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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 PSI 2020 (page 3/3 : Partie IV)

Étude simplifiée du vol d'un Airbus A320

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Partie IV : Aluminium et alliage 2024

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, choix des matériaux

L'acier possède une densité . Justifier l'emploi d'alliages d'aluminium plutôt que de l'acier en aéronautique.

Voir l'indice

Calculer la masse volumique de la maille c.f.c. d'aluminium et comparer le résultat à la densité de l'acier pour illustrer l'allègement structural.

Voir la stratégie
  1. Calculer la masse volumique et la densité de l'aluminium à partir des caractéristiques de sa maille cristalline cubique à faces centrées (c.f.c.).
  2. Comparer cette valeur à la densité de l'acier et dégager l'intérêt majeur de l'allègement structural en aéronautique.
Voir la réponse courte

La densité de l'aluminium (d \approx 2{,}7) est presque trois fois plus faible que celle de l'acier, allégeant la masse de l'appareil.

Voir le corrigé complet

Dans une structure cubique à faces centrées (c.f.c.) de paramètre de maille a :

  • la maille élémentaire contient en propre Z = 8 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 4 atomes d'aluminium ;
  • les atomes sont en contact selon la diagonale d'une face du cube, d'où la relation de tangence :

    4 r = a\sqrt{2} \implies a = 2\sqrt{2} r

Le volume de la maille s'écrit donc :

V = a^3 = 16\sqrt{2}\,r^3

La masse volumique théorique de l'aluminium vaut :

\rho_{\mathrm{Al}} = \frac{Z\,M_{\mathrm{Al}}}{\mathcal{N}_A\,V} = \frac{4\,M_{\mathrm{Al}}}{16\sqrt{2}\,\mathcal{N}_A\,r^3} = \frac{M_{\mathrm{Al}}}{4\sqrt{2}\,\mathcal{N}_A\,r^3}

Avec M_{\mathrm{Al}} = 26{,}982\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 26{,}982 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}, r = 143\text{ pm} = 143 \times 10^{-12}\text{ m} et \mathcal{N}_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} :

\begin{aligned} \rho_{\mathrm{Al}} &= \frac{26{,}982 \times 10^{-3}}{4\sqrt{2} \times 6{,}02 \times 10^{23} \times (143 \times 10^{-12})^3} \approx 2{,}71 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \end{aligned}

La densité correspondante est :

d_{\mathrm{Al}} = \frac{\rho_{\mathrm{Al}}}{\rho_{\text{eau}}} \approx 2{,}7

L'acier présente quant à lui une densité d_{\text{acier}} = 7{,}8. L'aluminium est ainsi presque trois fois moins dense que l'acier :

\frac{d_{\text{acier}}}{d_{\mathrm{Al}}} \approx \frac{7{,}8}{2{,}7} \approx 2{,}9
\boxed{d_{\mathrm{Al}} \approx 2{,}7 < d_{\text{acier}} = 7{,}8}

L'emploi d'alliages d'aluminium permet donc un gain de masse considérable sur la structure de l'aéronef (allègement structural). Cela permet :

  • de réduire la portance nécessaire en vol de croisière et donc la traînée induite, d'où une consommation de carburant nettement diminuée ;
  • d'augmenter la charge utile (fret et passagers) et le rayon d'action de l'avion.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier la masse volumique par la géométrie de la maille et relier l'utilisation d'un métal plus léger à la réduction de consommation de carburant.

« Une rédaction minimale est attendue (décompte des atomes dans la maille, lien entre le rayon atomique et le paramètre de maille et expression littérale de la masse volumique ou de la densité) pour obtenir l’intégralité des points attribués à l’argumentation (25 % des candidats). »

« Affirmer que « l’aluminium est plus léger que l’acier » n’est pas suffisant pour justifier son emploi en aéronautique. Le jury attendait une remarque plus précise reliant ce choix à une plus faible consommation de carburant (10 % des candidats). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : diagramme binaire, stœchiométrie

Le diagramme de la figure 10 montre qu'il existe un composé défini. Déterminer sa composition , avec entier.

Hors programme actuel

Les équilibres binaires solide-liquide et la notion de composé défini ne figurent pas au programme de PSI.

Voir l'indice

Repérer la composition massique du composé défini sur le diagramme binaire et convertir ces pourcentages massiques en proportions atomiques pour déterminer l'entier x.

Voir la stratégie
  1. Relever sur le diagramme binaire de la figure 10 l'abscisse du trait vertical délimitant le domaine biphasé à droite, qui matérialise le composé défini.
  2. Exprimer le pourcentage massique en cuivre en fonction de x et des masses molaires atomiques de l'aluminium et du cuivre.
  3. En déduire la valeur entière de x et la formule stœchiométrique du composé défini.
Voir la réponse courte

Lecture de la composition massique du pic vertical du composé défini et identification de la formule stœchiométrique \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}.

