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Corrigé détaillé X ENS Physique MP 2022 (page 2/3 : Partie 1 (questions 17 à 25))

Flexion et flambage de systèmes mécaniques

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Partie 1 : Chaîne d'aimants en interaction magnétique (suite)

1.3 · Édifice formé de N billes

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : courbure, degré de liberté

Préciser quelle restriction à la généralité de cette étude introduit l'hypothèse . On réfléchira, en particulier, à la situation où l'édifice oscille autour de la verticale. La réponse attendue est brève, il s'agit simplement d'indiquer quelle situation ne peut être décrite, sous cette hypothèse.

Voir l'indice

Remarquer que l'hypothèse d'un rayon de courbure uniforme impose une courbure de signe constant et interdit les modes de flexion avec point d'inflexion.

Voir la réponse courte

L'hypothèse de courbure uniforme interdit la prise en compte des modes de déformation ondulants de la chaîne.

Voir le corrigé complet

L'hypothèse \mathrm{H}_\alpha impose que la courbure de la chaîne soit uniforme sur toute sa longueur (les centres des sphères sont situés sur un unique arc de cercle de rayon R). Cette contrainte réduit le système à un seul degré de liberté (l'angle \alpha).

Par conséquent, cette modélisation ne permet pas de décrire :

  • les modes d'oscillation d'ordres supérieurs (harmoniques présentant un ou plusieurs nœuds de vibration, où la courbure changerait de signe le long de la chaîne) ;
  • les situations où le moment fléchissant varie avec l'altitude, induisant une courbure locale non constante le long de l'édifice.

Sous l'hypothèse \mathrm{H}_\alpha, seul le mode fondamental de déformation (à courbure spatiale uniforme de signe constant) peut être représenté.

Voir ce qu'a relevé le jury

Analysez les limites de l'hypothèse en soulignant qu'elle ne permet pas de décrire la propagation d'une onde.

« Une situation où les n<N premières billes seraient maintenues immobiles, et où les (Nn) billes au sommet de la chaine oscilleraient peut être décrite à l'aide du modèle discuté ici, en considérant une tour de (N-n) billes. »

« En revanche, le modèle ne permet pas de décrire la propagation d'une onde - l'évocation d'une chaîne qui serpente a alors parfois été judicieusement proposée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : dipôle magnétique, interaction dipolaire

Indiquer l'argument qui justifie l'hypothèse .

Voir l'indice

Invoquer la décroissance très rapide en 1/r^3 du champ dipolaire magnétique (ou en 1/r^4 des forces), rendant l'effet du deuxième voisin environ huit fois plus faible.

Voir la réponse courte

Décroissance rapide du champ dipolaire en 1/r^3 justifiant de négliger les interactions au-delà des plus proches voisins.

Voir le corrigé complet

Le champ magnétique dipolaire créé par un aimant décroît en fonction de la distance r selon la loi en 1/r^3 (équation (3)). Corrélativement, l'énergie potentielle d'interaction entre deux dipôles magnétiques varie en :

E_{B} \propto \frac{1}{r^3}

Pour un aimant donné :

  • les deux plus proches voisins se situent à une distance inter-centres r_1 = D ;
  • les seconds voisins se trouvent à une distance r_2 \simeq 2D, ce qui réduit l'énergie de couplage d'un facteur :

    \left(\frac{r_1}{r_2}\right)^3 \simeq \frac{1}{2^3} = \frac{1}{8} = 12{,}5\,\%
  • pour les voisins d'ordre supérieur (n \geq 3), l'atténuation est au minimum d'un facteur n^3 \geq 27.

La décroissance rapide en 1/r^3 de l'énergie d'interaction dipolaire (et a fortiori en 1/r^4 pour les forces) justifie de négliger les interactions au-delà des deux plus proches voisins.

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : dipôle magnétique, énergie potentielle d'interaction

Exprimer l'énergie potentielle magnétique de l'édifice en fonction de et . On notera que cette énergie peut également s'écrire sous la forme suivante :

Ce résultat n'est pas à établir.

Voir l'indice

Sommer les énergies magnétiques élémentaires de chaque articulation bille-bille, sachant que l'angle relatif entre deux billes successives est uniforme et vaut \alpha.

