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Corrigé détaillé Mines Physique 2 PSI 2021

Vélocimétrie laser Doppler

Ce sujet très riche et formateur s'intéresse à la vélocimétrie laser Doppler, une méthode de mesure non intrusive largement employée en mécanique des fluides expérimentale. Il balaie un spectre très vaste du programme de PSI en reliant l'optique ondulatoire et géométrique, la dynamique des fluides visqueux, l'acoustique linéaire guidée, l'électrocinétique non linéaire et la dynamique du point matériel.

Le problème est particulièrement représentatif de l'esprit du concours Mines-Ponts : rigueur conceptuelle, modélisation physique fine d'effets réels (dispersion, temps de réponse d'un capteur, fidélité d'un traceur) et exploitation de données expérimentales. C'est une excellente épreuve de synthèse pour réviser simultanément l'effet Doppler, les régimes d'écoulement visqueux, les guides d'ondes et la réponse dynamique d'un système asservi ou saturé.

En bref sur ce sujet

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,14/20)
Temps estimé
≈ 3 h 15 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

7 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 5 questions sur 32, partie I.B.1.

Où gagner des points

Rapides et accessibles (15) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Q14 et Q17 : Les parties I, II et III sont indépendantes. Un blocage sur l'optique de la partie I ne bloque pas l'étude de l'écoulement de Poiseuille en partie II, ni l'acoustique et l'électronique en partie III.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Principe de la vélocimétrie laser

I.A · Montage à 1 faisceau

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : effet doppler, onde progressive

En faisant apparaître , exprimer la distance parcourue par l'onde pendant en fonction de la distance parcourue par la particule et de . En déduire la relation

Voir l'indice

Effectuer un bilan de propagation sur la durée \Delta t : pendant que le front d'onde avance de c_0\Delta t, la particule s'est déplacée d'une distance projetée (\vec{V}\cdot\widehat{u}_e)\Delta t.

Voir la stratégie
  1. Projeter le mouvement de la particule et la propagation de l'onde selon l'axe orienté par le vecteur unitaire \widehat{u}_e.
  2. Exprimer la condition géométrique de coïncidence entre la particule P et le second front d'onde \Pi_2 à l'instant t + \Delta t.
  3. Exprimer \Delta t = 1/f_p et introduire la relation fondamentale c_0 = \lambda_e f_e pour conclure.
Voir la réponse courte

Bilan de distance parcourue par les fronts d'onde tenant compte du déplacement de la particule réceptrice.

Voir le corrigé complet

À l'instant t, la particule P coïncide avec le front d'onde \Pi_1. Le front d'onde immédiatement consécutif \Pi_2, situé en arrière, se trouve à une distance spatiale égale à la longueur d'onde \lambda_e :

x_{\Pi_1}(t) - x_{\Pi_2}(t) = \lambda_e

où x désigne l'abscisse selon l'axe orienté par \widehat{u}_e.

Entre les instants t et t' = t + \Delta t, l'onde se propage à la célérité c_0 dans la direction \widehat{u}_e. La distance parcourue par le front d'onde \Pi_2 pendant cette durée vaut :

d_{\text{onde}} = c_0 \Delta t

Pendant cette même durée \Delta t, le déplacement algébrique de la particule P selon l'axe de propagation \widehat{u}_e s'écrit :

\Delta x_P = (\vec{V} \cdot \widehat{u}_e) \, \Delta t

À l'instant t', la particule P est atteinte par le front d'onde \Pi_2 devenu \Pi'_2. Pour rattraper la particule, le front d'onde \Pi_2 doit parcourir la distance initiale \lambda_e augmentée du déplacement de la particule selon la direction de propagation :

\boxed{d_{\text{onde}} = \lambda_e + (\vec{V} \cdot \widehat{u}_e) \, \Delta t}

En explicitant d_{\text{onde}} = c_0 \Delta t, il vient :

\begin{aligned} c_0 \Delta t &= \lambda_e + (\vec{V} \cdot \widehat{u}_e) \, \Delta t \\ \Delta t \left(c_0 - \vec{V} \cdot \widehat{u}_e\right) &= \lambda_e \end{aligned}

Par définition, la fréquence f_p perçue par la particule est l'inverse de la période temporelle apparente \Delta t = 1/f_p, d'où :

\begin{aligned} f_p &= \frac{1}{\Delta t} = \frac{c_0 - \vec{V} \cdot \widehat{u}_e}{\lambda_e} \\ &= \frac{c_0}{\lambda_e} \left(1 - \frac{\widehat{u}_e \cdot \vec{V}}{c_0}\right) \end{aligned}

Puisque la fréquence de l'onde émise est reliée à sa longueur d'onde par f_e = c_0/\lambda_e, on obtient finalement :

\boxed{f_p = f_e \left(1 - \frac{\widehat{u}_e \cdot \vec{V}}{c_0}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une démonstration rigoureuse s'appuyant sur le schéma fourni était exigée pour obtenir les points.

« La démonstration demandée nécessitait l’utilisation du schéma fourni. Lorsqu’un résultat est donné, il est important que le candidat en donne une démonstration rigoureuse, car l’obtention du résultat ne peut mener, seul, à l’obtention des points de la question. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet doppler, onde progressive

Dans le référentiel lié à la particule et en translation par rapport à , la particule émettrice de lumière est fixe et le récepteur mobile. En le justifiant, adapter le résultat de la question précédente afin de relier et .

Voir l'indice

Dans le référentiel lié à la particule, celle-ci diffuse à la fréquence f_p. Appliquer la relation Doppler réciproque pour un récepteur en mouvement relatif à la vitesse -\vec{V}.

Voir la stratégie

Dans le référentiel \mathscr{R}' lié à la particule en translation à la vitesse \vec{V} par rapport au référentiel \mathscr{R} du laboratoire :

  1. Identifier le nouvel émetteur (la particule fixe dans \mathscr{R}') et le nouveau récepteur (le photorécepteur mobile dans \mathscr{R}').
  2. Déterminer la vitesse du récepteur dans \mathscr{R}' ainsi que la direction de propagation de l'onde diffusée.
  3. Transposer directement la relation obtenue à la question précédente en substituant les grandeurs correspondantes.
Voir la réponse courte

Par analogie ou changement de repère avec récepteur en mouvement, on relie f_d à f_p selon la direction \widehat{u}_d.

Voir le corrigé complet

Plaçons-nous dans le référentiel \mathscr{R}' lié à la particule, animé d'une vitesse de translation \vec{V} par rapport à \mathscr{R} :

  • La particule P y est fixe et constitue la source de lumière diffusée à la fréquence f_p ;
  • La lumière se propage dans \mathscr{R}' à la célérité c_0 selon le vecteur unitaire \widehat{u}_d en direction du photorécepteur ;
  • Le photorécepteur, fixe dans le référentiel \mathscr{R}, est en mouvement à la vitesse \vec{V}_{\text{réc}/\mathscr{R}'} = -\vec{V} dans le référentiel \mathscr{R}'.

La situation physique est strictement analogue à celle de la question 1, où un récepteur se déplaçait à une vitesse donnée dans le référentiel d'un émetteur fixe. Il suffit donc d'adapter la relation établie à la question 1 :

f_{\text{reçue}} = f_{\text{émise}}\left(1 - \frac{\widehat{u}_{\text{prop}} \cdot \vec{V}_{\text{récepteur}}}{c_0}\right)

en effectuant les correspondances suivantes :

  • f_{\text{émise}} \longrightarrow f_p ;
  • f_{\text{reçue}} \longrightarrow f_d ;
  • \widehat{u}_{\text{prop}} \longrightarrow \widehat{u}_d ;
  • \vec{V}_{\text{récepteur}} \longrightarrow -\vec{V}.

