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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 PSI 2022

Sécurité d'une plongée à très grande profondeur : exemple de l'expédition Deepsea Challenger

Le sujet en bref

Sujet moyen · Optique géométrique, Ondes mécaniques et acoustiques, Mécanique des fluides · 14 incontournables · 23 questions de première année
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Ce sujet pluridisciplinaire et très formateur s'intéresse aux défis scientifiques et techniques rencontrés lors de l'expédition de James Cameron au fond de la fosse des Mariannes à bord du sous-marin Deepsea Challenger. Il balaie une grande partie du programme de physique-chimie de la filière PSI à travers quatre problématiques concrètes et indépendantes : le profil de pression hydrostatique et la mécanique de flottaison/lest, l'autonomie en dioxygène du pilote face au risque d'hypoxie, la sécurité du largage de ballast par corrosion galvanique programmée, et enfin la comparaison rigoureuse entre télécommunication par ondes hertziennes et ondes acoustiques guidées par réfraction dans l'océan stratifié.

L'épreuve alterne entre questions de cours très classiques (équations de Maxwell, établissement de l'équation de d'Alembert acoustique, lois de Snell-Descartes) et questions ouvertes demandant de réelles prises d'initiatives numériques et modélisatrices (repérées par un trait vertical dans l'énoncé). C'est un sujet d'entraînement incontournable pour réviser l'acoustique des fluides, l'effet de peau dans un milieu conducteur et l'analogie entre optique géométrique et trajectoire de rayons sonores.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,2/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

14 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 23 questions sur 43, parties I, II et IV.B.3.

Où gagner des points

35 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncé
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Rapides et accessibles (35) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les quatre parties du sujet sont complètement indépendantes et peuvent être abordées dans n'importe quel ordre.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

43 questions
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Partie I : Pression et plongée

I.A · Pression hydrostatique

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, force volumique

On suppose que le champ de pression du fluide vérifie la relation (la démonstration de cette relation n'est pas attendue). Proposer une interprétation physique de celle-ci et indiquer la signification de chacun des termes.

Voir l'indice

Identifier les forces volumiques s'exerçant sur une particule fluide au repos : le poids volumique et la force volumique pressante liée au gradient de pression.

Voir la réponse courte

Équilibre d'une particule fluide soumise aux forces volumiques de pesanteur \rho\vec{g} et aux forces de pression locales -\vec{\nabla} P.

Voir le corrigé complet

La relation fournie est la relation fondamentale de la statique des fluides. Elle traduit l'équilibre mécanique local d'une particule fluide de volume \mathrm{d}V au repos dans le référentiel d'étude (supposé galiléen) :

\boxed{\rho \vec{g} - \overrightarrow{\operatorname{grad}} P = \vec{0}}

Chacun des termes possède la dimension d'une force par unité de volume (\mathrm{N\cdot m^{-3}}) :

  • \rho \vec{g} est la densité volumique de force de pesanteur (force à distance exercée sur la particule fluide), où \rho désigne la masse volumique du fluide et \vec{g} l'accélération de la pesanteur ;
  • -\overrightarrow{\operatorname{grad}} P est la densité volumique de force de pression, résultante des forces de contact exercées par le fluide environnant sur la surface fermée délimitant la particule fluide, où P est le champ de pression scalaire ;
  • L'égalité à \vec{0} exprime que, pour un fluide au repos, les forces volumiques de pression compensent exactement à chaque instant et en tout point les forces volumiques de gravité.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait interpréter les termes comme des forces volumiques en précisant leur origine physique plutôt que simplement donner le nom de la relation.

« L’interprétation de la relation de la statique des fluides n’est correcte que dans 15 % des copies. Donner le nom de la loi n’est pas la réponse attendue. »

« Les points n’ont été attribués qu’aux candidats qui ont clairement identifié des forces volumiques en donnant leur origine physique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, pression hydrostatique

En déduire l'expression de la pression à une profondeur donnée , en fonction de la pression atmosphérique, l'intensité de pesanteur uniforme qui règne dans l'océan, et .

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Projeter l'équation de la statique des fluides sur l'axe vertical descendant Oz et intégrer en tenant compte de la condition à la surface libre P(0)=P_0.

Voir la réponse courte

Intégration de la relation fondamentale sur l'axe vertical : P(z) = P_{0} + \rho_{0}gz.

Voir le corrigé complet

L'océan étant supposé au repos, la relation fondamentale de la statique des fluides établie à la question précédente s'écrit :

\rho \vec{g} - \vec{\operatorname{grad}} P = \vec{0}

L'axe (Oz) étant orienté verticalement vers le bas, l'accélération de la pesanteur s'écrit \vec{g} = g\,\vec{u}_z. De plus, par invariance par translation dans le plan horizontal, la pression ne dépend que de la profondeur z, soit \vec{\operatorname{grad}} P = \dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z}\,\vec{u}_z.

L'eau de mer étant considérée incompressible de masse volumique uniforme \rho_0, la projection selon l'axe (Oz) donne :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho_0 g

Par intégration entre la surface (z = 0, où règne la pression atmosphérique P(0) = P_0) et la profondeur z, on obtient :

\boxed{P(z) = P_0 + \rho_0 g z}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : coefficient thermoélastique, compressibilité isotherme

Montrer que

Voir l'indice

Partir de la masse d'un système fermé m = \rho V = \text{cte}, différentier logarithmiquement pour relier \mathrm{d}V/V à \mathrm{d}\rho/\rho, puis injecter dans la définition de \chi_T.

Voir la réponse courte

Expression de la masse volumique \rho = m/V différentiée à température constante pour retrouver \chi_{T} = \frac{1}{\rho}\left.\frac{\partial \rho}{\partial P}\right|_{T}.

Voir le corrigé complet

Considérons une masse constante m d'eau occupant un volume V. La masse volumique \rho est définie par :

\rho = \frac{m}{V} \iff V = \frac{m}{\rho}

Le système étant fermé (m = \text{cte}), la dérivation par rapport à la pression P à température T fixée s'écrit :

\left. \frac{\partial V}{\partial P} \right|_T = \left. \frac{\partial}{\partial P} \left( \frac{m}{\rho} \right) \right|_T = -\frac{m}{\rho^2} \left. \frac{\partial \rho}{\partial P} \right|_T

En injectant cette relation dans la définition du coefficient de compressibilité isotherme \chi_T, il vient :

\chi_T = -\frac{1}{V} \left. \frac{\partial V}{\partial P} \right|_T = -\frac{\rho}{m} \left( -\frac{m}{\rho^2} \left. \frac{\partial \rho}{\partial P} \right|_T \right)

On obtient bien la relation demandée :

\boxed{\chi_T = \left. \frac{1}{\rho} \frac{\partial \rho}{\partial P} \right|_T}

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, compressibilité isotherme

On suppose que la grandeur est une constante. En utilisant la relation de la statique des fluides, montrer que la masse volumique varie avec la profondeur selon

Voir l'indice

Écrire \mathrm{d}\rho = \chi_T \rho\,\mathrm{d}P = \chi_T \rho^2 g\,\mathrm{d}z, séparer les variables pour intégrer \rho^{-2}\mathrm{d}\rho entre 0 et z.

Voir la stratégie
  1. Projeter la relation fondamentale de la statique des fluides sur l'axe (Oz) vertical descendant.
  2. Relier la différentielle de pression \mathrm{d}P à la variation de masse volumique \mathrm{d}\rho à l'aide de la définition de \chi_T.
  3. Séparer les variables et intégrer l'équation différentielle obtenue entre la surface (z = 0) et la profondeur z.
Voir la réponse courte

Dérivation en chaîne \frac{\mathrm{d}\rho}{\mathrm{d}z} = \chi_{T}\rho^{2}g, puis séparation des variables et intégration pour trouver \rho(z).

Voir le corrigé complet

L'axe (Oz) étant orienté vers le bas dans le sens du champ de pesanteur (\vec{g} = g\,\vec{u}_z), la projection de la relation fondamentale de la statique des fluides \rho \vec{g} - \vec{\operatorname{grad}} P = \vec{0} (question Q1) conduit à :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z) g.

Le milieu étant isotherme, la relation établie en Q3 donne :

\chi_T = \frac{1}{\rho}\frac{\mathrm{d}\rho}{\mathrm{d}P} \quad \implies \quad \mathrm{d}P = \frac{\mathrm{d}\rho}{\chi_T \rho}.

En injectant cette relation dans celle de la statique des fluides, il vient :

\begin{aligned} \frac{1}{\chi_T \rho}\frac{\mathrm{d}\rho}{\mathrm{d}z} &= \rho g \\ \frac{\mathrm{d}\rho}{\rho^2} &= \chi_T g\,\mathrm{d}z. \end{aligned}

Puisque \chi_T et g sont supposés constants, on intègre cette équation à variables séparables entre la surface (z = 0, où \rho(0) = \rho_0) et la profondeur z :

\begin{aligned} \int_{\rho_0}^{\rho(z)} \frac{\mathrm{d}\rho'}{\rho'^2} &= \int_{0}^{z} \chi_T g\,\mathrm{d}z' \\ \left[ -\frac{1}{\rho'} \right]_{\rho_0}^{\rho(z)} &= \chi_T g z \\ -\frac{1}{\rho(z)} + \frac{1}{\rho_0} &= \chi_T g z \\ \frac{1}{\rho(z)} &= \frac{1}{\rho_0} - \chi_T g z = \frac{1 - \rho_0 \chi_T g z}{\rho_0}. \end{aligned}

On en déduit l'expression de la masse volumique :

\boxed{\rho(z) = \frac{\rho_0}{1 - \rho_0 \chi_T g z}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à respecter le choix d'un axe Oz ascendant imposé par le sujet pour mener rigoureusement vos calculs.

« plusieurs candidats ont obtenu les expressions des questions Q 4. et Q 5. alors qu’ils n’ont pas choisi un axe Oz ascendant contrairement aux consignes du sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, pression hydrostatique

En déduire que l'on a

Voir l'indice

Remplacer \rho(z) dans la relation différentielle \mathrm{d}P = \rho(z)g\,\mathrm{d}z et intégrer la fraction rationnelle par rapport à z.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation fondamentale de la statique des fluides projetée sur l'axe descendant (Oz) : \dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z)\,g.
  2. Injecter l'expression de \rho(z) établie à la question Q4 puis intégrer entre la surface (z = 0, P = P_0) et la profondeur z.
Voir la réponse courte

Intégration de \mathrm{d}P = \rho(z)g\,\mathrm{d}z avec l'expression de \rho(z) pour obtenir la loi logarithmique P(z).

Voir le corrigé complet

D'après la relation fondamentale de la statique des fluides le long de l'axe vertical descendant (Oz) :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z)\,g

En substituant l'expression de la masse volumique obtenue à la question Q4, \rho(z) = \dfrac{\rho_0}{1 - \rho_0 \chi_T g z} :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \frac{\rho_0 g}{1 - \chi_T \rho_0 g z}

En intégrant cette équation différentielle entre la surface (z = 0, où P(0) = P_0) et la profondeur z :

\begin{aligned} P(z) - P_0 &= \int_0^z \frac{\rho_0 g}{1 - \chi_T \rho_0 g u}\,\mathrm{d}u \\ &= \left[ -\frac{1}{\chi_T} \ln\left(1 - \chi_T \rho_0 g u\right) \right]_0^z \\ &= -\frac{1}{\chi_T} \ln\left(1 - \chi_T \rho_0 g z\right) \end{aligned}

On en déduit l'expression de la pression à la profondeur z :

\boxed{P(z) = P_0 - \frac{1}{\chi_T} \ln\left(1 - \chi_T \rho_0 g z\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait impérativement utiliser l'axe Oz ascendant imposé par l'énoncé pour établir l'expression de la pression.

« plusieurs candidats ont obtenu les expressions des questions Q 4. et Q 5. alors qu’ils n’ont pas choisi un axe Oz ascendant contrairement aux consignes du sujet. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, ordre de grandeur

La pression dans la fosse des Mariannes (profondeur ) a été mesurée à . Le modèle prenant en compte la compressibilité de l'eau est-il suffisant pour prédire la pression à de telles profondeurs ? Proposer une amélioration de ce modèle.

Voir l'indice

Calculer numériquement P(z_{\max}) avec l'expression établie, comparer avec la valeur mesurée (1{,}13\times 10^8\text{ Pa}) et suggérer de tenir compte des variations de température ou de salinité.

Voir la stratégie
  1. Calculer la pression théorique P(z_{\max}) prédite par le modèle de fluide compressible établi à la question Q5, avec la pression atmosphérique usuelle P_0 \approx 1,01 \times 10^5\text{ Pa}.
  2. Comparer cette valeur à la valeur mesurée P_{\text{mes}} = 1,13 \times 10^8\text{ Pa} en évaluant l'écart relatif (et la comparer au modèle incompressible de la question Q2).
  3. Discuter de la validité du modèle et identifier les hypothèses simplificatrices à relâcher pour affiner la modélisation.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de P(z_{\max}) puis comparaison à la mesure : prise en compte des gradients de température et de salinité pour affiner.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q5, le modèle tenant compte de la compressibilité isotherme donne :

P(z) = P_0 - \frac{1}{\chi_T} \ln\left(1 - \chi_T \rho_0 g z\right)

Calculons la grandeur sans dimension intervenant dans le logarithme pour z_{\max} = 10,9\text{ km} = 10,9 \times 10^3\text{ m} :

\begin{aligned} \chi_T \rho_0 g z_{\max} &= 4,41 \times 10^{-10} \times 1,02 \times 10^3 \times 9,81 \times 10,9 \times 10^3 \\ &\approx 4,81 \times 10^{-2} \end{aligned}

Avec P_0 = 1,01 \times 10^5\text{ Pa} (négligeable devant 10^8\text{ Pa}) :

\begin{aligned} P(z_{\max}) &= 1,01 \times 10^5 - \frac{1}{4,41 \times 10^{-10}} \ln\left(1 - 4,81 \times 10^{-2}\right) \\ &= 1,01 \times 10^5 + 1,117 \times 10^8 \\ &\approx 1,12 \times 10^8\text{ Pa} \end{aligned}
\boxed{P(z_{\max}) \approx 1,12 \times 10^8\text{ Pa}}

L'écart relatif avec la mesure expérimentale P_{\text{mes}} = 1,13 \times 10^8\text{ Pa} est de :

\frac{|P_{\text{mes}} - P(z_{\max})|}{P_{\text{mes}}} = \frac{1,13 \times 10^8 - 1,12 \times 10^8}{1,13 \times 10^8} \approx 1\%

Le modèle est donc amplement suffisant pour prédire la pression à cette profondeur dans un cadre d'ingénierie (à titre de comparaison, le modèle incompressible donnait P_{\text{incomp}} \approx P_0 + \rho_0 g z_{\max} \approx 1,09 \times 10^8\text{ Pa}, soit un écart de près de 3,5\%).

