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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2022

Étude de l'atmosphère terrestre : dioxygène, ozone et instabilité de Kelvin-Helmholtz

Faisable en sup ?

Faisable en partie en PCSI : 14 questions sur 43. Autres questions faisables en PCSI

Autres premières années : MPSI 11 · PTSI 11 · MP2I 11 · TSI1 11 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Mécanique des fluides, Ondes et signaux, Structure de la matière · 8 incontournables · 14 questions de première année
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Ce sujet pluridisciplinaire et complet propose une étude méthodique de phénomènes atmosphériques à différentes altitudes. La première partie combine chimie structurale, thermochimie classique et cinétique photochimique avec la modélisation du maximum de concentration d'ozone stratosphérique (mécanisme de Chapman). La seconde partie explore la mécanique des fluides et la thermodynamique de l'atmosphère : après une étape de statique des fluides et l'utilisation concrète d'un émagramme pour déterminer l'altitude de condensation d'un nuage orographique, l'épreuve développe une analyse remarquable de l'instabilité de Kelvin-Helmholtz.

Cette instabilité est d'abord appréhendée de manière qualitative et intuitive grâce au théorème de Bernoulli, puis modélisée analytiquement par la recherche d'ondes de cisaillement évanescentes via l'équation de Rayleigh. Le sujet, très formateur pour la filière PSI, balaie des savoir-faire variés : bilans d'énergie en système ouvert, lecture de diagrammes météorologiques, résolution de relations de dispersion à pulsation complexe et estimation d'ordres de grandeur à partir d'une photographie.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,24/20)
Temps estimé
≈ 3 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

8 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 14 questions sur 43, parties I.A et II.A.

Où gagner des points

30 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (30) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, ambiguïté
  • Parties indépendantes

    Q15 : La partie II est totalement indépendante de la partie I, ce qui permet d'aborder directement la mécanique des fluides sans avoir traité la chimie.

  • Ambiguïté

    Q17 : Sur la figure 2, l'indication « environ 2 km » est une barre d'échelle verticale et non l'épaisseur du nuage. Une mesure sur le document donne une épaisseur réelle d'environ 800 à 900 m.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

43 questions
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Partie I : Étude de deux composants de l'atmosphère : le dioxygène et l'ozone

I.A · Étude structurale de l'oxygène et de l'ozone

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique

Notions : configuration électronique, électron de valence

Donner la configuration électronique attendue de l'atome d'oxygène dans son état fondamental. Distinguer et dénombrer les électrons de valence et les électrons de cœur.

Voir l'indice

Remplir les sous-couches par énergie croissante (1\text{s}, 2\text{s}, 2\text{p}) en distinguant la couche externe n=2 du cœur n=1.

Voir la réponse courte

Configuration 1s^2 2s^2 2p^4 : 2 électrons de cœur (1s) et 6 électrons de valence (n=2).

Voir le corrigé complet

Le numéro atomique de l'oxygène est Z = 8. L'atome d'oxygène possède donc 8 électrons.

D'après les règles de remplissage (règle de Klechkowski, principe d'exclusion de Pauli, règle de Hund), la configuration électronique de l'atome d'oxygène dans son état fondamental s'écrit :

\boxed{1s^2\, 2s^2\, 2p^4}

On distingue alors deux types d'électrons selon leur couche d'appartenance :

  • Les électrons de cœur, situés sur la couche interne n = 1 (1s^2), au nombre de 2 ;
  • Les électrons de valence, situés sur la couche électronique externe de nombre quantique principal le plus élevé n = 2 (2s^2\, 2p^4), au nombre de 6.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne vous contentez pas de dénombrer les électrons de cœur et de valence, identifiez-les aussi explicitement.

« Les électrons de cœur et de valence sont correctement dénombrés mais sont plus rarement identifiés de façon explicite. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 1 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique

Notions : tableau périodique

Indiquer la période de la classification périodique à laquelle cet élément appartient.

Voir l'indice

Se repérer grâce au nombre quantique principal maximal de la couche occupée.

Voir la réponse courte

L'oxygène appartient à la deuxième période (n=2).

Voir le corrigé complet

Le numéro de la période (ou ligne) de la classification périodique correspond à la valeur maximale du nombre quantique principal n de la couche électronique occupée dans l'état fondamental de l'atome.

D'après la configuration électronique établie à la question Q1, 1\mathrm{s}^2\, 2\mathrm{s}^2\, 2\mathrm{p}^4, la couche de valence correspond à n = 2.

Par conséquent, l'oxygène appartient à la deuxième période de la classification périodique :

\boxed{\text{L'oxygène appartient à la 2\ieme{} période.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre période et famille au sein du tableau périodique.

« Les confusions entre période et famille sont fréquentes. Il n’est pas rare de lire dans les copies que l’oxygène appartient à la famille des halogènes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique

Notions : isotope, composition du noyau

Rappeler la définition du terme « isotope » et préciser la composition du noyau de chacun des isotopes de l'oxygène. Justifier que les propriétés chimiques de deux isotopes sont identiques.

Voir l'indice

Rappeler l'identité du numéro atomique Z et la différence du nombre de neutrons N=A-Z, puis argumenter sur le cortège électronique.

Voir la réponse courte

Même numéro atomique Z=8 mais nombre de neutrons différent ; même cortège électronique donc propriétés chimiques identiques.

Voir le corrigé complet

1. Définition d'isotopes :
Des isotopes sont des atomes (ou nucléides) possédant le même numéro atomique Z (même nombre de protons), mais un nombre de masse A différent, c'est-à-dire un nombre de neutrons N = A - Z différent.

2. Composition du noyau des isotopes de l'oxygène (Z = 8) :

  • Pour l'isotope ^{16}_{8}\mathrm{O} (A = 16) :

    Z = 8 \text{ protons} \quad \text{et} \quad N = 16 - 8 = 8 \text{ neutrons.}
  • Pour l'isotope ^{17}_{8}\mathrm{O} (A = 17) :

    Z = 8 \text{ protons} \quad \text{et} \quad N = 17 - 8 = 9 \text{ neutrons.}
  • Pour l'isotope ^{18}_{8}\mathrm{O} (A = 18) :

    Z = 8 \text{ protons} \quad \text{et} \quad N = 18 - 8 = 10 \text{ neutrons.}

3. Identité des propriétés chimiques :
La réactivité chimique d'un atome dépend quasi exclusivement de son cortège électronique, et tout particulièrement de sa couche de valence. Deux isotopes d'un même élément possédant le même numéro atomique Z, leurs atomes neutres possèdent le même nombre d'électrons et donc exactement la même configuration électronique fondamentale. Par conséquent, ils développent les mêmes liaisons et présentent des propriétés chimiques identiques.

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez la définition exacte d'un isotope et sachez relier précisément les propriétés chimiques au cortège électronique.

« La définition d’un isotope est mal connue ou très approximative. On note souvent des réponses vagues semblant associer les propriétés chimiques au nombre égal de protons et d’électrons. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Atomistique et classification périodique

Notions : abondance isotopique, masse molaire

La masse molaire moyenne de l'oxygène est . Sachant que l'abondance de l'isotope est de , déterminer les abondances des isotopes et de l'oxygène.

Voir l'indice

Écrire la masse molaire moyenne comme combinaison linéaire des masses molaires isotopiques avec x(^{16}\text{O}) + x(^{17}\text{O}) + x(^{18}\text{O}) = 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la somme des abondances molaires relatives : x_{16} + x_{17} + x_{18} = 1.
  2. Écrire la masse molaire atomique moyenne comme la moyenne pondérée des masses molaires isotopiques par leurs abondances.
  3. Résoudre le système pour exprimer x_{18} puis x_{16} en fonction des grandeurs connues, et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Système linéaire sur les fractions molaires avec la masse molaire moyenne pour déterminer les abondances de {}^{16}\text{O} et {}^{18}\text{O}.

Voir le corrigé complet

Soient x_{16}, x_{17} et x_{18} les fractions molaires (abondances relatives) respectives des isotopes ^{16}\mathrm{O}, ^{17}\mathrm{O} et ^{18}\mathrm{O}, et M_{16}, M_{17}, M_{18} leurs masses molaires respectives fournies en tête d'énoncé.

La somme des abondances vaut l'unité :

x_{16} + x_{17} + x_{18} = 1 \implies x_{16} = 1 - x_{17} - x_{18}

La masse molaire atomique moyenne M est donnée par :

M = x_{16} M_{16} + x_{17} M_{17} + x_{18} M_{18}

En substituant x_{16}, on obtient :

\begin{aligned} M &= (1 - x_{17} - x_{18}) M_{16} + x_{17} M_{17} + x_{18} M_{18} \\ M - M_{16} &= x_{17} (M_{17} - M_{16}) + x_{18} (M_{18} - M_{16}) \end{aligned}

On en déduit l'expression littérale de l'abondance de l'isotope ^{18}\mathrm{O} :

x_{18} = \frac{M - M_{16} - x_{17}(M_{17} - M_{16})}{M_{18} - M_{16}}

Application numérique :

  • M = 15,9994\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
  • M_{16} = 15,99491\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
  • M_{17} = 16,99914\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
  • M_{18} = 17,99916\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}
  • x_{17} = 0,037\,\% = 3,7 \times 10^{-4}

Les écarts de masse molaire valent :

\begin{aligned} M - M_{16} &= 15,9994 - 15,99491 = 4,49 \times 10^{-3}\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} \\ M_{17} - M_{16} &= 16,99914 - 15,99491 = 1,00423\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} \\ M_{18} - M_{16} &= 17,99916 - 15,99491 = 2,00425\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

D'où :

x_{18} = \frac{4,49 \times 10^{-3} - 3,7 \times 10^{-4} \times 1,00423}{2,00425} = \frac{4,118 \times 10^{-3}}{2,00425} \approx 2,05 \times 10^{-3} = 0,205\,\%

On en déduit ensuite l'abondance de l'isotope ^{16}\mathrm{O} :

x_{16} = 1 - x_{17} - x_{18} = 1 - 0,00037 - 0,00205 = 0,99758 = 99,758\,\%

Compte tenu de la précision sur M (quatre décimales, ce qui limite le numérateur M - M_{16} à trois chiffres significatifs) :

\boxed{x({}^{16}\mathrm{O}) \approx 99,76\,\% \quad \text{et} \quad x({}^{18}\mathrm{O}) \approx 0,21\,\%}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne négligez pas l'isotope 17O, évitez les confusions sur les pourcentages et respectez le bon nombre de décimales.

« Des confusions dans l’écriture des abondances en pourcentages ou fractions ramenées à une somme unitaire conduisent à des résultats numériques incorrects. »

« Il n’est pas raisonnable de négliger l’abondance de l’isotope 17O pour mener ce calcul ; le jury est attentif au respect d’un nombre de décimales en accord avec les données. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : schéma de lewis

Donner le schéma de Lewis de la molécule de .

Voir l'indice

Respecter la règle de l'octet pour chaque atome d'oxygène avec 12 électrons de valence au total.

Voir la réponse courte

Double liaison entre les deux atomes d'oxygène, chacun portant deux doublets non liants.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q1, chaque atome d'oxygène possède 6 électrons de valence. La molécule de dioxygène \mathrm{O}_2 compte ainsi :

N_v = 2 \times 6 = 12 \text{ électrons de valence, soit } n_d = \frac{12}{2} = 6 \text{ doublets électroniques.}

Pour que chaque atome d'oxygène respecte la règle de l'octet (8 électrons dans sa couche de valence), les deux atomes doivent mettre en commun 4 électrons, formant une double liaison covalente (deux doublets liants). Les quatre doublets restants constituent deux doublets non liants sur chaque atome d'oxygène.

La charge formelle portée par chaque atome d'oxygène est nulle :

q(\mathrm{O}) = 6 - 2 \times 2 - \frac{1}{2} \times 4 = 0

Le schéma de Lewis de la molécule de dioxygène est donc :

\boxed{|\overline{\mathrm{O}}=\overline{\mathrm{O}}|}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Accompagnez impérativement le schéma de Lewis d'explications sans confondre doublets liants et non liants.

« Le jury pénalise un schéma de Lewis fourni sans aucune explication. Des confusions sur les notions de doublets électroniques liants et non liants sont relevées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : schéma de lewis, polarité

Donner le schéma de Lewis de cette molécule si elle était cyclique. Serait-elle alors polaire ?

Voir l'indice

Construire un cycle triangulaire à trois liaisons simples et analyser la somme vectorielle des moments dipolaires par symétrie.

Voir la stratégie
  1. Dénombrer le nombre total de doublets de valence de la molécule \mathrm{O}_3 à partir de la configuration de l'atome d'oxygène.
  2. Établir la structure cyclique à trois chaînons en complétant les octets avec des doublets non liants et vérifier les charges formelles.
  3. Conclure sur la polarité de cette structure à partir de l'électronégativité des atomes liés et des éléments de symétrie de la molécule.
Voir la réponse courte

Formule cyclique à trois liaisons simples et symétrie D_{3h} entraînant l'apolarité de la molécule par compensation des moments dipolaires.

Voir le corrigé complet

Chaque atome d'oxygène possède 6 électrons de valence (question Q1). Le nombre total d'électrons de valence de \mathrm{O}_3 est donc :

n_v = 3 \times 6 = 18\text{ électrons, soit } 9\text{ doublets.}

Dans une structure cyclique, les trois atomes forment un cycle triangulaire comportant 3 liaisons simples covalentes \mathrm{O}-\mathrm{O}, mobilisant ainsi 3 doublets liants. Pour respecter la règle de l'octet (4 doublets par atome), il faut attribuer 2 doublets non liants à chaque atome d'oxygène, soit 3 \times 2 = 6 doublets non liants supplémentaires. Le total correspond bien aux 9 doublets disponibles.

La charge formelle de chaque atome d'oxygène vaut :

q = 6 - n_{\text{dnl}} \times 2 - n_{\text{liaisons}} = 6 - 4 - 2 = 0.

Tous les atomes sont donc électriquement neutres.

Polarité de la molécule cyclique :

  • Les liaisons sont formées entre atomes identiques d'oxygène (même électronégativité), elles ne sont donc pas polarisées.
  • De plus, par symétrie, les trois noyaux forment un triangle équilatéral. Le barycentre des charges positives coïncide nécessairement avec le barycentre des charges négatives.

Le moment dipolaire permanent de la molécule cyclique serait donc nul :

\boxed{\text{L'ozone cyclique serait une molécule apolaire.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez le caractère apolaire en analysant la polarité des liaisons ou en vous appuyant sur des arguments de symétrie.

« il faut en outre examiner la polarité des liaisons, et donc mentionner la présence d’un unique élément. Une explication convaincante s’appuyant sur des arguments de symétrie est tout aussi recevable. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : schéma de lewis, méthode vsepr, mésomérie

Proposer deux formules de Lewis équivalentes rendant compte des propriétés de la molécule d'ozone. Proposer une description de la géométrie de cette molécule.

Voir l'indice

Proposer une formule mésomère avec liaison double et liaison simple faisant apparaître des charges formelles, puis utiliser le modèle VSEPR (\text{AX}_2\text{E}_1).

Voir la stratégie
  1. Dénombrer les électrons de valence pour la molécule d'ozone \mathrm{O}_3 et répartir les doublets en respectant la règle de l'octet tout en faisant apparaître les charges formelles imposées par la neutralité globale et le nombre d'électrons de valence de chaque atome.
  2. Établir les deux formes mésomères limites équivalentes par symétrie.
  3. Appliquer la méthode VSEPR sur l'atome central pour déterminer la figure de répulsion, la géométrie de la molécule et l'ordre de grandeur de l'angle de liaison, puis vérifier la cohérence avec le caractère polaire de \mathrm{O}_3.
Voir la réponse courte

Formules mésomères avec charges partielles +1 au centre et -1 aux extrémités ; géométrie coudée type AX_2E_1.

Voir le corrigé complet

1. Formules de Lewis équivalentes

Chaque atome d'oxygène (Z=8) possède 6 électrons de valence. La molécule d'ozone \mathrm{O}_3 comporte donc au total :

n_v = 3 \times 6 = 18\text{ électrons de valence, soit 9 doublets.}

Dans une structure non cyclique, l'atome d'oxygène central est lié aux deux oxygènes terminaux. Pour que chaque atome d'oxygène vérifie la règle de l'octet, il faut une liaison double avec l'un des oxygènes terminaux et une liaison simple avec l'autre :

  • l'atome central possède un doublet non liant, une liaison double et une liaison simple (soit 4 paires d'électrons, octet respecté). Sa charge formelle est :

    q = 6 - 2 - 3 = +1\text{ ;}
  • l'atome d'oxygène doublement lié possède 2 doublets non liants. Sa charge formelle est :

    q = 6 - 4 - 2 = 0\text{ ;}
  • l'atome d'oxygène simplement lié possède 3 doublets non liants. Sa charge formelle est :

    q = 6 - 6 - 1 = -1.

