Corrigé détaillé Polytechnique Physique A PC 2021
Imagerie par tomographie photoacoustique
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- Vérifié question par question
Ce sujet propose une modélisation complète et transversale d'une modalité moderne d'imagerie biomédicale : la tomographie photoacoustique. Il s'articule autour de quatre volets très indépendants balayant une grande diversité de pans de la physique de la filière PC : optique non linéaire et sécurité laser, confinement et diffusion thermique au sein de nanoparticules d'or, couplage thermoacoustique générant l'onde ultrasonore détectée, puis étude hémodynamique par vélocimétrie Doppler et mécanique des fluides visqueux (écoulement de Poiseuille et formule de Darcy-Weisbach).
Très progressif et remarquablement guidé pour une épreuve de l'École polytechnique, ce sujet constitue une référence incontournable de révision. Il illustre à merveille l'usage fécond de l'analyse dimensionnelle pour découpler les échelles de temps et d'espace, tout en remobilisant les grands classiques du cours (équation de la diffusion en coordonnées sphériques, dérivation rigoureuse des équations de l'acoustique avec terme source, et intégration de Navier-Stokes en géométrie cylindrique).
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Partie I : Étude de la source laser
Question 1
Le laser utilisé comme source est un laser Nd:YAG dont le diagramme des niveaux énergétiques est décrit sur la figure 1. Déduire de ce diagramme l'énergie des photons émis par ce laser, puis la longueur d'onde . À quel domaine du spectre électromagnétique ce faisceau appartient-il ? Pour l'application numérique, on considèrera la valeur approchée de la constante de Planck suivante :
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La transition laser a lieu entre le niveau de départ de l'émission stimulée et le niveau terminal inférieur avant désexcitation rapide. Utiliser \Delta E = h c / \lambda_0 en convertissant les électron-volts en joules.
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D'après le diagramme simplifié des niveaux d'énergie du laser Nd:YAG (figure 1), la transition radiative correspondant à l'émission stimulée a lieu entre le niveau métastable d'énergie E_2 = 1{,}45\text{ eV} et le niveau inférieur d'énergie E_1 = 0{,}2\text{ eV}.
L'énergie E_{\text{ph}} du photon émis vaut donc :
Avec la charge élémentaire e = 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C}, on obtient en joules :
D'après la relation de Planck-Einstein, la longueur d'onde dans le vide \lambda_0 associée à cette émission s'écrit :
En utilisant la valeur approchée fournie pour la constante de Planck h \simeq \frac{20}{3} \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} et c = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :
Cette longueur d'onde étant supérieure à la borne supérieure du spectre visible (\approx 750\text{--}800\text{ nm}), ce faisceau appartient au domaine du proche infrarouge (PIR).
Résultat
Question 2
Afin de changer la longueur d'onde de travail un cristal de triborate de lithium peut être utilisé. En effet, si et sont les champs électriques scalaires de 2 ondes arrivant sur le cristal, on peut obtenir en sortie du cristal un champ électrique . En imaginant que les ondes incidentes sur le cristal sont soit les ondes issues du laser soit des ondes qui sont déjà sorties du cristal, déterminer les différentes longueurs d'onde accessibles par cette méthode.
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Développer le terme quadratique (E_1(t)+E_2(t))^2 à l'aide des formules de trigonométrie pour identifier les pulsations générées (harmonique 2, sommes et différences de fréquences). Songer ensuite à réinjecter ces nouvelles fréquences dans le cristal.
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- Développer l'expression de E_s(t) à l'aide des formules trigonométriques pour identifier les pulsations générées par le milieu non linéaire d'ordre 2.
- Appliquer ce résultat aux ondes disponibles : initialement l'onde fondamentale à la pulsation \omega_0 issue du laser, puis les ondes réinjectées après une première conversion.
- En déduire les longueurs d'onde associées dans le vide \lambda = c/f = 2\pi c/\omega.
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Développons l'expression du champ électrique en sortie du cristal :
En utilisant les relations trigonométriques :
le champ électrique de sortie contient :
- une composante continue (rectification optique) ;
- des composantes aux pulsations doubles 2\omega_1 et 2\omega_2 (génération de seconde harmonique) ;
- des composantes aux pulsations somme \omega_1 + \omega_2 et différence |\omega_1 - \omega_2| (mélange à trois ondes).
Initialement, la seule onde disponible est l'onde issue du laser de pulsation fondamentale \omega_0 (associée à \lambda_0 = 1000\text{ nm} d'après la question 1).