Pour améliorer encore ce modèle, on peut proposer :

  • Prise en compte du profil de température T(z) : l'océan n'est pas isotherme. La température passe typiquement de près de 30^\circ\text{C} en surface à environ 1\text{ à }4^\circ\text{C} au fond, ce qui modifie la masse volumique via le coefficient de dilatation isobare \alpha (l'eau froide étant plus dense, cela augmente la pression) ;
  • Prise en compte de la salinité : la salinité varie avec la profondeur, influençant également la masse volumique locale ;
  • Dépendance de \chi_T : le coefficient de compressibilité isotherme \chi_T n'est pas strictement constant, mais diminue lorsque la pression augmente (l'eau devient plus difficile à comprimer à très haute pression).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait une comparaison quantifiée entre la mesure et le modèle, notamment par le calcul d'un écart relatif.

« Une comparaison quantifiée entre la pression mesurée et celle obtenue par le modèle est attendue, sous la forme notamment d’un écart relatif. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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I.B · Plongée et remontée

Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Résolution de problème
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : poussée d'archimède, résolution de problème

En explicitant clairement votre démarche ainsi que les hypothèses que vous serez amené à formuler, évaluer la masse de ballast qui a été libéré pour permettre la remontée du sous-marin.

Voir l'indice

À vitesse constante, le poids apparent (poids moins poussée d'Archimède) est exactement compensé par la traînée hydrodynamique ; écrire cette égalité à la descente et à la montée pour isoler la masse de ballast.

Voir la stratégie
  1. Modéliser les phases de descente et de remontée comme des mouvements verticaux rectilignes à vitesse limite constante, pour lesquels le principe fondamental de la statique (ou la première loi de Newton) s'applique.
  2. Exprimer l'équilibre des forces (poids, poussée d'Archimède, traînée hydrodynamique) à la descente et à la montée.
  3. Sommer les deux équations pour éliminer la masse du sous-marin nu et la poussée d'Archimède, ce qui isole directement la masse de ballast m_b.
Voir la réponse courte

Équilibre vertical ou compensation de poussée d'Archimède pour évaluer la masse de lest à larguer afin d'assurer une vitesse ascensionnelle.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèses du modèle

  • Le sous-marin plonge et remonte verticalement le long de l'axe (Oz). Les phases transitoires d'accélération sont très courtes devant les durées totales (2\text{ h }30\text{ min} et 70\text{ min}) : le mouvement est considéré comme uniforme à vitesse limite v_d à la descente et v_m à la montée.
  • La masse volumique de l'eau de mer est approximée par sa valeur moyenne \rho \approx \rho_0 = 1,02 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} (la compressibilité n'induit qu'une variation relative de l'ordre de quelques pourcents).
  • Le sous-marin se déplaçant selon son grand axe vertical, la surface frontale exposée à l'écoulement est l'aire de sa section circulaire droite :

    S = \frac{\pi D_{DC}^2}{4} = \frac{\pi \times (2,11)^2}{4} \approx 3,50\text{ m}^2
  • Le rapport d'élancement vaut H_{DC} / D_{DC} = 7,30 / 2,11 \approx 3,46. D'après la figure 2 (cas e : cylindre d'axe parallèle à la vitesse), pour L/D \approx 3,5, le coefficient de traînée de pression est de l'ordre de C_x \approx 0,7. En première approche, on suppose les coefficients de traînée identiques à la descente et à la remontée : C_{x,d} \approx C_{x,m} \approx C_x.

2. Équilibre dynamique lors des deux trajets

  • À la descente : le système a pour masse totale M_d = M_{sm} + m_b, où M_{sm} est la masse du sous-marin sans son ballast et m_b la masse de ballast larguée. Le sous-marin étant à vitesse limite v_d constante vers le bas, le bilan des forces projeté sur l'axe descendant donne :

    \begin{aligned} M_d g - \rho V_{DC} g - \frac{1}{2} C_x \rho S v_d^2 &= 0 \\ (M_d - \rho V_{DC}) g &= \frac{1}{2} C_x \rho S v_d^2 \end{aligned}
  • À la remontée : les ballasts ont été abandonnés au fond, la masse devient M_m = M_{sm}. Le sous-marin remonte à vitesse limite v_m constante vers le haut. La projection des forces sur l'axe vertical ascendant donne :

    \begin{aligned} \rho V_{DC} g - M_m g - \frac{1}{2} C_x \rho S v_m^2 &= 0 \\ (\rho V_{DC} - M_m) g &= \frac{1}{2} C_x \rho S v_m^2 \end{aligned}

3. Détermination de la masse de ballast En effectuant la somme membre à membre des deux relations, les termes de poussée d'Archimède \rho V_{DC} g ainsi que la masse M_{sm} s'annulent :

(M_d - M_m) g = m_b g = \frac{1}{2} C_x \rho S \left( v_d^2 + v_m^2 \right)

On en déduit l'expression littérale de la masse de ballast libéré :

\boxed{ m_b = \frac{C_x \rho S}{2 g} \left( v_d^2 + v_m^2 \right) }

4. Application numérique Calculons les vitesses moyennes de descente et de montée :

\begin{aligned} v_d &= \frac{z_{\max}}{\Delta t_d} = \frac{10,9 \times 10^3\text{ m}}{2 \times 3600 + 30 \times 60\text{ s}} = \frac{10\,900}{9000} \approx 1,21\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \\ v_m &= \frac{z_{\max}}{\Delta t_m} = \frac{10,9 \times 10^3\text{ m}}{70 \times 60\text{ s}} = \frac{10\,900}{4200} \approx 2,60\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Avec \rho \approx 1,02 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, S \approx 3,50\text{ m}^2, g = 9,81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et C_x \approx 0,7 :

\begin{aligned} v_d^2 + v_m^2 &= (1,21)^2 + (2,60)^2 \approx 1,46 + 6,76 = 8,22\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-2} \\ m_b &\approx \frac{0,7 \times 1,02 \times 10^3 \times 3,50}{2 \times 9,81} \times 8,22 \approx 127 \times 8,22 \approx 1,0 \times 10^3\text{ kg} \end{aligned}
\boxed{ m_b \approx 10^3\text{ kg} = 1\text{ tonne} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne comptez pas la poussée d'Archimède en double avec les forces pressantes et fournissez un commentaire final quantitatif par comparaison à une masse de référence.

« le commentaire final qui doit être quantitatif. Les réponses du type « cette masse est bien trop grande (ou petite, ou correcte) » ne sont pas récompensées. »

« Il est fréquent que des candidats n’identifient pas la poussée d’Archimède comme la résultante des forces pressantes ; ils la prennent en compte deux fois dans les actions extérieures subies par le sous-marin. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Partie II : Risque d'hypoxie

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : composition de l'air, gaz parfait

Quelle est la composition moyenne de l'air présent dans l'atmosphère terrestre au niveau de la mer ?

Voir l'indice

Rappeler les proportions volumiques de l'air sec : environ 78\% de diazote, 21\% de dioxygène et 1\% de gaz rares.

Voir la réponse courte

Fraction molaire moyenne de l'atmosphère sèche : environ 78

Voir le corrigé complet

L'air sec au niveau de la mer est constitué principalement, en fractions molaires (ou volumiques) :

  • de diazote \mathrm{N}_2 : environ 78\,\% (soit une fraction molaire x_{\mathrm{N}_2} \approx 0{,}78) ;
  • de dioxygène \mathrm{O}_2 : environ 21\,\% (soit une fraction molaire x_{\mathrm{O}_2} \approx 0{,}21) ;
  • d'argon \mathrm{Ar} : environ 0{,}93\,\% ;
  • de dioxyde de carbone \mathrm{CO}_2 : environ 0{,}04\,\% (400\text{ à }420\text{ ppm}) ;
  • d'autres gaz à l'état de traces (néon, hélium, krypton, etc.).

À l'état naturel, l'air contient également de la vapeur d'eau en proportion variable (typiquement de 0{,}5\,\% à quelques pourcents selon l'hygrométrie).

Pour les applications usuelles et les bilans respiratoires, on retient classiquement l'approximation :

\boxed{x_{\mathrm{N}_2} \approx 80\,\% = \frac{4}{5} \quad \text{et} \quad x_{\mathrm{O}_2} \approx 20\,\% = \frac{1}{5}}

ou, plus précisément :

\boxed{78\,\% \text{ de } \mathrm{N}_2, \quad 21\,\% \text{ de } \mathrm{O}_2, \quad 1\,\% \text{ d'autres gaz (principalement l'argon)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait désigner précisément le diazote et le dioxygène tout en précisant que les proportions indiquées sont des fractions molaires.

« Près d’un candidat sur deux ne connait pas la composition moyenne de l’air présent dans l’atmo sphère terrestre au niveau de la mer. La confusion entre azote et diazote ou entre oxygène et dioxygène a été sanctionnée. Seuls les candidats qui ont précisé que les valeurs citées étaient des fractions molaires ont obtenu la totalité des points. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : gaz parfait, pression partielle

En explicitant les hypothèses utilisées, établir la relation

où est le volume libre dans l'habitacle. En déduire une relation entre , , , et .

Voir l'indice

Considérer que le pilote inspire un volume V_p d'air à la concentration instantanée, en consomme un quart, puis expire le reste dans l'habitacle ; appliquer la loi des gaz parfaits à volume et température constants.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la quantité de dioxygène prélevée lors de l'inspiration en formulant les hypothèses physiques nécessaires (homogénéité, gaz parfait).
  2. Réaliser le bilan molaire en dioxygène sur un cycle respiratoire à l'aide de la donnée sur la consommation pulmonaire (un quart du \mathrm{O}_2 inspiré).
  3. Relier la pression partielle à la quantité de matière via l'équation d'état des gaz parfaits et expliciter le terme général de la suite géométrique obtenue.
Voir la réponse courte

Bilan de quantité de matière en \mathrm{O}_{2} à chaque cycle respiratoire : suite géométrique pour la pression partielle P_{\mathrm{O}_{2}i}.

Voir le corrigé complet

Hypothèses utilisées :

  • L'air de l'habitacle est assimilé à un mélange de gaz parfaits à température T uniforme et constante, occupant un volume libre V constant ;
  • Le mélange gazeux est homogène à chaque instant (brassage efficace de l'air expiré avant l'inspiration suivante) ;
  • Le volume d'air inspiré V_p est prélevé à la composition moyenne de l'habitacle.

Bilan sur le dioxygène :

Après la i-ème respiration, la quantité de dioxygène présente dans l'habitacle est n_i, soit une concentration molaire volumique :

c_i = \frac{n_i}{V}

Lors de la (i+1)-ème inspiration, le volume d'air inspiré V_p contient donc une quantité de matière de dioxygène égale à :

n_{\mathrm{insp}} = c_i \, V_p = n_i \frac{V_p}{V}

D'après l'énoncé, seul un quart de ce dioxygène est consommé par les poumons (le reste étant réexpiré dans l'habitacle) :

n_{\mathrm{cons}} = \frac{1}{4} n_{\mathrm{insp}} = \frac{n_i V_p}{4V}

La quantité de dioxygène restant dans l'habitacle après cette (i+1)-ème respiration s'écrit alors :

n_{i+1} = n_i - n_{\mathrm{cons}}

soit :

\boxed{n_{i+1} = n_i \left( 1 - \frac{V_p}{4V} \right)}

Évolution de la pression partielle :

Dans le cadre du modèle du gaz parfait, la pression partielle en dioxygène après la i-ème respiration est donnée par :

P_{\mathrm{O}_2 i} = \frac{n_i R T}{V}

Comme la température T et le volume V sont supposés constants, la pression partielle est directement proportionnelle à la quantité de matière n_i. La relation de récurrence s'écrit donc identiquement :

P_{\mathrm{O}_2 \, i+1} = P_{\mathrm{O}_2 i} \left( 1 - \frac{V_p}{4V} \right)

La suite \left(P_{\mathrm{O}_2 i}\right)_{i\in\mathbb{N}} est ainsi une suite géométrique de premier terme P_{\mathrm{O}_2 0} et de raison q = 1 - \dfrac{V_p}{4V}. Son terme général est :

\boxed{P_{\mathrm{O}_2 i} = P_{\mathrm{O}_2 0} \left( 1 - \frac{V_p}{4V} \right)^i}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La démonstration exigeait de raisonner sur les quantités de matière et non sur des volumes de dioxygène.

« Quand on demande d’établir un résultat fourni par l’énoncé, la rédaction et l’argumentation doivent être irréprochables, concises et rigoureuses. Trop de candidats pensent avoir réussi alors qu’ils manipulent des volumes de dioxygène dans l’air au lieu de quantités de matière. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : pression partielle, application-numérique

En déduire le nombre d'inspirations que peut faire le pilote, puis sa durée de vie sans apport extérieur de dioxygène.

Voir l'indice

Résoudre l'inégalité P_{\mathrm{O}_2 i} \ge P_{\mathrm{O}_2 \ell} pour déterminer le nombre d'inspirations maximal N, puis diviser par la fréquence respiratoire f pour obtenir la durée correspondante.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le nombre maximal d'inspirations N à partir de la loi d'évolution de la pression partielle établie à la question Q9 et du seuil létal d'hypoxie P_{\mathrm{O}_2\ell}.
  2. Estimer le volume libre V à l'intérieur de la sphère habitable à partir des dimensions fournies et de l'encombrement du pilote.
  3. Déterminer la durée de survie correspondante à l'aide de la fréquence respiratoire f.
Voir la réponse courte

Résolution de la condition d'hypoxie P_{\mathrm{O}_{2}i} \ge P_{\min} pour déduire le nombre maximal d'inspirations et l'autonomie correspondante.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, la pression partielle en dioxygène après la i-ème respiration s'écrit :

P_{\mathrm{O}_2 i} = P_{\mathrm{O}_2 0}\left(1 - \frac{V_p}{4V}\right)^i

L'air reste respirable tant que P_{\mathrm{O}_2 i} \ge P_{\mathrm{O}_2\ell}. Le nombre maximal d'inspirations N réalisables par le pilote avant d'atteindre le seuil critique vérifie donc :

P_{\mathrm{O}_2 0}\left(1 - \frac{V_p}{4V}\right)^N = P_{\mathrm{O}_2\ell} \iff N \ln\left(1 - \frac{V_p}{4V}\right) = \ln\left(\frac{P_{\mathrm{O}_2\ell}}{P_{\mathrm{O}_2 0}}\right)

Comme le volume inspiré V_p est très faible devant le volume de la cabine V, on a \frac{V_p}{4V} \ll 1. En effectuant un développement limité à l'ordre 1 (\ln(1 - \epsilon) \approx -\epsilon), il vient :

N \approx \frac{4V}{V_p} \ln\left(\frac{P_{\mathrm{O}_2 0}}{P_{\mathrm{O}_2\ell}}\right)

Évaluation du volume libre V :
L'habitacle est une sphère de diamètre intérieur D = 1{,}09\text{ m}. Son volume intérieur total est :

V_{\text{hab}} = \frac{4}{3}\pi \left(\frac{D}{2}\right)^3 = \frac{\pi D^3}{6} = \frac{\pi \times (1{,}09)^3}{6} \approx 0{,}678\text{ m}^3 = 678\text{ L}

En tenant compte du volume occupé par le corps du pilote (V_{\text{pilote}} \approx 75\text{ L}) et les équipements internes, le volume d'air libre restant est compris entre 0{,}60\text{ m}^3 et 0{,}68\text{ m}^3. Retenons une valeur moyenne :

V \approx 0{,}60\text{ m}^3 = 600\text{ L}

Calcul du nombre d'inspirations :
Avec P_{\mathrm{O}_2 0} \approx 0{,}21 \times 1{,}013 \times 10^5\text{ Pa} \approx 2{,}13 \times 10^4\text{ Pa} (question Q8) et P_{\mathrm{O}_2\ell} = 8{,}0 \times 10^3\text{ Pa} :

\frac{P_{\mathrm{O}_2 0}}{P_{\mathrm{O}_2\ell}} \approx \frac{2{,}13 \times 10^4}{8{,}0 \times 10^3} \approx 2{,}66 \implies \ln\left(\frac{P_{\mathrm{O}_2 0}}{P_{\mathrm{O}_2\ell}}\right) \approx 0{,}98
N \approx \frac{4 \times 0{,}60}{0{,}50 \times 10^{-3}} \times 0{,}98 \approx 4{,}7 \times 10^3

(Si l'on ne déduit pas le volume du pilote et que l'on prend V = V_{\text{hab}} \approx 0{,}68\text{ m}^3, on obtient N \approx 5{,}3 \times 10^3).

