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Corrigé détaillé Polytechnique Physique A PC 2021 (page 2/2 : Parties III et IV)

Imagerie par tomographie photoacoustique

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Partie III : Génération acoustique et formation d'image

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : conservation de la masse, approximation acoustique

Établir l'équation de conservation de la masse sous ces hypothèses.

Voir l'indice

Écrire l'équation de conservation de la masse \partial\rho/\partial t + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0 et ne conserver que les termes d'ordre 1 en perturbations.

Voir la stratégie
  1. Partir du principe de conservation de la masse pour un volume fixe de fluide afin d'écrire l'équation locale de continuité.
  2. Injecter l'expression des champs perturbés \rho = \rho_0 + \rho_a et \vec{v} = \vec{v}_a.
  3. Linéariser l'équation au premier ordre en négligeant les termes quadratiques en perturbations.
Voir la réponse courte

Écriture et linéarisation de l'équation de conservation de la masse au premier ordre acoustique : \partial \rho_a/\partial t + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a = 0.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume fixe \mathcal{V} de fluide délimité par une surface fermée \mathcal{S} orientée vers l'extérieur par le vecteur normal unitaire \vec{n}. Le bilan de masse s'écrit :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \iiint_{\mathcal{V}} \rho\,\mathrm{d}V = - \iint_{\mathcal{S}} \rho \vec{v} \cdot \vec{n}\,\mathrm{d}S

En appliquant le théorème de Green-Ostrogradsky au flux massique sortant, on obtient :

\iiint_{\mathcal{V}} \left( \frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) \right) \mathrm{d}V = 0

Ce résultat étant vrai pour tout volume \mathcal{V}, on en déduit l'équation locale de conservation de la masse :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \operatorname{div}(\rho \vec{v}) = 0

Le fluide est initialement au repos avec une masse volumique d'équilibre \rho_0 uniforme et indépendante du temps (\frac{\partial \rho_0}{\partial t} = 0, \vec{\operatorname{grad}}\rho_0 = \vec{0}). En introduisant les champs perturbés \rho(\vec{r}, t) = \rho_0 + \rho_a(\vec{r}, t) et \vec{v}(\vec{r}, t) = \vec{v}_a(\vec{r}, t) :

\begin{aligned} \frac{\partial \rho}{\partial t} &= \frac{\partial \rho_a}{\partial t} \\ \operatorname{div}(\rho \vec{v}) &= \operatorname{div}\left( (\rho_0 + \rho_a) \vec{v}_a \right) = \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a + \operatorname{div}(\rho_a \vec{v}_a) \end{aligned}

Dans le cadre de l'hypothèse des petites perturbations acoustiques (|\rho_a| \ll \rho_0), le terme \operatorname{div}(\rho_a \vec{v}_a) est du second ordre par rapport aux grandeurs de perturbation et est négligé devant \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a. L'équation de conservation de la masse linéarisée au premier ordre devient donc :

\boxed{\frac{\partial \rho_a}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il s'agissait d'une application directe du cours consistant simplement à linéariser l'équation locale de conservation de la masse.

« Application directe d'une question de cours puisqu'il s'agissait seulement de linéariser l'équation locale de la conservation de la masse ∂ρ ∂t + div(ρ⃗v). »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : équation d'euler, approximation acoustique

Établir l'équation d'Euler en considérant l'eau comme un fluide parfait et en justifiant les autres simplifications possibles.

Voir l'indice

Écrire l'équation d'Euler, négliger les termes convectifs quadratiques (\vec{v}_a \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v}_a et la pesanteur devant les gradients de pression acoustique.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Navier-Stokes fournie dans le formulaire.
  2. Appliquer les hypothèses physiques de l'énoncé : fluide parfait (\eta = 0) et gravité négligée (\vec{f}_{\text{ext}} = \vec{0}) pour obtenir l'équation d'Euler.
  3. Linéariser l'équation au premier ordre en perturbations par rapport à l'état de repos uniforme.
Voir la réponse courte

Linéarisation de l'équation d'Euler en négligeant le terme convectif et la gravité : \rho_0 \partial \vec{v}_a/\partial t = -\vec{\nabla} p_a.

Voir le corrigé complet

L'équation générale du mouvement d'un fluide visqueux est donnée par l'équation de Navier-Stokes :

\rho \left( \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} \right) = \vec{f}_{\text{ext}} - \vec{\operatorname{grad}} P + \eta \Delta \vec{v}

Appliquons successivement les hypothèses et simplifications :

  • Fluide parfait : la viscosité du fluide est négligée (\eta = 0), le terme de frottement visqueux \eta \Delta \vec{v} est donc nul. L'équation se réduit alors à l'équation d'Euler :

    \rho \left( \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} \right) = \vec{f}_{\text{ext}} - \vec{\operatorname{grad}} P
  • Forces extérieures : les forces de pesanteur sont négligées conformément à l'énoncé, soit \vec{f}_{\text{ext}} = \vec{0}.
  • Linéarisation (petites perturbations acoustiques) : on injecte les champs perturbés autour de l'état de référence au repos uniforme :

    \vec{v} = \vec{v}_a, \quad P = P_0 + p_a, \quad \rho = \rho_0 + \rho_a

    Le terme convectif (\vec{v}_a \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v}_a est d'ordre 2 en amplitude de perturbation ; il est donc négligeable devant l'accélération locale \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} (d'ordre 1).

    De même, le produit \rho \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = (\rho_0 + \rho_a)\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = \rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} + \rho_a \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} se simplifie en \rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} au premier ordre car \rho_a \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} est du second ordre.

    Enfin, la pression d'équilibre P_0 étant spatio-temporellement constante et uniforme, \vec{\operatorname{grad}} P_0 = \vec{0}, d'où \vec{\operatorname{grad}} P = \vec{\operatorname{grad}} p_a.

On aboutit ainsi à l'équation d'Euler linéarisée de l'acoustique :

\boxed{\rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = - \vec{\operatorname{grad}} p_a}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à justifier précisément les hypothèses simplificatrices permettant d'aboutir à l'équation d'Euler.

« Beaucoup de candidat(e)s ne justi ent pas les hypothèses simpli catrices permettant de parvenir à l'équation d'Euler alors que cela était pourtant explicitement demandé dans l'énoncé de la question. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, onde acoustique

Pour introduire le terme source dû aux variations du champ de température, on peut montrer que l'équation d'état de l'eau se met sous la forme :

avec la vitesse de propagation des ondes acoustiques dans l'eau et une constante appelée coefficient de dilatation thermique du fluide. Établir l'équation différentielle vérifiée par la pression .

Voir l'indice

Différencier l'équation de conservation de la masse par rapport au temps, lui substituer la divergence de l'équation d'Euler, puis injecter l'expression fournie de \rho_a en fonction de p_a et T_a.

Voir la stratégie
  1. Dériver l'équation de conservation de la masse (Q13) par rapport au temps.
  2. Prendre la divergence de l'équation d'Euler linéarisée (Q14) pour éliminer le terme cinématique \operatorname{div}\left(\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t}\right).
  3. Remplacer \frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} à l'aide de l'équation d'état fournie reliant \rho_a, p_a et T_a.
Voir la réponse courte

Combinaison de la divergence d'Euler et de la dérivée de la continuité avec l'équation d'état pour obtenir l'équation de d'Alembert avec terme source thermique.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de conservation de la masse linéarisée (question Q13) :

\frac{\partial \rho_a}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v}_a = 0

En dérivant cette relation par rapport au temps :

\frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} + \rho_0 \operatorname{div}\left(\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t}\right) = 0 \tag{1}

L'équation d'Euler linéarisée (question Q14) s'écrit :

\rho_0 \frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t} = -\vec{\operatorname{grad}} p_a

En appliquant l'opérateur divergence à cette égalité et en utilisant l'identité \operatorname{div}(\vec{\operatorname{grad}} p_a) = \Delta p_a, il vient :

\rho_0 \operatorname{div}\left(\frac{\partial \vec{v}_a}{\partial t}\right) = -\Delta p_a \tag{2}

En injectant (2) dans (1), on obtient la relation liant la masse volumique et la pression :

\Delta p_a - \frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} = 0 \tag{3}

L'équation d'état fournie s'écrit :

\rho_a(\vec{r}, t) = \frac{1}{c_0^2} p_a(\vec{r}, t) - \rho_0 \beta T_a(\vec{r}, t)

En dérivant deux fois par rapport au temps :

\frac{\partial^2 \rho_a}{\partial t^2} = \frac{1}{c_0^2}\frac{\partial^2 p_a}{\partial t^2} - \rho_0 \beta \frac{\partial^2 T_a}{\partial t^2}

En reportant cette expression dans (3), on aboutit à l'équation différentielle régissant la pression acoustique :

\boxed{\Delta p_a(\vec{r}, t) - \frac{1}{c_0^2}\frac{\partial^2 p_a(\vec{r}, t)}{\partial t^2} = -\rho_0 \beta \frac{\partial^2 T_a(\vec{r}, t)}{\partial t^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas tenter de redémontrer la formule fournie, mais uniquement la combiner avec les équations précédentes.

