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Corrigé détaillé Centrale Physique 2 PC 2024

Terraformation de Mars

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 17 questions sur 43. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 10 · PTSI 7 · MP2I 10 · TSI1 10 · BCPST1 9 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet accessible · Mécanique des fluides, Mécanique, Diffusion et transferts thermiques · 9 incontournables · 17 questions de première année
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Ce sujet original et très complet explore la physique de la terraformation de Mars à travers des domaines variés du programme de PC : gravitation, statique des fluides et dynamique de l'échappement atmosphérique (vent planétaire de type Parker), transferts radiatifs avec modèle d'effet de serre à une couche, et mécanique spatiale (manœuvre de Hohmann et propulsion par réaction). L'épreuve alterne entre questions de cours très balisées et résolutions de problèmes plus ouvertes demandant une prise d'initiative quantitative. C'est un sujet d'un grand intérêt pédagogique, représentatif de l'esprit du concours CentraleSupélec, idéal pour des révisions transversales combinant mécanique des fluides, thermodynamique et mécanique céleste.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 3 h 35 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

9 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

29 questions rapides et accessibles · 4 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (29) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : données en annexe
  • Données en annexe

    Des données numériques et des aides aux calculs approchés sont regroupées en fin d'énoncé. Penser à les consulter dès Q10 pour simplifier les calculs d'ordres de grandeur.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

43 questions
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Partie I : L'atmosphère de Mars et son échappement

I.A · Préliminaire : le champ de pesanteur martien

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique › Référentiels non galiléens et forces d'inertie

Notions : pesanteur martienne, force d'inertie d'entraînement

Expliquer en quoi l'assimilation du champ de pesanteur au champ gravitationnel constitue une approximation.

Voir l'indice

Penser à la rotation propre de la planète sur elle-même : le champ de pesanteur effectif comprend le champ gravitationnel et le terme d'entraînement axifuge.

Voir la réponse courte

Le champ de pesanteur inclut la gravitation et la force d'inertie d'entraînement axifuge due à la rotation propre de Mars.

Voir le corrigé complet

Le champ de pesanteur \vec{g}(M) en un point M est défini dans le référentiel lié à la surface de la planète (référentiel martien). Ce référentiel n'étant pas galiléen en raison de la rotation propre de Mars sur elle-même à la vitesse angulaire \omega, le poids d'un point matériel de masse m immobile dans ce référentiel s'écrit comme la somme de la force d'attraction gravitationnelle exercée par la planète et de la force d'inertie d'entraînement (axifuge) :

m\vec{g}(M) = m\vec{\mathcal{G}}(M) + \vec{F}_{\mathrm{ie}} = m\vec{\mathcal{G}}(M) + m\,\omega^2\vec{HM}

où \vec{\mathcal{G}}(M) désigne le champ d'attraction gravitationnelle pur et H le projeté orthogonal de M sur l'axe de rotation martien.

Le champ de pesanteur s'exprime donc par :

\vec{g}(M) = \vec{\mathcal{G}}(M) + \omega^2\vec{HM}

Assimiler le champ de pesanteur \vec{g}(M) au champ gravitationnel \vec{\mathcal{G}}(M) constitue ainsi une approximation consistant à :

  1. Négliger le terme d'inertie d'entraînement axifuge devant le champ gravitationnel (\omega^2 R_m \ll \|\vec{\mathcal{G}}\|).
  2. Négliger les forces de marée différentielles exercées par les autres corps célestes (le Soleil et les satellites Phobos et Deimos).
Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez par le caractère non galiléen du référentiel et les forces d'inertie d'entraînement, sans invoquer Coriolis ou l'altitude.

« La justification attendue était une référence au caractère non galiléen du référentiel géocentrique, ou éventuellement à l’existence de (pseudo)-forces d’inertie d’entraînement. »

« Beaucoup de candidats n’ont pas bien compris et répondent en parlant du référentiel terrestre ; ou en parlant de la dépendance du champ de gravitation avec l’altitude ; ou encore ne parlent que de force d’inertie de Coriolis. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique

Notions : loi de coulomb, force électrostatique

Soit deux particules supposées ponctuelles positionnées aux points et , portant respectivement les charges et . On note , la distance entre et . Rappeler l'expression de la force d'interaction électrostatique créée par et agissant sur . Proposer un schéma associé.

Voir l'indice

Écrire la loi de Coulomb vectorielle entre deux charges ponctuelles dans le vide et représenter les vecteurs unitaires correspondants.

Voir la réponse courte

Expression vectorielle de la force de Coulomb entre deux charges ponctuelles et schéma orienté selon la droite joignant les points.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Coulomb, la force d'interaction électrostatique exercée par la particule ponctuelle de charge q_1 située en M_1 sur la particule de charge q_2 située en M_2, séparées par une distance d = M_1 M_2, s'écrit :

\boxed{\vec{F}_{1 \to 2} = \frac{q_1 q_2}{4\pi\varepsilon_0 d^2}\,\vec{u}_{1 \to 2}}

où \varepsilon_0 désigne la permittivité diélectrique du vide et \vec{u}_{1 \to 2} = \frac{\vec{M_1 M_2}}{d} est le vecteur unitaire orienté de M_1 vers M_2.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à placer le point d'application de la force en q2 pour l'action exercée par q1 sur q2.

« Les schémas sont parfois incohérents avec l’expression de la force : vecteur force exercée par q1 sur q2 trop souvent dessiné en q1. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique ; Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : théorème de gauss, analogie électrostatique gravitation

Par une analogie formelle soignée entre les champs électrostatique et gravitationnel, construire et énoncer le théorème de Gauss gravitationnel (analogue en gravitation du théorème de Gauss de l'électrostatique).

Voir l'indice

Établir le tableau d'analogie en remplaçant la charge électrique q par la masse m, et le facteur 1/(4\pi\varepsilon_0) par -G. Appliquer le théorème de Gauss au flux du champ de pesanteur à travers une surface fermée.

Voir la stratégie
  1. Établir la correspondance entre la loi de Coulomb et la loi de la gravitation universelle de Newton pour identifier les analogies entre grandeurs sources, constantes fondamentales et champs.
  2. Transposer le théorème de Gauss de l'électrostatique au champ gravitationnel.
  3. Énoncer clairement le théorème obtenu sous forme intégrale avec les hypothèses géométriques associées.
Voir la réponse courte

Analogie q \leftrightarrow m et 1/(4\pi\varepsilon_0) \leftrightarrow -G pour établir le théorème de Gauss gravitationnel \iint \vec{g}\cdot\mathrm{d}\vec{S} = -4\pi G m_{\text{int}}.

Voir le corrigé complet

La force gravitationnelle exercée par une masse ponctuelle m_1 située en M_1 sur une masse ponctuelle m_2 située en M_2 s'écrit :

\vec{F}_{1 \to 2} = - \frac{G\,m_1 m_2}{d^2}\,\vec{u}_{1 \to 2}

où \vec{u}_{1 \to 2} = \frac{\vec{M_1M_2}}{d}. Le champ de gravitation \vec{g} créé au point M_2 par la masse m_1 est défini par \vec{F}_{1 \to 2} = m_2\,\vec{g}(M_2), soit :

\vec{g}(M_2) = - \frac{G\,m_1}{d^2}\,\vec{u}_{1 \to 2}

En comparant avec l'expression du champ électrostatique créé par une charge ponctuelle q_1 au point M_2 (d'après la question Q2) :

\vec{E}(M_2) = \frac{1}{4\pi\varepsilon_0}\frac{q_1}{d^2}\,\vec{u}_{1 \to 2}

on dégage l'analogie formelle suivante :

ÉlectrostatiqueGravitation
\vec{E}\longleftrightarrow\vec{g}
q\longleftrightarrowm
\dfrac{1}{4\pi\varepsilon_0}\longleftrightarrow-G \quad \left(\text{soit } \dfrac{1}{\varepsilon_0} \longleftrightarrow -4\pi G\right)
Q_{\text{int}}\longleftrightarrowM_{\text{int}}

En électrostatique, le théorème de Gauss s'énonce pour une surface fermée \Sigma orientée vers l'extérieur :

\Phi_E = \iint_{\Sigma} \vec{E}\cdot\mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \frac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_0}

Par substitution directe grâce au dictionnaire d'analogie, on obtient le théorème de Gauss gravitationnel :

\boxed{\Phi_g = \iint_{\Sigma} \vec{g}\cdot\mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = -4\pi G\, M_{\text{int}}}

Énoncé : Le flux sortant du champ gravitationnel \vec{g} à travers toute surface fermée \Sigma est égal au produit de la constante -4\pi G par la masse totale M_{\text{int}} contenue à l'intérieur du volume délimité par \Sigma.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

N'oubliez pas le signe moins lors du passage par analogie de l'électrostatique à la gravitation.

« Le signe – en passant de l’électrostatique à la gravitation est souvent oublié. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Électromagnétisme › Électrostatique ; Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : théorème de gauss, champ gravitationnel

En déduire, dans l'espace autour de Mars, une expression de l'accélération de la pesanteur de cette planète.

Voir l'indice

Choisir une sphère de Gauss concentrique à Mars de rayon r \ge R_m et exploiter la symétrie sphérique du champ.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et les invariances de la distribution sphérique de masse pour déterminer la forme du champ gravitationnel \vec{g}(M).
  2. Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel établi en Q3 à travers une surface fermée adaptée (sphère centrée en O et passant par M).
Voir la réponse courte

Application du théorème de Gauss sur une sphère de rayon r exploitant la symétrie sphérique : \vec{g}(M) = -\frac{G M_m}{r^2}\vec{u}_r.

Voir le corrigé complet

La distribution de masse de la planète Mars présente une symétrie sphérique de centre O.

  • Invariances : La répartition de masse est invariante par toute rotation autour de O, donc les composantes du champ ne dépendent ni de \theta ni de \varphi : \vec{g}(M) = \vec{g}(r).
  • Symétries : Tout plan contenant le centre O et le point M est un plan de symétrie matérielle. Le champ \vec{g}(M) appartient nécessairement à l'intersection de tous ces plans de symétrie, c'est-à-dire à la droite (OM). Il est donc purement radial :

    \vec{g}(M) = g(r)\,\vec{u}_r

Choisissons comme surface de Gauss \Sigma la sphère de centre O et de rayon r \geqslant R_m, orientée par sa normale unitaire sortante \vec{n}_{\text{ext}} = \vec{u}_r.

Le flux du champ gravitationnel à travers \Sigma s'écrit :

\begin{aligned} \Phi &= \iint_{\Sigma} \vec{g}(M) \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} \\ &= \iint_{\Sigma} g(r)\,\vec{u}_r \cdot \left(\mathrm{d}S\,\vec{u}_r\right) \\ &= g(r) \iint_{\Sigma} \mathrm{d}S \\ &= 4\pi r^2 g(r) \end{aligned}

Dans l'espace extérieur à Mars (r \geqslant R_m), la surface de Gauss englobe la totalité de la masse de la planète, notée m_m :

M_{\text{int}} = m_m

D'après le théorème de Gauss gravitationnel établi à la question Q3 :

\Phi = -4\pi G\, M_{\text{int}}

d'où :

4\pi r^2 g(r) = -4\pi G m_m \implies g(r) = -\frac{G m_m}{r^2}

On en déduit l'expression vectorielle de l'accélération de la pesanteur dans l'espace autour de Mars :

\boxed{\vec{g}(M) = -\frac{G m_m}{r^2}\,\vec{u}_r}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Menez systématiquement l'étude des symétries et des invariances avant d'appliquer le théorème de Gauss.

« L’étude des symétries et invariances est loin d’être systématique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale ; Cinématique et dynamique du point

Notions : accélération de la pesanteur, champ gravitationnel

Obtenir une expression de en fonction de , et , accélération de la pesanteur au niveau du sol. Déterminer et calculer l'intensité de cette dernière.

Voir l'indice

Évaluer l'expression précédente pour r = R_m afin d'identifier \vec{g}_0, puis exprimer \vec{g}(M) en fonction du rapport (R_m/r)^2.

Voir la réponse courte

Expression \vec{g}(M) = \vec{g}_0(R_m/r)^2 avec g_0 = GM_m/R_m^2 \approx 3{,}7\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q4, le champ de pesanteur martien pour un point M situé à la distance r \geqslant R_m du centre s'écrit :

\vec{g}(M) = -\frac{G m_m}{r^2}\,\vec{u}_r

Au niveau du sol martien, en r = R_m, l'accélération de la pesanteur vaut :

\vec{g}_0 = \vec{g}(R_m) = -\frac{G m_m}{R_m^2}\,\vec{u}_r

En effectuant le rapport membre à membre de ces deux expressions, on obtient :

\boxed{\vec{g}(M) = \left(\frac{R_m}{r}\right)^2 \vec{g}_0}

L'intensité g_0 = \|\vec{g}_0\| de l'accélération de la pesanteur au sol s'exprime donc par :

\boxed{g_0 = \frac{G m_m}{R_m^2}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • G = 6{,}67 \times 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2}
  • m_m = 6{,}42 \times 10^{23}\text{ kg}
  • R_m = 3{,}39 \times 10^3\text{ km} = 3{,}39 \times 10^6\text{ m}
\begin{aligned} g_0 &= \frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 6{,}42 \times 10^{23}}{(3{,}39 \times 10^6)^2} \\ g_0 &\approx 3{,}73\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \end{aligned}
\boxed{g_0 = 3{,}73\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez soin de vérifier la cohérence physique de vos ordres de grandeur lors des applications numériques.

« Les ordres de grandeur de l’application numérique sont allés de 10−7 à 1017 (en m/s2). »

« Plus généra lement, de nombreuses A.Nsont fausses malgré une expression littérale juste. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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I.B.1 · L'atmosphère martienne, hors tempêtes de poussières - Le modèle de l'atmosphère isotherme

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : équation fondamentale de la statique des fluides, force de pression

Rappeler l'expression de l'équivalent volumique des forces de pression dans un fluide, puis établir l'équation locale de la statique des fluides.

Voir l'indice

Isoler un parallélépipède élémentaire de fluide ou utiliser le gradient de pression : \vec{f}_p = -\vec{\nabla} P, puis traduire l'équilibre mécanique \vec{f}_p + \mu \vec{g} = \vec{0}.

Voir la réponse courte

L'équivalent volumique est -\vec{\nabla} P, d'où l'équation locale de la statique des fluides \vec{\nabla} P = \mu \vec{g}.

Voir le corrigé complet

L'équivalent volumique des forces de pression s'exerçant en un point M au sein d'un fluide s'écrit :

\boxed{\vec{f}_p = -\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,P}

Pour établir l'équation locale de la statique des fluides :

  • Système : un élément mésoscopique de fluide de volume \mathrm{d}\tau centré en M, de masse \mathrm{d}m = \mu(M)\,\mathrm{d}\tau.
  • Référentiel : le référentiel lié à la planète Mars, supposé galiléen.
  • Bilan des forces appliquées à cet élément de volume :

    • résultante des forces de pression de contact : \mathrm{d}\vec{F}_p = \vec{f}_p\,\mathrm{d}\tau = -\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,P\,\mathrm{d}\tau ;
    • force gravitationnelle (poids) : \mathrm{d}\vec{P} = \mathrm{d}m\,\vec{g}(M) = \mu(M)\,\vec{g}(M)\,\mathrm{d}\tau.

Le fluide étant à l'équilibre statique dans ce référentiel, la condition d'équilibre mécanique s'écrit :

\begin{aligned} \sum \mathrm{d}\vec{F}_{\text{ext}} &= \vec{0} \\ \left(-\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,P + \mu\,\vec{g}\right)\mathrm{d}\tau &= \vec{0} \end{aligned}

Cette relation étant vraie pour tout volume élémentaire \mathrm{d}\tau, on en déduit l'équation locale de la statique des fluides :

\boxed{\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,P = \mu\,\vec{g}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question demandait l'expression d'une force volumique et non d'une force élémentaire.

« cette question qui demandait explicitement une force volumique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : atmosphère isotherme, hauteur d'échelle

Montrer que la loi de variation de la pression se met sous la forme dans l'atmosphère martienne (). Exprimer le facteur et la hauteur d'échelle en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Projeter l'équation de la statique des fluides selon \vec{u}_r en posant \vec{g} = -g_0 \vec{u}_r, exprimer la masse volumique à l'aide de l'équation d'état des gaz parfaits, puis intégrer l'équation différentielle.

