Corrigé détaillé Centrale Physique 1 PC 2021
Différents aspects de l'écoulement dans une lame de savon
- 41 questions corrigées
- Sujet accessible
- Vérifié question par question
Faisable en sup ?
Faisable en partie en PCSI : 1 question sur 41. Autres questions faisables en PCSI
Détail par partie
- Partie I : Interféromètre de Michelson et épaisseur d'une lame de savon0/112e année
- Partie II : Caractéristiques des écoulements bi-dimensionnels0/42e année
- Partie III : Couche limite oscillante et écoulement redressé1/23En partie
- Partie IV : Étude d'une allée de von Kármán dans une lame de savon0/32e année
Le sujet en bref
Sujet accessible · Mécanique des fluides, Optique ondulatoire, Électromagnétisme · 8 incontournables · 1 question de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet transversal et original s'intéresse à l'hydrodynamique bidimensionnelle au sein d'une lame de savon mince, confrontée à des analogies électromagnétiques et optiques. Il débute par l'interférométrie (Michelson en lame d'air puis coin d'air, interférences sur film mince) pour sonder le profil d'épaisseur du film lors de son drainage gravitaire. Il explore ensuite la dynamique tourbillonnaire plane à partir de l'équation de Navier-Stokes, avant d'aborder la couche limite de Stokes par analogie rigoureuse avec la diffusion électromagnétique dans un métal ohmique. Enfin, il analyse la génération d'un écoulement moyen redressé par non-linéarité convective puis caractérise l'instabilité de von K'armán à l'échelle du laboratoire et à l'échelle géophysique.
Très représentatif de l'esprit du concours Centrale-Supélec, ce sujet exige une excellente maîtrise des ordres de grandeur, une grande aisance en analyse vectorielle et une solide intuition physique pour mener des développements perturbatifs ou exploiter des données expérimentales.
- Difficulté
- Accessible, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,13/20)
- Temps estimé
- ≈ 2 h 55 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
Part des questions du sujet.
- Première année
Très partiellement en PCSI : 1 question sur 41.
Où gagner des points
27 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncéAfficher ou masquer la section
Où gagner des points
Points à signaler : données en annexe, question longue
Données en annexe
Question longue
La question Q41 constitue une résolution de problème ouverte combinant mesures graphiques sur document satellite et modélisation dimensionnelle ; elle demande un temps de rédaction nettement supérieur aux questions précédentes.
Comment utiliser ce corrigé
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Sommaire
41 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
41 questionsPartie I : Interféromètre de Michelson et épaisseur d'une lame de savon
I.A
Question 1
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Schéma ou tracé
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : interféromètre de michelson, lame d'air, tracé de rayons
Sur la figure A du document réponse, à rendre avec la copie, tracer avec soin les deux rayons issus du rayon incident qui émergent de l'interféromètre dans l'espace d'observation. Sur le même schéma, dans l'espace réservé à cet effet, montrer graphiquement que l'on peut considérer que ces deux rayons sont issus d'une « lame d'air » d'épaisseur que l'on représentera. On supposera que l'indice de l'air est égal à 1.
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Construire l'image M'_2 du miroir M_2 par la lame séparatrice semi-réfléchissante et identifier l'espace d'épaisseur e entre M_1 et M'_2.
Voir la stratégieStratégie
- Suivre le rayon incident arrivant en J sur la séparatrice (L) et déterminer les vecteurs directeurs des deux rayons issus de la division d'amplitude.
- Appliquer rigoureusement les lois de Snell-Descartes de la réflexion sur les miroirs M_1 et M_2, puis sur (L), pour obtenir le tracé des deux rayons émergeant dans l'espace d'observation.
- Construire l'image virtuelle M'_2 du miroir M_2 par réflexion sur la séparatrice (L) afin de mettre en évidence la lame d'air équivalente d'épaisseur e = |d_2 - d_1|.
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Tracé des deux rayons réfléchis et schéma équivalent de la lame d'air d'épaisseur e formée par les miroirs virtuels.
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1. Tracé des rayons dans l'interféromètre de Michelson
Notons d_1 = JM_1 et d_2 = JM_2 les longueurs des deux bras, avec ici d_2 > d_1. La séparatrice (L) est orientée à 45^\circ (droite d'équation y = x).
Le rayon incident arrive en J(0,0) avec un angle d'incidence \theta par rapport à l'axe optique (Jx). Son vecteur unitaire s'écrit :
Rayon 1 (voie M_1) :
- Réfléchi en J par (L) (symétrie par rapport à la première bissectrice y = x), son vecteur directeur devient \vec{u}_1 = \sin\theta\,\vec{e}_x + \cos\theta\,\vec{e}_y.
- Il atteint le miroir horizontal M_1 (y = d_1) au point A_1(d_1\tan\theta,\, d_1).
- La réflexion sur le miroir plan horizontal M_1 inverse la composante normale \vec{e}_y et conserve la composante tangentielle \vec{e}_x : le vecteur directeur devient \vec{u}'_1 = \sin\theta\,\vec{e}_x - \cos\theta\,\vec{e}_y. Le rayon redescend donc vers les y décroissants tout en continuant d'avancer vers les x croissants.
- Il rencontre la séparatrice (L) en un point K_1 d'abscisse x_1 > 0, la traverse sans déviation et émerge dans l'espace d'observation selon le vecteur \vec{u}_{1,\text{obs}} = \sin\theta\,\vec{e}_x - \cos\theta\,\vec{e}_y.
Rayon 2 (voie M_2) :
- Transmis en J sans déviation, son vecteur directeur reste \vec{u}_2 = \vec{u}_i = \cos\theta\,\vec{e}_x + \sin\theta\,\vec{e}_y.
- Il atteint le miroir vertical M_2 (x = d_2) au point A_2(d_2,\, d_2\tan\theta).
- La réflexion sur le miroir plan vertical M_2 inverse la composante selon \vec{e}_x : le vecteur directeur devient \vec{u}'_2 = -\cos\theta\,\vec{e}_x + \sin\theta\,\vec{e}_y.
- Il rencontre la séparatrice (L) au point K_2 d'abscisse x_2 > 0 où il subit une réflexion qui échange ses composantes cartésiennes : son vecteur directeur émergent est \vec{u}_{2,\text{obs}} = \sin\theta\,\vec{e}_x - \cos\theta\,\vec{e}_y.
Les deux rayons émergent donc rigoureusement parallèles dans l'espace d'observation, inclinés de l'angle \theta par rapport à l'axe vertical (Jy).
2. Représentation de la lame d'air équivalente
Le miroir M_2 est vu depuis l'espace d'observation à travers la réflexion sur (L). Son image par rapport au plan de la séparatrice (L) est un miroir virtuel M'_2 parallèle au miroir M_1, situé à la cote y = d_2.
L'ensemble des deux miroirs \{M_1, M'_2\} forme donc une lame d'air à faces parallèles d'épaisseur :
Le rayon incident arriving avec l'angle \theta par rapport à la normale aux faces subit une réflexion sur M_1 (donnant le rayon 1) et une réflexion sur M'_2 (donnant le rayon 2). Les deux rayons réfléchis émergent parallèles entre eux.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Pensez à définir clairement les grandeurs symétriques introduites.
« Attention à bien définir les grandeurs symétriques introduites ! »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 2
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : interféromètre de michelson, différence de marche, lame d'air
Établir la différence de marche introduite par le système en fonction de l'angle d'incidence sur cette lame et de son épaisseur .
Voir l'indiceIndice
Calculer le retard géométrique entre les deux rayons réfléchis par les surfaces de la lame d'air équivalente en projetant sur le front d'onde commun.
Voir la stratégieStratégie
Pour déterminer la différence de marche \delta introduite par l'interféromètre réglé en lame d'air d'épaisseur e :
- On utilise la modélisation équivalente issue de la question Q1 : les deux ondes émergentes proviennent de la réflexion d'une même onde incidente sur deux miroirs plans parallèles M_1 et M'_2, séparés de la distance e.
- On calcule la différence de chemin optique entre les deux rayons émergeant parallèlement dans la direction d'angle d'incidence \theta, soit par la méthode des sources secondaires virtuelles, soit par découpage des fronts d'onde.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul classique de la différence de marche pour une lame d'air à faces parallèles : \delta = 2e\cos\theta.
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L'interféromètre de Michelson est équivalent à une lame d'air à faces parallèles d'épaisseur e et d'indice n = 1, délimitée par le miroir réel M_1 et le miroir virtuel M'_2 (image de M_2 par la séparatrice L).
Méthode des sources virtuelles :
Soit un point source S éclairant l'interféromètre. Les réflexions sur M_1 et M'_2 créent deux sources virtuelles secondaires notées respectivement S_1 et S'_2.
Les miroirs M_1 et M'_2 étant parallèles et distants de e, l'image S'_2 est déduite de S_1 par une translation de vecteur :
\vec{S_1 S'_2} = 2e\,\vec{u}_noù \vec{u}_n est le vecteur unitaire normal aux miroirs, orienté de M_1 vers M'_2.
- Pour deux rayons émergeant parallèlement sous l'angle \theta par rapport à la normale \vec{u}_n (vers l'infini), le front d'onde est orthogonal à la direction de propagation \vec{u}.
La différence de marche \delta entre l'onde issue de S'_2 et celle issue de S_1 s'obtient directement par projection :
Retrouvons ce résultat par le tracé des rayons :
Considérons un rayon incident sous l'angle \theta :
- Le rayon (1) se réfléchit sur M_1 en A.
Le rayon (2) traverse le plan de M_1, se réfléchit sur M'_2 en B, puis retraverse le plan de M_1 en C. Le trajet géométrique dans la lame est :
AB + BC = \frac{2e}{\cos\theta}Pendant ce temps, le rayon (1) s'est propagé dans l'air. Soit H le projeté orthogonal de C sur le rayon réfléchi en A. Le retard géométrique du rayon (1) avant le front d'onde commun passant par C et H vaut :
AH = AC \sin\theta = (2e \tan\theta) \sin\theta = \frac{2e \sin^2\theta}{\cos\theta}
L'indice de l'air étant n=1, la différence de marche s'écrit :
Les deux réflexions sur les miroirs métalliques M_1 et M_2 étant identiques et la séparatrice étant compensée, aucun déphasage supplémentaire n'apparaît entre les deux voies.
On obtient donc :
Résultat
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Ne calculez pas la différence de marche par automatisme : explicitez le raisonnement physique sous-jacent.
« L’estimation de la différence de marche dans le cas d’une lame de verre/d’air à faces parallèle (ou on l’imagine, dans le cas des fentes d’Young) montre que les candidats agissent par mimétisme du cours, simplement en effectuant le calcul de la différence de marche, mais sans expliquer le cœur du raisonnement »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Schéma ou tracé
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : surface de localisation, anneau d'égale inclinaison, plan focal
Où est localisée la figure d'interférence ? Comment l'observer dans de bonnes conditions si l'on dispose d'un jeu complet de lentilles convergentes de distances focales comprises entre 20 cm et 1 m ? Un schéma clair de la situation expérimentale correspondante est attendu.
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Remarquer que pour une source large, chaque direction d'onde interfère avec elle-même : où convergent des rayons parallèles après traversée d'une lentille ?
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- Justifier la localisation des franges à partir de la géométrie des rayons émergents issus d'une source étendue pour une lame à faces parallèles.
- Proposer le dispositif de projection adapté (lentille convergente et écran dans son plan focal) et choisir une distance focale judicieuse parmi la gamme disponible [20\text{ cm} \,;\, 1\text{ m}] pour concilier taille des anneaux et encombrement sur le banc d'optique.
- Réaliser un schéma optique clair du dispositif d'observation.
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Les franges sont localisées à l'infini : observation sur un écran placé dans le plan focal d'une lentille convergente.
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Pour une source étendue et une lame à faces parallèles, la différence de marche \delta = 2e\cos\theta ne dépend que de l'inclinaison \theta des rayons et non de la position du point source sur la source primaire. Deux rayons issus d'un même rayon incident émergent parallèlement entre eux : ils n'interfèrent donc qu'à l'infini.
Pour observer cette figure dans de bonnes conditions :
- On place en sortie de l'interféromètre une lentille convergente (\mathcal{L}) de distance focale image f', et un écran (\mathcal{E}) placé dans son plan focal image.
Le rayon d'un anneau associé à l'angle d'incidence \theta s'écrit dans l'approximation des petits angles :
r = f' \tan\theta \approx f' \thetaPour que la figure soit suffisamment grande et détaillée sans dépasser la taille de l'écran ni les limites du banc d'optique usuel (1 à 2\text{ m}), une distance focale intermédiaire à grande est recommandée, typiquement :
\boxed{f' \approx 50\text{ cm}\text{ à }1\text{ m}}(une focale de 20\text{ cm} donnerait des anneaux trop petits, tandis que f' = 1\text{ m} offre un très bon grandissement angulaire).
Résultat
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : anneau d'égale inclinaison, symétrie de révolution
Montrer que la figure d'interférence est formée d'anneaux d'égale inclinaison (justifier ce terme).
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Relier l'ordre d'interférence p à l'angle d'incidence \theta et utiliser la symétrie de révolution autour de la normale aux miroirs.
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La différence de marche ne dépend que de \theta : la symétrie de révolution autour de l'axe optique donne des anneaux concentriques.
