Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2022
Étude de l'atmosphère terrestre : dioxygène, ozone et instabilité de Kelvin-Helmholtz
- 43 questions corrigées
- Faisable en Sup (Partie I de chimie et Partie II.A de statique des fluides traitables en PCSI/MPSI)
- Vérifié question par question
Ce sujet pluridisciplinaire et complet propose une étude méthodique de phénomènes atmosphériques à différentes altitudes. La première partie combine chimie structurale, thermochimie classique et cinétique photochimique avec la modélisation du maximum de concentration d'ozone stratosphérique (mécanisme de Chapman). La seconde partie explore la mécanique des fluides et la thermodynamique de l'atmosphère : après une étape de statique des fluides et l'utilisation concrète d'un émagramme pour déterminer l'altitude de condensation d'un nuage orographique, l'épreuve développe une analyse remarquable de l'instabilité de Kelvin-Helmholtz.
Cette instabilité est d'abord appréhendée de manière qualitative et intuitive grâce au théorème de Bernoulli, puis modélisée analytiquement par la recherche d'ondes de cisaillement évanescentes via l'équation de Rayleigh. Le sujet, très formateur pour la filière PSI, balaie des savoir-faire variés : bilans d'énergie en système ouvert, lecture de diagrammes météorologiques, résolution de relations de dispersion à pulsation complexe et estimation d'ordres de grandeur à partir d'une photographie.
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Partie I : Étude de deux composants de l'atmosphère : le dioxygène et l'ozone
I.A · Étude structurale de l'oxygène et de l'ozone
Question 1
Donner la configuration électronique attendue de l'atome d'oxygène dans son état fondamental. Distinguer et dénombrer les électrons de valence et les électrons de cœur.
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Remplir les sous-couches par énergie croissante (1\text{s}, 2\text{s}, 2\text{p}) en distinguant la couche externe n=2 du cœur n=1.
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Le numéro atomique de l'oxygène est Z = 8. L'atome d'oxygène possède donc 8 électrons.
D'après les règles de remplissage (règle de Klechkowski, principe d'exclusion de Pauli, règle de Hund), la configuration électronique de l'atome d'oxygène dans son état fondamental s'écrit :
On distingue alors deux types d'électrons selon leur couche d'appartenance :
- Les électrons de cœur, situés sur la couche interne n = 1 (1s^2), au nombre de 2 ;
- Les électrons de valence, situés sur la couche électronique externe de nombre quantique principal le plus élevé n = 2 (2s^2\, 2p^4), au nombre de 6.
Résultat
Question 2
Indiquer la période de la classification périodique à laquelle cet élément appartient.
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Se repérer grâce au nombre quantique principal maximal de la couche occupée.
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Le numéro de la période (ou ligne) de la classification périodique correspond à la valeur maximale du nombre quantique principal n de la couche électronique occupée dans l'état fondamental de l'atome.
D'après la configuration électronique établie à la question Q1, 1\mathrm{s}^2\, 2\mathrm{s}^2\, 2\mathrm{p}^4, la couche de valence correspond à n = 2.
Par conséquent, l'oxygène appartient à la deuxième période de la classification périodique :
Résultat
Question 3
Rappeler la définition du terme « isotope » et préciser la composition du noyau de chacun des isotopes de l'oxygène. Justifier que les propriétés chimiques de deux isotopes sont identiques.
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Rappeler l'identité du numéro atomique Z et la différence du nombre de neutrons N=A-Z, puis argumenter sur le cortège électronique.
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1. Définition d'isotopes :
Des isotopes sont des atomes (ou nucléides) possédant le même numéro atomique Z (même nombre de protons), mais un nombre de masse A différent, c'est-à-dire un nombre de neutrons N = A - Z différent.
2. Composition du noyau des isotopes de l'oxygène (Z = 8) :
Pour l'isotope ^{16}_{8}\mathrm{O} (A = 16) :
Z = 8 \text{ protons} \quad \text{et} \quad N = 16 - 8 = 8 \text{ neutrons.}Pour l'isotope ^{17}_{8}\mathrm{O} (A = 17) :
Z = 8 \text{ protons} \quad \text{et} \quad N = 17 - 8 = 9 \text{ neutrons.}Pour l'isotope ^{18}_{8}\mathrm{O} (A = 18) :
Z = 8 \text{ protons} \quad \text{et} \quad N = 18 - 8 = 10 \text{ neutrons.}
3. Identité des propriétés chimiques :
La réactivité chimique d'un atome dépend quasi exclusivement de son cortège électronique, et tout particulièrement de sa couche de valence. Deux isotopes d'un même élément possédant le même numéro atomique Z, leurs atomes neutres possèdent le même nombre d'électrons et donc exactement la même configuration électronique fondamentale. Par conséquent, ils développent les mêmes liaisons et présentent des propriétés chimiques identiques.
