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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 PSI 2020

Étude simplifiée du vol d'un Airbus A320

Ce sujet transverse aborde de multiples facettes de l'aéronautique à travers l'étude de l'Airbus A320. Il parcourt avec cohérence la mécanique du vol et l'aérodynamique des profils d'ailes, la thermodynamique industrielle appliquée à un turboréacteur double flux (cycle, travail de transvasement, poussée par bilan de quantité de mouvement), ainsi qu'une large part de chimie orientée sciences de l'ingénieur (thermochimie des oxydes d'azote, cinétique en phase gazeuse, photochimie de dissociation, métallurgie des alliages aluminium-cuivre et corrosion par piqûres).

Très équilibré et progressif, ce sujet constitue une référence incontournable pour les candidats de la filière PSI. Il permet de réviser les bilans de matière et d'énergie en système ouvert, le tracé et l'interprétation des courbes courant-potentiel en milieu complexe, ainsi que les méthodes graphiques sur diagrammes binaires et polaires aérodynamiques.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,16/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

10 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 23 questions sur 45, parties I.A et I.C.

Où gagner des points

Rapides et accessibles (39) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : hors programme, erreur d'énoncé, parties indépendantes
  • Hors programme

    Hors du programme actuel : Q35 (Les équilibres binaires solide-liquide et la notion de composé défini ne figurent pas au programme de PSI), Q36 (Les diagrammes de phases binaires solide-liquide ne figurent pas au programme de PSI) et Q37 (La règle des moments chimiques sur un diagramme binaire solide-liquide ne figure pas au programme de PSI).

  • Erreur d'énoncé

    Q18 : L'énoncé demande d'exprimer P_j en fonction de T_i, P_j et P_i, omettant T_j. Il faut en réalité exprimer T_j en fonction de T_i, P_i, P_j, ou réciproquement P_j en fonction de T_j, T_i, P_i.

  • Erreur d'énoncé

    Q40 : Le tableau de données fournit une valeur erronée de la constante de Faraday (9{,}64 \times 10^3 au lieu de 9{,}65 \times 10^4\text{ C}\cdot\text{mol}^{-1}). Mieux vaut employer directement la valeur standard (RT\ln 10)/F \approx 0{,}06\text{ V} à 298\text{ K}.

  • Parties indépendantes

    Les quatre parties du sujet (aérodynamique, turboréacteur, chimie des NOx et alliage d'aluminium) sont entièrement indépendantes et peuvent être traitées dans n'importe quel ordre.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : L'Airbus A320 en vol

A · Éléments de description d'une aile

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de traînée, force de portance

Recopier sommairement le schéma de la figure 1 en y faisant figurer la résultante aérodynamique ainsi que ses composantes suivant les axes et , notées et .

Voir l'indice

Décomposer le vecteur force aérodynamique globale en une force de traînée colinéaire au vent relatif et une force de portance orthogonale à celui-ci.

Voir la stratégie
  1. Identifier le repère (O, x, y) lié à l'avion : l'axe (Ox) est dirigé dans le sens du vent relatif \vec{v}_0 = v_0 \vec{e}_x, et l'axe (Oy) lui est directement orthogonal et orienté vers le haut.
  2. Décomposer l'action mécanique de l'air sur le profil :

    • la traînée \vec{R}_x, colinéaire et de même sens que l'écoulement incident \vec{v}_0, portée par (Ox) ;
    • la portance \vec{R}_y, orthogonale à l'écoulement incident et orientée vers le haut, portée par (Oy).
  3. Construire la résultante aérodynamique globale \vec{R} = \vec{R}_x + \vec{R}_y.
Voir la réponse courte

Schéma avec la portance \vec{R}_y perpendiculaire à la vitesse et la traînée \vec{R}_x opposée au vecteur vitesse.

Voir le corrigé complet

L'action aérodynamique exercée par l'écoulement d'air sur l'aile se décompose conventionnellement en :

  • la force de traînée \vec{R}_x, parallèle à la vitesse du vent relatif \vec{v}_0, opposée au mouvement de l'avion dans l'air et donc dirigée selon l'axe (Ox) ;
  • la force de portance \vec{R}_y, perpendiculaire au vent relatif et dirigée vers le haut selon l'axe (Oy).

La résultante aérodynamique \vec{R} est la somme vectorielle de ces deux composantes :

\boxed{\vec{R} = \vec{R}_x + \vec{R}_y}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de portance, force de traînée, équilibre dynamique

On considère l'avion en vol de croisière à pente et assiette nulles (trajectoire confondue avec l'axe de l'avion). Écrire, dans ces conditions, l'équation, dite de sustentation, liant la masse de l'avion à et l'équation, dite de propulsion, liant à .

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'avion en régime stationnaire : compenser le poids par la portance des deux ailes et la traînée par la poussée totale.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'orientation des différentes forces (poids, poussée, portance, traînée) en exploitant les conditions de vol : pente nulle et assiette nulle.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'avion en régime permanent dans le référentiel terrestre galiléen.
  3. Projeter la relation vectorielle sur la direction verticale (sustentation) et sur la direction horizontale (propulsion), en tenant compte des deux ailes de l'avion.
Voir la réponse courte

En vol rectiligne uniforme horizontal : sustentation mg = \frac{1}{2}\rho S v^2 C_y et propulsion F = \frac{1}{2}\rho S v^2 C_x.

