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Corrigé détaillé ENS Physique U PSI 2022

Étude de l'interaction entre un atome et le champ électromagnétique

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 17 questions sur 72. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : BCPST1 5 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Électromagnétisme, Mécanique, Physique quantique · 14 incontournables · 17 questions de première année
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Cette épreuve prestigieuse de l'ENS (filière PSI, épreuve de 6 heures) propose une exploration magistrale de l'interaction lumière-matière, depuis les modèles classiques du dipôle oscillant (Thomson et Lorentz) jusqu'aux fondements de l'électrodynamique quantique en cavité (modèle de Jaynes-Cummings, oscillations de Rabi du vide, effondrement et résurgence). Le sujet aborde la physique des pinces optiques, l'inhibition de l'émission spontanée en cavité et le couplage résonant. Bien qu'offert en PSI, il s'adresse tout autant aux étudiants de PC et de MP par sa richesse conceptuelle et sa transversalité. D'un très haut niveau scientifique mais remarquablement guidé, c'est un problème d'anthologie pour réviser l'électromagnétisme de Spé et s'initier aux concepts modernes de l'optique quantique.

Difficulté
Moyen, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 5 h 10 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

14 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

37 questions rapides et accessibles · 19 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (37) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (19) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La sous-partie 2.3 (Q47 à Q54) porte sur un système purement mécanique de masses et de ressorts couplés. Elle est totalement indépendante des calculs d'électromagnétisme des sous-parties 2.1 et 2.2.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

72 questions
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Partie Introduction : Le modèle de Thomson

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : densité volumique de charge, modèle de thomson

On considère ici le cas d'un atome à un seul électron. Exprimer en fonction de et des constantes fondamentales.

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Exprimer la charge totale e contenue dans la sphère homogène de volume 4\pi r_0^3 / 3.

Voir la réponse courte

Charge répartie uniformément sur une sphère de rayon r_0 : \rho = e/(\frac{4}{3}\pi r_0^3).

Voir le corrigé complet

Dans le modèle de Thomson, l'atome est globalement électriquement neutre. Pour un atome constitué d'un seul électron de charge -e, la sphère doit porter une charge positive totale Q = +e.

La densité volumique de charge \rho étant uniforme à l'intérieur de la sphère de rayon r_0 et de volume V = \frac{4}{3}\pi r_0^3, la charge totale de la sphère s'écrit :

Q = \rho V = \rho \left( \frac{4}{3}\pi r_0^3 \right) = e

On en déduit l'expression de la densité de charge positive :

\boxed{\rho = \frac{3e}{4\pi r_0^3}}

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : théorème de gauss, force de rappel

Calculer le champ électrique vu par l'électron lorsque celui ci se trouve à l'intérieur de la sphère. Expliquer pourquoi ce modèle est aussi appelé "modèle de l'électron élastiquement lié".

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss sur une sphère de rayon r < r_0 pour obtenir un champ proportionnel au rayon vecteur \mathbf{r}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ électrostatique créé par la sphère de charge positive à l'aide du théorème de Gauss, en justifiant préalablement la direction et les dépendances du champ par les symétries de la distribution.
  2. Exprimer la force subie par l'électron de charge q = -e et comparer sa forme mathématique à celle d'une force de rappel élastique.
Voir la réponse courte

Théorème de Gauss sur une sphère de rayon r donnant \mathbf{E} \propto r\,\mathbf{u}_r, d'où une force de rappel linéaire élastique sur l'électron.

Voir le corrigé complet

Soit un point M situé à l'intérieur de la sphère de charge positive, à la distance r = \|\mathbf{r}\| \le r_0 du centre O.

  • Symétries et invariances : La distribution de charge présente une symétrie sphérique autour de O. Tout plan passant par O et M est un plan de symétrie de la distribution, donc le champ électrostatique est radial : \mathbf{E}(\mathbf{r}) = E(r)\,\mathbf{u}_r. Par invariance sous toute rotation de centre O, la composante radiale E(r) ne dépend que de la distance r.
  • Théorème de Gauss : On choisit comme surface de Gauss \mathcal{S}_G la sphère de centre O et de rayon r \le r_0, orientée vers l'extérieur. Le flux sortant du champ électrique à travers \mathcal{S}_G s'écrit :

    \Phi = \iint_{\mathcal{S}_G} \mathbf{E}\cdot\mathrm{d}\mathbf{S} = E(r) \iint_{\mathcal{S}_G} \mathrm{d}S = 4\pi r^2 E(r)

    La charge intérieure à \mathcal{S}_G est celle d'une boule de rayon r uniformément chargée :

    Q_{\text{int}} = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3

    D'après le théorème de Gauss :

    \begin{aligned} 4\pi r^2 E(r) &= \frac{Q_{\text{int}}}{\epsilon_0} = \frac{\rho}{\epsilon_0}\frac{4}{3}\pi r^3 \\ E(r) &= \frac{\rho}{3\epsilon_0}r \end{aligned}

En utilisant l'expression de \rho = \dfrac{3e}{4\pi r_0^3} obtenue à la question 1, le champ électrique vu par l'électron s'écrit :

\boxed{\mathbf{E}(\mathbf{r}) = \frac{\rho}{3\epsilon_0}\mathbf{r} = \frac{e}{4\pi\epsilon_0 r_0^3}\mathbf{r}}

L'électron, de charge q = -e, subit la force électrostatique :

\mathbf{F}_e = -e\,\mathbf{E}(\mathbf{r}) = -\frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 r_0^3}\mathbf{r}

Cette force est centrale, dirigée vers le centre O et proportionnelle au déplacement \mathbf{r}. Elle est formellement identique à la force de rappel élastique exercée par un ressort idéal de raideur équivalente :

\kappa = \frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 r_0^3}

C'est pourquoi ce modèle de l'atome est qualifié de « modèle de l'électron élastiquement lié ».

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : oscillateur harmonique, équation du mouvement

On suppose que l'électron initialement au repos est déplacé de sa position d'équilibre à (en restant cependant à l'intérieur de la sphère de rayon ). Décrire qualitativement son mouvement pour .

Voir l'indice

Écrire le principe fondamental de la dynamique projeté sur la direction du déplacement initial pour identifier un oscillateur harmonique.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron dans le référentiel lié au noyau (supposé galiléen).
  2. Identifier la nature de l'équation différentielle obtenue à partir de la force de rappel établie en Q2.
  3. Conclure sur la trajectoire et le caractère harmonique des oscillations de l'électron.
Voir la réponse courte

En l'absence d'amortissement, l'électron effectue un mouvement d'oscillation harmonique sinusoïdal autour de l'origine à la pulsation propre \omega_0.

Voir le corrigé complet

On étudie l'électron (masse m, charge q = -e) dans le référentiel du noyau, supposé galiléen du fait de la masse infinie attribuée à la sphère positive.

L'électron n'est soumis qu'à la force électrostatique calculée à la question Q2 :

\mathbf{F}_e = -e\mathbf{E}(\mathbf{r}) = -\kappa \mathbf{r} \quad \text{avec} \quad \kappa = \frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 r_0^3}

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m\frac{\mathrm{d}^2\mathbf{r}}{\mathrm{d}t^2} = -\kappa \mathbf{r} \iff \ddot{\mathbf{r}} + \omega_0^2 \mathbf{r} = \mathbf{0}

en posant la pulsation propre :

\omega_0 = \sqrt{\frac{\kappa}{m}} = \sqrt{\frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 m r_0^3}}

À t = 0, l'électron est écarté d'un vecteur \mathbf{r}_0 \neq \mathbf{0} (avec \|\mathbf{r}_0\| < r_0) et relâché sans vitesse initiale (\dot{\mathbf{r}}(0) = \mathbf{0}). La direction de rappel restant colinéaire à la droite passant par le centre O et la position initiale, le mouvement est rectiligne le long de cet axe.

La solution de l'équation du mouvement s'écrit :

\mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_0 \cos(\omega_0 t)

L'électron effectue donc des oscillations harmoniques simples non amorties de pulsation \omega_0 le long de la direction définie par sa position initiale, en restant confiné à l'intérieur de la sphère puisque \forall t,\ \|\mathbf{r}(t)\| \le \|\mathbf{r}_0\| < r_0.

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : pulsation propre, ordre de grandeur

La motivation du modèle de Thomson était d'expliquer que les atomes rayonnent des fréquences discrètes. Sachant que la première raie spectrale de l'hydrogène a une longueur d'onde de , en déduire l'ordre de grandeur du rayon dans ce modèle. Cela semble-t-il raisonnable ?

Voir l'indice

Relier la pulsation propre \omega_0 à la raie spectrale par \lambda = 2\pi c / \omega_0, puis isoler r_0 et comparer sa taille au rayon de Bohr (10^{-10}\text{ m}).

Voir la stratégie
  1. Relier la pulsation propre \omega_0 de l'électron à la longueur d'onde rayonnée \lambda via la relation de dispersion d'une onde électromagnétique dans le vide.
  2. Exprimer le rayon r_0 en fonction de \lambda et des constantes fondamentales à partir de l'expression de \omega_0 obtenue à la question Q3.
  3. Conduire l'application numérique avec un chiffre significatif et comparer le résultat à la taille typique d'un atome.
Voir la réponse courte

Relation \omega_0^2 = e^2/(4\pi\varepsilon_0 m r_0^3) avec \lambda = 122\text{ nm} conduisant à r_0 \sim 10^{-10}\text{ m}, ordre de grandeur atomique réaliste.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle de Thomson, l'électron oscille à sa pulsation propre \omega_0. Le dipôle ainsi formé rayonne une onde électromagnétique de même pulsation dans le vide, de sorte que la longueur d'onde de la raie d'émission associée s'écrit :

\lambda = \frac{c}{\nu_0} = \frac{2\pi c}{\omega_0} \iff \omega_0 = \frac{2\pi c}{\lambda}

D'après la question Q3, la pulsation propre vérifie :

\omega_0^2 = \frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 m r_0^3}

On en déduit l'expression du rayon r_0 :

r_0^3 = \frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 m \omega_0^2} = \frac{e^2 \lambda^2}{16\pi^3 \epsilon_0 m c^2}

d'où :

\boxed{r_0 = \left( \frac{e^2 \lambda^2}{16\pi^3 \epsilon_0 m c^2} \right)^{1/3}}

Effectuons l'application numérique avec les valeurs fournies :

  • e \approx 1{,}6 \times 10^{-19}\text{ C}
  • \lambda = 122\text{ nm} \approx 1{,}2 \times 10^{-7}\text{ m}
  • \frac{1}{4\pi\epsilon_0} \approx 9{,}0 \times 10^9\text{ N}\cdot\text{m}^2\cdot\text{C}^{-2}
  • m \approx 9{,}1 \times 10^{-31}\text{ kg}
  • c \approx 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

La pulsation propre vaut :

\omega_0 = \frac{2\pi \times 3{,}0 \times 10^8}{1{,}22 \times 10^{-7}} \approx 1{,}5 \times 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}

ce qui conduit à :

r_0^3 \approx \frac{9{,}0 \times 10^9 \times (1{,}6 \times 10^{-19})^2}{9{,}1 \times 10^{-31} \times (1{,}5 \times 10^{16})^2} \approx \frac{2{,}3 \times 10^{-28}}{2{,}1 \times 10^2} \approx 1{,}1 \times 10^{-30}\text{ m}^3

En prenant la racine cubique avec un chiffre significatif :

\boxed{r_0 \approx 1 \times 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm}}

Cette valeur est de l'ordre de grandeur de l'angström (1\text{ \AA} = 10^{-10}\text{ m}), ce qui coïncide remarquablement avec la taille typique d'un atome (le rayon de Bohr de l'atome d'hydrogène vaut a_0 \approx 0{,}53\text{ \AA}). Ce résultat est donc tout à fait raisonnable.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : approximation non relativiste, vitesse limite

Vérifier que le mouvement de l'électron est non-relativiste, c'est à dire que sa vitesse est très petite devant la vitesse de la lumière. Dans la limite non-relativiste, une charge dont le mouvement est décrit (en notation complexe) par

rayonne à grande distance un champ donné par

où est la distance à la source, le vecteur unitaire de la source vers le point d'observation, l'angle entre et , et le vecteur unitaire des coordonnées sphériques (orthogonal à la fois à et ). Ce champ a localement la structure d'une onde plane de vecteur d'onde .

Voir l'indice

Calculer la vitesse maximale v_{\max} = z_0 \omega_0 avec z_0 \le r_0 et vérifier que le ratio v_{\max}/c est très inférieur à 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse de l'électron à partir de la loi horaire \mathbf{r}(t) et majorer son amplitude en remarquant que l'électron reste à l'intérieur de la sphère de rayon r_0 (z_0 \le r_0).
  2. Exprimer le rapport v_{\max}/c en fonction de la longueur d'onde \lambda du rayonnement associé et effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Estimation de la vitesse maximale v_{\max} = \omega_0 z_0 \ll c confirmant le caractère non relativiste du mouvement.

Voir le corrigé complet

Le mouvement de l'électron selon l'axe Oz est harmonique de pulsation \omega_0 :

z(t) = z_0 \cos(\omega_0 t + \varphi)

Sa vitesse scalaire s'écrit \dot{z}(t) = - z_0 \omega_0 \sin(\omega_0 t + \varphi), d'où une vitesse maximale :

v_{\max} = z_0 \omega_0

L'électron restant confiné à l'intérieur de l'atome de Thomson, son amplitude d'oscillation vérifie z_0 \le r_0. La pulsation propre est liée à la longueur d'onde du rayonnement par \omega_0 = \frac{2\pi c}{\lambda}. Le rapport entre la vitesse maximale et la vitesse de la lumière s'exprime ainsi :

\frac{v_{\max}}{c} = \frac{2\pi z_0}{\lambda} \le \frac{2\pi r_0}{\lambda}

Avec r_0 \approx 1 \times 10^{-10}\text{ m} (déterminé à la question Q4) et \lambda = 122\text{ nm} \approx 1 \times 10^{-7}\text{ m} :

\frac{v_{\max}}{c} \le \frac{2\pi \times 1 \times 10^{-10}}{1{,}2 \times 10^{-7}} \approx 5 \times 10^{-3} \ll 1

Soit une vitesse maximale de l'ordre de v_{\max} \approx 1{,}5 \times 10^6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 2 \times 10^6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

\boxed{\frac{v}{c} \ll 1}

Le mouvement de l'électron est donc bien non relativiste.

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : vecteur de poynting, rayonnement dipolaire

Calculer la valeur moyenne du vecteur de Poynting sur une période . En intégrant sur une sphère centrée sur l'atome, montrer que l'électron rayonne une puissance moyenne

Voir l'indice

Calculer le vecteur de Poynting complexe à grande distance \langle \mathbf{\Pi} \rangle = \frac{1}{2\mu_0} \operatorname{Re}(\mathbf{E} \times \mathbf{B}^*) et intégrer son flux sur la sphère avec l'intégrale de \sin^3\theta fournie.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la structure locale d'onde plane sphérique dans la zone de rayonnement pour relier le champ magnétique au champ électrique, puis exprimer la moyenne temporelle du vecteur de Poynting \langle \mathbf{\Pi} \rangle.
  2. Calculer le flux de \langle \mathbf{\Pi} \rangle à travers une sphère de rayon r' centrée sur l'atome en utilisant la formule fournie dans le formulaire pour l'intégrale angulaire.
Voir la réponse courte

Calcul du vecteur de Poynting moyen \langle\Pi\rangle puis intégration angulaire sur une sphère fermée pour établir la puissance de Larmor.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le champ électromagnétique rayonné à grande distance possède localement la structure d'une onde plane progressive se propageant selon la direction radiale \mathbf{n} = \mathbf{u}_r. Le champ magnétique associé s'écrit donc :

\mathbf{B}(\mathbf{r}',t) = \frac{\mathbf{n} \times \mathbf{E}(\mathbf{r}',t)}{c} = \frac{E(\mathbf{r}',t)}{c}\,\mathbf{u}_\phi

puisque \mathbf{n} \times \mathbf{u}_\theta = \mathbf{u}_r \times \mathbf{u}_\theta = \mathbf{u}_\phi.

Le vecteur de Poynting instantané est \mathbf{\Pi} = \frac{\mathbf{E} \times \mathbf{B}}{\mu_0} = \epsilon_0 c E^2 \mathbf{n}. En notation complexe, sa valeur moyenne sur une période T = 2\pi/\omega_0 s'exprime par :

\langle \mathbf{\Pi} \rangle = \frac{1}{2\mu_0} \operatorname{Re}\left( \mathbf{E} \times \mathbf{B}^* \right) = \frac{1}{2} \epsilon_0 c |\mathbf{E}|^2 \mathbf{n}

En utilisant l'expression du champ électrique issue de l'équation (2) :

\begin{aligned} |\mathbf{E}|^2 &= \left( \frac{q z_0 \omega_0^2}{4\pi\epsilon_0 c^2 r'} \right)^2 \sin^2\theta \end{aligned}

On en déduit la valeur moyenne du vecteur de Poynting :

\langle \mathbf{\Pi} \rangle = \frac{q^2 z_0^2 \omega_0^4}{32\pi^2 \epsilon_0 c^3 {r'}^2} \sin^2\theta \, \mathbf{u}_r

La puissance moyenne rayonnée \mathcal{P} est le flux sortant de \langle \mathbf{\Pi} \rangle à travers une sphère \mathcal{S} de rayon r' centrée sur l'atome, d'élément de surface orienté vers l'extérieur \mathrm{d}\mathbf{S} = {r'}^2 \sin\theta\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}\phi\,\mathbf{u}_r :

\begin{aligned} \mathcal{P} &= \iint_{\mathcal{S}} \langle \mathbf{\Pi} \rangle \cdot \mathrm{d}\mathbf{S} \\ &= \frac{q^2 z_0^2 \omega_0^4}{32\pi^2 \epsilon_0 c^3} \int_0^{2\pi}\mathrm{d}\phi \int_0^\pi \sin^3\theta\,\mathrm{d}\theta \end{aligned}

L'intégrale sur \phi vaut 2\pi. Pour l'intégrale sur \theta, on applique la formule donnée dans l'énoncé avec X = \pi :

\int_0^\pi (\sin\theta)^3\,\mathrm{d}\theta = \frac{4}{3}(2 + \cos\pi)\left(\sin\frac{\pi}{2}\right)^4 = \frac{4}{3}(2 - 1)(1)^4 = \frac{4}{3}

On obtient ainsi :

\begin{aligned} \mathcal{P} &= \frac{q^2 z_0^2 \omega_0^4}{32\pi^2 \epsilon_0 c^3} \times 2\pi \times \frac{4}{3} \end{aligned}

ce qui donne bien la formule de Larmor pour un dipôle oscillant :

\boxed{\mathcal{P} = \frac{q^2 z_0^2 \omega_0^4}{12\pi\epsilon_0 c^3}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : bilan énergétique, temps caractéristique

En déduire, par des considérations énergétiques, que le mouvement de l'électron s'amortit au cours du temps. Calculer le temps caractéristique de l'amortissement de l'amplitude des oscillations.

Voir l'indice

Établir le bilan d'énergie mécanique \mathrm{d}\mathcal{E}_m/\mathrm{d}t = -\mathcal{P} où \mathcal{E}_m = \frac{1}{2}m\omega_0^2 z_0^2, et en déduire l'équation différentielle régissant l'amplitude z_0(t).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique moyenne de l'électron oscillant en fonction de son amplitude z_0.
  2. Établir le bilan d'énergie en reliant la variation temporelle de l'énergie mécanique à la puissance moyenne rayonnée calculée en Q6.
  3. En déduire l'équation différentielle régissant l'évolution de l'amplitude z_0(t), identifier le temps caractéristique associé et réaliser l'application numérique avec les données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

La perte continue d'énergie par rayonnement amortit le mouvement ; le temps caractéristique vaut \tau = E/\mathcal{P} \sim 6\pi\varepsilon_0 m c^3/(q^2\omega_0^2).

Voir le corrigé complet

L'énergie mécanique de l'oscillateur harmonique constitué par l'électron élastiquement lié vaut :

E_m = \frac{1}{2}m\dot{z}^2 + \frac{1}{2}m\omega_0^2 z^2

Pour une oscillation quasi sinusoïdale de pulsation \omega_0 et d'amplitude z_0, la valeur moyenne de l'énergie mécanique sur une période est :

\langle E_m \rangle = \frac{1}{2}m\omega_0^2 z_0^2

En l'absence de source extérieure d'énergie, la puissance moyenne perdue par l'atome est égale à la puissance moyenne \mathcal{P} rayonnée à l'infini (établie à la question Q6) :

\frac{\mathrm{d}\langle E_m\rangle}{\mathrm{d}t} = -\mathcal{P} = -\frac{q^2 z_0^2 \omega_0^4}{12\pi\epsilon_0 c^3}

Puisque \mathcal{P} > 0, l'énergie mécanique moyenne décroît strictement au cours du temps : le mouvement de l'électron s'amortit.

En exprimant \mathcal{P} directement en fonction de \langle E_m \rangle, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\langle E_m\rangle}{\mathrm{d}t} = -\frac{q^2 \omega_0^2}{6\pi\epsilon_0 m c^3}\langle E_m\rangle = -\gamma \langle E_m\rangle \quad\text{avec}\quad \gamma = \frac{q^2 \omega_0^2}{6\pi\epsilon_0 m c^3}

L'énergie mécanique décroît exponentiellement selon \langle E_m\rangle(t) = \langle E_m\rangle(0)\,e^{-\gamma t}. Comme l'énergie mécanique est proportionnelle au carré de l'amplitude (\langle E_m \rangle \propto z_0^2), l'amplitude des oscillations décroît selon :

z_0(t) = z_0(0)\,e^{-\frac{\gamma}{2} t} = z_0(0)\,e^{-t/\tau}

Le temps caractéristique d'amortissement de l'amplitude des oscillations est donc :

\boxed{\tau = \frac{2}{\gamma} = \frac{12\pi\epsilon_0 m c^3}{q^2 \omega_0^2}}

En introduisant \omega_0 = \frac{2\pi c}{\lambda} et q = -e, cette expression se réécrit :

\tau = \frac{3 \epsilon_0 m c \lambda^2}{\pi e^2}

Application numérique : Avec \lambda = 122\text{ nm} \approx 1{,}2 \times 10^{-7}\text{ m} (donnée de la question Q4), m = 9{,}11\times 10^{-31}\text{ kg}, e = 1{,}60\times 10^{-19}\text{ C}, \epsilon_0 = 8{,}85\times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} et c = 3{,}00\times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} \tau &= \frac{3 \times 8{,}85\cdot 10^{-12} \times 9{,}11\cdot 10^{-31} \times 3{,}00\cdot 10^8 \times (1{,}22\cdot 10^{-7})^2}{\pi \times (1{,}60\cdot 10^{-19})^2} \\ &\approx \frac{7{,}25 \times 10^{-32} \times 1{,}49 \times 10^{-14}}{8{,}04 \times 10^{-38}} \approx 1{,}3 \times 10^{-9}\text{ s} \end{aligned}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{\tau \approx 1 \times 10^{-9}\text{ s} = 1\text{ ns}}

Résultat

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Partie 1 : Première partie : le modèle de Lorentz

1.1 · La diffusion de la lumière par un atome

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : centre de masse, approximation du noyau fixe

Etudier qualitativement la dynamique du système et montrer qu'en première approximation, le centre de masse reste immobile sous l'effet du champ.

Voir l'indice

Comparer les accélérations du noyau de masse M et de l'électron de masse m soumis à la même force électrique, en utilisant le rapport de masse m/M \ll 1.

Voir la réponse courte

En raison du rapport de masse M/m \gg 1, l'accélération du noyau est négligeable et le centre de masse reste quasi immobile.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué de l'atome complet : le noyau de masse M, de charge -q = +e situé en \mathbf{R}, et l'électron de masse m, de charge q = -e situé en \mathbf{R} + \mathbf{r}.

Comme la masse du noyau est très supérieure à celle de l'électron (M \gg m), le centre de masse de l'atome coïncide en excellente approximation avec la position du noyau :

\mathbf{R}_G = \frac{M\mathbf{R} + m(\mathbf{R} + \mathbf{r})}{M + m} = \mathbf{R} + \frac{m}{M+m}\mathbf{r} \approx \mathbf{R}

Appliquons le théorème de la résultante dynamique au système global dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen :

(M + m)\frac{\mathrm{d}^2\mathbf{R}_G}{\mathrm{d}t^2} = \mathbf{F}_{\text{int}} + \mathbf{F}_{\text{ext}}
  1. Forces intérieures : Par le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), la somme des forces d'interaction mutuelle entre le noyau et l'électron (force élastique de rappel et attraction coulombienne) est strictement nulle :

    \mathbf{F}_{\text{int}} = \mathbf{F}_{n\to e} + \mathbf{F}_{e\to n} = \mathbf{0}
  2. Forces extérieures : Les forces extérieures sont dues au champ électromagnétique incident (\mathbf{E}, \mathbf{B}).

    • Force électrique : Le noyau étant en \mathbf{R} et l'électron en \mathbf{R}+\mathbf{r}, la force électrique totale s'écrit :

      \mathbf{F}_{\text{el, ext}} = -q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) + q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t)

      L'énoncé précise que |\mathbf{r}| \ll \lambda (approximation dipolaire). Le champ incident varie donc de façon négligeable à l'échelle de l'atome, soit au premier ordre (ordre zéro en |\mathbf{r}|/\lambda) :

      \mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) \approx \mathbf{E}(\mathbf{R}, t)

      L'atome étant globalement neutre, la résultante électrique s'annule :

      \mathbf{F}_{\text{el, ext}} \approx -q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) + q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) = \mathbf{0}
    • Force magnétique : La force de Lorentz magnétique s'écrit q_{\text{part}}\mathbf{v}\times\mathbf{B}. En ordre de grandeur, B \sim E/c, donc F_{\text{mag}} \sim \frac{v}{c}F_{\text{el}}. Le mouvement de l'électron étant non-relativiste (v/c \ll 1, vérifié à la question 5), la force magnétique est négligeable devant la force électrique individuelle subie par chaque charge.

La résultante des forces extérieures appliquées à l'atome est donc nulle en première approximation :

(M+m)\frac{\mathrm{d}^2\mathbf{R}_G}{\mathrm{d}t^2} \approx \mathbf{0}

L'atome étant initialement au repos, son centre de masse reste immobile sous l'effet du champ. En choisissant l'origine au centre de masse initial, on a bien :

\boxed{\mathbf{R} \approx \mathbf{0}}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : amortissement, ordre de grandeur

On modélise l'amortissement dû au rayonnement en introduisant une force de réaction de rayonnement avec

appliquée à l'électron (dans tout ce problème on négligera l'effet de la force de rayonnement sur le noyau). Montrer que pour des fréquences optiques.

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique de \gamma(\omega)/\omega pour une pulsation optique typique (\lambda \approx 500\text{ nm}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport sans dimension \frac{\gamma(\omega)}{\omega} à partir de l'expression fournie pour \gamma(\omega).
  2. Choisir une fréquence ou pulsation caractéristique du domaine visible (\lambda \approx 500\text{ nm}).
  3. Réaliser l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes du sujet et conclure.
Voir la réponse courte

Calcul du rapport \gamma(\omega)/\omega = q^2\omega/(6\pi\varepsilon_0 m c^3) \ll 1 confirmant un amortissement radiatif très faible aux fréquences optiques.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (5), le taux d'amortissement \gamma(\omega) s'écrit :

\gamma(\omega) = \frac{q^2 \omega^2}{6\pi \epsilon_0 m c^3}

avec q = -e. Formons le rapport sans dimension :

\frac{\gamma(\omega)}{\omega} = \frac{e^2 \omega}{6\pi \epsilon_0 m c^3} = \frac{e^2}{3 \epsilon_0 m c^2 \lambda}

en utilisant la relation de dispersion dans le vide \omega = \frac{2\pi c}{\lambda}.

Pour le domaine visible, la longueur d'onde typique est de l'ordre de \lambda \approx 500\text{ nm} = 5\times 10^{-7}\text{ m}, ce qui correspond à une pulsation :

\omega = \frac{2\pi c}{\lambda} \approx \frac{2\pi \times 3\times 10^8}{5\times 10^{-7}} \approx 4\times 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}

Effectuons l'application numérique avec les constantes fournies :

\begin{aligned} \frac{\gamma(\omega)}{\omega} &= \frac{(1{,}6\times 10^{-19})^2}{3 \times (8{,}9\times 10^{-12}) \times (9{,}1\times 10^{-31}) \times (3\times 10^8)^2 \times (5\times 10^{-7})} \\ &= \frac{2{,}6\times 10^{-38}}{3 \times 8{,}9 \times 9{,}1 \times 9 \times 5 \times 10^{-12-31+16-7}} \\ &= \frac{2{,}6\times 10^{-38}}{1{,}1\times 10^{-30}} \approx 2\times 10^{-8} \end{aligned}

soit \gamma(\omega) \sim 10^8\text{ s}^{-1}. On constate donc que :

\boxed{\frac{\gamma(\omega)}{\omega} \sim 10^{-8} \ll 1}

L'approximation d'un amortissement très faible est donc parfaitement justifiée dans le domaine optique.

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : principe fondamental de la dynamique, force de lorentz

Faire le bilan des forces appliquées à l'électron et justifier que l'on peut écrire, en notation complexe,

Voir l'indice

Appliquer le PFD à l'électron en régime dipolaire électrique en sommant le rappel élastique, la friction de rayonnement et la force de Lorentz.

Voir la stratégie
  1. Réaliser l'inventaire des forces s'exerçant sur l'électron dans le référentiel lié au noyau (considéré galiléen car M \gg m et \mathbf{R} = \mathbf{0}).
  2. Justifier les approximations usuelles : approximation dipolaire électrique (|\mathbf{r}| \ll \lambda) et négligence de la force magnétique de Lorentz (v \ll c).
  3. Appliquer le principe fondamental de la dynamique et passer en notation complexe par linéarité de l'équation.
Voir la réponse courte

Application du principe fondamental de la dynamique à l'électron soumis au rappel élastique, au frottement de rayonnement et à la force électrique.

Voir le corrigé complet

On étudie l'électron de masse m et de charge q dans le référentiel lié au noyau, supposé galiléen puisque le noyau, infiniment lourd devant l'électron (M \gg m), est considéré fixe à l'origine (\mathbf{R} = \mathbf{0}, d'après la question 8).

L'électron est soumis aux actions mécaniques suivantes :

  • la force de rappel élastique exercée par le noyau :

    \mathbf{F}_{\text{rappel}} = -\kappa \mathbf{r} = -m\omega_0^2 \mathbf{r}
  • la force de réaction de rayonnement introduite à la question 9 :

    \mathbf{F}_{\text{rad}} = -m\gamma(\omega)\dot{\mathbf{r}}
  • la force de Lorentz due à l'onde incidente, \mathbf{F}_{\text{L}} = q\big(\mathbf{E}(\mathbf{r}, t) + \dot{\mathbf{r}}\times \mathbf{B}(\mathbf{r}, t)\big).

    • Approximation dipolaire électrique : l'extension du mouvement de l'électron vérifie |\mathbf{r}| \ll \lambda, donc |\mathbf{k}\cdot\mathbf{r}| \ll 1. Le champ électrique perçu par l'électron se réduit à sa valeur en \mathbf{R}=\mathbf{0} :

      \mathbf{E}(\mathbf{r}, t) \approx \mathbf{E}(\mathbf{0}, t) = E_0 e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x
    • Négligence de la composante magnétique : pour une onde plane dans le vide, B \sim E/c. Le mouvement étant non-relativiste (v \ll c, établi à la question 5), le rapport des forces vérifie :

      \frac{\|\mathbf{F}_{\text{mag}}\|}{\|\mathbf{F}_{\text{el}}\|} \sim \frac{q v B}{q E} \sim \frac{v}{c} \ll 1

      La partie magnétique de la force de Lorentz est donc négligeable devant la composante électrique.

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'électron s'écrit alors :

m\ddot{\mathbf{r}} = \mathbf{F}_{\text{rappel}} + \mathbf{F}_{\text{rad}} + q\mathbf{E}(\mathbf{0}, t) = -m\omega_0^2 \mathbf{r} - m\gamma(\omega)\dot{\mathbf{r}} + q E_0 e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x

Par linéarité de cette équation différentielle, on adopte la notation complexe pour la variable de position \mathbf{r}(t). En divisant par la masse m et en regroupant les termes d'inconnue \mathbf{r}, on obtient :

\boxed{\ddot{\mathbf{r}} + \gamma(\omega)\dot{\mathbf{r}} + \omega_0^2 \mathbf{r} = \frac{qE_0}{m} e^{-i\omega t} \mathbf{e}_x}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage ; Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : régime sinusoïdal forcé, polarisabilité

Montrer qu'après un régime transitoire, le mouvement de l'électron atteint un régime stationnaire , où l'amplitude complexe vérifie

avec .

Voir l'indice

Injecter la forme stationnaire \mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t} dans l'équation différentielle et identifier la relation de proportionnalité avec \mathbf{E}_0.

Voir la stratégie
  1. Montrer que les solutions de l'équation différentielle homogène associée à l'équation (6) s'amortissent exponentiellement au cours du temps du fait du terme dissipatif (\gamma > 0).
  2. Rechercher la solution particulière en régime forcé sous la forme \mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t}.
  3. En déduire l'expression de l'amplitude dipolaire q\mathbf{r}_\omega et identifier la polarisabilité dynamique complexe \alpha_c(\omega).
Voir la réponse courte

Recherche de la solution stationnaire en notation complexe pour identifier l'expression de la polarisabilité atomique complexe \alpha_c(\omega).

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle linéaire du mouvement de l'électron obtenue à la question Q10 s'écrit :

\ddot{\mathbf{r}} + \gamma(\omega)\dot{\mathbf{r}} + \omega_0^2 \mathbf{r} = \frac{qE_0}{m} e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x

La solution générale de cette équation différentielle est la somme de la solution générale de l'équation homogène \mathbf{r}_h(t) et d'une solution particulière \mathbf{r}_p(t) associée au second membre.

