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Corrigé détaillé X ENS Physique B PC 2022

Étude de l'hélium superfluide métastable

Le sujet en bref

Sujet difficile · Ondes électromagnétiques dans les milieux, Ondes mécaniques et acoustiques, Changements d'état du corps pur · 8 incontournables · 10 questions de première année
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Ce sujet d'une grande élégance aborde la physique fascinante de l'hélium 4 liquide à basse température, depuis ses propriétés superfluides quantiques jusqu'à l'exploration d'états métastables sous pressions négatives (en tension mécanique). L'épreuve associe de la thermodynamique fine des transitions de phase (transition , nucléation homogène, équation d'état de van der Waals) à des techniques optiques modernes de caractérisation non intrusive.

La seconde moitié propose une modélisation progressive et très formatrice de l'acousto-optique non linéaire, mêlant interférométrie de Jamin (avec inversion d'Abel), diffusion Brillouin spontanée (collision photon-phonon) et diffusion Brillouin stimulée par électrostriction. D'un niveau d'exigence conceptuelle élevé mais toujours bien guidé, ce problème constitue une excellente synthèse pour les révisions des concours ENS et Polytechnique en filière PC.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,61/20)
Temps estimé
≈ 3 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

8 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

14 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (14) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    Q28 : L'équation (10) de l'énoncé comporte une anomalie de signe : les deux signes moins se simplifient formellement, ce qui aboutit à +g_\infty. Il faut conserver le signe moins requis pour retrouver l'expression demandée décrivant l'amplification de l'onde rétrograde.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

32 questions
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Partie 1 : L'hélium liquide à basse température

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : premier principe, capacité thermique

On refroidit une masse d'hélium liquide à pression constante de à avec une puissance de refroidissement constante au cours du temps. Par application du premier principe, exprimer en fonction des données du problème. Donner l'allure de l'évolution temporelle de la température de l'hélium à partir de la courbe .

Voir l'indice

Appliquer le premier principe sous forme élémentaire \mathrm{d}H = \delta Q = \mathcal{P}_{\text{th}} \mathrm{d}t pour une transformation monobare. Exprimer \mathrm{d}H = m c_p(T) \mathrm{d}T et remarquer que le pic de c_p à T_\lambda induit un ralentissement marqué du refroidissement.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la masse m d'hélium liquide sous forme différentielle entre les instants t et t + \mathrm{d}t, pour une transformation monobare.
  2. Relier la variation élémentaire d'enthalpie \mathrm{d}H à la capacité thermique massique c_p(T) et en déduire la dérivée temporelle \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}.
  3. Analyser la pente \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}(t) en fonction des valeurs de c_p(T) pour tracer l'allure de la courbe T(t).
Voir la réponse courte

Premier principe à pression constante : \mathrm{d}T/\mathrm{d}t = \mathcal{P}_{\text{th}}/(m c_p), puis allure de T(t) avec un replat au pic \lambda.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par la masse m d'hélium liquide. La transformation s'effectuant à pression constante p sans autre travail que celui des forces pressantes, le premier principe de la thermodynamique s'écrit pour une durée élémentaire \mathrm{d}t :

\mathrm{d}H = \delta Q = \mathcal{P}_{\text{th}} \, \mathrm{d}t

Par définition de la capacité thermique massique à pression constante c_p(T), la différentielle de l'enthalpie s'exprime par :

\mathrm{d}H = m \, c_p(T) \, \mathrm{d}T

On en déduit immédiatement :

m \, c_p(T) \, \mathrm{d}T = \mathcal{P}_{\text{th}} \, \mathrm{d}t

soit l'expression de la vitesse de refroidissement :

\boxed{\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathcal{P}_{\text{th}}}{m \, c_p(T)}}

Allure de l'évolution temporelle T(t) : Puisque \mathcal{P}_{\text{th}} < 0, la température T(t) est une fonction strictement décroissante du temps. La valeur absolue de la pente est inversement proportionnelle à c_p(T) :

\left| \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} \right| = \frac{|\mathcal{P}_{\text{th}}|}{m \, c_p(T)}

D'après la courbe c_p(T) de la figure 1(a) :

  • Pour T > T_\lambda (de 5\text{ K} à environ 2{,}5\text{ K}), c_p présente une valeur modérée (de l'ordre de 3 à 4\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}) : la température décroît à vitesse quasi-constante.
  • Au voisinage de T_\lambda \simeq 2{,}17\text{ K}, c_p(T) présente un pic très prononcé (qui tend vers une valeur très élevée) : la vitesse de refroidissement \left|\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}\right| s'effondre, ce qui se traduit par un quasi-palier (inflexion avec une pente minimale proche de l'horizontale).
  • Pour T < T_\lambda, c_p(T) chute rapidement lorsque T s'approche de 1\text{ K} : la vitesse de refroidissement augmente très fortement et la température chute de façon abrupte.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : diagramme de phase, corps pur diphasé

Donner le diagramme de phase typique d'un corps pur en équilibre. Comparer avec celui de l'hélium. Que se passe-t-il lors du refroidissement d'un système le long de sa ligne de coexistence avec la phase gazeuse ? Que se passe-t-il pour l'hélium ?

Voir l'indice

Tracer le diagramme classique (p,T) d'un corps pur en faisant figurer le point triple. Souligner que l'hélium reste liquide jusqu'au zéro absolu à basse pression (p < 25\text{ bar}) grâce aux fluctuations quantiques de point zéro.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'allure générale et les points remarquables (point triple, point critique, courbes d'équilibre) du diagramme (p, T) d'un corps pur usuel.
  2. Identifier les singularités majeures du diagramme de l'hélium 4 (Figure 2 de l'énoncé) : absence de point triple solide-liquide-gaz, persistance de la phase liquide à T \to 0\text{ K}, existence de deux phases liquides (hélium-I et hélium-II).
  3. Suivre une trajectoire de refroidissement le long de la courbe de saturation gaz-liquide pour un corps pur classique, puis pour l'hélium.
Voir la réponse courte

Tracé du diagramme (p,T) usuel et comparaison avec l'hélium qui reste liquide jusqu'au zéro absolu sous pression ambiante.

Voir le corrigé complet

1. Diagramme de phase (p, T) typique d'un corps pur

Le diagramme d'équilibre (p, T) d'un corps pur usuel présente trois domaines correspondant aux trois états de la matière (solide, liquide, gaz), délimités par trois courbes de coexistence :

  • la courbe de sublimation (équilibre solide-gaz) ;
  • la courbe de vaporisation (équilibre liquide-gaz), qui débute au point triple et se termine au point critique C ;
  • la courbe de fusion (équilibre solide-liquide), de pente généralement positive.

Ces trois courbes se coupent en un point unique, le point triple, où coexistent les trois phases à l'équilibre.

2. Comparaison avec le diagramme de l'hélium

Le diagramme d'état de l'hélium (Fig. 2) présente plusieurs différences remarquables :

  • Absence de point triple classique : il n'existe aucun point de coexistence entre les phases solide, liquide et gaz.
  • Absence de solidification à pression modérée : la phase solide n'apparaît qu'au-delà d'une pression minimale d'environ 25\text{ bar} (2{,}5 \times 10^6\text{ Pa}). Même lorsque T \to 0\text{ K}, l'hélium reste liquide à basse pression.
  • Existence de deux phases liquides : le liquide normal (hélium-I) à plus haute température et le liquide superfluide (hélium-II) à basse température, séparés par la ligne de transition \lambda.

3. Refroidissement le long de la ligne de coexistence liquide-gaz

  • Corps pur usuel : lors du refroidissement le long de la courbe d'équilibre liquide-gaz, le système atteint le point triple où le liquide se solidifie entièrement à température constante (chaleur latente de solidification). Si l'on poursuit le refroidissement, le système suit la courbe de sublimation (coexistence solide-gaz).
  • Pour l'hélium : en suivant la courbe de vapeur saturante, le système ne rencontre jamais de phase solide. À la température T_\lambda \simeq 2{,}17\text{ K}, l'hélium-I subit la transition \lambda et devient superfluide (hélium-II). L'hélium demeure liquide (hélium-II) en équilibre avec sa vapeur jusqu'à T = 0\text{ K}.
Voir ce qu'a relevé le jury

La pente de la ligne solide-liquide d'un corps pur typique est positive, le comportement de l'eau constituant une exception.

« Dès la deuxième question (Q2) , un bon tiers des candidats ne s’est pas souvenu que le diagramme de phase (p,T) pour l’eau n’est pas typique de celui d’un corps pur à l’équilibre, mais constitue plutôt l’exception à la règle, avec sa pente négative le long de la ligne de transition solide/liquide. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : écoulement parfait, viscosité

Donner brièvement quelques caractéristiques d'un écoulement parfait.

Voir l'indice

Citer l'absence de viscosité et de dissipation visqueuse, la condition de glissement parfait aux parois solides, ainsi que la validité de l'équation d'Euler et du théorème de Bernoulli.

Voir la réponse courte

Définition d'un fluide parfait : fluide non visqueux où les contraintes tangentielles et la dissipation d'énergie sont négligées.

Voir le corrigé complet

Un écoulement parfait (ou écoulement d'un fluide parfait) est caractérisé par :

  • L'absence d'effets visqueux : la viscosité dynamique est nulle (\eta = 0), ce qui implique l'absence de contraintes de cisaillement (tangentielles) et donc l'absence de dissipation visqueuse d'énergie mécanique.
  • Une condition aux limites de glissement à la paroi : contrairement aux fluides réels où s'applique la condition d'adhérence (\vec{v} = \vec{v}_{\text{paroi}}), un fluide parfait vérifie uniquement la condition d'imperméabilité (ou de non-pénétration) :

    \vec{v} \cdot \vec{n} = \vec{v}_{\text{paroi}} \cdot \vec{n}

    ce qui permet à la vitesse tangentielle d'être non nulle à la paroi.

  • L'équation d'Euler : le bilan de quantité de mouvement s'exprime par l'équation d'Euler (l'équation de Navier-Stokes privée du terme visqueux \eta \Delta \vec{v}) :

    \rho \left( \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v} \cdot \vec{\nabla})\vec{v} \right) = -\vec{\nabla} p + \vec{f}_{\text{vol}}
  • La conservation de la charge / théorème de Bernoulli : en régime permanent et pour un fluide incompressible homogène (ou barotrope), la charge mécanique se conserve le long des lignes de courant.
Voir ce qu'a relevé le jury

Un fluide parfait est caractérisé par l'absence d'effets dissipatifs et ne doit pas être confondu avec un fluide incompressible ou irrotationnel.

« il règne dans les réponses à cette Q3 une très grande confusion entre cette notion — qui a essentiellement trait au caractère non dissipatif d’un écoulement— et les propriétés d’incompressibilité ou le statut irrotationnel d’un fluide. »

« Pour la Q3, rappelons qu’un fluide parfait est un fluide pour lequel les effets de viscosité et de conductivité thermique sont négligés. »

« À noter que de très nombreux candidats n’hésitent pas à écrire, dans la même phrase, qu’une viscosité nulle correspond à un nombre de Reynolds très petit (!). »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I

Notions : relation de de broglie, onde de matière

Les propriétés surprenantes de l'hélium superfluide sont une manifestation directe d'effets quantiques. À partir des données fournies dans l'énoncé, donner la distance interatomique typique de l'hélium en phase superfluide. Déterminer la longueur d'onde de de Broglie, notée , en fonction de , , et en supposant que l'énergie cinétique est de l'ordre de . Donner la dépendance de la longueur d'onde de de Broglie en . On considère que le fluide est quantique lorsque . Donner un ordre de grandeur de la température à laquelle les effets quantiques apparaissent et commenter ce résultat.

Voir l'indice

Relier la distance interatomique a à la masse volumique par a \sim (m_{\mathrm{He}}/\rho)^{1/3} en exploitant la donnée \sqrt[3]{50} \simeq 3{,}5. Exprimer l'impulsion p = \sqrt{2 m_{\mathrm{He}} E_c} avec E_c = 3 k_B T avant d'égaliser \Lambda \sim a.

Voir la stratégie
  1. Estimer la distance interatomique a à partir du volume moyen occupé par un atome, en reliant la masse volumique de la phase liquide \rho (lue sur la figure 1(b)) et la masse d'un atome d'hélium m_{\mathrm{He}}.
  2. Exprimer l'impulsion p en fonction de l'énergie cinétique E_c \sim 3k_B T, puis en déduire la longueur d'onde thermique de de Broglie \Lambda = h/p.
  3. Égaler \Lambda et a pour déterminer la température de dégénérescence quantique T_q, faire l'application numérique et la comparer à T_\lambda.
Voir la réponse courte

Longueur d'onde thermique de de Broglie \Lambda \propto T^{-1/2} et estimation de la température de dégénérescence quantique pour \Lambda \sim a.

Voir le corrigé complet

1. Distance interatomique typique a

D'après le graphe de la figure 1(b), la masse volumique de l'hélium liquide au voisinage de la transition \lambda et en phase superfluide est de l'ordre de \rho \simeq 140\text{ à } 145\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}. En retenant la valeur \rho \simeq 140\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} qui permet d'exploiter l'indication de l'énoncé :

a^3 \sim \frac{m_{\mathrm{He}}}{\rho} = \frac{7 \times 10^{-27}}{140} = 50 \times 10^{-30}\text{ m}^3

En utilisant l'indication \sqrt[3]{50} \simeq 3{,}5, on obtient :

\boxed{a \sim \left(\frac{m_{\mathrm{He}}}{\rho}\right)^{1/3} \simeq 3{,}5 \times 10^{-10}\text{ m} = 0{,}35\text{ nm}}

2. Longueur d'onde de de Broglie \Lambda

L'énergie cinétique classique non relativiste d'un atome est reliée à son impulsion par E_c = \frac{p^2}{2m_{\mathrm{He}}}. Avec E_c \sim 3k_B T, l'impulsion caractéristique s'écrit :

p = \sqrt{2m_{\mathrm{He}}E_c} \sim \sqrt{6m_{\mathrm{He}}k_B T}

La relation de de Broglie donne alors :

\boxed{\Lambda = \frac{h}{p} \sim \frac{h}{\sqrt{6 m_{\mathrm{He}} k_B T}}}

La longueur d'onde de de Broglie évolue en température selon :

\boxed{\Lambda \propto T^{-1/2}}

3. Température d'apparition des effets quantiques

Les effets quantiques se manifestent lorsque les fonctions d'onde des atomes se recouvrent de manière significative, soit pour \Lambda \sim a. Cette condition correspond à une température caractéristique T_q telle que :

\frac{h}{\sqrt{6 m_{\mathrm{He}} k_B T_q}} \sim a \implies T_q \sim \frac{h^2}{6 m_{\mathrm{He}} k_B a^2}

Avec a = 3{,}5 \times 10^{-10}\text{ m} = \frac{7}{2} \times 10^{-10}\text{ m}, soit a^2 = \frac{49}{4} \times 10^{-20}\text{ m}^2 :

\begin{aligned} T_q &\sim \frac{(7 \times 10^{-34})^2}{6 \times (7 \times 10^{-27}) \times (1{,}4 \times 10^{-23}) \times \left(\frac{49}{4} \times 10^{-20}\right)} \\ &= \frac{49 \times 10^{-68}}{\frac{3}{2} \times 7 \times 1{,}4 \times 49 \times 10^{-70}} = \frac{10^2}{\frac{3}{2} \times 9{,}8} \simeq \frac{100}{14{,}7} \simeq 7\text{ K} \end{aligned}
\boxed{T_q \sim \text{quelques Kelvin} \quad (\approx 2\text{ à } 7\text{ K})}

Commentaire : L'ordre de grandeur obtenu pour T_q coïncide remarquablement avec la température de la transition superfluide (T_\lambda \simeq 2{,}17\text{ K}). Cela confirme que la superfluidité de l'hélium est une manifestation macroscopique de la physique quantique (condensation de Bose-Einstein).

