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Corrigé détaillé E3A Physique Chimie PSI 2024 (page 2/3 : Parties III et IV)

Escale à Fort Boyard

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Partie III : L'épreuve de la cloche

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : coordonnée polaire, cinématique du point

Exprimer les vecteurs vitesse et accélération du point M dans la base polaire .

Voir l'indice

Projeter la position dans la base polaire en tenant compte du fait que le rayon r = \ell_0 est constant pour dériver deux fois par rapport au temps.

Voir la réponse courte

Expression classique des vecteurs vitesse et accélération en base polaire pour une longueur constante \ell_0.

Voir le corrigé complet

Le point \mathrm{M} est repéré en coordonnées polaires de pôle \mathrm{O} par ses coordonnées (r, \theta) associées à la base orthonormée directe \{\vec{u}_r, \vec{u}_\theta\}. Le fil étant inextensible de longueur \ell_0, on a :

\vec{\mathrm{OM}} = \ell_0 \, \vec{u}_r

avec r = \ell_0 = \text{cte}, soit \dot{r} = 0 et \ddot{r} = 0.

Les vecteurs de la base polaire dérivent selon :

\frac{\mathrm{d}\vec{u}_r}{\mathrm{d}t} = \dot{\theta}\,\vec{u}_\theta \quad \text{et} \quad \frac{\mathrm{d}\vec{u}_\theta}{\mathrm{d}t} = -\dot{\theta}\,\vec{u}_r

On en déduit l'expression du vecteur vitesse du point \mathrm{M} dans le référentiel d'étude :

\vec{v} = \frac{\mathrm{d}\vec{\mathrm{OM}}}{\mathrm{d}t} = \ell_0 \frac{\mathrm{d}\vec{u}_r}{\mathrm{d}t}
\boxed{\vec{v} = \ell_0 \dot{\theta} \, \vec{u}_\theta}

Par dérivation temporelle du vecteur vitesse, on obtient le vecteur accélération :

\begin{aligned} \vec{a} &= \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \ell_0 \ddot{\theta} \, \vec{u}_\theta + \ell_0 \dot{\theta} \frac{\mathrm{d}\vec{u}_\theta}{\mathrm{d}t} \\ &= -\ell_0 \dot{\theta}^2 \, \vec{u}_r + \ell_0 \ddot{\theta} \, \vec{u}_\theta \end{aligned}
\boxed{\vec{a} = -\ell_0 \dot{\theta}^2 \, \vec{u}_r + \ell_0 \ddot{\theta} \, \vec{u}_\theta}

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : énergie potentielle

Expliciter l'énergie potentielle de pesanteur du point M en fonction de et de . On prendra .

Voir l'indice

Exprimer la cote x du point le long de l'axe vertical descendant orienté vers le bas et ajuster la constante d'intégration avec la condition de référence donnée en \theta = \pi/2.

Voir la réponse courte

Intégration de la force de pesanteur avec l'origine imposée en \theta = \pi/2, donnant E_{\mathrm{p}}(\theta) = -mg\ell_0 \cos\theta.

Voir le corrigé complet

Le point matériel \mathrm{M} est soumis à son poids \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{u}_x, force conservative.

Par définition, la variation élémentaire de l'énergie potentielle de pesanteur s'écrit :

\mathrm{d}E_{\mathrm{p}} = -\delta W(\vec{P}) = -\vec{P}\cdot \mathrm{d}\vec{\mathrm{OM}}

Le vecteur position du point \mathrm{M} s'exprime dans la base cartésienne (\vec{u}_x, \vec{u}_y) par :

\vec{\mathrm{OM}} = \ell_0 \cos\theta\,\vec{u}_x + \ell_0 \sin\theta\,\vec{u}_y

d'où :

\mathrm{d}\vec{\mathrm{OM}} = \mathrm{d}x\,\vec{u}_x + \mathrm{d}y\,\vec{u}_y

On en déduit :

\mathrm{d}E_{\mathrm{p}} = -mg\,\mathrm{d}x = -mg\,\mathrm{d}(\ell_0\cos\theta) = mg\ell_0\sin\theta\,\mathrm{d}\theta

En intégrant par rapport à \theta, on obtient :

E_{\mathrm{p}}(\theta) = -mg\ell_0\cos\theta + C

où C est une constante d'intégration fixée par la condition de référence :

E_{\mathrm{p}}\!\left(\frac{\pi}{2}\right) = 0 \iff -mg\ell_0\cos\left(\frac{\pi}{2}\right) + C = 0 \implies C = 0

On obtient finalement :

\boxed{E_{\mathrm{p}}(\theta) = -mg\ell_0\cos\theta}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Faire attention aux signes et se rappeler qu'une énergie potentielle est un scalaire et non un vecteur.

« Beaucoup d’erreurs de signe. On rappelle que l’énergie potentielle n’est pas un vecteur. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : pendule simple, oscillateur harmonique

Établir l'équation différentielle vérifiée par . On posera .

Voir l'indice

Appliquer le théorème du moment cinétique en O ou dériver l'énergie mécanique totale par rapport au temps.

Voir la stratégie

Pour établir l'équation différentielle du mouvement du pendule :

  1. On effectue le bilan des forces appliquées au point matériel dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
  2. On projette le principe fondamental de la dynamique sur la composante orthoradiale \vec{u}_\theta (en utilisant l'accélération obtenue à la question Q16) ou, de manière équivalente, on applique le théorème du moment cinétique en \mathrm{O}.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique ou théorème du moment cinétique conduisant à \ddot{\theta} + \omega_0^2 \sin\theta = 0.