Voir la stratégie
  1. Identifier, grâce à l'hypothèse des plus proches voisins (\mathrm{H}_{\mathrm{ppv}}), le nombre de termes contribuant à l'énergie magnétique totale de l'édifice.
  2. Exprimer l'énergie de chaque liaison magnétique à l'aide de l'hypothèse de courbure uniforme (\mathrm{H}_\alpha) et du résultat de la question 8.
  3. Effectuer la sommation et appliquer l'approximation des petits angles imposée par l'hypothèse \mathrm{H}_{\mathrm{DL}}.
Voir la réponse courte

Somme des énergies dipolaires entre les N paires d'aimants successifs fléchis d'un angle relatif \alpha.

Voir le corrigé complet

D'après l'hypothèse \mathrm{H}_{\mathrm{ppv}}, l'interaction magnétique d'un aimant ne s'exerce qu'avec ses plus proches voisins. L'énergie potentielle magnétique globale E_{BN} de la chaîne de N billes mobiles reposant sur la bille fixe (0) est donc la somme des énergies de couplage des N paires successives (i-1, i) pour i \in \{1, \dots, N\} :

E_{BN} = \sum_{i=1}^{N} E_{B, i}

D'après l'hypothèse \mathrm{H}_\alpha, l'angle de flexion entre deux maillons successifs est uniforme et vaut \alpha. Par analogie directe avec le résultat obtenu à la question 8 pour le couplage entre deux billes adjacentes désalignées d'un angle relatif \alpha, l'énergie potentielle magnétique associée à chaque paire s'écrit :

E_{B, i} = \frac{1}{2} K \sin^2\alpha

L'hypothèse \mathrm{H}_{\mathrm{DL}} stipule que |N\alpha| \ll 1, ce qui implique a fortiori |\alpha| \ll 1. À l'ordre le plus bas non nul en \alpha, le développement limité donne :

\sin\alpha = \alpha + \mathcal{O}(\alpha^3) \implies \sin^2\alpha \simeq \alpha^2

L'énergie de couplage de chaque paire s'écrit donc :

E_{B, i} \simeq \frac{1}{2} K \alpha^2

Comme les N paires sont identiques sous l'hypothèse \mathrm{H}_\alpha, on en déduit l'énergie potentielle magnétique totale de l'édifice :

\boxed{E_{BN} = \frac{1}{2} N K \alpha^2}

(ou sous forme non développée : \boxed{E_{BN} = \frac{1}{2} N K \sin^2\alpha}).

Résultat

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Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement limité, repérage cartésien

Exprimer, en fonction de et , la variation d'altitude de la bille (1), depuis sa situation de référence. Rappelons que l'on se place systématiquement sous l'hypothèse .

Voir l'indice

Écrire la coordonnée verticale de \mathrm{O}_1 sous la forme z_1 = D\cos\alpha, retrancher la hauteur de référence D, et développer le cosinus au second ordre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'altitude z_1 du centre O_1 de la bille (1) en fonction de D et de l'angle d'inclinaison \alpha du segment [O O_1] par rapport à la verticale ascendante (Oz).
  2. Calculer la variation d'altitude \Delta z_1 = z_1 - z_1^{\text{ref}} par rapport à la situation de référence rectiligne.
  3. Appliquer l'hypothèse \mathrm{H}_{\mathrm{DL}} (|N\alpha| \ll 1 \implies |\alpha| \ll 1) pour effectuer un développement limité à l'ordre le plus bas non nul.
Voir la réponse courte

Baisse d'altitude de la première bille par approximation aux petits angles : \Delta z_1 \simeq -\frac{1}{2}D\alpha^2.

Voir le corrigé complet

Dans la configuration de référence (édifice rectiligne vertical), le centre O_1 de la bille (1) est situé à la verticale du centre O de la bille fixe (0), à l'altitude :

z_1^{\text{ref}} = D

Dans la configuration fléchie, la bille (0) restant orientée selon l'axe vertical (Oz), le premier segment [O O_1] est incliné de l'angle \alpha par rapport à la verticale ascendante. L'altitude du centre O_1 s'écrit alors :

z_1 = D \cos\alpha

La variation d'altitude de la bille (1) depuis la situation de référence est donc :

\Delta z_1 = z_1 - z_1^{\text{ref}} = D(\cos\alpha - 1)

Sous l'hypothèse \mathrm{H}_{\mathrm{DL}}, on a |N\alpha| \ll 1, ce qui implique a fortiori |\alpha| \ll 1. Au premier ordre non nul en \alpha, le développement limité donne :

\cos\alpha = 1 - \frac{\alpha^2}{2} + o(\alpha^2)

On en déduit :

\boxed{\Delta z_1 = -\frac{1}{2} D \alpha^2}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement limité, géométrie

Exprimer, en fonction de et , la variation d'altitude de la bille (2), depuis sa situation de référence.