L'équation caractéristique associée à l'équation homogène est :

s^2 + \gamma(\omega)s + \omega_0^2 = 0

Le discriminant est négatif car \gamma(\omega) \ll \omega_0 (question Q9) : \Delta = \gamma^2 - 4\omega_0^2 < 0. Les deux racines complexes conjuguées sont :

s_\pm = -\frac{\gamma(\omega)}{2} \pm i \sqrt{\omega_0^2 - \frac{\gamma(\omega)^2}{4}} \approx -\frac{\gamma(\omega)}{2} \pm i\omega_0

Comme la partie réelle de ces racines est strictement négative (-\gamma/2 < 0), la solution homogène \mathbf{r}_h(t), qui décrit le régime transitoire, décroît exponentiellement vers zéro avec un temps caractéristique \tau = 2/\gamma :

\lim_{t \to +\infty} \mathbf{r}_h(t) = \mathbf{0}

Après l'extinction du régime transitoire, il ne subsiste que le régime forcé (ou stationnaire), oscillant à la pulsation \omega de l'onde incidente. On cherche cette solution sous la forme :

\mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t}

Les dérivées temporelles successives s'écrivent :

\begin{aligned} \dot{\mathbf{r}}(t) &= -i\omega \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t} \\ \ddot{\mathbf{r}}(t) &= -\omega^2 \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t} \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation du mouvement, on obtient :

\left(-\omega^2 - i\omega\gamma(\omega) + \omega_0^2\right) \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t} = \frac{q E_0}{m} e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x

Soit, en simplifiant par e^{-i\omega t} :

\left(\omega_0^2 - \omega^2 - i\omega\gamma(\omega)\right) \mathbf{r}_\omega = \frac{q E_0}{m}\mathbf{e}_x

En multipliant par la charge q de l'électron, on obtient le moment dipolaire induit complexe q\mathbf{r}_\omega :

q\mathbf{r}_\omega = \frac{q^2/m}{\omega_0^2 - \omega^2 - i\omega\gamma(\omega)} E_0 \mathbf{e}_x

On en déduit bien la relation demandée :

\boxed{q\mathbf{r}_\omega = \alpha_c(\omega) E_0 \mathbf{e}_x \quad \text{avec} \quad \alpha_c(\omega) = \frac{q^2/m}{\omega_0^2 - \omega^2 - i\omega\gamma(\omega)}}

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : diffusion de la lumière, puissance rayonnée

Exprimer la puissance rayonnée par l'électron (équation (3) de la question 6) en régime stationnaire. D'où vient cette énergie ? Justifier que l'on parle de "lumière diffusée" par l'atome.

Voir l'indice

Remplacer l'amplitude z_0 de la question 6 par |\mathbf{r}_\omega|, et remarquer que la puissance réémise provient de la puissance prélevée sur le faisceau incident.

Voir la stratégie
  1. Transposer la formule de Larmor obtenue à la question 6 au régime stationnaire forcé, en remplaçant la pulsation propre \omega_0 par la pulsation d'excitation \omega et l'amplitude z_0 par le module de l'amplitude complexe r_\omega = \|\mathbf{r}_\omega\|.
  2. Identifier l'origine de cette énergie à l'aide d'un bilan de puissance mécanique et électromagnétique.
  3. Justifier la qualification de « lumière diffusée » en analysant la réémission spatiale de l'énergie prélevée sur l'onde incidente.
Voir la réponse courte

Remplacement de z_0 par |\mathbf{r}_\omega| ; l'énergie provient de l'onde incidente prélevée et réémise dans toutes les directions (diffusion).

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, le mouvement de l'électron est purement sinusoïdal de pulsation \omega le long de l'axe Ox :

\mathbf{r}(t) = \mathbf{r}_\omega e^{-i\omega t}

Par analogie directe avec la formule (3) établie à la question 6 pour une oscillation sinusoïdale d'amplitude z_0 à la pulsation \omega_0, la puissance moyenne rayonnée par l'électron sous l'effet du champ excitateur à la pulsation \omega avec une amplitude \|\mathbf{r}_\omega\| s'écrit :

\mathcal{P} = \frac{q^2 \|\mathbf{r}_\omega\|^2 \omega^4}{12\pi\epsilon_0 c^3}

D'après la question 11, on a q \mathbf{r}_\omega = \alpha_c(\omega) E_0 \mathbf{e}_x, d'où q^2 \|\mathbf{r}_\omega\|^2 = |\alpha_c(\omega)|^2 |E_0|^2. On en déduit l'expression de la puissance rayonnée :

\boxed{\mathcal{P} = \frac{\omega^4}{12\pi\epsilon_0 c^3} |\alpha_c(\omega)|^2 |E_0|^2 = \frac{q^4 E_0^2 \omega^4}{12\pi\epsilon_0 m^2 c^3\left[(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2\gamma(\omega)^2\right]}}

Origine de l'énergie L'électron en régime permanent a une énergie mécanique moyenne constante. L'énergie rayonnée par l'atome est continûment prélevée sur l'onde électromagnétique incidente par le travail de la force électrique appliquée sur l'électron. En effet, la puissance moyenne fournie par le champ incident à l'électron est :

\mathcal{P}_{\text{fournie}} = \langle q\mathbf{E}(t)\cdot \dot{\mathbf{r}}(t) \rangle = \frac{1}{2}\text{Re}\left( q E_0 \mathbf{e}_x \cdot (-i\omega \mathbf{r}_\omega)^* \right) = \frac{1}{2}\omega |E_0|^2 \text{Im}(\alpha_c(\omega))

Comme \text{Im}(\alpha_c(\omega)) = \frac{\omega \gamma(\omega) q^2 / m}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2\gamma^2} et \gamma(\omega) = \frac{q^2\omega^2}{6\pi\epsilon_0 m c^3}, on vérifie immédiatement que :

\mathcal{P}_{\text{fournie}} = \mathcal{P}

Lumière diffusée L'onde incidente est directionnelle (se propageant selon +\mathbf{e}_z). L'atome prélève de l'énergie sur cette onde incidente et la réémet sous forme d'une onde dipolaire sphérique à la même fréquence \omega dans toutes les directions de l'espace (diagramme en \sin^2\theta). Cette redistribution spatiale omnidirectionnelle de l'énergie sans modification de fréquence correspond précisément au phénomène de diffusion élastique (diffusion Rayleigh en régime basse fréquence).

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : section efficace de diffusion, vecteur de poynting

Calculer le rapport entre la puissance rayonnée et la puissance par unité de surface de l'onde incidente (). Le résultat a la dimension d'une surface. Quel est l'interprétation physique de ?

Voir l'indice

Former le quotient \sigma(\omega) = \mathcal{P} / \mathcal{I}_{\text{inc}} et interpréter cette grandeur comme la surface fictive interceptant le flux incident diffusé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport de la puissance moyenne rayonnée \mathcal{P} (obtenue en Q12) à la puissance surfacique moyenne incidente I_{\text{inc}} = \frac{1}{2}\epsilon_0 |E_0|^2 c.
  2. Remplacer la polarisabilité dynamique complexe \alpha_c(\omega) par son expression explicite issue de Q11.
  3. Donner la signification physique du résultat en introduisant la notion de section efficace de diffusion.
Voir la réponse courte

Rapport \sigma(\omega) = \mathcal{P}/I_{\text{inc}} représentant la surface fictive intercevant la puissance incidente égale à la puissance rayonnée.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q12, la puissance moyenne rayonnée par l'atome en régime stationnaire s'écrit :

\mathcal{P} = \frac{\omega^4}{12\pi\epsilon_0 c^3} |\alpha_c(\omega)|^2 |E_0|^2

La puissance moyenne par unité de surface transportée par l'onde incidente plane est donnée par le vecteur de Poynting moyen incident :

I_{\text{inc}} = \frac{1}{2}\epsilon_0 |E_0|^2 c

On en déduit l'expression du rapport \sigma(\omega) = \frac{\mathcal{P}}{I_{\text{inc}}} :

\sigma(\omega) = \frac{\frac{\omega^4}{12\pi\epsilon_0 c^3} |\alpha_c(\omega)|^2 |E_0|^2}{\frac{1}{2}\epsilon_0 |E_0|^2 c} = \frac{\omega^4 |\alpha_c(\omega)|^2}{6\pi \epsilon_0^2 c^4}

En injectant le module au carré de la polarisabilité dynamique établie à la question Q11 :

|\alpha_c(\omega)|^2 = \frac{q^4/m^2}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2 \gamma^2(\omega)}

on obtient finalement :

\boxed{\sigma(\omega) = \frac{q^4 \omega^4}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4 \left[ (\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2 \gamma^2(\omega) \right]}}

Interprétation physique : La grandeur \sigma(\omega) est la section efficace de diffusion (scattering cross-section) de l'atome. Elle représente la surface fictive transverse que doit présenter l'atome au faisceau incident pour que la puissance lumineuse incidente interceptée à travers cette aire soit exactement égale à la puissance totale réémise (diffusée) dans tout l'espace :

\mathcal{P}_{\text{diff}} = \sigma(\omega) \, I_{\text{inc}}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : diffusion rayleigh, rayon classique de l'électron

Montrer que dans le cas , peut s'écrire

Calculer . Commenter l'ordre de grandeur.

Voir l'indice

Prendre la limite \omega \ll \omega_0 dans le dénominateur de \alpha_c(\omega) pour faire apparaître le rayon classique r_e = e^2/(4\pi\epsilon_0 m c^2).

Voir la stratégie
  1. Effectuer le développement asymptotique de la section efficace \sigma(\omega) obtenue à la question Q13 dans la limite \omega \ll \omega_0.
  2. Identifier l'expression de r_e par identification avec la forme imposée par l'énoncé.
  3. Réaliser l'application numérique avec un seul chiffre significatif conformément aux consignes générales, puis commenter la signification et l'ordre de grandeur de r_e.
Voir la réponse courte

Développement à basse fréquence \omega \ll \omega_0 faisant apparaître la loi de Rayleigh en \omega^4 et le rayon classique r_e \approx 2{,}8\times 10^{-15}\text{ m}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q13, la section efficace de diffusion s'écrit :

\sigma(\omega) = \frac{q^4 \omega^4}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4 \left[ (\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2 \gamma^2(\omega) \right]}

Dans la limite basse fréquence \omega \ll \omega_0, sachant d'après la question Q9 que \gamma(\omega) \ll \omega \ll \omega_0, le dénominateur se simplifie au premier ordre non nul :

(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2 \gamma^2(\omega) \approx \omega_0^4

La section efficace devient alors :

\sigma(\omega) \approx \frac{q^4}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4} \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4

En identifiant cette expression avec la forme proposée :

\sigma(\omega) = \frac{8\pi}{3} r_e^2 \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4

on obtient pour le terme préfactoriel (avec q^2 = e^2) :

\frac{8\pi}{3} r_e^2 = \frac{e^4}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4} \iff r_e^2 = \frac{3}{8\pi} \frac{e^4}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4} = \left(\frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 m c^2}\right)^2

Par définition positive du rayon, on en déduit :

\boxed{r_e = \frac{e^2}{4\pi\epsilon_0 m c^2}}

Application numérique : Avec les valeurs numériques du formulaire :

  • e = 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C}
  • \epsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} (soit 4\pi\epsilon_0 \approx 1{,}11 \times 10^{-10}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1})
  • m = 9{,}11 \times 10^{-31}\text{ kg}
  • c \approx 3{,}00 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\begin{aligned} r_e &= \frac{(1{,}60 \times 10^{-19})^2}{1{,}11 \times 10^{-10} \times 9{,}11 \times 10^{-31} \times (3{,}00 \times 10^8)^2} \\ &= \frac{2{,}56 \times 10^{-38}}{9{,}12 \times 10^{-24}} \approx 2{,}8 \times 10^{-15}\text{ m} \end{aligned}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{r_e \approx 3 \times 10^{-15}\text{ m} = 3\text{ fm}}

Commentaire sur l'ordre de grandeur : La longueur r_e est le rayon classique de l'électron (ou rayon de Lorentz). C'est l'échelle à laquelle l'énergie potentielle électrostatique d'une sphère de charge e est de l'ordre de son énergie de masse au repos m c^2. Cette longueur (\sim 1\text{ fm}) est de l'ordre de grandeur de la taille d'un noyau atomique, et est environ 10^5 fois plus petite que la taille typique d'un atome (r_0 \sim 10^{-10}\text{ m}). Bien que la physique quantique décrive l'électron comme ponctuel, r_e donne l'échelle de section efficace de diffusion classique de la lumière (diffusion Thomson \sigma_{\mathrm{Th}} = \frac{8\pi}{3}r_e^2).

Résultat

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Optique géométrique › Instruments d'optique

Notions : résonance, pouvoir de résolution

Montrer qu'à résonance est de l'ordre de . Peut-on voir un atome unique à l'oeil nu ? Avec une loupe ? Avec un microscope ? Sous quelles conditions ?

Voir l'indice

Évaluer \sigma(\omega_0) en négligeant \omega_0^2 - \omega^2 devant le terme radiatif \omega_0 \gamma(\omega_0), puis comparer l'aire de diffraction à la résolution optique.

Voir la stratégie
  1. Évaluer la section efficace \sigma(\omega) établie à la question précédente à la pulsation de résonance \omega = \omega_0 en y injectant l'expression de \gamma(\omega_0).
  2. Exprimer \sigma(\omega_0) en fonction de la longueur d'onde \lambda_0 = 2\pi c/\omega_0 et conclure sur son ordre de grandeur.
  3. Discuter la notion de « vision » d'un objet microscopique en distinguant la résolution spatiale (limitée par la diffraction) de la détection photométrique de photons diffusés, puis détailler les conditions expérimentales requises selon les instruments.
Voir la réponse courte

À résonance \sigma(\omega_0) \sim \lambda^2 ; un atome isolé diffuse assez de photons pour être détecté sur fond noir par microscopie adaptée.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la section efficace de diffusion obtenue à la question 13 :

\sigma(\omega) = \frac{q^4 \omega^4}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4 \left[ (\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2 \gamma(\omega)^2 \right]}

À la résonance (\omega = \omega_0), le terme d'écart quadratique s'annule :

\sigma(\omega_0) = \frac{q^4 \omega_0^4}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4 \cdot \omega_0^2 \gamma(\omega_0)^2} = \frac{q^4 \omega_0^2}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4 \gamma(\omega_0)^2}

En utilisant l'expression du taux d'amortissement par rayonnement \gamma(\omega_0) = \frac{q^2 \omega_0^2}{6\pi \epsilon_0 m c^3} (équation 5) :

\sigma(\omega_0) = \frac{q^4 \omega_0^2}{6\pi \epsilon_0^2 m^2 c^4} \times \frac{36 \pi^2 \epsilon_0^2 m^2 c^6}{q^4 \omega_0^4} = 6\pi \left(\frac{c}{\omega_0}\right)^2

Sachant que \lambda_0 = \frac{2\pi c}{\omega_0}, soit \frac{c}{\omega_0} = \frac{\lambda_0}{2\pi}, il vient :

\boxed{\sigma(\omega_0) = \frac{3}{2\pi}\lambda_0^2 \sim \lambda^2}

Le facteur numérique vaut \frac{3}{2\pi} \approx 0{,}5, la section efficace de diffusion à résonance est donc bien du même ordre de grandeur que \lambda^2.

Possibilité de « voir » un atome unique :

Il convient de distinguer deux acceptions du verbe « voir » :

  • Résolution spatiale (imagerie de forme) : la taille géométrique de l'atome est r_0 \sim 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm}. D'après le critère de diffraction d'Abbe, la résolution spatiale ultime d'un système optique opérant dans le visible (\lambda \sim 500\text{ nm}) est de l'ordre de d_{\min} \approx \frac{\lambda}{2\mathrm{ON}} \sim 250\text{ nm} \gg r_0. Il est donc impossible de résoudre la forme ou les contours d'un atome avec des photons visibles, que ce soit à l'œil nu, avec une loupe ou avec un microscope optique.
  • Détection photométrique (visibilité d'un point lumineux) : un objet ponctuel émetteur ou diffuseur de lumière peut être détecté dès lors que le nombre de photons collectés par l'œil ou le capteur émerge du bruit de fond. À résonance, la section efficace \sigma(\omega_0) \sim 10^{-13}\text{ m}^2 est gigantesque par rapport à la section géométrique de l'atome (\pi r_0^2 \sim 10^{-20}\text{ m}^2). Sous une intensité laser saturante, un atome diffuse continûment un flux de photons de l'ordre de :

    \Phi_{\mathrm{phot}} \sim \frac{1}{2\tau} \sim 10^7 \text{ à } 10^8\text{ photons}\cdot\text{s}^{-1}

Conditions requises pour la détection :

  1. Immobilisation : l'atome doit être piégé (piège magnéto-optique, piège de Paul pour un ion) et refroidi dans un ultra-vide afin de ne pas quitter la zone d'éclairement.
  2. Éclairage résonant : excitation par un laser accordé précisément à la pulsation \omega_0 pour bénéficier de la résonance et maximiser la diffusion.
  3. Absence de lumière parasite : observation sur fond noir absolu pour maximiser le contraste.

Selon le dispositif d'observation :

  • Avec un microscope : oui, très aisément. Un objectif à grande ouverture numérique collecte une fraction substantielle de l'angle solide (\sim 10\,\%), focalisant jusqu'à 10^6\text{--}10^7\text{ photons}\cdot\text{s}^{-1} sur une caméra ultrasensible (ou à l'oculaire), formant une tache de diffraction très brillante.
  • Avec une loupe / à l'œil nu : à l'œil nu situé à la distance minimale de vision distincte (d_m \approx 25\text{ cm}), la pupille (diamètre \approx 6\text{ mm} dans le noir) sous-tend une fraction d'angle solide \frac{\Delta\Omega}{4\pi} = \frac{\pi (3\times 10^{-3})^2}{4\pi \times 0{,}25^2} \approx 3{,}6\times 10^{-5}. Le flux reçu par la rétine est de quelques milliers de photons par seconde. Comme le seuil de sensibilité absolue de la vision scotopique (bâtonnets) est de l'ordre de quelques dizaines de photons par seconde, un atome (ou un ion) unique est effectivement visible à l'œil nu (et encore plus confortablement à travers une loupe qui accroît l'angle solide de collection) sous forme d'un minuscule point lumineux, dans une obscurité parfaite.

Résultat

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1.2 · Forces exercées par la lumière

Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point

Notions : centre de masse, force dipolaire

Faire le bilan des forces appliquées au système noyau + électron (on rappelle que l'on néglige l'effet de la force de rayonnement sur le noyau). Par un calcul d'ordre de grandeur, justifier que les forces oscillantes induisent un mouvement du centre de masse qui est très petit devant l'extension du mouvement de l'électron.

Voir l'indice

Écrire la force totale sur l'atome neutre \mathbf{F} = q\mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}) - q\mathbf{E}(\mathbf{R}) et effectuer un développement de Taylor au premier ordre en \mathbf{r}.

Voir la stratégie
  1. Définir le système \{\text{noyau} + \text{électron}\} et recenser les forces intérieures et extérieures (forces de Lorentz sur le noyau et sur l'électron, force de réaction de rayonnement sur l'électron).
  2. Appliquer le théorème du centre de masse et évaluer l'ordre de grandeur de l'amplitude des oscillations rapides du centre de masse en la comparant à l'amplitude d'oscillation relative de l'électron |\mathbf{r}|.
Voir la réponse courte

Somme des forces sur le système neutre montrant que les forces opposées se compensent au premier ordre, entraînant un mouvement du centre de masse infime.

Voir le corrigé complet

On étudie le système fermé constitué du noyau (masse M, charge -q = +e, position \mathbf{R}) et de l'électron (masse m, charge q = -e, position \mathbf{R} + \mathbf{r}). La masse totale est M_{\text{tot}} = M + m \approx M (puisque M \gg m) et la position du centre de masse est assimilée à celle du noyau \mathbf{R}_G \approx \mathbf{R}.

1. Bilan des forces appliquées au système :

  • Forces intérieures : forces d'interaction entre le noyau et l'électron (attraction coulombienne ou rappel élastique). D'après le principe des actions réciproques (troisième loi de Newton), leur résultante est identiquement nulle :

    \mathbf{F}_{\text{int}} = \mathbf{0}
  • Forces extérieures :

    • Sur le noyau (en négligeant sa vitesse devant celle de l'électron, ainsi que la force de rayonnement selon l'énoncé) :

      \mathbf{F}_N = -q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t)
    • Sur l'électron : force de Lorentz et force de réaction de rayonnement :

      \mathbf{F}_e = q\,\mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) + q\,(\dot{\mathbf{R}} + \dot{\mathbf{r}}) \times \mathbf{B}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) - m\gamma(\omega)\dot{\mathbf{r}}

La résultante des forces extérieures appliquées à l'atome s'écrit donc :

\mathbf{F}_{\text{ext}} = q\bigl[\mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) - \mathbf{E}(\mathbf{R}, t)\bigr] + q\,\dot{\mathbf{r}} \times \mathbf{B}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) - m\gamma(\omega)\dot{\mathbf{r}}

en ayant négligé \dot{\mathbf{R}} devant \dot{\mathbf{r}}.

2. Ordre de grandeur du mouvement oscillant du centre de masse :

D'après le théorème du centre de masse :

M_{\text{tot}}\ddot{\mathbf{R}}_G \approx M\ddot{\mathbf{R}} = \mathbf{F}_{\text{ext}}

Les composantes oscillantes des forces extérieures sont dominées par le gradient du champ électrique et la force magnétique. Au premier ordre non nul en |\mathbf{r}|/\lambda :

\mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) - \mathbf{E}(\mathbf{R}, t) \approx (\mathbf{r}\cdot\boldsymbol{\nabla})\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) \sim \frac{|\mathbf{r}|}{\lambda} E_0

L'amplitude de la force oscillante sur le centre de masse est donc de l'ordre de :

F_{\text{osc}} \sim q E_0 \frac{|\mathbf{r}|}{\lambda}

Cette force oscillant à des pulsations de l'ordre de \omega, l'amplitude du déplacement induit sur le centre de masse \delta R_{\text{osc}} vérifie :

M\omega^2 \delta R_{\text{osc}} \sim F_{\text{osc}} \sim q E_0 \frac{|\mathbf{r}|}{\lambda}

Pour le mouvement relatif de l'électron, l'équation du mouvement donne m\omega^2 |\mathbf{r}| \sim q E_0 (hors résonance ou au voisinage de celle-ci). On en déduit :

\frac{\delta R_{\text{osc}}}{|\mathbf{r}|} \sim \frac{m}{M} \frac{|\mathbf{r}|}{\lambda}

Comme le rapport de masse vérifie m/M \le 1/1836 \approx 5\times 10^{-4} \ll 1 et que l'on se place dans l'approximation dipolaire |\mathbf{r}|/\lambda \ll 1, le produit de ces deux petits paramètres est extrêmement faible :

\boxed{\frac{\delta R_{\text{osc}}}{|\mathbf{r}|} \sim \frac{m}{M}\frac{|\mathbf{r}|}{\lambda} \ll 1}

Le mouvement oscillant rapide induit sur le centre de masse est donc parfaitement négligeable devant l'extension |\mathbf{r}| du mouvement de l'électron.

Résultat

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Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : force dipolaire, gradient de champ

En déduire que le champ électrique induit sur l'atome une force moyenne qui s'écrit

où les crochets indiquent la moyenne temporelle sur la période et et sont les composantes cartésiennes des vecteurs et respectivement.

Voir l'indice

Appliquer le développement au premier ordre \mathbf{E}(\mathbf{R}+\mathbf{r}) \approx \mathbf{E}(\mathbf{R}) + (\mathbf{r}\cdot\boldsymbol{\nabla})\mathbf{E} et moyenner sur une période temporelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force électrique totale instantanée subie par l'atome constitué du noyau (charge -q, en \mathbf{R}) et de l'électron (charge q, en \mathbf{R}+\mathbf{r}).
  2. Effectuer un développement limité au premier ordre en \mathbf{r} grâce à la condition |\mathbf{r}| \ll \lambda.
  3. Prendre la moyenne temporelle sur une période optique 2\pi/\omega pour obtenir la composante séculaire recherchée.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor au premier ordre du champ électrique en \mathbf{R}+\mathbf{r} moyenné sur une période d'oscillation rapide.

Voir le corrigé complet

L'atome est globalement neutre : le noyau porte la charge -q et se trouve à la position \mathbf{R}, tandis que l'électron porte la charge q et se situe en \mathbf{R} + \mathbf{r}. La force électrique instantanée totale exercée par le champ extérieur sur l'atome s'écrit :

\mathbf{f}_{el}(t) = -q \mathbf{E}(\mathbf{R}, t) + q \mathbf{E}(\mathbf{R} + \mathbf{r}, t)

Le champ électrique varie sur une échelle spatiale caractéristique de l'ordre de la longueur d'onde \lambda. Comme l'extension du mouvement de l'électron vérifie |\mathbf{r}| \ll \lambda, on peut effectuer un développement de Taylor au premier ordre de \mathbf{E}(\mathbf{R} + \mathbf{r}, t) au voisinage de \mathbf{R} :

\mathbf{E}(\mathbf{R} + \mathbf{r}, t) = \mathbf{E}(\mathbf{R}, t) + \sum_{i \in \{x,y,z\}} r_i \, \frac{\partial \mathbf{E}}{\partial R_i}(\mathbf{R}, t) + \mathcal{O}\left(\frac{|\mathbf{r}|^2}{\lambda^2}\right)

En injectant ce développement dans l'expression de la force instantanée, les termes d'ordre zéro s'annulent du fait de la neutralité globale de l'atome :

\mathbf{f}_{el}(t) \approx q \sum_{i \in \{x,y,z\}} r_i \, \frac{\partial \mathbf{E}}{\partial R_i}(\mathbf{R}, t)

La composante séculaire de cette force, responsable de l'évolution à long terme du centre de masse, s'obtient en prenant la moyenne temporelle \langle \cdot \rangle sur une période d'oscillation 2\pi/\omega :

\boxed{\mathbf{F}_{el} = \left\langle q \sum_{i \in \{x,y,z\}} r_i \, \frac{\partial}{\partial R_i} \mathbf{E}(\mathbf{R}, t) \right\rangle}

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique

Notions : approximation dipolaire, régime quasi-stationnaire

On suppose qu'à chaque instant , où a été introduit à la question 11. Sous quelle(s) condition(s) peut-on faire cette hypothèse ?

Voir l'indice

Vérifier que la dynamique interne du dipôle relaxe beaucoup plus vite que les temps caractéristiques de variation spatiale rencontrés par l'atome en mouvement.

Voir la stratégie

Pour que la relation stationnaire locale q\underline{\mathbf{r}}(t) = \alpha_c(\omega)\underline{\mathbf{E}}(\mathbf{R},t) soit valable instantanément en chaque point \mathbf{R}(t) où se trouve l'atome, il faut examiner les hypothèses sous-jacentes à l'établissement de la polarisabilité \alpha_c(\omega) à la question Q11 :

  1. L'établissement du régime forcé (extinction du transitoire) ;
  2. La lenteur du mouvement du centre de masse devant le temps de réponse interne (approximation adiabatique) ;
  3. L'approximation dipolaire locale pour le mouvement relatif de l'électron.
Voir la réponse courte

Nécessite que le champ varie peu sur une période temporelle et à l'échelle spatiale des oscillations de l'électron (régime quasi stationnaire).

Voir le corrigé complet

L'expression de la polarisabilité dynamique complexe \alpha_c(\omega) établie à la question Q11 repose sur plusieurs conditions physiques :

  1. Régime forcé stationnaire établi : Le régime transitoire de l'oscillateur électronique doit être amorti, ce qui nécessite de considérer des temps t \gg \tau = 1/\gamma(\omega) \sim 1\text{ ns} (temps d'amortissement par réaction de rayonnement calculé en Q7).
  2. Approximation adiabatique (mouvement lent du centre de masse) : L'atome se déplace au cours du temps (\mathbf{R} = \mathbf{R}(t)). Pour que le dipôle induit s'adapte instantanément à la valeur locale de l'amplitude \underline{E}_0(\mathbf{R}), il faut que l'atome se déplace sur une distance très faible devant l'échelle caractéristique de variation spatiale du champ (la longueur d'onde \lambda) pendant le temps de relaxation électronique \tau :

    V \, \tau \ll \lambda \quad \iff \quad k V \ll \gamma(\omega)

    où V = \|\dot{\mathbf{R}}\| est la vitesse du centre de masse de l'atome. Cela garantit également que l'effet Doppler est négligeable devant la largeur de raie radiative.

  3. Approximation dipolaire locale : L'extension spatiale du mouvement relatif de l'électron autour du noyau doit rester très faible devant la longueur d'onde (|\mathbf{r}| \ll \lambda), de sorte que pour déterminer la dynamique interne relative \mathbf{r}(t), le champ électrique ressenti par l'électron est assimilable à celui au centre de masse : \underline{\mathbf{E}}(\mathbf{R} + \mathbf{r}, t) \approx \underline{\mathbf{E}}(\mathbf{R}, t).
\boxed{\text{Conditions : } t \gg \frac{1}{\gamma(\omega)}, \quad \|\dot{\mathbf{R}}\| \ll \frac{\lambda}{2\pi}\gamma(\omega) \quad \text{et} \quad |\mathbf{r}| \ll \lambda}

Résultat

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Question 19

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique › Mouvement d'une particule chargée dans E et B ; Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : force de lorentz, équation de maxwell-faraday

Donner l'expression de la force magnétique. Montrer que la composante séculaire de la force magnétique peut s'écrire

où désigne le produit vectoriel. En déduire qu'on ne peut donc plus négliger la force magnétique moyenne devant la force électrique moyenne.

Voir l'indice

Exprimer la force de Lorentz magnétique \mathbf{F}_{\text{mag}} = \langle q\dot{\mathbf{r}} \times \mathbf{B} \rangle, intégrer par parties en temps et utiliser l'équation de Maxwell-Faraday \operatorname{\mathbf{rot}}\mathbf{E} = -\partial\mathbf{B}/\partial t.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force magnétique de Lorentz instantanée subie par l'atome au premier ordre en \mathbf{r}, sachant que le noyau lourd est quasi-immobile et que l'électron a pour vitesse \dot{\mathbf{r}}.
  2. Prendre la moyenne temporelle sur une période T=2\pi/\omega et utiliser une intégration par parties temporelle (la dérivée d'un terme borné ayant une moyenne nulle) combinée à l'équation de Maxwell-Faraday.
  3. Comparer les ordres de grandeur de la force électrique séculaire \mathbf{F}_{el} et de la force magnétique séculaire \mathbf{F}_{mag} pour justifier que cette dernière ne peut plus être négligée en moyenne temporelle.
Voir la réponse courte

Calcul de la force de Lorentz magnétique moyenne en exprimant \mathbf{B} via Maxwell-Faraday : elle est du même ordre que la force électrique moyenne.

Voir le corrigé complet

Le noyau lourd (M \gg m) a une vitesse \dot{\mathbf{R}} négligeable devant celle de l'électron \dot{\mathbf{r}} (d'après la question Q16). La force magnétique instantanée exercée sur l'atome est donc portée par l'électron de charge q :

\mathbf{f}_{mag}(t) = q \, \dot{\mathbf{r}}(t) \times \mathbf{B}(\mathbf{R}+\mathbf{r}, t) \approx q \, \dot{\mathbf{r}}(t) \times \mathbf{B}(\mathbf{R}, t)

au premier ordre non nul en |\mathbf{r}|/\lambda.

