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Corrigé détaillé Mines Physique 2 PC 2022

À propos des araignées

Le sujet en bref

Sujet moyen · Mécanique des fluides, Ondes mécaniques et acoustiques, Électrostatique · 7 incontournables · 6 questions de première année
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Ce sujet original et particulièrement formateur s'intéresse à divers aspects de la physique des araignées à travers trois parties totalement indépendantes. La première partie analyse l'envol des araignées montgolfières par couplage entre portance aérodynamique et répulsion électrostatique dans le champ atmosphérique terrestre. La deuxième partie étudie la vibration transversale d'une corde de violon en soie d'araignée, d'abord dans le cadre classique de d'Alembert, puis en prenant en compte la raideur en flexion qui induit une inharmonicité spectrale. La troisième partie propose une étude d'étaillée de l'instabilité de Plateau-Rayleigh responsable de la formation de chapelets de rosée sur la toile, selon une approche thermodynamique (minimisation d'aire) puis dynamique (Navier-Stokes en coordonnées cylindriques et approximation de film mince). Riche en modélisation physique, en calculs d'ordres de grandeur et en équations aux dérivées partielles, cette épreuve constitue une excellente révision transverse pour les épreuves de PC.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 10,82/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

7 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

8 questions rapides et accessibles · 11 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (8) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (11) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    Les trois parties du sujet sont totalement indépendantes et mobilisent des domaines distincts (électrostatique, ondes mécaniques, mécanique des fluides) : elles peuvent être abordées dans n'importe quel ordre.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

25 questions
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Partie I : Des araignées volantes

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, masse volumique

En utilisant une schématisation sphérique rudimentaire pour modéliser ces araignées, estimer un ordre de grandeur pour leur masse.

Voir l'indice

Assimiler le corps de l'araignée à une sphère de diamètre caractéristique d \sim 2\text{ à }7\text{ mm} et de masse volumique proche de celle de l'eau (\rho \sim 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}).

Voir la stratégie

Pour estimer la masse m_{\mathrm{g}} de l'araignée :

  1. On modélise le corps de l'araignée par une sphère de diamètre caractéristique d compris entre 2\text{ mm} et 7\text{ mm}.
  2. On assimile la masse volumique de l'organisme vivant à celle de l'eau liquide (\rho \approx \rho_{\mathrm{e}} = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, fournie dans les données).
  3. On en déduit l'ordre de grandeur de la masse pour la plage de tailles considérée, en précisant notamment la masse des plus petites araignées, utile pour les questions ultérieures.
Voir la réponse courte

Modélisation par une sphère d'eau de rayon millimétrique : m \sim \rho \frac{4}{3}\pi R^3 \sim 1\text{ à }10\text{ mg}.

Voir le corrigé complet

Soit une araignée modélisée par une sphère de rayon R = \dfrac{d}{2} et de masse volumique \rho \approx \rho_{\mathrm{e}} = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}. Sa masse s'exprime par :

m_{\mathrm{g}} = \rho \cdot \frac{4}{3}\pi R^3 = \frac{\pi}{6}\,\rho\,d^3

D'après le texte, la taille d de ces araignées est comprise entre 2\text{ mm} et 7\text{ mm} :

  • Pour les plus petites araignées (d \approx 2\text{ mm} = 2 \times 10^{-3}\text{ m}) :

    m_{\mathrm{g}} \approx \frac{3}{6} \times 1{,}0 \times 10^3 \times (2 \times 10^{-3})^3 \approx 4 \times 10^{-6}\text{ kg} = 4\text{ mg}
  • Pour les plus grandes araignées (d \approx 7\text{ mm} = 7 \times 10^{-3}\text{ m}) :

    m_{\mathrm{g}} \approx \frac{\pi}{6} \times 1{,}0 \times 10^3 \times (7 \times 10^{-3})^3 \approx 2 \times 10^{-4}\text{ kg} = 200\text{ mg}

L'ordre de grandeur de la masse d'une araignée volante se situe donc entre le milligramme et quelques centaines de milligrammes :

\boxed{m_{\mathrm{g}} \sim 10^{-5}\text{ kg} \quad (1\text{ mg} \text{ à } 100\text{ mg})}

Pour les plus petites araignées, on retiendra l'estimation m_{\mathrm{g}} \approx 4\text{ mg} \sim 10^{-5}\text{ kg}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Respectez le modèle sphérique imposé par l'énoncé et conservez un regard critique sur les ordres de grandeur obtenus.

« On note cependant un certain nombre de copies dans lesquelles la modélisation sphérique n’est pas respectée menant à des estimations hasardeuses sans justifications précises. »

« Le jury rappelle aux candidats qu’ils doivent rester critiques sur les ordres de grandeur des valeurs numériques obtenues. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : condensateur plan, champ électrostatique, théorème de coulomb

Évaluer la valeur de la densité surfacique moyenne de charge au niveau du sol, notée . Des mesures ont permis de montrer qu'il existe une différence de 360 kV entre l'ionosphère et le sol. Que pouvez-vous conclure quant à la validité du modèle électrique atmosphérique proposé ?

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss au voisinage immédiat d'un conducteur ou la relation de saut du champ électrostatique \vec{E}_0 = \frac{\sigma}{\epsilon_0}\vec{e}_z. Comparer la tension théorique U = E_0 z_0 à la valeur mesurée de 360\text{ kV}.

Voir la stratégie
  1. Relier le champ électrique au voisinage immédiat du sol conducteur à la densité surfacique de charge \sigma par le théorème de Coulomb.
  2. Dans le modèle du condensateur plan, calculer la tension théorique U = E_0 z_0 entre l'ionosphère et le sol, puis la comparer à la valeur mesurée de 360\text{ kV}.
Voir la réponse courte

Modèle du condensateur plan sol-ionosphère avec E = \sigma/\epsilon_0, d'où \sigma \sim \epsilon_0 E puis comparaison de la tension mesurée à E \times h.

Voir le corrigé complet

Le champ électrique au niveau du sol est orienté vers le centre de la Terre, soit selon la normale descendante : \vec{E}_0 = -E_0\,\widehat{e}_z avec \widehat{e}_z le vecteur unitaire vertical ascendant. D'après le théorème de Coulomb à la surface d'un conducteur à l'équilibre électrostatique (ou la condition de passage à l'interface sol/atmosphère) :

\vec{E}_0 = \frac{\sigma}{\epsilon_0}\,\widehat{e}_z \implies \sigma = -\epsilon_0 E_0

Avec \epsilon_0 \simeq 8{,}9 \times 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} et E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}, il vient avec un chiffre significatif :

\sigma = - 8{,}9 \times 10^{-12} \times 120 \simeq -1\times 10^{-9}\text{ C}\cdot\text{m}^{-2}
\boxed{\sigma = -1\text{ nC}\cdot\text{m}^{-2}}

Dans le modèle du condensateur plan d'épaisseur z_0 = 60\text{ km}, le champ électrique serait uniforme dans toute l'atmosphère, de sorte que la différence de potentiel entre l'ionosphère et le sol vaudrait :

U_{\text{mod}} = V(z_0) - V(0) = -\int_0^{z_0} (-E_0)\,\mathrm{d}z = E_0 z_0

Application numérique :

U_{\text{mod}} = 120 \times 60 \times 10^3 = 7{,}2 \times 10^6\text{ V} \simeq 7\text{ MV} = 7200\text{ kV}

La mesure expérimentale donne U_{\text{exp}} = 360\text{ kV}, soit une valeur vingt fois plus faible que celle prévue par le modèle.

Conclusion : L'assimilation globale de l'atmosphère à un condensateur plan à champ uniforme n'est pas valide. En réalité, la conductivité de l'air augmente avec l'altitude (sous l'effet du rayonnement cosmique), ce qui entraîne une décroissance rapide du champ électrique E(z) lorsqu'on s'élève au-dessus du sol. En revanche, au voisinage immédiat du sol (à l'échelle de quelques mètres), l'approximation d'un champ local uniforme reste tout à fait pertinente.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez l'erreur de facteur 2 au théorème de Gauss, précisez le signe de la densité de charge et vérifiez son unité.

« Une erreur de facteur 2 dans la densité surfacique de charge, due à l’application du théorème de Gauss sur une unique armature, a été retrouvée dans un grand nombre de copies. »

« Le jury déplore que le signe de la densité surfacique de charge n’ait majoritairement pas été indiqué et que l’unité de cette quantité soit parfois erronée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de reynolds, écoulement laminaire

Rappeler la signification physique du nombre de Reynolds, et déterminer son ordre de grandeur pour l'écoulement d'air au niveau d'un fil de soie. On justifiera la taille caractéristique qu'il convient de prendre en compte pour évaluer .

Voir l'indice

Définir le nombre de Reynolds \mathcal{R}_e = \frac{\rho_a U d_c}{\eta_a}. Pour un écoulement transverse ou le long d'un cylindre très fin, la dimension caractéristique transverse pertinente est le diamètre du fil 2r.

Voir la réponse courte

Rapport des forces d'inertie sur les forces visqueuses \mathrm{Re} = \rho v d/\eta avec d le diamètre du fil, conduisant à \mathrm{Re} \ll 1.

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Signification physique du nombre de Reynolds :

Le nombre de Reynolds \mathcal{R}_e compare l'ordre de grandeur des forces d'inertie à celui des forces de viscosité au sein de l'écoulement d'un fluide :

\mathcal{R}_e \sim \frac{\|\rho (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v}\|}{\|\eta \vec{\Delta}\vec{v}\|} \sim \frac{\rho \dfrac{U^2}{\mathcal{L}}}{\eta \dfrac{U}{\mathcal{L}^2}} = \frac{\rho U \mathcal{L}}{\eta}

où \rho est la masse volumique du fluide, \eta sa viscosité dynamique, U une vitesse caractéristique et \mathcal{L} une longueur caractéristique de l'écoulement.

  • Si \mathcal{R}_e \ll 1, les effets visqueux sont prépondérants devant les effets inertiels (régime de Stokes ou écoulement rampant).
  • Si \mathcal{R}_e \gg 1, les effets inertiels dominent en dehors d'éventuelles couches limites.

Choix de la taille caractéristique :

Le fil de soie possède deux échelles spatiales très contrastées : sa longueur L = 1\text{ m} et son diamètre d = 2r = 2\,\mu\text{m} (avec r = 1\,\mu\text{m}).

En raison de la condition d'adhérence du fluide à la surface du fil (\vec{v} = \vec{0}) et du retour à la vitesse non perturbée U à l'écart du fil, le gradient de vitesse est essentiellement radial (perpendiculaire à l'axe du fil). L'échelle spatiale sur laquelle s'exercent ces variations transverses de vitesse et la dissipation visqueuse est le diamètre du fil d (ou son rayon r). Il convient donc de choisir :

\mathcal{L} = d = 2r \sim 10^{-6}\text{ m}

Ordre de grandeur de \mathcal{R}_e :

On évalue la masse volumique de l'air \rho_a à l'aide de la loi des gaz parfaits, à température ambiante T \approx 300\text{ K} et à la pression atmosphérique P_0 \approx 10^5\text{ Pa} :

\rho_a = \frac{P_0 M_a}{R T} = \frac{10^5 \times 29 \times 10^{-3}}{8{,}3 \times 300} \approx 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

Avec U = 0{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, \eta_a = 1{,}9 \times 10^{-5}\text{ Pa}\cdot\text{s} et d = 2\,\mu\text{m} :

\mathcal{R}_e = \frac{\rho_a U d}{\eta_a} \approx \frac{1{,}2 \times 0{,}1 \times 2 \times 10^{-6}}{1{,}9 \times 10^{-5}} \approx 1{,}3 \times 10^{-2}

À un chiffre significatif :

\boxed{\mathcal{R}_e \sim 10^{-2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas viscosités dynamique et cinématique pour ne pas oublier la masse volumique dans le nombre de Reynolds.

« On trouve des confusions entre les viscosités dynamique et cinématique conduisant à des oublis de la masse volumique dans l’expression du nombre de Reynolds. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de traînée, analyse dimensionnelle

Sans en donner l'expression exacte, de quels paramètres physiques dépend l'expression de la force s'exerçant sur un fil de soie aligné dans un écoulement d'air ? Dans le régime considéré l'intensité de cette force avant le décollage est de l'ordre du micronewton. Combien de fils sont-ils nécessaires pour soulever les plus petites araignées ? Commenter ce résultat.

Voir l'indice

Par analyse dimensionnelle en régime de Stokes (\mathcal{R}_e \ll 1), la force de traînée est linéaire en la vitesse U, la viscosité dynamique \eta_a et la longueur L. Comparer ensuite le poids de l'araignée m_g g à la force ascendante par fil.

Voir la stratégie
  1. Identifier les paramètres physiques pertinents régissant la force de traînée en écoulement visqueux à faible nombre de Reynolds (\mathcal{R}_e \ll 1).
  2. Calculer le poids des plus petites araignées (d \approx 2\text{ mm}) à partir de la masse déterminée à la question Q1, puis en déduire le nombre minimal de fils N pour compenser ce poids avec une force de 1\ \mu\text{N} par fil.
  3. Confronter ce résultat aux observations rapportées par le texte.
Voir la réponse courte

Traînée visqueuse dépendant de \eta, v, L, a, puis bilan N F_{\text{drag}} \ge m g montrant qu'il faut un très grand nombre de fils.