Voir le corrigé complet

L'avion de masse m est étudié dans le référentiel terrestre supposé galiléen. En vol de croisière à vitesse constante \vec{v} :

  • la pente est nulle, donc le vecteur vitesse \vec{v} est horizontal ;
  • l'assiette est nulle, donc l'axe longitudinal du fuselage est horizontal et confondu avec la trajectoire.

Le vent relatif \vec{v}_0 est donc purement horizontal et opposé à la marche de l'avion.

L'avion est soumis à :

  • son poids \vec{P} = m\vec{g}, vertical descendant ;
  • la poussée totale des deux réacteurs \vec{F}, dirigée vers l'avant selon l'axe horizontal du fuselage ;
  • la résultante aérodynamique totale \vec{R}_{\text{aéro}} = \vec{R}_x + \vec{R}_y, somme des contributions des deux ailes de surface individuelle S (soit une surface portante totale S_{\text{tot}} = 2S) :

    • la force de traînée totale \vec{R}_x, horizontale et opposée au mouvement (vers l'arrière), d'intensité R_x = 2 \times \left(\frac{1}{2}\rho S v^2 C_x\right) = \rho S v^2 C_x ;
    • la force de portance totale \vec{R}_y, verticale ascendante, d'intensité R_y = 2 \times \left(\frac{1}{2}\rho S v^2 C_y\right) = \rho S v^2 C_y.

Le centre de masse ayant une vitesse constante dans un référentiel galiléen, la première loi de Newton s'écrit :

\vec{P} + \vec{F} + \vec{R}_x + \vec{R}_y = \vec{0}

En projetant sur la verticale ascendante, on obtient l'équation de sustentation :

R_y - mg = 0

soit, en posant S_{\text{tot}} = 2S :

\boxed{mg = \rho S v^2 C_y = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y}

En projetant sur l'horizontale orientée vers l'avant, on obtient l'équation de propulsion :

F - R_x = 0

soit :

\boxed{F = \rho S v^2 C_x = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_x}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Préciser le système, le référentiel et le théorème, soigner la projection vectorielle et penser à compter les deux ailes de l'avion.

« La totalité des points a été attribuée aux candidats qui ont rédigé correctement (système étudié, référentiel d’étude, théorème utilisé), qui ont correctement projeté l’expression vectorielle et qui n’ont pas oublié qu’un avion a deux ailes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse de croisière, force de traînée

Estimer numériquement la vitesse de croisière et la poussée nécessaire à son maintien.

Voir l'indice

Identifier l'incidence en palier comme étant égale au calage \beta, lire les coefficients C_y et C_x correspondants sur la figure 2, puis isoler la vitesse et la poussée.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'angle d'incidence \alpha à partir des conditions de vol de croisière (assiette et pente nulles) et de l'angle de calage \beta.
  2. Lire graphiquement sur la figure 2 (ou la figure 6) les coefficients aérodynamiques C_x et C_y correspondants.
  3. En déduire la vitesse de croisière v à l'aide de l'équation de sustentation, puis la poussée F à l'aide de l'équation de propulsion.
Voir la réponse courte

Calcul de la vitesse v à partir de l'équation de sustentation puis de la poussée nécessaire F via le coefficient C_x.

Voir le corrigé complet

L'aéronef vole à pente nulle (trajectoire horizontale) et assiette nulle (axe longitudinal horizontal). Le vent relatif est donc parallèle à l'axe de l'avion. L'angle d'incidence \alpha entre la corde de l'aile et le vent relatif est alors égal à l'angle de calage de l'aile :

\alpha = \beta = 3^\circ

Par lecture graphique sur la figure 2 à \alpha = 3^\circ (ou d'après la polaire de la figure 6) :

\begin{aligned} C_y &\approx 0{,}35 \\ C_x &\approx 0{,}019 \pm 0{,}002 \end{aligned}

La surface portante totale des deux ailes vaut :

S_{\text{tot}} = 2S = 2 \times (12 \times 3) = 72\text{ m}^2

D'après l'équation de sustentation établie à la question précédente :

mg = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y

On en déduit l'expression de la vitesse de croisière :

v = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} C_y}}

Application numérique :

v = \sqrt{\frac{2 \times 60\,000 \times 9{,}8}{1{,}2 \times 72 \times 0{,}35}} \approx 197\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 2{,}0 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\approx 710\text{ km}\cdot\text{h}^{-1})
\boxed{v \approx 2{,}0 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (7{,}1 \times 10^2\text{ km}\cdot\text{h}^{-1})}

D'après l'équation de propulsion et celle de sustentation :

F = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_x = mg\,\frac{C_x}{C_y}

Application numérique :

F = 60\,000 \times 9{,}8 \times \frac{0{,}019}{0{,}35} \approx 3{,}2 \times 10^4\text{ N} = 32\text{ kN}
\boxed{F \approx 32\text{ kN}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Déterminer rigoureusement les coefficients à la règle en prêtant attention aux échelles des axes, sans se contenter d'une lecture approximative.

