Corrigé détaillé CCINP Physique PC 2021
De la physique dans le vivant
- 41 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,6 / 4)
- Vérifié question par question
Ce sujet propose un tour d'horizon particulièrement complet et représentatif des sciences physiques appliquées aux problématiques du vivant. Il explore trois thématiques indépendantes issues de travaux de recherche contemporains : les forces de Van der Waals responsables de l'adhérence spectaculaire du gecko, l'isolation thermique multi-couche du manchot empereur face aux rigueurs antarctiques, ainsi que la physique des interfaces et la superhydrophobie inspirée de la feuille de lotus.
D'un point de vue méthodologique, l'épreuve constitue un excellent sujet de synthèse pour la filière PC. Elle mobilise les fondamentaux du cours de deuxième année : dipôle électrostatique et interactions intermoléculaires, conduction thermique radiale et analogies électrothermiques, interférométrie d'égale épaisseur, ainsi que l'hydrodynamique visqueuse en régime microfluidique avec condition aux limites de glissement. D'un abord très progressif et guidé, il permet de consolider les techniques de modélisation physique et les résolutions de problème en temps limité.
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Partie I : Le gecko
I.1 · Interactions entre molécules polaires
Question 1
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : moment dipolaire, dipôle électrostatique
Expliquer, en prenant l'exemple de la molécule de chlorure d'hydrogène (HCl), l'origine du moment dipolaire permanent de certaines molécules. Donner l'expression en fonction de et du moment dipolaire électrique de la molécule polaire.
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Invoquer la différence d'électronégativité entre les atomes de chlore et d'hydrogène qui polarise la liaison covalente. Exprimer le moment dipolaire comme le produit de la charge par le vecteur joignant le barycentre des charges négatives à celui des charges positives.
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Dans une liaison covalente hétéronucléaire comme celle de la molécule de chlorure d'hydrogène (\mathrm{HCl}), les deux atomes présentent une différence d'électronégativité notable : le chlore est plus électronégatif que l'hydrogène (\chi_{\mathrm{Cl}} > \chi_{\mathrm{H}}).
Le doublet d'électrons liants est donc statistiquement déplacé vers l'atome de chlore. Il apparaît ainsi une charge partielle négative -\delta e sur l'atome de chlore et une charge partielle positive +\delta e sur l'atome d'hydrogène (avec \delta > 0). Le barycentre des charges positives G_+ et celui des charges négatives G_- ne coïncident plus (G_+ \neq G_-), conférant à la molécule un moment dipolaire électrostatique permanent.
Pour le dipôle modélisé sur la figure 1, constitué de la charge -q au point N et de la charge +q au point P avec \vec{NP} = a\,\vec{u}_z, le moment dipolaire électrique est défini par :
D'où l'expression :
(soit pour la norme algébrique introduite par l'énoncé : p_1 = q\,a).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : potentiel électrostatique, approximation dipolaire
Établir l'expression du potentiel électrostatique créé en par la molécule polaire dans le cadre de l'approximation dipolaire qu'on explicitera. On donnera le résultat en fonction de , et des coordonnées sphériques du point .
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Exprimer le potentiel scalaire comme la somme des potentiels créés par les deux charges ponctuelles, puis effectuer un développement limité au premier ordre par rapport au petit paramètre a/r.
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- Exprimer le potentiel comme la superposition des potentiels créés par les charges ponctuelles +q en P et -q en N.
- Préciser le cadre de l'approximation dipolaire (r \gg a) et effectuer un développement limité au premier ordre en a/r des inverses des distances PM et NM.
- Exprimer le résultat en fonction de p_1 = qa, \varepsilon_0 et des coordonnées sphériques (r,\theta).