Voir le corrigé complet

1. Paramètres physiques influençant la force

L'écoulement s'effectuant à faible nombre de Reynolds (\mathcal{R}_e \ll 1, régime de Stokes d'après la question Q3), la force aérodynamique \vec{F} exercée par l'air sur le fil de soie dépend :

  • de la vitesse relative de l'écoulement d'air U ;
  • des propriétés du fluide, au premier rang desquelles sa viscosité dynamique \eta_{\mathrm{a}} (et très faiblement de la masse volumique de l'air \rho_{\mathrm{a}} en raison de la correction logarithmique liée au paradoxe de Stokes pour un cylindre) ;
  • des paramètres géométriques du fil : sa longueur L et son rayon r (ou son diamètre).

2. Nombre de fils nécessaires au décollage

D'après la question Q1, les plus petites araignées (d \approx 2\text{ mm}) ont une masse estimée à :

m_{\mathrm{g}} \approx 4\times 10^{-6}\text{ kg} = 4\text{ mg}.

Leur poids vaut donc, avec g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

P = m_{\mathrm{g}} g \approx 4\times 10^{-6} \times 10 = 4\times 10^{-5}\text{ N} = 40\ \mu\text{N}.

Chaque fil apporte une force ascendante d'intensité F_1 \sim 1\ \mu\text{N} = 10^{-6}\text{ N}. La condition de sustentation N F_1 \ge P conduit à :

N = \frac{P}{F_1} \approx \frac{4\times 10^{-5}}{10^{-6}} = 40.
\boxed{N \sim 40\text{ fils}}

3. Commentaire

Ce résultat est en parfait accord avec les observations de Darwin rapportées dans le texte, qui mentionnent que « le nombre de fils fabriqués par celles-ci peut atteindre quelques dizaines ».

Néanmoins, pour les individus de plus grande taille (jusqu'à 7\text{ mm}, dont la masse varie comme le cube de la taille et est donc environ (7/2)^3 \approx 40 fois supérieure, soit P \sim 1{,}6\text{ mN}), il faudrait plus d'un millier de fils. La force aérodynamique seule devient alors insuffisante, ce qui justifie l'existence d'une contribution électrostatique complémentaire.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez en compte l'hypothèse des plus petites araignées, n'omettez pas le commentaire demandé et attention aux unités de masse.

« Le jury a noté de nombreuses erreurs d’unité sur la masse pour calculer le poids. »

« Il était bien stipulé dans l’énoncé de s’intéresser aux plus petites araignées mais cela n’a pas été pris en compte dans de nombreuses copies. Le commentaire demandé était bien souvent absent. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 5

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : potentiel électrostatique, énergie électrostatique, position d'équilibre

Montrer que le potentiel électrique créé sur une charge par les autres charges s'exprime comme :

On précisera la valeur de l'entier . On pourra éventuellement considérer les points diamétralement opposés et avec . En déduire l'énergie d'interaction électrostatique du système total constitué des charges en l'absence de champ électrique extérieur. S'il n'est soumis qu'à ce potentiel, quelle est alors la forme de l'éventail à l'équilibre ?

Voir l'indice

Exprimer la distance entre la charge située en A_0 et les charges en A_k réparties régulièrement sur un cercle de rayon R = L\sin\alpha. Utiliser la symétrie par paires de points pour sommer les contributions potentielles élémentaires.

Voir la stratégie
  1. Choisir une charge de référence sur le cercle de rayon R = L\sin\alpha et calculer la distance géométrique la séparant de chacune des 2n-1 autres charges, en exploitant l'indication sur les paires de points diamétralement opposés.
  2. Sommer les potentiels coulombiens individuels pour identifier la constante entière p.
  3. Calculer l'énergie potentielle électrostatique totale d'interaction à partir de la relation E_{\mathrm{pe}} = \frac{1}{2}\sum_{i} q_i V_i, puis minimiser cette énergie par rapport à \alpha pour déterminer la configuration d'équilibre.
Voir la réponse courte

Sommation des potentiels créés par les charges réparties sur le cône, déduction de l'énergie d'interaction puis minimisation pour trouver la forme d'équilibre.

Voir le corrigé complet

1. Potentiel électrique créé sur une charge

Les 2n fils de longueur L forment les génératrices d'un cône d'axe vertical et de demi-angle au sommet \alpha. Leurs extrémités libres sont situées dans un plan horizontal sur un cercle de centre O et de rayon :

R = L\sin\alpha

Repérons la position angulaire de chaque charge A_m (m \in \{1, \dots, 2n\}) par son angle polaire \theta_m = \frac{2\pi m}{2n} = \frac{m\pi}{n}.

Par symétrie de révolution discrète, toutes les charges sont dans une situation identique. Choisissons comme référence la charge située en A_{2n} (\theta_{2n} = 2\pi \equiv 0).

La distance d_m entre la charge A_{2n} et la charge A_m vaut :

d_m = 2R \sin\left(\frac{\theta_m}{2}\right) = 2R \sin\left(\frac{m\pi}{2n}\right)

Regroupons les charges selon l'indication de l'énoncé :

  • Pour k = n, la charge A_n est diamétralement opposée à A_{2n} :

    d_n = 2R \sin\left(\frac{\pi}{2}\right) = 2R
  • Pour chaque entier k \in \{1, \dots, n-1\}, associons le point A_k et son point diamétralement opposé A_{k+n} :

    \begin{aligned} d_k &= 2R \sin\left(\frac{k\pi}{2n}\right) \\ d_{k+n} &= 2R \sin\left(\frac{(k+n)\pi}{2n}\right) = 2R \sin\left(\frac{\pi}{2} + \frac{k\pi}{2n}\right) = 2R \cos\left(\frac{k\pi}{2n}\right) \end{aligned}

Le potentiel électrostatique V créé en A_{2n} par les 2n-1 autres charges s'écrit par superposition :

V = \sum_{m=1}^{2n-1} \frac{q}{4\pi\epsilon_0 d_m} = \frac{q}{4\pi\epsilon_0 (2R)} \left[ \frac{1}{\sin\left(\frac{\pi}{2}\right)} + \sum_{k=1}^{n-1} \left( \frac{1}{\cos\left(\frac{\pi k}{2n}\right)} + \frac{1}{\sin\left(\frac{\pi k}{2n}\right)} \right) \right]

Par le changement d'indice k' = n-k, on a \cos\left(\frac{\pi k}{2n}\right) = \sin\left(\frac{\pi (n-k)}{2n}\right), d'où :

\sum_{k=1}^{n-1} \frac{1}{\cos\left(\frac{\pi k}{2n}\right)} = \sum_{k=1}^{n-1} \frac{1}{\sin\left(\frac{\pi k}{2n}\right)} \implies \sum_{k=1}^{n-1} \left( \frac{1}{\cos\left(\frac{\pi k}{2n}\right)} + \frac{1}{\sin\left(\frac{\pi k}{2n}\right)} \right) = \sum_{k=1}^{n-1} \frac{2}{\sin\left(\frac{\pi k}{2n}\right)} = G(n) - 1

On en déduit :

V = \frac{q}{8\pi\epsilon_0 L\sin\alpha} \left[ 1 + (G(n)-1) \right] = \frac{q}{8\pi\epsilon_0 L\sin\alpha} G(n)

Par identification avec l'expression proposée, on obtient :

\boxed{p = 8}

2. Énergie d'interaction électrostatique du système

L'énergie potentielle électrostatique totale d'un ensemble discret de charges vaut :

E_{\mathrm{pe}} = \frac{1}{2} \sum_{i=1}^{2n} q_i V_i

Toutes les charges étant égales à q et soumises au même potentiel V par symétrie :

E_{\mathrm{pe}} = \frac{1}{2} (2n) q V = n q V
\boxed{E_{\mathrm{pe}} = \frac{n q^2}{8\pi\epsilon_0 L\sin\alpha} G(n)}

3. Forme de l'éventail à l'équilibre

En l'absence de toute autre force (pesanteur négligée, pas de champ extérieur), la position d'équilibre correspond au minimum de l'énergie potentielle électrostatique E_{\mathrm{pe}}(\alpha). Comme q^2 > 0 et G(n) > 0, E_{\mathrm{pe}}(\alpha) est minimal lorsque \sin\alpha est maximal.

Pour \alpha \in \,]0, \pi[, la fonction \sin\alpha admet un maximum unique égal à 1 en :

\boxed{\alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{\pi}{2}}

À l'équilibre, l'éventail s'ouvre totalement : les fils sont situés dans un plan horizontal passant par S et forment une étoile régulière à 2n branches (disque plan).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démontrez rigoureusement les distances entre charges et veillez à employer la formule exacte de l'énergie d'interaction.

« La majeur partie des candidats invoque le théorème de superposition pour trouver l’expression du potentiel mais les expressions des distances entre les charges n’ont pas toujours été démontrées de manière rigoureuse. »

« Très peu de candidats utilisent l’expression correcte de l’énergie d’interaction du système. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 6

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : énergie potentielle, petite oscillation, oscillateur harmonique

Déterminer l'équation différentielle régissant ce mouvement. Discuter la stabilité de l'équilibre et établir l'expression de la période, , du mouvement au voisinage de la position d'équilibre en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Calculer le moment cinétique ou l'énergie cinétique totale des 2n masses ponctuelles m situées à L/2, puis appliquer la conservation de l'énergie mécanique ou le théorème du moment cinétique avec l'énergie potentielle trouvée en Q5.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique totale des 2n fils en fonction de \dot{\alpha}, sachant que chaque fil possède une masse ponctuelle m située à mi-longueur (L/2).
  2. Exprimer l'énergie potentielle totale du système, qui se réduit à l'énergie d'interaction électrostatique obtenue en Q5.
  3. Utiliser la conservation de l'énergie mécanique pour établir l'équation différentielle du mouvement en \alpha(t).
  4. Linéariser l'équation au voisinage de la position d'équilibre \alpha_{\mathrm{eq}} = \pi/2 pour conclure sur la stabilité et déterminer la pulsation propre puis la période T des petites oscillations.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique, développement de l'énergie potentielle au second ordre au voisinage du minimum et expression de la période des petites oscillations.

Voir le corrigé complet

Le sommet S étant fixe, la position du centre de masse de chaque fil est située à la distance L/2 de S. La vitesse de chaque masse ponctuelle vaut donc :

v_G = \frac{L}{2}\,\dot{\alpha}.

L'énergie cinétique totale des 2n fils s'écrit alors :

E_c = 2n \times \frac{1}{2}m v_G^2 = n m \left(\frac{L}{2}\dot{\alpha}\right)^2 = \frac{n}{4} m L^2 \dot{\alpha}^2.

En l'absence de pesanteur et d'élasticité, l'énergie potentielle totale se réduit à l'énergie électrostatique établie à la question Q5 :

E_p(\alpha) = E_{\mathrm{pe}}(\alpha) = \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\epsilon_0 L \sin\alpha}.

Le système étant conservatif, l'énergie mécanique totale E_m = E_c + E_p est constante au cours du temps :

E_m = \frac{n}{4} m L^2 \dot{\alpha}^2 + \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\epsilon_0 L \sin\alpha} = \text{cte}.

En dérivant cette relation par rapport au temps :

\frac{\mathrm{d}E_m}{\mathrm{d}t} = \frac{n}{2} m L^2 \dot{\alpha}\ddot{\alpha} - \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\epsilon_0 L} \frac{\cos\alpha}{\sin^2\alpha}\dot{\alpha} = 0.

Pour un mouvement non trivial (\dot{\alpha} \neq 0), on simplifie par \frac{n}{2} m L^2 \dot{\alpha} :

\boxed{\ddot{\alpha} - \frac{q^2 G(n)}{4\pi\epsilon_0 m L^3}\,\frac{\cos\alpha}{\sin^2\alpha} = 0}

Stabilité de l'équilibre et période des petites oscillations :

La position d'équilibre correspond à \ddot{\alpha} = 0, soit \cos\alpha_{\mathrm{eq}} = 0, d'où :

\alpha_{\mathrm{eq}} = \frac{\pi}{2}.

Posons \alpha(t) = \frac{\pi}{2} + \theta(t) avec |\theta| \ll 1. Au premier ordre en \theta :

\cos\alpha = \cos\left(\frac{\pi}{2} + \theta\right) = -\sin\theta \simeq -\theta \quad \text{et} \quad \sin\alpha = \cos\theta \simeq 1.

L'équation différentielle linéarisée devient :

\ddot{\theta} + \omega_0^2\,\theta = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_0^2 = \frac{q^2 G(n)}{4\pi\epsilon_0 m L^3}.

Comme q^2 > 0 et G(n) > 0, on a \omega_0^2 > 0 : la force de rappel électrostatique tend à ramener l'éventail vers sa position d'équilibre. L'énergie potentielle admet un minimum strict en \alpha_{\mathrm{eq}}, l'équilibre est donc stable.

Le mouvement au voisinage de \alpha_{\mathrm{eq}} est harmonique de période T = \frac{2\pi}{\omega_0} :

\boxed{T = 4\pi \sqrt{\frac{\pi\epsilon_0 m L^3}{q^2 G(n)}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Utilisez bien l'hypothèse assimilant le fil à un point situé en son milieu pour exprimer l'énergie cinétique.

« On note un grand nombre d’erreurs dans l’expression de l’énergie cinétique car les candidats n’ont pas utilisé l’hypothèse que le fil est assimilé à un point situé en son milieu. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 7

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : énergie potentielle électrostatique, équilibre mécanique

Déterminer l'expression de l'énergie électrostatique du système lorsque celui-ci est maintenant immergé dans le champ électrique terrestre existant au niveau du sol ainsi que l'équation permettant de déterminer la valeur de l'angle à l'équilibre. Expliquer qualitativement comment varie l'ouverture d'équilibre de l'éventail en fonction respectivement de , , et . On observe un angle pour un éventail constitué de soies longues de 1 mètre. Que vaut alors la charge ? On donne .