Génération de seconde harmonique (SHG) : en envoyant l'onde fondamentale (\omega_1 = \omega_2 = \omega_0), on obtient la pulsation 2\omega_0, ce qui correspond à la longueur d'onde :
\lambda_2 = \frac{\lambda_0}{2} = 500\text{ nm}Génération de somme de fréquences (SFG) : en combinant l'onde fondamentale \omega_0 et l'onde de seconde harmonique 2\omega_0, on obtient la troisième harmonique 3\omega_0 = \omega_0 + 2\omega_0, soit :
\lambda_3 = \frac{\lambda_0}{3} \simeq 333\text{ nm}Second doublage de fréquence : en doublant l'onde à 2\omega_0 (ou en combinant \omega_0 et 3\omega_0), on obtient la quatrième harmonique 4\omega_0, soit :
\lambda_4 = \frac{\lambda_0}{4} = 250\text{ nm}
Par cascade de processus non linéaires, toutes les harmoniques d'ordre entier n \in \mathbb{N}^* sont théoriquement accessibles :
soit en pratique pour les premiers ordres :
Résultat
Question 3
On appelle fenêtre de transparence biologique le domaine de longueurs d'onde pour lequel on peut imager les tissus biologiques en profondeur sans absorption. À l'aide du graphe de la figure 2, donner un ordre de grandeur de cette fenêtre de transparence biologique. Parmi les longueurs d'onde calculées précédemment pour le laser Nd:YAG, avec ou sans cristal, quelle est celle que vous choisiriez pour faire de l'imagerie en profondeur sans absorption dans les tissus biologiques ?
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Identifier sur la figure la gamme de longueurs d'onde où l'absorbance de l'hémoglobine et celle de l'eau sont simultanément minimales, puis vérifier si la longueur d'onde fondamentale ou une harmonique y est située.
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- Identifier sur la figure 2 les zones de forte absorption des deux espèces majoritaires (l'hémoglobine pour les courtes longueurs d'onde et l'eau pour les grandes longueurs d'onde) afin de repérer le domaine de transmission conjointe maximale.
- Comparer les longueurs d'onde déterminées à la question Q2 (\lambda_1 = 1000\text{ nm}, \lambda_2 = 500\text{ nm}, \lambda_3 \simeq 333\text{ nm}, \lambda_4 = 250\text{ nm}) à cette fenêtre et conclure sur le choix optimal.
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D'après la figure 2, l'absorption des tissus biologiques est principalement régie par deux espèces :
- l'hémoglobine (\text{Hb}), dont l'absorbance est très élevée dans le domaine ultraviolet et visible (\lambda < 600\text{ nm}), mais chute de plusieurs ordres de grandeur au-delà de 600\text{--}700\text{ nm} ;
- l'eau (\text{H}_2\text{O}), dont l'absorbance est très faible en deçà de 1000\text{ nm}, mais augmente brutalement pour dépasser 10\text{ cm}^{-1} au-delà de 1200\text{--}1300\text{ nm}.
Il existe donc un creux d'absorption conjoint où les tissus sont particulièrement transparents, constituant la « fenêtre de transparence biologique » (située dans le proche infrarouge) :
(on admettra toute fourchette comprise entre environ 650\text{ nm} et 1300\text{ nm}).
Parmi les longueurs d'onde accessibles déterminées à la question Q2 :
- \lambda_4 = 250\text{ nm} et \lambda_3 \simeq 333\text{ nm} (proche UV) ainsi que \lambda_2 = 500\text{ nm} (visible) se situent dans la zone de forte absorption de l'hémoglobine (\text{absorbance} > 100\text{ cm}^{-1}), ce qui limiterait la pénétration du faisceau à une fraction de millimètre sous la peau ;
- \lambda_0 = 1000\text{ nm} tombe précisément dans le creux d'absorption, où l'eau et l'hémoglobine ont une absorbance minimale (inférieure à 1\text{ cm}^{-1}).
Pour réaliser une imagerie en profondeur, on choisira donc la radiation fondamentale du laser Nd:YAG :
Résultat
Question 4
Le laser fonctionne dans un régime dit « impulsionnel » ; c'est-à-dire qu'il émet des impulsions lumineuses courtes d'une durée , avec une cadence de répétition . Les normes d'exposition à un tel laser sur la peau fixent une valeur maximale à l'énergie lumineuse reçue par seconde et par unité de surface de la peau. On suppose que l'on utilise un laser dont le faisceau a un diamètre de à travers un objectif de focale . Quelle est la surface de la tache focale ? Dans ces conditions, calculer la puissance crête maximale du laser pour respecter la norme mentionnée.
