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Corrigé détaillé Mines Physique 2 PSI 2024

Freinages

Le sujet en bref

Sujet moyen · Induction électromagnétique, Mouvement dans un champ de force centrale, Diffusion thermique et diffusion de particules · 8 incontournables · 32 questions de première année
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Ce sujet très complet et progressif aborde deux grandes illustrations électromécaniques du freinage inductif et de la dissipation d'énergie : la chute ralentie d'un dipôle magnétique dans un tube conducteur (courants de Foucault), puis la dynamique de désorbitation de satellites artificiels (freinage aérodynamique haute altitude et freinage par câble électrodynamique baignant dans l'ionosphère terrestre).

Particulièrement formateur et classique dans l'esprit du concours Mines-Ponts, il mobilise des pans majeurs du programme de PSI : analyse dimensionnelle fine, équilibres de transport (confrontation gravité-diffusion de Fick menant au modèle de l'atmosphère isotherme), induction de Neumann et de Lorentz, et bilans énergétiques orbitaux. C'est un support d'entraînement incontournable pour réviser les couplages électromécaniques et la modélisation physique des ordres de grandeur.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 11,55/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

8 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 27 questions sur 34, parties I.A, II.A, II.C et II.D.

Où gagner des points

18 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (18) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : données en annexe, erreur d'énoncé
  • Données en annexe

    L'expression du champ dipolaire terrestre est donnée en annexe en fin de sujet et doit être utilisée directement pour la question Q30.

  • Erreur d'énoncé

    Une coquille de rédaction s'est glissée dans l'énoncé de la question Q5 (« un temps de chute est \Delta t_h » pour « un temps de chute \Delta t_h »), sans ambiguïté sur le sens.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

34 questions
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Partie I : Freinage d'une chute libre

A · Chute libre et freinage aérodynamique

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chute libre, équation horaire

Dans le cas, où on néglige tous les frottements, exprimer puis calculer la durée de traversée du tube sans vitesse initiale ainsi que la vitesse moyenne de chute .

Voir l'indice

Intégrer deux fois l'accélération constante g_0 sans vitesse initiale pour déterminer \Delta t_h, puis utiliser la relation v_m = h/\Delta t_h.

Voir la réponse courte

Chute libre sans vitesse initiale : h = \frac{1}{2}g t^2 donne \Delta t_h = \sqrt{2h/g} et v_m = h/\Delta t_h = \sqrt{gh/2}.

Voir le corrigé complet

On étudie la bille ou l'aimant assimilé à un point matériel de masse m dans le référentiel terrestre supposé galiléen. L'axe (Oz) est choisi vertical orienté vers le bas, avec l'origine z=0 au sommet du tube.

En négligeant tout frottement, le système est uniquement soumis à son poids \vec{P} = m g_0 \vec{e}_z. D'après la deuxième loi de Newton :

\begin{aligned} m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} &= m g_0 \vec{e}_z \implies \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = g_0 \end{aligned}

Comme la bille est lâchée sans vitesse initiale à t=0, l'intégration temporelle donne :

\begin{aligned} v(t) &= g_0 t \\ z(t) &= \frac{1}{2} g_0 t^2 \end{aligned}

La traversée du tube de hauteur h s'achève à l'instant \Delta t_h tel que z(\Delta t_h) = h, soit \frac{1}{2} g_0 \Delta t_h^2 = h. On en déduit :

\boxed{\Delta t_h = \sqrt{\frac{2h}{g_0}}}

La vitesse moyenne de chute s'exprime par le quotient de la distance parcourue par la durée du parcours :

\boxed{v_m = \frac{h}{\Delta t_h} = \sqrt{\frac{g_0 h}{2}}}

Application numérique : Avec h = 20\text{ cm} = 0{,}20\text{ m} et g_0 = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\begin{aligned} \Delta t_h &= \sqrt{\frac{2 \times 0{,}20}{10}} = \sqrt{0{,}04} = 0{,}20\text{ s} \\ v_m &= \frac{0{,}20}{0{,}20} = 1{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

En se limitant à un chiffre significatif conformément aux consignes générales de l'énoncé :

\boxed{\Delta t_h = 0{,}2\text{ s}} \quad \text{et} \quad \boxed{v_m = 1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas confondre vitesse finale et vitesse moyenne, et veiller à mener l'application numérique jusqu'au bout.

« D’autres ont adopté une démarche énergétique qui, si elle accède à la vitesse pour une hauteur donnée, ne donne pas d’information sur la vitesse moyenne et la durée de la chute. »

« Des confusions entre vitesse finale et vitesse moyenne se sont souvent produites. De nombreux candidats échouent sur l’application numérique, voire renoncent à l’effectuer. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : frottement fluide, vitesse limite

Montrer que la vitesse de chute est régie par l'équation ; interpréter les constantes et et exprimer et .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe vertical descendant et identifier v_\infty et \tau par mise sous forme canonique.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la bille dans le référentiel terrestre supposé galiléen, en projetant sur un axe vertical orienté vers le bas.
  2. Identifier terme à terme l'équation différentielle obtenue avec la forme proposée par l'énoncé pour déterminer les expressions de v_\infty / \tau et v_\infty \tau.
  3. Interpréter physiquement la vitesse limite v_\infty et le temps caractéristique \tau.
Voir la réponse courte

PFD avec traînée quadratique : m\dot{v} = mg - \alpha v^2, identification de la vitesse limite v_\infty = \sqrt{mg/\alpha} et du temps caractéristique \tau = v_\infty/g.

Voir le corrigé complet

On étudie la bille de masse m dans le référentiel du laboratoire (référentiel terrestre supposé galiléen). On choisit un axe vertical orienté vers le bas, de sorte que la vitesse de chute s'écrive \vec{v} = v\,\vec{e}_z avec v \ge 0.

La bille est soumise à deux forces :

  • son poids : \vec{P} = m g_0\,\vec{e}_z ;
  • la force de traînée aérodynamique opposée au mouvement : \vec{F} = -\frac{1}{2} C_x \rho S_\perp v^2\,\vec{e}_z, où S_\perp = \pi r^2.

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{P} + \vec{F}

En projection sur l'axe vertical descendant :

m \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = m g_0 - \frac{1}{2} C_x \rho S_\perp v^2 \iff \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = g_0 - \frac{C_x \rho S_\perp}{2m} v^2

L'énoncé propose la forme :

\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \frac{v_\infty^2 - v^2}{v_\infty \tau} = \frac{v_\infty}{\tau} - \frac{1}{v_\infty \tau} v^2

Par identification terme à terme, on obtient :

\boxed{\frac{v_\infty}{\tau} = g_0}

et

\boxed{v_\infty \tau = \frac{2m}{C_x \rho S_\perp} = \frac{2m}{C_x \rho \pi r^2}}

Ce qui prouve que la vitesse de chute est bien régie par l'équation proposée.

Interprétation physique :

  • v_\infty représente la vitesse limite de chute : lorsque t \to +\infty, le régime permanent est atteint, l'accélération s'annule (\mathrm{d}v/\mathrm{d}t = 0), d'où v = v_\infty = \sqrt{\frac{2m g_0}{C_x \rho \pi r^2}}.
  • \tau est la durée caractéristique (temps de relaxation) du régime transitoire nécessaire pour atteindre une vitesse de l'ordre de la vitesse limite, reliée à l'accélération initiale par \left.\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\right|_{t=0} = \frac{v_\infty}{\tau} = g_0.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à la projection du PFD avec la vitesse algébrique et à l'explicitation physique rigoureuse des grandeurs caractéristiques.

« Avec l’axe (Oz) orienté vers le haut, il fallait écrire ⃗v = −v ⃗ez. Il y a donc eu une erreur de signe dans l’application de la relation fondamentale de la dynamique »

« Les significations physiques de τ et de v∞ont révélé un manque de vocabulaire ou de compréhension pour un nombre non négligeable de candidats. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI

Notions : nombre de reynolds

En admettant que les frottements restent un terme correctif modeste pendant la chute, déduire de une estimation du nombre de Reynolds qui caractérise l'écoulement de l'air autour de la bille lors de la chute de celle-ci.

Voir l'indice

Calculer le nombre de Reynolds \mathcal{R} = 2\rho v_m r / \eta à partir des grandeurs numériques fournies pour identifier le régime de l'écoulement.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre de Reynolds \mathcal{R} pour l'écoulement d'un fluide autour d'un obstacle sphérique en choisissant pour dimension caractéristique son diamètre D = 2r et pour vitesse caractéristique la vitesse moyenne v_m.
  2. Réaliser l'application numérique avec les données de l'énoncé en arrondissant à un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Expression du nombre de Reynolds \mathcal{R} = \frac{\rho_\text{air} v_m d}{\eta} et calcul numérique à partir de la vitesse moyenne.

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds associé à l'écoulement de l'air autour de la bille sphérique est défini par :

\mathcal{R} = \frac{\rho \, v_m \, D}{\eta} = \frac{2 \, \rho \, v_m \, r}{\eta}

où :

  • \rho = 1{,}2 \text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} est la masse volumique de l'air au sol ;
  • v_m = 1 \text{ m}\cdot\text{s}^{-1} d'après la question Q1 ;
  • r = 1\text{ cm} = 10^{-2} \text{ m} est le rayon de la bille (D = 2r = 2\cdot 10^{-2}\text{ m}) ;
  • \eta = 1{,}8\cdot 10^{-5} \text{ Pa}\cdot\text{s} est la viscosité dynamique de l'air.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} \mathcal{R} &= \frac{2 \times 1{,}2 \times 1 \times 10^{-2}}{1{,}8\cdot 10^{-5}} \\ &= \frac{2{,}4}{1{,}8} \cdot 10^3 = \frac{4}{3} \cdot 10^3 \approx 1{,}3\cdot 10^3 \end{aligned}

En ne retenant qu'un seul chiffre significatif comme préconisé par l'énoncé :

\boxed{\mathcal{R} \sim 10^3}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Utiliser la masse volumique du fluide dans le calcul de Reynolds et ne pas invoquer hors contexte la valeur critique d'un écoulement en conduite.

« L’expression du nombre de Reynolds est bien connue, mais il doit être clair que la masse volumique utilisée est celle du fluide. »

« Une valeur critique du Reynolds à 2000, utile pour les écoulements en conduite, est souvent proposée ici sans réel fondement. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en PCSI

Notions : nombre de reynolds, coefficient de traînée

Le coefficient de traînée pour une sphère lisse dépend du nombre de Reynolds comme le montre la figure 1. Estimer les ordres de grandeur de puis de .

Voir l'indice

Lire C_x sur le plateau de la courbe pour \mathcal{R} \sim 10^3, puis en déduire le temps caractéristique \tau = v_\infty / g_0.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la valeur du nombre de Reynolds \mathcal{R} \sim 10^3 obtenue à la question précédente pour lire graphiquement C_x sur la figure 1.
  2. Exprimer \tau à partir des relations établies à la question Q2 et en déduire son ordre de grandeur avec un seul chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Lecture de C_x \simeq 0{,}4 sur la courbe C_x(\mathcal{R}) dans le régime inertiel, puis déduction de \tau = \frac{8\rho R}{3\rho_\text{air} C_x v_\infty}.

Voir le corrigé complet

Pour un écoulement caractérisé par \mathcal{R} \sim 10^3, on se trouve dans la zone de palier (régime de Newton) de la courbe C_x(\mathcal{R}). La lecture sur la figure 1 donne :

\boxed{C_x \approx 0{,}4 \text{ à } 0{,}5 \sim 0{,}5}

D'après les résultats de la question Q2, le temps caractéristique s'exprime par :

\tau = \sqrt{\frac{2m}{C_x \rho \pi r^2 g_0}}

Avec les données numériques :

  • m = 33\text{ g} = 33\cdot 10^{-3}\text{ kg} ;
  • r = 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m} ;
  • \rho = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • g_0 = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • C_x \approx 0{,}5 et \pi \approx 3{,}1.

On calcule le dénominateur au carré :

\begin{aligned} C_x \rho \pi r^2 g_0 &\approx 0{,}5 \times 1{,}2 \times 3{,}1 \times 10^{-4} \times 10 \\ &\approx 1{,}9\cdot 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}

D'où :

\tau^2 \approx \frac{2 \times 33\cdot 10^{-3}}{1{,}9\cdot 10^{-3}} \approx 35\text{ s}^2 \implies \tau \approx 6\text{ s}

En se limitant à un seul chiffre significatif, l'ordre de grandeur de \tau est :

\boxed{\tau \approx 6\text{ s}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : frottement fluide, chute libre

Les frottements aérodynamiques permettent-ils de rendre compte d'un temps de chute est de l'ordre de 4 secondes pour un tube de de haut ? Conclure.

Voir l'indice

Comparer le temps caractéristique \tau et la durée de chute libre calculée à la durée expérimentale de 4\text{ s} pour conclure.

