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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2022 (page 2/3 : Partie II (questions 15 à 30))

Étude de l'atmosphère terrestre : dioxygène, ozone et instabilité de Kelvin-Helmholtz

Comment utiliser ce corrigé

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Partie II : Modélisation linéaire de l'instabilité de Kelvin Helmholtz

II.A · Pression atmosphérique dans la zone concernée

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, relation fondamentale de l'hydrostatique

Établir la relation entre la variation élémentaire de pression , la variation élémentaire d'altitude , la masse volumique de l'air et la valeur de l'accélération de la pesanteur .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la statique des fluides à une tranche horizontale d'épaisseur \text{d}z.

Voir la stratégie

Pour établir la loi fondamentale de la statique des fluides :

  1. Isoler une tranche mésoscopique d'air au repos comprise entre les altitudes z et z+\mathrm{d}z.
  2. Effectuer le bilan des forces extérieures (forces de pression et poids).
  3. Traduire la condition d'équilibre statique et projeter sur l'axe vertical ascendant (Oz).
Voir la réponse courte

Bilan des forces de pression et de pesanteur sur une tranche élémentaire de fluide au repos : \text{d}P = -\rho g\,\text{d}z.

Voir le corrigé complet

On considère une tranche de fluide mésoscopique d'épaisseur \mathrm{d}z et de section droite horizontale S, comprise entre les cotes z et z+\mathrm{d}z. L'atmosphère étant au repos dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le système est en équilibre statique.

Le système est soumis à :

  • la force de pression sur la face inférieure : \vec{F}(z) = P(z)\,S\,\vec{e}_z ;
  • la force de pression sur la face supérieure : \vec{F}(z+\mathrm{d}z) = -P(z+\mathrm{d}z)\,S\,\vec{e}_z ;
  • les forces de pression latérales, qui se compensent par symétrie horizontale ;
  • le poids de la tranche de fluide : \vec{P} = -\mathrm{d}m\,g\,\vec{e}_z = -\rho\,S\,\mathrm{d}z\,g\,\vec{e}_z.

La condition d'équilibre mécanique s'écrit :

\sum \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0}

En projetant sur l'axe vertical ascendant \vec{e}_z, on obtient :

\begin{aligned} P(z)\,S - P(z+\mathrm{d}z)\,S - \rho\,g\,S\,\mathrm{d}z &= 0 \end{aligned}

En simplifiant par la section S et en notant \mathrm{d}P = P(z+\mathrm{d}z) - P(z) :

\boxed{\mathrm{d}P = -\rho\,g\,\mathrm{d}z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démontrez rigoureusement la relation en précisant système, référentiel et bilan complet des forces, y compris latérales.

« établir » ne peut signifier ici projeter l’équation de la statique des fluides sans que ne soient précisés système, référentiel, bilan des forces, […] Cette remarque est l’occasion de rappeler aux candidats que les questions de cours appelant des démonstrations complètes et rigoureuses sont largement valorisées dans le barème. »

« Certains candidats oublient les forces sur la surface latérale qui, bien que de résultante nulle, ne peuvent être passées sous silence. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, atmosphère isotherme

En déduire l'expression de la pression locale à l'altitude en fonction de la pression au sol , de la masse molaire de l'air, de la température , de la constante des gaz parfaits et de l'accélération de la pesanteur considérée comme uniforme à l'échelle considérée.

Voir l'indice

Injecter la loi des gaz parfaits \rho = \frac{P M}{R T_0} dans l'équation différentielle et intégrer entre 0 et z.

Voir la stratégie

Pour obtenir la loi de variation de la pression avec l'altitude :

  1. Exprimer la masse volumique \rho en fonction de la pression P et de la température T_0 à l'aide de l'équation d'état du gaz parfait.
  2. Réinjecter cette expression dans la relation fondamentale de la statique des fluides établie à la question Q15 afin d'obtenir une équation différentielle séparable sur P(z).
  3. Intégrer cette équation entre l'altitude au sol (z=0 où P=P_0) et l'altitude z.
Voir la réponse courte

Utilisation de l'équation d'état du gaz parfait et intégration de la relation fondamentale pour obtenir P(z) = P_0\exp(-Mgz/RT_0).

Voir le corrigé complet

L'air étant modélisé par un gaz parfait à la température uniforme T_0, son équation d'état relie la pression P, le volume V, la quantité de matière n et la masse m par :

P V = n R T_0 = \frac{m}{M} R T_0

La masse volumique s'écrit donc en tout point :

\rho = \frac{m}{V} = \frac{P M}{R T_0}

En reportant cette expression dans la relation fondamentale de la statique des fluides établie à la question Q15, \mathrm{d}P = -\rho\,g\,\mathrm{d}z, il vient :

\mathrm{d}P = -\frac{M g}{R T_0}\,P\,\mathrm{d}z \iff \frac{\mathrm{d}P}{P} = -\frac{M g}{R T_0}\,\mathrm{d}z

En intégrant entre le niveau du sol (z = 0, P(0) = P_0) et l'altitude z, sous l'hypothèse d'une accélération de la pesanteur g uniforme :

\begin{aligned} \int_{P_0}^{P(z)} \frac{\mathrm{d}P}{P} &= -\frac{M g}{R T_0} \int_0^z \mathrm{d}z' \\ \ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) &= -\frac{M g}{R T_0}\,z \end{aligned}

On en déduit l'expression de la loi barométrique pour une atmosphère isotherme :

\boxed{P(z) = P_0 \exp\left(-\frac{M g}{R T_0}\,z\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne supposez pas la masse volumique constante et veillez à obtenir une décroissance de la pression avec l'altitude.

« Dans de rares cas, la masse volumique considérée comme constante, conduit à une évolution linéaire de la pression P(z) avec l’altitude. Il arrive aussi de lire une pression qui croît exponentiellement avec l’altitude. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, atmosphère isotherme

On formule l'hypothèse que la pression est quasiment uniforme sur toute la hauteur du nuage de la figure 2. Discuter la validité de cette approximation sachant qu'une variation relative de plus de 10

Voir l'indice

Calculer la hauteur d'échelle H = \frac{R T_0}{M g} et comparer l'épaisseur estimée du nuage (h \approx 850\text{ m}) au critère de 10% de variation relative.