\boxed{N \approx 5 \times 10^3 \text{ inspirations}}

Durée de vie sans apport extérieur :
La respiration s'effectue à une fréquence f = 0{,}25\text{ Hz}. La durée totale correspondante est :

\Delta t = \frac{N}{f}

Numériquement :

\Delta t \approx \frac{4{,}7 \times 10^3}{0{,}25} \approx 1{,}9 \times 10^4\text{ s} \approx 5{,}2\text{ h}

(ou \Delta t \approx 5{,}9\text{ h} avec V = 0{,}68\text{ m}^3).

\boxed{\Delta t \approx 5 \text{ à } 6\text{ heures}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La géométrie sphérique de l'habitacle indiquée sur la figure devait être prise en compte pour obtenir un volume réaliste.

« Le volume d’air contenu dans l’habitacle a été source d’erreurs au-delà du raisonnable. L’habitacle est légendé sur la figure 1 et son caractère sphérique ne fait pas de doute. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Partie III : Système de libération du ballast

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1

Notions : oxydoréduction, corrosion galvanique

Identifier les transformations se produisant sur chacune des surfaces métalliques. Écrire les demi-équations électroniques correspondantes ainsi que l'équation de réaction (on prendra un nombre stœchiométrique de 1 pour l'espèce qui s'oxyde).

Voir l'indice

Identifier l'oxydation du magnésium sur la tige et la réduction de l'eau en dihydrogène sur les anneaux de nickel ; équilibrer en milieu basique/neutre.

Voir la réponse courte

Oxydation anodique du magnésium et réduction cathodique du dioxygène ou de l'eau en milieu marin, puis écriture du bilan global.

Voir le corrigé complet

Le dispositif constitue une pile en court-circuit (phénomène de corrosion galvanique) entre deux métaux immergés dans l'eau de mer :

  • Sur la surface du barreau en alliage AZ31 : le magnésium étant un métal très réducteur, il constitue l'anode du système. Il s'y produit l'oxydation du métal en cations métalliques :

    \mathrm{AZ31}_{(\mathrm{s})} = \mathrm{AZ31}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^-
  • Sur la surface des anneaux en nickel : le nickel, plus noble, sert de conducteur électronique et joue le rôle de cathode. Il s'y produit la réduction de l'eau (confirmée par la mention \mathrm{H}_2 \leftarrow \mathrm{H}_2\mathrm{O} sur la figure 4 et par le dégagement de bulles de dihydrogène gazeux \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} observé expérimentalement) :

    2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2\,(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

En combinant ces deux demi-équations avec un nombre stœchiométrique de 1 pour l'espèce qui s'oxyde (\mathrm{AZ31}), on obtient l'équation de la réaction globale d'oxydoréduction :

\boxed{\mathrm{AZ31}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{AZ31}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_{2\,(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1

Notions : avancement de réaction, corrosion

Déduire du schéma de la figure 3 et des données de l'énoncé l'expression de l'avancement maximal de cette réaction lorsque la tige de AZ31 a été totalement corrodée.

Voir l'indice

Relier l'avancement maximal à la quantité initiale d'alliage AZ31 via sa masse, sa masse volumique et le volume du cylindre \pi (d/2)^2 L mesuré sur la figure 3.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume puis la masse de la tige cylindrique d'alliage AZ31 à partir de ses dimensions géométriques (L et d).
  2. Relier la quantité de matière initiale de magnésium à l'avancement maximal \xi_{\max} grâce au coefficient stœchiométrique unitaire de l'équation bilan établie en Q11.
  3. Estimer les dimensions de la tige à l'aide de l'échelle fournie sur la figure 3 et réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Relation entre la masse initiale de la tige de magnésium consommée et l'avancement maximal \xi_{\max} = m/M.

Voir le corrigé complet

La tige en alliage AZ31 est modélisée par un cylindre de longueur L et de diamètre d (soit de rayon r_{\mathrm{c}} = d/2). Son volume s'écrit :

V_{\mathrm{tige}} = \frac{\pi d^2}{4} L

La masse correspondante vaut :

m_0 = \rho_{\mathrm{AZ31}} V_{\mathrm{tige}} = \rho_{\mathrm{AZ31}} \frac{\pi d^2 L}{4}

L'alliage étant assimilé à du magnésium pur de masse molaire M_{\mathrm{AZ31}}, la quantité de matière initiale présente dans la tige est :

n_0 = \frac{m_0}{M_{\mathrm{AZ31}}} = \frac{\rho_{\mathrm{AZ31}} \pi d^2 L}{4 M_{\mathrm{AZ31}}}

D'après l'équation de la réaction établie à la question Q11 :

\mathrm{AZ31}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\ell)} = \mathrm{AZ31}^{2+}_{(\mathrm{aq})} + \mathrm{H}_{2\,(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

Le réactif AZ31 intervient avec un nombre stœchiométrique égal à 1 et l'eau est le solvant (en large excès). Lorsque la tige est totalement corrodée, le réactif limitant est entièrement consommé, soit n_0 - \xi_{\max} = 0. Il vient donc :

\boxed{\xi_{\max} = \frac{\rho_{\mathrm{AZ31}} \pi d^2 L}{4 M_{\mathrm{AZ31}}}}

Application numérique : D'après l'échelle de la figure 3 :

  • la longueur de la tige séparant les deux tores de nickel est L \approx 2{,}0\text{ cm} = 2{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} ;
  • le diamètre de la tige est de l'ordre de d \approx 2{,}0\text{ mm} = 2{,}0 \times 10^{-3}\text{ m} (ou compris entre 1{,}5 et 2{,}0\text{ mm}).

Avec \rho_{\mathrm{AZ31}} = 1{,}74 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et M_{\mathrm{AZ31}} = 24{,}4\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 24{,}4 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} :

\begin{aligned} \xi_{\max} &= \frac{1{,}74 \times 10^3 \times \pi \times (2{,}0 \times 10^{-3})^2 \times 2{,}0 \times 10^{-2}}{4 \times 24{,}4 \times 10^{-3}} \\ \xi_{\max} &\approx 4{,}5 \times 10^{-3}\text{ mol} = 4{,}5\text{ mmol} \end{aligned}

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : courant de corrosion, densité de courant

Quel lien peut-on établir entre le courant de corrosion et le courant surfacique qui s'échappe de cette tige à l'instant initial ?

Voir l'indice

Le courant total de corrosion s'obtient en intégrant la densité de courant surfacique j_{\mathrm{AZ31}} sur la surface latérale mouillée du barreau cylindrique.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que le système formé par la tige d'alliage AZ31 et les anneaux de nickel constitue une pile en court-circuit sans générateur extérieur, de sorte que le courant anodique total compense le courant cathodique total : i_{\text{corr}} = i_a = |i_c|.
  2. Exprimer le courant total anodique i_a traversant la surface de contact S_{\mathrm{AZ31}} en faisant l'hypothèse habituelle d'une densité de courant surfacique uniforme.
Voir la réponse courte

Le courant de corrosion s'exprime par le produit de la densité surfacique de courant par l'aire de la tige : i_{\text{corr}} = j_{\mathrm{AZ31}} S.

Voir le corrigé complet

Le système métallique est isolé électriquement de tout circuit extérieur ; il se comporte comme un couple galvanique en court-circuit. Par conservation globale de la charge à l'interface métal-électrolyte, le courant total de corrosion i_{\text{corr}} correspond au courant anodique d'oxydation de l'alliage AZ31 :

i_{\text{corr}} = i_a

En supposant que la densité surfacique de courant j_{\mathrm{AZ31}} est uniforme sur toute la surface active de la tige en contact avec l'eau de mer, le flux de la densité de courant à travers cette surface s'écrit simplement :

\boxed{i_{\text{corr}} = j_{\mathrm{AZ31}} \, S_{\mathrm{AZ31}}}

où S_{\mathrm{AZ31}} est l'aire de la surface de la tige d'alliage exposée à l'électrolyte. Comme les deux extrémités du cylindre sont insérées dans les tores de nickel, la surface en contact correspond à la surface latérale du cylindre de diamètre d et de longueur L :

S_{\mathrm{AZ31}} = \pi d L

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : loi de faraday, courant de corrosion

En remarquant que les deux électrodes n'ont pas la même surface, en déduire un ordre de grandeur de la durée au bout de laquelle le système GTR libère les ballasts. Commenter.

Voir l'indice

Utiliser la conservation du courant i_{\text{corr}} = j_{\mathrm{AZ31}} S_{\mathrm{AZ31}} = |j_{\mathrm{Ni}}| S_{\mathrm{Ni}} pour déterminer le point de fonctionnement sur le graphe, puis relier la charge totale Q = 2\xi_{\max}\mathcal{F} à i_{\text{corr}}\Delta t.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition de circuit ouvert reliant les courants globaux d'oxydation et de réduction : le potentiel mixte vérifie l'égalité des courants en valeur absolue, et non des densités surfaciques de courant, puisque les surfaces des électrodes sont distinctes.
  2. Estimer les surfaces S_{\mathrm{Ni}} et S_{\mathrm{AZ31}} à partir des dimensions de la figure 3 et du formulaire.
  3. En déduire le courant de corrosion i_{\text{corr}} sur la figure 4, puis calculer la durée de corrosion totale \Delta t à l'aide de la loi de Faraday et de l'avancement \xi_{\max} obtenu en Q12.
  4. Commenter la valeur obtenue au regard du déroulement de la mission et de la sécurité du pilote.
Voir la réponse courte

Application de la loi de Faraday \Delta t = \frac{z\xi_{\max}F}{i_{\text{corr}}} pour estimer le temps de libération passive du ballast.

Voir le corrigé complet

En l'absence de générateur extérieur, le système métallique est en court-circuit spontané (circuit ouvert global). La conservation de la charge impose l'égalité des intensités anodique et cathodique :

i_a(E_{\text{corr}}) = |i_c(E_{\text{corr}})| = i_{\text{corr}}

Or, d'après la relation établie à la question Q13, i = j \, S. La condition s'écrit donc en termes de densités surfaciques de courant :

j_{\mathrm{AZ31}}(E_{\text{corr}}) \, S_{\mathrm{AZ31}} = |j_{\mathrm{Ni}}(E_{\text{corr}})| \, S_{\mathrm{Ni}}

soit :

j_{\mathrm{AZ31}}(E_{\text{corr}}) = \frac{S_{\mathrm{Ni}}}{S_{\mathrm{AZ31}}} \, |j_{\mathrm{Ni}}(E_{\text{corr}})|

1. Estimation des surfaces des électrodes :

  • Pour la tige cylindrique d'alliage AZ31, avec les dimensions retenues en Q12 (d \approx 2{,}0\text{ mm} et L \approx 2{,}0\text{ cm}) :

    S_{\mathrm{AZ31}} = \pi d L \approx \pi \times 0{,}20 \times 2{,}0 \approx 1{,}3\text{ cm}^2
  • Pour les attaches en nickel, le dispositif comporte deux tores. D'après l'échelle de la figure 3, le diamètre extérieur d'un tore est d'environ 1{,}6\text{ cm} et le diamètre intérieur du trou d'environ 0{,}8\text{ cm}. On en déduit :

    R \approx \frac{1{,}6 + 0{,}8}{4} = 0{,}60\text{ cm} \quad \text{et} \quad r \approx \frac{1{,}6 - 0{,}8}{4} = 0{,}20\text{ cm}

    La formule fournie donne la surface d'un tore : S_1 = 4\pi^2 r R \approx 4\pi^2 \times 0{,}20 \times 0{,}60 \approx 4{,}7\text{ cm}^2. Pour les deux anneaux en nickel réunis :

    S_{\mathrm{Ni}} = 2 \, S_1 \approx 9{,}5 \text{ à } 10\text{ cm}^2

Le rapport des surfaces est donc de l'ordre de :

\frac{S_{\mathrm{Ni}}}{S_{\mathrm{AZ31}}} \approx \frac{10}{1{,}3} \approx 8

2. Détermination du courant de corrosion : Puisque S_{\mathrm{Ni}} \gg S_{\mathrm{AZ31}}, le point de fonctionnement se situe à un potentiel E_{\text{corr}} supérieur au simple point d'intersection des courbes de la figure 4 (où j_{\mathrm{AZ31}} = |j_{\mathrm{Ni}}|, soit E \approx -730\text{ mV}).
Pour un rapport j_{\mathrm{AZ31}} / |j_{\mathrm{Ni}}| \approx 8, on lit sur la figure 4 un potentiel de corrosion :

E_{\text{corr}} \approx -580\text{ mV}

Au voisinage de cette valeur, on lit pour la réduction de l'eau sur le nickel :

|j_{\mathrm{Ni}}| \approx 6\text{ mA}\cdot\text{cm}^{-2} = 6 \times 10^{-3}\text{ A}\cdot\text{cm}^{-2}

Le courant de corrosion global vaut ainsi :

i_{\text{corr}} = |j_{\mathrm{Ni}}| \, S_{\mathrm{Ni}} \approx 6 \times 10^{-3} \times 10 \approx 60\text{ mA} = 0{,}06\text{ A}

3. Évaluation de la durée de libération : L'oxydation complète de la tige nécessite l'échange d'une charge électrique totale Q liée à l'avancement maximal \xi_{\max} \approx 4{,}5\text{ mmol} déterminé en Q12 :

Q = z \mathcal{F} \xi_{\max} = 2 \times 96{,}5 \times 10^3 \times 4{,}5 \times 10^{-3} \approx 8{,}7 \times 10^2\text{ C}

En supposant le courant de corrosion constant en première approximation, la durée nécessaire à la dissolution totale s'écrit :

\Delta t = \frac{Q}{i_{\text{corr}}}
\Delta t \approx \frac{870}{0{,}06} \approx 1{,}4 \times 10^4\text{ s} \approx 4\text{ h}

Compte tenu des incertitudes graphiques et dimensionnelles, on retient :

\boxed{\Delta t \sim 3 \text{ à } 5\text{ heures}}

4. Commentaire :

  • La descente et la remontée cumulent déjà 2\text{ h } 30\text{ min} + 1\text{ h } 10\text{ min} = 3\text{ h } 40\text{ min}. Une durée de dissolution d'environ 4 à 5 heures est donc légèrement supérieure ou comparable au temps de transit strict, ce qui laisse au pilote une marge de travail minimale sur le fond sans risquer un largage intempestif prématuré.
  • Ce délai est inférieur à la limite d'hypoxie en cas de panne de recyclage d'air (environ 5 à 6 heures, d'après Q10). Le système GTR remplit donc parfaitement son rôle d'ultime recours passif : en cas de défaillance électrique complète, le largage spontané des ballasts garantit la remontée du sous-marin avant l'asphyxie du pilote.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait estimer les surfaces différentes des électrodes, les relier aux courants surfaciques, exploiter les courbes et valider le résultat obtenu.