Voir le corrigé complet

Un composé défini présente une composition chimique fixe et se manifeste sur un diagramme binaire par une ligne verticale. Sur la figure 10, la frontière verticale marquant la fin du domaine biphasé « solution solide \alpha + {?} » se situe à une teneur massique en cuivre :

w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%

Pour un composé défini de formule générale \mathrm{Al}_x\mathrm{Cu}, la fraction massique en cuivre s'exprime par :

w_{\mathrm{Cu}} = \frac{M(\mathrm{Cu})}{x \, M(\mathrm{Al}) + M(\mathrm{Cu})}

En inversant cette relation pour exprimer x :

x = \frac{M(\mathrm{Cu})}{M(\mathrm{Al})} \left( \frac{1 - w_{\mathrm{Cu}}}{w_{\mathrm{Cu}}} \right)

D'après le tableau périodique fourni :

  • M(\mathrm{Al}) = 26{,}98\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
  • M(\mathrm{Cu}) = 63{,}55\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

L'application numérique donne :

\begin{aligned} x &= \frac{63{,}55}{26{,}98} \times \frac{1 - 0{,}54}{0{,}54} \\ &\approx 2{,}355 \times 0{,}852 \approx 2{,}0 \end{aligned}

Comme x est un entier, on obtient x = 2. Le composé défini est donc \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}.

\boxed{x = 2 \quad \text{soit le composé défini } \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}}

Résultat

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Notions : diagramme binaire, équilibre liquide-solide

Reproduire très schématiquement ce diagramme binaire en indiquant pour chaque domaine la nature des phases en présence.

Hors programme actuel

Les diagrammes de phases binaires solide-liquide ne figurent pas au programme de PSI.

Voir l'indice

Identifier chaque région du diagramme binaire (liquide, solution solide \alpha, domaines biphasiques et palier eutectique).

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du diagramme : il s'agit d'un équilibre binaire liquide-solide à pression constante présentant un composé défini à fusion congruente (\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}), une miscibilité partielle à l'état solide (solution solide \alpha riche en aluminium) et une démixtion totale avec formation d'un invariant eutectique.
  2. Attribuer à chaque domaine les phases en présence en respectant les règles des équilibres de phases (règle de Gibbs et alternance de domaines monophasés et diphasés) :

    • au-dessus du liquidus : phase liquide homogène L ;
    • sous le liquidus et au-dessus de l'horizontale eutectique : domaines diphasés solide-liquide (\alpha + L à gauche de l'eutectique, et \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} + L à droite) ;
    • à gauche du solvus : domaine monophasé de la solution solide \alpha ;
    • sous l'isotherme eutectique : domaine diphasé solide (\alpha + \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}) ;
    • à la stœchiométrie du composé défini (w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%) : composé solide pur \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}.
  3. Reproduire schématiquement le diagramme avec toutes les frontières et légendes associées.
Voir la réponse courte

Tracé schématique du diagramme avec repérage des domaines liquide, solide + liquide et des mélanges diphasés solides.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, le composé défini correspond à la stœchiométrie \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} (w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%). Le diagramme présente une réaction eutectique :

L_E \rightleftharpoons \alpha + \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})}

On identifie ainsi les différents domaines et lignes d'équilibre :

  • Domaine monophasé liquide (L) : situé au-dessus du liquidus. Les métaux aluminium et cuivre sont totalement miscibles à l'état liquide.
  • Solution solide monophasée \alpha : domaine situé à gauche, riche en aluminium, délimité à droite par la courbe de solvus (qui traduit la diminution de la solubilité du cuivre dans la maille d'aluminium avec la baisse de température) et en haut par le solidus.
  • Domaine diphasé \alpha + L : délimité par la branche gauche du liquidus, le solidus de la solution \alpha et le palier eutectique.
  • Domaine diphasé \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} + L : délimité par la branche droite du liquidus, le palier eutectique et la droite verticale du composé défini.
  • Domaine solide diphasé \alpha + \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} : situé sous le palier eutectique et à droite de la courbe de solvus (ce domaine correspond à la région notée « solution solide \alpha + ? » sur la figure 10).
  • Composé défini \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} : représenté par le segment vertical à w_{\mathrm{Cu}} \approx 54\,\%.
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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : théorème des moments, diagramme binaire

Calculer le pourcentage massique des phases en présence dans l'alliage 2024 à l'équilibre à la température de .

Hors programme actuel

La règle des moments chimiques sur un diagramme binaire solide-liquide ne figure pas au programme de PSI.

Voir l'indice

Appliquer la règle des segments inverses (théorème des moments) à 300 K entre la solution solide pure et le composé défini en considérant la solubilité du cuivre quasi-nulle.

