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Corrigé détaillé E3A Physique Chimie MP 2021 (page 3/3 : Parties II et III)

Mission prolongée pour la sonde Juno

  • 46 questions corrigées
  • Sujet moyen
  • Faisable en MPSI : 28 questions sur 46, parties Partie I.I.1, Partie I.I.2 et Partie II.II.2
  • Vérifié question par question

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie Partie II : Électronique embarquée dans la sonde

II.1 · Traitement thermique de cartes électroniques

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de la chaleur, conduction thermique

À l'aide d'un bilan d'énergie effectué sur un système à préciser, déterminer la température qui règne dans la plaque en fonction des données ci-dessus.

Voir l'indice

Effectuer un bilan thermique sur une tranche élémentaire de plaque comprise entre x et x+\mathrm{d}x en régime permanent sans source interne.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé constitué par une tranche élémentaire de la plaque entre les abscisses x et x + \mathrm{d}x.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire et en l'absence de source volumique de chaleur afin d'établir l'équation différentielle vérifiée par la température.
  3. Intégrer cette équation en utilisant la loi de Fourier et les conditions aux limites aux interfaces en x = 0 et x = e.
Voir la réponse courte

Bilan thermique en régime stationnaire 1D : \mathrm{d}^2T/\mathrm{d}x^2 = 0, d'où profil affine T(x).

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par la tranche de plaque indéformable comprise entre les sections planes d'abscisses x et x + \mathrm{d}x, d'épaisseur \mathrm{d}x et de surface S orthogonale à l'axe (Ox).

Le problème est unidimensionnel selon l'axe (Ox), de sorte que la température ne dépend que de x : T(x). En régime stationnaire, l'énergie interne U du système est constante au cours du temps, soit \dfrac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = 0.

Le bilan de puissance thermique sur cette tranche élémentaire, en l'absence de source interne d'énergie, s'écrit :

\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = \Phi(x) - \Phi(x + \mathrm{d}x) = 0

où \Phi(x) est le flux thermique algébrique traversant la section S à l'abscisse x dans le sens de \vec{u}_x.

Or, d'après la loi de Fourier unidimensionnelle, le vecteur densité de courant thermique est :

\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x) = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\,\vec{u}_x

Le flux thermique à travers la section orientée S\vec{u}_x s'exprime donc par :

\Phi(x) = \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x) \cdot (S\vec{u}_x) = -\lambda S \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}

La conservation du flux thermique impose :

\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}x} = 0 \implies -\lambda S \frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}x^2} = 0

La conductivité thermique \lambda étant uniforme et non nulle, il vient :

\frac{\mathrm{d}^2 T}{\mathrm{d}x^2} = 0

Par intégration successive, le profil de température est linéaire :

T(x) = A\,x + B

où A et B sont des constantes déterminées par la continuité de la température aux limites :

  • en x = 0, T(0) = T_1 \implies B = T_1 ;
  • en x = e, T(e) = T_2 \implies A\,e + T_1 = T_2 \implies A = \dfrac{T_2 - T_1}{e}.

On en déduit l'expression du profil de température dans la plaque :

\boxed{T(x) = T_1 + \frac{T_2 - T_1}{e}\,x}

Résultat

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Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : loi de fourier, flux thermique

Calculer la puissance thermique transférée depuis le milieu 1 vers le milieu 2 à travers la plaque.

Voir l'indice

Intégrer le flux thermique \mathscr{P} = j_{\text{th}} S = -\lambda S \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} à travers la section S.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance thermique (ou flux thermique) \mathscr{P}_{1\to 2} à travers la section S à l'aide de la loi de Fourier.
  2. Utiliser le gradient de température \dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} obtenu à la question précédente (Q29) pour exprimer \mathscr{P}_{1\to 2} en fonction des données (\lambda, S, e, T_1, T_2).
Voir la réponse courte

Application de la loi de Fourier : \mathscr{P}_{1\to 2} = \lambda S (T_1 - T_2)/e.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Fourier, le vecteur densité de courant thermique dans la plaque s'écrit :

\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x) = -\lambda\,\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\,\vec{u}_x

La puissance thermique transférée depuis le milieu 1 (x < 0) vers le milieu 2 (x > e) correspond au flux du vecteur \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} à travers une section plane d'aire S orientée selon \vec{u}_x :

\mathscr{P}_{1\to 2} = \iint_{S} \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(x) \cdot \vec{u}_x\,\mathrm{d}S = -\lambda\,S\,\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}

D'après le profil linéaire de température établi à la question Q29, T(x) = T_1 + \dfrac{T_2 - T_1}{e}\,x, la dérivée spatiale est constante et vaut :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} = \frac{T_2 - T_1}{e}

En injectant cette relation dans l'expression de la puissance thermique, on obtient :

\mathscr{P}_{1\to 2} = -\lambda\,S\,\frac{T_2 - T_1}{e} = \frac{\lambda S}{e}\,(T_1 - T_2)
\boxed{\mathscr{P}_{1\to 2} = \frac{\lambda S}{e}\,(T_1 - T_2)}

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : résistance thermique

Après avoir effectué une analogie précise avec l'électrocinétique, montrer que l'expression obtenue à la question précédente permet de définir une résistance thermique et l'exprimer en fonction de , et .

Voir l'indice

Faire l'analogie entre T_1 - T_2 (tension électrique), \mathscr{P} (courant électrique) et identifier la résistance thermique R_{\text{th}}.

Voir la stratégie
  1. Établir la correspondance terme à terme entre les grandeurs thermiques de conduction et les grandeurs de conduction électrique régies par la loi d'Ohm.
  2. Identifier la relation liant la différence de température au flux thermique sous la forme d'une loi d'Ohm thermique pour en déduire l'expression de la résistance thermique R_{\mathrm{th}}.
Voir la réponse courte

Analogie avec la loi d'Ohm U = RI avec \Delta T = R_{\text{th}} \mathscr{P}, d'où R_{\text{th}} = e/(\lambda S).

Voir le corrigé complet

En électrocinétique, un conducteur ohmique parcouru par une intensité électrique I du potentiel V_1 vers le potentiel V_2 obéit à la loi d'Ohm :

V_1 - V_2 = R\,I \iff I = \frac{V_1 - V_2}{R}

L'analogie formelle entre la conduction électrique et la conduction thermique stationnaire associe :

  • la différence de potentiel électrique V_1 - V_2 à la différence de température T_1 - T_2 (qui constitue la force motrice du transfert) ;
  • le courant électrique I (débit de charge) à la puissance thermique \mathscr{P}_{1\to 2} (débit d'énergie thermique) ;
  • la conductivité électrique \gamma à la conductivité thermique \lambda.