« Beaucoup, ayant mal interprété l'énoncé, ont tenté en vain de démontrer la formule: »

« Question peu discriminante dans la mesure où il su sait de combiner les équations obtenues aux questions 13 et 14 avec la formule donnée par l'énoncé. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde sphérique, onde acoustique

Quels types de solutions à l'équation précédente s'attend-on à avoir (en faisant l'hypothèse que les variations de température correspondent à une source ponctuelle) ? Notamment, quel comportement a-t-on à grande distance pour l'amplitude de pression ?

Voir l'indice

Considérer une symétrie sphérique en dehors de la source ponctuelle ; la solution générale de l'équation de d'Alembert sphérique s'écrit sous la forme p_a(r,t) = \frac{1}{r} f(t - r/c_0).

Voir la stratégie
  1. Exploiter la symétrie sphérique induite par une source ponctuelle pour exprimer le laplacien en coordonnées sphériques.
  2. Résoudre l'équation d'onde homogène à l'extérieur de la source (r > 0) et appliquer la condition de causalité (ondes divergentes).
  3. Analyser la dépendance radiale de l'amplitude de pression en reliant cette loi en 1/r à la conservation du flux d'énergie acoustique.
Voir la réponse courte

Onde sphérique divergente sortante de la forme f(t - r/c_0)/r avec décroissance en 1/r de l'amplitude de pression assurant la conservation de l'énergie.

Voir le corrigé complet

La source thermique étant modélisée comme ponctuelle et située à l'origine, le problème présente une invariance par rotation autour de celle-ci : le champ de surpression ne dépend que du rayon r et du temps t, soit p_a(\vec{r}, t) = p_a(r, t).

D'après le formulaire, le laplacien d'une fonction à symétrie sphérique s'écrit :

\Delta p_a = \frac{1}{r}\frac{\partial^2(r p_a)}{\partial r^2}

En dehors de la source ponctuelle (pour r > 0, où T_a ne varie plus), le second membre de l'équation établie à la question Q15 s'annule, ce qui conduit à :

\frac{\partial^2(r p_a)}{\partial r^2} - \frac{1}{c_0^2}\frac{\partial^2(r p_a)}{\partial t^2} = 0

La solution générale de cette équation de d'Alembert unidimensionnelle sur la fonction auxiliaire u(r,t) = r\,p_a(r,t) est la superposition d'une onde divergente et d'une onde convergente :

p_a(r, t) = \frac{1}{r} f\left(t - \frac{r}{c_0}\right) + \frac{1}{r} g\left(t + \frac{r}{c_0}\right)

Par condition de causalité (rayonnement vers l'infini sans onde venant de l'infini), seule l'onde sphérique sortante existe (g = 0). On s'attend donc à :

\boxed{p_a(r, t) = \frac{1}{r} f\left(t - \frac{r}{c_0}\right)}

Il s'agit d'une onde acoustique sphérique divergente (ou progressive sortante).

À grande distance de la source, l'amplitude de la surpression acoustique présente une décroissance inversement proportionnelle à la distance :

\boxed{p_{a,\text{max}}(r) \propto \frac{1}{r}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le second membre est un terme source et non un amortissement, conduisant à la propagation d'une onde sphérique.

« Cependant, dans la plupart des copies, ce second membre est interprété à tort comme un terme d'amortissement et non pas de source. »

« ce qui leur permettait de prédire directement la génération d'une onde acoustique sphérique, et non pas plane. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : période, onde sonore

On donne sur la figure 3 le champ de pression en fonction du temps à la surface de la nanoparticule suite à son élévation de température. Au vu de ce graphe, déterminer la fréquence et la longueur d'onde de l'onde sonore émise. Peut-on considérer la nanoparticule comme une source ultrasonore ponctuelle ?

Voir l'indice

Déterminer graphiquement la pseudo-période acoustique de l'oscillation bipolaire sur la figure 3. Calculer \lambda = c_0/f et comparer cette valeur au rayon a de la nanoparticule.

Voir la stratégie
  1. Lire la période T du signal de pression acoustique sur la figure 3 en repérant la durée d'un cycle complet (ou le double de la demi-période séparant le maximum du minimum), puis en déduire la fréquence f = 1/T.
  2. Déterminer la longueur d'onde acoustique associée via la relation de dispersion \lambda = c_0/f.
  3. Comparer la dimension spatiale de la nanoparticule (a) à cette longueur d'onde \lambda pour justifier l'hypothèse de source ponctuelle.
Voir la réponse courte

Lecture de la période T \approx 10\text{ ns} d'où f \approx 100\text{ MHz} et \lambda \approx 15\,\mu\text{m} \gg a, validant l'hypothèse de source ponctuelle.

Voir le corrigé complet

1. Détermination de la fréquence f :

La figure 3 représente la variation temporelle de la pression acoustique à la surface de la nanoparticule. On observe un signal biphasique (une surpression suivie d'une dépression) :

  • le maximum de surpression a lieu à t \approx -2{,}5\text{ ns} ;
  • le minimum de dépression a lieu à t \approx +2{,}5\text{ ns}.

L'intervalle de temps entre ces deux extrema correspond à une demi-période T/2 \approx 5\text{ ns} = \tau_p, ce qui correspond à une période acoustique fondamentale :

T \approx 10\text{ ns}

La fréquence principale du signal acoustique émis est donc :

f = \frac{1}{T} = \frac{1}{10 \times 10^{-9}\text{ s}}
\boxed{f \approx 100\text{ MHz}}

2. Détermination de la longueur d'onde \lambda :

L'onde acoustique se propage dans l'eau à la célérité c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (donnée à la question 15). La longueur d'onde ultrasonore s'écrit :

\lambda = \frac{c_0}{f} = \frac{1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}{10^8\text{ Hz}} = 1{,}5 \times 10^{-5}\text{ m}
\boxed{\lambda = 15\text{ µ m}}

3. Caractère ponctuel de la nanoparticule :

Le rayon de la nanoparticule d'or est a = 100\text{ nm} = 0{,}10\text{ µ m}. Comparons son rayon (ou son diamètre 2a = 0{,}20\text{ µ m}) à la longueur d'onde émise :

\frac{a}{\lambda} = \frac{0{,}10\text{ µ m}}{15\text{ µ m}} \approx \frac{1}{150} \ll 1

La taille de la source est bien plus petite que la longueur d'onde acoustique émise (a \ll \lambda) : les effets de diffraction intrinsèques à la structure de la source sont négligeables et l'émission est quasi-isotrope.

\boxed{\text{La nanoparticule peut parfaitement être considérée comme une source ultrasonore ponctuelle.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait comparer rayon et longueur d'onde pour justifier la source ponctuelle, en utilisant bien la célérité du son.

« Notons que dans de nombreuses copies, les candidat(e)s ont utilisé à tort, très probablement par étourderie, la vitesse de la lumière en lieu et place de celle du son, pour déterminer à partir de la fréquence, la longueur d'onde acoustique. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : retard temporel, onde sphérique

Suite à cette excitation, représenter le champ de pression qui sera enregistré par un capteur ultrasonore considéré comme ponctuel placé à la coordonnée alors que la nanoparticule est située à la coordonnée .

Voir l'indice

Tenir compte du retard de propagation \tau_d = d/c_0 et de l'atténuation géométrique en 1/d de l'amplitude de l'onde sphérique.

Voir la stratégie
  1. Relier le champ de pression au niveau du capteur à celui mesuré à la surface de la nanoparticule (r = a) en utilisant l'expression de l'onde sphérique divergente obtenue à la question Q16.
  2. Calculer le temps de vol (retard de propagation) \tau_d entre la nanoparticule et le capteur.
  3. Évaluer l'atténuation géométrique en 1/r subie par l'onde lors de sa propagation sur la distance d = 3\text{ cm}.
  4. Représenter graphiquement le signal acoustique reçu, avec les échelles temporelle et d'amplitude appropriées.
Voir la réponse courte

Signal retardé du temps de vol \tau = d/c_0 = 20\,\mu\text{s} avec une amplitude atténuée du facteur géométrique a/d.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, l'onde acoustique divergente à symétrie sphérique en dehors de la zone source s'écrit sous la forme :

p_a(r, t) = \frac{1}{r} f\left(t - \frac{r}{c_0}\right)

En identifiant cette solution à la surface de la nanoparticule (r = a) et au niveau du capteur situé à la distance d de celle-ci, il vient :

p_a(d, t) = \frac{a}{d} \, p_a\!\left(a, \, t - \frac{d - a}{c_0}\right) \simeq \frac{a}{d} \, p_a(a, t - \tau_d)

puisque a = 100\text{ nm} \ll d = 3\text{ cm}.

