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Corrigé détaillé ENS Physique C PC 2020

Gravitation et secteur sombre de l'Univers

Le sujet en bref

Sujet accessible · Cinématique et dynamique du point, Mouvement dans un champ de force centrale, Premier et second principes de la thermodynamique · 14 incontournables · 50 questions de première année
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Cette épreuve remarquable de 6 heures aborde avec une grande élégance pédagogique la physique de la gravitation, depuis les fondements du principe d'équivalence d'Einstein jusqu'aux deux plus grandes énigmes contemporaines de l'astrophysique : la matière noire et l'énergie noire. Le sujet est remarquablement structuré, guidant le candidat à travers des calculs de champ newtonien, des bilans énergétiques cosmologiques et l'interprétation des données observationnelles modernes (missions spatiales Apollo 15, satellite MICROSCOPE, courbes de rotation galactiques).

D'un niveau conceptuel stimulant mais sans technicité mathématique superflue, cette épreuve constitue un support de révision exceptionnel pour décloisonner la mécanique du point, la mécanique céleste, l'analyse vectorielle et la thermodynamique appliquée à l'Univers en expansion. Elle permet de s'entraîner efficacement à la modélisation physique et aux ordres de grandeur astronomiques.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 4 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 6 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

14 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI : 50 questions sur 66, parties 3, 1.3, 1.4 et 2.3.

Où gagner des points

57 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncé
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Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie 3 (Q49 à Q66) est totalement indépendante des deux premières parties et peut se traiter sans avoir abordé la gravitation newtonienne ou les courbes de rotation galactiques.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

66 questions
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Partie 1 : Gravitation et principe d'équivalence

1 · Équations du champ gravitationnel

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : équation de maxwell, force de lorentz

Rappeler les équations du champ électrostatique , ainsi que la force exercée par un tel champ sur une particule de charge . On notera la densité de charge électrique.

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Citer les équations locales de Maxwell-Gauss et Maxwell-Faraday en régime stationnaire, ainsi que la force de Lorentz électrique.

Voir la réponse courte

Équations locales de l'électrostatique \mathrm{div}\vec{E} = \rho_q/\varepsilon_0 et \vec{\mathrm{rot}}\vec{E} = \vec{0}, et force de Lorentz \vec{F} = q\vec{E}.

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Le champ électrostatique \vec{E}(\vec{r}) est régi par les équations de Maxwell en régime stationnaire :

  • L'équation locale de Maxwell-Gauss, reliant la divergence du champ aux sources de charge volumique \rho_q :

    \boxed{\vec{\nabla} \cdot \vec{E} = \frac{\rho_q}{\varepsilon_0}}
  • L'équation traduisant le caractère irrotationnel (conservatif) du champ électrostatique, issue de l'équation de Maxwell-Faraday indépendante du temps :

    \boxed{\vec{\nabla} \wedge \vec{E} = \vec{0}}

    Cette équation assure l'existence d'un potentiel électrostatique V(\vec{r}) tel que \vec{E} = -\vec{\nabla} V.

Une particule ponctuelle portant la charge électrique q, plongée dans un champ électrostatique \vec{E}, subit la force électrostatique (composante électrique de la force de Lorentz) :

\boxed{\vec{F}_{\text{élec}} = q \vec{E}}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

En vous appuyant sur l'analogie entre les forces électrostatique et gravitationnelle, écrire les équations régissant le champ gravitationnel . Ces équations feront apparaître une densité volumique qu'on définira, et dont on donnera la dimension.

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Effectuer l'analogie formelle entre la loi de Coulomb et la loi de Newton en remplaçant la charge par la masse et 1/(4\pi\varepsilon_0) par -G.

Voir la stratégie
  1. Comparer la loi de Coulomb et la loi de Newton de la gravitation pour identifier les correspondances formelles entre les grandeurs sources, les constantes de couplage et les champs.
  2. Transposer les équations locales du champ électrostatique établies à la question Q1 au champ gravitationnel \vec{K}.
  3. Définir la densité de matière \rho(\vec{r}) et déterminer sa dimension à l'aide de l'analyse dimensionnelle.
Voir la réponse courte

Analogie avec l'électrostatique en remplaçant q/\varepsilon_0 par -4\pi G m : \mathrm{div}\vec{K} = -4\pi G\rho et \vec{\mathrm{rot}}\vec{K} = \vec{0}.

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La force gravitationnelle exercée par une masse ponctuelle m_1 sur une masse ponctuelle m_2 séparées d'une distance r s'écrit :

\vec{F}_{1 \to 2} = -G \frac{m_1 m_2}{r^2} \, \vec{u}_{1 \to 2}

Par comparaison avec la force de Coulomb :

\vec{F}_{1 \to 2} = \frac{1}{4\pi\varepsilon_0} \frac{q_1 q_2}{r^2} \, \vec{u}_{1 \to 2}

on déduit le dictionnaire d'analogie suivant :

\begin{aligned} q &\longleftrightarrow m \\ \vec{E} &\longleftrightarrow \vec{K} \\ \rho_q &\longleftrightarrow \rho \\ \frac{1}{4\pi\varepsilon_0} &\longleftrightarrow -G \quad \Longleftrightarrow \quad \frac{1}{\varepsilon_0} \longleftrightarrow -4\pi G \end{aligned}

En transposant les équations du champ électrostatique rappelées en Q1, on obtient les équations régissant le champ de gravitation \vec{K} :

\boxed{\vec{\nabla} \cdot \vec{K} = -4\pi G \rho(\vec{r}) \quad \text{et} \quad \vec{\nabla} \wedge \vec{K} = \vec{0}}

La grandeur \rho(\vec{r}) est la masse volumique (ou densité volumique de matière) au point \vec{r}. Elle est définie à partir d'un élément de volume mésoscopique \mathrm{d}^3V entourant la position \vec{r} contenant une masse \mathrm{d}m par :

\rho(\vec{r}) = \frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}^3V}

Sa dimension est celle d'une masse divisée par un volume :

\boxed{[\rho] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3}}

Dans le Système international d'unités, elle s'exprime en \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-3}.

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse, charge électrique

Au-delà des équations de champ, voyez-vous une différence simple entre l'électrostatique et la gravitation ?

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Considérer le signe des sources : les masses sont exclusivement positives, rendant l'interaction gravitationnelle toujours attractive, contrairement aux charges.

Voir la réponse courte

La masse est toujours strictement positive, ce qui rend l'interaction gravitationnelle toujours attractive, contrairement aux charges électriques de deux signes.

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La différence fondamentale la plus simple réside dans le signe des sources et la nature de l'interaction qui en découle :

  • Signe des sources : la masse est une grandeur toujours positive (\rho \ge 0), alors que la charge électrique peut être positive ou négative (\rho_q \gtrless 0).
  • Caractère de la force : l'interaction gravitationnelle entre deux masses est par conséquent exclusivement attractive, alors que l'interaction électrostatique est répulsive (charges de même signe) ou attractive (charges de signes contraires).

On peut également souligner deux autres différences majeures :

  • L'universalité (rapport charge/masse) : en gravitation, la « charge » gravitationnelle s'identifie à la masse inertielle (m_g = m_i, principe d'équivalence), conférant à tous les corps la même accélération dans un champ gravitationnel donné. En électrostatique, le rapport q/m dépend de la particule considérée.
  • L'intensité relative : à l'échelle microscopique (par exemple entre deux protons), l'interaction électrostatique surpasse l'interaction gravitationnelle d'environ 36 ordres de grandeur. À grande échelle, la matière étant globalement neutre électriquement, c'est au contraire la gravitation qui prédomine.

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : théorème de gauss, invariance et symétrie

On considère une boule homogène de rayon et de densité volumique de charge uniforme . Calculer le champ électrostatique à l'intérieur et à l'extérieur de cette boule. On précisera avec soin les considérations d'invariance et de symétrie effectuées.

Voir l'indice

Utiliser les invariances par rotation autour du centre et choisir une sphère de Gauss concentrique de rayon r.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et invariances de la distribution sphérique de charge pour réduire les composantes et les dépendances du champ électrostatique \vec{E}.
  2. Appliquer le théorème de Gauss sur une surface fermée adaptée à la géométrie (une sphère concentrique de rayon r) pour déterminer le champ à l'intérieur (r < R) puis à l'extérieur (r > R) de la boule.
Voir la réponse courte

Invariances et symétrie sphérique : application du théorème de Gauss sur une sphère de rayon r pour r < R et r > R.

Voir le corrigé complet

On repère l'espace en coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) dont l'origine O coïncide avec le centre de la boule chargée.

Considérations d'invariance et de symétrie :

  • Invariances : La distribution de charge est invariante par toute rotation autour du centre O, c'est-à-dire par translation selon \theta et \varphi. Par conséquent, les composantes du champ électrostatique ne dépendent que de la coordonnée radiale r :

    \vec{E}(r, \theta, \varphi) = \vec{E}(r).
  • Symétries : Tout plan contenant l'origine O et le point d'observation M (plan méridien défini par \vec{e}_r et un vecteur orthogonal) est un plan de symétrie de la distribution de charge. Le champ électrostatique étant un vecteur polaire, il appartient à l'intersection de tous ces plans de symétrie, qui est la droite radiale (OM). Ainsi, le champ est purement radial :

    \vec{E}(r) = E_r(r)\,\vec{e}_r.

Théorème de Gauss : On choisit comme surface de Gauss \mathcal{S}_G une sphère de centre O et de rayon r, orientée vers l'extérieur par la normale \vec{n}_{\text{ext}} = \vec{e}_r. Le flux du champ électrostatique à travers cette surface s'écrit :

\Phi = \oiint_{\mathcal{S}_G} \vec{E} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = \oiint_{\mathcal{S}_G} E_r(r)\,\vec{e}_r \cdot \vec{e}_r\,\mathrm{d}S = E_r(r) \oiint_{\mathcal{S}_G}\mathrm{d}S = 4\pi r^2 E_r(r).

D'après le théorème de Gauss, ce flux est relié à la charge intérieure Q_{\text{int}}(r) par \Phi = \frac{Q_{\text{int}}(r)}{\varepsilon_0}.

  • À l'intérieur de la boule (r \le R) : La charge comprise dans la sphère de rayon r vaut :

    Q_{\text{int}}(r) = \rho_{q,0} \times \frac{4}{3}\pi r^3.

    On en déduit :

    4\pi r^2 E_r(r) = \frac{\rho_{q,0}}{\varepsilon_0}\frac{4}{3}\pi r^3 \implies E_r(r) = \frac{\rho_{q,0}}{3\varepsilon_0} r.
    \boxed{\vec{E}_{\text{int}}(\vec{r}) = \frac{\rho_{q,0}}{3\varepsilon_0}\,\vec{r}}
  • À l'extérieur de la boule (r \ge R) : La surface de Gauss englobe toute la charge de la boule, notée Q_{\text{tot}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_{q,0} :

    Q_{\text{int}}(r) = Q_{\text{tot}} = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_{q,0}.

    On obtient :

    4\pi r^2 E_r(r) = \frac{Q_{\text{tot}}}{\varepsilon_0} \implies E_r(r) = \frac{\rho_{q,0} R^3}{3\varepsilon_0 r^2} = \frac{Q_{\text{tot}}}{4\pi\varepsilon_0 r^2}.
    \boxed{\vec{E}_{\text{ext}}(\vec{r}) = \frac{\rho_{q,0} R^3}{3\varepsilon_0 r^3}\,\vec{r} = \frac{Q_{\text{tot}}}{4\pi\varepsilon_0 r^3}\,\vec{r}}

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

On considère à présent une boule homogène de rayon et de densité de matière uniforme . Déterminer le champ gravitationnel à l'intérieur et à l'extérieur de cette boule. Montrer notamment qu'on retrouve hors de la boule :

où est la masse totale de la boule, et où le vecteur position a pour origine le centre de la boule.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel sur une sphère de rayon r, le flux de \vec{K} étant égal à -4\pi G M_{\mathrm{int}}(r).

Voir la stratégie
  1. Exploiter directement l'analogie électrostatique-gravitation établie aux questions Q2 et Q4 en substituant les grandeurs correspondantes.
  2. Exprimer la masse totale M de la boule pour établir la relation demandée à l'extérieur de la distribution.
Voir la réponse courte

Application du théorème de Gauss gravitationnel à la sphère de masse M : champ radial attractif en -GM/r^2 à l'extérieur.

Voir le corrigé complet

Les propriétés de symétrie et d'invariance de la boule homogène de masse sont rigoureusement identiques à celles de la boule chargée étudiées à la question Q4. D'après l'analogie mise en place à la question Q2, les équations du champ gravitationnel se déduisent de celles de l'électrostatique par les substitutions :

\vec{E} \longrightarrow \vec{K}, \quad \rho_{q,0} \longrightarrow \rho_0 \quad \text{et} \quad \frac{1}{\varepsilon_0} \longrightarrow -4\pi G

En transposant directement les expressions obtenues à la question Q4 :

  • À l'intérieur de la boule (r \leqslant R) :

    \begin{aligned} \vec{K}(\vec{r}) &= \frac{\rho_0}{3} (-4\pi G) \, \vec{r} \end{aligned}

    soit :

    \boxed{\vec{K}(\vec{r}) = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 \, \vec{r}}
  • À l'extérieur de la boule (r \geqslant R) :

    \begin{aligned} \vec{K}(\vec{r}) &= \frac{\rho_0 R^3}{3 r^3}(-4\pi G) \, \vec{r} = -\frac{4\pi \rho_0 R^3}{3} \frac{G \vec{r}}{r^3} \end{aligned}

La masse totale M de la boule homogène de rayon R s'écrit :

M = \iiint_{\text{boule}} \rho_0 \, \mathrm{d}^3V = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_0

On en déduit immédiatement le champ à l'extérieur de la boule :

\boxed{\vec{K}(\vec{r}) = -GM\frac{\vec{r}}{r^3}}

ce qui correspond bien à l'équation (4) de l'énoncé.

Résultat

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2 · Chute libre et principe d'équivalence

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de lorentz, champ électrostatique

Dans le cas électrostatique expliquer brièvement comment il est possible de déterminer la direction et la valeur du champ électrique par des expériences locales (qui peuvent mettre en jeu des particules chargées). Aucun développement calculatoire n'est attendu ici.

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Décrire l'action d'une force électrique sur une particule chargée au repos ou la déviation d'un faisceau de charges.

Voir la réponse courte

Mesure locale de la force subie par des particules de charges différentes ou de signes opposés pour isoler \vec{E}.

Voir le corrigé complet

L'observateur n'étant pas chargé électriquement, il n'est soumis à aucune force électrostatique et reste au repos dans le référentiel galiléen. Pour mesurer le champ \vec{E} localement, il peut :

  • Mesure statique : suspendre une particule test de charge connue q > 0 à un dynamomètre (ou un fil étalonné). À l'équilibre mécanique, la force électrostatique compense la tension du dynamomètre : \vec{F}_{\text{élec}} = q\vec{E} = -\vec{T}. La direction et le sens de l'élongation donnent ceux de \vec{E}, et la norme de la force permet de déterminer l'amplitude E = \|\vec{T}\|/q.
  • Mesure dynamique : lâcher sans vitesse initiale une particule de masse m et de charge q connues. L'accélération initiale mesurée est \vec{a} = \frac{q}{m}\vec{E}. La trajectoire rectiligne initiale indique la direction et le sens du champ, et la mesure de l'accélération donne la norme E = \frac{m}{q} a.

L'existence de charges positives, négatives ou nulles permet ainsi de caractériser sans ambiguïté le champ électrostatique local.

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force d'inertie d'entraînement, principe d'équivalence

Dans le cas gravitationnel, l'observateur initialement au repos est lui-même soumis au champ gravitationnel. On dit qu'il est en chute libre. Dans son référentiel, comment est modifiée la deuxième loi de Newton par rapport au référentiel galiléen initial ?

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Écrire la force d'inertie d'entraînement \vec{f}_{\mathrm{ie}} = -m\vec{a}_e dans le référentiel accéléré avec \vec{a}_e = \vec{K}.

Voir la réponse courte

Dans le référentiel en chute libre, la force d'inertie d'entraînement compense exactement la force de gravitation homogène locale.

Voir le corrigé complet

Soit \mathcal{R} le référentiel galiléen d'étude dans lequel règne le champ de gravitation uniforme et stationnaire \vec{K}.

L'observateur en chute libre définit un référentiel \mathcal{R}' en translation accélérée par rapport à \mathcal{R}, d'accélération d'entraînement :

\vec{a}_e = \vec{K}.

Puisqu'il s'agit d'une translation pure, le vecteur rotation est nul (\vec{\Omega} = \vec{0}), de sorte que la force d'inertie de Coriolis est nulle (\vec{F}_{ic} = \vec{0}).

Dans le référentiel non galiléen \mathcal{R}', la deuxième loi de Newton appliquée à une particule de masse m s'écrit en ajoutant la force d'inertie d'entraînement \vec{F}_{ie} :

\begin{aligned} m \vec{a}' &= \sum \vec{F}_{\text{vraies}} + \vec{F}_{ie} \\ &= \vec{F}_{\text{autres}} + m\vec{K} + (-m \vec{a}_e) \\ &= \vec{F}_{\text{autres}} + m\vec{K} - m\vec{K} \\ &= \vec{F}_{\text{autres}}. \end{aligned}

La deuxième loi de Newton est donc modifiée par l'apparition d'une force d'inertie d'entraînement \vec{F}_{ie} = -m\vec{K} qui compense exactement la force de gravitation subie par la particule :

\boxed{m \vec{a}' = \vec{F}_{\text{autres}}}

Dans le référentiel en chute libre, le champ gravitationnel local disparaît donc entièrement de la dynamique des corps.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : principe d'équivalence, chute libre

Dans ce dernier cas, est-il possible pour l'observateur en chute libre de déterminer la direction et la valeur du champ gravitationnel par des expériences locales ?

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Constater que la force de gravitation est exactement compensée par la force d'inertie d'entraînement pour tout corps d'épreuve.

Voir la stratégie

Pour répondre, on exploite le résultat établi à la question précédente : dans le référentiel en chute libre, la force gravitationnelle et la force d'inertie d'entraînement s'annulent rigoureusement pour tout point matériel. On analyse ensuite les conséquences physiques mesurables par un observateur confiné localement.

Voir la réponse courte

Impossible localement car tous les corps et l'observateur subissent la même accélération gravitationnelle (principe d'équivalence faible).

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D'après la question Q7, dans le référentiel \mathcal{R}' de l'observateur en chute libre au sein d'un champ gravitationnel uniforme \vec{K}, la force d'inertie d'entraînement subie par une particule quelconque de masse m compense exactement la force gravitationnelle :

\vec{F}_{\text{grav}} + \vec{F}_{\mathrm{ie}} = m \vec{K} - m \vec{K} = \vec{0}.

En l'absence d'autres interactions (\vec{F}_{\text{autres}} = \vec{0}), toute particule libre de masse quelconque est animée d'un mouvement rectiligne uniforme dans \mathcal{R}' (ou reste immobile si elle est lâchée sans vitesse initiale). L'observateur constate ainsi un état d'impesanteur totale.

Les lois de la mécanique dans ce référentiel local sont rigoureusement identiques à celles observées dans un référentiel galiléen loin de toute source gravitationnelle. Par conséquent :

\boxed{\text{Il est impossible pour l'observateur de déterminer localement la direction ou la valeur de }\vec{K}.}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : impesanteur, chute libre

Pourquoi un astronaute est-il en impesanteur dans la station spatiale internationale ?

Voir l'indice

Expliquer que la station spatiale et l'astronaute subissent la même accélération de pesanteur et sont conjointement en chute libre orbitale.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le mouvement réel de la Station spatiale internationale (ISS) dans le référentiel géocentrique pour préciser l'intensité du champ de pesanteur à son altitude.
  2. Appliquer le résultat de la question précédente (Q7) en se plaçant dans le référentiel lié à la station, qui est en chute libre.
Voir la réponse courte

L'astronaute et l'ISS sont tous deux en orbite de chute libre autour de la Terre : la force gravitationnelle est compensée par l'inertie d'entraînement.

Voir le corrigé complet

La Station spatiale internationale (ISS) orbite autour de la Terre à une altitude d'environ h \approx 400\text{ km}. À cette altitude, le champ gravitationnel terrestre n'est nullement négligeable : il conserve environ 90\,\% de sa valeur au sol (g \approx 8{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}).

L'ISS n'est soumise (en première approximation) qu'à l'attraction gravitationnelle de la Terre : elle est donc en état de chute libre permanente.

Dans le référentiel lié à la station, qui possède une accélération d'entraînement \vec{a}_e = \vec{K}, un astronaute de masse m est soumis à :

  • la force gravitationnelle terrestre : \vec{F}_{\text{grav}} = m \vec{K} ;
  • la force d'inertie d'entraînement : \vec{F}_{\text{ie}} = -m \vec{a}_e = -m \vec{K}.

Ces deux forces se compensent exactement en tout point de son corps :

\vec{P}_{\text{app}} = \vec{F}_{\text{grav}} + \vec{F}_{\text{ie}} = \vec{0}

Le poids apparent de l'astronaute est donc nul, ce qui place ce dernier en situation d'impesanteur.

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, principe d'équivalence

Écrire dans un référentiel galiléen l'équation régissant la dynamique d'une particule de masses inertielle et grave dans un champ de gravitation . Est-il possible d'identifier un équivalent du terme en électrostatique ? Commenter.

Voir l'indice

Appliquer le PFD en distinguant m_i \vec{a} = m_g \vec{K} ; en électrostatique, le rapport analogue fait intervenir le rapport charge sur masse q/m_i.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique en distinguant rigoureusement la masse inertielle m_i (qui quantifie l'inertie du corps face à l'accélération) et la masse grave m_g (qui mesure le couplage au champ de gravitation).
  2. Établir par analogie l'équation du mouvement dans un champ électrostatique pour identifier le ratio correspondant, puis commenter la différence fondamentale de comportement entre gravitation et électrostatique.
Voir la réponse courte

Le PFD s'écrit m_i \vec{a} = m_g \vec{K} ; le rapport m_g/m_i est universellement égal à 1, alors que q/m_i varie selon les particules en électrostatique.

Voir le corrigé complet

Dans un référentiel galiléen, le principe fondamental de la dynamique appliqué à une particule soumise uniquement au champ de gravitation \vec{K} s'écrit :

m_i \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m_g \vec{K}

En introduisant le ratio \alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{m_i}{m_g}, l'accélération de la particule s'exprime sous la forme :

\boxed{\vec{a} = \frac{1}{\alpha_{\mathrm{eq}}} \vec{K}}

En électrostatique, la force exercée par un champ \vec{E} sur une particule de charge électrique q est \vec{F}_{\text{élec}} = q \vec{E}. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit alors :

m_i \vec{a} = q \vec{E} \iff \vec{a} = \frac{q}{m_i}\vec{E}

Par analogie, la charge électrique q joue le rôle de la masse grave m_g. On peut donc identifier comme équivalent du ratio \alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{m_i}{m_g} :

\boxed{\frac{m_i}{q} \quad \left(\text{ou son inverse, la charge massique } \frac{q}{m_i}\right)}

Commentaire :

  • En gravitation, l'expérience montre que \alpha_{\mathrm{eq}} est strictement universel (indépendant du corps et égal à 1), ce qui assure que l'accélération \vec{a} ne dépend aucunement de la nature ou de la masse du corps en chute libre (universalité de la chute libre).
  • À l'inverse, le rapport spécifique q/m_i n'est absolument pas universel : il dépend de la particule considérée (il peut être positif, négatif ou nul, et varie de plusieurs ordres de grandeur, par exemple entre un électron et un proton). Il n'existe donc pas de principe d'équivalence en électrostatique, et un changement de référentiel accéléré ne saurait compenser un champ électrique pour toutes les particules simultanément.

