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Corrigé détaillé CCINP Physique PC 2021 (page 3/3 : Partie III)

De la physique dans le vivant

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Partie III : La feuille de lotus

III.1 · Mesure d'une tension superficielle

Question 22

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : statique des fluides, géométrie

Exprimer le rayon de la bulle en fonction du rayon d'ouverture du compte-gouttes et de la hauteur de la bulle.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Pythagore dans le triangle rectangle formé par le rayon de la bulle R, le rayon de l'orifice a et la distance du centre de la sphère au plan de l'orifice (R-b) ou (b-R).

Voir la stratégie
  1. Considérer une coupe méridienne (verticale) passant par l'axe de révolution de la calotte sphérique formant la bulle.
  2. Relier la hauteur b, le rayon d'ouverture a et le rayon de courbure R à l'aide du théorème de Pythagore dans le triangle rectangle approprié.
Voir le corrigé complet

Considérons une coupe verticale passant par l'axe de symétrie et le centre O de la bulle sphérique de rayon R.

  • Le sommet de la bulle se trouve à la distance R du centre O.
  • La hauteur de la bulle au-dessus du plan de l'ouverture du compte-gouttes valant b, la distance algébrique entre le centre O et le plan de l'ouverture vaut R - b.
  • Le bord de l'ouverture du compte-gouttes, de rayon a, est situé sur la surface de la bulle, à une distance R du centre O.

Dans le triangle rectangle formé par le centre O, le centre du cercle d'ouverture du compte-gouttes et un point situé sur le bord de cette ouverture, le théorème de Pythagore s'écrit :

R^2 = a^2 + (R - b)^2

En développant le terme de droite :

\begin{aligned} R^2 &= a^2 + R^2 - 2Rb + b^2 \\ 2Rb &= a^2 + b^2 \end{aligned}

Comme b > 0, on en déduit l'expression du rayon de la bulle :

\boxed{R = \frac{a^2 + b^2}{2b}}

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Question 23

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : statique des fluides, manomètre

Relier la surpression dans la bulle à la dénivellation dans le manomètre à eau, de masse volumique .

Voir l'indice

Appliquer la relation fondamentale de la statique des fluides incompressibles entre les deux surfaces libres du manomètre en U soumis à la dénivellation h.

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Le manomètre en U contient de l'eau de masse volumique \rho_e.

  • La branche reliée au compte-gouttes est au contact de l'air enfermé à l'intérieur de la bulle, à la pression P_{\text{int}}. En négligeant la masse volumique de l'air devant celle de l'eau, la pression au niveau du ménisque de cette branche (noté A sur la figure 5 (a)) est égale à la pression interne :

    P_A = P_{\text{int}}
  • L'autre branche est ouverte sur l'air ambiant, à la pression atmosphérique P_{\text{ext}} = P_{\text{atm}}. Au niveau du ménisque libre (noté B), la pression vaut donc :

    P_B = P_{\text{atm}}

D'après la loi fondamentale de la statique des fluides appliquée dans l'eau au repos (en prenant l'axe vertical (Oz) orienté vers le haut) :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = -\rho_e g \implies P_A - P_B = \rho_e g (z_B - z_A) = \rho_e g h

Par définition, la surpression dans la bulle est \Delta P = P_{\text{int}} - P_{\text{atm}} = P_A - P_B, d'où la relation :

\boxed{\Delta P = \rho_e g h}

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Question déjà tombée ailleurs

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Question 24

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : loi de laplace, tension superficielle

En déduire l'expression du coefficient de tension superficielle de l'interface entre l'eau savonneuse et l'air en fonction de , , , et de l'intensité de la pesanteur . Calculer pour et . Comparer au coefficient de tension superficielle de l'interface eau/air, égal à à et proposer une explication.

Voir l'indice

Égaler la surpression issue de la statique des fluides et celle donnée par la loi de Laplace \Delta P = 4\gamma/R. Justifier l'écart par rapport à l'eau pure par la présence de molécules tensioactives abaissant la tension superficielle.

Voir la stratégie
  1. Combiner la loi de Laplace \Delta P = \dfrac{4\gamma}{R} avec les expressions du rayon R établies en Q22 et de la surpression \Delta P établie en Q23.
  2. Effectuer l'application numérique avec le nombre adéquat de chiffres significatifs (deux ici).
  3. Comparer la valeur obtenue à celle de l'eau pure et interpréter la différence par la présence des molécules de tensioactif (savon).
Voir le corrigé complet

D'après la loi de Laplace rappelée dans le préambule de la sous-partie III.1, la surpression dans la bulle d'eau savonneuse s'écrit :

\Delta P = \frac{4\gamma}{R} \iff \gamma = \frac{R\,\Delta P}{4}

En injectant l'expression du rayon de courbure R = \dfrac{a^2+b^2}{2b} obtenue en Q22 et celle de la surpression \Delta P = \rho_e g h issue de la relation fondamentale de la statique des fluides en Q23, il vient :

\gamma = \frac{a^2+b^2}{8b}\,\rho_e g h
\boxed{\gamma = \frac{\rho_e g h (a^2+b^2)}{8b}}

Application numérique : Avec b = 2{,}0\text{ mm} = 2{,}0\cdot 10^{-3}\text{ m}, a = \dfrac{b}{2} = 1{,}0\text{ mm} = 1{,}0\cdot 10^{-3}\text{ m}, h = 9{,}0\text{ mm} = 9{,}0\cdot 10^{-3}\text{ m}, \rho_e = 1{,}00\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\begin{aligned} R &= \frac{(1{,}0\cdot 10^{-3})^2 + (2{,}0\cdot 10^{-3})^2}{2\times 2{,}0\cdot 10^{-3}} = 1{,}25\cdot 10^{-3}\text{ m} \\ \Delta P &= 1{,}00\cdot 10^3 \times 9{,}81 \times 9{,}0\cdot 10^{-3} \approx 88{,}3\text{ Pa} \\ \gamma &= \frac{1{,}25\cdot 10^{-3} \times 88{,}3}{4} \approx 2{,}76\cdot 10^{-2}\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\gamma \approx 2{,}8\cdot 10^{-2}\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}}

Comparaison et interprétation : On constate que la tension superficielle de l'eau savonneuse \gamma \approx 28\text{ mN}\cdot\text{m}^{-1} est très inférieure à celle de l'eau pure \gamma_e = 73\text{ mN}\cdot\text{m}^{-1} (d'un facteur d'environ 2,6).

