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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 MP 2023

Atténuer le changement climatique

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 12 questions sur 41. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PTSI 9 · TSI1 7 · BCPST1 17 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet accessible · Mécanique, Diffusion et transferts thermiques, Thermodynamique · 8 incontournables · 21 questions de première année
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Ce sujet transversal aborde deux approches complémentaires de lutte contre le réchauffement climatique : la géo-ingénierie spatiale via l'interposition d'un parasol au point de Lagrange , et la transition énergétique sur Terre via l'efficacité thermique des bâtiments.

La première partie constitue une excellente révision de mécanique en référentiel non galiléen (points d'équilibre, stabilité, force de Coriolis, simulation numérique sous Python) enrichie de notions de physico-chimie des matériaux (nanotubes de ). La seconde partie explore les transferts thermiques le long d'un réseau hydraulique de distribution et l'analyse thermodynamique d'une pompe à chaleur industrielle sur diagramme enthalpique.

D'une difficulté modérée et très formateur pour les épreuves de Centrale, ce sujet met l'accent sur l'esprit critique, la modélisation physique fine et l'évaluation d'ordres de grandeur économiques réalistes.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 3 h 35 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

8 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

26 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (26) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, erreur d'énoncé, données en annexe
  • Parties indépendantes

    La partie I (mécanique spatiale et science des matériaux) et la partie II (thermodynamique et transferts thermiques) sont totalement indépendantes et peuvent être abordées dans n'importe quel ordre.

  • Erreur d'énoncé

    En Q21 et Q22, l'énoncé indique pour l'électrode une surface S = 3{,}14\text{ cm}^{-2} : il s'agit d'une coquille typographique pour 3{,}14\text{ cm}^2.

  • Erreur d'énoncé

    En Q24, la masse surfacique est fournie avec l'unité erronée \rho_s = 5\text{ g}\cdot\text{cm}^2 : il faut lire \rho_s = 5\text{ g}\cdot\text{m}^{-2}, en accord avec la figure 8.

  • Données en annexe

    L'épreuve comprend un document réponse à joindre à la copie pour tracer les points de Lagrange en Q6, compléter la fonction Python en Q14 et dessiner le cycle frigorifique en Q37.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

41 questions
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Partie I : Installer un écran solaire dans l'espace ?

I.A · Préliminaires

Question 1

DifficileTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Optique géométrique › Lentilles, miroirs et formation des images

Notions : lentille mince, flux lumineux, grandissement

Soit le centre de masse de la Terre et le centre de masse du Soleil. On modélise l'écran atténuateur de puissance par une lentille mince géante d'axe optique et de centre optique situé à une distance du point . Le rayon du diaphragme de la lentille est égal au rayon de la Terre. À l'aide d'un modèle simple, dont vous préciserez les principales hypothèses, estimer numériquement la distance focale de cette lentille équivalente pour qu'elle réalise une diminution relative de la puissance lumineuse reçue par la Terre.

Voir l'indice

Modéliser l'écran comme une lentille divergente étalant légèrement le faisceau solaire incident parallèle sur une surface élargie au niveau de la Terre ; relier l'élargissement relatif de surface d'éclairement à l et |f'|.

Voir la stratégie
  1. Formuler les hypothèses simplificatrices du modèle optique (source à l'infini, lentille mince divergente, approximation paraxiale).
  2. Déterminer par le théorème de Thalès l'élargissement de la section du faisceau lumineux à la distance l.
  3. Exprimer la puissance interceptée par la Terre et en déduire la distance focale f' en fonction de l et \mu.
Voir la réponse courte

Modélisation du faisceau dévié par la lentille mince divergente pour calculer la fraction de flux interceptée par la Terre.

Voir le corrigé complet

Hypothèses du modèle simple :

  • La distance Terre-Soleil D = 1,5 \times 10^{11}\text{ m} est très grande devant la distance lentille-Terre l = 1,5 \times 10^9\text{ m} (l/D = 10^{-2}) et devant le rayon solaire : le Soleil est modélisé par une source ponctuelle à l'infini sur l'axe optique (ST). Les rayons incidents sur la lentille sont donc parallèles à l'axe optique.
  • L'écran est modélisé par une lentille mince divergente (f' < 0) de centre \Omega et de rayon d'ouverture R_T, diaphragmant le faisceau qui atteindrait directement le disque terrestre.
  • L'éclairement énergétique est supposé uniforme dans la section du faisceau émergent.

En l'absence de lentille, le faisceau intercepté par la Terre correspond à un cylindre de rayon R_T transportant la puissance P_0.

Après la traversée de la lentille divergente de distance focale f' = -|f'|, les rayons émergent en semblant provenir du foyer principal image virtuel F', situé à la distance |f'| en amont de \Omega. Au niveau de la Terre, située à la distance \Omega T = l, le faisceau s'est épanoui sur un disque de rayon R_1. D'après le théorème de Thalès :

\frac{R_1}{R_T} = \frac{|f'| + l}{|f'|} = 1 + \frac{l}{|f'|}

La puissance P_0 se répartit uniformément sur la surface \pi R_1^2. La Terre, de rayon R_T, n'intercepte plus qu'une fraction de cette puissance :

P = P_0 \, \frac{\pi R_T^2}{\pi R_1^2} = P_0 \left( \frac{|f'|}{|f'| + l} \right)^2

La diminution relative de puissance lumineuse reçue s'écrit :

\mu = \frac{P_0 - P}{P_0} = 1 - \left( \frac{|f'|}{|f'| + l} \right)^2

Comme \mu \ll 1, on a l \ll |f'|, ce qui permet d'effectuer un développement limité au premier ordre :

\mu \approx 1 - \left( 1 - \frac{l}{|f'|} \right)^2 \approx \frac{2l}{|f'|} \implies |f'| \approx \frac{2l}{\mu}

L'expression exacte sans approximation au premier ordre donne :

\frac{|f'|}{|f'| + l} = \sqrt{1 - \mu} \implies |f'| = \frac{l}{\dfrac{1}{\sqrt{1 - \mu}} - 1}

Application numérique avec l = 1,5 \times 10^9\text{ m} et \mu = 1,8 \times 10^{-2} :

\begin{aligned} |f'| &\approx \frac{2 \times 1,5 \times 10^9}{0,018} \approx 1,7 \times 10^{11}\text{ m} \\ |f'|_{\text{exact}} &= \frac{1,5 \times 10^9}{\dfrac{1}{\sqrt{1 - 0,018}} - 1} = 1,64 \times 10^{11}\text{ m} \end{aligned}

Comme la lentille est divergente, sa distance focale est négative :

\boxed{f' \approx -1,6 \times 10^{11}\text{ m}}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : théorème de gauss, potentiel gravitationnel

Démontrer l'expression du champ gravitationnel puis du potentiel gravitationnel engendrés par un astre à répartition sphérique de masse, de masse et de rayon , à une distance de son centre . On prendra le potentiel nul à l'infini.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel à travers une sphère de rayon r \ge R en exploitant les invariances sphériques, puis intégrer \vec{\mathcal{G}} = -\vec{\nabla} V avec V(\infty)=0.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et invariances de la distribution sphérique de masse pour déterminer la forme du champ gravitationnel \vec{\mathcal{G}}.
  2. Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel à une surface sphérique de rayon r \geqslant R afin d'obtenir l'expression de \vec{\mathcal{G}}(r).
  3. Intégrer la relation \vec{\mathcal{G}} = -\vec{\mathrm{grad}}\,V en utilisant la condition aux limites à l'infini pour déterminer V(r).
Voir la réponse courte

Application du théorème de Gauss gravitationnel à symétrie sphérique puis intégration du champ pour obtenir le potentiel.

Voir le corrigé complet

1. Symétries et invariances du champ gravitationnel

La distribution de masse possède une symétrie sphérique : la masse volumique \rho(r) ne dépend que de la distance r au centre O.

  • Tout plan contenant le centre O et le point M d'observation est un plan de symétrie de la distribution. Le champ gravitationnel \vec{\mathcal{G}}(M) appartient à l'intersection de tous ces plans : il est purement radial, soit \vec{\mathcal{G}}(M) = \mathcal{G}(r, \theta, \varphi)\,\vec{u}_r.
  • La distribution est invariante par rotation autour de tout axe passant par O, donc la composante radiale ne dépend ni de \theta ni de \varphi : \vec{\mathcal{G}}(M) = \mathcal{G}(r)\,\vec{u}_r.

2. Détermination du champ gravitationnel par le théorème de Gauss

Le théorème de Gauss appliqué au champ de gravitation s'écrit, à travers une surface fermée \Sigma orientée vers l'extérieur :

\iint_\Sigma \vec{\mathcal{G}} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = -4\pi G\,M_{\text{int}}

On choisit comme surface de Gauss \Sigma la sphère de centre O et de rayon r \geqslant R, d'élément de surface orienté \mathrm{d}\vec{S} = \mathrm{d}S\,\vec{u}_r.

Le flux du champ gravitationnel à travers \Sigma vaut :

\Phi = \iint_\Sigma \mathcal{G}(r)\,\vec{u}_r \cdot \vec{u}_r\,\mathrm{d}S = \mathcal{G}(r) \iint_\Sigma \mathrm{d}S = 4\pi r^2\,\mathcal{G}(r)

Pour r \geqslant R, la sphère contient l'intégralité de l'astre, donc la masse intérieure est M_{\text{int}} = M. D'après le théorème de Gauss :

\begin{aligned} 4\pi r^2\,\mathcal{G}(r) &= -4\pi G M \\ \mathcal{G}(r) &= -\frac{GM}{r^2} \end{aligned}

D'où l'expression du champ gravitationnel pour r \geqslant R :

\boxed{\vec{\mathcal{G}}(r) = -\frac{GM}{r^2}\,\vec{u}_r}

3. Détermination du potentiel gravitationnel

Le potentiel gravitationnel V(r) dérive du champ selon \vec{\mathcal{G}} = -\vec{\mathrm{grad}}\,V. En coordonnées sphériques, compte tenu de la seule dépendance en r :

\vec{\mathcal{G}}(r) = -\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\,\vec{u}_r

On en déduit :

\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r} = \frac{GM}{r^2} \implies V(r) = -\frac{GM}{r} + \text{cste}

En imposant la condition donnée par l'énoncé, V(r \to \infty) = 0, la constante d'intégration est nulle, d'où :

\boxed{V(r) = -\frac{GM}{r}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : orbite circulaire, troisième loi de kepler

On considère un point matériel de masse en orbite circulaire de rayon autour de l'astre précédent. Exprimer la vitesse angulaire du mouvement de en fonction de la constante gravitationnelle , de la masse de l'astre et de la distance .

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique sur la normale rentrante de la base de Frenet pour un mouvement circulaire uniforme de rayon r.

Voir la stratégie
  1. Choisir un référentiel galiléen centré sur l'astre et exprimer le vecteur accélération en coordonnées polaires pour une trajectoire circulaire de rayon r.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la masse m soumise au champ gravitationnel calculé à la question précédente.
  3. Projeter sur la base polaire pour montrer l'uniformité du mouvement et en déduire la pulsation orbitale \omega.
Voir la réponse courte

Principe fondamental de la dynamique en coordonnées polaires pour une orbite circulaire : \omega = \sqrt{GM/r^3}.

Voir le corrigé complet

On étudie le point matériel P de masse m dans le référentiel centré en O, centre de l'astre, supposé galiléen.

Le point P est repéré par ses coordonnées polaires (r,\theta) dans le plan de l'orbite, de base locale (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta). Le rayon r étant constant, le vecteur accélération s'écrit :

\vec{a} = -r\dot{\theta}^2\,\vec{u}_r + r\ddot{\theta}\,\vec{u}_\theta = -r\omega^2\,\vec{u}_r + r\frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}t}\,\vec{u}_\theta

où \omega = \dot{\theta} désigne la vitesse angulaire instantanée.

Le point P n'est soumis qu'à la force d'attraction gravitationnelle exercée par l'astre sphérique de masse M (d'après le résultat de la question Q2) :

\vec{F} = m\,\vec{\mathcal{G}}(r) = -\frac{G M m}{r^2}\,\vec{u}_r

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m\vec{a} = \vec{F}

En projetant sur la direction orthoradiale \vec{u}_\theta :

m r \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}t} = 0 \implies \omega = \text{cte}

Le mouvement circulaire est donc nécessairement uniforme.

En projetant sur la direction radiale \vec{u}_r :

\begin{aligned} -m r \omega^2 &= -\frac{G M m}{r^2} \\ \omega^2 &= \frac{G M}{r^3} \end{aligned}

La vitesse angulaire \omega étant positive par convention de sens de parcours, on en déduit :

\boxed{\omega = \sqrt{\frac{G M}{r^3}}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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I.B · Les points de Lagrange

Question 4

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : point de lagrange, force d'inertie d'entraînement, équilibre en référentiel tournant

Soit un point de Lagrange repéré par ses coordonnées dans . Justifier qualitativement que l'on a nécessairement . En considérant uniquement l'influence gravitationnelle du système Terre+Soleil, montrer que les coordonnées vérifient alors le système :

Voir l'indice

Invoquer la symétrie par réflexion par rapport au plan de rotation de l'orbite pour justifier z=0, puis sommer les forces de gravitation du Soleil, de la Terre et la force d'inertie d'entraînement \vec{F}_{ie} = m\omega^2 (x\vec{e}_x + y\vec{e}_y).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition d'équilibre d'un point matériel de masse m dans le référentiel tournant non galiléen (\mathcal{R}), soumis à l'attraction gravitationnelle de la Terre, à celle du Soleil et à la force d'inertie d'entraînement (la force de Coriolis étant nulle à l'équilibre).
  2. Examiner la composante de cette condition selon la direction orthogonale au plan orbital \vec{e}_z pour justifier que z=0.
  3. Exprimer les composantes selon \vec{e}_x et \vec{e}_y pour z=0, en injectant les expressions de M_T, M_S et \omega^2 = GM/D^3.
Voir la réponse courte

Bilan des forces gravitationnelles et d'inertie d'entraînement à l'équilibre dans le référentiel tournant centré sur le barycentre.

Voir le corrigé complet

On étudie l'équilibre d'une masse test m située au point L(x, y, z) dans le référentiel (\mathcal{R}) en rotation uniforme à la vitesse angulaire \vec{\omega} = \omega \vec{e}_z par rapport au référentiel galiléen (\mathcal{R}_c).

À l'équilibre dans (\mathcal{R}), la vitesse relative est nulle, donc la force d'inertie de Coriolis est nulle (\vec{F}_{ic} = \vec{0}). Le bilan des forces appliquées à m comprend :

  • la force gravitationnelle exercée par la Terre (centre T) :

    \vec{F}_{g,T} = -\frac{G M_T m}{r_T^3} \vec{TL}

    avec \vec{TL} = (x - (1-a)D)\vec{e}_x + y\vec{e}_y + z\vec{e}_z et r_T = \left((x - (1-a)D)^2 + y^2 + z^2\right)^{1/2} ;

  • la force gravitationnelle exercée par le Soleil (centre S) :

    \vec{F}_{g,S} = -\frac{G M_S m}{r_S^3} \vec{SL}

    avec \vec{SL} = (x + aD)\vec{e}_x + y\vec{e}_y + z\vec{e}_z et r_S = \left((x + aD)^2 + y^2 + z^2\right)^{1/2} ;

  • la force d'inertie d'entraînement (force centrifuge) :

    \vec{F}_{ie} = -m \vec{\omega} \times (\vec{\omega} \times \vec{AL}) = m \omega^2 (x\vec{e}_x + y\vec{e}_y).

1. Justification de z = 0 :

La force d'inertie d'entraînement est purement perpendiculaire à l'axe de rotation (Az), elle n'a donc aucune composante selon \vec{e}_z. La projection de la condition d'équilibre \vec{F}_{\text{net}} = \vec{F}_{g,T} + \vec{F}_{g,S} + \vec{F}_{ie} = \vec{0} sur l'axe (Az) s'écrit :

F_{z} = -Gm z \left( \frac{M_T}{r_T^3} + \frac{M_S}{r_S^3} \right) = 0.

Comme M_T > 0, M_S > 0, r_T > 0 et r_S > 0, le terme entre parenthèses est strictement positif. La seule solution est donc :

\boxed{z = 0}

Physiquement, les deux astres étant situés dans le plan orbital z = 0, leurs attractions gravitationnelles rappellent systématiquement tout point hors de ce plan vers z = 0. Comme aucune composante centrifuge ne peut compenser ce rappel selon \vec{e}_z, tout point d'équilibre appartient nécessairement au plan orbital.

2. Établissement du système (I.1) :

Dans le plan z = 0, les distances aux centres s'écrivent :

r_T = \left((x - (1-a)D)^2 + y^2\right)^{1/2} \quad \text{et} \quad r_S = \left((x + aD)^2 + y^2\right)^{1/2}.

D'après la question Q3, la pulsation orbitale vaut \omega^2 = \dfrac{GM}{D^3}. En utilisant de plus M_T = aM et M_S = (1-a)M, la condition d'équilibre divisée par m :

-\frac{GM_T}{r_T^3}\vec{TL} - \frac{GM_S}{r_S^3}\vec{SL} + \omega^2 (x\vec{e}_x + y\vec{e}_y) = \vec{0}

se simplifie, après division par GM, sous la forme :

-\frac{a}{r_T^3}\vec{TL} - \frac{1-a}{r_S^3}\vec{SL} + \frac{1}{D^3}(x\vec{e}_x + y\vec{e}_y) = \vec{0}.