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : principe d'équivalence, force d'inertie

On entend parfois énoncer que le principe d'équivalence empêche de différencier une force créée par un champ de gravitation d'une force d'inertie. Au-delà des propriétés purement locales, voyez-vous une caractéristique que ces deux types de force n'ont pas en commun ?

Voir l'indice

Penser aux gradients de champ (effets de marée) qui existent pour un champ gravitationnel réel mais pas pour une force d'inertie d'accélération uniforme.

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Un champ gravitationnel réel provient de sources distantes et présente des gradients non nuls (forces de marée), contrairement à une force d'inertie uniforme.

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Au-delà de l'approximation locale (où le champ gravitationnel est assimilé à un champ uniforme), plusieurs caractéristiques fondamentales distinguent une force de gravitation d'une force d'inertie :

  1. Inhomogénéité et effets de marée : Le champ de gravitation \vec{K} créé par une distribution de matière réelle n'est jamais rigoureusement uniforme à l'échelle macroscopique. Il possède un gradient spatial (décrit par le tenseur des marées en physique newtonienne ou le tenseur de courbure de Riemann en relativité générale) et vérifie l'équation de Poisson :

    \vec{\nabla} \cdot \vec{K} = -4\pi G \rho(\vec{r})

    Deux particules tests en chute libre distantes l'une de l'autre subissent des accélérations gravitationnelles légèrement différentes et voient leur distance relative évoluer : ce sont les forces de marée. À l'inverse, la force d'inertie d'entraînement associée à un référentiel en translation accélérée \vec{a}_0(t) est strictement uniforme dans tout l'espace (\vec{f}_{\text{ie}} = -m\vec{a}_0(t)) et ne produit aucun effet de marée.

  2. Caractère éliminable globalement ou seulement localement : Une force d'inertie peut être éliminée globalement dans tout l'espace par un changement de référentiel (passage à un référentiel galiléen). En revanche, le champ gravitationnel créé par un astre ne peut être annulé que localement (dans un référentiel en chute libre ponctuel), car aucun changement de coordonnées global ne peut annuler simultanément un champ à courbure/divergence non nulle.
  3. Sources matérielles et troisième loi de Newton : La force de gravitation est issue d'une source matérielle bien identifiée (une distribution de masse \rho) et respecte le principe des actions réciproques. Les forces d'inertie proviennent uniquement du choix du référentiel : elles n'ont pas de support matériel réagissant et ne vérifient donc pas la troisième loi de Newton.
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3 · Test du principe d'équivalence

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe d'équivalence, chute libre

Expliquer pourquoi cette expérience peut servir de test au principe d'équivalence. On supposera pour simplifier les considérations qu'un des deux objets a un coefficient exactement égal à 1, et l'autre à .

Voir l'indice

Établir l'expression du temps de chute libre d'une hauteur z_0 en fonction du rapport \alpha_{\mathrm{eq}} = m_i/m_g.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les conditions de l'expérience sur la Lune : absence d'atmosphère éliminant les frottements de l'air.
  2. Exprimer l'accélération puis le temps de chute en fonction du coefficient \alpha_{\mathrm{eq}} à l'aide du résultat de la question 10.
  3. Montrer qu'un écart éventuel entre les coefficients \alpha_{\mathrm{eq}} des deux corps induirait une différence sur les temps de chute, rendant l'expérience sensible au principe d'équivalence.
Voir la réponse courte

Deux corps lâchés sans vitesse initiale touchent le sol simultanément si et seulement si leurs rapports \alpha_{\mathrm{eq}} = m_g/m_i sont identiques.

Voir le corrigé complet

Sur la Lune, l'atmosphère est inexistante à cette échelle, ce qui permet de s'affranchir totalement des forces de frottement fluide qui masquent habituellement l'universalité de la chute libre sur Terre (où une plume est ralentie par l'air).

Chaque objet n'est soumis qu'à son propre poids gravitationnel. D'après la relation établie à la question 10, dans le référentiel sélénocentrique supposé galiléen :

\vec{a} = \frac{1}{\alpha_{\mathrm{eq}}} \vec{K}_L

où \vec{K}_L est le champ de gravitation à la surface de la Lune, dirigé vers le bas selon la verticale descendante Oz d'intensité g_L = \|\vec{K}_L\|.

Pour un lâcher sans vitesse initiale depuis une hauteur z_0, l'accélération scalaire constante a = \frac{g_L}{\alpha_{\mathrm{eq}}} conduit par double intégration à la hauteur de chute :

z_0 = \frac{1}{2} a t^2 = \frac{g_L}{2\alpha_{\mathrm{eq}}} t^2

Le temps de chute s'écrit donc :

t = \sqrt{\frac{2 z_0 \alpha_{\mathrm{eq}}}{g_L}}

Pour l'objet 1 (dont \alpha_{\mathrm{eq},1} = 1) et l'objet 2 (dont \alpha_{\mathrm{eq},2} = 1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}}), les temps de chute respectifs s'écrivent :

t_1 = \sqrt{\frac{2 z_0}{g_L}} \quad \text{et} \quad t_2 = \sqrt{\frac{2 z_0 (1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}})}{g_L}}

Si le principe d'équivalence est violé (\delta\alpha_{\mathrm{eq}} \neq 0), les deux corps touchent le sol à des instants différents : t_2 \neq t_1.

Constater que le marteau et la plume touchent le sol au même instant, à une incertitude de mesure \delta t près, permet de tester la nullité de \delta\alpha_{\mathrm{eq}} et d'obtenir une borne supérieure sur la violation du principe d'équivalence entre deux corps de masse et de composition chimique très différentes.

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre, calcul d'incertitude

Obtenir littéralement avec quelle précision le principe d'équivalence est vérifié dans l'expérience d'Apollo 15. On donnera le résultat obtenu en fonction de , , , et des caractéristiques de la Lune, et on pourra supposer que est petit devant l'unité.

Voir l'indice

Différencier la loi de chute pour relier la variation relative de temps de parcours \delta t / t à la variation \delta\alpha_{\mathrm{eq}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ de gravitation à la surface de la Lune g_L à partir de la loi de gravitation établie à la question Q5 appliquée à une sphère de masse M_L et de rayon R_L.
  2. Exprimer la durée de chute t pour chaque objet à partir du résultat de la question Q12, puis développer l'écart temporel \Delta t au premier ordre en \delta\alpha_{\mathrm{eq}} \ll 1.
  3. Identifier la précision limite \delta\alpha_{\mathrm{eq}} en égalant l'écart de temps de chute à l'incertitude de mesure \delta t.
Voir la réponse courte

Différentiation de la durée de chute t = \sqrt{2z_0/(g\alpha_{\mathrm{eq}})} : \delta\alpha_{\mathrm{eq}} \approx 2\delta t / t avec g_L = GM_L/R_L^2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q5, la Lune étant modélisée par une distribution de matière à symétrie sphérique de masse M_L et de rayon R_L, le champ gravitationnel à sa surface a pour norme :

g_L = \frac{G M_L}{R_L^2}

D'après la question Q12, le temps de chute libre sans vitesse initiale depuis la hauteur z_0 pour une particule de paramètre \alpha_{\mathrm{eq}} s'écrit :

t(\alpha_{\mathrm{eq}}) = \sqrt{\frac{2 z_0\,\alpha_{\mathrm{eq}}}{g_L}}

Pour le premier objet (\alpha_{\mathrm{eq},1} = 1), le temps de chute vaut t_1 = \sqrt{\frac{2 z_0}{g_L}}. Pour le second objet (\alpha_{\mathrm{eq},2} = 1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}} avec |\delta\alpha_{\mathrm{eq}}| \ll 1), un développement limité au premier ordre donne :

t_2 = t_1 \left(1 + \delta\alpha_{\mathrm{eq}}\right)^{1/2} = t_1 \left(1 + \frac{1}{2}\delta\alpha_{\mathrm{eq}} + o(\delta\alpha_{\mathrm{eq}})\right)

L'écart temporel entre l'arrivée des deux objets au sol s'écrit donc :

\Delta t = |t_2 - t_1| \simeq \frac{1}{2} t_1\, \delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{1}{2} \sqrt{\frac{2 z_0}{g_L}}\,\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \sqrt{\frac{z_0}{2 g_L}}\,\delta\alpha_{\mathrm{eq}}

L'expérience ne permet pas de déceler un écart temporel inférieur à l'incertitude expérimentale \delta t. La précision avec laquelle le principe d'équivalence est vérifié correspond à la borne maximale \Delta t \le \delta t, soit :

\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = 2 \frac{\delta t}{t_1} = \delta t \sqrt{\frac{2 g_L}{z_0}}

En remplaçant g_L par son expression en fonction de G, M_L et R_L, on obtient finalement :

\boxed{\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{\delta t}{R_L}\sqrt{\frac{2GM_L}{z_0}}}

Résultat

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre

Effectuer l'application numérique de la question précédente.

Voir l'indice

Calculer d'abord l'accélération de la pesanteur à la surface de la Lune g_L = GM_L/R_L^2 avant d'évaluer numériquement \delta\alpha_{\mathrm{eq}}.

Voir la stratégie
  1. Calculer numériquement l'accélération de la pesanteur à la surface de la Lune, g_L = \dfrac{G M_L}{R_L^2}.
  2. En déduire la valeur de \delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \delta t \sqrt{\dfrac{2 g_L}{z_0}} avec un chiffre significatif, conformément aux consignes du sujet.
Voir la réponse courte

Application numérique à partir de la durée de chute et de l'incertitude temporelle de la vidéo de la mission Apollo 15.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q13, l'écart relatif sur le paramètre d'équivalence s'exprime sous la forme :

\delta\alpha_{\mathrm{eq}} = \delta t \sqrt{\frac{2 g_L}{z_0}} \quad \text{avec} \quad g_L = \frac{G M_L}{R_L^2}

Calculons dans un premier temps l'accélération de la pesanteur lunaire g_L :

\begin{aligned} g_L &= \frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 7{,}35 \times 10^{22}}{\left(1{,}74 \times 10^6\right)^2} \\ &\approx \frac{49{,}0 \times 10^{11}}{3{,}03 \times 10^{12}} \approx 1{,}62 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}

On en déduit :

\begin{aligned} \sqrt{\frac{2 g_L}{z_0}} &\approx \sqrt{\frac{2 \times 1{,}62}{1}} = \sqrt{3{,}24} = 1{,}80 \text{ s}^{-1} \end{aligned}

Avec \delta t = 0{,}02\text{ s} :

\begin{aligned} \delta\alpha_{\mathrm{eq}} &= 0{,}02 \times 1{,}80 = 0{,}036 \end{aligned}

En ne conservant qu'un seul chiffre significatif comme requis :

\boxed{\delta\alpha_{\mathrm{eq}} \approx 4 \times 10^{-2}}

Résultat

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4 · Des trajectoires de chute libre similaires ?

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie mécanique, conservation de la quantité de mouvement

Montrer à l'aide de lois de conservations que et , où les deux grandeurs et sont les composantes selon et de la vitesse du point matériel en .

Voir l'indice

Utiliser la conservation de l'énergie mécanique ainsi que l'absence de force selon l'axe horizontal pour relier les vitesses aux extrémités.

Voir la stratégie

Pour établir ces relations à l'aide de lois de conservation :

  1. On étudie la composante horizontale de la quantité de mouvement en observant qu'aucune force n'agit selon l'axe horizontal (Ox).
  2. On applique la conservation de l'énergie mécanique entre les points A et B, situés à la même altitude y = 0, pour déterminer la composante verticale de la vitesse.
Voir la réponse courte

Pas de force selon x \implies v_{B,x} = \dot{x}_0, et conservation de l'énergie mécanique entre y=0 et y=0 \implies v_{B,y} = -\dot{y}_0.

Voir le corrigé complet

Le système étudié est le point matériel de masse m, en chute libre dans le référentiel terrestre supposé galiléen. La seule force appliquée est le poids :

\vec{P} = -m g \vec{e}_y

1. Conservation de la quantité de mouvement selon x :

La résultante des forces extérieures est orthogonale à l'axe (Ox), soit P_x = 0. D'après le théorème de la quantité de mouvement projeté sur l'axe (Ox) :

\frac{\mathrm{d} p_x}{\mathrm{d} t} = m \frac{\mathrm{d} v_x}{\mathrm{d} t} = 0 \implies v_x(t) = \text{cste} = \dot{x}_0

En appliquant cette relation au point B atteint à l'instant t_L, on obtient :

\boxed{v_{B,x} = \dot{x}_0}

2. Conservation de l'énergie mécanique :

Le poids est une force conservative dérivant de l'énergie potentielle de pesanteur :

\mathcal{E}_p(y) = m g y

en choisissant l'origine au sol (y = 0). En l'absence de frottements, l'énergie mécanique \mathcal{E}_m = \mathcal{E}_c + \mathcal{E}_p est une intégrale première du mouvement :

\mathcal{E}_m(A) = \mathcal{E}_m(B)

Puisque y_A = y_B = 0, les énergies potentielles sont nulles en A et B, ce qui implique l'égalité des énergies cinétiques :

\frac{1}{2} m (\dot{x}_0^2 + \dot{y}_0^2) = \frac{1}{2} m (v_{B,x}^2 + v_{B,y}^2)

En utilisant v_{B,x} = \dot{x}_0, il vient :

v_{B,y}^2 = \dot{y}_0^2 \implies v_{B,y} = \pm \dot{y}_0

La trajectoire étant parabolique avec un sommet atteint en y = h > 0, le projectile est initialement lancé vers le haut (\dot{y}_0 > 0) et arrive au sol au point B en phase descendante (v_{B,y} < 0). On en déduit :

\boxed{v_{B,y} = -\dot{y}_0}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre, cinématique du point

On étudie des trajectoires de différentes hauteurs et vitesses au sommet, la longueur au sol de la trajectoire étant fixée. Par intégration des équations du mouvement, obtenir l'expression de la hauteur et du temps de parcours en fonction de , , et .

Voir l'indice

Intégrer les équations horaires du mouvement parabolique sans frottement pour exprimer t_L puis h = y(t_L/2).

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique dans le référentiel d'étude galiléen pour obtenir les équations horaires du mouvement.
  2. Utiliser les conditions au sommet de la trajectoire pour identifier la vitesse initiale horizontale \dot{x}_0 en fonction de v_h.
  3. Exprimer le temps de vol t_L à partir de la portée L, puis en déduire la flèche h atteinte à t_L/2.
Voir la réponse courte

Intégration du mouvement parabolique : t_L = L/v_h et hauteur maximale atteinte h = g t_L^2/8 = g L^2/(8v_h^2).

Voir le corrigé complet

Le point matériel de masse m n'est soumis qu'à son poids dans le référentiel galiléen d'étude. Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m\vec{g} = -m g\,\vec{e}_y \implies \vec{a}(t) = -g\,\vec{e}_y

Par intégration successive avec les conditions initiales \vec{r}(0) = \vec{0} et \vec{v}(0) = \dot{x}_0\,\vec{e}_x + \dot{y}_0\,\vec{e}_y, on obtient :

\begin{aligned} \dot{x}(t) &= \dot{x}_0, & x(t) &= \dot{x}_0\,t \\ \dot{y}(t) &= -g\,t + \dot{y}_0, & y(t) &= -\frac{1}{2}g\,t^2 + \dot{y}_0\,t \end{aligned}

Au point le plus haut de la trajectoire, la composante verticale de la vitesse s'annule : \vec{v}_h = \dot{x}_0\,\vec{e}_x, d'où :

v_h = \dot{x}_0

Le point B de coordonnées (L, 0) est atteint à l'instant t_L > 0. D'après l'équation horaire selon x :

x(t_L) = v_h\,t_L = L

On en déduit l'expression du temps de parcours :

\boxed{t_L = \frac{L}{v_h}}

La condition d'atterrissage en y(t_L) = 0 donne :

y(t_L) = t_L\left(-\frac{1}{2}g\,t_L + \dot{y}_0\right) = 0 \implies \dot{y}_0 = \frac{1}{2}g\,t_L

Le sommet de la trajectoire est atteint à l'instant t_h tel que \dot{y}(t_h) = 0, soit t_h = \frac{\dot{y}_0}{g} = \frac{t_L}{2}. La hauteur maximale h = y(t_h) vaut ainsi :

h = -\frac{1}{2}g\left(\frac{t_L}{2}\right)^2 + \dot{y}_0\left(\frac{t_L}{2}\right) = \frac{1}{8}g\,t_L^2

En remplaçant t_L par son expression en fonction de L et v_h, on obtient :

\boxed{h = \frac{g L^2}{8 v_h^2}}

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre

Calculer numériquement ces deux grandeurs pour et pour des trajectoires correspondant à une balle de volley () et de fusil ().

Voir l'indice

Remplacer numériquement les valeurs données dans les relations analytiques de h et t_L.

Voir la réponse courte

Calculs numériques de h et t_L pour les deux valeurs de vitesse horizontale v_h.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q16, le temps de parcours t_L et la hauteur maximale h s'expriment selon :

t_L = \frac{L}{v_h} \quad \text{et} \quad h = \frac{g L^2}{8 v_h^2}

avec g = 10\,\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-2} et L = 10\,\mathrm{m}.

  • Pour la balle de volley (v_h = 5\,\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-1}) :

    \begin{aligned} t_{L,\mathrm{volley}} &= \frac{10}{5} = 2\,\mathrm{s} \\ h_{\mathrm{volley}} &= \frac{10 \times 10^2}{8 \times 5^2} = \frac{1000}{200} = 5\,\mathrm{m} \end{aligned}
    \boxed{t_{L,\mathrm{volley}} = 2\,\mathrm{s} \quad \text{et} \quad h_{\mathrm{volley}} = 5\,\mathrm{m}}
  • Pour la balle de fusil (v_h = 500\,\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-1}) :

    \begin{aligned} t_{L,\mathrm{fusil}} &= \frac{10}{500} = 2\times 10^{-2}\,\mathrm{s} \\ h_{\mathrm{fusil}} &= \frac{10 \times 10^2}{8 \times 500^2} = \frac{1000}{2 \times 10^6} = 5\times 10^{-4}\,\mathrm{m} \end{aligned}
    \boxed{t_{L,\mathrm{fusil}} = 2\times 10^{-2}\,\mathrm{s} \quad \text{et} \quad h_{\mathrm{fusil}} = 5\times 10^{-4}\,\mathrm{m} = 0{,}5\,\mathrm{mm}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rayon de courbure, trajectoire

Pour décrire géométriquement ces trajectoires, on introduit leur rayon de courbure . Dans une approximation où les trajectoires sont de petits arcs de cercles de hauteur et de longueur de base , on admet que celui-ci s'écrit . Calculer le rayon de courbure des deux trajectoires de la question précédente, et conclure sur leur similarité.

Voir l'indice

Appliquer la formule fournie \mathcal{R} = L^2/(8h) et comparer les deux rayons obtenus.

Voir la réponse courte

Calcul de \mathcal{R} = v_h^2/g : les deux rayons de courbure spatiaux diffèrent de quatre ordres de grandeur, trajectoires non similaires spatialement.

Voir le corrigé complet

En utilisant la relation admise \mathcal{R} = \dfrac{L^2}{8h} et les expressions obtenues à la question Q16, on remarque que :

\mathcal{R} = \frac{L^2}{8\left(\dfrac{gL^2}{8v_h^2}\right)} = \frac{v_h^2}{g}

ce qui correspond bien au rayon de courbure au sommet de la parabole.

  • Pour la balle de volley (v_h = 5\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, h = 5\text{ m}) :

    \mathcal{R}_{\text{volley}} = \frac{10^2}{8 \times 5} = \frac{100}{40} = 2{,}5\text{ m}

    Avec un chiffre significatif :

    \boxed{\mathcal{R}_{\text{volley}} = 3\text{ m} \quad (\text{ou } 2{,}5\text{ m})}
  • Pour la balle de fusil (v_h = 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, h = 5\times 10^{-4}\text{ m}) :

    \mathcal{R}_{\text{fusil}} = \frac{10^2}{8 \times 5\times 10^{-4}} = \frac{100}{4\times 10^{-3}} = 2{,}5\times 10^4\text{ m} = 25\text{ km}

    Avec un chiffre significatif :

    \boxed{\mathcal{R}_{\text{fusil}} = 3\times 10^4\text{ m} \quad (\text{ou } 2{,}5\times 10^4\text{ m})}

Conclusion sur la similarité : Les rayons de courbure diffèrent de quatre ordres de grandeur (\mathcal{R}_{\text{fusil}}/\mathcal{R}_{\text{volley}} = 10^4). Dans l'espace géométrique ordinaire, ces deux trajectoires ne présentent donc aucune similarité : l'une est fortement incurvée tandis que l'autre est quasi-rectiligne sur la distance L.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rayon de courbure, principe d'équivalence

Une façon plus générale de représenter ces trajectoires est de le faire dans un diagramme temps-espace. Un tel diagramme est ici tridimensionnel, deux des axes correspondant à et , et un troisième axe correspondant à (où est la vitesse de la lumière, permettant d'avoir trois directions de même dimension). Tracer les deux trajectoires précédentes dans un tel diagramme, pour lequel on indiquera la coordonnée sur l'axe vertical. Calculer le rayon de courbure de chacune de ces trajectoires dans le plan qui la contient. Conclure sur leur similarité.

Voir l'indice

Calculer la courbure dans le plan (y, ct) en remplaçant la coordonnée spatiale horizontale par ct_L.

Voir la stratégie
  1. Montrer que la trajectoire spatio-temporelle (x(t), y(t), ct) est plane, et identifier le plan vertical qui la contient.
  2. Représenter l'allure des deux trajectoires dans le repère (x, ct, y).
  3. Déterminer la longueur de base spatio-temporelle L_{st} et la flèche h, puis calculer le rayon de courbure \mathcal{R}_{st} à l'aide de la formule fournie.
  4. Conclure sur la similarité géométrique des trajectoires dans l'espace-temps.
Voir la réponse courte

Tracé de l'arc spatiotemporel ; le rayon de courbure spatiotemporel vaut \mathcal{R}_{st} = c^2/g \approx 10^{16}\,\mathrm{m} pour les deux corps : trajectoires universelles en relativité.

Voir le corrigé complet

Le mouvement s'effectue avec une vitesse horizontale uniforme v_h, de sorte que x(t) = v_h t. La troisième coordonnée spatio-temporelle vérifie :

ct = \frac{c}{v_h} x

Cette relation linéaire montre que la trajectoire est entièrement contenue dans le plan vertical passant par l'axe vertical (Ay) et faisant un angle \psi avec l'axe (Ax) dans le plan horizontal (x, ct), tel que \tan\psi = \frac{c}{v_h} \gg 1.

