent du ratio \alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{m_i}{m_g} :

\boxed{\frac{m_i}{q} \quad \left(\text{ou son inverse, la charge massique } \frac{q}{m_i}\right)}

Commentaire :

  • En gravitation, l'expérience montre que \alpha_{\mathrm{eq}} est strictement universel (indépendant du corps et égal à 1), ce qui assure que l'accélération \vec{a} ne dépend aucunement de la nature ou de la masse du corps en chute libre (universalité de la chute libre).
  • À l'inverse, le rapport spécifique q/m_i n'est absolument pas universel : il dépend de la particule considérée (il peut être positif, négatif ou nul, et varie de plusieurs ordres de grandeur, par exemple entre un électron et un proton). Il n'existe donc pas de principe d'équivalence en électrostatique, et un changement de référentiel accéléré ne saurait compenser un champ électrique pour toutes les particules simultanément.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : principe d'équivalence, force d'inertie

On entend parfois énoncer que le principe d'équivalence empêche de différencier une force créée par un champ de gravitation d'une force d'inertie. Au-delà des propriétés purement locales, voyez-vous une caractéristique que ces deux types de force n'ont pas en commun ?

Voir l'indice

Penser aux gradients de champ (effets de marée) qui existent pour un champ gravitationnel réel mais pas pour une force d'inertie d'accélération uniforme.

Voir la réponse courte

Un champ gravitationnel réel provient de sources distantes et présente des gradients non nuls (forces de marée), contrairement à une force d'inertie uniforme.

Voir le corrigé complet

Au-delà de l'approximation locale (où le champ gravitationnel est assimilé à un champ uniforme), plusieurs caractéristiques fondamentales distinguent une force de gravitation d'une force d'inertie :

  1. Inhomogénéité et effets de marée : Le champ de gravitation \vec{K} créé par une distribution de matière réelle n'est jamais rigoureusement uniforme à l'échelle macroscopique. Il possède un gradient spatial (décrit par le tenseur des marées en physique newtonienne ou le tenseur de courbure de Riemann en relativité générale) et vérifie l'équation de Poisson :

    \vec{\nabla} \cdot \vec{K} = -4\pi G \rho(\vec{r})

    Deux particules tests en chute libre distantes l'une de l'autre subissent des accélérations gravitationnelles légèrement différentes et voient leur distance relative évoluer : ce sont les forces de marée. À l'inverse, la force d'inertie d'entraînement associée à un référentiel en translation accélérée \vec{a}_0(t) est strictement uniforme dans tout l'espace (\vec{f}_{\text{ie}} = -m\vec{a}_0(t)) et ne produit aucun effet de marée.

  2. Caractère éliminable globalement ou seulement localement : Une force d'inertie peut être éliminée globalement dans tout l'espace par un changement de référentiel (passage à un référentiel galiléen). En revanche, le champ gravitationnel créé par un astre ne peut être annulé que localement (dans un référentiel en chute libre ponctuel), car aucun changement de coordonnées global ne peut annuler simultanément un champ à courbure/divergence non nulle.
  3. Sources matérielles et troisième loi de Newton : La force de gravitation est issue d'une source matérielle bien identifiée (une distribution de masse \rho) et respecte le principe des actions réciproques. Les forces d'inertie proviennent uniquement du choix du référentiel : elles n'ont pas de support matériel réagissant et ne vérifient donc pas la troisième loi de Newton.
Signaler une erreurSommaire

3 · Test du principe d'équivalence

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe d'équivalence, chute libre

Expliquer pourquoi cette expérience peut servir de test au principe d'équivalence. On supposera pour simplifier les considérations qu'un des deux objets a un coefficient exactement égal à 1, et l'autre à .

Voir l'indice

Établir l'expression du temps de chute libre d'une hauteur z_0 en fonction du rapport \alpha_{\mathrm{eq}} = m_i/m_g.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les conditions de l'expérience sur la Lune : absence d'atmosphère éliminant les frottements de l'air.
  2. Exprimer l'accélération puis le temps de chute en fonction du coefficient \alpha_{\mathrm{eq}} à l'aide du résultat de la question 10.
  3. Montrer qu'un écart éventuel entre les coefficients \alpha_{\mathrm{eq}} des deux corps induirait une différence sur les temps de chute, rendant l'expérience sensible au principe d'équivalence.
Voir la réponse courte

Deux corps lâchés sans vitesse initiale touchent le sol simultanément si et seulement si leurs rapports \alpha_{\mathrm{eq}} = m_g/m_i sont identiques.

Voir le corrigé complet

Sur la Lune, l'atmosphère est inexistante à cette échelle, ce qui permet de s'affranchir totalement des forces de frottement fluide qui masquent habituellement l'universalité de la chute libre sur Terre (où une plume est ralentie par l'air).

