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Corrigé détaillé Banque PT Physique B PT 2023

Énergies renouvelables et chimie des métaux de transition

Cette épreuve de Physique B de la Banque PT 2023 associe deux volets indépendants de deux heures : une composante physique axée sur les énergies renouvelables et une composante chimie centrée sur les métaux de transition. La première partie propose une étude concrète de l'hydroélectricité alpine (évaluation des pertes de charge régulières et singulières, abaque de Moody) puis modélise la centrale solaire thermodynamique Thémis couplée à un cycle de turbine à gaz de Brayton et à un échangeur de chaleur. La seconde partie balaie un spectre très complet du programme de chimie : cristallographie de la chromite, cinétique d'oxydation formelle par dégénérescence de l'ordre, thermochimie d'un équilibre hétérogène, fonctionnement d'une pile électrochimique et analyse des courbes intensité-potentiel.

Sans calculatrice et très fidèlement guidé, ce sujet ne présente pas de piège conceptuel majeur mais exige une grande rigueur calculatoire et une parfaite maîtrise des ordres de grandeur. Il constitue un support d'entraînement idéal pour réviser la thermodynamique des machines thermiques, l'hydraulique en charge et les fondements de la chimie physique de deuxième année.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Moyen, d'après le rapport du jury
Temps estimé
≈ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

13 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PTSI : 20 questions sur 66, parties I, Partie E et III.1.

Où gagner des points

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé, parties indépendantes
  • Erreur d'énoncé

    L'expression de l'entropie molaire rappelée en Q20 (partie III) comporte une erreur de signe : il faut lire S_{\mathrm{m}}(T, P) = C_{p\mathrm{m}} \ln(T) - R \ln(P) + \text{cte} avec un signe moins, l'entropie diminuant lors d'une compression isotherme.

  • Parties indépendantes

    Les trois parties de physique (Q1 (partie I) à Q30 (partie III)) et les six parties de chimie (Q1 (partie Partie A) à Q36 (partie Partie F)) sont totalement indépendantes et peuvent être traitées dans l'ordre de son choix.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Quelques questions générales

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, puissance électrique

Donner l'ordre de grandeur de la puissance électrique produite par une centrale thermique, par une tranche de centrale nucléaire ou par un parc éolien en mer.

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Penser aux ordres de grandeur de référence : de quelques centaines de mégawatts à un gigawatt pour une tranche thermique ou nucléaire, et quelques centaines de mégawatts pour un parc éolien offshore.

Dessiner une maille cubique avec les anions aux 8 sommets et aux centres des 6 faces, puis repérer les 8 sites tétraédriques et les 12 milieux d'arêtes ainsi que le centre du cube.

Voir la réponse courte

Ordres de grandeur de puissance électrique : tranche nucléaire (\sim 1\text{ GW}), thermique à flamme (\sim 500\text{ MW} - 1\text{ GW}), parc éolien en mer (\sim 100 - 500\text{ MW}).

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Donnons les ordres de grandeur usuels de puissance électrique produite pour chaque installation :

  • Centrale thermique à flamme (charbon, gaz ou fioul) : la puissance électrique d'une tranche ou d'une centrale est typiquement comprise entre quelques centaines de mégawatts et le gigawatt, soit :

    \boxed{\mathcal{P}_{\text{thermique}} \sim 500\text{ MW à } 1\text{ GW} \quad (10^8 \text{ à } 10^9\text{ W})}
  • Tranche de centrale nucléaire (constituée d'un réacteur et de son groupe turbo-alternateur) : les réacteurs du parc français ont des puissances unitaires de 900\text{ MW}, 1\,300\text{ MW} ou 1\,450\text{ MW} (et 1\,650\text{ MW} pour l'EPR), soit :

    \boxed{\mathcal{P}_{\text{nucléaire}} \sim 1\text{ GW} \quad (10^9\text{ W})}
  • Parc éolien en mer (offshore) : une éolienne en mer actuelle délivre une puissance unitaire de l'ordre de 5\text{ à }10\text{ MW}. Un parc regroupant plusieurs dizaines d'éoliennes présente une puissance globale installée de :

    \boxed{\mathcal{P}_{\text{éolien en mer}} \sim 500\text{ MW} \quad (10^8 \text{ à } 10^9\text{ W})}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie renouvelable, intermittence

Quel inconvénient, lié à la production électrique, est associé à l'éolien, terrestre surtout, et au solaire ?

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Mettre en avant l'intermittence temporelle de la ressource météorologique et la difficulté d'adapter la production aux pics de consommation sans stockage.

Appliquer la formule de multiplicité des positions en tenant compte des fractions d'appartenance : 8 \times (1/8) + 6 \times (1/2).

Voir la réponse courte

Les productions éolienne et solaire sont intermittentes et non pilotables car elles dépendent directement de la météo.

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Le principal inconvénient de la production électrique issue de l'éolien et du solaire est son intermittence (ou son caractère aléatoire et non pilotable) :

  • la production dépend directement des conditions météorologiques (vitesse du vent, ensoleillement, nébulosité) ainsi que du cycle jour/nuit (production solaire nulle la nuit) ;
  • cette production ne coïncide pas nécessairement avec les pointes de consommation (par exemple en hiver en début de soirée).

L'électricité ne se stockant pas massivement de façon directe sur le réseau, cette variabilité impose le recours à des moyens de stockage (comme les stations de transfert d'énergie par pompage, STEP) ou à des centrales d'appoint pilotables (hydrauliques, thermiques ou nucléaires) afin d'assurer à tout instant l'équilibre offre-demande.

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Partie II : Centrales hydrauliques en montagne

1 · Grands barrages

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : stockage d'énergie, centrale hydroélectrique

Quel est l'intérêt de pouvoir pomper de l'eau de l'aval à l'amont d'un barrage du point de vue de la production électrique globale d'un pays ?