Question 4
La masse molaire moyenne de l'oxygène est . Sachant que l'abondance de l'isotope est de , déterminer les abondances des isotopes et de l'oxygène.
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Écrire la masse molaire moyenne comme combinaison linéaire des masses molaires isotopiques avec x(^{16}\text{O}) + x(^{17}\text{O}) + x(^{18}\text{O}) = 1.
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- Exprimer la somme des abondances molaires relatives : x_{16} + x_{17} + x_{18} = 1.
- Écrire la masse molaire atomique moyenne comme la moyenne pondérée des masses molaires isotopiques par leurs abondances.
- Résoudre le système pour exprimer x_{18} puis x_{16} en fonction des grandeurs connues, et effectuer l'application numérique.
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Soient x_{16}, x_{17} et x_{18} les fractions molaires (abondances relatives) respectives des isotopes ^{16}\mathrm{O}, ^{17}\mathrm{O} et ^{18}\mathrm{O}, et M_{16}, M_{17}, M_{18} leurs masses molaires respectives fournies en tête d'énoncé.
La somme des abondances vaut l'unité :
La masse molaire atomique moyenne M est donnée par :
En substituant x_{16}, on obtient :
On en déduit l'expression littérale de l'abondance de l'isotope ^{18}\mathrm{O} :
Application numérique :
- M = 15,9994\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
- M_{16} = 15,99491\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
- M_{17} = 16,99914\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
- M_{18} = 17,99916\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
- x_{17} = 0,037\,\% = 3,7 \times 10^{-4}
Les écarts de masse molaire valent :
D'où :
On en déduit ensuite l'abondance de l'isotope ^{16}\mathrm{O} :
Compte tenu de la précision sur M (quatre décimales, ce qui limite le numérateur M - M_{16} à trois chiffres significatifs) :
Résultat
Question 5
Donner le schéma de Lewis de la molécule de .
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Respecter la règle de l'octet pour chaque atome d'oxygène avec 12 électrons de valence au total.
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D'après la question Q1, chaque atome d'oxygène possède 6 électrons de valence. La molécule de dioxygène \mathrm{O}_2 compte ainsi :
Pour que chaque atome d'oxygène respecte la règle de l'octet (8 électrons dans sa couche de valence), les deux atomes doivent mettre en commun 4 électrons, formant une double liaison covalente (deux doublets liants). Les quatre doublets restants constituent deux doublets non liants sur chaque atome d'oxygène.
La charge formelle portée par chaque atome d'oxygène est nulle :
Le schéma de Lewis de la molécule de dioxygène est donc :
Résultat
Question 6
Donner le schéma de Lewis de cette molécule si elle était cyclique. Serait-elle alors polaire ?
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Construire un cycle triangulaire à trois liaisons simples et analyser la somme vectorielle des moments dipolaires par symétrie.
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- Dénombrer le nombre total de doublets de valence de la molécule \mathrm{O}_3 à partir de la configuration de l'atome d'oxygène.
- Établir la structure cyclique à trois chaînons en complétant les octets avec des doublets non liants et vérifier les charges formelles.
- Conclure sur la polarité de cette structure à partir de l'électronégativité des atomes liés et des éléments de symétrie de la molécule.
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Chaque atome d'oxygène possède 6 électrons de valence (question Q1). Le nombre total d'électrons de valence de \mathrm{O}_3 est donc :
Dans une structure cyclique, les trois atomes forment un cycle triangulaire comportant 3 liaisons simples covalentes \mathrm{O}-\mathrm{O}, mobilisant ainsi 3 doublets liants. Pour respecter la règle de l'octet (4 doublets par atome), il faut attribuer 2 doublets non liants à chaque atome d'oxygène, soit 3 \times 2 = 6 doublets non liants supplémentaires. Le total correspond bien aux 9 doublets disponibles.
La charge formelle de chaque atome d'oxygène vaut :
Tous les atomes sont donc électriquement neutres.
Polarité de la molécule cyclique :
- Les liaisons sont formées entre atomes identiques d'oxygène (même électronégativité), elles ne sont donc pas polarisées.
