Corrigé détaillé ENS Physique U PSI 2022
Étude de l'interaction entre un atome et le champ électromagnétique
- 72 questions corrigées
- Sujet accessible
- Faisable en PCSI, MPSI et PTSI : 23 questions sur 72
- Vérifié question par question
Cette épreuve prestigieuse de l'ENS (filière PSI, épreuve de 6 heures) propose une exploration magistrale de l'interaction lumière-matière, depuis les modèles classiques du dipôle oscillant (Thomson et Lorentz) jusqu'aux fondements de l'électrodynamique quantique en cavité (modèle de Jaynes-Cummings, oscillations de Rabi du vide, effondrement et résurgence). Le sujet aborde la physique des pinces optiques, l'inhibition de l'émission spontanée en cavité et le couplage résonant. Bien qu'offert en PSI, il s'adresse tout autant aux étudiants de PC et de MP par sa richesse conceptuelle et sa transversalité. D'un très haut niveau scientifique mais remarquablement guidé, c'est un problème d'anthologie pour réviser l'électromagnétisme de Spé et s'initier aux concepts modernes de l'optique quantique.
En bref sur ce sujet
- Difficulté
- Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
- Temps estimé
- ≈ 7 h pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide27 %
- Physique quantique21 %
- Cinématique et dynamique du point18 %
- Approche énergétique et oscillateurs mécaniques11 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 23 questions sur 72.
Où gagner des points
Rapides et accessibles (30) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
Comment utiliser ce corrigé
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Partie Introduction : Le modèle de Thomson
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : champ électrostatique, distribution continue de charges
On considère ici le cas d'un atome à un seul électron. Exprimer en fonction de et des constantes fondamentales.
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Exprimer la charge totale e contenue dans la sphère homogène de volume 4\pi r_0^3 / 3.
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Conservation de la charge globale neutre : \rho = e / (\frac{4}{3}\pi r_0^3).
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Dans le modèle de Thomson, l'atome est globalement électriquement neutre. Pour un atome constitué d'un seul électron de charge -e, la sphère doit porter une charge positive totale Q = +e.
La densité volumique de charge \rho étant uniforme à l'intérieur de la sphère de rayon r_0 et de volume V = \frac{4}{3}\pi r_0^3, la charge totale de la sphère s'écrit :
On en déduit l'expression de la densité de charge positive :
Résultat
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : théorème de gauss, oscillateur harmonique
Calculer le champ électrique vu par l'électron lorsque celui ci se trouve à l'intérieur de la sphère. Expliquer pourquoi ce modèle est aussi appelé "modèle de l'électron élastiquement lié".
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Appliquer le théorème de Gauss sur une sphère de rayon r < r_0 pour obtenir un champ proportionnel au rayon vecteur \mathbf{r}.
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- Déterminer le champ électrostatique créé par la sphère de charge positive à l'aide du théorème de Gauss, en justifiant préalablement la direction et les dépendances du champ par les symétries de la distribution.
- Exprimer la force subie par l'électron de charge q = -e et comparer sa forme mathématique à celle d'une force de rappel élastique.
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Théorème de Gauss sur une sphère de rayon r donnant une force de rappel élastique linéaire proportionnelle au déplacement.
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Soit un point M situé à l'intérieur de la sphère de charge positive, à la distance r = \|\mathbf{r}\| \le r_0 du centre O.
- Symétries et invariances : La distribution de charge présente une symétrie sphérique autour de O. Tout plan passant par O et M est un plan de symétrie de la distribution, donc le champ électrostatique est radial : \mathbf{E}(\mathbf{r}) = E(r)\,\mathbf{u}_r. Par invariance sous toute rotation de centre O, la composante radiale E(r) ne dépend que de la distance r.
Théorème de Gauss : On choisit comme surface de Gauss \mathcal{S}_G la sphère de centre O et de rayon r \le r_0, orientée vers l'extérieur. Le flux sortant du champ électrique à travers \mathcal{S}_G s'écrit :
\Phi = \iint_{\mathcal{S}_G} \mathbf{E}\cdot\mathrm{d}\mathbf{S} = E(r) \iint_{\mathcal{S}_G} \mathrm{d}S = 4\pi r^2 E(r)La charge intérieure à \mathcal{S}_G est celle d'une boule de rayon r uniformément chargée :
Q_{\text{int}} = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3D'après le théorème de Gauss :
\begin{aligned} 4\pi r^2 E(r) &= \frac{Q_{\text{int}}}{\epsilon_0} = \frac{\rho}{\epsilon_0}\frac{4}{3}\pi r^3 \\ E(r) &= \frac{\rho}{3\epsilon_0}r \end{aligned}
En utilisant l'expression de \rho = \dfrac{3e}{4\pi r_0^3} obtenue à la question 1, le champ électrique vu par l'électron s'écrit :
L'électron, de charge q = -e, subit la force électrostatique :
Cette force est centrale, dirigée vers le centre O et proportionnelle au déplacement \mathbf{r}. Elle est formellement identique à la force de rappel élastique exercée par un ressort idéal de raideur équivalente :
C'est pourquoi ce modèle de l'atome est qualifié de « modèle de l'électron élastiquement lié ».