Voir la stratégie
  1. Projeter l'équation locale de la statique des fluides selon le vecteur unitaire radial \vec{u}_r, en tenant compte du champ de pesanteur uniforme et radial \vec{g} = -g_0\,\vec{u}_r.
  2. Relier la masse volumique \mu(r) à la pression P(r) via l'équation d'état du gaz parfait à température T_0 constante.
  3. Intégrer l'équation différentielle obtenue et identifier H, puis déterminer la constante d'intégration C_0 à l'aide de la condition au sol P(R_m) = P_0.
Voir la réponse courte

Intégration de \mathrm{d}P/\mathrm{d}r = -\mu g_0 avec la loi des gaz parfaits, donnant H = R T_0 / (M_a g_0) et C_0 = P_0\mathrm{e}^{R_m/H}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le champ de pesanteur est radial et d'intensité uniforme :

\vec{g}(M) = -g_0\,\vec{u}_r

En coordonnées sphériques, la pression ne dépend que de la variable radiale r, d'où :

\overrightarrow{\mathrm{grad}}\,P = \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r}\,\vec{u}_r

L'équation locale de la statique des fluides établie à la question Q6 s'écrit alors en projection sur \vec{u}_r :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = -\mu(r)\,g_0

L'atmosphère étant assimilée à un gaz parfait de masse molaire M_a à température uniforme T_0, la loi des gaz parfaits donne :

P(r) = \frac{\mu(r)}{M_a} R T_0 \implies \mu(r) = \frac{M_a}{R T_0}\,P(r)

On en déduit l'équation différentielle linéaire du premier ordre régissant la pression :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} + \frac{M_a g_0}{R T_0}\,P(r) = 0

En posant la hauteur d'échelle H définie par :

\boxed{H = \frac{R T_0}{M_a g_0}}

l'équation devient \dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} + \dfrac{P}{H} = 0, dont la solution générale est :

P(r) = C_0 \exp\left(-\frac{r}{H}\right)

La constante d'intégration C_0 est déterminée par la condition limite au niveau du sol martien, soit en r = R_m :

P(R_m) = P_0 = C_0 \exp\left(-\frac{R_m}{H}\right)

On en déduit l'expression du préfacteur C_0 :

\boxed{C_0 = P_0 \exp\left(\frac{R_m}{H}\right) = P_0 \exp\left(\frac{M_a g_0 R_m}{R T_0}\right)}

ce qui conduit à la loi barométrique sous forme usuelle : P(r) = P_0 \exp\left(-\dfrac{r - R_m}{H}\right).

Résultat

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : masse molaire, hauteur d'échelle

Déterminer une valeur numérique pour compte tenu de la composition de l'atmosphère martienne fournie dans l'introduction de cette partie. Puis calculer .

Voir l'indice

Calculer la masse molaire moyenne M_a à partir des fractions massiques w_i fournies (M_a = (\sum w_i / M_i)^{-1} ou \sum w_i M_i selon l'approximation usuelle), puis évaluer numériquement H = RT_0/(M_a g_0).

Voir la réponse courte

Calcul de la masse molaire moyenne M_a \approx 43{,}5\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} puis de la hauteur d'échelle H \approx 11\text{ km}.

Voir le corrigé complet

Les masses molaires des différents constituants sont obtenues à partir des données de l'énoncé :

\begin{aligned} M_{\mathrm{CO}_2} &= M_{\mathrm{C}} + 2 M_{\mathrm{O}} = 12 + 2\times 16 = 44\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, \\ M_{\mathrm{Ar}} &= 40\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, \\ M_{\mathrm{N}_2} &= 2 M_{\mathrm{N}} = 2 \times 14 = 28\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}. \end{aligned}

L'énoncé précise que la composition est donnée en fractions massiques w_i. Pour une masse totale m_{\text{tot}} de gaz, la quantité de matière totale s'écrit :

n_{\text{tot}} = \sum_{i} n_i = \sum_{i} \frac{m_i}{M_i} = m_{\text{tot}} \sum_{i} \frac{w_i}{M_i}

La masse molaire moyenne M_a = \frac{m_{\text{tot}}}{n_{\text{tot}}} est donc la moyenne harmonique pondérée par les fractions massiques :

M_a = \frac{1}{\displaystyle\sum_{i} \frac{w_i}{M_i}} = \left(\frac{w_{\mathrm{CO}_2}}{M_{\mathrm{CO}_2}} + \frac{w_{\mathrm{Ar}}}{M_{\mathrm{Ar}}} + \frac{w_{\mathrm{N}_2}}{M_{\mathrm{N}_2}}\right)^{-1}

Application numérique :

\begin{aligned} \frac{1}{M_a} &= \frac{0{,}96}{44} + \frac{0{,}02}{40} + \frac{0{,}02}{28} \approx 0{,}02182 + 0{,}00050 + 0{,}00071 = 0{,}02303\text{ mol}\cdot\text{g}^{-1} \\ M_a &\approx 43{,}4\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 4{,}34 \times 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{M_a \approx 43{,}4\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}}

D'après la question Q7, la hauteur d'échelle s'exprime selon :

H = \frac{R T_0}{M_a g_0}

Avec R = 8{,}314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, T_0 = 210\text{ K}, g_0 \approx 3{,}73\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} (déterminé en Q5) et M_a = 43{,}4 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} :

H = \frac{8{,}314 \times 210}{43{,}4 \times 10^{-3} \times 3{,}73} \approx 1{,}08 \times 10^4\text{ m}
\boxed{H \approx 10{,}8\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Vérifiez toujours la cohérence physique et l'ordre de grandeur de vos résultats numériques.

« Trop d’A.Nincohérentes (H= 11m) sont laissées telles qu’elles par les candidats. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

Question déjà tombée ailleurs

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I.B.2 · L'atmosphère martienne, hors tempêtes de poussières - Déduction de la masse de l'atmosphère martienne

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : gaz parfait, masse volumique

Expliciter grâce au modèle précédent en fonction de , , et . On précisera l'expression de en fonction de , , et .

Voir l'indice

Utiliser la loi des gaz parfaits sous la forme \mu(r) = P(r) M_a / (R T_0) pour relier le profil de masse volumique au profil de pression.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse volumique \mu en fonction de la pression P grâce à l'équation d'état du gaz parfait à température uniforme T_0.
  2. En déduire l'expression de la masse volumique au sol \mu_0 = \mu(R_m) en fonction des données.
  3. Relier le profil \mu(r) au profil de pression P(r) obtenu à la question Q7.
Voir la réponse courte

Utilisation de l'équation d'état des gaz parfaits : \mu(r) = \mu_0 \exp[-(r-R_m)/H] avec \mu_0 = P_0 M_a / (R T_0).

Voir le corrigé complet

L'atmosphère martienne est modélisée par un gaz parfait de masse molaire M_a à température uniforme T_0. Pour un volume V de gaz contenant une masse m (soit une quantité de matière n = \frac{m}{M_a}), l'équation d'état s'écrit :

P V = n R T_0 = \frac{m}{M_a} R T_0

En introduisant la masse volumique \mu = \frac{m}{V}, il vient :

P(r) = \frac{\mu(r)}{M_a} R T_0 \iff \mu(r) = \frac{M_a}{R T_0} P(r)

Au niveau du sol martien, pour r = R_m, la pression vaut P(R_m) = P_0. La masse volumique au sol \mu_0 = \mu(R_m) s'exprime donc par :

\boxed{\mu_0 = \frac{P_0 M_a}{R T_0}}

D'après la question Q7, la pression décroît exponentiellement avec la coordonnée radiale selon :

P(r) = P_0 \exp\left(-\frac{r - R_m}{H}\right)

La température T_0 étant uniforme dans toute l'atmosphère, la masse volumique est directement proportionnelle à la pression, d'où :

\boxed{\mu(r) = \mu_0 \exp\left(-\frac{r - R_m}{H}\right)}

Résultat

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Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : intégration, masse atmosphérique

Montrer que l'expression de la masse totale de l'atmosphère martienne – d'extension infinie dans le modèle étudié – se met sous la forme suivante : . En déduire une expression approchée, puis effectuer l'application numérique.

Voir l'indice

Intégrer la masse volumique sur des coquilles sphériques de rayon r \in [R_m, +\infty[ en effectuant le changement de variable u = (r-R_m)/H et en utilisant les intégrales fournies en formulaire.

Voir la stratégie
  1. Intégrer la masse volumique \mu(r) sur l'ensemble de l'atmosphère (r \in [R_m, +\infty[) en exploitant la symétrie sphérique (\mathrm{d}V = 4\pi r^2\,\mathrm{d}r).
  2. Effectuer le changement de variable u = \frac{r - R_m}{H} pour se ramener aux intégrales données dans le formulaire.
  3. Exprimer le préfacteur en fonction de P_0 et g_0 via la relation \mu_0 H = \frac{P_0}{g_0}, puis simplifier l'expression au vu de la condition H \ll R_m.
Voir la réponse courte

Intégration par parties de 4\pi \int_{R_m}^\infty r^2 \mu(r)\,\mathrm{d}r, approximation H \ll R_m menant à m_{\text{atm}} \approx 4\pi R_m^2 P_0 / g_0 \approx 2{,}5\times 10^{16}\text{ kg}.

Voir le corrigé complet

La distribution de masse volumique \mu(r) étant à symétrie sphérique, la masse contenue dans une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r s'écrit :

\mathrm{d}m = \mu(r) \times 4\pi r^2\,\mathrm{d}r

La masse totale de l'atmosphère, supposée d'extension infinie, est donc :

m_{\mathrm{atm}} = \int_{R_m}^{+\infty} 4\pi r^2 \mu(r)\,\mathrm{d}r = 4\pi \mu_0 \int_{R_m}^{+\infty} r^2 \exp\left(-\frac{r - R_m}{H}\right)\mathrm{d}r

Posons le changement de variable u = \frac{r - R_m}{H}, soit r = R_m + H u et \mathrm{d}r = H\,\mathrm{d}u. Les bornes deviennent u = 0 en r = R_m et u \to +\infty lorsque r \to +\infty. Il vient :

\begin{aligned} r^2 &= R_m^2 + 2 H R_m u + H^2 u^2 \end{aligned}

L'intégrale se développe alors sous la forme :

\begin{aligned} m_{\mathrm{atm}} &= 4\pi \mu_0 H \int_0^{+\infty} \left(R_m^2 + 2 H R_m u + H^2 u^2\right) \exp(-u)\,\mathrm{d}u \\ &= 4\pi \mu_0 H \left[ R_m^2 \int_0^{+\infty} \mathrm{e}^{-u}\,\mathrm{d}u + 2 H R_m \int_0^{+\infty} u \mathrm{e}^{-u}\,\mathrm{d}u + H^2 \int_0^{+\infty} u^2 \mathrm{e}^{-u}\,\mathrm{d}u \right] \end{aligned}

D'après les intégrales données en fin d'énoncé :

\int_0^{+\infty} \mathrm{e}^{-u}\,\mathrm{d}u = 1, \quad \int_0^{+\infty} u \mathrm{e}^{-u}\,\mathrm{d}u = 1 \quad \text{et} \quad \int_0^{+\infty} u^2 \mathrm{e}^{-u}\,\mathrm{d}u = 2

On en déduit :

m_{\mathrm{atm}} = 4\pi \mu_0 H \left[ R_m^2 + 2 H R_m + 2 H^2 \right]

Or, d'après les questions Q7 et Q9 :

\mu_0 = \frac{P_0 M_a}{R T_0} \quad \text{et} \quad H = \frac{R T_0}{M_a g_0} \implies \mu_0 H = \frac{P_0}{g_0}

On retrouve ainsi l'expression demandée :

\boxed{m_{\mathrm{atm}} = \frac{4\pi P_{0}}{g_{0}}\left[2H^{2} + 2HR_{m} + R_{m}^{2}\right]}

Expression approchée et application numérique :

D'après la question Q8, la hauteur d'échelle vaut H \approx 10{,}8\text{ km}, tandis que le rayon de Mars vaut R_m = 3{,}39 \times 10^3\text{ km}. On a donc le rapport :

\frac{H}{R_m} \approx \frac{10{,}8}{3390} \approx 3{,}2 \times 10^{-3} \ll 1

Par conséquent, 2H^2 \ll 2HR_m \ll R_m^2, si bien que 2H^2 + 2HR_m + R_m^2 \approx R_m^2. L'expression approchée de la masse totale de l'atmosphère est donc :

\boxed{m_{\mathrm{atm}} \approx \frac{4\pi R_m^2 P_0}{g_0}}

Avec P_0 = 600\text{ Pa}, R_m = 3{,}39 \times 10^6\text{ m} et g_0 \approx 3{,}73\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

m_{\mathrm{atm}} \approx \frac{4\pi \times (3{,}39 \times 10^6\text{ m})^2 \times 600\text{ Pa}}{3{,}73\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}} \approx 2{,}3 \times 10^{16}\text{ kg}
\boxed{m_{\mathrm{atm}} \approx 2{,}3 \times 10^{16}\text{ kg} = 23\text{ Tt}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à exploiter les données fournies en fin d'énoncé pour une résolution plus rapide.

« l’utilisation des données en fin d’énoncé permettaient une résolution plus rapide. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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I.B.3 · L'atmosphère martienne, hors tempêtes de poussières - Une estimation de l'épaisseur de l'atmosphère

Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Application numérique

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : libre parcour moyen, théorie cinétique des gaz

Donner l'interprétation physique du libre parcours moyen. En proposer une estimation au niveau du sol martien, que l'on notera . Commenter.

Voir l'indice

Le libre parcours moyen est la distance moyenne parcourue par une particule entre deux collisions successives. Évaluer \ell_0 au niveau du sol en prenant a \sim 0{,}3\text{ nm}.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition physique du libre parcours moyen \ell.
  2. Exprimer \ell_0 au niveau du sol en substituant \mu_0 dans la relation fournie, puis estimer la taille typique d'une molécule a.
  3. Commenter la valeur obtenue en la comparant au cas terrestre et en discutant la validité de l'approximation des milieux continus.
Voir la réponse courte

Définition du libre parcours moyen \ell = 1/(\sqrt{2} n^* \sigma_c) et calcul au sol martien (\ell_0 \sim 10\ \mu\text{m}).

Voir le corrigé complet

1. Interprétation physique
Le libre parcours moyen \ell représente la distance moyenne parcourue par une particule (atome ou molécule) d'un fluide entre deux collisions successives avec d'autres particules du milieu.

2. Estimation au niveau du sol martien
D'après l'expression fournie par l'énoncé, le libre parcours moyen au sol martien (r = R_m) s'écrit :

\ell_0 = \frac{M_a}{a^2 \mathcal{N}_a \mu_0}

En utilisant la relation établie à la question Q9, \mu_0 = \frac{P_0 M_a}{R T_0}, cette expression se simplifie en :

\ell_0 = \frac{R T_0}{a^2 \mathcal{N}_a P_0}

La taille caractéristique d'une petite molécule (principalement \mathrm{CO}_2 ici) est de l'ordre de quelques dixièmes de nanomètre, soit classiquement :

a \approx 3 \times 10^{-10}\text{ m} = 0{,}3\text{ nm}

Avec R = 8{,}314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}, T_0 = 210\text{ K}, \mathcal{N}_a = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} et P_0 = 600\text{ Pa} :

\begin{aligned} \ell_0 &= \frac{8{,}314 \times 210}{(3 \times 10^{-10})^2 \times 6{,}02 \times 10^{23} \times 600} \\ &\approx \frac{1{,}75 \times 10^3}{9 \times 10^{-20} \times 6{,}02 \times 10^{23} \times 600} \\ &\approx \frac{1{,}75 \times 10^3}{3{,}25 \times 10^7} \approx 5 \times 10^{-5}\text{ m} \end{aligned}

Selon la valeur retenue pour a (entre 0{,}1\text{ nm} et 0{,}3\text{ nm}), on obtient :

\boxed{\ell_0 \sim 10^{-5}\text{ à } 10^{-4}\text{ m} \quad (\text{soit } 10\text{ à } 100\text{ }\mu\text{m})}

3. Commentaire

  • Comparaison avec la Terre : dans l'atmosphère terrestre au niveau du sol (P \approx 10^5\text{ Pa}, T \approx 290\text{ K}), le libre parcours moyen est d'environ 70\text{ nm}. La pression au sol sur Mars étant environ 170 fois plus faible, le libre parcours moyen y est environ deux ordres de grandeur plus grand.
  • Hypothèse des milieux continus : bien que grand devant les échelles microscopiques, \ell_0 demeure microscopique devant toute échelle caractéristique macroscopique L de l'écoulement ou la hauteur d'échelle H \approx 11\text{ km} (Kn = \ell_0/H \sim 10^{-8} \ll 1), ce qui justifie pleinement l'approche continue de la mécanique des fluides au niveau du sol martien.