Voir l'indice

Exprimer z_2 en sommant les projections des deux premiers maillons orientés respectivement des angles \alpha et 2\alpha, puis développer les cosinus.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'altitude z_2 du centre de la bille (2) à partir de celle de la bille (1) par projection du vecteur \overrightarrow{\mathrm{O}_1\mathrm{O}_2} sur l'axe vertical (\mathrm{O}z).
  2. Identifier l'angle que fait le segment [\mathrm{O}_1\mathrm{O}_2] avec la verticale, sachant que la chaîne s'incurve d'un angle \alpha à chaque bille.
  3. En déduire la variation d'altitude \Delta z_2 = z_2 - 2D à l'ordre le plus bas non nul en \alpha (hypothèse \mathrm{H}_{\mathrm{DL}}).
Voir la réponse courte

Altitude cumulée de la deuxième bille inclinée de l'angle 2\alpha par rapport à la verticale.

Voir le corrigé complet

Le segment [\mathrm{O}_0\mathrm{O}_1] fait un angle \alpha avec la verticale descendante inversée (\mathrm{O}z). D'après l'hypothèse \mathrm{H}_\alpha, le segment suivant [\mathrm{O}_1\mathrm{O}_2] est incliné d'un angle supplémentaire \alpha par rapport au segment [\mathrm{O}_0\mathrm{O}_1], si bien que son inclinaison par rapport à l'axe vertical (\mathrm{O}z) vaut :

\theta_2 = \alpha + \alpha = 2\alpha

L'altitude z_2 du centre \mathrm{O}_2 s'obtient alors par addition géométrique des projections des deux segments successifs de longueur D :

z_2 = z_1 + D \cos(2\alpha) = D\cos\alpha + D\cos(2\alpha)

Dans la situation de référence rectiligne verticale, l'altitude de la bille (2) est z_{2,\text{ref}} = 2D. La variation d'altitude s'écrit donc :

\begin{aligned} \Delta z_2 &= z_2 - z_{2,\text{ref}} \\ &= \Delta z_1 + D\big(\cos(2\alpha) - 1\big) \end{aligned}

Sous l'hypothèse \mathrm{H}_{\mathrm{DL}} (|N\alpha| \ll 1, donc |2\alpha| \ll 1), effectuons le développement limité du cosinus au second ordre :

\cos(2\alpha) - 1 = -\frac{(2\alpha)^2}{2} + o(\alpha^2) = -2\alpha^2 + o(\alpha^2)

En utilisant le résultat de la question précédente, \Delta z_1 = -\frac{1}{2} D\alpha^2, on en déduit :

\begin{aligned} \Delta z_2 &= -\frac{1}{2} D\alpha^2 - 2D\alpha^2 \\ &= -\frac{5}{2} D\alpha^2 \end{aligned}
\boxed{\Delta z_2 = -\frac{5}{2} D \alpha^2}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : somme discrète, géométrie

En généralisant les deux résultats précédents, exprimer, en fonction de et , la variation d'altitude de la bille (), depuis sa situation de référence.

Voir l'indice

Généraliser la somme trigonométrique \sum_{k=1}^n \cos(k\alpha) au second ordre pour faire apparaître une somme de carrés d'entiers \sum_{k=1}^n k^2.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'orientation de chaque segment joignant deux billes successives : sous l'hypothèse \mathrm{H}_\alpha, l'angle du segment O_{k-1}O_k avec la verticale ascendante vaut \phi_k = k\alpha.
  2. Exprimer l'altitude de la bille (n) par sommation télescopique des projections des vecteurs \overrightarrow{O_{k-1}O_k} sur l'axe vertical (Oz).
  3. Effectuer le développement limité à l'ordre le plus bas non nul en \alpha (hypothèse \mathrm{HDL}) et calculer la somme des carrés des entiers.
Voir la réponse courte

Généralisation par sommation des projections verticales successives : \Delta z_n \simeq -\frac{1}{2}D\alpha^2 \sum_{k=1}^n k^2.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, le segment reliant le centre de la bille (k-1) au centre de la bille (k) a pour longueur D et fait un angle \phi_k = k\alpha avec la verticale (Oz) pour tout k \in \{1, \dots, n\}.

La cote z_n du centre O_n de la bille (n) s'obtient par la relation de Chasles :

z_n - z_0 = \sum_{k=1}^n (z_k - z_{k-1}) = \sum_{k=1}^n D \cos(k\alpha)

Dans la configuration de référence rectiligne verticale (\alpha = 0), la cote de la bille (n) vaut z_n^{(0)} - z_0 = nD.