En projetant cette relation vectorielle sur les axes \vec{e}_x et \vec{e}_y, on obtient directement le système :

\boxed{\left\{\begin{array}{l} -\dfrac{a(x-(1-a)D)}{\left((x-(1-a)D)^2+y^2\right)^{3/2}} - \dfrac{(1-a)(x+aD)}{\left((x+aD)^2+y^2\right)^{3/2}} + \dfrac{x}{D^3} = 0 \\[1.2em] -\dfrac{ay}{\left((x-(1-a)D)^2+y^2\right)^{3/2}} - \dfrac{(1-a)y}{\left((x+aD)^2+y^2\right)^{3/2}} + \dfrac{y}{D^3} = 0 \end{array}\right.}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : point de lagrange, symétrie

Sans résoudre entièrement le système précédent, montrer que les points de Lagrange sont symétriques par rapport à l'axe .

Voir l'indice

Observer dans le système (I.1) que la première équation est paire en y tandis que la seconde est impaire en y (factorisable par y) : si (x,y) est racine, (x,-y) l'est obligatoirement.

Voir la stratégie

Pour montrer la symétrie par rapport à l'axe (Ax), il suffit de prouver que si un point L de coordonnées (x, y) dans le plan z=0 est solution du système (I.1), alors son symétrique L' par rapport à (Ax), de coordonnées (x, -y), est également solution.

Voir la réponse courte

L'invariance du système d'équations par le changement y \to -y assure la symétrie des solutions par rapport à l'axe (Ax).

Voir le corrigé complet

Considérons le système (I.1) obtenu à la question Q4 pour un point L(x, y, 0) :

\begin{align*} f_1(x, y) &= -\frac{a(x-(1-a)D)}{\left((x-(1-a)D)^2+y^2\right)^{3/2}} - \frac{(1-a)(x+aD)}{\left((x+aD)^2+y^2\right)^{3/2}} + \frac{x}{D^3} = 0 \tag{1} \\ f_2(x, y) &= y\left( -\frac{a}{\left((x-(1-a)D)^2+y^2\right)^{3/2}} - \frac{1-a}{\left((x+aD)^2+y^2\right)^{3/2}} + \frac{1}{D^3}\right) = 0 \tag{2} \end{align*}

Soit un couple (x, y) vérifiant ce système. Évaluons les fonctions f_1 et f_2 au point symétrique (x, -y) :

  • La première équation ne dépend de la variable y qu'à travers le terme y^2. Puisque (-y)^2 = y^2, on a directement :

    f_1(x, -y) = f_1(x, y) = 0
  • La seconde équation s'écrit sous la forme f_2(x, y) = y \, g(x, y^2) où la fonction g ne dépend de y que par y^2. Ainsi :

    f_2(x, -y) = -y \, g(x, (-y)^2) = -y \, g(x, y^2) = -f_2(x, y) = 0

Le couple (x, -y) est donc également solution du système (I.1).

\boxed{\text{Si } L(x, y, 0) \text{ est un point de Lagrange, alors son symétrique } L'(x, -y, 0) \text{ par rapport à } (Ax) \text{ l'est aussi.}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie ; Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : énergie potentielle effective, point de col, stabilité d'un équilibre

Placer approximativement les points de Lagrange, en justifiant leurs positions, sur la carte d'énergie potentielle de la figure A du document réponse. Discuter brièvement de la stabilité de ces positions d'équilibre pour ce qui concerne les mouvements dans le plan .

Voir l'indice

Identifier les extrema et les cols sur la carte de potentiel effectif : \mathrm{L}_1, \mathrm{L}_2, \mathrm{L}_3 sont des points-selles (équilibres instables), alors que \mathrm{L}_4, \mathrm{L}_5 correspondent à des maxima locaux stabilisables par Coriolis.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature des points de Lagrange comme points stationnaires de l'énergie potentielle effective \mathcal{E}_{p,\text{eff}}(x,y) dans le plan orbital z = 0.
  2. Localiser les cinq points à partir des données de l'énoncé (L_1, L_2, L_3 alignés sur (Ax) et L_4, L_5 formant des triangles équilatéraux avec S et T), en tenant compte de la valeur a = 0{,}1 adoptée pour la figure A.
  3. Discuter la stabilité en analysant la courbure de l'énergie potentielle effective (points-cols et maxima) et l'effet stabilisant de la force de Coriolis pour L_4 et L_5.
Voir la réponse courte

Identification des extrema et cols du potentiel effectif : \mathrm{L}_1, \mathrm{L}_2, \mathrm{L}_3 sont des cols instables, \mathrm{L}_4, \mathrm{L}_5 des maxima.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel tournant (\mathcal{R}), la force conservative nette (gravitation et force d'inertie d'entraînement centrifuge) dérive d'une énergie potentielle effective :

\mathcal{E}_{p,\text{eff}}(x,y) = -\frac{G M_S m}{r_S} - \frac{G M_T m}{r_T} - \frac{1}{2}m\omega^2\left(x^2+y^2\right)

Les points d'équilibre correspondent aux points critiques où le gradient de cette énergie s'annule : \vec{\nabla}\mathcal{E}_{p,\text{eff}} = \vec{0}.

Sur la figure A, tracée pour a = 0{,}1, les deux puits de potentiel correspondent aux deux astres :

  • Le Soleil en S(-aD, 0) = (-0{,}1\,D,\, 0) ;
  • La Terre en T((1-a)D, 0) = (0{,}9\,D,\, 0).

Position des points de Lagrange :

  • Points colinéaires (y = 0) :

    • \mathrm{L}_1 est situé entre le Soleil et la Terre, au niveau du col séparant les deux puits de potentiel : (x/D \approx 0{,}65,\, y/D = 0).
    • \mathrm{L}_2 est situé au-delà de la Terre par rapport au Soleil, au niveau du col à droite du puits terrestre : (x/D \approx 1{,}15,\, y/D = 0).
    • \mathrm{L}_3, point le plus éloigné de la Terre, est situé à l'opposé du Soleil par rapport à la Terre, au col à gauche du Soleil : (x/D \approx -1{,}05,\, y/D = 0).
  • Points triangulaires : \mathrm{L}_4 et \mathrm{L}_5 forment des triangles équilatéraux avec S et T, donc r_S = r_T = D. Leur abscisse commune est x = \frac{x_S+x_T}{2} = \left(\frac{1}{2}-a\right)D = 0{,}4\,D, et leur ordonnée vaut y = \pm \frac{\sqrt{3}}{2}D \approx \pm 0{,}87\,D. Ce sont les deux maxima locaux de potentiel visibles sur la carte :

    • \mathrm{L}_4 en (x/D \approx 0{,}4,\, y/D \approx +0{,}87) ;
    • \mathrm{L}_5 en (x/D \approx 0{,}4,\, y/D \approx -0{,}87).

Discussion de la stabilité dans le plan z = 0 :

  • Points \mathrm{L}_1, \mathrm{L}_2 et \mathrm{L}_3 : ce sont des points-cols (maxima le long de l'axe (Ax) et minima selon (Ay)). Ils constituent des positions d'équilibre instable. La prise en compte de la force de Coriolis ne permet pas de stabiliser ces points : une légère perturbation engendre une dérive exponentielle (mise en évidence plus loin à la figure 4 pour \mathrm{L}_1).
  • Points \mathrm{L}_4 et \mathrm{L}_5 : ce sont des maxima locaux de l'énergie potentielle effective. D'un point de vue purement statique, ces équilibres seraient instables. Toutefois, dans le référentiel tournant, la force de Coriolis \vec{F}_{ie} = -2m\,\vec{\omega}\wedge\vec{v} (force gyroscopique) peut assurer une stabilisation dynamique si le rapport de masse est suffisamment faible, selon le critère de Gascheau-Routh :

    a < \frac{1}{2}\left(1 - \sqrt{\frac{23}{27}}\right) \approx 0{,}0385

    Bien que la carte théorique de la figure A prenne a = 0{,}1 (où ils seraient instables), pour le système réel Terre-Soleil on a a \approx 3 \times 10^{-6} \ll 0{,}0385 : les points \mathrm{L}_4 et \mathrm{L}_5 sont donc des positions d'équilibre stable.

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I.C.1 · Position de L1

Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
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Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : point de lagrange

Calculer numériquement le rapport où . Que vaudrait si on avait ? Commenter.

Voir l'indice

Calculer le rapport numérique avec les données numériques de M_T et M_S ; si la Terre était de masse nulle (a=0), le point d'équilibre \mathrm{L}_1 fusionnerait avec la position de la Terre.

Voir la réponse courte

Calcul du rapport de masse a \approx 3 \times 10^{-6} ; pour a=0, la Terre n'existe pas donc \varepsilon = 0.

Voir le corrigé complet

Le rapport de masse a est défini par :

a = \frac{M_T}{M_S + M_T}

Avec les données numériques fournies :

  • M_T = 5{,}98 \times 10^{24}\text{ kg},
  • M_S = 1{,}99 \times 10^{30}\text{ kg},

comme M_T \ll M_S, on a M \approx M_S et :

a = \frac{5{,}98 \times 10^{24}}{1{,}99 \times 10^{30} + 5{,}98 \times 10^{24}} \approx 3{,}005 \times 10^{-6}

Soit numériquement :

\boxed{a = 3{,}00 \times 10^{-6}}

D'après l'équation (I.2) vérifiée par la distance \varepsilon entre le point \mathrm{L}_1 et la Terre :

\frac{1-a}{(D-\varepsilon)^2} - \frac{a}{\varepsilon^2} - \frac{1-a}{D^2} + \frac{\varepsilon}{D^3} = 0

En posant a = 0, l'équation devient :

\frac{1}{(D-\varepsilon)^2} - \frac{1}{D^2} + \frac{\varepsilon}{D^3} = 0

On constate immédiatement que :

\boxed{\varepsilon = 0}

est une solution évidente de cette équation (puisque \frac{1}{D^2} - \frac{1}{D^2} + 0 = 0).

Commentaire : La limite a = 0 correspond au cas où la Terre a une masse nulle (masse test). En l'absence d'attraction gravitationnelle exercée par la Terre, le point de Lagrange \mathrm{L}_1 se confond avec la Terre elle-même (\varepsilon = 0) : la Terre n'est plus qu'un point décrivant une orbite képlérienne circulaire autour du Soleil, où la gravitation solaire compense exactement l'accélération d'entraînement centrifuge.

Résultat

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Question 8

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : point de lagrange, développement limité

Proposer une expression de la distance entre et la Terre en fonction de et en considérant que . Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Effectuer un développement asymptotique au premier ordre en \varepsilon/D \ll 1 dans l'équation (I.2) : le terme d'ordre zéro s'annule, laissant un équilibre entre le gradient de marée et l'attraction terrestre.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité au premier ordre en \varepsilon/D \ll 1 du premier terme de l'équation (I.2).
  2. Simplifier l'expression sachant que le rapport de masse vérifie également a \ll 1.
  3. Isoler \varepsilon pour en déduire l'expression analytique, puis réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Développement limité de l'équation d'équilibre pour \varepsilon \ll D, aboutissant à \varepsilon \approx D (a/3)^{1/3} \approx 1,5 \times 10^9\text{ m}.

Voir le corrigé complet

L'équation (I.2) régissant la position de \mathrm{L}_1 s'écrit :

\frac{1-a}{(D-\varepsilon)^2} - \frac{a}{\varepsilon^2} - \frac{1-a}{D^2} + \frac{\varepsilon}{D^3} = 0

Sachant que \varepsilon \ll D, effectuons un développement limité à l'ordre 1 en \frac{\varepsilon}{D} du premier terme :

\frac{1}{(D-\varepsilon)^2} = \frac{1}{D^2}\left(1 - \frac{\varepsilon}{D}\right)^{-2} = \frac{1}{D^2}\left(1 + 2\frac{\varepsilon}{D} + o\left(\frac{\varepsilon}{D}\right)\right)

En injectant ce développement dans l'équation (I.2), les termes constants d'attraction solaire s'annulent :

\begin{aligned} \frac{1-a}{D^2}\left(1 + 2\frac{\varepsilon}{D}\right) - \frac{1-a}{D^2} + \frac{\varepsilon}{D^3} - \frac{a}{\varepsilon^2} &\approx 0 \\ \frac{2(1-a)\varepsilon}{D^3} + \frac{\varepsilon}{D^3} - \frac{a}{\varepsilon^2} &\approx 0 \\ \frac{(3-2a)\varepsilon}{D^3} &\approx \frac{a}{\varepsilon^2} \end{aligned}

D'après la question Q7, a \approx 3{,}00 \times 10^{-6} \ll 1, si bien que 3 - 2a \approx 3. L'équation devient :

\frac{3\varepsilon}{D^3} \approx \frac{a}{\varepsilon^2} \implies \varepsilon^3 \approx \frac{a}{3}D^3

On en déduit l'expression approchée de la distance \varepsilon :

\boxed{\varepsilon \approx D\left(\frac{a}{3}\right)^{1/3}}

Application numérique : Avec D = 1{,}5 \times 10^{11}\text{ m} et a = 3{,}00 \times 10^{-6} :

\varepsilon \approx 1{,}5 \times 10^{11} \times \left(\frac{3{,}00 \times 10^{-6}}{3}\right)^{1/3} = 1{,}5 \times 10^{11} \times 1{,}00 \times 10^{-2} = 1{,}5 \times 10^9\text{ m}
\boxed{\varepsilon \approx 1{,}5 \times 10^9\text{ m} = 1{,}5 \times 10^6\text{ km}}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : point de lagrange, lecture graphique

Comparer la valeur calculée précédemment à la valeur que l'on peut déterminer graphiquement sur la figure 2.

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Relever graphiquement l'abscisse du minimum local au voisinage immédiat de x/D = 1 sur le zoom de la figure 2(b) et confronter à la valeur analytique.

Voir la réponse courte

Confrontation de la valeur calculée de \varepsilon avec la position du zéro sur la courbe de force nette.

Voir le corrigé complet

Le point de Lagrange \mathrm{L}_1 est une position d'équilibre située sur l'axe (Sx) entre le Soleil et la Terre (x < x_T). Il correspond donc à un extremum de l'énergie potentielle effective le long de cet axe, c'est-à-dire à un extremum de la fonction sans dimension f(x, 0) au voisinage immédiat de la Terre (x/D \lesssim 1).

Sur le zoom de la figure 2(b), la Terre se situe en x_T/D = 1 - a \approx 1{,}000. On observe à sa gauche un maximum local de f(x, 0) correspondant au point \mathrm{L}_1, dont l'abscisse se lit directement :

\left(\frac{x}{D}\right)_{\!\mathrm{L}_1} \approx 0{,}990 \pm 0{,}002

La distance réduite \epsilon = \varepsilon / D entre \mathrm{L}_1 et la Terre s'en déduit :

\epsilon_{\text{graph}} = \frac{x_T - x_{\mathrm{L}_1}}{D} \approx 1{,}000 - 0{,}990 = 0{,}010 = 1{,}0 \times 10^{-2}

ce qui conduit à la distance :

\varepsilon_{\text{graph}} = \epsilon_{\text{graph}} \, D \approx 0{,}010 \times 1{,}5 \times 10^{11} \text{ m} = 1{,}5 \times 10^9 \text{ m}
\boxed{\varepsilon_{\text{graph}} \approx 1{,}5 \times 10^9\text{ m}}

Cette valeur est en parfait accord avec le résultat théorique établi à la question Q8 (\varepsilon \approx 1{,}5 \times 10^9\text{ m}) ainsi qu'avec la distance l introduite dès la question Q1.

Résultat

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I.C.2 · Dynamique des flyers au voisinage de L1

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : force de coriolis, force d'inertie d'entraînement, champ de marée

Sans chercher à établir le système, identifier l'origine physique de chacun des termes de la première équation du système (I.3).

Voir l'indice

Identifier le terme d'accélération relative à gauche, le terme issu de la force d'inertie de Coriolis couplé à la vitesse transverse, et le terme de rappel/gradient d'énergie potentielle effective.

Voir la réponse courte

Identification du gradient gravitationnel combiné à l'inertie d'entraînement d'une part, et de la force de Coriolis couplée en \dot{y} d'autre part.