Résultat
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : oscillateur harmonique, petite oscillation
On suppose que l'électron initialement au repos est déplacé de sa position d'équilibre à (en restant cependant à l'intérieur de la sphère de rayon ). Décrire qualitativement son mouvement pour .
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Écrire le principe fondamental de la dynamique projeté sur la direction du déplacement initial pour identifier un oscillateur harmonique.
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- Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron dans le référentiel lié au noyau (supposé galiléen).
- Identifier la nature de l'équation différentielle obtenue à partir de la force de rappel établie en Q2.
- Conclure sur la trajectoire et le caractère harmonique des oscillations de l'électron.
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Mouvement oscillatoire harmonique rectiligne sinusoïdal non amorti à la pulsation propre \omega_0.
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On étudie l'électron (masse m, charge q = -e) dans le référentiel du noyau, supposé galiléen du fait de la masse infinie attribuée à la sphère positive.
L'électron n'est soumis qu'à la force électrostatique calculée à la question Q2 :
Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :
en posant la pulsation propre :
À t = 0, l'électron est écarté d'un vecteur \mathbf{r}_0 \neq \mathbf{0} (avec \|\mathbf{r}_0\| < r_0) et relâché sans vitesse initiale (\dot{\mathbf{r}}(0) = \mathbf{0}). La direction de rappel restant colinéaire à la droite passant par le centre O et la position initiale, le mouvement est rectiligne le long de cet axe.
La solution de l'équation du mouvement s'écrit :
L'électron effectue donc des oscillations harmoniques simples non amorties de pulsation \omega_0 le long de la direction définie par sa position initiale, en restant confiné à l'intérieur de la sphère puisque \forall t,\ \|\mathbf{r}(t)\| \le \|\mathbf{r}_0\| < r_0.
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : pulsation propre, ordre de grandeur
La motivation du modèle de Thomson était d'expliquer que les atomes rayonnent des fréquences discrètes. Sachant que la première raie spectrale de l'hydrogène a une longueur d'onde de , en déduire l'ordre de grandeur du rayon dans ce modèle. Cela semble-t-il raisonnable ?
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Relier la pulsation propre \omega_0 à la raie spectrale par \lambda = 2\pi c / \omega_0, puis isoler r_0 et comparer sa taille au rayon de Bohr (10^{-10}\text{ m}).
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- Relier la pulsation propre \omega_0 de l'électron à la longueur d'onde rayonnée \lambda via la relation de dispersion d'une onde électromagnétique dans le vide.
- Exprimer le rayon r_0 en fonction de \lambda et des constantes fondamentales à partir de l'expression de \omega_0 obtenue à la question Q3.
- Conduire l'application numérique avec un chiffre significatif et comparer le résultat à la taille typique d'un atome.
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Relation \omega_0 = 2\pi c/\lambda reliant le rayon r_0 à la raie spectrale, donnant r_0 \sim 10^{-10}\text{ m}.
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Dans le modèle de Thomson, l'électron oscille à sa pulsation propre \omega_0. Le dipôle ainsi formé rayonne une onde électromagnétique de même pulsation dans le vide, de sorte que la longueur d'onde de la raie d'émission associée s'écrit :
D'après la question Q3, la pulsation propre vérifie :
On en déduit l'expression du rayon r_0 :
d'où :
Effectuons l'application numérique avec les valeurs fournies :
- e \approx 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ C}
- \lambda = 122\text{ nm} \approx 1{,}2 \times 10^{-7}\text{ m}
- \frac{1}{4\pi\epsilon_0} \approx 9{,}0 \times 10^9\text{ N}\cdot\text{m}^2\cdot\text{C}^{-2}
- m \approx 9{,}1 \times 10^{-31}\text{ kg}
- c \approx 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
La pulsation propre vaut :
ce qui conduit à :
En prenant la racine cubique avec un chiffre significatif :
Cette valeur est de l'ordre de grandeur de l'angström (1\text{ \AA} = 10^{-10}\text{ m}), ce qui coïncide remarquablement avec la taille typique d'un atome (le rayon de Bohr de l'atome d'hydrogène vaut a_0 \approx 0{,}53\text{ \AA}). Ce résultat est donc tout à fait raisonnable.
Résultat
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : vitesse, ordre de grandeur
Vérifier que le mouvement de l'électron est non-relativiste, c'est à dire que sa vitesse est très petite devant la vitesse de la lumière. Dans la limite non-relativiste, une charge dont le mouvement est décrit (en notation complexe) par
rayonne à grande distance un champ donné par
où est la distance à la source, le vecteur unitaire de la source vers le point d'observation, l'angle entre et , et le vecteur unitaire des coordonnées sphériques (orthogonal à la fois à et ). Ce champ a localement la structure d'une onde plane de vecteur d'onde .