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D'après la formule de Fresnel, deux ondes cohérentes de même éclairement I_0 produisent un éclairement résultant :
D'après le résultat de la question Q2, la différence de marche s'écrit \delta(\theta) = 2e\cos\theta, de sorte que l'ordre d'interférence est :
L'éclairement ne dépend donc de la direction que par l'intermédiaire de l'angle d'incidence \theta :
- Une frange d'interférence (d'éclairement donné, en particulier une frange brillante caractérisée par p \in \mathbb{N}) correspond à une valeur constante de l'angle d'incidence \theta des rayons sur la lame d'air équivalente. C'est ce qui justifie l'appellation de franges d'égale inclinaison.
L'ensemble du dispositif présente une symétrie de révolution autour de l'axe optique, confondu avec la normale aux miroirs. Dans le plan focal image de la lentille d'observation, les rayons inclinés d'un angle \theta convergent en des points situés à la distance r du foyer image F' :
r = f' \tan\theta \approx f'\thetaÀ \theta = \text{cte} correspond ainsi une distance r = \text{cte} par rapport au centre F'. Les lieux d'égale intensité sont des cercles concentriques : la figure d'interférence est formée d'anneaux.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 5
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : contact optique, teinte plate
Décrire l'opération : faut-il tourner ou translater un miroir ? Comment savoir dans quel sens ? Décrire l'évolution de la figure d'interférence au cours de l'opération. Quel est l'aspect de l'éclairement sur l'écran une fois ce réglage réalisé ?
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Identifier l'effet d'une translation du miroir mobile sur l'épaisseur e et le rayon des anneaux jusqu'à obtenir une teinte plate.
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- Identifier la grandeur caractéristique du contact optique (e = 0) pour déterminer le type de déplacement requis.
- Exprimer l'ordre d'interférence au centre p_0 et le rayon des anneaux en fonction de e pour déterminer le sens de translation.
- Analyser l'évolution de la figure (largeur et défilement des anneaux) puis en déduire l'état final à e = 0.
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Translation du miroir mobile pour annuler l'épaisseur e : élargissement des anneaux jusqu'à l'obtention de la teinte plate.
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1. Nature du déplacement :
Le contact optique correspond à une épaisseur de la lame d'air équivalente nulle :
Pour annuler e tout en conservant le parallélisme rigoureux entre le miroir M_1 et l'image M'_2, il faut translater l'un des miroirs (généralement le miroir monté sur chariot micrométrique) parallèlement à la direction de son bras, sans toucher aux vis d'orientation.
2. Détermination du sens de translation :
D'après la question Q4, l'ordre d'interférence au centre (\theta = 0) vaut :
Pour un anneau brillant d'ordre p fixé (p < p_0), l'angle d'émergence \theta vérifie :
Lorsque l'épaisseur e diminue vers 0 :
- l'ordre au centre p_0 diminue ;
- pour un ordre p donné, le rayon angulaire \theta diminue jusqu'à s'annuler lorsque p_0 atteint p.
Par conséquent, lorsqu'on translate le miroir dans le sens réduisant l'épaisseur e, les anneaux rentrent vers le centre et y disparaissent successivement. Si au contraire de nouveaux anneaux naissent au centre et s'en éloignent, on translate dans le mauvais sens et il faut inverser la translation.
3. Évolution de la figure d'interférence :
Au fur et à mesure que e décroît :
- le nombre d'anneaux visibles sur le champ d'observation diminue ;
- les anneaux s'élargissent et deviennent de plus en plus espacés (l'interfrange angulaire varie comme 1/e).
4. Aspect de l'éclairement au contact optique :
Lorsque le réglage au contact optique est réalisé (e = 0) :
La différence de marche est rigoureusement nulle sur tout le champ d'observation, indépendamment de la direction d'incidence \theta. Le déphasage vaut \Delta\phi = 0, et l'éclairement est uniforme sur tout l'écran :
Résultat
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : coin d'air, frange d'égale épaisseur, localisation des franges
Partant de cette situation on incline un des miroirs d'un petit angle pour former un coin d'air. On éclaire le système en incidence quasi-normale de telle sorte que l'on observe des franges d'interférences rectilignes parallèles entre elles. Où sont-elles localisées ? Préciser les conditions de leur observation.
Voir l'indiceIndice
Expliquer pourquoi l'inclinaison d'un miroir brise le parallélisme et localise les franges au voisinage immédiat des miroirs en incidence quasi-normale.
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- Rappeler le lieu d'intersection des rayons réfléchis issus d'un même rayon incident pour déterminer la zone de localisation des interférences à deux ondes issues d'une source étendue.
- En déduire le dispositif optique permettant d'observer cette figure localisée à distance finie (à l'œil nu ou sur un écran).
Voir la réponse courteRéponse courte
Franges d'égale épaisseur localisées au voisinage immédiat des miroirs : observation par projection avec une lentille conjuguant miroirs et écran.
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1. Localisation des franges d'interférence
Sous un éclairage par une source étendue, deux rayons issus d'un même point-source incident sous incidence quasi-normale ne peuvent interférer de manière cohérente et sans brouillage qu'au voisinage du point où ils se séparent et se recoupent.
Par conséquent, les franges d'interférence sont localisées au voisinage immédiat des miroirs (plus rigoureusement, sur le coin d'air virtuel formé par les surfaces de M_1 et de l'image M'_2).
2. Conditions d'observation
La figure étant localisée à distance finie au niveau des miroirs :
- Observation sur un écran : on utilise une lentille convergente de projection disposée de sorte que le plan du coin d'air (les miroirs) et l'écran soient dans des plans conjugués par la lentille (relation de conjugaison de Descartes : l'écran est le plan image des miroirs à travers la lentille).
- Observation à l'œil nu : l'œil de l'observateur doit accommoder directement sur les miroirs.
- Conditions sur la source et les faisceaux : l'éclairage doit être en incidence quasi-normale (\theta \approx 0) afin que la différence de marche ne dépende que de l'épaisseur locale e(x) = \alpha x et non de l'inclinaison des rayons, évitant ainsi le brouillage spatial dû à l'étendue de la source.
Résultat
Question 7
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : coin d'air, interfrange
On admet que la différence de marche introduite par le coin d'air en un point de la surface de localisation situé à une distance de l'arête commune des deux miroirs est avec . Déterminer l'interfrange sur la surface de localisation, en fonction de et . Comment évolue la figure d'interférence si l'angle varie ?
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Écrire la condition pour passer d'une frange brillante à la suivante (\Delta\delta = \lambda_0) à partir de l'expression de \delta(x).
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'ordre d'interférence p(x) en fonction de la position x à partir de la différence de marche \delta(x).
- Appliquer la définition de l'interfrange i comme l'incrément de position \Delta x correspondant à une variation unitaire de l'ordre d'interférence (\Delta p = 1).
- Discuter l'effet d'une modification de l'angle \alpha sur l'interfrange et sur l'aspect de la figure d'interférence.
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Interfrange i = \lambda_0 / (2\alpha) : l'écartement des franges diminue lorsque l'angle \alpha augmente.
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L'indice du milieu étant n = 1, la différence de marche s'écrit en valeur absolue :
L'ordre d'interférence en un point d'abscisse x est donné par :
L'interfrange i correspond à la distance séparant deux lignes consécutives de même intensité (par exemple deux franges brillantes successives, pour lesquelles l'ordre d'interférence varie d'une unité, soit \Delta p = 1) :
On en déduit l'expression de l'interfrange sur la surface de localisation :
Évolution de la figure d'interférence avec l'angle \alpha :
- Si l'angle \alpha augmente, l'interfrange i diminue : les franges rectilignes se resserrent.
- Si l'angle \alpha diminue, l'interfrange i augmente : les franges s'écartent.
- Dans la limite \alpha \to 0 (parallélisme des miroirs au contact optique), i \to \infty : les franges deviennent infiniment larges et l'on retrouve une teinte plate uniforme.
Résultat
I.B
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : saut de phase, déphasage, lame mince
Justifier qu'en incidence quasi-normale, le déphasage entre les deux ondes qui interfèrent peut s'écrire
Voir l'indiceIndice
Additionner le déphasage géométrique 2\pi(2ne)/\lambda_0 lié à l'aller-retour dans la lame d'indice n et le saut de phase de \pi lors de la réflexion vitreuse.
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Le déphasage \Delta\phi = \frac{2\pi}{\lambda_0}(2ne) + \pi prend en compte le saut de phase de \pi lors de la réflexion sur le milieu d'indice plus élevé.
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Considérons les deux rayons issus de la division d'amplitude du rayon incident qui interfèrent en P :
Différence de marche géométrique : D'après la formule classique de la lame à faces parallèles, la différence de marche géométrique entre le rayon ayant traversé la lame (réfléchi sur la face arrière) et le rayon réfléchi sur la face avant est :
\delta_{\text{géo}} = 2 n e \cos\theta_rEn incidence quasi-normale, on a \theta \approx 0, d'où d'après la loi de Snell-Descartes \theta_r \approx 0 et \cos\theta_r \approx 1. Il vient ainsi :
\delta_{\text{géo}} \approx 2 n eDéphasages à la réflexion :
- Le premier rayon subit une réflexion sur la face avant, c'est-à-dire à l'interface air/eau savonneuse (1 \to n). La réflexion ayant lieu sur un milieu plus réfringent (n \approx 1{,}4 > 1), elle s'accompagne d'un déphasage de \pi.
- Le second rayon subit une réflexion sur la face arrière, c'est-à-dire à l'interface eau savonneuse/air (n \to 1). La réflexion s'effectue sur un milieu moins réfringent, elle n'introduit donc aucun déphasage.
- Les transmissions à travers l'interface ne modifient pas la phase.
Le déphasage total \Delta\phi entre les deux ondes réfléchies s'obtient en combinant le déphasage géométrique et la différence des déphasages à la réflexion :
En remarquant que \pi = \frac{2\pi}{\lambda_0} \frac{\lambda_0}{2}, on peut factoriser par \frac{2\pi}{\lambda_0} :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait identifier précisément la réflexion introduisant le déphasage supplémentaire de pi.
« Il fallait bien identifier le point où l’une des deux ondes réfléchies prenait un retard de phase supplé mentaire de π. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : coin d'air, drainage gravitaire
Compte tenu de la topographie des franges observées sur la figure 6, discuter qualitativement l'écart du profil de la lame à une portion de coin d'angle constant, induit par son drainage gravitaire.
Voir l'indiceIndice
Relier l'interfrange local i(z) à la pente locale |\mathrm{d}e/\mathrm{d}z| de la lame de savon et observer l'évolution de l'espacement des franges sur la photographie.
Voir la stratégieStratégie
- Décrire les caractéristiques géométriques des franges visibles sur la figure 6 (orientation et espacement).
- Relier l'interfrange local i(z) à la pente locale du profil de la lame \left|\frac{\partial e}{\partial z}\right|.
- Comparer au cas du coin d'air d'angle constant pour conclure sur la courbure du profil induite par le drainage.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'écartement variable des franges horizontales met en évidence une variation non linéaire de l'épaisseur due à l'effet de la gravité.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'observation de la figure 6 (confirmée par les indications de la figure 5 et les données du tableau 1) permet de relever deux caractéristiques majeures :
- les franges d'interférence sont rectilignes et horizontales, ce qui montre que l'épaisseur e est invariante selon l'axe horizontal (Ox) et ne dépend que de l'altitude z à un instant donné : e = e(z) ;
- l'interfrange i(z) (distance verticale séparant deux franges consécutives de même nature) n'est pas constant : il est maximal en haut de la lame (z \approx H) et diminue progressivement vers le bas (z \to 0).
D'après la condition d'interférences constructives issue de la question Q8, la différence de marche effective varie de \lambda_0 entre deux franges brillantes consécutives, soit une variation d'épaisseur :
Au premier ordre, l'interfrange local i(z) = |\Delta z| est relié à la pente locale du profil (l'angle local du coin \alpha(z)) par :
Pour un coin d'angle constant \alpha, le profil d'épaisseur serait linéaire (e(z) = \alpha(H-z)) et conduirait à un interfrange rigoureusement uniforme i = \frac{\lambda_0}{2n\alpha}.
Ici, la décroissance de l'interfrange i(z) vers le bas (lorsque z décroît) impose que :
Le profil de la lame de savon n'est donc pas assimilable à une portion de coin d'angle constant : sous l'effet du drainage gravitaire, la lame présente une courbure, son épaisseur augmentant de plus en plus rapidement vers le bas.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez les longs calculs : il suffisait de constater que l'interfrange variait sur la figure.
« Que de développements inutiles et chronophages pour cette question. Il suffisait juste de remarquer que l’interfrange sur la figure 6 n’était pas constante. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 10
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : film de savon, épaisseur de film
Discuter qualitativement la validité de cette expression en regard de la figure 6.
Voir l'indiceIndice
Calculer la dérivée spatiale de l'épaisseur issue du modèle de drainage et examiner si le comportement de l'interfrange est compatible avec les observations.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les points d'accord qualitatif entre l'expression théorique e(z,t) = \sqrt{\frac{2\eta(H-z)}{\rho g t}} et la figure 6 (horizontalité des franges, sens global de variation de l'épaisseur).
- Calculer la pente locale |\partial e/\partial z| et en déduire la prédiction du modèle sur l'interfrange local i(z).
- Confronter cette prédiction à la figure 6 pour mettre en évidence l'inadéquation du modèle sur le gradient d'épaisseur.