« L’énoncé ne cache pas que les deux électrodes ont des surfaces différentes. Réussir cette question nécessitait de prendre le temps de construire les étapes du raisonnement : estimation des surfaces des deux électrodes, lien entre ses surfaces et les courants surfaciques anodique et cathodique, exploitation des courbes courant-potentiel. »

« Comme en Q 7., l’étape de validation du résultat a été souvent négligée, voire totalement oubliée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : corrosion, courant de corrosion

Comment évolue cette durée si on prend en compte la variation de la surface du métal au cours du temps ? Justifier.

Voir l'indice

Analyser l'effet de la diminution progressive du rayon du barreau sur sa surface exposée et sur la résistance du système pour prédire l'évolution de la vitesse de corrosion.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'électrode dont la surface varie au cours du temps : le barreau en alliage AZ31 s'oxyde et est progressivement dissous, réduisant sa surface de contact S_{\mathrm{AZ31}}(t), tandis que les anneaux de nickel (inattaqués) conservent une surface S_{\mathrm{Ni}} constante.
  2. Déterminer l'effet de la diminution de S_{\mathrm{AZ31}} sur le potentiel mixte de corrosion E_{\text{corr}} et sur l'intensité du courant de corrosion i_{\text{corr}}(t) à partir de la relation d'égalité des courants i_{\text{corr}} = j_{\mathrm{AZ31}}(E_{\text{corr}})S_{\mathrm{AZ31}} = |j_{\mathrm{Ni}}(E_{\text{corr}})| S_{\mathrm{Ni}} et de l'allure des courbes j(E).
  3. En déduire l'évolution de la vitesse de corrosion \frac{\mathrm{d}\xi}{\mathrm{d}t} et donc celle de la durée de vie de la goupille.
Voir la réponse courte

La diminution progressive de la surface métallique réduit le courant de corrosion, augmentant ainsi la durée nécessaire au largage.

Voir le corrigé complet

Au cours de la réaction d'oxydoréduction spontanée, seul l'alliage réducteur AZ31 est consommé par dissolution anodique ; le nickel, siège de la réduction de l'eau, n'est pas attaqué. Le diamètre du barreau cylindrique diminue, de sorte que la surface active S_{\mathrm{AZ31}}(t) décroît au cours du temps.

À tout instant, la conservation de la charge impose l'égalité des courants anodique et cathodique :

i_{\text{corr}}(t) = j_{\mathrm{AZ31}}\!\big(E_{\text{corr}}(t)\big)\,S_{\mathrm{AZ31}}(t) = \big|j_{\mathrm{Ni}}\!\big(E_{\text{corr}}(t)\big)\big|\,S_{\mathrm{Ni}}

Puisque S_{\mathrm{Ni}} est constante et que S_{\mathrm{AZ31}}(t) diminue :

  • le rapport \frac{S_{\mathrm{AZ31}}(t)}{S_{\mathrm{Ni}}} diminue, ce qui impose une augmentation de la densité j_{\mathrm{AZ31}} par rapport à |j_{\mathrm{Ni}}| ;
  • sur la figure 4, pour faire croître j_{\mathrm{AZ31}} et décroître |j_{\mathrm{Ni}}|, le potentiel mixte de corrosion E_{\text{corr}}(t) doit se déplacer vers des potentiels plus nobles (plus élevés) ;
  • la densité de courant cathodique |j_{\mathrm{Ni}}\!\big(E_{\text{corr}}(t)\big)| étant une fonction décroissante de E, le produit i_{\text{corr}}(t) = |j_{\mathrm{Ni}}(E_{\text{corr}})| S_{\mathrm{Ni}} diminue au cours du temps.

Le courant de corrosion i_{\text{corr}}(t) étant inférieur à sa valeur initiale, la vitesse de disparition de l'alliage \frac{\mathrm{d}\xi}{\mathrm{d}t} = \frac{i_{\text{corr}}(t)}{2\mathcal{F}} diminue au fil du temps.

Par conséquent, le temps nécessaire pour atteindre l'avancement maximal \xi_{\max} (ou l'amincissement critique provoquant la rupture mécanique) est plus grand que celui estimé à courant constant :

\boxed{\text{La prise en compte de la diminution de surface conduit à une durée plus longue.}}

Résultat

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Partie IV : Communication

IV.A · Communication par ondes radio dans l'eau de mer

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : loi d'ohm locale, densité de courant

Énoncer la loi d'Ohm locale reliant la densité volumique de courant , la conductivité et le champ électrique .

Voir l'indice

Écrire la relation vectorielle proportionnelle entre le vecteur densité volumique de courant de conduction et le vecteur champ électrique.

Voir la réponse courte

Énoncé de la loi constitutive locale d'un conducteur ohmique isotrope : \vec{\jmath} = \gamma \vec{E}.

Voir le corrigé complet

Dans un milieu conducteur ohmique, linéaire et isotrope (conducteur localement neutre et au repos), la loi d'Ohm locale relie directement le vecteur densité volumique de courant de conduction \vec{\jmath} au champ électrique local \vec{E} par la relation :

\boxed{\vec{\jmath} = \gamma \vec{E}}

où \gamma désigne la conductivité électrique du milieu, exprimée en siemens par mètre (\text{S}\cdot\text{m}^{-1}).

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : conservation de la charge, temps de relaxation

Rappeler l'équation locale de conservation de la charge et déduire que la densité volumique de charge vérifie

où on exprimera en fonction de la conductivité et de la permittivité .

Voir l'indice

Combiner l'équation de conservation de la charge \mathrm{div}\,\vec{\jmath} + \partial\rho/\partial t = 0, la loi d'Ohm locale et l'équation de Maxwell-Gauss \mathrm{div}\,\vec{E} = \rho/\epsilon.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation de conservation locale de la charge électrique reliant \rho et \vec{\jmath}.
  2. Exprimer \operatorname{div}\vec{\jmath} à l'aide de la loi d'Ohm locale établie à la question Q16 en supposant le milieu homogène.
  3. Relier la divergence du champ électrique à la densité volumique de charge via l'équation de Maxwell-Gauss dans le diélectrique de permittivité \epsilon.
Voir la réponse courte

Combinaison de la conservation de la charge, de la loi d'Ohm locale et de Maxwell-Gauss pour obtenir \tau = \epsilon/\gamma.

Voir le corrigé complet

L'équation locale de conservation de la charge électrique s'écrit :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}\vec{\jmath} = 0

D'après la loi d'Ohm locale \vec{\jmath} = \gamma \vec{E} et en considérant la conductivité \gamma spatiale uniforme dans l'eau de mer, il vient :

\operatorname{div}\vec{\jmath} = \gamma \, \operatorname{div}\vec{E}

Par ailleurs, l'équation de Maxwell-Gauss dans un milieu diélectrique de permittivité \epsilon s'écrit :

\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\epsilon}

En combinant ces relations dans l'équation de conservation de la charge, on obtient :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \frac{\gamma}{\epsilon}\rho = 0

ce qui correspond bien à l'équation différentielle demandée :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \frac{\rho}{\tau} = 0

avec un temps caractéristique de relaxation diélectrique :

\boxed{\tau = \frac{\epsilon}{\gamma}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : temps de relaxation, arq

Évaluer numériquement et en déduire que, pour des ondes de fréquence inférieure à , on peut considérer que .

Voir l'indice

Calculer numériquement \tau = \epsilon/\gamma et comparer la période de l'onde T = 1/f à ce temps caractéristique de relaxation diélectrique.

Voir la stratégie
  1. Calculer numériquement le temps caractéristique \tau = \frac{\epsilon}{\gamma} = \frac{\epsilon_r \epsilon_0}{\gamma} à l'aide des grandeurs fournies en fin d'énoncé.
  2. Comparer ce temps de relaxation à la période temporelle T = \frac{1}{f} de l'onde électromagnétique pour en déduire l'état de charge volumique du milieu.
Voir la réponse courte

Calcul de \tau \sim 10^{-10}\text{ s} : à 1 MHz, \tau \ll T, la neutralité volumique locale \rho=0 est excellente.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q17, le temps caractéristique de relaxation s'exprime par :

\tau = \frac{\epsilon}{\gamma} = \frac{\epsilon_r \epsilon_0}{\gamma}

Avec les données numériques de l'énoncé :

  • \epsilon_r = 75 ;
  • \epsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • \gamma = 5\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} ;

On obtient l'application numérique :

\tau = \frac{75 \times 8{,}85 \times 10^{-12}}{5} = 1{,}33 \times 10^{-10}\text{ s}
\boxed{\tau \approx 1{,}3 \times 10^{-10}\text{ s} = 0{,}13\text{ ns}}

Considérons une onde électromagnétique de fréquence f \le 1{,}00\text{ MHz}. La période temporelle correspondante vérifie :

T = \frac{1}{f} \ge \frac{1}{1{,}00 \times 10^6} = 1{,}00 \times 10^{-6}\text{ s} = 1{,}00\text{ }\mu\text{s}

On constate que :

\tau \ll T \quad \left(\text{soit } \omega\tau = 2\pi f \tau \le 2\pi \times 1{,}00 \times 10^6 \times 1{,}33 \times 10^{-10} \approx 8{,}4 \times 10^{-4} \ll 1\right)

D'après l'équation différentielle établie à la question Q17, toute perturbation initiale de densité volumique de charge s'atténue selon la loi exponentielle \rho(t) = \rho(0)\,\mathrm{e}^{-t/\tau}. Comme \tau \ll T, les charges libres présentes dans l'eau de mer se redistribuent de manière quasi instantanée à l'échelle de la période de l'onde pour compenser tout déséquilibre.

Ainsi, en dehors d'un transitoire extrêmement bref (quelques fractions de nanoseconde), le milieu est localement neutre au sein du volume et on peut considérer que :

\boxed{\rho = 0}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de maxwell-ampère, courant de déplacement

Écrire l'équation de Maxwell-Ampère et identifier un terme de courant de déplacement et un terme de courant de conduction. Déterminer la valeur de la pulsation à partir de laquelle le courant de déplacement devient plus grand que le courant de conduction.

Voir l'indice

Exprimer l'équation de Maxwell-Ampère en régime sinusoïdal forcé et comparer les normes de \vec{\jmath} = \gamma\vec{E} et \vec{\jmath}_D = \epsilon\,\partial\vec{E}/\partial t pour trouver \omega_c = \gamma/\epsilon.

Voir la réponse courte

Équation de Maxwell-Ampère et comparaison des amplitudes des courants : pulsation de coupure \omega_{c} = \gamma/\epsilon.

Voir le corrigé complet

Dans l'eau de mer modélisée par un conducteur ohmique de permittivité \epsilon = \epsilon_r \epsilon_0, de perméabilité \mu_0 et de conductivité \gamma, l'équation de Maxwell-Ampère s'écrit :

\vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \mu_0 \left( \vec{\jmath} + \epsilon \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \right)

On y identifie :

  • la densité volumique de courant de conduction : \vec{\jmath} = \gamma \vec{E} (d'après la loi d'Ohm locale vue en Q16) ;
  • la densité volumique de courant de déplacement : \vec{\jmath}_D = \epsilon \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}.

En régime sinusoïdal de pulsation \omega, en notation complexe où \frac{\partial}{\partial t} \leftrightarrow \mathrm{i}\omega, les amplitudes complexes de ces densités de courant s'écrivent :

\underline{\vec{\jmath}} = \gamma \underline{\vec{E}} \quad \text{et} \quad \underline{\vec{\jmath}}_D = \mathrm{i}\omega\epsilon \underline{\vec{E}}

Les amplitudes de ces deux densités de courant sont donc :

j = \gamma \|\underline{\vec{E}}\| \quad \text{et} \quad j_D = \omega\epsilon \|\underline{\vec{E}}\|

Le courant de déplacement devient supérieur au courant de conduction dès lors que j_D > j, soit :

\omega\epsilon > \gamma \iff \omega > \omega_c = \frac{\gamma}{\epsilon} = \frac{\gamma}{\epsilon_r \epsilon_0} = \frac{1}{\tau}

où \tau est le temps de relaxation diélectrique introduit en Q17.

\boxed{\omega_c = \frac{\gamma}{\epsilon_r \epsilon_0} = \frac{1}{\tau}}

Application numérique : Avec \gamma = 5\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}, \epsilon_r = 75 et \epsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} (ou à partir de \tau \approx 1{,}33 \times 10^{-10}\text{ s} déterminé en Q18) :

\omega_c = \frac{5}{75 \times 8{,}85 \times 10^{-12}} \approx 7{,}5 \times 10^9\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}

ce qui correspond à une fréquence caractéristique f_c = \frac{\omega_c}{2\pi} \approx 1{,}2\text{ GHz}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une majorité de candidats a échoué à identifier correctement les termes de courant de conduction et de courant de déplacement.

« 63 % des candidats qui abordent cette question n’identifient pas correctement les termes de courants de conduction et de déplacement. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet de peau, équation de diffusion

On suppose . Établir l'équation aux dérivées partielles vérifiée par le champ électrique . De quel type d'équation s'agit-il ?

Voir l'indice

Prendre le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday, utiliser l'identité du formulaire et négliger le courant de déplacement pour aboutir à une équation de diffusion vectorielle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{E}) à l'aide de l'identité vectorielle fournie dans le formulaire.
  2. Combiner avec les équations de Maxwell-Faraday et de Maxwell-Ampère simplifiée (\omega \ll \omega_c).
  3. Identifier le type de l'équation aux dérivées partielles obtenue.
Voir la réponse courte

Prise du rotationnel du rotationnel de \vec{E} sous l'ARQS magnétique pour établir l'équation de diffusion vectorielle du champ électrique.