« Les candidats doivent prendre le temps d’extraire de la figure 2 les valeurs des coefficients Cxet Cy en utilisant une règle et en étant attentifs aux échelles en abscisse et ordonnée. Une simple lecture « à la volée » n’est pas acceptable. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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B · Rôle des ailes

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : relation de bernoulli, force de portance

À l'aide de la figure 4, expliquer l'existence d'une force de portance pour les angles d'incidence non nuls.

Voir l'indice

Relier le signe du coefficient de pression K_p à la surpression à l'intrados et à la forte dépression à l'extrados pour en déduire la résultante verticale vers le haut.

Voir la stratégie
  1. Relier le coefficient de pression K_p à la pression locale P à l'aide de la relation de Bernoulli.
  2. Analyser sur la figure 4 l'écart de pression entre l'intrados et l'extrados pour \alpha > 0.
  3. Conclure sur la direction de la résultante des forces de pression exercées sur l'aile.
Voir la réponse courte

La dissymétrie d'écoulement induite par l'incidence crée une surpression à l'intrados et une dépression à l'extrados (Bernoulli).

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Bernoulli appliquée le long d'une ligne de courant entre l'amont non perturbé (où la vitesse est v_0 et la pression P_0) et un point d'arrêt éventuel où la pression vaut la pression totale P_t, on a :

P_t - P_0 = \frac{1}{2}\,\rho\,v_0^2 > 0

Le coefficient de pression K_p = \dfrac{P - P_0}{P_t - P_0} est donc directement proportionnel à l'écart de pression P - P_0 :

  • K_p > 0 \iff P > P_0 (zone de surpression relative) ;
  • K_p < 0 \iff P < P_0 (zone de dépression relative).

Sur la figure 4, pour un angle d'incidence non nul (\alpha = 2^\circ ou \alpha = 7^\circ), on constate que :

  • sur l'extrados (trait continu), K_p prend des valeurs fortement négatives sur la quasi-totalité du profil, ce qui correspond à une dépression (P_{\text{ext}} < P_0) particulièrement marquée près du bord d'attaque ;
  • sur l'intrados (pointillés), K_p est globalement positif, ce qui correspond à une surpression (P_{\text{int}} > P_0) ;
  • sur l'ensemble de la corde, la courbe d'intrados est située au-dessus de celle de l'extrados :
K_{p,\text{intrados}} > K_{p,\text{extrados}} \implies \boxed{P_{\text{intrados}} > P_{\text{extrados}}}

La force élémentaire de pression exercée par l'air sur un élément de surface \mathrm{d}S est \mathrm{d}\vec{F}_P = -P\,\vec{n}_{\text{ext}}\,\mathrm{d}S, où \vec{n}_{\text{ext}} est la normale dirigée vers l'extérieur de l'aile :

  • sur l'intrados (face inférieure), la force de pression pousse l'aile vers le haut (+y) ;
  • sur l'extrados (face supérieure), la force de pression pousse l'aile vers le bas (-y).

Comme P_{\text{intrados}} > P_{\text{extrados}}, l'intégrale des actions de pression le long du profil donne une force nette dirigée vers le haut, c'est-à-dire dans le sens du vecteur \vec{e}_y. Cette force normale à la vitesse de l'écoulement incident constitue précisément la force de portance.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force de portance, symétrie

Justifier que cette force de portance est nulle pour un angle d'incidence nul.

Voir l'indice

Invoquer la symétrie géométrique du profil qui impose une identité stricte des distributions de pression sur les faces supérieure et inférieure à incidence nulle.

Voir la réponse courte

Pour un profil symétrique à incidence nulle, l'écoulement est identique sur l'intrados et l'extrados : la portance résultante est nulle.

Voir le corrigé complet

Deux arguments complémentaires permettent de justifier la nullité de la portance à incidence nulle :

  1. À partir de la figure 4 et de la distribution de pression : Pour \alpha = 0^\circ, la courbe du coefficient de pression K_p de l'extrados est strictement confondue avec celle de l'intrados sur toute la longueur de la corde (0 \le x \le 1). On en déduit qu'en tout point de l'aile :

    P_{\text{extrados}}(x) = P_{\text{intrados}}(x)

    La force de portance, résultant de l'intégration de la différence de pression entre l'intrados et l'extrados le long du profil, est par conséquent nulle :

    \boxed{R_y = 0}
  2. Par un argument de symétrie : L'énoncé précise que le profil de l'aile est symétrique par rapport à la corde. À incidence nulle (\alpha = 0^\circ), l'écoulement incident du fluide est dirigé parallèlement à cette corde, qui constitue alors un plan de symétrie à la fois pour la géométrie du profil et pour les conditions aux limites de l'écoulement. L'écoulement d'air et le champ de pression présentent donc cette même symétrie. La résultante des forces de pression ne peut avoir de composante orthogonale à ce plan de symétrie, ce qui impose R_y = 0 (soit C_y(0^\circ) = 0, conformément à la figure 2).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : décrochage, force de portance

À partir de la figure 2, en considérant que la trajectoire est horizontale et que l'assiette est non nulle, expliquer l'existence d'une vitesse minimale , dite vitesse minimale de sustentation, en-deçà de laquelle la sustentation ne peut plus être assurée. On dit alors que l'avion décroche.