On en déduit immédiatement :

\begin{aligned} f_d &= f_p \left(1 - \frac{\widehat{u}_d \cdot (-\vec{V})}{c_0}\right) \end{aligned}

soit :

\boxed{f_d = f_p \left(1 + \frac{\widehat{u}_d \cdot \vec{V}}{c_0}\right)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait impérativement justifier la réponse comme demandé par l'énoncé.

« De nombreux candidats ont énoncé la réponse correcte sans la justifier, contrairement à ce qui était demandé dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : effet doppler, ordre de grandeur

Pour une vitesse de l'ordre de , en déduire que :

Pour un laser à argon, que penser de l'écart relatif en fréquence, entre OPPM émise et reçue au niveau du photorécepteur ? On s'appuiera sur une analyse numérique.

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre en \|\vec{V}\|/c_0 \ll 1 du produit des deux termes Doppler obtenus aux questions précédentes.

Voir la stratégie
  1. Combiner les relations Doppler obtenues aux questions précédentes pour exprimer f_d en fonction de f_e.
  2. Effectuer un développement limité au premier ordre en \|\vec{V}\|/c_0 \ll 1 et introduire la longueur d'onde \lambda_e = c_0/f_e.
  3. Évaluer numériquement l'écart relatif |\Delta f|/f_e et commenter la faisabilité d'une mesure directe en fréquence optique.
Voir la réponse courte

Développement limité au premier ordre en V/c_0 \ll 1 et calcul numérique de l'écart relatif minime \Delta f/f \sim 10^{-9}.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes, la particule perçoit la fréquence (question Q1) :

f_p = f_e \left(1 - \frac{\widehat{u}_e \cdot \vec{V}}{c_0}\right)

puis la diffuse vers le photorécepteur qui reçoit la fréquence (question Q2) :

f_d \simeq f_p \left(1 + \frac{\widehat{u}_d \cdot \vec{V}}{c_0}\right)

En injectant l'expression de f_p dans celle de f_d, on obtient :

\begin{aligned} f_d &\simeq f_e \left(1 - \frac{\widehat{u}_e \cdot \vec{V}}{c_0}\right) \left(1 + \frac{\widehat{u}_d \cdot \vec{V}}{c_0}\right) \\ &\simeq f_e \left( 1 + \frac{(\widehat{u}_d - \widehat{u}_e)\cdot \vec{V}}{c_0} - \frac{(\widehat{u}_e \cdot \vec{V})(\widehat{u}_d \cdot \vec{V})}{c_0^2} \right) \end{aligned}

Comme \|\vec{V}\| \ll c_0, on néglige le terme d'ordre 2 en 1/c_0^2. Sachant que c_0 = \lambda_e f_e, soit f_e / c_0 = 1/\lambda_e, il vient immédiatement :

\boxed{f_d \simeq f_e + \frac{(\widehat{u}_d - \widehat{u}_e) \cdot \vec{V}}{\lambda_e}}

Analyse numérique de l'écart relatif : L'écart relatif en fréquence s'écrit :

\frac{|f_d - f_e|}{f_e} = \frac{|(\widehat{u}_d - \widehat{u}_e) \cdot \vec{V}|}{c_0} \le \frac{\|\widehat{u}_d - \widehat{u}_e\|\,\|\vec{V}\|}{c_0} \le \frac{2\|\vec{V}\|}{c_0}

Avec \|\vec{V}\| \sim 10\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1} = 10^{-1}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et c_0 = 3{,}0 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\frac{|f_d - f_e|}{f_e} \sim \frac{10^{-1}}{3{,}0 \times 10^8} \sim 3 \times 10^{-10}

L'écart relatif en fréquence est extrêmement faible (de l'ordre de 10^{-9} à 10^{-10}, soit moins d'un milliardième). Un spectromètre optique conventionnel ne possède pas une résolution suffisante pour mesurer directement une variation de fréquence aussi minime devant une fréquence optique f_e \sim 6 \times 10^{14}\text{ Hz}. Cela justifie l'utilisation de techniques hétérodynes ou de montages à deux faisceaux créant des battements directement détectables.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition d'un écart relatif doit être connue.

« Trop de candidats ne connaissent pas la définition d’un écart relatif. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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I.B.1 · Élargisseur et diviseur de faisceau

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : système afocal, lentille mince, grandissement

Reproduire le schéma de l'élargisseur de faisceau de la figure 3-a et positionner les foyers des deux lentilles permettant d'obtenir un faisceau de largeur supérieur à . Exprimer alors en fonction de et des distances focales et de et .

Exprimer l'encombrement de ce dispositif, défini comme sa longueur sur l'axe optique, en fonction de , et .

Proposer un dispositif permettant de réduire cet encombrement sans changer . On exprimera le nouvel encombrement et on justifiera qu'il est inférieur à celui du premier dispositif.

Voir l'indice

Pour obtenir un faisceau émergent parallèle à partir d'un faisceau incident parallèle, concevoir un système afocal dont le grandissement transversal vaut le rapport des diamètres. Penser au montage de Galilée pour compacter le système.

Voir la stratégie
  1. Un faisceau lumineux incident parallèle à l'axe optique doit ressortir sous forme de faisceau parallèle : le système constitué des deux lentilles est afocal, ce qui impose la coïncidence du foyer image de L_1 et du foyer objet de L_2 (F'_1 \equiv F_2).
  2. Utiliser le tracé des rayons marginaux et le théorème de Thalès pour relier les largeurs d_0 et d_0' aux distances focales.
  3. Exprimer la distance O_1 O_2 séparant les deux lentilles, puis proposer l'analogue de la lunette de Galilée (première lentille divergente) pour réduire l'encombrement.
Voir la réponse courte

Dispositif afocal F'_1 = F_2 avec grandissement d_0'/d_0 = f'_2/f'_1, puis réduction de l'encombrement par un montage de Galilée.

Voir le corrigé complet

1. Schéma et expression de d_0' :

Le faisceau incident étant collimaté (rayons parallèles à l'axe optique), le système optique doit être afocal pour que le faisceau émergent soit également collimaté. Le foyer image F'_1 de la lentille convergente L_1 doit donc être confondu avec le foyer objet F_2 de la lentille convergente L_2 :

F'_1 \equiv F_2

D'après le théorème de Thalès appliqué aux triangles formés par les rayons marginaux et le foyer commun F'_1 \equiv F_2 :

\frac{d_0'/2}{f'_2} = \frac{d_0/2}{f'_1}

d'où l'expression de la largeur d_0' :

\boxed{d_0' = d_0 \frac{f'_2}{f'_1}}

Pour obtenir un faisceau élargi (d_0' > d_0), il est nécessaire de choisir f'_2 > f'_1.

2. Encombrement du dispositif :

L'encombrement e correspond à la distance inter-lentilles O_1 O_2 = f'_1 + f'_2. En substituant f'_2 = f'_1 \frac{d_0'}{d_0}, il vient :

\boxed{e = f'_1 \left(1 + \frac{d_0'}{d_0}\right)}

3. Réduction de l'encombrement :

Ce premier montage est une lunette astronomique (ou de Kepler). Pour réduire l'encombrement, on peut réaliser un dispositif de type lunette de Galilée en remplaçant la lentille convergente L_1 par une lentille divergente de distance focale f''_1 < 0 telle que |f''_1| = f'_1.

Le système reste afocal en faisant coïncider le foyer image virtuel de la lentille divergente avec le foyer objet réel de la lentille convergente : F''_1 \equiv F_2. Le grandissement transversal en valeur absolue est conservé :

\frac{d_0'}{d_0} = \frac{f'_2}{|f''_1|}

Le nouvel encombrement e' s'écrit alors :

e' = O_1 O_2 = f'_2 + f''_1 = f'_2 - |f''_1|

En factorisant par |f''_1| = f'_1 :

\boxed{e' = f'_1 \left(\frac{d_0'}{d_0} - 1\right)}

Puisque \frac{d_0'}{d_0} > 1, on a :

\frac{d_0'}{d_0} - 1 < \frac{d_0'}{d_0} + 1 \implies e' < e

L'encombrement est donc strictement réduit d'une longueur 2f'_1.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : diviseur de faisceau, différence de marche

Reproduire le schéma et le compléter afin d'expliquer son fonctionnement : on y indiquera , et . En justifiant rapidement sa réponse, donner la valeur de . Pourquoi parle-t-on de diviseur de faisceau à différence de marche nulle ? Proposer un autre dispositif permettant d'obtenir la division d'un faisceau. Est-il à différence de marche nulle ?