Résultat

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Question 12

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : libre parcour moyen, atmosphère isotherme

Exprimer en fonction de et en utilisant le modèle de l'atmosphère isotherme précédent. En déduire une estimation de l'épaisseur de l'atmosphère martienne. Confronter le résultat à la valeur fournie dans les données en fin d'énoncé.

Voir l'indice

Par définition de l'exobase, le libre parcours moyen \ell(e) devient égal à la hauteur d'échelle H : résoudre \ell(R_m + e) = H à l'aide du profil exponentiel de \mu(r).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le libre parcours moyen \ell(r) en fonction de l'altitude à partir du profil de masse volumique \mu(r) établi à la question Q9.
  2. Utiliser le critère définissant l'exobase (\ell(R_m + e) = H) pour isoler l'épaisseur e en fonction de \ell_0 et H.
  3. Effectuer l'application numérique et confronter le résultat à la valeur fournie dans les données.
Voir la réponse courte

Condition \ell(R_m+e) \sim H pour situer l'exobase, conduisant à e = H \ln(H/\ell_0) \approx 200\text{ km}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, la masse volumique de l'atmosphère isotherme varie selon :

\mu(r) = \mu_0 \exp\left(-\frac{r - R_m}{H}\right)

Le libre parcours moyen étant inversement proportionnel à \mu(r), il s'écrit en tout point à la distance r du centre :

\ell(r) = \frac{M_a}{a^2 \mathcal{N}_a\,\mu(r)} = \frac{M_a}{a^2 \mathcal{N}_a\,\mu_0} \exp\left(\frac{r - R_m}{H}\right) = \ell_0 \exp\left(\frac{r - R_m}{H}\right)

L'exobase, située à l'altitude r - R_m = e, est définie comme la frontière à partir de laquelle le libre parcours moyen devient supérieur ou égal à la longueur caractéristique de décroissance de l'atmosphère, soit la hauteur d'échelle H :

\ell(R_m + e) = H \iff \ell_0 \exp\left(\frac{e}{H}\right) = H

On en déduit l'expression de l'épaisseur e de l'atmosphère :

\boxed{e = H \ln\left(\frac{H}{\ell_0}\right)}

Application numérique : Avec H \approx 1{,}08 \times 10^4\text{ m} (question Q8) et l'estimation obtenue pour a \approx 0{,}3\text{ nm} à la question Q11 :

\ell_0 \approx 5{,}4 \times 10^{-5}\text{ m}

le rapport vaut :

\frac{H}{\ell_0} \approx \frac{1{,}08 \times 10^4}{5{,}4 \times 10^{-5}} \approx 2{,}0 \times 10^8 \implies \ln\left(\frac{H}{\ell_0}\right) \approx 19{,}1

On obtient :

e \approx 1{,}08 \times 10^4 \times 19{,}1 \approx 2{,}1 \times 10^5\text{ m} = \boxed{2{,}1 \times 10^2\text{ km}}

Confrontation aux données : La table des caractéristiques fournit e = 2{,}20 \times 10^2\text{ km}. L'accord est remarquable (écart relatif inférieur à 5\,\%) au vu de la simplicité du modèle isotherme et de l'incertitude sur le diamètre effectif des molécules de gaz.

Résultat

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I.C.1 · L'échappement de l'atmosphère martienne vers l'espace - Processus d'échappement de Jeans

Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique ; Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : vitesse de libération, vitesse thermique

À l'aide des graphes fournis figure 2 et de données numériques dûment justifiées, indiquer quel est le principal élément chimique qui subit l'échappement de Jeans. Conclure. De la même manière, justifier la composition de l'atmosphère martienne actuelle.

Voir l'indice

Calculer la vitesse de libération martienne à l'exobase v_{\text{lib}} = \sqrt{2Gm_m/(R_m+e)}, puis comparer aux distributions de vitesses de la figure 2 pour identifier les espèces chimiques dont une fraction significative dépasse cette vitesse.

Voir la stratégie
  1. Calculer la vitesse de libération à l'altitude où se produit l'échappement (l'exobase, à la distance r = R_m + e).
  2. Exploiter le graphe de droite de la figure 2 pour évaluer la fraction de particules ayant une vitesse supérieure à cette vitesse de libération selon leur masse molaire M, et identifier l'élément chimique concerné.
  3. Comparer cette proportion pour les gaz légers (\mathrm{H}, \mathrm{H}_2) et pour les gaz lourds (\mathrm{N}_2, \mathrm{Ar}, \mathrm{CO}_2) afin de justifier la composition actuelle de l'atmosphère martienne.
Voir la réponse courte

Comparaison de la vitesse thermique v_{\text{th}} à la vitesse de libération v_{\text{lib}} : le dihydrogène s'échappe massivement, le \text{CO}_2 reste piégé.

Voir le corrigé complet

1. Calcul de la vitesse de libération

Une particule de masse m située à l'altitude de l'exobase (r = R_m + e) peut s'échapper de l'attraction martienne si son énergie mécanique dans le référentiel martien est positive ou nulle :

E_m = \frac{1}{2}m v^2 - \frac{G m_m m}{R_m + e} \geqslant 0

La vitesse de libération minimale à l'exobase est donc :

\boxed{v_{\text{lib}} = \sqrt{\frac{2 G m_m}{R_m + e}}}

Avec les données de l'énoncé :

  • G = 6{,}67 \times 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2}
  • m_m = 6{,}42 \times 10^{23}\text{ kg}
  • R_m + e = 3{,}39 \times 10^6 + 2{,}20 \times 10^5 = 3{,}61 \times 10^6\text{ m}
v_{\text{lib}} = \sqrt{\frac{2 \times 6{,}67 \times 10^{-11} \times 6{,}42 \times 10^{23}}{3{,}61 \times 10^6}} \approx 4{,}87 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 4{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}

(Au niveau du sol, on trouve v_{\text{lib},0} = \sqrt{\frac{2 G m_m}{R_m}} \approx 5{,}0\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}).

2. Identification du principal élément subissant l'échappement de Jeans

L'échappement de Jeans intervient lorsque les particules possèdent une vitesse thermique v > v_{\text{lib}} \approx 4{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

D'après le graphe de droite de la figure 2, à v \approx 4{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} :

  • Pour l'atome d'hydrogène \mathrm{H} (M = 1\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), la proportion d'atomes ayant une vitesse supérieure à v_{\text{lib}} est d'environ 10^{-3} à 10^{-4}.
  • Pour le dihydrogène \mathrm{H}_2 (M = 2\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), cette fraction est encore d'environ 10^{-8}.
  • Dès M \geqslant 4\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} (hélium \mathrm{He}), cette proportion chute en dessous de 10^{-18}, devenant extrêmement faible.

Le principal élément chimique subissant l'échappement de Jeans est donc l'hydrogène \mathrm{H} (sous forme atomique \mathrm{H} ou moléculaire \mathrm{H}_2).

Conclusion : En raison d'un renouvellement permanent de la queue de distribution maxwellienne par collisions à l'exobase, une proportion de 10^{-3} suffit pour vidanger quasi totalement un réservoir de gaz sur des échelles de temps géologiques (milliards d'années). L'hydrogène s'est ainsi échappé massivement dans l'espace interplanétaire. Comme cet hydrogène provenait en grande partie de la photodissociation de la vapeur d'eau (\mathrm{H}_2\mathrm{O}) en haute atmosphère, cela explique également l'assèchement progressif de Mars.

3. Justification de la composition actuelle de l'atmosphère martienne

Pour les espèces chimiques plus lourdes constituant l'atmosphère :

  • Le diazote \mathrm{N}_2 (M = 28\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}),
  • L'argon \mathrm{Ar} (M = 40\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}),
  • Le dioxyde de carbone \mathrm{CO}_2 (M = 44\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}),

la proportion de molécules ayant une vitesse supérieure à v_{\text{lib}} \approx 4{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} est strictement infinitésimale (bien inférieure à 10^{-75} sur le graphe de droite).

Ces gaz lourds ne peuvent donc pas s'échapper de manière significative par échappement thermique de Jeans et restent piégés par le champ de pesanteur martien. Cela justifie parfaitement la composition actuelle de l'atmosphère martienne, dominée très largement par le dioxyde de carbone (96\,\%), complété par l'argon (2\,\%) et le diazote (2\,\%).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez et calculez précisément la vitesse de libération au lieu de faire des commentaires qualitatifs vagues.

« Cette question « ouverte » s’appuyant sur des documents reposait sur une définition et un calcul précis de vitesse de libération. »

« Des commentaires du type « c’est très grand », « c’est très petit » n’apportent aucune valeur ajoutée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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I.C.2 · L'échappement de l'atmosphère martienne vers l'espace - Modèle hydrodynamique de l'échappement

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : distance intermoléculaire, masse volumique

Indiquer le lien, en ordre de grandeur, entre et . En déduire une relation entre , , et .

Voir l'indice

Associer à chaque particule un volume d'encombrement de l'ordre de d^3 pour relier la densité particulaire n^* à d, puis multiplier par la masse d'une molécule M_a/\mathcal{N}_a pour obtenir \mu.

Voir la stratégie
  1. Associer à chaque particule un volume élémentaire cubique de côté d(r) pour relier la densité volumique de particules n^*(r) à la distance moyenne d(r).
  2. Relier la masse volumique \mu(r) à la masse d'une molécule m = M_a / \mathcal{N}_a et à n^*(r), puis injecter le lien obtenu.
Voir la réponse courte

Relation d(r) \sim (n^*(r))^{-1/3} d'où \mu(r) \approx M_a / (\mathcal{N}_a d(r)^3).

Voir le corrigé complet

Dans un modèle où les particules sont réparties de manière quasi-uniforme à l'échelle locale, chaque particule occupe en moyenne un volume de l'ordre de d(r)^3. La densité particulaire (nombre de particules par unité de volume) s'écrit donc en ordre de grandeur :

\boxed{n^*(r) \sim \frac{1}{d(r)^3}}

La masse d'une particule de masse molaire M_a est donnée par :

m = \frac{M_a}{\mathcal{N}_a}

La masse volumique \mu(r) du gaz correspond au produit de la densité particulaire par la masse individuelle d'une particule :

\mu(r) = n^*(r) \, m = n^*(r) \frac{M_a}{\mathcal{N}_a}

En y injectant l'ordre de grandeur de n^*(r), on en déduit la relation :

\boxed{\mu(r) \sim \frac{M_a}{\mathcal{N}_a \, d(r)^3}} \quad \text{soit} \quad \boxed{d(r) \sim \left(\frac{M_a}{\mathcal{N}_a \, \mu(r)}\right)^{1/3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Vérifiez rigoureusement l'homogénéité de vos expressions.

« Trop d’erreurs d’homogénéités rencontrés dans cette question. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : échelle mésoscopique, milieu continu

En comparant la distance caractéristique entre particules et la taille caractéristique de l'écoulement , indiquer dans quelle zone de l'atmosphère martienne ce modèle continu est de nature à donner des résultats pertinents. Dans cette question, on pourra se contenter d'utiliser le modèle de l'atmosphère isotherme en équilibre.

Voir l'indice

Le milieu continu est valide tant que la distance interparticulaire d(r) reste très petite devant la dimension macroscopique caractéristique e du système.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le critère de validité de l'approximation des milieux continus en comparant l'échelle microscopique d(r) et l'échelle macroscopique d'écoulement e.
  2. Évaluer la distance interparticulaire d(r) à l'aide du modèle d'atmosphère isotherme en fonction de l'altitude z = r - R_m.
  3. Conclure sur le domaine d'altitude où la description continue (équation de Navier-Stokes) est légitime.
Voir la réponse courte

Le modèle continu nécessite d(r) \ll \ell(r) \ll e, condition vérifiée dans les basses couches atmosphériques sous l'exobase.

Voir le corrigé complet

L'approximation du milieu continu est valide lorsque la distance moyenne interparticulaire d(r) est négligeable devant l'échelle spatiale macroscopique caractéristique du système, ici l'épaisseur de l'atmosphère e = 220\text{ km} = 2{,}2 \times 10^5\text{ m} :

d(r) \ll e

D'après le résultat de la question Q14 et le modèle de l'atmosphère isotherme à l'équilibre établi en Q9 (\mu(r) = \mu_0 \exp\left(-\frac{r-R_m}{H}\right)), la distance moyenne s'écrit en fonction de l'altitude z = r - R_m :

d(r) \sim \left(\frac{M_a}{\mathcal{N}_a\,\mu(r)}\right)^{1/3} = d_0\,\exp\left(\frac{z}{3H}\right)

où d_0 = d(R_m) \sim \left(\frac{M_a}{\mathcal{N}_a\,\mu_0}\right)^{1/3}.

  • Au niveau du sol (z = 0) : avec \mu_0 \approx 0{,}015\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},

    d_0 \sim \left(\frac{43{,}4 \times 10^{-3}}{6{,}02 \times 10^{23} \times 0{,}015}\right)^{1/3} \approx 1{,}7 \times 10^{-8}\text{ m} = 17\text{ nm} \ll e
  • À l'altitude de l'exobase (z = e = 220\text{ km}, avec H \approx 10{,}8\text{ km}, soit \frac{e}{3H} \approx \frac{220}{3 \times 10{,}8} \approx 6{,}8) :

    d(R_m + e) \sim 1{,}7 \times 10^{-8} \times \mathrm{e}^{6{,}8} \approx 1{,}5 \times 10^{-5}\text{ m} \approx 15\,\mu\text{m}

Bien que la condition géométrique d(r) \ll e soit formellement satisfaite sur toute l'épaisseur z \in [0, e], la validité dynamique du modèle continu (Navier-Stokes) exige l'existence d'un équilibre thermodynamique local assuré par de fréquentes collisions entre particules (\ell(r) \ll H \sim e).

Or, par définition même de l'exosphère (rappelée en sous-partie I.B.3), les collisions deviennent négligeables à partir de l'exobase (z \ge e), où le libre parcours moyen dépasse l'échelle de hauteur (\ell \ge H) et où le régime devient balistique ou moléculaire libre.

\boxed{\text{Le modèle continu est pertinent dans la basse et moyenne atmosphère dense, soit pour } R_m \leqslant r < R_m + e\text{ (en deçà de l'exobase).}}

Résultat

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Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : équation d'euler, écoulement stationnaire

Déterminer l'équation différentielle reliant les champs , et .

Voir l'indice

Partir de l'équation de Navier-Stokes projetée selon \vec{u}_r en négligeant la viscosité (\eta = 0) et en utilisant la formule différentielle fournie pour le terme convectif.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Navier-Stokes fournie par l'énoncé et appliquer les hypothèses physiques : écoulement parfait (\eta = 0), régime stationnaire (\partial/\partial t = 0).
  2. Expliciter chaque terme vectoriel en coordonnées sphériques selon la direction radiale \vec{u}_r en s'aidant du formulaire.
  3. Projeter la relation vectorielle sur \vec{u}_r pour obtenir l'équation différentielle scalaire recherchée.
Voir la réponse courte

Équation d'Euler radiale stationnaire sans viscosité : \mu v \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} - \mu \frac{G M_m}{r^2}.

Voir le corrigé complet

L'équation de Navier-Stokes fournie dans le texte s'écrit :

\mu \left(\frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}}) \vec{v}\right) = -\overrightarrow{\operatorname{grad}} P + \eta \Delta \vec{v} - \frac{G \mu m_m}{r^2} \vec{u}_r

D'après les hypothèses du sujet :

  • le fluide est en écoulement parfait, de sorte que les effets visqueux sont négligés : \eta = 0 ;
  • l'écoulement est stationnaire : \dfrac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \vec{0} ;
  • la pression ne dépend que de r, d'où :

    \overrightarrow{\operatorname{grad}} P = \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} \vec{u}_r
  • le champ des vitesses est purement radial : \vec{v}(M) = v(r) \vec{u}_r. En utilisant l'identité différentielle fournie dans les données du formulaire, le terme de transport convectif s'écrit :

    (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}}) \vec{v} = \left[v(r) \vec{u}_r \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}}\right] \left(v(r) \vec{u}_r\right) = v(r) \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} \vec{u}_r

En projetant l'équation sur le vecteur unitaire radial \vec{u}_r, on obtient :

\mu(r) v(r) \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} - \frac{G \mu(r) m_m}{r^2}

Soit, sous forme ordonnée :

\boxed{\mu(r) v(r) \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} + \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} + \frac{G \mu(r) m_m}{r^2} = 0}

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : écoulement isotherme, équation d'euler

En déduire, en éliminant le champ de pression , une nouvelle équation différentielle ne faisant apparaître plus que les champs des vitesses de l'écoulement et de masse volumique de l'atmosphère.

