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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 MP 2022

Les bouées houlographes Waverider

Ce sujet transverse et très complet s'intéresse au fonctionnement d'une bouée houlographe Waverider, instrument de référence pour la mesure de la houle en océanographie. Il explore quatre volets technologiques complémentaires : la tenue des matériaux en milieu salin agressif, la stabilisation pendulaire d'un accéléromètre vertical par flottaison neutre, le conditionnement du signal de mesure et la détection d'attitude angulaire par couplage inductif.

D'une difficulté modérée mais riche en modélisations physiques concrètes, l'épreuve constitue une remarquable synthèse des programmes de MP et PC. Elle mobilise avec pertinence l'électrochimie interfaciale, la mécanique en référentiel accéléré, l'analyse harmonique de systèmes oscillants, le traitement numérique du signal et la magnétostatique paraxiale au voisinage de bobines de Helmholtz. C'est un sujet d'entraînement particulièrement formateur pour tester la polyvalence et la rigueur d'analyse graphique.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,15/20)
Temps estimé
≈ 3 h 35 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

11 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

Rapides et accessibles (37) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Q1, Q14, Q31 et Q36 : Les quatre parties du sujet sont totalement indépendantes et relèvent de domaines distincts : oxydoréduction et corrosion, mécanique, électronique et filtrage, puis magnétostatique et induction.

  • Données en annexe

    Plusieurs tracés et schémas doivent être complétés directement sur le document réponse à joindre à la copie pour les questions Q8, Q10, Q36 et Q43.

Comment utiliser ce corrigé

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Partie I : Prévention de la corrosion

A · Thermodynamique de la corrosion du fer

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1

Notions : diagramme potentiel-ph, nombre d'oxydation

Compléter ce diagramme potentiel-pH en attribuant à chaque domaine une espèce contenant Fe.

Voir l'indice

Classer les espèces par nombre d'oxydation croissant du fer verticalement, puis par acidité décroissante (perte de protons ou gain d'ions hydroxyde) horizontalement.

Voir la stratégie

Pour attribuer chaque espèce à son domaine de prédominance ou d'existence dans le diagramme potentiel-pH :

  1. On détermine le nombre d'oxydation (n.o.) du fer dans chacune des six espèces : les espèces de degré le plus élevé se situent aux potentiels les plus hauts.
  2. À nombre d'oxydation fixé, on classe les espèces par caractère acido-basique croissant : les formes les plus acides (protonées) prédominent à bas pH, et les formes condensées ou basiques (hydroxydées) à pH plus élevé.
Voir la réponse courte

Attribution des domaines par degrés d'oxydation croissants verticalement et acidité décroissante horizontalement.

Voir le corrigé complet

Déterminons le nombre d'oxydation de l'élément fer dans les espèces proposées :

  • \text{n.o.} = 0 : \mathrm{Fe_{(s)}} ;
  • \text{n.o.} = +\text{II} : \mathrm{Fe^{2+}_{(aq)}}, \mathrm{Fe(OH)_{2(s)}} et \mathrm{HFeO}_{2(aq)}^{-} (puisque \text{n.o.}(\text{Fe}) + 1 - 4 = -1) ;
  • \text{n.o.} = +\text{III} : \mathrm{Fe^{3+}_{(aq)}} et \mathrm{FeOOH_{(s)}} (puisque \text{n.o.}(\text{Fe}) - 2 - 2 + 1 = 0).

On en déduit la répartition spatiale des domaines :

  • Degré 0 : \mathrm{Fe_{(s)}} est le réducteur le plus fort, il occupe le domaine situé aux potentiels les plus bas sur l'ensemble de l'échelle de pH (cadre du bas à \text{pH} \in [6, 8]).
  • Degré +III : ces espèces occupent la partie supérieure du diagramme (potentiels élevés). Par coupure acido-basique (précipitation à \text{pH} \approx 2{,}2) :

    • \mathrm{Fe^{3+}_{(aq)}} en milieu très acide (\text{pH} < 2{,}2, cadre supérieur gauche) ;
    • \mathrm{FeOOH_{(s)}} pour les pH plus élevés (\text{pH} > 2{,}2, grand cadre supérieur central).
  • Degré +II : ces espèces occupent la zone intermédiaire de potentiel. Par acidité décroissante :

    • \mathrm{Fe^{2+}_{(aq)}} en milieu acide et modérément acide (\text{pH} \lesssim 9{,}5, cadre intermédiaire gauche) ;
    • \mathrm{Fe(OH)_{2(s)}} précipite à pH intermédiaire (9{,}5 \lesssim \text{pH} \lesssim 13, cadre pointé par la flèche à \text{pH} \approx 10) ;
    • \mathrm{HFeO}_{2(aq)}^{-} est une forme soluble hyperbasique (dissolution complexante de l'hydroxyde en milieu très alcalin, \text{pH} \gtrsim 13, cadre pointé par la flèche à \text{pH} \approx 13).
\boxed{ \begin{aligned} \text{Cadre supérieur gauche (pH } < 2{,}2\text{, } E > 0{,}77\text{ V)} &: \mathrm{Fe^{3+}_{(aq)}} \\ \text{Cadre supérieur droit/centre (pH } > 2{,}2\text{, potentiels hauts)} &: \mathrm{FeOOH_{(s)}} \\ \text{Cadre intermédiaire gauche (pH } < 9{,}5\text{, } -0{,}6\text{ V} < E < 0{,}8\text{ V)} &: \mathrm{Fe^{2+}_{(aq)}} \\ \text{Cadre fléché vers la bande à pH } \in [9{,}5\,;\,13] &: \mathrm{Fe(OH)_{2(s)}} \\ \text{Cadre fléché vers le coin inférieur droit (pH } > 13) &: \mathrm{HFeO}_{2(aq)}^{-} \\ \text{Cadre inférieur (potentiels les plus bas, } E < -0{,}6\text{ V)} &: \mathrm{Fe_{(s)}} \end{aligned} }

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1

Notions : potentiel standard, produit de solubilité

À partir du diagramme, déterminer le potentiel standard du couple et le de .