D'après le résultat de la question Q30, la puissance thermique s'écrit :

\mathscr{P}_{1\to 2} = \frac{\lambda S}{e}\,(T_1 - T_2)

On peut donc mettre cette relation sous la forme analogue à la loi d'Ohm :

T_1 - T_2 = R_{\text{th}}\,\mathscr{P}_{1\to 2} \iff \mathscr{P}_{1\to 2} = \frac{T_1 - T_2}{R_{\text{th}}}

Par identification directe, on en déduit l'expression de la résistance thermique de la plaque :

\boxed{R_{\text{th}} = \frac{e}{\lambda S}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : résistance thermique, conductivité thermique

On considère que les transferts thermiques s'effectuent seulement selon la direction . Déterminer la résistance thermique d'une épaisseur de matériau, de surface , constituée d'une carte seule en plus de empilements plaque-carte. En déduire que l'empilement est équivalent à une épaisseur d'un matériau homogène de section dont on exprimera la conductivité thermique en fonction de , , et .

Voir l'indice

Additionner les résistances thermiques des N bicouches en série et identifier avec la résistance d'un bloc équivalent d'épaisseur totale L.

Voir la stratégie
  1. Les transferts thermiques étant unidirectionnels le long de l'axe (Ox) et sans pertes latérales, le flux thermique traverse successivement chaque couche : les différentes résistances thermiques sont donc associées en série.
  2. Exprimer la résistance thermique totale R_e pour (N+1) cartes et N plaques, puis simplifier grâce à l'approximation N \gg 1.
  3. Écrire l'épaisseur totale L \approx N(e_1 + e_2) et identifier la résistance thermique globale à celle d'un milieu homogène équivalent de section S et de conductivité \lambda pour en déduire l'expression de \lambda.
Voir la réponse courte

Sommation de résistances thermiques en série et identification de la conductivité équivalente \lambda = L / \sum (e_i/\lambda_i).

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire et en l'absence de pertes latérales, la puissance thermique \mathscr{P} est uniforme le long de l'axe (Ox) et traverse successivement chacune des couches. Les différentes couches sont donc associées en série thermique.

D'après le résultat de la question Q31, la résistance thermique d'une couche d'épaisseur e_i, de conductivité \lambda_i et de surface transverse S vaut :

R_{i} = \frac{e_i}{\lambda_i S}

L'empilement comporte N plaques métalliques et N+1 cartes électroniques. La résistance thermique totale R_e s'écrit par additivité :

\begin{aligned} R_e &= (N+1)\,R_1 + N\,R_2 \\ &= (N+1)\,\frac{e_1}{\lambda_1 S} + N\,\frac{e_2}{\lambda_2 S} \end{aligned}

Comme le nombre de couches est très grand (N \gg 1), on a N+1 \approx N, d'où :

\boxed{R_e = N \left( \frac{e_1}{\lambda_1 S} + \frac{e_2}{\lambda_2 S} \right) = \frac{N}{S}\left( \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2} \right)}

L'épaisseur totale de l'empilement vaut :

L = (N+1)\,e_1 + N\,e_2 \approx N(e_1 + e_2)

Si l'on modélise cet empilement par un bloc homogène de même section S, d'épaisseur L (ou d'épaisseur e = L) et de conductivité thermique équivalente \lambda, sa résistance thermique s'écrit :

R_e = \frac{L}{\lambda S} \approx \frac{N(e_1 + e_2)}{\lambda S}

En identifiant les deux expressions de R_e :

\frac{N(e_1 + e_2)}{\lambda S} = \frac{N}{S}\left( \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2} \right)

soit :

\frac{e_1 + e_2}{\lambda} = \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2}

On en déduit l'expression de la conductivité thermique équivalente \lambda :

\boxed{\lambda = \frac{e_1 + e_2}{\dfrac{e_1}{\lambda_1} + \dfrac{e_2}{\lambda_2}} = \frac{(e_1 + e_2)\,\lambda_1\lambda_2}{e_1\lambda_2 + e_2\lambda_1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait bien lire l'énoncé pour exploiter la condition N >> 1 et veiller à l'homogénéité.

« Ces questions ont souvent donné lieu à des réponses fausses et des résultats non homogènes. »

« L’énoncé est souvent mal lu : la condition N ≫1 n’a trop souvent pas été exploitée. »

Source : rapport du jury E3A 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : résistance thermique

Vérifier la pertinence du résultat précédent sur les deux cas particuliers suivants : • premier cas : ; • deuxième cas : et et étant du même ordre de grandeur.

Voir l'indice

Prendre les limites \lambda_1 = \lambda_2 (milieu unique) puis e_1 \ll e_2 dans la formule établie pour contrôler la cohérence physique.

Voir la stratégie

D'après la question Q32, la conductivité thermique équivalente de l'empilement s'écrit :

\lambda = \frac{e_1 + e_2}{\dfrac{e_1}{\lambda_1} + \dfrac{e_2}{\lambda_2}}

Pour chaque cas particulier, on injecte les hypothèses simplificatrices dans cette relation littérale, puis on compare le résultat obtenu à l'intuition physique.

Voir la réponse courte

Vérification de la cohérence de l'expression aux limites \lambda_1 = \lambda_2 et e_1 \ll e_2.

Voir le corrigé complet
  • Premier cas : \lambda_1 = \lambda_2 = \lambda_0

    En posant \lambda_1 = \lambda_2 = \lambda_0, l'expression de \lambda devient :

    \lambda = \frac{e_1 + e_2}{\dfrac{e_1}{\lambda_0} + \dfrac{e_2}{\lambda_0}} = \frac{e_1 + e_2}{\dfrac{e_1 + e_2}{\lambda_0}} = \lambda_0
    \boxed{\lambda = \lambda_1 = \lambda_2}

    Ce résultat est tout à fait pertinent : si les deux milieux constitutifs possèdent la même conductivité thermique, l'ensemble se comporte vis-à-vis de la conduction comme un milieu continu homogène de conductivité \lambda_0, indépendamment des épaisseurs respectives e_1 et e_2.

  • Deuxième cas : e_1 \ll e_2 avec \lambda_1 et \lambda_2 du même ordre de grandeur

    Puisque \lambda_1 et \lambda_2 sont du même ordre de grandeur, la condition e_1 \ll e_2 implique :

    e_1 + e_2 \approx e_2 \quad \text{et} \quad \frac{e_1}{\lambda_1} \ll \frac{e_2}{\lambda_2} \implies \frac{e_1}{\lambda_1} + \frac{e_2}{\lambda_2} \approx \frac{e_2}{\lambda_2}

    En effectuant le quotient au premier ordre :

    \lambda \approx \frac{e_2}{\dfrac{e_2}{\lambda_2}} = \lambda_2
    \boxed{\lambda \approx \lambda_2}

    Ce résultat est physiquement attendu : si l'épaisseur des cartes est négligeable devant celle des plaques de séparation, l'empilement est quasi exclusivement constitué du matériau métallique (milieu 2), dont la résistance thermique impose le comportement de l'ensemble.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux résultats non homogènes et à la bonne exploitation des hypothèses de l'énoncé.