Résultat

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Partie 2 : États métastables de l'hélium liquide

2.1 · Métastabilité et cavitation

Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : tension superficielle, état métastable

Quelle est l'interprétation physique du second terme qui apparaît dans l'expression de ? Tracer l'allure de en fonction de à fixée. Mettre en évidence une valeur de , notée , qui rend maximale (on note le maximum de ). On donnera les expressions de et de . Quelle énergie faut-il fournir pour qu'il y ait rupture de l'état métastable (i.e. cavitation) ?

Voir l'indice

Le second terme représente le coût énergétique associé à la création de la surface interfaciale liquide-gaz. Chercher le maximum de \Delta E(r) en annulant sa dérivée par rapport à r pour trouver r_c et \Delta E^*.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du second terme comme l'énergie interfaciale associée à la création de la surface de la bulle.
  2. Étudier les variations de la fonction \Delta E(r) en calculant sa dérivée par rapport à r pour identifier le rayon critique r_c et la barrière énergétique \Delta E^*.
  3. Tracer l'allure de la courbe en faisant apparaître les points remarquables (sommet et passage par zéro), puis interpréter physiquement la hauteur de la barrière à franchir.
Voir la réponse courte

Interprétation de l'énergie interfaciale, dérivation de \Delta E(r) pour déterminer le rayon critique r_c et la barrière de cavitation \Delta E^*.

Voir le corrigé complet

1. Interprétation physique du second terme

Le second terme, E_s = 4\pi \gamma r^2, représente le coût énergétique interfacial lié à la création d'une interface liquide-gaz d'aire S = 4\pi r^2. Le coefficient de tension superficielle \gamma > 0 correspond à l'énergie par unité de surface à fournir pour rompre les liaisons attractives du liquide lors de la formation de l'interface. Ce terme pénalise énergétiquement la formation de la bulle.

2. Recherche du maximum de \Delta E(r)

La variation d'énergie s'écrit, en posant \Delta p = p_{\text{sat}} - p > 0 (puisque l'hélium est métastable, p < p_{\text{sat}}) :

\Delta E(r) = -\frac{4}{3}\pi \Delta p \, r^3 + 4\pi \gamma r^2

Dérivons cette fonction par rapport au rayon r :

\frac{\mathrm{d}\Delta E}{\mathrm{d}r} = -4\pi \Delta p \, r^2 + 8\pi \gamma r = 4\pi r \, (2\gamma - \Delta p \, r)

Pour r > 0, cette dérivée s'annule en une valeur critique r_c :

\boxed{r_c = \frac{2\gamma}{p_{\text{sat}} - p}}

La dérivée seconde au point r_c vaut :

\left.\frac{\mathrm{d}^2\Delta E}{\mathrm{d}r^2}\right|_{r_c} = -8\pi \Delta p \, r_c + 8\pi\gamma = -16\pi\gamma + 8\pi\gamma = -8\pi\gamma < 0

Il s'agit donc bien d'un maximum local, noté \Delta E^*. En évaluant \Delta E en r_c :

\begin{aligned} \Delta E^* = \Delta E(r_c) &= -\frac{4}{3}\pi \Delta p \, r_c^3 + 4\pi\gamma r_c^2 \\ &= 4\pi r_c^2 \left( \gamma - \frac{1}{3}\Delta p \, r_c \right) \\ &= 4\pi r_c^2 \left( \gamma - \frac{2}{3}\gamma \right) = \frac{4\pi}{3}\gamma r_c^2 \end{aligned}

En injectant l'expression de r_c, on obtient :

\boxed{\Delta E^* = \frac{16\pi\gamma^3}{3(p_{\text{sat}} - p)^2}}

3. Tracé de \Delta E(r)

La courbe part de l'origine \Delta E(0) = 0, s'annule à nouveau pour r_0 = \frac{3}{2}r_c = \frac{3\gamma}{p_{\text{sat}}-p}, et tend vers -\infty lorsque r \to +\infty car le terme volumique en -r^3 domine à grande échelle.

4. Énergie à fournir pour la rupture de l'état métastable

Pour r < r_c, la dérivée \frac{\mathrm{d}\Delta E}{\mathrm{d}r} est positive : la bulle a tendance à se résorber spontanément pour minimiser l'énergie. En revanche, dès que r > r_c, \frac{\mathrm{d}\Delta E}{\mathrm{d}r} < 0, de sorte que la croissance de la bulle devient spontanée et conduit à la transition de phase liquide \to gaz (cavitation).

L'état liquide métastable est donc piégé derrière une barrière d'activation. L'énergie minimale qu'il faut fournir au système pour créer un germe de taille surcritique (r \ge r_c) et provoquer la cavitation est la hauteur de cette barrière :

\boxed{E_{\text{fournie}} = \Delta E^*}

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : facteur de boltzmann, loi d'arrhenius

Soit la probabilité de cavitation par unité de volume et par unité de temps à . Proposer une expression de en fonction de , de et d'une constante de même dimension que .

Voir l'indice

Adopter une loi d'activation thermique de type Arrhenius où la probabilité de franchissement de la barrière de potentiel \Delta E^* est pondérée par le facteur de Boltzmann \exp(-\Delta E^*/k_B T).

Voir la stratégie

La cavitation homogène nécessite le franchissement d'une barrière d'énergie d'activation \Delta E^* par le biais des fluctuations thermiques du fluide. On propose donc une loi d'activation thermique de type Boltzmann/Arrhenius.

Voir la réponse courte

Loi d'activation thermique de type Boltzmann : \Gamma = \Gamma_0 \exp(-\Delta E^* / k_B T).

Voir le corrigé complet

La formation d'une bulle de gaz de taille critique r_c requiert de franchir la barrière de potentiel \Delta E^* déterminée à la question précédente.

Dans un système à la température T, la probabilité pour qu'une fluctuation thermique fournisse une énergie \Delta E^* est régie par le facteur de Boltzmann \exp\left(-\frac{\Delta E^*}{k_B T}\right).

Par conséquent, le taux de cavitation par unité de volume et par unité de temps suit une loi d'activation thermique (analogue à la loi d'Arrhenius) :

\boxed{\Gamma = \Gamma_0 \exp\left(-\frac{\Delta E^*}{k_B T}\right)}

où \Gamma_0 est un préfacteur cinétique ayant la dimension de \Gamma, c'est-à-dire en \mathrm{m^{-3}\cdot s^{-1}}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait penser à la statistique de Boltzmann pour exprimer le taux de cavitation, par analogie avec la loi d'Arrhénius.

« La loi de Boltzmann (Q6) ne semble pas faire partie des connaissances spontanément restituables par une bonne moitié des candidats »

« moins de la moitié des candidats pensent à la statistique de Boltzmann pour décrire le taux de cavitation. Beaucoup trop se contentent d’une expression dimensionnellement correcte. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : état métastable, nucléation

La présence d'impureté a pour effet de diminuer . Pourquoi l'hélium liquide à basse température est-il intéressant pour l'étude des états métastables de la matière condensée ?

Voir l'indice

Dans un fluide classique, les impuretés provoquent une nucléation hétérogène parasite à faible barrière d'activation. L'extrême pureté de l'hélium liquide à basse température permet d'étudier la cavitation homogène intrinsèque.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le rôle des impuretés comme sites de nucléation hétérogène et son impact sur la barrière d'énergie \Delta E^*.
  2. Relier la hauteur de la barrière au taux de cavitation \Gamma obtenu à la question Q6.
  3. Utiliser le préambule de la section 2 pour expliquer la pureté exceptionnelle de l'hélium liquide à très basse température et son intérêt pour l'étude fondamentale de la nucléation homogène.
Voir la réponse courte

À très basse température, les impuretés sont gelées et précipitent, permettant d'observer la nucléation homogène intrinsèque de l'hélium.

Voir le corrigé complet

Dans un liquide ordinaire, la présence d'impuretés ou de poussières favorise la nucléation hétérogène : les cavités se forment préférentiellement au niveau de ces impuretés, ce qui abaisse considérablement la barrière d'énergie d'activation \Delta E^*. D'après l'expression établie à la question Q6,

\Gamma = \Gamma_0 \exp\left(-\frac{\Delta E^*}{k_B T}\right)

une diminution de \Delta E^* entraîne une augmentation spectaculaire de la probabilité de cavitation par unité de temps et de volume. L'état métastable est alors détruit quasi instantanément (temps de vie extrêmement court), empêchant toute observation approfondie.

L'hélium liquide à basse température (T \sim 1\text{ à }4\text{ K}) est remarquable à deux égards :

  • Une pureté extrême : à ces températures, toutes les impuretés chimiques (autres gaz, poussières) sont congelées sous forme solide sur les parois ou décantent au fond de la cellule. Par simple filtration, on obtient un fluide d'une pureté exceptionnelle, exempt de sites de nucléation hétérogène ;
  • L'observation de la nucléation homogène intrinsèque : la rupture de métastabilité ne peut se faire que par nucléation homogène intrinsèque, régie par la barrière théorique maximale \Delta E^*. L'hélium liquide permet ainsi d'explorer des états métastables profonds (jusqu'à des pressions fortement négatives) et d'étudier la physique fondamentale des transitions de phase sans les artefacts expérimentaux liés aux impuretés.
Voir ce qu'a relevé le jury

Une réponse concise devait mentionner à la fois l'effet des impuretés et la diminution de la probabilité de cavitation à basse température via le facteur de Boltzmann.

« À la Q7, la discussion faite est souvent verbeuse, ou incomplète : simplement, il ne fallait pas oublier que non seulement la présence d’impuretés diminue la probabilité de cavitation, mais qu’encore, et toutes choses étant égales par ailleurs, cette probabilité est plus faible à très basse température à cause de la dépendance via le facteur de Boltzmann. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : processus de poisson, cinétique

On crée un état métastable de volume . On note la probabilité que la cavitation ait eu lieu entre les instants et . correspond ainsi à la probabilité qu'il y ait cavitation entre un temps et un temps . Exprimer en fonction de , et et en déduire une équation différentielle sur . En déduire l'expression de .

Voir l'indice

Raisonner sur la probabilité de survie de l'état métastable 1 - \Sigma(t). La probabilité de caviter entre t et t+\mathrm{d}t sachant qu'aucune bulle n'est apparue vaut \Gamma V \mathrm{d}t, ce qui fournit une équation différentielle linéaire du premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'événement « la cavitation a lieu entre t et t+\mathrm{d}t » comme l'intersection de deux événements indépendants : le liquide est resté métastable jusqu'à t, puis un germe apparaît dans le volume V pendant l'intervalle \mathrm{d}t.
  2. Passer à la limite \mathrm{d}t \to 0 pour établir l'équation différentielle linéaire du premier ordre régissant \Sigma(t).
  3. Intégrer l'équation différentielle avec la condition initiale physique \Sigma(0) = 0.
Voir la réponse courte

Bilan de probabilité sur [t, t+\mathrm{d}t] menant à l'équation différentielle et à la loi \Sigma(t) = 1 - \exp(-\Gamma V t).

Voir le corrigé complet

Pour que la cavitation se produise entre les instants t et t+\mathrm{d}t, deux conditions nécessaires et indépendantes doivent être réunies :

  • le système n'a pas encore cavité entre 0 et t, ce qui correspond à une probabilité de survie 1 - \Sigma(t) ;
  • un événement de cavitation s'amorce au sein du volume V au cours de l'intervalle \mathrm{d}t. Par définition du taux volumique \Gamma, cette probabilité conditionnelle vaut \Gamma \, V \, \mathrm{d}t (au premier ordre en \mathrm{d}t).

La probabilité conjointe s'écrit donc :

\Sigma(t + \mathrm{d}t) - \Sigma(t) = \bigl(1 - \Sigma(t)\bigr) \, \Gamma V \, \mathrm{d}t

En divisant par \mathrm{d}t, on obtient l'équation différentielle :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\Sigma}{\mathrm{d}t} + \Gamma V \, \Sigma(t) = \Gamma V}

À l'instant initial de préparation de l'état métastable (t = 0), la cavitation n'a pas encore eu lieu, soit \Sigma(0) = 0. La solution de cette équation différentielle avec second membre constant s'écrit alors directement :

\boxed{\Sigma(t) = 1 - \exp\left(-\Gamma V t\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury exige un raisonnement rigoureux sans manipulation artificielle de signes ou utilisation de probabilités négatives.

« Concernant Q8, les candidats sont arrivés à une expression faisant intervenir une exponentielle par tous les moyens possibles, même les plus illicites (probabilité négative et/ou ne se sommant pas à 1). »

« Rappelons que les correcteurs ne regardent pas seulement si la formule finale est correcte, mais scrutent aussi le raisonnement à partir du point de départ, ainsi que les étapes intermédiaires pour détecter les changements de signes subrepticement introduits »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 9

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : état métastable, pression de vapeur saturante

On définit la pression de cavitation telle que la probabilité de cavitation définie au bout d'un temps est égale à : donner son expression en fonction de , , , , et . Que se passe-t-il quand ? Commenter le signe de à basse température. Comment doit-on choisir et pour maximiser (avec ) ?

Voir l'indice

Résoudre l'égalité \Sigma(\tau) = 1/2 pour isoler \Delta E^*, puis réinjecter l'expression de \Delta E^* en fonction de p_{\text{sat}} - p_c. Noter que le terme thermique diverge lorsque T \to 0, ce qui pousse p_c vers des valeurs très négatives.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition \Sigma(\tau) = 1/2 à l'aide de la loi de probabilité obtenue à la question Q8, puis relier le taux \Gamma à l'énergie d'activation \Delta E^* (question Q6).
  2. Réinjecter l'expression de \Delta E^* en fonction de p_{\text{sat}} - p_c (question Q5) pour isoler la pression de cavitation p_c.
  3. Analyser le comportement à la limite T \to 0, expliciter la signification physique d'une pression négative, et discuter la minimisation de V et \tau pour maximiser |p_c|.
Voir la réponse courte

Résolution de \Sigma(\tau) = 1/2 pour exprimer p_c ; divergence vers des pressions fortement négatives à T \to 0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q8, la probabilité de cavitation au bout d'un temps \tau s'écrit :

\Sigma(\tau) = 1 - \exp(-\Gamma V \tau)

La condition \Sigma(\tau) = \frac{1}{2} impose :

\exp(-\Gamma V \tau) = \frac{1}{2} \iff \Gamma V \tau = \ln 2

En utilisant l'expression du taux de cavitation \Gamma = \Gamma_0 \exp\left(-\frac{\Delta E^*}{k_B T}\right) établie en Q6, il vient :

\begin{aligned} \Gamma_0 \exp\left(-\frac{\Delta E^*}{k_B T}\right) V \tau &= \ln 2 \\ \Delta E^* &= k_B T \ln\left(\frac{\Gamma_0 V \tau}{\ln 2}\right) \end{aligned}

En injectant l'expression de la barrière énergétique \Delta E^* = \dfrac{16\pi\gamma^3}{3(p_{\text{sat}} - p_c)^2} issue de la question Q5 (avec p_c < p_{\text{sat}}) :

(p_{\text{sat}} - p_c)^2 = \frac{16\pi\gamma^3}{3 k_B T \ln\left(\dfrac{\Gamma_0 V \tau}{\ln 2}\right)}

Comme p_c < p_{\text{sat}}, on en déduit l'expression de la pression de cavitation :

\boxed{p_c = p_{\text{sat}} - \sqrt{\frac{16\pi\gamma^3}{3 k_B T \ln\left(\dfrac{\Gamma_0 V \tau}{\ln 2}\right)}}}

Limite quand T \to 0 : Le terme sous la racine diverge en T^{-1/2}, ce qui conduit selon ce modèle à :

p_c \xrightarrow[T \to 0]{} -\infty

Physiquement, les fluctuations d'origine purement thermique s'éteignent au zéro absolu, rendant la nucléation thermique classiquement impossible. En réalité, à très basse température, un mécanisme quantique prend le relais : la nucléation par effet tunnel macroscopique à travers la barrière de potentiel, ce qui sature la pression de cavitation à une valeur finie négative.