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Calculer la vitesse maximale v_{\max} = z_0 \omega_0 avec z_0 \le r_0 et vérifier que le ratio v_{\max}/c est très inférieur à 1.
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- Exprimer la vitesse de l'électron à partir de la loi horaire \mathbf{r}(t) et majorer son amplitude en remarquant que l'électron reste à l'intérieur de la sphère de rayon r_0 (z_0 \le r_0).
- Exprimer le rapport v_{\max}/c en fonction de la longueur d'onde \lambda du rayonnement associé et effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif.
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Estimation de v_{\max} = \omega_0 z_0 \ll c confirmant la validité de l'approximation non-relativiste.
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Le mouvement de l'électron selon l'axe Oz est harmonique de pulsation \omega_0 :
Sa vitesse scalaire s'écrit \dot{z}(t) = - z_0 \omega_0 \sin(\omega_0 t + \varphi), d'où une vitesse maximale :
L'électron restant confiné à l'intérieur de l'atome de Thomson, son amplitude d'oscillation vérifie z_0 \le r_0. La pulsation propre est liée à la longueur d'onde du rayonnement par \omega_0 = \frac{2\pi c}{\lambda}. Le rapport entre la vitesse maximale et la vitesse de la lumière s'exprime ainsi :
Avec r_0 \approx 1 \times 10^{-10}\text{ m} (déterminé à la question Q4) et \lambda = 122\text{ nm} \approx 1 \times 10^{-7}\text{ m} :
Soit une vitesse maximale de l'ordre de v_{\max} \approx 1{,}5 \times 10^6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 2 \times 10^6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
Le mouvement de l'électron est donc bien non relativiste.
Résultat
Question 6
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : vecteur de poynting, puissance rayonnée
Calculer la valeur moyenne du vecteur de Poynting sur une période . En intégrant sur une sphère centrée sur l'atome, montrer que l'électron rayonne une puissance moyenne
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Calculer le vecteur de Poynting complexe à grande distance \langle \mathbf{\Pi} \rangle = \frac{1}{2\mu_0} \operatorname{Re}(\mathbf{E} \times \mathbf{B}^*) et intégrer son flux sur la sphère avec l'intégrale de \sin^3\theta fournie.
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- Exploiter la structure locale d'onde plane sphérique dans la zone de rayonnement pour relier le champ magnétique au champ électrique, puis exprimer la moyenne temporelle du vecteur de Poynting \langle \mathbf{\Pi} \rangle.
- Calculer le flux de \langle \mathbf{\Pi} \rangle à travers une sphère de rayon r' centrée sur l'atome en utilisant la formule fournie dans le formulaire pour l'intégrale angulaire.
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Calcul du vecteur de Poynting moyen \langle\mathbf{\Pi}\rangle puis intégration angulaire sur une sphère donnant la formule de Larmor.
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D'après l'énoncé, le champ électromagnétique rayonné à grande distance possède localement la structure d'une onde plane progressive se propageant selon la direction radiale \mathbf{n} = \mathbf{u}_r. Le champ magnétique associé s'écrit donc :
puisque \mathbf{n} \times \mathbf{u}_\theta = \mathbf{u}_r \times \mathbf{u}_\theta = \mathbf{u}_\phi.
Le vecteur de Poynting instantané est \mathbf{\Pi} = \frac{\mathbf{E} \times \mathbf{B}}{\mu_0} = \epsilon_0 c E^2 \mathbf{n}. En notation complexe, sa valeur moyenne sur une période T = 2\pi/\omega_0 s'exprime par :
En utilisant l'expression du champ électrique issue de l'équation (2) :
On en déduit la valeur moyenne du vecteur de Poynting :
La puissance moyenne rayonnée \mathcal{P} est le flux sortant de \langle \mathbf{\Pi} \rangle à travers une sphère \mathcal{S} de rayon r' centrée sur l'atome, d'élément de surface orienté vers l'extérieur \mathrm{d}\mathbf{S} = {r'}^2 \sin\theta\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}\phi\,\mathbf{u}_r :
L'intégrale sur \phi vaut 2\pi. Pour l'intégrale sur \theta, on applique la formule donnée dans l'énoncé avec X = \pi :
On obtient ainsi :
ce qui donne bien la formule de Larmor pour un dipôle oscillant :
Résultat
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : bilan d'énergie, temps caractéristique
En déduire, par des considérations énergétiques, que le mouvement de l'électron s'amortit au cours du temps. Calculer le temps caractéristique de l'amortissement de l'amplitude des oscillations.
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Établir le bilan d'énergie mécanique \mathrm{d}\mathcal{E}_m/\mathrm{d}t = -\mathcal{P} où \mathcal{E}_m = \frac{1}{2}m\omega_0^2 z_0^2, et en déduire l'équation différentielle régissant l'amplitude z_0(t).
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- Exprimer l'énergie mécanique moyenne de l'électron oscillant en fonction de son amplitude z_0.
- Établir le bilan d'énergie en reliant la variation temporelle de l'énergie mécanique à la puissance moyenne rayonnée calculée en Q6.
