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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 MP 2020 (page 3/3 : Partie III)

L'énergie électrique d'origine nucléaire

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Partie III : Du réacteur aux turbines

III.A · Approche générale

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : premier principe pour un système ouvert

Montrer que .

Voir l'indice

Effectuer un bilan du premier principe de la thermodynamique entre les instants t et t+\mathrm{d}t sur un système fermé coïncidant avec le volume de contrôle.

Voir la stratégie

Pour établir le premier principe pour un écoulement en régime stationnaire dans un système ouvert :

  1. On définit un système fermé coïncidant avec le contenu de l'élément à l'instant t, augmenté de la masse entrante pendant \mathrm{d}t.
  2. On applique le premier principe de la thermodynamique à ce système fermé entre les instants t et t+\mathrm{d}t, en négligeant les variations d'énergie cinétique macroscopique et d'énergie potentielle de pesanteur.
  3. On sépare le travail des forces de pression aux frontières (travail de transvasement) des autres travaux, ce qui fait naturellement apparaître l'enthalpie H = U + PV.
Voir la réponse courte

Premier principe industriel en régime stationnaire pour un fluide en écoulement : \dot{m}(h_\text{s}-h_\text{e}) = \mathcal{P}_\text{u} + \mathcal{P}_\text{th}.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé \Sigma défini de la façon suivante :

  • à l'instant t, \Sigma(t) = \Sigma_0 \cup \delta m_{\text{e}}, où \Sigma_0 est le volume fixe de l'élément et \delta m_{\text{e}} la masse de fluide qui va y pénétrer pendant la durée \mathrm{d}t ;
  • à l'instant t + \mathrm{d}t, \Sigma(t + \mathrm{d}t) = \Sigma_0 \cup \delta m_{\text{s}}, où \delta m_{\text{s}} est la masse de fluide sortie pendant \mathrm{d}t.

Le régime étant stationnaire, la masse totale contenue dans \Sigma_0 est constante, d'où la conservation de la masse :

\delta m_{\text{e}} = \delta m_{\text{s}} = \delta m = R\,\mathrm{d}t

Appliquons le premier principe de la thermodynamique au système fermé \Sigma entre t et t+\mathrm{d}t. En négligeant les variations d'énergies cinétique et potentielle de pesanteur macroscopiques devant les variations d'énergie interne, le bilan s'écrit :

\Delta U = \delta W + \delta Q

1. Variation d'énergie interne :

\begin{aligned} \Delta U &= U_{\Sigma}(t+\mathrm{d}t) - U_{\Sigma}(t) \\ &= \left[ U_{\Sigma_0}(t+\mathrm{d}t) + u_{\text{s}}\,\delta m \right] - \left[ U_{\Sigma_0}(t) + u_{\text{e}}\,\delta m \right] \end{aligned}

En régime stationnaire, l'état thermodynamique de \Sigma_0 ne dépend pas du temps, donc U_{\Sigma_0}(t+\mathrm{d}t) = U_{\Sigma_0}(t). Il reste :

\Delta U = (u_{\text{s}} - u_{\text{e}})\,\delta m

où u_{\text{e}} et u_{\text{s}} désignent respectivement l'énergie interne massique du fluide en entrée et en sortie.

2. Travail et transferts thermiques reçus :

  • Le transfert thermique reçu par le fluide pendant \mathrm{d}t est : \delta Q = P_{\text{th}}\,\mathrm{d}t.
  • Le travail des forces autres que pressantes (arbres en rotation, parties mobiles) est : \delta W_{\text{u}} = P_{\text{u}}\,\mathrm{d}t.
  • Le travail des forces de pression extérieures exercées sur les frontières mobiles du système fermé (travail de transvasement) comprend :

    • à l'entrée, le fluide amont pousse la masse \delta m de volume \delta V_{\text{e}} = v_{\text{e}}\,\delta m : \delta W_{P,\text{e}} = + P_{\text{e}}\,\delta V_{\text{e}} = P_{\text{e}} v_{\text{e}}\,\delta m ;
    • à la sortie, le fluide aval résiste à l'évacuation de la masse \delta m de volume \delta V_{\text{s}} = v_{\text{s}}\,\delta m : \delta W_{P,\text{s}} = - P_{\text{s}}\,\delta V_{\text{s}} = - P_{\text{s}} v_{\text{s}}\,\delta m.

Les parois de l'élément étant indéformables, les forces de pression sur ces parois ne travaillent pas. On a donc :

\delta W = \delta W_{\text{u}} + (P_{\text{e}} v_{\text{e}} - P_{\text{s}} v_{\text{s}})\,\delta m

3. Bilan d'enthalpie : En réinjectant ces expressions dans le premier principe :

\begin{aligned} (u_{\text{s}} - u_{\text{e}})\,\delta m &= P_{\text{u}}\,\mathrm{d}t + P_{\text{th}}\,\mathrm{d}t + (P_{\text{e}} v_{\text{e}} - P_{\text{s}} v_{\text{s}})\,\delta m \\ \delta m \left[ (u_{\text{s}} + P_{\text{s}} v_{\text{s}}) - (u_{\text{e}} + P_{\text{e}} v_{\text{e}}) \right] &= (P_{\text{u}} + P_{\text{th}})\,\mathrm{d}t \end{aligned}

En introduisant l'enthalpie massique h = u + Pv et le débit massique R = \frac{\delta m}{\mathrm{d}t}, on obtient :

\boxed{R (h_{\text{s}} - h_{\text{e}}) = P_{\text{u}} + P_{\text{th}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez clairement le système avec un schéma, mentionnez l'hypothèse d'écoulement stationnaire et justifiez le travail des forces de pression.

« Le système à considérer n’est quasiment jamais défini rigoureusement. Un schéma, même rudimentaire, sur lequel figurent le volume de contrôle et le système fermé étudié est utile pour clarifier le bilan réalisé. »

« La plupart du temps, la restitution de la démonstration vue en cours est approximative : le caractère stationnaire de l’écoulement, bien qu’indispensable à la démonstration, est rarement invoqué et l’expression du travail massique développé par les forces de pression est donnée sans justification. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

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III.B · Analyse du cycle

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Notions : diagramme entropique, cycle de hirn

Placer tous les états sur le diagramme de l'eau fourni dans le document réponse.

Voir l'indice

Placer les isobares à 70, 11 et 0{,}05\text{ bar}, puis positionner chaque point selon son état de saturation (courbes d'ébullition et de rosée) et son titre massique x.

