Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2020
Stockage d'énergie par pompage thermique (procédé SEPT)
- 44 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en PCSI, MPSI et PTSI : 13 questions sur 44, parties I.A et II.B.1
- Vérifié question par question
Faisable en sup ?
Faisable en partie en PCSI : 13 questions sur 44. Autres questions faisables en PCSI
Autres premières années : MP2I 16 questions.
Détail par partie
- Partie I : Analyse thermodynamique du procédé SEPT7/26En partie
- Partie II : Analyse de quelques caractéristiques des régénérateurs6/18En partie
Le sujet en bref
Sujet moyen · Thermodynamique, Diffusion et transferts thermiques, Structure de la matière · 10 incontournables · 16 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet aborde une technologie innovante et prometteuse de stockage massif d'électricité à l'échelle industrielle : le pompage thermique (procédé SEPT). En stockant l'énergie sous forme thermique entre deux réservoirs réfractaires à l'aide d'un cycle réversible de pompe à chaleur puis de moteur à gaz (argon), il propose une alternative crédible aux stations de pompage-turbinage (STEP).
L'épreuve est découpée en deux grandes parties très progressives et complémentaires. La première partie propose une étude thermodynamique complète du cycle de Brayton (modélisation de Carnot, prise en compte des rendements isentropiques des turbomachines, dissymétrie stockage/déstockage). La seconde partie s'intéresse à la thermique des régénérateurs poreux (porosité, propagation du front thermique, diffusion axiale durant les phases de veille, modèles de conductivité effective et mesure par la méthode du fil chaud). C'est un sujet d'un grand intérêt pédagogique, très représentatif des épreuves de Centrale en physique appliquée et idéal pour réviser la thermodynamique industrielle et les transferts thermiques.
- Difficulté
- Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,89/20)
- Temps estimé
- ≈ 3 h 15 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Thermodynamique60 %
- Diffusion et transferts thermiques34 %
- Structure de la matière3 %
- Électrocinétique et électronique1 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 13 questions sur 44, parties I.A et II.B.1.
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Sommaire
44 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
44 questionsPartie I : Analyse thermodynamique du procédé SEPT
I.A · Schématisation simplifiée du procédé
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques
Notions : pompe à chaleur, efficacité de carnot, second principe
En phase de stockage, la machine fonctionne comme une pompe à chaleur. Définir le coefficient de performance d'une telle machine et déterminer sa valeur maximale, en précisant à quelles conditions cette valeur maximale est atteinte (théorème de Carnot).
Voir l'indiceIndice
Écrire le premier et le second principe pour le fluide sur un cycle ditherme en identifiant le transfert thermique utile Q_H < 0 et le travail fourni W > 0.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la grandeur utile et la grandeur coûteuse pour une pompe à chaleur afin d'en déduire l'expression générale du coefficient de performance (\mathrm{COP}).
- Appliquer les premier et second principes de la thermodynamique à un cycle décrit par le fluide caloporteur en contact avec les deux thermostats à T_B et T_H.
- Établir l'inégalité de Carnot reliant le \mathrm{COP} aux températures des sources, en déduire sa valeur maximale et expliciter les conditions de réversibilité associées.
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition du COP = -Q_C/W, puis application des premier et second principes réversibles pour trouver COP_{\max} = T_C / (T_C - T_F).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour une pompe à chaleur, l'objectif est de transférer de l'énergie thermique vers la source chaude à la température T_H. L'énergie utile est donc la chaleur reçue par l'enceinte chaude, soit -Q_H (en convention récepteur pour le fluide, Q_H < 0), et l'énergie coûteuse est le travail mécanique net reçu par le fluide, W > 0. Le coefficient de performance s'écrit :
Sur un cycle complet d'évolution du fluide caloporteur :
D'après le premier principe de la thermodynamique, l'énergie interne étant une fonction d'état :
\Delta U = W + Q_B + Q_H = 0 \implies W = -(Q_H + Q_B)D'après le second principe de la thermodynamique :
\Delta S = \frac{Q_B}{T_B} + \frac{Q_H}{T_H} + S_c = 0 \quad \text{avec} \quad S_c \ge 0où S_c est l'entropie créée au cours du cycle.
On en déduit l'inégalité de Clausius :
En injectant cette relation dans l'expression du travail :
Puisque W > 0 et -Q_H > 0, on obtient :
La valeur maximale du coefficient de performance est donc :
Cette valeur maximale est atteinte sous les conditions du théorème de Carnot :
- réversibilité interne des évolutions subies par le fluide (absence de frottements visqueux ou dissipations mécaniques) ;
- réversibilité externe des échanges thermiques avec les sources, ce qui impose l'absence de gradient de température entre le fluide et les sources (T = T_B lors du contact avec la source froide, T = T_H lors du contact avec la source chaude). Le cycle suivi est alors un cycle réversible de Carnot (deux isothermes et deux isentropiques).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Définissez clairement les grandeurs utilisées, gérez rigoureusement les signes et exprimez le COP avec les notations de l'énoncé.
« Une démonstration était attendue pour cette question de cours. De nombreux candidats n’ont pas défini les grandeurs employées (Qc, W […] ) ou commis des erreurs de signe (selon qu’on algébrise ou non les transferts d’énergie). »
« Le coefficient de performance (COP) était à exprimer en fonction de THet TB et non pas de Tcet Tf. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques
Notions : moteur thermique, rendement de carnot, second principe
En phase de déstockage (figure 2), la machine fonctionne comme un moteur thermique. Définir l'efficacité de ce moteur et déterminer sa valeur maximale en précisant dans quelles conditions cette valeur maximale est atteinte.
Voir l'indiceIndice
Raisonner de même pour le cycle moteur ditherme en identifiant le travail utile récupéré -W et l'énergie thermique fournie par la source chaude Q_H.
Voir la stratégieStratégie
- Définir l'efficacité (ou rendement) du moteur thermique à partir du bilan énergétique (grandeur utile divisée par grandeur dépensée).
- Appliquer le premier et le second principe de la thermodynamique sur un cycle complet pour établir la limite théorique de Carnot.
- Préciser les conditions physiques d'égalité (réversibilité interne et externe).
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition du rendement \eta = -W/Q_C, puis expression de Carnot \eta_{\max} = 1 - T_F/T_C pour un cycle ditherme réversible.
Voir le corrigé completCorrigé complet
En phase de déstockage, le fluide caloporteur décrit un cycle moteur ditherme au contact des sources de chaleur aux températures T_H et T_B (T_H > T_B). Il reçoit le transfert thermique Q_H > 0 de l'enceinte haute pression (source chaude), cède le transfert thermique Q_B < 0 à l'enceinte basse pression (source froide) et fournit un travail mécanique au milieu extérieur, soit -W > 0.
L'efficacité (ou rendement) \eta de ce moteur thermique est le rapport de l'énergie utile récupérée sur l'énergie thermique consommée :
Sur un cycle complet du fluide :
d'après le premier principe de la thermodynamique :
\begin{aligned} \Delta U = W + Q_H + Q_B = 0 \implies -W = Q_H + Q_B \end{aligned}d'après le second principe de la thermodynamique :
\begin{aligned} \Delta S = \frac{Q_H}{T_H} + \frac{Q_B}{T_B} + S_c = 0 \implies Q_B = -T_B\,\frac{Q_H}{T_H} - T_B S_c \end{aligned}avec S_c \geqslant 0 l'entropie créée au cours du cycle.
En injectant l'expression de Q_B dans celle du travail :
Comme Q_H > 0 et S_c \geqslant 0, on obtient l'inégalité de Carnot :
La valeur maximale de l'efficacité est donc le rendement de Carnot :
D'après le théorème de Carnot, cette valeur maximale est atteinte lorsque le cycle est entièrement réversible, ce qui impose :
- l'absence d'irréversibilités internes (S_c = 0), notamment mécaniques (pas de frottements visqueux) ou d'inhomogénéités internes ;
- la réversibilité des échanges thermiques avec les sources, c'est-à-dire que les transferts s'effectuent sans écart fini de température (échanges isothermes à T_H et à T_B) ;
- des compressions et détentes adiabatiques réversibles (isentropiques).
Le cycle suivi par le fluide est alors le cycle moteur de Carnot.
Résultat
Question 3
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques
Notions : cycle de carnot, réversibilité, bilan d'énergie
Montrer que, dans les conditions de validité du théorème de Carnot, l'énergie stockée peut être intégralement récupérée.
Voir l'indiceIndice
Exprimer le produit du rendement moteur maximal et du COP pompe à chaleur maximal en fonction des températures de fonctionnement.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le transfert thermique cédé à la source chaude lors du stockage réversible en fonction du travail consommé, via le \mathrm{COP}_{\max} obtenu à la question Q1.
- Exprimer le travail récupéré lors du déstockage réversible en fonction du transfert thermique prélevé à la source chaude, via l'efficacité maximale \eta_{\max} obtenue à la question Q2.
- Établir la relation entre travail récupéré et travail fourni grâce au produit \eta_{\max} \times \mathrm{COP}_{\max}.
Voir la réponse courteRéponse courte
En fonctionnement réversible, les grandeurs échangées sont exactement opposées entre charge et décharge, d'où un rendement global unitaire.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lors de la phase de stockage, la machine fonctionne de manière réversible (conditions de validité du théorème de Carnot). Le fluide caloporteur reçoit le travail mécanique (ou électrique) W_{\text{st}} > 0 et transfère à la source chaude la chaleur reçue par celle-ci, notée Q_{\text{stock}} = -Q_{H,\text{st}} > 0. D'après la question Q1 :
Lors de la phase de déstockage, la machine fonctionne en moteur réversible entre les mêmes sources. Le fluide prélève à la source chaude l'énergie thermique préalablement stockée, soit Q_{H,\text{dést}} = -Q_{H,\text{st}} = Q_{\text{stock}}, et fournit un travail utile à l'extérieur noté W_{\text{rec}} = -W_{\text{dést}} > 0. D'après la question Q2 :
Le travail utile récupéré s'exprime donc par :
Or, le produit des deux grandeurs de Carnot donne :
On en déduit directement :
Le travail récupéré au déstockage est rigoureusement égal au travail fourni au stockage : le rendement global du cycle complet est de 100\,\%, ce qui prouve que l'énergie stockée peut être intégralement récupérée.
En outre, pour la source froide, le premier principe appliqué aux deux cycles donne :
Les deux réservoirs thermiques reviennent donc eux aussi exactement dans leur état initial.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait analyser le produit du COP de la pompe à chaleur et de l'efficacité du moteur.
« Une analyse du produit du COP de la pompe à chaleur et de l’efficacité du moteur était attendue. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques
Notions : diagramme entropique, cycle de carnot
Dans un diagramme , représenter les cycles de Carnot pour les phases de stockage et de déstockage.
Voir l'indiceIndice
Tracer deux rectangles dans le diagramme (T, s) entre les isothermes T_B, T_H et deux isentropiques, en faisant attention au sens de parcours (trigo pour la PAC, horaire pour le moteur).
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la forme du cycle de Carnot dans le diagramme entropique (T, s) à partir de la nature de ses quatre transformations réversibles (deux isothermes et deux adiabatiques réversibles).
- Déterminer le sens de parcours pour chaque mode de fonctionnement en reliant le travail massique échangé w à l'aire algébrique délimitée par le cycle via le premier principe.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé de rectangles dans le diagramme (T,s), parcourus dans le sens anti-horaire au stockage et horaire au déstockage.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Un cycle de Carnot ditherme entre deux sources aux températures T_B et T_H (T_H > T_B) est constitué de quatre transformations réversibles :
- deux isothermes aux températures T_H et T_B, représentées par des segments horizontaux T = \mathrm{cte} ;
- deux adiabatiques réversibles, donc isentropiques, représentées par des segments verticaux s = \mathrm{cte}.
Le cycle forme ainsi un rectangle dans le diagramme (T, s) entre les températures T_B et T_H et deux entropies massiques extrêmes notées s_1 et s_2 (s_2 > s_1).
D'après le premier principe appliqué au fluide sur un cycle fermé :
L'intégrale \oint T\,\mathrm{d}s représente l'aire algébrique délimitée par le contour :
- Phase de stockage (pompe à chaleur) : la machine est réceptrice d'énergie mécanique, soit w > 0. Par conséquent, q = \oint T\,\mathrm{d}s < 0, ce qui impose un parcours dans le sens anti-horaire (sens trigonométrique). Le fluide absorbe de la chaleur à basse température (évolution de s_1 à s_2 à T_B), subit une compression isentropique de T_B à T_H, cède de la chaleur à haute température (évolution de s_2 à s_1 à T_H), puis subit une détente isentropique de T_H à T_B.
- Phase de déstockage (moteur thermique) : la machine fournit du travail à l'extérieur, soit w < 0. Ainsi, q = \oint T\,\mathrm{d}s > 0, ce qui impose un parcours dans le sens horaire.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le tracé de cycles non nécessairement rectangulaires mais bien orientés suffisait à rapporter tous les points.