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Relier le diamètre de la tache focale à la diffraction par une pupille de diamètre D (d \approx 1{,}22\,\lambda_0 f'/D). Exprimer la puissance moyenne surfacique maximale en fonction de la puissance crête et du rapport cyclique \tau_p f_{\mathrm{rep}}.
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- Exprimer le rayon de la tache focale limité par la diffraction (tache d'Airy) pour un faisceau de diamètre D traversant une lentille de focale f', puis en déduire sa surface S.
- Relier la puissance moyenne \langle P \rangle à la norme d'éclairement \Phi, puis exprimer la puissance crête P_{\text{crête}} en fonction de \langle P \rangle, de la durée d'impulsion \tau_p et de la fréquence de répétition f_{\text{rep}}.
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1. Surface de la tache focale
Par diffraction à travers l'ouverture circulaire de diamètre D = 1\text{ mm} de l'objectif de focale f' = 1\text{ cm}, le faisceau converge en formant dans le plan focal une tache d'Airy dont le rayon au premier zéro d'intensité vaut :
En utilisant la longueur d'onde retenue \lambda_0 = 1{,}0\,\mu\text{m} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m} (question Q1) :
La surface de la tache focale est donc :
Numériquement :
Remarque : Une estimation sans le facteur 1{,}22 donne r_0 \simeq \frac{\lambda_0 f'}{D} = 10\,\mu\text{m}, conduisant à S \simeq \pi \times 10^{-10}\text{ m}^2 \simeq 3{,}1 \times 10^{-6}\text{ cm}^2.
2. Puissance crête maximale
L'énergie lumineuse reçue par seconde et par unité de surface correspond à l'éclairement moyen (ou flux surfacique moyen) :
La puissance moyenne maximale admissible au foyer est donc :
Pour un laser impulsionnel délivrant des impulsions rectangulaires d'énergie E_{\text{imp}} = P_{\text{crête}} \tau_p à la fréquence de répétition f_{\text{rep}}, la puissance moyenne s'écrit :
On en déduit l'expression de la puissance crête maximale :
Avec \tau_p = 5\text{ ns} = 5 \times 10^{-9}\text{ s} et f_{\text{rep}} = 1\text{ kHz} = 10^3\text{ Hz}, le rapport cyclique vaut \tau_p f_{\text{rep}} = 5 \times 10^{-6}.
Application numérique :
(Avec la convention r_0 = \lambda_0 f'/D, on obtiendrait P_{\text{crête, max}} \simeq 63\text{ W}.)
Résultat
Partie II : Génération photo-acoustique
Question 5
Lorsque la lumière du laser pénètre dans les tissus biologiques, elle peut être absorbée par ceux-ci en fonction de leur coefficient d'absorption à la longueur d'onde utilisée. Sous quelle forme l'énergie optique absorbée par la matière rencontrée peut-elle être convertie ? Décrire les différents phénomènes d'interaction lumière-matière que vous connaissez en donnant des exemples.
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Détailler les processus radiatifs (fluorescence, phosphorescence, diffusion Rayleigh ou Raman) et non radiatifs (thermalisation par relaxation vibrationnelle, effet photoélectrique, réactions photochimiques).
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1. Formes de conversion de l'énergie optique absorbée
Lorsqu'un photon est absorbé par un système microscopique (atome, molécule, bande d'énergie ou plasmon d'une nanoparticule), celui-ci passe dans un état excité. L'énergie absorbée peut ensuite être convertie sous différentes formes :
- Énergie thermique (chaleur) : par désexcitation non radiative (relaxation vibrationnelle, conversion interne, diffusion électron-phonon). L'agitation microscopique se traduit par une élévation locale de la température du milieu (phénomène au cœ ur de l'effet photoacoustique) ;
- Énergie radiative (lumière) : par réémission spontanée d'un photon d'énergie généralement inférieure (déplacement de Stokes) lors d'un processus de photoluminescence (fluorescence ou phosphorescence) ;
- Énergie chimique : par rupture de liaisons, isomérisation moléculaire ou transfert d'électrons lors de réactions photochimiques (ex. : photosynthèse, photo-isomérisation du rétinal pour la vision, thérapie photodynamique) ;
- Énergie mécanique : par dilatation thermoélastique rapide induisant une onde acoustique de surpression, ou via l'onde de choc lors d'une photo-ablation laser ;
- Énergie électrique : par génération de paires électron-trou et séparation de charge (effet photovoltaïque) ou par photo-ionisation (effet photoélectrique externe).