Voir la stratégie
  1. Identifier pour chaque point du circuit la pression P, la température T, ainsi que le titre massique en vapeur x à partir de la figure 7 et des tableaux de données.
  2. Utiliser les données thermodynamiques de saturation de l'eau aux trois pressions de travail (70\text{ bar}, 11\text{ bar} et 0{,}05\text{ bar}) pour situer chaque point par rapport à la courbe de saturation :

    • courbe d'ébullition (x = 0) pour les liquides saturants ;
    • courbe de rosée (x = 1) pour les vapeurs saturantes sèches ;
    • sous la cloche diphasique à l'intersection du palier de changement d'état isotherme/isobare et de la courbe d'isotitre x correspondante ;
    • dans le domaine de vapeur surchauffée (T > T_{\text{sat}}(P)) à l'intersection de l'isobare et de l'isotherme associées.
Voir la réponse courte

Placement des points de la détente, surchauffe, condensation et compression sur le diagramme (T, s) de l'eau.

Voir le corrigé complet

Les caractéristiques thermodynamiques de chaque état se déduisent des données du sujet :

  • État A : sortie du générateur de vapeur, vapeur saturante sèche à P_A = 70\text{ bar} (x_A = 1).
    D'après les données de saturation, T_A = 286\text{ }^\circ\text{C} et s_A = s_{\text{v}}(70\text{ bar}) = 5{,}81\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
    Le point A est sur la courbe de rosée (x=1).
  • État B : sortie de la turbine haute pression (HP), mélange diphasique à P_B = 11\text{ bar} de titre x_B = 0{,}90.
    La température est la température de saturation T_B = 184\text{ }^\circ\text{C}, et l'entropie vaut :

    s_B = (1 - x_B)s_{\ell}(11\text{ bar}) + x_B s_{\text{v}}(11\text{ bar}) = 0{,}10 \times 2{,}18 + 0{,}90 \times 6{,}55 = 6{,}11\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}

    Le point B est sous la cloche, sur le palier à 184\text{ }^\circ\text{C} à l'intersection avec la courbe x = 0{,}90.

  • État C : sortie liquide du séparateur gravitaire, liquide saturant à P_C = 11\text{ bar} (x_C = 0).
    T_C = 184\text{ }^\circ\text{C} et s_C = s_{\ell}(11\text{ bar}) = 2{,}18\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
    Le point C est sur la courbe d'ébullition (x=0).
  • État D : entrée du générateur de vapeur, liquide comprimé sous P_D = 70\text{ bar} à T_D = 76\text{ }^\circ\text{C}.
    L'eau liquide étant très peu compressible, l'état se situe quasiment sur la courbe limite liquide (x=0) à l'ordonnée T = 76\text{ }^\circ\text{C} (s_D \approx 1{,}0\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).
  • État E : sortie vapeur du séparateur, vapeur saturante sèche à P_E = 11\text{ bar} (x_E = 1).
    T_E = 184\text{ }^\circ\text{C} et s_E = s_{\text{v}}(11\text{ bar}) = 6{,}55\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
    Le point E est sur la courbe de rosée (x=1).
  • État F : sortie du surchauffeur, vapeur surchauffée à P_F = 11\text{ bar} et T_F = 250\text{ }^\circ\text{C} (ou 281\text{ }^\circ\text{C} selon le schéma de la figure 7).
    Comme T_F > T_{\text{sat}}(11\text{ bar}) = 184\text{ }^\circ\text{C}, le point F est situé hors de la cloche, à droite, à l'intersection de l'isobare 11\text{ bar} et de l'isotherme T_F.
  • État G : sortie de la turbine basse pression (BP), mélange diphasique à P_G = 0{,}05\text{ bar} de titre x_G = 0{,}88.
    La température est T_G = 33{,}0\text{ }^\circ\text{C}, et l'entropie vaut :

    s_G = (1 - x_G)s_{\ell}(0{,}05\text{ bar}) + x_G s_{\text{v}}(0{,}05\text{ bar}) = 0{,}12 \times 0{,}476 + 0{,}88 \times 8{,}39 = 7{,}44\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}

    Le point G est sous la cloche, sur le palier à 33\text{ }^\circ\text{C} à l'intersection avec la courbe x = 0{,}88.

  • État H : sortie du condenseur, liquide saturant à P_H = 0{,}05\text{ bar} (x_H = 0).
    T_H = 33{,}0\text{ }^\circ\text{C} et s_H = s_{\ell}(0{,}05\text{ bar}) = 0{,}476\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
    Le point H est sur la courbe d'ébullition (x=0).
  • État I : sortie de condensation du surchauffeur, liquide saturant à P_I = 70\text{ bar} (x_I = 0).
    T_I = 286\text{ }^\circ\text{C} et s_I = s_{\ell}(70\text{ bar}) = 3{,}12\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
    Le point I est sur la courbe d'ébullition (x=0).
ÉtatP\text{ (bar)}T\text{ (}^\circ\text{C)}xs\text{ (kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}\text{)}Positionnement sur le diagramme (T,s)
A7028615,81Courbe de rosée (x=1) à 286\text{ }^\circ\text{C}
B111840,906,11Sous la cloche, palier 184\text{ }^\circ\text{C}, courbe x=0{,}90
C1118402,18Courbe d'ébullition (x=0) à 184\text{ }^\circ\text{C}
D7076liq. comp.\approx 1{,}0Courbe limite liquide à 76\text{ }^\circ\text{C}
E1118416,55Courbe de rosée (x=1) à 184\text{ }^\circ\text{C}
F11250\text{ ou }281vap. séche\approx 6{,}9\text{ à }7{,}0Vapeur surchauffée, isobare 11\text{ bar}, isotherme T_F
G0,05330,887,44Sous la cloche, palier 33\text{ }^\circ\text{C}, courbe x=0{,}88
H0,053300,48Courbe d'ébullition (x=0) à 33\text{ }^\circ\text{C}
I7028603,12Courbe d'ébullition (x=0) à 286\text{ }^\circ\text{C}
Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury a accepté les valeurs de 281 °C et de 250 °C pour la température au point F en raison d'une ambivalence dans le sujet.