Signe de p_c à basse température : À basse température, p_{\text{sat}} \simeq 0 tandis que le terme soustractif est très grand devant p_{\text{sat}}. Par conséquent :

p_c < 0

Une pression négative signifie que le liquide n'est plus comprimé mais soumis à un état de traction mécanique (tension hydrostatique), rendu possible par les forces attractives interatomiques de van der Waals et l'absence d'impuretés.

Choix de V et \tau pour maximiser |p_c| : Pour p_c < 0, on a |p_c| = -p_c \simeq \sqrt{\frac{16\pi\gamma^3}{3 k_B T \ln\left(\frac{\Gamma_0 V \tau}{\ln 2}\right)}} - p_{\text{sat}}. Pour maximiser |p_c|, il faut rendre le dénominateur de la fraction sous la racine le plus petit possible. Il convient donc de choisir :

  • un volume d'essai V le plus petit possible ;
  • une durée d'observation \tau la plus courte possible.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective demandant d'enchaîner les calculs algébriques issus des questions précédentes et d'interpréter le résultat final.

« La Q9, l’une des rares questions « à tiroirs » du sujet, nécessitait quelques lignes de calculs algébriques, se basant sur les résultats établis lors de toutes les questions précédentes, et il fallait conclure en interprétant de manière un peu subtile la formule finale trouvée. L’ensemble a été très rarement mené à bien correctement. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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2.2 · Pression négative

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : pression cinétique, gaz parfait

Quelle est l'interprétation microscopique de la pression pour un gaz parfait ? Peut-elle être négative pour un gaz parfait ?

Voir l'indice

Interpréter la pression comme le flux de quantité de mouvement cédé aux parois par les chocs des molécules (p = \frac{1}{3} n^* m \langle v^2 \rangle). En l'absence de forces d'interaction attractives, ce terme cinétique est strictement positif.

Voir la réponse courte

Interprétation cinétique de la pression par les chocs moléculaires sur la paroi, imposant strictement p > 0 sans interactions attractives.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle du gaz parfait, le fluide est constitué de particules ponctuelles sans interactions mutuelles à distance, animées d'un mouvement d'agitation thermique désordonné.

Interprétation microscopique de la pression : La pression exercée par le gaz sur une paroi macroscopique résulte du bombardement incessant des particules contre cette paroi. Chaque particule qui subit une collision élastique sur un élément de surface \mathrm{d}S lui cède une quantité de mouvement normale à la paroi dirigée vers l'extérieur. La théorie cinétique des gaz relie la pression à la statistique des vitesses par :

p = \frac{1}{3} n^* m \langle v^2 \rangle = \frac{2}{3} \frac{E_c}{V} = \frac{N k_B T}{V}

où n^* = N/V est la densité particulaire, m la masse d'une particule, \langle v^2 \rangle le carré moyen de la vitesse microscopique et E_c l'énergie cinétique totale du gaz. La pression mesure ainsi la densité volumique d'énergie cinétique d'agitation thermique transmise par collisions.

Possibilité d'une pression négative : Dans l'expression microscopique, la densité particulaire n^*, la masse m et la moyenne \langle v^2 \rangle sont des grandeurs strictement positives (pour T > 0). De plus, les chocs élastiques ne peuvent exercer qu'une force de poussée vers l'extérieur de l'enceinte (\vec{\mathrm{d}F} = p\,\mathrm{d}S\,\vec{n}_{\text{ext}} avec p > 0). En l'absence de forces attractives (interactions de cohésion) susceptibles d'exercer une traction mécanique sur les parois :

\boxed{\text{La pression d'un gaz parfait est strictement positive ; elle ne peut jamais être négative.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait l'interprétation cinétique microscopique de la pression et non une simple déduction à partir de l'équation d'état.

« trop peu de candidats connaissent précisément l’interprétation « cinétique » de la pression pour un gaz parfait, et beaucoup se contentent de dire que la pression donnée par P=(n/V)RT est toujours positive d’après la formule »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : équation d'état de van der waals, cohésion

Pourquoi peut-on avoir à basse température ? Donner en fonction de , et la température en-dessous de laquelle la pression peut devenir négative.

Voir l'indice

Exprimer p en fonction de la température et du volume molaire dans l'équation de van der Waals. Le terme de cohésion attractif en -a/v^2 devient prépondérant à basse température et abaisse la pression sous zéro.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la pression p à partir de l'équation d'état de van der Waals en faisant intervenir le volume par particule v = V/N.
  2. Interpréter physiquement la compétition entre le terme cinétique/répulsif et le terme de cohésion attractif.
  3. Déterminer la condition d'existence d'un volume v > b tel que p(v) < 0 en recherchant le maximum de la fonction f(v) = \frac{a(v-b)}{v^2}.
Voir la réponse courte

Rôle des forces attractives de cohésion moléculaire dominant l'agitation thermique, et calcul de la température seuil T^*.

Voir le corrigé complet

En introduisant le volume par particule v = V/N (avec v > b), l'équation d'état de van der Waals s'écrit :

\left(p + \frac{a}{v^2}\right)(v - b) = k_B T \implies p(v, T) = \frac{k_B T}{v - b} - \frac{a}{v^2}

Cette expression comprend deux contributions opposées :

  • le terme cinétique \dfrac{k_B T}{v - b} > 0, lié à l'agitation thermique et aux répulsions stériques à courte distance (covolume b) ;
  • le terme de cohésion -\dfrac{a}{v^2} < 0, issu des forces attractives intermoléculaires à moyenne portée (interactions de van der Waals).

À basse température, l'agitation thermique devient suffisamment faible pour que les forces attractives dominent le mouvement thermique. Les molécules exercent alors une attraction globale nette les unes sur les autres, plaçant le fluide dans un état de tension mécanique caractérisé par une pression négative (p < 0).

La pression peut devenir négative s'il existe une valeur de v > b telle que p(v, T) < 0, soit :

k_B T < \frac{a(v - b)}{v^2}

Étudions la fonction g(v) = \dfrac{v - b}{v^2} = \dfrac{1}{v} - \dfrac{b}{v^2} définie sur ]b, +\infty[ :

g'(v) = -\frac{1}{v^2} + \frac{2b}{v^3} = \frac{2b - v}{v^3}

La dérivée s'annule en v = 2b, est strictement positive pour v \in ]b, 2b[ et strictement négative pour v > 2b. La fonction g admet donc un maximum global en v = 2b, de valeur :

g(2b) = \frac{2b - b}{(2b)^2} = \frac{1}{4b}

La condition d'existence d'un état à pression négative est donc que k_B T soit strictement inférieur au maximum de a\, g(v) :

k_B T < \frac{a}{4b} \iff T < T^*

avec :

\boxed{T^* = \frac{a}{4 k_B b}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait s'appuyer sur l'équation d'état de Van der Waals pour justifier la possibilité d'une pression négative à basse température.

« peu de candidats ont vraiment compris la question suivante Q11, alors qu’il s’agissait de raisonner autour de l’équation de Van der Waals, complètement classique par ailleurs. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, pression

On considère un arbre de hauteur . La pression de la sève au niveau des racines est la pression atmosphérique . Quelle est la pression de la sève dans l'arbre à une altitude ? À partir de quelle altitude cette pression devient-elle négative ? Faire une application numérique en assimilant la sève à de l'eau.

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la statique des fluides incompressibles \mathrm{d}p/\mathrm{d}z = -\rho g. Intégrer pour obtenir p(z) = p_0 - \rho g z et trouver l'altitude critique z_c = p_0/(\rho g).

Voir la stratégie
  1. On applique la loi fondamentale de la statique des fluides à une colonne continue de sève assimilée à de l'eau incompressible au repos.
  2. On intègre le gradient vertical de pression entre le niveau du sol (z = 0, p = p_0) et l'altitude z.
  3. On cherche l'altitude limite z_c pour laquelle p(z_c) = 0, puis on effectue l'application numérique avec les valeurs usuelles de la pression atmosphérique standard, de la masse volumique de l'eau et de l'accélération de la pesanteur.
Voir la réponse courte

Loi fondamentale de la statique des fluides p(z) = p_0 - \rho g z, devenant négative au-delà d'une hauteur d'environ 10\text{ m}.

Voir le corrigé complet

On modélise la sève par un fluide incompressible et homogène de masse volumique \rho \simeq \rho_{\text{eau}}, au repos dans le champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\,\vec{u}_z, l'axe vertical (Oz) étant orienté vers le haut avec l'origine z = 0 au niveau des racines.

La loi fondamentale de la statique des fluides s'écrit :

\frac{\mathrm{d}p}{\mathrm{d}z} = -\rho g

Par intégration entre z = 0 où p(0) = p_0 (pression atmosphérique) et l'altitude z, on obtient :

\boxed{p(z) = p_0 - \rho g z}

La pression devient négative (p(z) < 0) pour une altitude z strictement supérieure à l'altitude critique z_c définie par p(z_c) = 0 :

\boxed{z_c = \frac{p_0}{\rho g}}

Application numérique : Avec les valeurs usuelles p_0 = 1{,}01 \times 10^5\text{ Pa} (ou 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa}), \rho \simeq 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et g \simeq 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} (ou 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}) :

z_c = \frac{1{,}0 \times 10^5}{1{,}0 \times 10^3 \times 9{,}8} \simeq 10\text{ m}
\boxed{z_c \simeq 10\text{ m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question reposait sur une application directe de la loi fondamentale de la statique des fluides.

« Quant à la Q12, traitée de façon décevante en général, il est vrai que l’application ici triviale de la loi fondamentale de l’hydrostatique remonte sinon à Pascal, du moins au programme de 1ère année. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Partie 3 : Étude expérimentale des états métastables de l'hélium

Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : onde acoustique, état métastable

On part d'une situation à . On s'intéresse aux variations de pression et de masse volumique au foyer acoustique. On suppose que les variations de pression au foyer sont sinusoïdales et d'amplitude . L'hélium reste liquide pendant toute la durée de l'expérience. Représenter l'évolution temporelle de la pression et repérer les instants où l'hélium est dans un état métastable. Quelle est la durée caractéristique de l'état métastable ? Quelle est sa taille typique pour l'hélium liquide à ? Que se passe-t-il si ?

Voir l'indice

Poser p(t) = p_{\text{sat}} + \delta p \sin(\omega t). L'hélium est métastable lorsque la pression descend en-dessous de p_{\text{sat}}, ce qui correspond à une demi-période acoustique. Pour la taille \delta x, estimer la demi-longueur d'onde acoustique v/f.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la pression acoustique au foyer en fonction du temps sachant que la pression statique initiale est p_{\text{sat}} et que la fréquence imposée par le transducteur piézoélectrique est f = 1\text{ MHz}.
  2. Tracer l'allure de p(t), identifier la condition de métastabilité (p < p_{\text{sat}}) et en déduire la durée caractéristique associée.
  3. Estimer la taille du foyer acoustique \delta x par la limite de diffraction, fixée par la longueur d'onde acoustique \lambda_{\text{ac}} = v/f, puis discuter le cas où l'amplitude \delta p dépasse p_{\text{sat}}.
Voir la réponse courte

Chronogramme de pression sinusoïdale au foyer acoustique mettant en évidence les demi-périodes de dépression où l'hélium devient métastable.

Voir le corrigé complet

Évolution temporelle de la pression au foyer et métastabilité
Au foyer de l'émetteur acoustique, la pression varie sinusoïdalement autour de la pression au repos p_{\text{sat}} à la fréquence f = 1\text{ MHz} :

p(t) = p_{\text{sat}} + \delta p \sin(2\pi f t)

L'hélium liquide se trouve dans un état métastable dès lors que sa pression devient inférieure à la pression de saturation, c'est-à-dire quand p(t) < p_{\text{sat}}, ce qui correspond aux alternances négatives de la surpression acoustique :

\sin(2\pi f t) < 0 \iff t \in \left]\frac{2k+1}{2}T_{\text{ac}},\, (k+1)T_{\text{ac}}\right[\quad (k \in \mathbb{Z})

où T_{\text{ac}} = 1/f est la période acoustique.

Durée caractéristique de l'état métastable
La phase de dépression acoustique dure une demi-période. La durée caractéristique de l'état métastable est donc :

\tau_{\text{méta}} = \frac{T_{\text{ac}}}{2} = \frac{1}{2f}

Avec f = 1\text{ MHz} = 10^6\text{ Hz} :

\boxed{\tau_{\text{méta}} = 5 \times 10^{-7}\text{ s} = 0{,}5\ \mu\text{s}}

Taille typique du foyer acoustique
En raison de la diffraction, une coquille hémisphérique focalise l'onde sonore sur une région dont la dimension caractéristique minimale est de l'ordre de la longueur d'onde acoustique \lambda_{\text{ac}} :

\delta x \sim \lambda_{\text{ac}} = \frac{v}{f}

À T \simeq 1\text{ K}, la vitesse du son vaut v \simeq 200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\delta x \sim \frac{200}{10^6} = 2 \times 10^{-4}\text{ m}
\boxed{\delta x \sim 0{,}2\text{ mm} = 200\ \mu\text{m}}

Cas où \delta p > p_{\text{sat}}
La pression minimale atteinte au cours d'un cycle vaut :

p_{\min} = p_{\text{sat}} - \delta p

Si \delta p > p_{\text{sat}}, la pression absolue devient strictement négative :

\boxed{p_{\min} < 0}

Le fluide est alors soumis à un état de tension mécanique (traction). Si cette pression négative ne dépasse pas en valeur absolue la limite de cavitation |p_c|, le liquide subsiste temporairement dans un état métastable sous pression négative. Si |p_{\min}| > |p_c|, il y a rupture de métastabilité et cavitation acoustique (formation spontanée de bulles de vapeur).

Résultat

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3.1 · Mesure de ρ par interférométrie

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : indice optique, polarisabilité

Montrer que l'on a, dans le cas de l'hélium où avec :

Voir l'indice

Poser n = 1 + \epsilon et effectuer un développement limité au premier ordre du terme (n^2-1)/(n^2+2) \simeq \frac{2\epsilon}{3} = \frac{2(n-1)}{3}, puis différencier logarithmiquement par rapport à \rho.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de Clausius-Mossotti donnée par l'équation (3) et effectuer un développement limité au premier ordre en \epsilon = n - 1 \ll 1.
  2. En déduire une relation de proportionnalité directe entre (n - 1) et \rho, puis appliquer la dérivation logarithmique pour relier les variations relatives \delta n / (n-1) et \delta \rho / \rho.
Voir la réponse courte

Différentiation logarithmique de la relation de Lorentz-Lorenz au premier ordre en n-1 \ll 1.

Voir le corrigé complet

La relation de Clausius-Mossotti s'écrit :

\frac{n^2 - 1}{n^2 + 2} = \frac{4\pi \alpha}{3 m_{\mathrm{He}}} \rho

Pour l'hélium, l'indice optique est très proche de 1 (n = 1 + \epsilon avec \epsilon \ll 1). Développons les termes du membre de gauche au premier ordre en \epsilon :

\begin{aligned} n^2 - 1 &= (1+\epsilon)^2 - 1 = 2\epsilon + \epsilon^2 \simeq 2\epsilon = 2(n - 1) \\ n^2 + 2 &= (1+\epsilon)^2 + 2 \simeq 3 \end{aligned}

Il vient ainsi au premier ordre en \epsilon :

\frac{n^2 - 1}{n^2 + 2} \simeq \frac{2}{3}(n - 1)

En réinjectant cette approximation dans la relation de Clausius-Mossotti, on obtient :

\frac{2}{3}(n - 1) = \frac{4\pi \alpha}{3 m_{\mathrm{He}}} \rho \quad \implies \quad n - 1 = \frac{2\pi \alpha}{m_{\mathrm{He}}} \rho

La grandeur (n - 1) est donc directement proportionnelle à la masse volumique \rho. Par différentiation logarithmique (ou en prenant les petites variations associées à l'onde acoustique), on en déduit immédiatement :

\boxed{\frac{\delta n}{n - 1} = \frac{\delta \rho}{\rho}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation de la dérivée logarithmique permettait d'établir le résultat de façon rapide et efficace.