Voir l'indice

Identifier deux réflexions ou réfractions symétriques à travers des faces parallèles. Le chemin optique étant identique pour chaque demi-faisceau, la différence de marche est rigoureusement nulle.

Voir la stratégie
  1. Décrire le principe de fonctionnement du diviseur par division du front d'onde : le faisceau incident est séparé en deux moitiés symétriques qui traversent chacune une lame à faces parallèles inclinée d'angle \alpha = \pi/4.
  2. Déduire la largeur d_0'' de chaque faisceau émergent à partir de la géométrie de la division et de la conservation de la largeur d'un faisceau collimaté par réfraction sur des dioptres plans parallèles.
  3. Justifier la nullité de la différence de marche par les symétries du dispositif.
  4. Proposer un dispositif alternatif usuel (lame séparatrice) et discuter sa différence de marche.
Voir la réponse courte

Tracé des rayons dans le prisme séparateur, conservation de la largeur d_0'' = d_0' et comparaison avec une lame semi-réfléchissante.

Voir le corrigé complet

1. Schéma complété et principe de fonctionnement

Le faisceau incident collimaté de largeur d_0' arrive parallèlement à l'axe optique. Le plan médian horizontal constitue un plan de symétrie pour le dispositif :

  • Le demi-faisceau supérieur (y > 0) rencontre la face supérieure gauche inclinée d'un angle \alpha = \pi/4 par rapport à la verticale, y subit une première réfraction, traverse l'épaisseur de verre d'indice n_p, puis subit une seconde réfraction sur la face supérieure droite, parallèle à la première. Il émerge ainsi parallèlement à sa direction incidente (faisceau horizontal), translaté vers le haut.
  • De manière symétrique, le demi-faisceau inférieur (y < 0) traverse la partie inférieure inclinée en sens opposé et émerge translaté vers le bas.

On obtient ainsi en sortie deux faisceaux parallèles entre eux et à l'axe optique, de largeur identique d_0'', dont les axes sont séparés d'une distance D.

2. Valeur de la largeur d_0''

Le prisme réalise une division du front d'onde : l'arête centrale sépare le faisceau incident de largeur d_0' en deux demi-faisceaux de largeur égale d_0'/2.

Chaque demi-faisceau traverse un bloc délimité par deux faces planes parallèles. La réfraction à travers deux dioptres plans parallèles conserve le parallélisme des rayons ainsi que l'extension transverse (largeur) d'un faisceau collimaté. Par conséquent :

\boxed{d_0'' = \frac{d_0'}{2}}

3. Différence de marche nulle

Par raison de symétrie plane par rapport au plan horizontal contenant l'axe optique, les deux demi-faisceaux parcourent des trajets géométriques rigoureusement identiques, avec la même longueur de propagation dans le verre d'indice n_p et dans l'air d'indice n_a.

La différence de chemin optique entre les deux faisceaux est donc strictement nulle en tout plan d'onde aval :

\delta = [L]_1 - [L]_2 = 0

On parle ainsi de diviseur à différence de marche nulle.

4. Autre dispositif de division de faisceau

On peut réaliser la division d'un faisceau par division d'amplitude à l'aide d'une lame semi-réfléchissante (ou miroir semi-transparent).

  • Pour une lame semi-réfléchissante simple à faces parallèles, le faisceau réfléchi ne traverse pas la lame alors que le faisceau transmis la traverse : la différence de marche introduite par l'épaisseur de la lame n'est pas nulle (\delta \neq 0), sauf si l'on insère une lame compensatrice identique sur le faisceau réfléchi.
  • En revanche, un cube séparateur (constitué de deux prismes rectangles identiques collés par leur hypoténuse traitée) présente une symétrie qui assure une différence de marche nulle entre les deux voies.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les lois de Snell-Descartes permettaient de déterminer simplement la direction des deux faisceaux émergents non sécants.

« Le sujet indique bien que le diviseur de faisceaux produit deux faisceaux qui ne se recoupent pas. »

« Une bonne maîtrise des lois de Snell-Descartes permettait de déterminer simplement la direction des rayons émergents. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 6

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de snell-descartes, réfraction

À la limite de non recouvrement des faisceaux, déterminer la relation entre , et sous la forme

où est une fonction de que l'on explicitera, sans fonction trigonométrique. En déduire une condition sur pour que les faisceaux soient effectivement séparés.

Voir l'indice

Appliquer les lois de Snell-Descartes sur le dioptre incliné à \alpha = \pi/4, calculer la déviation latérale d'un rayon et traduire que l'écart entre les bords internes des deux faisceaux émergents doit être strictement positif.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de Snell-Descartes pour la réfraction sur la face d'entrée inclinée d'angle \alpha = \pi/4 afin d'exprimer \tan r en fonction de n_p, et ainsi identifier la fonction g(n_p).
  2. Déterminer le décalage vertical subi par chaque demi-faisceau traversant la demi-partie du prisme (assimilable à une lame à faces parallèles inclinée), et en déduire la distance D entre les axes des deux faisceaux émergents.
  3. Exprimer le critère de non-recouvrement spatial des deux faisceaux de largeur d_0'' = d_0'/2 pour en déduire la relation demandée à la limite, puis la condition d'effectivité de la séparation.
Voir la réponse courte

Application des lois de Snell-Descartes et de la géométrie du prisme pour trouver la condition de non-recouvrement des faisceaux.

Voir le corrigé complet

Considérons la moitié supérieure du prisme. La face d'entrée fait un angle \alpha = \pi/4 avec la verticale, et donc également avec l'axe optique horizontal. Un rayon incident parallèle à l'axe optique arrive sous un angle d'incidence :

i = \alpha = \frac{\pi}{4}

La loi de Snell-Descartes pour la réfraction de l'air (n_0 = 1) vers le verre d'indice n_p s'écrit :

\sin i = n_p \sin r \implies \sin r = \frac{\sin(\pi/4)}{n_p} = \frac{1}{n_p\sqrt{2}}

On en déduit l'expression de \cos r :

\cos r = \sqrt{1 - \sin^2 r} = \sqrt{1 - \frac{1}{2n_p^2}} = \frac{\sqrt{2n_p^2 - 1}}{n_p\sqrt{2}}

Puis la tangente de l'angle de réfraction :

\tan r = \frac{\sin r}{\cos r} = \frac{1}{\sqrt{2n_p^2 - 1}}

Posons la fonction sans dimension et sans fonction trigonométrique :

g(n_p) = \frac{1}{\tan r} = \sqrt{2n_p^2 - 1}

La demi-partie supérieure du prisme se comporte comme une lame à faces parallèles inclinée d'angle \alpha = \pi/4, dont l'épaisseur horizontale est b. Un rayon incident horizontal subit une translation latérale verticale.