« Le tracé de deux cycles non forcément rectangulaires mais correctement orientés suffisait à obtenir les points. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
I.B · Étude de la phase de stockage
Question 5
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : compresseur, turbine, cycle thermodynamique
Reproduire schématiquement le cycle isentropique de la figure 3 en identifiant les éléments traversés par le fluide dans chaque étape du cycle.
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Représenter le cycle de Brayton formé de deux isobares horizontales dans les enceintes et de deux verticales isentropiques dans les turbomachines.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les quatre transformations successives du cycle de Brayton décrit par l'argon à partir de la description du fonctionnement en mode stockage.
- Associer chaque tronçon du diagramme (T, s) à l'organe traversé (compresseur, turbine, enceintes B et H) en précisant la nature de l'évolution (isentropique ou isobare) ainsi que son orientation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Schéma du cycle associant compression adiabatique, régénérateur chaud isobare, détente adiabatique et régénérateur froid isobare.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lors de la phase de stockage (fonctionnement en pompe à chaleur), l'argon subit les quatre étapes suivantes :
- Compresseur (T_{2n} \to T_{1\,\mathrm{is}}) : compression adiabatique réversible (donc isentropique à entropie massique s = \mathrm{cte}) de la basse pression P_B à la haute pression P_H. La température du gaz s'élève de T_{2n} = 773\text{ K} à T_{1\,\mathrm{is}}. C'est un segment vertical ascendant.
- Enceinte haute pression H (T_{1\,\mathrm{is}} \to T_{0n} running) : refroidissement isobare à P = P_H au contact du milieu poreux chaud. La température décroît de T_{1\,\mathrm{is}} à T_{0n} = 293\text{ K}. L'entropie massique décroît (\mathrm{d}s = c_p\,\frac{\mathrm{d}T}{T} < 0).
- Turbine (T_{0n} \to T_{3\,\mathrm{is}}) : détente adiabatique réversible (isentropique, s = \mathrm{cte}) de P_H à P_B. La température chute de T_{0n} = 293\text{ K} à T_{3\,\mathrm{is}}. C'est un segment vertical descendant.
- Enceinte basse pression B (T_{3\,\mathrm{is}} \to T_{2n}) : réchauffement isobare à P = P_B au contact du milieu poreux froid. La température remonte de T_{3\,\mathrm{is}} à T_{2n} = 773\text{ K}. L'entropie massique augmente.
Le cycle est représenté schématiquement ci-dessous :
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Pensez à reproduire le schéma demandé pour obtenir les points et veillez à justifier la position des éléments.
« Il était nécessaire, comme demandé dans le sujet, de reproduire le cycle de la figure 3 pour espérer avoir les points. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 6
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Premier et second principes
Notions : compression adiabatique, création d'entropie, rendement isentropique
Comparer , la température réelle en sortie de compresseur et cette température dans les conditions isentropiques. Justifier.
Voir l'indiceIndice
Considérer la création d'entropie au sein du compresseur réel adiabatique pour comparer les entropies de sortie, puis déduire la position relative des isothermes de sortie le long de l'isobare haute pression.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'irréversibilité de la compression adiabatique impose \Delta s > 0, d'où à pression de sortie fixée T_1 > T_{1\text{ is}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La traversée du compresseur est modélisée par un écoulement stationnaire sans échange thermique avec l'extérieur (q = 0), en négligeant les variations d'énergies cinétique et potentielle macroscopiques.
Le premier principe appliqué au fluide en écoulement stationnaire relie le travail massique transvasé w_c à la variation d'enthalpie massique :
Pour une évolution isentropique de référence entre les mêmes pressions P_B et P_H, le travail massique s'écrit de même :
Une compression nécessite un apport de travail mécanique de l'extérieur, soit w_{c\text{ is}} > 0. Les irréversibilités intrinsèques (frottements fluides, turbulences, dissipations visqueuses) imposent de fournir davantage de travail que dans le cas réversible idéal :
La capacité thermique massique c_p étant strictement positive, il vient :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'inégalité se déduisait par lecture graphique, mais sa justification demandait un raisonnement rigoureux.
« L’inégalité se déduisait par simple lecture graphique. La justification de l’inégalité a par contre posé problème, les raisonnements étant souvent peu rigoureux. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : rendement isentropique, compresseur, turbine
On note , , et les enthalpies massiques réelles du fluide en entrée et sortie de la turbine et du compresseur et et les enthalpies massiques du fluide en sortie de la turbine et du compresseur en supposant les conditions isentropiques. Montrer que
Voir l'indiceIndice
Appliquer le premier principe industriel en écoulement stationnaire à chaque turbomachine adiabatique en négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour un système ouvert à chacune des deux turbomachines (compresseur et turbine), en justifiant les approximations usuelles.
- Exprimer le travail massique échangé avec les parties mobiles w en fonction des enthalpies massiques d'entrée et de sortie, dans les cas réel et isentropique.
- Remplacer ces expressions dans les définitions données pour les rendements isentropiques \eta_{cs} et \eta_{ts}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition des rendements isentropiques comme rapports des travaux indiqués réels et isentropiques, traduits en enthalpies massiques.
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Considérons le fluide caloporteur en écoulement stationnaire à travers une turbomachine (compresseur ou turbine).
Le premier principe de la thermodynamique pour une unité de masse de fluide en système ouvert s'écrit :
où :
- w est le travail massique échangé avec les parties mobiles ;
- q = 0 car les transformations dans les turbomachines sont adiabatiques ;
- \Delta e_c \approx 0 et \Delta e_p \approx 0 car les variations d'énergie cinétique et d'énergie potentielle de pesanteur du gaz sont négligeables devant les variations d'enthalpie.
On a donc simplement :
Pour le compresseur : Le fluide pénètre à l'enthalpie h_{ec} et ressort à l'enthalpie h_{sc} (cas réel) ou h_{sc\text{ is}} (cas isentropique idéal). Les travaux massiques reçus par le fluide s'écrivent :
En utilisant la définition du rendement isentropique du compresseur :
Pour la turbine : Le fluide pénètre à l'enthalpie h_{et} et ressort à l'enthalpie h_{st} (cas réel) ou h_{st\text{ is}} (cas isentropique idéal). Les travaux massiques reçus s'écrivent :
En utilisant la définition du rendement isentropique de la turbine :
Soit finalement :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Citez le premier principe en écoulement stationnaire et explicitez bien les hypothèses requises (transformation adiabatique, variations d'énergies négligées).
« Beaucoup de candidats ne font pas la différence entre premier principe et premier principe en écoulement stationnaire, ou encore « aménagent » le premier principe en écoulement stationnaire de façon à faire apparaitre les signes « −» de l’expression de ηts. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : loi de laplace, rendement isentropique, premier principe industriel
En utilisant les rendements par rapport à l'isentropique des deux turbomachines lors du stockage, exprimer les températures et en fonction de , , , et .
Voir l'indiceIndice
Utiliser la loi de Laplace sous la forme T P^{(1-\gamma)/\gamma} = \text{cste} pour déterminer les températures isentropiques fictives, puis injecter ces dernières dans les définitions des rendements.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les variations d'enthalpie massique pour l'argon, modélisé par un gaz parfait à capacités thermiques constantes, sous la forme \Delta h = c_p \Delta T.
- Relier les températures fictives après évolution isentropique (T_{1\text{ is}} et T_{3\text{ is}}) aux températures d'entrée par la loi de Laplace.
- Isoler les températures réelles T_1 et T_3 à partir des définitions des rendements isentropiques établies à la question précédente.
Voir la réponse courteRéponse courte
Utilisation de la loi de Laplace isentropique puis inversion des définitions des rendements isentropiques du compresseur et de la turbine.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'argon est assimilé à un gaz parfait de capacité thermique massique c_p constante, de sorte que pour toute évolution :
D'après les résultats de la question Q7, les rendements par rapport à l'isentropique s'expriment en fonction des températures réelles et idéales :
Pour une transformation adiabatique et réversible (isentropique) d'un gaz parfait, la loi de Laplace s'écrit T P^{\frac{1-\gamma}{\gamma}} = \text{cte}. En introduisant le rapport adimensionné \Psi = \left(\frac{P_H}{P_B}\right)^{1-1/\gamma} :
pour la compression isentropique de P_B à P_H :
T_{1\text{ is}} = T_{2n} \left(\frac{P_H}{P_B}\right)^{1-1/\gamma} = T_{2n} \Psipour la détente isentropique de P_H à P_B :
T_{3\text{ is}} = T_{0n} \left(\frac{P_B}{P_H}\right)^{1-1/\gamma} = \frac{T_{0n}}{\Psi}
En injectant ces relations dans l'expression des rendements :
pour le compresseur :
T_1 - T_{2n} = \frac{T_{1\text{ is}} - T_{2n}}{\eta_{cs}} = \frac{T_{2n}(\Psi - 1)}{\eta_{cs}}soit :
\boxed{T_1 = T_{2n} \left(1 + \frac{\Psi - 1}{\eta_{cs}}\right)}pour la turbine :
T_{0n} - T_3 = \eta_{ts} (T_{0n} - T_{3\text{ is}}) = \eta_{ts} \, T_{0n} \left(1 - \frac{1}{\Psi}\right)soit :
\boxed{T_3 = T_{0n} \left(1 + \frac{\eta_{ts}(1-\Psi)}{\Psi}\right)}
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Explicitez rigoureusement le cadre d'application des lois de Laplace et soignez la rédaction.
« De nombreux manques rédactionnels conduisent à des notes moyennes sur ces questions. Le cadre d’application des lois de Laplace n’est par exemple que rarement totalement explicité. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : premier principe industriel, travail indiqué, bilan d'énergie
Justifier cette expression.
Voir l'indiceIndice
Faire le bilan du travail massique total échangé avec le fluide lors d'un tour complet en sommant les travaux massiques du compresseur et de la turbine.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en système ouvert (régime stationnaire) à chacune des deux turbomachines adiabatiques.
- Exprimer les variations d'enthalpie massique pour l'argon, assimilé à un gaz parfait de capacité thermique massique c_p constante.
- Relier le travail mécanique net fourni par le moteur électrique à la somme des travaux échangés dans le compresseur et la turbine.
Voir la réponse courteRéponse courte
Premier principe en écoulement stationnaire appliqué aux deux turbomachines : e_s = w_{u,c} + w_{u,t} = c_p(T_1 - T_{0n}) + c_p(T_3 - T_{2n}).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons une unité de masse d'argon circulant en régime stationnaire à travers les composants du système en mode stockage (figure 1). Les variations d'énergie cinétique et potentielle macroscopiques étant négligeables, le premier principe pour un système ouvert s'écrit entre l'entrée e et la sortie s d'un organe adiabatique (q = 0) :
où w_u est le travail massique d'arbre (échangé avec les parties mobiles).
L'argon étant modélisé par un gaz parfait, son enthalpie ne dépend que de la température (seconde loi de Joule), de sorte que \Delta h = c_p \Delta T :
Dans le compresseur (adiabatique, traversé de T_{2n} à T_1) :
w_c = h_1 - h_{2n} = c_p (T_1 - T_{2n}) > 0Dans la turbine (adiabatique, traversée de T_{0n} à T_3) :
w_t = h_3 - h_{0n} = c_p (T_3 - T_{0n}) < 0
Le compresseur et la turbine étant mécaniquement couplés sur le même arbre entraîné par le moteur électrique, le travail massique net d'origine électrique fourni au fluide lors du cycle de stockage vaut :
L'énergie massique mise en jeu pour assurer le stockage s'identifie à ce travail net consommé :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Fournissez une véritable justification rigoureuse plutôt que de chercher artificiellement à retrouver la formule donnée.
« Les réponses ont souvent consisté à tenter de retrouver l’expression fournie, sans la rigueur nécessaire. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 10
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : travail indiqué, capacité thermique
Exprimer en fonction de , , , et .
Voir l'indiceIndice
Remplacer T_1 et T_3 par leurs expressions obtenues à la question Q8 dans l'expression de e_s.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de la définition de e_s rappelée à la question Q9 : e_s = c_p \bigl( (T_1 - T_{2n}) + (T_3 - T_{0n}) \bigr).
- Exprimer les écarts de température (T_1 - T_{2n}) et (T_3 - T_{0n}) à partir des résultats établis à la question Q8.
- Factoriser par le terme commun (\Psi - 1) pour obtenir une forme condensée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Remplacement des températures T_1 et T_3 obtenues précédemment dans l'expression du travail massique net consommé e_s.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q8, les températures de sortie s'écrivent :
En injectant ces deux expressions dans celle de l'énergie massique nette de stockage e_s (question Q9) :
En mettant en facteur le terme (\Psi - 1), on obtient l'expression finale :
Résultat
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Application numérique
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : travail indiqué, application numérique
Calculer la valeur numérique de avec , , et .