Par délocalisation des électrons \pi et des doublets non liants, on obtient deux formules mésomères limites équivalentes :

\boxed{\overline{\underline{\mathrm{O}}}=\overset{\oplus}{\overline{\mathrm{O}}}-\underline{\overline{\mathrm{O}}}^{\ominus} \quad \longleftrightarrow \quad {}^{\ominus}\underline{\overline{\mathrm{O}}}-\overset{\oplus}{\overline{\mathrm{O}}}=\overline{\underline{\mathrm{O}}}}

2. Géométrie de la molécule d'ozone

Pour déterminer la géométrie, on applique la théorie VSEPR (Gillespie) à l'atome d'oxygène central :

  • l'atome central est entouré de deux atomes d'oxygène (chacun comptant pour un ligand) et porte un doublet non liant ;
  • la molécule est donc du type \mathrm{AX}_2\mathrm{E}_1.

La figure de répulsion associée est trigonale plane. La géométrie moléculaire (disposition des atomes uniquement) est donc coudée (ou angulaire).

\boxed{\text{La molécule d'ozone adopte une géométrie coudée (type VSEPR }\mathrm{AX}_2\mathrm{E}_1\text{).}}

L'angle de liaison \widehat{\mathrm{O-O-O}} attendu pour une disposition trigonale plane idéale est de 120^\circ. En raison de l'encombrement stérique supérieur du doublet non liant par rapport aux doublets liants, l'angle réel est légèrement inférieur à 120^\circ (valeur expérimentale : 116,8^\circ).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Faites figurer les charges formelles dans le schéma de Lewis et justifiez la géométrie par la méthode VSEPR.

« Le candidat doit s’assurer du respect de la règle de l’octet et du nombre total d’électrons de valence sur l’édifice et ne pas omettre de faire apparaitre les charges formelles. »

« Le plus souvent, la géométrie n’est pas justifiée. La méthode VSEPR est rarement exploitée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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I.B · Dissociation de la molécule de dioxygène

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : enthalpie de dissociation, cycle de hess

Exprimer en fonction de et , puis en déduire l'énergie de liaison de en fonction de , et .

Voir l'indice

Appliquer la loi de Hess au cycle fourni en exprimant chaque étape par dissociation ou formation de liaisons.

Voir la stratégie
  1. Décomposer la réaction 1 en ruptures de liaisons des corps simples diatomiques \mathrm{A}_2 et \mathrm{B}_2 à l'état gazeux pour relier \Delta_r H^\circ_1 aux grandeurs de dissociation de liaison.
  2. Utiliser la propriété de fonction d'état de l'enthalpie sur le cycle thermodynamique proposé afin d'isoler l'énergie de dissociation de la liaison \mathrm{A-B}.
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique reliant l'enthalpie de réaction aux énergies de dissociation des liaisons rompues et formées.

Voir le corrigé complet

La transformation associée à la réaction 1 s'écrit :

\frac{1}{2} \, \mathrm{A}_{2(\mathrm{g})} + \frac{1}{2} \, \mathrm{B}_{2(\mathrm{g})} \longrightarrow \mathrm{A}_{(\mathrm{g})} + \mathrm{B}_{(\mathrm{g})}

Elle correspond à la rupture d'une demi-mole de liaisons \mathrm{A-A} et d'une demi-mole de liaisons \mathrm{B-B} à l'état gazeux. Par additivité des enthalpies standard de réaction (loi de Hess) :

\boxed{\Delta_r H^\circ_1 = \frac{1}{2} \, \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{A-A}) + \frac{1}{2} \, \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{B-B})}

L'enthalpie étant une fonction d'état, sa variation ne dépend pas du chemin suivi. Le cycle thermodynamique de la figure 1 donne immédiatement :

\Delta_r H^\circ_2 = \Delta_r H^\circ_1 - \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{A-B})

On en déduit l'énergie de liaison E_{\text{liaison}}(\mathrm{AB}) = \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{A-B}) :

\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{A-B}) = \Delta_r H^\circ_1 - \Delta_r H^\circ_2

En substituant l'expression de \Delta_r H^\circ_1, il vient :

\boxed{\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{A-B}) = \frac{1}{2} \, \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{A-A}) + \frac{1}{2} \, \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{B-B}) - \Delta_r H^\circ_2}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : enthalpie de dissociation, enthalpie standard de formation

En s'inspirant de ce qui précède, déterminer l'expression de l'énergie de liaison de la molécule de à . Effectuer l'application numérique.

Voir l'indice

Décomposer la réaction de formation de la vapeur d'eau en dissociant les réactifs \text{H}_2 et \text{O}_2 puis en recombinant deux liaisons \text{O}-\text{H}.

Voir la stratégie
  1. Construire un cycle thermochimique de Hess en faisant intervenir la dissociation de tous les réactifs et produits gazeux en leurs atomes isolés à l'état gazeux : \mathrm{H}_{(\mathrm{g})} et \mathrm{O}_{(\mathrm{g})}.
  2. Exprimer l'enthalpie standard de formation \Delta_f H^\circ(\mathrm{H_2O}_{(\mathrm{g})}) en fonction des enthalpies de dissociation de liaison mises en jeu.
  3. Isoler l'enthalpie de dissociation de liaison du dioxygène \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) et réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Calcul de l'énergie de dissociation de \text{O}_2 à partir des données standard de formation d'atomes d'oxygène.

Voir le corrigé complet

Considérons la réaction standard de formation de l'eau gazeuse à 298\text{ K} :

\mathrm{H}_{2(\mathrm{g})} + \frac{1}{2}\,\mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} \xrightarrow{\Delta_f H^\circ} \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\mathrm{g})}

À partir de l'état standard des réactifs, on peut envisager un état intermédiaire constitué des atomes gazeux libres 2\,\mathrm{H}_{(\mathrm{g})} + \mathrm{O}_{(\mathrm{g})} :

  • Dissociation des réactifs en atomes gazeux : rupture d'une mole de liaisons \mathrm{H-H} et d'une demi-mole de liaisons dans \mathrm{O}_2, soit une variation d'enthalpie standard :

    \Delta H^\circ_1 = \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{H-H}) + \frac{1}{2}\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2})
  • Recombinaison des atomes libres pour former la molécule d'eau \mathrm{H-O-H}_{(\mathrm{g})} : formation de deux moles de liaisons simples \mathrm{O-H}, soit une variation d'enthalpie standard :

    \Delta H^\circ_2 = -\,2\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O-H})

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de la réaction globale s'écrit :

\Delta_f H^\circ(\mathrm{H_2O}_{(\mathrm{g})}) = \Delta H^\circ_1 + \Delta H^\circ_2 = \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{H-H}) + \frac{1}{2}\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) - 2\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O-H})

On en déduit l'expression littérale de l'énergie de liaison de la molécule de dioxygène :

\boxed{\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) = 4\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O-H}) - 2\,\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{H-H}) + 2\,\Delta_f H^\circ(\mathrm{H_2O}_{(\mathrm{g})})}

Application numérique : Avec les données fournies :

  • \Delta_f H^\circ(\mathrm{H_2O}_{(\mathrm{g})}) = -243\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O-H}) = 463\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{H-H}) = 435\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
\begin{aligned} \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) &= 2 \times \left[ 2 \times 463 - 435 + (-243) \right] \\ &= 2 \times \left( 926 - 678 \right) \\ &= 2 \times 248 \\ &= 496\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) = 496\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soyez attentif à ne pas commettre d'erreur de signe lors de l'application numérique.

« Des erreurs de signe sont parfois relevées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : relation de planck-einstein, photon

Rappeler la relation de Planck-Einstein liant la fréquence et l'énergie du photon.

Voir l'indice

Exprimer l'énergie d'un photon en fonction de la constante de Planck h, de la fréquence \nu ou de la longueur d'onde \lambda.

Voir la réponse courte

Relation E = h\nu = \frac{hc}{\lambda} liant l'énergie d'un photon à sa fréquence et longueur d'onde.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Planck-Einstein, l'énergie E transportée par un photon associé à une onde électromagnétique de fréquence \nu s'écrit :

\boxed{E = h\,\nu}

où :

  • E est l'énergie du photon (en \mathrm{J}) ;
  • h est la constante de Planck (h = 6{,}626 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}) ;
  • \nu est la fréquence du rayonnement électromagnétique (en \mathrm{Hz} ou \mathrm{s}^{-1}).

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : relation de planck-einstein, spectre électromagnétique

Déduire de la question 9 la longueur d'onde recherchée. Indiquer le domaine du spectre électromagnétique qui lui est associé.

Voir l'indice

Égaler l'énergie molaire du photon N_A \frac{h c}{\lambda} à l'énergie de liaison de \text{O}_2 calculée précédemment.

Voir la stratégie
  1. Relier l'énergie molaire de liaison \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) obtenue à la question Q9 à l'énergie minimale requise pour dissocier une seule molécule de dioxygène.
  2. Exprimer la condition de dissociation d'une molécule sous l'action d'un photon d'énergie E = \dfrac{h\,c}{\lambda} et en déduire la longueur d'onde maximale (ou seuil) \lambda_{\max}.
  3. Réaliser l'application numérique et situer cette longueur d'onde dans le spectre électromagnétique à l'aide des données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Longueur d'onde seuil de photodissociation \lambda_{\text{seuil}} = \frac{hc}{E_{\text{liaison}}} située dans l'ultraviolet lointain.

Voir le corrigé complet

Pour dissocier une molécule de dioxygène, l'énergie minimale apportée par un photon incident doit être égale à l'énergie de dissociation par molécule, soit :

E_{\text{liaison, molécule}} = \frac{\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2})}{N_A}

D'après la relation de Planck-Einstein rappelée en question Q10, l'énergie d'un photon de longueur d'onde \lambda dans le vide est E = \dfrac{h\,c}{\lambda}. La condition de photodissociation s'écrit donc :

\frac{h\,c}{\lambda} \geqslant \frac{\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2})}{N_A} \iff \lambda \leqslant \lambda_{\max}

La longueur d'onde limite (maximale) recherchée est ainsi :

\boxed{\lambda_{\max} = \frac{h\,c\,N_A}{\Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2})}}

Avec les valeurs numériques fournies par le sujet :

  • h = 6,626 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} ;
  • c \simeq 3,00 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • N_A = 6,022 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} ;
  • \Delta_{\text{dis}}H^\circ(\mathrm{O_2}) = 496\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = 496 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} (d'après Q9).

On obtient :

\begin{aligned} \lambda_{\max} &= \frac{6,626 \times 10^{-34} \times 3,00 \times 10^8 \times 6,022 \times 10^{23}}{496 \times 10^3} \\ &= \frac{0,1197}{496 \times 10^3} \approx 2,41 \times 10^{-7}\text{ m} = 241\text{ nm} \end{aligned}
\boxed{\lambda_{\max} \approx 241\text{ nm}}

D'après le spectre des ondes électromagnétiques fourni en annexe (page 10), cette longueur d'onde se situe dans le domaine des rayons ultraviolets, et plus précisément dans le sous-domaine des UVC (compris entre 100\text{ nm} et 280\text{ nm}).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Physique quantique › Photons et dualité onde-corpuscule

Notions : photon, spectre électromagnétique

Comment la dangerosité du rayonnement évolue-t-elle en fonction de la longueur d'onde ? Commenter le résultat de la question 11 en mettant en relation la longueur d'onde trouvée, la dangerosité des rayonnements ionisants et l'impact de la haute atmosphère sur ceux-ci.

Voir l'indice

Relier une faible longueur d'onde à une énergie photonique élevée et commenter le rôle de bouclier anti-UV de la haute atmosphère.

Voir la stratégie
  1. Relier l'énergie transportée par un quantum de lumière à sa longueur d'onde grâce à la relation de Planck-Einstein pour en déduire l'évolution de la dangerosité biologique.
  2. Analyser l'effet des photons de courte longueur d'onde (rupture de liaisons, ionisation) et confronter la valeur limite \lambda_{\max} \approx 241\text{ nm} aux différentes couches du spectre.
  3. Conclure sur le rôle protecteur de la haute atmosphère (effet bouclier) vis-à-vis des rayonnements les plus nocifs.
Voir la réponse courte

Dangerosité croissante avec la fréquence (énergie par photon) ; la haute atmosphère filtre les UV les plus énergétiques et protège le sol.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Planck-Einstein rappelée à la question Q10, l'énergie d'un photon s'écrit :

E = \frac{h\,c}{\lambda}

L'énergie individuelle portée par un photon est donc inversement proportionnelle à sa longueur d'onde \lambda.

  • Évolution de la dangerosité : La dangerosité d'un rayonnement électromagnétique augmente lorsque la longueur d'onde diminue. En effet, des photons plus énergétiques sont capables d'exciter des transitions électroniques profondes, de rompre des liaisons covalentes indispensables aux molécules biologiques (comme l'ADN), voire d'arracher des électrons (ionisation).
  • Commentaire du résultat (\lambda \approx 241\text{ nm}) et rayonnements ionisants :

    • La valeur \lambda \le 241\text{ nm} se situe dans le domaine des ultraviolets courts (UVC, 100\text{ nm} \le \lambda \le 280\text{ nm}). Ces photons sont suffisamment énergétiques pour dissocier la molécule très stable de dioxygène (\mathrm{O}_2). Pour les organismes vivants, ce rayonnement présente une forte toxicité cellulaire (action germicide, mutations).
    • Aux longueurs d'onde encore plus faibles (\lambda \lesssim 100\text{ nm}, incluant les UV extrêmes, les rayons X et les rayons \gamma), l'énergie des photons dépasse les potentiels d'ionisation des atomes et molécules usuels (environ 10 à 15\text{ eV}, soit \lambda \le 80\text{--}120\text{ nm}). Ces rayonnements deviennent ionisants et sont particulièrement destructeurs pour la matière vivante.
  • Impact de la haute atmosphère : La haute atmosphère (thermosphère, mésosphère, stratosphère) constitue un filtre protecteur indispensable :

    • les rayonnements ionisants (rayons X et UV extrêmes) sont absorbés dans la thermosphère par photo-ionisation des gaz majeurs (\mathrm{N}_2, \mathrm{O}_2, \mathrm{O}) ;
    • les rayonnements UVC hautement énergétiques (\lambda \le 241\text{ nm}) sont arrêtés dans la haute stratosphère et la mésosphère en induisant la photodissociation de \mathrm{O}_2 (réaction étudiée ici, qui initie le cycle de formation de l'ozone) ;
    • l'ozone formé absorbe ensuite le reste des UV nocifs (notamment les UVB de 280 à 315\text{ nm}).

    Aucun photon de longueur d'onde inférieure à environ 290\text{ nm} n'atteint ainsi la surface terrestre, protégeant la biosphère de leurs effets délétères.

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez la dangerosité, reliez la réponse au résultat de la question 11 et mentionnez le rôle de filtre joué par l'atmosphère.

« L’impact de l’atmosphère sur les rayonnements » est dans bon nombre de copies interprété comme « l’impact des rayonnements sur l’atmosphère ». La réponse est rarement mise en relation avec la longueur d’onde obtenue en Q 11. malgré l’indication explicite par l’énoncé. »

« Le rôle de filtre par l’atmosphère absorbant les rayonnements de longueurs d’onde inférieure à la longueur d’onde de coupure en limite des UVC, est rarement évoqué. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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I.C · La couche d'ozone

Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : constante de vitesse, cinétique photochimique

Par une approche purement qualitative mais argumentée, tracer l'allure du graphe de en fonction de l'altitude , puis justifier qualitativement l'existence d'un maximum pour à une certaine altitude.

Voir l'indice

Observer la dépendance de I(z) avec l'altitude : I est maximal en altitude mais la densité de \text{O}_2 y est minimale, d'où un compromis pour la production.