Voir la réponse courteRéponse courte
Confrontation de la loi d'épaisseur proposée avec le resserrement progressif des franges vers le haut de la lame de savon.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'expression issue du modèle simplifié donne l'épaisseur :
1. Aspects conformes aux observations :
- Invariance selon (Ox) : L'épaisseur e(z,t) ne dépend que de la cote verticale z, ce qui conduit à des lignes d'égale épaisseur horizontales. Cela est en accord avec les franges d'interférence horizontales et rectilignes observées sur la figure 6.
- Sens de variation de l'épaisseur : Lorsque la cote z diminue (vers le bas de la lame), la quantité (H-z) augmente, donc l'épaisseur e(z,t) augmente. Le liquide s'accumule bien en bas sous l'effet de la pesanteur, avec une épaisseur minimale (tendant vers zéro) au sommet (z=H).
2. Désaccord majeur sur la topographie des franges : Calculons la pente locale du profil d'épaisseur prédite par ce modèle :
D'après la relation établie à la question précédente, l'interfrange local s'exprime par :
Cette expression implique que :
- au sommet de la lame (z \to H, soit H-z \to 0), la pente divergerait et l'interfrange tendrait vers 0 (franges infiniment resserrées) ;
- vers le bas de la lame (z décroissant, H-z croissant), l'interfrange i(z) devrait augmenter (franges de plus en plus écartées).
Conclusion : Sur la figure 6, on constate exactement l'inverse :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait analyser directement la photographie fournie au lieu de vous limiter à une analyse dimensionnelle ou asymptotique.
« L’énoncé demandait explicitement de discuter de la validité d’une formule « en regard de la fi gure 6 » : il fallait donc s’appuyer sur la photo représentée en figure 6 pour répondre à cette question peu guidée. »
« beaucoup de candidats se sont contentés de répondre par une analyse dimensionnelle ou par une étude d’un comportement limite sans rapport avec la photo. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 11
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
Chapitre : Optique ondulatoire › Interférences par division d'amplitude
Notions : régression linéaire, méthode graphique
Compte tenu de ces valeurs numériques, analyser graphiquement, à l'aide du support fourni en figure B du document réponse, si cette loi semi-empirique est conforme aux observations. Si c'est le cas, donner la valeur numérique de .
Voir l'indiceIndice
Passer au logarithme dans la relation e \propto (H-z)^\beta et tracer \ln(e) en fonction de \ln(H-z) pour mesurer la pente de la droite obtenue.
Voir la stratégieStratégie
- Relier le numéro k de la frange brillante à l'épaisseur locale e_k du film à l'aide de la condition d'interférence constructive établie en Q8.
- Linéariser la loi de puissance semi-empirique e(z, t) = K (H-z)^\beta en prenant le logarithme népérien.
- Dresser le tableau des valeurs numériques de \ln(H-z) et \ln(2k-1), vérifier l'alignement des points et en déduire la pente \beta.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé de \ln(e) en fonction de \ln(z) ou exploitation directe de la figure réponse pour identifier la puissance \beta.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q8, la différence de phase entre les deux ondes réfléchies en incidence quasi-normale s'écrit :
La condition d'interférence constructive (frange brillante) correspond à \Delta\phi = 2p\pi avec p \in \mathbb{N}^*, soit :
Au sommet du film (z \to H), l'épaisseur s'annule (e \to 0), ce qui correspond à une frange sombre (film noir de Newton). La première frange brillante sous le sommet (k = 1, pour la plus grande cote z) correspond donc à l'ordre p = 1, et plus généralement pour la k-ième frange brillante :
En appliquant le logarithme népérien à la loi semi-empirique e_k = K(H-z_k)^\beta, on obtient :
ce qui équivaut, en isolant le terme dépendant de k, à :
La loi semi-empirique est donc conforme aux observations si le graphe de \ln(2k-1) (ou de \ln e_k) en fonction de \ln(H-z) est une droite de pente \beta.
Calculons les grandeurs utiles à partir des données du tableau 1, avec H = 5{,}0\text{ cm} :
| k | z\text{ (cm)} | H-z\text{ (cm)} | X = \ln(H-z) | Y = \ln(2k-1) |
| 1 | 4,5 | 0,5 | -0{,}69 | 0,00 |
| 2 | 4,1 | 0,9 | -0{,}11 | 1,10 |
| 3 | 3,7 | 1,3 | +0{,}26 | 1,61 |
| 4 | 3,4 | 1,6 | +0{,}47 | 1,95 |
| 5 | 3,2 | 1,8 | +0{,}59 | 2,20 |
| 6 | 3,0 | 2,0 | +0{,}69 | 2,40 |
| 7 | 2,8 | 2,2 | +0{,}79 | 2,56 |
| 8 | 2,6 | 2,4 | +0{,}88 | 2,71 |
Les points expérimentaux sont remarquablement alignés sur une droite, ce qui confirme la validité de la loi de puissance semi-empirique.
La pente \beta de cette droite moyenne s'obtient par exemple à partir des deux points extrêmes :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question très peu réussie en raison d'une confusion de modèles et d'un manque d'aisance sur la régression linéaire sur papier millimétré.
« Beaucoup de candidats ont confondu le modèle théorique avec le modèle semi-empirique et abou tissent évidemment à β= 0,5. »
« le jury ne s’attendait pas à ce qu’une régression linéaire sur papier millimétré soit si discriminante en fin de seconde année. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Partie II : Caractéristiques des écoulements bi-dimensionnels
Question 12
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides
Notions : dérivée particulaire, accélération locale, accélération convective
Préciser le sens physique associé aux deux termes et formant la dérivée particulaire de la vitesse.
Voir l'indiceIndice
Distinguer la variation temporelle du champ de vitesse en un point fixe du terme traduisant le transport de quantité de mouvement d'un point à un autre par le fluide.
Voir la réponse courteRéponse courte
\partial \vec{v}/\partial t traduit l'instationnarité locale et (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} traduit l'advection spatiale par l'écoulement.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La dérivée particulaire \dfrac{\mathrm{D}\vec{v}}{\mathrm{D}t} représente l'accélération d'une particule fluide suivie dans son mouvement (approche lagrangienne). Elle se décompose en deux contributions :
- Le terme d'accélération locale \dfrac{\partial \vec{v}}{\partial t} : il quantifie la variation temporelle du champ des vitesses en un point géométrique fixe de l'espace (approche eulérienne). Ce terme traduit le caractère instationnaire de l'écoulement ; il est nul lorsque l'écoulement est stationnaire (permanent).
- Le terme d'accélération convective (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} : il traduit la variation de vitesse qu'éprouve la particule fluide au cours de son déplacement en raison de l'inhomogénéité spatiale du champ des vitesses. Ce terme, non linéaire en \vec{v}, est présent dès lors que les lignes de courant convergent, divergent ou s'incurvent, même en régime strictement permanent.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question de cours basique dont le barème devait être intégralement acquis.
« Tous les candidats à ce concours auraient dû avoir les points à cette question ! »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 13
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : équation de navier-stokes, force de pression, viscosité
Préciser le sens physique associé aux trois termes au second membre de l'équation de Navier-Stokes.
Voir l'indiceIndice
Associer chaque terme aux actions mécaniques extérieures : forces de volume à distance, forces normales de pression et contraintes tangentielles de viscosité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Identification du gradient de pression, des forces volumiques de pesanteur et des forces de frottement visqueux.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation de Navier-Stokes traduit la relation fondamentale de la dynamique appliquée à une particule fluide de masse \mathrm{d}m = \rho\,\mathrm{d}\tau :
Les trois termes du second membre représentent chacun une densité volumique de force (en \mathrm{N\cdot m^{-3}}) s'exerçant sur la particule de fluide :
- Le terme \vec{f}_v : il s'agit de la densité volumique des forces à distance (ou forces extérieures de volume) appliquées au fluide. Dans la plupart des situations usuelles, il correspond à la pesanteur : \vec{f}_v = \rho \vec{g}.
- Le terme -\vec{\operatorname{grad}} P : il représente la densité volumique des forces de pression. Il résulte de l'action de contact normale exercée par le fluide environnant sur la surface délimitant la particule fluide. Le signe négatif indique que cette force motrice est dirigée dans le sens des pressions décroissantes (le fluide est poussé des zones de haute pression vers les zones de basse pression).
- Le terme \eta \vec{\Delta}(\vec{v}) : il s'agit de la densité volumique des forces de viscosité (ou de frottement visqueux). Il résulte des contraintes de cisaillement (actions de contact tangentielles) entre couches de fluide se déplaçant à des vitesses relatives différentes. Il traduit la diffusion de la quantité de mouvement et dissipe de l'énergie mécanique sous forme thermique.
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Précisez bien la nature volumique des forces présentes au second membre.
« Beaucoup de candidats omettent qu’il s’agit de forces volumiques. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 14
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Dynamique des fluides parfaits ; Cinématique des fluides
Notions : équation d'euler, équation de la vorticité
On note la vorticité dans l'écoulement. Montrer, en négligeant les effets de la viscosité ainsi que la résultante des forces volumiques autres que celles de pression, que satisfait à une équation d'évolution de la forme
Voir l'indiceIndice
Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation de Navier-Stokes sous sa forme vectorielle en exploitant la nullité du rotationnel d'un gradient.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de la forme de Lamb de l'équation de Navier-Stokes fournie par l'énoncé en annulant la viscosité (\eta = 0) et les forces massiques volumiques (\vec{f}_v = \vec{0}).
- Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation pour éliminer tous les termes de gradient (\overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{grad}}\dots) = \vec{0}).
- Développer \overrightarrow{\operatorname{rot}}(\vec{\Omega}\wedge\vec{v}) à l'aide de l'identité vectorielle du formulaire, en exploitant l'incompressibilité (\operatorname{div}\vec{v} = 0) et l'identité \operatorname{div}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v}) = 0.
Voir la réponse courteRéponse courte
Prise du rotationnel de l'équation d'Euler et utilisation des identités d'analyse vectorielle pour isoler l'étirement des vortex.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Sous les hypothèses de l'énoncé (\eta = 0 et \vec{f}_v = \vec{0}), et pour un écoulement incompressible de masse volumique \rho uniforme, la forme alternative de l'équation de Navier-Stokes donnée dans le préambule devient l'équation d'Euler sous forme de Lamb :
où \vec{\Omega} = \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v}.
Prenons le rotationnel de chacun des membres de cette relation :
Analysons les différents termes :
Les dérivées temporelle et spatiales commutent :
\overrightarrow{\operatorname{rot}}\!\left(\frac{\partial \vec{v}}{\partial t}\right) = \frac{\partial}{\partial t}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v}) = \frac{\partial \vec{\Omega}}{\partial t}.Le rotationnel d'un gradient étant identiquement nul :
\overrightarrow{\operatorname{rot}}\!\left[\overrightarrow{\operatorname{grad}}\left(\frac{P}{\rho} + \frac{v^2}{2}\right)\right] = \vec{0}.D'après le formulaire, pour deux champs vectoriels \vec{A} et \vec{B} :
\overrightarrow{\operatorname{rot}}(\vec{A} \wedge \vec{B}) = (\operatorname{div}\vec{B})\vec{A} - (\operatorname{div}\vec{A})\vec{B} + (\vec{B} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{A} - (\vec{A} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{B}.Appliquée à \vec{A} = \vec{\Omega} et \vec{B} = \vec{v}, cette formule s'écrit :
\overrightarrow{\operatorname{rot}}(\vec{\Omega} \wedge \vec{v}) = (\operatorname{div}\vec{v})\vec{\Omega} - (\operatorname{div}\vec{\Omega})\vec{v} + (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{\Omega} - (\vec{\Omega} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}.Or :
- l'écoulement est incompressible, donc \operatorname{div}\vec{v} = 0 ;
- la divergence d'un rotationnel est identiquement nulle, donc \operatorname{div}\vec{\Omega} = \operatorname{div}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v}) = 0.
Il reste ainsi :
\overrightarrow{\operatorname{rot}}(\vec{\Omega} \wedge \vec{v}) = (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{\Omega} - (\vec{\Omega} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}.
En réinjectant ces résultats dans l'équation aux rotationnels, il vient :
En reconnaissant la dérivée particulaire de la vorticité \dfrac{\mathrm{D}\vec{\Omega}}{\mathrm{D}t} = \dfrac{\partial \vec{\Omega}}{\partial t} + (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{\Omega}, on obtient l'équation d'évolution de Helmholtz :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Justifiez rigoureusement chaque étape de calcul, particulièrement l'incompressibilité de l'écoulement.
« Il fallait bien justifier toutes les étapes de la démonstration, notamment l’utilisation à deux reprises du caractère incompressible de l’écoulement. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Dynamique des fluides parfaits
Notions : écoulement bidimensionnel, étirement de vortex
Justifier que l'on peut considérer l'écoulement dans la lame de savon comme bidimensionnel. Montrer que, dans cette hypothèse, le terme d'étirement de vortex est nul.
Voir l'indiceIndice
Écrire les composantes de \vec{\Omega} et de \vec{v} pour un écoulement strictement confiné au plan (Oxz) et expliciter chaque composante du produit (\vec{\Omega}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v}.
Voir la réponse courteRéponse courte
En écoulement bidimensionnel, \vec{\Omega} est orthogonal au plan d'écoulement alors que le gradient s'exerce dans le plan : annulation du produit contracté.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Justification du caractère bidimensionnel de l'écoulement :
L'épaisseur de la lame de savon est de l'ordre de e \lesssim 1\ \mu\text{m}, tandis que ses dimensions transverses sont de l'ordre de H = 5{,}0\text{ cm}. Le rapport d'aspect est donc extrêmement faible :
Le fluide est confiné entre deux interfaces liquide-air très proches. La vitesse normale aux interfaces est donc négligeable devant les composantes tangentielles, et les grandeurs physiques peuvent être considérées comme uniformes sur l'épaisseur du film. L'écoulement se déroule ainsi quasi-exclusivement dans le plan (Oxz) de la lame.