Voir l'indiceIndice
Calculer préalablement la capacité thermique isobare c_p = \frac{\gamma R}{(\gamma - 1) M} pour l'argon avant l'application numérique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Évaluation numérique directe de l'énergie massique nette de stockage e_s à partir des valeurs numériques fournies.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q10, l'énergie massique nette mise en jeu lors du stockage s'écrit :
L'argon est assimilé à un gaz parfait de masse molaire M et de coefficient isentropique \gamma. La relation de Mayer c_p - c_v = \frac{R}{M} et la définition \gamma = \frac{c_p}{c_v} conduisent à la capacité thermique massique isobare :
Avec les données de l'énoncé :
- \gamma = 1,67 ;
- M = 40,0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 40,0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} ;
- R = 8,314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}.
On obtient :
Calculons à présent le terme entre crochets avec T_{0n} = 293\text{ K}, T_{2n} = 773\text{ K}, \eta_{cs} = \eta_{ts} = 0,96 et \Psi = 1,55 :
Le facteur multiplicatif vaut \Psi - 1 = 1,55 - 1 = 0,55, d'où :
On en déduit finalement la valeur numérique de l'énergie massique mise en jeu :
Résultat
I.C · Positionnement du procédé SEPT par rapport aux autres modes de stockage
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique
Notions : stockage d'énergie, analyse comparative
Comparer le procédé SEPT aux autres méthodes de stockage d'énergies présentées dans la figure 4.
Voir l'indiceIndice
Repérer sur la figure 4 la zone couverte par le procédé SEPT et la comparer aux batteries (puissance et énergie supérieures) et à l'hydraulique gravitaire (caractéristiques voisines).
Voir la stratégieStratégie
- Relever sur la figure 4 les ordres de grandeur de la puissance nominale P et de la capacité énergétique E pour le procédé SEPT, et en déduire le temps caractéristique de décharge \tau \sim E/P.
- Comparer ensuite le procédé SEPT aux différentes catégories de systèmes représentés (stockage de masse, stockage électrochimique, puissance pulsée).
Voir la réponse courteRéponse courte
Lecture du diagramme pour situer le procédé SEPT à grande échelle d'énergie et de puissance, avec un temps de décharge intermédiaire.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 4, le procédé SEPT se caractérise par :
- une capacité énergétique très élevée, comprise entre 10^9\text{ W}\cdot\text{h} et 10^{11}\text{ W}\cdot\text{h} (soit 1\text{ à }100\text{ GW}\cdot\text{h}) ;
- une puissance importante, comprise entre 10^7\text{ W} et 10^9\text{ W} (soit 10\text{ MW à }1\text{ GW}) ;
une durée typique de décharge à pleine puissance de l'ordre de :
\tau \sim \frac{E}{P} \sim \frac{10^9\text{ W}\cdot\text{h}}{10^8\text{ W}} \sim 10\text{ h}.
En comparant le procédé SEPT aux autres technologies :
- Stockage massif sur le réseau (Hydraulique gravitaire / STEP et CAES) : Le procédé SEPT occupe une zone très proche de celle des Stations de Transfert d'Énergie par Pompage (STEP) et de l'air comprimé (CAES), avec des puissances comparables (10^7 - 10^9\text{ W}) et une capacité maximale potentiellement supérieure (pouvant atteindre 10^{11}\text{ W}\cdot\text{h}). Le procédé SEPT constitue donc une solution de stockage massif d'électricité à l'échelle du réseau, avec l'avantage décisif de ne pas dépendre de contraintes géographiques ou géologiques strictes (dénivelé naturel pour les STEP, cavités salines étanches pour le CAES).
- Batteries électrochimiques : Les batteries couvrent une très vaste plage de puissances (10^3\text{ à }10^7\text{ W}) et de capacités (10^2\text{ à }10^8\text{ W}\cdot\text{h}), mais restent limitées à des échelles plus petites que le SEPT (applications mobiles, résidentielles ou soutien local de réseau).
- Stockage magnétique supraconducteur (SMES) : Ce procédé délivre une puissance élevée (10^6\text{ à }10^8\text{ W}) mais pour une très faible capacité (10^2\text{ à }10^5\text{ W}\cdot\text{h}, temps de décharge de l'ordre de la seconde). Il est destiné à la qualité du réseau et à la compensation de creux de tension, à l'opposé du SEPT qui assure un lissage énergétique sur plusieurs heures.
- Hydrogène : Sur le diagramme, il est positionné à des puissances et capacités intermédiaires (P \sim 10^4 - 10^5\text{ W}, E \sim 10^5 - 10^7\text{ W}\cdot\text{h}), bien inférieures à celles visées par les installations industrielles SEPT.
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : débit massique, premier principe industriel
Déterminer un ordre de grandeur du debit massique d'argon dans une installation SEPT typique.
Voir l'indiceIndice
Estimer le débit massique à partir d'une puissance typique de l'ordre de 10^8\text{ W} lue sur la figure 4 et de l'énergie massique e_s calculée à la question précédente.
Voir la stratégieStratégie
- Estimer la puissance électrique typique \mathcal{P} d'une installation SEPT à l'aide de la figure 4.
- Exprimer cette puissance en fonction du débit massique D_m et de l'énergie massique nette de stockage e_s déterminée à la question Q11.
- En déduire l'ordre de grandeur de D_m.
Voir la réponse courteRéponse courte
Détermination du débit massique à partir de la puissance nominale et du travail massique net : D_m = P / e_s.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 4, une installation SEPT opère à une échelle de puissance industrielle comprise entre 3 \times 10^7\text{ W} et 3 \times 10^8\text{ W}, soit typiquement :
Cette valeur est par ailleurs cohérente avec la capacité de stockage typique E \sim 10^9\text{ W}\cdot\text{h} \approx 1\text{ GW}\cdot\text{h} (également visible sur la figure 10) associée à une durée de charge d'environ 5 heures (figure 14) :
Lors de la phase de stockage, l'énergie massique nette fournie au fluide par les parties mobiles des turbomachines (moteur électrique) est e_s. La puissance électrique consommée s'écrit donc :
où D_m est le débit massique d'argon. On en déduit :
D'après le résultat de la question Q11, e_s \approx 1,78 \times 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}. L'ordre de grandeur du débit massique d'argon est ainsi :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Prenez du recul sur la vraisemblance de vos résultats numériques et critiquez vos ordres de grandeur.
« Des ordres de grandeur souvent aberrants et non critiqués. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique
Notions : porosité, masse volumique
En prenant pour masse volumique de l'argon et une porosité , déterminer la masse totale d'argon dans cette installation, en négligeant la masse d'argon contenue dans les canalisations qui relient les enceintes entre elles.
Voir l'indiceIndice
Calculer le volume de gaz disponible dans les deux enceintes grâce à la porosité \varepsilon, puis multiplier par la masse volumique de l'argon.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du volume de fluide via la porosité V_g = \varepsilon V_{\text{tot}}, puis de la masse correspondante m = \rho_{\text{Ar}} V_g.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, la porosité \varepsilon représente la fraction volumique occupée par le fluide dans le volume total V_e des enceintes :
Le volume total d'argon contenu dans les enceintes est donc :
En négligeant la masse d'argon présente dans les tuyauteries et turbomachines, la masse totale d'argon m_{\text{Ar}} dans l'installation s'exprime par :
Application numérique :
- \rho_{\text{Ar}} = 1,8\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
- \varepsilon = 0,40
- V_e = 20\,000\text{ m}^3
Avec deux chiffres significatifs :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Respectez les règles sur les chiffres significatifs et prenez garde au volume effectif des enceintes.
« L’application numérique fréquente m= 14 400 kg n’a pas été valorisée (5 chiffres significatifs !). De même le volume des deux enceintes était clairement Veet non 2Ve. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 15
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Électrocinétique et électronique › Circuits électriques et régimes transitoires ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique
Notions : énergie massique, accumulateur
Déterminer un ordre de grandeur de l'énergie massique que peut stocker une batterie automobile d'une masse de et d'une capacité de sous (figure 5) et comparer à l'énergie massique stockée par une installation SEPT typique. La masse volumique du solide emplissant (incomplètement) les enceintes sera prise égale à .
Voir l'indiceIndice
Calculer l'énergie électrique stockée par la batterie sous la forme E = U I \Delta t en joules ou \text{W}\cdot\text{h}, rapporter à sa masse, et comparer à l'énergie massique thermique rapportée à la masse de matériau solide réfractaire de l'installation SEPT.
Voir la stratégieStratégie
- Calculer l'énergie stockée par la batterie à partir de sa tension et de sa capacité électrique, puis en déduire son énergie massique.
- Évaluer la masse du matériau réfractaire dans une installation SEPT typique à l'aide des données de volume, de porosité et de masse volumique du solide.
- Estimer la capacité énergétique totale à partir de la figure 4 (ou de la figure 10) pour en déduire l'énergie massique de l'installation SEPT et la comparer à celle de la batterie.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de l'énergie électrique U I \Delta t par unité de masse pour la batterie au plomb et comparaison avec l'installation SEPT.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Énergie massique de la batterie automobile
Une batterie de tension nominale U = 12\text{ V} et de capacité de charge Q = 50\text{ A}\cdot\text{h} peut stocker une énergie électrique :
Pour une masse m_{\text{bat}} = 10\text{ kg}, l'énergie massique de la batterie s'élève à :
2. Énergie massique d'une installation SEPT typique
La masse du fluide caloporteur (argon) calculée en Q14 (m_{\text{Ar}} \approx 14\text{ tonnes}) est totalement négligeable devant la masse du milieu solide de stockage.
Dans le volume total d'enceintes V_e = 20\,000\text{ m}^3 de porosité \varepsilon = 40\,\%, le volume de solide réfractaire vaut :
Avec la masse volumique du solide \rho_s = 2{,}5 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, la masse totale du solide est :
D'après la figure 4 (ou la figure 10 en régime établi), la capacité énergétique typique d'une installation SEPT est de l'ordre de :
L'énergie massique de l'installation SEPT est donc :
3. Comparaison
Les énergies massiques d'une batterie au plomb automobile et du procédé SEPT sont du même ordre de grandeur (\sim 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} ou quelques dizaines de \text{W}\cdot\text{h}\cdot\text{kg}^{-1}).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Attention aux unités, notamment lors de la conversion d'énergie entre watt-heures et joules.
« Beaucoup d’erreurs sur les unités. Le passage du Wh au Joule pose problème. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
I.D · Étude de la phase de déstockage
Question 16
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : rendement isentropique, compresseur, turbine
Montrer que
où et sont les rendements par rapport à l'isentropique du compresseur et de la turbine pendant la phase de déstockage.
Voir l'indiceIndice
Reprendre les expressions des températures en sortie de chaque turbomachine en adaptant les notations aux sens d'écoulement et aux rôles inversés de la phase de déstockage.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier pour chaque turbomachine en phase de déstockage le fluide à l'état initial, la transformation subie, et exprimer la température de sortie isentropique à l'aide de la loi de Laplace et du rapport \Psi = (P_H/P_B)^{1-1/\gamma}.
- Exprimer la température réelle de sortie de la machine à l'aide de son rendement isentropique (\eta_{td} pour la turbine, \eta_{cd} pour le compresseur).
- Injecter les expressions des températures de stockage T_1 et T_3 obtenues à la question Q8 pour aboutir aux relations demandées.
Voir la réponse courteRéponse courte
Enchaînement des bilans enthalpiques en stockage puis en déstockage pour relier les températures finales aux températures nominales.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 2, en phase de déstockage, le sens de parcours du fluide est inversé par rapport au stockage :
- le gaz issu de l'enceinte haute pression à la température T_1 et à la pression P_H traverse la turbine pour être détendu jusqu'à la pression P_B et la température T_{2d} ;
- le gaz issu de l'enceinte basse pression à la température T_3 et à la pression P_B traverse le compresseur pour être comprimé jusqu'à la pression P_H et la température T_{0d}.
1. Détente dans la turbine en déstockage :
Pour une détente isentropique idéale de la pression P_H à P_B à partir de T_1, la relation de Laplace s'écrit :
Par définition du rendement isentropique de la turbine en déstockage \eta_{td} (modèle du gaz parfait à capacité thermique massique c_p constante) :
On en déduit l'expression de la température réelle T_{2d} :
Or, d'après le résultat de la question Q8, la température T_1 en sortie de compresseur lors du stockage vaut :
En reportant cette expression dans celle de T_{2d}, on obtient :
2. Compression dans le compresseur en déstockage :
Pour une compression isentropique idéale de la pression P_B à P_H à partir de T_3, la relation de Laplace s'écrit :
Par définition du rendement isentropique du compresseur en déstockage \eta_{cd} :
On en déduit l'expression de la température réelle T_{0d} :
Or, d'après le résultat de la question Q8, la température T_3 en sortie de turbine lors du stockage s'exprime par :
En substituant T_3, on parvient directement à l'expression attendue :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Lorsqu'un résultat est fourni par l'énoncé, une démonstration complète et rigoureuse est exigée.
« Beaucoup de réponses allusives. Le résultat étant fourni, une démonstration précise était attendue. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 17
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : rendement isentropique, inégalité
Montrer que et que .
Voir l'indiceIndice
Étudier le signe des facteurs multiplicatifs en remarquant que \Psi > 1 et que les rendements isentropiques sont strictement inférieurs à 1.
Voir la stratégieStratégie
- Poser le rapport adimensionné x = \Psi - 1 > 0 et étudier la fonction produit intervenant de manière symétrique dans les deux températures.