Voir l'indice

Relever le potentiel de la frontière horizontale \mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe} pour déterminer E^\circ avec la formule de Nernst à C_{\text{tra}}, puis exploiter le pH de début de précipitation de \mathrm{Fe(OH)}_2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le potentiel de Nernst associé au couple \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})}/\mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} à la frontière conventionnelle ([\mathrm{Fe}^{2+}] = C_{\text{tra}}) pour en déduire E^\circ(\mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe}) par lecture de l'ordonnée de la frontière horizontale.
  2. Identifier la frontière verticale correspondant à la précipitation de \mathrm{Fe(OH)}_{2\,(\mathrm{s})} à partir de \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})}, relever son \mathrm{pH}, puis relier ce \mathrm{pH} au produit de solubilité K_s.
Voir la réponse courte

Lecture de l'ordonnée à l'origine pour E^\circ(\mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe}) et de la frontière verticale pour déterminer le \mathrm{p}K_s.

Voir le corrigé complet

1. Potentiel standard du couple \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})}/\mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})}

La demi-équation d'oxydoréduction s'écrit :

\mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})}

La formule de Nernst donne, à 25\,^\circ\mathrm{C} avec \frac{RT}{\mathcal{F}}\ln 10 = 0{,}06\text{ V} :

E = E^\circ(\mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe}) + \frac{0{,}06}{2}\log\left(\frac{[\mathrm{Fe}^{2+}]}{c^\circ}\right)

À la frontière entre \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})}, la concentration en ions fer(II) est égale à la concentration de tracé C_{\text{tra}} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} :

E_{\text{front}} = E^\circ(\mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe}) + 0{,}03 \log(1{,}0\times 10^{-6}) = E^\circ(\mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe}) - 0{,}18\text{ V}

Sur la figure A, la frontière horizontale séparant les domaines de \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et de \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} (pour \mathrm{pH} < 9{,}7) se situe à :

E_{\text{front}} \simeq -0{,}62\text{ V}

On en déduit le potentiel standard :

E^\circ(\mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe}) = E_{\text{front}} + 0{,}18\text{ V} = -0{,}62 + 0{,}18 = -0{,}44\text{ V}
\boxed{E^\circ(\mathrm{Fe}^{2+}/\mathrm{Fe}) \simeq -0{,}44\text{ V}}

2. Produit de solubilité \mathrm{p}K_s de \mathrm{Fe(OH)}_{2\,(\mathrm{s})}

L'équilibre de dissolution de l'hydroxyde de fer(II) s'écrit :

\mathrm{Fe(OH)}_{2\,(\mathrm{s})} = \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} \quad \text{avec} \quad K_s = \frac{[\mathrm{Fe}^{2+}]}{c^\circ}\left(\frac{[\mathrm{HO}^-]}{c^\circ}\right)^2

En exprimant [\mathrm{HO}^-] = \frac{K_e}{[\mathrm{H}^+]}, il vient :

K_s = \frac{[\mathrm{Fe}^{2+}]}{c^\circ}\left(\frac{K_e}{10^{-\mathrm{pH}}}\right)^2

En passant au cologarithme décimal :

\mathrm{p}K_s = -\log\left(\frac{[\mathrm{Fe}^{2+}]}{c^\circ}\right) + 2\,\mathrm{p}K_e - 2\,\mathrm{pH}

À la frontière de précipitation entre \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et \mathrm{Fe(OH)}_{2\,(\mathrm{s})}, [\mathrm{Fe}^{2+}] = C_{\text{tra}} = 1{,}0\times 10^{-6}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} et avec \mathrm{p}K_e = 14 :

\mathrm{p}K_s = 6 + 28 - 2\,\mathrm{pH}_{\text{front}} = 34 - 2\,\mathrm{pH}_{\text{front}}

Sur la figure A, le segment vertical marquant la frontière entre \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} et \mathrm{Fe(OH)}_{2\,(\mathrm{s})} se situe à :

\mathrm{pH}_{\text{front}} \simeq 9{,}7 \pm 0{,}1

On en déduit :

\mathrm{p}K_s = 34 - 2 \times 9{,}7 = 14{,}6
\boxed{\mathrm{p}K_s\bigl(\mathrm{Fe(OH)}_2\bigr) \simeq 14{,}6 \quad (\text{soit entre } 14{,}4 \text{ et } 14{,}8)}

Résultat

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1

Notions : formule de nernst, diagramme potentiel-ph

Sans utiliser le diagramme, déterminer la pente de la frontière séparant et .

Voir l'indice

Écrire la demi-équation d'oxydoréduction reliant \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})} et \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} faisant intervenir des protons \mathrm{H}^+ et appliquer la formule de Nernst.

Voir la stratégie
  1. Identifier les degrés d'oxydation du fer dans \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})} (+III) et \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} (+II).
  2. Écrire et équilibrer la demi-équation d'oxydoréduction du couple \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})}/\mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})}.
  3. Appliquer la formule de Nernst en utilisant la valeur numérique fournie pour \frac{RT}{\mathcal{F}}\ln 10 = 0{,}06\text{ V}, puis identifier le coefficient directeur devant le \mathrm{pH}.
Voir la réponse courte

Écriture de la demi-équation redox puis application de la formule de Nernst pour trouver la pente en -0{,}18\;\mathrm{V/pH}.

Voir le corrigé complet

Le fer se trouve au nombre d'oxydation +\mathrm{III} dans \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})} et +\mathrm{II} dans \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})}. La demi-équation rédox associée s'écrit :

\mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{e}^- = \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}

D'après la formule de Nernst à la température de l'étude (avec \frac{RT}{\mathcal{F}}\ln 10 = 0{,}06\text{ V}) :

\begin{aligned} E &= E^\circ(\mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})}/\mathrm{Fe}^{2+}) + \frac{0{,}06}{1} \log \left( \frac{a(\mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})})\cdot a(\mathrm{H}^+)^3}{a(\mathrm{Fe}^{2+})\cdot a(\mathrm{H}_2\mathrm{O})^2} \right) \\ &= E^\circ(\mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})}/\mathrm{Fe}^{2+}) - 0{,}06 \log \left(\frac{[\mathrm{Fe}^{2+}]}{c^\circ}\right) - 0{,}18\,\mathrm{pH} \end{aligned}

À la frontière, la concentration en ions fer(II) est fixée à la concentration de tracé [\mathrm{Fe}^{2+}] = C_{\text{tra}}, indépendante du \mathrm{pH}.