Voir la stratégie
  1. Exprimer qualitativement la dépendance de la constante de photolyse k_1 avec l'altitude z à partir de l'atténuation du flux photonique solaire ultraviolet par l'atmosphère, et en déduire le tracé de k_1(z).
  2. Analyser l'expression stationnaire de n_{\mathrm{O}_3}(z) issue du mécanisme de Chapman comme un produit de deux grandeurs aux comportements antagonistes en fonction de l'altitude : l'intensité lumineuse UV et la concentration en dioxygène.
Voir la réponse courte

Évolution de k_1 croissante avec le flux solaire en altitude ; compétition entre flux UV et densité d'air créant un maximum.

Voir le corrigé complet

1. Allure du graphe de k_1(z) :

D'après le document A2, la constante de vitesse de photolyse k_1(z) est proportionnelle à l'intensité I(z) du rayonnement solaire ultraviolet.

  • Au sommet de l'atmosphère (z \to +\infty), le flux incident provenant du Soleil n'a pas encore interagi avec l'atmosphère : l'intensité prend sa valeur extraterrestre maximale I_\infty, donc k_1 tend vers une valeur limite finie k_{1,\infty}.
  • À mesure que le rayonnement pénètre dans l'atmosphère (altitude z décroissante), il est absorbé par le dioxygène présent. Cette absorption est d'autant plus efficace que la concentration en dioxygène augmente exponentiellement lorsque z diminue.
  • Par conséquent, I(z) et donc k_1(z) sont des fonctions strictement croissantes de l'altitude z. Au niveau du sol (z = 0), le rayonnement UV responsable de la photolyse est quasiment entièrement absorbé : k_1(0) \approx 0.

2. Justification de l'existence d'un maximum pour n_{\mathrm{O}_3}(z) :

D'après le modèle cinétique de Chapman en régime stationnaire :

n_{\mathrm{O}_3}(z) = \sqrt{\frac{k_1(z)\,k_2}{k_3\,k_4}}\,n_{\mathrm{O}_2}(z)

En considérant les constantes k_2, k_3 et k_4 indépendantes de l'altitude au premier ordre, n_{\mathrm{O}_3}(z) varie proportionnellement au produit \sqrt{k_1(z)}\,n_{\mathrm{O}_2}(z).

  • À basse altitude (z \to 0) : la concentration en dioxygène n_{\mathrm{O}_2} est maximale, mais le flux UV est presque nul (k_1 \approx 0). Sans photons de haute énergie pour initier la photodissociation de \mathrm{O}_2 en radicaux \mathrm{O}^\bullet, l'ozone ne peut se former :

    n_{\mathrm{O}_3}(z \to 0) \approx 0
  • À très haute altitude (z \to +\infty) : le flux UV est maximal (k_1 \to k_{1,\infty}), mais la densité de l'air se raréfie et la concentration en dioxygène décroît exponentiellement vers zéro (n_{\mathrm{O}_2} \to 0). Sans réactif \mathrm{O}_2, la production d'ozone est impossible :

    n_{\mathrm{O}_3}(z \to +\infty) \to 0

La fonction n_{\mathrm{O}_3}(z) étant continue, strictement positive sur ]0, +\infty[ et s'annulant aux deux limites, le théorème des bornes atteintes (ou de Rolle) assure l'existence d'au moins un extremum local :

\boxed{\text{La concentration en ozone } n_{\mathrm{O}_3}(z) \text{ présente un maximum à une altitude intermédiaire.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Proposez une analyse qualitative fondée sur les documents sans inventer de lois ni utiliser des formules données plus loin.

« Pour des raisons évidentes, le candidat ne peut s’appuyer sur la relation issue du modèle de Chapman, liant l’intensité Ià zapparaissant chronologiquement après cette question, pour répondre. »

« le jury relève régulièrement des analyses mal argumentées et/ou des lois inventées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Transformations chimiques › Cinétique chimique et mécanismes réactionnels

Notions : profil de concentration, optimisation

En utilisant les moyens à votre disposition, en particulier numériques, déterminer l'altitude du maximum de la concentration en ozone , ainsi que l'ordre de grandeur de cette concentration maximale. On donne : , , et .

Voir l'indice

Dériver par rapport à z la fonction \ln(n_{\text{O}_3}(z)) à partir de l'expression fournie pour annuler sa dérivée première.

Voir la stratégie
  1. Exprimer analytiquement la concentration n_{\mathrm{O}_3}(z) en fonction de la variable u = \exp(-z/H) à partir du mécanisme de Chapman (document A2) et du profil de rayonnement I(z).
  2. Trouver l'altitude z_{\max} en maximisant n_{\mathrm{O}_3}(z) par dérivation.
  3. Relier la constante k_{1,\infty} à la valeur k_1(50\text{ km}) fournie pour en déduire la valeur numérique de la concentration maximale n_{\mathrm{O}_3}(z_{\max}).
Voir la réponse courte

Dérivation de l'expression de la concentration stationnaire en ozone pour annuler sa dérivée et trouver l'altitude optimale.

Voir le corrigé complet

D'après le document A2, la concentration stationnaire en ozone s'écrit :

n_{\mathrm{O}_3}(z) = \sqrt{\frac{k_1(z)\,k_2}{k_3\,k_4}}\,n_{\mathrm{O}_2}(z)

La constante cinétique k_1(z) étant proportionnelle au flux I(z), on a :

k_1(z) = k_{1,\infty}\exp\left(-H n_0 \sigma_{\mathrm{O}_2}\exp\left(-\frac{z}{H}\right)\right)

Sachant que n_{\mathrm{O}_2}(z) = n_0\exp\left(-\frac{z}{H}\right), introduisons la variable sans dimension u = \exp\left(-\frac{z}{H}\right) et la constante sans dimension \alpha = H n_0 \sigma_{\mathrm{O}_2}. Il vient :

n_{\mathrm{O}_3}(z) = n_0 \sqrt{\frac{k_{1,\infty} k_2}{k_3 k_4}}\, u\,\exp\left(-\frac{\alpha}{2}u\right)

Pour trouver le maximum de n_{\mathrm{O}_3}, dérivons la fonction f(u) = u\exp\left(-\frac{\alpha}{2}u\right) par rapport à u :

\frac{\mathrm{d}f}{\mathrm{d}u} = \left(1 - \frac{\alpha}{2}u\right)\exp\left(-\frac{\alpha}{2}u\right)

La dérivée s'annule et change de signe pour :

u_{\max} = \frac{2}{\alpha} = \frac{2}{H n_0 \sigma_{\mathrm{O}_2}}

Comme u = \exp(-z/H), l'altitude du maximum est :

z_{\max} = H \ln\left(\frac{\alpha}{2}\right) = H \ln\left(\frac{H n_0 \sigma_{\mathrm{O}_2}}{2}\right)

Application numérique pour l'altitude :

\begin{aligned} \alpha &= 7\times 10^3\text{ m} \times 9{,}3\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} \times 6\times 10^{-4}\text{ m}^2\cdot\text{mol}^{-1} = 39{,}06 \approx 39{,}1 \\ \frac{\alpha}{2} &= 19{,}53 \\ z_{\max} &= 7\text{ km} \times \ln(19{,}53) \approx 7 \times 2{,}972 \approx 20{,}8\text{ km} \end{aligned}
\boxed{z_{\max} \approx 21\text{ km}}

Ordre de grandeur de la concentration maximale : À l'altitude z = 50\text{ km} (sommet de la stratosphère) :

\alpha \exp\left(-\frac{50}{7}\right) = 39{,}06 \times \mathrm{e}^{-7{,}14} \approx 0{,}031 \ll 1

On a donc \exp(-\alpha u) \approx 1, si bien que k_{1,\infty} \approx k_1(50\text{ km}) = 3\times 10^{-12}\text{ s}^{-1}.

À l'altitude z_{\max}, on a \frac{\alpha}{2}u_{\max} = 1, d'où :

\begin{aligned} k_1(z_{\max}) &= k_{1,\infty}\,\mathrm{e}^{-2} \approx 3\times 10^{-12} \times 0{,}135 \approx 4{,}1\times 10^{-13}\text{ s}^{-1} \\ n_{\mathrm{O}_2}(z_{\max}) &= n_0\,u_{\max} = \frac{9{,}3}{19{,}53} \approx 0{,}48\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} \end{aligned}

Le rapport des constantes cinétiques vaut :

\frac{k_2}{k_3 k_4} = \frac{5\times 10^6}{(1\times 10^{-2}) \times (9\times 10^4)} = \frac{5\times 10^6}{900} \approx 5{,}56\times 10^3\text{ m}^3\cdot\text{mol}^{-1}

D'où le facteur sans dimension :

\sqrt{\frac{k_1(z_{\max})\,k_2}{k_3\,k_4}} = \sqrt{4{,}1\times 10^{-13} \times 5{,}56\times 10^3} \approx \sqrt{2{,}3\times 10^{-9}} \approx 4{,}8\times 10^{-5}

On en déduit la concentration maximale :

n_{\mathrm{O}_3,\max} = 4{,}8\times 10^{-5} \times 0{,}48\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3} \approx 2{,}3\times 10^{-5}\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}
\boxed{n_{\mathrm{O}_3,\max} \sim 2\times 10^{-5}\text{ mol}\cdot\text{m}^{-3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Gardez un sens critique sur la valeur calculée pour la concentration afin d'éviter des résultats aberrants.

« Le jury attend que l’aisance calculatoire soit accompagnée d’un regard critique sur les résultats obtenus. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Partie II : Modélisation linéaire de l'instabilité de Kelvin Helmholtz

II.A · Pression atmosphérique dans la zone concernée

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : relation fondamentale de la statique des fluides

Établir la relation entre la variation élémentaire de pression , la variation élémentaire d'altitude , la masse volumique de l'air et la valeur de l'accélération de la pesanteur .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la statique des fluides à une tranche horizontale d'épaisseur \text{d}z.

Voir la stratégie

Pour établir la loi fondamentale de la statique des fluides :

  1. Isoler une tranche mésoscopique d'air au repos comprise entre les altitudes z et z+\mathrm{d}z.
  2. Effectuer le bilan des forces extérieures (forces de pression et poids).
  3. Traduire la condition d'équilibre statique et projeter sur l'axe vertical ascendant (Oz).
Voir la réponse courte

Bilan des forces de pression et de gravité sur une tranche d'air d'épaisseur \text{d}z : \text{d}P = -\rho g\text{d}z.

Voir le corrigé complet

On considère une tranche de fluide mésoscopique d'épaisseur \mathrm{d}z et de section droite horizontale S, comprise entre les cotes z et z+\mathrm{d}z. L'atmosphère étant au repos dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le système est en équilibre statique.

Le système est soumis à :

  • la force de pression sur la face inférieure : \vec{F}(z) = P(z)\,S\,\vec{e}_z ;
  • la force de pression sur la face supérieure : \vec{F}(z+\mathrm{d}z) = -P(z+\mathrm{d}z)\,S\,\vec{e}_z ;
  • les forces de pression latérales, qui se compensent par symétrie horizontale ;
  • le poids de la tranche de fluide : \vec{P} = -\mathrm{d}m\,g\,\vec{e}_z = -\rho\,S\,\mathrm{d}z\,g\,\vec{e}_z.

La condition d'équilibre mécanique s'écrit :

\sum \vec{F}_{\text{ext}} = \vec{0}

En projetant sur l'axe vertical ascendant \vec{e}_z, on obtient :

\begin{aligned} P(z)\,S - P(z+\mathrm{d}z)\,S - \rho\,g\,S\,\mathrm{d}z &= 0 \end{aligned}

En simplifiant par la section S et en notant \mathrm{d}P = P(z+\mathrm{d}z) - P(z) :

\boxed{\mathrm{d}P = -\rho\,g\,\mathrm{d}z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démontrez rigoureusement la relation en précisant système, référentiel et bilan complet des forces, y compris latérales.

« établir » ne peut signifier ici projeter l’équation de la statique des fluides sans que ne soient précisés système, référentiel, bilan des forces, […] Cette remarque est l’occasion de rappeler aux candidats que les questions de cours appelant des démonstrations complètes et rigoureuses sont largement valorisées dans le barème. »

« Certains candidats oublient les forces sur la surface latérale qui, bien que de résultante nulle, ne peuvent être passées sous silence. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : atmosphère isotherme, gaz parfait

En déduire l'expression de la pression locale à l'altitude en fonction de la pression au sol , de la masse molaire de l'air, de la température , de la constante des gaz parfaits et de l'accélération de la pesanteur considérée comme uniforme à l'échelle considérée.

Voir l'indice

Injecter la loi des gaz parfaits \rho = \frac{P M}{R T_0} dans l'équation différentielle et intégrer entre 0 et z.

Voir la stratégie

Pour obtenir la loi de variation de la pression avec l'altitude :

  1. Exprimer la masse volumique \rho en fonction de la pression P et de la température T_0 à l'aide de l'équation d'état du gaz parfait.
  2. Réinjecter cette expression dans la relation fondamentale de la statique des fluides établie à la question Q15 afin d'obtenir une équation différentielle séparable sur P(z).
  3. Intégrer cette équation entre l'altitude au sol (z=0 où P=P_0) et l'altitude z.
Voir la réponse courte

Loi des gaz parfaits \rho = \frac{PM}{RT_0} injectée dans la statique des fluides pour obtenir le profil exponentiel de pression.

Voir le corrigé complet

L'air étant modélisé par un gaz parfait à la température uniforme T_0, son équation d'état relie la pression P, le volume V, la quantité de matière n et la masse m par :

P V = n R T_0 = \frac{m}{M} R T_0

La masse volumique s'écrit donc en tout point :

\rho = \frac{m}{V} = \frac{P M}{R T_0}

En reportant cette expression dans la relation fondamentale de la statique des fluides établie à la question Q15, \mathrm{d}P = -\rho\,g\,\mathrm{d}z, il vient :

\mathrm{d}P = -\frac{M g}{R T_0}\,P\,\mathrm{d}z \iff \frac{\mathrm{d}P}{P} = -\frac{M g}{R T_0}\,\mathrm{d}z

En intégrant entre le niveau du sol (z = 0, P(0) = P_0) et l'altitude z, sous l'hypothèse d'une accélération de la pesanteur g uniforme :

\begin{aligned} \int_{P_0}^{P(z)} \frac{\mathrm{d}P}{P} &= -\frac{M g}{R T_0} \int_0^z \mathrm{d}z' \\ \ln\left(\frac{P(z)}{P_0}\right) &= -\frac{M g}{R T_0}\,z \end{aligned}

On en déduit l'expression de la loi barométrique pour une atmosphère isotherme :

\boxed{P(z) = P_0 \exp\left(-\frac{M g}{R T_0}\,z\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne supposez pas la masse volumique constante et veillez à obtenir une décroissance de la pression avec l'altitude.

« Dans de rares cas, la masse volumique considérée comme constante, conduit à une évolution linéaire de la pression P(z) avec l’altitude. Il arrive aussi de lire une pression qui croît exponentiellement avec l’altitude. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique des fluides › Statique des fluides

Notions : atmosphère isotherme, ordre de grandeur

On formule l'hypothèse que la pression est quasiment uniforme sur toute la hauteur du nuage de la figure 2. Discuter la validité de cette approximation sachant qu'une variation relative de plus de 10

Voir l'indice

Calculer la hauteur d'échelle H = \frac{R T_0}{M g} et comparer l'épaisseur estimée du nuage (h \approx 850\text{ m}) au critère de 10% de variation relative.

