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Mines Physique 1 PSI 2025Sujet, corrigé et rapport du jury

Le canon, fournisseur d'impulsion

5,0(1 vote)
Faisable en Sup

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 14 questions sur 25, partie II en entier. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : PTSI 7 · MP2I 5 · TSI1 5 · BCPST1 4 questions.

Détail par partie

Téléchargements

Présentation du sujet

Difficile
Le canon, fournisseur d'impulsion : canon à eau, canon à propulsion chimique et canon électromagnétique
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Le sujet comporte trois problèmes totalement indépendants sur l'acquisition d'impulsion d'un projectile par un canon. Le premier étudie l'hydrodynamique d'un canon à eau utilisé par les pompiers, le second la thermodynamique d'un canon à propulsion chimique par explosion de poudre, le troisième la modélisation électromagnétique d'un canon électromagnétique à rails.

  1. 1Partie I : canon à eauÉtude hydrodynamique de l'écoulement de l'eau dans le tube du canon, avec pertes de charge, nombre de Reynolds et puissance de la pompe.
  2. 2Partie II : canon à propulsion chimiqueÉtude thermodynamique de la détente d'un gaz de Joule produit par la combustion de poudre pour propulser un projectile.
  3. 3Partie III : canon électromagnétiqueModélisation électromagnétique d'un canon à rails utilisant la force de Laplace pour accélérer un projectile.

Difficile. Le jury constate avec surprise et regret que de nombreuses copies ne répondaient pas correctement aux questions les plus simples, alors que le sujet, de longueur raisonnable, pouvait être traité dans sa totalité par un bon candidat, ce qui a produit un étalement des notes très important.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 10,71 / 20 · écart-type 3,86 · 3 711 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
10,71/ 20
Écart-type
3,86
Présents
3 711
Coefficient
3
Durée
3 h
1er quartile
7,8
Médiane
10,5
3e quartile
13,2
moyenne 10,7105101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 23 avril 2025. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Confusion entre loi horaire et équation de trajectoire · Confusion entre définition et expression d'une grandeur · Relation de Laplace appliquée sans vérifier ses conditions
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Le sujet, sur le thème des canons fournisseurs d'impulsion, comportait 25 questions réparties en trois parties totalement indépendantes couvrant mécanique du point, dynamique des fluides, thermodynamique des fluides réels et induction électromagnétique. Quelques rares copies de très bon niveau ont répondu correctement à la presque totalité des questions, mais le jury a été surpris par le nombre de copies échouant sur des questions simples, d'où un étalement des notes très important permettant un classement pertinent des candidats.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Confusion entre loi horaire et équation de trajectoireQ1

    La première question, abordée dans presque toutes les copies, n'a pas atteint 50% de taux de réussite : une loi horaire z(t) est confondue avec une équation de trajectoire, et un diamètre de lance à incendie totalement irréaliste est parfois proposé.

    « uneloi horairez(t)n’est pas uneéquation de trajectoire »
  2. 2
    Confusion entre définition et expression d'une grandeurQ8

    La question 8 a montré que trop de candidats confondent définition et expression d'une grandeur, ici les capacités thermiques.

  3. 3
    Relation de Laplace appliquée sans vérifier ses conditionsQ9

    La relation de Laplace de la thermodynamique a des conditions d'application ; l'appliquer sans les vérifier relève de l'incantation et pas de la démonstration, et certaines copies confondent S=0 et deltaS=0.

    « relève de l’incantation et pas de la démonstration »
  4. 4
    Confusion sur la notion de force conservativeQ11-Q14

    Les questions 11 à 14 ont révélé une extraordinaire confusion quant à la notion de force conservative, de nombreux candidats concluant à tort qu'une force non constante n'est jamais conservative.

  5. 5
    Loi de Faraday réduite à une formule non définieQ20

    À la question 20, une réponse limitée à e = -dPhi/dt qui ne définit ni e, ni Phi, ni les conditions d'application vaut zéro point ; des mots-clés comme force électromotrice ou contour fermé étaient attendus.

    « vaut évidemment zéro point »
  6. 6
    Effet du déplacement du circuit ignoré dans la loi électriqueQ21

    À la question 21, l'effet du déplacement du circuit dans la loi électrique était, dans la majorité des copies, ignoré, et parfois la vitesse du mobile était injectée directement dans la loi des mailles ; le taux de réussite dépasse à peine 10%.