Voir le corrigé complet

Le système étudié est le point matériel \mathrm{M} de masse m, dans le référentiel d'étude terrestre \mathcal{R} supposé galiléen.

Les forces appliquées à \mathrm{M} sont :

  • le poids : \vec{P} = m\vec{g} = mg\cos\theta\,\vec{u}_r - mg\sin\theta\,\vec{u}_\theta ;
  • la tension du fil : \vec{T} = -T\,\vec{u}_r (portée par le fil, sans composante selon \vec{u}_\theta).

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m\vec{a} = \vec{P} + \vec{T}

En projetant sur le vecteur unitaire \vec{u}_\theta et en utilisant l'expression de \vec{a} établie à la question Q16 (a_\theta = \ell_0\ddot{\theta}) :

m\ell_0 \ddot{\theta} = -mg\sin\theta

En divisant par m\ell_0 et en introduisant la pulsation propre \omega_0 = \sqrt{\dfrac{g}{\ell_0}}, on obtient :

\boxed{\ddot{\theta} + \omega_0^2\sin\theta = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir système et référentiel, ne pas omettre la tension du fil et préciser qu'elle ne travaille pas si l'on applique l'énergie mécanique.

« On rappelle qu’il faut définir le système et le référentiel avant d’appliquer une loi ou un théorème de mécanique. »

« Pour le théorème du moment cinétique ou celui de la résultante, ils disent qu’il n’existe que la force du poids (le point est donc en chute libre !). Pour le théorème de l’énergie mécanique, ils disent qu’il n’existe que des forces conservatives au lieu de dire que la tension ne travaille pas. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : petite oscillation, période propre

Dans le cas de petits mouvements, déterminer la loi horaire et calculer littéralement, puis numériquement la période du mouvement.

Voir l'indice

Effectuer le développement limité au premier ordre \sin\theta \approx \theta et identifier l'équation d'un oscillateur harmonique pour en déduire pulsation et période.

Voir la stratégie
  1. Linéariser l'équation différentielle établie à la question Q18 dans l'approximation des petits angles (\sin\theta \approx \theta).
  2. Écrire la solution générale de l'oscillateur harmonique et déterminer les constantes d'intégration à l'aide des conditions initiales : \theta(0) = \theta_0 et \dot{\theta}(0) = 0.
  3. Exprimer littéralement la période T_0 = 2\pi/\omega_0, puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Linéarisation pour \theta \ll 1, expression horaire \theta(t) = \theta_{\mathrm{max}} \cos(\omega_0 t) et calcul de T_0 = 2\pi\sqrt{\ell_0/g}.

Voir le corrigé complet

Dans l'approximation des petits mouvements (\theta \ll 1\text{ rad}), on effectue le développement limité à l'ordre 1 : \sin\theta \approx \theta. L'équation différentielle obtenue à la question Q18 devient :

\ddot{\theta}(t) + \omega_0^2\,\theta(t) = 0

avec \omega_0 = \sqrt{\dfrac{g}{\ell_0}}.

Il s'agit de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique linéaire. La solution générale s'écrit :

\theta(t) = A\cos(\omega_0 t) + B\sin(\omega_0 t)

où A et B sont deux constantes réelles déterminées par les conditions initiales :

  • \theta(0) = A = \theta_0 ;
  • \dot{\theta}(0) = B\omega_0 = 0 \implies B = 0.

La loi horaire du mouvement s'en déduit :

\boxed{\theta(t) = \theta_0 \cos\left(\sqrt{\frac{g}{\ell_0}}\,t\right)}

La période propre des oscillations libres est donnée par :

\boxed{T_0 = \frac{2\pi}{\omega_0} = 2\pi\sqrt{\frac{\ell_0}{g}}}

Application numérique : avec \ell_0 = 7{,}0\text{ m} et g = 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2},

T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{7{,}0}{9{,}8}} \approx 5{,}3\text{ s}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Penser à exploiter les conditions initiales pour déterminer complètement les constantes d'intégration.

« Question généralement bien réussie, mais certains candidats ne calculent pas les constantes d’intégration pour déterminer complètement θ(t). »

Source : rapport du jury E3A 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : théorème du moment cinétique

Montrer que l'équation différentielle du mouvement s'écrit à présent :

Voir l'indice

Reprendre l'expression générale de l'accélération en coordonnées polaires sans considérer \ell constant, puis appliquer le principe fondamental de la dynamique projeté sur \vec{u}_\theta.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le vecteur accélération (ou le moment cinétique) du point M en coordonnées polaires en tenant compte du fait que la longueur \ell(t) dépend désormais du temps.
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique en projection sur la direction orthoradiale \vec{u}_\theta (ou le théorème du moment cinétique par rapport au point fixe O) pour éliminer la tension du fil.
Voir la réponse courte

Application du théorème du moment cinétique en O avec une longueur variable \ell(t) pour obtenir l'équation différentielle paramétrique.