Voir la stratégie
  1. Calculer la hauteur caractéristique de l'atmosphère isotherme H = \frac{R T_0}{M g} à partir des données de l'énoncé.
  2. Déterminer l'épaisseur réelle h du nuage en utilisant la barre d'échelle verticale cotée « environ 2\text{ km} » sur la figure 2.
  3. Exprimer et calculer la variation relative de pression \frac{|\Delta P|}{P} sur cette hauteur h, puis la comparer au seuil de 10\,\% pour conclure.
Voir la réponse courte

Calcul de l'échelle de hauteur H = \frac{RT_0}{Mg} et comparaison de \frac{\Delta z}{H} au critère de 10

Voir le corrigé complet

D'après la loi barométrique établie à la question Q16, le profil de pression d'une atmosphère isotherme à T_0 = 273\text{ K} s'écrit :

P(z) = P_0 \exp\left(-\frac{z}{H}\right) \quad \text{avec} \quad H = \frac{R T_0}{M g}

En utilisant la masse molaire de l'air M = 29,0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} et g = 9,81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

H = \frac{8,31 \times 273}{29,0 \times 10^{-3} \times 9,81} \approx 7{,}97 \times 10^3\text{ m} \approx 8{,}0\text{ km}

Sur la figure 2, la flèche verticale à droite indique une échelle de longueur de 2\text{ km}. La mesure de la hauteur propre du nuage (séparation verticale entre la base et les crêtes des ondulations) représente un peu moins de la moitié de ce segment étalon :

h \approx 0{,}8 \text{ à } 0{,}9\text{ km} \quad (\text{soit typiquement } h \approx 850\text{ m})

Entre la base z_b et le sommet z_h = z_b + h du nuage, la variation relative de la pression s'écrit :

\frac{|\Delta P|}{P(z_b)} = \frac{P(z_b) - P(z_b + h)}{P(z_b)} = 1 - \exp\left(-\frac{h}{H}\right) \approx \frac{h}{H}

En réalisant l'application numérique avec h \approx 850\text{ m} et H \approx 7{,}97\text{ km} :

\frac{|\Delta P|}{P(z_b)} = 1 - \exp\left(-\frac{0{,}85}{7{,}97}\right) \approx 1 - \exp(-0{,}107) \approx 10{,}1\,\%
\boxed{\frac{|\Delta P|}{P} \approx 10\,\%}

La variation relative de pression sur la hauteur du nuage est de l'ordre de 10\,\%. L'hypothèse d'une pression uniforme se situe donc exactement à la limite du critère de tolérance de 10\,\% fixé par l'énoncé : elle constitue une approximation acceptable en première approche pour modéliser le phénomène, mais reste à la limite de la validité.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez la notion d'écart relatif et justifiez l'estimation de la hauteur sans prétendre à une précision illusoire.

« La notion d’écart relatif n’est pas maitrisée pour bon nombre. Trop de candidats fournissent une « estimation » de la hauteur du nuage au mètre près et sans aucune autre explication que la mention « grâce à un produit en croix ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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II.B · Formation d'un nuage par soulèvement orographique

Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Premier et second principes

Notions : détente adiabatique, saturation

Expliquer qualitativement le mécanisme de formation d'un nuage par soulèvement orographique et proposer un modèle en explicitant et justifiant les hypothèses formulées.

Voir l'indice

Décrire la détente adiabatique d'une masse d'air forcée de franchir le relief : baisse de température à rapport de mélange constant jusqu'à saturation.

Voir la stratégie
  1. Détailler la chronologie des phénomènes physiques conduisant à la condensation lors du franchissement d'un relief (ascension, baisse de pression, détente adiabatique, refroidissement, condensation).
  2. Formaliser un modèle thermodynamique adapté à l'analyse sur émagramme en explicitant le système d'étude (« particule d'air ») et en formulant les hypothèses usuelles (gaz parfait, quasi-statisme, transformation adiabatique réversible tant qu'il n'y a pas de changement d'état).
Voir la réponse courte

Ascension forcée le long du relief, détente adiabatique provoquant le refroidissement jusqu'au point de rosée et la condensation.

Voir le corrigé complet

1. Mécanisme qualitatif de formation du nuage

  • Soulèvement forcé : Une masse d'air en mouvement horizontal rencontre une barrière montagneuse et est contrainte de s'élever le long du versant au vent.
  • Détente et refroidissement : En prenant de l'altitude, la pression atmosphérique extérieure décroît (statique des fluides). L'air en ascension subit une détente. Le mouvement étant rapide devant le temps caractéristique des échanges thermiques conductifs, cette détente s'effectue sans transfert thermique notable avec l'environnement (transformation adiabatique). L'air fournit un travail de détente contre l'extérieur, ce qui provoque une chute de son énergie interne et donc de sa température.
  • Saturation et condensation : La pression de vapeur saturante de l'eau P_s(T) diminue fortement avec la température (formule de Clapeyron). La pression partielle de vapeur d'eau P_{\mathrm{vap}} finissant par égaler P_s(T) (ou, de façon équivalente, le rapport de mélange r atteignant le rapport de mélange à saturation r_{\mathrm{sat}}), l'humidité relative atteint 100\,\%. La vapeur d'eau excédentaire se condense alors en microgouttelettes d'eau liquide en suspension : le nuage orographique apparaît.

2. Modèle et hypothèses associées Pour décrire quantitativement cette ascension :

  • Système fermé (« particule d'air ») : On isole une petite masse d'air humide qui ne s'échange pas avec l'air ambiant et dont la composition reste homogène.
  • Modèle de gaz parfait : L'air sec et la vapeur d'eau (diluée, r \ll 1) sont modélisés comme des gaz parfaits de coefficient isentropique \gamma \approx 1{,}40.
  • Équilibre mécanique local (transformation quasi-statique) : La particule s'ajuste continûment à la pression locale de l'atmosphère : P_{\mathrm{particule}}(z) = P_{\mathrm{atm}}(z).
  • Détente adiabatique réversible (adiabatique sèche) : Les échanges thermiques par conduction ou rayonnement étant négligeables à l'échelle temporelle de l'ascension, la détente est isentropique tant que l'eau reste uniquement à l'état de vapeur. Sur l'émagramme, la particule suit une adiabatique sèche.
  • Conservation de la vapeur d'eau : En phase non saturée, le rapport de mélange de la particule reste constant et égal à sa valeur au sol :

    r = r_{\text{sol}} = \text{cte}

    La base du nuage (niveau de condensation) est alors modélisée par l'intersection entre le profil suivi le long de l'adiabatique sèche issue de l'état au sol (T_{\text{sol}}, P_{\text{sol}}) et la ligne d'égal rapport de mélange de saturation r_{\mathrm{sat}} = r_{\text{sol}}.

Voir ce qu'a relevé le jury

Exploitez l'émagramme avec rigueur pour expliquer les évolutions thermodynamiques sans vous limiter à une paraphrase.

« L’exploitation des documents n’est pas satisfaisante ; l’analyse supposée s’appuyer sur les trans formations subies par la masse d’air, manque de profondeur dans bien des cas. »

« il n’est pas rare de lire que « l’air monte donc se refroidit » tan dis que le transfert est quand‐même qualifié d’adiabatique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Premier et second principes

Notions : émagramme, pression de vapeur saturante

Estimer l'altitude moyenne de formation de ce nuage si l'air au niveau du sol a un rapport de mélange et une température de . Ce résultat vous parait-il en accord avec ce qui est observé en figure 2 ?

Voir l'indice

Partir du point au sol (T=10^\circ\text{C}, P\approx 1000\text{ hPa}) et remonter le long de l'adiabatique sèche jusqu'à couper l'isoligne r_{\text{sat}} = 0{,}8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.

Voir la stratégie
  1. Repérer sur l'émagramme (figure 7) l'état initial de la particule d'air au niveau du sol : P_{\text{sol}} \approx 1000\text{ hPa} et T_{\text{sol}} = 10\text{ }^\circ\text{C}.
  2. Suivre l'adiabatique sèche (trait plein épais) issue de ce point jusqu'à son intersection avec la ligne de rapport de mélange de saturation r_{\text{sat}} = 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.
  3. Relever la pression et la température de ce niveau de condensation par soulèvement, en déduire l'altitude correspondante sur l'axe vertical droit, puis confronter la valeur obtenue aux indications de la figure 2.
Voir la réponse courte

Lecture sur l'émagramme du niveau de condensation par intersection de la courbe d'état avec l'isohygre r = 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après le modèle établi à la question précédente, l'air s'élève initialement sans condensation :

  • la transformation thermodynamique suivie par la particule d'air est modélisée par une adiabatique sèche partant de T = 10\text{ }^\circ\text{C} à P = 1000\text{ hPa} ;
  • le rapport de mélange reste constant et égal à sa valeur au sol : r = 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.

La condensation (formation de la base du nuage) intervient dès que la vapeur d'eau devient saturante, c'est-à-dire au point d'intersection de l'adiabatique sèche suivie et de la courbe d'égal rapport de mélange de saturation r_{\text{sat}} = 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1}.

Sur l'émagramme de la figure 7 :

  • on suit l'adiabatique sèche (ligne en trait plein épais inclinée vers la gauche) issue de l'abscisse T = 10\text{ }^\circ\text{C} sur l'isobare 1000\text{ hPa} ;
  • on suit la ligne d'égal rapport de mélange cotée 0,8\text{ g}\cdot\text{kg}^{-1} en haut du diagramme (ligne en tiretés inclinée vers la droite en descendant).

Leur intersection définit le niveau de condensation :

\begin{aligned} P_{\text{cond}} &\approx 620\text{ à }640\text{ hPa} \\ T_{\text{cond}} &\approx -25\text{ }^\circ\text{C} \end{aligned}

En reportant cette pression sur l'axe vertical de droite indiquant l'altitude, on lit directement :

\boxed{z_{\text{nuage}} \approx 3{,}9\text{ km} \quad (\text{soit entre } 3{,}8\text{ km et } 4{,}2\text{ km})}

Comparaison avec la figure 2 :
La figure 2 indique pour le Mont Shasta une altitude sommitale d'environ 4500\text{ m}. Les structures nuageuses associées à l'instabilité de Kelvin-Helmholtz sont observées au voisinage immédiat du sommet, à une altitude comprise entre 3{,}5\text{ km} et 4{,}5\text{ km}. L'estimation trouvée (z \approx 4\text{ km}) est donc en très bon accord avec l'observation.

Résultat

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II.C · Modélisation de l'écoulement

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : débit massique, débit volumique, conservation de la masse

Que peut-on alors dire des débits massiques et , ainsi que des débits volumiques et dans chacune des couches en dehors de la zone de mélange ?

Voir l'indice

Utiliser la conservation de la masse et le caractère incompressible pour relier débits massiques et débits volumiques le long d'un tube.

Voir la réponse courte

Conservation des débits massiques en régime stationnaire ; débits volumiques constants si écoulements incompressibles par couches.

Voir le corrigé complet

Dans chacune des deux couches (i \in \{1, 2\}), en dehors de la zone de mélange :

  • L'écoulement étant stationnaire, la masse contenue dans une portion de tube de courant est constante au cours du temps, ce qui assure la conservation du débit massique le long de chaque tube de courant :

    D_{mi} = \text{cte le long du tube.}
  • Le fluide étant incompressible et homogène, sa masse volumique \rho_i est uniforme et constante au cours du temps. La relation générale reliant les débits s'écrit alors :

    D_{mi} = \rho_i \, D_{vi}

    ce qui implique que le débit volumique est également conservé le long de chaque tube de courant (D_{vi} = \text{cte}).

  • L'écoulement étant unidirectionnel suivant (Ox) et la vitesse v_i étant uniforme sur la section droite S orthogonale à la direction d'écoulement, les débits s'expriment simplement par :
\boxed{D_{v1} = v_1 S \quad \text{et} \quad D_{m1} = \rho_1 v_1 S}
\boxed{D_{v2} = v_2 S \quad \text{et} \quad D_{m2} = \rho_2 v_2 S}

Ces grandeurs sont donc constantes le long de chaque ligne de courant considérée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez stationnarité et uniformité spatiale de la masse volumique pour en déduire les conséquences sur les débits.

« Les relations explicites entre les hypothèses stationnaire, incompressible et homogène et leurs conséquences sur Dmet Dvsont souvent absconses ou absentes. »

« Peu de candidats font la différence entre une masse volumique indépendante du temps en un point et spatialement uniforme dans l’écoulement »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Thermodynamique › Description d'un système thermodynamique

Notions : débit massique, masse volumique

On se place dans le cas particulier où dans les deux tubes de courant de même section. Justifier que . On pourra si nécessaire utiliser la forme de la variation empirique de la masse volumique de l'air avec la température : où et sont des constantes positives.

Voir l'indice

Comparer les masses volumiques de l'air chaud et de l'air froid via la formule empirique puis traduire l'égalité des débits massiques.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'égalité des débits massiques pour relier le rapport des vitesses au rapport des masses volumiques.
  2. Comparer les températures des deux couches et en déduire la comparaison des masses volumiques grâce à la loi de variation \rho(T) fournie.
  3. Conclure sur l'inégalité v_2 < v_1.
Voir la réponse courte

Égalité des débits massiques D_m = \rho v S : la couche plus froide a une plus grande masse volumique, donc une vitesse plus faible.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, pour deux tubes de courant de même section droite S, les débits massiques s'écrivent :

D_{m1} = \rho_1 v_1 S \quad \text{et} \quad D_{m2} = \rho_2 v_2 S

L'égalité des débits massiques D_{m1} = D_{m2} impose donc :

\rho_1 v_1 = \rho_2 v_2 \implies v_2 = \frac{\rho_1}{\rho_2} v_1

Par définition des deux couches d'air, le fluide 1 est l'air chaud et le fluide 2 est l'air froid, soit T_1 > T_2.

D'après l'expression empirique fournie \rho(T) = A + \frac{B}{T} avec A > 0 et B > 0, la masse volumique de l'air est une fonction strictement décroissante de la température. Par conséquent :

T_1 > T_2 \implies \rho_1 < \rho_2

Le rapport des masses volumiques vérifie ainsi \dfrac{\rho_1}{\rho_2} < 1, ce qui conduit directement à :

\boxed{v_2 < v_1}

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : fluide newtonien, viscosité dynamique

On considère un écoulement visqueux unidirectionel selon faisant état d'un gradient de vitesse suivant . Rappeler, pour un fluide newtonien, de viscosité dynamique , l'expression de la force surfacique de viscosité à l'ordonnée , de la partie inférieure sur la partie supérieure, qui fait intervenir la composante du profil de vitesse.

Voir l'indice

Appliquer la loi de Newton pour le cisaillement visqueux en faisant attention au signe et à la normale orientée de l'interface.

Voir la réponse courte

Formule de la contrainte tangentielle visqueuse \tau_{zx} = \eta \frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}z} appliquée sur l'interface élémentaire.

Voir le corrigé complet

Considérons une surface horizontale d'aire \mathrm{d}S, située à l'altitude z et de vecteur normal \vec{e}_z dirigé du bas vers le haut. Pour un écoulement plan unidirectionnel \vec{v} = v_x(z)\,\vec{e}_x d'un fluide newtonien de viscosité dynamique \eta, la force surfacique de viscosité exercée par la couche inférieure (située en z^-) sur la couche supérieure (située en z^+) s'écrit :

\boxed{\vec{f}_{s,\,\text{inf}\to\text{sup}}(z) = -\eta\,\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_x}

Le signe s'interprète physiquement :

  • Si \dfrac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}z} > 0, la couche inférieure se déplace moins vite que la couche supérieure. Elle tend donc à freiner cette dernière : la force exercée est orientée dans le sens opposé à l'écoulement (-\vec{e}_x).
  • D'après le principe des actions réciproques, la force surfacique exercée par la partie supérieure sur la partie inférieure est l'opposée :

    \vec{f}_{s,\,\text{sup}\to\text{inf}}(z) = +\eta\,\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}z}\,\vec{e}_x

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas force et contrainte de cisaillement, et faites attention à l'orientation des grandeurs.

« La loi de Newton est connue mais parfois mal contextualisée ce qui peut conduire à une erreur de direction et/ou sens. Le jury relève fréquemment une confusion entre force élémentaire de cisaillement et contrainte de cisaillement (grandeur surfacique associée). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux

Notions : nombre de reynolds, écoulement turbulent

Les relevés météorologiques du jour où la photo de la figure 2 à été prise indiquent un vent moyen de . Proposer une estimation du nombre de Reynolds dans un tube de courant, en dehors de la zone de mélange, sachant que sa dimension transversale moyenne est de l'ordre du kilomètre. Le modèle de profil uniforme de vitesse proposé pour cet écoulement vous parait-il cohérent ?

Voir l'indice

Calculer \text{Re} = \frac{v L}{\nu_a} en convertissant la vitesse en \text{m}\cdot\text{s}^{-1} et commenter le régime turbulent associé.

Voir la réponse courte

Calcul de Re = \frac{\rho v L}{\eta} \gg 2000 montrant un régime fortement turbulent, contredisant a priori un profil laminaire strict.

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds associé à l'écoulement dans le tube de courant de dimension transversale caractéristique L s'écrit :

Re = \frac{v\,L}{\nu_a} = \frac{\rho_a\,v\,L}{\eta_a}

où v est la vitesse de l'écoulement et \nu_a la viscosité cinématique de l'air.

Avec les grandeurs fournies :

  • v = 40\text{ km}\cdot\text{h}^{-1} = \frac{40}{3{,}6}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 11{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • L \sim 1\text{ km} = 10^3\text{ m} ;
  • \nu_a = 1{,}4 \times 10^{-5}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}.

