Feuille d'entraînement : Mécanique des fluides
10 questions · filière MP · durée estimée environ 47 min
Énoncés
Exercice 1CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022, Q14· Application directe· Incontournable· ≈ 3 min
On considère un solide homogène de masse volumique et de volume entièrement immergé dans un liquide de masse volumique en équilibre dans le champ de pesanteur. Par une analyse des forces qu'il subit, discuter la propension de ce solide à remonter vers la surface pour y flotter ou, au contraire, à couler vers le fond.
Exercice 2Mines-Ponts Physique 1 MP 2022, Q13· Application directe· Incontournable· ≈ 3 min
Sachant que la viscosité s'exprime en déterminer la dimension de .
Exercice 3Mines-Ponts Physique 1 MP 2021, Q4· Application directe· Incontournable· ≈ 5 min
En déduire que la masse volumique du gaz dépend aussi de et l'exprimer en fonction de . Écrire la condition d'équilibre mécanique pour une tranche de gaz comprise entre les altitudes et pour laquelle on supposera l'équilibre thermodynamique local réalisé. En déduire une équation différentielle vérifiée par .
Exercice 4X-ENS Physique MP 2021, Q4· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 6 min
On s'intéresse au modèle isentropique, pour lequel l'entropie du gaz est supposée indépendante de la coordonnée verticale . Écrire tout d'abord l'équilibre hydrostatique d'une parcelle d'atmosphère, puis calculer le profil de température associé à ce modèle, en fonction de la température à la surface de la Terre, de l'accélération de la pesanteur (supposée constante), de la capacité calorifique molaire de l'air (supposée constante également), et de la masse molaire moyenne de l'air.
Exercice 5X-ENS Physique MP 2021, Q7· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
Discutez le mouvement vertical ultérieur de la parcelle d'atmosphère, selon que ou . Quelle situation correspond à une atmosphère stable ? à une atmosphère instable ? On appelle ce phénomène l'instabilité convective.
Exercice 6Mines-Ponts Physique 1 MP 2020, Q3· Application directe· Incontournable· ≈ 5 min
Déterminer le profil altimétrique de masse volumique en fonction de et d'une hauteur caractéristique que l'on exprimera et dont on calculera la valeur numérique.
Exercice 7Mines-Ponts Physique 1 MP 2024, Q14· Application directe· ≈ 3 min
Exprimer la masse volumique , supposée uniforme et constante, de l'étoile en fonction de et . En déduire, en fonction de , et , les expressions de (masse déjà constituée dans une sphère de rayon ) et de (masse à apporter pour faire passer ce rayon de à ).
Exercice 8Mines-Ponts Physique 1 MP 2024, Q16· Intermédiaire· ≈ 6 min
On s'intéresse à l'équilibre de la colonne de fluide d'aire et comprise entre les altitudes et . Expliciter, éventuellement sous forme intégrale, les forces exercées sur cette colonne. En déduire l'équation différentielle reliant , et .
Exercice 9Mines-Ponts Physique 1 MP 2024, Q18· Intermédiaire· ≈ 8 min
Expliciter le champ gravitationnel ressenti au sein de l'étoile en équilibre à la distance du centre, en fonction de , , et . En déduire l'expression de la pression .
Exercice 10CCINP Physique-Chimie MP 2023, Q4· Intermédiaire· ≈ 3 min
Pour quelle(s) raison(s) le modèle théorique élaboré aux questions de Q1 à Q3 n'est-il pas validé pour toutes les tailles de gouttes ?
Corrigés
Exercice 1CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MP 2022, Q14
On étudie le solide de volume V et de masse volumique \rho, entièrement immergé dans le liquide au repos de masse volumique \rho_\ell, dans le référentiel terrestre \mathcal{R}_T supposé galiléen.
On oriente la verticale ascendante par le vecteur unitaire \vec{u}_z, de sorte que le champ de pesanteur s'écrit \vec{g} = -g\,\vec{u}_z.