Voir le corrigé complet

Sous la condition \omega \ll \omega_c, le courant de déplacement est négligeable devant le courant de conduction (établi à la question Q19). L'équation de Maxwell-Ampère s'écrit alors :

\vec{\operatorname{rot}} \vec{B} \approx \mu_0 \vec{\jmath} = \mu_0 \gamma \vec{E}

Par ailleurs :

  • D'après l'équation de Maxwell-Gauss et la neutralité volumique locale (\rho = 0, établie à la question Q18) :

    \operatorname{div} \vec{E} = \frac{\rho}{\epsilon} = 0
  • L'équation de Maxwell-Faraday s'écrit :

    \vec{\operatorname{rot}} \vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}

En prenant le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday et en utilisant la relation vectorielle du formulaire :

\begin{aligned} \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{E}) &= \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div} \vec{E}) - \Delta \vec{E} = -\Delta \vec{E} \\ \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}} \vec{E}) &= -\frac{\partial}{\partial t}\left(\vec{\operatorname{rot}} \vec{B}\right) = -\frac{\partial}{\partial t}(\mu_0 \gamma \vec{E}) = -\mu_0 \gamma \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned}

On en déduit l'équation aux dérivées partielles vérifiée par le champ électrique :

\boxed{\Delta \vec{E} - \mu_0 \gamma \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = \vec{0}}

Il s'agit d'une équation de diffusion (ou équation de type chaleur vectorielle), avec un coefficient de diffusion magnétique D_m = \frac{1}{\mu_0 \gamma}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait penser à exploiter l'hypothèse simplificatrice sur la pulsation fournie par l'énoncé.

« D’autres n’ont pas tenu compte de l’hypothèse ω≪ωcdans la question Q 20.. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : épaisseur de peau, relation de dispersion

Exprimer le nombre d'onde complexe en fonction de . Évaluer numériquement pour une fréquence .

Voir l'indice

Injecter l'onde plane progressive harmonique dans l'équation de diffusion pour obtenir la relation de dispersion \underline{k}^2 = -\mathrm{i}\mu_0\gamma\omega, puis déterminer sa racine carrée de partie imaginaire négative.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme du champ électrique complexe \underline{\vec{E}}(z,t) dans l'équation aux dérivées partielles établie à la question Q20 afin d'obtenir la relation de dispersion liant \underline{k} et \omega.
  2. Exprimer les solutions possibles pour \underline{k} en fonction de l'épaisseur de peau \delta, puis sélectionner le signe physiquement acceptable garantissant l'atténuation de l'onde dans le sens de sa propagation (z>0).
  3. Réaliser l'application numérique avec les données du texte.
Voir la réponse courte

Injection de la forme harmonique dans l'équation de diffusion : \underline{k} = (1-\mathrm{i})/\delta avec \delta = \sqrt{2/(\mu_{0}\gamma\omega)}.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique s'écrit sous forme complexe :

\underline{\vec{E}}(z,t) = E_0 \exp(\mathrm{i}(\omega t - \underline{k} z))\,\vec{e}_x

D'après la question Q20, pour \omega \ll \omega_c, \vec{E} vérifie l'équation de diffusion :

\Delta \vec{E} - \mu_0 \gamma \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = \vec{0}

Comme \underline{\vec{E}} ne dépend spatialement que de z, le laplacien vectoriel se réduit à :

\Delta \underline{\vec{E}} = \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}}{\partial z^2} = (-\mathrm{i}\underline{k})^2 \underline{\vec{E}} = -\underline{k}^2 \underline{\vec{E}}

De même, pour la dérivée temporelle :

\frac{\partial \underline{\vec{E}}}{\partial t} = \mathrm{i}\omega \underline{\vec{E}}

En reportant dans l'équation de diffusion, on obtient la relation de dispersion :

-\underline{k}^2 - \mathrm{i}\mu_0 \gamma \omega = 0 \iff \underline{k}^2 = -\mathrm{i}\mu_0 \gamma \omega

En introduisant l'épaisseur caractéristique \delta = \sqrt{\dfrac{2}{\mu_0 \gamma \omega}}, il vient :

\mu_0 \gamma \omega = \frac{2}{\delta^2}

Or, -\mathrm{i} = \mathrm{e}^{-\mathrm{i}\pi/2} = \left(\dfrac{1 - \mathrm{i}}{\sqrt{2}}\right)^2, d'où :

\underline{k}^2 = -\frac{2\mathrm{i}}{\delta^2} = \left(\frac{1 - \mathrm{i}}{\delta}\right)^2

Les deux racines complexes possibles sont \underline{k} = \pm \dfrac{1 - \mathrm{i}}{\delta}.

Le facteur de propagation spatiale s'écrit :

\exp(-\mathrm{i}\underline{k}z) = \exp\left(\mp \frac{z}{\delta}\right) \exp\left(\mp \mathrm{i}\frac{z}{\delta}\right)

L'onde se propageant dans le demi-espace z > 0, l'amplitude doit rester bornée et s'atténuer lorsque z \to +\infty (milieu dissipatif). Cela impose de retenir le signe positif :

\boxed{\underline{k} = \frac{1 - \mathrm{i}}{\delta}}

Application numérique : Pour f = 1{,}0\text{ MHz}, la pulsation vaut \omega = 2\pi f. Avec les données :

  • \mu_0 = 12{,}6 \times 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1}
  • \gamma = 5\text{ S}\cdot\text{m}^{-1}
  • \omega = 2\pi \times 1{,}0 \times 10^6\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
\begin{aligned} \delta &= \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \gamma \omega}} = \sqrt{\frac{1}{\pi \mu_0 \gamma f}} \\ \delta &= \sqrt{\frac{1}{\pi \times 12{,}6 \times 10^{-7} \times 5 \times 1{,}0 \times 10^6}} \approx 0{,}225\text{ m} \end{aligned}
\boxed{\delta \approx 0{,}22\text{ m} = 22\text{ cm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le choix du signe du vecteur d'onde nécessitait d'utiliser l'information sur le sens de propagation de l'onde.

« La détermination précise de kdoit faire intervenir le sens de propagation de l’onde, indiqué dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Notions : vecteur de poynting, effet de peau

Obtenir l'expression du vecteur de Poynting , puis celle de sa moyenne temporelle .

Voir l'indice

Calculer le champ magnétique \vec{B} via Maxwell-Faraday, former le produit vectoriel \vec{E}\wedge\vec{B}/\mu_0 avec les champs réels, puis moyenner sur une période.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ magnétique \vec{B}(z,t) associé à l'onde à l'aide de l'équation de Maxwell-Faraday.
  2. Repasser aux champs réels \vec{E}(z,t) et \vec{B}(z,t) pour calculer le vecteur de Poynting instantané \vec{\Pi}(z,t) = \frac{\vec{E} \times \vec{B}}{\mu_0}.
  3. En déduire sa moyenne temporelle \langle\vec{\Pi}(z,t)\rangle en prenant la moyenne sur une période T = \frac{2\pi}{\omega}.
Voir la réponse courte

Calcul du champ \vec{B} via Maxwell-Faraday puis expression de \langle\vec{\Pi}\rangle, décroissant exponentiellement en \exp(-2z/\delta).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, le nombre d'onde complexe s'écrit \underline{k} = \frac{1-\mathrm{i}}{\delta} = \frac{\sqrt{2}}{\delta}\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\pi/4}. Le champ électrique sous forme complexe est :

\underline{\vec{E}}(z,t) = E_0 \,\mathrm{e}^{-z/\delta}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\left(\omega t - \frac{z}{\delta}\right)} \vec{e}_x

Le champ électrique réel associé est donc :

\vec{E}(z,t) = \operatorname{Re}(\underline{\vec{E}}) = E_0 \,\mathrm{e}^{-z/\delta} \cos\left(\omega t - \frac{z}{\delta}\right) \vec{e}_x

L'équation de Maxwell-Faraday \vec{\operatorname{rot}}\,\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} devient en notation complexe :

\begin{aligned} -\mathrm{i}\underline{k}\,\vec{e}_z \times \underline{\vec{E}} &= -\mathrm{i}\omega\,\underline{\vec{B}} \\ \underline{\vec{B}} &= \frac{\underline{k}}{\omega}\,\underline{E}_x\,\vec{e}_y = \frac{\sqrt{2}}{\omega \delta} E_0 \,\mathrm{e}^{-z/\delta}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\left(\omega t - \frac{z}{\delta} - \frac{\pi}{4}\right)} \vec{e}_y \end{aligned}

Le champ magnétique réel correspondant est :

\vec{B}(z,t) = \operatorname{Re}(\underline{\vec{B}}) = \frac{\sqrt{2}\,E_0}{\omega \delta} \,\mathrm{e}^{-z/\delta} \cos\left(\omega t - \frac{z}{\delta} - \frac{\pi}{4}\right) \vec{e}_y

Le vecteur de Poynting instantané est donné par \vec{\Pi}(z,t) = \frac{\vec{E}(z,t) \times \vec{B}(z,t)}{\mu_0} :

\vec{\Pi}(z,t) = \frac{\sqrt{2}\,E_0^2}{\mu_0 \omega \delta}\,\mathrm{e}^{-2z/\delta} \cos\left(\omega t - \frac{z}{\delta}\right) \cos\left(\omega t - \frac{z}{\delta} - \frac{\pi}{4}\right) \vec{e}_z

En utilisant la relation trigonométrique \cos a \cos b = \frac{1}{2}\left[\cos(a-b) + \cos(a+b)\right], avec a - b = \frac{\pi}{4} (d'où \cos(a-b) = \frac{\sqrt{2}}{2}) :

\cos\left(\omega t - \frac{z}{\delta}\right) \cos\left(\omega t - \frac{z}{\delta} - \frac{\pi}{4}\right) = \frac{1}{2}\left[\frac{\sqrt{2}}{2} + \cos\left(2\omega t - \frac{2z}{\delta} - \frac{\pi}{4}\right)\right]

On obtient ainsi :

\boxed{\vec{\Pi}(z,t) = \frac{E_0^2}{2\mu_0 \omega \delta}\,\mathrm{e}^{-2z/\delta} \left[1 + \sqrt{2}\cos\left(2\omega t - \frac{2z}{\delta} - \frac{\pi}{4}\right)\right] \vec{e}_z}

La moyenne temporelle du terme oscillant à la pulsation 2\omega étant nulle, il vient :

\boxed{\langle\vec{\Pi}(z,t)\rangle = \frac{E_0^2}{2\mu_0 \omega \delta}\,\mathrm{e}^{-2z/\delta}\,\vec{e}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul du vecteur de Poynting instantané doit obligatoirement être effectué à partir des champs réels.

« Le vecteur de Poynting instantané ne peut être déterminé à partir des champs électrique et magnétique complexes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : effet de peau, atténuation

Évaluer le rapport pour .

Voir l'indice

Exprimer le rapport sous la forme \exp(-2L/\delta) et réaliser l'application numérique avec la valeur de \delta trouvée précédemment.

Voir la réponse courte

Évaluation du rapport d'atténuation \exp(-2L/\delta), montrant une extinction quasi-totale de l'onde sur une dizaine de mètres.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la moyenne temporelle du vecteur de Poynting obtenue à la question Q22 :

\|\langle\vec{\Pi}(z, t)\rangle\| \propto \exp\left(-\frac{2z}{\delta}\right)

Le rapport des flux de puissance moyenne à travers deux sections distantes de L s'écrit donc :

\frac{\|\langle\vec{\Pi}(z+L, t)\rangle\|}{\|\langle\vec{\Pi}(z, t)\rangle\|} = \frac{\exp\left(-\dfrac{2(z+L)}{\delta}\right)}{\exp\left(-\dfrac{2z}{\delta}\right)} = \exp\left(-\frac{2L}{\delta}\right)

Avec les valeurs numériques :

  • L = 10\text{ m} ;
  • \delta \approx 0{,}225\text{ m} (obtenu à la question Q21 pour f = 1{,}0\text{ MHz}).

Il vient :

\frac{2L}{\delta} = \frac{2 \times 10}{0{,}225} \approx 88{,}9

d'où :

\boxed{\frac{\|\langle\vec{\Pi}(z+L, t)\rangle\|}{\|\langle\vec{\Pi}(z, t)\rangle\|} = \exp\left(-\frac{2L}{\delta}\right) \approx \exp(-89) \approx 2 \times 10^{-39}}

Résultat

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde électromagnétique dans un conducteur, effet de peau

Est-il réaliste d'envisager une communication par ondes électromagnétiques (de cette gamme de fréquences) entre le bateau et le sous-marin ?

Voir l'indice

Conclure sur l'impossibilité de communiquer par ondes radio mégahertziennes au vu de l'atténuation gigantesque sur 10 mètres, à comparer aux 11 kilomètres de profondeur.

Voir la réponse courte

Conclusion négative : l'eau de mer étant conductrice, l'épaisseur de peau millimétrique interdit toute liaison radio haute fréquence en profondeur.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q23, la densité surfacique de puissance transportée par l'onde électromagnétique subit déjà une atténuation titanesque sur seulement L = 10\text{ m} :

\frac{\|\langle\vec{\Pi}(z+L, t)\rangle\|}{\|\langle\vec{\Pi}(z, t)\rangle\|} = \exp\left(-\frac{2L}{\delta}\right) \approx 2 \times 10^{-39}

ce qui correspond à une atténuation d'environ -386\text{ dB} sur une dizaine de mètres.

Or, le sous-marin évolue jusqu'au fond de la fosse des Mariannes, soit à une profondeur z_{\max} = 10{,}9\text{ km} = 10\,900\text{ m}. L'atténuation sur une telle distance serait régie par le facteur :

\exp\left(-\frac{2 z_{\max}}{\delta}\right) \approx \exp(-97\,000) \approx 10^{-42\,000}

Le signal électromagnétique est intégralement absorbé au bout de quelques mètres sous la surface de l'eau.

\boxed{\text{Il n'est absolument pas réaliste d'envisager une communication radio à cette fréquence entre le bateau et le sous-marin.}}

Résultat

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IV.B.1 · Équation de propagation de l'onde acoustique

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : onde acoustique, approximation acoustique

Rappeler les hypothèses de l'approximation acoustique. Quelle hypothèse fait-on sur la nature de l'évolution thermodynamique de la particule fluide au passage de l'onde acoustique ?

Voir l'indice

Citer la petitesse des grandeurs perturbatrices devant les grandeurs au repos, la linéarisation des équations de la mécanique des fluides, et le caractère isentropique des transformations acoustiques.

Voir la réponse courte

Rappel des hypothèses de petites perturbations, fluide non visqueux au repos et transformation isentropique de chaque particule fluide.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèses de l'approximation acoustique :

  • Hypothèse des petites perturbations (linéarisation) : l'onde acoustique est une faible perturbation de l'état de repos uniforme :

    |p(z,t)| \ll P_0, \qquad |\mu(z,t)| \ll \rho_0, \qquad |v(z,t)| \ll c

    où c est la célérité du son. Par conséquent, les termes non linéaires d'ordre supérieur à 1 sont négligés (notamment le terme de convection d'Euler (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} \approx v \frac{\partial v}{\partial z}\vec{u}_z devant le terme d'accélération locale \frac{\partial v}{\partial t}\vec{u}_z, ainsi que le produit \mu v devant \rho_0 v).

  • Fluide parfait non dissipatif : les transferts thermiques par conduction thermique et les forces de frottement visqueux au sein du fluide sont négligés.
  • Pesanteur négligée : les forces de gravité sont négligeables devant les forces associées aux gradients de pression acoustique.

2. Nature de l'évolution thermodynamique de la particule fluide :

\boxed{\text{L'évolution thermodynamique d'une particule fluide est modélisée comme isentropique (adiabatique et réversible).}}
  • Elle est considérée comme adiabatique car les temps caractéristiques de diffusion thermique à l'échelle d'une demi-longueur d'onde acoustique \lambda/2 sont très grands devant la période acoustique T = 1/f de l'onde.
  • Elle est considérée comme réversible en l'absence de viscosité et de gradients thermiques notables générateurs d'entropie (phénomènes dissipatifs négligés).