L'application numérique donne :

Re = \frac{11{,}1 \times 10^3}{1{,}4 \times 10^{-5}} \approx 8 \times 10^8
\boxed{Re \sim 10^8 - 10^9}

Cohérence du profil uniforme de vitesse :

  • Le nombre de Reynolds est extrêmement grand devant l'unité (Re \gg 1), ce qui traduit une prépondérance absolue des effets d'inertie sur les effets visqueux au cœur de l'écoulement.
  • Les contraintes de cisaillement visqueux sont ainsi reléguées dans une couche limite ou une zone de fort gradient de vitesse (ici la couche de mélange d'épaisseur e).
  • En dehors de cette couche de mélange, le fluide se comporte comme un fluide parfait et/ou le brassage turbulent homogénéise le profil de vitesse, conduisant à un profil aplati (« en bouchon »).

L'hypothèse d'un profil de vitesse uniforme en dehors de la zone de mélange est donc tout à fait cohérente.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez vos notations et rappelez-vous qu'un Reynolds élevé caractérise un écoulement dominé par l'inertie.

« Les notations utilisées pour les vitesses et dimensions caractéristiques introduites à l’initiative du candidat doivent impérativement être définies »

« eu égard à la réponse lue dans la majorité des copies, il semblerait que les candidats associent une valeur élevée du nombre de Reynolds à un écoulement dominé […] par la viscosité. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : relation de bernoulli

Énoncer la relation de Bernoulli pour un écoulement parfait, stationnaire, incompressible et homogène.

Voir l'indice

Citer l'invariance de la charge totale P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho g z le long d'une ligne de courant.

Voir la réponse courte

Énoncé de la conservation de P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho gz le long d'une ligne de courant.

Voir le corrigé complet

Pour l'écoulement d'un fluide soumis au champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\,\vec{e}_z, sous les hypothèses suivantes :

  • fluide parfait (viscosité négligeable) ;
  • écoulement stationnaire (\partial/\partial t = 0) ;
  • fluide incompressible et homogène (\rho = \text{cste}) ;

la grandeur scalaire, appelée constante de Bernoulli, est conservée le long d'une même ligne de courant :

\boxed{P + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho g z = \text{constante}}

où P est la pression statique, v la norme de la vitesse du fluide et z l'altitude repérée selon l'axe vertical ascendant.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La relation de Bernoulli peut être énoncée le long d'une ligne de courant ou entre deux sections d'un tube.

« Sous les hypothèses citées par l’énoncé, les candidats écrivent la relation de Bernoulli sur une ligne de courant. Certains comprennent que l’énoncé propose de raisonner sur un tube de courant en écoulement et fournissent l’expression entre deux sections. Les deux approches sont acceptées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Chapitre : Mécanique des fluides › Bilans macroscopiques ; Dynamique des fluides parfaits

Notions : relation de bernoulli, bilan d'énergie

On se propose de démontrer la relation précédente en effectuant, au choix, un bilan d'énergie mécanique ou cinétique. Définir et décrire avec soin une surface de contrôle et un système fermé appropriés pour réaliser ce bilan. Traduire ce dernier compte tenu des hypothèses effectuées en soulignant le rôle de chacune d'elles.

Voir l'indice

Définir le système fermé coïncidant avec le fluide contenu dans un tronçon de tube de courant entre les instants t et t+\text{d}t, puis faire le bilan d'énergie cinétique.

Voir la stratégie
  1. Définir le système ouvert par un tube de courant élémentaire (surface de contrôle \Sigma) s'appuyant sur deux sections droites S_A et S_B.
  2. Introduire le système fermé coïncident \Sigma^* entre les instants t et t+\mathrm{d}t.
  3. Appliquer le théorème de l'énergie mécanique à \Sigma^* et expliciter le rôle de chaque hypothèse de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie mécanique sur le fluide occupant le tube de courant entre t et t+\text{d}t, avec puissance nulle des forces intérieures.

Voir le corrigé complet

1. Définition de la surface de contrôle \Sigma et du système fermé \Sigma^*

On isole un tube de courant d'extension finie, de faible section, entourant une ligne de courant entre un point amont A (altitude z_A, pression P_A, vitesse v_A, section S_A) et un point aval B (altitude z_B, pression P_B, vitesse v_B, section S_B).

  • La surface de contrôle \Sigma est la frontière fermée limitant le volume fixe V_0 constitué par le tronçon de tube de courant entre les sections S_A et S_B, et la surface latérale S_{\text{lat}} constituée de lignes de courant.
  • Le système fermé coïncident \Sigma^* est constitué à chaque instant par les mêmes particules fluides :

    • à l'instant t, \Sigma^*(t) comprend le fluide situé dans le volume V_0, ainsi qu'une tranche élémentaire entrante de masse \mathrm{d}m_A = \rho\, S_A v_A\,\mathrm{d}t = \rho\,\mathrm{d}V_A située immédiatement en amont de S_A ;
    • à l'instant t + \mathrm{d}t, ces mêmes particules occupent le volume V_0 et une tranche élémentaire sortante de masse \mathrm{d}m_B = \rho\, S_B v_B\,\mathrm{d}t = \rho\,\mathrm{d}V_B située immédiatement en aval de S_B.

2. Bilan d'énergie mécanique pour le système fermé \Sigma^*

Appliquons le théorème de l'énergie mécanique au système fermé \Sigma^* entre les instants t et t + \mathrm{d}t dans le référentiel terrestre supposé galiléen :

\mathrm{d}E_m = \delta W_{\text{ext, non cons}}
  • Variation d'énergie cinétique :

    \begin{aligned} \mathrm{d}E_c &= E_c(t+\mathrm{d}t) - E_c(t) \\ &= \left[ E_c(V_0, t+\mathrm{d}t) + \frac{1}{2}\mathrm{d}m_B\, v_B^2 \right] - \left[ \frac{1}{2}\mathrm{d}m_A\, v_A^2 + E_c(V_0, t) \right] \end{aligned}

    L'écoulement étant stationnaire, l'énergie cinétique contenue dans le volume fixe V_0 est constante : E_c(V_0, t+\mathrm{d}t) = E_c(V_0, t).
    L'écoulement étant incompressible et le fluide homogène (\rho = \text{cste}), la conservation de la masse impose :

    \mathrm{d}m_A = \mathrm{d}m_B = \mathrm{d}m = \rho\,\mathrm{d}V

    Il vient donc :

    \mathrm{d}E_c = \frac{1}{2}\mathrm{d}m\left(v_B^2 - v_A^2\right)
  • Variation d'énergie potentielle de pesanteur : Par le même raisonnement (champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\vec{e}_z et stationnarité du contenu de V_0) :

    \mathrm{d}E_{pp} = \mathrm{d}m\,g\left(z_B - z_A\right)
  • Travail des forces extérieures non conservatives : Le fluide étant parfait, il n'y a pas de frottements visqueux ni de dissipation interne (\delta W_{\text{visc}} = 0).
    Sur la surface latérale S_{\text{lat}}, les déplacements des particules fluides se font parallèlement aux lignes de courant, donc orthogonalement aux forces de pression locales : le travail sur la paroi latérale est nul.
    Le travail extérieur se réduit donc au travail des forces pressantes sur les sections S_A (force motrice) et S_B (force résistante) :

    \delta W_{\text{ext, non cons}} = P_A S_A (v_A\,\mathrm{d}t) - P_B S_B (v_B\,\mathrm{d}t) = (P_A - P_B)\,\mathrm{d}V = \frac{P_A - P_B}{\rho}\,\mathrm{d}m

3. Obtention de la relation de Bernoulli

En égalant \mathrm{d}E_m = \mathrm{d}E_c + \mathrm{d}E_{pp} et \delta W_{\text{ext, non cons}} :

\begin{aligned} \frac{1}{2}\mathrm{d}m\left(v_B^2 - v_A^2\right) + \mathrm{d}m\,g\left(z_B - z_A\right) &= \frac{P_A - P_B}{\rho}\,\mathrm{d}m \end{aligned}

En divisant par \mathrm{d}m et en regroupant les grandeurs relatives à chaque point :

\boxed{P_A + \frac{1}{2}\rho v_A^2 + \rho g z_A = P_B + \frac{1}{2}\rho v_B^2 + \rho g z_B = \text{cste}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez soigneusement le système fermé et exploitez explicitement toutes les hypothèses de la démonstration.

« Le système fermé sur lequel le TEC ou le TEM est parfois mal défini, et rarement en accord avec les notations (Σ et Σ∗) du texte. »

« Les hypothèses de stationnarité, d’incompressibilité et d’homogénéité (même si ce terme n’est pas explicitement attendu) sont très mal exploitées. L’utilisation du caractère unidimensionnel est quant à lui quasi‐totalement absent. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : profil de vitesse, cisaillement

Exprimer et en fonction de et pour assurer la continuité du champ des vitesses en .

Voir l'indice

Écrire l'égalité des vitesses limites en z = e/2 et z = -e/2 pour déterminer la demi-somme et la demi-différence.

Voir la réponse courte

Continuité de la vitesse aux raccords z = \pm e/2 : détermination de la vitesse moyenne \langle v \rangle et du taux de cisaillement \gamma.

Voir le corrigé complet

Le champ des vitesses \vec{u}(z) = u_x(z)\,\vec{e}_x est continu en z = \pm \frac{e}{2} si et seulement si ses limites à gauche et à droite coïncident en ces deux cotes.

  • En z = +\frac{e}{2} :

    \begin{aligned} \lim_{z \to (e/2)^+} u_x(z) &= v_1 \\ \lim_{z \to (e/2)^-} u_x(z) &= \langle v \rangle + \gamma\,\frac{e/2}{e} = \langle v \rangle + \frac{\gamma}{2} \end{aligned}

    ce qui impose la relation :

    \langle v \rangle + \frac{\gamma}{2} = v_1 \tag{1}
  • En z = -\frac{e}{2} :

    \begin{aligned} \lim_{z \to (-e/2)^-} u_x(z) &= v_2 \\ \lim_{z \to (-e/2)^+} u_x(z) &= \langle v \rangle + \gamma\,\frac{-e/2}{e} = \langle v \rangle - \frac{\gamma}{2} \end{aligned}

    ce qui impose la relation :

    \langle v \rangle - \frac{\gamma}{2} = v_2 \tag{2}

En sommant membre à membre les équations (1) et (2), on obtient :

2\langle v \rangle = v_1 + v_2

En soustrayant membre à membre (2) de (1), on obtient :

\gamma = v_1 - v_2

D'où les expressions recherchées :

\boxed{\langle v \rangle = \frac{v_1 + v_2}{2}} \quad \text{et} \quad \boxed{\gamma = v_1 - v_2}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : ligne de courant, profil de vitesse

Tracer l'allure des lignes de champ de vitesse et du profil de vitesse dans le plan .

Voir l'indice

Représenter des lignes de champ horizontales et un profil linéaire de vitesse dans la couche intermédiaire raccordant v_2 à v_1.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'équation différentielle des lignes de champ à partir de la définition \mathrm{d}\vec{r} \wedge \vec{u} = \vec{0}, puis en déduire leur géométrie.
  2. Tracer dans le plan (xOz) ces lignes de champ orientées dans le sens de l'écoulement.
  3. Représenter le profil de vitesse u_x(z) avec z en ordonnée verticale, en mettant en évidence la zone de raccordement affine entre les paliers de vitesse uniforme v_2 et v_1.
Voir la réponse courte

Tracé de lignes de courant horizontales rectilignes et profil affine par morceaux de v_x(z).

Voir le corrigé complet

1. Lignes de champ de vitesse
Par définition, en tout point, le vecteur déplacement élémentaire le long d'une ligne de champ est colinéaire au vecteur vitesse \vec{u}(z) = u_x(z)\,\vec{e}_x :

\frac{\mathrm{d}x}{u_x(z)} = \frac{\mathrm{d}z}{u_z} = \frac{\mathrm{d}z}{0} \implies \mathrm{d}z = 0 \iff z = \text{cte}

L'écoulement étant unidirectionnel suivant (Ox) et stationnaire, les lignes de champ (qui sont ici confondues avec les trajectoires et les lignes de courant) sont des droites horizontales parallèles à l'axe (Ox), orientées selon +\vec{e}_x car v_1 > v_2 > 0.

2. Profil de vitesse u_x(z)
D'après l'expression donnée et les résultats de la question précédente (Q26) :

u_x(z) = \begin{cases} v_1 & \text{pour } z \geqslant \dfrac{e}{2} \\[6pt] \dfrac{v_1+v_2}{2} + (v_1-v_2)\,\dfrac{z}{e} & \text{pour } |z| \leqslant \dfrac{e}{2} \\[6pt] v_2 & \text{pour } z \leqslant -\dfrac{e}{2} \end{cases}

Le profil de vitesse présente donc :

  • une valeur constante v_2 pour z \leqslant -e/2 ;
  • une variation linéaire continue et croissante entre v_2 et v_1 dans la zone de mélange pour -e/2 \leqslant z \leqslant e/2 ;
  • une valeur constante v_1 > v_2 pour z \geqslant e/2.
Voir ce qu'a relevé le jury

Tracez le profil à la règle en faisant bien apparaître l'allure linéaire dans la zone de mélange et les différentes zones.

« Un soin particulier était attendu sur l’allure linéaire du profil dans la zone de mélange, siège des effets visqueux. Le repérage spatial et l’identification des différentes zones se doivent d’être explicites. L’usage d’une règle est requis. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 28

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Dynamique des fluides parfaits

Notions : incompressibilité, dissipation visqueuse

Ce profil de vitesse est-il partout compatible avec la modélisation d'un écoulement incompressible et homogène ? Avec celle d'un écoulement parfait ?

Voir l'indice

Calculer la divergence du champ de vitesse pour l'incompressibilité et examiner l'existence de contraintes de cisaillement non nulles.

Voir la stratégie
  1. Pour tester la modélisation incompressible et homogène, vérifier la condition cinématique d'incompressibilité \mathrm{div}\,\vec{u} = 0 et la constance de la masse volumique le long de l'écoulement.
  2. Pour tester la modélisation d'un écoulement parfait, examiner si les contraintes visqueuses associées au gradient de vitesse \dfrac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z} peuvent être légitimement négligées dans chaque zone de l'écoulement.
Voir la réponse courte

Divergence nulle vérifiée, mais gradient de cisaillement incompatible avec un fluide parfait sans contraintes tangentielles.

Voir le corrigé complet

1. Compatibilité avec un écoulement incompressible et homogène

Pour un fluide homogène, l'incompressibilité se traduit localement par l'annulation de la divergence de la vitesse :

\mathrm{div}\,\vec{u} = \frac{\partial u_x}{\partial x} + \frac{\partial u_y}{\partial y} + \frac{\partial u_z}{\partial z}

Le champ de vitesse étant unidirectionnel suivant (Ox) et ne dépendant que de l'altitude z, on a :

\vec{u} = u_x(z)\,\vec{e}_x \implies \frac{\partial u_x}{\partial x} = 0

Ainsi, en tout point de l'espace (pour |z| > e/2 comme pour |z| \leqslant e/2), on a :

\mathrm{div}\,\vec{u} = 0

Par ailleurs, la composante normale de la vitesse est nulle (u_z = 0), ce qui assure l'absence de discontinuité du flux volumique à travers les frontières z = \pm e/2. La masse volumique étant uniforme au sein de chaque couche, le profil est partout compatible avec un écoulement incompressible et homogène.

2. Compatibilité avec un écoulement parfait

Un écoulement parfait suppose que les forces de viscosité sont négligeables devant les forces d'inertie et de pression. D'après la loi de Newton pour la contrainte visqueuse de cisaillement rappelée à la question Q22 :

\tau(z) = \eta\,\frac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z}
  • En dehors de la zone de mélange (|z| > e/2) : la vitesse est uniforme (v_1 ou v_2), de sorte que \dfrac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z} = 0. Les contraintes visqueuses sont donc strictement nulles. Compte tenu du nombre de Reynolds très élevé (Re \sim 10^9 estimé en Q23), l'hypothèse d'écoulement parfait y est pleinement justifiée.
  • Dans la zone de mélange (|z| \leqslant e/2) : il existe un gradient de vitesse non nul :

    \frac{\mathrm{d}u_x}{\mathrm{d}z} = \frac{\gamma}{e} = \frac{v_1 - v_2}{e} \neq 0

    Ce gradient génère des forces de frottement visqueux non négligeables et une dissipation d'énergie mécanique par viscosité. C'est précisément l'action de cette viscosité (moléculaire ou turbulente) qui assure le transfert de quantité de mouvement et donne naissance à cette couche de mélange.