1. Retard de propagation (temps de vol) :

\tau_d = \frac{d}{c_0}

Avec d = 3\text{ cm} = 3\times 10^{-2}\text{ m} et c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\tau_d = \frac{3 \times 10^{-2}}{1500} = 2{,}0 \times 10^{-5}\text{ s} = 20\text{ µ s}

2. Atténuation d'amplitude : Le facteur d'atténuation géométrique vaut :

\frac{a}{d} = \frac{100 \times 10^{-9}\text{ m}}{3 \times 10^{-2}\text{ m}} = \frac{1}{3} \times 10^{-5} \simeq 3{,}3 \times 10^{-6}

D'après la figure 3, l'amplitude de crête de la surpression à la surface de la nanoparticule est p_{\text{max}}(a) \simeq 3\text{ kPa}. L'amplitude de crête enregistrée par le capteur est donc :

p_{\text{max}}(d) = \frac{a}{d} \, p_{\text{max}}(a) \simeq \frac{1}{3} \times 10^{-5} \times 3 \times 10^3\text{ Pa} = 10^{-2}\text{ Pa} = 10\text{ mPa}

3. Représentation graphique : Le signal reçu conserve la même forme temporelle bipolaire que sur la figure 3, avec une durée d'impulsion de l'ordre de 10\text{ à } 20\text{ ns}, mais il est retardé de \tau_d = 20\text{ µ s} et son amplitude est fortement atténuée ({\sim} 10\text{ mPa}).

\boxed{\tau_d = \frac{d}{c_0} = 20\text{ µ s} \quad \text{et} \quad p_{\text{max}} = \frac{a}{d} p_{\text{max}}(a) \simeq 10\text{ mPa}}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : retard temporel, onde acoustique

On rappelle que le laser émet des impulsions avec une fréquence de répétition . Quelle profondeur peut-on envisager mesurer avec une telle cadence ? Commenter cette valeur.

Voir l'indice

La période de répétition T_{\mathrm{rep}} = 1/f_{\mathrm{rep}} impose le temps maximal d'aller simple du signal acoustique avant l'impulsion suivante pour éviter toute ambiguïté temporelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la période de répétition T_{\mathrm{rep}} des impulsions laser à partir de la fréquence f_{\mathrm{rep}}.
  2. Relier cette période au temps de vol acoustique maximal pour éviter tout chevauchement entre signaux photoacoustiques successifs (condition de non-ambiguïté).
  3. Réaliser l'application numérique et confronter la profondeur obtenue aux contraintes physiques réelles d'une mesure in vivo (atténuations optique et acoustique).
Voir la réponse courte

Trajet acoustique aller simple sur une période de répétition d_{\max} = c_0/f_{\mathrm{rep}} = 1{,}5\text{ m}, bien supérieur à l'épaisseur des tissus explorés.

Voir le corrigé complet

La période séparant deux impulsions laser consécutives est donnée par :

T_{\mathrm{rep}} = \frac{1}{f_{\mathrm{rep}}} = \frac{1}{10^3} = 1{,}0\times 10^{-3}\text{ s} = 1\text{ ms}

En tomographie photoacoustique, l'onde lumineuse pénètre dans les tissus à la vitesse de la lumière (c/n \sim 2\times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}), de sorte que le temps de propagation optique sur quelques centimètres (\sim 0{,}1\text{ ns}) est tout à fait négligeable devant les temps acoustiques. L'onde ultrasonore est ainsi générée quasi-instantanément à la profondeur z et n'effectue qu'un trajet simple de la nanoparticule vers le capteur à la célérité c_0.

Pour éviter toute ambiguïté de distance (le signal émis par une impulsion doit avoir été entièrement enregistré avant l'arrivée du signal induit par l'impulsion suivante), le retard acoustique doit vérifier :

\tau_d = \frac{z}{c_0} < T_{\mathrm{rep}}

La profondeur maximale théorique sans ambiguïté temporelle est donc :

z_{\max} = c_0 T_{\mathrm{rep}} = \frac{c_0}{f_{\mathrm{rep}}}

Application numérique avec c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et f_{\mathrm{rep}} = 1\text{ kHz} :

z_{\max} = \frac{1500}{10^3} = 1{,}5\text{ m}
\boxed{z_{\max} = 1{,}5\text{ m}}

Commentaire :

  • Cette profondeur de 1{,}5\text{ m} est considérable et bien supérieure à l'épaisseur typique des organes étudiés (par exemple quelques millimètres pour un cerveau de rat, quelques centimètres pour le corps humain).
  • Dans la pratique, la profondeur de pénétration n'est absolument pas limitée par la cadence de tir du laser, mais par :

    1. l'atténuation optique (diffusion et absorption exponentielle du faisceau laser dans les tissus) ;
    2. l'atténuation acoustique, particulièrement sévère aux hautes fréquences ultrasonores (f \sim 100\text{ MHz}, où l'onde s'atténue sur quelques millimètres seulement).
  • La cadence f_{\mathrm{rep}} = 1\text{ kHz} garantit une absence totale d'ambiguïté temporelle tout en autorisant une cadence d'acquisition rapide, propice à un moyennage efficace pour améliorer le rapport signal sur bruit.

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : pouvoir de résolution, retard temporel

Quelle doit être la séparation minimale entre deux nanoparticules pour être distinguées par un signal reçu par notre capteur ? Quel est le paramètre principal à l'origine de cette limite ?

Voir l'indice

Deux impulsions successives dans le temps doivent être temporellement séparées de leur propre durée pour ne pas se chevaucher sur le capteur : relier la résolution axiale à c_0 \tau_p.

Voir la stratégie
  1. Identifier le mécanisme temporel : l'excitation optique par le laser est quasi instantanée (la vitesse de la lumière rend le temps de propagation optique négligeable devant les durées acoustiques), de sorte que les nanoparticules émettent simultanément leur impulsion acoustique à t \approx 0.
  2. Relier la différence de trajet radial \Delta r au décalage temporel \Delta t d'arrivée des signaux au capteur ponctuel (propagation acoustique en trajet simple aller).
  3. Établir la condition de non-recouvrement des signaux en fonction de la durée de l'impulsion acoustique, puis identifier le paramètre physique fondamental qui gouverne cette résolution.
Voir la réponse courte

La séparation temporelle des échos impose une résolution axiale minimale \Delta z \approx c_0 \tau_a, limitée par la durée de l'impulsion acoustique.

Voir le corrigé complet

L'impulsion laser se propage à la vitesse de la lumière c \approx 3 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} : pour une profondeur de l'ordre de quelques centimètres, le temps de trajet optique est de l'ordre de 10^{-10}\text{ s} = 0{,}1\text{ ns}, ce qui est négligeable devant la durée de l'impulsion \tau_p = 5\text{ ns}. Les nanoparticules situées à des distances différentes r_1 et r_2 du capteur sont donc excitées de manière synchrone en t \approx 0.

Chaque nanoparticule émet alors une impulsion acoustique sphérique qui se propage à la célérité c_0 dans les tissus. Les temps d'arrivée respectifs au capteur sont :

t_1 = \frac{r_1}{c_0} \quad \text{et} \quad t_2 = \frac{r_2}{c_0}

Le décalage temporel entre les deux signaux enregistrés par le capteur vaut donc :

\Delta t = |t_1 - t_2| = \frac{|r_1 - r_2|}{c_0} = \frac{\Delta r}{c_0}

Pour que les deux signaux soient temporellement résolus (c'est-à-dire discernables sans recouvrement complet), l'intervalle \Delta t doit être au moins égal à la durée temporelle caractéristique de l'impulsion de pression générée, \tau_{\text{ac}}. D'après l'étude précédente et la figure 3, cette durée est directement imposée par la durée de l'impulsion laser \tau_p ou par la période ultrasonore T = 1/f \approx 10\text{ ns} (correspondant à \lambda = 15\text{ µ m}) :

\Delta r_{\min} = c_0 \tau_{\text{ac}} \sim c_0 \tau_p

Numériquement, avec c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \tau_p = 5\text{ ns} :

\Delta r_{\min} \approx 1500 \times 5 \times 10^{-9} \approx 7{,}5\text{ µ m}

Si l'on adopte comme critère la durée totale du signal biphasique de la figure 3 (T \approx 10\text{ ns}, soit une longueur d'onde acoustique \lambda = c_0 T = 15\text{ µ m}), on obtient :

\Delta r_{\min} \approx \lambda \approx 15\text{ µ m}
\boxed{\Delta r_{\min} \sim c_0 \tau_p \approx 7{,}5\text{ µ m} \quad (\text{ou } \lambda \approx 15\text{ µ m})}

Paramètre principal limitant : Le paramètre principal à l'origine de cette limite de résolution axiale est la durée de l'impulsion laser \tau_p (ou la largeur de bande acoustique / la longueur d'onde \lambda = c_0 \tau_p associée). Une impulsion optique plus brève génère un signal acoustique plus court et riche en hautes fréquences, améliorant ainsi la résolution axiale.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective où il fallait comprendre que la durée de montée en température dépendait de la durée d'impulsion laser.

