WikiPrépaLivrets

ENS Physique U PSI 2022Sujet, corrigé et rapport du jury

Étude de l'interaction entre un atome et le champ électromagnétique

Pas encore noté

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 17 questions sur 72. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : BCPST1 5 questions.

Détail par partie

Téléchargements

Corrigé détaillé

72 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question.
Afficher ou masquer la section

72 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1On considère ici le cas d'un atome à un seul électron. Exprimer en fonction de et des constantes…
  2. Q2Calculer le champ électrique vu par l'électron lorsque celui ci se trouve à l'intérieur de la sphère…
  3. Q3On suppose que l'électron initialement au repos est déplacé de sa position d'équilibre à (en restant…
  4. Q4La motivation du modèle de Thomson était d'expliquer que les atomes rayonnent des fréquences discrètes…
  5. Q5Vérifier que le mouvement de l'électron est non-relativiste, c'est à dire que sa vitesse est très petite…
  6. Q6Calculer la valeur moyenne du vecteur de Poynting sur une période. En intégrant sur une sphère centrée sur…
  7. Q7En déduire, par des considérations énergétiques, que le mouvement de l'électron s'amortit au cours du temps…
  8. Q8Etudier qualitativement la dynamique du système et montrer qu'en première approximation, le centre de masse…
Voir les 64 autres questions
  1. Q9On modélise l'amortissement dû au rayonnement en introduisant une force de réaction de rayonnement avec…
  2. Q10Faire le bilan des forces appliquées à l'électron et justifier que l'on peut écrire, en notation complexe,
  3. Q11Montrer qu'après un régime transitoire, le mouvement de l'électron atteint un régime stationnaire, où…
  4. Q12Exprimer la puissance rayonnée par l'électron (équation (3) de la question 6) en régime stationnaire. D'où…
  5. Q13Calculer le rapport entre la puissance rayonnée et la puissance par unité de surface de l'onde incidente ()…
  6. Q14Montrer que dans le cas, peut s'écrire Calculer. Commenter l'ordre de grandeur.
  7. Q15Montrer qu'à résonance est de l'ordre de. Peut-on voir un atome unique à l'oeil nu ? Avec une loupe ? Avec…
  8. Q16Faire le bilan des forces appliquées au système noyau + électron (on rappelle que l'on néglige l'effet de la…
  9. Q17En déduire que le champ électrique induit sur l'atome une force moyenne qui s'écrit où les crochets…
  10. Q18On suppose qu'à chaque instant, où a été introduit à la question 11. Sous quelle(s) condition(s) peut-on…
  11. Q19Donner l'expression de la force magnétique. Montrer que la composante séculaire de la force magnétique peut…
  12. Q20Montrer qu'alors
  13. Q21En écrivant sous la forme, montrer que se décompose en deux composantes et, où est proportionnelle au…
  14. Q22Calculer dans le cas d'une onde plane de fréquence. Montrer que la force est proportionnelle au vecteur…
  15. Q23Montrer que En déduire que dérive d'un potentiel proportionnel à l'intensité locale du champ. Montrer qu'en…
  16. Q24Montrer que
  17. Q25On peut montrer que est solution de l'équation avec où. On appelle le rayon de courbure du faisceau. Quelle…
  18. Q26Tracer qualitativement en fonction de. On veillera à bien repérer sur l'axe des abscisses la position. Dans…
  19. Q27Expliquer comment on peut pièger des atomes avec un faisceau gaussien. Montrer toutefois que le piège est…
  20. Q28Proposer une méthode pour mieux confiner les atomes dans la direction.
  21. Q29Expliquer comment la présence des miroirs fixe les conditions aux limites que doit satisfaire le champ…
  22. Q30Montrer que les conditions limites aux centres des deux miroirs (points et) imposent à la fréquence de la…
  23. Q31Montrer que les conditions limites sur le reste de la surface du miroir impose que. En déduire la valeur du…
  24. Q32En utilisant l'approximation paraxiale, montrer que le champ de fréquence peut se mettre sous la forme avec
  25. Q33Montrer que On pourra utiliser que.
  26. Q34Calculer l'énergie électromagnétique pour le mode en intégrant sur l'espace compris entre les plans et. On…
  27. Q35Vérifier que le potentiel vecteur permet de retrouver le champ du mode associé à un photon en utilisant et.
  28. Q36On choisit les paramètres de la cavité de sorte que l'un de ses modes, noté, ait une fréquence très proche…
  29. Q37On suppose que varie lentement à l'échelle de. Donner l'expression de dans cette approximation.
  30. Q38De façon analogue, on décrit le mouvement de l'électron sous la forme du produit d'une amplitude lentement…
  31. Q39Réciproquement, le mouvement de l'électron agit sur le champ. A partir des équations de Maxwell, on montre…
  32. Q40Justifier brièvement que le courant s'écrit. Montrer que On pourra utiliser que
  33. Q41On se place à résonance (). Eliminer la variable pour obtenir une équation différentielle du deuxième ordre…
  34. Q42Montrer que lorsque l'atome s'approche de l'un des points. Donner un argument physique pour justifier que le…
  35. Q43Intégrer l'équation différentielle sur obtenue à la question 41. On considère qu'à l'atome est excité () et…
  36. Q44La figure 2 présente les résultats d'une expérience dans laquelle on laisse un atome initialement dans…
  37. Q45Quelle doit être la valeur de pour que l'atome ait juste assez d'énergie pour émettre un photon ?
  38. Q46On récrit. Montrer que les équations différentielle couplées pour et s'écrivent Donner l'expression de.
  39. Q47On considère ici le problème de deux oscillateurs harmoniques couplés. On imagine deux masses attachées à…
  40. Q48On suppose que, et que le mouvement des masses est quasiment harmonique. On écrit donc en notation complexe…
  41. Q49Identifier formellement ces équations couplées à celles de la question 46. A partir des résultats de la…
  42. Q50On considère maintenant le cas où l'oscillateur harmonique de fréquence est couplé à un ensemble…
  43. Q51Intégrer l'équation (43) en considérant que, et injecter l'expression de ainsi obtenue dans l'équation (42)…
  44. Q52Montrer que est maximum pour. Par analogie avec l'optique, justifier qualitativement que tend vers 0 en un…
  45. Q53En déduire que sous une condition à préciser on a En déduire qu'en couplant un oscillateur à un grand nombre…
  46. Q54Exprimer le temps caractéristique de décroissance de l'énergie en fonction de. Quelle est l'interprétation…
  47. Q55Le champ électrique est un champ vectoriel transverse (c'est à dire que, lorsqu'il est décomposé en onde…
  48. Q56On identifie les modes du champ par un indice qui définit le vecteur d'onde et un indice qui définit la…
  49. Q57Justifier que l'on peut supposer que l'atome est au point sans perte de généralité. Dans ce cas, les…
  50. Q58En utilisant les résultats de la section 2.3, montrer que dans ce modèle l'amplitude des oscillations du…
  51. Q59Montrer que, pour un donné où est l'angle entre et. En déduire que
  52. Q60On introduit la densité d'états, définie de sorte que soit le nombre de vecteurs d'onde correspondants à une…
  53. Q61En utilisant que où a été donné à l'équation (53), montrer que On rappelle que.
  54. Q62Est-ce cohérent avec le résultat de la question 7 ? Conclure quant à la pertinence de ce modèle pour décrire…
  55. Q63Reprendre les équations couplées de la question 46. Donner les conditions initiales et correspondant à un…
  56. Q64Montrer qu'aux temps courts L'énergie de l'oscillateur est proportionnelle à. Était-ce attendu ?
  57. Q65Etudier l'évolution de et aux temps longs. Montrer que dans ce modèle l'atome absorbe l'énergie des photons.
  58. Q66Montrer que dans le cas, on retrouve les équations de la question 46 en identifiant et. Justifier…
  59. Q67Justifier en utilisant les résultats précédents que.
  60. Q68On considère maintenant que l'atome est initialement dans l'état excité, et que le mode du champ contient…
  61. Q69Montrer que l'évolution que l'on observe ne correspond pas à ce que l'on attend de notre modèle pour un…
  62. Q70En effet, l'atome interagit ici avec un mode du champ contenant un état cohérent, qui est un état pour…
  63. Q71En étudiant la dynamique de l'effondrement (), donner une estimation de et de. On pourra estimer la valeur…
  64. Q72Comment peut-on interpréter la résurgence des oscillations (encadré dans la figure 5) ? Montrer que cette…