2. Principaux phénomènes d'interaction lumière-matière
On distingue classiquement plusieurs grands mécanismes d'interaction :
- L'absorption résonante : un photon incident d'énergie h\nu \simeq \Delta E fait passer le système d'un niveau d'énergie fondamental ou de basse énergie vers un niveau excité. Exemples : absorption par les liaisons hème de l'hémoglobine dans les tissus, ou excitation résonante des plasmons de surface dans les nanoparticules d'or.
L'émission de photons :
- Émission stimulée : un photon incident induit la désexcitation d'un état excité en émettant un second photon strictement identique (même fréquence, phase, polarisation et direction). C'est le principe fondamental de l'amplification laser (comme pour le Nd:YAG étudié en partie I).
- Émission spontanée (luminescence) : désexcitation radiative sans champ excitateur, rapide (\sim \text{ns}) en fluorescence ou différée par changement d'état de spin en phosphorescence (ex. : marqueurs fluorescents en imagerie biomédicale).
La diffusion de la lumière :
- Diffusion élastique (sans changement de fréquence) : diffusion de Rayleigh pour des diffuseurs de taille très inférieure à la longueur d'onde (ex. : couleur bleue du ciel), ou diffusion de Mie pour des particules de taille comparable ou supérieure à \lambda (ex. : globules rouges, organites cellulaires dans les tissus, gouttelettes de brouillard).
- Diffusion inélastique (avec transfert d'énergie) : diffusion Raman, où le photon diffusé échange un quantum d'énergie vibrationnelle avec la matière (décalages Stokes et anti-Stokes utilisés en spectroscopie structurale).
- L'effet photoacoustique (génération thermoélastique) : lorsqu'une impulsion lumineuse brève est absorbée, l'échauffement quasi-instantané du milieu génère un gradient thermique et une contrainte mécanique thermoélastique, source d'une onde ultrasonore se propageant dans le milieu environnant.
Question 6
Après avoir expliqué pourquoi il est légitime de supposer que l'eau n'absorbe pas l'impulsion lumineuse produite par le laser, établir l'équation de la diffusion thermique dans l'eau () à l'aide d'un bilan conservatif à préciser. Étant donné la géométrie sphérique des nanoparticules on traitera le problème en cordonnées sphériques.
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Réaliser un bilan d'énergie sur une coquille sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r entre les instants t et t+\mathrm{d}t en appliquant la loi de Fourier. Noter qu'à la longueur d'onde choisie, le coefficient d'absorption de l'eau est quasi nul.
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- Justifier la transparence de l'eau à la longueur d'onde de travail \lambda_0 = 1000\text{ nm} en s'appuyant sur la figure 2.
- Définir le système thermodynamique (coquille sphérique d'eau entre les rayons r et r+\mathrm{d}r) et appliquer le premier principe de la thermodynamique entre les instants t et t+\mathrm{d}t.
- Exprimer le flux thermique conductif à l'aide de la loi de Fourier en coordonnées sphériques pour en déduire l'équation aux dérivées partielles de la diffusion thermique.
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1. Transparence de l'eau à la longueur d'onde d'émission
D'après le spectre d'absorption de la figure 2, le coefficient d'absorption de l'eau présente un minimum très marqué aux alentours de \lambda_0 = 1000\text{ nm} (absorbance inférieure à 1\text{ cm}^{-1}), à l'intérieur de la fenêtre de transparence biologique. L'énergie lumineuse laser n'est donc quasiment pas absorbée par l'eau, mais l'est en revanche très fortement par les nanoparticules d'or. Il est ainsi parfaitement légitime de considérer un terme source d'absorption nul dans l'eau (P_V = 0 pour r > a).
2. Équation de la diffusion thermique dans l'eau (r > a)
La géométrie du problème présentant une symétrie sphérique, la température ne dépend que de la distance radiale r et du temps t : T(r, t). Le vecteur densité de courant thermique s'écrit, d'après la loi de Fourier :
où \kappa est la conductivité thermique de l'eau.
On choisit comme système thermodynamique fermé la masse fixe d'eau contenue entre les instants t et t+\mathrm{d}t dans une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r+\mathrm{d}r, de volume :
L'eau étant assimilée à une phase condensée incompressible et indilatable de masse volumique \rho et de capacité thermique massique c_p, la variation de son énergie interne (égale à la variation d'enthalpie) entre t et t+\mathrm{d}t s'écrit :
Pendant la durée \mathrm{d}t, ce système n'échange aucun travail et ne reçoit de la chaleur \delta Q que par conduction à travers ses frontières en r et r+\mathrm{d}r :
où le flux thermique sortant à travers une sphère de rayon r est :
On en déduit :
D'après le premier principe de la thermodynamique, \mathrm{d}U = \delta Q, soit :
En simplifiant par 4\pi r^2 \mathrm{d}r \mathrm{d}t, on obtient :
En introduisant le coefficient de diffusivité thermique de l'eau D = \frac{\kappa}{\rho c_p} et l'identité donnée dans le formulaire \frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2\frac{\partial T}{\partial r}\right) = \frac{1}{r}\frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2}, l'équation de la diffusion s'écrit :
ou, sous la forme équivalente (en multipliant par la variable r indépendante de t) :
Résultat
Question 7
Faire de même dans la nanoparticule () en tenant compte de la puissance absorbée par unité de volume de la nanoparticule que l'on notera suite à l'impulsion laser.