Voir l'indice

Ajouter à l'énergie d'interaction mutuelle l'énergie potentielle de chaque charge dans le champ uniforme extérieur \vec{E}_0, soit E_{pe,\text{ext}} = - \sum q \vec{E}_0 \cdot \vec{r}_k = 2n q E_0 L\cos\alpha. Chercher l'angle d'équilibre en annulant la dérivée par rapport à \alpha.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie potentielle d'interaction des charges avec le champ électrique terrestre extérieur \vec{E}_0, puis sommer avec l'énergie d'interaction propre obtenue à la question Q5 pour obtenir l'énergie électrostatique totale.
  2. Établir la condition d'équilibre \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{pe,tot}}}{\mathrm{d}\alpha} = 0, en déduire la relation liant \alpha aux grandeurs du problème et analyser les variations de \alpha en fonction de q, n, L et E_0.
  3. Effectuer l'application numérique pour déterminer la valeur de la charge q (en tenant compte de son signe).
Voir la réponse courte

Ajout du travail du champ \vec{E}_0, dérivation par rapport à l'angle \alpha pour déterminer l'équilibre, discussion qualitative et calcul numérique de q.

Voir le corrigé complet

1. Énergie électrostatique totale et équation d'équilibre

On choisit un axe vertical (Oz) ascendant, le sommet S étant pris comme origine (z_S = 0). Le champ électrique atmosphérique est orienté vers le sol : \vec{E}_0 = -E_0\,\widehat{e}_z avec E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}. Le potentiel associé s'écrit (en fixant V_{\text{ext}}(0) = 0) :

V_{\text{ext}}(z) = E_0 z

Chacune des 2n charges q se trouve à l'altitude z_k = L\cos\alpha. L'énergie potentielle d'interaction avec le champ extérieur vaut donc :

E_{\mathrm{pe,ext}}(\alpha) = \sum_{k=1}^{2n} q V_{\text{ext}}(z_k) = 2n q E_0 L \cos\alpha

En ajoutant l'énergie d'interaction électrostatique mutuelle obtenue à la question Q5, l'énergie électrostatique totale du système s'écrit :

\boxed{ E_{\mathrm{pe,tot}}(\alpha) = \frac{n q^2 G(n)}{8\pi\epsilon_0 L\sin\alpha} + 2n q E_0 L \cos\alpha }

À l'équilibre, l'énergie potentielle est stationnaire par rapport à \alpha :

\frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{pe,tot}}}{\mathrm{d}\alpha} = -\frac{n q^2 G(n)}{8\pi\epsilon_0 L} \frac{\cos\alpha}{\sin^2\alpha} - 2n q E_0 L \sin\alpha = 0

En simplifiant par n q (pour q \neq 0), on obtient l'équation régissant l'angle d'équilibre :

\boxed{ \frac{\sin^3\alpha}{\cos\alpha} = -\frac{q G(n)}{16\pi\epsilon_0 E_0 L^2} }

2. Dépendance qualitative de l'ouverture de l'éventail

Comme \alpha \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[, la fonction f(\alpha) = \frac{\sin^3\alpha}{\cos\alpha} = \sin^2\alpha \tan\alpha est strictement croissante de 0 à +\infty. Pour que l'équilibre existe, le membre de droite doit être strictement positif, ce qui impose que la charge soit négative : q = -|q| < 0. On a alors :

f(\alpha) = \frac{|q| G(n)}{16\pi\epsilon_0 E_0 L^2}
  • En fonction de |q| : si |q| augmente, la répulsion entre charges (en q^2) croît plus vite que la force ascendante due au champ extérieur (en |q|), donc f(\alpha) augmente : l'éventail s'ouvre davantage (\alpha augmente).
  • En fonction de n : si le nombre de soies augmente, G(n) augmente (la répulsion collective s'accroît), donc \alpha augmente (éventail plus ouvert).
  • En fonction de L : si L augmente, f(\alpha) diminue : le couple exercé par le champ extérieur augmente par rapport aux forces d'interaction, donc \alpha diminue (l'éventail se referme vers la verticale).
  • En fonction de E_0 : si le champ électrique terrestre s'intensifie, la force ascendante aligne plus fortement les fils le long de la verticale, donc \alpha diminue.

3. Application numérique pour la charge q

Pour 2n = 6 soies, on a n = 3, L = 1\text{ m}, \alpha = 30^\circ et G(3) \simeq \frac{38}{3\sqrt{3}}. Comme \sin(30^\circ) = \frac{1}{2} et \cos(30^\circ) = \frac{\sqrt{3}}{2} :

\frac{\sin^3(30^\circ)}{\cos(30^\circ)} = \frac{1/8}{\sqrt{3}/2} = \frac{1}{4\sqrt{3}}

L'expression de la charge s'écrit alors :

-q = |q| = \frac{16\pi\epsilon_0 E_0 L^2}{G(3)} \frac{\sin^3\alpha}{\cos\alpha} = \frac{16\pi\epsilon_0 E_0}{\frac{38}{3\sqrt{3}}} \frac{1}{4\sqrt{3}} = \frac{6\pi\epsilon_0 E_0}{19}

En utilisant les données de l'énoncé \epsilon_0 \simeq \frac{1}{36\pi}\times 10^{-9}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} et E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1} :

|q| = \frac{6\pi \times 120}{19 \times 36\pi} \times 10^{-9} = \frac{20}{19} \times 10^{-9}\text{ C} \simeq 1\text{ nC}

La charge étant nécessairement négative pour permettre un équilibre à \alpha = 30^\circ avec une force ascendante :

\boxed{ q \simeq -1\text{ nC} \quad (\text{soit } |q| \simeq 1\text{ nC}) }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'obtention de l'énergie potentielle électrostatique associée au champ terrestre a mis en difficulté la plupart des candidats.

« Peu de candidats ont obtenu l’expression de l’énergie potentielle électrostatique due au champ électrique terrestre. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force électrostatique, champ électrostatique

Calculer le module de la force électrique s'exerçant sur l'araignée au niveau du sol pour une charge dont le module est de l'ordre du nanocoulomb. Par temps clair et uniquement par la force électrique, combien de fils sont-ils nécessaires pour soulever les plus petites araignées ? Commenter ce résultat.

Voir l'indice

Calculer la force électrique ascendante F_e = |q| E_0 agissant sur chaque fil en prenant garde au signe de q, puis en déduire le nombre de fils requis pour équilibrer le poids estimé en Q1.

Voir la réponse courte

Calcul de la force électrique F_e = q E_0 puis comparaison avec le poids m g pour évaluer le nombre de fils nécessaires.

Voir le corrigé complet

Chaque fil porte à son extrémité libre une charge de valeur absolue |q| \sim 1\text{ nC} (d'après la question Q7). Placé dans le champ électrique atmosphérique au niveau du sol dont la norme est E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}, le module de la force électrostatique subie par un fil s'écrit :

F_{\mathrm{e}} = |q| E_0

Application numérique avec un chiffre significatif :

F_{\mathrm{e}} = 10^{-9} \times 120 \simeq 1 \times 10^{-7}\text{ N}
\boxed{F_{\mathrm{e}} \sim 10^{-7}\text{ N}}

Pour que la force électrique totale ascendante compense le poids P = m_{\mathrm{g}} g des plus petites araignées, en notant N_{\mathrm{e}} le nombre de fils nécessaires :

N_{\mathrm{e}} F_{\mathrm{e}} \ge m_{\mathrm{g}} g \implies N_{\mathrm{e}} = \frac{m_{\mathrm{g}} g}{F_{\mathrm{e}}}

D'après la question Q1, la masse des plus petites araignées (d \approx 2\text{ mm}) est m_{\mathrm{g}} \approx 4\text{ mg} = 4 \times 10^{-6}\text{ kg}, d'où un poids P \approx 4 \times 10^{-5}\text{ N}. On obtient ainsi :

N_{\mathrm{e}} \approx \frac{4 \times 10^{-5}}{1{,}2 \times 10^{-7}} \approx 300
\boxed{N_{\mathrm{e}} \sim 3 \times 10^2\text{ fils}}

Commentaire : L'énoncé précise qu'une araignée produit au maximum quelques dizaines de fils. Un nombre de plusieurs centaines de fils est donc irréaliste. Par temps clair et en terrain plat (E_0 = 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}), la force électrostatique seule est nettement insuffisante pour permettre le décollage. Cela justifie la remarque introductive de la question Q9 : le décollage requiert soit l'assistance des courants d'air ascendants (la force aérodynamique par fil étant de l'ordre de 1\ \mu\text{N}, une quarantaine de fils suffit, comme établi en Q4), soit une forte amplification locale du champ électrique par effet de pointe au sommet des branches ou des mâts.

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effet de pointe, potentiel électrostatique

Décrire de façon qualitative le phénomène d'effet de pointe.

Voir l'indice

Expliquer comment la courbure prononcée des surfaces conductrices induit une accumulation locale de charges surfaciques et donc une forte exaltation locale du champ électrique au voisinage des extrémités effilées.

Voir la stratégie

Pour expliquer qualitativement l'effet de pointe, on peut :

  1. Rappeler que la surface d'un conducteur à l'équilibre électrostatique est une équipotentielle, ce qui implique un resserrement des lignes de champ au voisinage des zones à faible rayon de courbure.
  2. Illustrer quantitativement la relation entre courbure et champ électrique à l'aide du modèle classique de deux sphères conductrices reliées par un fil.
  3. Conclure sur la conséquence pour l'araignée se postant sur un promontoire.
Voir la réponse courte

Description qualitative du confinement des lignes de champ au voisinage des zones à fort rayon de courbure d'un conducteur en équilibre électrostatique.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre électrostatique, un corps conducteur (ou relié au sol conducteur, comme un arbre, un mât de navire ou une brindille) constitue un volume équipotentiel, et sa surface libre est donc une surface équipotentielle.

Resserrement des équipotentielles et lignes de champ Au voisinage d'une zone convexe très effilée (une « pointe », caractérisée par un faible rayon de courbure R), les surfaces équipotentielles extérieures doivent s'adapter à la géométrie locale et se trouvent fortement resserrées. Comme le champ électrique dérive du potentiel (\vec{E} = -\vec{\operatorname{grad}} V), la norme du champ électrique, inversement proportionnelle à la distance séparant deux équipotentielles successives, prend une valeur très élevée au voisinage immédiat de la pointe.

Modèle simplifié des deux sphères conductrices On peut modéliser le phénomène en considérant deux sphères conductrices de rayons R_1 (la pointe) et R_2 (la base ou le sol), avec R_1 \ll R_2, reliées par un fil conducteur très fin maintenant l'ensemble au même potentiel V par rapport à l'infini :

V = \frac{Q_1}{4\pi\varepsilon_0 R_1} = \frac{Q_2}{4\pi\varepsilon_0 R_2}

Les densités surfaciques de charge respectives vérifient \sigma_i = \frac{Q_i}{4\pi R_i^2}, d'où :

\sigma_1 R_1 = \sigma_2 R_2 \implies \sigma \propto \frac{1}{R}

D'après le théorème de Coulomb, le champ électrique à la surface du conducteur vaut E = \frac{|\sigma|}{\varepsilon_0}, soit :

\boxed{E \propto \frac{1}{R}}

Le champ électrique local est d'autant plus intense que le rayon de courbure est faible.

Application aux araignées En se perchant sur une pointe (sommet d'un brin d'herbe, feuille, mât du Beagle), l'araignée bénéficie d'une exaltation locale très importante du champ électrique atmosphérique (qui peut dépasser 10\text{ kV}\cdot\text{m}^{-1} contre 120\text{ V}\cdot\text{m}^{-1} en terrain plat). La force électrostatique subie par les fils de soie est alors démultipliée, permettant l'envol avec seulement quelques dizaines de fils.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas les lignes de champ et les surfaces équipotentielles.

« des confusions entre lignes de champ et équipotentielles ont été observées. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Partie II : Produire de la musique avec des fils d'araignée

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : corde vibrante, principe fondamental de la dynamique, tension du fil

On considère la portion de fil comprise entre les plans d'abscisses et . Exprimer la longueur de portion de fil , et en fonction de et . En appliquant le théorème de la résultante cinétique à cette portion de fil, montrer que ne dépend pas de . Que peut-on conclure pour la norme de la tension dans le fil ?

Voir l'indice

Exprimer \mathrm{d}s = \sqrt{\mathrm{d}x^2 + \mathrm{d}z^2} puis factoriser par \mathrm{d}x. Utiliser l'approximation des petits angles pour linéariser \cos\alpha \simeq 1 et \sin\alpha \simeq \tan\alpha = \frac{\partial z}{\partial x}, puis projeter le PFD selon l'axe horizontal (Ox).

Voir la stratégie
  1. Exprimer les grandeurs géométriques élémentaires (\mathrm{d}s, \cos\alpha, \sin\alpha) en reliant la pente locale de la corde à la dérivée spatiale \frac{\partial z}{\partial x}.
  2. Isoler un tronçon élémentaire de corde de longueur \mathrm{d}x, identifier les forces de tension s'exerçant à ses deux extrémités et projeter le théorème de la résultante cinétique sur l'axe horizontal (Ox) où le déplacement est nul.
  3. En déduire le lien entre T_x et la norme T au premier ordre en déformation.
Voir la réponse courte

PFD projeté sur l'axe horizontal au premier ordre en petits angles montrant l'uniformité de la composante horizontale puis de la tension T.