Description

Cette épreuve prestigieuse de l'ENS (filière PSI, épreuve de 6 heures) propose une exploration magistrale de l'interaction lumière-matière, depuis les modèles classiques du dipôle oscillant (Thomson et Lorentz) jusqu'aux fondements de l'électrodynamique quantique en cavité (modèle de Jaynes-Cummings

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section

ECOLE NORMALE SUPERIEURE

CONCOURS D'ADMISSION 2022

JEUDI 28 AVRIL 2022
08h00-14h00
FILIERE PSI

PHYSIQUE (U)

Durée : 6 heures
L'utilisation des calculatrices n'est pas
autorisée pour cette épreuve
Le sujet comprend 22 pages numérotées de 1 à 22 .
Les applications numériques seront effectuées avec un chiffre significatif.
Dans le cas où un(e) candidat(e) repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il (elle) le signale lisiblement sur sa copie, propose la correction et poursuit l'épreuve en conséquence.

***Début de l'épreuve

Etude de l'interaction entre un atome et le champ électromagnétique

Nous allons étudier ici l'interaction d'un atome unique avec le champ électromagnétique. L'atome sera décrit comme un dipôle électrique oscillant formé par un électron et un noyau élastiquement liés. Nous verrons que, puisqu'un dipôle oscillant rayonne du champ électromagnétique, un atome placé dans l'espace libre perd progressivement son énergie.
Dans la première partie, nous modéliserons l'effet du rayonnement par une force, dite force de réaction de rayonnement. Nous étudierons la dynamique d'un atome placé dans un champ électromagnétique oscillant, dans la limite où l'amplitude a d'oscillation du dipôle est petite devant la longueur d'onde λ de la lumière. Nous verrons qu'au premier ordre, l'atome diffuse la lumière, et qu'à l'ordre suivant en a/λ, la lumière induit une force mécanique sur l'atome.
Dans la seconde partie, nous étudierons le système atome-champ comme un système couplé dans lequel l'atome et le champ échangent un photon. Dans un premier temps, nous nous placerons dans le cas où l'atome interagit avec le champ d'une cavité résonante. Nous vérifierons que l'atome et le champ peuvent être décrits comme deux oscillateurs mécaniques couplés. Dans un second temps, nous considérerons un atome couplé au champ de l'espace libre, et nous vérifierons que l'on retrouve bien que l'énergie de l'atome décroit exponentiellement. Nous généraliserons enfin au cas où l'atome interagit avec une cavité contenant déjà des photons.

Formulaire

Vitesse de la lumière : c = 299792458 m.s^(− 1)
Constante de Planck : h = 2πℏ = 6, 62607015 × 10^(− 34) J.s
Charge de l'électron e = 1, 602176634 × 10^(− 19)C
Constante d'Avogadro: N_0 = 6, 02214076 × 10^(23) mol^(− 1)
Permittivité du vide : ε_0 = 8, 85 × 10^(− 12) F.m^(− 1)
Masse de l'électron : m = 9, 11 × 10^(− 31) kg
On donne
∫_0^X(sinx)^2 dx = 1/2(X − cosXsinX); ∫_0^X(sinx)^3 dx = 4/3(2 + cosX)(sinX/2)^4
et
∫_(− ∞)^(+ ∞)e^(− 2x^2/w^2) dx = w√(π/2)
On notera δ la fonction de Dirac définie par
∫_(− ∞)^∞f(x)δ(x − x_0)dx = f(x_0)
pour toute fonction f et δ^3 sa généralisation à trois dimensions
∫_V f(R)δ^3(R − R_0)d^3 R = {f(R_0), si le point R_0 est inclus dans le volume V,; 0, sinon