Cette baisse s'explique par la nature des molécules de savon, qui sont des espèces tensioactives constituées d'une tête polaire hydrophile et d'une longue queue hydrophobe. Ces molécules s'adsorbent préférentiellement aux interfaces eau/air en orientant leur chaîne hydrophobe vers l'air, ce qui diminue considérablement l'énergie libre de surface et abaisse la tension superficielle, facilitant ainsi l'étalement du film et la stabilisation de la bulle.

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III.2 · Mesure d'un angle de contact

Question 25

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : frange d'égale épaisseur, interférence

On qualifie les franges d'interférences de franges d'égale épaisseur. Expliquer cette dénomination. Justifier que ces franges sont circulaires.

Voir l'indice

Relier l'état d'interférence à la différence de marche, elle-même fonction de l'épaisseur locale du coin liquide e(r). Conclure quant à la forme circulaire par invariance par rotation autour de l'axe de symétrie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le lien entre l'éclairement (ou la différence de marche \delta) et l'épaisseur locale e du film liquide pour justifier l'appellation.
  2. Exploiter les symétries spatiales de la goutte pour déterminer la forme géométrique des lieux d'égale épaisseur.
Voir le corrigé complet

Dénomination « franges d'égale épaisseur » :

L'intensité résultant de l'interférence de deux ondes dépend du déphasage entre ces ondes, donc de la différence de marche optique \delta. Dans le cas présent, l'éclairage s'effectuant sous incidence normale et sans déphasage aux réflexions, la différence de marche s'écrit :

\delta(r) = 2\,n_{\ell}\,e(r)

où n_{\ell} est l'indice optique du liquide et e(r) l'épaisseur locale de la goutte.

Une frange d'interférence correspond à un lieu de déphasage constant, c'est-à-dire à une différence de marche \delta fixée. L'indice n_{\ell} étant uniforme, une telle ligne d'isovaleur de \delta correspond à une ligne d'épaisseur constante e(r) = \mathrm{cste} du liquide : c'est pourquoi on qualifie ces franges de franges d'égale épaisseur.

Forme circulaire des franges :

La goutte présente une forme de calotte sphérique posée sur un plan horizontal, ce qui lui confère une symétrie de révolution autour de l'axe vertical (O, \vec{u}_z) passant par son centre.

L'épaisseur e(r) ne dépend donc que de la distance radiale r à cet axe. L'ensemble des points vérifiant la condition d'égale épaisseur e(r) = \mathrm{cste} correspond donc à r = \mathrm{cste}, c'est-à-dire à des cercles centrés sur l'axe (O, \vec{u}_z).

Par conséquent, les franges d'interférences observées sont des anneaux circulaires concentriques.

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Question 26

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : localisation des franges, grandissement

Comment peut-on observer en pratique les franges d'interférences localisées au voisinage du plan du substrat ?

Voir l'indice

Rappeler que des franges d'égale épaisseur formées sous éclairage étendu sont localisées sur la lame : il faut observer au moyen d'un système optique (microscope ou lentille) dont le plan objet est confondu avec le substrat.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du phénomène : les franges d'égale épaisseur issues d'une lame à faces non parallèles (coin d'air, lame d'épaisseur variable) sont des franges localisées à distance finie, ici au voisinage immédiat de la goutte et du substrat.
  2. Énoncer le principe optique permettant d'observer des franges localisées à distance finie : réaliser la conjugaison optique du plan de localisation avec le plan d'observation (écran, capteur ou rétine).
  3. Préciser le dispositif expérimental adapté, notamment compte tenu de l'échelle micrométrique de la goutte (d \sim 100\ \mu\text{m}).
Voir le corrigé complet

Les franges d'égale épaisseur étant localisées au niveau de la goutte (au voisinage du plan du substrat), il convient de conjuguer optiquement cette zone avec le plan d'observation :

  • Sur un écran ou une caméra : on interpose un système optique convergent (lentille convergente ou objectif de microscope) entre la goutte et le récepteur (écran dépoli ou capteur d'une caméra CCD/CMOS), de façon à ce que le plan du substrat et le récepteur soient conjugués par le système optique selon la relation de conjugaison de Descartes :

    \boxed{\text{Plan du substrat et plan du récepteur conjugués par une lentille ou un objectif}}
  • À l'œil nu : un observateur peut les voir directement en accommodant sur la surface du substrat (le cristallin jouant le rôle de lentille projetant l'image nette sur la rétine).

En pratique, les dimensions de la goutte étant microscopiques (diamètre de l'ordre de 170\ \mu\text{m}), l'emploi d'un microscope optique muni d'une caméra numérique s'avère indispensable pour obtenir un grandissement suffisant.

Résultat

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Question 27

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : différence de marche, chemin optique

En traduisant le fait que le point appartient au cercle de centre et de rayon , montrer que l'épaisseur au niveau de ce point s'écrit : .

Voir l'indice

Exprimer la hauteur du sommet de la sphère par rapport au centre O, puis repérer la position du substrat z_S = R\cos\theta_E et la hauteur locale z(r) = \sqrt{R^2 - r^2} de la calotte.

Voir la stratégie
  1. Choisir un repère adapté centré au centre O de la calotte sphérique, avec l'axe (Oz) confondu avec l'axe de révolution (\vec{u}_z).
  2. Exprimer la cote z_P du point P de la surface libre à l'aide de l'équation de la sphère de rayon R.
  3. Déterminer la cote z_S du plan du substrat en reliant l'angle de contact \theta_E à la direction du rayon au niveau de la ligne de raccordement.
  4. En déduire l'épaisseur locale e(r) = z_P - z_S.
Voir le corrigé complet

On se place dans une coupe méridienne de la goutte passant par l'axe de symétrie (O, \vec{u}_z), rapportée à un repère d'origine le centre O de la sphère. L'axe vertical est orienté par le vecteur unitaire \vec{u}_z dirigé vers le haut, et l'axe radial horizontal est orienté par \vec{u}_r.