Voir le corrigé complet

1. Expressions géométriques :

Le déplacement du point du fil étant z(x,t)\,\widehat{e}_z, le vecteur déplacement élémentaire le long du fil s'écrit :

\mathrm{d}\vec{r} = \mathrm{d}x\,\widehat{e}_x + \mathrm{d}z\,\widehat{e}_z = \mathrm{d}x\,\widehat{e}_x + \frac{\partial z}{\partial x}\mathrm{d}x\,\widehat{e}_z

La longueur élémentaire de la portion de fil est la norme de \mathrm{d}\vec{r} :

\boxed{\mathrm{d}s = \sqrt{\mathrm{d}x^2 + \mathrm{d}z^2} = \mathrm{d}x \sqrt{1 + \left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2}}

Par définition géométrique de l'angle \alpha(x,t) avec l'horizontale (voir figure 3) :

\cos[\alpha(x,t)] = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}s} = \frac{1}{\sqrt{1 + \left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2}}
\sin[\alpha(x,t)] = \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}s} = \frac{\frac{\partial z}{\partial x}}{\sqrt{1 + \left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2}}

Compte tenu de l'hypothèse de faibles déformations \left|\frac{\partial z}{\partial x}\right| \ll 1, ces grandeurs s'écrivent au premier ordre :

\boxed{\cos[\alpha(x,t)] \simeq 1} \quad \text{et} \quad \boxed{\sin[\alpha(x,t)] \simeq \frac{\partial z}{\partial x}}

2. Théorème de la résultante cinétique :

On applique le théorème de la résultante cinétique au système constitué de la portion de fil comprise entre x et x+\mathrm{d}x, de masse \mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}s \simeq \mu\,\mathrm{d}x, dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

Les actions extérieures s'exerçant sur ce tronçon sont :

  • la tension exercée en x par la partie gauche : -\vec{T}(x,t) ;
  • la tension exercée en x+\mathrm{d}x par la partie droite : \vec{T}(x+\mathrm{d}x,t) ;
  • le poids, négligé d'après l'énoncé.

Les mouvements étant purement latéraux (selon \widehat{e}_z), l'accélération axiale est nulle : a_x = 0. La projection du théorème de la résultante cinétique sur \widehat{e}_x donne :

\mathrm{d}m \cdot a_x = T_x(x+\mathrm{d}x,t) - T_x(x,t) = 0

Au premier ordre en \mathrm{d}x, T_x(x+\mathrm{d}x,t) - T_x(x,t) = \frac{\partial T_x}{\partial x}\mathrm{d}x = 0, soit :

\boxed{\frac{\partial T_x}{\partial x} = 0}

Ainsi, T_x(x,t) ne dépend pas de x : la composante axiale de la tension est uniforme le long du fil (T_x = T_x(t)).

3. Conclusion sur la norme T de la tension :

Le fil étant parfaitement souple, la tension \vec{T} est colinéaire à la tangente locale :

\vec{T}(x,t) = T(x,t)\cos\alpha\,\widehat{e}_x + T(x,t)\sin\alpha\,\widehat{e}_z

D'où T_x(x,t) = T(x,t)\cos\alpha. À l'ordre 1 en \alpha, \cos\alpha \simeq 1, ce qui entraîne :

T(x,t) \simeq T_x(x,t)

Comme T_x est indépendant de x, la norme T de la tension est uniforme le long du fil.

De plus, l'allongement total du fil par rapport à sa longueur au repos est d'ordre 2 :

\Delta \ell = \int_0^\ell (\mathrm{d}s - \mathrm{d}x) \simeq \frac{1}{2}\int_0^\ell \left(\frac{\partial z}{\partial x}\right)^2 \mathrm{d}x

Au premier ordre de l'approximation des petits mouvements, la tension reste donc constante au cours du temps :

\boxed{T(x,t) \simeq T = \text{cste}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez la composante horizontale de la tension de sa norme et ne confondez pas les différents théorèmes de la dynamique.

« Le jury a noté de fréquentes confusions entre la composante de la tension selon l’axe horizontal et la norme de la tension. »

« Il en découle que rares sont les copies qui ont montré Tx = constante puis T = constante. »

« Le jury a observé de nombreuses confusions entre le théorème de la résultante cinétique, le théorème de la puissance cinétique, le théorème de l’énergie cinétique ou même le théorème du moment cinétique. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de d'alembert, corde vibrante, célérité

Montrer que le déplacement du fil vérifie alors l'équation aux dérivées partielles :

On exprimera en fonction de et . Que représente cette grandeur physique ?

Voir l'indice

Projeter le théorème de la résultante cinétique sur la portion élémentaire de masse \mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}x selon l'axe vertical (Oz) en utilisant T_z(x,t) = T \sin\alpha \simeq T \frac{\partial z}{\partial x}.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le théorème de la résultante cinétique à la portion infinitésimale de fil comprise entre x et x+\mathrm{d}x en projection sur l'axe vertical (Oz).
  2. Exprimer la composante T_z(x,t) à l'aide des résultats de la question précédente (T \simeq \text{cste} et \sin\alpha \simeq \frac{\partial z}{\partial x}).
  3. Identifier l'équation de d'Alembert et la célérité c des ondes transversales.
Voir la réponse courte

PFD projeté sur l'axe transversal au premier ordre conduisant à l'équation de d'Alembert avec c = \sqrt{T/\mu}, célérité de l'onde.

Voir le corrigé complet

Considérons la portion de fil comprise entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x à l'instant t.

  • Sa masse s'écrit \mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}s \simeq \mu\,\mathrm{d}x au premier ordre en \frac{\partial z}{\partial x}.
  • Son accélération selon l'axe transverse vertical \widehat{e}_z est a_z(x,t) = \frac{\partial^2 z}{\partial t^2}(x,t).
  • Les forces appliquées sont les tensions exercées par les parties adjacentes du fil en x et x+\mathrm{d}x, les effets de la pesanteur étant négligés.

D'après les résultats de la question 10, la composante verticale de la tension s'écrit :

T_z(x,t) = T(x,t)\sin[\alpha(x,t)] \simeq T\,\frac{\partial z}{\partial x}(x,t)

où T est la norme constante de la tension dans le fil.

La résultante des forces projetée selon l'axe \widehat{e}_z vaut :

\begin{aligned} \mathrm{d}F_z &= T_z(x+\mathrm{d}x, t) - T_z(x, t) \\ &= \frac{\partial T_z}{\partial x}(x,t)\,\mathrm{d}x \\ &= T\,\frac{\partial^2 z}{\partial x^2}(x,t)\,\mathrm{d}x \end{aligned}

L'application du théorème de la résultante cinétique à cette tranche de fil selon \widehat{e}_z conduit à :

\mu\,\mathrm{d}x\,\frac{\partial^2 z}{\partial t^2} = T\,\frac{\partial^2 z}{\partial x^2}\,\mathrm{d}x

En divisant par \mu\,\mathrm{d}x \neq 0, on obtient l'équation d'onde 1D (équation de d'Alembert) :

\frac{\partial^{2}z}{\partial t^{2}} - \frac{T}{\mu}\frac{\partial^{2}z}{\partial x^{2}} = 0

Il s'agit bien de la forme attendue :

\boxed{\frac{\partial^{2}z}{\partial t^{2}} - c^{2}\frac{\partial^{2}z}{\partial x^{2}} = 0 \quad \text{avec} \quad c = \sqrt{\frac{T}{\mu}}}

La grandeur c est la célérité (ou vitesse de propagation) des ondes mécaniques transversales le long de la corde.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appropriez-vous la problématique du sujet pour donner une interprétation physique pertinente de la célérité.

« Le jury invite les candidats à bien s’approprier la problématique de l’énoncé afin d’éviter des interprétations de la célérité qui n’ont aucun lien avec le problème posé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation de d'alembert, onde progressive

Montrer que des fonctions de la forme sont des solutions de cette équation. Interpréter le sens physique des fonctions et .

Voir l'indice

Calculer les dérivées partielles secondes d'une fonction de variable u = x \mp ct par dérivation en chaîne et identifier les ondes progressives se propageant dans les sens direct et rétrograde.

Voir la stratégie
  1. Introduire les variables intermédiaires u = x - ct et v = x + ct, puis calculer les dérivées partielles spatiales et temporelles de z(x,t) à l'aide de la règle de dérivation des fonctions composées afin de vérifier l'équation de d'Alembert établie en Q11.
  2. Suivre l'évolution spatio-temporelle d'un point remarquable d'amplitude fixée (condition de phase constante) pour identifier le sens de propagation et la vitesse de chaque composante.
Voir la réponse courte

Vérification par dérivation de la solution générale de d'Alembert et interprétation des ondes progressives se propageant dans les sens direct et rétrograde.

Voir le corrigé complet

Soient f et g deux fonctions de classe \mathcal{C}^2 sur \mathbb{R}. Posons :

u = x - ct \quad \text{et} \quad v = x + ct.

La fonction s'écrit z(x,t) = f(u) + g(v). Les dérivées partielles spatiales s'expriment par :

\begin{aligned} \frac{\partial z}{\partial x} &= f'(u)\frac{\partial u}{\partial x} + g'(v)\frac{\partial v}{\partial x} = f'(u) + g'(v), \\ \frac{\partial^2 z}{\partial x^2} &= f''(u) + g''(v). \end{aligned}

De même, pour les dérivées temporelles :

\begin{aligned} \frac{\partial z}{\partial t} &= f'(u)\frac{\partial u}{\partial t} + g'(v)\frac{\partial v}{\partial t} = -c\,f'(u) + c\,g'(v), \\ \frac{\partial^2 z}{\partial t^2} &= (-c)^2 f''(u) + c^2 g''(v) = c^2 \left( f''(u) + g''(v) \right). \end{aligned}

On en déduit immédiatement :

\frac{\partial^2 z}{\partial t^2} - c^2 \frac{\partial^2 z}{\partial x^2} = c^2 \left( f''(u) + g''(v) \right) - c^2 \left( f''(u) + g''(v) \right) = 0.

Toute fonction de la forme z(x,t) = f(x - ct) + g(x + ct) est donc bien solution de l'équation de d'Alembert.

Interprétation physique :

  • Pour la composante f(x - ct), une valeur donnée du profil correspond à une phase constante :

    u = x - ct = \text{cste} \implies x(t) = ct + \text{cste}.

    Le profil se translate donc à la célérité c = \sqrt{T/\mu} le long de l'axe (Ox) vers les abscisses croissantes (x augmente au cours du temps) sans déformation. La fonction f représente ainsi une onde progressive se propageant dans le sens positif de l'axe (Ox).

  • De même, pour la composante g(x + ct) :

    v = x + ct = \text{cste} \implies x(t) = -ct + \text{cste}.

    Cette composante décrit une onde progressive se propageant dans le sens négatif de l'axe (Ox) à la même célérité c et sans déformation.

Voir ce qu'a relevé le jury

Effectuez rigoureusement le changement de variable lors de la dérivation de f et g et vérifiez l'homogénéité.

« Beaucoup de candidats ne dérivent pas f et g en faisant un changement de variable ou écrivent des expressions non homogène. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : onde stationnaire, mode propre, condition aux limites

Traduire les conditions aux limites imposées au fil en des contraintes sur . En déduire la relation entre et ainsi que les valeurs de permises. Comment appelle-t-on ce type d'onde et pourquoi ?

Voir l'indice

Écrire les conditions aux limites d'immobilité aux deux extrémités fixes z(0,t)=0 et z(\ell,t)=0. En déduire la nature stationnaire de l'onde résultante.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'immobilité des deux extrémités du fil en x=0 et x=\ell à tout instant pour poser les conditions aux limites sur \underline{z}(x,t).
  2. Exploiter la condition en x=0 pour relier \underline{A} et \underline{B}, puis la condition en x=\ell pour quantifier le nombre d'onde k et en déduire les pulsations permises \omega via la relation de dispersion \omega = ck.
  3. Identifier la structure du champ résultant pour caractériser la nature stationnaire de l'onde.
Voir la réponse courte

Annulation de la déformation aux extrémités fixées, quantification des pulsations permises \omega_n = n\pi c/\ell et définition d'une onde stationnaire.

Voir le corrigé complet

Le fil est fixé à ses deux extrémités en deux points immobiles, choisis en x = 0 et x = \ell. Les conditions aux limites s'écrivent donc, à tout instant t :

\underline{z}(0,t) = 0 \quad \text{et} \quad \underline{z}(\ell,t) = 0

En injectant la forme proposée \underline{z}(x,t) = \underline{A} e^{j(\omega t - kx)} + \underline{B} e^{j(\omega t + kx)} en x = 0 :

\underline{z}(0,t) = (\underline{A} + \underline{B}) e^{j\omega t} = 0 \quad \forall t

Cette égalité devant être satisfaite à tout instant, on en déduit la relation entre amplitudes complexes :

\boxed{\underline{B} = -\underline{A}}

Le déplacement complexe s'écrit alors :

\begin{aligned} \underline{z}(x,t) &= \underline{A} \left( e^{-jkx} - e^{jkx} \right) e^{j\omega t} \\ &= -2j \underline{A} \sin(kx) e^{j\omega t} \end{aligned}

L'application de la seconde condition aux limites en x = \ell impose :

\underline{z}(\ell,t) = -2j \underline{A} \sin(k\ell) e^{j\omega t} = 0 \quad \forall t

Pour obtenir une solution non triviale (\underline{A} \neq 0), il faut :

\sin(k\ell) = 0 \iff k\ell = n\pi \quad \text{avec } n \in \mathbb{N}^*

soit un ensemble discret de nombres d'onde k_n = \dfrac{n\pi}{\ell}.