« Le jury a été vigilant au fait que la température au point F pouvait être prise égale à 281 °C ou à 250 °C, selon que le candidat se référait à la figure 7 de l’énoncé ou aux valeurs données dans le document-réponse. Cette ambivalence dans le choix de TFa d’ailleurs été prise en compte jusqu’à la fin du barème. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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III.B.1 · Enthalpies massiques

Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Exploitation de document

Notions : diagramme entropique, lecture graphique

Par lecture graphique, déterminer la valeur de l'enthalpie massique de l'eau dans l'état .

Voir l'indice

Lire l'enthalpie à l'intersection de l'isobare 11\text{ bar} et de l'isotherme donnée en sortie de surchauffeur sur le diagramme (T, s).

Voir la stratégie
  1. Repérer l'état (F) dans le diagramme (T, s) à l'intersection de l'isobare P = 11\text{ bar} et de l'isotherme correspondant à la température de surchauffe indiquée dans l'énoncé (T_F = 281\ ^\circ\text{C} dans le texte et sur la figure 7, ou 250\ ^\circ\text{C} dans le tableau récapitulatif).
  2. Lire la valeur de l'enthalpie massique h_F en suivant le réseau des courbes isenthalpiques (courbes en traits pleins inclinées vers le bas à droite).
Voir la réponse courte

Lecture directe de l'enthalpie massique h_F sur le réseau d'iso-enthalpiques du diagramme (T, s) au point F.

Voir le corrigé complet

L'état (F) est une vapeur surchauffée (vapeur sèche) sous une pression P = 11\text{ bar}.

Cas T_F = 281\ ^\circ\text{C} (texte p. 6 et figure 7) : Sur le diagramme (T, s), on se place à l'ordonnée T_F = 281\ ^\circ\text{C} et sur l'isobare P \approx 11\text{ bar} (légèrement au-dessus de l'isobare 10\text{ bar}). Le point représentatif se situe pratiquement sur la courbe isenthalpique h = 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. On lit :

\boxed{h_F \approx 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

Cas T_F = 250\ ^\circ\text{C} (données du tableau p. 11) : Si l'on utilise la valeur T_F = 250\ ^\circ\text{C} issue du tableau des caractéristiques du circuit secondaire, l'intersection de l'isotherme 250\ ^\circ\text{C} et de l'isobare 11\text{ bar} se situe entre les isenthalpes 2900\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, aux alentours du tiers supérieur de l'intervalle :

\boxed{h_F \approx 2930\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \quad (\pm 20\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1})}

La valeur h_F \approx 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} (correspondant à T_F = 281\ ^\circ\text{C}) est généralement privilégiée car elle tombe directement sur une ligne repère graduée du diagramme.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : enthalpie massique, titre en vapeur

Calculer les valeurs des enthalpies massiques et à partir des données numériques fournies.

Voir l'indice

Appliquer la formule du mélange diphasique liquide-vapeur h = (1-x)h_\text{liq} + x h_\text{vap} avec les grandeurs tabulées aux pressions de sortie.

Voir la réponse courte

Formule de mélange diphasique h = h_\text{liq} + x \Delta_\text{vap}h appliquée aux points diphasiques B et G.

Voir le corrigé complet

Les états B et G sont des mélanges diphasiques liquide-vapeur situés sous la courbe de saturation, caractérisés chacun par leur pression et leur titre massique en vapeur x.

L'enthalpie massique d'un mélange liquide-vapeur de titre en vapeur x s'exprime sous la forme :

h = (1 - x)\,h_{\ell} + x\,h_v = h_{\ell} + x\,(h_v - h_{\ell})

où h_{\ell} et h_v sont respectivement les enthalpies massiques du liquide saturant et de la vapeur saturante sèche à la pression considérée.

1. Enthalpie massique à l'état B :

L'état B est à la pression P_B = 11\text{ bar} avec un titre x_B = 0{,}90. D'après les données fournies pour l'eau à 11\text{ bar} :

  • h_{\ell}(11\text{ bar}) = 781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • h_v(11\text{ bar}) = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

On en déduit :

\begin{aligned} h_B &= 781 + 0{,}90 \times (2781 - 781) \\ &= 781 + 0{,}90 \times 2000 \end{aligned}
\boxed{h_B = 2581\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

2. Enthalpie massique à l'état G :

L'état G est à la pression P_G = 0{,}05\text{ bar} avec un titre x_G = 0{,}88. D'après les données fournies pour l'eau à 0{,}05\text{ bar} :

  • h_{\ell}(0{,}05\text{ bar}) = 137{,}8\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • h_v(0{,}05\text{ bar}) = 2561\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

On en déduit :

\begin{aligned} h_G &= 137{,}8 + 0{,}88 \times (2561 - 137{,}8) \\ &= 137{,}8 + 0{,}88 \times 2423{,}2 \\ &= 137{,}8 + 2132{,}4 \end{aligned}
\boxed{h_G \approx 2270\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : liquide incompressible, enthalpie

Estimer la valeur de l'enthalpie massique .

Voir l'indice

Approximer l'enthalpie d'un liquide sous-refroidi par celle du liquide saturant à la même température : h(T, P) \approx h_\text{liq}(T).

Voir la stratégie
  1. Identifier la phase et les coordonnées thermodynamiques de l'eau à l'état D d'après les données et le schéma du cycle.
  2. Utiliser le modèle de la phase condensée incompressible et indilatable pour relier l'enthalpie massique h_D à la température T_D, soit par la capacité thermique massique de l'eau liquide, soit par interpolation à partir des données de saturation fournies dans l'énoncé.
Voir la réponse courte

L'état D est un liquide sous-refroidi incompressible : h_D \approx h_C + v_L (P_D - P_C) ou approximation par l'état saturé.

Voir le corrigé complet

À l'état D, l'eau se trouve à l'état liquide sous la pression P_D = 70\text{ bar} et à la température T_D = 76\text{ }^\circ\text{C} = 349\text{ K}.
Or, à cette pression de 70\text{ bar}, la température d'ébullition vaut T_{\text{sat}}(70\text{ bar}) = 286\text{ }^\circ\text{C} (donnée du tableau « Sur l'eau »). L'état D correspond donc à un liquide comprimé (ou sous-refroidi), très éloigné des conditions critiques.