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Expliquer le principe d'accumulation d'énergie potentielle : absorber les surplus électriques nocturnes à faible coût marginal pour turbiner lors des heures de forte demande.

Multiplier le nombre de sites tétraédriques (8) par le taux d'occupation de 1/8, et le nombre de sites octaédriques (4) par 1/2.

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Une STEP permet de stocker l'électricité excédentaire en heures creuses par pompage et de la restituer lors des pics de consommation.

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L'électricité ne pouvant pas être stockée massivement à l'échelle d'un réseau de transport sans passer par une autre forme d'énergie, l'intérêt du pompage-turbinage (STEP) repose sur plusieurs aspects essentiels :

  • Stockage massif d'énergie : lors des périodes de faible demande (heures creuses : la nuit, les fins de semaine) ou de surproduction (énergies renouvelables intermittentes, nucléaire en base), l'électricité excédentaire et bon marché est utilisée pour pomper l'eau vers la retenue amont, convertissant ainsi l'énergie électrique en énergie potentielle de pesanteur.
  • Écrêtement des pointes de consommation : lors des pics de demande (heures de pointe), l'eau stockée est relâchée dans les conduites forcées pour actionner les turbines. La puissance électrique ainsi restituée est mobilisable en quelques minutes, ce qui compense rapidement le déficit de production.
  • Régulation et stabilité du réseau : le pompage-turbinage garantit à tout instant l'équilibre offre-demande nécessaire au maintien de la fréquence du réseau (50\text{ Hz} en France) et facilite l'intégration des énergies renouvelables intermittentes (éolien, solaire).
\boxed{\text{Une STEP constitue un système de stockage massif d'énergie permettant d'équilibrer le réseau électrique.}}

Résultat

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2 · Projet de centrale 1 MW

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : débit massique, conservation de la masse

Quel est le débit massique maximum dans la conduite après confluence ? Quelle vitesse moyenne peut-on prévoir dans cette conduite au maximum ?

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Utiliser la conservation de la masse pour trouver le débit massique D_m = \rho D_v, puis exprimer la vitesse débitante maximale via D_v = v_2 \pi D_2^2 / 4.

Rassembler les populations ioniques d'une maille élémentaire pour déduire la formule brute minimale, puis appliquer la neutralité électrique globale pour trouver t.

Voir la réponse courte

Débit massique total D_m = \sum D_{m,i}, puis vitesse moyenne d'écoulement via v = D_m / (\rho S).

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D'après le document 2, le débit volumique maximal prélevé est D_v = 0{,}65\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}. L'eau étant considérée comme incompressible de masse volumique \rho = 1{,}0 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, le débit massique maximal dans la conduite après confluence s'écrit :

D_m = \rho D_v

Soit numériquement :

D_m = 1{,}0 \cdot 10^3 \times 0{,}65 = 650\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \approx 7 \cdot 10^2\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{D_m = 650\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \approx 7 \cdot 10^2\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

D'après le document 3, la conduite unique après confluence a pour diamètre intérieur D_2 = 0{,}70\text{ m}. Sa section droite est donc :

S_2 = \frac{\pi D_2^2}{4}

La vitesse moyenne maximale de l'écoulement dans cette conduite vaut alors :

v_2 = \frac{D_v}{S_2} = \frac{4 D_v}{\pi D_2^2}

Numériquement, avec \pi \approx 3{,}14 :

\begin{aligned} S_2 &= \frac{\pi \times (0{,}70)^2}{4} \approx \frac{3{,}14 \times 0{,}49}{4} \approx 0{,}385\text{ m}^2 \\ v_2 &= \frac{0{,}65}{0{,}385} \approx 1{,}69\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{v_2 \approx 1{,}7\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : puissance hydraulique, énergie potentielle

La puissance maximale brute est obtenue en négligeant tout frottement et en prenant un rendement de la turbine et de l'alternateur de 1 : c'est une valeur idéale. À quelle énergie correspond-elle ? Donner l'expression de en fonction des autres caractéristiques de l'écoulement et de . Calculer sa valeur numérique et conclure.

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Calculer le débit d'énergie potentielle de pesanteur maximal cédé par la chute d'eau : \mathscr{P}_{\mathrm{mb}} = \rho D_v g H_{\mathrm{mb}}.

Écrire la condition de tangence cation-anion le long de la demi-arête a/2 pour le site octaédrique et le long de la demi-diagonale du cube a\sqrt{3}/4 pour le site tétraédrique.

Voir la stratégie
  1. Relier la puissance brute à la puissance potentielle de pesanteur fournie par l'écoulement d'eau sous la hauteur de chute brute H_{\mathrm{mb}}.
  2. Exprimer \mathscr{P}_{\mathrm{mb}} en fonction du débit massique D_m (ou volumique D_v), de la masse volumique de l'eau \rho, de g et de H_{\mathrm{mb}}.
  3. Effectuer l'application numérique avec g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et confronter le résultat à la valeur de 4\,356\text{ kW} mentionnée dans le document 2.
Voir la réponse courte

Énergie potentielle disponible g \Delta z, d'où la puissance brute théorique \mathscr{P}_{\mathrm{mb}} = D_m g \Delta z.

Voir le corrigé complet

Dans l'hypothèse d'une conversion intégrale et sans frottement, la puissance maximale brute correspond au débit d'énergie potentielle de pesanteur cédée par la masse d'eau pendant sa chute depuis le niveau d'exploitation jusqu'à la côte de restitution :

E_{\mathrm{mb}} = \Delta E_{\mathrm{pp}} = m g H_{\mathrm{mb}}

où m est la masse d'eau ayant chuté de la hauteur brute H_{\mathrm{mb}}.