Ce qui a été bien réussi

  • La question 3, simple vérification de cours, a été très abordée et plutôt réussie, avec près de 60% de taux de réussite.
  • La question 15, question de cours sur le champ magnétique du fil infini, a été traitée par presque toutes les copies avec un taux de réussite supérieur à 60%.
  • La question 7, pourtant inhabituelle, a donné lieu à des réponses correctes et argumentées de la part de certains candidats.

Conseils du jury

  • Vérifier systématiquement les conditions d'application d'une relation de cours avant de l'utiliser, notamment pour la relation de Laplace en thermodynamique.
  • Prendre le temps de lire l'énoncé attentivement plutôt que de foncer, en particulier pour éviter de confondre loi horaire et trajectoire.
  • Distinguer clairement définition et expression d'une grandeur physique.
  • Toujours préciser les conditions d'application et les mots-clés attendus lors de l'énoncé d'une loi de cours comme la loi de Faraday.
  • Faire preuve d'un minimum de recul critique sur les valeurs numériques obtenues (ordre de grandeur, unité).

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

25 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question.
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25 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1En négligeant tout frottement, montrer que la trajectoire des gouttes est parabolique et que la portée…
  2. Q2Justifier que la totalité du jet est isobare à pression identique à celle de l'air. Peut-on appliquer le…
  3. Q3Rappeler l'expression du nombre de Reynolds d'un écoulement, puis calculer celui-ci pour l'eau à l'intérieur…
  4. Q4Déterminer les valeurs extrêmes de puis de; commenter.
  5. Q5En négligeant tout frottement mécanique à l'intérieur de la pompe, exprimer la puissance qu'elle fournit en…
  6. Q6Calculer et; commenter.
  7. Q7Déduire de (2) les expressions de (à une éventuelle constante additive près) et de l'équation d'état pour…
  8. Q8Rappeler les définitions puis donner les expressions des capacités thermiques molaires et du gaz de Joule à…
Voir les 17 autres questions
  1. Q9Établir une relation liant, pendant une telle transformation, la pression et le volume molaire en fonction…
  2. Q10Quel est, à votre avis, le signe de ? Établir la relation et exprimer l'exposant en fonction de et.
  3. Q11Exprimer la force de poussée exercée sur le culot du projectile en fonction de et.
  4. Q12Cette force est-elle conservative ? Une réponse justifiée est attendue.
  5. Q13Établir l'équation différentielle du second ordre vérifiée par.
  6. Q14Montrer que l'impulsion acquise par le projectile à sa sortie du canon est donnée par la relation: et…
  7. Q15Déterminer la direction du champ magnétique créé en par ce fil. En déduire la projection de sur la base…
  8. Q16En supposant l'accélération constante à l'intérieur du canon, exprimer la durée du tir en fonction de et…
  9. Q17Rappeler l'expression de la force de LAPLACE exercée sur un conducteur électrique. En supposant le champ…
  10. Q18Ce champ magnétique est assimilé à celui créé par un fil infini situé à la distance du point où se trouve le…
  11. Q19La résistance électrique du système est notée. On définit le rendement de propulsion comme le rapport de…
  12. Q20Rappeler la loi de Faraday de l'induction électromagnétique. On distingue parfois deux situations…
  13. Q21Établir l'équation électrique reliant, les fonctions et leurs dérivées.
  14. Q22Justifier que la force propulsive est; en déduire l'équation mécanique qui décrit le mouvement du projectile.
  15. Q23L'argument « la longueur des rails d'alimentation est, indépendamment de la position du projectile »…
  16. Q24En négligeant les effets de bord, on pourra en première approximation considérer le champ magnétique, dans…
  17. Q25Exprimer les constantes positives et en fonction des données du problème. Préciser la dimension de et son…

Description

Le sujet comporte trois problèmes totalement indépendants sur l'acquisition d'impulsion d'un projectile par un canon. Le premier étudie l'hydrodynamique d'un canon à eau utilisé par les pompiers, le second la thermodynamique d'un canon à propulsion chimique par explosion de poudre, le troisième la modélisation électromagnétique d'un canon électromagnétique à rails.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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A2025 - PHYSIQUE I PSI

Concours commun
Mines-Ponts

ÉCOLE NATIONALE DES PONTS et CHAUSSÉES, ISAE-SUPAERO, ENSTA PARIS, TÉLÉCOM PARIS, MINES PARIS, MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY, IMT ATLANTIQUE, ENSAE PARIS, CHIMIE PARISTECH - PSL.