Voir l'indice

Différencier l'équation d'état du gaz parfait isotherme pour relier \mathrm{d}P/\mathrm{d}r à \mathrm{d}\mu/\mathrm{d}r, puis substituer dans l'équation d'Euler.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ de pression P(r) en fonction de la masse volumique \mu(r) à l'aide de l'équation d'état du gaz parfait à température T_0 constante.
  2. Dériver cette relation par rapport à r pour exprimer \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} en fonction de \frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r}.
  3. Substituer cette dérivée dans l'équation différentielle du mouvement obtenue à la question Q16.
Voir la réponse courte

Utilisation de P = \mu \frac{R T_0}{M_a} pour exprimer \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} en fonction de \frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r} dans l'équation d'Euler.

Voir le corrigé complet

L'atmosphère martienne est modélisée par un gaz parfait de masse molaire M_a, dont la température T_0 est supposée uniforme. L'équation d'état s'écrit localement :

P(r) = \frac{\mu(r)}{M_a} R T_0

La température T_0 et la masse molaire M_a étant indépendantes de r, la dérivation par rapport à r conduit à :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = \frac{R T_0}{M_a} \frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r}

D'après la question Q16, l'équation régissant l'écoulement s'écrit :

\mu(r) v(r) \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} - \frac{G \mu(r) m_m}{r^2}

En y substituant l'expression du gradient de pression, on obtient :

\mu(r) v(r) \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} + \frac{R T_0}{M_a} \frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r} + \frac{G \mu(r) m_m}{r^2} = 0

En divisant cette équation par \mu(r) \neq 0, on obtient la relation équivalente :

\boxed{v(r) \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} + \frac{R T_0}{M_a} \frac{1}{\mu(r)} \frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r} + \frac{G m_m}{r^2} = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Éliminer une grandeur ne signifie pas la supprimer arbitrairement de l'expression mathématique.

« Énormément de candidats ont interprété « éliminer P» comme « supprimer Pde l’expression ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : conservation de la masse, débit massique

Montrer que le produit est une constante de l'écoulement modélisé. On ne se préoccupera pas de la valeur de cette constante.

Voir l'indice

Écrire la conservation de la masse pour un écoulement radial stationnaire à travers une sphère de rayon r, correspondant à la constance du débit massique D_m = 4\pi r^2 \mu(r) v(r).

Voir la stratégie

Pour établir cette relation de conservation, deux approches complémentaires sont possibles :

  1. Approche locale : utiliser l'équation de conservation de la masse (équation de continuité) en régime stationnaire avec l'expression de la divergence en coordonnées sphériques fournie en fin de sujet.
  2. Approche intégrale : exprimer la conservation du débit massique à travers une sphère de rayon r centrée sur Mars.
Voir la réponse courte

Écoulement stationnaire à symétrie sphérique : le flux de masse 4\pi r^2 \mu(r) v(r) à travers une sphère est constant.

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant stationnaire, l'équation locale de conservation de la masse s'écrit :

\frac{\partial \mu}{\partial t} + \operatorname{div}(\mu \vec{v}) = 0 \quad \implies \quad \operatorname{div}(\mu \vec{v}) = 0

Le champ de vitesse étant purement radial, \vec{v}(M) = v(r)\,\vec{u}_r, le vecteur densité de courant de masse vaut :

\vec{j}_m(r) = \mu(r)\,v(r)\,\vec{u}_r

En utilisant l'opérateur divergence en coordonnées sphériques fourni dans les données du sujet :

\operatorname{div}\vec{j}_m = \frac{1}{r^2} \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\!\left(r^2\, j_{m,r}\right) = \frac{1}{r^2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\!\left(r^2 \mu(r) v(r)\right) = 0

Pour tout r \geqslant R_m > 0, cela implique directement :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\!\left(\mu(r) v(r) r^2\right) = 0

On en déduit que :

\boxed{\mu(r)\,v(r)\,r^2 = \text{constante}}

Remarque (approche intégrale équivalente) : le débit massique traversant la sphère géométrique \Sigma_r de rayon r centrée en O s'écrit :

D_m = \iint_{\Sigma_r} \mu(r)\,\vec{v}(r)\cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \mu(r) v(r) \iint_{\Sigma_r} \mathrm{d}S = 4\pi r^2 \mu(r) v(r)

En régime stationnaire sans puits ni source de matière, le débit massique est conservatif (D_m = \text{cte}), ce qui confirme le résultat.

Résultat

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Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : équation d'euler, vitesse du son

En déduire que l'équation différentielle vérifiée par se met sous la forme :

pour laquelle on exprimera les grandeurs et .

Voir l'indice

Prendre la dérivée logarithmique de la relation de conservation du débit pour exprimer (1/\mu)\mathrm{d}\mu/\mathrm{d}r en fonction de v et r, puis réinjecter dans l'équation d'Euler.

Voir la stratégie
  1. Différencier logarithmiquement la relation de conservation du débit massique obtenue à la question Q18 afin d'exprimer le terme \frac{1}{\mu}\frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r} en fonction de v(r) et de r.
  2. Injecter cette expression dans l'équation différentielle du mouvement obtenue à la question Q17 pour éliminer \mu(r).
  3. Mettre l'équation sous la forme imposée et en déduire par identification les expressions de la vitesse caractéristique c et du rayon critique r^*.
Voir la réponse courte

Différentiation logarithmique de \mu v r^2 = \text{cste} et substitution de \mathrm{d}\mu/\mu dans l'équation d'Euler pour identifier c et r^*.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le produit \mu(r) v(r) r^2 est une constante le long de l'écoulement :

\ln\mu(r) + \ln v(r) + 2\ln r = \text{cte}

En dérivant par rapport à r, on obtient la relation différentielle :

\frac{1}{\mu}\frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r} + \frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} + \frac{2}{r} = 0 \implies \frac{1}{\mu}\frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r} = -\frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} - \frac{2}{r}

Rappelons l'équation différentielle établie à la question Q17 :

v(r)\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} + \frac{R T_0}{M_a} \frac{1}{\mu(r)}\frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r} + \frac{G m_m}{r^2} = 0

En y substituant l'expression de \frac{1}{\mu}\frac{\mathrm{d}\mu}{\mathrm{d}r}, il vient :

v\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} + \frac{R T_0}{M_a}\left(-\frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} - \frac{2}{r}\right) + \frac{G m_m}{r^2} = 0

En posant c^2 = \frac{R T_0}{M_a}, l'égalité s'écrit :

\left(v - \frac{c^2}{v}\right)\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = \frac{2c^2}{r} - \frac{G m_m}{r^2}

En factorisant par c^2 dans les deux membres, on a :

\frac{c^2}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\left(\frac{v^2}{c^2} - 1\right) = 2c^2\left(\frac{1}{r} - \frac{G m_m}{2c^2 r^2}\right)

En divisant chaque membre par c^2, on retrouve bien la forme demandée :

\frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\left(\frac{v^2}{c^2} - 1\right) = 2\left(\frac{1}{r} - \frac{r^*}{r^2}\right)

avec :

\boxed{c = \sqrt{\frac{R T_0}{M_a}}} \quad\text{et}\quad \boxed{r^* = \frac{G m_m}{2 c^2} = \frac{G m_m M_a}{2 R T_0}}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : analyse dimensionnelle, vitesse du son

Vérifier la cohérence des expressions des grandeurs et obtenues à la question précédente en termes de dimensions. Déterminer leurs valeurs numériques.

Voir l'indice

Identifier c comme la vitesse du son isotherme et r^* comme le rayon critique sonique ; vérifier l'homogénéité par analyse dimensionnelle avant de calculer les valeurs numériques.

Voir la stratégie
  1. Effectuer l'analyse dimensionnelle de c = \sqrt{\frac{R T_0}{M_a}} à partir de l'équation d'état des gaz parfaits, puis celle de r^* = \frac{G m_m}{2 c^2} à partir de la loi de gravitation.
  2. Vérifier la cohérence de ces dimensions avec l'équation différentielle (I.1).
  3. Réaliser les applications numériques en utilisant les valeurs données en fin d'énoncé et la masse molaire M_a obtenue en Q8.
Voir la réponse courte

c = \sqrt{R T_0/M_a} est homogène à une vitesse (\approx 200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) et r^* = G M_m / (2 c^2) à une distance (\approx 5\times 10^5\text{ km}).

Voir le corrigé complet

1. Analyse dimensionnelle de c

D'après l'équation d'état des gaz parfaits sous forme locale, P = \frac{\mu R T_0}{M_a}, soit :

c^2 = \frac{R T_0}{M_a} = \frac{P}{\mu}

Or, une pression s'exprime en \text{N}\cdot\text{m}^{-2} = \text{kg}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{s}^{-2}, donc [P] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}, et la masse volumique a pour dimension [\mu] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3}. On en déduit :

[c^2] = \frac{[P]}{[\mu]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3}} = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2} \implies [c] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}

La grandeur c est bien homogène à une vitesse (il s'agit de la vitesse du son isotherme), ce qui rend le rapport sans dimension \frac{v^2}{c^2} dans l'équation (I.1) tout à fait cohérent.

2. Analyse dimensionnelle de r^*

La loi de gravitation de Newton donne [G] = \frac{\mathrm{F}\cdot\mathrm{L}^2}{\mathrm{M}^2} = \mathrm{M}^{-1}\cdot\mathrm{L}^3\cdot\mathrm{T}^{-2}. L'expression de r^* s'écrit :

r^* = \frac{G m_m}{2 c^2}

On a donc pour sa dimension :

[r^*] = \frac{[G]\,[m_m]}{[c^2]} = \frac{(\mathrm{M}^{-1}\cdot\mathrm{L}^3\cdot\mathrm{T}^{-2})\cdot\mathrm{M}}{\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}} = \mathrm{L}

La grandeur r^* est donc bien homogène à une longueur, ce qui assure la cohérence du membre de droite de l'équation (I.1) où les deux termes \frac{1}{r} et \frac{r^*}{r^2} sont tous deux homogènes à \mathrm{L}^{-1}.

3. Applications numériques

Avec les données de l'énoncé :

  • R = 8{,}314\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}
  • T_0 = 210\text{ K}
  • M_a \approx 43{,}4\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 4{,}34 \times 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} (d'après la question Q8)
  • G = 6{,}67 \times 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2}
  • m_m = 6{,}42 \times 10^{23}\text{ kg}

On calcule successivement :

\begin{aligned} c &= \sqrt{\frac{8{,}314 \times 210}{4{,}34 \times 10^{-2}}} \approx 201\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \\ r^* &= \frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 6{,}42 \times 10^{23}}{2 \times (200{,}6)^2} \approx 5{,}3 \times 10^8\text{ m} = 5{,}3 \times 10^5\text{ km} \end{aligned}
\boxed{c \approx 2{,}0 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad r^* \approx 5{,}3 \times 10^5\text{ km} = 5{,}3 \times 10^8\text{ m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une étude de dimensions repose sur une analyse dimensionnelle et non sur la simple mention d'unités.

« La « cohérence en termes de dimensions » a souvent été comprise comme une demande des unités des grandeurs en question. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : point sonique, tuyère de laval

Déterminer .

Voir l'indice

Remarquer que pour r = r^*, le membre de droite de l'équation (I.1) s'annule. Puisque par hypothèse (1/v)\mathrm{d}v/\mathrm{d}r \ne 0, le facteur entre parenthèses doit s'annuler.

Voir la stratégie
  1. Évaluer l'équation différentielle (I.1) établie à la question Q19 au point critique r = r^*.
  2. Utiliser la condition imposée par le texte selon laquelle la dérivée logarithmique \frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} ne s'annule pas en ce point.
  3. En déduire la vitesse v(r^*) en tenant compte de la positivité de la vitesse v(r) > 0.
Voir la réponse courte

Pour que \mathrm{d}v/\mathrm{d}r reste régulier en r = r^*, il faut que le terme s'annule, imposant v(r^*) = c.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle (I.1) vérifiée par la vitesse radiale v(r) s'écrit :

\frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\left(\frac{v^2}{c^2} - 1\right) = 2\left(\frac{1}{r} - \frac{r^*}{r^2}\right) = \frac{2}{r}\left(1 - \frac{r^*}{r}\right)

En évaluant cette relation en r = r^*, le membre de droite s'annule :

\left[\frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\left(\frac{v^2}{c^2} - 1\right)\right]_{r = r^*} = 0

D'après l'énoncé, on se restreint aux solutions pour lesquelles \left.\frac{1}{v}\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\right|_{r = r^*} \neq 0. Par conséquent, c'est le second facteur qui doit s'annuler :

\frac{v(r^*)^2}{c^2} - 1 = 0 \implies v(r^*)^2 = c^2

Le modèle stipulant un écoulement vers l'extérieur avec v(r) > 0, on en déduit :

\boxed{v(r^*) = c = \sqrt{\frac{R T_0}{M_a}}}

Numériquement, d'après le résultat de la question Q20 :

\boxed{v(r^*) \approx 2{,}0 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 22

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits ; Bilans macroscopiques

Notions : débit massique, échappement atmosphérique

Évaluer la contribution hydrodynamique au débit massique d'échappement atmosphérique de Mars donnée par le modèle qui précède. Conclure.

Voir l'indice

Calculer le débit massique associé au modèle hydrodynamique D_m = 4\pi r^2 \mu(r) v(r) à l'altitude de mesure et comparer à la valeur mesurée par MAVEN (100\text{ g}\cdot\text{s}^{-1}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit massique d'échappement D_m à travers une sphère de rayon r et intégrer l'équation différentielle (I.1) pour déterminer la vitesse v(r) à l'altitude de mesure z_1 = 150\text{ km}.
  2. Évaluer numériquement la vitesse v(r_1) et en déduire le débit massique hydrodynamique D_{m,\text{hydro}}.
  3. Conclure en comparant ce résultat à la valeur mesurée par la sonde MAVEN et replacer le mécanisme dans l'histoire de Mars.
Voir la réponse courte

Évaluation du débit massique au col sonique D_m = 4\pi {r^*}^2 \mu(r^*) c, conduisant à une valeur négligeable devant les pertes par vent solaire.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le produit \mu(r) v(r) r^2 est constant au cours de l'écoulement. Le débit massique à travers une sphère de rayon r s'écrit donc :

D_m = \iint_{\Sigma} \mu(r)\,\vec{v}\cdot\mathrm{d}\vec{S} = 4\pi r^2 \mu(r) v(r) = \text{cte}

Pour évaluer ce débit à l'altitude z_1 = 150\text{ km}, soit au rayon r_1 = R_m + z_1, il est nécessaire de connaître la vitesse v(r_1). Intégrons l'équation différentielle (I.1) à variables séparables :

\left(\frac{v}{c^2} - \frac{1}{v}\right)\mathrm{d}v = 2\left(\frac{1}{r} - \frac{r^*}{r^2}\right)\mathrm{d}r

En intégrant entre le point critique (r^*, v(r^*) = c) établi en Q21 et un point (r, v(r)) :

\begin{aligned} \int_c^v \left(\frac{v'}{c^2} - \frac{1}{v'}\right)\mathrm{d}v' &= \int_{r^*}^r 2\left(\frac{1}{r'} - \frac{r^*}{r'^2}\right)\mathrm{d}r' \\ \left[\frac{v'^2}{2c^2} - \ln\left(\frac{v'}{c}\right)\right]_c^v &= \left[2\ln\left(\frac{r'}{r^*}\right) + \frac{2r^*}{r'}\right]_{r^*}^r \\ \frac{v^2}{2c^2} - \frac{1}{2} - \ln\left(\frac{v}{c}\right) &= 2\ln\left(\frac{r}{r^*}\right) + \frac{2r^*}{r} - 2 \end{aligned}

Ce qui conduit à la relation implicite :

\ln\left(\frac{v}{c}\right) - \frac{v^2}{2c^2} = -2\ln\left(\frac{r}{r^*}\right) - \frac{2r^*}{r} + \frac{3}{2}

À l'altitude de la mesure, le rayon vaut :

r_1 = 3{,}39 \times 10^6 + 150 \times 10^3 = 3{,}54 \times 10^6\text{ m}

Sachant que r^* \approx 5{,}3 \times 10^8\text{ m} (Q20), on a :

\frac{r^*}{r_1} \approx \frac{5{,}3 \times 10^8}{3{,}54 \times 10^6} \approx 150 \gg 1

Le terme -\frac{2r^*}{r_1} \approx -300 domine très largement le membre de droite. L'écoulement étant très subsonique près de la planète (v \ll c), le terme v^2/(2c^2) est négligeable devant \ln(v/c), d'où :

\ln\left(\frac{v(r_1)}{c}\right) \approx -\frac{2r^*}{r_1} \approx -300 \implies v(r_1) \approx c\,\mathrm{e}^{-300} \approx 0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

On en déduit la contribution hydrodynamique au débit massique d'échappement :

\boxed{D_{m,\text{hydro}} \approx 0\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}}

À titre de comparaison, le débit mesuré par la sonde MAVEN (D_{m,\text{MAVEN}} \approx 100\text{ g}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}10\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}) correspondrait à une vitesse d'écoulement :

v_{\text{MAVEN}} = \frac{D_{m,\text{MAVEN}}}{4\pi r_1^2 \mu(r_1)} = \frac{0{,}10}{4\pi \times (3{,}54 \times 10^6)^2 \times 2 \times 10^{-10}} \approx 3{,}2 \times 10^{-6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 3\text{ }\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}

Bien que très faible, cette vitesse reste incommensurablement plus grande que celle prédite par le modèle hydrodynamique.