« Ces questions ont souvent donné lieu à des réponses fausses et des résultats non homogènes. »

« L’énoncé est souvent mal lu : la condition N ≫1 n’a trop souvent pas été exploitée. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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II.2 · Structure cristalline du germanium

Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : cristal, coordinence

Dessiner la maille conventionnelle du cristal de germanium. En déduire la coordinence d'un atome de germanium.

Voir l'indice

Représenter le réseau CFC avec remplissage d'un site tétraédrique sur deux alternés ; chaque atome engagé possède 4 plus proches voisins.

Voir la stratégie
  1. Représenter le réseau cubique à faces centrées (CFC) formant la sous-structure hôte, puis placer les atomes de germanium occupant un site tétraédrique sur deux (au centre de 4 des 8 sous-cubes d'arête a/2).
  2. Déterminer l'environnement géométrique d'un atome situé dans un site tétraédrique pour en déduire le nombre de plus proches voisins, puis conclure grâce à l'équivalence des atomes du réseau diamant.
Voir la réponse courte

Tracé de la maille cubique diamant (CFC + demi-sites tétraédriques) et déduction de la coordinence 4.

Voir le corrigé complet

La maille conventionnelle du germanium (structure diamant) est cubique d'arête a. Elle est constituée :

  • d'atomes de germanium occupant les sommets et les centres des faces d'un réseau cubique à faces centrées (CFC) ;
  • d'atomes de germanium occupant 4 des 8 sites tétraédriques disponibles, c'est-à-dire le centre de 4 petits cubes d'arête a/2 disposés en quinconce.

Chaque atome inséré dans un site tétraédrique se situe au centre d'un sous-cube d'arête a/2. Il est entouré de 4 atomes du réseau CFC situés aux sommets de ce sous-cube, formant un tétraèdre régulier centré sur le site. La distance à chacun de ces 4 plus proches voisins vaut :

d = \frac{1}{2} \sqrt{\left(\frac{a}{2}\right)^2 + \left(\frac{a}{2}\right)^2 + \left(\frac{a}{2}\right)^2} = \frac{a\sqrt{3}}{4}.

La structure diamant pouvant être vue comme l'interpénétration de deux sous-réseaux CFC décalés du vecteur \left(\frac{a}{4},\frac{a}{4},\frac{a}{4}\right), tous les atomes de germanium sont chimiquement et cristallographiquement équivalents : un atome du sous-réseau CFC est également entouré tétraédriquement par 4 atomes occupant les sites tétraédriques adjacents.

La coordinence d'un atome de germanium est donc :

\boxed{\text{Coordinence} = 4}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le dessin de la maille conventionnelle doit être tracé avec soin sous peine de pénalité.

« Le jury souligne le manque de soin apporté à la représentation de la maille conventionnelle. Ceci a été sanctionné. »

Source : rapport du jury E3A 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : compacité, cristal

Déterminer la compacité de cette structure.

Voir l'indice

Exprimer la condition de contact le long de la diagonale du cube 8R = a\sqrt{3} et calculer le rapport des volumes des 8 sphères sur a^3.

Voir la stratégie
  1. Dénombrer le nombre d'atomes de germanium appartenant en propre à la maille conventionnelle (multiplicité N).
  2. Exprimer le rayon atomique R en fonction du paramètre de maille a à l'aide de la condition de contact entre plus proches voisins.
  3. Calculer la compacité c, définie comme le rapport du volume occupé par les atomes au volume total de la maille.
Voir la réponse courte

Condition de contact le long de la diagonale du cube 8R = a\sqrt{3}, puis compacité C = 8 \times \frac{4}{3}\pi R^3 / a^3 = \frac{\pi\sqrt{3}}{16}.

Voir le corrigé complet

Dans la maille élémentaire cubique de volume V = a^3, les atomes de germanium occupent :

  • les 8 sommets du cube, comptant pour 8 \times \frac{1}{8} = 1 atome ;
  • les centres des 6 faces, comptant pour 6 \times \frac{1}{2} = 3 atomes ;
  • la moitié des 8 sites tétraédriques, situés entièrement à l'intérieur de la maille, soit 4 \times 1 = 4 atomes.

Le nombre d'atomes par maille est donc :

N = 1 + 3 + 4 = 8.

Dans le modèle des sphères dures, le contact a lieu le long de la demi-diagonale d'un des huit sous-cubes d'arête a/2, entre un atome placé à un sommet et un atome situé dans le site tétraédrique correspondant (d'après la question Q34) :

2R = \frac{a\sqrt{3}}{4} \implies R = \frac{a\sqrt{3}}{8}.

Par définition, la compacité c de la structure s'écrit :

\begin{aligned} c &= \frac{V_{\text{occupé}}}{V_{\text{maille}}} = \frac{N \times \frac{4}{3}\pi R^3}{a^3} \\ &= \frac{8 \times \frac{4}{3}\pi \left(\frac{a\sqrt{3}}{8}\right)^3}{a^3} \\ &= \frac{32\pi}{3} \times \frac{3\sqrt{3}}{512} \\ &= \frac{\pi\sqrt{3}}{16}. \end{aligned}

Numériquement :

c = \frac{\pi\sqrt{3}}{16} \approx \frac{3{,}1416 \times 1{,}732}{16} \approx 0{,}34.
\boxed{c = \frac{\pi\sqrt{3}}{16} \approx 0{,}34 \quad (34\,\%)}

Résultat

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : masse volumique, cristal

Évaluer la masse volumique du germanium en .

Voir l'indice

Calculer le rapport de la masse de 8 atomes de germanium sur le volume a^3 de la maille conventionnelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse volumique \rho comme le rapport de la masse contenue dans une maille élémentaire par le volume de cette maille cubique (V = a^3).
  2. Exprimer la masse des N = 8 atomes de germanium de la maille à l'aide de la masse molaire \mathscr{M}_{\mathrm{Ge}} et du nombre d'Avogadro \mathscr{N}_A.
  3. Effectuer l'application numérique dans le système international d'unités (\text{kg}\cdot\text{m}^{-3}).
Voir la réponse courte

Calcul de la masse volumique \varrho = \frac{8 M_{\text{Ge}}}{N_A a^3}.