Voir le corrigé complet

Le système étudié est le point matériel M de masse m, dans le référentiel terrestre \mathcal{R} supposé galiléen. Il est soumis à deux forces :

  • son poids \vec{P} = m\vec{g} = mg\cos\theta\,\vec{u}_r - mg\sin\theta\,\vec{u}_\theta ;
  • la tension du fil \vec{T} = -T\,\vec{u}_r, portée par la direction radiale.

La position du point M s'écrit \vec{OM} = \ell(t)\,\vec{u}_r. En dérivant par rapport au temps sachant que \ell(t) varie :

\begin{aligned} \vec{v} &= \frac{\mathrm{d}\vec{OM}}{\mathrm{d}t} = \dot{\ell}\,\vec{u}_r + \ell\dot{\theta}\,\vec{u}_\theta, \\ \vec{a} &= \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \left(\ddot{\ell} - \ell\dot{\theta}^2\right)\vec{u}_r + \left(\ell\ddot{\theta} + 2\dot{\ell}\dot{\theta}\right)\vec{u}_\theta. \end{aligned}

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m\vec{a} = \vec{P} + \vec{T}.

En projetant cette relation vectorielle selon le vecteur unitaire orthoradial \vec{u}_\theta, la tension radiale n'intervient pas :

m\left(\ell\ddot{\theta} + 2\dot{\ell}\dot{\theta}\right) = -mg\sin\theta.

Comme la longueur \ell(t) est strictement positive, on peut diviser les deux membres par m\ell(t), ce qui conduit directement à l'équation différentielle recherchée :

\boxed{\ddot{\theta} + \frac{2\dot{\ell}(t)}{\ell(t)}\dot{\theta} + \frac{g}{\ell(t)}\sin\theta = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Privilégier la deuxième loi de Newton ou le théorème du moment cinétique, l'énergie mécanique n'étant plus conservée car la tension travaille.

« Certains candidats veulent utiliser le théorème de l’énergie mécanique, mais dans cette question, l’énergie mécanique n’est plus conservée puisque le mouvement n’est plus uniquement selon ⃗uθ. La tension du fil a donc un travail non nul. »

« Il était plus simple dans cette question d’utiliser la 2e loi de Newton ou le théorème du moment cinétique. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : théorème de l'énergie mécanique

Que dire de l'énergie mécanique entre les points et ? En adaptant le résultat de la question Q17, montrer que la vitesse au point lors du passage du mobile par la verticale peut s'écrire :

Préciser l'expression de en fonction de , ainsi que la valeur de l'exposant .

Voir l'indice

Justifier que le système est conservatif sur cette portion du mouvement et écrire la conservation de l'énergie mécanique entre l'angle maximal et le passage par la verticale.

Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique sur la descente à longueur constante \ell_1 = \ell_0(1+\alpha), fournissant \beta = 1+\alpha et \gamma = 1/2.

Voir le corrigé complet

Pendant le mouvement entre \mathrm{M}_{n,1} et \mathrm{M}_{n,2}, la longueur du fil est constante et vaut \ell(t) = \ell_0(1+\alpha).

Le système est le mobile de masse m dans le référentiel d'étude terrestre supposé galiléen. Il est soumis à deux forces :

  • son poids \vec{P}, force conservative dérivant de l'énergie potentielle de pesanteur ;
  • la tension du fil \vec{T}, colinéaire à -\vec{u}_r.

La longueur du fil étant constante sur cet intervalle, la trajectoire est circulaire de rayon \ell_0(1+\alpha). Le vecteur vitesse \vec{v} = \ell_0(1+\alpha)\dot{\theta}\vec{u}_\theta est orthogonal à la tension du fil : la puissance développée par la tension est identiquement nulle (\vec{T}\cdot\vec{v} = 0). En l'absence de frottement, les forces non conservatives ne travaillent pas :

\text{L'énergie mécanique se conserve entre } \mathrm{M}_{n,1} \text{ et } \mathrm{M}_{n,2}.

En adaptant le résultat de la question Q17 avec la longueur \ell = \ell_0(1+\alpha), l'énergie potentielle de pesanteur s'écrit :

E_{\mathrm{p}}(\theta) = -mg\ell_0(1+\alpha)\cos\theta

Écrivons l'énergie mécanique aux deux points :

  • Au point initial \mathrm{M}_{n,1}, le mobile est lâché sans vitesse (v_{n,1}=0) à l'angle \theta_n :

    \mathcal{E}_{\mathrm{m}}(\mathrm{M}_{n,1}) = -mg\ell_0(1+\alpha)\cos\theta_n
  • Au point \mathrm{M}_{n,2}, le mobile passe par la verticale (\theta=0) avec la vitesse v_{n,2} :

    \mathcal{E}_{\mathrm{m}}(\mathrm{M}_{n,2}) = \frac{1}{2}mv_{n,2}^2 - mg\ell_0(1+\alpha)

Par conservation de l'énergie mécanique :

\begin{aligned} \frac{1}{2}mv_{n,2}^2 - mg\ell_0(1+\alpha) &= -mg\ell_0(1+\alpha)\cos\theta_n \\ \frac{1}{2}mv_{n,2}^2 &= mg\ell_0(1+\alpha)(1 - \cos\theta_n) \\ v_{n,2} &= \sqrt{2g\ell_0(1+\alpha)}\,(1 - \cos\theta_n)^{1/2} \end{aligned}

Par identification avec l'expression proposée v_{n,2} = \sqrt{2g\ell_0\beta}\,(1 - \cos\theta_n)^\gamma, on obtient :

\boxed{\beta = 1 + \alpha \quad \text{et} \quad \gamma = \frac{1}{2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifier rigoureusement la conservation de l'énergie mécanique, sans la confondre avec une valeur nulle.