\boxed{\text{Le profil est partout incompressible et homogène, mais n'est pas parfait dans la couche de mélange.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appuyez votre argumentation sur le calcul explicite des opérateurs différentiels adaptés plutôt que sur des spéculations.

« Alors qu’ils disposent d’outils d’analyse des écoulements avec les opérateurs divergence et gradient, les étudiants se livrent le plus souvent à des spéculations, d’ailleurs parfois fausses, plutôt qu’effectuer une vérification par un calcul simple. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Dynamique des fluides parfaits

Notions : ligne de courant, effet venturi

On considère que les masses d'air froid et d'air chaud ne s'interpénètrent pas lors de leur déplacement relatif. Que dire de la vitesse du fluide au niveau d'une bosse de déformation puis au niveau d'un creux de déformation ? Comment la position relative des lignes de courant évolue-t-elle au dessus et au dessous de l'interface ainsi déformée ? Tracer sommairement l'allure de ces lignes de courant.

Voir l'indice

Utiliser la conservation du débit dans les tubes resserrés au-dessus d'une crête et élargis au-dessous pour en déduire les variations locales de vitesse.

Voir la stratégie
  1. Exploiter l'incompressibilité et la conservation du débit volumique D_v = v\,S = \mathrm{cste} le long d'un tube de courant pour relier la section locale à la vitesse et à l'espacement des lignes de courant.
  2. Analyser successivement la situation au niveau d'une bosse (soulèvement de l'interface vers les z>0) et d'un creux (abaissement vers les z<0) pour chacune des deux masses d'air (chaud au-dessus, froid au-dessous).
  3. Représenter l'allure des lignes de courant en respectant le resserrement dans les zones d'accélération et l'écartement dans les zones de ralentissement, sachant que l'interface constitue elle-même une surface de courant imperméable.
Voir la réponse courte

Resserrement des lignes de courant au niveau des bosses induisant une augmentation locale de la vitesse par conservation du débit.

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant stationnaire, incompressible et homogène dans chaque couche, le débit volumique à travers un tube de courant de section droite S est conservé :

D_v = v\,S = \text{cste}

Par ailleurs, les fluides ne s'interpénètrent pas et ne décollent pas de l'interface : l'interface déformée constitue elle-même une ligne de courant.

1. Au niveau d'une bosse (soulèvement vers le haut) :

  • Au-dessus (air chaud, couche 1) : la section offerte à l'écoulement diminue (S_1 < S_{10}). Par conservation du débit, les lignes de courant se resserrent et la vitesse du fluide augmente (v > v_1).
  • Au-dessous (air froid, couche 2) : la section offerte à l'écoulement augmente (S_2 > S_{20}). Les lignes de courant s'écartent et la vitesse du fluide diminue (v < v_2).

2. Au niveau d'un creux (abaissement vers le bas) :

  • Au-dessus (air chaud, couche 1) : la section offerte à l'écoulement augmente (S_1 > S_{10}). Les lignes de courant s'écartent et la vitesse du fluide diminue (v < v_1).
  • Au-dessous (air froid, couche 2) : la section offerte à l'écoulement diminue (S_2 < S_{20}). Les lignes de courant se resserrent et la vitesse du fluide augmente (v > v_2).

3. Tracé des lignes de courant :

\boxed{ \begin{aligned} \text{Bosse : } & v_{\text{chaud}} > v_1 \text{ (resserrement)} \quad\text{et}\quad v_{\text{froid}} < v_2 \text{ (écartement)} \\ \text{Creux : } & v_{\text{chaud}} < v_1 \text{ (écartement)} \quad\text{et}\quad v_{\text{froid}} > v_2 \text{ (resserrement)} \end{aligned} }

Résultat

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Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits

Notions : relation de bernoulli, instabilité

Montrer qu'alors un gradient de pression apparait entre les deux couches de part et d'autre de l'interface. Quelle en est la conséquence sur la déformation initiale ? Est-elle amplifiée ou au contraire réduite ?

Voir l'indice

Relier les variations de vitesse aux variations de pression via Bernoulli et déterminer le sens de la résultante des forces de pression sur la bosse.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le théorème de Bernoulli (rappelé à la question Q24) le long d'une ligne de courant située juste au-dessus puis juste au-dessous de l'interface déformée.
  2. En déduire le signe de la variation de pression au niveau d'une crête (bosse) et d'un creux à partir des variations de vitesse établies à la question Q29.
  3. Déterminer le sens de la résultante des forces de pression exercée sur l'interface et conclure quant à la stabilité de l'écoulement.
Voir la réponse courte

La sur-vitesse au sommet crée une dépression selon Bernoulli, ce qui aspire l'interface vers le haut et amplifie l'ondulation (instabilité).

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant stationnaire, incompressible, homogène et parfait (en négligeant dans un premier temps l'effet de la pesanteur à l'échelle de la petite déformation), la relation de Bernoulli s'applique le long d'une ligne de courant dans chaque couche :

P + \frac{1}{2}\,\rho\,v^2 = \text{cte}

1. Au niveau d'une bosse (déplacement vers z > 0) :

  • Dans la couche supérieure 1 (air chaud), la section offerte à l'écoulement diminue, d'où une accélération locale du fluide (v_1 > v_{10}). Par effet Bernoulli, la pression diminue à la crête :

    P_1 < P_{10}
  • Dans la couche inférieure 2 (air froid), la section offerte augmente, d'où un ralentissement local (v_2 < v_{20}). Par effet Bernoulli, la pression augmente sous la crête :

    P_2 > P_{20}

À l'état non perturbé, la continuité de la pression à l'interface impose P_{10} = P_{20}. Il apparaît donc au sommet de la bosse une surpression de la couche inférieure par rapport à la couche supérieure :

P_2 > P_1 \quad \implies \quad \Delta P = P_2 - P_1 > 0

Ce saut de pression se traduit par un gradient vertical de pression dirigé vers le bas (\partial P / \partial z < 0), exerçant sur l'interface une force surfacique nette orientée vers le haut :

\vec{f}_P = (P_2 - P_1)\,\vec{e}_z > \vec{0}

Cette force pousse l'interface encore davantage vers le haut, accentuant le relief de la bosse.

2. Au niveau d'un creux (déplacement vers z < 0) : Par un raisonnement symétrique :

  • Au-dessus, la section s'élargit : v_1 < v_{10} \implies P_1 > P_{10}.
  • Au-dessous, la section se resserre : v_2 > v_{20} \implies P_2 < P_{20}.

On obtient donc P_1 > P_2, soit une force surfacique nette orientée vers le bas :

\vec{f}_P = (P_2 - P_1)\,\vec{e}_z < \vec{0}

Cette force pousse le creux encore plus profondément vers le bas.

Conclusion :

\boxed{\text{La déformation initiale de l'interface est amplifiée : l'écoulement est instable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquez Bernoulli le long de lignes de courant distinctes et gardez une analyse cohérente de l'effet sur l'instabilité.

« Nombreux candidats utilisent la relation de Bernoulli entre deux points situés de part et d’autre de l’interface au lieu de raisonner sur deux lignes de courant de part et d’autre de cette même interface et possédant les mêmes caractéristiques à l’infini. »

« il est surprenant de constater que certains candidats concluent dans cette section (C) à une réduction de l’instabilité alors que ces mêmes candidats concluent finalement, dans la section suivante (D), à une augmentation de l’instabilité avec le taux de cisaillement »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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II.D · Condition d'instabilité de l'interface et onde de surface

Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : fonction de courant, ligne de courant

Discuter l'intérêt d'introduire la fonction courant dans l'étude sachant qu'il est possible (par une méthode numérique par exemple) de tracer les courbes iso-valeurs de à chaque instant dans le plan . Quel serait l'analogue des lignes de niveau d'une carte topographique pour la fonction courant sur une telle carte ?

Voir l'indice

Rappeler que par définition, les lignes de courant correspondent aux courbes où la fonction courant \Psi est constante.

Voir la réponse courte

Les lignes iso-valeurs de \Psi s'identifient aux lignes de courant de l'écoulement 2D incompressible, analogues aux courbes de niveau.

Voir le corrigé complet

1. Intérêt de l'introduction de la fonction courant

L'introduction de la fonction courant \Psi(x, z, t) présente deux intérêts majeurs :

  • Simplification mathématique : elle permet de remplacer la recherche d'un champ vectoriel de vitesse à deux composantes (v_x, v_z) satisfaisant l'équation d'incompressibilité \operatorname{div}\vec{v} = 0 par celle d'un unique champ scalaire \Psi. En effet, en posant \vec{v} = \vec{\nabla} \times (\Psi\,\vec{e}_y) (soit v_x = \frac{\partial \Psi}{\partial z} et v_z = -\frac{\partial \Psi}{\partial x}), l'incompressibilité est identiquement vérifiée.
  • Visualisation directe et géométrique de l'écoulement : par définition, à un instant t fixé, la fonction courant est constante le long de chaque ligne de courant (\mathrm{d}\Psi = \frac{\partial \Psi}{\partial x}\mathrm{d}x + \frac{\partial \Psi}{\partial z}\mathrm{d}z = -v_z\mathrm{d}x + v_x\mathrm{d}z = 0). Ainsi, tracer les courbes iso-valeurs de \Psi revient à visualiser immédiatement le réseau des lignes de courant du fluide. En particulier, l'interface déformée entre les deux fluides étant une ligne de courant, son tracé et son évolution temporelle sont directement donnés par une courbe iso-\Psi.
  • Information quantitative sur l'écoulement : le débit volumique (par unité de largeur transverse) entre deux lignes de courant vaut simplement \Delta \Psi. Par conséquent, les zones où les courbes iso-\Psi se resserrent correspondent directement aux zones d'accélération du fluide, car la norme de la vitesse est reliée au gradient de la fonction courant : \|\vec{v}\| = \|\vec{\nabla}\Psi\|.

2. Analogue des lignes de niveau d'une carte topographique

Sur une carte topographique, les lignes de niveau relient les points de même altitude. Par analogie directe, les courbes d'iso-valeurs de la fonction courant \Psi(x, z, t) à un instant fixé représentent les lignes de courant de l'écoulement.

\boxed{\text{L'analogue des lignes de niveau d'une carte topographique est constitué par les lignes de courant.}}

Résultat

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : fonction de courant, écoulement irrotationnel

Montrer que les amplitudes des fonctions courants dans les deux écoulements perturbés au dessus et au dessous de l'interface satisfont deux équations de la forme

avec l'indice et où on rappelle que est strictement positive.

Voir l'indice

Injecter la forme d'onde dans l'équation de Rayleigh en remarquant que \frac{\text{d}^2 v_b}{\text{d}z^2} = 0 en dehors de l'interface plane.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées de la vitesse de base v_b(z) dans chacune des deux régions de part et d'autre de l'interface (z > 0 et z < 0).
  2. Injecter l'expression de la fonction courant \underline{\Psi}(x,z,t) dans l'équation de Rayleigh fournie par l'énoncé et simplifier par les facteurs non nuls.
Voir la réponse courte

Laplacien de \Psi nul pour un écoulement irrotationnel en décomposition modale en \exp(ikx), donnant \Phi_i'' - k^2\Phi_i = 0.

Voir le corrigé complet

L'écoulement non perturbé est caractérisé par un profil de vitesse constant par morceaux :

v_b(z) = \begin{cases} v_1 & \text{pour } z > 0 \quad (\text{milieu } 1), \\ v_2 & \text{pour } z < 0 \quad (\text{milieu } 2). \end{cases}

En dehors de l'interface (z \neq 0), la vitesse de base est uniforme dans chaque couche, ce qui implique :

\frac{\mathrm{d}^2 v_b}{\mathrm{d}z^2} = 0 \quad \text{pour } z > 0 \text{ et } z < 0.

L'équation de Rayleigh s'écrit alors, pour chacun des domaines notés par l'indice i \in \{1, 2\} :

(v_i - \underline{c})\left( \frac{\partial^2 \underline{\Psi}_i}{\partial z^2} - k^2 \underline{\Psi}_i \right) = 0.

Par hypothèse de l'énoncé, la célérité complexe \underline{c} est différente de la vitesse de l'écoulement de base (v_i - \underline{c} \neq 0), d'où :

\frac{\partial^2 \underline{\Psi}_i}{\partial z^2} - k^2 \underline{\Psi}_i = 0.

En introduisant la forme modale de la fonction courant \underline{\Psi}_i(x, z, t) = \Phi_i(z) \exp(\mathrm{i}(kx - \underline{\omega}t)), on calcule la dérivée spatiale seconde selon z :

\frac{\partial^2 \underline{\Psi}_i}{\partial z^2}(x, z, t) = \frac{\mathrm{d}^2 \Phi_i}{\mathrm{d}z^2}(z)\,\exp(\mathrm{i}(kx - \underline{\omega}t)).

En reportant cette dérivée dans l'équation différentielle, il vient :

\left( \frac{\mathrm{d}^2 \Phi_i}{\mathrm{d}z^2} - k^2 \Phi_i \right) \exp(\mathrm{i}(kx - \underline{\omega}t)) = 0.

Comme l'exponentielle ne s'annule jamais, les amplitudes \Phi_i(z) vérifient bien pour chaque couche i \in \{1, 2\} :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2\Phi_i}{\mathrm{d}z^2} - k^2\Phi_i = 0}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : équation différentielle, condition aux limites

On admet que chaque fonction reste bornée, y compris à l'infini, et tend vers une constante au niveau du plan . Déterminer et en fonction de , , et . On ne cherchera pas à expliciter et , ni dans cette question, ni dans la suite du problème.

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle linéaire à coefficients constants en éliminant la solution exponentielle divergente à l'infini.

Voir la stratégie
  1. Écrire la solution générale de l'équation différentielle du second ordre obtenue à la question Q32 pour chaque demi-espace (z > 0 et z < 0).
  2. Exploiter la condition aux limites à l'infini (fonction bornée lorsque |z| \to +\infty) pour éliminer le terme exponentiellement divergent.
  3. Appliquer la condition de raccordement en z = 0 pour déterminer l'amplitude en fonction de A_i.
Voir la réponse courte

Élimination des exponentielles divergentes en \pm\infty pour obtenir \Phi_1 = A_1 e^{-kz} et \Phi_2 = A_2 e^{kz}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, la fonction \Phi_i(z) vérifie dans chaque zone l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}^2\Phi_i}{\mathrm{d}z^2} - k^2\Phi_i = 0

avec k > 0. L'équation caractéristique associée, r^2 - k^2 = 0, admet pour racines réelles r = \pm k. La forme générale des solutions s'écrit donc :

\Phi_i(z) = C_i \exp(kz) + D_i \exp(-kz) \quad (C_i, D_i \in \mathbb{R})

Pour le milieu supérieur 1 (z > 0) :

  • Lorsque z \to +\infty, le terme \exp(kz) diverge car k > 0. La condition « \Phi_1 reste bornée à l'infini » impose :

    C_1 = 0 \implies \Phi_1(z) = D_1 \exp(-kz)
  • En z = 0, la fonction tend vers la constante A_1, d'où D_1 = A_1.
\boxed{\Phi_1(z) = A_1 \exp(-kz)}

Pour le milieu inférieur 2 (z < 0) :

  • Lorsque z \to -\infty, le terme \exp(-kz) diverge car k > 0. La condition « \Phi_2 reste bornée à l'infini » impose :

    D_2 = 0 \implies \Phi_2(z) = C_2 \exp(kz)
  • En z = 0, la fonction tend vers la constante A_2, d'où C_2 = A_2.
\boxed{\Phi_2(z) = A_2 \exp(kz)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde à l'application correcte des conditions aux limites à l'infini dans le demi-espace où la cote est négative.

« L’exploitation des conditions pour zinfini a, par contre, posé problème pour un grand nombre, dans le demi‐espace z< 0. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 34

DifficileTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : relation de dispersion, célérité de phase

Montrer, en résolvant ce système, que la quantité peut s'exprimer sous la forme

où les exposants et sont relatifs à deux modes différents de propagation, appelés branches de propagation, de célérités complexes respectives et . Expliciter et en fonction de et .

Voir l'indice

Écrire que le déterminant du système linéaire en (A_1, A_2) doit s'annuler pour admettre une solution non triviale.