1. Cote du point P sur la calotte sphérique Le point P situé à la distance radiale r de l'axe (Oz) appartient au cercle de centre O et de rayon R. Ses coordonnées (r, z_P) vérifient donc :

r^2 + z_P^2 = R^2

Comme la goutte est située dans le demi-espace z > 0, la cote de P est :

z_P(r) = \sqrt{R^2 - r^2}

2. Cote du substrat Considérons un point C situé sur la ligne de contact triple (à la périphérie de la goutte). Par définition, l'angle de contact \theta_E est l'angle entre le plan horizontal du substrat et le plan tangent à la calotte sphérique en C.

Le rayon vecteur \vec{OC} étant normal à la surface sphérique et le vecteur unitaire \vec{u}_z étant normal au substrat, l'angle entre les deux normales (\vec{u}_z, \vec{OC}) est égal à l'angle entre les deux plans, c'est-à-dire \theta_E. La projection de \vec{OC} sur l'axe vertical donne ainsi la cote du point C :

z_C = R \cos\theta_E

Le substrat étant un plan horizontal perpendiculaire à (Oz), tous ses points ont la même cote z_S = z_C = R \cos\theta_E.

3. Épaisseur locale de la goutte L'épaisseur e(r) de la goutte au point P correspond à la distance verticale entre le point P de la surface libre et le point I correspondant situé sur le substrat (z_I = z_S) :

e(r) = z_P(r) - z_S = \sqrt{R^2 - r^2} - R \cos\theta_E
\boxed{e(r) = \sqrt{R^2 - r^2} - R\cos\theta_E}

Résultat

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Question 28

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : développement limité, approximation des petits angles

En se limitant à un développement au deuxième ordre en , exprimer en fonction de et . Déduire de ces résultats que .

Voir l'indice

Utiliser la relation géométrique d/2 = R\sin\theta_E, développer au deuxième ordre \cos\theta_E et \sqrt{1 - (r/R)^2} sachant que r \le d/2 \ll R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer d'abord la relation géométrique exacte liant R, d et \theta_E en traduisant l'annulation de l'épaisseur au bord de la goutte (r = d/2).
  2. Réaliser un développement limité pour \theta_E \ll 1 afin d'obtenir l'expression approchée de R.
  3. Développer les termes de l'expression de e(r) issue de la question précédente au deuxième ordre pour aboutir à l'expression factorisée demandée.
Voir le corrigé complet

Sur la ligne de contact triple entre le solide, le liquide et l'air (en r = d/2), l'épaisseur de la goutte est nulle : e(d/2) = 0. En utilisant l'expression issue de la question précédente :

\sqrt{R^2 - \left(\frac{d}{2}\right)^2} - R\cos\theta_E = 0 \iff R^2 - \frac{d^2}{4} = R^2\cos^2\theta_E

Sachant que 1 - \cos^2\theta_E = \sin^2\theta_E, on obtient la relation géométrique exacte :

\frac{d}{2} = R\sin\theta_E \iff R = \frac{d}{2\sin\theta_E}

(Cette relation se lit également de manière directe dans le triangle rectangle reliant le centre O, le centre du disque de contact et la ligne triple).

À l'ordre 2 en \theta_E, le développement de la fonction sinus s'écrit \sin\theta_E = \theta_E + \mathcal{O}(\theta_E^3), le terme d'ordre 2 étant nul. On en déduit :

\boxed{R \cong \frac{d}{2\theta_E}}

Développons à présent l'expression de l'épaisseur locale e(r) :

e(r) = R\left(\sqrt{1 - \frac{r^2}{R^2}} - \cos\theta_E\right)

Puisque r \le d/2 \cong R\theta_E \ll R, on a \frac{r^2}{R^2} = \mathcal{O}(\theta_E^2). On peut donc développer la racine carrée et le cosinus au deuxième ordre en \theta_E :

\begin{aligned} \sqrt{1 - \frac{r^2}{R^2}} &\cong 1 - \frac{r^2}{2R^2} \\ \cos\theta_E &\cong 1 - \frac{\theta_E^2}{2} \end{aligned}

Il vient ainsi :

e(r) \cong R\left[\left(1 - \frac{r^2}{2R^2}\right) - \left(1 - \frac{\theta_E^2}{2}\right)\right] = \frac{R\theta_E^2}{2} - \frac{r^2}{2R}

En remplaçant R par \frac{d}{2\theta_E}, on obtient :

e(r) \cong \frac{1}{2}\left(\frac{d}{2\theta_E}\right)\theta_E^2 - \frac{r^2}{2\left(\frac{d}{2\theta_E}\right)} = \frac{1}{4}d\theta_E - \frac{r^2\theta_E}{d}

En factorisant par \frac{1}{4}d\theta_E, on parvient bien à l'expression attendue :

\boxed{e(r) \cong \frac{1}{4}d\theta_E\left(1-\frac{4r^2}{d^2}\right)}

Résultat

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Question 29

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : différence de marche, ordre d'interférence

Exprimer la différence de marche en fonction de l'épaisseur locale et de l'indice de la goutte. En déduire l'ordre d'interférences en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Exprimer le chemin optique pour un aller-retour sous incidence normale dans le liquide d'indice n_\ell, puis calculer l'ordre d'interférences p(r) = \delta(r)/\lambda_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le chemin optique associé à l'aller-retour dans la goutte d'indice n_\ell sous incidence quasi-normale, en tenant compte de l'indication de l'énoncé sur l'absence de déphasage aux réflexions.
  2. Relier l'ordre d'interférences p(r) à la différence de marche \delta(r) et à la longueur d'onde dans le vide \lambda_0, puis injecter l'expression de e(r) établie à la question Q28.
Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le faisceau laser arrive sous incidence normale au substrat et l'on néglige la déviation par réfraction sur le dioptre air/liquide. Le rayon réfracté effectue un aller-retour dans la goutte sur une épaisseur géométrique e(r) au sein d'un milieu d'indice de réfraction n_\ell. En admettant qu'aucun déphasage supplémentaire n'est introduit lors des réflexions en P et en I, la différence de marche optique \delta(r) entre les deux rayons réfléchis s'écrit :