Pour une phase condensée (liquide) considérée comme incompressible et indilatable de capacité thermique massique c_{\text{liq}} et de volume massique v_{\text{liq}} \approx 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}, la différentielle de l'enthalpie massique s'écrit :

\mathrm{d}h = c_{\text{liq}}\,\mathrm{d}T + v_{\text{liq}}\,\mathrm{d}P

Plusieurs démarches concordantes permettent d'estimer h_D :

Méthode 1 : Utilisation de la capacité thermique massique usuelle de l'eau liquide Avec la convention usuelle h(0\text{ }^\circ\text{C}, P_{\text{sat}}) \approx 0 et la valeur usuelle c_{\text{liq}} \approx 4{,}18\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :

\begin{aligned} h_D &\approx c_{\text{liq}}(T_D - 0\text{ }^\circ\text{C}) + v_{\text{liq}}(P_D - P_{\text{sat}}) \\ h_D &\approx 4{,}18 \times 76 + 1{,}0 \times 10^{-3} \times (70 - 1) \times 10^5 \times 10^{-3}\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \\ h_D &\approx 318 + 7 = 325\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

Méthode 2 : Interpolation à partir des tables fournies À l'état liquide saturant sous P_H = 0{,}05\text{ bar}, pour lequel T_{\text{sat}} = 33{,}0\text{ }^\circ\text{C}, les données indiquent h_{\text{liq}} = 137{,}8\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}. En intégrant entre cet état de référence liquide et l'état D :

\begin{aligned} h_D &\approx h_{\text{liq}}(33\text{ }^\circ\text{C}) + c_{\text{liq}}\,(T_D - 33\text{ }^\circ\text{C}) + v_{\text{liq}}\,(P_D - P_H) \\ h_D &\approx 137{,}8 + 4{,}18 \times (76 - 33) + 1{,}0 \times 10^{-3} \times (70 - 0{,}05) \times 10^2 \\ h_D &\approx 137{,}8 + 179{,}7 + 7{,}0 \approx 325\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

Méthode 3 : Lecture sur le diagramme (T,s) Sur le diagramme (T,s) fourni (page 9), en suivant la courbe d'ébullition (x = 0) jusqu'à l'ordonnée T = 76\text{ }^\circ\text{C}, on relève une valeur d'enthalpie située nettement entre 200\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et 400\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, voisine de 320\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

On retient donc :

\boxed{h_D \approx 3{,}2 \times 10^2\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \quad (\approx 325\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1})}

Résultat

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III.B.2 · Calcul des différents débits

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : bilan de masse, titre en vapeur

Exprimer les relations simples qui existent entre les débits , et , puis entre , et (titre de vapeur au point ) et enfin entre , et .

Voir l'indice

Écrire les équations de conservation du débit massique global à la bifurcation de sortie du GV, ainsi que la séparation liquide/vapeur opérée par le ballon séparateur.

Voir la réponse courte

Conservation des débits massiques aux séparateurs : R_0 = R_1 + R_3, R_2 = x_B R_1 (vapeur) et R_4 = (1-x_B)R_1 (eau liquide).

Voir le corrigé complet
  1. Relation entre R_0, R_1 et R_3 :

    En régime stationnaire, la conservation du débit massique au nœud de dérivation situé à la sortie du générateur de vapeur (état A) impose que le débit incident R_0 se sépare entre le débit R_1 alimentant la turbine haute pression (HP) et le débit R_3 alimentant le surchauffeur :

    \boxed{R_0 = R_1 + R_3}
  2. Relation entre R_2, R_1 et x_B :

    Le mélange diphasique issu de la turbine HP entre dans le séparateur avec un débit total R_1 et un titre massique en vapeur x_B. Ce séparateur sépare physiquement la phase gazeuse (débit R_2 de vapeur saturante en haut, état E) de la phase liquide (débit R_4 de liquide saturant en bas, état C).

    Par définition du titre en vapeur comme rapport du débit massique de vapeur au débit massique total :

    x_B = \frac{R_{\text{vap}}}{R_{\text{tot}}} = \frac{R_2}{R_1}

    On en déduit immédiatement :

    \boxed{R_2 = x_B R_1}
  3. Relation entre R_4, R_1 et x_B :

    Le débit de liquide R_4 correspond à la fraction liquide du fluide entrant :

    1 - x_B = \frac{R_{\text{liq}}}{R_{\text{tot}}} = \frac{R_4}{R_1}

    Ce qui donne directement :

    \boxed{R_4 = (1 - x_B) R_1}

    On vérifie bien la conservation globale de la masse dans le séparateur : R_2 + R_4 = x_B R_1 + (1 - x_B) R_1 = R_1.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les bilans de masse sont bien formulés, mais n'oubliez pas d'invoquer la stationnarité de l'écoulement.

« Les bilans de masse sont en général bien compris et bien formulés. Seule l’absence de l’argument de stationnarité est à déplorer. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : échangeur thermique, premier principe

Le surchauffeur est un simple échangeur de chaleur entre deux fluides ; il n'y a donc aucune puissance mécanique mise en jeu. En supposant que le surchauffeur soit parfaitement calorifugé, trouver une relation entre les débits et faisant intervenir des enthalpies massiques à préciser.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe généralisé au surchauffeur calorifugé sans travail utile échangé avec l'extérieur.

Voir la stratégie
  1. Définir le système ouvert constitué par le surchauffeur dans son ensemble en régime permanent.
  2. Identifier l'ensemble des entrées et des sorties de fluide ainsi que les débits massiques correspondants.
  3. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour un système ouvert à plusieurs entrées et sorties, en exploitant l'absence de puissance utile (P_{\mathrm{u}} = 0) et le caractère calorifugé de l'échangeur (P_{\mathrm{th}} = 0).
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique global de l'échangeur sans travail utile : R_2(h_\text{s,2} - h_\text{e,2}) + R_3(h_\text{s,3} - h_\text{e,3}) = 0.

Voir le corrigé complet

Considérons le surchauffeur comme un système ouvert fonctionnant en régime stationnaire. Il comporte deux courants de fluide indépendants qui n'entrent pas en contact direct :

  • le fluide chaud (débit R_3) qui entre à l'état A (vapeur saturante à 70\text{ bar}) et ressort entièrement liquéfié à l'état I (liquide saturant à 70\text{ bar}) ;
  • le fluide froid (débit R_2) qui entre à l'état E (vapeur saturante à 11\text{ bar}) et ressort à l'état surchauffé F (vapeur à 11\text{ bar} et T_F).