Concours Mines-Télécom, Concours Centrale-Supélec (Cycle International).

CONCOURS 2025

PREMIÈRE ÉPREUVE DE PHYSIQUE

Durée de l'épreuve : 3 heures
L'usage de la calculatrice ou de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page de la copie :

PHYSIQUE I - PSI

L'énoncé de cette épreuve comporte 7 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

Le canon, fournisseur d'impulsion

L'impulsion désigne, dans le langage général, l'élan initial qu'on donne à un objet (projectile) qui poursuit ensuite son mouvement. Il a un sens plus spécifique en physique, depuis son introduction sous le nom impetus au moyen-âge : ainsi, un point matériel de masse m et de vitesse v⃗ a pour impulsion p⃗ = mv⃗ et un système étendu de masse M et de barycentre G a pour impulsion p⃗ = Mv⃗_G. Cette grandeur joue par ailleurs un rôle essentiel en physique microscopique, quantique et relativiste.
L'acquisition d'impulsion pour un projectile est le but d'un canon. Le sujet comporte trois problèmes I (description hydrodynamique d'un canon à eau), II (étude thermodynamique d'un canon à poudre explosive) et III (modélisation électromagnétique d'un canon électromagnétique). Ils sont totalement indépendants. Dans l'énoncé des questions posées, exprimer signifie donner une expression littérale et calculer signifie donner une valeur numérique; toutes les applications numériques seront réalisées avec seulement deux chiffres significatifs; on notera que √2 ≃ 1, 4, √3 ≃ 1, 7, √5 ≃ 2, 2 et √7 ≃ 2, 6.

I Canon à eau

Le canon à eau est un dispositif utilisé par les pompiers pour éteindre les incendies tout en restant à distance des flammes; on en utilise aussi dans les opérations de police anti-émeutes. Le but du dispositif est de projeter à grande distance, à travers un tube métallique cylindrique de diamètre d et de longueur ℓ, de l'eau avec une vitesse initiale v_0 élevée (voir figure 1 ). Un tel canon doit, dans le cas le plus favorable, avoir une portée maximale L = 150 m. On supposera que l'eau est un liquide incompressible de masse volumique ρ_0 = 1, 0 × 10^3 kg ⋅ m^(− 3) et peu visqueux, η = 1, 0 × 10^(− 3) Pa ⋅ s.
Figure 1 - Canon à eau (photo SDIS de la Haute-Loire et Jéremy Rousseau) et son schéma
Après être sorties du canon, les gouttes d'eau sont en mouvement sous la seule action du champ de pesanteur, d'intensité g = 9, 8 m ⋅ s^(− 2).
    1. En négligeant tout frottement, montrer que la trajectoire des gouttes est parabolique et que la portée maximale est atteinte lors d'un tir sous un angle de 45^∘ (figure 2).
      Exprimer v_0 en fonction de g et L puis calculer sa valeur.
      En déduire le diamètre d du canon s'il permet d'assurer un débit sortant de 6000 L ⋅ min^(− 1) (cas des plus gros canons à eau commercialisés).
    1. Justifier que la totalité du jet est isobare à pression identique à celle P_0 = 1, 0 bar de l'air. Peut-on appliquer le théorème de Bernoulli le long de cet écoulement parabolique?
      Quelle est en particulier la vitesse minimale de l'eau entre sa sortie du canon en O et son impact au sol?
Figure 2 - Canon à eau en configuration de portée maximale
Si la pression de sortie du canon est bien pratiquement identique à P_0, sa pression à l'entrée du tube, c'est-à-dire juste à la sortie de la pompe qui l'alimente, est plus élevée; on la notera P_0 + ΔP. La chute de pression ΔP le long du tube est due aux effets combinés de la viscosité de l'eau et de la rugosité relative du matériau formant l'intérieur du tuyau du canon; cette grandeur mesure le rapport ε/d de la hauteur moyenne des aspérités au diamètre du tuyau. La hauteur ε des aspérités à l'intérieur d'un tuyau de canon à eau sera comprise entre 0, 1 mm et 1, 0 mm; sa longueur est ℓ = 1, 0 m.
Figure 3 - Diagramme de Moody
Le diagramme de Moody (figure 3) permet alors de déterminer le facteur de friction ξ de Darcy-Weisbach ; on peut alors en déduire la perte de charge selon :
ΔP = ξ(ρ_0 v_0^2)/(2d)ℓ
    1. Rappeler l'expression du nombre de Reynolds R d'un écoulement, puis calculer celui-ci pour l'eau à l'intérieur du canon à eau. Que peut-on en conclure?
      ◻ − 4. Déterminer les valeurs extrêmes de ξ puis de ΔP; commenter.
      La pompe qui alimente un tel canon prélève l'eau dans un réservoir de grande dimension contenu dans le camion, à la même altitude que la pompe, au repos et à pression atmosphérique. Cette pompe accélère donc l'eau (qui atteint la vitesse v_0 ≃ 38 m ⋅ s^(− 1) à l'entrée du canon) et augmente sa pression pour compenser les pertes de charge de la loi de Darcy-Weisbach (1), elle atteint P_e = 6, 0 bar à l'entrée du canon, pour une sortie de celui-ci sous pression atmosphérique.
    1. En négligeant tout frottement mécanique à l'intérieur de la pompe, exprimer la puissance P qu'elle fournit en fonction de v_0, P_e, P_0, ρ_0 et du débit volumique D_v. Exprimer aussi le rendement propulsif k défini comme la fraction de puissance utilisée effectivement pour l'acquisition d'impulsion de l'eau en sortie du canon.
      ◻ − 6. Calculer P et k; commenter.