- Exploiter le fait que les rendements isentropiques de compresseur et de turbine sont tous inférieurs ou égaux à 1 pour minorer terme à terme ce produit par des quantités strictement positives.
Voir la réponse courteRéponse courte
Étude des facteurs correctifs sachant que \Psi > 1 et \eta \leqslant 1, prouvant l'échauffement systématique des gaz.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Puisque P_H > P_B et \gamma > 1, on a :
Posons x = \Psi - 1 > 0. Les expressions obtenues à la question Q16 font intervenir un produit de la forme :
où \eta_c est le rendement isentropique d'une compression et \eta_t celui d'une détente.
Par définition des rendements par rapport à l'isentropique, compte tenu du second principe de la thermodynamique, on a :
Comme x > 0, on en déduit les inégalités suivantes :
pour le terme de compression :
\frac{x}{\eta_c} \geqslant x \implies 1 + \frac{x}{\eta_c} \geqslant 1 + x > 0 ;pour le terme de détente :
\eta_t \frac{x}{1 + x} \leqslant \frac{x}{1 + x} \implies 1 - \eta_t \frac{x}{1 + x} \geqslant 1 - \frac{x}{1 + x} = \frac{1}{1 + x} > 0.
Par produit d'inégalités entre grandeurs strictement positives :
En appliquant ce résultat aux deux couples de rendements :
pour le couple (\eta_{cd}, \eta_{ts}), f(\eta_{cd}, \eta_{ts}) \geqslant 1, ce qui donne :
\frac{T_{0d}}{T_{0n}} = f(\eta_{cd}, \eta_{ts}) \geqslant 1 \implies \boxed{T_{0d} \geqslant T_{0n}}pour le couple (\eta_{cs}, \eta_{td}), f(\eta_{cs}, \eta_{td}) \geqslant 1, ce qui donne :
\frac{T_{2d}}{T_{2n}} = f(\eta_{cs}, \eta_{td}) \geqslant 1 \implies \boxed{T_{2d} \geqslant T_{2n}}
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez les raisonnements mathématiques erronés pour établir les inégalités demandées.
« Question mal traitée, les démonstrations étant rarement rigoureuses. Par exemple, pour montrer que ab⩾1, il ne suffit pas de prouver que a⩾1 et b> 0 ! »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 18
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : réversibilité, rendement isentropique
Dans quels cas aurait-on toujours et ? Cela est-il réaliste ?
Voir l'indiceIndice
Identifier la valeur que devraient prendre les rendements isentropiques pour assurer l'égalité des températures, et commenter la faisabilité pratique.
Voir la stratégieStratégie
- Repartir des expressions de T_{0d} et T_{2d} obtenues en Q16 et de l'étude de l'inégalité menée en Q17.
- Identifier la condition sur les rendements isentropiques (ou sur le rapport de pression) pour avoir l'égalité stricte.
- Conclure sur le caractère réaliste ou non d'un tel fonctionnement au vu des phénomènes physiques dissipatifs réels dans les turbomachines.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'égalité stricte exigerait des rendements isentropiques égaux à 1 (machines parfaites réversibles), ce qui est irréaliste.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q16, le rapport des températures s'écrit sous la forme :
Pour \Psi > 1 (rapport de pression strictement supérieur à 1), ces deux facteurs ne sont égaux à 1 que dans le cas où les turbomachines sont idéales, c'est-à-dire si leurs rendements isentropiques sont tous unitaires :
(Le cas trivial \Psi = 1 correspondrait à une absence totale de compression et de détente, ce qui ne permet aucun transfert thermique utile.)
Cette situation correspondrait à des compressions et des détentes purement isentropiques (adiabatiques et réversibles).
Ce cas n'est absolument pas réaliste en pratique :
- L'écoulement rapide du gaz au sein des compresseurs et des turbines s'accompagne inévitablement de frottements visqueux (dissipation visqueuse), de décollements de couches limites et de tourbillons turbulents.
- Il existe également des fuites aux jeux d'aubes et des échanges thermiques parasites avec le carter.
Ces irréversibilités mécaniques et thermiques entraînent nécessairement une création d'entropie s_{\text{créée}} > 0. Les rendements isentropiques des meilleures turbomachines industrielles restent donc toujours strictement inférieurs à l'unité (typiquement \eta \approx 0{,}85 \text{ à } 0{,}96).
Résultat
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Machines thermiques
Notions : échangeur thermique, régulation thermique
À chaque cycle de déstockage, la température du gaz à la sortie des enceintes doit augmenter, ce qui échauffe le matériau des enceintes. Proposer une solution pour évacuer l'excédent d'énergie en ramenant la gaz à sa température nominale.
Voir l'indiceIndice
Envisager l'insertion d'un échangeur thermique auxiliaire de refroidissement évacuant la chaleur excédentaire vers le milieu extérieur ambiant.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la cause et la localisation de l'excédent d'énergie : les irréversibilités dans les turbomachines conduisent à des températures de gaz supérieures aux valeurs nominales (T_{2d} > T_{2n} et T_{0d} > T_{0n}).
- Proposer un dispositif technologique simple pour évacuer ce surplus d'énergie thermique du fluide caloporteur avant son admission dans les régénérateurs.
- Préciser le puits thermique utilisable (milieu extérieur) ou une éventuelle valorisation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Insertion d'un échangeur thermique intermédiaire avec l'air ambiant pour évacuer l'excédent thermique avant réinjection.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour éviter l'échauffement progressif des enceintes au cours des cycles successifs, il est nécessaire de dissiper l'énergie thermique excédentaire générée par les irréversibilités.
Plusieurs solutions techniques complémentaires peuvent être envisagées :
Mise en place d'échangeurs thermiques auxiliaires (refroidisseurs) : On peut insérer sur le circuit de gaz un ou deux échangeurs de chaleur (aérothermes à air ou échangeurs tubulaires à circulation d'eau de refroidissement) :
- entre la sortie du compresseur et l'entrée de l'enceinte haute pression, pour refroidir l'argon de T_{0d} à T_{0n} ;
- entre la sortie de la turbine et l'enceinte basse pression, pour ramener le gaz de T_{2d} à T_{2n}.
L'évacuation de chaleur est particulièrement aisée pour ramener T_{0d} à T_{0n} car cette dernière est proche de la température ambiante (T_{0n} = 293\text{ K} \approx 20\text{ }^\circ\text{C}), ce qui permet d'utiliser simplement l'air atmosphérique ou une source d'eau naturelle comme puits thermique.
- Valorisation de la chaleur fatale : L'énergie thermique évacuée (notamment celle à haute température issue de la détente si T_{2d} > T_{2n} \approx 500\text{ }^\circ\text{C}) peut être valorisée sous forme de cogénération (réseau de chaleur urbain, séchage industriel, ou alimentation d'un cycle de Rankine secondaire).
Question 20
DifficileTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : taux de compression, cycle thermodynamique
Montrer qu'il y a nécessité d'avoir un rapport de pression isentropique en stockage différent de celui en déstockage et donc d'utiliser deux paires de turbomachines (compresseur et turbine) différentes.
Voir l'indiceIndice
Écrire la condition T_{2d} = T_{2n} à partir de l'expression de T_{2d} en introduisant un taux de détente \Psi_d a priori distinct de \Psi.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler le résultat établi à la question Q17 montrant que pour un même rapport de pression (\Psi_d = \Psi), les irréversibilités imposent nécessairement T_{2d} > T_{2n}.
- Exprimer T_{2d} en distinguant le rapport de pression isentropique de déstockage \Psi_d de celui de stockage \Psi, et traduire la condition T_{2d} = T_{2n}.
- En déduire que \Psi_d doit être distinct de \Psi, puis justifier l'obligation industrielle d'utiliser deux paires distinctes de turbomachines.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour compenser les irréversibilités et fermer thermiquement le cycle, les rapports de pression doivent être dissociés entre charge et décharge.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q16, si le rapport de pression isentropique était identique en stockage et en déstockage (\Psi_d = \Psi), la température du gaz en sortie de turbine lors du déstockage s'écrirait :
Or, d'après l'étude menée à la question Q17, en présence d'irréversibilités réelles (\eta_{cs} < 1 ou \eta_{td} < 1), ce produit est strictement supérieur à 1 : on a nécessairement T_{2d} > T_{2n}.
En introduisant un rapport de pression isentropique propre à la phase de déstockage :
la température en sortie de turbine de déstockage devient :
La condition imposée T_{2d} = T_{2n} requiert donc :
Cette égalité ne peut pas être satisfaite pour \Psi_d = \Psi, ce qui prouve la nécessité d'avoir :
Les turbomachines (compresseurs et turbines) sont des organes conçus pour des conditions nominales de fonctionnement très précises, notamment un taux de compression ou de détente \Pi = P_H / P_B fixé de façon à maximiser leur rendement isentropique et leur stabilité aérodynamique.
Puisque les rapports de pression doivent être différents entre la charge (\Psi) et la décharge (\Psi_d), et que le sens de circulation du fluide est inversé, il est impossible d'utiliser les mêmes machines de manière optimale. Il est donc indispensable d'utiliser deux paires distinctes de turbomachines : l'une dimensionnée pour le stockage, l'autre pour le déstockage.
Résultat
Question 21
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : taux de compression, rendement isentropique
Exprimer en fonction des rendements et et de . Vérifier le résultat obtenu sur un cas limite.
Voir l'indiceIndice
Résoudre l'équation précédente d'inconnue \Psi_d et vérifier que lorsque les rendements tendent vers 1, on retrouve bien \Psi_d = \Psi.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de la relation imposant T_{2d} = T_{2n} établie à la question Q20 en prenant en compte le rapport de pression isentropique propre au déstockage \Psi_d.
- Isoler \Psi_d par étapes algébriques successives.
- Tester le cas limite de turbomachines idéales (isentropiques, \eta_{cs} = \eta_{td} = 1).
Voir la réponse courteRéponse courte
Égalisation des températures pour compenser les pertes et résolution en \Psi_d ; cas limite réversible \Psi_d = \Psi.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q20, l'égalité industrielle T_{2d} = T_{2n} impose au gaz caloporteur de retrouver sa température nominale après la détente dans la turbine de déstockage, ce qui se traduit par :
Posons pour alléger l'écriture A = 1 + \dfrac{\Psi - 1}{\eta_{cs}} = \dfrac{\eta_{cs} + \Psi - 1}{\eta_{cs}}. L'égalité précédente devient :
En isolant le terme en 1/\Psi_d :
Or, le quotient \dfrac{A - 1}{A} s'exprime directement à l'aide de \Psi et \eta_{cs} :
On en déduit l'inverse de \Psi_d :
Soit finalement :
Vérification sur un cas limite :
Turbomachines isentropiques idéales (\eta_{cs} = \eta_{td} = 1) : En remplaçant les rendements par 1 dans l'expression trouvée :
\Psi_d = \frac{1 \cdot (1 + \Psi - 1)}{1 \cdot 1 - (1 - 1)(\Psi - 1)} = \frac{\Psi}{1} = \PsiEn l'absence d'irréversibilités mécaniques et thermiques dans les turbomachines, le cycle est idéalement réversible : le rapport de compression en stockage et le rapport de détente en déstockage sont rigoureusement identiques.
- Absence de compression (\Psi = 1) : Pour \Psi = 1, on obtient immédiatement \Psi_d = 1, ce qui est également physiquement attendu.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Pensez à simplifier les expressions analytiques obtenues.
« Assez peu de bonnes réponses pour ce calcul. Les formes données sont rarement simplifiées. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : taux de compression, rendement isentropique
Comparer les rapports de pression au déstockage et au stockage.
Voir l'indiceIndice
Comparer le numérateur et le dénominateur de l'expression de \Psi_d ou évaluer numériquement pour montrer que \Psi_d > \Psi, ce qui implique un rapport de pression plus élevé en déstockage.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la différence \Psi_d - \Psi à partir de l'expression établie à la question Q21.
- Étudier le signe de cette différence en tenant compte du fait que \Psi > 1 et que les rendements isentropiques réels vérifient \eta_{cs} < 1 et \eta_{td} < 1.
- En déduire la comparaison entre les rapports de pression \left(\frac{P_H}{P_B}\right)_d et \left(\frac{P_H}{P_B}\right)_s via la fonction croissante reliant le rapport de pression à \Psi.
Voir la réponse courteRéponse courte
Déduction de \Psi_d < \Psi en raison des rendements isentropiques strictement inférieurs à l'unité.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le résultat de la question Q21, le paramètre \Psi_d s'exprime par :
Calculons la différence \Psi_d - \Psi :
Analysons les termes en jeu :
- La haute pression étant strictement supérieure à la basse pression, P_H > P_B, et comme \gamma > 1, on a \Psi = \left(\frac{P_H}{P_B}\right)^{1 - 1/\gamma} > 1, soit \Psi - 1 > 0.