Pour un écoulement caractérisé par un débit volumique maximal D_v (soit un débit massique D_m = \rho D_v), la puissance maximale brute associée s'écrit :

\mathscr{P}_{\mathrm{mb}} = \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{mb}}}{\mathrm{d}t} = D_m g H_{\mathrm{mb}} = \rho D_v g H_{\mathrm{mb}}
\boxed{\mathscr{P}_{\mathrm{mb}} = \rho D_v g H_{\mathrm{mb}}}

Application numérique : Avec \rho = 1{,}0\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, D_v = 0{,}65\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}, H_{\mathrm{mb}} = 683{,}20\text{ m} et g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\begin{aligned} \mathscr{P}_{\mathrm{mb}} &= 1{,}0\cdot 10^3 \times 0{,}65 \times 9{,}81 \times 683{,}20 \\ &= 4\,356{,}4\cdot 10^3\text{ W} \approx 4\,356\text{ kW} \end{aligned}

En respectant la consigne d'un chiffre significatif :

\boxed{\mathscr{P}_{\mathrm{mb}} \approx 4\cdot 10^3\text{ kW} = 4\text{ MW}}

Conclusion : Le calcul direct redonne exactement la valeur de 4\,356\text{ kW} annoncée dans le document 2. Cette puissance brute est une borne supérieure théorique : en pratique, la puissance disponible est réduite par les pertes de charge dans la conduite forcée ainsi que par les rendements de la turbine Pelton et de l'alternateur, d'où une puissance maximale disponible annoncée plus faible (\mathscr{P}_{\mathrm{md}} = 3\,380\text{ kW}, soit un rendement global d'environ 78\,\%).

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : viscosité, frottement visqueux

Rappeler la nature du phénomène auquel est liée.

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Rappeler que la viscosité dynamique traduit le transport microscopique diffusif de quantité de mouvement entre filets fluides adjacents animés de vitesses différentes.

Confronter les rayons effectifs aux dimensions maximales calculées et justifier l'écart par l'absence de tangence directe entre anions oxyde.

Voir la réponse courte

La viscosité traduit les frottements internes dus aux transferts microscopiques de quantité de mouvement entre couches de fluide.

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La viscosité dynamique \eta est liée au phénomène de transport diffusionnel de quantité de mouvement au sein du fluide.

À l'échelle microscopique, l'agitation thermique et les interactions moléculaires transfèrent de la quantité de mouvement entre couches de fluide se déplaçant à des vitesses différentes.

À l'échelle macroscopique, ce phénomène se traduit par des forces de frottement visqueux (ou contraintes de cisaillement) s'opposant au mouvement relatif des couches de fluide, responsables d'une dissipation d'énergie mécanique sous forme de chaleur.

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, viscosité

Par une analyse dimensionnelle, retrouver cette unité.

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Poser l'analyse dimensionnelle à partir de la force volumique de cisaillement [f_v] = [\eta] [v] / L^2 pour vérifier que 1\text{ Pl} = 1\text{ Pa}\cdot\text{s}.

Exprimer la masse volumique comme le quotient de la masse des atomes de la maille par le volume cubique a^3, en faisant intervenir la constante d'Avogadro.

Voir la stratégie

Pour retrouver la dimension et l'unité de la viscosité dynamique \eta :

  1. Exprimer la dimension de chaque terme intervenant dans la relation donnée par l'énoncé : \vec{f}_v = -\eta\,\Delta\vec{v}.
  2. En déduire la dimension [\eta], puis la comparer à la dimension d'une pression [P] pour identifier l'unité correspondante.
Voir la réponse courte

Loi de cisaillement de Newton \tau = \eta \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}y} : [\eta] = \mathrm{Pa}\cdot\mathrm{s} = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{s}^{-1}.

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D'après l'énoncé, la force visqueuse par unité de volume s'écrit \vec{f}_v = -\eta\,\Delta\vec{v}.

  • \vec{f}_v est une force par unité de volume :

    [f_v] = \frac{[F]}{[V]} = \frac{\mathrm{M\cdot L\cdot T^{-2}}}{\mathrm{L^3}} = \mathrm{M\cdot L^{-2}\cdot T^{-2}}
  • Le laplacien vectoriel \Delta\vec{v} correspond spatialement à une dérivée seconde d'une vitesse :

    [\Delta\vec{v}] = \frac{[v]}{\mathrm{L^2}} = \frac{\mathrm{L\cdot T^{-1}}}{\mathrm{L^2}} = \mathrm{L^{-1}\cdot T^{-1}}

On en déduit la dimension de la viscosité dynamique :

[\eta] = \frac{[f_v]}{[\Delta\vec{v}]} = \frac{\mathrm{M\cdot L^{-2}\cdot T^{-2}}}{\mathrm{L^{-1}\cdot T^{-1}}} = \mathrm{M\cdot L^{-1}\cdot T^{-1}}

Par ailleurs, une pression P correspond à une force surfacique, de dimension :

[P] = \frac{[F]}{[S]} = \frac{\mathrm{M\cdot L\cdot T^{-2}}}{\mathrm{L^2}} = \mathrm{M\cdot L^{-1}\cdot T^{-2}}

On constate immédiatement que :

[\eta] = [P] \cdot \mathrm{T}

L'unité de viscosité dynamique du Système International faisant intervenir la pression est donc le pascal-seconde (\mathrm{Pa\cdot s}).

\boxed{1\text{ Pl} = 1\text{ Pa}\cdot\text{s}}

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds, écoulement turbulent

Que représente la grandeur dans cette expression pour le problème traité ? Donner l'ordre de grandeur du nombre de Reynolds associé à l'écoulement du fluide dans la conduite forcée après confluence. Que peut-on en déduire ?