Par un calcul de trajectoire dans le repère associé à la lame :

  • La face d'entrée a pour équation y = x ; un rayon incident à la hauteur y_1 y pénètre au point (y_1, y_1).
  • La face de sortie, parallèle, est décalée horizontalement de b et a pour équation y = x - b.
  • À l'intérieur du verre, la normale descendante étant inclinée de -\pi/4, le rayon se propage avec une pente m = \tan(-\pi/4 + r) = \frac{\tan r - 1}{1 + \tan r}.
  • L'intersection du rayon avec la face de sortie donne pour ordonnée de sortie y_2 :

    y_2 - y_1 = \frac{m}{1-m}b = -\frac{b}{2}(1 - \tan r)

Le demi-faisceau supérieur subit donc un décalage vertical vers le bas en valeur absolue égal à :

|\Delta y| = \frac{b}{2}(1 - \tan r)

Par symétrie par rapport à l'axe optique, le demi-faisceau inférieur subit un décalage opposé. L'écartement D entre les axes des deux faisceaux émergents parallèles vaut ainsi :

D = 2 |\Delta y| = b(1 - \tan r) = b\left(1 - \frac{1}{g(n_p)}\right) = b\left[\frac{g(n_p) - 1}{g(n_p)}\right]

D'après la question précédente, chaque faisceau émergent a une largeur d_0'' = d_0'/2. Pour que les deux faisceaux ne se recouvrent pas, la distance entre leurs axes doit être au moins égale à leur largeur :

D \ge d_0'' = \frac{d_0'}{2}

À la limite de non-recouvrement (D = d_0'/2), on obtient directement :

b\left[\frac{g(n_p) - 1}{g(n_p)}\right] = \frac{d_0'}{2}

soit :

\begin{aligned} b &= \frac{d_0'}{2}\left[\frac{g(n_p)}{g(n_p)-1}\right] \\ \text{avec} \quad g(n_p) &= \sqrt{2n_p^2 - 1} \end{aligned}

Pour que les deux faisceaux soient effectivement séparés (strictement sans recouvrement), il faut donc :

\boxed{b > \frac{d_0'}{2}\left[\frac{g(n_p)}{g(n_p)-1}\right]}

Résultat

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I.B.2 · Étude de l'onde diffusée

Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : effet doppler, battement

En utilisant le résultat (1), exprimer en fonction de , et de l'une des composantes de la vitesse .

Voir l'indice

Appliquer la formule de la question 3 à chacun des deux faisceaux incidents \widehat{u}_{e1} et \widehat{u}_{e2} convergeant vers la particule avec un demi-angle \theta/2 par rapport à l'axe optique.

Voir la réponse courte

Différence des fréquences Doppler où la direction de détection disparaît au profit de la projection de \vec{V} sur (\widehat{u}_{e2}-\widehat{u}_{e1}).

Voir le corrigé complet

D'après la relation (1) établie à la question Q3, la fréquence reçue par le détecteur après diffusion de l'onde issue du faisceau F_1 s'écrit :

f_{d1} \simeq f_e + \frac{(\widehat{u}_d - \widehat{u}_{e1}) \cdot \vec{V}}{\lambda_e}

De même, pour le faisceau F_2, la fréquence diffusée perçue par le même récepteur dans la direction \widehat{u}_d vaut :

f_{d2} \simeq f_e + \frac{(\widehat{u}_d - \widehat{u}_{e2}) \cdot \vec{V}}{\lambda_e}

Par différence entre ces deux fréquences, le terme dépendant de la direction de diffusion \widehat{u}_d s'élimine rigoureusement :

f_{d1} - f_{d2} = \frac{(\widehat{u}_{e2} - \widehat{u}_{e1}) \cdot \vec{V}}{\lambda_e}

D'après la figure 4, les faisceaux se propagent dans le plan (xOz) de manière symétrique par rapport à l'axe Oz. L'angle entre leurs directions de propagation étant noté \theta, les vecteurs unitaires d'onde incidente s'écrivent :

\begin{aligned} \widehat{u}_{e1} &= -\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) \widehat{u}_x + \cos\left(\frac{\theta}{2}\right) \widehat{u}_z \\ \widehat{u}_{e2} &= +\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) \widehat{u}_x + \cos\left(\frac{\theta}{2}\right) \widehat{u}_z \end{aligned}

On en déduit :

\widehat{u}_{e2} - \widehat{u}_{e1} = 2\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) \widehat{u}_x

En projetant le vecteur vitesse \vec{V} = V_x \widehat{u}_x + V_y \widehat{u}_y + V_z \widehat{u}_z, il vient :

(\widehat{u}_{e2} - \widehat{u}_{e1}) \cdot \vec{V} = 2\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) V_x

On obtient finalement l'expression de l'écart de fréquence en fonction de la seule composante transverse V_x de la vitesse :

\boxed{f_{d1} - f_{d2} = \frac{2\sin\left(\frac{\theta}{2}\right)}{\lambda_e} V_x}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs de projection sur les axes, conduisant à confondre Vx et Vz ou cosinus et sinus.

« De nombreux candidats se trompent dans les axes lors de ce calcul. On retrouve souvent la composante Vz au lieu de la composante Vx, et on retrouve également cos(theta/2) au lieu de sin(theta/2). »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : interférence, formule de fresnel, battement

Montrer que le signal reçu s'écrit sous la forme . On précisera et en fonction des données. Exprimer la fréquence de clignotement de cette lumière diffusée en fonction de , et l'une des composantes de .

Voir l'indice

Calculer le carré du module de la somme des deux amplitudes complexes \underline{E}_{d1} + \underline{E}_{d2} et faire apparaître un terme en \cos(2\pi (f_{d1}-f_{d2})t).

Voir la réponse courte

Superposition de deux ondes monochromatiques de fréquences voisines donnant un signal d'intensité modulée à la fréquence de battement f_c.

Voir le corrigé complet

Le photorécepteur mesure l'intensité lumineuse résultant de la superposition des deux ondes diffusées :

I(t) = K \left|\underline{E_{d1}} + \underline{E_{d2}}\right|^2 = K \left( \underline{E_{d1}} + \underline{E_{d2}} \right)\left( \underline{E_{d1}}^* + \underline{E_{d2}}^* \right)

En développant avec \underline{E_{d1}}(t) = E_0 \mathrm{e}^{2\mathrm{i}\pi f_{d1} t} et \underline{E_{d2}}(t) = E_0 \mathrm{e}^{2\mathrm{i}\pi f_{d2} t} :

\begin{aligned} I(t) &= K \left[ \left|\underline{E_{d1}}\right|^2 + \left|\underline{E_{d2}}\right|^2 + 2\,\mathrm{Re}\left(\underline{E_{d1}}\,\underline{E_{d2}}^*\right) \right] \\ &= K \left[ E_0^2 + E_0^2 + 2 E_0^2 \cos\left(2\pi(f_{d1} - f_{d2})t\right) \right] \\ &= 2 K E_0^2 \left[ 1 + \cos\left(2\pi(f_{d1} - f_{d2})t\right) \right] \end{aligned}

Le signal s'écrit bien sous la forme demandée :

\boxed{I(t) = 2\Lambda \left[ 1 + \cos(\beta t) \right]}

avec, d'après le résultat de la question Q7 :

\boxed{\Lambda = K E_0^2 \quad \text{et} \quad \beta = 2\pi(f_{d1} - f_{d2}) = \frac{4\pi \sin(\theta/2)}{\lambda_e} V_x}

(au signe près, la fonction cosinus étant paire).

Une fréquence étant par définition une grandeur positive, la fréquence de battement ou de clignotement f_{\mathrm{c}} correspond à :

f_{\mathrm{c}} = \frac{|\beta|}{2\pi} = |f_{d1} - f_{d2}|

soit :

\boxed{f_{\mathrm{c}} = \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e} |V_x|}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question demandait une bonne maîtrise du calcul avec les grandeurs complexes.

« Cette question nécessite de savoir manipuler le calcul complexe. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vélocimétrie doppler, interférence

La valeur de la composante de la vitesse particulaire intervenant dans le résultat de la question précédente est de ; calculer numériquement la valeur de obtenue avec deux faisceaux issus d'un laser à argon faisant un angle de entre eux. Justifier l'utilisation de deux faisceaux lasers en termes de précision de la mesure et de localisation de la particule.

Voir l'indice

Injecter les valeurs numériques en convertissant \theta en radians. Souligner que la fréquence de battement élimine l'influence de la direction exacte du détecteur et assure une excellente résolution spatiale.