La composante séculaire est la moyenne temporelle sur une période T = 2\pi/\omega :

\mathbf{F}_{mag} = \langle \mathbf{f}_{mag}(t) \rangle = \langle q\,\dot{\mathbf{r}} \times \mathbf{B}(\mathbf{R}, t) \rangle

Or, la dérivée temporelle d'un produit vectoriel s'écrit (en rappelant que \mathbf{R} varie très lentement devant \omega) :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\bigl(\mathbf{r} \times \mathbf{B}(\mathbf{R}, t)\bigr) = \dot{\mathbf{r}} \times \mathbf{B}(\mathbf{R}, t) + \mathbf{r} \times \frac{\partial \mathbf{B}}{\partial t}(\mathbf{R}, t)

La fonction t \mapsto \mathbf{r}(t) \times \mathbf{B}(\mathbf{R},t) étant périodique de période T, la moyenne temporelle de sa dérivée est rigoureusement nulle :

\left\langle \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\bigl(\mathbf{r} \times \mathbf{B}(\mathbf{R}, t)\bigr) \right\rangle = \frac{1}{T}\Big[\mathbf{r} \times \mathbf{B}\Big]_0^T = \mathbf{0}

Il en découle :

\langle \dot{\mathbf{r}} \times \mathbf{B}(\mathbf{R}, t) \rangle = - \left\langle \mathbf{r} \times \frac{\partial \mathbf{B}}{\partial t}(\mathbf{R}, t) \right\rangle

D'après l'équation de Maxwell-Faraday dans le vide, \mathbf{rot}\,\mathbf{E} = -\frac{\partial \mathbf{B}}{\partial t}, d'où :

\boxed{\mathbf{F}_{mag} = \langle q\mathbf{r} \times (\mathbf{rot}\,\mathbf{E}(\mathbf{R}, t)) \rangle}

Comparaison des ordres de grandeur :

  • Au niveau instantané, la force électrique d'ordre 0 vaut f_{el}^{(0)} \sim q E_0 tandis que la force magnétique vaut f_{mag} \sim q v B \sim q (\omega r) (E_0/c) \sim \frac{v}{c} f_{el}^{(0)} \ll f_{el}^{(0)}, ce qui justifiait de la négliger dans l'équation du mouvement relatif (question Q10).
  • En revanche, la composante séculaire d'ordre 0 du champ électrique est nulle (\langle \mathbf{E}(\mathbf{R},t) \rangle = \mathbf{0}). Les premières composantes séculaires non nulles font toutes deux intervenir les gradients spatiaux du champ à l'ordre r/\lambda :

    \begin{aligned} F_{el} &\sim q\, r \left\|\boldsymbol{\nabla}\mathbf{E}\right\| \sim q\, r \, \frac{E_0}{\lambda} \\ F_{mag} &\sim q\, r \left\|\mathbf{rot}\,\mathbf{E}\right\| \sim q\, r \, \frac{E_0}{\lambda} \end{aligned}

\mathbf{F}_{el} et \mathbf{F}_{mag} sont donc du même ordre de grandeur : on ne peut plus négliger la force magnétique moyenne devant la force électrique moyenne.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : force dipolaire, force optique

Montrer qu'alors

Voir l'indice

Utiliser l'identité vectorielle (\mathbf{a}\cdot\boldsymbol{\nabla})\mathbf{b} + \mathbf{a}\times(\operatorname{\mathbf{rot}}\mathbf{b}) = \sum_i a_i \boldsymbol{\nabla} b_i appliquée aux champs harmoniques réels avant d'effectuer la moyenne temporelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \mathbf{F}_{el} et \mathbf{F}_{mag} en exploitant la polarisation rectiligne du champ (\mathbf{E} dirigé selon \mathbf{e}_x) et la direction du mouvement de l'électron (\mathbf{r} selon \mathbf{e}_x).
  2. Sommer les deux composantes pour faire apparaître le gradient spatial complet \operatorname{\mathbf{grad}} E_x.
  3. Calculer la moyenne temporelle séculaire du produit à l'aide de la formule générale reliant deux grandeurs oscillantes à leurs amplitudes complexes.
Voir la réponse courte

Sommation des forces électrique et magnétique moyennes et utilisation des identités d'analyse vectorielle en amplitude complexe.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le champ électrique est polarisé selon \mathbf{e}_x :

\underline{\mathbf{E}}(\mathbf{R},t) = \underline{E}_0(\mathbf{R})e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x \implies E_y = E_z = 0

De même, d'après la question Q18, le déplacement relatif de l'électron n'a qu'une composante selon l'axe Ox :

q\underline{\mathbf{r}}(t) = q\underline{r}_x(t)\mathbf{e}_x = \alpha_c(\omega)\underline{E}_0(\mathbf{R})e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x \implies r_y = r_z = 0

Calculons séparément la force électrique et la force magnétique moyennes :

  1. Force électrique moyenne (question Q17) : Comme r_y = r_z = 0 et E_y = E_z = 0, la somme se réduit à la seule composante i=x sur la direction \mathbf{e}_x :

    \mathbf{F}_{el} = \left\langle q r_x \frac{\partial E_x}{\partial X} \right\rangle \mathbf{e}_x
  2. Force magnétique moyenne (question Q19) : Calculons le rotationnel du champ électrique :

    \operatorname{\mathbf{rot}}\mathbf{E}(\mathbf{R},t) = \boldsymbol{\nabla} \times (E_x \mathbf{e}_x) = \frac{\partial E_x}{\partial Z}\mathbf{e}_y - \frac{\partial E_x}{\partial Y}\mathbf{e}_z

    Le produit vectoriel avec la position relative q\mathbf{r} = q r_x \mathbf{e}_x s'écrit alors :

    \begin{aligned} q\mathbf{r} \times (\operatorname{\mathbf{rot}}\mathbf{E}) &= q r_x \mathbf{e}_x \times \left( \frac{\partial E_x}{\partial Z}\mathbf{e}_y - \frac{\partial E_x}{\partial Y}\mathbf{e}_z \right) \\ &= q r_x \left( \frac{\partial E_x}{\partial Z}(\mathbf{e}_x \times \mathbf{e}_y) - \frac{\partial E_x}{\partial Y}(\mathbf{e}_x \times \mathbf{e}_z) \right) \\ &= q r_x \left( \frac{\partial E_x}{\partial Y}\mathbf{e}_y + \frac{\partial E_x}{\partial Z}\mathbf{e}_z \right) \end{aligned}

    En prenant la moyenne temporelle :

    \mathbf{F}_{mag} = \left\langle q r_x \left( \frac{\partial E_x}{\partial Y}\mathbf{e}_y + \frac{\partial E_x}{\partial Z}\mathbf{e}_z \right) \right\rangle

En sommant ces deux contributions, les dérivées spatiales selon X, Y et Z se regroupent sous forme d'un gradient complet de la composante E_x :

\begin{aligned} \mathbf{F}_{tot} &= \mathbf{F}_{el} + \mathbf{F}_{mag} \\ &= \left\langle q r_x \left( \frac{\partial E_x}{\partial X}\mathbf{e}_x + \frac{\partial E_x}{\partial Y}\mathbf{e}_y + \frac{\partial E_x}{\partial Z}\mathbf{e}_z \right) \right\rangle \\ &= \langle q r_x \operatorname{\mathbf{grad}} E_x \rangle \end{aligned}

Pour évaluer cette moyenne temporelle sur une période, rappelons que pour deux signaux réels monochromatiques a(t) = \operatorname{Re}(\underline{a}e^{-i\omega t}) et \mathbf{b}(t) = \operatorname{Re}(\underline{\mathbf{b}}e^{-i\omega t}), la moyenne temporelle de leur produit s'exprime par :

\langle a(t)\mathbf{b}(t) \rangle = \frac{1}{2}\operatorname{Re}(\underline{a}^*\underline{\mathbf{b}}) = \frac{1}{4}\left( \underline{a}^*\underline{\mathbf{b}} + \underline{a}\underline{\mathbf{b}}^* \right)

En identifiant \underline{a} = \alpha_c(\omega)\underline{E}_0(\mathbf{R}) (amplitude de q r_x) et \underline{\mathbf{b}} = \operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0(\mathbf{R}) (amplitude de \operatorname{\mathbf{grad}} E_x), on obtient directement :

\boxed{ \mathbf{F}_{tot} = \mathbf{F}_{el} + \mathbf{F}_{mag} = \frac{1}{4} \left( \alpha_c^*(\omega)\underline{E}_0^*(\mathbf{R})\operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0(\mathbf{R}) + \alpha_c(\omega)\underline{E}_0(\mathbf{R})\operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0^*(\mathbf{R}) \right) }

Résultat

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : force de gradient, force de pression de radiation

En écrivant sous la forme , montrer que se décompose en deux composantes et , où est proportionnelle au gradient de l'amplitude du champ électrique et est proportionnelle au gradient de sa phase.

Voir l'indice

Injecter l'expression d'amplitude et de phase dans le gradient et séparer la partie réelle et la partie imaginaire issues de \boldsymbol{\nabla}\underline{E}_0 = (\boldsymbol{\nabla}|E_0| + i|E_0|\boldsymbol{\nabla}\phi)e^{i\phi}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le gradient du champ complexe \underline{E}_0(\mathbf{R}) = |E_0(\mathbf{R})|e^{i\phi(\mathbf{R})} en fonction des gradients de son amplitude et de sa phase.
  2. Évaluer les deux termes \underline{E}_0^*(\mathbf{R})\operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0(\mathbf{R}) et \underline{E}_0(\mathbf{R})\operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0^*(\mathbf{R}).
  3. Injecter ces expressions dans la force totale issue de la question Q20 et regrouper les termes sous forme de parties réelle et imaginaire de la polarisabilité \alpha_c(\omega) pour identifier \mathbf{F}_1 et \mathbf{F}_2.
Voir la réponse courte

Décomposition de l'amplitude en module et phase : partie proportionnelle à \nabla |E_0| (\mathbf{F}_1) et partie proportionnelle à \nabla \phi (\mathbf{F}_2).

Voir le corrigé complet

On pose, pour alléger les notations, \mathcal{E}_0(\mathbf{R}) = |E_0(\mathbf{R})|. Le champ s'écrit :

\underline{E}_0(\mathbf{R}) = \mathcal{E}_0(\mathbf{R}) e^{i\phi(\mathbf{R})}

où \mathcal{E}_0 et \phi sont des fonctions réelles des coordonnées d'espace.

En appliquant la règle de dérivation d'un produit :

\begin{aligned} \operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0(\mathbf{R}) &= \left(\operatorname{\mathbf{grad}}\mathcal{E}_0(\mathbf{R}) + i \mathcal{E}_0(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R})\right) e^{i\phi(\mathbf{R})} \\ \operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0^*(\mathbf{R}) &= \left(\operatorname{\mathbf{grad}}\mathcal{E}_0(\mathbf{R}) - i \mathcal{E}_0(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R})\right) e^{-i\phi(\mathbf{R})} \end{aligned}

On en déduit les produits intervenant dans l'expression de la force :

\begin{aligned} \underline{E}_0^*(\mathbf{R})\operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0(\mathbf{R}) &= \mathcal{E}_0(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\mathcal{E}_0(\mathbf{R}) + i \mathcal{E}_0^2(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R}) \\ \underline{E}_0(\mathbf{R})\operatorname{\mathbf{grad}}\underline{E}_0^*(\mathbf{R}) &= \mathcal{E}_0(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\mathcal{E}_0(\mathbf{R}) - i \mathcal{E}_0^2(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R}) \end{aligned}

D'après le résultat de la question Q20, la force moyenne totale s'exprime selon :

\begin{aligned} \mathbf{F}_{tot} &= \mathbf{F}_{el} + \mathbf{F}_{mag} \\ &= \frac{1}{4} \alpha_c^*(\omega) \left(\mathcal{E}_0 \operatorname{\mathbf{grad}}\mathcal{E}_0 + i \mathcal{E}_0^2 \operatorname{\mathbf{grad}}\phi\right) + \frac{1}{4} \alpha_c(\omega) \left(\mathcal{E}_0 \operatorname{\mathbf{grad}}\mathcal{E}_0 - i \mathcal{E}_0^2 \operatorname{\mathbf{grad}}\phi\right) \\ &= \frac{\alpha_c(\omega) + \alpha_c^*(\omega)}{4} \mathcal{E}_0(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\mathcal{E}_0(\mathbf{R}) - \frac{\alpha_c(\omega) - \alpha_c^*(\omega)}{4i} \mathcal{E}_0^2(\mathbf{R}) \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R}) \end{aligned}

En utilisant les relations \alpha_c + \alpha_c^* = 2\operatorname{Re}(\alpha_c) et \alpha_c - \alpha_c^* = 2i\operatorname{Im}(\alpha_c), il vient :

\mathbf{F}_{tot} = \frac{1}{2}\operatorname{Re}(\alpha_c) |E_0(\mathbf{R})| \operatorname{\mathbf{grad}}|E_0(\mathbf{R})| + \frac{1}{2}\operatorname{Im}(\alpha_c) |E_0(\mathbf{R})|^2 \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R})

La force se décompose bien sous la forme :

\boxed{\mathbf{F}_{el} + \mathbf{F}_{mag} = \mathbf{F}_1 + \mathbf{F}_2}

avec :

\boxed{\mathbf{F}_1 = \frac{1}{2}\operatorname{Re}(\alpha_c) |E_0(\mathbf{R})| \operatorname{\mathbf{grad}}|E_0(\mathbf{R})| \propto \operatorname{\mathbf{grad}}|E_0(\mathbf{R})|}

et :

\boxed{\mathbf{F}_2 = \frac{1}{2}\operatorname{Im}(\alpha_c) |E_0(\mathbf{R})|^2 \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R}) \propto \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R})}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
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Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : pression de radiation, impulsion du photon

Calculer dans le cas d'une onde plane de fréquence . Montrer que la force est proportionnelle au vecteur d'onde du champ. A quoi correspond cette force ? Montrer que l'on peut retrouver cette force à partir de la puissance rayonnée calculée à la question 12 en supposant qu'un photon d'énergie possède une impulsion .

Voir l'indice

Pour une onde plane, poser \phi(\mathbf{R}) = \mathbf{k}\cdot\mathbf{R} d'où \boldsymbol{\nabla}\phi = \mathbf{k}, et relier \operatorname{Im}(\alpha_c) à la puissance diffusée pour retrouver la force de pression de radiation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ de l'onde plane sous forme d'amplitude et de phase, en déduire \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R}) et calculer \operatorname{Im}(\alpha_c(\omega_0)) pour évaluer \mathbf{F}_2.
  2. Identifier la nature physique de la force (pression de radiation / force de diffusion).
  3. Établir la relation entre \operatorname{Im}(\alpha_c(\omega)) et la puissance rayonnée \mathcal{P}, puis utiliser le bilan d'impulsion photonique pour retrouver l'expression de la force.
Voir la réponse courte

Pour une onde plane \nabla \phi = \mathbf{k}, d'où la force de pression de radiation s'interprétant par le transfert d'impulsion \hbar\mathbf{k} des photons diffusés.

Voir le corrigé complet

Pour une onde plane se propageant selon la direction du vecteur d'onde \mathbf{k}, l'amplitude complexe du champ électrique s'écrit :

\underline{E}_0(\mathbf{R}) = E_0 e^{i\mathbf{k}\cdot\mathbf{R}}

où E_0 est pris réel positif sans perte de généralité. Son amplitude est uniforme, |E_0(\mathbf{R})| = E_0, et sa phase vaut :

\phi(\mathbf{R}) = \mathbf{k}\cdot\mathbf{R} \implies \operatorname{\mathbf{grad}}\phi(\mathbf{R}) = \mathbf{k}

D'après le résultat de la question 21, la force \mathbf{F}_2 s'écrit donc :

\mathbf{F}_2 = \frac{1}{2}\operatorname{Im}(\alpha_c(\omega)) |E_0|^2 \mathbf{k}

Elle est directement colinéaire et proportionnelle au vecteur d'onde \mathbf{k} du champ incident.

À la résonance (\omega = \omega_0), la polarisabilité complexe obtenue à la question 11 devient :

\alpha_c(\omega_0) = \frac{q^2/m}{-i\omega_0 \gamma(\omega_0)} = i\frac{q^2}{m\omega_0 \gamma(\omega_0)}

En injectant l'expression de \gamma(\omega_0) = \frac{q^2\omega_0^2}{6\pi\epsilon_0 m c^3}, on obtient :

\operatorname{Im}(\alpha_c(\omega_0)) = \frac{6\pi\epsilon_0 c^3}{\omega_0^3}

En reportant cette valeur et en notant k_0 = \omega_0/c :

\begin{aligned} \mathbf{F}_2 &= \frac{1}{2}\left(\frac{6\pi\epsilon_0 c^3}{\omega_0^3}\right) |E_0|^2 \mathbf{k}_0 = \frac{3\pi\epsilon_0 c^3}{\omega_0^3} |E_0|^2 \left(\frac{\omega_0}{c}\frac{\mathbf{k}_0}{k_0}\right) \end{aligned}
\boxed{\mathbf{F}_2 = \frac{3\pi\epsilon_0 c^2}{\omega_0^2} |E_0|^2 \frac{\mathbf{k}_0}{k_0} = \frac{1}{2}\operatorname{Im}(\alpha_c(\omega_0))|E_0|^2\mathbf{k}_0}

Cette composante correspond à la force de pression de radiation (ou force de diffusion). Elle pousse l'atome dans le sens de propagation de l'onde lumineuse.

Pour relier cette force à la puissance rayonnée calculée à la question 12 :

\mathcal{P} = \frac{\omega^4}{12\pi\epsilon_0 c^3} |\alpha_c(\omega)|^2 |E_0|^2

Exprimons la partie imaginaire de \alpha_c(\omega) :

\operatorname{Im}(\alpha_c(\omega)) = \frac{q^2}{m} \frac{\omega\gamma(\omega)}{(\omega_0^2-\omega^2)^2 + \omega^2\gamma(\omega)^2} = \frac{m}{q^2}\omega\gamma(\omega)|\alpha_c(\omega)|^2

Comme \gamma(\omega) = \frac{q^2\omega^2}{6\pi\epsilon_0 m c^3}, on en déduit l'identité remarquable (théorème optique pour un dipôle classique) :

\operatorname{Im}(\alpha_c(\omega)) = \frac{\omega^3}{6\pi\epsilon_0 c^3}|\alpha_c(\omega)|^2

Il apparaît immédiatement que :

\frac{1}{2}\operatorname{Im}(\alpha_c(\omega))|E_0|^2 = \frac{\omega^3}{12\pi\epsilon_0 c^3}|\alpha_c(\omega)|^2|E_0|^2 = \frac{\mathcal{P}}{\omega}

La force s'exprime donc sous la forme :

\mathbf{F}_2 = \frac{\mathcal{P}}{\omega}\mathbf{k}

Interprétation corpusculaire : Dans le modèle photonique, un photon incident possède l'énergie \hbar\omega et l'impulsion \hbar\mathbf{k}. Le taux d'absorption/diffusion de photons par l'atome s'écrit :

\frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathcal{P}}{\hbar\omega}

À chaque diffusion, l'atome absorbe un photon incident d'impulsion \hbar\mathbf{k}, puis le réémet par rayonnement dipolaire. L'émission dipolaire étant spatialement symétrique (invariante par inversion d'espace), la quantité de mouvement moyenne emportée par les photons diffusés est nulle : \langle \mathbf{p}_{\text{diff}} \rangle = \mathbf{0}.

Le transfert moyen de quantité de mouvement à l'atome par unité de temps s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}\mathbf{p}}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t} \left(\hbar\mathbf{k} - \langle \mathbf{p}_{\text{diff}} \rangle\right) = \frac{\mathcal{P}}{\hbar\omega}\,\hbar\mathbf{k} = \frac{\mathcal{P}}{\omega}\mathbf{k}

On retrouve rigoureusement l'expression de \mathbf{F}_2.

Résultat

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Question 23

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
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Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : potentiel dipolaire, piège optique

Montrer que

En déduire que dérive d'un potentiel proportionnel à l'intensité locale du champ. Montrer qu'en choisissant judicieusement il est possible d'attirer les atomes dans des régions de maxima de l'intensité du champ.

Voir l'indice

Utiliser l'identité \operatorname{Re}(\alpha_c)|E_0|\boldsymbol{\nabla}|E_0| = \frac{1}{2}\operatorname{Re}(\alpha_c)\boldsymbol{\nabla}(|E_0|^2) et analyser le signe de \operatorname{Re}(\alpha_c) sous résonance (\omega < \omega_0, désaccord rouge).

Voir la stratégie
  1. Repartir de l'expression de \mathbf{F}_1 établie à la question Q21 et utiliser la linéarité de l'opérateur gradient pour faire apparaître la forme -\operatorname{\mathbf{grad}} U(\mathbf{R}).
  2. Relier l'énergie potentielle dipolaire à l'intensité lumineuse locale I(\mathbf{R}) \propto |E_0(\mathbf{R})|^2.
  3. Étudier le signe de \operatorname{Re}(\alpha_c(\omega)) en fonction du désaccord en fréquence \omega - \omega_0 pour déterminer sous quelle condition les atomes sont attirés vers les extrema d'intensité.
Voir la réponse courte

\mathbf{F}_1 dérive d'un potentiel effectif ; avec un désaccord rouge (\omega < \omega_0), \operatorname{Re}(\alpha_c) > 0 et l'atome est attiré vers les maxima d'intensité.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, la composante \mathbf{F}_1 s'écrit :

\mathbf{F}_1 = \frac{1}{2} \operatorname{Re}(\alpha_c) |E_0(\mathbf{R})| \operatorname{\mathbf{grad}}|E_0(\mathbf{R})| = \frac{1}{4} \operatorname{Re}(\alpha_c) \operatorname{\mathbf{grad}}\!\left(|E_0(\mathbf{R})|^2\right)

Comme la polarisabilité dynamique complexe \alpha_c(\omega) ne dépend pas de la position spatiale \mathbf{R}, elle commute avec l'opérateur spatial gradient. On peut donc introduire un double signe moins pour mettre l'expression sous la forme requise :

\boxed{\mathbf{F}_1 = -\operatorname{\mathbf{grad}}\!\left(-\frac{1}{4}\operatorname{Re}(\alpha_c)|E_0(\mathbf{R})|^2\right)}

Cette force conservative dérive ainsi de l'énergie potentielle dipolaire :

U_{\text{dip}}(\mathbf{R}) = -\frac{1}{4}\operatorname{Re}(\alpha_c)|E_0(\mathbf{R})|^2

L'intensité locale du champ (densité de puissance moyenne) étant donnée par I(\mathbf{R}) = \frac{1}{2}\epsilon_0 c |E_0(\mathbf{R})|^2, le potentiel est directement proportionnel à l'intensité lumineuse locale :

U_{\text{dip}}(\mathbf{R}) = -\frac{1}{2\epsilon_0 c} \operatorname{Re}(\alpha_c) \, I(\mathbf{R})

D'après l'expression de \alpha_c(\omega) obtenue à la question Q11 :

\alpha_c(\omega) = \frac{q^2/m}{\omega_0^2 - \omega^2 - i\omega\gamma(\omega)} \implies \operatorname{Re}(\alpha_c) = \frac{q^2}{m} \frac{\omega_0^2 - \omega^2}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \omega^2 \gamma^2(\omega)}

La dynamique du centre de masse tend à minimiser l'énergie potentielle U_{\text{dip}}(\mathbf{R}) (car \mathbf{F}_1 = -\operatorname{\mathbf{grad}} U_{\text{dip}}) :

  • Si \omega < \omega_0 (désaccord rouge, \omega - \omega_0 < 0), on a \omega_0^2 - \omega^2 > 0, donc \operatorname{Re}(\alpha_c) > 0. L'énergie potentielle U_{\text{dip}}(\mathbf{R}) est minimale là où l'intensité |E_0(\mathbf{R})|^2 est maximale. La force \mathbf{F}_1 attire ainsi les atomes vers les régions de plus forte intensité.
  • Si \omega > \omega_0 (désaccord bleu, \omega - \omega_0 > 0), \operatorname{Re}(\alpha_c) < 0 et le potentiel est minimal aux zones d'intensité nulle ou minimale : les atomes sont repoussés des maxima d'intensité.

Pour attirer les atomes vers les maxima d'intensité lumineuse, il faut donc choisir un désaccord rouge :

\boxed{\omega - \omega_0 < 0 \quad (\text{soit } \omega < \omega_0)}

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1.3 · Les faisceaux gaussiens

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
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Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : approximation paraxiale, équation de d'alembert

Montrer que

Voir l'indice

Injecter \mathbf{E}(\mathbf{R}) dans l'équation d'onde de d'Alembert et négliger la dérivée seconde \partial^2 v / \partial z^2 devant 2k |\partial v/\partial z|.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de propagation de d'Alembert vérifiée par le champ électrique dans le vide de charges et de courants.
  2. Injecter la forme proposée pour le champ électrique \mathbf{E}(\mathbf{R}, t) = E_0 v(x,y,z) e^{i(kz-\omega t)}\mathbf{e}_x avec \omega = ck.
  3. Justifier la négligence du terme \frac{\partial^2 v}{\partial z^2} devant 2ik \frac{\partial v}{\partial z} grâce à l'approximation des variations lentes (approximation paraxiale).
Voir la réponse courte

Injection de la forme d'onde paraxiale dans l'équation de Helmholtz et négligence de la dérivée seconde longitudinale \partial^2 v/\partial z^2.

Voir le corrigé complet

Dans le vide, en l'absence de charges et de courants, le champ électrique vérifie l'équation de d'Alembert :

\Delta \mathbf{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \mathbf{E}}{\partial t^2} = \mathbf{0}

Le champ recherché étant polarisé selon \mathbf{e}_x, on s'intéresse à sa composante scalaire :

E_x(\mathbf{R},t) = E_0 \, v(x,y,z) \, e^{i(kz - \omega t)}

Calculons les différentes dérivées spatiales et temporelles de E_x :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 E_x}{\partial x^2} &= E_0 \frac{\partial^2 v}{\partial x^2} e^{i(kz - \omega t)} \\ \frac{\partial^2 E_x}{\partial y^2} &= E_0 \frac{\partial^2 v}{\partial y^2} e^{i(kz - \omega t)} \\ \frac{\partial E_x}{\partial z} &= E_0 \left( \frac{\partial v}{\partial z} + ik v \right) e^{i(kz - \omega t)} \\ \frac{\partial^2 E_x}{\partial z^2} &= E_0 \left( \frac{\partial^2 v}{\partial z^2} + 2ik \frac{\partial v}{\partial z} - k^2 v \right) e^{i(kz - \omega t)} \\ \frac{\partial^2 E_x}{\partial t^2} &= -\omega^2 E_0 \, v \, e^{i(kz - \omega t)} \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation de d'Alembert, et en simplifiant par E_0 e^{i(kz - \omega t)}, on obtient :

\frac{\partial^2 v}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial z^2} + 2ik \frac{\partial v}{\partial z} - k^2 v + \frac{\omega^2}{c^2} v = 0

Puisque l'onde satisfait la relation de dispersion du vide \omega = ck, les termes en v se compensent exactement :

-k^2 v + \frac{\omega^2}{c^2}v = 0

L'équation exacte sur l'enveloppe v se réduit ainsi à :

\frac{\partial^2 v}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial y^2} + 2ik \frac{\partial v}{\partial z} + \frac{\partial^2 v}{\partial z^2} = 0

L'énoncé précise que les variations longitudinales de v le long de l'axe Oz se font sur une échelle caractéristique L_z très grande devant la taille transverse w_0, elle-même très grande devant la longueur d'onde \lambda (L_z \gg w_0 \gg \lambda = \frac{2\pi}{k}). En ordre de grandeur :

\left| \frac{\partial^2 v}{\partial z^2} \right| \sim \frac{|v|}{L_z^2} \quad \text{et} \quad \left| 2ik \frac{\partial v}{\partial z} \right| \sim 2k \frac{|v|}{L_z} = \frac{4\pi}{\lambda L_z} |v|

Le rapport de ces deux grandeurs vaut :

\frac{\left| \frac{\partial^2 v}{\partial z^2} \right|}{\left| 2ik \frac{\partial v}{\partial z} \right|} \sim \frac{1}{2k L_z} = \frac{\lambda}{4\pi L_z} \ll 1

On peut donc légitimement négliger la dérivée seconde \frac{\partial^2 v}{\partial z^2} devant le terme croisé 2ik \frac{\partial v}{\partial z} (approximation de l'enveloppe lentement variable ou approximation paraxiale). On aboutit à l'équation paraxiale de Helmholtz :

\boxed{\frac{\partial^2 v}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial y^2} + 2ik \frac{\partial v}{\partial z} = 0}

Résultat

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : faisceau gaussien, taille de col

On peut montrer que

est solution de l'équation avec

où . On appelle le rayon de courbure du faisceau. Quelle est l'interprétation physique de ?

Voir l'indice

Identifier le paramètre w(z) comme le rayon transverse du faisceau à 1/e du champ (ou 1/e^2 de l'intensité lumineuse).

Voir la réponse courte

Le paramètre w(z) représente le demi-rayon (largeur à 1/e de l'amplitude) du profil transverse d'intensité du faisceau.

Voir le corrigé complet

L'expression de l'amplitude complexe du champ s'écrit, en coordonnées cylindriques avec r^2 = x^2 + y^2 :

|E(r, z)| = E_0 \, \frac{w_0}{w(z)} \exp\left(-\frac{r^2}{w(z)^2}\right)

L'intensité lumineuse locale associée, proportionnelle au module carré du champ électrique, vérifie :

I(r, z) = I(0, z) \exp\left(-\frac{2r^2}{w(z)^2}\right)

On en déduit l'interprétation physique de w(z) :

  • À une cote z fixée, w(z) représente la demi-largeur transverse du faisceau (ou rayon du faisceau) : c'est la distance radiale à l'axe optique pour laquelle l'amplitude du champ électrique est divisée par un facteur e, ou de façon équivalente, la distance pour laquelle l'intensité lumineuse est divisée par un facteur e^2 \approx 7{,}4 (I(w(z), z) = I(0, z)/e^2 \approx 0{,}135 \, I(0, z)).
  • En z = 0, cette largeur atteint sa valeur minimale w(0) = w_0, appelée rayon au col (ou waist) du faisceau gaussien.
\boxed{w(z) \text{ est la demi-largeur transverse (à } 1/e \text{ en amplitude, } 1/e^2 \text{ en intensité) du faisceau gaussien à la cote } z.}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Optique ondulatoire › Diffraction et réseaux

Notions : longueur de rayleigh, diffraction

Tracer qualitativement en fonction de . On veillera à bien repérer sur l'axe des abscisses la position . Dans quelle région de l'espace peut-on considérer que le faisceau laser se comporte comme une onde plane ? Commenter la limite . A quel phénomène physique cela correspond-il ?

Voir l'indice

Tracer l'hyperbole w(z) avec son col en z=0 et ses asymptotes linéaires en z \gg z_R, correspondant à la divergence par diffraction d'ouverture angulaire \lambda/(\pi w_0).

Voir la réponse courte

Allure hyperbolique de w(z) ; onde plane au voisinage du col (|z| \ll z_R) et divergence angulaire linéaire pour |z| \gg z_R due à la diffraction.

Voir le corrigé complet

1. Tracé qualitatif de w(z) :

D'après l'expression établie à la question 25 :

w(z) = w_0 \sqrt{1 + \left(\frac{z}{z_R}\right)^2}

La fonction w(z) est paire, minimale en z = 0 où w(0) = w_0, et vaut à la cote de Rayleigh z = z_R :

w(z_R) = w_0 \sqrt{2} \approx 1{,}41\,w_0

La courbe est une branche d'hyperbole admettant pour asymptotes obliques les droites d'équation w(z) \sim \pm \frac{w_0}{z_R}z quand z \to \pm\infty.

2. Région de comportement d'onde plane :

Pour |z| \ll z_R (au voisinage immédiat du col, et plus généralement dans la zone de Rayleigh |z| \le z_R) :

  • Le rayon du faisceau varie très peu : w(z) \approx w_0.
  • Le rayon de courbure diverge : R(z) \approx \frac{z_R^2}{z} \gg z_R \to \infty, ce qui signifie que les fronts d'onde sont des plans orthogonaux à l'axe optique (Oz).
  • Le terme de phase de courbure s'annule : k\frac{r^2}{2R(z)} \to 0.

Le faisceau gaussien se comporte donc comme une onde plane dans la région |z| \ll z_R (au voisinage du col) pour r \lesssim w_0.

3. Limite z \gg z_R et phénomène physique associé :

Lorsque z \gg z_R, le rayon transverse devient linéaire en z :

w(z) \approx \frac{w_0}{z_R} z = \frac{\lambda}{\pi w_0} z = \theta z

et le rayon de courbure s'identifie à la distance de propagation : R(z) \approx z. Les surfaces d'onde sont alors des calottes sphériques centrées sur le col (z = 0) et le faisceau s'ouvre selon un cône de demi-angle de divergence :

\boxed{\theta = \frac{\lambda}{\pi w_0}}

Ce phénomène correspond à la diffraction en champ lointain (ou diffraction de Fraunhofer) d'une onde limitée spatialement à une ouverture transverse caractéristique w_0.

Résultat

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : pince optique, potentiel effectif

Expliquer comment on peut pièger des atomes avec un faisceau gaussien. Montrer toutefois que le piège est très anisotrope, et que la cuvette de potentiel est beaucoup plus étroite dans la direction transverse que dans la direction longitudinale du faisceau laser.

Voir l'indice

Dériver le potentiel dipolaire U_{\text{dip}} \propto |E_0|^2 au voisinage du waist et comparer les raideurs transverses en 1/w_0^2 et longitudinales en 1/z_R^2.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le lien entre la force dipolaire \mathbf{F}_1, son potentiel associé U_{\text{dip}}(\mathbf{R}), et l'intensité locale du champ laser en précisant le signe du désaccord de fréquence (d'après la question Q23).
  2. Exprimer le profil d'intensité du faisceau gaussien et localiser son maximum pour identifier le point de piégeage.
  3. Effectuer un développement limité du potentiel au voisinage du centre du col pour en déduire les échelles spatiales caractéristiques et les raideurs effectives selon les directions transverse et longitudinale.
Voir la réponse courte

Piégeage au col par force de gradient ; cuvette très anisotrope car la courbure est bien plus forte selon r (w_0) que selon z (z_R \gg w_0).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q23, la force dipolaire dérive d'un potentiel effectif :

U_{\text{dip}}(\mathbf{R}) = -\frac{1}{4} \operatorname{Re}(\alpha_c) |\mathbf{E}(\mathbf{R})|^2

En choisissant une fréquence laser inférieure à la fréquence de résonance atomique (\omega < \omega_0, désaccord vers le rouge), on a \operatorname{Re}(\alpha_c) > 0. Le potentiel U_{\text{dip}}(\mathbf{R}) présente alors un minimum là où l'intensité du champ électromagnétique |\mathbf{E}(\mathbf{R})|^2 est maximale.

D'après les équations (14) et (16), l'intensité lumineuse du faisceau gaussien s'écrit en coordonnées cylindriques (r, \theta, z) où r^2 = x^2 + y^2 :

|\mathbf{E}(r,z)|^2 = |E_0|^2 \frac{w_0^2}{w(z)^2} \exp\left[ -\frac{2r^2}{w(z)^2} \right] = \frac{|E_0|^2}{1 + \left(\frac{z}{z_R}\right)^2} \exp\left[ -\frac{2r^2}{w_0^2\left(1 + \left(\frac{z}{z_R}\right)^2\right)} \right]

Cette intensité est strictement décroissante avec r et avec |z| : elle admet donc un maximum absolu strict au centre du col en (r=0, z=0), où elle vaut |E_0|^2. Ainsi, des atomes refroidis dont l'énergie cinétique est inférieure à la profondeur du puits de potentiel :

U_0 = -\frac{1}{4}\operatorname{Re}(\alpha_c)|E_0|^2

se retrouvent confinés au voisinage de l'origine (0,0,0) : c'est le principe du piège dipolaire optique (ou pince optique).

Pour étudier l'anisotropie du piège, effectuons un développement limité du potentiel au voisinage de l'origine (r \ll w_0 et |z| \ll z_R) :

\begin{aligned} \frac{1}{1 + (z/z_R)^2} &\approx 1 - \frac{z^2}{z_R^2} \\ \exp\left[ -\frac{2r^2}{w(z)^2} \right] &\approx 1 - \frac{2r^2}{w_0^2} \end{aligned}

Au second ordre, l'intensité s'écrit :

|\mathbf{E}(r,z)|^2 \approx |E_0|^2 \left( 1 - \frac{2r^2}{w_0^2} - \frac{z^2}{z_R^2} \right)

Le potentiel dipolaire prend ainsi la forme harmonique :

U_{\text{dip}}(r,z) \approx U_0 + \frac{1}{2} \kappa_\perp r^2 + \frac{1}{2} \kappa_z z^2

avec les constantes de raideur :

\kappa_\perp = \frac{|U_0|}{w_0^2} \times 4 = \frac{4|U_0|}{w_0^2} \quad \text{et} \quad \kappa_z = \frac{2|U_0|}{z_R^2}

Le rapport des raideurs (ou courbures de la cuvette de potentiel) vaut :

\boxed{\frac{\kappa_\perp}{\kappa_z} = 2\left(\frac{z_R}{w_0}\right)^2 = 2\pi^2 \left(\frac{w_0}{\lambda}\right)^2}

Dans le cadre de l'approximation paraxiale, la taille du col est bien supérieure à la longueur d'onde (w_0 \gg \lambda), de sorte que la longueur de Rayleigh est considérablement plus grande que le rayon au col :

z_R = \frac{\pi w_0^2}{\lambda} \gg w_0 \implies \kappa_\perp \gg \kappa_z

La cuvette de potentiel varie sur une échelle w_0 dans la direction transverse et sur une échelle z_R \gg w_0 dans la direction longitudinale. Le piège est donc très anisotrope : la cuvette est beaucoup plus étroite et raide transversalement que longitudinalement (confinant le nuage atomique sous la forme d'un « cigare » très allongé le long de l'axe Oz).

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Dipôles électrique et magnétique ; Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : onde stationnaire, réseau optique

Proposer une méthode pour mieux confiner les atomes dans la direction .

Voir l'indice

Proposer l'utilisation de deux faisceaux laser contre-propageants ou focalisés orthogonalement pour créer un piège dipolaire tridimensionnel isotrope.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'origine du faible confinement longitudinal : la variation spatiale de l'intensité le long de l'axe Oz est gouvernée par la longueur de Rayleigh z_R, très grande devant les échelles transverses w_0 et la longueur d'onde \lambda.
  2. Proposer des géométries optiques permettant d'introduire une modulation d'intensité spatiale rapide selon z (à l'échelle de la longueur d'onde \lambda ou du col w_0).
Voir la réponse courte

Utilisation de deux faisceaux gaussiens contra-propageants pour créer une onde stationnaire à fort gradient longitudinal (réseau optique).