« Dire que l’énergie mécanique est nulle ne signifie pas la même chose que dire qu’elle est conservée. Il faut penser à justifier sa réponse. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : moment cinétique

Entre les points et , on admet que le moment résultant exercé sur le mobile est nul : son moment cinétique est donc conservé. En déduire la vitesse au point en fonction de et de .

Voir l'indice

Écrire l'égalité du moment cinétique scalaire en O juste avant et juste après le raccourcissement brutal de la corde à la verticale.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment cinétique du point matériel M par rapport au point fixe O juste avant et juste après la variation de longueur au passage à la verticale (points \mathrm{M}_{n,2} et \mathrm{M}_{n,3}).
  2. Utiliser la conservation du moment cinétique pour relier les vitesses v_{n,3} et v_{n,2}.
  3. Injecter l'expression de v_{n,2} établie à la question Q21.
Voir la réponse courte

Conservation du moment cinétique en O lors du raccourcissement instantané : L_{n,2} = L_{n,3} \implies \ell_1 v_{n,2} = \ell_2 v_{n,3}.

Voir le corrigé complet

Le moment cinétique du point matériel \mathrm{M} calculé au point fixe \mathrm{O} s'écrit de manière générale :

\vec{L}_{\mathrm{O}} = \vec{\mathrm{OM}} \wedge m\vec{v}

Au passage par la verticale (\theta = 0), le vecteur vitesse est orthogonal au fil (selon \vec{u}_\theta) :

  • Au point \mathrm{M}_{n,2}, la longueur du fil vaut \ell_2 = \ell_0(1+\alpha) et la vitesse est v_{n,2}, d'où :

    \vec{L}_{\mathrm{O}}(\mathrm{M}_{n,2}) = m\,\ell_0(1+\alpha)\,v_{n,2}\,\vec{u}_z
  • Au point \mathrm{M}_{n,3}, après le raccourcissement instantané, la longueur vaut \ell_3 = \ell_0(1-\alpha) et la vitesse est v_{n,3}, d'où :

    \vec{L}_{\mathrm{O}}(\mathrm{M}_{n,3}) = m\,\ell_0(1-\alpha)\,v_{n,3}\,\vec{u}_z

Le moment résultant exercé sur le système étant supposé nul durant cette transition, le moment cinétique est conservé :

\begin{aligned} \vec{L}_{\mathrm{O}}(\mathrm{M}_{n,2}) = \vec{L}_{\mathrm{O}}(\mathrm{M}_{n,3}) &\implies m\,\ell_0(1+\alpha)\,v_{n,2} = m\,\ell_0(1-\alpha)\,v_{n,3} \\ &\implies v_{n,3} = \frac{1+\alpha}{1-\alpha} \, v_{n,2} \end{aligned}

En utilisant l'expression de v_{n,2} obtenue à la question Q21 :

v_{n,2} = \sqrt{2g\ell_0(1+\alpha)\,(1-\cos\theta_n)}

on en déduit l'expression de v_{n,3} :

\boxed{v_{n,3} = \frac{1+\alpha}{1-\alpha}\sqrt{2g\ell_0(1+\alpha)\left(1-\cos\theta_n\right)} = \frac{(1+\alpha)^{3/2}}{1-\alpha}\sqrt{2g\ell_0\left(1-\cos\theta_n\right)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La conservation du moment cinétique n'implique pas celle de la vitesse : revoir la définition du moment cinétique.

« Pour plusieurs candidats, si le moment cinétique est conservé, alors la vitesse est conservée […] Il faut donc revoir la définition du moment cinétique. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : théorème de l'énergie mécanique

Déterminer alors la relation entre l'angle de montée et l'angle sous la forme :

Donner la valeur de l'exposant .

Voir l'indice

Appliquer à nouveau la conservation de l'énergie mécanique lors de la phase de remontée entre le point bas raccourci et le point d'arrêt haut.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la conservation de l'énergie mécanique entre le point le plus bas \mathrm{M}_{n,3} (juste après le raccourcissement du fil) et le point culminant de la montée \mathrm{M}_{n,4} où la vitesse s'annule, la longueur du fil restant constante et égale à \ell_2 = \ell_0(1 - \alpha).
  2. Exprimer 1 - \cos\theta_{n+1} en fonction de v_{n,3}^2, puis injecter l'expression de v_{n,3} obtenue à la question Q22 pour identifier la valeur de l'exposant \delta.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique pendant la remontée à longueur \ell_2 = \ell_0(1-\alpha), conduisant à \delta = 3.