- En déduire l'équation différentielle régissant l'évolution de l'amplitude z_0(t), identifier le temps caractéristique associé et réaliser l'application numérique avec les données de l'énoncé.
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Bilan énergétique \mathrm{d}\mathcal{E}/\mathrm{d}t = -\mathcal{P} conduisant à une décroissance exponentielle de l'énergie et au temps d'amortissement \tau.
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L'énergie mécanique de l'oscillateur harmonique constitué par l'électron élastiquement lié vaut :
Pour une oscillation quasi sinusoïdale de pulsation \omega_0 et d'amplitude z_0, la valeur moyenne de l'énergie mécanique sur une période est :
En l'absence de source extérieure d'énergie, la puissance moyenne perdue par l'atome est égale à la puissance moyenne \mathcal{P} rayonnée à l'infini (établie à la question Q6) :
Puisque \mathcal{P} > 0, l'énergie mécanique moyenne décroît strictement au cours du temps : le mouvement de l'électron s'amortit.
En exprimant \mathcal{P} directement en fonction de \langle E_m \rangle, on obtient :
L'énergie mécanique décroît exponentiellement selon \langle E_m\rangle(t) = \langle E_m\rangle(0)\,e^{-\gamma t}. Comme l'énergie mécanique est proportionnelle au carré de l'amplitude (\langle E_m \rangle \propto z_0^2), l'amplitude des oscillations décroît selon :
Le temps caractéristique d'amortissement de l'amplitude des oscillations est donc :
En introduisant \omega_0 = \frac{2\pi c}{\lambda} et q = -e, cette expression se réécrit :
Application numérique : Avec \lambda = 122\text{ nm} \approx 1{,}2 \times 10^{-7}\text{ m} (donnée de la question Q4), m = 9{,}11\times 10^{-31}\text{ kg}, e = 1{,}60\times 10^{-19}\text{ C}, \epsilon_0 = 8{,}85\times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} et c = 3{,}00\times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :
Avec un chiffre significatif :
Résultat
Partie 1 : Première partie : le modèle de Lorentz
1.1 · La diffusion de la lumière par un atome
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : centre de masse, principe fondamental de la dynamique
Etudier qualitativement la dynamique du système et montrer qu'en première approximation, le centre de masse reste immobile sous l'effet du champ.
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Comparer les accélérations du noyau de masse M et de l'électron de masse m soumis à la même force électrique, en utilisant le rapport de masse m/M \ll 1.
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Le rapport de masse M/m \gg 1 implique que le mouvement sous l'effet du champ électromagnétique est quasi exclusivement porté par l'électron.
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Considérons le système fermé constitué de l'atome complet : le noyau de masse M, de charge -q = +e situé en \mathbf{R}, et l'électron de masse m, de charge q = -e situé en \mathbf{R} + \mathbf{r}.
Comme la masse du noyau est très supérieure à celle de l'électron (M \gg m), le centre de masse de l'atome coïncide en excellente approximation avec la position du noyau :
Appliquons le théorème de la résultante dynamique au système global dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen :
Forces intérieures : Par le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), la somme des forces d'interaction mutuelle entre le noyau et l'électron (force élastique de rappel et attraction coulombienne) est strictement nulle :
\mathbf{F}_{\text{int}} = \mathbf{F}_{n\to e} + \mathbf{F}_{e\to n} = \mathbf{0}Forces extérieures : Les forces extérieures sont dues au champ électromagnétique incident (\mathbf{E}, \mathbf{B}).
Force électrique : Le noyau étant en \mathbf{R} et l'électron en \mathbf{R}+\mathbf{r}, la force électrique totale s'écrit :
\mathbf{F}_{\text{el, ext}} = -q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) + q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t)L'énoncé précise que |\mathbf{r}| \ll \lambda (approximation dipolaire). Le champ incident varie donc de façon négligeable à l'échelle de l'atome, soit au premier ordre (ordre zéro en |\mathbf{r}|/\lambda) :
\mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) \approx \mathbf{E}(\mathbf{R}, t)L'atome étant globalement neutre, la résultante électrique s'annule :
\mathbf{F}_{\text{el, ext}} \approx -q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) + q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) = \mathbf{0}- Force magnétique : La force de Lorentz magnétique s'écrit q_{\text{part}}\mathbf{v}\times\mathbf{B}. En ordre de grandeur, B \sim E/c, donc F_{\text{mag}} \sim \frac{v}{c}F_{\text{el}}. Le mouvement de l'électron étant non-relativiste (v/c \ll 1, vérifié à la question 5), la force magnétique est négligeable devant la force électrique individuelle subie par chaque charge.
La résultante des forces extérieures appliquées à l'atome est donc nulle en première approximation :
L'atome étant initialement au repos, son centre de masse reste immobile sous l'effet du champ. En choisissant l'origine au centre de masse initial, on a bien :
Résultat
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : frottement fluide, ordre de grandeur
On modélise l'amortissement dû au rayonnement en introduisant une force de réaction de rayonnement avec
appliquée à l'électron (dans tout ce problème on négligera l'effet de la force de rayonnement sur le noyau). Montrer que pour des fréquences optiques.