Voir l'indice

Exprimer la vitesse en fonction de C_y d'après l'équilibre de sustentation et exploiter l'existence d'une valeur maximale C_{y,\max} au-delà de laquelle l'équilibre est impossible.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de sustentation pour un vol horizontal à vitesse constante.
  2. Exprimer le coefficient de portance C_y requis en fonction de la vitesse v.
  3. Exploiter la figure 2 pour montrer que C_y est borné par un maximum, ce qui impose une borne inférieure sur la vitesse de vol.
Voir la réponse courte

Le coefficient C_y passe par un maximum au-delà duquel l'écoulement décolle (décrochage), fixant une vitesse minimale pour maintenir mg.

Voir le corrigé complet

Pour un vol en palier horizontal à vitesse constante, la condition de sustentation établie à la question Q2 impose que la composante verticale de la résultante aérodynamique (la portance totale) compense exactement le poids de l'appareil :

R_y = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y = mg

où S_{\text{tot}} = 2S désigne la surface portante totale des deux ailes.

Pour une vitesse d'avancement v donnée, le coefficient de portance nécessaire au maintien du palier vaut ainsi :

C_y = \frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} v^2}

Si la vitesse de l'avion diminue, le maintien de la sustentation nécessite donc une augmentation du coefficient C_y. Le pilote y parvient en augmentant l'assiette de l'appareil, ce qui accroît l'angle d'incidence \alpha.

Or, d'après la figure 2, le coefficient de portance C_y(\alpha) n'est pas indéfiniment croissant : il passe par un maximum noté C_{y,\max} avant de chuter brusquement.

La condition C_y \le C_{y,\max} impose donc une vitesse minimale de vol :

v \ge v_{\min} = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} C_{y,\max}}}
\boxed{v < v_{\min} \implies R_{y,\max} = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_{y,\max} < mg}

En-deçà de cette vitesse minimale v_{\min}, la portance aérodynamique maximale que l'aile peut développer reste inférieure au poids de l'avion : l'équilibre vertical est impossible et l'avion perd irrémédiablement de l'altitude. C'est le phénomène de décrochage.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse de décrochage, force de portance

Exprimer la vitesse .

Voir l'indice

Isoler formellement v_{\min} dans la relation d'équilibre de sustentation en substituant C_y par sa valeur plafond C_{y,\max}.

Voir la stratégie
  1. Partir de la condition d'équilibre vertical en vol horizontal uniforme (équation de sustentation établie à la question Q2).
  2. Exprimer la vitesse en fonction du coefficient de portance C_y, puis minimiser cette vitesse en prenant la valeur maximale de ce coefficient, notée C_{y,\max}.
Voir la réponse courte

À l'équilibre vertical avec C_{y,\text{max}} : v_{\text{min}} = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S C_{y,\text{max}}}}.

Voir le corrigé complet

Pour maintenir un vol en palier horizontal uniforme, la portance totale développée par les deux ailes doit compenser le poids de l'appareil. D'après l'équation de sustentation obtenue à la question Q2 :

m g = \rho S v^2 C_y = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_y

où S_{\text{tot}} = 2S désigne la surface portante totale des deux ailes.

La vitesse de vol nécessaire au maintien de la sustentation s'exprime donc par :

v = \sqrt{\frac{m g}{\rho S C_y}} = \sqrt{\frac{2 m g}{\rho S_{\text{tot}} C_y}}

La vitesse minimale v_{\min} correspond à la valeur maximale possible du coefficient de portance, notée C_{y,\max} :

\boxed{v_{\min} = \sqrt{\frac{m g}{\rho S C_{y,\max}}} = \sqrt{\frac{2 m g}{\rho S_{\text{tot}} C_{y,\max}}}}

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : coefficient de portance

Pour l'aile considérée, estimer la valeur numérique de l'incidence permettant de voler à .

Voir l'indice

Repérer graphiquement le sommet de la courbe C_y(\alpha) sur la figure 2 pour l'aile lisse.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que la vitesse minimale de sustentation v_{\min} correspond au vol à portance maximale, c'est-à-dire pour la valeur maximale du coefficient de portance C_{y,\max}.
  2. Effectuer une lecture graphique sur la courbe C_y(\alpha) de la figure 2 pour déterminer l'angle d'incidence correspondant au sommet de la courbe.
Voir la réponse courte

Lecture graphique de l'angle d'incidence correspondant au sommet de la courbe de portance C_y(i).

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la vitesse minimale établie à la question Q7 :

v_{\min} = \sqrt{\frac{2mg}{\rho S_{\text{tot}} C_{y,\max}}}

le vol à la vitesse v_{\min} est obtenu lorsque le coefficient de portance atteint sa valeur maximale C_y = C_{y,\max}.