Voir le corrigé complet

La masse volumique \rho du cristal de germanium est définie par le quotient de la masse m_{\text{maille}} contenue dans la maille conventionnelle par le volume V = a^3 de cette maille :

\rho = \frac{m_{\text{maille}}}{V} = \frac{N \, \mathscr{M}_{\mathrm{Ge}}}{\mathscr{N}_A \, a^3}

D'après la question Q35, la maille conventionnelle cubique contient en propre N = 8 atomes de germanium.

Avec les données numériques de l'énoncé :

  • N = 8 ;
  • \mathscr{M}_{\mathrm{Ge}} = 72{,}6\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 72{,}6 \cdot 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • \mathscr{N}_A = 6{,}02 \cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1} ;
  • a = 5{,}66 \cdot 10^{-1}\text{ nm} = 5{,}66 \cdot 10^{-10}\text{ m}.

Le calcul numérique donne :

\begin{aligned} \rho &= \frac{8 \times 72{,}6 \cdot 10^{-3}}{6{,}02 \cdot 10^{23} \times (5{,}66 \cdot 10^{-10})^3} \\ &= \frac{0{,}5808}{6{,}02 \cdot 10^{23} \times 1{,}813 \cdot 10^{-28}} \\ &\approx 5{,}32 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \end{aligned}
\boxed{\rho \approx 5{,}32 \cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'ordre de grandeur de la masse volumique des solides doit être connu pour vérifier son calcul.

« Connaître l’ordre de grandeur de la masse volumique des solides permet d’éviter de grossières erreurs d’application numérique. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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Partie Partie III : Vers des accumulateurs électrochimiques de nouvelle technologie

III.1 · Accumulateur à base de lithium et de sodium

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : pile

Quel intérêt y aurait-il à remplacer les électrodes à base de lithium par des électrodes à base de sodium ?

Voir l'indice

Relever les arguments du document : abondance naturelle supérieure, moindre coût, absence de cobalt toxique et cinétique de recharge plus rapide.

Voir la stratégie

Pour répondre à cette question d'analyse documentaire, il convient d'extraire les éléments clés du document 1 complétés par les connaissances générales sur les éléments chimiques :

  1. Les aspects environnementaux, éthiques et économiques (abondance de la ressource, coût, élimination des métaux critiques comme le cobalt) ;
  2. Les performances d'utilisation (durée de charge, puissance disponible, cyclabilité et durée de vie).
Voir la réponse courte

Abondance naturelle et coût beaucoup plus faible du sodium par rapport au lithium.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude du document 1 et les propriétés comparées des éléments alcalins, le remplacement des électrodes à base de lithium par des électrodes à base de sodium présente plusieurs intérêts majeurs :

  • Abondance et coût : le sodium est un élément extrêmement abondant sur Terre (notamment sous forme de sel \mathrm{NaCl} dans les océans) et uniformément réparti, contrairement au lithium qui est une ressource géologiquement rare, coûteuse et concentrée dans un nombre restreint de pays.
  • Impact environnemental et éthique : l'extraction du lithium, sa toxicité et son recyclage posent d'importantes difficultés environnementales et sociétales. De plus, la technologie sodium-ion permet de s'affranchir de l'usage du cobalt (souvent présent dans les cathodes de batteries Li-ion telles que \mathrm{LiCoO_2}), dont l'extraction soulève de graves problèmes éthiques et humains.
  • Performances cinétiques et durabilité : les accumulateurs sodium-ion offrent :

    • un temps de recharge considérablement plus court (environ 5\text{ min} contre 4\text{ h} pour les batteries Li-ion) ;
    • une puissance délivrée plus importante ;
    • une durée de vie et une cyclabilité bien supérieures (environ 4 000 cycles, soit une dizaine d'années d'utilisation).
\boxed{\text{Intérêts : ressource abondante et peu coûteuse, moindre impact écologique/éthique (sans cobalt), charge ultra-rapide et cyclabilité accrue.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une lecture attentive du document fourni permettait de répondre convenablement.

« Cette question a été bien traitée par les étudiant(e)s prenant le soin de lire l’article proposé. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : configuration électronique, potentiel standard

Donner la configuration électronique d'un atome de lithium dans son état fondamental. Comment justifier la valeur très basse du potentiel standard ? Quelle autre propriété intéressante du lithium cela reflète-t-il ?

Voir l'indice

Écrire la configuration 1s^2 2s^1 ; la perte du seul électron de valence 2s confère la configuration stable du gaz noble hélium.

Voir la réponse courte

Configuration 1s^2 2s^1, électron de valence facile à arracher conférant un fort pouvoir réducteur et une faible électronégativité.

Voir le corrigé complet

Configuration électronique du lithium : Le numéro atomique du lithium est Z = 3. Dans son état fondamental, le remplissage des sous-couches selon le principe de Pauli et la règle de Klechkowski donne :

\boxed{1s^2\,2s^1} \quad \text{ou} \quad [\text{He}]\,2s^1

Justification de la valeur très basse de E^\circ_{\text{Li}^+/\text{Li}_{(s)}} :

  • L'atome de lithium ne possède qu'un seul électron de valence sur la sous-couche 2s. La perte de cet électron conduit au cation \text{Li}^+ de configuration stable en duet 1s^2, identique à celle du gaz noble hélium. L'énergie de première ionisation du lithium est donc faible.
  • En phase condensée (solution), le cation \text{Li}^+ est de très petite taille, ce qui induit une densité de charge volumique très élevée et donc une enthalpie de solvatation particulièrement favorable (très exothermique).

Ces deux facteurs rendent l'oxydation de \text{Li}_{(s)} en \text{Li}^+ thermodynamiquement très favorable : le lithium métallique est un réducteur extrêmement puissant, ce qui explique la valeur très basse du potentiel standard (E^\circ = -3{,}0\text{ V}).

Autre propriété intéressante du lithium :

  • Un potentiel standard aussi bas permet, lorsqu'on associe le lithium à une cathode de potentiel standard élevé (oxydant tel que \text{Li}_{1-x}\text{CoO}_2), d'obtenir une force électromotrice (tension de fonctionnement) élevée (de l'ordre de 3{,}6 à 4\text{ V}).
  • Associée à la très faible masse molaire du lithium (M \approx 6{,}9\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), cette tension élevée confère aux accumulateurs à base de lithium une densité d'énergie massique (ou énergie spécifique) exceptionnellement élevée, ce qui est un atout décisif pour les applications spatiales et les appareils nomades.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le lien entre électronégativité et pouvoir réducteur ne doit pas être affirmé sans justification.