Voir le corrigé complet

La première équation du système (I.3) s'obtient en appliquant le principe fondamental de la dynamique au flyer de masse m dans le référentiel tournant non galiléen (\mathcal{R}) = (A, \vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z), puis en effectuant un développement au premier ordre (linéarisation) des forces au voisinage de la position d'équilibre \mathrm{L}_1, et enfin en projetant sur l'axe (\mathrm{L}_1 x) :

m\,\vec{a}_{/(\mathcal{R})} = \vec{F}_{\text{grav, T}} + \vec{F}_{\text{grav, S}} + \vec{F}_{ie} + \vec{F}_{ic}

Par identification terme à terme, avec les variables adimensionnées u = \alpha / D, v = \beta / D, \epsilon = \varepsilon / D et \tau = \omega t / (2\pi) :

  • Le terme \dfrac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}\tau^2} : il représente la composante selon l'axe (\mathrm{L}_1 x) de l'accélération relative du flyer dans le référentiel (\mathcal{R}), adimensionnée par le facteur d'échelle spatial D et temporel (2\pi/\omega)^2 :

    \frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d}\tau^2} = \frac{4\pi^2}{\omega^2 D}\,\ddot{\alpha}
  • Le terme 4\pi \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}\tau} : il correspond à la composante selon \vec{e}_x de la force d'inertie de Coriolis par unité de masse :

    \frac{\vec{F}_{ic}}{m} = -2\,\vec{\omega}\wedge\vec{v}_r = -2(\omega\,\vec{e}_z)\wedge(\dot{\alpha}\,\vec{e}_x + \dot{\beta}\,\vec{e}_y + \dot{\gamma}\,\vec{e}_z) = 2\omega\dot{\beta}\,\vec{e}_x - 2\omega\dot{\alpha}\,\vec{e}_y

    Ce terme traduit le couplage gyroscopique induit par la rotation globale du référentiel : une vitesse relative transverse (\dot{\beta} \propto \mathrm{d}v/\mathrm{d}\tau) engendre une déviation le long de l'axe longitudinal \vec{e}_x.

  • Les termes proportionnels à u : ils proviennent du développement de Taylor au premier ordre autour du point d'équilibre \mathrm{L}_1 des forces conservatives par unité de masse (attractions gravitationnelles et force centrifuge). À l'ordre zéro, ces forces se compensent exactement à l'équilibre. Le terme résiduel linéaire en u regroupe :

    • le terme 4\pi^2 u : variation de la force d'inertie d'entraînement centrifuge (\omega^2 (x_{\mathrm{L}_1}+\alpha)\vec{e}_x \longrightarrow \omega^2\alpha\vec{e}_x) ;
    • le terme 4\pi^2 \dfrac{2a}{\epsilon^3}\,u : gradient (effet différentiel de marée) de la force gravitationnelle terrestre \left(\dfrac{\mathrm{d}\mathcal{G}_T}{\mathrm{d}x} \propto \dfrac{2GM_T}{\varepsilon^3}\right) ;
    • le terme 4\pi^2 \dfrac{2(1-a)}{(1-\epsilon)^3}\,u : gradient (effet différentiel de marée) de la force gravitationnelle solaire \left(\dfrac{\mathrm{d}\mathcal{G}_S}{\mathrm{d}x} \propto \dfrac{2GM_S}{(D-\varepsilon)^3}\right).
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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie ; Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : oscillateur harmonique, stabilité de l'équilibre

Caractériser le mouvement du flyer dans la direction . Commenter.

Voir l'indice

Constater que l'équation différentielle selon l'axe vertical w est celle d'un oscillateur harmonique pur non amorti de pulsation propre réelle : le mouvement transverse est stable et borné.

Voir la stratégie
  1. Analyser la forme différentielle de la troisième équation du système (I.3).
  2. Déterminer le signe du coefficient de rappel et en déduire la nature du mouvement selon (L_1 z).
  3. Exprimer et évaluer la pulsation ainsi que la période propre des oscillations, puis commenter la stabilité selon cette direction.
Voir la réponse courte

L'équation selon z est celle d'un oscillateur harmonique non amorti : le mouvement hors du plan est stable.

Voir le corrigé complet

La troisième équation du système (I.3) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2 w}{\mathrm{d}\tau^2} + 4\pi^2 C \, w = 0 \quad \text{avec} \quad C = \frac{a}{\epsilon^3} + \frac{1-a}{(1-\epsilon)^3}

Les grandeurs a et \epsilon étant strictement positives avec \epsilon < 1, la constante C est strictement positive :

C > 0

Cette équation est celle d'un oscillateur harmonique non amorti.

En revenant au temps physique t via \tau = \dfrac{\omega t}{2\pi}, on a \dfrac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}\tau^2} = \dfrac{4\pi^2}{\omega^2}\dfrac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}t^2}, ce qui donne :

\frac{\mathrm{d}^2 \gamma}{\mathrm{d}t^2} + \omega_z^2 \, \gamma = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_z = \omega \sqrt{C}

Le mouvement du flyer suivant la direction (\mathrm{L}_1 z) est donc un mouvement harmonique sinusoïdal autour de la position d'équilibre z = 0, de pulsation \omega_z et d'amplitude fixée par les conditions initiales.

D'après le résultat de la question Q8, \epsilon^3 \approx \dfrac{a}{3} et \epsilon \ll 1, d'où :

C = \frac{a}{\epsilon^3} + \frac{1-a}{(1-\epsilon)^3} \approx 3 + 1 = 4

On en déduit :

\omega_z \approx 2\omega \implies T_z = \frac{2\pi}{\omega_z} \approx \frac{T_0}{2}

où T_0 = \dfrac{2\pi}{\omega} = 1\text{ an} est la période orbitale de la Terre.

\boxed{T_z \approx \frac{1}{2}\text{ an} \approx 183\text{ jours}}

Commentaires :

  • Stabilité : La position d'équilibre au point \mathrm{L}_1 est stable vis-à-vis des perturbations hors du plan de l'écliptique (selon la direction orthogonale au plan orbital z = 0). Un flyer légèrement écarté du plan orbital y reste confiné en oscillant.
  • Origine du rappel : Ni la force centrifuge ni la force de Coriolis n'ont de projection selon l'axe (\mathrm{L}_1 z) pour un déplacement orthogonal au plan de rotation. Seule l'attraction gravitationnelle combinée du Soleil et de la Terre intervient, créant une force de rappel toujours dirigée vers le plan orbital z = 0.

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : équation différentielle d'ordre 1, espace des phases

Écrire le système d'équations différentielles du premier ordre vérifié par , , , , , .

Voir l'indice

Transformer le système de 3 équations scalaires du second ordre en un système d'état de 6 équations différentielles couplées du premier ordre portant sur (u, v, w, u_p, v_p, w_p).

Voir la réponse courte

Réduction du système d'équations différentielles du second ordre à un système d'ordre 1 à six variables.

Voir le corrigé complet

Par définition des variables auxiliaires introduites par l'énoncé :

u_p = \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}\tau}, \quad v_p = \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}\tau}, \quad w_p = \frac{\mathrm{d}w}{\mathrm{d}\tau}

En dérivant ces grandeurs par rapport au temps adimensionné \tau et en injectant le système d'équations du second ordre (I.3) avec les notations condensées A, B et C, on obtient le système différentiel autonome du premier ordre à six équations suivant :

\boxed{\left\{ \begin{aligned} \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}\tau} &= u_p \\[4pt] \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}\tau} &= v_p \\[4pt] \frac{\mathrm{d}w}{\mathrm{d}\tau} &= w_p \\[4pt] \frac{\mathrm{d}u_p}{\mathrm{d}\tau} &= 4\pi v_p + 4\pi^2 A\,u \\[4pt] \frac{\mathrm{d}v_p}{\mathrm{d}\tau} &= -4\pi u_p + 4\pi^2 B\,v \\[4pt] \frac{\mathrm{d}w_p}{\mathrm{d}\tau} &= -4\pi^2 C\,w \end{aligned} \right.}

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : méthode d'euler

Présenter succinctement le principe d'une résolution numérique approchée de ce système d'équations différentielles s'appuyant sur une méthode analogue à la méthode d'Euler, pour un pas temporel constant . On précisera, en particulier, comment on obtient les valeurs des paramètres , , , , , à l'instant , connaissant les valeurs de ces paramètres à l'instant .

Voir l'indice

Écrire la formule de récurrence du schéma d'Euler explicite à pas fixe h : X(t+h) \approx X(t) + h\,\frac{\mathrm{d}X}{\mathrm{d}t}(t) appliquée aux composantes de position et de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le principe général de la méthode d'Euler explicite pour une équation différentielle ou un système différentiel d'ordre 1 (développement de Taylor à l'ordre 1 ou approximation de la dérivée par un taux d'accroissement).
  2. Appliquer ce schéma itératif aux six variables d'état du système établi à la question précédente pour exprimer leurs valeurs à la date suivante à partir de celles à la date courante.
Voir la réponse courte

Présentation de l'itération d'Euler explicite Y_{n+1} = Y_n + h F(Y_n) pour discrétiser le système.

Voir le corrigé complet

Le principe de la méthode d'Euler explicite repose sur l'approximation de la dérivée première d'une fonction vectorielle \vec{Y}(\tau) par le taux d'accroissement sur un pas constant h (ou développement de Taylor à l'ordre 1) :

\frac{\mathrm{d}\vec{Y}}{\mathrm{d}\tau}(\tau) \approx \frac{\vec{Y}(\tau + h) - \vec{Y}(\tau)}{h} \implies \vec{Y}(\tau + h) \approx \vec{Y}(\tau) + h\,\frac{\mathrm{d}\vec{Y}}{\mathrm{d}\tau}(\tau)

Ici, la variable d'évolution est la date sans dimension \tau (notée de manière générique t dans le texte). Le vecteur d'état regroupant les variables est :

\vec{Y} = \begin{pmatrix} u \\ v \\ w \\ u_p \\ v_p \\ w_p \end{pmatrix}

En utilisant le système d'équations différentielles du premier ordre établi à la question précédente :

\left\{ \begin{array}{rcl} \dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}\tau} &=& u_p \\[6pt] \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}\tau} &=& v_p \\[6pt] \dfrac{\mathrm{d}w}{\mathrm{d}\tau} &=& w_p \\[6pt] \dfrac{\mathrm{d}u_p}{\mathrm{d}\tau} &=& 4\pi v_p + 4\pi^2 A u \\[6pt] \dfrac{\mathrm{d}v_p}{\mathrm{d}\tau} &=& -4\pi u_p + 4\pi^2 B v \\[6pt] \dfrac{\mathrm{d}w_p}{\mathrm{d}\tau} &=& -4\pi^2 C w \end{array} \right.

on obtient directement les expressions des paramètres à l'instant \tau + h en fonction de leurs valeurs à l'instant \tau :

\boxed{ \left\{ \begin{array}{rcl} u(\tau + h) &=& u(\tau) + h\,u_p(\tau) \\[4pt] v(\tau + h) &=& v(\tau) + h\,v_p(\tau) \\[4pt] w(\tau + h) &=& w(\tau) + h\,w_p(\tau) \\[4pt] u_p(\tau + h) &=& u_p(\tau) + h\left( 4\pi v_p(\tau) + 4\pi^2 A u(\tau) \right) \\[4pt] v_p(\tau + h) &=& v_p(\tau) + h\left( -4\pi u_p(\tau) + 4\pi^2 B v(\tau) \right) \\[4pt] w_p(\tau + h) &=& w_p(\tau) - 4\pi^2 C h\,w(\tau) \end{array} \right. }

Connaissant les conditions initiales à \tau = 0, la réitération de ce schéma à chaque pas permet de calculer de proche en proche la trajectoire complète du flyer.

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Python
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : méthode d'euler, langage python

Compléter la fonction Python ébauchée sur la figure B du document réponse.

Voir l'indice

Définir le pas d'intégration h = \tau_f / N (ou \tau_f/(N-1)), initialiser les premières composantes à partir du vecteur d'entrée, puis programmer la boucle de mise à jour d'Euler.

Voir la stratégie

Pour compléter la fonction Python :

  1. Exprimer le pas temporel h en fonction de la durée totale \tau_f et du nombre de points N.
  2. Affecter les conditions initiales fournies par le tableau init aux premiers éléments des tableaux.
  3. Écrire la boucle itérative mettant en œuvre le schéma d'Euler explicite établi à la question précédente pour les six variables d'état.
Voir la réponse courte

Complétion de la boucle temporelle mettant à jour les positions et vitesses par la méthode d'Euler.

Voir le corrigé complet

1. Premier cadre : pas temporel Pour discrétiser l'intervalle [0, \tau_f] en N points, il y a N - 1 sous-intervalles de largeur h :

h = tau_f / (N - 1)

(La convention h = \tau_f / N est également acceptée.)

2. Deuxième cadre : initialisation Le vecteur init contient les six grandeurs initiales (u_0, v_0, w_0, u_{p,0}, v_{p,0}, w_{p,0}). Par déballage de séquence (*unpacking*) :

u[0], v[0], w[0], up[0], vp[0], wp[0] = init

(On peut aussi écrire init[0], init[1], init[2], init[3], init[4], init[5].)

3. Zone quadrillée : boucle d'intégration (méthode d'Euler) D'après le système différentiel du premier ordre établi aux questions Q12 et Q13 :

\begin{aligned} u_{k+1} &= u_k + h\, u_{p,k} \\ v_{k+1} &= v_k + h\, v_{p,k} \\ w_{k+1} &= w_k + h\, w_{p,k} \\ u_{p,k+1} &= u_{p,k} + h \left(4\pi v_{p,k} + 4\pi^2 A\, u_k\right) \\ v_{p,k+1} &= v_{p,k} + h \left(-4\pi u_{p,k} + 4\pi^2 B\, v_k\right) \\ w_{p,k+1} &= w_{p,k} + h \left(-4\pi^2 C\, w_k\right) \end{aligned}

Le code complet à reporter dans la zone quadrillée s'écrit donc :

for k in range(N - 1):
    u[k + 1] = u[k] + h * up[k]
    v[k + 1] = v[k] + h * vp[k]
    w[k + 1] = w[k] + h * wp[k]
    up[k + 1] = up[k] + h * (4 * np.pi * vp[k] + 4 * np.pi**2 * A * u[k])
    vp[k + 1] = vp[k] + h * (-4 * np.pi * up[k] + 4 * np.pi**2 * B * v[k])
    wp[k + 1] = wp[k] + h * (-4 * np.pi**2 * C * w[k])
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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : instabilité, portrait de phase

La résolution numérique du système d'équations permet d'obtenir le graphe présenté en figure 4. Commenter cette figure.

Voir l'indice

Analyser la trajectoire dans le plan (u, v) : après de petites boucles d'écartement initial, la trajectoire s'évade rapidement vers l'infini, confirmant l'instabilité du point \mathrm{L}_1.

Voir la réponse courte

Commentaire de la trajectoire divergente dans le plan (x, y), illustrant l'instabilité de la position \mathrm{L}_1.

Voir le corrigé complet

Le graphe de la figure 4 représente la projection de la trajectoire du flyer dans le plan orbital (\mathrm{L}_1, \vec{e}_x, \vec{e}_y), repéré par les coordonnées adimensionnées (\alpha/\varepsilon, \beta/\varepsilon) :

  • Effet de la force de Coriolis : La trajectoire est courbée au lieu d'être rectiligne. Ce comportement traduit le couplage gyroscopique entre les coordonnées \alpha et \beta induit par les termes d'accélération de Coriolis (\pm 4\pi\,\mathrm{d}v/\mathrm{d}\tau et \mp 4\pi\,\mathrm{d}u/\mathrm{d}\tau).
  • Caractère instable du point \mathrm{L}_1 : Alors que le flyer part du voisinage immédiat de \mathrm{L}_1 (\alpha = 0, \beta = 0), son éloignement augmente rapidement au cours du temps et la trajectoire diverge. Cela confirme que le point d'équilibre \mathrm{L}_1 est un point-col dans le plan orbital (instabilité dynamique établie à la question Q6).
  • Conséquence pratique : En l'absence de contrôle actif de trajectoire ou de mécanisme de compensation (comme la pression de radiation envisagée dans les sections suivantes), un flyer ne reste pas confiné autour de \mathrm{L}_1 et est rapidement éjecté du point de Lagrange.
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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : instabilité, temps caractéristique

À partir de la figure 4, estimer numériquement la durée pendant laquelle un flyer reste au voisinage de .

Voir l'indice

Mesurer l'intervalle de temps adimensionné \Delta\tau correspondant au séjour dans le voisinage de \mathrm{L}_1 sur la figure 4, puis convertir en durée réelle sachant que \tau = 1 correspond à une année terrestre.

Voir la stratégie
  1. Interpréter la trajectoire de la figure 4 comme une fraction d'orbite (environ une demi-boucle) avant l'éjection du flyer causée par l'instabilité du point de Lagrange \mathrm{L}_1.
  2. Relier cette géométrie aux échelles de temps caractéristiques du mouvement linéarisé au voisinage de \mathrm{L}_1 (période pseudo-orbitale et temps de divergence de l'instabilité).
  3. En déduire une estimation numérique de la durée de séjour du flyer au voisinage de \mathrm{L}_1.
Voir la réponse courte

Lecture sur le graphique de la durée avant que le flyer ne s'éloigne notablement du voisinage de \mathrm{L}_1.

Voir le corrigé complet

Le temps adimensionné \tau intervenant dans le système (I.3) est défini par :

\tau = \frac{\omega t}{2\pi} = \frac{t}{T_0}

où T_0 = 1\text{ an} \approx 365\text{ jours} est la période de révolution de la Terre autour du Soleil.

L'étude des équations différentielles linéarisées (I.3) dans le plan (\vec{e}_x, \vec{e}_y) fait apparaître deux comportements couplés :

  • un mode oscillant de pulsation propre \Omega_\tau \approx 4\pi, soit une période adimensionnée T_\tau = \frac{2\pi}{\Omega_\tau} \approx 0{,}5, correspondant à une période réelle T_{\text{osc}} \approx \frac{T_0}{2} \approx 6\text{ mois} (analogue à la période selon z obtenue à la question Q11) ;
  • un mode instable exponentiel e^{\lambda \tau} associé à la valeur propre réelle positive \lambda \approx 5\pi \approx 15{,}7, d'où un temps caractéristique de divergence :

    t_d = \frac{T_0}{\lambda} \approx \frac{365}{15{,}7} \approx 23\text{ jours}.