Dans le plan contenant la trajectoire, repérons la position le long de la base horizontale par la coordonnée s(t) = \sqrt{x^2(t) + (ct)^2} = \sqrt{v_h^2 + c^2}\, t. La longueur de base de l'arc de parabole entre t = 0 et t_L vaut donc :

L_{st} = \sqrt{L^2 + (c t_L)^2} = t_L \sqrt{v_h^2 + c^2}

La hauteur maximale atteinte reste l'ordonnée au sommet y_{\max} = h. D'après la question 16, h = \frac{g L^2}{8 v_h^2} = \frac{1}{8} g t_L^2.

En appliquant la relation admise à la question 18 dans ce plan, le rayon de courbure spatio-temporel s'écrit :

\mathcal{R}_{st} = \frac{L_{st}^2}{8h} = \frac{(v_h^2 + c^2) t_L^2}{8 \times \left(\frac{1}{8} g t_L^2\right)} = \frac{c^2 + v_h^2}{g}

Puisque pour les deux objets v_h \ll c (v_h / c \le 500 / (3\times 10^8) \sim 10^{-6}), on a au premier ordre :

\mathcal{R}_{st} \approx \frac{c^2}{g}

Calcul numérique avec un chiffre significatif (c = 3{,}00\times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}) :

\mathcal{R}_{st} \approx \frac{(3\times 10^8)^2}{10} = 9\times 10^{15}\text{ m} \approx 1\times 10^{16}\text{ m}
\boxed{\mathcal{R}_{st,\text{volley}} \approx \mathcal{R}_{st,\text{fusil}} \approx \frac{c^2}{g} \approx 9\times 10^{15}\text{ m}}

Conclusion sur la similarité : Dans le diagramme spatio-temporel, les rayons de courbure des deux trajectoires sont identiques. Les trajectoires de chute libre dans l'espace-temps possèdent donc une géométrie universelle indépendante des conditions initiales de tir.

Résultat

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5 · Effondrement d'une boule homogène

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : force d'inertie d'entraînement, champ de gravitation

Exprimer la force subie par un grain de matière situé en dans le référentiel du grain de matière situé en , lui-même en chute libre, pour l'instant initial où la boule est de densité homogène . On notera la masse d'un grain de matière.

Voir l'indice

Écrire l'accélération différentielle de marée subie par le grain en appliquant le champ intérieur proportionnel à la distance au centre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ gravitationnel \vec{K} à l'intérieur de la boule homogène à l'instant initial, en exploitant le résultat de la question Q5.
  2. Définir le référentiel \mathcal{R}' attaché au grain situé en \vec{r} (référentiel en translation accélérée) et identifier l'accélération d'entraînement \vec{a}_e.
  3. Faire le bilan des forces (interaction gravitationnelle et force d'inertie d'entraînement) s'exerçant sur le grain situé en \vec{r}+\delta\vec{r} dans \mathcal{R}'.
Voir la réponse courte

Dans le référentiel accéléré du grain en \vec{r}, la force relative est m(\vec{K}(\vec{r}+\delta\vec{r}) - \vec{K}(\vec{r})) = -\frac{4\pi}{3}G\rho_0 m \delta\vec{r}.

Voir le corrigé complet

À l'instant initial t = 0, la boule est homogène de densité de masse \rho_0. D'après le résultat de la question Q5, le champ de gravitation à l'intérieur de la boule s'écrit :

\vec{K}(\vec{r}) = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 \vec{r}

où \vec{r} est repéré par rapport au centre de la boule.

Le grain de matière situé en \vec{r} est en chute libre dans le référentiel galiléen. Son accélération est :

\vec{a}(\vec{r}) = \vec{K}(\vec{r}) = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 \vec{r}

On se place dans le référentiel \mathcal{R}' lié à ce grain. Ce référentiel est en translation par rapport au référentiel galiléen, avec une accélération d'entraînement \vec{a}_e = \vec{a}(\vec{r}). Comme le mouvement d'entraînement est une pure translation, la rotation propre du référentiel est nulle (\vec{\Omega} = \vec{0}), donc la force d'inertie de Coriolis est identiquement nulle.

Dans le référentiel \mathcal{R}', le grain de masse m situé en \vec{r} + \delta\vec{r} (supposé également à l'intérieur de la boule) est soumis à deux forces :

  • La force de gravitation créée par le reste de la boule :

    \vec{F}_{\mathrm{grav}} = m \vec{K}(\vec{r} + \delta\vec{r}) = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 m (\vec{r} + \delta\vec{r})
  • La force d'inertie d'entraînement :

    \vec{F}_{ie} = -m \vec{a}_e = -m \vec{K}(\vec{r}) = +\frac{4}{3}\pi G \rho_0 m \vec{r}

La force totale \vec{F}' subie par le grain situé en \vec{r} + \delta\vec{r} dans le référentiel du grain situé en \vec{r} est la somme de ces deux contributions :

\begin{aligned} \vec{F}' &= \vec{F}_{\mathrm{grav}} + \vec{F}_{ie} \\ &= m \left[ \vec{K}(\vec{r} + \delta\vec{r}) - \vec{K}(\vec{r}) \right] \\ &= -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 m (\vec{r} + \delta\vec{r}) + \frac{4}{3}\pi G \rho_0 m \vec{r} \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{\vec{F}' = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 m \delta\vec{r}}

Résultat

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : principe d'équivalence, symétrie

Est-il possible à l'intérieur de la boule de déterminer la direction de son centre par des expériences locales ? Conclure sur le fait que si la sphère est homogène et au repos à un instant initial, elle restera homogène durant son effondrement.

Voir l'indice

Remarquer que la force relative entre deux grains ne dépend que de leur séparation mutuelle \delta\vec{r} et non de leur position globale dans la boule.

Voir la stratégie
  1. Analyser la force relative \vec{F}' obtenue à la question Q20 : observer sa dépendance par rapport à \vec{r} (position dans la boule) et à \delta\vec{r} (direction relative).
  2. En déduire la nature du mouvement de contraction vu depuis n'importe quel grain pour statuer sur la conservation de l'homogénéité.
Voir la réponse courte

La force relative est isotrope et indépendante de \vec{r}, donc impossible de localiser le centre ; l'homogénéité est préservée au cours de la contraction.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q20, la force relative subie par un grain voisin situé en \vec{r} + \delta\vec{r} dans le référentiel en chute libre lié au grain en \vec{r} vaut :

\vec{F}' = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 m \, \delta\vec{r}

Cette force (et donc l'accélération relative \vec{a}' = \vec{F}'/m) présente deux propriétés fondamentales :

  • elle est indépendante de la position \vec{r} de l'observateur dans la boule ;
  • elle est purement centrale et isotrope par rapport à l'observateur lui-même (proportionnelle à -\delta\vec{r}).

Aucune direction spatiale n'étant privilégiée dans ce champ d'accélération relative (absence d'anisotropie de marée), un observateur observant le mouvement relatif des grains autour de lui voit une contraction parfaitement isotrope centrée sur sa propre position :

\boxed{\text{Il est impossible par des expériences locales de déterminer la direction du centre de la boule.}}

Puisque l'accélération relative \frac{\mathrm{d}^2(\delta\vec{r})}{\mathrm{d}t^2} = -\frac{4}{3}\pi G \rho_0 \,\delta\vec{r} ne dépend aucunement de \vec{r}, tous les éléments de volume subissent localement une contraction rigoureusement identique. Le mouvement d'effondrement est une contraction homothétique uniforme :

\delta\vec{r}(t) = x(t)\,\delta\vec{r}(0)

où le facteur d'échelle x(t) \leqslant 1 est le même en tout point de la boule. Un volume élémentaire \mathrm{d}^3V évolue donc de manière identique en tout point : \mathrm{d}^3V(t) = x(t)^3\,\mathrm{d}^3V(0).

Par conservation de la masse des grains, la masse volumique à l'instant t s'écrit :

\rho(t) = \frac{\rho_0}{x(t)^3}

Elle est indépendante de la position spatiale :

\boxed{\text{La sphère reste homogène à tout instant durant son effondrement.}}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : principe fondamental de la dynamique, équation différentielle

On ne précisera plus par la suite la position particulière du grain de matière dans le référentiel duquel on se place, et on repérera dans son référentiel les autres grains simplement par leur position relative . Utiliser les résultats des questions précédentes pour écrire l'équation d'évolution de la position d'un grain , qui ne fera plus intervenir que , ainsi que la position relative de ce grain de matière à l'instant initial. En obtenir une équation scalaire pour , le ratio des normes des vecteurs et .

Voir l'indice

Projeter l'équation différentielle vectorielle régissant \delta\vec{r} sur sa direction pour obtenir une équation différentielle sur x(t) = \delta r / \delta r_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la deuxième loi de Newton dans le référentiel en chute libre du grain de référence pour un instant t quelconque, où la densité est \rho(t).
  2. Relier la densité \rho(t) à sa valeur initiale \rho_0 et au rapport des normes x(t) = \delta r / \delta r_0 grâce à la conservation de la masse lors de l'effondrement homothétique.
  3. Injecter cette relation pour obtenir l'équation différentielle vectorielle sur \delta\vec{r}, puis en déduire l'équation scalaire sur la fonction d'échelle x(t).
Voir la réponse courte

PFD sur la position relative : \delta\ddot{\vec{r}} = -\frac{4\pi G\rho_0}{3}\delta\vec{r}, d'où pour x = \delta r/\delta r_0 l'équation non linéaire \ddot{x} = -\frac{4\pi G\rho_0}{3 x^2}.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel lié au grain de matière situé en \vec{r} (référentiel en chute libre), le principe fondamental de la dynamique appliqué à un grain de matière de masse m situé en \delta\vec{r} s'écrit, en reprenant le résultat établi à la question Q20 et étendu à un instant t quelconque où la densité homogène vaut \rho(t) :

m \frac{\mathrm{d}^2\delta\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = -\frac{4}{3}\pi G \rho(t)\, m \delta\vec{r}.

D'après la question Q21, l'effondrement est homothétique :

\delta\vec{r}(t) = x(t)\,\delta\vec{r}_0,

où x(t) = \frac{\delta r(t)}{\delta r_0} est le ratio des normes, sans dimension, avec les conditions initiales x(0) = 1 et \dot{x}(0) = 0 (grains initialement au repos).

Le volume d'une sphère de grains comobiles varie donc comme le cube des distances relatives : V(t) = x(t)^3 V_0. Par conservation de la matière, la densité volumique de masse s'écrit :

\rho(t) = \frac{\rho_0}{x(t)^3} = \rho_0 \left(\frac{\|\delta\vec{r}_0\|}{\|\delta\vec{r}\|}\right)^3.

En réinjectant cette expression dans la loi de Newton, on obtient l'équation d'évolution vectorielle de la position relative :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 \delta\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = -\frac{4\pi G \rho_0}{3} \frac{\|\delta\vec{r}_0\|^3}{\|\delta\vec{r}\|^3} \delta\vec{r}}

En remplaçant \delta\vec{r}(t) par x(t)\delta\vec{r}_0 et en remarquant que \frac{\mathrm{d}^2\delta\vec{r}}{\mathrm{d}t^2} = \ddot{x}(t)\delta\vec{r}_0, il vient :

\begin{aligned} \ddot{x}(t)\,\delta\vec{r}_0 &= -\frac{4\pi G \rho_0}{3} \frac{\delta r_0^3}{(x\,\delta r_0)^3} (x\,\delta\vec{r}_0) \\ &= -\frac{4\pi G \rho_0}{3\,x^2}\,\delta\vec{r}_0. \end{aligned}

Comme \delta\vec{r}_0 \neq \vec{0}, on obtient l'équation différentielle scalaire régissant x(t) :

\boxed{\ddot{x} = -\frac{4\pi G \rho_0}{3\,x^2}}

Résultat

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : intégrale première, énergie mécanique

Calculer à partir de l'équation différentielle obtenue à la question précédente l'intégrale première suivante :

Voir l'indice

Multiplier l'équation différentielle du second ordre par \dot{x} et intégrer par rapport au temps avec les conditions initiales au repos.

Voir la stratégie
  1. Multiplier l'équation du mouvement non linéaire \ddot{x} = -K/x^2 obtenue en Q22 par la vitesse adimensionnée \dot{x} pour transformer chaque membre en une dérivée temporelle exacte.
  2. Intégrer par rapport au temps entre t = 0 et t, en déterminant la constante d'intégration à l'aide des conditions initiales de repos (x(0) = 1 et \dot{x}(0) = 0).
Voir la réponse courte

Multiplication de l'équation par \dot{x} et intégration avec les conditions initiales x(0) = 1 et \dot{x}(0) = 0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, le ratio x(t) = \delta r(t)/\delta r_0 vérifie l'équation différentielle :

\ddot{x} = -\frac{4\pi G \rho_0}{3 x^2}

En multipliant les deux membres par la dérivée \dot{x}(t), on obtient :

\dot{x}\ddot{x} = -\frac{4\pi G \rho_0}{3}\frac{\dot{x}}{x^2}

On reconnaît les dérivées par rapport au temps :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left(\frac{1}{2}\dot{x}^2\right) = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left(\frac{4\pi G \rho_0}{3}\frac{1}{x}\right)

L'intégration par rapport au temps donne immédiatement l'intégrale première :

\frac{1}{2}\dot{x}^2 - \frac{4\pi G \rho_0}{3x} = C

où C est une constante déterminée par les conditions initiales. À l'instant t = 0, la boule de grains est initialement au repos :

x(0) = \frac{\delta r_0}{\delta r_0} = 1 \quad \text{et} \quad \dot{x}(0) = 0

D'où la valeur de la constante :

C = -\frac{4\pi G \rho_0}{3}

On en déduit l'expression demandée :

\boxed{\frac{1}{2}\dot{x}^2 = \frac{4\pi G \rho_0}{3}\left(\frac{1}{x} - 1\right)}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effondrement gravitationnel

On dit que le nuage s'est effondré sur lui-même lorsque . À quoi cela correspond-il ? Vous attendez-vous à ce qu'une telle situation soit réalisée physiquement ?

Voir l'indice

Interpréter l'annulation de la distance relative comme la formation d'une singularité ponctuelle (effondrement en trou noir sans pression).

Voir la stratégie
  1. Interpréter géométriquement la condition \delta\vec{r} = \vec{0} en s'appuyant sur la relation d'homothétie \delta\vec{r}(t) = x(t)\delta\vec{r}_0 et en déduire l'état du système (rayon, volume, masse volumique).
  2. Discuter la faisabilité physique en examinant les hypothèses du modèle idéalisé (absence de collisions, absence de pression) et les effets physiques réels qui s'opposent à un tel effondrement ponctuel.
Voir la réponse courte

Effondrement en un point singulier de densité infinie, irréaliste car les pressions de matière ou quantiques s'y opposent.

Voir le corrigé complet

Puisque le mouvement est homothétique selon \delta\vec{r}(t) = x(t)\,\delta\vec{r}_0 pour tout couple de grains, la condition \delta\vec{r} = \vec{0} équivaut à x(t) = 0.

  • Signification physique : Cela signifie que la distance entre n'importe quelle paire de grains s'annule simultanément. Toute la matière de la boule initiale de rayon R se concentre donc en un seul point (son centre). Le rayon de la boule devient nul, son volume s'annule, et la masse volumique diverge :

    \rho(t) = \frac{\rho_0}{x(t)^3} \xrightarrow[x \to 0]{} +\infty.

    Il s'agit donc de la formation d'une singularité gravitationnelle ponctuelle.

  • Réalisation physique : Une telle situation n'est pas réalisée physiquement, et ce pour plusieurs raisons :

    1. Invalidation de l'hypothèse sans collision : Les grains possèdent une taille finie. Lorsque la densité augmente fortement, les chocs et interactions de contact entre grains deviennent inévitables.
    2. Apparition d'une pression : Lors de la compression, l'échauffement du milieu engendre une pression thermique (gradient de pression) capable d'équilibrer l'attraction gravitationnelle (formation d'une étoile en équilibre hydrostatique).
    3. Mécanique quantique et relativité générale : À très haute densité interviennent des pressions de dégénérescence (électronique pour une naine blanche, neutronique pour une étoile à neutrons). Si ces pressions ne suffisent pas à stopper l'effondrement (formation d'un trou noir), la relativité générale prévoit la formation d'un horizon des événements, et la description ponctuelle \rho \to +\infty signale la limite de validité de la physique classique, nécessitant une théorie de la gravitation quantique.
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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : intégration, temps caractéristique

À partir de l'intégrale première de l'équation (5), calculer le temps d'effondrement de la boule de matière. Commenter les dépendances du résultat obtenu en les paramètres du problème.

Voir l'indice

Séparer les variables dans l'intégrale première et exploiter l'intégrale définie fournie dans le formulaire préliminaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \dot{x}(t) à partir de l'intégrale première en choisissant le signe adéquat (\dot{x} \leqslant 0 car le nuage s'effondre).
  2. Séparer les variables pour exprimer la durée d'effondrement \Delta t sous la forme d'une intégrale entre x = 1 et x = 0.
  3. Évaluer cette intégrale à l'aide de l'intégrale utile fournie dans le formulaire, puis commenter les dépendances de \Delta t vis-à-vis des paramètres physiques.
Voir la réponse courte

Intégration par séparation de variables et pose de x = \cos^2\theta : temps de chute libre \Delta t = \sqrt{3\pi/(32 G\rho_0)}, indépendant du rayon initial.

Voir le corrigé complet

L'intégrale première établie à la question Q23 s'écrit :

\frac{1}{2}\dot{x}^2 = \frac{4\pi G\rho_0}{3}\left(\frac{1}{x}-1\right).

Le nuage s'effondrant sur lui-même, la grandeur x(t) = \delta r(t)/\delta r_0 décroît au cours du temps, si bien que \dot{x}(t) \leqslant 0. On en déduit :

\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} = -\sqrt{\frac{8\pi G\rho_0}{3}}\sqrt{\frac{1}{x}-1}.

Par séparation des variables, la durée \Delta t nécessaire pour passer de la position initiale (x = 1 à t = 0) à l'effondrement complet (x = 0 à t = \Delta t) s'écrit :

\Delta t = \int_0^{\Delta t} \mathrm{d}t = -\sqrt{\frac{3}{8\pi G\rho_0}} \int_1^0 \frac{\mathrm{d}x}{\sqrt{\frac{1}{x}-1}} = \sqrt{\frac{3}{8\pi G\rho_0}} \int_0^1 \frac{\mathrm{d}x}{\sqrt{\frac{1}{x}-1}}.

D'après l'intégrale utile donnée dans le formulaire :

\int_0^1 \frac{\mathrm{d}x}{\sqrt{\frac{1}{x}-1}} = \frac{\pi}{2}.

Il vient ainsi :

\Delta t = \frac{\pi}{2}\sqrt{\frac{3}{8\pi G\rho_0}} = \sqrt{\frac{3\pi^2}{4 \times 8\pi G\rho_0}},

soit :

\boxed{\Delta t = \sqrt{\frac{3\pi}{32 G \rho_0}}}

Commentaires sur les dépendances :

  • Indépendance vis-à-vis de la taille : Le temps d'effondrement ne dépend ni du rayon initial R de la boule, ni de la position initiale relative \delta r_0 des grains. Tous les grains atteignent donc le centre au même instant : l'effondrement est strictement synchrone (ou homothétique).
  • Dépendance en la masse volumique initiale : \Delta t \propto \rho_0^{-1/2}. Plus la boule est initialement dense, plus l'attraction gravitationnelle est intense et plus l'effondrement est rapide.
  • Dépendance en G : \Delta t \propto G^{-1/2}, ce qui traduit le fait qu'une constante de gravitation plus élevée accélère la dynamique de chute libre.

Résultat

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Partie 2 : Galaxies et matière noire

1 · Généralités

Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : parallaxe, unité astronomique

Donner la valeur en mètre d'un parsec. On rappelle qu'une minute d'arc correspond à un de degré, et qu'une seconde d'arc correspond un de minute d'arc.

Voir l'indice

Calculer la distance correspondant à une parallaxe d'une seconde d'arc pour une base de 1\,\mathrm{UA} en convertissant la seconde d'arc en radians.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'angle d'une seconde d'arc \theta en radians à partir de sa définition en degrés.
  2. Utiliser la définition du parsec (\text{pc}) donnée dans l'énoncé comme la distance à laquelle la distance Terre-Soleil D_{T-S} est vue sous un angle \theta = 1''.
  3. Effectuer l'application numérique avec les données du formulaire en respectant la consigne d'un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Définition géométrique 1\,\mathrm{pc} = 1\,\mathrm{ua}/\tan(1'') \approx 3{,}086 \times 10^{16}\,\mathrm{m}.

Voir le corrigé complet

Par définition, un angle d'une seconde d'arc vaut :

\theta = 1'' = \left(\frac{1}{60}\right)' = \left(\frac{1}{3600}\right)^\circ = \frac{\pi}{180 \times 3600} \text{ rad}

Sous l'approximation des petits angles, la distance d = 1\text{ pc} associée à la base D_{T-S} vue sous l'angle \theta vérifie :

\theta \simeq \tan \theta = \frac{D_{T-S}}{1\text{ pc}} \implies 1\text{ pc} = \frac{D_{T-S}}{\theta} = \frac{180 \times 3600}{\pi} D_{T-S}

Avec D_{T-S} = 150 \times 10^6\text{ km} = 1{,}50 \times 10^{11}\text{ m} et \pi \approx 3{,}14 :

\begin{aligned} \theta &\approx \frac{3{,}14}{6{,}48 \times 10^5} \approx 4{,}85 \times 10^{-6}\text{ rad} \\ 1\text{ pc} &\approx \frac{1{,}50 \times 10^{11}}{4{,}85 \times 10^{-6}} \approx 3{,}09 \times 10^{16}\text{ m} \end{aligned}

En ne conservant qu'un seul chiffre significatif comme demandé :

\boxed{1\text{ pc} \approx 3 \times 10^{16}\text{ m}}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de stefan-boltzmann, luminance

En supposant qu'on peut considérer seulement l'émission thermique des étoiles, donner un ordre de grandeur de la puissance totale émise sous forme de rayonnement électromagnétique par la Galaxie.

Voir l'indice

Multiplier le nombre total d'étoiles par la puissance radiative d'une étoile type de surface 4\pi R_\odot^2 rayonnant selon la loi de Stefan.

Voir la stratégie
  1. Modéliser chaque étoile comme un corps noir sphérique rayonnant selon la loi de Stefan rappelée en préambule, avec les caractéristiques de surface du Soleil.
  2. Multiplier la luminosité d'une étoile par le nombre d'étoiles de la Voie lactée (N \sim 3 \times 10^{11}) pour obtenir un ordre de grandeur de la puissance totale émise, avec un chiffre significatif conformément aux consignes de l'épreuve.
Voir la réponse courte

Évaluation à partir de N \approx 10^{11} étoiles de luminosité solaire moyenne L_\odot \approx 4\times 10^{26}\,\mathrm{W}, donnant environ 4\times 10^{37}\,\mathrm{W}.