\boxed{\delta(r) = 2 n_\ell e(r)}

Par définition, l'ordre d'interférences est donné par :

p(r) = \frac{\delta(r)}{\lambda_0} = \frac{2 n_\ell e(r)}{\lambda_0}

En utilisant l'expression approchée de l'épaisseur e(r) établie à la question Q28 :

e(r) \cong \frac{1}{4} d \theta_E \left(1 - \frac{4r^2}{d^2}\right)

on en déduit l'expression de l'ordre d'interférences :

\boxed{p(r) = \frac{n_\ell d \theta_E}{2 \lambda_0} \left(1 - \frac{4r^2}{d^2}\right)}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 30

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : ordre d'interférence, anneau d'interférence

On écrit l'ordre d'interférences au centre de la figure d'interférences () sous la forme : avec un entier et . On utilise l'indice pour repérer les anneaux brillants sachant que correspond au premier anneau brillant à partir du centre. Exprimer l'ordre d'interférences du -ième anneau brillant de rayon en fonction de et . Donner le nombre d'anneaux brillants observables en fonction de .

Voir l'indice

Remarquer que l'épaisseur e(r), donc l'ordre p(r), décroît lorsque r augmente en s'éloignant du centre. Écrire que le m-ième anneau brillant correspond à une valeur entière de p(r) inférieure à p_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le sens de variation de l'ordre d'interférences p(r) avec le rayon r à partir de l'expression établie à la question précédente.
  2. Identifier la condition de frange brillante (ordre d'interférences entier) pour déterminer l'ordre associé à chaque anneau repéré par l'indice m.
  3. Trouver la condition limite au bord de la goutte (r = d/2) pour dénombrer les anneaux brillants observables.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q29, l'ordre d'interférences s'écrit :

p(r) = p(0) \left(1 - \frac{4r^2}{d^2}\right) \quad \text{avec} \quad p(0) = p_0 + \varepsilon

où p_0 \in \mathbb{N} et 0 \le \varepsilon < 1.

La fonction p(r) est une fonction strictement décroissante de r sur [0, d/2], passant de p(0) = p_0 + \varepsilon au centre à p(d/2) = 0 sur la ligne de contact au bord de la goutte.

Un anneau brillant correspond à un ordre d'interférences entier. En s'éloignant du centre (r croissant), l'ordre décroît continûment depuis p_0 + \varepsilon. Le premier entier rencontré est p_0 (pour m=1), le deuxième est p_0 - 1 (pour m=2), et ainsi de suite :

\boxed{p(r_m) = p_0 - (m - 1) = p_0 - m + 1}

Au bord de la goutte (r = d/2), l'épaisseur est nulle donc p(d/2) = 0. Les anneaux brillants observables à l'intérieur de la calotte sphérique (0 < r_m < d/2) correspondent à des entiers strictement positifs :

1 \le p(r_m) \le p_0

Soit, en remplaçant par l'expression de p(r_m) :

p_0 - m + 1 \ge 1 \implies m \le p_0

Le nombre maximal d'anneaux brillants observables est donc :

\boxed{N = p_0}

Résultat

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Question 31

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : dépouillement graphique, angle de contact

Les grandeurs , et étant supposées connues, expliquer comment exploiter graphiquement ces données expérimentales afin d'en déduire l'angle de contact . Déterminer sachant que ; et .

Voir l'indice

Exprimer r_m^2 comme une fonction affine du numéro d'anneau m. Proposer une régression linéaire de r_m^2 en fonction de m dont la pente permet d'isoler \theta_E.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rayon r_m du m-ième anneau brillant en combinant les expressions de l'ordre d'interférences obtenues en Q29 et Q30.
  2. Montrer que le carré du rayon r_m^2 est une fonction affine du rang m, dont la pente s s'exprime directement en fonction de \theta_E.
  3. Évaluer la pente à l'aide des données du tableau 2 puis calculer la valeur numérique de l'angle de contact \theta_E.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q29, l'ordre d'interférences au rayon r s'écrit :

p(r) = \frac{n_\ell d \theta_E}{2\lambda_0}\left(1 - \frac{4r^2}{d^2}\right) = p(0) - \frac{2n_\ell \theta_E}{\lambda_0 d} r^2

avec p(0) = p_0 + \varepsilon (question Q30).

Au niveau du m-ième anneau brillant de rayon r_m, l'ordre d'interférences vaut p(r_m) = p_0 - m + 1 (d'après Q30). On a donc :

p_0 - m + 1 = p_0 + \varepsilon - \frac{2n_\ell \theta_E}{\lambda_0 d} r_m^2

ce qui conduit à :

r_m^2 = \frac{\lambda_0 d}{2n_\ell \theta_E}\,(m - 1 + \varepsilon)

Le carré du rayon r_m^2 est donc une fonction affine de l'entier m, de la forme :

r_m^2 = s \cdot m + c

où la pente de la droite s'écrit :

s = \frac{\lambda_0 d}{2n_\ell \theta_E}

Pour exploiter graphiquement les mesures :

  • on calcule les valeurs de r_m^2 associées à chaque anneau ;
  • on trace la droite d'ajustement r_m^2 = f(m) ;
  • on détermine graphiquement (ou par régression linéaire) la pente s de cette droite ;
  • on en déduit finalement l'angle de contact :
\boxed{\theta_E = \frac{\lambda_0 d}{2n_\ell s}}

Calculons les valeurs de r_m^2 à partir des données du tableau 2 :

m123456
r_m\ (\mu\text{m})304657677583
r_m^2\ (\mu\text{m}^2)90021163249448956256889

L'accroissement moyen de r_m^2 par ordre est :

s = \frac{r_6^2 - r_1^2}{6 - 1} = \frac{6889 - 900}{5} \approx 1{,}20\cdot 10^3\,\mu\text{m}^2 = 1{,}20\cdot 10^{-9}\text{ m}^2

(une régression linéaire sur les 6 points donne de même s \approx 1{,}19\cdot 10^{-9}\text{ m}^2).

