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Corrigé détaillé Banque PT Physique A PT 2020 (page 2/4 : Partie 2 (questions 1 à 14))

Détection des ondes gravitationnelles par interférométrie

  • 62 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,7 / 4)
  • Faisable en Sup ((Partie 1 abordable en première année : gravitation newtonienne, théorème de Gauss, problème à deux corps et énergie mécanique).)
  • Vérifié question par question

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Partie 2 : Partie 2

A · L'interféromètre de Michelson.

Question 1

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : interferometre de michelson, frange d'egale inclinaison

Expliquer qualitativement ce que cela signifie. Si on éclaire le dispositif avec une source étendue, où observe-t-on les franges ? Que se passe-t-il si l'écran d'observation est placé à une autre position ?

Voir la stratégie
  1. Décrire la configuration optique en termes de miroirs réels et de miroir fictif (image par la séparatrice) pour définir la notion de « lame d'air ».
  2. Déterminer le lieu de localisation des franges pour une source spatialement étendue dans cette configuration.
  3. Expliquer le phénomène de brouillage spatial lorsque l'écran n'est pas dans le plan de localisation.
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  • Signification de la configuration en « lame d'air » :
    L'interféromètre de Michelson est réglé de telle sorte que les miroirs plans M_x et M_y soient rigoureusement perpendiculaires entre eux. L'image de M_y à travers la lame séparatrice semi-réfléchissante, notée M'_y, est alors un plan strictement parallèle au miroir M_x. L'ensemble \{M_x, M'_y\} est optiquement équivalent à une lame d'air à faces planes et parallèles d'épaisseur :

    e = |L_x - L_y|
  • Lieu d'observation des franges avec une source étendue :
    Dans une lame à faces parallèles, la différence de marche \delta = 2e\cos i ne dépend que de l'angle d'incidence i des rayons lumineux. Pour une source spatialement étendue, des rayons issus de points sources distincts mais se propageant dans la même direction (même incidence i) émergent parallèles entre eux et présentent la même différence de marche. Les interférences sont donc localisées à l'infini (franges d'égale inclinaison ou anneaux de Haidinger). On les observe dans le plan focal image d'une lentille convergente (ou à l'infini à l'œil nu sans accommoder).
  • Effet d'un déplacement de l'écran :
    Si l'écran d'observation est placé à distance finie hors du plan focal image d'une lentille, les rayons qui interfèrent en un même point de l'écran proviennent d'incidences i différentes issues de différents points de la source étendue. Les figures d'interférence produites par chacun des points sources indépendants se décalent les unes par rapport aux autres : il y a brouillage spatial et le contraste s'annule rapidement, l'écran présentant alors un éclairement quasi uniforme.
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Question 2

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : lame compensatrice

En général on doit introduire dans le montage une lame compensatrice. Expliquer son rôle et la placer sur un schéma.

Voir la stratégie
  1. Analyser le trajet optique des deux faisceaux à travers le substrat en verre de la séparatrice d'épaisseur non nulle.
  2. En déduire les deux inconvénients majeurs d'une dissymétrie de traversée du verre (dispersion chromatique et dépendance angulaire).
  3. Décrire les caractéristiques de la lame compensatrice (matériau, épaisseur, orientation, position) pour restaurer la symétrie.
  4. Réaliser un schéma clair du dispositif complet.
Voir le corrigé complet

Dans un interféromètre réel, la séparatrice possède une épaisseur non nulle e et est constituée d'un matériau d'indice n(\lambda) dispersif. La couche semi-réfléchissante n'est déposée que sur l'une de ses faces (généralement la face d'entrée).

En suivant les trajets des deux ondes :

  • le rayon réfléchi par le traitement semi-réfléchissant se dirige vers le miroir M_y, s'y réfléchit, puis traverse une seule fois le substrat de verre de la séparatrice pour émerger vers la voie de sortie ;
  • le rayon transmis traverse le substrat pour aller vers le miroir M_x, s'y réfléchit, puis retraverse le substrat avant d'être réfléchi par le traitement vers la sortie : il effectue au total trois traversées du substrat.

Sans compensation, il existe une différence de marche additionnelle liée à deux traversées du verre, de la forme \Delta L_{\text{verre}} = 2(n-1)e/\cos r', où r' est l'angle de réfraction dans le verre. Cette dissymétrie présente deux défauts majeurs :

  • La dispersion chromatique : l'indice n dépend de la longueur d'onde \lambda (loi de Cauchy). En lumière polychromatique (ou blanche), la différence de marche dépend de \lambda, ce qui empêche d'obtenir une frange centrale achromatique (\delta = 0 pour toutes les longueurs d'onde) et réduit considérablement le contraste des franges.
  • La dépendance angulaire : pour une source étendue, la compensation angulaire n'est plus rigoureusement vérifiée à tous les ordres d'incidence.

Pour y remédier, on introduit une lame compensatrice, taillée dans le même verre, rigoureusement de même épaisseur e que la séparatrice, mais sans traitement réfléchissant. On la dispose :

  • dans le bras vers le miroir M_y (le bras qui ne subissait qu'une seule traversée) ;
  • parallèlement à la séparatrice, de sorte que l'onde réfléchie traverse deux fois la compensatrice (un aller et un retour).