Conclusion : La contribution hydrodynamique à l'échappement atmosphérique actuel de Mars est strictement négligeable (D_{m,\text{hydro}} \approx 0). Le modèle hydrodynamique (vent planétaire de type Parker) ne permet donc absolument pas d'expliquer les pertes mesurées par MAVEN. La perte atmosphérique observée aujourd'hui provient d'autres processus non hydrodynamiques :

  • l'échappement thermique de Jeans pour les atomes légers (notamment l'hydrogène) ;
  • l'arrachement direct par le vent solaire (dépouillement atmosphérique), rendu possible par l'absence de champ magnétique protecteur intrinsèque autour de Mars ;
  • l'échappement photochimique et la pulvérisation cathodique (sputtering).

L'échappement hydrodynamique n'a pu jouer un rôle significatif qu'aux tout premiers âges du Système solaire, lorsque l'atmosphère primitive était beaucoup plus chaude, riche en gaz légers (\mathrm{H_2}) et soumise à un rayonnement solaire extrême réduisant fortement la distance critique r^*.

Résultat

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Partie II : Constitution d'une atmosphère martienne

II.A.1 · Conditions de température et de pression attendues sur Mars - Détermination de la température d'équilibre en l'absence d'atmosphère

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de stefan-boltzmann, corps noir

Exprimer la puissance totale émise par la surface du Soleil, notée .

Voir l'indice

Appliquer la loi de Stefan-Boltzmann à la surface totale de la photosphère solaire de rayon R_s.

Voir la réponse courte

La loi de Stefan-Boltzmann donne la puissance rayonnée par le Soleil : \mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} = 4\pi R_s^2 \sigma T_s^4.

Voir le corrigé complet

Le Soleil est assimilé à une sphère de rayon moyen R_s, émettant comme un corps noir à la température de surface uniforme T_s.

D'après la loi de Stefan-Boltzmann rappelée dans l'énoncé, la puissance surfacique émise par la surface solaire vaut :

p_{s,\mathrm{e}} = \sigma T_s^4

La surface totale émettrice étant celle de la sphère solaire, soit S_s = 4\pi R_s^2, la puissance totale émise par le Soleil s'écrit :

\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} = S_s\, p_{s,\mathrm{e}}

On obtient ainsi :

\boxed{\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} = 4\pi R_s^2 \sigma T_s^4}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas « exprimer » et « calculer » : aucune application numérique n'était demandée ici.

« beaucoup ont confondu « exprimer » avec « calculer » et ont fait une application numérique qui n’était pas demandée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : flux radiatif, constante solaire

Exprimer la puissance moyenne surfacique reçue par le sol martien, , au niveau de l'orbite de Mars.

Voir l'indice

Considérer la conservation de l'énergie rayonnée par le Soleil sur une sphère de rayon égal au rayon orbital de Mars r_m.

Voir la stratégie

Le Soleil émet une puissance totale \mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} de manière isotrope dans tout l'espace. Le milieu interplanétaire étant transparent et non absorbant, cette puissance se conserve à travers toute sphère centrée sur le Soleil. On détermine ainsi la puissance surfacique incidente au niveau de l'orbite martienne, située à la distance moyenne r_m.

Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie dans le vide : la puissance surfacique reçue à la distance r_m vaut p_{m,\mathrm{i}} = \mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} / (4\pi r_m^2).

Voir le corrigé complet

Le Soleil rayonne uniformément dans toutes les directions de l'espace. En l'absence d'absorption dans le milieu interplanétaire, la puissance totale \mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} émise par le Soleil traverse intégralement la sphère fictive de rayon r_m centrée sur le Soleil, dont la surface vaut 4\pi r_m^2.

La puissance surfacique incidente du rayonnement solaire au niveau de l'orbite de Mars s'exprime donc par :

p_{m,\mathrm{i}} = \frac{\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{4\pi r_m^2}

En utilisant l'expression de \mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} = 4\pi R_s^2 \sigma T_s^4 établie à la question Q23, on obtient :

\boxed{p_{m,\mathrm{i}} = \frac{\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{4\pi r_m^2} = \sigma T_s^4 \left(\frac{R_s}{r_m}\right)^2}

Application numérique :

\begin{aligned} p_{m,\mathrm{i}} &= 5{,}67 \times 10^{-8} \times (5778)^4 \times \left(\frac{6{,}96 \times 10^8}{2{,}28 \times 10^{11}}\right)^2 \approx 589\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \end{aligned}

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : albédo, section efficace

Exprimer la puissance totale absorbée par la planète, notée .

Voir l'indice

Calculer la puissance interceptée par la section efficace du disque martien \pi R_m^2, puis multiplier par le facteur d'absorption (1-\alpha).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance solaire totale incidente \mathcal{P}_{m,\mathrm{i}} interceptée par la planète Mars, en utilisant la section efficace d'interception (disque de rayon R_m).
  2. Appliquer la définition de l'albédo de Bond \alpha pour déterminer la fraction absorbée par le sol martien.
Voir la réponse courte

Mars intercepte un disque de section \pi R_m^2, d'où la puissance absorbée \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} = (1-\alpha) p_{m,\mathrm{i}} \pi R_m^2.

Voir le corrigé complet

Le flux de rayonnement solaire arrivant au niveau de Mars étant parallèle, la planète intercepte ce rayonnement sur sa section droite apparente, c'est-à-dire un disque d'aire :

\Sigma_{\text{app}} = \pi R_m^2

La puissance totale du rayonnement solaire incident sur Mars s'écrit donc, à l'aide de la puissance surfacique incidente p_{m,\mathrm{i}} établie à la question Q24 :

\mathcal{P}_{m,\mathrm{i}} = p_{m,\mathrm{i}} \, \pi R_m^2

D'après l'énoncé, une fraction \alpha de ce rayonnement incident est réfléchie vers l'espace (\mathcal{P}_{m,\mathrm{r}} = \alpha \mathcal{P}_{m,\mathrm{i}}). La puissance restante est absorbée par la planète :

\mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} = \mathcal{P}_{m,\mathrm{i}} - \mathcal{P}_{m,\mathrm{r}} = (1 - \alpha)\mathcal{P}_{m,\mathrm{i}}

En remplaçant \mathcal{P}_{m,\mathrm{i}} puis p_{m,\mathrm{i}} = \frac{\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{4\pi r_m^2}, on obtient :

\boxed{ \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} = (1 - \alpha)\pi R_m^2 \, p_{m,\mathrm{i}} = (1 - \alpha)\frac{R_m^2}{4 r_m^2}\,\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}} }

En fonction des caractéristiques du Soleil obtenues à la question Q23, cette expression s'écrit également :

\mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} = (1 - \alpha)\pi R_m^2 \sigma T_s^4 \left(\frac{R_s}{r_m}\right)^2

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de stefan-boltzmann, corps noir

Exprimer la puissance émise par la planète, notée .

Voir l'indice

Appliquer la loi de Stefan-Boltzmann à l'ensemble de la surface sphérique de la planète Mars 4\pi R_m^2 à la température T_m.

Voir la réponse courte

Modèle du corps noir sur la surface sphérique martienne : \mathcal{P}_{m,\mathrm{e}} = 4\pi R_m^2 \sigma T_m^4.

Voir le corrigé complet

La surface de la planète Mars est assimilée à une sphère de rayon R_m, soit d'aire totale :

S_m = 4\pi R_m^2

En modélisant la surface martienne comme un corps noir à la température uniforme T_m, la puissance surfacique émise en tout point de sa surface est donnée par la loi de Stefan-Boltzmann :

p_{m,\mathrm{e}} = \sigma T_m^4

Mars émettant un rayonnement thermique vers l'espace sur l'intégralité de sa surface, la puissance totale émise par la planète s'écrit :

\mathcal{P}_{m,\mathrm{e}} = S_m\, p_{m,\mathrm{e}}

soit finalement :

\boxed{\mathcal{P}_{m,\mathrm{e}} = 4\pi R_m^2 \sigma T_m^4}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : température d'équilibre, bilan radiatif

Justifier que la puissance absorbée doit être égale à la puissance émise, puis en déduire l'expression et la valeur de la température d'équilibre pour la surface de Mars en l'absence d'atmosphère. Commenter.

Voir l'indice

Écrire le bilan énergétique d'équilibre global \mathcal{P}_{m,\text{a}} = \mathcal{P}_{m,\text{e}} et en déduire T_m.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la planète Mars en régime stationnaire pour justifier l'égalité des puissances absorbée et émise.
  2. Égaler les expressions de \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} et \mathcal{P}_{m,\mathrm{e}} établies aux questions Q25 et Q26 pour exprimer la température d'équilibre T_m.
  3. Réaliser l'application numérique et confronter la valeur obtenue à la température moyenne actuelle T_0 de la surface martienne fournie dans les données.
Voir la réponse courte

Bilan \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} = \mathcal{P}_{m,\mathrm{e}} conduisant à T_m = [ (1-\alpha) p_{m,\mathrm{i}} / (4\sigma) ]^{1/4} \approx 210\text{ K}, froid et inhabitable.

Voir le corrigé complet

Considérons la planète Mars comme un système fermé. En régime stationnaire (état d'équilibre thermique), l'énergie interne U de la planète est constante au cours du temps :

\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = 0

En l'absence d'atmosphère et de source d'énergie interne significative, les seuls échanges énergétiques avec l'extérieur sont d'origine radiative : Mars absorbe la puissance solaire \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} et rayonne vers l'espace la puissance \mathcal{P}_{m,\mathrm{e}}. Le bilan thermique s'écrit donc :

\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} - \mathcal{P}_{m,\mathrm{e}} = 0 \implies \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} = \mathcal{P}_{m,\mathrm{e}}

En utilisant les résultats des questions Q25 et Q26 :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} &= (1 - \alpha)\pi R_m^2 \sigma T_s^4 \left(\frac{R_s}{r_m}\right)^2 \\ \mathcal{P}_{m,\mathrm{e}} &= 4\pi R_m^2 \sigma T_m^4 \end{aligned}

L'égalité des deux puissances conduit à :

4\pi R_m^2 \sigma T_m^4 = (1 - \alpha)\pi R_m^2 \sigma T_s^4 \left(\frac{R_s}{r_m}\right)^2

En simplifiant par 4\pi R_m^2 \sigma, on obtient :

T_m^4 = \frac{1 - \alpha}{4} T_s^4 \left(\frac{R_s}{r_m}\right)^2 = \frac{(1 - \alpha) p_{m,\mathrm{i}}}{4\sigma}

D'où l'expression de la température d'équilibre T_m :

\boxed{T_m = T_s \left(\frac{1 - \alpha}{4}\right)^{1/4} \sqrt{\frac{R_s}{r_m}} = \left(\frac{(1 - \alpha) p_{m,\mathrm{i}}}{4\sigma}\right)^{1/4}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • T_s = 5778\text{ K},
  • \alpha = 0{,}25 \implies 1 - \alpha = 0{,}75,
  • R_s = 6{,}96 \times 10^5\text{ km} = 6{,}96 \times 10^8\text{ m},
  • r_m = 2{,}28 \times 10^8\text{ km} = 2{,}28 \times 10^{11}\text{ m},
  • \sigma = 5{,}67 \times 10^{-8}\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-4} et p_{m,\mathrm{i}} \approx 589\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} (Q24).
T_m = \left(\frac{0{,}75 \times 588{,}6}{4 \times 5{,}67 \times 10^{-8}}\right)^{1/4} \approx 209{,}9\text{ K}
\boxed{T_m \approx 210\text{ K} \quad (\text{soit } -63^\circ\text{C})}

Commentaires :

  • La température d'équilibre calculée sans atmosphère (T_m \approx 210\text{ K}) est identique à la température moyenne actuelle mesurée à la surface de Mars indiquée dans l'énoncé (T_0 = 210\text{ K}). Cela s'explique par la très faible densité de l'atmosphère martienne actuelle (P_0 = 600\text{ Pa}), qui ne génère qu'un effet de serre quasi nul (contrairement à la Terre où l'effet de serre augmente la température moyenne de 33\text{ K}, de 255\text{ K} à 288\text{ K}).
  • Cette température est largement inférieure au point de fusion de la glace (273\text{ K}), confirmant que l'eau ne peut subsister sous forme liquide à la surface de Mars dans les conditions actuelles.

Résultat

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II.A.2 · Conditions de température et de pression attendues sur Mars - Utilisation du modèle de l'effet de serre

Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : loi de wien, spectre électromagnétique

Indiquer à quel domaine du rayonnement électromagnétique correspond le rayonnement émis par le Soleil. Préciser également à quel domaine du rayonnement électromagnétique doit correspondre le rayonnement émis par le sol martien.

Voir l'indice

Utiliser la loi du déplacement de Wien pour calculer les longueurs d'onde du pic d'émission du Soleil (T_s \approx 5778\text{ K}) et du sol martien (T_m \approx 210\text{ K}).

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi du déplacement de Wien rappelée en tête de sous-partie, \lambda_{\max} = \frac{\beta}{T}, à la température de surface du Soleil T_s.
  2. Réitérer l'application à la température moyenne du sol martien T_m \approx 210\text{ K} pour en déduire la longueur d'onde d'émission maximale correspondante et identifier le domaine spectral associé.
Voir la réponse courte

Par la loi de Wien, le Soleil émet principalement dans le visible/proche IR (T \approx 5800\text{ K}), Mars dans l'infrarouge thermique (T \approx 210\text{ K}).

Voir le corrigé complet

D'après la loi du déplacement de Wien, la longueur d'onde pour laquelle la luminance spectrale d'un corps noir à la température T est maximale s'exprime par :

\lambda_{\max} = \frac{\beta}{T}
  • Rayonnement émis par le Soleil : Avec la température de surface du Soleil T_s = 5778\text{ K} :

    \lambda_{\max, s} = \frac{2,90 \times 10^{-3}}{5778} \approx 5,02 \times 10^{-7}\text{ m} = 502\text{ nm}

    Cette longueur d'onde se situe dans la plage spectrale comprise entre 400\text{ nm} et 750\text{ nm} : le rayonnement solaire est centré dans le domaine du visible.

  • Rayonnement émis par le sol martien : Avec la température d'équilibre du sol martien T_m \approx 210\text{ K} (ou à des températures de l'ordre de 200\text{ K} à 300\text{ K}) :

    \lambda_{\max, m} = \frac{2,90 \times 10^{-3}}{210} \approx 1,38 \times 10^{-5}\text{ m} = 13,8\ \mu\text{m}

    Cette longueur d'onde est nettement supérieure à 0,8\ \mu\text{m} : le rayonnement émis par le sol martien se situe dans le domaine de l'infrarouge (infrarouge thermique).

\boxed{\text{Rayonnement solaire : domaine du visible} \quad ; \quad \text{Rayonnement du sol martien : domaine de l'infrarouge}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez les domaines UV, visible et IR, et réalisez le calcul numérique de longueur d'onde attendu.

« une proportion non négligeable des candidats ont des difficultés à situer les domaines UV/Visible/IR. »

« la question demandait un calcul numérique de longueur d’onde pour conclure. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : effet de serre, bilan radiatif

En respectant les conventions de notations adoptées, réaliser un schéma faisant apparaître les puissances surfaciques incidentes, absorbées et émises par la surface du sol martien et par son atmosphère.

Voir l'indice

Tracer deux couches horizontales (le sol martien et l'atmosphère) et représenter les flèches des flux solaires incidents et réfléchis, ainsi que les flux infrarouges émis et absorbés vers le haut et le bas.