En utilisant n_\ell = 1{,}4, d = 174\,\mu\text{m} = 174\cdot 10^{-6}\text{ m}, \lambda_0 = 658\text{ nm} = 658\cdot 10^{-9}\text{ m} et s = 1{,}20\cdot 10^{-9}\text{ m}^2 :

\theta_E = \frac{658\cdot 10^{-9} \times 174\cdot 10^{-6}}{2 \times 1{,}4 \times 1{,}20\cdot 10^{-9}} \approx 3{,}4\cdot 10^{-2}\text{ rad} \approx 2{,}0^\circ
\boxed{\theta_E \approx 3{,}4\cdot 10^{-2}\text{ rad} \approx 2{,}0^\circ}

Résultat

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III.3 · Glissement d'un liquide sur une paroi solide en microfluidique

Question 32

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : équation de navier-stokes, viscosité

Rappeler le sens physique de chacun des termes de l'équation de Navier-Stokes réduite de l'énoncé.

Voir l'indice

Identifier respectivement le terme d'accélération convective (transport de quantité de mouvement par l'écoulement), la force volumique de gradient de pression et la force volumique visqueuse de frottement interne.

Voir le corrigé complet

L'équation de Navier-Stokes sous sa forme réduite s'écrit :

\rho (\vec{v} \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v} = -\vec{\operatorname{grad}}(P) + \eta \Delta \vec{v}

Tous les termes ont la dimension d'une force par unité de volume (en \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}^{-3}) :

  • Terme convectif d'inertie \rho (\vec{v} \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v} :
    Il représente la densité volumique des forces d'inertie convectives (ou le transport convectif de quantité de mouvement par unité de volume). Il traduit l'accélération subie par une particule fluide en raison de l'hétérogénéité spatiale du champ de vitesse lors de son déplacement. Le terme d'accélération locale \rho \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} est absent car l'écoulement est supposé stationnaire.
  • Terme de pression -\vec{\operatorname{grad}}(P) :
    Il correspond à la résultante des forces de pression s'exerçant sur le volume élémentaire de fluide par unité de volume. Le signe « moins » indique que cette force surfacique nette est dirigée des zones de plus haute pression vers les zones de plus basse pression.
  • Terme de diffusion visqueuse \eta \Delta \vec{v} :
    Il représente la résultante des forces de frottement visqueux internes (contraintes de cisaillement) par unité de volume, associées aux échanges microscopiques de quantité de mouvement entre couches fluides en glissement relatif, pour un fluide newtonien incompressible de viscosité dynamique \eta.
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Question 33

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : nombre de reynolds, écoulement rampant

Calculer le nombre de Reynolds pour un écoulement d'eau dans un canal d'une hauteur de à une vitesse typique de . Comment se simplifie dans ces conditions l'équation de Navier-Stokes ?

Voir l'indice

Évaluer Re = \rho v h / \eta. Constater que Re \ll 1 et négliger le terme convectif inertiel devant le terme visqueux, ce qui conduit à l'équation d'écoulement rampant de Stokes.

Voir le corrigé complet

Le nombre de Reynolds Re compare les effets inertiels aux effets visqueux. Il est défini par :

Re = \frac{\rho_e v h}{\eta_e}

où :

  • \rho_e = 1{,}00 \cdot 10^{3}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} est la masse volumique de l'eau ;
  • v = 1\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1} = 1{,}0 \cdot 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} est la vitesse caractéristique de l'écoulement ;
  • h = 10\,\mu\text{m} = 1{,}0 \cdot 10^{-5}\text{ m} est la dimension transversale caractéristique du canal ;
  • \eta_e = 1{,}00 \cdot 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s} est la viscosité dynamique de l'eau à 20\,^\circ\text{C}.

Application numérique :

Re = \frac{1{,}00 \cdot 10^{3} \times 1{,}0 \cdot 10^{-3} \times 1{,}0 \cdot 10^{-5}}{1{,}00 \cdot 10^{-3}} = 1{,}0 \cdot 10^{-2}
\boxed{Re = 1{,}0 \cdot 10^{-2}}

Puisque Re \ll 1, le terme convectif d'inertie \rho(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} est tout à fait négligeable devant le terme de diffusion visqueuse \eta \Delta\vec{v}. L'équation de Navier-Stokes se simplifie alors en l'équation de Stokes (régime d'écoulement rampant) :

\boxed{\vec{0} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(P) + \eta \Delta\vec{v}}

soit encore :

\overrightarrow{\operatorname{grad}}(P) = \eta \Delta\vec{v}

Résultat

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Question 34

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : écoulement parallèle, terme convectif

Justifier que la forme supposée du champ des vitesses (écoulement parallèle) conduit à la même simplification et ce, indépendamment de la valeur du nombre de Reynolds.

Voir l'indice

Calculer explicitement le produit (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} pour le champ de vitesse imposé \vec{v} = v_x(z)\vec{u}_x et constater son annulation purement cinématique.