Introduction : Le modèle de Thomson

Le modèle de Thomson, antérieur à la découverte du noyau, imaginait que l'atome était composé d'électrons baignant dans une sphère de rayon r_0 infiniment lourde ayant une densité de charge positive et uniforme ρ.
  1. On considère ici le cas d'un atome à un seul électron. Exprimer ρ en fonction de r_0 et des constantes fondamentales.
  2. Calculer le champ électrique vu par l'électron lorsque celui ci se trouve à l'intérieur de la sphère. Expliquer pourquoi ce modèle est aussi appelé "modèle de l'électron élastiquement lié".
  3. On suppose que l'électron initialement au repos est déplacé de sa position d'équilibre à t = 0 (en restant cependant à l'intérieur de la sphère de rayon r_0 ). Décrire qualitativement son mouvement pour t > 0.
  4. La motivation du modèle de Thomson était d'expliquer que les atomes rayonnent des fréquences discrètes. Sachant que la première raie spectrale de l'hydrogène a une longueur d'onde de 122 nm , en déduire l'ordre de grandeur du rayon r_0 dans ce modèle. Cela semble-t-il raisonnable?
  5. Vérifier que le mouvement de l'électron est non-relativiste, c'est à dire que sa vitesse est très petite devant la vitesse de la lumière. Dans la limite non-relativiste, une charge q dont le mouvement est décrit (en notation complexe) par
r(t) = z_0 e^(− iω_0 t)u_z
rayonne à grande distance un champ donné par
E(r^′, t) = − (qz_0)/(4πε_0)(ω_0^2)/(c^2)(e^(ikr^′))/(r^′)e^(− iω_0 t)sinθu_θ
où r^′ est la distance à la source, n = r^′/r^′ le vecteur unitaire de la source vers le point d'observation, θ l'angle entre u_z et n, et u_θ le vecteur unitaire des coordonnées sphériques (orthogonal à la fois à u_z et n ).
Ce champ a localement la structure d'une onde plane de vecteur d'onde k = kn.
6. Calculer la valeur moyenne ⟨Π⟩ du vecteur de Poynting sur une période 2π/ω_0. En intégrant ⟨Π⟩ sur une sphère centrée sur l'atome, montrer que l'électron rayonne une puissance moyenne
P = (q^2 z_0^2 ω_0^4)/(12πε_0 c^3)
  1. En déduire, par des considérations énergétiques, que le mouvement de l'électron s'amortit au cours du temps. Calculer le temps caractéristique de l'amortissement de l'amplitude des oscillations.

1 Première partie : le modèle de Lorentz

Dans cette partie, on va modéliser l'amortissement du mouvement de l'électron dû au rayonnement en introduisant une force de friction appelée force de réaction de rayonnement.

1.1 La diffusion de la lumière par un atome

Bien que l'image de Thomson de l'atome soit très éloignée de la réalité, le modèle de l'électron élastiquement lié décrit relativement bien l'interaction d'un atome avec un laser. On modélise donc l'atome par un électron lié au noyau par une force élastique de constante de raideur κ et on note ω_0^2 = κ/m. On note R la position du centre de masse de l'atome (que l'on assimilera au noyau car la masse M du noyau est très grande devant la masse m de l'électron) et r le vecteur de la position relative de l'électron par rapport au noyau.
On suppose que l'atome interagit avec une onde plane se propageant selon la direction k = ke_z, polarisée linéairement selon l'axe e_x, de fréquence ω/2π et d'amplitude E_0
E(R, t) = E_0 e^(i(k ⋅ R − ωt))e_x
On supposera que |r| est toujours petit devant la longueur d'onde λ = 2π/k de l'onde électromagnétique.
8. Etudier qualitativement la dynamique du système et montrer qu'en première approximation, le centre de masse reste immobile sous l'effet du champ.
Dans toute cette section, on considèrera que R = 0.
9. On modélise l'amortissement dû au rayonnement en introduisant une force de réaction de rayonnement − mγ(ω)r˙ avec
γ(ω) = q^2 ω^2/(6πε_0 mc^3)
appliquée à l'électron (dans tout ce problème on négligera l'effet de la force de rayonnement sur le noyau). Montrer que γ(ω)≪ω pour des fréquences optiques.
10. Faire le bilan des forces appliquées à l'électron et justifier que l'on peut écrire, en notation complexe,
r¨ + γ(ω)r˙ + ω_0^2 r = (qE_0)/me^(− iωt)e_x
  1. Montrer qu'après un régime transitoire, le mouvement de l'électron atteint un régime stationnaire r(t) = r_ω e^(− iωt), où l'amplitude complexe r_ω vérifie
qr_ω = α_c(ω)E_0 e_x
avecα_c(ω) = (q^2/m)/(ω_0^2 − ω^2 − iωγ(ω)).
12. Exprimer la puissance rayonnée par l'électron (équation (3) de la question 6) en régime stationnaire. D'où vient cette énergie? Justifier que l'on parle de "lumière diffusée" par l'atome.
13. Calculer le rapport σ(ω) entre la puissance rayonnée et la puissance par unité de surface de l'onde incidente ( ε_0|E_0|^2 c/2 ). Le résultat a la dimension d'une surface. Quel est l'interprétation physique de σ(ω) ?
14. Montrer que dans le cas ω≪ω_0, σ(ω) peut s'écrire
σ(ω) = (8π)/3r_e^2(ω/(ω_0))^4
Calculer r_e. Commenter l'ordre de grandeur.
15. Montrer qu'à résonance σ(ω_0) est de l'ordre de λ^2. Peut-on voir un atome unique à l'oeil nu? Avec une loupe? Avec un microscope? Sous quelles conditions?

1.2 Forces exercées par la lumière

Nous allons maintenant montrer qu'à l'ordre suivant en |r|/λ, le champ électromagnétique va induire une force sur le mouvement du centre de masse de l'atome.
Attention : dans toute la section 1.2 (questions 16 à 23), pour chaque quantité physique (position relative de l'électron, champ électrique, champ magnétique...) on veillera à bien distinguer la valeur réelle
r(t), E(R, t), B(R, t)
de son expression en notation complexe
r_–(t), E_–(R, t), B_–(R, t)

en soulignant les quantités en notation complexe.