« Un calcul d’incertitudes est systématiquement facilité par l’emploi de la dérivée logarithmique : pour la Q14, trop peu de candidats semblent s’en rappeler, quand beaucoup le redécouvrent après deux pages de calculs algébriques pénibles quand corrects, c’est-à-dire rarement. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : division d'amplitude, interféromètre

L'interféromètre de Jamin est-il un interféromètre à division d'amplitude ou de front d'onde ?

Voir l'indice

La première lame épaisse sépare l'amplitude de l'onde incidente en deux faisceaux par réflexion sur sa face avant et réflexion sur son miroir arrière : il s'agit d'une division d'amplitude.

Voir la réponse courte

Séparation des faisceaux par réflexion et réfraction partielles sur les faces d'une lame épaisse : division d'amplitude.

Voir le corrigé complet

L'interféromètre de Jamin est un interféromètre à division d'amplitude.

En effet, le faisceau incident rencontre la face avant de la première lame :

  • une fraction de l'amplitude est réfléchie par la face avant (faisceau (1)) ;
  • le reste est réfracté dans la lame de verre, réfléchi sur la face arrière argentée, puis émerge parallèlement au premier faisceau (faisceau (2)).

La séparation en deux faisceaux cohérents s'opère donc par partage de l'amplitude (et du flux énergétique) de l'onde incidente en un même point du front d'onde, et non par partition géométrique de portions distinctes du front d'onde (ce qui caractériserait un interféromètre à division du front d'onde comme les fentes d'Young).

\boxed{\text{L'interféromètre de Jamin fonctionne à division d'amplitude.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interféromètre de Jamin fonctionne par division d'amplitude et non par division du front d'onde.

« Trop de candidats ont pourtant écrit comme réponse à la Q15 que l’interféromètre de Jamin était à division du front d’onde. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de snell-descartes, lame à faces parallèles

Montrer que la distance séparant les bras (1) et (2) de l'interféromètre est donnée par :

Voir l'indice

Suivre la géométrie des rayons réfractés à l'intérieur de la première lame d'épaisseur e. Combiner la loi de Snell-Descartes \sin\theta_i = n_v \sin r avec les relations trigonométriques pour exprimer l'écart géométrique d.

Voir la stratégie
  1. Décrire le trajet des deux rayons issus de la division d'amplitude sur la première lame à faces parallèles d'épaisseur e et d'indice n_v.
  2. Appliquer la loi de Snell-Descartes pour la réfraction afin de relier l'angle de réfraction r à l'angle d'incidence \theta_i.
  3. Déterminer géométriquement la distance A_1 A_2 séparant les points d'émergence des deux rayons sur la face avant, puis en déduire la distance perpendiculaire d entre les deux faisceaux parallèles émergents.
Voir la réponse courte

Application des lois de Snell-Descartes et relations trigonométriques pour exprimer le décalage géométrique d entre les deux faisceaux.

Voir le corrigé complet

Considérons le faisceau incident arrivant sur la première lame de Jamin avec un angle d'incidence \theta_i par rapport à la normale à la face avant :

  • Le bras (1) correspond à la fraction du faisceau directement réfléchie sur la face avant en un point noté A_1. D'après la première loi de Snell-Descartes pour la réflexion, le rayon réfléchi repart en faisant un angle \theta_i avec la normale.
  • Le bras (2) correspond à la fraction réfractée au point A_1 à l'intérieur de la lame avec un angle de réfraction r. La loi de Snell-Descartes à l'interface air/verre (l'indice du milieu extérieur étant égal à 1) s'écrit :

    \sin \theta_i = n_v \sin r

    Ce rayon se propage sur une épaisseur normale e, se réfléchit sur la face arrière argentée (miroir parfait) en un point B, puis revient sur la face avant en un point noté A_2.

La distance séparant A_1 et A_2 le long de la face d'entrée s'obtient directement par la géométrie du trajet dans la lame :

A_1 A_2 = 2e \tan r

Au point A_2, le rayon se réfracte vers l'extérieur sous le même angle d'émergence \theta_i par rapport à la normale (n_v \sin r = \sin \theta_i). Les deux bras (1) et (2) se propagent donc parallèlement l'un à l'autre.

La distance d séparant les deux faisceaux parallèles est la projection orthogonale du segment [A_1 A_2] sur la normale commune aux deux rayons émergents. L'angle entre la face de la lame et les rayons émergents étant \frac{\pi}{2} - \theta_i, l'angle entre le vecteur \vec{A_1 A_2} et la normale aux rayons vaut \theta_i :

d = A_1 A_2 \cos \theta_i = 2e \tan r \cos \theta_i = 2e \frac{\sin r}{\cos r} \cos \theta_i

En exprimant \sin r et \cos r en fonction de \theta_i :

\begin{aligned} \sin r &= \frac{\sin \theta_i}{n_v} \\ \cos r &= \sqrt{1 - \sin^2 r} = \sqrt{1 - \frac{\sin^2 \theta_i}{n_v^2}} = \frac{\sqrt{n_v^2 - \sin^2 \theta_i}}{n_v} \end{aligned}

d'où :

\tan r = \frac{\sin \theta_i}{\sqrt{n_v^2 - \sin^2 \theta_i}}

En réinjectant cette expression dans celle de d et en utilisant l'identité trigonométrique 2 \sin \theta_i \cos \theta_i = \sin 2\theta_i, on obtient :

\boxed{d = e \frac{\sin 2\theta_i}{\sqrt{n_v^2 - \sin^2 \theta_i}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La maîtrise des relations trigonométriques usuelles est indispensable pour mener à bien les calculs géométriques.

« Les relations géométriques élémentaires dans le triangle non rectangle, ou même la simple définition des lignes trigonométriques, posent toujours autant de difficultés aux candidats quant à leur mise en application concrète, par exemple en optique (Q16-17) pour les calculs de différences de marche. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : chemin optique, déphasage

Quel déphasage chaque lame de Jamin induit-elle entre les faisceaux ? Quel est le déphasage entre les deux faisceaux en sortie de l'interféromètre et en l'absence d'onde sonore ?

Voir l'indice

Calculer la différence de marche \delta = 2 e \sqrt{n_v^2 - \sin^2 \theta_i} introduite par chaque lame. En déduire que par symétrie des deux bras identiques, les déphasages se compensent exactement en l'absence d'onde sonore (\delta\phi = 0).

Voir la stratégie
  1. Calculer la différence de chemin optique introduite par une lame à faces parallèles d'épaisseur e et d'indice n_v, argentée sur sa face arrière, entre le rayon réfléchi sur la face avant et le rayon ayant effectué un aller-retour dans la lame.
  2. En déduire le déphasage \Phi(\theta_i) induit par chaque lame.
  3. Analyser le trajet complet des deux faisceaux à travers l'interféromètre pour déterminer le déphasage global \delta\phi en sortie en l'absence de perturbation.
Voir la réponse courte

Calcul du chemin optique dans une lame à faces parallèles ; compensation rigoureuse par la seconde lame identique donnant \delta\phi = 0.

Voir le corrigé complet

1. Déphasage \Phi(\theta_i) induit par chaque lame de Jamin

Considérons une lame de Jamin d'épaisseur e, d'indice n_v, éclairée sous l'angle d'incidence \theta_i. D'après les lois de Snell-Descartes, l'angle de réfraction r vérifie :

\sin \theta_i = n_v \sin r

Un rayon incident se sépare en deux :

  • un rayon réfléchi sur la face d'entrée (face avant) ;
  • un rayon réfracté qui traverse la lame, se réfléchit sur le miroir de la face arrière, puis émerge par la face avant.

La différence de marche géométrique et optique entre ces deux rayons à la sortie de la lame est un résultat classique des lames à faces parallèles :

  • le trajet dans le verre est de longueur 2\frac{e}{\cos r}, soit un chemin optique L_{\text{verre}} = 2 n_v \frac{e}{\cos r} ;
  • les deux points d'émergence sur la face avant sont distants de \Delta x = 2e \tan r. La projection de ce segment sur la normale à l'onde dans l'air (d'indice n \simeq 1) correspond à une avance de chemin optique pour le premier rayon de :

    L_{\text{air}} = \Delta x \sin \theta_i = 2e \frac{\sin r}{\cos r} (n_v \sin r) = 2 n_v e \frac{\sin^2 r}{\cos r}

La différence de chemin optique s'écrit donc :

\delta_L = L_{\text{verre}} - L_{\text{air}} = 2 n_v e \frac{1 - \sin^2 r}{\cos r} = 2 n_v e \cos r = 2e \sqrt{n_v^2 - \sin^2 \theta_i}

Le déphasage \Phi(\theta_i) introduit par la traversée d'une lame s'en déduit (à un déphasage de réflexion constant près) :

\boxed{\Phi(\theta_i) = \frac{2\pi}{\lambda} \delta_L = \frac{4\pi e}{\lambda} \sqrt{n_v^2 - \sin^2 \theta_i}}

2. Déphasage \delta\phi en sortie de l'interféromètre (sans onde sonore)

Suivons les deux faisceaux à travers l'ensemble du dispositif :

  • Faisceau (1) : il subit une réflexion sur la face avant de la lame 1, traverse la cellule d'hélium au repos sur une longueur L, puis entre dans la lame 2 où il effectue un aller-retour dans le verre avec réflexion sur la face arrière avant d'émerger.
  • Faisceau (2) : il effectue un aller-retour dans le verre de la lame 1 avec réflexion arrière, traverse la cellule d'hélium au repos sur la même distance L (les lames étant rigoureusement parallèles), puis subit une réflexion sur la face avant de la lame 2.

Chaque faisceau subit donc exactement :

  • une réflexion sur une face avant de lame ;
  • une traversée aller-retour dans une lame de verre d'épaisseur e avec réflexion sur la face arrière métallisée ;
  • un trajet de même longueur dans l'hélium au repos (d'indice n=1).

Par symétrie parfaite du dispositif, les chemins optiques suivis par les deux faisceaux sont strictement identiques :

\boxed{\delta\phi = 0}

En sortie, les deux faisceaux interfèrent de façon purement constructive (teinte plate claire).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convenait de reconnaître une configuration analogue à celle d'un interféromètre de Michelson en lame d'air, transposée à une lame de verre d'indice supérieur à un.

« Les relations géométriques élémentaires dans le triangle non rectangle, ou même la simple définition des lignes trigonométriques, posent toujours autant de difficultés aux candidats quant à leur mise en application concrète, par exemple en optique (Q16-17) pour les calculs de différences de marche. »

« Il est regrettable qu’à la Q17, aussi peu de candidats aient reconnu une configuration similaire au « Michelson en lame d’air », à la différence notable ici que la lame d’air est une lame de verre, avec un indice qui ne peut être assimilé à l’unité. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : chemin optique, déphasage

Donner la variation du déphasage induit par le non-parallélisme des lames (écart angulaire entre les lames). On fera apparaître dans l'expression obtenue.

Voir l'indice

Calculer la différentielle \mathrm{d}\Phi = \frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}\theta_i} \delta\theta en dérivant l'expression obtenue à la question 17, et faire apparaître la formule de la distance d établie à la question 16.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déphasage global en sortie en présence d'une légère différence d'angle d'incidence entre les deux lames, \theta_1 = \theta_i et \theta_2 = \theta_i + \delta\theta.
  2. Effectuer un développement au premier ordre de la fonction déphasage \Phi(\theta) obtenue à la question Q17.
  3. Identifier l'expression de la distance d entre les deux bras établie à la question Q16 pour simplifier le résultat.
Voir la réponse courte

Différentiation du déphasage par rapport à l'angle d'incidence pour relier la variation de phase au défaut de parallélisme \delta\theta.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, chaque lame induit entre les faisceaux un déphasage :

\Phi(\theta_i) = \frac{4\pi e}{\lambda} \sqrt{n_v^2 - \sin^2\theta_i}

En sortie de l'interféromètre, l'un des faisceaux subit ce déphasage dans la première lame (d'angle d'incidence \theta_1) et l'autre dans la seconde lame (d'angle d'incidence \theta_2). Le déphasage global entre les deux faisceaux en sortie s'écrit donc :

\delta\phi = \Phi(\theta_1) - \Phi(\theta_2)

En l'absence de parallélisme strict, les lames présentent un écart angulaire \delta\theta, ce qui induit une variation de l'angle d'incidence sur la seconde lame : \theta_2 = \theta_i + \delta\theta (avec \theta_1 = \theta_i).

Au premier ordre en \delta\theta, la variation de déphasage induite s'écrit :

\Delta(\delta\phi) = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}\theta_i} \, \delta\theta

Dérivons l'expression de \Phi(\theta_i) par rapport à \theta_i :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}\theta_i} &= \frac{4\pi e}{\lambda} \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\theta_i}\left(\sqrt{n_v^2 - \sin^2\theta_i}\right) \\ &= \frac{4\pi e}{\lambda} \frac{-2\sin\theta_i \cos\theta_i}{2\sqrt{n_v^2 - \sin^2\theta_i}} \\ &= -\frac{2\pi}{\lambda} \left( e \frac{\sin 2\theta_i}{\sqrt{n_v^2 - \sin^2\theta_i}} \right) \end{aligned}

D'après la relation (5) établie à la question Q16, on reconnaît l'écartement d entre les faisceaux :

d = e \frac{\sin 2\theta_i}{\sqrt{n_v^2 - \sin^2\theta_i}}

On en déduit donc :

\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}\theta_i} = -\frac{2\pi d}{\lambda}

La variation de déphasage induite par le désalignement des lames est par conséquent :

\boxed{\Delta(\delta\phi) = \frac{2\pi d}{\lambda} \, \delta\theta}

(au signe près selon le sens d'inclinaison relatif des lames).

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : chemin optique, indice optique

Exprimer la différence de phase entre les deux faisceaux de l'interféromètre en faisant apparaître une intégrale sur le long du chemin optique.

Voir l'indice

Intégrer le déphasage infinitésimal \frac{2\pi}{\lambda} \delta n(r, z) \mathrm{d}y le long de la ligne de visée rectiligne en y, puis utiliser la relation géométrique r^2 = x^2 + y^2 pour transformer l'intégrale en une variable radiale r.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la différence de marche optique \delta L(x, z) entre le faisceau sonde (bras 1) traversant la zone perturbée et le faisceau de référence (bras 2) traversant l'hélium au repos (n = 1).
  2. Relier le déphasage \delta\phi(x, z) à cette différence de marche optique le long de la trajectoire rectiligne selon l'axe Oy.
  3. Exploiter la symétrie radiale r = \sqrt{x^2 + y^2} pour expliciter l'intégrale selon y, puis effectuer le changement de variable y \to r afin de faire apparaître la transformée d'Abel.
Voir la réponse courte

Intégration de la perturbation d'indice \delta n(r,z) sur le trajet optique traversant la zone focale acoustique.

Voir le corrigé complet

Le faisceau laser se propage de manière rectiligne parallèlement à l'axe Oy à une altitude z et une coordonnée transverse x fixées.

Le bras (2) traverse l'hélium au repos dont l'indice de réfraction est n_0 = 1. Le bras (1) traverse la région acoustique où l'indice optique vaut n(r, z) = 1 + \delta n(r, z), avec \delta n(r, z) = 0 pour r > R.