D'après l'équation de d'Alembert établie à la question Q11, la relation de dispersion des ondes non dispersives s'écrit \omega = ck (avec \omega > 0 et k > 0). Les valeurs permises de la pulsation sont donc discrétisées :

\boxed{\omega_n = \frac{n\pi c}{\ell} = \frac{n\pi}{\ell}\sqrt{\frac{T}{\mu}} \quad (n \in \mathbb{N}^*)}

Ce type d'onde est appelé une onde stationnaire. En effet :

  • les variables d'espace et de temps sont découplées (produit d'une fonction de x et d'une fonction de t) ;
  • il n'y a pas de propagation d'énergie le long de la corde : les zéros d'amplitude (nœ uds de vibration) et les maxima d'amplitude (ventres de vibration) occupent des positions spatiales fixes au cours du temps.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Précisez systématiquement que l'indice de quantification est entier et veillez à maîtriser la notion d'onde stationnaire.

« Cependant la notion d’onde stationnaire est parfois confuse et le caractère entier de l’indice apparaissant dans la quantification des pulsations et vecteurs d’onde n’est pas toujours précisé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : fréquence fondamentale, corde vibrante

Sachant que la fréquence de vibration de la note jouée (correspondant à la fréquence de la note fondamentale) vaut 300 Hz, que la longueur du fil est et que sa masse linéique est , quelle doit être la tension appliquée à la corde ? Sachant que la tension au-delà de laquelle la corde n'est plus dans son régime élastique est de l'ordre de 10 newtons, que pouvez-vous conclure ?

Voir l'indice

Relier la fréquence fondamentale f_1 à la célérité c et à la longueur \ell via f_1 = \frac{c}{2\ell}, exprimer la tension T = \mu c^2 et comparer la valeur obtenue au seuil élastique T_e.

Voir la réponse courte

Calcul de la tension nécessaire T = \mu (2\ell f_1)^2 = 0{,}02\text{ N} et comparaison favorable avec la tension limite d'élasticité.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q11 et Q13, la fréquence du fondamental (n = 1) d'une corde de longueur \ell fixée à ses deux extrémités s'écrit :

f_1 = \frac{c}{2\ell} = \frac{1}{2\ell}\sqrt{\frac{T}{\mu}}

On en déduit l'expression de la tension T nécessaire :

T = 4\mu \ell^2 f_1^2

Avec \ell = \frac{1}{3}\text{ m}, f_1 = 300\text{ Hz} et \mu = 0{,}5\text{ mg}\cdot\text{m}^{-1} = 5 \times 10^{-7}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1} :

\begin{aligned} c &= 2\ell f_1 = 2 \times \frac{1}{3} \times 300 = 200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \\ T &= \left(5 \times 10^{-7}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1}\right) \times \left(200\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}\right)^2 = 2 \times 10^{-2}\text{ N} \end{aligned}
\boxed{T = 2 \times 10^{-2}\text{ N}}

La tension de fonctionnement T est très nettement inférieure à la tension limite d'élasticité T_{\mathrm{e}} \sim 10\text{ N} :

T \ll T_{\mathrm{e}}

On en conclut que la corde travaille largement dans son domaine élastique réversible, ce qui valide pleinement les hypothèses de déformation élastique et écarte tout risque de déformation plastique ou de rupture en utilisation musicale.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Distinguez bien fréquence et pulsation, et prêtez attention aux unités de masse dans l'application numérique.

« On note parfois des confusions entre pulsation et fréquence. »

« Le jury a observé de nombreuses erreurs dans l’application numérique suite à une erreur dans l’unité de la masse. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation de dispersion, inharmonicité, mode propre

En supposant que la déformation de la corde est de la même forme que précédemment, établir la relation de dispersion donnant en fonction de et des paramètres du problème. Montrer que les fréquences propres de la corde s'écrivent alors sous la forme :

où est une grandeur physique que l'on exprimera en fonction de , , et . Sachant que pour la corde fabriquée à partir des fils d'araignée et et que pour une corde classique et , que pouvez-vous conclure sur la nature du son produit à et fixées ?

Voir l'indice

Injecter une forme sinusoïdale spatio-temporelle dans l'équation aux dérivées partielles du quatrième ordre pour identifier la relation \omega^2(k), puis appliquer la condition de quantification k_n = \frac{n\pi}{\ell}.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde progressive harmonique \underline{z}(x,t) = \underline{z}_0\,e^{j(\omega t - kx)} dans l'équation de propagation afin d'établir la relation de dispersion liant \omega et k.
  2. Appliquer les conditions aux limites aux deux extrémités fixes (x = 0 et x = \ell) pour déterminer les nombres d'onde permis k_n, puis en déduire les fréquences propres f_n et identifier l'expression de B.
  3. Comparer la valeur du coefficient E a^4 pour les deux cordes afin d'évaluer l'inharmonicité du son produit.
Voir la réponse courte

Injection de la solution harmonique dans l'équation d'onde avec raideur, détermination de B et analyse de l'inharmonicité du spectre sonore produit.

Voir le corrigé complet

On cherche une solution sous la forme d'une onde progressive harmonique \underline{z}(x,t) = \underline{z}_0\,e^{j(\omega t - kx)}. Les dérivées partielles successives s'écrivent :

\frac{\partial^2 \underline{z}}{\partial t^2} = -\omega^2\,\underline{z}, \quad \frac{\partial^2 \underline{z}}{\partial x^2} = -k^2\,\underline{z}, \quad \frac{\partial^4 \underline{z}}{\partial x^4} = k^4\,\underline{z}.

En reportant dans l'équation de propagation :

-\mu \omega^2 + T k^2 + \frac{E\pi a^4}{4} k^4 = 0.

Sachant que c^2 = \frac{T}{\mu}, on obtient la relation de dispersion :

\omega^2 = c^2 k^2 \left(1 + \frac{E\pi a^4}{4T} k^2\right).

Il s'agit d'une équation bicarrée en k :

\frac{E\pi a^4}{4} k^4 + T k^2 - \mu\omega^2 = 0,

dont l'unique racine positive en k^2 donne :

k = \sqrt{\frac{-T + \sqrt{T^2 + E\pi a^4 \mu \omega^2}}{\frac{E\pi a^4}{2}}}.

Dans l'hypothèse où la déformation spatiale est de même forme que précédemment (ondes stationnaires satisfaisant \underline{z}(0,t) = \underline{z}(\ell,t) = 0), les nombres d'onde permis restent quantifiés selon :

k_n = \frac{n\pi}{\ell} \quad (n \in \mathbb{N}^*).

La pulsation propre associée au mode n est donc :

\omega_n = c k_n \sqrt{1 + \frac{E\pi a^4}{4T} k_n^2} = \frac{n\pi c}{\ell}\sqrt{1 + \frac{E\pi a^4}{4T}\left(\frac{n\pi}{\ell}\right)^2}.

La fréquence propre f_n = \frac{\omega_n}{2\pi} s'écrit alors :

\boxed{f_n = \frac{nc}{2\ell}\sqrt{1 + B n^2}}

avec :

\boxed{B = \frac{\pi^3 E a^4}{4 T \ell^2}}

À tension T et longueur \ell fixées, le coefficient B est proportionnel à la quantité E a^4. Comparons les deux cordes :

  • Corde en fil d'araignée :

    E_1 a_1^4 = 6{,}0 \times 10^9 \times (350 \times 10^{-6})^4 \simeq 6{,}0 \times 10^9 \times 1{,}50 \times 10^{-14} \simeq 9{,}0 \times 10^{-5}\text{ N}\cdot\text{m}^2.
  • Corde classique :

    E_2 a_2^4 = 2{,}5 \times 10^9 \times (400 \times 10^{-6})^4 = 2{,}5 \times 10^9 \times 2{,}56 \times 10^{-14} \simeq 6{,}4 \times 10^{-5}\text{ N}\cdot\text{m}^2.

Le rapport des coefficients d'inharmonicité vaut :

\frac{B_1}{B_2} = \frac{E_1 a_1^4}{E_2 a_2^4} \simeq \frac{9{,}0}{6{,}4} \simeq 1{,}4.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs de signe lors du calcul de la relation de dispersion et menez l'application numérique avec précision.

« on note cependant des copies où ce calcul a donné lieu à des erreurs de signe. »

« La conclusion de cette question nécessitait de faire une application numérique précise. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Partie III : Chapelet de gouttes d'eau sur une toile d'araignée.

A · Approche statique

Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conservation de la masse, fluide incompressible, intégrale

On suppose que l'eau est un fluide incompressible. Calculer, en fonction de , et , le volume de fluide formant initialement un film d'eau cylindrique d'épaisseur constante sur une portion de longueur autour du fil. En calculant ce même volume dans l'état modulé et en précisant les conditions d'approximation, établir la relation (1) ci-dessous qui existe entre l'épaisseur moyenne du film et l'amplitude de la modulation harmonique de son épaisseur ,

où est le rayon initial du fil cylindrique imbibé d'eau et dans laquelle on précisera la valeur de l'entier .

Voir l'indice

Calculer le volume d'un anneau cylindrique V = \pi \int_0^\lambda (\rho^2(z) - a^2)\,\mathrm{d}z avec \rho(z) = a + h(z,t), développer le carré au second ordre en \epsilon et intégrer en exploitant \int_0^\lambda \cos(kz)\,\mathrm{d}z = 0 et \int_0^\lambda \cos^2(kz)\,\mathrm{d}z = \frac{\lambda}{2}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume initial V sur une longueur d'onde \lambda comme le volume compris entre le cylindre de rayon R_0 et le fil cylindrique rigide de rayon a.
  2. Calculer le volume V_{\mathrm{mod}} du film modulé en intégrant la section droite de fluide sur une période spatiale \lambda.
  3. Utiliser l'incompressibilité du fluide (V_{\mathrm{mod}} = V) et effectuer un développement limité au second ordre en \epsilon/R_0 pour en déduire la relation liant h_{\mathrm{m}}(t) à h_0, et identifier \chi.
Voir la réponse courte

Calcul du volume par intégration sur une période spatiale et développement limité au deuxième ordre en \epsilon pour identifier \chi = 2.

Voir le corrigé complet

Dans l'état initial, le film d'eau non perturbé forme une enveloppe cylindrique de rayon interne a et de rayon externe R_0 = a + h_0. Sur une longueur \lambda, son volume s'écrit :

\boxed{V = \pi (R_0^2 - a^2)\lambda}

Dans l'état modulé, le rayon local de l'interface eau/air à l'abscisse z et à l'instant t est :

\rho(z,t) = a + h(z,t) = a + h_{\mathrm{m}}(t) + \epsilon(t)\cos(kz)

En posant R_{\mathrm{m}}(t) = a + h_{\mathrm{m}}(t) le rayon moyen de l'interface, on a \rho(z,t) = R_{\mathrm{m}}(t) + \epsilon(t)\cos(kz).

L'aire de la section droite de liquide à la position z vaut S(z,t) = \pi\left[\rho(z,t)^2 - a^2\right]. Le volume d'eau sur une longueur d'onde \lambda = 2\pi/k est donc :

\begin{aligned} V_{\mathrm{mod}} &= \int_0^\lambda \pi\left[\rho(z,t)^2 - a^2\right]\mathrm{d}z \\ &= \pi \int_0^\lambda \left[ R_{\mathrm{m}}(t)^2 + 2 R_{\mathrm{m}}(t)\epsilon(t)\cos(kz) + \epsilon^2(t)\cos^2(kz) - a^2 \right]\mathrm{d}z \end{aligned}

Sachant que sur une période spatiale \int_0^\lambda \cos(kz)\mathrm{d}z = 0 et \int_0^\lambda \cos^2(kz)\mathrm{d}z = \frac{\lambda}{2}, on obtient :

V_{\mathrm{mod}} = \pi \lambda \left[ R_{\mathrm{m}}(t)^2 - a^2 + \frac{1}{2}\epsilon^2(t) \right]

L'eau étant un fluide incompressible, la conservation du volume impose V_{\mathrm{mod}} = V, soit :

R_{\mathrm{m}}(t)^2 + \frac{1}{2}\epsilon^2(t) = R_0^2 \implies R_{\mathrm{m}}(t) = R_0 \sqrt{1 - \frac{\epsilon^2(t)}{2R_0^2}}

Comme la perturbation est de faible amplitude (\epsilon \ll h_0 < R_0, soit \epsilon/R_0 \ll 1), on effectue un développement limité au premier ordre non nul :

R_{\mathrm{m}}(t) \simeq R_0 \left( 1 - \frac{\epsilon^2(t)}{4R_0^2} \right) = R_0 - \frac{\epsilon^2(t)}{4R_0}

Sachant que h_{\mathrm{m}}(t) = R_{\mathrm{m}}(t) - a et h_0 = R_0 - a, on en déduit :

h_{\mathrm{m}}(t) = h_0 - \frac{\epsilon^2(t)}{4R_0}

Par identification avec l'expression (1) de l'énoncé h_{\mathrm{m}}(t) = h_0 - \frac{\epsilon^2(t)}{\chi R_0}, il vient :

\boxed{\chi = 4}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convenait de repartir de la définition intégrale du volume pour mener le calcul jusqu'au bout.