Le solide est soumis à deux forces à distance et de contact :
son poids :
\vec{P} = m\,\vec{g} = \rho\,V\,\vec{g} = -\rho\,V g\,\vec{u}_zla résultante des forces de pression exercées par le fluide, donnée par le principe d'Archimède (opposée au poids du volume de fluide déplacé) :
\vec{\Pi} = -\rho_\ell\,V\,\vec{g} = +\rho_\ell\,V g\,\vec{u}_z
La résultante des forces appliquées au solide totalement immergé s'écrit :
\vec{F}_{\mathrm{res}} = \vec{P} + \vec{\Pi} = (\rho - \rho_\ell)\,V\,\vec{g} = (\rho_\ell - \rho)\,V g\,\vec{u}_zD'après le principe fondamental de la dynamique, le mouvement vertical du solide dépend du signe de la projection de cette résultante sur l'axe ascendant \vec{u}_z :
- Si \rho < \rho_\ell : la poussée d'Archimède l'emporte sur le poids (\vec{F}_{\mathrm{res}} \cdot \vec{u}_z > 0). La résultante est dirigée vers le haut : le solide remonte vers la surface libre jusqu'à atteindre un état d'équilibre où il flotte partiellement émergé.
- Si \rho > \rho_\ell : le poids l'emporte sur la poussée d'Archimède (\vec{F}_{\mathrm{res}} \cdot \vec{u}_z < 0). La résultante est dirigée vers le bas : le solide accélère vers le bas et coule jusqu'au fond.
- Si \rho = \rho_\ell : le poids compense exactement la poussée d'Archimède (\vec{F}_{\mathrm{res}} = \vec{0}). Le solide est en équilibre indifférent entre deux eaux (flottabilité nulle).
Exercice 2Mines-Ponts Physique 1 MP 2022, Q13
Le nombre de Reynolds est défini par :
\mathcal{R}_e = \frac{\mu_{\mathrm{f}} V d_{\mathrm{w}}}{\eta}Déterminons la dimension de chacune des grandeurs intervenant dans ce quotient :
- La masse volumique a pour dimension : [\mu_{\mathrm{f}}] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3}.
- La vitesse a pour dimension : [V] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}.
- Le diamètre du fil a pour dimension : [d_{\mathrm{w}}] = \mathrm{L}.
La viscosité dynamique \eta s'exprime en \mathrm{Pa}\cdot\mathrm{s}. La pression étant homogène à une force par unité de surface, sa dimension est :
[p] = \frac{[F]}{[S]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}^2} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}On en déduit la dimension de \eta :
[\eta] = [p]\cdot\mathrm{T} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}
En combinant les grandeurs du numérateur :
[\mu_{\mathrm{f}} V d_{\mathrm{w}}] = (\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3})\cdot(\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1})\cdot\mathrm{L} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}On en déduit la dimension du nombre de Reynolds :
[\mathcal{R}_e] = \frac{[\mu_{\mathrm{f}} V d_{\mathrm{w}}]}{[\eta]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}}{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-1}} = 1\boxed{[\mathcal{R}_e] = 1 \quad (\mathcal{R}_e \text{ est une grandeur sans dimension})}Résultat
Exercice 3Mines-Ponts Physique 1 MP 2021, Q4
À l'équilibre thermodynamique local, la température est uniforme et égale à T_0. Le gaz étant modélisé par un gaz parfait, l'équation d'état s'écrit pour un volume V contenant une masse m :
P V = n R T_0 = \frac{m}{M} R T_0La masse volumique \rho(z) = \frac{m}{V} s'exprime donc en fonction de la pression locale P(z) par :
\boxed{\rho(z) = \frac{M}{R T_0} P(z) = \frac{m_m}{k_B T_0} P(z)}Puisque la pression P(z) dépend de z, la masse volumique \rho(z) dépend également de l'altitude z.