Voir le corrigé complet

L'énoncé indique que l'on peut identifier les propriétés de chaque étoile à celles du Soleil. En assimilant la surface de l'étoile à un corps noir à la température d'équilibre T_{\text{surf}}, la densité surfacique de flux émise est donnée par la loi de Stefan :

\varphi = \sigma T_{\text{surf}}^4

La surface d'une étoile sphérique de rayon R_\odot est S_\odot = 4\pi R_\odot^2. La puissance totale rayonnée par une étoile de type solaire (sa luminosité) s'écrit donc :

P_\odot = 4\pi R_\odot^2 \sigma T_{\text{surf}}^4

Calculons numériquement cette puissance avec les valeurs fournies :

\begin{aligned} R_\odot &= 7{,}0 \times 10^8\text{ m} \implies S_\odot \approx 4 \pi \times (7{,}0 \times 10^8)^2 \approx 6{,}2 \times 10^{18}\text{ m}^2 \\ T_{\text{surf}} &= 5750\text{ K} \implies T_{\text{surf}}^4 \approx 1{,}09 \times 10^{15}\text{ K}^4 \\ \varphi &= \sigma T_{\text{surf}}^4 \approx 5{,}7 \times 10^{-8} \times 1{,}09 \times 10^{15} \approx 6{,}2 \times 10^7\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \\ P_\odot &\approx 6{,}2 \times 10^{18} \times 6{,}2 \times 10^7 \approx 3{,}8 \times 10^{26}\text{ W} \approx 4 \times 10^{26}\text{ W} \end{aligned}

La Voie lactée contient entre 200 et 400 milliards d'étoiles, soit un nombre moyen :

N \sim 3 \times 10^{11}

La puissance totale émise par la Galaxie sous forme de rayonnement électromagnétique vaut alors :

\begin{aligned} P_{\text{Gal}} &= N P_\odot \\ P_{\text{Gal}} &\sim 3 \times 10^{11} \times 4 \times 10^{26}\text{ W} \approx 1{,}2 \times 10^{38}\text{ W} \end{aligned}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{P_{\text{Gal}} \sim 10^{38}\text{ W}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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2 · Équation d'équilibre radial

Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : cinématique du point, coordonnée cylindrique

En supposant que les trajectoires des étoiles qui suivent le mouvement d'ensemble du disque sont des cercles contenus dans des plans de constant, expliquer pourquoi ce mouvement d'ensemble est entièrement décrit par la donnée de sa vitesse angulaire de rotation .

Voir l'indice

Rappeler que pour un mouvement circulaire uniforme d'axe fixe, la vitesse linéaire est simplement donnée par v_\theta = r\dot{\theta}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur vitesse en coordonnées cylindriques (r, \theta, z) en exploitant la géométrie circulaire et plane des trajectoires.
  2. Recenser les hypothèses physiques de symétrie, de stationnarité et d'indépendance selon z pour déterminer les variables dont dépend la vitesse angulaire \dot{\theta}.
  3. Conclure sur la description complète du champ de vitesse d'ensemble par la fonction scalaire \dot{\theta}(r).
Voir la réponse courte

En coordonnées cylindriques avec z = \mathrm{cste} et r = \mathrm{cste}, le vecteur vitesse vaut simplement \vec{v} = r\dot{\theta}(r)\vec{e}_\theta.

Voir le corrigé complet

Dans le système de coordonnées cylindriques (r, \theta, z) d'axe Oz, le vecteur vitesse d'un point s'écrit de façon générale :

\vec{v} = \dot{r}\,\vec{e}_r + r\,\dot{\theta}\,\vec{e}_\theta + \dot{z}\,\vec{e}_z

Les trajectoires des étoiles suivant le mouvement d'ensemble sont des cercles d'axe (Oz) situés dans des plans orthogonaux à cet axe (z = \text{cste}). Pour chaque étoile :

  • le rayon orbital r est constant au cours du temps, donc \dot{r} = 0 ;
  • l'altitude z est constante au cours du temps, donc \dot{z} = 0.

Le vecteur vitesse se réduit alors à sa seule composante orthoradiale :

\vec{v} = r\,\dot{\theta}\,\vec{e}_\theta

Examinons les dépendances de la vitesse angulaire \dot{\theta} :

  • le régime d'écoulement moyen est stationnaire, donc \dot{\theta} ne dépend pas explicitement du temps t ;
  • la Galaxie est supposée axisymétrique autour de l'axe Oz, donc \dot{\theta} ne dépend pas de l'angle \theta ;
  • l'énoncé précise que le mouvement d'ensemble peut être étudié indépendamment de la coordonnée z.

Il en résulte que la vitesse angulaire ne dépend que de la distance radiale r à l'axe de rotation :

\dot{\theta} = \dot{\theta}(r)

Le champ des vitesses d'ensemble du disque s'écrit donc en tout point :

\boxed{\vec{v}(r) = r\,\dot{\theta}(r)\,\vec{e}_\theta}

La connaissance de la seule fonction scalaire \dot{\theta}(r) détermine entièrement le champ des vitesses, et donc le mouvement d'ensemble du disque galactique.

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : accélération centripète, principe fondamental de la dynamique

Plutôt que de travailler avec , on préférera introduire la vitesse orthoradiale , composante de la vitesse sur . Obtenir que la dynamique sur le plan d'une étoile suivant le mouvement d'ensemble, et qui est soumise uniquement à l'interaction gravitationnelle, est entièrement donnée par l'équation d'équilibre radial :

où est le champ gravitationnel projeté sur la direction . Cette équation sera utilisée dans les trois parties suivantes.

Voir l'indice

Écrire la composante radiale de l'accélération en coordonnées cylindriques pour une trajectoire circulaire de rayon constant.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur accélération en coordonnées cylindriques pour une étoile effectuant un mouvement circulaire uniforme de rayon r à altitude z constante.
  2. Relier la vitesse orthoradiale v_\theta à la vitesse angulaire \dot{\theta}.
  3. Appliquer la deuxième loi de Newton en projection sur la base locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) et exploiter l'axisymétrie pour justifier que la dynamique plane se résume à la composante radiale.
Voir la réponse courte

Projection de la deuxième loi de Newton sur la direction radiale \vec{e}_r : -v_\theta^2/r = K_r.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel galactocentrique supposé galiléen, la position d'une étoile suivant le mouvement d'ensemble est repérée en coordonnées cylindriques par :

\vec{r} = r\,\vec{e}_r + z\,\vec{e}_z.

La trajectoire étant circulaire de rayon r = \text{cste} dans un plan z = \text{cste}, on a \dot{r} = 0, \ddot{r} = 0, \dot{z} = 0 et \ddot{z} = 0. Le vecteur vitesse s'écrit donc :

\vec{v} = r\dot{\theta}\,\vec{e}_\theta = v_\theta\,\vec{e}_\theta, \quad \text{avec} \quad v_\theta(r) = r\dot{\theta}(r).

Le régime étant de plus stationnaire, la vitesse angulaire \dot{\theta}(r) d'une étoile à la distance r est constante au cours du temps (\ddot{\theta} = 0). L'accélération se réduit ainsi à sa composante centripète :

\vec{a} = (\ddot{r} - r\dot{\theta}^2)\,\vec{e}_r + (r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta})\,\vec{e}_\theta + \ddot{z}\,\vec{e}_z = -r\dot{\theta}^2\,\vec{e}_r = -\frac{v_\theta^2(r)}{r}\,\vec{e}_r.

L'étoile n'étant soumise qu'au champ de gravitation \vec{K}, la deuxième loi de Newton s'écrit :

m\vec{a} = m\vec{K} \implies \vec{a} = \vec{K}.

Par projection sur la base locale :

  • sur \vec{e}_r :

    a_r = K_r(r) \implies -\frac{v_\theta^2(r)}{r} = K_r(r) ;
  • sur \vec{e}_\theta : l'accélération orthoradiale est nulle (a_\theta = 0), et le champ K_\theta est identiquement nul du fait de l'axisymétrie de la distribution de masse (invariance par rotation autour de l'axe z).

La composante selon \vec{e}_\theta étant trivialement vérifiée (0 = 0), la dynamique du mouvement d'ensemble dans le plan (r, \theta) est intégralement contenue dans l'équation d'équilibre radial :

\boxed{-\frac{v_\theta^2(r)}{r} = K_r(r)}

Résultat

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3 · Distribution de matière visible dans la Voie lactée

Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : vitesse orbitale, champ de gravitation

Utilisant l'équation d'équilibre radial, et en négligeant tout mouvement sur , obtenir une équation reliant sur ce plan équatorial à la masse contenue dans la boule de rayon centrée en .

Voir l'indice

Relier le champ radial K_r(r) à la masse contenue M_{\mathrm{int}}(r) grâce au théorème de Gauss à symétrie sphérique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ gravitationnel \vec{K}(\vec{r}) à la distance r du centre pour une distribution de matière à symétrie sphérique à l'aide du théorème de Gauss gravitationnel.
  2. Identifier la composante radiale K_r(r) et l'injecter dans l'équation d'équilibre radial établie à la question 29 pour en déduire la relation cherchée.
Voir la réponse courte

Champ gravitationnel à symétrie sphérique K_r = -G M_{\mathrm{int}}(r)/r^2, conduisant à v_\theta(r) = \sqrt{G M_{\mathrm{int}}(r)/r}.

Voir le corrigé complet

Dans ce modèle, la distribution de matière présente une symétrie sphérique centrée en r=0. Par invariance sous toute rotation autour de l'origine et par symétrie plane, le champ gravitationnel est purement radial et ne dépend que de la distance r au centre :

\vec{K}(\vec{r}) = K_r(r)\,\vec{e}_r.

Appliquons le théorème de Gauss gravitationnel à la sphère \mathcal{S} de centre O et de rayon r, orientée vers l'extérieur :

\iint_{\mathcal{S}} \vec{K} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = -4\pi G \, M_{\mathrm{int}}(r),

où M_{\mathrm{int}}(r) est la masse totale contenue dans la boule de rayon r.

Le flux du champ s'écrit :

\iint_{\mathcal{S}} K_r(r)\,\vec{e}_r \cdot (\vec{e}_r\,\mathrm{d}S) = K_r(r) \iint_{\mathcal{S}} \mathrm{d}S = 4\pi r^2 K_r(r).

On en déduit la composante radiale du champ de gravitation :

K_r(r) = -\frac{G M_{\mathrm{int}}(r)}{r^2}.

D'après l'équation d'équilibre radial obtenue à la question 29, -\dfrac{v_\theta^2(r)}{r} = K_r(r), il vient :

-\frac{v_\theta^2(r)}{r} = -\frac{G M_{\mathrm{int}}(r)}{r^2},

soit, en prenant conventionnellement la vitesse orthoradiale v_\theta(r) \geqslant 0 dans le sens du mouvement :

\boxed{v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G M_{\mathrm{int}}(r)}{r}}}

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : vitesse orbitale, champ de gravitation

On suppose à présent que la Galaxie est une boule homogène de rayon et de densité . Calculer sur son plan équatorial pour et , et rassembler ces résultats dans une courbe.

Voir l'indice

Calculer M_{\mathrm{int}}(r) pour r < R et r > R pour en déduire les deux branches de la courbe de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Pour chaque domaine spatial (r < R et r > R), déterminer la masse intérieure M_{\mathrm{int}}(r) de la boule homogène de densité \rho_0.
  2. Appliquer la relation établie à la question Q30, reliant v_\theta(r) à M_{\mathrm{int}}(r), ou directement l'expression du champ gravitationnel obtenue à la question Q5.
  3. Tracer l'allure de la vitesse v_\theta(r) en mettant en évidence la continuité en r = R ainsi que les comportements aux limites.
Voir la réponse courte

Pour r < R, M_{\mathrm{int}} \propto r^3 \implies v_\theta \propto r ; pour r > R, M_{\mathrm{int}} = M \implies v_\theta \propto 1/\sqrt{r}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q30, la vitesse orthoradiale dans le plan équatorial vérifie :

v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G M_{\mathrm{int}}(r)}{r}}.

Cas intérieur (r < R) : La masse contenue dans la sphère de rayon r s'écrit :

M_{\mathrm{int}}(r) = \frac{4}{3}\pi r^3 \rho_0.

On en déduit :

v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G \cdot \frac{4}{3}\pi r^3 \rho_0}{r}} = \sqrt{\frac{4\pi G \rho_0}{3}}\, r.
\boxed{v_\theta(r) = \sqrt{\frac{4\pi G \rho_0}{3}}\, r \quad \text{pour } r < R}

Cas extérieur (r > R) : Toute la matière de la sphère est contenue dans le rayon R, la masse intérieure est donc égale à la masse totale M = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_0 :

M_{\mathrm{int}}(r) = M = \frac{4}{3}\pi R^3 \rho_0.

On obtient ainsi :

v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G M}{r}} = R\sqrt{\frac{4\pi G \rho_0}{3}} \sqrt{\frac{R}{r}}.
\boxed{v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G M}{r}} = \sqrt{\frac{4\pi G \rho_0 R^3}{3 r}} \quad \text{pour } r > R}

Tracé de la courbe v_\theta(r) : La fonction v_\theta(r) part de 0 en r=0, croît linéairement jusqu'à une valeur maximale en r=R :

v_{\max} = v_\theta(R) = \sqrt{\frac{G M}{R}} = \sqrt{\frac{4\pi G \rho_0}{3}}\, R,

puis décroît en 1/\sqrt{r} pour r > R.

Résultat

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : galaxie

Représenter sur un schéma le bulbe et le disque galactique, dont on fera apparaître les dimensions caractéristiques. Aucun calcul précis n'est demandé.

Voir l'indice

Schématiser une sphère centrale dense de petit rayon entourée d'un disque mince très étendu radialement.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux composantes stellaires à partir des densités données par l'énoncé : le bulbe à symétrie sphérique et le disque axisymétrique aplati.
  2. Associer à chaque composante ses grandeurs caractéristiques issues du texte (R_b, R_{\text{cut}}, R_d, z_d et le rayon global du disque).
  3. Réaliser un schéma en coupe par la tranche (vue de profil dans un plan méridien (r, z)) mettant en évidence les ordres de grandeur relatifs.
Voir la réponse courte

Schéma en vue de profil de la galaxie montrant le bulbe central sphéroïdal et le disque mince étendu avec leurs dimensions.

Voir le corrigé complet

D'après les expressions des densités de matière visible :

  • Le bulbe central présente une géométrie quasi-sphérique (dépendance en \tilde{r} = \sqrt{r^2+z^2}) :

    • Rayon de cœur interne : R_b = 75\text{ pc}.
    • Rayon de coupure caractéristique : R_{\text{cut}} = 2\text{ kpc}.
  • Le disque galactique est une structure très aplatie et axisymétrique :

    • Longueur d'échelle radiale : R_d = 3\text{ kpc}, le disque visible s'étendant jusqu'à un rayon R \sim 15\text{ à } 20\text{ kpc}.
    • Échelle de hauteur verticale : z_d = 300\text{ pc} (épaisseur totale de l'ordre de quelques centaines de parsecs).

On représente la Galaxie en coupe par la tranche (plan (r, z) contenant l'axe de rotation z) :

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : calcul intégral, distribution de masse

Quelle est la masse totale du disque galactique (la contribution du bulbe n'est pas demandée) ? On calculera sa valeur numérique exprimée en masses solaires , en prenant .

Voir l'indice

Intégrer la densité surfacique exponentielle en coordonnées polaires sur tout le plan galactique : M_d = \int_0^\infty \Sigma_d(r) 2\pi r\,\mathrm{d}r.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse élémentaire \mathrm{d}M = \rho_d(r, z)\,\mathrm{d}^3V en coordonnées cylindriques (r, \theta, z).
  2. Intégrer sur tout l'espace en séparant les variables \theta, z et r.
  3. Effectuer l'application numérique avec R_d = 3\text{ kpc} = 3\times 10^3\text{ pc} en respectant la consigne d'un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Intégration surfacique du profil exponentiel M_d = \int_0^\infty 2\pi r \Sigma_d(r)\mathrm{d}r = 2\pi\Sigma_{d,0}R_d^2, puis calcul en M_\odot.

Voir le corrigé complet

La masse totale du disque M_d est l'intégrale de la densité volumique de masse \rho_d(r, z) sur l'ensemble de l'espace. En coordonnées cylindriques, l'élément de volume s'écrit \mathrm{d}^3V = r\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}z, avec r \in [0, +\infty[, \theta \in [0, 2\pi[ et z \in ]-\infty, +\infty[ :

M_d = \int_0^{2\pi} \mathrm{d}\theta \int_{-\infty}^{+\infty} \frac{\Sigma_{d,0}}{2 z_d} \exp\left(-\frac{|z|}{z_d}\right)\mathrm{d}z \int_0^{+\infty} r \exp\left(-\frac{r}{R_d}\right)\mathrm{d}r

Calculons successivement chaque intégrale :

  • Selon \theta :

    \int_0^{2\pi} \mathrm{d}\theta = 2\pi
  • Selon z, par parité de la fonction :

    \int_{-\infty}^{+\infty} \frac{1}{2 z_d} \exp\left(-\frac{|z|}{z_d}\right)\mathrm{d}z = \frac{1}{z_d} \int_0^{+\infty} \exp\left(-\frac{z}{z_d}\right)\mathrm{d}z = \frac{1}{z_d} \left[-z_d \exp\left(-\frac{z}{z_d}\right)\right]_0^{+\infty} = 1
  • Selon r, par intégration par parties :

    \begin{aligned} \int_0^{+\infty} r \exp\left(-\frac{r}{R_d}\right)\mathrm{d}r &= \left[-r R_d \exp\left(-\frac{r}{R_d}\right)\right]_0^{+\infty} + R_d \int_0^{+\infty} \exp\left(-\frac{r}{R_d}\right)\mathrm{d}r \\ &= 0 + R_d \left[-R_d \exp\left(-\frac{r}{R_d}\right)\right]_0^{+\infty} \\ &= R_d^2 \end{aligned}

On en déduit l'expression littérale de la masse totale du disque :

\boxed{M_d = 2\pi\,\Sigma_{d,0}\,R_d^2}

Application numérique : D'après l'énoncé, \Sigma_{d,0} = 750\,M_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-2} et R_d = 3\text{ kpc} = 3\times 10^3\text{ pc}, d'où :

M_d = 2\pi \times 750 \times (3\times 10^3)^2 = 1{,}35\pi \times 10^{10}\,M_\odot \approx 4{,}24\times 10^{10}\,M_\odot

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{M_d \approx 4 \times 10^{10}\,M_\odot}

Résultat

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Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : vitesse orbitale, troisième loi de kepler

Donner une valeur approximative du rayon à l'intérieur duquel presque toute la matière visible de la Galaxie est contenue. Si on suppose que les résultats obtenus en symétrie sphérique sont valides au-delà de ce rayon, quel est le comportement de dans le plan galactique ? Préciser à quoi correspond le pré-facteur que ce comportement fait apparaître.

Voir l'indice

Constater qu'au-delà de quelques longueurs d'échelle du disque, la masse intérieure sature et la vitesse doit suivre une loi képlérienne v_\theta \propto 1/\sqrt{r}.

Voir la stratégie
  1. Estimer le rayon R_{\mathrm{vis}} soit directement à partir des données de l'énoncé sur la Voie lactée, soit en considérant la décroissance exponentielle du disque galactique d'échelle R_d.
  2. Pour r > R_{\mathrm{vis}}, la masse intérieure M_{\mathrm{int}}(r) devient constante et égale à la masse totale visible M_{\mathrm{vis}}.
  3. Utiliser le résultat établi à la question Q30 reliant v_\theta(r) à M_{\mathrm{int}}(r) pour en déduire la dépendance en r et expliciter le pré-facteur.
Voir la réponse courte

Au-delà du rayon visible R_{\mathrm{vis}}, décroissance képlérienne v_\theta(r) = \sqrt{G M_{\mathrm{vis}}}/\sqrt{r} avec le préfacteur \sqrt{G M_{\mathrm{vis}}}.

Voir le corrigé complet

1. Estimation du rayon R_{\mathrm{vis}}

L'énoncé indique dans la présentation générale de la Galaxie que la Voie lactée possède un rayon de l'ordre de 20\text{ kpc}.

On peut également le vérifier à l'aide de la loi de densité du disque obtenue précédemment : la masse contenue dans un cylindre de rayon r est

M_d(r) = M_d \left[1 - \left(1 + \frac{r}{R_d}\right)\mathrm{e}^{-r/R_d}\right]

Pour r = 4 R_d \approx 12\text{ kpc} (respectivement 5 R_d \approx 15\text{ kpc}), cette fraction vaut déjà plus de 91\,\% (respectivement 96\,\%).

On peut donc retenir pour rayon englobant la quasi-totalité de la matière visible :

\boxed{R_{\mathrm{vis}} \approx 15\text{ à } 20\text{ kpc}}

2. Comportement de v_\theta(r) au-delà de R_{\mathrm{vis}}

D'après le résultat de la question Q30, la vitesse circulaire dans l'approximation sphérique est donnée par :

v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G M_{\mathrm{int}}(r)}{r}}

Au-delà de R_{\mathrm{vis}}, toute la matière visible est enclose dans la sphère de rayon r, de sorte que la masse intérieure sature à la masse visible totale M_{\mathrm{vis}} = M_b + M_d :

\forall r > R_{\mathrm{vis}}, \quad M_{\mathrm{int}}(r) \approx M_{\mathrm{vis}} = \mathrm{cste}

La vitesse orthoradiale présente ainsi un profil képlérien décroissant en r^{-1/2} :

\boxed{v_\theta(r) = \frac{\sqrt{G M_{\mathrm{vis}}}}{\sqrt{r}} \propto \frac{1}{\sqrt{r}}}

3. Identification du pré-facteur

Le pré-facteur est :

\boxed{C = \sqrt{G M_{\mathrm{vis}}}}

Il dépend uniquement de la constante de gravitation universelle G et de la masse totale de matière visible M_{\mathrm{vis}} de la galaxie.

Résultat

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Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : courbe de rotation, matière noire

La figure 2 donne deux exemples de courbes de rotation pour des galaxies spirales similaires à la nôtre. Ces courbes représentent la vitesse de rotation en fonction de la distance au centre de la galaxie. Vous semblent-elles compatibles avec les résultats obtenus aux questions précédentes ?

Voir l'indice

Comparer la décroissance képlérienne attendue avec le plateau horizontal observé à grand rayon sur les données expérimentales.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le comportement attendu d'après les modélisations précédentes (décroissance képlérienne au-delà du rayon visible).
  2. Décrire l'allure des courbes de rotation expérimentales présentées sur la figure 2 aux grands rayons.
  3. Conclure sur la compatibilité entre les prédictions fondées sur la matière visible et les observations.
Voir la réponse courte

Incompatibilité nette : les courbes observées restent plates à grand rayon au lieu de décroître en 1/\sqrt{r}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q34, au-delà du rayon caractéristique où est concentrée la quasi-totalité de la matière visible (r \gtrsim R_{\mathrm{vis}} \approx 15\text{ à }20\text{ kpc}, soit quelques longueurs d'échelle R_d), la masse intérieure M_{\mathrm{int}}(r) devrait saturer à la masse visible totale M_{\mathrm{vis}}. On s'attendait donc à observer une décroissance képlérienne de la vitesse orbitale :

v_\theta(r) \propto \frac{1}{\sqrt{r}}.