« Le lien entre une faible électronégativité d’un élément et le caractère réducteur de l’entité concernée n’est pas automatique. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : équation de réaction, formule de nernst

Écrire les équations du lithium métal et du sodium métal avec l'eau en milieu acide. On précise que le nombre stœchiométrique du métal alcalin sera égal à 2. Déterminer les valeurs des constantes d'équilibre associées à ces équations à 298 K. Que peut-on en déduire a priori ?

Voir l'indice

Écrire les réactions redox avec \mathrm{H}^+ et calculer K^\circ = 10^{2\Delta E^\circ / 0{,}06} pour quantifier leur caractère thermodynamiquement total.

Voir la stratégie
  1. Identifier les couples d'oxydoréduction mis en jeu en milieu aqueux acide : \mathrm{H}^+/ \mathrm{H}_{2(g)} d'une part, \mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(s)} et \mathrm{Na}^+/\mathrm{Na}_{(s)} d'autre part.
  2. Écrire les demi-équations électroniques et en déduire l'équation bilan avec le coefficient stœchiométrique imposé égal à 2 pour le métal alcalin (ce qui correspond à l'échange de n = 2 électrons).
  3. Relier la constante d'équilibre standard K^\circ à la différence de potentiel standard \Delta E^\circ via la relation thermodynamique \Delta_r G^\circ = - n \mathscr{F} \Delta E^\circ = - RT \ln K^\circ.
  4. Analyser l'ordre de grandeur de K^\circ et comparer la réactivité relative prédite a priori par la seule thermodynamique.
Voir la réponse courte

Réaction 2\text{M}_{(s)} + 2\text{H}^+ = 2\text{M}^+ + \text{H}_{2(g)} et calcul de K^\circ = 10^{2\Delta E^\circ/0{,}059} \gg 1 (réaction quantitative).

Voir le corrigé complet

En solution aqueuse en milieu acide, l'oxydant prépondérant apporté par le solvant est l'ion hydrogène \mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} (ou \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})}). Les couples rédox mis en jeu sont :

  • à la réduction : \mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} / \mathrm{H}_{2(g)} : 2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,e^- \rightleftharpoons \mathrm{H}_{2(g)} ;
  • à l'oxydation : \mathrm{M}^+_{(\mathrm{aq})} / \mathrm{M}_{(s)} (avec \mathrm{M} \in \{\mathrm{Li}, \mathrm{Na}\}) : \mathrm{M}_{(s)} \rightleftharpoons \mathrm{M}^+_{(\mathrm{aq})} + e^-.

En imposant un nombre stœchiométrique égal à 2 pour le métal alcalin, le nombre d'électrons échangés est n = 2. Les équations de réaction s'écrivent :

\boxed{2\,\mathrm{Li}_{(s)} + 2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} = 2\,\mathrm{Li}^+_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_{2(g)}}
\boxed{2\,\mathrm{Na}_{(s)} + 2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} = 2\,\mathrm{Na}^+_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_{2(g)}}

(ou sous forme hydratée : 2\,\mathrm{M}_{(s)} + 2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} = 2\,\mathrm{M}^+_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_{2(g)} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}).

À l'équilibre chimique, la relation entre l'enthalpie libre standard de réaction et la force électromotrice standard s'écrit :

\Delta_r G^\circ = -RT \ln K^\circ = -n \mathscr{F}\left( E^\circ_{\mathrm{ox}} - E^\circ_{\mathrm{red}} \right)

ce qui conduit à :

\log K^\circ = \frac{n\left(E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) - E^\circ(\mathrm{M}^+/\mathrm{M})\right)}{\dfrac{RT}{\mathscr{F}}\ln(10)}

avec n = 2 et \dfrac{RT}{\mathscr{F}}\ln(10) = 6{,}0 \cdot 10^{-2}\text{ V}.

Pour le lithium métal : E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}0\text{ V} et E^\circ(\mathrm{Li}^+/\mathrm{Li}_{(s)}) = -3{,}0\text{ V} :

\begin{aligned} \log K^\circ_1 &= \frac{2 \times (0{,}0 - (-3{,}0))}{0{,}060} = \frac{6{,}0}{0{,}060} = 100 \end{aligned}
\boxed{K^\circ_1 = 10^{100}}

Pour le sodium métal : E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}0\text{ V} et E^\circ(\mathrm{Na}^+/\mathrm{Na}_{(s)}) = -2{,}7\text{ V} :

\begin{aligned} \log K^\circ_2 &= \frac{2 \times (0{,}0 - (-2{,}7))}{0{,}060} = \frac{5{,}4}{0{,}060} = 90 \end{aligned}
\boxed{K^\circ_2 = 10^{90}}

Déduction a priori :

  • Les constantes d'équilibre sont colossales (K^\circ \gg 10^4) : les deux réactions sont thermodynamiquement totales (quantitatives).
  • Puisque K^\circ_1 > K^\circ_2 (associé à un potentiel standard plus réducteur pour le couple du lithium : -3{,}0\text{ V} < -2{,}7\text{ V}), la force motrice thermodynamique est plus grande pour le lithium. On en déduirait a priori que le lithium métal est plus réactif que le sodium métal.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression de la constante d'équilibre d'une réaction redox a posé des difficultés.

« L’expression de la constante d’équilibre associée à l’écriture d’une équation d’oxydoréduction est problématique. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : cinétique chimique, surpotentiel

Lequel de ces deux métaux apparaît finalement le plus réactif ? Une comparaison des propriétés thermodynamiques et cinétiques est attendue.

Voir l'indice

Observer sur les courbes intensité-potentiel que la surtension de réduction de l'eau est bien plus faible sur le sodium, favorisant une cinétique explosive.

Voir la stratégie
  1. Comparer d'abord les aspects thermodynamiques en s'appuyant sur les potentiels standard et les constantes d'équilibre obtenues à la question précédente.
  2. Analyser ensuite les aspects cinétiques à partir des courbes intensité-potentiel de la figure 10 en examinant le courant de corrosion (courant mixte) i_{\text{corr}}.
  3. Conclure sur le métal le plus réactif en mettant en évidence le contrôle cinétique de la réaction.
Voir la réponse courte

Le lithium est plus réducteur thermodynamiquement mais le sodium réagit plus violemment cinétiquement (point de fusion bas, surtension plus faible).

Voir le corrigé complet

1. Comparaison thermodynamique

D'après les données de l'énoncé et les résultats de la question précédente :

  • E^\circ(\text{Li}^+/\text{Li}_{(\text{s})}) = -3{,}0\text{ V} < E^\circ(\text{Na}^+/\text{Na}_{(\text{s})}) = -2{,}7\text{ V} ;
  • Les constantes d'équilibre associées à l'oxydation par l'eau vérifient :

    K^\circ_1(\text{Li}) = 10^{100} > K^\circ_2(\text{Na}) = 10^{90}.