Voir le corrigé complet

D'après la question 27, la faible raideur longitudinale \kappa_z \propto 1/z_R^2 provient du fait que l'intensité varie très lentement le long de l'axe de propagation (z_R \gg w_0 \gg \lambda). Pour améliorer considérablement le confinement selon l'axe Oz, deux méthodes principales sont couramment employées en physique atomique :

  1. La formation d'une onde stationnaire (réseau optique 1D) : En faisant interférer le faisceau avec un faisceau contra-propageant de même pulsation et polarisation (par exemple en plaçant un miroir rétro-réfléchissant ou en insérant l'atome dans une cavité optique résonante, comme étudié dans la section suivante), on crée une onde stationnaire le long de Oz. L'intensité lumineuse présente alors une modulation spatiale périodique à l'échelle de \lambda/2 :

    I(z) \propto \cos^2(kz)

    Le gradient d'intensité selon z varie désormais sur une distance de l'ordre de \lambda au lieu de z_R. La raideur longitudinale devient alors :

    \kappa_z \sim \frac{|U_0|}{\lambda^2} \gg \kappa_\perp

    Les atomes se trouvent alors piégés aux ventres d'intensité (si \omega < \omega_0), réalisant un confinement longitudinal sub-longueur d'onde extrêmement efficace.

  2. L'utilisation de faisceaux croisés : En superposant orthogonalement au col un second faisceau laser identique se propageant selon un axe perpendiculaire (par exemple Ox), le confinement longitudinal selon Oz du premier faisceau est assuré par le très fort confinement transverse (de raideur \kappa_\perp \propto 1/w_0^2) du second faisceau. Le piège tridimensionnel résultant est alors quasi isotrope, avec une raideur de l'ordre de \kappa_\perp dans les trois directions de l'espace.
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Partie 2 : Deuxième partie : le système atome-champ

2.1 · La cavité

Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : condition de passage, conducteur parfait

Expliquer comment la présence des miroirs fixe les conditions aux limites que doit satisfaire le champ électromagnétique.

Voir l'indice

Rappeler les conditions aux limites sur un conducteur parfait : annulation de la composante tangentielle du champ électrique et de la composante normale du champ magnétique.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le modèle physique adopté pour les miroirs (conducteurs parfaits) et les propriétés des champs électromagnétiques à l'intérieur d'un tel milieu.
  2. Énoncer les relations de passage associées pour en déduire les conditions aux limites imposées aux champs électrique et magnétique sur les surfaces réfléchissantes.
  3. Préciser les conséquences géométriques sur la structure du champ au sein de la cavité (nœuds de champ électrique tangentiel, adaptation de courbure des fronts d'onde).
Voir la réponse courte

Sur des miroirs métalliques assimilés à des conducteurs parfaits, la composante tangentielle du champ électrique s'annule à l'interface.

Voir le corrigé complet

Les miroirs formant la cavité sont modélisés comme des conducteurs parfaits.

Dans un conducteur parfait soumis à un champ électromagnétique variable à haute fréquence (effet de peau nul, profondeur de pénétration \delta \to 0), le champ électromagnétique est strictement nul à l'intérieur du métal :

\mathbf{E}_{\text{int}} = \mathbf{0} \quad \text{et} \quad \mathbf{B}_{\text{int}} = \mathbf{0}

En notant \mathbf{n} le vecteur unitaire normal à la surface d'un miroir (orienté vers l'intérieur de la cavité), les relations de passage du champ électromagnétique à l'interface vide–conducteur imposent :

  • La continuité de la composante tangentielle du champ électrique :

    \mathbf{E}_\parallel = \mathbf{0} \quad \Longleftrightarrow \quad \mathbf{E} \times \mathbf{n} = \mathbf{0}

    Le champ électrique est donc strictement orthogonal à la surface du conducteur en tout point du miroir.

  • La continuité de la composante normale du champ magnétique :

    B_\perp = \mathbf{B} \cdot \mathbf{n} = 0

    Le champ magnétique est donc strictement tangentiel à la surface du miroir.

Des charges surfaciques \sigma = \epsilon_0 \mathbf{E} \cdot \mathbf{n} et des courants surfaciques \mathbf{j}_s = \frac{1}{\mu_0} \mathbf{n} \times \mathbf{B} se développent sur la face interne des miroirs pour assurer ces continuités.

Ces conditions aux limites contraignent fortement le champ dans la cavité :

  1. Condition de phase axiale : l'annulation de la composante tangentielle du champ électrique impose des nœuds (ou quasi-nœuds) d'amplitude aux miroirs, sélectionnant des ondes stationnaires et quantifiant ainsi les fréquences propres \omega_p de résonance de la cavité.
  2. Condition géométrique de courbure : les surfaces des miroirs devant être orthogonales au champ électrique local, elles doivent épouser la courbure des fronts d'onde du faisceau lumineux. Le rayon de courbure R(z) du mode doit donc s'adapter au rayon de courbure R_c des miroirs en z = \pm D/2.
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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : mode propre, fréquence de résonance

Montrer que les conditions limites aux centres des deux miroirs (points et ) imposent à la fréquence de la lumière des valeurs discrètes , où est un entier. Donner l'expression de . Comment appelle-t-on ces fréquences ?

Voir l'indice

Écrire que les centres A et A' correspondent à des plans nodaux pour le champ électrique tangentiel, imposant k_p D = p\pi.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le champ électrique \mathbf{E}(\mathbf{R},t) donné par l'équation (20) aux centres A\,(0,0,D/2) et A'\,(0,0,-D/2) des deux miroirs, en exploitant les approximations paraxiales formulées (x=y=0, \Phi \approx 0).
  2. Appliquer la condition aux limites sur les miroirs conducteurs parfaits (\mathbf{E}_\parallel = \mathbf{0}) en ces deux points pour relier E_- à E_+ puis déterminer la condition de quantification sur le vecteur d'onde k.
  3. En déduire les pulsations \omega_p et fréquences associées, et nommer ces grandeurs caractéristiques.
Voir la réponse courte

Annulation en z = \pm D/2 imposant k_p D = p\pi, soit les fréquences de résonance longitudinales de la cavité \omega_p = p\pi c/D.

Voir le corrigé complet

Les miroirs étant modélisés par des conducteurs parfaits, la composante tangentielle du champ électrique s'annule à leur surface (question Q29) :

\mathbf{E}_\parallel = \mathbf{0}

Aux sommets des miroirs A\,(0,0,D/2) et A'\,(0,0,-D/2), le plan tangent est orthogonal à l'axe optique \mathbf{e}_z. Le champ électrique étant polarisé selon \mathbf{e}_x, il est strictement tangentiel à la surface en ces points. Ainsi :

\mathbf{E}(0, 0, -D/2, t) = \mathbf{0} \quad \text{et} \quad \mathbf{E}(0, 0, D/2, t) = \mathbf{0}

D'après l'expression (16) de v_k (question Q25), pour x=y=0 et en négligeant la phase de Gouy (\Phi(z) \approx 0 car z_R \gg D) :

v_k(0,0,z) = v_{-k}(0,0,z) = \frac{w_0}{w(z)}

Par parité du waist w(z) = w_0\sqrt{1+(z/z_R)^2}, on a w(D/2) = w(-D/2).

En reportant dans l'expression (20) au point A' (z = -D/2) :

\mathbf{E}(0, 0, -D/2, t) = \frac{w_0}{w(D/2)} \left( E_+ e^{-ikD/2} + E_- e^{ikD/2} \right) e^{-i\omega t} \mathbf{e}_x = \mathbf{0}

ce qui impose :

E_- = - E_+ e^{-ikD}

En injectant cette relation au point A (z = D/2) :

\begin{aligned} \mathbf{E}(0, 0, D/2, t) &= \frac{w_0}{w(D/2)} \left( E_+ e^{ikD/2} - E_+ e^{-ikD} e^{-ikD/2} \right) e^{-i\omega t} \mathbf{e}_x \\ &= \frac{w_0}{w(D/2)} E_+ e^{-ikD/2} \left( e^{ikD} - e^{-ikD} \right) e^{-i\omega t} \mathbf{e}_x \\ &= 2i \frac{w_0}{w(D/2)} E_+ e^{-ikD/2} \sin(kD) e^{-i\omega t} \mathbf{e}_x = \mathbf{0} \end{aligned}

Pour obtenir une solution non triviale (E_+ \neq 0), il est nécessaire que :

\sin(kD) = 0 \iff k_p D = p \pi \quad (p \in \mathbb{N}^*)

Sachant que \omega = ck, les pulsations et fréquences permises prennent des valeurs discrètes :

\boxed{\omega_p = \frac{p \pi c}{D}} \quad \text{soit} \quad \frac{\omega_p}{2\pi} = \frac{p c}{2D}

Ces fréquences discrètes sont appelées les fréquences propres (ou fréquences de résonance) des modes longitudinaux de la cavité.

Résultat

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : cavité résonante, rayon de courbure

Montrer que les conditions limites sur le reste de la surface du miroir impose que . En déduire la valeur du rayon du faisceau au col

Voir l'indice

Associer le rayon de courbure des miroirs concaves au rayon de courbure R(z) des fronts d'onde gaussiens évalué en z = D/2.

Voir la stratégie
  1. Établir l'équation de la surface du miroir sphérique au voisinage de l'axe optique dans l'approximation paraxiale (r \ll R_c), ainsi que celle des surfaces d'onde du faisceau au voisinage de z = D/2.
  2. Exprimer l'annulation de la composante tangentielle du champ électrique sur toute la surface conductrice, ce qui impose que la surface du miroir soit une surface d'onde, d'où l'égalité des rayons de courbure R(D/2) = R_c.
  3. Utiliser l'expression explicite de R(z) et la définition de la longueur de Rayleigh z_R pour en déduire le rayon au col w_{0,p}.
Voir la réponse courte

Égalité du rayon de phase du faisceau gaussien et de la courbure du miroir R(D/2) = R_c fournissant l'expression du col w_{0,p}^2.

Voir le corrigé complet

Le miroir situé en z = D/2 est modélisé par un conducteur parfait sphérique, concave, de rayon de courbure R_c. Dans le repère cylindrique (r,\theta,z) avec r^2 = x^2 + y^2, le centre de courbure du miroir se situe en z = D/2 - R_c. L'équation exacte de la calotte sphérique s'écrit :

\left(z - \left(\frac{D}{2} - R_c\right)\right)^2 + r^2 = R_c^2

Dans l'approximation paraxiale (r \ll R_c), un développement limité au second ordre donne le profil de la surface du miroir :

z_M(r) = \frac{D}{2} - R_c + R_c\sqrt{1 - \frac{r^2}{R_c^2}} \approx \frac{D}{2} - \frac{r^2}{2R_c}

D'autre part, la phase spatiale de l'onde se propageant selon +z s'écrit (en négligeant la phase de Gouy \Phi(z) conformément aux hypothèses) :

\phi(r,z) = kz + k\frac{r^2}{2R(z)}

Une surface d'onde (surface équiphase \phi(r,z) = \text{cte}) passant par le sommet (r=0, z=D/2) vérifie :

kz + k\frac{r^2}{2R(D/2)} \approx k\frac{D}{2} \implies z_{\text{onde}}(r) \approx \frac{D}{2} - \frac{r^2}{2R(D/2)}

Sur la surface du miroir conducteur parfait, la composante tangentielle du champ électrique total doit s'annuler identiquement pour tout r. Comme le champ est principalement transverse (\mathbf{E} \approx E_x \mathbf{e}_x), le miroir doit coïncider avec une surface nodale du mode stationnaire, et donc épouser exactement la forme d'une surface d'onde. En identifiant les courbures de z_M(r) et de z_{\text{onde}}(r), on obtient immédiatement :

\boxed{R(D/2) = R_c}

D'après la question Q25, le rayon de courbure du faisceau s'exprime par :

R(z) = z\left[1 + \left(\frac{z_R}{z}\right)^2\right]

En évaluant cette relation en z = D/2 avec R(D/2) = R_c :

\begin{aligned} \frac{D}{2}\left[1 + \left(\frac{2z_R}{D}\right)^2\right] &= R_c \\ 1 + \left(\frac{2z_R}{D}\right)^2 &= \frac{2R_c}{D} \\ \left(\frac{2z_R}{D}\right)^2 &= \frac{2R_c - D}{D} \end{aligned}

On en déduit l'expression de la longueur de Rayleigh z_R :

z_R = \frac{D}{2}\sqrt{\frac{2R_c - D}{D}} = \frac{1}{2}\sqrt{D(2R_c - D)}

En utilisant la relation z_R = \dfrac{\pi w_{0,p}^2}{\lambda_p} (avec \lambda_p = \dfrac{2\pi}{k_p} la longueur d'onde du mode p), on trouve :

\frac{\pi w_{0,p}^2}{\lambda_p} = \frac{1}{2}\sqrt{D(2R_c - D)}

Soit finalement :

\boxed{w_{0,p}^2 = \frac{\lambda_p}{2\pi}\sqrt{D(2R_c - D)}}

Résultat

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : onde stationnaire, cavité optique

En utilisant l'approximation paraxiale, montrer que le champ de fréquence peut se mettre sous la forme

avec

Voir l'indice

Sommer les deux ondes contra-propageantes avec la condition E_- = -E_+ et simplifier en tenant compte de z_R \gg D pour faire apparaître une onde stationnaire.

Voir la stratégie
  1. Évaluer le profil spatial v_{\pm k}(x,y,z) dans l'approximation z_R \gg D où |z| \le D/2 \ll z_R.
  2. Injecter ces approximations dans la décomposition du champ \mathbf{E}(\mathbf{R},t) (équation (20)).
  3. Exprimer la composante longitudinale à l'aide de la relation entre E_- et E_+ établie à la question précédente et conclure en factorisant le terme d'onde stationnaire.
Voir la réponse courte

Superposition de deux ondes gaussiens contra-propageantes satisfaisant les conditions aux limites pour obtenir le mode stationnaire transverse.

Voir le corrigé complet

L'expression de v_k(x,y,z) donnée à la question 25 est :

v_k(x,y,z) = \frac{w_0}{w(z)} \exp\left[-\frac{r^2}{w(z)^2}\right] \exp\left[-i\Phi(z) + ik\frac{r^2}{2R(z)}\right]

avec r^2 = x^2+y^2.

À l'intérieur de la cavité, la coordonnée z vérifie |z| \le D/2. Dans l'approximation paraxiale considérée, on a z_R \gg D, ce qui entraîne |z|/z_R \ll 1 :

  • Le rayon du faisceau est quasi constant :

    w(z) = w_{0,p}\sqrt{1 + \left(\frac{z}{z_R}\right)^2} \approx w_{0,p}
  • La phase de Gouy est négligée conformément aux hypothèses de l'énoncé : \Phi(z) \approx 0.
  • Le rayon de courbure vérifie R(z) = z\left[1 + (z_R/z)^2\right] \approx z_R^2/z, d'où :

    k_p \frac{r^2}{2R(z)} \approx \frac{k_p r^2 z}{2z_R^2} = \frac{\pi w_{0,p}^2}{\lambda_p}\frac{k_p r^2 z}{2 z_R^2} \frac{\lambda_p}{\pi w_{0,p}^2} = \frac{r^2}{w_{0,p}^2}\frac{z}{z_R}

    Pour la fraction du faisceau où l'intensité est non négligeable (r \lesssim w_{0,p}), ce déphasage d'ordre z/z_R \le D/(2z_R) \ll 1 est négligeable : le terme de phase quadratique transverse est donc assimilable à 0.

Il en résulte que pour les deux faisceaux contra-propageants :

v_k(x,y,z) \approx \exp\left[-\frac{r^2}{w_{0,p}^2}\right] \quad \text{et} \quad v_{-k}(x,y,z) \approx \exp\left[-\frac{r^2}{w_{0,p}^2}\right]

En injectant ces formes approchées dans l'expression (20) du champ :

\mathbf{E}_p(\mathbf{R},t) \approx \exp\left[-\frac{r^2}{w_{0,p}^2}\right] \left( E_+ e^{ik_p z} + E_- e^{-ik_p z} \right) e^{-i\omega_p t}\mathbf{e}_x

D'après la condition aux limites en z = -D/2 (question 30), E_- = -E_+ e^{-ik_p D}. Le terme spatial longitudinal se réécrit donc :

\begin{aligned} E_+ e^{ik_p z} + E_- e^{-ik_p z} &= E_+\left( e^{ik_p z} - e^{-ik_p D}e^{-ik_p z} \right) \\ &= E_+ e^{-ik_p D/2}\left( e^{ik_p(z+D/2)} - e^{-ik_p(z+D/2)} \right) \\ &= 2i e^{-ik_p D/2} E_+ \sin\left[k_p\left(z+\frac{D}{2}\right)\right] \end{aligned}

En absorbant la constante de phase globale 2i e^{-ik_p D/2} dans l'amplitude complexe E_+, on obtient bien l'expression demandée :

\boxed{\mathbf{E}_p(\mathbf{R}, t) \approx E_+ u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_x}

avec

\boxed{u_p(\mathbf{R}) = \exp\left[-\frac{r^2}{w_{0,p}^2}\right] \sin\left[k_p\left(z+\frac{D}{2}\right)\right]}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : équation de maxwell-faraday, champ magnétique

Montrer que

On pourra utiliser que .

Voir l'indice

Déterminer \mathbf{B} via l'équation de Maxwell-Faraday \mathbf{B} = \frac{1}{i\omega}\operatorname{\mathbf{rot}}\mathbf{E} et négliger la dérivée transverse \partial u_p/\partial y devant la dérivée longitudinale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ magnétique \mathbf{B}_p à partir du champ électrique \mathbf{E}_p en utilisant l'équation de Maxwell-Faraday en notation complexe harmonique.
  2. Calculer le rotationnel de \mathbf{E}_p(\mathbf{R},t) = E_+ u_p(\mathbf{R})e^{-i\omega_p t}\mathbf{e}_x.
  3. Justifier et appliquer l'approximation paraxiale en négligeant la composante longitudinale selon \mathbf{e}_z devant celle selon \mathbf{e}_y.
Voir la réponse courte

Application de l'équation de Maxwell-Faraday \operatorname{rot}\mathbf{E} = -\partial\mathbf{B}/\partial t sous l'approximation paraxiale |\partial u_p/\partial y| \ll |\partial u_p/\partial z|.

Voir le corrigé complet

L'équation de Maxwell-Faraday dans le vide s'écrit :

\operatorname{\mathbf{rot}} \mathbf{E}_p(\mathbf{R}, t) = -\frac{\partial \mathbf{B}_p}{\partial t}(\mathbf{R}, t)

En régime sinusoïdal de pulsation \omega_p (avec la convention temporelle e^{-i\omega_p t}), la dérivée temporelle se traduit par \partial/\partial t \to -i\omega_p, ce qui donne :

\operatorname{\mathbf{rot}} \mathbf{E}_p(\mathbf{R}, t) = i\omega_p \mathbf{B}_p(\mathbf{R}, t) \implies \mathbf{B}_p(\mathbf{R}, t) = \frac{1}{i\omega_p} \operatorname{\mathbf{rot}} \mathbf{E}_p(\mathbf{R}, t)

D'après le résultat de la question précédente, le champ électrique du mode p est polarisé selon \mathbf{e}_x :

\mathbf{E}_p(\mathbf{R}, t) \approx E_+ u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_x

Calculons le rotationnel en coordonnées cartésiennes :

\begin{aligned} \operatorname{\mathbf{rot}} \mathbf{E}_p(\mathbf{R}, t) &= \boldsymbol{\nabla} \times \left( E_+ u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_x \right) \\ &= E_+ e^{-i\omega_p t} \left( \boldsymbol{\nabla} u_p(\mathbf{R}) \times \mathbf{e}_x \right) \\ &= E_+ e^{-i\omega_p t} \left( \frac{\partial u_p}{\partial z}\mathbf{e}_y - \frac{\partial u_p}{\partial y}\mathbf{e}_z \right) \end{aligned}

Comparons les ordres de grandeur des dérivées spatiales en utilisant l'expression de u_p établie en Q32, u_p(\mathbf{R}) = \exp\left(-\frac{x^2+y^2}{w_{0,p}^2}\right)\sin\left[k_p\left(z+\frac{D}{2}\right)\right] :

  • Selon la direction de propagation z : \left| \frac{\partial u_p}{\partial z} \right| \sim k_p |u_p| = \frac{2\pi}{\lambda_p} |u_p| ;
  • Dans le plan transverse, pour y \lesssim w_{0,p} : \left| \frac{\partial u_p}{\partial y} \right| = \frac{2|y|}{w_{0,p}^2} |u_p| \lesssim \frac{2}{w_{0,p}} |u_p|.

Dans le cadre de l'approximation paraxiale, la taille transverse du faisceau est grande devant la longueur d'onde (w_{0,p} \gg \lambda_p), d'où :

\left| \frac{\partial u_p}{\partial y} \right| \ll \left| \frac{\partial u_p}{\partial z} \right|

On peut donc négliger la composante selon \mathbf{e}_z du rotationnel devant sa composante selon \mathbf{e}_y :

\operatorname{\mathbf{rot}} \mathbf{E}_p(\mathbf{R}, t) \approx E_+ \frac{\partial u_p(\mathbf{R})}{\partial z} e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_y

En réinjectant dans l'expression de \mathbf{B}_p et en notant \omega = \omega_p, on obtient :

\boxed{\mathbf{B}_p(\mathbf{R}, t) = \frac{E_+}{i\omega} \frac{\partial u_p(\mathbf{R})}{\partial z} e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_y}

Résultat

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Question 34

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : énergie électromagnétique, quantification du champ

Calculer l'énergie électromagnétique pour le mode en intégrant sur l'espace compris entre les plans et . On négligera la courbure des miroirs. Montrer que

où est le volume effectif du mode. Dans une vision corpusculaire de la lumière, un champ électromagnétique de fréquence contenant 1 photon a une énergie . Calculer la valeur que doit prendre pour que le mode du champ contienne un seul photon.

Voir l'indice

Calculer la densité volumique moyenne d'énergie \frac{1}{2}\epsilon_0 |\mathbf{E}|^2, intégrer selon x, y avec la gaussienne fournie puis selon z avec l'intégrale de \sin^2, et égaliser à \hbar\omega.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie électromagnétique totale W_p emmagasinée dans la cavité. Pour une onde stationnaire, l'énergie totale est constante et s'identifie à l'énergie électrique maximale (lorsque le champ magnétique est nul).
  2. Calculer l'intégrale de volume \int_{\mathcal{V}_0} u_p^2(\mathbf{R}) \, \mathrm{d}^3\mathbf{R} en séparant la composante transverse (à l'aide du formulaire) et la composante longitudinale le long de Oz.
  3. En déduire l'expression demandée pour W_p et le volume effectif V_p.
  4. Identifier cette énergie à l'énergie d'un photon \hbar\omega_p pour en déduire l'amplitude du champ à un photon \mathcal{E}_{1,p}.
Voir la réponse courte

Intégration spatiale de la densité d'énergie électromagnétique donnant W_p puis égalisation à \hbar\omega pour déduire le champ à un photon \mathcal{E}_{1,p}.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique réel du mode p s'écrit, en posant E_+ = |E_+|e^{i\phi} :

\mathbf{E}_p(\mathbf{R},t) = \operatorname{Re}\left(E_+ u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t}\mathbf{e}_x\right) = |E_+| u_p(\mathbf{R})\cos(\omega_p t - \phi)\mathbf{e}_x

Le champ magnétique associé \mathbf{B}_p est en quadrature de phase par rapport à \mathbf{E}_p (d'après le facteur 1/i dans l'équation (24)). L'énergie électromagnétique totale stockée dans la cavité est constante et égale à l'énergie électrique maximale, atteinte aux instants où le champ magnétique s'annule :

W_p = \iiint_{\mathcal{V}_0} \frac{\epsilon_0}{2} \|\mathbf{E}_{p,\max}(\mathbf{R})\|^2 \, \mathrm{d}^3\mathbf{R} = \frac{\epsilon_0 |E_+|^2}{2} \iiint_{\mathcal{V}_0} u_p^2(\mathbf{R}) \, \mathrm{d}^3\mathbf{R}

Calculons l'intégrale I = \iiint_{\mathcal{V}_0} u_p^2(\mathbf{R})\,\mathrm{d}^3\mathbf{R} en négligeant la courbure des miroirs, ce qui permet d'intégrer z entre -D/2 et D/2, et en étendant l'intégration transverse sur tout le plan (x,y) car le faisceau est confiné (w_{0,p} \ll R_c) :

I = \left(\iint_{\mathbb{R}^2} \exp\left[-\frac{2(x^2+y^2)}{w_{0,p}^2}\right] \mathrm{d}x\mathrm{d}y\right) \left(\int_{-D/2}^{D/2} \sin^2\left[k_p\left(z+\frac{D}{2}\right)\right]\mathrm{d}z\right)
  • Pour la partie transverse, en utilisant l'intégrale fournie dans le formulaire :

    \iint_{\mathbb{R}^2} e^{-2(x^2+y^2)/w_{0,p}^2}\,\mathrm{d}x\mathrm{d}y = \left(\int_{-\infty}^{+\infty} e^{-2x^2/w_{0,p}^2}\,\mathrm{d}x\right)^2 = \left(w_{0,p}\sqrt{\frac{\pi}{2}}\right)^2 = \frac{\pi w_{0,p}^2}{2}
  • Pour la partie longitudinale, posons la variable Z = z + D/2 \in [0,D] :

    \int_{-D/2}^{D/2} \sin^2\left[k_p\left(z+\frac{D}{2}\right)\right]\mathrm{d}z = \int_0^D \sin^2(k_p Z)\,\mathrm{d}Z = \frac{1}{k_p}\int_0^{k_p D} \sin^2(u)\,\mathrm{d}u

    Comme k_p D = p\pi, la formule du formulaire donne :

    \int_0^{p\pi} \sin^2(u)\,\mathrm{d}u = \frac{1}{2}(p\pi - \cos(p\pi)\sin(p\pi)) = \frac{p\pi}{2}

    D'où :

    \int_0^D \sin^2(k_p Z)\,\mathrm{d}Z = \frac{p\pi}{2k_p} = \frac{D}{2}

On en déduit :

I = \frac{\pi w_{0,p}^2}{2} \times \frac{D}{2} = \frac{\pi D w_{0,p}^2}{4} = V_p

ce qui établit l'expression de l'énergie électromagnétique du mode p :

\boxed{W_p = \frac{\epsilon_0 |E_+|^2}{2} V_p}

où V_p = \frac{\pi D w_{0,p}^2}{4} représente le volume effectif occupé par le mode dans la cavité.

Dans la vision corpusculaire, lorsque le mode ne contient qu'un seul photon d'énergie \hbar\omega_p, on a W_p = \hbar\omega_p, soit :

\frac{\epsilon_0 \mathcal{E}_{1,p}^2}{2} V_p = \hbar\omega_p

On en déduit l'amplitude du champ électrique à un photon :

\boxed{\mathcal{E}_{1,p} = \sqrt{\frac{2\hbar\omega_p}{\epsilon_0 V_p}}}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : potentiel vecteur, jauge de coulomb

Vérifier que le potentiel vecteur

permet de retrouver le champ du mode associé à un photon en utilisant et .

Voir l'indice

Calculer directement -\partial \mathbf{A}_{1,p}/\partial t et \boldsymbol{\nabla}\times\mathbf{A}_{1,p} pour vérifier la compatibilité avec \mathbf{E}_{1,p} et \mathbf{B}_{1,p}.

Voir la stratégie
  1. Dériver temporellement le potentiel vecteur \mathbf{A}_{1,p} pour obtenir le champ électrique \mathbf{E}_{1,p} et vérifier qu'il coïncide avec l'expression du mode à un photon issue de la question Q32.
  2. Calculer le rotationnel de \mathbf{A}_{1,p} en coordonnées cartésiennes pour obtenir le champ magnétique \mathbf{B}_{1,p}, puis utiliser l'approximation paraxiale de la question Q33 (|\partial u_p/\partial y| \ll |\partial u_p/\partial z|) pour retrouver la forme demandée.
Voir la réponse courte

Dérivation temporelle de \mathbf{A}_{1,p} pour \mathbf{E} et rotationnel pour \mathbf{B}, vérifiant la cohérence directe avec les champs obtenus.

Voir le corrigé complet

Le potentiel vecteur associé à un photon dans le mode p s'écrit (équation (26)) :

\mathbf{A}_{1,p}(\mathbf{R}, t) = -\frac{i}{\omega_p} \mathcal{E}_{1,p} u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_x

1. Champ électrique : En utilisant la relation donnée en jauge temporelle (V = 0) :

\begin{aligned} \mathbf{E}_{1,p}(\mathbf{R}, t) &= -\frac{\partial \mathbf{A}_{1,p}(\mathbf{R}, t)}{\partial t} \\ &= -\left(-i\omega_p\right)\left( -\frac{i}{\omega_p} \mathcal{E}_{1,p} u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_x \right) \\ &= - (1)\, \mathcal{E}_{1,p} u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t} (-1)\,\mathbf{e}_x \end{aligned}

soit directement :

\boxed{ \mathbf{E}_{1,p}(\mathbf{R}, t) = \mathcal{E}_{1,p} u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_x }

On retrouve exactement l'expression (22) du champ électrique du mode p établie à la question Q32 pour une amplitude E_+ = \mathcal{E}_{1,p}.

2. Champ magnétique : Le potentiel vecteur \mathbf{A}_{1,p} = A_x \mathbf{e}_x ne possède qu'une composante selon \mathbf{e}_x. Le calcul de son rotationnel donne :

\operatorname{\mathbf{rot}} \mathbf{A}_{1,p} = \begin{pmatrix} 0 \\ \dfrac{\partial A_x}{\partial z} \\ -\dfrac{\partial A_x}{\partial y} \end{pmatrix} = \frac{\partial A_x}{\partial z} \mathbf{e}_y - \frac{\partial A_x}{\partial y} \mathbf{e}_z

En remplaçant A_x(\mathbf{R},t) = -\dfrac{i}{\omega_p} \mathcal{E}_{1,p} u_p(\mathbf{R}) e^{-i\omega_p t}, sachant que -i = \dfrac{1}{i} :

\begin{aligned} \frac{\partial A_x}{\partial z} &= \frac{\mathcal{E}_{1,p}}{i\omega_p} \frac{\partial u_p(\mathbf{R})}{\partial z} e^{-i\omega_p t} \\ -\frac{\partial A_x}{\partial y} &= -\frac{\mathcal{E}_{1,p}}{i\omega_p} \frac{\partial u_p(\mathbf{R})}{\partial y} e^{-i\omega_p t} \end{aligned}

Comme rappelé à la question Q33, dans l'approximation paraxiale, l'extension transverse est très grande devant la longueur d'onde, si bien que :

\left| \frac{\partial u_p}{\partial y} \right| \ll \left| \frac{\partial u_p}{\partial z} \right|

La composante selon \mathbf{e}_z est donc négligeable devant celle selon \mathbf{e}_y. On en déduit :

\boxed{ \mathbf{B}_{1,p}(\mathbf{R}, t) \approx \frac{\mathcal{E}_{1,p}}{i\omega_p} \frac{\partial u_p(\mathbf{R})}{\partial z} e^{-i\omega_p t} \mathbf{e}_y }

On retrouve bien la formule (24) de la question Q33 avec E_+ = \mathcal{E}_{1,p} et \omega = \omega_p.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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2.2 · Couplage de l'atome à un mode du champ

Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : résonance, mode de cavité

On choisit les paramètres de la cavité de sorte que l'un de ses modes, noté , ait une fréquence très proche de la fréquence de résonance de l'atome (). Justifier qualitativement que l'on s'attend à ce que l'oscillation du dipôle atomique excite principalement ce mode. En déduire que le potentiel vecteur s'écrit

de sorte que la seule connaissance de suffit à caractériser le champ dans la cavité. Connaissant , on peut calculer les champs électrique et magnétique en utilisant les relations

et

On omettra l'indice par la suite.

Voir l'indice

Invoquer le phénomène de résonance : seul le mode propre dont la fréquence coïncide avec la pulsation atomique présente une susceptibilité de réponse non négligeable.

Voir la stratégie
  1. Interpréter chaque mode de la cavité comme un oscillateur harmonique linéaire forcé par le dipôle oscillant atomique de pulsation \omega_0.
  2. Invoquer le phénomène de résonance pour justifier que seul le mode vérifiant \omega_{p_0} \approx \omega_0 présente une réponse d'amplitude significative.
  3. Troncaturer la décomposition modale du potentiel vecteur au terme résonant p = p_0.
Voir la réponse courte

Le dipôle n'excite efficacement que le mode dont la fréquence propre est quasi résonante avec sa fréquence d'oscillation \omega_0.

Voir le corrigé complet

L'atome, modélisé par un dipôle oscillant à une fréquence proche de sa pulsation propre \omega_0, crée un champ électromagnétique et une densité de courant qui constituent une source d'excitation pour la cavité.

D'après les équations de Maxwell avec sources, chaque mode électromagnétique propre p de la cavité se comporte comme un oscillateur harmonique de pulsation propre \omega_p. En vertu du phénomène classique de résonance :

  • pour le mode p_0 quasi-résonant (\omega_{p_0} \approx \omega_0), la réponse du champ est fortement amplifiée ;
  • pour tous les autres modes p \neq p_0, l'écart de fréquence |\omega_p - \omega_0| est au moins de l'ordre de l'intervalle spectral libre \Delta\omega = \pi c / D. Ces modes sont hors résonance et leur excitation reste d'amplitude négligeable.

Dans la décomposition générale du potentiel vecteur établie à l'équation (27),

\mathbf{A}(\mathbf{R}, t) = \sum_{p=1}^{\infty} \beta_p(t) \mathbf{A}_{1,p}(\mathbf{R}, t)

les coefficients d'amplitude vérifient ainsi |\beta_p(t)| \ll |\beta_{p_0}(t)| pour tout p \neq p_0. En ne retenant que la composante dominante, le potentiel vecteur se réduit à :

\boxed{\mathbf{A}(\mathbf{R}, t) = \beta_{p_0}(t) \mathbf{A}_{1,p_0}(\mathbf{R}, t)}

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : approximation de l'enveloppe lentement variable, champ électrique

On suppose que varie lentement à l'échelle de . Donner l'expression de dans cette approximation.