Voir la stratégie
  1. Comparer la vitesse de chute à la vitesse limite aérodynamique v_\infty pour évaluer l'intensité relative des frottements aérodynamiques devant le poids.
  2. En déduire l'ordre de grandeur de la durée de chute avec les seuls frottements aérodynamiques et comparer cette valeur aux 4\text{ s} observés pour conclure.
Voir la réponse courte

Comparaison entre le temps calculé avec traînée aérodynamique et les 4\text{ s} observés : la traînée de l'air est négligeable, le freinage est magnétique.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q1 et Q4, la vitesse atteinte en chute libre sur la hauteur h = 20\text{ cm} est de l'ordre de v \sim 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, ce qui est très inférieur à la vitesse limite aérodynamique :

v_\infty \approx 60\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \gg v

Le rapport de la force de traînée au poids s'écrit :

\frac{F}{m g_0} = \left(\frac{v}{v_\infty}\right)^2 \lesssim \left(\frac{2}{60}\right)^2 \approx 10^{-3} \ll 1

La traînée aérodynamique est donc totalement négligeable devant le poids tout au long de la traversée du tube. La durée de chute sous l'effet du seul fluide resterait très proche du temps de chute libre :

\Delta t \approx \Delta t_h \approx 0{,}2\text{ s}

Or, une durée de chute mesurée de l'ordre de 4\text{ s} correspond à une vitesse moyenne :

v_m = \frac{h}{\Delta t} = \frac{0{,}20}{4} = 0{,}05\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 5\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1}

soit une chute 20 fois plus lente qu'en chute libre.

\boxed{\text{Les frottements aérodynamiques ne permettent absolument pas d'expliquer un temps de chute de } 4\text{ s}.}

Conclusion : Le freinage considérable observé lors de la chute de l'aimant dans le tube de cuivre n'est pas d'origine aérodynamique, mais purement électromagnétique : il est dû aux courants de Foucault induits dans la paroi conductrice du tube (freinage inductif étudié en partie I.B).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury a reconnu qu'une erreur de rédaction s'était glissée dans le texte de la question.

« Des candidats ont noté que la question était mal posée et qu’il y avait une erreur dans sa rédaction. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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B · Freinage inductif

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : conducteur ohmique, loi d'ohm

On étudie d'abord une partie du tube délimitée par un anneau de centre , de hauteur , disposé à l'ordonnée , compris entre les rayons et (cf. figure 2) au sein du cuivre, matériau vérifiant la loi d'Ohm avec la conductivité .

En considérant (même si cette approximation n'est pas pertinente au vu des valeurs numériques), déterminer la conductance électrique de cet anneau en fonction de , , et .

Voir l'indice

Assimiler l'anneau à un ruban rectangulaire déplié de longueur 2\pi r_i et de section conductrice e\,\mathrm{d}z, puis appliquer la loi d'Ohm macroscopique.

Voir la stratégie
  1. Identifier la géométrie de circulation des courants induits (orthoradiale, selon \vec{e}_\theta).
  2. En déduire la longueur de la ligne de courant moyenne ainsi que la section droite traversée par le courant.
  3. Exprimer la résistance élémentaire \mathrm{d}R par la formule de Pouillet, puis en déduire la conductance \mathrm{d}G = 1/\mathrm{d}R.
Voir la réponse courte

Section S = e\,\mathrm{d}z, longueur L = 2\pi r_i, d'où la conductance \mathrm{d}G = \gamma \frac{e\,\mathrm{d}z}{2\pi r_i}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, les courants induits sont orthoradiaux et tournent autour de l'axe (Oz).

Sous l'hypothèse d'une faible épaisseur (e \ll r_i), le rayon de l'anneau peut être assimilé à r_i. Pour ces lignes de courant circulaires :

  • la longueur d'une ligne de courant est le périmètre moyen de l'anneau :

    L = 2\pi r_i
  • la section droite traversée par le courant, orthogonale à la direction orthoradiale \vec{e}_\theta, est un rectangle de largeur radiale e et de hauteur axiale \mathrm{d}z :

    \delta S = e\,\mathrm{d}z

D'après la loi d'Ohm locale et la formule de la résistance d'un conducteur cylindrique (ou formule de Pouillet), la résistance élémentaire de cet anneau pour un courant orthoradial s'écrit :

\mathrm{d}R = \frac{1}{\gamma}\frac{L}{\delta S} = \frac{2\pi r_i}{\gamma\, e\,\mathrm{d}z}

La conductance électrique \mathrm{d}G = \frac{1}{\mathrm{d}R} de l'anneau vaut ainsi :

\boxed{\mathrm{d}G = \frac{\gamma\, e\,\mathrm{d}z}{2\pi r_i}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Bien exploiter l'hypothèse de faible épaisseur et la direction orthoradiale du courant pour déterminer la conductance élémentaire.

« L’hypothèse e ≪ri, ainsi que le caractère orthoradial des courants induits ont parfois été mal appréhendés. »

« L’expression fausse de la conductance infinitésimale dG compromettait la suite. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : flux magnétique, analyse dimensionnelle

On admet que le flux du champ magnétique créé par l'aimant à travers ce même anneau s'écrit où est une constante dont on admettra qu'elle s'écrit sous la forme où est la perméabilité magnétique du vide. Tracer l'allure de la courbe . Déterminer les exposants , et par analyse dimensionnelle.

Voir l'indice

Tracer une fonction lorentzienne symétrique centrée en t = -z/v et effectuer une analyse dimensionnelle sur \Phi_0 en exploitant [M_0] = \mathrm{I}\cdot\mathrm{L}^2 et [\mu_0] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}\cdot\mathrm{I}^{-2}.

Voir la stratégie
  1. Pour tracer l'allure de \Phi(t), étudier les propriétés de la fonction : parité par rapport à l'instant où l'aimant passe au niveau de l'anneau (z+vt=0), valeur maximale et comportement asymptotique.
  2. Exprimer les dimensions de \Phi, \mu_0, M_0 et r_i dans le système fondamental (M, L, T, I).
  3. Établir et résoudre le système d'équations reliant les exposants a, b et c.
Voir la réponse courte

Tracé symétrique en cloche de \Phi(t) ; par analyse dimensionnelle, [\Phi_0] = \mathrm{T\cdot m^2} donne a=1, b=1, c=-1 soit \Phi_0 = \mu_0 M_0 / r_i.

Voir le corrigé complet

1. Allure de la courbe \Phi(t)

Le terme \dfrac{r_i^3}{\left(r_i^2 + (z + vt)^2\right)^{3/2}} est sans dimension. La fonction \Phi(t) présente les caractéristiques suivantes :

  • Elle est strictement positive et atteint son maximum en t_0 = -\dfrac{z}{v}, instant où le centre de l'aimant franchit la hauteur de l'anneau (\mathcal{A}) (z_C = -vt = z) :

    \Phi(t_0) = \Phi_0
  • Elle est paire par rapport à la variable (t - t_0).
  • Elle tend vers 0 lorsque t \to \pm \infty selon une loi en |t|^{-3}.

2. Analyse dimensionnelle pour déterminer a, b et c

Exprimons les dimensions des grandeurs intervenant dans \Phi_0 = \mu_0^a M_0^b r_i^c en fonction des dimensions fondamentales L, M, T, I :

  • Le rayon r_i est une longueur :

    [r_i] = L
  • Le moment magnétique dipolaire M_0 a pour unité l'\mathrm{A}\cdot\mathrm{m}^2 (courant \times surface) :

    [M_0] = I \cdot L^2
  • D'après le formulaire, le champ créé sur l'axe par un dipôle s'écrit B \sim \dfrac{\mu_0 M_0}{r^3}. La force de Laplace sur un élément de courant s'écrit \mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \wedge \vec{B}, d'où [B] = \dfrac{[F]}{I \cdot L} = \dfrac{M \cdot L \cdot T^{-2}}{I \cdot L} = M \cdot T^{-2} \cdot I^{-1}. On en déduit :

    [\mu_0] = \frac{[B] \cdot L^3}{[M_0]} = \frac{(M \cdot T^{-2} \cdot I^{-1})\cdot L^3}{I \cdot L^2} = M \cdot L \cdot T^{-2} \cdot I^{-2}
  • Le flux magnétique \Phi est le flux d'un champ magnétique à travers une surface :

    [\Phi] = [B] \cdot L^2 = M \cdot L^2 \cdot T^{-2} \cdot I^{-1}

Comme le terme dépendant du temps dans \Phi(t) est adimensionné, la constante \Phi_0 a la dimension d'un flux : [\Phi_0] = [\Phi]. L'équation aux dimensions s'écrit :

\begin{aligned} [\Phi_0] &= [\mu_0]^a [M_0]^b [r_i]^c \\ M \cdot L^2 \cdot T^{-2} \cdot I^{-1} &= (M \cdot L \cdot T^{-2} \cdot I^{-2})^a \, (I \cdot L^2)^b \, L^c \\ M^1 \cdot L^2 \cdot T^{-2} \cdot I^{-1} &= M^a \cdot L^{a + 2b + c} \cdot T^{-2a} \cdot I^{-2a + b} \end{aligned}

Par identification des exposants de chaque grandeur fondamentale :

\begin{aligned} \text{sur } M &: a = 1 \\ \text{sur } T &: -2a = -2 \implies a = 1 \\ \text{sur } I &: -2a + b = -1 \implies -2(1) + b = -1 \implies b = 1 \\ \text{sur } L &: a + 2b + c = 2 \implies 1 + 2(1) + c = 2 \implies c = -1 \end{aligned}

On trouve ainsi :

\boxed{a = 1, \quad b = 1, \quad c = -1}

ce qui correspond à \Phi_0 \propto \dfrac{\mu_0 M_0}{r_i}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Penser à tracer l'allure demandée du flux et ne pas confondre analyse dimensionnelle et recherche des unités.

« L’allure de la courbe représentative de Φ(t) a été rarement vue. Beaucoup de candidats confondent analyse dimensionnelle et détermination des unités, mais cela n’a pas été sanctionné. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, effet joule

On pose . Montrer que la puissance dissipée par effet Joule dans l'anneau s'écrit :

Voir l'indice

Calculer la force électromotrice induite e(t) = -\mathrm{d}\Phi/\mathrm{d}t, puis exprimer la puissance Joule \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} = e(t)^2\,\mathrm{d}G en injectant la variable adimensionnée x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force électromotrice induite e_{\mathrm{ind}} dans l'anneau (\mathcal{A}) à l'aide de la loi de Faraday en dérivant le flux \Phi(t) par rapport au temps à position z fixée.
  2. Exprimer la conductance élémentaire \mathrm{d}G de l'anneau obtenue à la question Q6 en fonction de la variable adimensionnée x.
  3. Calculer la puissance dissipée par effet Joule \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} = e_{\mathrm{ind}}^2\,\mathrm{d}G.
Voir la réponse courte

Calcul de la fem e_\text{ind} = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t}, puis de la puissance Joule \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} = e_\text{ind}^2\,\mathrm{d}G avec le changement de variable x.

Voir le corrigé complet

L'anneau (\mathcal{A}) étant fixe dans le référentiel d'étude lié au tube, sa cote z est constante au cours du temps. En introduisant la variable adimensionnée x = \frac{z + vt}{r_i}, la dérivée temporelle de x s'écrit :

\left(\frac{\partial x}{\partial t}\right)_z = \frac{v}{r_i}

D'après le résultat de la question Q7, le flux s'exprime sous la forme :

\Phi(t) = \frac{\mu_0 M_0}{r_i} \frac{1}{\left(1 + x^2\right)^{3/2}}

Par la loi de Faraday, la force électromotrice induite e_{\mathrm{ind}} dans l'anneau s'écrit :

\begin{aligned} e_{\mathrm{ind}} &= -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t} = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}x}\left(\frac{\partial x}{\partial t}\right)_z \\ &= -\frac{\mu_0 M_0}{r_i} \left(-\frac{3}{2}\right)\frac{2x}{\left(1 + x^2\right)^{5/2}} \frac{v}{r_i} \\ &= \frac{3\mu_0 M_0 v}{r_i^2} \frac{x}{\left(1 + x^2\right)^{5/2}} \end{aligned}

D'après la question Q6, la conductance de l'anneau de hauteur \mathrm{d}z vaut :

\mathrm{d}G = \frac{\gamma\, e\,\mathrm{d}z}{2\pi r_i}

À un instant t donné, la tranche d'épaisseur \mathrm{d}z correspond à une variation \mathrm{d}x = \frac{\mathrm{d}z}{r_i}, soit \mathrm{d}z = r_i\,\mathrm{d}x, d'où :

\mathrm{d}G = \frac{\gamma\, e\,\mathrm{d}x}{2\pi}

La puissance dissipée par effet Joule dans l'anneau est donnée par la relation \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} = e_{\mathrm{ind}}^2\,\mathrm{d}G. En remplaçant e_{\mathrm{ind}} et \mathrm{d}G par leurs expressions :

\begin{aligned} \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} &= \left(\frac{3\mu_0 M_0 v}{r_i^2} \frac{x}{\left(1 + x^2\right)^{5/2}}\right)^2 \times \frac{\gamma\, e\,\mathrm{d}x}{2\pi} \end{aligned}
\boxed{\mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} = \frac{9\gamma e \mu_0^2 M_0^2}{2\pi r_i^4} \frac{x^2\mathrm{d}x}{\left(1 + x^2\right)^5} v^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Calculer la puissance dissipée par effet Joule en utilisant directement l'expression faisant intervenir la conductance élémentaire.

« Les calculs ont souvent été assez mal menés. L’écriture de la puissance élémentaire dP = dGe2 n’a pas souvent été rencontrée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : effet joule

Justifier que la puissance totale dissipée par effet Joule puisse être approchée par l'intégrale :

Voir l'indice

Invoquer le fait que le tube est très long devant son rayon (h \gg r_i) et que la fonction intégrande s'amortit très rapidement dès que |x| > 2.