D'un point de vue thermodynamique, le lithium possède un pouvoir réducteur plus fort que le sodium, et sa réaction avec l'eau est la plus favorisée.

2. Comparaison cinétique

La vitesse effective de la réaction spontanée d'oxydation du métal par l'eau est gouvernée par le courant de corrosion i_{\text{corr}} au potentiel mixte E_{\text{corr}}, vérifiant la relation de neutralité électrique :

i_{\text{a}}(E_{\text{corr}}) + i_{\text{c}}(E_{\text{corr}}) = 0 \quad \Longleftrightarrow \quad i_{\text{a}}(E_{\text{corr}}) = -i_{\text{c}}(E_{\text{corr}}) = i_{\text{corr}}.

D'après les courbes intensité-potentiel fournies sur la figure 10 à \text{pH} = 7{,}0 :

  • La réduction de l'eau sur le lithium présente une forte surtension cathodique (décalage prononcé de la vague cathodique vers les potentiels très négatifs), ce qui limite considérablement le courant mixte i_{\text{corr}}(\text{Li}).
  • Sur le sodium, la surtension cathodique de réduction de l'eau est nettement plus faible : la courbe cathodique est située à des potentiels plus élevés et présente une pente plus raide, conduisant à un courant de corrosion i_{\text{corr}}(\text{Na}) bien supérieur :

    i_{\text{corr}}(\text{Na}) \gg i_{\text{corr}}(\text{Li}).

3. Conclusion

Bien que le lithium soit thermodynamiquement plus réducteur, la cinétique de réduction de l'eau est bien plus rapide sur le sodium. C'est donc le sodium qui apparaît finalement comme le métal le plus réactif dans l'eau.

\boxed{\text{Le sodium métal est le plus réactif vis-à-vis de l'eau (contrôle cinétique).}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez de confondre thermodynamique et cinétique, et reliez le courant de corrosion à la cinétique.

« Le lien entre l’intensité du courant de corrosion et la cinétique de la réaction d’oxydoréduction mise en jeu n’est que très rarement évoquée. »

« Des confusions entre propriétés thermodynamique et cinétique sont soulignées. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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III.2 · Accumulateur à base de soufre

Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : schéma de lewis

Donner un schéma de Lewis des molécules et .

Voir l'indice

Respecter la règle de l'octet pour l'oxygène et proposer des mésomères tenant compte de l'hypervalence du soufre.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le nombre d'électrons de valence pour chaque atome à partir de leur numéro atomique (Z=16 pour \text{S} et Z=8 pour \text{O}), puis le nombre total de doublets électroniques à répartir.
  2. Disposer les atomes d'oxygène autour de l'atome central de soufre et répartir les doublets en assurant la règle de l'octet pour l'oxygène et en envisageant, pour le soufre (élément de la 3e période), l'hypervalence afin de minimiser les charges formelles.
Voir la réponse courte

Schémas de Lewis avec mésomérie et prise en compte de l'hypervalence éventuelle pour le soufre.

Voir le corrigé complet

Les configurations électroniques des atomes dans leur état fondamental sont :

  • Oxygène (Z=8) : 1s^2\,2s^2\,2p^4, soit 6 électrons de valence ;
  • Soufre (Z=16) : 1s^2\,2s^2\,2p^6\,3s^2\,3p^4, soit 6 électrons de valence.

1. Molécule de dioxyde de soufre \text{SO}_2 : Le nombre total d'électrons de valence est :

n_v = 6 + 2 \times 6 = 18 \text{ électrons, soit } 9 \text{ doublets.}

Le soufre, appartenant à la troisième période, peut être hypervalent grâce à l'intervention de ses orbitales 3d. Deux représentations de Lewis sont couramment admises :

  • Forme hypervalente (privilégiée car elle annule les charges formelles) : l'atome de soufre porte un doublet non liant et forme deux doubles liaisons avec les oxygènes. Chaque oxygène porte deux doublets non liants. Le soufre est entouré de 10 électrons.
  • Formes mésomères respectant la règle de l'octet : le soufre porte un doublet non liant, une liaison simple avec un oxygène chargé négativement et une liaison double avec l'autre oxygène, le soufre portant une charge formelle positive +1.

2. Molécule de trioxyde de soufre \text{SO}_3 : Le nombre total d'électrons de valence est :

n_v = 6 + 3 \times 6 = 24 \text{ électrons, soit } 12 \text{ doublets.}

De la même manière, on distingue :

  • Forme hypervalente (charges formelles nulles) : le soufre forme trois doubles liaisons avec les trois atomes d'oxygène et ne possède aucun doublet non liant. Chaque atome d'oxygène dispose de deux doublets non liants.
  • Forme mésomère respectant la règle de l'octet : une liaison double \text{S}=\text{O} et deux liaisons simples \text{S}-\text{O}^-, le soufre portant une charge formelle +2.
Voir ce qu'a relevé le jury

La notion d'hypervalence doit être maîtrisée pour établir correctement les schémas de Lewis.

« Les schémas de Lewis demandés sont souvent faux. La notion d’hypervalence d’un élément est méconnue par la plupart des candidat(e)s. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : enthalpie standard de réaction, loi de hess

Calculer l'enthalpie standard de réaction et l'entropie standard de réaction à 298 K associées à la réaction d'équation :

Rappeler en quoi consiste l'approximation d'Ellingham. Donner dans le cadre de cette approximation l'expression de en fonction de .

Voir l'indice

Appliquer la loi de Hess pour \Delta_r H^\circ et l'entropie de réaction, puis poser \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Hess pour déterminer l'enthalpie standard de la réaction (9) à partir des enthalpies standard de formation du tableau de données.
  2. Appliquer la relation analogue pour l'entropie standard de réaction à l'aide des entropies molaires standard.
  3. Énoncer le principe de l'approximation d'Ellingham, puis en déduire l'expression affine de l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ(T).
Voir la réponse courte

Application de la loi de Hess pour \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ, puis approximation d'indépendance en T pour \Delta_r G^\circ(T).

Voir le corrigé complet

Considérons la réaction d'oxydation du dioxyde de soufre en trioxyde de soufre :

2\,\mathrm{SO}_{2(g)} + \mathrm{O}_{2(g)} \rightleftharpoons 2\,\mathrm{SO}_{3(g)} \quad (9)

1. Calcul de l'enthalpie standard de réaction à 298\text{ K} :

D'après la loi de Hess appliquée à l'équation (9) :

\Delta_r H^\circ(298\text{ K}) = 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{SO}_{3(g)}) - 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{SO}_{2(g)}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2(g)})

Le dioxygène étant un corps pur simple dans son état de référence à 298\text{ K}, on a \Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2(g)}) = 0.