II Canon à propulsion chimique

Une arme à propulsion chimique (qu'il s'agisse d'une arme légère ou d'une pièce d'artillerie) contient (figure 4) un projectile 𝒫, à symétrie de révolution, de rayon très légèrement inférieur au rayon a de l'âme du canon, de longueur ℓ. Au moment de l'explosion, l'arrière du projectile (le culot) est disposé en x = 0; entre ce culot et la culasse à l'arrière du canon se trouve la chambre de combustion de volume V_c dans lequel une certaine quantité de poudre sera, à l'instant t = 0, portée à température suffisante (par exemple par percussion) pour en déclencher la combustion avec élévation de température et de pression; c'est celle-ci qui va propulser le projectile dans le tube du canon.
Figure 4 - Projectile dans un canon
Ainsi, pendant le mouvement du projectile, les gaz qui le propulsent occupent en arrière de celui-ci le volume V(t) = V_c + πa^2 X(t) où X est l'abscisse du projectile, de masse M. On négligera toute fuite de ces gaz vers l'extérieur, qui sera considéré comme vide. On négligera aussi les forces de pesanteur.

II.A Le modèle des gaz de Joule

Tous les systèmes thermodynamiques étudiés seront décrits au moyen des variables intensives (pression P et température T ) et des grandeurs extensives volume, énergie interne et entropie dont les valeurs molaires seront notées V_m, U_m et S_m. On rappelle, en dehors de toute transformation chimique ou changement d'état, l'identité thermodynamique associée à toute évolution infinitésimale :
dU_m = TdS_m − PdV_m
Du fait des pression et température élevées régnant dans le canon, on ne peut se contenter d'un modèle de gaz parfait. On adoptera donc le modèle de Joule défini par deux caractéristiques (admises) :
  • le gaz vérifie la première loi de Joule : l'énergie interne molaire U_m(T) ne dépend que de la température;
  • l'entropie molaire du gaz a pour expression :
S_m(T, V_m) = S_0 + Rln[T^(1/(γ − 1))(V_m − b)]
où S_0, R > 0, b > 0 et γ > 1 sont des constantes.
    1. Déduire de (2) les expressions de U_m(T) (à une éventuelle constante additive près) et de l'équation d'état P = P(n, V, T) pour une quantité de matière n en fonction des constantes R et b.
      À quelle(s) condition(s) ce modèle décrit-il un gaz parfait monoatomique? Attention, dans ce qui suit on ne se placera pas dans ce cas particulier.
    1. Rappeler les définitions puis donner les expressions des capacités thermiques molaires C_(vm) et C_(pm) du gaz de Joule à volume et à pression constantes; commenter.
      On note P_i la pression (très élevée) juste après la fin de la combustion, à t = 0^+lorsque le volume disponible pour le gaz est V_c. On admet aussi que la combustion est instantanée et produit exclusivement un gaz de Joule, en quantité de matière n. On suppose d'abord que la détente de ce gaz, pendant le mouvement du projectile dans le canon, est adiabatique et réversible.
    1. Établir une relation liant, pendant une telle transformation, la pression P et le volume molaire V_m en fonction de b et de γ.
      L'hypothèse isentropique est en fait peu réaliste et nous ne la conserverons pas dans ce qui suit. On considère donc ici, toujours dans le modèle du gaz de Joule, une évolution intérieurement réversible telle que le transfert thermique δQ reçu par le gaz n'est plus nul mais donné par δQ = κδW en fonction du travail des forces de pression, également reçues par le gaz.
      ◻ − 10. Quel est, à votre avis, le signe de κ ?
      Établir la relation P ⋅ (V_m − b)^q = cte et exprimer l'exposant q en fonction de κ et γ.
      ◻ - 11. Exprimer la force de poussée F_p(t) exercée sur le culot du projectile en fonction de P_i, V_c, n, b, a, X(t) et q.
    1. Cette force est-elle conservative? Une réponse justifiée est attendue.