2. Annulation du terme d'étirement de vortex :
Dans le repère de la lame où l'axe (Oy) est perpendiculaire au film et (Ox, Oz) est le plan du film, le champ de vitesse s'écrit :
Le champ de vorticité \vec{\Omega} = \overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{v} est orthogonal au plan de l'écoulement :
L'opérateur scalaire (\vec{\Omega} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}}) se réduit donc à :
Puisque le champ de vitesse est indépendant de la coordonnée transverse y (\partial\vec{v}/\partial y = \vec{0}), on en déduit immédiatement :
Le terme d'étirement de vortex est donc rigoureusement nul pour un écoulement bidimensionnel.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'initiative d'introduire une forme explicite du champ de vitesse 2D a été très appréciée pour prouver la nullité du terme.
« Le jury a été ravi de voir qu’une proportion non négligeable de candidat a pris l’initiative de poser un champ des vitesses 2D explicite dans le plan de la lame afin de montrer la nullité du terme d’étirement de vortex. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Partie III : Couche limite oscillante et écoulement redressé
III.A · Diffusion de la vorticité dans une couche limite oscillante au voisinage d'une plaque plane et infinie, analogie électromagnétique
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux
Notions : loi d'ohm locale, équation de diffusion, effet de peau
Écrire, dans le cadre de l'approximation des régimes quasi stationnaires, la loi d'Ohm locale dans le conducteur ainsi que les quatre équations de Maxwell dans le conducteur. En déduire l'équation de propagation vérifiée par le champ électrique dans le métal, dite équation de diffusion du champ.
Voir l'indiceIndice
Négliger le courant de déplacement devant le courant de conduction dans le théorème d'Ampère et combiner la loi de Faraday avec la relation du rotationnel du rotationnel.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la loi d'Ohm locale liant le vecteur densité volumique de courant de conduction \vec{\jmath} au champ électrique \vec{E}.
- Écrire les quatre équations de Maxwell dans le conducteur en tenant compte de la neutralité électrique locale en volume (\rho = 0) et de l'approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS magnétique : courant de déplacement négligeable devant le courant de conduction).
- Appliquer l'identité du double rotationnel \overrightarrow{\operatorname{rot}}(\overrightarrow{\operatorname{rot}}\vec{E}) = \overrightarrow{\operatorname{grad}}(\operatorname{div}\vec{E}) - \vec{\Delta}\vec{E} et combiner avec les équations de Maxwell pour établir l'équation de diffusion vérifiée par \vec{E}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Combinaison des équations de Maxwell sous l'ARQS et de la loi d'Ohm \vec{\jmath} = \sigma_0 \vec{E} pour obtenir l'équation de diffusion de \vec{E}.
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Dans le conducteur ohmique, homogène et isotrope de conductivité statique \sigma_0 \in \mathbb{R}, la loi d'Ohm locale s'écrit :
Le conducteur étant homogène et localement neutre, la densité volumique de charge en volume est nulle : \rho = 0. Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS), le courant de déplacement \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} est négligeable devant le courant de conduction \vec{\jmath}. Les quatre équations de Maxwell dans le conducteur s'écrivent ainsi :
Pour obtenir l'équation vérifiée par \vec{E}, prenons le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday :
D'une part, d'après l'identité vectorielle rappelée dans l'énoncé et la nullité de la divergence de \vec{E} :
D'autre part, en injectant l'équation de Maxwell-Ampère dans l'ARQS :
En égalant les deux expressions, on obtient l'équation de diffusion du champ électrique :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Les équations de Maxwell doivent être parfaitement sues et la loi d'Ohm locale ne doit pas être confondue avec sa forme intégrée.
« Il est inadmissible qu’un candidat à ce concours ne connaisse pas les quatre équations de Maxwell, postulat fondamental de l’électromagnétisme. »
« Et attention à ne pas confondre la loi d’Ohm « U= RI» avec la loi d’Ohm locale dans un conducteur ohmique ! »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux
Notions : relation de dispersion, épaisseur de peau
Déterminer la relation de dispersion dans le conducteur. En déduire le vecteur d'onde complexe en fonction de l'épaisseur de peau .
Voir l'indiceIndice
Injecter la forme d'onde plane progressive monochromatique dans l'équation de diffusion et extraire les parties réelle et imaginaire de \underline{k}^2 = -\mathrm{i}\mu_0\sigma_0\omega.
Voir la stratégieStratégie
- Injecter la forme complexe de l'onde plane progressive \underline{\vec{E}}(z, t) dans l'équation de diffusion établie à la question Q16 afin d'obtenir la relation de dispersion reliant \underline{k} à \omega.
- Déterminer les racines carrées complexes et choisir le signe physiquement admissible pour assurer la décroissance de l'amplitude dans le demi-espace conducteur z > 0.
Voir la réponse courteRéponse courte
Relation de dispersion \underline{k}^2 = -\mathrm{i}\mu_0\sigma_0\omega conduisant à \underline{k} = (1-\mathrm{i})/\delta avec \delta = \sqrt{2/(\mu_0\sigma_0\omega)}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le champ électrique recherché sous la forme d'une onde plane progressive monochromatique s'écrit :
Les dérivées spatio-temporelles appliquées à cette onde donnent :
En injectant ces expressions dans l'équation de diffusion obtenue à la question Q16, \vec{\Delta}\vec{E} = \mu_0 \sigma_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}, on obtient :
On en déduit la relation de dispersion dans le conducteur :
Pour exprimer \underline{k}, remarquons que :
En introduisant l'épaisseur de peau \delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \sigma_0 \omega}}, on a \mu_0 \sigma_0 \omega = \frac{2}{\delta^2}, d'où :
Il existe deux racines opposées : \underline{k} = \pm \frac{1-\mathrm{i}}{\delta}. Le facteur de dépendance spatiale s'écrit alors :
Le milieu conducteur occupant le demi-espace z > 0, le champ électrique doit rester borné lorsque z \to +\infty. La solution physique implique nécessairement une atténuation spatiale en \mathrm{e}^{-z/\delta}, ce qui impose de choisir le signe supérieur :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Veillez à déterminer et justifier rigoureusement le signe dans l'expression du vecteur d'onde complexe.
« Beaucoup de candidats trouvent la bonne expression de k2 puis k, mais au signe près ou avec un signe non justifié. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux
Notions : effet de peau, onde évanescente
Exprimer le champ en notation réelle dans le conducteur et tracer son allure en fonction de à fixé. Expliquer, en s'appuyant sur ce tracé, ce qu'est l'effet de peau en donnant une interprétation concrète à l'épaisseur de peau.
Voir l'indiceIndice
Prendre la partie réelle du champ complexe et interpréter le facteur d'atténuation exponentiel comme une longueur caractéristique de pénétration.
Voir la stratégieStratégie
- Réinjecter l'expression du vecteur d'onde complexe \underline{k} établie à la question Q17 dans le champ électrique complexe \underline{\vec{E}}(z,t) et prendre la partie réelle.
- Tracer la dépendance spatiale E(z) à un instant fixé (par exemple t = 0), en faisant apparaître les enveloppes exponentielles \pm E_0 \mathrm{e}^{-z/\delta}.
- Définir l'effet de peau et donner l'interprétation physique de \delta en tant que longueur caractéristique d'atténuation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé de l'onde pseudo-progressive amortie spatialement sur la distance caractéristique \delta, illustrant le confinement du champ près de la surface.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q17, le vecteur d'onde complexe associé à la propagation dans le demi-espace z > 0 s'écrit :
En injectant cette expression dans la forme complexe du champ électrique \underline{\vec{E}}(z, t) = E_0 \exp(\mathrm{i}(\omega t - \underline{k}z))\,\vec{e}_x (en choisissant E_0 réel positif sans perte de généralité), on obtient :
En prenant la partie réelle de cette expression, le champ électrique réel s'écrit :
soit pour la composante scalaire :
À un instant t fixé (choisi arbitrairement à t=0 modulo 2\pi/\omega pour simplifier le tracé), le champ est une fonction sinusoïdale de pseudo-longueur d'onde spatiale \lambda = 2\pi\delta, modulée par une enveloppe exponentielle décroissante \pm E_0 \exp(-z/\delta) :
Interprétation physique de l'effet de peau :
- L'effet de peau désigne le phénomène d'extinction rapide du champ électromagnétique (et par suite des courants induits de Foucault) lors de sa pénétration dans un milieu conducteur. L'onde ne se propage pas librement mais est fortement amortie par conversion d'énergie sous forme de chaleur (pertes Joule).
- L'épaisseur de peau \delta représente la distance caractéristique de pénétration au bout de laquelle l'amplitude du champ électrique est divisée par \mathrm{e} \approx 2{,}72 (soit une atténuation de près de 63\,\%). À une profondeur de 3\delta à 5\delta, le champ est quasiment nul (inférieur à 1\,\% de sa valeur de surface) : le champ et les courants sont donc confinés dans une fine couche superficielle d'épaisseur \delta.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne qualifiez pas à tort l'onde atténuée dans le conducteur ohmique d'onde évanescente.
« L’onde électromagnétique dans le métal a été souvent qualifiée, à tort, d’onde évanescente. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 19
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux
Notions : puissance volumique de joule, conducteur parfait
Exprimer la puissance moyenne dissipée par effet Joule dans une portion de métal de section dans le plan et d'extension infinie selon dans le sens des croissants. La fréquence de l'onde étant fixée, que devient l'épaisseur de peau, lorsque la conductivité tend vers l'infini ? Dans cette limite, que peut-on dire des champs et des charges dans le conducteur ?
Voir l'indiceIndice
Intégrer la densité volumique de puissance Joule \frac{1}{2}\sigma_0 |E(z)|^2 sur le volume du demi-espace z > 0, puis considérer la limite où l'épaisseur de peau s'annule.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance volumique moyenne dissipée par effet Joule à partir de la loi d'Ohm locale et du champ électrique réel (ou complexe) établi à la question précédente, puis intégrer sur le volume considéré de section S et de cote z \in [0, +\infty[.
- Examiner la limite de \delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \sigma_0 \omega}} lorsque \sigma_0 \to +\infty à fréquence fixée.
- En déduire le comportement des champs électromagnétiques ainsi que la localisation des charges et des courants dans le modèle du conducteur parfait.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de \frac{1}{2}\sigma_0 E_0^2 \mathrm{e}^{-2z/\delta} sur le volume ; à conductivité infinie, \delta \to 0 et le champ est expulsé du conducteur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La densité volumique instantanée de puissance dissipée par effet Joule s'écrit :
En utilisant l'expression du champ électrique réel obtenue à la question Q18, E(z,t) = E_0\,\mathrm{e}^{-z/\delta}\cos(\omega t - z/\delta), et en prenant la moyenne temporelle (sachant que \langle \cos^2(\omega t - z/\delta) \rangle = \frac{1}{2}) :
La puissance moyenne dissipée dans le demi-cylindre de section droite S et d'extension infinie selon (Oz) s'obtient par intégration sur le volume, avec l'élément de volume \mathrm{d}\tau = S\,\mathrm{d}z :
On obtient ainsi :
puisque \sigma_0 \delta = \frac{2}{\mu_0 \omega \delta}.
À pulsation \omega fixée, lorsque la conductivité tend vers l'infini (\sigma_0 \to +\infty) :
Dans cette limite, le milieu se comporte comme un conducteur parfait :
L'onde ne pénètre plus dans le conducteur : les champs électrique et magnétique sont rigoureusement nuls au sein du conducteur pour tout z > 0,
\vec{E} = \vec{0} \quad \text{et} \quad \vec{B} = \vec{0} \quad (\text{pour } z > 0).- Il n'y a donc ni charges ni courants volumiques à l'intérieur du métal (\rho_v = 0 et \vec{\jmath}_v = \vec{0} pour z > 0).
- Les discontinuités des champs à l'interface z = 0 imposent l'apparition exclusive d'une densité surfacique de charge \sigma_s et d'une densité surfacique de courant \vec{\jmath}_s localisées sur la surface du conducteur.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Distinguez clairement la puissance dissipée par effet Joule de la puissance rayonnée.
« La confusion entre « puissance dissipée par effet Joule » et « puissance rayonnée » a été trop fré quente ! »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Fluides visqueux
Notions : accélération convective, écoulement cisaillé
Montrer que le terme est nul pour ce problème.
Voir l'indiceIndice
Calculer explicitement la dérivée convective (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} en tenant compte de \vec{v} = v(z,t)\vec{e}_x.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'opérateur différentiel scalaire (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}}) en coordonnées cartésiennes en utilisant la forme du champ de vitesse fournie par l'énoncé.
- L'appliquer au champ de vitesse \vec{v}(z,t) et exploiter l'invariance spatiale de l'écoulement selon l'axe (Ox).
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour un champ de vitesse unidirectionnel \vec{v} = v(z,t)\vec{u}_x, la composante convective (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} = v \frac{\partial v}{\partial x}\vec{u}_x s'annule identiquement.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'énoncé, le fluide possède un champ de vitesse unidirectionnel orienté selon \vec{e}_x et ne dépendant spatialement que de la cote z :
Ses composantes cartésiennes sont ainsi v_x = v(z,t) et v_y = v_z = 0.