Or, l'observation des deux courbes de la figure 2 montre un comportement tout à fait différent :

  • pour la galaxie NGC 3198 (gauche), après une phase de croissance jusqu'à r \approx 10\text{ kpc}, la vitesse de rotation se stabilise autour d'un plateau à v_\theta \approx 150\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} et reste quasiment constante jusqu'à au moins 30\text{ kpc} ;
  • pour la galaxie NGC 2403 (droite), la vitesse forme également un plateau remarquable autour de v_\theta \approx 130\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} entre 7 et 18\text{ kpc}.

Aucune décroissance képlérienne en r^{-1/2} n'est observée aux grands rayons.

\boxed{\text{Ces courbes de rotation expérimentales ne sont pas compatibles avec les prédictions déduites de la seule matière visible.}}

Résultat

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4 · Halo de matière noire

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : matière noire, courbe de rotation

Expliquer pourquoi la présence d'un halo galactique de matière dite noire pourrait permettre d'expliquer les courbes de la figure 2. On précisera l'utilisation de l'adjectif noir, ainsi que la répartition approximative de cette matière dans ces galaxies qui pourrait expliquer ces courbes (aucun calcul d'étaillé n'est attendu à ce stade).

Voir l'indice

Invoquer une composante de matière non lumineuse dont la masse intérieure croît linéairement avec le rayon (M(r) \propto r) pour maintenir v_\theta constante.

Voir la stratégie
  1. Relier la vitesse de rotation orthoradiale v_\theta(r) à la masse contenue M_{\mathrm{int}}(r) à l'aide de l'équation d'équilibre radial de la question 30.
  2. Expliquer l'origine de la qualification de « matière noire » par l'absence d'interactions électromagnétiques directes.
  3. Déterminer qualitativement l'extension géométrique du halo et la loi de décroissance radiale de sa densité volumique \rho_h(r) nécessaire pour reproduire un plateau de vitesse.
Voir la réponse courte

Une composante non rayonnante (matière noire) étendue au-delà du disque avec M_{\mathrm{int}}(r) \propto r permet de maintenir une vitesse de rotation constante.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation d'équilibre radial obtenue à la question 30 :

v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G M_{\mathrm{int}}(r)}{r}}.

Pour rendre compte des observations de la figure 2, où la vitesse v_\theta(r) tend vers une constante v_0 (plateau de vitesse) bien au-delà de la région visible R_{\mathrm{vis}}, il est nécessaire que la masse totale contenue dans une sphère de rayon r continue de croître linéairement avec le rayon :

M_{\mathrm{int}}(r) \propto r.

Comme la matière visible est confinée dans r \lesssim R_{\mathrm{vis}} et que sa masse M_{\mathrm{vis}}(r) sature à une valeur constante, l'existence d'une composante de masse supplémentaire dominante à grande distance, formant un halo de matière, permet d'expliquer ce comportement.

  • Signification de l'adjectif « noir » : Cette matière est dite « noire » (ou sombre) car elle n'interagit pas (ou de manière extrêmement faible) avec le rayonnement électromagnétique : elle n'émet, n'absorbe ni ne diffuse de lumière, quelle que soit la longueur d'onde. Elle n'est donc détectable que par ses effets gravitationnels dynamiques sur la matière visible.
  • Répartition approximative de cette matière :

    • Géométrie : Elle forme un halo quasi sphérique centré sur la galaxie, englobant largement le bulbe et le disque mince, et s'étendant à des distances bien supérieures au rayon visible de la galaxie (r \gg R_{\mathrm{vis}}).
    • Profil radial de densité : En faisant l'hypothèse d'une distribution à symétrie sphérique, la masse intérieure vérifie \mathrm{d}M_{\mathrm{int}} = 4\pi r^2 \rho_h(r)\,\mathrm{d}r. Pour que M_{\mathrm{int}}(r) \propto r, la densité volumique du halo doit décroître comme :

      \boxed{\rho_h(r) \propto \frac{1}{r^2}}

      sur la gamme de distances correspondant au plateau de vitesse.

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : distribution de masse, divergence

Un premier modèle pour décrire la répartition de masse du halo de matière noire est le modèle de Navarro-Frenk-White, qui introduit dans un cadre de symétrie sphérique la densité de masse suivante :

où et sont des constantes qui dépendent de la galaxie étudiée, et où est le rayon sphérique défini précédemment. Cette densité de matière vous semble-t-elle physiquement valide dans les limites et ?

Voir l'indice

Examiner la limite en 1/\tilde{r} en zéro (divergence intégrable de masse) et la décroissance en 1/\tilde{r}^3 à l'infini (divergence logarithmique de masse).

Voir la stratégie

Pour évaluer la validité physique d'une distribution de densité massique dans les limites \tilde{r} \to 0 et \tilde{r} \to \infty, on étudie :

  1. le comportement asymptotique de la densité \rho_h(\tilde{r}) ;
  2. l'intégrabilité de la densité, c'est-à-dire le comportement de la masse contenue dans un volume sphérique :

    \mathrm{d}M = 4\pi \tilde{r}^2 \rho_h(\tilde{r})\,\mathrm{d}\tilde{r}.
Voir la réponse courte

La densité diverge en 1/\tilde{r} en zéro (masse intégrée finie localement) et la masse totale diverge logarithmiquement à l'infini (non physique sans coupure).

Voir le corrigé complet

1. Limite au centre (\tilde{r} \to 0) : Au voisinage de l'origine (\tilde{r} \ll R_h), on a 1 + \frac{\tilde{r}}{R_h} \approx 1, d'où :

\rho_h(\tilde{r}) \underset{\tilde{r}\to 0}{\sim} \frac{\rho_{h,0} R_h}{\tilde{r}} \xrightarrow[\tilde{r} \to 0]{} +\infty.
  • La densité de matière diverge en 1/\tilde{r} au centre de la galaxie (profil dit « cuspé »). Une densité volumique localement infinie n'est pas physiquement réaliste à l'échelle microscopique.
  • Néanmoins, la masse contenue dans une sphère de rayon \tilde{r} s'écrit :

    M_{\mathrm{int}}(\tilde{r}) \approx \int_0^{\tilde{r}} 4\pi r'^2 \left(\frac{\rho_{h,0} R_h}{r'}\right) \mathrm{d}r' = 2\pi \rho_{h,0} R_h \tilde{r}^2,

    qui tend vers 0 lorsque \tilde{r} \to 0. La singularité est donc intégrable : il n'y a pas de masse ponctuelle infinie au centre, et le potentiel gravitationnel y reste bien défini (fini). Ce comportement est acceptable comme approximation macroscopique, même si les observations réelles suggèrent souvent un « cœur » à densité finie.

2. Limite à l'infini (\tilde{r} \to \infty) : À grande distance (\tilde{r} \gg R_h), on a 1 + \frac{\tilde{r}}{R_h} \approx \frac{\tilde{r}}{R_h}, d'où :

\rho_h(\tilde{r}) \underset{\tilde{r}\to \infty}{\sim} \frac{\rho_{h,0} R_h^3}{\tilde{r}^3} \xrightarrow[\tilde{r} \to \infty]{} 0.
  • La densité tend bien vers zéro à l'infini, ce qui est attendu pour un objet isolé.
  • En revanche, examinons la masse totale contenue dans l'Univers :

    M_{\mathrm{tot}} = \int_0^\infty 4\pi \tilde{r}^2 \rho_h(\tilde{r})\,\mathrm{d}\tilde{r}.

    Au voisinage de l'infini, l'intégrande se comporte comme :

    4\pi \tilde{r}^2 \rho_h(\tilde{r}) \underset{\tilde{r}\to \infty}{\sim} 4\pi \rho_{h,0} R_h^3 \frac{1}{\tilde{r}},

    dont l'intégrale diverge logarithmiquement (\int^\infty \frac{\mathrm{d}\tilde{r}}{\tilde{r}} = +\infty).

\boxed{\text{Le modèle NFW n'est pas physiquement valide à l'infini car la masse totale diverge, et il présente un pic non physique en } \tilde{r}=0.}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : courbe de rotation, analyse documentaire

En utilisant les résultats de la figure 3, expliquer pourquoi le modèle de Navarro-Frenk-White permet de retrouver l'allure générale des courbes de rotations des galaxies NGC 3198 et NGC 2403 données dans la figure 2. En déduire une valeur approximative pour le rayon de la galaxie NGC 3198, décrite dans la courbe de gauche de cette figure.

Voir l'indice

Exprimer v_\theta(r) à partir de la masse intérieure du profil NFW et identifier la position du maximum de la fonction f(x) avec celle du pic de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse intérieure M_{\text{int}}(r) sous l'hypothèse d'une distribution de Navarro-Frenk-White à symétrie sphérique, puis en déduire la vitesse orbitale v_\theta(r) pour faire apparaître la fonction f(x) de la figure 3.
  2. Discuter les propriétés qualitatives de f(x) (croissance rapide, plateau étendu) et les confronter aux observations de la figure 2.
  3. Repérer la position du maximum de f(x) sur la figure 3 ainsi que la position du maximum de vitesse sur la courbe de rotation de NGC 3198 afin d'en déduire le rayon caractéristique R_h.
Voir la réponse courte

La courbe de rotation NFW présente un maximum plat compatible avec les observations ; lecture graphique de R_h à partir de la position du sommet.

Voir le corrigé complet

Calculons la masse contenue dans une sphère de rayon r pour le profil de Navarro-Frenk-White :

M_{\text{int}}(r) = \int_0^r 4\pi \tilde{r}^2 \rho_h(\tilde{r})\,\mathrm{d}\tilde{r} = 4\pi \rho_{h,0} R_h^3 \int_0^{r/R_h} \frac{x^2}{x(1+x)^2}\,\mathrm{d}x.

En décomposant la fraction rationnelle :

\frac{x}{(1+x)^2} = \frac{1}{1+x} - \frac{1}{(1+x)^2},

on obtient pour variable adimensionnée x = r/R_h :

\begin{aligned} M_{\text{int}}(r) &= 4\pi \rho_{h,0} R_h^3 \left[ \ln(1+x) + \frac{1}{1+x} \right]_0^x \\ &= 4\pi \rho_{h,0} R_h^3 \left( \ln(1+x) - \frac{x}{1+x} \right). \end{aligned}

D'après l'équation d'équilibre radial obtenue à la question 30, la vitesse de rotation circulaire s'écrit :

v_\theta(r) = \sqrt{\frac{G M_{\text{int}}(r)}{r}} = \sqrt{4\pi G \rho_{h,0} R_h^2} \sqrt{\frac{\ln(1+x)}{x} - \frac{1}{1+x}} = v_0 \, f(x),

où v_0 = \sqrt{4\pi G \rho_{h,0} R_h^2} est une vitesse caractéristique et :

f(x) = \sqrt{\frac{\ln(1+x)}{x} - \frac{1}{1+x}}.

Allure de la courbe de rotation :

  • Pour x \ll 1, un développement limité donne f(x) \propto \sqrt{x}, d'où une montée rapide de la vitesse v_\theta(r) au voisinage du centre galactique.
  • Pour x compris entre 1{,}5 et 5, la fonction f(x) varie très peu (autour de 0{,}45, soit une variation relative inférieure à 5\,\%) : elle forme un très large plateau de vitesse quasi constante.
  • Au-delà (x \gg 1), la vitesse ne décroît que de façon extrêmement lente (en \sqrt{\ln(x)/x}).

Cette forme reproduit fidèlement la dynamique observée sur la figure 2 pour NGC 3198 et NGC 2403 : une phase de montée abrupte suivie d'un vaste plateau de rotation.

Estimation de R_h pour NGC 3198 :

  • Sur la figure 3, le maximum de la fonction f(x) est atteint pour :

    x_{\max} \approx 2{,}2.
  • Sur la courbe de rotation de NGC 3198 (figure 2, gauche), la vitesse culmine à v_\theta \approx 150\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} à une distance du centre :

    R_{\max} \approx 13\text{ à }15\text{ kpc}.

Comme x = r/R_h, on en déduit :

R_h = \frac{R_{\max}}{x_{\max}} \approx \frac{14\text{ kpc}}{2{,}2} \approx 6\text{ kpc}.

Avec un chiffre significatif :

\boxed{R_h \approx 6\text{ kpc}}

(une valeur de l'ordre de 6 à 7\text{ kpc} est tout à fait acceptable compte tenu de la largeur du maximum).

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : calcul intégral, matière noire

Pour éviter que la masse totale du halo de matière noire soit infinie, on pose généralement que la densité de matière noire tombe brutalement à zéro pour un rayon , où le facteur varie d'une galaxie à l'autre. Pour la Voie lactée, on a , , et . En déduire la masse totale du halo de matière noire exprimée en masse solaire, et la comparer à la masse du disque galactique. Commenter.

Voir l'indice

Intégrer la masse volumique du profil NFW entre 0 et \beta R_h à l'aide d'un changement de variable simple.

Voir la stratégie
  1. Intégrer la densité volumique \rho_h(\tilde{r}) en coordonnées sphériques sur une boule de rayon \beta R_h pour exprimer la masse totale M_h.
  2. Évaluer numériquement l'intégrale à l'aide de la valeur de \ln(11) lue sur le graphe de la page 5, puis calculer M_h.
  3. Comparer cette masse à celle du disque galactique calculée à la question 33 et commenter.
Voir la réponse courte

Intégration de la masse jusqu'à 10 R_h : M_h dépasse largement la masse du disque visible (environ un ordre de grandeur supérieur).

Voir le corrigé complet

La distribution de matière noire étant à symétrie sphérique, la masse contenue dans la sphère de rayon \beta R_h s'obtient par intégration en couronnes sphériques de volume \mathrm{d}V = 4\pi \tilde{r}^2\mathrm{d}\tilde{r} :

M_h = \int_0^{\beta R_h} 4\pi \tilde{r}^2 \rho_h(\tilde{r}) \, \mathrm{d}\tilde{r}

En introduisant l'expression du profil de Navarro-Frenk-White et la variable adimensionnée u = \tilde{r}/R_h :

M_h = 4\pi \rho_{h,0} R_h^3 \int_0^\beta \frac{u}{(1+u)^2} \, \mathrm{d}u

La décomposition en éléments simples \frac{u}{(1+u)^2} = \frac{1}{1+u} - \frac{1}{(1+u)^2} permet d'intégrer immédiatement :

\begin{aligned} \int_0^\beta \frac{u}{(1+u)^2} \, \mathrm{d}u &= \left[ \ln(1+u) + \frac{1}{1+u} \right]_0^\beta \\ &= \ln(1+\beta) + \frac{1}{1+\beta} - 1 \\ &= \ln(1+\beta) - \frac{\beta}{1+\beta} \end{aligned}

On obtient ainsi l'expression analytique de la masse totale tronquée du halo :

\boxed{M_h = 4\pi \rho_{h,0} R_h^3 \left[ \ln(1+\beta) - \frac{\beta}{1+\beta} \right]}

Application numérique : Pour la Voie lactée, avec \beta \simeq 10, on lit sur le graphe de \ln(x) fourni en page 5 :

\ln(1+\beta) = \ln(11) \simeq 2{,}4 \quad \text{et} \quad \frac{\beta}{1+\beta} = \frac{10}{11} \simeq 0{,}91

d'où :

\ln(1+\beta) - \frac{\beta}{1+\beta} \simeq 2{,}4 - 0{,}91 \simeq 1{,}5

Par ailleurs :

R_h = 18\text{ kpc} = 1{,}8 \times 10^4\text{ pc} \implies R_h^3 \simeq 5{,}8 \times 10^{12}\text{ pc}^3
\begin{aligned} M_h &\simeq 4\pi \times 0{,}012 \times 5{,}8 \times 10^{12} \times 1{,}5 \\ &\simeq 1{,}3 \times 10^{12}\,M_\odot \end{aligned}

Avec un seul chiffre significatif comme requis par l'énoncé :

\boxed{M_h \simeq 1 \times 10^{12}\,M_\odot}

Comparaison et commentaire : À la question 33, nous avons trouvé pour la masse du disque :

M_d \simeq 4 \times 10^{10}\,M_\odot

Le rapport des masses vaut :

\frac{M_h}{M_d} \simeq \frac{1{,}3 \times 10^{12}}{4 \times 10^{10}} \simeq 30

La masse du halo de matière noire est environ 30 fois supérieure à celle de la matière visible contenue dans le disque. Cela montre que la masse de la Galaxie — et par conséquent son champ gravitationnel à grande distance — est très largement dominée par le secteur sombre.

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : densité volumique de charge, ordre de grandeur

Comparer également les ordres de grandeur des densités de matières visible et noire dans le système solaire, sachant que le Soleil se situe dans le disque galactique à une distance de l'ordre de du centre galactique. Conclure sur la prédominance de matière noire dans l'environnement solaire proche, dans le cadre du modèle de Navarro-Frenk-White.

Voir l'indice

Calculer la densité locale du disque au rayon solaire et la confronter à la valeur locale de la densité du halo de matière noire.

Voir la stratégie
  1. Évaluer la densité de matière visible au niveau du Soleil (r_\odot \approx 8\,\mathrm{kpc}, z \approx 0) à l'aide des expressions du bulbe et du disque données en question 31.
  2. Calculer la densité de matière noire au même rayon à partir du modèle de Navarro-Frenk-White (NFW).
  3. Comparer les deux densités et conclure sur la présence locale de matière noire.
Voir la réponse courte

Dans le voisinage solaire, la densité de matière visible dépasse celle de matière noire : la matière noire ne domine qu'aux grandes échelles galactiques.

Voir le corrigé complet

Le Soleil est situé dans le plan galactique (z \approx 0) à une distance r_\odot \approx 8\,\mathrm{kpc} du centre.

1. Densité de matière visible La matière visible comprend la contribution du bulbe et celle du disque :

  • Pour le bulbe, le terme de coupure exponentielle vaut \exp\left[-(r_\odot/R_{\mathrm{cut}})^2\right] = \exp\left[-(8/2)^2\right] = \mathrm{e}^{-16} \sim 10^{-7}. La contribution du bulbe est donc totalement négligeable à la distance du Soleil.
  • Pour le disque galactique, la densité s'écrit, en z = 0 :

    \rho_{\mathrm{vis}}(r_\odot) \approx \rho_d(r_\odot, 0) = \frac{\Sigma_{d,0}}{2 z_d} \exp\left(-\frac{r_\odot}{R_d}\right)

Avec \Sigma_{d,0} = 750\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-2}, z_d = 300\,\mathrm{pc}, et R_d = 3\,\mathrm{kpc} :

\begin{aligned} \frac{\Sigma_{d,0}}{2 z_d} &= \frac{750}{600} = 1{,}25\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}, \\ \frac{r_\odot}{R_d} &= \frac{8}{3} \approx 2{,}7. \end{aligned}

D'après le graphe de x \mapsto \exp(-x) fourni dans l'énoncé, \exp(-2{,}7) \approx 0{,}07, d'où :

\rho_{\mathrm{vis}}(r_\odot) \approx 1{,}25 \times 0{,}07 \approx 0{,}09\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3} \approx 1 \times 10^{-1}\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}

2. Densité de matière noire (modèle NFW) La densité du halo au rayon r_\odot est donnée par :

\rho_h(r_\odot) = \frac{\rho_{h,0}}{\frac{r_\odot}{R_h}\left(1 + \frac{r_\odot}{R_h}\right)^2}

Avec \rho_{h,0} = 0{,}012\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}, R_h = 18\,\mathrm{kpc} et r_\odot = 8\,\mathrm{kpc}, le rapport adimensionné vaut :

x = \frac{r_\odot}{R_h} = \frac{8}{18} \approx 0{,}44

On en déduit le dénominateur :

x(1+x)^2 \approx 0{,}44 \times (1{,}44)^2 \approx 0{,}44 \times 2{,}07 \approx 0{,}92 \approx 0{,}9

Ce qui donne :

\rho_h(r_\odot) \approx \frac{0{,}012}{0{,}92} \approx 0{,}013\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3} \approx 1 \times 10^{-2}\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}

3. Comparaison et conclusion En comparant les deux ordres de grandeur :

\begin{aligned} \rho_{\mathrm{vis}}(r_\odot) &\sim 10^{-1}\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3} \\ \rho_h(r_\odot) &\sim 10^{-2}\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3} \end{aligned}

La densité volumique moyenne de matière visible dans le disque au niveau du Soleil est environ un ordre de grandeur plus grande que celle de la matière noire :

\boxed{\frac{\rho_{\mathrm{vis}}(r_\odot)}{\rho_h(r_\odot)} \sim 10}

A fortiori, au sein même du Système solaire, la masse du Soleil concentrée dans un volume de quelques dizaines d'unités astronomiques impose une densité locale moyenne sans commune mesure avec celle du halo.

On en conclut que dans le cadre du modèle de Navarro-Frenk-White, la matière noire ne prédomine pas dans l'environnement solaire proche : c'est la matière visible (baryonique) qui y est largement dominante.

Résultat

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5 · Distribution de densité perpendiculaire au disque

Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de gauss, équation locale

On se place dans le disque galactique. En utilisant les résultats précédents, montrer que la distribution totale de matière (visible et noire) vérifie :

où est la densité de matière et la vitesse de rotation d'ensemble au rayon .

Voir l'indice

Appliquer l'expression de la divergence en coordonnées cylindriques à l'équation de Gauss \vec{\nabla}\cdot\vec{K} = -4\pi G \rho avec la condition d'équilibre radial.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation locale de Gauss pour le champ gravitationnel reliant \vec{\nabla}\cdot\vec{K} à la densité volumique totale \rho(\vec{r}).
  2. Exprimer la divergence en coordonnées cylindriques en exploitant l'axisymétrie de la distribution de masse.
  3. Relier la composante radiale K_r à la vitesse de rotation d'ensemble v_\theta(r) grâce à l'équation d'équilibre radial issue de la question Q29.
Voir la réponse courte

Utilisation de \mathrm{div}\vec{K} = -4\pi G\rho en coordonnées cylindriques et de la relation d'équilibre radial K_r = -v_\theta^2/r.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Gauss pour le champ gravitationnel statique établie à la question Q2, la masse volumique totale \rho(\vec{r}) (incluant matière visible et matière noire) est reliée au champ de gravitation \vec{K} par :

\vec{\nabla} \cdot \vec{K} = -4\pi G\,\rho(\vec{r}).

En coordonnées cylindriques (r, \theta, z), l'expression de la divergence fournie dans le formulaire s'écrit :

\vec{\nabla} \cdot \vec{K} = \frac{1}{r} \frac{\partial(r K_r)}{\partial r} + \frac{1}{r} \frac{\partial K_\theta}{\partial \theta} + \frac{\partial K_z}{\partial z}.

La Galaxie étant supposée axisymétrique vis-à-vis de son axe de rotation (Oz) :

  • Les grandeurs physiques sont indépendantes de \theta (\partial/\partial\theta = 0) ;
  • Tout plan méridien contenant l'axe (Oz) est un plan de symétrie de la distribution de masse, ce qui impose K_\theta = 0.

L'expression de la divergence se simplifie donc en :

\vec{\nabla} \cdot \vec{K} = \frac{1}{r} \frac{\partial(r K_r)}{\partial r} + \frac{\partial K_z}{\partial z}.

Par ailleurs, l'équation d'équilibre radial dans le disque galactique (question Q29) relie la composante radiale K_r à la vitesse orthoradiale v_\theta(r) :

K_r(r) = -\frac{v_\theta^2(r)}{r} \implies r K_r(r) = -v_\theta^2(r).