II.B Balistique intérieure

On étudie ici le seul cas d'un canon à âme lisse : le mouvement du projectile est seulement une translation et on peut négliger tous les frottements.
◻ - 13. Établir l'équation différentielle du second ordre vérifiée par X(t).
◻ - 14. Montrer que l'impulsion p_s acquise par le projectile à sa sortie du canon est donnée par la relation :
p_s = p_∞√(1 − ((X_0)/(ℓ + X_0))^(q − 1))
et exprimer X_0 en fonction de a, V_c, b et n ainsi que p_∞ en fonction de M, q, n, R et de la température T_i des gaz à t = 0^+. Commenter la signification et l'expression de p_∞.

III Canon électromagnétique

Depuis la découverte des phénomènes d'induction, l'utilisation des forces électromagnétiques pour la mise en mouvement de projectiles a été souvent évoquée. Dès 1917, le français FAUCHONVilleplée réalise un prototype et dépose un brevet aux États-unis pour un tel canon (figure 5) : le projectile (f) est en contact électrique (e et e') avec deux rails conducteurs (g et g') qui permettent le passage du courant électrique généré par des batteries. Le projet a été repris pendant la seconde guerre mondiale en Allemagne puis par de nombreux pays depuis; l'agence de défense européenne (EDA) finance actuellement un projet de ce type (PILUM). Nous nous contenterons ici d'une étude de principe.
Figure 5 - Extrait du brevet US No 1370200

III.A Ordres de grandeur

Le canon électromagnétique repose sur la production d'un champ magnétique statique B⃗ par un courant électrique I circulant dans un circuit fermé. Nous utiliserons, à titre de modèle, le champ crée par un fil infini, cylindrique, confondu avec l'axe ( Oz ), parcouru par le courant I (figure 6). On caractérise un point M extérieur au fil par ses coordonnées cylindriques ( r, θ, z ). On note μ_0 = 1, 3 × 10^(− 6)H ⋅ m^(− 1) la perméabilité magnétique du vide.
Figure 6 - Fil infini créant en M un champ magnétique
    1. Déterminer la direction du champ magnétique B⃗ créé en M par ce fil. En déduire la projection de B⃗ sur la base locale cylindrique en fonction des coordonnées de M.
Dans l'expérience de 1917, un projectile de masse m = 50 g est accéléré par un canon électromagnétique de longueur ℓ = 25 m et atteint à sa sortie l'impulsion p_s = 10 kg ⋅ m ⋅ s^(− 1). L'écartement des rails est de l'ordre de d = 1 cm.
◻ − 16. En supposant l'accélération a constante à l'intérieur du canon, exprimer la durée Δt du tir en fonction de ℓ et a puis a en fonction de m, p_s et ℓ.
Dans le cas d'un tir en direction non horizontale, est-il légitime de négliger le poids du projectile?
    1. Rappeler l'expression de la force de Laplace exercée sur un conducteur électrique.
En supposant le champ magnétique uniforme dans le canon, exprimer son intensité minimale B_0 en fonction de a, m, d et du courant électrique I.
    1. Ce champ magnétique est assimilé à celui créé par un fil infini situé à la distance d/2 du point où se trouve le projectile. Exprimer puis calculer la valeur minimale I du courant électrique nécessaire à la réalisation de l'expérience, en fonction de m, a et μ_0.
    1. La résistance électrique du système est notée R. On définit le rendement de propulsion η comme le rapport de l'énergie cinétique emportée par le projectile à l'énergie électrique nécessaire au tir. Montrer que l'on peut mettre ce rendement sous la forme η = R_u/R en exprimant la résistance utile R_u en fonction de μ_0, m et p_s. Sachant que R_u ≃ 10^(− 7)Ω, proposer une conclusion.