Les deux faisceaux effectuent alors exactement le même trajet dans le verre (deux traversées chacun), ce qui rétablit la stricte symétrie des deux bras.

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Question 3

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : difference de marche, lame d'air

Dessiner la marche des rayons qui interfèrent en un point sur l'écran. Etablir l'expression de leur différence de marche en fonction de l'épaisseur de la lame d'air équivalente et de leur angle d'incidence . Justifier la forme des franges observées.

Voir la stratégie
  1. Représenter le schéma équivalent du Michelson réglé en lame d'air à faces parallèles d'épaisseur e, constitué des deux miroirs plans M_1 et de l'image M_2' de M_2 par la séparatrice, suivi de la lentille de projection et de l'écran placé dans son plan focal image.
  2. Calculer la différence de marche \delta entre les deux rayons issus d'un même rayon incident d'angle d'incidence i interférant au point M du plan focal.
  3. Discuter l'invariance par rotation autour de l'axe optique pour en déduire la forme des franges (anneaux concentriques d'égale inclinaison).
Voir le corrigé complet

1. Schéma et marche des rayons

L'interféromètre de Michelson réglé en lame d'air est optiquement équivalent à deux miroirs plans parallèles M_1 et M_2' séparés par une couche d'air d'épaisseur e = |L_x - L_y|. Deux rayons parallèles issus d'une même onde plane incidente inclinée d'un angle i par rapport à la normale aux miroirs émergent parallèlement avec le même angle i et sont focalisés par la lentille convergente (L) de distance focale image f' en un même point M du plan focal image (l'écran).

2. Expression de la différence de marche \delta

Considérons une onde incidente plane inclinée de l'angle i. L'onde se réfléchit partiellement en I_1 sur M_1 (rayon 1) et traverse pour se réfléchir en I_2 sur M_2' avant d'émerger en J parallèlement au rayon 1 (rayon 2).

Soit K le projeté orthogonal de I_1 sur le rayon incident passant par J (surface d'onde incidente) et H le projeté orthogonal de I_1 sur le segment [I_2 J] (surface d'onde réfléchie). Le milieu étant l'air d'indice n \approx 1, la différence de marche géométrique entre les deux rayons vaut :

\delta = (I_1 J)_{\text{rayon 2}} - (I_1 K) = (I_1 I_2 + I_2 J) - I_1 K

D'après le principe du retour inverse ou la construction géométrique standard projetant I_1 en H perpendiculairement à (I_2 J), la différence de marche s'écrit directement :

\delta = I_2 H + I_2 J

Or dans le triangle rectangle formé par I_2, sa projection sur la normale issue de I_1 et l'épaisseur e, on a I_2 J = \frac{e}{\cos i}. De plus, la distance I_1 J = 2e \tan i, d'où H J = I_1 J \sin i = 2e \tan i \sin i. Il vient :

\begin{aligned} \delta &= \frac{2e}{\cos i} - 2e\tan i \sin i \\ &= \frac{2e}{\cos i}\left(1 - \sin^2 i\right) \\ &= 2e\cos i \end{aligned}
\boxed{\delta = 2e\cos i}

3. Justification de la forme des franges

Dans le plan focal image de la lentille de distance focale f', un point M est repéré par ses coordonnées polaires (r, \theta) par rapport au foyer image principal F' (axe optique). La relation angulaire s'écrit \tan i = \frac{r}{f'}. Pour les petits angles d'incidence, on a simplement i \approx \frac{r}{f'}.

La différence de marche \delta ne dépend que de l'angle d'incidence i, c'est-à-dire uniquement de la distance radiale r = OM :

\delta(r) \approx 2e\left(1 - \frac{i^2}{2}\right) \approx 2e\left(1 - \frac{r^2}{2{f'}^2}\right)

Le système présente une invariance par rotation autour de l'axe optique. Les lignes d'égale différence de marche (\delta = \text{cte}) correspondent donc à i = \text{cte}, soit r = \text{cte} : ce sont des anneaux concentriques centrés sur le foyer principal F', appelés anneaux d'égale inclinaison (ou franges de Haidinger).

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : anneau d'interferences

Dans le cas où , et , déterminer le rayon du premier anneau brillant.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'ordre d'interférence p(i) en fonction de l'angle d'incidence i, puis en déduire l'ordre au centre p_0 pour i = 0.
  2. Identifier l'ordre d'interférence correspondant au premier anneau brillant selon la convention adoptée pour le déphasage à la séparatrice.
  3. Relier le rayon R dans le plan focal à l'angle d'incidence i par la relation R \approx f' i et effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif.
Voir le corrigé complet

D'après la question précédente Q3, la différence de marche entre les deux rayons émergeant avec une incidence i s'écrit :

\delta(i) = 2e\cos i \approx 2e\left(1 - \frac{i^2}{2}\right)