La variation d'altitude de la bille (n) depuis cette situation de référence s'écrit donc :

\Delta z_n = z_n - z_n^{(0)} = -D \sum_{k=1}^n \bigl(1 - \cos(k\alpha)\bigr)

Sous l'hypothèse \mathrm{HDL} (|N\alpha| \ll 1, donc a fortiori |k\alpha| \ll 1), on effectue un développement limité à l'ordre le plus bas non nul :

1 - \cos(k\alpha) \underset{k\alpha \to 0}{=} \frac{(k\alpha)^2}{2} + \mathcal{O}\bigl((k\alpha)^4\bigr)

Il vient ainsi :

\Delta z_n = -\frac{1}{2} D \alpha^2 \sum_{k=1}^n k^2

En utilisant la formule classique de la somme des carrés des premiers entiers :

\sum_{k=1}^n k^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}

on obtient l'expression générale de la variation d'altitude :

\boxed{\Delta z_n = -\frac{n(n+1)(2n+1)}{12} D \alpha^2}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : intégrale de riemann, énergie potentielle de pesanteur

En déduire l'expression, en fonction de et , de l'énergie potentielle de pesanteur de l'ensemble de l'édifice formé de billes reposant sur la bille (0). On utilisera l'approximation (grossière) suivante :

Voir l'indice

Calculer l'énergie potentielle totale de pesanteur en sommant mg\Delta z_n sur n de 1 à N, puis approcher la somme par une intégrale selon la formule donnée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle de pesanteur totale E_{gN} de l'édifice comme la somme des énergies potentielles des N billes mobiles, avec l'origine prise pour la configuration rectiligne (\alpha = 0).
  2. Appliquer l'approximation de la somme discrète par une intégrale d'abord à l'expression de \Delta z_n obtenue en Q22, puis à la sommation globale sur l'ensemble des billes n \in [\![1, N]\!].
Voir la réponse courte

Sommation sur les N billes approchée par une intégrale pour obtenir l'énergie potentielle totale de pesanteur proportionnelle à N^4.

Voir le corrigé complet

L'origine des énergies potentielles étant fixée pour l'édifice rectiligne vertical (\alpha = 0), l'énergie potentielle de pesanteur de l'ensemble des N billes s'écrit :

E_{gN} = \sum_{n=1}^{N} m g \Delta z_n

D'après la question Q22, la variation d'altitude de la bille (n) s'exprime par :

\Delta z_n = -\frac{1}{2} D \alpha^2 \sum_{k=1}^n k^2

En appliquant la formule d'approximation (8) pour \beta = 2 et I = n :

\sum_{k=1}^n k^2 \sim \int_0^n x^2\,\mathrm{d}x = \frac{n^3}{3}

On en déduit l'expression approchée du déplacement vertical de la bille (n) :

\Delta z_n \sim -\frac{1}{6} D \alpha^2 n^3

L'énergie potentielle de pesanteur de l'édifice devient alors :

E_{gN} \sim -\frac{1}{6} m g D \alpha^2 \sum_{n=1}^N n^3

En appliquant à nouveau la relation (8) pour \beta = 3 et I = N :

\sum_{n=1}^N n^3 \sim \int_0^N x^3\,\mathrm{d}x = \frac{N^4}{4}

On obtient finalement :

\boxed{E_{gN} = -\frac{1}{24} m g D N^4 \alpha^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Contrôlez physiquement le sens de variation de l'énergie potentielle gravitationnelle, qui doit décroître vers le sol.

« Une énergie potentielle gravitationnelle qui croît lorsque l'objet se rapproche du sol devrait amener le/la candidat.e à s’interroger sur la validité de sa réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : stabilité, énergie potentielle

Établir la condition de stabilité de l'édifice dans sa configuration de référence, rectiligne verticale. On fera porter cette condition sur et le paramètre introduit dans la question (14) et défini par la relation (6). Commenter brièvement ce résultat vis-à-vis de l'approximation adoptée, définie par la relation (8).