On considère un champ électromagnétique de fréquence ω/2π. On ne se restreint plus au cas d'une onde plane. On suppose seulement que le champ électrique s'écrit sous la forme
E_–(R, t) = E_–_0(R)e^(− iωt)e_x
  1. Faire le bilan des forces appliquées au système noyau + électron (on rappelle que l'on néglige l'effet de la force de rayonnement sur le noyau). Par un calcul d'ordre de grandeur, justifier que les forces oscillantes induisent un mouvement du centre de masse qui est très petit devant l'extension |r| du mouvement de l'électron.
Pour étudier le mouvement du centre de masse, on va négliger l'effet des composantes rapides des forces, et ne s'intéresser qu'à leur composante séculaire, c'est à dire leur valeur moyenne sur la période 2π/ω des oscillations.
17. En déduire que le champ électrique induit sur l'atome une force moyenne qui s'écrit
F_(el) = ⟨q∑_(i = {x, y, z})r_i ⋅ ∂/(∂R_i)E(R, t)⟩
où les crochets ⟨ ⋅ ⟩ indiquent la moyenne temporelle sur la période 2π/ω et r_i et R_i sont les composantes cartésiennes des vecteurs r et R respectivement.
18. On suppose qu'à chaque instant qr_–(t) = α_c(ω)E_–_0(R)e^(− iωt)e_x, où α_c(ω) a été introduit à la question 11. Sous quelle(s) condition(s) peut-on faire cette hypothèse?
19. Donner l'expression de la force magnétique. Montrer que la composante séculaire de la force magnétique peut s'écrire
F_(mag) = ⟨qr × (rotE(R, t))⟩
où × désigne le produit vectoriel. En déduire qu'on ne peut donc plus négliger la force magnétique moyenne devant la force électrique moyenne.
20. Montrer qu'alors
F_(tot) = F_(el) + F_(mag) = 1/4(α_c^∗(ω)E_–_0^∗(R)gradE_–_0(R) + α_c(ω)E_–_0(R)gradE_–_0^∗(R))
  1. En écrivant E_–_0(R) sous la forme E_–_0(R) = |E_0(R)|exp[iφ(R)], montrer que F_(el) + F_(mag) se décompose en deux composantes F_1 et F_2, où F_1 est proportionnelle au gradient de l'amplitude du champ électrique et F_2 est proportionnelle au gradient de sa phase.
  2. Calculer F_2 dans le cas d'une onde plane de fréquence ω_0/2π. Montrer que la force est proportionnelle au vecteur d'onde k du champ. A quoi correspond cette force? Montrer que l'on peut retrouver cette force à partir de la puissance rayonnée calculée à la question 12 en supposant qu'un photon d'énergie ℏω possède une impulsion ℏk.
  3. Montrer que
F_1 = − grad(− 1/4Re(α_c)|E_0(R)|^2)
En déduire que F_1 dérive d'un potentiel proportionnel à l'intensité locale du champ. Montrer qu'en choisissant judicieusement ω − ω_0 il est possible d'attirer les atomes dans des régions de maxima de l'intensité du champ.

1.3 Les faisceaux gaussiens

Pour étudier le piégeage des atomes au moyen des forces optiques, nous allons donc devoir décrire la lumière par un modèle permettant de représenter un champ électromagnétique avec un profil d'intensité qui ne soit pas uniforme.
Expérimentalement, on manipule les atomes avec des faisceaux laser. Pour modéliser un tel faisceau, on recherche une solution des équations de Maxwell qui s'écrive au premier ordre sous la forme
E(R) = E_0 v(x, y, z)e^(i(kz − ωt))e_x
avec ω = ck. La dépendance en z de v traduit les variations de l'amplitude du champ le long de l'axe de propagation du faisceau. On suppose que ces variations sont lentes à l'échelle de la taille caractéristique du profil transverse du faisceau, elle-même grande devant la longueur d'onde λ = 2π/k de la lumière.
24. Montrer que
(∂^2 v)/(∂x^2) + (∂^2 v)/(∂y^2) + 2ik(∂v)/(∂z) = 0
  1. On peut montrer que
v_k(x, y, z) = (w_0)/(w(z))exp[ − (x^2 + y^2)/(w(z)^2)]exp[ − iΦ(z) + ik(x^2 + y^2)/(2R(z))]
est solution de l'équation avec
w(z)^2 = w_0^2[1 + (z/(z_R))^2]; R(z) = z[1 + ((z_R)/z)^2]; Φ(z) = Atan(z/z_R)
où z_R = (πw_0^2)/λ.
On appelle R(z) le rayon de courbure du faisceau. Quelle est l'interprétation physique de w ?
26. Tracer w(z) qualitativement en fonction de z. On veillera à bien repérer sur l'axe des abscisses la position z = z_R.
Dans quelle région de l'espace peut-on considérer que le faisceau laser se comporte comme une onde plane?
Commenter la limite z≫z_R. A quel phénomène physique cela correspondil?
27. Expliquer comment on peut pièger des atomes avec un faisceau gaussien. Montrer toutefois que le piège est très anisotrope, et que la cuvette de potentiel est beaucoup plus étroite dans la direction transverse que dans la direction longitudinale du faisceau laser.
28. Proposer une méthode pour mieux confiner les atomes dans la direction z.

2 Deuxième partie : le système atome-champ

Dans cette partie on interprète l'amortissement du dipôle non plus comme une force de réaction de rayonnement mais comme un échange de photons entre l'atome et le champ.
Dans une premier temps, on va chercher à étudier l'interaction atomechamp au niveau le plus fondamental, lorsque l'atome n'interagit qu'avec un seul photon. Pour cela, on va placer l'atome à l'intérieur d'une cavité dans laquelle l'atome va préférentiellement émettre le champ.