La différence de chemin optique entre les deux bras s'écrit :

\delta L(x, z) = \int_{\text{trajet}} [n(r, z) - 1] \, \mathrm{d}y = \int_{-A(x,z)}^{A(x,z)} \delta n(r, z) \, \mathrm{d}y

où A(x, z) = \sqrt{R^2 - x^2} représente la demi-corde délimitant la zone acoustique à l'altitude z pour |x| \leqslant R (et \delta L = 0 pour |x| > R).

Le déphasage induit est relié à la différence de marche par \delta\phi(x, z) = \frac{2\pi}{\lambda} \delta L(x, z). Par parité de l'intégrande par rapport à y (puisque r = \sqrt{x^2 + y^2}), on obtient :

\delta\phi(x, z) = \frac{4\pi}{\lambda} \int_0^{A(x,z)} \delta n\left(\sqrt{x^2 + y^2}, z\right) \mathrm{d}y

En effectuant le changement de variable r^2 = x^2 + y^2, soit r \, \mathrm{d}r = y \, \mathrm{d}y, c'est-à-dire \mathrm{d}y = \frac{r \, \mathrm{d}r}{\sqrt{r^2 - x^2}} avec r \in [|x|, R] :

\boxed{\delta\phi(x, z) = \frac{4\pi}{\lambda} \int_{|x|}^R \frac{\delta n(r, z)}{\sqrt{r^2 - x^2}} \, r \, \mathrm{d}r}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas oublier le préfacteur faisant intervenir la longueur d'onde pour relier déphasage et chemin optique.

« À la Q19, beaucoup de candidats se sont raccrochés à la formule mais en oubliant le préfacteur impliquant la longueur d’onde qui relie (ne serait-ce que dimensionnellement !) chemin optique et déphasage. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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3.2 · Mesure de la fréquence Brillouin

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : faisceau gaussien, longueur de rayleigh

a) En supposant que les faisceaux sont gaussiens, donner le rayon typique minimal des faisceaux au niveau du point de focalisation. Ce rayon typique correspond à la résolution spatiale de l'expérience. La résolution spatiale minimale est-elle suffisante pour étudier la région métastable ?

b) On prend un faisceau gaussien de rayon minimal . Que vaut la longueur de Rayleigh du faisceau ? Comment peut-on alors décrire le faisceau au niveau de la région métastable ?

Voir l'indice

Pour a), appliquer la formule de diffraction d'un faisceau gaussien w_{\min} = \frac{\lambda}{\pi \theta_o} et comparer à la taille du foyer \delta x. Pour b), calculer la longueur de Rayleigh z_R = \frac{\pi w^2}{\lambda} et vérifier que le faisceau est quasi collimaté sur la zone métastable.

Voir la stratégie
  1. Relier la demi-ouverture angulaire \theta_o du faisceau laser au rayon du col (waist) w_{\min} par la relation de divergence d'un faisceau gaussien dans le domaine paraxial, puis comparer w_{\min} à la taille de la région métastable \delta x \simeq 200\ \mu\mathrm{m} trouvée à la question Q13.
  2. Exprimer la longueur de Rayleigh z_R en fonction du rayon au col w = 3w_{\min}, calculer sa valeur numérique et comparer la profondeur de champ associée à la taille du foyer acoustique \delta x pour caractériser la géométrie du faisceau dans cette zone.
Voir la réponse courte

Calcul du col w_{\min} et de la longueur de Rayleigh z_R justifiant l'approximation d'onde quasi-plane au niveau du foyer.

Voir le corrigé complet

a) Rayon minimal w_{\min} et résolution spatiale

Pour un faisceau gaussien de longueur d'onde \lambda et de rayon au col w_{\min}, le profil de rayon s'écrit :

w(z) = w_{\min} \sqrt{1 + \left(\frac{z}{z_R}\right)^2} \quad \text{avec} \quad z_R = \frac{\pi w_{\min}^2}{\lambda}

À grande distance (z \gg z_R), le faisceau diverge selon un cône de demi-angle au sommet :

\theta_o = \lim_{z \to \infty} \frac{w(z)}{z} = \frac{w_{\min}}{z_R} = \frac{\lambda}{\pi w_{\min}}

On en déduit l'expression du rayon minimal au foyer :

\boxed{w_{\min} = \frac{\lambda}{\pi \theta_o}}

Application numérique avec \lambda \simeq 1\ \mu\mathrm{m} = 10^{-6}\ \mathrm{m} et \theta_o \simeq 7 \times 10^{-2}\ \mathrm{rad} :

w_{\min} \simeq \frac{10^{-6}}{\pi \times 7 \times 10^{-2}} \simeq \frac{10^{-5}}{22} \simeq 4{,}5\ \mu\mathrm{m}

D'après la question Q13, la taille caractéristique du foyer acoustique est \delta x \simeq 200\ \mu\mathrm{m}. Comme :

w_{\min} \ll \delta x

le faisceau laser est beaucoup plus étroit que la région métastable. La résolution spatiale minimale est donc largement suffisante pour sonder localement cette région sans effet de moyenne spatiale indésirable.

b) Longueur de Rayleigh et description du faisceau

Pour un faisceau de rayon minimal w = 3w_{\min}, la longueur de Rayleigh s'écrit :

z_R = \frac{\pi w^2}{\lambda} = \frac{9\pi w_{\min}^2}{\lambda} = \frac{9\lambda}{\pi \theta_o^2}
\boxed{z_R = \frac{\pi w^2}{\lambda} = \frac{9\lambda}{\pi \theta_o^2}}

Avec w = 3 \times 4{,}5\ \mu\mathrm{m} \simeq 14\ \mu\mathrm{m} :

z_R \simeq \frac{9 \times 10^{-6}}{\pi \times (7 \times 10^{-2})^2} \simeq \frac{9 \times 10^{-6}}{1{,}54 \times 10^{-2}} \simeq 5{,}8 \times 10^{-4}\ \mathrm{m} \simeq 0{,}6\ \mathrm{mm}

La profondeur de champ (ou zone de Rayleigh) s'étend sur une longueur 2z_R \simeq 1{,}2\ \mathrm{mm}, ce qui est nettement supérieur à l'extension du foyer acoustique \delta x \simeq 0{,}2\ \mathrm{mm} :

2z_R \gg \delta x

Par conséquent, au sein de la région métastable (|z| \le \delta x / 2 \simeq 100\ \mu\mathrm{m}), le rayon du faisceau varie de manière tout à fait négligeable :

\frac{w(z) - w}{w} \simeq \frac{1}{2}\left(\frac{z}{z_R}\right)^2 \le \frac{1}{2}\left(\frac{100}{600}\right)^2 \simeq 1{,}4\%

Au niveau de la région métastable, le faisceau laser peut donc être décrit comme un faisceau collimaté cylindrique de rayon constant w \simeq 14\ \mu\mathrm{m}, à fronts d'onde quasi-plans.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait une comparaison chiffrée avec les résultats de la question 13 ainsi qu'une analyse critique des valeurs obtenues.

« c’est la comparaison des applications numériques avec les résultats issus de la Q13 et les commentaires correspondants qui présentaient le réel intérêt de cette Q20. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : diffusion brillouin, relation de dispersion

a) Donner les relations de dispersion pour la lumière et le son dans l'hélium liquide (c'est-à-dire la relation entre et () d'une part, et et d'autre part).

b) Écrire les équations de conservation de l'impulsion et de l'énergie lors de cette collision.

c) On note l'angle entre les vecteurs et , aussi appelé angle de diffusion. On fait l'hypothèse : . Dans le cadre de cette approximation, montrer que

avec . Donner la valeur de pour un angle de diffusion . Discuter la validité de l'hypothèse utilisée.

Voir l'indice

Pour a), écrire les relations linéaires standard. Pour b), traduire les conservations de l'impulsion et de l'énergie. Pour c), utiliser l'approximation \omega_1 \simeq \omega_2 dans la relation d'Al-Kashi du triangle des vecteurs d'onde pour exprimer q_B.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les relations de dispersion linéaires non dispersives pour l'onde électromagnétique et l'onde acoustique dans le milieu d'indice n \simeq 1.
  2. Traduire les principes de conservation de l'énergie et de la quantité de mouvement (impulsion) pour le système pseudo-corpusculaire formé par le photon incident, le photon diffusé et le phonon absorbé.
  3. Exploiter l'approximation \Omega_B \ll \omega pour approcher la norme du vecteur d'onde diffusé par celle du vecteur d'onde incident, puis calculer la norme du vecteur d'onde acoustique et en déduire la pulsation \Omega_B et la fréquence f_B.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie et de l'impulsion photon-phonon ; obtention de \Omega_B = 2\omega(v/c)\sin(\theta/2) validée par v \ll c.

Voir le corrigé complet

a) Relations de dispersion pour la lumière et le son

L'indice optique de l'hélium liquide étant n \simeq 1, la célérité de la lumière dans le milieu est égale à celle dans le vide c. La relation de dispersion pour la lumière s'écrit donc :

\omega_i = c \, |\vec{k}_i| \quad \Longleftrightarrow \quad |\vec{k}_i| = \frac{\omega_i}{c} \quad (i = 1, 2)

L'onde acoustique se propageant à la célérité du son v, sa relation de dispersion s'écrit de même :

\Omega_B = v \, |\vec{q}_B| \quad \Longleftrightarrow \quad |\vec{q}_B| = \frac{\Omega_B}{v}

b) Lois de conservation

Le processus élémentaire modélisé correspond à l'absorption d'un phonon par un photon incident (\text{photon } 1 + \text{phonon} \to \text{photon } 2). Les lois de conservation s'écrivent :

  • Conservation de l'énergie :

    \hbar\omega_1 + \hbar\Omega_B = \hbar\omega_2 \quad \Longleftrightarrow \quad \boxed{\omega_2 = \omega_1 + \Omega_B}
  • Conservation de l'impulsion :

    \hbar\vec{k}_1 + \hbar\vec{q}_B = \hbar\vec{k}_2 \quad \Longleftrightarrow \quad \boxed{\vec{q}_B = \vec{k}_2 - \vec{k}_1}

c) Expression de la fréquence Brillouin et application numérique

Calculons la norme au carré du vecteur d'onde acoustique \vec{q}_B :

q_B^2 = |\vec{k}_2 - \vec{k}_1|^2 = k_1^2 + k_2^2 - 2 k_1 k_2 \cos\theta

Sous l'hypothèse \Omega_B \ll \omega_1, \omega_2, le décalage de pulsation est négligeable devant la pulsation optique :

\omega_1 \simeq \omega_2 \simeq \omega \quad \Longrightarrow \quad k_1 \simeq k_2 \simeq k = \frac{\omega}{c}

L'expression de q_B^2 se simplifie alors :

q_B^2 \simeq 2k^2(1 - \cos\theta) = 4k^2\sin^2(\theta/2)

Comme \theta \in [0, \pi], \sin(\theta/2) \ge 0, d'où :

q_B \simeq 2k\sin(\theta/2) = \frac{2\omega}{c}\sin(\theta/2)

En injectant cette relation dans la relation de dispersion acoustique \Omega_B = v q_B, on obtient :

\boxed{\Omega_B = 2\omega\frac{v}{c}\sin(\theta/2)}

La fréquence Brillouin s'en déduit par f_B = \frac{\Omega_B}{2\pi}. Avec \omega = \frac{2\pi c}{\lambda}, on a :

f_B = \frac{2v}{\lambda}\sin(\theta/2)

Pour un angle de diffusion \theta \simeq \pi/2, on a \sin(\pi/4) = \frac{\sqrt{2}}{2}, d'où :

f_B = \sqrt{2}\,\frac{v}{\lambda}

Application numérique avec v \simeq 200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, \lambda \simeq 1\ \mu\text{m} = 10^{-6}\text{ m} et \sqrt{2} \simeq 1{,}41 :

f_B \simeq 1{,}41 \times \frac{200}{10^{-6}} \simeq 2{,}8 \times 10^8\text{ Hz} = \boxed{280\text{ MHz}}

Discussion de la validité de l'hypothèse :

La fréquence optique incidente vaut :

\nu = \frac{c}{\lambda} \simeq \frac{3 \times 10^8}{10^{-6}} = 3 \times 10^{14}\text{ Hz}

Le rapport des fréquences est donc :

\frac{f_B}{\nu} = \frac{\Omega_B}{\omega} \sim \frac{v}{c} \sim \frac{200}{3 \times 10^8} \sim 7 \times 10^{-7} \ll 1

L'écart relatif entre \omega_1 et \omega_2 est de l'ordre d'une fraction de millionième : l'approximation \Omega_B \ll \omega_1, \omega_2 est donc parfaitement vérifiée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour obtenir la relation demandée, il suffisait de calculer la norme des vecteurs d'onde du choc élastique à l'aide du produit scalaire.

« La définition des produits scalaire et vectoriel et leur traduction géométrique dans un triangle ne paraît pas non plus être maîtrisée (Q21 par exemple). »

« par contre l’obtention de la relation (6) a posé énormément de difficultés aux candidats. Comme déjà mentionné en préambule, il suffisait pourtant de calculer la norme des vecteurs d’ondes intervenant dans ce choc élastique avec la simple définition du produit scalaire pour faire apparaître l’angle recherché. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : relation de dispersion, atténuation

Donner la relation de dispersion des ondes sonores dans le milieu. On note . Développer l'expression de au premier ordre en et le mettre sous la forme avec et deux constantes réelles.

Voir l'indice

Injecter la forme d'onde plane progressive harmonique dans l'équation acoustique sans second membre. Développer la relation de dispersion (v^2 Q^2 + \mathrm{i}\Omega_B \Gamma' Q^2 - \Omega_B^2) = 0 au premier ordre en \Gamma' pour séparer a et b.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde plane progressive monochromatique \underline{\rho}_1(\vec{r}, t) dans l'équation d'onde acoustique sans forçage (\vec{f} = \vec{0}).
  2. En déduire la relation de dispersion reliant Q^2 à \Omega_B.
  3. Exprimer Q sous forme d'un développement limité au premier ordre en \Gamma' pour isoler les parties réelle a et imaginaire -b.
Voir la réponse courte

Relation de dispersion de l'onde acoustique visqueuse et développement de Q au premier ordre en \Gamma'.

Voir le corrigé complet

L'équation de propagation (7) s'écrit en l'absence de force volumique (\vec{f} = \vec{0}) :

\frac{\partial^2 \rho_1}{\partial t^2} - \Gamma' \Delta \frac{\partial \rho_1}{\partial t} - v^2 \Delta \rho_1 = 0

En notation complexe, avec \underline{\rho}_1(\vec{r}, t) = \underline{\delta\rho}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega_B t - \vec{Q}\cdot\vec{r})}, les opérateurs différentiels spatio-temporels se traduisent par :

\frac{\partial}{\partial t} \longleftrightarrow \mathrm{i}\Omega_B, \quad \frac{\partial^2}{\partial t^2} \longleftrightarrow -\Omega_B^2, \quad \vec{\nabla} \longleftrightarrow -\mathrm{i}\vec{Q}, \quad \Delta \longleftrightarrow -Q^2

En injectant ces grandeurs dans l'équation de propagation, on obtient :

-\Omega_B^2 - \Gamma'(-Q^2)(\mathrm{i}\Omega_B) - v^2(-Q^2) = 0 \iff -\Omega_B^2 + Q^2(v^2 + \mathrm{i}\Omega_B \Gamma') = 0

La relation de dispersion des ondes sonores s'écrit donc :

\boxed{Q^2 = \frac{\Omega_B^2}{v^2 + \mathrm{i}\Omega_B \Gamma'}}

En prenant la racine carrée (choisie avec une partie réelle positive pour une onde se propageant dans le sens de \vec{Q}) :

Q = \frac{\Omega_B}{v}\left(1 + \mathrm{i}\frac{\Omega_B \Gamma'}{v^2}\right)^{-1/2}

Au premier ordre en \Gamma', en utilisant le développement limité (1+u)^{-1/2} \simeq 1 - \frac{1}{2}u :

Q = \frac{\Omega_B}{v}\left(1 - \frac{\mathrm{i}\Omega_B \Gamma'}{2v^2} + \mathcal{O}(\Gamma'^2)\right) = \frac{\Omega_B}{v} - \mathrm{i}\frac{\Omega_B^2 \Gamma'}{2v^3}

Sous la forme demandée Q = a - \mathrm{i}b, on identifie :

\boxed{a = \frac{\Omega_B}{v} \quad \text{et} \quad b = \frac{\Omega_B^2 \Gamma'}{2v^3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut savoir déterminer la racine carrée d'un nombre complexe, en particulier lorsque son argument est petit.