Voir la stratégie
  1. Identifier la position de l'alliage 2024 (4\,\% massique en Cu) dans le diagramme d'équilibre à T = 300\text{ K} (27^\circ\text{C}).
  2. Déterminer la composition massique en cuivre des deux phases en équilibre à cette température.
  3. Appliquer le théorème des moments chimiques (règle des leviers) pour en déduire les pourcentages massiques de chaque phase.
Voir la réponse courte

Application de la règle des moments à 300\text{ K} le long du palier pour obtenir les fractions massiques des phases.

Voir le corrigé complet

À la température T = 300\text{ K} = 27\,^\circ\text{C}, bien inférieure au domaine représenté sur la figure 10 (T \ge 200\,^\circ\text{C}), l'alliage 2024 de teneur massique globale w_{\mathrm{Cu}} = 4\,\% se situe dans le domaine biphasé constitué :

  • de la solution solide \alpha (aluminium contenant une fraction dissoute de cuivre) ;
  • du composé défini solide \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}_{(\mathrm{s})} déterminé à la question Q35.

D'après le diagramme binaire, la limite de solubilité du cuivre dans l'aluminium (courbe de solvus délimitant le domaine \alpha) décroît rapidement lorsque la température diminue : elle est inférieure à 0{,}5\,\% à 200\,^\circ\text{C} et devient rigoureusement négligeable à température ambiante (300\text{ K}). On a donc :

w_{\mathrm{Cu},\alpha} \approx 0\,\%

La fraction massique de cuivre dans le composé défini \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu} est stœchiométrique et vaut :

w_{\mathrm{Cu},\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}} = \frac{M(\mathrm{Cu})}{2 M(\mathrm{Al}) + M(\mathrm{Cu})} = \frac{63{,}55}{2 \times 26{,}98 + 63{,}55} \approx 54{,}1\,\%

Soient x_m(\alpha) et x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) les pourcentages (ou fractions) massiques respectifs des phases \alpha et \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}. La conservation de la masse globale et de la masse de cuivre s'écrit, via le théorème des moments chimiques :

\left\{ \begin{aligned} x_m(\alpha) + x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) &= 100\,\% \\ x_m(\alpha)\,w_{\mathrm{Cu},\alpha} + x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu})\,w_{\mathrm{Cu},\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}} &= w_{\mathrm{Cu}} \end{aligned} \right.

Comme w_{\mathrm{Cu},\alpha} \approx 0\,\%, on obtient directement :

x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) = \frac{w_{\mathrm{Cu}} - w_{\mathrm{Cu},\alpha}}{w_{\mathrm{Cu},\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}} - w_{\mathrm{Cu},\alpha}} = \frac{4{,}0}{54{,}1} \approx 7{,}4\,\%

et par complémentarité :

x_m(\alpha) = 100\,\% - x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) \approx 92{,}6\,\%
\boxed{x_m(\alpha) \approx 93\,\% \quad \text{et} \quad x_m(\mathrm{Al}_2\mathrm{Cu}) \approx 7{,}4\,\%}

Résultat

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Notions : montage à trois électrodes, courbe courant-potentiel

L'étude de la corrosion de l'alliage passe par le tracé des courbes courant-potentiel pour les métaux concernés (aluminium et cuivre). Donner le schéma de principe du montage à trois électrodes utilisé, en précisant la nature et le rôle des électrodes utilisées et expliquer la nécessité d'utiliser trois électrodes plutôt que deux.

Voir l'indice

Schématiser le montage potentiostatique en justifiant que l'électrode de référence ne doit débiter aucun courant afin de mesurer fidèlement le potentiel de l'électrode de travail.

Voir la stratégie
  1. Réaliser le schéma de principe du montage à trois électrodes en faisant apparaître la boucle de courant et la boucle de mesure de potentiel.
  2. Définir précisément la nature et le rôle de chacune des trois électrodes : électrode de travail (ET), contre-électrode (CE) et électrode de référence (ER).
  3. Expliquer l'inaptitude d'un montage à deux électrodes en mettant en avant la polarisation de l'électrode de référence et la chute ohmique.
Voir la réponse courte

Rôles des trois électrodes (travail, contre-électrode, référence) pour mesurer le potentiel sans chute ohmique liée au courant.