Sur la figure 4, on observe que le flyer décrit une arche correspondant à environ une demi-oscillation (ou un demi-tour d'orbite avortée) : il part du voisinage de \mathrm{L}_1 (\alpha \approx 0), atteint une élongation maximale selon \beta, puis est défléchi et s'éloigne rapidement sous l'effet du mode exponentiel divergent.

La durée pendant laquelle le flyer reste au voisinage immédiat de \mathrm{L}_1 correspond à cette demi-boucle, soit environ une demi-période d'oscillation (ou typiquement 2 à 4 fois le temps caractéristique de divergence t_d) :

\Delta t \approx \frac{T_{\text{osc}}}{2} \approx \frac{T_0}{4} \approx 3\text{ mois} \approx 90\text{ jours}.

En tenant compte de la divergence rapide observée dès la fin de l'arche, on peut estimer cette durée entre 2 et 3 mois :

\boxed{\Delta t \approx 2\text{ à } 3\text{ mois} \quad (\text{soit environ } 60\text{ à } 90\text{ jours})}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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I.C.3 · Effet de la pression de radiation

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques ; Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : pression de radiation, équilibre mécanique

Comment est qualitativement modifiée la position d'équilibre du nuage de flyers par la pression de radiation ? Décrire qualitativement l'influence du coefficient de réflexion sur le déplacement de cette position d'équilibre.

Voir l'indice

Noter que la force de pression de radiation est répulsive depuis le Soleil : elle s'oppose à la gravité solaire, ce qui déplace la position d'équilibre vers l'intérieur (plus proche du Soleil, donc plus loin de la Terre).

Voir la stratégie
  1. Identifier la direction et le sens de la force de pression de radiation \vec{F}_p.
  2. Analyser la condition d'équilibre mécanique en reliant le sens de compensation requis à la variation spatiale des forces gravitationnelles et d'entraînement au voisinage de \mathrm{L}_1.
  3. Conclure sur le sens de déplacement de la position d'équilibre et sur l'effet d'une augmentation de R.
Voir la réponse courte

La force radiative s'ajoute à la répulsion solaire : \mathrm{L}_1 se rapproche du Soleil, d'autant plus que le coefficient de réflexion R est grand.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression (I.4) fournie par l'énoncé :

\vec{F}_p = \frac{2\mathcal{L}_S}{4\pi r^2 c}\, R A\,\vec{e}_x

avec R > 0, \mathcal{L}_S > 0 et A > 0. Le vecteur unitaire \vec{e}_x étant dirigé du Soleil vers la Terre, la force de pression de radiation est dirigée selon +\vec{e}_x, c'est-à-dire qu'elle s'exerce du Soleil vers la Terre.

Au point de Lagrange \mathrm{L}_1 classique, la résultante des forces de gravitation (Soleil et Terre) et de la force d'inertie d'entraînement est nulle :

\vec{F}_{\text{eff}}(\mathrm{L}_1) = \vec{F}_{\text{grav},S} + \vec{F}_{\text{grav},T} + \vec{F}_{ie} = \vec{0}

En présence de la pression de radiation, la nouvelle position d'équilibre x_{\text{éq}} doit vérifier :

\vec{F}_{\text{eff}}(x_{\text{éq}}) + \vec{F}_p(x_{\text{éq}}) = \vec{0} \implies \vec{F}_{\text{eff}}(x_{\text{éq}}) = -\vec{F}_p = - F_p\,\vec{e}_x

La résultante effective \vec{F}_{\text{eff}} doit donc être dirigée vers le Soleil (-\vec{e}_x) pour compenser la pression de radiation.

Or, par rapport à \mathrm{L}_1 :

  • si l'on se rapproche du Soleil (déplacement vers les x décroissants), l'attraction gravitationnelle du Soleil augmente tandis que l'attraction terrestre et la force centrifuge diminuent : \vec{F}_{\text{eff}} est alors orientée vers le Soleil (-\vec{e}_x) ;
  • la condition d'équilibre ne peut donc être satisfaite qu'en amont de \mathrm{L}_1.
\boxed{\text{La position d'équilibre du nuage de flyers est déplacée vers le Soleil (plus loin de la Terre).}}

Influence du coefficient de réflexion R :

  • L'intensité de la force de pression de radiation \vec{F}_p est directement proportionnelle au coefficient de réflexion R.
  • Par conséquent, plus R est grand, plus la force radiative à compenser est importante, et plus la position d'équilibre est repoussée loin de la Terre et rapprochée du Soleil (la distance à la Terre augmente).
  • À l'inverse, lorsque R \to 0 (dans la modélisation de l'énoncé), \vec{F}_p \to \vec{0} et la position d'équilibre tend vers le point de Lagrange \mathrm{L}_1 gravitationnel usuel.

Résultat

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I.D.1 · Le dioxyde de titane

Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI

Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie

Notions : population d'une maille, formule statistique

Donner la population de la maille. Est-ce cohérent avec la formule statistique du dioxyde de titane ?

Voir l'indice

Dénombrer les atomes de titane (sommets et centre) et d'oxygène (faces et intérieur) en multipliant par leur quote-part respective dans la maille quadratique, et vérifier le ratio stœchiométrique 1:2.

Voir la réponse courte

Dénombrement des atomes de titane et d'oxygène dans la maille du rutile : 2 motifs \mathrm{TiO}_2 par maille.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 5 et les données du texte, la maille conventionnelle du rutile est un prisme droit à base carrée (réseau quadratique de paramètres de maille a = b = 459{,}4\text{ pm} et c = 295{,}9\text{ pm}).

  • Population en atomes de titane \text{Ti} (sphères claires) :

    • 8 atomes situés aux sommets de la maille, partagés chacun entre 8 mailles : 8 \times \dfrac{1}{8} = 1 ;
    • 1 atome situé au centre de la maille, n'appartenant qu'à cette maille : 1 \times 1 = 1.

    Le nombre d'atomes de titane par maille est donc :

    N(\text{Ti}) = 8 \times \frac{1}{8} + 1 = 2
  • Population en atomes d'oxygène \text{O} (sphères foncées) :

    • 2 atomes situés entièrement à l'intérieur de la maille (dans le plan z = c/2) : 2 \times 1 = 2 ;
    • 4 atomes situés sur les faces de la maille, partagés chacun entre 2 mailles : 4 \times \dfrac{1}{2} = 2.

    Le nombre d'atomes d'oxygène par maille est donc :

    N(\text{O}) = 2 \times 1 + 4 \times \frac{1}{2} = 4

La population globale de la maille est donc de :

\boxed{N(\text{Ti}) = 2 \quad \text{et} \quad N(\text{O}) = 4}

Cohérence avec la formule statistique : Le rapport des populations vérifie :

\frac{N(\text{O})}{N(\text{Ti})} = \frac{4}{2} = 2

La maille contient donc Z = 2 groupements formulaires \text{TiO}_2, ce qui est parfaitement cohérent avec la stœchiométrie du dioxyde de titane.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI

Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie

Notions : masse volumique, maille cristalline

Calculer de la masse volumique du dioxyde de titane .

Voir l'indice

Calculer la masse volumique théorique par \rho = \frac{Z\,M(\mathrm{TiO}_2)}{\mathcal{N}_A\,a^2 c} avec Z=2 groupements formulaires par maille élémentaire.

Voir la réponse courte

Calcul classique de la masse volumique à partir de la population, des masses molaires et du volume de maille tétragonale.

Voir le corrigé complet

La masse volumique \rho du dioxyde de titane s'exprime par le rapport de la masse contenue dans la maille conventionnelle sur le volume de celle-ci :

\rho = \frac{m_{\text{maille}}}{V}
  1. Volume de la maille : D'après la figure 5, la maille est un pavé droit à base carrée d'arêtes a = b = 459{,}4\text{ pm} et c = 295{,}9\text{ pm}, son volume vaut donc :

    V = a^2 c
  2. Masse de la maille : D'après la question Q18, la maille contient Z = 2 motifs formulaires \mathrm{TiO}_2. La masse molaire du dioxyde de titane est :

    M(\mathrm{TiO}_2) = M(\mathrm{Ti}) + 2 M(\mathrm{O}) = 47{,}9 + 2 \times 16{,}0 = 79{,}9\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

    La masse contenue dans la maille s'écrit alors :

    m_{\text{maille}} = \frac{Z \, M(\mathrm{TiO}_2)}{\mathcal{N}_A}

On en déduit l'expression littérale de la masse volumique :

\rho = \frac{Z \, M(\mathrm{TiO}_2)}{\mathcal{N}_A \, a^2 c}

Application numérique :

  • Z = 2
  • M(\mathrm{TiO}_2) = 79{,}9 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \mathcal{N}_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1}
  • a = 459{,}4 \times 10^{-12}\text{ m}
  • c = 295{,}9 \times 10^{-12}\text{ m}

Le volume de la maille est :

V = (459{,}4 \times 10^{-12})^2 \times (295{,}9 \times 10^{-12}) \approx 6{,}245 \times 10^{-29}\text{ m}^3

d'où :

\rho = \frac{2 \times 79{,}9 \times 10^{-3}}{6{,}02 \times 10^{23} \times 6{,}245 \times 10^{-29}} \approx 4{,}25 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
\boxed{\rho = 4{,}25 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} = 4{,}25\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}}

Résultat

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I.D.2 · Synthèse du dioxyde de titane par anodisation

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Électrolyse et accumulateurs

Notions : électrolyse, oxydoréduction, anode et cathode

Identifier l'anode et la cathode puis écrire les demi-équations électroniques associées aux réactions qui s'y produisent et l'équation-bilan de l'anodisation.

Voir l'indice

Identifier l'oxydation à l'anode (oxydation du titane et de l'eau reliée au pôle +) et la réduction de l'eau en dihydrogène gazeux à la cathode (reliée au pôle -), puis sommer les deux demi-réactions.

Voir la réponse courte

Oxydation du titane à l'anode formant \mathrm{TiO}_2 et réduction de l'eau à la cathode avec dégagement de dihydrogène.

Voir le corrigé complet

Dans un électrolyseur (récepteur électrique) :

  • L'anode est le siège de l'oxydation. Les électrons quittent l'anode vers la borne positive du générateur : l'électrode de titane (\mathrm{Ti}), reliée à la borne (+), constitue donc l'anode.
  • La cathode est le siège de la réduction. Les électrons arrivent du générateur par la borne négative : la contre-électrode en platine (\mathrm{Pt}), reliée à la borne (-), constitue donc la cathode.

Écrivons les demi-équations électroniques associées aux couples mentionnés :

  • À l'anode (oxydation du titane au degré d'oxydation 0 en titane au degré +\text{IV}) :

    \mathrm{Ti}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} = \mathrm{TiO}_{2(\mathrm{s})} + 4\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 4\,\mathrm{e}^-
  • À la cathode (réduction de l'eau en dihydrogène) :

    2\,\mathrm{H}^+_{(\mathrm{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} \quad\text{ou}\quad 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} + 2\,\mathrm{e}^- = \mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\mathrm{aq})}

En multipliant la demi-équation cathodique par 2 pour égaliser le nombre d'électrons échangés (n_{\mathrm{e}^-} = 4), on obtient l'équation-bilan globale de l'anodisation :

\boxed{\mathrm{Ti}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} \longrightarrow \mathrm{TiO}_{2(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})}}

Résultat

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI

Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie

Notions : masse volumique, compacité

Sous certaines hypothèses à préciser, estimer la masse volumique de la couche de nanotube de dioxyde de titane figure 7.

Voir l'indice

Modéliser les nanotubes observés au MEB comme un ensemble de tubes cylindriques creux périodiques de diamètre externe et d'épaisseur de paroi mesurés sur les clichés pour déterminer la porosité volumique.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la couche de nanotubes par un réseau périodique de cylindres creux identiques et verticaux.
  2. Relever sur les clichés MEB de la figure 7 les dimensions caractéristiques : épaisseur de paroi e et diamètre extérieur D_{\text{ext}} (comparé à la barre d'échelle de 100\text{ nm}).
  3. Calculer la fraction volumique de matière f_v dans la couche, puis en déduire la masse volumique apparente \rho_{\text{nano}} = f_v \rho.
Voir la réponse courte

Estimation de la porosité des nanotubes à partir des dimensions mesurées sur l'image MEB pour en déduire la masse volumique effective.

Voir le corrigé complet

Pour estimer la masse volumique \rho_{\text{nano}} de la couche poreuse de nanotubes de \mathrm{TiO}_2, formulons les hypothèses suivantes :

  • Les nanotubes sont assimilés à des cylindres creux verticaux identiques de hauteur H, de diamètre extérieur D_{\text{ext}}, de diamètre intérieur D_{\text{int}} et d'épaisseur de paroi e = \frac{D_{\text{ext}} - D_{\text{int}}}{2}.
  • La matière constituant les parois est du dioxyde de titane de structure rutile, de masse volumique \rho \approx 4{,}25 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} (déterminée à la question Q19).
  • Les nanotubes sont disposés selon un arrangement compact (hexagonal ou quasi-compact) sur le substrat.

1. Lecture des dimensions sur la figure 7 :

  • L'épaisseur de paroi e varie légèrement le long du tube : 36\text{ nm} au sommet, 30\text{ nm} à mi-hauteur et 26\text{ nm} à la base. On adopte une épaisseur moyenne :

    e \approx 30\text{ nm}
  • En comparant la largeur d'un nanotube à la barre d'échelle de 100\text{ nm} sur les vues agrandies, on estime le diamètre extérieur moyen à :

    D_{\text{ext}} \approx 100\text{ nm} \quad (R_{\text{ext}} \approx 50\text{ nm})

    Le diamètre intérieur (diamètre du pore central) vaut alors :

    D_{\text{int}} = D_{\text{ext}} - 2e \approx 100 - 60 = 40\text{ nm} \quad (R_{\text{int}} \approx 20\text{ nm})

2. Calcul de la fraction volumique de matière f_v :

  • La fraction surfacique de matière à l'intérieur d'un cylindre de rayon R_{\text{ext}} vaut :

    f_{\text{cyl}} = \frac{\pi (R_{\text{ext}}^2 - R_{\text{int}}^2)}{\pi R_{\text{ext}}^2} = 1 - \left(\frac{R_{\text{int}}}{R_{\text{ext}}}\right)^2 = 1 - (0{,}40)^2 = 0{,}84
  • La compacité 2D d'empilement de disques tangents vaut \eta = \frac{\pi}{2\sqrt{3}} \approx 0{,}91 pour un réseau hexagonal compact (et \eta = \frac{\pi}{4} \approx 0{,}79 pour un réseau carré). En tenant compte d'un réseau quasi-hexagonal présentant d'éventuels interstices ou désordres, on peut estimer \eta \approx 0{,}80\text{ à }0{,}85.
  • La fraction volumique globale occupée par le dioxyde de titane est donc :

    f_v = \eta \times f_{\text{cyl}} \approx 0{,}80 \times 0{,}84 \approx 0{,}67

    Soit un ordre de grandeur compris entre 60\,\% et 70\,\%.

3. Masse volumique équivalente de la couche :

\rho_{\text{nano}} = f_v \times \rho

Avec \rho = 4{,}25 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et f_v \approx 0{,}65 :

\rho_{\text{nano}} \approx 0{,}65 \times 4{,}25 \times 10^3 \approx 2{,}8 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

Compte tenu des incertitudes sur les lectures graphiques et l'arrangement réel des tubes, on retient :

\boxed{\rho_{\text{nano}} \approx (2{,}5 \pm 0{,}5) \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} = 2{,}5 \pm 0{,}5\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}}

Résultat

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Solutions aqueuses et électrochimie › Électrolyse et accumulateurs

Notions : rendement faradique, électrolyse

Calculer l'efficacité de croissance de l'anodisation ayant conduit à la couche figure 7. Commenter.

Voir l'indice

Calculer la charge électrique totale injectée Q = I\,\Delta t, puis exprimer la charge utile Q_g = n_e F n_{\mathrm{TiO}_2} nécessaire à l'oxydation de la couche observée.

Voir la stratégie
  1. Calculer la charge électrique totale Q fournie par le générateur durant l'électrolyse à courant constant.
  2. Relier la charge utile Q_g à la quantité de matière de dioxyde de titane formé dans la couche nanotubulaire, en utilisant le nombre d'électrons échangés déterminé à la question Q20.
  3. Évaluer le rendement \theta = Q_g / Q et interpréter physiquement l'écart à 100\,\%.
Voir la réponse courte

Bilan faradique comparant la charge électrique consommée à la quantité de matière de dioxyde de titane effectivement formée.

Voir le corrigé complet

La charge électrique totale débitée par le générateur à courant constant I pendant la durée \Delta t est donnée par :

Q = I\,\Delta t

Pour I = 25\text{ mA} = 25 \times 10^{-3}\text{ A} et \Delta t = 900\text{ s} :

Q = 25 \times 10^{-3} \times 900 = 22{,}5\text{ C}

D'après la demi-équation anodique établie à la question Q20 :

\mathrm{Ti}_{(\mathrm{s})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})} \longrightarrow \mathrm{TiO}_{2(\mathrm{s})} + 4\,\mathrm{H}^+ + 4\,\mathrm{e}^-

la formation d'une mole de \mathrm{TiO}_2 nécessite l'échange de z = 4 moles d'électrons. La charge électrique utile associée à la masse m de \mathrm{TiO}_2 présente dans la couche vaut donc :

Q_g = z\,\mathcal{F}\,n(\mathrm{TiO}_2) = 4\,\mathcal{N}_A\,e\,\frac{m}{M(\mathrm{TiO}_2)}

où M(\mathrm{TiO}_2) = 47{,}9 + 2 \times 16{,}0 = 79{,}9\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}.