En injectant cette relation dans le terme radial de la divergence, il vient :

\frac{1}{r} \frac{\partial(r K_r)}{\partial r} = -\frac{1}{r} \frac{\partial v_\theta^2}{\partial r}.

La divergence du champ s'écrit ainsi :

\vec{\nabla} \cdot \vec{K} = \frac{\partial K_z}{\partial z} - \frac{1}{r}\frac{\partial v_\theta^2}{\partial r}.

En reportant ce résultat dans l'équation de Gauss, on obtient directement :

\boxed{\rho(\vec{r}) = -\frac{1}{4\pi G}\left(\frac{\partial K_z}{\partial z} - \frac{1}{r}\frac{\partial v_\theta^2}{\partial r}\right)}

Résultat

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Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : courbe de rotation, approximation

Au voisinage du Soleil, soit pour un rayon de l'ordre de , justifier qu'on puisse négliger le deuxième terme du membre de droite de l'équation (9).

Voir l'indice

Observer que sur le plateau de rotation de la galaxie, la vitesse v_\theta est quasi-constante avec le rayon r.

Voir la stratégie

Pour justifier que le terme radial \frac{1}{r}\frac{\partial v_\theta^2}{\partial r} est négligeable devant la dérivée verticale \frac{\partial K_z}{\partial z}, on peut invoquer deux arguments physiques complémentaires :

  1. La forme de la courbe de rotation galactique au voisinage solaire (r \approx 8\,\mathrm{kpc}), qui se situe sur un plateau où la vitesse est quasi-constante.
  2. L'approximation de disque mince, caractérisée par un gradient vertical de matière bien plus abrupt que son gradient radial (z_d \ll r).
Voir la réponse courte

La courbe de rotation étant plate au rayon solaire, \partial v_\theta/\partial r \approx 0, ce qui annule le terme radial.

Voir le corrigé complet

Deux arguments indépendants justifient la négligence du second terme :

  1. Caractère plat de la courbe de rotation (argument principal) :
    Comme l'illustrent les observations présentées sur la figure 2 pour des galaxies spirales similaires, la vitesse orbitale v_\theta(r) atteint un plateau au-delà de quelques kiloparsecs et varie très peu avec la distance radiale. Au voisinage du Soleil (r \approx 8\,\mathrm{kpc}), on a ainsi :

    v_\theta(r) \approx \mathrm{cste} \implies \frac{\partial v_\theta}{\partial r} \approx 0,

    ce qui entraîne directement l'annulation du terme radial :

    \frac{1}{r}\frac{\partial v_\theta^2}{\partial r} = \frac{2 v_\theta}{r}\frac{\partial v_\theta}{\partial r} \approx 0.
  2. Approximation de disque mince (argument d'échelle) :
    Même en ne supposant pas la courbe rigoureusement plate, le terme radial est au plus d'ordre de grandeur :

    \left| \frac{1}{r}\frac{\partial v_\theta^2}{\partial r} \right| \sim \frac{v_\theta^2}{r^2} = \frac{|K_r|}{r},

    ce qui correspond à une variation radiale sur l'échelle caractéristique r \approx 8\,\mathrm{kpc}.
    En revanche, la matière du disque est confinée verticalement sur une demi-épaisseur caractéristique z_d \approx 300\,\mathrm{pc} (donnée dans l'énoncé), de sorte que le gradient vertical du champ gravitationnel est d'ordre :

    \left| \frac{\partial K_z}{\partial z} \right| \approx 4\pi G \rho \sim \frac{|K_z|}{z_d}.

    Comme z_d \ll r (z_d/r \approx 300/8000 \approx 0{,}04 \ll 1), les variations selon \vec{e}_z sont extrêmement rapides devant les variations radiales.

Au voisinage du Soleil, on a donc :

\boxed{\left| \frac{1}{r}\frac{\partial v_\theta^2}{\partial r} \right| \ll \left| \frac{\partial K_z}{\partial z} \right|}

ce qui permet de simplifier l'équation de Poisson galactique en :

\rho(\vec{r}) \approx -\frac{1}{4\pi G}\frac{\partial K_z}{\partial z}.

Résultat

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Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de rappel, oscillateur

On étudie à présent le mouvement propre d'une étoile, c'est-à-dire par rapport au mouvement de rotation de la Galaxie. On peut isoler le mouvement selon l'axe , qui est celui étudié dans cette partie. Donner le signe de pour puis pour , et décrire qualitativement le mouvement propre d'une étoile perpendiculairement au disque galactique si celle-ci est liée gravitationnellement à la Galaxie.

Voir l'indice

Noter que le plan galactique attire gravitationnellement les étoiles situées de part et d'autre, créant une force de rappel vers z=0.

Voir la stratégie
  1. La gravitation étant une interaction toujours attractive, la matière concentrée dans le disque galactique autour de z = 0 attire les étoiles vers le plan médian : déterminer l'orientation de \vec{K} par rapport à \vec{e}_z.
  2. Interpréter la force gravitationnelle résultante comme une force de rappel pour en déduire la nature du mouvement vertical d'une étoile liée.
Voir la réponse courte

K_z < 0 pour z > 0 et K_z > 0 pour z < 0 : force de rappel gravitationnelle engendrant un mouvement oscillatoire autour du plan équatorial.

Voir le corrigé complet

La matière galactique est concentrée au voisinage du plan équatorial z = 0. L'interaction gravitationnelle étant attractive :

  • pour z > 0, l'étoile est située au-dessus du plan galactique ; la force gravitationnelle s'exerçant sur elle est dirigée vers le plan, c'est-à-dire vers les z décroissants (-\vec{e}_z). On a donc :

    \boxed{K_z < 0 \quad \text{pour } z > 0}
  • pour z < 0, l'étoile est sous le plan galactique ; la force gravitationnelle est dirigée vers les z croissants (+\vec{e}_z). On a donc :

    \boxed{K_z > 0 \quad \text{pour } z < 0}
  • par symétrie de réflexion par rapport au plan galactique, le champ s'annule en z = 0 : K_z(0) = 0.

L'équation du mouvement vertical d'une étoile de masse m s'écrit dans un repère local :

\ddot{z} = K_z(z)

Comme K_z(z) est de signe opposé à z, la composante verticale de l'interaction gravitationnelle constitue une force de rappel vers le plan médian z = 0.

Par conséquent, si l'étoile est liée gravitationnellement à la Galaxie (son énergie mécanique associée au mouvement selon z est piégée dans le puits de potentiel gravitationnel créé par le disque), son mouvement propre perpendiculaire au disque est un mouvement oscillatoire (périodique ou pseudo-périodique) autour du plan équatorial z = 0 :

  • l'étoile traverse le plan galactique en z = 0 avec une vitesse verticale maximale ;
  • elle s'en éloigne en décélérant jusqu'à atteindre une altitude maximale z_{\max} où sa vitesse v_z s'annule ;
  • elle est alors rappelée vers le plan, qu'elle retraverse en sens inverse.

Résultat

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Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : théorème de l'énergie cinétique, énergie potentielle

On décrit le mouvement d'une étoile tel que discuté à la question précédente par sa vitesse perpendiculaire . Obtenir une équation reliant la vitesse à . Cette équation fera apparaître une intégrale de .

Voir l'indice

Multiplier l'équation du mouvement vertical \ddot{z} = K_z(z) par \dot{z} = v_z et intégrer entre 0 et z.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation du mouvement vertical \ddot{z} = K_z(z) obtenue à la question précédente.
  2. Multiplier par \dot{z} = v_z pour faire apparaître une dérivée exacte par rapport au temps, ou appliquer le théorème de l'énergie cinétique entre l'altitude 0 et l'altitude z.
  3. Intégrer la relation obtenue entre le plan médian z=0 et une altitude quelconque z.
Voir la réponse courte

Théorème de l'énergie cinétique ou conservation de l'énergie mécanique : v_z(z)^2 = v_z(0)^2 + 2\int_0^z K_z(z')\mathrm{d}z'.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q43, le mouvement vertical d'une étoile de masse m dans le référentiel galactique est régi par :

\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} = K_z(z)

En exprimant la dérivée temporelle en fonction de la variable d'espace z, puisque v_z = \dfrac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}, il vient :

\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} \frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}z} = v_z \frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}z} = \frac{1}{2} \frac{\mathrm{d}(v_z^2)}{\mathrm{d}z}

L'équation différentielle s'écrit donc :

\frac{1}{2} \frac{\mathrm{d}(v_z^2)}{\mathrm{d}z} = K_z(z)

En intégrant cette relation entre le plan galactique z'=0 (où la vitesse est notée v_z(0)) et l'altitude z'=z (où la vitesse est v_z(z)), on obtient :

\int_0^z \frac{1}{2} \frac{\mathrm{d}(v_z^2)}{\mathrm{d}z'} \, \mathrm{d}z' = \int_0^z K_z(z') \, \mathrm{d}z'

ce qui donne :

\frac{1}{2} v_z^2(z) - \frac{1}{2} v_z^2(0) = \int_0^z K_z(z') \, \mathrm{d}z'

On en déduit l'expression reliant la vitesse v_z(z) à v_z(0) :

\boxed{v_z^2(z) = v_z^2(0) + 2 \int_0^z K_z(z') \, \mathrm{d}z'}

soit, en tenant compte du sens de déplacement de l'étoile :

v_z(z) = \pm \sqrt{v_z^2(0) + 2 \int_0^z K_z(z') \, \mathrm{d}z'}

Résultat

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Question 45

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : analyse dimensionnelle, fonction de distribution

Quelle est la dimension de ? Montrer que est bien la densité volumique d'étoiles de type dans le plan galactique.

Voir l'indice

Raisonner sur l'analyse dimensionnelle du produit \bar{\rho}_i\,\mathrm{d}v_z\,\mathrm{d}^3V et intégrer la distribution gaussienne sur toutes les vitesses.

Voir la réponse courte

Dimension [L^{-4}T] de distribution dans l'espace des phases 1D ; intégration sur toutes les vitesses v_z donnant la densité spatiale \tilde{\rho}_i(0).

Voir le corrigé complet

Le nombre élémentaire d'étoiles de type i présentes dans le volume \mathrm{d}^3V et dont la composante verticale de la vitesse est comprise entre v_z et v_z + \mathrm{d}v_z s'écrit :

\mathrm{d}N_i = \bar{\rho}_i[z, v_z]\,\mathrm{d}v_z\,\mathrm{d}^3V.

Un nombre d'étoiles est une grandeur sans dimension ([N_i] = 1). Sachant que [\mathrm{d}^3V] = \mathrm{L}^3 et [\mathrm{d}v_z] = \mathrm{L}\cdot \mathrm{T}^{-1}, l'analyse dimensionnelle donne :

[\bar{\rho}_i] = \frac{1}{[\mathrm{d}v_z]\,[\mathrm{d}^3V]} = \frac{1}{(\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1})\cdot \mathrm{L}^3} = \mathrm{L}^{-4}\cdot\mathrm{T}.
\boxed{[\bar{\rho}_i] = \mathrm{L}^{-4}\cdot\mathrm{T}} \quad (\text{en }\mathrm{m}^{-4}\cdot\mathrm{s}).

Dans le plan galactique (z = 0), la densité volumique totale d'étoiles de type i s'obtient en sommant sur toutes les vitesses possibles v_z \in ]-\infty, +\infty[ :

\begin{aligned} n_i(z = 0) &= \int_{-\infty}^{+\infty} \bar{\rho}_i[0, v_z]\,\mathrm{d}v_z \\ &= \frac{\tilde{\rho}_i(0)}{\sqrt{2\pi}\sigma_i} \int_{-\infty}^{+\infty} \exp\left(-\frac{v_z^2}{2\sigma_i^2}\right)\,\mathrm{d}v_z. \end{aligned}

En utilisant la formule de l'intégrale gaussienne rappelée dans le formulaire avec \alpha = \frac{1}{2\sigma_i^2} :

\int_{-\infty}^{+\infty} \mathrm{e}^{-\alpha v_z^2}\,\mathrm{d}v_z = \sqrt{\frac{\pi}{\alpha}} = \sqrt{2\pi\sigma_i^2} = \sqrt{2\pi}\,\sigma_i.

On en déduit :

n_i(z = 0) = \frac{\tilde{\rho}_i(0)}{\sqrt{2\pi}\sigma_i} \times \sqrt{2\pi}\,\sigma_i = \tilde{\rho}_i(0).
\boxed{\int_{-\infty}^{+\infty} \bar{\rho}_i[0, v_z]\,\mathrm{d}v_z = \tilde{\rho}_i(0)}

La grandeur \tilde{\rho}_i(0) représente donc bien la densité volumique d'étoiles de type i dans le plan galactique (de dimension \mathrm{L}^{-3}).

Résultat

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : distribution de boltzmann, état stationnaire

La Galaxie contenant un très grand nombre d'étoiles de tout type qui se rapprochent et s'éloignent du plan galactique, et supposant que le déplacement de ces étoiles perpendiculairement au plan galactique a atteint un régime stationnaire, on écrit que , où est le terme calculé à la question 44 à partir de . Justifier cette égalité à partir de considérations physiques. En déduire la valeur de .

Voir l'indice

Appliquer la conservation de la fonction de distribution le long d'une trajectoire dans l'espace des phases (théorème de Liouville stationnaire).

Voir la stratégie
  1. Interpréter l'égalité \bar{\rho}_i[z, v_z(z)] = \bar{\rho}_i[0, v_z(0)] à l'aide des hypothèses du modèle : absence de collisions entre étoiles (mouvement déterministe sous l'effet du seul champ gravitationnel moyen) et stationnarité du régime (théorème de Liouville / conservation de la densité dans l'espace des phases le long d'une trajectoire).
  2. Exprimer v_z(0)^2 en fonction de v_z^2 et de l'intégrale de K_z grâce au résultat de la question Q44.
  3. Remplacer v_z(0)^2 dans la loi de distribution en z=0 donnée par l'équation (10) pour en déduire \bar{\rho}_i[z, v_z].
Voir la réponse courte

En régime stationnaire, la densité dans l'espace des phases est constante le long des trajectoires dynamiques (théorème de Liouville), d'où une distribution type Boltzmann.

Voir le corrigé complet

1. Justification physique de l'égalité :

  • La densité d'étoiles étant très faible, les collisions et interactions à courte portée entre étoiles sont totalement négligeables : le mouvement de chaque étoile est purement individuel et déterministe, régi par le champ gravitationnel moyen.
  • Tout état dynamique (z, v_z) est l'image au cours du temps d'un état antérieur (0, v_z(0)) situé sur la même trajectoire dans l'espace des phases à une dimension (z, v_z).
  • En régime stationnaire, la distribution ne dépend pas explicitement du temps (\partial \bar{\rho}_i / \partial t = 0). D'après le théorème de Liouville (ou équation de Boltzmann sans collision), la densité d'un fluide non collisionnel dans l'espace des phases est conservée le long de chaque trajectoire :

    \frac{\mathrm{d}\bar{\rho}_i}{\mathrm{d}t} = 0 \implies \bar{\rho}_i[z, v_z(z)] = \bar{\rho}_i[0, v_z(0)].

    Cette relation traduit également le fait que le flux d'étoiles entrant et sortant le long des tubes de trajectoires est constant.

2. Déduction de \bar{\rho}_i[z, v_z] :

D'après le résultat établi à la question Q44 :

v_z^2(z) = v_z(0)^2 + 2\int_0^z K_z(z')\,\mathrm{d}z',

ce qui donne en inversant la relation :

v_z(0)^2 = v_z^2 - 2\int_0^z K_z(z')\,\mathrm{d}z'.

En utilisant la statistique de vitesse au plan galactique donnée par l'équation (10) :

\bar{\rho}_i[0, v_z(0)] = \tilde{\rho}_i(0)\,\frac{1}{\sqrt{2\pi}\sigma_i}\exp\left(-\frac{v_z(0)^2}{2\sigma_i^2}\right),

l'égalité \bar{\rho}_i[z, v_z] = \bar{\rho}_i[0, v_z(0)] conduit directement à :

\bar{\rho}_i[z, v_z] = \tilde{\rho}_i(0)\,\frac{1}{\sqrt{2\pi}\sigma_i}\exp\left(-\frac{v_z^2 - 2\displaystyle\int_0^z K_z(z')\,\mathrm{d}z'}{2\sigma_i^2}\right).

On peut factoriser cette expression sous la forme :

\boxed{\bar{\rho}_i[z, v_z] = \frac{\tilde{\rho}_i(0)}{\sqrt{2\pi}\sigma_i}\exp\left(\frac{1}{\sigma_i^2}\int_0^z K_z(z')\,\mathrm{d}z'\right)\exp\left(-\frac{v_z^2}{2\sigma_i^2}\right)}

Résultat

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : intégrale gaussienne, profil de densité

En déduire finalement , la densité volumique d'étoiles de type à l'altitude . Conclure sur la possibilité d'estimer la densité totale de matière contribuant à engendrer un champ de gravitation en fonction de la dispersion de vitesse ainsi que la distribution verticale d'une population d'étoiles.

Voir l'indice

Intégrer \bar{\rho}_i[z,v_z] sur la vitesse v_z pour obtenir \tilde{\rho}_i(z), puis dériver deux fois son logarithme par rapport à z.

Voir la stratégie
  1. Intégrer la fonction de distribution \bar{\rho}_i[z, v_z] obtenue à la question Q46 sur l'ensemble des vitesses v_z \in ]-\infty, +\infty[ pour obtenir la densité volumique \tilde{\rho}_i(z).
  2. Exprimer K_z(z) à partir du logarithme de \tilde{\rho}_i(z) et de la dispersion de vitesse \sigma_i.
  3. Injecter la dérivée \frac{\partial K_z}{\partial z} dans l'équation de Poisson 1D établie à la question Q42 pour relier la densité totale \rho(z) aux observables stellaires.
Voir la réponse courte

L'intégration gaussienne donne un profil vertical de densité exponentiel ou en sécante hyperbolique reliant la dispersion de vitesse à la masse totale locale.

Voir le corrigé complet

La densité volumique d'étoiles de type i à l'altitude z s'obtient en intégrant la fonction de distribution dans l'espace des phases sur toutes les vitesses possibles :

\tilde{\rho}_i(z) = \int_{-\infty}^{+\infty} \bar{\rho}_i[z, v_z] \, \mathrm{d}v_z

En utilisant l'expression établie à la question Q46 :

\begin{aligned} \tilde{\rho}_i(z) &= \frac{\tilde{\rho}_i(0)}{\sqrt{2\pi}\sigma_i} \exp\left[ \frac{1}{\sigma_i^2} \int_0^z K_z(z') \, \mathrm{d}z' \right] \int_{-\infty}^{+\infty} \exp\left( -\frac{v_z^2}{2\sigma_i^2} \right) \mathrm{d}v_z \end{aligned}

L'intégrale gaussienne donne \int_{-\infty}^{+\infty} \exp\left(-\frac{v_z^2}{2\sigma_i^2}\right)\mathrm{d}v_z = \sqrt{2\pi}\sigma_i. Les facteurs de normalisation se compensent exactement, ce qui conduit à :

\boxed{\tilde{\rho}_i(z) = \tilde{\rho}_i(0) \exp\left[ \frac{1}{\sigma_i^2} \int_0^z K_z(z') \, \mathrm{d}z' \right]}

Prenons le logarithme népérien de cette expression :

\ln \tilde{\rho}_i(z) = \ln \tilde{\rho}_i(0) + \frac{1}{\sigma_i^2} \int_0^z K_z(z') \, \mathrm{d}z'

En dérivant par rapport à z, on extrait la composante verticale du champ de gravitation :

K_z(z) = \sigma_i^2 \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}z} \ln \tilde{\rho}_i(z) = \frac{\sigma_i^2}{\tilde{\rho}_i(z)} \frac{\mathrm{d}\tilde{\rho}_i}{\mathrm{d}z}

En dérivant une seconde fois par rapport à z et en utilisant l'équation de Poisson galactique simplifiée obtenue à la question Q42 (\rho \approx -\frac{1}{4\pi G}\frac{\partial K_z}{\partial z}), il vient :

\rho(z) \approx -\frac{\sigma_i^2}{4\pi G} \frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}z^2}\left[ \ln \tilde{\rho}_i(z) \right]

Conclusion : Il est donc tout à fait possible d'estimer la densité volumique totale de matière gravitante locale \rho(z) (matière visible et matière noire confondues) par de simples observations astronomiques :

  • la mesure de la distribution spatiale verticale \tilde{\rho}_i(z) (par comptage d'étoiles d'un type spectral donné en fonction de l'altitude z) ;
  • la mesure de la dispersion des vitesses verticales \sigma_i (par spectroscopie et effet Doppler).

Cette méthode (due historiquement à Jan Oort) est indépendante de la luminosité de la matière et sonde directement la masse gravitationnelle totale présente dans le disque.

Résultat

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Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : matière noire, incertitude de mesure

En utilisant la méthode décrite dans cette partie, on peut estimer la densité de masse gravitante proche du Soleil à , à comparer à une densité de l'ordre de estimée pour la matière visible. Commenter cette observation par rapport aux résultats de la question 40.

Voir l'indice

Faire la différence entre la densité de masse totale déduite et la densité visible, puis comparer l'écart aux prédictions du halo NFW.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le déficit local de masse, \Delta \rho = \rho_{\mathrm{grav}} - \rho_{\mathrm{vis}}, représentant la densité de matière non lumineuse au voisinage du Soleil.
  2. Comparer cette valeur à la densité du halo de matière noire \rho_h(r_\odot) \approx 0{,}013\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3} calculée à la question Q40.
  3. Conclure sur la cohérence de l'ordre de grandeur, la proportion relative de matière visible et noire dans le disque, et faire le lien avec l'hypothèse d'aplatissement introduite au début de la section 5.
Voir la réponse courte

La densité totale excède la matière visible détectée, confirmant la présence d'une faible composante de matière noire locale cohérente avec le modèle NFW.

Voir le corrigé complet

La méthode cinématique verticale d'Oort fournit la densité volumique totale de masse gravitante au voisinage solaire :

\rho_{\mathrm{grav}} = (0{,}076 \pm 0{,}015)\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}

En retranchant la densité estimée pour la matière visible \rho_{\mathrm{vis}} = (0{,}043 \pm 0{,}011)\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}, on obtient la densité de matière sombre locale :

\Delta \rho = \rho_{\mathrm{grav}} - \rho_{\mathrm{vis}} = 0{,}033 \pm 0{,}019\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}

On peut faire les commentaires physiques suivants en regard des résultats de la question Q40 :

  1. Ordre de grandeur : Le déficit mesuré \Delta \rho \approx 0{,}03\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3} est du même ordre de grandeur (10^{-2}\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}) que la densité de matière noire prédite par le profil sphérique de Navarro-Frenk-White à r_\odot \approx 8\,\mathrm{kpc} :

    \rho_h(r_\odot) \approx 0{,}013\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}

    Compte tenu des incertitudes de mesure (\pm 0{,}019\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}), ces deux valeurs sont compatibles à environ 1\sigma.