Voir le corrigé complet

1. Schéma de principe du montage

Le montage à trois électrodes permet de découpler la circulation du courant de la mesure du potentiel d'électrode :

2. Nature et rôle des trois électrodes

  • Électrode de travail (ET) :

    • Nature : le métal étudié (ici l'aluminium ou le cuivre, purs ou en alliage).
    • Rôle : siège des réactions électrochimiques d'intérêt (oxydation anodique ou réduction cathodique).
  • Électrode de référence (ER) :

    • Nature : électrode impolarisable à potentiel fixe, connu et stable, indépendamment de la composition de la solution étudiée (par exemple une électrode au calomel saturé, ECS, ou au chlorure d'argent \mathrm{Ag/AgCl}).
    • Rôle : sert de référence de potentiel pour mesurer ou imposer le potentiel E de l'électrode de travail.
  • Contre-électrode ou électrode auxiliaire (CE) :

    • Nature : matériau conducteur chimiquement inerte dans les conditions de l'expérience (fil ou grille de platine \mathrm{Pt}, barreau de graphite/carbone vitreux).
    • Rôle : assure le passage du courant électrique i dans l'électrolyte en fermant le circuit avec l'électrode de travail. Sa surface est généralement grande pour que les réactions à son interface ne limitent pas le courant global.

3. Nécessité d'utiliser trois électrodes plutôt que deux

Dans un montage à deux électrodes, la deuxième électrode joue simultanément le rôle de référence et de contre-électrode. Un tel dispositif présente deux inconvénients majeurs :

  1. Polarisation de la référence : la circulation d'un courant électrique non nul à travers l'électrode de référence modifie les concentrations des espèces électroactives à sa surface ; son potentiel dérive et ne reste plus égal à son potentiel thermodynamique de référence.
  2. Chute ohmique dans l'électrolyte : la tension mesurée entre les deux électrodes s'écrit U = E_{\text{ET}} - E_{\text{réf}} + R_{\text{sol}} i. Pour des courants non négligeables, le terme de chute ohmique R_{\text{sol}} i fausse significativement la valeur du potentiel d'électrode E_{\text{ET}}.

Le montage à trois électrodes résout ce problème en séparant les fonctions :

  • Le courant i circule exclusivement entre l'électrode de travail et la contre-électrode.
  • L'électrode de référence est reliée à un voltmètre (ou étage de mesure du potentiostat) de très haute impédance d'entrée : aucun courant ne la traverse (i_{\text{réf}} \approx 0), garantissant ainsi la parfaite constance de son potentiel et l'absence de chute ohmique dans la branche de mesure.
Voir ce qu'a relevé le jury

Dessiner un schéma conventionnel complet incluant le générateur et expliciter le rôle de chacune des trois électrodes.

« Question de cours dont le taux de réussite aurait dû être plus élevé. Le jury a été désagréablement surpris de lire moins de 10 % de montages à trois électrodes corrects, complets et bien légendés. »

« Le nombre de schémas sans générateur de tension ou de courant est surprenant ; ces dipôles doivent être représentés avec les symboles conventionnels. Seulement 5 % de bonnes réponses pour les rôles des électrodes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : demi-équation électronique, couple rédox

Écrire la demi-équation électronique associée au couple de l'eau en milieu acide, puis en milieu basique.

Voir l'indice

Écrire la réduction de \mathrm{H}^+ en \mathrm{H_2}, puis combiner avec le produit ionique de l'eau pour obtenir l'expression faisant intervenir l'eau et les ions hydroxyde.

Voir la réponse courte

Écriture de 2\mathrm{H}^+ + 2\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_2 en milieu acide et 2\mathrm{H}_2\mathrm{O} + 2\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_2 + 2\mathrm{HO}^- en milieu basique.

Voir le corrigé complet
  • En milieu acide : l'espèce acide prédominante est l'ion oxonium \mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} (ou \mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})}). La demi-équation électronique de réduction s'écrit :

    \boxed{2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})}}

    ou, en faisant intervenir explicitement la molécule de solvant :

    2\,\mathrm{H}_3\mathrm{O}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})}
  • En milieu basique : l'espèce acide conjuguée de l'ion hydroxyde est le solvant \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})}, les ions hydroxyde \mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} étant prédominants par rapport aux ions oxonium. En combinant la demi-équation précédente avec l'autoprotolyse de l'eau (\mathrm{H}^+ + \mathrm{HO}^- = \mathrm{H}_2\mathrm{O}), on obtient :

    \boxed{2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Seul un candidat sur deux parvient à écrire sans erreur les deux demi-équations électroniques demandées.

« Un candidat sur deux écrit correctement les deux demi-équations électroniques. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : potentiel standard apparent, formule de nernst

Calculer le potentiel standard apparent (à ) d'oxydoréduction du couple et justifier à postériori le tracé des courbes courant-potentiel correspondantes.

Voir l'indice

Calculer le potentiel de Nernst du couple à pH = 14, puis lui ajouter la surtension cathodique sur chaque métal pour retrouver le potentiel de début de réduction sur les courbes.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel d'équilibre de Nernst du couple de réduction de l'eau en fonction du \mathrm{pH} et en déduire le potentiel standard apparent à \mathrm{pH} = 14.
  2. Relier ce potentiel aux potentiels de départ des branches cathodiques de réduction de l'eau sur le cuivre et sur l'aluminium en tenant compte des surtensions à vide \eta_{c0} fournies.
Voir la réponse courte

Formule de Nernst à \mathrm{pH}=14 donnant E^\circ{}' = -0{,}06 \times 14 = -0{,}84\text{ V}, justifiant le départ de la vague de réduction.