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L'approximation dipolaire consiste à se placer à une distance d'observation r = OM très grande devant la dimension caractéristique du dipôle a = PN :
Par principe de superposition, en choisissant l'origine des potentiels à l'infini, le potentiel électrostatique créé en M s'écrit :
Le point O étant le milieu du segment [NP], les positions des charges sont \vec{OP} = \frac{a}{2}\vec{u}_z et \vec{ON} = -\frac{a}{2}\vec{u}_z. On exprime la distance PM à l'aide du produit scalaire :
Au premier ordre en a/r, en négligeant le terme en a^2/(4r^2) :
De la même manière pour le point N, en remplaçant a par -a :
En effectuant la différence :
Comme p_1 = q a (d'après la question Q1), on obtient finalement :
Résultat
Question 3
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : champ électrostatique, gradient
En déduire que le champ électrostatique créé en par la molécule polaire s'écrit en coordonnées sphériques : .
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Appliquer la relation locale \vec{E}_1 = -\vec{\mathrm{grad}}(V_1) en utilisant les composantes du gradient en coordonnées sphériques fournies dans le formulaire.
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- Relier le champ électrostatique \vec{E}_1(M) au potentiel V_1(M) obtenu à la question Q2 par la relation locale \vec{E}_1(M) = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V_1(M).
- Exprimer le gradient en coordonnées sphériques à partir de l'expression fournie dans les données.
- Calculer les dérivées partielles par rapport à r, \theta et \varphi.
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D'après la question Q2, le potentiel électrostatique créé en M par le dipôle s'écrit :
En régime électrostatique, le champ électrique dérive du potentiel scalaire selon la relation :
En utilisant l'expression du gradient en coordonnées sphériques fournie en tête de sujet :
Le potentiel V_1 étant indépendant de la variable azimutale \varphi, la composante selon \vec{u}_\varphi est nulle. Calculons les deux autres composantes :
On en déduit l'expression du champ électrostatique :
Résultat
Question 4
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : dipôle électrostatique, position d'équilibre
Quel est l'effet du couple de forces subi par la molécule fixée au point ? Justifier l'orientation de son moment dipolaire électrique lorsqu'elle est en équilibre stable.
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Analyser le sens du couple vectoriel \vec{\Gamma} = \vec{p}_2 \wedge \vec{E}_1 qui tend à aligner le dipôle sur le champ local. Pour la stabilité, rechercher le minimum de l'énergie potentielle d'interaction \mathcal{E}_{12}.
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- Exprimer le champ électrostatique \vec{E}_1(M) créé par le premier dipôle au point M situé sur l'axe \theta = 0.
- Décrire l'action mécanique du couple de moment \vec{\Gamma} = \vec{p}_2 \wedge \vec{E}_1(M) sur l'orientation de la molécule.
- Justifier l'état d'équilibre stable à l'aide de l'énergie potentielle d'interaction \mathcal{E}_{12}(\alpha) en recherchant son minimum.
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Au point M, repéré par \theta = 0, le vecteur unitaire radial coïncide avec l'axe dipolaire : \vec{u}_r = \vec{u}_z. D'après l'expression établie à la question Q3, le champ électrostatique créé par la première molécule est :
Ce champ est colinéaire à l'axe (Oz) et orienté dans le même sens que \vec{p}_1.
Effet du couple de forces La molécule étant fixée en M, elle possède uniquement des degrés de liberté de rotation. Le couple de forces de moment :
a pour effet de faire pivoter la molécule de façon à aligner son moment dipolaire \vec{p}_2 parallèlement et de même sens que le champ local \vec{E}_1(M).
Orientation en équilibre stable L'énergie potentielle d'interaction s'écrit, en notant \alpha l'angle entre \vec{p}_2 et \vec{u}_z :
Les positions d'équilibre correspondent aux extremums de l'énergie potentielle :
Pour déterminer la stabilité, on étudie la dérivée seconde :
Comme p_2 > 0 et E_1(M) > 0 :
- pour \alpha = \pi : \dfrac{\mathrm{d}^2\mathcal{E}_{12}}{\mathrm{d}\alpha^2} < 0, l'énergie potentielle est maximale, l'équilibre est instable ;
- pour \alpha = 0 : \dfrac{\mathrm{d}^2\mathcal{E}_{12}}{\mathrm{d}\alpha^2} > 0, l'énergie potentielle est minimale, l'équilibre est stable.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 5
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : énergie potentielle dipolaire, ordre de grandeur
Estimer l'énergie potentielle d'interaction des deux molécules, distantes de , en supposant leurs moments dipolaires électriques alignés. Comparer cette énergie à l'énergie d'agitation thermique qui est de l'ordre de où est la constante de Boltzmann, à la température ambiante . Conclure.