Voir le corrigé complet

Le champ des vitesses d'un écoulement unidirectionnel stationnaire s'écrit par hypothèse :

\vec{v}(M) = v_x(z)\,\vec{u}_x

Calculons le terme d'accélération convective (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} en coordonnées cartésiennes :

\begin{aligned} \vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}} &= v_x \frac{\partial}{\partial x} + v_y \frac{\partial}{\partial y} + v_z \frac{\partial}{\partial z} = v_x(z) \frac{\partial}{\partial x} \end{aligned}

En appliquant cet opérateur au champ des vitesses :

\begin{aligned} (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} &= v_x(z) \frac{\partial}{\partial x}\big(v_x(z)\,\vec{u}_x\big) = v_x(z) \frac{\partial v_x}{\partial x}\,\vec{u}_x \end{aligned}

Or, v_x ne dépend que de la variable d'espace z, si bien que sa dérivée partielle par rapport à x est identiquement nulle :

\frac{\partial v_x}{\partial x} = 0 \implies (\vec{v} \cdot \overrightarrow{\operatorname{grad}})\vec{v} = \vec{0}

Le terme d'accélération convective s'annule donc de façon exacte du fait de la cinématique de l'écoulement. L'équation de Navier-Stokes se simplifie ainsi en :

\boxed{\vec{0} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(P) + \eta\,\Delta\vec{v}}

Cette simplification est rigoureusement exacte, quelle que soit la valeur du nombre de Reynolds \mathrm{Re}.

Résultat

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Question 35

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : équation de navier-stokes, écoulement de poiseuille

Montrer finalement que l'équation de Navier-Stokes se réduit ici à : .

Voir l'indice

Projeter l'équation vectorielle de Stokes sur les trois axes cartésiens et exploiter l'indépendance de la pression par rapport à z et de la vitesse par rapport à x.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation de Stokes obtenue à la question Q34.
  2. Calculer le laplacien vectoriel du champ de vitesse unidirectionnel \vec{v} = v_x(z)\vec{u}_x.
  3. Projeter la relation vectorielle sur l'axe (Ox) pour obtenir l'équation scalaire recherchée, tout en commentant les projections sur les axes transverses.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q34, l'équation de Navier-Stokes stationnaire pour un tel écoulement parallèle se simplifie en :

\vec{0} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}(P) + \eta \Delta\vec{v}

Le champ des vitesses s'écrit \vec{v} = v_x(z)\vec{u}_x. Par définition du laplacien vectoriel en coordonnées cartésiennes donnée dans l'énoncé :

\Delta\vec{v} = \left(\frac{\partial^2 v_x}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v_x}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 v_x}{\partial z^2}\right)\vec{u}_x = \frac{\partial^2 v_x}{\partial z^2}\,\vec{u}_x

car v_x ne dépend que de la seule variable z, et les composantes v_y et v_z sont identiquement nulles.

En projetant l'équation de Stokes sur les trois axes cartésiens :

  • Selon \vec{u}_y : -\dfrac{\partial P}{\partial y} = 0 \implies P est indépendante de y ;
  • Selon \vec{u}_z : -\dfrac{\partial P}{\partial z} = 0 \implies P est indépendante de z ;
  • Selon \vec{u}_x :
\boxed{-\frac{\partial P}{\partial x} + \eta\frac{\partial^2 v_x}{\partial z^2} = 0}

Résultat

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Question 36

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : profil de vitesse, condition aux limites

Déduire de ces conditions aux limites que .

Voir l'indice

Intégrer deux fois de suite la dérivée seconde de la vitesse par rapport à z en introduisant deux constantes d'intégration, puis déterminer ces constantes grâce aux conditions aux limites mixtes de Navier-Maxwell.

Voir la stratégie
  1. Intégrer successivement par rapport à z l'équation différentielle établie à la question Q35 en utilisant l'expression du gradient de pression \frac{\partial P}{\partial x} = -K.
  2. Exploiter la symétrie du problème (ou soustraire les deux conditions aux limites) pour montrer que le terme linéaire s'annule.
  3. Déterminer la constante d'intégration restante en appliquant la condition aux limites de Navier-Maxwell en z = +h/2.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, l'équation régissant l'écoulement s'écrit :

-\frac{\partial P}{\partial x} + \eta \frac{\partial^2 v_x}{\partial z^2} = 0

Comme le gradient de pression horizontal est imposé constant : \frac{\partial P}{\partial x} = -K avec K > 0, la fonction v_x(z) ne dépend que de z et vérifie :

\frac{\mathrm{d}^2 v_x}{\mathrm{d} z^2} = -\frac{K}{\eta}

Une première intégration donne :

\frac{\mathrm{d} v_x}{\mathrm{d} z} = -\frac{K}{\eta} z + C_1

Une seconde intégration conduit à la forme générale :

v_x(z) = -\frac{K}{2\eta} z^2 + C_1 z + C_2

où C_1 et C_2 sont deux constantes d'intégration réelles.

Évaluons la vitesse et son gradient aux deux parois z = \pm h/2 :

\begin{aligned} \left.\frac{\partial v_x}{\partial z}\right|_{z=+h/2} &= -\frac{Kh}{2\eta} + C_1, \quad &v_x(+h/2) &= -\frac{Kh^2}{8\eta} + C_1 \frac{h}{2} + C_2 \\ \left.\frac{\partial v_x}{\partial z}\right|_{z=-h/2} &= +\frac{Kh}{2\eta} + C_1, \quad &v_x(-h/2) &= -\frac{Kh^2}{8\eta} - C_1 \frac{h}{2} + C_2 \end{aligned}

Les conditions aux limites proposées par Navier et Maxwell s'écrivent :

\begin{aligned} v_x(+h/2) &= -L_g \left.\frac{\partial v_x}{\partial z}\right|_{z=+h/2} = \frac{K L_g h}{2\eta} - L_g C_1 \\ v_x(-h/2) &= +L_g \left.\frac{\partial v_x}{\partial z}\right|_{z=-h/2} = \frac{K L_g h}{2\eta} + L_g C_1 \end{aligned}

Par soustraction de ces deux relations, on obtient :

v_x(+h/2) - v_x(-h/2) = -2 L_g C_1

Or, l'expression générale de v_x(z) donne :

v_x(+h/2) - v_x(-h/2) = C_1 h

On en déduit :

C_1 (h + 2 L_g) = 0 \implies C_1 = 0 \quad (\text{car } h > 0 \text{ et } L_g \ge 0)

Ce résultat traduit la parité du profil de vitesse par rapport au plan médian z=0, imposée par la symétrie du canal et des conditions aux limites.