Voir le corrigé complet

D'après la demi-équation électronique établie à la question Q39 en milieu basique :

2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

La formule de Nernst à 298\text{ K} s'écrit, pour une pression partielle de dihydrogène P_{\mathrm{H}_2} = P^\circ = 1\text{ bar} :

E = E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) - \frac{R T \ln 10}{F}\,\mathrm{pH}

En prenant la valeur usuelle \frac{R T \ln 10}{F} \approx 0{,}06\text{ V} à 298\text{ K} et E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}00\text{ V} :

E = -0{,}06\,\mathrm{pH}

Le potentiel standard apparent E^{\circ\prime} à \mathrm{pH} = 14 (conditions standard pour l'ion \mathrm{HO}^-, soit [\mathrm{HO}^-] = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}) vaut donc :

E^{\circ\prime}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2) = -0{,}06 \times 14 = -0{,}84\text{ V}
\boxed{E^{\circ\prime}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2) = -0{,}84\text{ V}}

Justification du tracé de la figure 12 :

En cinétique électrochimique, une réaction cathodique nécessite une surtension cathodique \eta_c \leqslant 0. Le courant cathodique de réduction de l'eau ne commence à circuler de façon significative qu'en deçà du potentiel seuil :

E_{\text{seuil}} = E^{\circ\prime}(\mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2) + \eta_{c0}

où \eta_{c0} désigne la surtension cathodique à vide :

  • Sur électrode de cuivre, avec \eta_{c0} = -0{,}1\text{ V} :

    E_{\text{seuil, Cu}} = -0{,}84 - 0{,}10 = -0{,}94\text{ V}
  • Sur électrode d'aluminium, avec \eta_{c0} = -1\text{ V} :

    E_{\text{seuil, Al}} = -0{,}84 - 1{,}00 = -1{,}84\text{ V}

Ces deux valeurs correspondent très exactement aux potentiels à partir desquels s'amorcent les branches cathodiques de réduction de l'eau sur le cuivre (-0{,}94\text{ V}) et sur l'aluminium (-1{,}84\text{ V}) sur la figure 12.

Résultat

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Question 41

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Mise en équation

Notions : corrosion électrochimique, réaction d'oxydoréduction

Écrire l'équation de réaction modélisant la transformation observée lors du phénomène de corrosion par piqures.

Voir l'indice

Associer la demi-réaction d'oxydation de l'aluminium et celle de réduction de l'eau ayant lieu à la surface du cuivre pour écrire l'équation-bilan globale.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux demi-réactions électrochimiques couplées à partir de la figure 11 et des courbes courant-potentiel de la figure 12 : oxydation de l'aluminium métallique \mathrm{Al} en fond de piqûre et réduction de l'eau sur les inclusions de cuivre cathodiques.
  2. Combiner les deux demi-équations électroniques pour obtenir le bilan d'oxydoréduction.
  3. Prendre en compte la précipitation de l'hydroxyde d'aluminium \mathrm{Al(OH)}_3 visible à l'embouchure de la piqûre sur la figure 11 pour fournir le bilan global du processus.
Voir la réponse courte

Équation globale couplant l'oxydation anodique de l'aluminium à la réduction du dioxygène dissous ou de l'eau.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 11 et les courbes courant-potentiel de la figure 12, le processus de corrosion par piqûres en milieu marin (\mathrm{pH} \approx 8) met en jeu deux zones distinctes :

  • À l'anode (au fond de la piqûre, sur la matrice d'aluminium) : oxydation de l'aluminium métallique selon :

    \mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} = \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{e}^- \quad (\times 2)
  • À la cathode (sur les particules de cuivre ou d'intermétallique riche en cuivre) : réduction de l'eau (couple \mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2 en milieu basique/neutre, d'après Q39) selon :

    2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} \quad (\times 3)

Le transfert de 6\,\mathrm{e}^- conduit à la réaction d'oxydoréduction globale :

2\,\mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} + 6\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} = 2\,\mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 6\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

À l'embouchure de la cavité, la rencontre des ions aluminium \mathrm{Al}^{3+} diffusant hors de la piqûre et des ions hydroxyde \mathrm{HO}^- formés à la cathode (ou présents dans l'eau de mer à \mathrm{pH} \approx 8) entraîne la précipitation quantitative de l'hydroxyde d'aluminium :

\mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} = \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})}

L'équation-bilan traduisant l'ensemble de la transformation observée s'écrit donc :

\boxed{2\,\mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} + 6\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} = 2\,\mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})}}

Résultat

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : potentiel de corrosion, courant de corrosion, pile de corrosion

Après avoir reproduit schématiquement les branches anodique et cathodique impliquées dans le processus, placer le potentiel de corrosion et indiquer comment relever la valeur du courant de corrosion. Justifier l'appellation de pile de corrosion.