Sur la courbe C_y(\alpha) de la figure 2 (ou de la figure 5 pour l'aile lisse), le maximum de portance C_{y,\max} \approx 1{,}6 est atteint pour un angle d'incidence d'environ :

\boxed{\alpha \approx 14^\circ \text{ à } 15^\circ}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse de décrochage

Estimer la valeur numérique de pour l'aile considérée.

Voir l'indice

Effectuer le calcul numérique de la vitesse de sustentation minimale en prenant garde de comptabiliser la surface portante des deux ailes.

Voir la réponse courte

Application numérique de l'expression de v_{\text{min}} avec la valeur lue de C_{y,\text{max}} et les données de l'A320.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q7 et les valeurs identifiées à la question Q8 :

v_{\min} = \sqrt{\frac{m\,g}{\rho\,S\,C_{y,\max}}} = \sqrt{\frac{2\,m\,g}{\rho\,S_{\text{tot}}\,C_{y,\max}}}

avec les grandeurs numériques fournies :

  • masse de l'avion : m = 60\,000\text{ kg} ;
  • intensité de la pesanteur : g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • masse volumique de l'air : \rho = 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • surface portante d'une aile : S = 12 \times 3 = 36\text{ m}^2 (soit S_{\text{tot}} = 72\text{ m}^2) ;
  • coefficient maximal de portance : C_{y,\max} \approx 1{,}6.

L'application numérique donne :

\begin{aligned} v_{\min} &= \sqrt{\frac{60\,000 \times 9{,}8}{1{,}2 \times 36 \times 1{,}6}} \\ &= \sqrt{\frac{5{,}88 \times 10^5}{69{,}12}} \approx 92{,}2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Convertie en kilomètres par heure :

v_{\min} \approx 92{,}2 \times 3{,}6 \approx 3{,}3 \times 10^2\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}
\boxed{v_{\min} \approx 92\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 330\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}}

Résultat

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : décrochage, vitesse de sustentation

Pourquoi cette situation risque-t-elle de se présenter en phase d'atterrissage ?

Voir l'indice

Comparer la vitesse minimale de sustentation trouvée pour l'aile lisse avec la vitesse imposée d'atterrissage (250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}).

Voir la réponse courte

À l'atterrissage, l'avion réduit sa vitesse pour freiner sur une distance raisonnable, ce qui le rapproche de la limite de sustentation.

Voir le corrigé complet

Lors de la phase d'atterrissage, l'avion doit impérativement réduire sa vitesse par rapport à celle du vol de croisière afin de limiter l'énergie cinétique à dissiper lors du freinage et de s'adapter à la longueur finie de la piste.

D'après l'équation de sustentation établie à la question Q2 :

m g = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_y

Pour compenser le poids m g à vitesse v réduite, il est nécessaire d'augmenter le coefficient de portance C_y. Pour une aile donnée, cette augmentation s'obtient en augmentant l'angle d'incidence \alpha (en cabrant l'avion).

La vitesse de vol se rapproche alors dangereusement de la vitesse minimale de sustentation v_{\min} (calculée à environ 330\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} en Q9, alors que la vitesse visée à l'atterrissage est de 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}). Le risque est donc d'atteindre ou de dépasser l'incidence critique de décrochage \alpha \approx 15^\circ, ce qui provoquerait une perte brutale de portance à très basse altitude.

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : coefficient de portance

En s'appuyant sur la figure 5 et en sachant que, pour des raisons de sécurité, l'atterrissage doit se faire à , discuter qualitativement le rôle des becs et des volets.

Voir l'indice

Observer sur la figure 5 comment les volets augmentent C_{y,\max} (abaissant la vitesse minimale) et comment les becs décalent l'angle de décrochage vers les fortes incidences.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'impossibilité physique de voler à 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} en configuration lisse d'après les résultats de la question Q9.
  2. Relier la vitesse de sustentation à l'augmentation nécessaire de C_y.
  3. Analyser l'effet spécifique de chaque élément (volets et becs) à partir de la figure 5.
Voir la réponse courte

Les becs et volets augmentent fortement C_{y,\text{max}}, abaissant v_{\text{min}} pour permettre un atterrissage sécurisé sous 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, la vitesse minimale de sustentation en configuration d'aile lisse est :

v_{\min} \approx 330\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}

À une vitesse d'atterrissage imposée de 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}, inférieure à cette vitesse de décrochage, l'aile lisse ne peut pas développer une portance suffisante pour équilibrer le poids de l'avion : l'appareil décrocherait inévitablement.