Voir la stratégie
  1. Calculer la hauteur caractéristique de l'atmosphère isotherme H = \frac{R T_0}{M g} à partir des données de l'énoncé.
  2. Déterminer l'épaisseur réelle h du nuage en utilisant la barre d'échelle verticale cotée « environ 2\text{ km} » sur la figure 2.
  3. Exprimer et calculer la variation relative de pression \frac{|\Delta P|}{P} sur cette hauteur h, puis la comparer au seuil de 10\,\% pour conclure.
Voir la réponse courte

Calcul de l'échelle de hauteur H = \frac{RT_0}{Mg} \approx 8\text{ km} ; la variation relative reste inférieure à 10

Voir le corrigé complet

D'après la loi barométrique établie à la question Q16, le profil de pression d'une atmosphère isotherme à T_0 = 273\text{ K} s'écrit :

P(z) = P_0 \exp\left(-\frac{z}{H}\right) \quad \text{avec} \quad H = \frac{R T_0}{M g}

En utilisant la masse molaire de l'air M = 29,0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} et g = 9,81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

H = \frac{8,31 \times 273}{29,0 \times 10^{-3} \times 9,81} \approx 7{,}97 \times 10^3\text{ m} \approx 8{,}0\text{ km}

Sur la figure 2, la flèche verticale à droite indique une échelle de longueur de 2\text{ km}. La mesure de la hauteur propre du nuage (séparation verticale entre la base et les crêtes des ondulations) représente un peu moins de la moitié de ce segment étalon :

h \approx 0{,}8 \text{ à } 0{,}9\text{ km} \quad (\text{soit typiquement } h \approx 850\text{ m})

Entre la base z_b et le sommet z_h = z_b + h du nuage, la variation relative de la pression s'écrit :

\frac{|\Delta P|}{P(z_b)} = \frac{P(z_b) - P(z_b + h)}{P(z_b)} = 1 - \exp\left(-\frac{h}{H}\right) \approx \frac{h}{H}

En réalisant l'application numérique avec h \approx 850\text{ m} et H \approx 7{,}97\text{ km} :

\frac{|\Delta P|}{P(z_b)} = 1 - \exp\left(-\frac{0{,}85}{7{,}97}\right) \approx 1 - \exp(-0{,}107) \approx 10{,}1\,\%
\boxed{\frac{|\Delta P|}{P} \approx 10\,\%}

La variation relative de pression sur la hauteur du nuage est de l'ordre de 10\,\%. L'hypothèse d'une pression uniforme se situe donc exactement à la limite du critère de tolérance de 10\,\% fixé par l'énoncé : elle constitue une approximation acceptable en première approche pour modéliser le phénomène, mais reste à la limite de la validité.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez la notion d'écart relatif et justifiez l'estimation de la hauteur sans prétendre à une précision illusoire.

« La notion d’écart relatif n’est pas maitrisée pour bon nombre. Trop de candidats fournissent une « estimation » de la hauteur du nuage au mètre près et sans aucune autre explication que la mention « grâce à un produit en croix ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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II.B · Formation d'un nuage par soulèvement orographique

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : saturation, détente adiabatique

Expliquer qualitativement le mécanisme de formation d'un nuage par soulèvement orographique et proposer un modèle en explicitant et justifiant les hypothèses formulées.

Voir l'indice

Décrire la détente adiabatique d'une masse d'air forcée de franchir le relief : baisse de température à rapport de mélange constant jusqu'à saturation.

Voir la stratégie
  1. Détailler la chronologie des phénomènes physiques conduisant à la condensation lors du franchissement d'un relief (ascension, baisse de pression, détente adiabatique, refroidissement, condensation).
  2. Formaliser un modèle thermodynamique adapté à l'analyse sur émagramme en explicitant le système d'étude (« particule d'air ») et en formulant les hypothèses usuelles (gaz parfait, quasi-statisme, transformation adiabatique réversible tant qu'il n'y a pas de changement d'état).
Voir la réponse courte

L'air forcé de s'élever subit une détente adiabatique avec baisse de température jusqu'à atteindre la saturation de la vapeur d'eau.

Voir le corrigé complet

1. Mécanisme qualitatif de formation du nuage

  • Soulèvement forcé : Une masse d'air en mouvement horizontal rencontre une barrière montagneuse et est contrainte de s'élever le long du versant au vent.
  • Détente et refroidissement : En prenant de l'altitude, la pression atmosphérique extérieure décroît (statique des fluides). L'air en ascension subit une détente. Le mouvement étant rapide devant le temps caractéristique des échanges thermiques conductifs, cette détente s'effectue sans transfert thermique notable avec l'environnement (transformation adiabatique). L'air fournit un travail de détente contre l'extérieur, ce qui provoque une chute de son énergie interne et donc de sa température.
  • Saturation et condensation : La pression de vapeur saturante de l'eau P_s(T) diminue fortement avec la température (formule de Clapeyron). La pression partielle de vapeur d'eau P_{\mathrm{vap}} finissant par égaler P_s(T) (ou, de façon équivalente, le rapport de mélange r atteignant le rapport de mélange à saturation r_{\mathrm{sat}}), l'humidité relative atteint 100\,\%. La vapeur d'eau excédentaire se condense alors en microgouttelettes d'eau liquide en suspension : le nuage orographique apparaît.