D'après le premier principe généralisé pour un système ouvert à plusieurs entrées et sorties donné dans le préambule de la partie III.A :

\sum_{i \text{ (sorties)}} R_i \, h_{\mathrm{s},i} - \sum_{j \text{ (entrées)}} R_j \, h_{\mathrm{e},j} = P_{\mathrm{u}} + P_{\mathrm{th}}

Puisque le surchauffeur est dépourvu de pièces mobiles, il ne fournit ni ne reçoit de puissance utile : P_{\mathrm{u}} = 0. De plus, l'échangeur étant supposé parfaitement calorifugé vis-à-vis du milieu extérieur, la puissance thermique échangée avec l'extérieur est nulle : P_{\mathrm{th}} = 0.

Le bilan d'enthalpie s'écrit donc :

\left( R_2 \, h_F + R_3 \, h_I \right) - \left( R_2 \, h_E + R_3 \, h_A \right) = 0

ce qui conduit immédiatement à la relation :

\boxed{R_3 \left( h_A - h_I \right) = R_2 \left( h_F - h_E \right)}

ou de manière équivalente :

\boxed{R_3 = R_2 \, \frac{h_F - h_E}{h_A - h_I}}

Les enthalpies massiques mises en jeu sont :

  • h_A : enthalpie massique de la vapeur saturante sous 70\text{ bar} (h_A = 2772\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) ;
  • h_I : enthalpie massique du liquide saturant sous 70\text{ bar} (h_I = 1268\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}), de sorte que h_A - h_I = \Delta h_{\mathrm{vap}}(70\text{ bar}) = 1504\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} représente la chaleur latente de condensation de la vapeur HP ;
  • h_E : enthalpie massique de la vapeur saturante sous 11\text{ bar} (h_E = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) ;
  • h_F : enthalpie massique de la vapeur surchauffée sous 11\text{ bar} déterminée à la question Q27.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique

Notions : bilan de matière, bilan enthalpique

Calculer numériquement les différents débits.

Voir l'indice

Résoudre le système algébrique linéaire liant les débits massiques en exploitant la valeur numérique du débit d'alimentation R_0.

Voir la stratégie
  1. Rassembler les équations obtenues aux questions Q30 et Q31 reliant les débits R_0, R_1, R_2, R_3 et R_4.
  2. Exprimer R_1 en fonction de la donnée d'entrée R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} et des enthalpies massiques, puis en déduire successivement R_3, R_2 et R_4.
Voir la réponse courte

Résolution numérique du système couplé d'équations de conservation pour obtenir les débits R_0, R_1, R_2, R_3, R_4.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q30 et Q31, le système régissant les débits massiques s'écrit :

R_0 = R_1 + R_3 \tag{1}
R_2 = x_B R_1 \tag{2}
R_4 = (1 - x_B) R_1 \tag{3}
R_3(h_A - h_I) = R_2(h_F - h_E) \tag{4}

En injectant la relation (2) dans le bilan thermique (4), on obtient :

R_3 = R_1 \, \frac{x_B(h_F - h_E)}{h_A - h_I}

En reportant cette expression dans le bilan global (1), il vient :

R_0 = R_1 \left[ 1 + x_B\,\frac{h_F - h_E}{h_A - h_I} \right]

d'où l'expression littérale de R_1 :

\boxed{R_1 = \frac{R_0}{1 + x_B\,\dfrac{h_F - h_E}{h_A - h_I}}}

Les débits restants s'en déduisent immédiatement par :

\boxed{R_3 = R_0 - R_1} \qquad \boxed{R_2 = x_B R_1} \qquad \boxed{R_4 = (1 - x_B) R_1}

Application numérique : D'après les tableaux de données :

  • R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • x_B = 0{,}90 ;
  • À P = 70\text{ bar} : h_A = 2772\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et h_I = 1268\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, d'où h_A - h_I = 1504\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • À P = 11\text{ bar} : h_E = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

En adoptant la valeur h_F \approx 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} déterminée à la question Q27 (température T_F = 281\text{ }^\circ\text{C} indiquée sur le schéma et le texte) :

\begin{aligned} h_F - h_E &= 3000 - 2781 = 219\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \\ x_B\,\frac{h_F - h_E}{h_A - h_I} &= 0{,}90 \times \frac{219}{1504} \approx 0{,}131 \end{aligned}

On calcule alors :

\begin{aligned} R_1 &= \frac{640}{1 + 0{,}131} \approx 566\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \\ R_3 &= 640 - 565{,}9 \approx 74\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \\ R_2 &= 0{,}90 \times 565{,}9 \approx 509\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \\ R_4 &= 0{,}10 \times 565{,}9 \approx 57\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, \quad R_1 \approx 566\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, \quad R_2 \approx 509\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, \quad R_3 \approx 74\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, \quad R_4 \approx 57\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

Remarque : si l'on prend la température T_F = 250\text{ }^\circ\text{C} du tableau (h_F \approx 2930\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}), on trouve x_B\frac{h_F - h_E}{h_A - h_I} \approx 0{,}089, ce qui conduit à : R_1 \approx 588\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_2 \approx 529\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_3 \approx 52\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} et R_4 \approx 59\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}.

Résultat

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III.B.3 · Au niveau des turbines

Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : turbine, irréversibilité

Les transformations dans les turbines HP et BP sont-elles réversibles ? Justifier soigneusement votre réponse. Dans le cas où les transformations sont irréversibles, quelles sont les causes de cette irréversibilité ?

Voir l'indice

Comparer l'entropie massique de sortie à celle d'entrée pour les deux détentes : une création d'entropie positive révèle le caractère irréversible causé par les frottements fluides.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le second principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour un écoulement adiabatique (détente très rapide et machine calorifugée).
  2. Comparer les entropies massiques d'entrée et de sortie calculées à la question Q26 pour conclure sur le caractère réversible ou irréversible.
  3. Identifier les causes physiques d'irréversibilité à partir de la description du texte (vitesse de rotation élevée, écoulement visqueux turbulent, présence de gouttelettes liquides).
Voir la réponse courte

Détentes réelles non isentropiques (s augmente) à cause des frottements visqueux du fluide et des turbulences d'écoulement.

Voir le corrigé complet

Le second principe de la thermodynamique appliqué à un fluide en écoulement stationnaire à travers un système ouvert à une entrée et une sortie s'écrit :

R(s_{\mathrm{s}} - s_{\mathrm{e}}) = \sum_k \frac{P_{\mathrm{th},k}}{T_k} + \dot{S}_{\mathrm{cr}} \quad \text{avec} \quad \dot{S}_{\mathrm{cr}} \ge 0

En raison de la compacité de la machine et des vitesses d'écoulement très élevées (temps de transit très court), les échanges thermiques avec l'extérieur sont négligeables : les détentes dans les turbines sont considérées comme adiabatiques (P_{\mathrm{th}} \approx 0).