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Prendre le diamètre intérieur de la conduite D_2 comme longueur caractéristique, évaluer R_e et conclure à un régime pleinement turbulent (R_e \gg 2000).

Poser la vitesse volumique de réaction sous la forme différentielle v = k\,[\mathrm{A}]^\alpha\,[\mathrm{HCrO}_4^-]^\beta\,[\mathrm{H}^+]^\gamma.

Voir la réponse courte

La dimension caractéristique est le diamètre intérieur \ell = D ; Re \gg 2000, l'écoulement dans la conduite est pleinement turbulent.

Voir le corrigé complet
  • La grandeur \ell représente la dimension caractéristique transversale de l'écoulement. Pour l'écoulement en conduite circulaire, il s'agit du diamètre intérieur de la conduite après confluence :

    \ell = D_2 = 0{,}70\text{ m}.
  • La grandeur \mu désignant la masse volumique de l'eau (\mu = \rho \approx 1{,}0\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}), calculons le nombre de Reynolds avec les valeurs issues de la question précédente (v \approx 1{,}7\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \eta = 1{,}0\cdot 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}) :

    R_e = \frac{\mu \, D_2 \, v}{\eta} = \frac{1{,}0\cdot 10^3 \times 0{,}70 \times 1{,}7}{1{,}0\cdot 10^{-3}} \approx 1{,}2\cdot 10^6.

    En ne conservant qu'un seul chiffre significatif :

    \boxed{R_e \sim 10^6}
  • Pour un écoulement dans une conduite cylindrique, le seuil critique de transition entre écoulement laminaire et turbulent est de l'ordre de R_{e,\mathrm{c}} \approx 2\,000. Comme ici R_e \gg 2\,000, on en déduit que :

    \boxed{\text{L'écoulement est pleinement turbulent.}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : perte de charge régulières, perte de charge singulières

De quoi s'agit-il pour chacune de ces pertes ?

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Distinguer les pertes de charge régulières réparties sur toute la longueur de la canalisation des pertes singulières localisées dues aux singularités géométriques.

Justifier la constance des concentrations en \mathrm{A} et \mathrm{H}^+ au cours de la transformation en comparant les quantités initiales à celle du réactif minoritaire.

Voir la réponse courte

Pertes régulières réparties le long des tuyaux par frottement visqueux ; pertes singulières localisées dues aux accidents géométriques (coudes, vannes).

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Les pertes de charge représentent la dissipation irréversible d'énergie mécanique du fluide sous forme d'énergie thermique (liée aux frottements visqueux et aux turbulences), exprimée ici sous la forme d'une hauteur d'eau équivalente en mètres de colonne d'eau :

  • Pertes de charge linéaires (ou régulières) : il s'agit des pertes réparties de façon continue tout au long des tronçons rectilignes de section constante de la conduite. Elles résultent du frottement visqueux au sein du fluide et du frottement contre la paroi rugueuse de la conduite forcée.
  • Pertes de charge accidentelles (ou singulières / localisées) : il s'agit des pertes localisées au niveau des singularités géométriques de la conduite (coudes, bifurcations, vannes, réductions ou élargissements de section, entonnements). Elles sont provoquées par les décollements de la couche limite, les recirculations et la création de tourbillons turbulents induits par ces changements de géométrie.
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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : analyse dimensionnelle, équation de darcy-weisbach

Quelle est la dimension du coefficient utilisé dans l'équation de Darcy-Weisbach ?

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Vérifier l'homogénéité de la formule de Darcy-Weisbach où \Delta H s'exprime en mètres de fluide pour établir que le facteur de frottement \lambda est sans dimension.

Poser v = -\frac{1}{2}\frac{\mathrm{d}[\mathrm{HCrO}_4^-]}{\mathrm{d}t} = k_1[\mathrm{HCrO}_4^-]^\beta, intégrer pour un ordre 1 et exploiter la pente de la droite \ln[\mathrm{HCrO}_4^-] = f(t).

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Dans l'équation de Darcy-Weisbach \Delta P = \lambda \frac{L}{D}\frac{\rho v^2}{2}, le facteur \lambda est un nombre adimensionné.

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L'équation de Darcy-Weisbach donnée dans le document 3 s'écrit :

\Delta H_{\mathrm{pcl}} = \lambda \, \frac{L}{D} \, \frac{v^2}{2g}

Analysons la dimension de chacun des termes intervenant dans cette relation :

  • la perte de charge \Delta H_{\mathrm{pcl}} est une hauteur de colonne de fluide, homogène à une longueur : [\Delta H_{\mathrm{pcl}}] = \mathrm{L} ;
  • le rapport L/D est le quotient de deux longueurs, il est donc sans dimension : [L/D] = 1 ;
  • le terme cinétique \dfrac{v^2}{2g} a pour dimension :

    \left[ \frac{v^2}{2g} \right] = \frac{[v]^2}{[g]} = \frac{(\mathrm{L\cdot T^{-1}})^2}{\mathrm{L\cdot T^{-2}}} = \frac{\mathrm{L^2\cdot T^{-2}}}{\mathrm{L\cdot T^{-2}}} = \mathrm{L}

Par homogénéité de la formule :

[\Delta H_{\mathrm{pcl}}] = [\lambda] \times \left[\frac{L}{D}\right] \times \left[\frac{v^2}{2g}\right] \implies \mathrm{L} = [\lambda] \times 1 \times \mathrm{L}

On en déduit que :

\boxed{[\lambda] = 1}

Le coefficient de perte de charge linéaire \lambda (aussi appelé coefficient de frottement de Darcy) est donc une grandeur adimensionnée (sans dimension).

Résultat

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : relation de bernoulli, écoulement stationnaire

Rappeler la relation de Bernoulli pour un fluide parfait incompressible en écoulement stationnaire.