« Par la suite, peu de candidats ont vu qu’il fallait repartir de la définition intégrale du volume pour effectuer le calcul. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 17

DifficileTemps estimé : ≈ 15 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : tension superficielle, énergie d'interface, instabilité de plateau-rayleigh

Calculer l'énergie de surface libre du film d'eau initial sur une portion de longueur . Montrer que la variation d'énergie de surface sur cette portion de fil entre l'état initial et l'état modulé s'écrit à l'ordre le plus bas en sous la forme :

Voir l'indice

Utiliser la formule de l'aire dS = 2\pi\rho(z)\sqrt{1 + (d\rho/dz)^2}\,\mathrm{d}z, effectuer un développement limité au second ordre en \epsilon et k\epsilon, puis soustraire l'énergie initiale E_0 = 2\pi\gamma R_0\lambda en tenant compte de la variation de h_m(t) trouvée en Q16.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'aire S_0 et l'énergie de surface initiale E_0 = \gamma S_0 de l'interface cylindrique non perturbée de rayon R_0 = a + h_0.
  2. Écrire l'aire S(\epsilon) du film modulé sur une longueur d'onde \lambda à l'aide de la formule fournie, puis développer l'intégrande au second ordre en \epsilon et k\epsilon.
  3. Intégrer sur une période spatiale \lambda et réinjecter le rayon moyen R_{\mathrm{m}}(t) = a + h_{\mathrm{m}}(t) déterminé à la question Q16 pour obtenir \Delta E_\lambda(\epsilon).
Voir la réponse courte

Calcul de l'aire de la surface de révolution modulée, développement au second ordre en \epsilon et déduction de la variation d'énergie de surface.

Voir le corrigé complet

Dans l'état initial, la surface libre est un cylindre d'axe (Oz) de rayon R_0 = a + h_0 invariant par translation selon z. Sur une longueur \lambda, son aire vaut :

S_0 = 2\pi R_0 \lambda

L'énergie de surface libre initiale associée s'écrit donc :

\boxed{E_0 = 2\pi \gamma R_0 \lambda}

Dans l'état modulé, le rayon de l'interface eau/air à la cote z est donné par :

\rho(z) = a + h(z,t) = R_{\mathrm{m}}(t) + \epsilon(t)\cos(kz)

où, d'après la question Q16, le rayon moyen vaut au second ordre :

R_{\mathrm{m}}(t) = a + h_{\mathrm{m}}(t) = R_0 - \frac{\epsilon^2(t)}{4R_0}

La dérivée spatiale de ce rayon est :

\frac{\mathrm{d}\rho}{\mathrm{d}z} = -k\epsilon(t)\sin(kz)

Dans le cadre de l'approximation des faibles modulations (k\epsilon \ll 1), un développement limité au second ordre donne :

\sqrt{1 + \left(\frac{\mathrm{d}\rho}{\mathrm{d}z}\right)^2} = \sqrt{1 + k^2\epsilon^2\sin^2(kz)} \simeq 1 + \frac{1}{2}k^2\epsilon^2\sin^2(kz)

L'aire de l'interface sur une période spatiale \lambda = 2\pi/k s'écrit alors :

\begin{aligned} S(\epsilon) &= \int_0^\lambda 2\pi \rho(z)\sqrt{1 + \left(\frac{\mathrm{d}\rho}{\mathrm{d}z}\right)^2}\,\mathrm{d}z \\ &= 2\pi \int_0^\lambda \left[R_{\mathrm{m}} + \epsilon\cos(kz)\right]\left[1 + \frac{1}{2}k^2\epsilon^2\sin^2(kz)\right]\mathrm{d}z + \mathcal{O}(\epsilon^3) \\ &= 2\pi \int_0^\lambda \left[ R_{\mathrm{m}} + \epsilon\cos(kz) + \frac{1}{2}R_{\mathrm{m}}k^2\epsilon^2\sin^2(kz) + \frac{1}{2}k^2\epsilon^3\cos(kz)\sin^2(kz) \right]\mathrm{d}z \end{aligned}

Les intégrales trigonométriques sur une période valent :

\int_0^\lambda \cos(kz)\,\mathrm{d}z = 0, \quad \int_0^\lambda \cos(kz)\sin^2(kz)\,\mathrm{d}z = 0, \quad \int_0^\lambda \sin^2(kz)\,\mathrm{d}z = \frac{\lambda}{2}

À l'ordre 2 en \epsilon, en remplaçant R_{\mathrm{m}} par R_0 dans le terme d'ordre 2 en k^2\epsilon^2, il vient :

S(\epsilon) \simeq 2\pi \lambda \left[ R_{\mathrm{m}}(t) + \frac{1}{4}R_0 k^2\epsilon^2(t) \right]

En introduisant l'expression de R_{\mathrm{m}}(t) = R_0 - \dfrac{\epsilon^2(t)}{4R_0} issue de la conservation du volume :

\begin{aligned} S(\epsilon) &\simeq 2\pi\lambda \left[ R_0 - \frac{\epsilon^2(t)}{4R_0} + \frac{1}{4}R_0 k^2\epsilon^2(t) \right] \\ &= 2\pi R_0 \lambda + \frac{2\pi\lambda\epsilon^2(t)}{4R_0}\left(k^2 R_0^2 - 1\right) \end{aligned}

La variation d'énergie de surface \Delta E_\lambda(\epsilon) = \gamma \left[S(\epsilon) - S_0\right] est donc :

\boxed{\Delta E_\lambda(\epsilon) = \frac{2\pi\lambda\gamma\epsilon^2(t)}{\chi R_0}\left(k^2 R_0^2 - 1\right)}

avec l'entier \chi = 4 identifié à la question Q16.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soyez rigoureux dans l'expression de la surface initiale et dans le calcul de la surface élémentaire.

« ici aussi le jury a observé des erreurs grossières dans l’expression de la surface dans certaines copies. Par la suite, l’expression de la surface élémentaire était souvent erronée. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : stabilité, instabilité de plateau-rayleigh, énergie potentielle

Déterminer un critère de stabilité pour le cylindre de liquide.

Voir l'indice

L'état cylindrique uniforme est stable vis-à-vis des petites perturbations si toute déformation augmente l'énergie libre de surface (\Delta E_\lambda > 0). Examiner le signe du facteur (k^2 R_0^2 - 1).

Voir la réponse courte

Condition de stabilité \Delta E > 0 imposant k R_0 > 1, soit une instabilité pour les longueurs d'onde supérieures au périmètre \lambda > 2\pi R_0.

Voir le corrigé complet

D'après le premier principe de la thermodynamique et le théorème de l'énergie mécanique, en l'absence d'effets gravitationnels et à volume de fluide fixé, l'état d'équilibre est stable vis-à-vis des petites perturbations si et seulement si l'énergie potentielle (ici l'énergie de surface libre) présente un minimum local, c'est-à-dire si :

\Delta E_\lambda(\epsilon) > 0.

D'après l'expression établie à la question précédente :

\Delta E_\lambda(\epsilon) = \frac{\pi\lambda\gamma\epsilon^2(t)}{2 R_0}\left(k^2 R_0^2 - 1\right),

avec des paramètres strictement positifs (\gamma > 0, R_0 > 0, \lambda > 0 et \epsilon(t) \neq 0). Le signe de la variation d'énergie est donc fixé par le terme \left(k^2 R_0^2 - 1\right) :

  • Si k R_0 > 1, soit \lambda < 2\pi R_0 : \Delta E_\lambda > 0, l'état cylindrique est stable vis-à-vis des perturbations de longueur d'onde \lambda.
  • Si k R_0 < 1, soit \lambda > 2\pi R_0 : \Delta E_\lambda < 0, la déformation permet de diminuer l'énergie de surface, ce qui rend l'état cylindrique instable vis-à-vis de telles perturbations.

Le critère de stabilité du cylindre de liquide s'écrit donc :

\boxed{k R_0 > 1 \quad \Longleftrightarrow \quad \lambda < \lambda_{\mathrm{c}} = 2\pi R_0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas équilibre et stabilité, et ne comparez pas simplement l'énergie à zéro pour étudier la stabilité.

« Le jury a noté une confusion fréquente entre équilibre et stabilité. Un nombre important de candidats comparent directement l’énergie à 0 pour discuter de la stabilité du cylindre. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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B · Approche dynamique

Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de navier-stokes, écoulement de poiseuille, symétrie

Pourquoi peut-on affirmer qu'en fait on a simplement ? Montrer que le champ de vitesse satisfait l'équation différentielle suivante :

Montrer que le gradient de pression selon dans le liquide est une constante notée .

Voir l'indice

Invoquer les symétries (invariance par rotation autour de l'axe et par translation axiale en écoulement établi) et l'équation d'incompressibilité \text{div}\,\vec{v} = 0. Séparer ensuite les variables r et z dans la composante axiale de Navier-Stokes.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries du problème et la condition d'incompressibilité du fluide pour réduire la dépendance spatiale de v.
  2. Écrire l'équation de Navier-Stokes en régime stationnaire et projeter sur l'axe axial \widehat{e}_z.
  3. Projeter Navier-Stokes sur les axes radial et orthoradial pour montrer que la pression ne dépend que de z, puis appliquer un argument de séparation de variables.
Voir la réponse courte

Arguments d'invariance et de continuité, projection de Navier-Stokes en coordonnées cylindriques et séparation des variables pour montrer la constance du gradient de pression.

Voir le corrigé complet

1. Dépendance du champ de vitesse :

  • Le fil et le film de liquide présentent une symétrie de révolution autour de l'axe (Oz). Le champ de vitesse est donc invariant par rotation d'angle \theta autour de cet axe : v est indépendant de \theta.
  • Le liquide étant incompressible, l'équation de conservation de la masse se réduit à la nullité de la divergence :

    \mathrm{div}\,\vec{v} = 0.

    En coordonnées cylindriques, avec un écoulement purement axial \vec{v} = v(r,z)\,\widehat{e}_z (v_r = 0, v_\theta = 0), il vient :

    \mathrm{div}\,\vec{v} = \frac{1}{r}\frac{\partial(r v_r)}{\partial r} + \frac{1}{r}\frac{\partial v_\theta}{\partial \theta} + \frac{\partial v_z}{\partial z} = \frac{\partial v}{\partial z} = 0.

La vitesse v ne dépend donc ni de \theta, ni de z : elle ne dépend que de la coordonnée radiale r.

\boxed{v = v(r)}

2. Équation différentielle vérifiée par v(r) : Appliquons l'équation de Navier-Stokes pour un fluide newtonien incompressible de viscosité \eta :

\rho \left[ \frac{\partial\vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} \right] = -\vec{\nabla} P + \eta\,\vec{\Delta}\vec{v}.
  • L'écoulement est stationnaire : \dfrac{\partial\vec{v}}{\partial t} = \vec{0}.
  • Le terme convectif s'annule identiquement :

    (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} = v(r)\frac{\partial}{\partial z}\big(v(r)\widehat{e}_z\big) = \vec{0}.
  • Les effets de la pesanteur sont négligés : \rho\vec{g} = \vec{0}.
  • Le laplacien vectoriel de \vec{v} = v(r)\widehat{e}_z a pour composante axiale :

    (\vec{\Delta}\vec{v})_z = \Delta v(r) = \frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left( r\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} \right).

En projetant l'équation de Navier-Stokes selon le vecteur unitaire \widehat{e}_z, on obtient directement :

\boxed{\frac{\eta}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\right) - \frac{\partial P}{\partial z} = 0}

3. Gradient de pression constant : La projection de l'équation de Navier-Stokes selon \widehat{e}_r et \widehat{e}_\theta donne :

\begin{aligned} -\frac{\partial P}{\partial r} &= 0 \implies P \text{ ne dépend pas de } r, \\ -\frac{1}{r}\frac{\partial P}{\partial \theta} &= 0 \implies P \text{ ne dépend pas de } \theta. \end{aligned}

La pression P ne dépend donc que de z : \dfrac{\partial P}{\partial z} = \dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z}.

L'équation axiale se réécrit alors sous la forme :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z}(z) = \frac{\eta}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\right)(r).

Le membre de gauche est une fonction exclusive de z tandis que le membre de droite est une fonction exclusive de r. Pour que cette égalité soit vérifiée en tout point (r,z) du film liquide, ces deux termes doivent être égaux à une même constante, notée \beta :

\boxed{\frac{\partial P}{\partial z} = \beta = \text{cste}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez la rigueur des notations vectorielles, l'écriture des opérateurs et la justification des simplifications.

« Le jury a trouvé de nombreuses copies manquant de rigueur concernant la notation vectorielle, l’expression des opérateurs et la conséquence des hypothèses sur les simplifications à effectuer. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : écoulement visqueux, condition aux limites

On suppose que et . Montrer que le profil de vitesse dans le film d'eau s'écrit sous la forme

où l'on exprimera en fonction de , et .

Voir l'indice

Intégrer successivement l'équation différentielle \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\right) = \frac{\beta}{\eta}r, puis déterminer les deux constantes d'intégration avec la condition d'adhérence à la paroi (r=a) et d'absence de contrainte tangentielle à la surface libre (r=R_0).