Voir la stratégie
  1. Étudier la décroissance spatiale de la puissance élémentaire \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} \propto f(x)\,\mathrm{d}x avec f(x) = \frac{x^2}{(1+x^2)^5} pour déterminer la zone où la dissipation a effectivement lieu.
  2. Comparer l'extension spatiale de cette zone dissipative à la hauteur h du tube pour justifier l'extension des bornes d'intégration.
Voir la réponse courte

La fonction intégrée décroît très vite en x^{-8} pour |x| \gg 1, rendant le tube modélisable comme semi-infini devant son rayon.

Voir le corrigé complet

La puissance dissipée dans chaque anneau est proportionnelle à la fonction :

f(x) = \frac{x^2}{(1+x^2)^5} \quad \text{avec} \quad x = \frac{z+vt}{r_i}

Cette fonction présente les caractéristiques suivantes :

  • Elle s'annule en x = 0 (dans le plan de l'aimant, où le champ est purement radial et son flux extrémal) et passe par un maximum en x = \pm 1/2, où f(1/2) \simeq 8{,}2 \cdot 10^{-2} ;
  • Elle décroît extrêmement vite pour |x| > 1 : au comportement asymptotique f(x) \underset{|x|\to\infty}{\sim} \frac{1}{x^8}, la valeur n'est plus que f(2) \simeq 1{,}3 \cdot 10^{-3} dès |x| = 2, soit moins de 2\,\% de sa valeur maximale.

La puissance par effet Joule est donc quasi-intégralement dissipée dans une tranche du tube d'épaisseur de l'ordre de quelques rayons intérieurs r_i :

|z + vt| \lesssim 2\,r_i \approx 3\text{ cm}

Or, la hauteur totale du tube est h = 20\text{ cm}, ce qui correspond à une plage adimensionnée de variation \Delta x = h/r_i \approx 13 \gg 1.

Ainsi, à l'exception de très brefs instants à l'entrée et à la sortie du tube (effets de bord), la zone de dissipation effective est entièrement confinée dans le tube métallique. On peut donc, avec une excellente approximation, étendre les bornes d'intégration à l'espace entier :

\boxed{\mathcal{P}_\mathrm{J} \simeq \int_{x=-\infty}^{+\infty} \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier le passage à l'intégrale infinie en mentionnant explicitement l'hypothèse d'un tube très long devant son rayon.

« L’hypothèse h ≫ri, pourtant nécessaire, a été peu utilisée pour répondre à cette question. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : bilan de puissance, force de laplace

Tous calculs faits, on obtient où . En admettant la conversion totale de l'énergie mécanique en énergie électrique lors du freinage inductif, donner l'expression littérale de la force de freinage exercée sur l'aimant pendant sa chute, en fonction de , et .

Voir l'indice

Égaler la puissance mécanique absorbée par la force de freinage \mathcal{P}_\mathrm{m} = \vec{F}\cdot\vec{v} = -F v à l'opposé de la puissance électrique dissipée \mathcal{P}_\mathrm{J}.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan de puissance mécanique pour l'aimant en reliant la puissance de la force de freinage \vec{F} à la puissance dissipée par effet Joule \mathcal{P}_\mathrm{J}.
  2. Utiliser le caractère résistant de la force de freinage (opposée au vecteur vitesse \vec{v}) pour déterminer son expression vectorielle.
Voir la réponse courte

Bilan de puissance mécanique/électrique \mathcal{P} = \vec{F}\cdot\vec{v} = -\mathcal{P}_\mathrm{J} = -K M_0^2 v^2, d'où \vec{F} = -K M_0^2\vec{v}.

Voir le corrigé complet

Lors de la chute à vitesse constante \vec{v}, l'intégralité de la puissance mécanique fournie pour vaincre le freinage inductif est convertie en puissance électrique dissipée par effet Joule au sein du tube :

\mathcal{P}_{\text{méc, cédée}} = -\vec{F}\cdot\vec{v} = \mathcal{P}_\mathrm{J}

La force de freinage inductif \vec{F} s'oppose au déplacement de l'aimant. Elle est donc colinéaire et de sens opposé à la vitesse \vec{v} :

\vec{F} = -\lambda \vec{v} \quad \text{avec } \lambda > 0

La puissance cédée s'écrit alors :

-\vec{F}\cdot\vec{v} = \lambda v^2

En identifiant avec l'expression donnée par l'énoncé, \mathcal{P}_\mathrm{J} = K M_0^2 v^2, on obtient directement le coefficient de frottement :

\lambda = K M_0^2

D'où l'expression vectorielle de la force de freinage exercée sur l'aimant :

\boxed{\vec{F} = -K M_0^2 \vec{v}}

Comme \vec{v} = -v\,\vec{e}_z avec v > 0, cette force est dirigée verticalement vers le haut :

\vec{F} = K M_0^2 v\,\vec{e}_z

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs de signe lors de l'expression de la force de freinage.

« Beaucoup d’erreurs de signe pour ⃗F. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : loi de lenz, milieu ferromagnétique

Le temps de chute est pour un tube de de haut. Quel serait le résultat de la même expérience avec un tube de même longueur en aluminium ? en acier ?

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre stationnaire m g_0 = K M_0^2 v avec v = h/\Delta t_h, en notant que la constante K est proportionnelle à la conductivité \gamma.

Voir la stratégie
  1. Établir la relation entre le temps de chute \Delta t_h et la conductivité électrique \gamma du matériau du tube.
  2. Calculer la durée de chute pour l'aluminium, matériau non magnétique comme le cuivre.
  3. Examiner le cas de l'acier en distinguant le calcul électrodynamique formel et le comportement réel lié à son caractère ferromagnétique.
Voir la réponse courte

L'aluminium a une conductivité plus faible donc freine moins ; l'acier doux est ferromagnétique et attirera fortement l'aimant en perturbant la chute.

Voir le corrigé complet

Pendant la chute à vitesse constante v (régime stationnaire où le poids compense la force de freinage), la puissance du poids compense la puissance dissipée par effet Joule :

mg_0 v = \mathcal{P}_\mathrm{J} = K M_0^2 v^2 \quad \implies \quad v = \frac{mg_0}{K M_0^2}

D'après l'expression de \mathrm{d}\mathcal{P}_\mathrm{J} obtenue à la question Q8, la constante K est directement proportionnelle à la conductivité électrique \gamma du métal (les dimensions du tube étant identiques) :

K \propto \gamma

La vitesse de chute stationnaire est donc inversement proportionnelle à \gamma, et le temps de chute \Delta t_h = \frac{h}{v} lui est proportionnel :

\Delta t_h \propto \gamma \quad \implies \quad \Delta t_h = \Delta t_{h,\mathrm{Cu}} \, \frac{\gamma}{\gamma_\mathrm{Cu}}

Tube en aluminium : L'aluminium est un matériau non ferromagnétique. La durée de chute vaut :

\Delta t_{h,\mathrm{Al}} = \Delta t_{h,\mathrm{Cu}} \, \frac{\gamma_\mathrm{Al}}{\gamma_\mathrm{Cu}}

Application numérique :

\Delta t_{h,\mathrm{Al}} = 4{,}0 \times \frac{3{,}7 \cdot 10^7}{5{,}7 \cdot 10^7} \approx 4{,}0 \times 0{,}65 \approx 2{,}6\text{ s} \approx 3\text{ s}
\boxed{\Delta t_{h,\mathrm{Al}} \approx 2{,}6\text{ s}}

Tube en acier :

  • Si l'acier était amagnétique (comme certains aciers inoxydables austénitiques), le seul effet inductif donnerait :

    \Delta t_{h,a} = \Delta t_{h,\mathrm{Cu}} \, \frac{\gamma_a}{\gamma_\mathrm{Cu}} = 4{,}0 \times \frac{7{,}7 \cdot 10^6}{5{,}7 \cdot 10^7} \approx 4{,}0 \times 0{,}135 \approx 0{,}5\text{ s}
  • Cependant, l'acier ordinaire est un matériau ferromagnétique (\mu_r \gg 1) : l'aimant est fortement attiré radialement vers la paroi du tube. Dès qu'il s'écarte très légèrement de l'axe, cette attraction magnétique crée un placage contre la paroi et un frottement solide intense qui bloque l'aimant ou modifie radicalement sa chute.
\boxed{\Delta t_{h,\text{acier}} \approx 0{,}5\text{ s} \quad \text{(si amagnétique, sinon l'aimant se plaque contre la paroi et reste bloqué)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Fournir une explication claire et mener les calculs jusqu'à leur terme pour évaluer le temps de chute.

« Des explications souvent confuses et peu de calculs aboutis pour les temps de chute. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : vitesse limite, pfd

Calculer le moment dipolaire de l'aimant utilisé.

Voir l'indice

Isoler M_0 dans la condition d'équilibre dynamique stationnaire en utilisant la valeur de \Delta t_h mesurée dans le cuivre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse constante de descente v de l'aimant en fonction de la hauteur h et du temps de parcours \Delta t_h.
  2. Écrire le principe fondamental de la dynamique (ou le bilan des puissances) appliqué à l'aimant en régime permanent afin de relier la force de freinage au poids.
  3. En déduire l'expression littérale de M_0 puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Vitesse limite constante v_\text{lim} = h/\Delta t_h, équilibre M g = K M_0^2 v_\text{lim} d'où M_0 = \sqrt{M g / (K v_\text{lim})}.

Voir le corrigé complet

L'aimant se déplace à vitesse constante \vec{v} = -v\vec{e}_z avec :

v = \frac{h}{\Delta t_h}

En régime permanent, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, l'aimant est soumis à son poids \vec{P} = -m g_0 \vec{e}_z et à la force de freinage inductif \vec{F} = K M_0^2 v \vec{e}_z (établie à la question Q10). L'accélération étant nulle, le principe fondamental de la dynamique donne :

\vec{P} + \vec{F} = \vec{0} \implies m g_0 = K M_0^2 v

On en déduit l'expression littérale du moment dipolaire M_0 :

M_0 = \sqrt{\frac{m g_0}{K v}} = \sqrt{\frac{m g_0 \Delta t_h}{K h}}

Avec les valeurs numériques fournies :

  • m = 33\text{ g} = 33\cdot 10^{-3}\text{ kg} ;
  • g_0 = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • \Delta t_h = 4{,}0\text{ s} ;
  • h = 20\text{ cm} = 0{,}20\text{ m} ;
  • K = 2{,}3\text{ SI}.

Il vient :

\begin{aligned} v &= \frac{0{,}20}{4{,}0} = 0{,}050\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 5{,}0\cdot 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \\ M_0^2 &= \frac{33\cdot 10^{-3} \times 10}{2{,}3 \times 0{,}050} = \frac{0{,}33}{0{,}115} = \frac{66}{23} \approx 2{,}87\text{ A}^2\cdot\text{m}^4 \end{aligned}

Comme \sqrt{2{,}87} \approx 1{,}69, on obtient :

\boxed{M_0 \approx 1{,}7\text{ A}\cdot\text{m}^2 \quad (\text{soit } 2\text{ A}\cdot\text{m}^2\text{ avec un chiffre significatif})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Réutiliser les résultats précédents sur la vitesse et la durée pour calculer le moment dipolaire, en vérifiant son unité.

« Le résultat des questions précédentes pour ∆th et v ont manqué pour établir l’expression de M0, dont l’unité est souvent donnée fausse. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : cycle d'hystérésis, milieu ferromagnétique

Faire apparaître sur votre copie l'allure d'un tel cycle en précisant les valeurs de l'aimantation rémanente , de l'aimantation à saturation et de l'excitation coercitive .

Laquelle de ces trois grandeurs pourrait être déterminée à partir de la mesure de ?

Voir l'indice

Tracer l'allure classique du cycle d'hystérésis \mathcal{M}(H) avec ses asymptotes et intersections d'axes, puis relier l'aimantation rémanente au dipôle par \mathcal{M}_r = M_0/V.

Voir la réponse courte

Tracé du cycle B(H) ou M(H) avec repérage de M_r, M_s, H_c ; l'aimant permanent sans champ extérieur permet de mesurer l'aimantation rémanente M_r.

Voir le corrigé complet

Un matériau ferromagnétique dur possède un cycle d'hystérésis large (fort champ coercitif H_c et forte aimantation rémanente \mathcal{M}_r), propice à la confection d'aimants permanents. Le tracé de l'aimantation \mathcal{M} en fonction de l'excitation magnétique H présente la forme suivante :

Les trois grandeurs caractéristiques sont :

  • l'aimantation à saturation \mathcal{M}_s, limite asymptotique de l'aimantation pour une excitation appliquée très intense (H \to \pm\infty) ;
  • l'aimantation rémanente \mathcal{M}_r, aimantation subsistant dans le matériau en champ extérieur nul (H = 0) après aimantation à saturation ;
  • l'excitation coercitive H_c, intensité du champ magnétique opposé à appliquer pour annuler l'aimantation (\mathcal{M} = 0).

L'aimant sphérique étudié est utilisé en l'absence de tout circuit extérieur alimenté créant une excitation magnétique imposée (H_{\mathrm{ext}} = 0). L'aimant conserve donc son aimantation rémanente \mathcal{M} \simeq \mathcal{M}_r.

En supposant une aimantation uniforme dans le volume V = \frac{4}{3}\pi r^3 de la bille, le moment dipolaire total s'écrit :

M_0 = \mathcal{M}_r \, V = \frac{4}{3}\pi r^3 \mathcal{M}_r
\boxed{\text{La mesure de } M_0 \text{ permet de déterminer l'aimantation rémanente } \mathcal{M}_r.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Dessiner soigneusement le cycle d'hystérésis et mobiliser la relation liant le moment dipolaire à l'aimantation rémanente.