Voir la réponse courte

Calcul numérique de f_c et justification : indépendance vis-à-vis de l'angle d'observation et localisation spatiale précise au croisement.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, la fréquence de clignotement s'exprime par :

f_c = \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e}\,|V_x|

L'angle \theta/2 étant très petit, on peut utiliser l'approximation des petits angles en convertissant en radians :

\frac{\theta}{2} = 1{,}8^\circ = 1{,}8 \times \frac{\pi}{180}\text{ rad} = \frac{\pi}{100}\text{ rad} \simeq 3{,}14 \times 10^{-2}\text{ rad}

On en déduit :

\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) \simeq \frac{\theta}{2} = \frac{\pi}{100}

Avec |V_x| = 10\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1} = 0{,}10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et \lambda_e = 5{,}2 \times 10^2\text{ nm} = 5{,}2 \times 10^{-7}\text{ m} :

f_c \simeq \frac{2 \times \frac{\pi}{100} \times 0{,}10}{5{,}2 \times 10^{-7}} = \frac{2\pi}{5{,}2} \times 10^4\text{ Hz} \simeq \frac{6{,}28}{5{,}2} \times 10^4\text{ Hz} \simeq 1{,}2 \times 10^4\text{ Hz}

En respectant la consigne d'un unique chiffre significatif :

\boxed{f_c \simeq 1 \times 10^4\text{ Hz} = 10\text{ kHz}}

Justification de l'utilisation de deux faisceaux :

  • Précision de la mesure :

    1. Le résultat f_c est indépendant de la direction d'observation \widehat{u}_d du détecteur (résultat de la question Q7). L'ouverture angulaire de l'optique de collecte n'entraîne donc aucun élargissement spectral, ce qui garantit une mesure intrinsèquement précise.
    2. Le signal utile est un battement basse fréquence (f_c \sim 10\text{ kHz}), facilement mesurable par un photodétecteur classique et traitable par électronique numérique (compteur de franges, FFT), alors qu'un montage à faisceau unique exigeait de mesurer un décalage relatif infime (\Delta f/f_e \sim 10^{-10}) sur une onde optique à 10^{14}\text{ Hz}.
  • Localisation de la particule : La modulation de l'intensité lumineuse à la fréquence f_c n'est générée que lorsque la particule traverse le volume d'intersection des deux faisceaux (zone de recouvrement). Cette zone de mesure constitue un volume très restreint (de taille millimétrique voire micrométrique), ce qui permet une mesure locale et autorise le tracé précis de profils de vitesse au sein du fluide (par translation de ce volume de croisement), contrairement à un faisceau unique qui diffuse de la lumière sur toute sa longueur traversée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'approximation des petits angles n'est valide qu'avec des angles exprimés en radians.

« Il ne faut pas oublier que l’approximation des petits angles ne fonctionne que pour des angles exprimés en radian. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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I.B.3 · Cellule de Bragg

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : temps de réponse, bande passante

Le photorécepteur utilisé possède un temps de réponse de et l'angle entre les faisceaux vaut . Pour le laser à argon, déterminer littéralement puis numériquement la plage de vitesses détectables par le système.

Voir l'indice

La fréquence de clignotement maximale mesurable est limitée par l'inverse du temps de réponse du détecteur (f_{c,\max} \sim 1/\tau). En déduire la borne supérieure sur |V_x|.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de détectabilité du signal modulé par le photorécepteur à partir de son temps de réponse \tau, ce qui fixe une fréquence de clignotement maximale f_{c,\max}.
  2. Relier f_{c,\max} à la vitesse maximale détectable V_{\max} grâce à l'expression de la fréquence de clignotement obtenue à la question Q8.
  3. Effectuer l'application numérique avec un seul chiffre significatif conformément aux consignes générales.
Voir la réponse courte

Condition de détection f_c < 1/\tau limitant la plage de vitesses mesurables par le photodétecteur, d'où V_{\max} \approx 1{,}8\times 10^3\text{ m.s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Pour que le photorécepteur puisse suivre les fluctuations temporelles d'intensité du signal à la fréquence de clignotement f_c, la période des oscillations T_c = 1/f_c doit être supérieure au temps de réponse \tau du détecteur :

T_c \ge \tau \iff f_c \le f_{c,\max} = \frac{1}{\tau}

D'après la question Q8, la fréquence de clignotement est liée à la composante V_x de la vitesse particulaire par :

f_c = \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e} |V_x|

La condition f_c \le f_{c,\max} impose donc |V_x| \le V_{\max}, soit une plage de vitesses mesurables [-V_{\max}, +V_{\max}] avec :

\boxed{V_{\max} = \frac{\lambda_e}{2\sin(\theta/2)\,\tau}}

L'angle \theta = 3{,}6^\circ étant faible devant 1\text{ rad}, on effectue l'approximation des petits angles :

\theta = 3{,}6 \times \frac{\pi}{180} = \frac{\pi}{50} \approx 6{,}28 \times 10^{-2}\text{ rad} \implies 2\sin(\theta/2) \approx \theta = \frac{\pi}{50}

Avec \lambda_e = 5{,}2 \times 10^{-7}\text{ m} et \tau = 4{,}4 \times 10^{-9}\text{ s} :

\begin{aligned} V_{\max} &\approx \frac{5{,}2 \times 10^{-7}}{6{,}28 \times 10^{-2} \times 4{,}4 \times 10^{-9}} \approx 1{,}88 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

En ne conservant qu'un seul chiffre significatif :

\boxed{V_{\max} = 2 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

La plage de vitesses détectables par le système est donc :

\boxed{[-V_{\max}, +V_{\max}] = [-2 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, +2 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}]}

Résultat

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Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vélocimétrie doppler

Pourquoi ne peut-on mesurer qu'une seule composante de avec ce dispositif ? Proposer une solution permettant d'accéder simultanément aux trois composantes du vecteur vitesse de la particule.

Voir l'indice

Observer quelle composante de la vitesse apparaît dans le produit scalaire (\widehat{u}_{e1}-\widehat{u}_{e2})\cdot\vec{V}. Songer à croiser trois paires de faisceaux selon trois directions orthogonales.

Voir la réponse courte

La fréquence dépend d'une seule composante orthogonale aux franges ; utilisation de trois paires de faisceaux de couleurs distinctes.

Voir le corrigé complet

Origine de la mesure d'une seule composante : D'après la question Q7, la différence de fréquence Doppler s'écrit :

f_{d1} - f_{d2} = \frac{(\widehat{u}_{e2} - \widehat{u}_{e1}) \cdot \vec{V}}{\lambda_e} = \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e}\,V_x

Le vecteur d'onde différentiel \Delta\vec{k} = \vec{k}_{e2} - \vec{k}_{e1} = \frac{4\pi}{\lambda_e}\sin(\theta/2)\,\widehat{u}_x est colinéaire à \widehat{u}_x. Par produit scalaire, seules les projections du mouvement selon cette direction modulent la phase relative des deux ondes diffusées. Les composantes transverses V_y et V_z, orthogonales à \Delta\vec{k}, ne contribuent pas au décalage en fréquence ni à la modulation d'intensité.

Description équivalente par le modèle des franges : Dans le volume de croisement, les deux faisceaux créent un réseau de franges d'interférences équidistantes, situées dans des plans normaux à l'axe Ox (plans parallèles à yOz). Le clignotement résulte du passage successif de la particule d'une frange brillante à une frange sombre ; il n'est donc sensible qu'à la vitesse de traversée des franges, c'est-à-dire à la composante V_x.