Voir la stratégie
  1. Intégrer une première fois l'équation différentielle établie à la question Q19 reliant v(r) et \beta, et déterminer la constante d'intégration à l'aide de la condition limite en contrainte tangentielle nulle à la surface libre r = R_0.
  2. Réaliser une seconde intégration par rapport à r et fixer la seconde constante d'intégration grâce à la condition d'adhérence au contact du fil rigide en r = a.
  3. Factoriser l'expression sous la forme demandée pour identifier le coefficient \alpha.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle radiale et détermination des constantes d'intégration grâce aux conditions d'adhérence au fil et de contrainte tangentielle nulle en surface.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, le profil de vitesse v(r) satisfait :

\frac{\eta}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\right) = \beta.

Multiplions par r/\eta et intégrons une première fois par rapport à r :

r\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = \frac{\beta}{2\eta}r^2 + C_1,

où C_1 est une constante d'intégration. La condition d'absence de contrainte de cisaillement à la surface libre s'écrit \left.\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r}\right|_{r=R_0} = 0, ce qui impose :

\frac{\beta}{2\eta}R_0^2 + C_1 = 0 \implies C_1 = -\frac{\beta R_0^2}{2\eta}.

On en déduit le gradient de vitesse pour r \in [a, R_0] :

\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}r} = \frac{\beta}{2\eta}\left(r - \frac{R_0^2}{r}\right).

Une seconde intégration donne :

v(r) = \frac{\beta}{2\eta}\left[\frac{r^2}{2} - R_0^2 \ln(r)\right] + C_2,

où C_2 est une seconde constante d'intégration. La condition d'adhérence du fluide sur le fil solide en r = a impose v(a) = 0 :

0 = \frac{\beta}{2\eta}\left[\frac{a^2}{2} - R_0^2 \ln(a)\right] + C_2 \implies C_2 = -\frac{\beta}{2\eta}\left[\frac{a^2}{2} - R_0^2 \ln(a)\right].

En regroupant les termes, on obtient :

\begin{aligned} v(r) &= \frac{\beta}{2\eta}\left[\frac{r^2 - a^2}{2} - R_0^2\ln\left(\frac{r}{a}\right)\right] \\ &= -\frac{\beta a^2}{2\eta}\left[\left(\frac{R_0}{a}\right)^2\ln\left(\frac{r}{a}\right) - \frac{1}{2}\left(\frac{r^2}{a^2} - 1\right)\right] \\ &= -\frac{\beta a^2}{2\eta}\left\{\left(\frac{R_0}{a}\right)^2\ln\left(\frac{r}{a}\right) + \frac{1}{2}\left[1 - \left(\frac{r}{a}\right)^2\right]\right\}. \end{aligned}

Cette expression correspond bien à la forme cherchée, en posant :

\boxed{\alpha = \frac{\beta a^2}{2\eta}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Contrôlez systématiquement l'homogénéité de vos résultats pour éviter des erreurs de calcul.

« Le jury rappelle aux candidats de rester vigilant à l’homogénéité des résultats ce qui permettrait d’éviter certaines erreurs de calcul. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : débit volumique, écoulement de poiseuille

Montrer que le débit volumique s'écrit avec et

On pourra s'aider de la primitive fournie dans le formulaire. On notera par la suite que .

Voir l'indice

Calculer l'intégrale du débit volumique Q = \int_a^{R_0} v(r) 2\pi r\,\mathrm{d}r en effectuant le changement de variable u = r/a et en s'aidant de la primitive de u\ln u donnée dans le formulaire.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit volumique Q par intégration du profil de vitesse v(r) sur la section droite annulaire du film de liquide comprise entre r = a et r = R_0.
  2. Poser la variable sans dimension u = r/a et calculer l'intégrale à l'aide de la primitive de u\ln u fournie dans le formulaire.
  3. Identifier la fonction sans dimension \xi(x) et vérifier le préfacteur.
Voir la réponse courte

Calcul du débit volumique par intégration du profil de vitesse sur la section annulaire à l'aide de la primitive fournie.

Voir le corrigé complet

Le débit volumique Q à travers une section droite du film liquide s'écrit :

Q = \iint v(r) \, \mathrm{d}S = \int_{a}^{R_0} v(r) \, 2\pi r \, \mathrm{d}r.

D'après le résultat de la question Q20, le profil de vitesse est :

v(r) = -\alpha \left\{ \left(\frac{R_0}{a}\right)^2 \ln\left(\frac{r}{a}\right) + \frac{1}{2}\left[ 1 - \left(\frac{r}{a}\right)^2 \right] \right\} \quad \text{avec} \quad \alpha = \frac{\beta a^2}{2\eta}.

En posant x = h_0/a, on a \frac{R_0}{a} = \frac{a+h_0}{a} = 1+x. Effectuons le changement de variable sans dimension u = r/a (soit r = a u et \mathrm{d}r = a\,\mathrm{d}u) :

\begin{aligned} Q &= 2\pi a^2 \int_{1}^{1+x} v(au) \, u \, \mathrm{d}u \\ &= -2\pi a^2 \alpha \int_{1}^{1+x} \left[ (1+x)^2 u \ln u + \frac{1}{2}(u - u^3) \right] \mathrm{d}u. \end{aligned}

Le préfacteur vaut :

-2\pi a^2 \alpha = -2\pi a^2 \left(\frac{\beta a^2}{2\eta}\right) = -\frac{\pi a^4 \beta}{\eta}.

Calculons les deux intégrales qui interviennent :

  • En utilisant la primitive donnée \int u \ln u \, \mathrm{d}u = \frac{1}{2}u^2 \ln u - \frac{1}{4}u^2 :

    \begin{aligned} \int_{1}^{1+x} u \ln u \, \mathrm{d}u &= \left[ \frac{1}{2}u^2 \ln u - \frac{1}{4}u^2 \right]_{1}^{1+x} \\ &= \frac{1}{2}(1+x)^2 \ln(1+x) - \frac{1}{4}(1+x)^2 + \frac{1}{4}. \end{aligned}
  • Pour le terme polynomial :

    \begin{aligned} \int_{1}^{1+x} \frac{1}{2}(u - u^3) \, \mathrm{d}u &= \frac{1}{2} \left[ \frac{u^2}{2} - \frac{u^4}{4} \right]_{1}^{1+x} \\ &= \frac{1}{4}(1+x)^2 - \frac{1}{8}(1+x)^4 - \frac{1}{8}. \end{aligned}

En sommant ces deux contributions :

\begin{aligned} I &= (1+x)^2 \int_{1}^{1+x} u \ln u \, \mathrm{d}u + \int_{1}^{1+x} \frac{1}{2}(u - u^3) \, \mathrm{d}u \\ &= \frac{1}{2}(1+x)^4 \ln(1+x) - \frac{1}{4}(1+x)^4 + \frac{1}{4}(1+x)^2 + \frac{1}{4}(1+x)^2 - \frac{1}{8}(1+x)^4 - \frac{1}{8} \\ &= \frac{1}{2}(1+x)^4 \ln(1+x) - \frac{3}{8}(1+x)^4 + \frac{1}{2}(1+x)^2 - \frac{1}{8} \\ &= -\frac{1}{8} \left[ 1 + 3(1+x)^4 - 4(1+x)^4 \ln(1+x) - 4(1+x)^2 \right]. \end{aligned}

En réinjectant dans l'expression de Q :

Q = -\frac{\pi a^4 \beta}{\eta} \cdot I = \frac{\pi a^4 \beta}{8\eta} \left[ 1 + 3(1+x)^4 - 4(1+x)^4 \ln(1+x) - 4(1+x)^2 \right].

Exprimons Q sous la forme factorisée demandée :

Q = \frac{2\pi a h_0^3 \beta}{3\eta} \xi(x) \quad \Longleftrightarrow \quad \xi(x) = \frac{3\eta}{2\pi a h_0^3 \beta} \cdot \frac{\pi a^4 \beta}{8\eta} \left[ \dots \right] = \frac{3 a^3}{16 h_0^3} \left[ \dots \right].

Comme x = h_0/a, on a \frac{a^3}{h_0^3} = \frac{1}{x^3}, ce qui conduit directement à :

\boxed{Q = \frac{2\pi a h_0^3 \beta}{3\eta}\xi(x)}

avec

\boxed{\xi(x) = \frac{3}{16x^3}\left[ 1 + 3(1+x)^4 - 4(1+x)^4\ln(1+x) - 4(1+x)^2 \right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez soigneusement les bornes d'intégration et restez honnête sans forcer le résultat fourni par l'énoncé.

« On note en particulier des erreurs dans la définition des bornes des intégrales. »

« Le jury rappelle aux candidats qu’ils doivent être honnêtes dans la conclusion de leur calcul et ne pas chercher à tout prix à retrouver l’expression donnée dans l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : loi de laplace, débit volumique, gradient de pression

Après avoir, dans ces conditions, déterminé l'expression du gradient de pression, en déduire la nouvelle expression du débit volumique local .

Voir l'indice

Calculer \frac{\partial h}{\partial z} et \frac{\partial^3 h}{\partial z^3} à partir de l'expression h(z,t) = h_m(t) + \epsilon(t)\cos(kz), puis substituer ce gradient dans l'expression du débit volumique quasi-stationnaire.

Voir la stratégie
  1. Calculer les dérivées spatiales première et troisième de l'épaisseur h(z,t) par rapport à z, puis les injecter dans la relation (5) donnée par l'énoncé pour obtenir l'expression de \frac{\partial P}{\partial z}(z,t).
  2. Remplacer le gradient de pression constant \beta par ce gradient local \frac{\partial P}{\partial z}(z,t) dans l'expression du débit volumique Q établie à la question Q21.
Voir la réponse courte

Expression de la pression dans le liquide via la loi de Laplace, gradient axial \partial P/\partial z et expression correspondante du débit volumique Q(z,t).

Voir le corrigé complet

L'épaisseur du film de liquide dans l'état modulé est donnée par :

h(z,t) = h_{\mathrm{m}}(t) + \epsilon(t)\cos(kz)

Ses dérivées spatiales successives par rapport à z s'écrivent :

\begin{aligned} \frac{\partial h}{\partial z}(z,t) &= -k\epsilon(t)\sin(kz) \\ \frac{\partial^2 h}{\partial z^2}(z,t) &= -k^2\epsilon(t)\cos(kz) \\ \frac{\partial^3 h}{\partial z^3}(z,t) &= k^3\epsilon(t)\sin(kz) \end{aligned}

En injectant ces expressions dans la formule (5) régissant le gradient de pression capillaire :

\frac{\partial P}{\partial z} = -\gamma\left[ \frac{1}{a^2}\frac{\partial h}{\partial z} + \frac{\partial^3 h}{\partial z^3} \right]

il vient :

\begin{aligned} \frac{\partial P}{\partial z}(z,t) &= -\gamma\left[ -\frac{k}{a^2}\epsilon(t)\sin(kz) + k^3\epsilon(t)\sin(kz) \right] \\ &= \frac{\gamma k}{a^2}\left(1 - k^2 a^2\right)\epsilon(t)\sin(kz) \end{aligned}
\boxed{\frac{\partial P}{\partial z}(z,t) = \frac{\gamma k}{a^2}\left(1 - k^2 a^2\right)\epsilon(t)\sin(kz)}

D'après la question Q21, le débit volumique associé à un gradient de pression axial uniforme \beta = \frac{\partial P}{\partial z} s'écrit :

Q = \frac{2\pi a h_0^3\beta}{3\eta}\,\xi(x) \quad \text{avec} \quad x = \frac{h_0}{a}

Sous l'hypothèse de l'énoncé selon laquelle cette relation reste valable localement et instantanément en remplaçant \beta par \frac{\partial P}{\partial z}(z,t), le débit volumique local s'exprime par :

Q(z,t) = \frac{2\pi a h_0^3}{3\eta}\,\xi(x)\,\frac{\partial P}{\partial z}(z,t)

soit, en remplaçant \frac{\partial P}{\partial z}(z,t) par l'expression obtenue :

\boxed{Q(z,t) = \frac{2\pi\gamma h_0^3 k}{3\eta a}\left(1 - k^2 a^2\right)\xi(x)\,\epsilon(t)\sin(kz)}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : conservation de la masse, bilan macroscopique

Démontrer que le débit volumique local, , et le rayon local de la surface libre vérifient la relation

Voir l'indice

Effectuer un bilan de masse (ou de volume) pour le fluide incompressible contenu dans une tranche fixe de fil de longueur \mathrm{d}z comprise entre les abscisses z et z+\mathrm{d}z.

Voir la stratégie

Pour relier le débit volumique Q(z,t) à l'évolution géométrique de la surface libre R(z,t), on réalise un bilan de volume (conservation de la masse pour un fluide incompressible) sur une tranche élémentaire de fluide comprise entre les cotes z et z + \mathrm{d}z.

Voir la réponse courte

Bilan de masse sur une tranche élémentaire de fluide entre z et z+\mathrm{d}z pendant \mathrm{d}t, reliant variation de volume et flux entrant/sortant.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué du fluide situé entre les sections droites d'abscisses z et z + \mathrm{d}z à l'instant t.

