Corrigé détaillé ENS Physique BCPST 2023 (page 4/4 : Partie III)
Méthodes physiques d'exploration pour la biophysique
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- Difficulté estimée : classique (1,7 / 4)
- Faisable en Sup (en BCPST1 : 26 questions sur 59)
- Vérifié question par question
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Partie III : Systèmes microfluidiques pour l'étude de réactions biochimiques
A · Analogies électrique, thermique et hydrodynamique
Question 45
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : loi d'ohm, convention récepteur
Rappeler l'expression de la loi d'Ohm pour une résistance électrique soumise à une différence de potentiel et parcourue par un courant en convention récepteur. On rappellera la définition de la convention « récepteur » et l'expression de la puissance algébrique reçue par un récepteur.
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Rappeler la relation linéaire tension-courant en précisant l'orientation opposée des flèches tension et courant, ainsi que l'expression de la puissance dissipée.
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1. Définition de la convention récepteur
Un dipôle est orienté en convention récepteur lorsque la flèche représentant la tension U à ses bornes et la flèche indiquant le sens de comptage positif de l'intensité I sont de sens opposés : le courant entre par la borne correspondant au potentiel le plus élevé dans la définition de U.
Pour une tension U = V_1 - V_2, le courant I entre par la borne 1 et ressort par la borne 2.
2. Expression de la loi d'Ohm
Dans cette convention, la loi d'Ohm pour une résistance électrique R_e s'écrit :
3. Puissance algébrique reçue par un récepteur
La puissance électrique algébrique reçue par un dipôle récepteur est donnée par le produit de la tension à ses bornes et du courant qui le traverse :
Pour une résistance ohmique vérifiant la loi d'Ohm, cette puissance s'exprime également sous la forme \mathcal{P} = R_e I^2 \ge 0, illustrant la dissipation d'énergie par effet Joule.
Résultat
Question 46
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : association de résistances, loi des mailles
Établir les lois d'associations série et parallèle de deux dipôles de résistance et . Un schéma illustrant les deux associations est attendu.
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Établir l'additivité des tensions pour le montage série à courant commun, et l'additivité des courants pour le montage parallèle à tension commune.
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1. Association en série
Deux résistances sont associées en série lorsqu'elles sont traversées par le même courant électrique I.
Par additivité des tensions (loi des mailles) :
En appliquant la loi d'Ohm en convention récepteur à chaque conducteur ohmique (rappelée à la question précédente) :
Il vient :
Par identification avec la relation définissant la résistance équivalente U = R_{e,\mathrm{\acute{e}q}} I, on obtient :
2. Association en parallèle
Deux résistances sont associées en parallèle lorsqu'elles sont soumises à la même différence de potentiel U = V_A - V_B.
D'après la loi des nœuds au point A :
En appliquant la loi d'Ohm à chacune des deux branches :
Il vient :
Par identification avec I = \frac{U}{R_{e,\mathrm{\acute{e}q}}}, on obtient la loi d'association en parallèle :
Résultat
Question 47
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : résistance électrique, conductivité
Réaliser un schéma inspiré de la figure 15 en faisant apparaître les grandeurs électriques. Exprimer la résistance électrique totale associée au barreau cylindrique de cuivre en fonction des paramètres géométriques du barreau et de sa conductivité électrique.
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Intégrer le champ électrique uniforme sur la longueur \ell et la densité de courant sur la section S pour relier la résistance à la géométrie du barreau.
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- Reproduire la géométrie du barreau cylindrique en précisant les potentiels aux extrémités V_1 et V_2, le courant I, la section S, la longueur \ell ainsi que les vecteurs densité de courant \vec{j} et champ électrique \vec{E}.
- Intégrer le champ électrique \vec{E} supposé uniforme le long du barreau pour le relier à la différence de potentiel U = V_1 - V_2.
- Calculer le flux de \vec{j} = \gamma \vec{E} à travers une section droite pour obtenir le courant I, puis identifier la résistance à partir de la loi d'Ohm macroscopique U = R_{e,\mathrm{Cu}} I.
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Le schéma inspiré de la figure 15, faisant apparaître les grandeurs électriques, est représenté ci-dessous :
D'après les hypothèses de l'énoncé, le champ électrique \vec{E} = E \vec{e}_x et la densité de courant \vec{j} = j \vec{e}_x sont unidirectionnels et uniformes dans tout le volume du barreau.