L'opérateur convectif scalaire s'exprime donc par :
En appliquant cet opérateur au vecteur vitesse \vec{v}(z, t), on obtient :
Le champ de vitesse étant indépendant de la variable spatiale x, sa dérivée partielle par rapport à x est identiquement nulle :
On en déduit que le terme convectif non linéaire est rigoureusement nul :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le terme convectif est un vecteur : son calcul ne doit pas aboutir à un scalaire.
« Trop de candidats n’ont pas su calculer ce qui était demandé et ont abouti à un résultat scalaire »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : équation de navier-stokes, viscosité cinématique, équation de diffusion
En déduire alors que la pression dans le fluide est constante et que le champ de vitesse satisfait à l'équation différentielle
où est la viscosité cinématique du fluide.
Voir l'indiceIndice
Projeter Navier-Stokes sur les axes (Oy) et (Oz) pour établir l'indépendance de P, puis projeter sur (Ox).
Voir la stratégieStratégie
- Projeter l'équation vectorielle de Navier-Stokes sur les trois axes du repère cartésien en exploitant l'annulation du terme convectif établie à la question Q20 et l'absence de pesanteur.
- Déduire de la composante selon l'axe vertical (Oz) que la pression ne dépend pas de z, ce qui assure son uniformité spatiale.
- Déduire de la composante selon (Ox) l'équation de diffusion unidimensionnelle pour le champ de vitesse scalaire v(z,t).
Voir la réponse courteRéponse courte
Projection de Navier-Stokes sur les axes : la pression est uniforme et la composante de vitesse obéit à une équation de diffusion unidimensionnelle.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le demi-espace z > 0, le fluide incompressible est soumis à l'équation de Navier-Stokes. En l'absence de forces volumiques à distance (\vec{f}_v = \vec{0}) et compte tenu de l'annulation du terme convectif (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} = \vec{0} (question Q20), l'équation de Navier-Stokes se simplifie sous la forme :
Exprimons chacun des termes avec le champ de vitesse \vec{v}(z,t) = v(z,t)\,\vec{e}_x et la pression P = P(z) :
Accélération locale :
\frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \frac{\partial v}{\partial t}(z,t)\,\vec{e}_xGradient de pression :
\overrightarrow{\operatorname{grad}} P = \frac{\partial P}{\partial x}\vec{e}_x + \frac{\partial P}{\partial y}\vec{e}_y + \frac{\partial P}{\partial z}\vec{e}_z = \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z}(z)\,\vec{e}_zTerme visqueux :
\vec{\Delta}\vec{v} = \Delta(v)\,\vec{e}_x = \frac{\partial^2 v}{\partial z^2}(z,t)\,\vec{e}_x
En projetant l'équation vectorielle selon les trois directions de l'espace :
- Suivant \vec{e}_y : 0 = 0.
Suivant \vec{e}_z :
0 = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} \implies \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = 0La pression ne dépend d'aucune coordonnée spatiale : elle est donc rigoureusement constante dans tout le fluide.
\boxed{P(z,t) = P_0 = \text{constante}}Suivant \vec{e}_x :
\rho \frac{\partial v}{\partial t} = \eta \frac{\partial^2 v}{\partial z^2}En divisant par la masse volumique \rho et en introduisant la viscosité cinématique \nu_c = \frac{\eta}{\rho}, on obtient directement :
\boxed{\frac{\partial v}{\partial t} = \nu_c \frac{\partial^2 v}{\partial z^2}}
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne partez pas du résultat à démontrer pour conduire votre déduction.
« Bien que l’énoncé demande « En déduire que la pression est constante », une majorité de candidats débutent leur démonstration par « Puisque la pression est constante »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : couche limite oscillante, longueur de diffusion
On cherche une solution pour le champ de vitesse sous la forme . Donner la forme générale de , en introduisant la quantité .
Voir l'indiceIndice
Remplacer la dérivée temporelle par \mathrm{i}\omega dans l'équation de diffusion et résoudre l'équation différentielle ordinaire du second ordre portant sur \underline{f}(z).
Voir la stratégieStratégie
- Injecter la forme complexe proposée \underline{v}(z,t) = \underline{f}(z)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} dans l'équation de diffusion établie à la question Q21.
- Écrire l'équation différentielle ordinaire vérifiée par la fonction spatiale \underline{f}(z) et déterminer les racines de son équation caractéristique à l'aide de l'épaisseur de peau fluide \delta.
- Exprimer la solution générale sous la forme d'une combinaison linéaire de deux exponentielles indépendantes, avant toute considération sur les conditions aux limites.
Voir la réponse courteRéponse courte
Recherche de solution harmonique : équation différentielle du second ordre menant à \underline{f}(z) = A\mathrm{e}^{-(1+\mathrm{i})z/\delta} + B\mathrm{e}^{(1+\mathrm{i})z/\delta}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q21, la composante de la vitesse suivant l'axe (Ox) vérifie l'équation de diffusion :
En adoptant la notation complexe \underline{v}(z,t) = \underline{f}(z)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, les dérivées partielles s'écrivent :
En injectant ces expressions dans l'équation de diffusion et après simplification par le terme temporel non nul \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, on obtient l'équation différentielle linéaire du second ordre satisfaite par \underline{f}(z) :
L'équation caractéristique associée s'écrit :
Or, en introduisant la quantité \delta = \sqrt{\dfrac{2\nu_c}{\omega}}, on remarque que :
En remarquant que (1+\mathrm{i})^2 = 1 + 2\mathrm{i} - 1 = 2\mathrm{i}, les deux racines de l'équation caractéristique sont :
La forme générale de la fonction \underline{f}(z) est donc une combinaison linéaire des deux modes propres associés :
où \underline{A} et \underline{B} sont deux constantes d'intégration complexes, à déterminer par les conditions aux limites.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La solution générale d'une équation différentielle linéaire d'ordre deux comporte obligatoirement deux constantes d'intégration.
« La solution générale d’une équation différentielle du second ordre doit faire apparaitre deux constantes d’intégration ! »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : couche limite de stokes, condition aux limites
En étudiant le comportement aux limites du fluide, donner l'expression du champ de vitesse réel dans le fluide et commenter.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la condition de vitesse finie à l'infini pour annuler l'exponentielle divergente, puis la condition d'adhérence à la paroi oscillante en z = 0.
Voir la réponse courteRéponse courte
Annulation de la vitesse à l'infini fixant B=0 et adhérence en z=0 : profil de cisaillement amorti sur l'épaisseur de Stokes \delta.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le fluide occupant le demi-espace z > 0, déterminons les deux constantes d'intégration \underline{A} et \underline{B} issues de l'expression de \underline{f}(z) établie à la question précédente à l'aide des conditions aux limites :
Comportement à l'infini (z \to +\infty) : la vitesse du fluide doit rester bornée lorsque l'on s'éloigne indéfiniment de la plaque oscillante. Le terme en \exp\left(+\frac{z}{\delta}\right) divergeant exponentiellement pour z \to +\infty, on doit nécessairement poser :
\underline{B} = 0Condition d'adhérence à la paroi (z = 0) : la viscosité du fluide impose la continuité de la vitesse à l'interface fluide-solide, soit :
\vec{v}(0, t) = \vec{v}_{\text{plaque}}(t) = V_0 \cos(\omega t)\,\vec{e}_xEn écriture complexe, cette condition se traduit par :
\underline{v}(0, t) = \underline{f}(0)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} = V_0\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} \implies \underline{A} = V_0
Le champ de vitesse complexe s'écrit donc :
En prenant la partie réelle, on obtient le champ de vitesse réel dans le demi-espace z \ge 0 :
Résultat
Question 24
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Électromagnétisme › Ondes électromagnétiques dans les milieux
Notions : analogie électro-fluidique, couche limite
Proposer une analogie avec la propagation d'une onde électromagnétique dans un conducteur traitée précédemment et analyser en particulier le cas limite . Compléter pour cela le tableau fourni en figure C du document réponse en justifiant ces résultats.
Voir l'indiceIndice
Comparer les équations régissant E(z,t) et v(z,t), leurs coefficients de diffusion respectifs et le comportement de couche limite lorsque la diffusivité tend vers zéro.
Voir la stratégieStratégie
- Comparer les équations de diffusion obtenues en électromagnétisme (question Q16) et en mécanique des fluides (question Q21) ainsi que leurs solutions (questions Q18 et Q23) pour établir les grandeurs analogues.
- Identifier l'analogue de l'épaisseur de peau \delta et son interprétation physique en mécanique des fluides.
- Analyser la limite \delta \to 0 en faisant le parallèle entre la condition aux limites de l'électromagnétisme (conducteur parfait, courants surfaciques) et celle de la mécanique des fluides (modèle du fluide parfait, glissement à la paroi).
- Synthétiser l'ensemble dans le tableau demandé à la figure C.
Voir la réponse courteRéponse courte
Mise en correspondance terme à terme de la diffusion de quantité de mouvement fluide et de la diffusion du champ électrique métallique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation satisfaite par le champ électrique dans le conducteur ohmique s'écrit (d'après la question Q16) :
avec une solution sous forme d'onde atténuée (question Q18) :
En mécanique des fluides, l'équation différentielle satisfaite par la composante de vitesse v(z,t) s'écrit (d'après la question Q21) :
et sa solution est (question Q23) :
Par identification terme à terme :
- Le champ de vitesse \vec{v} = v(z,t)\vec{e}_x est l'analogue direct du champ électrique \vec{E} = E(z,t)\vec{e}_x. Le coefficient de diffusion de la quantité de mouvement est la viscosité cinématique \nu_c = \eta/\rho, analogue au coefficient de diffusion magnétique D_m = 1/(\mu_0 \sigma_0).
- La profondeur de peau \delta est l'analogue de l'épaisseur de la couche limite oscillante (ou couche de Stokes). Elle varie également en 1/\sqrt{\omega}. Physiquement, elle mesure la distance sur laquelle le mouvement oscillatoire imposé par la plaque pénètre dans le fluide par diffusion visqueuse. Au-delà (z \gg \delta), le fluide reste immobile.
Cas limite \delta \to 0 :
- En électromagnétisme, la limite \delta \to 0 (pour \omega fixée) correspond à un conducteur parfait (\sigma_0 \to +\infty). Le champ électrique est strictement nul à l'intérieur du conducteur (z > 0) et les courants sont confinés sur la surface z=0 sous forme de nappe surfacique de courant \vec{j}_s.
- En mécanique des fluides, la limite \delta \to 0 correspond soit à un fluide non visqueux (\nu_c \to 0 ou \eta \to 0, modèle du fluide parfait), soit au régime des hautes fréquences (\omega \to +\infty). Dès lors, l'épaisseur de la couche limite s'annule : le fluide reste au repos pour tout z > 0 (v = 0). La condition d'adhérence à la paroi n'est plus satisfaite au sens continu : il y a glissement du fluide à la surface de la plaque (z=0), ce qui correspond à une discontinuité de la vitesse tangentielle et donc à une nappe de tourbillon surfacique à l'interface, analogue direct de la nappe surfacique de courant.
Le tableau de la figure C est ainsi complété :
| Électromagnétisme | Mécanique des fluides |
|---|---|
| Champ électrique \vec{E} | Champ de vitesse \vec{v} (diffusion de la quantité de mouvement) |
| Profondeur de peau \delta évolution en \dfrac{1}{\sqrt{\omega}} | Épaisseur de la couche limite visqueuse (couche de Stokes) : \delta = \sqrt{\dfrac{2\nu_c}{\omega}} = \sqrt{\dfrac{2\eta}{\rho\omega}} \propto \dfrac{1}{\sqrt{\omega}} |
| Cas \delta \to 0 conducteur parfait \sigma_0 \to \infty | Fluide parfait (\nu_c \to 0 ou \eta \to 0) ou haute fréquence (\omega \to \infty) : épaisseur de couche limite nulle, vitesse nulle pour z > 0, glissement à la paroi (discontinuité de la composante tangentielle de la vitesse, nappe de tourbillon). |
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : terme diffusif, équation de diffusion
Justifier ainsi que le terme de l'équation de Navier-Stokes soit qualifié de terme diffusif.
Voir l'indiceIndice
Mettre en parallèle la forme mathématique de l'opérateur visqueux avec la loi de Fick ou l'équation de la chaleur de Fourier.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le laplacien de la vitesse pilote l'étalement temporel du gradient de quantité de mouvement, exactement comme la loi de Fick ou de Fourier.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans la situation étudiée à la question Q21, en l'absence de gradient de pression et de terme convectif, l'équation de Navier-Stokes se réduit à :
où \nu_c = \frac{\eta}{\rho} est la viscosité cinématique.
On justifie la qualification de « terme diffusif » pour \eta\vec{\Delta}(\vec{v}) par plusieurs aspects complémentaires :
Analogie formelle avec l'équation de diffusion : L'équation obtenue est formellement identique à l'équation de la chaleur de Fourier ou à l'équation de Fick, de la forme standard :
\frac{\partial \psi}{\partial t} = D \Delta \psiLe coefficient \nu_c = \frac{\eta}{\rho} joue le rôle d'un coefficient de diffusion D, homogène à une diffusivité :
[\nu_c] = \mathrm{m^2\cdot s^{-1}}Sens physique (transport de quantité de mouvement) : En multipliant par \rho, l'équation traduit l'évolution temporelle de la densité volumique de quantité de mouvement \vec{p}_v = \rho \vec{v} :
\frac{\partial (\rho\vec{v})}{\partial t} = \eta \vec{\Delta}\vec{v}Les frottements visqueux microscopiques entre couches fluides adjacentes assurent un transfert de quantité de mouvement des zones de grande vitesse vers les zones de plus faible vitesse. Le terme \eta\vec{\Delta}(\vec{v}) s'interprète comme l'opposé de la divergence d'un flux de diffusion de quantité de mouvement, selon une loi analogue à celle de Fourier ou de Fick.