Solution pour mesurer simultanément les trois composantes (\boldsymbol{V_x, V_y, V_z}) : Pour obtenir le vecteur vitesse complet \vec{V} :

  1. On superpose, dans le même volume de mesure, trois couples de faisceaux laser dont les plans d'incidence définissent trois directions de mesure non coplanaires (idéalement orthogonales, par exemple selon Ox, Oy et Oz).
  2. Afin de séparer optiquement les trois signaux de battement et d'éviter les interférences parasites entre faisceaux de couples différents, on attribue à chaque couple une longueur d'onde différente (par exemple en exploitant les raies multiples d'un laser à argon : vert à 514{,}5\text{ nm}, bleu à 488\text{ nm} et violet à 476{,}5\text{ nm}).
  3. En réception, la lumière diffusée est séparée par des miroirs ou filtres dichroïques vers trois photodétecteurs indépendants, chacun mesurant la fréquence de battement associée à une composante de la vitesse.
Voir ce qu'a relevé le jury

La méthode proposée devait obligatoirement permettre une mesure simultanée des trois composantes.

« Le sujet demande une méthode qui permette de mesurer les trois composantes simultanément. Plusieurs candidats proposent une solution permettant d’obtenir les trois composantes mais sans s’intéresser à la simultanéité. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vélocimétrie doppler

Pourquoi ne peut-on pas faire la différence entre une valeur positive et une valeur négative de la composante mesurée ?

Voir l'indice

Remarquer la présence d'une valeur absolue ou d'une fonction cosinus paire dans l'expression de la puissance détectée, qui rend le signal insensible au signe de la vitesse.

Voir la réponse courte

La parité du cosinus dans l'intensité mesurée ne permet d'accéder qu'à la valeur absolue de la vitesse particulaire.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q8, le signal électrique délivré par le photorécepteur est modulé selon :

I(t) = 2\Lambda\left[1 + \cos(\beta t)\right]

avec une pulsation de battement :

\beta = \frac{4\pi \sin(\theta/2)}{\lambda_e}\,V_x

La fonction cosinus étant paire (\cos(\beta t) = \cos(-\beta t)), le signal temporel I(t) ainsi que son spectre fréquentiel ne dépendent que de la valeur absolue de \beta :

I(t) = 2\Lambda\left[1 + \cos\left(2\pi f_c t\right)\right] \quad \text{avec} \quad f_c = \frac{|\beta|}{2\pi} = \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e}\,|V_x|

L'analyse spectrale du signal reçu ne permet de mesurer que la fréquence de clignotement f_c \ge 0. Par conséquent, deux vitesses opposées +V_x et -V_x génèrent une intensité I(t) rigoureusement identique : le dispositif ne donne accès qu'à |V_x| et est insensible au sens de déplacement de la particule selon Ox.

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : modulation d'amplitude, vélocimétrie doppler

Déterminer la nouvelle expression de la fréquence de clignotement, en fonction de , , et d'une des composantes de . Dans les mêmes conditions que la question 10, exprimer et calculer la fréquence optimale, c'est-à-dire celle permettant la mesure d'une des composantes de (et de son signe) dans l'intervalle . Analyser votre résultat sachant que la centaine de MHz est réalisable dans certains matériaux.

Voir l'indice

Reprendre le calcul de battement en décalant la fréquence incidente d'un des faisceaux de f_B. Choisir f_B au centre de la plage de bande passante du détecteur pour distinguer vitesses positives et négatives.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les fréquences reçues f_{d1} et f_{d2} en tenant compte du décalage de fréquence f_B introduit par la cellule de Bragg sur le faisceau F_1, puis en déduire la nouvelle fréquence de clignotement f'_c = |f_{d1} - f_{d2}|.
  2. Établir la condition sur f_B pour lever l'ambiguïté de signe sans dépasser la bande passante du photorécepteur [0, f_{c,\max}] avec f_{c,\max} = 1/\tau.
  3. Effectuer l'application numérique avec 1 chiffre significatif et commenter la faisabilité technique.
Voir la réponse courte

Décalage fréquentiel f_B par modulation acousto-optique levant l'ambiguïté de signe, avec choix optimal f_B = 1/(2\tau) \approx 114\text{ MHz}.

Voir le corrigé complet

Le faisceau F_1 est décalé en fréquence par la cellule acousto-optique de Bragg et possède désormais la fréquence optique incidente f_e + f_B. Le faisceau F_2 conserve la fréquence f_e.

Comme f_B \ll f_e, la longueur d'onde du faisceau F_1 reste quasiment identique à \lambda_e. D'après la relation Doppler établie à la question 3, les fréquences diffusées s'écrivent :

\begin{aligned} f_{d1} &= f_e + f_B + \frac{(\widehat{u}_d - \widehat{u}_{e1})\cdot \vec{V}}{\lambda_e} \\ f_{d2} &= f_e + \frac{(\widehat{u}_d - \widehat{u}_{e2})\cdot \vec{V}}{\lambda_e} \end{aligned}

La différence de fréquence entre les deux ondes diffusées vaut donc :

f_{d1} - f_{d2} = f_B + \frac{(\widehat{u}_{e2} - \widehat{u}_{e1})\cdot \vec{V}}{\lambda_e} = f_B + \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e} V_x

L'intensité lumineuse résultante oscille à la pulsation de battement \beta' = 2\pi |f_{d1} - f_{d2}|, ce qui donne pour la fréquence de clignotement :

\boxed{f'_c = \left| f_B + \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e} V_x \right|}

D'après la question 10, le photorécepteur ne peut détecter que des signaux de fréquence inférieure à f_{c,\max} = \frac{1}{\tau} = \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e} V_{\max}.

Pour pouvoir déterminer sans ambiguïté le signe et la valeur de V_x \in [-V_{\max}/2, \, +V_{\max}/2], la fonction reliant V_x à f'_c doit être strictement monotone (bijective) sur cet intervalle. Il faut donc que le terme sous la valeur absolue reste positif ou nul, et que la fréquence n'excède pas f_{c,\max} :

\forall V_x \in \left[-\frac{V_{\max}}{2}, \, +\frac{V_{\max}}{2}\right], \quad 0 \le f_B + \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e} V_x \le f_{c,\max}

En évaluant aux bornes de l'intervalle où \frac{2\sin(\theta/2)}{\lambda_e} V_x = \pm \frac{f_{c,\max}}{2} :

  • Pour V_x = -V_{\max}/2 : f_B - \frac{f_{c,\max}}{2} \ge 0 \implies f_B \ge \frac{f_{c,\max}}{2}
  • Pour V_x = +V_{\max}/2 : f_B + \frac{f_{c,\max}}{2} \le f_{c,\max} \implies f_B \le \frac{f_{c,\max}}{2}

La fréquence f_B optimale est donc unique :

\boxed{f_B = \frac{1}{2\tau} = \frac{\sin(\theta/2)}{\lambda_e} V_{\max}}

Application numérique : Avec \tau = 4{,}4 \times 10^{-9}\text{ s} :

f_B = \frac{1}{2 \times 4{,}4 \times 10^{-9}} = \frac{1}{8{,}8 \times 10^{-9}} \simeq 1{,}1 \times 10^8\text{ Hz}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{f_B \simeq 1 \times 10^8\text{ Hz} = 100\text{ MHz}}

Analyse du résultat :
Une fréquence acoustique de 100\text{ MHz} est couramment mise en œuvre dans les modulateurs acousto-optiques (cellules de Bragg utilisant par exemple du dioxyde de tellure \mathrm{TeO_2} ou du quartz excité par un transducteur piézoélectrique). Le dispositif proposé est donc parfaitement réaliste et permet de lever l'indétermination sur le sens de l'écoulement :

  • Si f'_c > f_B, alors V_x > 0 ;
  • Si f'_c < f_B, alors V_x < 0 ;
  • Si f'_c = f_B, alors la particule est immobile selon Ox (V_x = 0).

Résultat

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Partie II : Application à la mesure d'un profil de Poiseuille

Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : nombre de reynolds, écoulement laminaire

Exprimer le nombre de Reynolds de l'écoulement en fonction de grandeurs définies ci-dessus. À quelle condition l'écoulement peut-il être considéré comme laminaire ? On supposera cette hypothèse vérifiée dans la suite.