Pour assurer la sustentation à une vitesse réduite v = 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} \approx 69\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, la condition m g = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y impose une augmentation substantielle du coefficient de portance maximal C_{y,\max} (d'un facteur (330/250)^2 \approx 1{,}7, soit C_y \ge 2{,}7). C'est le rôle des dispositifs hypersustentateurs présentés sur la figure 5 :

  • Les volets de bord de fuite : en augmentant la cambrure du profil (ainsi que la surface portante S), ils déplacent la courbe C_y(\alpha) vers le haut. La valeur de C_{y,\max} est approximativement doublée, passant d'environ 1{,}6 à plus de 3{,}2. Cela abaisse la vitesse de décrochage v_{\min} en dessous de 250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} (ramenée autour de 230\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}), rendant possible le vol stabilisé à cette allure.
  • Les becs de bord d'attaque : ils guident et réaccélèrent l'écoulement sur l'extrados, ce qui retarde le décollement de la couche limite. Sur la figure 5, ils repoussent l'incidence de décrochage de \alpha \approx 14^\circ à plus de 20^\circ, tout en augmentant également la valeur de C_{y,\max}. Ils offrent ainsi une marge de sécurité accrue vis-à-vis du décrochage lors des manœuvres d'approche et d'arrondi.

En pratique, l'utilisation combinée des becs et des volets garantit à la fois une portance suffisante à basse vitesse (250\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}) et un domaine d'incidences utilisable étendu en toute sécurité.

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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C · Le vol plané

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : finesse aérodynamique, vol plané

À partir d'un schéma représentant les forces s'exerçant sur l'avion, exprimer la finesse de l'aile en fonction du rapport .

Voir l'indice

Faire le bilan des forces en vol plané rectiligne uniforme sans poussée et exprimer la pente de descente en projetant selon la trajectoire et sa normale.

Voir la stratégie
  1. Réaliser un bilan des forces extérieures appliquées à l'avion en vol plané stabilisé (propulsion éteinte, vitesse vectorielle constante).
  2. Projeter le principe fondamental de la statique (ou première loi de Newton) sur les directions parallèle et perpendiculaire à la trajectoire.
  3. Relier l'angle de pente descendante à la géométrie de la descente (finesse) et en déduire l'expression de la finesse en fonction du rapport C_y / C_x.
Voir la réponse courte

Définition de la finesse comme rapport portance sur traînée : f = R_y / R_x = C_y / C_x.

Voir le corrigé complet

Soit un avion de masse m en vol plané rectiligne uniforme à la vitesse \vec{v} constante dans le référentiel terrestre supposé galiléen. La trajectoire forme un angle \theta > 0 sous l'horizontale (valeur absolue de la pente).

Les forces appliquées à l'avion sont :

  • le poids \vec{P} = m\vec{g}, vertical descendant ;
  • la force de traînée \vec{R}_x, opposée au vecteur vitesse \vec{v} (dans le sens du vent relatif \vec{v}_0 = -\vec{v}), d'intensité R_x = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_x ;
  • la force de portance \vec{R}_y, perpendiculaire à la vitesse \vec{v} et dirigée vers le haut, d'intensité R_y = \frac{1}{2} \rho S_{\text{tot}} v^2 C_y ;
  • la poussée des moteurs est nulle en vol plané (\vec{F} = \vec{0}).

Le mouvement étant rectiligne et uniforme, le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

\vec{P} + \vec{R}_x + \vec{R}_y = \vec{0}

Projetons cette relation d'équilibre vectoriel :

  • suivant la direction parallèle à la trajectoire (orientée dans le sens de \vec{v}) :

    m g \sin\theta - R_x = 0 \implies R_x = m g \sin\theta
  • suivant la direction perpendiculaire à la trajectoire (orientée vers le haut) :

    R_y - m g \cos\theta = 0 \implies R_y = m g \cos\theta

En effectuant le rapport membre à membre :

\frac{R_y}{R_x} = \frac{m g \cos\theta}{m g \sin\theta} = \frac{1}{\tan\theta}

Or, si l'avion parcourt une distance L le long de sa trajectoire, la distance horizontale franchie est x = L \cos\theta et la hauteur de chute correspondante est h = L \sin\theta. Par définition, la finesse f vaut :

f = \frac{x}{h} = \frac{L \cos\theta}{L \sin\theta} = \frac{1}{\tan\theta}

Comme R_y = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_y et R_x = \frac{1}{2}\rho S_{\text{tot}} v^2 C_x, le rapport des intensités des forces aérodynamiques est simplement égal au rapport des coefficients aérodynamiques :

\frac{R_y}{R_x} = \frac{C_y}{C_x}

On en déduit immédiatement :

\boxed{f = \frac{C_y}{C_x}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un schéma soigné faisant apparaître deux triangles rectangles semblables permet de démontrer la relation en quelques lignes.

« Un schéma était indispensable pour répondre à la question. Une démonstration est attendue pour espérer obtenir les points. »

« Des candidats ont répondu en deux lignes grâce à un schéma bien tracé, mettant en évidence deux triangles rectangles semblables. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : polaire d'eiffel, finesse aérodynamique

Comment se traduit graphiquement la finesse maximale sur la polaire de type Eiffel ?