Voir le corrigé complet

Entre les points \mathrm{M}_{n,3} et \mathrm{M}_{n,4}, le fil a une longueur fixe \ell_2 = \ell_0(1 - \alpha). La tension du fil étant orthogonale au déplacement, elle ne travaille pas ; le poids étant la seule autre force appliquée, l'énergie mécanique se conserve :

E_{\mathrm{m}}(\mathrm{M}_{n,3}) = E_{\mathrm{m}}(\mathrm{M}_{n,4})

En prenant comme à la question Q17 l'énergie potentielle de pesanteur nulle pour \theta = \pi/2, on a :

  • en \mathrm{M}_{n,3} (\theta = 0 et v = v_{n,3}) :

    E_{\mathrm{m}}(\mathrm{M}_{n,3}) = \frac{1}{2}m v_{n,3}^2 - mg\ell_0(1 - \alpha)
  • en \mathrm{M}_{n,4} (\theta = \theta_{n+1} et vitesse nulle v = 0) :

    E_{\mathrm{m}}(\mathrm{M}_{n,4}) = - mg\ell_0(1 - \alpha)\cos\theta_{n+1}

L'égalité des deux énergies mécaniques conduit à :

mg\ell_0(1 - \alpha)(1 - \cos\theta_{n+1}) = \frac{1}{2}m v_{n,3}^2 \implies 1 - \cos\theta_{n+1} = \frac{v_{n,3}^2}{2g\ell_0(1 - \alpha)}

D'après le résultat de la question Q22 :

v_{n,3}^2 = \left(\frac{1 + \alpha}{1 - \alpha}\right)^2 v_{n,2}^2 = \left(\frac{1 + \alpha}{1 - \alpha}\right)^2 \cdot 2g\ell_0(1 + \alpha)(1 - \cos\theta_n)

En reportant cette expression dans la relation précédente, il vient :

\begin{aligned} 1 - \cos\theta_{n+1} &= \frac{\left(\frac{1 + \alpha}{1 - \alpha}\right)^2 \cdot 2g\ell_0(1 + \alpha)(1 - \cos\theta_n)}{2g\ell_0(1 - \alpha)} \\ &= \left(\frac{1 + \alpha}{1 - \alpha}\right)^2 \frac{1 + \alpha}{1 - \alpha} (1 - \cos\theta_n) \\ &= \left(\frac{1 + \alpha}{1 - \alpha}\right)^3 (1 - \cos\theta_n) \end{aligned}

Par identification avec la relation demandée :

\boxed{1 - \cos \theta_{n+1} = \left(\frac{1 + \alpha}{1 - \alpha}\right)^3 (1 - \cos \theta_n)}

soit :

\boxed{\delta = 3}

Résultat

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : amplification paramétrique

Montrer que l'amplitude des balancements augmente.

Voir l'indice

Comparer le facteur multiplicatif (1+\alpha)/(1-\alpha) à l'unité en sachant que 0 < \alpha < 1.

Voir la réponse courte

Puisque \alpha > 0, la raison (1+\alpha)^3/(1-\alpha)^3 > 1, donc l'angle maximal \theta_n croît à chaque oscillation.

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q23 :

1 - \cos\theta_{n+1} = \left(\frac{1+\alpha}{1-\alpha}\right)^3 (1 - \cos\theta_n)

L'énoncé précise que le paramètre \alpha vérifie 0 < \alpha < 1. On a donc :

1 + \alpha > 1 - \alpha > 0 \implies \frac{1+\alpha}{1-\alpha} > 1

Puisque la fonction cube est strictement croissante sur \mathbb{R}^{+*}, il en découle :

\left(\frac{1+\alpha}{1-\alpha}\right)^3 > 1

Pour une amplitude initiale non nulle (\theta_n \in ]0, \pi[), le terme 1 - \cos\theta_n est strictement positif. On en déduit :

1 - \cos\theta_{n+1} > 1 - \cos\theta_n \iff \cos\theta_{n+1} < \cos\theta_n

La fonction cosinus étant strictement décroissante sur l'intervalle [0, \pi], on obtient :

\boxed{\theta_{n+1} > \theta_n}

L'amplitude des balancements augmente ainsi strictement à chaque demi-oscillation.

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : suite géométrique

En remarquant que la suite est géométrique, exprimer en fonction de et de le nombre d'allers-retours permettant au candidat d'atteindre un angle et ainsi d'attraper l'indice. Calculer numériquement en prenant et .

Voir l'indice

Exprimer u_n en fonction de u_0 et de la raison de la suite géométrique pour une demi-oscillation, en déduire le nombre de demi-périodes pour atteindre u_n = 1, puis diviser par deux pour obtenir le nombre d'allers-retours.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le terme général de la suite géométrique u_n = 1 - \cos\theta_n en fonction de son premier terme u_0 et de sa raison q.
  2. Relier l'indice n, qui compte le nombre de demi-oscillations décrites par le pendule, au nombre N d'allers-retours complets (n = 2N).
  3. Traduire la condition pour atteindre l'angle \theta \ge \pi/2 (u_n \ge 1), en déduire l'expression de N puis calculer sa valeur entière minimale.
Voir la réponse courte

Expression du terme général u_N = q^N u_0, calcul du nombre d'allers-retours N = \lceil\ln(1/(1-\cos\theta_0))/\ln q\rceil.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q23, la suite (u_n)_{n \in \mathbb{N}} définie par u_n = 1 - \cos\theta_n vérifie :

u_{n+1} = q \, u_n \quad \text{avec} \quad q = \left(\frac{1+\alpha}{1-\alpha}\right)^3

Il s'agit d'une suite géométrique de raison q et de premier terme u_0 = 1 - \cos\theta_0, d'où pour tout n \in \mathbb{N} :

u_n = q^n u_0 = \left(\frac{1+\alpha}{1-\alpha}\right)^{3n} (1 - \cos\theta_0)