Voir l'indice

Déterminer le potentiel mixte à l'intersection des courbes anodique et cathodique où le courant anodique compense exactement le courant cathodique.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux branches intervenant dans le phénomène de piqûration à l'aide de la question précédente (oxydation de l'aluminium à l'anode et réduction de l'eau sur les inclusions de cuivre à la cathode).
  2. Rappeler la condition d'électroneutralité globale pour un métal en court-circuit sans apport de courant extérieur (I_a + I_c = 0).
  3. Justifier l'analogie structurale et fonctionnelle avec une pile électrochimique (électrodes séparées, conducteur électronique, électrolyte, fonctionnement en court-circuit).
Voir la réponse courte

Point d'intersection des courbes i_a(E) et |i_c(E)| fixant le potentiel mixte E_{\text{corr}} et le courant de court-circuit i_{\text{corr}}.

Voir le corrigé complet

D'après l'analyse de la piqûre (figure 11) et les courbes courant-potentiel (figure 12), le processus met en jeu :

  • la branche anodique d'oxydation de l'aluminium : \mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} \to \mathrm{Al}^{3+} + 3\,\mathrm{e}^- (seuil à -1{,}66\text{ V}) ;
  • la branche cathodique de réduction de l'eau sur le cuivre : 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- \to \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^- (seuil à -0{,}94\text{ V}, la réduction sur l'aluminium étant cinétiquement bloquée en raison de la très forte surtension cathodique, seuil à -1{,}84\text{ V}).

Positionnement du potentiel et du courant de corrosion : En l'absence de courant imposé de l'extérieur, l'alliage métallique est électriquement isolé. Le courant total échangé est nul :

I_{\text{tot}} = I_a + I_c = 0 \iff I_a(E_{\text{corr}}) = -I_c(E_{\text{corr}}) = I_{\text{corr}}

En négligeant la résistance ohmique de la solution entre le fond de la piqûre et la surface extérieure, l'anode et la cathode adoptent le même potentiel mixte, noté E_{\text{corr}} (potentiel de corrosion), compris entre -1{,}66\text{ V} et -0{,}94\text{ V}.

Pour relever la valeur du courant de corrosion i_{\text{corr}} :

  • on trace la courbe |i_c(E)| (symétrique de la branche cathodique par rapport à l'axe des potentiels) ;
  • l'intersection entre la courbe anodique i_a(E) et la courbe symétrique |i_c(E)| donne le point de fonctionnement : son abscisse est le potentiel de corrosion \boxed{E_{\text{corr}}} et son ordonnée est le courant de corrosion \boxed{i_{\text{corr}}}.

Justification de l'appellation « pile de corrosion » : Ce phénomène présente toutes les caractéristiques d'une pile électrochimique :

  1. une anode localisée au fond de la piqûre où a lieu l'oxydation spontanée de l'aluminium ;
  2. une cathode constituée des zones cathodiques riches en cuivre (inclusions de précipités \mathrm{Al}_2\mathrm{Cu} ou cuivre ségrégé) où a lieu la réduction de l'eau ;
  3. un conducteur électronique constitué par la matrice métallique de l'alliage assurant le transfert des électrons de l'anode vers la cathode ;
  4. un électrolyte (conducteur ionique) constitué par la solution saline permettant le bouclage du courant ionique.

L'ensemble forme une micro-pile galvanique fonctionnant en court-circuit, ce qui dissipe continûment l'énergie chimique sous forme de corrosion accélérée du matériau.

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : courbe courant-potentiel, surtension

En supposant les surtensions à vide inchangées, positionner de façon qualitative les courbes anodique et cathodique modifiées, en justifiant succinctement le cas échéant la modification effectuée. Commenter.

Voir l'indice

Analyser le décalage vers les potentiels plus faibles de la branche d'oxydation (stabilisation par \mathrm{Cl}^-) et le décalage vers les potentiels plus élevés de la branche de réduction (acidification locale).

Voir la stratégie
  1. Analyser l'effet de la complexation de \mathrm{Al}^{3+} par les ions chlorure \mathrm{Cl}^- sur le potentiel d'équilibre de la branche anodique.
  2. Analyser l'effet de l'acidification locale (\mathrm{pH} < 3) en fond de piqûre sur le potentiel d'équilibre du couple de réduction de l'eau (branche cathodique sur cuivre).
  3. Représenter l'évolution des deux courbes intensité-potentiel sous l'hypothèse de surtensions inchangées, puis en déduire l'impact sur le courant de corrosion I_{\mathrm{corr}}.
Voir la réponse courte

Décalage des courbes i(E) lié aux concentrations locales et aux surtensions, modifiant la vitesse de corrosion.