L'ordre d'interférence associé à cette différence de marche est :

p(i) = \frac{\delta(i)}{\lambda} = p_0 \cos i \approx p_0\left(1 - \frac{i^2}{2}\right)

où l'ordre au centre (i=0) vaut :

p_0 = \frac{2e}{\lambda}

Effectuons l'application numérique de p_0 :

p_0 = \frac{2 \times 3{,}0 \times 10^{-3}}{600 \times 10^{-9}} = 10\,000 = 10^4

1. Cas usuel où les anneaux brillants vérifient \delta = p\lambda :
Puisque p_0 = 10\,000 est un entier, le centre (i=0) correspond à un maximum d'intensité (centre brillant). L'ordre d'interférence décroissant à partir du centre lorsque i augmente, le premier anneau brillant non confondu avec le centre correspond à l'ordre immédiatement inférieur :

p_1 = p_0 - 1 = 9\,999

On en déduit l'angle d'incidence i_1 associé :

p_0 - p_1 = 1 = p_0 \frac{i_1^2}{2} \implies i_1 = \sqrt{\frac{2}{p_0}} = \sqrt{\frac{\lambda}{e}}

Le rayon R_1 de cet anneau dans le plan focal image de la lentille vaut :

R_1 = f' \tan i_1 \approx f' i_1 = f'\sqrt{\frac{\lambda}{e}}

Numériquement :

R_1 = 0{,}10 \times \sqrt{\frac{600 \times 10^{-9}}{3{,}0 \times 10^{-3}}} = 0{,}10 \times \sqrt{2 \times 10^{-4}} = \sqrt{2} \times 10^{-3}\text{ m} \approx 1{,}4\text{ mm}

2. Prise en compte du déphasage supplémentaire de \pi introduit par la séparatrice :
Si l'on tient compte de la remarque liminaire (déphasage relatif intrinsèque de \pi entre les deux voies), le déphasage total est \Delta\phi = \frac{2\pi\delta}{\lambda} \pm \pi. Les anneaux brillants correspondent alors aux ordres demi-entiers p = k - \frac{1}{2}.

Le centre étant alors sombre, le premier anneau brillant correspond à p_1 = p_0 - \frac{1}{2}, soit p_0 - p_1 = \frac{1}{2}, d'où :

i_1 = \sqrt{\frac{1}{p_0}} = 10^{-2}\text{ rad} \implies R_1 = f' i_1 = 0{,}10 \times 10^{-2}\text{ m} = 1{,}0\text{ mm}

Conformément à la consigne de l'énoncé précisant que les calculs se feront avec un seul chiffre significatif, les deux approches conduisent au même résultat :

\boxed{R_1 \approx 1\text{ mm}}

Résultat

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B · Détection des ondes gravitationnelles.

Question 5

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : interferometre de michelson, formule des interferences

La séparatrice étant une lame semi-transparente qui laisse passer de l'éclairement incident et réfléchit . Quel est l'éclairement obtenu en sortie de l'interféromètre (dans la direction ) si on occulte l'un des miroirs ?

Voir la stratégie
  1. Suivre le trajet optique du faisceau lumineux issu de la source jusqu'à la voie de sortie (-\vec{u_y}) pour chacun des deux bras envisageables.
  2. Appliquer les coefficients de transmission et de réflexion énergétiques de la lame séparatrice (T = R = 0{,}5) et du miroir non occulté (R_{\text{miroir}} = 1).
Voir le corrigé complet

L'onde incidente, d'éclairement E_0, arrive sur la lame séparatrice (S_p) sous une incidence de 45^\circ. Les miroirs M_x et M_y sont supposés parfaits, soit un facteur de réflexion énergétique R_M = 1. La séparatrice réfléchit une fraction R = 0{,}5 et transmet une fraction T = 0{,}5 de l'éclairement incident.

Considérons les deux situations possibles selon le miroir occulté :

  • Si le miroir M_y est occulté : seul le faisceau parcourant le bras selon Ox parvient à la sortie. Le faisceau incident est d'abord transmis par (S_p) vers M_x (facteur T), se réfléchit totalement sur M_x (R_M = 1), puis est réfléchi par (S_p) vers la sortie dans la direction -\vec{u_y} (facteur R). L'éclairement en sortie vaut donc :

    E_{s,x} = T \times R_M \times R \times E_0 = 0{,}5 \times 1 \times 0{,}5 \times E_0 = \frac{E_0}{4}
  • Si le miroir M_x est occulté : seul le faisceau parcourant le bras selon Oy parvient à la sortie. Le faisceau incident est d'abord réfléchi par (S_p) vers M_y (facteur R), se réfléchit totalement sur M_y (R_M = 1), puis est transmis par (S_p) vers la sortie dans la direction -\vec{u_y} (facteur T). L'éclairement en sortie vaut donc :

    E_{s,y} = R \times R_M \times T \times E_0 = 0{,}5 \times 1 \times 0{,}5 \times E_0 = \frac{E_0}{4}

Dans les deux cas, l'éclairement obtenu en sortie de l'interféromètre est identique :

\boxed{E_1 = \frac{E_0}{4}}

Résultat

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Question 6

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : dephasage, chemin optique

Exprimer en la justifiant la différence de phase entre les deux ondes qui interfèrent en sortie de l'interféromètre en fonction de , , , et .

Voir la stratégie
  1. Exprimer le chemin optique associé à l'aller-retour dans chacun des deux bras de l'interféromètre en tenant compte des indices n_x et n_y.
  2. Relier le chemin optique au déphasage géométrique de propagation.
  3. Analyser l'effet des réflexions sur les miroirs d'extrémité et sur la séparatrice afin de situer le déphasage optique \varphi par rapport aux notations de l'énoncé pour la suite du problème.
Voir le corrigé complet

Considérons une onde incidente plane monochromatique de longueur d'onde dans le vide \lambda.