L'indice n représente le nombre de demi-oscillations (un aller correspond au passage de \mathrm{M}_{n,1} à \mathrm{M}_{n,4}, soit une incrémentation de n de 1). Un aller-retour complet correspond donc à deux étapes élémentaires (\Delta n = 2). Après N allers-retours, l'indice atteint est :

n = 2N

L'indice suspendu en hauteur est atteint dès que l'angle maximal dépasse \pi/2, soit :

\theta_{2N} \ge \frac{\pi}{2} \iff 1 - \cos\theta_{2N} \ge 1 - \cos\left(\frac{\pi}{2}\right) = 1

Ce qui s'écrit :

\begin{aligned} \left(\frac{1+\alpha}{1-\alpha}\right)^{6N} (1 - \cos\theta_0) &\ge 1 \\ 6N \ln\left(\frac{1+\alpha}{1-\alpha}\right) &\ge -\ln(1 - \cos\theta_0) \end{aligned}

Comme \alpha \in {]0, 1[}, on a \frac{1+\alpha}{1-\alpha} > 1, d'où le nombre minimal d'allers-retours :

\boxed{N = \left\lceil \frac{-\ln(1 - \cos\theta_0)}{6\ln\left(\frac{1+\alpha}{1-\alpha}\right)} \right\rceil}

où \lceil x \rceil désigne la partie entière par excès.

Application numérique :

  • 1 - \cos(20^\circ) = 1 - \cos\left(\frac{\pi}{9}\right) \approx 0{,}06031 \implies -\ln(1 - \cos 20^\circ) \approx 2{,}808
  • Pour \alpha = 1/20 = 0{,}05 :

    \frac{1+\alpha}{1-\alpha} = \frac{1{,}05}{0{,}95} = \frac{21}{19} \approx 1{,}1053 \implies \ln\left(\frac{21}{19}\right) \approx 0{,}1001

On obtient :

N \ge \frac{2{,}808}{6 \times 0{,}1001} \approx 4{,}68

Le nombre minimal d'allers-retours complets est donc :

\boxed{N = 5}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne pas confondre le nombre d'allers-retours et le nombre de demi-oscillations.

« De fréquentes confusions entre le nombre d’allers-retours et le nombre de demi-oscillations. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Partie IV : Utilisation d'un colorant : la fluorescéine

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : nombre de reynolds, débit volumique

Calculer numériquement la vitesse débitante (vitesse moyenne) dans le canal, en . Rappeler la définition du nombre de Reynolds , puis estimer sa valeur pour l'écoulement étudié. Qualifier la nature de l'écoulement.

Voir l'indice

Calculer la vitesse débitante par v_{\mathrm{m}} = Q/(\ell h) avec les bonnes conversions d'unités, puis évaluer \mathcal{R}e = \rho v_{\mathrm{m}} D_{\mathrm{h}} / \eta en choisissant une dimension caractéristique adaptée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse débitante v_{\mathrm{m}} à partir de la définition du débit volumique Q = v_{\mathrm{m}} S, en prenant soin de convertir les grandeurs dans le Système International.
  2. Définir le nombre de Reynolds \mathcal{R}e à l'aide d'une dimension caractéristique L_{\mathrm{c}} de la section du canal, puis en calculer un ordre de grandeur.
  3. Comparer \mathcal{R}e aux valeurs critiques usuelles pour qualifier le régime d'écoulement.
Voir la réponse courte

Calcul de v_{\mathrm{m}} = D_v/S, expression de \mathcal{R}e = \rho v_{\mathrm{m}} d_{\mathrm{h}}/\eta et conclusion sur le régime laminaire.

Voir le corrigé complet

Par définition du débit volumique à travers la section droite S = \ell h du canal microfluidique :

Q = S\, v_{\mathrm{m}} = \ell h\, v_{\mathrm{m}} \implies v_{\mathrm{m}} = \frac{Q}{\ell h}

Convertissons le débit volumique en unités du Système International :

Q = 10\text{ }\mu\mathrm{L}\cdot\mathrm{min}^{-1} = \frac{10 \cdot 10^{-9}\text{ m}^3}{60\text{ s}} \approx 1{,}67 \cdot 10^{-10}\text{ m}^3\cdot\mathrm{s}^{-1}

La section du canal vaut :

S = (100 \cdot 10^{-6}\text{ m}) \times (80 \cdot 10^{-6}\text{ m}) = 8{,}0 \cdot 10^{-9}\text{ m}^2

D'où l'application numérique pour la vitesse débitante :

v_{\mathrm{m}} = \frac{1{,}67 \cdot 10^{-10}}{8{,}0 \cdot 10^{-9}} \approx 2{,}1 \cdot 10^{-2}\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1}
\boxed{v_{\mathrm{m}} \approx 2{,}1 \cdot 10^{-2}\text{ m}\cdot\mathrm{s}^{-1} = 2{,}1\text{ cm}\cdot\mathrm{s}^{-1}}

Le nombre de Reynolds quantifie le rapport des effets inertiels aux effets visqueux au sein de l'écoulement. Il est défini par :

\boxed{\mathcal{R}e = \frac{\rho \, v_{\mathrm{m}} \, L_{\mathrm{c}}}{\eta}}

où L_{\mathrm{c}} est une dimension caractéristique transversale du canal (typiquement le diamètre hydraulique D_{\mathrm{h}} = \frac{4S}{2(\ell + h)} = \frac{2\ell h}{\ell + h} \approx 89\text{ }\mu\mathrm{m}, ou simplement L_{\mathrm{c}} \sim h \sim 80\text{ }\mu\mathrm{m}).