- Caractère irréversible et dissipatif : Ce terme tend à homogénéiser le profil de vitesse, atténue les gradients spatiaux au cours du temps et dissipe l'énergie cinétique macroscopique en énergie thermique par frottement visqueux.
Question déjà tombée ailleurs
Question 26
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Fluides visqueux
Notions : vorticité, écoulement irrotationnel, couche limite
Déterminer le champ de vecteurs vorticité . Que peut-on dire de en dehors de la couche limite d'épaisseur de l'ordre de grandeur de au-dessus de la plaque ? On admettra pour la suite la portée générale de ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Calculer le rotationnel du champ de vitesse unidirectionnel \vec{v} = v(z,t)\vec{e}_x et observer la décroissance spatiale de son amplitude avec z/\delta.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du rotationnel \vec{\Omega} = -\frac{\partial v}{\partial z}\vec{u}_y : la vorticité est strictement confinée dans la couche limite d'épaisseur \delta.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le champ de vitesse dans le fluide est unidirectionnel et ne dépend que de la cote z : \vec{v}(z, t) = v(z, t)\,\vec{e}_x.
D'après le formulaire pour le rotationnel en coordonnées cartésiennes :
Sachant que v_x = v(z,t) et v_y = v_z = 0, il ne subsiste que la composante selon \vec{e}_y :
D'après la question Q23, la vitesse réelle s'écrit :
En dérivant par rapport à z :
On obtient ainsi l'expression du champ de vorticité :
Comportement en dehors de la couche limite (z \gg \delta) : En raison du facteur d'amortissement exponentiel \exp(-z/\delta), pour z \gg \delta, ce facteur tend très rapidement vers zéro.
Il en résulte que :
En dehors de la couche limite d'épaisseur caractéristique \delta, le fluide est irrotationnel : la vorticité est strictement confinée au sein de la couche limite oscillante.
Résultat
III.B · Cas d'un cylindre oscillant à basse fréquence
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : couche limite oscillante, analyse de document
Justifier, en vous appuyant sur la figure 7, que l'expérience modélisant l'action de l'onde sonore basse fréquence sur la lame de savon correspond à une situation pour laquelle .
Voir l'indiceIndice
Comparer sur la figure 7 la taille spatiale des recirculations tourbillonnaires induites par l'oscillation à la dimension géométrique d du cylindre.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier sur la figure 7 (photographie et schéma) l'échelle spatiale de l'écoulement tourbillonnaire par rapport au diamètre d du cylindre oscillant.
- Relier la taille de cette zone tourbillonnaire à la diffusion de vorticité régie par l'épaisseur de la couche limite oscillante \delta étudiée en partie III.A (question Q26).
Voir la réponse courteRéponse courte
Lecture graphique de l'échelle spatiale d et comparaison avec l'estimation de \delta pour vérifier la condition de basse fréquence \delta \gg d.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats de la sous-partie III.A (notamment la question Q26), la vorticité \vec{\Omega} générée à la paroi par les frottements visqueux diffuse dans le fluide sur une épaisseur caractéristique égale à la couche limite oscillante :
Au-delà d'une distance de l'ordre de \delta, les effets visqueux s'estompent et l'écoulement devient irrotationnel (\vec{\Omega} \approx \vec{0}).
Or, l'observation de la figure 7 (aussi bien la photographie des franges que le schéma associé) ainsi que le texte introductif montrent que :
- les quatre cellules tourbillonnaires (régions où la vorticité est non nulle) occupent une étendue spatiale largement supérieure à la section du cylindre situé au centre ;
- la dimension caractéristique de diffusion de ces tourbillons est donc bien plus grande que le diamètre d du cylindre.
Puisque la portée spatiale de la viscosité et des tourbillons est gouvernée par \delta, cette observation impose directement :
Résultat
Question 28
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : pulsation limite, ordre de grandeur
Exprimer la pulsation limite au-delà de laquelle cette condition n'est plus vérifiée.
Voir l'indiceIndice
Isoler la pulsation \omega à partir de la relation d'inégalité stricte entre l'épaisseur de couche limite \delta = \sqrt{2\nu_c/\omega} et le diamètre d.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler l'expression de l'épaisseur de la couche limite oscillante \delta établie à la question Q22.
- Traduire la rupture de la condition \delta \gg d par l'égalité \delta \sim d, ce qui définit la pulsation limite \omega_{\mathrm{lim}}.
- Vérifier le sens de variation pour justifier l'expression « au-delà de laquelle ».
Voir la réponse courteRéponse courte
Égalité \delta(\omega_{\mathrm{lim}}) = d conduisant à l'expression analytique \omega_{\mathrm{lim}} = \frac{2\nu_c}{d^2}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q22, l'épaisseur de la couche limite visqueuse oscillante (couche de Stokes) s'écrit en fonction de la pulsation \omega et de la viscosité cinématique \nu_c = \frac{\eta}{\rho} :
La condition \delta \gg d correspond au régime où la zone de diffusion de la vorticité s'étend bien au-delà de la dimension du cylindre. Comme \delta est une fonction strictement décroissante de la pulsation \omega, cette condition cesse d'être vérifiée lorsque l'épaisseur de couche limite devient de l'ordre de grandeur du diamètre du cylindre, c'est-à-dire lorsque \delta \sim d.
À la limite \delta = d, on obtient :
ce qui conduit à l'expression de la pulsation limite :
Au-delà de cette pulsation (\omega > \omega_{\mathrm{lim}}), on a \delta < d : la couche limite visqueuse est plus étroite que le cylindre et le régime \delta \gg d n'est plus satisfait.
Résultat
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : nombre de reynolds, analyse dimensionnelle
Donner l'expression du nombre de Reynolds en fonction de la masse volumique , de la viscosité , de la dimension caractéristique et de la vitesse de l'écoulement. Montrer par une analyse en ordre de grandeur que le nombre de Reynolds de l'écoulement est le rapport . Proposer ainsi une interprétation physique du nombre de Reynolds.
Voir l'indiceIndice
Évaluer l'ordre de grandeur du terme d'accélération convective en \rho v^2/L et du laplacien visqueux en \eta v/L^2, puis former leur quotient.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler la définition canonique du nombre de Reynolds R_e à partir des grandeurs caractéristiques fournies.
- Évaluer les ordres de grandeur spatiaux des opérateurs différentiels : l'opérateur (\vec{v}\cdot\vec{\nabla}) introduit une échelle caractéristique spatiale 1/L et le laplacien vectoriel \vec{\Delta} une échelle spatiale 1/L^2.
- Former le rapport de la norme de la force d'inertie convective à celle de la force de viscosité pour retrouver R_e et en déduire son interprétation physique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Évaluation des ordres de grandeur de la convection \rho v^2/L et de la diffusion visqueuse \eta v/L^2, dont le quotient définit le nombre de Reynolds.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le nombre de Reynolds associé à un écoulement de vitesse caractéristique v, de dimension spatiale caractéristique L, pour un fluide de masse volumique \rho et de viscosité dynamique \eta, s'écrit :
Évaluons l'ordre de grandeur de chaque terme intervenant dans l'équation de Navier-Stokes :
Le terme d'accélération convective \rho(\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} représente la densité volumique de forces d'inertie convective. Avec une vitesse caractéristique v et une échelle spatiale de variation L, l'opérateur gradient se dimensionne en 1/L, d'où :
\|\rho(\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}\| \sim \rho \, v \, \frac{v}{L} = \frac{\rho v^2}{L}Le terme de viscosité \eta\vec{\Delta}(\vec{v}) représente la densité volumique de forces de frottement visqueux. L'opérateur laplacien se dimensionne en 1/L^2, ce qui donne :
\|\eta\vec{\Delta}(\vec{v})\| \sim \eta \, \frac{v}{L^2}
Le rapport de ces deux ordres de grandeur s'écrit alors directement :
On a donc bien l'identification demandée :
Interprétation physique :
Le nombre de Reynolds quantifie l'importance relative des effets d'inertie convective (liés au transport de quantité de mouvement par l'écoulement) devant les effets visqueux (liés à la diffusion de quantité de mouvement par frottement interne) :
- si R_e \ll 1, les forces visqueuses prédominent très largement devant les forces d'inertie : l'écoulement est dit rampant ou de Stokes, laminaire et réversible ;
- si R_e \gg 1, les forces d'inertie dominent les forces de viscosité au sein du fluide (la viscosité ne jouant alors un rôle direct que dans les couches limites ou pour dissiper l'énergie aux plus petites échelles turbulentes).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne confondez pas une analyse dimensionnelle avec une estimation d'ordre de grandeur.
« Une confusion entre ordre de grandeur et analyse dimensionnelle a été souvent notée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : nombre de reynolds, écoulement rampant
Donner une estimation de la vitesse permettant de s'assurer que l'écoulement est à bas (pour lequel ). Cette condition est supposée vérifiée dans le cadre de l'expérience décrite ici.
Voir l'indiceIndice
Poser R_e \ll 1 avec L \sim d et en déduire une borne supérieure pour la vitesse de fluide admissible.
Voir la réponse courteRéponse courte
Condition Re \ll 1 donnant la borne supérieure sur la vitesse : v \ll \eta / (\rho d), calculée numériquement.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q29, le nombre de Reynolds associé à l'écoulement autour du cylindre de dimension caractéristique L = d (son diamètre) s'écrit :
où \nu_c = \frac{\eta}{\rho} est la viscosité cinématique du fluide.
La condition d'un écoulement à bas nombre de Reynolds (R_e \ll 1), dit régime de Stokes ou d'écoulement rampant, impose :
D'après les données de l'énoncé, le fluide savonneux a les mêmes propriétés que l'eau :
- \rho = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},
- \eta \approx 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}, soit \nu_c \approx 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}.
Le diamètre d du cylindre n'étant pas explicité numériquement dans cette sous-partie, on peut estimer qu'il s'agit d'un fil de diamètre millimétrique, soit d \sim 1\text{ mm} = 10^{-3}\text{ m} (valeur confirmée par la partie IV qui mentionne un fil de diamètre d = 2\text{ mm}).
La vitesse caractéristique seuil vaut donc :
Pour que le régime R_e \ll 1 soit rigoureusement satisfait, il faut donc une vitesse de fluide de l'ordre de grandeur de :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Proposez une estimation physique réaliste pour le diamètre du cylindre.
« L’estimation, nécessaire, du diamètre du cylindre da été souvent fantaisiste. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Mise en équation
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : écoulement de stokes, approximation de stokes
Justifier alors que l'équation de Navier-Stokes s'écrit sous la forme
Voir l'indiceIndice
Justifier que le terme non linéaire (\vec{v}\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v} est négligeable devant la dissipation visqueuse lorsque le nombre de Reynolds est petit.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de l'équation complète de Navier-Stokes pour un fluide incompressible en l'absence de forces volumiques extérieures autres que la pression (ou en négligeant la pesanteur devant les effets acoustiques et visqueux).
- Utiliser l'hypothèse de bas nombre de Reynolds (R_e \ll 1) établie à la question précédente pour comparer les ordres de grandeur du terme convectif et du terme visqueux.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour Re \ll 1, le terme convectif d'inertie (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} est négligeable devant le terme de viscosité, simplifiant l'équation de Navier-Stokes.
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L'équation de Navier-Stokes pour un écoulement incompressible s'écrit de façon générale :
En l'absence de forces volumiques à distance significatives (\vec{f}_v = \vec{0}, la pesanteur étant négligée devant les forces motrices acoustiques), cette équation devient :
D'après la question Q29, le rapport des normes du terme d'accélération convective et du terme de diffusion visqueuse est mesuré par le nombre de Reynolds :
La condition d'écoulement à très bas nombre de Reynolds (R_e \ll 1) étant supposée vérifiée d'après la question Q30, le terme convectif non linéaire est négligeable devant le terme visqueux :
En négligeant le terme convectif dans le membre de gauche, l'équation de Navier-Stokes se linéarise et prend la forme approchée :
Résultat
Question 32
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Chapitre : Mécanique des fluides › Cinématique des fluides ; Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques
Notions : ordre de grandeur, vitesse
Exprimer en ordre de grandeur la vitesse de l'écoulement induit par les oscillations du cylindre en fonction de leur amplitude et de leur pulsation .
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Relier la vitesse maximale de la paroi du cylindre à l'amplitude a et à la pulsation temporelle d'oscillation \omega.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la vitesse instantanée d'oscillation du cylindre à partir de sa position sinusoïdale d'amplitude a et de pulsation \omega.
- Utiliser la condition aux limites d'adhérence du fluide visqueux à la paroi du cylindre pour relier la vitesse du fluide à celle de la paroi.
Voir la réponse courteRéponse courte
Dérivation temporelle de l'oscillation harmonique de position d'amplitude a donnant l'ordre de grandeur de vitesse v \sim a\omega.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le mouvement d'oscillation du cylindre est sinusoïdal d'amplitude a et de pulsation \omega. La position d'un point du cylindre selon l'axe d'oscillation s'écrit sous la forme :
La vitesse de déplacement du cylindre est donnée par sa dérivée temporelle :
L'amplitude de cette vitesse est donc :
Pour un fluide visqueux, la condition aux limites à la frontière solide-fluide impose l'adhérence du fluide à la surface du cylindre : la vitesse du fluide au contact de l'obstacle est rigoureusement égale à la vitesse du cylindre.