2. Modèle et hypothèses associées Pour décrire quantitativement cette ascension :

  • Système fermé (« particule d'air ») : On isole une petite masse d'air humide qui ne s'échange pas avec l'air ambiant et dont la composition reste homogène.
  • Modèle de gaz parfait : L'air sec et la vapeur d'eau (diluée, r \ll 1) sont modélisés comme des gaz parfaits de coefficient isentropique \gamma \approx 1{,}40.
  • Équilibre mécanique local (transformation quasi-statique) : La particule s'ajuste continûment à la pression locale de l'atmosphère : P_{\mathrm{particule}}(z) = P_{\mathrm{atm}}(z).
  • Détente adiabatique réversible (adiabatique sèche) : Les échanges thermiques par conduction ou rayonnement étant négligeables à l'échelle temporelle de l'ascension, la détente est isentropique tant que l'eau reste uniquement à l'état de vapeur. Sur l'émagramme, la particule suit une adiabatique sèche.
  • Conservation de la vapeur d'eau : En phase non saturée, le rapport de mélange de la particule reste constant et égal à sa valeur au sol :

    r = r_{\text{sol}} = \text{cte}

    La base du nuage (niveau de condensation) est alors modélisée par l'intersection entre le profil suivi le long de l'adiabatique sèche issue de l'état au sol (T_{\text{sol}}, P_{\text{sol}}) et la ligne d'égal rapport de mélange de saturation r_{\mathrm{sat}} = r_{\text{sol}}.

Voir ce qu'a relevé le jury

Exploitez l'émagramme avec rigueur pour expliquer les évolutions thermodynamiques sans vous limiter à une paraphrase.

« L’exploitation des documents n’est pas satisfaisante ; l’analyse supposée s’appuyer sur les trans formations subies par la masse d’air, manque de profondeur dans bien des cas. »

« il n’est pas rare de lire que « l’air monte donc se refroidit » tan dis que le transfert est quand‐même qualifié d’adiabatique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : changement d'état, diagramme de phase

Estimer l'altitude moyenne de formation de ce nuage si l'air au niveau du sol a un rapport de mélange et une température de . Ce résultat vous parait-il en accord avec ce qui est observé en figure 2 ?

Voir l'indice

Partir du point au sol (T=10^\circ\text{C}, P\approx 1000\text{ hPa}) et remonter le long de l'adiabatique sèche jusqu'à couper l'isoligne r_{\text{sat}} = 0{,}8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.

Voir la stratégie
  1. Repérer sur l'émagramme (figure 7) l'état initial de la particule d'air au niveau du sol : P_{\text{sol}} \approx 1000\text{ hPa} et T_{\text{sol}} = 10\text{ }^\circ\text{C}.
  2. Suivre l'adiabatique sèche (trait plein épais) issue de ce point jusqu'à son intersection avec la ligne de rapport de mélange de saturation r_{\text{sat}} = 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.
  3. Relever la pression et la température de ce niveau de condensation par soulèvement, en déduire l'altitude correspondante sur l'axe vertical droit, puis confronter la valeur obtenue aux indications de la figure 2.
Voir la réponse courte

Lecture sur l'émagramme du niveau de condensation par intersection de l'adiabatique sèche et de la courbe de saturation.

Voir le corrigé complet

D'après le modèle établi à la question précédente, l'air s'élève initialement sans condensation :

  • la transformation thermodynamique suivie par la particule d'air est modélisée par une adiabatique sèche partant de T = 10\text{ }^\circ\text{C} à P = 1000\text{ hPa} ;
  • le rapport de mélange reste constant et égal à sa valeur au sol : r = 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.

La condensation (formation de la base du nuage) intervient dès que la vapeur d'eau devient saturante, c'est-à-dire au point d'intersection de l'adiabatique sèche suivie et de la courbe d'égal rapport de mélange de saturation r_{\text{sat}} = 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.

Sur l'émagramme de la figure 7 :

  • on suit l'adiabatique sèche (ligne en trait plein épais inclinée vers la gauche) issue de l'abscisse T = 10\text{ }^\circ\text{C} sur l'isobare 1000\text{ hPa} ;
  • on suit la ligne d'égal rapport de mélange cotée 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1} en haut du diagramme (ligne en tiretés inclinée vers la droite en descendant).

Leur intersection définit le niveau de condensation :

\begin{aligned} P_{\text{cond}} &\approx 620\text{ à }640\text{ hPa} \\ T_{\text{cond}} &\approx -25\text{ }^\circ\text{C} \end{aligned}

En reportant cette pression sur l'axe vertical de droite indiquant l'altitude, on lit directement :

\boxed{z_{\text{nuage}} \approx 3{,}9\text{ km} \quad (\text{soit entre } 3{,}8\text{ km et } 4{,}2\text{ km})}

Comparaison avec la figure 2 :
La figure 2 indique pour le Mont Shasta une altitude sommitale d'environ 4500\text{ m}. Les structures nuageuses associées à l'instabilité de Kelvin-Helmholtz sont observées au voisinage immédiat du sommet, à une altitude comprise entre 3{,}5\text{ km} et 4{,}5\text{ km}. L'estimation trouvée (z \approx 4\text{ km}) est donc en très bon accord avec l'observation.

Résultat

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II.C · Modélisation de l'écoulement

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : débit massique, débit volumique

Que peut-on alors dire des débits massiques et , ainsi que des débits volumiques et dans chacune des couches en dehors de la zone de mélange ?

Voir l'indice

Utiliser la conservation de la masse et le caractère incompressible pour relier débits massiques et débits volumiques le long d'un tube.

Voir la réponse courte

En écoulement stationnaire incompressible et homogène, débits massique et volumique sont conservés le long d'un tube de courant.

Voir le corrigé complet

Dans chacune des deux couches (i \in \{1, 2\}), en dehors de la zone de mélange :

  • L'écoulement étant stationnaire, la masse contenue dans une portion de tube de courant est constante au cours du temps, ce qui assure la conservation du débit massique le long de chaque tube de courant :

    D_{mi} = \text{cte le long du tube.}
  • Le fluide étant incompressible et homogène, sa masse volumique \rho_i est uniforme et constante au cours du temps. La relation générale reliant les débits s'écrit alors :

    D_{mi} = \rho_i \, D_{vi}

    ce qui implique que le débit volumique est également conservé le long de chaque tube de courant (D_{vi} = \text{cte}).