- De plus, par symétrie, les trois noyaux forment un triangle équilatéral. Le barycentre des charges positives coïncide nécessairement avec le barycentre des charges négatives.
Le moment dipolaire permanent de la molécule cyclique serait donc nul :
Résultat
Question 7
Proposer deux formules de Lewis équivalentes rendant compte des propriétés de la molécule d'ozone. Proposer une description de la géométrie de cette molécule.
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Proposer une formule mésomère avec liaison double et liaison simple faisant apparaître des charges formelles, puis utiliser le modèle VSEPR (\text{AX}_2\text{E}_1).
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- Dénombrer les électrons de valence pour la molécule d'ozone \mathrm{O}_3 et répartir les doublets en respectant la règle de l'octet tout en faisant apparaître les charges formelles imposées par la neutralité globale et le nombre d'électrons de valence de chaque atome.
- Établir les deux formes mésomères limites équivalentes par symétrie.
- Appliquer la méthode VSEPR sur l'atome central pour déterminer la figure de répulsion, la géométrie de la molécule et l'ordre de grandeur de l'angle de liaison, puis vérifier la cohérence avec le caractère polaire de \mathrm{O}_3.
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1. Formules de Lewis équivalentes
Chaque atome d'oxygène (Z=8) possède 6 électrons de valence. La molécule d'ozone \mathrm{O}_3 comporte donc au total :
Dans une structure non cyclique, l'atome d'oxygène central est lié aux deux oxygènes terminaux. Pour que chaque atome d'oxygène vérifie la règle de l'octet, il faut une liaison double avec l'un des oxygènes terminaux et une liaison simple avec l'autre :
l'atome central possède un doublet non liant, une liaison double et une liaison simple (soit 4 paires d'électrons, octet respecté). Sa charge formelle est :
q = 6 - 2 - 3 = +1\text{ ;}l'atome d'oxygène doublement lié possède 2 doublets non liants. Sa charge formelle est :
q = 6 - 4 - 2 = 0\text{ ;}l'atome d'oxygène simplement lié possède 3 doublets non liants. Sa charge formelle est :
q = 6 - 6 - 1 = -1.
Par délocalisation des électrons \pi et des doublets non liants, on obtient deux formules mésomères limites équivalentes :
2. Géométrie de la molécule d'ozone
Pour déterminer la géométrie, on applique la théorie VSEPR (Gillespie) à l'atome d'oxygène central :
- l'atome central est entouré de deux atomes d'oxygène (chacun comptant pour un ligand) et porte un doublet non liant ;
- la molécule est donc du type \mathrm{AX}_2\mathrm{E}_1.
La figure de répulsion associée est trigonale plane. La géométrie moléculaire (disposition des atomes uniquement) est donc coudée (ou angulaire).
L'angle de liaison \widehat{\mathrm{O-O-O}} attendu pour une disposition trigonale plane idéale est de 120^\circ. En raison de l'encombrement stérique supérieur du doublet non liant par rapport aux doublets liants, l'angle réel est légèrement inférieur à 120^\circ (valeur expérimentale : 116,8^\circ).
Résultat
I.B · Dissociation de la molécule de dioxygène
Question 8
Exprimer en fonction de et , puis en déduire l'énergie de liaison de en fonction de , et .
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Appliquer la loi de Hess au cycle fourni en exprimant chaque étape par dissociation ou formation de liaisons.
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- Décomposer la réaction 1 en ruptures de liaisons des corps simples diatomiques \mathrm{A}_2 et \mathrm{B}_2 à l'état gazeux pour relier \Delta_r H^\circ_1 aux grandeurs de dissociation de liaison.
- Utiliser la propriété de fonction d'état de l'enthalpie sur le cycle thermodynamique proposé afin d'isoler l'énergie de dissociation de la liaison \mathrm{A-B}.
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La transformation associée à la réaction 1 s'écrit :
Elle correspond à la rupture d'une demi-mole de liaisons \mathrm{A-A} et d'une demi-mole de liaisons \mathrm{B-B} à l'état gazeux. Par additivité des enthalpies standard de réaction (loi de Hess) :
L'enthalpie étant une fonction d'état, sa variation ne dépend pas du chemin suivi. Le cycle thermodynamique de la figure 1 donne immédiatement :
On en déduit l'énergie de liaison E_{\text{liaison}}(\mathrm{AB}) = \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{A-B}) :
En substituant l'expression de \Delta_r H^\circ_1, il vient :
Résultat
Question 9
En s'inspirant de ce qui précède, déterminer l'expression de l'énergie de liaison de la molécule de à . Effectuer l'application numérique.