« En lien avec les difficultés d’écriture mentionnées plus haut, le cycle d’hystérésis a souvent été mal dessiné. La relation M0 = MrV n’a pas souvent été utilisée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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C · Freinage ferroviaire rhéostatique

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : champ magnétique, dipôle magnétique

Reproduire sur votre copie l'aspect général de la figure 4 en y précisant le sens du champ magnétique par l'orientation des lignes de champ ; justifier très brièvement.

Voir l'indice

Utiliser la règle de la main droite le long des spires pour chaque bobine afin d'orienter les lignes de champ entrant ou sortant du rail.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le sens du champ magnétique \vec{B} créé au cœur de chaque bobine à l'aide de la règle de la main droite (ou du tire-bouchon de Maxwell).
  2. En déduire l'orientation des lignes de champ dans l'entrefer et dans le rail par continuité du flux magnétique (\mathrm{div}\,\vec{B} = 0).
Voir la réponse courte

Tracé des lignes de champ sortant du pôle Nord et rentrant au pôle Sud pour chaque électroaimant.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 4 de l'énoncé :

  • Bobine de gauche : le courant I arrive par le bas et monte sur la face avant des spires. D'après la règle de la main droite, les quatre doigts enroulés dans le sens du courant indiquent un pouce pointant vers le haut : le champ magnétique \vec{B} à l'intérieur de la bobine est dirigé vers le haut. Par continuité des lignes de champ magnétiques (lignes fermées), celles-ci entrent par la face inférieure de la bobine : dans le rail situé à l'aplomb de la bobine de gauche, le champ magnétique est donc orienté vers le haut.
  • Bobine de droite : le bobinage est parcouru en sens inverse (le courant descend sur la face avant). La règle de la main droite donne un champ magnétique intérieur dirigé vers le bas. Les lignes de champ sortent par la face inférieure de la bobine : dans le rail situé à l'aplomb de la bobine de droite, le champ magnétique est donc orienté vers le bas.

Les lignes de champ forment ainsi une boucle fermée se refermant dans le rail et dans l'armature ferromagnétique supérieure du patin de freinage.

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de lenz

Indiquez, sur le même schéma, la direction et le sens des densités volumiques des courants induits dans le rail à l'aplomb des deux bobines ; justifier soigneusement le sens choisi.

Voir l'indice

Appliquer la loi de modération de Lenz ou l'expression du champ électromoteur de Lorentz \vec{E}_m = \vec{v}\wedge\vec{B} dans le référentiel des bobines.

Voir la stratégie

Pour déterminer la direction et le sens des densités de courant \vec{j} à l'aplomb des bobines, deux approches complémentaires peuvent être mobilisées :

  1. Approche locale (champ électromoteur) : on se place dans le référentiel lié au train (où le champ magnétique créé par les bobines est stationnaire). Le rail y défile à la vitesse relative \vec{v}_{\text{rail}} = -\vec{v}. Le champ électromoteur de Lorentz s'écrit \vec{E}_m = \vec{v}_{\text{rail}} \times \vec{B}, d'où \vec{j} = \gamma \vec{E}_m.
  2. Approche globale (loi de modération de Lenz) : le système constituant un dispositif de freinage, la résultante des forces de Laplace exercées sur le train doit s'opposer au mouvement, c'est-à-dire être dirigée vers l'arrière (-\vec{e}_x). Par le principe des actions réciproques, la force de Laplace subie par le rail doit être motrice, dirigée vers l'avant (+\vec{e}_x).
Voir la réponse courte

Application de la loi de modération de Lenz : courants induits s'opposant à la variation de flux magnétique perçue par le rail lors de l'avance du train.

Voir le corrigé complet

Munissons l'espace d'un repère orthonormé direct (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) tel que :

  • \vec{e}_x est horizontal, orienté dans le sens d'avancement du train ;
  • \vec{e}_z est vertical ascendant ;
  • \vec{e}_y = \vec{e}_z \times \vec{e}_x est perpendiculaire au plan de la figure et dirigé vers l'observateur.

D'après la question précédente, le champ magnétique dans le rail vaut :

\vec{B}_{\text{gauche}} = B\,\vec{e}_z \quad (B > 0) \quad \text{et} \quad \vec{B}_{\text{droite}} = -B\,\vec{e}_z

1. Détermination du sens de \vec{j} via le champ électromoteur :

Dans le référentiel du train, le rail défile vers la gauche à la vitesse relative :

\vec{v}_{\text{rail}} = -v\,\vec{e}_x \quad (v > 0)

Le champ électromoteur d'induction s'écrit :

\vec{E}_m = \vec{v}_{\text{rail}} \times \vec{B}

Par la loi d'Ohm locale dans le rail (\vec{j} = \gamma \vec{E}_m) :

  • À l'aplomb de la bobine de gauche :

    \vec{j}_{\text{gauche}} = \gamma\,(-v\,\vec{e}_x) \times (B\,\vec{e}_z) = +\gamma v B\,\vec{e}_y

    Le courant induit est orthogonal au plan de la figure et sortant (orienté vers l'observateur, noté \odot).

  • À l'aplomb de la bobine de droite :

    \vec{j}_{\text{droite}} = \gamma\,(-v\,\vec{e}_x) \times (-B\,\vec{e}_z) = -\gamma v B\,\vec{e}_y

    Le courant induit est orthogonal au plan de la figure et entrant (orienté vers le fond, noté \otimes).

2. Vérification par la loi de Lenz (force de Laplace) :

La force volumique de Laplace subie par le rail s'écrit :

\vec{f}_{\mathrm{L,rail}} = \vec{j} \times \vec{B}
  • Sous la bobine gauche : \vec{f}_{\mathrm{L}} = (j_y \vec{e}_y) \times (B \vec{e}_z) = j_y B\,\vec{e}_x. Pour j_y > 0, \vec{f}_{\mathrm{L}} est selon +\vec{e}_x.
  • Sous la bobine droite : \vec{f}_{\mathrm{L}} = (-j_y \vec{e}_y) \times (-B \vec{e}_z) = j_y B\,\vec{e}_x > 0.

Dans les deux cas, la force sur le rail est dirigée vers l'avant (+\vec{e}_x). D'après la troisième loi de Newton, la force subie par le train est :

\vec{F}_{\text{train}} = -\vec{F}_{\text{rail}} \propto - \vec{e}_x

Il s'agit bien d'une force de freinage, conformément à la loi de modération de Lenz.

\boxed{ \text{À l'aplomb de la bobine gauche : } \vec{j} \text{ est sortant } (\odot), \quad \text{à l'aplomb de la bobine droite : } \vec{j} \text{ est entrant } (\otimes). }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier la direction et le sens des courants induits par le freinage et les actions réciproques, et argumenter leur caractère orthoradial.

« Pour justifier la direction et le sens des densités volumiques de courant, l’hypothèse du freinage du train et le principe des actions réciproques n’ont pas été rencontrés. Le caractère orthoradial de ⃗j a été très mal justifié. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Partie II : Freinage et chute de satellites

A · Il faut d'abord faire descendre les satellites en orbite très basse...

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie potentielle

Exprimer, en fonction de , , et , l'énergie potentielle de gravitation du satellite. On prendra l'origine des énergies potentielles si .

Voir l'indice

Intégrer le travail de la force gravitationnelle attractive depuis l'infini jusqu'à la distance R_T + h, en remplaçant \mathcal{G}M_T par g_0 R_T^2.

Voir la réponse courte

Force newtonienne E_p = - \frac{G M_T M}{R_T + h} avec g_0 = G M_T / R_T^2, soit E_p = - \frac{M g_0 R_T^2}{R_T + h}.

Voir le corrigé complet

La Terre possédant une distribution de masse à symétrie sphérique, le théorème de Gauss gravitationnel permet de l'assimiler, pour tout point extérieur (r \geqslant R_T), à une masse ponctuelle M_T concentrée en son centre O. La force de gravitation exercée sur le satellite de masse M, situé à la distance r = R_T + h du centre terrestre, s'écrit :

\vec{F}_g = -\frac{\mathcal{G} M M_T}{r^2}\,\vec{e}_r

Au sol (r = R_T), l'identification du champ de gravitation au champ de pesanteur g_0 donne :

g_0 = \frac{\mathcal{G} M_T}{R_T^2} \iff \mathcal{G} M_T = g_0 R_T^2

L'énergie potentielle de gravitation E_p vérifie \vec{F}_g = -\vec{\nabla} E_p, soit :

\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}r} = \frac{\mathcal{G} M M_T}{r^2} \implies E_p(r) = -\frac{\mathcal{G} M M_T}{r} + \text{cte}

Avec la convention adoptée en l'infini (E_p \to 0 lorsque h \to +\infty, c'est-à-dire r \to +\infty), la constante d'intégration est nulle. En substituant \mathcal{G} M_T et r = R_T + h, on obtient :

\boxed{E_p = -\frac{M g_0 R_T^2}{R_T + h}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas confondre énergie potentielle de pesanteur et de gravitation, et ne pas omettre le signe négatif.

« Il y a confusion entre l’énergie potentielle de pesanteur et l’énergie potentielle de gravitation, ce qui entraîne des expressions fausses. Le signe « - » de celle-ci a été parfois omis, ce qui pénalise la suite. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : orbite circulaire, énergie mécanique

Exprimer, en fonction de , , et , la norme de la vitesse et l'énergie mécanique totale du satellite.

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique sur l'axe normal de Frenet pour trouver v, puis sommer l'énergie cinétique et l'énergie potentielle.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au satellite dans le référentiel géocentrique, supposé galiléen, pour une trajectoire circulaire de rayon r = R_T + h.
  2. Exprimer l'accélération normale dans la base de Frenet afin d'en déduire la norme de la vitesse v.
  3. Calculer l'énergie mécanique E = E_c + E_p en utilisant l'expression de l'énergie potentielle établie en Q16.
Voir la réponse courte

PFD en repère de Frenet v = \sqrt{g_0 R_T^2 / (R_T+h)}, puis énergie mécanique E = E_c + E_p = \frac{1}{2}E_p = -\frac{1}{2}\frac{M g_0 R_T^2}{R_T+h}.

Voir le corrigé complet

On étudie le satellite, assimilé à un point matériel de masse M, en orbite circulaire de rayon r = R_T + h dans le référentiel géocentrique considéré comme galiléen.

Il est soumis uniquement à la force d'attraction gravitationnelle exercée par la Terre :

\vec{F} = -\frac{\mathcal{G} M_T M}{r^2}\,\vec{u}_r

Dans le repère de Frenet lié au satellite, pour une orbite circulaire de rayon r, l'accélération est purement centripète :

\vec{a} = -\frac{v^2}{r}\,\vec{u}_r

Le principe fondamental de la dynamique projeté selon la normale centripète donne :

M \frac{v^2}{r} = \frac{\mathcal{G} M_T M}{r^2} \implies v^2 = \frac{\mathcal{G} M_T}{r}

En utilisant la relation \mathcal{G} M_T = g_0 R_T^2 établie à la question Q16 et en remplaçant r par R_T + h, on obtient :

\boxed{v = R_T \sqrt{\frac{g_0}{R_T + h}}}

L'énergie cinétique du satellite s'en déduit :

E_c = \frac{1}{2} M v^2 = \frac{1}{2} \frac{M g_0 R_T^2}{R_T + h}

Avec l'expression de l'énergie potentielle obtenue à la question Q16, E_p = -\dfrac{M g_0 R_T^2}{R_T + h}, l'énergie mécanique totale E = E_c + E_p vaut :

\boxed{E = -\frac{1}{2} \frac{M g_0 R_T^2}{R_T + h}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtriser l'accélération en coordonnées polaires pour un mouvement circulaire afin d'exprimer correctement la vitesse et l'énergie.

« L’expression de l’accélération en base polaire pour un mouvement circulaire a été très maladroitement écrite, ou oubliée. De nombreux candidats n’ont pas su exprimer convenablement v et E. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : vitesse orbitale

Comparer les vitesses et avant et après la descente.

Estimer leurs valeurs numériques ainsi que celle de .

Voir l'indice

Calculer v_1 et v_0 à partir de la formule précédente et constater le paradoxe spatial : le freinage entraîne une accélération de la vitesse orbitale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les vitesses orbitales v_1 et v_0 aux altitudes h_1 et h_0 à partir de la relation établie à la question Q17 : v(h) = R_T \sqrt{\dfrac{g_0}{R_T + h}}.
  2. Comparer qualitativement v_1 et v_0 en observant la dépendance en h.
  3. Réaliser l'application numérique pour v_1, v_0, puis en déduire \Delta v = v_1 - v_0.
Voir la réponse courte

Paradoxe des satellites : v_0 > v_1 bien que le satellite ait perdu de l'altitude ; calcul numérique de v_1, v_0 et \Delta v.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, la vitesse sur une orbite circulaire d'altitude h s'écrit :

v(h) = R_T \sqrt{\frac{g_0}{R_T + h}} = \sqrt{\frac{g_0 R_T^2}{R_T + h}}

La fonction h \mapsto v(h) étant strictement décroissante avec l'altitude, et comme h_1 = 1\,000\text{ km} > h_0 = 200\text{ km}, on en déduit que :

\boxed{v_1 < v_0}

La vitesse du satellite est donc plus grande après la descente qu'avant.