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Reprendre le bilan précédent en intégrant le terme de production volumique de chaleur P_V(r,t) dans l'expression du premier principe.
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Considérons le système fermé constitué par la matière contenue dans une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r (avec r + \mathrm{d}r \le a), de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r, pendant la durée \mathrm{d}t.
Appliquons le premier principe de la thermodynamique à cette coquille entre t et t+\mathrm{d}t :
Variation d'énergie interne : pour un milieu condensé indilatable et incompressible de masse volumique \rho_g et de capacité thermique massique c_{p_g} :
\mathrm{d}U = \rho_g c_{p_g} \frac{\partial T}{\partial t} \, \mathrm{d}V \, \mathrm{d}t = 4\pi r^2 \rho_g c_{p_g} \frac{\partial T}{\partial t} \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}tTransfert thermique par conduction : la loi de Fourier s'écrit \vec{j}_{\text{th}} = -\kappa_g \frac{\partial T}{\partial r}\vec{u}_r. Le flux thermique net entrant à travers les surfaces en r et r+\mathrm{d}r vaut :
\begin{aligned} \delta Q_{\text{th}} &= \left[\Phi_{\text{th}}(r,t) - \Phi_{\text{th}}(r+\mathrm{d}r, t)\right]\mathrm{d}t = - \frac{\partial \Phi_{\text{th}}}{\partial r}\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t \\ &= 4\pi \kappa_g \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right)\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t \end{aligned}Énergie absorbée issue de l'impulsion laser : avec une puissance volumique absorbée P_V(r,t) :
\delta E_{\text{laser}} = P_V(r,t) \, \mathrm{d}V \, \mathrm{d}t = 4\pi r^2 P_V(r,t)\,\mathrm{d}r\,\mathrm{d}t
En rassemblant les termes et en divisant par 4\pi r^2 \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t, on obtient :
D'après le formulaire fourni en fin d'énoncé, pour un champ à symétrie sphérique :
L'équation de diffusion thermique avec terme source au sein de la nanoparticule (r \le a) s'écrit donc :
ou encore, en introduisant la diffusivité thermique de l'or D_g = \frac{\kappa_g}{\rho_g c_{p_g}} :
Résultat
Question 8
Par analyse dimensionnelle estimer les temps caractéristiques et d'évolution de la température au sein de la nanoparticule et dans l'eau à une distance de la nanoparticule. Comparer les valeurs de , et et discuter ces différentes échelles de temps. À partir de leur comparaison, établir le scénario de l'élévation de température, puis du retour à l'équilibre, à la fois dans l'or et dans l'eau.
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Former les temps caractéristiques de diffusion à l'aide de l'analyse dimensionnelle : \tau \sim a^2/D, avec D = \kappa/(\rho c_p). Comparer \tau_g, \tau_p et \tau_e pour justifier l'uniformité thermique spatiale de l'or et l'absence de fuite thermique vers l'eau pendant l'impulsion.
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- Établir les expressions des temps caractéristiques de diffusion thermique à l'échelle de la nanoparticule (r \sim a) à partir de l'analyse dimensionnelle de l'équation de la chaleur.
- Calculer numériquement \tau_g et \tau_e en explicitant les diffusivités thermiques D_g et D.
- Comparer \tau_g, \tau_p et \tau_e pour en déduire les hypothèses physiques de quasi-uniformité spatiale dans l'or et de confinement thermique durant l'impulsion.
- Décrire chronologiquement les deux phases : échauffement quasi adiabatique de la nanoparticule, puis relaxation thermique lente vers l'eau.