Considérons une tranche de gaz au repos comprise entre les altitudes z et z + \mathrm{d}z, de section horizontale S. Le système est à l'équilibre mécanique dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Il est soumis aux forces extérieures suivantes :
- les forces pressantes sur la face inférieure en z : \vec{F}_p(z) = P(z) S \, \widehat{e}_z ;
- les forces pressantes sur la face supérieure en z + \mathrm{d}z : \vec{F}_p(z + \mathrm{d}z) = - P(z + \mathrm{d}z) S \, \widehat{e}_z ;
- le poids de la tranche de masse \mathrm{d}m = \rho(z) S \, \mathrm{d}z : \mathrm{d}\vec{P} = - \rho(z) S g \, \mathrm{d}z \, \widehat{e}_z ;
- les forces de pression latérales qui se compensent par symétrie horizontale.
La condition d'équilibre mécanique s'écrit :
\sum \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0} \implies \left[ P(z) - P(z + \mathrm{d}z) \right] S \, \widehat{e}_z - \rho(z) S g \, \mathrm{d}z \, \widehat{e}_z = \vec{0}En développant au premier ordre P(z + \mathrm{d}z) = P(z) + \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} \mathrm{d}z, on obtient la loi de l'hydrostatique :
\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\rho(z) gEn substituant l'expression de \rho(z), on aboutit à l'équation différentielle vérifiée par P(z) :
\boxed{\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} + \frac{m_m g}{k_B T_0} P(z) = 0 \quad \text{ou encore} \quad \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} + \frac{M g}{R T_0} P(z) = 0}Résultat
Exercice 4X-ENS Physique MP 2021, Q4
Considérons l'équilibre mécanique vertical d'une tranche d'air d'épaisseur \mathrm{d}z et de section S dans le champ de pesanteur \vec{g} = -g \vec{u}_z. La relation fondamentale de la statique des fluides s'écrit :
\boxed{\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\rho(z) g}En assimilant l'air à un gaz parfait de masse molaire M, la masse volumique \rho s'exprime selon :
P = \frac{\rho}{M} R T \implies \rho = \frac{P M}{R T}L'équation différentielle de l'équilibre hydrostatique devient donc :
\frac{1}{P} \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\frac{M g}{R T}Dans le modèle isentropique, l'entropie S est constante selon la verticale, soit \mathrm{d}S = 0. L'expression de la différentielle de l'entropie donnée par l'énoncé conduit à :
\mathrm{d} \left[ \ln\left( T P^{\frac{1}{\gamma}-1} \right) \right] = 0 \iff \frac{\mathrm{d}T}{T} + \left(\frac{1-\gamma}{\gamma}\right) \frac{\mathrm{d}P}{P} = 0D'après les définitions de \gamma = C_p/C_v et la relation de Mayer C_p - C_v = R, on a :
\frac{1-\gamma}{\gamma} = \frac{C_v - C_p}{C_p} = -\frac{R}{C_p}On en déduit :
\frac{\mathrm{d}T}{T} = \frac{R}{C_p} \frac{\mathrm{d}P}{P}En dérivant par rapport à z et en substituant \frac{1}{P}\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} :
\begin{aligned} \frac{1}{T} \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} &= \frac{R}{C_p} \left( -\frac{M g}{R T} \right) = -\frac{M g}{C_p T} \\ \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z} &= -\frac{M g}{C_p} \end{aligned}Les grandeurs M, g et C_p étant supposées indépendantes de l'altitude, le gradient thermique vertical est constant. L'intégration avec la condition aux limites T(0) = T_0 donne :
\boxed{T(z) = T_0 - \frac{M g}{C_p} z}Résultat
Exercice 5X-ENS Physique MP 2021, Q7
Considérons une perturbation déplaçant la parcelle vers le haut (\mathrm{d}z > 0). La parcelle s'équilibre instantanément à la pression extérieure locale P_f = P(z_i + \mathrm{d}z).