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Calculer la valeur numérique de l'énergie potentielle pour des dipôles colinéaires orientés dans le même sens, puis comparer sa valeur absolue au produit k_B T.
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- Exprimer l'énergie potentielle \mathcal{E}_{12} pour des dipôles colinéaires et de même sens (\alpha = 0, configuration d'équilibre stable établie en Q4).
- Calculer numériquement \mathcal{E}_{12} ainsi que l'énergie thermique k_B T.
- Comparer les deux valeurs pour interpréter l'influence de l'agitation thermique sur l'orientation relative des molécules.
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D'après les résultats de la question Q4, lorsque les deux molécules sont alignées selon l'axe (Oz) dans leur configuration d'équilibre stable (\alpha = 0), les moments dipolaires sont parallèles et de même sens (\vec{p}_1 = \vec{p}_2 = p\,\vec{u}_z). Le champ créé par le dipôle 1 au point M s'écrit :
L'énergie potentielle d'interaction minimale s'exprime donc par :
Effectuons l'application numérique avec les grandeurs fournies :
- p = 1\text{ D} = 3,33\cdot 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}
- \varepsilon_0 = 8,85\cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}
- r = 0,5\text{ nm} = 5,0\cdot 10^{-10}\text{ m}
Calculons l'énergie caractéristique d'agitation thermique à la température ambiante T = 293\text{ K} :
En comparant ces deux grandeurs :
Conclusion : L'énergie d'interaction dipolaire reste inférieure à l'énergie d'agitation thermique (|\mathcal{E}_{12}| < k_B T). À température ambiante, les chocs et l'agitation thermique suffisent à détruire spontanément l'alignement stable des dipôles, qui adoptent alors des orientations continuellement fluctuantes. Il est par conséquent indispensable de faire appel à une moyenne statistique sur les orientations (interaction de Keesom).
Résultat
Question 6
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : force conservative, énergie potentielle
Du fait de l'agitation thermique, on doit considérer l'énergie potentielle d'interaction moyenne entre deux dipôles situés à une distance dont les orientations relatives sont sujettes à des variations aléatoires. À température suffisamment élevée, on montre que cette énergie potentielle d'interaction moyenne est de la forme : où .
Donner un ordre de grandeur de à la température ambiante . Vérifier que la force qui dérive de cette énergie potentielle est attractive. On rappelle que .
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Calculer numériquement la constante C_K. Dériver l'énergie moyenne par rapport à la coordonnée radiale via la formule de la force \vec{F}_{1/2} = -\vec{\mathrm{grad}}\langle \mathcal{E}_{12} \rangle et examiner le signe de sa composante radiale.
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Effectuons tout d'abord l'application numérique pour déterminer l'ordre de grandeur de la constante de Keesom C_{\mathrm{K}} :
Avec les données de l'énoncé :
- p = 1\text{ D} = 3{,}33 \cdot 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m},
- \varepsilon_0 = 8{,}85 \cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1},
- k_B = 1{,}38 \cdot 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1},
- T = 293\text{ K}.
On calcule le terme entre parenthèses :
Puis :
L'énergie potentielle d'interaction moyenne ne dépend que de la distance intermoléculaire r. En coordonnées sphériques, l'expression de la force exercée par la molécule 1 sur la molécule 2 s'écrit :
Comme C_{\mathrm{K}} > 0, la force \vec{F}_{1/2} est portée par -\vec{u}_r, c'est-à-dire dirigée vers le dipôle 1 situé en O. La force est donc bien attractive.