En orientant le vecteur déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}x\,\vec{e}_x du point 1 (x=0) au point 2 (x=\ell), la relation (7) donne :
soit :
D'après la loi d'Ohm locale, on a \vec{j} = \gamma \vec{E}, d'où j = \gamma E.
Le courant électrique I traversant une section droite S, orientée par \mathrm{d}\vec{S} = \mathrm{d}S\,\vec{e}_x, s'écrit d'après la relation (7) :
En identifiant avec la loi d'Ohm macroscopique V_1 - V_2 = R_{e,\mathrm{Cu}}\,I (rappelée à la question Q45), on en déduit l'expression de la résistance électrique du barreau :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 48
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : loi de fourier, conduction thermique
Rappeler l'expression de la loi de Fourier.
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Énoncer la proportionnalité entre le vecteur densité de flux thermique et l'opposé du gradient spatial de température.
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La loi phénoménologique de Fourier régit la conduction thermique au sein d'un milieu matériel isotrope.
Sous sa forme locale tridimensionnelle générale, elle relie le vecteur densité de flux thermique \vec{j}_{\mathrm{th}} au gradient de température :
où :
- \vec{j}_{\mathrm{th}} est la densité surfacique de flux thermique (en \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2}) ;
- \lambda_{\mathrm{th}} est la conductivité thermique du milieu (en \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1}), avec \lambda_{\mathrm{th}} > 0 ;
- T est la température locale (en \mathrm{K}).
Dans le cas unidimensionnel selon l'axe (Ox) décrit par le texte, où la température ne dépend que de l'abscisse x, cette relation s'écrit de façon scalaire :
Résultat
Question 49
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : résistance thermique, analogie électrique
À partir d'une analogie entre grandeurs électriques et grandeurs thermiques, définir la résistance thermique et montrer que son expression est donnée par :
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Intégrer le profil de température unidimensionnel stationnaire pour relier l'écart de température au flux thermique total transitant par la section.
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- Dresser le tableau des analogies formelles entre les grandeurs électriques et les grandeurs thermiques (grandeurs locales et intégrales).
- Définir la résistance thermique R_{\mathrm{th}} par analogie avec la loi d'Ohm macroscopique U = R_e I.
- Intégrer la loi de Fourier le long du barreau pour relier la différence de température T_1 - T_2 au flux thermique \mathcal{P}_{\mathrm{th}}, et en déduire l'expression de R_{\mathrm{th}}.
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Par analogie entre conduction électrique et conduction thermique :
- la différence de potentiel V_1 - V_2 (cause du courant électrique) correspond à la différence de température T_1 - T_2 (cause du transfert thermique) ;
- l'intensité du courant électrique I = \iint_S \vec{j} \cdot \vec{\mathrm{d}S} correspond à la puissance thermique (ou flux thermique) \mathcal{P}_{\mathrm{th}} = \iint_S \vec{j}_{\mathrm{th}} \cdot \vec{\mathrm{d}S} ;
- la loi d'Ohm locale \vec{j} = -\gamma\, \vec{\nabla} V correspond à la loi de Fourier \vec{j}_{\mathrm{th}} = -\lambda_{\mathrm{th}}\, \vec{\nabla} T, la conductivité électrique \gamma correspondant à la conductivité thermique \lambda_{\mathrm{th}}.
Par analogie avec la loi d'Ohm macroscopique V_1 - V_2 = R_e I, on définit la résistance thermique R_{\mathrm{th}} d'un conducteur reliant deux parois à températures imposées T_1 et T_2 (T_1 > T_2) traversé par un flux thermique \mathcal{P}_{\mathrm{th}} orienté de 1 vers 2 par :
Dans le barreau cylindrique d'axe (Ox), le flux thermique \vec{j}_{\mathrm{th}} = j_{\mathrm{th}} \vec{e_x} est uniforme et traverse la section S orthogonale à \vec{e_x}. La puissance thermique s'exprime ainsi :
D'après la loi de Fourier unidimensionnelle (question Q48) :
En intégrant entre l'extrémité gauche x = 0 (à la température T_1) et l'extrémité droite x = \ell (à la température T_2) :
Par identification avec la relation de définition T_1 - T_2 = R_{\mathrm{th}} \mathcal{P}_{\mathrm{th}}, on retrouve l'expression annoncée :
On remarque que cette formule se déduit également de l'expression de la résistance électrique R_{e,\mathrm{Cu}} = \frac{\ell}{\gamma S} établie à la question Q47 par simple substitution de \gamma par \lambda_{\mathrm{th}}.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 50
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : écoulement de poiseuille, viscosité
À partir d'un bilan de quantité de mouvement sur un domaine cylindrique de fluide (), établir l'expression de la vitesse du fluide en fonction du rayon . On donnera toutes les précisions sur les étapes de calcul. Vérifier que cette vitesse peut s'écrire sous la forme suivante :
où est une constante faisant intervenir , , et . Représenter l'allure graphique de la dépendance de vis-à-vis de .