D'après l'équation d'état des gaz parfaits, la masse volumique du fluide à la pression P_f et à une température T s'écrit :
\rho = \frac{P_f M}{R T}La masse volumique de la parcelle déplacée \rho_f et celle du milieu extérieur \rho_{\text{ext}} à l'altitude z_i + \mathrm{d}z valent donc respectivement :
\rho_f = \frac{P_f M}{R T_f} \quad \text{et} \quad \rho_{\text{ext}} = \frac{P_f M}{R T(z_i + \mathrm{d}z)}La force volumique verticale nette (poids et poussée d'Archimède) s'exerçant sur la parcelle est :
f_z = (\rho_{\text{ext}} - \rho_f) g = \frac{P_f M g}{R} \left( \frac{1}{T(z_i + \mathrm{d}z)} - \frac{1}{T_f} \right)On distingue deux cas :
Si T_f < T(z_i + \mathrm{d}z) : on a \rho_f > \rho_{\text{ext}}. La parcelle est plus froide et donc plus dense que le milieu environnant. La force nette est dirigée vers le bas (f_z < 0), ce qui tend à ramener la parcelle vers son altitude d'équilibre initiale z_i. Le même raisonnement pour un déplacement vers le bas (\mathrm{d}z < 0) montre que la force tend également à faire remonter la parcelle. Le profil d'atmosphère est donc stable.
\boxed{T_f < T(z_i + \mathrm{d}z) \implies \text{atmosphère stable}}Si T_f > T(z_i + \mathrm{d}z) : on a \rho_f < \rho_{\text{ext}}. La parcelle est plus chaude et donc moins dense que le fluide ambiant. La poussée d'Archimède l'emporte sur le poids (f_z > 0) : la parcelle continue d'accélérer vers le haut, s'éloignant indéfiniment de sa position de départ. La moindre perturbation engendre un mouvement d'ascension spontané : le profil d'atmosphère est donc instable.
\boxed{T_f > T(z_i + \mathrm{d}z) \implies \text{atmosphère instable (instabilité convective)}}
Résultat
Exercice 6Mines-Ponts Physique 1 MP 2020, Q3
L'atmosphère étant en équilibre mécanique dans le référentiel terrestre supposé galiléen, la condition de la statique des fluides s'écrit, en projection sur l'axe vertical ascendant défini par \boldsymbol{e}_Z :
\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}Z} = -\rho_a(Z)\,gL'air est assimilé à un gaz parfait de masse molaire M_a à température T uniforme. L'équation d'état P V = n R T = \frac{m}{M_a} R T donne le lien entre la pression P et la masse volumique \rho_a = \frac{m}{V} :
P(Z) = \frac{\rho_a(Z)\,R\,T}{M_a}La température T étant constante dans ce modèle isotherme, la dérivation par rapport à l'altitude Z conduit à :
\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}Z} = \frac{R\,T}{M_a}\,\frac{\mathrm{d}\rho_a}{\mathrm{d}Z} = -\rho_a(Z)\,gOn en déduit l'équation différentielle vérifiée par \rho_a(Z) :
\frac{\mathrm{d}\rho_a}{\mathrm{d}Z} + \frac{1}{H_c}\,\rho_a(Z) = 0 \quad \text{avec} \quad H_c = \frac{R\,T}{M_a\,g}L'intégration de cette équation différentielle linéaire du premier ordre donne directement :
\boxed{\rho_a(Z) = \rho_a(0)\,\exp\!\left(-\frac{Z}{H_c}\right)}avec la hauteur d'échelle :
\boxed{H_c = \frac{R\,T}{M_a\,g}}Application numérique : Avec T \approx 20^\circ\mathrm{C} = 293\,\mathrm{K}, M_a \approx 29\times 10^{-3}\,\mathrm{kg}\cdot\mathrm{mol}^{-1}, g \approx 9,80\,\mathrm{m}\cdot\mathrm{s}^{-2} et R \approx 8,31\,\mathrm{J}\cdot\mathrm{mol}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1} :