Chaque objet n'est soumis qu'à son propre poids gravitationnel. D'après la relation établie à la question 10, dans le référentiel sélénocentrique supposé galiléen :

\vec{a} = \frac{1}{\alpha_{\mathrm{eq}}} \vec{K}_L

où \vec{K}_L est le champ de gravitation à la surface de la Lune, dirigé vers le bas selon la verticale descendante Oz d'intensité g_L = \|\vec{K}_L\|.

Pour un lâcher sans vitesse initiale depuis une hauteur z_0, l'accélération scalaire constante a = \frac{g_L}{\alpha_{\mathrm{eq}}} conduit par double intégration à la hauteur de chute :

z_0 = \frac{1}{2} a t^2 = \frac{g_L}{2\alpha_{\mathrm{eq}}} t^2

Le temps de chute s'écrit donc :

t = \sqrt{\frac{2 z_0 \alpha_{\mathrm{eq}}}{g_L}}

Pour l'objet 1 (dont \alpha_{\mathrm{eq},1} = 1) et l'objet 2 (dont \alpha_{\mathrm{eq},2} = 1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}}), les temps de chute respectifs s'écrivent :

t_1 = \sqrt{\frac{2 z_0}{g_L}} \quad \text{et} \quad t_2 = \sqrt{\frac{2 z_0 (1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}})}{g_L}}

Si le principe d'équivalence est violé (\delta\alpha_{\mathrm{eq}} \neq 0), les deux corps touchent le sol à des instants différents : t_2 \neq t_1.

Constater que le marteau et la plume touchent le sol au même instant, à une incertitude de mesure \delta t près, permet de tester la nullité de \delta\alpha_{\mathrm{eq}} et d'obtenir une borne supérieure sur la violation du principe d'équivalence entre deux corps de masse et de composition chimique très différentes.

Signaler une erreurSommaire

Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre, calcul d'incertitude

Obtenir littéralement avec quelle précision le principe d'équivalence est vérifié dans l'expérience d'Apollo 15. On donnera le résultat obtenu en fonction de , , , et des caractéristiques de la Lune, et on pourra supposer que est petit devant l'unité.

Voir l'indice

Différencier la loi de chute pour relier la variation relative de temps de parcours \delta t / t à la variation \delta\alpha_{\mathrm{eq}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ de gravitation à la surface de la Lune g_L à partir de la loi de gravitation établie à la question Q5 appliquée à une sphère de masse M_L et de rayon R_L.
  2. Exprimer la durée de chute t pour chaque objet à partir du résultat de la question Q12, puis développer l'écart temporel \Delta t au premier ordre en \delta\alpha_{\mathrm{eq}} \ll 1.
  3. Identifier la précision limite \delta\alpha_{\mathrm{eq}} en égalant l'écart de temps de chute à l'incertitude de mesure \delta t.
Voir la réponse courte

Différentiation de la durée de chute t = \sqrt{2z_0/(g\alpha_{\mathrm{eq}})} : \delta\alpha_{\mathrm{eq}} \approx 2\delta t / t avec g_L = GM_L/R_L^2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q5, la Lune étant modélisée par une distribution de matière à symétrie sphérique de masse M_L et de rayon R_L, le champ gravitationnel à sa surface a pour norme :

g_L = \frac{G M_L}{R_L^2}

D'après la question Q12, le temps de chute libre sans vitesse initiale depuis la hauteur z_0 pour une particule de paramètre \alpha_{\mathrm{eq}} s'écrit :

t(\alpha_{\mathrm{eq}}) = \sqrt{\frac{2 z_0\,\alpha_{\mathrm{eq}}}{g_L}}

Pour le premier objet (\alpha_{\mathrm{eq},1} = 1), le temps de chute vaut t_1 = \sqrt{\frac{2 z_0}{g_L}}. Pour le second objet (\alpha_{\mathrm{eq},2} = 1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}} avec |\delta\alpha_{\mathrm{eq}}| \ll 1), un développement limité au premier ordre donne :

t_2 = t_1 \left(1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}}\right)^{1/2} = t_1 \left(1 + \frac{1}{2}\delta\alpha_{\mathrm{eq}} + o(\delta\alpha_{\mathrm{eq}})\right)

L'écart temporel entre l'arrivée des deux objets au sol s'écrit donc :

\Delta t = |t_2 - t_1| \simeq \frac{1}{2} t_1\, \delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{1}{2} \sqrt{\frac{2 z_0}{g_L}}\,\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \sqrt{\frac{z_0}{2 g_L}}\,\delta\alpha_{\mathrm{eq}}

L'expérience ne permet pas de déceler un écart temporel inférieur à l'incertitude expérimentale \delta t. La précision avec laquelle le principe d'équivalence est vérifié correspond à la borne maximale \Delta t \le \delta t, soit :

\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = 2 \frac{\delta t}{t_1} = \delta t \sqrt{\frac{2 g_L}{z_0}}

En remplaçant g_L par son expression en fonction de G, M_L et R_L, on obtient finalement :

\boxed{\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{\delta t}{R_L}\sqrt{\frac{2GM_L}{z_0}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre

Effectuer l'application numérique de la question précédente.