Avec les valeurs numériques du tableau à 298\text{ K} :

  • \Delta_f H^\circ(\mathrm{SO}_{3(g)}) = -395{,}7\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \Delta_f H^\circ(\mathrm{SO}_{2(g)}) = -296{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
\begin{aligned} \Delta_r H^\circ(298\text{ K}) &= 2 \times (-395{,}7) - 2 \times (-296{,}8) \\ &= 2 \times (-395{,}7 + 296{,}8) \\ &= 2 \times (-98{,}9) \\ &= -197{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r H^\circ(298\text{ K}) = -197{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

2. Calcul de l'entropie standard de réaction à 298\text{ K} :

L'entropie standard de réaction s'exprime à partir des entropies molaires standard selon :

\Delta_r S^\circ(298\text{ K}) = 2\,S_m^\circ(\mathrm{SO}_{3(g)}) - 2\,S_m^\circ(\mathrm{SO}_{2(g)}) - S_m^\circ(\mathrm{O}_{2(g)})

Avec les valeurs du tableau :

  • S_m^\circ(\mathrm{SO}_{3(g)}) = 256{,}7\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
  • S_m^\circ(\mathrm{SO}_{2(g)}) = 248{,}1\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
  • S_m^\circ(\mathrm{O}_{2(g)}) = 205{,}0\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
\begin{aligned} \Delta_r S^\circ(298\text{ K}) &= 2 \times 256{,}7 - 2 \times 248{,}1 - 205{,}0 \\ &= 2 \times (256{,}7 - 248{,}1) - 205{,}0 \\ &= 2 \times 8{,}6 - 205{,}0 \\ &= 17{,}2 - 205{,}0 \\ &= -187{,}8\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_r S^\circ(298\text{ K}) = -187{,}8\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}}

3. Approximation d'Ellingham et expression de \Delta_r G^\circ(T) :

L'approximation d'Ellingham consiste à supposer que l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ et l'entropie standard de réaction \Delta_r S^\circ sont indépendantes de la température dans le domaine d'étude, en l'absence de changement d'état physique des réactifs et des produits :

\Delta_r H^\circ(T) \approx \Delta_r H^\circ(298\text{ K}) \quad \text{et} \quad \Delta_r S^\circ(T) \approx \Delta_r S^\circ(298\text{ K})

Par définition de l'enthalpie libre standard \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ(T) - T\,\Delta_r S^\circ(T), on obtient dans le cadre de cette approximation :

\boxed{\Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\,\Delta_r S^\circ}

Numériquement, avec T en kelvins :

\Delta_r G^\circ(T) = -197{,}8\cdot 10^3 + 187{,}8\,T \quad (\text{en J}\cdot\text{mol}^{-1})

Résultat

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Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation de van 't hoff, déplacement d'équilibre

Toutes choses égales par ailleurs, l'augmentation de la température favorise-t-elle la production de trioxyde de soufre ?

Voir l'indice

Utiliser la loi de van 't Hoff : la réaction étant exothermique (\Delta_r H^\circ < 0), une élévation de température déplace l'équilibre vers la gauche.

Voir la stratégie

Pour déterminer l'influence d'une élévation de température sur la production de trioxyde de soufre \mathrm{SO}_{3(g)}, on étudie l'effet de T sur la constante d'équilibre K^\circ(T) grâce à la loi de van 't Hoff, en s'appuyant sur le signe de l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ calculée à la question précédente.

Voir la réponse courte

Relation de van 't Hoff : la réaction étant exothermique (\Delta_r H^\circ < 0), une hausse de température défavorise la production de \text{SO}_3.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q42, la synthèse du trioxyde de soufre selon l'équation

2\,\mathrm{SO}_{2(g)} + \mathrm{O}_{2(g)} \rightleftharpoons 2\,\mathrm{SO}_{3(g)}

est caractérisée par une enthalpie standard de réaction :

\Delta_r H^\circ = -197{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} < 0

La réaction est donc exothermique dans le sens direct (formation de \mathrm{SO}_3).

L'influence de la température sur la constante d'équilibre K^\circ(T) est régie par la relation de van 't Hoff :

\frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{R T^2}

Comme \Delta_r H^\circ < 0, il vient :

\frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} < 0

La constante d'équilibre K^\circ(T) est par conséquent une fonction strictement décroissante de la température.

D'après le principe de modération de Le Chatelier (ou par déplacement de l'équilibre chimique), à composition et pression fixées, une élévation de température déplace l'équilibre dans le sens endothermique, c'est-à-dire le sens indirect (consommation de \mathrm{SO}_3).

\boxed{\text{L'augmentation de la température ne favorise pas (défavorise) la production de }\mathrm{SO}_{3(g)}.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La loi de Van 't Hoff doit être connue pour prévoir l'effet de la température.

« La loi de Van’t Hoffest trop souvent méconnue. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : constante d'équilibre, loi d'action des masses

Donner l'expression de la constante d'équilibre en fonction des fractions molaires, de la pression totale notée et de la pression standard associée à l'écriture de l'équation 9.

Voir l'indice

Exprimer les pressions partielles P_i = x_i P dans le quotient réactionnel à l'équilibre en tenant compte de \Delta_r\nu_g = -1.

Voir la réponse courte

Expression K^\circ(T) = \frac{x_{\text{SO}_3}^2}{x_{\text{SO}_2}^2 x_{\text{O}_2}} \left(\frac{P^\circ}{P}\right)^{-1} = \frac{x_{\text{SO}_3}^2}{x_{\text{SO}_2}^2 x_{\text{O}_2}} \frac{P}{P^\circ}.

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction considérée s'écrit :

2\,\mathrm{SO_{2(g)}} + \mathrm{O_{2(g)}} \rightleftharpoons 2\,\mathrm{SO_{3(g)}} \qquad (9)

Les espèces gazeuses intervenant dans la réaction sont modélisées par des gaz parfaits. L'activité de chaque constituant gazeux i s'exprime en fonction de sa pression partielle P_i, de sa fraction molaire x_i, de la pression totale P et de la pression standard P^\circ par :

a_i = \frac{P_i}{P^\circ} = x_i \frac{P}{P^\circ}

D'après la loi d'action de masse, la constante d'équilibre K^\circ(T) associée à l'écriture de l'équation (9) est définie à l'équilibre par :

\begin{aligned} K^\circ(T) &= \frac{a(\mathrm{SO_3})^2}{a(\mathrm{SO_2})^2 \, a(\mathrm{O_2})} \\ &= \frac{\left(x_{\mathrm{SO}_3} \dfrac{P}{P^\circ}\right)^2}{\left(x_{\mathrm{SO}_2} \dfrac{P}{P^\circ}\right)^2 \left(x_{\mathrm{O}_2} \dfrac{P}{P^\circ}\right)} \\ &= \frac{x_{\mathrm{SO}_3}^2}{x_{\mathrm{SO}_2}^2 \, x_{\mathrm{O}_2}} \left(\frac{P}{P^\circ}\right)^{2 - 2 - 1} \end{aligned}

On obtient finalement :

\boxed{K^\circ(T) = \frac{x_{\mathrm{SO}_3}^2}{x_{\mathrm{SO}_2}^2 \, x_{\mathrm{O}_2}} \, \frac{P^\circ}{P}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : déplacement d'équilibre, constante d'équilibre

Toutes choses égales par ailleurs, l'augmentation de la pression totale favorise-t-elle la production de trioxyde de soufre ?