  • L'écoulement étant unidirectionnel suivant (Ox) et la vitesse v_i étant uniforme sur la section droite S orthogonale à la direction d'écoulement, les débits s'expriment simplement par :
\boxed{D_{v1} = v_1 S \quad \text{et} \quad D_{m1} = \rho_1 v_1 S}
\boxed{D_{v2} = v_2 S \quad \text{et} \quad D_{m2} = \rho_2 v_2 S}

Ces grandeurs sont donc constantes le long de chaque ligne de courant considérée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez stationnarité et uniformité spatiale de la masse volumique pour en déduire les conséquences sur les débits.

« Les relations explicites entre les hypothèses stationnaire, incompressible et homogène et leurs conséquences sur Dmet Dvsont souvent absconses ou absentes. »

« Peu de candidats font la différence entre une masse volumique indépendante du temps en un point et spatialement uniforme dans l’écoulement »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : débit massique, masse volumique

On se place dans le cas particulier où dans les deux tubes de courant de même section. Justifier que . On pourra si nécessaire utiliser la forme de la variation empirique de la masse volumique de l'air avec la température : où et sont des constantes positives.

Voir l'indice

Comparer les masses volumiques de l'air chaud et de l'air froid via la formule empirique puis traduire l'égalité des débits massiques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'égalité des débits massiques pour relier le rapport des vitesses au rapport des masses volumiques.
  2. Comparer les températures des deux couches et en déduire la comparaison des masses volumiques grâce à la loi de variation \rho(T) fournie.
  3. Conclure sur l'inégalité v_2 < v_1.
Voir la réponse courte

À section et débit massique identiques, D_m = \rho v S impose une vitesse plus faible dans la couche de plus forte masse volumique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, pour deux tubes de courant de même section droite S, les débits massiques s'écrivent :

D_{m1} = \rho_1 v_1 S \quad \text{et} \quad D_{m2} = \rho_2 v_2 S

L'égalité des débits massiques D_{m1} = D_{m2} impose donc :

\rho_1 v_1 = \rho_2 v_2 \implies v_2 = \frac{\rho_1}{\rho_2} v_1

Par définition des deux couches d'air, le fluide 1 est l'air chaud et le fluide 2 est l'air froid, soit T_1 > T_2.

D'après l'expression empirique fournie \rho(T) = A + \frac{B}{T} avec A > 0 et B > 0, la masse volumique de l'air est une fonction strictement décroissante de la température. Par conséquent :

T_1 > T_2 \implies \rho_1 < \rho_2

Le rapport des masses volumiques vérifie ainsi \dfrac{\rho_1}{\rho_2} < 1, ce qui conduit directement à :

\boxed{v_2 < v_1}

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : viscosité, loi de newton

On considère un écoulement visqueux unidirectionel selon faisant état d'un gradient de vitesse suivant . Rappeler, pour un fluide newtonien, de viscosité dynamique , l'expression de la force surfacique de viscosité à l'ordonnée , de la partie inférieure sur la partie supérieure, qui fait intervenir la composante du profil de vitesse.

Voir l'indice

Appliquer la loi de Newton pour le cisaillement visqueux en faisant attention au signe et à la normale orientée de l'interface.

Voir la réponse courte

Expression de la force surfacique de viscosité pour un fluide newtonien : \vec{\tau} = \eta \frac{\partial v_x}{\partial z}\vec{u}_x.

Voir le corrigé complet

Considérons une surface horizontale d'aire \mathrm{d}S, située à l'altitude z et de vecteur normal \vec{e}_z dirigé du bas vers le haut. Pour un écoulement plan unidirectionnel \vec{v} = v_x(z)\,\vec{e}_x d'un fluide newtonien de viscosité dynamique \eta, la force surfacique de viscosité exercée par la couche inférieure (située en z^-) sur la couche supérieure (située en z^+) s'écrit :

\boxed{\vec{f}_{s,\,\text{inf}\to\text{sup}}(z) = -\eta\,\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_x}

Le signe s'interprète physiquement :

  • Si \dfrac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}z} > 0, la couche inférieure se déplace moins vite que la couche supérieure. Elle tend donc à freiner cette dernière : la force exercée est orientée dans le sens opposé à l'écoulement (-\vec{e}_x).
  • D'après le principe des actions réciproques, la force surfacique exercée par la partie supérieure sur la partie inférieure est l'opposée :

    \vec{f}_{s,\,\text{sup}\to\text{inf}}(z) = +\eta\,\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_x

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas force et contrainte de cisaillement, et faites attention à l'orientation des grandeurs.

« La loi de Newton est connue mais parfois mal contextualisée ce qui peut conduire à une erreur de direction et/ou sens. Le jury relève fréquemment une confusion entre force élémentaire de cisaillement et contrainte de cisaillement (grandeur surfacique associée). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds

Les relevés météorologiques du jour où la photo de la figure 2 à été prise indiquent un vent moyen de . Proposer une estimation du nombre de Reynolds dans un tube de courant, en dehors de la zone de mélange, sachant que sa dimension transversale moyenne est de l'ordre du kilomètre. Le modèle de profil uniforme de vitesse proposé pour cet écoulement vous parait-il cohérent ?

Voir l'indice

Calculer \text{Re} = \frac{v L}{\nu_a} en convertissant la vitesse en \text{m}\cdot\text{s}^{-1} et commenter le régime turbulent associé.

Voir la réponse courte

Estimation du nombre de Reynolds Re \sim 10^8 \gg 1 montrant la prédominance de la convection et justifiant un profil de vitesse quasi uniforme.

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds associé à l'écoulement dans le tube de courant de dimension transversale caractéristique L s'écrit :

Re = \frac{v\,L}{\nu_a} = \frac{\rho_a\,v\,L}{\eta_a}

où v est la vitesse de l'écoulement et \nu_a la viscosité cinématique de l'air.

Avec les grandeurs fournies :

  • v = 40\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} = \frac{40}{3{,}6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 11{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • L \sim 1\text{ km} = 10^3\text{ m} ;
  • \nu_a = 1{,}4 \times 10^{-5}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}.