Une transformation adiabatique réversible se ferait donc à entropie massique constante (s_{\mathrm{s}} = s_{\mathrm{e}}). Or, d'après les valeurs obtenues à la question Q26 :

  • Pour la turbine haute pression (HP) :

    \begin{aligned} s_A &= 5{,}81\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \\ s_B &= 6{,}11\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} > s_A \implies s_{\mathrm{cr},\mathrm{HP}} = s_B - s_A = +0{,}30\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} > 0 \end{aligned}
  • Pour la turbine basse pression (BP) :

    \begin{aligned} s_F &\approx 6{,}95 \text{ à } 7{,}02\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \\ s_G &= 7{,}44\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} > s_F \implies s_{\mathrm{cr},\mathrm{BP}} = s_G - s_F > 0 \end{aligned}
\boxed{\text{Les détentes dans les turbines HP et BP sont irréversibles.}}

Les causes de cette irréversibilité sont :

  1. La dissipation visqueuse et les turbulences : les vitesses d'écoulement de la vapeur et les vitesses de rotation des aubages (plusieurs milliers de tours par minute) sont très élevées, engendrant de forts gradients de vitesse, des décollements de couche limite, des tourbillons et des frottements fluides importants.
  2. Le caractère diphasique de la vapeur : en fin de détente, le fluide devient une vapeur humide (x_B = 0{,}90 et x_G = 0{,}88). L'apparition de gouttelettes liquides en suspension entraîne des frottements interphasiques supplémentaires et des chocs inélastiques avec les aubes en rotation.

Résultat

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III.B.4 · Au niveau du condenseur

Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : condenseur, débit de refroidissement

Déterminer l'expression du débit que doit avoir le circuit tertiaire pour que son élévation de température ne dépasse pas . Estimer puis commenter son ordre de grandeur. Justifier l'existence d'une limite supérieure de l'élévation de température.

Voir l'indice

Exprimer le flux thermique cédé au condenseur et le relier à l'échauffement calorimétrique \Delta T de l'eau du circuit de refroidissement.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire au condenseur (système ouvert calorifugé échangeant uniquement de la chaleur entre le circuit secondaire et le circuit tertiaire).
  2. En déduire le débit massique minimal R_{\text{tert}} en fonction de l'élévation maximale de température \Delta T_{\max} = 5\,^\circ\text{C} et de la capacité thermique massique de l'eau liquide c.
  3. Effectuer l'application numérique pour un condenseur (puis pour les 4 boucles de la centrale) et commenter l'ordre de grandeur obtenu (comparaison avec le débit d'un fleuve).
  4. Justifier la limitation réglementaire de \Delta T par les impacts écologiques sur le milieu aquatique.
Voir la réponse courte

Bilan au condenseur D_3 c_p \Delta T = \dot{Q}_\text{cond} ; limitation de \Delta T imposée par la protection des écosystèmes fluviaux.

Voir le corrigé complet

1. Expression du débit du circuit tertiaire

Le condenseur est un échangeur de chaleur diphasique/monophasique parfaitement calorifugé vis-à-vis de l'extérieur, sans parties mobiles (P_{\mathrm{u}} = 0 et P_{\text{th, ext}} = 0).

D'après le schéma de la figure 7, le fluide secondaire traversant le condenseur provient de la turbine basse pression (état G) et en ressort à l'état de liquide saturant (état H). Le débit massique correspondant est donc celui qui traverse la turbine BP, soit :

R_{\text{cond}} = R_2

Le bilan enthalpique global pour les deux fluides traversant le condenseur en régime stationnaire (question Q25) s'écrit :

R_2 (h_H - h_G) + R_{\text{tert}} (h_{\mathrm{s, tert}} - h_{\mathrm{e, tert}}) = 0

L'eau du circuit tertiaire (eau de fleuve ou de mer) reste entièrement liquide à une pression voisine de 1\text{ bar} ; la variation d'enthalpie massique s'exprime au moyen de la capacité thermique massique de l'eau liquide c \approx 4{,}18\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :

h_{\mathrm{s, tert}} - h_{\mathrm{e, tert}} = c\,\Delta T_{\text{tert}}

La puissance thermique cédée par la vapeur en condensation est :

P_{\text{cédée}} = R_2 (h_G - h_H) = R_{\text{tert}}\,c\,\Delta T_{\text{tert}}

Pour que l'élévation de température ne dépasse pas la valeur limite \Delta T_{\max} = 5\,^\circ\text{C} = 5\text{ K}, le débit massique de liquide de refroidissement doit satisfaire à :

\boxed{ R_{\text{tert}} \ge \frac{R_2 (h_G - h_H)}{c\,\Delta T_{\max}} }

2. Estimation numérique et commentaire

À la pression P = 0{,}05\text{ bar}, l'état H est du liquide saturant (h_H = h_{l}(0{,}05\text{ bar}) = 137{,}8\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) et l'état G possède un titre en vapeur x_G = 0{,}88 (d'après Q28) :

\begin{aligned} h_G - h_H &= x_G \left[h_v(0{,}05\text{ bar}) - h_l(0{,}05\text{ bar})\right] \\ &= 0{,}88 \times (2561 - 137{,}8) \times 10^3 = 2{,}13 \times 10^6\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

Avec le débit R_2 \approx 509\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} calculé à la question Q32, la puissance thermique évacuée par un condenseur vaut :

P_{\text{cédée}} = 509 \times 2{,}13 \times 10^6 \approx 1{,}08 \times 10^9\text{ W} \approx 1{,}08\text{ GW}

Le débit minimal d'eau tertiaire pour cette boucle s'élève à :

R_{\text{tert}} = \frac{1{,}08 \times 10^9}{4{,}18 \times 10^3 \times 5} \approx 5{,}2 \times 10^4\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \approx 52\text{ t}\cdot\text{s}^{-1}

Puisque la masse volumique de l'eau liquide est \rho \approx 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, cela correspond à un débit volumique d'environ 52\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} pour une boucle.