Voir l'indice

Calculer d'abord l'accélération de la pesanteur à la surface de la Lune g_L = GM_L/R_L^2 avant d'évaluer numériquement \delta\alpha_{\mathrm{eq}}.

Voir la stratégie
  1. Calculer numériquement l'accélération de la pesanteur à la surface de la Lune, g_L = \dfrac{G M_L}{R_L^2}.
  2. En déduire la valeur de \delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \delta t \sqrt{\dfrac{2 g_L}{z_0}} avec un chiffre significatif, conformément aux consignes du sujet.
Voir la réponse courte

Application numérique à partir de la durée de chute et de l'incertitude temporelle de la vidéo de la mission Apollo 15.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q13, l'écart relatif sur le paramètre d'équivalence s'exprime sous la forme :

\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \delta t \sqrt{\frac{2 g_L}{z_0}} \quad \text{avec} \quad g_L = \frac{G M_L}{R_L^2}

Calculons dans un premier temps l'accélération de la pesanteur lunaire g_L :

\begin{aligned} g_L &= \frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 7{,}35 \times 10^{22}}{\left(1{,}74 \times 10^6\right)^2} \\ &\approx \frac{49{,}0 \times 10^{11}}{3{,}03 \times 10^{12}} \approx 1{,}62 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}

On en déduit :

\begin{aligned} \sqrt{\frac{2 g_L}{z_0}} &\approx \sqrt{\frac{2 \times 1{,}62}{1}} = \sqrt{3{,}24} = 1{,}80 \text{ s}^{-1} \end{aligned}

Avec \delta t = 0{,}02\text{ s} :

\begin{aligned} \delta\alpha_{\mathrm{eq}} &= 0{,}02 \times 1{,}80 = 0{,}036 \end{aligned}

En ne conservant qu'un seul chiffre significatif comme requis :

\boxed{\delta\alpha_{\mathrm{eq}} \approx 4 \times 10^{-2}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Cinématique et dynamique du point (35 % des questions, partie 3), Mouvement dans un champ de force centrale (26 %, partie 2) et Premier et second principes de la thermodynamique (12 %). Plus ponctuellement : Électrostatique, Référentiels non galiléens, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Rayonnement thermique…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique C PC 2020 dès la première année (PCSI) ?

En grande partie : 50 questions sur 66 (76 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie 3 en entier (Q49 à Q66), la sous-partie 1.3 (Q12 à Q14), la sous-partie 1.4 (Q15 à Q19) et la sous-partie 2.3 (Q30 à Q35). Avec les autres programmes de première année : 50 en MPSI, 50 en PTSI, 50 en MP2I, 50 en TSI1 et 41 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Environ 4 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 6 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q19 (rayon de courbure), Q21 (principe d'équivalence) et Q25 (intégration).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Questions de cours : Q1 (équation de maxwell), Q2 (théorème de gauss), Q4 (théorème de gauss), Q45 (analyse dimensionnelle), Q49 (relativité générale) et Q51 (modèle cosmologique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q5 (théorème de gauss), Q15 (énergie mécanique), Q23 (intégrale première), Q26 (parallaxe), Q29 (accélération centripète), Q30 (vitesse orbitale), Q44 (théorème de l'énergie cinétique), Q54 (premier principe)….

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (51 sur 66), par exemple : Q1 à Q3, Q6 à Q14, Q16 à Q18, Q24, Q26 à Q28, Q30 à Q32, Q34 à Q38, Q40, Q42 à Q54, Q56, Q57 et Q59 à Q66. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q5, Q15, Q23, Q29, Q41, Q55 et Q58.

Le sujet ENS Physique C PC 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle a été la moyenne au sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Moyenne : 8,97/20 (écart-type 3,58).

Faut-il des connaissances en relativité générale pour traiter la partie 3 ?

Non : les relations issues de la relativité générale, notamment les deux équations de Friedmann en Q53 et Q55, sont admises et fournies par le sujet. Les développements demandés relèvent uniquement de la thermodynamique de première année et de l'intégration d'équations différentielles scalaires.

Quel changement de variable permet de calculer l'intégrale en Q25 ?

On pose x = \cos^2\theta (ou x = \sin^2\theta). La séparation des variables issue de l'intégrale première Q23 conduit à intégrer \sqrt{x/(1-x)}\,\mathrm{d}x, que ce changement trigonométrique transforme en l'intégrale de 2\cos^2\theta\,\mathrm{d}\theta.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.

Note estimée
–
0 question réussie sur 66
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 66 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,97 et d'écart-type 3,58 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.