La section droite du manchon liquide au point d'abscisse z vaut :

S(z,t) = \pi\left(R^2(z,t) - a^2\right)

Le volume élémentaire de cette tranche de fluide s'écrit donc :

\mathrm{d}V(t) = S(z,t)\,\mathrm{d}z = \pi\left(R^2(z,t) - a^2\right)\mathrm{d}z

Pendant la durée \mathrm{d}t, la variation de volume \mathrm{d}(\mathrm{d}V) de cette tranche résulte de la différence entre le volume entrant en z et le volume sortant en z + \mathrm{d}z (le fil central en r=a étant imperméable et indéformable) :

\mathrm{d}(\mathrm{d}V) = \left[Q(z,t) - Q(z+\mathrm{d}z,t)\right]\mathrm{d}t = -\frac{\partial Q}{\partial z}\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t

Par conséquent, le taux de variation volumique s'écrit :

\frac{\partial (\mathrm{d}V)}{\partial t} = -\frac{\partial Q}{\partial z}\,\mathrm{d}z

Par ailleurs, en dérivant directement l'expression géométrique du volume par rapport au temps, sachant que le rayon a du fil de soie est constant :

\frac{\partial (\mathrm{d}V)}{\partial t} = \frac{\partial}{\partial t}\left[\pi\left(R^2(z,t) - a^2\right)\right]\mathrm{d}z = 2\pi R(z,t)\frac{\partial R}{\partial t}\,\mathrm{d}z

En égalant les deux expressions obtenues pour \frac{\partial (\mathrm{d}V)}{\partial t}, on simplifie par \mathrm{d}z et on obtient la relation de conservation locale :

\boxed{-\frac{\partial Q}{\partial z} = 2\pi R\frac{\partial R}{\partial t}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait penser à établir un bilan de masse pour parvenir au résultat.

« Assez peu de candidats ont pensé à réaliser un bilan de masse pour répondre à cette question. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : instabilité de plateau-rayleigh, équation différentielle, taux de croissance

En se plaçant au premier ordre en et dans la limite soit , montrer que la fonction vérifie l'équation différentielle

dans laquelle on précisera l'expression de en fonction de , , et . À partir de cette équation, étudier la stabilité des différents modes de fluctuation d'épaisseur.

Voir l'indice

Linéariser l'équation de conservation au premier ordre en \epsilon en utilisant \lim_{x\to 0}\xi(x) = -1 et R \simeq a, puis identifier terme à terme les facteurs en \cos(kz) pour déduire le taux de croissance temporel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les deux membres de la relation locale de conservation issue de la question Q23, -\dfrac{\partial Q}{\partial z} = 2\pi R \dfrac{\partial R}{\partial t}, au premier ordre en \epsilon et dans la limite de film mince h_0 \ll a (x \to 0).
  2. Égaler les deux membres pour en déduire l'équation différentielle sur \epsilon(t) et identifier \delta.
  3. Étudier le signe du facteur multiplicatif devant \epsilon pour déterminer si les perturbations s'atténuent (modes stables) ou s'amplifient (modes instables).
Voir la réponse courte

Combinaison de la conservation de la masse et du débit volumique au premier ordre, montrant l'instabilité exponentielle des modes tels que k a < 1.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, le débit volumique s'écrit :

Q(z,t) = \frac{2\pi a h_0^3}{3\eta}\,\xi(x)\,\frac{\partial P}{\partial z}(z,t) = \frac{2\pi \gamma h_0^3 k}{3\eta a}(1 - k^2 a^2)\,\xi(x)\,\epsilon(t)\sin(kz).

Dans la limite de film mince h_0 \ll a, soit x \to 0, l'énoncé indique que \displaystyle \lim_{x\to 0}\xi(x) = -1. Le débit devient alors :

Q(z,t) \simeq -\frac{2\pi \gamma h_0^3 k}{3\eta a}(1 - k^2 a^2)\,\epsilon(t)\sin(kz).

En dérivant par rapport à z, le membre de gauche de la relation de conservation (équation 6 de la question Q23) vaut :

-\frac{\partial Q}{\partial z} = \frac{2\pi \gamma h_0^3 k^2}{3\eta a}(1 - k^2 a^2)\,\epsilon(t)\cos(kz) = -\frac{2\pi \gamma h_0^3}{3\eta a}\left(k^4 a^2 - k^2\right)\epsilon(t)\cos(kz).

Pour le membre de droite, le rayon local s'écrit :

R(z,t) = a + h_{\mathrm{m}}(t) + \epsilon(t)\cos(kz).

D'après la relation (1) établie en Q16, h_{\mathrm{m}}(t) = h_0 - \dfrac{\epsilon^2(t)}{4R_0}, de sorte que \dfrac{\mathrm{d}h_{\mathrm{m}}}{\mathrm{d}t} = \mathcal{O}\left(\epsilon \dfrac{\mathrm{d}\epsilon}{\mathrm{d}t}\right) est d'ordre 2 en \epsilon. Au premier ordre en \epsilon, on a donc :

\frac{\partial R}{\partial t} = \frac{\mathrm{d}\epsilon}{\mathrm{d}t}\cos(kz).

Puisque \dfrac{\partial R}{\partial t} est déjà d'ordre 1 en \epsilon, on prend R(z,t) \simeq a + h_0 \simeq a dans le facteur multiplicatif (au premier ordre en \epsilon et à l'ordre 0 en h_0/a). Le membre de droite s'écrit ainsi :

2\pi R\frac{\partial R}{\partial t} \simeq 2\pi a\,\frac{\mathrm{d}\epsilon}{\mathrm{d}t}\cos(kz).

L'égalité -\dfrac{\partial Q}{\partial z} = 2\pi R \dfrac{\partial R}{\partial t} donne donc, en simplifiant par 2\pi a\cos(kz) :

\frac{\mathrm{d}\epsilon}{\mathrm{d}t} = -\frac{\gamma h_0^3}{3\eta a^2}\left(k^4 a^2 - k^2\right)\epsilon(t),

soit l'équation différentielle demandée :

\boxed{ \frac{\mathrm{d}\epsilon}{\mathrm{d}t} + \delta\left(k^{4}a^{2} - k^{2}\right)\epsilon = 0 \quad \text{avec} \quad \delta = \frac{\gamma h_0^3}{3\eta a^2} > 0 }

Étude de la stabilité des modes :

La solution de cette équation différentielle est :

\epsilon(t) = \epsilon(0)\,\exp(-\sigma t) \quad \text{avec} \quad \sigma = \delta k^2\left(k^2 a^2 - 1\right).
  • Modes de courtes longueurs d'onde (ka > 1, soit \lambda < 2\pi a) : on a \sigma > 0. La perturbation décroît exponentiellement vers zéro au cours du temps : le film cylindrique est stable vis-à-vis de ces perturbations.
  • Modes de grandes longueurs d'onde (ka < 1, soit \lambda > 2\pi a) : on a \sigma < 0. Le taux de croissance -\sigma > 0 entraîne une amplification exponentielle de la perturbation : le film est instable vis-à-vis de ces fluctuations, ce qui conduit à son éclatement en gouttelettes.
  • Mode marginal (ka = 1, soit \lambda = 2\pi a) : \sigma = 0, l'amplitude reste constante au premier ordre.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez rigoureusement la stabilité ou l'instabilité du film au lieu de vous contenter de l'affirmer.

« Le jury a noté que la stabilité ou instabilité du film est souvent affirmée sans réelle justification. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : diffraction de fraunhofer, principe de babinet, instabilité de plateau-rayleigh

Quelle est la couleur de la radiation émise par le laser ? Estimer le rayon du fil. En déduire l'ordre de grandeur de la taille minimale des gouttes formées sur ce fil.

Voir l'indice

Identifier la longueur d'onde de 633\text{ nm} (rouge d'un laser He-Ne). Utiliser la formule de la demi-largeur angulaire de diffraction par un obstacle filiforme de diamètre 2a : \theta = \frac{\lambda_0}{2a} \simeq \frac{b}{2D}, puis relier la longueur d'onde de coupure d'instabilité \lambda_c = 2\pi a à la taille des gouttes.

Voir la stratégie
  1. Associer la longueur d'onde \lambda_0 = 633\text{ nm} au domaine spectral visible correspondant.
  2. Utiliser le principe de Babinet pour assimiler la diffraction par le fil opaque de diamètre d = 2a à celle d'une fente rectiligne de même largeur afin d'en déduire le rayon a.
  3. Relier la taille spatiale minimale des gouttes à la longueur d'onde de coupure \lambda_{\min} = 2\pi a déterminée lors de l'étude de l'instabilité de Plateau-Rayleigh.
Voir la réponse courte

Radiation rouge du laser He-Ne, mesure du diamètre du fil par diffraction (théorème de Babinet) puis calcul de la taille des gouttes formées.

Voir le corrigé complet

Couleur de la radiation :

La longueur d'onde \lambda_0 = 633\text{ nm} appartient au domaine visible (400\text{ nm} \le \lambda \le 750\text{ nm}) et correspond à une radiation rouge (émission caractéristique du laser Hélium-Néon).

Estimation du rayon a du fil :

En vertu du théorème de Babinet, la figure de diffraction à l'infini (ou à grande distance D \gg d) par un fil opaque rectiligne de diamètre d = 2a présente la même intensité que celle diffractée par une fente de même largeur d.

L'écart angulaire entre le centre de la figure et le premier minimum de diffraction est :

\theta = \frac{\lambda_0}{d} = \frac{\lambda_0}{2a}

Dans le cadre de l'approximation des petits angles, la largeur b de la tache centrale sur un écran placé à la distance D vaut :

b = 2 D \theta = \frac{2\lambda_0 D}{d} = \frac{\lambda_0 D}{a}

On en déduit l'expression du rayon a du fil :

a = \frac{\lambda_0 D}{b}

Application numérique avec les données : \lambda_0 = 633\text{ nm} = 6{,}33 \times 10^{-7}\text{ m}, D = 2\text{ m} et b = 9\text{ cm} = 9 \times 10^{-2}\text{ m} :

a = \frac{6{,}33 \times 10^{-7} \times 2}{9 \times 10^{-2}} \simeq 1{,}4 \times 10^{-5}\text{ m}

En ne retenant qu'un seul chiffre significatif :

\boxed{a \sim 1 \times 10^{-5}\text{ m} = 10\ \mu\text{m}}

(le diamètre correspondant vaut d = 2a \sim 30\ \mu\text{m}, en plein accord avec la plage de 1 à 70\ \mu\text{m} indiquée dans le préambule).

Taille minimale des gouttes :

D'après le critère de stabilité établi à la question Q18 (et confirmé à la question Q24 dans la limite h_0 \ll a), le film liquide ne devient instable que pour des perturbations de longueur d'onde supérieure à la longueur d'onde de coupure :

\lambda > \lambda_c = 2\pi R_0 \simeq 2\pi a

La longueur d'onde minimale susceptible de déstabiliser le film cylindrique et de conduire à la formation de gouttes disjointes est donc :

\lambda_{\min} = 2\pi a

Chaque goutte issue de la fragmentation rassemble le volume de fluide contenu initialement sur une portion de longueur d'onde \lambda. La dimension longitudinale minimale (et l'espacement minimal entre gouttes) est par conséquent fixée par \lambda_{\min} :

\lambda_{\min} \simeq 2\pi \times 1{,}4 \times 10^{-5}\text{ m} \simeq 9 \times 10^{-5}\text{ m}

En ordre de grandeur :

\boxed{\ell_{\min} \sim 10^{-4}\text{ m} = 0{,}1\text{ mm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Connaissez la couleur usuelle des lasers de TP et ne confondez pas diffraction et interférences à deux ondes.

« Le jury a noté beaucoup d’erreurs dans la couleur du laser pourtant utilisé en travaux pratiques. »

« Certaines copies voient ici un phénomène d’interférence à deux ondes au lieu de la diffraction. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2022

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 ?

Surtout 3 chapitres : Mécanique des fluides (40 % des questions, partie III), Ondes mécaniques et acoustiques (24 %, partie II) et Électrostatique (18 %, partie I). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Diffraction et réseaux et Optique géométrique.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 dès la première année (PCSI) ?

Peu : 6 questions sur 25 (24 %) ne demandent que le programme de PCSI : Q1, Q8, Q12 à Q14 et Q16.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie III est la plus longue (environ 1 h 30). Questions les plus longues : Q17 (15 min).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 ?

Q17 (tension superficielle), cotée 4 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 ?

Questions de cours : Q3 (nombre de reynolds), Q9 (effet de pointe), Q11 (équation de d'alembert), Q12 (équation de d'alembert), Q18 (stabilité) et Q25 (diffraction de fraunhofer). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q10 (corde vibrante), Q13 (onde stationnaire) et Q19 (équation de navier-stokes).

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 ?

Questions rapides et accessibles (difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 min au plus) : Q1, Q3, Q4, Q8, Q9, Q12, Q14 et Q18. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q5, Q10, Q11, Q15 à Q17, Q19 à Q21, Q23 et Q24.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet Mines-Ponts Physique 2 PC 2022 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury décrit un mélange de questions proches du cours et de questions d'initiative, qui a permis de traiter un nombre important de questions tout en assurant une sélection satisfaisante. Moyenne : 10,82/20 (écart-type 3,92, 3 533 présents).

Pourquoi la charge portée par les soies doit-elle être négative en Q7 ?

Le champ électrique terrestre \vec{E}_0 par temps clair est dirigé vers le sol. Pour qu'une force électrostatique \vec{F} = q\vec{E}_0 soit ascendante et participe au décollage de l'araignée, la charge q doit obligatoirement être négative, ce qui est cohérent avec l'équation d'équilibre obtenue.

Comment établir la relation reliant débit volumique et rayon en Q23 ?

Effectuer un bilan de masse sur une tranche élémentaire de fluide entre z et z+\mathrm{d}z pendant \mathrm{d}t. L'incompressibilité impose que la variation de volume de la tranche compense le flux net entrant : \mathrm{d}V = 2\pi R\,\mathrm{d}R\,\mathrm{d}z = -(\partial Q/\partial z)\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 25
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 25 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,82 et d'écart-type 3,92 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.