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L'équation de la diffusion thermique s'écrit de manière générique \frac{\partial T}{\partial t} = D_{\text{th}} \Delta T, où D_{\text{th}} = \frac{\kappa}{\rho c_p} est la diffusivité thermique du milieu. Par analyse dimensionnelle, sur une longueur caractéristique spatiale a, le temps caractéristique d'évolution de la température s'estime par :
1. Temps caractéristique dans la nanoparticule d'or \tau_g : La diffusivité thermique de l'or vaut :
On en déduit le temps caractéristique :
2. Temps caractéristique dans l'eau \tau_e à une distance a : Avec \rho \simeq 1000\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} pour l'eau, la diffusivité thermique du milieu environnant est :
Le temps caractéristique associé à une diffusion dans l'eau sur la distance a vaut :
3. Comparaison et discussion des échelles de temps : Avec la durée de l'impulsion laser \tau_p = 5\text{ ns}, on observe la hiérarchie stricte suivante :
- Conséquence de \tau_g \ll \tau_p : La diffusion thermique au sein de la nanoparticule est quasi instantanée à l'échelle de la durée du tir laser. Par conséquent, la température à l'intérieur de la nanoparticule d'or est homogénéisée en permanence et peut être considérée comme spatiellement uniforme : T(\vec{r}, t) \simeq T_g(t) pour r \le a.
- Conséquence de \tau_p \ll \tau_e : L'impulsion laser est beaucoup plus brève que le temps nécessaire à la chaleur pour diffuser dans l'eau sur une distance de l'ordre de grandeur de la taille de la nanoparticule. On se place en régime de confinement thermique : pendant l'impulsion lumineuse, les transferts thermiques vers le fluide environnant sont négligeables (confinés à une très fine couche interfaciale).
4. Scénario temporel de la température :
- Phase 1 : Échauffement (0 \le t \le \tau_p) : La nanoparticule absorbe l'énergie du faisceau laser. En raison du confinement thermique (\tau_p \ll \tau_e), le chauffage de la particule d'or est quasi adiabatique : sa température moyenne T_g(t) s'élève très rapidement et de façon quasi uniforme (\tau_g \ll \tau_p), pour atteindre un maximum à la fin de l'impulsion (t \sim \tau_p). L'eau environnante reste pour sa part quasi inchangée, hormis dans une pellicule nanométrique entourant la particule.
- Phase 2 : Relaxation et retour à l'équilibre (t > \tau_p) : Dès la fin de l'impulsion laser (P_V = 0), l'énergie thermique accumulée dans la nanoparticule diffuse lentement vers le fluide environnant sur une échelle de temps gouvernée par \tau_e \sim 80\text{ ns} (puis sur des temps plus longs pour des distances plus grandes). La température de la nanoparticule décroît tandis que l'eau s'échauffe localement au voisinage de r=a, avant une dispersion globale de la chaleur dans le milieu infini ramenant le système à la température d'équilibre T_0.
Résultat
Question 9
Pour , intégrer l'équation obtenue sur le volume de la nanoparticule en considérant que celle-ci absorbe l'énergie optique de manière homogène sur l'ensemble de son volume. On introduira la température moyenne au sein de la nanoparticule que l'on notera .
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Intégrer l'équation de la chaleur sur la sphère de volume V et appliquer le théorème de Green-Ostrogradski au flux conductif \vec{j}_{\mathrm{th}} = -\kappa_g \vec{\operatorname{grad}} T.
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- Partir de l'équation locale de diffusion thermique dans la nanoparticule (r \le a) établie en Q7.
- Intégrer chaque terme sur le volume de la boule de rayon a en exploitant la définition de la température moyenne T_g(t) et le théorème de Green-Ostrogradski (ou l'intégration directe de la divergence en coordonnées sphériques).
- Exprimer le résultat sous une forme reliant \frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} au gradient thermique à la surface r=a^- et au terme source volumique P_V.
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D'après la question Q7, l'équation locale de la chaleur au sein de la nanoparticule (r \le a) s'écrit :
où, par hypothèse de chauffage homogène, la puissance volumique absorbée ne dépend pas de l'espace : P_V(r,t) = P_V(t).
Intégrons cette équation sur le volume V = \frac{4}{3}\pi a^3 de la nanoparticule :
Examinons chacun des trois termes :
Terme d'accumulation : Le volume V étant fixe, l'opérateur de dérivation temporelle commute avec l'intégrale spatiale :
\iiint_V \frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}V = \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \left(\iiint_V T(\vec{r},t)\,\mathrm{d}V\right) = V \frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t}en introduisant la température moyenne T_g(t) = \frac{1}{V}\iiint_V T(\vec{r},t)\,\mathrm{d}V.