Il vient alors :

v_x(+h/2) = \frac{K L_g h}{2\eta}

En identifiant avec l'expression de v_x(+h/2) :

-\frac{Kh^2}{8\eta} + C_2 = \frac{K L_g h}{2\eta} \implies C_2 = \frac{K L_g h}{2\eta} + \frac{Kh^2}{8\eta}

En réinjectant C_1 et C_2 dans le champ de vitesse :

v_x(z) = -\frac{K}{2\eta} z^2 + \frac{K L_g h}{2\eta} + \frac{Kh^2}{8\eta}

On regroupe les termes pour faire apparaître le profil sous la forme demandée :

\boxed{v_x(z) = \frac{K L_g h}{2\eta} + \frac{K}{2\eta}\left(\frac{h^2}{4}-z^2\right)}

Résultat

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Question 37

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : longueur de glissement, condition aux limites

Déterminer les positions théoriques des plans au niveau desquels le champ des vitesses devrait s'annuler. Dans l'hypothèse où , montrer que . Justifier alors l'appellation longueur de glissement attribuée à la longueur .

Voir l'indice

Résoudre l'équation du second degré v_x(z_0) = 0. Effectuer un développement limité de la racine carrée au premier ordre en L_g/h pour interpréter L_g comme la profondeur d'annulation fictive de la vitesse dans la paroi.

Voir la stratégie
  1. Annuler l'expression du profil de vitesse v_x(z) obtenue à la question précédente pour trouver l'équation vérifiée par les cotes théoriques z_0.
  2. Réaliser un développement limité au premier ordre pour L_g \ll h afin d'obtenir l'expression approchée de |z_0|.
  3. Interpréter géométriquement et physiquement cette grandeur par rapport à la position réelle des parois en z = \pm h/2.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q36, le profil de vitesse s'écrit :

v_x(z) = \frac{K}{2\eta} \left( L_g h + \frac{h^2}{4} - z^2 \right)

Les plans théoriques où la vitesse s'annulerait vérifient la condition v_x(z_0) = 0, soit :

z_0^2 = \frac{h^2}{4} + L_g h

On en déduit deux positions symétriques par rapport au plan médian :

\boxed{z_0 = \pm \sqrt{\frac{h^2}{4} + L_g h} = \pm \frac{h}{2}\sqrt{1 + \frac{4L_g}{h}}}

Dans l'hypothèse où la longueur de glissement est très petite devant la hauteur du canal (L_g \ll h), le terme 4L_g / h \ll 1. On effectue un développement limité à l'ordre 1 :

\sqrt{1 + \frac{4L_g}{h}} = 1 + \frac{1}{2} \left(\frac{4L_g}{h}\right) + \mathcal{o}\left(\frac{L_g}{h}\right) = 1 + \frac{2L_g}{h} + \mathcal{o}\left(\frac{L_g}{h}\right)

La valeur absolue de la position z_0 devient donc :

|z_0| \cong \frac{h}{2} \left( 1 + \frac{2L_g}{h} \right) = \frac{h}{2} + L_g

ce qui conduit immédiatement à la relation attendue :

\boxed{L_g = |z_0| - \frac{h}{2}}

Les parois réelles du canal étant situées en z = \pm h/2, la cote théorique d'annulation |z_0| est strictement supérieure à h/2 : la vitesse du fluide ne s'annule pas à la paroi (il y a glissement), mais s'annulerait si l'on prolongeait fictivement le profil de vitesse parabolique à l'intérieur du solide sur une profondeur égale à L_g.

La grandeur L_g mesure donc la distance d'extrapolation fictive dans la paroi solide au bout de laquelle la vitesse s'annule, ce qui justifie son appellation de longueur de glissement.

Résultat

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Question 38

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : débit volumique, profil de vitesse

Exprimer le débit volumique à travers une section droite comprise entre les deux plans et de largeur selon .

Voir l'indice

Intégrer le profil de vitesse v_x(z) sur la hauteur du canal de -h/2 à +h/2, puis multiplier par la largeur transverse \ell.

Voir la stratégie
  1. Définir le débit volumique D_v comme le flux du champ des vitesses \vec{v}(M) à travers une section droite orthogonale à l'écoulement.
  2. Intégrer sur la section rectangulaire de largeur \ell et de hauteur h en exploitant la parité du profil de vitesse v_x(z) obtenu à la question Q36.
Voir le corrigé complet

Le débit volumique D_v à travers une section droite S normale à \vec{u}_x, de largeur \ell selon l'axe (Oy) et s'étendant de z = -h/2 à z = +h/2, s'écrit :

D_v = \iint_S \vec{v}(M) \cdot \vec{u}_x \, \mathrm{d}S = \int_{y=0}^\ell \mathrm{d}y \int_{z=-h/2}^{h/2} v_x(z) \, \mathrm{d}z = \ell \int_{-h/2}^{h/2} v_x(z) \, \mathrm{d}z

D'après le résultat de la question Q36, le profil de vitesse est :

v_x(z) = \frac{K L_g h}{2\eta} + \frac{K}{2\eta}\left(\frac{h^2}{4}-z^2\right)

Comme la fonction v_x(z) est paire, l'intégrale s'exprime sous la forme :

D_v = 2\ell \int_{0}^{h/2} \left[ \frac{K L_g h}{2\eta} + \frac{K}{2\eta}\left(\frac{h^2}{4}-z^2\right) \right] \mathrm{d}z

Calculons séparément chacune des contributions :

\begin{aligned} \int_{0}^{h/2} \frac{K L_g h}{2\eta} \, \mathrm{d}z &= \frac{K L_g h}{2\eta} \times \frac{h}{2} = \frac{K L_g h^2}{4\eta} \\ \int_{0}^{h/2} \left(\frac{h^2}{4}-z^2\right) \mathrm{d}z &= \left[ \frac{h^2}{4}z - \frac{z^3}{3} \right]_0^{h/2} = \frac{h^3}{8} - \frac{h^3}{24} = \frac{h^3}{12} \end{aligned}

En combinant ces deux termes et en multipliant par 2\ell, on obtient :

\begin{aligned} D_v &= 2\ell \left( \frac{K L_g h^2}{4\eta} + \frac{K}{2\eta}\frac{h^3}{12} \right) \\ &= \frac{K h^3 \ell}{12\eta} + \frac{K L_g h^2 \ell}{2\eta} \end{aligned}

On peut factoriser cette expression sous la forme usuelle :

\boxed{D_v = \frac{K h^3 \ell}{12\eta} \left( 1 + \frac{6 L_g}{h} \right)}

Résultat

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Question 39

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : perte de charge, gradient de pression

Exprimer en fonction de et de la perte de charge imposée entre l'entrée () et la sortie () du canal.