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Effectuer un bilan des forces de pression et de viscosité tangentielle sur un cylindre de fluide de rayon r et intégrer en imposant une vitesse nulle en r=R.
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- Définir le système fermé constitué par le fluide occupant le cylindre de rayon r \leqslant R et de longueur \ell à un instant t, et exploiter le régime stationnaire et unidirectionnel pour lequel la variation de quantité de mouvement et le flux convectif net sont nuls.
- Dresser le bilan des forces extérieures appliquées à ce domaine : forces de pression sur les bases et force de viscosité (frottement visqueux newtonien) sur la surface latérale.
- Intégrer l'équation différentielle obtenue en imposant la condition aux limites d'adhérence à la paroi (v(R) = 0), identifier la constante A et tracer le profil parabolique.
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On étudie l'écoulement stationnaire, laminaire et unidirectionnel d'un fluide incompressible selon l'axe (Ox) :
1. Choix du système et bilan de quantité de mouvement : Considérons le volume de fluide contenu dans le cylindre d'axe (Ox), de rayon r \in [0, R] et s'étendant entre x = 0 et x = \ell.
- En régime stationnaire, la quantité de mouvement totale du fluide contenu dans ce volume de contrôle est constante dans le temps.
- L'écoulement étant invariant selon x, le flux de quantité de mouvement sortant par la base en x = \ell compense exactement le flux de quantité de mouvement entrant par la base en x = 0. Le flux convectif net à travers la frontière est donc nul.
Le théorème de la quantité de mouvement appliqué à ce domaine se réduit donc à l'équilibre des forces extérieures exercées sur le fluide :
2. Inventaire des forces extérieures : En négligeant la pesanteur, les forces s'exerçant sur le cylindre de fluide sont :
Forces de pression sur les bases :
- en x = 0 (entrée) : \vec{F}_{P,1} = P_1 (\pi r^2)\,\vec{e}_x ;
- en x = \ell (sortie) : \vec{F}_{P,2} = - P_2 (\pi r^2)\,\vec{e}_x.
Leur résultante vaut :
\vec{F}_P = (P_1 - P_2)\pi r^2\,\vec{e}_x = \Delta P\,\pi r^2\,\vec{e}_xForces de viscosité sur la surface latérale : La normale extérieure au cylindre de rayon r est \vec{e}_r. Pour un fluide newtonien, la contrainte de cisaillement exercée par le fluide extérieur (r^+ > r) sur le fluide intérieur est tangentielle à la surface et orientée selon \vec{e}_x :
\sigma_{rx} = \eta \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}La surface latérale ayant pour aire S_{\mathrm{lat}} = 2\pi r \ell, la force visqueuse totale s'écrit :
\vec{F}_{\mathrm{visq}} = 2\pi r \ell\,\sigma_{rx}\,\vec{e}_x = 2\pi r \ell\,\eta \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\,\vec{e}_x
3. Équilibre et intégration : La projection selon l'axe (Ox) donne :
Une première intégration par rapport à r conduit à :
La condition aux limites d'adhérence du fluide visqueux à la paroi fixe impose v(R) = 0, d'où :
La vitesse du fluide s'écrit donc :
4. Allure graphique du profil de vitesse : La constante A = v(0) représente la vitesse maximale au centre de la conduite (v_{s,\max}). Le profil de vitesse est parabolique :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 51
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : loi de poiseuille, débit volumique
Établir l'expression du débit de volume en fonction de , , et .
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Intégrer le profil parabolique de vitesse v(r) sur l'ensemble de la section droite via l'élément de surface différentiel \mathrm{d}S = 2\pi r\,\mathrm{d}r.
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- Exprimer le débit de volume Q_v comme le flux du champ de vitesse \vec{v}(r) = v(r)\,\vec{e}_x à travers une section droite de la conduite.