Voir la stratégie
  1. Pour que la perturbation existe, les amplitudes (A_1, A_2) ne doivent pas être simultanément nulles : le déterminant du système linéaire homogène associé doit s'annuler.
  2. Résoudre l'équation du second degré en \underline{c} qui en découle.
  3. Identifier la partie réelle et la partie imaginaire sous la forme attendue afin d'expliciter \langle V \rangle et \Gamma.
Voir la réponse courte

Annulation du déterminant du système d'interface donnant la pulsation propre complexe et la célérité \underline{c}^\pm.

Voir le corrigé complet

Le système algébrique reliant les amplitudes s'écrit sous forme matricielle :

\begin{pmatrix} -(v_2 - \underline{c}) & v_1 - \underline{c} \\ v_1 - \underline{c} & v_2 - \underline{c} \end{pmatrix} \begin{pmatrix} A_1 \\ A_2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}

Pour obtenir une solution non triviale (A_1, A_2) \neq (0,0), le déterminant de cette matrice doit être nul :

\begin{aligned} \det = -(v_2 - \underline{c})^2 - (v_1 - \underline{c})^2 &= 0 \\ (v_1 - \underline{c})^2 + (v_2 - \underline{c})^2 &= 0 \end{aligned}

En développant cette équation polynomiale du second degré en \underline{c} :

2\underline{c}^2 - 2(v_1 + v_2)\underline{c} + \left(v_1^2 + v_2^2\right) = 0

Le discriminant réduit s'écrit :

\Delta' = (v_1 + v_2)^2 - 2\left(v_1^2 + v_2^2\right) = -(v_1 - v_2)^2 = \left[\mathrm{i}(v_1 - v_2)\right]^2

Comme v_1 \neq v_2, ce discriminant est strictement négatif. Les deux solutions complexes conjuguées sont :

\underline{c}^\pm = \frac{(v_1 + v_2) \pm \mathrm{i}(v_1 - v_2)}{2} = \frac{v_1 + v_2}{2} \pm \mathrm{i}\frac{v_1 - v_2}{2}

Par identification avec l'expression imposée \underline{c}^\pm = \langle V \rangle \pm \mathrm{i}\frac{\Gamma}{2}, on en déduit :

\boxed{\langle V \rangle = \frac{v_1 + v_2}{2}} \quad \text{et} \quad \boxed{\Gamma = v_1 - v_2}

Comme v_1 > v_2, on a bien \Gamma > 0.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le résultat étant donné, détaillez rigoureusement chaque étape du calcul sans forcer l'obtention du résultat.

« Cependant, le résultat attendu étant fourni, le jury très capable de repérer les démarches « malhonnêtes », est particulièrement vigilant et attend ainsi le plus grand soin dans l’exposé des étapes de calculs menés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : relation de dispersion, pulsation complexe

En déduire la relation de dispersion liant , , et pour chacune des branches de propagation. est appelé intensité de cisaillement. On prendra .

Voir l'indice

Multiplier la relation \underline{c} = \underline{\omega}/k par le vecteur d'onde réel k > 0.

Voir la stratégie

Par définition de la célérité complexe \underline{c} = \dfrac{\underline{\omega}}{k} introduite au préambule de la sous-partie II.D.1, avec un nombre d'onde k réel strictement positif, la relation de dispersion s'obtient directement en multipliant les deux valeurs de \underline{c}^{\pm} établies à la question Q34 par k.

Voir la réponse courte

Expression \underline{\omega} = k\underline{c} = k\langle V \rangle \pm \mathrm{i}\frac{k\Gamma}{2} déduite immédiatement de la célérité complexe.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q34, les deux branches de propagation sont caractérisées par les célérités complexes :

\underline{c}^{\pm} = \langle V \rangle \pm \mathrm{i} \frac{\Gamma}{2}

En utilisant la relation liant la pulsation complexe \underline{\omega} à la célérité complexe \underline{c} :

\underline{c} = \frac{\underline{\omega}}{k} \iff \underline{\omega} = k\,\underline{c}

on obtient immédiatement la relation de dispersion pour chacune des deux branches de propagation :

\boxed{\underline{\omega}^{\pm} = k\langle V \rangle \pm \mathrm{i} \frac{k\Gamma}{2}}

En décomposant en parties réelle et imaginaire (\underline{\omega} = \omega_{\text{re}} + \mathrm{i}\omega_{\text{im}}) :

\begin{aligned} \omega_{\text{re}}^{\pm} &= k\langle V \rangle \\ \omega_{\text{im}}^{\pm} &= \pm \frac{k\Gamma}{2} \end{aligned}

Résultat

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : vitesse de phase

En explicitant l'expression de , montrer que la vitesse de phase de l'onde a pour expression . L'exprimer en fonction de .

Voir l'indice

Identifier la phase de l'onde dans la partie réelle et utiliser la définition v_\varphi = \frac{\omega_{\text{re}}}{k}.

Voir la stratégie
  1. Décomposer la pulsation complexe \underline{\omega} = \omega_{\text{re}} + \mathrm{i}\omega_{\text{im}} dans l'expression de la fonction courant complexe \underline{\Psi}(x, z, t) et prendre sa partie réelle pour déterminer \Psi(x, z, t).
  2. Identifier la phase de l'onde se propageant selon (Ox) et en déduire la vitesse de phase v_\varphi par la condition de phase constante \mathrm{d}\phi = 0.
  3. Relier v_\varphi à \operatorname{Re}(\underline{c}) grâce à la définition \underline{c} = \underline{\omega}/k, puis exprimer le résultat en fonction de \langle V \rangle à l'aide de la question Q34.
Voir la réponse courte

Partie réelle de la célérité donnant v_\varphi = \frac{\omega_{\text{re}}}{k} = \langle V \rangle.

Voir le corrigé complet

La pulsation s'écrit \underline{\omega} = \omega_{\text{re}} + \mathrm{i}\omega_{\text{im}}. La fonction courant complexe s'exprime donc sous la forme :

\begin{aligned} \underline{\Psi}(x, z, t) &= \Phi(z) \exp\bigl(\mathrm{i}(kx - (\omega_{\text{re}} + \mathrm{i}\omega_{\text{im}})t)\bigr) \\ &= \Phi(z) \exp(\omega_{\text{im}} t) \exp\bigl(\mathrm{i}(kx - \omega_{\text{re}} t)\bigr) \end{aligned}

La fonction amplitude \Phi(z) étant à valeurs réelles, la fonction courant réelle s'obtient directement en prenant la partie réelle :

\Psi(x, z, t) = \operatorname{Re}\bigl(\underline{\Psi}(x, z, t)\bigr) = \Phi(z) \exp(\omega_{\text{im}} t) \cos(kx - \omega_{\text{re}} t)

La dépendance spatio-temporelle de la phase de l'onde est régie par la quantité :

\phi(x, t) = kx - \omega_{\text{re}} t

Un plan d'onde ou front de phase constante vérifie \mathrm{d}\phi = 0, soit k\,\mathrm{d}x - \omega_{\text{re}}\,\mathrm{d}t = 0. La vitesse de phase v_\varphi correspond à la vitesse de déplacement de ce front selon l'axe (Ox) :

v_\varphi = \left(\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\right)_{\phi = \text{cste}} = \frac{\omega_{\text{re}}}{k}

Par ailleurs, la célérité complexe est définie par \underline{c} = \frac{\underline{\omega}}{k} = \frac{\omega_{\text{re}} + \mathrm{i}\omega_{\text{im}}}{k}, ce qui donne immédiatement :

\operatorname{Re}(\underline{c}) = \frac{\omega_{\text{re}}}{k} = v_\varphi

D'après la question Q34, les deux branches de propagation ont pour célérité \underline{c}^\pm = \langle V \rangle \pm \mathrm{i}\frac{\Gamma}{2}. On en déduit :

\operatorname{Re}(\underline{c}) = \langle V \rangle

On obtient ainsi :

\boxed{v_\varphi = \operatorname{Re}(\underline{c}) = \frac{\omega_{\text{re}}}{k} = \langle V \rangle}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démontrez proprement l'expression de la vitesse de phase en manipulant avec soin le terme de phase.

« Il est demandé une démonstration de la relation fournie, liant vitesse de phase et nombre d’onde. Les candidats s’intéressant à une manipulation du terme de phase et proposant ainsi une justification précise sont bien récompensés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 37

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : dispersion, onde évanescente

Préciser, pour chaque branche, le sens de propagation de l'onde. Indiquer si l'onde est plane et s'il y a dispersion.

Voir l'indice

Observer le signe du terme kx - \omega_{\text{re}}t et vérifier si la vitesse de phase dépend du vecteur d'onde k.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le terme propagatif à partir de la partie réelle \omega_{\text{re}} obtenue aux questions précédentes pour déterminer le sens de propagation de chaque branche.
  2. Analyser la géométrie des surfaces d'onde (plans équiphases) et la dépendance spatiale de l'amplitude \Phi(z) pour statuer sur le caractère plan de l'onde.
  3. Examiner la dépendance de la vitesse de phase v_\varphi vis-à-vis du vecteur d'onde k pour conclure sur l'existence ou non d'un phénomène de dispersion.
Voir la réponse courte

Propagation selon +x si \langle V \rangle > 0 ; onde non plane (dépendance en z) et milieu non dispersif car v_\varphi indépendant de k.

Voir le corrigé complet

1. Sens de propagation de l'onde :

D'après les questions précédentes, la pulsation réelle est la même pour les deux branches :

\omega_{\text{re}} = k \langle V \rangle

La partie oscillante de la fonction courant réelle s'écrit sous la forme :

\cos(kx - \omega_{\text{re}}t) = \cos\big(k(x - v_\varphi t)\big) = \cos\big(k(x - \langle V \rangle t)\big)

avec k > 0. Les écoulements ayant lieu dans le sens de \vec{e}_x, les vitesses satisfont v_1 > v_2 > 0, d'où :

\langle V \rangle = \frac{v_1 + v_2}{2} > 0

Pour conserver une phase constante au cours du temps, il faut que x - \langle V \rangle t = \text{cste}, soit \mathrm{d}x/\mathrm{d}t = \langle V \rangle > 0.

\boxed{\text{Pour les deux branches } (+ \text{ et } -)\text{, l'onde se propage dans le sens des } x \text{ croissants (sens de } \vec{e}_x\text{)}.}

2. Caractère plan de l'onde :

Une onde est dite plane si ses surfaces d'onde (surfaces équiphases) sont des plans perpendiculaires à la direction de propagation et si son amplitude y est uniforme.

  • La phase \varphi(x,t) = kx - \omega_{\text{re}}t ne dépend que de la coordonnée x : les surfaces d'onde à t fixé sont bien les plans verticaux d'équation x = \text{cste}.
  • En revanche, l'amplitude \Phi(z) n'est pas constante le long de ces plans : elle décroît exponentiellement de part et d'autre de l'interface z=0 (\Phi_1(z) \propto \mathrm{e}^{-kz} pour z>0 et \Phi_2(z) \propto \mathrm{e}^{kz} pour z<0).
\boxed{\text{L'onde n'est pas une onde plane au sens strict : c'est une onde plane inhomogène (ou onde de surface).}}

3. Dispersion :

Par définition, il y a dispersion lorsque la vitesse de phase v_\varphi dépend de la pulsation \omega_{\text{re}} (ou de la longueur d'onde via k). Ici, d'après la question Q36 :

v_\varphi = \frac{\omega_{\text{re}}}{k} = \langle V \rangle = \text{cste}

La vitesse de phase est strictement indépendante de k (on a également égalité avec la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}\omega_{\text{re}}}{\mathrm{d}k} = \langle V \rangle = v_\varphi).

\boxed{\text{Il n'y a pas de dispersion.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ces questions de cours sur la propagation, le caractère plan et la dispersion sont rarement traitées de façon convaincante.

« Les réponses convaincantes à ces trois questions de cours sont rares. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 38

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs ; Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : onde évanescente, taux de croissance

Montrer que la fonction courant peut s'écrire sous la forme

où et seront explicités en fonction de et . Préciser également l'expression de .

Voir l'indice

Prendre la partie réelle de la solution complexe en factorisant les termes d'atténuation spatiale et de variation temporelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le facteur temporel complexe \exp(-\mathrm{i}\underline{\omega} t) à l'aide de la relation de dispersion obtenue à la question Q35 et de la définition du taux de croissance \sigma.
  2. Injecter les profils spatiaux \Phi_1(z) et \Phi_2(z) établis en Q33 dans l'expression de la fonction courant complexe \underline{\Psi}(x,z,t).
  3. Prendre la partie réelle \Psi(x,z,t) = \operatorname{Re}(\underline{\Psi}(x,z,t)) et identifier les grandeurs \delta, \sigma et la fonction F(x,t).
Voir la réponse courte

Séparation des variables spatio-temporelles avec \delta = 1/k, \sigma = k\Gamma/2 et oscillation sinusoïdale F(x,t).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, la pulsation complexe associée à chaque branche s'écrit :

\underline{\omega}^\pm = k\langle V \rangle \pm \mathrm{i}\frac{k\Gamma}{2}

Par définition, le taux de croissance du mode perturbé est \sigma = |\operatorname{Im}(\underline{\omega})|. Sachant que k > 0 et \Gamma > 0 :

\sigma = \frac{k\Gamma}{2}

On a donc \underline{\omega}^\pm = k\langle V \rangle \pm \mathrm{i}\sigma. Le facteur d'évolution spatio-temporelle s'écrit alors :

\begin{aligned} \exp(\mathrm{i}(kx - \underline{\omega}^\pm t)) &= \exp\bigl(\mathrm{i}\bigl(kx - (k\langle V \rangle \pm \mathrm{i}\sigma)t\bigr)\bigr) \\ &= \exp\bigl(\mathrm{i}k(x - \langle V \rangle t)\bigr)\exp(\pm \sigma t) \end{aligned}

D'après la question Q33, l'amplitude réelle \Phi(z) vaut :

\begin{cases} \Phi_1(z) = A_1 \exp(-kz) & \text{pour } z > 0 \\ \Phi_2(z) = A_2 \exp(kz) & \text{pour } z < 0 \end{cases}

En prenant la partie réelle de la fonction courant complexe \underline{\Psi}(x,z,t) = \Phi(z)\exp(\mathrm{i}(kx - \underline{\omega} t)), il vient :

\begin{cases} \Psi(x, z > 0, t) = A_1 \exp(-kz)\cos\bigl(k(x - \langle V \rangle t)\bigr)\exp(\pm \sigma t) & \text{pour } z > 0 \\ \Psi(x, z < 0, t) = A_2 \exp(kz)\cos\bigl(k(x - \langle V \rangle t)\bigr)\exp(\pm \sigma t) & \text{pour } z < 0 \end{cases}

Par identification avec la forme proposée dans l'énoncé, on obtient :

\boxed{\delta = \frac{1}{k} \quad \text{et} \quad \sigma = \frac{k\Gamma}{2}}

ainsi que la fonction de phase ondulatoire :

\boxed{F(x,t) = \cos\bigl(k(x - \langle V \rangle t)\bigr)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

N'oubliez pas d'extraire la partie réelle et vérifiez la cohérence dimensionnelle du terme de phase.

« Certains candidats omettent d’extraire la partie réelle dans leur réponse. Une analyse dimension nelle rapide du terme de phase peut permettre aux candidats de repérer efficacement des erreurs relatives aux calculs qui précèdent ou d’inattention au cours de l’identification. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : instabilité linéaire, taux de croissance

Indiquer, en justifiant, la branche de la relation de dispersion à retenir pour qu'une instabilité puisse se développer. Comment cette instabilité évolue-t-elle avec l'intensité de cisaillement ?

Voir l'indice

Choisir le signe de la partie imaginaire de \underline{\omega} qui engendre une croissance exponentielle de l'amplitude au cours du temps.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition sur le terme temporel pour qu'une perturbation soit instable (croissance exponentielle au cours du temps).
  2. Relier ce comportement à la branche de dispersion correspondante (\underline{c}^+ ou \underline{c}^-).
  3. Analyser la dépendance du taux de croissance \sigma vis-à-vis du cisaillement \Gamma.
Voir la réponse courte

Choix de la branche en +\sigma donnant une amplification exponentielle temporelle, croissant avec le cisaillement \Gamma.

Voir le corrigé complet

Une instabilité se caractérise par l'amplification temporelle spontanée de toute perturbation initiale infinitésimale. D'après l'écriture adoptée à la question Q38 :

\Psi(x, z, t) \propto \exp(\pm \sigma t)

avec \sigma = \frac{k\Gamma}{2} > 0 (car k > 0 et \Gamma > 0).