Voir l'indice

Exprimer la vitesse moyenne du fluide à partir du débit volumique Q et de la section \pi R^2, puis appliquer la définition usuelle du nombre de Reynolds dans une conduite cylindrique.

Voir la réponse courte

Expression de Re = \rho v_{\mathrm{deb}} (2R)/\eta et rappel du critère de laminarité pour un écoulement en conduite (Re < 2000).

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds d'un écoulement est un nombre sans dimension comparant les effets inertiels aux effets visqueux :

Re = \frac{\mu U D_c}{\eta}

où U est la vitesse caractéristique de l'écoulement et D_c la dimension spatiale caractéristique transverse.

La vitesse moyenne du fluide dans la conduite cylindrique de section S = \pi R^2 s'exprime à partir du débit volumique Q :

U = \frac{Q}{\pi R^2}

En choisissant conventionnellement pour dimension caractéristique le diamètre de la conduite D_c = 2R :

Re = \frac{\mu \left(\frac{Q}{\pi R^2}\right)(2R)}{\eta}
\boxed{Re = \frac{2\mu Q}{\pi \eta R}}

Remarque : si l'on prend le rayon R comme échelle caractéristique, on obtient Re = \frac{\mu Q}{\pi \eta R}.

Dans une conduite cylindrique lisse, l'écoulement est considéré comme laminaire tant que le nombre de Reynolds ne dépasse pas une valeur seuil critique Re_c \simeq 2\,000 :

\boxed{Re \lesssim 2\,000}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition du nombre de Reynolds et les conditions d'un écoulement laminaire en conduite doivent être maîtrisées.

« Plusieurs candidats ne connaissent pas, ou mal, la définition du nombre de Reynolds et les conditions d’un écoulement laminaire dans une conduite. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 12 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : écoulement de poiseuille, viscosité, débit volumique

Justifier que est indépendant de . Établir une équation différentielle en .

En déduire que le profil des vitesses dans la conduite est de la forme où est un entier que l'on déterminera et dans laquelle on précisera l'expression de en fonction de , , et .

Déterminer enfin une relation entre et et .

Voir l'indice

Utiliser l'incompressibilité du fluide pour éliminer la dépendance en x, puis appliquer le principe fondamental de la dynamique à un cylindre de fluide de rayon r et de longueur L soumis aux forces de pression et de viscosité.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la condition d'incompressibilité du fluide pour relier les variations spatiales de la vitesse et montrer que v(r,x) ne dépend que de r.
  2. Effectuer un bilan de quantité de mouvement en régime stationnaire sur un cylindre de fluide de rayon r et de longueur L en utilisant l'expression fournie de la force de viscosité.
  3. Intégrer l'équation différentielle obtenue avec la condition aux limites d'adhérence à la paroi pour identifier q et A.
  4. Calculer le débit volumique Q par intégration du profil de vitesse sur la section droite du tube.
Voir la réponse courte

Établissement du profil de vitesse parabolique de Poiseuille à partir de Navier-Stokes ou d'un bilan de quantité de mouvement, puis débit Q.

Voir le corrigé complet

1. Indépendance de v par rapport à x

Le fluide étant supposé incompressible et homogène, le champ des vitesses vérifie la condition d'incompressibilité locale :

\operatorname{div} \vec{v} = 0

En coordonnées cylindriques, avec le champ de vitesse proposé \vec{v}(M,t) = v(r,x)\,\widehat{u}_x, l'expression de la divergence fournie en formulaire donne :

\operatorname{div} \vec{v} = \frac{1}{r} \frac{\partial(r v_r)}{\partial r} + \frac{1}{r} \frac{\partial v_\theta}{\partial \theta} + \frac{\partial v_x}{\partial x} = \frac{\partial v(r,x)}{\partial x} = 0

Par conséquent, la vitesse v est strictement indépendante de x :

v(r,x) = v(r)

2. Équation différentielle en v(r)

Considérons le système fermé constitué par le volume de fluide contenu à l'instant t dans un cylindre coaxial à la conduite, de rayon r \leqslant R et de longueur L comprise entre l'entrée (x = 0) et la sortie (x = L).

En régime stationnaire, l'accélération d'une particule fluide est purement convective :

\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} = v(r) \frac{\partial v}{\partial x} \widehat{u}_x = \vec{0}

Le système n'est donc soumis à aucune accélération, et le principe fondamental de la dynamique se réduit à l'équilibre des forces extérieures :

  • Forces de pression sur les deux faces planes transversales :

    \vec{F}_{\text{press}} = \left(P(0)\,\pi r^2 - P(L)\,\pi r^2\right)\widehat{u}_x = (P_e - P_s)\pi r^2\,\widehat{u}_x = \Delta P\,\pi r^2\,\widehat{u}_x
  • Force de viscosité exercée par le fluide extérieur (r' > r) sur la surface latérale à la distance r, d'après la formule de l'énoncé :

    \vec{F}_{\text{visc}} = 2\eta\pi r L \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\,\widehat{u}_x

À l'équilibre, la somme de ces forces selon \widehat{u}_x est nulle :

\Delta P\,\pi r^2 + 2\eta\pi r L \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = 0

On obtient l'équation différentielle du premier ordre régissant v(r) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = - \frac{\Delta P}{2\eta L}\,r}

Remarque : En dérivant par rapport à r, cette relation s'écrit également sous la forme classique issue de Navier-Stokes : \frac{1}{r} \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\right) = - \frac{\Delta P}{\eta L}.

3. Détermination du profil de vitesse

En intégrant cette équation différentielle par rapport à r :

v(r) = - \frac{\Delta P}{4\eta L}\,r^2 + C

où C est une constante d'intégration fixée par la condition d'adhérence du fluide visqueux à la paroi solide en r = R :

v(R) = 0 \implies C = \frac{\Delta P\,R^2}{4\eta L}

Le profil des vitesses s'écrit donc :

v(r) = \frac{\Delta P\,R^2}{4\eta L} \left[1 - \left(\frac{r}{R}\right)^2\right]

Par identification avec la forme demandée v(r) = A\left[1 - \left(\frac{r}{R}\right)^q\right], on en déduit :

\boxed{q = 2} \quad \text{et} \quad \boxed{A = \frac{\Delta P\,R^2}{4\eta L}}

4. Relation entre le débit volumique Q, A et R

Le débit volumique Q à travers une section droite de la conduite s'obtient en intégrant le flux de vitesse sur des couronnes élémentaires de surface \mathrm{d}S = 2\pi r\,\mathrm{d}r :

\begin{aligned} Q &= \int_0^R v(r)\,2\pi r\,\mathrm{d}r \\ &= 2\pi A \int_0^R \left(r - \frac{r^3}{R^2}\right)\mathrm{d}r \\ &= 2\pi A \left[ \frac{r^2}{2} - \frac{r^4}{4R^2} \right]_0^R \\ &= 2\pi A \left( \frac{R^2}{2} - \frac{R^2}{4} \right) \end{aligned}

On aboutit directement à :

\boxed{Q = \frac{\pi R^2}{2}\,A}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait faire un bilan sur un cylindre fini plutôt que d'employer Navier-Stokes ou l'accélération convective, hors programme.

« Il était beaucoup plus simple de prendre un système constitué d’un cylindre de rayon r et de longueur L plutôt que d’utiliser la loi de Navier-Stokes, qui plus est hors-programme et très mal maîtrisée. »

« Pratiquement aucun candidat ne parvient à prouver que la variation de la quantité de mouvement du système fermée est nulle. L’utilisation de l’accélération convective est non seulement hors programme, mais en plus très mal comprise. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 16

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Notions : écoulement laminaire, écoulement turbulent, nombre de reynolds

Lequel de ces deux écoulements correspond le plus à un écoulement laminaire ? Estimer le débit volumique puis en déduire le nombre de Reynolds pour chacune de ces deux expériences. Interpréter les résultats.