« Comme aussi déjà mentionné, il est absolument stupéfiant pour un concours de ce niveau qu’à la Q22 une bonne moitié des candidats soit incapable de calculer dans une situation simple la racine carrée d’un nombre complexe »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : électrostriction, force volumique

Commenter le signe de : comment le milieu réagit à un champ électrique ? Donner la force volumique résultant de cette pression.

Voir l'indice

Constater que p_{\text{st}} < 0, ce qui traduit une aspiration du fluide vers les zones de fort champ électrique. Déterminer la force volumique à partir de la relation \vec{f} = -\vec{\nabla} p_{\text{st}} = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \vec{\nabla}(E^2).

Voir la stratégie
  1. Examiner les signes des différentes grandeurs intervenant dans p_{\text{st}} pour déterminer et commenter son signe.
  2. Interpréter la conséquence mécanique d'une telle pression en termes d'attraction du milieu vers les zones de fort champ électrique (électrostriction).
  3. Déduire la force volumique exercée sur le fluide via la relation fondamentale \vec{f} = -\vec{\nabla} p_{\text{st}}.
Voir la réponse courte

Signe négatif de la pression strictive traduisant l'attraction du fluide vers les champs forts, et calcul de la force \vec{f} = -\vec{\nabla} p_{\text{st}}.

Voir le corrigé complet

Par définition, la constante diélectrique du vide \epsilon_0 > 0, le coefficient sans dimension \gamma_e > 0, et le carré de la norme du champ électrique vérifie E^2 \ge 0. On a donc :

p_{\text{st}} = -\frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e E^2 \le 0

La pression strictive est négative (ou nulle en l'absence de champ).

Réaction du milieu Une pression négative correspond à une dépression (ou tension). En présence d'un champ inhomogène, le gradient de cette dépression attire la matière vers les zones où le champ électrique est le plus intense, ce qui tend à y augmenter localement la densité : c'est le phénomène d'électrostriction (les atomes polarisés sont aspirés dans les régions de champ électrique fort).

Force volumique résultante Dans un fluide, la force volumique associée à un champ de pression scalaire est donnée par l'opposé de son gradient :

\vec{f} = -\vec{\nabla} p_{\text{st}}

En remplaçant par l'expression de p_{\text{st}}, on obtient directement :

\boxed{\vec{f} = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \vec{\nabla}\left(E^2\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le signe négatif correspond à une contraction du milieu (électrostriction), et la force volumique s'obtient directement par le gradient de pression.

« Concernant la Q23, malheureusement la majorité des candidats interprètent le signe négatif pour la pression induite en présence d’un champ électrique inhomogène en module comme correspondant à une dilatation du milieu, et non comme une contraction : il s’agit du phénomène d’électrostriction »

« Pour la seconde partie de cette question, trop de candidats ont oublié la définition hydrostatique de la pression comme gradient d’une force volumique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : électrostriction, champ électrique

Exprimer la pression strictive dans un tel cas.

Voir l'indice

Calculer la moyenne temporelle d'un terme en \cos^2(\omega_1 t - k_1 z) sur une durée longue devant la période optique, ce qui apporte un facteur 1/2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique réel \vec{E}_1(z, t) à partir de sa notation complexe pour expliciter son carré scalaire \vec{E}_1^2(z, t).
  2. Effectuer la moyenne temporelle \langle \vec{E}_1 \cdot \vec{E}_1 \rangle sur une durée \tau \gg 2\pi/\omega_1.
  3. En déduire l'expression de la pression strictive p_{\text{st}}.
Voir la réponse courte

Écriture directe de la pression d'électrostriction pour le champ résultant de la superposition de deux ondes lumineuses.

Voir le corrigé complet

L'onde étant polarisée linéairement, on peut poser son amplitude complexe sous la forme :

\underline{\vec{E}}_{1,0}(z) = \vec{E}_{1,0}(z) \, \mathrm{e}^{\mathrm{i}\phi_1(z)}

où \vec{E}_{1,0}(z) est un vecteur réel et \phi_1(z) une phase réelle. Le champ électrique réel s'écrit alors :

\vec{E}_1(z, t) = \operatorname{Re}\left[\underline{\vec{E}}_1(z, t)\right] = \vec{E}_{1,0}(z) \cos(\omega_1 t - k_1 z + \phi_1(z))

Le carré scalaire instantané du champ électrique est :

\begin{aligned} \vec{E}_1(z, t) \cdot \vec{E}_1(z, t) &= \left|\vec{E}_{1,0}(z)\right|^2 \cos^2(\omega_1 t - k_1 z + \phi_1(z)) \\ &= \frac{1}{2} \left|\vec{E}_{1,0}(z)\right|^2 \Big(1 + \cos\big(2(\omega_1 t - k_1 z + \phi_1(z))\big)\Big) \end{aligned}

En moyennant sur une durée \tau grande devant la période optique T_1 = 2\pi/\omega_1 (\tau \gg 2\pi/\omega_1), le terme oscillant à la pulsation 2\omega_1 a une moyenne nulle :

\langle \vec{E}_1 \cdot \vec{E}_1 \rangle = \frac{1}{2} \left|\vec{E}_{1,0}(z)\right|^2 = \frac{1}{2} \left|\underline{\vec{E}}_{1,0}(z)\right|^2 = \frac{1}{2} \underline{\vec{E}}_{1,0}(z) \cdot \underline{\vec{E}}_{1,0}^*(z)

D'après la formule fournie par l'énoncé, la pression strictive s'obtient en remplaçant E^2 par \langle \vec{E}_1 \cdot \vec{E}_1 \rangle :

\boxed{p_{\text{st}}(z) = -\frac{1}{4} \epsilon_0 \gamma_e \left|\underline{\vec{E}}_{1,0}(z)\right|^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul de grandeurs énergétiques bilinéaires à l'aide de la notation complexe doit être maîtrisé sans confusion.

« Étant donné les innombrables emplois de la notation complexe qu’ont dû voir en électromagnétisme les candidats, en particulier pour traiter tous les problèmes de propagation d’énergie avec le vecteur de Poynting, une quantité bilinéaire dans les champs, les correcteurs s’attendaient à ce que la question Q24 et les suivantes (Q25-Q27) fussent bien mieux traitées. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Notions : battement, onde stationnaire

Que vaut la moyenne temporelle du carré du champ électrique total en fonction de et de ? On moyenne, autour de , sur un temps tel que et . En déduire la force strictive associée. On notera .

Voir l'indice

Développer le carré de \vec{E}_1 + \vec{E}_2. La moyenne temporelle sur \tau élimine les composantes haute fréquence en 2\omega, mais conserve le terme d'interférence basse fréquence oscillant à \Omega = \omega_1 - \omega_2 et de vecteur d'onde q = k_1 + k_2.

Voir la stratégie
  1. Décomposer le carré du champ électrique total \vec{E} = \vec{E}_1 + \vec{E}_2 en termes purs et terme d'interférence.
  2. Exploiter les deux échelles de temps \tau \gg 2\pi/\omega_2 et \tau \ll 2\pi/\Omega pour moyenner les oscillations rapides à haute fréquence optique tout en conservant l'oscillation lente de battement à la pulsation \Omega.
  3. Utiliser l'expression de la force volumique d'électrostriction établie à la question Q23, \vec{f} = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \vec{\nabla} \langle \vec{E} \cdot \vec{E} \rangle.
Voir la réponse courte

Moyenne temporelle éliminant les hautes fréquences optiques et isolant le terme d'interférence basse fréquence à la pulsation de battement \Omega.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique total s'écrit \vec{E}(z, t) = \vec{E}_1(z, t) + \vec{E}_2(z, t). Son carré scalaire vaut :

\vec{E} \cdot \vec{E} = \vec{E}_1^2 + \vec{E}_2^2 + 2\,\vec{E}_1 \cdot \vec{E}_2

Calculons la moyenne temporelle \langle \cdot \rangle sur la durée \tau pour chacun des termes :

  • Pour les termes d'auto-interférence, en reprenant le résultat de la question Q24, les composantes oscillant à 2\omega_1 et 2\omega_2 s'annulent en moyenne car \tau \gg 2\pi/\omega_{1,2} :

    \langle \vec{E}_1^2 \rangle = \frac{1}{2}|\vec{\underline{E}}_{1,0}(z)|^2 \quad \text{et} \quad \langle \vec{E}_2^2 \rangle = \frac{1}{2}|\vec{\underline{E}}_{2,0}(z)|^2
  • Pour le terme croisé, exprimons le produit scalaire à l'aide des grandeurs complexes :

    \begin{aligned} 2\,\vec{E}_1 \cdot \vec{E}_2 &= 2\,\operatorname{Re}[\vec{\underline{E}}_1] \cdot \operatorname{Re}[\vec{\underline{E}}_2] \\ &= \operatorname{Re}\left[ \vec{\underline{E}}_1 \cdot \vec{\underline{E}}_2^* + \vec{\underline{E}}_1 \cdot \vec{\underline{E}}_2 \right] \end{aligned}

    Le terme \vec{\underline{E}}_1 \cdot \vec{\underline{E}}_2 oscille à la fréquence optique \omega_1 + \omega_2 \simeq 2\omega_2. Comme \tau \gg 2\pi/\omega_2, sa moyenne sur le temps \tau est nulle.

    En revanche, le terme \vec{\underline{E}}_1 \cdot \vec{\underline{E}}_2^* s'écrit :

    \vec{\underline{E}}_1 \cdot \vec{\underline{E}}_2^* = \left( \vec{\underline{E}}_{1,0}(z) \cdot \vec{\underline{E}}_{2,0}^*(z) \right) \mathrm{e}^{\mathrm{i}[(\omega_1 - \omega_2)t - (k_1 + k_2)z]} = \left( \vec{\underline{E}}_{1,0}(z) \cdot \vec{\underline{E}}_{2,0}^*(z) \right) \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)}

    en posant \Omega = \omega_1 - \omega_2 et q = k_1 + k_2. Ce terme oscille à la pulsation de battement \Omega. Comme le temps de moyenne vérifie \tau \ll 2\pi/\Omega, ce terme est quasiment constant à l'échelle de \tau et n'est pas moyenné :

    2\,\langle \vec{E}_1 \cdot \vec{E}_2 \rangle = \operatorname{Re}\left[ \vec{\underline{E}}_{1,0}(z) \cdot \vec{\underline{E}}_{2,0}^*(z)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)} \right]

On en déduit l'expression de la moyenne temporelle :

\boxed{\langle \vec{E} \cdot \vec{E} \rangle = \frac{1}{2}|\vec{\underline{E}}_{1,0}(z)|^2 + \frac{1}{2}|\vec{\underline{E}}_{2,0}(z)|^2 + \operatorname{Re}\left[ \vec{\underline{E}}_{1,0}(z) \cdot \vec{\underline{E}}_{2,0}^*(z)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)} \right]}

D'après la question Q23, la force strictive volumique associée est donnée par le gradient de la pression strictive :

\vec{f} = -\vec{\nabla} p_{\text{st}} = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \vec{\nabla}\langle \vec{E} \cdot \vec{E} \rangle = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \frac{\partial \langle \vec{E} \cdot \vec{E} \rangle}{\partial z} \vec{u}_z

En dérivant par rapport à z :

\boxed{\vec{f} = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \left( \frac{1}{2}\frac{\partial |\vec{\underline{E}}_{1,0}|^2}{\partial z} + \frac{1}{2}\frac{\partial |\vec{\underline{E}}_{2,0}|^2}{\partial z} + \frac{\partial}{\partial z}\operatorname{Re}\left[ \vec{\underline{E}}_{1,0} \cdot \vec{\underline{E}}_{2,0}^*\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)} \right] \right) \vec{u}_z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le maniement de la notation complexe pour évaluer des moyennes temporelles de termes bilinéaires a suscité trop d'erreurs.

« Étant donné les innombrables emplois de la notation complexe qu’ont dû voir en électromagnétisme les candidats, en particulier pour traiter tous les problèmes de propagation d’énergie avec le vecteur de Poynting, une quantité bilinéaire dans les champs, les correcteurs s’attendaient à ce que la question Q24 et les suivantes (Q25-Q27) fussent bien mieux traitées. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : terme source, approximation des régimes quasi stationnaires

En négligeant les termes en (avec ) devant les termes en , montrer que le terme de forçage de l'équation (7) est donné par où est le complexe conjugué de .

Voir l'indice

Calculer la dérivée spatiale \frac{\partial}{\partial z} de la force d'électrostriction le long de z en ne retenant que la dérivée du terme de phase spatiale rapide \mathrm{e}^{-\mathrm{i} q z} (approximation des enveloppes lentement variables).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la divergence de la force volumique \vec{f} à partir de son expression unidimensionnelle selon \vec{u}_z établie à la question Q25.
  2. Appliquer l'approximation des enveloppes lentement variables : dériver deux fois par rapport à z en ne retenant que la dépendance spatiale rapide liée à la phase interférentielle en \mathrm{e}^{-\mathrm{i}qz} et en négligeant les dérivées des amplitudes \underline{\vec{E}}_{i,0}(z).
Voir la réponse courte

Calcul de la divergence de la force en négligeant les variations lentes de l'enveloppe devant la modulation spatiale à q.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, la force volumique strictive est dirigée selon l'axe Oz :

\vec{f} = \frac{1}{2}\epsilon_0\gamma_e \frac{\partial \langle \vec{E}\cdot\vec{E}\rangle}{\partial z}\,\vec{u}_z

La divergence de cette force s'écrit donc simplement :

\operatorname{div}\vec{f} = \frac{\partial f_z}{\partial z} = \frac{1}{2}\epsilon_0\gamma_e \frac{\partial^2 \langle \vec{E}\cdot\vec{E}\rangle}{\partial z^2}

Rappelons l'expression de la moyenne temporelle obtenue en Q25 :

\langle \vec{E}\cdot\vec{E}\rangle = \frac{1}{2}|\underline{\vec{E}}_{1,0}(z)|^2 + \frac{1}{2}|\underline{\vec{E}}_{2,0}(z)|^2 + \operatorname{Re}\left[\underline{\vec{E}}_{1,0}(z) \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*(z)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - qz)}\right]

Sous l'hypothèse de l'énoncé, les amplitudes \underline{\vec{E}}_{i,0}(z) varient très lentement à l'échelle spatiale de la modulation optique :

\left\|\frac{\partial \underline{\vec{E}}_{i,0}}{\partial z}\right\| \ll q \|\underline{\vec{E}}_{i,0}\| \quad (i=1, 2)

Par conséquent :

  • Les termes moyens d'intensité continue |\underline{\vec{E}}_{i,0}(z)|^2 ont des dérivées secondes par rapport à z négligeables devant les termes d'ordre q^2 \|\underline{\vec{E}}_{1,0}\|\|\underline{\vec{E}}_{2,0}\| :

    \frac{\partial^2 |\underline{\vec{E}}_{i,0}|^2}{\partial z^2} \ll q^2 |\underline{\vec{E}}_{i,0}|^2
  • Pour le terme d'interférence spatio-temporel, chaque dérivation spatiale fait descendre un facteur (-\mathrm{i}q) provenant de l'exponentielle rapide \mathrm{e}^{-\mathrm{i}qz}, les dérivées des amplitudes étant négligées :

    \begin{aligned} \frac{\partial}{\partial z}\left(\underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - qz)}\right) &\simeq -\mathrm{i}q\,\underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - qz)} \\ \frac{\partial^2}{\partial z^2}\left(\underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - qz)}\right) &\simeq (-\mathrm{i}q)^2\,\underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - qz)} = -q^2\,\underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - qz)} \end{aligned}

En réinjectant dans l'expression de la divergence et en utilisant la linéarité de la partie réelle, on obtient :

\boxed{\operatorname{div}\vec{f} = -\frac{1}{2}\epsilon_0\gamma_e q^2 \operatorname{Re}\left[\underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^* \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - qz)}\right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question nécessitait une pratique rigoureuse des grandeurs complexes en électromagnétisme.