Voir la stratégie

Pour représenter clairement les transferts radiatifs par unité de surface de sol martien :

  1. Identifier les trois milieux en présence : l'espace interplanétaire, la couche atmosphérique à la température T_a, et la surface du sol martien à la température T'_m.
  2. Distinguer le rayonnement solaire (visible), pour lequel l'atmosphère est totalement transparente, du rayonnement tellurique et atmosphérique (infrarouge), pour lequel l'atmosphère absorbe une fraction \varepsilon et émet un rayonnement thermique selon la loi de Kirchhoff.
  3. Préciser pour chaque composante les puissances surfaciques (moyennées sur l'ensemble de la surface de la planète 4\pi R_m^2) incidentes, réfléchies, absorbées et émises.
Voir la réponse courte

Schéma fléché représentant les flux solaires incidents/réfléchis et les flux infrarouges échangés entre le sol, l'atmosphère et l'espace.

Voir le corrigé complet

Les puissances surfaciques considérées sont moyennées sur l'ensemble de la sphère martienne de surface 4\pi R_m^2, de sorte que la puissance surfacique solaire moyenne incidente est :

p_{s,\mathrm{i}} = \frac{\mathcal{P}_{m,\mathrm{i}}}{4\pi R_m^2} = \frac{p_{m,\mathrm{i}}}{4}
  • Rayonnement solaire (domaine visible) : L'atmosphère y étant totalement transparente, le flux incident p_{s,\mathrm{i}} traverse l'atmosphère sans atténuation. À la surface du sol :

    • une fraction \alpha est réfléchie : p_{m,\mathrm{r}} = \alpha\, p_{s,\mathrm{i}} (et traverse l'atmosphère vers l'espace) ;
    • la fraction restante est absorbée par le sol : p_{m,\mathrm{a},s} = (1 - \alpha)\, p_{s,\mathrm{i}}.
  • Rayonnement émis par le sol (domaine infrarouge) : Le sol, modélisé par un corps noir à la température d'équilibre T'_m, émet vers le haut une puissance surfacique :

    p_{m,\mathrm{e}} = \sigma {T'_m}^4

    L'atmosphère absorbe une fraction \varepsilon de ce flux : p_{a,\mathrm{a}} = \varepsilon\, p_{m,\mathrm{e}} = \varepsilon \sigma {T'_m}^4, tandis que la fraction (1 - \varepsilon)\, p_{m,\mathrm{e}} est transmise vers l'espace.

  • Rayonnement émis par l'atmosphère (domaine infrarouge) : D'après la loi de Kirchhoff pour un corps gris d'absorptivité \varepsilon, l'émissivité vaut également \varepsilon. L'atmosphère à la température uniforme T_a émet isotropiquement vers le haut (vers l'espace) et vers le bas (vers le sol) une puissance surfacique :

    p_{a,\mathrm{e}}^{\uparrow} = p_{a,\mathrm{e}}^{\downarrow} = \varepsilon \sigma T_a^4

    Le sol martien absorbe totalement le flux dirigé vers le bas : p_{m,\mathrm{a},a} = \varepsilon \sigma T_a^4.

On synthétise l'ensemble de ces flux surfaciques sur le schéma ci-dessous :

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez la précision et la justesse physique du schéma demandé par l'énoncé.

« Les questions demandant explicitement des schémas (Q2., Q29. et Q35.) ont trop souvent donné lieu à des schémas imprécis ou faux »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : effet de serre, bilan radiatif

À partir de deux bilans de puissances, déterminer la température d'équilibre du sol martien, , en présence d'une atmosphère en fonction de , , et , puis en fonction uniquement de et .

Voir l'indice

Écrire le bilan radiatif surfacique au niveau de l'atmosphère (qui réémet symétriquement vers le haut et vers le bas) et au niveau du sol martien, puis éliminer la température atmosphérique T_a.

Voir la stratégie
  1. Effectuer le bilan radiatif sur la couche atmosphérique à l'état stationnaire (puissance absorbée = puissance émise) pour relier la température atmosphérique T_a à la température du sol T'_m.
  2. Écrire le bilan radiatif sur le sol martien (ou sur le système global {sol + atmosphère}) pour relier le rayonnement solaire incident net aux flux infrarouges réémis.
  3. Éliminer T_a pour en déduire l'expression de T'_m en fonction de \mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}, \alpha, \varepsilon et r_m, puis l'exprimer simplement en fonction de T_m et \varepsilon.
Voir la réponse courte

Écritures des bilans radiatifs sol et atmosphère menant à T'_m = T_m / (1 - \varepsilon/2)^{1/4}.

Voir le corrigé complet

L'atmosphère formant une couche de faible épaisseur (e \ll R_m), sa surface d'échange vers le haut (vers l'espace) et sa surface d'échange vers le bas (vers le sol) sont toutes deux assimilées à l'aire de la planète 4\pi R_m^2.

1. Bilan radiatif sur l'atmosphère À l'équilibre radiatif stationnaire, la puissance totale absorbée par l'atmosphère est égale à la puissance totale qu'elle émet :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{a,\mathrm{a}} &= \mathcal{P}_{a,\mathrm{e}} \end{aligned}

L'atmosphère est transparente au rayonnement solaire (visible) et absorbe une fraction \varepsilon du rayonnement infrarouge émis par le sol :

\mathcal{P}_{a,\mathrm{a}} = \varepsilon \left(4\pi R_m^2 \sigma {T'_m}^4\right)

Elle émet un rayonnement thermique infrarouge isotrope à la température T_a, avec un facteur d'émission égal à son facteur d'absorption \varepsilon, à la fois vers le haut (espace) et vers le bas (sol) :

\mathcal{P}_{a,\mathrm{e}} = 2 \times \left(4\pi R_m^2 \varepsilon \sigma T_a^4\right)

L'égalité des puissances conduit à :

\varepsilon \sigma {T'_m}^4 = 2\varepsilon \sigma T_a^4 \implies \sigma T_a^4 = \frac{1}{2}\,\sigma {T'_m}^4

2. Bilan radiatif sur le sol martien Le sol martien absorbe la puissance solaire nette non réfléchie \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} ainsi que la totalité du rayonnement atmosphérique descendant :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\mathrm{re\text{ç}ue, sol}} &= \mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} + 4\pi R_m^2 \varepsilon \sigma T_a^4 \end{aligned}

avec, d'après les questions Q24 et Q25 :

\mathcal{P}_{m,\mathrm{a}} = (1 - \alpha) \frac{R_m^2}{4 r_m^2}\,\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}

À l'équilibre, cette puissance reçue est intégralement rayonnée par le sol :

\mathcal{P}_{\text{ém, sol}} = 4\pi R_m^2 \sigma {T'_m}^4

L'égalité \mathcal{P}_{\mathrm{re\text{ç}ue, sol}} = \mathcal{P}_{\text{ém, sol}} s'écrit donc, en divisant par 4\pi R_m^2 :

\frac{(1 - \alpha)\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{16\pi r_m^2} + \varepsilon \sigma T_a^4 = \sigma {T'_m}^4

3. Détermination de T'_m En injectant l'expression de \sigma T_a^4 issue du bilan sur l'atmosphère :

\begin{aligned} \frac{(1 - \alpha)\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{16\pi r_m^2} + \frac{\varepsilon}{2}\,\sigma {T'_m}^4 &= \sigma {T'_m}^4 \\ \sigma {T'_m}^4 \left(1 - \frac{\varepsilon}{2}\right) &= \frac{(1 - \alpha)\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{16\pi r_m^2} \\ \sigma {T'_m}^4 \left(\frac{2 - \varepsilon}{2}\right) &= \frac{(1 - \alpha)\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{16\pi r_m^2} \end{aligned}

On en déduit l'expression de la température d'équilibre en présence d'atmosphère :

\boxed{T'_{m} = \left[\frac{(1 - \alpha)\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{8\pi\sigma r_m^2 (2 - \varepsilon)}\right]^{1/4}}

En rappelant l'expression de la température d'équilibre sans atmosphère obtenue à la question Q27 :

T_m = \left[\frac{(1 - \alpha)\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{16\pi\sigma r_m^2}\right]^{1/4} \implies T_m^4 = \frac{(1 - \alpha)\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{16\pi\sigma r_m^2}

on obtient la relation remarquable :

{T'_m}^4 = \frac{2}{2 - \varepsilon}\,T_m^4

soit :

\boxed{T'_m = T_m \left(\frac{2}{2 - \varepsilon}\right)^{1/4}}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : effet de serre, émissivité

Calculer la valeur du coefficient d'absorption qu'il faudrait pour obtenir une température moyenne au sol de 298 K sur Mars. Commenter le résultat.

Voir l'indice

Isoler le facteur d'absorption \varepsilon dans l'expression de T'_m pour T'_m = 298\text{ K}, et commenter la cohérence physique de la valeur obtenue.

Voir la stratégie
  1. Isoler le coefficient d'absorption \varepsilon à partir de la relation établie à la question Q30 liant T'_m, T_m et \varepsilon.
  2. Effectuer l'application numérique avec la température cible T'_m = 298\text{ K} et la température d'équilibre sans atmosphère T_m = 210\text{ K}.
  3. Commenter la valeur obtenue au regard de la définition physique d'un facteur d'absorption (\varepsilon \leqslant 1) et des limites du modèle d'atmosphère à une seule couche.
Voir la réponse courte

Résolution pour T'_m = 298\text{ K} donnant \varepsilon = 2 [1 - (T_m/T'_m)^4] > 1, ce qui est physiquement impossible pour une monocouche.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, la température d'équilibre du sol martien en présence d'une atmosphère est reliée à la température sans atmosphère T_m par :

T'_m = T_m \left(\frac{2}{2 - \varepsilon}\right)^{1/4}

En élevant cette relation à la puissance 4, il vient :

\left(\frac{T'_m}{T_m}\right)^4 = \frac{2}{2 - \varepsilon} \iff 2 - \varepsilon = 2 \left(\frac{T_m}{T'_m}\right)^4

On en déduit l'expression du coefficient d'absorption :

\varepsilon = 2\left[1 - \left(\frac{T_m}{T'_m}\right)^4\right]

Application numérique : avec T'_m = 298\text{ K} et T_m = 210\text{ K} (donnée du sujet et question Q27) :

\begin{aligned} \frac{T_m}{T'_m} &= \frac{210}{298} \approx 0{,}7047 \\ \left(\frac{T_m}{T'_m}\right)^4 &\approx 0{,}2466 \\ \varepsilon &= 2 \times (1 - 0{,}2466) \approx 1{,}51 \end{aligned}
\boxed{\varepsilon \approx 1{,}5}

Commentaire :

  • Par définition du bilan radiatif et du principe de conservation de l'énergie, un coefficient d'absorption est une grandeur physique bornée : \varepsilon \in [0, 1]. Une valeur \varepsilon > 1 est donc physiquement impossible.
  • Dans le cadre de ce modèle d'atmosphère isotherme à une seule couche, la température maximale atteignable correspond à une absorption infrarouge totale (\varepsilon = 1), soit :

    T'_{m,\max} = 2^{1/4} T_m \approx 1{,}189 \times 210\text{ K} \approx 250\text{ K} \quad (-23^\circ\text{C})

    Cette température reste nettement inférieure à la température de confort visée de 298\text{ K} (25^\circ\text{C}).

  • Pour terraformer Mars et atteindre une température moyenne de 298\text{ K}, un modèle à une seule couche d'atmosphère est insuffisant : il faudrait une atmosphère très dense présentant un gradient vertical de température (analogue à un modèle à couches multiples de fort effet de serre) ou coupler cet effet de serre à une diminution de l'albédo de surface \alpha.

Résultat

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Rayonnement thermique

Notions : effet de serre, albédo

Déterminer la température d'équilibre du sol martien maximale envisageable en supposant que l'on soit capable d'optimiser les coefficients et . Conclure.

Voir l'indice

Maximiser la température d'équilibre en choisissant les valeurs extrêmes théoriques \alpha = 0 (absorption totale du rayonnement solaire) et \varepsilon = 1 (effet de serre maximal pour une couche unique).

Voir la stratégie
  1. Exprimer T'_m en fonction des paramètres \alpha et \varepsilon à partir de la relation établie à la question Q30.
  2. Identifier les bornes physiques admissibles pour l'albédo \alpha et l'émissivité/absorption \varepsilon afin de maximiser la température.
  3. Calculer la température maximale T'_{m,\max} et la comparer aux températures d'intérêt (point de fusion de l'eau, 298\text{ K}) pour conclure sur la pertinence d'une atmosphère à une couche.
Voir la réponse courte

Avec \alpha = 0 et \varepsilon = 1, la température maximale vaut 2^{1/4} T_{m,\text{max}} \approx 260\text{ K}, restant inférieure à 298 K sans apport supplémentaire.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, la température d'équilibre du sol s'écrit :

T'_m(\alpha, \varepsilon) = \left[ \frac{(1 - \alpha)\,\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{8\pi\sigma\, r_m^2\,(2 - \varepsilon)} \right]^{1/4} = \left[ \frac{(1 - \alpha)\,p_{m,\mathrm{i}}}{2\sigma\,(2 - \varepsilon)} \right]^{1/4}

où p_{m,\mathrm{i}} = \frac{\mathcal{P}_{s,\mathrm{e}}}{4\pi r_m^2} \approx 589\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} est la puissance surfacique solaire reçue à l'orbite de Mars (question Q24).

Pour maximiser T'_m, il convient d'optimiser séparément les deux coefficients :

  • Le facteur (1 - \alpha) est maximal lorsque l'albédo de Bond est minimal, c'est-à-dire \alpha = 0 (le sol martien se comporte comme un corps noir dans le domaine visible et absorbe la totalité du rayonnement solaire incident).
  • Le terme \frac{1}{2 - \varepsilon} est maximal lorsque le coefficient d'absorption \varepsilon prend sa valeur maximale physiquement possible, soit \varepsilon = 1 (l'atmosphère se comporte comme un corps noir dans le domaine infrarouge et absorbe la totalité du rayonnement émis par le sol).

La température maximale théorique envisageable dans ce modèle à une seule couche s'exprime donc par :

T'_{m,\max} = \left( \frac{p_{m,\mathrm{i}}}{2\sigma} \right)^{1/4} = T_m \left( \frac{2}{1 - \alpha} \right)^{1/4}

où T_m \approx 210\text{ K} est la température d'équilibre sans atmosphère pour \alpha = 0{,}25 (question Q27).

Application numérique :

\begin{aligned} T'_{m,\max} &= 210 \times \left( \frac{2}{1 - 0{,}25} \right)^{1/4} = 210 \times \left( \frac{8}{3} \right)^{1/4} \\ T'_{m,\max} &\approx 210 \times 1{,}278 \approx 268\text{ K} \quad (\text{soit } -5^\circ\text{C}) \end{aligned}
\boxed{T'_{m,\max} = \left( \frac{p_{m,\mathrm{i}}}{2\sigma} \right)^{1/4} \approx 268\text{ K} \approx -5^\circ\text{C}}

Conclusion : Même sous les hypothèses les plus favorables (\alpha = 0 et \varepsilon = 1), la température maximale d'équilibre reste inférieure à la température de fusion de l'eau (273\text{ K}) et bien en deçà des 298\text{ K} (25^\circ\text{C}) requis pour une habitabilité terrestre. Un modèle d'atmosphère isotherme à une seule couche est donc insuffisant pour réchauffer durablement Mars au-delà de 0^\circ\text{C}. Une terraformation efficace nécessiterait une atmosphère épaisse et multicouche (présentant un fort gradient vertical de température) ou l'apport de puissants gaz à effet de serre artificiels.

Résultat

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II.B.1 · Transfert de masse depuis la ceinture d'Astéroïdes - Détermination de la masse d'astéroïdes nécessaire à la constitution d'une atmosphère suffisante

Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : masse atmosphérique, pression au sol

En se plaçant dans le cadre du modèle de l'atmosphère isotherme à l'équilibre, calculer la masse totale de l'atmosphère correspondant à cette valeur limite de pression.

Voir l'indice

Utiliser l'expression approchée de la masse atmosphérique obtenue en Q10 avec la nouvelle pression de consigne P'_0 = 10^5\text{ Pa}.