Voir l'indice

Identifier visuellement quelle courbe expérimentale est parabolique et rejoint une vitesse nulle aux parois. Calculer la vitesse débitante moyenne pour chaque solution puis évaluer leur nombre de Reynolds respectif.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'écoulement le plus proche du régime laminaire établi en comparant la forme des profils de vitesse de la figure 5 avec le profil parabolique de Poiseuille établi à la question Q15.
  2. Estimer pour chaque fluide la vitesse caractéristique, en déduire le débit volumique Q par intégration sur la section, puis calculer le nombre de Reynolds Re via la formule obtenue à la question Q14.
  3. Interpréter les valeurs de Re au regard du critère de transition laminaire/turbulent et de la longueur d'établissement de l'écoulement.
Voir la réponse courte

Identification du profil parabolique laminaire et du profil aplati turbulent, validée par l'estimation des nombres de Reynolds respectifs.

Voir le corrigé complet

1. Identification de l'écoulement laminaire

D'après la question Q15, un écoulement laminaire établi dans une conduite cylindrique présente un profil de vitesse parabolique :

v(r) = v(0) \left[ 1 - \left(\frac{r}{R}\right)^2 \right]

Sur la figure 5, les points expérimentaux de la solution 2 (+) suivent remarquablement cette allure parabolique, avec une vitesse nulle aux parois (r = \pm R = \pm 13\text{ mm}) et maximale au centre. En revanche, la solution 1 (*) présente un profil très aplati en forme de « bouchon » au centre.

C'est donc l'écoulement de la solution 2 qui correspond le plus à un écoulement laminaire établi de Poiseuille.

2. Débit et nombre de Reynolds pour la solution 2

Pour la solution 2, on lit au centre de la conduite (r = 0) la vitesse maximale :

v_2(0) \simeq 70\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1} = 7{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Le profil étant parabolique, le débit volumique s'exprime (d'après Q15) par :

Q_2 = \frac{\pi R^2}{2} v_2(0)

Avec R = 13\text{ mm} = 1{,}3 \times 10^{-2}\text{ m} :

Q_2 = \frac{\pi}{2} \times (1{,}3 \times 10^{-2})^2 \times 7{,}0 \times 10^{-2} \simeq 1{,}86 \times 10^{-5}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \simeq 2 \times 10^{-5}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}

Le nombre de Reynolds associé s'écrit (d'après Q14) :

Re_2 = \frac{2\mu_2 Q_2}{\pi \eta_2 R} = \frac{\mu_2 v_2(0) R}{\eta_2}

Avec \mu_2 = 1{,}2 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \eta_2 = 5{,}5 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} :

Re_2 = \frac{1{,}2 \times 10^3 \times 7{,}0 \times 10^{-2} \times 1{,}3 \times 10^{-2}}{5{,}5 \times 10^{-3}} \simeq 198 \simeq 2 \times 10^2
\boxed{Q_2 \simeq 2 \times 10^{-5}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad Re_2 \simeq 2 \times 10^2}

3. Débit et nombre de Reynolds pour la solution 1

Pour la solution 1 (eau pure, \mu_1 = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, \eta_1 = 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}), la vitesse reste quasi constante au centre, v_1 \approx 72\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1}, sur un rayon R_0 \approx 8\text{ mm}, avant de chuter vers les parois (v \approx 40\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1} à r = 10\text{ mm} et v \approx 20\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1} à r = 12\text{ mm}).

L'intégration sur la section (somme du cœur cylindrique et de la couche annulaire externe de cisaillement) conduit à un débit de l'ordre de :

Q_1 \approx 1{,}4 \times 10^{-5}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \simeq 1 \times 10^{-5}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}

On en déduit le nombre de Reynolds de l'écoulement 1 :

Re_1 = \frac{2\mu_1 Q_1}{\pi \eta_1 R} \simeq \frac{2 \times 1{,}0 \times 10^3 \times 1{,}4 \times 10^{-5}}{\pi \times 1{,}0 \times 10^{-3} \times 1{,}3 \times 10^{-2}} \simeq 6{,}9 \times 10^2 \simeq 7 \times 10^2
\boxed{Q_1 \simeq 1 \times 10^{-5}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad Re_1 \simeq 7 \times 10^2}

4. Interprétation des résultats

  • Pour la solution 2, Re_2 \simeq 200 \ll 2\,000 : l'écoulement est strictement laminaire. La viscosité élevée favorise une dissipation visqueuse efficace qui permet à l'écoulement d'atteindre rapidement son régime établi de Poiseuille.
  • Pour la solution 1, bien que Re_1 \simeq 700 reste inférieur au seuil critique de turbulence développée (Re_{\text{crit}} \approx 2\,000), le profil plat au centre indique que le régime de Poiseuille n'est pas établi. La longueur d'établissement hydrodynamique nécessaire pour que les couches limites pariétales se rejoignent sur l'axe (L_e \approx 0{,}05 \times Re \times 2R \approx 90\text{ cm}) est bien plus grande que pour la solution 2 (L_{e,2} \approx 25\text{ cm}), ce qui explique le profil d'entrée de conduite tronqué observé à l'endroit de la mesure.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter le résultat de la question précédente ou s'appuyer sur le cours pour identifier le profil laminaire.

« Dans cette question il faut faire le lien entre les résultats proposés et la forme obtenue dans la question précédente. A défaut, la connaissance des résultats du cours permettait de déterminer le profil laminaire. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 ?

Surtout 2 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (48 % des questions, parties I et III) et Mécanique des fluides (14 %, partie II). Plus ponctuellement : Optique géométrique, Interférences lumineuses, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Électronique numérique : échantillonnage et modulation, Amplificateur linéaire intégré et oscillateurs électroniques…

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

Peu : 5 questions sur 32 (16 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la sous-partie I.B.1 (Q4 à Q6), ainsi que Q31 et Q32.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie III est la plus longue (environ 1 h 45).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q6 (loi de snell-descartes) et Q25 (paquet d'ondes).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 ?

Questions de cours : Q4 (système afocal), Q14 (nombre de reynolds), Q17 (approximation acoustique), Q18 (célérité), Q26 (montage inverseur) et Q29 (vitesse limite de balayage). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q15 (écoulement de poiseuille), Q21 (onde guidée), Q22 (relation de dispersion) et Q31 (principe fondamental de la dynamique).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (13 sur 32), par exemple : Q2, Q7, Q9 à Q12, Q14, Q18, Q20, Q23, Q26, Q28 et Q30. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q1, Q3, Q6, Q8, Q15 et Q21.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 PSI 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury décrit un sujet long mais varié, où plusieurs questions permettent d'entrer dans le sujet et d'autres de montrer un bon apprentissage du cours. Moyenne : 8,14/20 (écart-type 3,65, 3 523 présents).

Comment mesurer simultanément trois composantes de vitesse en vélocimétrie Doppler ?

En utilisant trois paires de faisceaux laser orthogonales associées à des longueurs d'onde distinctes. En Q11, le jury pénalise les dispositifs mesurant successivement chaque composante sans garantir une détection simultanée.

Que faire pour résoudre temporellement deux modes acoustiques en Q25 ?

Écrire que l'écart temporel de propagation \Delta t = L/v_{g2} - L/v_{g1}, lié aux vitesses de groupe distinctes, doit dépasser la durée de la salve 4T. Cette inégalité fournit directement la longueur minimale de tuyau L.

Quel nombre adimensionné calculer pour justifier la force de traînée en Q30 ?

Le nombre de Reynolds particulaire Re_p = \mu_f v_{\mathrm{rel}} d_p / \eta_f. Le jury rappelle qu'il fallait calculer ce nombre et vérifier la condition Re_p \ll 1 (régime de Stokes), et non vérifier l'homogénéité de la formule.

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