Résultat
I.2 · Calcul de la force d'adhérence du gecko au plafond
Question 7
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : analyse dimensionnelle
Vérifier que la constante de Hamaker est homogène à une énergie.
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Déterminer la dimension de A en analysant l'homogénéité de la relation f(D) = A / (6\pi D^3) où f(D) est une force surfacique.
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D'après l'énoncé, la grandeur f(D) représente une force surfacique, c'est-à-dire une force par unité de surface :
La distance D séparant les deux milieux solides est une longueur, donc [D] = \mathrm{L}.
En utilisant la relation donnée :
la dimension de la constante de Hamaker A s'écrit (le facteur numérique 6\pi étant sans dimension) :
Or, le produit d'une force par une longueur est homogène au travail d'une force, c'est-à-dire à une énergie :
En termes d'unités du Système International :
Résultat
Question 8
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : équilibre statique, ordre de grandeur
Un gecko de masse est suspendu par ses quatre pattes au plafond. Le gecko possède au total 6 millions de sétules, comportant chacune en moyenne 500 spatules. En modélisant une spatule par une surface carrée de de côté située à une distance du plafond, estimer le pourcentage de sétules utilisées par le gecko pour soutenir sa masse. On prendra et on négligera tout effet de bord.
Sachant que l'équipe de Kellar Autumn a constaté qu'un gecko de 50 g utilise à son maximum d'adhérence uniquement de ses sétules pour soutenir sa masse, peut-on bien imputer les facultés d'adhérence du gecko aux interactions de Van der Waals ? Pourquoi le gecko mobilise-t-il certainement davantage de sétules pour assurer son adhérence ?
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Calculer la force d'adhérence exercée par une spatule de surface c^2, en déduire la force maximale disponible pour les 6 millions de sétules et déterminer la fraction nécessaire pour compenser le poids mg.
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- Exprimer la force d'adhésion exercée par une spatule à partir de la force surfacique f(D), puis en déduire la force maximale disponible pour l'ensemble des sétules.
- Comparer le poids du gecko à cette force maximale pour déterminer le pourcentage théorique de sétules nécessaires au maintien en équilibre.
- Comparer à la valeur expérimentale et analyser physiquement les raisons d'une mobilisation plus importante de sétules en pratique.
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1. Estimation du pourcentage théorique de sétules
Chaque spatule est modélisée par un carré de côté c = 0{,}2\,\mu\text{m}, soit une surface :
La force d'adhérence exercée par une spatule située à la distance D du plafond vaut :
Le gecko dispose de N_{\text{sét, tot}} = 6\cdot 10^6 sétules, comportant chacune n_{\text{spat}} = 500 spatules. La surface totale de contact théorique est :
Si la totalité des spatules était en contact à la distance D, la force d'adhérence maximale théorique serait :
Le poids du gecko suspendu au plafond vaut :
Le pourcentage de sétules théoriquement nécessaire pour soutenir la masse de l'animal est donc :
2. Origine de l'adhérence et rôle du nombre élevé de sétules
- L'estimation théorique (\tau \approx 0{,}08\,\%) est du même ordre de grandeur que la valeur mesurée expérimentalement (0{,}04\,\%) : les interactions de Van der Waals suffisent amplement à expliquer la sustentation du gecko.
En conditions réelles, le gecko mobilise certainement bien plus de sétules pour plusieurs raisons :
- Rugosité du substrat : les surfaces réelles ne sont pas parfaitement planes à l'échelle nanométrique ; seules certaines spatules atteignent la distance optimale D = 1\text{ nm} ;
- Dynamique du mouvement : lors de la marche ou de la course, le gecko doit compenser des forces d'inertie (accélérations, freinages), résister aux rafales de vent ou s'ancrer solidement face à d'éventuels prédateurs, ce qui impose une marge de sécurité considérable (facteur supérieur à 10^2 voire 10^3).