- Découper la section transversale en couronnes cylindriques élémentaires de rayon r et d'épaisseur \mathrm{d}r.
- Intégrer l'expression obtenue entre r = 0 et r = R en utilisant le profil de vitesse établi à la question Q50.
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Le débit de volume Q_v à travers une section transversale S de la conduite est défini par le flux du vecteur vitesse :
L'écoulement étant purement longitudinal selon \vec{e}_x et invariant par rotation d'axe (Ox), la vitesse ne dépend que de la distance radiale r. On choisit comme élément de surface une couronne d'aire \mathrm{d}S = 2\pi r\,\mathrm{d}r orientée selon \vec{e}_x.
D'après le profil de vitesse obtenu à la question Q50 :
Le débit s'exprime donc sous la forme :
En remplaçant la constante A par son expression en fonction de \Delta P, R, \eta et \ell, on aboutit à la loi de Hagen-Poiseuille :
Résultat
Question 52
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : résistance hydraulique, analogie électrique
En définissant les grandeurs hydrodynamiques analogues aux grandeurs électriques, exprimer la résistance hydraulique associée à l'écoulement de Poiseuille précédent.
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Définir la résistance hydraulique par analogie directe avec la loi d'Ohm sous la forme R_h = \Delta P / Q_v.
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Par analogie avec la conduction électrique (question Q45) et la conduction thermique (question Q49) :
- la différence de pression \Delta P = P_1 - P_2 joue le rôle de la différence de potentiel U = V_1 - V_2 (force motrice de l'écoulement) ;
- le débit volumique Q_v traversant la section de la conduite joue le rôle de l'intensité du courant électrique I (flux volumique de matière).
La résistance hydraulique R_{\mathrm{h}} est alors définie par la relation constitutive analogue à la loi d'Ohm :
D'après le résultat de la question Q51, le débit volumique pour un écoulement de Poiseuille s'écrit :
On en déduit immédiatement l'expression de la résistance hydraulique :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 53
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : écoulement de poiseuille, vitesse moyenne
Établir la relation entre la vitesse moyenne sur une section de la canalisation et la vitesse maximale , dans la conduite cylindrique.
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Calculer la vitesse moyenne en divisant le débit volumique par la section totale \pi R^2, puis comparer à la vitesse axiale maximale en r=0.
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- Utiliser la définition de la vitesse moyenne v_s comme le quotient du débit volumique Q_v par la section transversale S = \pi R^2 de la canalisation.
- Identifier la vitesse maximale v_{s,\max} à partir du profil parabolique v(r) obtenu à la question Q50, puis en déduire la relation cherchée en utilisant l'expression de Q_v issue de la question Q51.
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Par définition, la vitesse moyenne v_s du fluide à travers une section droite S = \pi R^2 de la conduite cylindrique est reliée au débit volumique Q_v par :
D'après le résultat de la question Q51, le débit volumique s'écrit :
d'où l'expression de la vitesse moyenne :
Par ailleurs, d'après la question Q50, le profil de vitesse est donné par :
La vitesse est maximale sur l'axe de la conduite, en r = 0 :
En comparant les expressions de v_s et de v_{s,\max}, on obtient la relation :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
B · Focalisation hydrodynamique
Question 54
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : nombre de reynolds, écoulement laminaire
Définir le nombre de Reynolds pour l'écoulement dans ce type de canaux. À partir d'une évaluation numérique du nombre de Reynolds, en déduire la nature de l'écoulement.
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Calculer le nombre de Reynolds \mathrm{Re} = \rho v L/\eta avec les échelles caractéristiques données et vérifier qu'il est très largement inférieur à l'unité.
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- Rappeler la définition générale du nombre de Reynolds et expliciter la dimension caractéristique adaptée à la géométrie du canal.
- Effectuer l'application numérique avec les grandeurs données dans l'énoncé pour une solution aqueuse.
- Comparer la valeur obtenue aux régimes d'écoulement classiques pour en déduire la nature de l'écoulement.
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Le nombre de Reynolds, grandeur adimensionnelle comparant l'ordre de grandeur des forces d'inertie à celui des forces de viscosité au sein du fluide, est défini par :
où :
- \rho est la masse volumique du fluide (pour une solution aqueuse, \rho \approx 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}) ;
- v est la vitesse caractéristique de l'écoulement (v \sim 100\text{ }\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1} = 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) ;
- L_c est la dimension transverse caractéristique du canal (L_c \sim 100\text{ }\mu\text{m} = 10^{-4}\text{ m}) ;
- \eta est la viscosité dynamique du fluide (\eta \approx \eta_{\text{eau}} = 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}).