  2. Importance relative de la matière visible : La matière visible représente plus de la moitié de la masse totale gravitante dans le plan galactique (\rho_{\mathrm{vis}}/\rho_{\mathrm{grav}} \approx 57\,\%) : cela confirme l'observation de la question Q40 selon laquelle, contrairement à l'échelle de la Galaxie tout entière où la matière noire domine largement, la matière visible est prépondérante (ou au moins du même ordre) au sein du disque galactique proche.
  3. Surdensité dans le disque : La valeur centrale trouvée pour \Delta \rho (0{,}033\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}) est environ deux fois supérieure à la prédiction du modèle sphérique NFW (0{,}013\,\mathrm{M}_\odot\cdot\mathrm{pc}^{-3}). Comme mentionné en préambule de la section 5, cela peut refléter un aplatissement du halo de matière noire le long du disque galactique (la matière noire étant attirée gravitationnellement par le puits de potentiel du disque stellaire), ou la présence d'une fraction de matière baryonique invisible (gaz froid peu lumineux, naines brunes, résidus stellaires).
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Partie 3 : Cosmologie et énergie noire

1 · Univers de Friedmann-Lemaître

Question 49

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : relativité générale, gravitation

La relativité générale est la théorie qui décrit la gravitation au-delà du formalisme newtonien. Préciser à quelle époque et par qui cette théorie a été élaborée, ainsi que les limites de validité de la physique newtonienne.

Voir l'indice

Citer Albert Einstein (1915) et préciser que la limite newtonienne requiert des vitesses faibles devant c et des potentiels gravitationnels faibles (|\Phi|/c^2 \ll 1).

Voir la réponse courte

Albert Einstein en 1915 ; la gravitation newtonienne est valide pour des champs gravitationnels faibles (GM/rc^2 \ll 1) et vitesses non relativistes (v \ll c).

Voir le corrigé complet

La relativité générale a été élaborée par Albert Einstein en 1915 (présentation des équations du champ à l'Académie des sciences de Prusse en novembre 1915, publication en 1916).

La gravitation et la mécanique newtoniennes constituent une approximation de la relativité générale valide dans une double limite :

  1. Régime des faibles vitesses : la vitesse v des particules et des corps matériels doit être très petite devant la vitesse de la lumière dans le vide c :

    \frac{v}{c} \ll 1

    Dès que v \sim c (ou pour les particules de masse nulle comme le photon), les effets de la relativité restreinte puis générale s'imposent.

  2. Régime des champs gravitationnels faibles : le potentiel gravitationnel newtonien \Phi créé par les distributions de masse doit être très faible devant c^2 :

    \frac{|\Phi|}{c^2} \ll 1

    À la surface d'un astre sphérique de masse M et de rayon R, cette condition s'écrit :

    R \gg \frac{GM}{c^2} \sim R_S

    où R_S = \frac{2GM}{c^2} est le rayon de Schwarzschild associé. La théorie newtonienne échoue dès que les corps sont très compacts (étoiles à neutrons, trous noirs) ou que l'on considère l'Univers aux grandes échelles et aux temps primordiaux.

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Question 50

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : facteur d'échelle, expansion de l'univers

Comment est modifié un volume délimité par des observateurs comobiles lorsque le facteur d'échelle passe d'une valeur à une valeur ?

Voir l'indice

Raisonner sur l'homothétie isotrope des longueurs physiques à trois dimensions pour en déduire le facteur d'échelle du volume.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la loi de transformation des longueurs physiques entre deux observateurs comobiles à partir de l'équation (11) de l'énoncé.
  2. Utiliser l'isotropie de l'espace tridimensionnel pour en déduire la modification correspondante d'un élément de volume délimité par ces observateurs.
Voir la réponse courte

Dilatation isotrope de l'espace à trois dimensions : le volume comobile varie selon V_2 = V_1 (a_2/a_1)^3.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (11) de l'énoncé, la distance physique \mathrm{d}\vec{r} séparant deux objets comobiles quelconques évolue proportionnellement au facteur d'échelle a(t) :

\mathrm{d}r(t_2) = \frac{a(t_2)}{a(t_1)}\,\mathrm{d}r(t_1) = \frac{a_2}{a_1}\,\mathrm{d}r(t_1).

L'Univers étant homogène et isotrope, cette dilatation s'effectue avec le même rapport dans les trois directions de l'espace. Un élément de volume physique \mathrm{d}V = \mathrm{d}x\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}z délimité par des observateurs comobiles subit ainsi une dilatation dans chaque direction spatiale.

Par intégration sur un domaine macroscopique délimité par un ensemble fixé d'observateurs comobiles, le volume physique V_2 à l'instant t_2 est relié au volume V_1 à l'instant t_1 par :

\boxed{V_2 = \left(\frac{a_2}{a_1}\right)^3 V_1}

Le volume est donc multiplié par le cube du rapport des facteurs d'échelle :

V(t) \propto a(t)^3.

Résultat

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Question 51

Application directeTemps estimé : ≈ 1 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : modèle cosmologique, big-bang

Une étude dynamique donne parfois que dans le passé en un temps fini. À quel événement bien connu cela correspond-t-il ?

Voir l'indice

Identifier la singularité initiale correspondant à une densité infinie et un facteur d'échelle nul : le Big-Bang.

Voir la réponse courte

La limite a(t) \to 0 en temps fini correspond à la singularité initiale du Big-Bang.

Voir le corrigé complet

Lorsque le facteur d'échelle a(t) tend vers zéro, la distance physique entre deux observateurs comobiles quelconques s'annule (équation (11)), et d'après le résultat de la question Q50, le volume physique de toute région de l'Univers tend vers zéro (V(t) \propto a(t)^3).

La matière et le rayonnement sont alors concentrés dans un volume nul, conduisant à une divergence de la masse volumique, de la densité d'énergie et de la température : cette singularité initiale correspond à l'événement cosmologique appelé le Big-Bang.

\boxed{\text{Cet événement correspond au \textbf{Big-Bang}} \text{ (ou singularité initiale).}}

Résultat

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Question 52

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : paramètre de hubble, temps de hubble

On définit le paramètre de Hubble

Les mesures actuelles donnent pour les temps présents . On définit aussi le temps de Hubble , qui vaut . Dans un modèle simple d'expansion linéaire , où est une constante positive, quel est l'âge de l'Univers ? Exprimer cet âge en années.

Voir l'indice

Résoudre a(t) = \alpha t pour identifier le temps présent t_0 au temps de Hubble t_H = 1/H_0 et convertir les secondes en années.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le paramètre de Hubble H(t) à l'aide de la loi d'expansion linéaire proposée, puis en déduire l'âge de l'Univers t_0 en fonction de H_0 ou t_H.
  2. Convertir la durée obtenue de secondes en années, en respectant la consigne d'un chiffre significatif pour les applications numériques.
Voir la réponse courte

Si a = \alpha t, H(t) = 1/t d'où l'âge de l'Univers t_0 = t_H = 1/H_0 \approx 14{,}4 \times 10^9\,\text{ans}.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle d'expansion linéaire, le facteur d'échelle s'écrit a(t) = \alpha t (avec \alpha > 0). La dérivée temporelle vaut donc \dot{a}(t) = \alpha.

Le paramètre de Hubble s'exprime ainsi :

H(t) = \frac{\dot{a}(t)}{a(t)} = \frac{\alpha}{\alpha t} = \frac{1}{t}

À l'époque actuelle t = t_0, le paramètre de Hubble vaut H_0 :

H(t_0) = H_0 = \frac{1}{t_0}

L'âge de l'Univers t_0 dans ce modèle est donc exactement égal au temps de Hubble t_H :

\boxed{t_0 = \frac{1}{H_0} = t_H}

Pour convertir ce résultat en années, rappelons qu'une année (julienne de 365{,}25\text{ jours}) correspond à :

1\text{ an} \approx 365{,}25 \times 24 \times 3600\text{ s} \approx 3{,}156 \times 10^7\text{ s}

On en déduit l'âge de l'Univers :

t_0 = \frac{4{,}55 \times 10^{17}}{3{,}156 \times 10^7}\text{ ans} \approx 1{,}44 \times 10^{10}\text{ ans}

En appliquant la consigne générale d'un chiffre significatif :

\boxed{t_0 \approx 1 \times 10^{10}\text{ ans}} \quad (\text{soit environ } 14\text{ milliards d'années})

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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2 · Équations de Friedmann et dynamique de l'Univers

Question 53

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, équation de friedmann

Vérifier que cette équation est bien homogène.

Voir l'indice

Vérifier les dimensions physiques : [\dot{a}^2/a^2] = \mathrm{T}^{-2} et [G u / c^2] = \mathrm{T}^{-2}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la dimension du membre de gauche de l'équation de Friedmann à partir de la dérivée temporelle de a(t).
  2. Déterminer la dimension du membre de droite en explicitant les dimensions de la constante de gravitation G, de la vitesse de la lumière c et de la densité volumique d'énergie u(t).
  3. Comparer les deux dimensions pour conclure quant à l'homogénéité.
Voir la réponse courte

[H^2] = T^{-2} et [G u / c^2] = [G \rho] = T^{-2}, l'équation est donc dimensionnellement homogène.

Voir le corrigé complet

Membre de gauche :
Le terme \dfrac{\dot{a}}{a} = H représente un taux d'expansion relatif par unité de temps :

\left[ \frac{\dot{a}}{a} \right] = \frac{[a]\cdot\mathrm{T}^{-1}}{[a]} = \mathrm{T}^{-1}

Ainsi, le membre de gauche a pour dimension :

\left[ \frac{\dot{a}^2}{a^2} \right] = \mathrm{T}^{-2}

Membre de droite :
Analysons les grandeurs physiques intervenant dans le membre de droite :

  • La densité volumique d'énergie u(t) s'exprime en \mathrm{J}\cdot\mathrm{m}^{-3}, son analyse dimensionnelle donne :

    [u] = \frac{\text{Énergie}}{\text{Volume}} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}^3} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}
  • Le carré de la vitesse de la lumière a pour dimension :

    [c^2] = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}

    Le terme \dfrac{u}{c^2} correspond donc à une masse volumique :

    \left[ \frac{u}{c^2} \right] = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3}
  • D'après les données du formulaire, la constante de gravitation G est exprimée en \mathrm{m}^3\cdot\mathrm{kg}^{-1}\cdot\mathrm{s}^{-2}, d'où :

    [G] = \mathrm{L}^3\cdot\mathrm{M}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}

On en déduit la dimension du membre de droite :

\left[ \frac{8\pi G}{3c^2} u \right] = [G] \cdot \left[ \frac{u}{c^2} \right] = \left( \mathrm{L}^3\cdot\mathrm{M}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2} \right) \cdot \left( \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3} \right) = \mathrm{T}^{-2}

Les deux membres de l'équation ont tous deux la dimension \mathrm{T}^{-2} (l'inverse du carré d'un temps).

\boxed{\text{La première équation de Friedmann est donc bien homogène.}}

Résultat

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Question 54

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : premier principe, travail des forces de pression

On suppose que l'évolution de l'Univers est adiabatique réversible, et que le seul travail est celui des forces de pression. En raisonnant sur l'évolution temporelle d'un volume d'Univers délimité par des observateurs comobiles, obtenir une équation d'évolution temporelle pour faisant intervenir les grandeurs , , et .

Voir l'indice

Écrire le premier principe \mathrm{d}U = -P\,\mathrm{d}V pour l'énergie U = u V d'un volume comobile V(t) \propto a(t)^3.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume physique V(t) délimité par des observateurs comobiles et relier son taux de dilatation relatif \frac{\dot{V}}{V} au paramètre de Hubble H.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à ce volume comobile fermé pour une transformation adiabatique réversible afin d'obtenir l'équation d'évolution de l'énergie interne U = u V.
Voir la réponse courte

Bilan thermodynamique d(uV) = -P\mathrm{d}V avec V \propto a^3 et H = \dot{a}/a, d'où \dot{u} + 3H(u+P) = 0.

Voir le corrigé complet

Considérons une région d'Univers de volume physique V(t) délimitée par des observateurs comobiles. D'après le résultat de la question Q50, les distances physiques sont proportionnelles au facteur d'échelle a(t), de sorte que le volume comobile varie selon :

V(t) \propto a(t)^3.

En dérivant par rapport au temps, le taux de variation volumique relatif s'exprime directement à l'aide du paramètre de Hubble H(t) = \frac{\dot{a}(t)}{a(t)} :

\frac{1}{V}\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t} = 3\frac{\dot{a}}{a} = 3H.

L'énergie contenue dans ce volume s'écrit :

U(t) = u(t)V(t).

Le système délimité par les observateurs comobiles ne subit aucun échange de matière avec l'extérieur (les particules comobiles restant par définition à l'intérieur). L'évolution étant supposée adiabatique réversible (\delta Q = 0) et le travail se limitant à celui des forces de pression (\delta W = -P\,\mathrm{d}V), le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système s'écrit :

\mathrm{d}U = \delta Q + \delta W = -P\,\mathrm{d}V.

En différentiant U = uV, on obtient :

\mathrm{d}U = V\,\mathrm{d}u + u\,\mathrm{d}V = -P\,\mathrm{d}V,

soit, en divisant par \mathrm{d}t :

V \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t} + u \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t} = -P \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t}.

En divisant par le volume V(t) et en remplaçant \frac{1}{V}\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t} par 3H, on en déduit :

\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t} + 3H u = -3HP.

On aboutit ainsi à l'équation d'évolution temporelle de la densité d'énergie :

\boxed{\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t} = -3H(u + P)} \quad \text{ou} \quad \boxed{\dot{u} + 3H(u + P) = 0.}

Résultat

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Question 55

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation de friedmann, accélération

En déduire la équation de Friedmann :

qui décrit la dynamique de l'Univers. Sous quelle condition l'expansion de l'Univers est-elle accélérée ou ralentie ?

Voir l'indice

Dériver la première équation de Friedmann par rapport au temps et y injecter l'équation de conservation de l'énergie pour \dot{u}.

Voir la stratégie
  1. Dériver par rapport au temps la première équation de Friedmann sous sa forme \dot{a}^2 = \frac{8\pi G}{3c^2} a^2 u.
  2. Remplacer \dot{u} par l'expression obtenue à la question Q54 issue de la thermodynamique.
  3. Simplifier par 2a\dot{a} pour obtenir \frac{\ddot{a}}{a}, puis discuter le signe de cette grandeur selon la condition sur u+3P.
Voir la réponse courte

Dérivation temporelle de la 1ère équation combinée au bilan énergétique ; expansion accélérée si \ddot{a} > 0 \iff u + 3P < 0.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (13), la première équation de Friedmann s'écrit :

\dot{a}^2 = \frac{8\pi G}{3c^2} a^2 u(t)

En dérivant cette relation par rapport au temps t, il vient :

2\dot{a}\ddot{a} = \frac{8\pi G}{3c^2}\left( 2a\dot{a} u + a^2 \dot{u} \right)

D'après le résultat de la question Q54, l'équation de conservation de l'énergie s'écrit :

\dot{u} = -3H(u+P) = -3\frac{\dot{a}}{a}(u+P)

En injectant cette dérivée dans l'expression précédente, on obtient :

\begin{aligned} 2\dot{a}\ddot{a} &= \frac{8\pi G}{3c^2}\left[ 2a\dot{a}u - 3a\dot{a}(u+P) \right] \\ &= \frac{8\pi G}{3c^2} a\dot{a} \left( -u - 3P \right) \end{aligned}

En simplifiant par 2a\dot{a} (l'Univers étant en expansion, \dot{a} > 0 et a > 0), on aboutit directement à la deuxième équation de Friedmann :

\boxed{\frac{\ddot{a}}{a} = -\frac{4\pi G}{3c^2}(u + 3P)}

L'Univers étant en phase d'expansion (\dot{a} > 0 et a > 0) :

  • L'expansion est accélérée si \ddot{a} > 0, ce qui correspond à la condition :

    \boxed{u + 3P < 0 \quad \Longleftrightarrow \quad P < -\frac{u}{3}}
  • L'expansion est ralentie si \ddot{a} < 0, ce qui correspond à la condition :

    \boxed{u + 3P > 0 \quad \Longleftrightarrow \quad P > -\frac{u}{3}}

Résultat

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Question 56

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation d'état, loi d'échelle

On suppose par la suite que le fluide remplissant l'Univers est décrit par une équation d'état , où , qui est une constante décrivant le fluide en question, est nommé paramètre d'état. Montrer alors que l'évolution temporelle de la densité d'énergie vérifie , où on précisera la valeur de l'exposant .

Voir l'indice

Injecter la relation P = wu dans l'équation de conservation pour obtenir une équation différentielle à variables séparables reliant \mathrm{d}u/u à \mathrm{d}a/a.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de conservation de l'énergie obtenue à la question Q54 liant \dot{u}, u, P et H.
  2. Remplacer la pression par l'équation d'état P = wu et exprimer le paramètre de Hubble sous la forme H = \dot{a}/a.
  3. Intégrer l'équation différentielle séparable pour en déduire la loi de puissance u \propto a^\gamma.
Voir la réponse courte

Remplacement de P = wu dans l'équation de conservation : \dot{u}/u = -3(1+w)\dot{a}/a, d'où u \propto a^{-3(1+w)} avec \gamma = -3(1+w).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de conservation de l'énergie établie à la question Q54, la densité d'énergie u(t) vérifie :

\dot{u} = -3H(u + P) = -3\frac{\dot{a}}{a}(u + P).

En introduisant l'équation d'état P = wu, où w est une constante, il vient :

u + P = (1 + w)u,

d'où l'équation différentielle :

\dot{u} = -3(1 + w)\frac{\dot{a}}{a} u.

En séparant les variables :

\frac{\mathrm{d}u}{u} = -3(1 + w)\frac{\mathrm{d}a}{a}.

L'intégration directe donne :

\ln\left(\frac{u}{u_0}\right) = -3(1 + w)\ln\left(\frac{a}{a_0}\right) = \ln\left[\left(\frac{a}{a_0}\right)^{-3(1+w)}\right],

ce qui conduit à :

u(t) = u_0 \left(\frac{a(t)}{a_0}\right)^{-3(1+w)}.

L'évolution temporelle de la densité d'énergie vérifie donc bien u \propto a^\gamma, avec :

\boxed{\gamma = -3(1 + w)}

Résultat

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Question 57

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : gaz parfait, équation d'état

On considère le cas où le fluide est un gaz de poussière non collisionnel, et où la seule énergie des particules est leur énergie de masse . En utilisant le résultat de la question précédente et en considérant la dilatation d'un volume d'Univers, en déduire la valeur de . Ce résultat est-il compatible avec les hypothèses d'absence de collision dans le gaz de poussière ?

Voir l'indice

Pour des poussières au repos macroscopique sans agitation thermique, la pression cinétique est nulle, d'où w = 0 et u \propto a^{-3}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie totale contenue dans un volume comobile en utilisant la conservation du nombre de particules et la fixité de leur énergie de masse.
  2. En déduire la dépendance en a(t) de la densité volumique d'énergie u(t) et identifier le paramètre d'état w à l'aide de la relation \gamma = -3(1+w) établie à la question précédente.
  3. Relier la valeur obtenue pour la pression P = wu à la définition cinétique de la pression dans un milieu sans collision ni agitation thermique.
Voir la réponse courte

Pour des particules massives non relativistes sans pression, u = Mc^2/V \propto a^{-3} \implies w = 0, compatible avec l'absence de collisions.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume comobile V(t) délimité par des observateurs comobiles. D'après la question Q50, ce volume évolue en se dilatant selon :

V(t) \propto a(t)^3.

Le gaz de poussière étant sans collision, les particules ne sont ni créées ni détruites : le nombre N de particules contenues dans ce volume comobile est rigoureusement conservé au cours de l'expansion.

Chaque particule ayant pour seule énergie son énergie de masse E = mc^2, qui est une constante, l'énergie totale contenue dans le volume V(t) est :

U = Nmc^2 = \text{cste}.

La densité volumique d'énergie s'en déduit par :

u(t) = \frac{U}{V(t)} \propto a(t)^{-3}.

Or, d'après la question Q56, pour un fluide caractérisé par le paramètre d'état w, la densité d'énergie varie comme u \propto a^\gamma avec \gamma = -3(1+w). Par identification :

-3(1+w) = -3 \implies 1+w = 1 \implies \boxed{w = 0}.

L'équation d'état s'écrit donc :

P = w u = 0.

D'un point de vue microscopique, la pression d'un fluide résulte du flux de quantité de mouvement transporté par l'agitation thermique et transféré lors des collisions entre particules. Dans l'hypothèse où le gaz est non collisionnel et où toute énergie cinétique d'agitation thermique est négligeable devant l'énergie de repos (E = mc^2), aucun transfert d'impulsion ne s'effectue à travers une surface matérielle : la pression cinétique est strictement nulle.

Le résultat w = 0 (soit P = 0) est donc parfaitement compatible avec les hypothèses d'un gaz de poussière non collisionnel.

Résultat

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Question 58

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation de friedmann, paramètre de hubble

Montrer que l'on peut obtenir pour un Univers rempli par un fluide de paramètre d'état l'équation

avec le facteur d'échelle aux temps actuels.

Voir l'indice

Utiliser la première équation de Friedmann où u(t) est remplacé par sa loi de dilution en fonction du rapport a_0/a(t).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le carré du paramètre de Hubble H^2(t) à l'aide de sa définition et de la première équation de Friedmann.
  2. Évaluer cette relation au temps actuel t = t_0 pour faire apparaître la constante de Hubble H_0 et la densité d'énergie actuelle u(t_0).
  3. Réinjecter la loi de dilution u(t) obtenue à la question Q56 pour conclure.
Voir la réponse courte

Substitution directe de la loi d'échelle u(a) = u_0 (a_0/a)^{3(1+w)} dans la première équation de Friedmann H^2 \propto u.

Voir le corrigé complet

Par définition du paramètre de Hubble (équation 12 de l'énoncé) :

H(t) = \frac{\dot{a}(t)}{a(t)}.

La première équation de Friedmann (équation 13) s'écrit donc :

H^2(t) = \frac{8\pi G}{3c^2} u(t).

En évaluant cette égalité à l'époque actuelle t_0, où l'on note H_0 = H(t_0) et u_0 = u(t_0), il vient :

H_0^2 = \frac{8\pi G}{3c^2} u_0.

D'après la question Q56, pour un fluide homogène et isotrope de paramètre d'état w, la densité d'énergie évolue selon :

u(t) = u_0 \left(\frac{a_0}{a(t)}\right)^{3(1+w)}.

En substituant cette expression dans la première équation de Friedmann, on obtient :

H^2(t) = \left(\frac{8\pi G}{3c^2} u_0\right) \left(\frac{a_0}{a(t)}\right)^{3(1+w)}.

On en déduit immédiatement la relation demandée :

\boxed{H^2(t) = H_0^2 \left(\frac{a_0}{a(t)}\right)^{3(1+w)}}

Résultat

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Question 59

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : adimensionnement, équation différentielle

Reformuler cette équation de la façon la plus simple possible en introduisant les grandeurs adimensionnées et .

Voir l'indice

Effectuer le changement de variable a = a_0 x et t = \tau / H_0 dans l'équation d'évolution de H^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le paramètre de Hubble H(t) = \frac{\dot{a}(t)}{a(t)} en fonction de la variable adimensionnée x = a/a_0 et du temps adimensionné \tau = H_0 t.
  2. Injecter cette expression dans l'équation (15) établie à la question précédente et simplifier pour isoler la dérivée temporelle de x.
Voir la réponse courte

Avec x = a/a_0 et \tau = H_0 t, \dot{a}/a = H_0 \frac{1}{x}\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau}, d'où \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau} = x^{-(1+3w)/2}.