1. Chemins optiques et déphasages de propagation :

  • Dans le bras selon Ox, l'onde traverse la séparatrice, effectue l'aller-retour entre O et A (distance 2L_x) dans un milieu d'indice n_x, puis se réfléchit sur la séparatrice vers la sortie - \vec{u}_y. Le chemin optique associé à ce trajet est :

    \delta_x = 2 n_x L_x

    Le déphasage accumulé lors de la propagation s'écrit donc :

    \varphi_x = \frac{2\pi}{\lambda} \delta_x = \frac{4\pi}{\lambda} n_x L_x
  • Dans le bras selon Oy, l'onde est réfléchie par la séparatrice, effectue l'aller-retour entre O et B (distance 2L_y) dans un milieu d'indice n_y, puis traverse la séparatrice vers la sortie - \vec{u}_y. Le chemin optique associé est :

    \delta_y = 2 n_y L_y

    Le déphasage accumulé lors de la propagation s'écrit donc :

    \varphi_y = \frac{2\pi}{\lambda} \delta_y = \frac{4\pi}{\lambda} n_y L_y

La différence de phase de propagation entre les deux trajets s'exprime ainsi :

\varphi = \varphi_y - \varphi_x = \frac{4\pi}{\lambda}(n_y L_y - n_x L_x)

2. Prise en compte des déphasages aux réflexions :

  • Les miroirs M_x et M_y sont identiques et introduisent chacun un déphasage de \pi à la réflexion ; leur contribution relative est donc nulle (\pi - \pi = 0).
  • Selon le préambule, la séparatrice d'épaisseur nulle est dissymétrique : l'une des réflexions (face avant ou arrière) introduit un déphasage de \pi et l'autre un déphasage nul. L'une des deux ondes subit la réflexion sur la face avant (onde y) tandis que l'autre se réfléchit sur la face arrière (onde x). Les réflexions introduisent donc un saut de phase relatif intrinsèque de \pi.

Comme l'indique la formule cible de la question 10, l'énoncé désigne par \varphi le déphasage lié au trajet optique, le terme additionnel \pi intervenant dans le signe relatif des amplitudes complexes à la question 7.

\boxed{\varphi = \frac{4\pi}{\lambda}(n_y L_y - n_x L_x)}

Résultat

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Question 7

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : amplitude complexe, formule des interferences

Exprimer les amplitudes complexes des deux ondes qui interfèrent dans la direction . En déduire l'expression de l'éclairement récupéré dans la direction en fonction de et .

Voir la stratégie
  1. Suivre le parcours optique de chacun des deux faisceaux depuis la séparatrice jusqu'à la voie de sortie -\vec{u}_y en comptabilisant les coefficients de transmission et de réflexion (modules et déphasages).
  2. Écrire les amplitudes complexes \underline{S}_x et \underline{S}_y en tenant compte du déphasage de propagation \varphi_x et \varphi_y, de la réflexion sur les miroirs (r_M = \mathrm{e}^{j\pi} = -1) et de la dissymétrie des déphasages à la réflexion sur la séparatrice.
  3. Sommer les amplitudes complexes pour obtenir l'amplitude résultante et en déduire l'éclairement E_y = \underline{S}\,\underline{S}^*.
Voir le corrigé complet

Soit \underline{S}_{\text{inc}} = S_0 l'amplitude complexe de l'onde incidente en O (prise comme origine des phases).

1. Onde issue du bras x :

  • traverse la séparatrice (S_p) en O avec un coefficient de transmission t = 1/\sqrt{2} ;
  • se propage dans le bras x sur un aller-retour (facteur de phase \mathrm{e}^{-j\varphi_x}) ;
  • subit une réflexion sur le miroir parfait M_x (facteur \mathrm{e}^{j\pi} = -1) ;
  • se réfléchit sur la face arrière de (S_p) pour émerger selon -\vec{u}_y avec un coefficient de réflexion r_x.

2. Onde issue du bras y :

  • se réfléchit sur la face avant de (S_p) en O avec un coefficient de réflexion r_y ;
  • se propage dans le bras y sur un aller-retour (facteur de phase \mathrm{e}^{-j\varphi_y}) ;
  • subit une réflexion sur le miroir parfait M_y (facteur \mathrm{e}^{j\pi} = -1) ;
  • traverse la séparatrice (S_p) en O avec un coefficient de transmission t = 1/\sqrt{2}.

D'après l'énoncé, |r_x| = |r_y| = 1/\sqrt{2}, et l'une des réflexions sur la séparatrice s'accompagne d'un déphasage de \pi tandis que l'autre se fait sans déphasage, soit r_y / r_x = -1 = \mathrm{e}^{j\pi}. Les deux réflexions sur les miroirs M_x et M_y introduisent le même déphasage \pi et n'introduisent donc aucune phase relative supplémentaire.