Par conséquent, la vitesse caractéristique v de l'écoulement induit dans le fluide au voisinage immédiat du cylindre est du même ordre de grandeur que l'amplitude de vitesse de la paroi :
Résultat
Question 33
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : analyse dimensionnelle, écoulement rampant
Montrer, par une étude d'ordres de grandeur, que l'équation de Navier-Stokes s'écrit sous la forme
Voir l'indiceIndice
Comparer l'ordre de grandeur du terme d'accélération instationnaire \rho\omega v à celui du terme de frottement visqueux \eta v/d^2 sous la condition \delta \gg d.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de l'équation de Navier-Stokes simplifiée obtenue à la question Q31, où le terme convectif non linéaire a déjà été négligé (R_e \ll 1).
- Évaluer les ordres de grandeur du terme d'accélération locale \rho \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} et du terme visqueux \eta \vec{\Delta}(\vec{v}) sur l'échelle spatiale d du cylindre.
- Comparer ces deux termes en faisant intervenir le rapport (d/\delta)^2 et utiliser la condition de basse fréquence \delta \gg d établie à la question Q27.
Voir la réponse courteRéponse courte
Rapport du terme instationnaire au terme visqueux d'ordre (d/\delta)^2 \ll 1 : le terme d'accélération locale devient également négligeable.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q31, l'équation de Navier-Stokes pour un écoulement à faible nombre de Reynolds (R_e \ll 1) se réduit à :
Évaluons l'ordre de grandeur des deux termes vectoriels :
Le mouvement étant harmonique de pulsation \omega, l'accélération locale est de l'ordre de grandeur de :
\left\| \rho \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} \right\| \sim \rho \omega v.L'écoulement étant induit par le cylindre de diamètre d, l'échelle spatiale caractéristique des variations transverses de vitesse au voisinage de l'obstacle est d. Le terme de diffusion visqueuse est donc d'ordre :
\left\| \eta\vec{\Delta}(\vec{v}) \right\| \sim \eta \frac{v}{d^2}.
Le rapport de ces deux grandeurs s'écrit :
En rappelant l'expression de l'épaisseur de couche limite visqueuse \delta = \sqrt{\frac{2\nu_c}{\omega}}, on constate que :
Or, d'après les conclusions de la question Q27 (régime à basse fréquence), on se place dans le cas où \delta \gg d, c'est-à-dire :
Le terme d'accélération locale est donc tout à fait négligeable devant le terme visqueux :
L'équation de la dynamique se résume ainsi à un équilibre quasi-statique entre le gradient de pression et les forces visqueuses :
Résultat
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Prenez garde à ne pas confondre les différentes échelles spatiales du problème.
« Énormément de candidats se sont trompés d’échelle spatiale ici et ont ainsi confondu aet d. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 34
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : moyenne temporelle, non-linéarité
Le caractère périodique du mouvement du cylindre traduit la variation purement sinusoïdale de pression acoustique générée par le haut-parleur. En passant en valeur moyenne temporelle (notée ) sur l'équation précédente, le caractère stationnaire de l'écoulement induit autour du cylindre (c'est-à-dire les tourbillons stationnaires observés) est-il explicable ? Est-il possible de rendre compte des observations sans tenir compte du terme convectif non linéaire ?
Voir l'indiceIndice
Appliquer l'opérateur de moyenne temporelle à une équation différentielle linéaire régie par un forçage purement sinusoïdal de moyenne nulle.
Voir la réponse courteRéponse courte
La moyenne d'une équation linéaire sur un cycle périodique est nulle : l'apparition d'un écoulement moyen permanent requiert impérativement un terme non linéaire.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation de Stokes quasi-statique obtenue à la question Q33 s'écrit :
Cette équation est linéaire en P et \vec{v}. Les opérateurs différentiels spatiaux (\overrightarrow{\operatorname{grad}} et \vec{\Delta}) étant indépendants du temps, ils commutent avec l'opération de moyenne temporelle \langle \cdot \rangle :
Or, le mouvement imposé au cylindre et la pression acoustique sont purement sinusoïdaux à la pulsation \omega. La fluctuation de pression acoustique est donc à valeur moyenne temporelle nulle, si bien que la pression moyenne \langle P \rangle est uniforme (égale à la pression ambiante), d'où :
Compte tenu des conditions aux limites :
- à la surface du cylindre, le mouvement oscillant sinusoïdal impose une vitesse moyenne nulle : \langle \vec{v}_{\text{paroi}} \rangle = \vec{0} ;
- à l'infini, le fluide est au repos : \langle \vec{v} \rangle \to \vec{0} ;
l'unique solution du problème de Dirichlet associé à l'équation de Laplace est la solution triviale :
1. Explication du caractère stationnaire : Le caractère stationnaire de l'écoulement induit (\langle \vec{v} \rangle \neq \vec{0}, correspondant aux tourbillons observés) n'est donc pas explicable à partir de cette équation linéaire.
2. Nécessité du terme convectif non linéaire : Il n'est pas possible de rendre compte des observations sans tenir compte du terme convectif non linéaire \rho (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}. Bien que d'amplitude instantanée faible devant les termes dominants (car R_e \ll 1), ce terme est quadratique par rapport au champ de vitesse. Par conséquent, pour une vitesse oscillante \vec{v}(t) \propto \cos(\omega t), le produit de deux grandeurs en phase génère un terme continu non nul :
Ce terme moyen non nul joue le rôle d'une densité de force volumique stationnaire effective dans l'équation moyennée, responsable de l'apparition d'un écoulement permanent moyen \langle \vec{v} \rangle \neq \vec{0} (tourbillons stationnaires).
Résultat
Question 35
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : méthode des perturbations, analyse dimensionnelle
Déterminer l'ordre de grandeur de chacun des termes de l'équation en fonction des vitesses et et de la dimension caractéristique .
Voir l'indiceIndice
Estimer l'ordre de grandeur de chaque terme différentiel en remplaçant les opérateurs spatiaux par 1/d et en combinant les vitesses \vec{v}_p et \vec{v}_s.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier l'échelle spatiale caractéristique des variations de l'écoulement au voisinage de l'obstacle : l'opérateur gradient s'estime par \nabla \sim \frac{1}{d} et le laplacien vectoriel par \Delta \sim \frac{1}{d^2}.
- Développer les différents termes de l'équation de Navier-Stokes en substituant le champ de vitesse \vec{v} = \vec{v}_p + \vec{v}_s.
- Exprimer l'ordre de grandeur de chaque contribution convective et visqueuse en fonction des vitesses caractéristiques v_p, v_s et du diamètre d.
Voir la réponse courteRéponse courte
Estimation respective des termes visqueux, convectifs d'ordre 2 et des dérivées partielles à partir des échelles v_p, v_s et d.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation du mouvement considérée s'écrit :
Les variations spatiales de l'écoulement au voisinage du cylindre s'effectuant sur une échelle spatiale de l'ordre de sa dimension transverse d, on a les estimations d'opérateurs différentiels :
En décomposant la vitesse sous la forme \vec{v} = \vec{v}_p + \vec{v}_s, on explicite l'ordre de grandeur des différents termes :
1. Terme d'inertie convective : En développant le terme bilinéaire :
On distingue ainsi :
le terme d'ordre 0 en v_s (dû à l'écoulement oscillant principal) :
\|\rho(\vec{v}_p \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_p\| \sim \frac{\rho v_p^2}{d}les termes d'ordre 1 en v_s (termes de couplage croisés) :
\|\rho(\vec{v}_p \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_s\| \sim \|\rho(\vec{v}_s \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_p\| \sim \frac{\rho v_p v_s}{d}le terme d'ordre 2 en v_s :
\|\rho(\vec{v}_s \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_s\| \sim \frac{\rho v_s^2}{d}
2. Terme de diffusion visqueuse : Par linéarité de l'opérateur laplacien :
Ces deux contributions ont pour ordres de grandeur respectifs :
pour l'écoulement principal :
\|\eta\vec{\Delta}(\vec{v}_p)\| \sim \frac{\eta v_p}{d^2}pour la perturbation stationnaire :
\|\eta\vec{\Delta}(\vec{v}_s)\| \sim \frac{\eta v_s}{d^2}
3. Terme de gradient de pression : En décomposant la pression en une composante oscillante P_p et une composante stationnaire P_s (P = P_p + P_s), les gradients de pression s'équilibrent avec les termes visqueux correspondants :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Les calculs d'ordres de grandeur de cette question ont mis de nombreux candidats en difficulté.
« Ces calculs d’ordre de grandeurs ont posé beaucoup de problèmes. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 36
DifficileTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : streaming acoustique, analyse en ordres de grandeur
En se limitant au premier ordre en , justifier que la vitesse stationnaire est de l'ordre de grandeur de .
Voir l'indiceIndice
Égaler en moyenne temporelle le terme source non linéaire quadratique \rho(\vec{v}_p\cdot\vec{\operatorname{grad}})\vec{v}_p au terme dissipatif linéaire associé à la vitesse stationnaire \eta\vec{\Delta}\vec{v}_s.
Voir la stratégieStratégie
- Injecter la décomposition \vec{v} = \vec{v}_p + \vec{v}_s dans l'équation de Navier-Stokes et appliquer la moyenne temporelle \langle \cdot \rangle.
- Éliminer les termes oscillants de moyenne temporelle nulle ainsi que les termes d'ordre 2 en v_s.
- Établir le bilan d'ordres de grandeur à l'échelle spatiale d entre le terme convectif moyen forçant et le terme de diffusion visqueuse stationnaire.
Voir la réponse courteRéponse courte
Équilibre entre le forçage moyen convectif \rho \langle v_p^2 \rangle / d et la dissipation visqueuse stationnaire \eta v_s / d^2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons l'équation de Navier-Stokes en prenant en compte le terme convectif :
En introduisant la décomposition \vec{v} = \vec{v}_p + \vec{v}_s, le terme convectif se développe selon :
Prenons la moyenne temporelle de l'équation :
- L'écoulement principal \vec{v}_p est purement sinusoïdal de pulsation \omega, donc \langle \vec{v}_p \rangle = \vec{0}, ce qui entraîne \langle \eta\vec{\Delta}(\vec{v}_p) \rangle = \vec{0}.
- L'écoulement secondaire \vec{v}_s est stationnaire, donc \langle \vec{v}_s \rangle = \vec{v}_s et \langle \eta\vec{\Delta}(\vec{v}_s) \rangle = \eta\vec{\Delta}(\vec{v}_s).
Les termes croisés sont le produit d'une grandeur purement alternative de pulsation \omega et d'une grandeur indépendante du temps ; leur moyenne temporelle est donc rigoureusement nulle :
\langle (\vec{v}_p \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_s \rangle = \vec{0} \quad \text{et} \quad \langle (\vec{v}_s \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_p \rangle = \vec{0}- Le terme (\vec{v}_s \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}_s est d'ordre 2 en v_s, il est négligé en se limitant au premier ordre en v_s.
L'équation moyennée s'écrit donc au premier ordre en v_s :
Évaluons l'ordre de grandeur des termes non nuls à l'échelle spatiale caractéristique d du cylindre :
L'écoulement stationnaire \vec{v}_s étant entretenu par la force volumique convective moyenne (le terme de gradient de pression \overrightarrow{\operatorname{grad}}\langle P \rangle équilibrant la composante irrotationnelle de cette force sans modifier l'ordre de grandeur), ces deux grandeurs sont du même ordre :
On en déduit l'ordre de grandeur de la vitesse stationnaire :
Résultat
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Les calculs d'ordres de grandeur de cette question ont mis de nombreux candidats en difficulté.
« Ces calculs d’ordre de grandeurs ont posé beaucoup de problèmes. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 37
ExigeanteTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : nombre de reynolds, validité de la perturbation
Peut-on légitimement supposer que est une « petite » perturbation de l'écoulement principal ?
Voir l'indiceIndice
Former le rapport v_s/v_p en exploitant le résultat de la question précédente et le relier au nombre de Reynolds de l'écoulement.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le rapport des vitesses \frac{v_s}{v_p} à partir de l'ordre de grandeur de v_s établi à la question précédente.
- Identifier ce rapport au nombre de Reynolds R_e associé à l'écoulement principal.
- Conclure sur la légitimité de l'approche perturbative à l'aide des hypothèses du sujet (R_e \ll 1, a \ll d et \delta \gg d).
Voir la réponse courteRéponse courte
Le ratio v_s / v_p \sim \rho v_p d / \eta = Re est très inférieur à 1, ce qui valide la démarche perturbative au premier ordre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le résultat de la question Q36, la vitesse caractéristique stationnaire v_s vérifie l'ordre de grandeur :
où v_p désigne la vitesse caractéristique de l'écoulement principal oscillant.
Le rapport de l'amplitude de la perturbation à celle de l'écoulement principal s'écrit alors :
On reconnaît précisément l'expression du nombre de Reynolds R_e associé à l'écoulement autour du cylindre de diamètre d (défini à la question Q29) :
Or, d'après les hypothèses posées pour cette étude (énoncé avant Q31), l'écoulement est supposé à très bas nombre de Reynolds :
Ce résultat peut d'ailleurs être relié directement aux paramètres du système. En utilisant v_p \sim a\omega (question Q32) et l'épaisseur de couche limite \delta = \sqrt{2\nu_c/\omega}, on obtient :
Puisque le cylindre effectue de petites oscillations (a \ll d) à basse fréquence (\delta \gg d, question Q27), ce rapport est doublement très inférieur à 1.