En prenant L_{\mathrm{c}} \approx 100\text{ }\mu\mathrm{m} = 1{,}0 \cdot 10^{-4}\text{ m} :

\mathcal{R}e \approx \frac{1{,}0 \cdot 10^3 \times 2{,}1 \cdot 10^{-2} \times 1{,}0 \cdot 10^{-4}}{1{,}0 \cdot 10^{-3}} \approx 2
\boxed{\mathcal{R}e \approx 2}

Puisque \mathcal{R}e \ll 2\,000, les effets visqueux sont très largement prépondérants devant les effets inertiels :

\boxed{\text{L'écoulement est strictement laminaire.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éviter les erreurs de conversion dans le calcul numérique et s'interroger sur le réalisme des grandeurs obtenues.

« Beaucoup d’erreurs de conversion pour l’application numérique. Des valeurs aberrantes devraient interpeler les candidats concernés. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de diffusion, loi de fick

Établir l'équation de diffusion aux dérivées partielles satisfaite par , pour .

Voir l'indice

Réaliser un bilan de matière unidirectionnel sur une tranche de fluide comprise entre x et x+\mathrm{d}x en combinant l'équation de conservation locale et la loi de Fick.

Voir la stratégie

Pour établir une équation de diffusion :

  1. Effectuer un bilan de matière (conservation du nombre de molécules de fluorescéine) sur un volume élémentaire fixe pendant une durée \mathrm{d}t, en l'absence de réaction chimique (pas de terme source ou puits).
  2. Exprimer le vecteur densité de flux de particules à l'aide de la loi de Fick fournie par l'énoncé.
  3. Combiner l'équation locale de conservation et la loi de Fick pour obtenir l'équation aux dérivées partielles régissant C(x,t).
Voir la réponse courte

Bilan unidimensionnel de matière sur une tranche élémentaire avec la loi de Fick pour obtenir \partial C/\partial t = D\,\partial^2 C/\partial x^2.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume de contrôle fixe délimité par les abscisses x et x+\mathrm{d}x, de section droite d'aire S_{\perp} perpendiculaire à l'axe (\mathrm{O}x), soit un volume élémentaire \mathrm{d}\tau = S_{\perp}\,\mathrm{d}x.

Le nombre de molécules de fluorescéine contenues dans ce volume à l'instant t vaut :

\mathrm{d}N(t) = C(x,t)\,S_{\perp}\,\mathrm{d}x

Pendant la durée \mathrm{d}t, en l'absence de création ou de destruction de fluorescéine, la variation du nombre de molécules résulte exclusivement du flux de particules à travers les parois en x et x+\mathrm{d}x orienté selon \vec{u}_x :

\mathrm{d}N(t+\mathrm{d}t) - \mathrm{d}N(t) = \left[ j_x(x,t) - j_x(x+\mathrm{d}x,t) \right] S_{\perp}\,\mathrm{d}t

où j_x(x,t) = \vec{j}(x,t)\cdot\vec{u}_x désigne la composante selon (\mathrm{O}x) du vecteur densité de courant.

En divisant par S_{\perp}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t et en faisant tendre \mathrm{d}x et \mathrm{d}t vers zéro, on obtient l'équation locale de conservation de la matière :

\frac{\partial C}{\partial t}(x,t) + \frac{\partial j_x}{\partial x}(x,t) = 0

D'après la première loi de Fick (équation 6), le transfert étant unidimensionnel suivant l'axe (\mathrm{O}x) :

\vec{j} = -D\,\frac{\partial C}{\partial x}\,\vec{u}_x \implies j_x(x,t) = -D\,\frac{\partial C}{\partial x}(x,t)

En supposant le coefficient de diffusion D uniforme et constant dans le milieu, on reporte cette expression dans l'équation de conservation :

\frac{\partial C}{\partial t} - \frac{\partial}{\partial x}\left(-D\,\frac{\partial C}{\partial x}\right) = 0

On en déduit l'équation de diffusion unidimensionnelle :

\boxed{\frac{\partial C}{\partial t}(x,t) = D\,\frac{\partial^2 C}{\partial x^2}(x,t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définir le système, réaliser un bilan de particules ou de masse plutôt que de concentration, et surveiller les signes.

« Il faut penser à définir le système étudié par une phrase et/ou un schéma. On n’effectue pas un bilan de concentration mais un bilan de particules (ou de masse). »

« Il y a parfois des problèmes de signe dans l’établissement de l’équation de diffusion. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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Question 28

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : équation de diffusion, intégrale de gauss

En exploitant les conditions initiales et l'intégrale de Gauss donnée en fin de partie, déterminer les constantes et en fonction de . Que vaut pour ?

Voir l'indice

Faire tendre u vers -\infty puis vers +\infty pour identifier les limites de C(x,t) à t=0 avec l'intégrale de Gauss fournie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la limite de la variable adimensionnée u = \frac{x}{\sqrt{4Dt}} lorsque t \to 0^+ pour x > 0 puis pour x < 0.
  2. Traduire les conditions initiales données par l'énoncé à l'aide de l'intégrale de Gauss fournie pour former un système linéaire en (A, B).
  3. Résoudre ce système pour obtenir A et B, puis évaluer l'expression en x = 0 pour tout t > 0.
Voir la réponse courte

Identification des constantes A et B par les limites à l'infini C(\pm\infty, t) et calcul de la concentration centrale C(0,t) = C_0/2.