Par dérivation par rapport au \mathrm{pH}, la pente de la frontière vaut donc :

\boxed{\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}\mathrm{pH}} = -0{,}18\text{ V}\cdot\mathrm{pH}^{-1} = -180\text{ mV}\cdot\mathrm{pH}^{-1}}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1

Notions : corrosion, réaction d'oxydoréduction

À partir du diagramme, écrire la réaction se produisant quand une pièce de fer est laissée à l'abandon dans une solution aqueuse saturée en dioxygène et dont le pH vaut 7.

Voir l'indice

Superposer les domaines de prédominance et de stabilité thermodynamique de \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} et de \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} à \mathrm{pH} = 7 pour identifier l'espèce formée et écrire la réaction bilan spontanée.

Voir la stratégie
  1. Situer sur le diagramme potentiel-pH à \mathrm{pH} = 7 les espèces en présence : le réducteur \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} et l'oxydant \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})}.
  2. Constater que leurs domaines de prédominance/stabilité sont disjoints : une réaction d'oxydoréduction spontanée se produit.
  3. Identifier l'espèce du fer thermodynamiquement stable au potentiel imposé par le dioxygène dissous à \mathrm{pH} = 7, à savoir l'oxyhydroxyde de fer(III) \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})}.
  4. Établir l'équation de la réaction globale à partir des demi-équations électroniques.
Voir la réponse courte

Superposition des domaines : le fer et l'eau aérée réagissent pour former \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})}.

Voir le corrigé complet

À \mathrm{pH} = 7 :

  • Le potentiel d'équilibre du couple de l'eau \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})}/\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} vaut :

    E(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) = E^\circ(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) - 0{,}06\,\mathrm{pH} = 1{,}23 - 0{,}06 \times 7 = 0{,}81\text{ V}
  • À ce potentiel très oxydant et à \mathrm{pH} = 7, l'espèce du fer thermodynamiquement stable est \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})} (le domaine de \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} n'existant qu'au-dessous d'environ -0{,}15\text{ V}, et celui de \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} au-dessous de -0{,}62\text{ V}).

Les domaines de prédominance/stabilité de \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} et de \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} sont disjoints : le fer métallique s'oxyde spontanément jusqu'au degré d'oxydation +\text{III}.

Écrivons les deux demi-équations rédox :

\begin{aligned} \text{Réduction de }\mathrm{O}_2 : \quad & \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{e}^- = 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} \\ \text{Oxydation de }\mathrm{Fe} : \quad & \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{e}^- \end{aligned}

En combinant ces deux équations (3 \times la première + \; 4 \times la seconde), les électrons et les ions \mathrm{H}^+ s'éliminent :

\boxed{4\,\mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} + 3\,\mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} \longrightarrow 4\,\mathrm{FeOOH}_{(\mathrm{s})}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une équation-bilan ne doit jamais faire apparaître d'électrons.

« Dans la question 4, on a ainsi vu de nombreuses équations bilans faisant à tort apparaitre des électrons. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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B · Cinétique de la corrosion de l'acier

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Notions : montage à trois électrodes, courbe courant-potentiel

Donner précisément le schéma du dispositif permettant d'enregistrer la courbe courant-potentiel.

Voir l'indice

Représenter le montage classique à trois électrodes : électrode de travail (acier), contre-électrode (platine), électrode de référence (ECS), potentiostat/générateur et voltmètre.

Voir la stratégie
  1. Identifier la configuration expérimentale standard en électrochimie pour tracer des courbes courant-potentiel : le montage à trois électrodes.
  2. Associer à chaque rôle les éléments précisés par l'énoncé :

    • Électrode de travail (ET) : pièce d'acier étudiée ;
    • Contre-électrode (CE ou électrode auxiliaire) : fil ou grille de platine ;
    • Électrode de référence (Réf) : électrode au calomel saturé (ECS).
  3. Représenter les circuits électriques associés : la mesure de courant (ampèremètre) dans la branche de puissance entre ET et CE, et la mesure de potentiel (voltmètre à très haute impédance) entre ET et Réf, le tout piloté par un potentiostat (ou générateur de tension variable).
Voir la réponse courte

Schéma normalisé du montage à trois électrodes : électrode de travail, contre-électrode et électrode de référence.

Voir le corrigé complet

Le tracé d'une courbe courant-potentiel nécessite un montage à trois électrodes piloté par un potentiostat (ou un générateur réglable avec appareils de mesure) :

  • L'électrode de travail (ET) : la pièce d'acier AISI 316 dont on étudie le comportement électrochimique ;
  • La contre-électrode (CE) : une électrode inattaquable en platine, assurant le passage du courant électrique à travers la solution ;
  • L'électrode de référence (Réf) : une électrode au calomel saturé (ECS, de potentiel E_{\mathrm{ref}} = 0{,}25\text{ V}), placée au plus près de l'électrode de travail pour minimiser la chute ohmique. Aucun courant ne la traverse.

Si le système est représenté à l'aide d'instruments de mesure usuels (hors bloc potentiostat intégré), le circuit se décompose en :

  • Un circuit de polarisation et de mesure du courant : un générateur de tension continue variable et un ampèremètre montés en série entre l'électrode de travail et la contre-électrode ;
  • Un circuit de mesure de potentiel : un voltmètre à très haute impédance d'entrée monté entre l'électrode de travail et l'électrode de référence.
\boxed{\text{Montage à trois électrodes : Électrode de travail (acier), Contre-électrode (Pt), Électrode de référence (ECS).}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le montage à trois électrodes pour tracer une courbe courant-potentiel doit être connu.

« Le montage à trois électrodes permettant de relever une courbe courant-potentiel est souvent mal connu (question 5). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : courbe courant-potentiel, oxydation et réduction

La courbe obtenue, en raisonnant en densité de courant, est représentée sur la figure 2. Quelles sont les réactions électrochimiques se produisant sur les portions repérées par les lettres , et ?

Voir l'indice

Identifier les processus électrochimiques selon le signe du courant : oxydation du métal en zone anodique (a), puis réductions successives de \mathrm{O}_2 dissous (b) et de l'eau (c) en zone cathodique.