Voir l'indice

Dériver le potentiel vecteur par rapport au temps en négligeant \dot{\beta} devant \omega\beta dans l'approximation d'enveloppe lentement variable.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée temporelle du potentiel vecteur \mathbf{A}(\mathbf{R},t) = \beta(t)\mathbf{A}_1(\mathbf{R},t) pour relier le champ électrique à \beta(t).
  2. Exploiter l'hypothèse de variations lentes de \beta(t) à l'échelle de la période optique 2\pi/\omega pour simplifier l'expression.
Voir la réponse courte

Avec \beta(t) lentement variable, la dérivée \partial\mathbf{A}/\partial t est dominée par l'oscillation à haute fréquence : \mathbf{E} \approx \beta \mathbf{E}_{1,p_0}.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (29) et le résultat de la question 36, le champ électrique s'écrit :

\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) = -\frac{\partial \mathbf{A}(\mathbf{R}, t)}{\partial t} = -\dot{\beta}(t) \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t) - \beta(t) \frac{\partial \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t)}{\partial t}

En rappelant l'expression du potentiel vecteur établie à la question 35 (en omettant l'indice p_0) :

\mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t) = -\frac{i}{\omega} \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}) e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x

on a :

-\frac{\partial \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t)}{\partial t} = \mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t) = \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}) e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x

L'hypothèse selon laquelle l'amplitude \beta(t) varie lentement à l'échelle de la période optique 2\pi/\omega se traduit par :

|\dot{\beta}(t)| \ll \omega |\beta(t)|

Le premier terme vérifie donc :

\left\| \dot{\beta}(t) \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t) \right\| \sim \frac{|\dot{\beta}|}{\omega} \mathcal{E}_1 |u(\mathbf{R})| \ll |\beta| \mathcal{E}_1 |u(\mathbf{R})| \sim \left\| \beta(t) \frac{\partial \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t)}{\partial t} \right\|

On peut par conséquent négliger la dérivée temporelle de l'enveloppe \dot{\beta}(t) devant celle de la phase rapide \omega \beta(t), ce qui conduit à :

\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) \approx \beta(t)\mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t)

soit explicitement :

\boxed{\mathbf{E}(\mathbf{R}, t) \approx \beta(t) \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}) e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x}

Résultat

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Question 38

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Électrocinétique et électronique › Régime sinusoïdal forcé et filtrage

Notions : approximation séculaire, oscillateur forcé

De façon analogue, on décrit le mouvement de l'électron sous la forme du produit d'une amplitude lentement variable à l'échelle de et d'un terme qui oscille à la fréquence propre

Écrire les équations du mouvement de l'électron et montrer que le champ agit sur l'électron suivant l'équation

Voir l'indice

Injecter l'expression de \mathbf{r}(t) dans le PFD de l'électron, négliger \ddot{\tilde{r}} et \gamma\dot{\tilde{r}} et simplifier l'expression à l'aide de l'approximation séculaire.

Voir la stratégie
  1. Établir l'équation différentielle du mouvement relatif de l'électron dans le référentiel lié au noyau, soumis à la force de rappel élastique et à la force électrique du mode de la cavité (dans l'approximation dipolaire).
  2. Injecter la forme proposée \mathbf{r}(t) = \tilde{r}(t) e^{-i\omega_0 t}\mathbf{e}_x et appliquer l'approximation de l'enveloppe lentement variable pour négliger \ddot{\tilde{r}} devant \omega_0 \dot{\tilde{r}}.
Voir la réponse courte

PFD sur l'électron avec l'ansatz lentement variable \tilde{r}(t) et négligence de la dérivée seconde \ddot{\tilde{r}} devant \omega_0 \dot{\tilde{r}}.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de cette deuxième partie, l'amortissement n'est plus modélisé par une force de frottement phénoménologique, mais découle de l'échange cohérent d'énergie avec le mode de la cavité.

Dans le référentiel lié au noyau (assimilé au centre de masse immobile à la position \mathbf{R}_0), l'électron de charge q et de masse m est soumis :

  • à la force de rappel élastique exercée par le noyau : \mathbf{F}_{\text{él}} = -m\omega_0^2 \mathbf{r}(t) ;
  • à la force électrique exercée par le champ de la cavité, évaluée en \mathbf{R}_0 dans l'approximation dipolaire (|\mathbf{r}| \ll \lambda) : \mathbf{F}_e = q\mathbf{E}(\mathbf{R}_0, t). La force magnétique est négligée car le mouvement de l'électron est non relativiste (v \ll c).

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'électron s'écrit donc :

m\ddot{\mathbf{r}} + m\omega_0^2 \mathbf{r} = q\mathbf{E}(\mathbf{R}_0, t)

D'après le résultat de la question Q37, le champ électrique du mode s'exprime par :

\mathbf{E}(\mathbf{R}_0, t) = \beta(t) \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) e^{-i\omega t} \mathbf{e}_x

En projetant le mouvement selon l'axe \mathbf{e}_x, avec \mathbf{r}(t) = \tilde{r}(t) e^{-i\omega_0 t}\mathbf{e}_x, on calcule les dérivées temporelles successives :

\begin{aligned} \dot{\mathbf{r}}(t) &= (\dot{\tilde{r}} - i\omega_0 \tilde{r})e^{-i\omega_0 t}\mathbf{e}_x \\ \ddot{\mathbf{r}}(t) &= (\ddot{\tilde{r}} - 2i\omega_0 \dot{\tilde{r}} - \omega_0^2 \tilde{r})e^{-i\omega_0 t}\mathbf{e}_x \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation du mouvement, le terme d'oscillation libre en -\omega_0^2 \tilde{r} compense exactement le terme de rappel élastique :

(\ddot{\tilde{r}} - 2i\omega_0 \dot{\tilde{r}}) e^{-i\omega_0 t} = \frac{q}{m} \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) \beta e^{-i\omega t}

Puisque l'amplitude \tilde{r}(t) varie lentement à l'échelle de 2\pi/\omega_0 (approximation de l'enveloppe lentement variable), on a |\ddot{\tilde{r}}| \ll \omega_0 |\dot{\tilde{r}}|. On peut donc négliger la dérivée seconde \ddot{\tilde{r}}, ce qui conduit à :

-2i\omega_0 \dot{\tilde{r}} e^{-i\omega_0 t} = \frac{q}{m} \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) \beta e^{-i\omega t}

En divisant des deux côtés par -2\omega_0, on obtient bien l'équation souhaitée :

\boxed{i\dot{\tilde{r}} e^{-i\omega_0 t} = -\frac{q}{2\omega_0 m}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) \beta e^{-i\omega t}}

Résultat

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Question 39

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : potentiel vecteur, équation de d'alembert avec source

Réciproquement, le mouvement de l'électron agit sur le champ. A partir des équations de Maxwell, on montre que

où est la densité de courant associée au mouvement de l'électron. En déduire que

On rappelle que correspond au potentiel vecteur du mode de la cavité quand celle-ci ne contient pas d'atome. Il est donc solution des équations de Maxwell sans sources ().

Voir l'indice

Développer l'équation de d'Alembert satisfaite par \mathbf{A}, soustraire celle vérifiée dans le vide par \mathbf{A}_1, et négliger \ddot{\beta} devant \omega\dot{\beta}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \mathbf{A}(\mathbf{R}, t) = \beta(t) \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t) et calculer ses dérivées spatiales (laplacien vectoriel) et temporelles.
  2. Appliquer l'approximation de l'enveloppe lentement variable (AELV) sur le coefficient \beta(t) pour négliger sa dérivée seconde devant le terme croisé.
  3. Exprimer la dérivée première de \mathbf{A}_1 à l'aide du champ électrique \mathbf{E}_1, puis utiliser le fait que \mathbf{A}_1 est solution de l'équation de propagation sans source pour conclure.
Voir la réponse courte

Exploitation de l'équation de d'Alembert avec source et utilisation du fait que le mode non perturbé vérifie l'équation sans source.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q36, le potentiel vecteur dans la cavité est restreint au mode résonant p_0 :

\mathbf{A}(\mathbf{R}, t) = \beta(t)\mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t)

Puisque le facteur \beta(t) dépend uniquement du temps, le laplacien spatial s'écrit simplement :

\Delta \mathbf{A}(\mathbf{R}, t) = \beta(t) \Delta \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t)

Calculons la dérivée temporelle seconde de \mathbf{A}(\mathbf{R}, t) à l'aide de la formule de Leibniz :

\frac{\partial \mathbf{A}}{\partial t} = \dot{\beta}(t)\mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t) + \beta(t)\frac{\partial \mathbf{A}_1}{\partial t}(\mathbf{R}, t)
\frac{\partial^2 \mathbf{A}}{\partial t^2} = \ddot{\beta}(t)\mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t) + 2\dot{\beta}(t)\frac{\partial \mathbf{A}_1}{\partial t}(\mathbf{R}, t) + \beta(t)\frac{\partial^2 \mathbf{A}_1}{\partial t^2}(\mathbf{R}, t)

Le mode libre varie comme \mathbf{A}_1 \propto e^{-i\omega t}, d'où \left\|\frac{\partial \mathbf{A}_1}{\partial t}\right\| \sim \omega \|\mathbf{A}_1\|. Selon l'hypothèse de la question Q37, l'amplitude \beta(t) varie lentement à l'échelle de la période optique 2\pi/\omega, ce qui se traduit par l'approximation de l'enveloppe lentement variable (AELV) :

|\ddot{\beta}| \ll \omega |\dot{\beta}| \implies \|\ddot{\beta}\mathbf{A}_1\| \ll \left\|2\dot{\beta}\frac{\partial \mathbf{A}_1}{\partial t}\right\|

Le terme en \ddot{\beta} est donc négligeable devant le terme croisé.

De plus, d'après la relation rappelée à la question Q35, le champ électrique du mode non perturbé est :

\mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t) = -\frac{\partial \mathbf{A}_1}{\partial t}(\mathbf{R}, t)

Il vient ainsi :

\frac{\partial^2 \mathbf{A}}{\partial t^2} \approx -2\dot{\beta}(t)\mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t) + \beta(t)\frac{\partial^2 \mathbf{A}_1}{\partial t^2}(\mathbf{R}, t)

Injectons ces dérivées dans l'équation de d'Alembert avec terme source (équation (33)) :

\Delta \mathbf{A} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \mathbf{A}}{\partial t^2} = \beta(t)\left(\Delta \mathbf{A}_1 - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \mathbf{A}_1}{\partial t^2}\right) + \frac{2\dot{\beta}(t)}{c^2}\mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t) = -\mu_0 \mathbf{j}

Or, \mathbf{A}_1(\mathbf{R}, t) est le potentiel vecteur du mode de la cavité vide (en l'absence d'atome), il vérifie donc l'équation de d'Alembert homogène sans sources (\mathbf{j} = \mathbf{0}) :

\Delta \mathbf{A}_1 - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \mathbf{A}_1}{\partial t^2} = \mathbf{0}

Le premier terme s'annule, ce qui conduit directement à l'équation (34) :

\boxed{\frac{2\dot{\beta}}{c^2} \mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t) = -\mu_0 \mathbf{j}}

Résultat

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Question 40

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : densité de courant, orthogonalité des modes

Justifier brièvement que le courant s'écrit . Montrer que

On pourra utiliser que

Voir l'indice

Multiplier l'équation spatiale par \mathbf{E}_1^*(\mathbf{R}), intégrer sur le volume de la cavité et exploiter la propriété d'échantillonnage de la distribution de Dirac en \mathbf{R}_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité volumique de courant d'une particule ponctuelle en approximation dipolaire (\mathbf{R} \approx \mathbf{R}_0).
  2. Projeter la relation spatiale établie à la question précédente sur le profil spatial u(\mathbf{R}) du mode en intégrant sur le volume de la cavité \mathcal{V}_0.
  3. Utiliser l'approximation de l'enveloppe lentement variable pour évaluer \dot{\mathbf{r}}(t), puis simplifier grâce à la relation de normalisation énergétique fournie.
Voir la réponse courte

Modélisation de la densité de courant ponctuelle et projection scalaire de l'équation d'onde sur le mode spatial pour isoler \dot{\beta}.

Voir le corrigé complet

1. Expression de la densité de courant \mathbf{j}

L'électron, de charge q, est situé en \mathbf{R}_e(t) = \mathbf{R}_0 + \mathbf{r}(t) et animé d'une vitesse \mathbf{v}(t) = \dot{\mathbf{r}}(t) (le noyau situé en \mathbf{R}_0 étant considéré fixe). Dans l'approximation dipolaire, l'amplitude d'oscillation |\mathbf{r}| est négligeable devant les échelles spatiales de variation du champ (\lambda et w_{0}), ce qui permet d'assimiler la position de l'électron à celle du noyau \mathbf{R}_0.

La densité volumique de courant associée à cette charge ponctuelle s'écrit alors :

\mathbf{j}(\mathbf{R}, t) = q \mathbf{v}(t) \, \delta^3(\mathbf{R} - \mathbf{R}_0) = q \dot{\mathbf{r}}(t) \, \delta^3(\mathbf{R} - \mathbf{R}_0)

2. Équation différentielle sur \beta(t)

D'après l'équation (34) obtenue à la question 39 :

\frac{2\dot{\beta}}{c^2}\mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t) = -\mu_0 \mathbf{j}(\mathbf{R}, t)

avec \mathbf{E}_1(\mathbf{R}, t) = \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}) e^{-i\omega t}\mathbf{e}_x.

Multiplions scalairement les deux membres par \frac{1}{2}\epsilon_0 \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R})\mathbf{e}_x et intégrons sur le volume \mathcal{V}_0 de la cavité :

\frac{\dot{\beta}}{c^2} e^{-i\omega t} \int_{\mathcal{V}_0} \epsilon_0 \mathcal{E}_1^2 u^2(\mathbf{R}) \, \mathrm{d}^3\mathbf{R} = -\frac{\mu_0 \epsilon_0}{2} \mathcal{E}_1 \int_{\mathcal{V}_0} u(\mathbf{R}) (\mathbf{j} \cdot \mathbf{e}_x) \, \mathrm{d}^3\mathbf{R}

En utilisant la relation (36) de l'énoncé, \int_{\mathcal{V}_0} \frac{1}{2}\epsilon_0 \mathcal{E}_1^2 u^2(\mathbf{R})\,\mathrm{d}^3\mathbf{R} = \hbar\omega, le membre de gauche s'écrit :

\int_{\mathcal{V}_0} \text{LHS} \, \mathrm{d}^3\mathbf{R} = \frac{2\hbar\omega}{c^2} \dot{\beta} e^{-i\omega t}

Pour le membre de droite, sachant que \mu_0 \epsilon_0 = 1/c^2 et que \mathbf{j} \cdot \mathbf{e}_x = q \dot{r}_x \delta^3(\mathbf{R} - \mathbf{R}_0) avec \mathbf{r}(t) = \tilde{r}(t)e^{-i\omega_0 t}\mathbf{e}_x :

\begin{aligned} \int_{\mathcal{V}_0} \text{RHS} \, \mathrm{d}^3\mathbf{R} &= -\frac{1}{2c^2} \mathcal{E}_1 \int_{\mathcal{V}_0} u(\mathbf{R}) q \dot{r}(t) \delta^3(\mathbf{R} - \mathbf{R}_0) \, \mathrm{d}^3\mathbf{R} \\ &= -\frac{q}{2c^2} \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) \dot{r}(t) \end{aligned}

Comme l'amplitude \tilde{r}(t) varie lentement à l'échelle de 2\pi/\omega_0 (|\dot{\tilde{r}}| \ll \omega_0 |\tilde{r}|), on a :

\dot{r}(t) = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\left(\tilde{r}(t) e^{-i\omega_0 t}\right) \approx -i\omega_0 \tilde{r}(t) e^{-i\omega_0 t}

L'égalité entre les deux membres donne alors :

\frac{2\hbar\omega}{c^2} \dot{\beta} e^{-i\omega t} = -\frac{q}{2c^2} \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) \left(-i\omega_0 \tilde{r} e^{-i\omega_0 t}\right) = \frac{i q\omega_0}{2c^2} \tilde{r} \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) e^{-i\omega_0 t}

En simplifiant par c^2 et en divisant par 2\hbar\omega :

\dot{\beta} e^{-i\omega t} = \frac{i q\omega_0}{4\hbar\omega} \tilde{r} \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) e^{-i\omega_0 t}

Il reste à multiplier par le facteur i (en remarquant que i \times i = -1) :

\boxed{i\dot{\beta}e^{-i\omega t} = -\frac{q\omega_0}{4\hbar\omega} \tilde{r}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) e^{-i\omega_0 t}}

Résultat

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Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : oscillateur couplé, temps caractéristique

On se place à résonance (). Eliminer la variable pour obtenir une équation différentielle du deuxième ordre sur . En déduire le temps caractéristique de la dynamique du système atome-champ.

Voir l'indice

Dériver l'équation sur \tilde{r} à résonance puis injecter \dot{\beta} pour faire apparaître un oscillateur harmonique de pulsation caractéristique 1/\tau(\mathbf{R}_0).

Voir la stratégie
  1. Écrire les équations d'évolution couplées obtenues aux questions Q38 et Q40 en posant la condition de résonance \omega = \omega_0.
  2. Dériver par rapport au temps l'équation portant sur \dot{\tilde{r}} et y injecter l'expression de \dot{\beta} pour éliminer \beta.
  3. Identifier la pulsation propre des oscillations d'échange d'énergie entre l'atome et le mode pour en déduire le temps caractéristique \tau(\mathbf{R}_0).
Voir la réponse courte

Combinaison des deux équations du premier ordre conduisant à \ddot{\tilde{r}} + \Omega_R^2 \tilde{r} = 0 et temps caractéristique \tau = 1/\Omega_R.

Voir le corrigé complet

À la résonance (\omega = \omega_0), les facteurs temporels oscillants e^{-i\omega_0 t} et e^{-i\omega t} sont identiques et se simplifient dans les équations établies aux questions Q38 et Q40 :

\begin{align*} i\dot{\tilde{r}}(t) &= -\frac{q}{2\omega_0 m}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\,\beta(t) \tag{1} \\ i\dot{\beta}(t) &= -\frac{q}{4\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\,\tilde{r}(t) \tag{2}\end{align*}

En multipliant l'équation (1) par -i, on obtient :

\dot{\tilde{r}}(t) = i\frac{q\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)}{2\omega_0 m}\,\beta(t)

En dérivant cette relation par rapport au temps :

\ddot{\tilde{r}}(t) = i\frac{q\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)}{2\omega_0 m}\,\dot{\beta}(t)

D'après l'équation (2), on a \dot{\beta}(t) = i\frac{q\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)}{4\hbar}\,\tilde{r}(t). En reportant cette expression dans la dérivée seconde :

\ddot{\tilde{r}}(t) = i^2 \frac{q^2 \mathcal{E}_1^2 u^2(\mathbf{R}_0)}{8\hbar m\omega_0}\,\tilde{r}(t) = -\frac{q^2 \mathcal{E}_1^2 u^2(\mathbf{R}_0)}{8\hbar m\omega_0}\,\tilde{r}(t)

L'équation différentielle du deuxième ordre vérifiée par \tilde{r} est donc :

\boxed{\ddot{\tilde{r}}(t) + \frac{q^2 \mathcal{E}_1^2 u^2(\mathbf{R}_0)}{8\hbar m\omega_0}\,\tilde{r}(t) = 0}

Il s'agit de l'équation d'un oscillateur harmonique non amorti de pulsation propre :

\Omega_R(\mathbf{R}_0) = \frac{|q|\mathcal{E}_1 |u(\mathbf{R}_0)|}{\sqrt{8\hbar m\omega_0}}

Le temps caractéristique \tau(\mathbf{R}_0) de l'évolution de l'amplitude (temps caractéristique des oscillations de Rabi du système atome-champ) s'en déduit :

\boxed{\tau(\mathbf{R}_0) = \frac{1}{\Omega_R(\mathbf{R}_0)} = \frac{\sqrt{8\hbar m\omega_0}}{|q|\mathcal{E}_1 |u(\mathbf{R}_0)|}}

En utilisant l'amplitude à un photon \mathcal{E}_1 = \sqrt{\frac{2\hbar\omega_0}{\epsilon_0 V_p}} établie à la question Q34, ce temps caractéristique s'écrit de manière équivalente :

\tau(\mathbf{R}_0) = \frac{2\sqrt{\epsilon_0 m V_p}}{|q|\,|u(\mathbf{R}_0)|}

Résultat

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Question 42

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques ; Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : onde stationnaire, effet purcell

Montrer que lorsque l'atome s'approche de l'un des points . Donner un argument physique pour justifier que le dipôle ne rayonne plus de champ lorsqu'il est proche d'un des miroirs. En déduire que l'atome ne peut plus se désexciter.

Voir l'indice

Remarquer que u_p(\mathbf{R}_0) = 0 sur les miroirs conducteurs ; le champ électrique local étant nul, le dipôle ne peut plus coupler son énergie au mode de cavité.

Voir la réponse courte

Au miroir, le mode présente un nœud (u \to 0) ; le couplage s'annule donc l'atome ne peut plus échanger d'énergie (inhibition de l'émission).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, le profil spatial du mode résonant p s'écrit :

u_p(\mathbf{R}) = \exp\left(-\frac{x^2+y^2}{w_{0,p}^2}\right)\sin\left[k_p\left(z+\frac{D}{2}\right)\right]

avec k_p = \frac{p\pi}{D} d'après la question Q30. Pour un atome situé en \mathbf{R}_0 = (0, 0, z_0) :

  • Lorsque z_0 \to -\frac{D}{2} :

    u_p\left(0, 0, -\frac{D}{2}\right) = \sin(0) = 0
  • Lorsque z_0 \to +\frac{D}{2} :

    u_p\left(0, 0, \frac{D}{2}\right) = \sin(k_p D) = \sin(p\pi) = 0 \quad (\text{avec } p \in \mathbb{N}^*)

Comme le temps caractéristique établi à la question Q41 est inversement proportionnel à |u_p(\mathbf{R}_0)| :

\tau(\mathbf{R}_0) = \frac{\sqrt{8\hbar m\omega_0}}{|q|\mathcal{E}_{1,p} |u_p(\mathbf{R}_0)|}

on a immédiatement :

\boxed{\tau(\mathbf{R}_0) \xrightarrow[\mathbf{R}_0 \to (0,0,\pm D/2)]{} +\infty}

Argument physique :

  • Point de vue modal (conditions aux limites) : Les miroirs sont modélisés par des conducteurs parfaits. La composante tangentielle du champ électrique s'annule rigoureusement sur leur surface (\mathbf{E}_\parallel = \mathbf{0}). Le dipôle atomique oscillant selon \mathbf{e}_x est parallèle au plan tangent du miroir en son centre : il est donc situé exactement en un nœud du champ électrique. Le couplage dipolaire \mathbf{p} \cdot \mathbf{E}(\mathbf{R}_0) est rigoureusement nul, de sorte que le travail échangé entre le dipôle et le champ est nul.
  • Point de vue des images : Par la méthode des images électrostatiques, un dipôle électrique oscillant parallèle à un conducteur parfait induit un dipôle image opposé :

    \mathbf{p}_{\text{image}} = -\mathbf{p}

    Lorsque l'atome est infiniment proche de la paroi, la distance entre le dipôle réel et son image tend vers zéro. Leurs rayonnements interfèrent de façon totalement destructive (\mathbf{p}_{\text{tot}} \to \mathbf{0}), ce qui éteint tout rayonnement dipolaire.

Conséquence sur la désexcitation : Puisque le temps d'échange d'énergie \tau(\mathbf{R}_0) diverge et que le modèle suppose que l'atome ne peut interagir qu'avec ce mode résonant de la cavité, aucun transfert d'énergie n'est possible de l'atome vers le champ électromagnétique. En l'absence de tout canal de désexcitation radiative, l'atome ne peut plus se désexciter et reste indéfiniment dans son état excité (inhibition de l'émission spontanée).

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : oscillation de rabi, couplage fort

Intégrer l'équation différentielle sur obtenue à la question 41. On considère qu'à l'atome est excité () et le champ électromagnétique dans la cavité est nul (). Tracer l'évolution de . Est-ce la dynamique à laquelle on s'attendait pour l'atome ?

Voir l'indice

Résoudre l'équation harmonique avec les conditions initiales pour obtenir une loi en cosinus, illustrant un échange périodique et réversible d'énergie (oscillations de Rabi).

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation différentielle établie à la question Q41 et déterminer les conditions initiales complètes sur \tilde{r}(0) et \dot{\tilde{r}}(0) grâce à la relation de couplage atome-champ de la question Q38.
  2. Intégrer l'équation d'oscillateur harmonique pour obtenir \tilde{r}(t), puis en déduire le carré du module |\tilde{r}(t)|^2.
  3. Tracer la fonction obtenue en précisant les valeurs remarquables et la pseudo-période, puis confronter cette dynamique réversible aux prédictions de l'émission spontanée dans le vide (partie 1).
Voir la réponse courte

Solution sinusoïdale |\tilde{r}(t)|^2 = r_0^2 \cos^2(\Omega_R t) : échange périodique et réversible d'énergie, inattendu pour une désexcitation spontanée.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q41, à résonance (\omega = \omega_0), l'amplitude lentement variable \tilde{r}(t) vérifie l'équation différentielle :

\ddot{\tilde{r}}(t) + \frac{1}{\tau^2(\mathbf{R}_0)}\,\tilde{r}(t) = 0

où \tau(\mathbf{R}_0) = \frac{\sqrt{8\hbar m \omega_0}}{|q|\mathcal{E}_1 |u(\mathbf{R}_0)|}.

La solution générale de cette équation différentielle d'oscillateur harmonique s'écrit :

\tilde{r}(t) = A \cos\left(\frac{t}{\tau(\mathbf{R}_0)}\right) + B \sin\left(\frac{t}{\tau(\mathbf{R}_0)}\right)

où A et B sont deux constantes d'intégration complexes.

Déterminons les conditions initiales à t = 0 :

  • L'énoncé donne \tilde{r}(0) = r_0 > 0, d'où A = r_0.
  • L'action du champ sur l'électron est régie par l'équation (32) de la question Q38 :

    i\dot{\tilde{r}}(t) = -\frac{q}{2\omega_0 m}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\beta(t)

    Comme le champ est initialement nul (\beta(0) = 0), on en déduit immédiatement \dot{\tilde{r}}(0) = 0, ce qui impose B = 0.

L'amplitude complexe de l'oscillation atomique est donc réelle à tout instant :

\tilde{r}(t) = r_0 \cos\left(\frac{t}{\tau(\mathbf{R}_0)}\right)

Le carré du module s'en déduit directement :

\boxed{|\tilde{r}(t)|^2 = r_0^2 \cos^2\left(\frac{t}{\tau(\mathbf{R}_0)}\right) = \frac{r_0^2}{2}\left[1 + \cos\left(\frac{2t}{\tau(\mathbf{R}_0)}\right)\right]}

Discussion physique de la dynamique : Non, ce n'est pas la dynamique à laquelle on s'attendait classiquement pour l'atome :

  • Dans l'espace libre (ou dans le modèle de Lorentz de la partie 1, question Q7), un dipôle excité subit une force de réaction de rayonnement dissipative qui conduit à une perte d'énergie irréversible, se traduisant par un amortissement exponentiel en e^{-t/\tau_{\text{rad}}}.
  • Ici, au contraire, l'évolution est strictement périodique et réversible : l'atome cède progressivement son énergie au mode unique de la cavité jusqu'à s'éteindre totalement à t = \frac{\pi}{2}\tau, puis le champ ainsi créé réexcite l'atome en lui restituant son énergie à t = \pi\tau. Il s'agit des oscillations de Rabi du vide.

Résultat

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : oscillation de rabi, validation expérimentale

La figure 2 présente les résultats d'une expérience dans laquelle on laisse un atome initialement dans l'état excité au centre d'une cavité similaire à celle décrite figure 1 pendant un temps d'interaction , puis on mesure l'énergie moyenne de l'atome. Donner une interprétation physique de ce que l'on observe. Est-ce en accord avec les prédictions de notre modèle ?

Voir l'indice

Interpréter les oscillations de l'énergie atomique comme des allers-retours cohérents du quantum d'énergie entre l'atome et la cavité résonante.

Voir la stratégie
  1. Décrire les caractéristiques observables sur la figure 2 : allure globale, périodicité, contraste et évolution de l'amplitude.
  2. Donner l'interprétation physique en termes d'échange d'énergie entre l'atome et le mode de la cavité (oscillations de Rabi dans le vide).
  3. Confronter les observations aux prédictions théoriques de la question Q43, en soulignant l'excellent accord qualitatif sur la nature oscillatoire réversible ainsi que les écarts quantitatifs (amortissement, contraste non unitaire dus aux imperfections physiques).
Voir la réponse courte

Les oscillations amorties observées confirment l'échange réversible d'énergie atome-cavité prédit par le modèle en régime de couplage fort.

Voir le corrigé complet

1. Interprétation physique de la courbe expérimentale

La figure 2 met en évidence une évolution périodique de l'énergie moyenne de l'atome au cours du temps :

  • L'énergie de l'atome oscille de façon quasi-sinusoïdale avec une période d'environ T \approx 38\text{ à }40\,\mu\text{s}.
  • Cela traduit un échange réversible d'énergie entre l'atome et le mode électromagnétique de la cavité résonante : l'atome initialement excité émet son énergie dans la cavité (désexcitation), puis réabsorbe le photon piégé dans le mode pour revenir dans l'état excité, et ainsi de suite. Ce phénomène correspond aux oscillations de Rabi du vide.

2. Confrontation avec le modèle théorique

  • Points d'accord : D'après la question Q43, le modèle prévoit :

    |\tilde{r}(t)|^2 = r_0^2 \cos^2\left(\frac{t}{\tau}\right) = \frac{r_0^2}{2}\left(1 + \cos\left(\frac{2t}{\tau}\right)\right)

    Le modèle prédit donc une oscillation temporelle sans amortissement à la pulsation 2/\tau, ce qui est en très bon accord qualitatif avec le comportement oscillatoire observé : l'émission dans un mode unique d'une cavité n'est pas un processus irréversible d'émission spontanée, mais un échange cohérent.

  • Limites et écarts par rapport au modèle idéal :

    • Le contraste n'est pas total : l'énergie atomique oscille typiquement entre environ 0{,}2 et 0{,}85 au lieu d'osciller entre 0 et 1.
    • On observe une légère atténuation de l'amplitude des oscillations au cours du temps (amortissement / perte de contraste).

    Ces écarts s'expliquent par des effets réels non pris en compte dans le modèle mono-mode sans pertes :

    • le temps de vie fini des photons dans la cavité réelle (pertes par absorption et transmission sur les miroirs, facteur de qualité Q fini) ;
    • l'émission spontanée résiduelle de l'atome dans les modes de l'espace libre non collectés par la cavité ;
    • les fluctuations de position ou de vitesse des atomes lors de leur traversée de la cavité (variation du couplage effectif u(\mathbf{R}_0)).
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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : énergie mécanique, photon

Quelle doit être la valeur de pour que l'atome ait juste assez d'énergie pour émettre un photon ?

Voir l'indice

Égaliser l'énergie d'un oscillateur harmonique \frac{1}{2}m\omega_0^2 r_0^2 au quantum d'énergie \hbar\omega_0 pour isoler l'amplitude r_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique totale de l'atome modélisé par l'électron élastiquement lié en fonction de l'amplitude d'oscillation r_0.
  2. Égaler cette énergie mécanique à celle d'un photon unique de pulsation \omega_0, soit \hbar\omega_0, pour en déduire l'expression de r_0.
Voir la réponse courte

Égalisation de l'énergie mécanique \frac{1}{2}m\omega_0^2 r_0^2 à l'énergie d'un photon \hbar\omega_0 pour trouver r_0 = \sqrt{2\hbar/(m\omega_0)}.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle de l'électron élastiquement lié, le mouvement réel de l'électron selon l'axe Ox s'écrit :

x(t) = r_0 \cos(\omega_0 t)

L'énergie mécanique totale de cet oscillateur harmonique à une dimension (de masse m et de pulsation propre \omega_0) est constante et vaut :

E_{\text{atome}} = \frac{1}{2}m\dot{x}^2(t) + \frac{1}{2}m\omega_0^2 x^2(t) = \frac{1}{2}m\omega_0^2 r_0^2

Dans une vision corpusculaire, un photon associé au mode à la fréquence \omega_0/2\pi transporte un quantum d'énergie :

E_{\text{photon}} = \hbar\omega_0

Pour que l'atome possède juste l'énergie nécessaire à l'émission d'un photon, il faut que son énergie mécanique initiale soit égale à l'énergie de ce photon :

E_{\text{atome}} = E_{\text{photon}} \iff \frac{1}{2}m\omega_0^2 r_0^2 = \hbar\omega_0

On en déduit la valeur de l'amplitude initiale r_0 :

\boxed{r_0 = \sqrt{\frac{2\hbar}{m\omega_0}}}

Résultat

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Question 46

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : fréquence de rabi, oscillateur couplé

On récrit . Montrer que les équations différentielle couplées pour et s'écrivent

Donner l'expression de .

Voir l'indice

Remplacer \tilde{r} = \alpha r_0 dans les équations couplées de \tilde{r} et \beta et identifier la pulsation de Rabi du vide \Omega_0.

Voir la stratégie
  1. Partir des équations d'évolution couplées du dipôle atomique (obtenue en Q38) et du mode de cavité (obtenue en Q40) à la résonance (\omega = \omega_0).
  2. Exprimer \tilde{r}(t) sous la forme \alpha(t) r_0 et utiliser l'expression de r_0 issue de la question Q45.
  3. Identifier formellement les coefficients des équations différentielles sur \alpha(t) et \beta(t) pour faire apparaître la pulsation \Omega_0.
Voir la réponse courte

Réécriture symétrique des équations couplées faisant apparaître la pulsation de Rabi du vide \Omega_0 = q\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)/\sqrt{2m\hbar\omega_0}.

Voir le corrigé complet

À la résonance (\omega = \omega_0), l'équation du mouvement de l'électron obtenue à la question Q38 (équation (32)) se simplifie en :

i\dot{\tilde{r}} = -\frac{q}{2\omega_0 m}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\beta

En multipliant par -i, on obtient :

\dot{\tilde{r}} = i\frac{q}{2\omega_0 m}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\beta

En introduisant l'amplitude adimensionnée \alpha(t) telle que \tilde{r}(t) = \alpha(t)r_0 (avec r_0 constant), il vient :

\dot{\alpha} = i\frac{q}{2\omega_0 m r_0}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\beta = -i\left(-\frac{q}{2\omega_0 m r_0}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\right)\beta

De même, à résonance (\omega = \omega_0), l'équation d'évolution de l'amplitude du champ obtenue à la question Q40 (équation (35)) s'écrit :

i\dot{\beta} = -\frac{q}{4\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\tilde{r} = -\frac{q r_0}{4\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\alpha

En multipliant par -i, on trouve :

\dot{\beta} = i\frac{q r_0}{4\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\alpha = -i\left(-\frac{q r_0}{4\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)\right)\alpha

D'après la question Q45, l'amplitude r_0 associée à l'énergie d'un photon vérifie :

r_0^2 = \frac{2\hbar}{m\omega_0} \iff \frac{1}{2\omega_0 m r_0} = \frac{r_0}{4\hbar}

Les deux coefficients de couplage sont donc strictement égaux :

-\frac{q}{2\omega_0 m r_0}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) = -\frac{q r_0}{4\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)

On en déduit que les équations différentielles couplées prennent bien la forme symétrique :

\dot{\alpha} = -i\frac{\Omega_0}{2}\beta \quad \text{et} \quad \dot{\beta} = -i\frac{\Omega_0}{2}\alpha

avec pour l'électron (q = -e) :

\boxed{\Omega_0 = -\frac{q r_0}{2\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) = \frac{e r_0}{2\hbar}\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0) = \frac{e\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)}{\sqrt{2\hbar m\omega_0}}}

Résultat

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2.3 · Analogie avec les oscillateurs mécaniques couplés

Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : principe fondamental de la dynamique, oscillateur couplé

On considère ici le problème de deux oscillateurs harmoniques couplés. On imagine deux masses attachées à deux ressorts de raideur et , et connectées entre elles par un troisième ressort de raideur (Fig. 3). Ecrire les équations du mouvement pour chacune des deux masses et en déduire les équations différentielles couplées sur et (écart à la position d'équilibre à l'instant de chacune des masses).