Voir l'indice

Appliquer le principe de déplacement de l'équilibre de Le Chatelier : une augmentation de pression favorise le sens de diminution du nombre de moles de gaz.

Voir la stratégie

Pour prévoir le sens de déplacement de l'équilibre lors d'une élévation de la pression totale P à température et composition initiales fixées, on peut :

  1. Exprimer le quotient de réaction Q_r en fonction des fractions molaires et de P à partir de la relation établie à la question Q44, puis comparer Q_r à la constante d'équilibre K^\circ(T).
  2. Ou appliquer directement le principe de modération de Le Chatelier relatif à la pression.
Voir la réponse courte

Une augmentation de pression déplace l'équilibre dans le sens d'une diminution du nombre de moles de gaz, favorisant \text{SO}_3.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q44, le quotient de réaction s'écrit en fonction des fractions molaires x_i et de la pression totale P sous la forme :

Q_r = \frac{x_{\mathrm{SO}_3}^2}{x_{\mathrm{SO}_2}^2 \, x_{\mathrm{O}_2}} \left(\frac{P}{P^\circ}\right)^{-1} = Q_x \, \frac{P^\circ}{P}

À un équilibre donné à la température T, on a Q_r = K^\circ(T).

Si la pression totale P augmente à composition et température fixées :

  • la constante thermodynamique K^\circ(T) ne dépend que de la température et reste inchangée ;
  • le facteur \dfrac{P^\circ}{P} diminue, ce qui entraîne Q_r < K^\circ(T).

Le système évolue donc spontanément dans le sens direct (sens de formation des produits), c'est-à-dire dans le sens de consommation des réactifs et de production de \mathrm{SO}_{3(g)}.

\boxed{\text{L'augmentation de la pression totale favorise la production de trioxyde de soufre }\mathrm{SO}_{3(g)}.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre le quotient de réaction et la constante d'équilibre.

« Des confusions entre Qr et K◦(T) ont entraînée des réponses erronées. »

Source : rapport du jury E3A 2021

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : cinétique chimique, déplacement d'équilibre

En tant qu'ingénieur(e) des procédés physico-chimiques, quel(s) choix industriel(s) seriez-vous amené(e) à faire afin d'optimiser la production de ? Expliciter les compromis cinétiques, thermodynamiques et financiers en prenant en compte les résultats précédents concernant l'influence de la température et de la pression.

Voir l'indice

Discuter du compromis entre un rendement thermodynamique élevé à basse température et une vitesse de réaction acceptable nécessitant température modérée et catalyseur.

Voir la stratégie

Pour concevoir un procédé industriel efficace, l'ingénieur doit trouver le meilleur compromis entre la rentabilité globale, les lois de la thermodynamique (rendement à l'équilibre), la cinétique chimique (durée de l'opération) et les contraintes économiques/sécuritaires :

  1. Analyser le choix de la température en confrontant thermodynamique (réaction exothermique) et cinétique (loi d'Arrhenius), et introduire l'usage d'un catalyseur.
  2. Analyser le choix de la pression en confrontant le gain thermodynamique au coût financier d'une mise sous pression.
  3. Mentionner les leviers complémentaires (excès d'un réactif peu coûteux, procédé continu).
Voir la réponse courte

Compromis température modérée (favorable thermodynamiquement) avec catalyseur (pour la cinétique) et pression modérée (coût des installations).

Voir le corrigé complet

Pour optimiser la production industrielle de trioxyde de soufre \text{SO}_{3(g)} selon la réaction :

2\,\text{SO}_{2(g)} + \text{O}_{2(g)} \rightleftharpoons 2\,\text{SO}_{3(g)}

l'ingénieur doit concilier des exigences contradictoires :

1. Compromis sur la température :

  • Aspect thermodynamique : la réaction étant exothermique (\Delta_r H^\circ < 0), la loi de van 't Hoff indique qu'une température basse favorise le déplacement de l'équilibre vers la formation de \text{SO}_3 et augmente le rendement d'équilibre (question Q43).
  • Aspect cinétique : d'après la loi d'Arrhenius, abaisser la température diminue considérablement la vitesse de réaction, conduisant à des temps de séjour rédhibitoires pour l'industrie.
  • Choix industriel : on choisit une température modérée (typiquement entre 400^\circ\text{C} et 450^\circ\text{C}) et l'on emploie un catalyseur (industriellement, le pentoxyde de vanadium \text{V}_2\text{O}_5) afin d'accélérer la cinétique sans modifier la position de l'équilibre. Dans les procédés modernes (procédé de contact), on utilise souvent des lits catalytiques successifs avec refroidissement intermédiaire pour concilier vitesse initiale élevée et rendement final optimal.

2. Compromis sur la pression :

  • Aspect thermodynamique : la réaction s'accompagnant d'une diminution du nombre de moles gazeuses (\Delta_r \nu_g = -1 < 0), une augmentation de la pression totale favorise la formation de \text{SO}_3 (question Q45).
  • Aspect financier et technologique : travailler sous haute pression impose des surcoûts matériels très lourds (compresseurs coûteux, canalisations et réacteurs aux parois épaisses, entretien accru et normes de sécurité renforcées).
  • Choix industriel : comme le taux de conversion à l'équilibre est déjà excellent (supérieur à 95\,\%) à température modérée, le gain thermodynamique d'une surpression ne justifie pas les investissements nécessaires. On opère donc à une pression proche de la pression atmosphérique (typiquement entre 1 et 2\text{ bar}).

3. Choix complémentaires :

  • Excès d'air : l'utilisation d'air en excès apporte du dioxygène bon marché, ce qui déplace l'équilibre vers la droite et permet de convertir la quasi-totalité du \text{SO}_2, composé polluant et toxique.
  • Extraction continue : piéger le \text{SO}_3 formé (par absorption dans de l'acide sulfurique concentré pour former l'oléum) déplace continûment l'équilibre dans le sens direct selon le principe de Le Chatelier.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.