Voir la stratégie
  1. Réutiliser l'expression de la masse totale d'une atmosphère isotherme établie à la question Q10 en fonction de la pression au sol.
  2. Utiliser l'approximation H \ll R_m pour exprimer simplement m'_{\mathrm{atm}} à partir de la surface martienne 4\pi R_m^2 et de la nouvelle pression P'_0 = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa}.
  3. Effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Formule m'_{\text{atm}} \approx 4\pi R_m^2 P'_0 / g_0 avec la pression cible de 1 bar, donnant m'_{\text{atm}} \approx 3{,}9\times 10^{18}\text{ kg}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, la masse totale d'une atmosphère dans le cadre du modèle isotherme à l'équilibre s'écrit :

m_{\mathrm{atm}} = \frac{4\pi P_0}{g_0}\left[2H^2 + 2HR_m + R_m^2\right]

Puisque la hauteur d'échelle H \approx 10{,}8\text{ km} est très petite devant le rayon martien R_m \approx 3{,}39 \times 10^3\text{ km} (H/R_m \sim 3 \times 10^{-3} \ll 1), la masse totale est reliée à la pression au sol par l'expression approchée :

m'_{\mathrm{atm}} \approx \frac{4\pi R_m^2 P'_0}{g_0}

où P'_0 = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa}.

En appliquant numériquement avec R_m = 3{,}39 \times 10^6\text{ m} et g_0 = 3{,}73\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} (déterminé en Q5) :

\begin{aligned} m'_{\mathrm{atm}} &\approx \frac{4\pi \times (3{,}39 \times 10^6)^2 \times 10^5}{3{,}73} \\ &\approx 3{,}9 \times 10^{18}\text{ kg} \end{aligned}
\boxed{m'_{\mathrm{atm}} \approx 3{,}9 \times 10^{18}\text{ kg}}

Résultat

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Question 34

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : bilan de matière, ordre de grandeur

Estimer la masse d'astéroïdes, notée , à déplacer depuis la ceinture d'astéroïdes dans le but de former une atmosphère de masse composée majoritairement de dioxyde de carbone.

Voir l'indice

Calculer la masse de carbone contenue dans l'atmosphère de \text{CO}_2 visée, puis utiliser la fraction massique en carbone des astéroïdes (2\%) pour remonter à la masse totale requise.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la masse de carbone nécessaire pour constituer une masse m'_{\mathrm{atm}} de dioxyde de carbone \mathrm{CO_2} par conservation de l'élément carbone.
  2. Vérifier que l'oxygène n'est pas le facteur limitant dans les astéroïdes.
  3. En déduire la masse totale d'astéroïdes m_{\mathrm{ast}} à déplacer à partir de la fraction massique en carbone, puis la comparer aux caractéristiques de la ceinture d'astéroïdes.
Voir la réponse courte

Prise en compte de la fraction massique en \text{CO}_2 des astéroïdes pour déduire la masse totale m_{\text{ast}} \sim 10^{19}\text{ kg}.

Voir le corrigé complet

L'atmosphère visée est majoritairement constituée de dioxyde de carbone \mathrm{CO_2}. Une mole de \mathrm{CO_2} de masse molaire M_{\mathrm{CO_2}} = M_{\mathrm{C}} + 2M_{\mathrm{O}} = 12 + 2\times 16 = 44\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} contient une mole d'atomes de carbone de masse molaire M_{\mathrm{C}} = 12\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}.

La fraction massique de carbone dans le dioxyde de carbone vaut donc :

w_{\mathrm{C}/\mathrm{CO_2}} = \frac{M_{\mathrm{C}}}{M_{\mathrm{CO_2}}} = \frac{12}{44} = \frac{3}{11} \approx 27{,}3\,\%

Pour former une atmosphère de masse m'_{\mathrm{atm}}, la masse de carbone requise est :

m_{\mathrm{C}} = \frac{M_{\mathrm{C}}}{M_{\mathrm{CO_2}}}\, m'_{\mathrm{atm}}

Les astéroïdes renferment une fraction massique en carbone w_{\mathrm{C}} = 2\,\% = 0{,}02. Par ailleurs, l'eau (11\,\%) et les silicates (85\,\%) qu'ils contiennent fournissent une quantité d'oxygène largement excédentaire par rapport aux besoins stœchiométriques de la réaction de formation de \mathrm{CO_2}. Le carbone est donc l'élément limitant.

La masse d'astéroïdes m_{\mathrm{ast}} nécessaire pour apporter cette quantité de carbone s'écrit alors :

m_{\mathrm{ast}} = \frac{m_{\mathrm{C}}}{w_{\mathrm{C}}} = \frac{M_{\mathrm{C}}}{w_{\mathrm{C}}\, M_{\mathrm{CO_2}}}\, m'_{\mathrm{atm}}

En utilisant la valeur m'_{\mathrm{atm}} \approx 3{,}86 \times 10^{18}\text{ kg} obtenue à la question Q33 :

\begin{aligned} m_{\mathrm{ast}} &= \frac{12}{0{,}02 \times 44} \times 3{,}86 \times 10^{18} \\ m_{\mathrm{ast}} &\approx 5{,}3 \times 10^{19}\text{ kg} \end{aligned}
\boxed{m_{\mathrm{ast}} = \frac{M_{\mathrm{C}}}{w_{\mathrm{C}}\, M_{\mathrm{CO_2}}}\, m'_{\mathrm{atm}} \approx 5{,}3 \times 10^{19}\text{ kg}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question difficile, rarement abordée avec succès par les candidats.

« Question rarement abordée avec succès. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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II.B.2 · Transfert de masse depuis la ceinture d'Astéroïdes - À propos du transfert d'un astéroïde

Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : orbite de hohmann, trajectoire képlérienne

Réaliser un schéma légendé précisant les orbites et la demi-ellipse de transfert en jeu. Les points et seront indiqués, ainsi que le centre du Soleil.

Voir l'indice

Tracer les orbites circulaires coplanaires de la ceinture et de Mars, puis la demi-ellipse tangente intérieurement à la ceinture en son aphélie A et tangente extérieurement à Mars en son périhélie P.

Voir la réponse courte

Schéma clair montrant le Soleil au foyer, l'orbite de la ceinture (aphélie A), l'orbite de Mars (périhélie P) et la demi-ellipse de transfert.

Voir le corrigé complet

Le transfert de Hohmann s'effectue entre deux orbites circulaires coplanaires centrées sur le Soleil S :

  • l'orbite de la ceinture d'astéroïdes, circulaire de rayon r_{\text{ast}}, parcourue initialement par l'astéroïde ;
  • l'orbite martienne, circulaire de rayon r_m < r_{\text{ast}} ;
  • la trajectoire de transfert, qui est une demi-ellipse de foyer S, bitangente aux deux orbites circulaires :

    • à son aphélie A, située sur l'orbite de la ceinture d'astéroïdes : r_A = SA = r_{\text{ast}} ;
    • à son périhélie P, située sur l'orbite de Mars : r_P = SP = r_m.

L'astéroïde effectue le transfert depuis la ceinture vers l'orbite de Mars ; il parcourt donc la demi-ellipse dans le sens allant de A vers P.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'orbite elliptique de transfert de Hohmann doit être tangente aux orbites circulaires sans les couper.

« Question très classique autour de l’orbite de transfert mais donnant lieu à des schémas trop souvent farfelus même dans de bonnes copies. »

« Les trajectoires circulaire et l’elliptique ne se coupent pas. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : moment cinétique, énergie mécanique

Rappeler et justifier les deux lois de conservation usuelles dans le cadre de l'étude mécanique d'un point matériel en mouvement dans un champ de force centrale conservatif.

Voir l'indice

Citer la conservation du moment cinétique (due au moment nul de la force centrale) et la conservation de l'énergie mécanique (due au caractère conservatif de la force gravitationnelle).

Voir la stratégie
  1. On se place dans le référentiel héliocentrique supposé galiléen, pour un point matériel M de masse m soumis à une force centrale de centre S : \vec{F} = F(r)\,\vec{u}_r, dérivant de l'énergie potentielle E_p(r).
  2. On applique le théorème du moment cinétique en S pour établir la conservation du moment cinétique vectoriel \vec{L}_S.
  3. On applique le théorème de l'énergie mécanique pour établir la conservation de l'énergie mécanique E_m.
Voir la réponse courte

Conservation du moment cinétique (moment des forces centrales nul) et conservation de l'énergie mécanique (forces conservatives).

Voir le corrigé complet

Soit un point matériel M de masse m, en mouvement dans le référentiel héliocentrique \mathcal{R} supposé galiléen, soumis à une force centrale conservative de centre fixe S :

\vec{F} = F(r)\,\vec{u}_r = -\vec{\nabla} E_p(r)

où \vec{r} = \overrightarrow{SM} = r\,\vec{u}_r.

1. Conservation du moment cinétique par rapport au centre de force S Le théorème du moment cinétique appliqué au point M en S dans le référentiel galiléen \mathcal{R} s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\vec{L}_S}{\mathrm{d}t} = \vec{\mathcal{M}}_S(\vec{F}) = \overrightarrow{SM} \wedge \vec{F}

Or la force étant centrale de centre S, elle est colinéaire à \overrightarrow{SM} :

\overrightarrow{SM} \wedge \vec{F} = (r\,\vec{u}_r) \wedge \left(F(r)\,\vec{u}_r\right) = \vec{0}

On en déduit :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\vec{L}_S}{\mathrm{d}t} = \vec{0} \quad \implies \quad \vec{L}_S(M) = \overrightarrow{SM} \wedge m\vec{v} = \vec{\text{cte}}}

Cette invariance vectorielle implique que la trajectoire est plane (contenue dans le plan passant par S et orthogonal au vecteur constant \vec{L}_S) et entraîne la loi des aires (r^2 \dot{\theta} = C = \text{cte}).

2. Conservation de l'énergie mécanique Le théorème de l'énergie mécanique appliqué au point matériel M dans \mathcal{R} s'écrit :

\frac{\mathrm{d}E_m}{\mathrm{d}t} = \mathcal{P}(\vec{F}_{\text{nc}})

où \mathcal{P}(\vec{F}_{\text{nc}}) est la puissance développée par d'éventuelles forces non conservatives. La force centrale est ici la seule force appliquée et elle est conservative, donc \mathcal{P}(\vec{F}_{\text{nc}}) = 0. Il vient ainsi :

\boxed{\frac{\mathrm{d}E_m}{\mathrm{d}t} = 0 \quad \implies \quad E_m = E_c + E_p = \text{cte}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Associez précisément le caractère central ou conservatif de la force à chaque grandeur conservée.

« Il est important de bien savoir associer chaque qualificatif (centrale / conservative) à la grandeur conservée. »

« Plusieurs évoquent la loi des aires et la planéité du mouvement qui sont des conséquences de la conservation du moment cinétique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : orbite circulaire, énergie mécanique

Déterminer une expression de l'énergie mécanique que possède l'astéroïde Patientia, relativement au référentiel héliocentrique d'étude galiléen, lorsqu'il est en orbite circulaire au niveau de la ceinture.

Voir l'indice

Utiliser la relation fondamentale de la dynamique pour une orbite circulaire afin de relier l'énergie cinétique à l'énergie potentielle gravitationnelle.

Voir la réponse courte

Mouvement circulaire : v_1^2 = G m_s / r_1 d'où l'énergie mécanique E_{m1} = -G m_s m_p / (2 r_1).

Voir le corrigé complet

On étudie l'astéroïde Patientia, assimilé à un point matériel M de masse m_p, en orbite circulaire de rayon r_{\text{ast}} autour du Soleil de masse m_s, dans le référentiel héliocentrique supposé galiléen.

La seule force prise en compte est la force gravitationnelle attractive exercée par le Soleil :

\vec{F} = -\frac{G m_s m_p}{r_{\text{ast}}^2}\,\vec{u}_r

Pour une orbite circulaire de rayon r_{\text{ast}}, le mouvement est uniforme à la vitesse tangentielle v_1. Le vecteur accélération est purement centripète :

\vec{a} = -\frac{v_1^2}{r_{\text{ast}}}\,\vec{u}_r

La deuxième loi de Newton projetée sur le vecteur unitaire radial \vec{u}_r donne :

\begin{aligned} -m_p \frac{v_1^2}{r_{\text{ast}}} &= -\frac{G m_s m_p}{r_{\text{ast}}^2} \\ \implies v_1^2 &= \frac{G m_s}{r_{\text{ast}}} \end{aligned}

L'énergie cinétique de l'astéroïde sur cette orbite s'écrit donc :

E_{c1} = \frac{1}{2}m_p v_1^2 = \frac{G m_s m_p}{2 r_{\text{ast}}}

Avec la convention usuelle d'une énergie potentielle nulle à l'infini (E_p(\infty) = 0), l'énergie potentielle gravitationnelle vaut :

E_{p1} = -\frac{G m_s m_p}{r_{\text{ast}}}

L'énergie mécanique totale E_{m1} = E_{c1} + E_{p1} est donc :

\begin{aligned} E_{m1} &= \frac{G m_s m_p}{2 r_{\text{ast}}} - \frac{G m_s m_p}{r_{\text{ast}}} \end{aligned}
\boxed{E_{m1} = -\frac{G m_s m_p}{2 r_{\text{ast}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde aux erreurs de signe dans l'expression de l'énergie potentielle gravitationnelle.

« trop d’erreurs de signe dans l’expression de l’énergie potentielle ont été rencontrées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 38

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : coordonnée polaire, constante des aires

Expliciter le vecteur vitesse du point et son vecteur moment cinétique par rapport au centre en coordonnées polaires. Exprimer ensuite le moment cinétique en fonction de la constante des aires notée .

Voir l'indice

Dériver le vecteur position en coordonnées polaires pour obtenir la vitesse, puis calculer le produit vectoriel \vec{r} \wedge m_p \vec{v}.

Voir la réponse courte

Vecteur vitesse \vec{v} = \dot{r}\vec{u}_r + r\dot{\theta}\vec{u}_\theta et moment cinétique \vec{L} = m_p r^2\dot{\theta}\vec{u}_z = m_p C \vec{u}_z.

Voir le corrigé complet

Le mouvement de l'astéroïde assimilé au point matériel M de masse m_p a lieu dans le plan de l'orbite contenant le centre S du Soleil. On repère la position de M par ses coordonnées polaires (r, \theta) dans le plan, associées à la base orthonormée directe (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z) où \vec{u}_z est orthogonal au plan orbital.

Le vecteur position s'écrit :

\overrightarrow{SM} = r\,\vec{u}_r

Par dérivation par rapport au temps dans le référentiel héliocentrique, le vecteur vitesse s'exprime sous la forme :

\boxed{ \vec{v} = \dot{r}\,\vec{u}_r + r\dot{\theta}\,\vec{u}_\theta }

Le moment cinétique du point matériel M par rapport au centre d'attraction S est donné par :

\vec{L} = \overrightarrow{SM} \wedge (m_p \vec{v}) = r\,\vec{u}_r \wedge m_p \left(\dot{r}\,\vec{u}_r + r\dot{\theta}\,\vec{u}_\theta\right)

Comme \vec{u}_r \wedge \vec{u}_r = \vec{0} et \vec{u}_r \wedge \vec{u}_\theta = \vec{u}_z, il vient :

\boxed{ \vec{L} = m_p r^2 \dot{\theta}\,\vec{u}_z }

Par définition, la constante des aires C correspond au moment cinétique par unité de masse, soit :

C = r^2 \dot{\theta}

Le vecteur moment cinétique s'écrit donc en fonction de C :

\boxed{ \vec{L} = m_p C\,\vec{u}_z }

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : énergie potentielle effective, énergie mécanique

Mettre sous la forme et donner l'expression de .

Voir l'indice

Exprimer la vitesse orthoradiale en fonction du moment cinétique ou de la constante des aires C, et regrouper l'énergie cinétique orthoradiale avec l'énergie potentielle gravitationnelle dans E_{\text{eff}}(r).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique E_c en coordonnées polaires en séparant le terme radial \dot{r}^2 et le terme orthoradial (r\dot{\theta})^2.
  2. Exprimer l'énergie potentielle gravitationnelle E_p(r) du système astéroïde-Soleil.
  3. Éliminer la vitesse angulaire \dot{\theta} au profit de la constante des aires C obtenue à la question Q38 pour regrouper tous les termes ne dépendant que de r au sein de l'énergie potentielle effective E_{\mathrm{eff}}(r).
Voir la réponse courte

Décomposition E_m = \frac{1}{2}m_p\dot{r}^2 + E_{\text{eff}}(r) avec E_{\text{eff}}(r) = \frac{m_p C^2}{2r^2} - \frac{G m_s m_p}{r}.

Voir le corrigé complet

L'énergie mécanique de l'astéroïde de masse m_p dans le référentiel héliocentrique galiléen est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle gravitationnelle :

E_m = E_c + E_p(r)

D'après la question Q38, le vecteur vitesse s'écrit \vec{v} = \dot{r}\,\vec{u}_r + r\dot{\theta}\,\vec{u}_\theta. L'énergie cinétique vaut donc :

E_c = \frac{1}{2}m_p v^2 = \frac{1}{2}m_p \dot{r}^2 + \frac{1}{2}m_p r^2 \dot{\theta}^2

La force de gravitation solaire \vec{F} = -\frac{G m_s m_p}{r^2}\,\vec{u}_r dérive de l'énergie potentielle :

E_p(r) = -\frac{G m_s m_p}{r}

en choisissant l'origine des potentiels à l'infini (E_p(\infty) = 0).