L'application numérique donne :

Re = \frac{11{,}1 \times 10^3}{1{,}4 \times 10^{-5}} \approx 8 \times 10^8
\boxed{Re \sim 10^8 - 10^9}

Cohérence du profil uniforme de vitesse :

  • Le nombre de Reynolds est extrêmement grand devant l'unité (Re \gg 1), ce qui traduit une prépondérance absolue des effets d'inertie sur les effets visqueux au cœur de l'écoulement.
  • Les contraintes de cisaillement visqueux sont ainsi reléguées dans une couche limite ou une zone de fort gradient de vitesse (ici la couche de mélange d'épaisseur e).
  • En dehors de cette couche de mélange, le fluide se comporte comme un fluide parfait et/ou le brassage turbulent homogénéise le profil de vitesse, conduisant à un profil aplati (« en bouchon »).

L'hypothèse d'un profil de vitesse uniforme en dehors de la zone de mélange est donc tout à fait cohérente.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez vos notations et rappelez-vous qu'un Reynolds élevé caractérise un écoulement dominé par l'inertie.

« Les notations utilisées pour les vitesses et dimensions caractéristiques introduites à l’initiative du candidat doivent impérativement être définies »

« eu égard à la réponse lue dans la majorité des copies, il semblerait que les candidats associent une valeur élevée du nombre de Reynolds à un écoulement dominé […] par la viscosité. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : relation de bernoulli

Énoncer la relation de Bernoulli pour un écoulement parfait, stationnaire, incompressible et homogène.

Voir l'indice

Citer l'invariance de la charge totale P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho g z le long d'une ligne de courant.

Voir la réponse courte

Énoncé de la conservation de P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho g z le long d'une ligne de courant.

Voir le corrigé complet

Pour l'écoulement d'un fluide soumis au champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\,\vec{e}_z, sous les hypothèses suivantes :

  • fluide parfait (viscosité négligeable) ;
  • écoulement stationnaire (\partial/\partial t = 0) ;
  • fluide incompressible et homogène (\rho = \text{cste}) ;

la grandeur scalaire, appelée constante de Bernoulli, est conservée le long d'une même ligne de courant :

\boxed{P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho g z = \text{constante}}

où P est la pression statique, v la norme de la vitesse du fluide et z l'altitude repérée selon l'axe vertical ascendant.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La relation de Bernoulli peut être énoncée le long d'une ligne de courant ou entre deux sections d'un tube.

« Sous les hypothèses citées par l’énoncé, les candidats écrivent la relation de Bernoulli sur une ligne de courant. Certains comprennent que l’énoncé propose de raisonner sur un tube de courant en écoulement et fournissent l’expression entre deux sections. Les deux approches sont acceptées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : relation de bernoulli, bilan d'énergie

On se propose de démontrer la relation précédente en effectuant, au choix, un bilan d'énergie mécanique ou cinétique. Définir et décrire avec soin une surface de contrôle et un système fermé appropriés pour réaliser ce bilan. Traduire ce dernier compte tenu des hypothèses effectuées en soulignant le rôle de chacune d'elles.

Voir l'indice

Définir le système fermé coïncidant avec le fluide contenu dans un tronçon de tube de courant entre les instants t et t+\text{d}t, puis faire le bilan d'énergie cinétique.

Voir la stratégie
  1. Définir le système ouvert par un tube de courant élémentaire (surface de contrôle \Sigma) s'appuyant sur deux sections droites S_A et S_B.
  2. Introduire le système fermé coïncident \Sigma^* entre les instants t et t+\mathrm{d}t.
  3. Appliquer le théorème de l'énergie mécanique à \Sigma^* et expliciter le rôle de chaque hypothèse de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Définition du système fermé coïncidant avec le tube de courant entre t et t+\text{d}t, puis bilan de l'énergie mécanique.

Voir le corrigé complet

1. Définition de la surface de contrôle \Sigma et du système fermé \Sigma^*

On isole un tube de courant d'extension finie, de faible section, entourant une ligne de courant entre un point amont A (altitude z_A, pression P_A, vitesse v_A, section S_A) et un point aval B (altitude z_B, pression P_B, vitesse v_B, section S_B).

  • La surface de contrôle \Sigma est la frontière fermée limitant le volume fixe V_0 constitué par le tronçon de tube de courant entre les sections S_A et S_B, et la surface latérale S_{\text{lat}} constituée de lignes de courant.
  • Le système fermé coïncident \Sigma^* est constitué à chaque instant par les mêmes particules fluides :

    • à l'instant t, \Sigma^*(t) comprend le fluide situé dans le volume V_0, ainsi qu'une tranche élémentaire entrante de masse \mathrm{d}m_A = \rho\, S_A v_A\,\mathrm{d}t = \rho\,\mathrm{d}V_A située immédiatement en amont de S_A ;
    • à l'instant t + \mathrm{d}t, ces mêmes particules occupent le volume V_0 et une tranche élémentaire sortante de masse \mathrm{d}m_B = \rho\, S_B v_B\,\mathrm{d}t = \rho\,\mathrm{d}V_B située immédiatement en aval de S_B.

2. Bilan d'énergie mécanique pour le système fermé \Sigma^*

Appliquons le théorème de l'énergie mécanique au système fermé \Sigma^* entre les instants t et t + \mathrm{d}t dans le référentiel terrestre supposé galiléen :

\mathrm{d}E_m = \delta W_{\text{ext, non cons}}
  • Variation d'énergie cinétique :

    \begin{aligned} \mathrm{d}E_c &= E_c(t+\mathrm{d}t) - E_c(t) \\ &= \left[ E_c(V_0, t+\mathrm{d}t) + \frac{1}{2}\mathrm{d}m_B\, v_B^2 \right] - \left[ \frac{1}{2}\mathrm{d}m_A\, v_A^2 + E_c(V_0, t) \right] \end{aligned}

    L'écoulement étant stationnaire, l'énergie cinétique contenue dans le volume fixe V_0 est constante : E_c(V_0, t+\mathrm{d}t) = E_c(V_0, t).
    L'écoulement étant incompressible et le fluide homogène (\rho = \text{cste}), la conservation de la masse impose :