L'évaluation numérique donne :
Puisque \mathrm{Re} \ll 2000 (et même \mathrm{Re} \ll 1), les forces de viscosité dominent très largement les forces d'inertie : l'écoulement est strictement laminaire (régime d'écoulement rampant ou de Stokes).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 55
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : analogie électro-hydraulique, résistance hydraulique
Représenter le circuit électrique analogue équivalent au circuit microfluidique représenté sur la figure 16. On notera la résistance de chacun des canaux d'entrainement, celle du canal d'entrée, celle du canal de sortie, où et . Dans le cadre de l'analogie électrique, on considérera que le canal de sortie est relié à la "masse". On précisera les analogues électriques des pressions, pour le circuit microfluidique.
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Associer les débits aux intensités, les pressions aux potentiels, et modéliser la jonction des canaux par un nœud électrique relié à trois branches résistives.
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- Identifier la correspondance fondamentale entre les grandeurs hydrauliques de l'écoulement de Poiseuille stationnaire (\Delta P = R_{\mathrm{h}} Q_v) et les grandeurs électriques d'un conducteur ohmique (U = R I).
- Associer chaque canal fluidique à un dipôle ohmique de résistance correspondante (\gamma R, R, \sigma R) connecté au carrefour central (nœud N).
- Fixer la référence de potentiel (masse V_S = 0) à la sortie S, et associer les potentiels d'entrée aux pressions imposées.
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L'analogie formelle entre l'hydrodynamique laminaire stationnaire et l'électrocinétique repose sur la loi d'Ohm hydraulique \Delta P = R_{\mathrm{h}} Q_v et la loi d'Ohm électrique U = R_e I. Les correspondances sont les suivantes :
- la pression P est analogue au potentiel électrique V ;
- la différence de pression \Delta P = P_1 - P_2 est analogue à la tension électrique U = V_1 - V_2 ;
- le débit volumique Q_v est analogue à l'intensité du courant électrique I ;
- la résistance hydraulique R_{\mathrm{h}} est analogue à la résistance électrique R_e.
Pour le circuit microfluidique étudié :
la pression de sortie P_s, prise comme référence de pression et reliée à la masse, correspond au potentiel nul :
P_s \quad \longleftrightarrow \quad V_S = 0la pression d'entrée P_e correspond au potentiel :
P_e \quad \longleftrightarrow \quad V_Eles pressions des deux canaux d'entraînement P_f = \alpha P_e correspondent au potentiel :
P_f = \alpha P_e \quad \longleftrightarrow \quad V_{E'} = \alpha V_Ela pression au carrefour central N correspond au potentiel du nœud :
P_N \quad \longleftrightarrow \quad V_N
Le circuit électrique équivalent est constitué d'un nœud central N relié à :
- la branche d'entrée de résistance \gamma R, soumise au potentiel V_E en E ;
- les deux branches d'entraînement identiques, chacune de résistance R, soumises au même potentiel V_{E'} = \alpha V_E en E' ;
- la branche de sortie de résistance \sigma R, connectée à la masse (V_S = 0) en S.
Question 56
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : loi des nœuds, théorème de millman
Nous souhaitons que les écoulements s'effectuent dans le sens et (cf figure 16). Déduire que cette condition impose que en précisant l'expression de et en fonction de et .
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Appliquer le théorème de Millman au nœud central pour exprimer la pression P_N et imposer les inégalités assurant le sens d'écoulement souhaité.
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- Exprimer le potentiel au nœud N (représentant la pression P_N) en fonction de P_e, \alpha, \gamma et \sigma à l'aide du théorème de Millman (ou de la loi des nœuds).
- Traduire les conditions d'écoulement souhaitées par le signe des courants (ou des différences de pression) dans chaque branche : P_e > P_N et P_f > P_N.
- En déduire l'encadrement \alpha_{\min} < \alpha < \alpha_{\max}.
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Dans le cadre de l'analogie électrique établie à la question précédente, le nœud N est relié à :
- l'entrée E au potentiel V_E = P_e par la résistance R_e = \gamma R ;
- deux entrées d'entraînement E' au même potentiel V_{E'} = P_f = \alpha P_e, chacune via une résistance R ;
- la sortie S reliée à la masse (V_S = P_s = 0) par la résistance R_s = \sigma R.