Estimations numériques : Pour l'altitude initiale h_1 = 1\,000\text{ km}, avec R_T + h_1 = 7\,400\text{ km} = 7{,}4\cdot 10^6\text{ m} :

\begin{aligned} v_1^2 &= \frac{g_0 R_T^2}{R_T + h_1} = \frac{10 \times (6{,}4\cdot 10^6)^2}{7{,}4\cdot 10^6} = \frac{409{,}6}{7{,}4} \cdot 10^6 \approx 55{,}4\cdot 10^6\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}

Sachant que 7{,}4^2 \approx 54{,}8 et 7{,}5^2 = 56{,}25, on obtient :

\boxed{v_1 \approx 7{,}4\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Pour l'altitude finale h_0 = 200\text{ km}, avec R_T + h_0 = 6\,600\text{ km} = 6{,}6\cdot 10^6\text{ m} :

\begin{aligned} v_0^2 &= \frac{g_0 R_T^2}{R_T + h_0} = \frac{10 \times (6{,}4\cdot 10^6)^2}{6{,}6\cdot 10^6} = \frac{409{,}6}{6{,}6} \cdot 10^6 \approx 62{,}1\cdot 10^6\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}

En utilisant la donnée du formulaire \sqrt{63} \approx 7{,}9 (ou \sqrt{60} \approx 7{,}7), on a \sqrt{62{,}1} \approx 7{,}8 :

\boxed{v_0 \approx 7{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

On en déduit l'écart de vitesse demandé :

\Delta v = v_1 - v_0 \approx 7{,}4 - 7{,}8
\boxed{\Delta v \approx -0{,}4\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} = -4\cdot 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Conclure clairement que le satellite accélère en descendant et simplifier les calculs à l'aide d'un développement limité au premier ordre.

« À cause du mauvais traitement des questions précédentes, celle-ci a été mal réussie et la phrase « le véhicule accélère dans sa descente » n’a presque pas été écrite alors que c’est essentiel. »

« Le développement limité à l’ordre 1 en h/RT a été peu vu et les calculs ont été compliqués. Le jury ne saurait trop insister sur le fait qu’il est nécessaire de conclure clairement les raisonnements. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : accélération

Cette descente est souvent obtenue au moyen d'un système de fusées qui exerce sur le satellite une force constante , pratiquement tangente à chaque instant à la trajectoire circulaire.

Représenter sur un même schéma le vecteur vitesse du satellite et pendant la descente.

Voir l'indice

Tracer le vecteur vitesse tangent à l'orbite et le vecteur accélération tangentielle dirigé en sens rigoureusement opposé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation d'énergie mécanique \Delta E lors de la descente de l'altitude h_1 à h_0 à partir du résultat de la question Q17.
  2. Relier le signe de la puissance de la force de poussée M\vec{a}_\mathrm{fr} au signe de \Delta E pour en déduire l'orientation relative de \vec{a}_\mathrm{fr} et de la vitesse \vec{v}.
  3. Réaliser un schéma clair représentant la Terre, l'orbite, la position du satellite, le vecteur vitesse \vec{v} et le vecteur accélération de freinage \vec{a}_\mathrm{fr}.
Voir la réponse courte

Schéma représentant \vec{v} tangent à la trajectoire et le vecteur poussée de freinage \vec{a}_\mathrm{fr} colinéaire et opposé à \vec{v}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de l'énergie mécanique établie à la question Q17 :

E(h) = -\frac{1}{2} \frac{M g_0 R_T^2}{R_T + h}

L'énergie mécanique est une fonction strictement croissante de l'altitude h. Pour faire descendre le satellite de h_1 = 1\,000\text{ km} à h_0 = 200\text{ km} < h_1, il faut nécessairement lui retirer de l'énergie mécanique :

\Delta E = E(h_0) - E(h_1) < 0

D'après le théorème de la puissance mécanique appliqué au satellite dans le référentiel géocentrique galiléen, la variation d'énergie mécanique est due au travail de la force exercée par les fusées :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}\big(M\vec{a}_\mathrm{fr}\big) = M \vec{a}_\mathrm{fr} \cdot \vec{v} < 0

La force étant précisée comme pratiquement tangente à chaque instant à la trajectoire quasi-circulaire, le vecteur accélération \vec{a}_\mathrm{fr} est colinéaire et de sens opposé au vecteur vitesse \vec{v} :

\boxed{\vec{a}_\mathrm{fr} = - a_\mathrm{fr}\,\frac{\vec{v}}{v}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier rigoureusement les orientations de la vitesse et du vecteur accélération de freinage.

« Les orientations de ⃗v et ⃗afr ont été très excentriques et non justifiées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : théorème de l'énergie mécanique

Avec , estimer, au moyen d'un bilan énergétique simplifié, la durée (en mois) nécessaire à la descente de jusqu'à .

Voir l'indice

Relier la perte séculaire d'énergie mécanique au travail résistant tangentiel par \mathrm{d}E/\mathrm{d}t = -M a_\mathrm{fr} v et intégrer sur la variation de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance de la force de freinage \vec{F}_\mathrm{fr} = -M a_\mathrm{fr} \frac{\vec{v}}{v}.
  2. Relier la variation d'énergie mécanique \Delta E au travail de cette force, en utilisant la propriété E = -\frac{1}{2} M v^2 propre aux orbites quasi-circulaires.
  3. En déduire la durée \Delta t, puis effectuer l'application numérique en mois à l'aide des données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Théorème de la puissance mécanique \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = -M a_\mathrm{fr} v approché sur la descente pour déterminer la durée en mois.

Voir le corrigé complet

La force de freinage exercée par les fusées est opposée à la vitesse à chaque instant :

\vec{F}_\mathrm{fr} = -M a_\mathrm{fr} \frac{\vec{v}}{v}

Sa puissance instantanée s'écrit :

\mathcal{P}_\mathrm{fr} = \vec{F}_\mathrm{fr} \cdot \vec{v} = -M a_\mathrm{fr} v

D'après la question Q17, l'énergie mécanique totale d'un satellite en orbite circulaire s'exprime en fonction de sa vitesse par :

E = -\frac{1}{2} M v^2

En appliquant le théorème de l'énergie mécanique à tout instant pendant la descente quasi-circulaire :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}_\mathrm{fr} \iff -M v \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = -M a_\mathrm{fr} v

Comme v \neq 0, on obtient simplement :

\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = a_\mathrm{fr}

L'accélération a_\mathrm{fr} étant constante, l'intégration entre l'altitude h_1 (vitesse v_1) et l'altitude h_0 (vitesse v_0) fournit directement :

v_0 - v_1 = a_\mathrm{fr} \Delta t

On en déduit l'expression de la durée de la descente :

\Delta t = \frac{v_0 - v_1}{a_\mathrm{fr}} = -\frac{\Delta v}{a_\mathrm{fr}}

Application numérique : D'après la question Q18, v_0 - v_1 = -\Delta v \approx 0{,}4\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} = 4\cdot 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Avec a_\mathrm{fr} = 4\cdot 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\Delta t = \frac{4\cdot 10^2}{4\cdot 10^{-5}} = 1{,}0\cdot 10^7\text{ s}

La durée d'un mois moyen étant donnée par T_\mathrm{mois} = 2{,}6\cdot 10^6\text{ s}, la durée de la descente exprimée en mois vaut :

\Delta t_\mathrm{mois} = \frac{1{,}0\cdot 10^7}{2{,}6\cdot 10^6} \approx 3{,}8\text{ mois} \approx 4\text{ mois}
\boxed{\Delta t = \frac{v_0 - v_1}{a_\mathrm{fr}} \approx 4\text{ mois}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Mener un bilan énergétique rigoureux avec le théorème de l'énergie mécanique et la relation entre énergies cinétique et totale.

« Les équations E = −Ec et ∆E = Wnc ont été peu utilisées et ∆τ a été parfois obtenu par une approche dimensionnelle. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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B · ... où ils arrivent dans l'atmosphère...

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : frottement fluide, vitesse limite

On étudie le mouvement d'une molécule de l'atmosphère terrestre, point matériel de masse soumis d'une part à son poids et d'autre part à la résultante des collisions de cette molécule avec le reste de l'atmosphère, qu'on décrira comme une force de frottement proportionnelle à la vitesse, . Montrer que, après un régime transitoire que l'on négligera, la chute se poursuit à la vitesse constante , que l'on exprimera en fonction notamment de l'intensité de la pesanteur au sol.

Voir l'indice

Écrire l'équation du mouvement d'une molécule d'air soumise à son poids et au frottement fluide visqueux, puis annuler la dérivée temporelle en régime permanent.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à une molécule dans le référentiel terrestre supposé galiléen, l'axe (Oz) étant vertical ascendant.
  2. Établir l'équation différentielle régissant le vecteur vitesse \vec{v}(t) et identifier le régime permanent atteint pour t \gg \tau.
Voir la réponse courte

Bilan des forces m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m\vec{g} - \frac{m}{\tau}\vec{v} conduisant au régime permanent à \vec{v}_\infty = \tau \vec{g} = -\tau g_0\vec{u}_z.

Voir le corrigé complet

On étudie le mouvement d'une molécule d'air assimilée à un point matériel de masse m, dans le référentiel terrestre supposé galiléen muni de la base cartésienne (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) où l'axe (Oz) est vertical ascendant.

La molécule est soumise à deux forces :

  • son poids : \vec{P} = -m g_0 \vec{e}_z ;
  • la force de frottement fluide due aux collisions : \vec{f} = -\dfrac{m}{\tau}\vec{v}.

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{P} + \vec{f} = -m g_0 \vec{e}_z - \frac{m}{\tau}\vec{v}

Soit, en simplifiant par m > 0 :

\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau}\vec{v} = -g_0 \vec{e}_z

L'intégration de cette équation différentielle linéaire du premier ordre donne :

\vec{v}(t) = \vec{v}_\infty + \left(\vec{v}(0) - \vec{v}_\infty\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}

avec une constante de temps \tau qui caractérise la durée du régime transitoire. Pour t \gg \tau, le terme exponentiel s'annule (régime transitoire négligé, \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}) et la molécule atteint une vitesse limite constante :

\boxed{\vec{v}_\infty = - g_0 \tau \vec{e}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question globalement bien traitée, mais attention aux erreurs de signe sur la vitesse limite.

« Cette question a très souvent été traitée, de façon satisfaisante dans l’ensemble, malgré des erreurs de signe assez fréquentes pour ⃗v∞. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : flux de matière, transport de matière

On note la densité particulaire de l'atmosphère (nombre de molécules par unité de volume). Exprimer la densité volumique de courant de particules (grandeur qui s'exprime en molécules par seconde et par mètre carré) associée à cette chute continue des molécules de l'atmosphère.

Voir l'indice

Appliquer la définition microscopique du vecteur densité volumique de courant de particules \vec{j}_g = n^* \vec{v}_\infty.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité volumique de courant de particules \vec{j}_g associé au transport convectif à la vitesse limite de chute \vec{v}_\infty.
  2. Injecter l'expression de \vec{v}_\infty établie à la question Q21.
Voir la réponse courte

Densité volumique de courant convectif due à la pesanteur : \vec{j}_g = n^* \vec{v}_\infty = - n^* \tau g_0 \vec{u}_z.

Voir le corrigé complet

Considérons une surface élémentaire orientée \mathrm{d}\vec{S}. Pendant la durée \mathrm{d}t, les molécules traversant cette surface sont contenues dans le cylindre de base \mathrm{d}\vec{S} et de génératrice \vec{v}_\infty \mathrm{d}t, de volume \mathrm{d}^2V = \vec{v}_\infty \mathrm{d}t \cdot \mathrm{d}\vec{S}. Le nombre de molécules traversant la surface est donc :

\mathrm{d}^2 N = n^* \mathrm{d}^2V = n^* \vec{v}_\infty \cdot \mathrm{d}\vec{S}\,\mathrm{d}t

Par définition du vecteur densité volumique de courant de particules \vec{j}_g, le flux de particules à travers \mathrm{d}\vec{S} par unité de temps s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2 N}{\mathrm{d}t} = \vec{j}_g \cdot \mathrm{d}\vec{S} \implies \vec{j}_g = n^* \vec{v}_\infty

D'après le résultat de la question Q21, la vitesse limite de sédimentation est \vec{v}_\infty = -g_0 \tau \vec{e}_z. On en déduit :

\boxed{\vec{j}_g = -n^* g_0 \tau \vec{e}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter toute confusion entre la densité particulaire et la densité de charge électrique.

« La question a été relativement bien traitée, malgré certaines confusions entre densité de particule et densité de charge. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en BCPST1

Notions : loi de fick

Rappeler la loi de la diffusion des particules, ou loi de Fick ; préciser les dimensions de toutes les grandeurs qui apparaissent dans son expression.

Voir l'indice

Énoncer la loi de diffusion \vec{j}_d = -D\,\vec{\mathrm{grad}}\,n^* et expliciter les dimensions de chaque grandeur en unités de base (L, T).

Voir la réponse courte

Énoncé de la loi de Fick \vec{j}_D = -D \vec{\nabla} n^* et dimension de D en \mathrm{m^2\cdot s^{-1}}.