La masse de dioxyde de titane formant le réseau de nanotubes s'exprime à l'aide du volume total de la couche V = S \times H (avec S = 3{,}14\text{ cm}^2 = 3{,}14 \times 10^{-4}\text{ m}^2, en corrigeant l'évidente coquille d'unité de l'énoncé) et de la masse volumique apparente \rho_{\text{nano}} \approx 2{,}5 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} déterminée à la question Q21 :

m = \rho_{\text{nano}}\,S\,H

Avec l'épaisseur H \approx 3{,}5\,\mu\text{m} = 3{,}5 \times 10^{-6}\text{ m} mesurée sur la figure 7 :

\begin{aligned} m &= 2{,}5 \times 10^3 \times 3{,}14 \times 10^{-4} \times 3{,}5 \times 10^{-6} \approx 2{,}75 \times 10^{-6}\text{ kg} = 2{,}75\text{ mg} \\ n(\mathrm{TiO}_2) &= \frac{2{,}75 \times 10^{-6}}{79{,}9 \times 10^{-3}} \approx 3{,}44 \times 10^{-5}\text{ mol} \end{aligned}

La charge utile est ainsi :

Q_g = 4 \times (6{,}02 \times 10^{23} \times 1{,}602 \times 10^{-19}) \times 3{,}44 \times 10^{-5} \approx 13{,}3\text{ C}

L'efficacité de croissance \theta vaut alors :

\theta = \frac{Q_g}{Q} = \frac{4\,\mathcal{N}_A\,e\,\rho_{\text{nano}}\,S\,H}{M(\mathrm{TiO}_2)\,I\,\Delta t}
\boxed{\theta \approx 59\,\% \quad (\text{soit entre } 50\,\% \text{ et } 60\,\%)}

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Question déjà tombée ailleurs

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I.E · Coût de la mise en orbite des flyers

Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Électromagnétisme › Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques

Notions : pression de radiation, équilibre

Donner une interprétation physique de l'asymptote commune aux courbes paramétrées par .

Voir l'indice

Considérer le cas limite d'une masse tendant vers l'infini où la force de radiation devient négligeable devant les interactions gravitationnelles : l'asymptote redonne la position classique de \mathrm{L}_1.

Voir la réponse courte

Interprétation de la limite pour laquelle la pression de radiation compense exactement l'attraction gravitationnelle solaire.

Voir le corrigé complet

Sur la figure 8, les courbes paramétrées par le coefficient de réflexion R présentent toutes une asymptote verticale commune située en :

d_{\text{asympt}} \approx 1{,}5 \times 10^6\text{ km} = 1{,}5 \times 10^9\text{ m}

Cette valeur correspond exactement à la distance \varepsilon entre la Terre et le point de Lagrange \mathrm{L}_1 calculée aux questions Q8 et Q9 en ne tenant compte que de la gravitation et des forces d'inertie d'entraînement.

Physiquement :

  • L'accélération communiquée au nuage par la force de pression de radiation vaut :

    \vec{a}_p = \frac{\vec{F}_p}{m} = \frac{2\mathcal{L}_S R A}{4\pi r^2 c\, m}\,\vec{e}_x
  • Pour une valeur fixée et non nulle de R, cette accélération de radiation ne devient négligeable devant les accélérations gravitationnelles et d'entraînement que si la masse totale m du nuage devient infiniment grande :

    \lim_{m \to +\infty} \vec{a}_p = \vec{0}

    Le nuage se comporte alors comme une masse d'épreuve purement gravitationnelle et sa position d'équilibre se confond avec le point de Lagrange \mathrm{L}_1 « naturel ».

  • Pour une masse finie m, la pression de radiation repousse le point d'équilibre vers le Soleil (d'après Q17), c'est-à-dire à une distance à la Terre d > 1{,}5 \times 10^6\text{ km}.
\boxed{\text{L'asymptote } d \approx 1{,}5 \times 10^6\text{ km} \text{ correspond à la position de } \mathrm{L}_1 \text{ gravitationnel pur, obtenue pour } m \to +\infty.}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : estimation d'ordre de grandeur

Dans le cadre de ce scénario, évaluer le coût du déploiement entre la Terre et le Soleil du nuage atténuateur de puissance. Commenter.

Voir l'indice

Déterminer le point d'intersection des courbes d'équilibre mécanique et d'atténuation sur la figure 8 pour en déduire la masse totale du nuage, puis la multiplier par le tarif unitaire de satellisation au kilogramme.

Voir la stratégie
  1. Lire sur la figure 8 les coordonnées du point de fonctionnement à l'intersection de la courbe d'équilibre mécanique (R = 3{,}2\,\%) et de la courbe d'atténuation lumineuse (\rho_s = 5\text{ g}\cdot\text{m}^{-2}).
  2. En déduire la masse totale M_{\text{nuage}} de flyers à mettre en orbite, puis calculer le coût de lancement correspondant.
  3. Commenter le résultat en le comparant au PIB mondial fourni dans les données et en discutant les hypothèses de ce scénario.
Voir la réponse courte

Calcul du produit de la masse totale de la flotte par le coût au kilogramme de lancement en orbite.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, les flyers ont une densité surfacique de masse \rho_s = 5\text{ g}\cdot\text{m}^{-2} et un coefficient de réflexion R = 3{,}2\,\%.

Sur la figure 8, le point d'intersection entre la courbe de condition d'équilibre paramétrée par R = 3{,}2\,\% et la courbe d'atténuation de puissance paramétrée par \rho_s = 5\text{ g}\cdot\text{m}^{-2} donne :

  • une distance à la Terre : d \approx 1{,}7 \times 10^6\text{ km} ;
  • une masse totale de flyers à envoyer :

    M_{\text{nuage}} \approx 2{,}0 \times 10^{10}\text{ kg} \quad (\text{soit } 20 \times 10^9\text{ kg}).

Le coût unitaire de transport en orbite selon le scénario proposé est c_m = 100\text{ \$}\cdot\text{kg}^{-1}. Le coût de déploiement (transport) s'évalue ainsi :

\begin{aligned} C_{\text{déploiement}} &= M_{\text{nuage}} \times c_m \\ &= 2{,}0 \times 10^{10} \times 100 \\ &= 2{,}0 \times 10^{12}\text{ \$}. \end{aligned}
\boxed{C_{\text{déploiement}} \approx 2 \times 10^{12}\text{ \$} \quad (2\text{ 000 milliards de dollars})}

Résultat

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Partie II : Agir sur Terre — Rénovation énergétique des bâtiments

II.A.1 · Puissance de chauffage nécessaire à la résidence

Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique, flux thermique

En régime stationnaire, calculer la puissance thermique nécessaire au chauffage de la résidence.

Voir l'indice

Sommer les flux thermiques perdus par les parois \sum U_k S_k \Delta T et par les ponts thermiques \psi L \Delta T pour l'écart de référence \Delta T = T_{i,\mathrm{ref}} - T_{e,\mathrm{ref}} = 26\text{ K}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le bilan thermique global de la copropriété en régime stationnaire : la puissance thermique de chauffage fournie P_c compense exactement les déperditions thermiques à travers les parois et les ponts thermiques.
  2. Calculer la conductance thermique globale G_{\text{th}} = \sum_k U_k S_k + \psi L à partir des données du tableau 1.
  3. En déduire P_c = G_{\text{th}} (T_{i,\text{ref}} - T_{e,\text{ref}}) et comparer à la puissance nominale de la chaudière.
Voir la réponse courte

Calcul des déperditions thermiques globales par association en parallèle des résistances thermiques des parois de la résidence.

Voir le corrigé complet

En régime thermique stationnaire, le premier principe de la thermodynamique appliqué à l'air et à la structure des bâtiments de la résidence impose que la puissance de chauffage P_c compense l'ensemble des pertes thermiques vers l'extérieur :

P_c = P_{\text{pertes}}

Les déperditions thermiques se décomposent en pertes surfaciques à travers les parois (murs, toiture, ouvrants, plancher) et en pertes linéiques via les ponts thermiques :

P_c = \left( \sum_{k} U_k S_k + \psi L \right) (T_{i,\text{ref}} - T_{e,\text{ref}})

L'écart de température de référence vaut :

\Delta T = T_{i,\text{ref}} - T_{e,\text{ref}} = 19 - (-7) = 26\text{ }^\circ\text{C} = 26\text{ K}

Calculons les différentes composantes de la conductance thermique totale G_{\text{th}} = \sum_k U_k S_k + \psi L à l'aide du tableau 1 :

\begin{aligned} U_{\text{murs}} S_{\text{murs}} &= 3{,}16 \times 5650 = 17\,854\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ U_{\text{toiture}} S_{\text{toiture}} &= 0{,}67 \times 3514 \approx 2\,354\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ U_{\text{ouvrants}} S_{\text{ouvrants}} &= 2{,}32 \times 2496 \approx 5\,791\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ U_{\text{plancher}} S_{\text{plancher}} &= 1{,}17 \times 3514 \approx 4\,111\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ \psi L &= 0{,}47 \times 8249 \approx 3\,877\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}

La conductance thermique globale de la résidence s'élève donc à :

G_{\text{th}} = 17\,854 + 2\,354 + 5\,791 + 4\,111 + 3\,877 = 33\,987\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \approx 3{,}40 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}

La puissance de chauffage requise en conditions de grand froid s'en déduit :

P_c = 33\,987 \times 26 = 8{,}84 \times 10^5\text{ W}
\boxed{P_c \approx 884\text{ kW}}

Résultat

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II.A.2 · Chauffage au gaz naturel

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : combustion, pouvoir calorifique, bilan molaire

En 2021, le chauffage de la résidence a nécessité . Estimer la masse de dioxyde de carbone rejetée dans l'atmosphère.

Voir l'indice

Calculer l'enthalpie standard de combustion complète d'une mole de méthane, en déduire la quantité de matière de \mathrm{CH}_4 brûlée pour fournir l'énergie annuelle, puis la masse de \mathrm{CO}_2 dégagée par stœchiométrie.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de la combustion complète du méthane \mathrm{CH}_4.
  2. Calculer l'enthalpie molaire standard de combustion \Delta_r H^\circ à l'aide de la loi de Hess et des grandeurs thermodynamiques fournies (en tenant compte de l'état physique de l'eau dans les fumées grâce à l'enthalpie de vaporisation fournie).
  3. En déduire la quantité de matière de \mathrm{CH}_4 consommée pour fournir l'énergie thermique requise, puis la masse de \mathrm{CO}_2 émise correspondante.
Voir la réponse courte

Bilan stœchiométrique de combustion du méthane reliant l'énergie thermique produite à la masse de \mathrm{CO}_2 rejetée.

Voir le corrigé complet

La combustion complète du méthane dans le dioxygène de l'air s'écrit :

\mathrm{CH}_{4(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} \longrightarrow \mathrm{CO}_{2(\mathrm{g})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}

Dans une chaudière conventionnelle (hors condensation), l'eau est évacuée sous forme de vapeur dans les fumées, ce qui justifie la donnée de l'enthalpie molaire de vaporisation de l'eau \Delta_v H(\mathrm{H}_2\mathrm{O}). L'enthalpie molaire standard de formation de la vapeur d'eau vaut :

\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{g})}) = \Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})}) + \Delta_v H(\mathrm{H}_2\mathrm{O})

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de cette réaction de combustion (associée au Pouvoir Calorifique Inférieur, PCI) est :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= \Delta_f H^\circ(\mathrm{CO}_{2(\mathrm{g})}) + 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{g})}) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{CH}_{4(\mathrm{g})}) \\ &= \Delta_f H^\circ(\mathrm{CO}_{2(\mathrm{g})}) + 2\left(\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{l})}) + \Delta_v H(\mathrm{H}_2\mathrm{O})\right) - \Delta_f H^\circ(\mathrm{CH}_{4(\mathrm{g})}) \end{aligned}

Application numérique :

\begin{aligned} \Delta_r H^\circ &= -393 + 2 \times (-285 + 40{,}7) - (-75) \\ &= -393 - 488{,}6 + 75 = -806{,}6\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

À pression constante et en supposant un rendement de combustion de 100\,\%, l'énergie thermique libérée par mole de méthane consommé est q_p = |\Delta_r H^\circ|. L'énergie totale consommée par la résidence en 2021 vaut :

E = 1900\text{ MW}\cdot\text{h} = 1900 \times 10^6 \times 3{,}6 \times 10^3\text{ J} = 6{,}84 \times 10^{12}\text{ J}

La stœchiométrie indique qu'une mole de \mathrm{CH}_4 brûlée produit une mole de \mathrm{CO}_2. La quantité de matière de dioxyde de carbone rejetée est donc :

n_{\mathrm{CO}_2} = n_{\mathrm{CH}_4} = \frac{E}{|\Delta_r H^\circ|}

La masse de dioxyde de carbone rejetée s'exprime alors par :

m_{\mathrm{CO}_2} = n_{\mathrm{CO}_2} \cdot M_{\mathrm{CO}_2} = \frac{E}{|\Delta_r H^\circ|} M_{\mathrm{CO}_2}

Application numérique :

m_{\mathrm{CO}_2} = \frac{6{,}84 \times 10^{12}\text{ J}}{806{,}6 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}} \times 44{,}0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} \approx 3{,}73 \times 10^5\text{ kg}
\boxed{m_{\mathrm{CO}_2} \approx 3{,}7 \times 10^5\text{ kg} = 370\text{ tonnes}}

Résultat

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II.B · Action à court terme : équilibrage du réseau de chauffage

Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique ; Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : bilan thermique, résistance thermique linéique, écoulement stationnaire

En régime stationnaire, montrer que, en négligeant la diffusion thermique interne à l'eau, le champ de température dans l'eau vérifie :

avec où est la capacité thermique massique de l'eau liquide.

Voir l'indice

Réaliser un bilan d'énergie en régime stationnaire sur une tranche d'eau entre x et x+\mathrm{d}x en confrontant la variation d'enthalpie convective du fluide aux pertes thermiques radiales vers l'extérieur.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé constitué du fluide contenu dans la tranche élémentaire [x, x + \mathrm{d}x] à l'instant t, ainsi que de la masse entrante pendant \mathrm{d}t.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique entre les instants t et t + \mathrm{d}t en régime stationnaire.
  3. Exprimer le transfert thermique latéral à travers la canalisation à l'aide de la conductance thermique linéique g = 1/r.
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie sur une tranche de fluide en écoulement stationnaire échangeant de la chaleur à travers une résistance thermique linéique.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué :

  • de la masse de fluide présente dans le tronçon [x, x+\mathrm{d}x] à l'instant t ;
  • de la masse \mathrm{d}m = Q_m\,\mathrm{d}t s'apprêtant à entrer en x à la température T(x) pendant l'intervalle \mathrm{d}t.

À l'instant t + \mathrm{d}t, cette même masse se retrouve dans le tronçon [x, x+\mathrm{d}x], tandis qu'une masse \mathrm{d}m identique en est sortie en x+\mathrm{d}x à la température T(x+\mathrm{d}x).

En régime stationnaire, l'enthalpie du fluide contenu dans le volume de contrôle fixe [x, x+\mathrm{d}x] est constante au cours du temps : H_{t+\mathrm{d}t}[x, x+\mathrm{d}x] = H_t[x, x+\mathrm{d}x]. La variation d'enthalpie du système fermé s'écrit donc :

\mathrm{d}H = \mathrm{d}m\,h(x+\mathrm{d}x) - \mathrm{d}m\,h(x) = Q_m c \left[ T(x+\mathrm{d}x) - T(x) \right] \mathrm{d}t = Q_m c \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t

où c est la capacité thermique massique de l'eau liquide (incompressible et indilatable).

La diffusion axiale étant négligée et aucun travail mécanique utile n'étant fourni, le premier principe pour ce système fermé s'écrit :

\mathrm{d}H = \delta Q

Le transfert thermique \delta Q reçu par la tranche de longueur \mathrm{d}x depuis l'atmosphère extérieure à température T_e à travers la paroi latérale s'exprime, par définition de la conductance linéique g = 1/r, par :

\delta Q = g\,\mathrm{d}x\,(T_e - T(x))\,\mathrm{d}t = \frac{T_e - T(x)}{r}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t

L'égalité des deux expressions conduit à :

Q_m c \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t = \frac{T_e - T(x)}{r}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t

En simplifiant par \mathrm{d}x\,\mathrm{d}t et en réorganisant les termes :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} + \frac{T(x)}{Q_m c r} = \frac{T_e}{Q_m c r}

En posant \xi = Q_m c r, on obtient bien l'équation différentielle demandée :

\boxed{\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} + \frac{T}{\xi} = \frac{T_e}{\xi}}

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équation différentielle d'ordre 1

En déduire l'expression de en fonction de . On notera la température en .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants obtenue en imposant la condition initiale T(0) = T_0.

Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec la condition aux limites T(0) = T_0.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle établie à la question Q27 s'écrit :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} + \frac{T}{\xi} = \frac{T_e}{\xi}

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants avec un second membre constant.

La solution générale est la somme d'une solution particulière constante T_p(x) = T_e et de la solution générale de l'équation homogène associée :

T(x) = T_e + C\,\mathrm{e}^{-x/\xi}

où C est une constante d'intégration déterminée par la condition aux limites en entrée du réseau :

T(0) = T_0 \implies C = T_0 - T_e

On en déduit l'expression du profil de température de l'eau le long du réseau :

\boxed{T(x) = T_e + (T_0 - T_e)\,\mathrm{e}^{-x/\xi}}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : pont diviseur de température, résistance thermique

En négligeant les échanges thermiques entre les logements, déterminer l'expression du champ de température en fonction de , , et .

Voir l'indice

Écrire la continuité du flux thermique linéique sortant en régime permanent depuis l'eau vers le logement à travers r_1, puis du logement vers l'extérieur à travers r_2 (pont diviseur thermique).

Voir la stratégie

Pour déterminer la température T_i(x) de l'air des logements à l'abscisse x, on effectue un bilan thermique en régime stationnaire sur une tranche élémentaire de logement comprise entre x et x + \mathrm{d}x. En l'absence de transferts conductifs axiaux entre logements voisins, le flux thermique reçu de la canalisation compense exactement le flux thermique perdu vers l'extérieur.

Voir la réponse courte

Continuité du flux thermique entre eau, radiateur, intérieur et extérieur pour exprimer T_i par un pont diviseur.

Voir le corrigé complet

Considérons le système constitué par l'air et les parois intérieures des logements situés entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x. En régime stationnaire, l'énergie interne de ce système est constante.

Les transferts thermiques s'effectuent uniquement selon la direction radiale (les échanges longitudinaux entre logements adjacents étant négligés) :

  • un flux thermique élémentaire reçu depuis l'eau de la canalisation à travers la résistance thermique linéique r_1 :

    \delta\Phi_{\mathrm{recu}} = \frac{T(x) - T_i(x)}{r_1}\,\mathrm{d}x
  • un flux thermique élémentaire cédé à l'atmosphère extérieure à travers la résistance thermique linéique r_2 :

    \delta\Phi_{\mathrm{perdu}} = \frac{T_i(x) - T_e}{r_2}\,\mathrm{d}x

Le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système en régime stationnaire impose :

\delta\Phi_{\mathrm{recu}} = \delta\Phi_{\mathrm{perdu}} \iff \frac{T(x) - T_i(x)}{r_1} = \frac{T_i(x) - T_e}{r_2}

En regroupant les termes en T_i(x), on obtient :

T_i(x)\left(\frac{1}{r_1} + \frac{1}{r_2}\right) = \frac{T(x)}{r_1} + \frac{T_e}{r_2}

ce qui conduit immédiatement à :

\boxed{T_i(x) = \frac{r_2\,T(x) + r_1\,T_e}{r_1 + r_2}}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique, dimensionnement thermique

À quelle température doit-on chauffer l'eau en entrée du réseau de chauffage pour que la température de chaque logement soit au moins égale à ?

Voir l'indice

Exprimer la température dans le logement le plus défavorisé situé en fin de boucle (x=L) et imposer T_i(L) = T_{\min} = 19^\circ\text{C} pour isoler la température de consigne amont T_0.

Voir la stratégie
  1. Identifier la position la plus défavorisée thermiquement le long du réseau : le champ de température T(x) de l'eau décroît le long de la canalisation, ce qui entraîne une décroissance monotone de la température intérieure T_i(x) des logements.
  2. Exprimer la condition limite T_i(L) = T_{\min} en exploitant les expressions établies aux questions Q28 et Q29.
  3. Isoler T_0, expliciter la constante \xi, et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

La température intérieure la plus basse correspond au bout de ligne : on impose T_i(L) = T_{\min} pour déterminer T_0.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q28 et Q29, le profil de température de l'eau et celui des logements s'écrivent :

\begin{aligned} T(x) &= T_e + (T_0 - T_e)\,\mathrm{e}^{-x/\xi} \\ T_i(x) &= \frac{r_2\,T(x) + r_1\,T_e}{r_1 + r_2} = T_e + \frac{r_2}{r_1 + r_2}(T(x) - T_e) \end{aligned}

où la résistance thermique linéique équivalente vaut r = r_1 + r_2, soit :

\xi = Q_m\,c\,(r_1 + r_2)

En injectant l'expression de T(x), la température au sein des logements en fonction de l'abscisse x est :

T_i(x) = T_e + \frac{r_2}{r_1 + r_2}(T_0 - T_e)\,\mathrm{e}^{-x/\xi}

Puisque T_0 > T_e et \xi > 0, la fonction x \mapsto T_i(x) est strictement décroissante sur [0, L]. La température minimale dans la résidence est donc atteinte pour le logement situé à l'extrémité du réseau (x = L) :

\min_{x\in[0, L]} T_i(x) = T_i(L)

Pour que chaque logement ait une température au moins égale à T_{\min} = 19\,^\circ\text{C}, il suffit que T_i(L) \geqslant T_{\min}. À la limite d'égalité, on obtient la température de consigne minimale T_0 :

T_{\min} = T_e + \frac{r_2}{r_1 + r_2}(T_0 - T_e)\,\mathrm{e}^{-L/\xi}

ce qui donne en isolant T_0 :

\boxed{ T_0 = T_e + (T_{\min} - T_e)\left(1 + \frac{r_1}{r_2}\right)\exp\left(\frac{L}{Q_m\,c\,(r_1 + r_2)}\right) }

Application numérique :

  • r_1 + r_2 = 1{,}05 + 0{,}32 = 1{,}37\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}\cdot\text{m} ;
  • 1 + \dfrac{r_1}{r_2} = \dfrac{1{,}37}{0{,}32} \approx 4{,}281 ;
  • \xi = 1{,}0 \times 4{,}18 \times 10^3 \times 1{,}37 \approx 5{,}727 \times 10^3\text{ m} = 5{,}73\text{ km} ;
  • \dfrac{L}{\xi} = \dfrac{2{,}0 \times 10^3}{5{,}727 \times 10^3} \approx 0{,}3492 \implies \exp\left(\dfrac{L}{\xi}\right) \approx 1{,}418 ;
  • T_{\min} - T_e = 19 - 7 = 12\,^\circ\text{C}.

On en déduit l'élévation de température requise :

\begin{aligned} T_0 - T_e &\approx 12 \times 4{,}281 \times 1{,}418 \approx 72{,}8\,^\circ\text{C} \\ T_0 &\approx 7 + 72{,}8 \approx 79{,}8\,^\circ\text{C} \approx 80\,^\circ\text{C} \end{aligned}
\boxed{ T_0 \approx 80\,^\circ\text{C} }

Résultat

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : flux thermique, rendement énergétique

Quel surcoût énergétique relatif ce modèle prédit-il par rapport à un mode de chauffage qui conduirait à une situation parfaitement équilibrée où tous les appartements sont à la température ?

Voir l'indice

Intégrer le profil de température intérieure le long du réseau pour obtenir la puissance totale dissipée dans le cas réel, et la comparer à la puissance minimale requise si tous les appartements étaient exactement à T_{\min}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance thermique totale dissipée vers l'extérieur dans le cas idéal d'un réseau équilibré où T_i(x) = T_{\min} pour tout x.
  2. Exprimer la puissance thermique dissipée dans le cas non équilibré en intégrant les déperditions locales proportionnelles à T_i(x) - T_e le long du réseau.
  3. En déduire le rapport des puissances, puis le surcoût énergétique relatif \delta = \frac{P - P_{\text{eq}}}{P_{\text{eq}}} avant d'effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Intégration du flux perdu par surchauffe des premiers logements par rapport à la consigne uniforme T_{\min}.

Voir le corrigé complet

La puissance thermique perdue vers l'extérieur par un tronçon de logement de longueur \mathrm{d}x est donnée par :

\mathrm{d}P = \frac{T_i(x) - T_e}{r_2}\,\mathrm{d}x

1. Cas d'un réseau parfaitement équilibré Tous les logements sont maintenus à la température de consigne T_{\min} = 19\,^\circ\text{C}. La puissance de chauffage nécessaire correspond exactement aux déperditions :

P_{\text{eq}} = \int_0^L \frac{T_{\min} - T_e}{r_2}\,\mathrm{d}x = \frac{T_{\min} - T_e}{r_2}\,L

2. Cas du réseau non équilibré D'après les questions Q28 et Q29, le profil de température au sein des logements s'écrit :

T_i(x) - T_e = \frac{r_2}{r}\,(T(x) - T_e) = \frac{r_2}{r}\,(T_0 - T_e)\,\mathrm{e}^{-x/\xi}

La condition d'obtention de T_{\min} en bout de chaîne (x = L) impose :

T_i(L) - T_e = \frac{r_2}{r}\,(T_0 - T_e)\,\mathrm{e}^{-L/\xi} = T_{\min} - T_e

On en déduit l'expression du profil de température intérieur :

T_i(x) - T_e = (T_{\min} - T_e)\,\mathrm{e}^{(L-x)/\xi}

La puissance totale dissipée (et donc fournie par la chaudière à l'eau) vaut alors :

\begin{aligned} P &= \int_0^L \frac{T_i(x) - T_e}{r_2}\,\mathrm{d}x \\ &= \frac{T_{\min} - T_e}{r_2} \int_0^L \mathrm{e}^{(L-x)/\xi}\,\mathrm{d}x \\ &= \frac{T_{\min} - T_e}{r_2}\,\xi\left(\mathrm{e}^{L/\xi} - 1\right) \end{aligned}

3. Surcoût énergétique relatif Le surcoût relatif \delta = \frac{P - P_{\text{eq}}}{P_{\text{eq}}} s'exprime simplement par :

\delta = \frac{P}{P_{\text{eq}}} - 1 = \frac{\xi}{L}\left(\mathrm{e}^{L/\xi} - 1\right) - 1

Avec \xi = Q_m c (r_1 + r_2) = 1{,}0 \times 4180 \times (1{,}05 + 0{,}32) \approx 5{,}73 \times 10^3\text{ m} et L = 2{,}0 \times 10^3\text{ m} :

\frac{L}{\xi} = \frac{2{,}0 \times 10^3}{5{,}73 \times 10^3} \approx 0{,}349
\delta = \frac{1}{0{,}349}\left(\mathrm{e}^{0{,}349} - 1\right) - 1 \approx \frac{0{,}418}{0{,}349} - 1 \approx 0{,}197
\boxed{\delta \approx 20\,\%}

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : bilan enthalpique, mélange de fluides

Exprimer la température de l'eau juste après le point de jonction en fonction de , , notamment.

Voir l'indice

Écrire la conservation du débit enthalpique au point de jonction J entre le flux principal amont refroidi et le flux dérivé parfaitement calorifugé.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le débit massique Q_{m,1} circulant dans le circuit principal entre x = 0 et la jonction x_J, puis en déduire la température de l'eau T(x_J^-) juste avant le point J.
  2. Établir le bilan d'enthalpie au point de mélange J entre le flux principal et le flux issu de la dérivation calorifugée pour obtenir la température T(x_J^+).
Voir la réponse courte

Bilan d'enthalpie stationnaire au point de mélange J pour obtenir la température résultante comme moyenne pondérée par les débits.

Voir le corrigé complet

La conservation du débit massique au point de séparation en x = 0 s'écrit :

Q_{m,1} = Q_m - Q_{m,2}

Sur le tronçon x \in [0, x_J], l'eau s'écoule avec ce débit massique Q_{m,1}. D'après l'équation différentielle établie à la question Q27, la longueur caractéristique associée est :

\xi_1 = Q_{m,1} c r = (Q_m - Q_{m,2}) c r

avec r = r_1 + r_2. La température de l'eau juste en amont de la jonction J (en x = x_J^-) vaut ainsi, d'après la question Q28 :

T(x_J^-) = T_e + (T_0 - T_e)\,\exp\left(-\frac{x_J}{(Q_m - Q_{m,2}) c r}\right)

La dérivation étant calorifugée, l'eau y circule sans échange thermique avec l'extérieur ; elle atteint donc le point de jonction J à la température d'entrée T_0.

Au point de jonction J, les deux écoulements se mélangent pour reformer un débit total Q_m. En régime stationnaire, en négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle ainsi que les pertes thermiques locales au niveau du raccord, le premier principe pour un système ouvert s'exprime par la conservation du débit d'enthalpie :

Q_m\,h(T(x_J^+)) = Q_{m,1}\,h(T(x_J^-)) + Q_{m,2}\,h(T_0)

Pour un fluide incompressible et indilatable de capacité thermique massique c constante, l'enthalpie massique vérifie \mathrm{d}h = c\,\mathrm{d}T, soit h(T) = c\,(T - T_{\text{ref}}). Le bilan enthalpique se simplifie alors en :

Q_m\,T(x_J^+) = (Q_m - Q_{m,2})\,T(x_J^-) + Q_{m,2}\,T_0

soit :

T(x_J^+) = \left(1 - \frac{Q_{m,2}}{Q_m}\right) T(x_J^-) + \frac{Q_{m,2}}{Q_m} T_0

En substituant l'expression de T(x_J^-), on obtient la température de l'eau juste après la jonction :

\boxed{T(x_J^+) = T_e + (T_0 - T_e)\left[\frac{Q_{m,2}}{Q_m} + \left(1 - \frac{Q_{m,2}}{Q_m}\right)\exp\left(-\frac{x_J}{(Q_m - Q_{m,2})\,c\,r}\right)\right]}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : équilibrage thermique, lecture graphique

Parmi les valeurs de testées, laquelle semble la plus intéressante ? Justifier brièvement.

Voir l'indice

Observer sur la figure 14 quelle courbe offre le profil de température le plus homogène tout en maintenant la température de chaque appartement supérieure ou égale à 19^\circ\text{C}.

Voir la stratégie
  1. Vérifier pour chaque courbe de la figure 14 le respect du critère de confort : la température dans chaque logement doit être supérieure ou égale à T_{\min} = 19\,^\circ\text{C} sur l'ensemble du réseau (x \in [0, L]).
  2. Comparer l'abaissement global de température : la valeur la plus intéressante est celle qui minimise la surchauffe moyenne des logements (donc les déperditions thermiques et la facture énergétique) tout en respectant la contrainte de confort.
Voir la réponse courte

Choix du débit assurant le profil de température intérieure le plus homogène possible le long de la conduite.

Voir le corrigé complet

Sur la figure 14, la température minimale de chaque configuration s'observe soit juste avant la jonction (x \to x_J^- avec x_J = 1\,000\text{ m}), soit en fin de réseau (x = L = 2\,000\text{ m}) :

  • Pour Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6, la température atteint son minimum en x = x_J^- avec T_i(x_J^-) \approx 19{,}1\,^\circ\text{C}, et vaut environ 19{,}4\,^\circ\text{C} en x = L. La condition de confort T_i(x) \ge 19\,^\circ\text{C} est donc satisfaite sur tout le réseau.
  • Cette courbe est celle qui se situe le plus bas sur l'ensemble du domaine [0, L] : la surchauffe inutile des logements proches de la chaudière est fortement atténuée (la température moyenne dans la résidence passe d'environ 21{,}6\,^\circ\text{C} pour Q_{m,2} = 0 à environ 21{,}0\,^\circ\text{C} pour Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6). Les déperditions thermiques vers l'extérieur étant proportionnelles à l'écart (T_i - T_e), c'est ce réglage qui procure le gain énergétique maximal.

La valeur qui semble la plus intéressante du point de vue de l'efficacité énergétique est donc :

\boxed{\frac{Q_{m,2}}{Q_m} = 0{,}6}

Remarque : La valeur \dfrac{Q_{m,2}}{Q_m} = 0{,}5 est également un choix défendable : elle assure une séparation équitable des débits (Q_{m,1} = Q_{m,2}), conserve une marge de sécurité plus grande vis-à-vis du seuil des 19\,^\circ\text{C} (T_{\min} \approx 19{,}3\,^\circ\text{C}) et limite le saut thermique ressenti de part et d'autre de la jonction J (\Delta T_J \approx 1{,}8\,^\circ\text{C} contre 2{,}5\,^\circ\text{C} pour le cas 0{,}6).

Résultat

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Question 34

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : bilan thermique, économie d'énergie

Estimer l'économie relative d'énergie réalisée par rapport au réseau non équilibré.

Voir l'indice

Comparer l'écart moyen de surchauffe (\overline{T_i} - T_e) dans le réseau équilibré avec dérivation à celui du réseau non équilibré pour estimer le pourcentage d'énergie économisée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance thermique totale dissipée par la copropriété en fonction de la température intérieure moyenne \overline{T_i} et de la température extérieure T_e.
  2. En déduire l'expression littérale de l'économie relative d'énergie en reliant le gain de puissance à l'abaissement de température moyenne \Delta \overline{T_i}.
  3. Estimer graphiquement à l'aide de la figure 14 la température moyenne du réseau non équilibré et celle du réseau équilibré (pour la valeur optimale retenue à la question précédente, Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6).
Voir la réponse courte

Évaluation de la baisse de la puissance globale injectée grâce à l'abaissement de la température d'entrée permis par l'équilibrage.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, la puissance thermique totale dissipée par l'ensemble des logements vers l'extérieur s'obtient en intégrant les pertes à travers les parois de conductance linéique g_2 = 1/r_2 :

P = \int_0^L \frac{T_i(x) - T_e}{r_2}\,\mathrm{d}x = \frac{L}{r_2}\left(\overline{T_i} - T_e\right)

où \overline{T_i} = \frac{1}{L}\int_0^L T_i(x)\,\mathrm{d}x est la température intérieure moyenne des logements.