À une phase globale près, les amplitudes complexes des deux ondes s'écrivent :

\boxed{\underline{S}_x = \frac{S_0}{2}\,\mathrm{e}^{-j\varphi_x}} \quad \text{et} \quad \boxed{\underline{S}_y = -\frac{S_0}{2}\,\mathrm{e}^{-j\varphi_y}}

3. Éclairement en sortie :

L'amplitude complexe totale résultant de la superposition dans la direction -\vec{u}_y vaut :

\underline{S} = \underline{S}_x + \underline{S}_y = \frac{S_0}{2}\,\mathrm{e}^{-j\varphi_x}\left(1 - \mathrm{e}^{-j(\varphi_y - \varphi_x)}\right) = \frac{S_0}{2}\,\mathrm{e}^{-j\varphi_x}\left(1 - \mathrm{e}^{-j\varphi}\right)

L'éclairement détecté est donné par E_y = \underline{S}\,\underline{S}^* :

\begin{aligned} E_y &= \frac{S_0^2}{4}\,|1 - \mathrm{e}^{-j\varphi}|^2 \\ &= \frac{E_0}{4}\,\left((1 - \cos\varphi)^2 + \sin^2\varphi\right) \\ &= \frac{E_0}{4}\,\left(1 - 2\cos\varphi + \cos^2\varphi + \sin^2\varphi\right) \\ &= \frac{E_0}{2}\,(1 - \cos\varphi) \end{aligned}
\boxed{E_y = \frac{E_0}{2}\,(1 - \cos\varphi) = E_0\sin^2\left(\frac{\varphi}{2}\right)}

Résultat

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Question 8

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : ordre de grandeur

Justifier que l'on puisse négliger la dépendance en de à l'échelle de l'interféromètre sachant que l'extension verticale des miroirs ne dépasse pas .

Voir la stratégie
  1. Exprimer la longueur d'onde spatiale \Lambda_g associée à l'onde gravitationnelle de fréquence f_0.
  2. Comparer l'extension spatiale verticale D des miroirs à cette longueur d'onde (ou comparer le temps de transit vertical à la période de l'onde).
  3. En déduire que la variation de la phase de l'onde le long de l'axe Oz est totalement négligeable.
Voir le corrigé complet

L'onde gravitationnelle se propage le long de l'axe Oz à la célérité c avec une fréquence f_0 \approx 1\text{ kHz}. Sa longueur d'onde spatiale est :

\Lambda_g = \frac{c}{f_0}

Avec c = 3{,}0\times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et f_0 \approx 10^3\text{ Hz} :

\Lambda_g = \frac{3{,}0\times 10^8}{10^3} = 3\times 10^5\text{ m} = 300\text{ km}

La variation de la phase spatiale sur la hauteur maximale des miroirs D = 1\text{ m} s'écrit :

\Delta \phi_z = 2\pi f_0 \frac{D}{c} = 2\pi \frac{D}{\Lambda_g}

Numériquement, avec un chiffre significatif :

\Delta \phi_z = 2\pi \times \frac{1}{3\times 10^5} \approx 2\times 10^{-5}\text{ rad} \ll 1\text{ rad}

De manière équivalente, le temps mis par l'onde pour traverser la dimension verticale d'un miroir, \Delta t = D/c \approx 3\times 10^{-9}\text{ s}, est infiniment plus court que sa période temporelle T_0 = 1/f_0 = 10^{-3}\text{ s}.

Comme D \ll \Lambda_g, la perturbation \tau(z,t) peut être considérée comme uniforme selon z sur l'ensemble de la surface des miroirs :

\boxed{\tau(z,t) \approx \tau(t) = \tau_M \cos(2\pi f_0 t)}

Résultat

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Question 9

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : temps d'integration, moyenne temporelle

Le temps d'intégration (ou temps de réponse) des détecteurs d'éclairement est pris égal à . Justifier que l'on puisse, dans ces conditions, utiliser l'expression de l'éclairement établi à la question 7 de la section B.

Voir la stratégie
  1. Identifier les trois échelles temporelles caractéristiques du problème :

    • la période de l'onde optique T_{\text{opt}},
    • le temps d'intégration du détecteur T,
    • la période de l'onde gravitationnelle T_g = 1/f_0.
  2. Vérifier la double inégalité T_{\text{opt}} \ll T \ll T_g qui justifie que le détecteur mesure bien l'éclairement optique moyen tout en suivant les variations temporelles induites par l'onde gravitationnelle.
Voir le corrigé complet

Trois échelles temporelles caractéristiques interviennent dans cette mesure :

  • La période de l'onde lumineuse (fréquence optique \nu = c/\lambda) :

    T_{\text{opt}} = \frac{\lambda}{c} = \frac{600 \times 10^{-9}}{3{,}0 \times 10^8} = 2 \times 10^{-15}\text{ s}.
  • Le temps d'intégration (ou temps de réponse) du photodétecteur :

    T = 10^{-4}\text{ s}.
  • La période de l'onde gravitationnelle de fréquence f_0 \approx 1\text{ kHz} :

    T_g = \frac{1}{f_0} = \frac{1}{10^3} = 10^{-3}\text{ s}.