« Très peu de bonnes réponses à cette question. Peu de candidat(e)s ont compris que le temps de montée en température de la nanoparticule était contrôlé par la durée de l'impulsion laser, τp,. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : onde acoustique, formation des images

Pourquoi ne peut-on pas reconstruire une image du milieu si on ne connaît que le signal temporel reçu sur le capteur précédent ?

Voir l'indice

Un unique capteur ponctuel ne mesure qu'un temps de vol, ce qui localise les sources sur une sphère centrée sur le capteur sans déterminer leur direction angulaire.

Voir la stratégie
  1. Relier l'information temporelle fournie par le capteur ponctuel à une grandeur spatiale (distance radiale).
  2. Mettre en évidence l'ambiguïté angulaire liée au caractère omnidirectionnel d'un capteur ponctuel.
  3. Conclure sur la nécessité d'une résolution spatiale transverse (détecteurs multiples, focalisation ou balayage) pour former une image à 2 ou 3 dimensions.
Voir la réponse courte

Un unique capteur ponctuel ne mesure qu'un temps de vol, ce qui localise la source sur une sphère sans information sur sa direction angulaire.

Voir le corrigé complet

Un capteur ponctuel placé à l'origine (0,0,0) enregistre un signal acoustique dont la date d'arrivée t est reliée à la distance r de la source par le temps de vol :

r = c_0 t

Ce temps de vol ne fournit donc qu'une unique information spatiale à une dimension : la distance radiale r.

Par conséquent :

  • Indétermination angulaire : le capteur étant ponctuel, il est isotrope (sensibilité identique dans toutes les directions). Une impulsion reçue à l'instant t peut provenir de n'importe quel point situé sur la demi-sphère de rayon r = c_0 t dans le demi-espace z > 0. On ne dispose d'aucune information sur la direction (\theta, \varphi) d'incidence de l'onde.
  • Superposition de sources : si plusieurs nanoparticules sont situées à la même distance r du capteur dans des directions différentes, leurs signaux arrivent simultanément et se superposent, rendant impossible leur séparation spatiale.

Pour reconstruire une image à deux ou trois dimensions, il est indispensable de lever cette dégénérescence spatiale en disposant d'une résolution transverse, obtenue par exemple par un capteur focalisé (question suivante), un réseau de transducteurs ou un balayage spatial du capteur.

Voir ce qu'a relevé le jury

Peu de candidats ont identifié qu'il s'agissait en pratique d'un problème de triangulation.

« Question relativement peu traitée. Peu de ceux(celles) ayant abordé cette question ont compris qu'il s'agissait en fait d'un problème de triangulation. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : critère de rayleigh, diffraction

On remplace le capteur ponctuel précédent par un capteur sous forme de disque de diamètre qui présente une concavité de manière à focaliser les ultrasons à la distance . Par analogie avec l'optique, déterminer le pouvoir de résolution de ce capteur concave à la fréquence principale émise par la nanoparticule ?

Voir l'indice

Appliquer par analogie avec une lentille convergente diffractante le critère de résolution latérale d'Airy : \delta x_{\min} \approx 1{,}22\,\lambda F / D.

Voir la stratégie
  1. Établir l'analogie avec un instrument d'optique convergent diaphragmé par une ouverture circulaire de diamètre D et de focale F.
  2. Exprimer la limite de résolution spatiale latérale à l'aide du critère de Rayleigh pour la tache de diffraction d'Airy.
  3. Effectuer l'application numérique avec la longueur d'onde acoustique \lambda = 15\text{ µ m} déterminée à la question Q17.
Voir la réponse courte

Analogie avec la tache de diffraction d'une pupille circulaire : résolution latérale donnée par \Delta x \approx 1{,}22 \lambda F / D \approx 55\,\mu\mathrm{m}.

Voir le corrigé complet

Par analogie avec un miroir sphérique convergent ou une lentille mince en optique, le capteur concave de diamètre d'ouverture D et de distance focale F concentre les ondes ultrasonores émises au foyer ou, réciproquement, diffracte avec un demi-angle au premier minimum donné par la relation d'Airy :

\theta_{\min} \simeq 1{,}22\,\frac{\lambda}{D}

D'après le critère de résolution de Rayleigh, deux sources ponctuelles situées dans le plan focal à distance F peuvent être distinguées si le centre de la tache de diffraction de l'une coïncide avec le premier zéro de diffraction de l'autre. Le pouvoir de résolution spatiale latérale (séparation transversale minimale résolue) \delta x_{\min} s'écrit alors :

\delta x_{\min} = F \tan\theta_{\min} \simeq 1{,}22\,\frac{\lambda F}{D}

D'après la question Q17, pour la fréquence principale f \simeq 100\text{ MHz}, la longueur d'onde ultrasonore vaut \lambda = 15\text{ µ m}. Avec D = 1\text{ cm} et F = 3\text{ cm} :

\begin{aligned} \delta x_{\min} &= 1{,}22 \times 15 \times 10^{-6} \times \frac{3 \times 10^{-2}}{10^{-2}} \\ &= 1{,}22 \times 45 \times 10^{-6}\text{ m} \simeq 55\text{ µ m} \end{aligned}
\boxed{\delta x_{\min} = 1{,}22\,\frac{\lambda F}{D} \simeq 55\text{ µ m}}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : retard temporel, onde acoustique

Dans la pratique, de manière à reconstruire une image complète on n'utilise pas un capteur concave mais un réseau de capteurs. Ceci permet de changer artificiellement la concavité du capteur en appliquant des délais différents sur chacun des éléments du réseau. Le réseau est unidimensionnel, aligné suivant , avec les éléments régulièrement espacés entre les points de coordonnées et . Par convention, on indicera les éléments par un indice variant de 1 à , l'élément étant situé au point . Exprimer le délai à appliquer au signal reçu par l'élément afin de synchroniser les signaux sur tous les capteurs lorsque chacun a reçu une impulsion acoustique issue de la nanoparticule placée en . Estimer la différence entre le plus long délai et le plus faible pour la nanoparticule précédente placée en .

Voir l'indice

Calculer la distance d_i = \sqrt{x_i^2 + F^2} séparant la source située en (0,0,F) de chaque élément x_i du réseau. Définir le retard \tau_i à appliquer à chaque voie pour ramener tous les signaux à la même phase que le capteur le plus éloigné.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les coordonnées spatiales de l'élément i du réseau et en déduire la distance d_i qui le sépare de la nanoparticule source située en (0, 0, F).
  2. Exprimer le temps de vol acoustique t_i associé, puis en déduire le retard \tau_i à appliquer au signal de chaque capteur afin de les sommer en phase (focalisation synthétique).
  3. Évaluer l'écart maximal de délai \Delta \tau entre les éléments du centre et des bords, par un calcul direct ou une approximation paraxiale (D \ll F).
Voir la réponse courte

Expression du délai géométrique \tau_i \approx x_i^2/(2Fc_0) pour compenser les différences de marche, écart maximal centre-bord \Delta \tau \approx 69\text{ ns}.

Voir le corrigé complet

Le réseau unidimensionnel comporte N capteurs régulièrement espacés selon l'axe (Ox) entre les abscisses -D/2 et +D/2. L'élément d'indice i \in \{1, \dots, N\} est donc localisé au point de coordonnées :

x_i = -\frac{D}{2} + (i-1)\frac{D}{N-1}, \quad y_i = 0, \quad z_i = 0

La nanoparticule source étant située en S(0, 0, F), la distance d_i entre la source et le capteur i s'écrit :

d_i = \sqrt{x_i^2 + F^2}

L'onde acoustique sphérique émise par la nanoparticule à un instant pris comme origine (t=0) atteint le capteur i à l'instant :

t_i = \frac{d_i}{c_0} = \frac{\sqrt{x_i^2 + F^2}}{c_0}

Le front d'onde atteint en premier le capteur central (x_i \approx 0) à l'instant minimal t_{\min} = \frac{F}{c_0}, et en dernier les capteurs situés aux extrémités (x = \pm D/2) à l'instant maximal :

t_{\max} = \frac{1}{c_0}\sqrt{\left(\frac{D}{2}\right)^2 + F^2}

Pour synchroniser causalement l'ensemble des signaux reçus (c'est-à-dire les aligner sur l'instant de réception le plus tardif t_{\max} par des lignes à retard positives), le délai \tau_i \ge 0 à appliquer au signal reçu par l'élément i est :

\boxed{\tau_i = t_{\max} - t_i = \frac{1}{c_0}\left(\sqrt{\frac{D^2}{4} + F^2} - \sqrt{x_i^2 + F^2}\right)}

Remarque : En traitement d'antenne numérique (« delay-and-sum »), on définit souvent le décalage temporel relatif par rapport au centre : \delta t_i = t_i - t_{\min} = \frac{\sqrt{x_i^2 + F^2} - F}{c_0}.