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Décomposer la réaction de formation de la vapeur d'eau en dissociant les réactifs \text{H}_2 et \text{O}_2 puis en recombinant deux liaisons \text{O}-\text{H}.
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- Construire un cycle thermochimique de Hess en faisant intervenir la dissociation de tous les réactifs et produits gazeux en leurs atomes isolés à l'état gazeux : \mathrm{H}_{(\mathrm{g})} et \mathrm{O}_{(\mathrm{g})}.
- Exprimer l'enthalpie standard de formation \Delta_f H^\circ(\mathrm{H_2O}_{(\mathrm{g})}) en fonction des enthalpies de dissociation de liaison mises en jeu.
- Isoler l'enthalpie de dissociation de liaison du dioxygène \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) et réaliser l'application numérique.
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Considérons la réaction standard de formation de l'eau gazeuse à 298\text{ K} :
À partir de l'état standard des réactifs, on peut envisager un état intermédiaire constitué des atomes gazeux libres 2\,\mathrm{H}_{(\mathrm{g})} + \mathrm{O}_{(\mathrm{g})} :
Dissociation des réactifs en atomes gazeux : rupture d'une mole de liaisons \mathrm{H-H} et d'une demi-mole de liaisons dans \mathrm{O}_2, soit une variation d'enthalpie standard :
\Delta H^\circ_1 = \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{H-H}) + \frac{1}{2}\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2})Recombinaison des atomes libres pour former la molécule d'eau \mathrm{H-O-H}_{(\mathrm{g})} : formation de deux moles de liaisons simples \mathrm{O-H}, soit une variation d'enthalpie standard :
\Delta H^\circ_2 = -\,2\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O-H})
D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de la réaction globale s'écrit :
On en déduit l'expression littérale de l'énergie de liaison de la molécule de dioxygène :
Application numérique : Avec les données fournies :
- \Delta_f H^\circ(\mathrm{H_2O}_{(\mathrm{g})}) = -243\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
- \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O-H}) = 463\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
- \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{H-H}) = 435\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
Résultat
Question 10
Rappeler la relation de Planck-Einstein liant la fréquence et l'énergie du photon.
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Exprimer l'énergie d'un photon en fonction de la constante de Planck h, de la fréquence \nu ou de la longueur d'onde \lambda.
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D'après la relation de Planck-Einstein, l'énergie E transportée par un photon associé à une onde électromagnétique de fréquence \nu s'écrit :
où :
- E est l'énergie du photon (en \mathrm{J}) ;
- h est la constante de Planck (h = 6{,}626 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}) ;
- \nu est la fréquence du rayonnement électromagnétique (en \mathrm{Hz} ou \mathrm{s}^{-1}).
Résultat
Question 11
Déduire de la question 9 la longueur d'onde recherchée. Indiquer le domaine du spectre électromagnétique qui lui est associé.
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Égaler l'énergie molaire du photon N_A \frac{h c}{\lambda} à l'énergie de liaison de \text{O}_2 calculée précédemment.
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- Relier l'énergie molaire de liaison \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) obtenue à la question Q9 à l'énergie minimale requise pour dissocier une seule molécule de dioxygène.
- Exprimer la condition de dissociation d'une molécule sous l'action d'un photon d'énergie E = \dfrac{h\,c}{\lambda} et en déduire la longueur d'onde maximale (ou seuil) \lambda_{\max}.
- Réaliser l'application numérique et situer cette longueur d'onde dans le spectre électromagnétique à l'aide des données de l'énoncé.
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Pour dissocier une molécule de dioxygène, l'énergie minimale apportée par un photon incident doit être égale à l'énergie de dissociation par molécule, soit :
D'après la relation de Planck-Einstein rappelée en question Q10, l'énergie d'un photon de longueur d'onde \lambda dans le vide est E = \dfrac{h\,c}{\lambda}. La condition de photodissociation s'écrit donc :
La longueur d'onde limite (maximale) recherchée est ainsi :
Avec les valeurs numériques fournies par le sujet :
- h = 6,626 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} ;
- c \simeq 3,00 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
- N_A = 6,022 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} ;
- \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) = 496\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = 496 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} (d'après Q9).
On obtient :
D'après le spectre des ondes électromagnétiques fourni en annexe (page 10), cette longueur d'onde se situe dans le domaine des rayons ultraviolets, et plus précisément dans le sous-domaine des UVC (compris entre 100\text{ nm} et 280\text{ nm}).