Pour la tranche nucléaire complète (comportant 4 circuits secondaires identiques, soit une puissance thermique totale évacuée au condenseur d'environ 4{,}3\text{ GW}) :

\boxed{ D_{v,\text{tert, tot}} \approx 2{,}1 \times 10^2\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \quad (210\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}) }

Commentaire sur l'ordre de grandeur : Un tel débit (> 200\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}) est gigantesque : il est du même ordre de grandeur que le débit moyen de la Seine à Paris (\sim 300\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}) ou représente une fraction notable de celui du Rhône (\sim 1700\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}). Cela explique impérativement l'implantation des centrales nucléaires en bord de mer ou le long de fleuves à très grand débit. Pour les centrales installées sur des cours d'eau plus modestes, un circuit ouvert direct est impossible : l'évacuation de la chaleur s'effectue alors vers l'atmosphère au moyen de tours aéroréfrigérantes par évaporation partielle d'eau.

3. Justification d'une limite supérieure d'échauffement

L'élévation de température de l'eau rejetée est strictement encadrée par la réglementation environnementale pour plusieurs raisons écologiques majeures :

  • Solubilité du dioxygène : la solubilité des gaz dans l'eau diminue lorsque la température augmente. Un échauffement excessif abaisse la teneur en O_2 dissous, menaçant d'asphyxie la faune piscicole.
  • Perturbation de la faune et de la flore : de nombreuses espèces aquatiques (poissons, invertébrés) sont sténothermes ; un choc thermique perturbe leur métabolisme, leur reproduction et leurs routes migratoires.
  • Prolifération microbienne et algale : le réchauffement des eaux favorise l'eutrophisation et la prolifération de micro-algues ou de bactéries pathogènes (amibes, légionelles).

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III.C.1 · Rendement effectif

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : rendement de cycle, centrale nucléaire

Définir et calculer un rendement pour l'ensemble du circuit secondaire. Comparer ce rendement à d'autres rendements connus. (Pour information, chaque réacteur est en fait associé à 4 circuits secondaires identiques.)

Voir l'indice

Définir le rendement comme le quotient du travail mécanique net total extrait sur les turbines par la puissance thermique fournie au générateur de vapeur.

Voir la stratégie
  1. Définir le rendement thermique \eta du circuit secondaire comme le rapport de la puissance mécanique utile développée par les turbines sur la puissance thermique fournie par le circuit primaire dans le générateur de vapeur.
  2. Exprimer et calculer la puissance thermique reçue au générateur de vapeur ainsi que la puissance mécanique totale fournie par les turbines HP et BP (le travail de pompage du liquide étant négligeable).
  3. Calculer numériquement \eta, vérifier la cohérence avec la puissance électrique totale de l'EPR (1600 MWe pour 4 circuits), puis le comparer au rendement de Carnot théorique et aux rendements d'autres filières thermiques.
Voir la réponse courte

Rendement \eta = |\mathcal{P}_\text{turbines}|/\mathcal{P}_\text{chaudière} \approx 33\text{ à }35\,\%, comparable à celui des cycles thermiques réels de Hirn.

Voir le corrigé complet

1. Définition du rendement

Le fluide du circuit secondaire reçoit de la chaleur au niveau du générateur de vapeur (GV) et fournit du travail mécanique utile au niveau des deux turbines (HP et BP). Le travail nécessaire à la recompression du liquide dans le récupérateur-compresseur étant très faible devant le travail fourni par la vapeur lors des détentes, le rendement thermique du cycle s'écrit :

\eta = \frac{P_{\mathrm{turb}}}{P_{\mathrm{th, GV}}} = \frac{P_{\mathrm{HP}} + P_{\mathrm{BP}}}{P_{\mathrm{th, GV}}}

2. Puissances mises en jeu pour un circuit secondaire

D'après le premier principe pour un écoulement stationnaire sans pertes thermiques au niveau des turbines :

  • Puissance thermique reçue par l'eau dans le générateur de vapeur (D \to A) :

    P_{\mathrm{th, GV}} = R_0 \left( h_A - h_D \right)
  • Puissance mécanique fournie par la turbine HP (A \to B) :

    P_{\mathrm{HP}} = R_1 \left( h_A - h_B \right)
  • Puissance mécanique fournie par la turbine BP (F \to G) :

    P_{\mathrm{BP}} = R_2 \left( h_F - h_G \right)

3. Application numérique

En utilisant les valeurs établies précédemment (R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_1 \approx 566\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, R_2 \approx 509\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, h_A = 2772\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_B = 2581\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_D \approx 325\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_F \approx 3000\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, h_G \approx 2270\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) :

\begin{aligned} P_{\mathrm{th, GV}} &= 640 \times (2772 - 325) \times 10^3 \approx 1{,}57 \times 10^9\text{ W} = 1570\text{ MW}_{\mathrm{th}} \\ P_{\mathrm{HP}} &= 566 \times (2772 - 2581) \times 10^3 \approx 1{,}08 \times 10^8\text{ W} = 108\text{ MW} \\ P_{\mathrm{BP}} &= 509 \times (3000 - 2270) \times 10^3 \approx 3{,}72 \times 10^8\text{ W} = 372\text{ MW} \end{aligned}

La puissance mécanique totale produite par un circuit vaut donc :

P_{\mathrm{turb}} = 108 + 372 = 480\text{ MW}

On en déduit le rendement :

\boxed{\eta = \frac{480}{1570} \approx 31\%}

(Une valeur de h_F \approx 2930\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} conduirait de même à P_{\mathrm{BP}} \approx 336\text{ MW} et \eta \approx 28\text{ à } 29\%.)

4. Comparaison et cohérence

  • Puissance totale du réacteur : avec 4 circuits secondaires identiques, la puissance mécanique totale développée vaut 4 \times 480\text{ MW} \approx 1920\text{ MW}. En tenant compte du rendement des alternateurs (\eta_{\mathrm{alt}} \approx 97\%) et de la consommation des auxiliaires, on retrouve bien une puissance électrique nette délivrée de l'ordre de 1600\text{ MWe}, valeur annoncée pour l'EPR.
  • Rendement de Carnot : la source chaude se trouve à la température de changement d'état à 70 bar (T_{\mathrm{c}} = 286\,^\circ\text{C} = 559\text{ K}) et la source froide au condenseur à 0,05 bar (T_{\mathrm{f}} = 33\,^\circ\text{C} = 306\text{ K}). Le rendement maximal théorique associé vaut :

    \eta_{\mathrm{Carnot}} = 1 - \frac{T_{\mathrm{f}}}{T_{\mathrm{c}}} = 1 - \frac{306}{559} \approx 45\%

    Le rendement réel représente environ 70\% de cette borne théorique, ce qui est caractéristique d'une installation industrielle affectée par les irréversibilités de détente et d'échange thermique.