Voir la stratégie
  1. Convertir les potentiels repérés par rapport à l'électrode au calomel saturé (E_{\text{ref}} = 0{,}25\text{ V}) en potentiels par rapport à l'électrode standard à hydrogène (ESH) à l'aide de la relation E_{/\text{ESH}} = E_{/\text{ECS}} + E_{\text{ref}}.
  2. Calculer les potentiels d'équilibre de Nernst des couples de l'eau et du fer au \mathrm{pH} = 8{,}2 de la solution afin d'identifier les domaines thermodynamiques d'oxydation et de réduction.
  3. Identifier pour chaque branche ((a) anodique, (b) palier cathodique, (c) mur cathodique) la réaction électrochimique correspondante en tenant compte de la nature des réactifs présents (dioxygène dissous, eau/protons, fer du métal).
Voir la réponse courte

Identification de l'oxydation du fer en (a), réduction du dioxygène en (b) et réduction des protons en (c).

Voir le corrigé complet

Le milieu étudié est une solution aqueuse aérée à \mathrm{pH} = 8{,}2. L'électrode de référence est une ECS de potentiel E_{\text{ref}} = 0{,}25\text{ V}, de sorte que le potentiel par rapport à l'ESH vaut :

E = E_{/\text{ECS}} + E_{\text{ref}}

Calculons les potentiels d'équilibre de Nernst des espèces à \mathrm{pH} = 8{,}2 :

  • Réduction du dioxygène dissous : \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{H}^+ + 4\,\mathrm{e}^- = 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)}, soit en milieu basique \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 4\,\mathrm{e}^- = 4\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} :

    \begin{aligned} E_{\text{eq}}(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) &= E^\circ(\mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}) - 0{,}06\,\mathrm{pH} + \frac{0{,}06}{4}\log\left(\frac{P_{\mathrm{O}_2}}{P^\circ}\right) \\ &\simeq 1{,}23 - 0{,}06 \times 8{,}2 \simeq 0{,}74\text{ V}/\text{ESH} \quad (\text{soit } \simeq +0{,}49\text{ V}/\text{ECS}) \end{aligned}
  • Réduction de l'eau (couple \mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2 ou \mathrm{H}_2\mathrm{O}/\mathrm{H}_2) : 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})} :

    E_{\text{eq}}(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = -0{,}06\,\mathrm{pH} = -0{,}06 \times 8{,}2 \simeq -0{,}49\text{ V}/\text{ESH} \quad (\text{soit } \simeq -0{,}74\text{ V}/\text{ECS})
  • Oxydation du fer : à \mathrm{pH} = 8{,}2, d'après le diagramme potentiel-pH (figure A), la frontière séparant \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} de \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} est horizontale à E \simeq -0{,}62\text{ V}/\text{ESH} (pour C_{\text{tra}} = 10^{-6}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}), soit environ -0{,}87\text{ V}/\text{ECS}.

Analysons les trois portions repérées sur la courbe courant-potentiel de l'acier (figure 2) :

  • Portion (a) : branche anodique (j > 0 pour E_{/\text{ECS}} > -0{,}70\text{ V}).
    Il s'agit d'une oxydation du fer constituant l'acier en ions fer(II) :

    \boxed{\mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} \longrightarrow \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^-}

    (L'oxydation en hydroxyde \mathrm{Fe(OH)}_2 ou oxyhydroxyde \mathrm{FeOOH} est également envisageable en surface).

  • Portion (b) : palier cathodique (j < 0 pour -0{,}95\text{ V} < E_{/\text{ECS}} < -0{,}70\text{ V}).
    Le potentiel est inférieur au potentiel d'équilibre du couple \mathrm{O}_2/\mathrm{H}_2\mathrm{O}. Le courant présente un palier de diffusion caractéristique d'une espèce dissoute en faible concentration : il s'agit de la réduction du dioxygène dissous dans l'eau de mer :

    \boxed{\mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 4\,\mathrm{e}^- \longrightarrow 4\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}}
  • Portion (c) : vague/mur cathodique (j \ll 0 pour E_{/\text{ECS}} < -0{,}95\text{ V}).
    Pour des potentiels très réducteurs, on observe une brusque augmentation en valeur absolue du courant cathodique sans palier de diffusion limitant : il s'agit de la réduction du solvant (l'eau) avec dégagement de dihydrogène :

    \boxed{2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 2\,\mathrm{e}^- \longrightarrow \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La plupart des candidats peinent à interpréter les différentes branches de la courbe expérimentale.

« Cette courbe expérimentale étant fournie, la plupart des candidats ne parviennent pas à l’interpréter (question 6) »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : surtension, courbe courant-potentiel

Estimer numériquement la surtension cathodique associée au couple .

Voir l'indice

Calculer le potentiel d'équilibre de Nernst du couple \mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2 à \mathrm{pH} = 8{,}2 par rapport à l'ECS, puis comparer au potentiel d'apparition du courant cathodique de dégagement gazeux.

Voir la stratégie
  1. Calculer le potentiel d'équilibre thermodynamique E_{\text{eq}} du couple \mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2 au \mathrm{pH} = 8{,}2 de la solution à l'aide de la formule de Nernst.
  2. Convertir ce potentiel sur l'échelle de l'électrode de référence au calomel saturé (E_{\text{eq/ECS}} = E_{\text{eq}} - E_{\text{ref}}).
  3. Relever sur la figure 2 le potentiel de début de dégagement de dihydrogène (début de la branche (c)) et en déduire la surtension cathodique \eta_c = E_{\text{seuil}} - E_{\text{eq}}.
Voir la réponse courte

Écart entre le potentiel de début de réduction de \mathrm{H}^+ et son potentiel thermodynamique d'équilibre.