D'après le théorème de Millman au nœud N :
En simplifiant par R et sachant que V_S = 0, le potentiel V_N (associé à la pression P_N) s'écrit :
Les conditions sur les sens d'écoulement se traduisent par :
Écoulement dans le sens E \to N \implies P_e > P_N :
\begin{aligned} P_e > P_e \, \frac{\dfrac{1}{\gamma} + 2\alpha}{\dfrac{1}{\gamma} + 2 + \dfrac{1}{\sigma}} &\iff \frac{1}{\gamma} + 2\alpha < \frac{1}{\gamma} + 2 + \frac{1}{\sigma} \\ &\iff 2\alpha < 2 + \frac{1}{\sigma} \\ &\iff \alpha < 1 + \frac{1}{2\sigma} \end{aligned}Écoulement dans le sens E' \to N \implies P_f > P_N, soit \alpha P_e > P_N :
\begin{aligned} \alpha > \frac{\dfrac{1}{\gamma} + 2\alpha}{\dfrac{1}{\gamma} + 2 + \dfrac{1}{\sigma}} &\iff \alpha\left(\frac{1}{\gamma} + 2 + \frac{1}{\sigma}\right) > \frac{1}{\gamma} + 2\alpha \\ &\iff \alpha\left(\frac{1}{\gamma} + \frac{1}{\sigma}\right) > \frac{1}{\gamma} \\ &\iff \alpha > \frac{\dfrac{1}{\gamma}}{\dfrac{1}{\gamma} + \dfrac{1}{\sigma}} = \frac{\sigma}{\gamma + \sigma} \end{aligned}
Dès lors que ces deux conditions sont vérifiées, les débits entrants au nœud N étant strictement positifs, le débit sortant vers S est lui aussi strictement positif (P_N > 0 = P_s), ce qui assure bien l'écoulement dans le sens N \to S.
On en déduit la condition :
avec :
Résultat
Question 57
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantNotions : focalisation hydrodynamique, conservation du débit
En supposant que l'écoulement entrant dans le canal de sortie est fortement focalisé, exprimer et en fonction de , de et des débits de volume et , respectivement dans le canal d'entrée et dans les canaux d'entraînement.
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Écrire la conservation du flux de fluide d'intérêt et exprimer les débits en sortie en utilisant les profils d'écoulement de Poiseuille rectangulaire.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la conservation du débit volumique au nœud N pour relier le débit total Q_s dans le canal de sortie aux débits Q_e et Q_f.
- Exprimer le débit total à partir de la vitesse moyenne v_s et de la section totale w_s h pour déterminer w_s.
- Utiliser l'hypothèse de forte focalisation (w_c \ll w_s) pour approcher la vitesse du fluide d'intérêt par la vitesse maximale v_{s,\max} au centre du canal, puis en déduire w_c.
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Le fluide étant supposé incompressible et l'écoulement stationnaire, la conservation du débit volumique au niveau de la jonction (nœud N) s'écrit :
où Q_e est le débit issu du canal d'entrée et 2 Q_f est le débit cumulé issu des deux canaux d'entraînement identiques.
Expression de w_s : La section droite rectangulaire du canal de sortie a pour aire S = w_s h. Par définition de la vitesse moyenne v_s sur cette section, le débit volumique total traversant le canal de sortie est :
On en déduit l'expression de la largeur w_s du canal de sortie :
Expression de w_c : L'écoulement entrant étant supposé fortement focalisé, le fluide d'intérêt est confiné dans une bande centrale de largeur w_c \ll w_s et de hauteur h. Au voisinage immédiat du centre (y = 0), le profil de Poiseuille présente un extremum : la vitesse y varie très peu et peut être considérée comme uniforme et égale à sa valeur maximale sur l'axe, v_{s,\max}.
Le débit volumique Q_e de fluide d'intérêt transporté à travers la section centrale S_c = w_c h s'exprime donc par :
On en déduit l'expression de la largeur w_c du filet focalisé :
Résultat
Question 58
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantNotions : focalisation hydrodynamique, diviseur de courant
En utilisant l'analogie avec des grandeurs électriques et les résultats des questions précédentes, exprimer en fonction de , et .
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Substituer les débits volumiques exprimés en fonction des tensions et des résistances hydrauliques dans le rapport des largeurs caractéristiques.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le rapport \frac{w_c}{w_s} à partir des résultats de la question Q57 et de la relation donnée par l'énoncé entre v_s et v_{s,\max}.