Dans une installation réelle, les turbomachines ne sont pas parfaites : 0 < \eta_{cs} < 1 et 0 < \eta_{td} < 1. Par conséquent :
\eta_{td}(1 - \eta_{cs}) > 0 \quad \text{et} \quad \Psi(1 - \eta_{td}) > 0Le numérateur est donc strictement positif.
- Le dénominateur est également positif pour toute valeur physique admissible de \Psi_d > 0.
On en déduit :
Le rapport de pression r_p = \frac{P_H}{P_B} est relié à \Psi par r_p = \Psi^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}}. Comme \frac{\gamma}{\gamma - 1} > 0, la fonction x \mapsto x^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}} est strictement croissante sur \mathbb{R}^{+*}. Par conséquent :
Le rapport de pression au déstockage est strictement supérieur au rapport de pression au stockage.
Résultat
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : travail indiqué, premier principe industriel
Par la même méthode qu'à la question 10, exprimer , énergie massique mise en jeu lors du déstockage.
Voir l'indiceIndice
Effectuer un bilan de travail net massique similaire à celui de la question Q10 en tenant compte du nouveau rapport \Psi_d et des températures de déstockage.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le travail massique net e_d = w_{c,d} + w_{t,d} échangé par le gaz avec les turbomachines lors de la phase de déstockage.
- Relier les écarts de température (T_{0d} - T_3) au compresseur et (T_{2d} - T_1) à la turbine aux rendements isentropiques \eta_{cd} et \eta_{td} ainsi qu'au facteur de pression isentropique \Psi_d.
- Factoriser (\Psi_d - 1) par la même méthode qu'à la question Q10, puis exprimer éventuellement e_d avec la condition industrielle T_{2d} = T_{2n}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du travail massique produit au déstockage par bilan enthalpique sur le compresseur et la turbine de déstockage.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lors de la phase de déstockage, le gaz caloporteur circule en sens inverse et échange du travail avec deux turbomachines :
Dans le compresseur, il subit une compression adiabatique de la basse pression P_{B,d} (température d'entrée T_3) à la haute pression P_{H,d} (température de sortie T_{0d}) :
w_{c,d} = h_{0d} - h_3 = c_p(T_{0d} - T_3)Dans la turbine, il subit une détente adiabatique de la haute pression P_{H,d} (température d'entrée T_1) à la basse pression P_{B,d} (température de sortie T_{2d}) :
w_{t,d} = h_{2d} - h_1 = c_p(T_{2d} - T_1)
L'énergie massique nette mise en jeu lors du déstockage s'écrit donc :
Pour le compresseur de déstockage, une évolution isentropique conduirait à la température T_{0d\text{ is}} = T_3 \Psi_d. Par définition du rendement isentropique :
Pour la turbine de déstockage, une évolution isentropique mènerait à la température T_{2d\text{ is}} = \dfrac{T_1}{\Psi_d}. Par définition du rendement isentropique :
En regroupant ces deux termes et en factorisant par (\Psi_d - 1) exactement comme à la question Q10, on obtient :
En tenant compte de la condition industrielle T_{2d} = T_{2n} retenue à la question Q20, on a T_{2d} - T_1 = T_{2n} - T_1 = -T_{2n}\dfrac{\Psi - 1}{\eta_{cs}}, ce qui permet également d'écrire :
où T_3 = T_{0n}\left(1 - \eta_{ts}\dfrac{\Psi - 1}{\Psi}\right) d'après la question Q8.
Résultat
Question 24
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : rendement de cycle, contrainte thermique
À quelles conditions peut-on obtenir un rendement théorique de en supposant que la turbomachine chaude ne peut pas dépasser ?
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Lire sur le faisceau de courbes de la figure 7 l'intersection entre le seuil de 90\,\% et l'abscisse maximale T_1 = 1000\,^\circ\text{C} pour en déduire les contraintes sur \eta.
Voir la stratégieStratégie
- Repérer sur la figure 7 la droite horizontale correspondant à l'objectif de rendement \Gamma = 0{,}90 (soit 90\,\%).
- Déterminer, pour chaque courbe d'isovaleur de \eta, la température minimale T_1 permettant d'atteindre ce seuil sous la contrainte T_1 \leqslant 1000\,^\circ\text{C}.
- Conclure sur la valeur minimale admissible du rendement isentropique \eta des turbomachines et la plage de température T_1 associée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Exploitation des graphes pour concilier un rendement de 90
Voir le corrigé completCorrigé complet
La figure 7 donne le rendement théorique \Gamma du procédé en fonction de la température d'entrée T_1 (en ^\circ\text{C}) pour différentes valeurs du rendement isentropique \eta supposé commun aux quatre machines.
Pour obtenir un rendement théorique supérieur ou égal à 90\,\% (\Gamma \geqslant 0{,}90) sous la contrainte d'une température maximale T_1 \leqslant 1000\,^\circ\text{C}, on observe l'intersection des courbes avec la ligne horizontale \Gamma = 0{,}90 :
- Pour \eta \leqslant 0{,}92, le rendement maximal à T_1 = 1000\,^\circ\text{C} est inférieur à 0{,}90 (pour \eta = 0{,}92, \Gamma \approx 0{,}84). Le seuil de 90\,\% ne peut donc jamais être atteint sur la plage de température accessible.
Pour \eta = 0{,}94, la courbe atteint \Gamma = 0{,}90 précisément à la limite technologique :
T_1 \approx 1000\,^\circ\text{C}Pour \eta = 0{,}96, le rendement \Gamma \geqslant 0{,}90 est atteint dès :
T_1 \geqslant 600\,^\circ\text{C}Pour \eta = 0{,}98, la condition est vérifiée dès :
T_1 \geqslant 300\,^\circ\text{C}
où T_{1,\min} \approx 1000\,^\circ\text{C} pour \eta = 0{,}94, T_{1,\min} \approx 600\,^\circ\text{C} pour \eta = 0{,}96 et T_{1,\min} \approx 300\,^\circ\text{C} pour \eta = 0{,}98.
Résultat
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Exploitez correctement les courbes fournies afin de bien mettre en évidence le compromis.
« Le graphique est rarement correctement exploité et la notion de compromis rarement vraiment dégagée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 25
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement
Notions : turbomachine, tenue en température
Montrer que le choix des turbomachines nécessite un compromis entre rendement isentropique et résistance aux températures élevées.
Voir l'indiceIndice
Mettre en balance la tenue mécanique et thermique des aubes de turbine à très haute température avec la recherche d'un profil aérodynamique garantissant un haut rendement isentropique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les matériaux réfractaires imposent des contraintes géométriques ou des refroidissements qui dégradent le rendement isentropique.
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L'analyse de la figure 7 montre que pour atteindre un rendement global \Gamma élevé du procédé SEPT, il est nécessaire de maximiser simultanément :
- la température haute du cycle T_1 (à rendement isentropique fixé, \Gamma est une fonction strictement croissante de T_1) ;
- le rendement isentropique \eta des turbomachines (à température T_1 fixée, une légère baisse de \eta dégrade considérablement \Gamma).
Or, sur le plan technologique et des matériaux, ces deux exigences s'opposent :
- Contraintes thermomécaniques à haute température : aux températures considérées (pouvant atteindre 1000\,^\circ\text{C} soit près de 1273\text{ K}), les matériaux des aubages sont soumis à d'intenses contraintes mécaniques et thermiques (dilatations différentielles, risque de fluage).
- Dégradation du rendement isentropique : pour éviter le contact entre les parties tournantes et le carter lors des dilatations, il est nécessaire de prévoir des jeux de fonctionnement plus larges en extrémité d'aubes. De plus, la tenue thermique impose parfois l'injection d'un débit de fluide de refroidissement. Ces jeux accrus génèrent des écoulements de fuite et des dissipations visqueuses supplémentaires, ce qui diminue directement le rendement isentropique \eta.
- Exigence de géométrie précise pour \eta élevé : inversement, l'obtention d'un rendement isentropique très élevé (\eta \geqslant 0{,}94) impose des profils aérodynamiques optimisés et des jeux mécaniques extrêmement faibles, incompatibles avec des régimes thermiques trop sévères.
Le concepteur d'une installation SEPT doit donc nécessairement réaliser un compromis entre le choix de matériaux capables de supporter de très hautes températures T_1 et la préservation d'un rendement isentropique \eta suffisamment élevé pour maintenir la rentabilité du stockage.
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Appuyez-vous rigoureusement sur le graphique pour dégager la notion de compromis.
« Le graphique est rarement correctement exploité et la notion de compromis rarement vraiment dégagée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 26
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : perte thermique, perte de charge
Le rendement théorique étudié précédemment correspond à la limite supérieure du rendement réel puisqu'il ne prend en compte que les pertes liées aux irréversibilités des turbomachines. Citer d'autres facteurs susceptibles d'expliquer la différence entre le rendement réel et le rendement théorique.
Voir l'indiceIndice
Citer les pertes thermiques pariétales au travers des parois des enceintes, les pertes de charge visqueuses dans le lit poreux ou encore les pertes mécaniques et électriques des convertisseurs.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pertes thermiques par les parois des enceintes, pertes de charge aérauliques dans le lit poreux et frottements mécaniques.
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Le modèle thermodynamique développé jusqu'ici ne prend en compte que les irréversibilités internes aux turbomachines (rendements isentropiques \eta < 1). Dans une installation réelle, d'autres phénomènes dissipatifs et transferts d'énergie viennent dégrader le rendement global :
- Pertes électromécaniques : le convertisseur électromécanique (moteur électrique en phase de stockage, génératrice en phase de déstockage) présente un rendement électrique et mécanique inférieur à l'unité en raison de l'effet Joule dans les bobinages, des pertes ferromagnétiques et des frottements mécaniques dans les paliers et les réducteurs.
- Pertes de charge dans le circuit fluide : l'écoulement du gaz à fort débit à travers le lit granulaire poreux des régénérateurs, les canalisations et les vannes s'accompagne de pertes de charge visqueuses non négligeables, ce qui augmente le travail de compression requis et réduit le travail récupérable à la détente.
- Pertes thermiques vers l'environnement extérieur : l'isolation thermique des enceintes et des conduites n'étant pas idéale, des fuites de chaleur vers le milieu extérieur ont lieu en continu, particulièrement au niveau de l'enceinte haute température.
- Irréversibilités des transferts thermiques gaz-solide : l'échange thermique entre l'argon et le matériau granulaire nécessite un écart de température fini entre le fluide et le solide (\Delta T = T_f - T_s \neq 0), ce qui est source d'irréversibilité thermique (création d'entropie). De plus, la diffusion thermique axiale (étudiée en partie ) tend à homogénéiser les températures et dégrade le front thermique.
- Pertes liées à l'évacuation de l'excédent thermique : comme établi à la question Q17, les irréversibilités provoquent un échauffement résiduel du fluide en sortie d'enceinte (T_{0d} > T_{0n} et T_{2d} > T_{2n}). L'énergie thermique évacuée (par exemple par un aéroréfrigérant) pour stabiliser le cycle est définitivement perdue.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne qualifiez pas toute dissipation thermique d'effet Joule et évitez d'invoquer des fuites d'argon infondées.
« L’effet Joule est souvent mentionné pour désigner toute dissipation d’énergie sous forme thermique quelle qu’en soit l’origine. Certains candidats parlent de « fuite » d’argon pour justifier d’une baisse de rendement. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Partie II : Analyse de quelques caractéristiques des régénérateurs
II.A · Influence de la porosité du milieu
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie
Notions : compacité, porosité, réseau cubique à faces centrées
Exprimer puis calculer la porosité théorique de chaque structure. Pourquoi dit-on que l'empilement cubique à faces centrées est un empilement compact ?
Voir l'indiceIndice
Exprimer la compacité C = V_{\text{sphères}}/V_{\text{maille}} pour les deux réseaux à partir du rayon des sphères en contact tangent, puis en déduire la porosité théorique \varepsilon = 1 - C.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la porosité \varepsilon en fonction de la compacité C de la maille par la relation \varepsilon = 1 - C.
- Pour chaque structure (cubique simple et cubique à faces centrées), déterminer la condition de tangence entre sphères (contact), le nombre N de motifs propres à la maille, en déduire C puis \varepsilon.
- Expliquer la qualification d'empilement « compact » pour le réseau cubique à faces centrées à l'aide de la coordinence et de la compacité maximale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Porosité \varepsilon = 1 - C avec C_{\text{CS}} = \pi/6 et C_{\text{CFC}} = \pi\sqrt{2}/6, le CFC atteignant la compacité maximale d'empilement de sphères.
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La porosité \varepsilon est le rapport du volume occupé par le fluide (volume des interstices) sur le volume total. En notant C la compacité (fraction volumique occupée par les sphères de rayon R) :
où a désigne le paramètre de la maille cubique et N le nombre de sphères appartenant en propre à la maille.