Voir le corrigé complet

La demi-équation rédox associée au couple \mathrm{H}^+/\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} s'écrit :

2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})}

En prenant pour convention une pression partielle standard en dihydrogène P_{\mathrm{H}_2} = P^\circ = 1\text{ bar}, la formule de Nernst s'exprime (avec \frac{RT}{\mathcal{F}}\ln 10 = 0{,}06\text{ V}) :

E_{\text{eq}}(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) - 0{,}06\,\mathrm{pH}

Pour \mathrm{pH} = 8{,}2 et E^\circ(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = 0\text{ V} :

E_{\text{eq}}(\mathrm{H}^+/\mathrm{H}_2) = -0{,}06 \times 8{,}2 = -0{,}492\text{ V / ESH}

Exprimé par rapport à l'électrode de référence au calomel saturé (E_{\text{ref}} = 0{,}25\text{ V / ESH}) :

E_{\text{eq/ECS}} = E_{\text{eq}} - E_{\text{ref}} = -0{,}492 - 0{,}25 = -0{,}742\text{ V / ECS} \simeq -0{,}74\text{ V / ECS}

Sur la figure 2, la réduction de l'eau (portion (c)) commence à se manifester par une chute brutale de la densité de courant cathodique à partir d'un potentiel seuil :

E_{\text{seuil/ECS}} \simeq -0{,}94\text{ à } -0{,}95\text{ V / ECS}

La surtension cathodique associée au dégagement de \mathrm{H}_2 sur l'acier vaut donc :

\begin{aligned} \eta_c &= E_{\text{seuil}} - E_{\text{eq}} = E_{\text{seuil/ECS}} - E_{\text{eq/ECS}} \\ \eta_c &\simeq -0{,}94 - (-0{,}74) = -0{,}20\text{ V} \end{aligned}
\boxed{\eta_c \simeq -0{,}20\text{ V} \quad (\text{soit } |\eta_c| \simeq 0{,}20\text{ V})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La surtension cathodique se définit comme l'écart au potentiel d'équilibre à pH donné.

« pour trouver une surtension cathodique (question 7), grandeur dont nous rappelons qu’elle se définit par un écart à un potentiel d’équilibre à pH donné. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Notions : courant de diffusion limite, courbe courant-potentiel

Pour chacune des courbes représentées sur la figure B, entourer la partie correspondant à un phénomène de limitation du courant lié à la cinétique de transport du dioxygène dissout dans l'eau.

Voir l'indice

Repérer sur chaque courbe la zone où la densité de courant forme un palier quasi horizontal indépendant du potentiel imposé.

Voir la stratégie
  1. Identifier la signature caractéristique d'une limitation par le transport de matière (diffusion/convection) du réactif sur une courbe intensité-potentiel ou densité de courant-potentiel.
  2. Localiser cette zone de palier de diffusion cathodique pour chacune des trois vitesses d'écoulement (0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et 5\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) sur la figure B du document réponse.
Voir la réponse courte

Identification du palier de courant de diffusion cathodique associé au transport de \mathrm{O}_2.

Voir le corrigé complet

Une limitation du courant par le transport de matière (diffusion vers l'électrode) se traduit sur une courbe courant-potentiel par un palier de diffusion (courant limite de diffusion indépendant du potentiel appliqué).

Pour la réduction cathodique du dioxygène dissous dans l'eau salée :

\mathrm{O}_{2\text{(aq)}} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 4\,\mathrm{e}^- \longrightarrow 4\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

cette limitation correspond au pseudo-palier horizontal où la densité de courant cathodique se stabilise avant le déclenchement de la réduction du solvant (\mathrm{H}_2\mathrm{O} / \mathrm{H}_2) aux potentiels plus réducteurs :

  • Pour la courbe à v = 0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : le palier s'étend sur l'intervalle de potentiel compris environ entre -0{,}90\text{ V} et -0{,}70\text{ V} par rapport à l'ECS, à une densité de courant j_{\text{lim}} \simeq -0{,}04\text{ mA}\cdot\text{cm}^{-2} (soit -4 \times 10^{-5}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2}).
  • Pour la courbe à v = 2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : le palier se situe environ entre -0{,}80\text{ V} et -0{,}65\text{ V} par rapport à l'ECS, autour de j \simeq -0{,}4\text{ mA}\cdot\text{cm}^{-2}.
  • Pour la courbe à v = 5\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : la zone de diffusion/convection se situe environ entre -0{,}75\text{ V} et -0{,}60\text{ V} par rapport à l'ECS, autour de j \simeq -0{,}8\text{ mA}\cdot\text{cm}^{-2}.

Sur la figure B du document réponse, on entoure donc les trois zones de paliers horizontaux (ou pseudo-paliers) précédant la chute abrupte de densité de courant due à la réduction de l'eau.

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : courant de diffusion limite, couche de diffusion

Proposer une interprétation qualitative à l'augmentation de la densité de courant de corrosion avec la vitesse d'écoulement du fluide autour de l'électrode.

Voir l'indice

Relier l'amincissement de la couche limite de diffusion de Nernst lors d'un écoulement forcé à l'augmentation du flux molaire de dioxygène arrivant à l'électrode.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux processus électrochimiques couplés au potentiel de corrosion libre E_{\text{corr}} (oxydation du fer et réduction du dioxygène dissous).
  2. Expliquer l'influence de l'écoulement sur la couche limite de diffusion de Nernst de l'espèce oxydante (\mathrm{O}_2).
  3. En déduire l'impact sur le courant limite de diffusion et sur la valeur de la densité de courant de corrosion j_{\text{corr}}.
Voir la réponse courte

L'agitation réduit l'épaisseur de la couche de diffusion de Nernst, ce qui augmente le courant limite et donc j_{\mathrm{corr}}.

Voir le corrigé complet

À l'abandon (potentiel de corrosion libre E_{\text{corr}}), le système est le siège d'un équilibre dynamique entre :

  • l'oxydation anodique du fer constitutif de l'acier :

    \mathrm{Fe}_{(\mathrm{s})} \longrightarrow \mathrm{Fe}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^-
  • la réduction cathodique du dioxygène dissous :

    \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 4\,\mathrm{e}^- \longrightarrow 4\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