\begin{aligned} H_c &= \frac{8,31 \times 293}{29 \times 10^{-3} \times 9,80} \approx \frac{2{,}43 \times 10^3}{0{,}284} \approx 8{,}6 \times 10^3\,\mathrm{m} \end{aligned}\boxed{H_c \approx 8{,}6\,\mathrm{km}}Résultat
Exercice 7Mines-Ponts Physique 1 MP 2024, Q14
L'étoile est modélisée par une boule de rayon R et de masse totale M, de masse volumique \rho uniforme. Le volume total de la boule étant V = \frac{4}{3}\pi R^3, on a :
\boxed{\rho = \frac{M}{V} = \frac{3M}{4\pi R^3}}La masse m(r) contenue dans la sphère de rayon r \leqslant R s'obtient immédiatement en intégrant la masse volumique sur le volume \frac{4}{3}\pi r^3 :
m(r) = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = \frac{3M}{4\pi R^3} \times \frac{4}{3}\pi r^3soit :
\boxed{m(r) = M \left(\frac{r}{R}\right)^3}La masse \mathrm{d}m à apporter pour faire passer le rayon de r à r+\mathrm{d}r correspond à la masse d'une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r et de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2\,\mathrm{d}r, ou encore à la différentielle de m(r) :
\mathrm{d}m = \frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}r}\,\mathrm{d}r = \rho \times 4\pi r^2\,\mathrm{d}rd'où :
\boxed{\mathrm{d}m = 3M \frac{r^2}{R^3}\,\mathrm{d}r}Résultat
Exercice 8Mines-Ponts Physique 1 MP 2024, Q16
On étudie la colonne de fluide de section constante S, comprise entre les altitudes z_1 et z_2 (avec z_1 < z_2). Le système est à l'équilibre dans le référentiel galiléen.
Les forces extérieures appliquées à cette colonne sont :
les forces de pression sur la surface délimitant la colonne :
sur la base inférieure en z_1 (normale extérieure -\hat{u}_z) :
\vec{F}_{p,1} = P(z_1)\,S\,\hat{u}_zsur la base supérieure en z_2 (normale extérieure +\hat{u}_z) :
\vec{F}_{p,2} = -P(z_2)\,S\,\hat{u}_z- sur la paroi latérale : les forces pressantes élémentaires sont perpendiculaires à l'axe (Oz) et leur résultante s'annule par symétrie radiale / invariance par rotation autour de l'axe : \vec{F}_{p,\text{lat}} = \vec{0}.
la force gravitationnelle s'exerçant sur chaque élément de volume \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}z de masse \mathrm{d}m = \rho(z)\,S\,\mathrm{d}z, soit sous forme intégrale :
\vec{F}_g = \int_{z_1}^{z_2} \vec{G}(z)\,\mathrm{d}m = \left( \int_{z_1}^{z_2} \rho(z)\,G(z)\,S\,\mathrm{d}z \right) \hat{u}_z
À l'équilibre, le principe fondamental de la statique impose :
\vec{F}_{p,1} + \vec{F}_{p,2} + \vec{F}_g = \vec{0}En projetant sur l'axe vertical \hat{u}_z et en simplifiant par S \neq 0 :
P(z_1) - P(z_2) + \int_{z_1}^{z_2} \rho(z)\,G(z)\,\mathrm{d}z = 0soit :
P(z_2) - P(z_1) = \int_{z_1}^{z_2} \rho(z)\,G(z)\,\mathrm{d}zEn dérivant cette relation par rapport à z_2 (ou en considérant une tranche d'épaisseur infinitésimale \mathrm{d}z), on obtient l'équation différentielle locale :
\boxed{\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z)\,G(z)}Résultat
Exercice 9Mines-Ponts Physique 1 MP 2024, Q18
La distribution de masse présente une symétrie sphérique, donc le champ gravitationnel est purement radial : \vec{G}(\vec{r}) = G_r(r)\,\hat{u}_r.