Résultat
Question 12
Comment la dangerosité du rayonnement évolue-t-elle en fonction de la longueur d'onde ? Commenter le résultat de la question 11 en mettant en relation la longueur d'onde trouvée, la dangerosité des rayonnements ionisants et l'impact de la haute atmosphère sur ceux-ci.
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Relier une faible longueur d'onde à une énergie photonique élevée et commenter le rôle de bouclier anti-UV de la haute atmosphère.
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- Relier l'énergie transportée par un quantum de lumière à sa longueur d'onde grâce à la relation de Planck-Einstein pour en déduire l'évolution de la dangerosité biologique.
- Analyser l'effet des photons de courte longueur d'onde (rupture de liaisons, ionisation) et confronter la valeur limite \lambda_{\max} \approx 241\text{ nm} aux différentes couches du spectre.
- Conclure sur le rôle protecteur de la haute atmosphère (effet bouclier) vis-à-vis des rayonnements les plus nocifs.
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D'après la relation de Planck-Einstein rappelée à la question Q10, l'énergie d'un photon s'écrit :
L'énergie individuelle portée par un photon est donc inversement proportionnelle à sa longueur d'onde \lambda.
- Évolution de la dangerosité : La dangerosité d'un rayonnement électromagnétique augmente lorsque la longueur d'onde diminue. En effet, des photons plus énergétiques sont capables d'exciter des transitions électroniques profondes, de rompre des liaisons covalentes indispensables aux molécules biologiques (comme l'ADN), voire d'arracher des électrons (ionisation).
Commentaire du résultat (\lambda \approx 241\text{ nm}) et rayonnements ionisants :
- La valeur \lambda \le 241\text{ nm} se situe dans le domaine des ultraviolets courts (UVC, 100\text{ nm} \le \lambda \le 280\text{ nm}). Ces photons sont suffisamment énergétiques pour dissocier la molécule très stable de dioxygène (\mathrm{O}_2). Pour les organismes vivants, ce rayonnement présente une forte toxicité cellulaire (action germicide, mutations).
- Aux longueurs d'onde encore plus faibles (\lambda \lesssim 100\text{ nm}, incluant les UV extrêmes, les rayons X et les rayons \gamma), l'énergie des photons dépasse les potentiels d'ionisation des atomes et molécules usuels (environ 10 à 15\text{ eV}, soit \lambda \le 80\text{--}120\text{ nm}). Ces rayonnements deviennent ionisants et sont particulièrement destructeurs pour la matière vivante.
Impact de la haute atmosphère : La haute atmosphère (thermosphère, mésosphère, stratosphère) constitue un filtre protecteur indispensable :
- les rayonnements ionisants (rayons X et UV extrêmes) sont absorbés dans la thermosphère par photo-ionisation des gaz majeurs (\mathrm{N}_2, \mathrm{O}_2, \mathrm{O}) ;
- les rayonnements UVC hautement énergétiques (\lambda \le 241\text{ nm}) sont arrêtés dans la haute stratosphère et la mésosphère en induisant la photodissociation de \mathrm{O}_2 (réaction étudiée ici, qui initie le cycle de formation de l'ozone) ;
- l'ozone formé absorbe ensuite le reste des UV nocifs (notamment les UVB de 280 à 315\text{ nm}).
Aucun photon de longueur d'onde inférieure à environ 290\text{ nm} n'atteint ainsi la surface terrestre, protégeant la biosphère de leurs effets délétères.
I.C · La couche d'ozone
Question 13
Par une approche purement qualitative mais argumentée, tracer l'allure du graphe de en fonction de l'altitude , puis justifier qualitativement l'existence d'un maximum pour à une certaine altitude.
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Observer la dépendance de I(z) avec l'altitude : I est maximal en altitude mais la densité de \text{O}_2 y est minimale, d'où un compromis pour la production.
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- Exprimer qualitativement la dépendance de la constante de photolyse k_1 avec l'altitude z à partir de l'atténuation du flux photonique solaire ultraviolet par l'atmosphère, et en déduire le tracé de k_1(z).
- Analyser l'expression stationnaire de n_{\mathrm{O}_3}(z) issue du mécanisme de Chapman comme un produit de deux grandeurs aux comportements antagonistes en fonction de l'altitude : l'intensité lumineuse UV et la concentration en dioxygène.
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1. Allure du graphe de k_1(z) :
D'après le document A2, la constante de vitesse de photolyse k_1(z) est proportionnelle à l'intensité I(z) du rayonnement solaire ultraviolet.