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : onde acoustique, équation de l'acoustique

Donner les trois équations couplées sur , et . Rappeler le concept physique que chacune d'entre elles traduit.

Voir l'indice

Écrire l'équation de conservation de la masse linéarisée, l'équation d'Euler linéarisée sans pesanteur, et la relation de compressibilité isentropique reliant \mu à p.

Voir la réponse courte

Écriture des équations linéarisées : conservation de la masse, Euler et loi de compressibilité isentropique.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation acoustique unidimensionnelle selon (Oz), les trois équations couplées régissant la perturbation s'écrivent :

  1. Équation de conservation de la masse (ou équation de continuité) :
    Elle traduit l'indestructibilité de la matière au cours de l'écoulement. L'équation locale \dfrac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0 s'écrit, en négligeant le terme non linéaire \dfrac{\partial (\mu v)}{\partial z} devant les termes d'ordre 1 :

    \boxed{\frac{\partial \mu}{\partial t} + \rho_0 \frac{\partial v}{\partial z} = 0}
  2. Équation de la dynamique des fluides parfaits (équation d'Euler linéarisée) :
    Elle traduit le principe fondamental de la dynamique appliqué à une particule fluide soumise aux forces pressantes, la viscosité et la pesanteur étant négligées : \rho\left(\dfrac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v}\right) = -\vec{\nabla} P. À l'ordre 1, la projection sur l'axe (Oz) donne :

    \boxed{\rho_0 \frac{\partial v}{\partial t} = -\frac{\partial p}{\partial z}}
  3. Équation d'état thermodynamique (comportement isentropique) :
    Elle traduit la réponse élastique du fluide lors d'une compression isentropique. Par définition du coefficient de compressibilité isentropique \chi_S = \dfrac{1}{\rho}\left(\dfrac{\partial \rho}{\partial P}\right)_{\!S}, le développement à l'ordre 1 au repos donne :

    \boxed{\mu(z,t) = \rho_0 \chi_S \, p(z,t)}

    (ou, sous forme différentielle temporelle, \dfrac{\partial \mu}{\partial t} = \rho_0 \chi_S \dfrac{\partial p}{\partial t}).

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, onde acoustique

Établir l'équation vérifiée par la surpression acoustique dans l'approximation acoustique.

Voir l'indice

Dériver l'équation de continuité par rapport au temps, l'équation d'Euler par rapport à l'espace z, et combiner avec la loi d'état pour éliminer \mu et v.

Voir la stratégie

Pour éliminer la vitesse v(z,t) et la fluctuation de masse volumique \mu(z,t) au profit de la surpression p(z,t) :

  1. On injecte la loi d'état isentropique reliant \mu à p dans l'équation de conservation de la masse ;
  2. On dérive par rapport au temps cette équation et par rapport à l'espace l'équation d'Euler ;
  3. Le théorème de Schwarz permet alors d'éliminer le terme croisé en vitesse \dfrac{\partial^2 v}{\partial z \partial t}.
Voir la réponse courte

Combinaison des trois équations acoustiques linéarisées pour éliminer vitesse et masse volumique et obtenir l'équation d'onde sur p.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q26, les trois équations couplées s'écrivent :

\begin{align*} \frac{\partial \mu}{\partial t} + \rho_0 \frac{\partial v}{\partial z} &= 0 \tag{1} \\ \rho_0 \frac{\partial v}{\partial t} &= -\frac{\partial p}{\partial z} \tag{2} \\ \mu &= \rho_0 \chi_S p \tag{3}\end{align*}

En substituant la relation thermodynamique (3) dans l'équation de continuité (1), et après simplification par \rho_0 \neq 0, on obtient :

\chi_S \frac{\partial p}{\partial t} + \frac{\partial v}{\partial z} = 0

Dérivons cette relation par rapport au temps t :

\chi_S \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial t \partial z} = 0

Par ailleurs, en dérivant l'équation d'Euler (2) par rapport à la variable d'espace z, il vient :

\rho_0 \frac{\partial^2 v}{\partial z \partial t} = -\frac{\partial^2 p}{\partial z^2}

Les champs étant réguliers, le théorème de Schwarz assure l'égalité des dérivées croisées :

\frac{\partial^2 v}{\partial t \partial z} = \frac{\partial^2 v}{\partial z \partial t} = -\frac{1}{\rho_0} \frac{\partial^2 p}{\partial z^2}

En injectant cette expression dans la dérivée temporelle de l'équation de continuité, on aboutit à :

\chi_S \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} - \frac{1}{\rho_0} \frac{\partial^2 p}{\partial z^2} = 0

On obtient ainsi l'équation de d'Alembert unidimensionnelle pour la surpression acoustique :

\boxed{\frac{\partial^2 p}{\partial z^2} - \rho_0 \chi_S \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} = 0 \quad \text{ou encore} \quad \frac{\partial^2 p}{\partial z^2} - \frac{1}{c^2} \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} = 0}

avec une célérité c définie par c = \dfrac{1}{\sqrt{\rho_0 \chi_S}}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury pénalise les résultats forcés malgré la présence d'erreurs de signe dans les équations couplées de départ.

« Les correcteurs ont constaté des manipulations identiques dans la question Q 27. où certains obtiennent l’équation de d’Alembert alors qu’une des trois équations couplées sur p(z, t), μ(z, t) et v(t) présente une erreur de signe. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique

Notions : célérité du son, onde acoustique

Exprimer la vitesse de propagation d'une onde acoustique plane progressive dans l'eau de mer et donner sa valeur numérique.

Voir l'indice

Identifier le terme devant \partial^2 p/\partial t^2 dans l'équation de d'Alembert pour exprimer c = 1/\sqrt{\rho_0\chi_S}, puis calculer sa valeur numérique.

Voir la réponse courte

Expression de la célérité acoustique c = 1/\sqrt{\rho_{0}\chi_{S}} et valeur numérique typique d'environ 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} dans l'eau.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de d'Alembert établie à la question Q27 :

\frac{\partial^2 p}{\partial z^2} - \rho_0 \chi_S \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} = 0

par identification avec la forme standard de l'équation de d'Alembert \frac{\partial^2 p}{\partial z^2} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 p}{\partial t^2} = 0, la célérité c de l'onde acoustique plane progressive s'exprime par :

\boxed{c = \frac{1}{\sqrt{\rho_0 \chi_S}}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • \rho_0 = 1,02 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \chi_S = 4,10 \times 10^{-10}\text{ Pa}^{-1}.
\begin{aligned} c &= \frac{1}{\sqrt{1,02 \times 10^3 \times 4,10 \times 10^{-10}}} \\ &= \frac{1}{\sqrt{4,182 \times 10^{-7}}} \approx 1546\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

En conservant trois chiffres significatifs :

\boxed{c = 1,55 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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IV.B.2 · Relation de passage à l'interface d'un milieu stratifié

Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : relation de dispersion, onde acoustique

Justifier que puis exprimer et en fonction de , et .

Voir l'indice

Utiliser la conservation de la pulsation \omega à travers le dioptre et la relation de dispersion acoustique k = \omega/c dans chaque milieu.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que l'interface étant fixe et le milieu linéaire, la pulsation \omega de l'onde est conservée lors de la réflexion et de la réfraction.
  2. Appliquer la relation de dispersion issue de l'équation de d'Alembert dans chaque milieu homogène pour relier la norme du vecteur d'onde à la pulsation et à la célérité.
Voir la réponse courte

Conservation de la fréquence et dispersion acoustique : k_{i} = \omega/c_{1} et k_{t} = \omega/c_{2}.

Voir le corrigé complet

L'interface entre les deux milieux est fixe et le comportement acoustique est linéaire : les ondes incidente, réfléchie et transmise oscillent donc à la même pulsation \omega.

Dans le milieu 1, les ondes incidente et réfléchie vérifient toutes deux l'équation d'onde de d'Alembert relative à ce milieu :

\Delta p - \frac{1}{c_1^2} \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} = 0

L'injection de la forme d'une onde plane progressive harmonique \exp(\mathrm{i}(\omega t - \vec{k} \cdot \overrightarrow{OM})) conduit à la relation de dispersion :

k^2 = \frac{\omega^2}{c_1^2} \implies \|\vec{k}\| = \frac{\omega}{c_1}

Les ondes incidente et réfléchie se propageant dans le même milieu 1 avec la même pulsation \omega, leurs vecteurs d'onde ont nécessairement la même norme :

\|\vec{k}_i\| = \|\vec{k}_r\| = k_i

De plus, l'onde transmise se propage dans le milieu 2 à la célérité c_2. La relation de dispersion dans ce second milieu donne identiquement :

k_t = \|\vec{k}_t\| = \frac{\omega}{c_2}

On obtient ainsi :

\boxed{k_i = \frac{\omega}{c_1} \quad \text{et} \quad k_t = \frac{\omega}{c_2}}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : réflexion acoustique, condition aux limites

Traduire la continuité de la pression en un point quelconque de l'interface et la mettre sous la forme

Voir l'indice

Écrire l'égalité des pressions totales à l'interface z=0 : p_i(P,t) + p_r(P,t) = p_t(P,t) et factoriser par le terme incident en P.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition aux limites mécanique à l'interface entre les deux fluides : la continuité de la pression totale, et donc de la surpression acoustique.
  2. Écrire l'égalité des surpressions complexes en superposant les ondes incidente et réfléchie dans le milieu 1, et l'onde transmise dans le milieu 2.
  3. Factoriser par le facteur de phase de l'onde incidente pour aboutir à la relation souhaitée.
Voir la réponse courte

Continuité de la surpression totale à l'interface plane séparant les deux milieux en un point quelconque P.

Voir le corrigé complet

À la traversée d'une interface séparant deux fluides (en l'absence d'effets de tension superficielle), la pression doit être continue afin d'éviter une accélération infinie d'une tranche de fluide d'épaisseur infinitésimale. La pression de repos P_0 étant supposée uniforme et identique de part et d'autre de l'interface, la continuité de la pression totale P(M,t) = P_0 + p(M,t) impose la continuité de la surpression acoustique en tout point P de l'interface (z=0) et à chaque instant t :

p_1(P, t) = p_2(P, t)

Dans le milieu 1, le champ acoustique résulte de la superposition de l'onde incidente et de l'onde réfléchie, tandis que dans le milieu 2, seule l'onde transmise se propage. En notation complexe, cette condition s'écrit :

\underline{p}_i(P, t) + \underline{p}_r(P, t) = \underline{p}_t(P, t)

En remplaçant par les expressions fournies par l'énoncé :

\underline{p}_{i0}\exp\left(\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}_i \cdot \overrightarrow{OP})\right) + \underline{p}_{r0}\exp\left(\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}_r \cdot \overrightarrow{OP})\right) = \underline{p}_{t0}\exp\left(\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}_t \cdot \overrightarrow{OP})\right)

En divisant chaque membre par le terme non nul \exp\left(\mathrm{i}(\omega t - \vec{k}_i \cdot \overrightarrow{OP})\right), il vient :

\underline{p}_{i0} + \underline{p}_{r0} \frac{\exp\left(-\mathrm{i}\vec{k}_r \cdot \overrightarrow{OP}\right)}{\exp\left(-\mathrm{i}\vec{k}_i \cdot \overrightarrow{OP}\right)} = \underline{p}_{t0} \frac{\exp\left(-\mathrm{i}\vec{k}_t \cdot \overrightarrow{OP}\right)}{\exp\left(-\mathrm{i}\vec{k}_i \cdot \overrightarrow{OP}\right)}

On obtient ainsi directement la relation demandée :

\boxed{\underline{p}_{i 0}+\underline{p}_{r 0} \exp \left(\mathrm{i}\left(\vec{k}_{i}-\vec{k}_{r}\right) \cdot \overrightarrow{O P}\right)=\underline{p}_{t 0} \exp \left(\mathrm{i}\left(\vec{k}_{i}-\vec{k}_{t}\right) \cdot \overrightarrow{O P}\right)}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : continuité de la phase, loi de snell-descartes

Justifier que cette relation impose pour tout point sur l'interface.

Voir l'indice

Remarquer que la relation doit être vérifiée pour tout point P(x,y,0) et à tout instant t, ce qui impose l'égalité des phases spatiales le long de l'interface.

Voir la stratégie
  1. Identifier que la relation de continuité issue de la question Q30 doit être satisfaite en tout point P de l'interface z = 0, c'est-à-dire pour tout couple de coordonnées (x,y).
  2. Constater que le premier terme \underline{p}_{i0} est indépendant de la position de P (gradient spatial nul).
  3. Utiliser l'indépendance des fonctions exponentielles spatiales de fréquences distinctes pour en déduire la nullité des déphasages spatiaux.
Voir la réponse courte

L'égalité spatiale requise sur toute l'interface impose l'accord de phase, d'où l'annulation des produits scalaires.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, la continuité de la pression acoustique à l'interface s'écrit, en tout point P(x,y,0) du plan z = 0 :

\underline{p}_{i0} + \underline{p}_{r0} \exp\!\big(\mathrm{i} (\vec{k}_i - \vec{k}_r) \cdot \overrightarrow{OP}\big) = \underline{p}_{t0} \exp\!\big(\mathrm{i} (\vec{k}_i - \vec{k}_t) \cdot \overrightarrow{OP}\big)

Le membre de gauche contient une constante \underline{p}_{i0} \neq 0, strictement indépendante des coordonnées (x,y) du point P.

Pour que cette combinaison linéaire de termes exponentiels soit vérifiée de manière universelle sur tout le plan de l'interface (quel que soit \overrightarrow{OP} = x\,\vec{u}_x + y\,\vec{u}_y), les trois termes doivent présenter la même dépendance spatiale le long de l'interface.

Puisque le terme \underline{p}_{i0} ne dépend pas de \overrightarrow{OP}, la dépendance spatiale des deux autres termes doit obligatoirement être nulle. Les phases spatiales relatives ne doivent pas varier avec la position de P :

\forall\, P \in \text{interface}, \quad (\vec{k}_i - \vec{k}_r) \cdot \overrightarrow{OP} = \text{cte} \quad \text{et} \quad (\vec{k}_i - \vec{k}_t) \cdot \overrightarrow{OP} = \text{cte}'

En choisissant en particulier l'origine O qui appartient à l'interface (\overrightarrow{OO} = \vec{0}), ces constantes sont nécessairement nulles. On en déduit ainsi que pour tout point P de l'interface :

\boxed{(\vec{k}_i - \vec{k}_r) \cdot \overrightarrow{OP} = 0 \quad \text{et} \quad (\vec{k}_i - \vec{k}_t) \cdot \overrightarrow{OP} = 0}

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de snell-descartes, réflexion et réfraction

En déduire que et sont nuls et que

Quelles lois retrouve-t-on ?

Voir l'indice

Projeter la condition d'accord de phase sur l'axe Ox et l'axe Oy pour retrouver les lois de Snell-Descartes pour la réflexion et la réfraction.