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à chaque masse en projetant les forces de rappel élastiques des ressorts individuels et du ressort de couplage.

Voir la stratégie
  1. Définir le repère et les coordonnées décrivant les écarts à l'équilibre \delta x_0 et \delta x_1 pour chaque masse le long de l'axe horizontal.
  2. Exprimer les forces de rappel exercées par les ressorts extrêmes ainsi que la force d'interaction transmise par le ressort de couplage central en fonction des écarts algébriques.
  3. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à chaque masse en projection sur l'axe horizontal pour établir les équations différentielles couplées.
Voir la réponse courte

Application du PFD aux deux masses en tenant compte des forces de rappel propres et du ressort de couplage intermédiaire.

Voir le corrigé complet

On se place dans le référentiel du laboratoire, supposé galiléen. On munit l'axe horizontal d'un vecteur unitaire \mathbf{e}_x orienté vers la droite. À l'équilibre mécanique, les deux masses occupent des positions notées x_{0,\text{eq}} et x_{1,\text{eq}}, où la résultante des forces élastiques s'annule sur chacune d'elles.

À un instant t, les écarts aux positions d'équilibre sont repérés par :

\delta x_0(t) = x_0(t) - x_{0,\text{eq}} \quad \text{et} \quad \delta x_1(t) = x_1(t) - x_{1,\text{eq}}

Effectuons le bilan des forces horizontales s'exerçant sur chaque masse :

  • Masse 0 (à gauche) :

    • Le ressort de raideur k_0, fixé à la paroi gauche immobile, subit une variation d'allongement égale à \delta x_0. Il exerce la force de rappel :

      \mathbf{F}_0 = -k_0 \delta x_0\,\mathbf{e}_x
    • Le ressort central de couplage de raideur \kappa subit une variation d'allongement algébrique \Delta \ell = \delta x_1 - \delta x_0. Il exerce sur la masse 0 la force :

      \mathbf{F}_{\kappa \to 0} = \kappa (\delta x_1 - \delta x_0)\,\mathbf{e}_x
  • Masse 1 (à droite) :

    • Le ressort central exerce, d'après la troisième loi de Newton, la force :

      \mathbf{F}_{\kappa \to 1} = -\mathbf{F}_{\kappa \to 0} = -\kappa (\delta x_1 - \delta x_0)\,\mathbf{e}_x
    • Le ressort de raideur k_1, fixé à la paroi droite immobile, subit une variation d'allongement égale à -\delta x_1. Il exerce la force de rappel :

      \mathbf{F}_1 = -k_1 \delta x_1\,\mathbf{e}_x

En appliquant le principe fondamental de la dynamique à chaque masse de masse m en projection selon \mathbf{e}_x :

\begin{aligned} m \frac{\mathrm{d}^2 \delta x_0}{\mathrm{d}t^2} &= -k_0 \delta x_0 + \kappa (\delta x_1 - \delta x_0) \\ m \frac{\mathrm{d}^2 \delta x_1}{\mathrm{d}t^2} &= -k_1 \delta x_1 - \kappa (\delta x_1 - \delta x_0) \end{aligned}

On en déduit le système d'équations différentielles couplées :

\boxed{\left\{ \begin{aligned} m \frac{\mathrm{d}^2 \delta x_0}{\mathrm{d}t^2} + (k_0 + \kappa)\,\delta x_0 - \kappa\,\delta x_1 &= 0 \\[6pt] m \frac{\mathrm{d}^2 \delta x_1}{\mathrm{d}t^2} + (k_1 + \kappa)\,\delta x_1 - \kappa\,\delta x_0 &= 0 \end{aligned} \right.}

Résultat

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Question 48

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : approximation séculaire, battement

On suppose que , et que le mouvement des masses est quasiment harmonique. On écrit donc en notation complexe que

avec . On suppose que varie lentement à l'échelle de . Montrer que

où et sont des constantes à déterminer en fonction de et .

Voir l'indice

Injecter la forme quasi-harmonique dans le système différentiel et appliquer l'approximation de l'enveloppe lentement variable pour éliminer \ddot{\alpha}_n.

Voir la stratégie
  1. Réécrire les équations du mouvement obtenues à la question Q47 en introduisant les pulsations \omega_n^2 = (k_n+\kappa)/m.
  2. Exprimer les dérivées temporelles successives de \delta x_n(t) = \alpha_n(t) e^{-i\omega_n t} et appliquer l'approximation de l'enveloppe lentement variable (AELV).
  3. Réarranger les équations sous la forme demandée pour identifier formellement les constantes \lambda et \lambda'.
Voir la réponse courte

Dérivation avec enveloppes lentement variables et élimination des termes antirésonants oscillant à 2\omega_0 pour expliciter \lambda et \lambda'.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q47, les équations du mouvement des deux masses s'écrivent :

\begin{aligned} m\ddot{\delta x}_0 + (k_0 + \kappa)\delta x_0 &= \kappa \delta x_1 \\ m\ddot{\delta x}_1 + (k_1 + \kappa)\delta x_1 &= \kappa \delta x_0 \end{aligned}

En divisant par m et en introduisant \omega_n^2 = \frac{k_n + \kappa}{m}, on obtient :

\ddot{\delta x}_0 + \omega_0^2 \delta x_0 = \frac{\kappa}{m}\delta x_1 \tag{1}
\ddot{\delta x}_1 + \omega_1^2 \delta x_1 = \frac{\kappa}{m}\delta x_0 \tag{2}

Injectons la forme complexe proposée \delta x_n(t) = \alpha_n(t) e^{-i\omega_n t} (n \in \{0, 1\}). En dérivant par rapport au temps :

\begin{aligned} \dot{\delta x}_n(t) &= (\dot{\alpha}_n - i\omega_n \alpha_n) e^{-i\omega_n t} \\ \ddot{\delta x}_n(t) &= (\ddot{\alpha}_n - 2i\omega_n \dot{\alpha}_n - \omega_n^2 \alpha_n) e^{-i\omega_n t} \end{aligned}

Le membre de gauche des équations (1) et (2) devient donc :

\ddot{\delta x}_n(t) + \omega_n^2 \delta x_n(t) = (\ddot{\alpha}_n - 2i\omega_n \dot{\alpha}_n) e^{-i\omega_n t}

L'amplitude \alpha_n(t) variant lentement à l'échelle de 1/\omega_n, on effectue l'approximation de l'enveloppe lentement variable (AELV) :

|\ddot{\alpha}_n| \ll \omega_n |\dot{\alpha}_n| \implies \ddot{\alpha}_n - 2i\omega_n \dot{\alpha}_n \approx -2i\omega_n \dot{\alpha}_n

En reportant cette approximation dans l'équation (1) pour la masse 0 :

-2i\omega_0 \dot{\alpha}_0 e^{-i\omega_0 t} = \frac{\kappa}{m} \alpha_1 e^{-i\omega_1 t}

En multipliant par -\frac{1}{2\omega_0} et par e^{i\omega_0 t}, il vient :

i\dot{\alpha}_0 = -\frac{\kappa}{2m\omega_0} \alpha_1 e^{-i(\omega_1 - \omega_0)t}

De même pour la masse 1, l'équation (2) fournit :

-2i\omega_1 \dot{\alpha}_1 e^{-i\omega_1 t} = \frac{\kappa}{m} \alpha_0 e^{-i\omega_0 t}

soit :

i\dot{\alpha}_1 = -\frac{\kappa}{2m\omega_1} \alpha_0 e^{-i(\omega_0 - \omega_1)t}

On identifie bien les formes demandées (40) et (41) avec les constantes :

\boxed{\lambda = -\frac{\kappa}{2m\omega_0}} \quad \text{et} \quad \boxed{\lambda' = -\frac{\kappa}{2m\omega_1}}

Résultat

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Question 49

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : battement, transfert d'énergie

Identifier formellement ces équations couplées à celles de la question 46. A partir des résultats de la section précédente, tracer l'allure de pour lorsque l'on part d'une situation où une masse oscille et l'autre masse est au repos.

Voir l'indice

Observer la stricte identité mathématique avec le couplage dipôle-champ et reconnaître le phénomène de battement mécanique périodique.

Voir la stratégie
  1. Écrire les équations (40) et (41) de la question Q48 dans le cas résonant \omega_1 = \omega_0 et établir l'équivalence terme à terme avec les équations (37) et (38) de la question Q46.
  2. Résoudre le système pour la condition initiale où seule la masse 0 oscille (\alpha_0(0) \neq 0 et \alpha_1(0) = 0), par analogie directe avec la question Q43.
  3. Déduire l'expression de |\alpha_0(t)| et tracer son allure en mettant en évidence la période des battements.
Voir la réponse courte

Même forme mathématique que le système atome-champ : évolution sinusoïdale de |\alpha_0(t)| traduisant un transfert périodique d'énergie entre les deux masses.

Voir le corrigé complet

À résonance, c'est-à-dire pour \omega_1 = \omega_0, les exponentielles de déphasage vérifient e^{\pm i(\omega_1 - \omega_0)t} = 1. De plus, les constantes de couplage établies à la question Q48 sont égales :

\lambda = \lambda' = -\frac{\kappa}{2m\omega_0}

Les équations (40) et (41) se réduisent donc à :

\begin{aligned} \dot{\alpha}_0 &= -i (-\lambda) \alpha_1 = -i \frac{\kappa}{2m\omega_0} \alpha_1 \\ \dot{\alpha}_1 &= -i (-\lambda) \alpha_0 = -i \frac{\kappa}{2m\omega_0} \alpha_0 \end{aligned}

En comparant avec les équations (37) et (38) de la question Q46 :

\begin{aligned} \dot{\alpha} &= -i\frac{\Omega_0}{2}\beta \\ \dot{\beta} &= -i\frac{\Omega_0}{2}\alpha \end{aligned}

on constate une identité formelle parfaite par la correspondance :

\boxed{\alpha(t) \longleftrightarrow \alpha_0(t), \quad \beta(t) \longleftrightarrow \alpha_1(t) \quad \text{et} \quad \frac{\Omega_0}{2} \longleftrightarrow -\lambda = \frac{\kappa}{2m\omega_0}}

Considérons à t=0 la masse 0 en oscillation et la masse 1 au repos :

\alpha_0(0) = A_0 \in \mathbb{R}^+, \quad \alpha_1(0) = 0

Cette condition initiale est strictement analogue à celle de la question Q43 (\tilde{r}(0) = r_0 et \beta(0) = 0). En dérivant l'équation sur \alpha_0 :

\ddot{\alpha}_0 = -i \frac{\kappa}{2m\omega_0} \dot{\alpha}_1 = -\left(\frac{\kappa}{2m\omega_0}\right)^2 \alpha_0

Avec \alpha_0(0) = A_0 et \dot{\alpha}_0(0) = -i\frac{\kappa}{2m\omega_0}\alpha_1(0) = 0, la solution s'écrit :

\alpha_0(t) = A_0 \cos(\Omega_b t) \quad \text{avec} \quad \Omega_b = \frac{\kappa}{2m\omega_0}

L'amplitude complexe de l'oscillation a donc pour module :

\boxed{|\alpha_0(t)| = A_0 \left|\cos\left(\frac{\kappa}{2m\omega_0} t\right)\right|}

La fonction |\alpha_0(t)| est périodique, de période T_b = \frac{\pi}{\Omega_b} = \frac{2\pi m \omega_0}{\kappa}.

Résultat

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Question 50

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : oscillateur couplé, superposition

On considère maintenant le cas où l'oscillateur harmonique de fréquence est couplé à un ensemble d'oscillateurs de fréquences par des ressorts de raideur (Fig. 4). Montrer que les équations (40) et (41) se généralisent en

On considèrera que .

Voir l'indice

Sommer les forces exercées par les N ressorts de couplage sur la masse 0 et appliquer l'AELV à chaque équation individuelle.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la masse principale (n=0) et à chacune des N masses satellites (n \in \{1,\ldots,N\}).
  2. Introduire les pulsations propres \omega_0 et \omega_n tenant compte de l'hypothèse de couplage faible k_0, k_n \gg \sum_n \kappa_n.
  3. Injecter l'ansatz en amplitudes lentement variables \delta x_n(t) = \alpha_n(t) e^{-i\omega_n t} sous l'approximation du premier ordre pour obtenir le système différentiel recherché.
Voir la réponse courte

Linéarité des équations du mouvement permettant de sommer les couplages individuels de chaque oscillateur sur l'oscillateur central.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 4, la masse principale (repérée par 0) est reliée à une paroi fixe par un ressort de raideur k_0, et à chacune des N autres masses (repérées par n \in \{1, \ldots, N\}) par un ressort de raideur \kappa_n. Chaque masse satellite n est quant à elle reliée à une paroi fixe par un ressort de raideur k_n et uniquement couplée à la masse 0.

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à la masse 0 projeté sur l'axe du mouvement s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}^2 \delta x_0}{\mathrm{d}t^2} = - k_0 \delta x_0 + \sum_{n=1}^N \kappa_n (\delta x_n - \delta x_0) = - \left(k_0 + \sum_{n=1}^N \kappa_n\right)\delta x_0 + \sum_{n=1}^N \kappa_n \delta x_n

De même, pour chaque masse satellite n \in \{1, \ldots, N\} :

m \frac{\mathrm{d}^2 \delta x_n}{\mathrm{d}t^2} = - k_n \delta x_n - \kappa_n (\delta x_n - \delta x_0) = - (k_n + \kappa_n)\delta x_n + \kappa_n \delta x_0

On définit les pulsations :

\omega_0 = \sqrt{\frac{k_0 + \sum_{n=1}^N \kappa_n}{m}} \approx \sqrt{\frac{k_0}{m}} \quad \text{et} \quad \omega_n = \sqrt{\frac{k_n + \kappa_n}{m}} \approx \sqrt{\frac{k_n}{m}}

puisque k_0, k_n \gg \sum_n \kappa_n \ge \kappa_n.

En écrivant \delta x_0(t) = \alpha_0(t) e^{-i\omega_0 t} et \delta x_n(t) = \alpha_n(t) e^{-i\omega_n t}, la dérivée seconde s'exprime dans l'approximation de l'enveloppe lentement variable (|\ddot{\alpha}| \ll \omega |\dot{\alpha}|) :

\frac{\mathrm{d}^2 \delta x_j}{\mathrm{d}t^2} \approx \left(-2i\omega_j \dot{\alpha}_j(t) - \omega_j^2 \alpha_j(t)\right) e^{-i\omega_j t} \quad (j = 0, 1, \ldots, N)

En réinjectant dans les équations du mouvement :

  • Pour la masse principale 0 :

    \begin{aligned} -2im\omega_0 \dot{\alpha}_0 e^{-i\omega_0 t} &= \sum_{n=1}^N \kappa_n \alpha_n e^{-i\omega_n t} \\ i\dot{\alpha}_0 &= -\sum_{n=1}^N \frac{\kappa_n}{2m\omega_0} \alpha_n e^{-i(\omega_n - \omega_0)t} \end{aligned}
  • Pour chaque masse satellite n \in \{1, \ldots, N\} :

    \begin{aligned} -2im\omega_n \dot{\alpha}_n e^{-i\omega_n t} &= \kappa_n \alpha_0 e^{-i\omega_0 t} \\ i\dot{\alpha}_n &= -\frac{\kappa_n}{2m\omega_n} \alpha_0 e^{-i(\omega_0 - \omega_n)t} \end{aligned}

En posant les constantes de couplage :

\lambda_n = -\frac{\kappa_n}{2m\omega_0} \quad \text{et} \quad \lambda'_n = -\frac{\kappa_n}{2m\omega_n}

on retrouve bien les relations demandées :

\boxed{i\dot{\alpha}_0 = \sum_{n=1}^N \lambda_n \alpha_n e^{-i(\omega_n - \omega_0)t} \quad \text{et} \quad i\dot{\alpha}_n = \lambda'_n \alpha_0 e^{-i(\omega_0 - \omega_n)t}}

Résultat

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Question 51

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : fonction de mémoire, oscillateur couplé

Intégrer l'équation (43) en considérant que , et injecter l'expression de ainsi obtenue dans l'équation (42) pour obtenir

où l'on a introduit la fonction de mémoire

Voir l'indice

Intégrer formellement l'équation de \alpha_n(t) par quadrature en introduisant la variable muette \tau = t - t', puis sommer sur n.

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation différentielle linéaire satisfaite par \alpha_n(t') entre t'=0 et t'=t avec la condition initiale \alpha_n(0) = 0.
  2. Réinjecter cette expression de \alpha_n(t) dans l'équation d'évolution de \alpha_0(t) et permuter la somme finie et l'intégrale temporelle.
  3. Poser le changement de variable \tau = t - t' pour faire émerger la fonction de mémoire N(\tau) sous forme d'un produit de convolution.
Voir la réponse courte

Intégration formelle de \alpha_n(t) par quadrature et substitution dans l'équation de \dot{\alpha}_0 faisant émerger le noyau mémoire N(\tau).

Voir le corrigé complet

L'équation (43) établie à la question précédente s'écrit, en multipliant par -i :

\dot{\alpha}_n(t') = -i \lambda'_n \alpha_0(t') e^{i(\omega_n - \omega_0)t'}

Sachant que \alpha_n(0) = 0, l'intégration directe par rapport au temps entre 0 et t donne :

\alpha_n(t) = -i \lambda'_n \int_0^t \alpha_0(t') e^{i(\omega_n - \omega_0)t'} \,\mathrm{d}t'

En reportant cette expression dans l'équation (42) régissant l'évolution de \alpha_0(t) :

\begin{aligned} i \dot{\alpha}_0(t) &= \sum_{n=1}^N \lambda_n \left[ -i \lambda'_n \int_0^t \alpha_0(t') e^{i(\omega_n - \omega_0)t'} \,\mathrm{d}t' \right] e^{-i(\omega_n - \omega_0)t} \\ \dot{\alpha}_0(t) &= - \sum_{n=1}^N \lambda_n \lambda'_n \int_0^t \alpha_0(t') e^{-i(\omega_n - \omega_0)(t - t')} \,\mathrm{d}t' \end{aligned}

car (-i)/i = -1. En intervertissant la somme discrète finie et l'intégrale :

\dot{\alpha}_0(t) = - \int_0^t \left( \sum_{n=1}^N \lambda_n \lambda'_n e^{-i(\omega_n - \omega_0)(t - t')} \right) \alpha_0(t') \,\mathrm{d}t'

On effectue le changement de variable \tau = t - t', d'où t' = t - \tau et \mathrm{d}t' = -\mathrm{d}\tau. Les bornes deviennent :

  • pour t' = 0, \tau = t ;
  • pour t' = t, \tau = 0.

Il vient alors :

\dot{\alpha}_0(t) = - \int_t^0 \left( \sum_{n=1}^N \lambda_n \lambda'_n e^{-i(\omega_n - \omega_0)\tau} \right) \alpha_0(t - \tau) \, (-\mathrm{d}\tau)

En inversant les bornes pour compenser le signe moins et en introduisant la fonction de mémoire :

\boxed{N(\tau) = \sum_{n=1}^N \lambda_n \lambda'_n e^{-i(\omega_n - \omega_0)\tau}}

on obtient bien l'équation intégro-différentielle (44) :

\boxed{\dot{\alpha}_0(t) = -\int_0^t N(\tau) \alpha_0(t - \tau) \,\mathrm{d}\tau}

Résultat

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Question 52

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs ; Optique ondulatoire › Modèle scalaire de la lumière et cohérence

Notions : temps de cohérence, déphasage

Montrer que est maximum pour . Par analogie avec l'optique, justifier qualitativement que tend vers 0 en un temps caractéristique , où est la dispersion des fréquences propres () des oscillateurs auxquels est couplé l'oscillateur principal.

Voir l'indice

Utiliser l'inégalité triangulaire pour majorer |N(\tau)| par N(0) et invoquer le brouillage des phases destructives après un temps de cohérence 1/\Delta\omega.

Voir la stratégie
  1. Appliquer l'inégalité triangulaire à la somme définissant N(\tau), en remarquant que les coefficients \lambda_n \lambda'_n sont réels strictement positifs.
  2. Établir l'analogie avec le battement ou la cohérence temporelle en optique ondulatoire : la somme de composantes oscillant à des pulsations réparties sur une largeur \Delta\omega interfère constructivement à \tau = 0, puis subit un brouillage de phase destructif dès que l'étalement de phase atteint l'ordre de l'unité.
Voir la réponse courte

En \tau=0 tous les modes sont en phase ; pour \tau \gg 1/\Delta\omega, le déphasage mutuel entraîne une annulation par interférences destructives.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q50, pour chaque oscillateur n :

\lambda_n = -\frac{\kappa_n}{2m\omega_0} \quad \text{et} \quad \lambda'_n = -\frac{\kappa_n}{2m\omega_n}

Les raideurs \kappa_n, la masse m et les pulsations propres \omega_0, \omega_n étant positives, le produit de couplage vérifie pour tout n \in \{1,\dots,N\} :

\lambda_n \lambda'_n = \frac{\kappa_n^2}{4m^2\omega_0\omega_n} > 0

L'inégalité triangulaire appliquée à l'expression de la fonction de mémoire donne :

|N(\tau)| = \left| \sum_{n=1}^N \lambda_n \lambda'_n \, e^{-i(\omega_n - \omega_0)\tau} \right| \le \sum_{n=1}^N |\lambda_n \lambda'_n| \, |e^{-i(\omega_n - \omega_0)\tau}| = \sum_{n=1}^N \lambda_n \lambda'_n

Or, pour \tau = 0, toutes les exponentielles de phase sont égales à 1 :

N(0) = \sum_{n=1}^N \lambda_n \lambda'_n = |N(0)|

On en déduit que pour tout \tau \in \mathbb{R} :

\boxed{|N(\tau)| \le N(0)}

La fonction |N(\tau)| atteint donc son maximum global en \tau = 0.

Analogie avec l'optique et temps caractéristique t_{\mathrm{coh}} :

La fonction N(\tau) représente la superposition de N composantes oscillantes de pulsations respectives \omega_n - \omega_0 réparties sur une bande spectrale de largeur \Delta\omega autour d'une valeur moyenne.

  • À \tau = 0, toutes les composantes sont exactement en phase : les interférences sont purement constructives, ce qui correspond au maximum de l'enveloppe.
  • Lorsque \tau croît, le déphasage relatif entre deux composantes extrêmes de l'ensemble vaut :

    \Delta\phi(\tau) \sim \Delta\omega \, \tau

    Dès que \Delta\phi(\tau) \gtrsim 1 (ou 2\pi), les phases (\omega_n - \omega_0)\tau se répartissent uniformément sur le cercle trigonométrique. Les termes de la somme se compensent mutuellement : il y a interférence destructive globale (brouillage de phase).

Par analogie directe avec le train d'ondes d'une source lumineuse quasi-monochromatique de largeur spectrale \Delta\omega, l'enveloppe |N(\tau)| s'annule (ou tend vers 0 par moyennage) au-delà d'un temps de cohérence :

\boxed{t_{\mathrm{coh}} \sim \frac{1}{\Delta\omega}}

Résultat

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Question 53

DifficileTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : approximation markovienne, irréversibilité

En déduire que sous une condition à préciser on a

En déduire qu'en couplant un oscillateur à un grand nombre d'oscillateurs de fréquences différentes, il est possible d'obtenir une dynamique irréversible. Justifier qualitativement comment on passe d'une dynamique réversible à une dynamique irréversible lorsque l'on augmente le nombre de oscillateurs auquel l'oscillateur principal est couplé.

Voir l'indice

Faire l'approximation markovienne : si le temps de mémoire t_{\text{coh}} est très court devant le temps d'évolution de \alpha_0, sortir \alpha_0(t) de l'intégrale et étendre la borne supérieure à l'infini.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux échelles de temps du problème : le temps de mémoire du bain t_{\text{coh}} \sim 1/\Delta\omega issu de la question Q52, et le temps caractéristique d'évolution T_{\text{evol}} de l'amplitude \alpha_0(t).
  2. Effectuer l'approximation markovienne (ou de mémoire courte) pour sortir \alpha_0(t-\tau) \approx \alpha_0(t) de l'intégrale et étendre la borne supérieure à l'infini pour t \gg t_{\text{coh}}.
  3. Montrer que si le coefficient effectif possède une partie réelle strictement positive, l'équation différentielle conduit à un amortissement exponentiel, signature d'une dynamique irréversible.
  4. Expliquer l'émergence de l'irréversibilité par l'accroissement du temps de récurrence de Poincaré (T_{\text{rec}} \propto N) vers l'infini lorsque le spectre tend vers un continuum (N \to \infty).
Voir la réponse courte

Approximation sans mémoire (Markov) si t_{\text{coh}} est très court : l'amortissement exponentiel continu remplace la réversibilité discrète (limite thermodynamique).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (44) établie à la question Q51 :

\dot{\alpha}_0(t) = -\int_0^t N(\tau)\,\alpha_0(t-\tau)\,\mathrm{d}\tau

D'après la question Q52, la fonction de mémoire N(\tau) s'annule rapidement pour \tau \gg t_{\text{coh}} \sim 1/\Delta\omega. Notons T_{\text{evol}} le temps caractéristique de variation de l'amplitude lente \alpha_0(t).

Plaçons-nous sous l'hypothèse de couplage faible (approximation markovienne), c'est-à-dire :

t_{\text{coh}} \ll T_{\text{evol}}

Dans ce régime, sur l'intervalle temporel [0, t_{\text{coh}}] où la fonction N(\tau) est non négligeable, l'amplitude \alpha_0(t-\tau) varie extrêmement peu :

\forall \tau \in [0, t_{\text{coh}}], \quad \alpha_0(t-\tau) \approx \alpha_0(t)

De plus, pour des temps d'observation t \gg t_{\text{coh}}, le signal s'étant totalement déphasé, on peut repousser la borne supérieure d'intégration à l'infini (\int_0^t \dots \approx \int_0^\infty \dots) car N(\tau) \approx 0 pour tout \tau > t.

On obtient ainsi directement :

\boxed{\dot{\alpha}_0(t) = -\left(\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right) \alpha_0(t)}

Obtention d'une dynamique irréversible : Posons la constante complexe :

\Gamma = \int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau = \Gamma_R + i\,\Gamma_I

L'équation différentielle devient \dot{\alpha}_0(t) = -\Gamma\,\alpha_0(t), dont la solution s'écrit :

\alpha_0(t) = \alpha_0(0)\,e^{-\Gamma t} = \alpha_0(0)\,e^{-\Gamma_R t}\,e^{-i\Gamma_I t}

L'énergie de l'oscillateur principal, proportionnelle à |\alpha_0(t)|^2, décroît selon :

|\alpha_0(t)|^2 = |\alpha_0(0)|^2\,e^{-2\Gamma_R t}

Dès lors que \Gamma_R = \operatorname{Re}(\Gamma) > 0, l'amplitude de l'oscillateur s'éteint exponentiellement vers zéro : l'énergie initiale de l'oscillateur principal s'est irrémédiablement diluée dans la multitude des oscillateurs du bain. On obtient donc une dynamique irréversible (dissipative).

Transition réversible \to irréversible avec le nombre d'oscillateurs N :

  • Pour un nombre fini N d'oscillateurs, la fonction N(\tau) est une somme discrète de termes périodiques. Les différents oscillateurs finissent par se remettre en phase au bout d'un temps de récurrence (temps de récurrence de Poincaré) T_{\text{rec}} \sim \frac{2\pi}{\delta\omega}, où \delta\omega \sim \frac{\Delta\omega}{N} représente l'espacement moyen entre fréquences propres adjacentes. L'énergie revient périodiquement dans l'oscillateur principal : la dynamique est réversible.
  • Lorsque N \gg 1, l'espacement inter-modes diminue comme \delta\omega \propto 1/N, ce qui repousse le temps de récurrence selon :

    T_{\text{rec}} \sim \frac{2\pi N}{\Delta\omega} \propto N

    À la limite thermodynamique (continuum de modes où N \to \infty à largeur spectrale \Delta\omega fixée), le temps de récurrence diverge (T_{\text{rec}} \to \infty). Le déphasage destructif entre les modes devient permanent, l'information ne revient jamais : la dynamique devient strictement irréversible.

Résultat

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Question 54

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : temps de relaxation, décalage en fréquence

Exprimer le temps caractéristique de décroissance de l'énergie en fonction de . Quelle est l'interprétation physique de la partie imaginaire de

si celle-ci est non-nulle ?

Voir l'indice

Relier le temps d'amortissement exponentiel de l'énergie à deux fois la partie réelle de l'intégrale de mémoire, et la partie imaginaire à un déplacement de fréquence (effet Lamb).

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation différentielle (46) pour expliciter l'évolution temporelle de l'amplitude complexe \alpha_0(t).
  2. Relier l'énergie mécanique moyenne de l'oscillateur au module au carré |\alpha_0(t)|^2 pour en déduire le temps caractéristique de décroissance de l'énergie.
  3. Analyser la phase introduite par la partie imaginaire de l'intégrale sur le mouvement réel \delta x_0(t) et en déduire son sens physique.
Voir la réponse courte

Le temps de décroissance est lié à \operatorname{Re}\int_0^\infty N(\tau)\mathrm{d}\tau tandis que la partie imaginaire induit un déplacement de la fréquence propre.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (46) obtenue à la question Q53 :

\dot{\alpha}_0(t) = - K \alpha_0(t) \quad \text{avec} \quad K = \int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau

En décomposant la constante complexe K en ses parties réelle et imaginaire :

K = K_r + i K_i = \operatorname{Re}\left(\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right) + i \operatorname{Im}\left(\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right)

L'intégration donne immédiatement :

\alpha_0(t) = \alpha_0(0) \exp(-K t) = \alpha_0(0) \exp(-K_r t) \exp(-i K_i t)

1. Temps caractéristique de décroissance de l'énergie :

Pour un oscillateur harmonique en régime lentement variable, l'énergie mécanique moyenne est proportionnelle au carré de l'amplitude du mouvement, soit :

\mathcal{E}_0(t) \propto |\alpha_0(t)|^2 = |\alpha_0(0)|^2 \exp(-2 K_r t) = \mathcal{E}_0(0) \exp\left(-\frac{t}{\tau_E}\right)

Le temps caractéristique de décroissance de l'énergie \tau_E est donc donné par :

\boxed{\tau_E = \frac{1}{2\,\operatorname{Re}\left(\displaystyle\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right)}}

2. Interprétation physique de la partie imaginaire :

La variable de position s'écrit (d'après l'équation (39) de la question Q48) :

\begin{aligned} \delta x_0(t) &= \alpha_0(t) e^{-i\omega_0 t} \\ &= \alpha_0(0) e^{-K_r t} e^{-i(\omega_0 + K_i)t} \end{aligned}

La pulsation apparente d'oscillation devient ainsi :

\omega_{\mathrm{eff}} = \omega_0 + K_i = \omega_0 + \operatorname{Im}\left(\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right)

La partie imaginaire de \displaystyle\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau correspond donc à un déplacement de fréquence propre (ou décalage en pulsation) de l'oscillateur principal, induit par son couplage avec le bain d'oscillateurs.

Résultat

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2.4.1 · Détermination des modes propres du champ

Question 55

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : polarisation, onde plane

Le champ électrique est un champ vectoriel transverse (c'est à dire que, lorsqu'il est décomposé en onde plane, le champ électrique est toujours orthogonal à sa direction de propagation). En déduire qu'à chaque mode propre de vecteur d'onde du champ scalaire introduit ci-dessus, on peut associer deux modes propres du champ électromagnétique.

Voir l'indice

Rappeler que les équations de Maxwell dans le vide imposent la transversalité \mathbf{k}\cdot\mathbf{E} = 0, autorisant deux directions orthogonales de polarisation par vecteur d'onde.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation de Maxwell régissant la transversalité du champ électrique dans le vide.
  2. Exprimer cette condition géométrique pour une onde plane de vecteur d'onde \mathbf{k} fixé afin de déterminer la dimension de l'espace vectoriel des polarisations permises.
  3. Conclure sur le nombre de modes électromagnétiques indépendants associés à ce vecteur d'onde.
Voir la réponse courte

La transversalité \mathbf{k}\cdot\mathbf{E}=0 offre un plan d'oscillation à 2 dimensions, soit deux états de polarisation orthogonaux indépendants par vecteur \mathbf{k}.

Voir le corrigé complet

Dans le vide de charges, l'équation de Maxwell-Gauss s'écrit :

\operatorname{div}\mathbf{E} = 0

Pour une onde plane progressive monochromatique de pulsation \omega et de vecteur d'onde \mathbf{k} s'écrivant en notation complexe \mathbf{E}(\mathbf{r}, t) = \mathbf{E}_0 e^{i(\mathbf{k}\cdot\mathbf{r} - \omega t)}, la divergence se traduit par la relation algébrique :

i\mathbf{k}\cdot\mathbf{E}_0 = 0 \iff \mathbf{k}\cdot\mathbf{E}_0 = 0

Le vecteur amplitude \mathbf{E}_0 appartient donc nécessairement au plan orthogonal à la direction de propagation portée par \mathbf{k}.

L'espace vectoriel des vecteurs orthogonaux à \mathbf{k} est de dimension 2 dans l'espace physique à trois dimensions. Il admet ainsi une base orthonormée formée de deux vecteurs unitaires réels (\mathbf{e}_1, \mathbf{e}_2) vérifiant :

\mathbf{e}_1 \cdot \mathbf{k} = 0, \quad \mathbf{e}_2 \cdot \mathbf{k} = 0, \quad \mathbf{e}_1 \cdot \mathbf{e}_2 = 0

Tout champ électrique transverse se décompose de manière unique sur cette base, chaque direction \mathbf{e}_1 et \mathbf{e}_2 définissant un état de polarisation linéaire indépendant.