    \mathrm{d}m_A = \mathrm{d}m_B = \mathrm{d}m = \rho\,\mathrm{d}V

    Il vient donc :

    \mathrm{d}E_c = \frac{1}{2}\mathrm{d}m\left(v_B^2 - v_A^2\right)
  • Variation d'énergie potentielle de pesanteur : Par le même raisonnement (champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\vec{e}_z et stationnarité du contenu de V_0) :

    \mathrm{d}E_{pp} = \mathrm{d}m\,g\left(z_B - z_A\right)
  • Travail des forces extérieures non conservatives : Le fluide étant parfait, il n'y a pas de frottements visqueux ni de dissipation interne (\delta W_{\text{visc}} = 0).
    Sur la surface latérale S_{\text{lat}}, les déplacements des particules fluides se font parallèlement aux lignes de courant, donc orthogonalement aux forces de pression locales : le travail sur la paroi latérale est nul.
    Le travail extérieur se réduit donc au travail des forces pressantes sur les sections S_A (force motrice) et S_B (force résistante) :

    \delta W_{\text{ext, non cons}} = P_A S_A (v_A\,\mathrm{d}t) - P_B S_B (v_B\,\mathrm{d}t) = (P_A - P_B)\,\mathrm{d}V = \frac{P_A - P_B}{\rho}\,\mathrm{d}m

3. Obtention de la relation de Bernoulli

En égalant \mathrm{d}E_m = \mathrm{d}E_c + \mathrm{d}E_{pp} et \delta W_{\text{ext, non cons}} :

\begin{aligned} \frac{1}{2}\mathrm{d}m\left(v_B^2 - v_A^2\right) + \mathrm{d}m\,g\left(z_B - z_A\right) &= \frac{P_A - P_B}{\rho}\,\mathrm{d}m \end{aligned}

En divisant par \mathrm{d}m et en regroupant les grandeurs relatives à chaque point :

\boxed{P_A + \frac{1}{2}\rho v_A^2 + \rho g z_A = P_B + \frac{1}{2}\rho v_B^2 + \rho g z_B = \text{cste}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez soigneusement le système fermé et exploitez explicitement toutes les hypothèses de la démonstration.

« Le système fermé sur lequel le TEC ou le TEM est parfois mal défini, et rarement en accord avec les notations (Σ et Σ∗) du texte. »

« Les hypothèses de stationnarité, d’incompressibilité et d’homogénéité (même si ce terme n’est pas explicitement attendu) sont très mal exploitées. L’utilisation du caractère unidimensionnel est quant à lui quasi‐totalement absent. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Notions : champ des vitesses

Exprimer et en fonction de et pour assurer la continuité du champ des vitesses en .

Voir l'indice

Écrire l'égalité des vitesses limites en z = e/2 et z = -e/2 pour déterminer la demi-somme et la demi-différence.

Voir la réponse courte

Raccordement continu du profil affine en z = \pm e/2 donnant \langle v \rangle = \frac{v_1+v_2}{2} et \gamma = \frac{v_1-v_2}{e}.

Voir le corrigé complet

Le champ des vitesses \vec{u}(z) = u_x(z)\,\vec{e}_x est continu en z = \pm \frac{e}{2} si et seulement si ses limites à gauche et à droite coïncident en ces deux cotes.

  • En z = +\frac{e}{2} :

    \begin{aligned} \lim_{z \to (e/2)^+} u_x(z) &= v_1 \\ \lim_{z \to (e/2)^-} u_x(z) &= \langle v \rangle + \gamma\,\frac{e/2}{e} = \langle v \rangle + \frac{\gamma}{2} \end{aligned}

    ce qui impose la relation :

    \langle v \rangle + \frac{\gamma}{2} = v_1 \tag{1}
  • En z = -\frac{e}{2} :

    \begin{aligned} \lim_{z \to (-e/2)^-} u_x(z) &= v_2 \\ \lim_{z \to (-e/2)^+} u_x(z) &= \langle v \rangle + \gamma\,\frac{-e/2}{e} = \langle v \rangle - \frac{\gamma}{2} \end{aligned}

    ce qui impose la relation :

    \langle v \rangle - \frac{\gamma}{2} = v_2 \tag{2}

En sommant membre à membre les équations (1) et (2), on obtient :

2\langle v \rangle = v_1 + v_2

En soustrayant membre à membre (2) de (1), on obtient :

\gamma = v_1 - v_2

D'où les expressions recherchées :

\boxed{\langle v \rangle = \frac{v_1 + v_2}{2}} \quad \text{et} \quad \boxed{\gamma = v_1 - v_2}

Résultat

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé

Notions : champ des vitesses

Tracer l'allure des lignes de champ de vitesse et du profil de vitesse dans le plan .

Voir l'indice

Représenter des lignes de champ horizontales et un profil linéaire de vitesse dans la couche intermédiaire raccordant v_2 à v_1.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'équation différentielle des lignes de champ à partir de la définition \mathrm{d}\vec{r} \wedge \vec{u} = \vec{0}, puis en déduire leur géométrie.
  2. Tracer dans le plan (xOz) ces lignes de champ orientées dans le sens de l'écoulement.
  3. Représenter le profil de vitesse u_x(z) avec z en ordonnée verticale, en mettant en évidence la zone de raccordement affine entre les paliers de vitesse uniforme v_2 et v_1.
Voir la réponse courte

Tracé de lignes de courant horizontales et profil de vitesse linéaire raccordé à deux plateaux constants.

Voir le corrigé complet

1. Lignes de champ de vitesse
Par définition, en tout point, le vecteur déplacement élémentaire le long d'une ligne de champ est colinéaire au vecteur vitesse \vec{u}(z) = u_x(z)\,\vec{e}_x :

\frac{\mathrm{d}x}{u_x(z)} = \frac{\mathrm{d}z}{u_z} = \frac{\mathrm{d}z}{0} \implies \mathrm{d}z = 0 \iff z = \text{cte}

L'écoulement étant unidirectionnel suivant (Ox) et stationnaire, les lignes de champ (qui sont ici confondues avec les trajectoires et les lignes de courant) sont des droites horizontales parallèles à l'axe (Ox), orientées selon +\vec{e}_x car v_1 > v_2 > 0.