D'après le théorème de Gauss appliqué à une surface sphérique de rayon r \leqslant R centrée en O (ou en appliquant le théorème des coquilles sphériques de Newton), seule la masse intérieure m(r) contribue au champ gravitationnel en r :
\vec{G}(\vec{r}) = -\frac{\mathcal{G} m(r)}{r^2}\,\hat{u}_rD'après la question Q14, la masse intérieure s'écrit m(r) = M\left(\frac{r}{R}\right)^3. On en déduit :
\boxed{ \vec{G}(\vec{r}) = -\frac{\mathcal{G} M}{R^3}\,r\,\hat{u}_r }D'après l'énoncé, l'équation différentielle d'équilibre local obtenue à la question Q16 (\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z)G(z)) se transpose en coordonnées sphériques par z \to r avec G_r(r) = -\frac{\mathcal{G}Mr}{R^3} :
\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = \rho\,G_r(r) = -\rho\,\frac{\mathcal{G}M}{R^3}\,rEn injectant l'expression de la masse volumique \rho = \frac{3M}{4\pi R^3} établie à la question Q14, il vient :
\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = -\frac{3M}{4\pi R^3}\,\frac{\mathcal{G}M}{R^3}\,r = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6}\,rL'étoile étant entourée par le vide spatial, la pression à sa surface est nulle : P(R) = 0. On intègre alors entre le rayon r et le rayon R :
\begin{aligned} P(R) - P(r) &= \int_r^R \left(-\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6}\,r'\right) \mathrm{d}r' \\ -P(r) &= -\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6} \left[\frac{{r'}^2}{2}\right]_r^R = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6} (R^2 - r^2) \end{aligned}On obtient bien :
\boxed{ P(r) = \frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6}(R^2 - r^2) }Résultat
Exercice 10CCINP Physique-Chimie MP 2023, Q4
L'observation de la figure 1 montre deux écarts majeurs entre la relation théorique v_{\lim} = K\sqrt{D} (en pointillés) et les résultats expérimentaux (en trait plein) :
Pour les grandes gouttes (D \gtrsim 3\text{ mm}) : La vitesse limite expérimentale s'écarte de la loi en \sqrt{D} et semble saturer autour de 9\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Cela s'explique par :
- La déformation de la goutte : l'hypothèse d'une goutte sphérique n'est plus valable. Sous l'effet des forces de pression aérodynamique exercées par l'air, la goutte s'aplatit à sa base (forme d'ellipsoïde aplati). Son maître-couple (surface frontale) et son coefficient de traînée C_x augmentent nettement, ce qui engendre un frottement plus important que prévu et limite la vitesse de chute. (Au-delà d'environ 5\text{ à }6\text{ mm}, les gouttes deviennent instables et se brisent).
Pour les très petites gouttes (D \ll 1\text{ mm}) :
- Le changement de régime d'écoulement : à très faible diamètre, la vitesse de chute est faible et le nombre de Reynolds de l'écoulement devient petit (Re \ll 1). Le régime de frottement n'est plus quadratique mais visqueux/laminaire (loi de Stokes, où \vec{F}_{\text{frott}} \propto v), ce qui conduit à une dépendance en v_{\lim} \propto D^2 plutôt qu'en \sqrt{D} (la courbe théorique en \sqrt{D} présente une pente infinie en D=0, ce qui n'est pas physique).
- La dépendance du coefficient de traînée : Le coefficient C a été supposé strictement constant, or le coefficient de traînée d'un corps varie avec le nombre de Reynolds Re = \frac{\rho_a v D}{\eta_{\text{air}}} sur l'ensemble de la plage de tailles explorée.
Corrigés rédigés et vérifiés par WikiPrépa. Notre méthode
WikiPrépa · wikiprepa.fr/concours · Corrigés WikiPrépa · Questions : discord.gg/HjBymsrYuR