Voir le corrigé complet

La première loi de Fick exprime la densité volumique de courant de diffusion de particules \vec{j}_d en fonction du gradient de la densité particulaire n^* :

\boxed{\vec{j}_d = -D\,\vec{\mathrm{grad}}\,n^*}

Dans le cadre unidimensionnel le long de l'axe vertical (Oz), cette loi se réduit à :

\vec{j}_d = -D\,\frac{\mathrm{d}n^*}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_z

Les grandeurs intervenant dans cette expression ont pour dimensions fondamentales :

  • la densité particulaire n^*, représentant un nombre de molécules (adimensionné) par unité de volume :

    \boxed{[n^*] = \mathrm{L}^{-3}}
  • le gradient spatial \vec{\mathrm{grad}}, opérateur homogène à l'inverse d'une longueur :

    \boxed{[\vec{\mathrm{grad}}] = \mathrm{L}^{-1}}
  • le vecteur densité de courant de particules \vec{j}_d, comptant un nombre de molécules traversant une surface unitaire par unité de temps :

    \boxed{[\vec{j}_d] = \mathrm{L}^{-2}\cdot\mathrm{T}^{-1}}
  • le coefficient de diffusion D, déduit par analyse dimensionnelle de la loi de Fick [\vec{j}_d] = [D]\cdot[n^*]\cdot\mathrm{L}^{-1} :

    \boxed{[D] = \frac{[\vec{j}_d]}{[n^*]\,\mathrm{L}^{-1}} = \frac{\mathrm{L}^{-2}\cdot\mathrm{T}^{-1}}{\mathrm{L}^{-3}\cdot\mathrm{L}^{-1}} = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Bien distinguer la loi de Fick de la loi de Fourier et maîtriser les dimensions du flux de particules et du coefficient de diffusion.

« On remarque quand même des confusions trop fréquentes entre les lois de Fick et de Fourier, des erreurs d’unités pour la densité de courant et le coefficient de diffusion. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : loi de fick, théorie cinétique

Si on écrit où est défini à la question 21, quelle est la dimension de la grandeur ?

À votre avis, et dépendent-ils de la température et, si oui, dans quel sens ?

Voir l'indice

Déterminer [u] par homogénéité dans D = u^2\tau, puis faire le lien avec la vitesse thermique d'agitation microscopique croissant avec T.

Voir la réponse courte

u = \sqrt{D/\tau} a la dimension d'une vitesse (vitesse d'agitation thermique) ; u \propto \sqrt{T} augmente avec la température, de même que D.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q23, le coefficient de diffusion a pour dimension [D] = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}. D'après la modélisation de la question Q21, \tau est le temps de relaxation de la vitesse d'une molécule, donc sa dimension est [\tau] = \mathrm{T}.

La relation D = u^2 \tau conduit à :

[u^2] = \frac{[D]}{[\tau]} = \frac{\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}}{\mathrm{T}} = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}

d'où :

\boxed{[u] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}}

La grandeur u a donc la dimension d'une vitesse.

Influence de la température :

  • À l'échelle microscopique, le phénomène de diffusion résulte de l'agitation thermique des molécules. La vitesse caractéristique u s'interprète comme un ordre de grandeur de la vitesse quadratique moyenne des molécules (u \sim \sqrt{k_\mathrm{B}T/m}). Par conséquent, u croît avec la température (typiquement selon \sqrt{T}).
  • L'élévation de température favorise l'agitation thermique et accélère le mélange des molécules, ce qui augmente le flux de diffusion pour un gradient donné. Ainsi, le coefficient de diffusion D croît également avec la température.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier physiquement pourquoi la grandeur u et le coefficient de diffusion D dépendent de la température.

« L’unité de u a été souvent correcte, par contre écrire que D et u varient avec ou augmentent avec T ne suffit pas, il faut le justifier. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : facteur de boltzmann, équilibre de diffusion

En déduire que s'écrit en fonction de la densité au sol sous la forme et exprimer la hauteur caractéristique en fonction de et .

Voir l'indice

Traduire l'état d'équilibre stationnaire global par la compensation des deux flux \vec{j}_g + \vec{j}_d = \vec{0} et résoudre l'équation différentielle du premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre stationnaire de l'atmosphère qui traduit la compensation exacte du courant descendant de gravitation par le courant ascendant de diffusion thermique.
  2. Injecter les expressions de \vec{j}_g et \vec{j}_d obtenues aux questions précédentes, puis simplifier par le temps caractéristique \tau grâce à la relation D = u^2 \tau.
  3. Résoudre l'équation différentielle du premier ordre obtenue en tenant compte de la condition au sol en z = 0 et identifier la hauteur caractéristique H.
Voir la réponse courte

Équilibre stationnaire \vec{j}_g + \vec{j}_D = \vec{0}, équation différentielle en n^*(z) donnant H = D/(\tau g_0) = u^2/g_0.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre, le courant total de particules s'annule en tout point :

\vec{j}_\text{tot} = \vec{j}_g + \vec{j}_d = \vec{0}

En utilisant les expressions établies aux questions Q22 et Q23 :

\vec{j}_g = -n^*(z) g_0 \tau\,\vec{e}_z \quad \text{et} \quad \vec{j}_d = -D \frac{\mathrm{d}n^*}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_z

la projection selon l'axe vertical ascendant \vec{e}_z donne :

-n^*(z) g_0 \tau - D \frac{\mathrm{d}n^*}{\mathrm{d}z} = 0

D'après la relation D = u^2 \tau introduite à la question Q24, le paramètre \tau se simplifie :

-n^*(z) g_0 \tau - u^2 \tau \frac{\mathrm{d}n^*}{\mathrm{d}z} = 0 \iff \frac{\mathrm{d}n^*}{\mathrm{d}z} + \frac{g_0}{u^2} n^*(z) = 0

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire homogène du premier ordre à coefficients constants. Sa solution générale est :

n^*(z) = C \exp\left(-\frac{g_0}{u^2} z\right)

En imposant la condition à la limite au niveau du sol (z = 0), n^*(0) = n_0^*, il vient C = n_0^*. On retrouve bien la loi exponentielle sous la forme :

\boxed{n^*(z) = n_0^* \exp\left(-\frac{z}{H}\right)}

avec une hauteur caractéristique (ou hauteur d'échelle) :

\boxed{H = \frac{u^2}{g_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Traduire l'équilibre par l'annulation du courant total de particules en veillant aux signes dans l'équation différentielle.

« Dans cette question, il fallait écrire la compensation entre les courants de particule sous la forme ⃗jd +⃗jg = ⃗0, ce qui n’a pas toujours été fait. »

« Certains sont arrivés à une équation différentielle avec des coefficients de signes contraires et dont la solution n’était pas bornée, ce qui ne les a pas empêchés de donner la bonne solution puisqu’elle figurait dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en BCPST1

Notions : profil de densité

Ces profils sont-ils conformes au modèle proposé ci-dessus ? Si oui, proposer une estimation de ; sinon, quelle(s) interprétation(s) proposez-vous ?

Voir l'indice

Analyser la linéarité des courbes en échelle semi-logarithmique et déterminer la pente représentative de 1/H pour les gaz dominants (N_2, O_2).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la relation théorique entre z et \log_{10}(n^*) d'après le modèle exponentiel de la question précédente, et identifier la forme de courbe attendue dans le diagramme semi-logarithmique de la figure 5.
  2. Examiner les courbes pour chacun des constituants (\mathrm{N_2}, \mathrm{O_2}, \mathrm{CO_2} d'une part, \mathrm{H_2O} d'autre part).
  3. Estimer la hauteur caractéristique H à partir de la pente des profils rectilignes, et justifier les écarts observés pour la vapeur d'eau et l'indépendance de la pente vis-à-vis de la masse molaire.
Voir la réponse courte

Analyse du graphe \ln(n^*) en fonction de z : comportement quasi-linéaire permettant d'estimer la pente -1/H, écarts dus aux variations de température.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, la densité particulaire suit la loi :

n^*(z) = n_0^* \exp\left(-\frac{z}{H}\right)

En prenant le logarithme décimal :

\log_{10}(n^*(z)) = \log_{10}(n_0^*) - \frac{z}{H\ln(10)} \iff z = H\ln(10)\left[\log_{10}(n_0^*) - \log_{10}(n^*(z))\right]

Dans le repère de la figure 5 (échelle linéaire pour z en ordonnée et échelle logarithmique pour n^* en abscisse), le modèle prévoit donc une droite décroissante de pente négative égale à -\frac{1}{H\ln(10)} (ou une droite de pente -\Delta z / \Delta \log_{10}(n^*) = -H\ln(10) en considérant z en ordonnée).

  • Pour le diazote \mathrm{N_2}, le dioxygène \mathrm{O_2} et le dioxyde de carbone \mathrm{CO_2} : Les profils sont effectivement quasiment rectilignes sur toute la gamme d'altitude représentée (0 \le z \le 80\text{ km}), ce qui est en parfait accord avec le modèle exponentiel.

    Pour estimer H, relevons deux points sur le profil du diazote \mathrm{N_2} :

    • au sol (z = 0\text{ km}) : \log_{10}(n^*) \approx 24{,}8 (soit n^* \approx 6\cdot 10^{24}\text{ m}^{-3}) ;
    • à z = 80\text{ km} : \log_{10}(n^*) \approx 20{,}0 (soit n^* \approx 10^{20}\text{ m}^{-3}).

    La variation correspond à \Delta \log_{10}(n^*) \approx -4{,}8 décades pour \Delta z = 80\text{ km}. On en déduit :

    \begin{aligned} H &= \frac{\Delta z}{\ln(10) \, |\Delta \log_{10}(n^*)|} \\ H &\approx \frac{80\text{ km}}{2{,}3 \times 4{,}8} \approx \frac{80}{11} \approx 7\text{ km} \end{aligned}
    \boxed{H \approx 7\text{ à }8\text{ km}}
  • Pour la vapeur d'eau \mathrm{H_2O} : Le profil n'est pas rectiligne : la densité particulaire décroît extrêmement vite dans les premières dizaines de kilomètres (troposphère), perdant environ 4 décades en moins de 15\text{ km}. Le modèle de gaz parfait inerte en équilibre diffusif n'est pas vérifié.

Interprétations physiques des écarts :

  1. Comportement de \mathrm{H_2O} : l'eau est une espèce condensable. Avec la diminution de la température dans la troposphère, la pression de vapeur saturante chute drastiquement, provoquant la condensation de l'eau (formation de nuages et précipitations). Ce changement d'état liquide/vapeur explique la disparition rapide de la vapeur d'eau avec l'altitude.
  2. Identité des pentes pour \mathrm{N_2}, \mathrm{O_2} et \mathrm{CO_2} : le modèle microscopique à l'équilibre prédit H = \frac{k_\mathrm{B} T}{m g_0}, soit une pente dépendante de la masse moléculaire m (le gaz plus lourd \mathrm{CO_2} devrait chuter plus rapidement que \mathrm{N_2}). Or, les droites sont parallèles. Cela s'explique par le brassage convectif et turbulent permanent dans l'homosphère (en dessous de 100\text{ km}), qui homogénéise la composition chimique de l'air : l'atmosphère s'y comporte comme un fluide unique de masse molaire moyenne \overline{M} \approx 29\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Identifier l'échelle semi-logarithmique du graphique pour analyser correctement les profils et déterminer H.

« Il semble que beaucoup de candidats n’ont pas vu que l’échelle était semi-logarithmique. »

« Malgré cela, les explications furent confuses et mal exprimées, la valeur de H aléatoire. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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C · ... et commencent donc à descendre !

Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie mécanique, équation différentielle

Expliciter la puissance dissipée par les forces de frottement. En déduire l'équation d'évolution de l'altitude en fonction du temps et montrer que sa solution approchée respecte l'équation suivante :

sous réserve de considérer que ; expliciter la constante de temps en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Exprimer la puissance dissipée \mathcal{P}_\mathrm{diss} = \vec{F}\cdot\vec{v}, l'égaler à \mathrm{d}E/\mathrm{d}t, puis séparer les variables h et t en considérant h \ll R_T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance fournie par la force de frottement fluide \vec{F} (puis la puissance dissipée associée).
  2. Appliquer le théorème de l'énergie mécanique au satellite sur son orbite quasi-circulaire pour relier \dfrac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} à la dérivée temporelle de l'altitude \dfrac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}t}.
  3. Utiliser l'approximation h \ll R_T pour simplifier l'équation différentielle, puis séparer les variables et intégrer entre t=0 et t pour identifier \tau.
Voir la réponse courte

Bilan \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}_\mathrm{fr}, lien entre E(h) et \dot{h}, intégration avec h \ll R_T donnant la forme exponentielle et \tau.