Par conséquent, à chaque mode propre scalaire caractérisé par un triplet d'entiers (n_x, n_y, n_z), c'est-à-dire par un vecteur d'onde \mathbf{k}, correspondent :

\boxed{\text{deux modes propres électromagnétiques indépendants, associés aux deux polarisations orthogonales.}}

Résultat

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Question 56

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : quantification du champ, énergie électromagnétique

On identifie les modes du champ par un indice qui définit le vecteur d'onde et un indice qui définit la polarisation (choisie linéaire) de l'onde plane. Le champ électrique du mode s'écrit sous la forme

où est l'amplitude du champ électrique correspondant à un photon dans le mode . Montrer que . On notera .

Voir l'indice

Calculer l'énergie du mode plan dans la boîte cubique \int \epsilon_0 |\mathbf{E}|^2 \mathrm{d}^3\mathbf{R} et l'identifier au quantum d'énergie \hbar\omega_\ell.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique réel \mathbf{E}_{\text{réel}}(\mathbf{R}, t) et le champ magnétique réel \mathbf{B}_{\text{réel}}(\mathbf{R}, t) associés à l'onde plane progressive monochromatique du mode (\ell, \epsilon).
  2. Calculer l'énergie électromagnétique totale W_{\ell,\epsilon} contenue dans le cube de volume V = L^3 en intégrant la densité volumique d'énergie électromagnétique.
  3. Identifier cette énergie à l'énergie d'un photon unique, \hbar\omega_\ell, pour en déduire l'amplitude \mathcal{E}_{\ell,\epsilon}.
Voir la réponse courte

Intégration de la densité d'énergie \frac{1}{2}\varepsilon_0 \mathcal{E}_\ell^2 sur la boîte de volume L^3 égale à \hbar\omega_\ell pour trouver l'amplitude d'un photon.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique complexe du mode propre (\ell, \epsilon) s'écrit :

\mathbf{E}_{\ell,\epsilon}(\mathbf{R}, t) = \mathcal{E}_{\ell,\epsilon} \mathbf{e}_{\ell,\epsilon} e^{i(\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R} - \omega_\ell t)}

En choisissant l'amplitude \mathcal{E}_{\ell,\epsilon} réelle (l'éventuelle phase globale pouvant être absorbée dans l'origine des temps ou de l'espace), le champ électrique réel associé est :

\mathbf{E}_{\text{réel}}(\mathbf{R}, t) = \operatorname{Re}\left( \mathbf{E}_{\ell,\epsilon}(\mathbf{R}, t) \right) = \mathcal{E}_{\ell,\epsilon} \mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cos(\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R} - \omega_\ell t)

Ce mode correspond à une onde plane progressive se propageant dans le vide selon la direction \mathbf{n}_\ell = \mathbf{k}_\ell/k_\ell avec \omega_\ell = c k_\ell. Le champ magnétique associé est donné par la structure d'onde plane :

\mathbf{B}_{\text{réel}}(\mathbf{R}, t) = \frac{\mathbf{k}_\ell}{\omega_\ell} \times \mathbf{E}_{\text{réel}}(\mathbf{R}, t) = \frac{1}{c} \mathbf{n}_\ell \times \mathbf{E}_{\text{réel}}(\mathbf{R}, t)

Comme \mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \perp \mathbf{k}_\ell et \|\mathbf{e}_{\ell,\epsilon}\| = 1, les densités d'énergie électrique et magnétique sont égales en tout point et à chaque instant (équipartition locale de l'énergie pour une onde plane dans le vide) :

\frac{1}{2\mu_0} \|\mathbf{B}_{\text{réel}}\|^2 = \frac{1}{2\mu_0 c^2} \|\mathbf{E}_{\text{réel}}\|^2 = \frac{1}{2}\epsilon_0 \|\mathbf{E}_{\text{réel}}\|^2

La densité volumique d'énergie électromagnétique s'écrit donc :

u_{\text{em}}(\mathbf{R}, t) = \frac{1}{2}\epsilon_0 \|\mathbf{E}_{\text{réel}}\|^2 + \frac{1}{2\mu_0} \|\mathbf{B}_{\text{réel}}\|^2 = \epsilon_0 \mathcal{E}_{\ell,\epsilon}^2 \cos^2(\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R} - \omega_\ell t)

L'énergie électromagnétique totale contenue dans la boîte cubique de côté L (volume V = L^3) s'obtient par intégration :

W_{\ell,\epsilon} = \iiint_{\text{cube}} u_{\text{em}}(\mathbf{R}, t) \, \mathrm{d}^3\mathbf{R} = \epsilon_0 \mathcal{E}_{\ell,\epsilon}^2 \iiint_{\text{cube}} \cos^2(\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R} - \omega_\ell t) \, \mathrm{d}^3\mathbf{R}

En utilisant \cos^2(u) = \frac{1 + \cos(2u)}{2}, l'intégrale du terme oscillant \cos(2\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R} - 2\omega_\ell t) sur le cube s'annule car les composantes de \mathbf{k}_\ell sont des multiples non tous nuls de 2\pi/L (conditions aux limites périodiques). L'intégrale spatiale de \cos^2(\dots) vaut donc simplement la moitié du volume de la boîte, L^3/2 :

W_{\ell,\epsilon} = \frac{1}{2}\epsilon_0 L^3 \mathcal{E}_{\ell,\epsilon}^2

Cette énergie est constante au cours du temps. Pour que le mode (\ell, \epsilon) contienne exactement un photon d'énergie \hbar\omega_\ell, on impose W_{\ell,\epsilon} = \hbar\omega_\ell, soit :

\frac{1}{2}\epsilon_0 L^3 \mathcal{E}_{\ell,\epsilon}^2 = \hbar\omega_\ell \implies \mathcal{E}_{\ell,\epsilon}^2 = \frac{2\hbar\omega_\ell}{\epsilon_0 L^3}

On en déduit l'amplitude du champ électrique à un photon :

\boxed{\mathcal{E}_{\ell,\epsilon} = \sqrt{\frac{2\hbar\omega_\ell}{\epsilon_0 L^3}}}

Cette valeur ne dépend pas de la polarisation \epsilon, on note donc \mathcal{E}_{\ell,\epsilon} = \mathcal{E}_\ell.

Résultat

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2.4.2 · Couplage de l'atome aux modes de l'espace libre

Question 57

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : invariance par translation, couplage dipolaire

Justifier que l'on peut supposer que l'atome est au point sans perte de généralité. Dans ce cas, les équations couplées de la question 46 deviennent

avec .

Voir l'indice

Invoquer l'invariance par translation spatiale globale du problème en espace libre infini.

Voir la stratégie
  1. Invoquer l'homogénéité de l'espace libre et l'invariance par translation pour justifier le choix de l'origine.
  2. Montrer que si \mathbf{R}_0 \neq \mathbf{0}, le facteur spatial d'une onde plane progressive n'est qu'un déphasage e^{i\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R}_0}, qu'il est possible d'absorber dans la phase de l'amplitude \beta_{\ell,\epsilon}.
  3. Établir brièvement les équations (56) et (57) à partir des résultats des questions Q38, Q40 et Q45 pour expliciter l'expression du couplage V_{\ell,\epsilon}.
Voir la réponse courte

L'espace libre étant homogène et invariant par translation, placer l'atome en l'origine \mathbf{R}_0 = \mathbf{0} simplifie l'expression de la phase spatiale.

Voir le corrigé complet

Dans l'espace libre (modélisé ici par une boîte de côté L munie de conditions aux limites périodiques), le milieu est homogène : il y a invariance globale par translation spatiale.

À une position \mathbf{R}_0 quelconque, le champ du mode (\ell, \epsilon) s'écrit :

\mathbf{E}_{\ell,\epsilon}(\mathbf{R}_0, t) = \mathcal{E}_\ell \, \mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \, e^{i\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R}_0} e^{-i\omega_\ell t}

La dépendance en \mathbf{R}_0 n'apparaît donc que sous la forme d'un facteur de phase pur e^{i\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R}_0}. Contrairement au cas de la cavité à miroirs où la structure d'onde stationnaire imposait des nœuds et des ventres (fonction u(\mathbf{R}_0) dépendant fortement de la position), aucune position n'est ici privilégiée dans l'espace.

Il suffit donc de choisir le noyau de l'atome comme origine des coordonnées spatiales :

\boxed{\mathbf{R}_0 = \mathbf{0}}

(ou de manière équivalente, d'absorber la phase par la redéfinition \beta_{\ell,\epsilon} \leftarrow \beta_{\ell,\epsilon} \, e^{i\mathbf{k}_\ell \cdot \mathbf{R}_0}, ce qui ne modifie aucune grandeur physique mesurable), sans aucune perte de généralité.

Obtention des équations (56) et (57) :

  • Action du champ sur l'atome : La projection selon \mathbf{e}_x du champ électrique total au point \mathbf{R}_0 = \mathbf{0} vaut :

    \mathbf{E}(\mathbf{0}, t) \cdot \mathbf{e}_x = \sum_{\ell,\epsilon} \beta_{\ell,\epsilon}(t) \mathcal{E}_\ell (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x) e^{-i\omega_\ell t}

    D'après l'équation (32) de la question Q38 et en utilisant \tilde{r}(t) = \alpha(t) r_0, avec r_0 = \sqrt{\frac{2\hbar}{m\omega_0}} (question Q45) :

    i\dot{\alpha} e^{-i\omega_0 t} = -\frac{q}{2\omega_0 m r_0} \sum_{\ell,\epsilon} \beta_{\ell,\epsilon} \mathcal{E}_\ell (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x) e^{-i\omega_\ell t}

    En remarquant que :

    \frac{q}{2\omega_0 m r_0} = \frac{q}{2\omega_0 m} \sqrt{\frac{m\omega_0}{2\hbar}} = \frac{1}{2} \sqrt{\frac{1}{2\omega_0 m \hbar}} \, q

    on retrouve directement l'équation (56) :

    i\dot{\alpha} e^{-i\omega_0 t} = -\sum_{\ell,\epsilon} V_{\ell,\epsilon} \beta_{\ell,\epsilon} e^{-i\omega_\ell t} \quad \text{avec} \quad V_{\ell,\epsilon} = \frac{1}{2}\sqrt{\frac{1}{2\omega_0 m \hbar}} \, q \mathcal{E}_\ell (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x)
  • Action de l'atome sur le mode (\ell,\epsilon) : D'après l'équation (35) de la question Q40 adaptée à une onde plane progressive, le terme source projeté sur le mode (\ell,\epsilon) fait intervenir \tilde{r} = \alpha r_0, ce qui donne :

    i\dot{\beta}_{\ell,\epsilon} e^{-i\omega_\ell t} = -\frac{q\omega_0}{4\hbar\omega_\ell} r_0 \mathcal{E}_\ell (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x) \alpha e^{-i\omega_0 t}

    Comme \frac{q\omega_0 r_0}{4\hbar} = \frac{\omega_0}{\omega_\ell} \left( \frac{q r_0 \omega_\ell}{4\hbar} \right) = \frac{\omega_0}{\omega_\ell} V_{\ell,\epsilon}, on obtient exactement l'équation (57) :

    i\dot{\beta}_{\ell,\epsilon} e^{-i\omega_\ell t} = -\frac{\omega_0}{\omega_\ell} V_{\ell,\epsilon} \alpha e^{-i\omega_0 t}

Résultat

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Question 58

DifficileTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : règle d'or de fermi, taux d'émission spontanée

En utilisant les résultats de la section 2.3, montrer que dans ce modèle l'amplitude des oscillations du dipôle atomique s'amortit avec un taux

Voir l'indice

Appliquer le résultat de l'intégration de la fonction de mémoire obtenu à la question 53 en sommant sur tous les modes \ell et polarisations \epsilon.

Voir la stratégie
  1. Identifier les équations couplées (56) et (57) de l'atome avec les modes du champ aux équations (42) et (43) de la section 2.3 pour en déduire les coefficients de couplage effectifs \lambda_{\ell,\epsilon} et \lambda'_{\ell,\epsilon}.
  2. Exprimer la fonction de mémoire N(\tau) correspondante d'après la relation (45).
  3. Appliquer l'équation markovienne (46) et relier le taux d'amortissement de l'amplitude \Gamma = \operatorname{Re}\left(\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right) à l'intégrale sur \mathbb{R} en utilisant la parité de la partie réelle.
Voir la réponse courte

Application du résultat de décroissance exponentielle du paragraphe 2.3 au continuum de modes électromagnétiques de l'espace libre.

Voir le corrigé complet

Réécrivons les équations couplées (56) et (57) sous la forme :

\begin{aligned} i \dot{\alpha} &= \sum_{\ell,\epsilon} \left(-V_{\ell,\epsilon}\right) \beta_{\ell,\epsilon} \, e^{-i(\omega_\ell - \omega_0)t} \\ i \dot{\beta}_{\ell,\epsilon} &= \left(-\frac{\omega_0}{\omega_\ell} V_{\ell,\epsilon}\right) \alpha \, e^{-i(\omega_0 - \omega_\ell)t} \end{aligned}

En identifiant terme à terme avec les équations (42) et (43) établies à la question Q50 où l'indice discret n est remplacé par le couple de modes (\ell,\epsilon), on obtient :

\lambda_{\ell,\epsilon} = -V_{\ell,\epsilon} \quad \text{et} \quad \lambda'_{\ell,\epsilon} = -\frac{\omega_0}{\omega_\ell} V_{\ell,\epsilon}

Le produit des constantes de couplage vaut ainsi :

\lambda_{\ell,\epsilon}\lambda'_{\ell,\epsilon} = \frac{\omega_0}{\omega_\ell} V_{\ell,\epsilon}^2

D'après l'équation (45) de la question Q51, la fonction de mémoire du réservoir de modes s'écrit :

N(\tau) = \sum_{\ell,\epsilon} \lambda_{\ell,\epsilon}\lambda'_{\ell,\epsilon} \, e^{-i(\omega_\ell - \omega_0)\tau} = \sum_{\ell} \frac{\omega_0}{\omega_\ell} \sum_\epsilon V_{\ell,\epsilon}^2 \, e^{i(\omega_0 - \omega_\ell)\tau}

D'après le résultat (46) de la question Q53, dans l'approximation markovienne, l'amplitude \alpha(t) obéit à :

\dot{\alpha}(t) = -\left(\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right) \alpha(t)

Comme vu à la question Q54, la partie réelle de cette intégrale régit la décroissance exponentielle de l'amplitude, |\alpha(t)| \propto e^{-\Gamma t}, avec un taux d'amortissement de l'amplitude :

\Gamma = \operatorname{Re}\left(\int_0^\infty N(\tau)\,\mathrm{d}\tau\right)

Les grandeurs \omega_0, \omega_\ell et V_{\ell,\epsilon} étant réelles, la prise de la partie réelle ne porte que sur l'exponentielle imaginaire :

\operatorname{Re}\left(\int_0^\infty e^{i(\omega_0 - \omega_\ell)\tau}\,\mathrm{d}\tau\right) = \int_0^\infty \cos\bigl((\omega_0 - \omega_\ell)\tau\bigr)\,\mathrm{d}\tau

La fonction cosinus étant paire et la fonction sinus étant impaire (d'intégrale nulle sur \mathbb{R}), on a :

\int_0^\infty \cos\bigl((\omega_0 - \omega_\ell)\tau\bigr)\,\mathrm{d}\tau = \frac{1}{2}\int_{-\infty}^{+\infty} \cos\bigl((\omega_0 - \omega_\ell)t\bigr)\,\mathrm{d}t = \frac{1}{2}\int_{-\infty}^{+\infty} e^{i(\omega_0 - \omega_\ell)t}\,\mathrm{d}t

En réinjectant cette expression dans celle de \Gamma, on obtient bien :

\boxed{\Gamma = \frac{1}{2} \sum_\ell \frac{\omega_0}{\omega_\ell} \sum_\epsilon V_{\ell,\epsilon}^2 \int_{-\infty}^\infty e^{i(\omega_0-\omega_\ell)t} \mathrm{d}t}

Résultat

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Question 59

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : polarisation transverse, relation de fermeture

Montrer que, pour un donné

où est l'angle entre et . En déduire que

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Choisir une base de polarisations adaptée dont l'un des vecteurs est perpendiculaire au plan formé par \mathbf{k}_\ell et \mathbf{e}_x pour simplifier le produit scalaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \sum_\epsilon V_{\ell,\epsilon}^2 à partir de l'expression de V_{\ell,\epsilon} établie à la question 57, puis utiliser les propriétés de complétude de la base orthonormée formée par la direction de propagation et les deux vecteurs de polarisation.
  2. Remplacer cette somme dans l'expression de \Gamma (équation 58 de la question 58) en utilisant l'amplitude du champ à un photon \mathcal{E}_\ell^2 obtenue à la question 56, pour constater la simplification exacte des facteurs fréquentiels et de \hbar.
Voir la réponse courte

Sommation sur les deux vecteurs de base du plan d'onde : \sum_\epsilon (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon}\cdot\mathbf{e}_x)^2 = 1 - (\mathbf{n}_\ell\cdot\mathbf{e}_x)^2 = \sin^2\Theta_\ell.

Voir le corrigé complet

D'après la question 57, la constante de couplage pour un mode (\ell,\epsilon) s'écrit :

V_{\ell,\epsilon} = \frac{1}{2}\sqrt{\frac{1}{2\omega_0 m\hbar}} \, q \mathcal{E}_\ell (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x)

En élevant au carré et en sommant sur les deux états de polarisation indépendants \epsilon \in \{1,2\} :

\sum_\epsilon V_{\ell,\epsilon}^2 = \frac{1}{4}\frac{1}{2\omega_0 m\hbar} q^2 \mathcal{E}_\ell^2 \sum_{\epsilon=1}^2 (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x)^2

Notons \mathbf{u}_{\mathbf{k}_\ell} = \mathbf{k}_\ell / k_\ell le vecteur unitaire dans la direction de propagation. Les trois vecteurs unitaires (\mathbf{e}_{\ell,1}, \mathbf{e}_{\ell,2}, \mathbf{u}_{\mathbf{k}_\ell}) forment une base orthonormée directe de l'espace tridimensionnel \mathbb{R}^3. La relation de fermeture s'écrit :

\sum_{\epsilon=1}^2 (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x)^2 + (\mathbf{u}_{\mathbf{k}_\ell} \cdot \mathbf{e}_x)^2 = \|\mathbf{e}_x\|^2 = 1

Puisque \Theta_\ell est l'angle entre le vecteur d'onde \mathbf{k}_\ell et l'axe \mathbf{e}_x, on a \mathbf{u}_{\mathbf{k}_\ell} \cdot \mathbf{e}_x = \cos\Theta_\ell, d'où :

\sum_{\epsilon=1}^2 (\mathbf{e}_{\ell,\epsilon} \cdot \mathbf{e}_x)^2 = 1 - \cos^2\Theta_\ell = \sin^2\Theta_\ell

On en déduit directement la relation demandée :

\boxed{\sum_\epsilon V_{\ell,\epsilon}^2 = \frac{1}{4}\frac{1}{2\omega_0 m\hbar} q^2 \mathcal{E}_\ell^2 \sin^2\Theta_\ell}

Injectons cette relation dans le taux d'amortissement \Gamma obtenu à l'équation (58) de la question 58 :

\Gamma = \frac{1}{2} \sum_\ell \frac{\omega_0}{\omega_\ell} \left( \frac{1}{4}\frac{1}{2\omega_0 m\hbar} q^2 \mathcal{E}_\ell^2 \sin^2\Theta_\ell \right) \int_{-\infty}^{+\infty} e^{i(\omega_0-\omega_\ell)t} \, \mathrm{d}t

D'après la question 56, l'amplitude du champ électrique associé à un photon dans le mode \ell vérifie :

\mathcal{E}_\ell^2 = \frac{2\hbar\omega_\ell}{\epsilon_0 L^3}

En substituant cette expression, les grandeurs \hbar, \omega_0 et \omega_\ell se simplifient :

\begin{aligned} \frac{\omega_0}{\omega_\ell} \frac{1}{2\omega_0 m\hbar} \mathcal{E}_\ell^2 &= \frac{\omega_0}{\omega_\ell} \frac{1}{2\omega_0 m\hbar} \frac{2\hbar\omega_\ell}{\epsilon_0 L^3} = \frac{1}{m\epsilon_0 L^3} \end{aligned}

Le préfacteur global devient donc \frac{1}{2} \times \frac{1}{4} \times \frac{1}{m\epsilon_0 L^3} = \frac{1}{8m\epsilon_0 L^3}, d'où :

\boxed{\Gamma = \frac{1}{8} \sum_\ell \frac{q^2}{m\epsilon_0 L^3} \sin^2\Theta_\ell \int_{-\infty}^{+\infty} e^{i(\omega_0-\omega_\ell)t} \, \mathrm{d}t}

Résultat

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Question 60

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : densité d'états, passage au continu

On introduit la densité d'états , définie de sorte que soit le nombre de vecteurs d'onde correspondants à une onde plane de fréquence comprise entre et qui fassent un angle compris entre et avec la direction . Montrer que l'on peut alors écrire

Voir l'indice

Transformer la somme discrète sur les modes \ell en intégrale continue sur \omega et \Theta à l'aide de la densité d'états \rho(\omega,\Theta).

Voir la stratégie
  1. Identifier la dépendance du terme sommateur de l'expression de \Gamma issue de la question Q59 vis-à-vis des caractéristiques (\omega_\ell, \Theta_\ell) de chaque mode.
  2. Effectuer le passage à la limite continue pour un volume macroscopique (L \to \infty) en utilisant la définition de la densité conjointe d'états \rho(\omega, \Theta).
Voir la réponse courte

Remplacement de la somme discrète sur les modes \ell par l'intégrale continue pondérée par la densité d'états conjointe \rho(\omega,\Theta).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q59, le taux d'amortissement \Gamma s'exprime sous la forme d'une somme discrète sur tous les modes spatiaux \ell :

\Gamma = \frac{1}{8} \sum_\ell \frac{q^2}{m\epsilon_0 L^3} \sin^2\Theta_\ell \int_{-\infty}^\infty e^{i(\omega_0-\omega_\ell)t} \mathrm{d}t

Le terme à sommer pour chaque mode \ell ne dépend des caractéristiques de l'onde plane que par l'intermédiaire de sa pulsation \omega_\ell = c |\mathbf{k}_\ell| et de l'angle \Theta_\ell = (\widehat{\mathbf{k}_\ell, \mathbf{e}_x}) :

g(\omega_\ell, \Theta_\ell) = \frac{q^2}{m\epsilon_0 L^3} \sin^2\Theta_\ell \int_{-\infty}^\infty e^{i(\omega_0-\omega_\ell)t} \mathrm{d}t

Pour une boîte de grande dimension L \to \infty, le réseau des vecteurs d'onde \mathbf{k}_\ell devient quasi continu. D'après l'énoncé, la densité d'états \rho(\omega, \Theta) est définie telle que le nombre de modes \mathbf{k}_\ell présentant une pulsation dans l'intervalle [\omega, \omega + \mathrm{d}\omega] et un angle par rapport à \mathbf{e}_x dans [\Theta, \Theta + \mathrm{d}\Theta] vaut :

\mathrm{d}N = \rho(\omega, \Theta) \, \mathrm{d}\omega \, \mathrm{d}\Theta

La somme discrète sur les modes \ell se réécrit donc en regroupant les modes par classe de fréquence et d'orientation :

\sum_\ell g(\omega_\ell, \Theta_\ell) = \int_{\omega, \Theta} g(\omega, \Theta) \, \rho(\omega, \Theta) \, \mathrm{d}\omega \, \mathrm{d}\Theta

En remplaçant g(\omega, \Theta) par son expression, on obtient directement :

\boxed{\Gamma = \frac{1}{8} \int_{\omega, \Theta} \frac{q^2}{m\epsilon_0 L^3} \sin^2\Theta \int_{-\infty}^\infty e^{i(\omega_0-\omega)t}\mathrm{d}t \,\rho(\omega, \Theta)\mathrm{d}\omega\mathrm{d}\Theta}

Résultat

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Question 61

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide

Notions : taux d'émission spontanée, intégrale angulaire

En utilisant que

où a été donné à l'équation (53), montrer que

On rappelle que .

Voir l'indice

Remplacer l'intégrale temporelle par la distribution 2\pi\delta(\omega-\omega_0) et effectuer l'intégration sur la pulsation puis sur la variable angulaire \Theta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée \frac{\mathrm{d}\mathcal{N}_0}{\mathrm{d}\omega} à partir de l'équation (53) pour expliciter la densité d'états \rho(\omega, \Theta).
  2. Séparer l'intégrale double (61) en une intégrale angulaire sur \Theta \in [0,\pi] et une intégrale sur les pulsations \omega \in [0, +\infty[.
  3. Effectuer l'intégration sur \Theta à l'aide du formulaire, puis intégrer sur \omega grâce à la distribution de Dirac \delta(\omega - \omega_0).
Voir la réponse courte

Intégration sur \omega via \delta(\omega-\omega_0) et calcul de l'intégrale angulaire \int_0^\pi \sin^3\Theta\mathrm{d}\Theta = 4/3 menant à la formule exacte de \Gamma.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (53), le nombre de modes scalaires de pulsation inférieure à \omega s'écrit :

\mathcal{N}_0(\omega) \approx \frac{L^3 \omega^3}{6\pi^2 c^3}

En dérivant par rapport à \omega, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\mathcal{N}_0(\omega)}{\mathrm{d}\omega} = \frac{L^3 \omega^2}{2\pi^2 c^3}

En injectant cette dérivée dans l'expression (62) de la densité d'états \rho(\omega, \Theta), il vient :

\rho(\omega, \Theta) = \frac{L^3 \omega^2}{4\pi^2 c^3} \sin\Theta

L'expression de \Gamma issue de la question Q60 (équation (61)) devient donc, en utilisant la relation \int_{-\infty}^\infty e^{i(\omega_0-\omega)t}\mathrm{d}t = 2\pi\delta(\omega-\omega_0) :

\begin{aligned} \Gamma &= \frac{1}{8} \frac{q^2}{m\epsilon_0 L^3} \int_0^\pi \sin^3\Theta\,\mathrm{d}\Theta \int_0^\infty 2\pi\delta(\omega-\omega_0)\,\frac{L^3 \omega^2}{4\pi^2 c^3}\,\mathrm{d}\omega \end{aligned}

Calculons séparément chacune des deux intégrales :

  • Pour l'intégrale angulaire sur \Theta \in [0, \pi], la formule du formulaire donne :

    \int_0^\pi (\sin\Theta)^3\,\mathrm{d}\Theta = \frac{4}{3}(2 + \cos\pi)\left(\sin\frac{\pi}{2}\right)^4 = \frac{4}{3}(2 - 1)(1)^4 = \frac{4}{3}
  • Pour l'intégrale sur \omega, comme \omega_0 > 0 appartient au domaine d'intégration, la propriété de la fonction de Dirac donne immédiatement :

    \int_0^\infty \delta(\omega-\omega_0)\,\omega^2\,\mathrm{d}\omega = \omega_0^2

On remarque que le volume de quantification L^3 se simplifie rigoureusement. En regroupant les facteurs constants, on obtient :

\Gamma = \frac{1}{8} \cdot \frac{q^2}{m\epsilon_0} \cdot \frac{4}{3} \cdot \frac{2\pi}{4\pi^2 c^3} \cdot \omega_0^2 = \frac{1}{8} \cdot \frac{4}{3} \cdot \frac{1}{2\pi} \cdot \frac{q^2\omega_0^2}{m\epsilon_0 c^3} = \frac{1}{12\pi} \frac{q^2\omega_0^2}{\epsilon_0 m c^3}

On retrouve bien l'expression demandée :

\boxed{\Gamma = \frac{q^2\omega_0^2}{12\pi\epsilon_0 c^3 m}}

Résultat

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Question 62

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : émission spontanée, modèle de lorentz

Est-ce cohérent avec le résultat de la question 7 ? Conclure quant à la pertinence de ce modèle pour décrire l'émission spontanée.

Voir l'indice

Comparer l'expression finale du taux \Gamma avec l'amortissement radiatif classique \gamma(\omega_0)/2 pour confirmer la cohérence du modèle du continuum.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le taux d'amortissement de l'amplitude obtenu à la question 7 (ou via la réaction de rayonnement introduite à la question 9) et le comparer terme à terme à \Gamma.
  2. Discuter de la cohérence physique entre l'approche continue (couplage à un continuum de modes) et l'approche classique (réaction de rayonnement).
  3. Conclure sur la pertinence et la portée du modèle pour interpréter l'irréversibilité de l'émission spontanée.
Voir la réponse courte

Le taux \Gamma quantique coïncide avec le taux d'amortissement radiatif classique \gamma(\omega_0), validant la modélisation de l'émission spontanée.

Voir le corrigé complet

À la question 61, le taux de décroissance de l'amplitude \alpha(t) des oscillations de l'atome est donné par :

\dot{\alpha}(t) = -\Gamma \alpha(t) \quad \text{avec} \quad \Gamma = \frac{q^2 \omega_0^2}{12\pi \epsilon_0 m c^3}

L'amplitude décroît ainsi selon la loi exponentielle \alpha(t) = \alpha(0)e^{-\Gamma t}.

D'après la question 7, le temps caractéristique d'amortissement de l'amplitude des oscillations sous l'effet du rayonnement dipolaire s'écrit :

\tau = \frac{12\pi \epsilon_0 m c^3}{q^2 \omega_0^2}

On constate l'égalité parfaite :

\boxed{\Gamma = \frac{1}{\tau}}

De façon équivalente, l'énergie moyenne de l'atome décroît comme |\alpha(t)|^2 \propto e^{-2\Gamma t}, avec un taux 2\Gamma = \gamma(\omega_0) = \frac{q^2 \omega_0^2}{6\pi \epsilon_0 m c^3}, identique au coefficient de frottement de réaction de rayonnement introduit à la question 9. Les deux approches sont donc parfaitement cohérentes.

Conclusion sur la pertinence du modèle :

  • Résolution du paradoxe de réversibilité : Dans une cavité mono-mode (section 2.2), les échanges d'énergie entre l'atome et le champ sont strictement périodiques et réversibles (oscillations de Rabi). En couplant l'atome à la totalité des modes de l'espace libre (un continuum infini de fréquences), le temps de cohérence du réservoir devient infinitésimal (t_{\text{coh}} \to 0) et le temps de récurrence de Poincaré est rejeté à l'infini (T_{\text{rec}} \to \infty).
  • L'émission spontanée apparaît ainsi naturellement comme un phénomène irréversible d'amortissement dans un bain thermique de modes du vide (approximation markovienne).
  • Ce modèle semi-classique (analogue à la règle d'or de Fermi) rend compte de façon rigoureuse et microscopique de l'émission spontanée dans l'espace libre sans postuler ad hoc une force de friction de Lorentz.

Résultat

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2.5.1 · Le modèle classique

Question 63

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : condition initiale, énergie du champ

Reprendre les équations couplées de la question 46. Donner les conditions initiales et correspondant à un atome initialement désexcité et un mode contenant photons dans ce modèle.

Voir l'indice

Traduire l'état désexcité par l'absence d'élongation atomique \alpha(0)=0 et la présence de N photons par une énergie de champ N\hbar\omega soit \beta(0)=\sqrt{N}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le système différentiel régissant le couple d'amplitudes adimensionnées (\alpha, \beta) établi à la question 46.
  2. Traduire la condition d'un atome initialement désexcité sur l'amplitude atomique \alpha(0).
  3. Relier l'amplitude du champ \beta(0) au nombre N de photons initialement présents dans le mode via l'énergie électromagnétique de la cavité.
Voir la réponse courte

Atome initialement au repos (\alpha(0)=0) et énergie du champ correspondant à N photons (\beta(0)=\sqrt{N}).

Voir le corrigé complet

D'après la question 46, les équations différentielles couplées gouvernant les amplitudes adimensionnées du dipôle atomique \alpha(t) = \tilde{r}(t)/r_0 et du champ de la cavité \beta(t) à résonance (\omega = \omega_0) s'écrivent :

\begin{align*} \dot{\alpha}(t) &= -i \frac{\Omega_0}{2} \beta(t) \tag{1} \\ \dot{\beta}(t) &= -i \frac{\Omega_0}{2} \alpha(t) \tag{2}\end{align*}

où \Omega_0 = \frac{q \mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)}{\sqrt{2\hbar m \omega_0}}.

  • Atome initialement désexcité : L'atome ne possède initialement aucune énergie d'excitation, son électron est au repos à l'équilibre (\tilde{r}(0) = 0), ce qui se traduit par :

    \boxed{\alpha(0) = 0}
  • Mode contenant N photons : D'après la question 34, l'énergie électromagnétique stockée dans le mode pour une amplitude E_+ = \beta \mathcal{E}_1 vaut :

    W = \frac{\epsilon_0 |E_+|^2}{2} V_p = |\beta|^2 \left( \frac{\epsilon_0 \mathcal{E}_1^2}{2} V_p \right)

    Par définition de \mathcal{E}_1, l'énergie associée à un unique photon (|\beta|=1) est \hbar\omega. L'énergie du mode s'écrit donc simplement :

    W(t) = |\beta(t)|^2 \hbar\omega

    Le mode contenant initialement N photons, son énergie initiale est W(0) = N\hbar\omega, d'où :

    |\beta(0)|^2 = N

    En choisissant l'origine des phases du champ électromagnétique telle que \beta(0) soit réel positif, on obtient :

    \boxed{\beta(0) = \sqrt{N}}

Résultat

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Question 64

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Électromagnétisme › Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : absorption, temps court

Montrer qu'aux temps courts

L'énergie de l'oscillateur est proportionnelle à . Était-ce attendu ?

Voir l'indice

Effectuer un développement limité aux temps courts de \alpha(t) = -i\sqrt{N}\sin(\Omega_0 t / 2) au premier ordre en t.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité au premier ordre en temps de l'amplitude \alpha(t) à partir de l'équation différentielle établie à la question Q46 et des conditions initiales de la question Q63.
  2. En déduire |\alpha(t)|^2 (noté \alpha^2(t) par l'énoncé) aux temps courts.
  3. Interpréter la proportionnalité de l'énergie à N sous les angles classique (force proportionnelle au champ) et quantique (absorption stimulée).
Voir la réponse courte

Développement limité \alpha(t) \simeq -i\frac{\Omega_0}{2}\sqrt{N}t, l'énergie absorbée proportionnelle à N traduit l'absorption stimulée linéaire en intensité.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q46, le système vérifie :

\dot{\alpha}(t) = -i \frac{\Omega_0}{2}\beta(t)

avec les conditions initiales déterminées à la question Q63 : \alpha(0) = 0 et |\beta(0)| = \sqrt{N}.