Voir l'indice

Traduire le rapport C_y/C_x comme la pente d'une droite joignant l'origine à un point de la polaire d'Eiffel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport définissant la finesse f = \frac{C_y}{C_x} en termes de coordonnées d'un point M(C_x, C_y) sur la polaire d'Eiffel.
  2. Interpréter géométriquement ce rapport comme la pente d'une droite issue de l'origine du repère et en déduire la condition d'extrémum.
Voir la réponse courte

La finesse maximale correspond à la pente de la droite tangente à la polaire C_y(C_x) issue de l'origine.

Voir le corrigé complet

Sur la polaire de type Eiffel, chaque point M de la courbe a pour abscisse le coefficient de traînée C_x et pour ordonnée le coefficient de portance C_y.

D'après le résultat de la question Q12, la finesse s'écrit :

f = \frac{C_y}{C_x}

Ce rapport représente le coefficient directeur (la pente) de la droite reliant l'origine O(0,0) du repère au point M(C_x, C_y) de la polaire.

Par conséquent, la finesse maximale f_{\max} se traduit graphiquement par :

\boxed{\text{la pente de la tangente à la polaire issue de l'origine } O(0,0) \text{ dans le demi-plan } C_y > 0.}

Le point de contact entre cette tangente et la courbe polaire détermine le point de fonctionnement optimal de l'aile (portance, traînée et angle d'incidence de finesse maximale).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Reproduire et compléter l'allure de la polaire d'Eiffel permet une justification graphique rapide et efficace.

« Retracer l’allure de la polaire de type Eiffel de la figure 6 puis la compléter permet de répondre plus rapidement que par une longue explication. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : polaire d'eiffel, finesse aérodynamique

En utilisant la figure 6, évaluer numériquement la finesse maximale de l'aile considérée.

Voir l'indice

Déterminer la pente de la tangente à la courbe passant par l'origine sur le diagramme de la figure 6.

Voir la stratégie
  1. Identifier graphiquement le point de tangence entre la polaire d'Eiffel C_y(C_x) et la droite passant par l'origine de plus grande pente (résultat de la question Q13).
  2. Relever les coordonnées (C_x, C_y) de ce point de tangence sur la figure 6.
  3. En déduire la valeur numérique de la finesse maximale f_{\max} = (C_y / C_x)_T.
Voir la réponse courte

Tracé de la tangente issue de l'origine sur la polaire d'Eiffel et calcul du rapport f_{\text{max}} = (C_y/C_x)_{\text{max}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q13, la finesse maximale f_{\max} correspond au coefficient directeur de la droite issue de l'origine (0,0) et tangente à la polaire d'Eiffel dans le demi-plan C_y > 0.

Sur la figure 6, la tangente issue de l'origine est en contact avec la courbe au point T de coordonnées :

C_{x,T} \approx 2{,}6 \times 10^{-2} \quad \text{et} \quad C_{y,T} \approx 1{,}30

(on observe notamment qu'en C_{x} = 2{,}5 \times 10^{-2}, C_{y} \approx 1{,}25).

La finesse maximale de l'aile vaut ainsi :

f_{\max} = \left(\frac{C_y}{C_x}\right)_T \approx \frac{1{,}30}{2{,}6 \times 10^{-2}} = 50

Compte tenu de l'incertitude sur la détermination graphique du point de tangence, on peut estimer :

\boxed{f_{\max} \approx 50}

(une valeur comprise entre 47 et 52 est parfaitement acceptable).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Indiquer explicitement sur la copie les coordonnées du point correspondant à la finesse maximale.

« Les coordonnées du point de la polaire associé à la finesse maximale devaient être écrits pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : finesse aérodynamique, vol plané

En déduire la distance horizontale maximale que peut parcourir l'avion en vol plané en cas de panne de moteur à au dessus du sol.

Voir l'indice

Appliquer la relation liant la distance franchissable horizontale, la hauteur de chute et la finesse maximale.

Voir la réponse courte

La pente de plané vaut \tan\theta = 1/f, d'où la distance franchissable maximale D = h \cdot f_{\text{max}}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé et l'étude menée à la question Q12, la finesse f caractérise le rapport entre la distance horizontale parcourue D et la hauteur de perte d'altitude H au cours d'un vol plané non motorisé :

f = \frac{D}{H} \implies D = f \, H

Pour maximiser la distance horizontale franchissable, le pilote doit adopter l'angle d'incidence correspondant à la finesse maximale de l'aile, soit f_{\max} déterminée à la question Q14 :

\boxed{D_{\max} = f_{\max} \, H}

Application numérique : avec H = 1\,000\text{ m} = 1{,}0\text{ km} et la valeur f_{\max} \approx 50 obtenue à la question Q14, il vient :

D_{\max} \approx 50 \times 1\,000\text{ m} \approx 50\text{ km}
\boxed{D_{\max} \approx 50\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Préciser les coordonnées du point associé à la finesse maximale pour obtenir les points.

« Les coordonnées du point de la polaire associé à la finesse maximale devaient être écrits pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : traînée parasite, finesse aérodynamique

En réalité, la finesse de l'avion complet (ailes, fuselage, moteurs, empennage, dérive...) est deux fois moins importante que celle de ses ailes. Proposer une explication.