La différence entre le plus long délai (appliqué au centre où le signal arrive le plus tôt) et le plus faible délai (nul, aux extrémités x = \pm D/2) s'écrit :

\Delta \tau = \tau_{\max} - \tau_{\min} = \frac{\sqrt{F^2 + \frac{D^2}{4}} - F}{c_0}

Comme D = 1\text{ cm} \ll F = 3\text{ cm}, on peut effectuer un développement limité au premier ordre non nul en (D/2F)^2 :

\sqrt{F^2 + \frac{D^2}{4}} = F\sqrt{1 + \frac{D^2}{4F^2}} \simeq F\left(1 + \frac{D^2}{8F^2}\right) = F + \frac{D^2}{8F}

On obtient ainsi l'expression approchée :

\boxed{\Delta \tau \simeq \frac{D^2}{8 c_0 F}}

Application numérique : Avec D = 1{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}, F = 3{,}0 \times 10^{-2}\text{ m} et c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\begin{aligned} \Delta \tau_{\text{exact}} &= \frac{\sqrt{9{,}25 \times 10^{-4}} - 3{,}0 \times 10^{-2}}{1500} = \frac{(3{,}0414 - 3{,}0) \times 10^{-2}}{1500} \simeq 2{,}76 \times 10^{-7}\text{ s} \\ \Delta \tau_{\text{approx}} &= \frac{(1{,}0 \times 10^{-2})^2}{8 \times 1500 \times 3{,}0 \times 10^{-2}} = \frac{10^{-4}}{360} \simeq 2{,}78 \times 10^{-7}\text{ s} \end{aligned}

Soit :

\boxed{\Delta \tau \simeq 0{,}28\text{ µ s} = 280\text{ ns}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu traitée, pour laquelle le facteur 1,22 de la formule d'Airy n'était pas exigé.

« Question très peu traitée. Le facteur 1, 22 de la formule de Airy, non exigible au programme, n'a pas été pris en compte dans la notation de la question. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Partie IV : Mesure de la vitesse du sang

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, onde acoustique

En supposant que la nanoparticule d'or émet un signal photoacoustique de fréquence (dans son propre référentiel), déterminer l'expression de la fréquence perçue par la sonde en fonction des paramètres du problème. En déduire l'expression du décalage fréquentiel . On remarquera que : - la vitesse du son dans les tissus biologiques est assimilée à celle dans l'eau et qu'elle est beaucoup plus grande que la vitesse du sang dans un vaisseau sanguin ; - la distance entre la nanoparticule et la sonde, de l'ordre de 1 à , est beaucoup plus grande que la longueur d'onde de l'onde ultrasonore émise par la nanoparticule ; - la sonde est orientée d'un angle par rapport au vaisseau sanguin.

Voir l'indice

Appliquer la formule de l'effet Doppler pour une source mobile émettrice et un récepteur fixe en effectuant un développement limité au premier ordre en v/c_0 \ll 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intervalle de temps entre la réception de deux fronts d'onde consécutifs pour une source en mouvement à vitesse \vec{v} et un observateur fixe dans le milieu (effet Doppler acoustique classique à la source).
  2. Utiliser l'approximation v \ll c_0 imposée par l'énoncé pour linéariser l'expression de la fréquence perçue f'.
  3. Relier le produit scalaire de la vitesse et de la direction de visée à la vitesse scalaire v et à l'angle Doppler \alpha défini sur le schéma.
Voir la réponse courte

Bilan de phase ou décompte des fronts d'onde pour une source mobile à l'angle \alpha menant à \Delta f \approx f \frac{v}{c_0}\cos\alpha.

Voir le corrigé complet

Considérons le milieu de propagation (tissus assimilés à de l'eau) au repos dans le référentiel du laboratoire, dans lequel la sonde est également fixe. La nanoparticule se déplace avec le flux sanguin à la vitesse \vec{v} et se comporte comme une source ponctuelle émettant une onde acoustique de période propre T = \frac{1}{f}.

Notons \vec{u} le vecteur unitaire orienté de la nanoparticule (source) vers la sonde (récepteur).

  • À l'instant t_1 = 0, la nanoparticule est à la position \vec{r}_1, à une distance d_1 de la sonde. Le premier front d'onde est émis et parvient à la sonde à l'instant :

    t'_1 = \frac{d_1}{c_0}
  • À l'instant t_2 = T, la nanoparticule a avancé de \Delta\vec{r} = \vec{v}\,T et se trouve à la distance d_2 \approx d_1 - (\vec{v}\cdot\vec{u})\,T de la sonde (en assimilant les fronts d'onde à des ondes planes à l'échelle de la longueur d'onde car la distance est très grande devant \lambda). Le second front d'onde est émis et parvient à la sonde à l'instant :

    t'_2 = T + \frac{d_2}{c_0} \approx T + \frac{d_1}{c_0} - \frac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}\,T

La période acoustique T' mesurée par la sonde est donc :

T' = t'_2 - t'_1 = T\left(1 - \frac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}\right)

La fréquence reçue f' = \frac{1}{T'} s'écrit alors :

f' = \frac{f}{1 - \dfrac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}}

Puisque la vitesse du sang est très faible devant la célérité du son dans les tissus (v \ll c_0), un développement limité au premier ordre donne :

f' \simeq f\left(1 + \frac{\vec{v}\cdot\vec{u}}{c_0}\right)

D'après le schéma de l'énoncé, la nanoparticule s'éloigne de la sonde avec une vitesse \vec{v} faisant un angle \pi - \alpha avec la direction de visée \vec{u}, soit \vec{v}\cdot\vec{u} = -v\cos\alpha (où v = \|\vec{v}\|). On obtient :

\boxed{ f' = f\left(1 - \frac{v}{c_0}\cos\alpha\right) }

Le décalage fréquentiel \Delta f = f' - f s'en déduit immédiatement :

\boxed{ \Delta f = - f\,\frac{v}{c_0}\cos\alpha }

En valeur absolue, ou si l'écoulement s'effectue vers la sonde, on a :

|\Delta f| = f\,\frac{v}{c_0}\cos\alpha

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une démonstration de l'effet Doppler à l'ordre 1 était attendue, sans omettre la prise en compte de l'angle du problème.

« Beaucoup de copies n'ont pas tenu compte de l'angle α, pourtant indiqué explicitement sur le schéma de l'énoncé, et ont seulement considéré la situation α = 0. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet doppler, onde acoustique

On réalise une mesure expérimentale par photoacoustique sur un capillaire et sur l'aorte. On suppose connue la fréquence d'émission des nanoparticules : . La vitesse du son dans les tissus biologiques est assimilée à celle dans l'eau. L'angle de mesure utilisé est . Les décalages en fréquence mesurés sont les suivants : et . En déduire la vitesse du sang dans chacun des cas.

Voir l'indice

Utiliser l'expression |\Delta f| = f (v/c_0) \cos\alpha pour isoler et calculer numériquement v dans l'aorte et dans le capillaire.

Voir la stratégie

D'après la question Q24, le décalage fréquentiel Doppler lié à l'émission acoustique des nanoparticules entraînées à la vitesse v dans le sang est donné en valeur absolue par :

|\Delta f| = f\,\frac{v}{c_0}\cos\alpha

On isole la vitesse d'écoulement du sang v et on effectue l'application numérique pour chacun des deux vaisseaux.

Voir la réponse courte

Calcul des vitesses v = |\Delta f| c_0 / (f\cos\alpha) : v_{\mathrm{aorte}} \approx 0{,}48\text{ m.s}^{-1} et v_{\mathrm{cap}} \approx 0{,}3\text{ mm.s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

L'inversion de la relation du décalage Doppler conduit à :

v = \frac{|\Delta f|\,c_0}{f \cos\alpha}

Avec les données de l'énoncé :

  • c_0 = 1500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • f = 100\text{ MHz} = 1{,}00 \times 10^8\text{ Hz} ;
  • \alpha = 60^{\circ} \implies \cos\alpha = 0{,}50.

Le facteur de conversion est donc :

\frac{c_0}{f \cos\alpha} = \frac{1500}{1{,}00 \times 10^8 \times 0{,}50} = 3{,}00 \times 10^{-5}\text{ m}

1. Cas de l'aorte :

Pour |\Delta f_{\mathrm{aorte}}| = 16\text{ kHz} = 1{,}6 \times 10^4\text{ Hz}, on obtient :

v_{\mathrm{aorte}} = 1{,}6 \times 10^4 \times 3{,}00 \times 10^{-5} = 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 48\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1}}

2. Cas du capillaire :

Pour |\Delta f_{\mathrm{cap}}| = 10\text{ Hz}, on obtient :

v_{\mathrm{cap}} = 10 \times 3{,}00 \times 10^{-5} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v_{\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}30\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Gardez un regard critique sur le réalisme physique des ordres de grandeur obtenus pour la vitesse sanguine.