Terme de diffusion : Puisque \Delta T = \operatorname{div}(\vec{\nabla}T), le théorème de Green-Ostrogradski permet de transformer l'intégrale volumique en flux à travers la surface fermée S de la sphère de rayon a (orientée par la normale sortante \vec{n}_{\text{ext}} = \vec{u}_r) :
\iiint_V \Delta T\,\mathrm{d}V = \iint_S \vec{\nabla}T \cdot \vec{u}_r\,\mathrm{d}S = \iint_S \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-}\,\mathrm{d}SPar symétrie sphérique, \frac{\partial T}{\partial r} est uniforme sur la sphère de rayon a, d'où avec S = 4\pi a^2 :
\iiint_V \Delta T\,\mathrm{d}V = 4\pi a^2 \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-}Remarque : on retrouve ce résultat directement par intégration radiale :
\int_0^a \frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right) 4\pi r^2\,\mathrm{d}r = 4\pi \left[r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right]_0^a = 4\pi a^2 \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-}le terme en r=0 s'annulant par régularité au centre (\frac{\partial T}{\partial r} \to 0 pour r \to 0).
Terme source : L'absorption étant homogène sur la nanoparticule, P_V sort de l'intégrale :
\iiint_V P_V(t)\,\mathrm{d}V = P_V(t) \iiint_V \mathrm{d}V = P_V(t)\,V
En rassemblant ces trois contributions :
En divisant par la capacité thermique totale \rho_g c_{p_g} V et en remarquant que \frac{4\pi a^2}{V} = \frac{4\pi a^2}{\frac{4}{3}\pi a^3} = \frac{3}{a}, on obtient :
Résultat
Question 10
En précisant les expressions de , et en fonction des données du problème, vérifier que les équations précédentes peuvent se mettre sous la forme :
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Rapprocher terme à terme l'équation issue du bilan macroscopique sur l'or et celle obtenue dans l'eau avec les formes proposées pour déduire les coefficients D, \alpha_g et \beta_g.
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1. Équation dans l'eau (r > a)
D'après le bilan thermique établi à la question Q6, en l'absence de terme source volumique dans l'eau, l'équation de la diffusion thermique s'écrit en coordonnées sphériques :
En multipliant les deux membres par r et en divisant par \rho c_p, on obtient directement :
où la diffusivité thermique de l'eau s'exprime par :
2. Équation pour la nanoparticule (r \le a)
D'après l'intégration spatiale réalisée à la question Q9, la température moyenne T_g(t) de la nanoparticule obéit à :
Cette équation s'identifie bien à la forme proposée :
avec les coefficients suivants :
3. Applications numériques indicatives
Avec les grandeurs fournies dans l'énoncé (et \rho = 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}) :
- D = \frac{0{,}5}{10^3 \times 4000} = 1{,}25 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} ;
- \alpha_g = \frac{3 \times 300}{20\cdot 10^3 \times 120 \times 100\cdot 10^{-9}} = 3{,}75 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
- \beta_g = \frac{1}{20\cdot 10^3 \times 120} \simeq 4{,}17 \times 10^{-7}\text{ K}\cdot\text{m}^3\cdot\text{J}^{-1}.
Résultat
Question 11
Le terme source dû au laser prend la forme d'une impulsion gaussienne de durée caractéristique . En négligeant le terme de conservation du flux thermique à l'interface or/eau, tracer l'allure de l'augmentation de température moyenne au sein de la nanoparticule. On prendra soin de bien préciser quelle est l'échelle de temps caractéristique.
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Intégrer l'équation différentielle en négligeant le terme d'échange à l'interface ; la dérivée de T_g est alors directement proportionnelle à la puissance laser P_V(t), ce qui conduit à une fonction marche lissée (intégrale d'une gaussienne).
Voir la stratégieStratégie
- Simplifier l'équation d'évolution de la température moyenne T_g(t) établie à la question Q10 en négligeant le terme de fuite conductive à la surface (r = a^-).
- Intégrer l'équation différentielle pour une densité volumique de puissance absorbée P_V(t) de forme gaussienne et identifier la nature de la fonction obtenue.
- Identifier l'échelle de temps caractéristique de l'échauffement et tracer l'allure de la variation de température \Delta T_g(t) = T_g(t) - T_0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation régissant la température moyenne T_g(t) obtenue à la question Q10 :
En négligeant le terme de transfert thermique conductif à l'interface (\alpha_g \left.\frac{\partial T}{\partial r}\right|_{r=a^-} \simeq 0), ce qui est justifié en régime de confinement thermique car \tau_p \ll \tau_e, l'équation différentielle se simplifie en :
Le terme source laser P_V(t) est modélisé par une impulsion gaussienne centrée en t = 0 de durée caractéristique \tau_p :
Par intégration temporelle à partir de la température initiale T_0 :
L'intégrale d'une gaussienne conduit à une fonction d'allure sigmoïdale (proportionnelle à la fonction d'erreur \mathrm{erf}) :
- pour t \ll -\tau_p, \Delta T_g(t) \to 0 ;
- pour t = 0, la pente \frac{\mathrm{d}T_g}{\mathrm{d}t} est maximale et \Delta T_g(0) = \frac{\Delta T_{g,\text{max}}}{2} (point d'inflexion) ;
pour t \gg \tau_p, l'impulsion s'éteint et la température atteint un palier maximal :
\Delta T_{g,\text{max}} = \frac{1}{\rho_g c_{p_g}} \int_{-\infty}^{+\infty} P_V(t)\,\mathrm{d}t = \frac{\mathcal{E}_V}{\rho_g c_{p_g}}où \mathcal{E}_V est l'énergie volumique totale déposée par l'impulsion.