Voir le corrigé complet

1. Modification de la branche anodique (oxydation de l'aluminium) : La formation quantitative du complexe \mathrm{AlCl}_4^- selon :

\mathrm{Al}^{3+} + 4\,\mathrm{Cl}^- = \mathrm{AlCl}_4^-

diminue considérablement l'activité en ions \mathrm{Al}^{3+} libres. D'après la formule de Nernst pour le couple \mathrm{Al}^{3+}/\mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} :

E_{\mathrm{eq}}(\mathrm{Al}^{3+}/\mathrm{Al}) = E^\circ(\mathrm{Al}^{3+}/\mathrm{Al}) + \frac{0{,}06}{3}\log\left(\frac{[\mathrm{Al}^{3+}]}{c^\circ}\right)

La chute de [\mathrm{Al}^{3+}] entraîne une diminution du potentiel d'équilibre. En supposant la surtension anodique inchangée, le potentiel à vide de la réaction d'oxydation devient plus négatif : la courbe anodique se déplace vers la gauche (potentiels plus faibles).

2. Modification de la branche cathodique (réduction de l'eau sur le cuivre) : Le potentiel d'équilibre du couple de l'eau dépend du pH selon :

E_{\mathrm{eq}}(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0{,}00 - 0{,}06\,\mathrm{pH}

L'acidification locale en fond de piqûre fait chuter le pH d'une valeur de l'ordre de 8 (milieu marin) à une valeur \mathrm{pH} < 3. Le potentiel thermodynamique E_{\mathrm{eq}} augmente donc d'au moins 0{,}06 \times 5 = 0{,}3\text{ V}.

La surtension cathodique à vide \eta_{c0} sur le cuivre étant supposée constante, le potentiel d'apparition du courant cathodique E_{\text{seuil}} = E_{\mathrm{eq}} + \eta_{c0} augmente : la courbe cathodique se déplace vers la droite (potentiels plus élevés).

3. Schéma et commentaire :

\boxed{\text{La branche anodique se déplace vers la gauche et la branche cathodique vers la droite : } I'_{\mathrm{corr}} \gg I_{\mathrm{corr}}.}

Commentaire : Ce double déplacement élargit considérablement l'écart entre les potentiels à vide anodique et cathodique, ce qui conduit à une très forte augmentation de l'intensité de corrosion I_{\mathrm{corr}}. Le phénomène de corrosion par piqûres est donc autocatalytique (ou auto-accélérateur) : l'attaque du métal génère les conditions (acidification et complexation) qui accélèrent sa propre destruction.

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : produit de solubilité, diagramme potentiel-ph

Établir l'équation de la frontière séparant les domaines de l'ion aluminium et de l'hydroxyde d'aluminium solide .

Voir l'indice

Écrire la condition d'apparition du précipité d'hydroxyde à la concentration de tracé c_t à l'aide du produit de solubilité K_s et de K_e.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation entre \mathrm{Al}^{3+} et \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} : il s'agit d'un équilibre de précipitation/dissolution sans transfert d'électrons (l'aluminium conserve son degré d'oxydation +\mathrm{III}).
  2. Écrire l'expression du produit de solubilité K_s et relier la concentration en ions hydroxyde \mathrm{HO}^- au \mathrm{pH} via le produit ionique de l'eau K_e.
  3. Appliquer la convention de tracé à la frontière solide/solution ([\mathrm{Al}^{3+}] = c_t) pour isoler l'équation de la frontière.
Voir la réponse courte

Frontière verticale de précipitation : [\mathrm{Al}^{3+}] = c_{\text{tr}} et K_s = [\mathrm{Al}^{3+}][\mathrm{HO}^-]^3, d'où la valeur du pH frontière.

Voir le corrigé complet

L'hydroxyde d'aluminium solide \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} et les ions aluminium \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} sont tous deux au nombre d'oxydation +\mathrm{III}. La frontière ne dépend donc pas du potentiel E : elle correspond à l'équilibre de précipitation

\mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} = \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

associé à la constante d'équilibre (produit de solubilité) :

K_s = \frac{[\mathrm{Al}^{3+}]}{c^\circ}\left(\frac{[\mathrm{HO}^-]}{c^\circ}\right)^3

avec c^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}.