Voir le corrigé complet

À l'instant t \to 0^+, la variable u = \dfrac{x}{\sqrt{4Dt}} tend vers l'infini :

  • pour x > 0, u \to +\infty ;
  • pour x < 0, u \to -\infty.

En utilisant la forme proposée pour la solution :

C(x, t) = A + B \int_{0}^{u} \mathrm{e}^{-s^2}\,\mathrm{d}s

et la condition initiale C(x, 0^+) = C_0 pour x > 0 et C(x, 0^+) = 0 pour x < 0, on obtient :

\begin{aligned} A + B \int_{0}^{+\infty} \mathrm{e}^{-s^2}\,\mathrm{d}s &= C_0 \\ A + B \int_{0}^{-\infty} \mathrm{e}^{-s^2}\,\mathrm{d}s &= 0 \end{aligned}

D'après les données, \displaystyle\int_{0}^{+\infty} \mathrm{e}^{-s^2}\,\mathrm{d}s = \frac{\sqrt{\pi}}{2}, et par parité de la fonction gaussienne :

\int_{0}^{-\infty} \mathrm{e}^{-s^2}\,\mathrm{d}s = -\int_{-\infty}^{0} \mathrm{e}^{-s^2}\,\mathrm{d}s = -\frac{\sqrt{\pi}}{2}

Le système d'équations s'écrit alors :

\begin{aligned} A + B\frac{\sqrt{\pi}}{2} &= C_0 \\ A - B\frac{\sqrt{\pi}}{2} &= 0 \end{aligned}

En sommant et en soustrayant ces deux équations, on en déduit immédiatement :

\boxed{A = \frac{C_0}{2}} \quad \text{et} \quad \boxed{B = \frac{C_0}{\sqrt{\pi}}}

Pour tout instant t > 0, en x = 0, la variable u est nulle :

u = \frac{0}{\sqrt{4Dt}} = 0

L'intégrale \displaystyle\int_0^0 \mathrm{e}^{-s^2}\,\mathrm{d}s est identiquement nulle, d'où :

\boxed{C(0, t) = \frac{C_0}{2}}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : temps caractéristique, diffusion de particules

Comment relie-t-on simplement et ? En utilisant la durée typique du phénomène de diffusion, dont on rappellera l'expression, prévoir l'influence du débit sur la longueur observable de mélange des deux fluides sur la figure 10.

Voir l'indice

Relier la position y au temps de séjour par y = v_{\mathrm{m}} t, rappeler t^* \sim L^2/D et analyser comment la longueur requise pour diffuser transversalement évolue lorsque le débit Q augmente.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la relation cinématique entre la position axiale y et le temps t via la vitesse moyenne d'advection v_{\mathrm{m}} (vitesse débitante).
  2. Rappeler l'expression de la durée caractéristique de diffusion t^* sur une dimension transverse caractéristique L à partir de l'équation de diffusion.
  3. En déduire l'expression de la longueur caractéristique de mélange y^* en fonction du débit volumique Q et en déduire l'effet d'une variation de Q.
Voir la réponse courte

Relation y = v_{\mathrm{m}} t, temps diffusif t^* \sim w^2/D, d'où une longueur de mélange L_{\mathrm{m}} \sim v_{\mathrm{m}} t^* \propto D_v.

Voir le corrigé complet

L'écoulement le long de l'axe longitudinal \mathrm{O}y est stationnaire et à section constante. Les particules fluides sont transportées par advection à la vitesse moyenne v_{\mathrm{m}}, ce qui permet de relier la position y et la durée d'écoulement t par :

\boxed{y = v_{\mathrm{m}} \, t = \frac{Q}{\ell h} \, t \quad \Longleftrightarrow \quad t = \frac{\ell h}{Q} \, y}

D'après l'équation de diffusion \dfrac{\partial C}{\partial t} = D \dfrac{\partial^2 C}{\partial x^2}, l'analyse dimensionnelle fournit l'ordre de grandeur de la durée typique de diffusion t^* sur une distance transverse caractéristique L (par exemple la demi-largeur \ell/2 du canal) :

\boxed{t^* \sim \frac{L^2}{D}}

La longueur caractéristique de mélange y^* correspond à la distance parcourue le long du canal pendant cette durée de diffusion :

y^* = v_{\mathrm{m}} t^* \sim \frac{Q}{\ell h} \frac{L^2}{D}

On constate que la longueur de mélange y^* est proportionnelle au débit volumique Q :

  • Si le débit Q augmente, la vitesse d'écoulement augmente, le fluide passe moins de temps dans une section donnée du canal et la diffusion transverse a moins le temps d'agir : la longueur de mélange observable le long de l'axe y augmente (le mélange nécessite une plus grande distance pour s'opérer).
  • Si le débit Q diminue, la longueur de mélange observable diminue et le mélange s'opère sur une plus courte distance le long du canal.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu abordée ayant suscité très peu de réponses correctes.

« Question peu traitée, peu de bonnes réponses. »

Source : rapport du jury E3A 2024

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