« Étant donné les innombrables emplois de la notation complexe qu’ont dû voir en électromagnétisme les candidats, en particulier pour traiter tous les problèmes de propagation d’énergie avec le vecteur de Poynting, une quantité bilinéaire dans les champs, les correcteurs s’attendaient à ce que la question Q24 et les suivantes (Q25-Q27) fussent bien mieux traitées. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : oscillateur forcé, résonance

Montrer que

avec une fonction de et de que l'on explicitera et où on fera également apparaître et .

Voir l'indice

Injecter la forme complexe cherchée pour \rho et l'expression de \operatorname{div}\vec{f} dans l'équation acoustique régie par (7). Factoriser par l'amplitude \underline{\delta\rho} pour identifier \eta(q, \Omega).

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme complexe cherchée pour la modulation de masse volumique \underline{\rho}_1(z, t) = \underline{\delta\rho}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)} dans le membre de gauche de l'équation acoustique (7).
  2. Exprimer le terme de forçage en notation complexe à partir du résultat de la question Q26.
  3. Identifier les amplitudes complexes pour isoler \underline{\delta\rho} et en déduire la fonction de transfert \eta(q, \Omega) en faisant apparaître \Omega_B = qv et \Gamma_B = q^2 \Gamma'.
Voir la réponse courte

Résolution de l'équation d'onde acoustique avec terme source pour identifier la fonction de réponse résonnante \eta(q,\Omega).

Voir le corrigé complet

On cherche une solution sous la forme \rho(z, t) = \rho_0 + \operatorname{Re}\left[\underline{\rho}_1(z, t)\right] avec :

\underline{\rho}_1(z, t) = \underline{\delta\rho}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)}

où \underline{\delta\rho} est une amplitude complexe supposée uniforme et constante.

Puisque la perturbation ne dépend spatialement que de la variable z, le laplacien se réduit à \Delta = \frac{\partial^2}{\partial z^2}. Calculons les dérivées temporelles et spatiales de \underline{\rho}_1 :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 \underline{\rho}_1}{\partial t^2} &= (\mathrm{i}\Omega)^2 \underline{\rho}_1 = -\Omega^2 \underline{\rho}_1 \\ \Delta \underline{\rho}_1 &= \frac{\partial^2 \underline{\rho}_1}{\partial z^2} = (-\mathrm{i}q)^2 \underline{\rho}_1 = -q^2 \underline{\rho}_1 \\ \Delta \frac{\partial \underline{\rho}_1}{\partial t} &= \frac{\partial^2}{\partial z^2} (\mathrm{i}\Omega \underline{\rho}_1) = -q^2 (\mathrm{i}\Omega) \underline{\rho}_1 = -\mathrm{i}q^2 \Omega \underline{\rho}_1 \end{aligned}

Le membre de gauche de l'équation acoustique (7) s'écrit alors en notation complexe :

\begin{aligned} \frac{\partial^2 \underline{\rho}_1}{\partial t^2} - \Gamma' \Delta \frac{\partial \underline{\rho}_1}{\partial t} - v^2 \Delta \underline{\rho}_1 &= \left[ -\Omega^2 - \Gamma'(-\mathrm{i}q^2 \Omega) - v^2(-q^2) \right] \underline{\rho}_1 \\ &= \left( q^2 v^2 - \Omega^2 + \mathrm{i}q^2 \Gamma' \Omega \right) \underline{\delta\rho}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)} \end{aligned}

En introduisant les notations définies par l'énoncé :

\Omega_B = qv \quad \text{et} \quad \Gamma_B = q^2 \Gamma'

ce terme devient :

\left( \Omega_B^2 - \Omega^2 + \mathrm{i}\Omega\Gamma_B \right) \underline{\delta\rho}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)}

D'après le résultat de la question Q26, le terme source de forçage s'écrit :

\operatorname{div}\vec{f} = \operatorname{Re}\left[ -\frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e q^2 \underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^* \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)} \right]

En identifiant les amplitudes complexes associées au mode forcé \mathrm{e}^{\mathrm{i}(\Omega t - q z)}, on obtient :

\left( \Omega_B^2 - \Omega^2 + \mathrm{i}\Omega\Gamma_B \right) \underline{\delta\rho} = -\frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e q^2 \underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*

On en déduit :

\underline{\delta\rho} = \frac{1}{2}\epsilon_0\gamma_e \left( \frac{q^2}{\Omega^2 - \Omega_B^2 - \mathrm{i}\Omega\Gamma_B} \right) \underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*

ce qui correspond bien à l'expression (8) :

\boxed{\underline{\delta\rho} = \frac{1}{2}\epsilon_0\gamma_e \eta(q, \Omega) \underline{\vec{E}}_{1,0} \cdot \underline{\vec{E}}_{2,0}^*}

avec :

\boxed{\eta(q, \Omega) = \frac{q^2}{\Omega^2 - \Omega_B^2 - \mathrm{i}\Omega\Gamma_B} = -\frac{q^2}{\Omega_B^2 - \Omega^2 + \mathrm{i}\Omega\Gamma_B}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation de la notation complexe pour manipuler les grandeurs bilinéaires a posé de nombreuses difficultés.

« Étant donné les innombrables emplois de la notation complexe qu’ont dû voir en électromagnétisme les candidats, en particulier pour traiter tous les problèmes de propagation d’énergie avec le vecteur de Poynting, une quantité bilinéaire dans les champs, les correcteurs s’attendaient à ce que la question Q24 et les suivantes (Q25-Q27) fussent bien mieux traitées. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 28

DifficileTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : couplage acousto-optique, gain brillouin

Montrer que

où l'on n'explicitera pas la constante positive .

Voir l'indice

Exprimer \frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} en utilisant la dérivée complexe \frac{\partial \underline{\vec{E}}_{2,0}}{\partial z} fournie par l'équation (10). Remplacer \underline{\delta\rho}^* par son expression issue de la question 27 et utiliser les approximations de résonance données.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée spatiale \frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} de l'intensité du faisceau 2 à partir de la définition I_2 = \frac{1}{2}\epsilon_0 c |\underline{\vec{E}}_{2,0}|^2 et de l'équation de couplage (10).
  2. Injecter l'expression de \underline{\delta\rho}^* issue de la question Q27 faisant intervenir \eta^*(q,\Omega).
  3. Calculer rigoureusement \operatorname{Re}[\mathrm{i}\eta^*(q,\Omega)] en exploitant les approximations données pour \Omega \simeq \Omega_B.
  4. Identifier la forme lorentzienne du profil de gain et discuter le signe issu de l'équation (10).
Voir la réponse courte

Équation d'onde optique avec polarisation non linéaire induite par \delta\rho, conduisant au profil lorentzien du gain Brillouin sur I_2.

Voir le corrigé complet

Les deux ondes possèdent la même polarisation linéaire selon un vecteur unitaire \vec{u} ; on pose donc \underline{\vec{E}}_{1,0} = \underline{E}_{1,0} \vec{u} et \underline{\vec{E}}_{2,0} = \underline{E}_{2,0} \vec{u}.

L'intensité du faisceau 2 est donnée par :

I_2 = \frac{1}{2}\epsilon_0 c |\underline{E}_{2,0}|^2 = \frac{1}{2}\epsilon_0 c \, \underline{E}_{2,0} \underline{E}_{2,0}^*

Sa dérivée par rapport à z s'écrit :

\frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} = \frac{1}{2}\epsilon_0 c \left( \frac{\partial \underline{E}_{2,0}}{\partial z} \underline{E}_{2,0}^* + \underline{E}_{2,0} \frac{\partial \underline{E}_{2,0}^*}{\partial z} \right) = \epsilon_0 c \operatorname{Re}\left( \frac{\partial \underline{E}_{2,0}}{\partial z} \underline{E}_{2,0}^* \right)

D'après l'équation (10) de l'énoncé, on a :

\frac{\partial \underline{E}_{2,0}}{\partial z} = \frac{\mathrm{i}\omega_2\gamma_e}{4c\rho_0} \underline{E}_{1,0} \underline{\delta\rho}^*

En utilisant l'expression de \underline{\delta\rho} obtenue à la question Q27 :

\underline{\delta\rho} = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \eta(q,\Omega) \underline{E}_{1,0} \underline{E}_{2,0}^* \implies \underline{\delta\rho}^* = \frac{1}{2}\epsilon_0 \gamma_e \eta^*(q,\Omega) \underline{E}_{1,0}^* \underline{E}_{2,0}

En reportant dans l'équation d'évolution :

\frac{\partial \underline{E}_{2,0}}{\partial z} \underline{E}_{2,0}^* = \frac{\mathrm{i}\omega_2 \gamma_e^2 \epsilon_0}{8 c \rho_0} \eta^*(q,\Omega) |\underline{E}_{1,0}|^2 |\underline{E}_{2,0}|^2

Comme |\underline{E}_{1,0}|^2 |\underline{E}_{2,0}|^2 = \frac{4}{\epsilon_0^2 c^2} I_1 I_2, il vient :

\frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} = \frac{\omega_2 \gamma_e^2}{2 c^2 \rho_0} \operatorname{Re}[\mathrm{i}\eta^*(q,\Omega)] I_1 I_2

Calculons à présent la quantité \operatorname{Re}[\mathrm{i}\eta^*(q,\Omega)]. Avec \eta(q,\Omega) = \frac{q^2}{\Omega^2 - \Omega_B^2 - \mathrm{i}\Omega\Gamma_B} :

\begin{aligned} \mathrm{i}\eta^*(q,\Omega) &= \frac{\mathrm{i}q^2}{\Omega^2 - \Omega_B^2 + \mathrm{i}\Omega\Gamma_B} = \frac{\mathrm{i}q^2 [(\Omega^2 - \Omega_B^2) - \mathrm{i}\Omega\Gamma_B]}{(\Omega^2 - \Omega_B^2)^2 + \Omega^2\Gamma_B^2} \\ &= \frac{q^2 \Omega \Gamma_B + \mathrm{i}q^2(\Omega^2 - \Omega_B^2)}{(\Omega^2 - \Omega_B^2)^2 + \Omega^2\Gamma_B^2} \end{aligned}

On en déduit :

\operatorname{Re}[\mathrm{i}\eta^*(q,\Omega)] = \operatorname{Im}[\eta(q,\Omega)] = \frac{q^2 \Omega \Gamma_B}{(\Omega^2 - \Omega_B^2)^2 + \Omega^2\Gamma_B^2}

En utilisant les approximations fournies par l'énoncé au voisinage de la résonance (\Omega \simeq \Omega_B, \Omega^2\Gamma_B^2 \simeq \Omega_B^2\Gamma_B^2 et \Omega^2 - \Omega_B^2 \simeq 2\Omega_B\Delta\Omega) :

\begin{aligned} \operatorname{Re}[\mathrm{i}\eta^*(q,\Omega)] &\simeq \frac{q^2 \Omega_B \Gamma_B}{(2\Omega_B\Delta\Omega)^2 + \Omega_B^2\Gamma_B^2} = \frac{q^2 \Gamma_B}{4\Omega_B\left[ \Delta\Omega^2 + (\Gamma_B/2)^2 \right]} \\ &= \frac{q^2}{\Omega_B \Gamma_B} \frac{(\Gamma_B/2)^2}{(\Gamma_B/2)^2 + \Delta\Omega^2} \end{aligned}

Cette quantité étant strictement positive, le report dans l'expression de \frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} donne un coefficient strictement positif. L'équation (10) fournie dans l'énoncé comporte une coquille de signe (les deux signes moins ne devraient pas se compenser si l'on prend en compte le sens rétrograde de l'onde 2, pour laquelle l'amplification dans le sens des z décroissants implique \frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} < 0).

Au signe près (ou en posant g_\infty = \frac{\omega_2 \gamma_e^2 q^2}{2 c^2 \rho_0 \Omega_B \Gamma_B} > 0 après correction du signe dans l'équation (10)), on retrouve bien la loi d'amplification Brillouin stimulée sous forme lorentzienne :

\boxed{\frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} = -g_\infty \frac{(\Gamma_B/2)^2}{(\Gamma_B/2)^2 + \Delta\Omega^2} I_1 I_2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très difficile et sélective nécessitant des calculs concis et une bonne exploitation des approximations en notation complexe.

« Obtenir la relation (11) à la Q28 était peut-être la seule question un peu difficile du problème — notamment parce que la relation demandée n’était pas explicitée ! — et aussi parce qu’elle nécessitait de mener les calculs de façon économe avec les approximations demandées, tout en utilisant habilement la notation complexe. Beaucoup de candidats l’ont abordée, infiniment peu l’ont réussie. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : amplification, résonance

On s'intéresse au cas où l'intensité du champ électrique 1 est beaucoup plus grande que celle du champ électrique 2. Dans un tel cas, on peut supposer que reste constante. En déduire la dépendance de en . La pulsation est fixée, mais on peut faire varier dans l'expérience. Que se passe-t-il "à résonance", i.e. lorsque ? Que se passe-t-il "hors résonance", c'est-à-dire lorsque ? On mesure l'intensité en sortie de la cellule contenant l'hélium. Proposer une méthode pour déterminer précisément .

Voir l'indice

Intégrer immédiatement l'équation différentielle spatiale pour I_2(z) en traitant I_1 comme une constante. Remarquer que l'amplification suit un profil lorentzien centré sur \Delta\Omega = 0, ce qui permet de pointer \Omega_B.

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation différentielle sur I_2(z) sous l'hypothèse de non-déplétion de la pompe (I_1 = \text{cte}).
  2. Analyser le gain effectif aux deux limites demandées : à résonance (\Delta\Omega = 0) et loin de la résonance (|\Delta\Omega| \gg \Gamma_B).
  3. Décrire le principe de la spectroscopie par gain Brillouin stimulé pour remonter à \Omega_B.
Voir la réponse courte

Résolution en exponentielle pour I_2(z) et proposition d'un balayage en fréquence pour détecter le pic résonnant à \Omega_B.

Voir le corrigé complet

1. Dépendance de I_2 en z :

L'intensité I_1 étant considérée constante (pompe non déplétée car I_1 \gg I_2), l'équation (11) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} = -G(\Delta\Omega) \, I_2(z)

en définissant le coefficient de gain :

G(\Delta\Omega) = g_\infty \frac{(\Gamma_B/2)^2}{(\Gamma_B/2)^2 + \Delta\Omega^2} I_1

Cette équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants s'intègre immédiatement :

\boxed{I_2(z) = I_{2,0} \exp\left[-g_\infty \frac{(\Gamma_B/2)^2}{(\Gamma_B/2)^2 + \Delta\Omega^2} I_1 z\right]}

où I_{2,0} est une constante d'intégration (valeur de I_2 en z = 0).

2. Comportement à résonance et hors résonance :

  • À résonance (\Delta\Omega = 0, soit \Omega = \omega_1 - \omega_2 = \Omega_B) : Le profil lorentzien est maximal et vaut 1. Le coefficient d'amplification atteint sa valeur maximale :

    G_{\max} = g_\infty I_1

    Comme le faisceau 2 se propage vers les z décroissants (en sens opposé au faisceau 1), son intensité augmente exponentiellement au cours de sa propagation dans le milieu : l'amplification Brillouin stimulée est maximale.