2.1 La cavité

On considère une cavité, schématisée figure 1, formée de deux miroirs conducteurs concaves de forme sphérique (que l'on considèrera comme des conducteurs parfaits), placés face à face, aux deux points z = ± D/2. On note R_c le rayon de courbure des miroirs.
Figure 1 - Schéma de la cavité. Les miroirs de rayon de courbure R_c sont placés face à face. Les centres des miroirs (points A et A^′ ) sont séparés d'une distance D.
  1. Expliquer comment la présence des miroirs fixe les conditions aux limites que doit satisfaire le champ électromagnétique.
On cherche l'expression du champ électromagnétique à l'intérieur de la cavité sous la forme d'une superposition de deux faisceaux gaussiens de rayons au col w_0 identiques se propageant dans les directions ± ke_z respectivement
E(R, t) = E_+v_k(x, y, z)e^(i(kz − ωt))e_x + E_−v_(− k)(x, y, z)e^(i(− kz − ωt))e_x
où l'expression de v_k est donnée question 25 .
On se restreint au cas où le champ électromagnétique dans la cavité est polarisé selon l'axe Ox. On se place dans l'approximation paraxiale : on suppose que le rayon de courbure des miroirs est grand devant l'extension transverse du mode du champ, et on néglige les composantes du champ électrique dans la direction Oz. Pour simplifier les calculs, on suppose que z_R≫D et on négligera le terme Φ(z) = Atan(z/z_R) dans l'expression de v_(± k). On rappelle que ω = ck.
30. Montrer que les conditions limites aux centres des deux miroirs (points A et A^′ ) imposent à la fréquence de la lumière des valeurs discrètes ω_p/2π, où p est un entier. Donner l'expression de ω_p. Comment appelle-t-on ces fréquences?
31. Montrer que les conditions limites sur le reste de la surface du miroir impose que R(D/2) = R_c. En déduire la valeur du rayon du faisceau au col
w_(0, p)^2 = (λ_p)/(2π)√(D(2R_c − D))
  1. En utilisant l'approximation paraxiale, montrer que le champ de fréquence ω_p/2π peut se mettre sous la forme
E_p(R, t) ≈ E_+u_p(R)e^(− iω_p t)e_x
avec
u_p(R) = exp[ − (r^2)/(w_(0, p)^2)]sin[k_p(z + D/2)]
  1. Montrer que
B_p(R, t) = (E_+)/(iω)(∂u_p(R))/(∂z)e^(− iω_p t)e_y
On pourra utiliser que |∂u_p/∂y|≪|∂u_p/∂z|.
34. Calculer l'énergie électromagnétique W_p pour le mode p en intégrant sur l'espace V_0 compris entre les plans z = − D/2 et z = D/2. On négligera la courbure des miroirs. Montrer que
W_p = (ε_0|E_+|^2)/2V_p
où V_p = πDw_(0, p)^2/4 est le volume effectif du mode.
Dans une vision corpusculaire de la lumière, un champ électromagnétique de fréquence ω/2π contenant 1 photon a une énergie ℏω. Calculer la valeur E_(1, p) que doit prendre E_+pour que le mode p du champ contienne un seul photon.
35. Vérifier que le potentiel vecteur
A_(1, p)(R, t) = − i/(ω_p)E_(1, p)u_p(R)e^(− iω_p t)e_x
permet de retrouver le champ du mode p associé à un photon en utili santB_(1, p)(R, t) = rotA_(1, p)(R, t) et E_(1, p)(R, t) = − (∂A_(1, p)(R, t))/(∂t).
En cherchant les solutions du champ dans la cavité sous la forme (20), nous avons trouvé une famille de modes caractérisés par le nombre entier p. Cela ne signifie pas que ce sont les seules solutions possibles. Toutefois nous allons négliger tous les autres modes de la cavité dans notre modèle, et considérer que le champ électromagnétique se décompose exclusivement sur les modes p.
Dans cette approximation, le potentiel vecteur du champ dans la cavité se décompose en
A(R, t) = ∑_(p = 1)^∞β_p(t)A_(1, p)(R, t)
où les coefficients β_p(t) sont des amplitudes complexes sans dimension dépendantes du temps.