La constante des aires introduite à la question Q38 étant C = r^2\dot{\theta}, on a :

r\dot{\theta} = \frac{C}{r} \implies \frac{1}{2}m_p r^2 \dot{\theta}^2 = \frac{m_p C^2}{2r^2}

L'énergie mécanique s'écrit alors :

E_m = \frac{1}{2}m_p \dot{r}^2 + \left( \frac{m_p C^2}{2r^2} - \frac{G m_s m_p}{r} \right)

En identifiant à la forme E_m = \frac{1}{2}m_p\dot{r}^2 + E_{\mathrm{eff}}(r), on obtient :

\boxed{E_{\mathrm{eff}}(r) = \frac{m_p C^2}{2r^2} - \frac{G m_s m_p}{r}}

Résultat

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Question 40

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : demi-grand axe, énergie mécanique

En utilisant le résultat de la question précédente, obtenir la relation donnant l'énergie mécanique de l'astéroïde Patientia sur la trajectoire de Hohmann en fonction de son demi-grand axe , ainsi que de , et .

Voir l'indice

Exprimer l'annulation de la vitesse radiale aux apsides (périhélie et aphélie) et relier les positions à l'aide de r_A + r_P = 2a pour retrouver l'expression standard de l'énergie mécanique sur une ellipse.

Voir la stratégie
  1. Identifier les points d'annulation de la vitesse radiale \dot{r} sur l'ellipse de transfert (les apsides : périhélie P et aphélie A).
  2. Traduire \dot{r} = 0 sous la forme d'une équation du second degré en r dont r_P et r_A sont les racines.
  3. Relier la somme des racines r_P + r_A au demi-grand axe a = (r_P + r_A)/2 grâce aux relations coefficients-racines pour isoler E_m.
Voir la réponse courte

Aux apsides \dot{r}=0, les racines de E_m = E_{\text{eff}}(r) donnent r_P+r_A = 2a et E_m = -\frac{G m_s m_p}{2a}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q39, l'énergie mécanique de l'astéroïde s'écrit sous la forme radiale :

E_m = \frac{1}{2} m_p \dot{r}^2 + E_{\mathrm{eff}}(r) = \frac{1}{2} m_p \dot{r}^2 + \frac{m_p C^2}{2r^2} - \frac{G m_s m_p}{r}

Sur la trajectoire elliptique, la distance au centre attracteur r(t) est bornée entre la distance périhélique r_P et la distance aphélique r_A. En ces deux points extrémaux (les apsides), la coordonnée radiale passe par un extremum, ce qui implique :

\dot{r} = 0

Les distances r_P et r_A sont donc les deux racines positives de l'équation E_m = E_{\mathrm{eff}}(r), soit :

E_m = \frac{m_p C^2}{2r^2} - \frac{G m_s m_p}{r}

Puisque r > 0 et pour une orbite liée (E_m < 0), cette équation se réécrit sous forme polynomiale :

r^2 + \frac{G m_s m_p}{E_m}\, r - \frac{m_p C^2}{2E_m} = 0

D'après les relations entre coefficients et racines d'un trinôme du second degré, la somme des deux racines r_P et r_A vaut :

r_P + r_A = -\frac{G m_s m_p}{E_m}

Or, par définition géométrique du demi-grand axe a d'une ellipse, le grand axe vérifie 2a = r_P + r_A. On en déduit :

2a = -\frac{G m_s m_p}{E_m}

D'où l'expression de l'énergie mécanique de l'astéroïde sur sa trajectoire de Hohmann :

\boxed{E_m = -\frac{G m_s m_p}{2a}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : énergie mécanique, transfert orbital

Indiquer, avec justification, si ce passage correspond à une diminution ou à une augmentation de l'énergie mécanique de l'astéroïde.

Voir l'indice

Comparer les demi-grands axes de l'orbite circulaire initiale (a_1 = r_{\text{ast}}) et de l'ellipse de transfert (a = (r_{\text{ast}}+r_m)/2 < r_{\text{ast}}).

Voir la réponse courte

L'ellipse a un demi-grand axe a < r_1, donc son énergie mécanique est plus négative : le transfert nécessite une diminution d'énergie mécanique.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q37 et Q40, l'énergie mécanique de l'astéroïde Patientia vaut :

  • sur son orbite circulaire initiale de rayon r_{\text{ast}} :

    E_{m1} = -\frac{G m_s m_p}{2 r_{\text{ast}}}
  • sur la demi-ellipse de transfert de Hohmann de demi-grand axe a :

    E_m = -\frac{G m_s m_p}{2a}

Le transfert s'effectuant vers une orbite plus proche du Soleil (r_m < r_{\text{ast}}), le demi-grand axe de l'ellipse de Hohmann vérifie :

a = \frac{r_{\text{ast}} + r_m}{2} < r_{\text{ast}}

Il s'ensuit que :

\frac{1}{a} > \frac{1}{r_{\text{ast}}} \implies -\frac{G m_s m_p}{2a} < -\frac{G m_s m_p}{2 r_{\text{ast}}}

soit :

E_m < E_{m1}

Le passage de l'orbite initiale à la trajectoire de Hohmann correspond donc à une diminution de l'énergie mécanique :

\boxed{\Delta E_m = E_m - E_{m1} < 0}

Résultat

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Question 42

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale

Notions : impulsion de vitesse, orbite de hohmann

Exprimer en fonction des différentes données de l'énoncé. En faire une application numérique.

Voir l'indice

Calculer la vitesse sur l'orbite circulaire initiale v_1 et la vitesse à l'aphélie de l'ellipse de transfert v_A par conservation de l'énergie mécanique, puis en déduire \Delta v = v_A - v_1.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la vitesse orbitale v_1 de l'astéroïde sur sa trajectoire circulaire initiale.
  2. Déterminer la vitesse v_A de l'astéroïde à l'aphélie A de l'ellipse de transfert à l'aide de la conservation de l'énergie mécanique.
  3. En déduire l'expression de la variation de vitesse \Delta v et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Calcul de la vitesse à l'aphélie v_A = \sqrt{2GM_s r_P / [r_A(r_A+r_P)]} puis du freinage \Delta v = v_1 - v_A \approx 2{,}5\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Sur l'orbite circulaire initiale de rayon r_{\text{ast}}, la vitesse de Patientia est donnée d'après la question Q37 par :

v_1 = \sqrt{\frac{G m_s}{r_{\text{ast}}}}

À l'aphélie A de l'ellipse de transfert de Hohmann, la distance au Soleil est r_A = r_{\text{ast}} et la vitesse est purement orthoradiale (\dot{r} = 0). L'énergie mécanique de l'astéroïde s'écrit alors :

E_m = \frac{1}{2}m_p v_A^2 - \frac{G m_s m_p}{r_{\text{ast}}}

D'après la question Q40, cette énergie mécanique vaut également E_m = -\dfrac{G m_s m_p}{2a}, avec le demi-grand axe a = \dfrac{r_{\text{ast}} + r_m}{2}. On en déduit :

\frac{1}{2}m_p v_A^2 = \frac{G m_s m_p}{r_{\text{ast}}} - \frac{G m_s m_p}{r_{\text{ast}} + r_m} = \frac{G m_s m_p\, r_m}{r_{\text{ast}}(r_{\text{ast}} + r_m)}

Soit pour la vitesse à l'aphélie :

v_A = \sqrt{\frac{2 G m_s r_m}{r_{\text{ast}}(r_{\text{ast}} + r_m)}} = \sqrt{\frac{G m_s}{r_{\text{ast}}}}\,\sqrt{\frac{2 r_m}{r_{\text{ast}} + r_m}}

La variation de la valeur de la vitesse lors du freinage à l'aphélie s'écrit donc algébriquement :

\Delta v = v_A - v_1 = \sqrt{\frac{G m_s}{r_{\text{ast}}}}\left(\sqrt{\frac{2 r_m}{r_{\text{ast}} + r_m}} - 1\right)

En valeur absolue (l'incrément de vitesse en norme nécessaire à la manœuvre) :

\boxed{|\Delta v| = v_1 - v_A = \sqrt{\frac{G m_s}{r_{\text{ast}}}}\left(1 - \sqrt{\frac{2 r_m}{r_{\text{ast}} + r_m}}\right)}

Application numérique :

  • G = 6{,}67 \times 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • m_s = 1{,}99 \times 10^{30}\text{ kg} ;
  • r_{\text{ast}} = 4{,}6 \times 10^8\text{ km} = 4{,}6 \times 10^{11}\text{ m} ;
  • r_m = 2{,}28 \times 10^8\text{ km} = 2{,}28 \times 10^{11}\text{ m}.

On calcule d'abord les deux vitesses :

\begin{aligned} v_1 &= \sqrt{\frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 1{,}99 \times 10^{30}}{4{,}6 \times 10^{11}}} \approx 1{,}70 \times 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 17{,}0\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \\ \sqrt{\frac{2 r_m}{r_{\text{ast}} + r_m}} &= \sqrt{\frac{2 \times 2{,}28 \times 10^{11}}{4{,}6 \times 10^{11} + 2{,}28 \times 10^{11}}} = \sqrt{\frac{4{,}56}{6{,}88}} \approx 0{,}814 \\ v_A &= 17{,}0 \times 0{,}814 \approx 13{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

D'où l'amplitude de la variation de vitesse :

\boxed{|\Delta v| \approx 3{,}2 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 3{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}} \quad (\text{soit } \Delta v \approx -3{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1})

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Question très sélective, rarement abordée avec succès par les candidats.

« Très rarement abordée avec succès. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 43

DifficileTemps estimé : ≈ 12 min
  • Application numérique
  • Résolution de problème

Chapitre : Mécanique › Mouvement dans un champ de force centrale ; Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques

Notions : orbite de hohmann, équation de tsiolkovski

Montrer, par une approche quantitative, qu'une telle démarche pour effectuer l'opération de transfert de l'astéroïde Patientia sur la trajectoire de Hohmann souhaitée n'est pas vraiment envisageable.

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Appliquer l'équation de la fusée de Tsiolkovski pour estimer la masse d'ergols requise afin de faire varier la vitesse d'une masse m_p = 10^{19}\text{ kg} de |\Delta v|, et comparer cette masse aux ordres de grandeurs réalistes.

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  1. Appliquer le bilan de quantité de mouvement à l'ensemble \{\text{astéroïde} + \text{propulseur} + \text{ergols}\} pour établir l'équation de Tsiolkovski reliant la variation de vitesse \Delta v à la masse d'éjectat nécessaire.
  2. Calculer numériquement la masse d'ergols m_{\text{erg}} requise pour freiner Patientia de |\Delta v|.
  3. Évaluer l'énergie cinétique minimale à fournir aux gaz éjectés et comparer ces grandeurs à des échelles physiques et technologiques réalistes pour conclure.
Voir la réponse courte

Estimation de la masse d'ergols nécessaire via l'équation de Tsiolkovski : la masse obtenue est bien trop colossale pour être envisageable.

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Soit le système fermé constitué de l'astéroïde et de son engin de masse totale m(t) à l'instant t. Durant l'intervalle \mathrm{d}t, une masse d'ergols \mathrm{d}m_e = -\mathrm{d}m > 0 est éjectée à la vitesse relative \vec{v}_e = -v_e\,\vec{u}_v (éjection vers l'avant pour freiner le système).

En négligeant l'action gravitationnelle du Soleil pendant la durée très brève de l'impulsion (combustion assimilée à un choc), la quantité de mouvement totale du système se conserve :

\vec{P}(t) = m\vec{v} \quad \text{et} \quad \vec{P}(t+\mathrm{d}t) = (m+\mathrm{d}m)(\vec{v}+\mathrm{d}\vec{v}) + (-\mathrm{d}m)(\vec{v} - v_e\,\vec{u}_v)

En développant au premier ordre, il vient :

m\,\mathrm{d}v = - v_e\,\mathrm{d}m

En intégrant entre l'état initial (masse totale m_i) et l'état final (masse finale m_f \approx m_p), on obtient l'équation de Tsiolkovski :

|\Delta v| = v_e \ln\left(\frac{m_i}{m_f}\right) \implies m_i = m_p \exp\left(\frac{|\Delta v|}{v_e}\right)

La masse d'ergols m_{\text{erg}} à consommer et à éjecter s'écrit donc :

\boxed{ m_{\text{erg}} = m_i - m_p = m_p \left[\exp\left(\frac{|\Delta v|}{v_e}\right) - 1\right] }

D'après la question Q42, |\Delta v| \approx 3{,}2 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Avec v_e = 1 \times 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et m_p = 1 \times 10^{19}\text{ kg} :

\frac{|\Delta v|}{v_e} = \frac{3{,}2 \times 10^3}{1{,}0 \times 10^4} = 0{,}32
m_{\text{erg}} = 1 \times 10^{19} \times \left(\mathrm{e}^{0{,}32} - 1\right) \approx 3{,}8 \times 10^{18}\text{ kg}

L'énergie cinétique minimale communiquée aux gaz éjectés lors de cette manœuvre s'élève à :

E_{\text{prop}} \sim \frac{1}{2} m_{\text{erg}} v_e^2 \approx \frac{1}{2} \times (3{,}8 \times 10^{18}) \times (10^4)^2 \approx 1{,}9 \times 10^{26}\text{ J}

Conclusion :

  • La masse de fluide propulsif à apporter (m_{\text{erg}} \approx 3{,}8 \times 10^{18}\text{ kg}) représente près de 38\,\% de la masse de l'astéroïde lui-même et plus d'un millième de la masse totale de toute la ceinture d'astéroïdes (3 \times 10^{21}\text{ kg}). Acheminer une telle masse de carburant est hors de portée.
  • L'énergie requise (E_{\text{prop}} \sim 2 \times 10^{26}\text{ J}) dépasse d'environ six ordres de grandeur la consommation énergétique annuelle mondiale de l'humanité (\sim 6 \times 10^{20}\text{ J}).

Une telle démarche n'est donc absolument pas envisageable avec des technologies de propulsion par réaction.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2024 ?

Surtout 4 chapitres : Mouvement dans un champ de force centrale (24 % des questions), Rayonnement thermique (23 %), Statique des fluides (15 %) et Dynamique des fluides parfaits (13 %). Plus ponctuellement : Description d'un système thermodynamique, Électrostatique, Cinématique des fluides, Référentiels non galiléens et forces d'inertie, Bilans macroscopiques…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2024 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 17 questions sur 43 (40 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie I.B.1 (Q6 à Q8). Avec les autres programmes de première année : 10 en MPSI, 10 en MP2I, 10 en TSI1 et 9 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2024 ?

Environ 3 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2024 ?

Q22 (débit massique) et Q43 (orbite de hohmann), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2024 ?

Questions de cours : Q1 (pesanteur martienne), Q2 (loi de coulomb), Q3 (théorème de gauss), Q6 (équation fondamentale de la statique des fluides), Q11 (libre parcour moyen), Q23 (loi de stefan-boltzmann), Q28 (loi de wien), Q36 (moment cinétique)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (théorème de gauss), Q7 (atmosphère isotherme), Q27 (température d'équilibre), Q30 (effet de serre), Q37 (orbite circulaire) et Q40 (demi-grand axe).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (29 sur 43), par exemple : Q1 à Q6, Q8, Q9, Q11, Q14, Q17, Q18, Q20, Q23 à Q29, Q31 à Q33, Q35 à Q39 et Q41. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q7, Q10, Q19 et Q40.

Quelle a été la moyenne au sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2024 ?

Moyenne : 9,2/20 (écart-type 4,11, 3 570 présents).

Quelle formule utiliser pour traiter la question ouverte Q43 ?

L'équation de Tsiolkovski \Delta v = v_e \ln(m_i/m_f). Elle permet de relier la variation de vitesse \Delta v déterminée en Q42 à la masse d'ergols requise, prouvant que cette masse est démesurée face aux moyens techniques disponibles.

Quel est le piège stœchiométrique dans le calcul de masse en Q34 ?

Ne pas oublier le rapport de masses molaires M_{\mathrm{C}}/M_{\mathrm{CO}_2}. Le carbone de l'astéroïde réagit pour former du dioxyde de carbone : omettre ce facteur revient à surestimer la masse d'astéroïdes nécessaire d'un facteur 3,7 environ.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.