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Énoncer la constance de la charge totale H = \frac{P}{\rho g} + \frac{v^2}{2g} + z le long d'une ligne de courant pour un écoulement parfait incompressible stationnaire.

Montrer que les ions hydronium demeurent en large excès devant les deux autres réactifs dans le mélange réactionnel du tableau 2.

Voir la réponse courte

Le long d'une ligne de courant : P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho g z = \text{cste}.

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Pour un fluide parfait (viscosité négligée), incompressible et homogène (masse volumique \rho constante), en écoulement stationnaire dans le champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\,\vec{u}_z, la quantité appelée charge est conservée le long d'une même ligne de courant :

\boxed{P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho g z = \text{cte}}

où :

  • P est la pression statique locale ;
  • v est la vitesse locale du fluide ;
  • z est l'altitude repérée sur un axe vertical ascendant.

En divisant par \rho g, cette relation s'exprime de manière équivalente sous forme de hauteur de charge H (homogène à une longueur, exprimée en mètres de colonne de fluide) :

\boxed{\frac{P}{\rho g} + \frac{v^2}{2g} + z = H = \text{cte}}

Résultat

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : relation de bernoulli, perte de charge

Comment tient-on compte des pertes de charges précédentes dans la relation précédente, l'eau étant considérée comme un fluide newtonien ?

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Retrancher la somme des pertes de charge régulières et singulières au bilan de charge entre l'amont et l'aval : H_1 - H_2 = \Delta H_{\mathrm{pc}}.

Observer le rapport stœchiométrique a'/b' = 3/2 pour relier à tout instant [\mathrm{A}] à [\mathrm{HCrO}_4^-] et factoriser la loi de vitesse.

Voir la réponse courte

Prise en compte de la dissipation : \left(P_1 + \frac{1}{2}\rho v_1^2 + \rho g z_1\right) - \left(P_2 + \frac{1}{2}\rho v_2^2 + \rho g z_2\right) = \rho g \Delta H_{\mathrm{pc}}.

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Pour un fluide réel newtonien, la viscosité engendre des frottements internes et vis-à-vis des parois, responsables d'une dissipation d'énergie mécanique en énergie thermique. La charge totale H n'est donc plus conservée : elle décroît strictement dans le sens de l'écoulement.

Entre une section amont (1) et une section aval (2), en l'absence de machine hydraulique (pompe ou turbine) entre ces deux sections, la relation de Bernoulli généralisée s'écrit sous forme de hauteurs de fluide (en mètres de colonne d'eau) :

\boxed{H_1 - H_2 = \Delta H_{\mathrm{pc}} \iff \left(\frac{P_1}{\rho g} + \frac{v_1^2}{2g} + z_1\right) - \left(\frac{P_2}{\rho g} + \frac{v_2^2}{2g} + z_2\right) = \Delta H_{\mathrm{pc}}}

où \Delta H_{\mathrm{pc}} = \Delta H_{\mathrm{pcl}} + \Delta H_{\mathrm{pca}} > 0 représente la perte de charge totale entre l'amont et l'aval, somme des pertes de charge régulières (ou linéaires) et singulières (ou accidentelles).

Exprimée en termes de pression volumique (en pascals), cette relation équivaut à :

\left(P_1 + \frac{1}{2}\rho v_1^2 + \rho g z_1\right) - \left(P_2 + \frac{1}{2}\rho v_2^2 + \rho g z_2\right) = \rho g \Delta H_{\mathrm{pc}} = \Delta P_{\mathrm{pc}}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : rugosité, équation de darcy-weisbach

Quelle est la valeur de correspondant à l'écoulement dans la conduite après confluence ? Que peut-on en déduire sur la valeur de ? Commenter.

Voir l'indice

Repérer sur l'abaque de Moody l'intersection entre le plateau horizontal \lambda = 0{,}03 et l'abscisse du Reynolds calculé pour déterminer la rugosité relative e/D puis e.

Intégrer la loi cinétique d'ordre 2 pour \alpha=1, faire le lien avec l'avancement via [\mathrm{Cr}^{3+}] et identifier le coefficient directeur du graphe 2.

Voir la stratégie
  1. Situer le point de fonctionnement sur l'abaque de Moody (figure 1) à partir de \lambda = 0{,}03 et du nombre de Reynolds déterminé à la question Q.8 (R_e \approx 10^6).
  2. Lire la valeur de la rugosité relative e/D sur l'échelle de droite.
  3. En déduire la rugosité absolue e sachant que le diamètre de la conduite après confluence est D_2 = 0{,}70\text{ m}, puis commenter la valeur obtenue.
Voir la réponse courte

Lecture sur le diagramme de Moody de la rugosité relative e/D connaissant \lambda et Re, d'où la rugosité absolue e.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q.8, le nombre de Reynolds dans la conduite après confluence est de l'ordre de R_e \approx 1{,}2\cdot 10^6 \approx 10^6. Le constructeur indique un coefficient de perte de charge linéaire \lambda = 0{,}03.

Sur l'abaque de Moody (figure 1) :

  • en abscisse, on se place à R_e \approx 10^6 ;
  • en ordonnée à gauche, on repère la valeur \lambda = 0{,}03.