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Effectuer l'application numérique de \gamma(\omega)/\omega pour une pulsation optique typique (\lambda \approx 500\text{ nm}).
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- Exprimer le rapport sans dimension \frac{\gamma(\omega)}{\omega} à partir de l'expression fournie pour \gamma(\omega).
- Choisir une fréquence ou pulsation caractéristique du domaine visible (\lambda \approx 500\text{ nm}).
- Réaliser l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes du sujet et conclure.
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Comparaison de \gamma(\omega) à \omega montrant que l'amortissement radiatif est un effet perturbatif très faible en optique.
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D'après l'équation (5), le taux d'amortissement \gamma(\omega) s'écrit :
avec q = -e. Formons le rapport sans dimension :
en utilisant la relation de dispersion dans le vide \omega = \frac{2\pi c}{\lambda}.
Pour le domaine visible, la longueur d'onde typique est de l'ordre de \lambda \approx 500\text{ nm} = 5\times 10^{-7}\text{ m}, ce qui correspond à une pulsation :
Effectuons l'application numérique avec les constantes fournies :
soit \gamma(\omega) \sim 10^8\text{ s}^{-1}. On constate donc que :
L'approximation d'un amortissement très faible est donc parfaitement justifiée dans le domaine optique.
Résultat
Question 10
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Mise en équation
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : principe fondamental de la dynamique, force de lorentz
Faire le bilan des forces appliquées à l'électron et justifier que l'on peut écrire, en notation complexe,
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Appliquer le PFD à l'électron en régime dipolaire électrique en sommant le rappel élastique, la friction de rayonnement et la force de Lorentz.
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- Réaliser l'inventaire des forces s'exerçant sur l'électron dans le référentiel lié au noyau (considéré galiléen car M \gg m et \mathbf{R} = \mathbf{0}).
- Justifier les approximations usuelles : approximation dipolaire électrique (|\mathbf{r}| \ll \lambda) et négligence de la force magnétique de Lorentz (v \ll c).
- Appliquer le principe fondamental de la dynamique et passer en notation complexe par linéarité de l'équation.
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PFD appliqué à l'électron avec force de rappel, frottement radiatif et force électrique incidente en notation complexe.
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On étudie l'électron de masse m et de charge q dans le référentiel lié au noyau, supposé galiléen puisque le noyau, infiniment lourd devant l'électron (M \gg m), est considéré fixe à l'origine (\mathbf{R} = \mathbf{0}, d'après la question 8).
L'électron est soumis aux actions mécaniques suivantes :
la force de rappel élastique exercée par le noyau :
\mathbf{F}_{\text{rappel}} = -\kappa \mathbf{r} = -m\omega_0^2 \mathbf{r}la force de réaction de rayonnement introduite à la question 9 :
\mathbf{F}_{\text{rad}} = -m\gamma(\omega)\dot{\mathbf{r}}la force de Lorentz due à l'onde incidente, \mathbf{F}_{\text{L}} = q\big(\mathbf{E}(\mathbf{r}, t) + \dot{\mathbf{r}}\times \mathbf{B}(\mathbf{r}, t)\big).
Approximation dipolaire électrique : l'extension du mouvement de l'électron vérifie |\mathbf{r}| \ll \lambda, donc |\mathbf{k}\cdot\mathbf{r}| \ll 1. Le champ électrique perçu par l'électron se réduit à sa valeur en \mathbf{R}=\mathbf{0} :
\mathbf{E}(\mathbf{r}, t) \approx \mathbf{E}(\mathbf{0}, t) = E_0 e^{-i\omega t}\mathbf{e}_xNégligence de la composante magnétique : pour une onde plane dans le vide, B \sim E/c. Le mouvement étant non-relativiste (v \ll c, établi à la question 5), le rapport des forces vérifie :
\frac{\|\mathbf{F}_{\text{mag}}\|}{\|\mathbf{F}_{\text{el}}\|} \sim \frac{q v B}{q E} \sim \frac{v}{c} \ll 1La partie magnétique de la force de Lorentz est donc négligeable devant la composante électrique.
Le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'électron s'écrit alors :
Par linéarité de cette équation différentielle, on adopte la notation complexe pour la variable de position \mathbf{r}(t). En divisant par la masse m et en regroupant les termes d'inconnue \mathbf{r}, on obtient :
Résultat
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Notions : régime sinusoïdal forcé, polarisabilité
Montrer qu'après un régime transitoire, le mouvement de l'électron atteint un régime stationnaire , où l'amplitude complexe vérifie
avec .
Voir l'indiceIndice
Injecter la forme stationnaire \mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t} dans l'équation différentielle et identifier la relation de proportionnalité avec \mathbf{E}_0.