Voir le corrigé complet

La force de frottement exercée par l'atmosphère sur le satellite s'écrit :

\vec{F} = -K \rho(h) \|\vec{v}\| \vec{v} = -K \rho_0 \exp\left(-\frac{h}{H}\right) v \vec{v}

La puissance fournie par cette force est négative :

\mathcal{P} = \vec{F} \cdot \vec{v} = -K \rho_0 \exp\left(-\frac{h}{H}\right) v^3

La puissance dissipée par frottement est donc :

\boxed{\mathcal{P}_{\mathrm{diss}} = -\mathcal{P} = K \rho_0 \exp\left(-\frac{h}{H}\right) v^3}

D'après la question Q17, pour une orbite quasi-circulaire d'altitude h, l'énergie mécanique et la vitesse s'écrivent :

E(h) = -\frac{1}{2} \frac{M g_0 R_T^2}{R_T + h} \quad \text{et} \quad v(h) = \sqrt{\frac{g_0 R_T^2}{R_T + h}}

D'après le théorème de la puissance mécanique :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}

En dérivant E(h) par rapport au temps :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}h} \frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{2} \frac{M g_0 R_T^2}{(R_T + h)^2} \frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}t}

On obtient ainsi l'équation d'évolution exacte de l'altitude :

\frac{1}{2} \frac{M g_0 R_T^2}{(R_T + h)^2} \frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}t} = -K \rho_0 \exp\left(-\frac{h}{H}\right) \left(\frac{g_0 R_T^2}{R_T + h}\right)^{3/2}

soit :

\frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}t} = - \frac{2 K \rho_0}{M} \sqrt{g_0 R_T^2(R_T + h)} \exp\left(-\frac{h}{H}\right)

Puisque h \le h_0 = 200\text{ km} \ll R_T = 6\,400\text{ km}, on peut effectuer l'approximation R_T + h \simeq R_T :

\sqrt{g_0 R_T^2(R_T + h)} \simeq R_T \sqrt{g_0 R_T}

L'équation différentielle approchée régissant la descente devient :

\frac{\mathrm{d}h}{\mathrm{d}t} = - \frac{2 K \rho_0 R_T \sqrt{g_0 R_T}}{M} \exp\left(-\frac{h}{H}\right)

En séparant les variables :

\exp\left(\frac{h}{H}\right) \mathrm{d}h = - \frac{2 K \rho_0 R_T \sqrt{g_0 R_T}}{M} \mathrm{d}t

En intégrant entre l'instant initial t=0 où h(0) = h_0 et l'instant t où l'altitude est h(t) :

\int_{h_0}^{h(t)} \exp\left(\frac{h'}{H}\right) \mathrm{d}h' = - \frac{2 K \rho_0 R_T \sqrt{g_0 R_T}}{M} \int_0^t \mathrm{d}t'
H \left[\exp\left(\frac{h(t)}{H}\right) - \exp\left(\frac{h_0}{H}\right)\right] = - \frac{2 K \rho_0 R_T \sqrt{g_0 R_T}}{M} t

En divisant par -H, on obtient la forme requise :

\exp\left(\frac{h_0}{H}\right) - \exp\left(\frac{h(t)}{H}\right) = \frac{t}{\tau}

avec la constante de temps :

\boxed{\tau = \frac{M H}{2 K \rho_0 R_T \sqrt{g_0 R_T}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Utiliser la relation E = -Ec pour parvenir simplement à l'équation différentielle et à l'expression du temps caractéristique.

« Dans la suite, la relation E = −Ec a très souvent fait défaut aux candidats, ce qui les a empêchés d’avancer simplement dans cette question et l’expression de τ n’a que rarement été obtenue. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : intégration

Sachant que , estimer, en mois, la durée de la chute jusqu'au sol.

Voir l'indice

Calculer la durée de réentrée pour h = 0 en remarquant que le terme \exp(0) = 1 est totalement négligeable devant \exp(h_0/H), puis convertir en mois.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le temps de chute t_{\text{chute}} pour atteindre le sol (h(t_{\text{chute}}) = 0) à l'aide de la loi établie en question Q27.
  2. Utiliser la donnée de l'énoncé sur la valeur de l'exponentielle pour calculer t_{\text{chute}} en secondes, puis convertir ce résultat en mois grâce aux données fournies.
Voir la réponse courte

Évaluation du temps de chute pour atteindre h=0 : t_\text{sol} = \tau \left(\exp(h_0/H) - 1\right) converti en mois.

Voir le corrigé complet

D'après la loi établie à la question Q27, l'altitude h(t) du satellite au cours de sa désorbitation atmosphérique vérifie :

\exp\left(\frac{h_0}{H}\right) - \exp\left(\frac{h(t)}{H}\right) = \frac{t}{\tau}

Le satellite atteint le sol lorsque h(t_{\text{chute}}) = 0, ce qui conduit à :

t_{\text{chute}} = \tau \left[ \exp\left(\frac{h_0}{H}\right) - 1 \right]

Avec h_0 = 200\text{ km} et H = 11\text{ km}, le rapport vaut :

\frac{h_0}{H} = \frac{200}{11} \approx 18{,}18\dots

Comme \exp\left(\frac{h_0}{H}\right) \gg 1, le terme -1 est tout à fait négligeable, d'où :

t_{\text{chute}} \simeq \tau \exp\left(\frac{h_0}{H}\right)

En utilisant la valeur fournie dans le formulaire \exp(18{,}18\dots) = 7{,}9 \cdot 10^7 et \tau = 7\cdot 10^{-2}\text{ s} :

t_{\text{chute}} \simeq 7 \cdot 10^{-2} \times 7{,}9 \cdot 10^7 \approx 5{,}5 \cdot 10^6\text{ s}

La durée d'un mois moyen étant donnée par T_{\text{mois}} = 2{,}6 \cdot 10^6\text{ s}, la durée de chute s'exprime par :

\Delta t_{\text{chute}} = \frac{t_{\text{chute}}}{T_{\text{mois}}} \approx \frac{5{,}5 \cdot 10^6}{2{,}6 \cdot 10^6} \approx 2{,}1\text{ mois}

En se limitant à un chiffre significatif conformément aux consignes de l'énoncé :

\boxed{\Delta t_{\text{chute}} \approx 2\text{ mois}}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : ordre de grandeur

La station spatiale internationale (ISS) est en orbite circulaire à une altitude . Que dire de sa durée de chute dans le même modèle ?

Voir l'indice

Comparer la valeur du terme exponentiel \exp(h_\mathrm{ISS}/H) à celle pour h_0 pour commenter la durée de vie orbitale sans poussée correctrice.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la durée de chute prédite par le modèle de la question Q27 pour une altitude initiale h_\mathrm{ISS} \simeq 400\text{ km}.
  2. Relier cette durée à celle calculée à la question Q28 pour h_0 = 200\text{ km} en exploitant la propriété de la fonction exponentielle.
  3. Conclure sur le caractère irréaliste de cette prédiction et en analyser brièvement les limites physiques (hauteur d'échelle non constante, réchauffement de la thermosphère).
Voir la réponse courte

À 400\text{ km}, \exp(h_\mathrm{ISS}/H) est gigantesque par rapport à l'altitude basse : la durée de chute naturelle dépasse plusieurs siècles.

Voir le corrigé complet

D'après la loi établie à la question Q27, la durée de chute jusqu'au sol (h = 0) s'écrit :

\Delta t(h) = \tau \left[ \exp\left(\frac{h}{H}\right) - 1 \right] \simeq \tau \exp\left(\frac{h}{H}\right)

Pour l'orbite de l'ISS à h_\mathrm{ISS} \simeq 400\text{ km}, on remarque que :

\frac{h_\mathrm{ISS}}{H} \simeq \frac{400}{11} \simeq 2 \times \frac{200}{11} = 2 \times \frac{h_0}{H}

La durée de chute prédite par ce modèle serait donc :

\begin{aligned} \Delta t_\mathrm{ISS} &\simeq \tau \left[\exp\left(\frac{h_0}{H}\right)\right]^2 = \Delta t(h_0) \times \exp\left(\frac{h_0}{H}\right) \end{aligned}

En utilisant la valeur \Delta t(h_0) \approx 2\text{ mois} obtenue à la question Q28 et la donnée \exp(18{,}18\dots) \approx 7{,}9 \cdot 10^7 :

\begin{aligned} \Delta t_\mathrm{ISS} &\approx 2 \times 7{,}9 \cdot 10^7 \approx 1{,}6 \cdot 10^8\text{ mois} \approx 1{,}3 \cdot 10^7\text{ ans} \end{aligned}
\boxed{\Delta t_\mathrm{ISS} \sim 10^7\text{ ans}}

Ce résultat est totalement irréaliste : dans ce modèle, la durée de chute devient astronomique (plusieurs dizaines de millions d'années). En réalité, l'atmosphère résiduelle à 400\text{ km} (thermosphère) freine l'ISS de manière significative, imposant des manœuvres de rehaussement d'orbite régulières (reboost), sans lesquelles la station retomberait en un à deux ans.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les ordres de grandeur proposés ont été très dispersés, mais le jury a fait preuve d'indulgence sur l'estimation.

« Les valeurs proposées pour l’ordre de grandeur de la durée de chute sont très dispersées. Le jury a été assez souple sur les ordres de grandeur envisagés par les candidats. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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D · Une amélioration : le nettoyage des orbites par câble ?

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : champ dipolaire, dipôle magnétique

Au voisinnage du câble et en le supposant uniforme, exprimer en projection sur . On justifiera la direction et le sens choisis et on exprimera la norme de ce champ en fonction de (champ magnétique terrestre à l'équateur), du rayon de la Terre et de l'altitude du satellite. Dans ce qui suit, on prendra .

Voir l'indice

Évaluer le champ dipolaire dans le plan équatorial (\theta = \pi/2), justifier son orientation vers le nord le long de +\vec{e}_z, et exprimer sa dépendance radiale.

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'expression du champ dipolaire dans le plan équatorial pour en déduire sa direction et son sens au niveau du câble.
  2. Relier la décroissance radiale en 1/r^3 du champ dipolaire à sa valeur B_e mesurée à la surface terrestre au niveau de l'équateur.
Voir la réponse courte

Dans le plan équatorial, le champ dipolaire terrestre est colinéaire à l'axe Sud-Nord et vaut B_0 = B_e (R_T/(R_T+h))^3.

Voir le corrigé complet

Le champ magnétique créé par un dipôle magnétique \vec{\mu}_T situé au centre de la Terre s'écrit en coordonnées sphériques d'axe (Oz) :

\vec{B} = \frac{\mu_0 \mu_T}{4\pi r^3}\left(2\cos\theta\,\vec{e}_r + \sin\theta\,\vec{e}_\theta\right)

Dans le plan équatorial, la colatitude vaut \theta = \frac{\pi}{2}, de sorte que le terme radial s'annule (\cos\theta = 0) et \sin\theta = 1. Le champ magnétique est donc purement orthoradial, parallèle à l'axe des pôles (Oz).

À l'extérieur du globe terrestre, les lignes de champ magnétique émergent au voisinage du pôle Sud géographique et convergent vers le pôle Nord géographique (le pôle Nord géographique se comportant magnétiquement comme un pôle Sud). À l'équateur, le champ magnétique pointe donc du Sud vers le Nord, c'est-à-dire dans le sens du vecteur unitaire \vec{e}_z :

\boxed{ \vec{B}_0 = B_0\,\vec{e}_z }

La norme du champ dipolaire décroît en 1/r^3, où r est la distance au centre de la Terre. À l'équateur à la surface du sol (r = R_T), le champ a pour norme B_e. À l'altitude h, la distance au centre vaut r = R_T + h, ce qui conduit directement à :

\boxed{ B_0 = B_e \left(\frac{R_T}{R_T + h}\right)^3 }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Retenir que le pôle nord géographique est un sud magnétique, exploiter les formules de l'annexe et maîtriser les coordonnées sphériques.

« Le fait que le nord géographique était un sud magnétique n’a pas souvent été vu. Beaucoup n’ont pas utilisé (pas vu) la formule donnée en annexe et sont partis sur le théorème d’Ampère. »

« Les coordonnées sphériques sont à connaître (surtout utilisées pour un dipôle magnétique), notamment la prise de l’angle θ par rapport à l’axe de référence z. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : orbite circulaire

Exprimer, en fonction de , et , la norme de la vitesse du satellite sur son orbite circulaire à l'altitude . En considérant que (voir figure 6), exprimer en projection sur . Dans ce qui suit, on prendra .

Voir l'indice

Utiliser le champ de pesanteur orbital pour déterminer la norme v_0, puis choisir le sens de déplacement sur \vec{e}_y pour induire un courant descendant selon -\vec{e}_x.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse orbitale v_0 sur une orbite circulaire à l'altitude h à partir du principe fondamental de la dynamique appliqué au satellite.
  2. Déterminer la direction et le sens de \vec{v} dans la base \mathcal{B}_c à partir de l'orientation du champ électromoteur de Lorentz (ou de la force de freinage de Laplace) induisant le courant descendant I > 0.
Voir la réponse courte

Vitesse orbitale circulaire v_0 = \sqrt{g_0 R_T^2/(R_T+h)} projetée selon la normale locale à la trajectoire.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel géocentrique supposé galiléen, le satellite de masse M décrit une trajectoire circulaire de rayon r = R_T + h. Il est soumis à la seule attraction gravitationnelle terrestre :

\vec{F}_g = - \frac{\mathcal{G} M_T M}{(R_T + h)^2} \vec{e}_r = - \frac{M g_0 R_T^2}{(R_T + h)^2} \vec{e}_r

L'accélération pour un mouvement circulaire uniforme s'écrit \vec{a} = -\frac{v_0^2}{R_T + h} \vec{e}_r. Le principe fondamental de la dynamique donne :

\frac{v_0^2}{R_T + h} = \frac{g_0 R_T^2}{(R_T + h)^2}

On en déduit l'expression de la norme de la vitesse orbitale :

\boxed{v_0 = R_T \sqrt{\frac{g_0}{R_T + h}}}

Déterminons à présent le sens de \vec{v} dans la base \mathcal{B}_c = (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z).

  • Le mouvement a lieu dans le plan équatorial (Oxy), le long d'une trajectoire circulaire autour de la Terre. L'axe (Ox) étant radial (dirigé vers l'extérieur de la Terre), le vecteur vitesse \vec{v} est orthoradial, donc colinéaire à \vec{e}_y : \vec{v} = v_y \vec{e}_y.
  • Le champ magnétique terrestre au niveau du câble vaut \vec{B}_0 = B_0 \vec{e}_z avec B_0 > 0 (d'après la question Q30).
  • Les porteurs de charge du câble mobile subissent le champ électromoteur de Lorentz :

    \vec{E}_m = \vec{v} \wedge \vec{B}_0 = (v_y \vec{e}_y) \wedge (B_0 \vec{e}_z) = v_y B_0 \vec{e}_x

    Pour qu'un courant « descendant » (I > 0) circule le long du câble vers le centre de la Terre, c'est-à-dire dans le sens des x décroissants (-\vec{e}_x), le champ électromoteur doit être orienté selon -\vec{e}_x. Il faut donc v_y B_0 < 0, soit v_y = -v_0 < 0.