- Au sommet de l'atmosphère (z \to +\infty), le flux incident provenant du Soleil n'a pas encore interagi avec l'atmosphère : l'intensité prend sa valeur extraterrestre maximale I_\infty, donc k_1 tend vers une valeur limite finie k_{1,\infty}.
- À mesure que le rayonnement pénètre dans l'atmosphère (altitude z décroissante), il est absorbé par le dioxygène présent. Cette absorption est d'autant plus efficace que la concentration en dioxygène augmente exponentiellement lorsque z diminue.
- Par conséquent, I(z) et donc k_1(z) sont des fonctions strictement croissantes de l'altitude z. Au niveau du sol (z = 0), le rayonnement UV responsable de la photolyse est quasiment entièrement absorbé : k_1(0) \approx 0.
2. Justification de l'existence d'un maximum pour n_{\mathrm{O}_3}(z) :
D'après le modèle cinétique de Chapman en régime stationnaire :
En considérant les constantes k_2, k_3 et k_4 indépendantes de l'altitude au premier ordre, n_{\mathrm{O}_3}(z) varie proportionnellement au produit \sqrt{k_1(z)}\,n_{\mathrm{O}_2}(z).
À basse altitude (z \to 0) : la concentration en dioxygène n_{\mathrm{O}_2} est maximale, mais le flux UV est presque nul (k_1 \approx 0). Sans photons de haute énergie pour initier la photodissociation de \mathrm{O}_2 en radicaux \mathrm{O}^\bullet, l'ozone ne peut se former :
n_{\mathrm{O}_3}(z \to 0) \approx 0À très haute altitude (z \to +\infty) : le flux UV est maximal (k_1 \to k_{1,\infty}), mais la densité de l'air se raréfie et la concentration en dioxygène décroît exponentiellement vers zéro (n_{\mathrm{O}_2} \to 0). Sans réactif \mathrm{O}_2, la production d'ozone est impossible :
n_{\mathrm{O}_3}(z \to +\infty) \to 0
La fonction n_{\mathrm{O}_3}(z) étant continue, strictement positive sur ]0, +\infty[ et s'annulant aux deux limites, le théorème des bornes atteintes (ou de Rolle) assure l'existence d'au moins un extremum local :
Résultat
Question 14
En utilisant les moyens à votre disposition, en particulier numériques, déterminer l'altitude du maximum de la concentration en ozone , ainsi que l'ordre de grandeur de cette concentration maximale. On donne : , , et .
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Dériver par rapport à z la fonction \ln(n_{\text{O}_3}(z)) à partir de l'expression fournie pour annuler sa dérivée première.
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- Exprimer analytiquement la concentration n_{\mathrm{O}_3}(z) en fonction de la variable u = \exp(-z/H) à partir du mécanisme de Chapman (document A2) et du profil de rayonnement I(z).
- Trouver l'altitude z_{\max} en maximisant n_{\mathrm{O}_3}(z) par dérivation.
- Relier la constante k_{1,\infty} à la valeur k_1(50\text{ km}) fournie pour en déduire la valeur numérique de la concentration maximale n_{\mathrm{O}_3}(z_{\max}).
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D'après le document A2, la concentration stationnaire en ozone s'écrit :
La constante cinétique k_1(z) étant proportionnelle au flux I(z), on a :
Sachant que n_{\mathrm{O}_2}(z) = n_0\exp\left(-\frac{z}{H}\right), introduisons la variable sans dimension u = \exp\left(-\frac{z}{H}\right) et la constante sans dimension \alpha = H n_0 \sigma_{\mathrm{O}_2}. Il vient :
Pour trouver le maximum de n_{\mathrm{O}_3}, dérivons la fonction f(u) = u\exp\left(-\frac{\alpha}{2}u\right) par rapport à u :
La dérivée s'annule et change de signe pour :
Comme u = \exp(-z/H), l'altitude du maximum est :
Application numérique pour l'altitude :
Ordre de grandeur de la concentration maximale : À l'altitude z = 50\text{ km} (sommet de la stratosphère) :
On a donc \exp(-\alpha u) \approx 1, si bien que k_{1,\infty} \approx k_1(50\text{ km}) = 3\times 10^{-12}\text{ s}^{-1}.
À l'altitude z_{\max}, on a \frac{\alpha}{2}u_{\max} = 1, d'où :
Le rapport des constantes cinétiques vaut :
D'où le facteur sans dimension :
On en déduit la concentration maximale :
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