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- Montrer que les solutions de l'équation différentielle homogène associée à l'équation (6) s'amortissent exponentiellement au cours du temps du fait du terme dissipatif (\gamma > 0).
- Rechercher la solution particulière en régime forcé sous la forme \mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t}.
- En déduire l'expression de l'amplitude dipolaire q\mathbf{r}_\omega et identifier la polarisabilité dynamique complexe \alpha_c(\omega).
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Recherche de la solution en régime forcé \mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t} et identification de la polarisabilité dynamique complexe \alpha_c(\omega).
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L'équation différentielle linéaire du mouvement de l'électron obtenue à la question Q10 s'écrit :
La solution générale de cette équation différentielle est la somme de la solution générale de l'équation homogène \mathbf{r}_h(t) et d'une solution particulière \mathbf{r}_p(t) associée au second membre.
L'équation caractéristique associée à l'équation homogène est :
Le discriminant est négatif car \gamma(\omega) \ll \omega_0 (question Q9) : \Delta = \gamma^2 - 4\omega_0^2 < 0. Les deux racines complexes conjuguées sont :
Comme la partie réelle de ces racines est strictement négative (-\gamma/2 < 0), la solution homogène \mathbf{r}_h(t), qui décrit le régime transitoire, décroît exponentiellement vers zéro avec un temps caractéristique \tau = 2/\gamma :
Après l'extinction du régime transitoire, il ne subsiste que le régime forcé (ou stationnaire), oscillant à la pulsation \omega de l'onde incidente. On cherche cette solution sous la forme :
Les dérivées temporelles successives s'écrivent :
En injectant ces expressions dans l'équation du mouvement, on obtient :
Soit, en simplifiant par e^{-i\omega t} :
En multipliant par la charge q de l'électron, on obtient le moment dipolaire induit complexe q\mathbf{r}_\omega :
On en déduit bien la relation demandée :
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : puissance rayonnée, diffusion
Exprimer la puissance rayonnée par l'électron (équation (3) de la question 6) en régime stationnaire. D'où vient cette énergie ? Justifier que l'on parle de "lumière diffusée" par l'atome.
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Remplacer l'amplitude z_0 de la question 6 par |\mathbf{r}_\omega|, et remarquer que la puissance réémise provient de la puissance prélevée sur le faisceau incident.
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- Transposer la formule de Larmor obtenue à la question 6 au régime stationnaire forcé, en remplaçant la pulsation propre \omega_0 par la pulsation d'excitation \omega et l'amplitude z_0 par le module de l'amplitude complexe r_\omega = \|\mathbf{r}_\omega\|.
- Identifier l'origine de cette énergie à l'aide d'un bilan de puissance mécanique et électromagnétique.
- Justifier la qualification de « lumière diffusée » en analysant la réémission spatiale de l'énergie prélevée sur l'onde incidente.
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Injection de l'amplitude forcée dans \mathcal{P} : l'atome prélève de la puissance sur l'onde incidente pour la réémettre dans toutes les directions.
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En régime stationnaire, le mouvement de l'électron est purement sinusoïdal de pulsation \omega le long de l'axe Ox :
Par analogie directe avec la formule (3) établie à la question 6 pour une oscillation sinusoïdale d'amplitude z_0 à la pulsation \omega_0, la puissance moyenne rayonnée par l'électron sous l'effet du champ excitateur à la pulsation \omega avec une amplitude \|\mathbf{r}_\omega\| s'écrit :
D'après la question 11, on a q \mathbf{r}_\omega = \alpha_c(\omega) E_0 \mathbf{e}_x, d'où q^2 \|\mathbf{r}_\omega\|^2 = |\alpha_c(\omega)|^2 |E_0|^2. On en déduit l'expression de la puissance rayonnée :
Origine de l'énergie L'électron en régime permanent a une énergie mécanique moyenne constante. L'énergie rayonnée par l'atome est continûment prélevée sur l'onde électromagnétique incidente par le travail de la force électrique appliquée sur l'électron. En effet, la puissance moyenne fournie par le champ incident à l'électron est :
Comme \text{Im}(\alpha_c(\omega)) = \frac{\omega \gamma(\omega) q^2 / m}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2\gamma^2} et \gamma(\omega) = \frac{q^2\omega^2}{6\pi\epsilon_0 m c^3}, on vérifie immédiatement que :
Lumière diffusée L'onde incidente est directionnelle (se propageant selon +\mathbf{e}_z). L'atome prélève de l'énergie sur cette onde incidente et la réémet sous forme d'une onde dipolaire sphérique à la même fréquence \omega dans toutes les directions de l'espace (diagramme en \sin^2\theta). Cette redistribution spatiale omnidirectionnelle de l'énergie sans modification de fréquence correspond précisément au phénomène de diffusion élastique (diffusion Rayleigh en régime basse fréquence).
Résultat
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : section efficace
Calculer le rapport entre la puissance rayonnée et la puissance par unité de surface de l'onde incidente (). Le résultat a la dimension d'une surface. Quel est l'interprétation physique de ?