1. Structure cubique simple (CS) :
Nombre de sphères par maille : les 8 sommets sont partagés chacun par 8 mailles :
N_{\text{CS}} = 8 \times \frac{1}{8} = 1Condition de contact : les sphères sont tangentes le long des arêtes :
a = 2RCompacité et porosité :
C_{\text{CS}} = \frac{1 \times \dfrac{4}{3}\pi R^3}{(2R)^3} = \frac{\pi}{6} \approx 0{,}524
2. Structure cubique à faces centrées (CFC) :
Nombre de sphères par maille : 8 sommets partagés par 8 mailles et 6 centres de faces partagés par 2 mailles :
N_{\text{CFC}} = 8 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 1 + 3 = 4Condition de contact : les sphères sont tangentes le long de la diagonale d'une face :
a\sqrt{2} = 4R \implies a = 2\sqrt{2}\,RCompacité et porosité :
C_{\text{CFC}} = \frac{4 \times \dfrac{4}{3}\pi R^3}{(2\sqrt{2}\,R)^3} = \frac{\dfrac{16}{3}\pi R^3}{16\sqrt{2}\,R^3} = \frac{\pi}{3\sqrt{2}} = \frac{\pi\sqrt{2}}{6} \approx 0{,}740
3. Qualification d'empilement compact :
- La structure cubique à faces centrées est constituée d'un empilement de plans de compacité bidimensionnelle maximale (plans hexagonaux compacts) suivant la séquence périodique ABCABC\dots
- Chaque sphère est entourée de 12 plus proches voisines tangentes (coordinence maximale égale à 12).
- Sa compacité C_{\text{CFC}} \approx 74\,\% correspond au taux d'occupation spatial maximal possible pour un empilement de sphères rigides identiques dans l'espace à trois dimensions (conjecture de Kepler).
Résultat
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Attention à ne pas confondre la porosité et la compacité d'un empilement.
« Porosité et compacité ont cependant été le plus souvent confondues. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
Question 28
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1
Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique
Notions : compacité, capacité thermique volumique
Quel mode d'empilement serait le mieux adapté au remplissage d'un régénérateur ?
Voir l'indiceIndice
Comparer les porosités calculées à la valeur optimale de 50\,\% mentionnée dans l'énoncé pour désigner la structure la plus avantageuse.
Voir la stratégieStratégie
Comparer les porosités théoriques obtenues à la question précédente à la valeur optimale de 50\,\% indiquée dans le préambule de la partie II.A.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'empilement compact CFC maximise la quantité de matière solide par unité de volume, optimisant la capacité de stockage volumique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le préambule de la partie II.A, l'efficacité du stockage thermique augmente avec la porosité jusqu'à un optimum situé autour de :
D'après les résultats de la question Q27 :
- l'empilement cubique présente une porosité \varepsilon_{\text{cubique}} \approx 47{,}6\,\%, valeur très proche de l'optimum visé ;
- l'empilement cubique à faces centrées présente une porosité \varepsilon_{\text{CFC}} \approx 26{,}0\,\%, nettement trop éloignée de cet optimum.
Par conséquent, au regard du critère d'efficacité thermique :
Résultat
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Il suffisait de s'appuyer sur les informations fournies dans l'énoncé.
« Il suffisait ici de faire référence à l’énoncé ce que beaucoup ont bien fait. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
II.B.1 · Fronts thermiques et influence du coefficients d'échange
Question 29
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : coefficient d'échange convectif, loi de newton
D'après les courbes de la figure 11, comment varie la différence de température entre le fluide et le solide avec ? Commenter.
Voir l'indiceIndice
Observer l'écart vertical entre les courbes en trait plein (solide) et en pointillés (fluide) sur la figure 11 pour h=5 et h=20\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Un coefficient h plus élevé réduit l'écart |T_f - T_s| entre fluide et solide, améliorant le couplage thermique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
À la lecture des courbes de la figure 11 :
- Pour h = 5\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}, l'écart de température entre le fluide (courbe en pointillés) et le solide (courbe en trait plein) est notable au niveau de la zone de transition du front thermique (pouvant atteindre plusieurs dizaines de kelvins).
- Pour h = 20\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}, les deux courbes sont presque confondues tout au long du profil spatial z.
Ainsi, la différence de température |T_f - T_s| diminue lorsque le coefficient d'échange h augmente.
Commentaire physique : Le transfert thermique conducto-convectif surfacique entre le fluide et le solide est régi par la loi de Newton :
où \varphi est la densité de flux thermique échangée.
- Une augmentation de h diminue la résistance thermique d'interface (R_{\text{th}} \propto 1/h) et améliore ainsi le couplage thermique entre le gaz et le solide granulaire.
- Pour transférer un même flux de chaleur, un écart de température plus faible est alors nécessaire. À la limite d'un coefficient h très grand, le fluide et le matériau solide seraient en équilibre thermique local (T_f \approx T_s).
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La justification s'appuyait sur la loi phénoménologique de Newton.
« Exploitation généralement correcte des courbes de température. La justification nécessitait la loi de Newton, non exigible, qui aurait dû être rappelée dans l’énoncé. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 30
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : front thermique, stockage thermique
Expliquer, à l'aide de la figure 11, qu'un coefficient d'échange plus élevé permet d'arrêter le stockage plus tard et donc de stocker d'avantage d'énergie dans le régénérateur.
Voir l'indiceIndice
Analyser la raideur du front thermique : un coefficient h plus grand resserre la zone de transition, retardant ainsi le moment où le gaz chaud commence à percer en sortie basse.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la contrainte d'arrêt de la phase de stockage : la température du gaz en sortie du régénérateur (z = 10\text{ m}) ne doit pas augmenter significativement par rapport à sa valeur nominale T_{0n} \approx 300\text{ K} (phénomène de percée thermique).
- Analyser l'étalement et la progression du front thermique sur la figure 11 selon la valeur du coefficient h.
- Conclure sur la durée admissible de stockage et sur la quantité d'énergie emmagasinée dans le lit de solide.
Voir la réponse courteRéponse courte
Un coefficient h élevé raidit le front thermique et retarde le passage de la vague thermique en sortie d'enceinte.
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Pendant la phase de stockage, le gaz chaud entre au sommet de l'enceinte (z = 0) à la température T_1 et en ressort au bas (z = 10\text{ m}) à une température qui doit rester aussi proche que possible de la température nominale T_{0n} \approx 300\text{ K} pour assurer le bon fonctionnement de la détente ultérieure dans la turbine. La fin de la charge est donc dictée par la « percée thermique », moment où le front atteint la sortie et où la température en z = 10\text{ m} commence à croître.
D'après la figure 11 :
- Pour h = 5\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}, le front thermique est très étalé dans l'espace. Dès t = 10\text{ h}, la température en sortie s'élève notablement (T > 300\text{ K}), et à t = 13{,}3\text{ h}, elle dépasse 400\text{ K}. Le stockage doit donc être interrompu prématurément pour ne pas rejeter un gaz anormalement chaud.
- Pour h = 20\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}, le front thermique est beaucoup plus raide et étroit. À t = 10\text{ h}, la température en z = 10\text{ m} est rigoureusement maintenue à 300\text{ K}. Même à t = 13{,}3\text{ h}, le pied du front commence tout juste à atteindre le bas de l'enceinte, maintenant le fluide sortant à une température quasi égale à T_0.
Le processus de stockage peut ainsi être poursuivi plus longtemps (ici au-delà de 13\text{ h} contre moins de 10\text{ h} pour le faible coefficient), ce qui permet d'élever la température d'un volume plus important de solide granulaire jusqu'à T_1 et donc d'accroître l'énergie thermique stockée \Delta U_s = \int_0^{H_e} \rho_s (1-\varepsilon) c_s S (T_s(z) - T_0)\,\mathrm{d}z.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait relier l'élévation thermique du fond de l'enceinte au critère d'arrêt et à la capacité de stockage.
« La question était complexe. Très peu de candidats ont fait le lien entre la montée en température du fond de l’enceinte et la condition d’arrêt liée à la température de sortie. De même pour l’augmentation de la capacité de stockage. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : réversibilité thermique, création d'entropie
Rappeler à quelles conditions un échange thermique entre un fluide (de température ) et un solide (de température ) peut être considéré réversible. Quelle devrait être la valeur de pour que l'entropie créée lors du transfert gaz-solide soit nulle ?
Voir l'indiceIndice
Écrire le taux de création d'entropie surfacique associé à un transfert conducto-convectif en \Delta T, et chercher la condition pour annuler cette création à flux thermique non nul.
Voir la réponse courteRéponse courte
Échange réversible si l'écart de température est infinitésimal (\Delta T \to 0), ce qui impose h \to +\infty à flux thermique non nul.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Un transfert thermique est intrinsèquement irréversible dès lors qu'il se produit à travers un écart de température fini. Pour qu'un échange thermique entre un fluide à la température T_f et un solide à la température T_s puisse être considéré comme thermodynamiquement réversible, il faut que la transformation soit quasi-statique d'un point de vue thermique, c'est-à-dire que l'écart de température entre les deux milieux soit infinitésimal à chaque instant et en tout point de contact :
Considérons une surface d'échange A traversée pendant une durée \mathrm{d}t par un transfert thermique élémentaire \delta Q du fluide vers le solide. D'après la loi de Newton du transfert conducto-convectif :
Le bilan entropique appliqué à la frontière de contact fluide-solide donne pour l'entropie créée élémentaire :
En exprimant ce taux de création d'entropie en fonction du flux thermique \Phi = \frac{\delta Q}{\mathrm{d}t} = h A (T_f - T_s), on obtient :
Pour qu'un flux thermique non nul puisse être échangé à travers l'interface tout en annulant l'entropie créée (\delta S_c = 0, soit T_f - T_s \to 0), il faut que la résistance thermique d'interface R_{\text{th}} = \frac{1}{hA} soit nulle, ce qui impose :
Résultat
II.B.2 · Influence de la largeur des enceintes
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique ; Thermodynamique › Machines thermiques
Notions : résistance thermique, perte thermique
Expliquer l'évolution du rendement en fonction de .
Voir l'indiceIndice
Relier l'augmentation de la section L_e^2 à la diminution de la vitesse d'écoulement du gaz et à la réduction des pertes thermiques relatives par les parois latérales.
Voir la stratégieStratégie
- Décrire l'évolution observée sur la figure 12 : le rendement \Gamma est une fonction croissante de la largeur L_e.
- Justifier cette augmentation par l'effet d'échelle sur les pertes thermiques pariétales (rapport surface/volume).
- Analyser l'impact hydrodynamique et thermique interne : pour un débit massique donné, l'augmentation de la section de passage diminue la vitesse du fluide, ce qui améliore l'échange thermique et réduit les irréversibilités.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'augmentation de L_e diminue le rapport surface latérale sur volume, ce qui réduit les fuites thermiques relatives.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 12, le rendement global \Gamma de l'installation est une fonction croissante de la largeur L_e de l'enceinte (il passe d'environ 0{,}42 pour L_e = 22\text{ m} à plus de 0{,}54 pour L_e = 42\text{ m}).
Cette évolution s'explique par deux phénomènes complémentaires :
Effet d'échelle sur les pertes thermiques vers l'extérieur :
Le volume utile de stockage de l'enceinte vaut V_e = L_e^2 H_e, de sorte que l'énergie thermique stockée varie en L_e^2. En revanche, les déperditions thermiques avec le milieu extérieur se font principalement à travers les parois latérales de surface S_{\text{lat}} = 4 L_e H_e \propto L_e. Le ratio des pertes thermiques relatives par rapport à l'énergie emmagasinée s'écrit donc :\frac{\mathcal{P}_{\text{pertes}}}{E_{\text{stockée}}} \propto \frac{S_{\text{lat}}}{V_e} = \frac{4}{L_e}Lorsque L_e augmente, ce ratio décroît en 1/L_e : l'enceinte est thermiquement mieux isolée par auto-confinement volumique.
Amélioration du transfert conducto-convectif interne et diminution des pertes de charge :
À hauteur H_e et débit massique D_m fixés, la section droite de passage du gaz S = L_e^2 augmente, ce qui réduit la vitesse superficielle du gaz v = \frac{D_m}{\rho S} \propto \frac{1}{L_e^2}.- Le temps de séjour \tau = \frac{H_e}{v} \propto L_e^2 augmente, ce qui favorise l'équilibre thermique local entre le fluide et les particules solides. L'écart |T_f - T_s| diminue, réduisant ainsi la création d'entropie par transfert thermique (d'après Q31).
- La dissipation d'énergie mécanique par pertes de charge au travers du lit poreux (loi de Darcy-Ergun) diminue fortement avec la vitesse d'écoulement.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne vous limitez pas à décrire la courbe : expliquez l'évolution en faisant le lien avec la vitesse d'écoulement.
« Trop de candidats se sont contentés de décrire l’évolution de Γ en fonction de Leou de Dm (ce qui ne constitue pas une explication !), sans faire le lien avec la vitesse de l’écoulement. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
II.B.3 · Influence du débit massique de gaz
Question 33
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : perte de charge, échange thermique
Expliquer l'évolution du rendement avec le débit du gaz.
Voir l'indiceIndice
Relier une hausse de débit massique à la réduction du temps de contact fluide-solide (baisse du nombre d'unités de transfert) et à l'augmentation des pertes de charge.
Voir la stratégieStratégie
- Décrire l'évolution visible sur la figure 13.