Le vecteur vitesse s'écrit donc en projection sur \mathcal{B}_c :

\boxed{\vec{v} = -v_0 \vec{e}_y}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Mobiliser la force de Laplace et veiller au sens du vecteur vitesse lors des interprétations.

« La force de Laplace a été peu souvent utilisée. Des erreurs ont souvent été commises dans l’orientation de la vitesse, et dans les interprétations proposées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : résistance électrique

Le câble de freinage est en aluminium de section et de longueur . Calculer les valeurs de sa résistance électrique et de sa masse ; commenter ces valeurs.

Voir l'indice

Appliquer les relations élémentaires R_0 = \ell / (\gamma_\mathrm{Al} s) et m_0 = \rho_\mathrm{Al} s \ell en vérifiant l'accessibilité de la masse embarquée.

Voir la réponse courte

Résistance R_0 = \ell/(\gamma s) et masse m_0 = \rho s \ell ; câble très conducteur et relativement léger pour sa longueur kilométrique.

Voir le corrigé complet

Le câble cylindrique en aluminium est caractérisé par sa longueur \ell = 5\text{ km} = 5\cdot 10^3\text{ m} et sa section droite s = 10^{-6}\text{ m}^2.

  1. Résistance électrique R_0 : D'après la loi d'Ohm locale pour un conducteur homogène de section constante :

    R_0 = \frac{\ell}{\gamma_{\mathrm{Al}} \, s}

    Application numérique :

    R_0 = \frac{5\cdot 10^3}{3{,}7\cdot 10^7 \times 10^{-6}} = \frac{5\,000}{37} \approx 135\ \Omega
    \boxed{R_0 \approx 1{,}4\cdot 10^2\ \Omega}
  2. Masse du câble m_0 : Le volume du câble est V = s\,\ell, d'où sa masse :

    m_0 = \rho_{\mathrm{Al}} \, s \, \ell

    Application numérique :

    m_0 = 2{,}7\cdot 10^3 \times 10^{-6} \times 5\cdot 10^3 = 13{,}5\text{ kg}
    \boxed{m_0 \approx 14\text{ kg}}

Commentaires sur ces valeurs :

  • Masse : La masse du câble (m_0 \approx 14\text{ kg}) ne représente que 1{,}4\,\% de la masse totale du satellite (M = 10^3\text{ kg}). Ce dispositif est nettement plus léger que le système à ergols nécessaire à une désorbitation par fusées, qui requiert environ 20\,\% de la masse du satellite (soit 200\text{ kg}, comme indiqué dans le texte introductif de la partie II.D). Le gain de charge utile au décollage est donc considérable.
  • Résistance électrique : La résistance R_0 \approx 140\ \Omega reste modeste compte tenu de la longueur exceptionnelle du fil (5\text{ km}). Cette valeur est suffisamment faible pour autoriser le passage d'un courant induit notable sous une force électromotrice de quelques centaines de volts, tout en limitant la puissance dissipée par effet Joule.

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, fem induite

Pour déterminer la force électro-motrice induite par le déplacement du câble fixé au satellite en présence du seul champ magnétique terrestre, on imagine (figure 7) qu'il est la seule partie mobile d'un circuit fermé par la circulation dans le plasma ionosphérique. Appliquer la loi de l'induction de Faraday au circuit ainsi formé ; en déduire l'expression puis la valeur numérique de .

Voir l'indice

Intégrer le champ électromoteur de Lorentz (\vec{v}\wedge\vec{B}_0) le long du câble rectiligne ou calculer le flux coupé par unité de temps.

Voir la stratégie
  1. Modéliser le circuit fermé formé par le câble mobile de longueur \ell et le plasma ionosphérique environnant.
  2. Exprimer le flux magnétique \Phi à travers ce circuit et sa variation lors du déplacement du câble à la vitesse \vec{v}.
  3. Appliquer la loi de Faraday e = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t} avec la convention d'orientation adéquate pour en déduire l'expression littérale de e, puis calculer sa valeur numérique.
Voir la réponse courte

Fem de Lorentz/Faraday e = v_0 B_0 \ell déduite de la variation de flux magnétique balayé par le câble en mouvement.

Voir le corrigé complet

Considérons le circuit fermé rectangulaire de la figure 7, constitué par le câble mobile de longueur \ell se déplaçant à la vitesse \vec{v} et refermé par le plasma ionosphérique.

Orientons le contour de ce circuit dans le sens du courant I > 0 indiqué sur la figure 7 (dans le câble, de l'extrémité haute vers l'extrémité basse). Selon la règle du tire-bouchon, le vecteur surface associé \vec{S} est orthogonal au plan du circuit.

Pendant une durée élémentaire \mathrm{d}t, le câble balaie une aire élémentaire :

\mathrm{d}\mathcal{A} = \ell\, v_0\,\mathrm{d}t

Le champ magnétique terrestre \vec{B}_0, supposé uniforme et orthogonal au plan du mouvement (Oxy) d'après la question Q30 (\vec{B}_0 = B_0 \vec{e}_z), traverse cette surface. La variation élémentaire de flux magnétique à travers le circuit s'écrit donc, selon le sens de progression choisi :

|\mathrm{d}\Phi| = B_0\,\mathrm{d}\mathcal{A} = B_0\,\ell\,v_0\,\mathrm{d}t

D'après la loi de Faraday, la force électromotrice induite orientée dans le sens du courant moteur I > 0 s'exprime par :

\boxed{e = B_0\,\ell\,v_0}

Remarque : On retrouve directement cette expression par la circulation du champ électromoteur de Lorentz \vec{E}_m = \vec{v} \times \vec{B}_0 le long du câble mobile :

e = \int_\text{câble} (\vec{v} \times \vec{B}_0) \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = v_0 B_0 \ell

Application numérique : Avec B_0 = 20\,\mu\mathrm{T} = 2{,}0 \cdot 10^{-5}\text{ T}, \ell = 5\text{ km} = 5{,}0 \cdot 10^3\text{ m} et v_0 = 7{,}4\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} = 7{,}4 \cdot 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} e &= 2{,}0 \cdot 10^{-5} \times 5{,}0 \cdot 10^3 \times 7{,}4 \cdot 10^3 \\ e &= 0{,}10 \times 7{,}4 \cdot 10^3 = 740\text{ V} \end{aligned}

En se limitant à un chiffre significatif :

\boxed{e \approx 7 \cdot 10^2\text{ V} \quad (= 740\text{ V})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Penser à calculer le flux magnétique induit et veiller à la clarté et la rigueur de l'interprétation physique.

« L’expression de Φ a été peu rencontrée. Les résultats corrects sont bien souvent accompagnés d’interprétations confuses ou erronées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace

Déduire de ce qui précède les expressions et valeurs numériques de l'intensité du courant induit et de la force de freinage exercée sur le câble. Commenter cette dernière valeur.

Voir l'indice

Calculer I = e/R_0, puis en déduire la force de Laplace globale \vec{f} = I\,\vec{\ell}\wedge\vec{B}_0 et apprécier son effet cumulé sur plusieurs mois.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intensité I à l'aide de la loi d'Ohm appliquée au circuit, en négligeant la résistance du plasma ionosphérique devant la résistance R_0 du câble calculée en Q32.
  2. Exprimer la force de Laplace s'exerçant sur le câble rectiligne et en déduire l'expression puis la valeur de sa norme f.
  3. Commenter la valeur obtenue en la comparant à la poussée des fusées de la partie II.A (M a_\mathrm{fr}) ainsi qu'à la masse du dispositif par rapport aux 20 % de carburant mentionnés dans le préambule.
Voir la réponse courte

Courant induit I = e/R_0, force de Laplace f = I \ell B_0 opposée au mouvement : force faible mais permanente, efficace sur le long terme.

Voir le corrigé complet

En négligeant la résistance électrique du plasma ionosphérique devant celle du câble, la loi d'Ohm pour le circuit parcouru par le courant induit I s'écrit :

I = \frac{e}{R_0} = \frac{B_0 \ell v_0}{R_0} = B_0 v_0 \gamma_{\mathrm{Al}} s

Avec e \approx 740\text{ V} et R_0 \approx 135\ \Omega (ou par calcul direct) :

I \approx \frac{740}{135} \approx 5{,}5\text{ A} \approx 5\text{ A}
\boxed{I = \frac{B_0 \ell v_0}{R_0} \approx 5\text{ A}}

Le câble, rectiligne de longueur \ell, est orienté selon -\vec{e}_x pour le sens du courant I > 0. Il est plongé dans le champ magnétique \vec{B}_0 = B_0 \vec{e}_z. La résultante des forces de Laplace subies par le câble s'écrit :

\vec{F}_L = \int_{\text{câble}} I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \times \vec{B}_0 = (-I \ell \vec{e}_x) \times (B_0 \vec{e}_z) = I \ell B_0 \vec{e}_y

Comme le satellite se déplace à la vitesse \vec{v} = -v_0 \vec{e}_y, cette force s'oppose bien au mouvement : c'est une force de freinage dont la norme vaut :

f = \|\vec{F}_L\| = I \ell B_0 = \frac{B_0^2 \ell^2 v_0}{R_0} = B_0^2 \ell v_0 \gamma_{\mathrm{Al}} s

Numériquement, avec I \approx 5{,}5\text{ A}, \ell = 5\cdot 10^3\text{ m} et B_0 = 20\cdot 10^{-6}\text{ T} :

f \approx 5{,}5 \times (5\cdot 10^3) \times (20\cdot 10^{-6}) = 5{,}5 \times 0{,}10 \approx 0{,}55\text{ N} \approx 0{,}5\text{ N}
\boxed{f = I \ell B_0 = \frac{B_0^2 \ell^2 v_0}{R_0} \approx 0{,}5\text{ N}}

Commentaire :

  • À l'échelle macroscopique usuelle, une force de l'ordre de 0{,}5\text{ N} paraît très modeste. Cependant, appliquée en continu dans l'espace à un satellite de masse M = 10^3\text{ kg}, elle engendre une décélération a = f/M \approx 5\cdot 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.
  • Cette accélération est plus de dix fois supérieure à celle fournie par les fusées étudiées en partie II.A (a_{\mathrm{fr}} = 4\cdot 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, correspondant à une poussée de seulement M a_{\mathrm{fr}} = 0{,}04\text{ N}).
  • De plus, la masse du câble n'est que de m_0 \approx 14\text{ kg} (Q32), ce qui représente à peine 1{,}4\,\% de la masse du satellite, contre les 20\,\% de propergol nécessaires pour une désorbitation par propulsion classique : ce procédé par câble électrodynamique est donc extrêmement avantageux en termes de charge utile et d'efficacité.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter la précipitation en fin d'épreuve pour mener l'analyse physique et les calculs jusqu'à leur terme.

« De bons résultats pour la valeur du courant et quelques valeurs de f correctes, mais la précipitation n’a permis ni de comprendre ni d’aboutir cette partie. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024 ?

Surtout 4 chapitres : Induction électromagnétique (21 % des questions), Mouvement dans un champ de force centrale (19 %), Diffusion thermique et diffusion de particules (15 %) et Cinématique et dynamique du point (13 %). Plus ponctuellement : Magnétostatique, Mécanique des fluides, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide et Circuits électriques et régimes transitoires.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En grande partie : 27 questions sur 34 (79 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Seules Q11, Q13 et Q22 à Q26 demandent la deuxième année. Avec les autres programmes de première année : 24 en MP2I, 24 en TSI1 et 10 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q27 (énergie mécanique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024 ?

Questions de cours : Q1 (chute libre), Q13 (cycle d'hystérésis), Q14 (champ magnétique), Q15 (loi de lenz), Q16 (énergie potentielle) et Q23 (loi de fick). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q10 (bilan de puissance), Q17 (orbite circulaire), Q21 (frottement fluide) et Q33 (loi de faraday).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (18 sur 34), par exemple : Q1, Q3 à Q5, Q9, Q10, Q14, Q16, Q17, Q19, Q21 à Q24, Q28, Q29, Q31…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q2, Q8 et Q27.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge le sujet de longueur et de difficulté très raisonnables, avec de nombreux résultats donnés, mais note que des questions proches du cours de première année ont causé d'importantes difficultés et que la dernière partie a souvent été bâclée. Moyenne : 11,55/20 (écart-type 4,09, 3 517 présents).

Faut-il recalculer le champ magnétique terrestre à la question Q30 ?

Non : l'expression vectorielle du champ créé par un dipôle magnétique est fournie en annexe à la fin du sujet. Il suffit de l'évaluer dans le plan équatorial sans chercher à redémontrer cette formule.

Comment analyser la chute dans le tube en acier à la question Q11 ?

Il faut distinguer conduction et ferromagnétisme : contrairement au cuivre ou à l'aluminium, l'acier est ferromagnétique. L'aimant est attiré radialement par les parois métalliques, vient s'y plaquer et s'arrête, au lieu de subir un simple freinage visqueux continu.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
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Position estimée
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des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 34 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 11,55 et d'écart-type 4,09 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.