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Former le quotient \sigma(\omega) = \mathcal{P} / \mathcal{I}_{\text{inc}} et interpréter cette grandeur comme la surface fictive interceptant le flux incident diffusé.
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- Exprimer le rapport de la puissance moyenne rayonnée \mathcal{P} (obtenue en Q12) à la puissance surfacique moyenne incidente I_{\text{inc}} = \frac{1}{2}\epsilon_0 |E_0|^2 c.
- Remplacer la polarisabilité dynamique complexe \alpha_c(\omega) par son expression explicite issue de Q11.
- Donner la signification physique du résultat en introduisant la notion de section efficace de diffusion.
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition de la section efficace \sigma(\omega) = \mathcal{P}/I_{\text{inc}} représentant la surface apparente d'interception du flux incident.
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D'après le résultat de la question Q12, la puissance moyenne rayonnée par l'atome en régime stationnaire s'écrit :
La puissance moyenne par unité de surface transportée par l'onde incidente plane est donnée par le vecteur de Poynting moyen incident :
On en déduit l'expression du rapport \sigma(\omega) = \frac{\mathcal{P}}{I_{\text{inc}}} :
En injectant le module au carré de la polarisabilité dynamique établie à la question Q11 :
on obtient finalement :
Interprétation physique : La grandeur \sigma(\omega) est la section efficace de diffusion (scattering cross-section) de l'atome. Elle représente la surface fictive transverse que doit présenter l'atome au faisceau incident pour que la puissance lumineuse incidente interceptée à travers cette aire soit exactement égale à la puissance totale réémise (diffusée) dans tout l'espace :
Résultat
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : diffusion de rayleigh, rayon classique de l'électron
Montrer que dans le cas , peut s'écrire
Calculer . Commenter l'ordre de grandeur.
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Prendre la limite \omega \ll \omega_0 dans le dénominateur de \alpha_c(\omega) pour faire apparaître le rayon classique r_e = e^2/(4\pi\epsilon_0 m c^2).
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- Effectuer le développement asymptotique de la section efficace \sigma(\omega) obtenue à la question Q13 dans la limite \omega \ll \omega_0.
- Identifier l'expression de r_e par identification avec la forme imposée par l'énoncé.
- Réaliser l'application numérique avec un seul chiffre significatif conformément aux consignes générales, puis commenter la signification et l'ordre de grandeur de r_e.
Voir la réponse courteRéponse courte
Limite basse fréquence donnant la loi de Rayleigh en \omega^4 et détermination du rayon classique r_e \approx 2{,}8\text{ fm}.
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D'après la question Q13, la section efficace de diffusion s'écrit :
Dans la limite basse fréquence \omega \ll \omega_0, sachant d'après la question Q9 que \gamma(\omega) \ll \omega \ll \omega_0, le dénominateur se simplifie au premier ordre non nul :
La section efficace devient alors :
En identifiant cette expression avec la forme proposée :
on obtient pour le terme préfactoriel (avec q^2 = e^2) :
Par définition positive du rayon, on en déduit :
Application numérique : Avec les valeurs numériques du formulaire :
- e = 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C}
- \epsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} (soit 4\pi\epsilon_0 \approx 1{,}11 \times 10^{-10}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1})
- m = 9{,}11 \times 10^{-31}\text{ kg}
- c \approx 3{,}00 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
Avec un chiffre significatif :
Commentaire sur l'ordre de grandeur : La longueur r_e est le rayon classique de l'électron (ou rayon de Lorentz). C'est l'échelle à laquelle l'énergie potentielle électrostatique d'une sphère de charge e est de l'ordre de son énergie de masse au repos m c^2. Cette longueur (\sim 1\text{ fm}) est de l'ordre de grandeur de la taille d'un noyau atomique, et est environ 10^5 fois plus petite que la taille typique d'un atome (r_0 \sim 10^{-10}\text{ m}). Bien que la physique quantique décrive l'électron comme ponctuel, r_e donne l'échelle de section efficace de diffusion classique de la lumière (diffusion Thomson \sigma_{\mathrm{Th}} = \frac{8\pi}{3}r_e^2).
Résultat
Question 15
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : section efficace, pouvoir de résolution
Montrer qu'à résonance est de l'ordre de . Peut-on voir un atome unique à l'oeil nu ? Avec une loupe ? Avec un microscope ? Sous quelles conditions ?
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Évaluer \sigma(\omega_0) en négligeant \omega_0^2 - \omega^2 devant le terme radiatif \omega_0 \gamma(\omega_0), puis comparer l'aire de diffraction à la résolution optique.
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- Évaluer la section efficace \sigma(\omega) établie à la question précédente à la pulsation de résonance \omega = \omega_0 en y injectant l'expression de \gamma(\omega_0).
- Exprimer \sigma(\omega_0) en fonction de la longueur d'onde \lambda_0 = 2\pi c/\omega_0 et conclure sur son ordre de grandeur.