À l'intersection de ces deux coordonnées, la courbe correspondante atteint son palier horizontal (régime turbulent rugueux) et conduit, sur l'échelle de droite, à la valeur de la rugosité relative :

\boxed{\frac{e}{D} \approx 5\cdot 10^{-3} = 0{,}005}

Le diamètre de la conduite après confluence étant D_2 = 0{,}70\text{ m}, la rugosité absolue e vaut :

\begin{aligned} e &= \left(\frac{e}{D}\right) D_2 \\ e &= 0{,}005 \times 0{,}70 = 3{,}5\cdot 10^{-3}\text{ m} \end{aligned}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{e \approx 4\text{ mm}}

Commentaire :

  • La valeur obtenue (e \approx 3{,}5\text{ mm}) est bien supérieure à la rugosité d'une conduite neuve en acier lisse (typiquement de l'ordre de 0{,}05 à 0{,}1\text{ mm}). Elle est caractéristique d'une conduite en acier corrodé, d'une paroi en béton ou en fonte brute.
  • Ce choix de valeur par le constructeur intègre vraisemblablement une marge de sécurité vis-à-vis du vieillissement de la conduite (entartrage, encrassement et corrosion au fil du temps).
  • Par ailleurs, à ce nombre de Reynolds élevé (R_e \approx 10^6), le point se situe sur la partie horizontale des courbes de Moody : le régime est turbulent totalement rugueux, où \lambda devient indépendant de R_e et ne dépend plus que de la rugosité relative e/D.

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : travail indiqué massique, bilan d'énergie

Estimer littéralement le travail indiqué massique de l'ensemble turbine-alternateur de cette installation dans le cas d'un fonctionnement en régime maximum. Comparer numériquement à l'énergie massique disponible et conclure.

Voir l'indice

Associer le travail massique théorique récupérable à la chute nette |w_i| = g H_{\mathrm{nette}}, puis le confronter au ratio de puissance électrique disponible e_{\mathrm{md}} = \mathscr{P}_{\mathrm{md}} / D_m.

Former le rapport des deux constantes apparentes k_1 et k_2 pour déterminer \gamma, puis déduire l'unité de k à partir de l'ordre global 4.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe pour un système ouvert (relation de Bernoulli généralisée avec machine) entre la prise d'eau amont et la restitution aval afin d'exprimer le travail indiqué massique |w_i| échangé par le fluide avec la turbine en fonction de la hauteur de chute nette.
  2. Exprimer et calculer l'énergie massique disponible e_{\mathrm{md}} issue de la puissance maximale disponible \mathscr{P}_{\mathrm{md}} fournie par l'exploitant.
  3. Comparer les deux grandeurs pour en déduire et commenter le rendement global de l'ensemble turbine-alternateur.
Voir la réponse courte

Bilan avec travail indiqué massique : w_i = g\Delta z - g\Delta H_{\mathrm{pc}} - \frac{v_s^2}{2}, puis comparaison à g\Delta z.

Voir le corrigé complet

Considérons l'écoulement stationnaire de l'eau (masse volumique \rho = 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}) entre la surface libre de la retenue amont (1) et le point de restitution à l'air libre (2). Les vitesses aux surfaces libres sont négligeables et les pressions sont égales à la pression atmosphérique (P_1 = P_2 = P_{\mathrm{atm}}).

La relation de Bernoulli généralisée avec échanges de travail et pertes de charge s'écrit :

(z_1 - z_2) g + w_i = g\,\Delta H_{\mathrm{pc}}

où w_i est le travail massique indiqué reçu par le fluide (w_i < 0 car le fluide est moteur et cède du travail à la turbine). Le travail massique extrait par la turbine est donc :

|w_i| = g(H_{\mathrm{mb}} - \Delta H_{\mathrm{pc}}) = g H_{\mathrm{nette}}

avec H_{\mathrm{nette}} = 650{,}00\text{ m} d'après le document 3.

Numériquement, en prenant g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} (ou 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}) :

|w_i| = 9{,}81 \times 650{,}00 \approx 6{,}38\cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} \approx 6{,}4\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
\boxed{|w_i| = g H_{\mathrm{nette}} \approx 6\cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}}

D'après le document 2, la puissance électrique maximale disponible au réseau est \mathscr{P}_{\mathrm{md}} = 3380\text{ kW} pour un débit massique maximal D_m = \rho D_v = 650\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} (établi à la question Q.4). L'énergie électrique massique disponible s'écrit :

e_{\mathrm{md}} = \frac{\mathscr{P}_{\mathrm{md}}}{D_m}

Numériquement :

e_{\mathrm{md}} = \frac{3\,380\cdot 10^3}{650} \approx 5{,}2\cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} \approx 5\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
\boxed{e_{\mathrm{md}} \approx 5\cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}}

Comparaison et conclusion : L'énergie massique disponible e_{\mathrm{md}} est inférieure au travail hydraulique massique disponible |w_i|. Le rapport définit le rendement de conversion électromécanique de l'ensemble turbine Pelton et alternateur :

\eta = \frac{e_{\mathrm{md}}}{|w_i|} = \frac{5{,}2\cdot 10^3}{6{,}38\cdot 10^3} \approx 0{,}82 = 82\%

Ce rendement de l'ordre de 80\% est tout à fait typique et satisfaisant pour une installation hydroélectrique de cette échelle, tenant compte des rendements hydrauliques de la turbine Pelton et des pertes mécaniques et électriques de l'alternateur.

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Partie III : Centrale solaire thermique

1 · Centrale Thémis

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : flux lumineux, surface efficace

Les héliostats suivent la course du soleil pour ramener le maximum de puissance solaire vers la chaudière. On note la puissance maximale captée par un héliostat au cours de la journée. Il se produit cependant une perte de surface efficace lorsque le miroir n'est pas pratiquement aligné avec la tour et le soleil. Cet effet est appelé effet cosinus. Expliquer ce nom.

Voir l'indice

Considérer l'orientation du miroir : la surface efficace interceptant le faisceau solaire direct est modulée par le cosinus de l'angle d'incidence par rapport à la normale.