Voir l'indice

Intégrer le gradient de pression horizontal uniforme \partial P/\partial x = -K sur la longueur L du microcanal entre les cotes x=0 et x=L.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le gradient de pression s'écrit :

\frac{\partial P}{\partial x} = -K

où K est une constante positive. La pression P ne dépend que de la coordonnée axiale x. En intégrant cette relation différentielle entre l'entrée du canal (x = 0) et la sortie (x = L), on obtient :

P(L) - P(0) = \int_{0}^{L} \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x} \, \mathrm{d}x = -K L

La perte de charge entre l'entrée et la sortie étant définie positive par \Delta P = P(0) - P(L), il vient immédiatement :

\Delta P = K L

On en déduit l'expression de la constante K :

\boxed{K = \frac{\Delta P}{L}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 40

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : résistance hydraulique, écoulement de poiseuille

En déduire que . Donner l'expression de en fonction de , et des dimensions du canal. Justifier par une analogie électrique le nom de « résistance hydraulique » qu'on lui donne.

Voir l'indice

Exprimer la relation de proportionnalité entre la différence de pression motrice \Delta P et le débit volumique D_v. Établir l'analogie avec la loi d'Ohm U = R I où \Delta P joue le rôle de la tension et D_v celui de l'intensité.

Voir le corrigé complet

D'après la relation obtenue à la question Q38, le débit volumique s'exprime par :

D_v = \frac{K h^3 \ell}{12\eta}\left(1 + \frac{6L_g}{h}\right)

En injectant l'expression de K = \frac{\Delta P}{L} établie à la question Q39, il vient :

D_v = \frac{\Delta P \, h^3 \ell}{12\eta L}\left(1 + \frac{6L_g}{h}\right)

On en déduit immédiatement la relation linéaire entre la perte de charge \Delta P et le débit volumique D_v :

\boxed{\Delta P = R_h D_v}

où la résistance hydraulique R_h s'exprime en fonction de la viscosité \eta, de la longueur de glissement L_g et des dimensions du canal (L, h, \ell) selon :

\boxed{R_h = \frac{12\eta L}{h^3 \ell \left(1 + \dfrac{6L_g}{h}\right)} = \frac{12\eta L}{\ell h^2 (h + 6L_g)}}

Cette relation présente une analogie directe avec la loi d'Ohm en régime continu, U = R I :

  • la perte de charge (différence de pression) \Delta P = P(0) - P(L), force motrice de l'écoulement, joue le rôle de la tension électrique (différence de potentiel) U ;
  • le débit volumique D_v (débit de matière liquide) joue le rôle de l'intensité du courant électrique I (débit de charges électriques) ;
  • par identification, le facteur de proportionnalité R_h traduit l'opposition du conduit à l'écoulement sous l'effet des frottements visqueux, de même que la résistance électrique R traduit l'opposition d'un conducteur au passage du courant. C'est pourquoi on lui donne le nom de résistance hydraulique.

Résultat

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Question 41

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : résistance hydraulique, écoulement laminaire

En considérant que , calculer le rapport où désigne la résistance hydraulique en l'absence de glissement (). Conclure.

Voir l'indice

Former le quotient des résistances hydrauliques et évaluer la réduction relative de résistance obtenue grâce au glissement partiel permis par la texturation superhydrophobe.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport des résistances hydrauliques R_h / R_{h,ng} à l'aide de l'expression établie à la question Q40.
  2. Réaliser l'application numérique pour la valeur donnée L_g/h = 0{,}5.
  3. Conclure quant au bénéfice pratique du glissement induit par la superhydrophobie en microfluidique.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q40, la résistance hydraulique du canal avec glissement s'écrit :

R_h = \frac{12\eta L}{h^3 \ell \left(1 + 6\dfrac{L_g}{h}\right)}

En l'absence de glissement à la paroi (L_g = 0), cette résistance devient :

R_{h,ng} = \frac{12\eta L}{h^3 \ell}

Le rapport des résistances hydrauliques s'en déduit directement :

\frac{R_h}{R_{h,ng}} = \frac{1}{1 + 6\,\dfrac{L_g}{h}}

Pour un rapport L_g / h = 0{,}5, l'application numérique donne :

\frac{R_h}{R_{h,ng}} = \frac{1}{1 + 6 \times 0{,}5} = \frac{1}{1 + 3} = \frac{1}{4} = 0{,}25
\boxed{\frac{R_h}{R_{h,ng}} = 0{,}25}

Conclusion : La présence d'un glissement à la paroi divise par 4 la résistance hydraulique du microcanal (diminution de 75\,\%) :

  • À perte de charge \Delta P fixée, le débit volumique D_v transporté est multiplié par un facteur 4 ;
  • Réciproquement, pour assurer un débit volumique donné, la surpression à fournir par la pompe ainsi que la puissance dissipée par viscosité \mathcal{P}_{\text{diss}} = \Delta P \cdot D_v = R_h D_v^2 sont divisées par 4.

La texturation superhydrophobe des surfaces, inspirée des propriétés de la feuille de lotus, permet donc de s'affranchir considérablement de la forte résistance à l'écoulement inhérente à la miniaturisation des canaux (liée à la dépendance en h^{-3}).

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