  • Hors résonance (|\Delta\Omega| \gg \Gamma_B) : Le facteur lorentzien tend vers zéro :

    \frac{(\Gamma_B/2)^2}{(\Gamma_B/2)^2 + \Delta\Omega^2} \approx \left(\frac{\Gamma_B}{2\Delta\Omega}\right)^2 \ll 1 \implies G(\Delta\Omega) \simeq 0

    Par conséquent, \frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} \simeq 0 : le faisceau 2 ne subit pratiquement aucune amplification et traverse le milieu sans modification notable de son intensité (I_2(z) \simeq \text{cte}).

3. Méthode de mesure précise de \Omega_B :

Pour déterminer précisément \Omega_B :

  1. On maintient fixe la pulsation \omega_1 du faisceau pompe (faisceau 1).
  2. On injecte à contre-propagation le faisceau sonde (faisceau 2) dont on fait varier continûment la pulsation \omega_2 au voisinage de \omega_1 - \Omega_B.
  3. On enregistre l'intensité I_2 en sortie de la cellule en fonction du décalage en pulsation \Omega = \omega_1 - \omega_2.
  4. La courbe obtenue présente un pic de résonance lorentzien centré exactement en :

    \boxed{\Omega = \Omega_B \iff \omega_2 = \omega_1 - \Omega_B}

    Le repérage de la pulsation \omega_{2,\text{max}} qui maximise le signal transmis donne directement \Omega_B = \omega_1 - \omega_{2,\text{max}}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une intensité en exponentielle décroissante correspond à une onde qui s'amplifie lorsqu'elle se propage vers les valeurs décroissantes de l'abscisse.

« rarissimes ont été ceux qui ont compris qu’une intensité proportionnelle à exp(-z/ƺ) correspond à une onde qui s’amplifie lorsque celle-ci se propage dans le sens de z décroissants. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : ordre de grandeur, intensité lumineuse

Dans l'hélium, . En déduire l'ordre de grandeur de pour avoir une amplification de à la résonance de l'ordre de sur une échelle typique de . Commenter ce résultat.

Voir l'indice

Écrire l'amplification relative \Delta I_2 / I_2 \simeq g_\infty I_1 L \sim 10^{-2} sur L = 10\ \mu\text{m}. En déduire l'ordre de grandeur de I_1 et justifier la nécessité de recourir à des lasers pulsés de forte puissance crête.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'amplification relative de l'onde 2 à la résonance (\Delta\Omega = 0) sur une distance L dans le sens de sa propagation.
  2. Exprimer littéralement I_1 en fonction du taux d'amplification visé, de g_\infty et de l'échelle spatiale L, puis réaliser l'application numérique.
  3. Commenter la valeur obtenue en termes de puissance optique et de contraintes cryogéniques, justifiant l'utilisation d'impulsions laser.
Voir la réponse courte

Ordre de grandeur I_1 \sim 10^{12}\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} imposant l'utilisation d'impulsions laser intenses et focalisées.

Voir le corrigé complet

À la résonance (\Delta\Omega = 0), l'équation différentielle régissant l'évolution spatiale de l'intensité I_2 établie à la question Q28 se réduit à :

\frac{\mathrm{d}I_2}{\mathrm{d}z} = -g_\infty I_1 I_2

Le faisceau 2 se propageant dans le sens des z décroissants (vecteur d'onde -k_2 \vec{u}_z), l'amplification se produit au cours de sa propagation vers les z négatifs. Sur une distance de propagation L > 0 (soit \Delta z = -L), l'intensité en sortie s'écrit :

I_2(z - L) = I_2(z) \exp(g_\infty I_1 L)

Pour une amplification faible de l'ordre de 1\,\%, on effectue un développement au premier ordre :

\frac{\Delta I_2}{I_2} \simeq g_\infty I_1 L \simeq 10^{-2}

On en déduit l'expression de l'intensité I_1 requise :

I_1 = \frac{1}{g_\infty L} \frac{\Delta I_2}{I_2}

Avec g_\infty \simeq 10^{-9}\text{ m}\cdot\text{W}^{-1}, L \simeq 10\ \mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m} et \frac{\Delta I_2}{I_2} \simeq 10^{-2} :

I_1 \simeq \frac{10^{-2}}{10^{-9} \times 10^{-5}} = 10^{12}\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}
\boxed{I_1 \sim 10^{12}\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}}

Commentaire du résultat : Une telle intensité est considérable (10^{8}\text{ W}\cdot\text{cm}^{-2} ou encore 1\text{ MW}\cdot\text{mm}^{-2}). Pour un faisceau focalisé sur une section typique S \sim \pi w^2 \sim 10^{-10}\text{ m}^2, cela nécessiterait une puissance optique continue de l'ordre de :

\mathcal{P} \sim I_1 S \sim 10^{12} \times 10^{-10} = 100\text{ W}

Une telle puissance en régime continu est totalement incompatible avec le maintien des conditions cryogéniques à T \sim 1\text{ K}, où les puissances de refroidissement disponibles ne dépassent guère quelques milliwatts à quelques fractions de watt. Ce résultat justifie la mise en œuvre d'un laser impulsionnel délivrant des impulsions brèves : on atteint ainsi une puissance crête très élevée garantissant l'amplification sans échauffer le bain d'hélium.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à commenter le résultat de l'application numérique, dont l'intensité est un milliard de fois plus grande que celle du soleil.

« à la Q30, les quelques candidats qui ont obtenu après application numérique l’ordre de grandeur correct de la puissance surfacique ne commentent même pas ce résultat comme demandé dans l’énoncé, alors que cela correspond tout de même à une intensité un milliard de fois supérieure à celle que nous dispense en moyenne le soleil ! »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 31

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation temps-fréquence, résolution spectrale

Comment doit-on choisir pour sonder les états métastables ? Quelle est la conséquence sur la largeur spectrale du laser ? En déduire la résolution spectrale de l'expérience.

Voir l'indice

Fixer \tau_l suffisamment court pour « geler » l'état acoustique métastable (\tau_l \ll 0{,}5\ \mu\text{s}) mais suffisamment long pour que la largeur spectrale de Fourier \delta f \sim 1/\tau_l reste inférieure à la largeur de résonance Brillouin \Gamma_B/2\pi.

Voir la stratégie
  1. Identifier la contrainte temporelle imposée par la durée de vie de l'état métastable étudiée à la question Q13.
  2. Relier la durée d'une impulsion à son étalement spectral via les relations de Fourier.
  3. Exprimer et évaluer numériquement la résolution spectrale obtenue, puis la comparer à la fréquence Brillouin f_B.
Voir la réponse courte

Compromis temps-fréquence entre résolution temporelle pour figer l'état métastable et résolution spectrale du pic Brillouin.

Voir le corrigé complet

1. Choix de la durée d'impulsion \tau_l

L'état métastable au foyer acoustique est transitoire : d'après la question Q13, la dépression acoustique dure une demi-période, soit :

\tau_{\text{méta}} = \frac{1}{2f} = 0{,}5\ \mu\text{s}

Pour sonder des propriétés thermodynamiques bien définies (pression et masse volumique quasi-stationnaires au cours de la mesure), il faut choisir une durée d'impulsion laser \tau_l très inférieure à cette durée caractéristique :

\tau_l \ll \tau_{\text{méta}} \simeq 500\text{ ns}

Par ailleurs, l'onde Brillouin stimulée doit avoir le temps d'osciller au cours de l'impulsion (au moins quelques périodes T_B = 1/f_B). En contre-propagation (\theta = \pi), la fréquence Brillouin vaut :

f_B = \frac{2v}{\lambda} = \frac{2 \times 200}{10^{-6}} = 400\text{ MHz} \implies T_B = \frac{1}{f_B} = 2{,}5\text{ ns}

On doit donc choisir :

\boxed{T_B \ll \tau_l \ll \tau_{\text{méta}}}

ce qui conduit typiquement à \tau_l \sim 10\text{ à }50\text{ ns}.

2. Conséquence sur la largeur spectrale du laser

Par transformée de Fourier, une impulsion temporelle de durée \tau_l possède nécessairement un étalement spectral. À la limite de Fourier (impulsion limitée par diffraction temporelle), la largeur à mi-hauteur en fréquence \Delta\nu_l vérifie l'inégalité temps-fréquence :

\Delta\nu_l \cdot \tau_l \sim 1

Le raccourcissement temporel de l'impulsion entraîne donc un élargissement spectral du faisceau laser :

\boxed{\Delta\nu_l \sim \frac{1}{\tau_l}}

3. Résolution spectrale de l'expérience

L'incertitude sur la fréquence du laser incident limite directement la précision avec laquelle on peut identifier la pulsation de résonance \Omega_B. La résolution spectrale en fréquence est donc donnée par la largeur spectrale de l'impulsion :

\boxed{\delta f \sim \Delta\nu_l \sim \frac{1}{\tau_l}}

Pour une durée typique \tau_l \simeq 50\text{ ns} :

\delta f \sim \frac{1}{50 \times 10^{-9}} \simeq 20\text{ MHz}

Cette incertitude est petite devant la fréquence Brillouin f_B \simeq 400\text{ MHz} :

\frac{\delta f}{f_B} \sim \frac{1}{f_B \tau_l} \sim 5\%

ce qui garantit une résolution spectrale suffisante pour remonter précisément à la vitesse du son.

Résultat

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Notions : vitesse du son, compressibilité isentropique

Détermination expérimentale de l'équation d'état. Comment, à partir des mesures de et de , peut-on remonter à l'équation d'état ? On exprimera en faisant apparaître une intégrale d'une fonction qui dépend de la masse volumique . On note par ailleurs la masse volumique pour . On rappelle que la vitesse du son est donnée par où est la compressibilité isentropique. On fera également apparaître dans l'expression de .

Voir l'indice

Exprimer la vitesse du son par v^2 = \left(\frac{\partial p}{\partial \rho}\right)_S. Relier ensuite v à la fréquence Brillouin f_B(\rho) mesurée en rétrodiffusion, puis intégrer la dérivée \mathrm{d}p = v^2 \mathrm{d}\rho entre \rho_{\text{sat}} et \rho.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le lien thermodynamique entre la vitesse du son v et la dérivée \left(\frac{\partial p}{\partial \rho}\right)_S à partir de la définition de la compressibilité isentropique \chi_S.
  2. Exprimer la vitesse du son v en fonction de la fréquence Brillouin f_B et de la longueur d'onde laser \lambda pour la configuration en contre-propagation de la partie 3.2.
  3. Intégrer la relation différentielle obtenue entre l'état de référence à saturation (p_{\text{sat}}, \rho_{\text{sat}}) et l'état courant (\rho, p(\rho)).
Voir la réponse courte

Intégration de (\partial p/\partial \rho)_S = v^2(\rho) reliant la mesure de la fréquence Brillouin f_B(\rho) à l'équation d'état p(\rho).

Voir le corrigé complet

La vitesse du son est donnée par v = \frac{1}{\sqrt{\rho \chi_S}}. En utilisant l'expression de la compressibilité isentropique \chi_S = \frac{1}{\rho}\left(\frac{\partial \rho}{\partial p}\right)_S, il vient :

v^2 = \frac{1}{\rho \chi_S} = \left(\frac{\partial p}{\partial \rho}\right)_S

À basse température, l'entropie de l'hélium superfluide est quasi nulle, et les variations de pression et de masse volumique le long de l'isotherme se confondent avec l'isentropique, de sorte que l'on a :

\frac{\mathrm{d}p}{\mathrm{d}\rho} = v^2(\rho)

Par ailleurs, dans l'expérience de diffusion Brillouin stimulée, les deux faisceaux laser sont en contre-propagation selon l'axe Oz. Le vecteur d'onde acoustique associé est (d'après les questions Q25 et Q27) :

q = k_1 + k_2 \simeq 2k = \frac{4\pi}{\lambda}

puisque n \simeq 1 et \omega_1 \simeq \omega_2. La pulsation acoustique vérifie \Omega_B = q v, ce qui donne pour la fréquence Brillouin :

f_B = \frac{\Omega_B}{2\pi} = \frac{q v}{2\pi} = \frac{2v}{\lambda} \implies v(\rho) = \frac{\lambda}{2} f_B(\rho)

En substituant l'expression de la célérité du son v(\rho) dans la relation différentielle :

\mathrm{d}p = \frac{\lambda^2}{4} f_B^2(\rho) \, \mathrm{d}\rho

En intégrant depuis l'état d'équilibre connu de coexistence liquide-vapeur (p_{\text{sat}}, \rho_{\text{sat}}) jusqu'à la masse volumique \rho, on obtient l'équation d'état :

\boxed{p(\rho) = p_{\text{sat}} + \frac{\lambda^2}{4} \int_{\rho_{\text{sat}}}^\rho f_B^2(\rho') \, \mathrm{d}\rho'}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de synthèse finale très peu abordée et généralement non réussie par les candidats.

« Quant à la dernière question du sujet, Q32, qui synthétisait le sujet en proposant une détermination de l’équation d’état de l’hélium superfluide, les rares candidats qui sont arrivés jusque-là ne l’ont généralement pas réussie. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique B PC 2022 ?

Surtout 4 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (16 % des questions), Ondes électromagnétiques dans les milieux (16 %), Changements d'état du corps pur (12 %) et Interférences lumineuses (12 %). Plus ponctuellement : Premier et second principes de la thermodynamique, Mécanique des fluides, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Optique géométrique, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique B PC 2022 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 10 questions sur 32 (31 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q1, Q2, Q4, Q8, Q10, Q12, Q14, Q16, Q17 et Q19. Avec les autres programmes de première année : 9 en MPSI.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique B PC 2022 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie 3 est la plus longue (environ 2 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique B PC 2022 ?

Q28 (couplage acousto-optique), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique B PC 2022 ?

Questions de cours : Q2 (diagramme de phase), Q3 (écoulement parfait), Q10 (pression cinétique), Q15 (division d'amplitude) et Q17 (chemin optique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (relation de de broglie), Q12 (statique des fluides), Q16 (loi de snell-descartes), Q20 (faisceau gaussien) et Q21 (diffusion brillouin).

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique B PC 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (13 sur 32), par exemple : Q1 à Q3, Q6, Q7, Q10, Q12, Q15, Q17, Q19, Q23, Q24 et Q30. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q14, Q16, Q21 et Q26 à Q28.

Le sujet X-ENS Physique B PC 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet X-ENS Physique B PC 2022 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le jury juge le sujet particulièrement discriminant : malgré un barème généreux, seul un quart des candidats a fourni l'effort de synthèse attendu. Moyenne : 9,61/20 (écart-type 3,56, 1 328 présents).

Comment obtenir rapidement la relation demandée en Q14 ?

Appliquer la dérivée logarithmique : en prenant le logarithme de la relation de Lorentz-Lorenz puis sa différentielle au premier ordre pour un indice n \simeq 1, l'égalité s'obtient directement sans calcul algébrique lourd.

Comment établir simplement la pulsation Brillouin en Q21 ?

Calculer la norme de la relation vectorielle \vec{q}_B = \vec{k}_2 - \vec{k}_1 via le produit scalaire. En exploitant |\vec{k}_1| \simeq |\vec{k}_2| = \omega/c et l'identité 1 - \cos\theta = 2\sin^2(\theta/2), le résultat s'obtient sans introduire de système d'axes.

Pourquoi une décroissance spatiale de l'intensité traduit-elle une amplification en Q29 ?

Parce que le faisceau 2 se propage vers les z décroissants. L'abscisse z diminue au cours de la propagation de l'onde rétrograde, de sorte qu'une intensité proportionnelle à \exp(-Gz) augmente le long de son trajet.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 32
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 32 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,61 et d'écart-type 3,56 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.