- Proposer les causes physiques de cette baisse de rendement dans le régénérateur : l'aspect thermique (temps de séjour, efficacité de l'échange) et l'aspect mécanique (pertes de charge aérauliques).
Voir la réponse courteRéponse courte
Un fort débit améliore le transfert thermique h mais augmente drastiquement les pertes de charge visqueuses dans le lit.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 13, le rendement \Gamma de l'installation décroît de façon monotone lorsque le débit massique D_m du gaz augmente (il passe d'environ 0{,}56 pour D_m = 0{,}6 à moins de 0{,}50 pour D_m = 1{,}4).
Cette dégradation s'explique par deux phénomènes physiques principaux :
Diminution de l'efficacité des transferts thermiques : La vitesse moyenne du gaz dans les enceintes poreuses est proportionnelle au débit massique (v \propto D_m). Lorsque D_m augmente, le temps de séjour du fluide dans le régénérateur diminue :
\tau = \frac{L_e}{v} \propto \frac{1}{D_m}De manière équivalente, le nombre d'unités de transfert \mathrm{NUT} = \frac{h A}{D_m c_p} diminue. Le transfert conducto-convectif gaz-solide est donc moins complet, ce qui élargit le front thermique et impose un écart de température |T_f - T_s| plus grand pour transférer la chaleur requise. Comme établi à la question Q31, cela accroît l'irréversibilité thermique (création d'entropie) et abaisse le rendement.
Augmentation des pertes de charge : L'écoulement de l'argon à travers le milieu poreux granulaire engendre des pertes de charge visqueuses et inertielles \Delta P régies par la loi de Darcy ou la loi d'Ergun, avec \Delta P fonction croissante de la vitesse v (en v puis en v^2). La puissance mécanique dissipée par ces frottements :
\mathcal{P}_{\text{dissipée}} \approx \frac{D_m}{\rho} \Delta Paugmente fortement avec D_m (en D_m^2 ou D_m^3), ce qui consomme une fraction plus importante du travail fourni ou récupéré par les turbomachines.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Une description de courbe ne vaut pas explication : il fallait faire le lien avec la vitesse de l'écoulement.
« Trop de candidats se sont contentés de décrire l’évolution de Γ en fonction de Leou de Dm (ce qui ne constitue pas une explication !), sans faire le lien avec la vitesse de l’écoulement. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
II.C · Évolution thermique des enceintes pendant les pauses
Question 34
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : loi de fourier, ordre de grandeur
Évaluer un ordre de grandeur de l'énergie thermique diffusée axialement et la comparer à l'énergie interne de cette enceinte . Conclure.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi de Fourier pour calculer le flux thermique conductif axial P_{\text{th}} = \lambda L_e^2 |\mathrm{d}T/\mathrm{d}z|, puis intégrer sur la durée \Delta t avant de comparer à U.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la densité de flux thermique par conduction axiale à l'aide de la loi de Fourier.
- En déduire le flux thermique traversant une section droite horizontale d'aire S = L_e^2, puis intégrer sur la durée d'arrêt \Delta t pour déterminer l'énergie diffusée Q_{\text{diff}}.
- Calculer le rapport Q_{\text{diff}} / U pour conclure sur l'impact de cette diffusion sur l'efficacité globale du stockage.
Voir la réponse courteRéponse courte
Estimation du transfert thermique axial par la loi de Fourier Q \sim \lambda S (\Delta T / L) \Delta t, négligeable devant l'énergie stockée U.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la loi de Fourier, le vecteur densité de flux thermique associé à la conduction axiale selon l'axe vertical (Oz) s'écrit :
L'enceinte étant à base carrée de côté L_e, la section droite horizontale traversée par le flux thermique a pour aire :
Le flux thermique axial (en valeur absolue) à travers cette section vaut ainsi :
Le gradient thermique étant supposé uniforme et constant durant la pause, l'énergie thermique diffusée pendant la durée \Delta t s'exprime par :
Avec les valeurs numériques fournies :
- \lambda = 0{,}03\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
- L_e = 10\text{ m} ;
- \left|\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}z}\right| = 200\text{ K}\cdot\text{m}^{-1} ;
- \Delta t = 24\text{ h} = 24 \times 3\,600\text{ s} = 86\,400\text{ s}.
On obtient :
Comparons cette énergie à l'énergie interne stockée dans l'enceinte U = 1{,}7 \times 10^{12}\text{ J} :
L'énergie diffusée axialement représente environ 0{,}003\,\% de l'énergie stockée, ce qui est tout à fait négligeable.
Conclusion : La diffusion thermique axiale au cours des phases de pause (même pour une durée d'une journée entière) n'entraîne aucune dégradation notable de la stratification thermique ; il n'est donc pas nécessaire de la prendre en compte dans l'évaluation de l'efficacité globale du procédé SEPT.
Résultat
II.D · Notions sur les modèles de conductivité effective d'un milieu poreux
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en MP2I, BCPST1
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : résistance thermique, conductivité équivalente
Exprimer les conductivités dans les deux situations limites en fonction de , et . Valider les expressions obtenues en considérant des cas limites.
Voir l'indiceIndice
Appliquer les règles d'association des résistances thermiques en parallèle (addition des flux) et en série (addition des écarts de température) pour déterminer la conductivité équivalente.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter l'analogie électrothermique en associant à chaque phase une résistance ou une conductance thermique définie par sa géométrie (fraction volumique) et sa conductivité.
- Associer en parallèle les conductances thermiques pour le flux le long des strates, et en série les résistances thermiques pour le flux normal aux strates.
- Tester les cas limites physiquement évidents (\varepsilon = 0, \varepsilon = 1 et \lambda_s = \lambda_g) pour valider les formules obtenues.
Voir la réponse courteRéponse courte
Modèle en couches : association en parallèle \lambda_\parallel = \varepsilon\lambda_g + (1-\varepsilon)\lambda_s et en série 1/\lambda_\perp = \varepsilon/\lambda_g + (1-\varepsilon)/\lambda_s.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons un bloc élémentaire de milieu poreux de longueur L dans la direction du flux thermique et de section transverse totale S.
1. Modèle parallèle (strates parallèles au flux) Les deux phases s'étendent sur toute la longueur L et sont soumises au même écart de température \Delta T. La section transverse se répartit proportionnellement aux fractions volumiques :
Le flux thermique total est la somme des flux traversant chaque phase, ce qui correspond à deux conductances thermiques en parallèle :
Avec G_{\text{th}} = \frac{\lambda S}{L}, il vient :
Soit, en simplifiant par S/L :
2. Modèle série (strates perpendiculaires au flux) Le flux thermique \Phi traverse successivement la couche solide puis la couche gazeuse à travers la même section S. Les épaisseurs de chaque couche sont proportionnelles aux fractions volumiques, pour une épaisseur totale L :
La différence de température totale est la somme des écarts de température aux bornes de chaque strate, ce qui correspond à deux résistances thermiques en série :
Avec R_{\text{th}} = \frac{L}{\lambda S}, on obtient :
Soit :
En réduisant au même dénominateur :
3. Validation sur les cas limites
Milieu purement solide (\varepsilon = 0) :
\lambda_\parallel(\varepsilon = 0) = \lambda_s \quad \text{et} \quad \lambda_\perp(\varepsilon = 0) = \frac{\lambda_s \lambda_g}{\lambda_g} = \lambda_sMilieu purement gazeux (\varepsilon = 1) :
\lambda_\parallel(\varepsilon = 1) = \lambda_g \quad \text{et} \quad \lambda_\perp(\varepsilon = 1) = \frac{\lambda_s \lambda_g}{\lambda_s} = \lambda_gPhases de même conductivité (\lambda_s = \lambda_g = \lambda_0) :
\lambda_\parallel = (1 - \varepsilon)\lambda_0 + \varepsilon\lambda_0 = \lambda_0 \quad \text{et} \quad \lambda_\perp = \frac{\lambda_0^2}{\varepsilon\lambda_0 + (1 - \varepsilon)\lambda_0} = \lambda_0
Les deux expressions redonnent fidèlement le comportement d'un milieu homogène dans ces situations limites, ce qui valide les expressions obtenues.
Résultat
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Évitez les transpositions abusives depuis l'électricité et contrôlez l'homogénéité des résistances thermiques.
« De fréquentes confusions entre expressions série et parallèle, des problèmes de dimension dans les résistances thermiques du solide et du gaz. On ne peut pas sommer les conductivités ou leurs inverses « d’après le cours d’électricité » ! »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 36
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en MP2I, BCPST1
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : résistance thermique, inégalité
Montrer que l'une de ces deux expressions limites est toujours supérieure à l'autre. Déterminer et .
Voir l'indiceIndice
Calculer la différence \lambda_\parallel - \lambda_\perp ou utiliser l'inégalité arithmético-harmonique pour prouver que \lambda_\parallel \geqslant \lambda_\perp.
Voir la stratégieStratégie
- Former la différence \lambda_\parallel - \lambda_\perp entre les conductivités effectives des modèles parallèle et série obtenues à la question précédente.
- Réduire au même dénominateur et factoriser le numérateur sous la forme d'un carré parfait pour établir son signe.
- Conclure sur le classement des deux expressions et identifier formellement \lambda_{\min} et \lambda_{\max}.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'inégalité entre moyennes arithmétique et harmonique montre que \lambda_\parallel \geqslant \lambda_\perp, fixant \lambda_{\min} = \lambda_\perp et \lambda_{\max} = \lambda_\parallel.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats de la question Q35, les conductivités thermiques effectives associées aux deux configurations extrêmes s'écrivent :
Calculons la différence \lambda_\parallel - \lambda_\perp en posant, pour alléger l'écriture, a = 1 - \varepsilon et b = \varepsilon (avec a > 0, b > 0 et a + b = 1) :
Comme a + b = 1, on a a^2 + b^2 - 1 = (a + b)^2 - 2ab - 1 = -2ab. Le numérateur devient ainsi :
On en déduit l'expression factorisée de la différence :
Pour un milieu poreux biphasique réel (0 < \varepsilon < 1) et deux phases de conductivités distinctes (\lambda_s > \lambda_g), le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs. On en déduit :
La conductivité thermique en mode parallèle est donc toujours supérieure à celle en mode série, ce qui permet d'identifier les bornes extrêmes :
Résultat
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Examinez la cohérence physique des cas limites et commentez d'éventuelles incohérences constatées.
« Des cas limites aberrants auraient dû alerter les candidats sur un problème de démarche. Le jury a d’ailleurs valorisé les candidats qui, sans forcément trouver leur erreur, ont noté l’incohérence des valeurs limites trouvées. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question 37
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Application numérique
- Faisable en MP2I, BCPST1
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : application numérique, conductivité thermique
Calculer les valeurs numériques de et .
Voir l'indiceIndice
Effectuer les applications numériques directes des formules établies en Q35 avec les données fournies pour l'argon et le sable.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul numérique immédiat des deux bornes théoriques de conductivité effective pour le mélange argon-stéatite.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les expressions établies à la question Q36, les conductivités thermiques effectives minimale et maximale s'écrivent :
Avec les valeurs numériques fournies :
- Porosité du milieu granulaire : \varepsilon = 0,47 (d'où 1 - \varepsilon = 0,53) ;
- Conductivité du solide (sable) : \lambda_s = 0,40\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
- Conductivité du gaz (argon) : \lambda_g = 0,018\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
Pour la borne supérieure :
Pour la borne inférieure :
En conservant deux chiffres significatifs en accord avec les données :
Résultat
II.E · Mesure de la conductivité thermique effective du milieu granulaire utilisé pour les enceintes du procédé S.E.P.T.
Question 38
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : équation de la chaleur, coordonnée cylindrique
Établir l'équation différentielle vérifié par , la température du matériau en fonction du temps. On pourra introduire la diffusivité thermique du matériau définie par .
Voir l'indiceIndice
Établir un bilan thermique sur une coquille cylindrique d'épaisseur \mathrm{d}r ou utiliser directement le laplacien en coordonnées cylindriques à symétrie axiale.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter les symétries et invariances du problème afin de réduire les variables d'espace à la seule coordonnée radiale r.
- Effectuer un bilan d'énergie sur un système fermé constitué de la matière contenue dans une coquille cylindrique élémentaire entre les rayons r et r+\mathrm{d}r, sur une hauteur L, pendant une durée \mathrm{d}t.
- Appliquer la loi de Fourier pour exprimer le flux conductif et introduire la diffusivité thermique \alpha = \frac{\lambda}{\rho c_p}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'énergie sur une couche cylindrique d'épaisseur \mathrm{d}r aboutissant à \frac{\partial T}{\partial t} = \frac{\alpha}{r}\frac{\partial}{\partial r}\left(r\frac{\partial T}{\partial r}\right).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Compte tenu de la longueur supposée infinie du fil et de la symétrie axiale, la température ne dépend ni de la coordonnée axiale z, ni de l'angle azimutal \theta. Le champ scalaire de température s'écrit donc sous la forme T(r, t).