On constate que ces grandeurs vérifient la hiérarchie :

T_{\text{opt}} \ll T < T_g.
  1. D'une part, comme T \gg T_{\text{opt}} (10^{-4}\text{ s} \gg 2 \times 10^{-15}\text{ s}), le photodétecteur moyenne parfaitement les oscillations optiques ultra-rapides du champ électromagnétique. Il donne donc bien accès à l'éclairement moyen E_y = \underline{S}_y \underline{S}_y^* tel que défini à la question 7.
  2. D'autre part, comme T \ll T_g (ou plus précisément T = T_g / 10 = 0{,}1\text{ ms}), le temps de réponse est suffisamment court pour que la phase \varphi(t), modulée par l'onde gravitationnelle, puisse être considérée comme quasi constante pendant une durée de mesure T. Le détecteur n'estompe pas le signal et peut suivre en temps réel la modulation temporelle de l'éclairement E_y(t).
\boxed{T_{\text{opt}} \ll T < T_g \implies \text{l'expression de l'éclairement } E_y \text{ établie à la question~7 reste valable à chaque instant } t.}

Résultat

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Question 10

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : formule des interferences, developpement limite

Du fait de la faible valeur de , on limite dans toute la suite nos calculs à l'ordre 1 en . Montrer que le rapport de l'éclairement détecté sur l'éclairement incident prend la forme

où est à exprimer en fonction de , et .

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déphasage total \varphi en substituant les expressions des indices n_x = 1 - \tau(t) et n_y = 1 + \tau(t).
  2. Décomposer \varphi sous la forme \varphi_0 + \delta\varphi(t) et effectuer un développement limité à l'ordre 1 en \tau de la fonction cosinus.
  3. Injecter ce développement dans l'expression du rapport d'éclairement E_y/E_0.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, la différence de phase entre les deux ondes en sortie s'écrit :

\varphi = \frac{4\pi}{\lambda}(n_y L_y - n_x L_x)

En introduisant les indices modifiés par l'onde gravitationnelle, n_x = 1 - \tau(t) et n_y = 1 + \tau(t), on obtient :

\begin{aligned} \varphi &= \frac{4\pi}{\lambda}\left[(1 + \tau(t))L_y - (1 - \tau(t))L_x\right] \\ &= \frac{4\pi}{\lambda}(L_y - L_x) + \frac{4\pi}{\lambda}(L_x + L_y)\,\tau(t) \end{aligned}

Posons le déphasage statique en l'absence d'onde gravitationnelle :

\boxed{\varphi_0 = \frac{4\pi(L_y - L_x)}{\lambda}}

et la perturbation temporelle :

\delta\varphi(t) = \frac{4\pi(L_x + L_y)}{\lambda}\,\tau(t)

Puisque \tau_M = 10^{-21} \ll 1, la perturbation \delta\varphi(t) est extrêmement petite devant 1. On peut donc développer la fonction cosinus au premier ordre en \tau :

\begin{aligned} \cos\varphi &= \cos(\varphi_0 + \delta\varphi(t)) \\ &= \cos\varphi_0 \cos(\delta\varphi(t)) - \sin\varphi_0 \sin(\delta\varphi(t)) \\ &= \cos\varphi_0 - \delta\varphi(t)\sin\varphi_0 + \mathcal{O}(\tau^2) \\ &= \cos\varphi_0 - \frac{4\pi(L_x + L_y)\tau(t)\sin\varphi_0}{\lambda} + \mathcal{O}(\tau^2) \end{aligned}

D'après la question Q7, l'éclairement en sortie vaut E_y = \frac{E_0}{2}(1 - \cos\varphi). En substituant ce développement limité, on trouve :

\frac{E_y}{E_0} = \frac{1 - \left(\cos\varphi_0 - \frac{4\pi(L_x + L_y)\tau(t)\sin\varphi_0}{\lambda}\right)}{2}

soit finalement :

\boxed{\frac{E_y}{E_0} = \frac{1 - \cos\varphi_0}{2} + \frac{2\pi(L_x + L_y)\tau(t)\sin\varphi_0}{\lambda}}

Résultat

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Question 11

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : sensibilite, interferometre de michelson

La puissance lumineuse étant simplement proportionnelle à l'éclairement, pour quelle valeur de la variation de puissance sur le détecteur est-elle maximale lors du passage de l'onde gravitationnelle ? Calculer numériquement la variation maximale pour une puissance incidente égale à avec et .

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation temporelle de puissance \Delta P_y(t) due à l'onde gravitationnelle à partir de l'expression de l'éclairement issue de la question B.10.
  2. Déterminer la valeur de la différence de phase statique \varphi_0 qui maximise l'amplitude de cette variation.
  3. Effectuer l'application numérique de l'amplitude maximale de variation de puissance avec un unique chiffre significatif, conformément aux consignes générales.
Voir le corrigé complet

La puissance lumineuse P_y(t) reçue par le détecteur et la puissance incidente P_0 sont obtenues par intégration de l'éclairement sur la section droite du faisceau. La relation établie à la question B.10 donne donc directement pour les puissances :

P_y(t) = P_0 \left( \frac{1 - \cos\varphi_0}{2} + \frac{2\pi(L_x + L_y)\tau(t)\sin\varphi_0}{\lambda} \right)

La variation de puissance induite par le passage de l'onde gravitationnelle s'écrit :

\Delta P_y(t) = P_y(t) - P_y(0) = P_0 \frac{2\pi(L_x + L_y)\sin\varphi_0}{\lambda} \tau(t)

Cette variation est sinusoïdale de pulsation 2\pi f_0 et d'amplitude :

\Delta P_{y,\max} = P_0 \frac{2\pi(L_x + L_y)}{\lambda} \tau_M |\sin\varphi_0|

Pour maximiser cette amplitude, il faut maximiser |\sin\varphi_0|, ce qui impose |\sin\varphi_0| = 1, soit :

\boxed{\varphi_0 = \frac{\pi}{2} \pmod{\pi}}

En pratique, on retient classiquement \varphi_0 = \frac{\pi}{2} \pmod{2\pi} pour que la variation de signal soit en phase avec \tau(t).