Voir le corrigé complet

Les grandeurs adimensionnées sont définies par :

x(\tau) = \frac{a(t)}{a_0} \quad \text{et} \quad \tau = H_0 t.

On en déduit que \mathrm{d}\tau = H_0\,\mathrm{d}t, ce qui permet d'exprimer la dérivée temporelle de a(t) :

\dot{a}(t) = \frac{\mathrm{d}a}{\mathrm{d}t} = a_0 \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} = a_0 H_0 \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau}.

Le paramètre de Hubble s'écrit alors :

H(t) = \frac{\dot{a}(t)}{a(t)} = \frac{a_0 H_0 \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau}}{a_0 x} = \frac{H_0}{x}\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau}.

En reportant cette relation dans l'équation (15) :

H^2(t) = H_0^2 \left(\frac{a_0}{a(t)}\right)^{3(1+w)},

il vient :

\frac{H_0^2}{x^2}\left(\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau}\right)^2 = H_0^2 \left(\frac{1}{x}\right)^{3(1+w)}.

En simplifiant par H_0^2 et en multipliant par x^2, on obtient l'équation adimensionnée :

\left(\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau}\right)^2 = x^2 \cdot x^{-3(1+w)} = x^{2 - 3 - 3w} = x^{-(1+3w)}.

Pour un Univers en expansion (\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau} > 0), cette équation différentielle du premier ordre se met sous la forme très simple :

\boxed{\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau} = x^{-\frac{1+3w}{2}}}

ou, sous forme quadratique :

\boxed{\left(\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau}\right)^2 = x^{-(1+3w)}}

Résultat

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3 · Expansion accélérée de l'Univers et énergie noire

Question 60

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : intégration, expansion de l'univers

On commence par considérer un Univers de matière, décrit par un gaz de poussière non collisionnel, dont le paramètre d'état a été déterminé dans les questions précédentes. Déterminer la loi d'évolution puis en prenant comme origine des temps . Tracer .

Voir l'indice

Poser w=0 dans l'équation différentielle adimensionnée, séparer les variables et intégrer avec la condition initiale x(0)=0.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la valeur du paramètre d'état w = 0 pour un gaz de poussière (matière) obtenue à la question Q57 dans l'équation différentielle adimensionnée issue de Q59.
  2. Séparer les variables pour intégrer l'équation différentielle avec la condition initiale x_{\mathrm{mat}}(0) = 0 (soit a_{\mathrm{mat}}(0) = 0).
  3. En déduire x_{\mathrm{mat}}(\tau) puis revenir aux variables dimensionnées a(t) et t, et tracer l'allure de la fonction.
Voir la réponse courte

Pour w=0, x^{1/2}\mathrm{d}x = \mathrm{d}\tau \implies x(\tau) = (3\tau/2)^{2/3} d'où a(t) \propto t^{2/3} ; tracé de la parabole semi-cubique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q57, pour un gaz de poussière non collisionnel (Univers dominé par la matière), la pression est nulle et le paramètre d'état vaut :

w = 0

L'équation différentielle adimensionnée établie à la question Q59 s'écrit alors, pour un Univers en expansion (\dot{x} > 0) :

\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}\tau} = x^{-1/2}

En séparant les variables :

x^{1/2}\,\mathrm{d}x = \mathrm{d}\tau

On intègre cette équation entre \tau = 0 (où x_{\mathrm{mat}}(0) = 0) et \tau :

\int_0^{x_{\mathrm{mat}}} x'^{1/2}\,\mathrm{d}x' = \int_0^\tau \mathrm{d}\tau' \implies \frac{2}{3} x_{\mathrm{mat}}^{3/2} = \tau

On en déduit la loi d'évolution adimensionnée :

\boxed{x_{\mathrm{mat}}(\tau) = \left(\frac{3}{2}\tau\right)^{2/3}}

En revenant aux grandeurs physiques a_{\mathrm{mat}}(t) = a_0 \, x_{\mathrm{mat}}(\tau) et \tau = H_0 t, on obtient l'évolution temporelle du facteur d'échelle :

\boxed{a_{\mathrm{mat}}(t) = a_0 \left(\frac{3}{2}H_0 t\right)^{2/3}}

On observe que la fonction a_{\mathrm{mat}}(t) :

  • s'annule en t = 0 avec une demi-tangente verticale (\dot{a}_{\mathrm{mat}} \to +\infty) ;
  • est strictement croissante pour tout t > 0 ;
  • présente une dérivée seconde strictement négative (\ddot{a}_{\mathrm{mat}} < 0, expansion ralentie) ;
  • passe par le point actuel (t_0, a_0) pour \frac{3}{2}H_0 t_0 = 1, soit t_0 = \frac{2}{3}t_H.

Résultat

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Question 61

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : âge de l'univers, temps de hubble

La durée de vie de l'Univers est-elle finie ou infinie ? Déterminer et calculer numériquement l'âge de l'Univers dans un tel modèle.

Voir l'indice

Observer le comportement de a(t) quand t \to \infty pour la durée de vie, et calculer t_0 correspondant à a(t_0) = a_0.

Voir la stratégie
  1. Pour statuer sur la durée de vie de l'Univers, étudier le comportement asymptotique du facteur d'échelle a_{\mathrm{mat}}(t) lorsque t \to +\infty et vérifier s'il s'annule à nouveau pour t > 0.
  2. Exprimer l'âge actuel de l'Univers t_0 en utilisant la condition de normalisation a_{\mathrm{mat}}(t_0) = a_0.
  3. Effectuer l'application numérique avec le temps de Hubble t_H donné en préambule, avec un seul chiffre significatif comme demandé.
Voir la réponse courte

Durée de vie infinie car a \to \infty quand t \to \infty ; âge actuel t_0 = \frac{2}{3}t_H \approx 9{,}6 \times 10^9\,\text{ans}.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, le facteur d'échelle évolue selon :

a_{\mathrm{mat}}(t) = a_0 \left(\frac{3}{2}H_0 t\right)^{2/3}.

Pour tout t > 0, la vitesse d'expansion \dot{a}_{\mathrm{mat}}(t) > 0 reste strictement positive et a_{\mathrm{mat}}(t) \xrightarrow[t \to +\infty]{} +\infty. Le facteur d'échelle ne s'annule jamais pour t > 0 : il n'y a donc pas de phase de contraction vers un effondrement final (« Big Crunch »). L'expansion se poursuit indéfiniment : la durée de vie de l'Univers est donc infinie.

L'âge de l'Univers t_0 correspond à l'instant actuel pour lequel a_{\mathrm{mat}}(t_0) = a_0, soit :

\left(\frac{3}{2}H_0 t_0\right)^{2/3} = 1 \iff \frac{3}{2}H_0 t_0 = 1.

On en déduit l'expression littérale de l'âge de l'Univers en fonction du temps de Hubble t_H = 1/H_0 :

\boxed{t_0 = \frac{2}{3H_0} = \frac{2}{3}t_H}

Application numérique :

D'après les données de l'énoncé, t_H = 4{,}55 \times 10^{17}\text{ s}, ce qui donne :

t_0 = \frac{2}{3} \times 4{,}55 \times 10^{17} \approx 3{,}03 \times 10^{17}\text{ s}.

En convertissant en années (1\text{ an} \approx 365{,}25 \times 86\,400\text{ s} \approx 3{,}16 \times 10^7\text{ s}) :

t_0 = \frac{3{,}03 \times 10^{17}}{3{,}16 \times 10^7} \approx 9{,}6 \times 10^9\text{ ans}.

En arrondissant à un chiffre significatif conformément aux consignes :

\boxed{t_0 \approx 1 \times 10^{10}\text{ ans} \quad (\text{soit } 10\text{ milliards d'années})}.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 62

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation de friedmann, accélération

Les observations cosmologiques récentes indiquent que l'expansion de l'Univers est actuellement accélérée. Est-ce compatible avec un Univers dominé par de la matière, pour lequel on supposera que est une très bonne approximation ?

Voir l'indice

Déterminer le signe de la dérivée seconde \ddot{a} à partir de la seconde équation de Friedmann avec w=0 pour juger de la compatibilité.

Voir la stratégie

Pour tester la compatibilité entre un Univers dominé par la matière et une expansion accélérée, on peut utiliser directement la deuxième équation de Friedmann établie à la question Q55, ou dériver deux fois l'expression de a_{\mathrm{mat}}(t) obtenue à la question Q60.

Voir la réponse courte

Non compatible car pour w=0, \ddot{a} \propto -u < 0 : l'expansion est continuellement décélérée par la gravitation attractive.

Voir le corrigé complet

D'après la deuxième équation de Friedmann (question Q55) :

\frac{\ddot{a}}{a} = -\frac{4\pi G}{3c^2}(u + 3P)

Pour un Univers dominé par la matière, on a w = 0, c'est-à-dire une pression négligeable P = 0 (question Q57). La densité d'énergie de masse de la matière étant strictement positive (u > 0), il vient :

\frac{\ddot{a}_{\mathrm{mat}}}{a_{\mathrm{mat}}} = -\frac{4\pi G}{3c^2}u < 0

Comme le facteur d'échelle a(t) est positif, on a nécessairement :

\ddot{a}_{\mathrm{mat}}(t) < 0

On retrouve immédiatement ce résultat en dérivant deux fois l'expression a_{\mathrm{mat}}(t) \propto t^{2/3} obtenue à la question Q60 :

\dot{a}_{\mathrm{mat}}(t) \propto \frac{2}{3}t^{-1/3} \quad \implies \quad \ddot{a}_{\mathrm{mat}}(t) \propto -\frac{2}{9}t^{-4/3} < 0

L'attraction gravitationnelle mutuelle exercée par la matière tend inévitablement à freiner l'expansion de l'Univers.

Un Univers dominé par la matière présente donc une expansion systématiquement ralentie (décélérée).

\boxed{\text{Une expansion accélérée n'est pas compatible avec un Univers dominé par la matière.}}

Résultat

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Question 63

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : constante cosmologique, énergie du vide

À partir de l'évolution temporelle de la densité d'énergie par unité de volume d'un fluide vérifiant , expliquer pourquoi l'énergie noire est fréquemment qualifiée d'énergie du vide.

Voir l'indice

Montrer que pour w=-1, la densité volumique d'énergie u reste rigoureusement constante au cours de la dilatation spatiale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'évolution de la densité volumique d'énergie u(t) en fonction du facteur d'échelle a(t) pour le paramètre d'état w = -1, à l'aide du résultat de la question Q56.
  2. Interpréter physiquement le fait que cette densité d'énergie reste constante au cours de l'expansion de l'Univers, et faire le lien avec la notion de vide.
Voir la réponse courte

Pour w = -1, la densité d'énergie u est constante malgré l'expansion du volume, ce qui caractérise une densité d'énergie intrinsèque au vide.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q56, la densité d'énergie volumique d'un fluide cosmologique de paramètre d'état w évolue selon :

u(t) \propto a(t)^{-3(1+w)}.

Pour un fluide vérifiant w = -1, l'exposant vaut \gamma = -3(1 - 1) = 0, ce qui conduit directement à :

\dot{u}(t) = 0 \quad \Longrightarrow \quad \boxed{u(t) = \text{constante} = u_\Lambda}.

Cette densité volumique d'énergie ne subit aucune dilution malgré l'expansion continue de l'Univers : lorsque le volume V(t) \propto a(t)^3 d'une région augmente, l'énergie contenue U = u_\Lambda V(t) croît proportionnellement au volume.

Cette forme d'énergie apparaît donc comme une propriété intrinsèque et invariable de l'espace lui-même, présente de façon homogène en tout point indépendamment de la présence ou de l'absence de matière ordinaire. C'est précisément la définition d'une énergie du vide (associée en théorie quantique des champs à l'état fondamental du champ, ou géométriquement à la constante cosmologique \Lambda d'Einstein).

Résultat

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Question 64

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation différentielle, expansion accélérée

Déterminer la loi d'évolution de pour un Univers dominé par l'énergie noire, en prenant comme condition initiale . Tracer . Est-ce compatible avec une expansion accélérée de l'Univers ?

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle \dot{a}/a = H_0 pour une densité constante et vérifier que \ddot{a} > 0.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'équation régissant le taux d'expansion H(t) établie à la question Q58 (ou l'équation adimensionnée de la question Q59) pour la valeur w = -1.
  2. Intégrer l'équation différentielle du premier ordre obtenue en appliquant la condition aux limites a_\Lambda(t_0) = a_0.
  3. Tracer l'allure de la fonction a_\Lambda(t) et analyser le signe de son accélération \ddot{a}_\Lambda(t) pour conclure sur l'accélération de l'expansion.
Voir la réponse courte

Pour w = -1, \dot{a} = H_0 a \implies a_\Lambda(t) = a_0 e^{H_0(t-t_0)} ; tracé exponentiel avec \ddot{a} = H_0^2 a > 0, donc expansion accélérée.

Voir le corrigé complet

Pour un Univers dominé par un fluide d'énergie noire vérifiant w = -1, l'équation (15) établie à la question Q58 devient :

H^2(t) = H_0^2 \left( \frac{a_0}{a_\Lambda(t)} \right)^{3(1 + (-1))} = H_0^2 \left( \frac{a_0}{a_\Lambda(t)} \right)^0 = H_0^2

L'Univers étant en phase d'expansion (\dot{a}_\Lambda > 0), la racine positive s'impose :

H(t) = \frac{\dot{a}_\Lambda(t)}{a_\Lambda(t)} = H_0 = \text{cste}

Par intégration directe :

\ln\left( \frac{a_\Lambda(t)}{C} \right) = H_0 t

En utilisant la condition initiale a_\Lambda(t_0) = a_0 au temps actuel t_0, on obtient :

\boxed{a_\Lambda(t) = a_0 \exp\left[ H_0(t - t_0) \right]}

Traçons l'évolution du facteur d'échelle a_\Lambda(t) :

Dérivons deux fois le facteur d'échelle par rapport au temps :

\ddot{a}_\Lambda(t) = H_0^2 \, a_\Lambda(t)

Comme a_\Lambda(t) > 0 et H_0 > 0, on a :

\ddot{a}_\Lambda(t) > 0

L'accélération du facteur d'échelle est strictement positive, ce qui correspond bien à une expansion accélérée de l'Univers. Le modèle d'un Univers dominé par l'énergie noire est donc tout à fait compatible avec les observations cosmologiques actuelles.

Résultat

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Question 65

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : big-bang, modèle cosmologique

Les observations astrophysiques et cosmologiques actuelles accréditent fortement l'hypothèse d'un Big-Bang. Est-ce compatible avec un modèle d'Univers dominé uniquement par de l'énergie noire ?

Voir l'indice

Remarquer que la fonction exponentielle ne s'annule pour aucune valeur finie du temps dans le passé.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition cosmologique du Big-Bang introduite à la question Q51 : l'annulation du facteur d'échelle a(t) \to 0 en un temps fini dans le passé.
  2. Examiner le comportement temporel du facteur d'échelle a_\Lambda(t) obtenu à la question Q64 pour un Univers dominé uniquement par l'énergie noire, ainsi que celui de sa densité d'énergie (question Q63).
  3. Conclure quant à la compatibilité du modèle avec les observations.
Voir la réponse courte

Incompatible car a_\Lambda(t) = 0 seulement pour t \to -\infty : un univers purement dominé par l'énergie noire n'a pas de singularité initiale à temps fini.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q51, l'hypothèse du Big-Bang correspond à une singularité initiale où le facteur d'échelle s'annule, a(t) \to 0, en un temps fini dans le passé (pris comme origine t = 0).

Or, d'après la question Q64, l'évolution du facteur d'échelle pour un Univers dominé uniquement par l'énergie noire est donnée par :

a_\Lambda(t) = a_0 \exp\left[ H_0 (t - t_0) \right]

Cette fonction exponentielle est strictement positive pour tout instant t \in \mathbb{R} et ne tend vers zéro que lorsque le temps tend vers l'infini dans le passé :

\lim_{t \to -\infty} a_\Lambda(t) = 0

Il n'existe donc aucun instant fini dans le passé auquel le facteur d'échelle s'annule : un tel univers est éternel dans le passé et ne possède pas d'instant initial de Big-Bang.

De plus, d'après la question Q63, la densité d'énergie u_\Lambda reste constante et finie au cours du temps, ce qui exclut l'existence d'une phase primordiale dense et chaude (indispensable pour expliquer le fond diffus cosmologique et la nucléosynthèse primordiale).

\boxed{\text{Un modèle dominé uniquement par l'énergie noire n'est pas compatible avec l'hypothèse d'un Big-Bang.}}

Résultat

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Question 66

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : modèle cosmologique, énergie noire

Proposer un modèle d'Univers rassemblant les ingrédients précédents et qui pourrait être naturellement compatible avec un Big-Bang dans le passé et une phase présente d'expansion accélérée.

Voir l'indice

Écrire l'équation de Friedmann pour un fluide mixte comprenant à la fois une composante de matière (w=0) dominante aux temps courts et de l'énergie noire (w=-1) dominante aux temps longs.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux composantes étudiées précédemment : la matière sans pression (w_m = 0) qui permet l'existence d'une singularité initiale (Big-Bang à temps fini), et l'énergie noire (w_\Lambda = -1) dont la densité d'énergie constante conduit à une expansion accélérée.
  2. Proposer un modèle à deux fluides parfaits indépendants, écrire l'équation de Friedmann correspondante et analyser le comportement asymptotique aux temps reculés (a \to 0) et aux temps récents (a grand).
  3. Vérifier la condition d'accélération issue de la deuxième équation de Friedmann.
Voir la réponse courte

Le modèle standard \LambdaCDM superpose matière (u_m \propto a^{-3}, dominante aux temps courts assurant le Big Bang) et énergie noire (u_\Lambda = \mathrm{cste}, dominante aujourd'hui).

Voir le corrigé complet

Pour concilier l'existence d'un Big-Bang dans le passé et une phase d'expansion accélérée aujourd'hui, on propose un modèle d'Univers spatialement plat composé de deux fluides non interagissants :

  • de la matière (baryonique et matière noire froide), décrite par un gaz de poussière sans pression de paramètre d'état w_m = 0, dont la densité d'énergie se dilue selon :

    u_m(a) = u_{m,0} \left(\frac{a_0}{a}\right)^3 \, ;
  • de l'énergie noire (ou énergie du vide), de paramètre d'état w_\Lambda = -1, de densité d'énergie constante :

    u_\Lambda = \text{cste} = u_{\Lambda,0} \, .

La densité d'énergie totale s'écrit alors u(a) = u_m(a) + u_\Lambda. En introduisant les paramètres de densité réduits actuels :

\Omega_{m,0} = \frac{8\pi G}{3c^2 H_0^2} u_{m,0} \quad \text{et} \quad \Omega_{\Lambda,0} = \frac{8\pi G}{3c^2 H_0^2} u_{\Lambda,0} \quad \text{avec} \quad \Omega_{m,0} + \Omega_{\Lambda,0} = 1 \, ,

la première équation de Friedmann devient :

H^2(t) = \left(\frac{\dot{a}}{a}\right)^2 = H_0^2 \left[ \Omega_{m,0} \left(\frac{a_0}{a}\right)^3 + \Omega_{\Lambda,0} \right] \, .

Ce modèle rend naturellement compte des deux régimes observés :

  • Dans le passé (a \ll a_0) : le terme de matière domine largement (u_m \gg u_\Lambda). L'équation se réduit au modèle d'Einstein-de Sitter étudié aux questions 60 et 61 :

    a(t) \propto t^{2/3} \quad \text{avec} \quad a(0) = 0 \, .

    L'Univers admet donc bien une origine à temps fini t=0, correspondant au Big-Bang.

  • À l'époque actuelle et dans le futur (a \gtrsim a_0) : la matière s'est suffisamment diluée pour que l'énergie noire devienne prépondérante (u_\Lambda > u_m/2). D'après la deuxième équation de Friedmann (Q55) :

    \frac{\ddot{a}}{a} = -\frac{4\pi G}{3c^2} (u_m + u_\Lambda + 3P) = -\frac{4\pi G}{3c^2} (u_m - 2 u_\Lambda) \, .

    Dès que u_\Lambda > \frac{1}{2} u_m, on a \ddot{a} > 0 : l'Univers entre dans une phase d'expansion accélérée, tendant asymptotiquement vers une loi de de Sitter exponentielle.

\boxed{\text{Modèle cosmologique plat à deux composantes : matière non relativiste } (w=0) \text{ et énergie noire } (w=-1) \text{ (modèle }\Lambda\text{CDM)}}

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Cinématique et dynamique du point (35 % des questions, partie 3), Mouvement dans un champ de force centrale (26 %, partie 2) et Premier et second principes de la thermodynamique (12 %). Plus ponctuellement : Électrostatique, Référentiels non galiléens, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Rayonnement thermique…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique C PC 2020 dès la première année (PCSI) ?

En grande partie : 50 questions sur 66 (76 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie 3 en entier (Q49 à Q66), la sous-partie 1.3 (Q12 à Q14), la sous-partie 1.4 (Q15 à Q19) et la sous-partie 2.3 (Q30 à Q35). Avec les autres programmes de première année : 50 en MPSI, 50 en PTSI, 50 en MP2I, 50 en TSI1 et 41 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Environ 4 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 6 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q19 (rayon de courbure), Q21 (principe d'équivalence) et Q25 (intégration).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Questions de cours : Q1 (équation de maxwell), Q2 (théorème de gauss), Q4 (théorème de gauss), Q45 (analyse dimensionnelle), Q49 (relativité générale) et Q51 (modèle cosmologique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q5 (théorème de gauss), Q15 (énergie mécanique), Q23 (intégrale première), Q26 (parallaxe), Q29 (accélération centripète), Q30 (vitesse orbitale), Q44 (théorème de l'énergie cinétique), Q54 (premier principe)….

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (51 sur 66), par exemple : Q1 à Q3, Q6 à Q14, Q16 à Q18, Q24, Q26 à Q28, Q30 à Q32, Q34 à Q38, Q40, Q42 à Q54, Q56, Q57 et Q59 à Q66. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q5, Q15, Q23, Q29, Q41, Q55 et Q58.

Le sujet ENS Physique C PC 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle a été la moyenne au sujet ENS Physique C PC 2020 ?

Moyenne : 8,97/20 (écart-type 3,58).

Faut-il des connaissances en relativité générale pour traiter la partie 3 ?

Non : les relations issues de la relativité générale, notamment les deux équations de Friedmann en Q53 et Q55, sont admises et fournies par le sujet. Les développements demandés relèvent uniquement de la thermodynamique de première année et de l'intégration d'équations différentielles scalaires.

Quel changement de variable permet de calculer l'intégrale en Q25 ?

On pose x = \cos^2\theta (ou x = \sin^2\theta). La séparation des variables issue de l'intégrale première Q23 conduit à intégrer \sqrt{x/(1-x)}\,\mathrm{d}x, que ce changement trigonométrique transforme en l'intégrale de 2\cos^2\theta\,\mathrm{d}\theta.

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 66 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,97 et d'écart-type 3,58 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.