III.B Modélisation

La géométrie du propulseur et des rails d'alimentation est proposée figure 7 ; le générateur de tension constante E_0 alimente l'ensemble en courant électrique depuis une abscisse x < 0. La ligne est fermée par le projectile à l'abscisse X(t). Le mouvement de celui-ci démarre en X(0) = 0 et se termine par l'éjection en X(Δt) = ℓ. La résistance électrique R(X) du circuit, tout comme l'inductance propre L(X), dépendent a priori de la progression du projectile dans le canon. Le courant I(t) est donc variable. On note m la masse du projectile et on néglige le poids et tous les frottements.
Figure 7 - Le propulseur d'un canon électromagnétique et son schéma équivalent
Les rails de guidage, distants de d, sont formés d'un matériau conducteur de conductivité γ, de hauteur h et d'épaisseur e.
    1. Rappeler la loi de Faraday de l'induction électromagnétique. On distingue parfois deux situations d'induction : «circuit fixe dans un champ magnétique variable» (induction de Neumann) et «circuit mobile dans un champ magnétique statique» (induction de Lorentz). Que dire de cette distinction dans le cas de la figure 7 ?
      ◻ - 21. Établir l'équation électrique reliant E_0, les fonctions L(X), R(X), I(t), X(t) et leurs dérivées.
      ◻ − 22. Justifier que la force propulsive est F = I^2(t)(dL)/(dX); en déduire l'équation mécanique qui décrit le mouvement du projectile.
    1. L'argument «la longueur des rails d'alimentation est ℓ, indépendamment de la position du projectile » pourrait servir à justifier un modèle où R(X) ≃ cte. En limitant votre argumentation à quelques lignes au maximum, expliquer pourquoi cet argument est incorrect.
      Dans la suite on négligera la résistance électrique du projectile et la résistance interne du générateur. Justifier le modèle linéaire, R(X) = ρX et exprimer ρ en fonction des caractéristiques du rail de guidage.
      ◻ − 24. En négligeant les effets de bord, on pourra en première approximation considérer le champ magnétique B⃗, dans le plan z = 0 où se trouve le projectile, comme uniforme dans chaque zone de l'espace (entre les rails et hors de ceux-ci). Montrer, en précisant les hypothèses ou approximations nécessaires, qu'entre les rails il vaut B_0 ≃ μ_0 I/h; on pourra s'inspirer du modèle du solénoïde infini.
En déduire l'expression de (dL)/(dX).
Les équations différentielles du mouvement prennent la forme non linéaire ci-après, qui ne permet qu'une résolution numérique :
(d^2 X)/(dt^2) = αI^2 et X(t)I(t) + τ[I(dX)/(dt) + X(dI)/(dt)] = β
    1. Exprimer les constantes positives α, β et τ en fonction des données du problème. Préciser la dimension de τ et son interprétation physique.
FIN DE L'ÉPREUVE

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte physique 1 Mines-Ponts PSI 2025 ?
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Sur quels chapitres porte physique 1 Mines-Ponts PSI 2025 ?

Le sujet porte sur trois canons indépendants : hydrodynamique et pertes de charge pour le canon à eau, thermodynamique des fluides réels pour le canon à propulsion chimique, et électromagnétisme (champ magnétique, induction, force de Laplace) pour le canon électromagnétique.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur physique 1 PSI Mines-Ponts 2025 ?

Le jury relève une confusion entre loi horaire et trajectoire, une application de la relation de Laplace sans vérifier ses conditions, une confusion sur la notion de force conservative, et une loi de Faraday énoncée sans définir ses grandeurs.

Ce sujet de physique 1 PSI Mines-Ponts 2025 est-il difficile ?

Le rapport le décrit comme de longueur raisonnable et traitable dans sa totalité par un bon candidat, mais avec un étalement des notes très important car de nombreuses copies échouent sur les questions les plus simples.

Quelle partie du sujet physique 1 PSI Mines-Ponts 2025 a été la moins réussie ?

La question 21 sur l'induction électromagnétique a le taux de réussite le plus bas, à peine plus de 10%, suivie de la fin du sujet (question 22 et suivantes) qui a été peu abordée.

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