On a donc :
Il est par conséquent parfaitement légitime de traiter \vec{v}_s comme une petite perturbation de l'écoulement principal \vec{v}_p.
Résultat
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Les calculs d'ordres de grandeur de cette question ont mis de nombreux candidats en difficulté.
« Ces calculs d’ordre de grandeurs ont posé beaucoup de problèmes. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 38
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : écoulement redressé, streaming acoustique
Conclure pour expliquer le caractère stationnaire de l'écoulement induit par les oscillations périodiques du cylindre. Pourquoi parle-t-on, par analogie, d'écoulement redressé ?
Voir l'indiceIndice
Faire le lien avec le redressement en électronique : pourquoi un terme quadratique non linéaire transforme-t-il une excitation oscillante à moyenne nulle en une composante continue non nulle ?
Voir la réponse courteRéponse courte
Analogie avec un redresseur électronique où la non-linéarité extrait une composante continue (stationnaire) à partir d'un signal alternatif purement oscillant.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Origine du caractère stationnaire de l'écoulement :
Le cylindre effectue des oscillations purement sinusoïdales à la pulsation \omega. L'écoulement principal oscillant \vec{v}_p(M, t) associé vérifie donc :
Cependant, l'équation de Navier-Stokes comporte le terme d'accélération convective non linéaire \rho(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v}, de nature quadratique en la vitesse. La moyenne temporelle de ce terme calculée sur l'écoulement principal n'est pas nulle :
puisque le produit de deux grandeurs sinusoïdales en phase ou présentant un déphasage partiel fait apparaître un terme proportionnel à \langle \cos^2(\omega t + \varphi) \rangle = \frac{1}{2}.
Cette force effective non nulle et permanente agit comme un forçage stationnaire dans l'équation de Stokes moyennée dans le temps :
Elle entretient ainsi un champ de vitesse moyen stationnaire \vec{v}_s(M) = \langle \vec{v}(M, t) \rangle \neq \vec{0}, responsable de la structure en quatre tourbillons permanents observée sur la figure 7.
2. Justification de la dénomination « écoulement redressé » :
L'analogie se fait avec le redressement en électronique :
- En électricité, l'application d'un signal alternatif (de pulsation \omega et de valeur moyenne nulle) aux bornes d'un composant non linéaire (comme une diode ou un multiplicateur quadratique) engendre une composante continue (valeur moyenne non nulle).
- Ici, l'excitation fluide est purement alternative (acoustique, à valeur moyenne nulle). La non-linéarité inertielle convective (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} joue le rôle de l'élément non linéaire redresseur et extrait une composante continue stationnaire \vec{v}_s : l'écoulement oscillant est donc « redressé » en un écoulement moyen permanent (phénomène de streaming acoustique).
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La notion physique d'écoulement redressé a été très mal comprise.
« Très peu de candidat ont compris ce qu’était un écoulement redressé. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Partie IV : Étude d'une allée de von Kármán dans une lame de savon
Question 39
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Calcul littéral
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux ; Cinématique des fluides
Notions : nombre de strouhal, temps caractéristique
Montrer que le nombre de Strouhal peut être interprété comme le rapport de deux temps caractéristiques et dont le sens physique sera explicité.
Voir l'indiceIndice
Écrire S_t = (L/v_\infty) / (1/f) et donner le sens physique du temps de transit advectif et de la période temporelle du détachement tourbillonnaire.
Voir la réponse courteRéponse courte
Écriture St = f d / v = (d/v) / (1/f) représentant le rapport du temps de transit convectif sur la période d'émission des tourbillons.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le nombre de Strouhal est défini par :
où f est la fréquence du phénomène périodique, L la dimension caractéristique de l'obstacle et v_\infty la vitesse de l'écoulement amont non perturbé.
Cette expression se réécrit directement sous la forme d'un quotient :
en posant :
Le sens physique de ces deux durées caractéristiques est le suivant :
- \tau_1 = \dfrac{L}{v_\infty} représente le temps de transit (ou temps de convection) : c'est la durée mise par une particule fluide transportée à la vitesse v_\infty pour contourner l'obstacle de dimension caractéristique L ;
- \tau_2 = \dfrac{1}{f} = T représente la période temporelle du phénomène instationnaire : c'est la durée séparant l'émission de deux tourbillons successifs dans le sillage.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 40
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : nombre de strouhal, allée de von kármán
Compte tenu des données fournies et des résultats de l'expérience, peut-on considérer que le modèle développé rend compte quantitativement des observations expérimentales ?
Voir l'indiceIndice
Calculer le nombre de Reynolds expérimental, en déduire S_t théorique, puis confronter la distance X \approx v_\infty/(2f) mesurée entre deux tourbillons à celle du modèle.
Voir la stratégieStratégie
- Calculer le nombre de Reynolds R_e associé à l'écoulement autour du fil cylindrique à partir des données de l'énoncé (\rho, \eta, v_\infty, d).
- En déduire le nombre de Strouhal théorique S_t prédit par la loi empirique fournie pour la gamme de R_e correspondante, puis la fréquence théorique d'émission des tourbillons f_{\text{th}}.
- Établir la relation cinématique liant la distance spatiale X entre deux tourbillons consécutifs d'une même rangée à la fréquence f et à la vitesse relative d'éloignement des tourbillons, puis confronter la prédiction théorique aux observations expérimentales.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul numérique de la fréquence ou de la vitesse d'après les données et confrontation à la valeur théorique du nombre de Strouhal.
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1. Calcul du nombre de Reynolds de l'expérience
Le fluide savonneux a les mêmes caractéristiques que l'eau pure :
- \rho = \rho_e = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3},
- \eta = \eta_e \approx 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}.
La dimension caractéristique de l'obstacle est le diamètre du fil L = d = 2\text{ mm} = 2{,}0 \times 10^{-3}\text{ m} et sa vitesse par rapport au fluide au repos à l'infini est v_\infty = 2\text{ cm}\cdot\text{s}^{-1} = 2{,}0 \times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Le nombre de Reynolds vaut :
Cette valeur correspond précisément au seuil d'apparition des allées de von Kármán (R_e \approx 40) mentionné dans le texte.
2. Détermination théorique du nombre de Strouhal et de la fréquence de détachement
Comme R_e = 40 < 2 \times 10^2, on utilise la première corrélation de Williamson et Brown donnée par l'énoncé :
Avec \sqrt{R_e} = \sqrt{40} \approx 6{,}32 :
Par définition du nombre de Strouhal S_t = \dfrac{f L}{v_\infty} = \dfrac{f d}{v_\infty}, la fréquence théorique de détachement des tourbillons dans une même rangée est :
3. Relation cinématique et comparaison avec l'expérience
Plaçons-nous dans le référentiel lié à la tige (obstacle fixe). Le fluide non perturbé arrive à la vitesse v_\infty. Les tourbillons sont advectés vers l'aval à une vitesse relative par rapport à la tige :
Deux tourbillons consécutifs d'une même rangée sont émis à un intervalle de temps égal à la période T = \dfrac{1}{f}. La distance X mesurée sur un cliché instantané entre deux tels tourbillons s'écrit donc :
La valeur théorique attendue pour cette distance est :
Réciproquement, à partir de la valeur expérimentale mesurée X_{\text{exp}} \approx 1\text{ cm}, on déduit :
ce qui correspond à un nombre de Strouhal expérimental :
L'écart relatif entre la prédiction théorique (X_{\text{th}} \approx 0{,}95\text{ cm} ou S_t \approx 0{,}105) et la mesure expérimentale (X \approx 1\text{ cm} ou S_{t,\text{exp}} \approx 0{,}10) est inférieur à 5\,\%, ce qui est tout à fait remarquable au vu des incertitudes de mesure.
Résultat
Question 41
DifficileTemps estimé : ≈ 12 min- Application numérique
- Exploitation de document
- Résolution de problème
Chapitre : Mécanique des fluides › Fluides visqueux
Notions : allée de von kármán, nombre de strouhal, résolution de problème
En utilisant une modélisation adaptée et d'étaillée, proposer une estimation de la largeur de l'île que vous confronterez avec l'échelle donnée sur l'image.
Voir l'indiceIndice
Relier la fréquence de détachement à la distance spatiale entre tourbillons et à leur vitesse d'advection, puis utiliser la corrélation empirique de Strouhal à très grand Reynolds pour estimer L.
Voir la stratégieStratégie
- Modéliser l'île comme un obstacle de largeur caractéristique L transverse à un écoulement d'air incident uniforme de vitesse v_\infty.
- Évaluer l'ordre de grandeur du nombre de Reynolds R_e dans l'atmosphère pour déterminer le nombre de Strouhal S_t associé.
- Exprimer la fréquence de détachement f en fonction du pas spatial X et de la vitesse d'advection des tourbillons, puis en déduire la largeur L et la confronter à l'échelle de l'image.
Voir la réponse courteRéponse courte
Estimation de la taille de l'île par mesure de l'espacement des tourbillons sur la photographie satellite et relation de Strouhal.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Modélisation de l'écoulement autour de l'île : On assimile l'île à un obstacle cylindrique vertical de largeur transverse L. L'air, de masse volumique \rho_a = 1{,}3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et de viscosité dynamique \eta_a = 1{,}8 \times 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s}, s'écoule avec une vitesse à l'infini v_\infty = 5\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
Pour une dimension caractéristique L \sim 1\text{ km} = 10^3\text{ m}, le nombre de Reynolds atmosphérique vaut :
Comme R_e \gg 10^4, le terme correctif en 1/\sqrt{R_e} est totalement négligeable devant 0{,}2234 :
2. Relation entre la fréquence d'émission et la distance X : D'après la modélisation introduite à la section IV, les tourbillons sont advectés par rapport à l'obstacle à une vitesse moyenne :
Deux tourbillons consécutifs d'une même rangée sont émis à un intervalle de temps égal à la période T = 1/f. La distance spatiale X entre deux tourbillons successifs de même sens s'écrit donc :
3. Estimation de la largeur de l'île : Par définition du nombre de Strouhal :
On en déduit l'expression de la largeur L de l'île :
Avec S_t \approx 0{,}22 et X \approx 10\text{ km}, l'application numérique donne :
Remarque : si l'on suppose les tourbillons advectés à la vitesse du vent incident (v_{\mathrm{adv}} \approx v_\infty), on obtient L = S_t X \approx 2{,}2\text{ km}.
4. Confrontation avec l'échelle de l'image (figure 11) : Sur la photographie satellite, le segment matérialisant la distance entre deux tourbillons successifs d'une même rangée mesure environ 10\text{ km}. Par comparaison directe, la largeur apparente de la tache sombre représentant l'île (perpendiculairement à la direction du vent) mesure un peu moins de la moitié de cette distance de référence, soit de l'ordre de 3\text{ à }5\text{ km}.
L'estimation obtenue (L \approx 4\text{ km}) est donc en excellent accord quantitatif avec les dimensions observables sur l'image.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez tout raisonnement circulaire consistant à injecter la taille supposée de l'île pour calculer Reynolds puis cette même taille.
« Plusieurs candidats ayant abordé cette question supposent une valeur de la taille de l’ile (donnée sans justification ou correspondant à celle mesurée sur la photo) pour calculer Reet se servent ensuite de cette valeur de Repour recalculer cette taille »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 ?
Surtout 3 chapitres : Fluides visqueux (49 % des questions, parties III et IV), Interférences par division d'amplitude (27 %, partie I) et Ondes électromagnétiques dans les milieux (11 %). Plus ponctuellement : Cinématique des fluides, Dynamique des fluides parfaits et Approche énergétique et oscillateurs mécaniques.
Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 dès la première année (PCSI) ?
Peu : 1 questions sur 41 (2 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q32.
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 ?
Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie III est la plus longue (environ 1 h 30).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 ?
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 ?
Questions de cours : Q2 (interféromètre de michelson), Q3 (surface de localisation), Q4 (anneau d'égale inclinaison), Q5 (contact optique), Q6 (coin d'air), Q8 (saut de phase), Q12 (dérivée particulaire), Q13 (équation de navier-stokes)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q7 (coin d'air).
Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 ?
Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Le sujet CentraleSupélec Physique 1 PC 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet plutôt accessible. Le jury décrit un sujet bien calibré en longueur, progressif, sans trop de difficulté, avec de nombreuses applications directes du cours et des questions non guidées dont la difficulté n'était pas insurmontable. Moyenne : 9,13/20 (écart-type 4,02, 3 354 présents).
Comment estimer la largeur de l'île en Q41 sans raisonnement circulaire ?
Mesurer l'espacement spatial entre deux tourbillons consécutifs sur le cliché satellite et exprimer la fréquence d'émission via la vitesse de l'écoulement. L'utilisation du nombre de Strouhal universel (S_t \approx 0{,}2) fournit alors la dimension de l'obstacle sans présupposer sa taille pour calculer le nombre de Reynolds.
Que désigne la notion d'écoulement redressé en Q38 ?
L'apparition d'un champ de vitesse moyen stationnaire induit par une excitation purement sinusoïdale de moyenne nulle. Par analogie avec le redressement en électronique, c'est la non-linéarité du terme convectif (\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} dans Navier-Stokes qui génère cette composante continue temporelle.
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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 41 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,13 et d'écart-type 4,02 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.