- Exprimer le rapport des débits \frac{Q_e}{Q_s} en exploitant l'analogie électrique et la pression P_N au nœud N déterminée à la question Q56.
- En déduire l'expression analytique finale de \frac{w_c}{w_s} en fonction de \alpha, \gamma et \sigma.
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D'après la question Q57, les largeurs w_c et w_s s'écrivent :
où Q_s = Q_e + 2 Q_f est le débit volumique total s'écoulant dans le canal de sortie. L'énoncé précise que pour cette géométrie rectangulaire :
Le rapport des largeurs s'écrit donc :
Par analogie électrique (établie aux questions Q55 et Q56), les débits volumiques Q_e et Q_s s'expriment à partir de la loi d'Ohm hydraulique :
Le rapport des débits vaut ainsi :
D'après l'expression de la pression P_N au nœud N obtenue à la question Q56 :
On en déduit :
En injectant ce résultat dans le rapport des débits :
On obtient finalement :
Résultat
Question 59
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : focalisation hydrodynamique, optimisation
Expliquer qualitativement comment doit évoluer la pression appliquée au fluide d'entraînement pour améliorer la focalisation dans un circuit donné. Comment choisir pour améliorer la focalisation ?
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Analyser comment le confinement spatial du jet central varie lorsque l'on augmente la surpression latérale \alpha et discuter du choix de la géométrie d'entrée \gamma.
Voir la stratégieStratégie
- Préciser le critère physique d'une bonne focalisation hydrodynamique : réduire au maximum la largeur relative w_c / w_s du filet central de fluide d'intérêt.
- Analyser l'effet d'une variation de la pression de gainage P_f (soit de \alpha = P_f/P_e) à la fois qualitativement (effet de compression hydraulique) et à l'aide de l'expression obtenue à la question Q58.
- Analyser le choix du paramètre géométrique \gamma = R_e / R (résistance hydraulique relative du canal d'entrée) selon la même double approche.
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Améliorer la focalisation hydrodynamique consiste à obtenir un filet de fluide d'intérêt le plus fin possible au centre du canal de sortie, c'est-à-dire à minimiser le rapport \frac{w_c}{w_s}.
D'après le résultat de la question Q58 :
1. Évolution de la pression appliquée au fluide d'entraînement :
- Il faut augmenter la pression P_f appliquée au fluide d'entraînement (ce qui correspond à augmenter \alpha = P_f / P_e).
- Explication qualitative : en augmentant la pression P_f, on augmente le débit Q_f issu des deux canaux latéraux d'entraînement par rapport au débit d'entrée Q_e. Les deux flux latéraux exercent ainsi une poussée latérale plus intense sur le fluide d'intérêt au niveau de la jonction N, ce qui « pince » plus étroitement le filet central le long de l'axe (Ox) et réduit sa largeur w_c.
- Justification analytique : lorsque \alpha croît, le numérateur (2\sigma + 1 - 2\alpha\sigma) décroît tandis que le dénominateur (1 + 2\alpha\gamma) augmente ; le rapport \frac{w_c}{w_s} est donc une fonction strictement décroissante de \alpha.
- Limite pratique : pour maintenir un écoulement vers l'aval sans refoulement dans le canal d'entrée (Q_e > 0), il convient toutefois de rester sous la valeur limite supérieure \alpha_{\max} = 1 + \frac{1}{2\sigma} déterminée à la question Q56.
2. Choix du paramètre \gamma :
- Il faut choisir \gamma le plus grand possible (\gamma \gg 1).
- Explication qualitative : le paramètre \gamma = R_e / R mesure la résistance hydraulique du canal d'entrée par rapport à celle des canaux d'entraînement. En augmentant la résistance du canal d'entrée, on limite fortement le débit d'injection Q_e du fluide d'intérêt pour une pression P_e donnée, ce qui conduit à un filet central beaucoup plus mince (w_c \propto Q_e).
- Justification analytique : \gamma n'apparaît qu'au dénominateur de l'expression de \frac{w_c}{w_s}, affecté d'un signe positif (1 + 2\alpha\gamma). Augmenter \gamma diminue donc la largeur relative w_c/w_s. De plus, cela abaisse la borne inférieure \alpha_{\min} = \frac{\sigma}{\gamma + \sigma}, élargissant ainsi la plage de pressions utilisables.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.