L'énergie thermique consommée sur une période donnée étant directement proportionnelle à cette puissance, l'économie relative d'énergie \eta s'écrit :

\eta = \frac{P_{\text{non-éq}} - P_{\text{éq}}}{P_{\text{non-éq}}} = \frac{\overline{T_i}_{\text{non-éq}} - \overline{T_i}_{\text{éq}}}{\overline{T_i}_{\text{non-éq}} - T_e}

Estimons les températures moyennes par la méthode des trapèzes à partir des profils de la figure 14 :

  • Réseau non équilibré (Q_{m,2}/Q_m = 0) :
    En relevant T_i(0) \approx 24{,}0\,^\circ\text{C}, T_i(L/2) \approx 21{,}4\,^\circ\text{C} et T_i(L) \approx 19{,}3\,^\circ\text{C} :

    \overline{T_i}_{\text{non-éq}} \approx \frac{1}{2}\left(\frac{24{,}0 + 21{,}4}{2} + \frac{21{,}4 + 19{,}3}{2}\right) \approx 21{,}5\,^\circ\text{C}

    L'écart moyen à l'extérieur vaut donc :

    \overline{T_i}_{\text{non-éq}} - T_e \approx 21{,}5 - 7{,}0 = 14{,}5\,^\circ\text{C}
  • Réseau équilibré (Q_{m,2}/Q_m = 0{,}6) :
    Sur le premier tronçon amont (x \in [0, L/2]), la température décroît de 24{,}0\,^\circ\text{C} à environ 19{,}1\,^\circ\text{C} :

    \overline{T}_{i,1} \approx \frac{24{,}0 + 19{,}1}{2} \approx 21{,}55\,^\circ\text{C}

    Sur le second tronçon aval (x \in [L/2, L]), après la jonction, la température passe de 21{,}5\,^\circ\text{C} à environ 19{,}3\,^\circ\text{C} :

    \overline{T}_{i,2} \approx \frac{21{,}5 + 19{,}3}{2} \approx 20{,}40\,^\circ\text{C}

    La température moyenne globale est alors :

    \overline{T_i}_{\text{éq}} = \frac{\overline{T}_{i,1} + \overline{T}_{i,2}}{2} \approx 21{,}0\,^\circ\text{C}

L'abaissement moyen de la température intérieure est donc :

\Delta \overline{T_i} = \overline{T_i}_{\text{non-éq}} - \overline{T_i}_{\text{éq}} \approx 21{,}5 - 21{,}0 = 0{,}5\,^\circ\text{C} \quad (\text{soit entre } 0{,}4\text{ et } 0{,}6\,^\circ\text{C})

On en déduit l'économie relative d'énergie :

\eta \approx \frac{0{,}5}{14{,}5} \approx 3{,}5\,\%

Compte tenu de la précision des lectures graphiques (une valeur comprise entre 3\,\% et 5\,\% est recevable) :

\boxed{\eta \approx 4\,\%}

Résultat

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II.C.1 · Isolation thermique par l'extérieur

Question 35

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique surfacique, isolation thermique

Exprimer l'épaisseur d'isolant à appliquer sur les murs pour réduire d'une fraction les déperditions énergétiques de l'ensemble de la résidence, toutes choses égales par ailleurs. En déduire le nombre de couches de plaques de laine de roche qu'il faut appliquer sur les murs de la résidence pour réduire ses déperditions énergétiques de . Est-il intéressant d'ajouter une couche supplémentaire de laine de roche à l'isolation précédente ?

Voir l'indice

Ajouter la résistance thermique de l'isolant e_{\mathrm{iso}}/\lambda en série avec la résistance initiale des murs, et ajuster l'épaisseur globale pour obtenir la baisse relative de conductance souhaitée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conductance thermique globale initiale G_{\text{tot}} de la résidence à partir des données du tableau 1, puis relier la réduction relative recherchée \mu à la nouvelle conductance des murs G'_{\text{murs}}.
  2. Traduire l'ajout de l'isolant par l'association en série des résistances thermiques surfaciques du mur nu et de la laine de roche pour en déduire l'épaisseur e_{\text{iso}} nécessaire.
  3. Comparer cette épaisseur à celle d'un panneau (e_0 = 12\text{ cm}) pour déterminer le nombre de couches, puis évaluer la pertinence d'une couche additionnelle en termes de rendements décroissants, de coût et de répartition des déperditions résiduelles.
Voir la réponse courte

Ajout de la résistance d'isolant e/\lambda pour atteindre la réduction visée, puis discussion des rendements décroissants.

Voir le corrigé complet

1. Expression littérale de l'épaisseur d'isolant

La puissance thermique dissipée s'écrit P_c = G_{\text{tot}}\,(T_i - T_e), où la conductance thermique globale initiale de la résidence vaut la somme des conductances des différents éléments :

G_{\text{tot}} = G_{\text{murs}} + G_{\text{autres}} \quad \text{avec} \quad G_{\text{murs}} = U_{\text{murs}}\,S_{\text{murs}}

D'après les données du tableau 1 :

\begin{aligned} G_{\text{murs}} &= 3{,}16 \times 5650 = 17\,854\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ G_{\text{autres}} &= 0{,}67 \times 3514 + 2{,}32 \times 2496 + 1{,}17 \times 3514 + 0{,}47 \times 8249 = 16\,134\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ G_{\text{tot}} &= 17\,854 + 16\,134 = 33\,988\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}

Toutes choses égales par ailleurs (T_i - T_e = \text{cte}), réduire les déperditions d'une fraction \mu impose que la nouvelle conductance totale vaille G'_{\text{tot}} = (1 - \mu)\,G_{\text{tot}}, soit :

G_{\text{murs}} - G'_{\text{murs}} = \mu\,G_{\text{tot}} \iff G'_{\text{murs}} = G_{\text{murs}} - \mu\,G_{\text{tot}}

L'isolation thermique par l'extérieur ajoute une résistance thermique surfacique de conduction R_{\text{iso}} = \frac{e_{\text{iso}}}{\lambda} en série avec la résistance surfacique initiale du mur nu R_{\text{murs}} = \frac{1}{U_{\text{murs}}}. La nouvelle résistance surfacique s'écrit donc :

R'_{\text{surf}} = \frac{1}{U'_{\text{murs}}} = \frac{1}{U_{\text{murs}}} + \frac{e_{\text{iso}}}{\lambda} = \frac{S_{\text{murs}}}{G'_{\text{murs}}}

En remplaçant G'_{\text{murs}} par son expression, on en déduit :

\frac{e_{\text{iso}}}{\lambda} = \frac{S_{\text{murs}}}{G_{\text{murs}} - \mu\,G_{\text{tot}}} - \frac{S_{\text{murs}}}{G_{\text{murs}}} = \frac{\mu\,G_{\text{tot}}\,S_{\text{murs}}}{G_{\text{murs}}\,(G_{\text{murs}} - \mu\,G_{\text{tot}})}

Comme G_{\text{murs}} = U_{\text{murs}}\,S_{\text{murs}}, il vient :

\boxed{e_{\text{iso}} = \frac{\lambda}{U_{\text{murs}}}\,\frac{\mu\,G_{\text{tot}}}{G_{\text{murs}} - \mu\,G_{\text{tot}}}}

2. Application numérique et nombre de couches

Pour \mu = 0{,}45 et \lambda = 0{,}037\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-1} :

\begin{aligned} \mu\,G_{\text{tot}} &= 0{,}45 \times 33\,988 = 15\,295\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ G_{\text{murs}} - \mu\,G_{\text{tot}} &= 17\,854 - 15\,295 = 2\,559\text{ W}\cdot\text{K}^{-1} \\ e_{\text{iso}} &= \frac{0{,}037}{3{,}16} \times \frac{15\,295}{2\,559} \approx 0{,}070\text{ m} = 7{,}0\text{ cm} \end{aligned}

Chaque panneau de laine de roche ayant une épaisseur normalisée e_0 = 12\text{ cm} > 7{,}0\text{ cm}, il suffit d'installer :

\boxed{n = 1\text{ couche}}

Avec cette unique couche de 12\text{ cm}, la nouvelle conductance des murs devient :

G'_{\text{murs}} = \frac{S_{\text{murs}}}{\frac{1}{U_{\text{murs}}} + \frac{e_0}{\lambda}} = \frac{5650}{\frac{1}{3{,}16} + \frac{0{,}12}{0{,}037}} = \frac{5650}{0{,}316 + 3{,}243} \approx 1\,587\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}

La réduction relative réelle des déperditions atteint alors :

\mu_{\text{réel}} = \frac{G_{\text{murs}} - G'_{\text{murs}}}{G_{\text{tot}}} = \frac{17\,854 - 1\,587}{33\,988} \approx 47{,}9\,\% > 45\,\%

3. Intérêt d'une couche supplémentaire

Si l'on ajoute une seconde couche de laine de roche (e = 24\text{ cm}), la conductance des murs devient :

G''_{\text{murs}} = \frac{5650}{0{,}316 + 2 \times 3{,}243} \approx 831\text{ W}\cdot\text{K}^{-1}

Le gain supplémentaire sur les déperditions totales n'est que de :

\Delta \mu_2 = \frac{G'_{\text{murs}} - G''_{\text{murs}}}{G_{\text{tot}}} = \frac{1587 - 831}{33\,988} \approx 2{,}2\,\%

L'ajout d'une couche supplémentaire n'est pas intéressant, pour trois raisons majeures :

  • Rendements fortement décroissants : la première couche permet d'économiser 47{,}9\,\% de la facture globale, contre seulement 2{,}2\,\% pour la deuxième.
  • Coût prohibitif : une couche supplémentaire représente un investissement de 250\text{ €}\cdot\text{m}^{-2} \times 5650\text{ m}^2 \approx 1{,}4\text{ M€}, difficilement amortissable au vu du faible gain marginal d'énergie.
  • Déperditions résiduelles situées ailleurs : après la première couche, les murs ne représentent plus que 1587 / (1587 + 16134) \approx 9\,\% des pertes de chaleur. Il est bien plus pertinent d'investir ces fonds dans l'isolation de la toiture ou le remplacement des ouvrants (fenêtres).

Résultat

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II.C.2 · Remplacement de la chaudière par une pompe à chaleur

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : pompe à chaleur, efficacité de carnot, coefficient de performance

Évaluer le coefficient de performance de la pompe à chaleur en supposant qu'elle fonctionne de façon réversible, au sens de la thermodynamique, pour les conditions de température représentatives de la copropriété étudiée (source chaude à , source froide à ). Comparer la valeur obtenue aux valeurs du fournies dans la documentation de la pompe à chaleur considérée.

Voir l'indice

Appliquer la formule du COP théorique de Carnot pour une machine ditherme réversible \mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} = \frac{T_C}{T_C - T_F} (en kelvins) et comparer aux données du constructeur.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression thermodynamique du coefficient de performance théorique maximal (COP de Carnot) d'une pompe à chaleur fonctionnant de manière réversible entre deux sources de chaleur monothermes.
  2. Réaliser l'application numérique avec les températures absolues T_C (source chaude) et T_F (source froide).
  3. Relever sur la documentation technique (figure D) la valeur du COP pour ce régime de fonctionnement, calculer le rendement exergétique et analyser les causes de l'écart.
Voir la réponse courte

Calcul du \mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} = T_c/(T_c - T_f) de Carnot et comparaison avec les performances réelles dégradées.

Voir le corrigé complet

Pour un cycle ditherme décrit par le fluide frigorigène, les premier et second principes s'écrivent :

\begin{aligned} W + Q_C + Q_F &= 0 \\ \Delta S_{\mathrm{cycle}} = \frac{Q_C}{T_C} + \frac{Q_F}{T_F} + S_{\mathrm{cr}} &= 0 \end{aligned}

Dans le cas d'un fonctionnement réversible (S_{\mathrm{cr}} = 0), on en déduit :

Q_F = -\frac{T_F}{T_C}\,Q_C \implies W = -Q_C\left(1 - \frac{T_F}{T_C}\right) = -Q_C\,\frac{T_C - T_F}{T_C}

L'efficacité thermodynamique (ou coefficient de performance) d'une pompe à chaleur est définie par le rapport entre la chaleur utile cédée à la source chaude (-Q_C > 0) et le travail électrique reçu (W > 0) :

\mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} = \frac{-Q_C}{W} = \frac{T_C}{T_C - T_F}

Avec T_C = 70 + 273{,}15 = 343{,}15\text{ K} et T_F = 7 + 273{,}15 = 280{,}15\text{ K}, on a \Delta T = T_C - T_F = 63\text{ K} :

\mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} = \frac{343{,}15}{63} \approx 5{,}45
\boxed{\mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} \approx 5{,}45}

D'après la documentation technique de la machine (figure D du document réponse), pour une température d'eau en sortie de 70\,^\circ\text{C} et une température extérieure de +7\,^\circ\text{C}, les valeurs constructeur sont :

  • En mode « priorité COP » : \mathrm{COP} = 1{,}76 ;
  • En mode « priorité puissance » : \mathrm{COP} = 1{,}80.

Résultat

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Question 37

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : diagramme enthalpique, cycle frigorifique, compresseur

Tracer le cycle thermodynamique sur le diagramme du fluide R407C (figure C du document réponse).

Voir l'indice

Positionner les quatre points d'état sur le diagramme (p,h) du R407C en reliant les isobares à 6\text{ bar} et haute pression par une isentropique (1-2) et une isenthalpique (3-4).

Voir la stratégie

Pour positionner avec précision les quatre points du cycle sur le diagramme (p, h) :

  1. Placer l'état 1 à l'intersection de l'isobare p_1 = 6\text{ bar} et de l'isotherme T_1 = 10\,^\circ\text{C} dans le domaine de vapeur surchauffée.
  2. Suivre l'isentrope (s = \text{cste}) partant de 1 jusqu'à l'intersection avec l'isotherme T_2 = 90\,^\circ\text{C} pour déterminer l'état 2 et la haute pression p_2.
  3. Suivre l'isobare horizontale p = p_2 vers la gauche (désurchauffe puis condensation totale) jusqu'à la courbe d'ébullition (x = 0) pour situer l'état 3.
  4. Réaliser la détente isenthalpique par un segment vertical descendant (h = \text{cste}) de p_2 jusqu'à p_4 = 6\text{ bar} pour placer l'état 4.
Voir la réponse courte

Tracé sur le diagramme (p, h) des étapes d'évaporation, compression, condensation et détente isenthalpique.

Voir le corrigé complet

Détaillons la construction et les coordonnées de chaque point caractéristique sur le diagramme (p, h) de la figure C :

  • État 1 : Le fluide est sous forme de vapeur surchauffée à p_1 = 6{,}0\text{ bar} et T_1 = 10\,^\circ\text{C}. Sur le diagramme, on se place sur la ligne horizontale p = 6{,}0\text{ bar} et on repère l'isotherme 10\,^\circ\text{C} (située à droite de la courbe de rosée x = 1). On lit :

    h_1 \approx 420\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \quad \text{et} \quad s_1 \approx 1{,}80\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • Transformation 1 \to 2 (compression isentropique) : Le fluide suit la courbe d'entropie constante s = s_1 \approx 1{,}80\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} en montant vers la droite jusqu'à croiser l'isotherme T_2 = 90\,^\circ\text{C}. À cette intersection, on relève :

    p_2 \approx 30\text{ bar} \quad \text{et} \quad h_2 \approx 452\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • Transformation 2 \to 3 (refroidissement et liquéfaction isobares) : La transformation est isobare à la pression p_2 \approx 30\text{ bar}. Le fluide se refroidit d'abord à l'état de vapeur jusqu'à la température de rosée (désurchauffe), puis se condense totalement à travers la zone diphasique jusqu'à la courbe d'ébullition (titre en vapeur x_3 = 0). Le point 3 se situe sur la courbe d'ébullition à p_3 = 30\text{ bar}. On y lit :

    p_3 \approx 30\text{ bar} \quad \text{et} \quad h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.
  • Transformation 3 \to 4 (détente isenthalpique) : La détente dans le détendeur est modélisée par une transformation adiabatique sans travail utile, donc isenthalpique : h_4 = h_3. Elle est représentée par un segment de droite vertical descendant jusqu'à la basse pression p_4 = p_1 = 6{,}0\text{ bar} :

    p_4 = 6{,}0\text{ bar} \quad \text{et} \quad h_4 = h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}.

    L'état 4 se situe dans le domaine diphasique liquide-vapeur (x_4 \approx 0{,}3).

  • Transformation 4 \to 1 (vaporisation et surchauffe isobares) : Le fluide s'évapore totalement dans l'évaporateur puis est surchauffé jusqu'à 10\,^\circ\text{C} à la pression constante p = 6{,}0\text{ bar} au contact de la source froide. Cette évolution est représentée par un segment horizontal joignant le point 4 au point 1.

Le cycle thermodynamique décrit par le fluide frigorigène est moteur au sens géométrique mais récepteur d'énergie (cycle frigorifique parcouru dans le sens horaire dans le plan (p, h)).