Le courant global étant nul, la densité de courant de corrosion vérifie :

j_{\text{corr}} = j_a(E_{\text{corr}}) = |j_c(E_{\text{corr}})|

Le dioxygène étant une espèce dissoute peu soluble, sa réduction est limitée par le transfert de matière par diffusion à travers la couche limite stationnaire de Nernst d'épaisseur \delta. La densité de courant limite de diffusion cathodique s'écrit :

|j_{\text{lim}}| = \frac{4\,\mathcal{F}\,D_{\mathrm{O}_2}\,[\mathrm{O}_2]_{\text{sol}}}{\delta}
  • Lorsque la vitesse d'écoulement du fluide augmente, la convection accrue réduit l'épaisseur de la couche limite de diffusion \delta.
  • Cette diminution de \delta entraîne une forte augmentation du flux de dioxygène arrivant à l'électrode, et donc une hausse sensible de la densité de courant limite de diffusion |j_{\text{lim}}| (visible sur la figure B).
  • Comme le potentiel mixte de corrosion se situe dans la zone de limitation par diffusion du dioxygène, la densité de courant de corrosion j_{\text{corr}} \simeq |j_{\text{lim}}| augmente de concert avec la vitesse d'écoulement.
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C · Protection par anode sacrificielle

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : anode sacrificielle, corrosion

Afin de décrire les phénomènes se produisant lorsque l'acier en contact avec l'aluminium est laissé à l'abandon dans un milieu marin, compléter le schéma de la figure C du document réponse en portant dans chaque cadre rectangulaire le nom d'une espèce physico-chimique.

Voir l'indice

Indiquer l'oxydation de l'aluminium à l'anode, la réduction du dioxygène sur l'acier agissant en cathode et le sens de circulation des électrons et des ions.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature des réactions électrochimiques : l'aluminium joue le rôle d'anode sacrificielle (oxydation de \mathrm{Al} en \mathrm{Al}^{3+}), tandis que la surface de l'acier sert de cathode où a lieu la réduction du dioxygène dissous en milieu basique (\mathrm{O}_2 \to \mathrm{HO}^-).
  2. Suivre le sens des flèches sur la figure C du document réponse :

    • Dans le bloc d'aluminium, la réaction d'oxydation produit des ions \mathrm{Al}^{3+} libérés dans la solution et des électrons qui transitent vers l'acier.
    • À la surface de l'acier, les électrons sont captés par le dioxygène dissous (\mathrm{O}_2) pour former des ions hydroxyde (\mathrm{HO}^-). L'arc fléché part donc du réactif \mathrm{O}_2 pour aboutir au produit \mathrm{HO}^-.
Voir la réponse courte

Schéma du couplage galvanique : oxydation de \mathrm{Al} à l'anode et réduction de \mathrm{O}_2 sur l'acier.

Voir le corrigé complet

Dans le dispositif de protection par anode sacrificielle :

  • À l'anode (aluminium) : l'aluminium métallique s'oxyde préférentiellement au fer :

    \mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} \longrightarrow \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{e}^-

    Le solide \mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} se dissout sous forme d'ions \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} qui passent en solution dans l'eau de mer (flèche montante vers le cadre supérieur droit).

  • Transfert électronique : les électrons libérés circulent dans la masse métallique de l'aluminium vers l'acier (flèche orientée de \mathrm{Al} vers la surface de l'acier).
  • À la cathode (acier) : la surface de l'acier est le siège de la réduction du dioxygène dissous dans l'eau de mer (milieu à \mathrm{pH} = 8{,}2) :

    \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 4\,\mathrm{e}^- \longrightarrow 4\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

    Sur la figure C, l'arc fléché représente cette transformation : il part du réactif consommé (\mathrm{O}_2) et pointe vers le produit formé (\mathrm{HO}^-), en recevant l'apport d'électrons provenant de la pièce d'acier.

Les espèces à inscrire dans les quatre cadres sont donc :

  • Cadre supérieur gauche (au-dessus de l'acier) : \boxed{\text{\mathrm{HO}^-}} (ou \mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}) ;
  • Cadre supérieur central (au-dessus de l'acier) : \boxed{\text{\mathrm{O}_2}} (ou \mathrm{O}_{2(\mathrm{aq})}) ;
  • Cadre interne (dans l'aluminium) : \boxed{\text{\mathrm{Al}}} (ou \mathrm{Al}_{(\mathrm{s})}) ;
  • Cadre supérieur droit (au-dessus de l'aluminium) : \boxed{\text{\mathrm{Al}^{3+}}} (ou \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})}).

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : courant de corrosion, potentiel de corrosion

Estimer numériquement la densité de courant de corrosion associée à cette situation, en .

Voir l'indice

Trouver le potentiel mixte d'abandon à l'intersection entre la branche anodique de l'aluminium et la branche cathodique de réduction de \mathrm{O}_2 sur l'acier, puis relever la densité de courant associée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition d'évolution à l'abandon (circuit ouvert global) pour les deux métaux en contact électrique direct.
  2. Utiliser l'égalité des surfaces actives pour traduire la conservation de la charge en termes de densités de courant.
  3. Déterminer graphiquement sur la figure 2 le potentiel mixte (ou potentiel de corrosion E_{\mathrm{corr}}) et la densité de courant de corrosion j_{\mathrm{corr}} correspondante.
Voir la réponse courte

Intersection de la courbe d'oxydation de l'aluminium et de réduction du dioxygène pour lire j_{\mathrm{corr}}.

Voir le corrigé complet

Le système constitué de la pièce d'acier et de l'anode d'aluminium est en contact électrique direct et n'est relié à aucun générateur extérieur. À l'abandon, le courant total échangé est nul :

I_{\mathrm{anodique}} + I_{\mathrm{cathodique}} = 0

L'oxydation a lieu sur l'aluminium (anode sacrificielle) et la réduction sur l'acier. Les deux pièces présentant la même surface active S, on a :

j_{\mathrm{Al}}(E_{\mathrm{corr}}) + j_{\mathrm{acier}}(E_{\mathrm{corr}}) = 0 \iff j_{\mathrm{Al}}(E_{\mathrm{corr}}) = - j_{\mathrm{acier}}(E_{\mathrm{corr}}) = |j_{\mathrm{cathodique}}|

Sur la figure 2 :

  • la branche cathodique sur l'acier présente un palier de diffusion associé à la réduction de \mathrm{O}_2 pour lequel |j_{\mathrm{acier}}| \simeq 4{,}3 \times 10^{-5}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2} ;
  • la courbe anodique de l'aluminium atteint cette même valeur pour un potentiel de corrosion :

    E_{\mathrm{corr}} - E_{\mathrm{ref}} \simeq -0{,}70\text{ V} \quad (\text{soit } E_{\mathrm{corr}} \simeq -0{,}45\text{ V / ESH})

On en déduit l'estimation numérique de la densité de courant de corrosion :

\boxed{j_{\mathrm{corr}} \simeq 4{,}3 \times 10^{-5}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2}}

Une valeur comprise entre 4{,}0 \times 10^{-5} et 4{,}5 \times 10^{-5}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2} est tout à fait acceptable compte tenu de la précision de lecture graphique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La lecture graphique du potentiel mixte et de la densité de courant associée a été très mal réussie.