« Dans quelques copies, des valeurs totalement fantaisistes de la vitesse sanguine (des vitesses parfois de l'ordre de 102 ms−1 et plus) ont éte trouvées sans que cela n'interroge les candidat(e)s sur la validité de leur calcul. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique

Notions : nombre de reynolds, écoulement laminaire

Ces vaisseaux sanguins sont cylindriques de diamètre . On notera la masse volumique du sang, et sa viscosité. Définir et calculer le nombre de Reynolds dans le cas d'un écoulement dans l'aorte () puis dans un capillaire ().

Voir l'indice

Rappeler la définition du nombre de Reynolds Re = \rho v (2R)/\eta et calculer sa valeur numérique pour les deux vaisseaux avec les vitesses trouvées à la question précédente.

Voir la réponse courte

Définition Re = \rho v D/\eta, calcul donnant Re_{\mathrm{aorte}} \approx 4000 (régime turbulent) et Re_{\mathrm{cap}} \approx 2{,}4\times 10^{-3} (régime très laminaire).

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds Re est un nombre sans dimension qui quantifie le rapport entre les termes d'inertie (terme convectif \rho(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v}) et les termes de viscosité (\eta \Delta \vec{v}) dans l'équation de Navier-Stokes. Pour un écoulement au sein d'une conduite cylindrique de diamètre D = 2R à la vitesse caractéristique v, il est défini par :

Re = \frac{\rho v D}{\eta} = \frac{2\rho v R}{\eta}

1. Écoulement dans l'aorte : Avec les valeurs numériques du problème :

  • R_{\mathrm{aorte}} \approx 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m}, soit D_{\mathrm{aorte}} = 2\times 10^{-2}\text{ m} ;
  • v_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q25) ;
  • \rho = 1200\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \eta = 3\times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}.
\begin{aligned} Re_{\mathrm{aorte}} &= \frac{1200 \times 0{,}48 \times (2\times 10^{-2})}{3\times 10^{-3}} \\ &= 4\times 10^5 \times 9{,}6\times 10^{-3} = 3840 \approx 3{,}8 \times 10^3 \end{aligned}
\boxed{Re_{\mathrm{aorte}} \approx 3{,}8 \times 10^3}

2. Écoulement dans un capillaire : Avec :

  • R_{\mathrm{cap}} \approx 10\text{ }\mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m}, soit D_{\mathrm{cap}} = 2\times 10^{-5}\text{ m} ;
  • v_{\mathrm{cap}} = 3{,}0\times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q25).
\begin{aligned} Re_{\mathrm{cap}} &= \frac{1200 \times (3{,}0\times 10^{-4}) \times (2\times 10^{-5})}{3\times 10^{-3}} \\ &= 4\times 10^5 \times 6{,}0\times 10^{-9} = 2{,}4 \times 10^{-3} \end{aligned}
\boxed{Re_{\mathrm{cap}} \approx 2{,}4 \times 10^{-3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les erreurs dans les applications numériques provenaient souvent des vitesses calculées à la question précédente.

« Les applications numériques sont en revanche souvent fausses du fait que pour mener le calcul il fallait utiliser les valeurs des vitesses sanguines, obtenues à la question 25. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de navier-stokes, écoulement de poiseuille

On s'intéresse maintenant à l'écoulement du sang dans le cas du capillaire considéré comme ayant une section constante, de rayon et de longueur (avec ). Le sang y est considéré comme un fluide incompressible. Son écoulement est considéré comme stationnaire et irrotationnel selon l'axe du capillaire. Enfin on néglige les forces de gravité. On note le champ de vitesse et le champ de pression en coordonnées cylindriques. En justifiant le raisonnement, montrer que le champ de pression est uniforme dans toute section droite du cylindre, puis donner son expression en fonction des pressions d'entrée et de sortie respectivement en et en . Indication : Après avoir exploité les symétries et les propriétés de l'écoulement mentionnées plus haut, vous pouvez soit écrire l'équation de Navier-Stokes en coordonnées cylindriques, soit faire un bilan des forces agissant sur un volume du fluide judicieusement choisi.

Voir l'indice

Projeter l'équation de Navier-Stokes sur les axes radial et orthoradial en exploitant les invariances et l'hypothèse d'écoulement unidirectionnel \vec{v} = v_z(r)\vec{u}_z.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les invariances, les conditions aux limites et l'incompressibilité du fluide pour simplifier la forme du champ des vitesses \vec{v}(r,\theta,z).
  2. Projeter l'équation de Navier-Stokes selon les axes radial et orthoradial pour en déduire l'indépendance de la pression par rapport à r et \theta.
  3. Séparer les variables dans la projection axiale pour montrer que le gradient de pression est constant, puis intégrer avec les conditions aux limites en z=0 et z=L.
Voir la réponse courte

Projection de Navier-Stokes montrant l'invariance radiale de la pression, puis décroissance axiale linéaire P(z) = P_e - \frac{P_e - P_s}{L}z.

Voir le corrigé complet

1. Forme du champ de vitesse

  • Invariances et symétries : La géométrie du capillaire présente une symétrie de révolution autour de l'axe (Oz). En régime permanent, tous les champs sont indépendants de \theta et du temps t.
  • Direction de l'écoulement : L'écoulement est supposé irrotationnel selon (Oz), soit (\vec{\operatorname{rot}}\vec{v})_z = \frac{1}{r}\frac{\partial(r v_\theta)}{\partial r} = 0, ce qui implique r v_\theta = \text{cste} = 0 (pour éviter une divergence en r=0), d'où v_\theta = 0. De plus, le capillaire étant de longueur L \gg R et ses parois étant imperméables (v_r(R) = 0), l'écoulement est établi et rectiligne le long de la conduite : v_r = 0. Le champ de vitesse est donc purement axial :

    \vec{v} = v_z(r,z)\,\vec{u}_z
  • Incompressibilité : La conservation de la masse pour un fluide incompressible s'écrit \operatorname{div}\vec{v} = 0. D'après l'expression de la divergence en coordonnées cylindriques :

    \operatorname{div}\vec{v} = \frac{\partial v_z}{\partial z} = 0 \implies v_z = v_z(r)

    Le champ de vitesse se réduit ainsi à \vec{v}(r) = v_z(r)\,\vec{u}_z.

2. Équation de Navier-Stokes et uniformité de la pression dans une section droite

Le terme d'accélération convective s'annule identiquement :

(\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} = v_z(r)\frac{\partial v_z}{\partial z}\,\vec{u}_z = \vec{0}

En négligeant la pesanteur (\vec{f}_{\text{ext}} = \vec{0}) et en régime stationnaire (\partial \vec{v}/\partial t = \vec{0}), l'équation de Navier-Stokes fournie dans le formulaire se réduit à :

\vec{0} = -\vec{\operatorname{grad}}P + \eta \Delta \vec{v}

D'après le formulaire, pour \vec{v} = v_z(r)\,\vec{u}_z, le Laplacien vectoriel est purement axial :

\Delta \vec{v} = \frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right)\vec{u}_z

La projection de l'équation de Navier-Stokes sur les trois axes cylindriques donne :

\begin{aligned} \text{sur }\vec{u}_r &: -\frac{\partial P}{\partial r} = 0 \\ \text{sur }\vec{u}_\theta &: -\frac{1}{r}\frac{\partial P}{\partial \theta} = 0 \\ \text{sur }\vec{u}_z &: -\frac{\partial P}{\partial z} + \eta\,\frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right) = 0 \end{aligned}

Les deux premières équations montrent que la pression ne dépend ni de r ni de \theta :

P(r,\theta,z) = P(z)

Le champ de pression est donc rigoureusement uniforme dans toute section droite (z = \text{cste}) du capillaire.

3. Profil axial de pression

La projection axiale s'écrit :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \eta\,\frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right)

Le membre de gauche ne dépend que de z tandis que le membre de droite ne dépend que de r. Ils sont donc nécessairement égaux à une même constante :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \text{cste}

La pression varie donc de manière affine avec l'abscisse z :

P(z) = P_e + \frac{P_s - P_e}{L}\,z
\boxed{P(z) = P_e - \frac{P_e - P_s}{L}\,z}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Seuls quelques candidats ont su démontrer rigoureusement que l'écoulement était purement longitudinal.

« Notons cependant que seul(e)s quelques candidat(e)s parviennent à démontrer rigoureusement (en utilisant les symétries du problème, la condition d'incompressibilité du uide et le caractère irrotationnel de lécoulement) que la vitesse ne possède qu'une composante suivant l'axe z. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : écoulement de poiseuille, profil des vitesses

Établir l'expression du champ de vitesse au point de coordonnées dans le vaisseau sanguin. Puis calculer , la vitesse moyenne du fluide dans le vaisseau sanguin.

Voir l'indice

Projeter Navier-Stokes sur l'axe \vec{u}_z, intégrer deux fois par rapport à r en imposant une vitesse finie sur l'axe et une vitesse nulle à la paroi (r=R). Calculer la vitesse moyenne par intégration sur la section.