Voir la réponse courte

Projection tangentielle des vecteurs d'onde : identification des lois de Snell-Descartes pour la réflexion et la réfraction acoustique.

Voir le corrigé complet

Un point P quelconque de l'interface z = 0 est repéré par son vecteur position :

\overrightarrow{OP} = x\,\vec{u}_x + y\,\vec{u}_y

L'énoncé précise que \vec{k}_i = k_{i,x}\,\vec{u}_x + k_{i,z}\,\vec{u}_z, ce qui implique k_{i,y} = 0.

1. Annulation des composantes selon y :

La condition d'accord de phase établie à la question Q31 doit être vérifiée pour tout point P de l'interface, c'est-à-dire pour tout couple (x,y) \in \mathbb{R}^2 :

\begin{aligned} (\vec{k}_i - \vec{k}_r)\cdot \overrightarrow{OP} &= (k_{i,x} - k_{r,x})\,x - k_{r,y}\,y = 0 \\ (\vec{k}_i - \vec{k}_t)\cdot \overrightarrow{OP} &= (k_{i,x} - k_{t,x})\,x - k_{t,y}\,y = 0 \end{aligned}

Pour x = 0 et y \neq 0, ces relations imposent immédiatement :

\boxed{k_{r,y} = 0 \quad \text{et} \quad k_{t,y} = 0}

Les trois vecteurs d'onde \vec{k}_i, \vec{k}_r et \vec{k}_t sont donc coplanaires : ils appartiennent au plan d'incidence (xOz).

2. Relations angulaires :

Pour y = 0 et x \neq 0, la conservation de la composante tangentielle du vecteur d'onde donne :

k_{i,x} = k_{r,x} = k_{t,x}

D'après la géométrie définie sur la figure 5 :

  • Pour l'onde incidente : k_{i,x} = k_i \sin\theta_i avec k_i = \dfrac{\omega}{c_1} (d'après Q29).
  • Pour l'onde transmise : k_{t,x} = k_t \sin\theta_t avec k_t = \dfrac{\omega}{c_2} (d'après Q29). L'égalité k_{i,x} = k_{t,x} conduit à :

    \frac{\omega}{c_1}\sin\theta_i = \frac{\omega}{c_2}\sin\theta_t \implies \frac{\sin\theta_i}{c_1} = \frac{\sin\theta_t}{c_2}
  • Pour l'onde réfléchie : elle se propage dans le milieu 1, d'où k_r = k_i. En repérant l'angle \theta_r de manière algébrique par rapport à la normale de façon symétrique à l'angle d'incidence (comme indiqué par la flèche sur la figure 5, où la déviation s'effectue en sens opposé), on a k_{r,x} = -k_r \sin\theta_r, d'où :

    k_i \sin\theta_i = -k_i \sin\theta_r \implies \theta_r = -\theta_i

On aboutit ainsi au système :

\boxed{\left\{\begin{array}{l} \theta_r = -\theta_i \\[6pt] \dfrac{\sin\theta_i}{c_1} = \dfrac{\sin\theta_t}{c_2} \end{array}\right.}

3. Identification des lois :

On retrouve les lois de Snell-Descartes (ou lois de Descartes) pour la réflexion et la réfraction (ici la transmission acoustique), identiques à celles de l'optique géométrique :

  • première loi : les rayons réfléchi et transmis sont contenus dans le plan d'incidence ;
  • deuxième loi : l'angle de réflexion est opposé à l'angle d'incidence (ou égal en valeur absolue) ;
  • troisième loi : la loi de réfraction fait intervenir les indices acoustiques n_1 = \dfrac{c_0}{c_1} et n_2 = \dfrac{c_0}{c_2}, ce qui redonne n_1 \sin\theta_i = n_2 \sin\theta_t.

Résultat

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IV.B.3 · Propagation d'une onde acoustique dans un milieu inhomogène

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : loi de snell-descartes, invariant de snell-descartes

D'après la question 32, quelle grandeur faisant intervenir et est conservée au cours du trajet des ondes acoustiques ?

Voir l'indice

Généraliser la loi de Descartes à une infinité de strates horizontales infinitésimales pour identifier l'invariant le long du rayon sonore.

Voir la réponse courte

Déduction de l'invariant de Descartes le long du rayon : \frac{\sin\theta(z)}{c(z)} = \text{cte}.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de réfraction établie à la question Q32, le passage d'une onde acoustique à travers une interface plane horizontale impose :

\frac{\sin \theta_i}{c_1} = \frac{\sin \theta_t}{c_2}

En modélisant un milieu continûment stratifié selon l'axe vertical (Oz) comme un empilement continu de dioptres plans horizontaux infinitésimaux, cette relation est vérifiée à chaque interface.

Par conséquent, la grandeur faisant intervenir \theta et c qui se conserve tout au long du trajet d'un rayon acoustique est :

\boxed{\frac{\sin \theta(z)}{c(z)} = \text{cte}}

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : rayon sonore, milieu inhomogène

Dessiner l'allure des trajets des rayons émis quasi verticalement en en supposant que est une fonction croissante de .

Voir l'indice

Tracer des rayons dont la pente par rapport à la verticale augmente avec la profondeur z (les rayons s'écartent de la verticale et s'incurvent vers l'horizontale).

Voir la stratégie
  1. Exploiter la loi de conservation issue de la relation de Snell-Descartes acoustique établie à la question précédente.
  2. Déterminer l'évolution de l'angle \theta(z) au fur et à mesure que la profondeur z augmente lorsque c(z) est croissante.
  3. Représenter l'allure des rayons dans le repère (O, x, z) avec l'axe Oz orienté vers le bas.
Voir la réponse courte

Tracé qualitatif des rayons se courbant vers les zones de plus faible célérité (concavité vers le haut).

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, la loi de Snell-Descartes acoustique se traduit par la conservation le long d'un rayon de la quantité :

\frac{\sin\theta(z)}{c(z)} = \frac{\sin\theta_0}{c_0}

où \theta(z) est l'angle algébrique du rayon avec la verticale descendante (Oz) et \theta_0 = \theta(0).

  • Rayon strictement vertical (\theta_0 = 0) :
    On a \sin\theta(z) = 0, donc \theta(z) = 0 pour toute profondeur : le rayon se propage en ligne droite selon l'axe vertical (Oz).
  • Rayons quasi verticaux (\theta_0 \neq 0 avec |\theta_0| \ll 1) :
    La célérité c(z) étant supposée strictement croissante avec la profondeur z, le rapport c(z)/c_0 > 1 augmente avec z. Par conséquent :

    \sin\theta(z) = \frac{c(z)}{c_0}\,\sin\theta_0

    augmente en valeur absolue avec la profondeur. L'angle |\theta(z)| augmente donc le long de la trajectoire : le rayon s'écarte progressivement de la verticale et tend vers l'horizontale. La trajectoire présente une concavité tournée vers le haut (vers les zones de plus faible célérité).

    Si la profondeur est suffisante, le rayon atteint une profondeur maximale z_{\text{tournant}} où |\sin\theta| = 1 (\theta = \pm \frac{\pi}{2}, tangente horizontale), puis rebrousse chemin vers la surface par réfraction progressive (phénomène de mirage acoustique).

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : réfraction, angle limite

Quelle est la valeur de l'angle maximal avec lequel le rayon doit être émis en surface pour qu'il atteigne le fond de la fosse des Mariannes.

Voir l'indice

Appliquer la condition de non-réflexion totale au fond où la vitesse c(z) est maximale : \sin\theta_0 / c_0 \le 1 / c(z_{\max}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'angle \theta(z) en tout point de la trajectoire à partir de la loi de Snell-Descartes acoustique établie à la question précédente.
  2. Identifier la condition d'existence de la trajectoire jusqu'au fond : le rayon ne doit pas atteindre de point de rebroussement (réflexion totale progressive où \theta = 90^\circ) avant la profondeur maximale.
  3. Relever sur la figure 6 les célérités en surface c(0) et au fond c(z_{\max}), puis en déduire l'angle maximal d'émission \theta_{0,\max}.
Voir la réponse courte

Condition de non-réflexion totale jusqu'au fond : \sin\theta_{0} \le c(0)/c_{\max}, d'où l'angle limite d'émission.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Snell-Descartes acoustique (question Q33), la grandeur \dfrac{\sin \theta(z)}{c(z)} est conservée au cours de la propagation. En notant \theta_0 l'angle d'émission du rayon sonore à la surface (z = 0) par rapport à la verticale et c_0 = c(0) la célérité en surface, on a :

\sin \theta(z) = \frac{c(z)}{c_0} \sin \theta_0

Pour qu'un rayon sonore puisse atteindre une profondeur z, la direction de propagation doit rester définie, ce qui impose :

\sin \theta(z) \le 1

Si cette condition n'est plus vérifiée en une profondeur intermédiaire z_{\text{reb}}, le rayon devient horizontal (\theta = 90^\circ) et fait demi-tour par réfraction progressive vers la surface (phénomène de réflexion totale).

Examinons le profil de célérité c(z) donné par la figure 6 :

  • Entre z = 0 et z \approx 1\,000\text{ m}, c(z) diminue : le rapport \frac{c(z)}{c_0} est inférieur à 1, le rayon se rapproche de la verticale (\theta(z) < \theta_0), il n'y a aucun risque de rebroussement ;
  • Pour z > 1\,000\text{ m}, c(z) est une fonction strictement croissante de la profondeur et atteint son maximum absolu au fond de la fosse, en z_{\max} = 10{,}9\text{ km}.

La condition la plus restrictive pour atteindre le fond est donc atteinte en z = z_{\max} :

\sin \theta(z_{\max}) \le 1 \iff \sin \theta_0 \le \frac{c_0}{c(z_{\max})}

L'angle maximal d'émission en surface \theta_{0,\max} vérifie ainsi :

\sin \theta_{0,\max} = \frac{c(0)}{c(z_{\max})}

Par lecture sur la figure 6 :

  • en surface (z = 0) : c(0) \approx 1\,535\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • au fond (z_{\max} = 10{,}9\text{ km} \approx 11\text{ km}) : c(z_{\max}) \approx 1\,650\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

On en déduit :

\begin{aligned} \sin \theta_{0,\max} &\approx \frac{1\,535}{1\,650} \approx 0{,}930 \end{aligned}

ce qui donne pour l'angle d'émission maximal :

\boxed{\theta_{0,\max} \approx 68^\circ \text{ à } 69^\circ \quad (\text{soit } 1{,}2\text{ rad})}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : équation de rayon, cinématique du rayon

Exprimer le rapport en fonction de .

Voir l'indice

Considérer le triangle rectangle infinitésimal formé par \mathrm{d}x, \mathrm{d}z et l'élément d'arc de trajectoire faisant un angle \theta avec la verticale.

Voir la réponse courte

Par définition de l'angle \theta avec la verticale descendante, \tan\theta = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}z}, d'où \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x} = \frac{1}{\tan\theta}.

Voir le corrigé complet

Considérons un déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}x\,\vec{u}_x + \mathrm{d}z\,\vec{u}_z le long du rayon acoustique dans le plan (x, z).

D'après la figure 7 de l'énoncé, l'angle \theta est défini par rapport à la verticale descendante (axe Oz). Dans le triangle rectangle formé par les composantes \mathrm{d}x et \mathrm{d}z, on a :

\left\{ \begin{aligned} \mathrm{d}x &= \mathrm{d}\ell \sin \theta \\ \mathrm{d}z &= \mathrm{d}\ell \cos \theta \end{aligned} \right.

On en déduit :

\tan \theta = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}z}

ce qui conduit immédiatement à :

\boxed{\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x} = \frac{1}{\tan \theta}}

(ou de manière équivalente \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x} = \mathrm{cotan}\,\theta = \frac{\cos\theta}{\sin\theta}).

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : loi de snell-descartes, rayon lumineux

À l'aide de la grandeur conservée déterminée précédemment, en notant l'angle d'incidence à la surface (), montrer que

Voir l'indice

Exprimer \tan^2\theta = \sin^2\theta / (1 - \sin^2\theta) et remplacer \sin\theta(z) à l'aide de l'invariant de Snell-Descartes n(z)\sin\theta(z) = \sin\theta_0.

Voir la réponse courte

Utilisation de \sin\theta(z) = \frac{\sin\theta_{0}}{n(z)} et de la trigonométrie \tan^{2}\theta = \frac{\sin^{2}\theta}{1-\sin^{2}\theta}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q33, l'invariant de Snell-Descartes pour un milieu stratifié horizontalement s'écrit sous la forme :

n(z)\sin\theta(z) = \mathrm{cte}

Par définition, l'indice en surface (z = 0) vaut n(0) = \frac{c_0}{c(0)} = 1. L'angle d'incidence en surface étant noté \theta_0, la conservation s'écrit en tout point de profondeur z :

n(z)\sin\theta(z) = n(0)\sin\theta_0 = \sin\theta_0

On en déduit l'expression du sinus de l'angle à la profondeur z :

\sin\theta(z) = \frac{\sin\theta_0}{n(z)}

En utilisant l'identité trigonométrique reliant la tangente au sinus :

\tan^2\theta(z) = \frac{\sin^2\theta(z)}{\cos^2\theta(z)} = \frac{\sin^2\theta(z)}{1 - \sin^2\theta(z)}

En injectant l'expression de \sin\theta(z), on obtient directement la relation demandée :

\boxed{\tan^2\theta(z) = \frac{\frac{\sin^2\theta_0}{n^2(z)}}{1 - \left(\frac{\sin\theta_0}{n(z)}\right)^2}}

Résultat

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : équation de trajectoire, rayon lumineux

En déduire l'équation différentielle de la trajectoire

Voir l'indice

Inverser la relation \mathrm{d}z/\mathrm{d}x = 1/\tan\theta et injecter le résultat établi à la question précédente.

Voir la réponse courte

Substitution de \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x} = \frac{1}{\tan\theta(z)} pour obtenir l'équation différentielle de la trajectoire.

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q36, la pente de la trajectoire s'écrit :

\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x} = \frac{1}{\tan\theta(z)} \implies \left(\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x}\right)^2 = \frac{1}{\tan^2\theta(z)}

En injectant l'expression de \tan^2\theta(z) obtenue à la question Q37, il vient :

\begin{aligned} \left(\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x}\right)^2 &= \frac{1 - \left(\dfrac{\sin\theta_0}{n(z)}\right)^2}{\left(\dfrac{\sin\theta_0}{n(z)}\right)^2} \\ &= \frac{1}{\left(\dfrac{\sin\theta_0}{n(z)}\right)^2} - 1 \end{aligned}

On obtient ainsi directement l'équation différentielle régissant la trajectoire z(x) du rayon acoustique :

\boxed{\left(\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}x}\right)^2 = \left(\frac{n(z)}{\sin\theta_0}\right)^2 - 1}

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : profil de vitesse, lecture de graphe

Par quelle équation simple peut-on décrire l'évolution de la vitesse de propagation du son dans l'océan avec la profondeur, pour des profondeurs inférieures à 1000 m ? Donner une évaluation numérique des différents paramètres intervenant dans cette équation.