« De même, la lecture d’un potentiel mixte et du courant correspondant (question 11) s’est avérée largement défaillante »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : loi de faraday en électrochimie, vitesse de corrosion

Déterminer l'expression de en fonction de , , , , puis calculer numériquement l'épaisseur d'aluminium consommée en une année.

Voir l'indice

Relier la charge électrique traversant l'interface à la quantité de matière d'aluminium oxydé par la loi de Faraday, puis exprimer la masse et le volume consommé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la quantité de matière d'électrons échangée au cours de la réaction d'oxydation de l'aluminium pendant la durée \Delta t, puis en déduire la quantité de matière d'aluminium oxydée grâce au nombre d'électrons mis en jeu (z = 3).
  2. Relier la masse d'aluminium consommée au volume correspondant, et donc à l'épaisseur consommée \Delta e_{\mathrm{Al}}, pour établir l'expression de la vitesse de corrosion \Delta e_{\mathrm{Al}}/\Delta t.
  3. Effectuer l'application numérique pour une durée d'une année en veillant aux conversions d'unités (en particulier pour la densité de courant et la durée).
Voir la réponse courte

Bilan de matière faradique reliant la perte d'épaisseur annuelle au flux d'électrons \Delta e/\Delta t = j_{\mathrm{corr}}M/(3\rho\mathcal{F}).

Voir le corrigé complet

L'oxydation de l'aluminium sacrificiel s'écrit :

\mathrm{Al}_{(\mathrm{s})} \longrightarrow \mathrm{Al}^{3+}_{(\mathrm{aq})} + 3\,\mathrm{e}^-

Chaque mole d'aluminium oxydée libère donc z = 3 moles d'électrons.

Pendant une durée \Delta t, la charge totale mise en jeu à travers la surface S de l'anode est :

Q = I\,\Delta t = j_{\mathrm{corr}}\,S\,\Delta t

La quantité de matière d'électrons correspondante s'exprime par :

n(\mathrm{e}^-) = \frac{Q}{\mathcal{F}} = \frac{j_{\mathrm{corr}}\,S\,\Delta t}{\mathcal{F}}

D'après la stœchiométrie de la demi-réaction, la quantité de matière d'aluminium dissoute est :

n_{\mathrm{Al}} = \frac{n(\mathrm{e}^-)}{3} = \frac{j_{\mathrm{corr}}\,S\,\Delta t}{3\,\mathcal{F}}

La masse d'aluminium consommée vaut :

m_{\mathrm{Al}} = n_{\mathrm{Al}}\,M_{\mathrm{Al}} = \rho_{\mathrm{Al}}\,V_{\mathrm{Al}} = \rho_{\mathrm{Al}}\,S\,\Delta e_{\mathrm{Al}}

En égalant les deux expressions de la masse, la surface S se simplifie :

\rho_{\mathrm{Al}}\,S\,\Delta e_{\mathrm{Al}} = \frac{j_{\mathrm{corr}}\,S\,\Delta t\,M_{\mathrm{Al}}}{3\,\mathcal{F}}

On en déduit l'expression de la vitesse de régression de l'épaisseur :

\boxed{\frac{\Delta e_{\mathrm{Al}}}{\Delta t} = \frac{j_{\mathrm{corr}}\,M_{\mathrm{Al}}}{3\,\rho_{\mathrm{Al}}\,\mathcal{F}}}

Application numérique : Pour une durée de \Delta t = 1\text{ an} \simeq 365{,}25 \times 24 \times 3\,600\text{ s} \simeq 3{,}156 \times 10^7\text{ s}, avec la valeur estimée à la question Q11 :

  • j_{\mathrm{corr}} \simeq 4{,}3 \times 10^{-5}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2} = 4{,}3 \times 10^{-1}\text{ A}\cdot\text{m}^{-2} ;
  • M_{\mathrm{Al}} = 27{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 27{,}0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • \rho_{\mathrm{Al}} = 2{,}72 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \mathcal{F} = 96{,}5 \times 10^3\text{ C}\cdot\text{mol}^{-1}.

On obtient une vitesse de régression :

\begin{aligned} \frac{\Delta e_{\mathrm{Al}}}{\Delta t} &= \frac{4{,}3 \times 10^{-1} \times 27{,}0 \times 10^{-3}}{3 \times 2{,}72 \times 10^3 \times 96{,}5 \times 10^3} \simeq 1{,}47 \times 10^{-11}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

D'où l'épaisseur consommée en une année :

\begin{aligned} \Delta e_{\mathrm{Al}} &= 1{,}47 \times 10^{-11} \times 3{,}156 \times 10^7 \simeq 4{,}6 \times 10^{-4}\text{ m} \end{aligned}
\boxed{\Delta e_{\mathrm{Al}} \simeq 0{,}46\text{ mm}\quad (\text{soit environ } 0{,}5\text{ mm par an})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait réaliser un bilan de matière au lieu de restituer de mémoire une formule souvent fausse.

« la question 12, qui pro cède essentiellement d’un bilan de matière, donne lieu à la plus grande confusion, quand les candidats ne se contentent pas de fournir de mémoire, de manière souvent erronée, la relation demandée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : anode sacrificielle, corrosion

La sphère d'acier inoxydable présente un diamètre de et les anodes d'aluminium une surface de l'ordre de et une épaisseur de . Le constructeur recommande de renouveler ces anodes tous les trois ans. Confronter ces données aux résultats de la question précédente et proposer une explication aux éventuelles divergences.

Voir l'indice

Comparer le rapport des surfaces acier/aluminium à l'hypothèse d'aires égales pour corriger la densité de courant anodique réelle, puis évaluer la durabilité de l'anode.