2.2 Couplage de l'atome à un mode du champ

On étudie la dynamique d'un atome placé dans la cavité décrite à la section précédente. On note R_0 la position du noyau.
36. On choisit les paramètres de la cavité de sorte que l'un de ses modes, noté p_0, ait une fréquence très proche de la fréquence de résonance de l'atome ( ω_(p_0) ≈ ω_0 ). Justifier qualitativement que l'on s'attend à ce que l'oscillation du dipôle atomique excite principalement ce mode.
En déduire que le potentiel vecteur s'écrit
A(R, t) = β_(p_0)(t)A_(1, p_0)(R, t)
de sorte que la seule connaissance de β_(p_0)(t) suffit à caractériser le champ dans la cavité. Connaissant A(R, t), on peut calculer les champs électrique et magnétique en utilisant les relations
E(R, t) = − (∂A(R, t))/(∂t)
et
B(R, t) = rotA(R, t)
On omettra l'indice p_0 par la suite.
37. On suppose que β(t) = β_(p_0)(t) varie lentement à l'échelle de 2π/ω. Donner l'expression de E(R, t) dans cette approximation.
38. De façon analogue, on décrit le mouvement de l'électron sous la forme du produit d'une amplitude r~(t) lentement variable à l'échelle de 2π/ω_0 et d'un terme qui oscille à la fréquence propre ω_0/2π
r(t) = r~(t)e^(− iω_0 t)e_x
Écrire les équations du mouvement de l'électron et montrer que le champ agit sur l'électron suivant l'équation
ir~˙e^(− iω_0 t) = − q/(2ω_0 m)E_1 u(R_0)βe^(− iωt)
  1. Réciproquement, le mouvement de l'électron agit sur le champ. A partir des équations de Maxwell, on montre que
ΔA(R, t) − 1/(c^2)(∂^2 A(R, t))/(∂t^2) = − μ_0 j
où j est la densité de courant associée au mouvement de l'électron. En déduire que
(2β˙)/(c^2)E_1(R, t) = − μ_0 j
On rappelle que A_1(R, t) correspond au potentiel vecteur du mode p_0 de la cavité quand celle-ci ne contient pas d'atome. Il est donc solution des équations de Maxwell sans sources ( j = 0 ).
40. Justifier brièvement que le courant j s'écrit j(R) = qr˙δ^3(R − R_0). Montrer que
iβ˙e^(− iωt) = − (qω_0)/(4ℏω)r~E_1 u(R_0)e^(− iω_0 t)
On pourra utiliser que
∫_(V_0)1/2ε_0 E_(1, p)^2 u_p^2(R)d^3 R = ℏω
  1. On se place à résonance ( ω_0 = ω ). Eliminer la variable β pour obtenir une équation différentielle du deuxième ordre sur r~. En déduire le temps caractéristique τ(R_0) de la dynamique du système atome-champ.
  2. Montrer que τ(R_0) → ∞ lorsque l'atome s'approche de l'un des points (0, 0, ± D/2). Donner un argument physique pour justifier que le dipôle ne rayonne plus de champ lorsqu'il est proche d'un des miroirs. En déduire que l'atome ne peut plus se désexciter.
  3. Intégrer l'équation différentielle sur r~ obtenue à la question 41 . On considère qu'à t = 0 l'atome est excité ( r~(0) = r_0 > 0 ) et le champ électromagnétique dans la cavité est nul (β(0) = 0). Tracer l'évolution de |r~(t)|^2. Est-ce la dynamique à laquelle on s'attendait pour l'atome?
  4. La figure 2 présente les résultats d'une expérience dans laquelle on laisse un atome initialement dans l'état excité au centre d'une cavité similaire à celle décrite figure 1 pendant un temps d'interaction t, puis on mesure l'énergie moyenne de l'atome. Donner une interprétation physique de ce que l'on observe. Est-ce en accord avec les prédictions de notre modèle?
Figure 2 - Energie moyenne de l'atome (proportionnelle à |r~|^2 dans notre modèle) en fonction du temps t d'interaction entre l'atome et le mode du champ.
  1. Quelle doit être la valeur de r_0 pour que l'atome ait juste assez d'énergie pour émettre un photon?
  2. On récrit r~(t) = α(t)r_0. Montrer que les équations différentielle couplées pour α et β s'écrivent
α˙ = − i(Ω_0)/2β; β˙ = − i(Ω_0)/2α
Donner l'expression de Ω_0.

2.3 Analogie avec les oscillateurs mécaniques couplés

Notre modèle d'un atome couplé à un seul mode du champ est donc trop simpliste pour décrire l'émission spontanée (l'amortissement du mouvement de l'électron dans l'espace libre). Dans ce modèle, l'évolution du système est périodique alors que l'émission spontanée est un phénomène irréversible. Dans cette section, nous allons montrer que l'évolution du système atomechamp est formellement équivalente à celle de deux oscillateurs harmoniques couplés.
Figure 3 - Schéma de principe des oscillateurs mécaniques couplés
  1. On considère ici le problème de deux oscillateurs harmoniques couplés. On imagine deux masses m attachées à deux ressorts de raideur k_0 et k_1, et connectées entre elles par un troisième ressort de raideur κ (Fig. 3 ). Ecrire les équations du mouvement pour chacune des deux masses et en déduire les équations différentielles couplées sur δx_0 et δx_1 (écart à la position d'équilibre à l'instant t de chacune des masses).
  2. On suppose que κ≪k_0, k_1, et que le mouvement des masses est quasiment harmonique. On écrit donc en notation complexe que
δx_n(t) = α_n(t)exp(− iω_n t), n = 0, 1
avec ω_n = √((k_n + κ)/m) ≈ √(k_n/m). On suppose que α_n(t) varie lentement à l'échelle de 1/ω_n. Montrer que
iα_0˙ = λα_1 e^(− i(ω_1 − ω_0)t); iα_1˙ = λ^′ α_0 e^(− i(ω_0 − ω_1)t)
où λ et λ^′ sont des constantes à déterminer en fonction de m, κ, ω_0 et ω_1.
49. Identifier formellement ces équations couplées à celles de la question 46 . A partir des résultats de la section précédente, tracer l'allure de |α_0(t)| pour ω_1 = ω_0 lorsque l'on part d'une situation où une masse oscille et l'autre masse est au repos.
Figure 4 - Généralisation à un grand nombre d'oscillateurs
  1. On considère maintenant le cas où l'oscillateur harmonique de fréquence ω_0 est couplé à un ensemble d'oscillateurs de fréquences ω_n, n = 1, …, N par des ressorts de raideur κ_n (Fig. 4). Montrer que les équations (40) et (41) se généralisent en
iα_0˙, = ∑_(n = 1)^N λ_n α_n e^(− i(ω_n − ω_0)t); iα_n˙, = λ_n^′ α_0 e^(− i(ω_0 − ω_n)t)
On considèrera que k_0, k_n≫∑_n κ_n.
51. Intégrer l'équation (43) en considérant que α_n(0) = 0, et injecter l'expression de α_n(t) ainsi obtenue dans l'équation (42) pour obtenir
α_0˙(t) = − ∫_0^t N(τ)α_0(t − τ)dτ
où l'on a introduit la fonction de mémoire
N(τ) = ∑_(n = 1)^N λ_n λ_n^′ e^(− i(ω_n − ω_0)τ)
  1. Montrer que |N(τ)| est maximum pour τ = 0. Par analogie avec l'optique, justifier qualitativement que |N(τ)| tend vers 0 en un temps caractéristique t_(coh) ∼ 1/Δω, où Δω est la dispersion des fréquences propres ω_n(n ≠ 0) des oscillateurs auxquels est couplé l'oscillateur principal.
  2. En déduire que sous une condition à préciser on a
α˙_0(t) = − (∫_0^∞N(τ)dτ)α_0(t)
En déduire qu'en couplant un oscillateur à un grand nombre d'oscillateurs de fréquences différentes, il est possible d'obtenir une dynamique irréversible. Justifier qualitativement comment on passe d'une dynamique réversible à une dynamique irréversible lorsque l'on augmente le nombre de oscillateurs auquel l'oscillateur principal est couplé.
54. Exprimer le temps caractéristique de décroissance de l'énergie en fonction de N(τ). Quelle est l'interprétation physique de la partie imaginaire de
∫_0^∞N(τ)dτ
si celle-ci est non-nulle?