2. Profil de vitesse u_x(z)
D'après l'expression donnée et les résultats de la question précédente (Q26) :

u_x(z) = \begin{cases} v_1 & \text{pour } z \geqslant \dfrac{e}{2} \\[6pt] \dfrac{v_1+v_2}{2} + (v_1-v_2)\,\dfrac{z}{e} & \text{pour } |z| \leqslant \dfrac{e}{2} \\[6pt] v_2 & \text{pour } z \leqslant -\dfrac{e}{2} \end{cases}

Le profil de vitesse présente donc :

  • une valeur constante v_2 pour z \leqslant -e/2 ;
  • une variation linéaire continue et croissante entre v_2 et v_1 dans la zone de mélange pour -e/2 \leqslant z \leqslant e/2 ;
  • une valeur constante v_1 > v_2 pour z \geqslant e/2.
Voir ce qu'a relevé le jury

Tracez le profil à la règle en faisant bien apparaître l'allure linéaire dans la zone de mélange et les différentes zones.

« Un soin particulier était attendu sur l’allure linéaire du profil dans la zone de mélange, siège des effets visqueux. Le repérage spatial et l’identification des différentes zones se doivent d’être explicites. L’usage d’une règle est requis. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : viscosité, écoulement incompressible

Ce profil de vitesse est-il partout compatible avec la modélisation d'un écoulement incompressible et homogène ? Avec celle d'un écoulement parfait ?

Voir l'indice

Calculer la divergence du champ de vitesse pour l'incompressibilité et examiner l'existence de contraintes de cisaillement non nulles.

Voir la stratégie
  1. Pour tester la modélisation incompressible et homogène, vérifier la condition cinématique d'incompressibilité \mathrm{div}\,\vec{u} = 0 et la constance de la masse volumique le long de l'écoulement.
  2. Pour tester la modélisation d'un écoulement parfait, examiner si les contraintes visqueuses associées au gradient de vitesse \dfrac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z} peuvent être légitimement négligées dans chaque zone de l'écoulement.
Voir la réponse courte

La divergence du champ de vitesse est nulle mais le cisaillement non nul dissipe de l'énergie par viscosité, contredisant le modèle parfait.

Voir le corrigé complet

1. Compatibilité avec un écoulement incompressible et homogène

Pour un fluide homogène, l'incompressibilité se traduit localement par l'annulation de la divergence de la vitesse :

\mathrm{div}\,\vec{u} = \frac{\partial u_x}{\partial x} + \frac{\partial u_y}{\partial y} + \frac{\partial u_z}{\partial z}

Le champ de vitesse étant unidirectionnel suivant (Ox) et ne dépendant que de l'altitude z, on a :

\vec{u} = u_x(z)\,\vec{e}_x \implies \frac{\partial u_x}{\partial x} = 0

Ainsi, en tout point de l'espace (pour |z| > e/2 comme pour |z| \leqslant e/2), on a :

\mathrm{div}\,\vec{u} = 0

Par ailleurs, la composante normale de la vitesse est nulle (u_z = 0), ce qui assure l'absence de discontinuité du flux volumique à travers les frontières z = \pm e/2. La masse volumique étant uniforme au sein de chaque couche, le profil est partout compatible avec un écoulement incompressible et homogène.

2. Compatibilité avec un écoulement parfait

Un écoulement parfait suppose que les forces de viscosité sont négligeables devant les forces d'inertie et de pression. D'après la loi de Newton pour la contrainte visqueuse de cisaillement rappelée à la question Q22 :

\tau(z) = \eta\,\frac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z}
  • En dehors de la zone de mélange (|z| > e/2) : la vitesse est uniforme (v_1 ou v_2), de sorte que \dfrac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z} = 0. Les contraintes visqueuses sont donc strictement nulles. Compte tenu du nombre de Reynolds très élevé (Re \sim 10^9 estimé en Q23), l'hypothèse d'écoulement parfait y est pleinement justifiée.
  • Dans la zone de mélange (|z| \leqslant e/2) : il existe un gradient de vitesse non nul :

    \frac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z} = \frac{\gamma}{e} = \frac{v_1 - v_2}{e} \neq 0

    Ce gradient génère des forces de frottement visqueux non négligeables et une dissipation d'énergie mécanique par viscosité. C'est précisément l'action de cette viscosité (moléculaire ou turbulente) qui assure le transfert de quantité de mouvement et donne naissance à cette couche de mélange.

\boxed{\text{Le profil est partout incompressible et homogène, mais n'est pas parfait dans la couche de mélange.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appuyez votre argumentation sur le calcul explicite des opérateurs différentiels adaptés plutôt que sur des spéculations.

« Alors qu’ils disposent d’outils d’analyse des écoulements avec les opérateurs divergence et gradient, les étudiants se livrent le plus souvent à des spéculations, d’ailleurs parfois fausses, plutôt qu’effectuer une vérification par un calcul simple. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : conservation de la masse, effet venturi

On considère que les masses d'air froid et d'air chaud ne s'interpénètrent pas lors de leur déplacement relatif. Que dire de la vitesse du fluide au niveau d'une bosse de déformation puis au niveau d'un creux de déformation ? Comment la position relative des lignes de courant évolue-t-elle au dessus et au dessous de l'interface ainsi déformée ? Tracer sommairement l'allure de ces lignes de courant.