Voir la stratégie
  1. Calculer l'épaisseur consommée en trois ans selon le modèle de la question Q12 et la comparer à l'épaisseur de 3\text{ cm}.
  2. Identifier les hypothèses simplificatrices de la sous-partie précédente, en premier lieu l'égalité des surfaces actives (S_{\text{acier}} = S_{\text{Al}}), et réévaluer le rapport de surface réel.
  3. Prendre en compte les conditions réelles de fonctionnement de la bouée (écoulement de l'eau dû à la houle, coefficient de sécurité).
Voir la réponse courte

Comparaison entre la masse d'aluminium requise et celle des anodes fournies, discussion sur le ratio des surfaces.

Voir le corrigé complet

1. Confrontation aux résultats de la question précédente

D'après la question Q12, la vitesse de consommation de l'aluminium était estimée à :

\frac{\Delta e_{\mathrm{Al}}}{\Delta t} \simeq 0{,}46\text{ mm}\cdot\text{an}^{-1}

Au bout de \Delta t = 3\text{ ans}, l'épaisseur consommée serait donc de :

\Delta e_{\mathrm{Al}}(3\text{ ans}) \simeq 3 \times 0{,}46\text{ mm} \simeq 1{,}4\text{ mm} \simeq 0{,}14\text{ cm}

Or, l'anode a une épaisseur de 3\text{ cm} = 30\text{ mm}. D'après ce modèle, il faudrait plus de 60 ans pour la consommer entièrement. Il y a donc une divergence manifeste avec la recommandation du constructeur de renouveler les anodes tous les 3 ans.

2. Explication des divergences

Cette divergence s'explique principalement par les hypothèses simplificatrices faites en Q11 et Q12 :

  • L'effet de surface (S_{\text{acier}} \gg S_{\mathrm{Al}}) : La question Q11 supposait des surfaces égales (S_{\text{acier}} = S_{\mathrm{Al}}). En réalité, la bouée est une sphère de diamètre D = 70\text{ cm}, dont la surface totale vaut :

    S_{\text{sphère}} = \pi D^2 \approx \pi \times (70)^2 \approx 1{,}5 \times 10^4\text{ cm}^2

    Même si la bouée n'est que partiellement immergée (par exemple à moitié), la surface d'acier immergée est de l'ordre de :

    S_{\text{acier}} \approx \frac{1}{2}\pi D^2 \approx 7{,}7 \times 10^3\text{ cm}^2

    La surface d'une anode n'étant que de S_{\mathrm{Al}} \approx 30\text{ cm}^2, le rapport des surfaces est considérable :

    \frac{S_{\text{acier}}}{S_{\mathrm{Al}}} \sim 250 \text{ à } 500

    L'égalité des courants globaux imposes :

    I_a = I_c \implies j_{\mathrm{Al}} \, S_{\mathrm{Al}} = |j_{\text{acier}}| \, S_{\text{acier}} \implies j_{\mathrm{Al}} = |j_{\text{acier}}| \times \frac{S_{\text{acier}}}{S_{\mathrm{Al}}}

    La densité de courant traversant l'anode est donc plusieurs centaines de fois supérieure à celle calculée en Q11, ce qui multiplie la vitesse de dissolution de l'aluminium d'autant.

  • L'agitation du milieu marin (effet de la houle) : Comme mis en évidence aux questions Q8 et Q9 (tableau 1), la vitesse d'écoulement du fluide autour de la coque augmente la densité de courant limite de diffusion du dioxygène |j_{\text{lim}}| d'un facteur 10 à 50 (passant d'environ 1{,}8 \times 10^{-5}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2} au repos à plus de 8{,}5 \times 10^{-4}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2} pour un écoulement à 5\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}). Le courant cathodique global est donc considérablement accru en mer.
  • Marge de sécurité et intégrité mécanique : Le constructeur prévoit une marge de sécurité importante : l'anode doit être remplacée bien avant d'être totalement consommée afin d'éviter tout amorçage de piqûres de corrosion sur la coque en inox, et de prévenir une rupture mécanique de l'anode fragilisée par l'érosion.
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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 ?

Surtout 3 chapitres : Oxydoréduction et électrochimie (27 % des questions, partie I), Magnétostatique (15 %, partie IV) et Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire (13 %, partie III). Plus ponctuellement : Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Mécanique des fluides, Mécanique du solide, Induction électromagnétique, Électronique numérique : échantillonnage et modulation…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 dès la première année (MPSI) ?

Peu : 8 questions sur 47 (17 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la sous-partie I.A (Q1 à Q4), ainsi que Q32, Q33, Q45 et Q46.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 ?

Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie II est la plus longue (environ 1 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q13 (anode sacrificielle), Q26 (théorème du moment cinétique), Q34 (filtrage numérique) et Q40 (équation de maxwell-thomson).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 ?

Questions de cours : Q1 (diagramme potentiel-ph), Q5 (montage à trois électrodes), Q14 (poussée d'archimède), Q25 (poussée d'archimède), Q28 (fonction de transfert), Q35 (critère de shannon), Q36 (symétrie et invariances), Q37 (équation de maxwell-thomson)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (potentiel standard), Q3 (formule de nernst), Q27 (régime sinusoïdal forcé), Q40 (équation de maxwell-thomson) et Q45 (inductance mutuelle).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (37 sur 47), par exemple : Q1 à Q11, Q14, Q15, Q17, Q19 à Q21, Q23 à Q25, Q27 à Q33, Q35, Q38, Q39 et Q41 à Q47. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q18, Q22, Q26 et Q40.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Les candidats n'ont recueilli en moyenne que le quart des points de la chimie, et moins d'un cinquième dans les parties I.B et I.C ; la partie IV.A a aussi posé des difficultés imprévues, même si la mécanique a été mieux réussie. Moyenne : 9,15/20 (écart-type 4,12, 4 729 présents).

Que faire si l'on bloque sur l'établissement de l'équation en Q26 ?

Admettre la relation donnée par l'énoncé. L'équation différentielle du mouvement ainsi que les expressions de \omega_0 et \ell_{\mathrm{eff}} sont entièrement fournies, ce qui permet d'enchaîner directement sur l'étude en régime sinusoïdal forcé de Q27 à Q30.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.