Résultat
Question 9
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantFaisable en SupNotions : théorème de l'énergie cinétique, chute libre
À un instant pris pour origine, on suppose que le gecko lâche le plafond et chute de 10 cm avant de se rattraper à l'aide d'une patte à une surface verticale. Sachant que l'équipe de Kellar Autumn a pu mesurer une force de cisaillement (opposée au glissement) de l'ordre de 10 N par patte, estimer la distance que doit parcourir le gecko lorsque sa patte est en contact avec le mur pour s'arrêter. On supposera qu'il mobilise de la capacité de cisaillement maximale de sa patte.
Cette question fait appel à une démarche de résolution de problème. Il est notamment attendu de préciser chaque notation introduite, de présenter de façon claire les hypothèses retenues, de mener de bout en bout un calcul littéral, puis d'effectuer l'application numérique attendue.
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Déterminer d'abord la vitesse acquise par le gecko après sa chute libre de hauteur h. Appliquer ensuite le théorème de l'énergie cinétique durant la phase de freinage sur la paroi verticale en tenant compte du poids et de la force de frottement exercée par la patte.
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- Poser clairement les notations, les hypothèses du modèle mécanique et le référentiel d'étude.
- Appliquer le théorème de l'énergie cinétique entre l'instant de lâcher et l'arrêt complet du gecko, en distinguant le travail du poids de celui de la force de freinage.
- Exprimer littéralement la distance d'arrêt d, puis procéder à l'application numérique avec un nombre pertinent de chiffres significatifs.
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1. Modélisation, hypothèses et notations
- Système : le gecko, modélisé par un point matériel de masse m = 50\text{ g} = 5{,}0\cdot 10^{-2}\text{ kg}.
- Référentiel : référentiel terrestre supposé galiléen, muni d'un axe vertical (Oz) orienté vers le bas.
- Conditions initiales : le gecko lâche le plafond en z_0 = 0 avec une vitesse nulle (v_0 = 0).
- Phase 1 (chute libre) : sur une hauteur h = 10\text{ cm} = 0{,}10\text{ m}, le gecko est uniquement soumis à son poids \vec{P} = mg\vec{u}_z. Les frottements de l'air sont négligés au vu des faibles vitesses atteintes.
Phase 2 (freinage) : le gecko s'agrippe à la paroi verticale à l'aide d'une seule patte sur une distance notée d. La patte exerce une force de cisaillement verticale ascendante (opposée au glissement), supposée constante :
\vec{F} = - F \vec{u}_z \quad \text{avec} \quad F = \alpha F_{\text{max}}où F_{\text{max}} = 10\text{ N} et \alpha = 0{,}50 (soit F = 5{,}0\text{ N}). L'arrêt complet correspond à v_f = 0 à la distance totale parcourue h + d.
2. Bilan énergétique et calcul littéral
Appliquons le théorème de l'énergie cinétique au gecko entre l'instant initial (lâcher, v_0 = 0) et l'instant final (arrêt complet, v_f = 0) :
Les forces travaillant sur l'ensemble du déplacement sont :
Le poids \vec{P}, force motrice qui travaille sur la hauteur totale descendue h + d :
W(\vec{P}) = mg(h + d)La force de cisaillement \vec{F}, force résistante qui ne travaille que sur la distance de freinage d :
W(\vec{F}) = \vec{F} \cdot (d \vec{u}_z) = - F d
Le théorème de l'énergie cinétique s'écrit donc :
En regroupant les termes en d :
D'où l'expression littérale de la distance d'arrêt :
3. Application numérique
Les valeurs numériques données sont :
- m = 5{,}0\cdot 10^{-2}\text{ kg}
- g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
- P = mg = 5{,}0\cdot 10^{-2} \times 9{,}81 = 0{,}49\text{ N}
- F = 0{,}50 \times 10 = 5{,}0\text{ N}
- h = 0{,}10\text{ m}
Il vient :
Résultat
Où je me situe, question par question
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.