L'amplitude maximale de la variation de puissance vaut alors :

\Delta P_{y,\max} = P_0 \frac{2\pi(L_x + L_y)}{\lambda} \tau_M

Application numérique :

  • P_0 = 10\text{ W}
  • L_x \approx L_y \approx 3\text{ km} \implies L_x + L_y \approx 6 \cdot 10^3\text{ m}
  • \lambda = 600\text{ nm} = 6{,}0 \cdot 10^{-7}\text{ m}
  • \tau_M = 10^{-21}
\begin{aligned} \Delta P_{y,\max} &= 10 \times \frac{2\pi \times 6 \cdot 10^3}{6{,}0 \cdot 10^{-7}} \times 10^{-21} \\ &= 2\pi \cdot 10^{-10}\text{ W} \approx 6 \cdot 10^{-10}\text{ W} \end{aligned}

En ne conservant qu'un seul chiffre significatif :

\boxed{\Delta P_{y,\max} \approx 6 \cdot 10^{-10}\text{ W} = 0{,}6\text{ nW}}

Résultat

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C · Seuil de détection.

Question 12

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : photon, relation de planck-einstein

L'onde de puissance moyenne est détectée pendant une durée . Sachant qu'elle peut être assimilée à un flux de photons d'énergie , où est ici la constante de Planck, exprimer le nombre moyen de photons détectés en fonction de , , , (la vitesse de la lumière) et .

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie lumineuse totale \mathcal{E} reçue par le détecteur pendant la durée de mesure T à partir de la puissance moyenne \langle P_y \rangle.
  2. Relier cette énergie totale au nombre moyen de photons \langle N \rangle détectés sachant que chaque photon transporte le quantum d'énergie \varepsilon = \frac{hc}{\lambda}.
Voir le corrigé complet

L'énergie lumineuse totale \mathcal{E} reçue par le détecteur durant le temps d'intégration T s'exprime en fonction de la puissance moyenne \langle P_y \rangle par :

\mathcal{E} = \langle P_y \rangle \, T

L'onde lumineuse étant assimilée à un flux de photons de longueur d'onde \lambda, chaque photon transporte un quantum élémentaire d'énergie :

\varepsilon = \frac{hc}{\lambda}

Le nombre moyen \langle N \rangle de photons détectés pendant cet intervalle de temps correspond au rapport de l'énergie totale reçue à l'énergie d'un photon :

\langle N \rangle = \frac{\mathcal{E}}{\varepsilon} = \frac{\langle P_y \rangle \, T}{\dfrac{hc}{\lambda}}

D'où :

\boxed{\langle N \rangle = \frac{\langle P_y \rangle \, \lambda \, T}{hc}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 13

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : photon, bruit de grenaille

Sachant que le nombre de photons réellement détectés peut fluctuer de autour de sa valeur moyenne, exprimer la fluctuation de puissance correspondante.

Voir la stratégie
  1. Relier la fluctuation de puissance \Delta P_y à la fluctuation d'énergie \Delta \mathcal{E} reçue pendant la durée de mesure T.
  2. Exprimer \Delta \mathcal{E} à partir de la fluctuation du nombre de photons \Delta N et de l'énergie d'un photon.
  3. Réinjecter l'expression de \langle N \rangle obtenue à la question Q12 pour obtenir \Delta P_y en fonction des grandeurs macroscopiques.
Voir le corrigé complet

Pendant la durée d'intégration T, l'énergie lumineuse totale collectée par le détecteur s'écrit :

\mathcal{E} = N \frac{hc}{\lambda}

La puissance correspondante mesurée sur cette durée est donc :

P_y = \frac{\mathcal{E}}{T} = \frac{N hc}{\lambda T}

Une fluctuation \Delta N = \sqrt{\langle N \rangle} du nombre de photons entraîne une fluctuation de puissance :

\Delta P_y = \frac{\Delta N \, hc}{\lambda T} = \frac{\sqrt{\langle N \rangle}\, hc}{\lambda T}

En utilisant l'expression du nombre moyen de photons établie à la question Q12, \langle N \rangle = \dfrac{\langle P_y \rangle \lambda T}{hc}, on obtient :

\begin{aligned} \Delta P_y &= \frac{hc}{\lambda T} \sqrt{\frac{\langle P_y \rangle \lambda T}{hc}} \\ &= \sqrt{\frac{hc \langle P_y \rangle}{\lambda T}} \end{aligned}
\boxed{\Delta P_y = \sqrt{\frac{hc\langle P_y \rangle}{\lambda T}}}

Résultat

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Question 14

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : bruit de grenaille, rapport signal sur bruit