Voir l'indice

Lire sur le graphique la célérité en surface et à 1000\text{ m} pour proposer un modèle linéaire c(z) = c_0 + a_1 z et estimer la pente négative a_1.

Voir la stratégie
  1. Proposer une modélisation simple par une fonction affine pour décrire l'évolution de la célérité c(z) sur l'intervalle [0,\, 1000\text{ m}].
  2. Relever sur la figure 6 les valeurs de la célérité en surface (z = 0) et à la profondeur de transition (z = 1000\text{ m}).
  3. En déduire la pente de cette droite et donner l'équation numérique complète avec les unités adaptées.
Voir la réponse courte

Ajustement linéaire décroissant de la célérité c(z) = c_{0} - a_{1}z sur les 1000 premiers mètres et lecture des coefficients.

Voir le corrigé complet

Sur la plage de profondeurs 0 \le z \le 1000\text{ m}, on peut modéliser l'évolution de la vitesse de propagation du son par une loi affine :

\boxed{c(z) = c_0 + a_1 z}

où c_0 est la célérité en surface (z = 0) et a_1 le gradient vertical de célérité.

La lecture graphique sur la figure 6 donne :

  • en surface (z = 0) : c_0 \approx 1535\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (valeur comprise entre 1530 et 1540\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) ;
  • à la profondeur z_1 = 1000\text{ m} : c(z_1) \approx 1485\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (valeur comprise entre 1480 et 1490\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}).

Le paramètre de pente a_1 vaut ainsi :

a_1 = \frac{c(z_1) - c_0}{z_1 - 0} \approx \frac{1485 - 1535}{1000} = -0{,}050\text{ s}^{-1}

Numériquement, l'équation s'écrit (avec z en mètres et c en \text{m}\cdot\text{s}^{-1}) :

\boxed{c(z) = 1535 - 0{,}050\, z}

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : profil de vitesse, lecture de graphe

Reprendre la même démarche pour des profondeurs supérieures à 1000 m.

Voir l'indice

Procéder de même entre 1000\text{ m} et 10\,900\text{ m} en ajustant une droite de pente positive a_2.

Voir la stratégie
  1. Observer le profil de célérité sur la figure 6 pour z > 1\,000\text{ m} et constater son allure rectiligne.
  2. Relever les coordonnées de plusieurs points sur la partie linéaire du graphe.
  3. Calculer la pente a_2 = \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z} ainsi que l'ordonnée à l'origine associée afin d'établir l'équation affine décrivant c(z).
Voir la réponse courte

Modélisation affine croissante c(z) = c_{1000} + a_{2}(z-1000) pour les profondeurs supérieures à 1000 m sous l'effet de la pression.

Voir le corrigé complet

Pour des profondeurs supérieures à 1\,000\text{ m}, la figure 6 montre que la vitesse de propagation c(z) varie de manière rigoureusement linéaire avec la profondeur z. On peut donc décrire cette évolution par une loi affine analogue à celle de la question précédente :

c(z) = c_{02} + a_2 z

où a_2 = \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z} est le gradient vertical de célérité et c_{02} l'ordonnée à l'origine (valeur extrapolée à z = 0).

Pour évaluer ces paramètres, relevons deux points remarquables sur la droite de la figure 6 :

  • point A (intersection avec la ligne 1\,500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) : z_A \approx 2\,600\text{ m}, c_A = 1\,500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • point B (extrémité au niveau de la fosse) : z_B \approx 11\,000\text{ m}, c_B = 1\,650\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

On peut également vérifier la cohérence avec les intersections intermédiaires du quadrillage :

z \approx 5\,400\text{ m} \text{ pour } c = 1\,550\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad z \approx 8\,200\text{ m} \text{ pour } c = 1\,600\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Le gradient de célérité s'obtient par :

a_2 = \frac{c_B - c_A}{z_B - z_A} = \frac{1\,650 - 1\,500}{11\,000 - 2\,600} = \frac{150}{8\,400} \approx 1{,}79 \times 10^{-2}\text{ s}^{-1} \approx 1{,}8 \times 10^{-2}\text{ s}^{-1}

L'ordonnée à l'origine extrapolée vaut alors :

c_{02} = c_B - a_2 z_B \approx 1\,650 - 1{,}786 \times 10^{-2} \times 11\,000 \approx 1\,454\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 1{,}45 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

L'évolution de la célérité pour z > 1\,000\text{ m} s'écrit donc :

\boxed{c(z) \approx 1\,454 + 1{,}8 \times 10^{-2}\, z \quad (\text{avec } z \text{ en m et } c \text{ en m}\cdot\text{s}^{-1})}

On peut également exprimer cette relation en prenant comme référence la profondeur charnière z_1 = 1\,000\text{ m} où c(z_1) \approx 1\,472\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\boxed{c(z) \approx 1\,472 + 1{,}8 \times 10^{-2}\,(z - 1\,000) \quad (\text{pour } z \ge 1\,000\text{ m})}

Résultat

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Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : rayon de courbure, milieu à gradient d'indice

Montrer que, pour des profondeurs inférieures ou supérieures à 1000 m, les rayons acoustiques ont une forme simple que l'on précisera. Déterminer l'expression des rayons de courbure et dans ces deux intervalles. On fera intervenir les paramètres évalués aux questions précédentes.

Voir l'indice

Calculer \mathrm{d}n/\mathrm{d}z pour chaque profil affine de c(z) et montrer que le rayon de courbure R est quasiment indépendant de z, ce qui correspond à des arcs de cercle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport \dfrac{n^2(z)}{\dfrac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}z}} en fonction de c(z) et de sa dérivée \dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}.
  2. Injecter cette expression dans la relation fournie pour le rayon de courbure R(z) et constater son indépendance vis-à-vis de z sur chaque intervalle.
  3. En déduire la nature géométrique de la trajectoire (arc de cercle) et expliciter R_1 et R_2.
Voir la réponse courte

Pour un profil linéaire de célérité, les rayons sont des arcs de cercle de rayon de courbure R = c/|a\sin\theta|.

Voir le corrigé complet

Par définition de l'indice acoustique, n(z) = \dfrac{c_0}{c(z)}. En dérivant par rapport à z, on obtient :

\frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}z} = -\frac{c_0}{c^2(z)} \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z} = -\frac{n^2(z)}{c_0} \frac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}

Il vient ainsi :

\frac{n^2(z)}{\dfrac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}z}} = -\frac{c_0}{\dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z}}

En reportant dans l'expression du rayon de courbure R(z), on trouve :

R(z) = \left| \frac{n^2(z)}{\dfrac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}z} \sin\theta_0} \right| = \frac{c_0}{\left| \dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z} \right| \sin\theta_0}

D'après les questions Q39 et Q40, le gradient vertical de la vitesse du son est constant par morceaux :

  • Pour z \le 1000\text{ m}, \dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z} = a_1 = \text{cte} ;
  • Pour z > 1000\text{ m}, \dfrac{\mathrm{d}c}{\mathrm{d}z} = a_2 = \text{cte}.

Dans chacun de ces deux intervalles, le rayon de courbure R est indépendant de la profondeur z : il est rigoureusement constant.

Une courbe plane à rayon de courbure constant est un cercle. Par conséquent, les rayons acoustiques sont formés d'arcs de cercle dans chacun des deux milieux.

Les rayons de courbure respectifs s'écrivent :

\boxed{R_1 = \frac{c_0}{|a_1| \sin\theta_0}}
\boxed{R_2 = \frac{c_0}{a_2 \sin\theta_0}}

Résultat

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : ouverture angulaire, onde acoustique

Proposer, en le justifiant, un majorant raisonnable pour la valeur de l'angle d'incidence de l'émetteur par rapport à la verticale.

Voir l'indice

Approcher l'angle moyen par l'angle de visée directe en ligne droite \tan\theta_0 \approx \Delta x / z_{\max}.

Voir la stratégie
  1. Relier la géométrie globale du problème (déplacement vertical z_{\max} = 10{,}9\text{ km} et déplacement horizontal \Delta x = 1\text{ km}) à l'angle moyen de propagation du rayon acoustique.
  2. Constater que les variations relatives de célérité c(z) restent faibles (\Delta c / c_0 \lesssim 10\,\%) sur l'ensemble de la colonne d'eau, de sorte que le rayon acoustique s'écarte très peu de la ligne droite reliant le navire au sous-marin.
  3. En déduire une estimation et un majorant simple et pertinent pour l'angle d'incidence \theta_0.
Voir la réponse courte

Justification d'une émission très directive proche de la verticale pour éviter la réfraction totale et limiter la dispersion géométrique.

Voir le corrigé complet

Le navire en surface et le sous-marin au fond sont distants verticalement de z_{\max} = 10{,}9\text{ km} et horizontalement de \Delta x = 1{,}0\text{ km}.

L'angle moyen d'un trajet rectiligne direct reliant l'émetteur au récepteur par rapport à la verticale est donné par :

\tan \theta_{\text{dir}} = \frac{\Delta x}{z_{\max}} = \frac{1{,}0}{10{,}9} \approx 0{,}092 \implies \theta_{\text{dir}} \approx 0{,}092\text{ rad} \approx 5{,}3^\circ

D'après la figure 6, la célérité du son varie entre c_{\min} \approx 1\,485\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et c_{\max} \approx 1\,650\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, soit des écarts relatifs n'excédant pas 10\,\% par rapport à la valeur en surface c_0 \approx 1\,535\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Par conséquent, l'angle \theta(z) reste très proche de l'angle d'émission \theta_0 tout au long du trajet :

\sin \theta(z) = \frac{c(z)}{c_0}\sin\theta_0 \approx \sin\theta_0

Puisque \theta(z) \ll 1, on a \tan\theta(z) \approx \theta(z), et le déplacement horizontal s'écrit :

\Delta x = \int_0^{z_{\max}} \tan \theta(z)\,\mathrm{d}z \approx \bar{\theta}\, z_{\max}

L'angle d'incidence initial \theta_0 est donc du même ordre de grandeur que \theta_{\text{dir}} \approx 5{,}3^\circ.

On peut ainsi raisonnablement retenir comme majorant :

\boxed{\theta_0 \le 0{,}10\text{ rad} \approx 6^\circ \quad (\text{ou } \theta_0 \le 10^\circ)}

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Notions : rayon de courbure, application numérique

En déduire les valeurs numériques des rayons de courbure et pour cette incidence. Conclure sur l'orientation de l'émetteur.

Voir l'indice

Calculer numériquement R_1 et R_2 avec le majorant de l'angle trouvé et conclure sur le fait que la déviation du faisceau reste très faible sur ce trajet quasi vertical.

Voir la stratégie
  1. Effectuer les applications numériques de R_1 et R_2 à partir des expressions de la question Q41, de la célérité de surface c_0 et du gradient évalué dans chaque zone (questions Q39 et Q40), pour l'angle d'incidence \theta_0 \approx 5{,}3^\circ déterminé en Q42.
  2. Comparer ces rayons de courbure à la profondeur de propagation (z_{\max} \approx 11\text{ km}) afin de quantifier la courbure globale du trajet.
  3. En déduire l'allure quasi rectiligne de la trajectoire et conclure sur le pointage requis pour l'émetteur acoustique.
Voir la réponse courte

Calcul des rayons R_{1} et R_{2} : courbure faible à forte profondeur, imposant d'orienter le transducteur presque verticalement.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q41, les rayons de courbure dans les deux zones s'écrivent :

R_1 = \frac{c_0}{|a_1|\sin\theta_0} \quad \text{et} \quad R_2 = \frac{c_0}{a_2\sin\theta_0}

En retenant l'angle estimé à la question Q42, \theta_0 \approx 5{,}3^\circ (soit \sin\theta_0 \approx 0{,}092), et les paramètres déterminés aux questions Q39 et Q40 (c_0 \approx 1\,535\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, |a_1| \approx 0{,}050\text{ s}^{-1} et a_2 \approx 1{,}8 \times 10^{-2}\text{ s}^{-1}), on obtient :

\begin{aligned} R_1 &= \frac{1\,535}{0{,}050 \times 0{,}092} \approx 3{,}3 \times 10^5\text{ m} = 330\text{ km} \\ R_2 &= \frac{1\,535}{1{,}8 \times 10^{-2} \times 0{,}092} \approx 9{,}3 \times 10^5\text{ m} = 930\text{ km} \end{aligned}
\boxed{R_1 \approx 3{,}3 \times 10^2\text{ km} \quad \text{et} \quad R_2 \approx 9{,}3 \times 10^2\text{ km}}

Conclusion sur l'orientation de l'émetteur : Les rayons de courbure sont considérables devant la profondeur maximale explorée :

R_1,\, R_2 \gg z_{\max} \approx 10{,}9\text{ km}

La variation angulaire subie par le rayon le long de sa trajectoire est très faible :

\begin{aligned} |\Delta \theta_1| &\sim \frac{\Delta z_1}{R_1} \approx \frac{1\text{ km}}{330\text{ km}} \approx 3 \times 10^{-3}\text{ rad} \approx 0{,}2^\circ \\ |\Delta \theta_2| &\sim \frac{\Delta z_2}{R_2} \approx \frac{10\text{ km}}{930\text{ km}} \approx 1{,}1 \times 10^{-2}\text{ rad} \approx 0{,}6^\circ \end{aligned}

De plus, la vitesse décroît dans la première couche puis croît dans la seconde, de sorte que les courbures sont de sens opposés et se compensent partiellement.

La trajectoire du rayon acoustique est donc quasiment rectiligne. Il suffit d'orienter l'émetteur acoustique en ligne directe vers le sous-marin, soit avec une inclinaison par rapport à la verticale de :

\boxed{\theta_0 \approx 5^\circ}

en direction de la position estimée de l'habitacle.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2022 ?

Surtout 4 chapitres : Optique géométrique (24 % des questions), Ondes mécaniques et acoustiques (20 %), Mécanique des fluides (13 %, partie I) et Premier et second principes de la thermodynamique (10 %, partie II). Plus ponctuellement : Oxydoréduction et électrochimie, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Ondes électromagnétiques dans les milieux et Cinétique chimique.

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2022 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 23 questions sur 43 (53 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q7), la partie II en entier (Q8 à Q10) et la sous-partie IV.B.3 (Q33 à Q43), ainsi que Q11 et Q12. Avec les autres programmes de première année : 15 en TSI1 et 23 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2022 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie IV est la plus longue (environ 2 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q7 (poussée d'archimède), Q22 (vecteur de poynting) et Q41 (rayon de courbure).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2022 ?

Questions de cours : Q1 (statique des fluides), Q3 (coefficient thermoélastique), Q8 (composition de l'air), Q11 (oxydoréduction), Q13 (courant de corrosion), Q16 (loi d'ohm locale), Q19 (équation de maxwell-ampère), Q25 (onde acoustique)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (statique des fluides), Q17 (conservation de la charge), Q20 (effet de peau), Q21 (épaisseur de peau), Q27 (équation de d'alembert) et Q31 (continuité de la phase).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (27 sur 43), par exemple : Q1, Q2, Q6, Q8, Q10 à Q13, Q15, Q16, Q18, Q19, Q21, Q23 à Q26, Q28…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q3 à Q5, Q9, Q17, Q30, Q32, Q37 et Q38.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

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