- Discuter la notion de « vision » d'un objet microscopique en distinguant la résolution spatiale (limitée par la diffraction) de la détection photométrique de photons diffusés, puis détailler les conditions expérimentales requises selon les instruments.
Voir la réponse courteRéponse courte
Section efficace résonante \sigma \sim \lambda^2 géante permettant d'observer la fluorescence d'un atome unique au microscope optique.
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D'après l'expression de la section efficace de diffusion obtenue à la question 13 :
À la résonance (\omega = \omega_0), le terme d'écart quadratique s'annule :
En utilisant l'expression du taux d'amortissement par rayonnement \gamma(\omega_0) = \frac{q^2 \omega_0^2}{6\pi \epsilon_0 m c^3} (équation 5) :
Sachant que \lambda_0 = \frac{2\pi c}{\omega_0}, soit \frac{c}{\omega_0} = \frac{\lambda_0}{2\pi}, il vient :
Le facteur numérique vaut \frac{3}{2\pi} \approx 0{,}5, la section efficace de diffusion à résonance est donc bien du même ordre de grandeur que \lambda^2.
Possibilité de « voir » un atome unique :
Il convient de distinguer deux acceptions du verbe « voir » :
- Résolution spatiale (imagerie de forme) : la taille géométrique de l'atome est r_0 \sim 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm}. D'après le critère de diffraction d'Abbe, la résolution spatiale ultime d'un système optique opérant dans le visible (\lambda \sim 500\text{ nm}) est de l'ordre de d_{\min} \approx \frac{\lambda}{2\mathrm{ON}} \sim 250\text{ nm} \gg r_0. Il est donc impossible de résoudre la forme ou les contours d'un atome avec des photons visibles, que ce soit à l'œil nu, avec une loupe ou avec un microscope optique.
Détection photométrique (visibilité d'un point lumineux) : un objet ponctuel émetteur ou diffuseur de lumière peut être détecté dès lors que le nombre de photons collectés par l'œil ou le capteur émerge du bruit de fond. À résonance, la section efficace \sigma(\omega_0) \sim 10^{-13}\text{ m}^2 est gigantesque par rapport à la section géométrique de l'atome (\pi r_0^2 \sim 10^{-20}\text{ m}^2). Sous une intensité laser saturante, un atome diffuse continûment un flux de photons de l'ordre de :
\Phi_{\mathrm{phot}} \sim \frac{1}{2\tau} \sim 10^7 \text{ à } 10^8\text{ photons}\cdot\text{s}^{-1}
Conditions requises pour la détection :
- Immobilisation : l'atome doit être piégé (piège magnéto-optique, piège de Paul pour un ion) et refroidi dans un ultra-vide afin de ne pas quitter la zone d'éclairement.
- Éclairage résonant : excitation par un laser accordé précisément à la pulsation \omega_0 pour bénéficier de la résonance et maximiser la diffusion.
- Absence de lumière parasite : observation sur fond noir absolu pour maximiser le contraste.
Selon le dispositif d'observation :
- Avec un microscope : oui, très aisément. Un objectif à grande ouverture numérique collecte une fraction substantielle de l'angle solide (\sim 10\,\%), focalisant jusqu'à 10^6\text{--}10^7\text{ photons}\cdot\text{s}^{-1} sur une caméra ultrasensible (ou à l'oculaire), formant une tache de diffraction très brillante.
- Avec une loupe / à l'œil nu : à l'œil nu situé à la distance minimale de vision distincte (d_m \approx 25\text{ cm}), la pupille (diamètre \approx 6\text{ mm} dans le noir) sous-tend une fraction d'angle solide \frac{\Delta\Omega}{4\pi} = \frac{\pi (3\times 10^{-3})^2}{4\pi \times 0{,}25^2} \approx 3{,}6\times 10^{-5}. Le flux reçu par la rétine est de quelques milliers de photons par seconde. Comme le seuil de sensibilité absolue de la vision scotopique (bâtonnets) est de l'ordre de quelques dizaines de photons par seconde, un atome (ou un ion) unique est effectivement visible à l'œil nu (et encore plus confortablement à travers une loupe qui accroît l'angle solide de collection) sous forme d'un minuscule point lumineux, dans une obscurité parfaite.
Résultat
Questions fréquentes sur ce sujet
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Questions de cours : Q29 (conducteur parfait) et Q55 (onde plane). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (théorème de gauss), Q6 (vecteur de poynting), Q10 (principe fondamental de la dynamique), Q11 (régime sinusoïdal forcé), Q22 (pression de radiation), Q30 (mode propre) et Q47 (oscillateur couplé).
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Le sujet ENS Physique U PSI 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Pourquoi la pulsation en Q68 fait-elle intervenir Ni + 1 photons ?
Parce que le nombre total de quanta d'excitation conservé par l'interaction vaut N_i + 1. L'atome étant initialement excité en présence de N_i photons dans le mode, le système oscille entre les états |e, N_i\rangle et |g, N_i + 1\rangle à la pulsation \Omega_{N_i+1} = \sqrt{N_i+1}\,\Omega_1.
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