Appliquer la loi de Hess pour l'enthalpie standard de réaction et calculer la variation d'entropie standard à 1300\text{ K} à partir des grandeurs tabulées.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la loi de Snell-Descartes pour la réflexion afin de déterminer l'orientation de la normale au miroir par rapport aux directions du Soleil et de la tour.
  2. Exprimer géométriquement la surface projetée (ou surface apparente) du miroir perpendiculaire au rayonnement incident en fonction de l'angle d'incidence \theta.
  3. En déduire le flux solaire intercepté et justifier la dénomination d'« effet cosinus ».
Voir la réponse courte

La section efficace de captation du miroir varie comme le cosinus de l'angle d'incidence par rapport à la normale.

Voir le corrigé complet

Pour rediriger le rayonnement solaire incident vers la chaudière au sommet de la tour, la normale \vec{n} au miroir plan doit être orientée selon la bissectrice de l'angle entre la direction d'incidence des rayons solaires et la direction de la tour (d'après la loi de Snell-Descartes de la réflexion).

Soit \theta l'angle d'incidence entre les rayons solaires et la normale \vec{n} au miroir. L'angle entre la direction du Soleil et celle de la tour est donc égal à 2\theta.

La puissance solaire interceptée par le miroir dépend de sa surface projetée orthogonalement aux rayons incidents, appelée surface efficace :

S_{\text{eff}} = S \cos\theta

Le flux thermique capté par un héliostat de surface physique S s'écrit alors :

\boxed{\Phi = \Phi_{\mathrm{S}}\, S \cos\theta}

Puisque \theta > 0 dès que le Soleil, le miroir et la tour ne sont pas alignés, on a \cos\theta < 1. La puissance captée et renvoyée est ainsi réduite par le facteur géométrique \cos\theta, ce qui justifie l'appellation d'effet cosinus.

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rendement, centrale solaire

La puissance électrique maximale que pouvait produire Thémis était indiquée à . Déterminer une expression littérale pour le rendement qu'avait alors la centrale.

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Écrire le rendement sous la forme du quotient de la puissance électrique maximale P_e par le flux solaire total reçu par l'ensemble des N héliostats de surface S.

Discuter de l'influence de la température via la relation de van 't Hoff pour une réaction endothermique et envisager l'élimination continue de la vapeur d'eau formée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance solaire totale maximale incidente reçue par l'ensemble des N héliostats en l'absence de pertes géométriques (ou à incidence normale).
  2. Établir le rendement maximal r_{\max} comme le rapport de la puissance électrique maximale produite P_{\mathrm{e}} sur la puissance solaire maximale disponible.
  3. Réaliser l'application numérique avec 1 chiffre significatif conformément aux consignes générales.
Voir la réponse courte

Rendement global r_{\max} = P_e / \Phi_{\mathrm{tot}}, avec \Phi_{\mathrm{tot}} le flux solaire total incident sur le champ de miroirs.

Voir le corrigé complet

Le rendement global maximal de la centrale solaire correspond au rapport de la puissance électrique maximale produite P_{\mathrm{e}} sur la puissance radiative solaire maximale incidente sur l'ensemble du champ d'héliostats :

r_{\max} = \frac{P_{\mathrm{e}}}{P_{\mathrm{solaire, max}}}

Le champ est constitué de N héliostats de surface unitaire S, recevant un flux surfacique solaire direct \Phi_{\mathrm{S}} mesuré perpendiculairement aux rayons solaires. En considérant la puissance maximale captée par héliostat \Phi_h = \Phi_{\mathrm{S}} S (cas idéal où les rayons sont normaux au plan du miroir), la puissance solaire maximale incidente totale s'écrit :

P_{\mathrm{solaire, max}} = N \Phi_h = N S \Phi_{\mathrm{S}}

On en déduit l'expression littérale du rendement maximal de la centrale :

\boxed{r_{\max} = \frac{P_{\mathrm{e}}}{N S \Phi_{\mathrm{S}}} = \frac{P_{\mathrm{e}}}{N \Phi_h}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • P_{\mathrm{e}} = 2{,}5\text{ MW} = 2{,}5\cdot 10^6\text{ W} ;
  • N = 201 ;
  • S = 54\text{ m}^2 ;
  • \Phi_{\mathrm{S}} = 1{,}0\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2} = 1{,}0\cdot 10^3\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}.

La puissance solaire incidente maximale est :

P_{\mathrm{solaire, max}} = 201 \times 54 \times 1{,}0\cdot 10^3 \approx 1{,}09\cdot 10^7\text{ W} \approx 11\text{ MW}

D'où le rendement maximal :

r_{\max} = \frac{2{,}5\cdot 10^6}{1{,}09\cdot 10^7} \approx 0{,}23

Avec un chiffre significatif :

\boxed{r_{\max} \approx 0{,}2 = 20\%}

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : stockage thermique, chaleur latente

En quoi l'utilisation de sels fondus à haute température ou de fluides utilisés avec leur phase solide à haut point de fusion peut pallier l'intermittence de la source d'énergie utilisée dans les centrales solaires ?

Voir l'indice

Exploiter l'importante enthalpie de changement d'état ou la capacité thermique sensible de ces matériaux pour accumuler la chaleur le jour et la restituer lors des creux d'insolation.

Rappeler \Delta_r G^\circ = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ, juger de la spontanéité selon le signe de \Delta_r G^\circ, puis relier à la constante d'équilibre via \Delta_r G^\circ = -RT\ln K^\circ.

Voir la stratégie
  1. Identifier la problématique : la ressource solaire est par nature intermittente (alternance jour/nuit, passages nuageux), ce qui pose un problème d'adéquation entre production et demande d'électricité.
  2. Expliquer les deux modes de stockage thermique mis en jeu :

    • le stockage par chaleur sensible dans les sels fondus liquides à haute température ;
    • le stockage par chaleur latente via la transition solide-liquide (matériaux à changement de phase, MCP).
  3. Décrire le principe de fonctionnement du cycle charge/décharge permettant d'assurer la continuité de service.
Voir la réponse courte

Les sels fondus accumulent une importante énergie sous forme de chaleur sensible ou latente, restituée en l'absence d'ensoleillement.