Aux temps courts (t \ll \Omega_0^{-1}), on effectue un développement de Taylor de l'amplitude complexe \alpha(t) au voisinage de t = 0 :

\alpha(t) = \alpha(0) + \dot{\alpha}(0)\,t + \mathcal{O}(t^2) = -i \frac{\Omega_0}{2}\beta(0)\,t + \mathcal{O}(t^2)

En prenant le carré du module (noté \alpha^2(t) dans l'énoncé pour désigner l'énergie adimensionnée de l'atome) :

|\alpha(t)|^2 \simeq \left|-i \frac{\Omega_0}{2}\beta(0)\,t\right|^2 = |\beta(0)|^2 \frac{\Omega_0^2 t^2}{4}

Comme |\beta(0)|^2 = N, on obtient bien :

\boxed{\alpha^2(t) \simeq N \frac{\Omega_0^2 t^2}{4}}

Discussion physique : L'énergie de l'oscillateur E_{\text{atome}} = |\alpha(t)|^2 \hbar\omega_0 \propto N est bien proportionnelle au nombre de photons N. Ce résultat était pleinement attendu :

  • D'un point de vue classique : l'énergie électromagnétique stockée dans le mode est proportionnelle à N (W = N\hbar\omega \propto |E|^2), ce qui implique que l'amplitude du champ électrique oscillant vu par l'atome est proportionnelle à \sqrt{N}. La force motrice électrostatique subie par l'électron vaut donc F \propto \sqrt{N}. En régime résonant, la réponse en amplitude d'un oscillateur non amorti croît linéairement avec le temps et la force (r \propto F t \propto \sqrt{N}t), de sorte que son énergie mécanique E_m \propto r^2 croît comme N t^2.
  • D'un point de vue quantique : la probabilité de transition par absorption de l'état désexcité vers l'état excité en présence d'un champ résonant correspond à un processus d'absorption stimulée. Conformément à la règle d'or de Fermi et aux coefficients d'Einstein, le taux de transition d'absorption stimulée est strictement proportionnel à la densité d'énergie du rayonnement, c'est-à-dire au nombre N de photons présents dans le mode.

Résultat

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Question 65

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : oscillateur couplé, limite du modèle classique

Etudier l'évolution de et aux temps longs. Montrer que dans ce modèle l'atome absorbe l'énergie des photons.

Voir l'indice

Résoudre le système couplé linéaire aux temps longs et constater que l'oscillateur classique peut capter une énergie arbitrairement grande proportionnelle à N.

Voir la stratégie
  1. Résoudre le système différentiel linéaire couplé établi à la question Q46 pour \alpha(t) et \beta(t) avec les conditions initiales déterminées à la question Q63.
  2. Déterminer l'instant t_1 pour lequel l'amplitude |\alpha(t)| atteint son premier maximum.
  3. Calculer l'énergie correspondante acquise par l'atome en exploitant la définition de r_0 établie à la question Q45, et conclure quant à l'absorption de l'énergie des N photons.
Voir la réponse courte

Deux oscillateurs linéaires échangent indéfiniment toute leur énergie : l'atome classique peut absorber les N photons, comportement non physique à deux niveaux.

Voir le corrigé complet

Les équations couplées de la question Q46 s'écrivent :

\dot{\alpha}(t) = -i\frac{\Omega_0}{2}\beta(t) \quad \text{et} \quad \dot{\beta}(t) = -i\frac{\Omega_0}{2}\alpha(t)

En dérivant la première équation par rapport au temps et en lui injectant la seconde, on obtient :

\ddot{\alpha}(t) + \left(\frac{\Omega_0}{2}\right)^2 \alpha(t) = 0

De même pour \beta(t) :

\ddot{\beta}(t) + \left(\frac{\Omega_0}{2}\right)^2 \beta(t) = 0

Avec les conditions initiales fixées à la question Q63, à savoir \alpha(0) = 0, \dot{\alpha}(0) = -i\frac{\Omega_0}{2}\beta(0) = -i\frac{\Omega_0}{2}\sqrt{N}, et \beta(0) = \sqrt{N}, les solutions s'écrivent pour tout t \ge 0 :

\begin{aligned} \alpha(t) &= -i \sqrt{N} \sin\left(\frac{\Omega_0}{2} t\right) \\ \beta(t) &= \sqrt{N} \cos\left(\frac{\Omega_0}{2} t\right) \end{aligned}

Le système présente un échange périodique complet et réversible d'énergie entre le mode du champ et l'atome, avec une pulsation de battement \Omega_0/2.

Au bout d'un quart de période de battement, c'est-à-dire au temps t_1 = \frac{\pi}{\Omega_0}, le mode du champ s'annule complètement :

\beta(t_1) = 0

tandis que l'amplitude atomique devient maximale en module :

|\alpha(t_1)| = \sqrt{N} \implies |\tilde{r}(t_1)| = \sqrt{N} r_0

D'après la question Q45, une amplitude d'oscillation r_0 correspond exactement à l'énergie d'un photon unique, E_{\text{atome}}(r_0) = \frac{1}{2}m\omega_0^2 r_0^2 = \hbar\omega_0. Par conséquent, à l'instant t_1, l'énergie mécanique emmagasinée par l'atome vaut :

E_{\text{atome}}(t_1) = \frac{1}{2}m\omega_0^2 |\tilde{r}(t_1)|^2 = N \left(\frac{1}{2}m\omega_0^2 r_0^2\right) = N \hbar\omega_0
\boxed{\alpha(t) = -i\sqrt{N}\sin\left(\frac{\Omega_0}{2}t\right), \quad \beta(t) = \sqrt{N}\cos\left(\frac{\Omega_0}{2}t\right) \implies E_{\text{atome}}^{\max} = N\hbar\omega_0}

Dans ce modèle classique d'oscillateurs couplés, l'atome est capable d'absorber la totalité de l'énergie des N photons initialement présents dans la cavité.

Résultat

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2.5.2 · Le modèle quantique

Question 66

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement ; Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : système à deux niveaux, oscillation de rabi

Montrer que dans le cas , on retrouve les équations de la question 46 en identifiant et . Justifier physiquement ce choix. En déduire la valeur de .

Voir l'indice

Écrire les composantes de l'équation de Schrödinger matricielle pour N=1 et identifier les coefficients avec le système couplé de la question 46 pour trouver \Omega_1 = \Omega_0.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de Schrödinger régissant l'évolution du vecteur d'état |\psi(t)\rangle sous forme matricielle pour N=1.
  2. Projeter pour obtenir le système d'équations différentielles couplées sur \tilde{\alpha}(t) et \tilde{\beta}(t), et le comparer aux équations (37) et (38) de la question 46.
  3. Justifier physiquement la correspondance entre les grandeurs classiques normalisées et les amplitudes de probabilité quantiques.
  4. En déduire l'expression de la pulsation de Rabi quantique à un photon \Omega_1.
Voir la réponse courte

Pour un photon unique (N=1), l'atome ne transite qu'entre 2 états discrets et les équations coïncident rigoureusement, avec \Omega_1 = \Omega_0.

Voir le corrigé complet

Dans le cas N = 1, la base des états du système « atome + champ » est constituée des deux états :

  • |e, 0\rangle : l'atome est dans l'état excité et la cavité ne contient aucun photon ;
  • |d, 1\rangle : l'atome est désexcité et la cavité contient 1 photon.

Le vecteur d'état s'écrit matriciellement :

|\psi(t)\rangle = \begin{bmatrix} \tilde{\alpha}(t) \\ \tilde{\beta}(t) \end{bmatrix}

L'équation de Schrödinger i\hbar \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}|\psi(t)\rangle = H|\psi(t)\rangle avec le Hamiltonien (68) pour N=1 donne :

i\hbar \begin{bmatrix} \dot{\tilde{\alpha}}(t) \\ \dot{\tilde{\beta}}(t) \end{bmatrix} = \begin{bmatrix} 0 & \hbar\Omega_1 / 2 \\ \hbar\Omega_1 / 2 & 0 \end{bmatrix} \begin{bmatrix} \tilde{\alpha}(t) \\ \tilde{\beta}(t) \end{bmatrix}

En projetant sur chaque composante et en divisant par i\hbar, on obtient :

\begin{aligned} \dot{\tilde{\alpha}}(t) &= -i\frac{\Omega_1}{2}\tilde{\beta}(t) \\ \dot{\tilde{\beta}}(t) &= -i\frac{\Omega_1}{2}\tilde{\alpha}(t) \end{aligned}

En identifiant \alpha = \tilde{\alpha} et \beta = \tilde{\beta}, on retrouve exactement les équations différentielles couplées (37) et (38) de la question 46, à condition que :

\boxed{\Omega_1 = \Omega_0 = \frac{q\mathcal{E}_1 u(\mathbf{R}_0)}{\sqrt{2\hbar m\omega_0}} = \frac{2}{\tau(\mathbf{R}_0)}}

Justification physique de ce choix :

  • Dans le modèle de la question 46, \alpha(t) = \tilde{r}(t)/r_0 représente l'élongation de l'électron normalisée par r_0, où r_0 correspond précisément à l'énergie d'un photon unique \hbar\omega_0 stockée dans l'atome (question 45). La quantité |\alpha(t)|^2 mesure donc la fraction d'excitation atomique (comprise entre 0 et 1). Dans le formalisme quantique, |\tilde{\alpha}(t)|^2 est exactement la probabilité de trouver l'atome dans son état excité |e,0\rangle.
  • De même, \beta(t) est l'amplitude du mode normalisée par le champ \mathcal{E}_1 d'un seul photon (question 34), de sorte que |\beta(t)|^2 représente le nombre moyen de photons dans la cavité. En mécanique quantique, |\tilde{\beta}(t)|^2 est la probabilité de trouver 1 photon dans le mode (état |d,1\rangle).
  • L'énergie totale étant conservée et fixée à un seul quantum \hbar\omega_0 (|\alpha|^2 + |\beta|^2 = |\tilde{\alpha}|^2 + |\tilde{\beta}|^2 = 1), l'échange réversible d'énergie entre le dipôle classique et le mode à l'échelle d'un seul photon présente un isomorphisme parfait avec la dynamique quantique d'un système à deux niveaux couplé au vide de photons.

Résultat

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Question 67

ExigeanteTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement ; Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : fréquence de rabi, quantification du champ

Justifier en utilisant les résultats précédents que .

Voir l'indice

Comparer l'élément de matrice dipolaire ou le taux d'absorption proportionnel au carré du champ \mathcal{E}_N \propto \sqrt{N}\mathcal{E}_1 pour justifier la dépendance en \sqrt{N}.

Voir la stratégie

Pour relier la pulsation de Rabi \Omega_N à \Omega_1, on peut confronter la dynamique quantique aux temps courts avec le résultat obtenu à la question 64 :

  1. Résoudre l'équation de Schrödinger aux temps courts pour un atome initialement désexcité en présence de N photons afin d'exprimer la probabilité d'excitation |\tilde{\alpha}(t)|^2 en fonction de \Omega_N.
  2. Identifier cette probabilité avec l'énergie adimensionnée \alpha^2(t) calculée à la question 64 aux temps courts, sachant que \Omega_1 = \Omega_0 d'après la question 66.
Voir la réponse courte

Dans le modèle quantique de Jaynes-Cummings, le couplage dipolaire fait intervenir l'opérateur d'annihilation dont les éléments de matrice valent \sqrt{N}.

Voir le corrigé complet

Considérons l'atome initialement dans l'état désexcité en présence de N photons dans la cavité. L'état initial du système s'écrit :

|\psi(0)\rangle = |d, N\rangle \iff \tilde{\alpha}(0) = 0 \quad \text{et} \quad \tilde{\beta}(0) = 1

D'après l'équation de Schrödinger (66) munie de la matrice hamiltonienne (68), l'amplitude \tilde{\alpha}(t) vérifie :

\dot{\tilde{\alpha}}(t) = -i \frac{\Omega_N}{2} \tilde{\beta}(t)

Aux temps courts (t \ll 1/\Omega_N), on a \tilde{\beta}(t) \approx 1, ce qui donne par intégration :

\tilde{\alpha}(t) \approx -i \frac{\Omega_N}{2} t

La probabilité que l'atome se trouve dans l'état excité |e, N-1\rangle au bout du temps t est donc :

|\tilde{\alpha}(t)|^2 \simeq \frac{\Omega_N^2 t^2}{4}

D'après la question 64, le modèle semi-classique conduisait aux temps courts à :

\alpha^2(t) \simeq N \frac{\Omega_0^2 t^2}{4}

Or, \alpha^2(t) = |\tilde{r}(t)|^2 / r_0^2 représente la fraction de quantum d'énergie \hbar\omega_0 absorbée par l'atome. Aux temps suffisamment courts pour que l'atome n'ait absorbé au plus qu'un seul photon, cette grandeur coïncide nécessairement avec la probabilité de transition quantique |\tilde{\alpha}(t)|^2.

En identifiant ces deux expressions et en utilisant \Omega_0 = \Omega_1 établi à la question 66 :

\frac{\Omega_N^2 t^2}{4} = N \frac{\Omega_1^2 t^2}{4}

d'où :

\boxed{\Omega_N = \sqrt{N}\Omega_1}

Résultat

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Question 68

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement ; Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : oscillation de rabi, probabilité de transition

On considère maintenant que l'atome est initialement dans l'état excité, et que le mode du champ contient photons. Entre quels deux états le système va-t-il évoluer ? Calculer la probabilité de rester dans l'état excité.

Voir l'indice

Identifier les deux seuls états couplés par absorption/émission |e, N_i\rangle et |d, N_i+1\rangle, puis projeter l'état quantique sur la base propre.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux états quantiques couplés par conservation de l'énergie lors de l'interaction (désexcitation avec émission d'un photon dans le mode).
  2. Relier le nombre de photons initial N_i au paramètre N du formulaire pour déterminer le Hamiltonien effectif.
  3. Résoudre l'équation de Schrödinger avec les conditions initiales adaptées pour en déduire l'amplitude \tilde{\alpha}(t) et la probabilité demandée.
Voir la réponse courte

Le système oscille entre |e, N_i\rangle et |g, N_i+1\rangle à la fréquence \Omega_{N_i+1}, d'où |\tilde{\alpha}(t)|^2 = \cos^2(\Omega_{N_i+1} t/2).

Voir le corrigé complet

L'atome se trouve initialement dans son état excité |e\rangle, et le mode de la cavité contient N_i photons ; l'état initial du système global est donc |e, N_i\rangle.

Ne disposant que de deux niveaux d'énergie interne, l'atome excité ne peut pas absorber de photon supplémentaire : il ne peut que se désexciter vers l'état |d\rangle en émettant un photon dans le mode résonant de la cavité. Le nombre de photons passe alors de N_i à N_i + 1.

Le système évolue donc exclusivement entre les deux états :

\boxed{|e, N_i\rangle \quad \text{et} \quad |d, N_i + 1\rangle}

Par identification avec la base \{|e, N-1\rangle,\, |d, N\rangle\} introduite à l'équation (65), cette situation correspond au cas où :

N = N_i + 1

L'état du système s'écrit alors :

|\psi(t)\rangle = \tilde{\alpha}(t) |e, N_i\rangle + \tilde{\beta}(t) |d, N_i+1\rangle

avec les conditions initiales \tilde{\alpha}(0) = 1 et \tilde{\beta}(0) = 0.

D'après les questions Q66 et Q67, la pulsation de Rabi associée à cette transition vaut :

\Omega_{N_i+1} = \sqrt{N_i+1}\,\Omega_1

La matrice du Hamiltonien (équation 68) dans cette base s'écrit :

H = \begin{bmatrix} 0 & \dfrac{\hbar\Omega_{N_i+1}}{2} \\[6pt] \dfrac{\hbar\Omega_{N_i+1}}{2} & 0 \end{bmatrix}

L'équation de Schrödinger i\hbar \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}|\psi(t)\rangle = H|\psi(t)\rangle conduit au système différentiel :

\begin{aligned} \dot{\tilde{\alpha}}(t) &= -i \frac{\Omega_{N_i+1}}{2} \tilde{\beta}(t) \\ \dot{\tilde{\beta}}(t) &= -i \frac{\Omega_{N_i+1}}{2} \tilde{\alpha}(t) \end{aligned}

En dérivant la première équation par rapport au temps :

\ddot{\tilde{\alpha}}(t) + \left(\frac{\Omega_{N_i+1}}{2}\right)^{\!2} \tilde{\alpha}(t) = 0

Compte tenu de \tilde{\alpha}(0) = 1 et \dot{\tilde{\alpha}}(0) = -i\frac{\Omega_{N_i+1}}{2}\tilde{\beta}(0) = 0, la solution s'écrit :

\tilde{\alpha}(t) = \cos\left(\frac{\Omega_{N_i+1}}{2} t\right) = \cos\left(\frac{\sqrt{N_i+1}\,\Omega_1}{2} t\right)

La probabilité pour l'atome de rester dans l'état excité à l'instant t est donc :

\boxed{|\tilde{\alpha}(t)|^2 = \cos^2\left(\frac{\sqrt{N_i+1}\,\Omega_1}{2} t\right) = \frac{1 + \cos\left(\sqrt{N_i+1}\,\Omega_1 t\right)}{2}}

Résultat

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2.5.3 · Résultats expérimentaux

Question 69

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement ; Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : effondrement et résurgence, analyse de données

Montrer que l'évolution que l'on observe ne correspond pas à ce que l'on attend de notre modèle pour un atome interagissant avec un champ contenant un nombre de photons initial donné.

Voir l'indice

Remarquer que pour N_i fixé l'oscillation de Rabi est indéfiniment sinusoïdale, ce qui ne reproduit pas l'amortissement visible sur la figure 5.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la probabilité théorique P_d(t) = |\tilde{\beta}(t)|^2 attendue d'après la question précédente pour un état de Fock contenant un nombre de photons N_i fixé.
  2. Décrire les caractéristiques de cette prédiction (périodicité stricte, amplitude constante, contraste unitaire).
  3. Comparer avec l'évolution expérimentale observée sur la figure 5 pour mettre en évidence les désaccords (effondrement rapide de l'amplitude, puis résurgence).
Voir la réponse courte

Pour un nombre fixe N_i, l'oscillation serait strictement périodique sans amortissement, en contradiction flagrante avec l'effondrement observé figure 5.

Voir le corrigé complet

D'après la question 68, pour un atome initialement dans l'état excité |e\rangle en présence d'un champ contenant un nombre bien défini N_i de photons, la probabilité d'occupation de l'état désexcité |d\rangle est donnée par la conservation de la probabilité totale (|\tilde{\alpha}(t)|^2 + |\tilde{\beta}(t)|^2 = 1) :

P_d(t) = |\tilde{\beta}(t)|^2 = 1 - |\tilde{\alpha}(t)|^2 = \sin^2\left(\frac{\Omega_{N_i+1}}{2} t\right) = \frac{1 - \cos(\Omega_{N_i+1} t)}{2}

avec \Omega_{N_i+1} = \sqrt{N_i+1}\,\Omega_1.

Le modèle pour un nombre de photons N_i fixé prédit donc :

  • une oscillation strictement monochromatique de pulsation \Omega_{N_i+1} ;
  • des oscillations non amorties d'amplitude constante, avec un contraste maximal (la probabilité oscille indéfiniment entre 0 et 1).

Or, sur la figure 5, on observe un comportement tout à fait différent :

  • pour les temps courts (t < 25\text{ }\mu\text{s}), les oscillations s'amortissent rapidement jusqu'à s'effondrer autour d'une valeur moyenne proche de 0{,}5 (phénomène d'effondrement ou collapse) ;
  • à des temps plus longs (t \approx 50\text{ à }170\text{ }\mu\text{s}), des oscillations réapparaissent avec une amplitude modulée (phénomène de résurgence ou revival).
\boxed{\text{L'évolution observée (effondrement puis résurgence) ne correspond pas aux oscillations sinusoïdales d'amplitude constante attendues pour un } N_i \text{ fixé.}}

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Question 70

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement ; Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : état cohérent, brouillage

En effet, l'atome interagit ici avec un mode du champ contenant un état cohérent, qui est un état pour lequel le nombre de photons n'est pas défini. Le nombre de photons dans la cavité est une variable aléatoire de valeur moyenne et de dispersion qui est donc différent à chaque répétition de l'expérience. Justifier que si on moyenne des expériences dans laquelle le nombre de photons initial est différent, on s'attend à ce que les oscillations se brouillent aux temps courts.

Voir l'indice

Expliquer qu'une distribution statistique sur le nombre de photons induit une superposition de fréquences de Rabi incommensurables conduisant à une interférence destructive.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la probabilité mesurée comme la moyenne statistique sur la distribution de photons p(N_i) des probabilités conditionnelles obtenues à la question Q69.
  2. Identifier que chaque composante oscille à une pulsation propre de Rabi différente \Omega_{N_i+1} = \sqrt{N_i+1}\,\Omega_1, ce qui induit une dispersion de fréquence \Delta\Omega.
  3. Montrer qu'après un déphasage relatif de l'ordre de grandeur de \pi entre les différentes composantes, les oscillations interfèrent destructivement, conduisant à un brouillage du signal (phénomène d'effondrement ou collapse).
Voir la réponse courte

La dispersion du nombre de photons entraîne une distribution de fréquences \Omega_N \propto \sqrt{N} conduisant à un brouillage destructif rapide des composantes.

Voir le corrigé complet

Lors de la répétition des mesures avec un état cohérent, le nombre initial de photons N_i varie aléatoirement selon une loi de probabilité p(N_i) d'espérance \bar{N}_i et d'écart-type \Delta N_i. La probabilité moyenne observée d'observer l'atome désexcité au temps t s'obtient d'après la question Q69 par la moyenne d'ensemble :

\langle P_d(t) \rangle = \sum_{N_i=0}^{\infty} p(N_i) P_d(t \mid N_i) = \frac{1}{2} - \frac{1}{2} \sum_{N_i=0}^{\infty} p(N_i) \cos(\Omega_{N_i+1} t)

où la pulsation d'oscillation dépend explicitement de N_i selon :

\Omega_{N_i+1} = \sqrt{N_i+1}\,\Omega_1

À l'instant initial t = 0, toutes les composantes sont rigoureusement en phase (\cos(0) = 1), de sorte que \langle P_d(0) \rangle = 0, et pour les premiers instants, elles oscillent de concert autour de la pulsation moyenne \bar{\Omega} \approx \sqrt{\bar{N}_i+1}\,\Omega_1.

Cependant, la dispersion \Delta N_i sur le nombre de photons induit une dispersion sur les pulsations de Rabi :

\Delta\Omega \approx \left.\frac{\mathrm{d}\Omega_{N_i+1}}{\mathrm{d}N_i}\right|_{\bar{N}_i} \Delta N_i = \frac{\Omega_1}{2\sqrt{\bar{N}_i+1}}\,\Delta N_i

Au cours du temps, le déphasage relatif entre les différents modes d'oscillation, \Delta\phi(t) \sim \Delta\Omega \cdot t, s'accroît. Dès que ce déphasage devient de l'ordre de grandeur de \pi :

\Delta\Omega \cdot t_{\text{eff}} \sim \pi

les cosinus oscillent en opposition de phase et leurs contributions interfèrent destructivement. La somme pondérée sur N_i s'annule en moyenne statistique, amortissant l'amplitude des oscillations qui se brouillent pour laisser place à la valeur moyenne \langle P_d \rangle \approx 1/2.

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Question 71

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement

Notions : effondrement, ordre de grandeur

En étudiant la dynamique de l'effondrement (), donner une estimation de et de . On pourra estimer la valeur de dans l'expérience à partir de la courbe de la figure 2 de la partie précédente.

Voir l'indice

Mesurer la pulsation des premières oscillations pour en déduire \Omega_1\sqrt{\bar{N}_i+1}, mesurer le temps d'effondrement pour estimer \Delta N_i, et utiliser \Omega_1 de la figure 2.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la pulsation de Rabi du vide \Omega_1 à partir de la période T_1 des oscillations observées sur la figure 2 (atome couplé au vide, N_i = 0).
  2. Mesurer la pseudo-période T_{\mathrm{osc}} des oscillations aux temps courts (t < 20\,\mu\mathrm{s}) sur la figure 5 pour en déduire \bar{\Omega} = \sqrt{\bar{N}_i+1}\,\Omega_1, puis le nombre moyen de photons \bar{N}_i.
  3. Évaluer le temps d'effondrement t_{\mathrm{eff}} sur la figure 5 et relier ce temps à la dispersion en pulsation \Delta\Omega, afin d'estimer l'écart-type \Delta N_i.
Voir la réponse courte

Le temps d'effondrement t_c \sim 2/(\Delta\Omega) et la mesure de \Omega_1 permettent d'estimer \bar{N}_i et la dispersion statistique \Delta N_i.

Voir le corrigé complet

1. Estimation de \Omega_1 à partir de la figure 2 :

D'après les questions Q43 et Q66, en l'absence initiale de photon dans la cavité (N_i = 0), l'énergie de l'atome oscille à la pulsation de Rabi du vide \Omega_1 selon :

|\tilde{r}(t)|^2 = r_0^2 \cos^2\left(\frac{\Omega_1}{2}t\right) = \frac{r_0^2}{2}\left(1 + \cos(\Omega_1 t)\right)

La période d'oscillation de |\tilde{r}(t)|^2 est donc T_1 = \frac{2\pi}{\Omega_1}.

Sur la figure 2, on compte environ 5 périodes complètes d'oscillation en 100\,\mu\mathrm{s} (ou 17 à 18 oscillations sur 350\,\mu\mathrm{s}), ce qui donne :

T_1 \approx 20\,\mu\mathrm{s}

On en déduit la valeur de la pulsation de Rabi du vide :

\Omega_1 = \frac{2\pi}{T_1} \approx \frac{2\pi}{20 \times 10^{-6}\,\mathrm{s}} \approx 3 \times 10^5\,\mathrm{rad}\cdot\mathrm{s}^{-1}

2. Estimation du nombre moyen de photons \bar{N}_i :

D'après la question Q68, pour un état à N_i photons, la probabilité P_d(t) oscille à la pulsation \Omega_{N_i+1} = \sqrt{N_i+1}\,\Omega_1. En présence d'une distribution de photons centrée en \bar{N}_i, les oscillations aux temps courts sont dominées par la composante moyenne :

\bar{\Omega} = \sqrt{\bar{N}_i + 1}\,\Omega_1

Sur la figure 5, dans la zone d'effondrement (t < 20\,\mu\mathrm{s}), on observe environ 3 oscillations complètes en 18\,\mu\mathrm{s}, soit une pseudo-période d'oscillation :

T_{\mathrm{osc}} \approx 6\,\mu\mathrm{s}

Le rapport des périodes donne directement :

\begin{aligned} \sqrt{\bar{N}_i + 1} &= \frac{\bar{\Omega}}{\Omega_1} = \frac{T_1}{T_{\mathrm{osc}}} \approx \frac{20\,\mu\mathrm{s}}{6\,\mu\mathrm{s}} \approx 3{,}3 \end{aligned}

En élevant au carré :

\bar{N}_i + 1 \approx 11 \implies \bar{N}_i \approx 10

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{\bar{N}_i \approx 1 \times 10^1}

3. Estimation de la dispersion \Delta N_i :

D'après la question Q70, la dispersion sur les pulsations de Rabi induite par la dispersion \Delta N_i s'écrit au premier ordre :

\Delta\Omega \approx \frac{\Omega_1}{2\sqrt{\bar{N}_i+1}}\,\Delta N_i

L'effondrement complet des oscillations (brouillage de phase) se produit lorsque l'écart de phase entre les composantes extrêmes atteint l'ordre d'un demi-cycle à un cycle, soit \Delta\Omega \cdot t_{\mathrm{eff}} \sim \pi.

Sur la figure 5, l'amplitude des oscillations devient quasiment nulle vers :

t_{\mathrm{eff}} \approx 15\text{ à }20\,\mu\mathrm{s}

En retenant t_{\mathrm{eff}} \approx 20\,\mu\mathrm{s}, on obtient :

\begin{aligned} \Delta N_i &\approx \frac{2\pi \sqrt{\bar{N}_i+1}}{\Omega_1 t_{\mathrm{eff}}} = \frac{T_1}{t_{\mathrm{eff}}}\sqrt{\bar{N}_i+1} \approx \frac{20\,\mu\mathrm{s}}{20\,\mu\mathrm{s}} \times 3{,}3 \approx 3 \end{aligned}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{\Delta N_i \approx 3}

Résultat

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Question 72

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Physique quantique › Quantification et confinement ; Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : résurgence de rabi, quantification du champ

Comment peut-on interpréter la résurgence des oscillations (encadré dans la figure 5) ? Montrer que cette résurgence est la preuve de la quantification du champ, c'est à dire que le nombre de photons dans le mode prend des valeurs discrètes.

Voir l'indice

Interpréter la résurgence comme la recombinaison en phase des termes discrets de Rabi \sqrt{N} aux temps longs, impossible dans le cadre d'un spectre classique continu.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la probabilité P_d(t) sous la forme d'une somme discrète d'oscillations aux pulsations de Rabi \Omega_{N+1} = \sqrt{N+1}\,\Omega_1 pondérées par la loi de probabilité p(N) de l'état cohérent.
  2. Calculer l'écart de pulsation \delta\Omega entre deux états à nombres de photons consécutifs au voisinage de \bar{N}_i, et en déduire la condition de réphasage (temps de résurgence t_{\text{rev}}).
  3. Comparer ce comportement discret au cas d'une grandeur classique continue (intégrale de Fourier soumise au lemme de Riemann-Lebesgue) pour conclure sur la preuve de la quantification du champ.
Voir la réponse courte

Le caractère discret des entiers N permet une remise en phase quasi complète à t_{\text{revival}}, signature indiscutable de la discrétisation photonique.

Voir le corrigé complet

1. Interprétation physique de la résurgence

D'après la question Q68, la probabilité pour un atome d'être détecté dans l'état désexcité |d\rangle en présence de N photons initiaux est :

P_d(t\mid N) = \sin^2\left(\frac{\Omega_{N+1}}{2}t\right) = \frac{1}{2} - \frac{1}{2}\cos(\Omega_{N+1}t) \quad \text{avec} \quad \Omega_{N+1} = \sqrt{N+1}\,\Omega_1

Dans un état cohérent, le nombre initial de photons est distribué selon une loi de probabilité discrète p(N). La probabilité moyenne observée s'écrit donc :

P_d(t) = \frac{1}{2} - \frac{1}{2}\sum_{N=0}^{\infty} p(N) \cos(\Omega_{N+1}t)

Aux temps très courts (t < t_{\text{eff}} \sim 1/\Delta\Omega), les composantes oscillantes sont initialement en phase, puis se déphasent du fait de la dispersion \Delta N_i, provoquant l'effondrement (collapse) de la visibilité des oscillations vers la valeur moyenne 1/2.

Cependant, le spectre des pulsations \{\Omega_{N+1}\} est discret. Au voisinage du nombre moyen \bar{N}_i, l'écart de pulsation entre deux composantes adjacentes (N et N+1) vaut :

\delta\Omega = \Omega_{\bar{N}_i+2} - \Omega_{\bar{N}_i+1} \approx \left.\frac{\mathrm{d}\Omega_{N+1}}{\mathrm{d}N}\right|_{\bar{N}_i} = \frac{\Omega_1}{2\sqrt{\bar{N}_i+1}}

Les composantes prépondérantes de la somme acquièrent une différence de phase relative qui redevient un multiple entier de 2\pi au bout d'un temps de résurgence (revival) :

t_{\text{rev}} = \frac{2\pi}{\delta\Omega} \approx \frac{4\pi\sqrt{\bar{N}_i+1}}{\Omega_1}

À t \approx t_{\text{rev}}, les oscillations associées aux valeurs entières de N les plus probables interfèrent à nouveau de façon constructive : les oscillations de Rabi réapparaissent temporairement.

2. Preuve de la quantification du champ

Dans un modèle classique, l'énergie ou l'intensité du champ électromagnétique varie continûment. La probabilité moyenne résulterait alors d'une intégrale sur une distribution continue de pulsations p(\Omega) :

\langle \cos(\Omega t) \rangle_{\text{classique}} = \int_{0}^{\infty} p(\Omega)\cos(\Omega t)\,\mathrm{d}\Omega

D'après le lemme de Riemann-Lebesgue, pour toute distribution continue régulière p(\Omega), cette intégrale s'annule irréversiblement lorsque t \to \infty. Un champ continu produirait ainsi un effondrement définitif des oscillations, sans aucune résurgence ultérieure.

L'observation expérimentale de cette résurgence prouve que la somme n'est pas une intégrale continue, mais une somme discrète sur des pulsations discrètes \Omega_N \propto \sqrt{N}. Le champ dans la cavité ne peut donc échanger de l'énergie que par paquets discrets de valeur \hbar\omega :

\boxed{\text{La résurgence démontre la nature discrète du nombre de photons } N \text{ et constitue une signature directe de la quantification du champ.}}

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique U PSI 2022 ?

Surtout 2 chapitres : Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide (39 % des questions) et Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (17 %). Plus ponctuellement : Photons et dualité onde-corpuscule, Cinématique et dynamique du point, Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques, Dipôles électrique et magnétique, Quantification et confinement…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique U PSI 2022 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

Peu : 17 questions sur 72 (24 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la sous-partie 2.3 (Q47 à Q54). Avec les autres programmes de première année : 17 en MP2I et 17 en TSI1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique U PSI 2022 ?

Environ 5 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie 2 est la plus longue (environ 3 h 15).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique U PSI 2022 ?

Notamment Q19 (force de lorentz), Q20 (force dipolaire), Q40 (densité de courant), Q48 (approximation séculaire), Q53 (approximation markovienne) et Q71 (effondrement), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique U PSI 2022 ?

Questions de cours : Q29 (condition de passage) et Q55 (polarisation). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q1 (densité volumique de charge), Q2 (théorème de gauss), Q6 (vecteur de poynting), Q10 (principe fondamental de la dynamique), Q11 (régime sinusoïdal forcé), Q14 (diffusion rayleigh), Q22 (pression de radiation), Q24 (approximation paraxiale)….

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique U PSI 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (29 sur 72), par exemple : Q1 à Q5, Q7 à Q9, Q12, Q13, Q18, Q25, Q26, Q28 à Q30, Q35 à Q37, Q44, Q45, Q47…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q6, Q10, Q11, Q14, Q17, Q19, Q20, Q23, Q24, Q31 à Q34, Q38 à Q40, Q46….

Le sujet ENS Physique U PSI 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Pourquoi la force magnétique moyenne n'est-elle pas négligeable devant la force électrique en Q19 ?

En instantané, le rapport vaut v/c \ll 1, mais la force électrique oscille à moyenne nulle à l'ordre zéro. Sa valeur moyenne séculaire provient du gradient dipolaire en r/\lambda \sim v/c, ce qui la ramène au même ordre de grandeur que la force de Lorentz magnétique moyenne.

Pourquoi l'atome ne peut-il plus se désexciter au voisinage d'un miroir en Q42 ?

Les conditions aux limites sur le miroir conducteur parfait imposent un nœud au champ électrique tangentiel. En z = \pm D/2, la fonction spatiale s'annule (u(\mathbf{R}_0) = 0), ce qui annule le couplage dipolaire atome-cavité et interdit tout transfert d'énergie vers le mode du champ.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.