2.4 Modèle de l'émission spontanée

On comprend donc que lorsque l'on couple un oscillateur harmonique à un grand nombre d'oscillateurs harmoniques de fréquences propres différentes au repos, on observe que l'énergie de cet oscillateur décroît exponentiellement.
Il est donc naturel de penser que pour décrire l'émission spontanée de l'atome, il faut considérer le couplage de l'atome non pas à un seul mode du champ, mais à tous les modes de l'espace libre.
Pour calculer les modes propres de l'espace libre, nous allons calculer les modes propres du champ électromagnétique dans un cube de coté L. A la fin du calcul, nous vérifierons que le résultat final ne dépend pas de L quand L tend vers l'infini.

2.4.1 Détermination des modes propres du champ

Pour définir les modes propres du cube, il est nécessaire de définir les conditions aux limites du champ. Il est possible de chercher les modes propres d'un cube conducteur en imposant l'annulation du champ électrique transverse sur les surfaces du cube. Toutefois, il est plus commode de faire le calcul en considérant des conditions aux limites périodiques, c'est à dire en imposant que
E(x, y, z, t) = E(x, y, z + L, t) = E(x, y + L, z, t) = E(x + L, y, z, t)
On peut montrer que le résultat final ne dépend pas de ce choix des conditions aux limites.
On considère dans un premier temps un champ scalaire f qui vérifie
Δf − 1/(c^2)(∂^2 f)/(∂t^2) = 0
On cherche les modes propres de f, c'est à dire les solutions de (49) de la forme
f(r, t) = f_ω(r)e^(− iωt),
avec ω > 0, qui vérifient des conditions aux limites périodiques
f_ω(x, y, z) = f_ω(x, y, z + L) = f_ω(x, y + L, z) = f_ω(x + L, y, z).
On peut décrire les modes propres sous forme d'ondes planes progressives de vecteur d'onde k.
f_(n_x, n_y, n_z)(x, y, z) = e^(ik_x x)e^(ik_y y)e^(ik_z z)
où k_x = n_x(2π)/L, k_y = n_y(2π)/L et k_z = n_z(2π)/L où n_x, n_y et n_z sont des entiers qui ne sont pas tous simultanément nuls et k_x^2 + k_y^2 + k_z^2 = ω^2/c^2.
On peut montrer que le nombre N_0(ω) de modes propres dont la fréquence est inférieure à ω vaut
N_0(ω) ≈ (L^3)/(6π^2)(ω^3)/(c^3)
  1. Le champ électrique est un champ vectoriel transverse (c'est à dire que, lorsqu'il est décomposé en onde plane, le champ électrique est toujours orthogonal à sa direction de propagation).
    En déduire qu'à chaque mode propre de vecteur d'onde k du champ scalaire f introduit ci-dessus, on peut associer deux modes propres du champ électromagnétique.
  2. On identifie les modes du champ par un indice ℓ qui définit le vecteur d'onde k_ℓ et un indice ε qui définit la polarisation (choisie linéaire) e_(ℓ, ε) de l'onde plane. Le champ électrique du mode ℓ, ε s'écrit sous la forme
E_(ℓ, ε)(R, t) = E_(ℓ, ε)e_(ℓ, ε)e^(i(k_ℓ ⋅ R − ω_c t))
où E_(ℓ, ε) est l'amplitude du champ électrique correspondant à un photon dans le mode ℓ, ε.
Montrer que E_(ℓ, ε) = √((2ℏω_ℓ)/(ε_0 L^3)). On notera E_(ℓ, ε) = E_ℓ.

2.4.2 Couplage de l'atome aux modes de l'espace libre

On décompose le champ électromagnétique sur la base des modes propres de la boîte, et on note β_(ℓ, ε)(t) l'amplitude normalisée du mode ℓ, ε
E(R, t) = ∑_(ℓ, ε)β_(ℓ, ε)(t)E_(ℓ, ε)(R, t)
On suppose que β_(ℓ, ε) varie lentement à l'échelle de 2π/ω_0 et 2π/ω_ℓ.
57. Justifier que l'on peut supposer que l'atome est au point R_0 = 0 sans perte de généralité.
Dans ce cas, les équations couplées de la question 46 deviennent
iα˙e^(− iω_0 t) = − ∑_(ℓ, ε)V_(ℓ, ε)β_(ℓ, ε)e^(− iω_c t); iβ˙_(ℓ, ε)e^(− iω_ℓ t) = − (ω_0)/(ω_ℓ)V_(ℓ, ε)ae^(− iω_0 t)
avecV_(ℓ, ε) = 1/2√(1/(2ω_0 mℏ))qE_ℓ(e_(ℓ, ε) ⋅ e_x).
58. En utilisant les résultats de la section 2.3, montrer que dans ce modèle l'amplitude α des oscillations du dipôle atomique s'amortit avec un taux
Γ = 1/2∑_ℓ(ω_0)/(ω_ℓ)∑_ε V_(ℓ, ε)^2∫_(− ∞)^∞e^(i(ω_0 − ω_ℓ)t) dt
  1. Montrer que, pour un ℓ donné
∑_ε V_(ℓ, ε)^2 = 1/41/(2ω_0 mℏ)q^2 E_ℓ^2 sin^2 Θ_ℓ
où Θ_ℓ est l'angle entre k_ℓ et e_x.
En déduire que
Γ = 1/8∑_ℓ(q^2)/(mε_0 L^3)sin^2 Θ_ℓ∫_(− ∞)^∞e^(i(ω_0 − ω_ℓ)t) dt
  1. On introduit la densité d'états ρ(ω, Θ), définie de sorte que ρ(ω, Θ)dωdΘ soit le nombre de vecteurs d'onde k_ℓ correspondants à une onde plane de fréquence comprise entre ω et ω + dω qui fassent un angle compris entre Θ et Θ + dΘ avec la direction e_x. Montrer que l'on peut alors écrire
Γ = 1/8∫_(ω, Θ)(q^2)/(mε_0 L^3)sin^2 Θ∫_(− ∞)^∞e^(i(ω_0 − ω)t) dtρ(ω, Θ)dω dΘ
  1. En utilisant que
ρ(ω, Θ) = 1/2(dN_0(ω))/(dω)sinΘ
où N_0(ω) a été donné à l'équation (53), montrer que
Γ = (q^2 ω_0^2)/(12πε_0 c^3 m)
On rappelle que ∫_(− ∞)^∞e^(i(ω_0 − ω)t) dt = 2πδ(ω − ω_0).
62. Est-ce cohérent avec le résultat de la question 7 ? Conclure quant à la pertinence de ce modèle pour décrire l'émission spontanée.