Voir l'indice

Former l'énergie potentielle totale de l'édifice E_{\mathrm{pot}}(\alpha) = E_{BN} + E_{gN} au second ordre en \alpha et imposer que le coefficient devant \alpha^2 soit strictement positif.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle totale de l'édifice E_{p,N}(\alpha) = E_{BN}(\alpha) + E_{gN}(\alpha) au voisinage de \alpha = 0 à partir des résultats des questions Q19 et Q23.
  2. Écrire la condition de stabilité de la position d'équilibre \alpha = 0 via la dérivée seconde de l'énergie potentielle (ou le signe du terme quadratique en \alpha).
  3. Exprimer la condition sous forme d'une inégalité reliant N et S, puis commenter la validité de l'approximation d'intégration discrète employée.
Voir la réponse courte

Condition de courbure positive de l'énergie potentielle totale en \alpha=0 reliant N et le rapport sans dimension S.

Voir le corrigé complet

L'énergie potentielle totale de l'édifice au second ordre en \alpha est la somme de l'énergie potentielle magnétique de flexion (obtenue en Q19) et de l'énergie potentielle de pesanteur (obtenue en Q23) :

E_{p,N}(\alpha) = E_{BN}(\alpha) + E_{gN}(\alpha) = \frac{1}{2} N K \alpha^2 - \frac{1}{24} m g D N^4 \alpha^2 = \frac{1}{2} \left( N K - \frac{1}{12} m g D N^4 \right) \alpha^2

La configuration de référence rectiligne verticale (\alpha = 0) est une position d'équilibre puisque \left.\frac{\mathrm{d}E_{p,N}}{\mathrm{d}\alpha}\right|_{\alpha=0} = 0. Cet équilibre est stable si et seulement si l'énergie potentielle admet un minimum strict en \alpha = 0, soit :

\left.\frac{\mathrm{d}^2 E_{p,N}}{\mathrm{d}\alpha^2}\right|_{\alpha=0} > 0 \iff N K - \frac{1}{12} m g D N^4 > 0

Comme N > 0, cela équivaut à :

K > \frac{1}{12} m g D N^3 \iff \frac{K}{m g D} > \frac{N^3}{12}

En introduisant le paramètre sans dimension S = \frac{K}{m g D} défini à la question Q14, la condition de stabilité s'écrit :

\boxed{N^3 < 12\,S \quad \Longleftrightarrow \quad N < (12\,S)^{1/3}}

Commentaire vis-à-vis de l'approximation (8) :
L'approximation de la somme discrète par une intégrale continue, \sum_{i=1}^I i^\beta \sim \int_0^I x^\beta \mathrm{d}x, repose sur l'hypothèse I \gg 1. Pour de faibles valeurs de N, cette approximation sous-estime les sommes discrètes (car le rectangle à gauche sous la courbe omet les termes de bord), ce qui conduit à une légère sous-évaluation de l'énergie de pesanteur et surestime marginalement la stabilité de l'édifice. Toutefois, pour N \sim 10 (comme attendu avec S \sim 100), l'erreur relative reste modérée (de l'ordre de 1/N \sim 10\,\%) et la méthode fournit un ordre de grandeur pertinent de la limite de stabilité.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Fondez votre étude de stabilité sur la seule énergie potentielle, sans réintroduire inutilement des termes cinétiques.

« Le résultat est obtenu à partir de la seule énergie potentielle. »

« Plusieurs candidat.e.s ont repris tel quel le calcul des questions 14-16 et réintroduisent parfois sans précaution le J' de la question 10. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, stabilité

Estimer la valeur du nombre critique d'aimants, , correspondant à la hauteur maximale d'un édifice vertical stable.

Voir l'indice

Extraire la valeur critique N_{\mathrm{c}} = (12S)^{1/3} en utilisant S \simeq 100 et calculer la racine cubique à la main.

Voir la réponse courte

Évaluation numérique du nombre maximal de billes empilables avant basculement, soit N_{\mathrm{c}} \sim S^{1/3} \approx 6.

Voir le corrigé complet

D'après la condition de stabilité établie à la question précédente (Q24), l'édifice vertical reste stable tant que :

N < (12\,S)^{1/3}

Le nombre critique N_{\mathrm{c}}, représentant le nombre maximal d'aimants pouvant former un édifice vertical stable, correspond donc au plus grand entier vérifiant cette inégalité.

En prenant la valeur S \sim 100 fournie par l'énoncé (question 15) :

12\,S \sim 1200

Or :

\begin{aligned} 10^3 &= 1000 < 1200 \\ 11^3 &= 1331 > 1200 \end{aligned}

On a donc (12\,S)^{1/3} \simeq 10{,}6.

Le nombre critique d'aimants pour lequel la chaîne verticale reste stable est donc :

\boxed{N_{\mathrm{c}} = 10}

Résultat

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.