\boxed{\text{Le cycle 1-2-3-4 est tracé ci-dessus et sur la figure C du document réponse.}}

Résultat

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Question 38

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : coefficient de performance, diagramme enthalpique

Évaluer le . Comparer à la documentation technique et expliquer d'éventuelles différences.

Voir l'indice

Calculer le COP théorique à partir des enthalpies massiques lues sur le cycle \mathrm{COP} = \frac{h_2 - h_3}{h_2 - h_1} et expliciter les causes d'écart avec le COP constructeur (rendement isentropique du compresseur, pertes électromécaniques).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de performance thermodynamique \mathrm{COP} du cycle en fonction des enthalpies massiques du fluide frigorigène aux différents états du cycle déterminés à la question précédente.
  2. Réaliser l'application numérique à partir des lectures graphiques.
  3. Comparer la valeur obtenue aux données de la documentation technique (figure D) et expliciter les sources d'irréversibilités et de pertes expliquant l'écart observé.
Voir la réponse courte

Lecture des enthalpies spécifiques aux sommets du cycle pour calculer \mathrm{COP} = |\Delta h_{\mathrm{cond}}| / w_u.

Voir le corrigé complet

Le fluide frigorigène échange du travail avec le compresseur et de la chaleur avec les deux sources. En régime stationnaire, le premier principe appliqué à une masse unité de fluide traversant chaque organe donne :

  • le travail massique reçu par le fluide au niveau du compresseur (transformation 1–2 adiabatique) :

    w = h_2 - h_1 > 0
  • le transfert thermique massique cédé à la source chaude lors du refroidissement et de la liquéfaction isobares (transformation 2–3) :

    q_C = h_3 - h_2 < 0 \implies |q_C| = h_2 - h_3

Le coefficient de performance thermique s'écrit donc :

\mathrm{COP} = \frac{|q_C|}{w} = \frac{h_2 - h_3}{h_2 - h_1}

D'après les valeurs d'enthalpies massiques relevées sur le diagramme (p, h) à la question Q37 :

  • h_1 \approx 420\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • h_2 \approx 452\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
  • h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}

On obtient :

\begin{aligned} w &\approx 452 - 420 = 32\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \\ |q_C| &\approx 452 - 305 = 147\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

D'où la valeur numérique du coefficient de performance :

\boxed{\mathrm{COP} \approx 4{,}6}

(une lecture conduisant à 4{,}2 \leqslant \mathrm{COP} \leqslant 4{,}8 est tout à fait acceptable compte tenu de l'imprécision graphique).

Comparaison avec la documentation technique : La figure D indique, pour une eau en sortie à 70\,^\circ\text{C} et une température extérieure de +7\,^\circ\text{C} :

\mathrm{COP}_{\text{doc}} = 1{,}80\quad\text{(priorité puissance)}\quad\text{et}\quad\mathrm{COP}_{\text{doc}} = 1{,}76\quad\text{(priorité COP)}

Le COP du cycle modélisé (\approx 4{,}6) est très supérieur au COP réel constructeur (\approx 1{,}8), tout en restant inférieur au maximum théorique de Carnot calculé à la question Q36 (\mathrm{COP}_{\mathrm{rev}} \approx 5{,}45).

Explication des différences : L'écart notable s'explique par les nombreuses irréversibilités et pertes négligées dans la modélisation :

  • Irréversibilités internes au compresseur : la compression réelle n'est pas isentropique (rendement isentropique de compression \eta_{\text{is}} \approx 0{,}65\text{ à } 0{,}75), ce qui accroît significativement le travail électrique consommé. De plus, il existe des pertes mécaniques et électriques dans le moteur du compresseur.
  • Pincements thermiques aux échangeurs : les transferts thermiques nécessitent des écarts finis de température (\Delta T \sim 5\text{ à } 10\,^\circ\text{C}). Le fluide doit donc s'évaporer à une température inférieure à 7\,^\circ\text{C} (vers 0\,^\circ\text{C}) et condenser à une température supérieure à 70\,^\circ\text{C} (vers 75\text{--}80\,^\circ\text{C}), ce qui augmente le rapport des pressions et le travail de compression nécessaire.
  • Pertes de charge : les écoulements dans les échangeurs et tubulures ne sont pas parfaitement isobares.
  • Consommation des auxiliaires : la documentation intègre la puissance électrique absorbée par les ventilateurs de l'unité extérieure, les pompes de circulation et l'électronique de régulation.

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : premier principe industriel, débit massique

Évaluer le débit de masse du fluide frigorigène lorsque la pompe à chaleur fonctionne en mode « priorité puissance ». Commenter.

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Relier la puissance thermique nominale cédée à l'eau au débit massique du fluide via P_{\mathrm{th}} = D_m (h_2 - h_3) et vérifier la cohérence avec les valeurs de débit de la documentation.

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  1. Relever sur la figure D la puissance thermique nominale fournie par la pompe à chaleur en mode « priorité puissance » pour les conditions de l'étude (sortie d'eau à 70\,^\circ\text{C} et température extérieure de +7\,^\circ\text{C}).
  2. Relier cette puissance thermique au débit de masse de fluide frigorigène D_m et au transfert thermique massique cédé à la source chaude au cours du cycle : P_{\text{th}} = D_m (h_2 - h_3).
  3. Réaliser l'application numérique et commenter la valeur obtenue en la confrontant à la charge de fluide indiquée dans la documentation.
Voir la réponse courte

Détermination de D_m = P_c / |\Delta h_{\mathrm{cond}}| à partir de la puissance thermique délivrée par la pompe à chaleur.

Voir le corrigé complet

D'après la figure D, pour une eau sortant à 70\,^\circ\text{C} et un air extérieur à +7\,^\circ\text{C}, la pompe à chaleur fournit en mode « priorité puissance » une puissance thermique nominale :

P_{\text{th}} = 58{,}70\text{ kW}

Au niveau du condenseur (étape 2 \to 3), le fluide frigorigène cède par unité de masse à la source chaude le transfert thermique :

|q_C| = h_2 - h_3

En régime stationnaire, la puissance thermique totale cédée s'écrit :

P_{\text{th}} = D_m (h_2 - h_3) \implies D_m = \frac{P_{\text{th}}}{h_2 - h_3}

Avec les valeurs d'enthalpie déterminées à la question Q37 (h_2 \approx 452\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} et h_3 \approx 305\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}, soit h_2 - h_3 \approx 147\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}) :

D_m = \frac{58{,}70 \times 10^3}{147 \times 10^3} \approx 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \approx 1{,}4 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{h}^{-1}
\boxed{D_m \approx 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\approx 1{,}4 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{h}^{-1})}

Commentaire :

  • La documentation technique (figure D) indique une charge totale en fluide frigorigène de 2 \times 5{,}5\text{ kg} = 11\text{ kg} (ce qui correspond à deux circuits indépendants de même puissance, chacun assurant la moitié du débit, soit environ 0{,}20\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}).
  • Le temps de renouvellement complet de la charge de fluide dans la machine est de l'ordre de :

    \tau_{\text{cycle}} = \frac{m_{\text{charge}}}{D_m} = \frac{11}{0{,}40} \approx 28\text{ s}

    Le fluide effectue donc environ deux cycles par minute, ce qui est tout à fait typique d'une installation industrielle de pompe à chaleur à haute compacité.

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : dimensionnement énergétique, puissance thermique

Toujours en mode priorité puissance, combien de pompes à chaleur faut-il associer pour satisfaire le besoin en chauffage de la résidence dans son état actuel ?

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Calculer le rapport entre la puissance de chauffage globale requise pour la résidence et la puissance thermique nominale unitaire délivrée par une pompe à chaleur en régime à 70^\circ\text{C}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le besoin en puissance de chauffage de la résidence déterminé à la question Q25 (ou la puissance nominale de la chaudière existante).
  2. Relever sur la figure D la puissance nominale fournie par une pompe à chaleur (PAC) en mode « priorité puissance » pour une température de sortie d'eau à 70\,^\circ\text{C}.
  3. En déduire le nombre minimal entier de pompes à chaleur nécessaires par association en parallèle.
Voir la réponse courte

Quotient de la puissance totale requise par la puissance nominale unitaire d'une pompe à chaleur.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, la puissance thermique nécessaire pour compenser les déperditions de la résidence par température extérieure minimale de référence (T_{e,\text{ref}} = -7\,^\circ\text{C}) est :

P_c \approx 884\text{ kW}

(La chaudière à gaz actuellement installée dispose d'une puissance nominale voisine de P_{\text{chaudière}} = 998\text{ kW}).

D'après le tableau de la figure D (document réponse), une pompe à chaleur en mode « priorité puissance » délivrant de l'eau à 70\,^\circ\text{C} fournit une puissance thermique nominale unitaire :

P_{\text{PAC}} = 58{,}70\text{ kW}

Le nombre minimal N de pompes à chaleur à installer en parallèle pour couvrir le besoin de dimensionnement P_c vaut :

N = \frac{P_c}{P_{\text{PAC}}} = \frac{884}{58{,}70} \approx 15{,}1

Il faut donc associer :

\boxed{N = 16\text{ pompes à chaleur}}

(ou 15 si l'on tolère un très léger sous-dimensionnement lors du pic de froid).

Si l'on choisit plutôt de remplacer intégralement la puissance installée de la chaudière actuelle (998\text{ kW}), il faudrait :

N = \left\lceil \frac{998}{58{,}70} \right\rceil = 17\text{ pompes à chaleur}

Résultat

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Question 41

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques ; Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : bilan économique, émission de gaz à effet de serre, pompe à chaleur

L'utilisation de radiateurs en fonte nécessite une injection d'eau à environ . Est-il intéressant, du point de vue financier et du point de vue de l'émission de gaz à effet de serre, de remplacer la chaudière de la copropriété par un ensemble de pompes à chaleur produisant de l'eau à cette température ? On prendra pour le coût de l'électricité et pour le coût du gaz. Discuter.

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Comparer le coût annuel de consommation énergétique (gaz vs électricité avec prise en compte du COP) et estimer le bénéfice environnemental en tenant compte du contenu carbone du mix électrique français.

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  1. Volet financier : comparer les coûts annuels de fonctionnement (facture énergétique) du chauffage au gaz et de la pompe à chaleur (PAC) pour une consommation thermique annuelle de E = 1900\text{ MW}\cdot\text{h} (question Q26). Déterminer le COP minimal assurant la rentabilité d'exploitation.
  2. Volet environnemental : comparer les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre (GES) associées au gaz naturel et au vecteur électrique en France (mix décarboné).
  3. Discussion et synthèse : analyser la pertinence globale de l'opération en tenant compte de la contrainte des radiateurs en fonte à haute température (70\,^\circ\text{C}), du coût d'investissement (16 machines d'après la question Q40) et de la nécessité d'une rénovation globale (isolation préalable).
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Comparaison des coûts d'exploitation et des bilans carbone entre gaz et électricité compte tenu du COP à haute température.

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1. Analyse financière du fonctionnement annuel

D'après la question Q26, l'énergie annuelle de chauffage consommée par la copropriété est :

E = 1900\text{ MW}\cdot\text{h}
  • Chauffage au gaz naturel : au tarif de c_{\text{gaz}} = 90\text{ €/MWh}, le coût annuel s'élève à :

    C_{\text{gaz}} = E \times c_{\text{gaz}} = 1900 \times 90 = 1{,}71 \times 10^5\text{ €/an} = 171\text{ k€/an}
  • Chauffage par pompes à chaleur à 70\,^\circ\text{C} : D'après le tableau de la figure D, pour une eau produite à 70\,^\circ\text{C} et une température extérieure de +7\,^\circ\text{C}, le coefficient de performance en mode « priorité puissance » vaut :

    \text{COP} = 1{,}80 \quad (\text{ou } 1{,}76 \text{ en priorité COP})

    L'énergie électrique annuelle absorbée par l'ensemble des pompes à chaleur est :

    E_{\text{elec}} = \frac{E}{\text{COP}} = \frac{1900}{1{,}80} \approx 1056\text{ MW}\cdot\text{h}

    Au tarif de c_{\text{elec}} = 200\text{ €/MWh}, la facture annuelle d'électricité s'établit à :

    C_{\text{PAC}} = E_{\text{elec}} \times c_{\text{elec}} = \frac{1900}{1{,}80} \times 200 \approx 2{,}11 \times 10^5\text{ €/an} = 211\text{ k€/an}

Le coût de fonctionnement de la PAC est supérieur à celui de la chaudière à gaz :

\Delta C = C_{\text{PAC}} - C_{\text{gaz}} \approx +40\text{ k€/an} \quad (\text{soit un surcoût d'exploitation de }+23\,\%)

Pour que le coût d'exploitation d'une PAC soit inférieur à celui du gaz, il faudrait que son COP vérifie :

\text{COP} > \frac{c_{\text{elec}}}{c_{\text{gaz}}} = \frac{200}{90} \approx 2{,}22

Ce seuil n'est pas atteint à 70\,^\circ\text{C} (\text{COP} = 1{,}80). De surcroît, le coût d'investissement initial est très lourd (achat, raccordement électrique renforcé et installation de 16 machines de plus de 500 kg d'après la question Q40).

2. Analyse des émissions de gaz à effet de serre

  • Chaudière à gaz : la combustion du méthane génère des émissions directes de :

    m_{\mathrm{CO}_2,\text{gaz}} \approx 370\text{ tonnes de }\mathrm{CO}_2/\text{an} \quad (\text{d'après la question Q26})
  • Pompes à chaleur : les émissions dépendent du contenu carbone de l'électricité consommée. En France, le mix électrique est très décarboné, avec un facteur d'émission moyen pour le chauffage d'environ f_{\text{elec}} \approx 50\text{ à } 70\text{ gCO}_2/\text{kW}\cdot\text{h} = 50\text{ à } 70\text{ tCO}_2/\text{GW}\cdot\text{h}. Avec E_{\text{elec}} \approx 1056\text{ MW}\cdot\text{h}, les émissions indirectes annuelles sont :

    m_{\mathrm{CO}_2,\text{PAC}} \approx 1056 \times 60 \times 10^{-3} \approx 63\text{ tonnes de }\mathrm{CO}_2/\text{an}

    Le gain environnemental est majeur, avec une division par près de 6 des émissions de \mathrm{CO}_2 (réduction de plus de 80\,\%).

  • Impact des fluides frigorigènes : le R407C présente un fort pouvoir de réchauffement global (\text{PRG} = 1774, figure D). La charge totale de 16 pompes à chaleur (16 \times 11\text{ kg} = 176\text{ kg}) représente un potentiel d'environ 312\text{ t équivalent }\mathrm{CO}_2 en cas de fuite totale, ce qui impose une maintenance rigoureuse.

3. Synthèse et discussion

\boxed{\text{Le remplacement n'est pas pertinent dans l'état actuel de la résidence.}}

En effet :

  • À haute température (70\,^\circ\text{C}), le mauvais rendement thermodynamique (\text{COP} = 1{,}80) conduit à un surcoût d'exploitation annuel d'environ 40\text{ k€}, s'ajoutant à un investissement prohibitif.
  • Pour valoriser l'atout écologique incontestable de la PAC sans pénalité financière, il est impératif d'adopter une démarche progressive :

    1. Réaliser d'abord l'isolation thermique par l'extérieur (Q35) et équilibrer le réseau (Q33-Q34).
    2. La baisse drastique des déperditions permettra d'abaisser la température d'eau requise dans les radiateurs à 35\text{--}45\,^\circ\text{C}, régime où le COP de la PAC dépasse 3{,}5 (figure D). La facture d'électricité chutera alors sous celle du gaz, rendant le projet rentable et hautement écologique.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Référentiels non galiléens et forces d'inertie (30 % des questions, partie I), Diffusion thermique (21 %, partie II) et Systèmes ouverts en écoulement (13 %). Plus ponctuellement : Cristallographie, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Électrolyse et accumulateurs, Réflexion, transmission et ondes stationnaires électromagnétiques, Thermodynamique chimique et équilibres…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2023 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 12 questions sur 41 (29 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q1, Q3, Q13, Q14, Q18, Q19, Q21, Q24, Q26, Q28…. Avec les autres programmes de première année : 12 en PCSI, 9 en PTSI, 12 en MP2I et 17 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2023 ?

Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2023 ?

Q1 (lentille mince) et Q41 (bilan économique), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2023 ?

Questions de cours : Q2 (théorème de gauss) et Q13 (méthode d'euler). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q3 (orbite circulaire), Q18 (population d'une maille), Q19 (masse volumique), Q27 (bilan thermique), Q36 (pompe à chaleur) et Q37 (diagramme enthalpique).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (26 sur 41), par exemple : Q2, Q3, Q5, Q7, Q9 à Q19, Q23, Q25, Q26, Q28 à Q30, Q32, Q33, Q36…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4 et Q27.

Quelle a été la moyenne au sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2023 ?

Moyenne : 9,31/20 (écart-type 4,03, 4 441 présents).

Pourquoi la distance focale de la lentille équivalente est-elle négative en Q1 ?

Parce que l'écran atténuateur doit écarter les rayons du faisceau solaire pour réduire la puissance surfacique interceptée par la Terre. Le modèle physique correspond donc à une lentille divergente, ce qui impose \begin{aligned}f' &lt; 0\end{aligned}.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.