  • Le mode en \exp(-\sigma t) correspond à une perturbation amortie qui régresse au cours du temps (mode stable).
  • Le mode en \exp(+\sigma t) voit son amplitude diverger exponentiellement avec le temps : c'est le mode instable.

Puisque le facteur temporel complexe s'écrit \exp(-\mathrm{i}\underline{\omega}t) = \exp(\omega_{\mathrm{im}} t)\exp(-\mathrm{i}\omega_{\mathrm{re}} t), l'amplification exponentielle nécessite \omega_{\mathrm{im}} > 0. D'après les relations établies aux questions Q34 et Q35, cela correspond à la branche (+) :

\boxed{\text{Il faut retenir la branche } \underline{c}^+ = \langle V \rangle + \mathrm{i}\frac{\Gamma}{2} \quad \left(\text{soit } \underline{\omega}^+ = k\langle V \rangle + \mathrm{i}\frac{k\Gamma}{2}\right)}

Le taux de croissance s'écrit :

\sigma = \frac{k\Gamma}{2}

Il est strictement proportionnel à l'intensité de cisaillement \Gamma = v_1 - v_2.

\boxed{\text{Plus le cisaillement } \Gamma \text{ est élevé, plus le taux de croissance } \sigma \text{ est grand, et plus l'instabilité se développe rapidement.}}

Le temps caractéristique d'amplification \tau = \frac{1}{\sigma} = \frac{2}{k\Gamma} diminue donc lorsque le cisaillement augmente.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à expliciter le temps caractéristique de la divergence exponentielle, indispensable pour la suite.

« le temps caractéristique de cette divergence est rarement relevé (pourtant utile aux questions Q 41. et Q 42.), mais le lien avec le taux de cisaillement ne pose pas de problème. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs ; Mécanique des fluides › Cinématique des fluides

Notions : fonction de courant, onde de surface

Donner alors une expression définitive de la fonction courant réelle en fonction de , , , , , et ou pour et pour .

Voir l'indice

Rassembler l'amplitude exponentielle croissante, la décroissance spatiale évanescente et la propagation sinusoïdale en un seul cosinus.

Voir la stratégie
  1. Repartir de la forme établie à la question Q38 en retenant la branche instable sélectionnée en Q39, correspondant au facteur de croissance exponentielle \exp(+\sigma t).
  2. Exprimer explicitement F(x, t) = \cos(k(x - \langle V \rangle t)) et remplacer \delta = 1/k pour exprimer la fonction courant réelle uniquement à l'aide des grandeurs demandées par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Écriture explicite de \Psi(x,z,t) = A_i e^{\mp k z} e^{\sigma t} \cos(k(x - \langle V \rangle t)).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q39, le développement de l'instabilité de Kelvin-Helmholtz nécessite de retenir la branche associée au taux de croissance positif, soit le facteur temporel \exp(+\sigma t) avec :

\sigma = \frac{k\Gamma}{2}

En reprenant l'expression de la fonction courant réelle de la question Q38 avec F(x, t) = \cos(k(x - \langle V \rangle t)) et \delta = \frac{1}{k}, il vient directement :

  • pour z > 0 (couche d'air chaud supérieure) :

    \boxed{\Psi(x, z, t) = A_1 \exp(-k z) \exp(\sigma t) \cos\big(k(x - \langle V \rangle t)\big)}
  • pour z < 0 (couche d'air froid inférieure) :

    \boxed{\Psi(x, z, t) = A_2 \exp(k z) \exp(\sigma t) \cos\big(k(x - \langle V \rangle t)\big)}

Résultat

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Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : onde évanescente, profil spatial

On s'intéresse dans cette question au profil de la fonction courant en fonction de , à fixé. Représenter ce profil à un instant quelconque et positionner judicieusement sur le tracé la grandeur dont on donnera une interprétation physique. Expliquer soigneusement l'évolution de ce profil au cours du temps.

Voir l'indice

Tracer une décroissance exponentielle symétrique de part et d'autre de z=0 dont l'amplitude globale gonfle exponentiellement dans le temps.

Voir la stratégie
  1. Fixer x et un instant t tel que le terme oscillant soit positif, poser la dépendance en z de \Psi(x,z,t) et justifier l'allure exponentiellement décroissante de part et d'autre de l'interface z = 0.
  2. Tracer la courbe \Psi(z), repérer la valeur maximale en z = 0 et placer \delta = 1/k là où l'amplitude est atténuée d'un facteur \mathrm{e}.
  3. Donner la signification physique de \delta (épaisseur de pénétration / caractère évanescent de l'onde de surface).
  4. Analyser l'évolution temporelle à travers les deux facteurs dépendants de t : l'amplification exponentielle liée à \sigma et l'oscillation périodique à la pulsation \omega_{\text{re}}.
Voir la réponse courte

Décroissance exponentielle symétrique selon z sur l'épaisseur caractéristique \delta = 1/k, avec amplitude croissant au cours du temps.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q40, à x fixé et pour un instant t donné, la fonction courant s'écrit sous la forme :

\Psi(z) = C(x,t) \times \begin{cases} A_1 \exp\left(-\dfrac{z}{\delta}\right) & \text{pour } z > 0 \\[2mm] A_2 \exp\left(\dfrac{z}{\delta}\right) & \text{pour } z < 0 \end{cases}

où C(x,t) = \exp(\sigma t)\cos\big(k(x - \langle V \rangle t)\big) et \delta = \dfrac{1}{k}.

En admettant la continuité de la fonction courant à travers l'interface (celle-ci formant une ligne de courant imperméable, soit A_1 = A_2 = A_0), et en choisissant un instant t pour lequel le facteur \cos\big(k(x - \langle V \rangle t)\big) > 0, l'amplitude crête en z=0 vaut \Psi_0(t) = A_0 \exp(\sigma t)\cos\big(k(x - \langle V \rangle t)\big) > 0.

1. Représentation graphique du profil selon z :

Le profil présente une décroissance exponentielle symétrique en s'éloignant de l'interface z=0 :

2. Positionnement et interprétation physique de \delta :

  • Sur le tracé, pour z = \pm \delta, la fonction courant est divisée par \mathrm{e} \approx 2{,}72 par rapport à sa valeur maximale à l'interface :

    \Psi(\pm \delta) = \frac{\Psi_0(t)}{\mathrm{e}} \approx 0{,}37\,\Psi_0(t).
  • Interprétation physique : \delta = \dfrac{1}{k} = \dfrac{\lambda}{2\pi} représente l'épaisseur de pénétration (ou longueur d'atténuation caractéristique) de la perturbation dans les deux fluides de part et d'autre de l'interface. Cela caractérise une onde de surface (onde évanescente selon la verticale z) : la perturbation est confinée au voisinage immédiat de l'interface sur une couche d'épaisseur de l'ordre de 2\delta.

3. Évolution du profil au cours du temps :

  • Conservation de la forme spatiale : L'épaisseur caractéristique \delta = 1/k est invariante dans le temps ; le profil conserve donc à tout instant son allure exponentielle d'échelle spatiale fixe.
  • Croissance exponentielle (instabilité) : Du fait du facteur \exp(\sigma t) avec \sigma > 0, l'enveloppe du profil croît exponentiellement au cours du temps, ce qui traduit le développement temporel de l'instabilité de Kelvin-Helmholtz.
  • Modulation temporelle oscillatoire : À x fixé, le facteur \cos\big(k(x - \langle V \rangle t)\big) oscille à la pulsation \omega_{\text{re}} = k\langle V \rangle avec une période T = \dfrac{2\pi}{k\langle V \rangle}. Le pic \Psi_0(t) oscille donc sinusoïdalement tout en voyant son amplitude maximale diverger exponentiellement jusqu'à la limite de validité du modèle linéaire.
Voir ce qu'a relevé le jury

Positionnez précisément delta et décrivez les pseudo-oscillations ainsi que le temps caractéristique de l'amplification.

« L’allure du tracé à xet tfixés est assez souvent correcte mais le positionnement et l’interprétation de δrégulièrement imprécis. L’analyse de l’évolution avec le temps est en général incomplète : très peu de candidats font allusion à des pseudo‐oscillations et/ou précisent le temps caractéristiques de l’amplification de l’amplitude au cours du temps. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : onde progressive, instabilité

On s'intéresse dans cette question au profil de la fonction courant en fonction de , à fixé. Représenter ce profil à un instant quelconque puis expliquer soigneusement l'évolution de celui-ci avec le temps.

Voir l'indice

Tracer une sinusoïde spatiale de longueur d'onde \lambda = 2\pi/k qui se translate à la vitesse \langle V \rangle tout en voyant son amplitude grandir.

Voir la réponse courte

Profil spatial sinusoïdal de longueur d'onde \lambda = 2\pi/k glissant à la vitesse \langle V \rangle dont l'amplitude diverge.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q40, à une altitude fixée z_0 (par exemple dans le demi-espace supérieur z_0 > 0), la fonction courant s'écrit sous la forme :

\Psi(x, z_0, t) = \Psi_0(z_0, t) \cos(k x - k\langle V \rangle t)

avec une amplitude dépendante du temps :

\Psi_0(z_0, t) = A_1 \exp\!\left(-\frac{z_0}{\delta}\right) \exp(\sigma t)

Caractéristiques du tracé spatial : À un instant t fixé, la fonction courant est purement sinusoïdale en x, de période spatiale (longueur d'onde) :

\boxed{ \lambda = \frac{2\pi}{k} }

Son amplitude de crête à crête vaut 2\Psi_0(z_0, t).

Évolution temporelle du profil : L'évolution au cours du temps combine deux effets distincts :

  1. Une propagation vers la droite : la phase de l'onde s'écrit \phi(x,t) = k(x - \langle V \rangle t). Les plans d'égale phase se déplacent à la vitesse de phase uniforme :

    v_\varphi = \langle V \rangle > 0

    Le profil d'onde avance ainsi le long de l'axe (Ox) dans le sens des x croissants, d'une distance \Delta x = \langle V \rangle \Delta t pendant une durée \Delta t.

  2. Une amplification exponentielle : le facteur \exp(\sigma t) module l'amplitude globale. Au fil du temps, les crêtes et les creux croissent exponentiellement selon le taux de croissance \sigma = \frac{k\Gamma}{2} (temps caractéristique d'amplification \tau = \sigma^{-1}), illustrant la déstabilisation progressive de l'interface sous l'effet du cisaillement.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez le tracé en repérant graphiquement la longueur d'onde et en précisant le temps caractéristique d'amplification.

« L’allure est très souvent sommaire et peu soignée. Le repérage graphique de k(ou λ), point de départ de la question suivante, est quasi‐absent, de même que la précision du temps caractéristique de l’amplification au cours du temps, là encore. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 43

DifficileTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Ondes et signaux › Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs

Notions : temps caractéristique, instabilité

Proposer une démarche permettant d'accéder, à l'aide de cette figure, au temps caractéristique du développement de l'instabilité. En donner une estimation numérique. Ce résultat est-il cohérent avec le caractère « souvent fugace » du phénomène mentionné dans l'introduction de cette partie II ?

Voir l'indice

Mesurer la longueur d'onde moyenne \lambda des ondulations sur la figure 2 à l'aide de l'échelle, en déduire k, puis évaluer \tau = 1/\sigma = \frac{2}{k\Gamma}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le temps caractéristique de l'instabilité \tau à partir du taux de croissance temporel \sigma obtenu à la question Q38, puis le relier à la longueur d'onde spatiale \lambda et à l'intensité de cisaillement \Gamma.
  2. Utiliser l'échelle spatiale de la figure 2 (segment de référence de 2\text{ km}) pour estimer la longueur d'onde \lambda des ondulations nuageuses.
  3. Réaliser l'application numérique pour \tau et confronter cet ordre de grandeur à la remarque introductive qualifiant le phénomène de « souvent fugace ».
Voir la réponse courte

Évaluation de \tau = 1/\sigma à partir des grandeurs d'échelle du nuage, confirmant une durée caractéristique brève de quelques minutes.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la fonction courant établie aux questions Q38 et Q40, l'amplitude de la perturbation croît exponentiellement au cours du temps selon un facteur \exp(\sigma t) avec :

\sigma = \frac{k\Gamma}{2}

Le temps caractéristique d'amplification de l'instabilité est donc :

\tau = \frac{1}{\sigma} = \frac{2}{k\Gamma}

En introduisant la longueur d'onde spatiale \lambda = \dfrac{2\pi}{k} de l'instabilité, on obtient :

\tau = \frac{\lambda}{\pi\Gamma}

Mesure sur la figure 2 :

  • La flèche verticale indiquant « environ 2\text{ km} » mesure environ 28\text{ mm} sur le document.
  • Le train d'ondes visible au sommet du nuage comporte environ 4 ondulations nettes sur une largeur horizontale d'environ 35\text{ mm}, soit une longueur d'onde moyenne sur le document de :

    \lambda_{\text{mes}} \approx \frac{35\text{ mm}}{4} \approx 8{,}8\text{ mm}
  • Par proportionnalité avec l'échelle, on en déduit la longueur d'onde réelle :

    \lambda = \frac{8{,}8}{28} \times 2\text{ km} \approx 0{,}6\text{ km} \text{ à } 0{,}8\text{ km} \quad (\approx 600 \text{ à } 800\text{ m})

Estimation numérique de \tau : Avec \Gamma \approx 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \lambda \approx 800\text{ m} (on retiendra un ordre de grandeur compris entre 500\text{ m} et 1\text{ km}) :

\tau = \frac{800}{\pi \times 10} \approx 25\text{ s}
\boxed{\tau \approx 20\text{ à } 30\text{ s}}

Cohérence avec le caractère fugace : Un temps caractéristique de l'ordre de quelques dizaines de secondes (inférieur à la minute) montre que la perturbation est amplifiée de façon exponentielle extrêmement rapide. Les vagues atteignent très vite une amplitude suffisante pour déferler sous l'effet des termes non linéaires, générant un brassage turbulent qui dissipe le nuage en l'espace de quelques minutes seulement. Ce temps très court explique parfaitement le caractère particulièrement fugace et rare de l'observation de ces nuages.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu abordée, où toute démarche cohérente menant à un ordre de grandeur satisfaisant est valorisée.

« La question est très peu abordée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 ?

Surtout 2 chapitres : Cinématique des fluides (20 % des questions) et Dispersion, paquets d'ondes et chaînes d'oscillateurs (20 %). Plus ponctuellement : Atomistique et classification périodique, Dynamique des fluides parfaits, Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires, Photons et dualité onde-corpuscule, Statique des fluides…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 14 questions sur 43 (33 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la sous-partie I.A (Q1 à Q7) et la sous-partie II.A (Q15 à Q17), ainsi que Q10 à Q12 et Q18. Avec les autres programmes de première année : 11 en MP2I, 11 en TSI1 et 14 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie II est la plus longue (environ 2 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 ?

Q34 (relation de dispersion) et Q43 (temps caractéristique), cotées 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 ?

Questions de cours : Q1 (configuration électronique), Q2 (tableau périodique), Q3 (isotope), Q5 (schéma de lewis), Q7 (schéma de lewis), Q10 (relation de planck-einstein), Q15 (relation fondamentale de la statique des fluides), Q22 (fluide newtonien)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q8 (enthalpie de dissociation) et Q16 (atmosphère isotherme).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (29 sur 43), par exemple : Q1 à Q12, Q15 à Q17, Q20 à Q24, Q26, Q27, Q29, Q31, Q33, Q35, Q39, Q40 et Q42. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q32, Q34, Q36 et Q38.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2022 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury décrit un sujet de longueur raisonnable, aux sous-parties de difficulté variable, que de nombreux candidats ont abordé en entier. Moyenne : 9,24/20 (écart-type 4,06, 4 110 présents).

Peut-on utiliser le modèle de Chapman pour justifier la question Q13 ?

Non : l'énoncé attend une argumentation qualitative s'appuyant sur les documents (compromis entre abondance du dioxygène en basse altitude et flux UV en haute altitude). Le jury sanctionne explicitement l'utilisation des équations du modèle introduites après cette question.

Comment interpréter physiquement la célérité complexe obtenue en Q34 ?

La partie réelle représente la vitesse de propagation de l'onde à l'interface (égale à la vitesse moyenne du fluide). Sa partie imaginaire positive gouverne le taux d'amplification exponentielle temporelle de la perturbation, traduisant le développement de l'instabilité.

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 43 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,24 et d'écart-type 4,06 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.