Voir la stratégie
  1. Projeter l'équation de Navier-Stokes sur l'axe (\mathrm{O}z) en exploitant la forme unidirectionnelle du champ de vitesse établie à la question précédente.
  2. Intégrer l'équation différentielle en utilisant la condition de régularité sur l'axe (r=0) et la condition d'adhérence à la paroi (r=R).
  3. En déduire la vitesse moyenne \bar{v} par intégration du profil parabolique sur une section droite du vaisseau.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle selon (Oz) avec non-glissement à la paroi : profil parabolique de Poiseuille et vitesse moyenne \bar{v} = v_{\max}/2.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q27, l'écoulement est stationnaire, à lignes de courant parallèles à l'axe, de la forme :

\vec{v}(r,\theta,z) = v_z(r)\,\vec{u}_z

Le terme convectif d'accélération est identiquement nul :

(\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} = v_z(r)\frac{\partial}{\partial z}\bigl(v_z(r)\vec{u}_z\bigr) = \vec{0}

En projetant l'équation de Navier-Stokes sur \vec{u}_z, en l'absence de forces volumiques extérieures et en utilisant l'expression du Laplacien vectoriel fournie par le formulaire :

0 = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} + \frac{\eta}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right)

En posant la perte de charge \Delta P = P_e - P_s, le gradient axial de pression vaut \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\frac{\Delta P}{L}. L'équation s'écrit alors :

\frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r}\right) = -\frac{\Delta P}{\eta L}

Une première intégration par rapport à r donne :

r\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r} = -\frac{\Delta P}{2\eta L}\,r^2 + C_1

Pour que le cisaillement visqueux (et la vitesse) reste fini sur l'axe du cylindre en r = 0, la constante d'intégration doit être nulle : C_1 = 0. Il vient :

\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}r} = -\frac{\Delta P}{2\eta L}\,r

Une seconde intégration conduit à :

v_z(r) = -\frac{\Delta P}{4\eta L}\,r^2 + C_2

La condition d'adhérence du fluide visqueux à la paroi fixe en r = R impose v_z(R) = 0, soit C_2 = \frac{\Delta P R^2}{4\eta L}. On obtient ainsi le profil de Poiseuille :

\boxed{\vec{v}(M) = \frac{P_e - P_s}{4\eta L}(R^2 - r^2)\,\vec{u}_z}

La vitesse moyenne \bar{v} du fluide à travers la section droite S = \pi R^2 est définie par :

\bar{v} = \frac{1}{\pi R^2}\iint_S v_z(r)\,\mathrm{d}S = \frac{1}{\pi R^2}\int_0^R v_z(r)\,2\pi r\,\mathrm{d}r

Soit :

\begin{aligned} \bar{v} &= \frac{2}{R^2} \frac{\Delta P}{4\eta L}\int_0^R (R^2 r - r^3)\,\mathrm{d}r \\ &= \frac{\Delta P}{2\eta L R^2} \left[ \frac{R^2 r^2}{2} - \frac{r^4}{4} \right]_0^R \\ &= \frac{\Delta P}{2\eta L R^2} \frac{R^4}{4} \end{aligned}

On en déduit :

\boxed{\bar{v} = \frac{P_e - P_s}{8\eta L}R^2 = \frac{v_{\max}}{2}}

avec v_{\max} = v_z(0) = \frac{(P_e - P_s)R^2}{4\eta L}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le débit volumique s'obtient en intégrant la vitesse sur la surface élémentaire 2πrdr et non sur dr.

« De manière très surprenante et décevante, le calcul du débit volumique et donc de la vitesse moyenne a été très mal mené dans l'immense majorité des copies, les candidat(e)s n'ayant pas sommé la vitesse v(r) sur l'élément de surface 2πrdr mais uniquement sur dr. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : écoulement de poiseuille, perte de charge

De manière générale, pour un écoulement dans une conduite, on définit le facteur de friction de Darcy-Weisbach, . Montrer que pour un écoulement laminaire, ce facteur de friction a pour expression : où est le nombre de Reynolds. En déduire la valeur de ce facteur pour un écoulement sanguin dans un capillaire. Calculer également la perte de charge dans un capillaire long de .

Voir l'indice

Exprimer \Delta P en fonction de \bar{v} d'après le profil de Poiseuille, puis injecter cette relation dans la formule de définition du coefficient \xi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la perte de charge \Delta P = P_e - P_s en fonction de la vitesse moyenne \bar{v} et du diamètre D = 2R à partir de la relation établie à la question Q28.
  2. Injecter cette expression dans la définition du coefficient de Darcy-Weisbach \xi et faire apparaître le nombre de Reynolds Re = \frac{\rho \bar{v} D}{\eta}.
  3. Effectuer les applications numériques pour le capillaire à l'aide des valeurs de Re_{\mathrm{cap}} (question Q26) et de \bar{v}_{\mathrm{cap}} (question Q25).
Voir la réponse courte

Remplacement de \Delta P de Poiseuille dans l'expression de \xi pour trouver \xi = 64/Re, puis calcul de \Delta P_{\mathrm{cap}} \approx 240\text{ Pa}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q28, la vitesse moyenne de l'écoulement laminaire de Poiseuille dans une conduite cylindrique de rayon R = D/2 et de longueur L s'écrit :

\bar{v} = \frac{P_e - P_s}{8\eta L} R^2 = \frac{\Delta P}{8\eta L}\left(\frac{D}{2}\right)^2 = \frac{\Delta P \, D^2}{32 \eta L}

où \Delta P = P_e - P_s désigne la perte de charge le long de la conduite. On en déduit l'expression de la perte de charge :

\Delta P = \frac{32\eta L \bar{v}}{D^2}

En introduisant cette relation dans la définition du facteur de friction de Darcy-Weisbach :

\begin{aligned} \xi &= \frac{2D}{\rho \bar{v}^{2}L}\,\Delta P \\ &= \frac{2D}{\rho \bar{v}^{2}L}\left(\frac{32\eta L \bar{v}}{D^2}\right) \\ &= \frac{64\eta}{\rho \bar{v} D} \end{aligned}

Le nombre de Reynolds associé au diamètre D étant Re = \frac{\rho \bar{v} D}{\eta} (défini à la question Q26), on obtient bien :

\boxed{\xi = \frac{64}{Re}}

Application au capillaire : D'après la question Q26, Re_{\mathrm{cap}} \simeq 2{,}4 \times 10^{-3}. On a donc :

\xi_{\mathrm{cap}} = \frac{64}{2{,}4 \times 10^{-3}} \simeq 2{,}67 \times 10^4
\boxed{\xi_{\mathrm{cap}} \simeq 2{,}7 \times 10^4}

La perte de charge dans un capillaire de longueur L = 1\text{ cm} = 1{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}, avec R_{\mathrm{cap}} = 10\ \mu\text{m} = 1{,}0 \times 10^{-5}\text{ m}, \eta = 3{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} et \bar{v}_{\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, vaut :

\begin{aligned} \Delta P_{\mathrm{cap}} &= \frac{8\eta L \bar{v}_{\mathrm{cap}}}{R_{\mathrm{cap}}^2} \\ &= \frac{8 \times (3{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}) \times (1{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}) \times (3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1})}{(1{,}0 \times 10^{-5}\text{ m})^2} \\ &= \frac{7{,}2 \times 10^{-8}}{1{,}0 \times 10^{-10}}\text{ Pa} = 720\text{ Pa} \end{aligned}
\boxed{\Delta P_{\mathrm{cap}} = 7{,}2 \times 10^2\text{ Pa}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'énoncé comportait une erreur d'homogénéité sur le facteur de friction qu'il convenait de repérer et corriger.

« Notons que l'expression de ξ, le facteur de friction de Darcy- Weisbach, donnée par l'énoncé n'était pas homogène du fait de l'omission du terme ∆P probablement due à une erreur typographique ou d'impression. »

« Quelques excellent(e)s candidat(e)s, faisant preuve d'esprit critique et d'une bonne maturité scienti que, se sont rendu(e)s compte de cette erreur d'homogénéité et l'on corrigée d'eux(elles)-même. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : diagramme de moody, perte de charge

Le diagramme de Moody (figure 4) représente le facteur de friction de Darcy-Weisbach en fonction du nombre de Reynolds et de la rugosité relative pour une conduite de section circulaire. On retrouve sur ce diagramme la relation pour les écoulements laminaires : . Ce diagramme permet notamment de calculer les pertes de charge au sein d'une conduite. En effectuant une hypothèse à préciser, déterminer à partir du diagramme le coefficient de friction dans le cas de l'aorte. En déduire la perte de charge en sachant que l'aorte mesure environ .

Voir l'indice

Préciser l'état de surface de l'aorte (paroi biologiquement lisse, courbe inférieure du diagramme de Moody) et lire la valeur de \xi à l'abscisse Re_{\mathrm{aorte}} avant d'en déduire \Delta P.