2.5 Couplage à un grand nombre de photons

2.5.1 Le modèle classique

On considère à nouveau le cas où l'atome n'est couplé qu'à un seul mode du champ (atome dans une cavité). On s'intéresse maintenant au cas où le mode du champ contient un nombre de photons N ≥ 0. On se place à résonance ( ω_0 = ω ).
63. Reprendre les équations couplées de la question 46. Donner les conditions initiales α(0) et β(0) correspondant à un atome initialement désexcité et un mode contenant N photons dans ce modèle.
64. Montrer qu'aux temps courts
α^2(t) ≃ N(Ω_0^2 t^2)/4
L'énergie de l'oscillateur est proportionnelle à N. Était-ce attendu?
65. Etudier l'évolution de α(t) et β(t) aux temps longs. Montrer que dans ce modèle l'atome absorbe l'énergie des N photons.

2.5.2 Le modèle quantique

On atteint ici les limites de notre modèle : en réalité, l'atome ne peut pas absorber plus d'un photon. Pour décrire l'interaction d'un atome avec un champ contenant plus de 1 photon, nous allons utiliser un modèle quantique.
On considère que le système évolue entre deux états possibles : soit l'atome est dans l'état désexcité d et le mode du champ contient N photons, soit l'atome est dans l'état excité e et le mode de la cavité ne contient plus que N − 1 photons. On représente ces deux états avec la notation de la mécanique quantique, par deux vecteurs notés |e, N − 1⟩ et |d, N⟩.
L'état du système "atome+champ" est représenté par le vecteur |ψ⟩ que l'on peut décomposer sur la base des deux états |e, N − 1⟩ et |d, N⟩
|ψ(t)⟩ = α~(t)|e, N − 1⟩ + β~(t)|d, N⟩
où α~(t) et β~(t) sont des amplitudes complexes dépendantes du temps. La physique quantique permet donc au sytème d'être dans une superposition de deux états |e, N − 1⟩ et |d, N⟩. Ce n'est qu'au moment de la mesure que le système est trouvé aléatoirement dans un état ou dans l'autre avec une certaine probabilité (on dit qu'il est "projeté" dans cet état). On admet que lorsqu'on mesure l'état |ψ⟩, la probabilité de trouver le système dans l'état |e, N − 1⟩ est |a~(t)|^2 et la probabilité de trouver le système l'état |d, N⟩ est |β~(t)|^2.
L'évolution du système est donné par l'équation de Schrödinger
iℏd/(dt)|ψ(t)⟩ = H|ψ(t)⟩
où H appelé Hamiltonien du système. Par la suite, on représente l'état |ψ(t)⟩ par la matrice 2 × 1 de ses coordonnées dans la base ( |e, N − 1⟩, |d, N⟩ )
|ψ(t)⟩ = [α~(t); β~(t)]
On admet que dans la base ( |e, N − 1⟩, |d, N⟩ ) le Hamiltonien H est représenté par la matrice
H = [0, ℏΩ_N/2; ℏΩ_N/2, 0]
où Ω_N est une constante qui dépend du nombre de photons N.
66. Montrer que dans le cas N = 1, on retrouve les équations de la question 46 en identifiant α = α~ et β = β~. Justifier physiquement ce choix. En déduire la valeur de Ω_1.
67. Justifier en utilisant les résultats précédents que Ω_N = √NΩ_1.
68. On considère maintenant que l'atome est initialement dans l'état excité, et que le mode du champ contient N_i photons. Entre quels deux états le système va-t-il évoluer ? Calculer la probabilité |α~(t)|^2 de rester dans l'état excité.

2.5.3 Résultats expérimentaux

La figure 5 présente les résultats d'une expérience dans laquelle on laisse l'atome interagir avec le mode d'une cavité contenant cette fois un petit
Figure 5 - Probabilité de détecter l'atome dans l'état |d⟩ en fonction du temps d'interaction t entre l'atome et la cavité pour une cavité contenant initialement un état cohérent.
nombre de photons. L'atome, initialement dans l'état excité |e⟩, interagit avec la cavité pendant un temps t, puis on mesure son état interne (excité ou désexcité). En répétant un grand nombre de fois l'expérience, on peut estimer la probabilité P_d(t) = |β~(t)|^2 que l'atome soit dans l'état |d⟩ au bout du temps t.
69. Montrer que l'évolution que l'on observe ne correspond pas à ce que l'on attend de notre modèle pour un atome interagissant avec un champ contenant un nombre de photons initial N_i donné.
70. En effet, l'atome interagit ici avec un mode du champ contenant un état cohérent, qui est un état pour lequel le nombre de photons n'est pas défini. Le nombre N_i de photons dans la cavité est une variable aléatoire de valeur moyenne N¯_i et de dispersion ΔN_i qui est donc différent à chaque répétition de l'expérience. Justifier que si on moyenne des expériences dans laquelle le nombre de photons initial est différent, on s'attend à ce que les oscillations se brouillent aux temps courts.
71. En étudiant la dynamique de l'effondrement ( t < 20μ s ), donner une estimation de N¯_i et de ΔN_i. On pourra estimer la valeur de Ω_1 dans l'expérience à partir de la courbe de la figure 2 de la partie précédente.
72. Comment peut-on interpréter la résurgence des oscillations (encadré dans la figure 5) ? Montrer que cette résurgence est la preuve de la quantification du champ, c'est à dire que le nombre de photons dans le mode prend des valeurs discrètes.

Fin du sudet

Pas de description pour le moment