Le vecteur densité de flux thermique est purement radial d'après la loi de Fourier :
Considérons le système fermé constitué par le milieu matériel situé à l'instant t entre les rayons r et r + \mathrm{d}r, sur une longueur L. Son volume s'écrit :
Le milieu étant incompressible et indilatable (\mathrm{d}V = 0), le travail des forces de pression est nul. En l'absence de terme source volumique dans le matériau granulaire pour r > r_0, le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système entre les instants t et t+\mathrm{d}t donne :
où :
la variation d'énergie interne s'exprime par :
\mathrm{d}U = \rho c_p \mathrm{d}V \frac{\partial T}{\partial t}(r, t)\,\mathrm{d}t = \rho c_p (2\pi r\,\mathrm{d}r\,L)\frac{\partial T}{\partial t}(r, t)\,\mathrm{d}tla chaleur reçue pendant \mathrm{d}t correspond au bilan des flux conductifs nets entrant en r et sortant en r+\mathrm{d}r :
\delta Q = \left[\Phi(r, t) - \Phi(r+\mathrm{d}r, t)\right]\mathrm{d}t = -\frac{\partial \Phi}{\partial r}(r, t)\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t
Le flux conductif traversant la surface cylindrique latérale de rayon r orientée vers l'extérieur vaut :
D'où :
En égalant les deux expressions de \mathrm{d}U et \delta Q :
En introduisant la diffusivité thermique \alpha = \frac{\lambda}{\rho c_p}, on obtient l'équation de diffusion vérifiée par T(r, t) :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Définissez le système, vérifiez l'homogénéité et n'oubliez pas la dépendance radiale de la surface cylindrique.
« Le système étudié n’est pas toujours défini ! Beaucoup d’erreurs conduisent à des expressions non homogènes. »
« Trop peu de candidats sont capables de mettre en œuvre un bilan de façon rigoureuse. Par exemple, le calcul de transfert thermique est souvent mal mené en oubliant la dépendance en rde la surface du cylindre. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2020
Question déjà tombée ailleurs
Question 39
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : longueur de diffusion, analyse dimensionnelle
À un instant donné, quelle est, en ordre de grandeur, la longueur caractéristique de variation de la température avec ?
Voir l'indiceIndice
Procéder par analyse dimensionnelle sur l'équation de la diffusion pour relier l'extension spatiale radiale \delta au temps t et à la diffusivité \alpha.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la nature de l'équation différentielle établie à la question Q38 (équation de diffusion thermique).
- Effectuer une analyse d'ordres de grandeur des termes de l'équation pour relier l'extension spatiale \delta au temps t via la diffusivité \alpha.
Voir la réponse courteRéponse courte
Par analyse dimensionnelle de l'équation de diffusion, la longueur caractéristique de pénétration est \delta \sim \sqrt{\alpha t}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q38, la température T(r, t) vérifie l'équation de la diffusion radiale :
Considérons une échelle caractéristique de variation spatiale \delta sur une durée t. En estimant les ordres de grandeur des termes dominants :
L'équilibre entre la variation temporelle et la diffusion thermique impose :
À l'instant t, la longueur caractéristique de pénétration de la chaleur dans le milieu selon la direction radiale est donc :
Résultat
Question 40
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : loi de fourier, flux thermique
Exprimer en fonction de , et .
Voir l'indiceIndice
Écrire la continuité du flux thermique total par unité de longueur à la traversée de la surface latérale du cylindre de rayon r_0 à l'aide de la loi de Fourier.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le vecteur densité de flux thermique à la surface du fil en utilisant la loi de Fourier en coordonnées cylindriques.
- Exprimer le flux thermique total cédé par le fil sur une longueur L et le relier au flux par unité de longueur \varphi_L.
- En déduire le gradient radial de température en r = r_0.
Voir la réponse courteRéponse courte
Loi de Fourier à la surface du cylindre : \varphi_L = -2\pi r_0 \lambda \frac{\partial T}{\partial r}(r_0,t), d'où le gradient de température au fil.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la loi de Fourier, le transfert thermique s'effectuant uniquement par conduction dans le milieu selon la direction radiale, le vecteur densité de flux de chaleur s'écrit :
Considérons un tronçon de fil de longueur L et de rayon r_0. Le flux thermique évacué par la surface latérale cylindrique d'aire S = 2\pi r_0 L à travers la frontière en r = r_0 s'exprime par :
Par définition, le fil injecte dans le milieu un flux thermique constant par unité de longueur \varphi_L, soit :
En identifiant les deux expressions du flux, on obtient :
Soit finalement :
Résultat
Question 41
DifficileTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : sonde à fil chaud, développement asymptotique
Donner une expression approchée de aux temps longs en précisant l'échelle de temps pertinente.
Voir l'indiceIndice
Développer la fonction E(x) pour x = r_0^2/(4\alpha t) \ll 1 et identifier l'expression logarithmique de T(r_0, t) ainsi que le temps caractéristique r_0^2/(4\alpha).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'argument x de la fonction E(x) en r = r_0 pour identifier l'échelle de temps caractéristique associée à la condition x \ll 1.
- Injecter le développement asymptotique E(x) \approx -\gamma - \ln(x) dans l'expression de la température fournie par l'énoncé.
Voir la réponse courteRéponse courte
Développement de l'intégrale exponentielle pour r_0^2/(4\alpha t) \ll 1 : T(r_0,t) \sim T_0 + \frac{\varphi_L}{4\pi\lambda}\ln(4\alpha t/r_0^2 - \gamma).
Voir le corrigé completCorrigé complet
En r = r_0, la température fournie par l'énoncé s'écrit :
L'échelle de temps caractéristique associée à la diffusion thermique sur le rayon r_0 du fil est :
La condition pour que la variable x soit petite devant 1 (x \ll 1) correspond donc au régime des « temps longs » :
Dans cette limite, on utilise l'approximation proposée :
On en déduit l'expression approchée de la température à la surface du fil :
Résultat
Question 42
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : sonde à fil chaud, régression linéaire
Montrer que ces mesures sont en accord avec les résultats théoriques précédents.
Voir l'indiceIndice
Vérifier que le tracé de \Delta T en fonction de \ln t sur la figure 16 présente une portion rectiligne aux temps longs en accord avec l'approximation logarithmique.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler la prédiction théorique établie à la question Q41 pour \Delta T(t) = T(r_0, t) - T_0 aux temps longs.
- Confronter cette loi théorique avec les observations de la figure 16 : forme de la courbe aux temps courts versus alignement aux temps longs.
Voir la réponse courteRéponse courte
Vérification du comportement linéaire de la température mesurée en fonction de \ln(t) aux temps longs.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q41, la variation théorique de température du fil s'écrit pour les temps longs (t \gg r_0^2 / (4\alpha)) :
Le modèle théorique prévoit donc une loi affine entre \Delta T et \ln(t), avec une pente constante égale à :
Sur la figure 16, qui représente \Delta T en fonction de \ln(t) (t en secondes) :
- Pour les temps courts (\ln(t) \lesssim 2, soit t \lesssim 7\text{ s}), les points expérimentaux s'écartent de la droite : c'est le régime transitoire initial où la condition x = r_0^2/(4\alpha t) \ll 1 n'est pas encore pleinement vérifiée et où l'inertie thermique propre du fil ne peut être négligée.
- Pour les temps longs (\ln(t) \gtrsim 2), les points expérimentaux s'alignent remarquablement le long d'une droite, comme le met en évidence la régression linéaire.
Résultat
Question 43
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : sonde à fil chaud, conductivité thermique
Estimer un ordre de grandeur de la conductivité thermique effective du régénérateur étudié sachant que le fil utilisé a une longueur et qu'il émet un flux thermique total .
Voir l'indiceIndice
Mesurer la pente de la droite de régression linéaire sur la figure 16 et l'égaler au préfacteur théorique \frac{\varphi_L}{4\pi\lambda} = \frac{\varphi}{4\pi l \lambda}.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la relation entre la pente p de la droite \Delta T = f(\ln t) obtenue aux temps longs et la conductivité thermique \lambda à partir du résultat de la question Q41.
- Déterminer graphiquement la valeur de la pente p sur la figure 16.
- Exprimer le flux linéique \varphi_L = \varphi / l, puis en déduire l'estimation de \lambda.
Voir la réponse courteRéponse courte
Détermination de la conductivité effective \lambda = \frac{\varphi / l}{4\pi p} à partir de la pente p de la droite expérimentale.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'expression asymptotique établie à la question Q41 :
La courbe \Delta T = f(\ln t) présente une asymptote linéaire de pente :
où \varphi_L = \frac{\varphi}{l} est le flux thermique par unité de longueur émis par le fil.
Sur la figure 16, la droite de régression linéaire passe par les points :
- \ln t_1 = 2{,}0 \quad \Longrightarrow \quad \Delta T_1 \approx 6{,}0\text{ }^\circ\text{C} ;
- \ln t_2 = 5{,}0 \quad \Longrightarrow \quad \Delta T_2 \approx 23{,}6\text{ }^\circ\text{C}.
On en déduit la pente expérimentale :
On en déduit l'expression littérale de la conductivité thermique effective :
Application numérique : Avec \varphi = 0{,}64\text{ W}, l = 0{,}20\text{ m} et p \approx 5{,}9\text{ K} :
En ordre de grandeur :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 44
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique
Notions : ordre de grandeur, conductivité thermique
Commenter le résultat.
Voir l'indiceIndice
Comparer la valeur expérimentale obtenue aux bornes théoriques [\lambda_{\min}, \lambda_{\max}] déterminées à la question Q37.
Voir la réponse courteRéponse courte
Constat que la valeur obtenue se situe bien entre les deux bornes théoriques \lambda_{\min} et \lambda_{\max} calculées en Q37.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La valeur de conductivité thermique effective obtenue expérimentalement, \lambda \approx 0{,}043\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, appelle plusieurs commentaires :
Cohérence avec les bornes théoriques : La valeur mesurée est bien comprise entre les bornes extrêmes calculées à la question Q37 :
\lambda_{\min} \approx 0{,}036\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \leqslant \lambda \leqslant \lambda_{\max} \approx 0{,}22\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}- Proximité avec la borne minimale \lambda_{\min} : La valeur est très proche de la borne inférieure (modèle série). Dans un milieu granulaire réel, les contacts entre les grains solides sont quasi ponctuels, ce qui engendre une très forte résistance thermique de contact (constriction des lignes de courant thermique). Le flux de chaleur doit donc traverser les interstices remplis d'argon ; les phases solide et gazeuse sont ainsi disposées thermiquement plutôt « en série », et la conductivité effective est bridée par celle du fluide le moins conducteur (\lambda_g = 0{,}018\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).
- Cohérence avec les données du sujet : Cette mesure concorde parfaitement avec la valeur de modélisation retenue dans la sous-partie II.C (\lambda = 0{,}03\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).
- Intérêt pour le procédé SEPT : Une conductivité thermique effective aussi faible est un atout déterminant pour le régénérateur : elle garantit une excellente isolation thermique intrinsèque du milieu granulaire, limitant ainsi la diffusion thermique axiale lors des périodes d'arrêt (conformément au résultat de la question Q34) et préservant la netteté du front thermique au cours du temps.
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 ?
Surtout 3 chapitres : Systèmes ouverts en écoulement (40 % des questions, partie I), Diffusion thermique (34 %, partie II) et Machines thermiques (11 %). Plus ponctuellement : Description d'un système thermodynamique, Cristallographie, Premier et second principes, Circuits électriques et régimes transitoires et Fluides visqueux.
Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?
En partie : 13 questions sur 44 (30 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la sous-partie I.A (Q1 à Q4) et la sous-partie II.B.1 (Q29 à Q31), ainsi que Q12, Q14, Q15, Q27, Q28 et Q32. Avec les autres programmes de première année : 16 en MP2I, 13 en TSI1 et 13 en BCPST1.
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 ?
Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 ?
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 ?
Questions de cours : Q1 (pompe à chaleur), Q2 (moteur thermique), Q4 (diagramme entropique), Q7 (rendement isentropique), Q27 (compacité), Q31 (réversibilité thermique) et Q39 (longueur de diffusion). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q6 (compression adiabatique), Q9 (premier principe industriel), Q35 (résistance thermique) et Q38 (équation de la chaleur).
Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 ?
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge le sujet de longueur raisonnable avec plusieurs questions de cours, mais relève des questions qualitatives et des bilans rarement menés avec rigueur, et une question 30 complexe. Moyenne : 8,89/20 (écart-type 4,15, 4 079 présents).
Faut-il connaître la loi de Newton pour traiter la question Q29 ?
Non : le jury indique dans son rapport que cette loi phénoménologique n'était pas exigible et aurait dû être rappelée dans le sujet. L'expression du flux \Phi = h S (T_f - T_s) permettait toutefois de justifier rigoureusement qu'un coefficient h plus grand diminue l'écart de température entre le fluide et le solide.
Quel est le critère physique à identifier en Q30 ?
Le critère d'arrêt du stockage dépend de la température de sortie de l'argon au fond de l'enceinte. Une valeur élevée de h raidit le front thermique, ce qui retarde l'échauffement au fond du régénérateur et permet de charger une plus grande fraction du volume solide à haute température.
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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 44 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,89 et d'écart-type 4,15 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.