Voir le corrigé complet

L'énergie solaire présente une intermittence temporelle (nuit, passage de nuages) et des variations au cours de la journée, alors que la demande sur le réseau électrique nécessite une production pilotable et continue. L'utilisation de ces milieux permet d'assurer un stockage thermique intermédiaire entre la captation solaire et le cycle thermodynamique :

  • Stockage sous forme de chaleur sensible (sels fondus à haute température) :
    Les mélanges de sels (ex. nitrates de sodium et de potassium) restent liquides sur une large plage de températures (typiquement de 250\text{ \textdegree C} à 550\text{ \textdegree C} ou plus) sous pression atmosphérique, avec une capacité thermique volumique élevée. En période d'ensoleillement, le fluide est chauffé par le flux concentré ; l'énergie emmagasinée vaut :

    Q = m\, c\,\Delta T
  • Stockage sous forme de chaleur latente (matériaux à changement de phase solide-liquide) :
    Lorsqu'un matériau fond à haute température, il absorbe son enthalpie de fusion à température constante :

    Q = m\, L_{\mathrm{f}}

    Ce procédé offre une densité énergétique de stockage particulièrement élevée et permet de restituer la chaleur à température isotherme fixée par le point de fusion.

Compensation de l'intermittence :

  • En période d'excédent solaire (jour) : une partie de l'énergie thermique collectée sert à produire de l'électricité, tandis que le surplus est stocké dans ces accumulateurs thermiques (chauffage des sels ou fusion du milieu solide).
  • En période de déficit ou d'absence d'ensoleillement (nuit, nébulosité) : la chaleur accumulée est restituée par refroidissement des sels ou solidification du milieu au fluide caloporteur alimentant la turbine.
\boxed{\text{Ce stockage thermique découple la captation solaire de la génération électrique et assure une production continue et pilotable.}}

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Banque PT Physique B PT 2023 ?

Surtout 4 chapitres : Machines thermiques et systèmes ouverts (18 % des questions, parties I et III), Mécanique des fluides (17 %, partie II), Thermodynamique chimique et équilibres (13 %, partie C) et Oxydoréduction et électrochimie (13 %, parties D et F). Plus ponctuellement : Atomistique, liaisons et cristallographie, Cinétique chimique, Réactions en solution aqueuse : acide-base, précipitation, complexation, Premier et second principes de la thermodynamique, Diffusion thermique et diffusion de particules…

Peut-on travailler le sujet Banque PT Physique B PT 2023 dès la première année (PTSI) ?

En partie : 20 questions sur 66 (30 %) ne demandent que le programme de PTSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 (partie I) et Q2 (partie I)), la partie E en entier (Q26 (partie Partie E) à Q30 (partie Partie E)) et la sous-partie III.1 (Q15 (partie III) à Q17 (partie III)). Avec les autres programmes de première année : 37 en MPSI, 38 en PCSI, 27 en MP2I, 28 en TSI1 et 29 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Banque PT Physique B PT 2023 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie III est la plus longue (environ 55 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Banque PT Physique B PT 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q14 (partie II) (travail indiqué massique) et Q13 (partie Partie B) (ordre global).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Banque PT Physique B PT 2023 ?

Questions de cours : Q1 (partie I) (ordre de grandeur), Q6 (partie II) (viscosité), Q9 (partie II) (perte de charge régulières), Q10 (partie II) (analyse dimensionnelle), Q11 (partie II) (relation de bernoulli), Q12 (partie II) (relation de bernoulli), Q19 (partie III) (relation de mayer), Q23 (partie III) (premier principe)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q20 (partie III) (cycle de brayton), Q26 (partie III) (loi de laplace), Q7 (partie Partie A) (masse volumique), Q10 (partie Partie B) (vitesse de disparition), Q22 (partie Partie D) (formule de nernst) et Q36 (partie Partie F) (potentiel mixte).

Où gagner des points facilement dans le sujet Banque PT Physique B PT 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (62 sur 66), par exemple : Q1 (partie I) à Q13 (partie II), Q15 (partie III) à Q19 (partie III), Q21 (partie III) à Q11 (partie Partie B) et Q14 (partie Partie B) à Q36 (partie Partie F). Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q12 (partie Partie B) et Q13 (partie Partie B).

Le sujet Banque PT Physique B PT 2023 était-il difficile ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury indique privilégier l'évaluation de notions simples en chimie, mais qualifie le problème de thermodynamique de sélectif ; les deux parties ont donné lieu à d'excellentes copies comme à de nombreuses erreurs de rigueur ou d'homogénéité.

Quelle hauteur de chute considérer pour le calcul en Q14 (partie II) ?

La hauteur de chute nette H_{\mathrm{nette}} = 650{,}00\text{ m}. La turbine reçoit l'eau après son passage dans la conduite forcée : l'ensemble des pertes de charge régulières et singulières est déjà déduit de la charge disponible, à la différence de la hauteur brute H_{\mathrm{mb}}.

Comment calculer le rayon d'insertion maximal dans la maille en Q5 (partie Partie A) ?

En utilisant le paramètre de maille a et non les règles d'habitabilité usuelles. Les anions \mathrm{O}^{2-} n'étant pas tangents selon l'énoncé, les rapports d'habitabilité classiques ne s'appliquent pas : on calcule les rayons par projection géométrique, soit r_{\mathrm{oct}} = a/2 - r(\mathrm{O}^{2-}) et r_{\mathrm{tet}} = a\sqrt{3}/4 - r(\mathrm{O}^{2-}).

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