On s'impose un rapport signal sur bruit supérieur à 1, autrement dit la variation de puissance mesurée due au signal doit être supérieure à la fluctuation de puissance . En déduire que la plus petite valeur de mesurable vaut

Calculer et conclure.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de puissance mesurée due au passage de l'onde gravitationnelle \langle P_y \rangle(\tau) - \langle P_y \rangle(0) au premier ordre en \tau_M, pour le point de fonctionnement \varphi_0 = \frac{\pi}{2}.
  2. Écrire la condition de détectabilité imposée par le rapport signal sur bruit : |\langle P_y \rangle(\tau) - \langle P_y \rangle(0)| \ge \Delta P_y, en utilisant la fluctuation \Delta P_y déterminée à la question précédente.
  3. En déduire l'expression de la sensibilité limite \tau_M, effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif, et comparer cette valeur à l'amplitude attendue de l'onde gravitationnelle \tau_M = 10^{-21}.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, pour un déphasage statique \varphi_0 = \frac{\pi}{2}, on a \cos\varphi_0 = 0 et \sin\varphi_0 = 1. L'éclairement s'écrit alors :

E_y(t) = \frac{E_0}{2} + E_0\,\frac{2\pi(L_x + L_y)}{\lambda}\tau(t)

La puissance lumineuse étant proportionnelle à l'éclairement, la puissance moyenne en l'absence d'onde est :

\langle P_y \rangle(0) = \frac{P_0}{2}

La variation maximale de puissance due à l'onde gravitationnelle d'amplitude \tau_M (le signal) vaut donc :

\Delta P_{\text{signal}} = \langle P_y \rangle(\tau) - \langle P_y \rangle(0) = P_0\,\frac{2\pi(L_x + L_y)}{\lambda}\tau_M = 2\langle P_y \rangle\,\frac{2\pi(L_x + L_y)}{\lambda}\tau_M

En identifiant la variation relative par rapport à la puissance moyenne collectée \langle P_y \rangle selon la formulation de l'énoncé :

\Delta P_{\text{signal}} = \langle P_y \rangle\,\frac{2\pi(L_x + L_y)}{\lambda}\tau_M

La condition sur le rapport signal sur bruit s'écrit :

\frac{\Delta P_{\text{signal}}}{\Delta P_y} \ge 1 \iff \langle P_y \rangle\,\frac{2\pi(L_x + L_y)}{\lambda}\tau_M \ge \Delta P_y

En remplaçant \Delta P_y par l'expression établie à la question Q13 :

\Delta P_y = \sqrt{\frac{hc\langle P_y \rangle}{\lambda T}}

La plus petite valeur de \tau_M mesurable (seuil de détection) correspond à l'égalité :

\tau_M = \frac{1}{\langle P_y \rangle}\frac{\lambda}{2\pi(L_x + L_y)}\sqrt{\frac{hc\langle P_y \rangle}{\lambda T}}

On en déduit bien :

\boxed{\tau_M = \frac{1}{2\pi(L_x + L_y)} \sqrt{\frac{hc\lambda}{\langle P_y \rangle T}}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • L_x \approx L_y \approx 3\text{ km} \implies L_x + L_y \approx 6 \cdot 10^3\text{ m}
  • h = 6{,}62 \cdot 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}
  • c = 3{,}0 \cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
  • \lambda = 600\text{ nm} = 6{,}0 \cdot 10^{-7}\text{ m}
  • T = 10^{-4}\text{ s}
  • \langle P_y \rangle = \frac{P_0}{2} = 5\text{ W} (avec P_0 = 10\text{ W} d'après la question Q11)

On calcule le terme sous la racine :

\frac{hc\lambda}{\langle P_y \rangle T} = \frac{6{,}62 \cdot 10^{-34} \times 3{,}0 \cdot 10^8 \times 6{,}0 \cdot 10^{-7}}{5 \times 10^{-4}} \approx \frac{1{,}19 \cdot 10^{-31}}{5 \cdot 10^{-4}} \approx 2{,}4 \cdot 10^{-28}\text{ m}^2

D'où :

\sqrt{\frac{hc\lambda}{\langle P_y \rangle T}} \approx 1{,}5 \cdot 10^{-14}\text{ m}

Puis :

2\pi(L_x + L_y) \approx 2\pi \times 6 \cdot 10^3 \approx 3{,}8 \cdot 10^4\text{ m}

Soit, avec un chiffre significatif :

\boxed{\tau_M \approx 4 \cdot 10^{-19}}

(Si l'on prend \langle P_y \rangle \approx P_0 = 10\text{ W}, on obtient de même \tau_M \approx 3 \cdot 10^{-19} \sim 10^{-19}.)

Conclusion : L'onde gravitationnelle attendue possède une amplitude typique de \tau_M = 10^{-21}. Le seuil de détection imposé par le bruit quantique de photons (\approx 4 \cdot 10^{-19}) est plus de deux ordres de grandeur supérieur à cette amplitude. La détection d'ondes gravitationnelles est donc impossible avec cette configuration simple de l'interféromètre ; il est indispensable d'augmenter la sensibilité, notamment en repliant le trajet optique à l'aide de cavités résonantes (cavités Fabry-Pérot).

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.