L'échelle de temps caractéristique de cette élévation de température est la durée de l'impulsion laser :
Résultat
Question 12
En réalité, ce terme est non-négligeable et explique pourquoi la température dans l'eau environnante va également varier. Par analyse dimensionnelle, estimer la distance caractéristique sur laquelle on peut s'attendre à voir des variations de température significatives dans l'eau juste après l'extinction de l'impulsion laser. Tracer alors l'allure de la courbe de température le long de la distance radiale après augmentation de température dans la nanoparticule (on explicitera la dépendance mathématique en de la solution).
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La diffusion thermique dans l'eau pendant la durée de l'impulsion laser \tau_p s'effectue sur une longueur d'échelle \ell_{\mathrm{th}} \sim \sqrt{D \tau_p}. Pour le profil spatial hors de la particule, penser à une décroissance radiale continue raccordée à l'interface.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la distance de pénétration thermique \ell_{\mathrm{th}} dans l'eau à la diffusivité thermique D et à la durée de l'impulsion laser \tau_p par analyse dimensionnelle, puis réaliser l'application numérique.
Analyser le profil de température T(r) :
- dans l'or (r \le a), où la diffusion est quasi-instantanée (\tau_g \ll \tau_p) ;
- dans l'eau (r > a), en exploitant l'équation de diffusion radiale \frac{\partial(rT)}{\partial t} = D\frac{\partial^2(rT)}{\partial r^2} et la couche limite thermique d'épaisseur \ell_{\mathrm{th}}.
- Tracer l'allure de la courbe T(r) juste après l'extinction de l'impulsion laser.
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1. Estimation de la longueur de diffusion thermique \ell_{\mathrm{th}} dans l'eau
La diffusion thermique dans l'eau est régie par la diffusivité thermique D = [\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}] établie à la question Q10. Juste après l'extinction de l'impulsion laser, le temps caractéristique écoulé est la durée de l'impulsion \tau_p. Par analyse dimensionnelle, la distance caractéristique sur laquelle la chaleur s'est propagée dans l'eau s'écrit :
Avec les valeurs numériques du problème :
On obtient :
2. Dépendance mathématique en r de la température
Dans la nanoparticule (r \le a) :
Puisque \tau_g \sim 80\text{ ps} \ll \tau_p = 5\text{ ns} (question Q8), la conduction au sein de l'or est extrêmement rapide devant la durée du dépôt d'énergie. La température y est donc quasi-uniforme :T(r) \approx T_g(t) = \text{constante} \quad (r \le a)Dans l'eau environnante (r > a) :
La fonction u(r,t) = r\left(T(r,t) - T_0\right) vérifie l'équation de diffusion unidimensionnelle :\frac{\partial u}{\partial t} = D \frac{\partial^2 u}{\partial r^2} \quad \text{pour } r > aavec la condition aux limites en r = a imposée par la nanoparticule chaude (u(a,t) \approx a \Delta T_g) et u \to 0 pour r \to +\infty.
La solution invariante d'échelle fait intervenir la fonction d'erreur complémentaire \mathrm{erfc} :u(r,t) = a \Delta T_g \operatorname{erfc}\left(\frac{r-a}{2\sqrt{Dt}}\right)ce qui donne pour le profil de température dans l'eau juste après l'impulsion (t \approx \tau_p) :
\boxed{T(r) = T_0 + \Delta T_g\,\frac{a}{r}\operatorname{erfc}\left(\frac{r-a}{2\ell_{\mathrm{th}}}\right)} \quad (r > a)Comme \ell_{\mathrm{th}} \approx 25\text{ nm} < a = 100\text{ nm}, l'atténuation est dominée par la décroissance rapide de type gaussien/complémentaire sur la distance \ell_{\mathrm{th}} au voisinage de la surface, le facteur géométrique a/r variant peu sur cette échelle.
3. Allure de la courbe de température T(r)
Résultat
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.