Voir l'indice

Utiliser la conservation du débit dans les tubes resserrés au-dessus d'une crête et élargis au-dessous pour en déduire les variations locales de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'incompressibilité et la conservation du débit volumique D_v = v\,S = \mathrm{cste} le long d'un tube de courant pour relier la section locale à la vitesse et à l'espacement des lignes de courant.
  2. Analyser successivement la situation au niveau d'une bosse (soulèvement de l'interface vers les z>0) et d'un creux (abaissement vers les z<0) pour chacune des deux masses d'air (chaud au-dessus, froid au-dessous).
  3. Représenter l'allure des lignes de courant en respectant le resserrement dans les zones d'accélération et l'écartement dans les zones de ralentissement, sachant que l'interface constitue elle-même une surface de courant imperméable.
Voir la réponse courte

Resserrement des lignes de courant au niveau de la bosse, accélérant le fluide par conservation du débit volumique.

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant stationnaire, incompressible et homogène dans chaque couche, le débit volumique à travers un tube de courant de section droite S est conservé :

D_v = v\,S = \text{cste}

Par ailleurs, les fluides ne s'interpénètrent pas et ne décollent pas de l'interface : l'interface déformée constitue elle-même une ligne de courant.

1. Au niveau d'une bosse (soulèvement vers le haut) :

  • Au-dessus (air chaud, couche 1) : la section offerte à l'écoulement diminue (S_1 < S_{10}). Par conservation du débit, les lignes de courant se resserrent et la vitesse du fluide augmente (v > v_1).
  • Au-dessous (air froid, couche 2) : la section offerte à l'écoulement augmente (S_2 > S_{20}). Les lignes de courant s'écartent et la vitesse du fluide diminue (v < v_2).

2. Au niveau d'un creux (abaissement vers le bas) :

  • Au-dessus (air chaud, couche 1) : la section offerte à l'écoulement augmente (S_1 > S_{10}). Les lignes de courant s'écartent et la vitesse du fluide diminue (v < v_1).
  • Au-dessous (air froid, couche 2) : la section offerte à l'écoulement diminue (S_2 < S_{20}). Les lignes de courant se resserrent et la vitesse du fluide augmente (v > v_2).

3. Tracé des lignes de courant :

\boxed{ \begin{aligned} \text{Bosse : } & v_{\text{chaud}} > v_1 \text{ (resserrement)} \quad\text{et}\quad v_{\text{froid}} < v_2 \text{ (écartement)} \\ \text{Creux : } & v_{\text{chaud}} < v_1 \text{ (écartement)} \quad\text{et}\quad v_{\text{froid}} > v_2 \text{ (resserrement)} \end{aligned} }

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation de bernoulli, instabilité

Montrer qu'alors un gradient de pression apparait entre les deux couches de part et d'autre de l'interface. Quelle en est la conséquence sur la déformation initiale ? Est-elle amplifiée ou au contraire réduite ?

Voir l'indice

Relier les variations de vitesse aux variations de pression via Bernoulli et déterminer le sens de la résultante des forces de pression sur la bosse.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le théorème de Bernoulli (rappelé à la question Q24) le long d'une ligne de courant située juste au-dessus puis juste au-dessous de l'interface déformée.
  2. En déduire le signe de la variation de pression au niveau d'une crête (bosse) et d'un creux à partir des variations de vitesse établies à la question Q29.
  3. Déterminer le sens de la résultante des forces de pression exercée sur l'interface et conclure quant à la stabilité de l'écoulement.
Voir la réponse courte

D'après Bernoulli, la surélévation accélère l'écoulement et induit une dépression qui accentue la perturbation initiale : instabilité.

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant stationnaire, incompressible, homogène et parfait (en négligeant dans un premier temps l'effet de la pesanteur à l'échelle de la petite déformation), la relation de Bernoulli s'applique le long d'une ligne de courant dans chaque couche :

P + \frac{1}{2}\,\rho\,v^2 = \text{cte}

1. Au niveau d'une bosse (déplacement vers z > 0) :

  • Dans la couche supérieure 1 (air chaud), la section offerte à l'écoulement diminue, d'où une accélération locale du fluide (v_1 > v_{10}). Par effet Bernoulli, la pression diminue à la crête :

    P_1 < P_{10}
  • Dans la couche inférieure 2 (air froid), la section offerte augmente, d'où un ralentissement local (v_2 < v_{20}). Par effet Bernoulli, la pression augmente sous la crête :

    P_2 > P_{20}

À l'état non perturbé, la continuité de la pression à l'interface impose P_{10} = P_{20}. Il apparaît donc au sommet de la bosse une surpression de la couche inférieure par rapport à la couche supérieure :

P_2 > P_1 \quad \implies \quad \Delta P = P_2 - P_1 > 0

Ce saut de pression se traduit par un gradient vertical de pression dirigé vers le bas (\partial P / \partial z < 0), exerçant sur l'interface une force surfacique nette orientée vers le haut :

\vec{f}_P = (P_2 - P_1)\,\vec{e}_z > \vec{0}

Cette force pousse l'interface encore davantage vers le haut, accentuant le relief de la bosse.

2. Au niveau d'un creux (déplacement vers z < 0) : Par un raisonnement symétrique :

  • Au-dessus, la section s'élargit : v_1 < v_{10} \implies P_1 > P_{10}.
  • Au-dessous, la section se resserre : v_2 > v_{20} \implies P_2 < P_{20}.

On obtient donc P_1 > P_2, soit une force surfacique nette orientée vers le bas :

\vec{f}_P = (P_2 - P_1)\,\vec{e}_z < \vec{0}

Cette force pousse le creux encore plus profondément vers le bas.

Conclusion :

\boxed{\text{La déformation initiale de l'interface est amplifiée : l'écoulement est instable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquez Bernoulli le long de lignes de courant distinctes et gardez une analyse cohérente de l'effet sur l'instabilité.

« Nombreux candidats utilisent la relation de Bernoulli entre deux points situés de part et d’autre de l’interface au lieu de raisonner sur deux lignes de courant de part et d’autre de cette même interface et possédant les mêmes caractéristiques à l’infini. »

« il est surprenant de constater que certains candidats concluent dans cette section (C) à une réduction de l’instabilité alors que ces mêmes candidats concluent finalement, dans la section suivante (D), à une augmentation de l’instabilité avec le taux de cisaillement »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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