Voir l'indice

Considérer la traînée aérodynamique parasite additionnelle engendrée par l'ensemble des éléments non portants (fuselage, réacteurs, empennage).

Voir la réponse courte

Le fuselage et l'empennage induisent une traînée sans apporter de portance, ce qui augmente le C_x global et réduit la finesse.

Voir le corrigé complet

La finesse aérodynamique globale d'un aéronef est définie par le rapport de la portance totale à la traînée totale :

f = \frac{R_y}{R_x}

Lorsqu'on passe de l'aile seule à l'avion complet (fuselage, nacelles des réacteurs, empennage horizontal, dérive verticale) :

  • La portance globale R_y varie très peu : les ailes constituent la quasi-totalité de la surface portante de l'appareil (R_{y,\text{avion}} \approx R_{y,\text{ailes}}), les autres éléments (fuselage, réacteurs) ne générant qu'une portance négligeable, tandis que l'empennage horizontal fournit généralement une déportance modérée pour assurer l'équilibre longitudinal ;
  • La traînée globale R_x augmente considérablement : chaque élément supplémentaire introduit de la traînée parasite (frottement visqueux de l'air sur les parois du fuselage et des nacelles, traînée de forme liée aux écoulements décollés, ainsi que la traînée d'interférence aux jonctions aile-fuselage et mât-réacteurs) :

    R_{x,\text{avion}} = R_{x,\text{ailes}} + R_{x,\text{parasite}}

Pour un avion de ligne moderne, la traînée parasite des éléments non porteurs est du même ordre de grandeur que la traînée propre des voilures (R_{x,\text{avion}} \approx 2\, R_{x,\text{ailes}}), d'où :

\boxed{f_{\text{avion}} = \frac{R_{y,\text{avion}}}{R_{x,\text{avion}}} \approx \frac{R_{y,\text{ailes}}}{2\, R_{x,\text{ailes}}} \approx \frac{1}{2}\, f_{\text{ailes}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposer une argumentation concise, précise et cohérente, en exploitant les documents fournis sans accumuler d'arguments contradictoires ou hors sujet.

« Questions qualitatives valorisées dans le barème (un tiers de la partie I). Le jury attend des réponses concises, précises et qui font référence aux documents fournis s’ils sont utilisés. »

« Une réponse floue ou présentant deux arguments contradictoires n’est pas recevable. Il en est de même d’une réponse avec un argument correct et un autre faux ou hors sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Surtout 3 chapitres : Mécanique des fluides (44 % des questions, partie I), Oxydoréduction et électrochimie (17 %, partie IV) et Thermodynamique chimique et équilibres (13 %). Plus ponctuellement : Premier et second principes de la thermodynamique, Machines thermiques et systèmes ouverts, Atomistique, liaisons et cristallographie, Cinétique chimique, Cinématique et dynamique du point…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 23 questions sur 45 (51 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la sous-partie I.A (Q1 à Q3) et la sous-partie I.C (Q12 à Q16). Avec les autres programmes de première année : 23 en MP2I, 18 en TSI1 et 22 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie II est la plus longue (environ 1 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q17 (enthalpie de réaction) et Q19 (premier principe).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Questions de cours : Q1 (force de traînée), Q12 (finesse aérodynamique), Q18 (loi de laplace), Q22 (bilan de quantité de mouvement), Q32 (schéma de lewis), Q38 (montage à trois électrodes), Q39 (demi-équation électronique) et Q42 (potentiel de corrosion). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q17 (enthalpie de réaction), Q20 (détente dans une tuyère), Q28 (enthalpie standard de réaction), Q29 (relation de van 't hoff) et Q44 (produit de solubilité).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (39 sur 45), par exemple : Q1 à Q16, Q18, Q21, Q23 à Q28, Q30 et Q32 à Q45. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q22.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Oui, 3 questions : Q35 (Les équilibres binaires solide-liquide et la notion de composé défini ne figurent pas au programme de PSI), Q36 (Les diagrammes de phases binaires solide-liquide ne figurent pas au programme de PSI) et Q37 (La règle des moments chimiques sur un diagramme binaire solide-liquide ne figure pas au programme de PSI). Elles sont signalées dans le corrigé.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury indique que plus de 80 % du barème portait sur des questions de cours, d'application directe, des applications numériques et des raisonnements simples, les parties I et II étant plus délicates. Moyenne : 8,16/20 (écart-type 4,07, 4 053 présents).

Faut-il doubler la surface portante pour l'avion complet en Q2 et Q3 ?

Oui : l'énoncé définit S comme la surface d'une seule aile (« chaque aile subit… »). L'aéronef possédant deux ailes, la portance et la traînée totales font intervenir S_{\text{tot}} = 2S. Oublier ce facteur fausse les applications numériques en Q3, Q7 et Q9.

Quels pièges d'unités guettent la constante de vitesse en Q31 ?

Attention aux conversions : le graphe donne les concentrations de \mathrm{NO} en \mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1} et la vitesse en \mu\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}, tandis que [\mathrm{O}_2]_0 est en \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}. Il est indispensable de convertir les minutes en secondes et les micromoles en moles avant de calculer k.

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