Voir la stratégie
  1. Formuler l'hypothèse physique sur la paroi interne de l'aorte (paroi saine tapissée d'endothélium, assimilable à un tube lisse).
  2. Lire la valeur du facteur de friction \xi sur le diagramme de Moody pour le nombre de Reynolds calculé en Q26 (Re_{\mathrm{aorte}} \approx 3{,}8 \times 10^3).
  3. Appliquer la relation de Darcy-Weisbach pour déterminer la perte de charge \Delta P_{\mathrm{aorte}}.
Voir la réponse courte

Hypothèse d'une conduite lisse, lecture de \xi \approx 0{,}04 à Re = 4000 sur le diagramme de Moody et déduction de \Delta P_{\mathrm{aorte}} \approx 4\text{ Pa}.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèse sur la nature de la conduite :

L'aorte est un vaisseau sanguin dont la paroi interne (l'endothélium vasculaire) est extrêmement lisse afin de limiter le cisaillement et l'adhésion plaquettaire. On fait donc l'hypothèse d'une conduite hydrauliquement lisse (rugosité relative négligeable : \varepsilon / D \approx 0, courbe « Tuyau lisse » sur le diagramme de Moody). De plus, on suppose l'écoulement moyenné et permanent, bien que le flux artériel réel soit pulsatile.

2. Détermination du facteur de friction :

D'après la question Q26, le nombre de Reynolds dans l'aorte vaut :

Re_{\mathrm{aorte}} \approx 3{,}8 \times 10^3

Ce nombre de Reynolds correspond à la zone de transition ou au tout début du régime turbulent. En suivant l'abscisse Re \approx 3{,}8 \times 10^3 \approx 4 \times 10^3 jusqu'à la courbe inférieure correspondant au tuyau lisse, on lit sur l'axe des ordonnées :

\xi_{\mathrm{aorte}} \approx 0{,}040

Remarque : La formule empirique de Blasius pour les tubes lisses en régime turbulent modéré donne en cohérence :

\xi = \frac{0{,}3164}{Re^{1/4}} \simeq \frac{0{,}3164}{(3{,}8 \times 10^3)^{1/4}} \simeq 0{,}040

3. Calcul de la perte de charge dans l'aorte :

D'après la définition du coefficient de Darcy-Weisbach rappelée dans l'énoncé et sur la figure 4 :

\Delta P_{\mathrm{aorte}} = \xi_{\mathrm{aorte}} \, \frac{L_{\mathrm{aorte}}}{D_{\mathrm{aorte}}} \, \frac{\rho \, v_{\mathrm{aorte}}^2}{2}

Avec les données numériques suivantes :

  • L_{\mathrm{aorte}} = 15\text{ cm} = 0{,}15\text{ m},
  • D_{\mathrm{aorte}} = 2 R_{\mathrm{aorte}} = 2\text{ cm} = 0{,}02\text{ m}, d'où \dfrac{L_{\mathrm{aorte}}}{D_{\mathrm{aorte}}} = \frac{0{,}15}{0{,}02} = 7{,}5,
  • \rho = 1200\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},
  • v_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après Q25).

L'énergie cinétique par unité de volume s'élève à :

\frac{1}{2}\rho \, v_{\mathrm{aorte}}^2 = \frac{1}{2} \times 1200 \times (0{,}48)^2 \simeq 138\text{ Pa}

On en déduit la perte de charge :

\Delta P_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}040 \times 7{,}5 \times 138 \simeq 41\text{ Pa}
\boxed{\xi_{\mathrm{aorte}} \approx 0{,}040 \quad \text{et} \quad \Delta P_{\mathrm{aorte}} \simeq 41\text{ Pa}}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : résistance hydraulique, débit volumique

On définit la résistance à l'écoulement en régime stationnaire par la relation suivante : où est le débit volumique et la perte de charge. Estimer la résistance à l'écoulement d'un capillaire et celle de l'aorte . Si l'on simplifie la structure sanguine du corps humain, on peut considérer que l'ensemble des vaisseaux est composé de l'aorte qui doit alimenter un réseau de capillaires en parallèle. Combien faut-il alors de capillaires pour que la résistance à l'écoulement de l'ensemble des capillaires soit égale à celle de l'aorte ?

Voir l'indice

Calculer D_V = \bar{v} \pi R^2 pour déterminer les résistances hydrauliques individuelles, puis appliquer la loi d'association en parallèle pour N canaux identiques : \mathcal{R}_{\mathrm{eq}} = \mathcal{R}_{\mathrm{cap}}/N.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit volumique D_V = \bar{v}\,\pi R^2 pour le capillaire et pour l'aorte à partir des vitesses obtenues à la question Q25.
  2. Calculer les résistances hydrauliques individuelles \mathcal{R}_{\mathrm{cap}} et \mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} à l'aide des pertes de charge \Delta P déterminées aux questions Q29 et Q30.
  3. Utiliser l'analogie électrocinétique (loi d'Ohm hydraulique et association en parallèle de N résistances identiques) pour déterminer le nombre N de capillaires requis.
Voir la réponse courte

Calcul des résistances hydrauliques individuelles puis association en parallèle \mathcal{R}_{\mathrm{cap}}/N = \mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} menant à N \sim 10^9 capillaires.

Voir le corrigé complet

Le débit volumique dans une conduite cylindrique de section droite S = \pi R^2 traversée à la vitesse moyenne \bar{v} s'écrit :

D_V = \bar{v} \pi R^2

1. Résistance à l'écoulement d'un capillaire Pour le capillaire sanguin, avec R_{\mathrm{cap}} \approx 10\,\mu\text{m} = 10^{-5}\text{ m} et \bar{v}_{\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q25) :

D_{V,\mathrm{cap}} = 3{,}0 \times 10^{-4} \times \pi \times (10^{-5})^2 \simeq 9{,}4 \times 10^{-14}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}

La perte de charge sur une longueur L_{\mathrm{cap}} = 1\text{ cm} vaut \Delta P_{\mathrm{cap}} \simeq 7{,}2 \times 10^2\text{ Pa} (question Q29). La résistance hydraulique d'un capillaire est donc :

\mathcal{R}_{\mathrm{cap}} = \frac{\Delta P_{\mathrm{cap}}}{D_{V,\mathrm{cap}}} = \frac{7{,}2 \times 10^2}{9{,}4 \times 10^{-14}}
\boxed{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}} \simeq 7{,}6 \times 10^{15}\text{ Pa}\cdot\text{s}\cdot\text{m}^{-3}}

2. Résistance à l'écoulement de l'aorte Pour l'aorte, avec R_{\mathrm{aorte}} \approx 1\text{ cm} = 10^{-2}\text{ m} et \bar{v}_{\mathrm{aorte}} \simeq 0{,}48\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (question Q25) :

D_{V,\mathrm{aorte}} = 0{,}48 \times \pi \times (10^{-2})^2 \simeq 1{,}5 \times 10^{-4}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}

(ce qui correspond à un débit sanguin d'environ 9\text{ L}\cdot\text{min}^{-1}, tout à fait cohérent avec la physiologie cardiovasculaire). Avec la perte de charge sur L_{\mathrm{aorte}} = 15\text{ cm}, \Delta P_{\mathrm{aorte}} \simeq 41\text{ Pa} (question Q30), on en déduit :

\mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} = \frac{\Delta P_{\mathrm{aorte}}}{D_{V,\mathrm{aorte}}} = \frac{41}{1{,}5 \times 10^{-4}}
\boxed{\mathcal{R}_{\mathrm{aorte}} \simeq 2{,}7 \times 10^5\text{ Pa}\cdot\text{s}\cdot\text{m}^{-3}}

3. Nombre de capillaires en parallèle Pour un réseau constitué de N capillaires identiques montés en parallèle, chaque capillaire est soumis à la même différence de pression \Delta P. Le débit total traversant le réseau est la somme des débits individuels :

D_{V,\mathrm{tot}} = N\, D_{V,\mathrm{cap}} = N\,\frac{\Delta P}{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}}} = \frac{\Delta P}{\mathcal{R}_{\mathrm{eq}}}

La résistance hydraulique équivalente du réseau de capillaires vaut donc, par analogie directe avec les résistances électriques en parallèle :

\mathcal{R}_{\mathrm{eq}} = \frac{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}}}{N}

On souhaite que \mathcal{R}_{\mathrm{eq}} = \mathcal{R}_{\mathrm{aorte}}, ce qui conduit à :

N = \frac{\mathcal{R}_{\mathrm{cap}}}{\mathcal{R}_{\mathrm{aorte}}}

Numériquement :

N = \frac{7{,}6 \times 10^{15}}{2{,}7 \times 10^5} \simeq 2{,}8 \times 10^{10}
\boxed{N \approx 3 \times 10^{10}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective nécessitant l'expression correcte du débit volumique établie à la question 28.

« Question très peu abordée et discriminante dans la mesure où pour y répondre il fallait avoir obtenu préalablement, à la question 28, l'expression analytique correcte du débit volumique. »

Source : rapport du jury Polytechnique 2021

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