En utilisant le produit ionique de l'eau K_e = \frac{[\mathrm{H}^+][\mathrm{HO}^-]}{(c^\circ)^2}, la concentration en ions hydroxyde s'écrit :

\frac{[\mathrm{HO}^-]}{c^\circ} = \frac{K_e}{[\mathrm{H}^+]/c^\circ} = K_e \cdot 10^{\mathrm{pH}}

L'expression de la constante de solubilité devient :

K_s = \frac{[\mathrm{Al}^{3+}]}{c^\circ} \cdot K_e^3 \cdot 10^{3\,\mathrm{pH}}

Par convention, sur la frontière de précipitation séparant le domaine de prédominance de l'ion soluble \mathrm{Al}^{3+} et le domaine d'existence du précipité \mathrm{Al(OH)}_3, la concentration en ions dissous est égale à la concentration de travail c_t :

[\mathrm{Al}^{3+}] = c_t

En prenant le cologarithme décimal de la relation d'équilibre :

\begin{aligned} -\log K_s &= -\log\left(\frac{c_t}{c^\circ}\right) - 3\log K_e - 3\,\mathrm{pH} \\ \mathrm{p}K_s &= -\log\left(\frac{c_t}{c^\circ}\right) + 3\,\mathrm{p}K_e - 3\,\mathrm{pH} \end{aligned}

On en déduit l'équation de la frontière :

\mathrm{pH} = \mathrm{p}K_e - \frac{1}{3}\mathrm{p}K_s - \frac{1}{3}\log\left(\frac{c_t}{c^\circ}\right)

Avec \mathrm{p}K_e = 14, \mathrm{p}K_s = 33 et c_t = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} (c_t/c^\circ = 1) :

\mathrm{pH} = 14 - \frac{33}{3} - 0 = 3{,}0
\boxed{\mathrm{pH} = 3{,}0}

La frontière est une droite verticale d'équation \mathrm{pH} = 3{,}0, en parfait accord avec la lecture de la figure 13.

Résultat

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : passivation, corrosion par piqûre

Expliquer comment le phénomène de corrosion par piqure est susceptible d'être enrayé par la passivation de la cavité créée.

Voir l'indice

Expliquer que lorsque le milieu se réhomogénéise vers le pH marin ambiant (\approx 8), le système repasse dans la zone d'immunité/passivation par formation d'une couche protectrice de \mathrm{Al(OH)_3}.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le diagramme potentiel-pH (figure 13) et la frontière établie à la question Q44 pour relier le pH local à la stabilité de l'hydroxyde d'aluminium \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})}.
  2. Décrire le gradient de pH existant entre le fond de la piqûre et le milieu extérieur (eau de mer).
  3. Expliquer comment la précipitation de \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} forme une couche protectrice (effet d'occlusion ou de repassivation) qui enraye la propagation de la piqûre.
Voir la réponse courte

La précipitation d'hydroxyde d'aluminium insoluble au sein de la cavité forme une couche passivante protectrice qui stoppe la piqûre.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q44, l'hydroxyde d'aluminium solide \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} précipite dès que le pH dépasse 3{,}0 (pour une concentration de référence c_t = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), délimitant le domaine de passivation de l'aluminium entre \mathrm{pH} = 3{,}0 et \mathrm{pH} \approx 12{,}5.

Le mécanisme d'enrayement de la corrosion par piqûre repose sur les étapes suivantes :

  • Gradient de pH : en fond de piqûre, l'acidification liée à l'hydrolyse des ions \mathrm{Al}^{3+} maintient le milieu à un \mathrm{pH} < 3 (domaine de corrosion). En revanche, l'eau de mer environnante présente un pH basique voisin de 8, situé en plein domaine de passivation.
  • Précipitation de l'hydroxyde : au fur et à mesure que les ions \mathrm{Al}^{3+} formés au fond de la cavité diffusent vers l'extérieur (ou si le milieu intérieur est renouvelé et dilué par convection), ils rencontrent un milieu de pH supérieur à 3{,}0. Ils réagissent alors avec les molécules d'eau pour précipiter sous forme d'hydroxyde d'aluminium :

    \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} \rightleftharpoons \mathrm{Al(OH)}_{3(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})}
  • Colmatage et passivation de la cavité : ce solide insoluble s'accumule à l'embouchure ou tapisse les parois internes de la piqûre (comme illustré sur la figure 11). Ce dépôt forme une barrière physique étanche et électriquement isolante qui colmate la cavité :

    • il bloque la diffusion des espèces réactives (\mathrm{H}_2\mathrm{O}, \mathrm{O}_2) et des ions agressifs (\mathrm{Cl}^-) vers le fond de la piqûre ;
    • il augmente considérablement la résistance ohmique de l'électrolyte confiné ;
    • il isole le métal sain du contact direct avec la solution corrosive.

Privée de contact électrolytique et de transfert de charge, la dissolution anodique de l'aluminium cesse (i_{\text{corr}} \to 0) : la piqûre est neutralisée et le métal est repassivé.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.