  • Comparaison avec d'autres filières :

    • Centrales thermiques au charbon ou fioul supercritiques : \eta \approx 38\text{ à } 42\%, car la vapeur peut y être surchauffée à plus de 550\,^\circ\text{C}.
    • Centrales à cycle combiné gaz (turbine à combustion + cycle à vapeur) : \eta \approx 55\text{ à } 62\%.
    • En centrale nucléaire REP, la température de la vapeur est bornée par la tenue mécanique et la pression admissible de la cuve et des gaines, ce qui limite structurellement le rendement autour de 30\text{ à } 35\%.

Résultat

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III.C.2 · Intérêt du surchauffeur

Question 36

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résolution de problème

Notions : resurchauffe, rendement

À l'aide d'une démarche à préciser, déterminer une estimation du rendement que l'on obtiendrait en l'absence de surchauffeur. Commenter.

Voir l'indice

Considérer une détente directe de la vapeur saturante jusqu'à la basse pression sans étage de surchauffe et analyser l'élévation du titre en liquide qui en résulterait.

Voir la stratégie
  1. Identifier les modifications du circuit en l'absence de surchauffeur (dérivation vers le surchauffeur supprimée : R_3 = 0, donc R_1 = R_0).
  2. Caractériser la nouvelle entrée de la turbine basse pression (état E direct, sans apport thermique intermédiaire) et estimer le travail massique de détente w_{\mathrm{BP}}'.
  3. Calculer la nouvelle puissance mécanique totale fournie par les turbines et en déduire le rendement \eta'.
  4. Commenter la faible variation du rendement et mettre en lumière la raison d'être essentielle du surchauffeur (titre de vapeur et intégrité mécanique des aubes).
Voir la réponse courte

Estimation du rendement sans resurchauffe et mise en évidence de la baisse de titre en vapeur en sortie HP risquant d'endommager les aubes.

Voir le corrigé complet

1. Démarche et modification des débits

En l'absence de surchauffeur :

  • aucun débit de vapeur n'est dérivé à la sortie du générateur de vapeur, d'où R_3 = 0 et le débit traversant la turbine HP devient le débit total :

    R_1' = R_0 = 640\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
  • la turbine HP détend ce débit de l'état A à l'état B, fournissant un travail massique inchangé :

    w_{\mathrm{HP}} = h_A - h_B = 2772 - 2581 = 191\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • le séparateur extrait la phase vapeur avec le titre x_B = 0{,}90, soit un débit envoyé à la turbine BP de :

    R_2' = x_B R_0 = 0{,}90 \times 640 = 576\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
  • la vapeur entre alors directement dans la turbine BP à l'état E (vapeur saturante sèche à 11\text{ bar}, T_E = 184^\circ\text{C}, h_E = 2781\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, s_E = 6{,}55\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).

2. Estimation du travail de la turbine BP

Considérons une détente isentropique depuis l'état E jusqu'à la pression du condenseur P = 0{,}05\text{ bar} :

s_{G',\text{is}} = s_E = 6{,}55\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}

Le titre isentropique en fin de détente vaut :

x'_{G,\text{is}} = \frac{s_E - s_{L,0{,}05}}{s_{V,0{,}05} - s_{L,0{,}05}} = \frac{6{,}55 - 0{,}476}{8{,}39 - 0{,}476} = \frac{6{,}074}{7{,}914} \approx 0{,}767

L'enthalpie isentropique correspondante est :

h_{G',\text{is}} = h_{L,0{,}05} + x'_{G,\text{is}}\,(h_{V,0{,}05} - h_{L,0{,}05}) = 137{,}8 + 0{,}767 \times (2561 - 137{,}8) \approx 1996\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

Dans le cycle réel étudié en Q28, la turbine BP possède un rendement isentropique de détente :

\eta_{\mathrm{is, BP}} = \frac{h_F - h_G}{h_F - h_{G,\text{is}}} \approx 0{,}84

En retenant un rendement isentropique similaire (\eta_{\mathrm{is, BP}} \approx 0{,}84) pour la détente depuis E, la variation d'enthalpie réelle est :

w_{\mathrm{BP}}' = h_E - h_{G'} = \eta_{\mathrm{is, BP}}\,(h_E - h_{G',\text{is}}) \approx 0{,}84 \times (2781 - 1996) \approx 659\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

3. Bilan de puissance et estimation du rendement

La puissance totale fournie par les turbines sans surchauffeur s'écrit :

\begin{aligned} P_{\mathrm{turb}}' &= R_1'\,(h_A - h_B) + R_2'\,(h_E - h_{G'}) \\ &= 640 \times 191 \times 10^3 + 576 \times 659 \times 10^3 \\ &= 122\text{ MW} + 380\text{ MW} \approx 502\text{ MW} \end{aligned}

La puissance thermique fournie au niveau du générateur de vapeur reste :

P_{\mathrm{th, GV}}' = R_0\,(h_A - h_D) = 640 \times (2772 - 325) \times 10^3 \approx 1566\text{ MW}

Le rendement thermique obtenu sans surchauffeur est donc :

\eta' = \frac{P_{\mathrm{turb}}'}{P_{\mathrm{th, GV}}'} = \frac{502}{1566} \approx 32\%
\boxed{\eta' \approx 31 \text{ à } 32\%}

4. Commentaires

  • Sur le rendement énergétique : le rendement thermodynamique n'est que très peu affecté (il reste voisin de 31\%). La surchauffe intermédiaire n'a pas pour objectif premier d'augmenter le rendement global de l'installation.
  • Sur l'intérêt réel du surchauffeur : en l'absence de surchauffeur, le titre de vapeur en sortie de BP s'effondre :

    h_{G'} = 2781 - 659 = 2122\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \implies x_{G'} = \frac{2122 - 137{,}8}{2561 - 137{,}8} \approx 0{,}82

    Un titre de 82\% correspond à 18\% de liquide sous forme de microgouttelettes. Projetées à des vitesses de plusieurs centaines de mètres par seconde sur les ailettes des derniers étages de la turbine BP, ces gouttelettes provoqueraient une érosion mécanique et une corrosion destructrices. Le rôle indispensable du surchauffeur est d'assécher la vapeur lors de la détente pour maintenir x_G \gtrsim 0{,}88, garantissant ainsi la longévité de la turbine.

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